Kidira : un agent de sécurité de proximité égorgé lors d’une patrouille

Un drame d’une rare violence a secoué la commune de Kidira, dans le département de Bakel. Un agent de sécurité de proximité (ASP), Abdoulaye Ndianor, a été froidement tué alors qu’il participait à une mission conjointe de surveillance avec les agents des eaux et forêts. Les faits se sont déroulés à Sénédébou, un village situé dans la zone frontalière entre le Sénégal et le Mali.

Tout a commencé lorsqu’une patrouille a surpris un berger en pleine coupe illégale d’arbres, activité formellement interdite dans cette zone de protection environnementale. Interrogé sur sa présence, le berger affirme être en compagnie de son père, resté dans les environs. À la demande de ses collègues, l’agent Abdoulaye Ndianor se propose de l’escorter à moto pour aller retrouver ce dernier.

Mais le trajet tourne au cauchemar. À un moment isolé, le berger, dissimulant une hache, s’en sert pour frapper violemment l’ASP à la tête. Il poursuit son acte macabre en le décapitant. Le meurtrier cache ensuite la tête de la victime sous un arbre, enfouit son corps sous des pierres sur une colline, puis prend la fuite en emportant la moto, dans une tentative de brouiller les pistes.

Constatant l’absence prolongée de leur collègue, les autres membres de la patrouille déclenchent des recherches. C’est au cœur de la nuit, aux alentours de deux heures du matin, que le corps mutilé de l’agent est retrouvé, enterré en pleine brousse. Une scène d’horreur qui a choqué les habitants de la localité, profondément marqués par cette violence inédite.

La gendarmerie, immédiatement alertée, se mobilise et parvient à localiser le suspect dans sa tentative de fuite. Interpellé, il passe rapidement aux aveux et reconnaît les faits. Une enquête a été ouverte pour éclaircir les circonstances précises de ce meurtre d’une brutalité extrême.

Ce drame soulève de nombreuses interrogations sur les conditions de sécurité des agents de terrain opérant dans les zones rurales, souvent isolées et exposées à des risques importants. La mort d’Abdoulaye Ndianor, tué dans l’exercice de ses fonctions, a suscité une vive émotion à Kidira et dans tout le département de Bakel.

Démantèlement d’un réseau de trafic de drogue dure : la Gendarmerie frappe fort à Dakar

Une opération d’envergure menée par la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale a permis de neutraliser un réseau transfrontalier de trafic de drogue dure. Cette intervention, effectuée ce jeudi 11 avril 2025, s’inscrit dans la stratégie des autorités sénégalaises de lutte contre la criminalité organisée. Selon un communiqué officiel du Haut-commandement de la Gendarmerie, le réseau visé opérait entre le Sénégal, la Guinée-Bissau et le Mali, trois pays devenus des points de transit majeurs pour les trafiquants de cocaïne en Afrique de l’Ouest.

Cette action a abouti à l’arrestation de quatre individus, présentés comme étant fortement impliqués dans les activités du réseau. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic international de drogue et blanchiment de capitaux. Les enquêteurs ont pu établir leur implication directe grâce à des éléments de preuve collectés au cours des semaines précédentes.

La saisie réalisée lors de cette opération témoigne de l’ampleur du trafic. Pas moins de 72 tablettes de cocaïne ont été récupérées, pour un poids total de 80 kilogrammes. Dix véhicules ont été saisis, ainsi qu’une somme d’argent en liquide estimée à 2 590 000 FCFA. Ces éléments confirment l’importance du réseau démantelé et la sophistication de son organisation logistique.

Ce coup de filet constitue un signal fort envoyé par les autorités sécuritaires dans un contexte régional marqué par la recrudescence des trafics transfrontaliers. Le Sénégal, par sa position stratégique sur la côte ouest-africaine, demeure une zone convoitée par les réseaux criminels, mais les dispositifs de surveillance et d’intervention, eux aussi, ne cessent de se renforcer.

L’enquête est toujours en cours pour identifier d’éventuelles ramifications locales et internationales. La Gendarmerie prévoit de nouvelles actions afin de démanteler l’ensemble de la chaîne logistique du trafic et de remonter jusqu’aux commanditaires.

Avec cette opération, le Sénégal confirme sa volonté de ne laisser aucun répit aux narcotrafiquants. Une vigilance qui, selon les autorités, doit rester constante pour protéger les populations et préserver la stabilité du pays face à des réseaux de plus en plus organisés.

Macky Sall à la Fondation Mo Ibrahim : entre reconnaissance internationale et aigreur nationale

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a récemment été nommé membre du conseil d’administration de la Fondation Mo Ibrahim, l’une des institutions les plus respectées en Afrique en matière de gouvernance. Une distinction qui, tout en saluant le parcours d’un chef d’État, a relancé un débat national marqué par une certaine amertume de ses détracteurs. Au-delà de la polémique, cette nomination soulève une question plus profonde : qu’est-ce qui dérange vraiment ?

La Fondation Mo Ibrahim, créée en 2006 par le milliardaire anglo-soudanais Mo Ibrahim, évalue la qualité de la gouvernance en Afrique et récompense les anciens chefs d’État qui ont dirigé leur pays de manière démocratique, stable et transparente. Le choix de Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, est loin d’être anodin. Il reflète la stabilité institutionnelle du Sénégal sous sa gouvernance, mais aussi les nombreux projets de développement initiés à travers le Plan Sénégal Émergent (PSE).

Avec ce plan, Macky Sall a réussi à maintenir un cap économique, moderniser les infrastructures, renforcer l’accès à l’électricité dans les zones rurales, et positionner le Sénégal comme un pôle stratégique en Afrique de l’Ouest. Sur la scène diplomatique, il a joué un rôle moteur au sein de la CEDEAO, du G5 Sahel, et lors des crises régionales.

Mais au Sénégal, cette reconnaissance internationale ne passe pas partout. Sur les réseaux sociaux comme dans certains cercles intellectuels, la nomination de Macky Sall fait grincer des dents. Ses opposants dénoncent une « récompense » injustifiée, et ravivent les critiques sur la fin de son mandat, notamment le report controversé de l’élection présidentielle de 2024, qui a alimenté des soupçons sur ses intentions politiques.

Ce que certains qualifient de “tentative de troisième mandat déguisé” reste encore une blessure ouverte pour une partie de l’opinion publique. Pourtant, les faits sont là : l’élection présidentielle a été tenue, le pouvoir transmis dans le calme, et Macky Sall a quitté ses fonctions sans tentative de rétention. En dépit des polémiques, la transition a été républicaine et pacifique, un fait rare à souligner dans le contexte africain.

Ce que cette levée de boucliers révèle surtout, c’est un mal-être chronique dans le débat public sénégalais : la difficulté d’accepter que l’on puisse critiquer un homme sans nier l’ensemble de son œuvre. Les critiques les plus virulentes viennent souvent d’acteurs politiques ou d’intellectuels qui, en réalité, ne contestent pas la nomination en soi, mais ce qu’elle symbolise : la reconnaissance d’un homme qu’ils n’ont jamais accepté.

Certains d’entre eux n’ont jamais dirigé, n’ont jamais eu à prendre de décisions qui engagent l’avenir d’un peuple. Pourtant, ils se posent en arbitres de la vertu, en distributeurs de légitimité. Ils s’indignent, mais que proposent-ils ? Que construisent-ils ? Très peu, sinon une indignation stérile.

Macky Sall n’a jamais prétendu à la perfection. Il a gouverné avec ses qualités et ses limites. Mais l’histoire retiendra qu’il a été un chef d’État stable, un bâtisseur, et un acteur majeur du développement économique du Sénégal. Cette nomination à la Fondation Mo Ibrahim est la reconnaissance de cette trajectoire, sur la base de critères rigoureux et impartiaux.

En réalité, ce ne sont pas les critiques qui gênent Macky Sall. Ce qui est frappant, c’est la nature des critiques : émotionnelles, politiciennes, souvent personnelles. Ce sont les frustrations refoulées d’une génération qui, en dépit de sa verve et de ses tweets, peine à s’imposer dans le concret.

Macky Sall tourne une page, mais reste influent. Sa voix comptera dans les grandes réflexions africaines sur la gouvernance, la sécurité, l’économie verte ou la transition numérique. Et que cela plaise ou non, il continuera d’exister sur la scène continentale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°441 – 12 ET 13/04/2025

🔴 MACKY SALL PLÉBISCITÉ À L’ÉCHELLE INTERNATIONALE : ENTRE GLOIRE ET AIGREUR « PASTÉFIENNE »
🔴 EMPRUNT OBLIGATAIRE : 405 MILLIARDS F CFA RÉCOLTÉS EN 15 JOURS

🔴 CAN U17 / QUARTS DE FINALE : LE SÉNÉGAL ÉJECTÉ PAR LA CÔTE D’IVOIRE
🔴 RÉCEPTION DU STADE LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR : MISE EN SERVICE ATTENDUE

Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles : Simon Faye devant le procureur ce lundi 14 avril

Dakar, 11 avril 2025 – Le journaliste Simon Faye, rédacteur en chef de SenTV et de Zik FM, passera le week-end dans les locaux de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Sa garde à vue, entamée jeudi, a été prolongée dans le cadre d’une enquête ouverte pour diffusion de fausses nouvelles, selon des sources proches de l’enquête.

Le dossier, particulièrement suivi par la corporation médiatique, soulève déjà de vives inquiétudes quant à la liberté d’expression et au respect des procédures judiciaires. Simon Faye devra comparaître ce lundi 14 avril devant le procureur.

L’affaire remonte à la diffusion sur la page Facebook « Zik FM L’Officiel » d’un article initialement publié sur le site Afrique Confidentielle. Le contenu, jugé sensible, aurait été à l’origine de l’ouverture d’une enquête. Toutefois, Simon Faye n’en serait ni l’auteur ni le premier diffuseur, selon ses proches et son avocat.

« Malheureusement, mon client vient d’être placé en garde à vue par les enquêteurs de la DIC pour une nouvelle qu’il n’a pas diffusée. Il ne connaît ni l’auteur ni la personne ayant publié ce contenu », déclare Me Alioune Badara Fall, avocat du journaliste.

L’avocat de Simon Faye dénonce ce qu’il qualifie de traitement sélectif dans la conduite de l’enquête.

« Il y a plusieurs sites qui ont publié cet article. Ils ont été clairement identifiés, mais leurs administrateurs n’ont même pas été interpellés. Simon Faye a nié tous les faits qui lui sont reprochés. Il n’est ni l’auteur, ni l’administrateur du site en question. Le maintenir en garde à vue relève d’une motivation qu’on peine à comprendre », soutient Me Fall.

Pour la défense, l’accusation ne repose sur aucun élément matériel convaincant. L’avocat estime que l’absence de preuves tangibles, couplée à la fonction éditoriale de son client – sans lien technique ou administratif direct avec la page incriminée – rend toute poursuite difficile à soutenir.

« Aucun juge sérieux ne pourra condamner Simon Faye pour cette infraction. Ce dossier est vide », conclut l’avocat.

Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) a déjà exprimé sa vive indignation face à cette arrestation, qu’il considère comme une atteinte grave à la liberté de la presse. Le syndicat, qui apporte un soutien total à Simon Faye et au groupe D-media, s’inquiète d’un retour aux méthodes liberticides et d’une tentative d’intimidation des professionnels de l’information.

Vague de licenciements : des centaines de travailleurs manifestent à Dakar contre la précarisation

Le malaise social s’accentue au Sénégal. Ce vendredi, des centaines de travailleurs licenciés ont battu le pavé à Dakar pour dénoncer une vague de renvois jugés « abusifs et injustifiés » dans plusieurs secteurs d’activité. À l’appel du Rassemblement des Travailleurs du Sénégal, un collectif regroupant les employés affectés, la mobilisation a pris une ampleur visible dans les rues de la capitale.

Partis de l’hôpital Abass Ndao, les manifestants ont défilé jusqu’au rond-point de la Poste de la Médina, en empruntant l’avenue Blaise Diagne. Arborant des brassards rouges, symboles de leur colère, ils ont scandé des slogans hostiles aux licenciements et brandi des pancartes dénonçant la précarisation galopante du marché du travail.

Les organisateurs dénoncent ce qu’ils qualifient de « politique de licenciement systématique et sans dialogue préalable ». Ils pointent du doigt un manque de cadre légal protecteur et l’absence de mécanismes efficaces de médiation entre employeurs et salariés. « Trop, c’est trop ! On ne peut pas continuer à sacrifier les travailleurs sans aucune forme de concertation », a déclaré un porte-parole du collectif.

À travers cette marche, les ex-employés entendent interpeller les autorités gouvernementales, notamment le ministère du Travail, pour une prise en charge urgente de la question. Ils appellent à l’ouverture de discussions nationales sur les droits des travailleurs, mais aussi sur la révision des procédures de licenciement dans les entreprises publiques et privées.

« Il est temps que l’État joue pleinement son rôle d’arbitre et garant de la stabilité sociale. Ces licenciements massifs plongent des familles entières dans l’incertitude », a insisté un manifestant.

Cette manifestation intervient dans un contexte économique tendu, marqué par des restructurations dans plusieurs entreprises, notamment dans les secteurs des médias, des télécommunications, de la logistique et de la sécurité. Ces vagues de licenciements, souvent sans indemnisation suffisante, nourrissent un sentiment d’injustice et d’abandon chez de nombreux travailleurs.

Matam : Ansoumana Dione en mission humanitaire pour les malades mentaux errants

Ansoumana Dione poursuit son combat en faveur des personnes atteintes de troubles mentaux. Ce samedi, le président-fondateur de l’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM) se rendra à Matam pour une nouvelle opération de retrait des malades mentaux errants dans les rues du département.

Accompagné d’une équipe spécialisée du Centre Ansoumana Dione basé à Kaolack, il compte apporter assistance à cette frange de la population souvent laissée pour compte. Pour l’activiste humanitaire, cette mission n’est ni un coup de communication ni une faveur : « Ce que nous faisons n’est pas une faveur, c’est une nécessité humaine et sociale », martèle-t-il.

Après l’opération, Ansoumana Dione prévoit de rencontrer la presse locale afin de dresser un état des lieux sans fard de la santé mentale au Sénégal. Il déplore notamment les difficultés d’accès aux soins et aux médicaments psychotropes, encore plus aiguës dans les régions éloignées comme Matam.

« L’accès aux soins reste un véritable parcours du combattant pour les familles concernées. Et les régions de l’intérieur souffrent encore plus », alerte-t-il.

Dans sa déclaration attendue, Ansoumana Dione devrait interpeller frontalement le gouvernement et, en particulier, le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, les priorités doivent être recentrées : « Au lieu de vouloir sensibiliser la population ou de faire réviser la loi 75-80 du 9 juillet 1975, le Premier ministre devrait rendre gratuits certains médicaments psychotropes. »

Il estime que le sujet de la santé mentale ne peut plus rester au second plan, et que des mesures urgentes doivent être prises pour améliorer la prise en charge des malades, particulièrement ceux abandonnés à eux-mêmes dans les rues.

En se rendant à Matam, Ansoumana Dione envoie un message fort : la santé mentale ne doit plus être un sujet marginal au Sénégal. Son déplacement dans cette région peu médiatisée est aussi une manière d’alerter sur les inégalités territoriales dans l’accès aux soins, et de plaider pour une meilleure politique de santé mentale à l’échelle nationale.

Le Sénégal, prison à ciel ouvert pour Mansour Faye, par Mamadou Sy Tounkara

Mansour Faye, ancien ministre de la République du Sénégal et beau-frère de l’ancien Président Macky Sall, est interdit de sortie du territoire sénégalais malgré une ordonnance de la Cour suprême le rétablissant dans ses droits constitutionnels d’aller et venir comme bon lui semble. Une grande première!

Le Sénégal est, ainsi, une prison à ciel ouvert pour lui.

Que lui reproche t-on? Rien! Il n’y a aucune enquête ni poursuite judiciaire connue à son encontre.

Qui l’empêche de sortir? Une « autorité supérieure », lui dit la Police aux frontières. Cette autorité supérieure ne peut être que le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre ou le président de la République.

Y a t-il un complot contre lui? Vraisemblablement, oui.

A quelle fin? Faire mal à l’ancien régime et, in fine, à l’ancien Président Macky Sall, ennemi juré.

Cette interdiction de sortie du territoire entérine les propos du Premier ministre : « le gatsa-gatsa est de retour ». Il n’était jamais parti nulle part.

Il serait intéressant de connaître l’avis des universitaires, des défenseurs de Droits de l’Homme et de la société civile qui étaient si virulents à l’encontre du pouvoir de Macky Sall, meilleur président en Afrique ces dix dernières années.

L’Etat de droit, c’est quand l’Etat respecte le Droit, se plie aux lois et règlements en vigueur, s’en tient aux décisions de justice.

La haine et la méchanceté ne sont pas bonnes conseillères pour n’importe quel régime, passager par essence.

Mamadou Sy Tounkara

Succès de l’emprunt lancé par l’État : Papa Malick Ndour tempère l’enthousiasme et appelle à relativiser

Alors que le gouvernement sénégalais s’est félicité du succès éclatant de son appel public à l’épargne clôturé par anticipation, l’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Entreprenariat et de l’Emploi, Papa Malick Ndour, appelle à nuancer l’interprétation de cette performance financière. Pour lui, ce type d’opération n’est ni inédit ni révélateur d’un changement fondamental de perception vis-à-vis des nouvelles autorités.

« Succès de l’appel public à l’épargne ! Quel commentaire », a-t-il lancé ironiquement, avant de rappeler que de telles opérations avaient déjà connu un franc succès sous le régime de Macky Sall.

Papa Malick Ndour cite notamment deux emprunts obligataires réalisés en 2022. En août de cette année-là, le Sénégal avait bouclé une levée de fonds en six jours seulement, récoltant 138 milliards de FCFA alors que l’objectif était fixé à 120 milliards. Mieux encore, en mars 2022, une autre émission avait été sursouscrite à 200 % et clôturée avant la date butoir.

« Ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’un emprunt obligataire soit clôturé avant la date prévue », a-t-il affirmé, ajoutant que ces succès passés se sont produits à des taux moins attractifs que ceux proposés aujourd’hui.

Pour l’ancien ministre, ce n’est pas le nouveau pouvoir qui explique cet engouement, mais plutôt la solidité et la régularité de l’État du Sénégal sur les marchés financiers, notamment dans la zone UEMOA. Il estime donc que l’enthousiasme observé aujourd’hui est une continuité et non une rupture.

« Présenter aujourd’hui cet engouement comme une soudaine démonstration de patriotisme financier de la part des Sénégalais en guise de confiance aux nouvelles autorités serait donc malhonnête », a-t-il tranché. Et de rappeler que les investisseurs burkinabés, ivoiriens, togolais, béninois ou encore sénégalais ont toujours répondu présent.

Papa Malick Ndour critique ainsi toute tentative de récupération politique de ce succès financier : « Il convient de relativiser : non, l’opération n’a rien d’exceptionnel ni de miraculeux. Elle confirme seulement que le marché fait encore confiance au pays, soi-disant en ruine, avec des marges de manœuvre budgétaires et financières quasi-inexistantes… »

Mansour Faye tire à boulets rouges sur le tandem Sonko-Diomaye : « Tôt ou tard, ils rendront compte »

L’ancien ministre et maire de Saint-Louis, Mansour Faye, est sorti de son silence après avoir été empêché d’embarquer sur un vol ce jeudi 10 avril. Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux ce vendredi, il dénonce une tentative d’intimidation politique et une « diabolisation » orchestrée par le régime actuel qu’il accuse de chercher en vain des éléments compromettants à son encontre.

« L’une des premières cibles dans leur funeste agenda de diabolisation reste et demeure mon humble personne », a-t-il écrit dans un texte au ton particulièrement virulent, où il accuse le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko de mener une politique de persécution contre les responsables de l’ancien régime.

Mansour Faye se défend avec vigueur de toute malversation, affirmant qu’aucun rapport des corps de contrôle de l’État ne l’a épinglé. Il souligne qu’il n’a jamais été convoqué ni entendu sur quelque dossier que ce soit depuis la fin du régime Macky Sall. À ses yeux, le pouvoir actuel « continue à chercher désespérément des charges à (lui) coller », sans succès.

Il affirme également que les accusations autour du PRODAC et de la gestion du fonds de riposte contre la COVID-19 sont infondées. Concernant le PRODAC, il rappelle que « le seul rapport existant est celui de la Cour des comptes datant de janvier 2024 », qui ne recommande aucune poursuite judiciaire, mais simplement des recommandations. Sur le dossier COVID, il balaie les critiques, évoquant un référentiel d’audit « caduc ».

Dans ce long message, Mansour Faye adopte un ton d’opposant décidé, parlant d’« apprentis dictateurs » à propos du tandem au pouvoir, et les accuse de « haute trahison ». Il défend le bilan du président Macky Sall, qualifiant sa gouvernance de « réussite globale », tout en reconnaissant « la faillibilité humaine » qui pourrait expliquer des manquements mineurs.

Il conclut son texte par un appel aux Sénégalais à « tirer les conséquences » de la situation actuelle : « Ces nouveaux dirigeants ont menti au peuple pour accéder au pouvoir, mais quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité qui prend les escaliers finira toujours par arriver à bon port. »

Cette sortie médiatique musclée intervient dans un contexte tendu, où les partisans de l’ancien régime dénoncent ce qu’ils appellent une « chasse aux sorcières » visant les responsables de l’ex-pouvoir. Elle pourrait raviver les débats autour de la gestion de la reddition des comptes, l’une des priorités affichées du gouvernement actuel, mais aussi relancer les tensions entre l’opposition et le pouvoir.

Arrestation de Simon Faye : le SYNPICS dénonce une atteinte à la liberté de la presse

Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) a vivement réagi à l’interpellation de Simon Pierre Faye, rédacteur en chef de SenTv/Zig FM, placé en garde à vue depuis le 10 avril 2025. Dans un communiqué rendu public ce vendredi, le syndicat exprime son « indignation » face à une situation jugée grave et préoccupante pour la liberté de la presse au Sénégal.

Le SYNPICS estime que cette arrestation constitue une « atteinte grave aux principes démocratiques » et rappelle que Simon Faye, journaliste chevronné et reconnu pour son sérieux, n’est ni l’auteur de l’article incriminé, ni à l’origine de sa première diffusion. « Cette situation est incompréhensible et inquiétante. Elle installe un précédent dangereux pour tous les journalistes », alerte le syndicat.

En rappelant les conditions de l’arrestation, le SYNPICS fait un parallèle inquiétant avec les méthodes du précédent régime, marqué par des interpellations et convocations à répétition de journalistes. « Cette pratique rappelle aux confrères sénégalais les dernières années vécues sous le défunt régime, avec les arrestations, convocations et emprisonnements tous azimuts des journalistes », peut-on lire dans le communiqué.

Le syndicat met également en garde contre le risque d’un climat d’intimidation généralisé dans le milieu de la presse. Il déplore un retour progressif à des méthodes liberticides et appelle à une vigilance accrue des acteurs des médias.

La réaction du SYNPICS s’inscrit dans un contexte déjà tendu pour les médias sénégalais. Le syndicat rappelle notamment le recul du Sénégal dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), où le pays figure désormais à la 94e position sur 180. Un déclassement qui traduit, selon le SYNPICS, une réalité palpable dans les rédactions.

Simon Faye, connu pour sa rigueur et son éthique professionnelle, n’avait jusque-là jamais fait l’objet d’un quelconque contentieux avec les autorités. Son arrestation marque, selon plusieurs confrères, un tournant inquiétant dans la relation entre pouvoir et médias.

Dans son communiqué, le SYNPICS appelle les autorités sénégalaises à respecter la liberté de la presse et à faire preuve de retenue. Le syndicat exige la libération immédiate de Simon Pierre Faye, considérant que sa détention est injustifiée et contre-productive.

« Le respect de la liberté d’informer et de la pluralité des opinions est une condition essentielle au bon fonctionnement de toute démocratie. Le Sénégal ne doit pas s’engager sur la voie de la répression médiatique », conclut le texte.

Le Mouvement Gueum Sa Bopp dénonce l’intimidation et exige la libération de Simon Pierre Faye

Le Mouvement Gueum Sa Bopp, dirigé par Bougane Gueye Dany, a exprimé son soutien total à Simon Pierre Faye, rédacteur en chef du Groupe Dmedia, suite à son arrestation récente. Dans un communiqué diffusé ce vendredi 11 avril, le mouvement a dénoncé ce qu’il considère comme une « persécution » orchestrée par l’actuel régime sénégalais, qu’il accuse d’utiliser la justice pour « déstabiliser les journalistes et les acteurs politiques ».

Les partisans du mouvement, connus sous le nom de « Jambaars », ont souligné que l’arrestation de Simon Faye fait partie d’une « logique de dictature » visant à intimider et à réduire au silence les voix critiques du gouvernement. Le communiqué rappelle que cette convocation s’inscrit dans une manœuvre politique visant spécifiquement Bougane Gueye Dany, fondateur du Groupe Dmedia, et par extension, le mouvement Gueum Sa Bopp.

Dans leur déclaration, les membres du Mouvement Gueum Sa Bopp ont exprimé leur « sympathie et soutien indéfectible » envers Simon Pierre Faye. Ils ont exigé sa « libération immédiate et sans condition », estimant que son arrestation constitue une violation des libertés fondamentales et un affront aux principes démocratiques du Sénégal.

« L’opinion nationale et internationale est aujourd’hui témoin que derrière la convocation de Simon Faye se cache une manœuvre d’intimidation visant directement le Président du Mouvement Gueum Sa Bopp, M. Bougane Gueye Dany, par ailleurs fondateur du Groupe Dmedia », indique le communiqué.

Le Mouvement Gueum Sa Bopp a qualifié cette arrestation de « flagrante violation des libertés fondamentales » et a dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de « museler la presse et les voix critiques ». Selon les responsables du mouvement, l’arrestation de Simon Faye est un acte d’intimidation destiné à dissuader toute opposition politique et à empêcher la presse indépendante de fonctionner librement.

Les membres du mouvement ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils appellent une tendance inquiétante de répression de la liberté de la presse et des droits humains au Sénégal. Ils ont appelé les autorités judiciaires à respecter les principes de justice et d’équité et à mettre un terme à cette situation qui, selon eux, porte atteinte aux valeurs démocratiques du pays.

Le Mouvement Gueum Sa Bopp a également exprimé sa solidarité avec tous les journalistes et acteurs politiques confrontés à des tentatives d’intimidation, soulignant l’importance de défendre les libertés fondamentales face à toute forme de répression. Ils ont appelé à une mobilisation nationale et internationale pour garantir la liberté d’expression et pour mettre fin aux atteintes à la presse libre.

L’affaire Simon Pierre Faye a mis en lumière les tensions croissantes entre le gouvernement sénégalais et les voix dissidentes. Pour le Mouvement Gueum Sa Bopp, cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large de lutte pour la liberté de la presse et contre la répression des opposants politiques. Le mouvement a réaffirmé son engagement à défendre la démocratie et les libertés publiques, tout en appelant à une action urgente pour la libération de Simon Pierre Faye et la préservation des droits humains au Sénégal.

Sénégal : RSF appelle à la libération de Simon Pierre Faye et alerte sur la tendance des convocations de journalistes

Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières (RSF), a exprimé de vives préoccupations concernant le placement en garde à vue de Simon Pierre Faye, rédacteur en chef du Groupe D-Média, et a appelé à sa libération immédiate. Cette arrestation fait suite à la reprise par un média du groupe D-Média d’une information déjà publiée ailleurs, portant sur une supposée convocation du Premier ministre sénégalais en Côte d’Ivoire.

Lors d’une intervention sur les ondes de Sud FM, Sadibou Marong a réaffirmé la réputation professionnelle et l’intégrité irréprochable de Simon Pierre Faye. « Simon Pierre Faye est un journaliste rigoureux, dont la pratique professionnelle est unanimement saluée. Cela fait plus de vingt ans que nous (RSF) le connaissons, et nous avons toujours observé chez lui une éthique irréprochable », a souligné M. Marong.

L’affaire de Simon Pierre Faye, selon RSF, s’inscrit dans un contexte de plus en plus préoccupant, marqué par une recrudescence des convocations de journalistes. Reporters sans frontières a exprimé son inquiétude face à ce phénomène, qui pourrait constituer une menace pour la liberté de la presse et l’exercice du journalisme au Sénégal.

« Nous apportons toute notre solidarité à Simon Pierre Faye, car il s’agit d’un professionnel respecté et reconnu dans le domaine. Cependant, cette convocation s’ajoute à une tendance inquiétante : les journalistes sont de plus en plus convoqués par la justice en lien avec leur travail. Cette situation doit être prise en compte par les autorités judiciaires », a ajouté Sadibou Marong.

RSF a demandé aux autorités judiciaires sénégalaises de tenir compte de la personnalité professionnelle de Simon Pierre Faye dans cette enquête. L’organisation plaide pour sa libération, soulignant que le journaliste offre toutes les garanties nécessaires pour répondre à toute convocation future, tout en restant libre. Selon M. Marong, la libération de Simon Pierre Faye doit être immédiate, sans que cela nuise à l’intégrité de l’enquête.

« Nous demandons aux autorités judiciaires de considérer la personnalité professionnelle irréprochable de Simon Pierre Faye dans cette enquête. Il offre toutes les garanties nécessaires pour répondre à toute convocation sans être privé de liberté », a insisté le directeur de RSF Afrique subsaharienne. Il a également précisé que, même en étant libéré, Simon Pierre Faye pourra toujours répondre à d’autres convocations si nécessaire.

Reporters sans frontières a réaffirmé son engagement en faveur de la liberté de la presse et a réitéré que la libération de Simon Pierre Faye ne doit en aucun cas être un cas isolé. L’organisation a souligné que l’exercice du journalisme doit se faire sans crainte de représailles, et a encouragé les autorités sénégalaises à garantir un environnement libre pour les journalistes afin qu’ils puissent mener leur travail sans interférence.

Le Sénégal, bien que traditionnellement reconnu pour sa stabilité démocratique en Afrique, fait face à des tensions croissantes en matière de liberté de la presse, avec une multiplication des cas où des journalistes sont interrogés ou emprisonnés pour leurs reportages.

Alors que la situation autour de Simon Pierre Faye se développe, RSF continue de suivre de près les évolutions et demande une nouvelle fois la libération immédiate du journaliste. L’organisation insiste sur le fait que la liberté d’expression et de presse doit être préservée, et que toute tentative de museler la presse ne peut que nuire à la démocratie. L’affaire met en lumière les défis que rencontrent les journalistes au Sénégal, alors que le pays navigue entre liberté d’expression et contraintes politiques.

Prévention des inondations 2025 : Le Sénégal anticipe avec une approche scientifique et participative

Le Sénégal se prépare à un hivernage 2025 sous haute surveillance, avec une stratégie renforcée de lutte contre les inondations. Le 11 avril, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dieye, a présidé à Dakar une réunion stratégique du Comité national de gestion des inondations (CNGI). Cette réunion a marqué le lancement d’opérations destinées à prévenir les inondations et à limiter les dégâts, avec un objectif clair : éviter la répétition des tragédies des années passées. Les autorités misent sur une meilleure connaissance du terrain et une coordination multisectorielle pour répondre aux risques.

