Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en forte progression, les importations en repli en mai 2025

L’activité commerciale du Sénégal avec l’étranger a connu des dynamiques contrastées en mai 2025. Selon le dernier bulletin mensuel publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations ont affiché une hausse significative sur un an, malgré un léger recul mensuel, tandis que les importations ont fortement diminué par rapport au mois précédent.

Les exportations se sont élevées à 469,7 milliards de FCFA en mai 2025, enregistrant une baisse marginale de 0,05 % par rapport aux 469,9 milliards de FCFA du mois d’avril. Ce fléchissement est notamment dû à la chute des ventes à l’extérieur d’huiles brutes de pétrole, de poissons frais de mer et de zirconium. Toutefois, cette tendance a été contrebalancée par une forte progression des exportations de produits pétroliers raffinés, d’acide phosphorique et d’or non monétaire, qui ont connu des hausses respectives de 46,4 %, 184 % et 26,5 % en un mois.

Comparées à mai 2024, les exportations sénégalaises ont bondi de 74,1 %, atteignant un cumul de 2 325,7 milliards de FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 1 413,8 milliards sur la même période en 2024, soit une croissance annuelle de 64,5 %. Les produits les plus exportés en mai sont les produits pétroliers raffinés (102,1 milliards de FCFA), les huiles brutes de pétrole (73,2 milliards), l’or non monétaire (65,2 milliards), l’acide phosphorique (25,0 milliards) et les poissons frais de mer (19,9 milliards de FCFA).

En parallèle, les importations ont connu un net recul, s’établissant à 557,4 milliards de FCFA en mai 2025, contre 619,7 milliards en avril, soit une baisse de 10,1 %. Ce repli s’explique par une diminution des achats de riz, de produits pétroliers raffinés, de véhicules terrestres et de blé. À l’inverse, les importations de maïs, de matériaux céramiques et verriers, ainsi que de produits chimiques ont légèrement progressé, atténuant la chute globale.

Sur une base annuelle, les importations ont reculé de 8,6 % par rapport à mai 2024. Toutefois, sur les cinq premiers mois de l’année, elles affichent une hausse de 5,2 %, atteignant un total de 3 023,8 milliards de FCFA contre 2 874,5 milliards l’an dernier. Les produits les plus importés durant cette période restent les produits pétroliers raffinés (119,9 milliards), les machines et appareils (48,6 milliards), les huiles brutes de pétrole (44,5 milliards) et le riz (35,6 milliards).

Concernant les partenaires commerciaux, le Sénégal continue de diversifier ses échanges. Le Mali demeure le premier client du pays avec 18,6 % des exportations, suivi par l’Inde (12,2 %), la Suisse (9,4 %), l’Italie (8,4 %) et les Pays-Bas (7,7 %). Du côté des importations, les principaux fournisseurs sont la Chine (12,3 %), la France (8,7 %), le Nigéria (8,1 %) et la Russie (8,0 %).

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°520 – 24/07/2025

🔴 AUGMENTATION DE 5,3% DES DÉPENSES PUBLIQUES EN UN AN : L’ÉTAT REFUSE DE SERRER LA CEINTURE
🔴 TRICHERIE AUX EXAMENS : DES INSTITUTEURS INTERPELLENT GUIRASSY

🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LE PRÉSIDENT CHOISI EN NOVEMBRE
🔴 RÉINVENTION DU SPORT SÉNÉGALAIS : 11 INNOVATIONS EN MARCHE

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique :
•       Colonel Momar SOW, Conservateur des Parcs nationaux, matricule de solde n°614 827/D, est nommé Directeur des Aires marines communautaires protégées, en remplacement du Colonel Mamadou SIDIBE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique :
•       Abdoul Aziz ZOUMAROU, Expert en gestion de projets internationaux et en innovation technologique, est nommé Président du Conseil d’Administration de Télédiffusion du Sénégal (TDS), en remplacement de Monsieur El Hadji Ibrahima Ndiaye.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale
•       Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Action sociale, en remplacement de Monsieur Ousseynou Ngom.
Au titre du Ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions
•       Madame Ramatoulaye NIANG, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n606 931/E, précédemment Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, est nommée Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, en remplacement de Monsieur Karim CISSE, appelé à d’autres fonctions.
•       Monsieur Mouhamed Mactar LOUM, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n604 462/J, précédemment Coordonnateur de la Cellule de Coordination des Inspections du Travail et de la Sécurité sociale à la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale, est nommé Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, en remplacement de Madame Ramatoulaye NIANG.
Au titre du Ministère de l’Education nationale :
•       Monsieur Papa Malick NDAO, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde 516 360/M, est nommé Secrétaire général du Ministère de l’Education nationale en remplacement de Madame Khady Diop MBODJ, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

•       Monsieur Omar BA, Conseiller des Affaires étrangères, précédemment, chef de la division Moyen-Orient à la Direction Asie, Pacifique et Moyen-Orient au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères est nommé Secrétaire général de l’Institut Islamique de Dakar, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire

•       Madame Ndèye Déguène SOW, Administrateur Civil, matricule de solde 722 203/B précédemment Conseillère technique à la direction de la Programmation budgétaire, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire en remplacement de Monsieur Gorgui NDIAYE.

•       Monsieur Amadou Tidiane DIALLO, Ingénieur agronome, Diplômé de l’ENSA de Thiès, précédemment Directeur des Investissements, du Financement et du suivi des portefeuilles au FONAMIF, est nommé Directeur général du Fonds National de Microfinance (FONAMIF), en remplacement de Madame Nicole Olga Edith MANSIS appelé à d’autres fonctions.

•       Monsieur Papa Layti NDIAYE, Conseiller en Planification, matricule n° 601 494/H, est nommé Président du Conseil de Surveillance du Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI).

Au titre du Ministère de l’Urbanisme des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires
•       Monsieur Seydou TOUNKARA, greffier, est nommée Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Samba SALL.
•       Monsieur Matar NDAO, ingénieur informatique, expert en management de projets, est nommé directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Aliou Ousmane SALL.
•       Monsieur Papa Alioune DIOUF, inspecteur des impôts et domaines, matricule de solde n 696.269/B, est nommé Secrétaire général au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, poste vacant.
•       Monsieur Leyti NDIAYE, Ingénieur territorial, expert en systèmes d’information, aménagement et urbanisme, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de l’Aménagement des Territoires (ANAT) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
•       Monsieur Habib KANE, juriste, est nommé Président du Conseil d’administration du Centre National de la Fonction publique locale et de la formation au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Madame Maatham BA.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 23 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

 A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le jeudi 17 juillet 2025, la cérémonie de lancement des travaux de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il a adressé ses chaleureuses félicitations et ses encouragements au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, au Coordonnateur et aux membres du Comité d’appui, à l’ensemble de la communauté universitaire, dans toutes ses composantes, pour le travail inclusif de redressement entamé. Cette volonté commune et l’engagement patriotique collectif permettront de bâtir, sur la base de notre potentiel culturel. des acquis historiques et des réorientations impératives pour une Université d’Excellence, un système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation rénové et moderne, au service de l’économie nationale, de la transformation sociale et de la souveraineté du Sénégal. C’est dans cet esprit et, en attendant la présentation des conclusions et recommandations des concertations, qu’il a demandé au Premier Ministre de veiller à la mise en œuvre. sans délai, du Plan d’urgence de finition des chantiers, de réalisation d’infrastructures universitaires et de recrutement d’enseignants-chercheurs sur les trois prochaines années, dont 500 à partir de 2025.  
 
Ce Plan exhaustif doit être assorti d’un dispositif de suivi de proximité, en adéquation avec les flux des nouveaux étudiants bacheliers entrants et des sortants. A cet égard, le Président de la République a demandé au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur de poursuivre le développement de l’Université virtuelle du Sénégal et l’implantation des ISEP dans toutes les régions. Au demeurant, il a rappelé aux Ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de l’Education l’importance d’engager, dans l’immédiat, après une analyse approfondie des résultats de 2025, les réflexions sur la réforme de l’examen du baccalauréat et du système LMD, en tenant compte des besoins de professionnalisation du capital humain national et de la montée en puissance du Numérique, de l’Intelligence artificielle et des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM). Par ailleurs, il a rappelé l’urgence de finaliser, dans le cadre de partenariats public-privé, l’élaboration inclusive d’une politique nationale de recherche et d’innovation opérationnelle, cohérente et prospective, conforme aux objectifs de la vision « Sénégal 2050 », soutenue par des mécanismes de financements adaptés. A ce titre, il a souligné la place notable du secteur privé, notamment des établissements privés, dans le développement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le Chef de l’Etat a, dès lors, exhorté toutes les parties prenantes de la communauté universitaire à asseoir, dans un esprit de dialogue permanent, la stabilité sociale, le sens des responsabilités et la solidarité agissante, la qualité, l’équité et l’excellence du modèle pédagogique, économique et de gouvernance : ressources financières et humaines en termes de mobilité dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.
 
Le Président de la République est revenu sur la problématique du suivi stratégique du développement maitrisé du secteur de l’hydraulique. La renégociation et la signature, entre l’Etat du Sénégal et le Groupe saoudien ACWA POWER, du nouveau contrat de PartenariatPublic-Privé pour la réalisation d’une usine de dessalement sur la grande côte, avec ses infrastructures électriques connexes et une prise de participation stratégique de l’Etat, marquent un tournant majeur dans notre option de consolider un Sénégal souverain, juste et prospère. Cet acte représente un moment important de la transformation du secteur de l’hydraulique. Il a félicité la partie saoudienne, le Gouvernement, notamment le Premier Ministre, responsable de la renégociation des contrats mais également de la supervision et du suivi de la coopération et des partenariats avec les pays du Golfe persique, selon la directive présidentielle n°0684/PR du 13 décembre 2024. Il a aussi magnifié le travail d’équipe gouvernementale remarquable qui a contribué à la conclusion du nouveau contrat et félicité les Ministres en charge de l’Hydraulique, de l’Economie, de l’Energie, des Finances, de l’Environnement et l’ensemble des structures impliquées (notamment la SONES et la SENELEC) pour leur efficacité exemplaire. Il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de veiller au lancement, dans les meilleurs délais, de ce projet hydraulique de dernière génération, indispensable pour améliorer durablement l’approvisionnement en eau potable des populations dans les centres urbains et péri-urbains, notamment les habitants de la capitale. 
 
Dans le même élan, le Président de la République a indiqué au Gouvernement l’importance et l’urgence de veiller à l’approvisionnement correct en eau potable des populations en milieu rural : 
 
–       en accélérant le renouvellement des forages, châteaux d’eau et réseaux ;
–       en améliorant la gouvernance inclusive des forages et autres infrastructures hydrauliques ainsi que la continuité des services, en relation avec les différents concessionnaires dont les performances doivent être régulièrement évaluées.
Enfin, il a rappelé au Gouvernement la nécessité de faire adopter, avant la fin de l’année, le projet de loi relatif à l’Autorité de régulation du secteur de l’Eau, dans le cadre des réformes majeures liées à la Vision Sénégal 2050.
Le Chef de l’Etat a abordé la question de la sanctuarisation des emprises à caractère militaire. Le Sénégal vient de récupérer, le 17 juillet 2025, dans la sérénité et le sens des responsabilités, la totalité des emprises militaires, précédemment occupées par des forces armées étrangères, mettant fin à leur présence permanente sur le territoire national. Il a informé le Conseil avoir visité, le samedi 19 juillet 2025, une partie des sites libérés. Il a félicité le Gouvernement et les forces armées sénégalaises pour les efforts remarquables d’anticipation consentis qui ont permis de recouvrer la pleine souveraineté du Sénégal sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre de la nouvelle politique de coopération militaire. Il a rappelé le caractère crucial de cette étape, dans la perspective de l’affectation adéquate des emprises libérées selon les impératifs : 
 
–       de défense et de sécurité nationale ; 
–       de valorisation de leur potentiel économique dans le cadre du déploiement des projets et programmes relevant de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050. 
Le Président de la République est revenu sur la question de la modernisation des marchés et des espaces commerciaux et de la mise en œuvre des recommandations des états généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI. L’amélioration des conditions d’organisation et d’exercice des activités commerciales doit rester une priorité du Gouvernement. Il a demandé aux Ministres en charge du Commerce et des Collectivités territoriales d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes de modernisation des marchés et espaces commerciaux sur l’ensemble du territoire national. Il a souligné l’urgence de la mise en service des marchés et espaces commerciaux déjà réalisés comme celui de Tilène à Ziguinchor, en veillant à la vérification systématique des prescriptions de la protection civile et à la mise aux normes des installations électriques en particulier. En outre, il a demandé au Ministre en charge du Commerce d’engager sans délai, l’application des recommandations issues des Etats généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI, s’agissant de la modernisation des installations commerciales. Par ailleurs, il a donné des instructions pour accélérer la mise en œuvre du Programme national de réalisation d’infrastructures de stockage et de conservation, programme à développer avec le secteur privé national.
Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il effectuera une visite de travail au Togo, le 25 juillet 2025, à l’invitation du Président du Conseil des Ministres, Faure EYADEMA. Le samedi 26 juillet 2025, il prendra part, à
Monrovia, à la célébration de la fête nationale du Libéria, à l’invitation du Président Joseph Boakai.
Le Premier Ministre, après avoir rappelé les constats alarmants du rapport d’audit des finances publiques par la Cour des comptes, a annoncé au Conseil le plan gouvernemental de redressement économique de notre pays qui sera présenté au grand public et aux partenaires à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement. Le Premier Ministre a abordé la problématique de l’équité sociale, de l’équité territoriale et l’accélération de projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie. Il a souligné le caractère important de l’équité sociale et de l’équité territoriale qui constituent un facteur essentiel de cohésion nationale et de développement durable. Il a ensuite exprimé le souci de corriger les inégalités et déséquilibres socio-spatiaux vécus par des millions de citoyens du fait notamment du chômage, de la pauvreté, de l’enclavement, de la situation de handicap ou de l’appartenance à des groupes vulnérables comme les femmes et les enfants. Il a insisté sur la nécessité de résorber ces inégalités de manière structurelle.
Le Premier Ministre a indiqué que l’équité ne doit plus être perçue comme une politique sociale parmi d’autres. Elle est désormais, à l’image de la problématique environnementale, une exigence transversale, qui interpelle les ministères, collectivités et agences publiques. L’équité doit donc obéir à la nécessité de garantir une juste répartition des opportunités, ressources et retombées des politiques publiques et l’exigence d’une participation transversale de tous les acteurs économiques et sociaux à la mise en œuvre des actions entreprises. Le Premier Ministre a enfin demandé à chaque département ministériel d’intégrer la dimension « Équité » dans sa politique sectorielle et dans le dialogue avec tous les partenaires. Il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités à s’atteler à la prise en charge intégrale de l’Équité à travers un Programme national d’Equité sociale (PNES) visant à réduire les inégalités et à promouvoir l’inclusion des populations vulnérables identifiées dans le Registre national unique (RNU) et un Programme national d’Equité territoriale (PNET) pour corriger les disparités.  Concernant l’accélération des projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie, le Premier Ministre a indiqué qu’il s’agit, d’une part, du Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) et, d’autre part, de deux infrastructures majeures dans les secteurs de l’eau et de l’énergie : l’unité de dessalement des Mamelles et le barrage hydroélectrique de Sambangalou. Ces projets portent une ambition partagée : renforcer notre souveraineté économique, sécuriser l’accès à des services essentiels et offrir de nouvelles perspectives d’emplois et d’industrialisation sur l’ensemble du territoire. Le Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) vise à développer des pôles agro-industriels à fort potentiel, en articulant production agricole, transformation locale et création d’emplois avec la mise en place de cinq agropoles et une couverture équilibrée du territoire national.
À ce jour, les agropoles Sud (Ziguinchor, Kolda) et Centre (Kaolack, Fatick, Kaffrine) sont en cours d’exécution, avec des financements significatifs mobilisés auprès de l’Etat, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), l’Union Européenne (UE) et l’Agence belge de coopération internationale (ENABEL). Ces deux agropoles représentent déjà plus de 160 milliards FCFA d’investissement et visent la création de plus de 350 000 emplois directs et indirects.
L’Agropole Nord, dont le coût est estimé à près de 184 milliards FCFA, a bénéficié d’un premier engagement de la BAD. Toutefois, la convention complémentaire de financement avec la BID (57 milliards FCFA), soumise depuis 2024, reste non signée, ralentissant son lancement. Au-delà des questions de financement, plusieurs facteurs sont à relever, à savoir, la gouvernance du dispositif national et régional, le recrutement des partenaires stratégiques et l’approvisionnement agricole. Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Industrie et de l’Agriculture de faire une revue complète de l’état d’avancement et des contraintes opérationnelles et de produire un rapport détaillé au plus tard le 25 août 2025.
L’unité de dessalement des Mamelles est d’une importance capitale dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau potable à Dakar. Elle vise à produire jusqu’à 100
000 m³ d’eau/jour à terme. À date, le taux d’avancement est estimé à 78 % et les travaux de réseau de distribution sont déjà bien engagés dans plusieurs zones de la capitale.
Le barrage hydroélectrique de Sambangalou, projet régional porté par l’OMVG, vise la production de 128 MW pour les États membres. L’avancement des travaux est actuellement de 38 %, mais ceux du génie civil sont suspendus depuis mars 2024.
Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Économie et du Plan, des Finances, de l’Hydraulique, de l’Énergie, de l’Agriculture et de l’Industrie de travailler, de manière concertée, à l’identification de solutions à court terme (paiement, arbitrage budgétaire, contractualisation) à soumettre avant la date du 15 septembre et à la mise en place d’un suivi renforcé, appuyé par le BOCS. Enfin, il a insisté sur la mobilisation collective pour relancer efficacement les chantiers et répondre aux attentes légitimes des populations.
 AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
–       Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur le financement des projets, la budgétisation, et la stratégie d’endettement ;
–       le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication relative à la préparation de la campagne de reboisement 2025 et du week-end de lancement de la campagne les 02 et 03 août 2025 ;
–       le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;
–       le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur la stratégie numérique du Sénégal à travers le déploiement de l’outil de gestion électronique du courrier (SENGEC).
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
le Conseil a examiné et adopté : le Projet de Code du sport relatif à la Loi sur les activités physiques et sportives. 

Crise dans la Justice : les syndicats SYTJUST et UNTJ durcissent le ton face au silence du gouvernement

Le bras de fer entre les travailleurs de la justice et les autorités sénégalaises prend une nouvelle tournure. L’Entente SYTJUST–UNTJ, regroupement des deux principaux syndicats du secteur, a annoncé une grève de 48 heures pour les 24 et 25 juillet 2025. Cette décision fait suite à ce que les syndicalistes dénoncent comme un mutisme prolongé et méprisant des autorités, notamment du ministre de la Justice, Ousmane Diagne.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats protestent contre la non-satisfaction de leurs revendications relatives à leurs conditions de travail et au respect de leurs droits professionnels. Mais selon eux, l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de fuir ses responsabilités, a contribué à envenimer la situation. Ousmane Diagne, affirment-ils, n’a engagé aucun dialogue ni pris la moindre initiative pour désamorcer la crise, préférant transférer la gestion du conflit au ministère de la Fonction publique. Or, la seule rencontre tenue avec ce dernier interlocuteur remonte au 1er juillet, sans qu’aucune suite concrète n’ait été donnée depuis.

Dans leur déclaration, les responsables syndicaux s’indignent du « mépris institutionnalisé » dont ils se disent victimes. Ils estiment que le silence persistant du gouvernement est une stratégie délibérée visant à affaiblir leur mobilisation. Ce mépris, dénoncent-ils, est d’autant plus grave que l’État aurait également recours à des réquisitions qu’ils jugent illégales, dans le but d’entraver l’exercice du droit constitutionnel de grève. Une telle attitude, affirment-ils, constitue une menace pour les droits syndicaux et les acquis démocratiques durement obtenus.

Déterminés à ne pas céder face à ce qu’ils considèrent comme une forme d’intimidation, les syndicats appellent à une mobilisation générale sur toute l’étendue du territoire. Ils exhortent non seulement les travailleurs de la Justice, mais aussi toutes les centrales syndicales et les organisations sociales, à se joindre à leur lutte pour la sauvegarde des droits syndicaux et la défense de la dignité des agents de l’État. À travers ce mot d’ordre élargi, l’Entente SYTJUST–UNTJ veut faire de ce mouvement un combat national pour les libertés syndicales.

Cette grève de 48 heures marque une étape importante dans un mouvement qui dure depuis plus d’un mois, depuis le 18 juin. Elle symbolise une radicalisation de la lutte syndicale et un durcissement du ton face à des autorités perçues comme indifférentes aux préoccupations du secteur judiciaire. Les syndicats préviennent que la mobilisation se poursuivra et que le combat ne s’arrêtera que lorsque leurs revendications auront été entendues et prises en compte.

À travers leur mot d’ordre fort, « Justice en lutte, dignité en marche », les syndicats entendent rappeler que derrière chaque robe noire ou chaque greffier, il y a un travailleur debout, conscient de ses droits et prêt à les défendre. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, appelé à sortir du silence pour éviter une paralysie prolongée du service public de la Justice.

Sénégal–Vietnam : accords stratégiques pour renforcer la coopération diplomatique et la souveraineté alimentaire

Le Sénégal et le Vietnam ont franchi un nouveau cap dans leurs relations bilatérales, ce mercredi 23 juillet 2025, à Dakar, avec la signature de plusieurs accords stratégiques. Présidée conjointement par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et le président de l’Assemblée nationale vietnamienne Trần Thanh Mẫn, la cérémonie a consacré une volonté commune d’approfondir une coopération structurante autour de trois axes clés : la diplomatie, la filière rizicole et la souveraineté alimentaire.

Ces accords visent à établir un partenariat dynamique, fondé à la fois sur le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités techniques et le développement économique. En matière de diplomatie, il s’agit d’intensifier les relations entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, avec à la clé des perspectives d’échanges institutionnels réguliers, de formation diplomatique croisée et d’appui aux politiques de coopération Sud–Sud.

Sur le plan agricole, l’enjeu est de taille pour le Sénégal qui, chaque année, importe plus de 4 millions de tonnes de riz. Le Vietnam, l’un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux dans ce domaine, s’engage à accompagner Dakar dans sa quête d’autosuffisance, en apportant son expertise en matière de production, de transformation et de mécanisation agricole. Ce volet agricole des accords met l’accent sur la valorisation des terres cultivables, la mise en place de filières locales durables et la sécurisation de la production à travers une approche agro-industrielle.

Selon une source proche de la Primature, cet accord constitue « un partenariat structurant, dans un contexte où les enjeux de souveraineté alimentaire sont devenus centraux pour les politiques publiques africaines ». Il est aussi prévu la mise en œuvre d’échanges scientifiques et techniques, notamment dans les domaines de la gouvernance agricole, de la formation professionnelle, de la gestion de l’eau et de la transition agroécologique.

Dans un registre plus décentralisé, un protocole d’intention a été signé entre les villes de Ziguinchor et Can Tho, grande municipalité vietnamienne située dans le delta du Mékong. Ce partenariat municipal ouvre une nouvelle dynamique de coopération locale, centrée sur la gestion environnementale, le développement économique de proximité et l’amélioration des services publics urbains. Les deux collectivités entendent s’inspirer mutuellement pour répondre aux défis locaux, tout en favorisant les échanges humains et culturels.

À travers ces différentes initiatives, Dakar et Hanoï confirment leur ambition de construire une relation durable, équilibrée et mutuellement bénéfique. Dans un monde marqué par les défis du climat, de l’alimentation et de l’instabilité géopolitique, cet axe Sénégal–Vietnam pourrait bien devenir l’un des nouveaux visages de la coopération sud-sud innovante et pragmatique.

Renforcement des relations bilatérales : Bassirou Diomaye Faye reçoit le président de l’Assemblée nationale du Vietnam au Palais

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce mercredi 23 juillet 2025 une audience solennelle à M. Trân Thanh Mân, président de l’Assemblée nationale de la République socialiste du Vietnam, en visite officielle à Dakar. Cette rencontre, qui s’est tenue au Palais de la République, marque une étape importante dans les relations diplomatiques entre les deux pays, et témoigne de leur volonté commune de renforcer une coopération multiforme.

La Présidence sénégalaise a salué sur sa page officielle cette visite qualifiée d’historique, mettant en exergue la solidité des liens d’amitié entre le Sénégal et le Vietnam. Elle souligne que cette audience de haut niveau traduit un engagement partagé à intensifier les échanges institutionnels, à promouvoir un dialogue interparlementaire dynamique et à approfondir les relations entre les deux peuples dans un esprit de respect mutuel, de solidarité et de coopération durable.

À travers cette réception, le Sénégal réaffirme sa vision d’une diplomatie ouverte et proactive, fondée sur les valeurs de fraternité, de paix, de développement et de prospérité partagée. Le président Diomaye Faye, qui fait de la diversification des partenariats un pilier central de sa politique extérieure, renforce ainsi l’ancrage du Sénégal dans une coopération Sud-Sud porteuse d’opportunités.

La visite de Trân Thanh Mân s’inscrit dans un contexte où les deux pays explorent de nouveaux axes de collaboration, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’industrialisation, de la formation, de l’innovation technologique et de l’investissement. Elle intervient également en écho aux propos du ministre sénégalais de l’Agriculture, Mabouba Diagne, qui a récemment présenté le Vietnam comme un modèle inspirant pour le Sénégal en matière de souveraineté alimentaire et de modernisation agricole.

Cette rencontre entre les deux plus hautes autorités exécutive et législative des deux États constitue donc un signal fort en faveur d’un partenariat stratégique renouvelé entre le Sénégal et le Vietnam. Un partenariat fondé sur le partage d’expériences, la coopération économique et le dialogue politique constructif.

Affaire Diakhaté–Fofana : le délibéré encore reporté, pour la troisième fois

L’affaire judiciaire impliquant l’ancien député Moustapha Diakhaté et le chroniqueur Bachir Fofana connaît un nouveau report. Le délibéré, initialement attendu ce mardi 23 juillet 2025, a été à nouveau renvoyé, cette fois au 30 juillet, en raison de la poursuite de la grève des greffiers.

Il s’agit du troisième report consécutif dans cette procédure. Le verdict devait être rendu pour la première fois le 16 juillet, avant d’être repoussé d’une semaine, puis à nouveau ajourné ce jour. Un scénario qui prolonge l’incertitude judiciaire et maintient les deux prévenus en détention provisoire.

Cette nouvelle échéance, bien qu’administrative, pèse lourd sur le moral des proches des mis en cause, d’autant que les motifs de l’accusation, eux, n’ont toujours pas été publiquement précisés en détail. L’avocat de la défense a exprimé sa frustration face à ces retards répétés, qui empêchent tout éclaircissement sur la suite du dossier.

Farba Ngom : bracelet électronique maintenu pour ses frères, une inculpation rejetée pour le maire des Agnams

Nouvelle évolution dans l’affaire judiciaire qui secoue Farba Ngom et son entourage. Ce mercredi, la Chambre d’accusation s’est prononcée sur plusieurs points sensibles du dossier. Elle a d’abord confirmé la décision de placement sous bracelet électronique des deux frères du député-maire des Agnams, mis en cause dans une affaire de transaction financière douteuse portant sur un montant de 4 milliards FCFA, viré depuis le Trésor public en juin 2022.

Les deux frères de Farba Ngom sont inculpés pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, complicité d’escroquerie sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Leur mise sous surveillance électronique, décidée par le juge d’instruction du premier cabinet financier, avait été contestée par le parquet, qui réclamait leur incarcération. La Chambre d’accusation a finalement tranché en faveur du maintien de la mesure initiale, rejetant ainsi l’appel du ministère public.

Dans le même dossier, la Chambre s’est également penchée sur le cas de Farba Ngom lui-même. Elle a rejeté l’une des principales charges qui pesaient contre lui, à savoir l’inculpation pour association de malfaiteurs en bande organisée. Une décision qui allège partiellement le fardeau judiciaire du maire des Agnams, sans toutefois remettre en cause les autres poursuites engagées à son encontre.

Parallèlement, un nouveau rebondissement médical est intervenu mardi 22 juillet. Le juge d’instruction Idrissa Diarra, saisi de la demande de liberté provisoire formulée par les avocats de Farba Ngom le 10 juillet dernier, a refusé d’accéder à cette requête, en dépit d’une première expertise médicale concluant que l’état de santé du prévenu était incompatible avec une détention carcérale. Le magistrat a cependant ordonné une contre-expertise médicale, en désignant un trio de médecins pluridisciplinaires chargés d’évaluer de manière indépendante la condition physique du député incarcéré depuis février 2025.

Le collège médical désigné comprend le professeur Serigne Maguèye Guèye, chef du service d’urologie de l’Hôpital Général Idrissa Pouye, le docteur Pape Saliou Mbaye, spécialiste en hépatologie et gastro-entérologie, et le docteur Ousmane Dièye, cardiologue. Leur mission est de produire un rapport circonstancié sur la capacité de Farba Ngom à supporter une incarcération prolongée.

Magal 2025 : Autorités religieuses et gouvernement en concertation pour les derniers réglages

À quelques semaines du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur du calendrier sénégalais, les préparatifs s’accélèrent. Ce mardi, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion du Comité Régional de Développement (CRD) national, consacrée aux derniers ajustements avant le rassemblement. Présidée par le Ministre de l’Intérieur, la rencontre s’est tenue en présence de Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, porte-parole du Khalife général des Mourides et président du comité d’organisation du Magal, aux côtés des dignitaires religieux, des représentants de l’administration et des principaux acteurs engagés.

Lors de cette séance stratégique, le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un état d’avancement précis des engagements pris. Sur les 127 points inscrits dans la feuille de route, 32 sont entièrement réalisés, 69 sont en cours de finalisation et 26 devraient l’être dans les prochains jours. Le taux global d’exécution est estimé à 80 %, reflet d’une mobilisation constante et coordonnée entre les différents services impliqués.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires, notamment la santé publique, l’hygiène, l’assainissement, l’approvisionnement en eau, la logistique, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que l’amélioration générale du cadre de vie dans la ville sainte de Touba. Le cadre hebdomadaire des « Mercredis du Magal », instauré pour assurer un suivi régulier, permet aux équipes techniques et administratives de maintenir un haut niveau de coordination.

Prenant la parole, Serigne Bassirou Abdou Khadr a salué les efforts déployés par l’ensemble des acteurs, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le rythme afin d’atteindre un taux d’exécution de 100 %. Il a également rappelé des points essentiels : le respect strict de l’interdiction de la conduite de charrettes par des mineurs, l’obligation de se conformer aux normes de construction, ainsi que la nécessité d’obtenir un permis de bâtir pour toute édification dans la ville sainte. Il a, en outre, souligné le rôle stratégique de Touba dans la répartition des ressources nationales.

Le Ministre de l’Intérieur a, quant à lui, salué l’efficacité et l’exemplarité du comité d’organisation. Il a réaffirmé l’engagement du Président de la République et du gouvernement à accompagner les préparatifs et à garantir les meilleures conditions de déroulement du Magal. Des prières ont été formulées pour la paix, la stabilité du pays et la réussite de cet événement spirituel de portée nationale et internationale.

António Guterres : « Un moment décisif pour accélérer l’ère des énergies propres »

Dans un discours solennel, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dressé un état des lieux lucide de la transition énergétique mondiale. Selon lui, l’humanité est à la croisée des chemins : soit elle accélère la bascule vers les énergies propres, soit elle s’enlise dans un modèle fossile synonyme de chaos climatique, d’instabilité économique et d’injustice sociale.

Aujourd’hui, un tournant historique semble amorcé. En 2024, la quasi-totalité des nouvelles capacités électriques installées à travers le monde provenaient des énergies renouvelables. Les investissements dans ce secteur ont atteint un niveau record de 2 000 milliards de dollars, soit 800 milliards de plus que ceux injectés dans les énergies fossiles. Le solaire et l’éolien se sont imposés comme les sources d’électricité les moins chères de la planète. En plus de créer des millions d’emplois et de stimuler la croissance, les énergies propres offrent une stabilité face aux chocs géopolitiques et aux fluctuations du marché, contrairement aux combustibles fossiles toujours massivement subventionnés.

Guterres ne mâche pas ses mots : les pays qui persistent à s’accrocher aux énergies fossiles ne protègent pas leur économie, ils la sabotent. En agissant ainsi, ils se ferment à la plus grande opportunité économique du XXIe siècle et compromettent leur compétitivité future. L’énergie propre, en plus d’être durable, renforce la souveraineté des nations. Là où les hydrocarbures sont soumis à des crises d’approvisionnement, à des embargos ou à des flambées de prix, le soleil et le vent, eux, sont inépuisables et accessibles à tous.

L’énergie propre, c’est aussi un levier de justice sociale. Elle peut transformer la vie de centaines de millions de personnes encore privées d’électricité, notamment en Afrique, grâce aux technologies solaires décentralisées et aux innovations à petite échelle. Mais cette transition, pourtant inévitable, reste aujourd’hui trop lente et profondément inégale. Les pays en développement sont encore largement laissés pour compte, et les systèmes énergétiques mondiaux demeurent dominés par les énergies fossiles. Pire encore, les émissions mondiales continuent d’augmenter alors qu’elles devraient chuter drastiquement pour éviter un dérèglement climatique irréversible.

Face à cette situation, António Guterres appelle à une mobilisation mondiale à plusieurs niveaux. Il demande d’abord aux gouvernements de revoir leurs plans climat en relevant fortement leurs ambitions. Les Contributions déterminées au niveau national (CDN), attendues dans les mois à venir, doivent clairement tracer une trajectoire de sortie des énergies fossiles et s’aligner avec l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Le G20, responsable de 80 % des émissions, a un devoir d’exemplarité.

Il insiste ensuite sur la nécessité de moderniser les systèmes énergétiques pour exploiter pleinement le potentiel des renouvelables. À ce jour, pour chaque dollar investi dans les énergies vertes, à peine 60 centimes sont consacrés aux réseaux électriques et aux capacités de stockage, alors qu’un équilibre parfait est indispensable pour garantir la fiabilité de l’approvisionnement.

