Sénégal-Maroc: politique, économie, religion, éducation, pourquoi ils s’aiment tant

À veille de la finale historique de la CAN entre le Maroc et le Sénégal, Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, revient sur la profondeur, la richesse et l’actualité des relations entre les deux pays. Il évoque les liens politiques, économiques, religieux, éducatifs et la solidarité qui unissent Rabat et Dakar, renforcés aujourd’hui par le symbole du football.

M. Le ministre, la finale de la CAN se joue dimanche entre le Maroc et le Sénégal. En tant que ministre des Affaires étrangères sénégalais, peut-être même amoureux du foot, que vous inspire cette rencontre sur le plan symbolique au regard des relations entre les deux pays, le Sénégal et le Maroc ?

C’est un grand plaisir que j’éprouve, une grosse fierté aussi de voir notre équipe arriver à ce stade de la compétition. Beaucoup d’émotion, et je dis aussi que cette finale n’est pas un simple rendez-vous sportif. Elle met face à face deux grandes nations africaines du football qui se respectent, se connaissent et se fréquentent aussi depuis longtemps. C’est une confrontation, pour moi, qui est fraternelle et presque symbolique, où le football devient un miroir de l’Afrique, d’une Afrique qui avance, confiante, ambitieuse et unie dans sa diversité.

On parle beaucoup des relations sénégalo-marocaines avec cette finale depuis quelques jours. Pour ceux qui ne connaissent pas, pouvez-vous rappeler s’il y a des grandes dates ou des moments qui ont marqué le début et l’évolution des relations entre le Maroc et le Sénégal ?

C’est une relation ancienne, presque organique. Cette relation a commencé bien avant les indépendances. Nos peuples échangeaient déjà à travers les routes transsahariennes, en partageant le savoir, le commerce, mais aussi la spiritualité. Depuis 1960, quand le Sénégal est devenu indépendant, le Maroc est resté un partenaire constant de notre pays. Ce qui frappe dans cette relation, c’est vraiment sa régularité, la régularité d’un dialogue permanent, la densité des échanges et la solidité de la confiance politique. Il faut rappeler le rôle que le président Senghor a joué à l’époque avec le roi Mohammed V, puis avec Hassan II, en partageant une vision commune de stabilité, de codéveloppement. Aujourd’hui, cet héritage est protégé par Sa Majesté le roi Mohammed VI et Son Excellence, Monsieur le Président Bassirou Diomaye Faye. Ce partenariat s’est développé depuis nos indépendances et embrasse tous les domaines : politique, économique, social, éducatif, et autres.

Vous l’avez évoqué, il y a le domaine religieux, le soufisme et les confréries, notamment la Tidjaniya, qui occupent une place importante dans les deux sociétés. Ces liens spirituels continuent-ils de renforcer la proximité entre les deux pays ?

Absolument. La dimension spirituelle est très importante, elle est presque fondatrice. Comme vous le savez, la Tidjaniya, avec Fès comme pôle spirituel majeur, a façonné des générations de Sénégalais. Ce lien dépasse largement les agendas politiques. La Tidjaniya rapproche, elle fusionne, elle installe ainsi une relation fondée sur la vraie fraternité. C’est un ciment silencieux, mais extrêmement solide.

Sur le plan diplomatique, comment caractériseriez-vous la coopération entre Rabat et Dakar, notamment au sein d’organisations africaines et internationales ?

Si je dois caractériser les relations diplomatiques entre nos deux pays, j’utiliserais deux mots : cohérence et solidité. Sur cette base, le Sénégal et le Maroc se retrouvent très souvent sur les grandes questions africaines et internationales. Ce sont des positions que nous partageons généralement, voire totalement.

Il y a une convergence de vues sur l’intégration africaine, sur la stabilité régionale et surtout sur la nécessité de solutions africaines aux problèmes africains. Cela explique aussi les démarches du Maroc vis-à-vis du continent. Beaucoup d’initiatives sont prises et donc nous avons cette proximité qui se traduit par un soutien mutuel constant dans les enceintes régionales et multilatérales, fondé sur une communauté de vues et de convictions.

Sur le plan économique, y a-t-il aujourd’hui des secteurs plus dynamiques dans la coopération économique entre le Maroc et le Sénégal ?

Oui, sur le plan économique, cela bouge beaucoup et très vite. Cette coopération économique est l’une des plus dynamiques sur le continent. Au Sénégal, les Marocains sont présents dans les assurances, les banques, les télécoms, les infrastructures, l’habitat, l’agriculture, la formation professionnelle.

La coopération est très concrète et les investissements marocains au Sénégal illustrent un modèle de coopération sud-sud, pragmatique, orienté vers des résultats. Au Sénégal, nous essayons aussi de développer une politique d’investissement au Maroc. C’est encore timide, mais nous développons une stratégie pour renforcer la présence sénégalaise dans le tissu économique marocain.

Il existe aussi un échange académique, universitaire, entre les deux pays. Que représente-t-il pour la jeunesse et l’avenir du Sénégal et du Maroc ?

Des étudiants marocains sont présents au Sénégal, grâce à un accord de coopération académique signé dans les années 1960, qui permet des échanges d’étudiants avec des bourses partagées. Cela facilite l’accès des Marocains aux facultés sénégalaises, notamment en santé et en médecine.

De façon encore plus dynamique, de nombreux jeunes Sénégalais vont au Maroc pour leur formation. Si je ne me trompe, le Maroc est actuellement le deuxième pays de destination après la France pour les étudiants sénégalais à l’étranger. Ils acquièrent des compétences, une culture de fraternité. Ainsi, des deux côtés, cela crée une culture de rapprochement et de coopération. Ces étudiants deviennent naturellement des passerelles humaines entre nos deux pays, parfois même sans en avoir conscience.

Dimanche, c’est la finale. À votre avis, comment le football et cette finale vont-ils participer au raffermissement des liens entre le Maroc et le Sénégal ?

Le sport en général, et le football en particulier, dépassent les terrains. Le football touche les peuples dans leur quotidien. Il est vrai que cela soulève des passions et beaucoup d’engouement. Ce que je retiens de cette finale, qui se tient en terre marocaine, c’est qu’elle offre une vitrine de l’Afrique compétitive, talentueuse et ambitieuse.

Entre le Maroc et le Sénégal, ce sera la célébration de l’admiration mutuelle, du respect mutuel, de l’amitié réciproque et d’une fraternité authentique, bien au-delà du score final. J’espère que toutes les dispositions seront prises pour que les deux équipes soient mises dans les meilleures conditions afin de donner le meilleur d’elles-mêmes. Nous aurons ainsi une belle fête.

Avez-vous de bons souvenirs ou des anecdotes personnelles, comme ministre des Affaires étrangères, sur cette relation sénégalo-marocaine ? Quelque chose qui illustre la force de ces liens ?

C’est difficile de donner seulement des exemples, il faut juger cela dans l’ensemble de mes interactions avec les officiels marocains. Toutes les interactions que j’ai eues ont été marquées par une grande qualité d’écoute, une proximité humaine, un respect rare, et un attachement profond aux relations entre le Sénégal et le Maroc. Je peux citer une anecdote : l’autre jour, quand le Sénégal s’est qualifié pour les quarts de finale, j’ai vu beaucoup de personnes célébrer, parmi lesquelles de nombreux Marocains et des binationaux sénégalo-marocains. Cela montre que cette relation va de soi, tant elle est naturelle et fondée sur une grande fraternité.

La convention d’établissement, pilier de la relation Maroc-Sénégal

Au-delà des symboles et de la fraternité affichée, la solidité des relations entre le Maroc et le Sénégal repose sur un texte fondamental : la convention d’établissement, signée entre Hassan II et Léopold Sédar Senghor et ratifiée à Rabat en 1965. En avril dernier, les 60 ans de cette convention ont été solennellement célébrés sous le haut patronage du président Bassirou Diomaye Faye et du roi Mohammed VI, confirmant son rôle central dans la relation bilatérale.

Pour Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu Institute et auteur de l’ouvrage de référence « Le Maroc africain, trajectoire d’une ambition continentale », cette convention « donne aux Sénégalais et aux Marocains des droits quasi similaires à ceux des nationaux », y compris l’accès à certains postes dans la fonction publique. Elle a permis, par exemple, qu’un Marocain soit nommé ambassadeur du Sénégal à la FAO, ou que le Maroc soutienne l’élection de Jacques Diouf à la tête de cette organisation internationale.

«C’est la base de tout», insiste Sambe, soulignant qu’elle structure la vie sociale, professionnelle et familiale des deux communautés, qui jouissent d’un statut privilégié et d’une mobilité facilitée. Toujours en vigueur soixante ans après, elle incarne cette « alchimie » particulière que Sambe décrit dans son livre, et que le roi Mohammed VI saluait dans une lettre adressée à l’auteur, évoquant «l’enracinement du royaume en Afrique et la profondeur des liens humains, spirituels et culturels» qui unissent indéfectiblement le Maroc et le Sénégal.

Avec RFI

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°652 – 17 ET 18/01/2026

🔴 IMMERSION DANS L’ UNIVERSITÉ MOHAMMED VI POLYTECHNIQUE ( UM6P ) DU MAROC : UN TRÉSOR ACADÉMIQUE POUR TOUTE L’AFRIQUE
🔴 BRAS DE FER ENTRE LE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE ET LE G7 : L’ÉCOLE SOUS CONTRÔLE SYNDICAL

🔴 FINALE SÉNÉGAL–MAROC : RABAT DÉBORDÉ PAR L’ARRIVÉE DES LIONS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°651 – 16/01/2026

🔴 LA NOUVELLE CHEFFE DE MISSION DU FMI ATTENDUE À DAKAR : ÇA TREMBLOTE DÉJÀ DANS LES MARCHÉS
🔴 RÉEXAMEN DE LA DÉCISION DU DOSSIER MAME MBAYE NIANG- OUSMANE SONKO : LE PROCUREUR GÉNÉRAL CONTESTE

🔴 LE HÉROS MANÉ : UN BUT, UNE FINALE, UNE DERNIÈRE CAN

Affaire Prodac – Pape Malick Ndour : la Chambre d’accusation exige le dossier complet avant de décider, verdict attendu le 21 janvier

La bataille judiciaire impliquant l’ancien ministre de la Jeunesse et ex-coordonnateur du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), Pape Malick Ndour, connaît un nouveau tournant. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, la Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a décidé de renvoyer au 21 janvier prochain son délibéré sur l’appel introduit par le Procureur financier, qui réclame le placement sous mandat de dépôt de l’ancien ministre.

Réunie en audience hier, la Chambre d’accusation a estimé ne pas être en mesure de statuer en l’état. En cause : l’absence de l’intégralité du dossier d’instruction, jugée indispensable pour apprécier les arguments des différentes parties. Cette décision de renvoi prolonge l’incertitude judiciaire qui pèse sur Pape Malick Ndour, placé sous bracelet électronique depuis le 7 novembre 2025, à la suite d’une ordonnance du juge d’instruction Idrissa Diarra. Une mesure que le Parquet financier conteste avec insistance.

Depuis le début de la procédure, le Parquet maintient une ligne dure. D’après L’Observateur, le Procureur financier n’a jamais dissimulé sa volonté de voir l’ancien ministre écroué. Il a interjeté appel de la décision du juge d’instruction ayant accordé à Pape Malick Ndour une liberté provisoire sous surveillance électronique, estimant que cette mesure n’est pas à la hauteur de la gravité des faits reprochés. Dans le dossier Prodac, l’ancien responsable est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux.

Près de deux mois après cet appel, l’affaire a enfin été examinée par la Chambre d’accusation. Alors qu’une décision était attendue à l’issue de l’audience, la juridiction a choisi de rabattre le délibéré. Elle souhaite désormais disposer de toutes les pièces du dossier afin de se prononcer en toute connaissance de cause, signe que les débats ont soulevé des questions de fond nécessitant un examen approfondi.

Contacté par L’Observateur, Me Antoine Mbengue, membre du pool d’avocats de la défense, a confirmé que ce renvoi est directement lié à l’absence de transmission complète du dossier d’instruction. « Très souvent, le dossier d’appel est transmis en partie. Or, dans nos plaidoiries, plusieurs questions importantes ont été soulevées. La Chambre d’accusation a donc voulu plus de lumière avant de trancher », explique l’avocat.

Pour la défense, l’acharnement du Parquet est difficilement justifiable. Me Mbengue insiste sur le fait que son client subit déjà une restriction sévère de liberté. « Le Procureur veut voir Pape Malick Ndour en prison, alors qu’il est déjà en prison chez lui », déclare-t-il. Selon lui, le bracelet électronique constitue bel et bien une forme de détention, puisque son client est placé sous la surveillance de l’Administration pénitentiaire et ne peut quitter son domicile sans risquer la révocation immédiate de la mesure.

L’avocat dénonce également une conception qu’il juge excessivement rigide de la détention de la part du Parquet financier. « Pour eux, tant que vous n’êtes pas derrière les barreaux, vous n’êtes pas détenu. C’est inadmissible dans un État de droit », s’indigne-t-il, rappelant que Pape Malick Ndour s’est toujours présenté devant la justice, n’a jamais tenté de se soustraire aux convocations et a déjà été entendu sur le fond du dossier.

Sur le fond, l’affaire Prodac trouve son origine dans un rapport d’expertise comptable établi par le cabinet ADR, dirigé par Abdoulaye Dramé. Commandé en janvier 2025, ce rapport, cité par L’Observateur, fait état d’irrégularités financières estimées à 2,7 milliards de FCFA, ainsi que de retenues de garantie d’un montant de 40 millions de FCFA concernant le Domaine agricole communautaire de Séfa, dans la région de Sédhiou. Ces éléments ont conduit le Procureur financier à élargir les poursuites à plusieurs personnes, dont Pape Malick Ndour et Khadim Bâ, Directeur général de Locafrique.

De son côté, l’ancien coordonnateur du Prodac campe sur sa position. Il rejette catégoriquement les accusations portées contre lui et soutient n’avoir jamais été gestionnaire des fonds aujourd’hui mis en cause. Sa défense affirme que cette réalité a déjà été établie au cours de l’instruction.

Tous les regards sont désormais tournés vers le 21 janvier 2026. À cette date, après examen de l’intégralité du dossier, la Chambre d’accusation devra rendre sa décision. Elle dira si Pape Malick Ndour reste sous bracelet électronique ou s’il sera placé sous mandat de dépôt. Une décision très attendue, tant par la défense que par le Parquet, et qui pourrait marquer un tournant décisif dans l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles du moment.

Préparatifs des JOJ 2026 : ultimatum fixé au 18 janvier pour la libération des emprises à la Gueule Tapée

Dans le cadre des préparatifs en vue de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les autorités administratives accélèrent la mise en œuvre des travaux d’aménagement autour des infrastructures sportives concernées. À cet effet, le préfet du département de Dakar, Chérif Mouhamadou Blondin Ndiaye, a fixé au dimanche 18 janvier 2026 le délai ultime pour la libération des emprises situées le long du Boulevard de la Gueule Tapée.

Dans un communiqué daté du 13 janvier, l’autorité administrative rappelle que des travaux de mise à niveau et d’aménagement de la voirie seront engagés dans les prochains jours aux abords de plusieurs infrastructures sportives appelées à accueillir les compétitions des JOJ 2026. Ces travaux, qualifiés d’intérêt public, ont pour objectif d’améliorer durablement la circulation, de renforcer la sécurité des usagers de la route et d’assainir le cadre de vie des populations riveraines.

Le préfet souligne toutefois que la bonne exécution de ces travaux est conditionnée par la libération complète et la sécurisation des emprises concernées. À ce titre, il invite formellement toutes les personnes occupant actuellement le Boulevard de la Gueule Tapée et ses dépendances à quitter les lieux dans les délais impartis. Sont particulièrement concernés les occupants du tronçon compris entre le rond-point de l’hôpital Abass Ndao et la Place de la Nation, une zone stratégique dans le dispositif de circulation autour des sites sportifs.

Le communiqué précise que cette mesure vise à permettre le démarrage effectif des travaux dans de bonnes conditions et dans le respect du calendrier établi pour les préparatifs des JOJ 2026. « La libération des emprises est indispensable pour garantir la sécurité de tous et assurer le bon déroulement des opérations », insiste l’autorité préfectorale.

Passé le délai du 18 janvier 2026, le préfet avertit que des mesures appropriées pourraient être prises pour procéder à la libération des emprises concernées. Ces dispositions, précise-t-il, s’inscrivent dans une démarche de préservation de l’ordre public et de respect des engagements pris par l’État du Sénégal dans l’organisation de cet événement sportif international.

À travers cette décision, l’administration territoriale entend ainsi conjuguer impératifs de développement urbain, exigences sécuritaires et respect des délais liés à l’accueil des Jeux Olympiques de la Jeunesse. À Dakar, la phase opérationnelle des préparatifs entre désormais dans une étape concrète, où les travaux d’aménagement de la voirie constituent un enjeu clé pour la réussite de Dakar 2026.

Criquets pèlerins dans le nord du Sénégal : l’État active un dispositif préventif pour protéger les cultures

Face à la présence signalée de criquets pèlerins dans plusieurs zones du nord du Sénégal, notamment à Dagana, Louga, Saint-Louis, Podor et Matam, les autorités sénégalaises ont décidé d’anticiper le risque afin d’éviter une crise acridienne aux conséquences potentiellement graves pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA), Boubacar Dramé, a ainsi annoncé, le 15 janvier 2025, la mise en place d’« actions coordonnées et préventives » dans la vallée du fleuve Sénégal, avec un accent particulier sur le département de Dagana.

Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette réaction rapide des pouvoirs publics fait suite aux premières alertes émises par les services techniques, notamment la Direction de la protection des végétaux (DPV). Dès les signaux initiaux, une mission conjointe regroupant le Secrétariat exécutif du CNSA, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les services techniques de l’État a été déployée sur le terrain. L’objectif était multiple : évaluer l’ampleur des dégâts causés par les criquets pèlerins, mesurer l’efficacité des traitements déjà appliqués et renforcer la concertation avec les acteurs locaux, en première ligne face à la menace.

À l’issue de cette mission, une note technique détaillée a été transmise au Premier ministre. Ce document, élaboré sur la base des informations collectées par la DPV et les services déconcentrés, vise à éclairer la prise de décision au plus haut niveau de l’État. « Dès les premières alertes, nous avons jugé nécessaire d’agir rapidement pour éviter une propagation incontrôlée », a souligné Boubacar Dramé, insistant sur l’importance de la prévention dans la gestion du risque acridien.

Dans les zones concernées, la vigilance reste de mise. Les criquets pèlerins, connus pour leur capacité à se déplacer rapidement et à ravager de vastes surfaces agricoles, représentent une menace sérieuse pour les cultures, notamment dans une région stratégique comme la vallée du fleuve Sénégal, considérée comme un grenier agricole du pays. C’est pourquoi les autorités privilégient une approche anticipative, fondée sur la surveillance permanente, la lutte ciblée et la coordination entre les différents acteurs impliqués.

Le CNSA, en collaboration avec la FAO et les services techniques nationaux, entend également renforcer la sensibilisation des producteurs et des collectivités locales. L’objectif est de favoriser une remontée rapide de l’information depuis le terrain et d’assurer une réaction immédiate en cas d’évolution du phénomène. Cette stratégie concertée vise non seulement à contenir les foyers existants, mais aussi à prévenir toute invasion de grande ampleur susceptible de compromettre les récoltes et, à terme, la sécurité alimentaire.

À ce stade, les autorités se veulent rassurantes tout en appelant à la prudence. Les dispositifs de surveillance et de lutte sont opérationnels, et l’État affirme disposer des moyens nécessaires pour faire face à la situation. Toutefois, la nature imprévisible des criquets pèlerins impose une vigilance constante. Dans le nord du Sénégal, la mobilisation reste totale pour éviter que cette menace acridienne ne se transforme en crise majeure.

La nouvelle cheffe de mission du FMI attendue à Dakar : aucune négociation de fond n’est prévue

Dès le début de la semaine prochaine, Dakar accueillera une délégation de haut niveau du Fonds monétaire international (FMI), un déplacement très attendu dans les cercles économiques et financiers du pays. Au centre de cette visite figure la présentation officielle de la nouvelle cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Mercedes Vera Martin, qui prend ainsi le relais d’Edward Gemayel. Officiellement qualifiée de « visite de courtoisie » par l’institution de Bretton Woods, cette mission intervient pourtant dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des tensions persistantes autour de la situation des finances publiques sénégalaises.

Selon les informations rapportées par l’agence Reuters, aucune négociation de fond n’est inscrite à l’agenda de ce court séjour. Le FMI entend avant tout procéder à une prise de contact avec les nouvelles autorités économiques du pays et assurer une transition ordonnée entre l’ancienne et la nouvelle cheffe de mission. Edward Gemayel accompagnera d’ailleurs Mercedes Vera Martin à Dakar, signe d’une volonté de continuité dans le suivi du dossier sénégalais.

Cependant, l’arrivée de Mercedes Vera Martin suscite de nombreuses interrogations sur la Place de Dakar. L’économiste jouit d’une réputation de grande rigueur et d’une solide expérience dans la gestion de situations financières complexes. Elle arrive tout droit de Zambie, où elle a dirigé, entre 2023 et 2025, un processus de restructuration de dette considéré comme l’un des plus délicats en Afrique. Ce parcours, bien que salué par les experts, nourrit les spéculations dans un pays où la question de l’endettement public est devenue un sujet central du débat économique et politique.

Pour le gouvernement sénégalais, l’enjeu de cette visite est avant tout stratégique. Il s’agit de rassurer le FMI sur la capacité du pays à honorer ses engagements financiers, dans un contexte marqué par un niveau d’endettement élevé et une pression accrue sur les finances publiques. Les autorités sénégalaises tiennent toutefois à clarifier leur position : toute hypothèse de restructuration de la dette est formellement exclue. Dakar considère cette option comme une ligne rouge, craignant qu’elle n’affecte durablement la crédibilité financière du pays et son accès aux marchés internationaux.

Même en l’absence de discussions formelles, cette visite sera scrutée de près pour les signaux qu’elle pourrait envoyer. Les échanges informels, les rencontres de couloirs et le ton des déclarations publiques seront analysés avec attention par les acteurs économiques. Beaucoup s’interrogent sur la capacité de cette nouvelle dynamique à ouvrir, à moyen terme, la voie à un nouveau programme de financement avec le FMI, alors que les besoins budgétaires du Sénégal restent importants.

Ce changement à la tête de la mission du FMI intervient dans un climat encore marqué par de fortes turbulences entre Dakar et l’institution financière internationale. Les relations se sont crispées à la suite de l’audit des finances publiques, qui a mis en lumière des fragilités structurelles et soulevé des interrogations sur la soutenabilité de la dette. Depuis lors, un climat de méfiance prudente s’est installé, même si les deux parties affichent la volonté de maintenir un dialogue ouvert.

Ainsi, si cette mission est officiellement présentée comme une simple visite de présentation, elle n’en demeure pas moins lourde de symboles. Dans un contexte économique tendu et sous le regard attentif des marchés, chaque geste, chaque mot et chaque rencontre compteront. À Dakar, la visite de la nouvelle cheffe de mission du FMI apparaît moins comme une formalité que comme un moment d’observation mutuelle, où se joue en filigrane l’avenir des relations financières entre le Sénégal et le Fonds monétaire international.

Réexamen de la décision favorable à Ousmane Sonko : le procureur général conteste la révision point par point

Dans une requête en réexamen transmise le 29 décembre 2025 au premier président de la Cour suprême, et dont Libération s’est fait l’écho, le procureur général près la haute juridiction engage une démarche judiciaire inédite en contestant frontalement la décision de révision qui avait bénéficié à Ousmane Sonko dans l’affaire de diffamation l’opposant à Mame Mbaye Niang. Ce document, appuyé par un avis favorable du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, dévoile une argumentation juridique dense et structurée visant à remettre en cause l’interprétation retenue par la commission de révision.

Au cœur de cette requête figure la demande de réexamen de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Dakar, lequel avait conduit à la révision de la condamnation de Mame Mbaye Niang. Pour le procureur général, la commission de révision aurait fait une lecture erronée des textes applicables, en particulier de l’article 92 de la loi organique sur la Cour suprême, et aurait outrepassé ses compétences en appréciant des éléments relevant du fond du dossier.

Le magistrat s’attaque d’abord à l’interprétation de l’article 92, qu’il cite dans sa requête. Ce texte prévoit que la révision d’une décision pénale définitive ne peut être demandée que lorsque, après une condamnation, des faits nouveaux se produisent ou se révèlent, ou lorsque des pièces inconnues lors des débats sont présentées, à condition qu’elles soient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité du condamné. Selon le procureur général, ces conditions ne sont pas réunies en l’espèce. Il soutient notamment que l’auteur des propos diffamatoires, en l’occurrence Ousmane Sonko, aurait dû être en mesure de démontrer l’absence d’impôts de profession et ne pouvait, dès lors, ignorer les faits qu’il avançait publiquement.

La requête s’appuie ensuite sur un rappel minutieux des faits ayant conduit à la condamnation initiale. Le procureur général revient sur les propos tenus par Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci avait affirmé que Mame Mbaye Niang avait été « épinglé » par un rapport de l’Inspection générale d’État, ce qui, selon la juridiction de jugement, constituait une imputation diffamatoire. Le document souligne que Sonko avait déclaré disposer d’éléments à l’appui de ses accusations, citant notamment un rapport présenté comme émanant de l’Inspection générale des Finances et des informations accessibles via des sources publiques, dont des déclarations d’Amadou Bâ, alors ministre des Finances, ainsi que de Mame Mbaye Niang lui-même, évoquant l’existence d’un rapport.

Pour le procureur général, l’accusation de mensonge portée contre Mame Mbaye Niang demeure centrale. Il rappelle que Sonko avait affirmé que Niang mentait en niant avoir été épinglé par un rapport de contrôle, et que tous les documents devaient, à ce titre, être produits devant le juge. Or, Mame Mbaye Niang, par l’intermédiaire de ses avocats, avait déposé une plainte en soutenant n’avoir jamais été mis en cause par un rapport de l’Inspection générale d’État ni par aucun autre organe de contrôle concernant la gestion du Prodac. Le procureur général renchérit en expliquant qu’il était matériellement impossible pour Niang de s’immiscer dans la gestion financière du projet, celle-ci relevant de la tutelle du ministère des Finances.

La critique de la commission de révision constitue un autre axe fort de la requête. Le procureur général estime que cette instance a outrepassé son rôle en procédant à des constatations qui relèvent, selon lui, de la compétence exclusive du juge du fond. Il reproche à la commission d’avoir cherché à motiver sa décision au-delà de ses prérogatives, en appréciant la portée des faits nouveaux sur la culpabilité du condamné. Il cite à cet effet les conclusions de la commission, qui avait estimé que certaines constatations étaient de nature à faire naître un doute sur la culpabilité d’Ousmane Sonko relativement à l’infraction de diffamation.

L’argument juridique central développé par le procureur général repose sur la question de la découverte tardive du rapport invoqué. Selon lui, ce rapport était resté inconnu lors des débats en première instance comme en appel, son existence ayant été niée. Dans cette logique, la découverte ultérieure de ce document ne saurait justifier une révision favorable à Sonko. Bien au contraire, elle viendrait, selon la requête, confirmer la matérialité de la diffamation, puisque Sonko avait accusé Niang de mentir sur l’existence d’un rapport, et que l’existence même de ce rapport ne prouve pas que Niang ait été « épinglé » comme cela avait été affirmé publiquement.

La requête soulève également des enjeux procéduraux majeurs, notamment sur les limites de compétence de la commission de révision. Pour le procureur général, celle-ci aurait dû se borner à constater l’existence éventuelle de faits nouveaux ou de pièces inconnues, sans en tirer des conclusions sur la culpabilité, domaine réservé au juge du fond. Le document précise enfin que le ministre de la Justice a transmis les recommandations de la commission au premier président de la Cour suprême pour exécution, conformément à la procédure, tout en donnant un avis favorable à la démarche du procureur général.

Au terme de cette argumentation détaillée, la requête invite la Cour suprême à se prononcer sur la légalité de la décision de révision et sur l’interprétation à retenir de l’article 92 de la loi organique. Au-delà du seul contentieux opposant deux figures politiques majeures, cette affaire pose des questions fondamentales sur l’équilibre entre le droit à la révision des condamnations pénales et le principe de l’autorité de la chose jugée, plaçant la Cour suprême face à un débat juridique d’une portée institutionnelle considérable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°650 – 15/01/2026

🔴 FARBA NGOM ET LA JOURNÉE SANS PRESSE DU 13 AOÛT 2024 : QUAND CHEIKH BARA NDIAYE DÉLIRE ET DÉBITE
🔴 AFFAIRE DES TÉLÉPHONES DE FARBA NGOM : UN GARDE PÉNITENTIAIRE SUR LA SELLETTE

🔴 LES LIONS PLUS FORTS QUE LES PHARAONS : LE SÉNÉGAL EN FINALE

CAN 2025 : les félicitations du président Diomaye Faye aux « Lions » après leur victoire contre l’Égypte

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé ses chaleureuses félicitations à l’équipe nationale du Sénégal après sa victoire (1-0) face à l’Égypte, synonyme de qualification pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Le chef de l’État a salué la performance des « Lions » à travers un message publié sur sa page Facebook, mettant en avant la qualité du jeu et l’état d’esprit affiché par les champions d’Afrique.

« Je félicite nos Lions qui, par un match sérieux et maîtrisé, ont écarté l’Égypte et décroché leur place en finale de la Coupe d’Afrique », a écrit Bassirou Diomaye Faye, soulignant la solidité collective et la maîtrise tactique dont ont fait preuve les joueurs sénégalais face à un adversaire réputé pour son expérience et son palmarès.

À l’approche de l’ultime rencontre de la compétition, le président a encouragé l’équipe à rester fidèle aux valeurs qui ont forgé son succès. « À une marche de la consécration, poursuivez avec la même lucidité, la même discipline et le même esprit collectif, pour offrir au Sénégal une nouvelle étoile et une fierté partagée par toute la Nation », a-t-il ajouté, exprimant l’espoir de voir le Sénégal inscrire un nouveau sacre continental à son palmarès.

Ce message présidentiel s’inscrit dans un contexte d’euphorie nationale, alors que la qualification des « Lions » pour la finale suscite un immense engouement populaire à travers le pays et au sein de la diaspora. La victoire face à l’Égypte, l’une des sélections les plus titrées du continent, renforce la confiance autour du groupe et alimente l’espoir d’un nouveau sacre pour le football sénégalais.

À quelques jours de la finale, les regards sont désormais tournés vers la dernière étape de la CAN 2025. Soutenus par tout un peuple et encouragés au plus haut sommet de l’État, les « Lions » auront à cœur de conclure leur parcours en beauté et de décrocher une nouvelle étoile pour le Sénégal.

Changement climatique : Diomaye Faye plaide pour « une mobilisation internationale accrue »

Face à l’aggravation des effets du changement climatique et à leur impact particulièrement sévère sur le continent africain, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a appelé, ce mercredi 14 janvier, à « une mobilisation internationale accrue ». Le chef de l’État s’exprimait lors de son allocution d’ouverture d’un side event consacré au soutien du processus préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l’eau, que le Sénégal coorganisera avec les Émirats arabes unis en 2026.

Dans un contexte mondial marqué par la recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes, Diomaye Faye a insisté sur le fait que l’Afrique demeure l’une des régions les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique, alors même qu’elle contribue faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour le président sénégalais, cette situation impose une responsabilité collective renforcée et une solidarité internationale plus concrète, notamment à travers des mécanismes de financement adaptés, un transfert de technologies et un appui accru aux politiques d’adaptation.

Selon la Présidence de la République, le chef de l’État a également mis en exergue le caractère hautement stratégique de la ressource en eau. Il a souligné que l’eau se situe aujourd’hui « à l’intersection du climat, de la paix, de la sécurité et du développement durable », rappelant qu’une mauvaise gestion ou une raréfaction de cette ressource essentielle peut exacerber les tensions sociales, fragiliser la sécurité alimentaire et compromettre durablement les efforts de développement. À ses yeux, l’eau doit être au cœur des agendas climatiques et de développement, en particulier dans les pays du Sud.

Cette prise de parole s’inscrit dans la dynamique préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l’eau prévue en 2026, un rendez-vous international majeur que le Sénégal coorganisera avec les Émirats arabes unis. À travers cet engagement, Dakar entend jouer un rôle actif dans la définition des priorités mondiales liées à la gestion durable de l’eau, à l’adaptation aux changements climatiques et à la résilience des territoires vulnérables.

La participation de Diomaye Faye à cette rencontre intervient dans le cadre d’un déplacement officiel à Abu Dhabi, où il prend part, les 14 et 15 janvier 2026, à un forum international consacré aux enjeux du développement durable, de la transition énergétique et de l’innovation. Ce déplacement fait suite à un séjour de deux jours effectué auparavant au Koweït, illustrant l’intensification de la diplomatie sénégalaise sur les questions climatiques, énergétiques et de coopération internationale.

À travers ce plaidoyer, le président sénégalais réaffirme la position du Sénégal en faveur d’une gouvernance mondiale plus équitable du climat et des ressources naturelles. Il appelle à des engagements plus ambitieux et à des actions concrètes pour répondre à l’urgence climatique, estimant que sans une mobilisation internationale forte et coordonnée, les pays africains continueront de payer un lourd tribut à un phénomène qu’ils n’ont que très peu contribué à provoquer.

Intelligence artificielle : le Sénégal classé 97ᵉ au niveau mondial et 9ᵉ en Afrique

Le Sénégal occupe la 97ᵉ place au niveau mondial et le 9ᵉ rang en Afrique dans le Government AI Readiness Index, l’Indice de préparation des gouvernements à l’intelligence artificielle. Avec un score global de 38,84, le pays apparaît comme un État en transition, affichant des avancées notables sur le plan stratégique et politique, mais confronté à d’importants défis structurels pour une adoption effective de l’IA dans l’action publique.

Publié chaque année par le cabinet britannique Oxford Insights, cet indice évalue 195 gouvernements à travers 69 indicateurs regroupés en plusieurs piliers clés, notamment la capacité politique, la gouvernance, l’infrastructure d’IA, l’adoption par le secteur public, le développement et la diffusion des technologies d’IA, ainsi que la résilience économique et sociale. L’objectif est de mesurer dans quelle mesure les États sont prêts à intégrer l’intelligence artificielle dans la prestation des services publics et dans la modernisation de l’administration.

Selon l’analyse relayée par PressAfrik, le Sénégal présente des performances contrastées. Sur le plan de la capacité politique, le pays obtient un score relativement élevé de 61,00, traduisant l’existence d’une vision claire et d’une volonté politique affirmée. Cette performance repose notamment sur l’adoption de stratégies nationales, la mise en place de cadres législatifs et la reconnaissance officielle de l’IA comme un levier de croissance économique et de modernisation de l’État. Les autorités sénégalaises affichent ainsi une ambition assumée de s’inscrire dans la transformation numérique globale.

