Le Dakarois Quotidien N°645 – 09/01/2026
Le Dakarois Sports N°645 – 09/01/2026
🔴 CAN 2025 : SÉNÉGAL–MALI, THIAW–SAINTFIET, LE DUEL DES MOTS AVANT LE CHOC
Dakar – Le Sénégal entend tirer parti d’une collecte fiscale robuste dès le premier trimestre 2026 pour renforcer sa position auprès du Fonds monétaire international (FMI) et éviter une restructuration de sa dette jugée potentiellement douloureuse. Pour les autorités, la performance fiscale anticipée sera un indicateur clé de la discipline économique et de la résilience financière du pays aux yeux des partenaires internationaux.
Ahmadou Al Aminou Lo, ministre d’État auprès du président Bassirou Diomaye Faye, a souligné lundi sur les ondes de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) l’importance de l’atteinte des objectifs fiscaux dès les premiers mois de l’année. « Si, durant le premier trimestre 2026, nous parvenons à réaliser au moins 25 % de nos objectifs de recettes fiscales, cela change complètement la donne », a-t-il affirmé, précisant qu’un tel résultat améliorerait considérablement la crédibilité du pays et ses chances d’obtenir un nouveau programme du FMI sans être contraint à une restructuration.
Le gouvernement a rappelé que le maintien de la discipline budgétaire et l’atteinte des recettes prévues sont essentiels dans un contexte marqué par l’augmentation du service de la dette et les incertitudes économiques régionales. À cette fin, des mesures ont été mises en œuvre pour élargir l’assiette fiscale, renforcer l’efficacité de la collecte et assurer une gestion durable des finances publiques.
Selon des analystes, une performance fiscale solide au cours de ce premier trimestre pourrait envoyer un signal fort à l’institution financière internationale et aux investisseurs étrangers, démontrant l’engagement du Sénégal envers la responsabilité budgétaire et ouvrant la voie à des conditions de financement plus favorables. Un résultat positif pourrait également renforcer la confiance des marchés et faciliter la mobilisation de ressources supplémentaires pour le développement économique.
Le gouvernement sénégalais insiste par ailleurs sur sa volonté d’éviter toute restructuration imposée de l’extérieur, qui pourrait avoir des conséquences économiques à long terme. En montrant sa capacité à générer des revenus et à gérer ses finances de manière prudente, le pays espère négocier à partir d’une position de force et conserver le contrôle de sa stratégie de gestion de la dette.
Les mois à venir seront donc cruciaux. Les résultats du premier trimestre seront scrutés par les partenaires internationaux, les institutions financières et les acteurs économiques locaux, car ils détermineront largement l’issue des négociations du Sénégal avec le FMI et le futur soutien financier international.
La visite de travail et d’amitié du Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, au Sénégal a été marquée par une avancée significative dans les relations bilatérales entre Dakar et Nouakchott. À l’issue de leurs échanges avec le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, les deux chefs de gouvernement ont annoncé l’élargissement de la coopération militaire existante à l’ensemble des forces de défense et de sécurité des deux pays. Cette décision vise à renforcer la capacité des deux États à faire face aux défis sécuritaires communs dans la sous-région, dans un contexte où les menaces transfrontalières et les mouvements irréguliers de populations nécessitent une coordination accrue entre les forces armées et les forces de sécurité civile.
Depuis plusieurs années, la coopération militaire entre le Sénégal et la Mauritanie est déjà reconnue pour son exemplarité. Des opérations conjointes ont été menées régulièrement, et des échanges constants entre les forces armées des deux pays ont permis de renforcer la surveillance des frontières et de coordonner les interventions contre la criminalité transnationale et les réseaux de trafic. L’élargissement de cette coopération à toutes les forces de défense et de sécurité traduit une volonté politique claire de créer un dispositif intégré et réactif capable de répondre rapidement aux défis sécuritaires communs.
Les discussions entre les deux délégations ont également porté sur la question de la mobilité des populations et de la gestion concertée des flux migratoires. Ousmane Sonko et Moctar Ould Djay ont rappelé les liens culturels, historiques et humains qui unissent les deux peuples et ont souligné l’importance de l’intégration socio-économique des communautés établies de part et d’autre de la frontière. L’objectif est de permettre à ces populations de devenir de véritables acteurs économiques et de jouer un rôle de pont entre les deux pays, tout en facilitant la libre circulation des personnes dans le respect des règles établies par les autorités.
Dans ce cadre, les deux gouvernements ont réaffirmé leur engagement à assurer la mise en œuvre intégrale de l’Accord sur les conditions d’entrée, de séjour et d’établissement des ressortissants respectifs, signé le 2 juin 2025. Pour garantir un suivi rigoureux de cet accord, un comité mixte bilatéral sera mis en place d’ici la fin du mois de février 2026. Ce comité sera chargé de superviser l’application des dispositions prévues, de proposer des ajustements si nécessaire et de veiller à ce que les engagements pris soient respectés de manière efficace et transparente.
Cette visite officielle souligne l’importance stratégique des relations sénégalo-mauritaniennes, non seulement dans le domaine de la sécurité, mais aussi dans les sphères économique et sociale. Elle traduit la volonté commune des deux pays de renforcer leur coopération bilatérale afin de mieux gérer les défis régionaux, qu’il s’agisse de sécurité, de migration, ou de développement socio-économique. L’élargissement de la coopération militaire et sécuritaire constitue ainsi une étape majeure pour consolider la stabilité et la prospérité dans la sous-région.
L’annonce récente du gouvernement sénégalais concernant le projet gazier Yakaar-Teranga a provoqué une vague d’incertitude sur les marchés financiers et dans le secteur de l’énergie. Initialement envisagée comme une nationalisation partielle du gisement, la stratégie du Sénégal consiste désormais à maintenir Kosmos Energy comme partenaire principal, tout en cherchant un nouvel investisseur stratégique d’ici juillet 2026. Cette décision, bien qu’annoncée comme mesurée, a accentué les préoccupations des actionnaires et des investisseurs sur la rentabilité et la viabilité à long terme du projet.
Selon les experts de Timothy Sykes, la complexité réside dans le fait que Kosmos détient 90 % du projet, et tout retard dans la finalisation d’un nouveau partenariat pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement énergétiques, tant régionales que mondiales. Les analystes rappellent que l’incertitude autour du statut de Yakaar-Teranga a déjà provoqué une baisse de plus de 2 % des actions de la société, traduisant la nervosité des investisseurs face à une situation jugée instable.
L’enjeu dépasse toutefois la seule sphère financière. Le gisement de Yakaar-Teranga est stratégique pour les ambitions énergétiques du Sénégal, capable de transformer la dynamique de production et d’exportation de gaz naturel dans la sous-région. Les observateurs mettent en garde contre les effets possibles d’un statu quo prolongé, qui pourrait retarder la production, influer sur les indices de prix et créer des tensions dans les relations commerciales internationales, notamment si d’autres sources de combustibles venaient à se substituer temporairement à l’offre locale. Dans ce contexte, la recherche d’un partenaire viable par Kosmos Energy est essentielle, non seulement pour assurer le développement du gisement, mais aussi pour restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser le marché.
Lors de la conférence et exposition MSGBC Oil Gas & Power, tenue du 8 au 10 décembre à Dakar, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, avait initialement évoqué la possibilité de nationaliser le projet Yakaar-Teranga pour renforcer l’approvisionnement en gaz naturel du Sénégal. Cette déclaration avait été largement relayée par les médias et interprétée comme un signal de rupture avec les partenaires actuels. Quelques heures plus tard, le ministre est revenu sur ses propos sur sa page Facebook, précisant que la nationalisation n’était pas à l’ordre du jour et que Kosmos restait un partenaire stratégique. Il a ajouté que l’État sénégalais travaillerait de concert avec Kosmos et Petrosen pour assurer le transfert de licence à son échéance, prévue en juillet 2026.
Kosmos Energy a également tenu à clarifier sa position. Dans une déclaration officielle, la société américaine a affirmé qu’aucune nationalisation du projet n’était envisagée et qu’elle collaborait étroitement avec Petrosen pour identifier un partenaire capable de développer le gisement de manière commercialement viable. La société a précisé que, en l’absence d’un nouvel investisseur, elle travaillerait avec Petrosen pour rétrocéder le bloc à l’État sénégalais au plus tard à l’expiration de la licence. Kosmos a également rappelé que le projet GTA, dont les niveaux de production récents ont dépassé la capacité nominale de 2,7 millions de tonnes par an du navire GNL flottant, reste en cours d’expansion, démontrant le potentiel économique et stratégique du gisement.
Cette période d’attente constitue donc un test pour le marché et pour les investisseurs, qui observent attentivement les négociations et les décisions du gouvernement sénégalais. La stabilité du partenariat et la finalisation rapide d’un accord avec un nouveau partenaire conditionneront non seulement l’avenir de Yakaar-Teranga, mais aussi la perception internationale du Sénégal comme acteur fiable dans le secteur énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour consolider la confiance des investisseurs et assurer la continuité d’un projet clé pour l’indépendance énergétique du pays et la croissance économique régionale.
La polémique autour des produits de la gamme Softcare prend une nouvelle tournure. Un collectif d’organisations de la société civile, conduit par le député Guy Marius Sagna et le mouvement FRAPP, a officiellement déposé une pétition ainsi que des lettres de protestation au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Par cette démarche, les signataires entendent dénoncer ce qu’ils qualifient de « silence complice » des autorités sanitaires face aux interrogations persistantes sur la supposée dangerosité de certains produits Softcare, notamment les serviettes hygiéniques et les couches pour bébés, mais aussi face aux soupçons de corruption visant l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP).
L’atmosphère était lourde d’indignation sur le perron du ministère, où militants et activistes ont exprimé leur colère. Depuis le 18 décembre 2025, date à laquelle les premières alertes ont été rendues publiques concernant la qualité et la sécurité des produits Softcare, aucune communication officielle claire n’a été faite par le ministre de tutelle. Un mutisme jugé inacceptable par les manifestants, qui estiment que cette absence de réaction met directement en péril la santé des populations, en particulier celle des femmes et des nourrissons.
Pour Guy Marius Sagna, figure centrale de cette mobilisation, le silence des autorités sanitaires constitue une faute grave aux conséquences potentiellement dramatiques. Devant la presse, le député n’a pas mâché ses mots, reprochant au ministère de ne pas assumer ses responsabilités face à une situation aussi sensible. Il souligne que depuis plusieurs semaines, les citoyens restent dans l’incertitude totale, ne sachant pas s’ils doivent continuer à utiliser ou non ces produits du quotidien. Une situation qu’il juge dangereuse et indigne d’un État censé protéger la santé publique.
Le parlementaire a également tenu à rappeler que cette interpellation dépasse les clivages politiques et les considérations partisanes. Selon lui, la protection de la santé des citoyens doit rester une priorité absolue, indépendamment des régimes ou des alternances au pouvoir. Usant d’une formule volontairement frappante, il a insisté sur le fait que les principes de base en matière de responsabilité publique ne changent pas avec les gouvernements, affirmant que ce qui était vrai hier doit le rester aujourd’hui.
Au-delà du silence du ministère, le collectif s’inquiète également des soupçons de corruption évoqués au sein de l’Agence de Régulation Pharmaceutique, censée garantir la conformité et la sécurité des produits mis sur le marché. Pour les protestataires, ces accusations, même à l’état de soupçons, exigent une réaction rapide, transparente et rigoureuse des autorités afin de restaurer la confiance des populations.
À travers ce dépôt de plainte collectif et cette action symbolique, Guy Marius Sagna et ses alliés entendent maintenir la pression sur le ministère de la Santé. Ils exigent une prise de parole officielle, des investigations indépendantes et, surtout, des mesures claires pour protéger les consommateurs. Pour eux, il en va de la crédibilité de l’État et du droit fondamental des citoyens à une information fiable lorsqu’il s’agit de leur santé et de celle de leurs enfants.
Le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM), destiné à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), continue de susciter de vives réactions au sein de la corporation médiatique. Adopté en Conseil des ministres, ce texte est vivement critiqué par le président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (APPEL), Ibrahima Lissa Faye, qui dénonce la manière dont il a été élaboré, qualifiant le processus de « extrêmement grave ».
Selon le patron de PressAfrik, les professionnels des médias, pourtant directement concernés par cette réforme majeure, ont été largement tenus à l’écart des travaux de rédaction. Il affirme que l’élaboration du texte s’est faite dans un cadre restreint, confié à un cercle fermé de juristes, sans véritable concertation avec les acteurs du secteur. « Le travail pour l’élaboration de ce texte a été fait par un cercle fermé de juristes. Et nous n’avons pas du tout été impliqués, à part le lancement des travaux le 24 janvier 2025 », a-t-il déploré.
Pour Ibrahima Lissa Faye, cette mise à l’écart est d’autant plus préoccupante que le futur organe de régulation aura un impact direct sur l’organisation et l’exercice du métier de journaliste et d’éditeur de presse. « Ce texte va régir notre façon de travailler et d’organiser notre métier, et nous n’avons pas eu notre mot à dire. C’est extrêmement grave », a-t-il insisté, soulignant qu’il serait prématuré de se prononcer sur le fond du projet tant que son contenu exact n’a pas été rendu public. Il indique toutefois que les membres de l’APPEL sont en concertation afin de définir l’attitude à adopter face à cette situation.
Malgré ces critiques sévères sur la forme, le président de l’APPEL reconnaît néanmoins la pertinence de la démarche engagée par l’État. Il qualifie même l’initiative gouvernementale d’« excellente », estimant que l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel est devenu inadapté aux réalités du paysage médiatique sénégalais. Selon lui, le CNRA souffre de limites importantes, tant sur le plan juridique que sur celui des moyens humains et financiers, ce qui l’empêche de remplir efficacement sa mission de régulation.
Ibrahima Lissa Faye dit ainsi fonder l’espoir que le futur CNRM disposera de prérogatives élargies, lui permettant de réguler non seulement les médias traditionnels, mais aussi la presse en ligne et les plateformes numériques. Il considère que de nombreuses dérives observées dans le secteur sont directement liées à l’absence d’un organe de régulation moderne, doté de pouvoirs adaptés à l’évolution rapide des modes de production et de diffusion de l’information.
Le projet de loi portant création du CNRM devrait être soumis, dans les prochains jours, à l’examen de l’Assemblée nationale. Son adoption par la majorité présidentielle ouvrirait alors la voie à une profonde reconfiguration du cadre de régulation des médias au Sénégal, dans un contexte marqué par l’essor du numérique et les débats récurrents sur la liberté de la presse et la responsabilité des acteurs de l’information.
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a réaffirmé avec fermeté la position du Sénégal sur la question de la dette publique, en rejetant toute restructuration imposée par le Fonds monétaire international (FMI). Cette déclaration a été faite ce jeudi 8 janvier 2026, lors d’une conférence de presse conjointe animée avec son homologue mauritanien, Moctar Ould Djay, au Building administratif Mamadou Dia.
Face aux interrogations persistantes sur la trajectoire financière du pays et les pressions internationales, le chef du gouvernement a tenu à clarifier la ligne de Dakar. Selon lui, le Sénégal explore activement des solutions alternatives avec d’autres partenaires financiers, convaincu de sa capacité à faire face à ses engagements sans recourir à une restructuration de dette dictée de l’extérieur. Ousmane Sonko a rappelé que le FMI n’est ni une banque commerciale ni un prêteur de premier ressort, mais une institution censée accompagner les États lorsque ceux-ci font des efforts substantiels pour stabiliser leurs économies.
Dans un propos sans concession, le Premier ministre a estimé que la mission originelle du FMI est souvent détournée. Il a ainsi pointé la responsabilité de l’institution dans la situation actuelle du Sénégal, soulignant que le Fonds a longtemps suivi de près la gestion macroéconomique du pays à travers des missions régulières, des revues et des consultations techniques. Pour Ousmane Sonko, le FMI ne saurait aujourd’hui prétendre avoir ignoré les dérives ou les déséquilibres qui se sont accumulés au fil des années.
Pour étayer son propos, le chef du gouvernement a pris l’exemple de l’Égypte, un pays confronté à de graves difficultés économiques et budgétaires, mais qui a néanmoins bénéficié d’un appui massif du FMI. Il s’est interrogé sur ce qu’il considère comme un traitement différencié à l’égard du Sénégal, estimant que les indicateurs économiques actuels du pays ne sont pas plus fragiles que ceux de l’Égypte au moment où cette dernière a été soutenue. À ses yeux, il est incompréhensible que Dakar fasse aujourd’hui l’objet de pressions visant à imposer une restructuration de la dette, alors même que le pays affirme sa volonté de redressement et de discipline budgétaire.
Ousmane Sonko a martelé que le refus de la restructuration ne relève ni d’un choix idéologique ni d’une posture personnelle. Il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une position officielle de l’État sénégalais, portée collectivement par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le gouvernement, le ministre des Finances, le ministre de l’Économie et l’ensemble des responsables compétents sur les questions économiques et financières.
Face aux débats nourris par certains économistes et observateurs, le Premier ministre a assuré que la ligne gouvernementale reste inchangée. Il a souligné que les prises de position extérieures, aussi critiques soient-elles, ne sauraient infléchir la stratégie arrêtée par les autorités. Pour Dakar, la relation avec le FMI doit s’inscrire dans un cadre de partenariat équilibré, fondé sur le respect mutuel et la prise en compte des choix souverains du pays.
En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé que le Sénégal assume pleinement sa position et en accepte toutes les conséquences éventuelles. Mais pour le gouvernement, la restructuration de la dette, telle qu’envisagée par le FMI, n’est ni nécessaire ni acceptable dans les conditions actuelles. Une manière pour l’exécutif d’affirmer sa volonté de rompre avec les schémas traditionnels de dépendance financière et de revendiquer une souveraineté économique assumée.
La campagne de commercialisation arachidière traverse une crise sans précédent. C’est le constat alarmant dressé par Sidy Bâ, secrétaire général du Cadre de Concertation des Producteurs Agricoles (CCPA) et porte-parole du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Pour cet acteur majeur du monde rural, jamais une campagne n’a été aussi chaotique, marquée par un déficit criard de financement, des dysfonctionnements structurels et une marginalisation progressive des acteurs formels de la filière.
Au cœur de la crise, le manque de liquidités apparaît comme le principal facteur de blocage. Selon Sidy Bâ, près de 90 % des difficultés rencontrées par la filière sont liées à l’insuffisance de financement. Les opérateurs privés, autrefois très actifs dans la commercialisation de l’arachide, sont aujourd’hui asphyxiés par des arriérés de paiement estimés à plus de 200 milliards de francs CFA. Pour la campagne 2024-2025, les dettes en souffrance s’élèveraient à environ 55 milliards, tandis que celles de la campagne 2025-2026 atteindraient déjà 130 milliards. Dans ces conditions, il est quasiment impossible pour ces opérateurs de s’engager correctement dans le circuit de collecte et de commercialisation.
Ce vide financier a favorisé l’emprise croissante du secteur informel sur le marché. Des acheteurs étrangers, notamment chinois, sillonnent les marchés hebdomadaires et les loumas pour acheter l’arachide à des prix largement inférieurs au tarif officiel fixé par le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) et validé par l’État. Les producteurs se voient proposer des prix oscillant entre 225 et 275 francs CFA le kilogramme, loin des 325 francs annoncés comme prix plancher. Une situation que Sidy Bâ qualifie d’injustice flagrante pour les paysans.
Le Premier ministre, conscient de la grogne paysanne, a reconnu que le prix de 325 francs CFA est un « prix politique », maintenu pour éviter de léser les producteurs alors que les cours mondiaux des oléagineux, notamment de l’arachide, se situeraient autour de 250 francs CFA. Mais pour le CNCR, un prix politique ne peut être soutenu sans réponses politiques concrètes. Fixer un prix sans assurer le financement nécessaire revient, selon Sidy Bâ, à créer une illusion qui se retourne contre les paysans.
Il rappelle qu’autrefois, notamment sous le régime socialiste, la campagne arachidière était préparée bien en amont. Dès le mois d’août, après l’estimation des récoltes, l’État mobilisait les financements nécessaires sur les marchés internationaux afin d’éviter toute rupture au niveau des points de collecte. Aujourd’hui, cette anticipation fait défaut, exposant la filière à des improvisations coûteuses.
La SONACOS, principal acteur industriel du secteur, ne peut à elle seule absorber toute la production nationale. Bien que disposant de capacités de trituration importantes, elle ne prévoit d’acheter que 250 000 tonnes, avec une possibilité d’extension à 450 000 tonnes, encouragée par le Premier ministre. Mais une telle ambition soulève de nombreuses interrogations, notamment sur les capacités de stockage et les ressources financières nécessaires. À 325 francs le kilogramme, l’achat de 450 000 tonnes représenterait plus de 100 milliards de francs CFA. Or, les montants annoncés par l’État, bien qu’importants, restent insuffisants au regard de ces besoins.
Au-delà de la collecte, Sidy Bâ pointe également la faiblesse des marges accordées aux acteurs du circuit formel. La marge actuelle, estimée à 27,7 francs CFA par kilogramme, est jugée dérisoire au regard des coûts réels liés au transport, à l’ensachage et à la manutention. Sans révision à la hausse de cette marge, de nombreux opérateurs risquent de se retirer du circuit formel, laissant encore plus de place à l’informel. Le CNCR plaide ainsi pour un relèvement de la marge à au moins 40 ou 41 francs CFA afin de garantir la viabilité économique de la filière.
Face à ces difficultés, de nombreux paysans adoptent des stratégies de contournement, en décortiquant eux-mêmes leurs arachides pour les transformer artisanalement en huile et en tourteaux. Une pratique qui pose, selon Sidy Bâ, de sérieux risques en matière de santé publique, ces huiles n’étant pas toujours raffinées ni produites selon des normes sanitaires strictes.
Pour sortir durablement de la crise, le CNCR prône une transformation profonde de la filière. Il appelle à la diversification des produits dérivés de l’arachide, bien au-delà de l’huile et du tourteau, avec le développement du savon, du beurre d’arachide, du chocolat, des produits cosmétiques et même des amendements agricoles à partir des coques. L’organisation encourage également la création d’unités communautaires de transformation, à l’image de celles mises en place à Taïba Niassène et à Thiakho Maty, qui disposent d’équipements performants et d’autorisations sanitaires délivrées par l’État.
Enfin, Sidy Bâ insiste sur la nécessité de contractualiser la production entre huiliers et producteurs, afin de sécuriser les débouchés et les prix, plutôt que d’attendre l’arrivée massive des graines sur le marché. Pour lui, l’arachide reste une filière stratégique pour le Sénégal, mais elle ne pourra jouer pleinement son rôle que si l’État et les industriels revoient en profondeur leur approche, en plaçant réellement le producteur au cœur du système.
La tension monte dans la filière arachidière sénégalaise. Face aux difficultés persistantes rencontrées par les cultivateurs d’arachides, le Collectif Rappel à l’Ordre est monté au créneau pour dénoncer une situation qu’il juge préoccupante et injuste pour des milliers de producteurs à travers le pays.
Considérés comme des piliers de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire, les cultivateurs d’arachides traversent une période critique marquée par des prix d’achat jugés trop bas et non rémunérateurs. Selon le collectif, les tarifs proposés par la SONACOS et certains opérateurs privés ne permettent plus aux producteurs de couvrir leurs coûts de production ni d’assurer des revenus décents à leurs familles.
Au-delà de la question des prix, le Collectif Rappel à l’Ordre pointe un manque de transparence dans la fixation des tarifs et dans la gestion globale du marché de l’arachide. Cette opacité, selon lui, fragilise davantage les producteurs, déjà confrontés à une concurrence étrangère qualifiée de déloyale, qui réduit les débouchés pour la production locale et tire les revenus vers le bas.
La situation est aggravée par les effets du changement climatique. Baisse des rendements, irrégularité des pluies et dégradation des sols pèsent lourdement sur la production agricole. À cela s’ajoute le déficit d’infrastructures de base, notamment les routes rurales et les systèmes d’irrigation, qui limite l’accès des cultivateurs aux marchés et complique l’acheminement de leurs récoltes.
Face à ce tableau sombre, le collectif appelle l’État du Sénégal à assumer pleinement ses responsabilités. Il plaide pour la fixation de prix d’achat justes et véritablement rémunérateurs, une meilleure organisation du marché afin de protéger les producteurs nationaux, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures rurales. Le collectif insiste également sur la nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces de protection contre les effets du changement climatique.
Pour le Collectif Rappel à l’Ordre, l’enjeu dépasse la simple campagne arachidière. Il s’agit de préserver l’avenir de l’agriculture sénégalaise et de garantir la dignité de ceux qui la font vivre au quotidien. Sans réponses rapides et concrètes de l’État, préviennent-ils, c’est toute la filière arachidière qui risque de s’enfoncer dans une crise durable, avec des conséquences économiques et sociales majeures.
L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son discours traditionnel du Nouvel An, le chef de l’État avait indiqué son intention de soumettre ces textes à l’Assemblée nationale, ouvrant ainsi un nouveau cycle de réformes institutionnelles majeures.
En réaction à cette perspective, plusieurs organisations citoyennes et politiques ont décidé de s’unir pour créer une nouvelle plateforme dénommée « Référendum Rek (seulement) – Touche pas à notre Constitution ». Il s’agit notamment du mouvement Rappel à l’Ordre, du Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), du Rassemblement des Travailleurs (RTS) et du Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD). À travers cette initiative commune, ces organisations entendent s’opposer à toute modification de la Loi fondamentale par la seule voie parlementaire.
Pour les promoteurs de la plateforme, la Constitution ne saurait être modifiée sur la base d’une majorité politique jugée conjoncturelle. Ils estiment que ce texte fondateur de la République appartient exclusivement au peuple sénégalais et que toute réforme d’une telle portée doit impérativement passer par un référendum. Selon eux, confier cette responsabilité à une Assemblée nationale perçue comme partisane constituerait une entorse grave à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les citoyens aux institutions.
La plateforme affirme ainsi vouloir replacer le peuple au centre du processus décisionnel, en exigeant que toute réforme constitutionnelle fasse l’objet d’une consultation populaire directe. À leurs yeux, un passage en force par voie parlementaire remettrait en cause les principes fondamentaux de souveraineté populaire et affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions.
Si le contenu précis des réformes envisagées par le président Diomaye Faye n’a pas encore été officiellement dévoilé, les organisations à l’origine de la plateforme indiquent que les projets annoncés concerneraient plusieurs piliers du système institutionnel sénégalais. Il s’agirait notamment de la révision de la Constitution, de la réforme de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que du code électoral.
Le chef de l’État avait par ailleurs précisé que d’autres réformes seraient inscrites dans un agenda d’adoption progressif, cohérent avec la durée du mandat présidentiel et le rythme institutionnel du pays. Une approche qui, loin de rassurer certains acteurs, alimente au contraire les inquiétudes de la nouvelle plateforme, laquelle redoute une reconfiguration profonde de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire préalable.
Avec la création de « Touche pas à notre Constitution », le débat sur les réformes institutionnelles s’annonce déjà vif et polarisé. À quelques mois du dépôt annoncé des projets de lois, la question du référendum s’impose ainsi comme un enjeu central du débat démocratique, opposant la logique parlementaire défendue par le pouvoir à l’exigence de souveraineté populaire portée par une partie de la société civile et de l’opposition.
La tension sociale dans le secteur de la santé et de l’action sociale connaît un nouveau palier. La Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS a annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, le lancement du premier jalon de son cinquième plan d’actions, marqué par une grève de 72 heures et l’organisation d’une marche nationale. Face à la presse, les responsables syndicaux ont confirmé que le mot d’ordre de grève sera observé les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans service minimum, à l’exception des urgences.
Avant cette cessation de travail, une marche nationale est programmée pour le 14 janvier prochain. Initialement prévue plus tôt, la grève a été décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Selon la coordination syndicale, cette mobilisation vise à dénoncer l’inaction persistante des autorités face aux revendications du secteur et à un passif social jugé lourd et injustement ignoré.