Selon Madické Cissé, directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI), la grande innovation de cette année est la mise en place d’une salle de crise nationale. Cette cellule, gérée par la DPGI, aura pour rôle de collecter des données en temps réel, avec la participation directe des populations locales. L’idée est simple mais efficace : les citoyens pourront envoyer des photos de sites en situation de crise, permettant ainsi aux autorités de connaître immédiatement l’état d’une zone et de prendre des mesures en conséquence. Cette approche, qui fait appel à l’intelligence collective, permet d’analyser rapidement les causes possibles des inondations : un canal bouché, une topographie en cuvette ou des pluies exceptionnelles.

Madické Cissé a souligné que ces images, envoyées directement par les citoyens, faciliteront l’analyse des situations et permettront de déterminer les actions à prendre rapidement. Il a aussi précisé que la surveillance des phénomènes pluviométriques avant l’apparition des inondations est essentielle pour agir en amont.

Les plans communaux de sauvegarde seront déployés dans toutes les villes du pays, avec pour chaque zone une cartographie des risques. Ces plans comporteront des mécanismes d’alerte communautaires permettant une réaction rapide en cas de danger. Ce dispositif vise à renforcer la résilience des populations face aux catastrophes liées aux inondations.

L’un des leviers importants de la stratégie est l’amélioration des prévisions météorologiques. En partenariat avec l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), les autorités seront désormais capables de prévoir les pluies entre deux et trois heures à l’avance. Grâce à cette technologie, il sera possible de connaître précisément où il pleuvra, quelle quantité de pluie s’attendre, et à quel moment. Cela permettra de donner des alertes précoces aux populations à risque.

Malgré ces efforts de prévention, Madické Cissé reste réaliste. « Il ne faut jamais dire qu’il n’y aura pas d’inondations », a-t-il affirmé. Selon lui, deux facteurs principaux contribuent à la vulnérabilité du pays : la mauvaise gestion du terrain, notamment l’occupation anarchique de zones inondables, et les aléas climatiques qui échappent à tout contrôle. Même avec des infrastructures adéquates, des événements météorologiques exceptionnels peuvent causer des catastrophes. Par exemple, un canal de 2 mètres de large pourrait ne pas suffire à contenir une pluie de 200 mm.

Dans ce contexte, la DPGI a identifié près de 1 400 parcelles construites sur des voies d’eau naturelles, en collaboration avec les Domaines et le Cadastre. Ces zones sont considérées comme irrécupérables à court terme. Madické Cissé a expliqué que, malgré les risques connus, il est difficile d’intervenir pour ces zones en raison de leur vulnérabilité.

Le plan national de gestion des inondations identifie 29 villes à risque, dont une quinzaine sont classées comme hautement vulnérables. Parmi elles, des villes comme Touba, Kaolack, Kaffrine, Saint-Louis, Ziguinchor et la région de l’axe Dakar-Mbour-Thiès figurent parmi les zones les plus menacées. Ces localités bénéficieront d’un suivi rapproché et d’actions ciblées avant et pendant l’hivernage, avec un accent particulier sur les zones où les risques sont les plus élevés.

L’État sénégalais entend instaurer une véritable culture de l’anticipation, fondée sur la science, la participation citoyenne et une gouvernance décentralisée. Pour Madické Cissé, il s’agit d’un travail de longue haleine visant à renforcer la résilience des populations face aux aléas climatiques. Ce projet se veut un modèle de gestion participative, où chaque citoyen joue un rôle dans la prévention et la gestion des inondations.

Le Sénégal met en place des mesures concrètes pour lutter contre les inondations, avec un accent particulier sur la prévention, l’anticipation et l’implication des populations locales. Bien que le pays fasse face à des défis liés à l’urbanisation anarchique et aux conditions climatiques extrêmes, les autorités comptent sur une approche intégrée, scientifique et participative pour réduire les risques et protéger les vies humaines. Grâce à ces efforts, le Sénégal espère minimiser les impacts de l’hivernage 2025 et limiter les dégâts dus aux inondations.

Le Sénégal anticipe l’hivernage 2025 : un plan national de lutte contre les inondations avec des actions concrètes

Le Sénégal prend les devants face aux risques d’inondations pour l’hivernage 2025. Ce vendredi, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dieye, a présidé une réunion stratégique du Comité national de gestion des inondations (CNGI) à Dakar. Ce rassemblement marque une étape importante dans le lancement du plan national de lutte contre les inondations, un projet qui vise à prévenir et à mieux gérer les inondations attendues durant la saison des pluies.

Dans son discours, le ministre a souligné que le pays adopte cette année une approche différente et plus proactive, grâce à des orientations claires données par le président de la République. Ce plan de lutte contre les inondations s’appuie sur des données récentes et des outils modernes, permettant ainsi une gestion plus efficace des risques. Dr Dieye a rappelé que cette réunion fait suite à une première session d’évaluation qui s’est tenue en décembre dernier, où les actions à entreprendre ont été définies.

Le ministre a ensuite partagé des informations cruciales sur l’état d’avancement du projet. Il a annoncé que l’État dispose désormais d’une cartographie complète des zones inondables dans tout le pays. Cela permet une maîtrise totale du risque d’inondation à l’échelle nationale, ainsi qu’une identification précise des zones où des interventions sont nécessaires. Il a précisé que les infrastructures comme les stations de pompage et les digues ont déjà été localisées et qu’un suivi rigoureux est prévu pour leur réhabilitation ou leur renforcement.

Le ministre a également fixé un objectif ambitieux : toutes les actions préparatoires doivent être achevées d’ici le 15 juillet 2025. Cette date marque un délai de rigueur pour la mise en place de toutes les mesures nécessaires avant l’arrivée des premières pluies.

L’un des grands axes d’innovation du plan réside dans l’amélioration de la prévision des épisodes pluvieux. Le gouvernement a acquis un radar météorologique moderne, installé à Diamniadio, en collaboration avec l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim). Grâce à cet outil, les autorités pourront désormais prévoir de manière plus précise la localisation des zones touchées, la quantité de pluie attendue, ainsi que les horaires d’impact. Cette avancée permettra d’anticiper les situations de crise et de prendre des mesures préventives adaptées.

Dr Dieye a donné un exemple concret de cette capacité accrue de prévision. « Si l’on peut savoir qu’il pleuvra à Dakar, sur la Corniche Ouest, entre 10 h et 12 h avec 150 mm de pluie, alors on pourra prendre les dispositions nécessaires, comme fermer certains axes pour éviter des drames », a-t-il expliqué. Il a rappelé le triste incident d’un citoyen piégé dans les eaux lors d’une pluie précédente, faute d’une alerte en temps réel.

L’une des priorités du gouvernement dans cette lutte contre les inondations est de renforcer la communication avec la population. Dans cette optique, une plateforme interactive est en cours de développement. Cette plateforme intègrera un chatbot et des outils d’intelligence artificielle pour fournir des informations en temps réel aux citoyens. Ces outils permettront aux habitants d’obtenir des réponses instantanées sur les risques d’inondation et les mesures de sécurité à prendre.

Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a insisté sur l’importance du facteur humain dans la gestion des risques. « Ce sont les citoyens dans toutes les communes qui vont nous aider à curer, à préparer et à réagir », a-t-il déclaré. Il a souligné le rôle crucial que joueront les médias dans la diffusion de ces informations et dans la sensibilisation des populations.

Au-delà de cette réunion stratégique, Dr Cheikh Tidiane Dieye a annoncé qu’une série de rencontres sectorielles seront organisées avec différents acteurs – gouverneurs, maires, députés, et organisations de la société civile. Des tournées régulières seront également programmées pour évaluer la mise en œuvre du plan. À partir de juillet, des réunions hebdomadaires seront mises en place pour ajuster les réponses en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.

Le ministre a également rappelé que la lutte contre les inondations dans un contexte de changement climatique nécessitait une approche intégrée, fondée sur la coordination entre différents secteurs. « Nous devons privilégier la connaissance scientifique, la coordination intersectorielle et l’anticipation », a-t-il conclu, soulignant l’engagement du gouvernement à réduire les effets des catastrophes naturelles sur la vie des Sénégalais.

En somme, le Sénégal semble prêt à faire face aux risques d’inondations pour l’hivernage 2025, avec des actions concrètes, une meilleure préparation et une forte implication des citoyens et des autorités locales. Ce plan national marque un tournant dans la gestion des catastrophes naturelles, fondé sur l’anticipation, la coordination et la prévention.

Macky Sall à Séoul : un plaidoyer pour la paix et la fraternité humaine

L’ancien président du Sénégal, Macky Sall, a pris part ce jeudi à Séoul, en Corée du Sud, à un événement majeur : le Sommet mondial organisé par la Fédération pour la paix universelle (FPU). Cet événement, qui fait partie des préparatifs pour le Sommet 2025 de la FPU, a été l’occasion de remettre le prestigieux Prix Sunhak pour la paix à plusieurs personnalités et organisations qui se sont distinguées par leur engagement en faveur de la paix mondiale et du bien-être humain.

Dans une publication sur sa page officielle Facebook, Macky Sall a exprimé sa reconnaissance envers les fondateurs de la FPU pour leur vision de la paix et de la fraternité humaine. Il a également salué l’importance de cet événement dans la promotion de valeurs universelles, essentielles pour construire un avenir plus pacifique et solidaire. L’ancien chef de l’État sénégalais a félicité les lauréats de l’édition 2025, soulignant leur rôle essentiel dans le progrès de leurs communautés et du monde entier.

Le Prix Sunhak, attribué chaque année depuis sa création, récompense les efforts individuels ou collectifs visant à améliorer la condition humaine à travers des actions concrètes. Lors de cette cérémonie, plusieurs personnalités emblématiques ont été distinguées. Parmi eux, on retrouve Patrick Awuah Jr., fondateur de l’université Ashesi au Ghana. Awuah a été honoré pour ses efforts dans la promotion du leadership éthique en Afrique, un continent qu’il estime essentiel dans la transition vers un avenir durable.

Hugh Evans, un Australien et cofondateur de l’ONG Global Citizen, a également reçu ce prix. Il a été récompensé pour son engagement dans la lutte contre la pauvreté à l’échelle mondiale. De même, Wanjira Mathai, une militante kenyane et fille de la célèbre Wangari Maathai, a été honorée pour son leadership environnemental. À travers son initiative AFR100 et le Green Belt Movement, elle a permis de planter plus de 51 millions d’arbres en Afrique, contribuant à la lutte contre la déforestation et au développement durable.

Le Prix spécial du Fondateur a été attribué à deux figures importantes : l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan et Son Éminence Samuel Radebe, un leader spirituel sud-africain. Jonathan a été salué pour son rôle dans le maintien de la paix en Afrique, tandis que Radebe a été reconnu pour ses initiatives de dialogue interreligieux et de réconciliation.

Dans son discours, Macky Sall a exprimé son soutien aux efforts de la FPU et a réitéré son engagement personnel envers les idéaux de paix et de fraternité. « Le travail que nous accomplissons aujourd’hui, en collaboration avec des partenaires du monde entier, doit être guidé par la solidarité et l’esprit de coopération. Ensemble, nous devons continuer à œuvrer pour un monde plus juste, plus équitable, et plus respectueux de la dignité humaine », a-t-il déclaré.

Le Sommet mondial pour la paix a ainsi permis de renforcer les liens entre les leaders du monde entier et de rappeler que la paix est un effort collectif qui nécessite l’engagement de chacun. Pour Macky Sall, cette participation ne fait que renforcer son rôle en tant qu’acteur majeur sur la scène diplomatique internationale, un acteur déterminé à promouvoir les valeurs de paix, de solidarité et de développement durable.

Ce Sommet, tout en célébrant les progrès réalisés dans la lutte pour la paix mondiale, a aussi mis en lumière les défis qui restent à surmonter. Il a été un moment fort de réflexion sur la nécessité de continuer à œuvrer pour un monde plus harmonieux, où les conflits cèdent la place à la coopération, et où les inégalités sociales et économiques sont progressivement éradiquées.

Emprunt obligataire de l’État : le Trésor public récolte plus de 405 milliards FCFA en seulement 15 jours

L’emprunt obligataire lancé par l’État du Sénégal le 27 mars 2025 s’est soldé par un véritable succès. Prévue pour durer jusqu’au 18 avril, l’opération a finalement été clôturée de manière anticipée, après avoir permis de mobiliser plus de 405 milliards de francs CFA en seulement quinze jours. Le montant initialement recherché était de 150 milliards, mais l’enthousiasme des souscripteurs a largement dépassé les attentes.

Dans un document transmis à la presse, la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT) a salué cette dynamique exceptionnelle, soulignant qu’elle témoigne d’un élan patriotique et d’une confiance renouvelée dans la politique économique du pays. Le Trésor public parle d’un “succès éclatant”, fruit d’un travail collectif impliquant les institutions financières, les investisseurs privés et les citoyens.

L’emprunt obligataire par appel public à l’épargne permet à l’État de mobiliser des ressources financières directement auprès du public, sans nécessairement passer par les bailleurs internationaux. Cette approche contribue à renforcer la souveraineté financière du Sénégal et à impliquer davantage les citoyens dans le financement de projets de développement.

La somme collectée permettra de financer des secteurs jugés prioritaires, notamment les infrastructures, la santé, l’éducation et la transition énergétique. Elle offrira également une certaine marge de manœuvre au gouvernement pour faire face à ses engagements budgétaires dans un contexte économique mondial encore marqué par les incertitudes.

Au-delà de l’aspect financier, cette opération réussie renforce la crédibilité du Sénégal sur les marchés. Elle envoie un signal fort aux partenaires économiques de la sous-région et au-delà : le pays reste attractif, stable, et capable de mobiliser ses propres ressources de manière rapide et efficace.

Ce type de réussite pourrait bien ouvrir la voie à d’autres initiatives similaires à l’avenir, tout en confortant l’idée que la mobilisation des ressources internes est non seulement souhaitable, mais réalisable.

Arrestation de Simon Faye : Madiambal Diagne dénonce une persécution

La détention de Simon Faye, rédacteur en chef de SenTv et Zik FM, continue de faire des vagues au sein de la presse sénégalaise. Alors que le SYNPICS (Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal) avait déjà condamné la mesure, c’est au tour de Madiambal Diagne, patron du Groupe Avenir Communication, de prendre la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de “persécution injuste” à l’encontre de son confrère.

Sur sa page X (anciennement Twitter), Madiambal Diagne a exprimé sa colère et sa solidarité :

« J’exprime toute ma solidarité à mon jeune confrère Simon Faye, persécuté. Tenez-vous bien, juste pour avoir repris une information publique affirmant qu’Ousmane Sonko est convoqué à Abidjan par Alassane Ouattara. Le ridicule ne tue pas ! »

Il ajoute, avec une pointe d’ironie :

« Le Sénégal a bien d’autres urgences, je crois ! »

Simon Faye a été interpellé le 10 avril et placé en garde à vue à la Division des investigations criminelles (DIC). L’objet de l’enquête porterait sur la diffusion d’une information selon laquelle le Premier ministre Ousmane Sonko aurait été convoqué à Abidjan par le président ivoirien Alassane Ouattara — une information largement partagée sur les réseaux sociaux avant d’être reprise par plusieurs médias.

Du côté de ses soutiens, on dénonce une tentative d’intimidation contre la presse. Le SYNPICS, dans un communiqué, a rappelé que la reprise d’une information publique ne saurait en soi constituer une infraction, sauf à remettre en cause la liberté d’informer garantie par la Constitution.

Cette interpellation survient dans un contexte sensible, où de nombreux acteurs dénoncent une volonté d’encadrer, voire museler, certains discours journalistiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont également manifesté leur préoccupation face à ce qu’elles considèrent comme un recul démocratique en matière de liberté de la presse.

Hommage posthume au président du Conseil constitutionnel : Mamadou Badio Camara raconté par ses pairs

L’émotion reste vive au sein de la famille judiciaire sénégalaise, frappée par la disparition de Mamadou Badio Camara, président du Conseil constitutionnel. Ce vendredi, son confrère et membre de ladite institution, Cheikh Tidiane Coulibaly, lui a rendu un hommage particulièrement émouvant, saluant la mémoire d’un homme d’exception : intègre, rigoureux et profondément attaché aux valeurs de justice.

« L’institution judiciaire perd un intellectuel rigoureux, un serviteur exemplaire de l’État, un homme de principes et un magistrat compétent », a témoigné Me Coulibaly. Né à Pikine, Mamadou Badio Camara s’est forgé une carrière jalonnée de responsabilités majeures, allant des tribunaux de province aux plus hautes juridictions de la République.

« Il a exploré toutes les fonctions qu’un magistrat peut exercer, avec une rigueur et un engagement remarquables », a souligné son confrère, rappelant que cette riche expérience a naturellement préparé Camara à occuper les plus hautes fonctions.

Mamadou Badio Camara entre dans la magistrature comme premier substitut du procureur de Dakar en 1983, avant de servir à Kaolack et Ziguinchor comme procureur. Il sera ensuite substitut général à la Cour d’appel de Dakar, puis procureur adjoint à Dakar en 1993, avant de rejoindre la Cour de cassation comme conseiller et secrétaire général, où il servira jusqu’en 2008.

Sa carrière se poursuit à la Cour suprême, où il est nommé président de chambre, puis procureur général en 2013, avant d’être élevé au rang de premier président de cette même juridiction en avril 2015.

Ses collègues et collaborateurs retiennent de lui l’image d’un homme de devoir, respecté pour son indépendance, sa discrétion et sa connaissance profonde du droit. À travers son engagement, Mamadou Badio Camara a contribué à élever la justice sénégalaise et à en renforcer la crédibilité institutionnelle.

Sommet de la Fédération pour la paix universelle : Macky Sall s’est entretenu avec l’ancien SG de l’ONU, Ban Ki-moon

Présent à Séoul dans le cadre du Sommet de la Fédération pour la paix universelle, Macky Sall, ancien président de la République du Sénégal, a eu un échange ce vendredi avec Ban Ki-moon, ex-secrétaire général des Nations Unies et son prédécesseur à la présidence du Centre mondial pour l’adaptation au changement climatique.

Les deux figures internationales ont discuté de sujets d’intérêt commun, notamment des enjeux liés à l’adaptation climatique et à la mobilisation de financements pour les pays vulnérables. Macky Sall a indiqué qu’ils ont « partagé son expérience à la tête du Centre, ainsi que sur les moyens de relever le défi de la mobilisation des ressources pour soutenir les projets et programmes éligibles à l’appui du Centre ».

L’ancien président sénégalais, qui a récemment succédé à Ban Ki-moon à la présidence de cette institution, a insisté sur l’importance d’une coopération internationale renforcée face aux effets du changement climatique, particulièrement en Afrique.

Basé aux Pays-Bas, le Centre mondial pour l’adaptation (GCA) est un acteur clé dans l’accompagnement des pays du Sud dans leurs efforts de résilience climatique. Il travaille à mettre en œuvre des projets innovants, à mobiliser des financements et à influencer les politiques publiques en faveur de l’adaptation.

Saint-Louis : Cinq individus arrêtés pour tentative de trafic de migrants vers les Canaries, déférés à Dakar

Une nouvelle tentative de migration clandestine vers l’Espagne a été déjouée à Saint-Louis, où cinq individus ont été interpellés par la Délégation nationale à la lutte contre la traite des personnes (DNLT). Ces derniers sont soupçonnés d’avoir organisé un voyage maritime à destination des îles Canaries, dans le cadre d’un réseau de trafic de migrants.

L’annonce a été faite via un communiqué publié sur le compte X (anciennement Twitter) de la Police nationale du Sénégal, qui précise que les suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs et tentative d’organisation d’une migration irrégulière.

Après leur arrestation à Saint-Louis, les cinq hommes ont été déférés à Dakar, devant le procureur de la République près le tribunal de grande instance, où ils devront répondre des charges liées à la traite des personnes. Cette décision de transfert traduit la gravité de l’affaire et l’attention particulière que lui accordent les autorités judiciaires.

Depuis le début de l’année, les tentatives de rejoindre les côtes espagnoles via l’Atlantique se sont multipliées, notamment à partir des zones nord et centre du pays. Les forces de sécurité sénégalaises ont intensifié leur lutte contre les réseaux de passeurs, qui mettent la vie de dizaines de jeunes en péril, souvent à bord d’embarcations de fortune.

Cette arrestation collective témoigne d’une stratégie plus offensive des autorités, qui cherchent à démanteler les réseaux en amont, avant même l’embarquement.

Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et les efforts bilatéraux entre le Sénégal et l’Espagne, l’émigration clandestine reste une réalité persistante, alimentée par le chômage, le désespoir économique et la quête d’un avenir meilleur en Europe.

Le voleur fantôme du Trésor public : un cambriolage de haut vol, 37 jours de cavale et une arrestation surprenante

C’est un fait divers digne des meilleurs romans policiers, avec une intrigue qui mêle discrétion, audace et une enquête menée à l’ancienne, sans preuves matérielles. Le mercredi 9 avril 2025, les enquêteurs de la Sûreté urbaine de Dakar ont mis fin à la cavale de Moctar Sall, présumé auteur du cambriolage spectaculaire survenu dans les locaux de la direction de l’informatique du Trésor public, rue Malenfant.

Dans la nuit du 3 mars, un individu inconnu s’introduit dans le bâtiment administratif en escaladant un arbre jusqu’au deuxième étage. Sans laisser la moindre trace : pas d’empreintes, pas de preuve ADN, des caméras en panne, comme si le coup avait été pensé pour passer sous les radars. Le bilan : deux ordinateurs connectés au serveur central et 200 000 F CFA en liquide dérobés. Mais au-delà de la somme, c’est surtout la nature des données contenues dans les ordinateurs – des informations sensibles du Trésor public – qui fait frémir les autorités.

L’affaire semblait au point mort. Mais les enquêteurs ne lâchent rien. À défaut de preuves scientifiques, ils s’appuient sur des recoupements téléphoniques, l’exploitation d’images vidéo, et surtout une intuition aiguisée. Après avoir isolé une silhouette filmée escaladant l’arbre, les recherches s’orientent vers Moctar Sall, un natif de Banadji, déjà connu des services pour divers petits larcins.

La traque mène finalement les policiers au marché Sandaga, en plein centre-ville de Dakar, où Moctar Sall est interpellé sans résistance.

Mais l’affaire prend un tour encore plus troublant en garde à vue. Moctar Sall reconnaît immédiatement les faits, sans tenter de nier. Il livre même le nom de son receleur présumé, un certain “Malaw”, toujours en fuite. Mais surtout, il déclare avec un calme déroutant :

« Pour être franc, j’avais complètement oublié cette affaire jusqu’à mon arrestation. »

Un détachement qui interroge autant qu’il inquiète. Après deux jours de garde à vue, le suspect reste serein, voire détaché, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour retrouver les ordinateurs volés et localiser le receleur.

  • Un cambriolage sans aucune preuve matérielle
  • Une enquête longue de 37 jours, menée à l’intuition et à la technologie
  • Une arrestation en douceur au cœur de Dakar
  • Un suspect coopératif, mais atypique
  • Des données sensibles du Trésor toujours introuvables

Au-delà de l’arrestation, cette affaire met en lumière la fragilité des dispositifs de sécurité dans certaines administrations sénégalaises. L’absence de vidéosurveillance fonctionnelle et la facilité d’accès à un étage stratégique par un arbre posent de sérieuses questions sur la sécurité des données publiques. Si les ordinateurs n’étaient pas cryptés, des informations stratégiques pourraient être en circulation.

L’arrestation de Moctar Sall est une victoire pour les forces de l’ordre, mais l’affaire est loin d’être close. Reste à savoir si les données volées ont été exploitées – ou pire, revendues – et si le « voleur fantôme » dit toute la vérité.

Licenciement de 53 employés : CIMAF Sénégal dément et apporte des précisions

La cimenterie CIMAF Sénégal a officiellement démenti les informations faisant état du licenciement de 53 employés. Dans un communiqué publié ce mardi, l’entreprise affirme qu’il s’agit en réalité de travailleurs temporaires d’un prestataire sous-traitant et non de salariés directs de CIMAF.

Selon CIMAF, les travailleurs concernés étaient employés par TECTRA, une société de prestation de services, et avaient été recrutés pour une mission ponctuelle dans le cadre de la phase préparatoire du démarrage de l’usine. « Une confusion regrettable a été entretenue dans un reportage ultérieur, qui a présenté à tort la direction de TECTRA comme étant celle de CIMAF », précise le communiqué.

L’entreprise assure que la fin de mission de ces travailleurs s’est déroulée conformément aux procédures légales, avec une indemnisation complète et sous la supervision de l’Inspection du Travail.

Malgré ces explications, les anciens travailleurs ont organisé un rassemblement devant l’usine, le lundi 7 avril, pour exprimer leur colère et réclamer leurs droits. Selon eux, l’Inspection régionale du travail de Thiès leur aurait donné raison, bien que CIMAF ne confirme pas cette information.

CIMAF Sénégal, qui vient de démarrer ses activités dans le pays, insiste sur le fait qu’aucun licenciement n’a eu lieu en son sein. « Nous sommes actuellement en pleine phase de recrutement et nous restons engagés dans la création d’emplois durables », affirme l’entreprise.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°440 – 11/04/2025

🔴 MANSOUR FAYE CLOUÉ AU SOL MALGRÉ L’ORDONNANCE DE LA COUR SUPRÊME, GARDE À VUE DU JOURNALISTE PIERRE SIMON FAYE : LE TOTALITARISME EN MARCHE
🔴 DÉCÈS DE MAMADOU BADIO CAMARA, PRÉSIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL : UN BAOBAB DU DROIT TOMBE»

🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : BUILDERS FC AFFRONTE LE JARAAF EN DEMIES
🔴 RÉHABILITATION DU STADE LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR :LES CLEFS RÉCEPTIONNÉES AUJOURD’HUI

Bambey Sérère : des cambriolages en série plongent le village dans l’inquiétude

Depuis plusieurs mois, le paisible village de Bambey Sérère, situé dans le département de Bambey (région de Diourbel), vit au rythme de cambriolages à répétition qui perturbent profondément le quotidien des habitants. Commerces pillés, pertes financières importantes, sentiment d’abandon : la population, désemparée, tire la sonnette d’alarme et exige une réaction rapide des autorités.

Aliou Fall, commerçant au marché hebdomadaire du village, raconte avec amertume l’attaque dont il a été victime : « Ils ont tout emporté. De l’argent, des marchandises… Je ne sais même pas comment je vais me relever. » Comme lui, plusieurs autres commerçants ont vu leur gagne-pain réduit à néant. Selon des témoignages concordants, au moins cinq boutiques ont été cambriolées en l’espace de six mois, principalement entre le marché hebdomadaire et le marché Ocass.

Les malfaiteurs, souvent organisés, opèrent en toute discrétion et sans laisser de traces. « Ils savent quand frapper. Souvent entre deux jours de marché, quand la surveillance est relâchée et les commerçants absents ou moins vigilants », confie un habitant sous couvert d’anonymat.

Au-delà des pertes matérielles, c’est surtout la peur qui gagne du terrain. Le climat d’insécurité s’installe durablement dans les esprits. « On ne dort plus tranquillement. Chaque bruit suspect la nuit nous fait sursauter », s’inquiète une mère de famille.

La population se dit abandonnée à son sort, face à une situation qui ne semble susciter ni réaction ferme ni présence accrue des forces de sécurité. « Il n’y a pas de patrouilles, pas de poste de police ou de gendarmerie à proximité. Nous sommes seuls », déplore un notable du village.

Dans un appel collectif, les habitants de Bambey Sérère demandent la mise en place urgente de dispositifs de sécurité, notamment des patrouilles régulières de gendarmerie ou de police, la création d’un poste de sécurité de proximité, ainsi qu’un soutien aux commerçants sinistrés.

Ils en appellent également à l’État, aux autorités locales et au préfet de Bambey pour que des mesures concrètes soient prises afin de rétablir la paix et la sécurité dans le village. Faute de quoi, préviennent-ils, la situation pourrait dégénérer ou pousser certains à organiser eux-mêmes leur défense.

En attendant une réponse officielle, des discussions seraient en cours pour créer des comités de vigilance locaux, composés de jeunes du village. Une initiative citoyenne qui, selon certains, pourrait au moins dissuader les voleurs. « Nous ne voulons pas de violence, mais nous devons nous protéger », indique un résident.

ASECNA : L’intersyndicale suspend son mot d’ordre de grève après des avancées avec la tutelle

Alors qu’un mouvement de grève était prévu pour débuter ce samedi 12 avril, l’intersyndicale des travailleurs de l’ASECNA (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar) a annoncé la suspension de son mot d’ordre. Une décision prise à l’issue d’une rencontre jugée constructive avec le ministre de tutelle, tenue jeudi matin.

« Nous avons rencontré notre ministre de tutelle ce matin. Et ce qui ressort de cette rencontre, c’est la suspension du mot d’ordre de grève, en attendant de poursuivre les négociations pour la satisfaction de l’ensemble des points de revendication », a déclaré François Paul Gomis, coordinateur de l’intersyndicale, à l’issue de l’entretien.

Au cœur des échanges figuraient les quatre principales revendications portées par les travailleurs de l’ASECNA. Le premier point concerne le paiement des arriérés de l’indemnité de sécurité aérienne (ISA). À ce sujet, le ministre a donné des garanties fermes, assurant que les fonds nécessaires sont disponibles depuis six mois.

Les autres revendications, notamment la régularité du paiement de l’ISA et son harmonisation entre les différents personnels et États membres, ont également été abordées. Un comité technique a été mis en place pour travailler sur une base juridique solide permettant une mise en œuvre stable et équitable de cette indemnité.

Autre point d’achoppement : la résorption du sous-effectif dans certains segments de l’ASECNA. Sur ce volet, les autorités ont manifesté une volonté claire de trouver des solutions durables. Le ministre de tutelle et le directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) ont pris l’engagement de traiter ce problème en priorité.

Bien que le mot d’ordre de grève soit suspendu, l’intersyndicale reste vigilante. Elle souligne que la satisfaction est partielle et que la suite des négociations sera déterminante. Le dialogue reste donc ouvert, mais les travailleurs attendent désormais des actes concrets, notamment sur la régularité des paiements et la mise en œuvre des réformes structurelles promises.

Pour rappel, l’intersyndicale avait déposé un préavis de grève le 12 mars dernier, prévoyant une entrée en vigueur du mouvement à partir du samedi 12 avril, en l’absence d’accord.

En suspendant le mouvement de grève, les travailleurs de l’ASECNA affichent leur volonté d’aboutir par le dialogue, tout en mettant en garde contre toute forme de lenteur ou de promesse non tenue. La balle est désormais dans le camp des autorités, appelées à traduire leurs engagements en actes pour éviter une reprise de la contestation dans un secteur aussi stratégique que la navigation aérienne.