Le pilier gouvernance, avec un score de 50,88, confirme cette dynamique. Il reflète l’existence de cadres éthiques, de dispositifs de protection des données et d’une prise de conscience des enjeux liés à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Ces éléments constituent des bases importantes pour encadrer le développement de l’IA et limiter les risques liés à la vie privée, à la sécurité des données et aux dérives algorithmiques.

Cependant, malgré ces acquis institutionnels, les difficultés apparaissent plus marquées dans la mise en œuvre concrète. L’adoption de l’IA par le secteur public, notée à 28,47, demeure faible. Ce score indique que, malgré la volonté politique affichée, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle dans les services administratifs reste limitée, souvent cantonnée à des projets pilotes ou à des expérimentations ponctuelles. L’IA peine encore à transformer en profondeur les procédures, la gestion des données publiques et la qualité des services offerts aux citoyens.

L’infrastructure d’IA, avec un score de 37,00, constitue également un point de fragilité. Ce pilier englobe l’accès à des données de qualité, la disponibilité de la puissance de calcul nécessaire, notamment les GPU, ainsi que la connectivité Internet. Or, ces éléments sont indispensables pour développer, entraîner et déployer des modèles d’intelligence artificielle à grande échelle. Les limites observées dans ces domaines freinent considérablement la capacité du pays à passer d’une phase stratégique à une phase opérationnelle.

Enfin, la résilience, évaluée à 35,48, met en lumière la capacité encore insuffisante du marché du travail et de l’économie à s’adapter aux transformations induites par l’IA et l’automatisation. Ce pilier mesure notamment la préparation des compétences, la flexibilité du tissu économique et la capacité à absorber les chocs technologiques. À ce niveau, le Sénégal fait face à des défis majeurs en matière de formation, de reconversion professionnelle et d’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins émergents liés aux technologies avancées.

En définitive, le classement du Sénégal dans l’Indice de préparation à l’IA d’Oxford Insights révèle un pays qui a posé les fondations politiques et institutionnelles de sa stratégie en matière d’intelligence artificielle, mais qui doit encore franchir un cap décisif sur le plan des infrastructures, des compétences et de l’adoption effective dans le secteur public. La consolidation de ces aspects apparaît aujourd’hui comme un enjeu central pour permettre à l’IA de devenir un véritable moteur de modernisation de l’État et de développement économique durable.

Exportation d’arachides : les opérateurs demandent un lancement du processus avant le nouvel an chinois

Les acteurs de la filière arachidière sénégalaise appellent les autorités à accélérer le lancement de la campagne d’exportation des graines d’arachide, en particulier à destination de la Chine, avant le mois de février. Cette période correspond au nouvel an chinois, un événement majeur qui entraîne traditionnellement un ralentissement significatif des activités économiques dans ce pays, principal marché d’exportation de l’arachide sénégalaise.

Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette préoccupation a été largement exprimée lors d’une rencontre tenue mardi entre le ministre de l’Industrie et du Commerce et les différents acteurs du secteur, en présence de partenaires stratégiques. À cette occasion, Cheikh Ahmadou Bamba Fall, membre du Collectif des acteurs de la filière arachidière du Sénégal, a attiré l’attention des autorités sur les contraintes liées au calendrier commercial chinois.

D’après lui, le nouvel an chinois constitue une période durant laquelle les activités économiques tournent au ralenti. « Les Chinois restent un mois quasiment sans activité en période de fête, marquée par un ralentissement des activités dans ce pays », a-t-il expliqué, soulignant l’impact direct que cette situation peut avoir sur les opérations d’exportation et sur la fluidité des transactions commerciales. Pour les exportateurs sénégalais, tout retard dans le lancement de la campagne risque ainsi de compromettre les volumes attendus et de perturber les relations avec les partenaires chinois.

Cheikh Ahmadou Bamba Fall a insisté sur l’importance, pour le gouvernement, de donner rapidement un signal clair en autorisant le démarrage effectif des exportations. Selon lui, un lancement avant le nouvel an chinois permettrait aux partenaires commerciaux en Chine de se positionner dans de meilleures conditions, d’anticiper les commandes et d’assurer une continuité des échanges malgré la période festive.

Au-delà de la question du calendrier, les opérateurs ont également réaffirmé leurs engagements en matière de volumes et de respect des règles fixées par l’État. Ils annoncent être prêts à exporter entre 300 000 et 400 000 tonnes d’arachides au cours de la campagne, tout en respectant le prix plancher de 350 FCFA le kilogramme, tel que défini par le gouvernement. Cette garantie vise à protéger les producteurs locaux et à assurer une rémunération équitable aux paysans, tout en maintenant la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur le marché international.

Cette sortie des acteurs de la filière intervient dans un contexte où l’arachide demeure un pilier stratégique de l’économie agricole sénégalaise, à la fois en termes de revenus ruraux, de création d’emplois et de recettes d’exportation. Les opérateurs estiment ainsi qu’une décision rapide des autorités permettrait non seulement de sécuriser les débouchés extérieurs, mais aussi de renforcer la confiance entre l’État, les exportateurs et les partenaires étrangers.

En attendant une position officielle, les acteurs de la filière espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte afin d’éviter tout blocage lié aux contraintes calendaires internationales. Pour eux, l’anticipation du nouvel an chinois constitue un enjeu crucial pour la réussite de la campagne d’exportation et pour la valorisation optimale de la production arachidière nationale.

Affaire Farba Ngom : un garde pénitentiaire du Pavillon spécial placé en garde à vue

L’affaire des téléphones portables découverts dans la cellule de Farba Ngom connaît un nouveau développement judiciaire. Selon des sources proches du dossier, les investigations menées par la Section de Recherches (SR) de Dakar ont abouti à l’interpellation d’un garde pénitentiaire en service au Pavillon spécial, désormais placé en garde à vue.

Cette arrestation fait suite à une fouille de routine effectuée dans la cellule de Farba Ngom, au cours de laquelle deux téléphones portables avaient été retrouvés. Une découverte qui avait immédiatement soulevé de sérieuses interrogations, compte tenu des règles strictes encadrant la détention et l’usage d’objets de communication en milieu carcéral, a fortiori dans un pavillon à régime spécial.

D’après les premières conclusions des investigations techniques, relayées par le quotidien Libération, l’introduction de ces appareils n’aurait pas pu se faire sans une complicité interne. Les enquêteurs privilégient ainsi la piste d’un contournement délibéré des protocoles de sécurité de l’établissement pénitentiaire, ce qui a conduit à l’audition puis à l’arrestation du garde pénitentiaire concerné.

L’agent interpellé est soupçonné de « complicité de détention d’objets illicites en milieu carcéral », une infraction sévèrement réprimée par la loi. Les enquêteurs cherchent à établir avec précision les circonstances dans lesquelles les téléphones ont été introduits, leur durée de présence dans la cellule ainsi que l’usage qui en aurait été fait.

L’enquête est toujours en cours et pourrait connaître de nouveaux rebondissements. Les autorités judiciaires n’excluent pas l’implication éventuelle d’autres agents pénitentiaires ou de tiers, dans un système organisé visant à faciliter l’introduction d’objets prohibés au sein du Pavillon spécial. Des auditions supplémentaires et des vérifications internes sont annoncées afin de situer toutes les responsabilités.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité et le contrôle au sein des établissements pénitentiaires, notamment dans les quartiers sensibles accueillant des détenus à fort enjeu judiciaire ou politique. En attendant les conclusions définitives de l’enquête, le garde pénitentiaire arrêté reste à la disposition des enquêteurs, tandis que la justice poursuit ses investigations pour faire toute la lumière sur ce dossier.

Sortie de Cheikh Bara Ndiaye : le CDEPS dénonce des propos diffamatoires et annonce des actions judiciaires

Le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS) est monté au créneau après les déclarations du député Cheikh Bara Ndiaye, tenues le mardi 13 janvier 2026 sur le plateau de Seneweb. Dans un communiqué officiel signé par son président, Mamadou Ibra Kane, le patronat de la presse sénégalaise dénonce des propos qu’il qualifie de « gravement diffamatoires » à l’encontre des entreprises de presse privée et de leurs responsables.

Au cœur de la polémique, les affirmations du parlementaire selon lesquelles l’homme politique Farba Ngom serait à l’origine de la journée sans presse observée le 13 août 2024. Une accusation que le CDEPS rejette catégoriquement, la qualifiant d’« infondée » et de « dénuée de toute nuance ». Pour l’organisation patronale, ces propos relèvent davantage de la spéculation que d’une analyse sérieuse fondée sur des faits avérés.

Dans son communiqué, le CDEPS rappelle que si une journée sans presse a effectivement eu lieu en août 2024, celle-ci avait un objectif clair et assumé : protester contre les atteintes répétées aux libertés de la presse imputées au gouvernement issu de la troisième alternance. Le Conseil insiste sur le fait que cette mobilisation était exclusivement dirigée contre des pratiques jugées liberticides et non contre des considérations partisanes ou des agendas politiques occultes.

Le patronat de la presse estime par ailleurs que les propos de Cheikh Bara Ndiaye s’inscrivent dans une dynamique plus large de discrédit systématique de la presse privée. Selon le CDEPS, cette stratégie serait portée par certains acteurs du nouveau régime, dans un contexte marqué par des relations de plus en plus tendues entre les autorités et les médias indépendants.

Près de vingt-trois mois après l’accession au pouvoir du régime actuel, le Conseil dresse un tableau particulièrement sombre de la situation de la presse privée au Sénégal. Il accuse les autorités de mener, avec « constance et méthode », une entreprise de fragilisation du secteur. Cette politique se traduirait, selon le CDEPS, par des poursuites fiscales ciblées, des blocages de comptes bancaires, le non-paiement des créances dues par l’État, des résiliations unilatérales de contrats publicitaires, ainsi que par la non-distribution de l’aide publique à la presse depuis près de deux ans.

Le communiqué évoque également des pratiques qu’il juge illégales et attentatoires à la liberté d’informer, telles que la confiscation de bouquets télévisuels, des coupures arbitraires de signaux audiovisuels et des restrictions injustifiées d’accès des journalistes aux manifestations publiques. Autant d’éléments qui, selon le CDEPS, traduisent une volonté manifeste d’asphyxier économiquement et institutionnellement la presse indépendante.

Dans ce contexte, le Conseil considère que le recours à la diffamation constitue un ultime levier utilisé pour tenter de discréditer durablement les médias privés. Toutefois, souligne-t-il, « aucun mensonge n’étant jamais parfaitement étanche », l’inconsistance de certaines affirmations finirait toujours par apparaître aux yeux de l’opinion attentive.

Le CDEPS s’interroge également sur le lien que certains tenteraient d’établir entre la journée sans presse d’août 2024 et l’arrestation de Farba Ngom intervenue en février 2025. Pour l’organisation, cette mise en relation relève de la pure affabulation et ne repose sur aucun élément factuel solide. Elle ne pourrait donc être interprétée que comme une tentative délibérée de manipulation de l’opinion publique.

Face à ce qu’il considère comme une atteinte grave à l’honneur et à la crédibilité de la presse sénégalaise, le Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse annonce son intention de tirer toutes les conséquences juridiques de ces propos. Des actions judiciaires sont ainsi envisagées afin de rétablir la vérité et de défendre l’intégrité du secteur.

En conclusion, le CDEPS lance un appel solennel à l’ensemble des professionnels des médias. Dans un esprit de confraternité et de responsabilité collective, il les exhorte à ne s’associer, ni par complaisance ni par silence, à aucune tentative de dénigrement de la presse privée sénégalaise, rappelant que la défense de la liberté de la presse demeure un combat commun et fondamental pour la démocratie.

CAN 2025 : le Sénégal fait tomber l’Égypte au mental et se hisse en finale

Le Sénégal s’est qualifié pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 en dominant l’Égypte (1-0), ce mercredi soir au stade Ibn Batouta de Tanger. Au terme d’une demi-finale âprement disputée, les Lions de la Teranga ont fait parler leur force mentale, leur discipline tactique et leur expérience pour venir à bout d’une formation égyptienne fidèle à sa réputation de solidité et de résilience.

Dans une rencontre à haute intensité, marquée par une bataille tactique de tous les instants, les hommes d’Aliou Cissé ont longtemps dû faire preuve de patience. Face à un bloc égyptien très compact, difficile à manœuvrer, le Sénégal a monopolisé le ballon sans toutefois parvenir à concrétiser ses occasions en première période. Les Pharaons, bien organisés défensivement, ont fermé les espaces et misé sur des transitions rapides, rendant chaque offensive sénégalaise complexe à conclure.

Malgré plusieurs situations franches manquées avant la pause, les champions d’Afrique 2021 n’ont jamais perdu leur calme. Fidèles à leur plan de jeu, ils ont continué à presser, à imposer un rythme soutenu et à faire circuler le ballon avec maîtrise. Cette domination progressive a fini par payer en seconde période, lorsque le Sénégal a trouvé la faille sur une action décisive, conclue par un but qui a fait exploser de joie les supporters présents dans les tribunes.

Ce but, fruit d’une persévérance collective, a changé la physionomie du match. Dos au mur, l’Égypte a tenté de réagir, multipliant les efforts pour revenir au score. Mais la défense sénégalaise, solide et disciplinée, a parfaitement résisté aux assauts adverses. Portés par une grande sérénité mentale, les Lions ont su gérer leur avantage jusqu’au coup de sifflet final, sans céder à la pression d’une équipe égyptienne connue pour sa capacité à renverser les situations.

Pour les Pharaons, l’élimination est cruelle mais honorable. Les coéquipiers de Mohamed Salah quittent la compétition avec les honneurs après avoir livré un match courageux et engagé. Longtemps en place, ils n’ont finalement pas réussi à contenir la constance et la détermination sénégalaise, s’inclinant sur la plus petite des marges.

Cette victoire revêt une dimension symbolique forte pour le Sénégal, qui retrouve une nouvelle fois l’Égypte à un stade décisif de la compétition. Elle ravive surtout le rêve d’un deuxième sacre continental, quatre ans après le triomphe historique de 2021, déjà face aux Pharaons. Les Lions de la Teranga confirment ainsi leur statut de référence du football africain, capables de s’imposer autant par le jeu que par la force mentale.

Qualifié pour la grande finale, le Sénégal affrontera dimanche prochain le vainqueur de l’autre demi-finale opposant le Maroc, pays hôte, au Nigeria. Un rendez-vous capital au cours duquel les Lions tenteront d’écrire une nouvelle page glorieuse de leur histoire et de confirmer leur ambition de régner durablement sur le football africain.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°649 – 14/01/2026

🔴 BIZARRERIES AUTOUR DE L’AFFAIRE FARBA NGOM ET DE SON INTERMINABLE DÉTENTION / SORTIE INATTENDUE DE LA MINISTRE DE LA JUSTICE : ON ATTEND 125 MILLIARDS , YASSINE SORT 02 TÉLÉPHONES
🔴 CITÉ DANS UNE AFFAIRE JUDICIAIRE PORTANT SUR DES ACCUSATIONS DE HARCÈLEMENT, D’INJURES ET DE VOIES DE FAIT : LE DG DE LA SANTÉ …DANS DE BEAUX DRAPS ?

🔴 DEMI-FINALE CAN 2025 : SÉNÉGAL–ÉGYPTE, LE CHOC DES GÉANTS

Maintien en détention de Farba Ngom : l’APR dénonce un « acharnement politique » et annonce un plan d’action

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce mardi 13 janvier à l’issue d’une conférence de presse consacrée au maintien en détention du député-maire des Agnam, Mouhamadou Farba Ngom. Face aux journalistes, les responsables du parti ont vivement contesté la décision judiciaire, qu’ils assimilent à un acharnement politique ciblé contre l’un de leurs cadres les plus en vue.

Revenant sur l’évolution du dossier, les dirigeants de l’APR ont mis en parallèle les situations de deux personnes mises en cause dans la même affaire, à savoir Tahirou Sarr et le député Mohamadou Ngom, dit Farba. Ils ont rappelé que l’annonce de la mise en liberté de Tahirou Sarr, intervenue le 12 janvier, avait suscité un large soulagement au sein de l’opinion publique. Une satisfaction de courte durée, selon eux, puisque le parquet financier a rapidement interjeté appel de la décision concernant Farba Ngom, un acte que le parti impute directement à une volonté politique incarnée, selon ses responsables, par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Pour l’APR, cette démarche du parquet n’est pas anodine. Le parti y voit une récidive, soulignant qu’il s’agit de la deuxième fois qu’une décision judiciaire ordonnant une remise en liberté est aussitôt contestée. Cette situation traduirait, selon eux, une justice à géométrie variable, caractérisée par une inégalité manifeste de traitement entre des personnes poursuivies pour des faits similaires.

Les responsables de l’Alliance pour la République affirment que Farba Ngom est aujourd’hui le seul détenu dans ce dossier, une réalité qu’ils jugent révélatrice d’un traitement particulier. Ils énumèrent une série d’événements qu’ils considèrent comme les signes d’un acharnement continu, notamment la levée de l’immunité parlementaire du député, son éviction du poste de vice-président de l’Assemblée nationale, ainsi que des accusations répétées qu’ils estiment non étayées depuis près d’un an.

La question de l’état de santé de Farba Ngom a également occupé une place centrale lors de la conférence de presse. Selon l’APR, plusieurs rapports médicaux attestent de l’incompatibilité de son état de santé avec une détention carcérale prolongée. Malgré cela, le député demeure en prison, une situation que le parti qualifie d’inhumaine et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Le parti a par ailleurs vivement critiqué la sortie médiatique de la ministre de la Justice, Yassine Fall. Les responsables de l’APR estiment que sa conférence de presse relevait davantage, selon leurs termes, d’une « conférence de panique » que d’un exercice institutionnel normal. Ils s’interrogent sur le rôle de la garde des Sceaux, qu’ils accusent de se substituer au procureur dans la conduite de ce dossier, brouillant ainsi, à leurs yeux, la séparation des pouvoirs.

Pour l’APR, il ne fait aucun doute que ce dossier est avant tout politique. Le parti rejette catégoriquement l’idée d’un traitement purement judiciaire et soutient qu’en présence d’un détenu gravement malade, rien n’empêche la justice d’ordonner une mise en liberté sous contrôle judiciaire, conformément aux dispositions prévues par la loi. Le maintien en détention de Farba Ngom est ainsi qualifié d’« hérésie juridique », posant une question centrale que les responsables adressent directement à la justice sénégalaise : comment comprendre que deux personnes inculpées pour les mêmes faits soient traitées de manière aussi différente ?

Face à ce qu’elle considère comme des détentions arbitraires, l’Alliance pour la République exige la libération immédiate et sans condition de Farba Ngom et de toute autre personne concernée par des décisions qu’elle juge injustes. Le parti a annoncé un plan d’action destiné à alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation. Celui-ci prévoit une tournée auprès des autorités religieuses, des organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des représentations diplomatiques, dans l’objectif déclaré de préserver l’image et la stabilité du Sénégal.

L’APR entend également engager des concertations avec les forces démocratiques et citoyennes du pays et annonce l’organisation prochaine d’une marche nationale. Pour conclure, les responsables du parti estiment que la République est en danger et que la démocratie est menacée, appelant à une mobilisation générale pour leur sauvegarde.

À noter que cette conférence de presse de l’APR est intervenue quelques heures après celle de la garde des Sceaux. La ministre de la Justice, Yassine Fall, y a évoqué de nouveaux éléments susceptibles, selon elle, d’alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom, renforçant davantage la tension politique et judiciaire autour de cette affaire désormais au cœur du débat public.

Justice : le Directeur général de la Santé cité dans une affaire de harcèlement

Le professeur Ousmane Cissé, Directeur général de la Santé du Sénégal et responsable politique du parti Pastef, est cité dans une affaire judiciaire portant sur des accusations de harcèlement, d’injures et de voies de fait. Il a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant le Tribunal d’Instance Hors Classe de Dakar, aux côtés de Pape Ibrahima Thiam, dans un dossier qui suscite une attention particulière en raison de la position institutionnelle de l’un des mis en cause.

L’origine de l’affaire remonte au mois de juin 2024. À cette période, le Dr Hadji Mansour Diop, administrateur d’une clinique privée située à Zac Mbao, commence à recevoir des messages anonymes à caractère injurieux, diffamatoire et menaçant. Face à la gravité et à la répétition des faits, la victime décide de saisir la justice en déposant une plainte contre X, déclenchant ainsi l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Les investigations ont été confiées aux services de police du commissariat du Point E. Les enquêteurs ont procédé à des réquisitions téléphoniques et à un traçage approfondi de l’appareil utilisé pour l’envoi des messages incriminés. Selon les éléments versés au dossier, le téléphone à partir duquel les messages auraient été envoyés aurait été acquis par le Pr Ousmane Cissé, avant d’être confié à un groupe de personnes. Ces investigations techniques, menées sur une période de six mois, ont permis aux enquêteurs d’établir un faisceau d’indices ayant conduit à l’identification des personnes poursuivies dans cette affaire.

Dans ce dossier, le Pr Ousmane Cissé est poursuivi pour des faits de violences et voies de fait présumés datés du 1er janvier, ainsi que pour des injures non publiques qui auraient été commises le 2 janvier. Il est cité aux côtés de Pape Ibrahima Thiam. Les infractions retenues sont prévues et réprimées par les articles 296, 45 et 46 du Code pénal sénégalais, ainsi que par l’article 11-1 du Code de la communication, qui encadre notamment les infractions commises par voie de messages ou de communications électroniques.

Le dossier, déclaré en état d’être jugé, a été appelé en audience plénière ce mardi 13 janvier 2026. À l’ouverture des débats, les avocats de la défense ont sollicité un renvoi ferme afin de mieux préparer leur argumentation et d’examiner en profondeur les éléments du dossier. Cette demande a été accueillie favorablement par le juge, qui a renvoyé l’affaire au 10 février 2026.

En attendant cette nouvelle audience, l’affaire continue de susciter de nombreuses réactions, tant dans le milieu judiciaire que dans l’opinion publique, en raison de la gravité des accusations et du statut du principal mis en cause. Le tribunal aura la charge de faire toute la lumière sur les faits reprochés, dans le respect du principe de la présomption d’innocence, alors que ce dossier sensible entre désormais dans une phase décisive de la procédure judiciaire.

Accusations contre Farba Ngom : Yassine Fall annonce l’ouverture d’enquêtes approfondies

La ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, est longuement revenue ce mardi sur le dossier judiciaire de l’ancien député Farba Ngom, responsable politique de l’Alliance pour la République (APR). Lors d’un point de presse tenu devant les journalistes, elle a révélé de nouveaux éléments qu’elle qualifie de particulièrement graves, annonçant la demande d’ouverture d’enquêtes approfondies afin de situer toutes les responsabilités.

Selon les explications de la ministre, une fouille effectuée le 28 décembre 2025 dans la salle du pavillon spécial a permis de découvrir que le détenu Farba Ngom était en possession de deux téléphones portables. Yassine Fall a précisé que ces appareils étaient détenus « frauduleusement et en violation manifeste de la loi n° 87-15 portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires ». Elle a insisté sur le caractère illégal de cette détention, rappelant que l’introduction et l’usage de téléphones portables en milieu carcéral constituent une infraction grave aux règles pénitentiaires.

La garde des Sceaux a également détaillé l’ampleur des communications réalisées à partir de ces téléphones. Selon elle, l’exploitation des appareils a révélé un volume important d’échanges, notamment 275 interactions téléphoniques et messages avec une journaliste, patronne de presse bien connue, 60 échanges avec un journaliste de presse en ligne, ainsi que 158 interactions avec un directeur de publication d’un groupe de presse également connu. Des chiffres qui, selon la ministre, témoignent d’une activité soutenue incompatible avec le régime normal de détention.

Plus préoccupant encore, Yassine Fall a affirmé que ces téléphones auraient servi à des échanges sensibles et potentiellement compromettants. Elle a révélé que les appareils auraient été utilisés pour la réception et la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels concernant un co-détenu, et ce sur deux dossiers distincts. La ministre a également évoqué la réception et le partage de contenus à caractère pornographique, précisant qu’un de ces partages aurait impliqué un avocat de Farba Ngom, une révélation qu’elle a qualifiée de particulièrement grave.

Au-delà de ces faits, la ministre de la Justice a fait état d’échanges relatifs à des « manœuvres et complots à caractère politique susceptibles de troubler l’ordre public ». Concernant l’implication présumée d’avocats dans cette affaire, Yassine Fall a assuré que « le bâtonnier sera bien sûr saisi », laissant entendre que des procédures disciplinaires pourraient être engagées si les faits sont avérés.

Sur la question de l’état de santé de Farba Ngom, souvent évoquée dans certains médias pour justifier une éventuelle libération, la ministre a tenu à apporter des clarifications fermes. Elle a indiqué que, contrairement aux allégations faisant état d’une incompatibilité sanitaire avec la détention, les éléments objectifs en possession de son département révèlent « une activité soutenue et constante », marquée notamment par des communications multiples, une coordination de flux financiers et l’élaboration de stratégies diverses. Pour Yassine Fall, ces éléments sont difficilement conciliables avec l’image d’un détenu gravement malade.

La garde des Sceaux a rappelé avec insistance que toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes et ne saurait, à elle seule, faire obstacle à l’application de la loi. Elle a réaffirmé l’engagement de l’État à faire respecter strictement les règles, sans traitement de faveur, quel que soit le statut politique ou social de la personne concernée.

Au regard de l’ensemble des faits révélés, Yassine Fall a conclu en indiquant que ces agissements sont susceptibles de qualifications pénales multiples. Elle a annoncé que son département va demander l’ouverture d’enquêtes approfondies afin d’élucider toutes les zones d’ombre de cette affaire, tout en appelant à la vigilance et au respect de la présomption d’innocence. Une nouvelle étape judiciaire s’ouvre ainsi dans le dossier Farba Ngom, qui continue de susciter une vive attention au sein de l’opinion publique et de la classe politique sénégalaise.

Sénégal–Koweït : vers un partenariat stratégique renforcé entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir Cheikh Meshal

Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a été reçu avec les plus grands honneurs au Palais Bayan par Son Altesse l’Émir du Koweït, Cheikh Meshal Al-Ahmad Al-Jaber Al-Sabah. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du chef de l’État sénégalais au Koweït et marque une étape importante dans le raffermissement des relations diplomatiques entre Dakar et Koweït City.

L’entretien entre les deux dirigeants s’est déroulé dans un climat empreint de cordialité et de fraternité. L’Émir Cheikh Meshal a tenu à souligner l’attachement particulier du peuple koweïtien au Sénégal, évoquant un lien historique et émotionnel profond entre les deux nations. Il a rappelé que cette relation repose sur une coopération ancienne, fondée sur la solidarité, le respect mutuel et une vision commune du développement et de la stabilité internationale.

Selon les services de la Présidence sénégalaise, les échanges entre Bassirou Diomaye Faye et l’Émir du Koweït ont largement dépassé le cadre d’une visite de courtoisie. Les deux chefs d’État ont affiché une volonté claire d’insuffler une nouvelle dynamique à leur coopération bilatérale, en décidant d’élever les relations sénégalo-koweïtiennes à un niveau stratégique. Cette orientation vise à renforcer les liens politiques, économiques et diplomatiques, tout en ouvrant la voie à des partenariats plus structurants et durables.

Plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés comme axes majeurs de cette coopération renforcée. Il s’agit notamment de la paix et de la sécurité, de la sécurité alimentaire, des infrastructures, de l’industrie, de l’énergie et de l’agriculture. Autant de domaines considérés comme essentiels pour accompagner les ambitions de développement du Sénégal, tout en offrant des opportunités d’investissement et de coopération au Koweït, dans une logique de partenariat gagnant-gagnant.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a salué l’engagement constant du Koweït aux côtés du Sénégal, notamment à travers des projets structurants soutenus par les fonds koweïtiens de développement. Il a réaffirmé la volonté de son pays de consolider ces acquis et de diversifier davantage les champs de collaboration, dans un contexte international marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques majeurs.

La visite s’est achevée par un banquet officiel offert par l’Émir Cheikh Meshal en l’honneur du Président sénégalais et de sa délégation. Ce moment solennel a symbolisé l’engagement mutuel des deux États à bâtir un partenariat stratégique solide, fondé sur la confiance, la solidarité et des intérêts partagés.

À travers cette rencontre, Dakar et Koweït City affichent clairement leur ambition commune d’inscrire leurs relations dans une nouvelle ère, portée par une coopération renforcée et durable, au service de la stabilité régionale et du développement économique et social de leurs peuples respectifs.

Nouvelles accusations contre Farba Ngom : la ministre de la Justice révèle la présence de deux téléphones dans sa cellule

De nouveaux éléments viennent alourdir le dossier judiciaire de Farba Ngom. La ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Yassine Fall, a révélé ce mardi des faits jugés particulièrement graves lors d’un point de presse tenu au Building administratif Président Mamadou Dia. Face aux journalistes, elle est longuement revenue sur la situation de l’ancien député-maire des Agnam, actuellement détenu, en apportant des précisions inédites sur les conditions de sa détention.

Selon la ministre, Farba Ngom a été retrouvé en possession de deux téléphones portables à l’intérieur même de sa cellule, en violation flagrante des règles en vigueur dans les établissements pénitentiaires. Cette découverte, a-t-elle souligné, soulève de sérieuses interrogations quant au respect du régime carcéral et à la sécurité au sein de l’administration pénitentiaire. Yassine Fall a insisté sur le caractère illégal de la détention de tels objets, rappelant que les téléphones portables sont strictement interdits en milieu carcéral en raison des risques qu’ils représentent pour l’ordre, la sécurité et le bon déroulement des procédures judiciaires.

La ministre de la Justice a également précisé que ces téléphones auraient servi à Farba Ngom pour entretenir des échanges avec certaines personnalités politiques ainsi qu’avec des organes de presse. Des communications qui, selon elle, posent un véritable problème au regard de la procédure judiciaire en cours, mais aussi du principe d’égalité devant la loi. « Aucun détenu ne doit bénéficier de privilèges particuliers, quelle que soit sa position sociale ou politique », a martelé la Garde des Sceaux, réaffirmant la volonté de l’État de faire respecter strictement la loi.

Ces révélations interviennent dans un contexte déjà tendu autour du dossier Farba Ngom, qui continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Pour Yassine Fall, cette affaire doit être traitée avec rigueur et transparence, sans pression ni interférence extérieure. Elle a assuré que toute la lumière sera faite sur les circonstances ayant permis l’introduction de ces téléphones en détention et que des sanctions seront prises si des complicités internes sont établies.

La ministre a enfin réitéré l’engagement des autorités à renforcer les contrôles dans les établissements pénitentiaires afin d’éviter de telles dérives à l’avenir. Elle a rappelé que le respect des règles carcérales est une condition essentielle pour garantir la crédibilité de la justice et la confiance des citoyens dans les institutions de la République.

Avec ces nouvelles accusations, le dossier Farba Ngom prend une tournure supplémentaire, ajoutant une dimension disciplinaire et sécuritaire à une affaire judiciaire déjà complexe, dont les développements continuent d’être suivis de près par l’opinion nationale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°648 – 13/01/2026

🔴 ÉLECTIONS MUNICIPALES DE 2027 À TIVAOUANE : GORGUI MASSAMBA BOYE SUR LA SHORT-LIST
🔴 MAINTENU EN PRISON MALGRÉ LA LIBERTÉ PROVISOIRE ASSORTIE D’UN CONTRÔLE JUDICIAIRE PRONONCÉE EN SA FAVEUR : FARBA ET LE SIGNE INDIEN

🔴 DEMI-FINALE SOUS TENSION : AVANT SÉNÉGAL–ÉGYPTE, LA FSF APPELLE AU FAIR-PLAY

Santé : le SAMES alerte sur la mal-gouvernance à l’ARP et réclame la fin de l’impunité

Le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) tire la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante qui prévaut au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), institution stratégique chargée de garantir la sécurité des médicaments et la protection de la santé publique. Dans un communiqué publié ce 12 janvier, le syndicat exprime sa « consternation et son indignation » face à ce qu’il qualifie de « mal-gouvernance et d’impunité » au sommet de cette structure essentielle.

Selon le SAMES, les scandales à répétition, dont celui désormais tristement célèbre de la société Softcare, révèlent des dérives graves au sein de l’ARP. Le syndicat pointe une gestion marquée par « l’opacité, l’arbitraire et le mépris assumé des textes réglementaires », et considère ces manquements comme une « faillite éthique, administrative et institutionnelle » de l’organe censé garantir la qualité, la sécurité et l’efficacité des produits de santé au Sénégal.

Le syndicat souligne que ses enquêtes internes à la section ARP ont permis de documenter des pratiques de gestion opaques, des soupçons graves de corruption et des violations manifestes des procédures réglementaires en vigueur. Pour le SAMES, l’affaire Softcare illustre à elle seule une transgression flagrante du Décret n° 2022-824 du 7 avril 2022, qui constitue le socle fondamental de la régulation pharmaceutique nationale. Le syndicat rappelle avec force que toute entorse à la réglementation pharmaceutique constitue un acte grave, susceptible de mettre délibérément en danger la vie des populations, et relève pleinement du champ pénal.

Au-delà des scandales liés aux produits de santé, le SAMES dénonce également les pratiques de gestion du personnel au sein de l’ARP. Le syndicat accuse l’agence de recourir à des recrutements clientélistes, à du favoritisme et au népotisme, qui seraient devenus une véritable norme au sein de la structure. Ces pratiques, selon le SAMES, portent une atteinte grave aux principes fondamentaux de transparence, d’équité et de mérite dans l’accès à l’emploi, et contribuent à fragiliser l’efficacité institutionnelle et la confiance du public dans le système de régulation pharmaceutique.

Face à cette situation, le SAMES appelle les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour restaurer la transparence, l’intégrité et la responsabilité au sein de l’ARP. Le syndicat exige la fin de l’impunité et un contrôle rigoureux des pratiques internes, afin de garantir que l’institution remplisse pleinement sa mission de protection de la santé des Sénégalais.

Pour le SAMES, la santé publique ne peut tolérer des manquements de cette nature : « il est impératif que les responsables rendent des comptes et que toute violation de la réglementation pharmaceutique soit sanctionnée conformément à la loi », conclut le communiqué.

Justice ou réhabilitation politique ? La ligne rouge franchie selon Guem Sa Bopp

La polémique autour de la candidature d’Ousmane Sonko et de la volonté affichée de certains de contester sa condamnation judiciaire continue de susciter de vifs débats dans l’opinion publique. Pour Guem Sa Bopp, mouvement citoyen et politique, la situation dépasse désormais le simple cadre judiciaire et révèle une tentative manifeste d’instrumentalisation des institutions.

