Justice : SYTJUST-UNTJ suspend son mot d’ordre de grève pour favoriser les négociations

Après quarante-cinq jours de paralysie dans les services judiciaires, l’Entente SYTJUST–UNTJ a annoncé, ce mercredi 6 août, la suspension de son mot d’ordre de grève. Une décision majeure qui intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les syndicats de la Justice et l’État, mais qui marque surtout une volonté d’ouverture en vue d’une sortie de crise.

Lancée le 18 juin 2025, la grève des travailleurs de la Justice avait fortement perturbé le fonctionnement des juridictions sur l’ensemble du territoire national. Face à cette situation de blocage prolongé, l’Entente a choisi de suspendre provisoirement le mouvement pour permettre aux discussions avec les autorités de progresser. Dans un communiqué transmis à la presse, les responsables syndicaux ont expliqué que cette trêve vise à « donner une chance réelle aux négociations entamées avec le gouvernement ».

La décision fait suite à deux rencontres jugées encourageantes avec le ministre de la Fonction publique, tenues respectivement les 1er et 5 août. Ces échanges, selon les syndicats, ont été marqués par un climat d’écoute et d’apaisement. Une première trêve avait d’ailleurs été observée les 4 et 5 août, permettant aux citoyens d’accéder temporairement aux services judiciaires, bloqués depuis plusieurs semaines.

L’Entente a tenu à saluer l’attitude responsable des travailleurs de la Justice, qui, malgré les difficultés et frustrations accumulées, ont accepté de mettre fin à leur grève dans l’intérêt des populations. Elle souligne que « cette écoute solidaire des souffrances de leurs concitoyens » a pesé lourd dans la balance au moment de prendre cette décision. La suspension du mouvement est ainsi présentée comme un geste fort de bonne foi et de patriotisme social.

Toutefois, la trêve est loin d’être un chèque en blanc au gouvernement. Dans leur communiqué, les syndicats rappellent les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les agents judiciaires, et dénoncent les nombreuses injustices qu’ils subissent. Ils exhortent l’État à tenir ses engagements et à apporter des réponses concrètes aux revendications, qui concernent aussi bien les conditions de travail que la reconnaissance du rôle central des travailleurs de la Justice dans la mise en œuvre des réformes du secteur.

L’Entente SYTJUST–UNTJ avertit : la trêve pourrait être de courte durée si les autorités ne respectent pas leurs promesses. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra prouver sa volonté de résoudre la crise en profondeur et de restaurer durablement le bon fonctionnement du service public de la Justice.

Déclaration de patrimoine : le Sénégal adopte un nouveau cadre plus rigoureux pour renforcer la transparence

Le gouvernement sénégalais a franchi un pas décisif vers une meilleure transparence dans la gestion des affaires publiques avec l’adoption du projet de loi n°15/2025 portant sur la déclaration de patrimoine. Ce texte, validé en Conseil des ministres le 30 juillet 2025 et officialisé par décret présidentiel le 31 juillet, introduit des mesures plus strictes pour encadrer l’obligation de déclaration de patrimoine, dans le cadre des réformes liées à la gouvernance vertueuse et à l’agenda stratégique « Sénégal 2050 ».

Le projet de loi élargit de manière significative le champ des personnes assujetties. Alors que le précédent dispositif visait essentiellement les très hauts responsables de l’État, le nouveau texte impose désormais la déclaration à toute personne exerçant une fonction de responsabilité publique dans l’exécution du budget, à partir d’un seuil de gestion de 500 millions de francs CFA. Cette disposition abaisse donc le seuil précédent, qui était de 1 milliard, afin de soumettre à cette exigence un plus grand nombre d’agents impliqués dans la gestion des fonds publics.

Par ailleurs, le nouveau cadre juridique élargit la liste des catégories professionnelles concernées. Outre les autorités traditionnelles comme les membres du gouvernement, les parlementaires ou les présidents d’institutions, il cible désormais les magistrats du pool judiciaire financier, les membres des corps de contrôle civils et militaires, ainsi que tous les agents exerçant dans des secteurs jugés sensibles comme les mines, les hydrocarbures, les finances publiques ou encore les directions des douanes et des impôts. Les responsables d’agences, de fonds, de caisses et de structures parapubliques, quel que soit leur niveau, sont aussi concernés.

Le texte précise les modalités de la déclaration. Toute personne concernée doit produire une déclaration certifiée sur l’honneur dans les trois mois suivant son entrée en fonction. La même obligation s’impose dans les trois mois qui suivent la cessation de ses fonctions. Cette déclaration doit porter sur l’ensemble du patrimoine détenu directement ou indirectement, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Sont notamment concernés les biens immobiliers, les avoirs bancaires, les actions, les obligations, les comptes d’épargne, les monnaies virtuelles, les biens meubles de valeur, les véhicules, les bijoux, les œuvres d’art, les assurances-vie et tout autre revenu ou actif financier.

Afin d’assurer l’effectivité de cette obligation, le projet de loi prévoit un dispositif de contrôle et de sanction. En cas de manquement, sans motif légitime, et après mise en demeure, l’agent s’expose à des sanctions prévues par l’article 16 du nouveau texte. Ce mécanisme vise à garantir le respect de la loi et à prévenir toute tentative de dissimulation de patrimoine.

Avec ce nouveau cadre, le Sénégal entend affirmer son engagement en faveur d’une gouvernance plus éthique, plus transparente et plus rigoureuse. Cette réforme participe d’une volonté claire de rompre avec les pratiques opaques du passé et de répondre aux attentes d’une opinion publique de plus en plus exigeante sur les questions de redevabilité. Elle s’inscrit dans une dynamique globale de renforcement des institutions et de moralisation de la vie publique, socle fondamental pour la réussite du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.

Senelec clarifie sa position après les accusations de l’ONAS sur les stations de pompage à Touba

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a tenu à réagir aux déclarations de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), qui lui imputait la responsabilité des dysfonctionnements survenus dans certaines stations de pompage à Touba à la suite des fortes pluies du week-end dernier. Dans un communiqué publié ce mardi, Senelec a rejeté toute responsabilité, apportant des précisions techniques sur le processus de raccordement électrique desdites stations.

Concernant la station de pompage de Keur Niang, Senelec indique que, conformément aux procédures encadrant les travaux réalisés par des prestataires tiers, l’ONAS, via son prestataire, était tenue de transmettre une demande de réception des installations électriques. Cette demande devait être accompagnée des plans de récolement, des procès-verbaux d’essais du transformateur, du câble d’alimentation moyenne tension (HTA), ainsi que des équipements de comptage. Or, selon Senelec, aucune demande de réception n’a été reçue, et les travaux n’avaient pas été achevés par le prestataire de l’ONAS.

Senelec évoque également l’utilisation d’un groupe électrogène affrété par l’ONAS pour l’inauguration de la station. Ce groupe, censé assurer la continuité de l’alimentation électrique de la station jusqu’à son raccordement final au réseau national, n’a pas été maintenu en fonctionnement. Face à l’urgence provoquée par les inondations, Senelec affirme que son chef de service à Touba a sollicité en urgence le raccordement de la station, ce qui a entraîné la mobilisation de ses équipes dès le lundi 4 août au matin pour finaliser les travaux et réceptionner les ouvrages. La mise en service de la station de Keur Niang a ainsi été effective à partir du 5 août 2025.

S’agissant de la station de Nguelemou, Senelec informe qu’une demande de réception avait bien été transmise le mardi 29 juillet. En réponse, une mission technique a été dépêchée sur place dès le jeudi 31 juillet pour procéder aux vérifications nécessaires. Les procès-verbaux de réception ont été établis et remis aux parties concernées le vendredi 1er août, et le raccordement électrique a été réalisé le mardi 5 août 2025, « d’un commun accord avec le prestataire », précise le communiqué.

Dans sa communication, Senelec tient à rappeler que la responsabilité des travaux liés à l’alimentation électrique des stations de pompage incombe entièrement à l’ONAS, qui les réalise via ses prestataires. L’intervention de la société nationale d’électricité se limite à un appui technique, jusqu’à la mise en service des installations.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°531 – 06/08/2025

🔴 « ASER-GATE » / « TÔT OU TARD, LA LUMIÈRE SERA FAITE » : TAS TRAQUE LA VÉRITÉ
🔴 INSÉCURITÉ AU MALI : DAKAR RENFORCE SA FRONTIÈRE EST

🔴 CHAN 2024 : LE SÉNÉGAL DÉMARRE FORT FACE AU NIGERIA (1-0)
🔴 ARBITRAGE AFROBASKET 2025 : BABACAR NDIAYE CRIE AU SCANDALE

Moustapha Diakhaté dénonce une « guerre juridique » contre la liberté d’expression et accuse le procureur Ibrahima Ndoye de dérive autoritaire

À peine libéré après cinquante jours de détention à la prison de Rebeuss pour offense au chef de l’État, Moustapha Diakhaté a repris la parole avec une virulence qui marque une rupture nette avec le silence carcéral. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 5 août à Dakar, l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar a vivement accusé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, et plus largement le Tribunal de grande instance de Dakar, de livrer une « guerre juridique » contre la liberté d’expression.

Dans une déclaration au ton frontal, Moustapha Diakhaté n’a pas mâché ses mots : « Le procureur Ibrahima Ndoye, c’est un parquet à double standard. Il est intransigeant avec l’opposition et indulgent avec le parti Pastef. Quand on voit ce genre d’action, c’est que ces magistrats-là trahissent la loi », a-t-il fustigé. Pour l’ancien parlementaire, le parquet agit comme un instrument politique, au mépris des droits fondamentaux garantis par la Constitution.

Poursuivi pour offense au chef de l’État, Diakhaté rejette l’accusation avec véhémence. « Moi qui défends la République et le président, on m’accuse de l’avoir offensé ? C’est honteux, c’est ridicule », a-t-il lancé. Il estime être la cible d’un acharnement personnel : « Le procureur a un problème avec moi, il se cache derrière le parquet pour le combattre. C’est indigne de sa fonction de magistrat. »

Évoquant son expérience carcérale, Moustapha Diakhaté n’a pas hésité à défier de nouveau le système judiciaire : « Si ma vie doit y rester, elle y restera. Je suis prêt à retourner en prison. J’ai été emprisonné deux fois. Ibrahima Ndoye doit savoir qu’il lui reste 998 mandats de dépôt s’il veut me faire taire, parce que jusqu’à 1000, je ne me tairai pas. » Des propos forts qui traduisent une volonté assumée de continuer son combat politique, malgré les risques.

Mais au-delà de sa situation personnelle, Diakhaté a élargi sa critique à la situation de la justice sénégalaise. Selon lui, poursuivre des citoyens pour avoir critiqué le président ou des magistrats est une dérive grave pour un État qui se veut démocratique. « Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de limite au droit des citoyens à critiquer ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné, affirmant que la liberté d’expression doit s’exercer pleinement, même contre les plus hautes autorités.

L’ancien député n’a pas épargné non plus le parti présidentiel, le Pastef, qu’il accuse d’avoir trahi ses engagements. « Le Pastef avait promis aux Sénégalais qu’une fois au pouvoir, ils supprimeraient l’article 80, l’article 254… Ils ne l’ont pas fait. Ils ont menti aux Sénégalais. C’est parce qu’ils ont menti qu’on continue d’arrêter des gens pour offense au chef de l’État, ou pour des délits d’opinion », a-t-il déclaré, en appelant à une réforme urgente du droit pénal en matière de libertés publiques.

Cette sortie de Moustapha Diakhaté intervient dans un contexte politique marqué par de multiples arrestations de journalistes, militants et opposants, souvent poursuivis pour offense ou diffusion de fausses nouvelles. Elle relance le débat sur l’indépendance de la justice, la tolérance politique et l’effectivité des libertés fondamentales au Sénégal. Pour Diakhaté, une chose est claire : « Le Sénégal ne doit pas devenir un État où penser autrement conduit systématiquement en prison. »

Sénégal : Moustapha Diakhaté charge la prison de Rebeuss et appelle à sa fermeture immédiate

À peine sorti de détention, l’ancien parlementaire Moustapha Diakhaté a profité d’une conférence de presse organisée ce mardi 5 août dans un hôtel de Dakar pour dénoncer avec force les conditions inhumaines qu’il affirme avoir observées à la prison de Rebeuss. Avec des mots durs et une colère visible, l’ancien proche du régime de Macky Sall, désormais farouche opposant au pouvoir actuel, a exigé la fermeture et la démolition pure et simple de cet établissement carcéral emblématique du Sénégal.

« La prison de Rebeuss doit être fermée et détruite », a-t-il déclaré sans détour, qualifiant l’établissement de « lieu de souffrance humaine » en totale contradiction avec l’article 7 de la Constitution sénégalaise qui garantit la protection de la vie et de la dignité humaine. Pour lui, Rebeuss n’est plus un centre de détention, mais une zone de non-droit où les droits fondamentaux sont quotidiennement bafoués.

Dans son intervention, Moustapha Diakhaté a dénoncé la généralisation abusive du mandat de dépôt, une pratique qu’il juge systématique et directement imputable à certains magistrats. Selon lui, le recours mécanique à la détention préventive révèle une justice déséquilibrée, qui alimente la surpopulation carcérale et viole la présomption d’innocence.

S’il a tenu à saluer le dévouement de l’administration pénitentiaire, qu’il considère comme un « rempart » permettant aux prisonniers de survivre, Moustapha Diakhaté a néanmoins dénoncé avec véhémence les agissements de certains agents pénitentiaires, accusés de violences et d’actes de torture envers les détenus. « Il y a des gardes qui torturent les prisonniers. J’en appelle à toutes les organisations de défense des droits humains, mais aussi à l’Observatoire des lieux de privation de liberté. Ce qui se passe à Rebeuss est inacceptable dans un État qui se dit de droit », a-t-il martelé.