And Gueusseum-SATSUS regrette que l’année nouvelle s’ouvre sur des mouvements de grève plutôt que sur des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique à des infrastructures sanitaires répondant aux normes. Pour la coalition, cette situation est d’autant plus regrettable que la santé constitue un droit constitutionnel fondamental et un pilier central du développement du capital humain, inscrit comme axe stratégique dans le référentiel Sénégal Horizon 2050.
Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « mépris » du gouvernement à l’endroit des populations, privées, selon eux, de près de 196 heures de soins et de services du fait des mouvements de lutte. Ils estiment que l’État cherche à enterrer un passif social accumulé, en invoquant une crise financière, alors même que les sacrifices ne seraient pas équitablement partagés. À leurs yeux, le gouvernement continue d’augmenter son train de vie, avec la caution de l’Assemblée nationale, pendant que les travailleurs de la santé et de l’action sociale voient leurs conditions se dégrader.
La coalition pointe notamment du doigt la réduction de 18 % du budget du ministère de la Santé, qu’elle juge incohérente au regard des besoins croissants du secteur. Elle fustige également ce qu’elle décrit comme des démonstrations ostentatoires de luxe, contrastant avec la précarité dans laquelle évoluent de nombreux agents et l’état critique des structures sanitaires.
Le discours récemment prononcé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est également vivement critiqué. Selon And Gueusseum-SATSUS, cette adresse, pourtant très attendue, a davantage installé le désespoir et la déception que rassuré les acteurs du secteur, loin des espoirs de voir émerger un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant.
Par ailleurs, la Jonction des luttes dénonce la décision numéro 15 du ministre de l’Enseignement technique, qu’elle accuse de dénaturer la vocation des Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS). La transformation de ces structures en centres de formation technique et professionnelle inclusifs est perçue comme une violation de plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées, la Convention 159 de l’OIT, le décret portant répartition des services de l’État ainsi que les recommandations issues des Assises nationales de l’Action sociale de 2008.
Face à ce qu’elle considère comme une accumulation de décisions unilatérales et de renoncements politiques, la coalition syndicale appelle à une mobilisation massive pour assurer le succès de la marche nationale prévue le 14 janvier à Thiès, à partir de 10 heures. Elle invite également ses membres à observer strictement la grève de 72 heures, avec le port de brassards rouges et le respect des urgences.
Enfin, And Gueusseum-SATSUS a exprimé sa solidarité avec l’ensemble des secteurs en lutte à travers le pays, notamment pour le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du code du travail, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de la couverture médicale. Pour la coalition, la poursuite et l’intensification de la lutte restent aujourd’hui la seule voie possible pour faire aboutir ce qu’elle qualifie de bataille syndicale légitime et légale.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a franchi une nouvelle étape dans la politique sociale de l’État en signant un projet de décret instituant une indemnité représentative de logement au profit de l’ensemble des agents de l’État. Désormais, tous les agents publics, fonctionnaires comme non fonctionnaires, qui ne bénéficiaient pas jusque-là d’un avantage similaire, percevront une indemnité mensuelle de 100 000 francs CFA, nette d’impôts.
Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des nouvelles autorités d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des agents de l’État, considérées comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité, la motivation et la qualité du service public. Dans le rapport de présentation accompagnant le décret, le gouvernement rappelle que la question du logement demeure l’une des principales sources de précarité pour de nombreux agents publics, en particulier dans un contexte de cherté persistante de la vie et de pression immobilière croissante dans les centres urbains.
Ces dernières années, l’État avait déjà engagé des mesures de revalorisation et d’extension de l’indemnité de logement en faveur de certaines catégories professionnelles, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Si ces décisions avaient permis d’améliorer la situation de milliers d’enseignants et d’agents sanitaires, elles ont toutefois engendré une inégalité de traitement au sein de la fonction publique. Environ 7 % des agents de l’État, aussi bien fonctionnaires que non fonctionnaires, restaient exclus de ce dispositif, créant un déséquilibre dans le système de rémunération.
Conscient de cette rupture d’égalité, le gouvernement a décidé de corriger cette situation en procédant à la généralisation de l’indemnité représentative de logement. Cette mesure s’inscrit également dans les engagements pris par l’État dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, qui prévoit une meilleure harmonisation des avantages sociaux et une réduction des disparités entre agents publics.
Le décret signé par le chef de l’État précise que cette indemnité est accordée aux agents de l’État, fonctionnaires et non fonctionnaires, qui ne disposent pas d’un logement administratif et qui ne sont pas régis par des dispositions statutaires particulières prévoyant déjà l’octroi d’une indemnité de logement. Le montant est fixé à 100 000 francs CFA par mois, net d’impôts, garantissant ainsi un soutien financier direct et sans prélèvement fiscal.
Au-delà de son impact financier immédiat, cette mesure est perçue comme un signal fort envoyé aux agents publics, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales. Elle vise à restaurer un sentiment d’équité au sein de l’administration et à renforcer la cohésion dans les rangs de la fonction publique.
Avec cette décision, le régime de Bassirou Diomaye Faye confirme son ambition de placer la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs de l’État au cœur de son action, tout en répondant à une revendication longtemps exprimée par les agents jusque-là exclus du dispositif de logement.
Le paysage médiatique sénégalais s’apprête à connaître une réforme majeure. Réuni ce mercredi 7 janvier 2026, le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de loi portant création du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), une nouvelle autorité appelée à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Cette décision marque une étape importante dans l’adaptation du cadre réglementaire aux profondes mutations du secteur de l’information et de la communication.
L’annonce de cette réforme n’est pas une surprise. Elle avait déjà été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, lors de la présentation du budget de son département à l’Assemblée nationale. Le gouvernement justifie ce changement par la nécessité de moderniser l’outil de régulation, jugé aujourd’hui dépassé face à l’explosion des médias numériques et à la montée en puissance des plateformes en ligne.
Créé à une époque où la télévision et la radio constituaient les principaux canaux de diffusion de l’information, le CNRA voyait son champ d’intervention strictement limité à l’audiovisuel classique. Or, ces dernières années, l’écosystème médiatique sénégalais s’est profondément transformé, avec l’émergence des médias en ligne, des réseaux sociaux et des plateformes numériques, devenus des espaces majeurs de production, de diffusion et de consommation de contenus.
Selon Alioune Sall, le nouveau Conseil national de Régulation des Médias permettra de combler ce vide juridique. Il aura pour mission d’élargir la régulation à l’ensemble des supports d’information, y compris les médias numériques et les réseaux sociaux, dont l’influence sur l’opinion publique ne cesse de croître. Le ministre a souligné que l’absence de cadre clair pour ces nouveaux espaces favorisait les dérives, notamment la diffusion de fausses informations, les discours de haine et les atteintes à la vie privée.
Toutefois, les autorités tiennent à rassurer sur les intentions du gouvernement. Alioune Sall a insisté sur le fait que cette réforme ne vise ni à restreindre la liberté de la presse ni à instaurer un contrôle politique des contenus. Il a rappelé que l’objectif principal demeure la protection de la dignité humaine et le respect des règles éthiques et professionnelles. À ce titre, il a souligné que le Code pénal prévoit déjà des sanctions contre toute publication attentatoire à l’honneur, à la dignité ou aux droits des personnes.
La création du CNRM s’inscrit ainsi dans une volonté affichée d’adapter la régulation aux réalités contemporaines, tout en maintenant un équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité. Dans un contexte où l’information circule de plus en plus vite et échappe souvent aux filtres traditionnels, le gouvernement estime indispensable de doter le pays d’une autorité capable d’intervenir sur l’ensemble du spectre médiatique.
Le projet de loi devra désormais être soumis au débat parlementaire. Son examen par les députés sera scruté de près par les professionnels des médias, les acteurs du numérique et les organisations de défense de la liberté de la presse, qui restent vigilants quant aux garanties d’indépendance et de transparence du futur organe de régulation.
Avec la disparition annoncée du CNRA et la naissance du CNRM, le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa politique de régulation des médias, à l’heure où l’enjeu n’est plus seulement l’audiovisuel, mais l’ensemble de l’espace public numérique.
Depuis leur accession aux responsabilités, les nouvelles autorités font face à des critiques récurrentes sur leur mode de gouvernance, jugé par certains acteurs politiques et de la société civile comme manquant de transparence. Malgré des engagements publics forts en faveur de la clarté et de la redevabilité, plusieurs décisions continuent d’être prises sans communication détaillée ni justification accessible au public.
C’est dans ce contexte que la polémique autour de l’attribution des véhicules aux députés de l’Assemblée nationale refait surface. Une actualité qui, selon le député Abdoulaye Sylla, illustre la persistance de pratiques anciennes, marquées par une absence d’information claire sur les critères et les modalités de ces avantages accordés aux parlementaires.
Dans une déclaration rendue publique, Abdoulaye Sylla affirme vouloir se démarquer de cette logique. Fidèle à la ligne de conduite qu’il s’est imposée depuis le début de la législature, il rappelle avoir renoncé, dès son installation, à son salaire ainsi qu’à l’ensemble des avantages liés à son mandat de député. Ces ressources ont été réorientées vers le Centre d’hémodialyse de Dakar, une structure sanitaire confrontée à d’importantes difficultés matérielles.
Poursuivant dans cette démarche de cohérence et de responsabilité, le parlementaire a également décidé de demander que le véhicule qui lui serait attribué par l’Assemblée nationale soit affecté audit centre. Une décision motivée, selon lui, par l’urgence des besoins exprimés par cette structure de santé, mais aussi par sa situation personnelle.
Chef d’entreprise disposant déjà des moyens nécessaires à l’exercice de ses activités professionnelles, Abdoulaye Sylla estime qu’il serait peu pertinent, voire contraire à l’intérêt général, de conserver un véhicule de fonction destiné à rester immobilisé. À ses yeux, son utilisation au profit d’un centre de soins constitue un choix plus rationnel et plus utile à la collectivité.
Par cette prise de position, le député entend interpeller la majorité parlementaire sur la nécessité d’une gouvernance plus transparente et d’une gestion plus responsable des ressources publiques, tout en appelant à des actes concrets alignés avec les discours officiels.
La campagne arachidière 2025, censée renforcer l’économie rurale et assurer des revenus décents aux producteurs, se transforme en fiasco pour de nombreux agriculteurs et acteurs de la filière. Face aux constats alarmants de dysfonctionnements dans la collecte et la commercialisation, le Premier ministre Ousmane Sonko avait récemment reconnu publiquement des lacunes dans la conduite de cette campagne. Cette sortie, bien que sincère, n’a pas échappé aux critiques des acteurs de la société civile et des responsables politiques.
Ibrahima Hamidou Dème, président du mouvement politique ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), a réagi avec vigueur à cette déclaration dans un post publié sur sa page Facebook. Selon lui, les manquements relevés par le chef du gouvernement ne sauraient être attribués uniquement aux ministres sectoriels, comme le suggérait implicitement Sonko. Pour Juge Dème, la responsabilité première incombe au Premier ministre, en sa qualité de coordinateur de l’action gouvernementale.
Dans son message, le leader d’ETIC dénonce une approche « incohérente » consistant à revendiquer les succès de l’action publique tout en se déchargeant systématiquement des échecs. « Campagne arachidière catastrophique : le Premier ministre reconnaît de graves manquements tout en rejetant la faute sur ses ministres. Mais peut-on sérieusement conduire et coordonner l’action gouvernementale en se glorifiant des succès sans jamais en assumer les échecs ? » s’interroge-t-il.
Pour Ibrahima Hamidou Dème, cette campagne met en lumière un déficit criant de coordination et de pilotage au sommet de l’État. Selon lui, le Premier ministre avait le devoir d’anticiper les difficultés, d’arbitrer les choix stratégiques et d’agir avec rigueur pour éviter les écueils observés sur le terrain. La situation actuelle, caractérisée par des points de collecte non opérationnels et des producteurs pénalisés par des prix insuffisants, serait le résultat direct d’une absence de supervision proactive et d’une gestion trop laxiste des instruments de régulation de la filière.
Le président d’ETIC insiste également sur la dimension humaine et économique de ce fiasco. Les producteurs, qui représentent l’épine dorsale de l’économie rurale, se retrouvent confrontés à l’accumulation de stocks invendus, à des pertes financières et à une incertitude quant à la prochaine campagne agricole. Pour lui, ces manquements pourraient avoir des conséquences durables sur la confiance des acteurs et sur la stabilité économique des zones rurales.
En conclusion, Ibrahima Hamidou Dème appelle à une remise en question profonde de la gouvernance de la filière arachidière et à un redressement urgent de la coordination au plus haut niveau de l’État. Pour lui, seule une implication directe et responsable du Premier ministre permettra de restaurer l’efficacité de cette campagne et de protéger les intérêts des producteurs sénégalais.
La polémique autour de l’achat de véhicules destinés aux députés sénégalais continue de faire des vagues. Le député Thierno Alassane Sall a de nouveau pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manque de transparence » et d’irrégularités dans la procédure adoptée par l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration publique effectuée en marge de sa tournée dans les régions, le parlementaire a accusé le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, d’avoir voulu « cacher l’opération aux Sénégalais » en procédant à la distribution des véhicules sans débat ni information préalable auprès du public.
Selon Thierno Alassane Sall, le budget voté ne prévoyait pas cette opération. « Le budget qui avait été arrêté n’a pas respecté la procédure et ne prévoyait pas de manière convenable l’achat de véhicules », a-t-il affirmé, dénonçant une décision prise unilatéralement par le président de l’Assemblée. Le député a particulièrement critiqué le recours à la procédure d’urgence pour justifier l’opération, la jugeant « inacceptable ». Pour lui, cette méthode illustre comment la notion d’urgence peut être instrumentalisée pour légitimer des décisions arbitraires, au détriment de la transparence et du contrôle parlementaire.
Au-delà de la question des véhicules, Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt les conditions de travail des députés. Il a rappelé que de nombreux parlementaires exercent leur mandat sans assistants parlementaires, alors que parallèlement, le président de l’Assemblée continue de recruter des chargés de mission politiques, créant un déséquilibre dans l’allocation des ressources et accentuant les inégalités au sein de l’institution.
Le député a annoncé que ses collaborateurs apporteront des précisions supplémentaires sur cette affaire lors d’une conférence de presse prévue demain. Il promet de révéler des informations complémentaires pour permettre au public de mieux comprendre les dessous de cette opération, jugée par lui « contraire aux règles de gouvernance et aux principes de bonne gestion des finances publiques ».
Cette affaire, qui a déjà suscité des réactions au sein de l’opinion et de la classe politique, continue d’alimenter le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics et sur le rôle de contrôle du Parlement sénégalais. Thierno Alassane Sall apparaît déterminé à pousser l’Assemblée à rendre des comptes et à empêcher la répétition de pratiques similaires à l’avenir.
La lutte sénégalaise, sport emblématique et profondément ancré dans la culture nationale, est confrontée à un phénomène inquiétant connu sous le nom de « Simol ». Ce terme désigne les agressions collectives et violences qui surviennent lors des combats de lutte, souvent orchestrées par des membres de convois accompagnant les lutteurs. Face à la recrudescence de ces incidents, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a pris la parole ce mardi lors d’une conférence à l’Institut de Défense du Sénégal (IDS) pour annoncer une riposte ferme et durable.
Le ministre a d’abord exprimé son indignation face à ces comportements qui entachent l’image de la lutte et du pays. « Le Simol doit être anéanti sur l’ensemble du territoire national et toutes les mesures doivent être prises pour éradiquer ce phénomène », a-t-il déclaré. Pour Mouhamadou Bamba Cissé, ces actes ne sont pas de simples débordements, mais constituent une véritable atteinte à l’ordre public et au respect des règles de sécurité. Il a insisté sur le fait que la lutte, en tant que patrimoine culturel et sportif, doit être préservée et encadrée.
Afin de mettre fin à ces violences, le ministre a annoncé des sanctions directes contre les lutteurs dont les convois seraient impliqués dans des agressions. « Désormais, tout lutteur dont le convoi se rendra coupable d’agressions sera sanctionné », a-t-il averti. Cette mesure vise à responsabiliser non seulement les athlètes, mais également les supporters et les organisateurs qui participent activement à ces débordements. Selon le ministre, la répétition de ces actes constitue « une véritable balafre au visage de notre pays » et doit être traitée avec la plus grande fermeté.
Parallèlement, une enquête approfondie sera menée pour retracer les incidents récents, identifier les auteurs et établir la chaîne de responsabilités. Le ministre a également assuré que les forces de défense et de sécurité seront mobilisées de manière renforcée lors des prochains événements, afin de protéger les spectateurs et garantir le bon déroulement des manifestations sportives. Cette décision intervient après plusieurs agressions graves survenues lors de grands combats, qui ont suscité l’inquiétude des familles et des autorités locales.
Le phénomène du « Simol » met en lumière les enjeux de sécurité et de régulation autour de la lutte sénégalaise, un sport qui attire chaque année des foules considérables et génère des enjeux économiques importants. La prise de position ferme du gouvernement illustre la volonté de restaurer l’ordre, d’assurer la sécurité des spectateurs et de renforcer la crédibilité des événements. Les mesures annoncées, alliant sanctions individuelles et contrôle accru, devront être accompagnées d’une vigilance constante des autorités pour protéger ce patrimoine culturel tout en rétablissant la discipline dans les arènes.
Le message du ministre est clair : la lutte sénégalaise doit rester un symbole de fierté nationale, et non un espace où la violence et le chaos prévalent. Les prochains mois serviront de test pour mesurer l’efficacité des mesures annoncées et l’engagement réel des acteurs de l’arène à respecter les règles de sécurité et de civisme.
La controverse autour de l’acquisition de 76 véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale continue de provoquer de vives réactions sur la scène politique. Cette fois, c’est au sein même de la majorité que les critiques se font entendre. Le député Guy Marius Sagna a publiquement dénoncé, ce mardi 6 janvier, ce qu’il qualifie de « défaillance » et de « manque de vigilance » du Bureau de l’Assemblée nationale dans la gestion de ce dossier sensible.
Selon le parlementaire, l’achat de ces véhicules s’est fait dans une opacité totale, sans information préalable ni consultation des députés. Il affirme que le Bureau de l’Assemblée nationale a manqué à son devoir de transparence en procédant à cette acquisition sans associer l’ensemble des élus, alors même que la situation économique du pays impose une gestion rigoureuse des ressources publiques. Pour Guy Marius Sagna, cette absence d’information constitue une faute politique et morale.
Face à ce qu’il décrit comme un « silence complice » autour de la question des véhicules, le député estime que la majorité parlementaire, notamment le groupe des vingt députés coordonnateurs du projet, doit assumer ses responsabilités. Il appelle ces derniers à rendre des comptes et à présenter des excuses non seulement aux députés, mais également au peuple sénégalais. À ses yeux, l’Assemblée nationale, en agissant de la sorte, a envoyé un « mauvais signal » à l’opinion publique, en contradiction flagrante avec le discours de sobriété prôné par les autorités.
Guy Marius Sagna replace cette polémique dans un contexte économique particulièrement tendu. Alors que le gouvernement a récemment exposé à la population la gravité de la situation financière héritée de l’ancien régime, ainsi que ce qu’il qualifie d’« actes anti-nationaux » posés sous la présidence de Macky Sall, le Parlement se devait, selon lui, d’être exemplaire. Il soutient que les députés auraient dû accompagner les efforts de redressement par une rationalisation stricte des dépenses et une réduction significative de leur train de vie.
Pour le député, cette affaire va bien au-delà de la simple question des véhicules. Elle pose le problème plus large de la cohérence entre les discours politiques et les pratiques institutionnelles. Il juge incohérent d’exiger des sacrifices aux populations tout en maintenant, voire en renforçant, certains privilèges au sommet de l’État. Cette situation risque, selon lui, d’entamer la crédibilité des institutions et d’alimenter la défiance citoyenne.
En guise de conclusion, Guy Marius Sagna a appelé ses collègues députés à une vigilance accrue. Il les exhorte à « surveiller l’Assemblée nationale » et à veiller à ce que de telles décisions ne se reproduisent plus à l’avenir. Pour lui, cette affaire doit servir de leçon et marquer un tournant vers une gouvernance parlementaire plus responsable, plus transparente et en phase avec les réalités économiques du pays.
À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.
Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.
Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.
L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.
Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.
Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.
Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.
Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.
Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.
Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.
Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.
Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.
S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.
Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.
Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.
Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.
Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.
Le Sénégal se dirige vers une zone de turbulences financières majeures. Dans une analyse approfondie de la loi de finances rectificative 2026, l’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye dresse un tableau alarmant de la situation budgétaire et financière du pays. Selon lui, les difficultés attendues en 2026 seront « pires qu’en 2025 » et exposent le Sénégal à un risque réel de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine, si aucune restructuration profonde de la dette n’est engagée de toute urgence.
L’échéance la plus critique est clairement identifiée : le mois de mars 2026. À cette période, le service de la dette atteindra un niveau record estimé à 747 milliards de francs CFA, un montant largement supérieur aux capacités de trésorerie de l’État. Le point culminant de cette tension financière est fixé au 13 mars 2026, date à laquelle le Sénégal devra rembourser un Eurobond d’un montant de 219 milliards de francs CFA. Or, comme le souligne l’expert, les recettes fiscales mensuelles moyennes du pays ne dépassent guère 350 milliards de francs CFA, ce qui rend l’arithmétique budgétaire tout simplement intenable.
Cette situation critique s’inscrit dans un contexte d’endettement massif. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du Sénégal atteint désormais 132 % du produit intérieur brut. Pour la seule année 2026, l’État devra faire face à un besoin de refinancement évalué à 6 075 milliards de francs CFA. Pour Seydina Alioune Ndiaye, associé du cabinet Senquant, ces chiffres traduisent un état de stress financier aigu, aggravé par la perte de confiance des marchés internationaux.
L’échec des négociations avec le FMI en novembre dernier a constitué un tournant négatif. Il a provoqué un net refroidissement des investisseurs et un véritable krach sur les Eurobonds sénégalais, qui s’échangent désormais sur les marchés secondaires avec des décotes pouvant atteindre 49 %. Cette dégradation brutale de la perception du risque souverain sénégalais réduit considérablement la capacité du pays à se refinancer à des conditions soutenables. Dans le même temps, les perspectives de levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA sont jugées « hautement irréalistes », en raison de la saturation du marché et de la concurrence accrue entre États fortement endettés.
Face à ce mur financier, Seydina Alioune Ndiaye est catégorique : la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité de survie économique. Sans action rapide et coordonnée, le risque d’un défaut technique de paiement devient, selon lui, « extrêmement élevé ». Il met en garde contre un scénario à la libanaise, rappelant l’effondrement monétaire et la crise bancaire qui ont frappé le Liban en 2020, avec des conséquences sociales et économiques durables.
Pour éviter un tel chaos, l’économiste propose une feuille de route inspirée de l’expérience ghanéenne, considérée comme un succès relatif en matière de gestion de crise. Il recommande d’engager une restructuration en profondeur de la dette commerciale, estimée à environ 10 000 milliards de francs CFA. Cette opération devrait inclure une réduction de la valeur nominale, avec un « haircut » compris entre 50 et 60 %, accompagnée d’un allongement significatif des maturités de remboursement. Une telle approche permettrait de desserrer l’étau financier à court terme.
Il plaide également pour la transformation de la dette bancaire domestique en obligations de très long terme à taux d’intérêt réduits, afin de préserver la capacité de financement de l’économie locale et d’éviter une asphyxie du secteur bancaire. Enfin, Seydina Alioune Ndiaye insiste sur la nécessité de conclure en urgence un nouveau programme avec le FMI, d’un montant compris entre 2 et 3 milliards de dollars. Un tel accord serait crucial pour restaurer la confiance des partenaires internationaux, notamment le Club de Paris et la Chine, et pour coordonner les efforts d’allègement de la dette.
Malgré la gravité du diagnostic, l’expert estime qu’une issue reste possible. Selon lui, une restructuration réussie permettrait de ramener le taux d’intérêt moyen de la dette de 8,47 % à environ 6 %, générant ainsi une économie annuelle estimée à 250 milliards de francs CFA. Cette marge de manœuvre budgétaire offrirait au Sénégal le temps nécessaire pour stabiliser ses finances publiques et préparer une reprise progressive, avant de bénéficier pleinement des revenus attendus de l’exploitation du pétrole et du gaz.
À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours dense et structurant, traçant les grandes orientations de la politique étrangère du Sénégal pour l’année 2026. Devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités à Dakar, le Chef de l’État a réaffirmé une diplomatie fondée sur la souveraineté, le dialogue et le multilatéralisme, tout en rejetant toute logique de domination fondée sur le rapport de force dans les relations internationales.
Dans un contexte mondial marqué par la persistance des conflits, la montée des tensions géopolitiques et l’affaiblissement de certains mécanismes de coopération internationale, Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler l’attachement constant du Sénégal aux principes fondamentaux du droit international. Pour le Chef de l’État, le dialogue demeure l’unique voie durable pour la résolution des crises. « Notre engagement pour le multilatéralisme n’est pas une simple posture, c’est une conviction profonde », a-t-il déclaré, soulignant que le Sénégal continuera de défendre la primauté du droit, le respect de la souveraineté des États et la coopération entre les nations.
Le Président a également réaffirmé la volonté du Sénégal de porter la voix d’une Afrique unie, souveraine et respectée sur la scène internationale. Dans cette perspective, Dakar entend jouer pleinement son rôle de médiateur et de facilitateur dans les instances régionales et multilatérales, en s’appuyant sur une tradition diplomatique reconnue et une crédibilité bâtie au fil des décennies.
Selon la Présidence, le Chef de l’État a profité de cette tribune pour décliner les trois axes majeurs de l’action diplomatique sénégalaise pour l’année 2026. Le premier axe concerne la diplomatie de bon voisinage et la sécurité régionale. Face à l’instabilité persistante dans la région du Sahel, le Sénégal ambitionne de jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’intégration sous-régionale et le renforcement de la coopération sécuritaire. Dakar se positionne ainsi comme un pivot du dialogue entre les différents blocs africains, avec pour objectif la préservation de la paix, la stabilité des frontières et la lutte contre les menaces transnationales.
Le second axe porte sur la refondation des partenariats internationaux dans un esprit de coopération « gagnant-gagnant ». Dans un contexte marqué par le démarrage effectif de l’exploitation du pétrole et du gaz, le Sénégal suscite un intérêt accru de la part des investisseurs internationaux. Le Président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements directs étrangers tout en veillant à la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette approche s’inscrit dans une volonté de rompre avec des relations déséquilibrées et de bâtir des partenariats plus équitables, fondés sur le respect mutuel et le transfert de valeur.
Enfin, le troisième axe concerne le plaidoyer du Sénégal sur les grandes questions globales. En 2026, Dakar entend renforcer son engagement en faveur d’une transition énergétique juste, tenant compte des réalités des pays du Sud, ainsi que pour un accès équitable aux technologies de santé. Ces enjeux, jugés cruciaux pour le développement du Sud global, seront portés par le Sénégal dans les forums internationaux, avec l’ambition de contribuer à un ordre mondial plus inclusif et solidaire.
En recevant les vœux du corps diplomatique, le Président Bassirou Diomaye Faye a également tenu à rassurer les partenaires historiques comme les nouveaux alliés sur la stabilité du cadre des affaires au Sénégal. Malgré les réformes institutionnelles, économiques et sociales en cours, le pays demeure, selon la Présidence, une terre d’accueil sécurisée, un environnement propice aux investissements et un partenaire fiable sur le long terme.
À travers ce discours, le Chef de l’État a ainsi réaffirmé la volonté du Sénégal de mener une diplomatie souveraine, équilibrée et responsable, résolument tournée vers la paix, la coopération et la défense des intérêts stratégiques nationaux dans un monde en profonde mutation.
Le marché financier sénégalais a connu une flambée notable cette semaine, alors que les investisseurs suivent de près l’évolution des discussions entre Dakar et le Fonds monétaire international (FMI). Les obligations souveraines libellées en dollars ont enregistré des gains significatifs, avec un rendement de l’obligation due en 2031 qui a chuté de 92 points de base pour atteindre 19,7 %, un niveau jamais vu depuis la mi-décembre 2025. Cette hausse place le Sénégal en tête des performances parmi les pays émergents, illustrant la confiance croissante des marchés dans sa trajectoire économique.