Selon Moussa Niang, Délégué national à la vie politique de Guem Sa Bopp, il ne s’agit plus d’un procès ou d’un débat sur la justice, mais d’un bras de fer politique orchestré au détriment des règles et des institutions. « Lorsqu’un pouvoir s’acharne à réécrire les règles après une condamnation définitive, il ne réforme pas les institutions, il les instrumentalise », affirme-t-il. La condamnation de M. Sonko pour diffamation est définitive et conforme à l’article 627 du Code de procédure pénale, qui impose un délai strict de dix jours pour produire la preuve. Faute d’avoir respecté cette exigence, le leader politique a été déchu légalement de son droit de preuve et la décision judiciaire bénéficie de l’autorité absolue de la chose jugée.

Pour Guem Sa Bopp, les tentatives actuelles de réouverture du dossier s’appuient sur des documents prétendument incriminants, mais qui ne résistent pas à l’examen des faits. Ni rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), ni rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) n’existent pour accabler Ousmane Sonko. Le rapport de la Cour des comptes 2023 sur la gestion 2018-2021 confirme que le Programme de Développement des Compétences (PRODAC) n’a jamais fait l’objet d’un audit, à l’exception d’une vérification contractuelle menée par l’IGF en 2017 entre l’État et l’entreprise Green 2000. Aucun élément nouveau juridiquement recevable n’a donc été produit. Dans ces conditions, toute tentative de rouvrir le procès constitue, selon le mouvement, une impasse juridique totale, dépourvue de fondement légal et vouée à l’irrecevabilité.

Pour Moussa Niang, la démarche actuelle n’a qu’un objectif clair : une offensive politique visant à contester la décision judiciaire et à rétablir artificiellement l’éligibilité d’Ousmane Sonko. Sous couvert de réformes institutionnelles, qu’il s’agisse de modifications du Code électoral ou de la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, l’enjeu véritable reste de corriger une sanction judiciaire par des moyens politiques. « La loi électorale est sans ambiguïté : en conséquence de sa condamnation définitive, Ousmane Sonko est inéligible. Il ne pourra participer ni aux prochaines élections locales, ni aux législatives, ni à la présidentielle », rappelle Moussa Niang.

Guem Sa Bopp insiste sur la nécessité de respecter la loi dans son caractère général et impersonnel. « La loi ne saurait être façonnée pour un individu, encore moins pour effacer une décision de justice », souligne le mouvement. Pour le Délégué national à la vie politique, ce qui est présenté comme une réclamation de justice n’est en réalité qu’un échec juridique transformé en agitation politique. Et pour Moussa Niang, la République, pour rester digne de son nom, ne doit jamais céder au chantage politique, quelle qu’en soit la pression.

Pool judiciaire financier : La nécessité de revoir les méthodes et pratiques

La succession de mises en liberté sous contrôle judiciaire observée ces dernières semaines dans plusieurs dossiers à caractère financier invite à une réflexion sérieuse sur les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier. Sans remettre en cause l’indépendance de la justice ni les principes fondamentaux de l’État de droit, cette dynamique soulève néanmoins des interrogations légitimes sur la qualité des poursuites engagées et la solidité des dossiers instruits.

Lorsque des personnes poursuivies pour des infractions économiques graves recouvrent régulièrement la liberté après une détention parfois brève, l’opinion publique peut légitimement s’interroger. Ces décisions, bien qu’encadrées par la loi, peuvent donner le sentiment d’une justice hésitante, marquée soit par une précipitation dans l’engagement des poursuites, soit par une insuffisance dans la préparation des dossiers. Une telle perception fragilise la confiance des citoyens dans les institutions chargées de lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics.

Le Pool judiciaire financier, conçu comme un instrument spécialisé et rigoureux de répression des crimes économiques, se doit d’être exemplaire. Cela suppose, en amont, un renforcement notable de la qualité des enquêtes préalables. Les poursuites judiciaires ne devraient être engagées que lorsque les éléments de preuve sont suffisamment étayés, cohérents et juridiquement robustes, afin d’éviter toute impression d’improvisation ou d’acharnement ciblé.

Par ailleurs, la privation de liberté, même à titre provisoire, doit demeurer une mesure exceptionnelle. Elle ne saurait être utilisée comme un outil de communication judiciaire ou comme une réponse automatique à la pression de l’opinion publique. La rigueur méthodologique dans l’instruction des dossiers est essentielle pour garantir le respect des droits fondamentaux des justiciables tout en assurant l’efficacité de l’action pénale.

La répétition de procédures fragiles, conduisant à des libérations fréquentes, comporte un risque majeur : celui de décrédibiliser durablement la justice financière. Elle peut alimenter l’idée d’une justice à géométrie variable, voire politisée, perception d’autant plus dommageable dans un contexte où la demande de reddition des comptes est forte et légitime.

Revoir les méthodes et pratiques du Pool judiciaire financier apparaît dès lors comme une nécessité. Il ne s’agit pas d’affaiblir la lutte contre la délinquance économique, mais au contraire de la renforcer, en inscrivant l’action judiciaire dans une démarche plus professionnelle, plus cohérente et plus respectueuse des garanties procédurales. C’est à cette condition que la justice financière pourra pleinement jouer son rôle, restaurer la confiance des citoyens et s’imposer comme un pilier crédible de l’État de droit.

Farba Ngom maintenu en détention : ses avocats dénoncent une décision « purement politique »

La situation judiciaire de Farba Ngom reste inchangée. Malgré une ordonnance de mise en liberté provisoire initialement accordée par le juge d’instruction financière, l’ancien responsable politique demeure en détention après l’intervention du parquet financier. Ce dernier a décidé, ce lundi, de faire appel de la mesure, entraînant de facto le maintien en prison de Farba Ngom, au moment même où son coaccusé Tahirou Sarr recouvrait la liberté.

À la sortie de l’audience devant la Cour suprême, Me Adama Fall, l’un des avocats de la défense, a vivement réagi à cette situation qu’il juge incohérente et injustifiée. Selon lui, la juridiction suprême a d’abord rejeté le pourvoi introduit par la défense, avant que les conseils ne reçoivent, dans la matinée, une notification du juge d’instruction financière accordant la liberté provisoire à Farba Ngom et à Tahirou Sarr. Une décision qui laissait entrevoir une issue favorable pour les deux hommes.

Toutefois, cet espoir a été rapidement douché par l’appel formé par le procureur de la République, et ce uniquement contre la mise en liberté provisoire de Farba Ngom. Une démarche que la défense ne comprend pas, d’autant plus que les deux mis en cause sont poursuivis pour les mêmes faits, l’un comme auteur principal et l’autre comme complice, dans un dossier que les avocats qualifient d’« intrinsèquement lié ».

Me Adama Fall insiste sur le fait que l’ordonnance du juge d’instruction reposait sur les mêmes motifs et la même motivation juridique pour les deux accusés. Les délais d’appel arrivaient à expiration, et tout indiquait que Farba Ngom et Tahirou Sarr devaient être remis en liberté. L’intervention ciblée du parquet, uniquement contre Farba Ngom, est donc perçue par la défense comme une rupture manifeste du principe d’égalité devant la justice.

Pour l’avocat, cette différence de traitement pose un sérieux problème de cohérence judiciaire. Il estime qu’il est juridiquement inconséquent de maintenir un accusé en détention tout en laissant libre un autre poursuivi pour les mêmes infractions, exposé aux mêmes responsabilités pénales et impliqué dans le même dossier. Une situation qui, selon lui, ne peut s’expliquer que par des considérations extérieures au droit.

Allant plus loin, Me Fall affirme désormais sans détour que la détention de Farba Ngom revêt un caractère politique. Il rappelle que la défense nourrit des doutes depuis le début de la procédure quant aux véritables motivations de cette incarcération prolongée. À ses yeux, l’appel sélectif du parquet constitue la preuve tangible que Farba Ngom est maintenu en prison pour des raisons « purement politiques ».

La défense entend d’ailleurs porter cette dénonciation sur toutes les tribunes possibles, aussi bien médiatiques que judiciaires, et saisir, si nécessaire, toutes les instances nationales et internationales compétentes. Pendant ce temps, Farba Ngom reste sous mandat de dépôt, tandis que Tahirou Sarr, en l’absence d’opposition du procureur, bénéficie de sa liberté provisoire, relançant le débat sur l’impartialité de la procédure et l’usage de la détention préventive dans les affaires politico-financières au Sénégal.

Cour suprême : Farba Ngom maintenu en détention, Tahirou Sarr bénéficie d’une liberté provisoire sous contrôle judiciaire

La procédure judiciaire impliquant Farba Ngom et Tahirou Sarr a connu un nouveau rebondissement ce lundi devant la deuxième chambre pénale de la Cour suprême. Si une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire avait initialement été accordée aux deux hommes, la situation a rapidement évolué, aboutissant au maintien en détention de Farba Ngom, tandis que Tahirou Sarr a effectivement recouvré la liberté. L’information a été rapportée par la Radio Futurs Médias (RFM) dans son journal de 12 heures.

Poursuivis dans une affaire de détournement présumé de deniers publics portant sur un montant estimé à 125 milliards de francs CFA, les deux mis en cause avaient vu leurs demandes de mise en liberté examinées par la haute juridiction. Toutefois, le parquet financier a immédiatement interjeté appel contre la décision favorable concernant Farba Ngom, entraînant le rejet de sa requête et son maintien en détention.

Incarcéré depuis le 27 février 2025, Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, demeure ainsi sous mandat de dépôt. L’ancien responsable politique est poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Tout au long de la procédure, il a constamment nié les faits qui lui sont reprochés, clamant son innocence devant les enquêteurs et les juridictions saisies.

L’état de santé de Farba Ngom a constitué l’un des principaux arguments avancés par sa défense. Décrit comme fragile par ses avocats, il a effectué à plusieurs reprises des séjours médicaux au pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ces éléments avaient été invoqués pour appuyer ses demandes de liberté provisoire, sans toutefois convaincre définitivement le parquet financier, dont l’opposition a pesé dans la décision finale de la Cour suprême.

En revanche, la situation de Tahirou Sarr a connu une issue différente. Son coaccusé, qui a lui aussi toujours rejeté les accusations portées contre sa personne, bénéficie effectivement d’une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire. Aucune opposition du procureur n’ayant été formulée à son encontre, la décision rendue par la Cour suprême a été exécutée. Il reste néanmoins soumis à des obligations strictes, notamment sa disponibilité permanente pour les besoins de l’instruction et le respect d’éventuelles restrictions de déplacement.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte national marqué par une forte attente de l’opinion publique sur les questions de gouvernance financière, de lutte contre la corruption et de reddition des comptes. Elle relance également le débat sur l’usage de la détention préventive, le rôle du parquet financier et l’équilibre délicat entre les impératifs de justice, les droits de la défense et les considérations humanitaires liées à l’état de santé des personnes détenues.

Diamniadio : les grévistes de l’hôtel Radisson expulsés de manière « forcée et brutale », selon le FRAPP

La tension est montée d’un cran ce lundi matin à Diamniadio, où les travailleurs grévistes de l’hôtel Radisson ont été délogés par la gendarmerie nationale après près de quatre mois de bras de fer avec leur direction. L’information a été rendue publique par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), qui dénonce une intervention musclée des forces de sécurité et une atteinte aux droits des travailleurs.

Dans une déclaration rendue publique peu après les faits, le FRAPP affirme que l’opération s’est déroulée de manière « forcée et brutale », estimant qu’elle s’apparente à une répression injustifiée contre des employés engagés dans une lutte syndicale légitime. Selon le mouvement, les grévistes occupaient les lieux dans le cadre de leur mouvement de protestation, entamé il y a environ quatre mois, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le respect de leurs droits sociaux.

Le FRAPP dit condamner « avec la plus grande fermeté » l’intervention de la gendarmerie, qu’il juge disproportionnée et contraire aux principes du dialogue social. L’organisation déplore ce qu’elle considère comme un usage de la force contre des travailleurs pacifiques, rappelant que le droit de grève est garanti par la Constitution sénégalaise et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal, notamment celles de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Toujours selon le mouvement panafricain, cette expulsion risque d’aggraver un climat social déjà tendu et d’éloigner toute perspective de règlement négocié du conflit. Le FRAPP appelle les autorités administratives et le ministère du Travail à s’impliquer davantage afin de favoriser une médiation entre la direction de l’hôtel et les représentants des travailleurs, dans le but de parvenir à une issue équitable et durable.

Face à cette situation, le FRAPP a annoncé qu’il ne comptait pas en rester là. Le mouvement se dit « mobilisé et vigilant » quant à l’évolution du dossier et aux éventuelles suites judiciaires ou sécuritaires qui pourraient viser les grévistes expulsés. Il prévient qu’il suivra de près toute procédure engagée contre les travailleurs et se réserve le droit d’initier ou de soutenir des actions de solidarité pour défendre ce qu’il considère comme une cause juste.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de la direction de l’hôtel Radisson de Diamniadio ni des autorités administratives n’a été rendue publique. En attendant, cette expulsion relance le débat sur la gestion des conflits sociaux dans le secteur privé et sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits fondamentaux des travailleurs au Sénégal.

Dette intérieure et chantiers à l’arrêt : le cri du cœur des géants du ciment pour sauver l’industrie nationale

Pilier stratégique de l’économie sénégalaise, l’industrie du ciment traverse une zone de fortes turbulences. Longtemps portée par le dynamisme du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), elle subit aujourd’hui de plein fouet les effets combinés de l’arrêt de nombreux chantiers publics, de l’accumulation d’une dette intérieure colossale et du ralentissement de la demande locale. Face à cette situation jugée critique, les principaux acteurs du secteur, notamment Sococim, Dangote Cement et Cimaf, tirent la sonnette d’alarme et appellent l’État à des mesures urgentes pour éviter une crise durable aux conséquences économiques et sociales majeures.

Depuis près de deux ans, le secteur du BTP connaît une contraction brutale au Sénégal. La suspension ou l’arrêt de plusieurs projets publics, décidés par les autorités dans un souci de bonne gouvernance, de transparence et de réévaluation des engagements financiers de l’État, a provoqué un véritable choc pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. L’industrie cimentière, fortement dépendante de la commande publique et de l’activité des entreprises du BTP, figure parmi les premières victimes de ce ralentissement.

Les chiffres traduisent l’ampleur de la crise. Selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la contribution fiscale du secteur du ciment est passée de 109 milliards de francs CFA à 104 milliards en 2024. Une baisse significative qui s’explique par la chute de la production et des ventes, mais aussi par la diminution des recettes issues de la TVA et de la taxe sur le ciment. L’année 2025 s’achève sur un tableau encore plus sombre, avec un manque à gagner pour le Trésor public estimé à plus de 6 milliards de francs CFA. Un paradoxe, alors même que la capacité de production du pays n’a jamais été aussi élevée.

Pour les industriels, la décision de suspendre les chantiers publics a constitué un véritable traumatisme. « La suspension des projets a été un choc exogène pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, Directeur général de Dangote Cement Sénégal et Président de la Chambre des Mines, dans les colonnes de L’Observateur. Selon lui, l’arrêt brutal de la commande publique a désorganisé toute la filière, entraînant une baisse drastique de la demande de ciment et mettant sous pression les capacités financières des entreprises.

Cette situation est aggravée par l’ampleur de la dette intérieure de l’État envers les entreprises du BTP. Les créances impayées sont estimées à plus de 300 milliards de francs CFA. Une somme colossale qui asphyxie les entreprises de construction, incapables d’honorer leurs engagements auprès des cimenteries. Cette spirale de non-paiement fragilise l’ensemble de l’écosystème, depuis les producteurs de ciment jusqu’aux sous-traitants, en passant par les transporteurs et les fournisseurs de services.

À cela s’ajoute un déséquilibre structurel du marché. Le Sénégal dispose aujourd’hui d’une capacité de production installée d’environ 15 millions de tonnes de ciment par an, alors que la demande locale plafonne à 7 millions de tonnes. Cette surcapacité, autrefois compensée par les exportations vers les pays voisins, ne trouve plus de débouchés suffisants. La fermeture quasi totale du marché gambien, consécutive à une hausse spectaculaire de 500 % des droits de douane, ainsi que l’instabilité sécuritaire persistante au Mali, ont réduit à néant les soupapes de sécurité à l’exportation dont disposaient les industriels.

Pourtant, les acteurs du secteur rappellent les efforts considérables consentis ces dernières années. En cinq ans, l’industrie cimentière a injecté plus de 600 milliards de francs CFA dans l’économie nationale et généré environ 5 000 emplois directs. Sococim, par exemple, a investi près de 220 milliards de francs CFA en quatre ans pour moderniser son outil de production. Malgré ces investissements lourds, l’entreprise a enregistré une baisse de chiffre d’affaires proche de 30 % entre 2024 et 2025. Cimaf Sénégal, qui a mobilisé environ 160 milliards de francs CFA, fait face à un marché en net recul. « On n’a jamais connu deux années consécutives aussi difficiles. C’est inédit dans l’histoire du pays », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.

Dans ce contexte tendu, l’incertitude autour des discussions entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) pèse lourdement sur le climat des affaires. Les industriels redoutent un attentisme prolongé qui freinerait les décisions d’investissement et retarderait la reprise de l’activité économique.

Pour sortir de l’impasse, les cimentiers interpellent directement les autorités et formulent des propositions jugées vitales pour la survie du secteur. Ils plaident en priorité pour l’apurement intégral de la dette intérieure, condition indispensable pour redonner de l’oxygène aux entreprises du BTP et relancer la demande. Ils appellent également à la reprise rapide des grands chantiers publics structurants, moteurs traditionnels de la croissance et de l’emploi, ainsi qu’à une meilleure protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs et aux distorsions commerciales régionales.

« Tant qu’on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a averti Mohammed Bennis, Directeur général de Cimaf Sénégal. Pour les industriels du ciment, l’enjeu dépasse désormais la simple survie des entreprises : il s’agit de préserver un secteur stratégique pour le développement du pays, la stabilité de l’emploi et les recettes fiscales de l’État. Sans une réponse rapide et structurée, préviennent-ils, les conséquences pourraient se faire sentir durablement sur l’ensemble de l’économie nationale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°647 – 12/01/2026

🔴 LE FDR / LA PLATEFORME DES PAYSANS DU SENEGAL / LES PRODUCTEURS SUR LA CAMPAGNE ARACHIDIÈRE DÉNONCENT : UN ÉNORME FLOP
🔴 LICENCIEMENTS DÉGUISÉS / DÉCISIONS ADMINISTRATIVES FLOUES ET ABUSIVES… : GRINCEMENTS DE DENTS À ANAMO

🔴 LIGUE 1 – 11ᵉ JOURNÉE : GORÉE EN DÉMONSTRATION, TEUNGUETH RÈGNE SUR RUFISQUE

Campagne arachidière et crise économique : le FDR dénonce un échec et appelle à l’action collective

Le Front pour la Défense de la République (FDR) a exprimé une profonde inquiétude face à la situation économique et institutionnelle du Sénégal, dénonçant un gouvernement jugé incapable de gérer efficacement les crises du pays. Dans un communiqué rendu public samedi, l’organisation dirigée par Oumar Sarr a dressé un tableau sombre des finances publiques et des institutions, affirmant que le pays traverse depuis deux ans « une zone de turbulences qui menace les fondements mêmes de sa stabilité ».

Selon le FDR, cette instabilité se manifeste notamment par des défauts de paiement récurrents dans des secteurs vitaux, comme l’éducation, les universités et les transports aériens, qui fragilisent le quotidien des Sénégalais et compromettent le développement économique. Face à cette situation, l’organisation estime que les décisions prises par le gouvernement manquent de vision et de planification, aggravant les difficultés structurelles déjà présentes dans le pays.

L’échec de la campagne arachidière constitue l’un des points les plus critiques soulignés par le FDR. L’organisation dénonce une incapacité manifeste de la SONACOS à absorber la production nationale, malgré les promesses répétées du Premier ministre. Sur les 450 000 tonnes prévues, seulement 155 000 tonnes ont été collectées, tandis que le montant investi dans la campagne, évalué à 210,75 milliards de francs CFA, n’a produit que 52 milliards de francs CFA d’huile. Pour le FDR, cette situation illustre un manque de coordination et de stratégie dans la filière, contraignant des millions d’agriculteurs à brader leurs récoltes pour subvenir aux besoins de leurs familles et accentuant la précarité dans le monde rural.

Au-delà de la question agricole, le FDR pointe également une crise institutionnelle majeure. Le maintien en fonction du Premier ministre, alors qu’il serait impliqué dans un conflit d’intérêts dans le cadre d’une procédure judiciaire, est perçu comme un affaiblissement moral de l’État. L’organisation dénonce également l’opacité entourant les réformes constitutionnelles et la gestion de certaines dépenses publiques, notamment l’acquisition controversée de véhicules de luxe pour les députés, qui nourrit un sentiment de dérive et de méfiance au sein de la population.

Face à cette situation, le FDR appelle à une mobilisation nationale et à la coordination de toutes les forces politiques, syndicales et associatives. L’organisation plaide pour la construction d’un bloc unifié capable de défendre les intérêts des citoyens et de restaurer la crédibilité des institutions. Des rencontres avec les partis d’opposition sont prévues afin d’établir un cadre commun de concertation et d’action collective, dans le but de proposer des solutions concrètes aux problèmes économiques et sociaux du pays.

Le communiqué annonce par ailleurs que Oumar Sarr, président du PLD/And Suqali, a été désigné comme nouveau coordonnateur du FDR, succédant à Samba Sy du PIT, marquant un renouvellement stratégique au sein de la direction de l’organisation. Cette nomination vise à renforcer la coordination des actions du FDR face aux défis économiques et institutionnels actuels.

À travers cette prise de position, le FDR entend non seulement alerter l’opinion publique sur l’ampleur de la crise, mais aussi appeler à une responsabilité collective, en invitant l’ensemble des forces vives du pays à contribuer à la recherche de solutions durables pour la stabilité économique et sociale du Sénégal.

Affaire enseignants-chercheurs en Guinée : le SAES réclame le recrutement massif de docteurs sans emploi

À l’issue d’une rencontre organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) a lancé un appel pressant au gouvernement sénégalais pour un recrutement massif de docteurs sans emploi. Selon les responsables syndicaux, cette mesure viserait à atteindre un taux de 70 % de permanents dans l’enseignement supérieur et à améliorer significativement le taux d’encadrement, aujourd’hui jugé « largement en deçà des normes internationales ».

Le SAES s’est appuyé sur des données précises pour justifier sa demande. Le syndicat affirme avoir examiné la liste des 59 Sénégalais proposés au recrutement en Guinée. Parmi eux, 41 sont des docteurs sans emploi, tandis que six autres sont des enseignants-chercheurs retraités. Autrement dit, près de 80 % des candidats identifiés sont disponibles et libres de tout engagement professionnel, offrant ainsi une opportunité immédiate de renforcer le corps enseignant sénégalais et de pallier les carences structurelles de l’enseignement supérieur.

Outre la question du recrutement, le SAES a également pointé une injustice persistante à l’encontre des ayants droit d’enseignants-chercheurs décédés. De nombreux orphelins, veuves et veufs continuent de ne pas bénéficier de la pension de réversion qui leur est due, malgré les alertes répétées du syndicat. Le SAES a dénoncé ce qu’il considère comme une négligence administrative, soulignant l’urgence d’un traitement équitable de ces dossiers pour restaurer la confiance dans le système de gestion des carrières et des droits des enseignants.

Conscient de la gravité de la situation, le syndicat a appelé tous ses militants à se mobiliser massivement dans les jours à venir afin d’exiger du gouvernement la résolution définitive de ces questions. Pour le SAES, le problème dépasse le simple cadre du recrutement : il s’agit de garantir la qualité de l’enseignement supérieur au Sénégal, de sécuriser les droits sociaux des enseignants et de renforcer la crédibilité du système académique national.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations sur l’encadrement universitaire et sur la capacité du Sénégal à former et retenir des talents dans un environnement compétitif et en pleine expansion. Le SAES espère que la combinaison d’un recrutement stratégique et d’une régularisation des pensions de réversion constituera un signal fort envoyé par l’État, démontrant sa volonté de soutenir les enseignants-chercheurs et de valoriser le capital humain académique.

Situation économique du Sénégal : Thiaba Camara Sy tire la sonnette d’alarme

La situation économique et sociale du Sénégal préoccupe profondément les acteurs nationaux et internationaux. Invitée de l’émission Le Grand Jury de Dimanche (JDD) sur la RFM ce 11 janvier, l’experte-comptable Thiaba Camara Sy a dressé un constat alarmant sur l’état des finances publiques et les perspectives économiques du pays, soulignant la gravité de la crise et l’urgence d’une action concertée.

D’emblée, Thiaba Camara Sy a affirmé que « l’heure est grave » et que le pays fait face à « un gros problème financier ». Selon elle, cette crise ne relève pas seulement de facteurs conjoncturels, mais s’inscrit dans des difficultés structurelles accumulées au fil des années. L’experte a mis en cause ce qu’elle considère comme des pratiques de mal gouvernance qui ont fragilisé la gestion des ressources publiques et limité la capacité de l’État à anticiper et à maîtriser les crises. Ces carences, a-t-elle insisté, ont des conséquences directes sur le quotidien des Sénégalais et menacent la stabilité sociale.

Pour Thiaba Camara Sy, l’ampleur des défis dépasse largement la capacité de l’administration publique seule. L’État, selon elle, ne pourra pas, sans soutien externe et coopération nationale, apporter des réponses durables. Elle appelle à une mobilisation nationale inclusive, impliquant toutes les forces vives du pays, qu’il s’agisse du secteur public, du secteur privé ou de la diaspora sénégalaise. « C’est pendant les moments de crise qu’il faut avoir l’intelligence de se rassembler, de se réunir et de dialoguer », a-t-elle expliqué, soulignant que la coordination des efforts et l’engagement citoyen sont essentiels pour surmonter la gravité de la situation.

L’experte a également insisté sur le rôle central de la diaspora dans la relance économique. Selon elle, les compétences, les réseaux et les ressources disponibles à l’étranger constituent un levier important qui, s’il est mobilisé efficacement, pourrait soutenir les efforts nationaux. Elle a exhorté les acteurs nationaux à travailler de concert avec la diaspora afin de créer des solutions durables et inclusives, capables de sortir le Sénégal du cycle actuel de fragilité financière. « Mettons ensemble nos énergies, ici localement et dans la diaspora, pour sortir le pays de cette situation », a-t-elle plaidé.

Au-delà du diagnostic, Thiaba Camara Sy a relancé le débat sur la gouvernance économique et la nécessité d’un dialogue national autour des solutions à apporter. Elle a souligné que la crise actuelle est autant un défi financier qu’un test de maturité politique et sociale, qui exige vision, coordination et engagement collectif. Pour l’experte-comptable, les réformes ne pourront réussir que si elles sont accompagnées d’une stratégie inclusive et transparente, impliquant l’ensemble des citoyens et des acteurs institutionnels.

En conclusion, Thiaba Camara Sy a rappelé que le Sénégal se trouve à un tournant décisif. Les réponses à apporter à la crise économique détermineront non seulement la stabilité immédiate du pays, mais aussi sa capacité à se projeter durablement dans l’avenir. L’experte a insisté sur l’importance d’une action rapide, rigoureuse et concertée, estimant que seule une mobilisation nationale coordonnée permettrait de surmonter le « mur financier » qui se profile et de préparer le pays à relever les défis économiques à venir.

Sénégal – FMI : Souleymane Bachir Diagne plaide pour une souveraineté traduite en capacité de négociation

Face à la crise de la dette qui préoccupe le Sénégal, le philosophe et universitaire Souleymane Bachir Diagne a livré une réflexion approfondie sur le rôle stratégique de la souveraineté dans un contexte mondial marqué par la domination des marchés financiers. Pour lui, la souveraineté ne doit plus se limiter à un slogan ou à une rhétorique politique, mais se traduire concrètement en « capacité de négociation » face à la brutalité du capital mondial et à la complexité des rapports de force internationaux.

Au micro de la RTS, Souleymane Bachir Diagne a insisté sur le fait que l’endettement du Sénégal concerne chaque citoyen et dépasse le simple cadre technique et comptable. Selon lui, l’accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) ne se résume pas à un document de chiffres et de conditions : il constitue un sceau de crédibilité sur l’échiquier économique mondial. « Des investisseurs lient leur propre confiance dans l’économie sénégalaise au programme FMI », a-t-il souligné, expliquant que le pays ne peut ignorer l’importance symbolique et stratégique de cet accord dans la stabilisation et le financement de son économie.

Le philosophe a proposé une redéfinition pragmatique de la souveraineté dans le contexte contemporain. Aucun État n’est totalement autonome dans un monde globalisé et interconnecté, rappelle-t-il. « La souveraineté doit être convertie en capacité de négociation », affirme-t-il, insistant sur le fait que la posture d’indépendance ne suffit plus. Pour illustrer ses propos, il a évoqué la Grèce, victime de rapports de force asymétriques avec le FMI, et a expliqué que réussir à négocier implique de transformer la volonté de souveraineté en outil stratégique de dialogue.

Souleymane Bachir Diagne a également mis en lumière l’importance du temps dans toute négociation. « Dans une négociation, le temps est une arme », a-t-il déclaré, précisant que le Sénégal, confronté à des échéances immédiates, doit se montrer rapide et efficace, alors que le FMI dispose d’une capacité d’attente. Cette asymétrie de temporalité confère un avantage considérable à la partie qui peut patienter, obligeant le pays à se présenter à la table des discussions avec des arguments solides et des ressources mobilisées.

Malgré la rudesse du contexte, le philosophe a voulu souligner les aspects positifs de la situation. Selon lui, la crise a contraint l’État sénégalais à explorer ses propres ressorts et à mobiliser davantage de ressources internes. Chaque progrès dans la collecte et la gestion des fonds nationaux enrichit ainsi la « corbeille » de négociation du Sénégal, transformant la crise en un catalyseur de maturité étatique et d’autonomie stratégique.

Pour Souleymane Bachir Diagne, la souveraineté sénégalaise ne se mesure pas à la vigueur des discours officiels ou aux déclarations politiques, mais à la capacité concrète du pays à ajuster ses ambitions aux contraintes du système financier international, sans se renier. Dans ce contexte, « patience, pragmatisme et rigueur interne » constituent les véritables instruments de l’autonomie et de la crédibilité de l’État sur la scène mondiale.

En somme, l’universitaire invite le Sénégal à dépasser la vision purement symbolique de la souveraineté pour en faire un levier d’action, transformant chaque défi financier en opportunité stratégique et chaque contrainte extérieure en moteur de renforcement institutionnel et économique.

Réformes constitutionnelles : Thiaba Kamara Sy dénonce l’incapacité du Sénégal à se projeter sur le long terme

Dans un plaidoyer incisif pour une refonte profonde de la gouvernance au Sénégal, Thiaba Kamara Sy a appelé à repenser les méthodes de travail et à construire un « collectif remarquable » capable de rompre avec les cycles de recommencement éternels. Invitée à s’exprimer sur les récentes annonces de réformes constitutionnelles et judiciaires du président Diomaye Faye, elle a souligné que la réussite d’un changement ne repose pas seulement sur le contenu des textes, mais aussi sur la manière dont ils sont élaborés et présentés aux citoyens.

Forte de son expérience au sein des comités de rédaction issus du dialogue national, Thiaba Kamara Sy a rendu un hommage appuyé à la « haute administration sénégalaise », saluant la compétence et le dévouement de ses agents. Toutefois, elle a déploré que les travaux d’experts se déroulent souvent « en vase clos », sans communication transparente ni implication des citoyens. Pour elle, l’absence de participation populaire transforme les réformes en « lapins sortis d’un chapeau », fragilisant leur légitimité et leur impact réel sur le pays.

L’experte a pointé du doigt un problème structurel majeur : le manque de vision à long terme. Selon elle, tout est guidé par l’urgence et le présent immédiat, reléguant la prospective au second plan. Ce défaut de planification entraîne un éternel recommencement à chaque alternance politique. Thiaba Kamara Sy illustre ce phénomène par une image forte : « À chaque changement de régime, le travail du personnel technique est balayé au profit de nouvelles nominations politiques, forçant l’administration à redémarrer de zéro. » Pour remédier à cette situation, elle préconise de s’appuyer non pas sur des « identités remarquables » isolées, mais sur un « collectif remarquable », cohérent et intentionnel, capable de maintenir une continuité administrative et institutionnelle.

Elle a également rappelé l’importance du Pacte de bonne gouvernance démocratique, signé par le président actuel et plusieurs autres candidats. Ce pacte, selon elle, constitue un engagement politique opposable et non une simple référence académique. Il prévoyait notamment la traduction des principes de rupture en plans d’action dès la première année du mandat et le recours systématique aux appels à candidature pour les hauts emplois publics. Or, Thiaba Kamara Sy constate que « malgré des centaines de nominations, nous sommes toujours dans l’ancien système » et que les appels à candidature promis n’ont pas été mis en œuvre.

L’experte a insisté sur l’impact anxiogène de cette situation pour de nombreux Sénégalais, qui peinent à percevoir une trajectoire claire du changement promis. Selon elle, la transformation du système ne peut se faire de l’intérieur sans embarquer « l’ensemble de la nation et ses forces vives ». Elle a mis en garde contre la tentation de la rapidité au détriment de l’inclusion et de la concertation nationale : « Quand on veut aller vite, on va seul. Mais si on veut aller loin, on y va ensemble », a-t-elle martelé lors de son intervention dans l’émission Grand Jury.

Pour Thiaba Kamara Sy, le Sénégal a aujourd’hui besoin d’un pilotage de l’action publique qui allie expertise technique, vision stratégique et engagement collectif. Sans cette approche, les réformes, aussi ambitieuses soient-elles sur le papier, risquent de rester lettre morte et de renforcer le sentiment d’urgence permanente qui handicape le pays depuis trop longtemps.

Kaolack : les producteurs doutent de la capacité de la SONACOS à honorer ses engagements

La filière arachidière sénégalaise connaît une période de forte incertitude à Kaolack, alors que les producteurs s’inquiètent de la lenteur de la campagne de commercialisation et de la capacité de la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal (SONACOS) à absorber la production nationale. Ce vendredi, la Plateforme des Paysans du Sénégal (PPS) a tenu une conférence de presse pour alerter sur les risques de mévente et sur la situation préoccupante des agriculteurs.