Autre sujet d’indignation pour l’ancien député : la présence de malades mentaux parmi les détenus. Pour lui, la situation est intenable et dangereuse, aussi bien pour les malades eux-mêmes que pour les autres prisonniers et les agents pénitentiaires. « Leur place n’est pas en prison, mais dans un établissement psychiatrique. L’administration pénitentiaire n’a ni les moyens, ni la formation adéquate pour encadrer ces cas », a-t-il insisté, appelant à leur transfert immédiat à l’hôpital psychiatrique de Fann.

Moustapha Diakhaté a ainsi lancé un appel pressant à l’ensemble des forces vives du pays — société civile, partis politiques, autorités religieuses et traditionnelles — pour exiger une réforme en profondeur du système carcéral sénégalais. Il a également invité les autorités à repenser le recours au mandat de dépôt, à humaniser les lieux de détention, et à renforcer les mécanismes de contrôle indépendants.

Cette sortie musclée de l’ancien parlementaire, intervenant quelques jours seulement après sa libération, risque de relancer le débat national sur les conditions de détention et l’état de la justice au Sénégal. Rebeuss, depuis longtemps pointée du doigt par les ONG pour sa vétusté et sa surpopulation chronique, se retrouve de nouveau au centre de la polémique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°530 – 05/08/2025

🔴 EXPORTATIONS DE GRAINES D’ARACHIDE : BAISSE DE 1,7% DES RECETTES
🔴 INONDATIONS DANS LA RÉGION DE KAOLACK : LES POPULATIONS LAISSÉES À LEUR SORT

🔴 FSF / FOOT FÉMININ : AÏCHA HENRIETTE NDIAYE AUX MANETTES
🔴 FSF / ALIOU GOLOKO APRÈS SA DÉFAITE : « JE NE ME RETIRE PAS. JE ME REDRESSE »

Grève dans la justice : le Conseil de l’Ordre des avocats tire la sonnette d’alarme et appelle à la reprise du service public

Depuis bientôt deux mois, la justice sénégalaise est en grande partie à l’arrêt. Une situation qui inquiète au plus haut point le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal. Dans un communiqué rendu public ce lundi 4 août, l’institution dénonce les lourdes conséquences de cette grève menée par les syndicats des travailleurs de la justice, regroupés au sein de l’entente SYTJUS-UNTJ, et appelle à un sursaut collectif pour rétablir le fonctionnement normal du service public de la justice.

Selon le Conseil, cette paralysie prolongée a des répercussions graves sur les droits fondamentaux des citoyens et la stabilité de l’État de droit. Elle entraîne notamment une aggravation des détentions préventives, déjà trop longues dans certains cas, et accentue le surpeuplement carcéral, avec les risques humains et sanitaires que cela comporte. Le droit à un procès équitable est également mis à mal, tout comme l’économie, qui subit les effets de l’enlisement des procédures judiciaires et du blocage de nombreux dossiers sensibles.

Le Conseil de l’Ordre des Avocats regrette que malgré les multiples démarches entreprises pour une sortie de crise, aucun accord n’ait encore été trouvé entre les parties concernées. Il insiste sur le fait que le droit de grève, bien que constitutionnellement reconnu, ne saurait être exercé au détriment de la continuité du service public, notamment celui de la justice, qui constitue une mission essentielle de l’État.

L’institution rappelle à l’État son devoir de garantir l’accès équitable des citoyens à la justice et de faire respecter ses engagements. Elle souligne que la justice ne peut fonctionner de manière intermittente, au risque de compromettre la confiance des justiciables dans les institutions républicaines et d’alimenter un climat de frustration et d’injustice sociale.

Face à cette situation préoccupante, le Conseil réaffirme son attachement indéfectible aux droits et libertés fondamentaux. Il lance un appel au sens des responsabilités de tous les acteurs du secteur judiciaire et réitère sa disponibilité à contribuer à toute initiative susceptible de favoriser la reprise du service public de la justice dans les plus brefs délais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°529 – 04/08/2025

🔴 INONDATIONS À TOUBA : FAILLES DANS LES OPÉRATIONS PRÉ-HIVERNAGE
🔴 PONCTION SUR LES SALAIRES DES GRÉVISTES DE LA JUSTICE : PAS LA BONNE FORMULE SELON NICOLAS NDIAYE

🔴 FSF / ABDOULAYE FALL : L’ESPOIR D’UN FOOTBALL PLUS UNI ET PLUS FORT
🔴 LUTTE / VICTOIRE SUR EUMEU SÈNE : FRANC POURSUIT SA SÉRIE D’INVINCIBILITÉ

Plan de redressement économique : Dr Seydou Bocoum évoque « une batterie de promesses avec un cadrage macroéconomique »

Le plan de redressement économique du gouvernement sénégalais, présenté récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko, continue de faire réagir dans les cercles économiques et universitaires. Invité de l’émission Face au jury diffusée dimanche 3 août sur PressAfrikTV, l’économiste Dr Seydou Bocoum, expert en économie numérique, technologies financières et leadership, a livré une analyse critique de ce qu’il qualifie de « batterie de promesses » portée par un cadrage macroéconomique encore flou.

Vice-président du Laboratoire de Recherches Économiques et Monétaires (LAREM), Dr Bocoum a d’abord salué l’initiative de planification stratégique, tout en regrettant une absence de planification concrète. « Ce que le gouvernement a décliné n’est qu’un plan stratégique. Mais où se trouve la planification ? » s’est-il interrogé. Selon lui, un plan de redressement digne de ce nom devrait comporter des étapes clairement définies, des objectifs chiffrés (QPIA, Q index), un système de suivi et d’évaluation rigoureux. « Le Premier ministre n’a pas mentionné cela », a-t-il observé.

Dr Bocoum estime que l’exécutif aurait dû davantage parler d’ajustement plutôt que de redressement. « Redressement veut dire changement structurel », a-t-il insisté, rappelant qu’un programme a déjà été annoncé, sans avoir encore démarré. « Que va-t-il redresser ? », a-t-il interrogé, soulignant que le modèle économique actuel reste inchangé, et donc qu’il ne s’agit pas d’un tournant ou d’un renversement de trajectoire.

Il a par ailleurs critiqué la confusion entre vision à long terme et cadre budgétaire à court ou moyen terme. En effet, selon lui, « la vision 2050 », souvent citée comme une référence, sert principalement à rassurer les bailleurs de fonds et à capter les financements internationaux. « Ce n’est pas la même chose que le budget programme triennal 2025-2029 issu de la Stratégie nationale de développement (SND) », a-t-il précisé. Il a rappelé que la programmation budgétaire obéit aux règles strictes de l’UEMOA, qui impose des principes de clarté, de transparence et de prévisibilité.

Concernant la question de la dette, l’économiste a tenu à nuancer certains propos politiques récents. « Il n’y a pas de dette cachée à proprement parler. Ce à quoi certains font allusion relève du ‘misreporting’, une erreur ou un décalage dans la déclaration, mais ce n’est pas dissimulé », a-t-il clarifié. Selon lui, les dettes des États membres de l’UEMOA sont soumises à un encadrement rigoureux, ce qui rend difficile la dissimulation d’engagements financiers.

Reddition des comptes : Nicolas Ndiaye dénonce un « règlement de compte politique »

Invité de l’émission Jury du Dimanche sur Iradio ce 3 août, le secrétaire général de la Ligue Démocratique (LD), Nicolas Ndiaye, a livré une analyse tranchée de la situation politique actuelle autour de la reddition des comptes. Tout en réaffirmant son attachement au principe de transparence et à la nécessité pour les gestionnaires de fonds publics de répondre de leurs actes, il a vivement critiqué ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nicolas Ndiaye commence par marquer son adhésion sans ambiguïté à l’idée de redevabilité dans la gestion publique. « La démarche, d’abord par principe, nous sommes pour la reddition des comptes. C’est un élément important. Quand on te confie l’argent public, il faut rendre compte, et si tu ne rends pas compte ou si on voit que les choses ne se sont pas passées normalement, qu’on t’amène en justice », a-t-il déclaré, affirmant que ce principe serait également appliqué si sa formation politique accédait au pouvoir.

Cependant, le député de la LD affirme que la logique actuelle n’a rien à voir avec un processus sincère de justice. « Ce qui se passe, ce n’est pas de la reddition des comptes, c’est un règlement de compte », tranche-t-il, citant en exemple les récentes affaires qui ont conduit à l’incarcération de plusieurs figures liées à l’ancien régime.

C’est notamment le cas de Farba Ngom, proche de l’ancien président Macky Sall, dont l’incarcération a été particulièrement critiquée par l’invité de JDD. Pour Nicolas Ndiaye, l’ancien député n’a jamais été gestionnaire de fonds publics, et sa mise en détention serait donc juridiquement contestable. « S’il a fait des choses illicites, ce n’est pas lui qui doit aller d’abord en prison. Ceux qui ont géré de l’argent public, ceux qui ont sorti l’argent public pour le remettre à Farba Ngom de manière indue, doivent être les premiers à être poursuivis », a-t-il martelé.

Le député met également en cause la hiérarchie des responsabilités, pointant du doigt les agents du Trésor ou des impôts et domaines, qu’il soupçonne d’avoir agi comme intermédiaires financiers dans ces affaires. « Qui a versé ces fonds à Tahirou Sarr et à Farba Ngom ? Ce sont des employés du Trésor ou des agents des impôts et domaines. Mais c’est eux qui auraient dû être les premiers à être inquiétés », insiste-t-il.

Nicolas Ndiaye va plus loin en évoquant un possible « réflexe corporatiste » dans l’administration, qui protégerait certains agents au détriment d’autres personnes ciblées, selon lui, pour des raisons purement politiques. « On dirait qu’il y a un réflexe corporatiste. Les agents du Trésor ou des impôts et domaines n’ont pas été mis en prison, alors qu’ils auraient dû l’être en premier. Cela jette une ombre sur la sincérité de cette opération », déplore-t-il.

Selon lui, les déclarations passées du Premier ministre Ousmane Sonko à Matam, où il avait promis des poursuites à l’encontre de Farba Ngom, renforcent cette lecture politique des événements. « Il y a des propos qui ont été tenus publiquement bien avant le déclenchement de ces procédures. Quand la justice agit ensuite dans le sens annoncé, on peut s’interroger sur son indépendance réelle », suggère-t-il.

En conclusion, Nicolas Ndiaye appelle à une reddition des comptes équitable, fondée sur des critères objectifs et non sur des considérations partisanes. « Ce n’est pas en procédant à des arrestations ciblées qu’on renforcera l’État de droit. C’est en garantissant que tous ceux qui ont géré les ressources publiques, peu importe leur affiliation, soient traités avec la même rigueur », avertit-il.

Journée nationale de l’arbre à Gandon : Ousmane Sonko lance le défi de planter deux millions d’arbres en 48 heures

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce dimanche 3 août 2025, à la forêt classée de Rao, dans la commune de Gandon (région de Saint-Louis), la 42e édition de la Journée nationale de l’arbre (JNA). L’événement s’est déroulé en présence de nombreuses autorités administratives, territoriales, coutumières et environnementales venues accompagner cette initiative symbolique et stratégique pour la restauration du couvert végétal.

Arrivé sur les lieux aux environs de 10h20, le chef du gouvernement a planté un arbre marquant officiellement le démarrage des activités de reboisement. Dans son discours, il a transmis aux Sénégalais un message fort du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui avait lancé la veille, à Mbao, un appel citoyen pour planter un million d’arbres dans un délai de 48 heures.

Mais Ousmane Sonko est allé plus loin. Porté par une vision ambitieuse pour le pays, il a redoublé l’objectif initial et lancé un nouveau défi à l’échelle nationale : planter deux millions d’arbres en 48 heures. « Le président de la République a lancé un défi à tous les Sénégalais hier, à Mbao, de planter un million d’arbres. Nous considérons que cela représente un objectif à minima. Je pense qu’avec la mobilisation nationale, nous pouvons faire bien plus. C’est pourquoi je lance le défi de planter deux millions d’arbres en 48 heures. C’est tout à fait possible », a-t-il déclaré, en s’adressant à la nation.

Ce défi s’inscrit dans une démarche de relance écologique volontariste, visant à inverser la dégradation accélérée des écosystèmes, notamment dans les zones sahéliennes et forestières fortement touchées par la désertification, les coupes abusives et l’urbanisation croissante. Il est aussi un appel à l’action collective, à l’implication des jeunes, des collectivités locales, des écoles, des forces de défense et de sécurité, des entreprises et de la société civile.

La Journée nationale de l’arbre, instituée en 1983, s’est imposée comme un moment symbolique de communion entre l’État et les citoyens autour de l’enjeu de la préservation de l’environnement. En choisissant la forêt classée de Rao, Ousmane Sonko a voulu souligner la nécessité de protéger les espaces naturels classés, souvent menacés par les pressions foncières et les activités illégales.

Le chef du gouvernement a également profité de l’occasion pour appeler à une gestion rigoureuse et durable des ressources naturelles. Il a insisté sur l’importance d’un suivi post-plantation rigoureux pour assurer le développement effectif des arbres mis en terre.

Ce nouveau défi lancé par Ousmane Sonko est non seulement un acte politique fort, mais aussi un appel au patriotisme environnemental à un moment où le Sénégal, à l’instar de nombreux pays africains, est confronté aux effets du changement climatique, de la sécheresse et de la déforestation. La réussite de cette campagne pourrait marquer un tournant majeur dans les politiques publiques de reboisement et de développement durable du pays.

Touba : des inondations dévastatrices plongent la ville dans la détresse

La ville sainte de Touba a été lourdement frappée par des pluies torrentielles dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 août, provoquant des inondations d’une rare intensité. Plusieurs quartiers ont été complètement submergés, forçant de nombreuses familles à fuir leurs habitations et à passer la nuit à ciel ouvert, souvent sans abri ni assistance immédiate.

Les précipitations, particulièrement violentes, ont causé l’effondrement de murs, la destruction partielle d’habitations et l’inaccessibilité de nombreuses routes. Le sinistre a paralysé une grande partie des activités économiques locales, avec des commerces envahis par les eaux, des marchés inondés et des axes de circulation totalement impraticables. De nombreux habitants, surpris par la montée soudaine des eaux, ont dû abandonner leurs biens et chercher refuge ailleurs.