Cette performance intervient après des déclarations optimistes du ministre des Finances, Cheikh Diba, qui a indiqué devant le Parlement que des négociations avancées sont en cours avec le FMI pour la mise en place d’un nouveau programme de crédit. « Nous espérons finaliser un programme avec le FMI très prochainement. Les discussions sont actives et nous travaillons main dans la main », a-t-il déclaré, alors même que le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance économique pour 2025, désormais estimée à 7,8 % contre 8,8 % initialement. Les recettes budgétaires, elles, ont été réajustées à 4 500 milliards de francs CFA, soit environ 8 milliards de dollars, contre 4 700 milliards précédemment.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte délicat pour les finances publiques sénégalaises. En 2024, le FMI avait suspendu une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes cachées issues de l’administration précédente. Le gouvernement actuel s’emploie à négocier un nouvel accord tout en évitant une restructuration de sa dette et en appliquant des mesures strictes de réduction des dépenses pour restaurer l’équilibre budgétaire. La révision de la croissance a ainsi entraîné une augmentation de 138 milliards de francs CFA du déficit budgétaire, qui s’établit désormais à 1 700 milliards de francs CFA, soit 7,8 % du produit intérieur brut.
Le budget sénégalais continue de faire face à de fortes charges, notamment le service de la dette, les dépenses de défense, les salaires des fonctionnaires et le financement des bourses étudiantes. Ces dernières avaient été au cœur de violentes manifestations en novembre et décembre 2025, liées au retard de paiement des allocations.
Pour les analystes, la montée des obligations en dollars reflète la confiance des investisseurs dans la capacité du Sénégal à stabiliser ses finances et à conclure un accord avec le FMI. La finalisation de ce programme pourrait non seulement renforcer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux, mais aussi soutenir une croissance soutenue, rassurer les investisseurs et ouvrir de nouvelles perspectives de financement pour l’État.
La commune de Notto-Diobass, située à environ six kilomètres de Thiès, est secouée par une vive polémique foncière. Les habitants du village de Kissane se disent indignés face à un projet d’attribution de 50 hectares à l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI), qu’ils dénoncent comme opaque et anticonstitutionnel. Ce week-end, l’ambiance était particulièrement tendue à Tchambi, une zone située au cœur du village, où des habitants ont manifesté leur colère en arborant des brassards rouges et en dénonçant ce qu’ils qualifient de « scandale foncier ».
Selon Arouna Rachid Pouye, porte-parole des populations, la méthode employée par le maire est inacceptable et montre un total mépris des règles de transparence. « Le 30 décembre passé, tout le village a été abasourdi d’apprendre que le maire avait été surpris sur les terres de Kissane, sans informer le chef du village, ni l’association de développement, ni les femmes, ni les jeunes, ni les imams », a-t-il dénoncé sur les ondes d’iRadio. Les habitants affirment que l’édile se serait « faufilé » sur le site, évitant tout échange avec les instances locales et les représentants de la communauté.
Le collectif en charge de la défense des intérêts de Kissane s’est également adressé directement au nouveau Directeur de l’APROSI, qu’il met en garde contre ce qu’il considère comme une manipulation politique. « Monsieur le Directeur, vous n’avez pas reçu la bonne information. Il vous a dit Notto, mais il n’ose pas préciser où exactement. Il y a anguille sous roche », a averti M. Pouye, en précisant que le projet industriel ne serait qu’un paravent pour des desseins politiques. Selon lui, le prédécesseur du directeur actuel avait déjà compris les risques liés à ce projet et tenté d’éviter la situation.
Face à ce qu’ils qualifient de refus de dialogue de la part du maire, les habitants de Kissane s’allient avec le Collectif pour la défense des intérêts de Sangué, localité voisine, qui se trouve également en conflit avec la mairie sur des dossiers fonciers similaires. Une stratégie d’union est en train de se mettre en place. « Nous appelons les populations de Sangué, Kissane et Thiéo à s’unir. C’est ensemble que nous mènerons cette bataille », a déclaré un représentant de Sangué.
Les plaignants dénoncent une gestion solitaire et opaque d’un projet dont le maire serait le seul détenteur des informations. « Il est allergique à l’échange, il est allergique au débat d’idées. Mais une chose est claire : chaque acte posé sera une dose de plus ajoutée à notre engagement à conserver ces terres pour les exploiter par nous et pour nous », a martelé le porte-parole au micro d’iRadio, réaffirmant la détermination des populations à protéger leurs terres face à ce qu’ils considèrent comme une spoliation injuste.
L’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, portant sur la création prochaine de huit nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), a suscité une réaction mesurée mais significative du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES-ESR/RISEP). Si l’organisation syndicale salue une décision qu’elle juge porteuse d’espoir pour l’élargissement de l’accès à une formation professionnelle de qualité, elle avertit néanmoins contre toute tentative de masquer les difficultés structurelles persistantes qui fragilisent les ISEP déjà en fonctionnement.
Pour le SUDES-ESR/RISEP, la multiplication des infrastructures ne saurait suffire à elle seule à répondre aux défis du sous-secteur. Le syndicat estime que les problèmes de gouvernance, de statut du personnel enseignant et de conditions de travail doivent être réglés de manière urgente et durable, sous peine de reproduire, à plus grande échelle, les dysfonctionnements actuels. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes entre les enseignants des ISEP et les autorités de tutelle.
En effet, face à ce que le syndicat qualifie de discussions « dilatoires » avec l’ancienne administration, le SUDES-ESR/RISEP a engagé, depuis le mois de novembre dernier, un mouvement de boycott des soutenances et des examens de certification. Une décision lourde de conséquences, puisqu’elle menace directement la validation de l’année académique et plonge de nombreux étudiants dans l’incertitude. Selon le syndicat, cette action n’est pas un choix de confort, mais une réponse à l’absence de solutions concrètes après plusieurs mois d’alertes et de négociations infructueuses.
Dans un communiqué rendu public ce lundi 5 janvier 2026, le SUDES-ESR/RISEP rappelle que ses revendications reposent sur des exigences qu’il juge non négociables. Il s’agit, en premier lieu, de la finalisation urgente du cadre réglementaire régissant les ISEP, notamment à travers l’adoption effective des statuts et des décrets de fonctionnement. À cela s’ajoute la question cruciale de l’équité salariale, les enseignants dénonçant des disparités jugées injustes et démotivantes par rapport à d’autres structures de l’enseignement supérieur.
Le syndicat met également l’accent sur la gouvernance des instituts, plaidant pour une gestion plus inclusive et participative, rompant avec des pratiques jugées opaques et centralisées. Enfin, il réclame l’ouverture des postes de direction générale et de direction des études à travers des appels à candidatures transparents, afin de garantir la compétence, la légitimité et la crédibilité des équipes dirigeantes.
Dans une volonté affichée d’apaisement et de responsabilité, le SUDES-ESR/RISEP indique avoir déjà transmis aux autorités une note de sortie de crise. Présentée comme une feuille de route « réaliste et équilibrée », cette proposition vise à concilier les contraintes budgétaires de l’État avec la nécessité de restaurer la dignité et la motivation des formateurs, considérés comme un maillon essentiel de la réussite du modèle ISEP.
« Notre démarche est responsable. Nous avons alerté avant de durcir, car la pérennité de nos institutions est en jeu », insiste le syndicat dans son communiqué. Un message qui se veut à la fois un appel au dialogue et un avertissement clair : sans réponses concrètes et rapides, les tensions risquent de s’aggraver, compromettant durablement l’avenir de l’enseignement professionnel supérieur au Sénégal, au moment même où les autorités affichent leur ambition d’en faire un levier stratégique pour l’emploi et l’employabilité des jeunes.
La distribution des véhicules de service destinés aux députés de la 15ᵉ législature a officiellement démarré à l’Assemblée nationale du Sénégal. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, une première vague de soixante-seize véhicules de type 4×4 Toyota Land Cruiser Prado a déjà été attribuée à plusieurs parlementaires, marquant ainsi le début d’un processus qui concerne au total les 165 députés.
Cette première répartition a été effectuée selon des critères présentés comme organisationnels et fonctionnels. Cinq véhicules ont été attribués à des députés en situation de handicap, afin de faciliter leur mobilité dans l’exercice de leur mandat. Sept véhicules ont été remis aux députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, principale coalition de l’opposition. Sept autres ont été alloués aux députés non-inscrits, tandis que cinquante-six véhicules ont été réservés aux députés du parti Pastef, formation politique majoritaire et actuellement au pouvoir. Le dernier véhicule de ce premier lot est destiné au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.
D’après les mêmes sources, les véhicules sont actuellement stationnés au site de Batrain, à Dakar. Certains députés devraient entrer en possession de leurs véhicules dès les prochains jours, tandis que le reste du parc automobile attendu est annoncé pour la semaine suivante. Cette livraison progressive vise à équiper l’ensemble des parlementaires, conformément aux engagements pris par l’institution.
Cependant, cette opération continue de susciter une vive controverse dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Le débat sur l’opportunité et les conditions d’acquisition de ces véhicules a été relancé par le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV), membre de l’opposition. C’est lui qui a révélé l’information relative à la remise du premier lot, tout en exprimant de sérieuses réserves sur la démarche.
L’ancien ministre de l’Énergie avait déjà dénoncé le coût unitaire des véhicules, estimé à 54 millions de francs CFA. Selon lui, le contexte économique actuel, marqué par une dette publique élevée et des besoins sociaux pressants, ne justifie pas l’utilisation de ressources financières issues de l’endettement pour financer l’achat de véhicules de luxe destinés aux députés. « La situation actuelle ne prédispose pas à prendre de l’argent de la dette pour financer des véhicules », avait-il déclaré, appelant à une gestion plus rigoureuse et plus responsable des finances publiques.
Au-delà de la question du coût, Thierno Alassane Sall pointe également un manque de transparence dans la procédure d’achat et de répartition des véhicules. Il estime que les Sénégalais n’ont pas été suffisamment informés des modalités de financement, des critères d’attribution et des justifications officielles ayant conduit à ce choix budgétaire. Une position qui trouve un certain écho dans une partie de l’opinion, déjà sensible aux questions de gouvernance, de rationalisation des dépenses publiques et d’exemplarité des institutions.
De son côté, l’Assemblée nationale n’a pas encore communiqué de manière détaillée sur l’ensemble du processus, laissant ainsi le débat se poursuivre. En attendant l’arrivée du reste des véhicules et la finalisation de leur distribution, cette affaire continue d’alimenter les discussions politiques, révélant les tensions persistantes entre exigences de fonctionnement institutionnel et attentes citoyennes en matière de sobriété et de transparence dans la gestion des ressources publiques.
La sortie médiatique d’Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Ce lundi 5 janvier, le maire de Dakar et responsable de Pastef, Abass Fall, est monté au créneau pour répondre avec fermeté aux critiques formulées par l’ancien dignitaire du régime de Macky Sall à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.
Dans une publication sur sa page Facebook, Abass Fall a dénoncé ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » et de « haine immense » dirigées contre Ousmane Sonko. Selon lui, les propos d’Amadou Mame Diop s’inscrivent dans une logique de dénigrement systématique, déconnectée des réalités actuelles de l’action gouvernementale. L’ancien président de l’Assemblée nationale avait notamment affirmé que les déclarations du Premier ministre étaient « empreintes de vulgarité et d’accusations fallacieuses » et avait pointé une gouvernance qu’il juge « inefficace et incohérente » depuis deux ans.
Pour Abass Fall, ces accusations manquent de crédibilité, compte tenu du passé politique de leur auteur. Il n’a pas hésité à rappeler le rôle joué par Amadou Mame Diop sous le régime de Macky Sall, qu’il tient pour responsable de nombreuses dérives ayant, selon lui, profondément fragilisé le pays. « Acteur actif de la destruction massive de notre pays et piètre ex-président de l’Assemblée nationale », a-t-il écrit, accusant son adversaire politique de faire abstraction des efforts consentis par le gouvernement actuel.
Le maire de Dakar a notamment cité les mesures prises par les nouvelles autorités, telles que la baisse de certaines denrées de première nécessité et la réduction du coût de l’électricité, pour illustrer ce qu’il considère comme des avancées concrètes au bénéfice des populations. À ses yeux, ignorer ces actions relève d’une mauvaise foi manifeste et d’une volonté assumée de s’attaquer à Ousmane Sonko, devenu, selon lui, la cible privilégiée de ses détracteurs.
Abass Fall estime par ailleurs que cette hostilité traduit une frustration politique profonde. Il affirme qu’Amadou Mame Diop et ses alliés « continueront à souffrir » en voyant Ousmane Sonko occuper une place centrale au cœur de l’État et bénéficier du soutien d’une large frange des Sénégalais. Il soutient que les critiques actuelles ne sont qu’une tentative maladroite de préparer un retour au pouvoir, en perspective de l’échéance présidentielle de 2029.
Dans un ton ironique, le maire de Dakar a enfin mis en garde l’opposition contre toute illusion électorale. Selon lui, les Sénégalais gardent une mémoire vive des « moments les plus sombres » vécus sous l’ancien régime et ne se laisseront pas convaincre par des discours qu’il juge déconnectés des aspirations populaires. Une réponse musclée qui illustre la tension persistante entre les tenants du pouvoir actuel et les figures de l’ancien régime, sur fond de recomposition durable du paysage politique sénégalais.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.
Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.
D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.
Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.
Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.
Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.
Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.
L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.
Un nouveau tournant est intervenu dans le dossier judiciaire impliquant la famille de Madiambal Diagne. La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné la mise en liberté provisoire de Mme Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, respectivement épouse et fils du journaliste et patron de presse. Cette décision intervient après l’examen de leur situation dans le cadre de la procédure en cours liée à l’affaire dite de la SCI Pharaon.
Toutefois, cette mise en liberté n’est pas sans conditions. Les deux mis en cause devront porter un bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire destinée à garantir leur disponibilité pour la suite de la procédure et à prévenir tout risque de fuite ou d’entrave à l’enquête. Cette décision traduit la volonté de la juridiction d’accorder une liberté encadrée, tout en maintenant une surveillance étroite sur les intéressés.
Il convient cependant de souligner que cette libération n’est pas encore définitive. Le parquet dispose d’un délai légal de six jours pour éventuellement introduire un pourvoi en cassation contre la décision de la Chambre d’accusation financière. En cas de recours, l’exécution de la mesure pourrait être suspendue, prolongeant ainsi l’incertitude autour de la situation judiciaire des deux concernés.
Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule de traitement des informations financières (Centif), transmis aux autorités judiciaires. Le document met en cause la Société civile immobilière (SCI) Pharaon, soupçonnée d’avoir servi de cadre à des opérations financières jugées suspectes. Selon le parquet financier, ces opérations porteraient sur de présumées rétrocommissions évaluées à plusieurs milliards de francs CFA, dont l’origine et la destination font l’objet d’investigations approfondies.
Le dossier s’inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre les infractions financières et économiques, portée par le Pool judiciaire financier, devenu un instrument central de la politique de reddition des comptes. Les enquêtes visent notamment à retracer les flux financiers, à identifier les responsabilités individuelles et à déterminer l’éventuelle existence de mécanismes de blanchiment ou de détournement de fonds.
En attendant la position définitive du parquet et la suite de la procédure, la décision de la Chambre d’accusation marque une étape importante dans ce dossier à forte résonance médiatique. Elle relance également le débat sur l’équilibre entre les exigences de l’enquête judiciaire, le respect des droits de la défense et l’usage croissant des mesures de surveillance électronique dans les affaires financières d’envergure.
Le contentieux fiscal opposant la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) à la compagnie pétrolière australienne Woodside continue de suivre son cours devant la justice sénégalaise. Saisie de cette affaire sensible aux enjeux financiers majeurs, la première Chambre civile du tribunal de grande instance de Dakar a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 5 février 2026.
Lors de l’audience tenue le 18 décembre dernier, les juges ont pris connaissance des éléments du litige qui oppose l’État du Sénégal à l’opérateur du champ pétrolier offshore de Sangomar. Toutefois, aucune décision sur le fond n’a été rendue à cette étape de la procédure. Selon le quotidien Libération, ce renvoi vise à permettre au tribunal de procéder à des vérifications approfondies, notamment sur la conformité, la régularité et la validité des pièces comptables et des documents justificatifs produits par les deux parties.
Au cœur de ce bras de fer judiciaire se trouve une réclamation fiscale d’un montant précis de 41 467 543 147 francs CFA. Depuis 2023, l’administration fiscale sénégalaise estime que cette somme est due par Woodside au titre de ses obligations fiscales liées à ses activités pétrolières au Sénégal. Pour tenter de recouvrer ces fonds, la DGID avait émis des titres de perception, une procédure administrative permettant au Trésor public d’engager des poursuites en vue du paiement des montants contestés.
Cette démarche a été vigoureusement contestée par Woodside, qui remet en cause l’interprétation faite par le fisc sénégalais de ses obligations fiscales. La compagnie pétrolière soutient que les titres de perception émis à son encontre ne reposent pas sur une base juridique et comptable conforme aux dispositions applicables. C’est dans ce contexte que l’opérateur a saisi la juridiction sénégalaise pour obtenir l’annulation pure et simple de ces actes de poursuite.
Au-delà de la procédure judiciaire engagée au Sénégal, Woodside a également choisi d’internationaliser le différend. La compagnie a porté le litige devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale compétent pour trancher les conflits opposant des États à des investisseurs étrangers. Cette double procédure, à la fois nationale et internationale, illustre l’ampleur du désaccord entre les deux parties et la complexité juridique du dossier.
Ce contentieux intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Sénégal, alors que l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar constitue un enjeu stratégique majeur pour les finances publiques et la souveraineté économique du pays. L’issue de cette affaire est donc très attendue, tant par les autorités fiscales que par les observateurs du secteur extractif, dans un climat marqué par une vigilance accrue sur la transparence, la fiscalité et la gouvernance des ressources naturelles.
Après plusieurs mois de silence médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur et publiée ce lundi 5 janvier 2025, l’ex-responsable de l’Alliance pour la République (APR) a livré une analyse sévère du climat politique actuel, s’attaquant frontalement au Premier ministre Ousmane Sonko et pointant ce qu’il considère comme une crise de leadership au sommet de l’exécutif sénégalais.
Sans détour, Amadou Mame Diop a qualifié les sorties publiques du chef du gouvernement de propos « toujours empreints de la même vulgarité et d’accusations fallacieuses ». Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le discours d’Ousmane Sonko n’a pas évolué malgré son accession aux plus hautes responsabilités de l’État. Il estime que le Premier ministre conserve une posture de confrontation permanente, peu compatible, selon lui, avec les exigences de la fonction gouvernementale et le devoir de retenue qui s’impose à un chef de l’exécutif.
Au-delà de la critique personnelle, Amadou Mame Diop s’est également exprimé sur ce qu’il qualifie de « crise » entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. À ses yeux, cette situation est largement exagérée et relève davantage d’une rivalité de pouvoir que d’un véritable désaccord politique ou institutionnel. Il parle ainsi d’« une tempête dans un verre d’eau », alimentée par une logique qu’il juge exclusivement « pouvoiriste ».
L’ancien proche de Macky Sall avance que le président Diomaye Faye chercherait avant tout à conserver l’autorité et le contrôle du pouvoir exécutif, tandis que son Premier ministre tenterait, selon lui, de s’imposer comme le véritable centre de décision. Il va plus loin en affirmant qu’Ousmane Sonko bénéficierait du soutien de certains responsables influents du Pastef, le parti au pouvoir, dans cette bataille d’influence qu’il estime nuisible à la stabilité institutionnelle.
Pour Amadou Mame Diop, cette situation traduit une confusion profonde des rôles au sommet de l’État. Il estime que la dualité observée à la tête de l’exécutif nuit gravement à la lisibilité de l’action publique et affaiblit son efficacité. Selon lui, l’absence de clarification dans la répartition des responsabilités entre le président de la République et son Premier ministre risque de paralyser les décisions stratégiques et d’entretenir un climat d’incertitude au sein de l’administration comme auprès des partenaires du Sénégal.
À travers cette sortie médiatique, Amadou Mame Diop se positionne comme l’une des voix critiques de l’ancien régime face au nouveau pouvoir. Son intervention relance le débat sur l’équilibre institutionnel, la cohabitation au sommet de l’État et la nécessité, selon ses termes, d’un leadership clair et cohérent pour garantir la stabilité politique et l’efficacité de l’action gouvernementale.
Le Président Diomaye Faye a pris la parole. Mais derrière un vernis rhétorique poli et quelques annonces chiffrées, la réalité frappe. Car le Sénégal qu’il décrit n’est pas celui que vivent des millions de citoyens. Les promesses s’accumulent, mais les actes se font attendre. Entre slogans, tripatouillages institutionnels et discours décousu, le peuple n’a pas élu un narrateur, mais cherche un bâtisseur.
Un pays décrit… mais pas vécu
Le Chef de l’État vante des milliers de salles de classe, plus de 180 km de routes, une baisse du coût de la vie.
Cependant, sans relance économique, sans création de richesse et sans pouvoir d’achat, ces annonces restent suspendues dans l’air.
On affiche des chiffres, mais les assiettes restent vides. On parle de baisse des prix, tandis que les revenus stagnent.
Ainsi, la statistique remplace le vécu quotidien.
Agriculture : la souveraineté… sans la terre
La souveraineté alimentaire est brandie comme un mantra.
Pourtant, sans réforme foncière, sans accès sécurisé à la terre et sans baisse réelle du coût des intrants, cette souveraineté reste un slogan creux.
On proclame la rupture, mais on perpétue l’importation.
Ainsi, la rhétorique masque la continuité de la dépendance alimentaire.
Arachide : le discours contredit par la campagne
Le Président affirme que la filière arachidière est redynamisée.
Pourtant, à peine le discours terminé, des paysans ont organisé un concert de casseroles pour exiger l’achat de leurs récoltes.
Ainsi, quand le pouvoir célèbre, le monde rural proteste.
L’arachide continue d’être exportée brute, les producteurs restent exploités et les circuits demeurent opaques.
On parle de valeur ajoutée, mais on entretient la dépendance.
Pêche : protéger sans protéger
La défense de la pêche artisanale était promise.
Or, les accords de pêche étrangers ne sont ni suspendus ni renégociés sérieusement, la surveillance reste faible et la transformation locale est absente.
Ainsi, la mer est sacrifiée tandis que le discours flotte.
Emploi : le mirage des chiffres
Le Chef de l’État parle d’emplois massifs.
Cependant, aucun plan chiffré, aucun calendrier, aucun financement clairement identifié n’est présenté.
L’emploi devient une promesse émotionnelle et non une politique publique.
Ainsi, on rassure la jeunesse par les mots, mais on l’abandonne dans les faits.
Santé : déclaration d’intention sans moyens
La justice sociale est invoquée. Pourtant, les hôpitaux restent sous-équipés, la CMU demeure largement inopérante et le personnel médical est abandonné à l’épuisement.
Ainsi, la déclaration d’intention proclamée ne guérit personne.
Recrutements publics : l’opacité qui inquiète
Le pouvoir se félicite de recrutements :
2 000 enseignants sans critères connus
2 300 employés à la SONACOS sans appel à candidature
Car, un État sérieux recrute dans la transparence, et non dans le soupçon de clientélisme.
Ainsi, ce qui devrait être une garantie devient un instrument de doute et de frustration.
Réformes institutionnelles : entre chambre d’enregistrement et tripatouillages
L’indépendance de la justice est proclamée.
Or, les poursuites paraissent sélectives et le Conseil supérieur de la magistrature reste sous influence exécutive.
La Cour constitutionnelle ne nous inspire pas confiance. En effet, elle s’annonce comme une chambre d’enregistrement des volontés juridiques de PASTEF, mais également comme une passoire où tous les désiderats de PASTEF passeront comme lettres à la poste.
De plus, la modification annoncée du Code électoral suit le même chemin : validée par le Conseil des ministres, confirmée par une Assemblée nationale où PASTEF a une majorité écrasante et entérinée par les lois internes du parti.
Ainsi, nous attendrons les Sénégalais sur ces dérives, ces manquements et ces tripatouillages, qui risquent de conduire le peuple au gouffre.
La loi doit avoir une portée générale, impersonnelle et transcender les clivages et obédiences politiques.
En effet, sans cela, les institutions deviennent un instrument de pouvoir partisan et non une protection pour tous.
Un discours sans architecture
Le discours est décousu : éducation, santé, retour à l’éducation, sécurité, énergie puis encore santé.
Ainsi, ce n’est pas une vision, c’est une juxtaposition.
Or, un discours présidentiel doit hiérarchiser, trancher et orienter. Ici, le fil conducteur est absent.
En définitive, le peuple n’a pas élu un narrateur. Le discours du Président Diomaye Faye accumule :des intentions sans mécanisme, des promesses sans instruments, une morale sans architecture institutionnelle.
Ainsi, il est bien écrit, il est bien prononcé, mais il reste politiquement creux.
Le peuple sénégalais n’a pas élu un narrateur, mais veut un bâtisseur.
On ne gouverne pas avec des mots, mais avec des décisions.
Par conséquent, tant que le Sénégal raconté ne rencontrera pas le Sénégal vécu, la fracture entre le pouvoir et le peuple continuera de s’élargir.
Moussa Niang délégué National à la vié politique de Guem Sa Bopp, les jambaars.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé ce mercredi le bilan de l’année 2025 à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation. Qualifiée d’année de « rigueur, de résilience et de redressement », cette première année pleine de gouvernance du nouveau pouvoir se clôt, selon le chef de l’État, sur des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés, notamment le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la gouvernance.
Dès l’entame de son allocution, Diomaye Faye a rappelé que 2025 a été marquée par ce qu’il a appelé un « diagnostic partagé » de la situation économique et financière du pays. Héritant d’un contexte budgétaire contraint, l’État a engagé une rationalisation du train de vie public et procédé à la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés. Ces mesures, selon le président, ont permis de dégager des marges de manœuvre financières importantes, réorientées vers les priorités sociales et économiques.
La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans le bilan présidentiel. Face à la cherté de la vie, le gouvernement a mis en œuvre une politique progressive de baisse des prix des produits de première nécessité. Cette stratégie a permis de générer, selon les chiffres avancés, près de 342,5 milliards de FCFA d’économies cumulées au bénéfice direct des ménages sénégalais. Cette action a été renforcée par l’élargissement du Registre national unique, afin de mieux cibler les aides sociales en direction des populations les plus vulnérables.
Sur le plan social, l’année 2025 a également été marquée par un renforcement notable des infrastructures sanitaires et éducatives. Dans le secteur de la santé, 34 nouveaux postes de santé ont été ouverts à travers le pays, tandis que 76 ambulances médicalisées ont été déployées pour améliorer la prise en charge des urgences, notamment dans les zones rurales et enclavées. Ces investissements visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services de base des populations.
Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’État a salué un « chantier d’envergure » ayant permis la construction et la livraison de milliers d’infrastructures scolaires. Au total, 2 401 salles de classe, 1 389 blocs administratifs et 1 112 blocs d’hygiène ont été réalisés en une seule année. Parallèlement, 2 000 enseignants ont été recrutés et affectés prioritairement dans les zones en déficit de personnel éducatif, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et de réduire les disparités territoriales.
Le secteur productif n’a pas été en reste. En agriculture, la campagne 2025 s’est soldée par une performance historique, avec une production céréalière dépassant les 2,5 millions de tonnes. Cette progression a été rendue possible par une meilleure organisation de la campagne agricole, la mise à disposition rapide des intrants et des équipements, ainsi que l’accompagnement accru des producteurs. La relance de la Sonacos, après deux années d’arrêt, a également été citée comme un symbole fort de la reprise industrielle, avec la création immédiate de 2 300 emplois directs.
L’appui aux petites et moyennes entreprises a constitué un autre levier important de la politique économique du gouvernement. En 2025, près de 8 000 PME ont bénéficié de programmes d’accompagnement, contribuant à la consolidation ou à la création d’environ 130 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres communiqués par le président.