Pierre Simon Faye en garde à vue : quand le populisme dérape et piétine la liberté de la presse

L’arrestation du journaliste Simon Pierre Faye, directeur de Zik FM et SenTV, n’est pas un simple incident judiciaire. Elle représente un tournant inquiétant dans le paysage politique et médiatique, un symbole d’une dérive autoritaire qui, sous couvert de populisme, cherche à museler la liberté de la presse. Ce qui devait être une ère de rupture avec les anciennes pratiques politiciennes semble se transformer, jour après jour, en une machine répressive contre la presse libre et indépendante.

Le populisme a toujours été présenté comme un mode de gouvernance “proche du peuple”. Cependant, cette promesse d’écoute et d’équité cache bien souvent une réalité beaucoup plus sombre. Derrière des discours radicaux où l’on oppose “le peuple” aux “élites”, les régimes populistes finissent par développer des méthodes brutales pour conserver leur pouvoir. Simon Pierre Faye incarne aujourd’hui cette dérive : un journaliste qui, en relayant une information d’intérêt public, se voit arrêté et mis en garde à vue. Ce n’est pas un accident isolé, mais bien le symptôme d’un pouvoir qui préfère réprimer la liberté d’expression plutôt que de répondre à ses critiques.

Les populistes, qu’ils soient de gauche ou de droite, détestent une presse indépendante. Celle-ci brise leur mise en scène en mettant en lumière leurs contradictions et leurs manœuvres politiques. Ils la considèrent comme un obstacle, une menace. Dès lors, les journalistes deviennent les cibles privilégiées, souvent accusés de manipulation, de mensonge, et de distorsion de la vérité. Dans cette logique, Simon Pierre Faye devient un symbole de cette répression : un journaliste, comme beaucoup d’autres, ciblé et persécuté pour avoir simplement fait son travail.

Il faut bien comprendre que cette stigmatisation est loin d’être anodine. Elle sert à créer un climat de peur, à intimider ceux qui osent contester le pouvoir en place. La menace de l’arrestation et de la répression vise à instaurer un espace public aseptisé, où seules les voix du pouvoir sont autorisées à s’exprimer. Et c’est là tout le danger : une société où la critique est étouffée et où seuls les discours agréables au pouvoir peuvent circuler librement.

Bien que les populistes prétendent défendre les intérêts du peuple, leur véritable but est souvent de concentrer le pouvoir entre les mains d’une élite restreinte. Ce populisme, qui se drape de l’illusion d’une démocratie participative, finit toujours par faire fi des libertés fondamentales. Les promesses de liberté sont vite oubliées, dès qu’elles entrent en conflit avec les intérêts du pouvoir en place. L’arrestation de Simon Pierre Faye et d’autres journalistes avant lui montre bien que ce qui commence comme une tentative de gouvernance populaire se transforme en un système autoritaire, où la liberté d’expression est piétinée.

Les journalistes sont souvent perçus comme des menaces. Leur rôle de contre-pouvoir devient insupportable pour un pouvoir qui cherche à s’imposer sans entraves. Ce n’est pas un dérapage isolé, mais une stratégie délibérée pour empêcher toute forme de critique et maintenir un contrôle absolu sur l’espace public.

Il est grand temps que les citoyens, les intellectuels, et les institutions républicaines ouvrent les yeux. L’histoire est parsemée de régimes qui ont commencé par séduire le peuple pour mieux l’asservir ensuite. Ce n’est pas un hasard si la presse a toujours été le premier ennemi de ceux qui souhaitent installer un pouvoir autoritaire. L’étouffement de la presse est le signe précurseur d’un manque d’oxygène démocratique dans une société.

Il est impératif de rappeler que le journalisme n’est pas un crime. Au contraire, c’est un devoir sacré. Dans ce combat contre la répression, la solidarité entre journalistes et citoyens est plus que jamais essentielle. La critique, l’investigation, et même l’ironie – cet outil trop souvent sous-estimé – sont des remparts contre l’attaque systématique de la démocratie.

Nous ne pouvons pas laisser l’autoritarisme s’installer sous prétexte de populisme. La liberté d’informer et la possibilité de critiquer le pouvoir sont des pilliers essentiels de toute démocratie. A ceux qui gouvernent aujourd’hui, il est essentiel de rappeler : vous n’êtes pas au-dessus de la critique. L’histoire a montré que ceux qui tentent de museler la presse finissent par s’enfermer dans une logique de répression permanente.

Aux journalistes et à ceux qui défendent la liberté d’expression, ce combat est le vôtre. Simon Pierre Faye, en garde à vue aujourd’hui, est le symbole de tous ceux qui refusent de se soumettre au silence imposé par des pouvoirs autoritaires. Ce n’est pas une lutte isolée, c’est celle de toute une société qui refuse de voir la démocratie être réduite à un spectacle vide où seule la voix du pouvoir peut résonner.

Appel au dialogue du PR : Le FDR fixe ses conditions

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), une coalition d’opposants sénégalais, a réagi fermement à l’appel au dialogue lancé par le président Macky Sall le 4 avril 2025, dans une interview médiatique. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi au siège de Taxawu Sénégal, le FDR a exprimé ses doutes et son rejet de ce dialogue, qu’il considère comme une manœuvre politique. Voici les éléments clés du discours et des revendications du FDR :

L’opposition a mis en avant le fait que le dialogue proposé par le président est tardif et opportuniste. En effet, le FDR dénonce le manque de consultations avec les forces vives de la nation et, en particulier, avec l’opposition, depuis des années. Le porte-parole du FDR, Mouhamadou Lamine Massaly, a insisté sur le fait que les autorités ont toujours évité de consulter l’opposition sur les grandes réformes et les politiques publiques. Selon lui, cet appel au dialogue survient à un moment où le gouvernement est dans une position délicate, ce qui laisse penser que ce dialogue n’est qu’une tentative de sauver la face.

Le FDR, tout en réaffirmant son ouverture au dialogue, a posé des conditions strictes pour toute négociation véritable. Ces conditions sont les suivantes :

  1. Plafonnement de la caution électorale : Le FDR demande que la caution électorale pour la présidentielle soit limitée à 30 millions de FCFA, afin de garantir une plus grande accessibilité à la candidature, notamment pour les partis d’opposition et les personnalités politiques sans ressources financières importantes. Cette demande vise à éviter une « barrière financière » qui favorise les candidats proches du pouvoir et exclut d’autres voix de l’élection présidentielle.
  2. Renforcement de l’OFNAC et du Pool judiciaire financier : Le FDR exige la mise en place d’un Pool judiciaire financier pour garantir une meilleure gestion des finances publiques et lutter plus efficacement contre la corruption. Il demande également le renforcement des pouvoirs de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) pour assurer plus de transparence et d’intégrité dans les finances publiques.
  3. Réforme de la loi 81-17 sur les partis politiques : Le FDR plaide pour une révision de la loi 81-17 du 6 mai 1981, qui régit les partis politiques, afin d’introduire des réformes sur le financement des partis politiques et sur le statut du chef de l’opposition. Cette réforme viserait à garantir une meilleure équité entre les partis politiques, notamment en matière de financement public, et à établir un statut plus transparent et juste pour le chef de l’opposition.
  4. Création d’une commission d’évaluation de la CENA et du CNRA : Le FDR exige la création d’une commission indépendante pour évaluer la transparence de la Commission électorale nationale autonome (CENA) et du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Cette commission aurait pour mission de veiller à l’équité des élections et à la régulation de la couverture médiatique, pour garantir que tous les candidats et partis bénéficient d’une couverture équitable et que les élections soient organisées de manière juste.

Le FDR a conclu son point de presse en réaffirmant son ouverture au dialogue mais a insisté sur des actes concrets et des engagements fermes. L’opposition est déterminée à ne pas se laisser tromper par ce qu’elle considère comme un dialogue opportuniste qui ne sert qu’à légitimer un pouvoir déjà affaibli. Le FDR appelle à une réforme véritable et à une transparence totale dans la gestion politique et électorale du pays, soulignant que l’intérêt du peuple sénégalais doit primer sur les manœuvres politiciennes. Le collectif a averti que si leurs demandes légitimes ne sont pas prises en compte, ils ne participeront pas à un dialogue qui pourrait être une tentative de manipulation politique.

Mamadou Badio Camara, le juge de la République

Discret, rigide dans ses principes et attaché à l’indépendance de la justice, Mamadou Badio Camara aura incarné une certaine idée de la justice sénégalaise : une justice impassible, indépendante et fidèle aux valeurs de l’État de droit. Décédé le 9 avril 2025 à Dakar, cet éminent magistrat laisse un héritage marquant, à la fois dans l’histoire de la justice sénégalaise et dans le domaine de la gouvernance institutionnelle. Retour sur un parcours exceptionnel.

Mamadou Badio Camara naît en 1952 à Dakar. Dès son jeune âge, il se dirige vers une carrière dédiée à la justice et à l’État de droit. Après avoir obtenu son diplôme de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) en 1977, il fait ses premiers pas dans le monde judiciaire sénégalais en tant que substitut du procureur au parquet de Dakar. Ce début modeste marque le début d’une ascension qui ne cessera de croître au fil des années, notamment grâce à sa rigueur et à son dévouement à la justice.

Son parcours professionnel le mène à occuper plusieurs postes de responsabilité dans différentes villes du pays, de Kaolack à Ziguinchor, où il exerce en tant que procureur puis substitut général à la Cour d’appel de Dakar. Ces années lui permettent de solidifier ses convictions et de construire une réputation de magistrat impartial et déterminé.

C’est en 2008 que Mamadou Badio Camara fait son entrée à la Cour suprême du Sénégal, dans le cadre de la fusion du Conseil d’État et de la Cour de cassation. L’étendue de ses responsabilités et sa rigueur intellectuelle le propulsent rapidement à des positions de plus en plus importantes au sein de la Cour suprême. Secrétaire général, président de chambre, et procureur général, il ne tarde pas à se faire un nom dans le système judiciaire sénégalais.

En 2015, il est élu président de la Cour suprême, fonction qu’il occupera avec une autorité respectée et une gestion très rigoureuse des affaires judiciaires. Sous sa présidence, la Cour suprême est perçue comme un bastion de justice impartiale et un rempart contre toute ingérence politique.

En parallèle à ses fonctions nationales, Mamadou Badio Camara développe une carrière internationale. Il œuvre comme expert pour les Nations unies au Burundi, il est consultant pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Haïti, et siège au Comité des Nations unies contre les disparitions forcées. Il devient également vice-président de l’AHJUCAF, un réseau francophone des hautes juridictions de cassation, qui regroupe des magistrats des plus hautes institutions judiciaires de la francophonie.

C’est en 2022, après une carrière déjà longue et prestigieuse, que Mamadou Badio Camara est nommé président du Conseil constitutionnel du Sénégal, une institution clé pour la sauvegarde de l’ordre constitutionnel et de l’équilibre des pouvoirs. Son nom restera gravé dans l’histoire en 2024, lors de l’une des périodes les plus tumultueuses du pays.

À une époque où l’Assemblée nationale et le président Macky Sall cherchaient à reporter la date de la présidentielle pour prolonger le mandat du président en place, Mamadou Badio Camara fait preuve d’une indépendance de jugement implacable. Le 15 février 2024, il rend une décision historique en invalidant la loi du Parlement et le décret présidentiel qui cherchaient à reporter l’élection. Cette décision marque un tournant : la Constitution doit primer sur les intérêts politiques personnels. Camara insiste sur l’obligation constitutionnelle de tenir l’élection présidentielle avant le 2 avril 2024.

Sa décision, ferme et justifiée, permet d’éviter une crise constitutionnelle et politique majeure, en rétablissant l’ordre juridique du pays. La présidentielle se tient donc comme prévu le 24 mars 2024. Ce scrutin voit l’élection de Bassirou Diomaye Faye, avec 54 % des voix, au premier tour.

Lors de la cérémonie d’investiture, Mamadou Badio Camara se montre particulièrement solennel dans ses propos. Il souligne avec gravité : « Le secret est dans le bulletin de vote, dans la conviction des citoyens que leur voix peut changer leur destin, sous le contrôle d’une justice impartiale ». Ces mots résonnent comme un appel à la défense de la démocratie et de l’État de droit, un dernier message fort, rappelant que la justice ne doit jamais se plier aux pressions politiques.

Mamadou Badio Camara laisse derrière lui un héritage profond et indélébile dans l’histoire de la justice sénégalaise. Il incarne cette voix de la vérité qui s’est toujours élevée pour défendre les principes sacrés de la Constitution, de l’État de droit, et de l’indépendance judiciaire, même au prix de grandes tensions politiques. Son départ laisse un vide immense dans le système judiciaire sénégalais, mais aussi une leçon de rigueur et de dévotion au service public.

La justice, pour Mamadou Badio Camara, n’était pas seulement une fonction : c’était une mission sacrée. Il restera dans les mémoires comme un pionnier du respect des principes constitutionnels et un gardien du droit sénégalais.

Décès de Mamadou Badio Camara : la Cour suprême annonce les détails des obsèques

La Cour suprême du Sénégal a annoncé, ce mercredi 10 avril 2025, le décès de son président, Mamadou Badio Camara, un haut magistrat qui a marqué l’histoire de la justice constitutionnelle au Sénégal.

Dans un communiqué officiel, la Cour a précisé que la levée du corps de Mamadou Badio Camara se déroulera ce vendredi 11 avril 2025 à 10 heures à la morgue de l’Hôpital Principal de Dakar. La famille, les proches, ainsi que les autorités publiques, se rassembleront à cette occasion pour rendre hommage à cet homme d’État respecté.

La prière mortuaire aura lieu à la mosquée Omarienne immédiatement après la prière du Jumuʿa (prière du vendredi), à partir de 13 heures. Après cette cérémonie religieuse, l’inhumation se fera au cimetière de Yoff, où Mamadou Badio Camara reposera aux côtés de ses ancêtres.

Mamadou Badio Camara, président du Conseil constitutionnel, a consacré sa carrière à la défense de l’État de droit et à la promotion de la justice au Sénégal. Un homme discret, mais engagé, il laisse un héritage profond dans le paysage judiciaire sénégalais.

La Cour suprême invite l’ensemble de la population, ainsi que les membres du gouvernement et des institutions publiques, à rendre hommage à cet homme de loi dont le parcours a contribué à renforcer les bases de la démocratie et de la justice dans le pays.

Le parti de Aïda Mbodji dément les accusations de Ndeye Khady Ndiaye et fait une mise au point

Le parti AND/Saxal Liguey, dirigé par Mme Aïda Mbodji, actuelle Déléguée générale de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), a publié ce jeudi 10 avril 2025 un démenti officiel suite à des accusations formulées par Mme Ndeye Khady Ndiaye sur les réseaux sociaux. Cette dernière avait prétendu n’avoir pas été reçue par Mme Aïda Mbodji dans le cadre de ses fonctions à la tête de la DER/FJ, insinuant ainsi un manquement dans la mission de service public de l’institution.

Dans une déclaration lue par Ndeme Dieng, porte-parole du parti, AND/Saxal Liguey dénonce les propos de Ndeye Khady Ndiaye, les qualifiant de diffamatoires et soulignant qu’ils sont non seulement infondés, mais également mensongers. Selon le porte-parole, Mme Ndiaye n’a jamais obtenu d’audience auprès de la Délégation générale de la DER/FJ, ni n’a jamais franchi les portes de l’institution, ce qui rend ses accusations totalement fausses.

Le parti AND/Saxal Liguey met en avant que ces accusations sont une tentative de manipulation de l’opinion publique, visant à nuire à la réputation de Mme Aïda Mbodji, une femme d’État respectée, engagée dans le renforcement de l’inclusion économique des femmes et des jeunes. En réponse à cette campagne, le communiqué affirme que les propos de Mme Ndiaye relèvent d’une stratégie de déstabilisation, sans fondement, qui cherche à porter atteinte à l’intégrité et au professionnalisme de la Déléguée générale de la DER/FJ.

Depuis sa nomination à la tête de la DER/FJ, Mme Aïda Mbodji s’est dévouée à promouvoir l’inclusion des jeunes et des femmes dans le processus économique national, en mettant en œuvre des programmes d’accompagnement, des financements adaptés, et des initiatives d’autonomisation dans tout le pays. Le travail de la DER/FJ est ainsi mis en avant comme un modèle de transparence, d’équité et de rigueur administrative.

L’AND/Saxal Liguey appelle à la vigilance dans l’utilisation des réseaux sociaux, insistant sur la responsabilité de chacun lorsqu’il s’agit de diffuser des informations. « Les manipulations mensongères et les diffamations gratuites n’affaibliront en rien l’engagement et le professionnalisme de Mme Aïda Mbodji. Elles renforcent plutôt sa détermination à mener à bien sa mission », indique le communiqué. Le parti met en garde contre la propagation de fausses informations, qui ne résistent généralement pas à la vérité.

Dans une conclusion forte, le parti AND/Saxal Liguey affirme que « le mensonge ne résiste jamais à la vérité » et que Mme Aïda Mbodji, femme d’État exemplaire, poursuivra sa mission avec l’intégrité et l’engagement qui la caractérisent.

Agriculture : la CDC scelle un partenariat stratégique avec l’investisseur italien BFI UK

Un pas décisif vient d’être franchi pour la modernisation de l’agriculture au Sénégal. La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a signé, ce jeudi 10 avril 2025, un protocole d’accord avec l’investisseur italien BF International Best Fields Best Food Limited (BFI UK). La cérémonie s’est tenue à la résidence de l’Ambassade d’Italie à Dakar, en présence du Directeur général de la CDC, Fadilou Keita, et des représentants diplomatiques et économiques des deux pays.

Le protocole signé prévoit la création d’une société de projet commune, chargée de piloter un vaste programme d’aménagement agricole dans les régions de Sédhiou et Kolda. Ce projet vise à introduire une agriculture durable, innovante et inclusive, à travers l’utilisation de technologies modernes, le développement d’infrastructures agricoles et la formation de compétences locales.

Outre l’amélioration de la productivité agricole, ce partenariat entend également avoir un fort impact social, avec la création d’emplois stables, la valorisation des chaînes de valeur locales, et un accompagnement technique des agriculteurs.

Ce projet s’inscrit pleinement dans les priorités du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui fait de la transformation du secteur agricole un levier fondamental du développement économique et social du pays. Il contribue également au renforcement de la coopération bilatérale entre le Sénégal et l’Italie, notamment dans le domaine agro-industriel.

« Ce partenariat avec BFI UK est une preuve tangible que l’agriculture peut être à la fois moderne, rentable et vectrice de développement local. Il est à la croisée des chemins entre performance économique, durabilité environnementale et impact social », a souligné Fadilou Keita lors de la signature.

En associant l’expertise technique de BFI UK à la capacité d’investissement et d’accompagnement de la CDC, ce partenariat ouvre de nouvelles perspectives pour les agriculteurs du sud du pays, tout en contribuant à la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Les premières phases du projet devraient démarrer dès cette année, avec la mise en place de périmètres pilotes à Sédhiou et Kolda, en attendant un déploiement à plus grande échelle.

Almadies : un présumé étudiant arrêté avec du haschich et une arme à feu

Dans la nuit du 9 avril 2025, vers 00h30, les éléments de la Division opérationnelle de l’OCRTIS ont procédé à l’interpellation d’un individu se présentant comme étudiant, au cœur du quartier des Almadies. Cette arrestation fait suite à une enquête ciblée sur un réseau de trafic de drogue opérant dans cette zone résidentielle.

Selon la Direction de la Police nationale, les enquêteurs ont agi sur la base d’informations signalant des activités illicites menées depuis des appartements meublés. Le suspect a été appréhendé alors qu’il détenait 20 grammes de haschich, une balance électronique, et plusieurs sachets plastiques servant à l’emballage de produits prohibés.

Mais le plus inquiétant reste la découverte d’un pistolet automatique de 5e catégorie, de marque Smith & Wesson, calibre 9 mm. Une arme à feu, qui selon les premières constatations, n’était accompagnée d’aucune autorisation légale.

Les agents ont également mis la main sur un document administratif, un téléphone de marque iPhone, 32 000 FCFA en espèces, et une moto de type BMW GS, éléments qui pourraient contribuer à faire la lumière sur ses connexions présumées.

La Police nationale précise que l’enquête est toujours en cours, notamment pour identifier et interpeller les éventuels complices de ce réseau actif dans la distribution de drogues dans certains quartiers chics de Dakar. Le matériel saisi laisse entrevoir une organisation structurée, habituée à des transactions discrètes mais régulières.

Cet incident relance le débat sur l’insécurité croissante liée aux trafics en tout genre dans les quartiers résidentiels et met une fois de plus en lumière l’importance du travail de renseignement dans la lutte contre la drogue et la criminalité urbaine.

Inhumation de Mamadou Badio Camara : la Nation rend hommage à un homme de droit

C’est ce vendredi 11 avril 2025 que le Sénégal dira adieu à Mamadou Badio Camara, président du Conseil constitutionnel, décédé en début de semaine. Une figure majeure de la magistrature s’en va, laissant derrière elle un héritage de rigueur, de discrétion et de fidélité aux valeurs républicaines.

La levée du corps est prévue à 10 heures à l’hôpital principal de Dakar. Elle sera suivie de la prière mortuaire à la mosquée Omarienne, immédiatement après la grande prière du Jumuʿa, avant l’inhumation au cimetière musulman de Pikine.

Magistrat chevronné, Mamadou Badio Camara a marqué plusieurs générations de juristes par sa stature, sa sérénité et sa connaissance approfondie du droit. Nommé à la tête du Conseil constitutionnel, il a veillé sur les équilibres démocratiques les plus sensibles du pays, toujours avec une posture empreinte de sobriété et de responsabilité.

Son parcours, jalonné de hautes fonctions dans l’appareil judiciaire, a été salué aussi bien dans les milieux institutionnels que par ses confrères du barreau. Homme de principes, il incarnait une magistrature au-dessus des clivages politiques, tournée vers l’intérêt supérieur de la Nation.

Au-delà de ses fonctions officielles, Mamadou Badio Camara était reconnu pour son humilité et son refus des projecteurs. Il s’est toujours montré loyal envers l’État, tout en défendant l’indépendance de la justice comme pierre angulaire de la démocratie.

Sa disparition plonge la magistrature et l’ensemble du pays dans une profonde tristesse. Les hommages affluent de toutes parts, saluant la mémoire d’un homme intègre, discret et profondément respecté.

Les condoléances peuvent être présentées au domicile du défunt, situé à la cité Biagui à Yoff.

Mansour Faye interdit de quitter le territoire : une décision de justice ignorée ?

Malgré une ordonnance de la Cour suprême du Sénégal ordonnant la levée de toutes les restrictions à sa liberté de mouvement, Mansour Faye, ancien ministre des Transports terrestres et actuel maire de Saint-Louis, s’est vu refuser l’embarquement ce jeudi 10 avril 2025, à l’aéroport international Blaise Diagne. Une situation qu’il a lui-même dénoncée dans une publication sur ses réseaux sociaux, pointant du doigt une atteinte grave à l’État de droit.

« Je tiens à informer l’opinion nationale et internationale que je viens d’être interdit d’embarquer sur le vol HF 0701, malgré la présentation de l’ordonnance de la Cour suprême (n°12/2025) me rétablissant dans mes droits. Dans quel État sommes-nous ? », a-t-il écrit.

Le 28 mars dernier, la Cour suprême avait ordonné au ministère de l’Intérieur de lever toute mesure restreignant la liberté de déplacement de Mansour Faye, jugée injustifiée. La décision, rendue en référé, intimait également à la Police de l’air et des frontières (PAF) de le laisser voyager librement.

Mieux encore, une ordonnance complémentaire, datée du 1er avril 2025, exigeait que toute entrave soit motivée de manière écrite et précise. Pourtant, selon les déclarations de l’ancien ministre, aucun motif officiel ne lui a été communiqué ce jeudi au moment de l’embarquement.

Ce nouvel épisode soulève une question de fond : les décisions de justice sont-elles respectées dans notre pays ? Lorsqu’un citoyen, aussi connu soit-il, peut se voir opposer un refus malgré une décision judiciaire favorable, c’est tout le fonctionnement démocratique qui est interrogé.

Pour certains observateurs, cette situation reflète une crise de gouvernance et un manque de coordination entre les institutions. Pour d’autres, elle pourrait être le signe d’un ciblage politique. En tant que beau-frère de l’ancien président Macky Sall et figure de proue de l’opposition libérale, Mansour Faye ne cache pas ses ambitions ni ses critiques envers le pouvoir en place.

Alors que le climat politique sénégalais est toujours marqué par des tensions post-électorales et des procédures judiciaires visant d’anciens dignitaires du régime précédent, le cas de Mansour Faye pourrait raviver les débats sur les libertés individuelles et la séparation des pouvoirs.

Dans l’attente d’une réaction officielle du ministère de l’Intérieur, ce refus de sortie du territoire – en dépit de la décision de la Cour suprême – pourrait bien devenir un symbole de l’équilibre fragile entre exécutif et judiciaire au Sénégal.

Kaolack – Drame à Mbadakhoune : deux morts dans une collision entre une moto Jakarta et un véhicule « 7 places »

La route a encore fait parler d’elle de la plus tragique des manières ce jeudi 10 avril 2025 dans la région de Kaolack. Une collision mortelle entre une moto Jakarta et un véhicule de transport de type « 7 places » a fait deux morts sur le coup aux environs de midi, à hauteur du village de Parassel, dans la commune de Mbadakhoune.

Les victimes de ce terrible accident sont un membre des Forces de défense et de sécurité (FDS), qui était en congé, et une jeune fille nommée Yacine Diop, habitante du village de Ndoffane Masserigne. Tous deux circulaient à bord de la moto Jakarta lorsqu’ils ont été percutés par le véhicule « 7 places », dans des circonstances qui restent encore à élucider.

Selon les témoignages recueillis sur place, le choc a été d’une extrême violence, ne laissant aucune chance aux deux passagers de la moto. Les corps sans vie ont été transportés à la morgue de l’hôpital régional de Kaolack par les éléments des sapeurs-pompiers.

Les services de sécurité ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes de l’accident. Excès de vitesse, imprudence ou défaut de signalisation pourraient être en cause, mais les autorités restent prudentes avant de tirer des conclusions.

Dans la commune de Mbadakhoune, l’émotion est vive. Les familles des victimes, bouleversées, réclament plus de vigilance et de prévention sur les routes, notamment sur les axes secondaires souvent peu surveillés mais très fréquentés par les motos et les véhicules de transport interurbain.

MBACKÉ – Grave accident sur la Nationale 1 : 28 blessés dont 11 dans un état critique après une collision entre un Ndiaga Ndiaye et un camion-citerne

Un nouveau drame de la route s’est produit ce jeudi 10 avril 2025 sur la Nationale 1, précisément à hauteur de l’axe Dalla-Ngabou, dans le département de Mbacké. Un véhicule de transport en commun de type « Ndiaga Ndiaye » est entré en collision frontale avec un camion-citerne appartenant à l’entreprise Touba Gaz. Le choc, d’une rare violence, a fait 28 blessés, dont 11 dans un état critique, selon les secours déployés sur place.

L’accident est survenu aux alentours de 11 heures du matin, alors que la circulation était relativement dense sur ce tronçon stratégique. D’après les premiers éléments recueillis, plusieurs passagers ont été coincés dans les carcasses déformées des véhicules, nécessitant l’intervention rapide des sapeurs-pompiers pour les désincarcérer.

Les blessés ont été évacués vers l’hôpital Matlaboul Fawzeyni de Touba, dont le service des urgences a été rapidement saturé face à l’afflux de victimes. Une cellule d’urgence a été mise en place pour accueillir et prendre en charge les blessés les plus graves, pendant que les familles des passagers arrivaient sur les lieux dans la confusion et l’inquiétude.

Les causes exactes de l’accident restent encore à déterminer. Toutefois, selon des témoignages recueillis sur place, l’un des véhicules aurait perdu le contrôle, ce qui aurait entraîné la collision frontale. Des enquêtes sont en cours pour faire la lumière sur les circonstances de l’accident, notamment sur l’état des conducteurs, les conditions techniques des véhicules, ou encore la signalisation routière dans cette zone connue pour sa dangerosité.

Cet accident vient rallonger la liste déjà longue des drames de la route au Sénégal, où les collisions impliquant des véhicules de transport en commun sont malheureusement fréquentes. Le manque de contrôle technique rigoureux, le non-respect des règles de circulation et l’état de certaines routes sont régulièrement pointés du doigt par les usagers.

Latmingué / Kaolack : Capitale de la culture — 300 comédiens d’Afrique et d’Europe attendus à la 12e édition du FETHEKAO prévue du 14 au 19 avril 2025

Le Festival International de Théâtre de Kaolack (FETHEKAO) est une manifestation annuelle, décentralisée et internationale. Il est initié par la Compagnie GINDI de Kaolack, dirigée par Abdou Karim Sadji, en partenariat avec le Centre culturel régional de Kaolack, l’Alliance Française, le Conseil départemental, les communes de Kaolack et de Latmingué, ainsi qu’avec la collaboration de nombreux professionnels de la culture et artistes comédiens.

Cette 12e édition s’inscrit dans une dynamique de promotion de la diversité culturelle, dans le but de contribuer à un monde meilleur grâce à la solidarité nationale et internationale. Elle est placée sous le signe de la promotion de la culture ouest-africaine, avec pour thème : « Patrimoine et Héritage ».

Du 14 au 19 avril 2025, le FETHEKAO accueillera près de 300 participants de tous âges, venant principalement d’Afrique mais aussi d’Europe. Ces participants incluent comédiens, metteurs en scène, régisseurs, dramaturges, conteurs, formateurs dans les arts de la scène, éditeurs, diffuseurs, journalistes, entrepreneurs culturels, invités officiels et observateurs.

Selon son président, Abdou Karim Sadji, le festival ambitionne d’offrir un espace d’expression à toutes les formes d’esthétique théâtrale. Il s’interroge : « Quel type de théâtre parvient à toucher les cœurs et les esprits de nos populations ? », une question qu’il juge vitale pour l’avenir du théâtre en Afrique. Le FETHEKAO veut ainsi devenir un véritable lieu de rencontres et d’échanges entre les acteurs du théâtre.

Dans le cadre de l’intercommunalité culturelle, plusieurs activités phares du festival se dérouleront dans la commune de Latmingué, sous la présence du maire Dr Macoumba Diouf, qui mène une politique dynamique de promotion du développement local et de valorisation des talents communautaires. Les organisateurs lui adressent leurs sincères remerciements pour son soutien constant. Cette organisation vise à revaloriser, en communion avec les populations, le riche patrimoine de Latmingué, un pan important de l’histoire du Saloum.

Rappelons que le FETHEKAO 2025 accueillera des troupes venues du Burkina Faso, de Guinée-Conakry, de Côte d’Ivoire, du Mali, de France, de Suisse et bien entendu du Sénégal.