Face à cette situation d’urgence, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, s’est rendu sur place en pleine nuit pour constater les dégâts de visu. Accompagné de techniciens de son département, il a immédiatement ordonné le déploiement d’équipes d’intervention d’urgence chargées d’évaluer l’ampleur des sinistres, de venir en aide aux populations touchées et de mettre en place des solutions temporaires pour éviter l’aggravation de la crise.

Des mesures immédiates ont été annoncées, notamment l’installation d’abris provisoires pour les personnes déplacées, la distribution d’aide d’urgence (vivres, matelas, médicaments) et la mobilisation de pompes pour évacuer les eaux stagnantes. Le ministre a aussi alerté sur les risques sanitaires liés à ces inondations, notamment les maladies hydriques et les infections liées aux eaux souillées.

Cet épisode dramatique relance la question de la vulnérabilité chronique de Touba face aux intempéries, malgré les efforts d’assainissement engagés ces dernières années. La ville, en pleine croissance démographique, manque cruellement d’infrastructures de drainage adaptées, ce qui accentue l’impact des fortes pluies.

PLAN DE REDRESSEMENT : C’est un plan d’asphyxie nationale : un plan de punition collective

IL NE TAXE PAS LES ENTREPRISES, IL FAIT PAYER LES POPULATIONS DÉJÀ AFFAMÉES

 Sous prétexte de redresser l’économie, Ousmane Sonko applique une politique de taxation aveugle qui frappe non pas les grandes fortunes ni les multinationales, mais directement les populations déjà épuisées par une gouvernance hasardeuse. Au lieu d’encourager la production, l’innovation, l’investissement et l’emploi, le régime choisit la facilité : faire payer les plus faibles, ceux qui n’ont ni lobbys, ni relais, ni filets sociaux. En surtaxant les opérateurs économiques, les entreprises formelles, les jeux, les services de base comme Canal+, les denrées alimentaires, ou même les transferts, le gouvernement ne taxe pas les entreprises : il taxe les citoyens.

DES TAXES DÉGUISÉES QUI SAIGNENT LES MÉNAGES (DES ADOU-CALPÉS)

Sous le vernis d’un discours pseudo-souverainiste, le gouvernement Sonko a choisi la voie la plus facile et la plus injuste : faire payer la facture économique aux consommateurs. En surtaxant les opérateurs téléphoniques, les chaînes de télévision, les entreprises de services et les sociétés agroalimentaires, il donne l’illusion de s’en prendre aux puissants. Mais dans la réalité, ce sont les populations les plus vulnérables qui paient l’addition. Aucune entreprise ne supporte une taxe sans la répercuter sur ses prix. C’est une règle élémentaire d’économie. Chaque hausse fiscale appliquée à un fournisseur devient une charge supplémentaire pour le client. Résultat : les prix grimpent, les factures s’alourdissent, et les ménages déjà étouffés par l’inflation sombrent davantage dans la précarité. Prenons l’exemple criant de Canal+, compris par tous. Ce service, qui représentait pour beaucoup de foyers sénégalais le seul accès au divertissement, à l’information et aux programmes éducatifs, a vu ses tarifs exploser à cause d’une nouvelle taxe imposée par l’État. Le gouvernement savait très bien que cette taxe ne serait pas absorbée par l’entreprise, mais transférée intégralement aux abonnés. Résultat : des centaines de milliers de familles doivent désormais faire un choix cruel : se priver d’un moment de détente, d’un dessin animé pour les enfants ou d’un match pour les jeunes, ou sacrifier un repas, une dépense de santé, ou un produit de première nécessité. Ce n’est plus seulement une question de loisir, c’est devenu un marqueur de l’injustice sociale que le régime a imposée. Et le cas Canal+ n’est qu’un symbole parmi d’autres. Les opérateurs téléphoniques augmentent leurs tarifs, les prix du riz, du pain, du sucre ou du lait montent discrètement. Tout augmente, sauf le pouvoir d’achat. Et pendant ce temps, l’État persiste à parler de souveraineté économique, tout en étranglant les seules forces vives du pays : les consommateurs, les familles, les travailleurs.

UNE POLITIQUE DESTRUCTRICE POUR L’ÉCONOMIE RÉELLE

Ce qui se passe actuellement au Sénégal n’est pas un simple ralentissement conjoncturel : c’est un effondrement volontaire de l’économie réelle, orchestré par une idéologie de la haine du secteur privé. Le gouvernement, en prétendant vouloir « redresser » le pays, détruit les fondations mêmes sur lesquelles repose la croissance : l’investissement, la production, la confiance des acteurs économiques.

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), qui est historiquement l’un des principaux moteurs de l’économie sénégalaise, est aujourd’hui à l’agonie. Des milliers de chantiers suspendus, des promoteurs immobiliers étranglés, des PME en faillite, des artisans ruinés, des jeunes maçons, menuisiers, soudeurs, électriciens jetés au chômage sans aucune mesure d’accompagnement. Et cela, uniquement parce que le régime a choisi de punir les « riches » et de criminaliser le succès, au lieu de réguler intelligemment. La conséquence, c’est que des quartiers entiers laissés inachevés, une hausse des loyers par raréfaction de l’offre, un chômage qui explose chez les ouvriers et techniciens du bâtiment, et un effet domino catastrophique sur tous les secteurs en aval : cimenteries, transporteurs, quincailleries, fournisseurs d’équipements, etc.

Mais la logique punitive ne s’arrête pas là. Les hommes d’affaires sont pourchassés, humiliés publiquement, incarcérés sans procès équitable, dans une atmosphère de règlement de comptes politique. On ne distingue plus l’État de l’arbitraire. La justice est instrumentalisée pour intimider, briser, neutraliser. Toute réussite est désormais suspecte. Tout entrepreneur devient un potentiel « ennemi de la révolution ». Dans ce climat délétère, quel investisseur ; sénégalais ou étranger  oserait encore injecter son argent dans le pays ? Qui accepterait de risquer ses capitaux dans un environnement où la prospérité est un délit, où la réussite attire la prison, où l’État ne garantit plus la sécurité juridique ?

En sabotant ainsi son tissu économique, le régime PASTEF ne redresse rien : il précipite le pays vers une récession profonde, une fuite des capitaux, une démobilisation des forces productives, et une dépendance accrue aux aides internationales. Ironie du sort pour un pouvoir qui prétendait vouloir la souveraineté !

UN PLAN SANS VISION STRATÉGIQUE, SANS PERSPECTIVE D’AVENIR, SANS CHIFFRAGE RIGOUREUX, SANS OBJECTIF DÉFINI

Le « plan de redressement » présenté par Ousmane Sonko avec emphase et effets de manche n’a, en réalité, rien d’un plan stratégique. Il ne redresse rien. Il ne réforme rien. Il ne prépare aucun avenir. Ce n’est ni une politique de transformation, ni un cadre de développement, ni même une tentative de reconstruction. C’est un simple exercice de matraquage fiscal, maquillé sous des discours populistes pour tenter de masquer un vide abyssal de vision stratégique. Aucune ambition industrielle. Aucun projet structurant. Aucun horizon clair. Ce plan manque cruellement de perspective d’avenir, à court, moyen ou long terme. On aurait pu s’attendre, dans un contexte aussi difficile, à un grand plan de mobilisation des ressources productives, à une stratégie d’industrialisation progressive, à un pacte avec les territoires, les entrepreneurs, les jeunes et les agriculteurs. Mais non. Ce que le pouvoir a choisi de mettre en œuvre, ce sont des taxes, encore des taxes, toujours des taxes. Le pire, c’est que ces prélèvements ne reposent sur aucun chiffrage rigoureux. Il n’existe aucun document public précisant les projections budgétaires, les impacts attendus, les bénéfices escomptés ni les risques économiques. Pas de cadre macroéconomique crédible. Pas d’analyse coûts-bénéfices. Rien qui permette à un expert, un investisseur ou un citoyen de juger sérieusement de la viabilité de ce plan. Quant à l’objectif final, il demeure flou, incertain, et non défini. Veut-on relancer la croissance ? Réduire la dette ? Réindustrialiser ? Réduire la pauvreté ? Aucun indicateur n’est fixé, aucune cible n’est annoncée, aucune feuille de route n’est partagée. Le plan donne l’impression d’une improvisation politique sans finalité.

Ce plan aurait pourtant pu être une opportunité pour amorcer une réforme structurelle de l’économie nationale : moderniser la production agricole, relancer les industries locales, renforcer les chaînes de valeur, capter les flux de la diaspora, promouvoir le made in Sénégal. Il aurait pu inclure un fonds d’investissement pour les jeunes, des mesures pour formaliser le secteur informel, ou encore des partenariats public-privé pour développer des filières porteuses. Mais ce qui a été proposé, c’est au contraire un climat d’instabilité, de peur et de méfiance généralisée. Les opérateurs économiques sont sur la défensive, les investisseurs attendent ou fuient, les ménages réduisent leur consommation, et l’économie tourne au ralenti. La seule chose qui progresse, c’est la paupérisation.

En définitive, le plan de redressement de Sonko n’est qu’un plan de régression, sans vision stratégique, sans perspective d’avenir, sans chiffrage rigoureux, et sans objectif défini. Un document creux, sans imagination, sans méthode. Et donc, sans lendemain.

UN PEUPLE DÉJÀ AFFAMÉ, AUJOURD’HUI ÉTRANGLÉ

Le plus grand paradoxe de PASTEF, c’est qu’il s’est installé au pouvoir au nom du peuple, en promettant la fin des souffrances, la justice sociale, la souveraineté économique et la dignité retrouvée. Mais aujourd’hui, ce même peuple qu’il disait vouloir libérer est plus que jamais enchaîné, affamé, trahi, sacrifié sur l’autel d’une idéologie creuse et d’une gouvernance autoritaire et incohérente.

À peine quelques mois après son arrivée, la réalité est brutale : l’espoir s’est transformé en cauchemar. Les décisions économiques prises sont non seulement absurdes, mais aussi inhumaines. La flambée des prix, les coupures de financement dans les secteurs clés, les taxes à tous les étages, la paralysie du secteur privé, la destruction du BTP, l’acharnement contre les entrepreneurs… Tout cela asphyxie les familles sénégalaises, qui ne savent plus comment survivre au quotidien.

Le président de Pastef  disait vouloir faire la rupture. Mais c’est une rupture avec la réalité, une rupture avec les fondamentaux de l’économie, une rupture avec le bon sens. Il fait pire que les autres, non pas parce qu’il échoue, mais parce qu’il impose volontairement une logique punitive qui frappe d’abord les plus fragiles : les femmes qui vendent au marché, les jeunes en quête d’un avenir, les familles modestes qui n’ont plus de filet social. Il disait qu’il ne ferait pas souffrir les Sénégalais. Mais aujourd’hui, des millions de familles vivent dans la détresse, peinent à se nourrir, à se soigner, à scolariser leurs enfants. L’inflation dévore les revenus. Le chômage explose. Les projets sont à l’arrêt. La peur remplace l’espoir. Car Pastef ne taxe pas les multinationales. Il ne taxe pas les riches. Il ne taxe pas les privilèges. Il taxe les familles. Il taxe l’effort. Il taxe l’espoir. Il taxe l’avenir. Et le plus tragique, c’est qu’il le fait au nom du peuple, tout en méprisant ses souffrances réelles. Il instrumentalise la colère, mais refuse d’écouter la douleur. Il a pris le pouvoir avec des promesses de lumière, et il gouverne dans une obscurité inquiétante. Le peuple sénégalais, déjà affamé par des années de difficultés, est aujourd’hui étranglé par une gouvernance sans cœur, sans intelligence et sans courage.

POUR TERMINER

Les Sénégalais n’ont pas besoin d’un plan de redressement. Ils ont besoin d’un plan de survie. Dans l’état actuel des choses, parler de « redressement » est une provocation. Comment redresser un pays qu’on est en train d’écraser ? Comment prétendre sauver une économie qu’on détruit de l’intérieur, secteur après secteur, emploi après emploi, espoir après espoir ? Ce que le Sénégal réclame aujourd’hui, ce n’est pas un plan d’austérité maquillé en discours souverainiste, c’est un plan de survie pour les ménages, pour les entreprises, pour les territoires, pour la jeunesse. Il ne s’agit pas de faire payer les pauvres pour corriger les erreurs du pouvoir. Il ne s’agit pas de multiplier les taxes sur tout ce qui bouge pour compenser l’absence d’imagination économique. Il s’agit d’oxygéner le pays, de redonner confiance aux investisseurs, de remettre en marche les moteurs de production, de consommation et d’innovation. Le Sénégal a besoin d’un chemin clair. D’un projet productif, audacieux et inclusif. D’un État stratège qui soutient ses PME, qui valorise ses filières agricoles, qui investit dans la jeunesse, qui croit en l’industrie nationale, et qui respecte ceux qui créent de la valeur. Pas d’un régime qui punit les entrepreneurs, diabolise la réussite, décourage le travail et installe une économie de la peur. Le plan PASTEF est un piège. Un piège fiscal, un piège idéologique, un piège politique. Un plan de punition collective qui frappe le peuple en prétendant le défendre. Derrière les slogans creux, il n’y a ni vision, ni stratégie, ni souffle historique. Il y a juste une gestion hasardeuse, vengeresse et profondément régressive. Au lieu de redresser le Sénégal, ce plan l’enfonce dans l’appauvrissement, la tension sociale et le désespoir collectif. Il n’est pas une solution. Il est un facteur aggravant. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Il est temps de dire la vérité.