Sur le plan des infrastructures et de l’énergie, l’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la réduction de la fracture territoriale. Un nombre record de 831 799 Sénégalais ont été raccordés pour la première fois au réseau électrique, renforçant l’accès à l’énergie dans plusieurs localités. Dans le secteur routier, près de 280 kilomètres de routes goudronnées ont été livrés, auxquels s’ajoutent 100 kilomètres de pistes rurales ayant permis de désenclaver 86 localités jusque-là isolées.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transparence. L’installation effective de l’Office national de lutte contre la corruption, à l’issue d’un appel à candidatures ouvert, a été présentée comme un acte fort traduisant la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Pour le chef de l’État, cette réforme illustre l’engagement du pouvoir à faire de la compétence, de l’intégrité et de la reddition des comptes les piliers de l’action publique.
À travers ce bilan, le président Diomaye Faye estime avoir posé les bases d’un redressement durable du Sénégal, tout en appelant les citoyens à poursuivre l’effort collectif pour consolider les acquis et relever les défis à venir.
À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, prononcé ce mercredi soir, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé les grandes orientations législatives qui marqueront l’année 2026. Le chef de l’État a annoncé qu’une série de projets de loi d’envergure sera transmise à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre de l’année prochaine, traduisant sa volonté d’engager des réformes institutionnelles profondes dès le début de son mandat.
Selon Diomaye Faye, ces textes porteront notamment sur une révision de la Constitution, mais aussi sur la mise en place ou la réforme d’institutions clés de la République. Sont concernés la Cour constitutionnelle, appelée à remplacer le Conseil constitutionnel, le Conseil supérieur de la magistrature, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que le Code électoral. Autant de chantiers jugés structurants pour refonder l’État, renforcer l’État de droit et consolider la démocratie sénégalaise.
Le président a précisé que ces réformes s’inscriront dans une démarche progressive et cohérente, affirmant que « les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption aligné sur la durée du mandat et le rythme de la nation ». Une déclaration qui suggère une volonté d’éviter toute précipitation, tout en maintenant le cap des engagements pris devant les Sénégalais.
Cette annonce s’inscrit dans la continuité des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Durant la présidentielle, il avait notamment plaidé pour une profonde refonte de l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les mesures phares figurait la sortie du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une justice plus indépendante, ainsi que l’instauration d’une Vice-présidence de la République, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action de l’État.
La réforme du système électoral et la refonte des organes chargés de son pilotage constituent également un axe central de cette nouvelle séquence politique. En annonçant une réforme de la CENI et du Code électoral, le chef de l’État entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur l’organisation des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus démocratique.
Avec ces annonces, Diomaye Faye donne le ton de l’année 2026, qu’il veut placée sous le signe des réformes institutionnelles et de la transformation de l’État. Reste désormais à voir comment ces projets seront accueillis et débattus à l’Assemblée nationale, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et démocratiques.
Le mouvement « Les Jambaars » dénonce des écarts financiers, une opacité autour de Sangomar et des pratiques comptables contraires à la sincérité budgétaire, engageant la responsabilité de hauts responsables de l’État
Gueum Sa Bopp, « Les Jambaars », informe l’opinion nationale et internationale de sa décision de saisir le Pôle Judiciaire Financier (PJF), ce mardi à 11 heures, sur la base des constats graves, précis et officiellement validés contenus dans le Rapport ITIE 2024, document public endossé par l’État du Sénégal.
Ce rapport, censé garantir la transparence dans la gestion des ressources extractives, met en lumière des manquements systémiques qui engagent directement la responsabilité politique, administrative et institutionnelle de l’État, au plus haut niveau de l’exécutif.
La plainte annoncée vise, au regard de leurs attributions respectives, la responsabilité de :
Monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, chef du Gouvernement, garant de la cohérence et de la sincérité de l’action gouvernementale ;
Monsieur Biram Souley Diop, Ministre des Mines et de l’Énergie, autorité de tutelle directe du secteur extractif ;
Monsieur Talla Guèye, Directeur général de PETROSEN, bras opérationnel de l’État dans la gestion pétrolière et gazière.
Il ne s’agit ni de procès politique, ni d’acharnement personnel, mais de l’exercice d’un droit citoyen face à des faits documentés, que seule la justice est habilitée à qualifier.
UNE TRANSPARENCE PARTIELLE QUI ENGAGE LA RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT
Le Rapport ITIE 2024 reconnaît que le rapprochement des revenus extractifs pour l’année 2024 n’a couvert que 91,89 % des flux, laissant subsister un écart non réconcilié de 2,48 milliards FCFA (section 1.3, pp. 24–25).
Si cet écart est qualifié de « non significatif » au sens technique de la Norme ITIE, il est politiquement, financièrement et juridiquement significatif.
Aucun État sérieux ne peut banaliser la disparition comptable de plusieurs milliards de francs CFA dans un secteur aussi stratégique.
Plus grave encore, 7 % des paiements déclarés proviennent de formulaires non certifiés, en violation flagrante des exigences minimales de fiabilité.
Cette tolérance institutionnelle pose une question centrale : qui garantit la rigueur lorsque l’État lui-même l’abandonne ?
SANGOMAR : UNE DÉFAILLANCE MAJEURE DE GOUVERNANCE PÉTROLIÈRE
Le champ pétrolier de Sangomar incarne l’un des manquements les plus graves révélés par le Rapport ITIE 2024.
Alors que la production pétrolière a officiellement démarré en juin 2024, le rapport établit que la part de production revenant à l’État sénégalais n’a été retracée dans aucune déclaration pour l’année 2024 (section 1.2.2, pp. 19–20).
Les incohérences entre les données fournies par PETROSEN et Woodside Energy, notamment sur les volumes de Profit Oil, renforcent cette opacité.
Plus troublant encore, les recettes issues de cette production n’apparaissent qu’en 2025, alors même que la commercialisation est intervenue en 2024.
Comment un État producteur de pétrole peut-il être incapable de retracer sa propre part de production l’année même de son extraction ?
Ce silence comptable constitue une faille grave de gouvernance, susceptible de qualification pénale.
DES PRATIQUES COMPTABLES CONTRAIRES À LA SINCÉRITÉ BUDGÉTAIRE
Le Rapport ITIE 2024 confirme une pratique déjà dénoncée par la Cour des Comptes :
des paiements effectués par Woodside en 2024 ont été encaissés en 2024, mais comptabilisés en 2023 (section 1.2.1, p. 17).
Cette manipulation des exercices budgétaires porte atteinte au principe fondamental de sincérité des comptes publics et alimente légitimement le soupçon d’une gestion opportuniste des chiffres de l’État.
CADASTRE MINIER : UNE OPACITÉ LOURDE DE CONSÉQUENCES
Le cadastre minier arrêté au 31 décembre 2024 est jugé incomplet, incapable d’identifier clairement l’ensemble des titres, renouvellements et transferts (section 1.4, p. 26).
Cette opacité fragilise la sécurité juridique, nourrit les conflits fonciers et ouvre la voie à des pratiques contraires à l’intérêt général.
Dans un pays où le foncier est un sujet explosif, ce n’est plus une faiblesse administrative, mais un manquement grave à l’obligation de transparence.
BÉNÉFICIAIRES EFFECTIFS : UNE TRANSPARENCE INACHEVÉE
Malgré l’existence formelle d’un registre des bénéficiaires effectifs, le Rapport ITIE 2024 souligne l’absence d’informations essentielles : pourcentages de détention, modalités de contrôle, identification des personnes politiquement exposées (Exigence 2.5).
Cette carence affaiblit directement la lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption dans le secteur extractif.
DES RECOMMANDATIONS RÉPÉTÉES, UNE INACTION PERSISTANTE
Année après année, les mêmes recommandations reviennent (chapitre 8) :
fiabilisation des déclarations,
traçabilité des revenus pétroliers,
complétude du cadastre,
transparence sur les bénéficiaires effectifs.
Tout est connu. Tout est documenté.
Mais rien n’est structurellement corrigé.
À ce stade, il ne s’agit plus d’un déficit de capacité, mais d’un déficit manifeste de volonté politique.
SAISINE DU PÔLE JUDICIAIRE FINANCIER
Face à la gravité, à la répétition et au caractère officiel de ces manquements,
Gueum Sa Bopp « Les Jambaars » annonce le dépôt d’une plainte devant le Pôle Judiciaire Financier, le Rapport ITIE 2024 étant produit comme pièce centrale.
La transparence ne se proclame pas.
Elle se démontre, chiffres à l’appui et comptes à l’équilibre.
Aujourd’hui, le propre rapport de l’État démontre que des corrections urgentes s’imposent, sous le contrôle de la justice.
Mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars »
Fait à Dakar, le 29 décembre 2025
Le différend foncier opposant Qualité Végétale Sénégal (QVS) à la société Nouvelle Ville a connu, ce mercredi 23 décembre 2025, un dénouement judiciaire d’une rare clarté, mettant un terme aux incertitudes et controverses qui ont marqué les dernières semaines. Par une décision rendue à la veille de Noël, la juridiction saisie a confirmé sans réserve les décisions antérieures, consacrant de manière définitive les droits de Nouvelle Ville sur l’intégralité de la superficie litigieuse et fermant la porte à toute tentative de remise en cause de l’autorité de la chose jugée.
Dans son dispositif, le jugement ordonne à QVS de libérer l’ensemble du terrain qu’elle occupe, constate le caractère manifestement illicite de son maintien sur les lieux et assortit cette obligation d’une astreinte de cinq cent mille francs CFA par jour de retard à compter de la signification de la décision. La juridiction rejette par ailleurs l’intégralité des prétentions développées par QVS, confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions et condamne la société aux dépens d’appel. La formulation retenue par les magistrats est sans équivoque, ne laissant aucune place à une interprétation alternative quant aux droits respectifs des parties.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interférences notoires, notamment des prises de position publiques à caractère politique. Certaines déclarations attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko évoquaient de supposées irrégularités dans le traitement judiciaire du dossier et appelaient à une relecture administrative de l’affaire, en contradiction manifeste avec des décisions de justice devenues définitives. En tranchant avec une telle fermeté, la justice sénégalaise rappelle un principe fondamental : le droit ne se négocie pas sous la pression et ne se réécrit ni au gré des déclarations ni en fonction de considérations extra-judiciaires. L’exécution des décisions de justice demeure le socle de l’État de droit et de la sécurité juridique.
Pour Nouvelle Ville, ce verdict revêt la valeur d’une véritable délivrance après des années de blocages, de contentieux et d’incertitudes. Il rétablit pleinement la légitimité de son projet et renforce la confiance dans l’institution judiciaire, à un moment où le Sénégal s’interroge sur la protection des investissements, la stabilité du climat des affaires et le respect effectif des règles. Rendu à la veille des fêtes, ce jugement ne constitue donc pas seulement une victoire judiciaire pour Nouvelle Ville, mais également un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs publics et privés : au Sénégal, l’autorité de la justice demeure intangible et le droit reste la boussole de la République.
Une conférence de presse a été organisée récemment pour attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur la situation préoccupante des femmes détenues au camp pénal, une réalité souvent méconnue, mais qui nécessite une intervention urgente, humaine et responsable de l’État. L’initiative, portée par Gaindé Macky, a réuni médias et partenaires de la société civile, dans le but de dénoncer les conditions de détention et de plaider pour le respect des droits fondamentaux des détenues.
L’une des préoccupations majeures soulevées par Gaindé Macky concerne le cas de madame Mabintou Diaby, épouse de Madiambal. Selon l’organisation, sa détention pose de sérieuses questions au regard de ses droits fondamentaux. Gaindé Macky a demandé sa libération, soulignant que la privation de liberté ne doit jamais être arbitraire ou disproportionnée et que la justice doit rester équitable, humaine et respectueuse de la dignité de chaque citoyenne.
Au-delà de ce cas spécifique, la conférence a mis en lumière les difficultés propres aux femmes incarcérées. Ces dernières font face à des conditions de vie extrêmement difficiles, caractérisées par un manque de soins médicaux adaptés, une hygiène insuffisante et une précarité sanitaire constante. La séparation d’avec leurs enfants et leurs familles constitue également une source de souffrance supplémentaire. Selon les intervenants, la prison ne devrait pas être un lieu de souffrance accrue, mais un espace où les droits humains sont respectés, en particulier pour les femmes, souvent plus vulnérables face aux rigueurs du système carcéral.
La question de la détention préventive prolongée a également été pointée du doigt. De nombreuses femmes sont détenues depuis plusieurs années sans avoir été jugées, une situation qui constitue une violation grave des droits humains et contribue à la surpopulation des établissements pénitentiaires. Gaindé Macky a appelé à une accélération des procédures judiciaires et à un examen urgent des dossiers des détenues afin de remédier à cette situation injuste.
Un autre aspect préoccupant souligné lors de la conférence concerne les mineurs détenus avec des adultes. Cette pratique est jugée inacceptable par l’organisation, qui exhorte l’État à créer des établissements pénitentiaires spécifiquement réservés aux mineurs. Ces structures devraient être axées sur la rééducation, la protection et la réinsertion, conformément aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal.
En conclusion, Gaindé Macky a lancé un appel pressant aux autorités, aux institutions judiciaires et aux partenaires nationaux et internationaux pour que des mesures concrètes soient mises en œuvre afin d’améliorer la situation des femmes détenues et des mineurs au camp pénal. Les intervenants ont rappelé que le respect des droits humains constitue un pilier fondamental de toute société juste et démocratique, et que leur application est indispensable pour renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire.
La demande de révision du procès ayant opposé Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang en 2023 est désormais au cœur de l’actualité judiciaire sénégalaise. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Me Ciré Clédor Ly, avocat du Premier ministre, a défendu avec force ce recours exceptionnel, qu’il présente comme le moyen légitime de corriger ce qu’il considère comme une injustice historique.
« Demander la révision du procès, c’est un droit. Un droit non seulement pour le citoyen Ousmane Sonko, mais pour tous ceux qui sont épris de vérité et de justice », a-t-il déclaré. Pour l’avocat, cette procédure ne se limite pas à un simple recours technique. Elle constitue « le seul moyen offert à une victime d’une erreur judiciaire pour remettre en cause l’autorité de la chose jugée et obtenir l’annulation d’une condamnation devenue définitive ». L’objectif, a insisté Me Ly, est clair : rétablir la vérité et corriger une condamnation injuste.
Cette démarche, qualifiée de « voie de recours extraordinaire », ne se limite pas au cas personnel d’Ousmane Sonko. « Elle est ouverte, même pour des personnes décédées. Que tout le monde le sache. C’est un droit fondamental », a-t-il martelé, soulignant la dimension universelle et symbolique de cette procédure.
Le point central de cette révision repose sur l’apparition d’un élément nouveau majeur : le rapport du PRODAC, dont l’existence avait été contestée lors du procès initial et qui n’est réapparu que récemment, depuis que Sonko occupe la fonction de Premier ministre. Selon Me Ly, ce document pourrait bouleverser l’appréciation juridique des faits et constitue la base légale de la demande de révision.
L’avocat n’a pas hésité à dénoncer avec virulence les conditions dans lesquelles le procès initial s’est déroulé. Il a décrit une série de violations graves des droits de la défense et du droit à un procès équitable. « Pour une affaire privée, pour diffamation et injure publique, et pour un mensonge d’État, avec un faux réquisitoire pris de sa propre initiative par un procureur de la République, rien que pour obtenir une lourde peine, le droit a été bafoué », a-t-il déclaré. Me Ly a rappelé des pratiques qu’il qualifie de « comparutions forcées, manu militari, attentats à la vie de son client, voies de recours abusives de la partie civile et du procureur de la République, et décisions violant les droits de la défense ». Il a également souligné les irrégularités procédurales, comme la programmation du dossier alors que les délais d’appel n’avaient pas été épuisés.
Répondant à une question qui revient régulièrement dans le débat public, l’avocat a clarifié la situation juridique d’Ousmane Sonko : « Le citoyen Ousmane Sonko est bien électeur et éligible aujourd’hui, et le sera tant qu’il lui restera un souffle de vie. Tout débat autour de cette question est donc sans intérêt. »
La demande de révision a été officiellement saisie par la garde des Sceaux Yacine Fall auprès de la Cour suprême. Si elle aboutit, ce sera une première dans l’histoire judiciaire du Sénégal et cela pourrait effacer définitivement la condamnation qui avait écarté Sonko de la présidentielle de 2024. « Le procès en révision d’Ousmane Sonko contre Mame Mbaye Niang et le ministère public sera initié », a conclu Me Ciré Clédor Ly, laissant entrevoir un nouveau chapitre judiciaire dans cette affaire qui a profondément marqué la vie politique nationale.
Au cœur d’une vive polémique liée à des accusations de fabrication de produits à base de matières premières périmées, l’entreprise Softcare est sortie de son silence. Dans un communiqué rendu public ce lundi 22 décembre 2025, la société rejette catégoriquement les allégations circulant à son encontre et dénonce ce qu’elle qualifie de « diffamations, dénonciations calomnieuses et rumeurs infondées », largement relayées, selon elle, sur les réseaux sociaux.
Alors que l’affaire suscite une forte émotion au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la nature sensible des produits incriminés — serviettes hygiéniques et couches pour bébés — Softcare affirme que des informations erronées sont diffusées, risquant d’induire le public en erreur. L’entreprise prévient ainsi qu’elle se réserve le droit d’engager toutes les poursuites judiciaires nécessaires afin de défendre ses intérêts et préserver son image.
Dans son communiqué transmis à PressAfrik, la direction de Softcare insiste sur le caractère non établi des accusations et appelle à la prudence. Elle estime que le débat public autour de cette affaire est marqué par des extrapolations et des jugements hâtifs, en l’absence de conclusions officielles des autorités compétentes. À ce titre, la société affirme faire pleinement confiance au gouvernement sénégalais ainsi qu’au groupe d’enquête conjoint mis en place pour faire la lumière sur cette affaire.
Softcare invite par ailleurs les consommateurs et l’ensemble de la population à attendre sereinement les résultats de l’enquête en cours et à s’en remettre exclusivement aux conclusions finales qui seront rendues par les services habilités. Pour l’entreprise, seule une investigation rigoureuse et objective permettra d’établir les faits et de situer les responsabilités, loin de toute pression médiatique ou spéculation.
Soucieuse de rappeler son poids économique et social, la société met également en avant sa contribution à l’emploi au Sénégal. Elle revendique plus de 500 emplois directs et des milliers d’emplois indirects, soulignant que ses activités constituent une source de revenus pour de nombreuses familles. Cet argument vise à montrer, selon elle, que Softcare n’a aucun intérêt à compromettre la santé des consommateurs ni à mettre en péril la confiance bâtie depuis son implantation dans le pays.
Enfin, l’entreprise réaffirme placer la sécurité et la satisfaction des consommateurs au cœur de ses priorités. Elle assure que ses processus de production répondent aux normes en vigueur et que la qualité de ses produits a toujours été une exigence centrale de sa politique industrielle. Dans ce contexte de tensions et de suspicions, Softcare se dit déterminée à coopérer avec les autorités tout en se tenant prête à défendre sa réputation par les voies légales si nécessaire.
Alors que l’affaire continue de susciter des réactions au sein de la société civile, des syndicats et des associations de consommateurs, l’issue des enquêtes annoncées est désormais très attendue. Elle devrait permettre de clarifier les responsabilités, d’apaiser le climat et, le cas échéant, de tirer toutes les conséquences de droit.
En visite officielle en Casamance, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé ce lundi 22 décembre 2025 la réalisation prochaine d’un hôpital de niveau 4 à Goudomp, dans le sud du pays. Cette infrastructure sanitaire majeure vise à renforcer durablement l’offre de soins spécialisés et à améliorer significativement la prise en charge médicale des populations locales et environnantes.
L’annonce a été faite au cours de la tournée présidentielle de cinq jours actuellement en cours dans la région de la Casamance. Selon un communiqué de la Présidence de la République, ce projet s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de rapprocher davantage les services essentiels, notamment la santé et l’éducation, des citoyens, en particulier dans les zones longtemps confrontées à un déficit d’infrastructures spécialisées.
S’exprimant à Goudomp, Bassirou Diomaye Faye s’est félicité du niveau d’excellence atteint par le système sanitaire national. Il a tenu à saluer le travail et l’engagement des professionnels de santé sénégalais, qu’il a qualifiés d’acteurs clés de la transformation du secteur. Le Président a particulièrement mis en avant les performances remarquables enregistrées dans des domaines médicaux de pointe, citant notamment les transplantations et les greffes, qui témoignent, selon lui, de la montée en puissance du savoir-faire médical national.
Dans le cadre de cette étape à Goudomp, le chef de l’État a également visité l’hôpital militaire de campagne (HMC), installé dans la localité pour répondre à des besoins sanitaires jugés prioritaires. Ce dispositif médical temporaire, déployé par le ministère des Forces armées, est opérationnel du 12 décembre 2025 au 12 janvier 2026. Il a pour mission d’apporter une réponse rapide et efficace aux urgences sanitaires, tout en soulageant les structures de santé existantes.
La présence de cet hôpital militaire de campagne illustre, selon la Présidence, la synergie entre les forces armées et le système de santé civil, notamment dans les zones où l’accès aux soins spécialisés demeure limité. Le Président Diomaye Faye a salué cette initiative, soulignant son importance dans la prise en charge des populations et dans la prévention des crises sanitaires.
Cette annonce intervient dans le cadre de la tournée économique du Président de la République, qui se déroule du 20 au 25 décembre 2025 à travers plusieurs localités de la Casamance. Cette tournée vise à évaluer l’état d’avancement des projets structurants, à échanger avec les acteurs locaux et à identifier les priorités en matière de développement économique et social.
Avec la perspective de la construction d’un hôpital de niveau 4 à Goudomp, les autorités entendent franchir une nouvelle étape dans le renforcement du plateau médical régional, réduire les évacuations sanitaires vers les grandes villes et garantir un accès équitable à des soins spécialisés pour les populations du sud du pays. Une initiative qui s’inscrit pleinement dans la vision de transformation nationale portée par le nouveau régime.
Le feuilleton judiciaire autour de Soya Diagne connaît un nouveau rebondissement. Alors que le juge d’instruction avait ordonné, mercredi dernier, la mise en liberté provisoire du patron du site LeDakarois221, assortie d’un placement sous bracelet électronique, le procureur de la République près le tribunal de Dakar, Ibrahima Ndoye, a décidé de faire appel de cette décision. Une initiative qui suspend automatiquement l’exécution de l’ordonnance et maintient, de fait, Soya Diagne en détention.
Selon les informations rapportées par le journaliste Bachir Fofana, l’appel du parquet vise à contester l’appréciation du juge d’instruction, qui avait estimé que les conditions étaient réunies pour accorder une liberté provisoire sous surveillance électronique. En droit sénégalais, ce recours a un effet suspensif, ce qui signifie que la mesure de liberté provisoire ne peut être appliquée tant que la juridiction compétente n’a pas statué sur l’appel.
Pour rappel, Soya Diagne avait été inculpé et placé en détention dans le cadre d’un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions, notamment dans les milieux médiatiques et sur les réseaux sociaux. La décision initiale du juge d’instruction, favorable à une libération sous bracelet électronique, avait été perçue par certains comme un signal d’apaisement, voire une reconnaissance de garanties suffisantes de représentation et de contrôle judiciaire.
Cependant, en interjetant appel, le procureur de la République marque sa volonté de voir la situation réexaminée par la chambre d’accusation. Cette démarche traduit la position ferme du parquet, qui estime, à ce stade de la procédure, que les conditions d’une mise en liberté, même encadrée, ne sont pas réunies ou que les intérêts de l’enquête justifient le maintien en détention.
Du côté de la défense, cette évolution est vécue comme un nouveau coup dur. Les avocats de Soya Diagne espéraient voir leur client quitter la prison sous surveillance électronique, dans l’attente de la suite de la procédure. Ils pourraient désormais concentrer leurs efforts sur la contestation de l’appel du parquet et sur la démonstration que toutes les garanties légales sont réunies pour une liberté provisoire.
En attendant la décision de la juridiction d’appel, Soya Diagne reste donc incarcéré. L’affaire, suivie de près par l’opinion publique, relance une fois de plus le débat sur la détention provisoire, la liberté de la presse et l’équilibre entre les impératifs de la justice et les droits fondamentaux des personnes poursuivies.
Affaire à suivre.
La tension monte à l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), à travers sa section ARP, a annoncé le déclenchement d’une grève de 72 heures à compter de ce mardi. Le mot d’ordre est clair : obtenir un règlement définitif de la crise interne qui secoue la structure, avec en ligne de mire l’affaire dite Softcare, au cœur des préoccupations syndicales.
Joint sur les ondes de Sud FM, le secrétaire général de la section SAMES-ARP, le docteur Yankoba Coly, a fait savoir que cette cessation de travail constitue une réponse directe à ce qu’il considère comme un manque de transparence et de diligence des autorités face à un dossier jugé sensible. Selon lui, la reprise du travail reste conditionnée à l’ouverture d’une enquête approfondie et indépendante afin d’établir les faits et de situer clairement les responsabilités.
« Tant que les autorités ne viendront pas ici diligenter une enquête sérieuse, nous n’allons pas reprendre le travail », a martelé Dr Coly, précisant que la grève s’étendra sur trois jours, mardi, mercredi et vendredi, et qu’elle pourrait être reconduite si aucune avancée notable n’est enregistrée.
Le responsable syndical estime qu’une enquête exhaustive est indispensable pour faire toute la lumière sur l’affaire Softcare, qui continue d’alimenter les inquiétudes au sein du personnel de l’Agence. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement d’éclaircir des faits, mais aussi d’identifier l’ensemble des acteurs impliqués, de près ou de loin, afin que les responsabilités soient établies sans complaisance.
Dr Yankoba Coly a rappelé qu’une mission d’inspection du ministère de tutelle s’est déjà rendue à l’ARP pour évaluer la situation. Toutefois, il déplore l’absence de communication officielle sur les conclusions de cette mission, un silence que le syndicat considère comme préjudiciable au climat de confiance au sein de l’institution.
« Il faut aller au bout de l’enquête pour que toute la lumière soit faite et que les responsabilités soient clairement établies », a insisté le secrétaire général de la section SAMES-ARP, soulignant que les travailleurs refusent de reprendre leurs activités tant que la vérité n’aura pas été dite.
Cette grève intervient dans un contexte déjà tendu pour l’Agence de régulation pharmaceutique, dont le rôle est crucial dans le contrôle et la sécurité des produits pharmaceutiques au Sénégal. La mobilisation du personnel syndiqué pourrait ainsi avoir des répercussions sur le fonctionnement de la structure, alors que les regards sont désormais tournés vers les autorités, appelées à réagir pour désamorcer la crise.
Les forces de défense et de sécurité poursuivent leur offensive contre l’orpaillage clandestin dans l’est du Sénégal. Une nouvelle opération d’envergure a été menée avec succès dans la région de Kédougou, où les éléments du Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention numéro 2 (Garsi 2) ont procédé, le jeudi 19 décembre 2025, au démantèlement d’un site illégal d’exploitation aurifère dans le village de Gamba Gamba, situé dans le département de Saraya.
L’intervention, conduite entre 11 heures et 15 heures, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation des zones minières et de lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles. Selon des sources sécuritaires, l’opération a été déclenchée à la suite de renseignements faisant état d’activités d’orpaillage clandestin intenses dans cette localité frontalière, régulièrement confrontée à des flux incontrôlés de chercheurs d’or.
Sur le terrain, les éléments du Garsi 2 ont surpris plusieurs individus en pleine activité d’extraction aurifère. Au total, seize (16) personnes ont été interpellées pour leur implication présumée dans ces activités illégales. Les suspects, dont l’identité et la nationalité n’ont pas encore été officiellement précisées, devraient être présentés aux autorités judiciaires compétentes pour les besoins de l’enquête.
L’opération a également permis la saisie d’un important lot de matériel servant à l’exploitation clandestine de l’or. Les forces de sécurité ont récupéré dix (10) groupes électrogènes, dix (10) marteaux-piqueurs, neuf (09) tricycles communément appelés « piki paka », six (06) motos ainsi que sept (07) téléphones portables. Ce matériel, souvent introduit illégalement dans les zones aurifères, constitue l’ossature logistique des réseaux d’orpaillage clandestin.
