Le Dakarois Quotidien N°747 – 04/06/2026
Le Dakarois Sports N°747 – 04/06/2026
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Le dossier sensible opposant l’ASER à AEE POWER connaît une nouvelle évolution au Sénégal. Jean Michel Sène a annoncé avoir été officiellement contacté par la Section de recherches, marquant ainsi une étape importante dans le traitement de cette affaire qui alimente le débat public depuis plusieurs semaines.
Cette convocation intervient quelques jours après sa sortie médiatique du 1er avril 2026, au cours de laquelle il avait exposé ce qu’il avait présenté comme des « éléments factuels » liés à ce dossier. Une prise de parole qui avait suscité de nombreuses réactions, tant dans l’opinion que dans les milieux politiques et institutionnels.
Dans une déclaration rendue publique, Jean Michel Sène a accueilli favorablement cette initiative des enquêteurs. Selon lui, cette démarche correspond à une exigence qu’il n’a cessé de formuler depuis le début de l’affaire : celle de faire toute la lumière sur les faits. « C’est précisément ce que nous avons toujours appelé de nos vœux », a-t-il affirmé, estimant que cette convocation constitue une opportunité pour éclairer définitivement l’opinion publique.
L’intéressé assure, par ailleurs, avoir immédiatement répondu à cette sollicitation en affichant sa pleine disponibilité. Il se dit prêt à collaborer sans réserve avec les autorités judiciaires et à fournir tous les éléments en sa possession. « Je mettrai à disposition toutes les preuves nécessaires à la manifestation de la vérité », a-t-il déclaré, insistant sur sa volonté de voir l’enquête aboutir dans la transparence.
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette nouvelle étape s’accompagne d’un discours plus offensif sur le terrain politique. Jean Michel Sène a en effet dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives de récupération de l’affaire par certains acteurs. Sans citer de noms, il a critiqué « des politiciens sans véritable discours » qui, selon lui, chercheraient à instrumentaliser ce dossier à des fins opportunistes. Il estime toutefois que « ce temps touche bientôt à sa fin », laissant entendre que l’évolution de la procédure pourrait redistribuer les cartes.
Alors que l’enquête entre dans une phase plus active, cette convocation par la Section de recherches pourrait marquer un tournant décisif. Elle ouvre la voie à des auditions approfondies et, potentiellement, à de nouvelles révélations dans un dossier dont les implications restent encore à clarifier.
Dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence et de gestion des ressources publiques occupent une place centrale dans le débat national, l’issue de cette affaire est désormais attendue avec une attention particulière, tant par les citoyens que par les acteurs institutionnels.
En déplacement ce samedi à Fissel, le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé à l’inauguration du siège de son parti, le Pastef. Une occasion pour les populations locales et celles des environs de lui soumettre plusieurs doléances, notamment liées à l’accès à l’électricité.
Face à ces préoccupations, le chef du gouvernement a tenu à rassurer. Il a annoncé que 35 villages seront électrifiés dans un futur proche, dans le cadre des efforts engagés par l’État pour améliorer l’accès à l’énergie en milieu rural.
« 35 villages seront électrifiés très prochainement. C’est le travail que nous sommes en train de faire à travers le Sénégal », a déclaré le leader de Pastef devant une foule acquise à sa cause.
Cependant, Ousmane Sonko n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il considère comme des entraves au déploiement du programme d’électrification. Évoquant le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale, il a accusé certains acteurs de bloquer un projet majeur sur la base d’allégations infondées.
« Certains font preuve de méchanceté. Parce qu’ils sont à Dakar et ont de l’électricité, ils n’ont pas besoin d’aller de village en village pour charger leurs téléphones portables. Voilà maintenant deux ans que le programme le plus important dans ce domaine est bloqué sur des accusations sans tête ni queue », a-t-il fustigé.
Le Premier ministre a toutefois promis davantage d’éclaircissements dans les prochains jours. Il a annoncé qu’une communication officielle sera faite par Jean Michel Sène, qui devrait tenir une conférence de presse en début de semaine.
« Je n’en dirai pas plus parce que Jean Michel Sène fera une conférence de presse lundi ou mardi et les choses seront plus claires. Notre régime n’a rien à cacher », a-t-il assuré.
L’affaire opposant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) et la société AEE Power Sénégal connaît un tournant judiciaire majeur. Ce mercredi 21 janvier, la Cour suprême a annulé la décision de l’ARCOP qui avait donné raison à AEE Power au détriment de l’ASER, mettant ainsi un coup d’arrêt à un contentieux qui aura duré plus de quinze mois.
L’annonce de cette décision a été accueillie avec soulagement et satisfaction du côté de l’ASER. Son directeur général, Jean-Michel Sène, n’a pas caché sa joie, estimant que cette issue marque la fin d’un long épisode de controverses, de pressions et de batailles judiciaires autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale du Sénégal. « Après 15 longs mois de désinformation, de manipulation et de bataille judiciaire sur le dossier AEE Power, l’ASER vient d’obtenir, à l’instant, l’annulation de la décision de l’ARCOP par la Cour suprême. Le dossier est désormais vide », a-t-il déclaré, affirmant qu’« un temps de vérité s’ouvre désormais ».
À l’origine de cette affaire figure un vaste marché d’électrification rurale, estimé à plus de 90 milliards de francs CFA, destiné à améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs zones du pays. La société AEE Power Sénégal soutenait avoir été injustement écartée de la procédure par l’ASER, accusant l’Agence d’avoir privilégié une négociation directe avec une représentation espagnole de la même entreprise. Selon ces accusations, une avance de démarrage de l’ordre de 37 milliards de francs CFA aurait même été débloquée à travers la banque espagnole Santander, un élément qui avait fortement alimenté la polémique.
Saisie de ce différend, l’ARCOP avait initialement donné raison à AEE Power, condamnant l’ASER et remettant en cause la régularité de la procédure. Estimant être victime d’une décision injuste et infondée, l’ASER, sur requête de l’Agent judiciaire de l’État, avait alors décidé de porter l’affaire devant la Cour suprême afin d’obtenir l’annulation des décisions du régulateur de la commande publique. La haute juridiction a finalement tranché en faveur de l’Agence d’électrification rurale, annulant la décision de l’ARCOP et rebattant ainsi complètement les cartes dans ce dossier sensible.
Pour Jean-Michel Sène, cette décision constitue une réhabilitation de l’ASER et un signal fort envoyé en faveur de la légalité et de la transparence dans la gestion des marchés publics. Il estime que cette affaire révèle des pratiques qu’il juge préoccupantes et contre lesquelles l’ASER entend désormais se battre ouvertement. Le directeur général a d’ailleurs annoncé la tenue prochaine d’une conférence de presse au cours de laquelle il promet de revenir en détail sur les dessous du dossier AEE Power, d’en exposer les faits et de dévoiler ce qu’il décrit comme « un modus operandi mis en place pour tenter de s’enrichir sur le dos des Sénégalais ».
Il a également affirmé que ce type de procédé ne serait pas isolé, précisant qu’il aurait déjà été observé dans d’autres projets et que l’ASER s’est, à chaque fois, résolument opposée à de telles pratiques. Cette sortie annonce ainsi une nouvelle phase, non seulement judiciaire, mais aussi médiatique et institutionnelle, dans un dossier qui dépasse largement le simple cadre d’un contentieux administratif.
Le député Thierno Alassane Sall a annoncé le lancement d’une mission de terrain dans les départements de Kébémer et de Louga à partir du jeudi 23 octobre 2025, pour une durée de quatre jours. Cette tournée s’inscrit dans le cadre du suivi du projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, une initiative d’envergure nationale destinée à accélérer l’accès à l’électricité dans les zones rurales du Sénégal.
L’ancien ministre de l’Énergie a précisé que cette visite vise avant tout à « vérifier concrètement les taux de réalisation », à évaluer la matérialité des chantiers en cours et à constater sur place la disponibilité des équipements installés. Pour Thierno Alassane Sall, cette démarche s’inscrit dans une logique de redevabilité et de transparence sur l’utilisation des fonds publics alloués à l’électrification rurale.
Le projet ASER-AEE Power EPC, confié à la société AEE Power, ambitionne de connecter des centaines de villages aux réseaux électriques nationaux ou isolés. L’avance de démarrage, fixée à 37 milliards de francs CFA, devait permettre à terme l’électrification de plus de 500 localités réparties principalement entre les régions de Louga et de Saint-Louis. Ces zones figurent parmi les plus concernées par le déficit énergétique rural, avec de nombreux villages encore privés d’électricité malgré les engagements pris dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).
En choisissant de commencer sa tournée dans ces départements du nord, Thierno Alassane Sall entend poser un regard critique sur la gestion et le rythme d’exécution du programme. Selon lui, « il est impératif de s’assurer que les chantiers avancent réellement, que les ressources investies servent à ce pour quoi elles ont été débloquées, et que les populations rurales bénéficient effectivement du droit fondamental à l’énergie. »
Le parlementaire a également invité la presse nationale à accompagner cette mission afin de garantir une couverture médiatique transparente de la situation sur le terrain. Pour lui, la lumière publique constitue un levier essentiel de la bonne gouvernance : « Plus les citoyens sont informés, plus les acteurs sont redevables et efficaces. »
Le projet d’électrification rurale ASER-AEE Power EPC, s’il est conduit à terme dans les conditions prévues, pourrait contribuer à réduire significativement les inégalités énergétiques entre les zones urbaines et rurales, tout en stimulant l’activité économique locale à travers l’éclairage public, l’accès à l’eau potable et la dynamisation des petites entreprises.
Cette tournée de contrôle marque ainsi une étape importante dans la volonté de Thierno Alassane Sall d’imposer un suivi rigoureux des projets publics et de s’assurer que les promesses de développement ne restent pas lettre morte dans les zones les plus reculées du pays.
L’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux après les accusations publiques formulées par Pape Mahawa Diouf. Ce dernier, invité de l’émission Faram Facce diffusée le mercredi 17 septembre 2025, avait affirmé qu’« un détournement de 37 milliards de francs CFA aurait eu lieu au sein de l’ASER ».
Ces propos ont immédiatement suscité la réaction de l’agence, qui les qualifie de « diffamatoires » et de « fausses nouvelles ». Dans un communiqué transmis à la presse, l’ASER estime que de telles déclarations, « d’une extrême gravité », portent atteinte à son image et risquent de semer le doute dans l’opinion publique sur sa gestion.
L’agence a précisé avoir saisi la justice par l’intermédiaire de son conseil juridique afin que M. Pape Mahawa Diouf apporte, devant les juridictions compétentes, les preuves de ses allégations. Pour l’ASER, cette action judiciaire vise à rappeler l’importance du respect de l’État de droit et à mettre chacun face à sa responsabilité lorsqu’il s’agit d’accusations de détournement touchant des institutions publiques.
Dans le même communiqué, l’ASER a tenu à réaffirmer son engagement à poursuivre sa mission de service public en faveur des populations rurales. Elle rappelle que l’électrification rurale demeure un pilier du développement économique et social, et assure que ses activités sont menées dans le strict respect des règles de gouvernance, de transparence et de redevabilité.
Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole et sur la nécessité de distinguer critique légitime et accusations non étayées. Le dossier sera désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer la véracité ou non des propos tenus par M. Pape Mahawa Diouf.
Le député Papa Djibril Fall a tiré la sonnette d’alarme ce mardi, lors d’une conférence de presse consacrée aux zones d’ombre qui continuent d’entourer la gestion de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Selon lui, malgré le changement de régime, le secteur de l’électrification rurale demeure miné par des pratiques contraires à la transparence et à la préférence nationale.
« Une bonne partie du pays est plongée dans le noir dans plusieurs villages qui sont réellement concernés par cette électrification rurale », a-t-il rappelé en préambule.
Papa Djibril Fall a mis en cause la procédure qui a conduit à l’éviction d’un opérateur sénégalais engagé dans l’exécution d’un marché lié au projet d’électrification. Cet opérateur, selon le député, avait pourtant mobilisé un financement bancaire pour honorer ses engagements. « Malheureusement, il a été non seulement éjecté mais accusé d’avoir fait des surfacturations », a-t-il dénoncé, précisant qu’une sommation interpellative adressée au Directeur général de l’ASER est restée sans suite.
Le dossier s’est compliqué davantage avec l’intervention de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP), qui avait demandé la transmission des pièces justificatives. Le refus de l’ASER de coopérer a entraîné la suspension du marché. Pour Papa Djibril Fall, la situation a pris une tournure encore plus inquiétante lorsque le Directeur général de l’ARCOP, censé arbitrer ce contentieux, a été démis de ses fonctions. « Le nouveau Directeur de l’ARCOP devait être coopté par appel à candidature, ce qui soulève des questions sur la régularité de la procédure », a ajouté le parlementaire.
Le député estime que cette affaire symbolise un dysfonctionnement profond. « Si elle n’est pas élucidée, de réels soupçons de corruption continueront de peser sur l’ASER et sur la gestion de ce projet stratégique », a-t-il prévenu.
Face à cette situation, Papa Djibril Fall exige la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Il a également annoncé qu’il allait saisir les hautes juridictions afin de faire toute la lumière sur ce qu’il considère comme un scandale de gouvernance.
« Nous devons aller au bout de la transparence et protéger les intérêts des Sénégalais qui attendent toujours l’accès à l’électricité », a-t-il conclu.
La question de l’électrification rurale a suscité de vifs échanges ce samedi à l’Assemblée nationale lors du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). En présence du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, plusieurs députés issus de la majorité présidentielle ont interpellé l’exécutif sur l’urgence d’accélérer le raccordement des zones rurales au réseau électrique national.
Mais c’est la prise de parole du député non-inscrit Thierno Alassane Sall qui a marqué les débats. Ancien ministre, aujourd’hui figure de l’opposition indépendante, il a interpellé ses collègues parlementaires en leur lançant un défi : ouvrir une commission d’enquête parlementaire sur les activités et la gestion de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER).
« Si vous voulez sincèrement que les choses avancent, si l’électrification vous intéresse réellement, ouvrons une commission d’enquête parlementaire sur la question troublante de l’ASER », a déclaré Thierno Alassane Sall d’un ton ferme.
Il a notamment fait référence au contrat conclu avec l’entreprise espagnole Santander et à la société AEE Power EPC, au cœur d’un dossier controversé. Selon lui, des zones d’ombre persistent autour du décaissement d’une avance de démarrage évaluée à 37 milliards FCFA. « L’entreprise espagnole Santander a fait savoir que le 11 juin dernier, l’avance de démarrage dans le dossier ASER-AEE Power EPC avait été versée. Si vous voulez savoir où sont passés les 37 milliards, parlons-en », a-t-il insisté, dénonçant une opacité qui dure depuis des années.
Le député a par ailleurs précisé que la partie espagnole aurait elle-même engagé des investigations internes pour établir les responsabilités et faire la lumière sur l’usage des fonds. Il estime qu’en tant que représentants du peuple, les députés sénégalais ont le devoir d’exiger la transparence. « Ce qui est clair, c’est que les Espagnols sont en train de faire leur propre enquête. Mais en tant que parlementaires, vous avez l’obligation d’ouvrir une commission d’enquête pour tirer cette question au clair », a-t-il martelé.
Sa déclaration a suscité un certain embarras au sein de l’hémicycle, où le dossier ASER est connu pour être sensible et complexe.
Ce nouvel épisode vient relancer la polémique sur la gouvernance des projets d’électrification rurale au Sénégal et la gestion des financements extérieurs mobilisés dans le cadre de ces projets. Reste à savoir si sa proposition de commission d’enquête trouvera un écho favorable auprès des groupes parlementaires, dans un contexte où la transparence et la redevabilité sont au cœur des revendications citoyennes.
Signé à Dakar le 25 novembre 2023 par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), la société espagnole AEE POWER EPC et l’entreprise sénégalaise AEE POWER SÉNÉGAL S.A., un document portant sur le remplacement de poteaux métalliques par des poteaux en béton armé fabriqués localement dans le cadre du projet d’électrification de 928 localités rurales soulève de sérieuses interrogations sur sa nature et sa valeur juridique.
Sur le fond, la décision semble s’aligner sur les exigences de la commande publique au Sénégal, qui imposent qu’au moins 50 % de la valeur des marchés soient réalisés par des entreprises locales. En favorisant la production de poteaux en béton sur place, les signataires paraissent promouvoir l’expertise nationale. Mais en l’absence de références à un contrat notifié, à un avenant validé, ou à une décision officielle de l’organe de régulation, ce document à trois voix semble évoluer dans une zone grise.
Les rôles respectifs des signataires alimentent le flou : ASER, autorité contractante ; AEE POWER EPC, bénéficiaire d’une offre spontanée et titulaire du marché ; AEE POWER SÉNÉGAL, désigné comme mandataire prestataire, sans que l’on sache s’il s’agit d’une délégation formelle ou d’un simple acte de coopération. L’absence d’un cadre juridique clair interroge : est-ce un avenant implicite au contrat principal ? Un protocole technique sans force obligatoire ? Ou un simple engagement d’intention, sans portée contraignante ?
Par ailleurs, cette situation se complexifie avec la mise à l’écart ultérieure de AEE POWER SÉNÉGAL, alors même que cette entreprise avait été mobilisée pour incarner la préférence locale à travers la fabrication des poteaux. Le paradoxe est d’autant plus saisissant que cette décision survient après le versement par l’ASER d’une avance de démarrage de 2,425 milliards de francs CFA à AEE POWER EPC, sans que les travaux aient démarré.
Depuis, la presse sénégalaise, notamment Le Quotidien, a révélé l’ouverture d’une enquête par la police espagnole sur des mouvements de fonds suspects. Des transferts financiers liés à cette avance auraient transité par plusieurs pays, dont Chypre, l’Égypte et le Sénégal. De quoi raviver les soupçons de malversations dans un projet censé améliorer l’accès à l’électricité de plus de 600 000 Sénégalais.
L’affaire avait déjà connu un premier coup de tonnerre en octobre 2024, lorsque l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait suspendu le contrat, pointant de graves manquements dans la transparence du processus d’attribution. Le financement global du projet, estimé à 37 milliards de francs CFA, reposait sur une offre spontanée, elle-même objet de critiques.
Les bailleurs de fonds n’ont pas tardé à réagir. La banque Santander, partenaire financier, et l’agence espagnole Cesce, chargée de la garantie du crédit à l’export, ont exprimé leurs inquiétudes. Cesce a suspendu son appui, invoquant un manque de traçabilité sur l’utilisation des fonds.
Les représentants de AEE POWER SÉNÉGAL ont, de leur côté, dénoncé des irrégularités dans la gestion de l’avance, évoquant des flux financiers non justifiés depuis un compte logé chez Santander.
En février 2025, la Cour suprême du Sénégal a surpris en annulant la décision de suspension de l’ARCOP, permettant ainsi la reprise du projet. Mais cette relance n’a pas dissipé les doutes. Où est passé l’argent ? Quelles sont les véritables relations contractuelles entre les différents acteurs ? Et surtout, quelle est la valeur réelle d’un document qui engage sans clarifier ?
Alors que l’enquête espagnole se poursuit, ce projet d’électrification, censé sortir des villages de l’obscurité, soulève désormais encore des interrogations sur la transparence des mécanismes publics et la réalité de la préférence locale dans les grands marchés d’infrastructure.

Le député non-inscrit Papa Djibril Fall a saisi officiellement le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, ce mardi 24 juin 2025, pour exiger l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le marché d’électrification rurale attribué à la société AEE POWER par l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER). Dans une lettre argumentée et estampillée du sceau du Parlement, le parlementaire invoque les articles 85 alinéa 4 de la Constitution et 48 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour appuyer sa requête.
Dans ce document transmis au bureau de l’Assemblée et dûment enregistré, Papa Djibril Fall justifie sa demande par la gravité des soupçons qui entourent l’attribution de ce marché, devenu en quelques mois un véritable feuilleton politico-économique. Il évoque de « vives polémiques », des « interrogations persistantes », des « accusations et contre-accusations » qui, selon lui, justifient une réponse institutionnelle forte de la part de la représentation nationale.
« Cette commission d’enquête a pour objet de mettre toute la lumière sur ce marché », écrit-il, soulignant la nécessité pour le Parlement de s’emparer de ce dossier hautement sensible, où s’entremêlent enjeux de transparence, d’éthique, de bonne gouvernance et d’intérêt public.
À travers cette initiative, le député vise à recueillir l’ensemble des éléments d’information nécessaires à la compréhension du processus ayant conduit à l’attribution du marché à AEE POWER, et à produire un rapport détaillé, impartial, et affranchi de toute forme de complaisance. Une volonté clairement affichée de lever le voile sur ce que certains appellent déjà « l’ASER-Gate », en référence aux pratiques opaques dénoncées autour du dossier.
Ce geste de Papa Djibril Fall intervient dans un contexte où les attentes citoyennes en matière de reddition de comptes sont particulièrement élevées. Le marché d’électrification en question, qui devait incarner une avancée majeure pour les zones rurales du pays, est désormais perçu par une partie de l’opinion comme un symbole d’opacité dans la gestion des marchés publics.
Le président de l’Assemblée nationale est désormais interpellé pour donner suite à cette demande qui, si elle est acceptée, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de responsabilité parlementaire. L’éclairage tant attendu sur ce dossier pourrait bien commencer dans l’hémicycle, sous l’impulsion d’un député déterminé à sortir les pratiques douteuses de l’ombre. Reste à savoir si cette initiative trouvera un écho favorable auprès des autres groupes parlementaires.

Ce jeudi 19 juin 2025, le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a élevé la voix contre ce qu’il qualifie de scandale d’État. Lors d’un point de presse, il a vertement critiqué la gestion du dossier liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’entreprise AEE POWER EPC, tout en pointant du doigt la responsabilité de la compagnie d’assurance SONAC. Pour le parlementaire, l’attitude du ministère des Finances dans cette affaire frôle la complaisance, au mépris de la rigueur qui devrait encadrer les marchés publics.