Les activités prévues incluent :

• des spectacles de théâtre,

• des dégustations de gastronomie locale,

• des débats thématiques,

• des fora,

• des formations,

• des veillées traditionnelles,

• des visites de sites historiques,

entre autres animations culturelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°439 – 10/04/2025

🔴 DE TROUBADOURESSE DE L’ADMINISTRATION MACKY À CANTATRICE DU DUO DIOMAYE-SONKO : LES DEUX FACES DE MIMI
🔴 ATTAQUE DE LA LOI INTERPRÉTATIVE DE L’AMNISTIE : L’OPPOSITION MISE SUR LES « 7 SAGES »

🔴 « POUR LA PREMIÈRE FOIS, AUCUN LUTTEUR N’A ÉTÉ FINANCIÈREMENT SANCTIONNÉ » : LE CNG JUBILE
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : GUELWAARS SURPREND DUC ET FILE EN DEMIES

Réorganisation du Conseil national de la Jeunesse : Le Président Diomaye fixe un ultimatum au 1er juillet 2025

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé sa volonté de faire de la jeunesse sénégalaise un acteur central du développement national. Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 9 avril 2025, il a exhorté le ministre de la Jeunesse à procéder, d’ici le 1er juillet 2025, à la réorganisation consensuelle du Conseil national de la Jeunesse (CNJ).

Dans son discours, le chef de l’État a souligné l’urgence de repositionner l’instruction civique dans les programmes de formation à tous les niveaux. Il a insisté sur la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures sociales, sportives et culturelles, en vue de mieux encadrer et valoriser le potentiel des jeunes sénégalais, dans toute leur diversité.

« Il convient de renforcer la vie associative à l’école, dans les daara, dans les quartiers et les villages du pays », a plaidé le président Diomaye, en appelant à une dynamique nationale favorisant l’expression, la structuration et l’autonomisation des jeunes.

Le Conseil national de la Jeunesse, à cet effet, devra évoluer vers un organe consultatif, capable de fédérer les aspirations et propositions des jeunes dans les grandes orientations du développement national. La refondation de cette instance emblématique de la jeunesse sénégalaise s’inscrit dans une volonté de rupture avec les pratiques antérieures, souvent marquées par des tensions internes ou des dérives politiques.

Par ailleurs, le chef de l’État a félicité les jeunes ayant participé aux Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ), organisées les 5 et 6 avril 2025 à Pout Diack, dans la région de Thiès. Il a salué cette mobilisation comme un exemple d’engagement citoyen, spirituel et social, à encourager dans toutes les sphères de la vie nationale.

En fixant un délai ferme au ministre de la Jeunesse, le président Diomaye affiche sa volonté de passer rapidement à l’action pour bâtir un nouveau cadre de concertation des jeunes, adapté aux défis contemporains et au projet de transformation du pays.

Marche rouge du 11 avril : les travailleurs sénégalais dénoncent les licenciements abusifs et le recrutement sélectif

Un vent de colère souffle sur le monde du travail au Sénégal. À l’initiative du Rassemblement des travailleurs du Sénégal, une « marche rouge » est annoncée pour ce jeudi 11 avril 2025, à Dakar, pour dénoncer ce que les organisateurs qualifient de licenciements abusifs et de recrutement sélectif pratiqué par l’État.

La manifestation, qui débutera à 15 heures au rond-point Abass Ndao pour se terminer au rond-point de la Poste de Médina, se veut un acte fort de protestation face à ce que les travailleurs considèrent comme des pratiques injustes et inhumaines. Selon les initiateurs de la marche, des centaines de salariés ont été licenciés sans justification valable, dans plusieurs secteurs publics comme privés, sans recours possible ni indemnisation équitable.

« Nous ne sommes pas des statistiques, mais des pères et mères de famille qui ont perdu leur emploi du jour au lendemain, sans explication, sans procédure équitable. Trop, c’est trop ! » a déclaré l’un des porte-voix du mouvement.

Au-delà des licenciements jugés arbitraires, le collectif pointe du doigt l’opacité dans les procédures de recrutement au sein de la fonction publique. Ils dénoncent ce qu’ils appellent un système de favoritisme, où l’accès à l’emploi public serait réservé à une minorité bénéficiant d’appuis politiques ou sociaux.

Dans un communiqué publié mardi, le Rassemblement affirme : « Nous disons non aux licenciements abusifs, non au recrutement sélectif, oui à une justice sociale pour tous les travailleurs sénégalais ». Il ajoute que cette marche est pacifique, mais qu’elle se veut symboliquement rouge, en référence au sang et à la douleur des familles affectées par ces décisions administratives.

La marche du 11 avril s’inscrit dans un contexte de forte pression sociale et d’attentes grandissantes vis-à-vis du nouveau pouvoir, alors que le taux de chômage reste préoccupant, et que les inégalités dans l’accès à l’emploi continuent d’alimenter frustrations et tensions.

Les organisateurs espèrent que leur message atteindra les autorités, et que cette mobilisation populaire poussera à une révision des pratiques dans la gestion des ressources humaines, tant dans le secteur public que privé.

Reste à savoir si cette première « marche rouge » ne sera que le début d’un mouvement social plus large, à l’heure où la demande de justice sociale ne cesse de croître au Sénégal.

Médiature de la République : 279 réclamations en 2023-2024, le foncier en tête et l’État épinglé pour non-respect des décisions de justice

Le Médiateur de la République, Demba Kandji, a présenté ce mercredi le rapport annuel de son institution, couvrant la période de janvier 2023 à juin 2024. Ce document, partagé avec la société civile, dresse un état des lieux des dysfonctionnements administratifs signalés par les citoyens, révélant un nombre important de réclamations et mettant en lumière certaines pratiques préoccupantes de l’État.

Selon le rapport, la Médiature a reçu 279 réclamations au cours de la période concernée. Dix-huit de ces dossiers ont été déclarés irrecevables, car ne relevant ni d’une administration publique ni d’un service exerçant une mission d’intérêt général. Sur les réclamations traitées, 14 ont abouti à une médiation réussie, trois ont été jugées non fondées et 231 sont encore en cours de traitement.

Lors de la présentation, Demba Kandji a précisé : « Nous sommes autour de 300 réclamations pertinentes. Le rapport parle de 279 traités. C’est divisé entre les litiges fonciers, qui dominent, et les autres, relatifs à des situations administratives, notamment celles de fonctionnaires. »

Les affaires foncières représentent 25,1 % des cas traités par la Médiature. Le médiateur a différencié les problématiques entre foncier urbain et rural. Selon lui, le foncier urbain pose moins de difficultés en raison de la disponibilité de titres et de l’accès plus facile aux juridictions. Le foncier rural, en revanche, reste marqué par les pratiques coutumières, souvent à l’origine de conflits graves entre agriculteurs et éleveurs.

« Le foncier rural est un problème majeur. Les titres sont rares, la justice est difficilement accessible et les litiges dégénèrent souvent. Nous avons beaucoup travaillé sur ces questions avec les pasteurs et les agriculteurs », a souligné Demba Kandji.

Autre constat alarmant du rapport : l’État sénégalais a été épinglé à plusieurs reprises pour son refus ou son retard à exécuter certaines décisions de justice, notamment celles rendues contre lui. « Avec la récurrence des réclamations, on se rend compte que l’État lui-même n’exécute pas les décisions qui le condamnent. Et pourtant, la puissance publique devrait être la première à s’incliner devant une décision judiciaire. C’est ça, l’État de droit », a martelé Demba Kandji.

Il a estimé qu’il était temps de lancer une réflexion institutionnelle pour rappeler à l’administration publique son obligation d’appliquer les décisions de justice.

Dans sa communication, le Médiateur a affirmé que les ministres concernés par les réclamations sont, dans leur majorité, coopératifs. « Les ministres répondent. S’ils ne répondent pas, je peux en faire part dans mon rapport annuel adressé au président de la République. Heureusement, pour cette année, je n’ai rien à leur reprocher. Le président Diomaye Faye, lors de la remise du rapport, a montré beaucoup d’intérêt pour nos recommandations », a-t-il indiqué.

Demba Kandji a également souligné le déficit de notoriété de la Médiature auprès du grand public. Il a plaidé pour une meilleure communication afin que les citoyens comprennent le rôle, les missions et les procédures de l’institution. « C’est à nous de faire connaître la Cour et ses méthodes. Nos rapports sont des outils de transparence. Ils parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté.

Enfin, il a rappelé que le Médiateur ne doit pas se contenter d’attendre des réclamations. Il a le devoir d’agir de manière proactive pour identifier les cas de mauvaise administration : « Quand un dysfonctionnement est évident, le Médiateur peut saisir l’administration, même sans requête préalable du citoyen. »

Le rapport annuel de la Médiature 2023-2024 reflète une administration encore largement défaillante dans certains domaines sensibles, notamment le foncier et le respect des décisions judiciaires. Mais il souligne aussi une volonté d’écoute croissante de la part de l’Exécutif. Il reste maintenant à voir si les recommandations du Médiateur seront pleinement suivies d’effet dans un contexte politique où la réforme de l’État et la restauration de la confiance citoyenne sont au cœur des enjeux.

Audit 2025 : la Cour des comptes cible l’ORSEC, la Muraille Verte et les Aires marines protégées

En marge de la 10e Assemblée générale de l’Association des Institutions Supérieures de Contrôle ayant en Commun l’Usage du Français (AISCCUF), tenue ce mercredi 10 avril 2025 à Dakar, le Premier président de la Cour des comptes du Sénégal, Mamadou Faye, a annoncé le lancement de trois importantes missions d’audit pour l’année en cours. Il s’agit du plan ORSEC (Organisation des secours), de l’Agence de la Grande Muraille verte et des Aires marines protégées.

Cette annonce intervient dans un contexte de forte demande de transparence dans la gestion des ressources publiques, à la suite de la publication très commentée du rapport d’audit couvrant la période 2019-2024. « Nous avons inscrit dans notre programme de contrôle pour l’année 2025 trois missions d’audit : le plan ORSEC dédié à la gestion des inondations, l’Agence de la Grande Muraille verte ainsi que les Aires marines protégées », a déclaré Mamadou Faye devant un parterre de journalistes.

Le chef de l’institution de contrôle a profité de cette tribune pour rappeler que la Cour des comptes agit au nom des citoyens et que ses rapports sont des instruments puissants de redevabilité. « Ces documents parlent d’eux-mêmes. Ils sont un moyen de communication à part entière », a-t-il souligné.

L’événement, qui réunit des Institutions Supérieures de Contrôle (ISC) venues de l’espace francophone, s’est ouvert autour du thème : « Enjeux des changements climatiques au sein des Institutions Supérieures de Contrôle francophones : Quelle adaptabilité pour les ISC ? » En présence de Gwladys De Castries, secrétaire générale adjointe de la Cour des comptes française, les participants ont échangé sur les défis liés au changement climatique et le rôle croissant des ISC dans la surveillance des politiques publiques environnementales.

Mamadou Faye a également reconnu que la Cour des comptes est encore insuffisamment connue du grand public. Il a ainsi plaidé pour une meilleure vulgarisation des procédures et des missions de l’organe qu’il dirige. « Il nous appartient de mieux communiquer. Les débats doivent nous pousser à faire en sorte que les journalistes, les rapporteurs et les citoyens comprennent les procédures de la Cour », a-t-il insisté.

Ces nouvelles missions d’audit, ciblant des secteurs sensibles liés à la gestion des catastrophes naturelles, à l’environnement et aux ressources marines, s’inscrivent dans une dynamique de redéfinition du rôle de la Cour des comptes face aux enjeux contemporains, notamment en matière de gouvernance écologique et de transparence dans la gestion des fonds publics.

Audit des finances publiques : Mamadou Faye confirme la transmission de plusieurs dossiers au procureur

Le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, s’est exprimé ce mercredi 10 avril 2025 lors de la 10e Assemblée générale de l’Association des institutions supérieures de contrôle ayant en commun l’usage du français (AISCCUF), à Dakar. Il est revenu en détail sur le rapport d’audit de la gestion des finances publiques du Sénégal entre 2019 et 2024, un document qui continue de susciter de vives réactions à l’échelle nationale.

Selon Mamadou Faye, la polémique née de la publication du rapport est compréhensible et même légitime. « C’est la première fois dans l’histoire du Sénégal, et même dans bien des pays africains, qu’un tel exercice de transparence est conduit », a-t-il affirmé. Pour lui, la Cour des comptes a pour mission de travailler au nom des citoyens, et il est normal que ceux-ci s’expriment. « Cela ne nous dérange pas. C’est un signal pour nous, en tant qu’institution, qu’il nous faut mieux communiquer sur notre rôle et nos méthodes. »

Il a tenu à rappeler que l’audit s’est déroulé dans le strict respect des procédures prévues. « Nous avons appliqué les règles de la procédure écrite, secrète et contradictoire. La contradiction avec le ministère des Finances a bien eu lieu », a-t-il insisté. Toutefois, il précise que la Cour des comptes n’est pas responsable de garantir la contradiction entre le ministère et les autres entités concernées par le rapport.

Mamadou Faye a aussi souligné que le rôle de la Cour est d’instruire à la fois à charge et à décharge. Il a expliqué qu’il peut y avoir deux types de suites : les fautes de gestion, qui relèvent de la chambre de discipline financière, et les faits susceptibles de poursuites pénales, qui sont transmis à la justice. « Le financier ne tient pas le pénal, tout comme le pénal ne tient pas le financier », a-t-il déclaré.

Sur les suites concrètes du rapport, le Premier président a confirmé que plusieurs dossiers ont déjà été transmis au procureur général de la Cour des comptes, lequel les soumettra à la chambre de discipline financière. Par ailleurs, certains dossiers ont également été envoyés au ministère de la Justice, ouvrant potentiellement la voie à des poursuites judiciaires.

Enfin, Mamadou Faye a assuré que la Cour des comptes ne s’immiscera pas dans les enquêtes judiciaires qui pourraient découler du rapport. « Le judiciaire a ses propres procédures, et nous avons les nôtres. Chacun agit dans son champ de compétence. »

Cette déclaration du président de la Cour des comptes intervient dans un contexte politique tendu, alors que l’opposition et la majorité s’affrontent sur les responsabilités dans la gestion financière du pays durant les cinq dernières années. Elle apporte également un éclairage précieux sur le fonctionnement d’une institution de plus en plus exposée, appelée à jouer un rôle central dans l’assainissement de la gouvernance publique.

Décès du Khalife général des Layènes : Ousmane Sonko reporte sa séance de questions avec les députés

Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé ce mercredi soir le report de sa séance de questions d’actualité avec les députés, initialement prévue ce jeudi 10 avril 2025. Une décision prise en raison du décès du Khalife général des Layènes, Serigne Mouhamadou Makhtar Thiaw Laye, survenu à Dakar. Le chef du gouvernement a exprimé sa solidarité avec la communauté layène et décrété le report des activités officielles prévues au Parlement.

« En ces moments de deuil, et en accord avec l’institution parlementaire, nous avons décidé de reprogrammer la séance des questions d’actualité, initialement prévue ce jeudi 10 avril, au lundi 14 avril 2025 à 10 heures », a précisé Ousmane Sonko dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux.

Dans un message empreint de solennité, le Premier ministre a salué la mémoire du défunt Khalife, qu’il décrit comme un homme de paix, de dialogue et d’unité, rappelant l’attachement de Serigne Mouhamadou Makhtar Thiaw Laye aux valeurs spirituelles, mais aussi à la stabilité du pays. Il a adressé ses condoléances à la famille du défunt, à toute la communauté layène, ainsi qu’au peuple sénégalais dans son ensemble.

« Serigne Mouhamadou Makhtar Thiaw Laye a marqué son époque par son attachement indéfectible aux valeurs de paix, de dialogue et d’unité. Au nom du gouvernement et en mon nom personnel, je tiens à adresser mes condoléances les plus émues à sa famille, à la communauté layène, ainsi qu’à tout le peuple sénégalais », a-t-il écrit.

Le report de cette séance intervient alors que le contexte politique reste tendu, notamment autour des débats sur la loi interprétative de l’amnistie, récemment adoptée à l’Assemblée nationale. Cette première grande confrontation directe entre le chef du gouvernement et les parlementaires était attendue, notamment par l’opposition, qui compte interpeller le Premier ministre sur plusieurs dossiers brûlants, dont l’état de la justice, la situation économique et les tensions sociales.

La nouvelle date retenue pour la séance est désormais fixée au lundi 14 avril à 10 heures, sauf nouveau changement. En attendant, l’hommage unanime rendu au Khalife décédé a momentanément suspendu les joutes politiques, dans un esprit d’unité nationale.

Assemblée nationale : l’opposition parlementaire boycotte la prochaine plénière pour protester contre des « violations graves »

Ce mercredi 9 avril 2025, l’opposition parlementaire sénégalaise a annoncé qu’elle boycottera la prochaine séance plénière de l’Assemblée nationale. Prévue initialement le jeudi 10 avril, cette séance a été reportée à une date non encore précisée. L’annonce a été faite par Thierno Alassane Sall, député non-inscrit et leader du parti La République des Valeurs, lors d’une conférence de presse conjointe avec le groupe Takku Wallu Sénégal.

Devant la presse, le député a affirmé que la décision a été prise en concertation avec les responsables de l’opposition parlementaire, notamment la présidente du groupe Takku Wallu, Me Aïssata Tall Sall, et la coordonnatrice des non-inscrits. Il a souligné que les élus opposés à la majorité présidentielle entendent ainsi dénoncer « la dérive autoritaire » en cours au sein de l’institution législative.

« Par respect pour nos électeurs et l’opinion nationale, nous tenons cette séance d’information afin que nul n’en ignore le sens et le bien-fondé », a déclaré Thierno Alassane Sall.

Dans une déclaration sans détour, le député a pointé deux raisons majeures justifiant ce boycott. La première, selon lui, est la violation répétée du règlement intérieur de l’Assemblée nationale par la majorité, « sous l’impulsion du président de l’institution », El Malick Ndiaye, qu’il accuse de se comporter « comme le président du groupe parlementaire Pastef ».

« Que se passe-t-il à l’Assemblée nationale pour que nous en arrivions là ? », s’est interrogé Thierno Alassane Sall, avant de dénoncer un climat institutionnel où les droits de l’opposition seraient bafoués au nom de la discipline de parti.

Il accuse notamment la majorité de bloquer les initiatives législatives de l’opposition, de monopoliser les débats et de faire passer des lois controversées sans véritable débat démocratique, en référence notamment à la loi interprétative de l’amnistie récemment adoptée.

Ce boycott intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par de vives divisions autour de l’interprétation de la loi d’amnistie, de la gestion de certains dossiers judiciaires, et du rôle grandissant de Pastef au sein de l’hémicycle. L’opposition estime que l’Assemblée nationale est en train de devenir un simple relais de l’exécutif, au lieu de jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir.

Thierno Alassane Sall a indiqué que cette décision de boycott n’est pas une démission, mais un acte de protestation politique fort. Il affirme que l’opposition continuera de siéger dans les commissions et de déposer des propositions de loi, mais refusera de prendre part aux séances plénières tant que les conditions d’un fonctionnement parlementaire équilibré ne seront pas restaurées.

« Nous ne pouvons pas cautionner un théâtre institutionnel où tout est joué d’avance. Le Parlement doit rester un lieu de débat, de confrontation d’idées, pas une chambre d’enregistrement », a-t-il martelé.

Le report de la plénière prévue le 10 avril, officiellement pour des raisons d’agenda, semble s’inscrire dans cette dynamique de crispation. Aucune nouvelle date n’a encore été communiquée.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 09 Avril 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 09 avril 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a présenté les condoléances de la Nation à la communauté Layène et à la Oummah islamique suite au rappel à Dieu de Serigne Mouhamadou Makhtar LAYE, Khalife général des Layènes. 

           Un an, jour pour jour, le Chef de l’Etat présidait le premier Conseil des Ministres, après la mise en place du Gouvernement, le 05 avril 2024, sous la direction du Premier Ministre Ousmane SONKO. Au terme d’une année pleine de labeur, le Président de la République a rendu grâce à Dieu. Il a magnifié l’engagement résolu du Gouvernement à réaliser méthodiquement et sans tarder le projet patriotique pour un Sénégal souverain, juste et prospère, dans la paix, la stabilité et la solidarité. 

          Le Chef de l’Etat est revenu sur la célébration du 65ème anniversaire de la fête de l’indépendance qui a connu cette année un succès exceptionnel, dans la communion et la ferveur patriotique faisant la fierté de la Nation entière. Le Président de la République magnifie la présence des Chefs d’Etat de la Gambie, de la Mauritanie et de la Guinée Bissau et du Viceprésident de la République fédérale du Nigéria. Il a adressé ses chaleureuses félicitations au Ministre des Forces armées, au Chef d’Etat-major Général des Armées et au Haut Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice militaire pour l’excellente préparation et le déroulement remarquable des cérémonies de prise d’armes et des défilés sur l’ensemble du territoire national. Il a félicité l’ensemble des forces de défense et de sécurité pour leur engagement permanent au service de la Nation et a aussi remercié et félicité les élèves, les mouvements de jeunesse, les acteurs culturels et toutes les forces vives de la Nation qui ont brillamment contribué au succès des manifestations et des défilés. Dans ce contexte de réappropriation de notre histoire et de nos valeurs fortes, il a salué l’exemplarité de nos forces de défense et de sécurité dans la préservation et le renforcement d’une citoyenneté active et constructive pour le Sénégal.

         La promotion de la culture du civisme et de la citoyenneté dans tous les secteurs de la vie nationale est au centre des préoccupations du Président de la République. Il a, à cet égard, rappelé au Gouvernement que la mobilisation et l’encadrement de la jeunesse dans des activités de développement, ainsi que la consolidation soutenue du lien Armée-Nation, s’érigent en priorité. Il a demandé au Premier Ministre d’intensifier, dans l’esprit d’un Sénégal souverain, juste et prospère, la mise en œuvre du Programme national de Promotion de la Citoyenneté, mais également le développement d’une nouvelle politique de jeunesse, innovante, ambitieuse et conforme, d’une part, à nos valeurs historiques et culturelles et, d’autre part, aux évolutions technologiques, économiques et sociales du monde contemporain.

          Le Chef de l’Etat a souligné l’urgence de repositionner l’instruction civique dans les curricula de formation et d’investir dans les infrastructures sociales, sportives et culturelles destinées à l’encadrement et à la valorisation du potentiel multisectoriel des jeunes du Sénégal.          Dès lors, il convient de renforcer la vie associative à l’école, dans les daara et les différents quartiers et villages du Sénégal. A ce titre, il a demandé au Ministre en charge de la Jeunesse de veiller à la réorganisation consensuelle, avant le 1er juillet 2025, du Conseil national de la Jeunesse qui doit évoluer vers un organe consultatif qui fédérera toutes les propositions et aspirations des jeunes du Sénégal dans le cadre du développement national. Il a salué l’organisation les 5 et 6 avril 2025 des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) à Pout Diack
(dans la région de Thiès) et félicité l’ensemble des participants.

          Le Président de la République a saisi l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la santé, le 07 avril 2025, pour rappeler au Gouvernement, au Ministre de la Santé et de l’Action sociale notamment, l’urgence d’accentuer la mise en œuvre de mesures hardies de modernisation du système de santé dans tous ses compartiments. Il a indiqué, à cet égard, l’impérieuse nécessité de consacrer la prévention des maladies comme principe directeur de la politique nationale de santé. Il convient de placer la gestion des patients au cœur des performances du système sanitaire. Dans cette perspective, il a appelé au déploiement de la nouvelle carte sanitaire du Sénégal dans une logique de cohérence, de complémentarité et d’optimisation des infrastructures et établissements sanitaires, de même que des services et offres de soins. Il a souligné, en outre, l’importance de finaliser la réforme hospitalière, d’améliorer en permanence la qualité des équipements et du plateau médical ainsi que la fonctionnalité des services d’accueil et de prise en charge des urgences.

          Le Chef de l’Etat a insisté sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des pathologies chroniques (insuffisance rénale, cancer, etc.), de relancer le programme élargi de vaccination et de présenter un plan quinquennal prévisionnel de recrutement des personnels dans le système de santé publique en perspective de l’ouverture progressive et la mise à niveau d’établissements et de structures de santé dans toutes les régions du Sénégal. Au demeurant, il a demandé au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, en relation avec le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, de prendre toutes les mesures et dispositions idoines, afin de lutter efficacement contre la vente illicite de médicaments et l’exercice illégal d’activités médicales et chirurgicales sur l’étendue du territoire national. Dans le même ordre d’idées, il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, de travailler à un meilleur contrôle des établissements d’enseignement et de formation en médecine, pharmacie et en développement sanitaire et social. 

           Le Président de la République a engagé le Gouvernement à accorder une attention particulière aux Facultés et Unités de Formation et de Recherche en médecine, aux établissements publics et privés de formation en médecine, pharmacie et génie sanitaire. Il a demandé au Gouvernement de veiller à l’amélioration du fonctionnement des Centres hospitalo-universitaires (cas des CHU Fann et Dantec), au renforcement des recrutements et au repositionnement de l’Ecole militaire de Santé et du Service de santé des Armées dans l’architecture sanitaire. Par ailleurs, il a demandé au Ministre de la Santé et de l’Action sociale de poursuivre les efforts de restructuration et de développement de l’industrie pharmaceutique afin de faire du Sénégal un pôle pharmaceutique de premier plan en Afrique. A cet effet, il a rappelé au Gouvernement l’impératif d’assurer le suivi adéquat des activités de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (PNA), ainsi que des projets pilotés par l’Institut Pasteur de Dakar, dans le cadre du renforcement de la souveraineté vaccinale et pharmaceutique du Sénégal.  Pour clore ce chapitre, il a invité le Ministre de la Santé et de l’Action sociale à réfléchir avec les acteurs impliqués sur des stratégies consensuelles de maitrise des dépenses de santé et de financement durable du système sanitaire. Il s’agit, surtout, d’accélérer la digitalisation des services de santé, dans le cadre du New Deal technologique.
          Le Chef de l’Etat a présidé le lancement de la 2ème édition de la caravane nationale de l’espace, dénommée « SPACEBUS 2025 », pilotée par l’Agence sénégalaise d’Etudes spatiales (ASES). Il a félicité la direction générale de l’ASES, et les parties prenantes pour le déploiement de cette initiative majeure de promotion du spatial au Sénégal. Après le lancement historique réussi par le Sénégal de son premier satellite (microsatellite GaindeSat 1A), le 16 août 2024, aux Etats-Unis, il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de réunir tous les acteurs institutionnels et privés nationaux ainsi que les partenaires, afin de finaliser le document de référence de la politique nationale et les plans d’action coordonnés de développement du spatial adossés à la Vision Sénégal 2050.
           Dans sa communication, le Premier Ministre a porté l’attention du Conseil, au regard des évènements tragiques récents, sur l’acuité de la problématique de la prise en charge de la santé mentale, notamment le caractère obsolète de la loi n°75-80 du 9 juillet 1975 relative au traitement des maladies mentales et au régime d’internement de certaines catégories d’aliénés.             Le Premier Ministre a rappelé les défis majeurs autour de la santé mentale, en particulier l’absence d’un cadre de politique publique structurant de dialogue intersectoriel et interdisciplinaire ainsi que la non-effectivité du programme national de santé mentale décliné pour la période 2024-2028. Il a également cité, parmi les défis, la persistance de l’errance des malades mentaux, l’intégration insuffisante des soins psychiatriques dans les services de santé primaires et l’absence d’une politique structurée de mobilisation de financements au profit de la santé mentale.
           Concernant le cas préoccupant des malades mentaux errants qui relève d’un problème de santé publique, le Premier Ministre a souligné la dimension sociale de cette pathologie qui nécessite une meilleure prise en charge par les familles et les communautés, aux côtés de l’Etat. 
           Face à cette situation, le Premier Ministre a demandé au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, en collaboration avec les Ministres en charge de la Justice, de l’Intérieur et de la Famille de mettre en place un Comité ad hoc devant œuvrer, avec tous les acteurs concernés, au plus tard à fin août 2025, d’une part, à la finalisation du processus de révision de la loi relative au traitement des maladies mentales et au régime d’internement de certaines catégories d’aliénés datant d’un demi-siècle et, d’autre part, à la mise en œuvre effective du plan stratégique d’amélioration de la qualité des soins en santé mentale 2024-2028. 
         Dans ce cadre, les réformes attendues devront prendre en charge, entre autres, le renforcement des capacités des unités spécialisées de soins et d’internement, la résorption du déficit de médecins psychiatriques, la procédure de retrait des malades mentaux errants de l’espace public et l’effectivité des visites réglementaires des établissements d’internement par les autorités habilitées. Ces actions devront être complétées par un programme de sensibilisation à déployer par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale, en relation avec le Ministère de la Famille et des Solidarités.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : 
•       le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur la performance économique du Sénégal sur la période 2014-2024 ; 

•       le Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens a fait une communication sur les réseaux autoroutiers ;

•       le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la préparation de l’hivernage 2025 en matière de prévention et de gestion des inondations ;

•       le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur le programme de préparation des athlètes nationaux en vue des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ)  Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS,
Le Conseil a examiné et adopté :  
•       le Projet de décret fixant les statuts-types applicables aux sociétés nationales ;  

•       le Projet de décret fixant les règles de fonctionnement de l’organe délibérant des entités du secteur parapublic.

Recours contre la loi interprétative de l’amnistie : l’opposition saisit le Conseil constitutionnel pour faire barrage à une « injustice institutionnalisée »

Un nouveau front s’ouvre dans le bras de fer politique qui secoue le Sénégal depuis l’adoption de la loi interprétative de l’amnistie. Ce mardi, vingt-trois députés de l’opposition, dont treize issus de la coalition Takku Wallu Sénégal et dix autres non-inscrits, ont officiellement saisi le Conseil constitutionnel pour contester la légalité de ce texte controversé. Ils dénoncent une loi « inique », « sélective », et contraire aux principes fondamentaux de la République.

Cette initiative parlementaire intervient dans un climat tendu, marqué par le souvenir des crises politiques des années 2021 à 2023 et par une forte attente de justice de la part des familles de victimes et des citoyens engagés pour l’État de droit.

La loi n°05/2025, présentée par le député Amadou Ba (Pastef) et adoptée par 126 voix contre 20, est censée clarifier la portée de la loi d’amnistie votée en mars 2024. Mais pour l’opposition, elle ne fait que consacrer une impunité sélective, protégeant des acteurs politiques proches du pouvoir, tout en exposant les forces de défense et de sécurité à des poursuites arbitraires.

Lors d’une conférence de presse à Dakar, Mbaye Dione, député non-inscrit et porte-parole du collectif, a accusé la majorité de vouloir instaurer une justice à deux vitesses :

« Cette loi garantit l’impunité aux partisans d’un projet politique précis, tandis que d’autres citoyens restent soumis à la rigueur de la loi. C’est une rupture d’égalité devant la loi, une dérive grave. »

Les parlementaires ont aussi dénoncé l’absence de concertation, rappelant que plusieurs organisations de la société civile avaient demandé un sursis à l’examen du texte.