Par ailleurs, quatre (04) machines lourdes utilisées pour l’exploitation aurifère ont été détruites sur place, conformément aux procédures en vigueur, afin d’empêcher toute reprise immédiate des activités illicites sur le site démantelé. Une mesure dissuasive qui témoigne de la fermeté des autorités face à un phénomène aux conséquences multiples.
L’orpaillage clandestin représente en effet une menace sérieuse, tant sur le plan environnemental que sécuritaire. Il entraîne la dégradation des sols, la pollution des cours d’eau par l’usage de substances toxiques, mais favorise également l’insécurité, les conflits communautaires et les circuits criminels transfrontaliers.
À travers cette nouvelle opération, les forces de défense et de sécurité réaffirment leur détermination à reprendre le contrôle des zones aurifères et à mettre fin aux pratiques illégales qui échappent à toute réglementation. Les autorités assurent que la surveillance sera renforcée dans la région de Kédougou, avec la poursuite d’opérations similaires pour préserver les ressources minières nationales et garantir la sécurité des populations riveraines.
La lutte contre les mines antipersonnel en Casamance se poursuit, avec des avancées notables mais un lourd héritage humain. À l’occasion de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à Dar Salam, dans la commune de Nyassia, le Centre national d’actions antimines au Sénégal (CNAMS) a dressé un état des lieux détaillé des opérations de déminage menées dans le sud du pays depuis le début du processus.
Face au chef de l’État, le directeur du CNAMS, Pape Maguette Diop, a révélé que 2 221 073 mètres carrés de terres ont été officiellement déminés à ce jour en Casamance. Ces opérations ont permis de localiser et de détruire 527 engins explosifs, neutralisant ainsi des menaces qui pesaient depuis des décennies sur les populations civiles, les agriculteurs et les communautés rurales.
Ces actions s’inscrivent dans le cadre des engagements internationaux du Sénégal, notamment la Convention d’Ottawa, qui interdit l’usage, le stockage et la production des mines antipersonnel. Le pays se positionne ainsi comme un acteur engagé dans la lutte mondiale contre ces armes, tout en poursuivant un travail de terrain complexe et à haut risque.
Au-delà des chiffres, le bilan humain reste particulièrement préoccupant. Selon le CNAMS, près de 870 victimes de mines ont été recensées en Casamance depuis le début du conflit. Parmi elles, 186 civils bénéficient actuellement d’une prise en charge directe par le CNAMS, tandis que les autres blessés sont suivis par les services de santé de l’Armée nationale. Ces victimes, souvent mutilées à vie, incarnent la tragédie silencieuse laissée par des années de conflit armé et de contamination des sols.
Conscient des dangers persistants, l’État a également mis l’accent sur la prévention. Le directeur du CNAMS a indiqué que des campagnes d’éducation aux risques liés aux engins explosifs ont été menées dans 296 localités de la région. À ce jour, 52 085 personnes ont été sensibilisées aux dangers des mines et des restes explosifs de guerre. Par ailleurs, 234 acteurs communautaires ont été formés afin de servir de relais de sécurité et d’alerte au sein de leurs localités respectives.
Pape Maguette Diop a rappelé que, malgré les progrès enregistrés, le chantier du déminage reste inachevé et nécessite un engagement financier et politique constant. Il a également souligné la poursuite du plaidoyer international du Sénégal en faveur d’un monde débarrassé des mines antipersonnel.
La visite du président Bassirou Diomaye Faye à Dar Salam revêt ainsi une forte portée symbolique. Elle traduit la volonté des nouvelles autorités de parachever le processus de déminage et de permettre à la Casamance de retrouver définitivement la sécurité, la libre exploitation de ses terres et les conditions d’un développement économique et social durable. Pour les populations locales, longtemps prisonnières de la peur et de l’incertitude, la fin des mines représente bien plus qu’un enjeu sécuritaire : elle est la clé d’un retour à une vie normale dans la « verte Casamance ».
En pleine tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a lancé un appel solennel et sans ambiguïté en faveur du retour définitif de la paix dans le sud du Sénégal. Ce dimanche matin, en visite à Dar Es Salam, dans la commune de Nyassia, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de consolider les acquis du processus de paix et d’y associer toutes les parties encore réticentes.
S’exprimant devant la maire de la commune, des autorités administratives et locales, ainsi que plusieurs membres du gouvernement, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que la stabilité demeure la condition essentielle du développement durable de la Casamance. « La paix vaut tous les sacrifices, elle vaut tous les efforts », a-t-il affirmé, soulignant que le développement économique, social et infrastructurel de la région ne saurait se faire durablement sans la fin totale des violences.
Face aux témoignages recueillis auprès des populations locales, marqués par des décennies de souffrances, de déplacements forcés et de traumatismes, le Président a directement interpellé les éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) encore en rébellion. Dans un ton à la fois ferme et conciliant, il a tendu la main aux combattants, les invitant à rejoindre la dynamique engagée par l’État avec certaines factions du mouvement.
« Je profite de cette prise de parole pour appeler tous mes frères et sœurs, pour ne pas dire mes cousins qui sont dans la rébellion, à rejoindre le processus de paix qui est engagé avec des factions avec lesquelles nous avons déjà des résultats encourageants », a déclaré Bassirou Diomaye Faye, réaffirmant sa volonté d’aboutir à une paix globale et inclusive.
Le chef de l’État a également insisté sur l’importance de la réconciliation nationale, au-delà du simple dépôt des armes. Selon lui, il est impératif de « travailler à la réconciliation des cœurs et des esprits », afin d’éviter que les divergences, politiques ou communautaires, ne dégénèrent à nouveau en conflits ouverts. Il a rappelé que les blessures laissées par des années de conflit armé sont profondes et nécessitent un effort collectif pour être refermées durablement.
Évoquant les lourds dégâts humains, psychologiques et matériels causés par cette crise prolongée, le Président a souligné l’urgence d’une paix définitive. « La Casamance a trop souffert, avec elle le Sénégal », a-t-il insisté, renouvelant son appel à ses « cousins, frères et sœurs » engagés dans la rébellion.
Bassirou Diomaye Faye a enfin assuré que l’État du Sénégal restera pleinement engagé pour accompagner toute volonté sincère de paix exprimée sur le terrain. Il a promis de répondre aux aspirations des populations casamançaises en faveur d’un désarmement total, mais aussi d’une réconciliation franche, durable et définitive, fondée sur la justice, la réparation et le développement inclusif de la région.
Réuni en congrès autour de la problématique cruciale des ressources humaines en santé, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) a tiré la sonnette d’alarme sur l’état du système sanitaire national. À travers des échanges sans détour, les responsables syndicaux ont mis en lumière un paradoxe qu’ils jugent inacceptable : alors que les structures de santé manquent cruellement de personnel qualifié, de nombreux jeunes professionnels formés peinent à être recrutés et sombrent dans la précarité.
Pour le docteur Mamadou Demba Ndour, secrétaire général national sortant du SAMES, la situation a atteint un seuil critique. Il s’est indigné du manque de cohérence des politiques publiques en matière de recrutement médical, dans un contexte où les hôpitaux et centres de santé souffrent d’un déficit aigu de médecins spécialistes, de pharmaciens et de chirurgiens-dentistes. Dans le même temps, a-t-il dénoncé, des centaines de jeunes diplômés issus des facultés et des Unités de Formation et de Recherche (UFR) de santé restent sans emploi ou contraints d’accepter des conditions de travail indignes.
Selon lui, l’État semble avoir renoncé à une politique ambitieuse de recrutement, laissant prospérer un système marqué par des contrats précaires, déséquilibrés et « déshumanisants ». Une situation qui, estime-t-il, porte atteinte non seulement à la dignité des professionnels de santé, mais également à la qualité des soins offerts aux populations.
Le SAMES voit dans cette incohérence structurelle l’une des principales causes de la fuite massive des cerveaux vers l’étranger. De nombreux praticiens, découragés par l’absence de perspectives et la dégradation des conditions de travail, choisissent l’exil professionnel, privant ainsi le pays de compétences pourtant chèrement formées et indispensables à la prise en charge sanitaire des Sénégalais.
Le congrès a également été l’occasion pour le syndicat de dresser un bilan sévère de ses relations avec le gouvernement. Malgré la signature du pacte de stabilité sociale à travers sa centrale, la CNTS, le SAMES estime que les engagements pris par les autorités n’ont pas été respectés. Une situation vécue comme une véritable trahison par les responsables syndicaux, qui affirment avoir fait preuve de responsabilité dans l’intérêt de la paix sociale.
Très remonté, le docteur Mamadou Demba Ndour a averti que cette rupture de confiance ne resterait pas sans conséquences. Il a clairement annoncé que l’année 2026 s’annonce comme une période de forte mobilisation syndicale. Selon lui, les revendications du secteur de la santé seront portées avec détermination sur le terrain si aucune réponse concrète n’est apportée aux préoccupations exprimées.
Dans cette dynamique, Diabel Dramé, secrétaire général adjoint sortant et candidat déclaré à la succession de Mamadou Demba Ndour, a esquissé les grandes orientations de ce qui pourrait être son mandat. Il a insisté sur l’urgence de combler le déficit de personnel médical dans les hôpitaux et centres de santé sur l’ensemble du territoire national, notamment dans les zones les plus enclavées.
S’exprimant sur les ondes d’iRadio, il a également mis l’accent sur un enjeu souvent relégué au second plan : la gestion des carrières et la mobilité des agents de santé. Pour lui, le recrutement ne saurait être une solution suffisante sans une politique cohérente de gestion des ressources humaines, garantissant équité, motivation et stabilité professionnelle.
À travers ce congrès, le SAMES entend ainsi replacer la question des ressources humaines au cœur des priorités nationales, avertissant que sans une réforme profonde et sincère, le système de santé sénégalais court le risque d’une crise plus grave encore, aux conséquences directes sur l’accès aux soins pour les populations.
En déplacement ce dimanche matin à Dar Es Salam Chérif, dans l’arrondissement de Niassya, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a posé un acte hautement symbolique en réaffirmant son engagement personnel en faveur d’une paix définitive en Casamance. Dans cette localité chargée d’histoire et de spiritualité, le chef de l’État a lancé un appel solennel aux groupes encore retranchés dans le maquis, les exhortant à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix en cours.
S’adressant directement à ses « cousins », dans un ton empreint de fraternité et de responsabilité, Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de tourner définitivement la page du conflit, après plus de quatre décennies de tensions armées. Il a souligné que le Sénégal est à un tournant décisif et que toutes les conditions sont désormais réunies pour parvenir à une réconciliation durable, fondée sur la confiance, le dialogue et le respect des engagements mutuels.
Le Président de la République a tenu à rassurer les populations et les acteurs du processus de paix sur la volonté ferme de l’État de respecter l’ensemble des engagements déjà pris. Il a réaffirmé que les autorités sénégalaises poursuivront sans relâche les efforts en vue de la signature d’accords de paix définitifs, permettant de garantir la stabilité, la sécurité et le retour à une vie normale pour les communautés longtemps éprouvées par le conflit.
Cette visite présidentielle a également été l’occasion pour les acteurs institutionnels impliqués dans la stabilisation de la Casamance d’exprimer leurs préoccupations. Le Comité national de gestion de l’action antimines au Sénégal (CNAMS) a ainsi attiré l’attention des autorités sur l’urgence de poursuivre les opérations de déminage humanitaire. Selon le comité, la sécurisation des zones encore contaminées par des engins explosifs demeure un préalable indispensable au retour des populations déplacées et à la reprise des activités économiques, notamment agricoles.
À ce titre, le CNAMS a appelé l’État à procéder rapidement au décaissement d’une enveloppe de 179 millions de francs CFA, jugée essentielle pour assurer la continuité des opérations de déminage. Un retard dans le financement pourrait, selon ses responsables, compromettre les progrès réalisés ces dernières années et exposer les populations civiles à des risques persistants.
Dans le même sillage, le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC) a plaidé pour le renforcement des actions inscrites dans le cadre du « Plan Diomaye ». Il a rappelé que ce programme constitue un pilier central de la stratégie gouvernementale visant à consolider la paix par le développement. Selon lui, la poursuite de ces initiatives est déterminante pour faciliter le retour progressif des déplacés dans leurs villages d’origine et pour accélérer la reconstruction des infrastructures sociales et économiques de la région.
À travers cette visite à Dar Es Salam Chérif, le Président Bassirou Diomaye Faye envoie un message clair : la paix en Casamance n’est plus un simple objectif politique, mais une priorité nationale qui repose à la fois sur le dialogue, la justice, la sécurité et le développement inclusif. Pour les populations du Sud, cet appel présidentiel ravive l’espoir d’un avenir apaisé après de longues années de souffrance et d’attente.
Les travaux de modernisation de l’Aéroport de Ziguinchor connaissent une avancée jugée satisfaisante par les autorités. En visite sur le chantier ce samedi, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé que l’infrastructure sera livrée d’ici la fin du mois d’avril 2026, mettant ainsi fin à une longue période d’attente pour les populations du sud du pays.
Au terme de sa visite, le chef de l’État s’est félicité de la reprise effective des travaux et du rythme soutenu observé sur le site. Selon lui, cette dynamique positive traduit la volonté des autorités de respecter les engagements pris en matière d’infrastructures stratégiques, en particulier dans les régions longtemps confrontées à des difficultés d’accessibilité. « Cette visite nous a permis de constater non seulement la reprise effective des travaux, mais surtout le rythme soutenu auquel ils avancent », a-t-il déclaré.
Pour garantir le respect des délais contractuels, l’État a mobilisé une enveloppe financière globale de 13 milliards de francs CFA. Le président a précisé qu’un montant de 7 milliards de francs CFA a déjà été injecté en 2025 à travers la loi de finances rectificative, tandis que les 6 milliards restants seront inscrits dans la loi de finances initiale de 2026. Ces ressources financières, a-t-il assuré, permettront à l’entreprise chargée de l’exécution du chantier de tenir son engagement de livrer l’ouvrage à la date annoncée.
Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur la nécessité de maintenir un haut niveau de qualité dans l’exécution des travaux. Il a appelé les entreprises impliquées à respecter scrupuleusement les normes techniques et à préserver la conception architecturale initialement prévue pour l’aéroport, soulignant l’importance de cette infrastructure pour l’image et le développement de la région.
À terme, la modernisation de l’Aéroport de Ziguinchor devra contribuer à améliorer significativement l’accessibilité aérienne de la Casamance. Le président a rappelé que ce projet s’inscrit dans le Programme national de desserte aérienne des régions, lui-même intégré à l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Cet agenda stratégique vise à renforcer la connectivité territoriale, réduire les inégalités régionales et stimuler le développement économique à l’échelle nationale.
Dans cette perspective, le chef de l’État a annoncé que des études sont actuellement en cours pour étendre ce programme de desserte aérienne à d’autres régions du pays, à partir des aéroports régionaux existants. Cette extension se fera, a-t-il précisé, en tenant compte des orientations et priorités définies par l’Agenda Sénégal 2050.
Enfin, Bassirou Diomaye Faye a rappelé que la région de Ziguinchor occupe une place centrale dans la politique nationale de territorialisation engagée depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuelle équipe dirigeante. Selon lui, la relance de projets structurants comme l’aéroport constitue un levier essentiel pour accompagner le retour durable de la paix, soutenir le tourisme, dynamiser les échanges économiques et répondre aux attentes des populations locales.
Moins d’un an après son lancement officiel, le programme spécial de relance de la Casamance, baptisé « Plan Diomaye », enregistre un taux d’exécution de 46 %, un niveau jugé encourageant par les autorités. Ce bilan d’étape a été présenté par le Directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), Ibba Sané, qui y voit les premiers signes tangibles d’un redémarrage progressif du sud du pays après des décennies de fragilités économiques et sociales.
Opérationnel depuis janvier 2025, le Plan Diomaye constitue l’un des piliers de la nouvelle stratégie gouvernementale en faveur de la Casamance. Doté d’une enveloppe globale de plus de 53 milliards de francs CFA, ce programme ambitieux vise principalement à consolider la paix par le retour sécurisé des populations déplacées et à relancer durablement le tissu économique local. Il s’inscrit dans une approche globale qui combine infrastructures sociales de base, réinstallation des communautés et stimulation des activités productives.
Sur le terrain, plusieurs réalisations concrètes commencent à émerger. Lors d’une récente tournée d’inspection dans différentes localités, Ibba Sané a pu constater l’état d’avancement de projets jugés prioritaires. À Djokado, un poste de santé a été entièrement érigé dans le cadre du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), renforçant ainsi l’accès aux soins pour des populations longtemps confrontées à l’éloignement des structures sanitaires. À Djigoudière, des habitations ont été construites grâce à l’appui de l’ONG internationale ICO, basée aux Émirats arabes unis, afin de faciliter le retour et la stabilisation des familles déplacées.
À Madié Diam, autre zone stratégique du programme, les travaux de mise en place des réseaux d’adduction d’eau sont en cours. Ces infrastructures hydrauliques sont considérées comme essentielles pour assurer la sédentarisation durable des populations, soutenir l’agriculture locale et améliorer les conditions de vie des communautés rurales. Selon l’ANRAC, ces projets structurants participent directement à la restauration de la confiance des populations envers l’État et ses institutions.
Au-delà des réalisations matérielles, le Plan Diomaye se distingue également par une rupture assumée dans la gouvernance de l’ANRAC. Pour la première fois depuis la création de l’agence, le Conseil de surveillance a quitté Dakar pour tenir sa cinquième session à Ziguinchor. Une décision symbolique forte, qui traduit la volonté des nouvelles autorités de rapprocher les instances de décision des réalités du terrain.
S’exprimant sur iRadio, Ibba Sané a expliqué cette démarche par la nécessité de permettre aux membres du Conseil de constater directement l’état d’avancement des projets. « Nous avons jugé nécessaire de délocaliser la tenue de cette importante activité pour permettre aux conseillers de descendre sur le terrain et de voir concrètement ce qui est réalisé », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’une gouvernance plus inclusive et ancrée localement.
Si le taux d’exécution de 46 % est considéré comme satisfaisant à ce stade, les autorités reconnaissent toutefois que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour accélérer la cadence. L’ANRAC assure que plusieurs projets sont en phase de finalisation et que les prochaines semaines devraient être marquées par une intensification des travaux, notamment dans les domaines de l’habitat, de l’hydraulique et de la relance des activités économiques.
À terme, le Plan Diomaye ambitionne de transformer durablement la Casamance, en faisant de la paix retrouvée un véritable levier de développement. Pour les autorités, il ne s’agit plus seulement de réparer les séquelles du conflit, mais de jeter les bases d’une croissance inclusive, capable de répondre aux attentes des populations longtemps éprouvées par l’isolement et la précarité.
La récente décision des autorités de baisser le prix du riz brisé continue de susciter des remous au sein des acteurs du commerce de proximité. L’Association des Boutiquiers Détaillants du Sénégal (ABDS) est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle considère comme une démarche unilatérale du ministère du Commerce, prise sans concertation avec les principaux concernés et porteuse de risques sérieux pour la survie économique des petites boutiques.
À l’origine de la colère, la tenue du Conseil national de la consommation, qui a entériné la nouvelle grille tarifaire du riz brisé, aliment de base pour des millions de Sénégalais. Si l’objectif affiché par l’État est de soulager le pouvoir d’achat des ménages, l’ABDS estime que la méthode employée fragilise dangereusement le maillon le plus vulnérable de la chaîne de distribution.
S’exprimant sur les ondes de iRadio, le président de l’ABDS, Aliou Ba, n’a pas caché son amertume. Il déplore l’exclusion de son organisation des discussions ayant conduit à la fixation des nouveaux prix. Selon lui, l’absence des représentants des boutiquiers lors de ce conseil constitue une erreur à la fois stratégique et démocratique. « Le ministre du Commerce a présidé récemment le Conseil national de la consommation sans inviter l’ABDS, qui est pourtant l’association la plus légitime et la plus représentative des boutiquiers au niveau national », a-t-il regretté.
Pour l’ABDS, cette mise à l’écart pose un problème de fond : comment appliquer efficacement une décision prise sans consulter ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre au quotidien ? Aliou Ba estime que fixer des prix de manière administrative, sans tenir compte des réalités du terrain, creuse un fossé entre les autorités et les commerçants. À ses yeux, cette approche risque d’entraîner des difficultés d’application, voire des résistances silencieuses sur les marchés.
Au-delà du problème de concertation, l’association met surtout en garde contre l’impact économique de la mesure sur les détaillants. La nouvelle grille tarifaire, selon elle, entraîne une réduction significative des marges bénéficiaires des boutiquiers, alors même que leurs charges ne cessent d’augmenter. Loyers, factures d’électricité, coûts de transport et frais d’approvisionnement pèsent de plus en plus lourdement sur ces petits commerçants, dont beaucoup peinent déjà à maintenir l’équilibre financier de leurs activités.
L’ABDS précise qu’elle n’est pas opposée au principe de stabilisation ou de baisse des prix des denrées de première nécessité. Au contraire, elle se dit consciente des difficultés que traversent les ménages sénégalais. Toutefois, Aliou Ba insiste sur le fait que cet effort ne doit pas se faire au détriment du commerce de proximité, qu’il juge en net recul ces dernières années. « On ne peut pas protéger le consommateur en sacrifiant le boutiquier », résume-t-il en substance.
Selon l’association, la disparition progressive des petites boutiques de quartier aurait des conséquences sociales et économiques lourdes, notamment dans les zones périphériques et rurales où ces commerces constituent souvent le principal point d’accès aux produits de première nécessité. Elle redoute que des décisions répétées, prises sans dialogue, accélèrent la faillite de nombreux détaillants.
Face à cette situation, l’ABDS appelle les autorités à instaurer une concertation réelle, inclusive et permanente avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution. Elle plaide pour une révision de la méthode de fixation des prix, afin qu’elle tienne compte non seulement du pouvoir d’achat des consommateurs, mais aussi des charges et des contraintes auxquelles font face les boutiquiers.
À défaut d’un dialogue franc et constructif, l’association avertit que l’efficacité des mesures de baisse des prix pourrait être compromise sur le terrain, confrontée aux dures réalités économiques du commerce de quartier. Pour les boutiquiers, l’enjeu est clair : préserver à la fois l’accessibilité des produits pour les consommateurs et la survie d’un secteur qui demeure un pilier de l’économie locale.
À l’occasion du séjour du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en Casamance, le défenseur des droits humains Seydi Gassama a lancé un plaidoyer appuyé en faveur d’une prise en charge plus ambitieuse et structurée des défis économiques et sociaux auxquels la région demeure confrontée. Dans une interpellation directe mais constructive, il a mis en lumière plusieurs urgences qu’il estime incontournables pour sortir durablement la Casamance de la marginalisation.
Au premier rang de ses préoccupations figure la reconstruction du pont Émile Badiane, infrastructure emblématique et stratégique reliant la région au reste du pays. Pour Seydi Gassama, l’état de dégradation avancée de cet ouvrage constitue un véritable goulot d’étranglement pour la mobilité des personnes et la circulation des biens. Il souligne que ce pont, au-delà de sa dimension symbolique, est vital pour le désenclavement économique de la Casamance. Son mauvais état pénalise lourdement les échanges commerciaux, renchérit les coûts de transport et freine l’intégration de la région aux circuits économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, sa reconstruction ne relève plus d’un simple projet d’infrastructure, mais d’une urgence nationale.
Le défenseur des droits humains s’est également longuement attardé sur le paradoxe agricole de la Casamance, région reconnue pour la fertilité de ses terres et l’abondance de sa production fruitière. Chaque année, déplore-t-il, des centaines de milliers de tonnes de mangues, d’oranges et d’autres fruits sont perdues faute d’infrastructures de conservation, de chaînes de froid et d’unités de transformation industrielle. Cette situation, qualifiée de véritable gaspillage économique, prive les producteurs de revenus substantiels et empêche la création d’emplois locaux, notamment pour les jeunes et les femmes. Seydi Gassama estime que des investissements ciblés dans l’agro-industrie pourraient transformer cette richesse naturelle en moteur de croissance durable pour la région.
Autre secteur jugé largement sous-exploité : le tourisme. Malgré le retour durable de la paix et la fin progressive des tensions qui ont longtemps affecté la Casamance, le potentiel touristique de la région reste, selon lui, en deçà de ses capacités réelles. Plages, forêts, fleuve Casamance, patrimoine culturel et hospitalité des populations constituent pourtant des atouts majeurs. Seydi Gassama regrette l’absence d’une politique de promotion touristique cohérente et offensive, capable d’attirer investisseurs et visiteurs, tant nationaux qu’internationaux.
Dans cette perspective, il invite les autorités sénégalaises à s’inspirer d’exemples africains probants tels que le Rwanda, le Kenya ou encore l’Afrique du Sud, qui ont su faire du tourisme un levier stratégique de développement économique, de création d’emplois et de valorisation de leur image à l’international.
À travers cette interpellation adressée au Chef de l’État, Seydi Gassama plaide pour que la Casamance devienne une priorité stratégique du développement national. Il appelle à une approche globale et intégrée, articulant infrastructures modernes, valorisation agricole et relance touristique. Selon lui, seule une telle vision permettra de répondre durablement aux attentes des populations locales et de libérer tout le potentiel économique d’une région longtemps reléguée au second plan, mais porteuse d’immenses opportunités pour le Sénégal.
Les marchands ambulants et tabliers de Dakar sont de nouveau montés au créneau. Réunis au sein du Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands Ambulants du Sénégal (CDIMAS), ils ont organisé, ce vendredi 19 décembre 2025, une grande marche pacifique à Keur Massar pour dénoncer les opérations de déguerpissement qu’ils jugent brutales et sans solutions alternatives durables.
Venus de plusieurs quartiers de la capitale, des centaines de manifestants se sont rassemblés au terrain Yékini, vêtus de foulards rouges et munis de pancartes aux messages évocateurs : « Je suis Sénégalais », « Ramass bi dafa doy (stop aux rafles) », « Non à la dictature » ou encore « Liguey laniou beugue (nous voulons travailler) ». Dans une ambiance à la fois revendicative et déterminée, les marchands ont réaffirmé leur volonté de continuer à vivre et travailler dignement au Sénégal.
Prenant la parole au nom du collectif, Diarra Ndao a exposé les principales doléances des manifestants. Le CDIMAS exige notamment « l’arrêt immédiat des déguerpissements accélérés », l’ouverture de cadres de concertation et de négociation avec l’ensemble des organisations professionnelles du secteur, ainsi que « la recherche de solutions durables et consensuelles pour l’organisation de l’activité des marchands ambulants et tabliers, avant que la situation ne devienne irréversible ».
Le collectif sollicite également une audience auprès du Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, afin de lui soumettre « un mémorandum bien détaillé pour la bonne marche du pays ». Dans le même temps, les marchands réclament la mise à disposition, dans les plus brefs délais, des 13 hectares que le gouvernement leur avait promis pour leur recasement.
Alertant sur les conséquences sociales des déguerpissements, le CDIMAS affirme que « des milliers de familles sont aujourd’hui plongées dans la précarité ». Parmi les impacts évoqués figurent la perte totale des revenus quotidiens, les difficultés d’accès aux soins de santé, l’impossibilité de subvenir régulièrement aux besoins alimentaires, les obstacles à la scolarisation des enfants, ainsi que la fragilisation du tissu social et familial.
De son côté, Dame Badiane, président du collectif, a lancé un avertissement aux autorités. Il a rappelé que c’est la troisième fois que les marchands interpellent le gouvernement, précisant que cette marche constitue un « plan B ». « Le plan C sera dévoilé le moment venu », a-t-il prévenu, sans donner davantage de détails.
Encadrée par la gendarmerie, avec le déploiement de deux fourgonnettes et de deux véhicules, la manifestation s’est déroulée sans incident majeur et a pris fin aux environs de 17 heures.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé au Palais de la République la cérémonie solennelle de réception des dignitaires décorés au titre de l’année 2025. L’événement s’est tenu en présence du président de l’Assemblée nationale, du Premier ministre ainsi que de l’ensemble des membres du Gouvernement, selon un communiqué de la Présidence du Sénégal.