Selon les membres de la PPS, sur un objectif national de 450 000 tonnes, seulement 62 000 tonnes d’arachide ont été collectées en deux mois, un chiffre largement insuffisant au regard des stocks restants. Les producteurs détiennent encore plus de 500 000 tonnes, ce qui laisse craindre une accumulation massive de produits invendus et des pertes financières importantes si la commercialisation ne s’accélère pas.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, a annoncé la mobilisation de 50 milliards de francs CFA pour soutenir la filière, mais cet engagement ne rassure pas les agriculteurs. La PPS souligne que la capacité réelle de la SONACOS à acheter l’ensemble de la production reste incertaine et suscite un scepticisme généralisé. Pour Bassirou Ba, coordonnateur de la plateforme, « le compte n’y est pas » et l’urgence est de garantir à la fois l’écoulement des stocks et le paiement des producteurs dans les délais.

Au-delà des volumes collectés, c’est également la question du prix de l’arachide qui inquiète les producteurs. La crainte est que le kilogramme d’arachide soit plafonné à 250 F CFA, un niveau jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production et assurer un revenu décent aux agriculteurs. Les membres de la PPS dénoncent aussi un manque de clarté et de transparence dans le processus de paiement et redoutent des retards ou des anomalies qui fragiliseraient encore davantage la filière.

Face à cette situation, la PPS appelle les autorités à intervenir de toute urgence pour sécuriser les revenus des producteurs et éviter que la campagne arachidière 2025-2026 ne se transforme en crise majeure. Le coordonnateur Bassirou Ba insiste sur le fait qu’il s’agit d’une question de survie économique pour le monde rural, mais également d’une nécessité pour préserver la stabilité sociale dans les zones de production.

Alors que la campagne s’enlise et que les inquiétudes des producteurs se font de plus en plus pressantes, Kaolack et l’ensemble des régions productrices attendent des mesures concrètes pour garantir l’achat des stocks, le respect des engagements de la SONACOS et la valorisation d’une filière essentielle à l’économie nationale. La situation reste critique et exige une action rapide pour éviter des conséquences durables sur les producteurs et sur le tissu rural du Sénégal.

Face à l’hégémonie de Trump : le Sénégal appelé à adopter une « réciprocité stratégique »

Dans un contexte international marqué par le retour de Donald Trump et sa volonté affirmée de renforcer la domination des États-Unis sur l’ordre mondial, le Sénégal et, plus largement, les pays en développement, sont invités à adopter une diplomatie plus musclée, fondée sur le principe de réciprocité. C’est l’avis d’Ahmad Soumaré, expert en intelligence économique, qui tire la sonnette d’alarme sur les déséquilibres flagrants dans les relations internationales affectant le continent africain.

Selon M. Soumaré, les ressortissants africains subissent quotidiennement des contraintes administratives et financières disproportionnées. Il cite l’exemple des États-Unis, où l’obtention d’un visa peut nécessiter une caution de 9 millions de francs CFA, une exigence qu’il qualifie d’« inacceptable ». L’expert souligne également les incohérences dans les relations avec l’Europe, où un citoyen français peut parfois entrer au Sénégal avec une simple carte d’identité valide ou même légèrement périmée, tandis que les Sénégalais doivent se soumettre à des procédures de visa rigoureuses, même avec un passeport en règle.

Pour remédier à cette situation, Ahmad Soumaré préconise l’adoption d’une politique de stricte réciprocité. Il cite en exemple le Gabon dans les années 1990 et 2000, qui, face à l’imposition de visas par la France, avait décidé d’appliquer les mêmes règles à l’envers. Les voyageurs étrangers avaient dû se conformer aux exigences gabonaises, payant les visas et démontrant ainsi que la souveraineté nationale est respectée dès lors qu’elle est affirmée. L’expert estime que le Sénégal devrait s’inspirer de cette approche audacieuse pour faire valoir ses droits et protéger ses citoyens.

Ahmad Soumaré balaie également l’argument selon lequel les pays en développement seraient trop faibles pour imposer de telles mesures. Pour lui, la présence des puissances étrangères sur le sol sénégalais n’est pas philanthropique mais motivée par des intérêts économiques précis. « L’Américain est comme la mouche, là où il se pose, c’est qu’il y a quelque chose de sucré. S’il n’y avait rien, ils ne viendraient pas ici », a-t-il souligné, soulignant que cette attractivité devrait devenir un levier de négociation stratégique.

L’expert appelle le gouvernement sénégalais à adopter une « politique de droiture » et de fermeté. Il recommande notamment d’imposer systématiquement la réciprocité dans les conditions d’entrée et de visa, de défendre l’intérêt national dans chaque accord bilatéral et de refuser toute forme de soumission diplomatique aux grandes puissances. « Si nous laissons faire, ils vont nous écraser. Pour être respecté sur la scène mondiale, le Sénégal doit d’abord apprendre à dire ‘non’ et à exiger le même traitement qu’il accorde à ses partenaires », a-t-il averti sur Iradio.

En somme, Ahmad Soumaré plaide pour une diplomatie sénégalaise affirmée, capable de protéger la dignité nationale et de garantir un respect mutuel avec les puissances étrangères, dans un contexte international où la compétition géopolitique s’intensifie.

Municipales 2027 à Tivaouane : Gorgui Massamba Boye, un profil de plus en plus cité pour la mairie

À Tivaouane, la scène politique locale commence progressivement à s’animer à l’horizon des élections municipales prévues en 2027. Dans la cité religieuse de Seydi El Hadji Malick Sy, des voix de plus en plus audibles plaident en faveur d’une candidature de Gorgui Massamba Boye à la tête de la mairie. Cadre influent de Pastef et président de l’organisation Wasanar, il bénéficie d’une image positive auprès de larges franges de la population locale.

Actuellement conseiller technique du directeur général du Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT), Gorgui Massamba Boye s’est forgé une réputation d’homme engagé, rigoureux et résilient. Son parcours, marqué par un militantisme constant et une implication soutenue dans les dynamiques politiques et sociales, renforce sa crédibilité auprès de nombreux acteurs de la commune.

Au sein de la mouvance présidentielle, il est reconnu pour sa capacité à nourrir le débat d’idées et à défendre des positions jugées audacieuses sur les grandes questions d’actualité nationale. Sa maîtrise des dossiers politiques, économiques et sociaux, combinée à un discours structuré et accessible, lui vaut l’estime de nombreux militants et sympathisants. Très actif dans l’animation de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), il s’illustre également par sa proximité avec les jeunes, qu’il encadre et mobilise autour des idéaux portés par son parti.

Cette présence constante sur le terrain, ajoutée à une compétence unanimement saluée par ses soutiens, fait de Gorgui Massamba Boye un sérieux prétendant au fauteuil de maire. À Tivaouane, les jeunes et les femmes, en particulier, voient en lui un leader capable d’impulser une nouvelle dynamique municipale, axée sur l’innovation, l’inclusion et le développement local. Pour ces franges de la population, son profil répond aux exigences d’une gouvernance moderne, en phase avec les aspirations actuelles de la commune.

Toutefois, la conquête de la mairie de Tivaouane ne saurait se limiter à une mobilisation partisane ou citoyenne. Ville au statut particulier, profondément marquée par son héritage religieux, Tivaouane impose une approche empreinte de respect et de concertation. La bataille de l’adhésion devra également se jouer auprès des dignitaires religieux, dont l’influence demeure déterminante dans toute échéance électorale locale. Les leaders d’opinion, relais essentiels entre les populations et les sphères de décision, constituent eux aussi des acteurs incontournables dans l’équation politique tivaouanaise.

À mesure que les municipales de 2027 se rapprochent, la probabilité d’une candidature de Gorgui Massamba Boye semble donc gagner en consistance. Reste à savoir si cette dynamique naissante saura se consolider autour d’un consensus politique, social et religieux, condition indispensable pour espérer diriger la mairie de l’une des villes les plus symboliques du Sénégal.

Réforme constitutionnelle, gouvernance et crise économique : l’APR charge le pouvoir et parle d’une situation « alarmante »

L’Alliance Pour la République (APR) a livré, ce 10 janvier, une déclaration particulièrement sévère sur la situation politique, économique et sociale du Sénégal. Avant d’aborder le fond de ses critiques, le parti de l’ancien président Macky Sall s’est incliné devant la mémoire des victimes de l’accident survenu vers Farafegne, adressant ses prières aux disparus et ses condoléances aux familles endeuillées.

Sur le plan politique, l’APR dresse un tableau qu’elle qualifie de sombre, estimant que l’année 2025 a été « l’une des plus dures et des plus éprouvantes » pour le peuple sénégalais. Selon le parti, les populations auraient été livrées à elles-mêmes face à une crise multidimensionnelle d’une gravité exceptionnelle. Crise politique, économique, sociale et morale se conjugueraient, d’après l’APR, pour placer les Sénégalais « à la limite de l’humainement acceptable ».

Pour les Républicains, l’année écoulée aura été marquée par « tous les reniements et toutes les forfaitures », révélatrices de ce qu’ils qualifient d’« incurie d’un pouvoir désespérément incompétent ». Le parti affirme ne voir aucun acte structurant ou transformationnel à retenir de la tournée économique du président de la République en Casamance, qu’il considère comme une simple appropriation de projets initiés par le régime sortant.

L’APR se montre tout aussi critique à l’égard du message à la Nation du chef de l’État. Selon elle, cette adresse n’a offert aucune perspective susceptible de redonner espoir aux Sénégalais. Le parti rejette avec fermeté l’annonce de réformes constitutionnelles envisagées par voie parlementaire, qu’il refuse « avec la dernière énergie ». Pour l’Alliance Pour la République, le Sénégal, fort de trois alternances démocratiques et pacifiques, ne souffre pas d’un problème institutionnel, mais plutôt d’un déficit de gouvernance, ainsi que de difficultés économiques et sociales majeures.

Dans cette logique, l’APR estime qu’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a « aucune raison d’être », rappelant que la Commission électorale nationale autonome (CENA) a, selon elle, toujours supervisé les élections avec efficacité et neutralité depuis sa création.

Sur le terrain économique et social, le parti de Macky Sall dénonce un « blocage » qu’il impute aux « mesures tatillonnes, ineptes et hasardeuses » du tandem exécutif. Il évoque une diplomatie en perte de vitesse, un système éducatif abandonné, une agriculture en souffrance, un chômage de masse en constante augmentation, des travailleurs inquiets et une cherté de la vie qui pèse lourdement sur le panier de la ménagère. Une situation jugée insoutenable par sa dureté et sa durée, et qui, selon l’APR, ne cesse de s’aggraver, faisant craindre des lendemains encore plus difficiles en 2026.

Dans sa déclaration, l’APR évoque également une « crise généralisée inédite » au sommet de l’État, affirmant que le pouvoir serait miné de l’intérieur par une rivalité entre les deux têtes de l’Exécutif. Cette situation, selon le parti, traduit une incapacité manifeste à diriger le pays dans l’intérêt supérieur des populations. L’Alliance Pour la République va plus loin en dénonçant ce qu’elle considère comme les carences d’un Premier ministre « faible en tout et sur tout » et d’un président de la République « en dessous des obligations de sa charge ».

Le parti accuse par ailleurs Ousmane Sonko d’être obsédé par l’échéance présidentielle de 2029 et de conduire une entreprise jugée dangereuse de remise en cause des fondements de l’État de droit. Selon l’APR, la judiciarisation de l’espace public viserait à permettre au Premier ministre de se soustraire à une condamnation judiciaire dans l’affaire l’opposant à Mame Mbaye Niang. Dans ce contexte, l’Alliance Pour la République appelle les magistrats de la Cour suprême à ne pas céder, selon ses termes, aux pressions politiques et aux « caprices » du chef du gouvernement.

Enfin, le parti critique les récentes déclarations d’Ousmane Sonko sur la campagne arachidière et le fonctionnement de l’État, y voyant un aveu public d’échec. L’APR lui reproche d’accuser ses propres ministres tout en se dédouanant, et de les livrer à la vindicte populaire. Elle fustige également l’évocation de l’utilisation de moyens financiers, y compris illégaux, pour faire face aux difficultés du monde rural, estimant qu’une telle posture relève d’une démagogie populiste et constitue un « aveu d’impuissance coupable ».

En conclusion, l’Alliance Pour la République affirme que « vaincre le pouvoir du Pastef » serait, selon elle, la seule voie pour sortir le Sénégal du marasme et des dérives actuelles. La déclaration se termine toutefois sur une note sportive, le parti saluant la qualification des Lions du football en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations, une performance qui, selon lui, apporte un peu de baume au cœur des Sénégalais.

Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, acteurs institutionnels, élus locaux et représentants de la société civile ont posé les jalons de ce qui est présenté comme l’Acte IV de la décentralisation, une réforme d’envergure appelée à transformer en profondeur l’organisation et le fonctionnement des territoires.

Après dix-huit mois de travail préparatoire, de concertations et de consultations intensives à l’échelle nationale, le gouvernement sénégalais affiche une ambition assumée : faire du Sénégal une référence continentale en matière de gouvernance locale. Pour les autorités, il ne s’agit plus de simples ajustements techniques, mais d’un changement structurel destiné à corriger les limites observées dans les précédents actes de la décentralisation et à répondre aux nouvelles exigences du développement territorial.

Devant les acteurs territoriaux réunis à Kédougou, le ministre Moussa Balla Fofana a insisté sur la portée historique de cette réforme. Selon lui, l’Acte IV vise une évolution profonde du système de décentralisation, capable de hisser le Sénégal à un niveau supérieur par rapport aux standards africains actuels. « C’était notre ambition : mettre la décentralisation sénégalaise à un niveau qui peut même dépasser celui des autres nations africaines et faire du Sénégal un pays cité en exemple pour le sérieux et la profondeur de l’évolution de sa gouvernance locale », a-t-il déclaré.

Fruit d’un dialogue permanent avec les faîtières des élus locaux, l’administration territoriale et les organisations de la société civile, la réforme repose sur quinze axes majeurs, dont les grandes orientations commencent à se dessiner. Si l’ensemble des points n’a pas encore été rendu public, le ministre a levé le voile sur plusieurs piliers appelés à impacter directement le quotidien des collectivités et des citoyens.

Au cœur de l’Acte IV figure la question de la souveraineté financière des collectivités territoriales. Le gouvernement entend instaurer une nouvelle fiscalité locale spécifique, destinée à renforcer l’autonomie financière des municipalités et à réduire leur dépendance vis-à-vis des transferts de l’État central. L’objectif est de permettre aux communes de disposer de ressources propres suffisantes pour planifier et mettre en œuvre leurs politiques de développement.

La réforme prévoit également une professionnalisation accrue de la gestion locale. La création d’une véritable fonction publique locale et de services techniques performants est envisagée afin de mieux prendre en charge des domaines clés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire et la gestion des équipements publics. Cette approche vise à doter les collectivités de compétences techniques solides, capables de répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du développement durable.

L’amélioration de l’offre de services publics constitue un autre axe central de l’Acte IV. Une refonte des organigrammes municipaux est annoncée, avec pour ambition d’assurer aux citoyens des services de proximité plus efficaces, mieux organisés et plus accessibles. Il s’agit, pour l’État, de rapprocher davantage l’administration des populations et de restaurer la confiance entre les collectivités et les administrés.

La question de la cohérence territoriale est également au cœur des réflexions. Le gouvernement entend corriger les découpages jugés illogiques ou non viables, afin de garantir à chaque commune une cohérence technique et sociale. Pour les autorités, une collectivité territoriale ne peut plus être conçue comme une simple entité administrative. Elle doit être économiquement viable, techniquement fonctionnelle et socialement acceptée par les populations qu’elle administre.

En lançant ce chantier de l’Acte IV de la décentralisation, sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, Moussa Balla Fofana ouvre la voie à une nouvelle ère de développement territorial. Une vision dans laquelle le progrès du Sénégal ne sera plus uniquement impulsé depuis Dakar, mais porté par l’ensemble des territoires, de Kédougou à Saint-Louis, en passant par les zones les plus enclavées du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°646 – 10 ET 11/01/2026

🔴 DIFFAMATION, IGF ET MANŒUVRE D’ÉTAT : LA TENTATIVE DE RÉHABILITATION DE SONKO
🔴 BASSIN ARACHIDIER / ENTRE VENTES PRÉCIPITÉES ET BONS IMPAYÉS : L’IMMENSE MALAISE DES PAYSANS

🔴 CAN 2025 : LE SÉNÉGAL FAIT TOMBER LE MALI ET FILE EN DEMI-FINALE

Bassin arachidier : entre ventes précipitées et bons impayés, les paysans attendent la mise en œuvre des mesures du Premier ministre

Au lendemain de la tournée du Premier ministre Ousmane Sonko dans le bassin arachidier, les producteurs locaux observent avec impatience la concrétisation des décisions annoncées pour soutenir la campagne arachidière. Parmi ces mesures, l’instruction donnée à la Sonacos d’augmenter sa capacité d’achat de graines, passant de 250 000 à 450 000 tonnes, est particulièrement attendue par les agriculteurs, qui espèrent ainsi un déblocage rapide des fonds et une sécurisation de leurs revenus.

Contacté au téléphone, Cheikh Tidiane Cissé, président des agriculteurs du bassin, a indiqué que, pour l’instant, les paysans attendent la mise en œuvre effective de cette décision. Il a noté qu’une huilerie privée basée à Kaolack a déjà commencé à recevoir ses premiers camions depuis la veille. « Nous attendons que les autres huileries suivent le rythme », a-t-il précisé. Selon lui, certains producteurs ont déjà vendu une partie de leurs récoltes, tandis que d’autres préfèrent encore garder leurs graines, en partie à cause d’opérateurs qui avaient anticipé et stocké des lots dans leurs magasins, un phénomène localement appelé « Mbapatt ». Sans l’application rapide des mesures annoncées par le Premier ministre, M. Cissé estime que le climat d’incertitude et de frustration continuerait de peser sur les paysans, dont beaucoup attendent encore le versement des fonds.

De son côté, Bassirou Ba, dit « Toucouleurou Baye », président de l’association Aar Sunu Momel, a fait savoir que près de 80 % des producteurs qui se sont rendus aux points de collecte disposent désormais de bons impactés, témoignant d’un début de régularisation. Cependant, certains producteurs gardent encore leurs récoltes, espérant trouver des acheteurs respectant le prix plancher. À Touba, ville où les spéculations avaient précédemment fait grimper artificiellement le prix de l’arachide, le kilogramme se vend aujourd’hui à 250 francs CFA, reflétant une stabilisation relative. M. Ba a également déploré le comportement de certains opérateurs accrédités qui ont retardé l’installation de leurs logistiques dans les points de collecte, préférant passer par le marché noir, au détriment des producteurs.

L’ensemble de ces situations met en lumière la fragilité du circuit de commercialisation de l’arachide dans le bassin et l’urgence d’une mise en œuvre rapide des décisions gouvernementales. Les paysans, confrontés à la pression du marché et aux difficultés de trésorerie, espèrent désormais que l’accroissement de la capacité d’achat de la Sonacos et le respect des prix planchers permettront de sécuriser leurs revenus et de restaurer la confiance dans le système de collecte officiel.

Riz brisé ordinaire importé : le gouvernement fixe de nouveaux tarifs pour protéger le pouvoir d’achat

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé, le 6 janvier 2026, la publication de l’arrêté n°000685, réglementant les prix du riz brisé ordinaire importé sur l’ensemble du territoire national. Cette décision, prise après concertation avec le Conseil national de la Consommation, vise à encadrer le marché et à protéger le pouvoir d’achat des ménages sénégalais face à la fluctuation des prix.

Pour le riz brisé ordinaire provenant de pays comme l’Inde, le Vietnam, la Thaïlande, le Pakistan ou le Myanmar, les tarifs ont été fixés selon quatre niveaux pour la région de Dakar. Le prix importateur, correspondant à la sortie des magasins, est établi à 270 000 francs CFA la tonne. Le prix demi-gros est de 274 000 francs CFA, le prix de gros s’élève à 280 000 francs CFA par tonne, tandis que le prix de détail, celui payé directement par le consommateur, est fixé à 300 francs CFA le kilogramme.

Dans les autres régions du pays, ces tarifs de base sont conservés, mais ils pourront être majorés d’un différentiel de transport. Ce coût supplémentaire est calculé localement par chaque Conseil régional de la Consommation afin de refléter au mieux les réalités logistiques et les contraintes liées à l’acheminement des marchandises vers les zones éloignées.

L’arrêté insiste également sur l’obligation de transparence pour tous les acteurs du marché. Les prix doivent être clairement affichés dans les lieux de vente, soit par marquage, étiquetage ou affichage visible, de manière à ce que les consommateurs puissent facilement les identifier. Toute infraction, qu’il s’agisse de pratiques de prix illicites, de refus de vente ou de défaut d’affichage, sera sanctionnée conformément aux dispositions de la loi n°2021-25 relative aux prix et à la protection du consommateur.

Cette mesure réglementaire intervient dans un contexte où la stabilité des prix des denrées alimentaires de base est cruciale pour la sécurité alimentaire et le bien-être des familles sénégalaises. En fixant ces nouveaux tarifs, le ministère entend à la fois protéger les consommateurs et assurer un cadre légal clair pour les commerçants, tout en renforçant la régulation du marché du riz importé.

CAN 2025 : le Président Bassirou Diomaye Faye salue la solidité des Lions après leur qualification en demi-finales

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu à féliciter l’équipe nationale du Sénégal à la suite de sa brillante qualification en demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. Les Lions ont validé leur billet pour le dernier carré ce vendredi 9 janvier 2026, après une victoire précieuse face au Mali en quart de finale.

Dans un message adressé à la nation et à l’équipe nationale, le chef de l’État a exprimé sa satisfaction et sa fierté face à la prestation des joueurs sénégalais. « Je félicite les Lions pour la victoire face au Mali et la qualification en demi-finale de la Coupe d’Afrique », a-t-il déclaré, saluant ainsi l’engagement et la détermination affichés par les hommes de Pape Thiaw tout au long de la rencontre.

Pour le président Bassirou Diomaye Faye, cette qualification est le fruit d’un travail collectif rigoureux et constant. Il estime que cette performance confirme la solidité du groupe et la maturité d’une équipe bâtie dans la continuité, la discipline et le sens de l’effort. Une reconnaissance qui souligne la cohésion et la constance dont font preuve les Lions depuis le début de la compétition.

Encourageant les joueurs à poursuivre sur cette lancée, le chef de l’État les a invités à maintenir le même niveau d’exigence et d’ambition pour la suite du tournoi. « Continuez avec ambition, exigence et combativité. Le Sénégal regarde devant, avec confiance », a-t-il ajouté, traduisant ainsi l’espoir et l’attente de tout un peuple derrière son équipe nationale.

Cette qualification en demi-finales renforce un peu plus les ambitions du Sénégal, qui vise une nouvelle fois les sommets du football africain. Soutenus par les autorités, les supporters et l’ensemble de la nation, les Lions abordent désormais la prochaine étape de la CAN 2025 avec détermination et sérénité, portés par l’objectif de décrocher un nouveau sacre continental.

Ousmane Sonko et son homologue mauritanien en visite d’infrastructures stratégiques à Thiès et Dakar

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et son homologue mauritanien, El Moctar Ould Djay, ont effectué ce vendredi 9 janvier 2025 une visite conjointe de plusieurs infrastructures stratégiques à Thiès et à Dakar. Cette tournée, placée sous le signe de la coopération économique et industrielle entre le Sénégal et la Mauritanie, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays voisins.

La première étape de cette visite a conduit les deux chefs de gouvernement à l’usine Carrefour Médical Industries, implantée à Pout, dans la région de Thiès. Selon un communiqué publié par la Primature du Sénégal, cette entreprise est spécialisée dans la fabrication de consommables de dialyse, un secteur crucial pour la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale. À travers cette unité industrielle, le Sénégal renforce sa capacité de production locale de produits médicaux essentiels, réduisant ainsi sa dépendance aux importations et améliorant l’accessibilité des soins de santé pour les populations.

Sur place, Ousmane Sonko et El Moctar Ould Djay ont pu apprécier les installations, échanger avec les responsables de l’usine et s’informer sur les perspectives de développement de cette industrie, dont l’impact dépasse le seul cadre national. La visite a également permis de mettre en lumière les opportunités de coopération régionale dans le domaine pharmaceutique et biomédical, un secteur stratégique pour les deux États.

Les deux Premiers ministres se sont ensuite rendus au Port autonome de Dakar, plus précisément au niveau du môle, où ils ont visité le chantier du terminal gazier de Elton. Cette infrastructure majeure est appelée à jouer un rôle clé dans le renforcement des capacités énergétiques du Sénégal, à un moment où le pays se prépare à entrer pleinement dans l’ère de l’exploitation gazière. Le terminal gazier s’inscrit dans la stratégie nationale visant à sécuriser l’approvisionnement énergétique, soutenir l’industrialisation et accompagner la transition vers une énergie plus compétitive.

Cette visite conjointe illustre la volonté des autorités sénégalaises et mauritaniennes de consolider leur coopération autour de projets structurants, notamment dans les secteurs de l’industrie, de la santé et de l’énergie. Elle témoigne également d’une convergence de vues entre Dakar et Nouakchott sur la nécessité de bâtir des partenariats solides autour d’infrastructures capables de soutenir la croissance économique et le développement durable dans l’espace sous-régional.

Assises des daaras : à Tivaouane, le ministre de l’Éducation salue un modèle exemplaire de concertation et d’inclusion

Le département de Tivaouane s’impose comme une référence nationale dans le processus préparatoire des assises des daaras. Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a salué avec force la qualité de la démarche de concertation menée à l’échelle locale, qu’il a qualifiée de « modèle exceptionnel de réussite, de démocratie participative et d’inclusion ». Il s’exprimait lors de la cérémonie de clôture de l’atelier de partage et de validation du rapport départemental issu des concertations communales.

Selon le ministre, Tivaouane s’est distinguée par sa capacité remarquable à fédérer l’ensemble des acteurs concernés autour d’un objectif commun : poser les bases d’une réforme concertée et durable des daaras, en droite ligne avec la directive présidentielle relative à l’organisation des assises nationales. Cette mobilisation large et inclusive, impliquant autorités administratives, éducatives, religieuses et acteurs communautaires, a permis d’instaurer une synergie constructive, rare et exemplaire, a-t-il souligné.

Pour Moustapha Guirassy, les assises des daaras ne doivent pas être perçues comme un simple débat technique sur les modèles éducatifs. Elles constituent, selon ses termes, un véritable « contrat avec le Sénégal de demain », fondé sur la reconnaissance du rôle stratégique des daaras dans la transformation systémique du pays. Il a insisté sur la nécessité de dépasser les clivages et les approches réductrices pour inscrire cette réflexion dans une vision globale de développement humain, culturel et social.

Le ministre a tenu à rappeler le rôle central des daaras dans l’histoire et la construction de la nation sénégalaise. Il a présenté cette offre éducative arabo-islamique traditionnelle comme un socle identitaire historique, essentiel à la transmission de valeurs fondamentales telles que la spiritualité, le civisme, le patriotisme, la discipline, la générosité, l’hygiène, la paix et la cohésion sociale. « On ne peut raconter l’histoire du Sénégal, de la résistance au colonialisme à la stabilité actuelle du pays, sans évoquer le rôle fondamental des daaras », a-t-il affirmé avec conviction.

Moustapha Guirassy a également mis en avant la pertinence de la démarche adoptée à Tivaouane, qui a consisté à donner la parole aux acteurs à la base avant toute décision au sommet. Pour lui, cette approche conforte le principe de souveraineté éducative, culturelle et intellectuelle du Sénégal, en parfaite cohérence avec l’Agenda Sénégal 2050 et les ambitions nationales en matière de transformation du capital humain.

Se disant « très satisfait » du déroulement du processus dans le département, le ministre a salué l’appui constant du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, dont le représentant a activement pris part à toutes les étapes de la concertation. Cette implication des autorités religieuses a largement contribué, selon lui, à créer un climat de confiance et d’adhésion autour des travaux.

Le ministre a par ailleurs souligné l’adhésion unanime de l’ensemble des parties prenantes, au-delà des différences de sensibilités et de points de vue, autour d’un objectif commun : proposer des orientations durables pour l’avenir des daaras, dans l’intérêt supérieur des enfants et du pays. « Tivaouane a montré la voie », a-t-il conclu, estimant que la conduite du processus dans ce département, avec l’onction du Khalife général des Tidianes, constitue désormais une référence pour la réussite des assises nationales des daaras.

En marge de la validation du rapport départemental, Moustapha Guirassy a effectué des visites de courtoisie auprès des Khalifes généraux des Khadres et des Tidianes, témoignant de l’importance qu’il accorde au dialogue permanent avec les autorités religieuses. Il a enfin salué la « brillante coordination » du processus, assurée par le préfet du département de Tivaouane, Mamadou Guèye, en étroite collaboration avec l’administration territoriale, l’Inspection d’académie et l’Inspection de l’éducation et de la formation.

Inauguration du centre d’entraînement tactique de Dabo : l’armée de terre renforce sa capacité opérationnelle dans le sud du pays

L’armée de terre sénégalaise poursuit résolument sa dynamique de modernisation et de montée en puissance avec l’inauguration officielle du centre d’entraînement tactique de Dabo, dans la région de Kolda. La cérémonie solennelle, tenue ce mercredi 8 janvier 2026, a été présidée par le Chef d’État-Major de l’armée de terre, le général de brigade Simon Ndour, en présence de nombreuses autorités militaires, administratives et territoriales, venues témoigner de l’importance stratégique de cette nouvelle infrastructure pour la défense nationale.

Implanté dans la zone militaire numéro 6, le centre d’entraînement tactique de Dabo répond à un besoin opérationnel majeur : préparer des unités capables de faire face à des contextes sécuritaires de plus en plus complexes et évolutifs. Le sud du pays, de par sa position géographique et ses réalités transfrontalières, constitue une zone stratégique où la vigilance et la capacité d’intervention rapide demeurent essentielles. À travers ce centre, l’armée de terre entend renforcer la présence militaire, consolider la sécurité locale et améliorer la capacité de projection des forces dans cette partie du territoire national.

Le nouveau centre s’inscrit dans une vision globale visant à doter les forces terrestres d’outils modernes de formation, adaptés aux exigences du combat contemporain. Il ne s’agit pas seulement de former des soldats physiquement aguerris, mais surtout de développer des unités polyvalentes, disciplinées et capables de s’adapter à des situations opérationnelles variées, allant des missions de sécurisation intérieure aux engagements plus complexes sur des théâtres d’opérations exigeants. L’entraînement dispensé à Dabo repose ainsi sur des scénarios proches des réalités du terrain, favorisant l’anticipation, la prise de décision rapide et la cohésion entre les combattants.

Selon le commandant du centre, le lieutenant Souleymane Gningue, les formations proposées couvrent un large spectre de compétences tactiques indispensables à l’engagement opérationnel. Les stagiaires y reçoivent un enseignement approfondi en topographie, en techniques d’intervention, en franchissement d’obstacles et en éducation physique militaire, sans oublier les modules consacrés au sauvetage au combat. Ces enseignements visent à préparer les soldats aussi bien physiquement que mentalement, afin de renforcer leur endurance, leur résilience et leur efficacité face aux contraintes du terrain.

Le centre d’entraînement tactique de Dabo se veut également un lieu de transmission de valeurs. En le baptisant du nom du capitaine Boniface Samba Dione, l’armée de terre rend hommage à un officier dont le parcours et le sacrifice incarnent l’idéal du soldat sénégalais. Ce choix symbolique vise à inscrire la formation des jeunes militaires dans une tradition de courage, de discipline et de loyauté envers la Nation. Pour les autorités militaires, il s’agit de rappeler que la préparation opérationnelle ne se limite pas aux aspects techniques, mais repose aussi sur un socle moral et éthique solide.

Avec cette inauguration, l’armée de terre sénégalaise affirme clairement sa volonté de faire de la formation et de l’entraînement un pilier central de sa stratégie de défense. Le centre de Dabo vient ainsi compléter le dispositif national de préparation opérationnelle, tout en renforçant la capacité de l’armée à répondre efficacement aux défis sécuritaires actuels et futurs. Il symbolise, enfin, l’engagement constant des forces armées à garantir la sécurité du territoire et des populations, dans un environnement régional marqué par des enjeux sécuritaires croissants.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°645 – 09/01/2026

🔴 QUESTION DE LA DETTE PUBLIQUE ET RESTRUCTURATION ÉCONOMIQUE DU SÉNÉGAL : SONKO « DÉFIE » LE FMI
🔴 CRÉATION PAR LE GOUVERNEMENT DU CNRM EN LIEU ET PLACE DU CNRA : L’APPEL APPROUVE MAIS…

🔴 CAN 2025 : SÉNÉGAL–MALI, THIAW–SAINTFIET, LE DUEL DES MOTS AVANT LE CHOC

Sénégal : le gouvernement mise sur les recettes fiscales pour sécuriser un nouveau programme du FMI

Dakar – Le Sénégal entend tirer parti d’une collecte fiscale robuste dès le premier trimestre 2026 pour renforcer sa position auprès du Fonds monétaire international (FMI) et éviter une restructuration de sa dette jugée potentiellement douloureuse. Pour les autorités, la performance fiscale anticipée sera un indicateur clé de la discipline économique et de la résilience financière du pays aux yeux des partenaires internationaux.

Ahmadou Al Aminou Lo, ministre d’État auprès du président Bassirou Diomaye Faye, a souligné lundi sur les ondes de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) l’importance de l’atteinte des objectifs fiscaux dès les premiers mois de l’année. « Si, durant le premier trimestre 2026, nous parvenons à réaliser au moins 25 % de nos objectifs de recettes fiscales, cela change complètement la donne », a-t-il affirmé, précisant qu’un tel résultat améliorerait considérablement la crédibilité du pays et ses chances d’obtenir un nouveau programme du FMI sans être contraint à une restructuration.

Le gouvernement a rappelé que le maintien de la discipline budgétaire et l’atteinte des recettes prévues sont essentiels dans un contexte marqué par l’augmentation du service de la dette et les incertitudes économiques régionales. À cette fin, des mesures ont été mises en œuvre pour élargir l’assiette fiscale, renforcer l’efficacité de la collecte et assurer une gestion durable des finances publiques.

Selon des analystes, une performance fiscale solide au cours de ce premier trimestre pourrait envoyer un signal fort à l’institution financière internationale et aux investisseurs étrangers, démontrant l’engagement du Sénégal envers la responsabilité budgétaire et ouvrant la voie à des conditions de financement plus favorables. Un résultat positif pourrait également renforcer la confiance des marchés et faciliter la mobilisation de ressources supplémentaires pour le développement économique.

Le gouvernement sénégalais insiste par ailleurs sur sa volonté d’éviter toute restructuration imposée de l’extérieur, qui pourrait avoir des conséquences économiques à long terme. En montrant sa capacité à générer des revenus et à gérer ses finances de manière prudente, le pays espère négocier à partir d’une position de force et conserver le contrôle de sa stratégie de gestion de la dette.

Les mois à venir seront donc cruciaux. Les résultats du premier trimestre seront scrutés par les partenaires internationaux, les institutions financières et les acteurs économiques locaux, car ils détermineront largement l’issue des négociations du Sénégal avec le FMI et le futur soutien financier international.