Mamadou DJIGO
Ingénieur Aménageur et Développeur de Territoires
Ancien DG de l’ANAT
Membre du SEN – APR

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°528 – 02 ET 03/08/2025

🔴 « UN PLAN DE PUNITION COLLECTIVE, UN PLAN POLLUEUR » : MAMADOU DJIGO DÉMONTE LE « JUBBANTI KOOM »
🔴 CHAMBRE D’ACCUSATION FINANCIÈRE / MALADE ET AFFAIBLI : FARBA NGOM RESTE EN PRISON

🔴 PRÉSIDENCE LFA / « TOUS CEUX QUI ONT VOTÉ POUR MOI DOIVENT AUSSI LE FAIRE POUR ABDOULAYE FALL » : CONSIGNE DE VOTE DE THIERNO KOSSO DIANÉ
🔴 FENSCO 2025 / FINALE ATHLÉTISME : OULEYMATOU BA INCONTESTABLE SUR LE 100M

Plan « Jubbanti Koom » : 5667 milliards FCFA pour remettre l’économie sénégalaise sur pied en trois ans

Le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé, ce vendredi 1er août au Grand Théâtre de Dakar, un vaste programme de relance baptisé « Jubbanti Koom » (« Redresser l’économie » en wolof). Inscrit dans la perspective de la vision stratégique « Sénégal 2050 », ce plan triennal prévoit un investissement massif de 5667 milliards de FCFA. Il s’agit, selon le chef du gouvernement, d’une rupture assumée avec les pratiques passées, jugées inefficaces, déséquilibrées et peu bénéfiques pour la majorité des Sénégalais.

Dans son discours, Ousmane Sonko a dressé un diagnostic sévère de l’économie sénégalaise, héritée de décennies de politiques libérales largement tournées vers l’extérieur. Il a fustigé une économie « extravertie », incapable de créer massivement de l’emploi et minée par une « mauvaise allocation des ressources publiques ». Le nouveau plan vise donc une transformation structurelle en profondeur, orientée vers la souveraineté économique, l’équité sociale et la rationalisation des dépenses publiques.

La grande nouveauté de « Jubbanti Koom » réside dans son mode de financement : 90 % des ressources nécessaires seront mobilisées à l’interne, a assuré le Premier ministre. Cela représente une volonté politique forte de se détacher de la dépendance chronique à l’égard des bailleurs internationaux, tout en évitant, selon ses mots, « d’alourdir la dette publique, de brader les ressources naturelles ou foncières du pays ou de violer les engagements internationaux du Sénégal ».

Le programme repose sur trois piliers majeurs : renforcer la souveraineté économique, garantir l’équité dans l’accès aux ressources et services, et rationaliser les dépenses publiques. Il intègre des réformes structurelles ambitieuses, dont une réforme fiscale pour davantage de justice contributive, une relance offensive de l’agriculture et de l’industrie locale, le soutien à l’économie informelle, et une priorité accordée à l’emploi des jeunes et des femmes.

Autres axes forts du programme : la lutte contre la vie chère, la réduction des inégalités territoriales, ainsi qu’une réorientation ferme du budget vers les secteurs sociaux. « Nous allons réduire les dépenses superflues et protocolaires au profit de l’éducation, de la santé, et de la formation professionnelle », a martelé Sonko, déterminé à faire de l’investissement social une priorité absolue.

Enfin, le chef du gouvernement a proposé l’instauration d’un « dialogue économique ouvert et permanent » avec les acteurs du secteur privé, estimant que seule une implication active de toutes les composantes de la société permettra de bâtir une économie résiliente, inclusive et à l’abri des chocs extérieurs.

Plan « Jubbanti Koom » : Pape Malick Ndour alerte sur une baisse du pouvoir d’achat et un « matraquage fiscal généralisé »

L’ancien ministre Pape Malick Ndour a réagi à la présentation du Plan de redressement économique et social par le Premier ministre Ousmane Sonko. Selon l’économiste, il s’agit d’une baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions. Il prédit également la suppression progressive des exonérations fiscales dans plusieurs secteurs sensibles, ce qui affecterait les ménages qui en bénéficient actuellement, de manière directe ou indirecte.
Pape Malick Ndour évoque un « matraquage fiscal généralisé » et déplore l’absence de mesures incitatives dans le plan. Pour lui, le PM a présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives.

On nous a parlé de “redressement économique”. On espérait un “nouveau souffle” pour les ménages, les industries, les importateurs, les commerçants, les agriculteurs, Mais à la sortie de la cérémonie de présentation, les deux principaux moteurs de notre économie : les ménages et le secteur privé sont plus inquiétés que rassurés.
 
En cause : Baisse du pouvoir d’achat à venir à cause du ciblage des subventions.  Fin des exonérations fiscales dans les secteurs sensibles et pour les ménages principaux bénéficiaires directs ou indirects de ces exonérations. Matraquage fiscal généralisé, même les petites activités informelles seront traquées. Les ménages, déjà étranglés par le coût de la vie, se préparent à souffrir davantage. Hausse du prix de l’électricité, du carburant, du gaz butane pour les familles ? Les entreprises, surtout les PME et les PMI, perdront confiance et freineront leurs investissements. Voilà la recette.
 
En vérité, il nous a été présenté un plan de redressement de la vision 2050, sur ses aspects budgétaires sans mesures incitatives pour libérer la machine économique grippée par un an de tergiversations et d’amateurisme sans cap. Pour rappel, cette œuvre de destruction économique accélérée à pour cause l’arrêt irréfléchi de milliers de chantiers dans le secteur du BTP en 2024, avec les pertes d’emplois y relatives; un terrorisme fiscal sur les entreprises avec une fréquence de contrôle qui ralentit leurs activités et une morosité économique sans précédent accentué par des discours menaçant du Premier Ministre envers le secteur privé et les investisseurs internationaux qui participe à baisser à faire baisser l’attractivité du Sénégal.
 
On attendait un cap, on a eu un choc ! On espérait un souffle, on reçoit un coup de massue !
À ce rythme, ce n’est pas une relance qui nous attend, c’est une récession punitive qui cache mal un plat amer qui nous sera servi.
 
Sur le FMI, j’ai écouté le Premier ministre nous parlait. Son discours contraste avec les engagements pris. Je m’explique.
 
Depuis dix ans, le FMI n’a jamais vraiment changé de refrain. Et à chaque fois, le Sénégal avec le Président Macky Sall a su coopérer avec intelligence et discernement. Trois exigences majeures du FMI reviennent en boucle : Réduire les subventions, même si cela écrase le pouvoir d’achat des populations ; Tailler dans les exonérations fiscales, au mépris de toute logique sectorielle ou incitative à l’investissement et élargir l’assiette fiscale, en ciblant sans ménagement le secteur informel et les activités émergentes.
 
Sous Macky Sall : une résistance réfléchie
 
Sur la baisse des subventions, il a tenu bon, malgré la pression des bailleurs. Pourquoi ? Parce qu’il savait que toucher au prix de l’électricité, du carburant ou du gaz butane, c’était s’attaquer directement au quotidien des Sénégalais et à leur pouvoir d’achat. Sur les exonérations fiscales, il a réussi à travailler avec le FMI en gardant comme boussole permanente la Vision du PSE et la protection sociale des populations en faisant comprendre à nos partenaires que certaines incitations fiscales sont indispensables pour stimuler des secteurs stratégiques : l’agriculture, l’énergie, l’industrie ou l’immobilier social. Derrière chaque exonération, il y avait un projet, un emploi, une dynamique territoriale. Quant à l’élargissement de l’assiette fiscale, Macky, en rapport avec les services du Fonds, l’a mené avec subtilité. Il n’a pas livré le secteur informel ni les influenceurs en pâture. Il a su avancer sans casser, et fiscaliser sans terroriser les jeunes pousses, les petits commerces ou les entrepreneurs du numérique.
 
Sous Pastef : un Diébalou total
 
Et aujourd’hui ? Pastef, champion autoproclamé de la souveraineté, a fait ce que Macky Sall a toujours refusé de faire : céder à toutes les injonctions du FMI, sans filtre ni précaution. Sur les subventions, il annonce leur réduction. Il parle de “ciblage”, de “justice sociale”, de “rationalisation”. En réalité ? Un transfert du fardeau vers les ménages, qui verront bientôt leur facture grimper avec, à la clé, des mécanismes d’ajustement pompeusement appelés “ciblage”, mais qu’aucun pays africain n’a jamais réussi à mettre en œuvre efficacement. Sur les exonérations fiscales, c’est la “lutte sans merci” qu’il promet. Les secteurs les plus sensibles agriculture, énergie, habitat social seront mis à la diète fiscale, et les agents économiques les plus vulnérables, comme les ménages (principaux bénéficiaires directs ou indirects des exonérations fiscales), seront sacrifiés. Et sur la fiscalité directe, c’est l’attaque généralisée : tout le monde devra passer à la caisse, même les influenceurs. Le cas Canal+ est révélateur : 9 % de son chiffre d’affaires exigé par l’État, immédiatement répercutés sur les consommateurs par une hausse de 10 % des forfaits abonnement sans que l’Etat ne bronche. C’est le début d’une inflation généralisée.
 
En cédant aveuglément à toutes les injonctions du FMI, Pastef n’a pas défié le système comme il essaye de le faire croire à ses supporters : il a fait la courbette à ceux qu’il vouait hier aux gémonies. Et cela, au moment précis où les Sénégalais souffrent le martyr. Ceux qui, hier encore, dénonçaient la soumission aux institutions de Bretton Woods, sont aujourd’hui les premiers à exécuter leurs volontés. Tout ceci au nom du redressement économique qui, en réalité, n’était qu’un redressement de la vieille lune de l’agenda national de transformation. Finalement, à la place d’annonce forte PASTEF reste dans une logique de victimisation et d’irresponsabilité. Son plan diabolique reste cohérent : faire croire aux sénégalais qu’ils ont trouvé un pays en ruine, plus une dette cachée et que par conséquent il faut redresser et faire participer tout le monde au coût du redressement.

Scandale au HCCT : l’État sénégalais payait des loyers pour son propre immeuble depuis 10 ans !

Un nouveau scandale de gestion vient d’éclater au grand jour, révélant l’ampleur des dysfonctionnements dans l’administration publique sénégalaise. C’est à l’occasion du lancement du Plan de redressement économique et social que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a révélé une situation pour le moins ubuesque : l’État du Sénégal a continué, pendant près de dix ans, à payer des loyers pour un immeuble qui lui appartient déjà.

Ce bâtiment, qui abrite le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), est officiellement inscrit dans le patrimoine de l’État depuis 2014. Pourtant, entre cette date et 2024, le Trésor public a continué à décaisser des sommes faramineuses pour sa location, comme s’il s’agissait d’un bien appartenant à une tierce partie. Le chef de l’État a révélé que rien qu’en 2024, trois milliards de francs CFA ont été dépensés pour le loyer de ce bâtiment, alors qu’il figure bel et bien dans les registres comme propriété de l’État.

Cette révélation a provoqué la stupeur et l’indignation au sein de l’opinion publique. Elle met en lumière ce que le président Faye qualifie de « gabegie organisée » au sein de l’appareil administratif, avec des complicités manifestes entre les différents niveaux de gestion. Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la transparence dans la gestion du parc immobilier de l’État, mais aussi sur les mécanismes de contrôle censés éviter ce genre d’aberration.

Ce scandale illustre l’ampleur des défis que veut relever le nouveau pouvoir à travers le plan “Jubbanti Koom”. Il s’agit pour les nouvelles autorités non seulement de rationaliser les dépenses publiques, mais aussi d’identifier toutes les niches de gaspillage, d’opacité ou de malversation qui plombent les finances publiques. En dénonçant publiquement cet exemple de mauvaise gestion, le président Faye envoie un signal fort : l’heure de l’impunité est révolue, et chaque acte de gestion devra désormais répondre aux exigences de redevabilité.

Désormais, tous les yeux sont tournés vers les institutions de contrôle et de poursuite. Des voix s’élèvent déjà pour exiger une enquête approfondie sur cette affaire, afin de déterminer les responsabilités et, le cas échéant, traduire les auteurs devant la justice. Car il ne s’agit pas seulement d’un dysfonctionnement administratif : c’est un préjudice financier majeur porté aux contribuables sénégalais.

En mettant à nu cette situation, le chef de l’État pose un jalon essentiel dans la bataille pour une gouvernance plus rigoureuse et transparente. Cette affaire du HCCT pourrait bien être le point de départ d’un vaste chantier d’assainissement de la gestion foncière et immobilière de l’État, longtemps marquée par des arrangements opaques et des pratiques indéfendables.

Plan “Jubbanti Koom” : Ousmane Sonko accuse le FMI et annonce la fin de la complaisance avec les bailleurs

Lors de la cérémonie de lancement du Plan de redressement économique et social baptisé “Jubbanti Koom”, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour adresser des critiques virulentes à l’encontre des partenaires financiers internationaux, en particulier le Fonds monétaire international (FMI). Dans un discours franc et sans langue de bois, il a tenu à rappeler que l’état actuel de l’économie sénégalaise n’est pas uniquement le fruit des politiques internes, mais également la conséquence directe de choix encouragés, soutenus ou tolérés par les bailleurs de fonds.

S’adressant à l’assistance venue écouter la présentation de ce plan présenté comme une nouvelle orientation économique, Ousmane Sonko a affirmé que les institutions financières internationales, qui semblent aujourd’hui faire preuve de compréhension face à la situation économique difficile du pays, ont pourtant contribué à cette même situation. Selon lui, leur silence complice ou leur soutien actif aux politiques de l’ancien régime ont engendré une dépendance structurelle, des déséquilibres financiers, et une perte progressive de souveraineté économique. « Si aujourd’hui nos partenaires accueillent et justifient le retard qu’il y a actuellement… Demandez le document. Tel ou autre document. Ils ont leur part de responsabilité sur la situation dont nous avons hérité », a-t-il martelé.

Le Premier ministre n’a pas ménagé le Fonds monétaire international, dont il a relativisé l’importance dans le processus de relance économique en cours. Pour Ousmane Sonko, il est illusoire de croire que le programme du FMI constitue une planche de salut pour l’économie sénégalaise. Il a révélé que les ressources générées par une simple mesure de taxation des jeux de hasard sont supérieures aux apports du FMI. Cette comparaison, volontairement provocatrice, vise à démontrer que le Sénégal peut mobiliser des ressources substantielles par ses propres moyens, sans s’endetter davantage ni dépendre continuellement de financements conditionnés.