Autre priorité : orienter la demande énergétique vers le renouvelable, notamment dans les secteurs à forte consommation, comme les centres de données, dont les besoins pourraient égaler ceux du Japon d’ici 2030. Les grandes entreprises technologiques ont, selon Guterres, une responsabilité dans l’alimentation de leurs infrastructures en électricité verte.

Il insiste également sur la nécessité d’une transition juste, qui tienne compte des travailleurs dépendants des combustibles fossiles, mais aussi des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Celles-ci sont aujourd’hui entachées de violations des droits humains, de dégradations environnementales et d’une marginalisation des pays en développement, relégués aux maillons les moins rentables.

Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont fragiles et le commerce mondial fragmenté, le Secrétaire général exhorte les États à coopérer pour diversifier la production d’équipements verts, réduire les barrières douanières et adapter les traités d’investissement afin qu’ils soutiennent activement la transition énergétique.

Enfin, Guterres alerte sur le sous-financement chronique des pays du Sud. Il rappelle que l’Afrique, bien que disposant de 60 % du potentiel solaire mondial, n’a attiré que 2 % des investissements en 2024. Il appelle à une mobilisation internationale pour alléger le fardeau de la dette, réformer les banques multilatérales de développement et inciter les investisseurs à revoir leurs grilles d’évaluation, afin de mieux intégrer les risques climatiques et le potentiel des énergies propres.

En conclusion, António Guterres dépeint une vision ambitieuse, mais réaliste : celle d’un avenir où l’énergie est propre, abondante, bon marché, et accessible à tous. Un avenir où les nations retrouvent leur autonomie énergétique et où l’électricité devient un bien commun mondial. Pour y parvenir, il faut agir maintenant. Car, comme il le martèle, la transition énergétique est en marche, mais elle doit aller plus vite, et surtout être plus équitable. « Nous avons aujourd’hui une occasion unique d’accélérer la transition mondiale. Saisissons-la. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°519 – 23/07/2025

🔴 AFFLUENCE RECORD À REBEUSS / BADARA GADIAGA : UN HÉROS ENTRE QUATRE MURS
🔴 L’EX-DG D’ANAMO CITÉ DANS UNE AFFAIRE DE 600 MILLIONS F CFA : MAODO MALICK MBAYE TOMBE

🔴 LSFP / CANDIDATURE DE MOHAMED DJIBRIL WADE : UN PROFIL QUI COCHE TOUTES LES CASES
🔴 CRÉATION D’UNE FÉDÉRATION NATIONALE : LA LUTTE SÉNÉGALAISE FRANCHIT UN CAP

Seydi Gassama défend OSIWA : « L’État est le premier bénéficiaire des subventions »

Au cœur d’un débat vif autour de la Fondation Open Society pour l’Afrique de l’Ouest (OSIWA), Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, est sorti de sa réserve pour apporter des clarifications importantes. Face aux nombreuses critiques qui circulent dans les médias et sur les réseaux sociaux à propos de cette organisation active au Sénégal depuis 2000, il a souhaité rétablir certaines vérités dans une publication sur sa page Facebook.

Seydi Gassama souligne d’emblée que la démarche la plus responsable, intellectuelle et journalistique, aurait été de se rendre au siège d’OSIWA afin de s’informer directement sur ses programmes et ses activités au Sénégal et dans la sous-région ouest-africaine. Il déplore cependant que beaucoup préfèrent se contenter de déclarations péremptoires provenant de personnes se présentant comme experts, mais qui ne font que relayer des opinions sans fondement dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal tient à rappeler que l’État sénégalais est en réalité le principal bénéficiaire des subventions octroyées par OSIWA. Il explique que de nombreux secteurs gouvernementaux ont reçu ce soutien financier dans le cadre de projets spécifiquement identifiés et validés par les autorités nationales. Ainsi, loin d’être une structure agissant en marge, la Fondation collabore étroitement avec les institutions publiques pour accompagner le développement et la mise en œuvre de politiques publiques.

Par ailleurs, Seydi Gassama insiste sur le rôle fondamental que joue OSIWA dans le soutien à la société civile, un acteur clé pour la consolidation de la démocratie et la promotion de la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest. Il rappelle que ce soutien contribue à renforcer les capacités des organisations locales, favorisant ainsi une meilleure participation citoyenne et un contrôle plus effectif des pouvoirs publics.

En somme, cette prise de parole vise à nuancer les critiques et à mettre en lumière l’importance du partenariat entre OSIWA, l’État sénégalais et la société civile pour le progrès démocratique et social dans la région. Face à la désinformation ambiante, Seydi Gassama invite donc à un regard plus informé et équilibré sur le rôle de cette fondation.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°518 – 22/07/2025

🔴 « LE SÉNÉGAL NE SERA JAMAIS UNE DICTATURE DE TRANSITION » : BARTH’ DÉFIE LE TANDEM
🔴 KEUR MOUSSA / LE VICARIAT ET LA FAMILLE FILFILI ACCUSÉS DE SPOLIATION FONCIAIRE : LES HABITANTS DÉTERMINÉS À MOURIR POUR LEUR TERRE

🔴 ZIGUINCHOR / DON MÉDICAL DE 10 MILLIONS F CFA : NICOLAS JACKSON JOUR SOLIDAIRE
🔴 PRÉPARATIFS AFROBASKET FÉMININ 2025 : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE AU MALI

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°517 – 21/07/2025

🔴 « INSULTEZ CEUX QUI INSULTENT OUSMANE SONKO », DIT LE MINISTRE DE L’ÉNERGIE, DU PÉTROLE ET DES MINES AUX MILITANTS DE PASTEF : ENCORE LUI !
🔴 CRISE DE GOUVERNANCE ET SÉQUELLES POST TRAUMATIQUES : ÉLIMANE KANE PRESCRIT UN PSY À SONKO

🔴 LUTTE : SITEU DÉCHIRE LE MYTHE BG2 !
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : LES JUNIORS DU CASA SPORTS DÉCROCHENT LE TITRE

Tensions au sommet : Elimane Kane alerte sur une possible crise à la Senghor-Mamadou Dia entre Diomaye et Sonko

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de Legs Africa, a livré une analyse aussi lucide qu’inquiétante de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour ce membre influent de la société civile, les signes d’un désaccord profond entre les deux hommes forts du régime Pastef sont visibles, et pourraient rappeler un épisode tragique de l’histoire politique sénégalaise : la crise institutionnelle de 1962 entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia.

« Ce qui s’était passé en 1962 peut se reproduire entre Sonko et Diomaye », a-t-il averti, en faisant référence à la fracture historique entre le président Senghor et son chef de gouvernement Mamadou Dia, qui avait abouti à l’emprisonnement de ce dernier et à un tournant autoritaire dans la gouvernance du pays.

Pour Elimane Kane, le malaise entre les deux hommes n’est plus à démontrer. La sortie récente d’Ousmane Sonko, qui a publiquement reproché à Diomaye Faye son silence face aux attaques dirigées contre lui, en est une parfaite illustration. « Les deux dansent, mais pas la même musique », résume-t-il, soulignant une divergence stratégique flagrante au sommet de l’État. Selon lui, le président agit selon les conseils de son entourage proche, tandis que le Premier ministre suit ceux de son propre camp. Résultat : une fracture idéologique et politique, bien qu’ils soient issus du même parti.

L’expert n’a pas manqué de citer des exemples précis pour illustrer ces dissensions, notamment la visite du président Diomaye Faye en France et son audience avec Emmanuel Macron, ainsi que sa rencontre avec l’ancien président Abdou Diouf. Des actes qu’Ousmane Sonko, dans sa logique de rupture avec l’ancien système, aurait difficilement pu assumer ou même cautionner.

Sur un autre front, Elimane Kane a également réagi aux propos virulents du Premier ministre à l’égard de la société civile, que ce dernier avait qualifiée de « fumiers » lors d’une précédente sortie. Bien que ne se sentant pas personnellement visé, Kane a fermement condamné la généralisation de ces attaques : « Il a offensé notre Chef d’État, il a offensé notre justice, il a offensé la presse, il a ciblé même des organes, et pour finir, la société civile. »

Plus encore, le président de Legs Africa a dénoncé une dérive autoritaire inquiétante dans les propos d’Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci a clairement évoqué sa volonté d’instaurer un État-parti. Une perspective que Kane juge inacceptable au Sénégal : « Il ne peut pas y avoir de dictature au Sénégal. On ne va pas l’accepter. Il ne peut pas intimider ou faire taire les gens. À défaut de tous nous tuer ou nous envoyer en prison, la dictature ne passera pas. »

Au-delà du constat d’un désaccord croissant, Elimane Kane tire ici la sonnette d’alarme : si les lignes de fracture ne sont pas rapidement contenues, le Sénégal pourrait être confronté à une crise institutionnelle inédite depuis l’indépendance. À l’heure où le pays aspire à une gouvernance apaisée et à des réformes profondes, les tensions internes au sommet de l’État pourraient fragiliser davantage un équilibre déjà précaire.

Dialogue politique : Elimane Kane prend ses distances avec l’opposition et plaide pour une refondation du système démocratique

Invité de l’émission « FACE AU JURY » diffusée ce dimanche sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa, a livré une lecture singulière du dialogue politique national récemment clôturé. Contrairement à plusieurs figures de l’opposition qui ont exprimé leur mécontentement, notamment sur la remise des conclusions, Elimane Kane a tenu à marquer sa différence : « Je ne suis pas du même avis que l’opposition sur la remise des conclusions du dialogue, parce que le président de la République a la primeur », a-t-il affirmé d’entrée.

Pour le leader de la société civile, les critiques ne devraient pas porter sur la procédure de restitution, mais plutôt sur la nature même du dialogue et la manière dont il a été conçu. À ses yeux, le véritable problème réside dans les termes de référence définis pour ce processus. « Tout tournait autour du système électoral », a-t-il regretté, estimant que cette focalisation a considérablement limité la portée du débat. Il note par ailleurs que ces termes ont été fixés par la Direction générale des élections, et que même le rapporteur était un spécialiste des questions électorales. Dès lors, ajoute-t-il, « il était difficile que les discussions dépassent ce cadre très technique ».

Elimane Kane s’est voulu toutefois nuancé. Il a salué l’organisation générale du dialogue, qu’il juge satisfaisante dans sa forme : « Hormis les termes de référence, il n’y a aucun problème à signaler. Tout s’est passé comme prévu, le facilitateur était un membre de la société civile, dans l’ensemble c’était bien ». Ce satisfecit partiel contraste avec les dénonciations virulentes de certains opposants, mais ne signifie pas pour autant une approbation du système actuel.

Car c’est là que se situe le cœur de sa critique : pour lui, il faut sortir de la logique d’une démocratie cantonnée à une simple compétition entre partis politiques. « Le système politique ne doit pas se limiter à la compétition entre acteurs partisans », a-t-il martelé. Selon le président de Legs Africa, il est urgent d’élargir le champ démocratique à la participation citoyenne. « Il faut que le citoyen soit intégré dans les mécanismes de fonctionnement du système politique. C’est à cette condition que la démocratie deviendra réellement représentative. »

Très critique vis-à-vis de la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne actuellement, Elimane Kane affirme qu’elle a échoué : « C’est pourquoi on parle de député de tel parti ou de tel président, au lieu de parler de député du peuple. » Il plaide ainsi pour une refondation du système politique, qui permette aux citoyens de retrouver une place centrale dans la gouvernance publique. Un plaidoyer qui rejoint les aspirations de nombreux acteurs de la société civile, désireux de rééquilibrer le pouvoir entre les institutions, les partis et les citoyens.

Les propos d’Elimane Kane interviennent dans un contexte marqué par une défiance croissante envers les mécanismes traditionnels de la démocratie sénégalaise. Ils soulignent une volonté de remettre en question les bases mêmes de la représentation politique, au moment où le pays tente de tourner la page d’un cycle électoral tendu et de poser les jalons d’un nouveau modèle de gouvernance.

Pastef au pouvoir, l’État en colère : la langue sale d’un ministre ( Par El. KANE )

Il est des fonctions qui imposent retenue, hauteur et exemplarité. Être ministre de la République n’est pas un privilège, encore moins un strapontin d’invectives ; c’est un contrat moral avec la nation, un engagement au service de tous les citoyens, sans distinction d’obédience politique. Malheureusement, Birame Souleye Diop semble avoir complètement perdu de vue ce que signifie servir l’État dans la dignité et la responsabilité.

Depuis sa nomination au gouvernement, le ministre de l’Énergie multiplie les sorties qui fragilisent l’autorité de l’État qu’il est pourtant censé incarner. En avril 2024, il décrète que son ministère — donc l’État — ne parrainerait plus ni combat de lutte, ni match de football, ni baptême. Un mépris assumé pour les cultures populaires, les traditions sportives et les expressions sociales qui rassemblent les Sénégalais bien au-delà des clivages politiques. Que vaut un gouvernement qui tourne le dos à son peuple et à ses réalités les plus fondamentales ? Que vaut un ministre qui décide de qui mérite ou non l’attention de la République ?

Mais ce n’est pas tout. Plus récemment, le 19 juillet 2025, à l’université d’été du Pastef, Birame Souleye Diop a délibérément franchi la ligne rouge. Devant une foule de jeunes militants, il a encouragé, sans détour, l’usage de l’insulte comme arme politique : « Kou saga Sonko, saga len ko. Kou saga Président, saga len ko. Ndakh féyou dagane na. » En clair : insultez tous ceux qui critiquent nos leaders. Une telle déclaration, dans la bouche d’un homme d’État, est une honte. Elle piétine les principes fondamentaux de la démocratie, du vivre-ensemble et du respect mutuel. Elle transforme le débat politique en champ de bataille verbal, où la violence devient norme.

Ce discours est indigne d’un ministre de la République. Il n’honore ni la fonction, ni le parti au pouvoir, ni le président de la République dont l’appel à l’apaisement et au dépassement a été récemment réaffirmé. En un seul discours, Birame Souleye Diop a compromis l’image de neutralité que devrait conserver tout membre du gouvernement, et fragilisé l’équilibre déjà précaire du débat public.

Le Sénégal n’a pas besoin de ministres qui attisent la haine et l’affrontement. Le Sénégal n’a pas besoin de porte-flingues politiques déguisés en serviteurs de l’État. Le pays a besoin de bâtisseurs, de rassembleurs, de personnalités capables d’élever le ton sans salir la parole, de défendre leurs idées sans appeler à la guerre des insultes.

À ce rythme, c’est la crédibilité du gouvernement tout entier qui est mise en jeu. Il est urgent de rappeler à certains ministres qu’ils ne sont plus dans l’opposition, et que la République n’est ni une tribune partisane, ni une arène de clashs. C’est un idéal, une exigence, une responsabilité. Birame Souleye Diop ferait bien de s’en souvenir.

Protocole d’accord entre l’État et l’Intersyndicale : l’Alliance des Travailleurs des Collectivités Territoriales dénonce une exclusion injuste

L’Alliance Nationale des Syndicats des Travailleurs des Collectivités Territoriales (ANSTCT) est montée au créneau pour dénoncer vigoureusement le protocole d’accord conclu entre l’État du Sénégal et l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales. Dans un communiqué publié le 18 juillet, l’Alliance rejette ce document qu’elle qualifie de « protocole de compromission », dénonçant une entente jugée injuste, partiale et excluante.

Selon l’ANSTCT, ce texte, loin d’apporter une réponse globale aux revendications des travailleurs, ne profite qu’à une minorité, laissant de côté des milliers d’agents pourtant pleinement engagés dans la lutte sociale. « Après plusieurs années d’âpre lutte ponctuée de moments d’espoir et de désillusion, les travailleurs des Collectivités territoriales espéraient voir enfin le bout du tunnel », regrette l’Alliance dans son communiqué. Ces espoirs se sont effondrés avec la signature d’un accord considéré comme sélectif et discriminatoire.

L’Alliance reproche à l’Intersyndicale d’avoir négocié de manière exclusive, en s’appuyant sur les acquis arrachés au prix de longues batailles syndicales, notamment par la coalition AND-GUESSEUM, tout en écartant délibérément d’autres organisations telles que l’ANSTCT. Cette mise à l’écart, selon les signataires du communiqué, a abouti à un accord déséquilibré.

Le protocole prévoit une revalorisation salariale uniquement pour 1 115 agents fonctionnaires, dont les traitements mensuels connaîtront une hausse comprise entre 80 000 et 300 000 francs CFA. Quant aux 6 458 agents non fonctionnaires, ils ne percevront qu’une allocation baptisée « mesure transitoire », d’un montant de 80 000 francs CFA réparti sur trois ans. Ce dispositif exclut plus de 8 400 agents, notamment les contractuels, journaliers et autres personnels précaires, que l’Alliance considère comme les véritables oubliés de cet accord.

« Ce qui est humainement et moralement inacceptable », fustige l’ANSTCT, qui évoque la mémoire de feu Sidya Ndiaye, figure emblématique du mouvement syndical, pour condamner cet accord qu’il n’aurait « jamais accepté de signer ».

Autre point de discorde : l’absence de rétroactivité des mesures. L’accord entrera en vigueur en mai 2025, faisant fi des engagements antérieurs qui remontaient à mai 2022. Pour l’Alliance, cela constitue un effacement pur et simple de plusieurs années de lutte et de sacrifices.

Face à ce qu’elle perçoit comme une trahison des intérêts de la majorité des travailleurs des collectivités, l’ANSTCT appelle à la vigilance et à une mobilisation accrue. Elle exhorte le ministère en charge des Collectivités territoriales à organiser de véritables négociations inclusives afin de garantir l’équité et la justice dans le traitement de l’ensemble des agents.

Le communiqué est signé par Mbaye Sow (SUDTM), Talla Faye (SUTRACOL) et Abdou Lahat Diagne (SUTRACOLS), qui rappellent leur engagement inébranlable à défendre les droits et la dignité de tous les travailleurs des collectivités territoriales du Sénégal.

DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES : Est-il trop tard pour éviter un naufrage économique et diplomatique ?

Faute de volonté politique claire et de respect des engagements antérieurs, le Sénégal s’apprête à perdre l’un des projets les plus stratégiques de son histoire diplomatique : l’installation du siège régional des Nations Unies à Diamniadio. À force de tergiversations et de calculs à courte vue, Dakar pourrait voir partir agences, fonctionnaires et investissements au profit de Kigali, Abidjan ou Addis-Abeba.

À première vue, l’information a pu passer sous les radars de l’actualité nationale, reléguée au second plan par les débats politiques internes et les tensions sociales. Pourtant, si elle venait à se confirmer, elle constituerait un véritable séisme aux conséquences incalculables pour le Sénégal : les Nations Unies envisageraient sérieusement de reconsidérer leur implantation régionale à Dakar, au profit d’autres capitales africaines telles qu’Abidjan, Addis-Abeba ou même Kigali. Ce revirement, né d’un différend entre l’organisation onusienne et les nouvelles autorités, menace de ruiner des années de diplomatie patiemment construite, tout en privant notre pays d’une manne économique et d’un levier d’influence régionale sans équivalent.
Ainsi, convient-il de revenir aux origines du projet. En 2015, le Gouvernement, sous l’impulsion du président Macky Sall, initiait un ambitieux chantier destiné à renforcer la stature diplomatique du Sénégal : la construction d’un vaste complexe devant accueillir, à Diamniadio, la quasi-totalité des agences des Nations Unies présentes à Dakar. Cette Maison des Nations Unies devait regrouper pas moins de trente (30) entités du système onusien, soit environ deux mille (2 000) agents internationaux dans un premier temps, avec à terme des perspectives d’extension pouvant accueillir jusqu’à deux mille cinq cents (2 500) personnes. Pensée comme un véritable hub diplomatique, l’infrastructure moderne avait pour vocation de rationaliser les activités des Nations Unies, les rassembler en un même lieu fonctionnel et sécurisé, tout en contribuant au rayonnement international du Sénégal.
Le projet était d’autant plus structurant qu’il s’inscrivait dans la stratégie globale de développement de Diamniadio, érigée en ville nouvelle destinée à désengorger Dakar, accueillir des institutions d’envergure ainsi qu’offrir des conditions de vie et de travail adaptées aux standards internationaux. Outre la Maison des Nations Unies, cette vision urbanistique pensée dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) comprenait le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), le Parc des expositions, la Dakar Arena, le stade Me Abdoulaye Wade et plusieurs sphères ministérielles. Autant d’infrastructures bâties pour positionner Diamniadio comme le nouveau cœur névralgique administratif, économique et diplomatique du Sénégal.
C’est dans ce contexte que l’administration Sall avait proposé, en contrepartie de cette installation, la mise à disposition gratuite des locaux à l’ONU, dans le cadre d’un partenariat institutionnel fondé sur la confiance, la stabilité et la visibilité à long terme. L’organisation, séduite par cette offre stratégique et logistique, avait accepté de libérer ses anciens bureaux disséminés à Dakar afin de procéder à un regroupement fonctionnel à Diamniadio. La réception technique du bâtiment a été actée en août 2024, les paiements dus aux promoteurs ont été effectués, et l’ensemble des aménagements préalables étaient finalisés.
Mais alors que tout semblait en place pour une installation effective dès 2025, un changement de cap inattendu est survenu avec l’arrivée du nouveau régime. Les autorités auraient, selon plusieurs sources concordantes, décidé de revenir sur l’accord initial, exigeant désormais que l’Organisation des Nations Unies s’acquitte d’un loyer pour occuper les lieux. Cette nouvelle condition, perçue par les instances onusiennes comme une remise en cause unilatérale des engagements de l’État, a entraîné la suspension des démarches d’installation. Faute de solution trouvée à ce jour, la quasi-totalité des agents onusiens concernés sont désormais en télétravail, dans une forme d’incertitude professionnelle délétère. Pire encore, la venue prévue de deux mille (2 000) nouveaux agents dans les mois à venir a été purement et simplement annulée.

RÉPERCUSSIONS DIPLOMATIQUES ET ÉCONOMIQUES

Les conséquences de ce blocage, si aucune solution rapide n’est trouvée, pourraient être dévastatrices. Sur le plan économique d’abord, le Sénégal se priverait d’un flux financier considérable. Chaque agent des Nations Unies basé à Dakar contribue significativement à l’économie locale, injectant chaque année plusieurs dizaines de millions de francs CFA dans les circuits de consommation. En moyenne, un fonctionnaire onusien perçoit un revenu annuel compris entre 150 000 dollars (soit environ 84,5 millions de francs CFA) et 200 000 dollars (près de 112,6 millions de francs CFA), des sommes qui profitent directement aux secteurs du logement, des services, de la restauration, des transports, du tourisme et des loisirs. Avec environ trois mille (3 000) fonctionnaires concernés, ce sont plus de 500 millions de dollars (plus de 281 milliards F CFA) annuels qui sont en jeu. À cela s’ajoutent les quelque mille (1 000) emplois directs occupés par des Sénégalais dans les agences onusiennes, sans compter les milliers d’emplois indirects générés par les activités connexes : prestataires, chauffeurs, sociétés de sécurité, traducteurs, consultants, restaurateurs, hôteliers, fournisseurs de services divers, etc.
La présence des Nations Unies constitue un écosystème à part entière, dont l’effet multiplicateur est particulièrement important dans une ville comme Dakar.
Par ailleurs, c’est l’image même du Sénégal sur la scène internationale qui serait sérieusement écornée. Car en matière diplomatique, la parole donnée engage l’État bien au-delà des alternances politiques. Rompre ou même seulement réinterpréter un engagement d’une telle ampleur sans concertation ouverte ni justification publique, revient à affaiblir la crédibilité de notre pays auprès de ses partenaires. Ceci envoie un signal d’imprévisibilité qui pourrait refroidir d’autres institutions internationales ou entreprises étrangères désireuses de s’installer ou d’investir au Sénégal.
Ce d’autant plus que d’autres capitales africaines, conscientes des enjeux stratégiques d’une telle opportunité, s’activent déjà pour récupérer ce que le Sénégal semble prêt à abandonner. Le Rwanda, dans une note officielle adressée au Secrétaire général de l’ONU, s’est montré disposé à accueillir certaines agences du système onusien. Kigali, dont la diplomatie est de plus en plus offensive, développe depuis plusieurs années une politique d’attractivité très efficace fondée sur la stabilité, l’innovation, la culture et le sport. Addis-Abeba, déjà siège de l’Union africaine, dispose de l’infrastructure et de la légitimité diplomatique pour élargir son rôle de capitale du multilatéralisme africain. Quant à Abidjan, redevenue un pôle de stabilité économique et institutionnelle, ambitionne de s’imposer comme une plateforme régionale incontournable. Ces capitales, en pleine montée en puissance, pourraient très bien rafler la mise si le Sénégal ne rectifie pas rapidement le tir.
Le plus préoccupant reste le silence assourdissant qui entoure ce dossier. Aucune communication officielle du Gouvernement. Ce mutisme, loin de rassurer, alimente les inquiétudes et laisse penser que le projet est en train de sombrer dans une impasse politique. Et pendant ce temps, à Diamniadio, un bâtiment flambant neuf, financé à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, reste vide, inoccupé, sans la moindre perspective claire de mise en service.
Or, ce projet n’est pas un simple héritage d’un régime précédent qu’il conviendrait de réévaluer ou de renier. Il s’agit d’un actif stratégique national conçu pour consolider la place du Sénégal au sein des instances internationales. Laisser cet édifice tomber en désuétude serait un échec collectif, révélateur d’un manque de vision à long terme. Si les raisons de la frilosité actuelle relèvent d’un positionnement idéologique ou d’une volonté de rupture politique, alors elles relèvent d’une erreur de jugement dont le coût, lui, sera bien réel.
Il est encore temps pour les autorités sénégalaises de reprendre la main en rouvrant un dialogue franc et constructif avec les Nations Unies.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, porteur d’un projet de refondation de l’État, a l’occasion de démontrer que rupture ne rime pas avec reniement. À lui de faire preuve de hauteur de vue, de sens stratégique et de patriotisme éclairé. Certaines décisions dépassent les alternances politiques, elles engagent l’avenir d’une Nation.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°516 – 19 ET 20/07/2025

🔴 POSSIBLE DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES DE DIAMNIADIO : DÉSASTRE ÉCONOMIQUE ET DIPLOMATIQUE
🔴 JUSTICE À L’ARRÊT : L’ÉTAT SOMMÉ D’AGIR PAR LA RADDHO

🔴 FSF / CANDIDATURE À LA COMMISSION DU FOOTBALL FÉMININ : AÏCHA HENRIETTE NDIAYE S’EXPLIQUE
🔴 1ère ÉDITION MARATHON CASA RUN : ZIGUINCHOR ENTRE DANS LA COURSE !

Crise au sommet de l’État, inondations, économie en berne, suspension des BSF : la CCR charge violemment le régime

La Convergence des Cadres Républicains (CCR) de l’Alliance Pour la République (APR), réunie ce vendredi 18 juillet, s’est penchée sur la situation nationale et internationale. Dans une déclaration rendue publique, elle fustige une crise institutionnelle majeure au sommet de l’État, illustrée par ce qu’elle qualifie d’acte de défiance sans précédent : l’ultimatum lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Par ailleurs, la CCR exprime sa solidarité aux populations victimes des récentes inondations, tout en dénonçant l’inaction et le mépris des autorités. Elle établit un parallèle avec la gestion jugée défaillante des inondations de 2024 ayant frappé Matam et Bakel.

Concernant la situation nationale, la CCR constate la crise au sein de l’Exécutif sur fond de rivalités personnelles. Les propos outranciers ainsi que l’ultimatum du Premier ministre à l’encontre de son chef, le président de la République, constituent un acte de défiance inédit dans l’histoire du Sénégal, confirment le désordre au sommet de l’État et risquent de plonger notre pays dans une grave crise institutionnelle.

Par la mise en scène sur la place publique de ses frustrations personnelles, Ousmane Sonko prouve aux Sénégalais que leurs préoccupations quotidiennes demeurent secondaires face à son désir pathologique d’accéder à la présidence de la République.

 Inondations à Tambacounda et Kolda

Par ailleurs, la CCR se tient aux côtés des populations victimes des inondations dans plusieurs localités des régions de Tambacounda et de Kolda et leur témoigne de sa solidarité. La CCR, après s’être émue du décès enregistré à Kolda, fustige l’indifférence voire le mépris des autorités face au drame de nos concitoyens victimes de ce sinistre de grande ampleur. Aucune action notable n’a été constatée pour se tenir aux côtés des populations de Tamba, pourtant des Sénégalais à part entière. Cette attitude méprisante des autorités est conforme à celle qu’elles avaient montrées lors des inondations de 2024 qui avaient gravement touché les départements de Matam et de Bakel.

Aussi, la CCR constate avec regret et amertume l’énième dégradation de la note souveraine du Sénégal ; cette fois par l’agence Standard and Poor’s, qui fait régresser notre note de B à B- avec perspective négative. Ce nouvel abaissement confirme l’état catastrophique dans lequel ce régime a plongé notre économie, avec un recours systématique au marché intérieur qui explose la dette, creuse le déficit et enlève toute possibilité de disposer de marges de manœuvres afin de faire face aux préoccupations des populations en matière d’éducation, de santé et d’équité sociale.

Suspension des Bourses de Sécurité Familiale (BSF)

D’ailleurs, en matière de politique sociale, la CCR dénonce la suspension du paiement des bourses de sécurité familiale, l’un des marqueurs les plus puissants de la politique sociale impulsée dès 2012 par l’ancien régime. En vue de lutter davantage contre l’exclusion et la pauvreté structurelle, les bénéficiaires de la BSF sont passés de 50 000 ménages vulnérables en 2013 à 355 626 en 2024. En outre, la bourse trimestrielle initiale de 25 000 FCFA, a été portée à 35 000 FCFA en 2023 (soit 140 000 FCFA annuels), pour un coût annuel du programme d’environ 51,4 milliards de FCFA, financés intégralement par l’État du Sénégal, avec un paiement digitalisé en cours sur l’ensemble du territoire. L’actualisation du Registre National Unique (RNU) ne saurait justifier le blocage des paiements qui plonge des milliers de familles dans une précarité extrême, d’autant plus que la mise à jour du RNU avait été initiée depuis plusieurs mois par l’administration précédente.

La CCR exige qu’à l’heure où la reprise des paiements est annoncée que les arriérés soient intégralement régularisés, par souci de justice sociale et de dignité. Il serait illusoire de présenter comme un “acte généreux” ce qui n’est qu’un retour à l’ordre républicain.

Résultats préoccupants au baccalauréat 2025

Poursuivant dans l’actualité nationale, la CCR déplore les résultats mitigés à l’examen du baccalauréat. En effet, sur les 156 000 candidats, seuls 32.961 ont réussi au premier tour, soit 21%. Après la délivrance des résultats finaux, seuls 69 474, soit 42% sont admis.

La CCR, après avoir interpellé le gouvernement sur ces chiffres inquiétants, appelle celui-ci à quitter définitivement le registre du bavardage et la déclinaison des slogans pour s’atteler à la tâche urgente de formation des esprits de la future élite de notre pays. La jeunesse ne saurait être un combustible pour des batailles politiques insurrectionnelles mais un levain d’espoir pour construire le Sénégal de tous, pour tous.

La CCR s’incline devant la mémoire des trois jeunes qui ont perdu la vie à Thiaroye et à Cambérène et exige du gouvernement toute la lumière sur les circonstances controversées de leur décès. Face à l’ébullition du front social, la CCR appelle le gouvernement à apporter des réponses urgentes aux préoccupations des populations en vue de l’amélioration significative de leurs conditions de vie. 

Libération des détenus politiques

Au chapitre de la vie du parti, la CCR exige la libération immédiate et sans condition des otages politiques Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que la fin du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall et de Aïssatou Sophie Gladima et celle du placement sous contrôle judiciaire de Mme Salimata DIOP.
Ces personnalités sont victimes d’une tentative inique d’effacement du fait de leur fidélité et leur loyauté à leurs idées et à leurs convictions politiques.

Dans la même veine, la CCR exige la libération des détenus politiques Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Bachir Fofana, Assane Diouf, Jérôme Bandiaky, Badara Gadiaga, Djiby Ndiaye et de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, victimes d’une volonté d’effacement d’un régime aux penchants dictatoriaux.

Après la supercherie du Dialogue national, la CCR appelle l’opposition et toutes les forces vives de la Nation à un front pour préserver les libertés fondamentales et sauver les institutions républicaines malmenées par le populisme et la culture du désordre du Pastef.

Enfin, s’agissant de la situation internationale, la CCR déplore la situation des ressortissants sénégalais en République Islamique de Mauritanie, victimes de rafles et de traitements discriminatoires et dégradants. La CCR appelle le Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires étrangères à apporter le soutien et l’assistance requis à nos compatriotes dans les plus brefs délais.

15e sommet de la CPLP : Bassirou Diomaye Faye plaide pour une mobilisation collective en faveur d’une agriculture durable

À l’occasion de la 15e Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), tenue ce vendredi à Bissau, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été l’invité d’honneur de son homologue bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. Ce sommet a offert une tribune de choix au chef de l’État sénégalais pour partager sa vision du développement agricole et de la coopération Sud-Sud.

Dans son discours, le président Faye a mis en avant les liens historiques, culturels et fraternels entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, soulignant que cette proximité constitue un levier essentiel pour le renforcement des partenariats entre les deux nations et avec l’ensemble des membres de la CPLP. Il a salué l’ouverture croissante de cette communauté à des partenariats extra-régionaux, basés sur la solidarité, la coopération et l’intérêt mutuel.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite mis l’accent sur la nécessité d’une transformation structurelle de l’agriculture dans les pays du Sud, en particulier en Afrique de l’Ouest. Il a lancé un appel à une mobilisation collective des États membres et partenaires de la CPLP autour d’un objectif commun : assurer la souveraineté alimentaire à travers des modèles agricoles durables, inclusifs et innovants. Pour lui, cela passe par la modernisation des pratiques agricoles, la valorisation des terres, le développement des infrastructures de marché et un appui renforcé aux petits producteurs, notamment les jeunes et les femmes.

Le chef de l’État a également évoqué les grandes lignes de la Vision Sénégal 2050, stratégie nationale de long terme dans laquelle l’agriculture joue un rôle central. Il a réaffirmé l’ambition du Sénégal de contribuer à la sécurité alimentaire du continent africain et au-delà, en s’appuyant sur un partenariat international solidaire et responsable.