Le recours insiste sur les dangers que la loi fait peser sur l’équilibre institutionnel. Selon les signataires, la lecture actuelle de l’amnistie criminalise de facto les interventions des forces de défense et de sécurité lors des événements de 2021 à 2023, au seul motif qu’elles auraient empêché un mouvement insurrectionnel. Une position que certains jugent populiste et dangereuse pour la stabilité républicaine.

Les députés estiment que cette orientation crée une pression politique sur la justice, et affaiblit l’indépendance des institutions. « Si cette loi est validée, demain n’importe quel régime pourra modifier une loi d’amnistie à son avantage. Cela ouvre la porte à l’arbitraire », déclare un membre de Takku Wallu.

La contestation s’organise donc sur trois niveaux. Le premier est juridique, avec la saisine du Conseil constitutionnel, qui devra se prononcer sur la conformité du texte avec la Constitution. Le deuxième est politique, avec un discours fort contre ce que les députés appellent une dérive autoritaire du pouvoir actuel. Enfin, le troisième est symbolique : les opposants veulent faire de cette bataille un combat pour la mémoire nationale et le respect des principes républicains.

« Nous n’accepterons pas que l’histoire soit réécrite par une majorité aux ordres. Nous devons préserver notre conscience collective », a insisté un autre député signataire.

Le recours a été introduit avec le nombre légal requis de 17 signatures. Le Conseil constitutionnel dispose désormais de plusieurs semaines pour juger de sa recevabilité et statuer sur le fond. Quelle que soit l’issue, l’opposition promet de ne pas en rester là.

« Cette loi ne passera pas dans l’opinion. C’est le début d’une résistance démocratique. Nous en appelons à la société civile, aux intellectuels, aux syndicats, pour qu’ils se mobilisent contre cette injustice institutionnalisée », ont lancé les députés.

L’adoption de la loi interprétative, censée tourner la page des violences politiques, n’aura donc pas calmé les tensions. Elle risque, au contraire, de rouvrir les plaies du passé récent et d’enflammer davantage le débat public autour de la justice, de l’égalité devant la loi et du respect des institutions.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°438 – 09/04/2025

🔴 DÉGRADATION DE PRÈS DE 23,7% : LE DÉFICIT COMMERCIAL S’AGGRAVE
🔴 INTÉGRATION DU CONSEIL DE LA FONDATION MO IBRAHIM : MACKY SALL BRILLE NOLENS VOLENS

🔴 ESCROQUERIE AU VISA ET ASSOCIATION DE MALFAITEURS : LAC 2 RISQUE GROS
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : JARAAF DANS LE DERNIER CARRÉ

Appui au projet de modernisation des écoles coraniques : Ousmane Sonko rencontre le PDG de ALEF Education

Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a rencontré ce mardi M. Geoffrey Alphonso, PDG de ALEF Education, un groupe émirati spécialisé dans l’éducation numérique. Cette rencontre, qui s’est tenue au Palais de la République, a été l’occasion de discuter du partenariat stratégique entre ALEF Education et le ministère de l’Éducation nationale du Sénégal.

Le projet au cœur de cette collaboration est la modernisation et la digitalisation du système éducatif sénégalais. Plus spécifiquement, ce partenariat met l’accent sur l’intégration des nouvelles technologies dans les écoles coraniques, dans un effort pour moderniser et rendre plus accessible cette forme d’enseignement traditionnelle.

ALEF Education, avec son expertise en matière d’éducation numérique, prévoit de fournir des solutions technologiques et pédagogiques pour faciliter l’enseignement et l’apprentissage au sein de ces écoles, souvent éloignées des infrastructures modernes. Cette initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement de renforcer l’accès à une éducation de qualité pour tous, tout en respectant les valeurs culturelles et religieuses du pays.

Le Premier ministre Sonko a exprimé son engagement à accompagner ce projet, soulignant que la modernisation des écoles coraniques représente un aspect clé de la réforme éducative en cours. Il a également salué l’implication du groupe ALEF Education et a assuré que le Sénégal, avec ce partenariat, pourrait offrir une meilleure expérience d’apprentissage aux enfants fréquentant ces établissements.

Trafic de drogue : 51 kg de chanvre indien saisis dans un taxi à Baba Garage

Les gendarmes de la brigade de proximité de Baba Garage ont frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de drogue. Dans la nuit du lundi, au cours d’une patrouille de routine, ils ont intercepté un taxi transportant pas moins de 51 kg de chanvre indien, communément appelé « yamba ».

C’est lors d’un contrôle minutieux du véhicule que les éléments de la gendarmerie, agissant sous la direction du lieutenant-colonel Ibrahima Ndiaye, ont découvert deux sacs remplis de la marchandise prohibée. Les deux hommes à bord ont été immédiatement interpellés. Ils ont été placés en garde à vue et feront face à la justice dans les prochains jours.

L’opération, menée dans un milieu interlope bien connu des forces de l’ordre, illustre une fois de plus la détermination de la gendarmerie à assécher les réseaux de trafiquants qui alimentent certaines localités en produits stupéfiants.

Cette saisie vient s’ajouter à une série d’opérations réussies ces dernières semaines dans d’autres régions du pays, et confirme l’efficacité du maillage sécuritaire mis en place par les autorités pour faire face à ce fléau.

Intégration des soins psychiatriques : Ansoumana Dione plaide pour une réforme en profondeur du système sanitaire

Le président de l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (ASSAMM), Ansoumana Dione, a lancé un appel fort à l’État pour une intégration urgente et structurelle de la santé mentale dans le système sanitaire national. Une alerte qu’il juge cruciale pour mettre fin à la marginalisation persistante des personnes atteintes de troubles mentaux au Sénégal.

Pour M. Dione, la situation est plus que préoccupante : en 2025, de nombreux malades sont encore obligés de parcourir des centaines de kilomètres pour espérer recevoir des soins psychiatriques à Dakar, faute d’infrastructures spécialisées dans les régions. Une injustice sanitaire qu’il juge inacceptable. « En ce 21e siècle, comment pouvons-nous comprendre que des malades mentaux quittent partout au Sénégal pour aller se faire soigner à Dakar ? », s’interroge-t-il.

Le président de l’ASSAMM dénonce aussi le fait que certaines structures hospitalières refusent encore d’admettre des patients souffrant de troubles mentaux, alors qu’elles prennent en charge tous les autres types de pathologies. « C’est un scandale », fulmine-t-il, plaidant pour une évolution du concept même d’hôpital psychiatrique. Pour lui, ces structures doivent être repensées pour inclure des services complémentaires — pédiatrie, médecine générale, santé dentaire — à l’image des hôpitaux de Fann ou de Principal.

Un autre point d’alerte : la forte fréquentation des guérisseurs traditionnels, souvent par désespoir, mais aussi par manque d’alternatives accessibles. « Les familles y perdent énormément d’argent sans obtenir les résultats escomptés », a-t-il regretté, précisant que beaucoup de malades ne se retrouvent dans des centres spécialisés qu’à un stade très avancé de leur trouble, ce qui complique leur rétablissement.

Le coût des soins et des médicaments constitue un autre obstacle majeur. Pour Dione, l’État ne peut plus continuer à ignorer ces citoyens particulièrement vulnérables. « Notre pays ne s’occupe pas de ces personnes atteintes de maladies mentales », a-t-il insisté avec gravité.

À travers cette prise de parole, Ansoumana Dione appelle à une réforme en profondeur, tant structurelle que culturelle, de la place accordée à la santé mentale au Sénégal. Une urgence de santé publique, mais aussi un impératif de justice sociale.

Une délégation de l’ONUDI reçue par le Président Diomaye : cap sur un nouveau partenariat pour le développement industriel

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé une audience ce lundi 7 avril 2025 à une délégation de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), actuellement en mission au Sénégal. La délégation était conduite par le Directeur Général de l’organisation, M. Gerd Müller.

Selon une note diffusée par la Présidence sur ses canaux officiels, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération entre le Sénégal et l’ONUDI. Les échanges ont principalement porté sur l’élaboration d’un nouveau programme de partenariat adapté aux priorités du développement économique national.

Ce futur programme vise à accompagner les ambitions industrielles du Sénégal, à travers des investissements ciblés dans des secteurs stratégiques comme les mines, l’agriculture et l’industrie manufacturière. Le président Diomaye Faye a, à cette occasion, réaffirmé l’engagement de son gouvernement à bâtir une économie forte, inclusive et résiliente, en misant sur une transformation structurelle portée par l’industrialisation.

La mission de l’ONUDI au Sénégal marque ainsi une étape importante dans la redéfinition de la coopération internationale pour un développement durable, en phase avec les aspirations du nouveau régime et les besoins concrets des populations.

13e Assemblée Générale du GFAO : Yankoba Diémé plaide pour une innovation durable dans l’entretien routier

Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Yankoba Diémé, a présidé ce mardi à Dakar la cérémonie d’ouverture officielle de la 13e Assemblée Générale du Groupe Focal de l’Afrique de l’Ouest (GFAO), une branche de l’Association des Fonds d’Entretien Routier Africains (AFERA). Cette rencontre d’envergure a réuni des délégations venues de 11 pays africains, ainsi que des partenaires techniques, institutionnels et financiers, autour d’un enjeu majeur : l’entretien routier durable sur le continent.

Placée sous le thème « L’innovation dans la gestion des Fonds d’Entretien Routier du GFAO : vers des solutions durables », cette édition a servi de cadre d’échanges sur les approches novatrices et les stratégies pour garantir la pérennité du financement routier en Afrique de l’Ouest. Dans son allocution, Yankoba Diémé a souligné l’importance d’une vision tournée vers l’innovation pour faire face aux défis du secteur, tout en appelant à une action concertée et ambitieuse.

Il a rappelé que malgré les difficultés de mobilisation des ressources, les efforts conjugués du Fonds d’Entretien Routier Autonome (FERA), des partenaires techniques et financiers ainsi que du secteur privé ont permis d’obtenir des résultats tangibles sur le terrain. Le ministre a notamment mis en avant l’évolution positive de la qualité du réseau routier au Sénégal entre 2014 et 2022, avec un taux de routes revêtues en bon état passé de 60 % à 82 %, et un taux de routes non revêtues en bon état passant de 39 % à 56 %. Il a toutefois reconnu un ralentissement récent dans l’allocation efficace des ressources, en dépit de leur augmentation significative.

Face à cette situation, Yankoba Diémé a salué l’engagement du président de la République Bassirou Diomaye Faye, qui a pris des mesures concrètes pour corriger le recul constaté et renforcer les mécanismes de gestion. Le ministre a également insisté sur l’importance de l’intégration régionale dans le domaine des infrastructures routières, affirmant que la coopération panafricaine restait la clé pour résoudre les défis structurels.

Pour lui, chaque Fonds d’Entretien Routier doit consolider ses acquis au niveau national, ce qui, à terme, permettra au GFAO de renforcer son action à l’échelle ouest-africaine, et à l’AFERA de rayonner à l’échelle continentale. Il a invité les participants à continuer les échanges de bonnes pratiques et à œuvrer ensemble pour construire un avenir routier durable pour l’Afrique.

« Libérer les voies de nos voix » : les défenseurs des droits humains mobilisés pour sauvegarder l’espace civique au Sénégal

À Dakar, ce mardi, Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest a réuni plusieurs organisations de défense des droits humains autour d’un atelier de capitalisation du projet « Libérer les voies de nos voix : Contrer la répression de l’espace civique au Sénégal ». Lancé en réponse aux nombreuses atteintes aux libertés enregistrées entre mars 2021 et février 2024, ce projet visait à raviver l’engagement citoyen et à restaurer un climat propice à l’exercice des droits fondamentaux au Sénégal.

Financé à hauteur de 150 000 dollars par Open Society Africa (OSA-Sénégal), ce projet s’est déroulé sur une période de 19 mois. Il a permis de renforcer les capacités des acteurs de la société civile, des médias, et des défenseurs des droits humains, tout en documentant les violations de l’espace civique et en menant des actions de plaidoyer ciblées.

Lors de l’ouverture de l’atelier, Alfred Bulakali, directeur régional d’Article 19, a insisté sur la nécessité de faire le point avec les acteurs ayant porté le projet sur le terrain. Selon lui, cette rencontre permet de revenir sur les réussites, de tirer des leçons des défis rencontrés et de tracer les lignes d’action pour l’avenir. Il a salué l’implication d’organisations comme Amnesty Sénégal, la Raddho, Afriktiviste, la Ligue sénégalaise des droits humains, ainsi que plusieurs partenaires médiatiques.

Mateuw Mbaye, point focal du projet au sein d’Article 19, a quant à lui souligné l’impact du projet sur la résilience des forces vives de la démocratie. Il a rappelé que l’un des objectifs essentiels était de sauvegarder la démocratie et la culture du droit au Sénégal, dans un contexte marqué par des tensions politiques, des violences et des restrictions aux libertés.

Selon lui, les résultats enregistrés sont significatifs. Le projet a permis de renforcer le monitoring des droits humains, notamment en matière de liberté d’expression et de violence politique. Quatorze points focaux, formés dans différentes localités du pays, ont documenté les événements survenus, contribuant à la publication d’un rapport détaillé. Huit organisations de la société civile et des médias, dont Appel et Cored, ont bénéficié d’un appui direct, tout comme trente-quatre acteurs qui ont reçu des financements pour mener des actions de terrain.

Des rencontres avec les autorités, dont le ministre de la Justice, ont aussi permis d’aborder les aspects juridiques liés à la répression de l’espace civique. Ce dialogue, selon les organisateurs, a ouvert la voie à une meilleure compréhension des préoccupations des défenseurs des droits humains.

Parmi les leçons apprises de ce projet, les acteurs ont mis en avant la nécessité de concevoir des activités capables de s’adapter aux transitions politiques et aux situations d’urgence. L’approche a également été axée sur une réponse directe aux besoins des bénéficiaires, ce qui a renforcé l’ancrage des actions sur le terrain.

Enfin, les plateformes d’Article 19 et d’Amnesty International/Section Sénégal ont servi de relais puissants pour des campagnes de sensibilisation sur les droits humains. À travers des activités médiatiques, des formations et des actions de communication ciblées, ces campagnes ont permis d’élargir la portée du message et de mobiliser un large public.

Escroquerie au visa : Lac de Guiers 2 fixé sur son sort le 22 avril

À peine le goût de la victoire savouré face à Ada Fass dans un combat très attendu ce vendredi 4 avril à l’Arène nationale, le lutteur Lac de Guiers 2 se retrouve de nouveau au cœur d’une tourmente judiciaire. L’enfant de Guédiawaye est rattrapé par une affaire d’escroquerie au visa, qui lui avait déjà valu un passage en détention il y a quelques mois. Ce mardi, le tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye a examiné ce dossier sensible, révélant des détails qui pourraient peser lourd dans la balance judiciaire.

À la barre, Abdou Cissé, plus connu sous son nom de scène Lac de Guiers 2, a reconnu avoir perçu la somme de 53 millions de francs CFA. Toutefois, il a nié avoir escroqué qui que ce soit, expliquant qu’il avait remis l’argent à un certain Abdou Salam Diagne, qui devait selon lui s’occuper de l’obtention des visas pour les personnes concernées. Mais ce dernier ne se serait jamais exécuté, laissant le lutteur face à des accusations lourdes.

Le juge a d’ailleurs diffusé des vidéos accablantes où l’on voit Lac de Guiers 2 promettre des visas aux plaignants. Ces éléments, versés au dossier, confortent les charges d’association de malfaiteurs et d’escroquerie au visa qui pèsent sur lui, pour un montant total estimé à 53 600 000 francs CFA. Face à ces accusations, l’avocat des plaignants, Me Oumar Kassé, a réclamé le remboursement de cette somme, soulignant que son client avait déjà versé 54 millions de francs à la Caisse des Dépôts et Consignations. Les 18 victimes de cette affaire, entendues par le tribunal, ont toutes réclamé le retour de leur argent.

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a estimé que les faits étaient clairs. Il a rappelé que le lutteur, lors de son audition par le juge d’instruction, avait reconnu avoir promis à plusieurs personnes de leur faciliter l’obtention de visas pour l’Europe, tout en affirmant ne pas avoir agi seul. Selon lui, toute l’affaire repose sur un partenariat avec Abdou Salam Diagne, aujourd’hui introuvable. Le parquet a requis une peine d’un an de prison ferme contre le lutteur.

Selon les informations de Seneweb, cette affaire remonte à la période des préparatifs du combat de Lac de Guiers 2 contre Siteu. Le lutteur devait se rendre en France pour son stage d’entraînement et avait obtenu un quota de cinq personnes pour l’accompagner. C’est dans ce contexte que Abdou Salam Diagne serait intervenu, lui proposant d’intégrer d’autres voyageurs dans le processus. Ces derniers ont versé d’importantes sommes, espérant bénéficier de cette opportunité.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré et rendra sa décision le 22 avril prochain. D’ici là, l’ombre de cette affaire planera sur le lutteur, qui, malgré sa victoire sportive récente, se trouve confronté à un combat bien plus décisif : celui pour son honneur et sa liberté.

René Capain Bassène entame une grève de la faim illimitée et dénonce sa détention dans une lettre bouleversante

Le journaliste sénégalais René Capain Bassène, condamné à perpétuité dans l’affaire du massacre de Boffa-Bayotte, a entamé une grève de la faim illimitée pour dénoncer ce qu’il qualifie de détention arbitraire. Dans une lettre poignante rendue publique, il clame son innocence et exprime sa profonde détresse face à une situation qu’il juge injuste et inhumaine.

« Plutôt mourir que de se déshonorer », écrit-il d’entrée, dans un cri du cœur qui résume le sentiment d’un homme brisé par près de huit années de privation de liberté. Depuis son arrestation en janvier 2018, Capain Bassène n’a cessé de contester les charges portées contre lui. Aujourd’hui, il affirme avoir atteint ses limites et choisit de mener ce qu’il qualifie d’« ultime combat » contre l’injustice dont il se dit victime.

Dans sa lettre, il remercie ses soutiens qui, depuis son arrestation, ont gardé foi en son innocence. « Vous resterez à jamais dans mon cœur », écrit-il, tout en décrivant la dure réalité de sa vie carcérale. Réduit à l’état de mendiant, il dit dépendre entièrement des autres pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires.

René Capain Bassène raconte aussi les souffrances physiques, morales et psychologiques qu’il endure depuis plus de sept ans. Il évoque des tortures, des atteintes à sa dignité humaine, des humiliations et la négation totale de la présomption d’innocence. Il décrit une justice à deux vitesses où règne « la loi du plus fort », et où le plus faible est « broyé » sans pitié.

L’affaire du massacre de Boffa-Bayotte, survenue le 8 janvier 2018, reste au cœur de son désespoir. Il rappelle que sur les 25 personnes arrêtées dans le cadre de cette affaire, il est le seul à avoir été condamné. Pour lui, cette condamnation fait de lui « l’agneau du sacrifice ». Il s’interroge : « Complice de qui ou de quoi ? », fustigeant une procédure judiciaire qui, selon lui, n’a pas cherché à établir la vérité.

Le journaliste déplore aussi l’indifférence des organisations de défense des droits humains à son égard. « Je suis un homme sans droits », écrit-il avec amertume, soulignant que sa situation reste un « non-événement » pour ces institutions censées protéger les libertés fondamentales.

Physiquement affaibli, Capain Bassène affirme que la prison l’a « lentement broyé ». Il confie souffrir depuis une opération ratée destinée à soigner son tympan droit. Son état de santé, dit-il, se détériore de jour en jour. C’est donc en toute lucidité, malgré la douleur, qu’il annonce avoir pris la décision de commencer une grève de la faim illimitée, qu’il qualifie de « diète noire », pour dire non à une justice qui l’a, selon lui, condamné à tort.

Il conclut sa lettre par un appel solennel à ses soutiens : « Préparez-vous au pire. Ce n’est pas une décision facile, mais c’est l’unique moyen de lutter. Et je suis déterminé à aller jusqu’au bout. »

Leadership africain : l’ancien président Macky Sall rejoint le Conseil de la Fondation Mo Ibrahim

L’ancien président de la République du Sénégal, Macky Sall, vient d’intégrer le Conseil de la Fondation Mo Ibrahim. Cette fondation, mondialement reconnue pour sa contribution à la promotion du leadership et de la bonne gouvernance en Afrique, s’entoure de personnalités de haut niveau issues de différents horizons pour faire avancer sa mission.

Macky Sall, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, poursuit ainsi son engagement au service du continent. Son parcours à la tête du pays, mais aussi au sein de grandes institutions régionales comme la CEDEAO qu’il a présidée entre 2015 et 2016, et l’Union africaine en 2022-2023, lui vaut aujourd’hui une place aux côtés de figures de premier plan dans cet organe de réflexion et d’action stratégique.

Aux côtés de Macky Sall, d’autres personnalités ont également rejoint le Conseil et le Comité du Prix Ibrahim, notamment des anciens hauts responsables européens et africains. Ce Comité est chargé de désigner les lauréats du Prix Ibrahim, une distinction qui récompense les anciens chefs d’État africains ayant exercé leur mandat de manière exemplaire, avec un souci de développement durable, de paix et de respect de la démocratie.

Dans un communiqué officiel, Mo Ibrahim, fondateur de l’organisation, s’est félicité de l’arrivée de ces nouvelles figures prestigieuses, saluant leur expertise et leur parcours. Il a insisté sur l’importance de leur contribution face aux nombreux défis auxquels le continent africain est confronté, notamment en matière de gouvernance, de stabilité politique et de développement économique.

Fin de mission pour la 1ère cohorte des PAV7 : Jean Baptiste Tine acte la clôture des contrats

Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a mis un terme officiel au contrat de la première cohorte des Policiers Adjoints Volontaires (PAV) de la septième génération (PAV7). La décision, signée par le ministre Jean Baptiste Tine, est actée sous le numéro 0000264, mettant fin à l’engagement de ces agents au sein de la Police nationale.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre réglementaire en vigueur, notamment la loi n°2009-18 du 9 mars 2009 fixant le statut du personnel de la Police nationale, ainsi que les décrets relatifs à l’organisation et aux modalités d’emploi des PAV. Elle prend effet à compter de sa date de signature.

Selon les sources officielles, la liste des agents concernés est annexée à la décision ministérielle. Leur départ marque la fin d’un cycle d’engagement volontaire, dans un programme qui a permis, pendant plusieurs années, de renforcer les effectifs de la sécurité publique sur tout le territoire national.

Audience à la Présidence : Diomaye Faye reçoit Abdoulaye Diop de l’UEMOA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce lundi 7 avril 2025 une audience à Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette rencontre, tenue au Palais, s’inscrit dans la dynamique de concertation engagée par le chef de l’État avec les institutions financières régionales et internationales.

Quelques jours après sa réunion avec Abebe Aemro Selassie, chef du département Afrique du FMI, le président Faye a échangé avec le patron de la Commission de l’UEMOA autour de la conjoncture économique du Sénégal et de la situation globale de l’Union.

Selon des sources proches de la Présidence, les échanges ont mis l’accent sur les réformes économiques en cours au Sénégal, ainsi que sur les mesures de consolidation budgétaire engagées par le gouvernement. Le président Diomaye Faye a présenté à son hôte les grandes lignes de son plan d’action visant à assurer la stabilité macroéconomique et promouvoir une croissance inclusive et durable.

En retour, Abdoulaye Diop a salué les efforts du Sénégal en matière de gestion rigoureuse des finances publiques, tout en insistant sur la nécessité de maintenir des politiques économiques responsables face aux défis internes et externes.

La rencontre a aussi permis d’aborder la question de l’intégration régionale. Le président de la Commission de l’UEMOA a exprimé sa disponibilité à accompagner le Sénégal dans ses engagements régionaux, notamment à travers le renforcement des politiques communes en matière de fiscalité, d’investissements et de développement durable.

Cette audience s’inscrit dans une série de consultations stratégiques engagées par les nouvelles autorités sénégalaises, dans un contexte de repositionnement diplomatique et économique du pays au sein de la sous-région ouest-africaine.

CIMAF Sénégal : 42 employés licenciés sans motif revendiquent leurs droits

Un climat de tension règne à l’usine CIMAF Sénégal, située à Pout, où 42 employés viennent d’être licenciés sans préavis ni justification claire. En colère et déterminés à faire valoir leurs droits, ces travailleurs ont organisé un sit-in devant les locaux de l’usine pour dénoncer ce qu’ils qualifient de licenciements arbitraires.

Portant la voix de ses collègues, Babacar Gaye, porte-parole des travailleurs, s’est exprimé lors de cette manifestation.

« Nous sommes ici aujourd’hui pour réclamer nos droits. Nous demandons solennellement pourquoi ils nous ont licenciés. Nous sommes licenciés sans motif, sans préavis », a-t-il déclaré, la voix empreinte d’émotion.

Selon les travailleurs, l’Inspection du travail, saisie dans cette affaire, leur a donné raison. Mais, déplorent-ils, la direction de CIMAF refuse de se conformer à cette décision, en ne versant pas les indemnités dues.

Certains employés licenciés travaillaient depuis six mois à un an, d’autres n’avaient jamais signé de contrat formel. Une situation qui complique davantage leur régularisation et renforce leur sentiment d’injustice.

« Même ceux qui avaient un contrat se sont rendu compte qu’il n’avait aucune valeur. Et pour beaucoup d’entre nous, il n’y avait même pas de contrat du tout », poursuit Babacar Gaye.

Face à ce qu’ils considèrent comme un abus grave des droits des travailleurs, les employés licenciés appellent à l’intervention des autorités étatiques, notamment du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Ils espèrent un arbitrage rapide pour obtenir justice et récupérer leurs indemnités.

Affaire du bateau d’engrais détourné : Aziz Ndiaye inculpé, son frère Massata sous contrôle judiciaire

L’affaire du détournement d’un bateau d’engrais refait surface avec une nouvelle étape judiciaire. Ce lundi, après deux renvois successifs, l’opérateur économique Aziz Ndiaye et son frère Massata ont finalement comparu devant le juge d’instruction dans le cadre de cette affaire qui secoue le secteur de la distribution d’engrais.

Inculpé pour recel, Aziz Ndiaye a néanmoins bénéficié d’une liberté provisoire, malgré la gravité des faits présumés. Son frère, Massata Ndiaye, lui, a été placé sous contrôle judiciaire. Une décision prise après la présentation par les deux frères d’une caution solidaire composée de trois villas situées à Ngaparou, que le juge a acceptée.

Leur audition sur le fond du dossier est attendue dans les prochaines semaines. Pour l’heure, leurs avocats rejettent fermement les accusations portées contre eux, insistant sur le caractère infondé de l’inculpation pour recel.

Le dossier reste encore en instruction, d’autant que deux personnages clés, Lamine Ngom et Atoumane Sy, sont en fuite depuis 2021. D’après le journal Libération, ces derniers sont soupçonnés d’avoir organisé la revente illicite d’une grande partie de la cargaison d’engrais à des opérateurs maliens.

Face à leur cavale, le juge du deuxième cabinet a émis des mandats d’arrêt internationaux à leur encontre, relançant les recherches pour les interpeller.

Ce scandale, qui mêle opérateurs économiques et réseaux de revente illégale, éclabousse un secteur déjà scruté pour sa sensibilité stratégique. Alors que l’engrais est un produit vital pour l’agriculture sénégalaise et ouest-africaine, ce détournement massif suscite inquiétudes et interrogations sur les mécanismes de contrôle et de régulation dans la chaîne d’approvisionnement.

Production pétrolière – Sangomar : 3,08 millions de barils extraits en mars 2025

Le champ pétrolier de Sangomar continue d’afficher des performances solides. Selon le rapport de production publié ce jour par le ministère en charge de l’Énergie et du Pétrole, 3,08 millions de barils de pétrole brut ont été produits au mois de mars 2025, confirmant ainsi la montée en puissance de ce projet stratégique pour l’économie sénégalaise.

Durant le mois de mars, trois cargaisons de pétrole brut identifiées sous les numéros SAN024, SAN025 et SAN026 ont été expédiées et écoulées sur les marchés internationaux. Ces exportations ont totalisé 2,85 millions de barils, représentant une part importante de la production mensuelle et traduisant la bonne santé logistique et commerciale du champ.

Ce rythme d’exportation contribue non seulement à générer des revenus significatifs pour l’État du Sénégal, mais aussi à asseoir la crédibilité du pays sur le marché pétrolier international.

Le rapport projette une production totale annuelle de 30,53 millions de barils pour 2025, avec un objectif de stabilisation à 100 000 barils par jour. Cette cadence, si elle est maintenue, placerait le Sénégal parmi les nouveaux acteurs pétroliers les plus dynamiques de la sous-région ouest-africaine.

Initié sous la supervision de la société australienne Woodside Energy en partenariat avec la société nationale Petrosen, le projet Sangomar est le premier développement offshore en eaux profondes du pays. Sa phase de production, lancée récemment, est suivie de près par les autorités, les investisseurs et les partenaires techniques.

Alors que le Sénégal s’apprête à entrer dans l’ère de l’exploitation à grande échelle de ses ressources naturelles, la performance du champ de Sangomar revêt une importance capitale. Elle pourrait contribuer à diversifier les sources de revenus de l’État, à créer de nouveaux emplois et à dynamiser les secteurs connexes.

Redressement fiscal de près de 10 milliards FCFA : Eiffage Génie Civil Marine Sénégal et l’Unité mixte trouvent un compromis à 2 milliards

Un long feuilleton judiciaire opposant Eiffage Génie Civil Marine Sénégal (Egcm Sénégal) à l’Unité mixte en charge du contrôle fiscal dans le cadre du projet Grand-Tortue/Ahmeyim a finalement trouvé son épilogue. Selon les informations de Libération, les deux parties sont parvenues à un accord transactionnel autour d’un montant d’environ 2 milliards de FCFA, mettant ainsi fin à un bras de fer qui menaçait de s’enliser devant les tribunaux.

Tout est parti le 28 mars 2024, lorsque l’Unité mixte a notifié à Egcm Sénégal un redressement fiscal de 17,637 milliards de FCFA, à l’issue d’une mission de vérification. Cette structure, chargée notamment de la gestion fiscale dans le cadre de l’accord inter-États portant sur l’exploitation des ressources du champ gazier Grand-Tortue/Ahmeyim (GTA), estimait que l’entreprise n’avait pas respecté certaines obligations fiscales.

Egcm Sénégal a rapidement contesté cette notification, et après une première révision, le montant du redressement a été ramené à 9,7 milliards de FCFA dans une confirmation de redressement.

En application de l’article 134 de l’Acte additionnel, Eiffage Génie Civil Marine Sénégal a sollicité l’arbitrage de la Commission fiscale inter-États (CFIE) pour un réexamen du dossier. Après étude des arguments avancés par l’entreprise, la CFIE a décidé d’abandonner plusieurs chefs de redressement, ramenant la somme due à 4,9 milliards de FCFA.

Mais l’entreprise n’a pas pour autant lâché prise. Contestant toujours la validité de cette décision, Egcm Sénégal a saisi le tribunal pour obtenir l’annulation des titres de perception, estimant qu’ils ne reflétaient pas la réalité fiscale mise à jour par le Département Recouvrement.