Thierno Alassane Sall accuse clairement le gouvernement de maquiller des irrégularités flagrantes. Selon lui, les explications du ministère des Finances sur les garanties émises au profit d’AEE POWER EPC, et payées tardivement par SONAC, ne tiennent pas la route. Il évoque une tentative de « dissimuler une opération frauduleuse » derrière un faux vernis administratif, notamment une dérogation qu’il qualifie de fictive et juridiquement non fondée. À ses yeux, le caractère irrégulier des garanties émises par SONAC pour le compte de AEE POWER EPC entache la légalité de l’ensemble de la procédure.
Le député souligne que cette affaire n’est pas un simple dysfonctionnement administratif, mais bien un acte qu’il qualifie de « délictuel grave » affectant la sécurité juridique des marchés publics. En affirmant que les garanties déposées relèvent du faux, Thierno Alassane Sall soutient qu’elles rendent le marché nul et non avenu. Il s’interroge sur les véritables capacités financières d’AEE POWER EPC, suggérant qu’une entreprise réellement solvable n’aurait pas besoin d’un tel traitement de faveur ni de garanties litigieuses.
Face à ce qu’il considère comme une fraude manifeste, l’ancien ministre de l’Énergie appelle à des sanctions immédiates. Il exige que des actions administratives et judiciaires soient enclenchées dans les plus brefs délais par l’acheteur public, en l’occurrence l’ASER. Il réclame également l’inscription d’AEE POWER EPC sur la liste noire des entreprises exclues de tout marché public au Sénégal. Cette radiation, selon lui, devrait être actée par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), sur la base de garanties jugées nulles et inopposables au regard du droit.
Mais les critiques de Thierno Alassane Sall ne s’arrêtent pas à l’entreprise adjudicataire. Il pointe aussi la SONAC, la compagnie d’assurance impliquée dans l’émission des garanties. Il demande sans détour le retrait immédiat de son agrément par le ministère des Finances. À ses yeux, SONAC a perdu toute crédibilité en participant à ce qu’il assimile à une entreprise de fraude organisée.
Enfin, le député interpelle le tribunal. Il exhorte les autorités contractantes, en particulier l’ASER, à saisir sans délai la justice pour faire toute la lumière sur le comportement de l’assureur et de l’entrepreneur. Il estime que les responsabilités doivent être établies et que des sanctions exemplaires doivent suivre pour préserver l’intégrité du système de passation des marchés au Sénégal.
L’affaire AEE POWER EPC – SONAC devient ainsi un véritable test pour les nouvelles autorités sénégalaises. Elle interroge la capacité des institutions à faire respecter les règles de transparence, à protéger l’argent public et à punir les abus, quels que soient leurs auteurs. Thierno Alassane Sall, en déposant ces accusations graves, place désormais la balle dans le camp du gouvernement et de la justice.
Le député Thierno Alassane Sall relance l’affaire controversée liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la société AEE POWER EPC. Alors que le ministère des Finances et du Budget a récemment tenté d’apporter des clarifications sur les garanties financières émises dans ce dossier, l’ancien ministre de l’Énergie ne semble nullement convaincu. Il annonce une conférence de presse ce jeudi 19 juin 2025, au cours de laquelle il promet de faire des révélations « majeures » sur ce qu’il considère comme une tentative de dissimulation gouvernementale.
Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre maladroite » du ministère des Finances. « Je ferai face à la presse ce jeudi 19 juin pour dire ce que le gouvernement tente de dissimuler dans l’affaire ASER-AEE POWER », écrit-il, avant de s’en prendre frontalement aux justifications avancées par les services de Mamadou Moustapha Ba. Pour lui, la communication du ministère constitue « un modèle accompli d’explications calamiteuses qui enfoncent leur auteur ».
Le parlementaire revient notamment sur le paiement tardif des primes d’assurance liées aux garanties émises par la Société nationale d’assurance (SONAC) au profit de AEE POWER. Selon lui, l’État, par le biais du ministère des Finances, tente de masquer des irrégularités manifestes dans le traitement de ce dossier. Il dénonce l’invocation par le ministère d’une prétendue « dérogation » qui n’aurait jamais figuré dans les documents officiels. Pire encore, il déplore que cette justification tente de faire passer AEE POWER pour un démembrement de l’État, ce qui, à ses yeux, relève d’une grave manipulation.
Thierno Alassane Sall semble ainsi déterminé à ne pas laisser l’affaire être étouffée. Il en fait désormais un combat politique et moral, dans un contexte où les pratiques de gouvernance publique sont de plus en plus scrutées à la loupe. Son intervention de ce jeudi pourrait donc jeter une lumière nouvelle sur les mécanismes opaques entourant certaines garanties financières d’État, et relancer le débat sur la transparence dans les marchés publics et les partenariats avec des entreprises étrangères.
L’opinion attend désormais les éléments de preuve ou les informations inédites que le député compte mettre sur la place publique. Dans un pays où les affaires liées à la gouvernance énergétique suscitent régulièrement des polémiques, cette sortie pourrait avoir des répercussions tant sur le plan politique que judiciaire.
Le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène, a vivement répondu au député Thierno Alassane Sall, suite à la question écrite que ce dernier a adressée au ministre des Finances concernant la validité des garanties fournies dans le cadre du contrat controversé avec AEE Power.
Dans une sortie musclée publiée ce week-end, M. Sène accuse le parlementaire d’instrumentaliser le dossier à des fins purement politiciennes, et de faire preuve d’une « méconnaissance inquiétante » des mécanismes de garanties dans les marchés publics, en dépit de son passé d’ancien ministre.
« Vous confondez vacarme médiatique et action publique. Le temps est venu de mettre fin au spectacle. Rideau. », lance-t-il en ouverture.
Jean-Michel Sène précise que les garanties en question ont été émises le 20 mars 2024, avant l’élection présidentielle et avant sa propre nomination à la tête de l’ASER en juillet 2024. Selon lui, l’ancien directeur général de l’agence a initié le processus de paiement des avances deux jours seulement avant l’élection, le 22 mars 2024. Une chronologie que M. Sène considère comme décisive pour démonter « la fable » portée par Thierno Alassane Sall.
Il dément également l’accusation selon laquelle la SONAC, chargée d’émettre les garanties, n’aurait pas répondu aux interpellations de l’ARCOP (Autorité de régulation de la commande publique), affirmant que deux réponses écrites ont bien été transmises à l’autorité de régulation.
Au-delà de la défense du dossier AEE Power, Jean-Michel Sène met en avant les résultats de l’ASER sous sa direction :
« À mi-année 2025, plus de 320 localités rurales ont été électrifiées, là où vous peiniez à dépasser la centaine sur une année », déclare-t-il à l’endroit du député.
Il assure que 42 localités ont déjà été électrifiées dans le cadre du projet AEE Power, dépassant l’objectif initial de 40 localités fixé pour fin juin, et promet 360 localités électrifiées d’ici fin décembre 2025.
Dans un ton direct, il lance une invitation à un débat public à Thierno Alassane Sall, en lui promettant la mise à disposition de l’intégralité de la documentation liée au contrat :
« Vous souhaitez connaître la vérité ? Honnêtement ? Je vous ouvre grand les portes. Venez débattre. »
En guise de contre-attaque, le DG de l’ASER exhume l’affaire OS Myna, un contrat de 60 milliards FCFA censé électrifier 1 144 localités en 12 mois, dont seulement 368 auraient été électrifiées en dix ans, avec 45 milliards déjà décaissés.
Jean-Michel Sène pointe la responsabilité directe de Thierno Alassane Sall, à l’époque ministre de tutelle de l’ASER, dans la gestion de ce projet, qualifiant cette affaire de « véritable scandale » aux antipodes du dossier AEE Power.
« Cette responsabilité, vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Elle vous suivra comme une ombre. »
Cette passe d’armes marque une nouvelle intensification de la tension entre le gouvernement et une partie de l’opposition sur la gestion des projets d’électrification. Si les accusations de surfacturation, de manipulation politique ou d’opacité demeurent au cœur du débat, le bras de fer entre Jean-Michel Sène et Thierno Alassane Sall illustre surtout le climat électrique — c’est le cas de le dire — autour de la transparence dans les marchés publics.
Au milieu d’une controverse grandissante autour du marché public d’électrification rurale attribué à l’entreprise espagnole AEE Power EPC S.A.U, le ministère des Finances et du Budget a apporté des clarifications sur les garanties d’assurance émises par la SONAC, la Société nationale de Crédit et de Cautionnement. Ce marché, signé le 23 février 2024 avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), porte sur un montant global de 91,97 milliards de francs CFA. La polémique s’est cristallisée autour des conditions d’émission et de validité des garanties, mais surtout sur l’ampleur des montants annoncés, estimés à 37 milliards FCFA, que certains ont qualifiés d’irréguliers voire fictifs.
Dans une note explicative publiée par sa cellule de communication, le ministère affirme que la SONAC a bien émis, le 20 mars 2024, trois garanties dans le cadre du contrat : une pour l’avance de démarrage du projet, une seconde pour les dépenses déjà engagées par l’entreprise, et une dernière pour garantir la bonne exécution des travaux. Ces garanties sont prévues contractuellement et encadrées juridiquement. Leur validité, explique le ministère, repose sur le paiement d’une prime d’assurance, conformément à l’article 13 du Code des assurances de la CIMA, la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances. Ce texte prévoit notamment un délai maximal de 180 jours pour régler la prime lorsqu’il s’agit de risques contractés avec l’État ou ses démembrements.
Dans ce cas précis, la prime d’assurance a été payée par virement bancaire le 20 juin 2024, soit exactement 90 jours après l’émission des garanties. Ce délai respecte donc largement les 180 jours autorisés. Le ministère dément ainsi toute irrégularité, en précisant que cette pratique est tout à fait conforme à la législation applicable aux assurances liées aux marchés publics.
La note revient également sur les montants de 37 milliards FCFA souvent évoqués dans les débats publics. Ces chiffres ne renvoient pas au montant de la prime versée à l’assureur, mais à celui des capitaux assurés. Il s’agit de l’enveloppe totale couverte par les trois garanties émises pour sécuriser les engagements de l’entreprise adjudicataire. La prime réelle payée par AEE Power EPC pour bénéficier de cette couverture s’élève à 947 millions de francs CFA par an. Le chiffre de 37 milliards FCFA correspond donc à l’engagement financier maximal de la SONAC dans le cadre du contrat, et non à une somme encaissée ou distribuée.
Le ministère insiste sur le fait que les garanties émises remplissent toutes les conditions de validité juridique. Elles s’inscrivent dans un cadre légal strict, avec des modalités d’engagement bien établies. L’assureur, dans ce type de montage, peut exiger des contreparties financières ou juridiques de la part de l’entreprise, comme des cautions solidaires, des dépôts ou des garanties bancaires. Il peut aussi recourir à la réassurance pour se prémunir contre les risques liés à l’exécution du marché.