Sa participation remarquée à ce sommet témoigne de la volonté du Sénégal de s’intégrer davantage dans les réseaux de coopération régionale et internationale, tout en promouvant un développement endogène fondé sur ses priorités économiques et sociales.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°515 – 18/07/2025

🔴 RECONNAISSANCE DU MAGAL DE TOUBA AU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DU SÉNÉGAL : BAMBA – LE MIROIR VIVANT !
🔴 CENTRE MÉDICO-SOCIAL DES DOUANES : BRAS DE FER AUTOUR DE LA MILITARISATION

🔴 AG ÉLECTIVE DE LA FSF : LES CLUBS APPELÉS AUX URNES LE 02 AOÛT
🔴 LUTTE / « SITEU AFFRONTE LE MEILLEUR DE TOUS LES TEMPS » : BALLA GAYE 2 ATTAQUE

Enseignement supérieur au Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye lance un ambitieux programme de transformation axé sur le numérique et l’innovation

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement lancé ce jeudi 17 juillet 2025 l’agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation au Sénégal. Lors de cette cérémonie inaugurale, il a adressé un message fort à tous les acteurs impliqués dans le secteur universitaire ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, les invitant à repenser en profondeur le système d’enseignement supérieur afin d’en faire un moteur stratégique de souveraineté nationale, d’innovation et de transformation sociale.

Le président Diomaye Faye a souligné que l’enseignement supérieur ne doit plus être perçu uniquement comme un espace de transmission du savoir et de production des connaissances. Selon lui, il doit devenir un levier majeur au service du développement durable du pays. Il a insisté sur l’urgence de réformes profondes pour améliorer la régulation du secteur, garantir une qualité académique conforme aux standards internationaux, et surtout aligner les formations universitaires sur les besoins réels du Sénégal en cohérence avec son agenda national de transformation.

L’un des points majeurs de son discours a porté sur la nécessité de construire une université moderne, qui embrasse pleinement les défis du monde contemporain. Le chef de l’État a mis en avant l’importance de développer les sciences et technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle et le numérique, tout en veillant à préserver l’identité culturelle sénégalaise. Pour lui, l’université doit être un espace dynamique capable de s’adapter aux mutations rapides du savoir, tout en restant ancrée dans les réalités sociales et économiques locales.

Par ailleurs, le président a reconnu que le système universitaire sénégalais est aujourd’hui confronté à de nombreux défis. Parmi ceux-ci, il a cité le déficit d’infrastructures adaptées, le nombre croissant d’étudiants, l’inadéquation des curricula, les difficultés de financement, et le retard dans la digitalisation des établissements. Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte ces problématiques afin de bâtir une université robuste, efficace et compétitive.

Le président Faye a exhorté le monde académique à faire preuve d’audace et d’innovation dans les réflexions et les stratégies de transformation. Il a souligné que ce processus exige une volonté politique forte, ainsi qu’une approche renouvelée, qui englobe toutes les dimensions du système universitaire. Pour lui, cette transformation doit permettre à l’université sénégalaise de mieux répondre aux aspirations des étudiants, soutenir le développement national et s’inscrire pleinement dans les objectifs de l’agenda national de transformation.

La cérémonie de lancement a réuni une large diversité d’acteurs : des membres du gouvernement, des universitaires, enseignants-chercheurs, étudiants, représentants du personnel des universités, mais aussi des représentants syndicaux et patronaux. Plusieurs partenaires techniques et financiers, diplomates, élus locaux et représentants d’associations de parents d’élèves ont également pris part à cet événement majeur. Ces participants s’apprêtent à entamer un cycle de cinq jours de travaux destinés à définir les grandes orientations et les modalités pratiques de cette réforme ambitieuse.

Ce programme de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation marque une étape importante dans la politique éducative du Sénégal. Il s’inscrit dans une vision qui vise à faire de l’université un véritable levier de développement durable, d’innovation technologique et sociale, capable d’accompagner efficacement la montée en puissance du pays sur la scène internationale.

Ex-employés des bases françaises : les oubliés du retrait des EFS réclament leur intégration dans la fonction publique

Le départ officiel des Éléments français au Sénégal (EFS), acté le 30 juin 2025 avec la restitution des dernières installations militaires à l’État sénégalais, a laissé derrière lui plusieurs centaines de travailleurs dans l’incertitude. Ils sont environ 300 Sénégalais, employés civils des EFS, aujourd’hui sans emploi et dans l’attente d’une décision des autorités sénégalaises quant à leur avenir professionnel.

Ces anciens agents, membres du Syndicat des travailleurs du personnel civil des EFS, dénoncent un silence prolongé du gouvernement malgré les démarches engagées en amont. « Depuis 15 jours, nous sommes officiellement licenciés. Nous avons respecté une décision de souveraineté nationale. Nous espérions en retour une réaction rapide de l’État pour une reconversion », a déclaré Djibril Ndiaye, secrétaire général du syndicat, dans un entretien accordé à la Radio Futurs Médias (RFM).

Selon ses précisions, un dossier détaillé avait été préparé par les ex-travailleurs, en collaboration avec le ministère des Forces armées et celui du Travail, à la demande de la Présidence de la République. Ce document contient des données précises sur les conséquences juridiques de leur licenciement, les préjudices économiques et sociaux subis, ainsi que leurs propositions de reclassement dans la fonction publique. Le dossier a bien été transmis au Palais, mais reste depuis sans suite.

Le secrétaire général du syndicat exprime l’inquiétude croissante de ses collègues : « C’est une situation angoissante pour des pères de famille qui avaient une stabilité professionnelle, un salaire régulier, un accès à la couverture maladie et une sécurité sociale. Du jour au lendemain, tout cela a disparu sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit prise. »

En ce qui concerne l’État français, Djibril Ndiaye reconnaît que les autorités tricolores ont respecté leur part du contrat. Les indemnités dues aux travailleurs ont été versées. Toutefois, ces montants sont jugés insuffisants au regard du choc brutal qu’a représenté cette rupture, d’autant plus qu’aucune solution durable n’a été proposée par l’État sénégalais.

Le contexte dans lequel intervient cette fermeture est inédit. Pour la première fois depuis l’indépendance, le Sénégal ne compte plus de base militaire française sur son territoire. Une décision hautement symbolique, saluée par une large partie de l’opinion comme un acte de souveraineté, mais qui, sur le plan social, laisse planer une ombre sur le sort de ceux qui faisaient tourner ces installations au quotidien.

Alors que le pays s’engage dans une nouvelle phase de coopération militaire « équilibrée et rénovée » avec la France, comme l’a souligné le chef d’état-major des armées, les anciens agents civils appellent à ne pas être les victimes collatérales de ce changement de paradigme. Ils rappellent qu’ils ont servi loyalement pendant des années, souvent dans l’ombre, et demandent aujourd’hui à être réorientés dans le service public sénégalais.

Fermeture des bases françaises au Sénégal : Madiambal Diagne parle d’« erreur historique »

Jeudi 17 juillet 2025, une page importante de l’histoire militaire et diplomatique entre la France et le Sénégal s’est refermée avec la fermeture officielle des dernières installations militaires françaises dans le pays. Le site de Ouakam, qui abritait encore des éléments de l’armée française, a été définitivement libéré, marquant la fin d’une présence vieille de plusieurs décennies.

Une cérémonie symbolique a été organisée pour marquer cet événement, en présence de responsables militaires sénégalais et français. Ce retrait s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des partenariats de défense en Afrique, amorcée par plusieurs pays du continent qui revendiquent une coopération fondée sur l’égalité et la souveraineté.

Mais cette décision, bien qu’applaudie par une partie de l’opinion publique, suscite également des critiques. Le journaliste Madiambal Diagne, directeur du journal Le Quotidien et figure influente du paysage médiatique sénégalais, a vivement réagi sur le réseau social X (anciennement Twitter). Il y a qualifié la fermeture des bases françaises d’« erreur historique ».

Selon lui, la présence militaire française constituait un atout stratégique pour le Sénégal, notamment en matière de formation, de logistique et de coopération sécuritaire dans un contexte sous-régional instable. Il estime que la rupture de ce lien pourrait affaiblir les capacités de réponse rapide du pays face aux menaces transfrontalières, comme le terrorisme ou la criminalité organisée.

La sortie de Madiambal Diagne intervient alors que les autorités sénégalaises défendent, au contraire, une politique de souveraineté renforcée. Le Général de corps d’Armée Mbaye Cissé, lors d’une précédente déclaration, avait expliqué que cette rétrocession s’inscrivait dans une volonté politique affirmée de développer une armée sénégalaise pleinement autonome, capable de relever ses défis sécuritaires avec ses propres moyens.

Cette divergence de points de vue reflète un débat plus large sur l’avenir des relations militaires entre l’Afrique et ses anciens partenaires traditionnels, en particulier la France. Entre rupture symbolique et repositionnement stratégique, le Sénégal trace ainsi une nouvelle voie, non sans susciter interrogations et controverses.

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Usine de dessalement de la Grande Côte : le Président Diomaye valide une nouvelle ère de coopération avec l’Arabie Saoudite

Le Sénégal et l’Arabie Saoudite viennent de franchir une étape décisive dans leur partenariat stratégique avec la signature, ce jeudi 17 juillet 2025, du contrat renégocié relatif à la construction de l’usine de dessalement d’eau de mer de la Grande Côte. Le Président Bassirou Diomaye Faye a entériné ce nouvel accord conclu avec la société saoudienne Acwa Power, mettant ainsi fin à plusieurs mois d’incertitudes et de réajustements autour de ce projet d’envergure.

Sur sa page Facebook, le chef de l’État sénégalais a salué la solidité de la coopération entre Dakar et Riyad, qu’il qualifie de « stratégique et gagnant-gagnant ». Il a tenu à remercier chaleureusement le Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Prince Héritier Mohammed ben Salmane, pour leur soutien constant au développement du Sénégal. Une reconnaissance adressée également au peuple saoudien, engagé de longue date dans le soutien à des projets structurants sur le sol sénégalais.

Ce projet de dessalement, jugé prioritaire dans un contexte de stress hydrique croissant dans la région de Dakar et sa périphérie, avait été au centre d’une controverse en 2024. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, avait alors décidé d’annuler le contrat initialement signé sous la présidence de Macky Sall. Ce contrat, d’un montant évalué à 459 milliards de francs CFA sur une durée de 30 ans, avait été critiqué pour son coût jugé excessif et son inadéquation avec les capacités budgétaires de l’État.

La version renégociée du contrat, bien que ses détails précis n’aient pas encore été rendus publics, est présentée par les autorités comme mieux alignée sur les intérêts nationaux. Elle garantirait à la fois une meilleure maîtrise des coûts, une optimisation de l’impact environnemental, ainsi qu’une mise en œuvre plus rapide. L’usine de la Grande Côte, une fois opérationnelle, devrait significativement renforcer l’approvisionnement en eau potable de la région de Dakar et soutenir la croissance urbaine tout en réduisant la dépendance aux eaux souterraines.

Ce projet s’inscrit dans une vision globale du gouvernement sénégalais qui place l’accès équitable à l’eau parmi ses priorités. Il illustre aussi la volonté du président Diomaye de refonder les contrats publics en faveur de la transparence, de l’efficacité économique et de la souveraineté nationale.

ANNONCE D’UN COMITÉ SPÉCIAL POUR MATÉRIALISER LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL EN PROJETS DE LOIS : Vers quelles réformes législatives s’achemine-t-on ?

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé, en Conseil des ministres, la création d’un Comité spécial chargé de formuler les textes législatifs et réglementaires issus des recommandations du Dialogue national sur le système politique. Une initiative qui ouvre la voie à d’importantes réformes institutionnelles dont les contours législatifs restent à préciser.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 16 juillet, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris la parole pour revenir sur un évènement important de la vie politique nationale : la réception, deux jours plus tôt, du Rapport général du Dialogue national sur le système politique. Ce document, fruit de plusieurs jours d’échanges entre les forces vives de la nation, trace les contours des réformes attendues pour une refondation institutionnelle et démocratique du Sénégal.
Le chef de l’État a salué, avec insistance, le travail du facilitateur général, du directoire du Dialogue, des différentes commissions ainsi que l’implication des participants, notamment ceux réunis au sein de la plateforme « Jubbanti ». Selon lui, l’esprit républicain, le sens des responsabilités et la qualité des contributions traduisent une volonté collective de bâtir un nouveau socle politique plus juste, plus équilibré et plus conforme aux aspirations démocratiques profondes du peuple sénégalais.
Diomaye Faye a surtout mis l’accent sur les recommandations consensuelles issues de ce processus, qu’il juge « exhaustives » et « thématiques », insistant sur leur pertinence dans la quête d’un État de droit renforcé, d’une justice restaurée dans sa crédibilité et d’une démocratie renouvelée dans ses pratiques et institutions. Pour le président de la République, la mise en œuvre effective de ces recommandations constitue une priorité nationale.
C’est dans ce contexte qu’il a annoncé la création prochaine d’un Comité spécial. Cette instance aura pour mission, dans un délai de trois mois, de proposer les textes législatifs et réglementaires nécessaires à la traduction concrète des conclusions du dialogue. Ainsi, le chef de l’État veut-il aller vite, mais surtout bien. Il s’agit, pour lui, de ne pas laisser le consensus retomber dans l’oubli ou être dilué dans des considérations politiques à court terme.
Dès lors, une question centrale s’impose : quelles lois seront proposées à l’Assemblée nationale ? Réforme du Conseil constitutionnel, mode de désignation des membres de la Cour des comptes, renforcement de la Haute Autorité de la transparence, révision du statut des magistrats, modification des règles électorales, encadrement des pouvoirs présidentiels, adoption d’une loi de programmation pour l’accès équitable à la justice ou autre ? En tout cas, les pistes sont nombreuses.
Par ailleurs, il faudra s’interroger sur le sort réservé à certaines pratiques jusque-là décriées, comme le parrainage citoyen, la transhumance politique ou la gestion des fonds politiques. Autant de sujets épineux que le futur comité spécial devra trancher, en lien étroit avec les institutions, les parlementaires et la société civile.
En attendant, le message du chef de l’État est clair : l’heure est à la réforme, mais pas à n’importe quel prix. Il urge de réconcilier les Sénégalais avec leur système politique, en posant les bases d’un nouveau contrat démocratique, fondé sur la transparence, l’équité, la responsabilité et la participation citoyenne.
Penda THIAM

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 16 juillet 2025

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 16 JUILLET 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 16 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République est revenu sur le Rapport général du Dialogue national sur le système politique qu’il a reçu le lundi 14 juillet 2025. Il a félicité le facilitateur général, le directoire, les commissions du dialogue national et l’ensemble des participants, notamment ceux ayant intégré la plateforme « Jubbanti », pour leur mobilisation, leur contribution de qualité et leur engagement patriotique. Il a salué la qualité et l’exhaustivité des recommandations thématiques et opérationnelles consensuelles, visant fondamentalement le renforcement de l’Etat de droit, le respect de l’autorité de l’Etat et des institutions de la République, la restauration de la confiance des Sénégalais en la justice, ainsi que l’approfondissement et le rayonnement permanent de notre démocratie. Il a réitéré son engagement à ne ménager aucun effort pour améliorer durablement le fonctionnement de notre système politique et renforcer le contrôle de l’action publique, dans un climat durable de confiance, de réconciliation, de paix et de stabilité, indispensable pour libérer les énergies nécessaires à l’accélération de la mise en œuvre inclusive de l’Agenda national de Transformation. Il a informé le Conseil de sa décision de mettre en place un Comité spécial chargé, dans un délai de trois (03) mois maximum, de proposer les textes législatifs et réglementaires, de même que les modalités devant matérialiser les recommandations consensuelles issues du Dialogue national sur le système politique.

Evoquant la problématique de la préservation et du développement durable de nos ressources forestières, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement l’impératif d’assurer sur l’étendue du territoire national la protection et la préservation de nos massifs forestiers. Il a demandé au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de poursuivre et d’intensifier, avec les acteurs institutionnels, les opérateurs privés et les populations concernées, les efforts de reboisement et de gestion durable des massifs forestiers par l’accélération des mécanismes d’aménagement et de classement de forêts. 

Dans cette perspective de consolidation soutenue de notre écosystème forestier, il a indiqué au

Gouvernement la nécessité d’adopter une culture nationale de promotion de l’arbre et des aménagements paysagers et forestiers par la redynamisation des services des Eaux et Forêts, des parcs nationaux et de l’Agence sénégalaise de Reforestation et de la Grande muraille verte. 

Le dimanche 03 août 2025 sera célébrée la Journée nationale de l’Arbre. Le thème retenu cette année par le Président de la République est « Reboisement, Souveraineté alimentaire et Développement territorial durable », avec comme arbres parrains « le Manguier » et « le

Baobab ». Dès lors, il a demandé au Premier Ministre et au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de veiller au bon déroulement de cet événement dans toutes les régions avec une forte implication des collectivités territoriales des populations à la base notamment les jeunes. 

La transparence dans la gestion des industries extractives demeure une priorité de l’action gouvernementale. A ce sujet, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement le démarrage du processus d’évaluation périodique du Sénégal dans le cadre de l’Initiative pour la Transparence des Industries extractives (ITIE) 2025. 

Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres concernés, à la mise en œuvre de toutes les mesures et actions idoines en vue de renforcer les progrès notables déjà réalisés par le Sénégal dans les composantes mines et hydrocarbures de l’ITIE. Il a rappelé aux Ministres concernés, notamment ceux en charge des Finances et du Budget, du Pétrole et des Mines et des Collectivités territoriales, l’urgence de finaliser l’actualisation du cadre réglementaire relatif au registre des bénéficiaires effectifs et à la divulgation des données sur les propriétaires légaux et effectifs des entreprises intervenant dans la chaine de valeur des industries extractives, l’activation du fonds d’appui au développement local et du fonds de réhabilitation minière et la redistribution effective des revenus miniers selon les modalités administratives et réglementaires définies. 

Il a demandé au Premier Ministre d’assurer la supervision de la gestion diligente du dossier de validation ITIE 2025 du Sénégal.

S’agissant du contrôle et du développement des activités pharmaceutiques, le Président de la République a rappelé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, l’urgence de prendre toutes les dispositions requises, en relation avec l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, pour prévenir et lutter contre la vente illicite de médicaments et de « produits assimilés » sur l’étendue du territoire national. La maitrise stratégique des activités commerciales et industrielles liées au médicament demeure un élément fondamental de la politique de santé publique et de réalisation de la souveraineté pharmaceutique. 

Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre de la Santé et de l’Action sociale de faire la cartographie nationale des officines de pharmacie et dépôts autorisés mais également de travailler avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce, à l’établissement de la liste exhaustive des entreprises relevant de l’industrie pharmaceutique. Afin d’asseoir la souveraineté pharmaceutique, il a indiqué au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, la nécessité d’une évaluation intégrale des interventions de l’Etat dans le secteur du médicament et de la pharmacie. Il a appelé à un suivi adéquat des plans de redressement, de relance et de développement des activités des industries pharmaceutiques et de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement, entité dont le repositionnement dans l’écosystème, demeure prioritaire. 

La diaspora sénégalaise joue un rôle très important dans les dynamiques économiques et sociales du pays. A ce titre, elle est considérée comme la quinzième région du Sénégal et est représentée à l’Assemblée nationale. En plus de son impact économique significatif à travers notamment les transferts financiers, elle est activement impliquée dans les initiatives de développement local, l’innovation, le transfert de compétences et la promotion des valeurs culturelles du Sénégal à l’Etranger. En guise de reconnaissance de la Nation sénégalaise envers sa diaspora, le Président de la République a décidé d’instituer une Journée nationale de la diaspora qui sera célébrée le 17 décembre de chaque année.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa visite de travail, les 09 et 10 juillet 2025, à Washington, à l’invitation du Président des Etats Unis d’Amérique, Donald TRUMP et celle qu’il a effectuée, à Cotonou, au Bénin, le 15 juillet 2025, à l’invitation du Président Patrice TALON. 

Dans sa communication, le Premier Ministre Ousmane SONKO a évoqué la situation des Universités. Après avoir adressé ses félicitations aux élèves admis aux épreuves du baccalauréat pour cette année et encouragé les candidats malheureux, il a rappelé la priorité accordée à la jeunesse sénégalaise par Monsieur le Président de la République. Malgré le contexte financier difficile que traverse notre pays, leur formation et leur épanouissement demeurent une priorité absolue.

Les résultats provisoires du Baccalauréat font état d’un taux de réussite de 42,85 %, soit près de 70 000 nouveaux bacheliers à orienter, accueillir, former et, pour une partie d’entre eux, héberger. A cet égard, le Premier Ministre a insisté sur l’accélération de la finalisation, de la livraison et de l’équipement des nouvelles universités dont certains chantiers sont en souffrance depuis plus d’une décennie. Ces chantiers devront impérativement être livrés dans les meilleurs délais afin de garantir la prochaine rentrée universitaire dans des conditions optimales. Il a également demandé la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures au sein des universités existantes.

La qualité de la formation ne se limite pas à la question des infrastructures. Le renforcement du volet pédagogique s’impose notamment à travers le recrutement de personnels d’enseignement et de recherche qualifiés pour résorber le déficit d’enseignants et accompagner l’évolution des effectifs.

Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre en charge de la Formation professionnelle de veiller à la mise en œuvre rigoureuse et au suivi optimal du projet de construction de 23 centres de formation professionnelle avec pour impératif de respecter scrupuleusement les délais convenus.

Evoquant l’évaluation de la modernisation de l’administration, le Premier Ministre a magnifié l’engagement, la compétence et le sens du devoir des agents de l’administration qui constituent un atout majeur pour la réussite collective et un socle de la transformation de notre État. La principale recommandation issue de cette évaluation appelle une réorientation stratégique du Programme d’Appui et de Modernisation de l’Administration (PAMA). Dans cette perspective, le Chef du Gouvernement a décidé de lancer une restructuration ambitieuse du programme.

Pour y parvenir, plusieurs leviers d’action seront mobilisés :

1. Définir un nouveau cadre stratégique visant à asseoir des réformes et doter notre administration d’instruments et de ressources;

2. Mettre en œuvre les recommandations de l’évaluation indépendante, avec une planification réaliste et des mécanismes rigoureux de suivi et de redevabilité ;

3. Renforcer la gouvernance au sein du Comité de modernisation de l’Administration Publique qui tiendra désormais des réunions régulières et opérationnelles ;

4. Accélérer la transition numérique pour tous les services prioritaires, garantissant ainsi des démarches administratives rapides, efficaces et transparentes ;

5. Professionnaliser la gestion des ressources humaines, notamment par la finalisation du Répertoire Opérationnel des Métiers et Compétences et l’adoption d’un nouveau code d’éthique de la fonction publique ;

6. Favoriser l’innovation administrative par la formation continue et l’appropriation des outils numériques, transformant ainsi les pratiques professionnelles ;

7. Améliorer significativement l’accueil dans les services publics ;

8. Optimiser le traitement des dossiers pour une administration plus réactive et efficace.

Le Premier Ministre a enfin exprimé l’ambition de bâtir une administration puissante, moderne et exemplaire, alignée sur les orientations de la Vision Sénégal 2050.

Le Premier Ministre est revenu sur la réunion de travail gouvernementale qu’il a présidée le lundi 14 juillet 2025 et au cours de laquelle une revue approfondie de la gouvernance de l’Agenda national de Transformation a été effectuée. Pour en garantir un pilotage à la fois rigoureux, cohérent et efficace, le Premier Ministre a annoncé une directive présidentielle qui sera complétée par une circulaire de la Primature. Ces textes détailleront les orientations stratégiques, les modalités de coordination et de suivi, ainsi que les rôles, responsabilités et interactions entre les différentes parties prenantes. Ils définiront également la périodicité des revues de performance, en vue de renforcer la redevabilité, la transparence et l’alignement de l’action gouvernementale sur nos objectifs de transformation.

Le Premier Ministre a rappelé les différentes consultations nationales de grande envergure récemment organisées (Assises de la Justice, États généraux de l’Industrie, États généraux des Transports, Dialogue national sur le système politique, Conférence sociale ayant abouti au Pacte social) et a demandé de traduire les recommandations issues de ces travaux en actions concrètes, assorties d’un calendrier clair et des mécanismes de suivi-évaluation, permettant de mesurer les progrès.

Le Premier Ministre a demandé aux ministres concernés de formuler un plan opérationnel de mise en œuvre des recommandations issues de leurs assises respectives avec des échéanciers précis et de soumettre un rapport de suivi trimestriel faisant état de l’état d’avancement des actions engagées, des résultats obtenus et, le cas échéant, des difficultés rencontrées. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) de déployer, dans un délai de trois mois, la digitalisation intégrale du courrier administratif. Cette réforme représente un levier stratégique majeur pour moderniser notre administration, améliorer la traçabilité des échanges, et rehausser la qualité du service public.

Abordant son récent voyage en Chine, le Premier Ministre a insisté sur l’importance de la rigueur dans le suivi des 48 actions retenues. Après avoir rappelé les diligences déjà menées

par la Primature, il a demandé à tous les ministres concernés de procéder à un suivi rigoureux de ces actions afin d’en assurer la mise en œuvre effective et de maximiser les retombées.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur la mobilisation des ressources hors bilan de l’Etat à travers le recyclage d’actifs de

l’Etat ;

– le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait le point sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;

– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur la révision des règlements particuliers des zones dotées de plans d’aménagement de la région de Dakar.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, le

Conseil a examiné et adopté :

– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le Traité d’Entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République italienne, signé à Rome le 07 décembre 2017 ;

– le Projet de décret instituant la journée nationale de la diaspora sénégalaise ;

– le Projet de décret fixant le nombre de places mises en concours pour l’admission en classe de 6ème de l’Enseignement moyen général, session 2025 ;

– le Projet de décret modifiant le décret n° 2020-791 du 19 mars 2020 relatif au registre des bénéficiaires effectifs.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement

Amadou Moustapha Njekk SARRE

Groupe WhatsApp de la Coalition Diomaye Président : Bougar Diouf règle ses comptes après son exclusion

Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et membre de la Coalition Diomaye Président, a exprimé sa profonde amertume après avoir été exclu du groupe WhatsApp des alliés du chef de l’État. Cette décision a été prise à la suite de propos jugés offensants envers le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il avait tenus lors de son passage dans l’émission RFM Matin.

Dans sa déclaration, Bougar Diouf est revenu sur l’historique de l’engagement de son mouvement aux côtés de Pastef et de son leader. Il a affirmé que l’appui de la coalition avait été déterminant pour la victoire à la présidentielle. « Nous soutenons Pastef depuis 2017. Son leader, Ousmane Sonko, ne prend même pas en compte notre coalition lorsqu’il s’exprime. Sans la Coalition Diomaye Président, Pastef n’aurait jamais pu remporter l’élection présidentielle, faute de moyens. Nous avons contribué à hauteur de plus de 400 millions de FCFA. Plus de 156 organisations se sont mobilisées pour porter Pastef au pouvoir. Et aujourd’hui, Sonko nous ignore complètement, comme si nous n’avions jamais existé », a-t-il dénoncé.

Bougar Diouf a également précisé qu’il avait décidé de soutenir Bassirou Diomaye Faye pour sa stature d’homme de dialogue et d’équilibre. Selon lui, c’est l’image du président qui avait motivé l’adhésion de nombreux Sénégalais et l’adhésion massive de la coalition. « Nous avons choisi le président Bassirou Diomaye Faye parce que c’est un homme de paix, de principe, un homme bien. C’est l’homme que le Sénégal attendait. Mais quand Ousmane Sonko parle de lui, il dit qu’il faut le laisser gouverner pleinement, comme si Diomaye ne tirait pas sa légitimité du peuple. C’est ce type de discours que j’ai dénoncé dans l’émission, et cela a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux », a poursuivi Bougar Diouf.

Selon ses explications, sa prise de parole n’aurait pas eu vocation à attaquer la coalition mais plutôt à alerter sur un ton qu’il juge condescendant. Cependant, cette intervention a été mal perçue au sein de l’espace de concertation des alliés du pouvoir. « C’est la cinquième fois qu’Aïda Mbodj m’exclut du groupe. Elle a invoqué l’article 4 de la charte de la coalition, qui interdit aux membres de porter atteinte à l’image de la coalition. Or, je n’ai pas dénigré la coalition. Pastef lui-même n’a jamais signé cette charte et Ousmane Sonko ne reconnaît même pas officiellement la Coalition Diomaye Président », a-t-il affirmé.

Bassirou Diomaye Faye recentre le débat : « Le seul combat qui vaille, c’est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé sur les orientations majeures de son mandat, alors que les spéculations politiques vont bon train sur l’unité au sommet de l’État et les priorités du nouveau régime. Lors de sa déclaration, le chef de l’État a fermement rappelé que le véritable enjeu réside dans la stabilité politique, la réconciliation nationale et la libération de la justice, et non dans les querelles de positionnement.

Se voulant rassurant, il a affirmé que le Sénégal demeure un pays stable, mais qu’il ne peut ignorer les fragilités héritées. « Le Sénégal n’a rien à envier aux autres pays en termes de stabilité. Mais pour qu’il y ait une stabilité politique, il faut un climat politique stable permettant d’attirer les investisseurs », a-t-il déclaré. Il a insisté sur sa détermination à tout mettre en œuvre pour préserver la paix, rappelant le contexte particulier d’un « passé récent très difficile » et d’un environnement économique et financier dégradé.

Le président Faye a souligné qu’aucune action gouvernementale ne saurait prospérer si elle s’écarte de cet objectif : « Tout ce que nous ferons hors de ce cadre, en tant que gouvernement, les Sénégalais ne seront jamais en phase avec nous. » Il a revendiqué sa volonté de servir avec humilité et responsabilité, conscient de la charge que représente la présidence dans un pays divisé jusqu’au sein des familles.

Pour lui, le premier chantier était sans conteste celui de la réconciliation nationale. C’est la raison pour laquelle il a tenu à installer les assises dès le 28 mai, quelques semaines après son investiture. « J’ai trouvé ce pays dans une division totale, même au niveau de nos propres maisons », a-t-il rappelé. Ces assises avaient un objectif clair : réconcilier les Sénégalais avec leur justice et restaurer la confiance du citoyen dans une institution longtemps décriée.

Il a d’ailleurs précisé sa conception de la réforme judiciaire : « Quand on parle de justice, on veut qu’elle marche. Et pour cela, il faut la libérer, mais la libérer ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble. Il faut dénoncer ce qui auparavant ne marchait pas. » Bassirou Diomaye Faye a évoqué avec gravité ses onze mois de détention, en soulignant qu’il ne saurait cautionner les « anomalies » qu’il avait lui-même subies. Pour lui, corriger les imperfections est un devoir qu’il entend assumer sans faiblesse.

Sur le plan économique, il est revenu sur son récent voyage aux États-Unis, au cours duquel il a rencontré la Chambre de commerce américaine et d’autres partenaires, avec l’ambition d’attirer des investisseurs pour « régler des problèmes et créer des emplois ».

Enfin, le président a tenu à lever toute ambiguïté concernant les propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko. Il a réfuté l’existence de la moindre divergence avec son chef de gouvernement. « Il y a des gens qui vont dire qu’il y a des divergences avec le Premier ministre, non, le Premier ministre l’a dit, c’est mon ami. Je n’ai aucun conflit avec lui. »

Pour Bassirou Diomaye Faye, le seul combat qui compte est celui contre les difficultés quotidiennes des Sénégalais : « Le seul combat qui vaille, c’est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent, que nous-mêmes endurons en tant que gouvernants qui butons sur un héritage difficile. » Il a réaffirmé son engagement à fonder l’action publique sur les valeurs du « Jub, Jubbal et Jubanti » – probité, redressement et justice – afin de répondre à la situation financière complexe dont il a hérité.

Le président a conclu son intervention en lançant un appel à la responsabilité collective : « Les attentes, c’est la gestion transparente, c’est l’affirmation de la souveraineté, c’est la veille systématique des intérêts de l’État, c’est la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques. »

Bassirou Diomaye Faye fixe ses priorités : réconciliation nationale et libération de la justice comme socles d’un Sénégal apaisé et prospère

Dans une allocution dense et sans concession, le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye a exposé sa vision des chantiers qui guideront son mandat. S’exprimant sur la stabilité, la justice et la réconciliation, le chef de l’État a souligné l’urgence de rassembler les Sénégalais autour de valeurs partagées et de restaurer la confiance dans l’institution judiciaire.

Pour le président Faye, la stabilité politique est indissociable de l’attractivité économique. Il a rappelé qu’un climat serein et prévisible est une condition essentielle pour encourager les investissements et créer des emplois. Il a déclaré qu’il comptait continuer à s’atteler à tout ce qui pouvait apporter la paix dans le pays. Selon lui, la stabilité passe par un climat politique apaisé, et il a insisté sur le fait que les Sénégalais jugeront l’action gouvernementale à l’aune de sa capacité à améliorer leur quotidien. Il a rappelé qu’il avait trouvé le pays dans une situation économique et financière difficile, ce qui rend d’autant plus impératif de cultiver la paix et la stabilité.

Au-delà de l’impératif économique, Bassirou Diomaye Faye a fait de la réconciliation nationale l’axe central de son action. Il a affirmé qu’il avait trouvé le Sénégal profondément divisé, même au sein des familles. Pour lui, le premier chantier était donc de réconcilier les Sénégalais entre eux et de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Il a souligné qu’il avait tenu à respecter le calendrier des assises du Dialogue national, qui se sont ouvertes le 28 mai, moins de deux mois après son investiture.

La restauration de la confiance du citoyen dans la justice constitue le deuxième pilier. Pour le président, libérer la justice ne signifie pas l’absence de règles, mais la capacité à garantir un fonctionnement équitable, impartial et respectueux de l’État de droit. Il a déclaré qu’il fallait dénoncer les dysfonctionnements et corriger les imperfections. Il a rappelé qu’il avait lui-même passé 11 mois en détention et qu’il se refusait à cautionner les anomalies qu’il avait subies. Selon lui, accepter ces dérives constituerait un échec personnel et collectif.