Au-delà de la critique, le discours du Premier ministre portait un message de rupture et d’espoir. Il a défendu le Plan “Jubbanti Koom” comme une démarche de reconquête de la souveraineté économique, fondée sur la mobilisation des ressources internes, la réforme de la gouvernance publique, et une orientation résolue vers les besoins sociaux de la population. Pour Ousmane Sonko, ce plan représente une opportunité historique pour sortir d’un cycle de dépendance et poser les bases d’une croissance plus équitable, plus autonome, et plus respectueuse des priorités nationales. « Si nous croyons en nous, nous pouvons le faire », a-t-il lancé en guise de conclusion, invitant les Sénégalais à faire bloc autour de cette ambition.

Le Bureau de l’Assemblée convoqué le 6 août : Serigne Bassirou Guèye et l’OFNAC dans le viseur de l’Exécutif

Le Bureau de l’Assemblée nationale se réunira le mercredi 6 août 2025 pour examiner un dossier explosif : le projet de loi portant sur la dissolution de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), dirigé par l’ancien procureur Serigne Bassirou Guèye. Cette réunion, convoquée à 11h00 dans la salle Marie Joséphine Mboup du nouveau siège parlementaire, intervient dans un contexte de réformes accélérées autour de la transparence et de la reddition des comptes.

Créé en 2012 dans un souci de moralisation de la vie publique, l’OFNAC est aujourd’hui au cœur d’une volonté politique de refondation des mécanismes de lutte contre la corruption. L’institution, souvent critiquée pour son inefficacité ou sa politisation selon les camps, pourrait disparaître au profit d’un nouvel organe ou d’un dispositif repensé. À l’origine de cette secousse institutionnelle : l’adoption en Conseil des ministres, le 30 juillet dernier, de quatre projets de loi relatifs à la gouvernance publique, parmi lesquels figure celui réformant ou supprimant l’OFNAC.

Le gouvernement veut aller vite. Le calendrier parlementaire initial, qui prévoyait une reprise des travaux en octobre avec l’ouverture de la session ordinaire, a été mis entre parenthèses. L’Exécutif souhaite une adoption rapide de ses textes et pousse pour la convocation d’une session extraordinaire, seule voie permettant d’examiner les projets de loi en dehors des périodes régulières.

Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a signé une note en ce sens dès le 31 juillet. Officiellement, la réunion du Bureau est convoquée « à titre d’information », mais plusieurs sources parlementaires citées par L’Observateur confirment que l’objectif est bien de déclencher formellement cette session extraordinaire. Selon le Règlement intérieur de l’Assemblée, une telle session peut être convoquée soit par le Président de la République, soit à l’initiative d’un cinquième des députés. Elle ne peut excéder quinze jours et prend fin dès que l’ordre du jour est épuisé.

La réforme de l’OFNAC ne vient pas seule. Trois autres projets de loi sont prêts à être soumis aux députés : l’un sur la déclaration de patrimoine, un autre sur l’accès à l’information publique, et un dernier sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte. Ces textes visent, selon le gouvernement, à renforcer les bases juridiques d’une gouvernance plus transparente et plus responsable, dans un pays encore marqué par les révélations sur la mauvaise gestion des deniers publics sous le régime précédent.

Mais cette volonté de réforme soulève aussi des interrogations politiques. Le sort du magistrat Serigne Bassirou Guèye, nommé à la tête de l’OFNAC en août 2022, pourrait se jouer dans les prochains jours. Ancien procureur de la République, son passage à la tête du parquet sous Macky Sall avait suscité de nombreuses controverses, notamment sur des dossiers sensibles liés à l’opposition. Sa mise à l’écart pourrait ainsi symboliser une rupture plus nette avec les pratiques de l’ancien pouvoir.

Dans les rangs de l’opposition, certains s’interrogent sur les motivations profondes de cette réforme. Est-elle dictée par le souci réel d’efficacité institutionnelle ou s’agit-il d’une volonté d’écarter un homme perçu comme proche de l’ancien régime ? Le débat promet d’être houleux à l’Assemblée, où les équilibres politiques restent mouvants, et où chaque vote compte.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°527 – 01/08/2025

🔴 « [LE PLAN DE REDRESSEMENT ÉCONOMIQUE DU GOUVERNEMENT] PEUT ÊTRE ATTAQUÉ DEVANT LA COUR SUPRÊME » : PAPE MALICK NDOUR RENVERSE LA MARMITE
🔴 LE CONCOURS GÉNÉRAL DANS L’AGENDA SÉNÉGAL 2050 : UNE BOUSSOLE DE L’EXCELLENCE

🔴 AFROBASKET FÉMININ / APRÈS ÉLIMINATION DES « ÉLÉPHANTES » : LES « LIONNES » PROCHES DU TITRE
🔴 FENSCO 2025 / LUTTE : FATICK ET KAOLACK, REINES DU SABLE

Concours général 2025 : Marianne Diokh appelle à une refondation de l’école autour de la souveraineté numérique et de l’intelligence humaine

À l’occasion de la cérémonie de remise des prix du Concours général 2025, tenue ce jeudi 31 juillet à Dakar, Marianne Diokh, professeure de philosophie au lycée Sagata Djolof, a marqué les esprits par une réflexion lucide et engagée sur le thème de cette édition : « Transformation humaniste de l’éducation à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle : enjeux, défis et perspectives ».

Dans un contexte où le numérique bouleverse en profondeur les modes de transmission du savoir et les finalités éducatives, Mme Diokh a livré un plaidoyer appuyé pour une refonte globale du système éducatif sénégalais. Elle a notamment insisté sur la nécessité urgente d’adopter une charte nationale de la souveraineté numérique, afin d’ancrer l’école sénégalaise dans une trajectoire qui conjugue identité, innovation et autonomie technologique.

Selon elle, l’évolution rapide des technologies et de l’intelligence artificielle impose aux États, et particulièrement à l’Afrique, de ne pas subir les transformations en cours, mais de les anticiper et de les encadrer. « Nous avons l’impératif d’accompagner ce changement pour ne pas subir ces abyssales mutations. Aussi, devons-nous adapter les cadres réglementaires et éthiques pour mieux réussir cette transformation », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter que cette révision devrait inclure une politique éducative audacieuse, fondée sur la promotion de contenus locaux, la sécurité des données et l’autonomie des infrastructures numériques.

Marianne Diokh a également esquissé les contours d’une école du futur : une école ancrée dans la pensée critique, la créativité, et la responsabilité collective. Pour elle, il s’agit d’une nécessité face à un monde incertain où l’intelligence artificielle pourrait devenir un outil d’aliénation si elle n’est pas maîtrisée. « C’est à cette école que nous devons aujourd’hui tendre, en conjuguant intelligence humaine et intelligence artificielle dans une visée commune : celle de bâtir un monde plus juste, plus éclairé, plus humain », a-t-elle soutenu.

Pour réaliser une telle transformation, la professeure appelle à une gouvernance éducative cohérente, inclusive et innovante. Elle préconise une synergie entre tous les acteurs – État, enseignants, parents, élèves, experts en technologie – pour définir les orientations d’une école tournée vers l’avenir. Cette transformation humaniste, selon elle, repose sur deux piliers : la production et la mutualisation de contenus éducatifs de qualité, et leur visibilité ainsi que leur traçabilité numérique.

Mme Diokh a par ailleurs souligné l’importance d’une gouvernance numérique intégrant les énergies renouvelables, afin d’assurer la durabilité et la résilience du système éducatif. Elle a plaidé pour la mise en place d’un système d’information et de gestion performant, capable de fournir des données fiables pour orienter les décisions politiques.

En conclusion, elle a insisté sur le lien étroit entre éducation, numérique et souveraineté : une école qui prépare aux métiers émergents, qui encourage l’entreprenariat et qui offre aux jeunes Sénégalais les outils pour inventer leur avenir. Son message a résonné comme une alerte et un appel à l’action, à l’heure où le Sénégal doit choisir la voie d’une transformation structurelle de son éducation.

Menaces contre l’APR : Macky Sall et ses responsables mettent en garde contre les « propos orduriers »

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau ce jeudi pour dénoncer vigoureusement des propos jugés injurieux et menaçants à l’encontre du parti et de ses responsables. Au centre de la polémique, une déclaration de Waly Diouf Bodian, acteur politique affilié à la mouvance présidentielle, qui a publiquement évoqué « la nécessité de dissoudre le parti de Macky Sall » et de « mettre à l’écart ses responsables ».

Ces déclarations n’ont pas tardé à susciter la réprobation de l’APR, dont le Secrétariat Exécutif National (SEN) s’est réuni pour y répondre de manière officielle. Dans un communiqué ferme, le parti a condamné ce qu’il qualifie de « propos orduriers » et de « méthodes outrancières », pointant une stratégie de diversion et d’intimidation qui, selon lui, trahit la fébrilité de l’actuel régime.

« Cette violence verbale n’est rien d’autre qu’un aveu de panique et de peur, face à l’incapacité manifeste de produire des résultats concrets pour les Sénégalais », affirme le communiqué. Le SEN estime que les attaques verbales contre l’APR sont une tentative de masquer l’absence de vision claire, de leadership solide et de politiques publiques efficaces.

Le parti fondé par Macky Sall met également en garde contre une dérive autoritaire qui consisterait à vouloir « criminaliser l’opposition » ou à « museler les forces politiques adverses » sous couvert de règlements de comptes politiques. Il rappelle que l’APR demeure une formation politique légale, structurée, et pleinement engagée dans le jeu démocratique.

L’APR souligne enfin que son engagement pour la vérité, la justice et le respect des principes républicains reste intact, en dépit des attaques. Tout en appelant ses militants au calme et à la retenue, le parti assure qu’il ne se laissera pas intimider par les invectives et continuera à jouer pleinement son rôle dans la vie politique nationale.

Cette prise de parole, particulièrement ferme, marque un durcissement du ton dans un contexte politique où les tensions entre l’opposition d’hier — aujourd’hui au pouvoir — et l’ancien régime se font de plus en plus vives. Elle témoigne aussi de la volonté de l’APR de défendre son héritage et de préserver l’intégrité de ses cadres, dans un environnement de plus en plus polarisé.

Gestion économique et sociale du Sénégal : l’APR déchire le Plan de redressement et appelle à la vigilance

À la suite de la présentation officielle du Plan de redressement économique par le gouvernement, l’Alliance pour la République (APR) a réagi avec une rare virulence. Réuni ce jeudi, le Secrétariat Exécutif National (SEN) du parti fondé par l’ancien président Macky Sall a dénoncé une « gestion erratique » des affaires publiques et une absence de cap stratégique.

Pour l’APR, ce nouveau plan s’ajoute à une longue série d’initiatives jugées confuses et inefficaces, qui illustrent selon elle le manque de vision du régime actuel. « Le gouvernement s’enfonce dans l’immobilisme et l’agitation stérile », a fustigé la direction du parti dans un communiqué. Elle cite une succession de projets — du « Projet chimérique et invisible » au programme « Diomaye Président », en passant par la « Vision 2050 », la « Stratégie nationale de Développement » et la « Déclaration de politique générale » — sans cohérence d’ensemble ni cap lisible.

Le SEN de l’APR estime que ces documents stratégiques sont des réponses superficielles à des problèmes structurels, et que leur empilement trahit un « grave déficit de vision du développement ». Selon le parti, le Plan de redressement présenté récemment ne constitue qu’un nouveau mirage sans fondement juridique ni impact réel sur la vie des Sénégalais.

Critiquant l’incapacité du gouvernement à articuler une stratégie lisible, l’APR évoque un « désordre institutionnel » qui fragilise la conduite des politiques publiques. « Le pays a besoin d’un cap clair, d’une vision stable et d’outils de gouvernance éprouvés, pas d’effets d’annonce ni d’expérimentations hasardeuses », a martelé le communiqué.

Dans un ton plus politique, l’APR a également mis en garde contre ce qu’elle qualifie de « pilotage à vue » du régime, qu’elle considère comme un danger pour la stabilité économique et sociale du pays. C’est dans ce contexte que le parti appelle les travailleurs, les partenaires sociaux, les acteurs économiques et les citoyens à la vigilance.

À quelques mois de l’examen du budget 2026 et dans un climat social marqué par des tensions sur les prix, l’emploi et la fiscalité, cette sortie de l’APR semble vouloir relancer le débat sur la légitimité et la pertinence de l’action gouvernementale. Le Plan de redressement, censé être la réponse du pouvoir aux défis économiques actuels, apparaît ainsi comme un nouveau point de clivage entre l’exécutif et l’opposition.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°526 – 31/07/2025

🔴 « REDRESSER LE SÉNÉGAL – LA VOIE ULTIME, SAUVER OU PÉRIR ! » : BOUGANE EN PREMIÈRE LIGNE
🔴 DEMANDE DE LIBÉRATION DE KHADIM BA : L’APPEL MUSCLÉ DE BIRANE YAYA WANE

🔴 AFROBASKET 2025 / BELLE VICTOIRE DES « LIONNES » CONTRE LE RWANDA : MARCHE TRIOMPHALE VERS LES QUARTS
🔴 ÉLECTION À LA FSF : EL HADJI DIOUF ET SALIF DIAO AU SECOURS D’AUGUSTIN SENGHOR

Gouvernance vertueuse : le Conseil des ministres adopte plusieurs projets de lois majeurs, dont la création de l’ONLC et le statut des lanceurs d’alerte

Le Conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 30 juillet 2025 au Palais de la République, sous la présidence du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Cette session a été marquée par l’adoption de plusieurs projets de lois majeurs traduisant une orientation claire : celle d’une gouvernance fondée sur la transparence, l’éthique et la lutte résolue contre la corruption.

Selon le communiqué officiel, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté au président et à son gouvernement un Plan de redressement national, vaste feuille de route qui s’inscrit dans le pilier de la réforme de l’État. Ce plan se veut ambitieux dans ses objectifs et structurant dans sa mise en œuvre, dans un contexte de refondation des institutions publiques et de consolidation de l’État de droit.