Coup de théâtre : par courrier daté du 1er avril 2024, Egcm Sénégal a finalement demandé la radiation de la procédure judiciaire, signe clair d’une volonté d’arrangement à l’amiable. Cette décision a suivi la signature d’un procès-verbal de conciliation entre les deux camps.

Le dossier, qui devait repasser devant le tribunal le 3 avril, a été officiellement radié. Si le montant exact de l’accord n’a pas été rendu public, des sources proches du dossier parlent d’un compromis financier tournant autour de 2 milliards de FCFA. Une issue bien plus avantageuse pour Egcm que le redressement initialement exigé.

Ce dénouement met en lumière la complexité du régime fiscal dans les projets transfrontaliers comme celui de GTA, mais aussi l’efficacité des mécanismes de dialogue et de conciliation prévus par les textes. Il envoie aussi un message aux sous-traitants opérant dans le cadre d’accords inter-États : la rigueur fiscale reste de mise, mais des voies de recours et de négociation existent.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°437 – 08/04/2025

🔴 BAISSE DES PERFORMANCES ÉCONOMIQUES : LE COMMERCE ET LES SERVICES EN SOUFFRANCE
🔴 PREMIER ANNIVERSAIRE DE LA GOUVERNANCE DIOMAYE-SONKO : LES 5 RECOMMANDATIONS DE RSF

🔴 CAN U17 MAROC 2025 : LES LIONCEAUX DÉCROCHENT LEUR 3e MONDIAL
🔴 LUTTE / CONTESTATION DE SA DÉFAITE CONTRE LAC 2 : ADA FASS DÉPOSE UN RECOURS

Sénégal : le ministre de l’Économie reçoit le directeur du Département Afrique du FMI pour discuter d’un nouveau programme économique

Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, a rencontré, ce lundi 7 avril 2025, Abebe Aemro Selassie, le directeur du Département Afrique du Fonds Monétaire International (FMI), dans le cadre des discussions pour l’élaboration d’un nouveau programme économique et financier pour le Sénégal. Cette rencontre, annoncée par le ministère via sa page officielle, a permis d’aborder plusieurs questions essentielles pour l’avenir économique du pays.

Au cœur des échanges, les démarches nécessaires à la mise en place du programme ont été discutées, en particulier les réformes économiques à entreprendre pour soutenir la stabilité macroéconomique du Sénégal. Le FMI a exprimé sa volonté de continuer à accompagner le pays dans ses efforts pour renforcer ses finances publiques et garantir une gestion économique transparente et efficiente.

Un des points majeurs abordés a été l’impact des résultats de l’audit des finances publiques récemment réalisé par la Cour des comptes. Ce dernier a mis en lumière certaines zones de faiblesse, mais a également ouvert la voie à des améliorations substantielles. En réponse à ces résultats, le ministre Abdourahmane Sarr a souligné l’engagement du gouvernement sénégalais à maintenir une politique de transparence et à renforcer le cadre macroéconomique du pays, afin qu’il soit à la fois solide, soutenable et conforme aux normes internationales.

Le FMI, dans son soutien au Sénégal, a réaffirmé son rôle d’accompagnement pour aider le pays à atteindre ses objectifs de croissance durable tout en respectant les principes d’une gestion publique rigoureuse. La rencontre a également permis de poser les bases d’une collaboration renforcée entre le Sénégal et le FMI, avec l’ambition de garantir un développement économique stable et une amélioration continue des conditions de vie des Sénégalais.

Nouveau partenariat entre le Sénégal et le FMI : Cheikh Diba reçoit M. Abebe Aemro Selassie

Le ministre sénégalais du Budget et des Finances, Cheikh Diba, a accueilli ce lundi 7 avril 2025, en audience M. Abebe Aemro Selassie, le Directeur du Département Afrique du Fonds Monétaire International (FMI). Cette rencontre, selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux du ministère, s’inscrit dans le cadre des discussions en cours visant à établir un nouveau partenariat entre le Sénégal et le FMI.

L’objectif principal de cette rencontre était de renforcer la coopération entre le Sénégal et le FMI, notamment en vue de la validation d’un nouveau programme économique et financier. Ce programme, qui est au cœur des préoccupations des autorités sénégalaises, vise à assurer la stabilité économique et financière du pays à long terme.

Lors de l’audience, le ministre Cheikh Diba a réaffirmé l’engagement du gouvernement sénégalais à mettre en place une trajectoire claire et ambitieuse pour le redressement des finances publiques. Cette initiative est également perçue comme un moyen de renforcer la souveraineté économique du pays tout en garantissant une gestion rigoureuse des ressources publiques.

Le ministre a souligné l’importance d’un partenariat solide et mutuellement bénéfique avec le FMI pour soutenir les efforts du Sénégal en matière de développement économique, de stabilité macroéconomique et de bien-être des citoyens. La rencontre a également été l’occasion de discuter des priorités du gouvernement en matière de réformes structurelles et de consolidation des finances publiques.

Le FMI, de son côté, a exprimé son soutien aux initiatives du Sénégal et a souligné la nécessité de maintenir une politique économique prudente tout en poursuivant les réformes nécessaires pour garantir la croissance économique durable.

Ce nouveau partenariat marque ainsi une étape importante dans les relations entre le Sénégal et le FMI, et témoigne de la volonté des deux parties de collaborer pour surmonter les défis économiques et promouvoir la stabilité à long terme.

Touba : Mbackiyou Faye offre plus de 2 milliards de FCFA à Serigne Mountakha pour la Grande Mosquée

Dans un geste de haute portée spirituelle et symbolique, Mbackiyou Faye, « dieuwrigne » général de Dakar et représentant du khalife général des Mourides dans la capitale, a remis une importante contribution financière destinée aux travaux de la Grande Mosquée de Touba. Ce lundi 7 avril 2025, devant une foule de fidèles réunis dans la ville sainte, il a offert une somme de deux milliards treize millions de francs CFA (2 013 000 000 FCFA) à Serigne Mountakha Mbacké, actuel khalife général des Mourides.

Ce geste s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la réhabilitation de la mosquée, un projet initié par le khalife lui-même pour préserver et moderniser ce haut lieu du mouridisme, emblème de la foi et de la grandeur de Serigne Touba.

« Ces 8 valises contiennent 2 milliards 13 millions de FCFA. C’est une donation de ma part. Et ce n’est que le début du commencement. C’est juste un geste symbolique. Ce n’est rien comparé à la dimension de Serigne Touba », a déclaré Mbackiyou Faye, très ému, en remettant l’enveloppe symbolique à Serigne Mountakha. Ce dernier, fidèle à son humilité, a accepté le don dans le calme et la sérénité qui le caractérisent, sous les acclamations de ses disciples.

Ce geste traduit une fois de plus la solidité des liens entre les fidèles de la confrérie mouride, ainsi que leur attachement indéfectible à la ville sainte de Touba et à son projet de développement. Il illustre également le rôle de premier plan que joue Mbackiyou Faye dans la mobilisation de la communauté mouride de Dakar au service des causes religieuses, particulièrement celles portées par le khalife général.

Le projet de réhabilitation de la Grande Mosquée de Touba, dont le chantier devrait débuter sous peu, vise à redonner tout son éclat à ce joyau architectural et spirituel, tout en assurant son entretien à long terme. Avec ce premier appui financier de taille, les travaux s’annoncent déjà sous les meilleurs auspices.

Touba, ville de foi et de dévotion, continue ainsi d’écrire son histoire à travers les actes de générosité de ses fidèles, dans une dynamique de solidarité et d’amour profond pour l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba.

Journée mondiale de la Santé : le Président Diomaye rend hommage aux professionnels de la santé

À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé célébrée ce lundi 7 avril 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé un message fort aux professionnels du secteur. Dans une publication partagée sur ses réseaux sociaux, notamment sur Facebook, le chef de l’État a salué l’engagement et la résilience des acteurs de la santé, qu’il qualifie de « vaillants », tout en réaffirmant sa volonté de bâtir un système sanitaire plus juste, accessible et performant.

« En cette Journée Mondiale de la Santé, j’exprime la gratitude de la Nation à nos vaillants professionnels de santé », a déclaré le président. Pour lui, l’objectif est clair : garantir à chaque Sénégalais un accès équitable à des soins de qualité, dans la dignité et la sécurité. Il a souligné que cette ambition s’inscrit dans la vision d’un Sénégal plus solidaire, plus inclusif et mieux préparé aux défis sanitaires.

Dans son message, Bassirou Diomaye Faye a mis en lumière plusieurs avancées notables du pays dans le domaine de la santé. Il a notamment évoqué l’obtention du niveau 3 de maturité pour l’Agence sénégalaise de régulation pharmaceutique, qu’il considère comme un « pas décisif vers la souveraineté sanitaire ». Ce niveau de reconnaissance, attribué par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), marque une étape cruciale dans la capacité du Sénégal à assurer le contrôle et la qualité de ses produits pharmaceutiques.

Le président a également salué les « progrès remarquables » réalisés dans les domaines des greffes rénales et de moelle osseuse, des interventions médicales autrefois rares dans le pays et aujourd’hui en pleine expansion grâce à la montée en compétence des équipes médicales et à l’amélioration du plateau technique.

Il a enfin mis l’accent sur les efforts déployés pour renforcer les structures sanitaires, y compris dans les zones les plus reculées du territoire. Ce maillage territorial est, selon lui, une priorité pour garantir une prise en charge médicale équitable, quels que soient le lieu de résidence ou les conditions sociales des populations.

En conclusion, le président Diomaye a réaffirmé que « bâtir un système de santé solide, c’est renforcer la résilience, l’unité et la grandeur de notre Nation ». Un message porteur d’espoir et d’engagement, à un moment où le monde entier célèbre la santé comme un droit fondamental et universel.

Mauvaise vente des récoltes de pommes de terre : les producteurs de Thiep crient leur détresse

À Thiep, une commune située dans l’arrondissement de Ndande, département de Kébémer (région de Louga), les producteurs de pommes de terre font face à une crise inquiétante. Malgré une production abondante et de qualité, les récoltes s’entassent dans les champs, invendues. Les causes de cette situation sont multiples, mais les producteurs pointent principalement l’enclavement de la zone et l’absence de structures de conservation adaptées.

Lors d’un entretien avec Radio Sénégal Internationale, un producteur local a exprimé sa frustration face à cette situation qu’il juge insupportable. Selon lui, les efforts consentis pour produire de la pomme de terre ne sont pas récompensés, car il est devenu presque impossible d’écouler la marchandise dans des conditions viables. La commune de Thiep, à elle seule, produit environ 31 000 tonnes de pommes de terre chaque année, soit près de 26 % des besoins nationaux estimés à 120 000 tonnes. Ces chiffres traduisent la place stratégique qu’occupe Thiep dans la filière pomme de terre au Sénégal. Pourtant, cette performance agricole ne permet pas aux producteurs de tirer profit de leur dur labeur.

Le maire de la commune, Mouhamed Dieng, alerte depuis plusieurs années sur les obstacles structurels qui freinent la commercialisation de ces produits. Il évoque l’état critique des routes, qui dissuade transporteurs et commerçants – les bana-bana – d’accéder à la zone. Selon lui, des tonnes de pommes de terre pourrissent chaque année, faute de marchés et de moyens de conservation. La commune ne dispose d’aucune chambre froide ni d’unité de transformation pouvant prolonger la durée de vie des produits.

Les producteurs se sentent aujourd’hui abandonnés. Ils affirment que, malgré leur contribution significative à l’économie agricole, ils n’ont reçu que peu ou pas d’accompagnement technique et financier de la part des pouvoirs publics. Sans accès au crédit, ils ne peuvent pas se doter d’équipements modernes ni investir dans la logistique de distribution. Le manque de soutien freine toute tentative de modernisation de la filière.

Cette situation, dénoncent-ils, nuit également à l’installation des jeunes en agriculture. Nombreux sont ceux qui, découragés par les pertes répétées, préfèrent abandonner les champs. Le désenclavement, la création de chambres froides, l’appui à la transformation locale et l’organisation des producteurs sont autant de solutions connues, mais qui tardent à se concrétiser.

Alors que le Sénégal cherche à renforcer sa souveraineté alimentaire, le cas de Thiep illustre les limites du système actuel. Une agriculture performante sans débouchés reste une illusion. Et sans infrastructures de base, les ambitions de développement rural risquent de rester lettre morte. Aujourd’hui, les producteurs appellent l’État à agir, avant que leur cri ne se perde dans le silence des champs abandonnés.

Santé : Baisse spectaculaire de la mortalité infanto-juvénile au Sénégal, selon le MSAS

À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé célébrée chaque 7 avril, le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) a partagé des données encourageantes sur l’évolution des indicateurs de santé au Sénégal, notamment en ce qui concerne la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile.

Selon le communiqué officiel publié ce lundi, des avancées majeures ont été notées ces dernières années, traduisant les efforts consentis dans le secteur de la santé. Parmi les données les plus marquantes, la mortalité infanto-juvénile est passée de 139‰ à 40‰, une baisse qualifiée de « très importante » par les autorités sanitaires. Cette tendance témoigne d’un net recul de la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans.

Dans le même sillage, le ratio de mortalité maternelle a chuté de 396 à 153 décès pour 100 000 naissances vivantes, entre 2010 et 2023. Quant à la mortalité néonatale, elle a également diminué, passant de 38‰ à 23‰ naissances vivantes entre 1997 et 2023.

La tutelle souligne que ces résultats positifs sont le fruit d’un ensemble de réformes et de mesures concrètes mises en œuvre sur le terrain. Parmi les initiatives majeures figurent la décentralisation de la formation des agents de santé, ainsi que le renforcement des effectifs à travers le recrutement dans la fonction publique et la contractualisation de plus de 2 000 sages-femmes, infirmiers et médecins.

Le ministère évoque également l’importance de la spécialisation des médecins, notamment en gynécologie-obstétrique, pédiatrie et anesthésie-réanimation, rendue possible grâce à l’octroi de bourses. Par ailleurs, des efforts ont été menés pour améliorer l’accès aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence, ainsi que pour étendre la couverture sanitaire universelle, notamment par la gratuité de la césarienne et des soins pour les enfants de moins de 5 ans.

Malgré ces progrès, le MSAS rappelle que la morbidité et la mortalité maternelle, néonatale, infantile et adolescente restent des priorités sanitaires pour le Sénégal. Le ministère promet de renforcer davantage les efforts pour consolider ces acquis et continuer à faire reculer les inégalités en matière de santé.

Médias : la journaliste Fatou Abdou Ndiaye quitte la SENTV après 15 ans de carrière

C’est une page importante qui se tourne dans le paysage médiatique sénégalais. La journaliste Fatou Abdou Ndiaye a annoncé ce lundi sa démission de la SENTV, après plus de quinze années de présence au sein de la chaîne. Figure emblématique du groupe D-Media, son départ marque un tournant pour cette professionnelle de l’information dont la voix et le visage étaient devenus familiers pour des milliers de téléspectateurs.

Dans une note transmise à la rédaction de Pressafrik, Fatou Abdou Ndiaye a officialisé la nouvelle, sans toutefois évoquer les raisons précises qui ont motivé sa décision. « Je vous annonce aujourd’hui ma démission du groupe après plus de 15 années de collaboration », écrit-elle. Un message sobre, mais chargé d’émotion, dans lequel elle exprime sa reconnaissance envers ses collègues et le public.

« Je tiens à vous remercier chaleureusement pour votre soutien constant et la confiance que vous m’avez toujours accordée tout au long de cette belle aventure. Je vous donne rendez-vous très bientôt pour de nouveaux défis et d’autres horizons à explorer ensemble », ajoute-t-elle.

Journaliste chevronnée, Fatou Abdou Ndiaye a participé à l’essor de la SENTV depuis ses débuts. Au fil des années, elle s’est imposée comme l’une des figures féminines les plus respectées de la chaîne, aussi bien pour la qualité de son travail que pour son professionnalisme. Présentatrice, reporter ou rédactrice, elle a occupé plusieurs fonctions et s’est illustrée dans le traitement de sujets d’actualité, parfois sensibles.

Si son avenir immédiat reste encore inconnu, ses mots laissent entrevoir de nouveaux projets à venir. Beaucoup d’observateurs du paysage médiatique se demandent déjà quelle sera sa prochaine destination, tant son nom reste synonyme d’expérience et de crédibilité.

Ce départ intervient dans un contexte où les mouvements au sein des rédactions se multiplient, entre repositionnements professionnels et quête de meilleures conditions de travail. Pour Fatou Abdou Ndiaye, ce départ semble être aussi le début d’une nouvelle aventure.

Vers un nouveau pacte national de stabilité sociale : Abass Fall lance les concertations

Le gouvernement sénégalais s’engage dans une nouvelle dynamique de dialogue social. Le ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions, Abass Fall, a officiellement lancé, ce lundi 7 avril 2025, le processus d’élaboration d’un nouveau pacte national de stabilité sociale. Une initiative ambitieuse qui vise à réconcilier les forces vives du monde du travail autour d’un cadre clair, efficace et durable, dans un contexte où la paix sociale est plus que jamais une condition essentielle au développement économique.

Répondant aux instructions du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le ministre Abass Fall a expliqué que cette démarche s’inscrit dans une volonté politique affirmée : celle de refonder les relations entre l’État, les syndicats et le patronat sur la base de la concertation, du respect mutuel et de la transparence. « Le président avait donné instruction au gouvernement de prendre langue avec les organisations syndicales et le patronat pour discuter et aboutir à un pacte national de stabilité sociale, sans lequel aucun développement économique n’est possible », a déclaré le ministre devant les représentants des trois pôles sociaux.

La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de plusieurs personnalités clés, dont le ministre de la Fonction publique et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, ainsi que le président du Haut Conseil du Dialogue Social, Mamadou Lamine Dianté.

Le ministre du Travail a rappelé que le pacte de stabilité sociale signé en 2014, bien que prometteur, souffrait de graves insuffisances. Parmi elles, l’absence de mécanismes efficaces de contrôle, de suivi et d’évaluation. « Les organes qui avaient été mis en place avec le pacte de 2014 ne fonctionnaient pas. Autant de questions qui font que nous sommes obligés de redéfinir un nouveau pacte », a expliqué Abass Fall, insistant sur la nécessité de tirer les leçons du passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Cette fois-ci, le gouvernement veut aller plus loin en assurant un véritable ancrage institutionnel au futur pacte, avec des engagements clairs, des calendriers précis, et surtout, un système de suivi rigoureux impliquant toutes les parties prenantes.

Le nouveau pacte ne concernera pas seulement l’État. Il impliquera également les travailleurs, représentés par les différentes centrales syndicales, et le secteur privé, notamment les organisations patronales. L’idée est de construire un espace de dialogue permanent, capable de désamorcer les tensions sociales avant qu’elles ne dégénèrent en crises.

« Dans un environnement économique aussi dynamique et complexe, il est essentiel de s’adapter aux défis contemporains », a souligné le ministre, qui appelle à une collaboration active pour bâtir un pacte solide et inclusif, garant de stabilité et de prospérité pour tous.

En conclusion, Abass Fall a exprimé l’espoir de voir naître, à l’issue de ces concertations, un véritable contrat social renouvelé, fondé sur la confiance, la responsabilité partagée et le respect des engagements. « Ce pacte doit être l’occasion d’une nouvelle ère de collaboration entre les différentes parties pour assurer un avenir meilleur aux générations futures », a-t-il affirmé.

Le compte à rebours est lancé. Il appartient désormais aux syndicats, au patronat et à l’État de faire preuve de maturité, de lucidité et d’engagement pour donner corps à cette ambition collective de stabilité sociale durable au Sénégal.

Affaire Farba Ngom : Plus d’un milliard mobilisé pour renforcer la caution du député-maire

Incarcéré dans le cadre d’une affaire politico-judiciaire qui continue d’agiter l’actualité sénégalaise, Farba Ngom, député-maire des Agnam, peut compter sur le soutien indéfectible de ses proches, militants et sympathisants à travers le monde. Une vaste opération de collecte de fonds, initiée par le Comité de résistance populaire (CRP), a permis de réunir une somme impressionnante destinée à renforcer la caution exigée pour sa libération provisoire : plus d’un milliard de francs CFA.

Convaincus de son innocence et déterminés à le voir retrouver sa liberté en attendant l’issue de la procédure judiciaire en cours, les membres du CRP ont réussi à mobiliser exactement 1 milliard 66 millions de FCFA. Ce montant, collecté en un temps record, témoigne de la solidarité active de ses soutiens, tant sur le plan national qu’international.

La répartition géographique des contributions révèle l’ampleur du mouvement :

Au Sénégal, les hommes d’affaires, commerçants et autres sympathisants ont apporté 270 millions FCFA. Une somme conséquente qui montre l’ancrage local du parlementaire, connu pour ses liens étroits avec sa base électorale dans le Fouta.

La diaspora ouest-africaine, très mobilisée, a contribué à hauteur de 450 millions FCFA, soit la part la plus importante de l’enveloppe totale.

L’Afrique centrale, quant à elle, a offert 554 millions FCFA, traduisant l’engagement sans faille de nombreux Sénégalais installés dans cette partie du continent.

En Amérique, les militants ont collecté 56 000 dollars US, soit environ 34 millions FCFA, tandis qu’en Europe, les contributions s’élèvent à 132 000 euros, soit environ 86 millions FCFA.

Enfin, 43 millions FCFA ont été versés sous forme de dons anonymes, renforçant ainsi la dimension collective et transversale de cette opération de soutien.

Au-delà des chiffres, cette mobilisation reflète la volonté d’un pan important de l’opinion publique de faire bloc derrière Farba Ngom, en attendant que la justice fasse toute la lumière sur les faits qui lui sont reprochés. Pour ses partisans, il ne s’agit pas seulement de défendre un homme, mais aussi de dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « cabale politique » visant à écarter une figure influente du champ politique national.

Pour l’instant, la balle est dans le camp de la justice. Mais une chose est sûre : le député-maire des Agnam n’est pas seul. Et ses partisans, au Sénégal comme à l’étranger, entendent poursuivre leur combat jusqu’à son rétablissement dans ses droits.

« De la pitié pour le Président du Palais de la République qui avoue son abdication » par Mansour Faye

Incroyable, mais pourtant évident… il est désormais clair que l’homme en qui 54% des électeurs sénégalais ont placé leur confiance ne semble plus exercer de réel pouvoir au-delà des murs de l’intimité du Palais de la République. Le Président du Sénégal semble de plus en plus déconnecté, isolé, et même abasourdi par l’instabilité de sa relation politique avec le mouvement PASTEF et son leader, un homme qu’il considère aujourd’hui comme une sorte de demi-dieu. En fin de compte, il semble avoir ravalé ses fonctions présidentielles à un niveau accessoire, un président qui, par ses propres paroles, avoue sa propre faiblesse.

Il donne l’impression d’être enfermé dans une sorte de résidence surveillée, un président sans réelle autorité ni pouvoir. Mais face à cette situation de crise, il tente de donner une apparence d’optimisme en parlant de la nécessité d’avoir un Premier ministre « super fort », ainsi que des ministres et des directeurs généraux tout aussi puissants. Mais comment peut-il en demander autant quand le Sénégal n’a élu ni Premier ministre, ni ministres, et que la Constitution ne prévoit pas un tel exercice de pouvoir partagé ?

Cet aveu de faiblesse est véritablement pitoyable. Aujourd’hui, la marche du pays semble complètement neutralisée par une force politique qu’il ne contrôle pas. Et à cela s’ajoute un gouvernement qui empiète sur les pouvoirs constitutionnels d’un président dépassé par son rôle, écrasé par un costume présidentiel qui semble trop lourd pour lui.

Le discours prononcé par le président lors de la fête nationale, censée être un moment de célébration de l’unité nationale et de la cohésion sociale, n’a fait qu’enfoncer davantage le président dans son échec. Loin de porter un message de leadership, il a préféré se retirer dans un face-à-face avec la presse qui n’a fait que confirmer la vacuité de son pouvoir. Un échec à effacer de la mémoire collective.

Le spectre de l’ancien président Macky Sall semble hanter cette équipe actuelle, et sa paranoïa collective les amène à accuser le président Sall de tous les maux. À ce niveau de responsabilité, le porte-parole du gouvernement aurait pu s’en charger, comme à son habitude, mais pas le président de la République, dont l’incapacité à prendre les rênes du pays devient de plus en plus flagrante.

Il est donc grand temps de se poser une question cruciale : comment le président actuel peut-il prétendre gouverner un pays lorsqu’il ne fait qu’agir comme un spectateur des événements ? Si le président veut des réponses sur les échecs de son gouvernement, il serait peut-être préférable qu’il examine d’abord ses propres responsabilités. Quant à son appel à la pression populaire sur la justice, il n’y a pas de pire catastrophe pour la démocratie et l’indépendance de la justice.

Face à ce constat, il est légitime de se demander s’il ne serait pas nécessaire d’organiser une élection présidentielle anticipée pour remettre le Sénégal sur les rails de la légitimité. L’organisation des élections présidentielles anticipées, couplées aux élections locales de 2027, pourrait être la solution pour éviter un basculement vers le chaos. Ce mandat accidentel du président actuel devient de plus en plus insoutenable, et sa réduction en urgence pourrait sauver notre pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°436 – 07/04/2025

🔴 « IL APPARTIENDRA AUX SÉNÉGALAIS DE METTRE LA PRESSION SUR LA JUSTICE POUR QU’ELLE FASSE SON TRAVAIL », AFFIRME LE CHEF DE L’ÉTAT : UNE MALADRESSE
🔴 RÉFORMES INSTITUTIONNELLES ANNONCÉES PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE : L’APR EXIGE UN RÉFÉRENDUM

🔴 NOUVELLES MESURES SUR L’HEURE DE LA FIN DES COMBATS : GROGNE DES ACTEURS DE LA LUTTE
🔴 ZIGUINCHOR / RENFORCEMENT DE CAPACITÉS : La FSF outille les délégués fédéraux et managers

Énergie : Birame Soulèye Diop annonce une baisse spectaculaire du prix de l’électricité à 60 FCFA le KWh

Bonne nouvelle pour les ménages et les entreprises : le coût du kilowattheure (KWh) d’électricité au Sénégal pourrait bientôt être réduit de moitié. Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a annoncé ce dimanche 6 avril 2025 sur Radio Sénégal Internationale (RSI), dans l’émission En Vérité, que le prix du KWh passerait de 117 FCFA à 60 FCFA, une baisse rendue possible par les réformes structurelles en cours dans le secteur énergétique.

Cette réduction historique s’inscrit dans un vaste programme de transformation du secteur énergétique sénégalais. Selon Birame Soulèye Diop, il s’agit de repenser en profondeur la chaîne de valeur de l’électricité, de la production à la distribution, en passant par le transport et la gestion des infrastructures.

« Cette baisse n’est pas le fruit d’un miracle, mais d’une volonté politique claire de mettre fin aux surcoûts, d’éliminer les gaspillages et de rendre l’électricité plus accessible à tous », a-t-il affirmé au micro de RSI.

Le ministre a expliqué que cette réforme vise non seulement à soulager les consommateurs, mais aussi à renforcer la compétitivité du tissu économique sénégalais, en particulier les industries et les PME qui subissent encore un coût de production élevé à cause de la facture énergétique.

En toile de fond, le gouvernement cherche également à renforcer la souveraineté énergétique du pays en misant davantage sur des sources locales et renouvelables.

Cette annonce intervient dans un contexte où la question du pouvoir d’achat est au cœur des préoccupations des Sénégalais. Si la baisse du coût de l’électricité se concrétise, elle marquera une rupture significative avec les décennies passées, où les tarifs n’ont cessé de grimper, souvent sous la pression des subventions, des importations de combustibles, ou encore des déséquilibres financiers de la SENELEC.

Décès de Ndary Touré, vice-président de la CENA : le Sénégal perd un pilier de la démocratie électorale

Le Sénégal est en deuil. Ndary Touré, vice-président de la Commission électorale nationale autonome (CENA), est décédé ce vendredi à Dakar, selon des sources proches de l’institution relayées par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Son décès marque la perte d’un homme de rigueur et d’engagement, profondément attaché aux principes de transparence et de justice dans le processus électoral.

Les obsèques du magistrat honoraire se sont déroulées ce samedi 5 avril. La levée du corps s’est tenue à 15 heures à la mosquée de Mermoz, avant son inhumation au cimetière de Yoff, en présence de proches, collègues et personnalités du monde judiciaire et politique.

Ndary Touré a occupé plusieurs fonctions clés dans l’appareil judiciaire et électoral du pays. Magistrat à la Cour suprême, puis secrétaire général de la CENA sous la présidence de Doudou Ndir, il avait été maintenu dans l’équipe après la refonte de l’institution par l’ancien président Macky Sall en novembre 2023. Son sérieux et sa connaissance fine des rouages électoraux lui avaient valu d’être reconduit comme vice-président, aux côtés du nouveau président Abdoulaye Sylla.

Le décès de Ndary Touré survient dans un contexte particulièrement sensible pour la CENA, appelée à jouer un rôle central dans la consolidation du processus démocratique post-alternance. Sa disparition prive l’institution d’un cadre expérimenté, respecté et reconnu pour son intégrité.

Au-delà de ses fonctions, Ndary Touré laisse le souvenir d’un homme rigoureux, discret et profondément engagé pour la République. Il avait consacré l’essentiel de sa vie professionnelle à la défense de l’État de droit, et à l’assurance de la crédibilité des scrutins, dans un pays où la question électorale reste un pilier de la stabilité politique.

Ouzbékistan : El Malick Ndiaye représente le Sénégal à la 150e Assemblée de l’Union interparlementaire

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, est arrivé ce samedi à Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan, pour participer à la 150e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP), qui se tient du 5 au 9 avril 2025. Il est à la tête d’une délégation sénégalaise composée des députés Abdoul Ahad Ndiaye et Ousmane Sonko, ainsi que du Secrétaire général de l’Assemblée nationale et de la Directrice de la coopération internationale.

Quelques heures après son arrivée, El Malick Ndiaye a pris part à la cérémonie d’ouverture officielle de cette grande rencontre parlementaire internationale. Cette édition de l’UIP réunit des représentants de parlements du monde entier autour de thématiques majeures comme la paix, la démocratie, les droits humains et le développement durable.

Par sa présence à Tachkent, le Sénégal réaffirme son engagement en faveur du dialogue interparlementaire et du multilatéralisme. Cette participation marque également la volonté de l’institution parlementaire sénégalaise de s’ouvrir davantage à la coopération internationale et de s’impliquer activement dans les grands débats globaux.

La 150e Assemblée de l’UIP offre aux parlementaires une plateforme pour échanger sur les meilleures pratiques législatives et renforcer la coopération entre les parlements du monde. Pour le Sénégal, il s’agit d’une opportunité de partager son expérience démocratique tout en s’enrichissant des modèles venus d’ailleurs.