Abordant son récent voyage aux États-Unis, Bassirou Diomaye Faye a expliqué qu’il avait pris part à deux importantes rencontres, notamment avec la Chambre de Commerce américaine. Ces échanges avaient pour objectif d’inciter les investisseurs américains à s’engager au Sénégal, afin de participer à la résolution des problèmes et à la création d’emplois.

Enfin, le chef de l’État a tenu à lever toute équivoque sur les relations avec son Premier ministre. Il a rejeté les rumeurs de conflit avec Ousmane Sonko, affirmant qu’il n’y avait aucune divergence entre eux. Il a rappelé que le seul combat qui vaille est celui contre les difficultés que vivent les Sénégalais, soulignant qu’il partageait cette priorité avec son Premier ministre et son gouvernement.

Le président Faye a conclu en réitérant la vision de son action, fondée sur la gestion transparente, l’affirmation de la souveraineté, la vigilance sur les intérêts de l’État, la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques. Pour lui, ces engagements sont la condition de la stabilité et du redressement dont le Sénégal a besoin.

S&P abaisse de nouveau la note de crédit du Sénégal à B- : l’alerte sur la dette se confirme

S&P Global Ratings a annoncé une nouvelle dégradation de la note souveraine du Sénégal, désormais ramenée à B-, un cran en dessous de la précédente évaluation. Il s’agit de la deuxième baisse en moins de cinq mois, une situation qui replace le pays en catégorie spéculative et traduit les inquiétudes croissantes autour de la soutenabilité de la dette publique.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’audit des finances publiques diligenté par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye. Les vérifications menées ont mis au jour un endettement bien plus élevé qu’initialement communiqué sous le régime précédent.

Selon les dernières données compilées par Barclays Plc, la dette publique sénégalaise aurait atteint 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, un seuil bien supérieur aux 99,7 % annoncés dans le cadre du premier audit financier publié récemment. Cette révélation a profondément modifié la perception des investisseurs et des agences de notation sur la solidité budgétaire du pays.

Dans son communiqué officiel, S&P a expliqué que « malgré des perspectives de croissance économique toujours solides et un potentiel important à moyen terme, la situation budgétaire du Sénégal est désormais plus contrainte. Cette vulnérabilité accrue rend les finances publiques beaucoup plus exposées à d’éventuels chocs économiques et financiers négatifs à l’avenir. » L’agence prévoit par ailleurs que la dette restera proche de 118 % du PIB en 2024, confirmant l’essoufflement des marges de manœuvre budgétaires.

Il faut rappeler que le Sénégal avait bénéficié au cours des dernières années d’un climat de confiance favorable, porté par d’importants projets d’infrastructures et des prévisions de recettes futures tirées notamment par l’exploitation des hydrocarbures offshore. Toutefois, ces anticipations optimistes se heurtent aujourd’hui à la réalité d’un endettement massif et d’un déficit structurel difficilement résorbé.

Le nouveau gouvernement, qui a fait de la transparence budgétaire et du redressement financier l’un de ses principaux chevaux de bataille, se retrouve face à un défi considérable : restaurer la crédibilité auprès des investisseurs, tout en poursuivant des engagements sociaux et économiques ambitieux.

La dégradation de la note de crédit risque de renchérir le coût des emprunts sur les marchés internationaux, dans un contexte où plusieurs échéances de remboursement se profilent. Pour de nombreux observateurs, cette situation souligne la nécessité urgente de réformes structurelles et d’un plan d’assainissement budgétaire approfondi, sans quoi le Sénégal pourrait se retrouver sous pression croissante de ses créanciers.

Bassirou Diomaye Faye réaffirme ses priorités : stabilité, justice, souveraineté et réconciliation nationale

Lors de sa dernière sortie médiatique, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé avec franchise sur plusieurs sujets majeurs touchant à la gouvernance, à la stabilité politique, à la justice et à la situation économique du pays. Un discours lucide, marqué par un appel à l’unité, à la paix et à la responsabilité.

Dès l’entame de son intervention, le président a tenu à rappeler que le Sénégal reste un pays stable, sans complexe face aux autres nations. Toutefois, il a souligné que la stabilité politique ne saurait être effective sans un climat politique serein, propice à l’investissement et à la confiance.

« Je compte continuer à m’atteler à tout ce qui pourrait apporter la paix dans ce pays et je tends la main à tous ceux qui travaillent en ce sens », a-t-il affirmé, rappelant le passé récent tumultueux que le pays a traversé.

Il insiste : tout écart vis-à-vis de ce cap de stabilité et de cohésion nationale risquerait d’aliéner le soutien des citoyens.

Revenant sur le climat social et politique à son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye a évoqué un pays en proie à une division profonde, jusque dans les foyers.

« On a dit que pour le prochain président, son premier chantier, c’est de réconcilier les Sénégalais », a-t-il rappelé.

Dans cette logique, le président a tenu à maintenir le calendrier des Assises nationales dès le 28 mai, moins de deux mois après sa prestation de serment, avec comme première thématique : la justice. Pour lui, cette institution doit être réformée pour restaurer la confiance des citoyens, mais pas affranchie de tout contrôle.

« Libérer la justice ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité de corriger les dysfonctionnements passés sans pour autant tomber dans l’impunité.

Il a également rappelé les 11 mois qu’il a passés en prison, affirmant qu’il ne saurait aujourd’hui cautionner les dérives qu’il a lui-même dénoncées à l’époque.

Le chef de l’État a aussi fait le point sur son récent déplacement aux États-Unis, où il a rencontré des acteurs majeurs de l’économie, notamment la Chambre de commerce américaine. L’objectif : encourager les investissements au Sénégal, créer de l’emploi et trouver des solutions concrètes aux défis économiques.

« Il faut attirer des investisseurs pour régler des problèmes et créer des emplois », a-t-il martelé, soulignant l’importance du partenariat international dans un cadre souverain.

Abordant la polémique née des récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, le président a tenu à apaiser les inquiétudes en affirmant clairement qu’il n’y a « aucun conflit » entre les deux hommes.

« Le Premier ministre est mon ami. Je vais continuer à me concentrer sur les attentes des Sénégalais. Le seul combat qui vaille, c’est celui contre les difficultés qu’ils endurent », a-t-il insisté.

Le président rappelle que son gouvernement a hérité d’une situation économique complexe, ce qui appelle à un engagement collectif fort autour des principes qui fondent le projet Jub, Jubbal, Jubanti : vérité, réparation, transformation.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye appelle l’ensemble de la classe politique, de l’administration et de la société civile à s’inscrire dans une dynamique de gestion transparente, de renforcement de la souveraineté, de défense des libertés et de préservation des valeurs démocratiques.

« C’est là où les Sénégalais nous attendent », a-t-il dit avec conviction, se plaçant en gardien des intérêts de l’État, mais surtout en président déterminé à incarner une nouvelle ère de rupture et de responsabilité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°512 – 15/07/2025

🔴 « L’EMPRISONNEMENT DE BADARA GADIAGA EST UN PAS DE PLUS VERS LA CONSTRUCTION D’UN PARTI-ÉTAT » : BOUGANE DÉCODE LES INTENTIONS DE SONKO
🔴 « IL N’Y A AUCUN CONFLIT ENTRE OUSMANE SONKO ET MOI » : QUELLE « STATESMANSHIP » DE DIOMAYE !

🔴 CAN FÉMININE : LES « LIONNES » S’ENVOLENT EN QUARTS
🔴 LIGUE FOOTBALL DE THIÈS : DSFA ET UNIVERSITÉ CLUB DE THIÈS EN N2 !

Réformes issues du Dialogue national : le Président Diomaye annonce des mesures concrètes et un comité ad hoc dès cette semaine

Le rapport général du Dialogue national 2025 a été officiellement remis ce lundi au Président Bassirou Diomaye Faye par le facilitateur général, Dr Cheikh Gueye. Cette étape marque un moment crucial dans la réflexion collective engagée sur la réforme du système politique sénégalais. Les concertations nationales, qui se sont déroulées du 28 mai au 4 juin, ont permis d’aboutir à des conclusions importantes visant à renforcer les institutions et améliorer le fonctionnement démocratique du pays.

Dans son discours, le Président Faye a salué les progrès réalisés et les larges consensus dégagés autour de plusieurs questions essentielles. Parmi celles-ci, la rationalisation et la réforme des partis politiques ont été identifiées comme un levier indispensable pour une meilleure gouvernance. Par ailleurs, la dématérialisation intégrale du processus électoral, qui inclut l’inscription automatique et permanente des primo-électeurs, a été unanimement reconnue comme une avancée majeure pour garantir la transparence et la fiabilité des scrutins.

Le Président a également mis en lumière la création prochaine d’une Cour constitutionnelle, dont la mission sera de veiller au respect de la Constitution et à la régulation des institutions. L’adoption du bulletin unique et du vote électronique a également été retenue comme une mesure clé pour moderniser le système électoral. En complément, la mise en place d’un organe indépendant chargé de la gestion des élections doit assurer une supervision impartiale et renforcer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Conscient de l’importance de transformer ces recommandations en actions concrètes, le chef de l’État a annoncé la création, dès cette semaine, d’un comité ad hoc. Ce comité aura pour mission de superviser la mise en œuvre rigoureuse des réformes, aussi bien au niveau constitutionnel que législatif et réglementaire. Cette étape permettra d’assurer un suivi efficace et d’éviter toute lenteur dans la concrétisation des mesures arrêtées.

Le Président Diomaye Faye a insisté sur la portée stratégique de ces réformes, en soulignant leur rôle primordial dans la préservation de la paix sociale au Sénégal. Il a aussi rappelé que ces transformations sont essentielles pour renforcer l’attractivité économique du pays et améliorer la synergie entre les différentes institutions publiques. Le Dialogue national, désormais institutionnalisé, s’affirme comme un outil central de gouvernance concertée, contribuant ainsi à la consolidation démocratique et à la construction citoyenne.

En conclusion, le Président a affirmé que ces réformes incarnent la volonté collective des Sénégalais de bâtir un pays uni, stable et tourné vers l’avenir, où la démocratie et l’État de droit sont respectés et renforcés. Ce nouveau souffle, porté par le Dialogue national, est présenté comme une étape décisive pour accompagner le Sénégal vers un développement harmonieux et inclusif.

Bassirou Diomaye Faye clarifie : « Il n’y a aucun conflit entre Ousmane Sonko et moi »

Alors que certains observateurs et commentateurs misaient sur un début de tension entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté ce lundi 14 juillet.

La mise au point est intervenue lors de la cérémonie de remise du rapport général sur le Dialogue national, organisée au Palais présidentiel. D’un ton ferme et apaisant, Bassirou Diomaye Faye a coupé court aux spéculations :

« Il n’y a aucune divergence entre le Premier ministre et moi. C’est mon ami. Il n’y a aucun conflit. Je continuerai à veiller au bon déroulement de la mission que le peuple sénégalais nous a confiée, à savoir faire focus et nous concentrer sur les priorités des Sénégalais », a-t-il déclaré.

Ces précisions interviennent après les propos d’Ousmane Sonko, prononcés le jeudi 10 juillet lors de l’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Ce jour-là, le Premier ministre avait estimé que « le Sénégal n’est pas en crise », mais que le véritable problème du pays résidait dans « l’autorité de l’État », insistant sur la nécessité de lui laisser la latitude pour gouverner efficacement et apporter des résultats concrets.

Des déclarations qui ont été perçues, dans certains milieux politiques et médiatiques, comme une manière de marquer son territoire ou de signifier des désaccords au sommet de l’État.

Le Président Faye a donc choisi de clarifier publiquement la nature de ses relations avec son chef de gouvernement et camarade politique de longue date. Ce geste vise à rassurer les Sénégalais et à montrer l’unité de l’exécutif, dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques.

Cette sortie souligne aussi la volonté du Président d’écarter toute polémique inutile et de maintenir la cohésion au sein de l’équipe dirigeante, qui porte la responsabilité d’incarner la promesse de rupture et de réformes portée par leur coalition.

Situation difficile du Sénégal : Bassirou Diomaye Faye appelle à l’unité et à la responsabilité face aux urgences nationales

Le Président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé ce lundi au Palais présidentiel à l’occasion de la cérémonie de remise du rapport général du Dialogue national. Une intervention marquée par un appel appuyé à l’unité et à la mobilisation collective face aux défis qui secouent le Sénégal.

Confronté à ce qu’il qualifie d’« héritage lourd à gérer », le chef de l’État a reconnu la gravité de la situation financière et sociale du pays. « Le seul combat qui vaille aujourd’hui, c’est celui contre les difficultés que vivent les Sénégalais, que nous-mêmes rencontrons en tant que gouvernants », a-t-il affirmé.

Bassirou Diomaye Faye a souligné que les priorités du gouvernement restent inchangées, portées par le slogan devenu sa marque de fabrique : « Jub, Jubal, Jubanti ». Une ligne directrice qui doit, selon lui, guider l’action publique malgré les contraintes économiques : « La vision est là, le Jub, Jubal, Jubanti est toujours là, qui est notre boussole. »

Le Président a invité les responsables politiques et administratifs à faire preuve de responsabilité et à se concentrer sur les urgences nationales. Il a rappelé que la promesse de rupture exige rigueur, méthode et constance.

« Nous devons tenir nos engagements : la gestion transparente, l’affirmation de la souveraineté, la veille systématique sur les intérêts de l’État, la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques », a-t-il insisté.

Cet appel intervient alors que le pays traverse une conjoncture marquée par une pression sociale accrue et une attente forte de résultats concrets. Le Président a conclu en réaffirmant que seule une mobilisation collective et un engagement sincère permettront de relever les défis auxquels le Sénégal fait face.

Guerre d’egos et de pouvoir : Thierno Alassane Sall étrille la rivalité Sonko-Diomaye

Dans une publication au vitriol sur son compte X, Thierno Alassane Sall, leader du parti La République des Valeurs, s’est violemment attaqué à la crise ouverte qui secoue le sommet de l’État sénégalais. Selon lui, les querelles entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko n’ont rien d’un débat politique de fond, mais tout d’une bataille d’egos nuisible à l’intérêt général.

« Un minimum de respect pour les Sénégalais aurait dû pousser les dirigeants du Pastef à prendre l’initiative de mettre un terme à la guerre froide, désormais officiellement déclarée, entre Sonko et Diomaye », affirme Thierno Alassane Sall, qui dénonce l’attitude des nouveaux responsables de la mouvance présidentielle. Il estime que « nombre de ces nouveaux apparatchiks versent de l’huile sur le feu, avec des messages d’allégeance sur les réseaux sociaux », sans même avoir le courage de justifier leur parti-pris par des divergences de programme.

L’ancien ministre ne s’arrête pas là. Il qualifie la rivalité entre le président et son chef de gouvernement de « farce tragique » et moque les références révolutionnaires qui entourent la figure d’Ousmane Sonko. « Non ! Ce n’est pas Sankara contre Blaise. C’est Blaise contre Compaoré. Une farce tragique. Un pathétique épisode de la supercherie Diomaye mooy Sonko », lance-t-il, ironique.

Pour Thierno Alassane Sall, cette lutte pour le contrôle du pouvoir révèle le vrai visage de la gouvernance actuelle. « Pendant ce temps, les Sénégalais, pris au piège dans les décombres du quatrième sous-sol, attendent impatiemment l’arrivée des secours », alerte-t-il, avant de pointer du doigt l’attitude du Premier ministre, qu’il accuse de se préoccuper uniquement de « sa part du pouvoir, qu’il trouve insuffisante ». Il reproche ainsi à Ousmane Sonko de mobiliser députés, directeurs généraux et ministres pour un nouveau bras de fer politique, pendant que les priorités du pays restent en suspens.

GSIE TECHNOLOGY dément tout lien avec Badara Gadiaga et dénonce des accusations « malveillantes »

L’entreprise sénégalaise GSIE TECHNOLOGY a publié, ce samedi 12 juillet 2025, un communiqué formel démentant tout lien avec le chroniqueur Badara Gadiaga.

Depuis quelques heures, des informations circulaient en ligne laissant entendre que la société de services numériques entretiendrait des relations avec M. Gadiaga, récemment placé sous le coup de poursuites judiciaires. Des allégations qualifiées de « totalement infondées » par l’entreprise.

GSIE TECHNOLOGY rappelle qu’elle agit exclusivement comme prestataire technique au profit des institutions de microfinance (IMF), des banques et des établissements de monnaie électronique, en fournissant une plateforme numérique visant à favoriser l’inclusion financière dans l’espace UEMOA et au-delà.

Dans sa mise au point, la société précise qu’elle :

– n’entretient aucune relation commerciale ou autre avec M. Badara Gadiaga ;

– ne détient aucun compte au nom de ce dernier ni de clients extérieurs au cadre strict de ses partenariats institutionnels ;

– exerce depuis près de trois décennies dans le secteur numérique sous la direction de son fondateur, M. Antoine Ngom, également président du regroupement du secteur privé du numérique de l’UEMOA.

« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la diffusion de fausses informations, malveillantes et tendancieuses, nuisibles à l’image de notre entreprise, de ses dirigeants, de ses partenaires et de ses clients », avertit GSIE TECHNOLOGY, qui se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces allégations.

Tribunal de Dakar : Badara Gadiaga bénéficie d’un retour de parquet

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, a bénéficié d’un retour de parquet après la présentation de son dossier au tribunal de Dakar. Son dossier a été transmis au doyen des juges pour instruction, signe que la procédure judiciaire se poursuit.

Initialement poursuivi pour « propos contraires aux bonnes mœurs » tenus lors de l’émission Jakaarlo Bi, Badara Gadiaga fait désormais face à de nouvelles charges. Selon des sources judiciaires, il est également visé pour « diffusion de fausses nouvelles » et « offense à une personne qui exerce une partie des prérogatives du chef de l’État ».

L’affaire, qui suscite une vive attention médiatique et une vague de réactions sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la liberté d’expression et les limites de la critique publique au Sénégal. De nombreuses voix, issues de la société civile et du monde politique, continuent d’appeler à la libération du chroniqueur et dénoncent une « criminalisation de l’opinion ».

Alioune Tine appelle à la rupture : « Continuer le Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde de cauchemar »

Le climat politique sénégalais continue d’alimenter polémiques et tensions. Au cœur des débats, le défenseur des droits humains Alioune Tine a réagi aux critiques du journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien Yor Yor, qui lui reproche de demander la libération du chroniqueur Badara Gadiaga, incarcéré pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Lors d’une émission, Serigne Saliou Gueye s’est étonné de la position d’Alioune Tine, rappelant que ce dernier avait écrit sur Facebook : « J’ai bloqué tout ce qui m’insultait ». « Celui qui peut bloquer pour des insultes est capable d’envoyer des gens en prison », a-t-il lancé.

Alioune Tine n’a pas tardé à répondre sur Twitter, rectifiant d’abord : « Ce n’est pas sur Facebook », avant de clarifier : « Je bloque les insulteurs, je ne les mets pas en prison, je n’en ai pas le pouvoir. Nous avons toujours prôné le respect mutuel entre adversaires politiques ».

Le militant des droits humains s’est ensuite inquiété de l’état actuel de la vie politique nationale. « Aujourd’hui, c’est le règne de la radicalisation, de l’affrontement politique, de la logique ami/ennemi, des simplifications, des fake news et des théories complotistes. Personne n’y gagne », a-t-il déploré.

Réitérant son engagement en faveur de la liberté d’expression, il a réaffirmé sa demande de libération de Badara Gadiaga et de « tous les détenus pour délit d’opinion ». Selon lui, l’apaisement et la réconciliation sont des priorités urgentes. « Les autorités doivent apaiser et réconcilier les Sénégalais. Dire que le pays va mal n’est pas un excès de langage », a-t-il insisté.

Enfin, Alioune Tine a critiqué la persistance des méthodes qu’il qualifie de dépassées, symbolisées par le « Gatsa Gatsa-Gatsa ». « Les solutions sont à portée de main : construire une nation unie, confiante et conquérante. Continuer le Gatsa Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde passé, un monde de cauchemar », a-t-il conclu.

Soutien militaire : l’Union européenne accorde 10 millions d’euros aux Forces armées sénégalaises

L’Union européenne vient de franchir une nouvelle étape dans sa coopération sécuritaire avec le Sénégal. Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), l’UE a approuvé mercredi une première mesure d’assistance militaire d’un montant de 10 millions d’euros, soit 6,56 milliards de francs CFA, destinée à renforcer les capacités des Forces armées sénégalaises. Ce soutien s’inscrit dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix (FEP) et s’étalera sur une période de 36 mois.

D’après le site officiel du Conseil européen, cette mesure vise à « renforcer les capacités des forces armées sénégalaises à défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté du Sénégal et à protéger sa population civile contre les agressions internes et externes ».

L’aide concernera exclusivement des équipements non létaux et le développement d’infrastructures opérationnelles. Elle portera notamment sur la surveillance terrestre et fluviale, de jour comme de nuit, la collecte de renseignements, ainsi que la protection des forces.

La Facilité européenne pour la paix, créée en mars 2021, est un instrument financier de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’UE. Elle permet de financer des actions de prévention des conflits, de stabilisation et de renforcement des capacités militaires des pays partenaires.

Madiambal Diagne : « Bassirou Diomaye Faye doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même »

Le journaliste Madiambal Diagne a réagi avec fermeté à la dernière sortie d’Ousmane Sonko, qui continue d’alimenter la polémique. Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), il estime que le président Bassirou Diomaye Faye n’a désormais plus d’alternative : il doit trancher ou s’effacer.

« Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef. Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a écrit Madiambal Diagne.

Ces propos surviennent au lendemain d’un discours particulièrement offensif du chef du gouvernement, qui a critiqué plusieurs acteurs institutionnels et politiques. Pour le journaliste, cette situation est intenable et fragilise la crédibilité du pouvoir en place.

Projection de film LGBTQ : And Samm Jikko Yi met en garde l’État et menace de troubles à l’ordre public

La tension monte autour de la rencontre annoncée par l’Ambassade des Pays-Bas et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, qui prévoient d’organiser la projection d’un film suivi de débats sur les questions LGBTQI à Dakar. Le collectif And Samm Jikko Yi est monté au créneau pour dénoncer cette initiative et adresser un avertissement au gouvernement sénégalais.

Dans un communiqué transmis à la presse, le collectif affirme que « cette réunion ne se tiendra pas sur le territoire national, sous peine de graves troubles à l’ordre public ». Selon And Samm Jikko Yi, toutes les associations et plateformes mobilisées contre « les anti-valeurs » ont été informées et se tiennent prêtes à réagir.

« Cette violation ouverte de nos lois et de nos mœurs ne passera pas », prévient le collectif, qui appelle les autorités à prendre leurs responsabilités face à ce qu’il qualifie de provocation.

La note détaille que cette réunion, baptisée « Réunion Equal Rights Coalition (ERC) », est prévue de 9h30 à 11h et doit inclure la projection du film MIWA (« Nous sommes là »), consacré aux enjeux des femmes LGBT et hommes transgenres d’Afrique de l’Ouest. Des représentants d’associations comme Égides et PI7, impliquées dans le projet, participeront aux échanges en ligne après la projection.

Pour And Samm Jikko Yi, il ne s’agit pas d’un simple événement culturel, mais d’une « volonté affichée et déterminée des lobbies de mettre le Sénégal à genoux ». En conséquence, le collectif exhorte l’État à aller plus loin et à inscrire la criminalisation de l’homosexualité dans la loi. « Plus que jamais, l’urgence de criminaliser ce fléau s’impose comme le seul moyen de mettre immédiatement un terme à tous ces programmes de perversion. Que l’État prenne sa responsabilité », martèle le texte.

LGBTQI : Le Sénégal met en garde contre une projection de film prévue à Dakar

Le gouvernement sénégalais a fermement réagi ce jeudi à une initiative envisagée par l’Ambassade des Pays-Bas à Dakar et le Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH). Dans un communiqué diffusé par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE), les autorités expriment leur opposition à une activité qui aurait consisté en une projection de film suivie de discussions autour des questions LGBTQI dans les locaux du HCDH à Dakar.

Le ministère affirme avoir été informé de cette démarche et rappelle que toutes les activités organisées sur le territoire national par des représentations diplomatiques, organisations internationales ou ONG doivent impérativement respecter les lois et règlements en vigueur. « Elles doivent également se conformer strictement aux valeurs culturelles, religieuses et sociales qui fondent la Nation sénégalaise », précise le communiqué.

Réaffirmant la position officielle du Sénégal sur la question, le ministère déclare que « le Sénégal n’accepte aucune forme de propagande et de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », soulignant que cette position a été « clairement et maintes fois exprimée par les plus Hautes Autorités du pays ».

En conclusion, le gouvernement sénégalais met en garde contre toute tentative d’organisation de ce type d’événements. « Le Gouvernement se réserve le droit de prendre toute mesure appropriée contre les éventuels organisateurs de telles activités et même contre les participants, quels que soient leurs origines, statut ou rang, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. »

Barthélémy Dias charge le régime : « Le peuple a été victime d’une escroquerie politique, il mérite mieux »

Le climat politique sénégalais n’en finit pas de se tendre. Invité sur le plateau de France 24, Barthélémy Dias a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place, qu’il accuse d’avoir trahi les espoirs populaires. Pour le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, l’heure est venue de reconnaître un immense échec.

« Je n’ai pas le droit de me dérober. Je fais partie de ceux qui ont participé à l’accession de ce régime au pouvoir. Je pense que la déception est au rendez-vous. Pour moi et d’autres compagnons, se débarrasser de ce régime est une œuvre de salubrité publique », a déclaré l’ancien maire de Dakar.

Barthélémy Dias pointe du doigt ce qu’il décrit comme une « escroquerie politique et intellectuelle » qui a particulièrement touché la jeunesse. Selon lui, les promesses formulées pendant la campagne présidentielle n’ont pas résisté à l’épreuve du pouvoir. « Le Sénégal a besoin de vérité. Le Sénégal, particulièrement la jeunesse, a été victime de l’une des plus grosses escroqueries politique et intellectuelle du Sénégal moderne. Ils avaient promis monts et merveilles. Aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise est dans une déception totale », a-t-il dénoncé.

Le responsable politique estime par ailleurs que la situation économique du pays est alarmante. « Le constat est là, la situation macro-économique est désastreuse. Le peuple mérite mieux que ce que l’on nous a servi », a conclu Barthélémy Dias, visiblement déterminé à faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une dérive des promesses initiales.

Thierno Alassane Sall étrille Sonko : « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura duré que le temps d’un hivernage »

La dernière prise de parole d’Ousmane Sonko continue de provoquer une onde de choc dans le landerneau politique. Cette fois, c’est le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, qui a vivement critiqué la démarche du Premier ministre, qu’il accuse de vouloir précipiter le Sénégal dans une nouvelle crise.

Pour Thierno Alassane Sall, l’illusion d’un tandem solide entre le président Bassirou Diomaye Faye et son chef de gouvernement a rapidement volé en éclats. « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura tenu que le temps d’un hivernage », ironise-t-il, estimant que Pastef est désormais rongé de l’intérieur par ses propres contradictions.

Selon lui, le pays, déjà confronté à de multiples défis sociaux et économiques, n’avait nul besoin d’une crise politique supplémentaire. « Comme si le sombre tableau que présente le Sénégal ne suffisait pas, Ousmane Sonko veut ajouter une crise à la crise. Une crise politique de plus pour un parti qui, depuis 2021, vague après vague, ne cherche pas le répit », déplore-t-il.

Le député va plus loin en dénonçant l’obsession du leader de Pastef pour le pouvoir, non pas pour répondre aux priorités des Sénégalais, mais pour régler des comptes. « Le plus indécent dans sa déclaration, c’est qu’il réclame plus de pouvoirs, lui qui en a tant. Il demande plus de pouvoirs, non pour s’en prendre à la misère du peuple ou à l’insécurité, non ! Il réclame le pouvoir pour solder des comptes personnels », accuse Thierno Alassane Sall.

Il souligne enfin que les vraies préoccupations – le chômage, le coût de la vie, l’échec scolaire – semblent reléguées au second plan au profit d’un agenda personnel. « À l’écouter, il est clair que ce n’est ni par le taux d’échec au Bac, ni par le taux de chômage, ni par l’indice du coût de la vie que se mesure sa frustration. C’est au nombre de ses contempteurs emprisonnés. Voilà son projet et son horizon », conclut-il.

Crise au sommet : Madiambal Diagne met Diomaye Faye au pied du mur

La dernière sortie d’Ousmane Sonko continue de susciter des réactions tranchées dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Au cœur de cette tempête, le journaliste Madiambal Diagne a pris la parole pour adresser une mise en garde directe au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Dans une déclaration sans détour, Madiambal Diagne estime que le Président de la République n’a désormais plus d’autre issue que de trancher dans le vif. « Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : Le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef… Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a-t-il déclaré.

Ces propos, lourds de conséquences, interviennent dans un climat politique tendu, où les déclarations incendiaires du Premier ministre Sonko ont profondément clivé l’opinion. En ciblant une large frange des institutions et des forces vives de la Nation, Sonko semble avoir élargi le fossé qui le sépare non seulement de l’opposition mais également de certains cercles de la société civile et des médias.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°509 – 11/07/2025

🔴 « À 20 HEURES, IL N’Y AVAIT MÊME PAS TROIS PERSONNES LÀ OÙ IL Y AVAIT L’AUDITION » : L’« EFFACEUR » PERD SES MOYENS
🔴 ÉTATS-UNIS / 1689 SÉNÉGALAIS EN INSTANCE D’EXPULSION : DIOMAYE VA-T-IL DONNER BLANC-SEING ?

🔴 INLINE FREESTYLE 2025 / HERO BATTLE CUP : DAME FALL RESTE ROI DU FREE JUMP
🔴 LIGUE DE DAKAR : VICTOIRE D’ESPOIRS DE GUÉDIAWAYE SUR KUMBA LAMB

Justice paralysée : les syndicats SYTJUST et UNTJ déclenchent 48 heures de grève et interpellent le Président Diomaye

Le bras de fer entre l’État et les travailleurs de la justice prend un nouveau tournant. L’entente SYTJUST–UNTJ, qui regroupe le Syndicat des travailleurs de la justice et l’Union nationale des travailleurs de la justice, a annoncé dans un communiqué une grève de 48 heures ce jeudi 10 et vendredi 11 juillet 2025 sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision intervient dans un climat de plus en plus tendu, marqué par l’accumulation des frustrations et le sentiment d’un profond mépris à l’égard des revendications des agents du secteur.

Dans leur déclaration, les deux organisations syndicales pointent du doigt une administration qu’elles qualifient de « bureaucratique » et « déconnectée des réalités du service public de la justice ». Elles dénoncent une « inaction coupable » et des « manœuvres dilatoires » qui, selon elles, sabotent la dynamique de réformes et bloquent l’amélioration des conditions de travail et de rémunération des personnels judiciaires. Les grévistes jugent qu’il n’est plus possible d’attendre et estiment que la lutte qu’ils mènent est « légitime, juste et vitale ».

Leurs principales revendications portent sur l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, un engagement reconnu mais jamais concrétisé, la constitution initiale du corps des assistants des greffes et parquets, bloquée par ce qu’ils décrivent comme une technostructure incompétente, ainsi que la satisfaction des autres points inscrits dans les préavis de grève successifs déposés par le SYTJUST et l’UNTJ. Ces organisations affirment qu’elles ne comptent plus être les « victimes silencieuses d’un système qui profite de leur résilience pour les maintenir dans la précarité et l’indignité ».

Les travailleurs de la justice interpellent directement le Président Bassirou Diomaye Faye, garant du fonctionnement régulier des institutions, ainsi que le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’ils exhortent à se saisir de ce dossier qu’ils qualifient de « scandale administratif ». Ils estiment que seule une implication des plus hautes autorités permettra de débloquer la situation et d’éviter un enlisement qui risquerait de paralyser durablement le service public de la justice.

Ousmane Sonko hausse le ton : tolérance zéro face aux attaques médiatiques et mise en garde directe au Président Diomaye

Le Premier ministre Ousmane Sonko a décidé de rompre le silence et d’adopter une posture ferme. Agacé par ce qu’il qualifie de « climat médiatique nuisible et malsain », il a annoncé qu’il n’y aurait désormais plus aucune tolérance face aux attaques personnelles dont il se dit victime. Dans une déclaration musclée, il a dénoncé avec virulence les propos qu’il juge répétés et injustifiés à son encontre, accusant certaines plumes et voix médiatiques d’entretenir volontairement la confusion et la haine.

Prenant la parole sur un ton particulièrement offensif, Ousmane Sonko a mis en avant sa position institutionnelle et sa vie privée pour justifier cette nouvelle ligne de fermeté. Il a estimé qu’il était inadmissible, pour un homme investi de responsabilités nationales et internationales, d’être constamment la cible d’invectives et d’insultes publiques. « Pour quelqu’un qui est père d’un garçon en âge de se marier, qui a lui-même des épouses et assume d’importantes responsabilités en représentant le Sénégal à l’international, il est inadmissible d’être la cible d’individus proférant toutes sortes d’insanités », a-t-il dénoncé.

Le Premier ministre a ensuite dirigé ses flèches vers certains acteurs de la société civile, qu’il a désignés comme responsables d’une partie de cette escalade verbale. Sans détour, il les a qualifiés de « fumiers », estimant qu’ils avancent masqués derrière des causes prétendument citoyennes alors qu’ils poursuivraient en réalité des intérêts politiques. Sonko a prévenu que son gouvernement ne resterait plus passif face à ces attaques qu’il juge attentatoires à la dignité des institutions et à sa personne. « Quiconque pense que nous allons rester passifs face à ces agissements se trompe lourdement », a-t-il lancé.

Enfin, dans un avertissement qui n’est pas passé inaperçu, il a interpellé le président Bassirou Diomaye Faye en l’appelant à prendre ses responsabilités pour réguler la situation et faire cesser ce qu’il décrit comme des dérives médiatiques dangereuses pour la stabilité du pays. Ousmane Sonko a clairement signifié que, si des mesures concrètes n’étaient pas prises rapidement, il se réservait le droit d’agir lui-même. Il a conclu en comparant cette situation à celle des grandes démocraties, soulignant que « même dans les démocraties les plus avancées à travers le monde, ce genre de dérives ne serait jamais toléré ». Ces propos tranchants illustrent un tournant dans sa communication et laissent présager une intensification du bras de fer entre le gouvernement et certains segments de la presse et de la société civile.