Parmi les textes de loi adoptés, figure un projet de loi portant création de l’Office national de lutte contre la corruption (ONLC). Ce nouvel organe autonome aura pour mission de prévenir, détecter et réprimer les pratiques corruptives, avec des pouvoirs d’investigation étendus. L’ONLC marque une volonté politique forte de tourner la page des scandales restés sans suite et de faire de la reddition des comptes une réalité.

Le gouvernement a également adopté un projet de loi relatif au statut et à la protection des lanceurs d’alerte, une première dans l’histoire législative sénégalaise. Le texte vise à encadrer juridiquement les personnes qui, de bonne foi, dénoncent des actes de corruption, de fraude, ou toute autre atteinte à la légalité ou à l’intégrité dans la gestion publique. Il prévoit un mécanisme de protection contre les représailles et garantit l’anonymat lorsque nécessaire. Un signal fort envoyé à la société civile, aux fonctionnaires et à toute personne souhaitant briser l’omerta.

Un troisième projet de loi concerne l’accès à l’information. Ce texte pose les bases du droit des citoyens à accéder aux informations d’intérêt public détenues par les administrations, les collectivités territoriales ou les entités parapubliques. Dans une logique de redevabilité, il obligera les structures publiques à justifier de leurs décisions, de leurs budgets, de leurs contrats et de leurs actions.

Le quatrième projet de loi validé porte sur la déclaration de patrimoine. Cette nouvelle exigence concernera les agents publics occupant des fonctions sensibles, notamment dans les sphères politique, administrative, judiciaire et financière. Le texte impose une obligation renforcée de transparence, avec des mécanismes de contrôle indépendants. Il ambitionne de moraliser la vie publique et d’écarter tout enrichissement illicite.

S’exprimant à la sortie du Conseil, le ministre porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Njekk Sarré, a déclaré : « Le gouvernement s’engage à instaurer une gouvernance fondée sur l’intégrité, la justice et la transparence. Ces projets de loi sont les premières pierres d’un édifice institutionnel rénové, au service du peuple sénégalais. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°525 – 30/07/2025

🔴 LES DESSOUS DU GESTE DE KARIM WADE ENVERS BADARA GADIAGA : DU LOURD SE PRÉPARE !
🔴 L’ACCÈS À INTERNET POUR 1540 LOCALITÉS : UN DÉFI À 64 MILLIARDS F CFA

🔴 APRÈS SON ÉLECTION À LA TÊTE DE LA LIGUE PRO : BABACAR NDIAYE TEND LA MAIN À TOUTE LA FAMILLE DU FOOTBALL
🔴 CANDIDATE À LA PRÉSIDENCE DE LA COMMISSION FÉMININE DE LA FSF : SEYNI NDIR SECK VEUT ALLER PLUS LOIN

LIVRAISON DE 21 MOISSONNEUSES-BATTEUSES À SAINT-LOUIS : L’envers trouble d’un décor glorieux

Ce qui fut présenté comme un jalon de la modernisation agricole tend aujourd’hui à révéler des pratiques pour le moins préoccupantes. Derrière la communication triomphante du ministère de l’Agriculture se profile une réalité beaucoup plus complexe : réquisition controversée et gestion contestée des engagements publics. Autant déléments qui soulèvent des interrogations majeures sur la continuité de l’État et le sort réservé aux entreprises sénégalaises engagées auprès des pouvoirs publics.

C’est dans une ambiance solennelle et sous le feu des projecteurs que le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne, a récemment dévoilé un convoi de vingt-et-une (21)

moissonneuses-batteuses à chenilles, destiné aux départements de Dagana et de Podor, dans la région de Saint-Louis. Présentée comme une avancée stratégique, cette livraison vise à illustrer la volonté gouvernementale d’impulser une rupture définitive avec les méthodes agricoles traditionnelles, au profit d’un dispositif mécanisé et performant.

Cependant, derrière cette démonstration d’efficacité, une série de zones d’ombre vient ternir l’opération. Selon des informations recoupées par Le Dakarois Quotidien, ces moissonneuses auraient été réquisitionnées auprès de l’entreprise sénégalaise Intermaq 2012 SA, sans qu’aucun cadre contractuel régulier ne soit en vigueur au moment de l’opération. Aucun avenant n’a été signé et aucun accord formel ne justifie juridiquement cette réquisition.

Intermaq n’est pas un acteur inconnu de l’État. Elle avait été attributaire, en 2022, d’un contrat relatif à la fourniture d’équipements agricoles et à la construction de cent vingt (120) entrepôts, dont vingt (20) à chambre froide. Une cérémonie officielle, présidée par l’ancien président de la République, Macky Sall, et l’ex-ministre Aly Ngouille Ndiaye, avait marqué le lancement du projet en avril 2023. En cours d’exécution, le ministère avait jugé nécessaire de revoir le volume des équipements, portant notamment de dix (10) à cent vingt (120) le nombre de moissonneuses, selon une lettre officielle datée du 20 mars 2023. Forte de cet engagement, l’entreprise a procédé à l’importation du matériel, mobilisant des ressources financières importantes.

L’arrivée aux affaires d’un nouveau Gouvernement a toutefois bouleversé l’équilibre. Malgré plusieurs relances écrites et orales, l’avenant permettant de formaliser la commande supplémentaire n’a jamais été signé. Pire, le contrat initial est arrivé à expiration en juillet 2025, sans qu’aucune nouvelle base contractuelle n’ait été définie. Cette situation a plongé Intermaq dans une incertitude juridique et financière profonde.

Malgré cela, la société n’a pas interrompu ses prestations. La cérémonie de pose de la première pierre d’un entrepôt réfrigéré à Darou Khabane, tenue en mai 2025 en présence des autorités locales et techniques, en témoigne. Intermaq continue également à assurer le service après-vente, à former les agriculteurs et à prendre en charge des frais logistiques liés aux missions du ministère de l’Agriculture : hébergement, carburant, per diems. Toutes ces charges sont assumées sans garantie, alors même que les frais cumulés de stockage et de surestaries avoisinent le milliard de francs CFA.

Dans ce contexte particulièrement délicat, les services du ministère auraient procédé, de manière unilatérale, à la réquisition de vingt (20) moissonneuses appartenant à Intermaq, sans accord formel. Selon nos informations, les responsables de l’entreprise, lors de leurs échanges avec le ministre Dr Mabouba Diagne, avaient simplement exigé un document d’engagement écrit, destiné à sécuriser juridiquement la livraison. Une demande restée sans suite jusqu’à ce jour.

La direction du Dakarois Quotidien, compte tenu de l’heure tardive, le dimanche 27 juillet 2025, a adressé un message WhatsApp au Dr Mabouba Diagne. Ce message n’a reçu aucune réponse. Le lendemain, un appel téléphonique direct a été tenté, sans succès. Ce lundi, notre rédaction a décidé d’entrer en contact avec le directeur de la Direction de la Modernisation de l’Équipement Rural (DMER) afin de recueillir la version du ministère. Dès le début de l’échange, M. Dièye a exigé de connaître nos sources. Ce à quoi la direction du journal a répondu qu’en vertu de l’éthique journalistique, les professionnels ne sont pas tenus de les révéler. Le directeur a alors invité le Dakarois Quotidien à transmettre un courrier physique à l’adresse du ministère à Diamniadio, condition préalable à toute prise de parole officielle. Ledit courrier sera déposé cette semaine. Si les services du Dr Mabouba Diagne donnent suite à notre requête, votre journal s’engage à publier l’intégralité de leur réponse.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°524 – 29/07/2025

🔴 SAGA DES 20 MOISSONNEUSES-BATTEUSES : LE MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE APHONE
🔴 REBEUSS / VISITE SURPRISE DU Pr SERIGNE DIOP À BADARA GADIAGA : UN HOMMAGE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

🔴 AFROBASKET FÉMININ 2025 / LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE À L’OUGANDA : LA BATAILLE CONTINUE AUX BARRAGES
🔴 RALLIEMENT SURPRISE À LA LIGUE PRO : DJIBRIL WADE CHOISIT ABDOULAYE SOW

Présentation du Plan de redressement économique : Ousmane Sonko donne rendez-vous au Grand Théâtre le 1er août

Le Premier ministre Ousmane Sonko a fixé la date tant attendue de la présentation officielle du Plan de redressement économique. Cette initiative gouvernementale, évoquée lors du Conseil des ministres du 23 juillet dernier, sera dévoilée au public le vendredi 1er août 2025, à partir de 9 heures, au Grand Théâtre national de Dakar.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le chef du gouvernement a réaffirmé sa détermination à engager le pays dans une nouvelle dynamique face aux défis économiques actuels. « Le temps du redressement est venu. Face à la situation économique héritée, nous faisons le choix de l’action et des solutions », a-t-il déclaré, marquant ainsi la volonté de rompre avec les anciennes pratiques jugées inefficaces.

Ce plan, qui s’annonce ambitieux, devrait définir les grandes orientations économiques du gouvernement et proposer des mesures concrètes pour relancer l’activité, créer des emplois et réduire le train de vie de l’État. Ousmane Sonko avait déjà annoncé qu’un accent particulier serait mis sur la rationalisation des dépenses publiques et la révision des relations avec les partenaires techniques et financiers.

La présentation du 1er août devrait également permettre de détailler les axes stratégiques du redressement, dans un contexte marqué par une forte attente sociale et des critiques récurrentes sur la gouvernance économique. Le Premier ministre et son équipe devront donc convaincre, en exposant une feuille de route réaliste, chiffrée et assortie d’un calendrier d’exécution.

Tensions à Soussoung : Amnesty International interpelle le ministre des Mines et exige la libération des personnes arrêtées

La situation à Soussoung, localité située dans la commune de Ndiaganiao, devient de plus en plus préoccupante. Des affrontements y ont récemment éclaté entre les forces de sécurité et des habitants opposés à l’exploitation de leurs terres par des entreprises titulaires de permis miniers. Face à l’escalade des tensions, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, appelle les autorités à privilégier le dialogue.

Intervenant sur les ondes d’iRadio, Seydi Gassama s’est dit choqué par le recours à la violence contre une population dont les droits fonciers sont manifestement piétinés. « Nous sommes très préoccupés par la situation à Soussoung avec la violence exercée par les forces de défense et de sécurité contre la population locale qui manifestement a vu ses droits bafoués par l’autorité et ces entreprises qui ont reçu des permis d’exploiter des gravats dans leur champ », a-t-il déclaré.

Selon les informations relayées par Amnesty, trois permis d’exploitation de graviers ont été délivrés, chacun couvrant environ 40 hectares. Ces autorisations s’appliqueraient à des zones proches des habitations, sans que les populations concernées aient été consultées ni indemnisées. Le contexte est d’autant plus tendu que ces opérations minières sont intervenues en pleine saison des pluies, alors que les cultures sont en pleine croissance.

« Venir en plein hivernage alors qu’ils ont déjà cultivé, les récoltes ont poussé, et leur dire de quitter les terres. Je pense que ce n’est pas acceptable », s’indigne Gassama, qui appelle à une réponse rapide et responsable du ministère des Mines.

Le directeur exécutif d’Amnesty exhorte le ministre Birame Soulèye Diop à sortir du silence et à ouvrir un dialogue sincère avec les communautés affectées. Il plaide pour des mesures compensatoires justes permettant aux populations de retrouver des sources de revenus alternatives. « Il faut que les terres soient cédées contre une indemnisation juste », insiste-t-il.

Sur le plan judiciaire, Amnesty International suit également de près la situation des personnes arrêtées lors des troubles. L’organisation a commis un avocat pour les assister. Elle exige leur libération immédiate, estimant que leur détention ne fait qu’envenimer une situation déjà explosive. « Nous demandons que toutes les personnes arrêtées et détenues à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao soient libérées immédiatement pour ramener le calme dans la communauté », a conclu Seydi Gassama.

Plan de redressement économique : Zahra Iyane Thiam ironise sur l’annonce du Premier ministre

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’apprête à dévoiler un nouveau document stratégique, baptisé « plan de redressement économique », dans un contexte où les défis économiques du Sénégal restent nombreux et pressants. Ce plan, annoncé lors du Conseil des ministres du mercredi 23 juillet 2025, est censé présenter la vision du gouvernement face aux difficultés sociales et économiques du pays. Mais déjà, cette annonce suscite scepticisme et ironie dans les rangs de l’opposition et d’anciens responsables gouvernementaux.

Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, a vivement réagi à l’annonce du Premier ministre. Dans un ton à la fois critique et sarcastique, elle a exprimé ses doutes quant à l’efficacité de ce nouveau plan. « Jour J pour le PM : encore un plan, cette fois, de redressement économique. Après le Projet, l’Agenda Sénégal 2050, la Stratégie nationale de développement, le Master Plan du Gouvernement… En 16 mois, un plan par trimestre ! On redoute de découvrir ce que celui-ci va encore redresser », a-t-elle écrit.

Son commentaire illustre un agacement face à ce qu’elle considère comme une inflation de plans, projets et documents stratégiques produits par l’équipe actuelle sans résultats tangibles visibles à ce jour. Selon Zahra Iyane Thiam, ces initiatives semblent se succéder sans apporter les réponses concrètes attendues par les populations.

Pour sa part, Ousmane Sonko se veut rassurant. Le chef du gouvernement affirme que ce plan de redressement a été mûrement réfléchi et élaboré depuis plusieurs semaines. Il promet une présentation claire et détaillée des mesures à venir, notamment en ce qui concerne la réduction du train de vie de l’État et la réorientation des relations avec les partenaires techniques et financiers. « Dans les jours à venir, je présenterai aux Sénégalais le plan de redressement. On y travaille depuis des semaines. Nous dirons aux Sénégalais point par point comment nous allons faire pour contraindre l’État à diminuer son train de vie et quelles seront nos orientations face à nos partenaires », avait-il déclaré.

L’annonce du plan intervient à un moment crucial, où les tensions sociales se multiplient et où l’économie nationale peine à se redresser durablement. Dans les milieux économiques et politiques, beaucoup attendent de voir si ce plan constituera un véritable tournant ou s’il s’ajoutera à la longue liste des intentions gouvernementales non suivies d’effets concrets.