Sénégal–Mauritanie : la coopération militaire élargie à toutes les forces de défense et de sécurité

La visite de travail et d’amitié du Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, au Sénégal a été marquée par une avancée significative dans les relations bilatérales entre Dakar et Nouakchott. À l’issue de leurs échanges avec le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, les deux chefs de gouvernement ont annoncé l’élargissement de la coopération militaire existante à l’ensemble des forces de défense et de sécurité des deux pays. Cette décision vise à renforcer la capacité des deux États à faire face aux défis sécuritaires communs dans la sous-région, dans un contexte où les menaces transfrontalières et les mouvements irréguliers de populations nécessitent une coordination accrue entre les forces armées et les forces de sécurité civile.

Depuis plusieurs années, la coopération militaire entre le Sénégal et la Mauritanie est déjà reconnue pour son exemplarité. Des opérations conjointes ont été menées régulièrement, et des échanges constants entre les forces armées des deux pays ont permis de renforcer la surveillance des frontières et de coordonner les interventions contre la criminalité transnationale et les réseaux de trafic. L’élargissement de cette coopération à toutes les forces de défense et de sécurité traduit une volonté politique claire de créer un dispositif intégré et réactif capable de répondre rapidement aux défis sécuritaires communs.

Les discussions entre les deux délégations ont également porté sur la question de la mobilité des populations et de la gestion concertée des flux migratoires. Ousmane Sonko et Moctar Ould Djay ont rappelé les liens culturels, historiques et humains qui unissent les deux peuples et ont souligné l’importance de l’intégration socio-économique des communautés établies de part et d’autre de la frontière. L’objectif est de permettre à ces populations de devenir de véritables acteurs économiques et de jouer un rôle de pont entre les deux pays, tout en facilitant la libre circulation des personnes dans le respect des règles établies par les autorités.

Dans ce cadre, les deux gouvernements ont réaffirmé leur engagement à assurer la mise en œuvre intégrale de l’Accord sur les conditions d’entrée, de séjour et d’établissement des ressortissants respectifs, signé le 2 juin 2025. Pour garantir un suivi rigoureux de cet accord, un comité mixte bilatéral sera mis en place d’ici la fin du mois de février 2026. Ce comité sera chargé de superviser l’application des dispositions prévues, de proposer des ajustements si nécessaire et de veiller à ce que les engagements pris soient respectés de manière efficace et transparente.

Cette visite officielle souligne l’importance stratégique des relations sénégalo-mauritaniennes, non seulement dans le domaine de la sécurité, mais aussi dans les sphères économique et sociale. Elle traduit la volonté commune des deux pays de renforcer leur coopération bilatérale afin de mieux gérer les défis régionaux, qu’il s’agisse de sécurité, de migration, ou de développement socio-économique. L’élargissement de la coopération militaire et sécuritaire constitue ainsi une étape majeure pour consolider la stabilité et la prospérité dans la sous-région.

Projet gazier Yakaar-Teranga : le marché inquiété par l’incertitude autour des partenariats

L’annonce récente du gouvernement sénégalais concernant le projet gazier Yakaar-Teranga a provoqué une vague d’incertitude sur les marchés financiers et dans le secteur de l’énergie. Initialement envisagée comme une nationalisation partielle du gisement, la stratégie du Sénégal consiste désormais à maintenir Kosmos Energy comme partenaire principal, tout en cherchant un nouvel investisseur stratégique d’ici juillet 2026. Cette décision, bien qu’annoncée comme mesurée, a accentué les préoccupations des actionnaires et des investisseurs sur la rentabilité et la viabilité à long terme du projet.

Selon les experts de Timothy Sykes, la complexité réside dans le fait que Kosmos détient 90 % du projet, et tout retard dans la finalisation d’un nouveau partenariat pourrait avoir des conséquences importantes sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement énergétiques, tant régionales que mondiales. Les analystes rappellent que l’incertitude autour du statut de Yakaar-Teranga a déjà provoqué une baisse de plus de 2 % des actions de la société, traduisant la nervosité des investisseurs face à une situation jugée instable.

L’enjeu dépasse toutefois la seule sphère financière. Le gisement de Yakaar-Teranga est stratégique pour les ambitions énergétiques du Sénégal, capable de transformer la dynamique de production et d’exportation de gaz naturel dans la sous-région. Les observateurs mettent en garde contre les effets possibles d’un statu quo prolongé, qui pourrait retarder la production, influer sur les indices de prix et créer des tensions dans les relations commerciales internationales, notamment si d’autres sources de combustibles venaient à se substituer temporairement à l’offre locale. Dans ce contexte, la recherche d’un partenaire viable par Kosmos Energy est essentielle, non seulement pour assurer le développement du gisement, mais aussi pour restaurer la confiance des investisseurs et stabiliser le marché.

Lors de la conférence et exposition MSGBC Oil Gas & Power, tenue du 8 au 10 décembre à Dakar, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, avait initialement évoqué la possibilité de nationaliser le projet Yakaar-Teranga pour renforcer l’approvisionnement en gaz naturel du Sénégal. Cette déclaration avait été largement relayée par les médias et interprétée comme un signal de rupture avec les partenaires actuels. Quelques heures plus tard, le ministre est revenu sur ses propos sur sa page Facebook, précisant que la nationalisation n’était pas à l’ordre du jour et que Kosmos restait un partenaire stratégique. Il a ajouté que l’État sénégalais travaillerait de concert avec Kosmos et Petrosen pour assurer le transfert de licence à son échéance, prévue en juillet 2026.

Kosmos Energy a également tenu à clarifier sa position. Dans une déclaration officielle, la société américaine a affirmé qu’aucune nationalisation du projet n’était envisagée et qu’elle collaborait étroitement avec Petrosen pour identifier un partenaire capable de développer le gisement de manière commercialement viable. La société a précisé que, en l’absence d’un nouvel investisseur, elle travaillerait avec Petrosen pour rétrocéder le bloc à l’État sénégalais au plus tard à l’expiration de la licence. Kosmos a également rappelé que le projet GTA, dont les niveaux de production récents ont dépassé la capacité nominale de 2,7 millions de tonnes par an du navire GNL flottant, reste en cours d’expansion, démontrant le potentiel économique et stratégique du gisement.

Cette période d’attente constitue donc un test pour le marché et pour les investisseurs, qui observent attentivement les négociations et les décisions du gouvernement sénégalais. La stabilité du partenariat et la finalisation rapide d’un accord avec un nouveau partenaire conditionneront non seulement l’avenir de Yakaar-Teranga, mais aussi la perception internationale du Sénégal comme acteur fiable dans le secteur énergétique. Les prochains mois seront déterminants pour consolider la confiance des investisseurs et assurer la continuité d’un projet clé pour l’indépendance énergétique du pays et la croissance économique régionale.

Affaire Softcare : Guy Marius Sagna et la société civile accusent le ministère de la Santé de « silence complice »

La polémique autour des produits de la gamme Softcare prend une nouvelle tournure. Un collectif d’organisations de la société civile, conduit par le député Guy Marius Sagna et le mouvement FRAPP, a officiellement déposé une pétition ainsi que des lettres de protestation au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Par cette démarche, les signataires entendent dénoncer ce qu’ils qualifient de « silence complice » des autorités sanitaires face aux interrogations persistantes sur la supposée dangerosité de certains produits Softcare, notamment les serviettes hygiéniques et les couches pour bébés, mais aussi face aux soupçons de corruption visant l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP).

L’atmosphère était lourde d’indignation sur le perron du ministère, où militants et activistes ont exprimé leur colère. Depuis le 18 décembre 2025, date à laquelle les premières alertes ont été rendues publiques concernant la qualité et la sécurité des produits Softcare, aucune communication officielle claire n’a été faite par le ministre de tutelle. Un mutisme jugé inacceptable par les manifestants, qui estiment que cette absence de réaction met directement en péril la santé des populations, en particulier celle des femmes et des nourrissons.

Pour Guy Marius Sagna, figure centrale de cette mobilisation, le silence des autorités sanitaires constitue une faute grave aux conséquences potentiellement dramatiques. Devant la presse, le député n’a pas mâché ses mots, reprochant au ministère de ne pas assumer ses responsabilités face à une situation aussi sensible. Il souligne que depuis plusieurs semaines, les citoyens restent dans l’incertitude totale, ne sachant pas s’ils doivent continuer à utiliser ou non ces produits du quotidien. Une situation qu’il juge dangereuse et indigne d’un État censé protéger la santé publique.

Le parlementaire a également tenu à rappeler que cette interpellation dépasse les clivages politiques et les considérations partisanes. Selon lui, la protection de la santé des citoyens doit rester une priorité absolue, indépendamment des régimes ou des alternances au pouvoir. Usant d’une formule volontairement frappante, il a insisté sur le fait que les principes de base en matière de responsabilité publique ne changent pas avec les gouvernements, affirmant que ce qui était vrai hier doit le rester aujourd’hui.

Au-delà du silence du ministère, le collectif s’inquiète également des soupçons de corruption évoqués au sein de l’Agence de Régulation Pharmaceutique, censée garantir la conformité et la sécurité des produits mis sur le marché. Pour les protestataires, ces accusations, même à l’état de soupçons, exigent une réaction rapide, transparente et rigoureuse des autorités afin de restaurer la confiance des populations.

À travers ce dépôt de plainte collectif et cette action symbolique, Guy Marius Sagna et ses alliés entendent maintenir la pression sur le ministère de la Santé. Ils exigent une prise de parole officielle, des investigations indépendantes et, surtout, des mesures claires pour protéger les consommateurs. Pour eux, il en va de la crédibilité de l’État et du droit fondamental des citoyens à une information fiable lorsqu’il s’agit de leur santé et de celle de leurs enfants.

Création du CNRM : Ibrahima Lissa Faye dénonce un processus « extrêmement grave » et opaque

Le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (CNRM), destiné à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), continue de susciter de vives réactions au sein de la corporation médiatique. Adopté en Conseil des ministres, ce texte est vivement critiqué par le président de l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (APPEL), Ibrahima Lissa Faye, qui dénonce la manière dont il a été élaboré, qualifiant le processus de « extrêmement grave ».

Selon le patron de PressAfrik, les professionnels des médias, pourtant directement concernés par cette réforme majeure, ont été largement tenus à l’écart des travaux de rédaction. Il affirme que l’élaboration du texte s’est faite dans un cadre restreint, confié à un cercle fermé de juristes, sans véritable concertation avec les acteurs du secteur. « Le travail pour l’élaboration de ce texte a été fait par un cercle fermé de juristes. Et nous n’avons pas du tout été impliqués, à part le lancement des travaux le 24 janvier 2025 », a-t-il déploré.

Pour Ibrahima Lissa Faye, cette mise à l’écart est d’autant plus préoccupante que le futur organe de régulation aura un impact direct sur l’organisation et l’exercice du métier de journaliste et d’éditeur de presse. « Ce texte va régir notre façon de travailler et d’organiser notre métier, et nous n’avons pas eu notre mot à dire. C’est extrêmement grave », a-t-il insisté, soulignant qu’il serait prématuré de se prononcer sur le fond du projet tant que son contenu exact n’a pas été rendu public. Il indique toutefois que les membres de l’APPEL sont en concertation afin de définir l’attitude à adopter face à cette situation.

Malgré ces critiques sévères sur la forme, le président de l’APPEL reconnaît néanmoins la pertinence de la démarche engagée par l’État. Il qualifie même l’initiative gouvernementale d’« excellente », estimant que l’actuel Conseil national de régulation de l’audiovisuel est devenu inadapté aux réalités du paysage médiatique sénégalais. Selon lui, le CNRA souffre de limites importantes, tant sur le plan juridique que sur celui des moyens humains et financiers, ce qui l’empêche de remplir efficacement sa mission de régulation.

Ibrahima Lissa Faye dit ainsi fonder l’espoir que le futur CNRM disposera de prérogatives élargies, lui permettant de réguler non seulement les médias traditionnels, mais aussi la presse en ligne et les plateformes numériques. Il considère que de nombreuses dérives observées dans le secteur sont directement liées à l’absence d’un organe de régulation moderne, doté de pouvoirs adaptés à l’évolution rapide des modes de production et de diffusion de l’information.

Le projet de loi portant création du CNRM devrait être soumis, dans les prochains jours, à l’examen de l’Assemblée nationale. Son adoption par la majorité présidentielle ouvrirait alors la voie à une profonde reconfiguration du cadre de régulation des médias au Sénégal, dans un contexte marqué par l’essor du numérique et les débats récurrents sur la liberté de la presse et la responsabilité des acteurs de l’information.

Dette publique : Sonko défie le FMI et revendique la souveraineté économique du Sénégal

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a réaffirmé avec fermeté la position du Sénégal sur la question de la dette publique, en rejetant toute restructuration imposée par le Fonds monétaire international (FMI). Cette déclaration a été faite ce jeudi 8 janvier 2026, lors d’une conférence de presse conjointe animée avec son homologue mauritanien, Moctar Ould Djay, au Building administratif Mamadou Dia.

Face aux interrogations persistantes sur la trajectoire financière du pays et les pressions internationales, le chef du gouvernement a tenu à clarifier la ligne de Dakar. Selon lui, le Sénégal explore activement des solutions alternatives avec d’autres partenaires financiers, convaincu de sa capacité à faire face à ses engagements sans recourir à une restructuration de dette dictée de l’extérieur. Ousmane Sonko a rappelé que le FMI n’est ni une banque commerciale ni un prêteur de premier ressort, mais une institution censée accompagner les États lorsque ceux-ci font des efforts substantiels pour stabiliser leurs économies.

Dans un propos sans concession, le Premier ministre a estimé que la mission originelle du FMI est souvent détournée. Il a ainsi pointé la responsabilité de l’institution dans la situation actuelle du Sénégal, soulignant que le Fonds a longtemps suivi de près la gestion macroéconomique du pays à travers des missions régulières, des revues et des consultations techniques. Pour Ousmane Sonko, le FMI ne saurait aujourd’hui prétendre avoir ignoré les dérives ou les déséquilibres qui se sont accumulés au fil des années.

Pour étayer son propos, le chef du gouvernement a pris l’exemple de l’Égypte, un pays confronté à de graves difficultés économiques et budgétaires, mais qui a néanmoins bénéficié d’un appui massif du FMI. Il s’est interrogé sur ce qu’il considère comme un traitement différencié à l’égard du Sénégal, estimant que les indicateurs économiques actuels du pays ne sont pas plus fragiles que ceux de l’Égypte au moment où cette dernière a été soutenue. À ses yeux, il est incompréhensible que Dakar fasse aujourd’hui l’objet de pressions visant à imposer une restructuration de la dette, alors même que le pays affirme sa volonté de redressement et de discipline budgétaire.

Ousmane Sonko a martelé que le refus de la restructuration ne relève ni d’un choix idéologique ni d’une posture personnelle. Il a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une position officielle de l’État sénégalais, portée collectivement par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le gouvernement, le ministre des Finances, le ministre de l’Économie et l’ensemble des responsables compétents sur les questions économiques et financières.

Face aux débats nourris par certains économistes et observateurs, le Premier ministre a assuré que la ligne gouvernementale reste inchangée. Il a souligné que les prises de position extérieures, aussi critiques soient-elles, ne sauraient infléchir la stratégie arrêtée par les autorités. Pour Dakar, la relation avec le FMI doit s’inscrire dans un cadre de partenariat équilibré, fondé sur le respect mutuel et la prise en compte des choix souverains du pays.

En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé que le Sénégal assume pleinement sa position et en accepte toutes les conséquences éventuelles. Mais pour le gouvernement, la restructuration de la dette, telle qu’envisagée par le FMI, n’est ni nécessaire ni acceptable dans les conditions actuelles. Une manière pour l’exécutif d’affirmer sa volonté de rompre avec les schémas traditionnels de dépendance financière et de revendiquer une souveraineté économique assumée.

Commercialisation de l’arachide : Sidy Bâ dénonce une campagne « calamiteuse » et interpelle l’État

La campagne de commercialisation arachidière traverse une crise sans précédent. C’est le constat alarmant dressé par Sidy Bâ, secrétaire général du Cadre de Concertation des Producteurs Agricoles (CCPA) et porte-parole du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR). Pour cet acteur majeur du monde rural, jamais une campagne n’a été aussi chaotique, marquée par un déficit criard de financement, des dysfonctionnements structurels et une marginalisation progressive des acteurs formels de la filière.

Au cœur de la crise, le manque de liquidités apparaît comme le principal facteur de blocage. Selon Sidy Bâ, près de 90 % des difficultés rencontrées par la filière sont liées à l’insuffisance de financement. Les opérateurs privés, autrefois très actifs dans la commercialisation de l’arachide, sont aujourd’hui asphyxiés par des arriérés de paiement estimés à plus de 200 milliards de francs CFA. Pour la campagne 2024-2025, les dettes en souffrance s’élèveraient à environ 55 milliards, tandis que celles de la campagne 2025-2026 atteindraient déjà 130 milliards. Dans ces conditions, il est quasiment impossible pour ces opérateurs de s’engager correctement dans le circuit de collecte et de commercialisation.

Ce vide financier a favorisé l’emprise croissante du secteur informel sur le marché. Des acheteurs étrangers, notamment chinois, sillonnent les marchés hebdomadaires et les loumas pour acheter l’arachide à des prix largement inférieurs au tarif officiel fixé par le Comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) et validé par l’État. Les producteurs se voient proposer des prix oscillant entre 225 et 275 francs CFA le kilogramme, loin des 325 francs annoncés comme prix plancher. Une situation que Sidy Bâ qualifie d’injustice flagrante pour les paysans.

Le Premier ministre, conscient de la grogne paysanne, a reconnu que le prix de 325 francs CFA est un « prix politique », maintenu pour éviter de léser les producteurs alors que les cours mondiaux des oléagineux, notamment de l’arachide, se situeraient autour de 250 francs CFA. Mais pour le CNCR, un prix politique ne peut être soutenu sans réponses politiques concrètes. Fixer un prix sans assurer le financement nécessaire revient, selon Sidy Bâ, à créer une illusion qui se retourne contre les paysans.

Il rappelle qu’autrefois, notamment sous le régime socialiste, la campagne arachidière était préparée bien en amont. Dès le mois d’août, après l’estimation des récoltes, l’État mobilisait les financements nécessaires sur les marchés internationaux afin d’éviter toute rupture au niveau des points de collecte. Aujourd’hui, cette anticipation fait défaut, exposant la filière à des improvisations coûteuses.

La SONACOS, principal acteur industriel du secteur, ne peut à elle seule absorber toute la production nationale. Bien que disposant de capacités de trituration importantes, elle ne prévoit d’acheter que 250 000 tonnes, avec une possibilité d’extension à 450 000 tonnes, encouragée par le Premier ministre. Mais une telle ambition soulève de nombreuses interrogations, notamment sur les capacités de stockage et les ressources financières nécessaires. À 325 francs le kilogramme, l’achat de 450 000 tonnes représenterait plus de 100 milliards de francs CFA. Or, les montants annoncés par l’État, bien qu’importants, restent insuffisants au regard de ces besoins.

Au-delà de la collecte, Sidy Bâ pointe également la faiblesse des marges accordées aux acteurs du circuit formel. La marge actuelle, estimée à 27,7 francs CFA par kilogramme, est jugée dérisoire au regard des coûts réels liés au transport, à l’ensachage et à la manutention. Sans révision à la hausse de cette marge, de nombreux opérateurs risquent de se retirer du circuit formel, laissant encore plus de place à l’informel. Le CNCR plaide ainsi pour un relèvement de la marge à au moins 40 ou 41 francs CFA afin de garantir la viabilité économique de la filière.

Face à ces difficultés, de nombreux paysans adoptent des stratégies de contournement, en décortiquant eux-mêmes leurs arachides pour les transformer artisanalement en huile et en tourteaux. Une pratique qui pose, selon Sidy Bâ, de sérieux risques en matière de santé publique, ces huiles n’étant pas toujours raffinées ni produites selon des normes sanitaires strictes.

Pour sortir durablement de la crise, le CNCR prône une transformation profonde de la filière. Il appelle à la diversification des produits dérivés de l’arachide, bien au-delà de l’huile et du tourteau, avec le développement du savon, du beurre d’arachide, du chocolat, des produits cosmétiques et même des amendements agricoles à partir des coques. L’organisation encourage également la création d’unités communautaires de transformation, à l’image de celles mises en place à Taïba Niassène et à Thiakho Maty, qui disposent d’équipements performants et d’autorisations sanitaires délivrées par l’État.

Enfin, Sidy Bâ insiste sur la nécessité de contractualiser la production entre huiliers et producteurs, afin de sécuriser les débouchés et les prix, plutôt que d’attendre l’arrivée massive des graines sur le marché. Pour lui, l’arachide reste une filière stratégique pour le Sénégal, mais elle ne pourra jouer pleinement son rôle que si l’État et les industriels revoient en profondeur leur approche, en plaçant réellement le producteur au cœur du système.

Crise de la filière arachidière : le Collectif Rappel à l’Ordre interpelle l’État et soutient les cultivateurs

La tension monte dans la filière arachidière sénégalaise. Face aux difficultés persistantes rencontrées par les cultivateurs d’arachides, le Collectif Rappel à l’Ordre est monté au créneau pour dénoncer une situation qu’il juge préoccupante et injuste pour des milliers de producteurs à travers le pays.

Considérés comme des piliers de l’économie nationale et de la sécurité alimentaire, les cultivateurs d’arachides traversent une période critique marquée par des prix d’achat jugés trop bas et non rémunérateurs. Selon le collectif, les tarifs proposés par la SONACOS et certains opérateurs privés ne permettent plus aux producteurs de couvrir leurs coûts de production ni d’assurer des revenus décents à leurs familles.

Au-delà de la question des prix, le Collectif Rappel à l’Ordre pointe un manque de transparence dans la fixation des tarifs et dans la gestion globale du marché de l’arachide. Cette opacité, selon lui, fragilise davantage les producteurs, déjà confrontés à une concurrence étrangère qualifiée de déloyale, qui réduit les débouchés pour la production locale et tire les revenus vers le bas.

La situation est aggravée par les effets du changement climatique. Baisse des rendements, irrégularité des pluies et dégradation des sols pèsent lourdement sur la production agricole. À cela s’ajoute le déficit d’infrastructures de base, notamment les routes rurales et les systèmes d’irrigation, qui limite l’accès des cultivateurs aux marchés et complique l’acheminement de leurs récoltes.

Face à ce tableau sombre, le collectif appelle l’État du Sénégal à assumer pleinement ses responsabilités. Il plaide pour la fixation de prix d’achat justes et véritablement rémunérateurs, une meilleure organisation du marché afin de protéger les producteurs nationaux, ainsi que des investissements conséquents dans les infrastructures rurales. Le collectif insiste également sur la nécessité de mettre en place des mécanismes efficaces de protection contre les effets du changement climatique.

Pour le Collectif Rappel à l’Ordre, l’enjeu dépasse la simple campagne arachidière. Il s’agit de préserver l’avenir de l’agriculture sénégalaise et de garantir la dignité de ceux qui la font vivre au quotidien. Sans réponses rapides et concrètes de l’État, préviennent-ils, c’est toute la filière arachidière qui risque de s’enfoncer dans une crise durable, avec des conséquences économiques et sociales majeures.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°644 – 08/01/2026

🔴 OPACITÉ AUTOUR DE L’ACHAT DE VÉHICULES POUR LES DÉPUTÉS : ABDOULAYE SYLLA OFFRE LE SIEN AUX HÉMODIALYSÉS DE DAKAR
🔴 GUEUM SA BOPP ESTIME QUE PASTEF A TRAHI SES PROMESSES EN PROPOSANT : L’IMPOSTURE À LA PLACE DE LA RUPTURE
🔴 DIVERSION AUTOUR DU DOSSIER ASER PORTANT SUR 37 MILLIARDS : TAS GARDE L’ŒIL OUVERT

🔴 CAN 2025 : LES AFFICHES COMPLÈTES DES QUARTS DE FINALE

Révision constitutionnelle annoncée : des organisations lancent la plateforme citoyenne « Touche pas à notre Constitution »

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son discours traditionnel du Nouvel An, le chef de l’État avait indiqué son intention de soumettre ces textes à l’Assemblée nationale, ouvrant ainsi un nouveau cycle de réformes institutionnelles majeures.

En réaction à cette perspective, plusieurs organisations citoyennes et politiques ont décidé de s’unir pour créer une nouvelle plateforme dénommée « Référendum Rek (seulement) – Touche pas à notre Constitution ». Il s’agit notamment du mouvement Rappel à l’Ordre, du Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), du Rassemblement des Travailleurs (RTS) et du Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD). À travers cette initiative commune, ces organisations entendent s’opposer à toute modification de la Loi fondamentale par la seule voie parlementaire.

Pour les promoteurs de la plateforme, la Constitution ne saurait être modifiée sur la base d’une majorité politique jugée conjoncturelle. Ils estiment que ce texte fondateur de la République appartient exclusivement au peuple sénégalais et que toute réforme d’une telle portée doit impérativement passer par un référendum. Selon eux, confier cette responsabilité à une Assemblée nationale perçue comme partisane constituerait une entorse grave à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les citoyens aux institutions.

La plateforme affirme ainsi vouloir replacer le peuple au centre du processus décisionnel, en exigeant que toute réforme constitutionnelle fasse l’objet d’une consultation populaire directe. À leurs yeux, un passage en force par voie parlementaire remettrait en cause les principes fondamentaux de souveraineté populaire et affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions.

Si le contenu précis des réformes envisagées par le président Diomaye Faye n’a pas encore été officiellement dévoilé, les organisations à l’origine de la plateforme indiquent que les projets annoncés concerneraient plusieurs piliers du système institutionnel sénégalais. Il s’agirait notamment de la révision de la Constitution, de la réforme de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que du code électoral.

Le chef de l’État avait par ailleurs précisé que d’autres réformes seraient inscrites dans un agenda d’adoption progressif, cohérent avec la durée du mandat présidentiel et le rythme institutionnel du pays. Une approche qui, loin de rassurer certains acteurs, alimente au contraire les inquiétudes de la nouvelle plateforme, laquelle redoute une reconfiguration profonde de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire préalable.

Avec la création de « Touche pas à notre Constitution », le débat sur les réformes institutionnelles s’annonce déjà vif et polarisé. À quelques mois du dépôt annoncé des projets de lois, la question du référendum s’impose ainsi comme un enjeu central du débat démocratique, opposant la logique parlementaire défendue par le pouvoir à l’exigence de souveraineté populaire portée par une partie de la société civile et de l’opposition.

Crise sociale dans la santé : And Gueusseum-SATSUS décrète une grève de 72 heures et annonce une marche nationale

La tension sociale dans le secteur de la santé et de l’action sociale connaît un nouveau palier. La Jonction des luttes And Gueusseum-SATSUS a annoncé, ce mercredi 7 janvier 2026, le lancement du premier jalon de son cinquième plan d’actions, marqué par une grève de 72 heures et l’organisation d’une marche nationale. Face à la presse, les responsables syndicaux ont confirmé que le mot d’ordre de grève sera observé les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2026, sans service minimum, à l’exception des urgences.

Avant cette cessation de travail, une marche nationale est programmée pour le 14 janvier prochain. Initialement prévue plus tôt, la grève a été décalée de 24 heures en raison de la célébration du solennel Appel religieux de Seydina Limamou Laye. Selon la coordination syndicale, cette mobilisation vise à dénoncer l’inaction persistante des autorités face aux revendications du secteur et à un passif social jugé lourd et injustement ignoré.

And Gueusseum-SATSUS regrette que l’année nouvelle s’ouvre sur des mouvements de grève plutôt que sur des avancées concrètes en matière d’accessibilité financière et géographique à des infrastructures sanitaires répondant aux normes. Pour la coalition, cette situation est d’autant plus regrettable que la santé constitue un droit constitutionnel fondamental et un pilier central du développement du capital humain, inscrit comme axe stratégique dans le référentiel Sénégal Horizon 2050.

Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « mépris » du gouvernement à l’endroit des populations, privées, selon eux, de près de 196 heures de soins et de services du fait des mouvements de lutte. Ils estiment que l’État cherche à enterrer un passif social accumulé, en invoquant une crise financière, alors même que les sacrifices ne seraient pas équitablement partagés. À leurs yeux, le gouvernement continue d’augmenter son train de vie, avec la caution de l’Assemblée nationale, pendant que les travailleurs de la santé et de l’action sociale voient leurs conditions se dégrader.

La coalition pointe notamment du doigt la réduction de 18 % du budget du ministère de la Santé, qu’elle juge incohérente au regard des besoins croissants du secteur. Elle fustige également ce qu’elle décrit comme des démonstrations ostentatoires de luxe, contrastant avec la précarité dans laquelle évoluent de nombreux agents et l’état critique des structures sanitaires.

Le discours récemment prononcé par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est également vivement critiqué. Selon And Gueusseum-SATSUS, cette adresse, pourtant très attendue, a davantage installé le désespoir et la déception que rassuré les acteurs du secteur, loin des espoirs de voir émerger un système sanitaire et social plus préventif, plus résilient, plus performant et plus motivant.

Par ailleurs, la Jonction des luttes dénonce la décision numéro 15 du ministre de l’Enseignement technique, qu’elle accuse de dénaturer la vocation des Centres nationaux de réinsertion sociale (CNRS). La transformation de ces structures en centres de formation technique et professionnelle inclusifs est perçue comme une violation de plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Convention des Nations unies relative aux personnes handicapées, la Convention 159 de l’OIT, le décret portant répartition des services de l’État ainsi que les recommandations issues des Assises nationales de l’Action sociale de 2008.

Face à ce qu’elle considère comme une accumulation de décisions unilatérales et de renoncements politiques, la coalition syndicale appelle à une mobilisation massive pour assurer le succès de la marche nationale prévue le 14 janvier à Thiès, à partir de 10 heures. Elle invite également ses membres à observer strictement la grève de 72 heures, avec le port de brassards rouges et le respect des urgences.

Enfin, And Gueusseum-SATSUS a exprimé sa solidarité avec l’ensemble des secteurs en lutte à travers le pays, notamment pour le paiement des salaires dus aux contractuels, le respect du code du travail, le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans, la revalorisation des pensions et l’élargissement de la couverture médicale. Pour la coalition, la poursuite et l’intensification de la lutte restent aujourd’hui la seule voie possible pour faire aboutir ce qu’elle qualifie de bataille syndicale légitime et légale.

Logement des agents publics : l’État généralise une indemnité mensuelle de 100 000 FCFA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a franchi une nouvelle étape dans la politique sociale de l’État en signant un projet de décret instituant une indemnité représentative de logement au profit de l’ensemble des agents de l’État. Désormais, tous les agents publics, fonctionnaires comme non fonctionnaires, qui ne bénéficiaient pas jusque-là d’un avantage similaire, percevront une indemnité mensuelle de 100 000 francs CFA, nette d’impôts.

Cette décision s’inscrit dans la volonté affichée des nouvelles autorités d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des agents de l’État, considérées comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité, la motivation et la qualité du service public. Dans le rapport de présentation accompagnant le décret, le gouvernement rappelle que la question du logement demeure l’une des principales sources de précarité pour de nombreux agents publics, en particulier dans un contexte de cherté persistante de la vie et de pression immobilière croissante dans les centres urbains.

Ces dernières années, l’État avait déjà engagé des mesures de revalorisation et d’extension de l’indemnité de logement en faveur de certaines catégories professionnelles, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Si ces décisions avaient permis d’améliorer la situation de milliers d’enseignants et d’agents sanitaires, elles ont toutefois engendré une inégalité de traitement au sein de la fonction publique. Environ 7 % des agents de l’État, aussi bien fonctionnaires que non fonctionnaires, restaient exclus de ce dispositif, créant un déséquilibre dans le système de rémunération.

Conscient de cette rupture d’égalité, le gouvernement a décidé de corriger cette situation en procédant à la généralisation de l’indemnité représentative de logement. Cette mesure s’inscrit également dans les engagements pris par l’État dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, qui prévoit une meilleure harmonisation des avantages sociaux et une réduction des disparités entre agents publics.

Le décret signé par le chef de l’État précise que cette indemnité est accordée aux agents de l’État, fonctionnaires et non fonctionnaires, qui ne disposent pas d’un logement administratif et qui ne sont pas régis par des dispositions statutaires particulières prévoyant déjà l’octroi d’une indemnité de logement. Le montant est fixé à 100 000 francs CFA par mois, net d’impôts, garantissant ainsi un soutien financier direct et sans prélèvement fiscal.

Au-delà de son impact financier immédiat, cette mesure est perçue comme un signal fort envoyé aux agents publics, dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales. Elle vise à restaurer un sentiment d’équité au sein de l’administration et à renforcer la cohésion dans les rangs de la fonction publique.

Avec cette décision, le régime de Bassirou Diomaye Faye confirme son ambition de placer la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs de l’État au cœur de son action, tout en répondant à une revendication longtemps exprimée par les agents jusque-là exclus du dispositif de logement.

Régulation des médias : l’État enterre le CNRA et crée le Conseil national de Régulation des Médias

Le paysage médiatique sénégalais s’apprête à connaître une réforme majeure. Réuni ce mercredi 7 janvier 2026, le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de loi portant création du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM), une nouvelle autorité appelée à remplacer le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA). Cette décision marque une étape importante dans l’adaptation du cadre réglementaire aux profondes mutations du secteur de l’information et de la communication.

L’annonce de cette réforme n’est pas une surprise. Elle avait déjà été faite par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, lors de la présentation du budget de son département à l’Assemblée nationale. Le gouvernement justifie ce changement par la nécessité de moderniser l’outil de régulation, jugé aujourd’hui dépassé face à l’explosion des médias numériques et à la montée en puissance des plateformes en ligne.

Créé à une époque où la télévision et la radio constituaient les principaux canaux de diffusion de l’information, le CNRA voyait son champ d’intervention strictement limité à l’audiovisuel classique. Or, ces dernières années, l’écosystème médiatique sénégalais s’est profondément transformé, avec l’émergence des médias en ligne, des réseaux sociaux et des plateformes numériques, devenus des espaces majeurs de production, de diffusion et de consommation de contenus.

Selon Alioune Sall, le nouveau Conseil national de Régulation des Médias permettra de combler ce vide juridique. Il aura pour mission d’élargir la régulation à l’ensemble des supports d’information, y compris les médias numériques et les réseaux sociaux, dont l’influence sur l’opinion publique ne cesse de croître. Le ministre a souligné que l’absence de cadre clair pour ces nouveaux espaces favorisait les dérives, notamment la diffusion de fausses informations, les discours de haine et les atteintes à la vie privée.