Dernière minute – Nouvelle audition de Badara Gadiaga : des questions sur ses sources de revenus

Auditionné de nouveau ce jeudi par les enquêteurs, le chroniqueur Badara Gadiaga a été interrogé sur l’origine de ses ressources financières et l’existence présumée de sociétés à son nom, selon une source proche du dossier contactée par Le Dakarois.

L’audition, jugée tendue, a tourné court : Gadiaga aurait opposé un refus catégorique de répondre, en déclarant qu’il avait déjà signé son procès-verbal lors de sa précédente garde à vue.

Cette nouvelle convocation s’inscrit dans un contexte marqué par une vague d’interpellations d’activistes, journalistes et influenceurs, sur fond de tensions entre liberté d’expression et contrôle de l’espace public numérique.

Expulsions de migrants : le Sénégal dans le viseur d’un vaste programme américain

Les États-Unis multiplient les démarches diplomatiques pour renvoyer chez eux des milliers de migrants africains en situation irrégulière sur leur territoire. Le Sénégal, avec près de 1 689 ressortissants en instance d’expulsion, figure parmi les pays les plus concernés par cette politique renforcée.

Selon plusieurs sources concordantes, Washington cherche à conclure des accords de coopération avec des États africains afin de faciliter l’identification, la délivrance de laissez-passer consulaires et l’organisation logistique des retours. Parmi les pays ciblés figurent la Somalie, la Mauritanie, le Nigéria, le Ghana, la Guinée et le Sénégal, qui abritent les populations les plus importantes de ressortissants sous le coup d’un ordre d’expulsion.

Les autorités américaines invoquent des raisons juridiques : dépassement de séjour, condamnations pénales ou rejets de demandes d’asile. L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence en charge des expulsions, défend son action comme étant « conforme à la législation fédérale ».

Mais du côté des organisations de défense des droits humains, l’inquiétude grandit. Le retour forcé de migrants dans des pays confrontés à des défis socio-économiques, des tensions politiques ou encore des manquements aux droits fondamentaux soulève des critiques. « Le Sénégal n’est pas en guerre, mais il n’est pas non plus prêt à absorber en masse des jeunes souvent sans attaches, stigmatisés et en situation de vulnérabilité à leur retour », estime un militant d’une ONG sénégalaise spécialisée dans la réinsertion.

Les expulsés risquent de faire face à de nombreuses difficultés : chômage structurel, manque de soutien psychologique, rejet social ou familial, voire arrestations arbitraires à leur arrivée pour ceux ayant des antécédents judiciaires.

Face à cette pression américaine, le Sénégal marche sur une ligne étroite. Dakar ne souhaite pas compromettre ses relations diplomatiques et économiques avec Washington, mais doit aussi composer avec une opinion publique de plus en plus sensible aux questions migratoires. Pour rappel, ces dernières années, le pays a connu une forte vague d’émigration irrégulière, notamment par voie maritime vers l’Espagne, mettant en lumière l’ampleur du désespoir économique de nombreux jeunes.

Si l’État accepte de coopérer avec les États-Unis, il devra aussi mettre en place des mécanismes d’accueil dignes pour ses ressortissants. À défaut, ce programme d’expulsion pourrait aggraver les tensions sociales et renforcer le sentiment d’abandon chez des milliers de jeunes Sénégalais.

Badara Gadiaga après sa garde à vue : « Je préfère cent ans de prison à une seconde de liberté sans honneur ni dignité »

Le chroniqueur Badara Gadiaga a livré ses premiers mots après son interpellation et sa garde à vue au commissariat central de Dakar. Convoqué la veille par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), il a tenu à remercier publiquement tous ceux qui se sont mobilisés en sa faveur.

« Grand merci à tous mes soutiens, aux démocrates de ce pays épris de justice qui m’accompagnent de près ou de loin », a-t-il écrit sur sa page Facebook officielle. Son message est empreint de gratitude mais également de fermeté face aux accusations qui le visent.

Badara Gadiaga a salué le courage et le professionnalisme de ses avocats, qu’il décrit comme « restés debout malgré les dures conditions d’exercice de leur mission d’assistance et sacerdotale ». Il leur a exprimé toute sa reconnaissance pour leur présence constante à ses côtés.

Se voulant rassurant, le chroniqueur a précisé qu’il se portait bien malgré l’épreuve. « Je vais super bien par la grâce du Tout Puissant et je vis cette injustice avec fierté et dignité », a-t-il affirmé. Il a conclu en martelant sa détermination : « Je préfère cent ans de prison à une seconde de liberté sans honneur ni dignité. Je préférerais mourir debout ! »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°508 – 10/07/2025

🔴 DE NOMBREUX SYMPATHISANTS, ACTEURS POLITIQUES ET MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DEVANT LA DSC : BADARA GADIAGA ASSOMME LES « 4000 CADRES »
🔴 CLIMAT PROPICE POUR LES INVESTISSEMENTS AMÉRICAINS : DIOMAYE SÉDUIT TRUMP

🔴 COUPE DE LA LIGUE : WALLY DAAN S’OFFRE UNE FINALE CONTRE L’AS PIKINE
🔴 CAN FÉMININE 2024 / PORTÉES PAR NGUÉNAR NDIAYE : LES « LIONNES » S’INCLINENT FACE À LA ZAMBIE

Visite de Diomaye Faye aux États-Unis : Gueum Sa Bopp annonce une manifestation à Washington ce 9 juillet

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye est attendu aux États-Unis pour une visite officielle sur invitation de son homologue américain, Donald Trump, le mouvement « Gueum Sa Bopp » entend faire entendre sa voix à Washington. Ce mardi 8 juillet, la Cellule des cadres du mouvement, dénommée « les Jambaars », a annoncé l’organisation d’une manifestation pacifique dans la capitale américaine, prévue pour ce mardi 9 juillet, jour d’arrivée du chef de l’État sénégalais.

Face à la presse, les responsables de Gueum Sa Bopp ont précisé avoir saisi leurs « partenaires démocratiques » établis aux États-Unis pour coordonner cette mobilisation. Leur objectif est de sensibiliser l’opinion internationale sur ce qu’ils qualifient de « répression silencieuse qui se poursuit au Sénégal, malgré les promesses de rupture et de renouveau démocratique » formulées par les nouvelles autorités.

Cette initiative marque un tournant dans la posture du mouvement dirigé par Bougane Gueye Dany, qui a décidé de porter la contestation sur le plan international. En plus de la manifestation de Washington, le mouvement annonce une série d’actions diplomatiques. Dès ce jeudi, une tournée sera lancée auprès des représentations diplomatiques présentes à Dakar, ainsi que des organisations internationales spécialisées dans la défense des droits humains.

Les cadres de Gueum Sa Bopp ont également déclaré qu’« une délégation de haut niveau » serait dépêchée dans plusieurs pays pour saisir les instances internationales compétentes, avec l’appui de leurs antennes implantées dans la diaspora. Cette campagne de plaidoyer vise, selon eux, à « alerter le monde sur les contradictions et les dérives » qu’ils attribuent à l’actuel pouvoir.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une série de tensions entre le pouvoir et certains segments de la presse et de la société civile, alimentées notamment par les convocations récentes de journalistes devant la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) et la mise en demeure adressée par le CNRA à la télévision TFM.

Le Sénégal représenté par El Malick Ndiaye au 50e anniversaire de l’indépendance des Comores

À l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Union des Comores, le Sénégal a marqué sa présence par la participation du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Mandaté par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, le président de l’hémicycle sénégalais a pris part, le dimanche 6 juillet 2025, à Moroni, aux cérémonies officielles commémorant cet anniversaire historique, selon un communiqué diffusé par l’Assemblée nationale du Sénégal.

Cette présence sénégalaise, hautement symbolique, a été saluée comme le reflet des relations fraternelles et solides qui unissent Dakar et Moroni depuis plusieurs décennies. À travers cette représentation, les autorités sénégalaises ont voulu témoigner de leur attachement à l’amitié et à la solidarité entre les deux peuples.

En marge de la cérémonie officielle, El Malick Ndiaye a eu plusieurs rencontres bilatérales avec des personnalités politiques et institutionnelles de premier plan. Le même jour, il a été reçu par le Président comorien Azali Assoumani. Lors de cet entretien, il lui a transmis les salutations fraternelles et les vœux de prospérité de son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants se sont félicités de la qualité exceptionnelle des relations diplomatiques entre leurs pays, qui partagent des valeurs communes de solidarité, d’unité africaine et d’attachement à la stabilité régionale.

Dans la continuité de ses échanges, El Malick Ndiaye s’est également entretenu avec Moustadroine Abdou, président de l’Assemblée de l’Union des Comores. La rencontre a permis aux deux responsables parlementaires de faire le point sur les perspectives de coopération interparlementaire. Ils ont convenu de créer un groupe d’amitié Sénégal–Comores afin d’approfondir les échanges d’expériences et de renforcer la concertation entre leurs institutions législatives respectives.

Le lundi 7 juillet, la visite s’est poursuivie par une audience avec le Président de la République de l’île Maurice, le Professeur Dharam Gokhool. Les deux personnalités ont exprimé leur volonté commune de dynamiser les liens bilatéraux par la diplomatie parlementaire, levier jugé essentiel pour accompagner les coopérations économiques, éducatives et culturelles.

El Malick Ndiaye a également rencontré Ahmed Ben Mohammed Al Jarwan, président du Conseil Global pour la Tolérance et la Paix. Cet entretien a été l’occasion d’évoquer des thématiques majeures telles que la promotion du dialogue interculturel, la prévention des conflits et la consolidation de la paix dans le monde. Le président Al Jarwan a profité de la rencontre pour exprimer le souhait de voir Dakar accueillir la prochaine rencontre internationale des femmes parlementaires, un événement rassemblant des représentantes issues de plus d’une centaine de pays.

En réponse à cette proposition, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal a invité son interlocuteur à saisir officiellement les autorités sénégalaises par voie diplomatique. Il a précisé qu’une telle requête serait examinée avec le plus grand intérêt, en concertation avec les équipes et les ministères concernés.

Cette mission à Moroni, marquée par la participation à une célébration historique et par un agenda diplomatique dense, vient confirmer le rôle actif du Sénégal dans la consolidation des partenariats africains et la promotion des valeurs de tolérance et de paix à l’échelle internationale.

Mbaye Dione, SG de l’AFP, sur la gestion de l’actuel pouvoir : « Nous sommes loin de la rupture… »

Le secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) et maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a livré un constat sévère sur les quinze premiers mois de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche sur la RFM, le responsable politique a exprimé sa profonde déception face à ce qu’il considère comme un fossé entre les promesses de rupture et la réalité de la gestion du pouvoir.

« Après 15 mois d’exercice, je suis resté sur ma faim. Nous sommes loin de la rupture », a-t-il affirmé d’emblée, estimant que le fonctionnement actuel reproduit les mêmes travers qui étaient dénoncés sous les régimes précédents. « Et pire, avec moins de résultats », a-t-il ajouté, fustigeant l’absence de changement concret dans la conduite des affaires publiques.

Dans son analyse, Mbaye Dione a pointé des dysfonctionnements qu’il juge graves dans plusieurs secteurs. Il a notamment évoqué la persistance des soupçons d’enrichissement personnel visant des directeurs généraux, la continuité de pratiques de corruption et de clientélisme, ainsi que la distribution jugée opaque des aides et avantages divers, comme le « sukeur Koor » (cadeaux distribués pendant le Ramadan) et l’octroi de billets pour le pèlerinage à La Mecque.

Sur le plan des libertés publiques, l’ancien compagnon politique de Moustapha Niasse a également exprimé ses inquiétudes. Il a dénoncé des atteintes à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse, domaines dans lesquels il attendait des avancées notables, compte tenu des engagements pris par le nouveau pouvoir durant la campagne électorale.

Ce bilan critique intervient alors que l’AFP, qui vient d’officialiser sa rupture avec la coalition Benno Bok Yakaar, se positionne désormais comme une force d’opposition autonome, déterminée à incarner une alternative crédible. Mbaye Dione, à travers ce discours, semble vouloir ouvrir un nouveau cycle politique pour son parti, en se distinguant à la fois de l’ancien système et des actuels tenants du pouvoir.

Conseil des ministres du 3 juillet : série de nominations diplomatiques et administratives

Lors du Conseil des ministres tenu ce jeudi 3 juillet 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé à une série de nominations majeures au sein de la diplomatie sénégalaise et de l’administration économique.

Diplomatie

Au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, plusieurs diplomates chevronnés ont été promus à des postes-clés :

Mamadou Moustapha Loum, ex-consul général à Madrid, devient ambassadeur au Togo, en remplacement de Rokhaya Ba.
Abdoulaye Barro, jusque-là ambassadeur en Malaisie, est affecté à l’ambassade du Sénégal en Inde.

Diamane Diome, ancien représentant adjoint à l’ONU, est nommé ambassadeur en Pologne.
Abdoulaye Bathily, Conseiller des affaires étrangères, devient ambassadeur en République Démocratique du Congo, succédant à Doro Sy.

Abdoul Aziz Loum prend le relais en Malaisie, remplaçant Abdoulaye Barro.

Ramatoulaye Ba Faye, ambassadrice aux Pays-Bas, voit son portefeuille élargi à la Finlande et à la Suède, avec résidence à La Haye.

Demba Camara, ex-premier conseiller à l’ONU, est nommé consul général à New York.

Administration économique : deux femmes promues

Au Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, deux femmes accèdent à des postes de direction :

Fatimata Mangane est nommée directrice des ressources humaines.
Rokhaya Cissé devient directrice de l’administration du personnel à la Direction générale de la Planification.

Ces décisions traduisent une volonté présidentielle de renouvellement stratégique, de mobilisation de profils expérimentés et de promotion de la compétence féminine dans l’appareil d’État.

Communiqué du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce jeudi 03 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

Le Président de la République a saisi l’occasion de l’avènement du nouvel an musulman (1447 de l’Hégire) pour souhaiter une bonne et heureuse année à la Oummah islamique et présenter ses meilleurs vœux à la communauté musulmane du Sénégal qui s’apprête à célébrer la Tamkharite.

Le Chef de l’Etat est revenu sur le vote de la Loi de Finances rectificative 2025, le bon déroulement du débat d’orientation budgétaire et les perspectives de relance économique. Il a salué la tenue de cet exercice dans la sérénité et le respect des lois et règlements qui régissent le fonctionnement régulier des institutions de la République. A cet égard, il a félicité le Gouvernement et l’Assemblée nationale pour la bonne préparation et la qualité des débats qui ont permis d’éclairer les citoyens sur la situation globale des finances publiques ainsi que les investissements et interventions sociales de l’Etat dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation. Il a demandé au Premier Ministre de poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques et de mettre l’accent sur l’investissement productif, l’apurement progressif de la dette intérieure et le développement du secteur privé.

Dans cette dynamique de redressement d’une situation économique sans précédent, le Chef de l’Etat a rappelé son attachement à l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires qui doit se hisser au niveau des meilleurs standards internationaux. A ce sujet, il a rappelé la nécessité d’un suivi minutieux, par le Premier Ministre, de la préparation du prochain Forum Invest in Sénégal prévu les 07 et 08 octobre 2025 avec une forte implication du secteur privé national.

Par ailleurs, il a souligné l’importance de revoir, pour plus de cohérence et d’efficience, les dispositifs et mécanismes nationaux de financement de l’économie. A ce titre, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050 de proposer, sous la supervision du Premier Ministre, une stratégie de rationalisation opérationnelle des instruments de financement publics (CDC, FONSIS, FONGIP, BNDE, BHS, LBA, FONAMIF, DER/FJ…). Cette stratégie permettra, dans un esprit innovant, de consolider une économie endogène à partir de la mobilisation optimale des ressources nationales.

Dans ce contexte international marqué par l’incertitude et la volatilité des marchés financiers, il est impératif de compter, d’abord, sur nos propres forces à travers notamment la mise en œuvre réussie de la nouvelle politique agricole et de souveraineté alimentaire, la maitrise stratégique du secteur de l’énergie, l’accélération de l’industrialisation, la valorisation des potentialités de nos terroirs et la mise en valeur de nos ressources naturelles dans les secteurs et filières à haute intensité de main d’œuvre. Dans cette phase de la gouvernance publique, il s’agit aussi de mobiliser davantage les acteurs économiques nationaux et internationaux et toutes les composantes des administrations publiques et parapubliques. Pour clore ce chapitre, le Président de la République a invité le Premier Ministre à veiller, dès à présent, à la bonne préparation, selon les priorités et programmes validés, du Projet de loi de finances pour l’année 2026.

Evoquant la nouvelle stratégie de coopération internationale et de promotion des partenariats public-privé (PPP), le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement que la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère, repose sur une politique de coopération, de partenariat et de financement basée sur l’ouverture, le respect mutuel, la préservation des intérêts nationaux et la réalisation de partenariats gagnant-gagnant.

A ce titre, il a félicité le Premier Ministre et sa délégation pour la bonne préparation et le succès exceptionnel de leur visite d’amitié et de travail en République populaire de Chine. Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres et les acteurs publics et privés concernés, au suivi diligent et à la matérialisation rapide de tous les accords, engagements et projets conclus lors de cette importante visite. Dans la même lancée, il a indiqué au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération la nécessité de finaliser la réorientation de la stratégie nationale de développement du secteur privé en cohérence avec les choix politique et économique de l’Etat.

Par ailleurs, il a souligné l’exigence de l’élaboration d’un document cadre de coopération internationale et de partenariat devant améliorer la gestion interministérielle de la coopération internationale et la mise en œuvre cohérente, rationnelle et pragmatique du partenariat public- privé, dans chaque secteur, en tenant compte de la territorialisation des projets à fort potentiel de création d’emplois dans les Pôles.

L’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et le développement de la pratique sportive chez les jeunes doivent favoriser le maillage du territoire national, notamment des communes, en infrastructures sportives fonctionnelles et aux normes. Le Président de la République a demandé au Ministre en charge des Sports d’accélérer, en relation avec le Ministre des Finances et du Budget, la mise en œuvre du programme national de construction d’infrastructures sportives en veillant notamment à l’accélération des travaux prévus dans le cadre des JOJ, mais également à la relance des chantiers inachevés. Par ailleurs, il a invité le Ministre en charge des Sports à veiller avec les ministères impliqués et toutes les parties prenantes publiques (Collectivités territoriales, SOGIP, OGIS, fédérations, ONCAV, …) et privées concernées, à la définition, selon le statut de l’infrastructure, d’un cadre réglementaire de gouvernance des infrastructures sportives.

Il a demandé au Premier Ministre et au Ministre en charge des Sports d’accélérer l’adoption prochaine en Conseil des Ministres, de la Charte du Sport.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa participation, du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Cette visite a été l’occasion, pour le Président de la République, de réitérer l’attachement du Sénégal à un multilatéralisme inclusif et d’appeler à une réforme de la gouvernance financière mondiale, à plus d’équité et de justice dans la gestion de la dette, à l’accès aux financements et à un système fiscal international rénové.

Dans sa communication, le Premier Ministre a rappelé la forte tradition d’attachement du Sénégal à la coopération économique internationale basée sur nos valeurs traditionnelles, l’ouverture, la souveraineté nationale, la diplomatie de bon voisinage, la consolidation des relations avec les partenaires traditionnels et la recherche d’opportunités avec de nouveaux partenaires.

Le Premier Ministre a fait le point sur ses visites de travail et d’amitié en Afrique et en Asie. Par ailleurs, il a rappelé la directive présidentielle lui confiant la mission de mener à bien la coopération avec les pays et entités du Proche et Moyen Orient et du reste de l’Asie. Pour une meilleure prise en charge de ces nouvelles attributions, un projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement de la Primature prévoit l’érection d’une Cellule dédiée. Il s’agit d’assurer une meilleure coordination de notre partenariat avec l’étranger, en vue de contribuer à la gestion des relations internationales et la promotion des échanges, notamment dans les domaines économique, social, culturel et environnemental. Cette nouvelle structure va consolider notre diplomatie économique, accompagner plus efficacement notre secteur privé et promouvoir la transparence pour un développement durable et souverain.

Le Premier Ministre est revenu sur l’importance d’apporter une démarche innovante à notre diplomatie. A ce titre, le projet de jumelage envisagé entre des provinces chinoises et les huit pôles territoires du Sénégal en constitue une illustration parfaite.

Le Premier Ministre est revenu sur les évènements tragiques enregistrés à Cambérène et à Rosso et ayant entrainé des pertes en vies humaines. Les Forces de Défense et de Sécurité ont pour mission principale de garantir la sécurité des personnes et des biens et de veiller à la préservation de l’ordre public. Cette mission doit néanmoins s’écarter de tout acte de torture et de traitement inhumain dégradant dont les populations pourraient être victimes.

Conformément aux instructions du Président de la République, le Premier Ministre a demandé aux Ministres en charge de l’Intérieur et des Forces armées, de procéder à un audit à soumettre au plus tard le 30 novembre 2025 et à une revue totale de la formation des Forces de Défense et de Sécurité, afin de concilier, pour tout type d’opération, la rigueur de la force

publique aux exigences des droits et de la dignité des citoyens, dans la définition des règles d’engagement.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation “Sénégal 2050” a fait une communication sur le pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires Etrangères :

– Monsieur Mamadou Moustapha LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 519 434/H, précédemment Consul général de la République du Sénégal à Madrid, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Jean- Lucien Savi de TOVÉ, Président de la République togolaise, en remplacement de Madame Rokhaya BA.

– Monsieur Abdoulaye BARRO, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 604 450/K, précédemment Ambassadeur de la République du Sénégal en Malaisie, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence SMT Droupadi MURMU, Présidente de la République de l’Inde, en remplacement de Monsieur Abdoul Wahab HAIDARA, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Diamane DIOME, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 611 516/D, précédemment Ambassadeur, Représentant permanent adjoint de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New-York, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Andrzej DUDA, Président de la République de Pologne, en remplacement du Monsieur Papa DIOP, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Abdoulaye BATHILY, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 616 245/H, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Félix- Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République Démocratique du Congo, en remplacement de Monsieur Doro SY.

– Monsieur Abdoul Aziz LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de Solde n° 624 536/Z, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté le Sultan Ibrahim, Roi de Malaisie, en remplacement de Monsieur Abdoulaye BARRO, appelé à d’autres fonctions.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Alexander STUBB, Président de la République de Finlande, avec résidence à la Haye.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté Carl VXI GUSTAF, Roi de Suède, avec résidence à la Haye.

– Monsieur Demba CAMARA, Economiste-planificateur, matricule de solde n° 516 859/B, précédemment Premier Conseiller à la Mission permanente de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, est nommé Consul général de la République du Sénégal à New-York, en remplacement de Monsieur El Hadji Amadou Ndangane NDAO.

Au titre du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération :

– Madame Fatimata MANGANE, Planificateur, spécialiste en Management public et gestion des organisations, matricule de solde n° 642 146/A, est nommée Directeur des Ressources humaines au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

– Madame Rokhaya CISSE, titulaire d’un Master en Finance et gestion publique, matricule de solde n° 624 956/B, est nommé Directeur de l’Administration du Personnel de la Direction générale de la Planification et de Politiques économiques au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Bavures policières : le Président Diomaye Faye annonce des enquêtes rigoureuses et des sanctions exemplaires

De retour d’Espagne où il a pris part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, le président de la République Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé publiquement sur les récentes bavures policières qui ont coûté la vie à plusieurs citoyens sénégalais. Dans une déclaration diffusée sur la RTS, le chef de l’État a condamné avec fermeté ces événements et promis de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la lumière soit faite et que justice soit rendue.

Le président a rappelé que les forces de l’ordre sont investies d’une mission fondamentale de protection et de sécurité. Selon lui, les interventions des policiers, quelles qu’en soient les circonstances, ne sauraient en aucun cas justifier la perte de vies humaines. Il a souligné qu’aucun drame de cette nature ne saurait être traité avec légèreté ou relégué au rang de faits divers, insistant sur le caractère sacré de la vie des citoyens.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a cité spécifiquement les cas survenus à Rosso et à Cambérène. Ces interventions policières se sont soldées par des morts, suscitant une vague d’indignation et de colère dans l’opinion. Le chef de l’État a assuré que ces affaires seront traitées avec toute la rigueur et l’impartialité requises. Il a affirmé qu’en ce moment même, des enquêtes approfondies sont en cours pour établir la chaîne des responsabilités et déterminer les manquements ayant conduit à ces drames.

« Les forces de l’ordre sont censées rassurer les populations et les protéger », a martelé le président. Il a insisté sur le fait que ces bavures ne pourront être tolérées, quelles que soient les circonstances. Le président s’est engagé à ce que toutes les conclusions issues des enquêtes soient suivies d’effets. Il a promis que des sanctions exemplaires et proportionnées seront appliquées contre les agents et les responsables, quels que soient leur rang et leur niveau de responsabilité, dès lors que leur implication sera établie.

Cette prise de position ferme intervient alors que la question des violences policières suscite un vif débat au Sénégal, alimenté par des précédents douloureux et une demande croissante de réforme du secteur de la sécurité. Par ces annonces, Bassirou Diomaye Faye entend poser un jalon important dans la lutte contre l’impunité et réaffirmer l’exigence d’un strict respect des droits humains par les forces de l’ordre.

Le chef de l’État a enfin exhorté les familles des victimes à faire confiance à la justice, tout en exprimant sa solidarité et sa compassion face à leur douleur. Il a assuré que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour que ces drames ne se répètent plus et que la confiance entre les citoyens et les forces de sécurité soit restaurée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°500 – 01/07/2025

🔴 EFFONDREMENT DES EURO-OBLIGATIONS SUITE AU RAPPORT DE BARCLAYS ESTIMANT LA DETTE PUBLIQUE À 119% DU PIB : LE SÉNÉGAL DANS L’ŒIL DU CYCLONE
🔴 CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE DÉVELOPPEMENT / REFONTE DES RELATIONS SÉNÉGALO-FRANÇAISES : DIOMAYE ET MACRON À L’ŒUVRE

🔴 BACARY CISSÉ À LA TÊTE DE LA LIGUE RÉGIONALE : NOUVELLE ÈRE POUR LE FOOTBALL ZIGUINCHOROIS
🔴 SITEU SUSPENDU POUR DEUX ANS : L’ORAD-ZONE II EXIGE L’APPLICATION STRICTE DE LA SANCTION

Séville – Partenariat stratégique : Diomaye et Macron tracent les contours d’une nouvelle ère de coopération

À l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le financement du développement, qui se tient actuellement à Séville, les présidents Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron ont eu un échange bilatéral majeur. Une rencontre marquée par la volonté affirmée des deux chefs d’État de poser les bases d’un partenariat renouvelé et équilibré entre le Sénégal et la France.

Le président français a déclaré vouloir « refondre le partenariat entre le Sénégal et la France », insistant sur la nécessité de construire une relation au service « des intérêts de nos peuples et de notre souveraineté ». Ce propos, fortement symbolique, s’inscrit dans le sillage d’une nouvelle dynamique voulue par le chef de l’État sénégalais, qui prône une coopération basée sur la dignité, le respect mutuel et l’efficacité.

Plusieurs axes stratégiques ont été mis en avant par Emmanuel Macron : le partenariat économique, les questions de sécurité et de défense, la coopération culturelle ainsi que le travail de mémoire. Ces « chantiers » traduisent une approche globale de la relation bilatérale, allant au-delà du simple cadre diplomatique pour embrasser les enjeux historiques, sociétaux et régionaux.

Dans ce sens, Macron a salué « l’engagement du Sénégal en faveur de la stabilité régionale », soulignant le rôle moteur que joue Dakar dans la gestion des défis du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Pour Paris, le Sénégal reste un partenaire stratégique sur le plan diplomatique, sécuritaire et économique, dans un contexte africain en pleine recomposition géopolitique.

Cette rencontre intervient dans un climat international marqué par une volonté croissante des États africains de redéfinir les termes de leur coopération avec les anciennes puissances coloniales. Le président Diomaye Faye, qui incarne cette aspiration à la souveraineté et à la transformation, entend faire du Sénégal un exemple de rupture positive.

Le dialogue entre les deux dirigeants ouvre donc la voie à une nouvelle étape dans les relations franco-sénégalaises. Une relation repensée, décentrée des anciennes logiques d’alignement, et recentrée sur des intérêts partagés, dans le respect des choix politiques et économiques de chaque pays.

Dette : les euro-obligations du Sénégal s’effondrent après un rapport alarmant de Barclays

La situation financière du Sénégal connaît une nouvelle secousse. Les obligations souveraines sénégalaises émises en dollars ont chuté ce lundi, confirmant l’inquiétude grandissante des investisseurs. Selon Bloomberg, qui titre « Senegal’s Dollar Bonds Slump as Report Raises New Debt Fears », cette baisse est directement liée à la publication d’un rapport de Barclays Plc, révélant une envolée de la dette publique nationale.

D’après les estimations de la banque, la dette du Sénégal atteindrait désormais 119 % du PIB en 2024, contre 99,7 % en 2023, chiffre déjà jugé préoccupant par un audit de la Cour des comptes. Ces niveaux placent le pays bien au-delà des seuils jugés soutenables pour les économies émergentes.

Cette dégradation survient dans un contexte déjà marqué par les révélations de septembre 2024, faisant état de falsifications présumées des comptes publics par le précédent régime. La confiance des marchés financiers s’en est trouvée fragilisée, et les titres sénégalais figurent aujourd’hui parmi les moins performants des pays comparables.

Le rapport de Barclays met également en lumière un déficit budgétaire chronique, projeté à 6,5 % du PIB en moyenne entre 2025 et 2028. Cette dérive continue alimente la dépendance aux financements extérieurs, au moment où les négociations avec le FMI pour un nouveau programme d’assistance peinent à aboutir. Cette incertitude renforce la pression sur les finances publiques et entretient la volatilité des marchés.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une rupture, et les réformes lancées par le Premier ministre Ousmane Sonko, le pays traverse une période d’instabilité politique. La dissolution du parlement en 2024, censée accélérer l’agenda réformiste, a au contraire ravivé les doutes sur la capacité de l’exécutif à juguler la crise économique et restaurer la confiance des bailleurs.

Ces tensions persistantes ont d’ailleurs conduit l’agence S&P Global Ratings à abaisser la note souveraine du Sénégal à « B » en mars 2025, soit cinq crans en dessous du seuil d’investissement, ce qui rend le coût de l’endettement encore plus élevé.

Les conséquences sont immédiates sur le marché obligataire : les obligations à échéance 2033 et 2048, déjà affaiblies depuis l’an dernier (respectivement cotées à 84,54 cents et 67,17 cents pour un dollar), poursuivent leur glissade. Pour les analystes de Bloomberg, la combinaison d’une dette record, d’un déficit persistant et de l’absence de clarté sur le soutien du FMI risque de maintenir la pression sur les titres sénégalais à court terme.

Dans un contexte international marqué par un resserrement des conditions financières, le Sénégal devra convaincre rapidement ses créanciers de la crédibilité de son plan de stabilisation budgétaire s’il veut éviter une détérioration supplémentaire de sa situation.

Conférence internationale sur le financement du développement : le président Diomaye va intervenir sur un enjeu stratégique

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris part ce lundi 30 juin 2025 à la cérémonie d’ouverture de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tient à Séville, en Espagne, du 30 juin au 3 juillet 2025.

Ce sommet de haut niveau réunit plusieurs chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des dirigeants des principales institutions multilatérales, parmi lesquelles l’Organisation des Nations unies (ONU), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC).

Selon la Présidence sénégalaise, qui a communiqué l’information via sa page officielle, le président Diomaye interviendra au cours de la session plénière prévue dans l’après-midi. Il portera la voix du Sénégal et défendra un enjeu jugé stratégique : « la mobilisation et l’alignement des ressources publiques domestiques, levier essentiel pour un développement souverain, équitable et durable ».

Ce déplacement s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État sénégalais de promouvoir une vision renouvelée du financement du développement, notamment en plaidant pour une réforme de l’architecture financière internationale et en insistant sur la nécessité de renforcer les capacités internes de mobilisation des recettes fiscales et budgétaires.

La participation du Sénégal à cette conférence intervient également dans un contexte marqué par des défis économiques importants : la lutte contre la pauvreté, la nécessité d’investir massivement dans les infrastructures sociales, l’adaptation au changement climatique et l’amélioration de la gouvernance économique.

Pour le président Diomaye Faye, la priorité est claire : renforcer l’autonomie budgétaire et réduire la dépendance excessive aux financements extérieurs, afin de garantir un développement durable, centré sur les priorités nationales et respectueux des aspirations des populations.

Durant ces quatre jours de travaux, plusieurs panels et sessions thématiques permettront aux États participants, aux bailleurs et aux institutions internationales d’échanger sur les voies et moyens de financer efficacement les Objectifs de développement durable (ODD).

Le chef de l’État sénégalais devrait également tenir des rencontres bilatérales en marge des discussions plénières, avec pour ambition de consolider les partenariats stratégiques et d’attirer de nouveaux investissements structurants pour le Sénégal.

Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un « scénario de 1962 »

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Intervenant ce dimanche 29 juin dans l’émission Grand Jury sur RFM, il a rappelé l’épisode de 1962, marqué par l’affrontement entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, qui avait conduit à une rupture profonde au sommet de l’État et à l’emprisonnement du président du Conseil.

S’adressant au duo présidentiel actuel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le politologue a insisté sur la nécessité de préserver une certaine complicité pour pouvoir discuter et trouver ensemble les solutions aux nombreux défis du pays.

Revenant sur les lenteurs constatées dans les réformes des services publics, Maurice Soudieck Dione a estimé qu’il fallait « donner du temps au temps ». Selon lui, si le discours de rupture a été un marqueur fort de la campagne présidentielle et de la période d’opposition, l’exercice du pouvoir impose de la prudence, de l’intelligence et du tact. Il a mis en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation, rappelant qu’une réforme structurelle exige une approche mesurée.