Crise à Tchiky : Guy Marius Sagna dénonce l’injustice des Ciments du Sahel et appelle à la mobilisation

Une vive tension couve dans la commune rurale de Diass, plus précisément à Tchiky, où les populations, les travailleurs et les retraités de l’entreprise Les Ciments du Sahel SA dénoncent des pratiques qu’ils jugent injustes et inhumaines. Ce lundi, le député Guy Marius Sagna, accompagné du Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), s’est joint à leur combat lors d’une conférence de presse tenue sur place.

Prenant la parole, Guy Marius Sagna n’a pas mâché ses mots. Il s’est dit profondément choqué par les conditions dans lesquelles vivent les riverains de Tchiky, ainsi que par la précarité à laquelle sont confrontés les travailleurs et retraités de l’entreprise. « J’ai entendu les doléances des habitants, j’ai entendu celles des anciens employés et des retraités. Je promets d’en parler au gouvernement. J’adresserai des questions écrites aux autorités pour qu’elles répondent : est-ce qu’elles sont au courant des agissements de l’entreprise Les Ciments du Sahel envers la population sénégalaise ? Savent-elles que cette société exploite ses travailleurs et porte atteinte à la santé et à la vie des riverains ? », a lancé le parlementaire.

Selon lui, Les Ciments du Sahel et Dangote, deux grandes entreprises du secteur cimentier implantées dans la zone, agissent en toute impunité, au mépris de la dignité humaine. « Ce sont les populations qui étaient là les premières. Ce sont ces entreprises qui sont venues les trouver. Et pourtant, ce sont elles qui souffrent, qui tombent malades, qui sont exploitées », a martelé Guy Marius Sagna, visiblement indigné.

Il a également dénoncé un système de précarisation orchestré par l’entreprise à l’endroit de ses travailleurs. « Comment comprendre qu’un ouvrier travaille pendant cinq ans comme journalier, avant d’obtenir un contrat à durée déterminée de quatre ans, pour ensuite être renvoyé comme un moins que rien ? C’est inacceptable ! », s’est-il insurgé. Selon lui, cette politique de gestion du personnel ne respecte ni le droit du travail, ni la dignité humaine. Il qualifie cette méthode de « pressurisation » des employés, qu’on utilise jusqu’à l’usure avant de les jeter comme des objets.

Face à cette situation qu’il juge « insoutenable », le député appelle à la résistance et à la solidarité. Il invite les habitants de Tchiky, les anciens travailleurs, les retraités et tous les employés de l’entreprise à s’unir autour d’une plateforme commune pour organiser une grande marche de protestation dans les prochains jours. « Il est temps que cela cesse. Il est temps que la dignité humaine soit respectée. Et je vous le dis ici : moi, Guy Marius Sagna, député à l’Assemblée nationale, je serai à vos côtés, dans la rue, pour cette manifestation », a-t-il promis.

Ce cri du cœur du parlementaire pourrait ouvrir un nouveau front social contre certaines multinationales accusées de bafouer les droits des travailleurs et de dégrader l’environnement au détriment des populations locales. Le FRAPP, fidèle à sa ligne anti-impérialiste et panafricaniste, s’engage également à accompagner ce mouvement jusqu’au bout.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°523 – 28/07/2025

🔴 LEVÉE DE 132 MILLIARDS F CFA PAR LE SÉNÉGAL DANS LE MARCHÉ DE L’UEMOA : LA DETTE PREND L’ASCENSEUR
🔴 MISE EN PLACE D’UNE CARTE DE SÉJOUR POUR LES MAURITANIENS : DU POPULISME SELON TAHIROU SARR

🔴 ZIGUINCHOR / PRÉSIDENCE DE LA FSF : AUGUSTIN SENGHOR : LE PARI DE L’EXPÉRIENCE

Crise politique autour de l’arrestation de Lat Diop : Aminata Lô interpelle directement le Président Diomaye et demande le limogeage d’Ousmane Sonko

Je suis L’arrestation de Lat Diop continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Ce samedi, à Wakhinane Nimzatt, une mobilisation s’est tenue en faveur de l’ancien Directeur général de la LONASE, incarcéré depuis plusieurs semaines. Aux avant-postes de cette manifestation, l’ancienne ministre du Tourisme sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Aminata Lô, a lancé une charge frontale contre le pouvoir en place, accusant le Premier ministre Ousmane Sonko d’orchestrer une vendetta politique.

Devant un parterre de militants et sympathisants venus exiger la libération de Lat Diop, Aminata Lô n’a pas mâché ses mots. Pour elle, l’affaire n’a rien de judiciaire. « Le dossier de Lat Diop n’est pas judiciaire, mais purement politique. Par conséquent, son règlement ne peut être que politique », a-t-elle martelé, appelant le président Bassirou Diomaye Faye à prendre ses responsabilités.

Plus virulente encore, l’ancienne ministre a dénoncé ce qu’elle considère comme une dérive autoritaire du régime actuel, incarné selon elle par Ousmane Sonko. « Depuis 2024, nous avons un nommé Ousmane Sonko qui cherche à effacer tous les fondamentaux qui ont contribué à construire ce pays. La démocratie, la paix, les droits humains et la stabilité sont aujourd’hui en danger », a-t-elle déploré.

Dans son discours, Aminata Lô a dressé un tableau sombre de la situation du pays : dégradation du climat économique et social, paralysie des institutions, menace sur la liberté de la presse. Selon elle, le gouvernement actuel est plus préoccupé par un projet politique partisan que par la gouvernance du pays. « Le seul objectif du Pastef, c’est de faire d’Ousmane Sonko le prochain président de la République, quitte à piétiner les principes démocratiques », a-t-elle accusé.

La militante libérale affirme que Lat Diop, tout comme d’autres personnalités politiques emprisonnées, est victime d’un « complot » destiné à affaiblir l’opposition. Elle a également évoqué une instrumentalisation de la justice, pointant du doigt un certain Mouhamed Dieng, qu’elle accuse d’être « financé par le régime Sonko-Diomaye » dans le seul but de faire tomber Lat Diop. « Nous n’accepterons pas cette justice sélective », a-t-elle prévenu.

Engagée à poursuivre le combat, Aminata Lô a annoncé une campagne nationale pour la libération de ce qu’elle appelle les « otages politiques ». Elle exige une justice équitable et appelle solennellement le chef de l’État à « limoger le Premier ministre Ousmane Sonko pour ramener la paix et la stabilité au Sénégal ».

Ce discours offensif survient dans un contexte où les tensions politiques s’aggravent autour des dossiers judiciaires impliquant des figures de l’ancien régime. L’opposition semble bien décidée à mobiliser toutes ses forces pour contrer ce qu’elle perçoit comme une tentative d’épuration politique. Quant au gouvernement, il continue d’assurer que toutes les procédures judiciaires en cours respectent les règles de droit et l’indépendance de la justice.

Carte de séjour pour les Mauritaniens : Tahirou Sarr dénonce une « posture populiste » et exige l’application équitable des lois

Le député Tahirou Sarr s’est prononcé sur le nouvel accord bilatéral signé entre le Sénégal et la Mauritanie, qui instaure une carte de séjour obligatoire pour les ressortissants mauritaniens souhaitant s’installer au Sénégal au-delà de trois mois.
Le président du parti Les Nationalistes estime qu’il s’agit davantage d’une « posture populiste » que d’une véritable politique migratoire cohérente et réfléchie. Selon lui, le Sénégal reste silencieux face à la présence de centaines de milliers, voire de millions d’étrangers vivant sur son territoire sans titre de séjour.
Tahirou Sarr appelle ainsi à une application rigoureuse et équitable des lois. Il exhorte également l’État à assurer la protection des Sénégalais établis à l’étranger, dans le respect de la réciprocité.

Depuis de nombreuses années, je demande l’application rigoureuse de la loi 71-10 du 25 janvier 1971 relative aux conditions d’admission, de séjour et d’établissement des étrangers au Sénégal. Cette législation, en vigueur depuis plus d’un demi-siècle, impose les mêmes obligations à tous les étrangers désireux de s’installer sur notre sol. Il faut l’appliquer sans exception.

Nous prenons acte de l’accord que le gouvernement vient de signer avec la Mauritanie pour encadrer le séjour des Mauritaniens au Sénégal et des Sénégalais en Mauritanie. Il est nécessaire de le préciser explicitement : cet accord, au-delà de sa présentation diplomatique, représente principalement une réaction à la politique de la Mauritanie et aux expulsions inacceptables de nos compatriotes.

Il s’agit plutôt d’une attitude populiste qu’une véritable politique migratoire bien pensée, car pendant que nous nous empressons de régulariser quelques milliers de Mauritaniens, nous restons muets face à des centaines de milliers voire des millions d’autres étrangers résidant au Sénégal sans titre de séjour, alors que leurs pays d’origine l’exigent pour nos concitoyens.

Je tiens à le rappeler clairement : la Réciprocité n’est pas un gage de Souveraineté. Un pays qui se respecte doit établir ses propres chartes, ses propres règles et sa propre stratégie politique, plutôt que de simplement reproduire ce que subissent ses citoyens ailleurs pour l’imposer sans discernement à ceux du pays en question. Une politique migratoire judicieuse ne consiste pas uniquement à identifier les étrangers: elle favorise également leur implication dans l’effort national, puisque tout étranger résidant sur notre territoire profite de notre sécurité, de nos hôpitaux, de nos établissements scolaires, de nos voies de circulation, de nos infrastructures et de notre aménagement urbain qu’il contribue parfois à saturer.

Ainsi, le titre de séjour sert également d’instrument économique et de justice contributive. Ma position est simple et constante : indépendamment de tout accord bilatéral, la Loi 71-10 doit être appliquée par le gouvernement à tous les étrangers sans distinction de nationalité. Quiconque séjourne plus de 90 jours au Sénégal doit être en règle, point final. En tant que Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes, je continuerai à rappeler que la dignité des Sénégalais ne se négocie pas. Nous exigeons que nos lois soient appliquées intégralement et que l’État protège nos compatriotes partout dans le monde, au-delà des effets d’annonce et des accords qui flattent mais ne règlent rien sur le fond.

Tahirou Sarr
Député, Président du parti JëL Liñu Moom/Les Nationalistes

Babacar Gaye tire la sonnette d’alarme : « Le Sénégal entre dans l’ère du Parti-État »

Dans une tribune au ton grave et sans équivoque, l’ancien ministre d’État et ex-porte-parole du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), Babacar Gaye, alerte sur ce qu’il qualifie de dérive vers un régime de Parti-État au Sénégal. Loin d’être une simple critique de circonstance, son analyse se veut un avertissement argumenté contre ce qu’il voit comme une dangereuse confusion entre les organes de l’État et le parti au pouvoir, le PASTEF.

Selon Babacar Gaye, les actes posés ces dernières semaines par les plus hautes autorités du pays trahissent une volonté de faire primer l’idéologie partisane sur les principes démocratiques de séparation des pouvoirs et de pluralisme politique. Pour illustrer son propos, l’ancien député libéral revient sur la récente visite au Sénégal du Président de l’Assemblée nationale populaire du Vietnam, Trần Thanh Mẫn, accompagné d’une importante délégation gouvernementale. Une visite qualifiée de « visite d’État » malgré son caractère purement parlementaire en apparence, avec des accords signés conjointement par l’exécutif et le législatif sénégalais.

Pour Babacar Gaye, cette réception grandiose témoigne de l’intérêt manifeste du nouveau pouvoir pour les modèles politiques à parti unique ou fortement centralisés, comme le Vietnam, la Chine, le Mali ou encore le Burkina Faso. Des régimes où les libertés fondamentales sont limitées et où le parti dirigeant concentre tous les leviers du pouvoir. Il y voit une diplomatie orientée non vers la consolidation démocratique, mais vers des alliances idéologiques avec des systèmes autoritaires, marqués par la fusion entre parti, État et institutions.

Dans son développement, Babacar Gaye rappelle que le Vietnam, cité en exemple par le camp au pouvoir, est une république socialiste dirigée exclusivement par le Parti communiste vietnamien, conformément à l’article 4 de sa Constitution. Tous les organes exécutifs et législatifs en dépendent, et c’est cette structure, selon lui, qui inspire aujourd’hui certains discours au sein du PASTEF.

L’ancien porte-parole du PDS voit dans cette orientation diplomatique une stratégie cohérente avec les récentes sorties de Ousmane Sonko, Premier ministre et leader du PASTEF, qui a évoqué sans ambiguïté l’idée d’un Parti-État, lors d’un événement de son parti au King Fahd Palace. Des propos depuis relayés par plusieurs cadres du parti présidentiel, alimentant les inquiétudes d’une frange de l’opinion sur une volonté assumée de mise sous tutelle de l’administration, de la justice et de la presse.

Babacar Gaye décrit le Parti-État comme un système où le parti au pouvoir monopolise l’espace public, confond les institutions avec son appareil partisan et exige une loyauté à ses idéaux, au détriment des principes de neutralité et de compétence dans la gestion publique. Il évoque également la tentation d’utiliser la justice et les forces de sécurité à des fins partisanes, un glissement, selon lui, déjà amorcé.

Faisant référence à Mamadou Dia, une figure historique régulièrement citée par les responsables de Pastef comme source d’inspiration, Babacar Gaye rappelle que ce dernier prônait la primauté du parti sur l’État, un concept aujourd’hui en totale contradiction avec l’idéal démocratique que le Sénégal a tenté de bâtir depuis des décennies. L’ancien ministre estime que la résurgence de cette doctrine pose un véritable danger pour l’équilibre républicain du pays.

Pour conclure, il appelle à une vigilance citoyenne accrue. À travers cette tribune, Babacar Gaye invite les Sénégalais à ne pas se laisser séduire par des rhétoriques révolutionnaires qui dissimulent, selon lui, une volonté de verrouiller l’espace politique. Sa sortie relance ainsi le débat sur la nature du projet politique porté par le duo Diomaye–Sonko, et sur les risques de dérive autoritaire dans un pays longtemps considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.