Justice : Malgré un cautionnement de 419 milliards FCFA, Tahirou Sarr reste en détention

Malgré un cautionnement record de 419 milliards de francs CFA, Tahirou Sarr, opérateur économique très en vue, ne bénéficiera pas d’une liberté provisoire. C’est la décision surprenante qui ressort d’une ordonnance rendue ce mercredi 2 avril par le doyen des juges financiers.

Selon le journal Libération, qui a révélé l’affaire dans son édition du samedi 5 avril, les proches de l’homme d’affaires croyaient l’affaire réglée. Pour cause : la proposition de caution avait reçu le feu vert du magistrat instructeur, mais aussi celui de l’agent judiciaire de l’État.

En exécution des ordonnances du juge, un terrain de 8000 hectares situé à Mbane avait été immatriculé au nom de l’État, tout comme deux immeubles évalués à 14 milliards FCFA. S’y ajoutent un chèque certifié de 11 milliards, déposé à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).

Mais alors que tout semblait en place pour une libération provisoire sous caution, c’est finalement le parquet financier qui a opposé un refus catégorique. Le magistrat instructeur s’est ensuite aligné sur cette position, maintenant Tahirou Sarr derrière les barreaux.

Face à ce retournement de situation, les avocats de l’homme d’affaires comptent saisir la Chambre d’accusation financière. Ils espèrent obtenir la remise en liberté de leur client, en contestant le blocage de la mesure pourtant validée par le juge et l’État.

Cette affaire, à la fois judiciaire et politique, soulève de nombreuses questions sur l’indépendance de la justice financière, la transparence des décisions et les enjeux autour de la détention préventive dans les dossiers économiques sensibles au Sénégal.

Thierno Alassane Sall alerte : « Le Sénégal risque de subir de plein fouet une nouvelle guerre commerciale mondiale »

Alors que les États-Unis multiplient les tensions économiques avec leurs partenaires, Thierno Alassane Sall tire la sonnette d’alarme. Dans un message publié sur sa page Facebook, le député et président de la République des Valeurs met en garde contre les conséquences d’une nouvelle guerre commerciale mondiale, dont les effets pourraient être dramatiques pour des pays comme le Sénégal.

Selon l’ancien ministre, la récente escalade commerciale initiée par Washington – qui n’épargne même pas ses alliés traditionnels – pourrait entraîner une crise économique mondiale. Et dans ce scénario, les pays mal préparés, désorganisés ou sans vision claire, risquent de payer le plus lourd tribut.

« Le monde peut basculer dans une crise dont les premières victimes seront ceux qui ne s’y sont pas préparés », alerte-t-il.

Bien que géographiquement éloigné des grandes zones de conflit économique, le Sénégal n’est pas à l’abri. Pour Thierno Alassane Sall, les répercussions seraient nombreuses et immédiates : ralentissement des échanges, perturbation des chaînes d’approvisionnement, hausse du coût des importations… Et comme souvent, les populations les plus vulnérables seraient les premières touchées.

« Le Sénégal, en apparence éloigné de ce tumulte, risque de subir des contrecoups économiques majeurs. […] Les répercussions sociales toucheront en premier les couches les plus vulnérables. »

Mais au-delà des conséquences économiques, le député pointe un manque de préparation stratégique du pays face aux bouleversements à venir. Selon lui, le Sénégal est « spectateur » dans un monde en pleine reconfiguration géopolitique, sans politique anticipative ou stratégie cohérente.

« Nous restons désorganisés, souvent mal informés, et sans vision cohérente. »

Pour faire face à cette situation, Thierno Alassane Sall appelle le gouvernement à prendre la pleine mesure du contexte mondial. Il plaide pour une stratégie fondée sur l’anticipation géopolitique, la préparation du pays à d’éventuelles crises, et un engagement fort en faveur de la justice sociale.

« Le Sénégal n’est pas hors du monde, et nous ne sommes certainement pas les mieux protégés. Cela doit nous inciter à plus de vigilance, de lucidité et de sérieux. »

Éducation – Le SAEMS alerte : « Les grandes réformes promises n’ont pas encore vu le jour »

Un an après la troisième alternance, le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (SAEMS) tire la sonnette d’alarme. Réunis dans le cadre des travaux des commissions administratives nationales, les responsables du syndicat dénoncent le non-respect des engagements pris par l’État, notamment ceux liés aux réformes majeures du secteur éducatif.

Pour El Hadji Malick Youm, secrétaire général du SAEMS, le nouveau régime était attendu sur des chantiers prioritaires comme la refonte des programmes scolaires, l’introduction des langues nationales dans l’enseignement, ou encore la fin des abris provisoires. Pourtant, déplore-t-il, aucune de ces réformes n’a encore été mise en œuvre de manière concrète.

« Il faut tirer un premier bilan lucide : les grandes réformes attendues dans l’éducation n’ont pas encore vu le jour », a-t-il déclaré au micro d’iRadio.

Autre sujet de frustration : le programme de recrutement d’enseignants annoncé par le Premier ministre. Si le syndicat dit avoir « pris acte » des engagements annoncés, il dénonce un manque de clarté et de transparence dans le processus.

« Le recrutement aurait dû être beaucoup plus transparent. Et les quotas auraient dû être relevés pour répondre au déficit criant d’enseignants », martèle le SG du SAEMS.

Ce déficit, selon lui, est l’un des principaux freins à l’amélioration de la qualité de l’éducation dans le pays.

Le SAEMS insiste : l’éducation doit redevenir une priorité nationale. Les enseignants appellent l’État à honorer les accords signés, à faire preuve de volonté politique, et à accorder plus de respect aux acteurs de l’éducation.

« Nous attendons des gestes forts. Ce pays ne pourra pas se relever sans une école de qualité et une politique éducative cohérente », souligne El Hadji Malick Youm.

Ce bilan, dressé un an après l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe dirigeante, révèle une certaine déception au sein du corps enseignant. Si l’espoir était permis, la réalité semble pour l’instant bien en-deçà des attentes.

JMJ 2025 à Pout Diack – Mgr André Guèye secoue la jeunesse : « N’attendez pas qu’on décide à votre place »

La localité de Pout Diack, dans le département de Thiès, accueille cette année les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), un événement spirituel et festif qui rassemble des milliers de jeunes catholiques autour de la foi, du service et de la responsabilité. À cette occasion, Mgr André Guèye, évêque du diocèse de Thiès, a livré un message fort et sans langue de bois, appelant les jeunes à se réveiller et à prendre leur destin en main.

Au cours de la messe solennelle, l’évêque n’a pas caché sa préoccupation face à l’inaction d’une partie de la jeunesse. « Il y a des jeunes qui sont complètement amortis, immobiles, amorphes, inactifs, sans aucune initiative, attendant tout des parents ou des adultes », a-t-il lancé devant une foule attentive. Une critique lucide, mais surtout un appel à sortir de l’immobilisme et de la dépendance.

Mgr Guèye a rappelé que la jeunesse ne se mesure pas uniquement à l’âge, mais à la manière de penser et d’agir. « La jeunesse, c’est un état d’esprit, une mentalité, une qualité d’être », a-t-il insisté, en s’appuyant sur le thème des JMJ de Saint-Louis en janvier 2024 : « Ceux qui espèrent dans le Seigneur marchent sans se fatiguer ».

Pour lui, un jeune digne de ce nom doit être dynamique, généreux et ingénieux. « Il faut prendre des initiatives. N’attendez pas qu’on décide à votre place », a martelé le prélat. Un message à la fois spirituel et civique, qui invite les jeunes à devenir des acteurs engagés dans leurs communautés et dans la société.

Le thème retenu cette année à Pout Diack, « Vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi », pousse justement les jeunes à vivre leur foi dans l’action et le témoignage. Un thème en phase avec l’appel de Mgr Guèye à sortir de la passivité pour devenir des témoins vivants de l’Évangile et des citoyens responsables.

Et l’évêque de conclure avec une note d’encouragement : « Il y a aussi beaucoup d’adultes qui, dans leur manière de vivre, se reconnaissent encore jeunes. Je les félicite… »

« Premier ministre super fort » : Thierno Bocoum tacle Diomaye Faye sur sa vision du pouvoir

Dans une sortie au vitriol, Thierno Bocoum, ancien député et leader du mouvement AGIR, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Président Bassirou Diomaye Faye, qu’il accuse de vouloir fuir ses responsabilités à travers une stratégie de délégation excessive du pouvoir.

Dans une analyse critique de la récente interview du chef de l’État, Bocoum alerte sur les dérives possibles d’un exécutif à deux têtes, pointant un risque de bicéphalisme nuisible à la stabilité du pays.

Pour Bocoum, Diomaye Faye donne l’image d’un président « soigné et poli » mais qui semble plus préoccupé par la gestion prudente de son image que par l’exercice réel du pouvoir. « Il aspire à partager le pouvoir, mais jamais le palais », tacle-t-il, décrivant un président qui préférerait se protéger derrière des institutions plutôt que d’assumer la charge pleine de son mandat.

Au cœur de cette critique : l’idée d’un Premier ministre doté de plus de pouvoirs, régulièrement défendue par Diomaye Faye. Mais pour Bocoum, cette ambition est totalement déconnectée des préoccupations des Sénégalais, qui attendent plutôt des solutions concrètes aux problèmes du quotidien.

« Ce n’est pas un super-Premier ministre qui va régler la vie chère ou les coupures d’eau », laisse-t-il entendre, accusant le président de vouloir se délester de ses responsabilités tout en conservant ses privilèges.

L’ancien parlementaire rappelle que l’actuelle Constitution offre déjà les leviers nécessaires au président pour déléguer certaines de ses prérogatives, notamment via l’article 50. « La balle est dans son camp », insiste-t-il, soulignant qu’un changement de régime politique ne s’impose pas pour renforcer le rôle du Premier ministre.

Thierno Bocoum va plus loin en avertissant que trop de délégation de pouvoir pourrait engendrer un flou institutionnel dangereux : « donner au Premier ministre les pleins pouvoirs reviendrait à créer un régime parlementaire déguisé, ce que le peuple n’a jamais validé dans les urnes ».

Il redoute notamment une dualité de pouvoir, source potentielle de crises et de conflits d’autorité au sommet de l’État.

En conclusion, Thierno Bocoum invite le président Diomaye Faye à assumer pleinement ses fonctions. S’il reconnaît l’humilité spirituelle du président qui dit avoir été élu « par la grâce de Dieu », il lui rappelle que le Sénégal ne peut pas se permettre un fauteuil présidentiel à deux.

« Le peuple vous a élu pour gouverner, pas pour partager le pouvoir dans une formule hybride floue », résume-t-il, dans un appel à la clarté, à la cohérence et à l’autorité républicaine.

Rufisque : un présumé voleur ligoté et lynché à mort à Darou Rahmane

Une scène d’une rare violence s’est déroulée ce samedi 5 avril 2025 au quartier Darou Rahmane, à Rufisque. Un homme, soupçonné de vol, a été ligoté entre deux poteaux électriques par des jeunes du quartier, avant d’être lynché à mort dans ce qui ressemble à une justice populaire.

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, l’homme aurait été pris en flagrant délit de tentative de vol dans une maison du quartier. Alertés, des jeunes l’auraient poursuivi, rattrapé, puis attaché entre deux poteaux avant de le rouer de coups. La scène a duré de longues minutes, sous les yeux de passants parfois impuissants, parfois complices, certains filmant même l’agression avec leurs téléphones.

À l’arrivée des secours, il était trop tard. La victime, grièvement blessée, a succombé sur place. Son identité reste inconnue, selon les premiers éléments de l’enquête ouverte par la police centrale de Rufisque, qui a rapidement sécurisé les lieux.

Un procès-verbal a été ouvert et des auditions ont débuté ce dimanche matin. Les enquêteurs cherchent à identifier non seulement la victime, mais aussi les auteurs de ce lynchage, désormais recherchés pour homicide.

Cet acte rappelle une fois de plus les dérives de la justice populaire, qui semble gagner du terrain face à la défiance de certains citoyens envers les forces de l’ordre ou le système judiciaire. Mais pour de nombreux juristes, nul n’a le droit de se substituer à la justice, quelles que soient les circonstances.

An 1 de la disparition d’Abdallah Dionne : sa coalition dénonce la loi d’amnistie et les licenciements abusifs

Ce 5 avril 2025 marque le premier anniversaire de la disparition de Mahammed Boun Abdallah Dionne, ancien Premier ministre et figure marquante de la vie politique sénégalaise. Pour rendre hommage à leur défunt leader, les membres de la Coalition Dionne 2024, désormais renommée Coalition D.J.O.N.E (Démocrates Justes et Ouverts pour une Nation de l’Éthique), ont tenu une conférence de presse ce samedi à Dakar, sous la direction de leur coordonnateur national Mouhamadou Moustapha Diagne.

Au-delà du souvenir et du recueillement, cette journée a surtout été l’occasion pour la coalition de dresser un constat alarmant de la situation nationale. Dans sa déclaration liminaire, Moustapha Diagne a exprimé la profonde préoccupation de la coalition face à la tournure politique, sociale et économique prise par le pays depuis quelques mois.

« Nous lançons un appel solennel au pouvoir en place pour revenir sur la loi portant interprétation de la loi d’amnistie. Nous exigeons son abrogation totale. C’est une loi dangereuse, qui menace la sécurité publique, la cohésion nationale et la stabilité du Sénégal », a-t-il martelé. Pour lui, il n’appartient pas à l’exécutif de désigner arbitrairement victimes et coupables : « Laissons la justice faire son travail. »

Autre sujet de préoccupation soulevé par la coalition : les licenciements abusifs qui se multiplient dans plusieurs secteurs. « On nous parle déjà de 3 000 licenciés. Cette pratique, souvent justifiée par des motifs douteux, est inacceptable. Le gouvernement doit y mettre un terme », a exigé M. Diagne.

La Coalition D.J.O.N.E. a aussi dénoncé une stigmatisation grandissante de l’opposition, des atteintes à la liberté de la presse et des pressions fiscales sur les entreprises, qu’elle juge néfastes à la compétitivité et à l’indépendance économique du pays.

Sur le plan judiciaire, la coalition appelle à une collaboration sincère entre le pouvoir et la justice, particulièrement concernant les procédures de liberté provisoire. « Le gouvernement doit accepter les cautionnements, cesser de s’opposer aux libertés provisoires et mettre un terme aux détentions préventives arbitraires, notamment dans les dossiers d’opposants comme Lat Diop, Farba Ngom, ou encore les hommes d’affaires Khadim Ba et Samuel Sarr », a plaidé le coordonnateur.

Enfin, la Coalition D.J.O.N.E. a appelé à l’unité des forces d’opposition face à ce qu’elle qualifie de dérives du régime en place. Elle souhaite également encadrer la nouvelle génération de leaders politiques pour mieux préparer l’avenir et offrir une véritable alternative au pouvoir actuel.

Moustapha Cissé élu nouveau secrétaire général du SYNPICS

Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) a un nouveau leader. À l’issue de son 11e congrès ordinaire tenu ce samedi 5 avril 2025 à la Maison de la presse Babacar-Touré, à Dakar, Moustapha Cissé, représentant de la section de la RTS, a été élu secrétaire général national du syndicat pour un mandat de cinq ans.

Deux candidats étaient en lice pour succéder à Ahmadou Bamba Kassé, qui dirigeait le syndicat depuis 2019 : Moustapha Cissé et Ndiol Maka Seck, de la section du journal Le Soleil. Le vote, organisé à bulletin secret, s’est soldé par la victoire de Cissé, qui a obtenu 28 voix contre 19 pour son concurrent, sur un total de 47 votants.

Cette élection marque un tournant important pour le SYNPICS, dans un contexte où les enjeux liés à la liberté de la presse, aux conditions de travail des journalistes, à la précarité dans les rédactions et à la digitalisation du secteur médiatique sont plus que jamais d’actualité.

Le nouveau secrétaire général a désormais la lourde responsabilité de porter les revendications des professionnels des médias, de consolider les acquis syndicaux, et de redonner un nouvel élan à l’action du SYNPICS. Il devra également s’atteler à renforcer la cohésion interne du syndicat, tout en élargissant les bases de la solidarité entre les différentes corporations du secteur.

Le congrès a aussi été l’occasion de saluer le bilan d’Ahmadou Bamba Kassé, qui a dirigé le SYNPICS durant six années marquées par de nombreux combats syndicaux et par son implication dans les débats nationaux sur la liberté d’expression et la régulation des médias.

Avec Moustapha Cissé, le SYNPICS ouvre une nouvelle page de son histoire, dans l’espoir de répondre efficacement aux défis actuels et futurs du journalisme sénégalais.

Badara Gadiaga : “Un Président intérimaire, je ne le sens pas”

Dans une intervention récente sur l’émission Jakkarlo de la TFM, Badara Gadiaga, chroniqueur politique, a exprimé de vives critiques à l’égard de l’actuel président du Sénégal, le qualifiant d’“intérimaire” et déplorant un manque d’autorité et de décisions fermes dans la gestion du pays. Pour lui, l’actuel dirigeant n’exerce pas la plénitude de ses fonctions et laisse place à des doutes quant à sa capacité à mener le pays de manière claire et déterminée.

Badara Gadiaga ne cache pas sa déception envers la manière dont le président actuel gère ses fonctions. “Quand un Président choisit d’être un intérimaire, j’y peux rien”, a-t-il lancé, soulignant que l’actuel chef de l’État ne semble pas exercer un leadership plein et entier. Selon lui, certains présidents ont choisi d’assumer pleinement leur rôle, tandis que d’autres, comme celui-ci, se contentent d’une posture de transition. Gadiaga estime qu’un véritable président doit être capable de prendre des décisions avec autorité, sans se laisser influencer par les incertitudes.

L’analyste politique a également mis en lumière les tensions internes au sein du gouvernement, notamment les critiques publiques des Directeurs généraux envers certains décrets présidentiels. “Quand un Président signe des décrets qui sont publiquement critiqués par des Directeurs généraux, je n’ai pas l’autorité d’un Président”, a-t-il indiqué, pointant ce signe de faiblesse comme un facteur nuisant à l’efficacité de l’État. Il a également évoqué des décisions telles que la nomination de Samba Ndiaye, un poste pour lequel la prise de fonction est encore en attente, comme un exemple supplémentaire du manque de gestion claire.

Au-delà des critiques, Badara Gadiaga a clairement exprimé son souhait de voir émerger un véritable chef d’État, capable d’agir avec force et clarté. “Je réclame mon Président, parce que je ne le sens pas”, a-t-il martelé, soulignant que le président actuel ne répond pas aux attentes de leadership fortes et affirmées qu’il juge nécessaires. Pour Gadiaga, un président doit non seulement être chef des forces armées, mais aussi nommer sans ambiguïté les responsables civils et militaires, et exercer une autorité incontestée.

En somme, les propos de Badara Gadiaga témoignent d’un mécontentement profond envers un leadership qu’il juge trop timide et indéfini. Pour lui, un président ne doit pas seulement occuper une fonction, mais l’exercer pleinement avec la vision et l’autorité requises pour guider un pays vers la stabilité et la prospérité. Gadiaga semble réclamer un changement de direction, appelant à un président plus fort, plus clair dans ses décisions et capable de remplir son rôle avec toute la gravité et la détermination qu’il mérite.

Mahammad Boun Abdallah Dionne ou la fierté d’être sénégalais (Par Alioune Badara NIANG)

Aujourd’hui Samedi 5 Avril 2025, un an jour pour jour après la mort de l’ancien Premier Ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, nous nous souvenons avec beaucoup d’affection d’un homme qui s’est beaucoup battu pour le développement économique, les infrastructures et la bonne gouvernance du Sénégal. C’est dans cette logique de bonne gestion des affaires de la cité, qu’il faut placer sa détermination patriotique, durant son parcours vertigineux, des hautes sphères de l’administration à la primature, pour que la parole et la pratique politique se régénèrent et se reconnectent avec celles des citoyens. De même que son ambition panafricaniste, à travers son excellent ouvrage dans lequel il met en exergue la métaphore « du lion, du papillon et de l’abeille », de repenser avec optimisme l’identité africaine à rebours de l’impérialisme occidental.
La célébration du 1er anniversaire de son décès, est l’occasion, pour nous, d’exprimer notre profonde solitude, mais aussi de rendre hommage à l’infatigable serviteur d’Etat qu’il était Egalement de ses vertus simples mais vraies, héritées de son terroir natal de Gossas, lesquelles ont fait qu’il a toujours fait preuve au niveau de toutes les hautes fonctions qu’il a occupées, d’un grand sens de l’État, de convictions au service de la patrie qui lui sont chevillées au corps, et d’une passion profonde pour le Sénégal.
Mahammad Boun Abdallah Dionne, cet infatigable premier ministre
En matière de politique économique, industrielle et en ce qui concerne l’aménagement du territoire, nous avons tout à apprendre de Dionne. A preuve, son magistère à la station très exposée de Premier ministre regorge d’innovations et de projets visionnaires avec comme puce le Plan Sénégal Emergent (PSE). Plus concrètement, dans cette séquence, jamais dans l’économie, plutôt solaire et toujours dans l’action, notamment en se coltinant de durs combats les uns après les autres, parfois les uns avec les autres, il a su adopter des règles d’organisation, d’efficacité et d’efficience, qui sont devenues des marqueurs de l’action gouvernementale. Des programmes inédits en matière d’équité sociale et territoriale, sont devenus des fiertés sénégalaises : PUDC, PUMA, PROMOVILLES, BOURSES DE SECURITE FAMILIALE, PRACAS…De même que des infrastructures de transport en plein essor dans les pays développés : Train Express Régional (TER). Bus Rapid Transit (BRT), etc. Toutes ces avancées qui se sont enfilées comme des perles, ont fini d’éclairer d’une lumière exquise la face du Sénégal. Mahammad Boun Abdallah Dionne les a pilotées sans jamais s’inscrire dans la conflictualité, mais dans le dialogue, l’écoute et la concertation.
En effet, dans la tourmente sociale, il a su trouver, par l’écoute des autres, toujours les solutions pour apaiser le Sénégal. C’est pour cela, qu’il savait écouter (en stéréo et non en mono), entendre, et, surtout, il ne s’éloignait jamais de la vérité des autres. Sa vérité se forgeait par l’écoute de celle des autres. Cette attitude exquise car pleine d’humilité et d’humanité doit inspirer les générations actuelles et futures.
Sans faire le panégyrique de Mahammad Boun Abdallah Dionne, se référer à lui, c’est évoquer cinq longues années d’un chef de gouvernement qui a privilégié la discrétion et surtout les solutions concrètes plutôt que les coups de com. Se référer à lui (bis), c’est se rappeler qu’au fond, la seule mission de la politique, aujourd’hui encore, est de construire un présent et un avenir profitables au Sénégal et aux sénégalais.
In finé, toute sa vie, Mahammad Boun Abdallah Dionne a fait don de soi pour un Sénégal en marche résolue vers le progrès et la prospérité, dans la paix et la stabilité. C’est en cela qu’il était l’incarnation de ce qui devrait guider toute réflexion et toute action politique. En lui rendant hommage aujourd’hui, nous honorons la mémoire d’un homme d’État d’une grande humanité en même temps que nous vénérons une certaine idée du Sénégal. Nous sommes fiers d’être sénégalais à l’image de cet homme pudique, cultivé et discret. Notre gratitude pour une vie de devoir et de dévouement ne fait que continuer de grandir.

badouniangjunior@gmail.com

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°435 – 05 ET 06/04/2025

🔴 65e ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE DU SÉNÉGAL : LA FIN D’UN CYCLE !
🔴 FINANCEMENT DE PLUS DE 16 MILLIARDS F CFA DE LA PHASE II PROVALE-CV2 PAR LE FONDS OPEP : UN NOUVEL ÉLAN POUR L’AGRICULTURE

🔴 LUTTE / VICTOIRE DE LAC DE GUIERS 2 SUR ADA FASS : LA SAGESSE SURCLASSE LA JEUNESSE
🔴 CAN U17 : LA TUNISIE RÉSISTE FACE AU SÉNÉGAL

Autonomie industrielle des armées : le Sénégal investit 35 milliards dans une usine de véhicules militaires à Mbacké

À l’occasion de la fête de l’indépendance, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé un projet phare pour renforcer l’autonomie de l’armée sénégalaise : la construction d’une usine d’assemblage de véhicules militaires à Mbacké. Ce projet de 35 milliards FCFA marque un tournant dans la stratégie nationale de souveraineté technologique.

Dans son adresse à la Nation du 3 avril 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a mis en lumière une initiative d’envergure : la création d’une usine d’assemblage de véhicules militaires tactiques à Mbacké, dans la région de Diourbel, pour un montant de 35 milliards de FCFA.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la nouvelle doctrine de souveraineté technologique et industrielle adoptée par le gouvernement. Il reflète l’ambition du Sénégal de se libérer progressivement de la dépendance aux importations militaires, tout en valorisant les compétences et ressources locales.

L’usine, portée par l’entreprise Industrie Sénégal de Véhicules Militaires (ISEVEM), a pour vocation de produire jusqu’à 1 000 véhicules par an destinés aux Forces de défense et de sécurité. L’infrastructure permettra non seulement d’améliorer l’équipement des forces armées, mais aussi de stimuler l’économie locale à travers la création d’emplois directs et indirects dans la région de Diourbel.

« Cette modernisation est essentielle à la souveraineté et à la sécurité collective de notre pays », a déclaré le chef de l’État dans son discours.

Le 7 novembre 2024, un protocole d’accord a été signé entre l’État du Sénégal et la société ISEVEM. La cérémonie de signature, tenue à Dakar, a réuni le ministre des Forces armées, le général Birame Diop, et le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, témoignant de l’engagement de plusieurs ministères dans ce projet stratégique.

Ce partenariat public-privé constitue une première étape vers l’industrialisation de l’armement made in Sénégal, et s’inscrit dans une vision panafricaine de coopération technologique et industrielle.

En complément à ce projet, le président Diomaye Faye a également annoncé la création d’un Prix de l’Innovation technologique et industrielle à vocation militaire. Ce prix vise à encourager les talents sénégalais dans la conception de solutions innovantes pour les forces armées, en valorisant la recherche et le génie national.

65e anniversaire de l’indépendance : Diomaye Faye appelle à une coopération régionale renforcée

À l’occasion de la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, ce vendredi 4 avril 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a lancé un appel solennel à un renforcement de la coopération régionale. Devant ses homologues de la sous-région venus assister au défilé national à Dakar, il a réaffirmé l’attachement du Sénégal à des relations fraternelles et constructives avec ses voisins immédiats, dans un esprit de paix, de solidarité et de développement partagé.

Entouré du président de la Gambie Adama Barrow, de celui de la Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embaló, du président de la République islamique de Mauritanie Mohamed Ould Ghazouani, et du vice-président du Nigéria Kashim Shettima, le chef de l’État sénégalais a exprimé sa reconnaissance et sa volonté de faire de la coopération régionale un pilier de sa politique extérieure.

« Votre présence traduit notre attachement commun aux relations historiques d’amitié fraternelle, de parenté, de voisinage et de coopération conviviale entre nos pays », a-t-il déclaré dans un discours à haute portée symbolique prononcé après le défilé du 4 avril.

Diomaye Faye a choisi de s’inspirer des propos de Mamadou Dia, premier président du Conseil des ministres du Sénégal, en 1961, pour adresser son message à ses hôtes :

« Je voudrais vous demander, chers hôtes, de bien vouloir accepter de vous faire les interprètes auprès des peuples et des gouvernements que vous représentez, de notre sympathie sincère et de notre profond désir de coopération pour bâtir cet univers de paix et de développement harmonieux indispensable au bonheur des hommes et des peuples. »

Au-delà de l’appel à la coopération, la journée du 4 avril a également été marquée par un geste hautement symbolique du président Faye. L’ex-boulevard Général-de-Gaulle, axe emblématique de la capitale qui mène à la place de la Nation, a été officiellement rebaptisé Boulevard du Président Mamadou Dia. Une décision annoncée lors du dernier Conseil des ministres et désormais matérialisée à l’occasion des festivités nationales.

« Nous venons de célébrer avec éclat le 65e anniversaire de l’indépendance de notre pays à travers une très belle et riche cérémonie marquée par un défilé impeccable. Dans cette grande et splendide avenue que j’ai baptisée récemment Boulevard du Président Mamadou Dia, digne fils du Sénégal… », a affirmé le chef de l’État.

En rendant hommage à Mamadou Dia, figure majeure de l’histoire postcoloniale du Sénégal, le président Faye poursuit sa politique de valorisation des héros nationaux et de réappropriation de l’espace public, dans une logique de rupture avec les symboles de l’époque coloniale.

Placée sous le thème « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité », la 65e fête nationale a aussi été l’occasion pour le président de réaffirmer son ambition de bâtir un Sénégal souverain, autonome dans ses choix économiques, technologiques et militaires. Le grand défilé, regroupant civils et militaires, a illustré cette volonté de modernisation et de montée en puissance des capacités nationales.

En définitive, cette édition 2025 de la fête de l’indépendance aura été l’expression d’un double message : un ancrage historique assumé avec la reconnaissance de figures nationales majeures comme Mamadou Dia, et une diplomatie d’ouverture et de coopération africaine affirmée, pour répondre ensemble aux défis du continent.

Sénégal – 65e anniversaire de l’indépendance : une fête nationale sous le sceau de la rupture et de la souveraineté

Ce 4 avril 2025, le Sénégal a célébré le 65e anniversaire de son indépendance dans une atmosphère de renouveau et de symboles forts. Pour sa première fête nationale en tant que chef de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye a marqué l’événement par des gestes politiques significatifs, à commencer par le rebaptême du célèbre boulevard Général-de-Gaulle, désormais nommé boulevard Mamadou-Dia, du nom du premier Premier ministre du Sénégal indépendant. Une décision saluée comme un acte de rupture assumée avec l’héritage colonial, mais aussi comme une volonté affirmée de réappropriation de l’histoire nationale.

Dans les rues de Dakar, notamment dans le quartier du Plateau, les drapeaux vert-jaune-rouge flottaient au vent, et la ferveur patriotique se faisait ressentir dès les premières heures de la matinée. Plus de 6 000 civils et militaires ont défilé devant le président Bassirou Diomaye Faye, installé à la tribune officielle, aux côtés de plusieurs chefs d’État invités : Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Adama Barrow (Gambie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau) et Bola Tinubu (Nigeria).

Le cortège a traversé pour la première fois l’artère centrale de la capitale désormais appelée boulevard Mamadou-Dia, en hommage à cette figure historique majeure, artisan de l’indépendance sénégalaise et compagnon de Léopold Sédar Senghor. Ce changement de nom, décidé en Conseil des ministres le 2 avril, a été présenté comme un geste symbolique fort destiné à marquer cette édition de la fête nationale d’un sceau particulier : celui de la rupture et de la souveraineté retrouvée.

Cette mesure n’est pas un simple changement de signalétique urbaine. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large voulue par le président Diomaye Faye : réhabiliter les figures historiques africaines et débarrasser l’espace public sénégalais des vestiges du passé colonial. Pour de nombreuses organisations citoyennes, à l’image du Front pour une Révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine (FRAPP), il s’agit d’un tournant symbolique dans la quête de décolonisation des noms de rues et des monuments publics.