Le chercheur a souligné que le Sénégal disposait, depuis la Constitution de 1963, d’un cadre institutionnel relativement stable, basé sur un régime présidentiel fort qui a permis au pays de traverser 62 années sans crise majeure de succession, malgré certaines dérives autoritaires. Pour autant, il estime qu’il est temps de rationaliser le système en réduisant les pouvoirs concentrés entre les mains du président de la République, mais pas nécessairement pour les transférer massivement au Premier ministre.

À ses yeux, une telle évolution comporterait le risque de reproduire les tensions qui avaient opposé Senghor et Mamadou Dia, aboutissant à une crise grave de légitimité et d’équilibre institutionnel. Il a prévenu qu’ »on ne peut pas avoir deux têtes dans un même bonnet », soulignant qu’un partage excessif des prérogatives risquerait d’installer une rivalité permanente au sommet de l’État.

Maurice Soudieck Dione a par ailleurs rappelé que les assises nationales avaient préconisé un renforcement des pouvoirs du Premier ministre, tandis que la Commission nationale de réforme des institutions, sous le président Macky Sall, s’était orientée vers une rationalisation des pouvoirs présidentiels, une option qu’il juge aujourd’hui « la plus pertinente ».

Selon lui, cette approche permettrait notamment de garantir une meilleure séparation des pouvoirs et de limiter l’instrumentalisation de la justice. Il a plaidé pour une réforme visant à réduire l’influence du président sur le procureur de la République, afin que ce dernier ne soit plus un levier d’action contre des adversaires politiques.

LFR 2025 adoptée : le gouvernement revoit ses priorités face à la dette et revalorise ses engagements sociaux

L’Assemblée nationale a adopté ce samedi 28 juin 2025, le projet de loi de finances rectificative (LFR) n°11/2025, présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Le texte, validé à l’unanimité en commission, vise à redresser la trajectoire budgétaire en intégrant les véritables niveaux d’endettement et en réorientant les priorités économiques et sociales.

Voici les points essentiels du rapport.

Présentant le rapport, le ministre dira que le présent PLFR vise : la restauration de la transparence et la sincérité budgétaires par la mise en œuvre des recommandations de la Cour des Comptes, avec l’amélioration des dispositifs et mécanismes de reddition des comptes, grâce au renforcement du système de comptabilité publique ;  le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe des finances publiques ;  le strict respect de l’obligation de recourir à l’autorisation parlementaire pour tout recours à un emprunt et la publication régulière des données sur la dette et sur l’exécution des dépenses du budget ;  la prise en charge, dès cette LFR, des intérêts sur la dette bancaire, contractée hors circuit budgétaire, pour un montant de 125 milliards FCFA.
 
Abordant la relance de la machine économique, le ministre a précisé qu’elle passerait à travers un programme de soutien aux secteurs porteurs de croissance structuré autour de l’apurement des engagements de l’État auprès des acteurs économiques, la réorganisation, le renforcement et l’amélioration de l’efficacité des investissements publics, le soutien à l’investissement privé, l’amorce de la souveraineté alimentaire, etc.
 
Relativement au rétablissement des marges budgétaires, une double approche de rationalisation des dépenses et de renforcement de la mobilisation des ressources sera privilégiée. Le PIB nominal sera ainsi revu à la baisse, a-t-il relevé.
 
Cheikh Diba dira en outre que l’exercice approfondi de régulation budgétaire entrepris par le Gouvernement pour préserver la soutenabilité des finances publiques, afin de maîtriser le déficit budgétaire sur les court et moyen termes permettra une réduction de certaines catégories de dépenses (109,08 milliards FCFA sur les crédits d’acquisitions de biens et services et transferts courants, 336,5 milliards FCFA sur les dépenses en capital sur ressources internes).
 
Taux de croissance du PIB révisé à 8,0%
 
Le ministre a aussi rappelé que le PLFR envisage la préservation de l’engagement en faveur de l’équité sociale à travers la prise en charge de l’incidence budgétaire du pacte de stabilité sociale. Des mesures seront ainsi prises notamment : – la généralisation de l’indemnité de logement à tous les agents de la fonction publique ; – le recrutement spécial dans la fonction publique d’un personnel de santé et de l’action sociale pour permettre un meilleur accès aux soins sur toute l’étendue du territoire ; l’apurement partiel de la dette intérieure.
 
 Selon le ministre, malgré les contraintes budgétaires de la rectification, le Gouvernement a fait le choix délibéré de préserver et même de renforcer certaines priorités stratégiques qui conditionnent l’avenir de notre pays. Ainsi, l’éducation et la formation bénéficieront d’une priorité absolue avec la poursuite du programme de création des lycées d’excellence « Armée-Nation » dans toutes les régions.
 
 Relativement au nouveau cadrage budgétaire, l’argentier de l’Etat a précisé qu’il reflète une approche réaliste et responsable de nos capacités financières. Ainsi, le taux de croissance du PIB est révisé à 8,0% contre 8,8% initialement prévu, soit un ajustement de 0,8 point de pourcentage. Cette révision, bien que traduisant une certaine prudence, maintient néanmoins un objectif de croissance ambitieux, avec une croissance hors hydrocarbures estimée à 3,8%.
 
 Déficit budgétaire porté à 7,82% du PIB
 
Quant au PIB nominal, il est révisé à 21 690,5 milliards FCFA contre 22 597,7 milliards FCFA initialement, soit une contraction de 907,2 milliards FCFA qui a des répercussions directes sur nos prévisions de recettes. Le déficit budgétaire, lui, sera porté à 7,82% du PIB contre 7,08% initialement prévu, avec l’engagement ferme du Gouvernement de revenir progressivement vers la norme communautaire de 3% à moyen terme.
 
D’après le ministre des Finances, la structure de nos investissements connaîtra également un réajustement significatif avec une budgétisation ajustée des investissements financés sur ressources extérieures qui passent de 3,26% du PIB dans la loi de finances initiale à 6,22% du PIB dans cette LFR.
 
Augmentation des charges financières
Selon lui, cette hausse est compensée par une contraction des dépenses d’investissements financées sur ressources internes qui passent de 5,3% à 2,7% du PIB, reflétant notre volonté d’optimiser l’utilisation de nos ressources tout en maintenant un niveau d’investissement public soutenu
 
L’un des défis majeurs de cette rectification réside, selon le ministre, dans la gestion de l’augmentation substantielle des charges financières sur la dette publique, qui ont presque doublé en passant de 932,08 milliards FCFA dans la loi de finances initiale à 1 057,1 milliards FCFA dans cette rectification, représentant désormais 4,9% du PIB.
 
Baisse des recettes et des dépenses
Cette évolution, directement liée à la révélation de la dette réelle de l’État, illustre l’ampleur des ajustements nécessaires et justifie pleinement notre démarche de transparence et de responsabilisation, selon Cheikh Diba.
 
En définitive, les prévisions de recettes de cette loi de finances rectificative sont arrêtées à 4 884,3 milliards FCFA contre 5 014,3 milliards FCFA dans la loi initiale, soit une baisse de 130 milliards FCFA en valeur absolue. Les dépenses sont révisées à 6 580,2 milliards contre 6 614,8 milliards FCFA, soit une réduction de 34,5 milliards FCFA.
 
 Ces ajustements, bien que contraignants, traduisent notre volonté de maintenir un équilibre entre réalisme budgétaire et ambition de développement, a ainsi conclu le ministre des Finances.

Le Président Bassirou Diomaye Faye attendu à Séville pour la 4e Conférence internationale sur le financement du développement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, effectuera un déplacement en Espagne, où il prendra part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra à Séville du 29 juin au 2 juillet 2025. Cette information a été rendue publique ce samedi à travers un communiqué officiel de la Présidence sénégalaise.

Cette conférence, placée sous l’égide des Nations unies, constitue l’un des plus importants rendez-vous mondiaux consacrés à la mobilisation de financements pour le développement. Elle rassemblera des Chefs d’État et de gouvernement, des représentants d’organisations internationales et régionales, des dirigeants d’institutions financières et des partenaires au développement venus de tous les continents. Les participants échangeront sur les défis et opportunités qui se présentent dans la recherche de ressources destinées à promouvoir un développement mondial plus durable, inclusif, équitable et résilient, dans un contexte marqué par des tensions économiques et géopolitiques.

Le président Bassirou Diomaye Faye interviendra lors de la séance plénière, au cours de laquelle il présentera la vision et les priorités stratégiques du Sénégal en matière de financement du développement. Selon la Présidence, il mettra l’accent sur la nécessité d’un accès plus équitable aux ressources financières internationales, la réforme de l’architecture mondiale de la dette et l’importance d’un soutien accru aux pays africains dans la mise en œuvre de projets transformateurs, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de l’adaptation climatique.

En marge des travaux, le chef de l’État participera à plusieurs tables rondes thématiques portant sur le financement des transitions énergétiques, la digitalisation inclusive et la réduction des inégalités sociales. Ces rencontres permettront de partager des expériences, de promouvoir des partenariats et d’explorer des instruments innovants de mobilisation des ressources.

Le président Faye aura également des entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants étrangers et responsables d’institutions financières et de coopération, dans le but de renforcer les partenariats stratégiques du Sénégal et de défendre les priorités nationales et africaines sur la scène internationale.

La 4e Conférence internationale sur le financement du développement intervient dans un contexte mondial où de nombreux pays cherchent à réorienter leurs politiques budgétaires et leurs stratégies de financement pour faire face aux crises économiques et environnementales, tout en soutenant une croissance durable et partagée.

Assemblée nationale : le projet de loi de finances rectificative adopté à une large majorité

L’Assemblée nationale a procédé à l’examen et au vote du projet de loi de finances rectificative ce samedi, une étape importante du calendrier budgétaire de l’État. À l’issue des débats, le texte a été adopté à la majorité avec 127 voix favorables contre 11 votes défavorables.

Cette adoption traduit le soutien d’une large partie des députés à l’ajustement budgétaire présenté par le gouvernement. Pour rappel, la loi de finances rectificative est l’instrument qui permet à l’exécutif de modifier le budget initial voté en début d’exercice, afin de l’adapter aux évolutions de la conjoncture économique et de tenir compte de nouvelles priorités ou contraintes. Elle vise notamment à intégrer les besoins supplémentaires en dépenses, la révision des prévisions de recettes, ainsi que les nouvelles orientations annoncées par le gouvernement dans le cadre de sa politique économique et sociale.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu le texte en séance plénière, en expliquant que cet ajustement est motivé par les fluctuations des ressources publiques, la nécessité de renforcer certains secteurs jugés prioritaires et le contexte économique marqué par des contraintes internes et externes. Il a souligné que cette loi de finances rectificative s’inscrit dans une démarche de sincérité budgétaire et d’adaptation aux réalités du moment, avec la volonté d’assurer la continuité du service public et de répondre aux attentes des populations.

L’examen du texte a donné lieu à des échanges nourris, plusieurs députés ayant exprimé des réserves sur l’évolution du niveau d’endettement, la place accordée aux dépenses sociales et la nécessité de rationaliser certains postes budgétaires. D’autres élus ont salué la prise en compte de nouveaux engagements et l’effort consenti pour financer les mesures d’urgence dans des secteurs sensibles comme l’éducation, la santé ou encore le soutien à l’emploi.

Après les débats, le vote a confirmé la majorité parlementaire autour de ce projet, validant ainsi l’ajustement budgétaire proposé par l’exécutif. Le gouvernement dispose désormais d’un cadre actualisé pour engager ses actions et mettre en œuvre les politiques publiques jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire en cours.

Examen du projet de loi de finances rectificative : Thierno Alassane Sall interpelle Cheikh Diba sur les 9 milliards de fonds politiques et alerte sur l’endettement

L’Assemblée nationale a tenu ce samedi une séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire 2025. Cette session, marquée par de vifs échanges, a mis en lumière les inquiétudes persistantes des parlementaires sur la soutenabilité de la dette publique et la gestion de certaines lignes budgétaires sensibles.

Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de Thierno Alassane Sall. Le député et président du parti La République des Valeurs a pointé du doigt ce qu’il considère comme une dérive préoccupante dans l’évolution de l’endettement du Sénégal. Selon lui, le rythme actuel ne peut qu’accentuer la vulnérabilité économique du pays.

« Il est impossible que ce rythme d’endettement puisse prospérer », a-t-il déclaré d’un ton ferme, rappelant que la dette représente désormais plus de 54 % du budget national. Il a estimé qu’en l’espace de deux ans, le gouvernement s’est endetté à hauteur de plus de 10 200 milliards de francs CFA, un niveau qu’il a jugé « simplement inexplicable » au regard de la capacité réelle de l’économie sénégalaise à absorber ces engagements.

Pour Thierno Alassane Sall, cette dépendance excessive au financement par emprunt prive le pays d’une autonomie stratégique et expose les générations futures à un fardeau de remboursement insoutenable. Il a plaidé pour la mise en place de nouveaux mécanismes de mobilisation des ressources, basés sur un élargissement de l’assiette fiscale, la valorisation des actifs publics et la réduction des niches budgétaires jugées non prioritaires.

Outre la question de la dette, le député a interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur les 9 milliards de francs CFA inscrits au titre des fonds politiques. Thierno Alassane Sall a rappelé que ces dotations avaient été vivement dénoncées par l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. « Ce poste budgétaire avait été farouchement fustigé », a-t-il insisté, estimant qu’il serait plus cohérent de réorienter ces ressources vers les priorités sociales urgentes, telles que l’emploi des jeunes ou la santé publique.

Le ministre Cheikh Diba, présent dans l’hémicycle, a défendu la nécessité de procéder à cette loi de finances rectificative. Il a rappelé qu’elle permet de traduire les engagements du gouvernement en actions concrètes, d’intégrer les révisions de prévisions économiques et de renforcer certaines politiques prioritaires.

Le projet de loi de finances rectificative reste un exercice budgétaire délicat. Il intervient dans un contexte marqué par une conjoncture mondiale incertaine, la nécessité d’honorer les engagements de la nouvelle équipe dirigeante et les attentes fortes d’une population confrontée à une cherté persistante de la vie.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°498 – 28 ET 29/06/2025

🔴 RÉVÉLATIONS D’AFRICA INTELLIGENCE SUR L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT BIO À LA TÊTE DE LA CEDEAO : DIOMAYE DRIBBLÉ PAR SES PAIRS
🔴 SOUS MANDAT DE DÉPÔT, BACHIR FOFANA JUGÉ JEUDI : LA PRESSE EN SURSIS

🔴 MERCATO : PAPE DEMBA DIOP, NOUVELLE RECRUE DE STRASBOURG
🔴 PRÉSIDENCE DE LA LIGUE SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL PROFESSIONNEL : ABDOULAYE SEYDOU SOW SORT DU BOIS

Les débuts compliqués de la diplomatie sénégalaise sous Bassirou Diomaye Faye : révélations d’Africa Intelligence

À peine arrivé au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye se heurte à une série de déconvenues diplomatiques qui fragilisent son ambition de repositionner le Sénégal au centre du jeu régional et international. Selon une longue enquête publiée par Africa Intelligence, ces revers soulignent la difficulté du nouveau pouvoir à trouver sa place dans un environnement où les équilibres de pouvoir sont anciens et les solidarités fluctuantes.

L’un des épisodes les plus révélateurs s’est produit le 22 juin 2025 à Abuja. Ce jour-là, le sommet des chefs d’État de la CEDEAO devait désigner le nouveau président en exercice de l’organisation. Confiant, Bassirou Diomaye Faye anticipait son élection, arguant d’un “droit” fondé à la fois sur la rotation alphabétique et le principe non écrit de l’alternance entre pays francophones et anglophones.

Mais la réunion a tourné court. Contre toute attente, le Nigérian Bola Ahmed Tinubu, président sortant, a annoncé un “consensus” en faveur du Sierra-Léonais Julius Maada Bio. Devant un huis clos tendu, le président sénégalais a contesté la décision, y voyant un contournement des textes et un arrangement politique. Ses arguments n’ont pas trouvé d’écho. Même le président béninois Patrice Talon, seul autre francophone présent, s’est rallié au choix de Bio, invoquant la “continuité” et la nécessité de consolider le consensus.

L’isolement du président Faye a été accentué par l’absence remarquée de deux poids lourds du camp francophone, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. Ces derniers avaient pourtant donné des assurances de soutien via des échanges préalables. Leurs ministres des Affaires étrangères, présents à Abuja, se sont abstenus de toute prise de parole en faveur du Sénégal.

Pour apaiser les tensions, un compromis avait été proposé : inscrire dans le communiqué final que la prochaine présidence reviendrait au Sénégal. Le chef de l’État sénégalais a sèchement décliné l’offre, la qualifiant de “marchandage inacceptable”.

Cette défaite symbolique intervient après d’autres échecs diplomatiques. En mai, le Sénégal a vu son candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Amadou Hott, échouer face au Mauritanien Sidi Ould Tah. La presse spécialisée a pointé un manque de coordination et un engagement insuffisant du tandem exécutif sénégalais, au moment même où le lobbying des concurrents se déployait avec intensité.

Sur un autre front, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la réintégration des États de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) au sein de la CEDEAO une priorité. Pourtant, ses visites à Bamako et Ouagadougou se sont soldées par des refus polis. La rupture reste donc entière entre ces régimes militaires et l’organisation sous-régionale.

L’échec de la candidature sénégalaise au Conseil des droits de l’homme en octobre 2024 a également nourri des critiques au sein du corps diplomatique. Selon Africa Intelligence, Dakar n’a pas même pris la peine de déposer une candidature formelle pour conserver le siège qu’il occupait, laissant le terrain libre à d’autres pays africains.

Ces déconvenues s’ajoutent au malaise provoqué par l’activisme international d’Ousmane Sonko. Le Premier ministre, omniprésent sur la scène africaine, multiplie les voyages officiels, brouillant la ligne diplomatique et la hiérarchie protocolaire. Certains diplomates jugent cette dynamique contreproductive, soulignant que la politique étrangère sénégalaise a toujours été structurée autour du chef de l’État.

Au final, la trajectoire chaotique des premiers mois du mandat Diomaye Faye illustre les limites d’une diplomatie qui peine encore à trouver ses repères. Entre un isolement régional inattendu, une influence continentale fragilisée et une image brouillée par les rivalités internes, la jeune présidence se voit rappelée à la réalité : les réseaux informels, les équilibres anciens et les calculs d’influence pèsent toujours lourd dans le concert ouest-africain.

Si le nouveau pouvoir veut transformer l’élan populaire de son élection en puissance diplomatique, il devra convaincre, tisser de nouvelles alliances et surtout dépasser la méfiance que suscite un changement de régime perçu comme trop abrupt par certains partenaires.

VISITE OFFICIELLE : SEVILLE ACCUEILLE LE PRESIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE.

Du 30 juin au 3 juillet 2025, Séville s’apprête à accueillir un événement d’envergure mondiale : la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, organisée sous l’égide des Nations Unies. Une rencontre qui se déroule, à un moment où le monde cherche à adapter ses mécanismes de financement aux grands défis de notre époque, en particulier ceux liés à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Durant quatre jours, institutions financières, gouvernements, banques de développement et entreprises privées vont se retrouver pour discuter de solutions concrètes. Réforme de la fiscalité internationale, lutte contre les flux financiers illicites, accès équitable aux ressources, gestion de la dette : les sujets sont vastes, mais urgents. L’Espagne, en tant que pays hôte, entend faire de cette conférence un espace de dialogue ouvert, où même les voix souvent mises de côté auront leur place.
Parmi les chefs d’État attendus, le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye sera présent à Séville. Si sa participation officielle est inscrite dans le cadre des travaux, un autre moment s’annonce tout aussi marquant : sa rencontre avec la communauté sénégalaise d’Espagne, prévue le 1er juillet à 16h45. L’événement est très attendu. Pour cause : depuis des années, les Sénégalais vivant en Espagne expriment un sentiment d’abandon, voire d’invisibilité dans les politiques publiques.
Malgré leur contribution économique significative à travers les transferts de fonds, beaucoup dénoncent leur exclusion des grandes orientations gouvernementales, des programmes de soutien à l’investissement ou des initiatives d’intégration. Cette rencontre avec le président Faye est donc perçue par beaucoup comme une première, et peut-être le début d’un nouveau rapport entre l’État sénégalais et ses ressortissants en Espagne longtemps laissés en rade dans les politiques gouvernementales.
Ce face-à-face tant espéré pourrait ouvrir la voie à une dynamique plus inclusive, où la diaspora ne serait plus une simple variable d’ajustement ou un grenier électoral, mais bien un acteur impliqué dans la réflexion et la mise en œuvre du développement national. En somme, un moment de vérité, porteur d’espoir pour toute une communauté.

Momar Dieng Diop ESPAGNE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°497 – 27/06/2025

🔴 PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2025 / BAISSE DU PIB NOMINAL : L’ÉCONOMIE PERD 4% DE SA VALEUR
🔴 RÉUNION DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA MAGISTRATURE PRÉSIDÉE PAR LE PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE : OÙ EST LA RUPTURE ?

🔴 LIGUE 1 (29e J.) : JARAAF À 90 MINUTES DU SACRE
🔴 LUTTE / « JE SUIS UN LUTTEUR COMPLET » : BALLA GAYE 2 CHAUFFE SITEU

Hausse de la dette : l’APR exige des explications sur la destination des 10 200 milliards de francs CFA contractés en deux ans

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à ce qu’elle qualifie de « rythme effréné d’endettement » observé depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime. Réunis ce jeudi, les membres du Secrétariat exécutif national (SEN) du parti ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’évolution de la dette publique, et exigent des explications détaillées et crédibles sur l’utilisation des 10 200 milliards de francs CFA contractés sur la période 2024-2025.

Selon le communiqué issu de cette réunion, 4 500 milliards de francs CFA auraient été contractés en 2024, suivis de 5 700 milliards projetés pour 2025. L’APR juge ces chiffres alarmants, surtout au regard de l’absence, selon elle, de projets structurants ou de mesures de relance économique visibles sur le terrain.

Le parti fondé par Macky Sall établit une comparaison directe avec la période de son propre magistère. Il rappelle qu’entre 2019 et 2023, le besoin total de financement s’élevait à 10 115 milliards de francs CFA, alors même que le pays faisait face à des chocs d’envergure : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, une flambée des prix mondiaux et le financement de grands projets d’infrastructures. L’APR précise que ce chiffre inclut même la « dette cachée », dont l’existence est toujours contestée par le parti.

Pour l’APR, la situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’aucune réalisation majeure ni réforme économique structurante ne justifie un tel niveau d’endettement. Le parti dénonce ainsi un manque de vision, une gestion budgétaire hasardeuse et une absence d’impact concret sur le quotidien des Sénégalais.

Au-delà des chiffres, l’APR alerte sur les risques majeurs que représente cette dynamique : perte de crédibilité financière, déséquilibre budgétaire croissant et mise en péril de l’avenir des générations futures. Le parti appelle les autorités à plus de transparence dans la gestion des finances publiques, à publier la destination précise des fonds empruntés et à engager un débat national sur la soutenabilité de la dette.

Conseil supérieur de la magistrature : trois nouvelles nominations à la Cour suprême

Lors de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature tenue ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à d’importantes mesures individuelles dans le haut commandement judiciaire. Ces décisions s’inscrivent dans le vaste mouvement de réaménagement de la carte judiciaire sénégalaise entamé depuis quelques semaines. Elles concernent cette fois la Cour suprême, l’instance juridictionnelle la plus élevée du pays.

Trois magistrats ont été promus à de nouvelles fonctions au sein de cette juridiction de dernier ressort. Il s’agit d’abord de madame Henriette Diop Tall, précédemment en détachement auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), qui rejoint désormais la Cour suprême en tant que Conseillère. Sa nomination marque un retour dans l’appareil judiciaire après une expérience notable dans le secteur de la régulation des marchés publics.

Monsieur Mamadou Seck Diouf, jusque-là Avocat général délégué près la Cour suprême, voit son parcours se poursuivre à un niveau plus élevé. Il est promu au poste de Conseiller délégué à la Cour suprême, consolidant ainsi son ancrage dans les hautes sphères de l’institution.

Enfin, monsieur El Hadji Birame Faye, qui occupait les fonctions de Conseiller référendaire à la Cour suprême, a également été élevé au rang de Conseiller délégué. Cette décision vient récompenser un parcours constant au sein de la magistrature suprême.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler un nouveau souffle au sommet du pouvoir judiciaire sénégalais, en s’appuyant sur des profils expérimentés et diversifiés. Elles s’inscrivent dans un processus plus large de refonte des responsabilités et de redéploiement stratégique au sein des principales juridictions du pays.

Sénégal – LFR 2025 : Un budget de réajustement face aux défis économiques

Le gouvernement sénégalais a dévoilé le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025. Ce document marque un tournant stratégique dans l’exécution budgétaire du pays, en pleine mutation économique. Il s’inscrit dans la dynamique de transformation inscrite dans l’Agenda national « Sénégal 2050 », tout en prenant en compte les mutations économiques récentes à l’échelle mondiale et nationale.

Au niveau international, l’économie mondiale fait face à un net ralentissement. La croissance mondiale a été révisée à la baisse, à 2,3 % pour 2025 et 2,4 % pour 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Cette dégradation est portée par un cumul de facteurs : une intensification des tensions commerciales provoquées par les nouvelles barrières tarifaires américaines, des réponses de rétorsion de la part des partenaires commerciaux, des perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, des conditions de financement difficiles malgré un léger relâchement des politiques monétaires des grandes banques centrales, ainsi qu’un risque de récession mondiale qui s’est accentué. Celui-ci est passé de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

À ces facteurs s’ajoutent les effets géopolitiques du conflit en cours entre Israël et l’Iran. Cette guerre provoque une instabilité aux conséquences économiques lourdes pour les pays en développement comme le Sénégal, qui subissent à la fois une baisse de la demande extérieure, une forte volatilité des cours des matières premières et une hausse des coûts de financement. Le climat d’incertitude pourrait également décourager l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Sur le plan national, le gouvernement a dû revoir son cadrage macroéconomique. Plusieurs éléments expliquent ce réajustement. Il s’agit d’abord de la prise en compte des conclusions du rapport de la Cour des comptes, qui a entraîné une actualisation du service de la dette et une reprogrammation réaliste des dépenses d’investissement. Par ailleurs, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a assoupli sa politique monétaire en réduisant ses taux : le taux directeur est passé de 3,5 % à 3,25 %, tandis que le taux de prêt marginal est désormais fixé à 5,25 % au lieu de 5,5 %.

Conséquence directe de ces ajustements, le gouvernement a revu à la baisse ses projections économiques. La croissance, initialement attendue à 8,8 %, est désormais réévaluée à 8,0 %. Bien qu’en recul, cette performance demeure la plus élevée prévue sur le continent africain pour l’année 2025. Elle reste essentiellement portée par l’entrée en production du secteur des hydrocarbures, qui constitue un levier majeur dans la stratégie de croissance du pays.

En revanche, la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,8 %, s’appuiera sur une relance ciblée de secteurs stratégiques jugés à fort potentiel. Toutefois, cette dynamique est atténuée par une contraction du produit intérieur brut nominal. Celui-ci est désormais projeté à 21 690,5 milliards de FCFA, contre 22 597,7 milliards prévus initialement, soit une baisse de 907,2 milliards FCFA représentant une réduction de 4,0 %.

Crise nationale : Khalifa Sall et ses alliés dénoncent les dérives du régime Diomaye Faye

La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), réunie ce mercredi 26 juin 2025 au siège de Taxawu Sénégal, a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un communiqué aux accents fermes, le regroupement dirigé par Khalifa Ababacar Sall a dénoncé une « crise multidimensionnelle sans précédent », et lancé un appel à la mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du régime de Bassirou Diomaye Faye.

Le FDR a d’abord dressé un bilan interne jugé satisfaisant de ses six premiers mois d’existence. Les leaders se sont félicités du parachèvement de l’organisation de leur structure, avec des commissions pleinement actives, et ont salué le leadership de leur coordonnateur sortant, Khalifa Sall, qui termine son mandat le 30 juin. À l’unanimité, ils ont désigné Samba Sy, secrétaire général du PIT, pour lui succéder à la tête du Front à partir du 1er juillet. Le communiqué évoque un homme d’écoute, de consensus et de fidélité à l’idéal républicain, désigné pour conduire les prochaines batailles.

Mais c’est surtout sur l’état du pays que les leaders du FDR ont haussé le ton. Selon eux, le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple démocratique sur le continent, traverse une période d’instabilité profonde marquée par une crise politique, financière, économique et sociale. Le communiqué dénonce un climat de répression généralisée, une justice instrumentalisée et une société civile muselée. Le FDR accuse le pouvoir de faire de la justice un outil de règlement de comptes politiques, avec des procédures ciblées, des décisions jugées arbitraires et une pression constante sur les opposants, les journalistes et les activistes.

Les libertés publiques sont également au cœur des préoccupations du Front. Les manifestations pacifiques, bien que non interdites, seraient systématiquement réprimées. Les médias seraient sous pression, notamment via la fiscalité, tandis que plusieurs chroniqueurs subiraient menaces, intimidations et incarcérations. Le FDR parle d’un climat d’étouffement des voix discordantes et d’un recul démocratique préoccupant.

Sur le plan économique, le diagnostic dressé par le FDR est alarmant. Il évoque une dette publique jugée insoutenable, un déficit budgétaire jamais atteint, une inflation persistante et un chômage massif des jeunes. Le Front accuse le régime de mauvaise gestion, notamment dans le secteur agricole avec l’arrêt des chantiers publics, la mauvaise qualité des semences, la rareté des engrais et l’absence de soutien aux producteurs. Le gouvernement est également critiqué pour sa stratégie économique, qualifiée de brouillonne, déconnectée des réalités du terrain et sans vision à long terme.

Face à cette situation jugée préoccupante, le FDR appelle à un sursaut collectif. Le communiqué exhorte la société civile, les syndicats, les partis politiques et toutes les forces vives à s’unir pour faire barrage à la « mal gouvernance du régime Diomaye-Sonko ». Le Front dit vouloir engager des luttes multiformes contre les dérives liberticides et pour la préservation des libertés fondamentales, d’une justice indépendante et d’un État au service du peuple.

Dans une conclusion sans équivoque, le FDR affirme que le Sénégal mérite mieux. Le peuple, dit-il, mérite une justice libre, une gouvernance éthique et une démocratie solide. Le combat continue, promet la coalition, qui se dit plus que jamais mobilisée pour la défense des libertés, de la justice et de la République.

Conseil supérieur de la Magistrature : des magistrats détachés à la Présidence, à la Primature et à l’international

Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) s’est tenu ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette session a permis d’entériner plusieurs décisions relatives au positionnement de magistrats sénégalais dans différents services nationaux et internationaux.

Parmi les principales mesures, plusieurs magistrats ont été placés en position de détachement. C’est le cas de Moustapha Ka, conseiller technique au ministère de la Justice, désormais affecté à la Présidence de la République. Alassane Ndiaye, également conseiller technique, rejoint la Primature dans le même cadre. Firmin René Jim Coly, précédemment détaché au ministère des Infrastructures, poursuivra sa mission à la Société nationale de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE).

Cyr Gomis, secrétaire général de l’Observateur national des lieux de privation de liberté, est à son tour détaché auprès du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Magatte Diouf, président de chambre à la Cour d’appel de Tambacounda et également secrétaire général de cette juridiction, est affecté à l’Agence judiciaire de l’État (AJE), sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget.

La magistrate Ndioba Diome, substitut du procureur près le Tribunal de grande instance de Rufisque, rejoint la Présidence de la République, au sein de la Délégation générale du Renseignement national (DRN), en tant que conseillère juridique.

Le Conseil a également validé le renouvellement des détachements de Souleymane Bassoum au ministère des Infrastructures, ainsi que de Mamadou Racine Ly à la Cour pénale internationale (CPI), prolongeant ainsi leur mission dans ces institutions.

Par ailleurs, deux magistrats ont été placés en position de disponibilité. Cheikh Ahmadou Bamba Niang intègre un programme sécuritaire financier en qualité d’expert juriste. Quant à Assane Dramé, il rejoint l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Afrique centrale, également comme expert.

Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de renouvellement et de repositionnement stratégique de l’appareil judiciaire sénégalais, visant à valoriser l’expertise nationale à la fois sur le plan local et international.

Conseil supérieur de la magistrature : vaste chamboulement dans les juridictions de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda

La réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), présidée ce jeudi 26 juin 2025 par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye au Palais de la République, a donné lieu à une vague de nominations et d’affectations majeures dans plusieurs ressorts judiciaires du pays. Ce réaménagement, perçu comme un tournant dans la gestion des ressources humaines de la magistrature, touche les cours d’appel de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda.

Dans le ressort de la Cour d’appel de Thiès, plusieurs postes de responsabilité ont été renouvelés. Alioune Sissokho, jusque-là avocat général à la Cour d’appel de Kaolack, rejoint la Cour d’appel de Thiès au même poste. Cheikhna Anne, anciennement en détachement auprès du ministère de l’Énergie, devient substitut général à la même juridiction. El Hadji Mamadou Ndiaye, qui présidait le Tribunal d’instance de Tivaouane, prend la tête du Tribunal de grande instance de cette localité. El Hadji Malick Dembélé, détaché au ministère des Finances, est nommé président du Tribunal d’instance de Diourbel. Mamadou Bassirou Ndiaye, en provenance du ministère de la Pêche, devient procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Tivaouane. Khady Sakho, conseillère à la Cour d’appel de Thiès, est affectée comme juge au Tribunal de grande instance de Thiès. Modou Mar Ndiaye quitte la présidence du Tribunal d’instance de Diourbel pour prendre les rênes de celui de Tivaouane, tandis que Babacar Diomaye Diouf, précédemment juge à Dakar, est affecté à Diourbel.

Dans la Cour d’appel de Kaolack, Fatou Ngom Sissokho, qui présidait le Tribunal d’instance de Kaffrine, est désormais juge au Tribunal de grande instance de Kaolack. Elle est remplacée à Kaffrine par Amadou Diatta, ancien président de chambre à la Cour d’appel de Kaolack.

Au niveau de Saint-Louis, Idrissa Yéro Dème, jusque-là substitut du procureur à Matam, rejoint le Tribunal de grande instance de Saint-Louis en qualité de substitut du procureur.