À travers l’Ordre national du Lion et l’Ordre du Mérite, la Nation sénégalaise a rendu hommage à des femmes et des hommes dont les parcours professionnels et citoyens forcent le respect. Ces distinctions viennent consacrer des trajectoires marquées par le sens élevé du devoir, la loyauté envers les institutions de la République, l’intégrité morale et un engagement constant au service de l’État et du bien commun.
Dans une atmosphère empreinte de solennité, cette cérémonie a mis en lumière des profils issus de divers horizons, tous unis par la même exigence d’exemplarité et de dévouement. Pour la Présidence, il s’agit de reconnaître publiquement la valeur du travail bien accompli et de rappeler que le mérite demeure un principe fondamental de l’action publique.
La Présidence de la République souligne par ailleurs que cette rencontre a constitué un moment fort de réaffirmation des valeurs républicaines. Elle a rappelé que l’éthique, la responsabilité et la reconnaissance du mérite sont les piliers sur lesquels repose une République forte, digne et résolument tournée vers l’avenir.
Dans le cadre de sa tournée économique en Casamance, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est attendu à Ziguinchor pour une étape qui s’annonce particulièrement marquante. Selon le journaliste Madiambal Diagne, le chef de l’État prévoit une visite auprès de la mère du leader politique Ousmane Sonko, un geste fort qui devrait retenir l’attention de l’opinion publique nationale.
Cette rencontre, à haute portée symbolique, s’inscrit dans un contexte politique et social où les signaux d’apaisement, de dialogue et de rapprochement occupent une place centrale dans l’action du nouveau pouvoir. En rendant visite à la mère d’Ousmane Sonko, figure emblématique de la scène politique sénégalaise et originaire de la Casamance, le président Diomaye Faye entend poser un acte de considération humaine et politique, au-delà des clivages et des tensions passées.
La tournée économique du chef de l’État en Casamance a pour objectif principal d’évaluer l’état d’avancement des projets structurants, d’identifier les besoins prioritaires des populations et d’apporter des réponses concrètes aux défis de développement local. Agriculture, pêche, infrastructures, emploi des jeunes et autonomisation des femmes figurent parmi les secteurs clés qui seront au cœur des échanges avec les autorités locales, les acteurs économiques et les communautés de base.
À Ziguinchor, cette visite revêt également une dimension particulière en raison du rôle historique et stratégique de la région dans l’équilibre national. Longtemps confrontée à des difficultés économiques et à des enjeux de paix durable, la Casamance demeure une priorité pour les nouvelles autorités, qui affichent leur volonté de bâtir un développement inclusif et équitable.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé, mardi 16 décembre 2025 au soir, son souhait de voir un jour le Premier ministre, Ousmane Sonko, lui succéder à la tête de l’État. Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre tenue au Palais présidentiel avec les pupilles de la Nation, composés notamment d’enfants de victimes de catastrophes ainsi que de militaires et paramilitaires décédés en mission.
Dans une atmosphère empreinte de solennité et de pédagogie, le chef de l’État a tenu à rappeler aux jeunes visiteurs que le Palais présidentiel n’est pas un lieu réservé à une élite, mais un bien commun appartenant à tous les Sénégalais. « C’est notre palais à nous tous », a-t-il affirmé d’emblée, insistant sur le caractère républicain et accessible des institutions de la République.
Bassirou Diomaye Faye a ensuite souligné la nature temporaire de la fonction présidentielle, évoquant la continuité démocratique qui a marqué l’histoire politique du Sénégal. Il a cité ses prédécesseurs, Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, pour illustrer l’alternance au sommet de l’État. « Le président n’est là que pour une période. Aujourd’hui, je suis là. Demain, ce sera peut-être Ousmane Sonko, je prie pour cela », a-t-il déclaré, en présence du Premier ministre, suscitant une vive attention parmi l’assistance.
Cette prise de parole, relayée à travers une courte vidéo d’environ deux minutes publiée sur la page Facebook de la Présidence de la République, a également été l’occasion pour le chef de l’État d’adresser un message d’encouragement aux enfants. Il les a exhortés à s’investir pleinement dans le travail et les études, qu’il a présentés comme le « secret de la réussite », les invitant à croire en leurs capacités et en leur avenir.
La visite des pupilles de la Nation s’inscrit dans le cadre d’une initiative portée par la Présidence de la République, visant à ouvrir deux fois par semaine les portes du Palais présidentiel aux écoliers. À travers ces rencontres, les autorités entendent instaurer des échanges simples, chaleureux et sincères avec les enfants, dans l’objectif de marquer durablement leur imaginaire, de renforcer leur confiance en l’avenir et de les rapprocher des valeurs républicaines et citoyennes.
Par cette démarche, le président Bassirou Diomaye Faye affirme sa volonté de rendre les institutions plus accessibles et de transmettre aux jeunes générations le sens de l’engagement, du travail et de la responsabilité, tout en inscrivant son action dans une vision de continuité démocratique et de préparation de l’avenir du pays.
Le président du parti PASTEF-les Patriotes, Ousmane Sonko, a signé ce 15 décembre 2025 une instruction majeure destinée à l’ensemble des structures, responsables et militants du parti. À travers l’Instruction n°01/PASTEF/PR/2025, le leader des Patriotes entend engager le parti dans une nouvelle phase de consolidation organisationnelle, de massification militante et d’ancrage citoyen, dans un contexte marqué par la mise en œuvre du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.
Dans son adresse, Ousmane Sonko revient d’abord sur le grand rassemblement du 8 novembre 2025, qu’il qualifie de moment historique. Selon lui, cette mobilisation populaire a confirmé l’attachement profond des Sénégalais au projet politique de PASTEF et rappelle la lourde responsabilité qui incombe désormais au parti. Pour le président de PASTEF, l’heure n’est plus seulement à la conquête du pouvoir, mais à l’exemplarité, à la discipline et à l’enracinement durable au sein des populations.
Dans cette dynamique, le président du parti affirme que PASTEF doit rester le parti politique le plus structuré, le plus vivant et le plus proche des citoyens, fidèle aux idéaux de justice, d’éthique et de transformation qui ont fondé son combat. L’instruction engage ainsi toutes les structures du parti, au Sénégal comme dans la diaspora, à s’inscrire dans une mobilisation politique, sociale et citoyenne permanente.
Parmi les priorités fixées figure la massification du parti. Ousmane Sonko assigne à PASTEF l’objectif ambitieux d’atteindre un million de militants identifiés et actifs d’ici fin 2026. Cette dynamique devra s’appuyer sur une base de données militante fiable et régulièrement mise à jour, ainsi que sur des campagnes d’adhésion organisées dans toutes les communes, les universités, les lieux de travail et les pays de la diaspora. À cet effet, la reprise officielle du placement et de la vente des cartes de membre est annoncée pour janvier 2026, sous la supervision de la Commission nationale compétente.
Le renforcement de la structuration de proximité constitue un autre pilier central de l’instruction. Le président de PASTEF insiste sur le rôle stratégique des cellules, appelées à devenir le cœur battant du parti. L’objectif est de créer ou de redynamiser 10 000 cellules fonctionnelles à travers les 46 départements, les 557 communes et la diaspora. Ces cellules devront être à la fois des espaces d’éducation politique, de participation citoyenne, de solidarité, d’actions sociales et de mobilisation permanente à l’écoute des populations.
Sur le plan interne, Ousmane Sonko met également l’accent sur la redynamisation organique et la cohésion du parti. Il appelle à la tenue régulière des réunions statutaires, à l’élaboration de plans d’action trimestriels et à la production obligatoire de rapports mensuels d’activités. Toutes les coordinations, sections et structures nationales, y compris celles de la diaspora, sont invitées à relancer pleinement leurs activités. Les mouvements nationaux, notamment ceux des jeunes, des femmes, des enseignants, des aînés, des cadres, des artisans, des daaras et des personnes vivant avec un handicap, devront être dynamisés dans le strict respect de leurs règlements intérieurs et de la discipline du parti.
Au-delà de l’organisation politique, le président de PASTEF rappelle que le parti est aussi une force sociale et citoyenne. Dans cet esprit, chaque structure est appelée à mener régulièrement des actions concrètes au service des populations. Il s’agit notamment d’initiatives en faveur de la santé publique, de la solidarité, de la protection de l’environnement, de l’amélioration du cadre de vie, de la promotion de l’éthique publique et de la lutte contre la corruption. La solidarité sociale, l’accompagnement des familles vulnérables, le soutien scolaire bénévole et le mentorat figurent également parmi les axes jugés essentiels pour renforcer l’ancrage populaire du parti.
La sensibilisation politique de proximité occupe une place importante dans cette instruction. Ousmane Sonko invite les militants à intensifier les causeries communautaires, les cercles de dialogue et les panels populaires, mais aussi à instaurer un porte-à-porte hebdomadaire. L’objectif est double : expliquer les réformes engagées dans le cadre de la transformation nationale et recueillir directement les préoccupations des citoyens.
Le président du parti insiste par ailleurs sur la responsabilité particulière des députés, élus locaux, cadres et membres du Conseil national. Ces derniers sont appelés à être présents aux côtés de la base militante, à accompagner les structures locales, à participer activement aux actions citoyennes et à faire preuve de disponibilité, d’humilité et de solidarité. Pour Ousmane Sonko, la cohésion entre dirigeants, élus et militants constitue une condition essentielle de la réussite politique et sociale de PASTEF.
Enfin, l’instruction prévoit un dispositif rigoureux de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation. Les coordinations et sections sont invitées à élaborer sans délai des plans d’action départementaux et communaux, à établir un calendrier d’activités et à transmettre des rapports mensuels. Un mécanisme spécial de suivi-évaluation est mis en place au sein du cabinet du président du parti, tandis que des missions de supervision seront déployées sous la responsabilité du Secrétariat général.
En conclusion, Ousmane Sonko appelle l’ensemble des patriotes à redoubler d’engagement, de discipline et de proximité avec les populations. Pour lui, la transformation nationale ne peut réussir que si le parti reste mobilisé, structuré, solidaire et profondément enraciné dans le vécu quotidien des Sénégalais. Il exhorte chaque structure et chaque militant à s’approprier pleinement cette instruction, qu’il érige désormais en priorité stratégique du parti.
Face aux appels au boycott visant la tournée économique que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’apprête à effectuer dans le Sud du pays, le directeur de cabinet du chef de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro, est monté au créneau pour apporter des clarifications et désamorcer les tensions. Intervenant sur les ondes de la RFM, il a tenu à réaffirmer la portée essentiellement économique et institutionnelle de cette visite présidentielle, prévue du 20 au 25 décembre 2025 en Casamance.
Selon Ousmane Abdoulaye Barro, cette tournée s’inscrit pleinement dans la dynamique de gouvernance de proximité voulue par le chef de l’État et dans la mise en œuvre progressive de la Vision Sénégal 2050. Le Président Diomaye Faye, a-t-il expliqué, ira à la rencontre des populations et surtout sur le terrain pour constater l’état d’avancement de projets structurants, visiter des chantiers en cours de réalisation et évaluer l’impact d’infrastructures déjà livrées. Pour le directeur de cabinet, il est essentiel de recentrer le débat sur la finalité première de ce déplacement présidentiel. « Le cœur de cette tournée, c’est l’économie », a-t-il insisté, soulignant que l’objectif est avant tout de répondre aux préoccupations concrètes des populations du Sud en matière de développement, d’investissements et d’opportunités économiques.
Abordant la question des tensions et des divergences au sommet de l’État, Ousmane Abdoulaye Barro n’a pas cherché à les minimiser. Il a reconnu l’existence de désaccords entre le président de la République et son Premier ministre, tout en appelant à une lecture apaisée et responsable de la situation. Selon lui, les divergences d’opinions sont inhérentes à toute vie politique et peuvent même, lorsqu’elles sont bien gérées, contribuer à enrichir le débat public et à améliorer la prise en charge des attentes des citoyens, notamment celles des populations du Sud.
Le directeur de cabinet a toutefois admis le caractère délicat, voire prématuré, de ces dissensions. « C’est inquiétant », a-t-il concédé, estimant que ces divergences apparaissent trop tôt, au sein d’une formation politique et d’une coalition qui ont mené un long combat pour accéder au pouvoir. Il a rappelé que le régime actuel n’a pas encore un an d’exercice, jugeant donc nécessaire de préserver la cohésion et la stabilité afin de se concentrer sur les urgences économiques et sociales du pays.
S’adressant plus particulièrement aux militants et sympathisants de Pastef, Ousmane Abdoulaye Barro a tenu à se montrer rassurant. Il a expliqué que la divergence évoquée publiquement par le Premier ministre porte essentiellement sur des questions d’orientation et de gouvernance interne de la coalition « Diomaye Président ». À ce sujet, il a révélé qu’un processus de réflexion et de réorganisation est actuellement en cours afin de clarifier les rôles, de renforcer la cohésion et d’assurer une meilleure articulation entre les différentes composantes de la majorité présidentielle. Se disant confiant, il a affirmé être optimiste quant à l’issue de ce travail, qu’il estime nécessaire pour consolider les bases politiques du pouvoir en place.
En toile de fond, le directeur de cabinet a appelé à ne pas instrumentaliser la tournée présidentielle à des fins politiques. Pour lui, les enjeux de développement de la Casamance, région longtemps confrontée à des défis économiques et sociaux spécifiques, doivent transcender les querelles internes et les considérations partisanes. Il a ainsi invité l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité, afin que cette tournée soit un moment d’écoute, de dialogue et d’impulsion économique au bénéfice des populations locales.
Prévue du 20 au 25 décembre 2025, la tournée économique du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance se veut donc, selon la Présidence, un acte fort de gouvernance de proximité et un signal politique en faveur du développement territorial équilibré. Malgré les tensions actuelles, le chef de l’État entend maintenir le cap, convaincu que l’économie et le bien-être des populations doivent rester au-dessus des divergences politiques.
Le ministère de la Justice est sorti de sa réserve ce lundi 15 décembre 2025 pour apporter des éclaircissements à la suite des déclarations jugées « polémique » de l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, relatives à une affaire impliquant deux ressortissants sénégalais poursuivis pour des faits présumés de corruption et de détournement de deniers publics.
Dans un communiqué officiel, la Chancellerie sénégalaise tient d’abord à rappeler le cadre strictement judiciaire dans lequel s’inscrivent les échanges entre Dakar et Paris. Le ministère indique en effet que le ministère français de la Justice a récemment adressé un courrier aux autorités judiciaires sénégalaises, sollicitant la transmission d’informations déjà versées au dossier et qui avaient, précise-t-il, « dûment été communiquées par le magistrat en charge de la procédure ».
Par souci de respect des accords de coopération judiciaire liant le Sénégal et la France, les autorités judiciaires sénégalaises se disent disposées à transmettre à nouveau les éléments demandés, bien que ces informations aient déjà été officiellement communiquées dans les formes requises. Le ministère de la Justice souligne que cette démarche s’inscrit pleinement dans le cadre des engagements internationaux librement consentis par les deux États et ne traduit en aucun cas une volonté de créer une tension diplomatique.
Toutefois, la Chancellerie sénégalaise a tenu à lever toute ambiguïté concernant certaines interprétations relayées dans l’espace public. Elle précise qu’il ne saurait être question de pressions exercées sur la justice française. Il s’agit, selon le communiqué, de « l’exercice légitime par un État souverain du principe de réciprocité dans ses relations judiciaires internationales », un principe reconnu et appliqué dans les coopérations entre États liés par des conventions judiciaires.
Le ministère de la Justice se montre en revanche plus critique sur la posture adoptée par l’ambassadrice de France. Il estime que certaines de ses déclarations tendant à relativiser la gravité des faits reprochés aux deux ressortissants sénégalais concernés pourraient être perçues comme « un jugement de valeur regrettable ». Pour les autorités sénégalaises, les accusations de corruption et de détournement de fonds publics constituent des infractions d’une extrême gravité, tant au regard du droit pénal que des principes de bonne gouvernance.
Selon la Chancellerie, une telle prise de position est susceptible de remettre en cause les principes universels de transparence, de redevabilité et de lutte contre l’impunité, auxquels le Sénégal affirme être profondément attaché. Elle pourrait également être interprétée comme une forme d’ingérence dans une affaire que les autorités sénégalaises considèrent comme d’une importance majeure pour l’État et pour la crédibilité de son système judiciaire.
À travers ce communiqué, le ministère de la Justice réaffirme ainsi sa détermination à défendre l’indépendance de la justice sénégalaise, tout en maintenant une coopération judiciaire fondée sur le respect mutuel, la souveraineté des États et l’égalité de traitement dans la lutte contre la criminalité financière. Cette mise au point vise aussi à rassurer l’opinion publique nationale sur la fermeté des autorités face aux infractions économiques, quel que soit le pays où se trouvent les personnes mises en cause.
Le projet de loi de finances initiale pour l’année 2026, adopté récemment à la majorité par les députés, consacre une augmentation significative des crédits alloués aux Charges non réparties (CNR), un ensemble de dépenses stratégiques gérées par le ministère des Finances et du Budget. Conformément aux dispositions de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF), ces charges sont considérées comme essentielles au fonctionnement de l’État et à la mise en œuvre de ses grandes priorités économiques et sociales.
Pour l’exercice 2026, les Crédits de paiement destinés aux Charges non réparties enregistrent une progression de 15 953 070 665 FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 3,4 % par rapport à 2025. Cette évolution traduit la volonté du gouvernement de renforcer les moyens consacrés à des dépenses transversales qui ne peuvent être imputées directement aux budgets sectoriels, mais qui jouent un rôle central dans l’effort global de développement.
La dotation globale des Charges non réparties s’élève ainsi à 902 466 378 554 FCFA en Autorisations d’engagement et à 487 943 504 598 FCFA en Crédits de paiement. Ces ressources servent à financer des interventions d’envergure, allant du fonctionnement de l’appareil budgétaire de l’État aux investissements structurants, en passant par le soutien opérationnel aux différents départements ministériels.
Sur le volet du fonctionnement, les Charges non réparties couvrent notamment la mise en œuvre des réformes budgétaires, le paiement des agences de notation financière, la préparation et l’exécution du budget de l’État ainsi que le suivi des opérations financières majeures. Ces dépenses, bien que souvent peu visibles, sont jugées indispensables à la crédibilité financière du pays et à la bonne gouvernance des finances publiques.
La composante investissement constitue toutefois le principal moteur de la hausse observée en 2026. Les investissements exécutés par l’État dans le cadre des Charges non réparties connaissent une évolution remarquable, estimée à plus de 251 milliards de FCFA. Cette enveloppe est principalement orientée vers le paiement des impôts et taxes liés aux marchés publics financés sur ressources extérieures, ainsi que vers la réalisation de projets d’infrastructures majeurs. Il s’agit notamment des chantiers inscrits dans le cadre de l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN), deux événements d’envergure internationale pour lesquels le Sénégal s’est engagé à livrer des infrastructures aux standards requis.
Les Charges non réparties assurent également un rôle de soutien direct aux ministères à travers la prise en charge de certaines dépenses permanentes de l’administration, comme l’eau et l’électricité, la constitution de réserves de gestion pour le fonctionnement et l’investissement, ainsi que des provisions destinées à couvrir les risques budgétaires. C’est également à ce niveau que sont inscrites les provisions relatives aux garanties et avals accordés par l’État.
Malgré cette hausse globale, certaines lignes de dépenses ont connu une rationalisation. Les dépenses de personnel ont été revues à la baisse grâce à une meilleure programmation, tandis que certains crédits, à l’image de ceux dédiés à la modernisation de la gestion des finances publiques, n’ont pas été renouvelés, les autorités estimant qu’ils sont désormais mieux ciblés et intégrés dans d’autres programmes.
Dans un souci de transparence et de lisibilité budgétaire, un effort de relocalisation des dépenses a également été entrepris. Des structures telles que la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ont vu leurs crédits transférés à la Présidence de la République. Cette démarche vise à clarifier la présentation des finances publiques et à renforcer le suivi des dépenses transversales.
Face aux interrogations exprimées par plusieurs députés sur les critères d’allocation et d’utilisation des dépenses communes, le ministre des Finances et du Budget s’est engagé à transmettre au Parlement un document détaillé afin de faciliter le contrôle et l’évaluation de ces crédits. Un engagement destiné à rassurer sur la gouvernance des Charges non réparties, souvent perçues comme un poste budgétaire sensible.
En dépit de ces débats, l’Assemblée nationale a finalement adopté la dotation des Charges non réparties pour l’année 2026. Ce vote valide une orientation budgétaire résolument tournée vers le soutien aux investissements structurants, la préparation des grands événements internationaux et la consolidation des fonctions transversales de l’État, dans un contexte économique et financier marqué par de fortes contraintes.
Les signaux d’alerte autour de la dette publique sénégalaise deviennent de plus en plus visibles sur les marchés financiers internationaux. Selon plusieurs sources du secteur financier citées par l’agence Reuters, des prêts commerciaux à court terme contractés par l’État du Sénégal sont actuellement proposés à des niveaux de décote rarement observés, traduisant une inquiétude croissante quant à la capacité du pays à honorer ses engagements financiers à court et moyen termes.
D’après ces sources, certains prêts libellés en euros, arrivant à échéance dès le mois de février prochain, s’échangent à des prix inférieurs ou égaux à 80 centimes pour un euro. Une situation jugée particulièrement préoccupante par les analystes, d’autant plus que ces instruments financiers sont de très courte maturité. En temps normal, des prêts de ce type, proches de l’échéance, conservent une valeur élevée, sauf en cas de risque sérieux de défaut ou de restructuration. Deux sources citées par Reuters soulignent qu’il est exceptionnel que des prêts commerciaux à court terme soient cédés à des niveaux aussi bas, ce qui reflète une perte manifeste de confiance des investisseurs.
Cette défiance intervient dans un contexte déjà fortement dégradé des finances publiques sénégalaises. Le pays est plongé dans une crise de la dette depuis la révélation de plus de 11 milliards de dollars d’engagements financiers non déclarés par l’administration précédente. Cette découverte a provoqué une révision brutale des indicateurs macroéconomiques, propulsant le ratio dette/PIB à plus de 119 %, un niveau largement considéré comme critique par les institutions financières internationales et les marchés. En réaction, le Fonds monétaire international avait suspendu, l’an dernier, son programme de financement de 1,8 milliard de dollars destiné au Sénégal, privant ainsi l’État d’un soutien multilatéral crucial.
Privé de cet appui du FMI, le gouvernement sénégalais s’est retrouvé contraint de recourir davantage aux emprunts commerciaux et à la dette intérieure pour couvrir ses besoins de financement. Une stratégie qui, si elle permet de répondre aux urgences budgétaires, expose le pays à des conditions de financement plus coûteuses et à une vulnérabilité accrue face aux marchés. Pour de nombreux investisseurs et analystes, l’absence prolongée d’un programme actif avec le FMI alimente désormais l’hypothèse d’une restructuration de la dette, au moins partielle, afin de rétablir la soutenabilité des finances publiques.
Des discussions sont certes en cours avec l’institution de Bretton Woods pour la mise en place d’un nouveau programme d’assistance, mais les négociations semblent traîner en longueur. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a récemment reconnu que le FMI plaide pour une restructuration partielle de certaines dettes, une option qu’il a publiquement qualifiée de « disgrâce » pour le Sénégal. Cette divergence de positions nourrit l’incertitude et contribue à la nervosité des marchés.
Interrogé par Reuters sur les conditions de négociation et de valorisation des prêts concernés, le ministère sénégalais des Finances a rejeté ces informations, les qualifiant d’inexactes. Toutefois, plusieurs sources proches du dossier indiquent qu’elles n’envisagent pas, à ce stade, de se positionner sur ces actifs, jugés trop risqués. Reuters précise par ailleurs n’avoir pas été en mesure de confirmer si des offres fermes avaient été formulées par d’autres investisseurs, ce qui renforce l’idée d’un marché hésitant et prudent.
La dégradation du sentiment des investisseurs se reflète également sur le marché des obligations internationales du Sénégal. Ces dernières semaines, les titres souverains ont atteint des niveaux historiquement bas. Les obligations libellées en euros arrivant à échéance en 2028 se négocient autour de 70 centimes pour un euro, tandis que celles en dollars et en euros échéant en 2031 et au-delà oscillent entre 54 et 61 centimes, selon les données de la plateforme Tradeweb. Ces niveaux sont largement inférieurs au seuil de 70 centimes, généralement considéré par les marchés comme un indicateur de dette en situation de détresse.
Selon deux sources citées, les prêts actuellement sous pression auraient été initialement structurés par la banque Standard Chartered, sans qu’il soit possible d’identifier clairement les détenteurs actuels de ces créances. L’établissement bancaire, présent de longue date au Sénégal, a décliné tout commentaire. Pour rappel, Standard Chartered a participé au financement de plusieurs projets structurants dans le pays, notamment le stade olympique de Diamniadio et des infrastructures liées au nouveau port de Ndayane.
À cette situation déjà tendue s’ajoute un calendrier de remboursement particulièrement lourd. D’après des documents publics, le Sénégal devra honorer en 2026 des remboursements de dette commerciale s’élevant à 1 017,56 milliards de francs CFA, soit environ 1,8 milliard de dollars, au profit de créanciers internationaux. Un volume de paiements qui accentue la pression sur un État aux marges budgétaires réduites et dont la crédibilité financière est aujourd’hui sérieusement mise à l’épreuve.
Dans ce contexte, la manière dont les autorités sénégalaises parviendront à restaurer la confiance des partenaires financiers, à clarifier la situation réelle de la dette et à conclure un accord crédible avec le FMI sera déterminante pour éviter une aggravation de la crise et un scénario de restructuration subi. Pour l’heure, les marchés semblent déjà avoir tranché : la dette sénégalaise est entrée dans une zone de turbulences majeures.
La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, a réaffirmé ce jeudi 11 décembre son ambition de « réconcilier la Justice avec le peuple », en portant un ensemble de réformes destinées à améliorer le fonctionnement du système judiciaire et les conditions de détention. Elle s’exprimait devant les députés à l’Assemblée nationale, à l’occasion de la présentation et de la défense de son projet de budget pour l’exercice 2026, dans un contexte marqué par de fortes attentes citoyennes.
Dès l’ouverture des débats, la surpopulation carcérale s’est imposée comme l’un des sujets les plus sensibles. Plusieurs parlementaires ont décrit des conditions de détention « extrêmement dégradantes », qu’ils estiment contraires à la dignité humaine et révélatrices d’un dysfonctionnement structurel du système pénitentiaire. Les cas les plus préoccupants concernent les prisons de Rebeuss, de Kolda et de Ziguinchor. La situation à Rebeuss, en particulier, a suscité l’indignation : la maison d’arrêt accueille aujourd’hui 3 492 personnes, alors qu’elle n’a été conçue que pour en recevoir 1 300, soit près du triple de sa capacité.
Les députés ont également dénoncé les lenteurs judiciaires, le manque criant de magistrats et l’insuffisance du nombre d’éducateurs spécialisés, responsables de la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi. Ils ont rappelé que le Sénégal ne dispose actuellement que d’un éducateur pour 63 enfants, un ratio très éloigné de la norme internationale qui en recommande un pour sept. Pour remédier à ces dysfonctionnements, ils ont plaidé pour des recrutements massifs et ont insisté sur l’urgence de créer de nouveaux cabinets d’instruction dans des zones à forte pression démographique telles que Pikine-Guédiawaye, Mbour et Kaolack.
Interpellée sur ces multiples défis, Yassine Fall a assuré que ces préoccupations la touchent « au plus haut point ». Reconnaissant l’urgence d’agir, elle a annoncé la construction prochaine d’infrastructures pénitentiaires majeures, notamment un nouveau camp pénal à Sébikotane et une maison d’arrêt à Fatick, qui devraient offrir à terme une capacité supplémentaire de 3 000 places. Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à désengorger les prisons, mais aussi à garantir des conditions de détention plus humaines et conformes aux standards internationaux.
La ministre a également évoqué des mesures immédiates, parmi lesquelles la limitation de la durée des mandats de dépôt, souvent pointés du doigt comme l’une des causes principales de la détention préventive prolongée. Elle a par ailleurs laissé entendre qu’une grâce exceptionnelle pourrait être envisagée pour apaiser la pression sur les établissements pénitentiaires. Concernant le dispositif de surveillance électronique, elle a confirmé l’ouverture d’une enquête sur le marché d’acquisition des bracelets, un dossier jugé opaque et source de nombreuses interrogations.