Enfin, le document publié par le ministère vise à rassurer l’opinion sur la régularité de la procédure. Il affirme que les garanties délivrées ne sont ni fictives, ni irrégulières, et que leur émission respecte les normes juridiques et techniques en vigueur. Le respect des délais, la transparence sur les montants engagés et la traçabilité des paiements sont mis en avant comme gages de conformité.
En résumé, les autorités cherchent à dissiper les soupçons d’irrégularités autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale au Sénégal. À travers cette mise au point, le ministère des Finances veut réaffirmer le sérieux du dispositif national d’assurance des marchés publics, tout en appelant à une lecture rigoureuse et contextualisée des chiffres avancés dans les débats publics.
Malgré la sommation interpellative de Saidou Kane, administrateur d’AEE Power Sénégal, Jean Michel Sène, directeur général de l’ASER (Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale), maintient son silence face aux accusations de falsification qu’il a publiquement formulées lors d’une émission sur Walfadjri. D’après des sources du dakarois.sn, M. Kane estimant que cette attitude porte atteinte à son honneur et à la réputation de son entreprise, ne va pas abandonner si facilement les poursuites.
Selon des sources du dakarois.sn, le directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, persiste à ne pas répondre à la sommation interpellative formulée par l’administrateur d’AEE Power Sénégal, Saidou Kane. Ce dernier lui reproche des propos tenus le 2 septembre 2024 dans les locaux de la Radio-Télévision Walfadjri ; des déclarations qu’il juge de nature à nuire à sa réputation ainsi qu’à celle de son entreprise.
À la suite de ces affirmations, la société AEE Power Sénégal, dirigée par Saidou Kane, a adressé une sommation interpellative non seulement à Jean Michel Sène, mais également à la Radio-Télévision Walfadjri ainsi qu’à la journaliste Khady Sylla.
Lors de son intervention sur ce média, le directeur général de l’ASER n’a pas hésité à accuser publiquement Saidou Kane de falsification. Une allégation que ce dernier considère comme une atteinte grave à son honneur. Soucieux de rétablir la vérité et de défendre son intégrité, l’homme d’affaires a mandaté ses avocats afin qu’ils soumettent à Jean Michel Sène une série de huit questions, visant à clarifier sa position sur plusieurs points essentiels. Il s’agit notamment de savoir si l’ASER reconnaît être liée contractuellement à AEE Power EPC par un contrat de marché signé le 23 février 2024 et si elle admet avoir délivré un satisfecit à AEE Power Sénégal sous la forme d’une attestation officielle en date du même jour. La sommation vise également à confirmer l’existence d’un contrat tripartite signé le 25 novembre 2023 entre l’ASER, AEE Power EPC et AEE Power Sénégal, ainsi qu’à obtenir des précisions sur la prise en compte de la décision n°062/ARCOP/CRD/SUS rendue par l’ARCOP le 3 juillet 2024 ; laquelle ordonnait la suspension de la résiliation du contrat entre AEE Power EPC et la société requérante.
En outre, les avocats de Saidou Kane cherchent à établir si l’ASER reconnaît que, conformément à l’article 48 du Code des Marchés Publics, AEE Power Sénégal ne peut être considéré ni comme un simple prestataire ni comme un sous-traitant, mais plutôt comme un co-contractant. Une autre question essentielle porte sur la connaissance, par l’ASER, des obligations financières incombant à la partie non sénégalaise du projet, en vertu de l’article 83 du Code des Marchés Publics.
Enfin, la sommation demande à Jean Michel Sène s’il est conscient que la résiliation des contrats liant AEE Power EPC à AEE Power Sénégal pourrait rendre caduque la garantie souveraine de l’État du Sénégal, entraînant, de facto, la résiliation du contrat de marché du 23 février 2024.
Toutefois, depuis fin octobre 2024, le directeur général de l’ASER et ses services se murent dans un silence que Saidou Kane et son entourage perçoivent comme un mépris manifeste. En guise de réponse aux huit questions, ils se sont contentés d’éluder le sujet par des formules vagues telles que « je transmettrai au DG » ou encore « je transmettrai à qui de droit », sans apporter la moindre clarification.
AEE Power Sénégal, initiateur du projet d’électrification (selon la banque Santander) dans plusieurs régions dont Kaffrine, Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou, estime que les accusations publiques portées par Jean Michel Sène nuisent gravement à sa crédibilité. Face à cette situation, Saidou Kane ne semble pas disposé à en rester là et promet de passer à la vitesse supérieure pour obtenir réparation du préjudice subi.
La Dakaroise
Le scandale présumé de l’« ASER-GATE » connaît un nouveau rebondissement avec l’intervention de la banque Santander. Dans une correspondance adressée aux autorités sénégalaises, l’institution bancaire confirme la suspension temporaire du financement du projet d’électrification rurale, tout en préconisant une médiation entre les parties prenantes. Par ailleurs, elle prend position en faveur d’AEE Power Sénégal, attestant son rôle d’initiateur du projet.
À en croire le journal Libération du 11 octobre 2024, un courrier adressé à la direction générale de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) par l’Agence espagnole de crédit à l’exportation (Cesce) a démenti avoir suspendu le financement du projet d’AEE Power Espagne, contrairement aux éléments contenus dans la décision de l’Autorité de régulation des marchés publics (Arcop). Pourtant, dans une lettre du 26 décembre 2024 adressée au ministre secrétaire général du gouvernement, Al Aminou Lo, le directeur exécutif de la banque Santander, Antonio Sala, a confirmé que, « conjointement avec l’Agence de Crédit à l’Exportation Espagnole (CESCE), [la suspension temporaire] du financement [a été décidée] jusqu’à ce que le conflit entre les parties soit résolu de manière satisfaisante, conformément à la législation sénégalaise des marchés publics ».
Dans ce contexte, la banque espagnole insiste sur la nécessité d’une rencontre diligentée par le Gouvernement entre l’Aser, l’Arcop, AEE Power Sénégal et AEE Power EPC afin de négocier et parvenir à un accord. D’après l’institution financière, cette discussion permettra de débloquer le litige en cours et la situation actuelle. La banque Santander, principal bailleur du projet d’électrification de plus de 1 500 villages dans les régions de Kaffrine, Saint-Louis, Kédougou, Louga et Tambacounda, propose ainsi une médiation du gouvernement pour faciliter ces discussions et aboutir à une solution pérenne.
La banque Santander ne s’arrête pas là. Dans la même missive, elle prend position en faveur d’AEE Power Sénégal, précisant : « il convient de noter, comme précisé lors de l’audience que vous avez bien voulu nous accorder, que la participation de notre banque à ce projet est le résultat des efforts déployés par le représentant légal de AEE POWER SENEGAL S.A., qui est un partenaire privilégié de notre banque à travers des projets au Sénégal et dans la sous-région, qui se déroulent de manière satisfaisante et dans les délais impartis. » Ce passage de la lettre vient confirmer le rôle d’initiateur du projet joué par l’entreprise de Saidou Kane.
Et pourtant, malgré ces précisions, les autorités sénégalaises semblent ignorer les allégations de la banque espagnole, qui a décidé, pour le moment, de bloquer les décaissements en attendant qu’un accord à l’amiable soit trouvé.
ÉPISODES JUDICIAIRES
Le 21 novembre 2024, la Cour suprême, saisie par l’Aser pour annuler la suspension des travaux imposée par l’Arcop, a débouté l’ASER et ordonné le maintien de l’arrêt du projet d’électrification rurale.
Face à cette décision, les services de Jean-Michel Sène ont introduit une demande de rétractation. À la surprise générale, à quelques tours d’horloge du procès, un changement inattendu de la composition de la Cour suprême en charge du dossier est intervenu. Ce remaniement a alimenté les spéculations. Nombreux étaient ceux qui ne furent pas étonnés lorsque, sous cette nouvelle composition, la Cour suprême a rejeté la demande de suspension du projet de l’Arcop, donnant ainsi le feu vert à l’Aser qui refuse jusqu’à présent de fournir à l’Arcop la documentation demandée.
Le juge des Référés a justifié ce revirement du 21 février 2025 par « l’intérêt public », bien que, lors de l’audience, l’Avocat général, s’alignant sur la position d’AEE Power Sénégal, ait estimé qu’aucune circonstance nouvelle ne justifiait une rétractation et que l’urgence invoquée par l’Aser n’était pas fondée.
La Dakaroise
Dans l’affaire opposant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), la Cour suprême a opéré un revirement inattendu. Saisie d’une demande de rétractation, elle a annulé la décision de la première audience confirmant la suspension du marché d’électrification rurale. Un changement de cap qui divise, alors que le Parquet, lui, s’est opposé à cette rétractation.
L’ASER poursuit son bras de fer judiciaire contre l’ARCOP dans l’affaire du marché d’électrification rurale dans les régions suivantes : Kaffrine, Saint-Louis, Kédougou, Louga et Tambacounda. Après un premier revers devant la Cour suprême, qui avait rejeté sa demande de suspension de la décision du 02 octobre 2024 de l’ARCOP, l’ASER a relancé la procédure en sollicitant la rétractation de cette décision.
Ce vendredi 21 février 2025, la Cour suprême, dont la composition a été modifiée entre-temps, a donné raison à l’ASER, cassant ainsi sa propre ordonnance.
Le juge des Référés a justifié ce revirement par « l’intérêt public ». Pendant l’audience, l’Avocat général, s’alignant sur la position d’AEE POWER SENEGAL, a estimé qu’aucune circonstance nouvelle ne justifiait une rétractation et que l’urgence invoquée n’était pas fondée.
Parallèlement, durant l’audience, Me Faye, avocat d’AEE POWER EPC (partie défenderesse), a déclaré que ses intérêts allaient « dans le sens de l’ASER », partie demanderesse. Un lapsus qualifié de « révélateur » par Me Koïta, avocat de la société sénégalaise.
Face à cette décision de la Cour suprême qui donne à l’ASER son aval pour démarrer les travaux, la société sénégalaise entend explorer d’autres voies de recours, y compris une saisine de la Cour de justice de la CEDEAO.
Par ailleurs, un nouvel épisode judiciaire vient s’ajouter à ce dossier. AEE POWER SENEGAL a porté plainte contre les dirigeants d’AEE POWER EPC pour abus de confiance et dénonciation calomnieuse. Un élément qui pourrait peser sur la suite de l’affaire.
Si cette décision marque une victoire temporaire pour l’ASER, la bataille est loin d’être terminée. La Cour suprême doit encore se prononcer sur le recours en annulation sur le fond ; un verdict qui sera déterminant pour l’avenir de ce marché public.
D’ici là, les tensions restent vives et le dossier continue de faire couler beaucoup d’encre ; d’autant plus que le flou n’est pas encore levé sur les 37 milliards de francs CFA qui ne sont plus dans le compte d’avance de démarrage des travaux, selon les conseils d’AEE POWER SENEGAL.