Toutefois, les autorités tiennent à rassurer sur les intentions du gouvernement. Alioune Sall a insisté sur le fait que cette réforme ne vise ni à restreindre la liberté de la presse ni à instaurer un contrôle politique des contenus. Il a rappelé que l’objectif principal demeure la protection de la dignité humaine et le respect des règles éthiques et professionnelles. À ce titre, il a souligné que le Code pénal prévoit déjà des sanctions contre toute publication attentatoire à l’honneur, à la dignité ou aux droits des personnes.

La création du CNRM s’inscrit ainsi dans une volonté affichée d’adapter la régulation aux réalités contemporaines, tout en maintenant un équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité. Dans un contexte où l’information circule de plus en plus vite et échappe souvent aux filtres traditionnels, le gouvernement estime indispensable de doter le pays d’une autorité capable d’intervenir sur l’ensemble du spectre médiatique.

Le projet de loi devra désormais être soumis au débat parlementaire. Son examen par les députés sera scruté de près par les professionnels des médias, les acteurs du numérique et les organisations de défense de la liberté de la presse, qui restent vigilants quant aux garanties d’indépendance et de transparence du futur organe de régulation.

Avec la disparition annoncée du CNRA et la naissance du CNRM, le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa politique de régulation des médias, à l’heure où l’enjeu n’est plus seulement l’audiovisuel, mais l’ensemble de l’espace public numérique.

Attribution des véhicules aux députés : Abdoulaye Sylla dénonce l’opacité et affecte le sien au Centre d’hémodialyse de Dakar

Depuis leur accession aux responsabilités, les nouvelles autorités font face à des critiques récurrentes sur leur mode de gouvernance, jugé par certains acteurs politiques et de la société civile comme manquant de transparence. Malgré des engagements publics forts en faveur de la clarté et de la redevabilité, plusieurs décisions continuent d’être prises sans communication détaillée ni justification accessible au public.

C’est dans ce contexte que la polémique autour de l’attribution des véhicules aux députés de l’Assemblée nationale refait surface. Une actualité qui, selon le député Abdoulaye Sylla, illustre la persistance de pratiques anciennes, marquées par une absence d’information claire sur les critères et les modalités de ces avantages accordés aux parlementaires.

Dans une déclaration rendue publique, Abdoulaye Sylla affirme vouloir se démarquer de cette logique. Fidèle à la ligne de conduite qu’il s’est imposée depuis le début de la législature, il rappelle avoir renoncé, dès son installation, à son salaire ainsi qu’à l’ensemble des avantages liés à son mandat de député. Ces ressources ont été réorientées vers le Centre d’hémodialyse de Dakar, une structure sanitaire confrontée à d’importantes difficultés matérielles.

Poursuivant dans cette démarche de cohérence et de responsabilité, le parlementaire a également décidé de demander que le véhicule qui lui serait attribué par l’Assemblée nationale soit affecté audit centre. Une décision motivée, selon lui, par l’urgence des besoins exprimés par cette structure de santé, mais aussi par sa situation personnelle.

Chef d’entreprise disposant déjà des moyens nécessaires à l’exercice de ses activités professionnelles, Abdoulaye Sylla estime qu’il serait peu pertinent, voire contraire à l’intérêt général, de conserver un véhicule de fonction destiné à rester immobilisé. À ses yeux, son utilisation au profit d’un centre de soins constitue un choix plus rationnel et plus utile à la collectivité.

Par cette prise de position, le député entend interpeller la majorité parlementaire sur la nécessité d’une gouvernance plus transparente et d’une gestion plus responsable des ressources publiques, tout en appelant à des actes concrets alignés avec les discours officiels.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°643 – 07/01/2026

🔴 GUY MARIUS SAGNA ET THIERNO ALASSANE SALL SUR LES VÉHICULES DES DÉPUTÉS ET L’IMMENSE TRAIN DE VIE PARLEMENTAIRE : UN SCANDALE
🔴 LE SÉNÉGAL ET SA DETTE PUBLIQUE À 132 % DU PIB : TURBULENCES FINANCIÈRES EN PERSPECTIVE

🔴 LUTTE SÉNÉGALAISE : L’ÉTAT DURCIT LE TON CONTRE LE « SIMOL »

Campagne arachidière 2025 : Ibrahima Hamidou Dème pointe du doigt la responsabilité du Premier ministre

La campagne arachidière 2025, censée renforcer l’économie rurale et assurer des revenus décents aux producteurs, se transforme en fiasco pour de nombreux agriculteurs et acteurs de la filière. Face aux constats alarmants de dysfonctionnements dans la collecte et la commercialisation, le Premier ministre Ousmane Sonko avait récemment reconnu publiquement des lacunes dans la conduite de cette campagne. Cette sortie, bien que sincère, n’a pas échappé aux critiques des acteurs de la société civile et des responsables politiques.

Ibrahima Hamidou Dème, président du mouvement politique ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), a réagi avec vigueur à cette déclaration dans un post publié sur sa page Facebook. Selon lui, les manquements relevés par le chef du gouvernement ne sauraient être attribués uniquement aux ministres sectoriels, comme le suggérait implicitement Sonko. Pour Juge Dème, la responsabilité première incombe au Premier ministre, en sa qualité de coordinateur de l’action gouvernementale.

Dans son message, le leader d’ETIC dénonce une approche « incohérente » consistant à revendiquer les succès de l’action publique tout en se déchargeant systématiquement des échecs. « Campagne arachidière catastrophique : le Premier ministre reconnaît de graves manquements tout en rejetant la faute sur ses ministres. Mais peut-on sérieusement conduire et coordonner l’action gouvernementale en se glorifiant des succès sans jamais en assumer les échecs ? » s’interroge-t-il.

Pour Ibrahima Hamidou Dème, cette campagne met en lumière un déficit criant de coordination et de pilotage au sommet de l’État. Selon lui, le Premier ministre avait le devoir d’anticiper les difficultés, d’arbitrer les choix stratégiques et d’agir avec rigueur pour éviter les écueils observés sur le terrain. La situation actuelle, caractérisée par des points de collecte non opérationnels et des producteurs pénalisés par des prix insuffisants, serait le résultat direct d’une absence de supervision proactive et d’une gestion trop laxiste des instruments de régulation de la filière.

Le président d’ETIC insiste également sur la dimension humaine et économique de ce fiasco. Les producteurs, qui représentent l’épine dorsale de l’économie rurale, se retrouvent confrontés à l’accumulation de stocks invendus, à des pertes financières et à une incertitude quant à la prochaine campagne agricole. Pour lui, ces manquements pourraient avoir des conséquences durables sur la confiance des acteurs et sur la stabilité économique des zones rurales.

En conclusion, Ibrahima Hamidou Dème appelle à une remise en question profonde de la gouvernance de la filière arachidière et à un redressement urgent de la coordination au plus haut niveau de l’État. Pour lui, seule une implication directe et responsable du Premier ministre permettra de restaurer l’efficacité de cette campagne et de protéger les intérêts des producteurs sénégalais.

Affaire des véhicules parlementaires : Thierno Alassane Sall dénonce un « camouflage » orchestré par l’Assemblée nationale

La polémique autour de l’achat de véhicules destinés aux députés sénégalais continue de faire des vagues. Le député Thierno Alassane Sall a de nouveau pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manque de transparence » et d’irrégularités dans la procédure adoptée par l’Assemblée nationale. Lors d’une déclaration publique effectuée en marge de sa tournée dans les régions, le parlementaire a accusé le président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, d’avoir voulu « cacher l’opération aux Sénégalais » en procédant à la distribution des véhicules sans débat ni information préalable auprès du public.

Selon Thierno Alassane Sall, le budget voté ne prévoyait pas cette opération. « Le budget qui avait été arrêté n’a pas respecté la procédure et ne prévoyait pas de manière convenable l’achat de véhicules », a-t-il affirmé, dénonçant une décision prise unilatéralement par le président de l’Assemblée. Le député a particulièrement critiqué le recours à la procédure d’urgence pour justifier l’opération, la jugeant « inacceptable ». Pour lui, cette méthode illustre comment la notion d’urgence peut être instrumentalisée pour légitimer des décisions arbitraires, au détriment de la transparence et du contrôle parlementaire.

Au-delà de la question des véhicules, Thierno Alassane Sall a également pointé du doigt les conditions de travail des députés. Il a rappelé que de nombreux parlementaires exercent leur mandat sans assistants parlementaires, alors que parallèlement, le président de l’Assemblée continue de recruter des chargés de mission politiques, créant un déséquilibre dans l’allocation des ressources et accentuant les inégalités au sein de l’institution.

Le député a annoncé que ses collaborateurs apporteront des précisions supplémentaires sur cette affaire lors d’une conférence de presse prévue demain. Il promet de révéler des informations complémentaires pour permettre au public de mieux comprendre les dessous de cette opération, jugée par lui « contraire aux règles de gouvernance et aux principes de bonne gestion des finances publiques ».

Cette affaire, qui a déjà suscité des réactions au sein de l’opinion et de la classe politique, continue d’alimenter le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics et sur le rôle de contrôle du Parlement sénégalais. Thierno Alassane Sall apparaît déterminé à pousser l’Assemblée à rendre des comptes et à empêcher la répétition de pratiques similaires à l’avenir.

Lutte sénégalaise : le gouvernement intensifie la lutte contre le « Simol » et annonce des mesures sévères

La lutte sénégalaise, sport emblématique et profondément ancré dans la culture nationale, est confrontée à un phénomène inquiétant connu sous le nom de « Simol ». Ce terme désigne les agressions collectives et violences qui surviennent lors des combats de lutte, souvent orchestrées par des membres de convois accompagnant les lutteurs. Face à la recrudescence de ces incidents, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a pris la parole ce mardi lors d’une conférence à l’Institut de Défense du Sénégal (IDS) pour annoncer une riposte ferme et durable.

Le ministre a d’abord exprimé son indignation face à ces comportements qui entachent l’image de la lutte et du pays. « Le Simol doit être anéanti sur l’ensemble du territoire national et toutes les mesures doivent être prises pour éradiquer ce phénomène », a-t-il déclaré. Pour Mouhamadou Bamba Cissé, ces actes ne sont pas de simples débordements, mais constituent une véritable atteinte à l’ordre public et au respect des règles de sécurité. Il a insisté sur le fait que la lutte, en tant que patrimoine culturel et sportif, doit être préservée et encadrée.

Afin de mettre fin à ces violences, le ministre a annoncé des sanctions directes contre les lutteurs dont les convois seraient impliqués dans des agressions. « Désormais, tout lutteur dont le convoi se rendra coupable d’agressions sera sanctionné », a-t-il averti. Cette mesure vise à responsabiliser non seulement les athlètes, mais également les supporters et les organisateurs qui participent activement à ces débordements. Selon le ministre, la répétition de ces actes constitue « une véritable balafre au visage de notre pays » et doit être traitée avec la plus grande fermeté.

Parallèlement, une enquête approfondie sera menée pour retracer les incidents récents, identifier les auteurs et établir la chaîne de responsabilités. Le ministre a également assuré que les forces de défense et de sécurité seront mobilisées de manière renforcée lors des prochains événements, afin de protéger les spectateurs et garantir le bon déroulement des manifestations sportives. Cette décision intervient après plusieurs agressions graves survenues lors de grands combats, qui ont suscité l’inquiétude des familles et des autorités locales.

Le phénomène du « Simol » met en lumière les enjeux de sécurité et de régulation autour de la lutte sénégalaise, un sport qui attire chaque année des foules considérables et génère des enjeux économiques importants. La prise de position ferme du gouvernement illustre la volonté de restaurer l’ordre, d’assurer la sécurité des spectateurs et de renforcer la crédibilité des événements. Les mesures annoncées, alliant sanctions individuelles et contrôle accru, devront être accompagnées d’une vigilance constante des autorités pour protéger ce patrimoine culturel tout en rétablissant la discipline dans les arènes.

Le message du ministre est clair : la lutte sénégalaise doit rester un symbole de fierté nationale, et non un espace où la violence et le chaos prévalent. Les prochains mois serviront de test pour mesurer l’efficacité des mesures annoncées et l’engagement réel des acteurs de l’arène à respecter les règles de sécurité et de civisme.

Véhicules des députés : Guy Marius Sagna fustige une « défaillance grave » et appelle à la fin du train de vie parlementaire

La controverse autour de l’acquisition de 76 véhicules destinés aux députés de l’Assemblée nationale continue de provoquer de vives réactions sur la scène politique. Cette fois, c’est au sein même de la majorité que les critiques se font entendre. Le député Guy Marius Sagna a publiquement dénoncé, ce mardi 6 janvier, ce qu’il qualifie de « défaillance » et de « manque de vigilance » du Bureau de l’Assemblée nationale dans la gestion de ce dossier sensible.

Selon le parlementaire, l’achat de ces véhicules s’est fait dans une opacité totale, sans information préalable ni consultation des députés. Il affirme que le Bureau de l’Assemblée nationale a manqué à son devoir de transparence en procédant à cette acquisition sans associer l’ensemble des élus, alors même que la situation économique du pays impose une gestion rigoureuse des ressources publiques. Pour Guy Marius Sagna, cette absence d’information constitue une faute politique et morale.

Face à ce qu’il décrit comme un « silence complice » autour de la question des véhicules, le député estime que la majorité parlementaire, notamment le groupe des vingt députés coordonnateurs du projet, doit assumer ses responsabilités. Il appelle ces derniers à rendre des comptes et à présenter des excuses non seulement aux députés, mais également au peuple sénégalais. À ses yeux, l’Assemblée nationale, en agissant de la sorte, a envoyé un « mauvais signal » à l’opinion publique, en contradiction flagrante avec le discours de sobriété prôné par les autorités.

Guy Marius Sagna replace cette polémique dans un contexte économique particulièrement tendu. Alors que le gouvernement a récemment exposé à la population la gravité de la situation financière héritée de l’ancien régime, ainsi que ce qu’il qualifie d’« actes anti-nationaux » posés sous la présidence de Macky Sall, le Parlement se devait, selon lui, d’être exemplaire. Il soutient que les députés auraient dû accompagner les efforts de redressement par une rationalisation stricte des dépenses et une réduction significative de leur train de vie.

Pour le député, cette affaire va bien au-delà de la simple question des véhicules. Elle pose le problème plus large de la cohérence entre les discours politiques et les pratiques institutionnelles. Il juge incohérent d’exiger des sacrifices aux populations tout en maintenant, voire en renforçant, certains privilèges au sommet de l’État. Cette situation risque, selon lui, d’entamer la crédibilité des institutions et d’alimenter la défiance citoyenne.

En guise de conclusion, Guy Marius Sagna a appelé ses collègues députés à une vigilance accrue. Il les exhorte à « surveiller l’Assemblée nationale » et à veiller à ce que de telles décisions ne se reproduisent plus à l’avenir. Pour lui, cette affaire doit servir de leçon et marquer un tournant vers une gouvernance parlementaire plus responsable, plus transparente et en phase avec les réalités économiques du pays.

Finances publiques : le Sénégal à l’épreuve de 2026 entre alerte de défaut et confiance des marchés

À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.

Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.

Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.

L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.

Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.

Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.

Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.

Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.

Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.

Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.

Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.

Décharge de Mbeubeuss : le gouvernement espère une finalisation des travaux pour juin-juillet 2026

Le gouvernement sénégalais affiche un optimisme prudent quant à l’avenir de la décharge de Mbeubeuss, l’un des sites environnementaux les plus sensibles de la région de Dakar. En visite d’évaluation des travaux de réhabilitation partielle du site, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, a annoncé que l’État vise une finalisation de la première phase des travaux d’ici juin-juillet 2026.

S’exprimant le 6 janvier 2025 lors de cette visite de terrain, le ministre a indiqué que les autorités espèrent achever, dans un délai d’environ six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation portant sur 40 hectares de la décharge. « Nous espérons qu’au moins d’ici à six mois, les travaux de résorption et de réhabilitation de 40 hectares de la décharge de Mbeubeuss seront achevés », a-t-il déclaré, cité par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Le coût global du projet est évalué à près de 26 milliards de francs CFA.

Abdourahmane Diouf a reconnu l’existence de retards au démarrage de cette première phase du projet, dont l’objectif à terme est l’élimination progressive de la décharge de Mbeubeuss. Toutefois, il a assuré que ces lenteurs initiales sont actuellement en cours de résorption grâce à l’implication concertée de l’ensemble des parties prenantes, notamment les services de l’État, les partenaires techniques et les acteurs locaux.

Au-delà des travaux strictement liés à la réhabilitation du site, le ministre a également insisté sur la dimension sociale du projet. Il a annoncé qu’un important travail d’accompagnement sera mené en faveur des récupérateurs qui tirent leurs moyens de subsistance de la décharge. Parallèlement, le gouvernement prévoit une meilleure gestion de l’autre partie du site, estimée à environ 75 hectares, afin d’éviter toute reconstitution anarchique des dépôts d’ordures.

Dans une perspective de transformation durable, Abdourahmane Diouf a souligné que l’ambition de l’État ne se limite pas à la seule résorption des déchets. « Au-delà de la rénovation des 40 hectares, le gouvernement s’est engagé à verdir cet espace », a-t-il précisé, évoquant la création de jardins, de terrains de sport et de couloirs de promenade. Une orientation qui s’inscrit dans la volonté des autorités de redonner à cette zone longtemps dégradée une vocation sociale, écologique et récréative au bénéfice des populations riveraines.

Cette visite à Mbeubeuss s’inscrit dans une tournée plus large du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique dans la région de Dakar. Prévue sur les journées des 6 et 7 janvier 2025, elle comprend également des inspections au Parc paysager de Cambérène, à la Réserve urbaine de la Grande Niaye de Pikine ainsi qu’au niveau du littoral de Bargny, autant de sites stratégiques dans la politique nationale de protection de l’environnement et de transition écologique.

Dette publique à 132 % du PIB : le Sénégal face au spectre d’une rupture financière dès mars 2026

Le Sénégal se dirige vers une zone de turbulences financières majeures. Dans une analyse approfondie de la loi de finances rectificative 2026, l’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye dresse un tableau alarmant de la situation budgétaire et financière du pays. Selon lui, les difficultés attendues en 2026 seront « pires qu’en 2025 » et exposent le Sénégal à un risque réel de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine, si aucune restructuration profonde de la dette n’est engagée de toute urgence.

L’échéance la plus critique est clairement identifiée : le mois de mars 2026. À cette période, le service de la dette atteindra un niveau record estimé à 747 milliards de francs CFA, un montant largement supérieur aux capacités de trésorerie de l’État. Le point culminant de cette tension financière est fixé au 13 mars 2026, date à laquelle le Sénégal devra rembourser un Eurobond d’un montant de 219 milliards de francs CFA. Or, comme le souligne l’expert, les recettes fiscales mensuelles moyennes du pays ne dépassent guère 350 milliards de francs CFA, ce qui rend l’arithmétique budgétaire tout simplement intenable.

Cette situation critique s’inscrit dans un contexte d’endettement massif. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du Sénégal atteint désormais 132 % du produit intérieur brut. Pour la seule année 2026, l’État devra faire face à un besoin de refinancement évalué à 6 075 milliards de francs CFA. Pour Seydina Alioune Ndiaye, associé du cabinet Senquant, ces chiffres traduisent un état de stress financier aigu, aggravé par la perte de confiance des marchés internationaux.

L’échec des négociations avec le FMI en novembre dernier a constitué un tournant négatif. Il a provoqué un net refroidissement des investisseurs et un véritable krach sur les Eurobonds sénégalais, qui s’échangent désormais sur les marchés secondaires avec des décotes pouvant atteindre 49 %. Cette dégradation brutale de la perception du risque souverain sénégalais réduit considérablement la capacité du pays à se refinancer à des conditions soutenables. Dans le même temps, les perspectives de levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA sont jugées « hautement irréalistes », en raison de la saturation du marché et de la concurrence accrue entre États fortement endettés.

Face à ce mur financier, Seydina Alioune Ndiaye est catégorique : la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité de survie économique. Sans action rapide et coordonnée, le risque d’un défaut technique de paiement devient, selon lui, « extrêmement élevé ». Il met en garde contre un scénario à la libanaise, rappelant l’effondrement monétaire et la crise bancaire qui ont frappé le Liban en 2020, avec des conséquences sociales et économiques durables.

Pour éviter un tel chaos, l’économiste propose une feuille de route inspirée de l’expérience ghanéenne, considérée comme un succès relatif en matière de gestion de crise. Il recommande d’engager une restructuration en profondeur de la dette commerciale, estimée à environ 10 000 milliards de francs CFA. Cette opération devrait inclure une réduction de la valeur nominale, avec un « haircut » compris entre 50 et 60 %, accompagnée d’un allongement significatif des maturités de remboursement. Une telle approche permettrait de desserrer l’étau financier à court terme.

Il plaide également pour la transformation de la dette bancaire domestique en obligations de très long terme à taux d’intérêt réduits, afin de préserver la capacité de financement de l’économie locale et d’éviter une asphyxie du secteur bancaire. Enfin, Seydina Alioune Ndiaye insiste sur la nécessité de conclure en urgence un nouveau programme avec le FMI, d’un montant compris entre 2 et 3 milliards de dollars. Un tel accord serait crucial pour restaurer la confiance des partenaires internationaux, notamment le Club de Paris et la Chine, et pour coordonner les efforts d’allègement de la dette.

Malgré la gravité du diagnostic, l’expert estime qu’une issue reste possible. Selon lui, une restructuration réussie permettrait de ramener le taux d’intérêt moyen de la dette de 8,47 % à environ 6 %, générant ainsi une économie annuelle estimée à 250 milliards de francs CFA. Cette marge de manœuvre budgétaire offrirait au Sénégal le temps nécessaire pour stabiliser ses finances publiques et préparer une reprise progressive, avant de bénéficier pleinement des revenus attendus de l’exploitation du pétrole et du gaz.

Vœux au corps diplomatique : Bassirou Diomaye Faye rejette toute logique de domination fondée sur le rapport de force

À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux du corps diplomatique, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a livré un discours dense et structurant, traçant les grandes orientations de la politique étrangère du Sénégal pour l’année 2026. Devant les ambassadeurs et représentants des organisations internationales accrédités à Dakar, le Chef de l’État a réaffirmé une diplomatie fondée sur la souveraineté, le dialogue et le multilatéralisme, tout en rejetant toute logique de domination fondée sur le rapport de force dans les relations internationales.

Dans un contexte mondial marqué par la persistance des conflits, la montée des tensions géopolitiques et l’affaiblissement de certains mécanismes de coopération internationale, Bassirou Diomaye Faye a tenu à rappeler l’attachement constant du Sénégal aux principes fondamentaux du droit international. Pour le Chef de l’État, le dialogue demeure l’unique voie durable pour la résolution des crises. « Notre engagement pour le multilatéralisme n’est pas une simple posture, c’est une conviction profonde », a-t-il déclaré, soulignant que le Sénégal continuera de défendre la primauté du droit, le respect de la souveraineté des États et la coopération entre les nations.

Le Président a également réaffirmé la volonté du Sénégal de porter la voix d’une Afrique unie, souveraine et respectée sur la scène internationale. Dans cette perspective, Dakar entend jouer pleinement son rôle de médiateur et de facilitateur dans les instances régionales et multilatérales, en s’appuyant sur une tradition diplomatique reconnue et une crédibilité bâtie au fil des décennies.

Selon la Présidence, le Chef de l’État a profité de cette tribune pour décliner les trois axes majeurs de l’action diplomatique sénégalaise pour l’année 2026. Le premier axe concerne la diplomatie de bon voisinage et la sécurité régionale. Face à l’instabilité persistante dans la région du Sahel, le Sénégal ambitionne de jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’intégration sous-régionale et le renforcement de la coopération sécuritaire. Dakar se positionne ainsi comme un pivot du dialogue entre les différents blocs africains, avec pour objectif la préservation de la paix, la stabilité des frontières et la lutte contre les menaces transnationales.

Le second axe porte sur la refondation des partenariats internationaux dans un esprit de coopération « gagnant-gagnant ». Dans un contexte marqué par le démarrage effectif de l’exploitation du pétrole et du gaz, le Sénégal suscite un intérêt accru de la part des investisseurs internationaux. Le Président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’attirer les investissements directs étrangers tout en veillant à la protection des intérêts stratégiques nationaux. Cette approche s’inscrit dans une volonté de rompre avec des relations déséquilibrées et de bâtir des partenariats plus équitables, fondés sur le respect mutuel et le transfert de valeur.

Enfin, le troisième axe concerne le plaidoyer du Sénégal sur les grandes questions globales. En 2026, Dakar entend renforcer son engagement en faveur d’une transition énergétique juste, tenant compte des réalités des pays du Sud, ainsi que pour un accès équitable aux technologies de santé. Ces enjeux, jugés cruciaux pour le développement du Sud global, seront portés par le Sénégal dans les forums internationaux, avec l’ambition de contribuer à un ordre mondial plus inclusif et solidaire.

En recevant les vœux du corps diplomatique, le Président Bassirou Diomaye Faye a également tenu à rassurer les partenaires historiques comme les nouveaux alliés sur la stabilité du cadre des affaires au Sénégal. Malgré les réformes institutionnelles, économiques et sociales en cours, le pays demeure, selon la Présidence, une terre d’accueil sécurisée, un environnement propice aux investissements et un partenaire fiable sur le long terme.

À travers ce discours, le Chef de l’État a ainsi réaffirmé la volonté du Sénégal de mener une diplomatie souveraine, équilibrée et responsable, résolument tournée vers la paix, la coopération et la défense des intérêts stratégiques nationaux dans un monde en profonde mutation.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°642 – 06/01/2026

🔴 LE SÉNÉGAL SOUS TENSION FINANCIÈRE : LE DÉFICIT DÉPASSE 1 700 MILLIARDS FCFA
🔴 FILIÈRE ARACHIDE EN CRISE : SONKO IMPOSE DES MESURES FORTES À LA SONACOS ET AU COMMERCE

🔴 CAN 2025 : SÉNÉGAL–MALI, UN QUART DE FINALE AU PARFUM D’HISTOIRE ET DE REVANCHE

Crise budgétaire au Sénégal : les obligations en chute, déficit explosif de 1 700 milliards FCFA

Le marché financier sénégalais a connu une flambée notable cette semaine, alors que les investisseurs suivent de près l’évolution des discussions entre Dakar et le Fonds monétaire international (FMI). Les obligations souveraines libellées en dollars ont enregistré des gains significatifs, avec un rendement de l’obligation due en 2031 qui a chuté de 92 points de base pour atteindre 19,7 %, un niveau jamais vu depuis la mi-décembre 2025. Cette hausse place le Sénégal en tête des performances parmi les pays émergents, illustrant la confiance croissante des marchés dans sa trajectoire économique.

Cette performance intervient après des déclarations optimistes du ministre des Finances, Cheikh Diba, qui a indiqué devant le Parlement que des négociations avancées sont en cours avec le FMI pour la mise en place d’un nouveau programme de crédit. « Nous espérons finaliser un programme avec le FMI très prochainement. Les discussions sont actives et nous travaillons main dans la main », a-t-il déclaré, alors même que le gouvernement a révisé à la baisse sa prévision de croissance économique pour 2025, désormais estimée à 7,8 % contre 8,8 % initialement. Les recettes budgétaires, elles, ont été réajustées à 4 500 milliards de francs CFA, soit environ 8 milliards de dollars, contre 4 700 milliards précédemment.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte délicat pour les finances publiques sénégalaises. En 2024, le FMI avait suspendu une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars après la découverte de 7 milliards de dollars de dettes cachées issues de l’administration précédente. Le gouvernement actuel s’emploie à négocier un nouvel accord tout en évitant une restructuration de sa dette et en appliquant des mesures strictes de réduction des dépenses pour restaurer l’équilibre budgétaire. La révision de la croissance a ainsi entraîné une augmentation de 138 milliards de francs CFA du déficit budgétaire, qui s’établit désormais à 1 700 milliards de francs CFA, soit 7,8 % du produit intérieur brut.

Le budget sénégalais continue de faire face à de fortes charges, notamment le service de la dette, les dépenses de défense, les salaires des fonctionnaires et le financement des bourses étudiantes. Ces dernières avaient été au cœur de violentes manifestations en novembre et décembre 2025, liées au retard de paiement des allocations.

Pour les analystes, la montée des obligations en dollars reflète la confiance des investisseurs dans la capacité du Sénégal à stabiliser ses finances et à conclure un accord avec le FMI. La finalisation de ce programme pourrait non seulement renforcer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux, mais aussi soutenir une croissance soutenue, rassurer les investisseurs et ouvrir de nouvelles perspectives de financement pour l’État.

Spoliation foncière à Notto-Diobass : le village de Kissane en colère contre le maire

La commune de Notto-Diobass, située à environ six kilomètres de Thiès, est secouée par une vive polémique foncière. Les habitants du village de Kissane se disent indignés face à un projet d’attribution de 50 hectares à l’Agence de Promotion des Sites Industriels (APROSI), qu’ils dénoncent comme opaque et anticonstitutionnel. Ce week-end, l’ambiance était particulièrement tendue à Tchambi, une zone située au cœur du village, où des habitants ont manifesté leur colère en arborant des brassards rouges et en dénonçant ce qu’ils qualifient de « scandale foncier ».

Selon Arouna Rachid Pouye, porte-parole des populations, la méthode employée par le maire est inacceptable et montre un total mépris des règles de transparence. « Le 30 décembre passé, tout le village a été abasourdi d’apprendre que le maire avait été surpris sur les terres de Kissane, sans informer le chef du village, ni l’association de développement, ni les femmes, ni les jeunes, ni les imams », a-t-il dénoncé sur les ondes d’iRadio. Les habitants affirment que l’édile se serait « faufilé » sur le site, évitant tout échange avec les instances locales et les représentants de la communauté.

Le collectif en charge de la défense des intérêts de Kissane s’est également adressé directement au nouveau Directeur de l’APROSI, qu’il met en garde contre ce qu’il considère comme une manipulation politique. « Monsieur le Directeur, vous n’avez pas reçu la bonne information. Il vous a dit Notto, mais il n’ose pas préciser où exactement. Il y a anguille sous roche », a averti M. Pouye, en précisant que le projet industriel ne serait qu’un paravent pour des desseins politiques. Selon lui, le prédécesseur du directeur actuel avait déjà compris les risques liés à ce projet et tenté d’éviter la situation.

Face à ce qu’ils qualifient de refus de dialogue de la part du maire, les habitants de Kissane s’allient avec le Collectif pour la défense des intérêts de Sangué, localité voisine, qui se trouve également en conflit avec la mairie sur des dossiers fonciers similaires. Une stratégie d’union est en train de se mettre en place. « Nous appelons les populations de Sangué, Kissane et Thiéo à s’unir. C’est ensemble que nous mènerons cette bataille », a déclaré un représentant de Sangué.

Les plaignants dénoncent une gestion solitaire et opaque d’un projet dont le maire serait le seul détenteur des informations. « Il est allergique à l’échange, il est allergique au débat d’idées. Mais une chose est claire : chaque acte posé sera une dose de plus ajoutée à notre engagement à conserver ces terres pour les exploiter par nous et pour nous », a martelé le porte-parole au micro d’iRadio, réaffirmant la détermination des populations à protéger leurs terres face à ce qu’ils considèrent comme une spoliation injuste.

Enseignement supérieur : le SUDES-ESR/RISEP entre espoir et vigilance face aux nouveaux chantiers de l’État

L’annonce faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, portant sur la création prochaine de huit nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP), a suscité une réaction mesurée mais significative du Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (SUDES-ESR/RISEP). Si l’organisation syndicale salue une décision qu’elle juge porteuse d’espoir pour l’élargissement de l’accès à une formation professionnelle de qualité, elle avertit néanmoins contre toute tentative de masquer les difficultés structurelles persistantes qui fragilisent les ISEP déjà en fonctionnement.

Pour le SUDES-ESR/RISEP, la multiplication des infrastructures ne saurait suffire à elle seule à répondre aux défis du sous-secteur. Le syndicat estime que les problèmes de gouvernance, de statut du personnel enseignant et de conditions de travail doivent être réglés de manière urgente et durable, sous peine de reproduire, à plus grande échelle, les dysfonctionnements actuels. Cette position s’inscrit dans un contexte de tensions sociales persistantes entre les enseignants des ISEP et les autorités de tutelle.

En effet, face à ce que le syndicat qualifie de discussions « dilatoires » avec l’ancienne administration, le SUDES-ESR/RISEP a engagé, depuis le mois de novembre dernier, un mouvement de boycott des soutenances et des examens de certification. Une décision lourde de conséquences, puisqu’elle menace directement la validation de l’année académique et plonge de nombreux étudiants dans l’incertitude. Selon le syndicat, cette action n’est pas un choix de confort, mais une réponse à l’absence de solutions concrètes après plusieurs mois d’alertes et de négociations infructueuses.

Dans un communiqué rendu public ce lundi 5 janvier 2026, le SUDES-ESR/RISEP rappelle que ses revendications reposent sur des exigences qu’il juge non négociables. Il s’agit, en premier lieu, de la finalisation urgente du cadre réglementaire régissant les ISEP, notamment à travers l’adoption effective des statuts et des décrets de fonctionnement. À cela s’ajoute la question cruciale de l’équité salariale, les enseignants dénonçant des disparités jugées injustes et démotivantes par rapport à d’autres structures de l’enseignement supérieur.

Le syndicat met également l’accent sur la gouvernance des instituts, plaidant pour une gestion plus inclusive et participative, rompant avec des pratiques jugées opaques et centralisées. Enfin, il réclame l’ouverture des postes de direction générale et de direction des études à travers des appels à candidatures transparents, afin de garantir la compétence, la légitimité et la crédibilité des équipes dirigeantes.

Dans une volonté affichée d’apaisement et de responsabilité, le SUDES-ESR/RISEP indique avoir déjà transmis aux autorités une note de sortie de crise. Présentée comme une feuille de route « réaliste et équilibrée », cette proposition vise à concilier les contraintes budgétaires de l’État avec la nécessité de restaurer la dignité et la motivation des formateurs, considérés comme un maillon essentiel de la réussite du modèle ISEP.

« Notre démarche est responsable. Nous avons alerté avant de durcir, car la pérennité de nos institutions est en jeu », insiste le syndicat dans son communiqué. Un message qui se veut à la fois un appel au dialogue et un avertissement clair : sans réponses concrètes et rapides, les tensions risquent de s’aggraver, compromettant durablement l’avenir de l’enseignement professionnel supérieur au Sénégal, au moment même où les autorités affichent leur ambition d’en faire un levier stratégique pour l’emploi et l’employabilité des jeunes.

Assemblée nationale du Sénégal : une première vague de 76 véhicules de service déjà répartie

La distribution des véhicules de service destinés aux députés de la 15ᵉ législature a officiellement démarré à l’Assemblée nationale du Sénégal. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, une première vague de soixante-seize véhicules de type 4×4 Toyota Land Cruiser Prado a déjà été attribuée à plusieurs parlementaires, marquant ainsi le début d’un processus qui concerne au total les 165 députés.