Cette volonté ne date pas d’hier. En 2020 déjà, la statue du gouverneur colonial Louis Faidherbe à Saint-Louis avait suscité de vifs débats sur la place de ces figures coloniales dans l’espace public. La place qui portait son nom a depuis été renommée Place Ndar, du nom wolof de la ville. En décembre dernier, lors de la commémoration du massacre de Thiaroye, Diomaye Faye avait réaffirmé son engagement pour une « réappropriation historique » en évoquant une série de propositions de renommage autour des anciens tirailleurs sénégalais et d’autres figures anticolonialistes.

Au-delà des symboles, la fête nationale a également été l’occasion de rappeler les enjeux contemporains de souveraineté, notamment dans le domaine de la défense et de la sécurité nationale. Le thème de cette 65e célébration était d’ailleurs évocateur : « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité ».

Dans un contexte de révision des accords militaires et du départ annoncé des éléments français présents au Sénégal, le pouvoir en place affiche une volonté claire : renforcer l’autonomie stratégique du pays. Cela passe par la modernisation des équipements, le développement de l’industrie de défense locale, et une meilleure maîtrise des technologies dans un environnement sécuritaire régional marqué par l’instabilité.

La veille, le 3 avril, dans son traditionnel discours à la Nation, le président Diomaye Faye a fait le point sur sa première année à la tête du pays. Il a rappelé les réformes engagées pour corriger les déséquilibres économiques, améliorer la gestion des finances publiques, et initier des projets dans des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou la justice.

Reconnaissant la gravité de la situation économique, il a appelé les Sénégalais à faire preuve de résilience, de solidarité active et d’engagement patriotique, martelant que la cohésion nationale devait être la boussole du pays. Il a également souligné que les efforts pour faire baisser les prix des denrées de première nécessité allaient se poursuivre, tout en annonçant le lancement prochain de plusieurs programmes structurants, dont la phase 2 du PAVIE pour l’autonomisation des femmes et la création de 3 000 fermes intégrées.

Ce 4 avril 2025 restera dans les mémoires comme une fête nationale de rupture, symbolique autant que politique. Le changement de nom du boulevard Général-de-Gaulle, la présence de figures panafricaines, la thématique centrée sur la souveraineté militaire, et le discours présidentiel ancré dans les enjeux structurels du pays témoignent tous d’un nouvel élan voulu par le pouvoir de Diomaye Faye. Reste à savoir si cette dynamique s’inscrira dans la durée et si les actes suivront véritablement les symboles pour bâtir un Sénégal résolument tourné vers l’avenir.

Réformes judiciaires et transparence : Diomaye Faye annonce des avancées majeures en attente de validation

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a fait une annonce importante le 3 avril 2025, lors de son discours à la Nation, à la veille du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal. Il a révélé que les réformes judiciaires et les lois sur la transparence, qui font partie des priorités de son gouvernement, ont été finalisées et sont désormais prêtes pour un examen en Conseil des ministres. Ces réformes sont perçues comme des étapes cruciales pour renforcer la confiance des citoyens et des investisseurs dans les institutions du pays.

Dans son discours, le président Faye a mis en avant les efforts réalisés pour améliorer la transparence dans la gestion des affaires publiques, un des grands enjeux de son mandat. Selon lui, ces réformes visent à garantir une meilleure gouvernance et à renforcer l’indépendance du système judiciaire, afin de lutter contre la corruption et d’assurer un traitement équitable de tous les citoyens devant la loi.

« Ces réformes sont un pas décisif vers la construction d’un Sénégal plus juste, plus transparent et plus responsable », a affirmé le président Faye.

Il a ajouté que ces initiatives devraient contribuer à la confiance des Sénégalais dans les institutions publiques, tout en envoyant un signal fort aux partenaires internationaux, en particulier les investisseurs, qui cherchent un environnement stable et transparent pour leurs projets.

En plus des réformes judiciaires, le président Faye a évoqué plusieurs autres projets majeurs qui sont désormais prêts à être mis en œuvre, mais qui attendent encore une validation officielle. Ces projets visent à renforcer la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité, un domaine stratégique pour le pays, particulièrement dans un contexte géopolitique et économique de plus en plus complexe.

Faye a souligné que ces avancées dans les secteurs technologiques et industriels seront des leviers pour l’autonomisation du pays et la réduction de la dépendance extérieure. Ces projets s’inscrivent dans une volonté plus large de transformer le Sénégal en une nation technologiquement indépendante, capable de répondre aux défis de sécurité et de développement.

Avec ces réformes en attente de validation, le président Bassirou Diomaye Faye envoie un message clair : celui de vouloir bâtir un pays où la transparence et la bonne gouvernance sont au cœur des préoccupations. La validation de ces réformes par le gouvernement et leur mise en œuvre effective seront des étapes décisives pour l’avenir du Sénégal, notamment dans les domaines de la justice, de la sécurité, et du développement économique.

Le discours de Bassirou Diomaye Faye marque un tournant dans la politique sénégalaise, avec des réformes structurelles majeures qui pourraient transformer la dynamique du pays. Les Sénégalais attendent maintenant de voir ces annonces se concrétiser et espèrent que ces réformes mèneront à des changements tangibles dans la vie quotidienne des citoyens.

L’intégralité du discours à la Nation du Président

République du Sénégal  

Un Peuple – Un But – Une Foi

DISCOURS A LA NATION DE SON EXCELLENCE
MONSIEUR BASSIROU DIOMAYE DIAKHAR FAYE
A L’OCCASION DU 65E ANNIVERSAIRE DE
L’INDEPENDANCE DU SENEGAL 

Dakar, le 03 avril 2025


Mes chers compatriotes ! 

Demain, 04 avril, nous célèbrerons ensemble, le 65ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale.
A toutes et à tous, j’adresse mes chaleureuses félicitations.
En ce moment de communion nationale, j’ai une pensée émue pour tous les « jàmbaars » tombés au champ d’honneur et pour tous les êtres chers qui nous ont quittés.  
Je compatis également, au nom de toute la Nation, à la souffrance de tous ceux qui luttent contre la maladie ou qui traversent des moments difficiles.  
Cette année encore, la fête de l’indépendance se déroule sous le signe de la communion spirituelle, en plein Carême chrétien et au lendemain de la fin du mois béni du Ramadan.
Ces moments d’intense ferveur spirituelle et de grâces nous rappellent que la foi est notre plus belle richesse et qu’elle alimente, au quotidien, notre capacité exceptionnelle à vivre ensemble, dans la fraternité, l’harmonie et la diversité.  
Rendons Grâce au Tout-Puissant pour cette heureuse coïncidence et prions ensemble pour qu’IL agrée nos dévotions et continue de veiller sur le peuple sénégalais.
Face aux défis des temps, les valeurs héritées de nos ainés, nous invitent à toujours unir nos forces dans les moments cruciaux de notre Histoire.
Nous devons tout faire pour préserver ce précieux legs, qui constitue une dimension essentielle de notre patrimoine immatériel.  
C’est cela l’esprit de notre inébranlable volonté de vivre ensemble, que résume si bien notre devise nationale : Un Peuple – Un But – Une Foi. 

Mes chers compatriotes, 
Voilà maintenant 65 ans que nous avons pris en main notre destin. 65 ans que le Sénégal affirme fièrement sa souveraineté. 65 ans que le Sénégal poursuit sa marche vers le progrès, malgré les turbulences du monde.   
Porté par l’idéal d’un Sénégal libre, souverain, juste et prospère, les conquêtes successives de droits et de libertés ont posé les jalons d’un modèle démocratique fécond qui se renforce, de jour en jour, par le dialogue.  
Cette maturité démocratique permet aux divers acteurs politiques et sociaux de notre pays de s’exprimer librement, de rivaliser âprement au besoin, mais de toujours reconnaître le verdict du Peuple souverain.
Aujourd’hui plus que jamais, nous devons tirer parti de cette force motrice pour redresser ce qui doit l’être et donner corps aux aspirations de notre peuple et aux espoirs de notre jeunesse.
Mes chers compatriotes,
Le 04 avril c’est aussi la fête des Forces de défense et de sécurité. C’est l’occasion de rendre hommage à l’ensemble de nos Jàmbaars, piliers de notre Nation et remparts ultimes de notre quiétude. 
A vos ainés et à tous nos anciens combattants, je réitère la reconnaissance et la gratitude infinies de toute la nation. 
Le thème retenu cette année, « Vers la souveraineté technologique et industrielle des Forces de Défense et de Sécurité », témoigne de notre ambition collective et du niveau élevé d’exigence que nous nous sommes fixés pour vous accompagner dans votre mission.
Chers membres des Forces de Défense et de Sécurité, hommes et femmes de devoir, vous êtes les garants de notre paix et les protecteurs infatigables de notre souveraineté. Vous incarnez avec honneur et abnégation, l’essence même du concept Armée-Nation.
Votre présence quotidienne auprès des populations, votre engagement actif pour la sécurité nationale, la lutte contre les catastrophes naturelles et la préservation de nos ressources stratégiques, font du Sénégal une nation armée pour mieux prendre en main son destin. 
A cet effet, la modernisation technologique et industrielle des moyens logistiques et matériels de nos Forces de défense et de sécurité, essentielle à notre souveraineté et à notre sécurité collective, est inscrite au cœur de nos priorités. 

Mes chers compatriotes,  
Voilà un an déjà que nous avons entrepris de transformer profondément notre pays, en dressant avec rigueur et lucidité, un diagnostic sans complaisance de la situation économique.  
Même si la situation actuelle révèle des défis encore plus grands que nous devrons relever, le devoir de vérité constitue le socle de la rupture systémique que nous avons engagée avec détermination et responsabilité.  
D’ores et déjà, le Gouvernement s’est résolument engagé dans un vaste chantier de réformes. Elles visent l’optimisation des finances locales, une politique budgétaire transparente, la rationalisation des dépenses et la gestion efficiente de la dette, pour préserver la viabilité des finances publiques. 
Mes chers compatriotes,
D’importants efforts ont été consentis pour apurer, pour une période de 4 années, les arriérés dus aux opérateurs agréés pour les semences et les matériels agricoles pour plus de 80 milliards de francs CFA. Sur un montant de 113 milliards constatés à la fin 2024, une somme de 70 milliards a été décaissée à la fin du mois mars 2025.
Il en est de même du secteur des BTP, où des paiements sur arriérés de 62,08 milliards ont été effectués et un montant de 66,7 milliards est prévu dans la LFI 2025.
Enfin, l’apurement des rappels, loin d’être exhaustif, a atteint les 19,53 milliards de FCFA, à la fin du mois de mars 2025, pour un effectif bénéficiaire de 9.479 enseignants.
Il s’y ajoute des mises en solde concernant 1.198 maîtres et professeurs contractuels pour un impact budgétaire annuel de 5,79 milliards FCFA.  
Pour renforcer et soutenir activement l’autonomisation économique des femmes, la phase 2 du programme PAVIE de la DER, avec une dotation d’un montant de 107 milliards de FCFA, sera lancée dans les prochains jours.
Elle sera couplée à un vaste programme innovant de 3.000 fermes intégrées sur une superficie de 15 000 hectares répartis sur l’ensemble du territoire, associant agriculture et élevage. 
Ainsi, dès cette année 2025, nous lancerons le programme innovant des Coopératives agricoles communautaires, structures destinées à renforcer les capacités de production des agriculteurs et éleveurs, notamment des jeunes et des femmes, et à favoriser leur accès aux marchés. Ces avancées réalisées malgré les contraintes budgétaires, sont le socle de perspectives ambitieuses.
Mes chers compatriotes,
Dans ce contexte marqué par la rareté des ressources, seule la discipline budgétaire, qui n’est pas négociable, nous permet d’engager avec confiance le redressement indispensable de nos comptes publics.
Le basculement intégral très prochain dans le Système Intégré de Gestion de l’Information financière permettra également de renforcer l’intégrité des opérations budgétaires et financières et le suivi strict du patrimoine de l’Etat. 
Cette stratégie se traduit par nos efforts constants pour alléger concrètement le coût de la vie, avec la baisse continue des prix des denrées essentielles, tout en préservant la qualité de vie des Sénégalais en matière de santé et d’environnement. Ces baisses, comme je l’avais annoncé récemment, se poursuivront, par la grâce de Dieu.  
Avec l’entrée récente de notre pays dans l’ère de la production pétrolière et gazière, nous veillerons à ce que ces ressources stratégiques soient exploitées dans la transparence et le respect absolu de l’environnement, pour le bénéfice du peuple sénégalais.
Dans le cadre de la réappropriation de nos ressources souveraines, le processus de renégociation des contrats suit son cours normal. Les résultats obtenus à ce stade sont plus que satisfaisants. Ils seront communiqués à temps opportun au peuple Sénégal.
Conscients de la priorité de l’accès universel à l’eau, nous avons engagé la réalisation de la phase 2 des forages ruraux et lancé les études de faisabilité du « Grand Transfert d’Eau ».
Ce dernier projet, très structurant comme les autres, portant sur les « Autoroutes de l’Eau », contribuera à la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable de près de 15 millions de Sénégalais.
Dans la même dynamique, nous accélérons les projets sur l’électrification rurale pour l’atteinte rapide de l’accès universel à l’électricité. Pour ce faire, nous veillons rigoureusement à la bonne exécution des chantiers afin que les délais soient respectés et les coûts maîtrisés, notamment grâce à la renégociation de contrats majeurs permettant l’électrification de 2 740 localités supplémentaires.
S’agissant du foncier, il a fait l’objet d’un audit inédit, ayant conduit à des mesures correctives qui sont en cours de mise en œuvre. Désormais, la gestion du patrimoine foncier se fait avec rigueur, transparence et responsabilité, mettant ainsi progressivement un terme aux pratiques de bradage des terres, tout en garantissant une répartition juste et équitable des ressources nationales.
Cette dynamique sera poursuivie avec la relance des concertations sur la délicate, mais nécessaire et inéluctable réforme foncière. 
Mes chers compatriotes,
Les efforts déployés pour la mise en œuvre des accords de paix en Casamance, sont le témoin de notre attachement à notre vivre-ensemble, à notre fraternité restaurée et à l’unité profonde de la nation sénégalaise.
Avec le « Plan Diomaye pour la Casamance », nous avons engagé un processus irréversible de réconciliation et de retour digne des populations déplacées.  
Notre vivre ensemble, fondé sur des valeurs cardinales, constitue notre trésor commun. C’est pourquoi, la cohésion nationale demeure ma seule et unique boussole.
Convaincu que la solidité d’une nation se mesure aussi par sa capacité à dialoguer, j’accorde une importance particulière au dialogue social et à la concertation permanente avec toutes les composantes de notre société.
C’est pourquoi, j’ai récemment instruit le Premier Ministre, Monsieur Ousmane SONKO, d’organiser la grande concertation nationale avec les partenaires sociaux.
Avec les autorités religieuses et coutumières, la société civile, le secteur privé et l’ensemble des forces vives de la Nation, nous poursuivrons sans relâche cette démarche participative et inclusive.  
Ainsi, nous matérialisons notre engagement à garantir une cohésion nationale toujours renforcée, fondement indispensable du Sénégal juste, solidaire et prospère auquel nous aspirons tous.
Il me plait ainsi d’informer le peuple Sénégalais, que les lois sur la transparence sont finalisées et mises dans le circuit pour leur examen prochain en Conseil des ministres.
Par ailleurs, les travaux du comité ad hoc chargé de la mise en œuvre des consensus issus des assises de la justice se poursuivent sereinement.
A ce jour, le projet de loi organique relatif à la Cour constitutionnelle, le projet de révision de la Constitution et le projet de loi organique relatif au Conseil supérieur de la magistrature, ainsi que les décrets d’application y afférents ont été finalisés et transmis pour validation.
Les textes consacrant le juge des libertés et de la détention, ainsi que les modifications du Code Pénal et du Code de procédure pénale, pour ce qui concerne, entre autres, les retours de parquet, suivront bientôt.  
Dans le sillage des concertations, j’annonce que le thème de la prochaine Journée nationale du dialogue national portera sur le système politique.  
Le projet de termes de référence, déjà finalisé sera transmis, dans les meilleurs délais, à toutes les parties prenantes pour amendements, et contributions, pour une meilleure préparation des travaux. 
Mes chers compatriotes,
L’état des finances publiques de notre pays, tel que révélé par l’audit effectué, nous impose de compter d’abord sur nous-mêmes, pour redresser la situation. Nous en sommes bien capables et nous le réussirons avec la mobilisation de toutes et de tous !
En effet, l’histoire des nations nous enseigne que le chemin du développement nécessite des sacrifices collectivement consentis, afin que des lendemains meilleurs puissent advenir. J’appelle donc chacune et chacun à faire preuve de résilience, de solidarité active et d’engagement patriotique, face aux défis nombreux et complexes qui se dressent sur notre chemin.
Regarder dans la même direction, celle du proche avenir de nos enfants, doit être l’horizon fédérateur de toutes nos énergies.
Ensemble, forts de notre unité et de notre détermination, nous bâtirons le Sénégal juste et prospère auquel nous aspirons. 
Vive le Sénégal souverain !
Vive l’Afrique unie et debout !
Bonne fête de l’indépendance à toutes et à tous !

Thierno Bocoum critique les discours du Président Faye et appelle à une gouvernance plus responsable

Dans une déclaration marquée par un ton sévère, Thierno Bocoum, ancien parlementaire et président du mouvement AGIR, a répondu au message à la nation du président Bassirou Diomaye Faye prononcé ce 3 avril 2025. À la veille du 65e anniversaire de l’indépendance, Bocoum a vivement critiqué les discours du chef de l’État, qu’il juge trop solennels et déconnectés des réalités socio-économiques du Sénégal.

Bocoum a exprimé son mécontentement face à ce qu’il perçoit comme un manque d’action concrète dans les interventions de Faye. Selon lui, ces discours se limitent à des « déclarations d’intention et formules diplomatiques élégantes », mais manquent de substance et de solutions réelles aux problèmes qui touchent la population. Il met en lumière un paradoxe : si certaines baisses de prix ont eu lieu, elles sont largement dues à des facteurs économiques mondiaux et ne constituent qu’un aspect marginal des défis du pays.

« L’enjeu principal réside dans la relance de l’emploi et la mise en place de stratégies durables pour lutter contre la perte d’emplois qui érode le pouvoir d’achat », a souligné Thierno Bocoum.

Il insiste sur le lien direct entre pouvoir d’achat, consommation et maîtrise des coûts de production, et regrette que ces aspects ne soient pas suffisamment abordés dans les discours présidentiels.

Thierno Bocoum a mis en garde contre la tentation du populisme et des solutions ponctuelles qui, selon lui, ne répondent pas aux causes profondes des difficultés économiques du Sénégal. Il appelle le Président Faye à un changement de paradigme, soulignant que « se concentrer uniquement sur des solutions ponctuelles revient à gaspiller du temps et de l’énergie ».

Pour Bocoum, il est essentiel de commencer par un « diagnostic sérieux » des causes structurelles de la crise, et de s’éloigner des solutions qui, par le passé, ont donné des résultats limités. L’ancien parlementaire rappelle les financements publics passés qui n’ont pas apporté de résultats durables et invite le gouvernement à privilégier des stratégies de long terme et à redresser les finances publiques de manière pérenne.

Thierno Bocoum a également interpellé directement le président Faye sur plusieurs points en suspens, notamment sur la suppression des fonds politiques et les réformes qui y sont associées. Il a demandé des éclaircissements sur la manière dont le gouvernement entend réduire le train de vie de l’État et rationaliser ses structures pour améliorer l’efficacité.

Il a également abordé la question de l’élargissement de l’assiette fiscale, en se demandant quelles stratégies seraient mises en place pour éviter d’alourdir encore davantage la pression fiscale sur une population déjà fragilisée.

Enfin, Bocoum a questionné la vision diplomatique du Président Faye, en particulier en ce qui concerne les relations bilatérales et multilatérales. Selon lui, le Sénégal doit se doter d’une stratégie claire pour renforcer ses relations internationales, attirer les investissements étrangers et créer de nouveaux marchés pour ses produits.

Alors que le pays fête son 65e anniversaire d’indépendance, les attentes à l’égard du gouvernement restent élevées. Un an après l’élection de Bassirou Diomaye Faye, les critiques se multiplient, notamment sur la plateforme X, où la déception face aux promesses non tenues commence à se faire sentir. Thierno Bocoum rejoint cette critique et met en garde contre une gestion trop superficielle des défis économiques. Il plaide pour des mesures structurelles, diversifiées et durables, qui permettront de stabiliser l’économie et de répondre aux attentes profondes des Sénégalais.

En conclusion, Thierno Bocoum appelle le président Faye à « élever la solennité à la hauteur de sa fonction présidentielle », et à s’attaquer aux racines des problèmes économiques et sociaux du Sénégal pour garantir un avenir stable et prospère pour le pays.

Un an au pouvoir : Le président Bassirou Diomaye Faye fait le point sur ses réformes et engagements

Le 2 avril 2025 marque le premier anniversaire de l’accession de Bassirou Diomaye Diakhar Faye à la présidence du Sénégal. À l’occasion de cet important tournant, et à la veille de la fête de l’indépendance, le chef de l’État a prononcé un discours détaillant les réalisations de son gouvernement, les défis économiques à surmonter, ainsi que les mesures prises pour engager une transformation profonde du pays.

Dès le début de son discours, le président Faye a rappelé la nécessité d’un diagnostic réaliste de la situation économique du pays. Il a affirmé que la situation actuelle des finances publiques révèle des défis de taille, mais qu’ils sont surmontables grâce à la détermination et à la mobilisation des ressources internes du pays.

« Voilà un an déjà que nous avons entrepris de transformer profondément notre pays, en dressant avec rigueur et lucidité un diagnostic sans complaisance de la situation économique », a déclaré Bassirou Diomaye Faye.

Il a également souligné que la rupture systémique dans la gestion des affaires publiques et la transparence budgétaire étaient des piliers de son action.

Le président a abordé les mesures financières mises en place par son gouvernement pour améliorer la gestion des finances publiques. Parmi les actions notables, l’apurement des arriérés dus aux opérateurs économiques, avec une somme de 70 milliards de francs CFA déjà décaissée sur un montant total de 113 milliards en 2024. Le secteur du BTP a également bénéficié de paiements importants, avec 62,08 milliards de francs CFA réglés sur les arriérés de 2024, et 66,7 milliards inscrits dans la Loi de Finances Initiale (LFI) 2025. En ce qui concerne l’éducation, les rappels dus aux enseignants ont atteint 19,53 milliards de francs CFA.

Le chef de l’État a mis l’accent sur l’autonomisation des femmes et le développement du secteur agricole comme priorités de son gouvernement. Il a annoncé le lancement de la phase 2 du programme PAVIE de la DER, d’un montant de 107 milliards de francs CFA, destiné à soutenir l’entrepreneuriat féminin. En parallèle, un programme de 3 000 fermes intégrées, associant agriculture et élevage, sera déployé sur 15 000 hectares à travers le pays.

De plus, le président a présenté un programme innovant de coopératives agricoles communautaires qui visent à renforcer les capacités de production des jeunes et des femmes, et à faciliter leur accès aux marchés.

Dans un contexte économique difficile marqué par la rareté des ressources, le président a réaffirmé l’importance de la discipline budgétaire pour le redressement des finances publiques. Il a souligné que la gestion rigoureuse des ressources, avec l’adoption du Système intégré de gestion de l’information financière, sera la clé pour renforcer la transparence et l’intégrité des opérations budgétaires.

Par ailleurs, il a annoncé que la baisse des prix des denrées essentielles se poursuivra, afin de soulager les ménages sénégalais et d’améliorer leur pouvoir d’achat.

Le président Faye a évoqué l’entrée du Sénégal dans l’ère de la production pétrolière et gazière. Il a promis que ces ressources stratégiques seraient exploitées de manière transparente, en garantissant la préservation de l’environnement et en assurant que les bénéfices profitent directement à la population sénégalaise.

« Nous veillerons à ce que ces ressources stratégiques soient exploitées dans la transparence et le respect absolu de l’environnement, au bénéfice du peuple sénégalais », a-t-il affirmé.

À un an de son accession à la présidence, Bassirou Diomaye Faye dresse un bilan globalement positif, malgré les difficultés économiques. Il s’engage à poursuivre ses réformes, à renforcer les secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie et l’éducation, et à garantir la gestion rigoureuse des finances publiques. Le président a assuré que les efforts entrepris, même dans un contexte budgétaire contraint, jetteront les bases d’un avenir prospère pour les générations futures.

Accès universel à l’eau et à l’électricité : Les assurances du président Bassirou Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé son engagement en faveur de l’accès universel à l’eau et à l’électricité pour tous les Sénégalais. Lors de son discours à la Nation, ce jeudi 3 avril 2025, à la veille du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, il a présenté les actions et projets en cours pour garantir ces services essentiels aux populations.

Le chef de l’État a mis l’accent sur l’importance de l’accès à l’eau potable, un enjeu majeur pour le développement du pays. Il a ainsi annoncé la mise en œuvre de projets structurants visant à renforcer l’approvisionnement en eau des populations.

« Conscients de la priorité de l’accès universel à l’eau, nous avons engagé la réalisation de la phase 2 des forages ruraux et lancé les études de faisabilité du ‘Grand transfert d’eau’ », a déclaré le président Faye.

Selon lui, ce projet, couplé aux « Autoroutes de l’eau », permettra de sécuriser l’approvisionnement en eau potable de près de 15 millions de Sénégalais.

En ce qui concerne l’électricité, le président Faye a tenu à rassurer la population sur la volonté de son gouvernement d’accélérer les initiatives en cours pour atteindre l’objectif d’un accès universel à l’énergie.

« Dans la même dynamique, nous accélérons les projets sur l’électrification rurale pour l’atteinte rapide de l’accès universel à l’électricité », a-t-il affirmé.

Il a également insisté sur l’importance d’une gestion rigoureuse des chantiers afin d’éviter les surcoûts et les retards.

« Nous veillerons rigoureusement à la bonne exécution des chantiers afin que les délais soient respectés et les coûts maîtrisés, notamment grâce à la renégociation de contrats majeurs permettant l’électrification de 2 740 localités supplémentaires », a précisé le président.

Ces annonces traduisent la volonté du gouvernement de faire de l’accès à l’eau et à l’électricité une réalité pour tous. En misant sur des projets ambitieux et une meilleure gestion des ressources, le président Bassirou Diomaye Faye entend accélérer le développement économique et améliorer les conditions de vie des Sénégalais, en particulier dans les zones rurales.

Diomaye Faye : « L’état des finances publiques de notre pays nous impose de compter d’abord sur nous-mêmes

À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a adressé, ce 3 avril 2025, un message solennel à la Nation. Un discours marqué par un appel à la résilience, à la solidarité et à l’engagement patriotique, alors que l’audit des finances publiques a révélé d’importantes irrégularités.

Dans son allocution, le chef de l’État a mis en avant la nécessité pour les Sénégalais de « compter d’abord sur nous-mêmes » afin de redresser la situation économique du pays. « L’état des finances publiques de notre pays, tel que révélé par l’audit effectué, nous impose de compter d’abord sur nous-mêmes, pour redresser la situation. Nous en sommes bien capables et nous le réussirons avec la mobilisation de toutes et de tous ! », a-t-il déclaré.

Face aux nombreux défis qui se posent, le président Faye exhorte chaque citoyen à faire preuve de résilience et de solidarité. « Regarder dans la même direction, celle du proche avenir de nos enfants, doit être l’horizon fédérateur de toutes nos énergies », a-t-il insisté.

Cet appel intervient dans un contexte économique délicat. La Cour des comptes a publié, le 12 février 2025, un rapport d’audit couvrant la période 2019 – 31 mars 2024. Ce document a mis en lumière de graves irrégularités dans la gestion des finances publiques sous l’ancien régime, révélant des dépenses injustifiées, des passifs importants et une dette publique préoccupante.

Le président Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une gouvernance transparente et rigoureuse, s’engage à prendre les mesures nécessaires pour redresser la situation et éviter que le pays ne tombe dans une crise financière plus profonde.

Cette année, la célébration de la fête de l’indépendance s’articule autour du thème « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité ». Un choix qui reflète la volonté du gouvernement de renforcer l’autonomie stratégique du pays en matière de défense et de sécurité nationale.

Alors que le Sénégal célèbre ses 65 ans d’indépendance, l’heure est à la mobilisation collective pour relever les défis économiques et tracer les bases d’un avenir prospère. Le message du président Faye se veut donc une invitation à l’effort et à la responsabilité, pour bâtir un Sénégal résilient et souverain.

Cohésion sociale : Sonko chargé d’organiser une grande consultation nationale

Dans un contexte marqué par des tensions sociales et politiques, le président Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son engagement en faveur du vivre-ensemble et de l’unité nationale. Lors de son adresse à la Nation, à la veille de la célébration du 64e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le chef de l’État a annoncé une initiative d’envergure pour renforcer la cohésion sociale dans le pays.

Le président Faye a placé l’unité nationale au cœur de son action, affirmant que « la cohésion nationale est le véritable trésor commun du Sénégal ». Conscient des divisions nées des crises récentes et des défis sociaux à relever, il souhaite instaurer un dialogue national inclusif qui implique toutes les composantes de la société.

Dans cette dynamique, il a confié à son Premier ministre, Ousmane Sonko, la mission d’organiser une grande consultation nationale qui rassemblera tous les acteurs clés du pays.

Le président de la République a insisté sur la nécessité d’un processus participatif impliquant toutes les parties prenantes. « J’ai récemment instruit le Premier ministre, Monsieur Ousmane Sonko, d’organiser la grande concertation nationale avec les partenaires sociaux, les autorités religieuses et coutumières, la société civile, le secteur privé et l’ensemble des forces vives de la Nation. Nous poursuivrons sans relâche cette démarche participative et inclusive », a-t-il déclaré.

Cette concertation vise à recueillir les attentes, doléances et propositions des différentes franges de la société, afin de construire un pacte national pour la paix et la stabilité.

Si les modalités de cette consultation restent à préciser, son objectif principal est de jeter les bases d’un « pacte national » pour la cohésion sociale et la consolidation de la démocratie. Elle pourrait déboucher sur des réformes institutionnelles, des recommandations pour une meilleure inclusion sociale et économique, ainsi que des mécanismes de prévention et de résolution des conflits.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté du nouveau pouvoir de rétablir un climat de confiance et d’apaisement, après une période marquée par de fortes tensions politiques et des crises socio-économiques.

Le choix d’Ousmane Sonko pour piloter cette initiative n’est pas anodin. Ancien opposant radical, devenu chef du gouvernement, il est aujourd’hui au centre de la mise en œuvre des engagements du président Faye. Son expérience politique et son poids dans l’échiquier national en font un acteur clé pour mener à bien cette consultation, rassembler les différents camps et proposer des solutions acceptables par tous.

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