Le Dakarois
L’Agence sénégalaise d’Électrification rurale (ASER) poursuit sa lutte judiciaire contre l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Après avoir essuyé un premier revers devant la Cour suprême, qui avait rejeté sa demande de suspension de la décision du 2 octobre 2024 de l’ARCOP, l’ASER est revenue à la charge en engageant une procédure en rétractation de la première ordonnance émise par la Cour suprême, ordonnance qui avait confirmé la décision de l’ARCOP.
Ce vendredi 21 novembre 2025, la Cour, désormais composée d’une nouvelle formation – tel que le rapporte le « Dakarois Quotidien » dans sa parution d’aujourd’hui – a infirmé la décision rendue par le premier juge des référés. Le nouveau magistrat a motivé la décision, invoquant l’intérêt public pour justifier la rétractation de la décision initiale.
Toutefois, la bataille judiciaire n’est pas encore terminée, puisque la Cour doit prochainement se prononcer sur le recours en annulation sur le fond, laissant planer encore de nombreuses incertitudes sur l’avenir du marché d’électrification rurale.
Alors que la Cour suprême s’apprête à examiner, ce vendredi 21 février 2025, la demande de rétractation introduite par l’ASER contre la décision de l’ARCOP suspendant la procédure du marché d’électrification rurale, un changement dans la composition des magistrats en charge du dossier suscite des interrogations. L’ASER, qui avait été déboutée le 21 novembre 2024, espère ainsi obtenir un nouveau regard sur son recours, cette fois devant une formation remaniée de la Cour suprême.
L’Agence sénégalaise d’Électrification rurale (ASER) persiste dans sa bataille judiciaire contre l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Après un premier revers devant la Cour suprême, qui avait rejeté sa demande de suspension de la décision du 2 octobre 2024 de l’ARCOP, l’ASER revient à la charge avec une procédure en rétractation. Pourtant, aucun élément nouveau ne semble justifier un tel revirement, si ce n’est un détail troublant : la composition de la Cour suprême a été modifiée à la veille de cette audience cruciale.
La décision initiale de l’ARCOP avait ordonné le sursis à l’exécution du marché d’électrification rurale dans plusieurs régions du Sénégal, au motif que l’ASER n’avait pas fourni les justificatifs relatifs aux 37 milliards F CFA décaissés par la Banque Santander, qui sont introuvables selon les avocats d’AEE POWER SENEGAL (voir parution du « Dakarois Quotidien » du 22 novembre 2024). Un point central de l’affaire, puisque malgré les injonctions répétées , ces documents n’ont toujours pas été transmis.
Ce qui intrigue aujourd’hui, c’est le changement inattendu de la composition de la Cour suprême en charge du dossier. Le juge des Référés, O. G., jusque-là président de la deuxième chambre administrative, a été remplacé par A. N. L’Avocat général M. D. G. a laissé sa place à J. L. P. T., tandis que le greffier S. I. D. a été remplacé par M. L. Un remaniement qui, dans un contexte aussi sensible, soulève des interrogations. Pourquoi un tel bouleversement alors qu’aucun fait nouveau ne paraît justifier un retour en arrière sur une décision déjà rendue ? L’ASER, qui n’a toujours pas présenté les justificatifs exigés, espère-t-elle un traitement plus favorable avec cette nouvelle composition ?
LES SOUBASSEMENTS DE LA DÉCISION DE L’AUDIENCE PUBLIQUE DU 21 NOVEMBRE 2024
La Cour suprême, saisie du dossier, a suspendu l’exécution du marché en raison d’irrégularités alléguées et de soupçons de malversations financières.
L’affaire trouve son origine dans un marché conclu le 23 février 2024 entre l’ASER et la société espagnole AEE POWER EPC, approuvé le même jour par le ministre des Finances et du Budget, pour un montant de 91 milliards de francs CFA (140 millions d’euros). Ce projet, financé par la banque espagnole Santander et garanti par l’Agence espagnole de crédit à l’exportation (CESCE), devait permettre l’électrification de 1 500 localités rurales.
Toutefois, le partenariat s’est rapidement envenimé. AEE POWER EPC avait co-traité une partie du marché à AEE POWER SENEGAL pour la fourniture de poteaux électriques en béton armé, via un « contrat de prestation de services ». En d’autres termes, AEE POWER EPC a donné mandat à son mandataire-prestataire AEE POWER SENEGAL d’assurer l’acquisition des poteaux électriques en béton armé pour l’exécution du projet d’électrification rurale de 928 localités du Sénégal.
Mais, l’entreprise sénégalaise affirme que l’entreprise espagnole a refusé de lui verser les fonds nécessaires au démarrage des travaux, malgré la réception d’une avance de 56 millions d’euros (plus de 37 milliards de francs CFA).
Le 21 juin 2024, AEE POWER EPC a unilatéralement résilié le contrat conclu avec AEE POWER SENEGAL, qui a immédiatement saisi l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP). Le 3 juillet 2024, l’ARCOP a ordonné la suspension de la résiliation du contrat et a demandé à l’ASER de fournir des documents sur la renégociation du marché.
Dans le même temps, la situation s’est complexifiée avec la plainte déposée le 30 août 2024 par AEE POWER EPC devant le Tribunal de Grande Instance de Dakar contre AEE POWER SENEGAL, pour « escroquerie, faux et usage de faux ». L’entreprise espagnole accuse son ancien partenaire sénégalais d’avoir fourni de faux documents fiscaux et administratifs.
Face à ces tensions, la banque Santander, principal bailleur de fonds du projet, a décidé de suspendre son financement le 30 septembre 2024. Elle affirme ne pas avoir reçu de justificatifs clairs sur l’utilisation des fonds versés à AEE POWER EPC et s’inquiète de l’éligibilité de la garantie souveraine de l’État sénégalais.
De son côté, AEE POWER SENEGAL a saisi à nouveau l’ARCOP pour contester la réorganisation du projet décidée par l’ASER et AEE POWER EPC, qui l’ont écartée. En réponse, la Commission des litiges de l’ARCOP a ordonné, le 2 octobre 2024, la suspension de l’exécution du marché, en attendant un règlement du différend.
L’ASER, qui plaide l’urgence du projet pour des milliers de Sénégalais privés d’électricité, a saisi la Cour suprême pour obtenir la levée de cette suspension. L’agence publique estime que le blocage du projet risque de générer d’importants surcoûts et de compromettre l’électrification de zones reculées.
Elle argue également que la décision de l’ARCOP viole le principe du contradictoire et qu’aucune preuve solide ne remet en cause la régularité du marché initial. Mais pour AEE POWER SENEGAL, la suspension est justifiée, tant que toutes les clarifications sur la passation du marché et l’utilisation des fonds n’ont pas été apportées.
Ce vendredi 21 février 2025, la Cour suprême doit se prononcer sur la demande de rétractation introduite par l’ASER. Pourtant, l’attention est ailleurs ! C’est à l’Assemblée nationale que se cristallisent les regards, où le Premier ministre, Ousmane Sonko, est attendu pour une séance de discussions avec les parlementaires.
Penda THIAM
L’électrification rurale reste un défi majeur au Sénégal, avec seulement 7 273 localités électrifiées sur les 23 000 que compte le pays. Lors d’un séminaire de renforcement des capacités des députés membres de la commission de l’Énergie et des Ressources minérales, Jean-Michel Sène, directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), a dressé un état des lieux du secteur et présenté les actions en cours pour combler le retard d’électrification dans les zones rurales.
À ce jour, 65,67 % des zones rurales bénéficient d’une électrification avec un niveau d’accès estimé à 86 %. Malgré ces avancées, 8 457 localités restent privées d’électricité, et 5 663 autres sont en cours d’électrification.
Ce déséquilibre met en lumière l’urgence d’accélérer les projets pour assurer un accès équitable à l’énergie sur l’ensemble du territoire. Selon Jean-Michel Sène, des facteurs bloquants exogènes ralentissent certains projets, d’où la nécessité d’une collaboration étroite entre les différents acteurs impliqués dans le processus d’électrification.
Face aux défis financiers, l’ASER mise sur des partenariats stratégiques avec des institutions nationales comme le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS) et la Banque nationale de développement économique (BNDE) pour mobiliser des fonds et assurer une meilleure couverture énergétique.
Par ailleurs, Jean-Michel Sène a insisté sur la nécessité d’une industrialisation locale des équipements électriques. « Nous devons produire localement tout ce dont nous avons besoin pour l’électrification rurale, notamment les accessoires de ligne et les transformateurs », a-t-il souligné.
L’ASER collabore déjà avec le secteur privé pour encourager la fabrication nationale d’infrastructures essentielles, ce qui devrait permettre de réduire les coûts et d’améliorer la disponibilité des équipements.
L’accès à l’électricité en milieu rural ne se limite pas à un simple besoin domestique ; il représente un levier stratégique pour le développement économique et social. Il favorise l’essor des activités agricoles, artisanales et industrielles, tout en améliorant l’accès aux services de santé et d’éducation.
L’affaire AAE POWER, qui suscite de vives préoccupations, est désormais sous le radar de l’État sénégalais. Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, a confirmé que le gouvernement suit activement ce dossier. Cette déclaration a été faite devant les députés en commission et en plénière lors de l’examen de la Loi de Finances Rectificative (LFR) 2024.
Le rapport accompagnant la LFR 2024 précise que le ministère des Finances et du Budget a pris des mesures concrètes. Le dossier a été transmis à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP) pour examen approfondi. En parallèle, une plainte a été déposée par l’intermédiaire de l’Agent Judiciaire de l’État (AJE).
De son côté, la Direction Générale des Impôts et des Domaines (DGID) s’est saisie de l’affaire et a commandité un audit pour faire la lumière sur les éventuelles irrégularités.
L’implication de plusieurs organes de l’État témoigne de la gravité de l’affaire AAE POWER, bien que les détails précis sur les irrégularités reprochées à cette entreprise n’aient pas encore été rendus publics. Les parlementaires, soucieux de la transparence, ont interpellé le ministre pour obtenir des clarifications, mais celui-ci s’est contenté d’affirmer que des investigations sont en cours.
Cet audit, commandité par la DGID, et les investigations menées par l’ARCOP pourraient révéler des informations cruciales sur l’affaire. En attendant les conclusions, le gouvernement semble déterminé à maintenir la rigueur et à assurer la transparence dans la gestion des fonds publics.
Le journaliste Adama Gaye a été convoqué par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) dans le cadre d’une plainte déposée par le ministre du Travail, Abass Fall, concernant l’affaire de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Cette nouvelle procédure intervient après une récente audition de Gaye par la Division des investigations criminelles (DIC), ajoutant une couche de complexité à son dossier.
Dans un message diffusé sur sa page Facebook, Adama Gaye a exprimé des préoccupations concernant sa sécurité et les intentions derrière ces convocations répétées. Il a souligné qu’il perçoit cette situation comme une tentative de le fragiliser sur le plan personnel et professionnel. Il déclare : « Je ne me sens plus en sécurité » et ajoute que cette dynamique met en péril ses engagements internationaux cruciaux.
Le journaliste affirme que l’enchaînement de ces convocations et les accusations portées contre lui relèvent d’une stratégie concertée visant à nuire à sa réputation. Il se demande pourquoi une telle procédure a été déclenchée un mois après son retour au Sénégal et dans un contexte où d’autres affaires similaires semblent en suspens.