Cette première répartition a été effectuée selon des critères présentés comme organisationnels et fonctionnels. Cinq véhicules ont été attribués à des députés en situation de handicap, afin de faciliter leur mobilité dans l’exercice de leur mandat. Sept véhicules ont été remis aux députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, principale coalition de l’opposition. Sept autres ont été alloués aux députés non-inscrits, tandis que cinquante-six véhicules ont été réservés aux députés du parti Pastef, formation politique majoritaire et actuellement au pouvoir. Le dernier véhicule de ce premier lot est destiné au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye.

D’après les mêmes sources, les véhicules sont actuellement stationnés au site de Batrain, à Dakar. Certains députés devraient entrer en possession de leurs véhicules dès les prochains jours, tandis que le reste du parc automobile attendu est annoncé pour la semaine suivante. Cette livraison progressive vise à équiper l’ensemble des parlementaires, conformément aux engagements pris par l’institution.

Cependant, cette opération continue de susciter une vive controverse dans l’opinion publique et au sein de la classe politique. Le débat sur l’opportunité et les conditions d’acquisition de ces véhicules a été relancé par le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV), membre de l’opposition. C’est lui qui a révélé l’information relative à la remise du premier lot, tout en exprimant de sérieuses réserves sur la démarche.

L’ancien ministre de l’Énergie avait déjà dénoncé le coût unitaire des véhicules, estimé à 54 millions de francs CFA. Selon lui, le contexte économique actuel, marqué par une dette publique élevée et des besoins sociaux pressants, ne justifie pas l’utilisation de ressources financières issues de l’endettement pour financer l’achat de véhicules de luxe destinés aux députés. « La situation actuelle ne prédispose pas à prendre de l’argent de la dette pour financer des véhicules », avait-il déclaré, appelant à une gestion plus rigoureuse et plus responsable des finances publiques.

Au-delà de la question du coût, Thierno Alassane Sall pointe également un manque de transparence dans la procédure d’achat et de répartition des véhicules. Il estime que les Sénégalais n’ont pas été suffisamment informés des modalités de financement, des critères d’attribution et des justifications officielles ayant conduit à ce choix budgétaire. Une position qui trouve un certain écho dans une partie de l’opinion, déjà sensible aux questions de gouvernance, de rationalisation des dépenses publiques et d’exemplarité des institutions.

De son côté, l’Assemblée nationale n’a pas encore communiqué de manière détaillée sur l’ensemble du processus, laissant ainsi le débat se poursuivre. En attendant l’arrivée du reste des véhicules et la finalisation de leur distribution, cette affaire continue d’alimenter les discussions politiques, révélant les tensions persistantes entre exigences de fonctionnement institutionnel et attentes citoyennes en matière de sobriété et de transparence dans la gestion des ressources publiques.

Critiques d’Amadou Mame Diop : Abass Fall dénonce une « hypocrisie » et une « haine immense » contre Ousmane Sonko

La sortie médiatique d’Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Ce lundi 5 janvier, le maire de Dakar et responsable de Pastef, Abass Fall, est monté au créneau pour répondre avec fermeté aux critiques formulées par l’ancien dignitaire du régime de Macky Sall à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Dans une publication sur sa page Facebook, Abass Fall a dénoncé ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » et de « haine immense » dirigées contre Ousmane Sonko. Selon lui, les propos d’Amadou Mame Diop s’inscrivent dans une logique de dénigrement systématique, déconnectée des réalités actuelles de l’action gouvernementale. L’ancien président de l’Assemblée nationale avait notamment affirmé que les déclarations du Premier ministre étaient « empreintes de vulgarité et d’accusations fallacieuses » et avait pointé une gouvernance qu’il juge « inefficace et incohérente » depuis deux ans.

Pour Abass Fall, ces accusations manquent de crédibilité, compte tenu du passé politique de leur auteur. Il n’a pas hésité à rappeler le rôle joué par Amadou Mame Diop sous le régime de Macky Sall, qu’il tient pour responsable de nombreuses dérives ayant, selon lui, profondément fragilisé le pays. « Acteur actif de la destruction massive de notre pays et piètre ex-président de l’Assemblée nationale », a-t-il écrit, accusant son adversaire politique de faire abstraction des efforts consentis par le gouvernement actuel.

Le maire de Dakar a notamment cité les mesures prises par les nouvelles autorités, telles que la baisse de certaines denrées de première nécessité et la réduction du coût de l’électricité, pour illustrer ce qu’il considère comme des avancées concrètes au bénéfice des populations. À ses yeux, ignorer ces actions relève d’une mauvaise foi manifeste et d’une volonté assumée de s’attaquer à Ousmane Sonko, devenu, selon lui, la cible privilégiée de ses détracteurs.

Abass Fall estime par ailleurs que cette hostilité traduit une frustration politique profonde. Il affirme qu’Amadou Mame Diop et ses alliés « continueront à souffrir » en voyant Ousmane Sonko occuper une place centrale au cœur de l’État et bénéficier du soutien d’une large frange des Sénégalais. Il soutient que les critiques actuelles ne sont qu’une tentative maladroite de préparer un retour au pouvoir, en perspective de l’échéance présidentielle de 2029.

Dans un ton ironique, le maire de Dakar a enfin mis en garde l’opposition contre toute illusion électorale. Selon lui, les Sénégalais gardent une mémoire vive des « moments les plus sombres » vécus sous l’ancien régime et ne se laisseront pas convaincre par des discours qu’il juge déconnectés des aspirations populaires. Une réponse musclée qui illustre la tension persistante entre les tenants du pouvoir actuel et les figures de l’ancien régime, sur fond de recomposition durable du paysage politique sénégalais.

Enseignants sénégalais recrutés en Guinée : le Sénégal exigera un acte de cessation de contrat avant toute réintégration

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri) est sorti de sa réserve face à la controverse née du recrutement d’enseignants-chercheurs sénégalais par certaines universités guinéennes. Alors que l’affaire suscite de vives interrogations dans le milieu universitaire, les autorités sénégalaises entendent désormais poser des garde-fous clairs afin de préserver l’équilibre et la continuité du service public de l’enseignement supérieur.

Selon des informations rapportées par le quotidien L’Observateur, le Mesri compte exiger de tout enseignant concerné la présentation d’un acte formel de cessation de contrat avant toute éventuelle réintégration dans une université publique sénégalaise. Une position ferme qui vise à clarifier la situation administrative et contractuelle des enseignants impliqués dans ce recrutement externe.

D’après des sources proches du ministère, les autorités reconnaissent le principe de liberté individuelle. « Les enseignants sont libres de choisir », confie une source au Mesri, tout en soulignant que cette liberté ne saurait s’exercer au détriment des règles qui encadrent la fonction publique universitaire sénégalaise. Ainsi, tout enseignant-chercheur identifié comme ayant été recruté par la Guinée devra, s’il souhaite poursuivre une collaboration avec l’État du Sénégal, produire un document attestant la rupture effective de son engagement avec l’institution étrangère.

Cette position intervient après la révélation d’une liste faisant état d’environ 300 candidats sénégalais admis à un recrutement d’enseignants-chercheurs pour le compte de la Guinée, parmi lesquels figureraient des enseignants déjà en exercice dans les universités publiques sénégalaises. Une situation jugée préoccupante par les autorités, dans un contexte marqué par un déficit structurel d’enseignants et une pression croissante sur le système universitaire national.

Dès l’éclatement de l’affaire, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Daouda Ngom, avait réagi en demandant aux recteurs des universités publiques de se saisir du dossier. Il leur avait notamment instruit d’identifier les enseignants concernés, de préciser la nature de leurs relations contractuelles et de proposer des mesures appropriées pour préserver le bon déroulement des enseignements et des activités de recherche.

Pour le Mesri, l’enjeu dépasse le simple cas administratif. Il s’agit avant tout d’assurer une gestion cohérente et responsable des ressources humaines, dans un secteur stratégique pour le développement du pays. Le départ simultané ou non encadré d’enseignants-chercheurs pourrait, selon plusieurs responsables universitaires, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à des effectifs pléthoriques et à un manque d’encadrement pédagogique.

Si le ministère n’exclut pas une coopération académique régionale, il entend toutefois rappeler que celle-ci doit se faire dans le respect strict des textes en vigueur. La clarification exigée à travers l’acte de cessation de contrat apparaît ainsi comme une tentative de concilier liberté individuelle, respect des engagements professionnels et sauvegarde de l’intérêt général.

L’affaire, suivie de près par la communauté universitaire, pourrait déboucher sur un encadrement plus strict de la mobilité internationale des enseignants-chercheurs sénégalais, dans un contexte où la concurrence entre systèmes universitaires africains devient de plus en plus marquée.

PJF : la Chambre d’accusation financière ordonne la libération de Mabintou Diaby et Mouhamed Diagne

Un nouveau tournant est intervenu dans le dossier judiciaire impliquant la famille de Madiambal Diagne. La Chambre d’accusation du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné la mise en liberté provisoire de Mme Mabintou Diaby et de Mouhamed Diagne, respectivement épouse et fils du journaliste et patron de presse. Cette décision intervient après l’examen de leur situation dans le cadre de la procédure en cours liée à l’affaire dite de la SCI Pharaon.

Toutefois, cette mise en liberté n’est pas sans conditions. Les deux mis en cause devront porter un bracelet électronique, une mesure de contrôle judiciaire destinée à garantir leur disponibilité pour la suite de la procédure et à prévenir tout risque de fuite ou d’entrave à l’enquête. Cette décision traduit la volonté de la juridiction d’accorder une liberté encadrée, tout en maintenant une surveillance étroite sur les intéressés.

Il convient cependant de souligner que cette libération n’est pas encore définitive. Le parquet dispose d’un délai légal de six jours pour éventuellement introduire un pourvoi en cassation contre la décision de la Chambre d’accusation financière. En cas de recours, l’exécution de la mesure pourrait être suspendue, prolongeant ainsi l’incertitude autour de la situation judiciaire des deux concernés.

Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans un rapport de la Cellule de traitement des informations financières (Centif), transmis aux autorités judiciaires. Le document met en cause la Société civile immobilière (SCI) Pharaon, soupçonnée d’avoir servi de cadre à des opérations financières jugées suspectes. Selon le parquet financier, ces opérations porteraient sur de présumées rétrocommissions évaluées à plusieurs milliards de francs CFA, dont l’origine et la destination font l’objet d’investigations approfondies.

Le dossier s’inscrit dans un contexte de renforcement de la lutte contre les infractions financières et économiques, portée par le Pool judiciaire financier, devenu un instrument central de la politique de reddition des comptes. Les enquêtes visent notamment à retracer les flux financiers, à identifier les responsabilités individuelles et à déterminer l’éventuelle existence de mécanismes de blanchiment ou de détournement de fonds.

En attendant la position définitive du parquet et la suite de la procédure, la décision de la Chambre d’accusation marque une étape importante dans ce dossier à forte résonance médiatique. Elle relance également le débat sur l’équilibre entre les exigences de l’enquête judiciaire, le respect des droits de la défense et l’usage croissant des mesures de surveillance électronique dans les affaires financières d’envergure.

Litige fiscal entre Woodside et la DGID : le dossier renvoyé au 5 février 2026

Le contentieux fiscal opposant la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) à la compagnie pétrolière australienne Woodside continue de suivre son cours devant la justice sénégalaise. Saisie de cette affaire sensible aux enjeux financiers majeurs, la première Chambre civile du tribunal de grande instance de Dakar a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 5 février 2026.

Lors de l’audience tenue le 18 décembre dernier, les juges ont pris connaissance des éléments du litige qui oppose l’État du Sénégal à l’opérateur du champ pétrolier offshore de Sangomar. Toutefois, aucune décision sur le fond n’a été rendue à cette étape de la procédure. Selon le quotidien Libération, ce renvoi vise à permettre au tribunal de procéder à des vérifications approfondies, notamment sur la conformité, la régularité et la validité des pièces comptables et des documents justificatifs produits par les deux parties.

Au cœur de ce bras de fer judiciaire se trouve une réclamation fiscale d’un montant précis de 41 467 543 147 francs CFA. Depuis 2023, l’administration fiscale sénégalaise estime que cette somme est due par Woodside au titre de ses obligations fiscales liées à ses activités pétrolières au Sénégal. Pour tenter de recouvrer ces fonds, la DGID avait émis des titres de perception, une procédure administrative permettant au Trésor public d’engager des poursuites en vue du paiement des montants contestés.

Cette démarche a été vigoureusement contestée par Woodside, qui remet en cause l’interprétation faite par le fisc sénégalais de ses obligations fiscales. La compagnie pétrolière soutient que les titres de perception émis à son encontre ne reposent pas sur une base juridique et comptable conforme aux dispositions applicables. C’est dans ce contexte que l’opérateur a saisi la juridiction sénégalaise pour obtenir l’annulation pure et simple de ces actes de poursuite.

Au-delà de la procédure judiciaire engagée au Sénégal, Woodside a également choisi d’internationaliser le différend. La compagnie a porté le litige devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale compétent pour trancher les conflits opposant des États à des investisseurs étrangers. Cette double procédure, à la fois nationale et internationale, illustre l’ampleur du désaccord entre les deux parties et la complexité juridique du dossier.

Ce contentieux intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le Sénégal, alors que l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar constitue un enjeu stratégique majeur pour les finances publiques et la souveraineté économique du pays. L’issue de cette affaire est donc très attendue, tant par les autorités fiscales que par les observateurs du secteur extractif, dans un climat marqué par une vigilance accrue sur la transparence, la fiscalité et la gouvernance des ressources naturelles.

Amadou Mame Diop critique Ousmane Sonko et évoque une crise de leadership au sommet de l’État

Après plusieurs mois de silence médiatique, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Observateur et publiée ce lundi 5 janvier 2025, l’ex-responsable de l’Alliance pour la République (APR) a livré une analyse sévère du climat politique actuel, s’attaquant frontalement au Premier ministre Ousmane Sonko et pointant ce qu’il considère comme une crise de leadership au sommet de l’exécutif sénégalais.

Sans détour, Amadou Mame Diop a qualifié les sorties publiques du chef du gouvernement de propos « toujours empreints de la même vulgarité et d’accusations fallacieuses ». Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, le discours d’Ousmane Sonko n’a pas évolué malgré son accession aux plus hautes responsabilités de l’État. Il estime que le Premier ministre conserve une posture de confrontation permanente, peu compatible, selon lui, avec les exigences de la fonction gouvernementale et le devoir de retenue qui s’impose à un chef de l’exécutif.

Au-delà de la critique personnelle, Amadou Mame Diop s’est également exprimé sur ce qu’il qualifie de « crise » entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre. À ses yeux, cette situation est largement exagérée et relève davantage d’une rivalité de pouvoir que d’un véritable désaccord politique ou institutionnel. Il parle ainsi d’« une tempête dans un verre d’eau », alimentée par une logique qu’il juge exclusivement « pouvoiriste ».

L’ancien proche de Macky Sall avance que le président Diomaye Faye chercherait avant tout à conserver l’autorité et le contrôle du pouvoir exécutif, tandis que son Premier ministre tenterait, selon lui, de s’imposer comme le véritable centre de décision. Il va plus loin en affirmant qu’Ousmane Sonko bénéficierait du soutien de certains responsables influents du Pastef, le parti au pouvoir, dans cette bataille d’influence qu’il estime nuisible à la stabilité institutionnelle.

Pour Amadou Mame Diop, cette situation traduit une confusion profonde des rôles au sommet de l’État. Il estime que la dualité observée à la tête de l’exécutif nuit gravement à la lisibilité de l’action publique et affaiblit son efficacité. Selon lui, l’absence de clarification dans la répartition des responsabilités entre le président de la République et son Premier ministre risque de paralyser les décisions stratégiques et d’entretenir un climat d’incertitude au sein de l’administration comme auprès des partenaires du Sénégal.

À travers cette sortie médiatique, Amadou Mame Diop se positionne comme l’une des voix critiques de l’ancien régime face au nouveau pouvoir. Son intervention relance le débat sur l’équilibre institutionnel, la cohabitation au sommet de l’État et la nécessité, selon ses termes, d’un leadership clair et cohérent pour garantir la stabilité politique et l’efficacité de l’action gouvernementale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°641 – 05/01/2026

🔴 LE MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR ESPAGNOL RÉVÈLE QUE SEULS 38 775 PERSONNES ONT DÉBARQUÉ SANS AUTORISATION CETTE ANNÉE SUR LE SOL IBÉRIQUE : 2025 MOINS IRRÉGULIÈRE QUE 2024
🔴 REMISE DU PREMIER LOT DE VÉHICULES AUX DÉPUTÉS : TAS SERT UNE D.E. À EL MALICK

🔴 MAROC / ACCIDENT MORTEL : UNE ÉTUDIANTE SÉNÉGALAISE DÉCÈDE APRÈS LE MATCH SÉNÉGAL–SOUDAN

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°640 – 02/01/2026

🔴 DISCOURS DE S.E BASSIROU DIOMAYE FAYE ET SORTIE DE SONKO : LA COMMUNICATION PRÉSIDENTIELLE BROUILLÉE AU SOMMET DE L’ÉTAT
🔴 TERRIBLE ACCIDENT AYANT FAIT 03 MORTS NON LOIN DE DIOURBEL : LA ROUTE A ENCORE TUÉ

🔴 CAN 2025 : LE TABLEAU FINAL DÉVOILÉ, PLACE À LA PHASE DÉCISIVE
🔴 CAN 2025 : BOULAYE DIA, L’OUBLIÉ DE PAPE THIAW

Une autopsie dévastatrice : le Sénégal raconté et le Sénégal vécu par Diomaye FAYE

Le Président Diomaye Faye a pris la parole. Mais derrière un vernis rhétorique poli et quelques annonces chiffrées, la réalité frappe. Car le Sénégal qu’il décrit n’est pas celui que vivent des millions de citoyens. Les promesses s’accumulent, mais les actes se font attendre. Entre slogans, tripatouillages institutionnels et discours décousu, le peuple n’a pas élu un narrateur, mais cherche un bâtisseur.

Un pays décrit… mais pas vécu

Le Chef de l’État vante des milliers de salles de classe, plus de 180 km de routes, une baisse du coût de la vie.
Cependant, sans relance économique, sans création de richesse et sans pouvoir d’achat, ces annonces restent suspendues dans l’air.

On affiche des chiffres, mais les assiettes restent vides. On parle de baisse des prix, tandis que les revenus stagnent.
Ainsi, la statistique remplace le vécu quotidien.

Agriculture : la souveraineté… sans la terre

La souveraineté alimentaire est brandie comme un mantra.
Pourtant, sans réforme foncière, sans accès sécurisé à la terre et sans baisse réelle du coût des intrants, cette souveraineté reste un slogan creux.
On proclame la rupture, mais on perpétue l’importation.

Ainsi, la rhétorique masque la continuité de la dépendance alimentaire.
Arachide : le discours contredit par la campagne
Le Président affirme que la filière arachidière est redynamisée.
Pourtant, à peine le discours terminé, des paysans ont organisé un concert de casseroles pour exiger l’achat de leurs récoltes.
Ainsi, quand le pouvoir célèbre, le monde rural proteste.
L’arachide continue d’être exportée brute, les producteurs restent exploités et les circuits demeurent opaques.
On parle de valeur ajoutée, mais on entretient la dépendance.

Pêche : protéger sans protéger

La défense de la pêche artisanale était promise.
Or, les accords de pêche étrangers ne sont ni suspendus ni renégociés sérieusement, la surveillance reste faible et la transformation locale est absente.
Ainsi, la mer est sacrifiée tandis que le discours flotte.

Emploi : le mirage des chiffres

Le Chef de l’État parle d’emplois massifs.
Cependant, aucun plan chiffré, aucun calendrier, aucun financement clairement identifié n’est présenté.
L’emploi devient une promesse émotionnelle et non une politique publique.
Ainsi, on rassure la jeunesse par les mots, mais on l’abandonne dans les faits.

Santé : déclaration d’intention sans moyens

La justice sociale est invoquée. Pourtant, les hôpitaux restent sous-équipés, la CMU demeure largement inopérante et le personnel médical est abandonné à l’épuisement.
Ainsi, la déclaration d’intention proclamée ne guérit personne.

Recrutements publics : l’opacité qui inquiète

Le pouvoir se félicite de recrutements :
2 000 enseignants sans critères connus
2 300 employés à la SONACOS sans appel à candidature
Car, un État sérieux recrute dans la transparence, et non dans le soupçon de clientélisme.
Ainsi, ce qui devrait être une garantie devient un instrument de doute et de frustration.

Réformes institutionnelles : entre chambre d’enregistrement et tripatouillages

L’indépendance de la justice est proclamée.
Or, les poursuites paraissent sélectives et le Conseil supérieur de la magistrature reste sous influence exécutive.
La Cour constitutionnelle ne nous inspire pas confiance. En effet, elle s’annonce comme une chambre d’enregistrement des volontés juridiques de PASTEF, mais également comme une passoire où tous les désiderats de PASTEF passeront comme lettres à la poste.
De plus, la modification annoncée du Code électoral suit le même chemin : validée par le Conseil des ministres, confirmée par une Assemblée nationale où PASTEF a une majorité écrasante et entérinée par les lois internes du parti.
Ainsi, nous attendrons les Sénégalais sur ces dérives, ces manquements et ces tripatouillages, qui risquent de conduire le peuple au gouffre.
La loi doit avoir une portée générale, impersonnelle et transcender les clivages et obédiences politiques.
En effet, sans cela, les institutions deviennent un instrument de pouvoir partisan et non une protection pour tous.

Un discours sans architecture

Le discours est décousu : éducation, santé, retour à l’éducation, sécurité, énergie puis encore santé.
Ainsi, ce n’est pas une vision, c’est une juxtaposition.

Or, un discours présidentiel doit hiérarchiser, trancher et orienter. Ici, le fil conducteur est absent.
En définitive, le peuple n’a pas élu un narrateur. Le discours du Président Diomaye Faye accumule :des intentions sans mécanisme, des promesses sans instruments, une morale sans architecture institutionnelle.

Ainsi, il est bien écrit, il est bien prononcé, mais il reste politiquement creux.
Le peuple sénégalais n’a pas élu un narrateur, mais veut un bâtisseur.
On ne gouverne pas avec des mots, mais avec des décisions.
Par conséquent, tant que le Sénégal raconté ne rencontrera pas le Sénégal vécu, la fracture entre le pouvoir et le peuple continuera de s’élargir.

Moussa Niang délégué National à la vié politique de Guem Sa Bopp, les jambaars.

Message à la Nation : le Président Bassirou Diomaye Faye réaffirme son engagement au service de l’intérêt général

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a tenu à réaffirmer avec force son engagement au service exclusif de l’intérêt général. Dans une allocution empreinte de gravité et de solennité, le chef de l’État a rappelé le sens de la mission qui lui a été confiée par le peuple sénégalais, assurant que rien ne saurait le détourner de cette responsabilité historique.

Insistant sur la portée morale et républicaine de sa fonction, Bassirou Diomaye Faye a déclaré vouloir exercer la magistrature suprême avec hauteur d’esprit et retenue. « La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toute circonstance », a-t-il affirmé, avant de souligner sa détermination à gouverner avec humilité, écoute et lucidité. Pour le président de la République, l’exercice du pouvoir ne saurait être guidé par des considérations personnelles ou partisanes, mais exclusivement par la recherche du bien commun.

Dans un contexte national marqué par de fortes attentes sociales et économiques, le chef de l’État a tenu à rassurer les Sénégalais sur sa ligne de conduite. « Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal », a-t-il martelé, rappelant que la stabilité nationale et la cohésion sociale demeurent des piliers fondamentaux de son action politique.

Poursuivant son propos, Bassirou Diomaye Faye a souligné que la République n’exige pas la perfection de ses dirigeants, mais impose en revanche des valeurs cardinales telles que la sincérité, la loyauté et la constance dans l’effort collectif. Selon lui, ces principes doivent guider l’action publique et servir de socle à la refondation institutionnelle et morale du pays. Il a ainsi appelé à une responsabilité partagée entre l’État et les citoyens pour bâtir un Sénégal plus juste et plus solidaire.

Conscient des défis à relever, le président de la République a salué le choix opéré par le peuple sénégalais lors de la dernière élection présidentielle. Il a estimé que les Sénégalais ont clairement exprimé leur refus de la résignation, préférant « l’espérance et l’action » à l’immobilisme. Ce choix, a-t-il souligné, constitue à la fois un message fort et une obligation pour les autorités, appelées à traduire cette aspiration au changement en politiques publiques concrètes et efficaces.

À travers ce message de fin d’année, Bassirou Diomaye Faye a ainsi réaffirmé sa volonté de gouverner dans la fidélité aux idéaux républicains, en plaçant l’intérêt général, la paix sociale et l’unité nationale au cœur de son action, tout en appelant les Sénégalais à rester mobilisés autour du projet de transformation du pays.

Bilan 2025 : une année de « redressement et de résultats concrets » pour le Sénégal, selon Diomaye Faye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a dressé ce mercredi le bilan de l’année 2025 à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation. Qualifiée d’année de « rigueur, de résilience et de redressement », cette première année pleine de gouvernance du nouveau pouvoir se clôt, selon le chef de l’État, sur des résultats tangibles dans plusieurs secteurs clés, notamment le pouvoir d’achat, la santé, l’éducation, l’agriculture, les infrastructures et la gouvernance.

Dès l’entame de son allocution, Diomaye Faye a rappelé que 2025 a été marquée par ce qu’il a appelé un « diagnostic partagé » de la situation économique et financière du pays. Héritant d’un contexte budgétaire contraint, l’État a engagé une rationalisation du train de vie public et procédé à la renégociation de certains contrats jugés déséquilibrés. Ces mesures, selon le président, ont permis de dégager des marges de manœuvre financières importantes, réorientées vers les priorités sociales et économiques.

La question du pouvoir d’achat a occupé une place centrale dans le bilan présidentiel. Face à la cherté de la vie, le gouvernement a mis en œuvre une politique progressive de baisse des prix des produits de première nécessité. Cette stratégie a permis de générer, selon les chiffres avancés, près de 342,5 milliards de FCFA d’économies cumulées au bénéfice direct des ménages sénégalais. Cette action a été renforcée par l’élargissement du Registre national unique, afin de mieux cibler les aides sociales en direction des populations les plus vulnérables.

Sur le plan social, l’année 2025 a également été marquée par un renforcement notable des infrastructures sanitaires et éducatives. Dans le secteur de la santé, 34 nouveaux postes de santé ont été ouverts à travers le pays, tandis que 76 ambulances médicalisées ont été déployées pour améliorer la prise en charge des urgences, notamment dans les zones rurales et enclavées. Ces investissements visent à réduire les inégalités d’accès aux soins et à rapprocher les services de base des populations.

Dans le domaine de l’éducation, le chef de l’État a salué un « chantier d’envergure » ayant permis la construction et la livraison de milliers d’infrastructures scolaires. Au total, 2 401 salles de classe, 1 389 blocs administratifs et 1 112 blocs d’hygiène ont été réalisés en une seule année. Parallèlement, 2 000 enseignants ont été recrutés et affectés prioritairement dans les zones en déficit de personnel éducatif, dans l’objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement et de réduire les disparités territoriales.

Le secteur productif n’a pas été en reste. En agriculture, la campagne 2025 s’est soldée par une performance historique, avec une production céréalière dépassant les 2,5 millions de tonnes. Cette progression a été rendue possible par une meilleure organisation de la campagne agricole, la mise à disposition rapide des intrants et des équipements, ainsi que l’accompagnement accru des producteurs. La relance de la Sonacos, après deux années d’arrêt, a également été citée comme un symbole fort de la reprise industrielle, avec la création immédiate de 2 300 emplois directs.

L’appui aux petites et moyennes entreprises a constitué un autre levier important de la politique économique du gouvernement. En 2025, près de 8 000 PME ont bénéficié de programmes d’accompagnement, contribuant à la consolidation ou à la création d’environ 130 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres communiqués par le président.

Sur le plan des infrastructures et de l’énergie, l’année écoulée a été marquée par des avancées significatives dans la réduction de la fracture territoriale. Un nombre record de 831 799 Sénégalais ont été raccordés pour la première fois au réseau électrique, renforçant l’accès à l’énergie dans plusieurs localités. Dans le secteur routier, près de 280 kilomètres de routes goudronnées ont été livrés, auxquels s’ajoutent 100 kilomètres de pistes rurales ayant permis de désenclaver 86 localités jusque-là isolées.

Enfin, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant les progrès réalisés en matière de gouvernance et de transparence. L’installation effective de l’Office national de lutte contre la corruption, à l’issue d’un appel à candidatures ouvert, a été présentée comme un acte fort traduisant la volonté de rompre avec les pratiques du passé. Pour le chef de l’État, cette réforme illustre l’engagement du pouvoir à faire de la compétence, de l’intégrité et de la reddition des comptes les piliers de l’action publique.

À travers ce bilan, le président Diomaye Faye estime avoir posé les bases d’un redressement durable du Sénégal, tout en appelant les citoyens à poursuivre l’effort collectif pour consolider les acquis et relever les défis à venir.

Projets législatifs en 2026 : Diomaye Faye annonce une révision constitutionnelle et des réformes majeures des institutions

À l’occasion de son message de fin d’année à la Nation, prononcé ce mercredi soir, le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a dévoilé les grandes orientations législatives qui marqueront l’année 2026. Le chef de l’État a annoncé qu’une série de projets de loi d’envergure sera transmise à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre de l’année prochaine, traduisant sa volonté d’engager des réformes institutionnelles profondes dès le début de son mandat.

Selon Diomaye Faye, ces textes porteront notamment sur une révision de la Constitution, mais aussi sur la mise en place ou la réforme d’institutions clés de la République. Sont concernés la Cour constitutionnelle, appelée à remplacer le Conseil constitutionnel, le Conseil supérieur de la magistrature, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi que le Code électoral. Autant de chantiers jugés structurants pour refonder l’État, renforcer l’État de droit et consolider la démocratie sénégalaise.

Le président a précisé que ces réformes s’inscriront dans une démarche progressive et cohérente, affirmant que « les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption aligné sur la durée du mandat et le rythme de la nation ». Une déclaration qui suggère une volonté d’éviter toute précipitation, tout en maintenant le cap des engagements pris devant les Sénégalais.

Cette annonce s’inscrit dans la continuité des promesses de campagne de Bassirou Diomaye Faye. Durant la présidentielle, il avait notamment plaidé pour une profonde refonte de l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les mesures phares figurait la sortie du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une justice plus indépendante, ainsi que l’instauration d’une Vice-présidence de la République, présentée comme un mécanisme de stabilité institutionnelle et de continuité de l’action de l’État.

La réforme du système électoral et la refonte des organes chargés de son pilotage constituent également un axe central de cette nouvelle séquence politique. En annonçant une réforme de la CENI et du Code électoral, le chef de l’État entend répondre aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur l’organisation des scrutins et la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Avec ces annonces, Diomaye Faye donne le ton de l’année 2026, qu’il veut placée sous le signe des réformes institutionnelles et de la transformation de l’État. Reste désormais à voir comment ces projets seront accueillis et débattus à l’Assemblée nationale, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes sociales et démocratiques.

Message à la Nation du 31 décembre 2025 : voici l’intégralité du discours du Président Bassirou Diomaye Faye

Sénégalaises, Sénégalais, Mes Chers compatriotes
Nous voici au terme d’une année exigeante. Une année d’efforts, qui appelle un regard lucide sur le chemin parcouru et une parole claire sur celui qui s’ouvre devant nous.
Ce   moment  est  d’abord  celui  de  la reconnaissance.

Reconnaissance envers nos forces de défense et de sécurité, qui accomplissent leur mission avec professionnalisme, discipline et un sens élevé du devoir.
Reconnaissance envers nos autorités religieuses et coutumières, gardiennes de l’équilibre social, de l’apaisement des consciences et des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble.
Reconnaissance aussi envers les Sénégalaises
et les Sénégalais, d’ici comme de la diaspora.

De votre bravoure, de vos mains, de votre intelligence et de votre patience naît, chaque jour, cette force tranquille qui fait tenir la Nation et éclaire son avenir.

Mes chers compatriotes,
Le serment que j’ai prêté devant la Nation et devant Dieu engage ma conscience et ma responsabilité au plus haut niveau. Il exprime mon devoir de respecter la Constitution, de protéger la République et de servir, avec la même exigence, chaque Sénégalaise et chaque Sénégalais.

Cette fidélité au serment s’accorde avec une fidélité tout aussi essentielle, celle qui lie notre action au projet de transformation que nous avons porté devant le peuple. Ce projet, fondé sur la justice, la souveraineté, la transparence, l’équité et la dignité humaine, reste la boussole de nos choix. J’y demeure attaché avec constance, dans l’esprit du Jub, Jubal, Jubanti.

L’année qui s’achève aura été, pour notre pays, un moment de vérité. Elle a mis au jour des déséquilibres profonds, révélé l’ampleur des défis  accumulés  et  rappelé  l’exigence  de
redresser l’État avec  sérieux, méthode  et transparence.

Un travail approfondi a été mené à l’interne et avec nos partenaires, afin d’établir un diagnostic partagé et de dessiner des solutions durables.
Dans le même mouvement, des avancées concrètes ont été réalisées.

La continuité de l’État a été assurée, les services publics renforcés et les secteurs les plus vulnérables accompagnés. La baisse progressive des prix des produits essentiels s’est traduite par un allègement réel du coût de la vie.

Les mesures de réduction des prix de plusieurs produits essentiels ont représenté 342 milliards 500 millions de francs CFA d’économies pour les ménages en 2025. Cet effort se poursuivra en 2026.
Je tiens, à cet égard, à saluer l’engagement du Premier ministre, Ousmane Sonko, et de l’ensemble du Gouvernement.

L’amélioration progressive de l’environnement des   affaires,   l’intensification   de   notre

diplomatie économique et la tenue du Forum Invest in Sénégal ont renforcé la crédibilité du pays et consolidé son positionnement comme une destination d’investissement fiable et attractive.
Mes chers compatriotes,
La décision politique de porter le Registre national unique à un million de ménages a rendu l’action sociale plus juste et plus efficace, en orientant les appuis vers celles et ceux qui en ont réellement besoin.

Cette exigence d’équité s’est prolongée par un soutien accru à l’autonomisation économique des femmes et des jeunes avec l’émergence de 1060 coopératives productives solidaires.
Dans le domaine de la santé, le Gouvernement a constamment cherché à améliorer le quotidien des familles. Des structures de proximité ont été ouvertes ou réhabilitées, les plateaux techniques renforcés, le SAMU rapproché des terroirs et des maternités mises à niveau.