En clôturant sa prise de parole, Yassine Fall a assuré que son département est engagé dans une dynamique de réforme profonde, portée par la volonté d’instaurer une justice plus rapide, plus accessible et véritablement au service des citoyens. Elle a affirmé que la réconciliation entre les Sénégalais et leur justice passe par une transparence accrue, des investissements ciblés et une volonté politique ferme. Reste désormais à voir si les mesures annoncées seront mises en œuvre dans les délais et permettront de répondre aux attentes d’une population de plus en plus exigeante sur ces questions.
La tension reste palpable à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar malgré l’accalmie apparente. Après trois semaines d’une grève qui a fortement perturbé les cours, paralysé les activités pédagogiques et transformé le campus en véritable champ d’affrontements, le collectif des amicales des étudiants de l’UCAD a annoncé une suspension temporaire de son mouvement. Mais cette trêve n’est qu’un répit fragile. Les étudiants préviennent qu’ils reprendront la lutte sans hésitation si les engagements pris par les autorités ne se matérialisent pas dans les délais convenus.
Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, le porte-parole du collectif, Mbaye Biteye, a donné le ton. D’une voix ferme et assumée, il a rappelé que les étudiants n’ont pas mis fin à leur mouvement de protestation par renoncement mais par sens de la responsabilité nationale. Il a insisté sur le fait que cette suspension doit permettre au ministère de l’Enseignement supérieur d’examiner les propositions faites par les étudiants et d’y apporter des réponses concrètes. Selon lui, la bonne volonté affichée par les grévistes ne devra en aucun cas être interprétée comme un signe de faiblesse. « Que les choses soient claires : si les engagements ne sont pas respectés, nous reviendrons. Si nos droits sont bafoués, nous nous lèverons. Si les étudiants sont négligés, nous reprendrons la lutte », a-t-il averti.
Cette mise en garde intervient après une période marquée par des affrontements répétés entre les forces de l’ordre et les étudiants, sur fond de revendications liées au paiement d’arriérés de bourses que ces derniers estiment à environ 515 000 francs CFA par étudiant. Durant trois semaines, le campus a été le théâtre de scènes de tension : barricades érigées à l’entrée des facultés, gaz lacrymogènes dispersés à plusieurs reprises, salles de cours désertées, et un climat d’anxiété généralisé parmi les étudiants comme parmi le personnel administratif.
C’est à la suite d’une médiation menée par plusieurs guides religieux que les deux parties ont accepté d’explorer une solution permettant d’apaiser la situation. Des propositions de paiement échelonné ont été mises sur la table, ce qui a contribué à ramener le calme, au moins temporairement. Mais les étudiants rappellent que cette suspension ne signifie pas qu’ils renoncent à leurs revendications. Au contraire, ils affirment qu’ils ne feront aucune concession qui porterait préjudice à leurs intérêts. Ils demandent au Président Bassirou Diomaye Faye d’accorder une écoute réelle à cette jeunesse qui, selon eux, ne réclame ni privilèges ni faveurs, mais simplement le respect de ses droits.
Plus profondément, cette crise reflète un malaise persistant au sein de l’enseignement supérieur sénégalais. Depuis plusieurs années, la problématique des bourses universitaires demeure une source de tensions régulières, avec des étudiants qui dénoncent des retards récurrents, des erreurs administratives et des mécanismes de paiement jugés trop opaques. L’actuel bras de fer autour des arriérés n’est qu’un épisode de plus dans une série de conflits sociaux qui ont ponctué la vie de l’UCAD ces dernières décennies, où la mobilisation étudiante a souvent servi de catalyseur pour dénoncer les insuffisances plus larges du système.
En attendant, le campus retrouve peu à peu son rythme habituel, mais l’atmosphère reste chargée d’incertitudes. Les étudiants observent le gouvernement, le gouvernement observe les étudiants, et chacun semble se préparer à l’éventualité d’une reprise des hostilités si la confiance venait à être trahie. Le sort de la trêve dépend désormais de la capacité du ministère de l’Enseignement supérieur à honorer ses engagements et à restaurer un climat de sérénité durable au sein de la plus grande université du pays.
Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 11 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :
Stabilisation et transformation consensuelle du secteur de l’Enseignement supérieur
Monsieur le Président de la République souligne, à l’entame de sa communication, l’instabilité académique et sociale dans les universités publiques et la problématique du financement du système d’enseignement supérieur. A ce titre, il demande au Premier Ministre d’évaluer l’état d’exécution du Plan d’urgence pour l’Enseignement supérieur. Il instruit également les Ministres de l’Enseignement supérieur et des Infrastructures, de finaliser l’évaluation globale de l’application du système Licence-Master-Doctorat (LMD) et de faire, pour chaque université publique, l’état de prise en charge des besoins ainsi que la situation des chantiers concernant les infrastructures académiques et sociales. Pour adapter les formations aux besoins de l’économie nationale, le Chef de l’Etat indique la nécessité de développer la digitalisation des enseignements et travaux de recherche, de renforcer l’Université numérique du Sénégal Cheikh Hamidou KANE et de développer les Espaces numériques ouverts (ENO) ainsi que les Instituts supérieurs d’Enseignement professionnel (ISEP).
Après avoir relevé que le défi du système éducatif demeure l’employabilité des apprenants et étudiants, le Président de la République invite à réfléchir au financement soutenu, durable et innovant de l’Enseignement supérieur. Afin de retracer l’exhaustivité des ressources et dépenses de l’enseignement supérieur, il prescrit de faire, pour chaque université publique, l’audit systématique des dépenses et des ressources et d’engager les vérifications administratives et financières nécessaires des fonctions de services dans les universités et Centres des œuvres universitaires et sociales. Le Chef de l’Etat demande, enfin, au Premier Ministre de lui faire parvenir un Plan d’actions prioritaires pour la gestion 2026 du secteur de l’Enseignement supérieur.
Rénovation du système national de recherche et promotion de l’innovation
Le Président de la République considère la recherche scientifique et l’innovation technologique comme des catalyseurs de l’industrialisation et du développement d’une économie arrimée aux secteurs et filières moteurs. A cet effet, il demande au Premier Ministre de renforcer les structures nationales de recherche et les écoles d’ingénieurs, afin de former des chercheurs et ingénieurs de pointe et de disposer d’un capital humain endogène, conformément à la Vision « Sénégal 2050 ». Dans ce sillage, il indique l’impératif de développer les formations en Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM), avec un accent particulier sur la maitrise fondamentale du numérique et des possibilités de l’intelligence artificielle.
Le Président de la République fait observer la nécessité de changement de paradigme dans les buts et le financement du système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation et l’impératif de mise en œuvre d’un vaste Programme national de réalisation de laboratoires et d’équipements de recherche dans toutes les universités, écoles et instituts de formation d’ingénieurs et de techniciens supérieurs d’élite. A cet effet, il engage le Premier Ministre à la mise en place d’un Fonds national de Développement de la Recherche et de l’Innovation.
Réhabilitation et développement du transport ferroviaire
Considérant que l’attractivité et la valorisation des territoires reposent sur le développement des transports, le Chef de l’Etat demande au Gouvernement d’accentuer la mise en œuvre de la politique ferroviaire, en veillant, notamment, à la réhabilitation des Chemins de fer du Sénégal, en cohérence avec l’exploitation et l’expansion du Train Express régional.
Il instruit, outre la finalisation d’un Schéma directeur national de développement du ferroviaire, la réalisation des études requises et la recherche du financement des lignes ferroviaires validées sur un horizon décennal programmé. A cet égard, le Président de la République demande au Premier Ministre de mettre en place un Conseil national du Ferroviaire, en vue d’une maitrise stratégique et d’une meilleure coordination des projets et de leurs impacts sur la modernisation des transports terrestres, le développement territorial et l’emploi.
Mesures effectives de lutte contre la vie chère
Le Président de la République souligne l’importance qu’il accorde à l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages et à la baisse significative du coût de la vie. Il se réjouit de la baisse des prix du litre du supercarburant et du gasoil ainsi que du gaz butane et demande au Premier Ministre de poursuivre les efforts consentis pour soutenir les populations les plus vulnérables et renforcer ainsi le rôle social de l’Etat, protecteur des ménages, notamment les plus pauvres.
Renforcement du rôle de la Diaspora dans la vie nationale
En tant qu’atout majeur dans la réalisation du projet inclusif et collectif pour un Sénégal souverain, juste et prospère, la Diaspora sénégalaise contribue significativement, selon le Chef de l’Etat, au développement national et à la stabilité sociale. A ce titre, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions adéquates pour la bonne organisation de la Journée nationale de la Diaspora, qu’il présidera le 17 décembre 2025.
Agenda du Président de la République
Le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le mardi 09 décembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition de la Conférence MSGBC Oil, Gas and Power 2025. Il annonce qu’il prendra part, le 14 décembre 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO. En outre, il procèdera, le mercredi 17 décembre 2025, à la remise du Drapeau national à l’Equipe nationale de Football en route pour la CAN 2025 au Maroc et présidera, le vendredi 19 décembre 2025, la cérémonie annuelle de réception des dignitaires dans les ordres nationaux, avant de se rendre en Casamance pour la période du 20 au 25 décembre 2025, dans le cadre d’une tournée économique.
AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE
Monsieur le Premier Ministre a axé sa communication sur le renforcement du pouvoir d’achat des ménages par la nouvelle doctrine des prix des produits pétroliers et de l’énergie. Il a rappelé que le soutien aux ménages et aux petits professionnels a toujours constitué l’une des principales préoccupations du Président de la République, régulièrement exprimée à travers des directives en Conseil des Ministres. Il a rappelé la première vague de baisses des prix qui a été opérée durant l’année 2024, portant sur le sucre cristallisé, le riz brisé non parfumé, l’huile de palme, la baguette de pain et les frais de connexion à internet.
Baisse des tarifs du carburant
S’agissant de la baisse du prix du carburant, le Premier Ministre a présenté les mesures, entrées en vigueur à partir du samedi 06 décembre 2025, relatives à la révision des prix des carburants et précisé que les nouveaux tarifs constituent des plafonds réglementaires susceptibles de flexibilité. Le Premier Ministre a exposé l’impact de ces mesures, notamment sur le Fonds de Sécurisation des Importations de Produits pétroliers (FSIPP), institué pour assurer un approvisionnement correct et régulier et la couverture des pertes commerciales découlant des importations de produits pétroliers. Ce fonds a été transformé en une taxe fiscale et les montants collectés fongibles dans le budget global.
En perspective, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget de faire une analyse de l’utilisation du FSIPP, d’utiliser le surplus dudit fonds pour les éventuelles hausses du baril, de procéder à une analyse approfondie de mécanismes permettant la péréquation des prix des bouteilles de gaz butane et de démarrer, sans délai, les travaux de réforme de la loi sur le secteur aval des hydrocarbures.
Baisse des tarifs de l’électricité
En ce qui concerne la baisse de l’électricité, le Premier Ministre, après présentation des mesures prises et de leurs impacts, a donné instruction de poursuivre les travaux pour un meilleur ciblage de la subvention de l’électricité, avec les ménages vulnérables à faibles revenus inscrits dans le Registre national unique (RNU) et de mettre en place, sans délai, des mesures visant la baisse des charges d’exploitation de la SENELEC. En outre, avant de le féliciter ainsi que ses équipes, le Premier Ministre a demandé au Ministre de l’Energie, du Pétrole et des Mines de lui soumettre un plan pour la réduction des pertes non techniques, afin de mettre fin à la fraude de l’électricité.
La baisse des prix à la consommation et la disponibilité des produits, sont corrélées aux initiatives prises par le Gouvernement, visant à procurer des revenus décents aux ménages.
Suivi du Plan de Redressement économique et social et Agenda
Le Premier Ministre a clos sa communication par la présentation des premiers résultats très positifs du Plan de Redressement économique et social (PRES) et le compte rendu de la visite de travail effectuée au Sénégal, les 09 et 10 décembre 2025, par le Ministre du Commerce extérieur des Émirats Arabes Unis, à la tête d’une forte délégation, ayant permis de nouer des partenariats d’investissements, avec la signature d’une dizaine de mémorandums d’entente dans des secteurs prioritaires.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES
Le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités a fait une communication sur l’état d’avancement des travaux d’extension du Registre national unique (RNU), de sa mise à jour et de la re-certification du Programme national de Bourses de Sécurité familiale (PNBSF).
Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur la situation du marché et la commercialisation des denrées agricoles et alimentaires.
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES
Le Conseil a examiné et adopté le projet de décret modifiant le décret n°2019-413 du 30 janvier 2019 portant création du Centre de Formation judiciaire (CFJ) et fixant ses règles d’organisation et de fonctionnement.
AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES
Le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre de la Présidence de la République
Au titre de la Primature
Au titre du Ministère de la Justice
Au titre du Ministère des Infrastructures
Marie Rose Khady Fatou FAYE, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement
C’est une décision qui fera date dans l’histoire récente des médias sénégalais. La Chambre administrative de la Cour Suprême a annulé, ce jeudi, l’ensemble des arrêtés pris par le ministre de la Communication visant à instaurer une plateforme d’inscription obligatoire des organes de presse ainsi qu’une commission chargée d’examiner et de valider les entreprises de presse.
Cette décision, obtenue à la suite d’un recours introduit par le Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (CDEPS), constitue un véritable souffle d’air pour le secteur. Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une victoire éclatante pour la liberté de la presse et un rappel ferme des limites du pouvoir réglementaire de l’exécutif.
Le CDEPS, estimant que ces textes fragilisaient le pluralisme médiatique et ouvraient la voie à une régulation arbitraire, avait confié le dossier à son avocat, Me Cheikh Abdou Ndiaye. Ce dernier a obtenu gain de cause : la Cour Suprême a jugé que les arrêtés étaient dépourvus de base légale et dépassaient les compétences du ministre.
Avec cette décision, la plateforme d’enregistrement et la commission de validation sont purement et simplement annulées. Une victoire symbolique et pratique : les médias échappent à un dispositif perçu comme une entrave potentielle à leur indépendance.
Dans un contexte où les relations entre autorités publiques et acteurs médiatiques sont régulièrement traversées par des tensions, cet arrêt de la Cour Suprême réaffirme l’importance de l’État de droit et rappelle que toute réforme du secteur doit se faire dans le respect absolu des garanties constitutionnelles.
Dans le cadre de sa politique de gestion des ressources publiques et de financement des projets de développement, l’État du Sénégal, par l’intermédiaire de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor (DGCPT), a réalisé le mardi 9 décembre 2025 une opération majeure sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA). Cette opération a permis de mobiliser un montant total de 35,728 milliards de FCFA, confirmant l’attractivité des titres publics sénégalais auprès des investisseurs régionaux et internationaux.
L’opération a été menée à travers une émission simultanée de bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 182 jours et de 364 jours, ainsi que d’obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une échéance de trois ans. L’objectif de cette démarche était double : diversifier les instruments de financement public et répondre aux besoins croissants de financement des projets d’infrastructures et de développement dans le pays.
Le montant total initialement mis en adjudication s’élevait à 35 milliards de FCFA, tandis que le volume des soumissions globales, reflet de l’intérêt des investisseurs, a atteint 35,828 milliards de FCFA. Ce niveau élevé de soumissions traduit un taux de couverture de 102,37 %, démontrant un vif intérêt pour les titres émis par le Trésor sénégalais et renforçant la confiance des investisseurs dans la solidité financière de l’État.
Au terme de cette adjudication, le montant total des soumissions retenues s’élève à 35,728 milliards de FCFA, concentré sur les BAT à 364 jours et les OAT, tandis que 100 millions de FCFA de soumissions ont été rejetés. Cette opération affiche ainsi un taux d’absorption exceptionnel de 99,72 %, confirmant la forte participation des investisseurs et la confiance dans les instruments financiers proposés.
Les bons à 364 jours ont été attribués avec un rendement moyen pondéré de 7,31 %, tandis que les obligations à trois ans offrent un rendement légèrement supérieur de 7,94 %, reflétant l’attractivité et la compétitivité de ces titres sur le marché régional. Le Trésor public s’engage à rembourser les bons émis le premier jour ouvré suivant leur date d’échéance, fixée au 8 décembre 2026, avec paiement des intérêts précomptés d’avance sur la valeur nominale, garantissant transparence et sécurité aux investisseurs.
Quant aux obligations, le remboursement du capital sera effectué à l’échéance, prévue le 10 décembre 2028, tandis que le paiement des intérêts se fera annuellement à un taux de 6,30 %, offrant aux investisseurs un flux régulier de revenus. Cette structuration claire et rigoureuse des paiements illustre la solidité et la fiabilité des titres publics sénégalais, tout en permettant une planification financière sereine pour les investisseurs à long terme.
Cette réussite sur le marché financier de l’UMOA confirme le dynamisme du Trésor sénégalais et son aptitude à mobiliser efficacement les ressources nécessaires au financement du développement économique et des projets d’infrastructure, tout en maintenant la confiance des investisseurs et la stabilité du marché régional.
Mercredi, l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une intervention particulièrement marquante de Me Aïssata Tall Sall, députée et présidente du Groupe Parlementaire Takku Wallu Sénégal. S’adressant au ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, l’ancienne ministre de la Justice a livré une véritable leçon de droit public et d’éthique républicaine, rappelant les multiples responsabilités délicates et souvent contradictoires que doit assumer son confrère.
Me Aïssata Tall Sall a souligné que le ministre de l’Intérieur joue un rôle central dans le maintien de la laïcité, dans la protection des libertés publiques et dans la garantie de l’ordre et de la sécurité sur l’ensemble du territoire. « Vous êtes le ministre de la laïcité. Dans un État où la religion est sacrée et où la liberté de culte est garantie, votre rôle est de veiller à l’application du principe de neutralité religieuse de l’État, sans heurter les convictions profondes des citoyens. Vous êtes aussi le garant des libertés publiques qui doivent garantir le droit de manifester, de s’exprimer, et d’être en association. Vous êtes également le responsable de l’ordre public et devez protéger les institutions, les frontières et la sécurité des personnes et des biens, dans l’usage réglementé de la force », a-t-elle rappelé.
L’essentiel de son message a porté sur la nécessité de maintenir un équilibre subtil entre des forces parfois antagonistes. Me Aïssata Tall Sall a insisté sur l’art de concilier autorité et liberté, fermeté et dialogue, soulignant que le pouvoir d’un ministre n’est pas une fin en soi mais un instrument au service de l’équilibre démocratique et de la République. « Dialoguer avant de décider », a-t-elle insisté, recommandant au ministre de prendre le temps d’échanger avec les acteurs politiques, la société civile et les parties concernées avant de poser une décision. Selon elle, ce dialogue préalable est la condition sine qua non pour qu’une décision soit légitime et apaisée.
La parlementaire a également exhorté Me Bamba Cissé à rester impartial, à éviter tout alignement partisan et à exercer ses fonctions au service de l’État et non d’un camp politique particulier. Dans cette intervention, Me Aïssata Tall Sall a réussi à transformer une simple interpellation parlementaire en véritable leçon de gouvernance, de droit public et d’éthique républicaine, rappelant à son confrère que le pouvoir doit être manié avec prudence, sagesse et responsabilité.
Cette intervention a été saluée par de nombreux observateurs comme un exemple d’exigence morale et juridique dans l’exercice du pouvoir exécutif, mettant en lumière l’importance de la responsabilité et de la neutralité dans la conduite des affaires publiques, particulièrement dans un contexte politique parfois tendu.
La libération de Bougar a déclenché une vague de réactions dans le paysage politique sénégalais, et Abass Fall, maire de Dakar et figure importante du Pastef, ne cache pas son indignation. Dans un message publié sur ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, il a exprimé son mécontentement, estimant que cette décision porte atteinte à sa dignité ainsi qu’à celle de son camp politique. Pour lui, la libération de Bougar constitue une atteinte directe à l’honorabilité des responsables de Pastef et reflète un traitement injuste dans l’application de la justice.
« Bougar est libre après avoir gravement porté atteinte à notre honorabilité. Cette main derrière sa libération doit avoir honte », a déclaré Abass Fall, dénonçant ce qu’il perçoit comme une manipulation politique et un manque de cohérence dans les décisions des autorités. Selon lui, cette décision illustre une tendance inquiétante à protéger certaines personnes au détriment d’autres, au mépris de l’équité et de la justice.
Le maire de Dakar a également pointé du doigt ce qu’il qualifie de dérive dans l’usage de la protection institutionnelle. « Protéger le Président est devenu un passe-droit pour insulter et diffamer sans raison et s’en tirer », a-t-il écrit, accusant implicitement certains acteurs politiques de bénéficier d’un traitement privilégié et de pouvoir s’affranchir des règles qui s’appliquent normalement à tous.
Abass Fall a enfin exprimé son amertume face au contraste entre cette décision et les engagements que les responsables politiques avaient pris devant les citoyens. « C’est ce Sénégal que nous avions vendu aux Sénégalais. Quelle honte ! », a-t-il ajouté, dénonçant ce qu’il perçoit comme une déception pour l’opinion publique et un affaiblissement de la confiance des Sénégalais dans la justice et les institutions.
Cette réaction met en lumière les tensions politiques persistantes dans le pays, notamment sur la question de l’impartialité de la justice et de la cohérence des décisions administratives et judiciaires. La libération de Bougar pourrait accentuer les divisions entre les différentes forces politiques et relancer les débats sur la responsabilité des autorités dans la gestion des affaires sensibles et leur impact sur la perception de l’État de droit au Sénégal.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a défendu ce mercredi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, dans un climat marqué par des débats soutenus avec les députés. À l’issue de sa présentation, le budget a été adopté à une large majorité. Le ministre l’a qualifié de « volontariste et réaliste », estimant qu’il s’inscrit pleinement dans l’ambition de transformation structurelle portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. L’accent est mis sur le renforcement de la sécurité publique, la réorganisation de l’espace urbain et la modernisation de la sécurité civile.
L’un des points centraux de son intervention a porté sur les opérations de désencombrement menées ces dernières semaines dans plusieurs villes du pays. Bamba Cissé a rappelé qu’il s’agit d’actions conduites sur instruction des plus hautes autorités, destinées à rétablir l’ordre dans les espaces publics. Il a dénoncé le « laxisme » et l’« incivisme » qui, selon lui, ont permis la normalisation de pratiques illégales, notamment l’occupation anarchique des trottoirs et chaussées. Le ministre a évoqué la loi de 1967 interdisant ces pratiques, affirmant que son application ne souffrirait plus d’aucune ambiguïté. « Les trottoirs sont réservés aux piétons, la chaussée aux véhicules et les marchés aux commerçants », a-t-il martelé, ajoutant que ces opérations se poursuivront dans la durée afin de provoquer un véritable « déclic citoyen » autour des valeurs d’ordre, de discipline et de respect des règles.
Abordant l’impact économique du désordre urbain, Bamba Cissé a mis en lumière le lien direct entre encombrement, insécurité et pertes financières importantes. Il a révélé qu’environ 903 milliards de francs CFA sont perdus chaque année par l’État à cause des embouteillages, aggravés par l’occupation irrégulière de la voie publique. Pour garantir la durabilité des mesures engagées, le ministère mobilise d’importants moyens, notamment le déploiement de brigades de gendarmerie chargées de maintenir le retour à l’ordre et d’éviter toute réinstallation illégale.
Le ministre a ensuite détaillé les ambitions de son département en matière de sécurité civile, annonçant un vaste programme de construction de 186 casernes de sapeurs-pompiers d’ici 2035. Ce projet marque selon lui un tournant majeur dans la modernisation des infrastructures d’intervention d’urgence, soutenant l’objectif de rapprocher les services de secours des populations sur l’ensemble du territoire. Il a également insisté sur la lutte contre la corruption au sein des forces de sécurité, indiquant la réactivation de l’inspection interne de la Police. Cette démarche est présentée comme une déclinaison concrète de la philosophie du « Jub, Jubal, Jubanti » que le nouveau régime ambitionne d’inscrire durablement dans la gouvernance publique.
La question de la sécurité aux frontières a également occupé une part importante des discussions. Face aux menaces transfrontalières et aux risques liés au terrorisme djihadiste, le ministre a annoncé la création d’unités spécialisées de patrouilles. Ces unités auront pour mission de renforcer la vigilance, de surveiller les zones sensibles et de prévenir toute infiltration susceptible de mettre en péril la stabilité nationale.
Sur le plan électoral, Bamba Cissé a informé les députés que les préparatifs des élections territoriales de 2027 débuteront dès 2026. Il a toutefois signalé que le budget initialement prévu pour cette phase préparatoire, estimé à 1,016 milliard de francs CFA, reste insuffisant, plaidant pour une revalorisation afin d’assurer une organisation transparente et efficace du processus.
Le volet médiatique a également suscité des échanges nourris. Le ministre a défendu l’interpellation récente de journalistes ayant accordé une tribune à une personne recherchée sous mandat d’arrêt international. Selon lui, cette démarche constitue une « violation manifeste de la loi », rappelant que la sécurité nationale ne saurait être compromise sous le prétexte de liberté éditoriale.
Abordant finalement la problématique de la mendicité, Bamba Cissé a affirmé que la législation en vigueur sera désormais appliquée avec rigueur. Il a précisé que les étrangers impliqués dans des situations d’infraction feront systématiquement l’objet de mesures d’expulsion, dans le cadre d’une politique de restauration de l’ordre public et de lutte contre l’exploitation humaine.
En clôturant la séance, le ministre des Finances et du Budget a confirmé une augmentation de 7,63 % du budget alloué au ministère de l’Intérieur entre 2025 et 2026, reconnaissant le rôle crucial de ce département dans la préservation de la sécurité nationale. Avec cette hausse, le gouvernement entend renforcer davantage les moyens opérationnels et stratégiques nécessaires à la mise en œuvre des réformes engagées.
L’Assemblée nationale a été le théâtre d’un échange particulièrement tendu ce mercredi, lorsque le député Abdou Mbow a interpellé le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, sur ce qu’il considère comme des dérives inquiétantes au sein de la police. Au cœur de son intervention : l’affaire du commissaire de l’aéroport international Blaise Diagne, dont le limogeage annoncé par le ministère semble avoir été remis en question.
Dès le début de sa prise de parole, Abdou Mbow a rappelé au ministre l’importance de sa mission et les exigences éthiques qui doivent l’accompagner. Revenant sur la double identité professionnelle de Bamba Cissé, à la fois juriste et avocat, le député a insisté sur les valeurs de dignité, de probité, d’indépendance et de loyauté auxquelles un avocat est normalement tenu, estimant que ces principes devraient impérativement guider l’action d’un ministre de l’Intérieur. Pour Abdou Mbow, cette combinaison de doctrines – celle du ministère chargé de la sécurité et celle du métier d’avocat – devrait faire de Bamba Cissé « un homme juste, drapé de valeurs républicaines ».
Poursuivant son intervention, le parlementaire de l’opposition a tenu à rappeler au ministre que sa responsabilité dépasse désormais les logiques partisanes. Selon lui, Bamba Cissé ne peut plus agir comme le simple avocat d’un camp politique, mais doit servir l’ensemble des citoyens. « Vous n’êtes plus l’avocat du Premier ministre. Vous avez 18 millions de clients, c’est-à-dire les Sénégalais », a-t-il affirmé, avant de mettre en garde contre la tentation d’instrumentaliser la police à des fins politiques. Il a averti qu’aucune dérive de ce type ne serait tolérée, estimant que le rôle des forces de sécurité doit rester strictement républicain.
Mais c’est surtout la situation du commissaire de l’AIBD qui a cristallisé les échanges. Abdou Mbow a demandé des éclaircissements sur l’incohérence apparente entre l’annonce du limogeage du commissaire et les informations selon lesquelles l’intéressé serait toujours en fonction. Il a ainsi interpellé directement le ministre, l’invitant à préciser si le commissaire est bel et bien resté en poste et, le cas échéant, à expliquer les raisons de ce revirement. Pour le député, une telle contradiction mérite une transparence totale, surtout dans un contexte où la gestion de la police est scrutée par l’opinion publique.