Dans la région sud du pays, le ressort de la Cour d’appel de Ziguinchor connaît également des changements notables. Serigne Modou Diakhaté, ancien conseiller à la Cour suprême, est promu Premier président de la Cour d’appel de Ziguinchor. Il sera épaulé par Awa Nguenah Manga, ancienne vice-présidente du Tribunal du travail de Dakar, désormais nommée présidente de chambre à Ziguinchor.

Enfin, à Tambacounda, Abdourahmane Diallo, président de chambre à la Cour d’appel, cumulera désormais ses fonctions avec celles de secrétaire général de ladite cour.

Conseil supérieur de la magistrature : plusieurs magistrats nommés à l’administration centrale du ministère de la Justice

Réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, le Conseil supérieur de la magistrature a procédé à un vaste mouvement au sein du corps judiciaire. Outre les nominations dans les cours d’appel et tribunaux, plusieurs affectations ont été prononcées à l’administration centrale du ministère de la Justice.

Parmi les personnalités concernées, Oumar Sall, jusque-là président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, rejoint l’administration centrale du ministère. Il en est de même pour Khokhane Sène, également précédemment président de chambre dans la même juridiction. Ces deux magistrats chevronnés sont appelés à mettre leur expérience au service de la gestion centrale de la justice.

Par ailleurs, Fatou Binetou Ndiaye, qui était en détachement au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, est rappelée et réintégrée dans le dispositif du ministère de la Justice. Elle y retrouvera une fonction stratégique dans les services de l’administration.

Deux autres magistrats de juridictions du premier degré rejoignent aussi les services centraux. Mouhamadou Ndéné Ndir, précédemment en poste au tribunal du travail hors classe de Dakar, et Ndèye Awa Diagne, ancienne juge au tribunal de grande instance hors classe de Dakar, sont désormais affectés à l’administration centrale.

Ces affectations confirment une volonté présidentielle de réorganiser les ressources humaines de la Justice pour renforcer l’efficacité de l’administration judiciaire au niveau central. En confiant des fonctions internes à des magistrats expérimentés, le chef de l’État entend consolider les réformes en cours dans le secteur.

Ce mouvement, loin d’être anodin, intervient dans un contexte de refonte annoncée du fonctionnement de la justice, où l’exigence de transparence, d’efficacité et de modernisation est au cœur des priorités de la nouvelle équipe dirigeante.

Conseil supérieur de la Magistrature : le président Diomaye Faye opère de vastes changements dans la justice

Le Conseil supérieur de la Magistrature s’est réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. À l’issue de cette séance, plusieurs décisions majeures ont été prises, entraînant un remaniement d’ampleur au sein de l’appareil judiciaire.

Le chef de l’État, qui préside le Conseil, a procédé à une série de nominations touchant des juridictions stratégiques du pays. Ces changements concernent notamment la Cour suprême de Dakar, cœur du pouvoir judiciaire, mais aussi les Cours d’appel de Dakar, Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda. L’administration centrale de la Justice n’est pas en reste, avec des ajustements opérés à des postes clés.

Cette vague de mutations intervient dans un contexte où l’exécutif affiche sa volonté de redonner à la Justice toute son autorité, son indépendance et sa crédibilité. Ces décisions traduisent aussi l’ambition du président Diomaye Faye de remettre à plat l’organigramme du pouvoir judiciaire, en y insufflant une nouvelle dynamique de rigueur, d’éthique et d’équité.

Selon des sources proches du dossier, l’objectif est de renforcer l’efficacité des juridictions sur l’ensemble du territoire national, tout en corrigeant certains déséquilibres observés ces dernières années dans la répartition des magistrats et des responsabilités. Ce renouvellement marque donc un tournant important pour la Justice sénégalaise.

Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 25 Juin 2025

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de la Justice :
•        Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
•        Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :
•        Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.
 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
•        Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.
 
•        Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.
 
•        Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement de Monsieur Moussa Sam DAFF.
 
•        Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment
Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
 
•        Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.
 
•        Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.
 
•        Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.
 
•        Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.
Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public :
•        Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696 783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage :
•        Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.
•        Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde  n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.  
 
•        Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X, précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515
133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.
 
•        Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664
014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis,
en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
•        Monsieur Abdou  DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 25 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 25 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a rappelé au
Gouvernement l’impératif de prendre toutes les mesures et dispositions idoines en vue d’assurer, sur l’étendue du territoire national, une bonne organisation des examens et concours, notamment le Baccalauréat général et le Brevet de Fin d’Etudes moyennes (BFEM). Il a adressé ses encouragements à tous les candidats et exhorté l’ensemble des acteurs de la
communauté éducative (enseignants, apprenants, parents d’élèves, personnels administratifs et techniques…) à œuvrer sans relâche pour l’excellence, la stabilité et le rayonnement du système éducatif national. Il a informé qu’il présidera la cérémonie de remise des prix aux lauréats du Concours général, le 31 juillet 2025.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la place fondamentale de l’enseignement supérieur dans l’Agenda national de Transformation. Le développement de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation reste le socle de la valorisation du capital humain national et de la transformation systémique durable du Sénégal. Dès lors, il a rappelé au Gouvernement, l’urgence de prendre les dispositions préventives adéquates, en liaison avec toutes les parties prenantes, afin d’assurer la continuité académique et la stabilité sociale dans les universités et établissements d’enseignement supérieur publics. A cet effet, il a souligné l’importance d’une parfaite maitrise :
– du calendrier universitaire au regard du respect des prescriptions du système LMD ; – du développement fonctionnel de la carte universitaire avec une reprise en main et une réception dans les délais des infrastructures universitaires dans les régions ; – des orientations des futurs bacheliers ;
– des ressources et charges des universités, établissements d’enseignement supérieurs et Centres des Œuvres sociales universitaires ; – et des quotas de recrutements d’enseignants et de personnels administratifs, techniques et de service en relation avec les recteurs.

Le Président de la République a indiqué au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre des Finances et du Budget l’exigence de veiller au renforcement systématique de la gouvernance financière des universités publiques et des Centres des Œuvres sociales universitaires. Par ailleurs, il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation d’engager des concertations spécifiques avec les acteurs de l’enseignement supérieur privé afin de bâtir, dans la durée, un modèle d’enseignement et de recherche intégré, performant, plus professionnalisant et mieux à même de porter l’Agenda national de Transformation.

Les recommandations qui seront issues des travaux menés dans le cadre de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) feront l’objet d’une
attention particulière.

La vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère accorde une priorité essentielle à la prise en charge et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, la nécessité d’une évaluation inclusive de la loi d’orientation sociale n° 2010-15 du 06 juillet 2010 relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées et de l’application des dispositifs concernant la carte d’égalité des chances. Il a également indiqué la nécessité d’une meilleure implication des personnes vivant avec un handicap dans la vie institutionnelle, administrative, économique, sociale, culturelle nationale, etc.

A cet égard, il a invité le Gouvernement à accorder un traitement spécial aux demandes des personnes vivant avec un handicap, s’agissant, d’une part,
des procédures de recrutement dans le secteur public et, d’autre part, dans les formations et financements pilotés par les différentes structures publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a demandé au Gouvernement, notamment aux Ministres en charge de l’Urbanisme et des Transports terrestres, de veiller à l’amélioration de l’accessibilité des bâtiments et moyens de transports publics aux personnes en situation de
handicap.

Enfin, dans le but de renforcer l’inclusion sociale et la solidarité nationale, il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités d’organiser, avant la fin de l’année 2025, des concertations nationales sur le renforcement de la protection et du bien-être des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique de la gestion du patrimoine bâti de ’Etat. L’inventaire, l’entretien et la gestion exemplaire des bâtiments administratifs et des édifices publics restent des piliers d’une gouvernance publique transparente.

Il a demandé au Premier Ministre de proposer, sur la base des missions complémentaires de la Société de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine bâti de l’Etat (SOGEPA) et de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics (ACBEP) une politique d’occupation, de réhabilitation et de construction de bâtiments et d’édifices publics. En outre, il a demandé au
Premier Ministre de faire procéder à l’inventaire exhaustif des bâtiments administratifs et terrains affectés à chaque ministère et de signaler l’état des besoins en espaces de bureaux, ainsi que les projets de construction d’édifices inachevés, et de rationaliser au strict minimum les conventions signées pour loger des services publics.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Il prendra part également le samedi 05 juillet 2025 au 50ème anniversaire de l’Indépendance de Cabo Verde.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des
Territoires a fait une communication sur l’aménagement des zones de Mbour 4 et de la
Nouvelle ville de Thiès.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,
le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de coopération militaire et technique entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République du Congo, signé le 08 novembre 2018, à Dakar.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre du Ministère de la Justice :
Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.

Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.

Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement
de Monsieur Moussa Sam DAFF.

Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.

Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.

Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.

Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.

Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.

Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public : Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696
783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de
l’Elevage : Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.

Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde
n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X,
précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières

au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.

Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515 133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.

Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.

Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

 Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.

Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.

Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664 014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis, en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres
fonctions.

Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
Monsieur Abdou DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Réformes budgétaires et finances publiques : Le Sénégal reçoit un financement de 65 milliards FCFA de la Banque mondiale

Le Sénégal vient de recevoir un soutien financier significatif pour améliorer la transparence de son budget et la gestion de ses finances publiques. Ce mardi, la Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un prêt concessionnel d’une valeur de 115 millions de dollars, soit environ 65 milliards de francs CFA, via l’Association internationale de développement (IDA).

Ce financement s’inscrit dans le programme SEN-FINTRAC (Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques), qui couvre les années 2025 à 2029. Il soutient également le programme national ambitieux de réformes RESET, une initiative stratégique du gouvernement sénégalais centrée sur trois piliers : stabilisation économique, transformation structurelle, et transparence dans la gestion publique.

Le soutien de la Banque mondiale se concentre sur trois axes principaux de réformes. Premièrement, la gestion des finances publiques vise à moderniser les systèmes de suivi des dépenses publiques et à renforcer les outils numériques, notamment à travers l’intégration de systèmes électroniques pour les procédures de marchés publics. Ce pilier cherche à accroître l’efficacité des dépenses publiques tout en améliorant leur traçabilité.

Le deuxième axe concerne la viabilité de la dette publique. Il est prévu d’implanter un système intégré pour l’enregistrement et le suivi de la dette, ainsi que de consolider les fonctions de gestion de la dette au sein d’une seule entité. Cette réforme vise à obtenir plus de transparence et un meilleur contrôle de l’endettement du pays.

Enfin, le troisième axe de la réforme est axé sur la mobilisation des ressources intérieures. Le gouvernement sénégalais, avec le soutien de la Banque mondiale, entend moderniser l’administration fiscale et douanière. Cela inclut notamment l’introduction de la facturation électronique pour les contribuables soumis à la TVA et la mise en œuvre d’une gestion axée sur la performance pour les opérations douanières.

Tous ces efforts seront soutenus par un vaste programme de transformation numérique, considéré comme essentiel pour le suivi en temps réel des finances de l’État et pour renforcer la gouvernance publique.

Parmi les 115 millions de dollars annoncés, 105 millions (approximativement 59,3 milliards FCFA) sont étroitement liés aux résultats attendus des réformes, tandis que les 10 millions restants (environ 5,7 milliards FCFA) sont destinés à l’assistance technique, à la gestion du changement, à la transformation numérique ainsi qu’au renforcement des capacités des institutions publiques concernées.

Ce financement marque une étape cruciale dans la stratégie de modernisation budgétaire du Sénégal. Il devrait permettre au pays de mieux contrôler son endettement, d’élargir sa base fiscale et de construire une administration publique plus efficace, plus responsable et plus transparente.

Dette publique et budget 2025 : Dr Babo Amadou Ba expose les vrais enjeux et la stratégie de l’État

Alors que le débat autour de la dette publique et du déficit budgétaire alimente les discussions dans les cercles politiques, économiques et citoyens, Dr Babo Amadou Ba, Directeur général du Fonds de Financement des Projets et Programmes Transversaux (3FPT) et spécialiste en finance de marché, a décidé de sortir du silence. Dans une analyse fouillée, il a apporté des clarifications essentielles sur les choix budgétaires du gouvernement pour l’année 2025, tout en inscrivant ces décisions dans le cadre communautaire de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et dans une perspective de réforme structurelle.

Selon Dr Ba, les décisions actuelles du gouvernement sénégalais s’appuient sur deux textes fondamentaux adoptés en 2009 par l’UEMOA. Il s’agit d’abord de la Directive N°1/2009/CM/UEMOA, qui oblige les États membres à publier dans les trois mois suivant le début d’un mandat présidentiel toutes les informations relatives aux finances publiques, avec un accent particulier sur la dette et les déficits. Ensuite, la Directive N°06/2009/CM/UEMOA, qui a amorcé une réforme des lois organiques pour introduire une nouvelle culture de gestion publique. Cette réforme a fait basculer les États de la logique de moyens à une logique de résultats, mettant au cœur de l’action publique la performance. L’une des innovations majeures de cette directive est la déconcentration de l’ordonnancement. Jusque-là, seul le ministre chargé des Finances ordonnait les dépenses de l’État. Désormais, les ministres sectoriels, les présidents d’institutions et les directeurs généraux disposent de ce pouvoir, rendant chaque entité responsable de son budget.

S’agissant du budget 2025, Dr Ba a révélé que les autorités ont constaté un déficit budgétaire de 1 600 milliards de FCFA. Ce déficit représente l’écart entre les recettes mobilisées et les dépenses prévues. À cela s’ajoute un service de la dette particulièrement lourd, estimé à 2 973 milliards FCFA, dont 932 milliards pour les seuls intérêts et commissions. En tout, le besoin de financement pour l’exercice 2025 s’élève à 4 573 milliards de FCFA. Dr Ba précise que sur ce montant, 2 973 milliards correspondent à des engagements contractés sous le régime précédent. Il rappelle également que dans les règles actuelles de comptabilité publique, l’amortissement de la dette, c’est-à-dire le remboursement du principal, n’apparaît plus comme une dépense budgétaire classique, mais est classé parmi les opérations de trésorerie. Ce changement explique pourquoi l’amortissement disparaît du cadre budgétaire proprement dit, bien qu’il reste une obligation financière réelle.

L’un des volets les plus sensibles abordés par Dr Ba concerne les risques liés à l’endettement du Sénégal. Il identifie quatre menaces majeures. D’abord, le risque de change, qui survient lorsque l’endettement est libellé dans des monnaies étrangères comme le dollar ou l’euro, et que les fluctuations de ces devises aggravent mécaniquement le montant de la dette. Ensuite, le risque de taux d’intérêt, car une hausse des taux sur les marchés internationaux rend le remboursement plus coûteux. Le troisième danger est celui du refinancement, c’est-à-dire la nécessité d’emprunter à nouveau pour rembourser d’anciennes dettes, ce qui crée un effet boule de neige. Enfin, il mentionne le risque de liquidité, lorsque les marchés se ferment ou deviennent trop coûteux.

Pour faire face à ces risques, le gouvernement a choisi de changer d’approche en se tournant davantage vers le marché domestique. Cette réorientation se traduit par la mise en place d’instruments innovants comme les « patriotes bonds » et les « diaspora bonds ». Ces outils de financement visent à mobiliser les ressources des Sénégalais résidant au pays et à l’étranger, tout en réduisant la dépendance excessive aux bailleurs extérieurs. Ce virage stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SN2D), qui fixe un objectif de rééquilibrage de la structure de la dette à l’horizon 2027. Ainsi, le Sénégal ambitionne d’atteindre une composition de la dette à 59 % de financements domestiques et 41 % de dettes extérieures, contre une situation actuelle dominée à 74 % par l’endettement extérieur.

Dr Babo Amadou Ba insiste sur le fait que les critiques adressées au budget 2025 doivent être contextualisées et dépassionnées. Il soutient que le régime actuel n’a fait que constater l’ampleur des engagements hérités, tout en posant les jalons d’une gestion plus responsable, plus transparente et plus adaptée aux enjeux économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, les débats sur le budget devraient porter sur la manière dont l’État sénégalais entend mettre en œuvre les réformes promises dans le sens d’une budgétisation plus performante et tournée vers les résultats.

Au final, l’analyse du Dr Babo Amadou Ba vient remettre en perspective la situation financière du Sénégal, en rappelant que les défis actuels, bien que réels, ne sont pas insurmontables. Ils appellent, selon lui, à des réponses structurées, fondées sur une bonne compréhension des mécanismes financiers, une rigueur accrue dans l’exécution budgétaire et une vision claire de la souveraineté économique.

Rapports d’exécution budgétaire : Pr Amath Ndiaye évoque un surendettement imminent

À l’occasion de la publication des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, le Pr Amath Ndiaye, économiste à la FASEG de l’UCAD, propose une analyse alarmante des finances publiques sénégalaises. Le Sénégal entame l’année 2025 avec des finances sous forte pression. Bien que les recettes fiscales affichent de bonnes performances, la situation est marquée par un déficit élevé, une exécution insuffisante des investissements et une dépendance croissante à un financement externe coûteux. « Le retour à l’équilibre budgétaire ne peut plus être différé : le redressement est devenu une urgence nationale, pour préserver la stabilité macroéconomique, soutenir l’emploi et maintenir le cap vers la Vision 2050 », avertit l’économiste.

Recettes : bon démarrage interne, blocage externe

Les recettes totales mobilisées au premier trimestre 2025 s’élèvent à 1 027,82 milliards FCFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles, en hausse de 9,7 % par rapport au T1 2024 (937,07 milliards).

– Recettes fiscales : 960,26 milliards FCFA, en progression de 11,6 % par rapport à 860,38 milliards en 2024, avec un taux d’exécution trimestriel de 94,4 %.
– Recettes non fiscales : 59,56 milliards FCFA, en hausse de 24,4 % (47,88 milliards en T1 2024), avec un taux d’exécution de 137 %.

Les recettes internes atteignent 96,15 % de l’objectif trimestriel, démontrant une mobilisation efficace. Cependant, les ressources extérieures sont quasi inexistantes : « Les dons budgétaires au T1 2025 : 0 FCFA exécuté sur 45 milliards prévus. Dons en capital : 8 milliards FCFA réalisés sur 200 milliards prévus (soit seulement 4 %). » Au total, seuls 3,27 % des ressources extérieures attendues ont été mobilisées, limitant les financements d’investissement.

Dépenses : exécution maîtrisée mais déséquilibrée

Les dépenses totales exécutées au T1 2025 s’élèvent à 1 419,45 billions FCFA, soit 22,14 % des crédits annuels ouverts.

  – Dépenses ordinaires : 1 130,89 milliards FCFA (26,01 % des dotations), dont :

  – Charges de la dette : 225,24 milliards FCFA, en hausse de 24 % par rapport à 181,63 milliards en T1 2024 (+43,61 milliards).

  – Dépenses de personnel : 357,07 billions FCFA, en légère hausse de 1 % (353,67 milliards en T1 2024).

  – Transferts courants : 463,93 milliards FCFA, en progression de 15,2 % (402,52 milliards en T1 2024), dopés par les subventions à l’énergie (169 milliards) et à l’enseignement supérieur.

 – Dépenses en capital : 288,57 milliards FCFA, en baisse de 42,2 milliards FCFA par rapport à 330,75 milliards en T1 2024.

 – Investissements sur ressources internes : Un maigre 2,64 milliards FCFA réalisés sur 308,25 milliards, soit un taux de 0,86 %, soulignant un frein majeur.

Vers une trajectoire budgétaire difficilement tenable

Le déficit budgétaire de 2024 s’est établi à 2 500,95 milliards FCFA, soit environ 12,6 % du PIB, dépassant la prévision initiale de 11,1 %. Pour 2025, le déficit reste au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA. « L’objectif de réduction à 3 % du PIB en 2027 fixé par l’UEMOA semble difficilement atteignable, même avec des coupes drastiques dans les dépenses publiques », note Pr Ndiaye. Les charges d’intérêt, en hausse de 24 %, et le retour aux marchés internationaux à des taux de 10 à 12 % rendent la dette insoutenable, contrairement aux taux régionaux UEMOA de 6-7 %.

Recommandations stratégique

Le Pr Ndiaye propose des mesures urgentes : « Le gouvernement doit accélérer les décaissements pour les projets d’investissement structurant, renforcer les négociations avec le FMI, et mettre en œuvre un plan de redressement budgétaire, avec ou sans le FMI. » Ce plan doit :

– « Réduire les subventions inefficaces, »

– « Maîtriser les dépenses de fonctionnement, »

– « Réorienter les investissements vers les secteurs à fort rendement économique, »

– « Protéger les plus pauvres. »

« Les données arrêtées au 31 mars 2025 confirment que, bien que la mobilisation des recettes fiscales soit satisfaisante, la situation budgétaire du Sénégal reste fragile. » Les déséquilibres structurels persistent, et « les charges d’intérêt augmentent à un rythme inquiétant. Sans redressement budgétaire rigoureux, le pays court un risque élevé de surendettement, avec des conséquences graves sur la croissance, l’emploi des jeunes, et la réalisation de la Vision 2050. » L’économiste insiste : « Ce redressement exige un réel courage politique, car il impliquera nécessairement des décisions difficiles et parfois sensibles sur le plan social. Mais il demeure incontournable. La stabilité budgétaire constitue le socle d’un développement endogène et durable. »

Indépendance de la Justice : le Pr Ousmane Sène recadre le débat sur le rôle du Président au sein du CSM

Dans un contexte marqué par de vives discussions sur la réforme de la justice sénégalaise, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest Africain (WARC), a apporté un éclairage nuancé sur la polémique entourant la présence du Président de la République au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Invité ce dimanche 22 juin de l’émission Grand Jury sur la RFM, il a tenu à recentrer le débat sur l’essentiel : la responsabilité individuelle des magistrats dans l’exercice de leur mission.

Pour le Pr Sène, la question de l’indépendance de la justice ne peut se réduire à une disposition institutionnelle ou à un simple jeu de présences ou d’absences dans les instances de régulation. Selon lui, cette indépendance tient d’abord à la posture, aux valeurs et aux comportements de ceux qui rendent la justice. « L’indépendance de la justice, ça tient aux comportements et aux valeurs de ceux qui exercent la justice eux-mêmes », a-t-il déclaré, soulignant que la crédibilité du système judiciaire dépend autant des textes que de l’éthique personnelle des magistrats.

Face aux critiques formulées à l’encontre du maintien du chef de l’État dans la composition du Conseil Supérieur de la Magistrature, le professeur Sène se veut clair. Il estime que la présence du Président de la République dans cette institution ne constitue pas, en soi, un frein à l’indépendance des juges. Il rappelle que dans l’organisation actuelle du CSM, les décisions concernant l’avancement ou les affectations des magistrats ne relèvent pas directement du Président. « Les décisions qui sont prises par rapport à l’avancement des magistrats ne viennent pas du Chef de l’État », a-t-il affirmé, balayant ainsi les soupçons d’ingérence politique systématique.

Il va plus loin en qualifiant ce débat de « faux problème », insistant sur le fait qu’en République, le président ne saurait dicter sa loi aux magistrats. Pour appuyer sa position, le Pr Sène s’est référé à l’histoire judiciaire du Sénégal, évoquant des figures emblématiques telles que les juges Kéba Mbaye et Ousmane Camara. Ces derniers, selon lui, ont incarné avec dignité et intégrité l’indépendance de la justice, même dans des contextes où l’exécutif était puissant et présent.

À travers cette prise de position, le directeur du WARC invite l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire à assumer pleinement leur rôle dans la construction d’une justice forte, crédible et au service des citoyens. Il rappelle que la refondation de la justice ne saurait être uniquement institutionnelle ou formelle. Elle doit aussi passer par un sursaut de conscience professionnelle et morale de la part des magistrats eux-mêmes.

Dans une période où la société sénégalaise attend des changements profonds dans le fonctionnement des institutions, l’intervention du Pr Sène sonne comme un appel à la responsabilité individuelle et collective. Pour lui, une justice indépendante ne s’obtient pas seulement par des réformes juridiques, mais surtout par le courage, l’éthique et la loyauté de ceux qui en sont les garants.

Médias : Habibou Dia annonce une nouvelle ère d’accompagnement pour un secteur plus autonome et structuré

Le directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Habibou Dia, était l’invité de l’émission « FACE AU JURY » ce dimanche sur Pressafrik TVHD. Cette intervention a été l’occasion pour lui de revenir longuement sur les décisions prises par le gouvernement à l’issue des Journées de concertation sur le secteur de la communication, tenues à la demande du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces assises, selon lui, ont permis de tracer une nouvelle trajectoire pour les médias sénégalais, fondée sur la transparence, la modernisation et l’autonomie financière.

Habibou Dia a réaffirmé la volonté du ministère de tutelle de construire un partenariat durable avec les professionnels de la presse, en allant bien au-delà de la seule logique de subvention. Il a annoncé la mise en place prochaine d’un nouveau modèle économique pour les médias. Ce modèle vise à réduire leur dépendance quasi-totale vis-à-vis des appuis publics en leur offrant des opportunités économiques et financières concrètes. Il s’agit notamment de revoir les critères d’attribution des fonds alloués au secteur, de définir avec précision les bénéficiaires légitimes et d’exclure ceux qui ne remplissent pas les conditions. Le gouvernement envisage également de mettre en place un système fiscal adapté, qui permettra aux entreprises de presse d’évoluer dans un environnement plus favorable à leur croissance et à leur structuration.

Sur le volet social, le ministère entend porter une attention particulière aux conditions de travail des journalistes. Habibou Dia a insisté sur la nécessité de garantir leur protection, de veiller à la régularité des salaires, de faciliter leur couverture maladie et d’assurer la prise en charge de leurs cotisations pour la retraite. Il a souligné l’importance de l’accompagnement spécifique des femmes de médias, souvent confrontées à des défis uniques liés à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Le gouvernement prévoit également un appui direct aux télévisions, producteurs de contenus audiovisuels et cinéastes. Une enveloppe financière dédiée devrait leur être accordée pour faire face aux difficultés actuelles et encourager la production de contenus de qualité, conformes aux exigences des conventions signées avec les autorités de régulation. Le respect des cahiers des charges sera désormais une priorité dans l’allocation de ces soutiens.

Sur le plan réglementaire, plusieurs réformes sont annoncées. Le directeur de la Communication a indiqué que les textes encadrant le fonctionnement du CNRA seront révisés afin de les adapter aux évolutions du secteur. Il a également évoqué la nécessité d’intégrer les quotidiens d’information dans les dispositifs existants, estimant que nombre d’entre eux paraissent aujourd’hui sans contenu réel. Pour y remédier, des cahiers des charges seront imposés afin de fixer un cadre clair pour ces publications en pleine expansion.

Les réseaux sociaux sont aussi dans le viseur des réformes envisagées. Habibou Dia a reconnu leur rôle grandissant dans l’espace médiatique sénégalais, mais a souligné l’urgence d’un encadrement juridique et éthique. L’objectif est de pousser ces plateformes à se formaliser, afin de permettre aux organes de régulation de mieux contrôler leurs activités, et de s’assurer que les contenus diffusés respectent les valeurs sociales, culturelles et morales du pays.

Dans le cadre des discussions entre le ministère et le patronat de la presse, plusieurs mesures sont également en gestation concernant la publicité institutionnelle. Il est notamment question de revoir les mécanismes d’attribution des conventions publicitaires, de corriger les pratiques actuelles de facturation, de clarifier le régime fiscal applicable et d’intégrer les médias dans le nouveau code des marchés publics. Le tout se fera dans une optique de transparence, avec la volonté de rompre définitivement avec les logiques de favoritisme ou d’affinité personnelle.

Enfin, le ministère entend accorder une attention particulière aux « médias particuliers » tels que les radios communautaires, les médias en ligne, les Web TV et les jeunes reporters. Des plans d’accompagnement spécifiques sont en cours d’élaboration pour leur permettre de se structurer, de se développer et d’atteindre une autonomie économique. Un des engagements majeurs annoncés consiste à compléter le Code de la presse pour y inclure des dispositions adaptées à ces nouvelles formes de médias. Il est aussi prévu de les aider à mettre en place leur propre instance de régulation, capable d’assurer leur crédibilité et leur professionnalisme.

Pour les jeunes reporters qui aspirent à créer leur propre entreprise de presse, un programme d’incubation de deux à trois ans sera lancé. À l’issue de cette phase, une évaluation sera faite pour déterminer si les projets incubés méritent un accompagnement sur le long terme ou non. Cette initiative vise à stimuler l’entrepreneuriat médiatique et à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de patrons de presse responsables et innovants.

À travers cet ensemble de mesures, le ministère de la Communication entend impulser une dynamique nouvelle dans le secteur des médias, en misant sur la régulation, la professionnalisation, la transparence et surtout l’autonomie. Le chantier est vaste, mais les engagements annoncés semblent poser les bases d’une refondation profonde du paysage médiatique sénégalais.

Réformes politiques au Sénégal : le Pr Ousmane Sène plaide pour la rationalisation du système partisan

Le débat sur l’avenir des institutions politiques sénégalaises continue d’animer les sphères intellectuelles et citoyennes. Ce dimanche, sur le plateau de l’émission Grand Jury de la RFM, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest Africain (WARC), a livré une analyse sans complaisance du système politique sénégalais, en mettant en lumière l’une de ses pathologies les plus visibles : la prolifération anarchique des partis politiques.

Pour l’universitaire, la tenue du dialogue national récemment initié par les autorités constitue une démarche à saluer. Il estime que cette plateforme d’échanges a été non seulement pertinente dans son principe, mais aussi opportune par son timing. Elle permet, selon lui, d’aborder des questions de fond qui affectent durablement le fonctionnement harmonieux de la démocratie sénégalaise. Parmi ces questions, celle de la rationalisation du champ politique s’impose avec acuité.

Le professeur Sène n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une situation qu’il juge intenable : un paysage politique saturé, inefficace et incapable de remplir ses fonctions essentielles dans une démocratie représentative. Pour lui, la multiplication des partis politiques au Sénégal est devenue un obstacle structurel à la cohérence et à l’efficacité de la vie politique. Il parle d’une « pléthore », d’une « myriade » de formations politiques dont « les trois quarts ne servent absolument à rien ». Une situation qu’il qualifie d’absurde et qui, selon lui, décrédibilise le système partisan dans son ensemble.

Face à ce constat, l’appel est clair : il faut rationaliser. Le professeur Sène plaide pour une réduction significative du nombre de partis politiques, afin de restaurer la lisibilité de l’offre politique et de renforcer la capacité des institutions à répondre aux attentes des citoyens. Il utilise un mot fort, presque provocateur : « Il faut les siphonner ». Cette expression traduit l’urgence et la fermeté avec lesquelles il aborde la question. Pour lui, le Sénégal gagnerait à avoir « un nombre respectable et correct » de partis, en mesure de participer activement et de manière responsable à la vie démocratique du pays.

Dans cette dynamique de rationalisation, il salue le maintien du système de parrainage, pourtant critiqué par de nombreux acteurs politiques. À ses yeux, ce dispositif représente un filtre indispensable pour éviter que la scène politique ne soit inondée par des candidatures fantaisistes ou opportunistes. Il défend l’idée que dans une démocratie sérieuse, il faut des garde-fous, des mécanismes de régulation qui permettent de distinguer les projets politiques structurés des ambitions personnelles sans fondement. Pour le directeur du WARC, un pays ne peut pas prétendre fonctionner efficacement avec « 200 à 300 partis politiques ».

Le professeur Ousmane Sène ne se limite pas à une simple dénonciation. Il engage un débat de fond sur la qualité du système démocratique, en soulignant que l’enjeu n’est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif. Ce qu’il propose, c’est un assainissement du paysage politique qui permette de créer des regroupements cohérents, portés par de vrais projets de société, capables de structurer l’offre politique et d’assurer une alternance démocratique crédible.

En s’exprimant avec clarté sur ces questions, le professeur Sène remet sur la table un vieux débat qui, jusque-là, n’a jamais trouvé de réponse structurelle. La crise de représentativité, l’usure des institutions et la perte de confiance dans les partis traditionnels sont autant de symptômes d’un système qui peine à se réinventer. Son plaidoyer pour la rationalisation du champ politique s’inscrit donc dans une volonté de refondation. Une démocratie ne se mesure pas au nombre de partis enregistrés, mais à la capacité de ces derniers à faire vivre le débat public, à représenter des idées et à incarner une véritable alternative.

Bassirou Diomaye Faye à la tête de la Cedeao ? Un nouveau souffle pour une organisation fragilisée

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est pressenti pour prendre les rênes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à l’issue du sommet de l’organisation prévu ce samedi 22 juin à Abuja, au Nigeria. Selon des sources concordantes relayées par Africa Intelligence, un consensus discret aurait été trouvé entre les chefs d’État de la sous-région, lors de consultations menées le 20 juin, pour confier la présidence de l’organisation au jeune dirigeant sénégalais.

Cette désignation, si elle est confirmée, viendrait mettre un terme au mandat du président nigérian Bola Ahmed Tinubu, dont les deux années à la tête de la Cedeao ont été marquées par des critiques récurrentes, notamment de la part des pays francophones. Jugé peu rassembleur et parfois isolé dans sa gestion des crises sous-régionales, Bola Tinubu laisserait place à un profil perçu comme plus apaisant et fédérateur.

À 45 ans, Bassirou Diomaye Faye incarne une nouvelle génération de dirigeants ouest-africains. Son élection à la tête du Sénégal en mars dernier, sur la promesse de rupture avec l’ancien système, lui a valu une forte légitimité populaire. Cette dynamique semble avoir convaincu ses pairs qu’il est le mieux placé pour incarner le renouveau de la Cedeao à un moment charnière de son histoire.

Le premier défi auquel devra faire face le nouveau président de l’organisation sera la formalisation du départ des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — qui ont acté leur retrait. Un événement inédit dans l’histoire de la Cedeao, révélateur de ses difficultés à préserver l’unité régionale face aux crises politiques internes et aux choix souverainistes des régimes militaires sahéliens.

Malgré plusieurs tentatives de médiation, notamment par des déplacements à Bamako et Ouagadougou dès le début de son mandat, Diomaye Faye n’a pas réussi à infléchir la position des juntes au pouvoir. Mais en accédant à la présidence tournante de la Cedeao, il pourrait bénéficier d’un levier institutionnel pour maintenir le dialogue, éviter une rupture totale et travailler à des formes de coopération pragmatique en matière de sécurité, de commerce ou de mobilité humaine.