Dans son communiqué, Adama Gaye invite la communauté internationale, notamment des organisations telles que l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne, ainsi que des États comme les États-Unis et la France, à intervenir pour garantir sa protection et celle des autres acteurs menacés dans l’exercice de leurs droits.
Enfin, bien que la date précise de sa convocation ne soit pas divulguée, Adama Gaye espère que les autorités prendront en compte le retour de son avocat avant toute nouvelle action. Cette affaire relance le débat sur la liberté de la presse et l’espace accordé aux critiques au Sénégal, dans un climat marqué par des tensions croissantes autour des droits humains et de l’expression démocratique.
Jean Michel Sène, directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), a livré sa part de vérité concernant la requête introduite contre la décision de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) portant suspension du projet d’électrification de 1740 villages. Selon lui, contrairement à certaines informations diffusées, la Cour suprême n’a pas encore statué sur le fond de l’affaire.
Dans une déclaration à « Le Soleil », Jean-Michel Sène a réfuté les déclarations selon lesquelles l’ASER a été déboutée dans cette affaire. « En plus du recours en annulation, nous avions introduit un référé en vue de la suspension de la décision de l’ARCOP. Ce qui s’est passé hier [jeudi], c’est que la Cour suprême a rejeté le référé en urgence, mais elle compte statuer sur le fond du dossier », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, le DG de l’ASER d’ajouter : « Nous attendons donc que la Cour suprême tranche sur le fond. Nous attendons qu’on nous convoque pour aller dans le fond du dossier. Le recours que nous avons introduit vise à déterminer si l’ARCOP est compétente pour suspendre un marché en cours d’exécution ».
Pour Jean-Michel Sène, les prérogatives de l’ARCOP se limitent à la passation de marchés. « Il y a des jurisprudences qui sont là. Aujourd’hui, il s’agit de deux privés liés par un contrat commercial. Ils doivent résoudre leurs différends devant les tribunaux en l’absence de solutions amiables », a-t-il affirmé.
Intervenant dans une émission sur la SEN TV, un des avocats d’AEE POWER SÉNÉGAL a donné sa version des faits. « L’ASER a introduit un recours en annulation contre la décision de l’ARCOP du 02 octobre dernier portant suspension de la poursuite de l’exécution du contrat concernant le marché d’électrification rurale. Se sentant lésée, elle a saisi la Cour suprême pour annulation de cette décision de l’ARCOP. Mais, un tel acte ne peut empêcher la poursuite des effets d’une décision tant que la Cour suprême ne se prononce pas. Cependant, entre temps, il est possible pour l’ASER de saisir la Cour suprême pour demander la suspension des effets de cette décision du 02 octobre. C’est ainsi que pour annuler ces effets, l’ASER a demandé la suspension de la décision de l’ARCOP avant que la juridiction ne statue sur le fond. C’est justement cette requête qui a été déboutée par la Cour suprême », explique Me Koïta.
Le dossier « ASER-GATE » n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Au cours de l’audience de la Cour suprême portant plainte de l’Aser contre l’Arcop, ce jeudi, les avocats d’AEE POWER SÉNÉGAL ont lâché une bombe. Selon des informations exclusives du Dakarois Quotidien, des milliards de francs CFA du compte destiné à l’exécution du projet d’électrification de 1740 villages seraient introuvables.
En effet, sur un compte d’avance de 56 millions d’euros (presque 37 milliards F CFA destiné au projet), plus de 30 milliards (46 millions d’euros) ont disparu, comme par magie, à en croire les conseils de Saidou Kane, administrateur d’AEE POWER SÉNÉGAL. En réalité, seulement environ 6 milliards F CFA (10 millions d’euros) ont été utilisés dans le cadre du projet. Le reste de l’argent se serait envolé !
Le Procureur, conscient des répercussions sociales de cette situation, a encouragé les parties à entamer des négociations pour lever les blocages et permettre la poursuite du projet. Il s’agit, d’après le Parquet, de garantir que les populations des zones rurales concernées ne soient pas davantage lésées.
D’ailleurs, d’après une source du Dakarois Quotidien, des discussions seraient en cours pour trouver un terrain d’entente entre l’ASER, AEE Power Sénégal et AEE POWER EPC. Cette démarche pourrait permettre de relancer un projet dont la suspension prolonge la souffrance des populations rurales en attente d’électrification.
La Cour suprême a rejeté, ce jeudi, la requête de l’ASER (l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale) visant à suspendre une décision de l’ARCOP (Autorité de Régulation de la Commande Publique) qui bloque un projet d’électrification de 1 740 villages dans plusieurs régions du Sénégal. Au-delà des enjeux juridiques, cette affaire soulève des interrogations sur une disparition présumée de plusieurs milliards de francs CFA du compte destiné à l’exécution de ce projet.
À l’issue d’une audience ce jeudi, la Cour suprême a débouté l’ASER dans le scandale présumé dénommé « ASER-GATE », selon des informations exclusives du Dakarois Quotidien.
La requête de l’ASER visait à annuler une décision de l’ARCOP suspendant le projet d’électrification de mille sept cent quarante (1 740) villages dans les régions de Kaffrine, Saint-Louis, Kédougou, Louga et Tambacounda. Ce projet, vital à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, reste donc bloqué, laissant planer de lourdes incertitudes.
La Cour suprême, statuant en audience des Référés, a, en la forme, jugé irrecevable l’exception soulevée par l’ASER et recevable l’intervention volontaire de la société AEE Power Sénégal, acteur clé dans la mise en œuvre du projet. Au fond, elle a rejeté la requête de l’ASER tendant à suspendre l’exécution de la décision N°107/2024ARCOP/CRP/DEF de l’ARCOP du 02 octobre 2024. Ce qui maintient la suspension du projet.
PLAIDOIRIES
L’Agent Judiciaire de l’État, Bouna Diakhaté, magistrat de profession, qui représentait l’ASER lors du procès, a avancé que le contrat liant AEE POWER SÉNÉGAL et AEE POWER EPC est de la sous-traitance. Par conséquent, il a affirmé que la société sénégalaise n’a aucun intérêt à se constituer.
Mais, le Premier Avocat Général a relevé qu’il s’agit d’un contrat tripartite entre ces acteurs : l’ASER, AEE Power Sénégal et AEE Power EPC. Ainsi, a-t-il été exhorté à l’ASER à donner suite aux interpellations de l’ARCOP plutôt que d’initier des procédures.
D’autre part, le Parquet a admis, au même titre que le Juge des Référés, la compétence de l’ARCOP et le caractère inadéquat, voire inopérant, des dispositions légales invoquées par l’ASER.
Quant au juge, il a pris acte de la décision de la banque SANTANDER qui, en tout état de cause, a choisi de suspendre le financement objet du marché.
En ce qui concerne les avocats d’AEE POWER SÉNEGAL, ils ont soulevé que le partenariat en l’espèce confère 60 % des parts à l’entreprise sénégalaise, contre 40 % à son homologue espagnole. Ce qui, selon eux, a conduit à un contrat de co-traitance et non de sous-traitance tel souligné par l’Agent judiciaire de l’État. En effet, d’après les conseils de Saidou Kane, administrateur d’AEE POWER SÉNÉGAL, la législation sénégalaise ne parle plus de sous-traitance lorsque la partie initiatrice du projet dispose de plus de 40% des parts mais de co-traitance.

Penda Thiam
Une information exclusive du Groupe Le Dakarois ! La Cour suprême a rejeté, ce jeudi, la plainte de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) visant à annuler la décision de l’ARCOP qui avait suspendu le projet d’électrification de 1 640 villages. Cette décision maintient la suspension d’un chantier pourtant crucial pour les zones rurales.
AEE Power Sénégal, impliquée dans le projet, s’était constituée volontairement dans cette affaire. Ce revers pour l’ASER pourrait avoir des conséquences majeures sur la poursuite de ce projet dont la mésentente entre les parties pourrait se terminer en négociations, a appris Le Groupe Le Dakarois.
Le Groupe Le Dakarois reviendra avec plus de détails sur ce dossier brûlant.
Le marché de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser), destiné à l’électrification de plus d’un millier de villages, connaît une nouvelle tournure suite à une plainte déposée par Aae Power Espagne contre son sous-traitant, Aae Power Sénégal, dirigé par Saïdou Kane. Ce développement relance un litige financier impliquant des accusations de fraude et des montants colossaux qui pourraient avoisiner les 1,4 milliard F CFA, selon l’édition de ce lundi 28 octobre du quotidien Les Échos.
La société espagnole accuse Saïdou Kane d’avoir tenté d’intercepter des fonds destinés au démarrage des travaux. Selon Les Échos, Kane aurait essayé d’intercepter les avis de tirage émis par la Direction de l’ordonnancement des dépenses publiques (Dodp) vers la Banco Santander SA pour le versement de l’avance nécessaire au projet.
Par la suite, Aae Power Sénégal aurait adressé des factures à Aae Power Espagne pour des montants élevés, incluant 40 millions d’euros (26 milliards F CFA) pour des avances de démarrage, ainsi qu’une facture supplémentaire de 2,3 millions d’euros (environ 1,5 milliard F CFA) pour des frais divers. Ces frais comprenaient des honoraires d’expertise pour l’évaluation du projet, l’enregistrement du marché, et une redevance auprès de l’Autorité de régulation des contrats de partenariat (Arcop).
Alertée par les montants réclamés, Aae Power Espagne a exigé des pièces justificatives de la part de son partenaire sénégalais. Après vérifications auprès des autorités sénégalaises, notamment du Centre des services fiscaux de Dakar-Liberté et de la Direction centrale des marchés publics (Dcmp), il a été révélé que les documents fournis par Aae Power Sénégal étaient falsifiés. Ces révélations ont accru les soupçons de fraude et déclenché une série de réactions de la part de l’entreprise espagnole.
Face à cette situation jugée « particulièrement grave », Aae Power Espagne a mis un terme à son partenariat avec Aae Power Sénégal. La résiliation de ce contrat, officialisée par lettre et exploit d’huissier le 21 juin 2024, s’est accompagnée d’une nouvelle plainte déposée par la société espagnole, qui se constitue désormais partie civile. Elle accuse son ancien sous-traitant d’avoir frauduleusement utilisé son enseigne et son nom de domaine, ce qui pourrait causer de sérieux dommages à sa réputation.
En parallèle, Aae Power Sénégal avait déjà saisi la justice, contestant la rupture unilatérale de leur partenariat par l’entreprise espagnole. Cette bataille judiciaire s’annonce longue et complexe, impliquant des accusations mutuelles et des demandes de réparations conséquentes. Le montant total en jeu et les accusations de faux documents pourraient également amener les autorités à enquêter plus en profondeur sur l’attribution et la gestion des fonds de ce projet d’électrification.
L’évolution de cette affaire sera suivie de près, car elle pourrait affecter la mise en œuvre du projet d’électrification de l’Aser, un programme essentiel pour le développement rural au Sénégal. Les prochains rebondissements dans cette affaire s’annoncent cruciaux pour déterminer les responsabilités de chaque partie dans cette affaire au cœur d’un contentieux de plus de 1,4 milliard F CFA.