Cet effort s’est traduit, en 2025, par l’ouverture de 34 postes de santé et le déploiement de 76 ambulances médicalisées. Ce nombre sera porté à 112 ambulances médicalisées, en 2026.
L’année 2025 a également marqué des progrès décisifs dans le champ productif, notamment grâce à la mise à disposition d’équipements appropriés et d’intrants suffisants aux acteurs agricoles. Dans les campagnes, la production céréalière a dépassé 2 500 000 tonnes, tandis que la filière arachidière a retrouvé une dynamique porteuse.

L’industrie a connu un tournant avec la relance de la SONACOS, après deux années d’arrêt, recréant plus de 2 300 emplois directs. Cet effort se poursuivra en 2026, grâce à une dotation de 25 milliards destinée au renouvellement de l’outil de production.

À l’échelle nationale, plus de 8 000 PME ont été accompagnées, permettant de consolider ou de créer près de 130 000 emplois directs et indirects.

Mes chers compatriotes,
Préparer l’avenir signifie aussi investir dans la jeunesse et dans le savoir. 2 401 salles de classe ont été livrées, accompagnées de 1 389 blocs administratifs, 1 112 blocs d’hygiène et 92 kilomètres de clôtures sécurisées. 2 000 enseignants ont été recrutés dans les zones prioritaires et plus de 500 enseignants- chercheurs vont rejoindre les universités, les ISEP et les écoles supérieures.
8 nouveaux ISEP vont renforcer l’accès à une
formation   professionnelle   supérieure   de

qualité, tandis que les réformes des curricula, l’intégration des daara dans l’éducation nationale, la réorientation vers les sciences, les technologies, les formations professionnelles et le numérique vont accompagner cette transformation.

Enfin, les infrastructures ont continué de transformer la vie quotidienne. Près de 280 kilomètres de routes ont été livrés, plus de 100 kilomètres de pistes rurales ont reconnecté 86 localités, et l’accès à l’eau potable comme à l’électricité   s’est   élargi   avec   831.799 concitoyens qui ont eu pour la première fois accès à l’électricité.

Ces résultats, parmi d’autres, rapprochent les familles, soutiennent l’activité économique et redonnent souffle à des zones longtemps enclavées.

Mes chers compatriotes,
L’année 2025 a été celle de la rigueur et de la résilience ainsi que de la consolidation de la transparence et de la vérité dans notre démarche. Grâce à une réduction drastique du train  de  vie  de  l’Etat,  à  une  gestion  plus

exigeante, à la renégociation de contrats et à la rationalisation de plusieurs niches, l’État a dégagé plusieurs ressources qui seront intégralement consacrés aux investissements prioritaires de 2026.
L’année qui s’ouvre sera ainsi celle de la relance effective de l’investissement public.

Dans l’éducation, afin d’accélérer l’éradication des abris provisoires et améliorer les conditions d’apprentissage, 29 milliards sont prévus au titre de l’année 2026, sur un budget global  de  62,8  milliards  destinés  à  la

construction et l’équipement de 2.500 salles de classe, 300 blocs administratifs, 50.000 mètres linéaires de clôture et 480 blocs d’hygiène, entre autres.

L’enseignement supérieur et la formation professionnelle et technique ne seront pas en reste avec budget prévisionnel de 31 milliards pour la construction, la réhabilitation et l’équipement des bâtiments dans les universités, notamment.

La santé bénéficiera d’un effort majeur, avec 91 milliards de francs  CFA destinés  à  la construction de 35 centres de santé de proximité de grand standing, à l’achèvement de l’Hôpital oncologique de Diamniadio et au renforcement des plateaux médicaux sur l’ensemble du territoire national.

L’accès à l’eau constituera une priorité stratégique. Le Grand Transfert d’Eau sera lancé avec un premier financement public de
50 milliards. Il permettra de mobiliser un volume de 1,8 millions de m3 par jour afin de prendre en charge, sur le long terme, les besoins en eau potable des centres urbains du

Sans compter l’irrigation de près de 15.000 hectares en appui aux objectifs de souveraineté alimentaire et de renforcement du secteur de l’élevage.
L’hydraulique rurale sera aussi renforcée avec la relance de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable d’un montant de 55 milliards de FCFA, pour la réalisation, entre autres, de 101 forages et de 96 châteaux d’eau.

Les infrastructures connaîtront une accélération significative. Plus de 100 milliards seront engagés pour les routes, les aménagements urbains et les équipements structurants, y compris ceux liés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.

Les programmes PUDC, PUMA et PROMOVILLES disposeront de 51 milliards pour renforcer les services de base et désenclaver les territoires.
La construction du deuxième pont de Ziguinchor, avec une dotation initiale de 25

milliards de FCA, améliorera durablement la mobilité dans cette région.
Dans le même temps, le Plan Diomaye pour la Casamance, dont l’impact est déjà significatif, s’étendra progressivement aux autres départements des régions du sud.

Le monde rural bénéficiera d’investissements ciblés, avec 18 milliards dédiés aux coopératives agricoles communautaires et aux premières fermes intégrées, ainsi que plus de 91 milliards pour les agropoles du Sud et du

Centre,  afin  de  renforcer  la  production,  la transformation locale et l’emploi.
Dans le domaine de l’énergie, l’année 2026 marquera une accélération décisive avec le raccordement prévu de 3.637 localités supplémentaires, représentant 113.654 ménages et environ 1.235.755 personnes.

Parallèlement, le Sénégal franchira une étape majeure vers la connectivité universelle, avec le déploiement d’antennes satellitaires permettant à près d’un million de personnes d’accéder gratuitement à l’internet en 2026,

ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’inclusion numérique.

Enfin, l’accès au logement sera soutenu par 20 milliards de francs CFA, destinés à impulser le programme des 30 000 logements et le programme de rénovation urbaine.
Ces choix traduisent une conviction claire : le Sénégal dispose des ressources, de l’intelligence collective et de la capacité de travail nécessaires pour se relever, se transformer et bâtir son avenir par ses propres efforts, avec sa jeunesse comme moteur et son peuple comme force.

 Mes chers compatriotes,
Le Sénégal a choisi de demeurer fidèle à ce qui fonde sa force : une démocratie vivante, un État de droit exigeant et une tradition de dialogue profondément enracinée.
C’est dans cet esprit de continuité et de responsabilité que les réformes engagées ont été poursuivies afin de renforcer la solidité et la crédibilité de nos institutions.

L’Office national de lutte contre la corruption a été installé à l’issue d’un appel à candidatures ouvert et transparent, selon un principe désormais étendu à plusieurs autres entités de la République, pour consacrer la compétence, l’intégrité et le mérite comme critères de gouvernance publique.

Dans la même dynamique de réformes, les comités ad hoc issus des Assises de la Justice et du Système politique ont achevé leurs travaux. Ils ont permis de poser les bases d’une traduction  juridique  des  recommandations consensuelles formulées dans un esprit de refondation.

Fidèle à l’engagement de consolider durablement l’État de droit, les projets de textes relatifs à la révision de la Constitution, à la Cour constitutionnelle, au Conseil supérieur de la Magistrature, à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que le projet de Code électoral seront présentés en Conseil des Ministres et transmis à l’Assemblée nationale au courant du premier trimestre 2026.

Les autres réformes s’inscriront dans un agenda d’adoption cohérent, aligné sur la durée du mandat et le rythme de la Nation.

Mes chers compatriotes,
Sur la scène africaine et internationale, le Sénégal a poursuivi son œuvre de paix, de solidarité et de coopération. Il a renforcé ses alliances sur le Continent, consolidé sa contribution à la prévention des risques sécuritaires et porté une voix claire en faveur d’un multilatéralisme plus inclusif et plus efficace, au service de l’humanité.

La décision du soixante huitième Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO de confier, pour la première fois, au Sénégal la présidence de la Commission de l’organisation en constitue une reconnaissance forte et sans équivoque.

Mes chers compatriotes,
Au cœur de notre Nation, la jeunesse constitue une force qui ne s’érode jamais malgré les épreuves.

Un Peuple-Un But-Une Foi
C’est d’abord pour elle que j’ai décrété 2026, « année de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire ».
Notre pays accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, Dakar 2026, premier événement olympique sur le sol africain. Ce rendez-vous dépasse le cadre du sport. Il est un symbole de confiance, de capacité et d’ouverture. Il nous appartiendra d’y montrer, avec exigence, ce que le Sénégal sait offrir au monde : une jeunesse disciplinée, un peuple hospitalier et une Nation capable de tenir ses engagements.

Un Peuple-Un But-Une Foi
Mes chers compatriotes,
La haute charge que vous m’avez confiée me prescrit une hauteur d’esprit que j’entends garder en toutes circonstances. Je continuerai, donc à remplir cette mission avec humilité, écoute et lucidité. Rien ne m’en détournera. Rien ne primera sur l’intérêt général. Rien ne sera jamais placé au-dessus de la paix, de l’unité et de l’intégrité du Sénégal.

La République ne nous demande pas d’être parfaits. Elle exige de nous la sincérité des intentions, la loyauté des engagements et la constance dans l’effort commun.

Je sais combien les attentes sont fortes mais vous avez refusé la résignation et choisi l’espérance et l’action pour la transformation de notre Sénégal.

Mais avant de conclure, mes chers compatriotes, je veux dire avec force qu’aucune violence n’est tolérable dans la République, en particulier celles faites aux femmes, les féminicides et toutes les atteintes commises contre les plus vulnérables. L’État poursuivra sans relâche la prévention, la protection des victimes et la sanction implacable des auteurs, afin que la dignité, la sécurité et la vie soient garanties à toutes et à tous.

Que l’année 2026 apporte la santé, la paix des esprits et l’harmonie dans tous les foyers.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2026.
Que Dieu bénisse le Sénégal et l’Afrique !
Vive la République.

Vive le Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°639 – 30/12/2025

🔴 CONSTATS GRAVES, PRÉCIS, OFFICIELLEMENT RELEVÉS DANS LE RAPPORT ITIE 2024 SUR L’ARGENT DU PÉTROLE INTROUVABLE : GUEUM SA BOPP VA TRAÎNER DEVANT LE PJF SONKO ET CIE
🔴 USAGE DE PÉTARDS ET D’ENGINS PYROTECHNIQUES LE 31 DÉCEMBRE : ME BAMBA CISSÉ PROMET LA CRAVACHE

🔴 CAN 2025 – SÉNÉGAL/BÉNIN : THIAW REMANIE SON ONZE, LAMINE CAMARA ET IBRAHIM MBAYE TITULAIRES
🔴 BIRA SÈNE ÉLU PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : « UNE VICTOIRE QUI APPARTIENT À TOUT LE MONDE DE LA LUTTE »

Rapport ITIE 2024 : Gueum Sa Bopp saisit le Pôle Judiciaire Financier pour des manquements graves dans la gestion des ressources extractives

Le mouvement « Les Jambaars » dénonce des écarts financiers, une opacité autour de Sangomar et des pratiques comptables contraires à la sincérité budgétaire, engageant la responsabilité de hauts responsables de l’État

Gueum Sa Bopp, « Les Jambaars », informe l’opinion nationale et internationale de sa décision de saisir le Pôle Judiciaire Financier (PJF), ce mardi à 11 heures, sur la base des constats graves, précis et officiellement validés contenus dans le Rapport ITIE 2024, document public endossé par l’État du Sénégal.

Ce rapport, censé garantir la transparence dans la gestion des ressources extractives, met en lumière des manquements systémiques qui engagent directement la responsabilité politique, administrative et institutionnelle de l’État, au plus haut niveau de l’exécutif.

La plainte annoncée vise, au regard de leurs attributions respectives, la responsabilité de :

Monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, chef du Gouvernement, garant de la cohérence et de la sincérité de l’action gouvernementale ;

Monsieur Biram Souley Diop, Ministre des Mines et de l’Énergie, autorité de tutelle directe du secteur extractif ;

Monsieur Talla Guèye, Directeur général de PETROSEN, bras opérationnel de l’État dans la gestion pétrolière et gazière.

Il ne s’agit ni de procès politique, ni d’acharnement personnel, mais de l’exercice d’un droit citoyen face à des faits documentés, que seule la justice est habilitée à qualifier.

UNE TRANSPARENCE PARTIELLE QUI ENGAGE LA RESPONSABILITÉ DE L’ÉTAT

Le Rapport ITIE 2024 reconnaît que le rapprochement des revenus extractifs pour l’année 2024 n’a couvert que 91,89 % des flux, laissant subsister un écart non réconcilié de 2,48 milliards FCFA (section 1.3, pp. 24–25).

Si cet écart est qualifié de « non significatif » au sens technique de la Norme ITIE, il est politiquement, financièrement et juridiquement significatif.
Aucun État sérieux ne peut banaliser la disparition comptable de plusieurs milliards de francs CFA dans un secteur aussi stratégique.

Plus grave encore, 7 % des paiements déclarés proviennent de formulaires non certifiés, en violation flagrante des exigences minimales de fiabilité.
Cette tolérance institutionnelle pose une question centrale : qui garantit la rigueur lorsque l’État lui-même l’abandonne ?

SANGOMAR : UNE DÉFAILLANCE MAJEURE DE GOUVERNANCE PÉTROLIÈRE

Le champ pétrolier de Sangomar incarne l’un des manquements les plus graves révélés par le Rapport ITIE 2024.

Alors que la production pétrolière a officiellement démarré en juin 2024, le rapport établit que la part de production revenant à l’État sénégalais n’a été retracée dans aucune déclaration pour l’année 2024 (section 1.2.2, pp. 19–20).

Les incohérences entre les données fournies par PETROSEN et Woodside Energy, notamment sur les volumes de Profit Oil, renforcent cette opacité.

Plus troublant encore, les recettes issues de cette production n’apparaissent qu’en 2025, alors même que la commercialisation est intervenue en 2024.
Comment un État producteur de pétrole peut-il être incapable de retracer sa propre part de production l’année même de son extraction ?

Ce silence comptable constitue une faille grave de gouvernance, susceptible de qualification pénale.

DES PRATIQUES COMPTABLES CONTRAIRES À LA SINCÉRITÉ BUDGÉTAIRE

Le Rapport ITIE 2024 confirme une pratique déjà dénoncée par la Cour des Comptes :
des paiements effectués par Woodside en 2024 ont été encaissés en 2024, mais comptabilisés en 2023 (section 1.2.1, p. 17).

Cette manipulation des exercices budgétaires porte atteinte au principe fondamental de sincérité des comptes publics et alimente légitimement le soupçon d’une gestion opportuniste des chiffres de l’État.

CADASTRE MINIER : UNE OPACITÉ LOURDE DE CONSÉQUENCES

Le cadastre minier arrêté au 31 décembre 2024 est jugé incomplet, incapable d’identifier clairement l’ensemble des titres, renouvellements et transferts (section 1.4, p. 26).

Cette opacité fragilise la sécurité juridique, nourrit les conflits fonciers et ouvre la voie à des pratiques contraires à l’intérêt général.
Dans un pays où le foncier est un sujet explosif, ce n’est plus une faiblesse administrative, mais un manquement grave à l’obligation de transparence.

BÉNÉFICIAIRES EFFECTIFS : UNE TRANSPARENCE INACHEVÉE

Malgré l’existence formelle d’un registre des bénéficiaires effectifs, le Rapport ITIE 2024 souligne l’absence d’informations essentielles : pourcentages de détention, modalités de contrôle, identification des personnes politiquement exposées (Exigence 2.5).

Cette carence affaiblit directement la lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption dans le secteur extractif.

DES RECOMMANDATIONS RÉPÉTÉES, UNE INACTION PERSISTANTE

Année après année, les mêmes recommandations reviennent (chapitre 8) :

fiabilisation des déclarations,

traçabilité des revenus pétroliers,

complétude du cadastre,

transparence sur les bénéficiaires effectifs.

Tout est connu. Tout est documenté.
Mais rien n’est structurellement corrigé.

À ce stade, il ne s’agit plus d’un déficit de capacité, mais d’un déficit manifeste de volonté politique.

SAISINE DU PÔLE JUDICIAIRE FINANCIER

Face à la gravité, à la répétition et au caractère officiel de ces manquements,
Gueum Sa Bopp « Les Jambaars » annonce le dépôt d’une plainte devant le Pôle Judiciaire Financier, le Rapport ITIE 2024 étant produit comme pièce centrale.

La transparence ne se proclame pas.
Elle se démontre, chiffres à l’appui et comptes à l’équilibre.

Aujourd’hui, le propre rapport de l’État démontre que des corrections urgentes s’imposent, sous le contrôle de la justice.

Mouvement Gueum Sa Bopp « Les Jambaars »
Fait à Dakar, le 29 décembre 2025

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°638 – 26/12/2025

🔴 DERNIER EMPRUNT OBLIGATAIRE DE 400 MILLIARDS SUR LE MARCHÉ FINANCIER RÉGIONAL DE L’UEMOA : ÇA COINCE POUR LE SÉNÉGAL
🔴 PREMIÈRE VAGUE D’ACCORDS «  AMERICA FIRST » EN MATIÈRE DE SANTÉ MONDIALE : L’ADMINISTRATION TRUMP ZAPPE DAKAR

🔴 DÉCISION DE LA CAF D’ORGANISER LA CAN TOUS LES QUATRE ANS : CONTROVERSE AUTOUR DE MOTSEPE

Litige foncier QVS–Nouvelle Ville : la justice tranche définitivement en faveur de Nouvelle Ville

Le différend foncier opposant Qualité Végétale Sénégal (QVS) à la société Nouvelle Ville a connu, ce mercredi 23 décembre 2025, un dénouement judiciaire d’une rare clarté, mettant un terme aux incertitudes et controverses qui ont marqué les dernières semaines. Par une décision rendue à la veille de Noël, la juridiction saisie a confirmé sans réserve les décisions antérieures, consacrant de manière définitive les droits de Nouvelle Ville sur l’intégralité de la superficie litigieuse et fermant la porte à toute tentative de remise en cause de l’autorité de la chose jugée.

Dans son dispositif, le jugement ordonne à QVS de libérer l’ensemble du terrain qu’elle occupe, constate le caractère manifestement illicite de son maintien sur les lieux et assortit cette obligation d’une astreinte de cinq cent mille francs CFA par jour de retard à compter de la signification de la décision. La juridiction rejette par ailleurs l’intégralité des prétentions développées par QVS, confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions et condamne la société aux dépens d’appel. La formulation retenue par les magistrats est sans équivoque, ne laissant aucune place à une interprétation alternative quant aux droits respectifs des parties.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interférences notoires, notamment des prises de position publiques à caractère politique. Certaines déclarations attribuées au Premier ministre Ousmane Sonko évoquaient de supposées irrégularités dans le traitement judiciaire du dossier et appelaient à une relecture administrative de l’affaire, en contradiction manifeste avec des décisions de justice devenues définitives. En tranchant avec une telle fermeté, la justice sénégalaise rappelle un principe fondamental : le droit ne se négocie pas sous la pression et ne se réécrit ni au gré des déclarations ni en fonction de considérations extra-judiciaires. L’exécution des décisions de justice demeure le socle de l’État de droit et de la sécurité juridique.

Pour Nouvelle Ville, ce verdict revêt la valeur d’une véritable délivrance après des années de blocages, de contentieux et d’incertitudes. Il rétablit pleinement la légitimité de son projet et renforce la confiance dans l’institution judiciaire, à un moment où le Sénégal s’interroge sur la protection des investissements, la stabilité du climat des affaires et le respect effectif des règles. Rendu à la veille des fêtes, ce jugement ne constitue donc pas seulement une victoire judiciaire pour Nouvelle Ville, mais également un signal fort adressé à l’ensemble des acteurs publics et privés : au Sénégal, l’autorité de la justice demeure intangible et le droit reste la boussole de la République.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°637 – 24/12/2025

🔴 LIBÉRATION DE DEMBA NGOM ORDONNÉE PAR LA CHAMBRE D’ACCUSATION : NOUVEAU COUP DE THÉÂTRE DANS L’AFFAIRE FARBA
🔴 COUP DE FILET DE LA BRIGADE TERRITORIALE DE POPENGUINE : 123 CLENDESTINS INTERCEPTÉS

🔴CAN2025 – ENTRÉE EN LICE DU SÉNÉGAL : LES LIONS 5 BOUFFENT LES ZEBRES SANS TREMBLER

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°636 – 23/12/2025

🔴 TABLE RONDE SUR LA CEDEAO+ : DAKAR POUR UN NOUVEL ESPACE OUEST – AFRICAIN INCLUSIF
🔴 LOI D’AMNISTIE DU 13 MARS 2024 ET «  ÉLÉMENT NOUVEAU » AU DOSSIER : GËUM SA BOPP PREND LE CONTREPIED DES AV0CATS DE SONKO

🔴 CAN 2025 – SÉNÉGAL-BOTSWANA : LES « LIONS » DE LA TERANGA PRÊTS À RUGIR DÈS L’ENTRÉE EN LICE

Situation des femmes détenues au camp pénal : un appel urgent à l’État pour une prise en charge humaine et responsable

Une conférence de presse a été organisée récemment pour attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur la situation préoccupante des femmes détenues au camp pénal, une réalité souvent méconnue, mais qui nécessite une intervention urgente, humaine et responsable de l’État. L’initiative, portée par Gaindé Macky, a réuni médias et partenaires de la société civile, dans le but de dénoncer les conditions de détention et de plaider pour le respect des droits fondamentaux des détenues.

L’une des préoccupations majeures soulevées par Gaindé Macky concerne le cas de madame Mabintou Diaby, épouse de Madiambal. Selon l’organisation, sa détention pose de sérieuses questions au regard de ses droits fondamentaux. Gaindé Macky a demandé sa libération, soulignant que la privation de liberté ne doit jamais être arbitraire ou disproportionnée et que la justice doit rester équitable, humaine et respectueuse de la dignité de chaque citoyenne.

Au-delà de ce cas spécifique, la conférence a mis en lumière les difficultés propres aux femmes incarcérées. Ces dernières font face à des conditions de vie extrêmement difficiles, caractérisées par un manque de soins médicaux adaptés, une hygiène insuffisante et une précarité sanitaire constante. La séparation d’avec leurs enfants et leurs familles constitue également une source de souffrance supplémentaire. Selon les intervenants, la prison ne devrait pas être un lieu de souffrance accrue, mais un espace où les droits humains sont respectés, en particulier pour les femmes, souvent plus vulnérables face aux rigueurs du système carcéral.

La question de la détention préventive prolongée a également été pointée du doigt. De nombreuses femmes sont détenues depuis plusieurs années sans avoir été jugées, une situation qui constitue une violation grave des droits humains et contribue à la surpopulation des établissements pénitentiaires. Gaindé Macky a appelé à une accélération des procédures judiciaires et à un examen urgent des dossiers des détenues afin de remédier à cette situation injuste.

Un autre aspect préoccupant souligné lors de la conférence concerne les mineurs détenus avec des adultes. Cette pratique est jugée inacceptable par l’organisation, qui exhorte l’État à créer des établissements pénitentiaires spécifiquement réservés aux mineurs. Ces structures devraient être axées sur la rééducation, la protection et la réinsertion, conformément aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal.

En conclusion, Gaindé Macky a lancé un appel pressant aux autorités, aux institutions judiciaires et aux partenaires nationaux et internationaux pour que des mesures concrètes soient mises en œuvre afin d’améliorer la situation des femmes détenues et des mineurs au camp pénal. Les intervenants ont rappelé que le respect des droits humains constitue un pilier fondamental de toute société juste et démocratique, et que leur application est indispensable pour renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire.

Révision du procès Sonko – MMN : « Une révision inédite pour corriger une erreur judiciaire », plaident les avocats du Premier ministre

La demande de révision du procès ayant opposé Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang en 2023 est désormais au cœur de l’actualité judiciaire sénégalaise. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, Me Ciré Clédor Ly, avocat du Premier ministre, a défendu avec force ce recours exceptionnel, qu’il présente comme le moyen légitime de corriger ce qu’il considère comme une injustice historique.

« Demander la révision du procès, c’est un droit. Un droit non seulement pour le citoyen Ousmane Sonko, mais pour tous ceux qui sont épris de vérité et de justice », a-t-il déclaré. Pour l’avocat, cette procédure ne se limite pas à un simple recours technique. Elle constitue « le seul moyen offert à une victime d’une erreur judiciaire pour remettre en cause l’autorité de la chose jugée et obtenir l’annulation d’une condamnation devenue définitive ». L’objectif, a insisté Me Ly, est clair : rétablir la vérité et corriger une condamnation injuste.

Cette démarche, qualifiée de « voie de recours extraordinaire », ne se limite pas au cas personnel d’Ousmane Sonko. « Elle est ouverte, même pour des personnes décédées. Que tout le monde le sache. C’est un droit fondamental », a-t-il martelé, soulignant la dimension universelle et symbolique de cette procédure.

Le point central de cette révision repose sur l’apparition d’un élément nouveau majeur : le rapport du PRODAC, dont l’existence avait été contestée lors du procès initial et qui n’est réapparu que récemment, depuis que Sonko occupe la fonction de Premier ministre. Selon Me Ly, ce document pourrait bouleverser l’appréciation juridique des faits et constitue la base légale de la demande de révision.

L’avocat n’a pas hésité à dénoncer avec virulence les conditions dans lesquelles le procès initial s’est déroulé. Il a décrit une série de violations graves des droits de la défense et du droit à un procès équitable. « Pour une affaire privée, pour diffamation et injure publique, et pour un mensonge d’État, avec un faux réquisitoire pris de sa propre initiative par un procureur de la République, rien que pour obtenir une lourde peine, le droit a été bafoué », a-t-il déclaré. Me Ly a rappelé des pratiques qu’il qualifie de « comparutions forcées, manu militari, attentats à la vie de son client, voies de recours abusives de la partie civile et du procureur de la République, et décisions violant les droits de la défense ». Il a également souligné les irrégularités procédurales, comme la programmation du dossier alors que les délais d’appel n’avaient pas été épuisés.

Répondant à une question qui revient régulièrement dans le débat public, l’avocat a clarifié la situation juridique d’Ousmane Sonko : « Le citoyen Ousmane Sonko est bien électeur et éligible aujourd’hui, et le sera tant qu’il lui restera un souffle de vie. Tout débat autour de cette question est donc sans intérêt. »

La demande de révision a été officiellement saisie par la garde des Sceaux Yacine Fall auprès de la Cour suprême. Si elle aboutit, ce sera une première dans l’histoire judiciaire du Sénégal et cela pourrait effacer définitivement la condamnation qui avait écarté Sonko de la présidentielle de 2024. « Le procès en révision d’Ousmane Sonko contre Mame Mbaye Niang et le ministère public sera initié », a conclu Me Ciré Clédor Ly, laissant entrevoir un nouveau chapitre judiciaire dans cette affaire qui a profondément marqué la vie politique nationale.

Affaire Softcare : l’entreprise dénonce des « diffamations » et appelle à attendre les conclusions de l’enquête

Au cœur d’une vive polémique liée à des accusations de fabrication de produits à base de matières premières périmées, l’entreprise Softcare est sortie de son silence. Dans un communiqué rendu public ce lundi 22 décembre 2025, la société rejette catégoriquement les allégations circulant à son encontre et dénonce ce qu’elle qualifie de « diffamations, dénonciations calomnieuses et rumeurs infondées », largement relayées, selon elle, sur les réseaux sociaux.

Alors que l’affaire suscite une forte émotion au sein de l’opinion publique, notamment en raison de la nature sensible des produits incriminés — serviettes hygiéniques et couches pour bébés — Softcare affirme que des informations erronées sont diffusées, risquant d’induire le public en erreur. L’entreprise prévient ainsi qu’elle se réserve le droit d’engager toutes les poursuites judiciaires nécessaires afin de défendre ses intérêts et préserver son image.

Dans son communiqué transmis à PressAfrik, la direction de Softcare insiste sur le caractère non établi des accusations et appelle à la prudence. Elle estime que le débat public autour de cette affaire est marqué par des extrapolations et des jugements hâtifs, en l’absence de conclusions officielles des autorités compétentes. À ce titre, la société affirme faire pleinement confiance au gouvernement sénégalais ainsi qu’au groupe d’enquête conjoint mis en place pour faire la lumière sur cette affaire.

Softcare invite par ailleurs les consommateurs et l’ensemble de la population à attendre sereinement les résultats de l’enquête en cours et à s’en remettre exclusivement aux conclusions finales qui seront rendues par les services habilités. Pour l’entreprise, seule une investigation rigoureuse et objective permettra d’établir les faits et de situer les responsabilités, loin de toute pression médiatique ou spéculation.

Soucieuse de rappeler son poids économique et social, la société met également en avant sa contribution à l’emploi au Sénégal. Elle revendique plus de 500 emplois directs et des milliers d’emplois indirects, soulignant que ses activités constituent une source de revenus pour de nombreuses familles. Cet argument vise à montrer, selon elle, que Softcare n’a aucun intérêt à compromettre la santé des consommateurs ni à mettre en péril la confiance bâtie depuis son implantation dans le pays.

Enfin, l’entreprise réaffirme placer la sécurité et la satisfaction des consommateurs au cœur de ses priorités. Elle assure que ses processus de production répondent aux normes en vigueur et que la qualité de ses produits a toujours été une exigence centrale de sa politique industrielle. Dans ce contexte de tensions et de suspicions, Softcare se dit déterminée à coopérer avec les autorités tout en se tenant prête à défendre sa réputation par les voies légales si nécessaire.

Alors que l’affaire continue de susciter des réactions au sein de la société civile, des syndicats et des associations de consommateurs, l’issue des enquêtes annoncées est désormais très attendue. Elle devrait permettre de clarifier les responsabilités, d’apaiser le climat et, le cas échéant, de tirer toutes les conséquences de droit.

Goudomp : Diomaye annonce la réalisation prochaine d’un hôpital de niveau 4 pour renforcer les soins spécialisés

En visite officielle en Casamance, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé ce lundi 22 décembre 2025 la réalisation prochaine d’un hôpital de niveau 4 à Goudomp, dans le sud du pays. Cette infrastructure sanitaire majeure vise à renforcer durablement l’offre de soins spécialisés et à améliorer significativement la prise en charge médicale des populations locales et environnantes.

L’annonce a été faite au cours de la tournée présidentielle de cinq jours actuellement en cours dans la région de la Casamance. Selon un communiqué de la Présidence de la République, ce projet s’inscrit dans la volonté du chef de l’État de rapprocher davantage les services essentiels, notamment la santé et l’éducation, des citoyens, en particulier dans les zones longtemps confrontées à un déficit d’infrastructures spécialisées.

S’exprimant à Goudomp, Bassirou Diomaye Faye s’est félicité du niveau d’excellence atteint par le système sanitaire national. Il a tenu à saluer le travail et l’engagement des professionnels de santé sénégalais, qu’il a qualifiés d’acteurs clés de la transformation du secteur. Le Président a particulièrement mis en avant les performances remarquables enregistrées dans des domaines médicaux de pointe, citant notamment les transplantations et les greffes, qui témoignent, selon lui, de la montée en puissance du savoir-faire médical national.

Dans le cadre de cette étape à Goudomp, le chef de l’État a également visité l’hôpital militaire de campagne (HMC), installé dans la localité pour répondre à des besoins sanitaires jugés prioritaires. Ce dispositif médical temporaire, déployé par le ministère des Forces armées, est opérationnel du 12 décembre 2025 au 12 janvier 2026. Il a pour mission d’apporter une réponse rapide et efficace aux urgences sanitaires, tout en soulageant les structures de santé existantes.

La présence de cet hôpital militaire de campagne illustre, selon la Présidence, la synergie entre les forces armées et le système de santé civil, notamment dans les zones où l’accès aux soins spécialisés demeure limité. Le Président Diomaye Faye a salué cette initiative, soulignant son importance dans la prise en charge des populations et dans la prévention des crises sanitaires.

Cette annonce intervient dans le cadre de la tournée économique du Président de la République, qui se déroule du 20 au 25 décembre 2025 à travers plusieurs localités de la Casamance. Cette tournée vise à évaluer l’état d’avancement des projets structurants, à échanger avec les acteurs locaux et à identifier les priorités en matière de développement économique et social.

Avec la perspective de la construction d’un hôpital de niveau 4 à Goudomp, les autorités entendent franchir une nouvelle étape dans le renforcement du plateau médical régional, réduire les évacuations sanitaires vers les grandes villes et garantir un accès équitable à des soins spécialisés pour les populations du sud du pays. Une initiative qui s’inscrit pleinement dans la vision de transformation nationale portée par le nouveau régime.

Affaire Soya Diagne : le parquet fait appel et maintient le journaliste en détention

Le feuilleton judiciaire autour de Soya Diagne connaît un nouveau rebondissement. Alors que le juge d’instruction avait ordonné, mercredi dernier, la mise en liberté provisoire du patron du site LeDakarois221, assortie d’un placement sous bracelet électronique, le procureur de la République près le tribunal de Dakar, Ibrahima Ndoye, a décidé de faire appel de cette décision. Une initiative qui suspend automatiquement l’exécution de l’ordonnance et maintient, de fait, Soya Diagne en détention.

Selon les informations rapportées par le journaliste Bachir Fofana, l’appel du parquet vise à contester l’appréciation du juge d’instruction, qui avait estimé que les conditions étaient réunies pour accorder une liberté provisoire sous surveillance électronique. En droit sénégalais, ce recours a un effet suspensif, ce qui signifie que la mesure de liberté provisoire ne peut être appliquée tant que la juridiction compétente n’a pas statué sur l’appel.

Pour rappel, Soya Diagne avait été inculpé et placé en détention dans le cadre d’un dossier qui continue de susciter de nombreuses réactions, notamment dans les milieux médiatiques et sur les réseaux sociaux. La décision initiale du juge d’instruction, favorable à une libération sous bracelet électronique, avait été perçue par certains comme un signal d’apaisement, voire une reconnaissance de garanties suffisantes de représentation et de contrôle judiciaire.

Cependant, en interjetant appel, le procureur de la République marque sa volonté de voir la situation réexaminée par la chambre d’accusation. Cette démarche traduit la position ferme du parquet, qui estime, à ce stade de la procédure, que les conditions d’une mise en liberté, même encadrée, ne sont pas réunies ou que les intérêts de l’enquête justifient le maintien en détention.

Du côté de la défense, cette évolution est vécue comme un nouveau coup dur. Les avocats de Soya Diagne espéraient voir leur client quitter la prison sous surveillance électronique, dans l’attente de la suite de la procédure. Ils pourraient désormais concentrer leurs efforts sur la contestation de l’appel du parquet et sur la démonstration que toutes les garanties légales sont réunies pour une liberté provisoire.

En attendant la décision de la juridiction d’appel, Soya Diagne reste donc incarcéré. L’affaire, suivie de près par l’opinion publique, relance une fois de plus le débat sur la détention provisoire, la liberté de la presse et l’équilibre entre les impératifs de la justice et les droits fondamentaux des personnes poursuivies.

Affaire à suivre.

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