À travers cette interpellation, Abdou Mbow entend mettre en lumière ce qu’il perçoit comme un manque de clarté dans la gestion des affaires sensibles au sein du ministère de l’Intérieur. Son intervention souligne également les tensions persistantes entre l’opposition et les autorités, particulièrement sur les questions liées à la sécurité et à l’usage du pouvoir exécutif.
Le ministre Bamba Cissé, quant à lui, est désormais attendu sur une réponse publique et précise. L’affaire du commissaire de l’AIBD, loin d’être un simple incident administratif, soulève des interrogations sur les pratiques internes et sur la cohérence de la communication gouvernementale. Elle relance aussi le débat sur la nécessité de préserver l’indépendance et la neutralité des forces de sécurité dans un contexte politique chargé.
La tension monte d’un cran au sein de l’administration publique. Le Syndicat démocratique des Travailleurs de l’Administration (SDTA) du Sénégal a annoncé la reconduction de sa grève pour une nouvelle durée de 48 heures, prévue les jeudi 11 et vendredi 12 décembre 2025. Après la forte mobilisation observée lors de leur premier mouvement d’arrêt de travail les 4 et 5 décembre, les travailleurs ont décidé de maintenir la pression sur les autorités, jugeant les réponses obtenues jusque-là insuffisantes.
Dans leur communiqué, les responsables du SDTA pointent du doigt ce qu’ils considèrent comme une lenteur injustifiée du gouvernement dans le traitement de leurs revendications. Au cœur du désaccord, la matérialisation des accords portant sur la généralisation de l’indemnité de logement pour l’ensemble des agents de la Fonction publique. Les syndicalistes affirment qu’aucun progrès notable n’a été constaté depuis leur premier préavis, alors même que les échanges avec les autorités avaient laissé entrevoir un début de solution.
Cette nouvelle montée au créneau intervient dans un contexte où l’Intersyndicale des travailleurs de l’Administration avait déjà décrété une grève générale de 48 heures, renouvelable, à compter du 4 décembre. Ce premier mouvement, largement suivi dans les administrations centrales, les services déconcentrés ainsi que dans plusieurs directions régionales, se voulait un avertissement adressé à l’État pour rappeler l’urgence d’appliquer les engagements pris dans le cadre du dialogue social.
Cependant, selon le SDTA, aucune réponse concrète n’a été apportée depuis, ce qui témoignerait d’un manque de considération à l’égard des préoccupations légitimes des agents. Les responsables syndicaux estiment que le gouvernement tarde à mettre en œuvre une mesure pourtant validée, et qui permettrait d’harmoniser les traitements entre les différents corps de la Fonction publique, tout en réduisant les disparités persistantes en matière d’avantages sociaux.
La reconduction de la grève risque ainsi de perturber à nouveau plusieurs services administratifs, en particulier ceux orientés vers l’accueil du public. Les démarches telles que la délivrance de documents administratifs, le traitement des dossiers ou encore certaines opérations techniques pourraient connaître des ralentissements notables.
Malgré la fermeté de leur position, les syndicalistes réaffirment leur disponibilité au dialogue. Ils soulignent toutefois que seule la prise d’engagements fermes, assortis d’un calendrier précis, pourra mettre fin à leur mouvement d’humeur. Dans un contexte marqué par une forte demande sociale et de multiples tensions dans différents secteurs, cette nouvelle phase du bras de fer pourrait contraindre le gouvernement à accélérer les négociations afin d’éviter une paralysie prolongée de l’administration publique.
La situation sanitaire de certains détenus hospitalisés au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec continue d’inquiéter. Face à ce qu’il qualifie de « violations graves du droit à la santé », le Forum du justiciable a officiellement interpellé Robert Kotchani, représentant régional du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique de l’Ouest. Dans une correspondance datée du 9 décembre 2025, l’organisation dirigée par Babacar Ba appelle à une intervention urgente de l’instance onusienne.
Depuis plusieurs mois, le traitement réservé aux détenus, notamment ceux impliqués dans des dossiers perçus comme politiquement sensibles, alimente le débat public et suscite l’indignation d’une partie de la société civile. Malgré les alertes répétées, certains prisonniers gravement malades continuent d’être maintenus en détention dans des conditions jugées inadaptées, même en milieu hospitalier.
Selon les informations relayées par Les Échos, plusieurs personnalités sous surveillance médicale figurent parmi les cas que l’ONG juge critiques. Il s’agit notamment de Farba Ngom, Maodo Malick Mbaye, Mabintou Diaby et Khadim Ba. Le Forum du justiciable estime que leur état de santé est « gravement compromis » et « incompatible avec toute forme de détention ». L’organisation souligne que le Pavillon spécial ne dispose ni des ressources ni de l’environnement nécessaires pour assurer un suivi médical constant et adéquat pour ces patients.
Dans sa lettre adressée aux Nations Unies, Babacar Ba rappelle que le Sénégal est lié par des engagements internationaux clairs en matière de protection des personnes privées de liberté. Le droit à la santé, insiste-t-il, ne souffre aucune exception, y compris pour les personnes en détention, et constitue une obligation à laquelle l’État doit impérativement se conformer.
Le Forum du justiciable formule ainsi deux demandes principales : l’octroi de libertés provisoires immédiates aux détenus considérés comme médicalement inaptes à la détention, et un rappel officiel des engagements internationaux du Sénégal concernant la protection des personnes vulnérables. Selon l’ONG, ces mesures sont indispensables pour éviter des conséquences irréversibles sur la santé – voire la vie – des prisonniers concernés.
L’organisation se dit disposée à fournir toutes les informations supplémentaires dont pourrait avoir besoin le Haut-Commissariat afin d’éclairer la nature et la gravité des violations alléguées. Par cette démarche, le Forum du justiciable espère susciter une pression internationale capable de contraindre les autorités sénégalaises à prendre des mesures immédiates pour garantir les droits fondamentaux des détenus les plus fragiles.
Le Centre hospitalier national Aristide Le Dantec a rendu publics, ce 9 décembre 2025, les résultats de sa vaste campagne de réactualisation des dossiers administratifs, une opération qui s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation des ressources humaines au sein des établissements publics de santé. Selon la direction générale, 88 % des agents ont répondu à l’appel, un taux considéré comme « extrêmement satisfaisant » compte tenu de l’ampleur et des exigences de l’exercice.
L’audit conduit durant cette campagne a porté sur un effectif total de 1 223 travailleurs, incluant l’ensemble des corps professionnels de l’hôpital. La direction souligne que cette forte participation témoigne du « sens du devoir » du personnel, qui a compris l’importance d’une mise à jour rigoureuse des données administratives pour le bon fonctionnement de l’institution. Dans un environnement hospitalier marqué par une forte pression opérationnelle, cette réactivité est perçue comme une manifestation de maturité professionnelle et de volonté d’améliorer la gouvernance interne.
Néanmoins, malgré ce taux de participation élevé, 149 agents ne se sont pas encore conformés aux demandes de dépôt de dossier. Conformément aux procédures réglementaires appliquées à l’ensemble des établissements publics, ces agents seront retirés du fichier réactualisé tant que leur situation administrative n’aura pas été complètement régularisée. Cette mesure, précise la direction, n’a pas vocation à sanctionner, mais à garantir l’exactitude des données utilisées pour la gestion des carrières, des rémunérations, des affectations et des droits sociaux. Un fichier administratif fiable reste, selon l’hôpital, un socle indispensable pour éviter les erreurs, les doublons, les irrégularités de statut ou les difficultés liées au suivi des parcours professionnels.
Par ailleurs, l’établissement a engagé des opérations complémentaires visant à vérifier l’authenticité et la conformité des diplômes détenus par les agents. Ces contrôles, qui mobilisent plusieurs services internes ainsi que les administrations partenaires compétentes, répondent aux standards de vérification de qualifications dans le secteur de la santé. Ils visent à prévenir les risques liés à de faux diplômes, un phénomène déjà observé dans certains organismes publics, et à s’assurer que chaque employé exerce effectivement en conformité avec les exigences de son métier.
En parallèle, un recensement des besoins en formation est en cours d’élaboration. Ce travail permettra à la direction de mieux anticiper les programmes de renforcement de capacités, notamment dans les services techniques et cliniques où les évolutions technologiques et les nouvelles normes imposent une mise à jour régulière des compétences. L’objectif déclaré est de doter l’hôpital d’un personnel qualifié, mieux accompagné et plus adapté aux transformations du secteur médical.
La direction du CHU Aristide Le Dantec a, dans son communiqué, adressé ses remerciements à l’ensemble des départements impliqués dans la conduite de cette campagne, saluant « un travail de qualité » réalisé dans un délai jugé satisfaisant. Elle a également encouragé ceux dont les dossiers demeurent incomplets à se rapprocher des services compétents afin de finaliser leur situation dans les meilleurs délais. L’établissement dit privilégier une démarche constructive, fondée sur la collaboration et l’intérêt supérieur du service public hospitalier.
Cette opération de réactualisation intervient dans un contexte national où plusieurs institutions sanitaires s’engagent dans des audits administratifs pour renforcer la transparence, améliorer la gestion des effectifs et aligner leurs politiques internes sur les exigences de performance fixées par les autorités. Dans cette dynamique, Le Dantec entend se positionner comme un modèle de gestion rigoureuse et moderne, en phase avec les réformes en cours dans le secteur de la santé publique au Sénégal.
Le chroniqueur Badara Gadiaga totalise ce mercredi 150 jours de détention, alors même que le juge chargé du dossier a ordonné deux fois sa mise en liberté provisoire, après l’avoir entendu sur le fond. Une situation rare, qui soulève de nombreuses interrogations sur le fonctionnement de la procédure judiciaire.
Contrairement aux procédures habituelles, ni Badara Gadiaga ni ses avocats n’ont déposé de demande de liberté provisoire.
Selon des sources proches du dossier, c’est le juge d’instruction qui a pris l’initiative, après avoir entendu le chroniqueur sur le fond, d’ordonner une mise en liberté provisoire d’office.
Cette première ordonnance n’a toutefois jamais été exécutée : le parquet s’y est immédiatement opposé, suspendant la décision du magistrat instructeur.
Face au blocage, le juge a rendu une seconde ordonnance de mise en liberté provisoire, confirmant sa position.
Mais cette fois encore, la décision n’a pas été appliquée. Le parquet, qui doit dire s’il compte s’opposer ou non à cette nouvelle ordonnance, renvoie sa position à jeudi.
En attendant, Badara Gadiaga demeure en détention, malgré deux décisions successives du juge en sa faveur.
Cette situation atypique, où deux ordonnances de mise en liberté provisoire restent sans effet, commence à susciter des réactions dans les milieux juridiques et médiatiques.
Des observateurs soulignent que ce bras de fer institutionnel interroge le respect du principe de séparation des pouvoirs et met en lumière les tensions possibles entre juge d’instruction et parquet dans la gestion des détentions provisoires.
Le budget 2026 du ministère des Infrastructures a été officiellement arrêté à 728 427 280 128 F CFA en autorisations d’engagement (AE) et 716 129 572 271 F CFA en crédits de paiement (CP). Ces chiffres ont été communiqués ce lundi lors de l’examen du rapport budgétaire mené par la Commission des finances et du contrôle budgétaire, élargie à la Commission de l’Aménagement du territoire.
Ce département, récemment créé dans l’architecture gouvernementale, ne permet pas encore une comparaison avec l’exercice précédent. Toutefois, la répartition interne des programmes donne une indication très claire de ses priorités : près de 98 % des crédits sont orientés vers l’investissement, confirmant une stratégie axée sur l’expansion et la modernisation accélérée des infrastructures vitales du pays.
La pièce maîtresse de ce budget demeure le programme consacré au développement, à la gestion et à l’entretien des infrastructures de transport routières et ferroviaires. Avec une enveloppe de 486 890 317 761 F CFA en AE et 483 637 609 904 F CFA en CP, il concentre à lui seul la majorité des ressources du ministère. Dans le détail, les investissements exécutés directement par l’État s’élèvent à 416,24 milliards de F CFA, reflétant la priorité accordée à la rénovation du réseau routier national, à la réhabilitation ferroviaire et à la sécurisation des axes stratégiques. À cela s’ajoute un important montant de 62 milliards de F CFA dédié aux transferts en capital, témoignant d’une politique volontariste de renforcement des infrastructures de mobilité.
Outre le transport, l’aménagement du territoire occupe une place centrale dans la stratégie du ministère. Le programme dédié aux infrastructures sociales et administratives bénéficie ainsi d’un montant de 155 209 145 614 F CFA, entièrement dédié à des investissements exécutés par l’État. Ce segment vise la construction, la réhabilitation et la modernisation des bâtiments publics, des infrastructures sociales et des équipements administratifs, essentiels à l’amélioration des services rendus aux citoyens.
Un autre pan majeur concerne le programme d’équité territoriale et de développement des pôles économiques. Doté de 73 219 406 477 F CFA en AE, ce programme est entièrement constitué d’investissements. Il traduit la volonté de réduire les disparités régionales à travers des projets structurants destinés à dynamiser les zones rurales, à renforcer les économies locales et à désenclaver les territoires.
Les infrastructures portuaires et aéroportuaires, elles aussi, bénéficient d’une attention particulière, avec une enveloppe de 12 610 159 276 F CFA en AE. Là encore, la quasi-totalité des ressources est orientée vers les investissements, dans le but de moderniser les portes d’entrée du pays, d’améliorer la compétitivité logistique et de renforcer les capacités d’accueil des zones économiques.
Le programme de soutien, consacré au pilotage, à la gestion et à la coordination administrative, ferme la marche avec un budget de 498 251 000 F CFA. Bien que plus modeste, il couvre les besoins nécessaires au fonctionnement du ministère, notamment les dépenses de personnel, l’acquisition de biens et services et les outils de gestion interne indispensables à l’exécution des politiques publiques.
Avec une telle architecture budgétaire, le ministère des Infrastructures se positionne comme l’un des moteurs de la transformation du pays. La place prépondérante accordée aux investissements témoigne d’une orientation stratégique claire : bâtir une base matérielle solide pour accompagner l’Agenda Sénégal 2050, soutenir la croissance, réduire les inégalités territoriales et renforcer la souveraineté économique par des infrastructures durables et compétitives.
Le ministre des Infrastructures, Déthié Fall, a présenté ce jeudi devant l’Assemblée nationale le projet de budget 2026 de son département, finalement adopté à une large majorité par les députés. Qualifié de stratégique, ce budget s’inscrit pleinement dans l’ambition de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui vise à bâtir une nation « souveraine, juste et prospère ».
Dès l’entame de sa présentation, le ministre a exprimé sa gratitude envers le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour la confiance accordée à son département dans la conduite de la politique nationale des infrastructures. Il a ensuite insisté sur la cohérence du budget avec les grandes orientations de la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, rappelant que la planification des infrastructures demeure l’un des leviers essentiels de la transformation structurelle du pays.
Le budget 2026 se distingue particulièrement par son orientation massivement tournée vers l’action : 98 % des crédits sont consacrés à l’investissement. Cette proportion exceptionnelle traduit une volonté ferme d’accélérer la construction, la réhabilitation et la modernisation des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires, sociales et administratives. Le ministre Fall parle d’une « rupture assumée » avec les modèles antérieurs, affirmant la volonté de replacer la justice sociale, l’équité territoriale et la compétitivité économique au cœur des priorités.
Interpellé sur l’importance des financements extérieurs dans la mise en œuvre des infrastructures, Déthié Fall a tenu à rassurer. Selon lui, « le financement extérieur n’entame en rien la souveraineté budgétaire », qu’il définit comme la capacité de l’État à orienter la mobilisation et l’affectation de ses ressources. Il a par ailleurs souligné la solidité des finances publiques en précisant que, pour l’année 2026, les ressources extérieures prévues — estimées à 1300,8 milliards de FCFA — dépassent le déficit budgétaire projeté, chiffré à 1245,1 milliards de FCFA. Cette performance permet une stratégie de consolidation budgétaire ambitieuse, visant à faire passer le déficit de 12 % en 2024 à 5,3 % en 2026, avec un objectif de 3 % dès 2027, un seuil jugé « tout à fait atteignable ».
Plusieurs dossiers sensibles ont également été clarifiés. Le projet du second port de Ziguinchor, considéré comme prioritaire, sera désormais financé exclusivement sur ressources internes dès 2026, matérialisant un engagement fort du gouvernement en faveur d’une autonomie stratégique accrue. L’achèvement de l’aéroport de la même région est lui aussi garanti, avec une enveloppe de 6 milliards de FCFA inscrite dans la Loi de finances initiale (LFI) 2026 pour boucler définitivement les travaux.
Concernant les arriérés dus aux anciens cheminots, une provision d’un milliard de FCFA a été prévue dans le budget, en attendant une prise en charge définitive à travers la prochaine Loi de finances rectificative. Pour les collectivités territoriales, le ministre a rassuré sur la disponibilité des ressources, expliquant les retards constatés par les ajustements administratifs consécutifs au dernier remaniement gouvernemental.
Le ministre s’est également exprimé sur les impôts et taxes dus par les entreprises, dont les montants réels, jugés particulièrement faibles ces dernières années, inquiétaient plusieurs parlementaires. Le budget 2026 corrige cette situation en planifiant 260 milliards de FCFA destinés au recouvrement des impôts et taxes, contre seulement 9 milliards auparavant. Sur ce total, 160 milliards seront affectés à l’apurement progressif des arriérés d’ici 2027.
Pour répondre aux préoccupations liées à la participation des acteurs locaux dans les marchés publics, Déthié Fall a rappelé l’existence et l’importance des clauses de réservation inscrites dans le Code des marchés publics. Ainsi, pour les marchés de travaux supérieurs à 100 millions de FCFA, 5 % des montants sont réservés aux acteurs locaux : 3 % aux structures de l’économie sociale et solidaire ainsi qu’aux PME nationales, et 2 % spécifiquement aux PME dirigées par des femmes. Le ministre a assuré que son département veillera à l’application rigoureuse de ces dispositions, notamment dans les secteurs stratégiques tels que les hydrocarbures et les mines.
L’adoption finale du budget par les députés constitue un signal clair du soutien apporté à la feuille de route du ministère des Infrastructures, résolument engagé à poser les fondations matérielles d’un Sénégal restructuré, moderne et plus équitable. Pour le gouvernement, l’exercice 2026 marque un tournant décisif dans la mise en œuvre des grands chantiers de transformation, et un pas supplémentaire vers l’émergence d’un modèle d’aménagement plus cohérent et durable sur l’ensemble du territoire national.
Ousmane Sonko a profité, ce dimanche, de la cérémonie de commémoration en hommage aux « martyrs » des manifestations survenues entre 2021 et 2024 pour envoyer un message politique clair : il sera candidat à la présidentielle de 2029. Le leader du Pastef-Les Patriotes, désormais figure centrale de la scène politique sénégalaise, a tenu un discours offensif, mêlant mémoire, justice et perspectives électorales.
Face aux familles des victimes, à ses militants et aux responsables du parti réunis au Grand Théâtre, Ousmane Sonko a rappelé les obstacles politiques et judiciaires qui ont jalonné son parcours depuis 2021. C’est dans ce contexte chargé qu’il a lancé une déclaration forte : « Après 2024, personne ne pourra m’empêcher de participer à une élection… ». Une affirmation qui sonne comme une mise en garde directe à toute tentative future de contestation de son éligibilité.
Sa sortie intervient alors que la question de sa participation au scrutin de 2029 continue d’alimenter le débat public. Sa condamnation pour diffamation dans l’affaire Prodac, qui l’opposait à Mame Mbaye Niang, avait suscité une longue bataille judiciaire et politique autour de son statut électoral. L’affaire avait été au cœur des tensions préélectorales de 2024, conduisant notamment à son exclusion provisoire des listes électorales avant son retour sur la scène institutionnelle.
En évoquant son avenir politique, Ousmane Sonko a voulu dissiper tout doute : pour lui, 2029 est désormais un horizon incontournable. Il a assuré que plus aucune manœuvre judiciaire ou administrative ne pourra entraver sa candidature. Cette déclaration marque le début d’une nouvelle séquence politique, alors même que son gouvernement poursuit des réformes majeures dans plusieurs secteurs et que Pastef tente de consolider son assise nationale.
Devant une assistance acquise à sa cause, le Premier ministre a également replacé cette annonce dans une vision plus large : celle de poursuivre le combat entamé depuis plus d’une décennie pour, selon lui, transformer les institutions et garantir une véritable justice sociale au Sénégal. Son discours, empreint de détermination, laisse présager une campagne future qui s’annonce déjà musclée.
Cette prise de position, qui intervient quatre ans avant le scrutin, est perçue comme une volonté d’installer très tôt les lignes du débat politique national. Elle devrait faire réagir la classe politique, en particulier ses adversaires qui voient dans cette affirmation anticipée une manière d’occuper le terrain médiatique et de resserrer les rangs de ses partisans autour d’un objectif clair.
Le Grand Théâtre de Dakar a accueilli ce dimanche une cérémonie chargée d’émotion et de symboles. Ousmane Sonko, leader du parti Pastef-Les Patriotes et actuel Premier ministre, a présidé une journée de commémoration en hommage aux victimes des violences politiques survenues entre mars 2021 et mars 2024, une période marquée par des affrontements, des arrestations massives et une crispation institutionnelle sans précédent au Sénégal.
Dans une salle remplie de familles de victimes, d’anciens détenus, de sympathisants et de responsables du parti, Ousmane Sonko a livré un discours à la fois mémoriel et fortement politique. Il a rappelé que ces “martyrs”, selon les termes employés par son parti, représentent “un sacrifice inestimable” dont la nation ne peut faire abstraction si elle aspire à un avenir de justice et de stabilité. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de reconnaître la responsabilité de l’État dans les violences commises durant cette période et de garantir aux familles le droit à la vérité.
Au cœur de son intervention, la justice a occupé une place centrale. Ousmane Sonko a affirmé qu’aucune réconciliation nationale durable ne sera possible sans une réforme en profondeur du système judiciaire. Selon lui, les dysfonctionnements observés ces dernières années ont révélé une justice “instrumentalisée”, devenue “un bras armé au service d’intérêts politiques”. Il a ainsi appelé à une refonte systémique visant à rétablir la confiance des citoyens, mais aussi à protéger les droits fondamentaux dans toutes les procédures judiciaires.
Dans un passage particulièrement commenté de son discours, Ousmane Sonko a exigé le limogeage des magistrats qu’il accuse d’avoir “comploté” contre lui et contre plusieurs militants de Pastef. Sans citer de noms, il a évoqué des “acteurs judiciaires identifiés” qui, selon lui, auraient participé à la “fabrication” de dossiers destinés à l’écarter de la scène politique et à intimider ses partisans. Il a estimé que ces magistrats ne peuvent continuer à exercer sereinement tant que n’auront pas été établies les responsabilités individuelles dans les dérives qui ont, selon lui, entaché l’État de droit.
La cérémonie a également été marquée par des témoignages poignants de familles endeuillées et d’anciens détenus politiques, plusieurs d’entre eux décrivant les conditions de leur arrestation ou les séquelles laissées par les événements de ces années d’instabilité. Pour beaucoup, cette rencontre se voulait aussi un moment de reconnaissance officielle, après ce qu’ils qualifient d’années d’incompréhension ou de silence institutionnel.
Au-delà de l’hommage, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de poursuivre la quête de justice, assurant que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour faire la lumière sur les violences et engager les réformes annoncées. Il a rappelé que la construction d’un Sénégal plus juste implique de panser les blessures du passé, mais aussi d’assumer les responsabilités, quelles qu’elles soient.
Cette journée de commémoration s’inscrit dans un contexte où le débat sur la justice, son indépendance et son rôle dans les crises politiques reste au cœur des préoccupations nationales. Pour de nombreux observateurs, les déclarations du Premier ministre marquent un tournant dans la dynamique de réforme annoncée, tout en ouvrant un nouvel épisode politique qui pourrait susciter des réactions au sein de la magistrature et des institutions.
Pour sa première apparition devant les députés en tant que ministre des Forces armées, le Général Birame Diop a pris la parole ce samedi lors de la séance plénière consacrée à l’examen du budget 2026 de son département. Un exercice républicain qu’il a qualifié de nécessaire et salutaire, tant pour la transparence que pour le renforcement du lien entre l’institution militaire et la représentation nationale.
Dès son propos liminaire, le ministre a tenu à remercier les députés pour leur intérêt constant envers les questions de sécurité, rappelant que les Forces armées accomplissent quotidiennement leur mission « parfois au péril de leur vie ». Il a salué leur soutien, notamment leur plaidoyer répété pour un accroissement des ressources, indispensable au maintien d’une armée professionnelle et opérationnelle. Birame Diop a également rendu un hommage respectueux aux anciens dont la clairvoyance, selon lui, a permis au Sénégal de conserver « une trajectoire singulière » dans un continent où les équilibres civilo-militaires ont souvent vacillé. Une pensée particulière a été adressée aux soldats tombés au front et aux blessés en attente de rétablissement.
Le ministre a rappelé la mission fondamentale des Forces armées : défendre l’intégrité du territoire national et protéger les populations. Une mission devenue plus complexe dans un environnement régional marqué par des recompositions géopolitiques rapides et une montée continue des facteurs d’insécurité. Birame Diop a insisté sur la persistance de la menace terroriste dans l’espace sahélien, sur la recrudescence des trafics illicites — armes, drogue, êtres humains — et sur la criminalité transnationale organisée, désormais solidement implantée dans plusieurs zones frontalières. À cela s’ajoute l’instabilité politique chronique dans la sous-région, un facteur aggravant qui impose, selon le ministre, « une vigilance renforcée et un renforcement permanent de nos dispositifs ».
À l’intérieur du pays, la réponse sécuritaire se veut tout aussi ferme. Le ministre a évoqué la lutte contre la délinquance urbaine et rurale, l’insécurité routière, ainsi que les nouvelles formes de menaces qui se développent dans le cyberespace, notamment la cybercriminalité et la désinformation, lesquelles pourraient fragiliser la cohésion sociale et la confiance institutionnelle.
Face à ces défis, Birame Diop affirme qu’« il n’y a pas de place à l’improvisation ». Pour lui, la sécurité est un investissement permanent qui nécessite des moyens conséquents et une planification rigoureuse. Dans ce sens, il a détaillé la montée en puissance des dispositifs militaires aux frontières, particulièrement dans les régions orientales, dans le cadre du plan Sud, ainsi que l’accompagnement du processus de paix en Casamance à travers le plan Jambaar, qui facilite le retour des populations et la stabilisation progressive de la zone. La gendarmerie nationale, de son côté, poursuit l’intensification de son maillage territorial avec de nouvelles unités destinées à répondre aux menaces terrestres, aériennes et maritimes.
Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, le ministre a mis en avant le rôle de l’Armée-Nation dans le développement. Birame Diop a rappelé que les Forces armées sont pleinement engagées dans plusieurs politiques publiques alignées sur l’agenda « Sénégal 2035 ». Il a cité la sécurité humaine, le soutien au système éducatif, l’appui au secteur de la santé — notamment avec l’hôpital militaire de campagne de Médina Yoro Foulah — et la participation à la lutte contre les catastrophes naturelles. Il a également évoqué le programme « Wadial Xale yi » mené en partenariat avec les armées, ainsi que l’introduction de la culture de défense et de sécurité dans les écoles par la gendarmerie.
L’un des jalons les plus importants annoncés par le ministre reste le projet de développement d’une véritable industrie nationale de défense. Selon Birame Diop, ce chantier vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays et à consolider sa souveraineté dans un contexte mondial où les dépendances extérieures peuvent constituer des vulnérabilités majeures.
En conclusion, le ministre a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs de discipline, de dévouement, de loyauté et de professionnalisme qui fondent la réputation des Forces armées sénégalaises. Il a ensuite ouvert la séance des questions-réponses avec les députés, dans un esprit de transparence et de responsabilité, donnant ainsi le ton d’une gouvernance sécuritaire ancrée dans le dialogue républicain et la vigilance stratégique.