L’affaire autour de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) prend une nouvelle tournure. AEE Power Sénégal, représentée par son directeur général Saidou Kane, a déposé une sommation interpellative à l’encontre de Jean Michel Sene, directeur de l’ASER. Le document a également été adressé à la Radio Télévision Walfadjri (RTW) et à la journaliste Khady Sylla, pour des propos jugés diffamatoires envers AEE Power et son dirigeant.
Selon des sources de Ledakarois.sn, cette action intervient après des déclarations de M. Sene sur RTW le 2 septembre 2024, dans lesquelles il aurait émis des propos pouvant entacher la réputation de M. Kane et de sa société. AEE Power Sénégal a lancé un projet d’électrification de 928 localités réparties dans plusieurs régions, dont Kaffrine, Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou, et affirme que les allégations du directeur de l’ASER ont porté atteinte à son honneur et à sa crédibilité.
Dans ce document interpellatif, AEE Power demande des éclaircissements pour rétablir l’image de son projet, et invite M. Sene à répondre aux questions posées pour lever toute ambiguïté.








Lors d’un meeting de collecte de fonds à Dakar Arena, samedi à Diamniadio, Ousmane Sonko, leader du parti Pastef, s’est exprimé au sujet des polémiques récentes entourant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS). Prenant la défense du directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, Sonko a affirmé avec force : « Il n’y a aucun scandale ».
Sonko a décrit Jean Michel Sène comme un modèle de rigueur et de transparence pour la jeunesse sénégalaise, saluant son courage dans la gestion des affaires publiques. Selon lui, à son arrivée à la tête de l’ASER, Jean Michel a découvert des anomalies dans les contrats de marché, comprenant des commissions et des surfacturations. Il a su corriger la situation, permettant ainsi de réaliser plus de 1 000 électrifications, dépassant les 600 initialement réalisées.
Pour Ousmane Sonko, il est crucial de se concentrer sur des questions urgentes plutôt que de se laisser distraire par des accusations infondées : « L’essentiel est d’accompagner le gouvernement dans sa vision, sans être distrait par des scandales imaginaires ». Il a réaffirmé son soutien à Jean Michel Sène, louant son intégrité et son patriotisme dans l’exercice de ses fonctions à la tête de l’ASER.
D’après des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », Assane Sall, ingénieur en génie électrique, a déposé une plainte contre l’ASER, AEE Power EPC, AEE Power Sénégal et la Banque Santander SA pour « violation du Code de l’électricité ». Il dénonce l’absence d’appel d’offres et de l’avis de la Commission de Régulation (CRSE) dans ce contrat d’électrification de plus de mille sept cents (1700) villages.
Le scandale présumé dénommé « Aser-Gate » est loin de connaître son épilogue. Assane Sall, ingénieur sénégalais en génie électrique, a déposé une plainte intitulée « dénonciation d’infractions » auprès du procureur de la République ce 14 octobre, selon des informations exclusives du « Dakarois Quotidien ».
Fort d’une expérience professionnelle de dix-huit (18) ans dans le secteur de l’énergie, le sieur Sall remet en cause des irrégularités sur le contrat liant l’Aser (Agence sénégalaise d’électrification rurale) à l’entreprise espagnole, AEE Power EPC pour « violation du Code de l’électricité ». Sa plainte vise spécifiquement AEE Power EPC, AEE Power Sénégal, la Banque Santander SA ainsi que toute autre personne physique ou morale impliquée dans l’élaboration et la signature du contrat datant du 23 février 2024.
Le plaignant soutient que cette convention, présentée comme un « contrat par offre spontanée négociée », n’a pas respecté les modes de passation prévus par le Code de l’électricité. En effet, selon l’article 36 du code, les conventions relatives aux activités réglementées du secteur électrique doivent être attribuées via l’un des trois modes suivants : appel d’offres, entente directe ou offre d’initiative privée, explique M. Sall sur la plainte parcourue par « Le Dakarois Quotidien ».
D’autre part, Assane Sall pointe la responsabilité du partenaire technique, AEE Power EPC, et Banco Santander SA, qu’il accuse de n’avoir pas effectué les vérifications nécessaires pour s’assurer que le contrat respectait les lois et règlements du Sénégal. En effet, la partie plaignante souligne que ces entités avaient l’obligation de mener une “due diligence” approfondie afin de garantir la conformité juridique du projet.
« Vu tous les manquements énumérés en supra et qui sont loin d’être exhaustifs », l’ingénieur a demandé au procureur de la République de bien vouloir ouvrir une enquête pour situer les responsabilités afin que les contribuables sénégalais ne soient pas lésés.
Le Dakarois
L’Aser-gate, du nom de ce gros scandale consécutif au retrait d’un marché stratégique d’éclairage public à Aee Power Sénégal, une entreprise sénégalaise, au profit de sa partenaire espagnole, Aee Power Epc, est un condensé des tares congénitales de ceux qui nous gouvernent depuis le 02 avril 2024.
Objet politique au départ non identifié, maître d’œuvre de la plus grosse escroquerie politique de l’histoire du Sénégal – réussir à s’emparer du pouvoir en vendant un « projet » inexistant -, l’homo pastefensis, dénué de sens historique et de profondeur sociologique, a bouleversé le métabolisme de la société politique, de la société tout court, par des pratiques jusqu’à lui inconnues.
Insultes, attaques personnelles, invectives y compris contre les forces symboliques du pays, violences physiques et verbales, destructions industrielles de biens de l’Etat et des particuliers, manipulations de l’opinion, mensonges pathologiques, mauvaise foi ontologique, travestissement des événements et des rôles… l’homo pastefensis n’a reculé devant rien pour arriver à ses fins.
Monté sur le piédestal de la République, il s’est révélé être d’une incompétence crasse et d’une moralité que des scandales successifs ont rendue extrêmement douteuse.
Dernier en date de ces scandales, après l’Onas-gate, l’Eurobond-gate, le Port-gate…, l’Aser-gate est, plus que tous les autres, symptomatique de l’Adn de l’être politique qui nous gouverne.
Portés au pinacle sur la base d’un discours autour du thème de la préférence nationale, nos nouveaux gouvernants ont exposé au grand jour leur duperie en dépouillant une entreprise sénégalaise, qui a financé de ses deniers toutes les formalités du marché, pour le filer à sa partenaire espagnole minoritaire dans le projet. Est-il imaginable que l’Etat espagnol retire un contrat à une entreprise de son pays pour le filer à son associée sénégalaise minoritaire ?
La première fois où j’ai évoqué cette grossièreté, les aboyeurs du régime ont été dépêchés sur les plateaux de télévision pour réclamer que je sois supplucié au bûcher, opérant là l’une des techniques de l’homo pastefensis : la menace aux fins de diversion, la surenchère verbale pour noyer la vérité dans un flot de paroles.
Le 2 octobre, l’Agence de régulation de la commande publique (Arcop) est venue reprendre tous les arguments que j’avais soulevés pour motiver sa décision de suspendre le marché.
Plus que cette sentence, ce sont ces motifs qui sont graves. Nommé par ce nouveau régime, le directeur de l’Aser n’a pu fournir aucun des éléments à lui réclamé par l’Arcop. Tant le fossé est abyssal entre le discours outrancièrement moralisateur de l’homo pastefensis et la réalité de sa pratique du pouvoir.
Devant une décision de cette gravité de l’Arcop, silence radio de celui qui multiplie meetings et conférences de presse pour promettre sang et larmes aux voleurs de l’ancien régime ! Motus et bouche cousue des hauts parleurs de la sonkosphère !
À la place d’une explication du gouvernement, à laquelle tout citoyen est en droit de s’attendre face à un tel scandale, un ministre des Transports, que dis-je des Accidents de la route, a pris la parole pour accuser de mauvaise gestion des dignitaires sous Macky Sall, dans le cadre d’une pathétique mise en œuvre de la vieille technique du contre-feu.
L’entreprise espagnole a littéralement dévalisé les 56 millions d’euros d’avance de démarrage du projet alors qu’une seule lampe n’a commencé à être posée.
En échange de quoi lui a-t-on facilité pareil hold-up ?
Suite à la suspension du marché, le journaliste Madiambal Diagne nous renseigne que les Espagnols réclament le remboursement de 4,5 milliards de fcfa (7 millions d’euros) qu’ils ont donnés. À qui ? En échange de l’éviction de Aee Power Sénégal ?
Là aussi, l’homo pastefensis, si prompt à taxer tous ses adversaires de voleurs, est lourdement silencieux, comme il l’est sur les graves soupçons qui entachent les marchés de l’Onas, l’attribution sans appel d’offres du marché de courtage du prêt Eurobond, le recrutement d’un cabinet par le Port autonome…
Se taire devant tous ces scandales relève, au-delà de l’indécence, d’un manque de vergogne tout court.
La banque Santander, qui a réagi suite à la dévalisation de l’avance de démarrage, a déjà absorbé les 17 millions d’euros donnés par le Sénégal pour couvrir la prime d’assurance, les commissions bancaires et les frais d’avocat afférents à la convention de prêt liant notre pays au Crédit Export Espagnol et à ladite banque. L’Etat sénégalais va au-devant de sérieuses difficultés pour recouvrer les fonds dérobés par Aee Power Epc.
Une gestion si nébuleuse et incompétente aurait, sous d’autres cieux, suscité sinon une poursuite judiciaire, du moins une enquête parlementaire. Cette affaire entre directement dans le champ de compétence de l’Ofnac qui doit s’en saisir.
L’Aser-gate a dévoilé, dans sa nudité, l’être profond de ceux qui nous gouvernent.
Avec ses différentes composantes, ce scandale est un marqueur génétique de l’homo pastefensis.
Cheikh Yérim Seck
L’affaire des marchés d’électrification rurale impliquant la société AEE Power EPC et l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a pris une nouvelle tournure. Selon un courrier du 30 septembre 2024, adressé à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP), la Banque SANTANDER a soulevé de sérieuses interrogations concernant la gestion financière du contrat signé entre AEE Power EPC et ASER.
La Banque SANTANDER, partenaire financier du projet, a exprimé ses préoccupations après avoir sollicité des éclairages de la part de la société espagnole AEE Power EPC sur l’utilisation des fonds débloqués pour ce marché. Cependant, la banque affirme n’avoir reçu aucune réponse de la part de l’entreprise. Cela a renforcé les doutes sur la transparence financière du projet et la manière dont les fonds sont gérés.
En plus de ces interrogations, la banque espagnole a également demandé des clarifications concernant l’éligibilité de l’entreprise AEE Power EPC à la garantie souveraine de l’État sénégalais en cas de résiliation du contrat. SANTANDER souhaite savoir si cette garantie est valable, en particulier en ce qui concerne les primes qui devaient être payées au moment de la souscription, conformément au code CIMA, une législation en vigueur dans les États membres de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance.