Cette perspective d’un leadership incarné par un président élu démocratiquement, porté par une forte attente de changement, pourrait également améliorer l’image d’une organisation aujourd’hui perçue par une partie des opinions publiques comme distante, voire illégitime. Diomaye Faye aura la délicate mission de concilier l’exigence de stabilité institutionnelle avec les aspirations d’une jeunesse ouest-africaine en quête d’intégration économique et de souveraineté politique.

Dialogue national : l’opposition dresse un bilan mitigé et exige un comité de suivi inclusif

Réunis en point de presse ce mercredi à Dakar, les représentants de l’opposition ayant pris part au Dialogue national ont dressé un état des lieux nuancé du processus, entre espoirs mesurés et frustrations persistantes. Tout en réaffirmant leur attachement au principe du dialogue, ils pointent les limites du cadre actuel et appellent à la mise en place urgente d’un comité de suivi inclusif placé sous l’autorité du chef de l’État.

Malgré un climat politique qu’ils jugent délétère, marqué par des atteintes aux libertés fondamentales, des arrestations jugées arbitraires, et des discours parfois agressifs de la part de dirigeants de la majorité, les leaders de l’opposition affirment avoir maintenu leur engagement dans le dialogue par souci de responsabilité démocratique. Ils rappellent que les thématiques abordées – réforme électorale, renforcement de la démocratie, libertés publiques – sont cruciales pour le devenir institutionnel du Sénégal, ce qui, à leurs yeux, justifie pleinement leur participation.

Cependant, ils dénoncent un certain immobilisme du pouvoir, en particulier sur les questions liées aux libertés fondamentales. La détention de Moustapha Diakhaté, qualifiée d’« arbitraire », est citée comme l’un des exemples flagrants du fossé qui subsiste entre les discours d’ouverture et la réalité du terrain. Les opposants pointent également du doigt les multiples obstacles à l’exercice du droit de manifestation, toujours restreint dans plusieurs zones du pays, et critiquent vigoureusement le refus d’abroger les dispositions du Code pénal jugées liberticides.

Sur le plan institutionnel, le bilan des commissions est jugé contrasté. Certaines ont permis des avancées sur des accords de principe, notamment dans le domaine électoral, avec la reconnaissance du besoin de réformer le mode de scrutin et de clarifier les prérogatives des organes électoraux. L’opposition s’interroge toutefois sur la cohérence d’un système qui permet à un camp d’obtenir plus de 80 % des sièges à l’Assemblée nationale avec à peine 54 % des voix.

La proposition d’une loi sur les partis politiques a été bien accueillie sur le fond, notamment pour encadrer la création des formations, réglementer leur financement et définir leurs droits. Mais sur la question du statut du chef de l’opposition, les désaccords ont ressurgi, rendant l’adhésion des parties encore fragile.

Là où les lignes n’ont que très peu bougé, c’est sur les libertés publiques. L’opposition accuse la majorité de s’être « reniée » en refusant d’élargir les droits de manifestation, de renforcer la protection des journalistes et des membres de la société civile, ou encore d’engager une réforme en profondeur de la gouvernance sécuritaire des manifestations.

Pour sortir de l’impasse, les opposants appellent solennellement à la création d’un comité de suivi pluraliste et indépendant, chargé de superviser la mise en œuvre des accords obtenus et de rouvrir les discussions sur les points restés en suspens. À leurs yeux, seule une telle structure, placée sous la tutelle directe du président de la République, pourrait garantir la crédibilité du processus et éviter que les engagements pris ne tombent dans l’oubli.

Dans leur déclaration finale, les membres de l’opposition annoncent qu’ils adresseront prochainement une correspondance officielle au chef de l’État, afin de lui rappeler les engagements issus des assises nationales et de lui demander de veiller personnellement à leur application. Ils préviennent que tout passage en force serait perçu comme un désaveu du dialogue national et ouvrirait une nouvelle phase d’instabilité politique. En somme, l’opposition prévient : le temps des compromis creux est révolu.

Crise profonde dans les médias sénégalais : le Synpics réclame une réforme immédiate et ambitieuse

Le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Moustapha Cissé, a dressé un constat alarmant de l’état de la presse sénégalaise, à l’occasion de l’ouverture des journées de concertation du secteur de la communication. Devant les professionnels et les autorités conviées à cette rencontre, il a lancé un appel urgent pour une réforme structurelle et durable du paysage médiatique national.

« La presse n’est pas un appendice de l’État. Elle est le souffle même de l’espace public », a-t-il martelé d’emblée, rappelant que la survie de la démocratie passe par la vitalité du journalisme.

Moustapha Cissé a dénoncé une situation de plus en plus intenable pour les entreprises de presse, qu’il décrit comme étranglées par des dettes croissantes, privées de ressources pérennes, exclues de la commande publique et oubliées dans les plans d’accompagnement économique. « Nombre d’entre elles sont menacées de liquidation », a-t-il alerté.

Il a évoqué un « fonds d’appui inopérant », des « contrats de publicité annulés sans mécanisme compensatoire » et des créances que l’État tarde à régler. Des défaillances qui compromettent l’équilibre économique des organes de presse et accentuent leur vulnérabilité.

Le tableau humain n’est pas plus reluisant. Le SG du Synpics a pointé du doigt la précarité grandissante dans les rédactions : licenciements massifs, salaires impayés, absence de couverture sociale, démotivation généralisée. Il a aussi évoqué un phénomène de « fuite des cerveaux », soulignant que de nombreux journalistes expérimentés abandonnent le métier pour des raisons de survie. « Il y a dans ce paysage un exode silencieux, un désenchantement républicain, un effritement du devoir d’informer », a-t-il souligné avec gravité.

Pour Moustapha Cissé, l’immobilisme de l’État est désormais perçu comme une forme de complicité. « Ce que le CAP soutient aujourd’hui, c’est qu’il est encore temps de corriger la trajectoire, mais il ne reste pas beaucoup de marge », a-t-il prévenu.

Le leader syndical plaide pour des réformes urgentes, profondes et consensuelles. En tête des priorités figure la refonte complète du Code de la presse, jugé obsolète. « Ce code, adopté en 2017 sur la base d’un texte datant de 2010, est déconnecté des réalités actuelles : il ne prend pas en compte le numérique, les mutations sociologiques ni la transformation globale du paysage médiatique », a-t-il argumenté. Pire, selon lui, « il contient encore des articles liberticides qui permettent de restreindre la liberté de la presse au lieu de la protéger ».

Autre exigence forte : la mise en place d’une instance unique et indépendante de régulation des médias, en remplacement d’organes actuels jugés inefficaces. Le CNRA, selon lui, ne joue plus pleinement son rôle. Il appelle à une autorité crédible, dotée de moyens et de légitimité pour superviser l’ensemble des supports, dans le respect des libertés fondamentales.

Sur le plan économique, Moustapha Cissé estime que la presse doit bénéficier d’un traitement fiscal spécifique, au même titre que des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la santé ou l’éducation. « La presse n’est pas un commerce. C’est un secteur de souveraineté. Elle mérite des exonérations ciblées, un étalement des dettes, un accès au crédit d’équipement. Il faut un programme national de mise à niveau des entreprises de presse adossé au bureau de mise à niveau », a-t-il défendu.

Le Synpics propose également la création d’un fonds spécial de transformation numérique, destiné à accompagner les médias dans l’acquisition de matériel moderne, la transition digitale, la sécurisation des données et la formation aux nouveaux formats.

À travers cette intervention musclée, le Synpics cherche à provoquer un sursaut collectif. Car derrière l’affaiblissement économique et institutionnel de la presse sénégalaise, c’est la qualité de l’information, la pluralité des voix et, in fine, la démocratie elle-même qui sont menacées.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a  présidé, ce mercredi 18 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais  de la République. 

A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses  chaleureuses félicitations et ses sincères remerciements aux populations de Saint-Louis, Dagana et Podor pour leur mobilisation et accueil à l’occasion de sa tournée économique les  12 et 13 juin 2025.

Il a remercié et félicité les autorités administratives, les services de l’Etat,  les élus locaux, les producteurs et acteurs des secteurs agricole et industriel pour le travail  remarquable accompli et le bon déroulement des déplacements sur les sites programmés.

Il a  félicité le Gouvernement, notamment le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté  alimentaire et de l’Elevage, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre en charge  des Collectivités territoriales et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement  paysan pour les efforts consentis afin d’asseoir le développement territorial et la promotion de  la souveraineté alimentaire.

Dans cette dynamique, il a souligné la nécessité de mieux  accompagner et soutenir les acteurs des différentes filières des secteurs agricole et industriel  de la région naturelle du fleuve Sénégal. Cette zone éco-géographique, au potentiel  exceptionnel, doit s’ériger en « Pôle agricole national prioritaire » en termes de maitrise de  l’eau, de mécanisation ainsi que de développement des aménagements et des surfaces  emblavées, de l’agro-industrie et des industries de transformation des produits agricoles. Sous  ce rapport, il est essentiel de renforcer significativement les filières riz, tomates, oignons,  pommes de terre, biocarburants (éthanol) et sucre qui doit rester un atout phare de notre  souveraineté alimentaire. 

 Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, indiqué l’impératif d’une combinaison optimale entre  l’agriculture familiale (de subsistance) et l’agrobusiness en vue de l’ancrage d’une gouvernance foncière, économique et sociale équitable du secteur agricole. Il a demandé au  Gouvernement de poursuivre et d’intensifier l’accompagnement des producteurs de la région  Nord, en accentuant l’amélioration des rendements des périmètres agricoles (rizicoles  notamment), mais également l’établissement d’un système rénové et efficace de financement  et de maitrise des charges d’exploitation (électricité en particulier) des agriculteurs et  industriels. Il s’agit aussi de travailler, avec les Coopératives agricoles communautaires, à la  labellisation des productions nationales et leur meilleure introduction dans les réseaux de  distribution et les circuits de commercialisation du pays. 

Cette tournée économique a montré que la territorialisation soutenue de l’Agenda  national de Transformation doit rester un principe directeur de l’efficacité des politiques  publiques et des performances de l’action gouvernementale. D’où, l’impératif de promouvoir  un dialogue territorial permanent avec les acteurs économiques et sociaux à la base. A ce titre,  le Président de la République a souligné l’urgence de réhabiliter et d’actualiser, en les adaptant aux évolutions technologiques, les outils et instruments de vulgarisation agricole et  d’animation rurale, afin d’accélérer, dans la concertation avec les acteurs et la participation  des populations, la mise en place des Pôles régionaux de développement. Ces derniers  demeurent les véritables réceptacles des projets et programmes pour un Sénégal souverain,  juste et prospère, ancré dans les valeurs fortes de la Nation. 

La modernisation de notre système agricole et la réalisation de la souveraineté  alimentaire, passent fondamentalement par la sécurité foncière des exploitations agricoles, le  financement adéquat des agriculteurs et la promotion de l’investissement privé dans  l’agriculture.

A cet effet, le Chef de l’Etat a demandé au Gouvernement, sous la supervision  du Premier Ministre, d’engager les concertations appropriées et d’accomplir les diligences  requises, en vue d’accélérer la mise en œuvre d’une réforme foncière consensuelle en  capitalisant les diagnostics, études, rapports, propositions, conclusions et recommandations élaborés sur la problématique, notamment les travaux de la Commission nationale de Réforme  foncière (CNRF).

Cette réforme majeure de l’Agenda national de Transformation est  impérative pour accompagner, avec l’implication des collectivités territoriales et de toutes les  parties prenantes, l’option d’une agriculture moderne et durable favorisant le développement des petites exploitations agricoles familiales, mais également de l’agrobusiness. Elle doit  contribuer aussi à une meilleure maîtrise de l’espace national et à l’aménagement concerté,  inclusif et durable du territoire, notamment en milieu rural, en cohérence avec les processus  convergents d’approfondissement de la décentralisation et d’actualisation de la loi  d’orientation agrosylvopastorale en cours de finalisation.  

Le Président de la République a indiqué au Gouvernement, l’importance d’orienter les  réflexions sur la réforme foncière vers l’objectif d’attribution effective de titres de propriété  en bonne et due forme aux détenteurs légaux des terres et des parcelles à usage d’habitation,  partout au Sénégal.

Dans cet esprit, l’accès à la propriété foncière et immobilière, sera facilité 
par la valorisation de l’utilisation de la terre comme garantie pour l’obtention d’un crédit. 

Au demeurant, le Chef de l’Etat a invité le Gouvernement à veiller à la gestion optimale  du domaine de l’Etat et du domaine national par, d’une part, l’amélioration des outils de cartographie et de pilotage du potentiel foncier et, d’autre part, la prévention systématique et  la résolution des conflits fonciers.

Pour clore ce chapitre, il a invité le Gouvernement à préparer  un plan de communication sur la réforme foncière projetée, en vue de son appropriation  collective par les populations à la base, les collectivités territoriales, les agriculteurs, les éleveurs, les investisseurs et autres opérateurs économiques.  

Le Président de la République est revenu sur la première édition de la Conférence des  Administrateurs et Managers publics (CAMP) tenue le 20 janvier 2025. Lors de cette rencontre il avait partagé avec l’ensemble des administrations sa vision de la gouvernance des secteurs  public et parapublic.

A cet effet, il a rappelé au Gouvernement l’urgence de prendre toutes les  mesures et dispositions requises en vue d’actualiser le statut général des fonctionnaires et la  réglementation relative aux agents non fonctionnaires, de finaliser le Code de déontologie des  agents publics ainsi que le Plan de développement de la formation permanente des agents  publics, de réviser les cadres académique, juridique, administratif et financier d’évolution des  écoles nationales de formation, notamment l’Ecole nationale d’Administration (ENA). En  outre, il a souligné l’importance de mener à bien le processus d’évaluation annuelle des  performances des agents publics, mais aussi d’accentuer, avec la montée en puissance du  « New Deal technologique », la digitalisation intégrale des administrations pour une meilleure  qualité des services délivrés aux usagers et aux citoyens.  

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, l’impératif d’un suivi de  proximité de la gouvernance et des performances financières des entités du secteur parapublic,  sous tutelles administrative, technique et financière. Il a demandé au Ministre de la Fonction  publique et de la Réforme du Service public de faire une communication trimestrielle en  Conseil des Ministres sur l’état de mise en œuvre des réformes de la fonction publique et de  modernisation des services publics. Dans le même temps, il a invité le Ministre des Finances  et du Budget à faire une communication trimestrielle sur la gestion du portefeuille de l’Etat. 

 Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil  qu’il participera, le 22 juin 2025, à Abuja, au Nigéria, au Sommet de la Communauté  économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

 Dans sa communication, Monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO est revenu sur  les réformes de l’Etat et la qualité de la représentation des administrations publiques dans les  organes délibérants des entités du secteur parapublic. 

S’agissant des réformes de l’Etat, il a indiqué que celles-ci constituent un point essentiel pour la réussite de la mise en œuvre des politiques publiques. Pour la coordination,  l’orientation et le suivi de ces réformes, le Premier Ministre a annoncé la mise en place d’une  Cellule à la Primature. Les changements attendus couvrent plusieurs domaines d’une  importance capitale pour l’environnement des affaires, la modernisation de l’administration  publique, incluant le droit d’accès du citoyen à l’information et un large recours à la  transformation digitale, la valorisation du capital humain à travers une formation visant à doter  les citoyens de fortes valeurs civiques et patriotiques et de compétences nécessaires à la  réalisation de performances attendues, du « rebasing social ».

Cela, pour plus d’équité et de  transparence dans le système de rémunération des secteurs publics et parapublics, et la  construction d’un système de protection sociale inclusif et durable. Enfin, le Premier Ministre  a souligné avec force la détermination du Gouvernement, à mener à bien cette importante  entreprise et a engagé le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement à mettre en place une feuille de route permettant la mise en œuvre optimale des réformes, en veillant à la prise en  charge des difficultés éventuelles à travers un dispositif de conduite du changement. 

Abordant le second point relatif à la qualité de la représentation des administrations  publiques dans les organes délibérants des entités du secteur parapublic, le Premier Ministre,  a mis l’accent sur l’importance des fonctions essentielles dans l’offre de services publics de  qualité, l’exécution de missions d’intérêt général, la création d’emplois et la régulation dans  des domaines prioritaires. Il a ensuite déploré des manquements graves, récurrents et contraires  aux règles de transparence et de bonne gouvernance préjudiciables à la qualité du service  public, dans la gestion de ces structures : la non tenue des pré-conseils sur des questions  stratégiques, l’absence de compte rendu systématique, l’archivage défaillant de la  documentation, le non-respect de la durée de validité des mandats des administrateurs et la  mauvaise qualité de la représentation due notamment au profil inadéquat de certains  administrateurs.

Fort de ce constat, le Premier Ministre a demandé aux Ministres de procéder,  sans délai, à la régularisation de la composition des organes délibérants, surtout dans le  contexte actuel marqué par plusieurs changements institutionnels. Il a également demandé  d’apporter un soin particulier au choix de ces représentants dans les organes délibérants, dans  le respect des dispositions pertinentes du décret n°2025-670 du 29 avril 2025, fixant les règles de fonctionnement de l’organe délibérant des entités du secteur parapublic.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : 
– le Ministre auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de  l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 a fait une  communication sur le Pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation Sénégal  2050 ; 
– le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur la Politique  industrielle et commerciale Sénégal 2050. 

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,  le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention en matière  d’extradition entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de  l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de loi relatif au transfèrement des personnes condamnées entre le Gouvernement  de la République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée  à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de loi d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la  République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou  Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement  du Centre national de Coordination du Mécanisme d’Alerte précoce et de Réponse aux  risques sécuritaires ; 
– le Projet de loi de Finances rectificative pour l’année 2025 ;  
– le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026- 2028. 

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, 
Porte-parole du Gouvernement 
Amadou Moustapha Njekk SARRE 

900 milliards de francs CFA Bloqués en Chine depuis 2015 : Mr Sonko, il est temps d’aller les Chercher.

Un cadre déjà établi, des partenaires toujours engagés, un relais stratégique à activer, du temps précieux à gagner pour le Sénégal.

 

En 2015, la Chine était déjà prête à injecter plus de 1,5 milliard de dollars dans l’économie sénégalaise, soit plus de 900 milliards de francs CFA, à travers un partenariat structurant porté par la société IMMOSEN SARL et son directeur général, Saliou Drame. Tout était en place. Les lettres d’engagement étaient signées. Les projets étaient prêts. Les Chinois n’attendaient qu’une seule chose : une garantie de l’État pour débloquer les fonds. Ils étaient prêts à construire des universités, des routes, des écoles, des hôpitaux, des logements, des zones touristiques.

Mais ils sont tombés sur un système corrompu jusqu’à la moelle. Un système de blocage, de chantage, d’exigence de commissions à chaque étape. Le patriotisme avait un prix, et ce prix était la compromission. Saliou Drame a refusé. Ses collaborateurs aussi. Il aurait pu céder, prendre sa part, faire comme les autres, signer et détourner.

Nous faisions partie de ceux qui lui disaient à l’époque de payer si c’était la seule voie du salut pour le peuple qui souffre.

Mais son expérience a eu, avec le temps, raison sur nous ! Ce système pourri a été balayé, et aujourd’hui des gens que nous pensons intègres peuvent changer la donne.

Dix ans se sont passés. Saliou Drame n’est pas mort. Ses partenaires chinois, marocains, qataris sont toujours là. Et les problèmes qu’ils voulaient résoudre sont toujours aussi persistants, plus criants, plus violents.

 

Rencontre entre Saliou Drame et ses partenaires chinois à l’ambassade de Chine à Dakar 

 

Aujourd’hui, vous êtes au pouvoir.

Ne répétez pas les erreurs de ceux que vous avez combattus. À l’époque, des ministres et des DG avaient été amenés en Chine. Qu’y ont-ils fait ? Ils ont assisté aux premières journées de réunion, puis avaient disparu pour le reste. Pire encore, certains ont contourné ceux qui les avaient invités pour signer en douce des accords parallèles et monnayer les opportunités.

Ils avaient utilisé le voyage pour leurs poches, pas pour le peuple.

Macky Sall, de son côté, voulait que les projets aboutissent. Mais l’armada de prédateurs sur toute la chaîne a saboté toute chance. Nos gens ne connaissaient pas et n’étaient pas habitués à un système intègre, où l’on ne se fait pas payer pour servir le peuple, où l’on peut signer des accords sans gaspiller des millions dans des fêtes et des cérémonies inutiles.

Monsieur le Premier ministre, mon premier conseil : Ne partez en Chine avec ceux qui vous y apporteront Rien. Laissez-les au Sénégal, et partez avec de vrais collaborateurs, ceux qui connaissent bien le terrain. Vous avez la confiance du peuple et toute la légitimité pour signer en son nom. Allez-y avec des techniciens, des vrais. Ceux qui connaissent le terrain, qui veulent prouver. Ce sont eux qui, lors des précédentes missions, travaillaient pendant que leurs chefs faisaient les magasins. Ce sont eux qui ont impressionné les partenaires chinois. Mais de retour au pays, ce sont eux qui ont été mis de côté. Ceux qui avaient disparu pour du shopping, faire la une des manchettes.

Monsieur le Premier ministre, quinze mois se sont écoulés depuis votre élection. L’on a tous vu parmi eux ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas. Pensez efficacité. Chaque seconde compte. Pensez à ces milliers d’Africains qui misent sur vous.

Mon second conseil : la Chine ne viendra jamais nous développer. Pas plus que les Occidentaux. La Chine négocie pour ses intérêts. Elle est plus prédatrice que les autres, mais elle est aussi plus directe et plus rapide. Elle respecte les dirigeants sérieux. Si vous partez avec une équipe sérieuse, vous aurez des solutions sérieuses. Si vous partez avec une équipe bancale qui cherche des intérêts personnels, ils vous traiteront comme tels. They will give you what you bring.

Mon troisième conseil : les Chinois sont déjà là, chez nous, depuis plusieurs décennies, en train de prendre nos ressources. Certains d’entre eux pêchent illégalement dans nos eaux, exploitent l’or de Kédougou sans cadre clair, détruisent la Falémé avec l’orpaillage alluvial, cultivent nos terres sans contrat digne.

Ils viennent en Afrique chercher l’argent de la manière la plus avantageuse possible, mais ils sont prêts aussi à se régulariser et à se conformer si vous leur proposez un deal gagnant-gagnant. Le Mali est en train de réussir cela.

Il faut transformer ces prises illégales en contrats formels, avec redevances, quotas et obligation de transformation locale.

 

Mon quatrième conseil : ceux d’avant vous partaient en Chine juste pour les caméras, pour dire qu’ils étaient en mouvement, en action, et malheureusement, avec rien de concret derrière. Il faut y aller cette fois-ci pour signer du concret, revenir avec des équipements, des infrastructures, des engagements.

Mon cinquième conseil, Monsieur le Premier ministre : soyez prêts. Ayez des fiches techniques solides. Apprenez de votre déplacement de juin. Mettez des choses en place et faites tout votre possible pour partir une seconde fois et participer à la Canton Fair en octobre 2025, à Guangzhou. Toutes les entreprises chinoises y seront. C’est là que cela se passe. En trois semaines, vous pourrez tout voir, comparer, choisir et négocier. Ce sera du 15 octobre au 5 novembre. Ce sera l’occasion de rencontrer beaucoup de nos compatriotes qui travaillent dans l’ombre, sans faire de bruit et sans aucune aide.

Enfin, mon dernier conseil stratégique : les Chinois veulent des ressources stratégiques comme garantie. Et ils ne s’en cachent pas. Si vous voulez leurs bateaux hauturiers, leurs unités d’irrigation ou leurs centrales solaires, soyez prêts à offrir un modèle clair.

Le Sénégal a besoin dans l’immédiat de 100 chalutiers pour reprendre nos eaux, 5 000 kits solaires pour désengorger Senelec, 100 unités complètes de matériel minier pour mettre en place des petites mines, des équipements agricoles et unités de transformation. Le tout peut être financé si l’État garantit.

 

Contrat officiel d’engagement de financement de 1,5 milliard USD en faveur d’IMMOSEN SARL et du Sénégal 

 

En pêche, selon l’Initiative pour la transparence dans la pêche, plus de 400 chalutiers chinois pillent nos eaux sans rétribution. C’est une opportunité d’obtenir nos 100 navires sans trop débourser.

En agriculture, seulement 3 % des terres sont irriguées alors que le potentiel dépasse 2 millions d’hectares, selon l’ANSD. Les pertes post-récolte vont jusqu’à 60 %, soit plus de 100 milliards FCFA perdus chaque année. Les Chinois cherchent des terres à cultiver. Ils sont en Zambie, au Soudan, au Mozambique et au Mali. Ils sont chez nous, au Sénégal, dans la vallée, sous des prête-noms nous dit-on. Toutefois, il y a possibilité de négocier dans le domaine agricole sans perdre, car eux aussi en ont besoin.

En orpaillage, plus de 32 000 personnes travaillent dans des conditions dangereuses. Selon l’ANSD, 4,3 tonnes d’or artisanal ont été extraites en 2017, soit 86 milliards FCFA, presque autant que Sabodala. Entre-temps, il y a eu une purge, beaucoup ont été chassés. Et quand vous êtes arrivés, il y a eu une manipulation orchestrée par les colons qui ne veulent pas que les orpailleurs travaillent sur leurs permis, et on les a faussement accusés d’avoir détruit la Falémé. Pourtant, nos orpailleurs ne sont pas dans l’alluvionnaire, ils sont dans le hard rock mining. Résultat : ils ont été chassés et se retrouvent tous au Mali, où ils sont accueillis à bras ouverts. Ceux qui détruisent la Falémé et qui jouent au chat et à la souris avec les autorités maliennes et sénégalaises de part et d’autre de la frontière, ce sont nos amis Chinois avec leurs dragues. Voilà un grand levier de négociation.

En énergie, plus de 70 % de l’électricité provient encore du fioul. Et 30 % du pays reste sans courant. Le solaire est la seule solution viable et rapide, et la Chine domine ce secteur. Elle peut construire une centrale de 100 MW en six mois, et livrer 10 000 kits en trois mois. Elle peut même fournir les batteries au lithium si l’on monte une usine en partenariat avec le Mali ou la Guinée. La Chine a la technologie. Le Mali et la Guinée ont la matière première. Et nous avons tous le besoin. Nos quatre pays peuvent signer un accord hautement stratégique.

Monsieur le Premier ministre, négociez la création d’une zone industrielle dédiée, une Diamniadio bis, où les Chinois assembleront bateaux, panneaux solaires, machines agricoles, unités minières. Un modèle gagnant-gagnant.

L’initiative égyptienne dans la zone du Canal de Suez est la preuve vivante que c’est possible. Plus de 100 entreprises chinoises y sont installées grâce à un partenariat clair avec Tianjin TEDA Investment Holding. Des infrastructures modernes, des emplois créés, des investissements directs mobilisés. Certes, l’Égypte a péché par manque d’exigence en matière de transfert de technologies et de montée en gamme, mais le modèle est là : il peut être perfectionné. Ce que l’Égypte a lancé, le Sénégal peut le faire, à condition de garder le contrôle stratégique, avec une obligation de contenu local, une fiscalité juste, une formation de nos ingénieurs, une gouvernance conjointe, et surtout une maîtrise des règles du jeu.

Monsieur le Premier ministre, si un seul citoyen comme Saliou Drame, sans État, sans diplomatie, a pu lever 1,5 milliard USD sans appui, sans cabinet, sans titres, vous pouvez aujourd’hui, avec votre légitimité populaire et tous les services de l’État à votre disposition, faire plus.

Les partenaires chinois ne cherchent qu’à investir. Nous avons un espace fertile pour du gagnant-gagnant.

L’histoire ne retiendra pas ceux qui ont voyagé en Asie ou fait le tour de la sous-région, mais ceux qui ont transformé le pays. Monsieur le Premier ministre, vous avez l’occasion de signer un tournant. Saisissez-le.

Alioune Camara
Expert en communication stratégique et opérationnelle

Ordonnance de la Cour suprême : revers cuisant pour le ministre de la Communication

La Cour suprême du Sénégal a infligé un sévère camouflet au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en suspendant son arrêté controversé portant cessation de diffusion, de parution et de publication de plusieurs médias privés.

Dans son ordonnance n°16/2025 rendue le 12 juin et notifiée ce lundi 16 juin 2025, le juge des référés de la plus haute juridiction du pays a ordonné la suspension immédiate de l’arrêté ministériel n°0011059/MCTN du 22 avril 2025. Une décision qui intervient à la suite d’un recours introduit par la journaliste Aïssatou Diop Fall, fondatrice du média Public SN, et qui bénéficie à l’ensemble de ses supports : la chaîne Public SN TV, le quotidien Le Public et le site d’information public.sn.

Cette décision de justice est saluée comme une avancée majeure pour la liberté de la presse, la liberté d’expression et le renforcement de l’État de droit au Sénégal. Elle remet en cause la légalité de mesures gouvernementales jugées arbitraires et excessives.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, la relation entre l’État et la presse privée s’est fortement détériorée. En quinze mois d’exercice, le secteur des médias indépendants traverse une crise économique et institutionnelle profonde, alimentée par une série de décisions hostiles :

Annulation de l’effacement fiscal précédemment accordé à la presse ; Non-paiement par l’État des créances dues aux entreprises de presse ; Résiliation unilatérale des contrats publicitaires par l’État et ses agences ; Gel des subventions budgétaires pour les années 2024 et 2025 ; Hausse drastique des coûts de diffusion sur la TNT, ayant entraîné la suspension du signal de plusieurs chaînes privées.

À cela s’ajoute la tentative du ministère de la Communication de remettre en cause l’existence juridique de certains médias, à travers l’élaboration d’une liste sélective et juridiquement contestable de “médias reconnus” par le gouvernement, et par des arrêtés de fermeture fondés sur une lecture discutable du Code de la presse.

Les effets de cette politique sont dévastateurs : liquidations judiciaires, licenciements massifs, arriérés de salaires, absence de couverture sociale et médicale pour de nombreux journalistes et techniciens, grèves annoncées dans plusieurs rédactions…

Le secteur, qui a pourtant joué un rôle capital dans les trois alternances démocratiques et dans la préservation de la stabilité sociale du pays, se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement.

Dans ce contexte alarmant, l’ordonnance de la Cour suprême apparaît comme un signal fort en faveur de l’indépendance des médias et du respect des libertés fondamentales. Elle invite l’État à revoir sa politique et à engager un dialogue responsable avec les acteurs du secteur.

Un appel solennel est lancé au président de la République, à son gouvernement, aux partis politiques, aux syndicats, à la société civile, aux confréries religieuses et à l’Église pour qu’ils prennent la mesure du péril qui pèse sur la presse sénégalaise. Car il n’est pas de démocratie stable sans médias libres, et les exemples de pays de la sous-région ayant perdu leur presse républicaine démontrent à quel point une telle dérive peut être coûteuse.

Grève du COMES : le ministère de la Santé prône l’apaisement et promet des solutions durables

Au lendemain de la marche du Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation (COMES), le ministère de la Santé a réagi en appelant à l’apaisement. Intervenant sur les ondes de la RFM, le coordonnateur à la communication dudit ministère, Amadou Sow, a exprimé le regret de voir le conflit atteindre ce niveau de tension.

« Nous déplorons cette situation. Le ministère de la Santé fait des efforts pour corriger les manquements soulevés par les grévistes », a-t-il déclaré, en soulignant notamment l’existence d’un arrêté ministériel destiné à améliorer la prise en charge médicale dans les structures accueillant ces professionnels en formation.

Abordant la question sensible des congés de maternité, M. Sow a précisé que le cœur du problème réside dans le statut même des médecins en spécialisation, qui relèvent avant tout du ministère de l’Enseignement supérieur. « L’ancrage institutionnel de ces médecins n’est pas du ressort exclusif du ministère de la Santé, qui reste un service utilisateur », a-t-il expliqué.

Face à la mobilisation du COMES, le ministère de la Santé assure avoir engagé une dynamique de concertation. Amadou Sow a annoncé la mise en place d’un comité regroupant les représentants du collectif ainsi que d’autres partenaires sociaux. Objectif : trouver ensemble des solutions structurelles et durables.

« Si l’on poursuit dans cette logique de dialogue, nous parviendrons avec le COMES à des solutions viables pour l’ensemble des parties », a conclu le porte-parole du ministère.

FMI – Sénégal : les négociations au point mort, l’accord reporté sine die

Le climat d’optimisme qui entourait, il y a encore quelques semaines, les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) s’est nettement assombri. Alors que le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait relancer les négociations dès avril pour conclure un nouvel accord en juin, l’horizon s’est considérablement obscurci.

Lors d’un point de presse tenu jeudi dernier, la directrice du département Communication du FMI, Julie Kozack, a clairement indiqué qu’aucun calendrier n’était fixé pour la reprise officielle des négociations. « Nous attendons les résultats finaux de l’audit », a-t-elle déclaré, évoquant le dossier des irrégularités comptables révélées par l’Inspection générale des finances (IGF).

Plus alarmant encore, le quotidien Les Échos rapporte que « la conclusion d’un nouveau programme de décaissement n’est pas à l’ordre du jour ». Une affirmation qui sonne comme un désaveu pour les autorités sénégalaises, alors même que le pays fait face à une pression budgétaire accrue.

Le FMI, tout en maintenant un canal de dialogue ouvert avec Dakar, insiste sur la complexité du dossier. Julie Kozack a rappelé que l’affaire des fausses déclarations dans les comptes publics nécessitait un traitement « rigoureux et long ». L’institution exige une transparence totale avant toute reprise des engagements financiers.

Pour mémoire, le programme triennal signé entre le FMI et le Sénégal portait sur un montant de 1,8 milliard de dollars, soit près de 1 100 milliards de francs CFA. Il a été suspendu à la suite d’un rapport de l’IGF validé par la Cour des comptes, qui a mis en lumière une manipulation systématique des données comptables publiques entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall.

Ce gel du programme pèse lourdement sur la trésorerie publique, alors que le gouvernement actuel multiplie les chantiers économiques et les engagements sociaux. En attendant la fin de l’audit en cours, le Sénégal reste dans une zone d’incertitude financière, sans garantie de déblocage à court terme.

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