Dans cette affaire, l’ARCOP a pris la décision de suspendre l’exécution du marché jusqu’à ce que le Comité de Règlement des Différends (CRD) rende sa décision. Plusieurs éléments justifient cette suspension : ASER n’a toujours pas transmis les documents exigés par le CRD, et la société AEE Power Sénégal a dénoncé la signature d’un protocole d’accord entre ASER et AEE Power EPC, craignant le début des travaux sans garantie sur la régularité des procédures.
De plus, la Banque SANTANDER et la compagnie d’assurance CESCE ont exprimé leurs inquiétudes concernant des transferts d’argent constatés sur le compte destiné au dépôt de l’avance de démarrage, bien que les travaux n’aient pas encore débuté. Ces mouvements financiers non justifiés et l’absence de communication de la part d’AEE Power EPC ont accentué les suspicions de gestion douteuse autour de ce projet.
En attendant la décision finale du Comité de Règlement des Différends, cette affaire continue de soulever de nombreuses questions quant à la transparence des marchés publics au Sénégal et à la gestion des fonds engagés dans ce projet d’électrification rurale.
Un nouveau rebondissement secoue le secteur de l’électrification rurale au Sénégal, suite à la décision de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) de suspendre l’exécution du marché de 91 milliards de francs CFA attribué à AEE Power Espagne et AEE Power Sénégal pour l’électrification de 1600 villages. Ce projet, initialement financé par la banque espagnole Santander avec une avance de démarrage de 37 milliards de francs CFA, est désormais bloqué. La banque elle-même a suspendu son financement, laissant planer des doutes sur la continuité du projet.
Le 30 septembre 2024, les autorités sénégalaises ont été informées de la décision de suspension par la banque partenaire, Santander. Ce marché, encadré par une garantie souveraine de l’État du Sénégal, a suscité de nombreuses interrogations sur la transparence et les pratiques entourant l’attribution du contrat.
Dès l’origine, des voix critiques, dont celle de Bougane Gueye Dany, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, ont dénoncé la gestion opaque du dossier et les multiples irrégularités qui l’entourent. Selon Gueye Dany, les manquements flagrants observés dans ce projet concernent notamment des violations des procédures, particulièrement en matière d’assurance et de respect des normes contractuelles.
L’une des questions soulevées dans cette affaire est le limogeage soudain de Saer Niang, directeur de l’ARCOP, au lendemain de la suspension du marché par le Comité de Règlement des Différends (CRD). Ce départ brusque laisse planer des doutes sur d’éventuels intérêts menacés, d’autant plus que l’ARCOP joue un rôle clé dans la régulation et la transparence des marchés publics.
Certaines voix critiques estiment que ce limogeage pourrait être lié à des pressions ou des intérêts économiques en jeu, mettant en lumière la sensibilité de ce marché, d’autant plus que des irrégularités avaient déjà été pointées dans d’autres projets, comme l’affaire ONAS (Office National de l’Assainissement du Sénégal).
La suspension du projet d’électrification des 1600 villages pose désormais des questions cruciales sur l’avenir de l’électrification rurale dans les régions concernées, et sur l’impact financier pour l’État sénégalais, qui avait accordé une garantie souveraine pour ce projet. De plus, la décision de la banque Santander de suspendre son financement est un signal d’alerte quant aux doutes qui entourent la gestion du marché.
Bougane Gueye Dany, dans son communiqué, promet de revenir sur les détails de cette affaire, mettant en garde contre d’éventuelles autres révélations qui pourraient émerger dans les jours à venir. Ce scandale, selon lui, pourrait encore réserver bien des surprises et renforcer le climat de suspicion autour de la gestion des grands projets publics au Sénégal.
L’affaire du marché de 91 milliards entre l’ASER et AEE Power s’ajoute à une liste croissante de scandales liés aux marchés publics au Sénégal. Alors que la lumière est encore à faire sur les raisons profondes de la suspension et sur les responsabilités des différents acteurs, le limogeage de Saer Niang, directeur de l’ARCOP, et la décision de la banque Santander de geler ses financements laissent entrevoir une affaire complexe et potentiellement lourde de conséquences pour l’État sénégalais.
L’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a pris une décision importante, le 2 octobre 2024, en suspendant à titre conservatoire l’exécution du marché public attribué à AEE Power EPC. Ce contrat porte sur l’électrification rurale des régions de Kaffrine, Saint-Louis, Kédougou, Louga et Tambacounda. Cette mesure découle de soupçons d’irrégularités soulevés autour du processus d’attribution et de l’exécution du marché, mettant en cause l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et AEE Power EPC.
La décision de suspension de l’ARCOP, officialisée par la publication de la décision n° 107/2024/ARCOP/CRD/DEF le 7 octobre 2024, répond à une requête déposée par la société AEE Power Sénégal, représentée par un cabinet d’avocats. Ce dernier conteste la gestion du contrat par ASER et AEE Power EPC. Selon les informations relayées par Dakaractu, AEE Power Sénégal s’oppose à la résiliation de son contrat initial et pointe l’irrégularité du nouvel accord signé entre ASER et AEE Power EPC, soulevant ainsi de nombreux doutes sur la transparence de l’opération.
Parmi les principales préoccupations mentionnées dans la plainte figurent des interrogations concernant le rôle de la Banque SANTANDER dans le financement de ce projet et des doutes exprimés par la société CESCE, un organisme espagnol spécialisé dans la garantie des exportations. Ces deux entités ont exprimé des réserves quant aux conditions de gestion financière du contrat et aux risques potentiels liés à son exécution.
AEE Power Sénégal, qui se trouve évincée du projet, dénonce la signature d’un protocole d’accord entre l’ASER et AEE Power EPC sans que les dispositions légales et réglementaires relatives à la transparence du processus d’attribution aient été respectées. La société redoute que le démarrage des travaux dans ces conditions compromet le bon déroulement du projet, notamment en termes de conformité et de respect des engagements initiaux.
AEE Power Sénégal a ainsi saisi le Comité de Règlement des Différends (CRD), demandant un examen approfondi des faits. En réponse à cette saisine, le CRD a sollicité de l’ASER les documents relatifs au marché. Toutefois, l’ASER n’a pas encore fourni les éléments requis, ce qui a conduit l’ARCOP à suspendre l’exécution du contrat en attendant que le CRD se prononce sur la validité de l’accord.
La suspension de ce marché soulève plusieurs questions, non seulement sur le plan juridique, mais aussi sur le plan financier. Le projet d’électrification des régions concernées repose sur des partenariats financiers internationaux, notamment avec la Banque SANTANDER, qui a émis des inquiétudes concernant l’avancement du projet dans des conditions floues.
Cette situation risque de retarder les travaux d’électrification rurale dans des régions qui, pour beaucoup, dépendent encore de sources d’énergie insuffisantes. Cela pourrait également entraîner une instabilité politique, le projet étant une initiative clé du gouvernement pour améliorer l’accès à l’électricité dans les zones les plus reculées du pays. De plus, la gestion controversée de ce marché public pourrait nuire à la réputation des institutions impliquées, en particulier l’ASER, dont la mission est de promouvoir l’électrification rurale.
L’ARCOP a souligné que cette suspension est provisoire et sera maintenue jusqu’à ce que le CRD rende sa décision finale sur les plaintes déposées par AEE Power Sénégal. Le Comité dispose de 72 heures après réception de tous les documents demandés pour trancher sur l’affaire. Il est donc possible que cette situation évolue rapidement, à mesure que les différentes parties impliquées fournissent des éclaircissements.
En attendant, l’exécution du marché d’électrification dans ces cinq régions reste suspendue, en attente de la résolution des différends. Les retards dans la mise en œuvre de ce projet essentiel pourraient avoir des conséquences importantes sur le terrain, notamment sur les habitants des zones concernées qui comptaient sur une amélioration rapide de leur accès à l’électricité.
La suspension du marché d’électrification rurale entre l’ASER et AEE Power EPC met en lumière des questions plus larges sur la transparence et la gestion des marchés publics au Sénégal. Alors que le Comité de Règlement des Différends est appelé à clarifier cette affaire, l’avenir du projet reste en suspens, avec des enjeux financiers et politiques majeurs en jeu.
C’est un joli coup d’œil audacieux , presque un clin à toute la jeunesse du Sénégal qui constitue presque 65% de notre population de 18 millions d’habitants… La nomination d’un ingénieur de moins de 30 ans à l’ASER, dix ans de moins que la moyenne d’âge, est une vraie gageure.
Notre population est très jeune et le nouveau DG de l’Aser à 30 ans est déjà senior selon l’actuelle pyramide des âges. Avec notre classe politique fossilisée, le nouveau DG de l’Aser peut être considéré jeune, ce qui est loin d’être le cas, le Président L Sedar Senghor n’avait ‘il pas en son temps surpris son monde en nommant au poste de gouverneur de la région de Kaolack un administrateur civil avec presque le même âge que l’actuel de l’ASER.
En piochant dans notre très vaste diaspora, le Président de la République et son chef de gouvernement ont trouvé une rare pépite au parcours hybride : ingénieur avec une immersion professionnelle et surtout des projets de recherche futuristes dans l’énergie et la mobilité.
Au-delà de l’agence chargée de l’électrification, les autorités anticipent avec cette nomination la transition énergétique et la mobilité électrique en plein essor. Il est très loin donc du surdiplômé classique – bardé de diplômes- souvent âgé sans l’empreinte et la qualification professionnelle précises.
Dans son parcours déjà si riche l’étape d’ingénieur d’application reste le graal , Il collabore comme praticien et chercheur avec le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique), EDF (Électricité de France), la DGA (Direction Générale de l’Armement), et Orano – acteur nucléaire- c’est l’ étape ou il est initie’ au 3D, au big data et l’informatique quantique en prélude l’intelligence artificielle.
Il trouve ainsi sa place au cœur du système énergétique français – le 1er en Europe avec son parc nucléaire – en pleine recomposition avec l’accélération de la transition énergétique. Il est exposé aux nouveaux métiers et process que nos formations classiques – ici en Afrique – n’ont pas suffisamment pris en compte, la mise en place des réseaux convergents et intelligents est encore balbutiante faute de production électrique suffisante et d’investissement sur les réseaux.
Heureusement sur le continent notre pays caracole en tête avec plus de 70% pour la pénétration rurale de l’électricité, et 95% pour les zones urbaines ce qui accélère le dépérissement progressif de l’Aser au profit de concession d’électrification rurale plus opérante et des ERILS, dans cet objectif son parcours transversal et hybride pourra aider l’agence à opérer sa mue. Le gaz dont notre pays est si riche va lubrifier cette mutation dans le secteur de l’électricité qui sera reconfiguré en segments métiers autour de la production ; du transport et de la vente- distribution.
Il est presque établi que même un appel à candidature n’aurait abouti à un choix aussi judicieux pour l’Aser tant le parcours du natif de la petite est si brillant, presque taillé sur mesure face aux challenges auxquels fait face l’agence c’est d’ailleurs toute l’intelligence de cette nomination.
Aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre d’années.
Moustapha DIAKHATE
Expert en Infrastructure et Politique Energie