Marche à Ourossogui : Responsables politiques, amis, proches et sympathisants, unis pour un seul mot d’ordre — « La libération de Farba Ngom »

Une foule impressionnante s’est mobilisée ce samedi 26 juillet 2025 dans les rues de Ourossogui pour exiger la libération du député-maire des Agnam, Farba Ngom, en détention depuis le 27 février dernier. Répondant à l’appel du Comité de résistance populaire, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, dans une ambiance à la fois déterminée et pacifique, témoignant de l’enracinement local et régional de l’homme politique.

Le cortège s’est ébranlé depuis la Banque BOA, traversant la Poste, puis longeant la Pharmacie El Hadji Oumar Tall pour finalement s’arrêter au rond-point Carrefour, point d’orgue de la manifestation. Les marcheurs, vêtus majoritairement de t-shirts rouges à l’effigie de Farba Ngom, scandaient des slogans appelant à la fin de ce qu’ils qualifient d’injustice.

La mobilisation a été marquée par la présence de nombreuses figures politiques de premier plan. Amadou Mame Diop, ancien président de l’Assemblée nationale, Augustin Tine, ancien ministre d’État, Me Moussa Bocar Thiam, maire de Ourossogui, Racky Diallo, députée à l’Assemblée nationale, et Mamadou Mory Diaw, maire de Matam, ont tous répondu présents à l’appel. Ils étaient accompagnés de plusieurs responsables locaux et régionaux de l’Alliance pour la République (APR), venus des quatre coins du Fouta pour exprimer leur solidarité.

Dans les prises de parole qui ont suivi, les intervenants ont unanimement insisté sur l’état de santé préoccupant de Farba Ngom. « Tout le monde sait qu’il est malade. Un rapport médical est là pour le prouver. Il n’a rien à faire en prison », a martelé Me Moussa Bocar Thiam, appelant les autorités judiciaires à prendre leurs responsabilités.

Au-delà de la solidarité politique, les orateurs ont souligné une urgence humanitaire. « Il ne s’agit pas d’un privilège politique, mais d’un impératif médical et moral », a renchéri Racky Diallo, avant de lancer un appel solennel au président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko, pour qu’ils interviennent afin d’éviter un drame.

La marche de Ourossogui, hautement symbolique, intervient dans un climat politique tendu où plusieurs figures de l’ancien régime sont sous le coup de poursuites judiciaires. Pour les manifestants, il ne s’agit pas de remettre en cause l’indépendance de la justice, mais de plaider pour une lecture humaine et équilibrée de la loi. Farba Ngom, selon eux, incarne aujourd’hui un symbole de cette bataille entre justice et compassion.

178e anniversaire de l’indépendance du Liberia : Le Président Diomaye Faye exprime la solidarité du Sénégal au peuple libérien

Le Liberia a célébré, ce samedi 26 juillet 2025, le 178e anniversaire de son indépendance dans une atmosphère à la fois solennelle et festive. C’est sur la mythique Heritage Square de Monrovia que les festivités officielles ont eu lieu, rassemblant chefs d’État, diplomates, dignitaires africains et représentants de la société civile. Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, y a pris part à l’invitation de son homologue libérien, Joseph Nyuma Boakai.

Le thème retenu pour cette commémoration, « Une Nation, une destinée : guérir du passé et construire l’avenir ? », symbolise la volonté du peuple libérien de tourner la page des blessures historiques tout en consolidant les bases d’un avenir plus uni et prospère. Une aspiration partagée par de nombreux pays africains, dont le Sénégal, qui voit dans le destin du Liberia un miroir des défis et espoirs du continent.

Dans ce contexte, la participation du Président Faye revêtait un caractère particulièrement fraternel. Selon un communiqué publié par la Présidence de la République du Sénégal, le chef de l’État sénégalais a exprimé la solidarité sincère du Sénégal au peuple libérien, saluant la résilience d’un pays qui fut le premier en Afrique à accéder à la souveraineté, dès 1847.

Entouré de plusieurs dirigeants de la sous-région, le Président Diomaye Faye a souligné l’importance de renforcer les liens historiques, culturels et économiques entre le Sénégal et le Liberia, deux nations unies par les valeurs panafricaines de paix, de liberté et d’intégration régionale.

Cette présence présidentielle à Monrovia s’inscrit également dans une dynamique diplomatique proactive du Sénégal, qui multiplie les signes d’amitié à l’égard de ses voisins et partenaires stratégiques en Afrique de l’Ouest. Elle illustre aussi l’engagement du Sénégal à œuvrer pour la stabilité, la solidarité et le progrès collectif sur le continent.

Marche pacifique à Ourossogui : forte mobilisation pour exiger la libération de Farba Ngom

La ville de Ourossogui, dans la région de Matam, a été le théâtre d’une mobilisation d’envergure ce samedi 26 juillet 2025. À l’initiative du Comité de résistance populaire pour la libération de Farba Ngom, une marche pacifique a rassemblé plusieurs centaines de manifestants venus exiger la libération du député-maire des Agnam, actuellement incarcéré. Arborant des t-shirts rouges, symbole de protestation, les manifestants ont défilé dans les principales artères de la ville pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’injustice politique.

La mobilisation a rassemblé de nombreux responsables de l’Alliance pour la République (APR), dont l’ancien président de l’Assemblée nationale Amadou Mame Diop, l’ex-ministre Augustin Tine et d’autres figures du parti. Devant la foule, Amadou Mame Diop a livré un discours virulent contre les autorités actuelles, accusant le pouvoir de se servir de la répression pour masquer ses échecs. « Ils masquent leur incompétence et la non-tenue de leurs promesses à travers une vague de répression. Nous exigeons la libération de Farba Ngom, Mansour Faye, Moustapha Diop, ainsi que des chroniqueurs et journalistes injustement détenus », a-t-il déclaré, sous les applaudissements nourris des participants.

Le maire de Ourossogui, Moussa Bocar Thiam, a de son côté mis en avant l’état de santé préoccupant de Farba Ngom, invoquant un rapport médical attestant que son état est incompatible avec un maintien en détention. « Nous sommes ici à Ourossogui, dans la région de Matam, pour dire non à l’injustice. Tout le monde sait que l’honorable député Farba Ngom est malade. Il aurait dû être libéré depuis longtemps », a-t-il affirmé.

Se référant aux textes en vigueur, il a cité l’article 140 du Code de procédure pénale, ainsi que les dispositions du droit communautaire et international, estimant que toutes les conditions sont réunies pour justifier une libération. « Matam souffre. Matam en a assez de voir son député en prison », a-t-il insisté avec émotion.

Une députée de l’APR, également présente à la marche, a soutenu que Farba Ngom, malgré son absence physique, reste « l’absent le plus présent » dans le cœur des militants. Elle a souligné que la législation permettrait sa libération, notamment pour des raisons de santé, et a lancé un appel solennel au Président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre Ousmane Sonko afin qu’ils interviennent en urgence.

Cette marche, bien que pacifique, sonne comme un avertissement politique de plus en plus audible dans le nord du pays. Elle révèle une tension persistante entre l’actuel régime et une partie de l’opposition qui entend faire de la libération de ses leaders un enjeu national.

Un Bouquet pour DIOMAYE : De l’ impératif d’organiser les Etats généraux de l’économie  

Au Sénégal, nous saluons les mesures prises  par les nouvelles Autorités dans la perspective de redresser ( acte 1 du dispositif de mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement  2025/2029) le pays   : il sagit, entre autres, de l’organisation  de plusieurs conclaves dans le domaine de la justice, du transport , du commerce et de l’industrie , de l’eau et de l’assainissement, du numérique , de la modernisation de l’administration, de l’emploi et de l’employabilité  . Seulement, nous pensons que les Autorités devraient mettre un accent particulier sur le secteur de l’Agriculture et de l’élevage afin d’assurer la sécurité alimentaire. Une véritable stratégie devrait être élaborée pour en définitive cultiver ce que nous mangeons et développer un véritable label sénégalais et pouvoir même exporter afin d’obtenir des devises dans l’immédiat.

Au nom de la continuité de l’Etat,  le  Conseil présidentiel sur l’agriculture et la sécurité alimentaire qui devait être organisé depuis 2013 pourrait enfin se tenir  afin de résoudre la lancinante  question de la souveraineté alimentaire .

Il urge de nous mobiliser afin de relancer l’économie à travers, entre autres, les mesures ci-dessous :

1/ redéfinir l’ordre des priorités. 

A mon avis, l’agriculture peut demeurer la Priorité Numéro 1 du Gouvernement , suivie de la Santé, Priorité Numéro 2 et du Tourisme qui viendrait en troisième position . La pandémie nous aura appris que le Gouvernement a eu tort d’avoir drastiquement baissé le budget de la santé dans la loi de Finances  (LFI) 2020.

2/ Booster les secteurs porteurs de croissance , sans oublier le secteur informel et la question énergétique à travers la poursuite du développement des énergies renouvelables. Accorder une attention particulière à l’agro-industrie et à l’artisanat qui doivent pouvoir s’exporter afin de renverser la tendance structurellement déficitaire  de notre balance commerciale qui s’établit   à – 3252,3  milliards de FCFA en 2024 contre – 3983,9 en 2023 selon l’ANSD. Toutefois, un exploit inédit mérite d’être salué, à savoir que le cumul des exportations des 5 premiers mois de 2025 s’élève à 2325,7 milliards de FCFA contre 1413,8 de FCFA pour la même période en 2024, soit un gain  net de plus de 912 milliards de FCFA.

3/ Accorder la part belle au Secteur Privé qui est, en réalité le moteur de la croissance. Poursuivre plus que par le passé l’accompagnement du Secteur Privé car le Chef de l’Etat avait dit , lors de son discours à la nation  du 3 avril 2024 : « Je compte m’appuyer sur un secteur privé fort parce que soutenu par l’Etat ».Sans oublier que pour la mise en œuvre du Programme d’Actions Prioritaires de la SND 2025/2029, l’Etat compte s’appuyer sur la stratégie nationale de Développement du secteur Privé.

En outre ,les pouvoirs publics devraient aussi  avoir le courage de revenir sur les lois, décrets ou redevances  ( ils sont nombreux !) qui ne militent pas en faveur de la compétitivité de l’entreprise sénégalaise. 

J’en citerai deux à titre d’exemple :

·        Le Décret 2018-1943 du 26 octobre 2018 instituant une taxe parafiscale au profit du Fonds de Soutien au secteur de l’énergie dénommée : « Taxe sur l’énergie à usage industriel » de l’ordre de 2,5% . Cette mesure vient encore alourdir les charges des industriels qui étaient jusque-là déjà  élevées. A l’heure où « l’électricité pour tous » est un axe majeur de la politique d’équité sociale et territoriale du Chef de l’Etat, nous ne comprenons pas cette mesure destinée exclusivement aux entreprises industrielles ;

·        La loi-2018-10 du 30 mars 2018 modifiant certaines dispositions générales du Code Général des Impôts. La taxe sur les corps gras alimentaires contenue dans cette loi pénalise l’industrie au profit des importations. Elle est perçue «  ad valorem » sur le chiffre d’affaires des industriels alors que les importateurs l’acquittent au cordon douanier. Cette distorsion est bien sur accentuée par les valeurs de correction, sous déclarations, exonérations constatées  au niveau des Douanes. Si la tendance haussière des facteurs de production se poursuit, certaines industries pourraient opter pour une délocalisation de leurs activités, ce qui ne serait pas sans conséquence pour notre économie.

Même si le budget de l’Etat du Sénégal provient en majorité de la fiscalité, la période post  Covid-19 doit nous pousser à changer de paradigme et à inventer de nouvelles techniques de financements innovants  pour alimenter les régies financières en lieu et place à l’asphyxie des ménages et des entreprises .

Après les dernières révélations sur la dette , dans sa dernière note, l’agence de notation américaine Standard & Poor’s (S&P) a abaissé pour la deuxième fois consécutive la note du Sénégal, elle passe à B- assortie d’une perspective négative. La note la plus basse depuis sa première notation en 2000.

Apportons les correctifs nécessaires pour nous diriger vers un nouveau modèle de développement économique qui nous rendra réellement souverain à tous les points de vue. Changeons de voie. Repensons notre avenir économique .Pour y arriver, nous suggérons aux pouvoirs publics d’organiser les Etats Généraux  de l’Economie  ( comme l’Italie l’a fait en juin 2020 ) afin de la moderniser et de lui donner une toute autre orientation. Notre souveraineté, l’économie et notre société qui souffre de croissantes inégalités devraient, entre autres, y être discutées. 

Marie Bâ AIDARA
Economiste/Ecrivain
Ancien Ministre
mariebabacarba@gmail.com

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°522 – 26 ET 27/07/2025

🔴 « DETTE CACHÉE » : LE FMI PASSE AU CRIBLE LE RAPPORT MAZARS
🔴 REJET DE LA LOI PORTANT CONVOCATION DES MAGISTRATS À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : UN SIGNAL FORT SELON NDIAGA SYLLA

🔴 CHAN 2025 / MATCH AMICAL : L’OUGANDA SURPREND LE SÉNÉGAL

Reconnaissance de l’État de Palestine : le Sénégal salue une « décision historique » de la France

Le Sénégal a exprimé sa profonde satisfaction à l’annonce faite par la République française de reconnaître officiellement l’État de Palestine lors de la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en septembre à New York. Cette prise de position de Paris constitue, selon Dakar, un tournant décisif dans la quête de justice et de paix au Proche-Orient.

Dans un communiqué publié par le ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires Étrangères, les autorités sénégalaises ont salué ce qu’elles qualifient de « décision historique ». Pour le Sénégal, cette reconnaissance marque une avancée majeure vers la concrétisation des droits inaliénables du peuple palestinien à disposer d’un État souverain.

Le Sénégal, qui préside le Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, rappelle son engagement constant en faveur de la cause palestinienne. À travers ce rôle, Dakar n’a eu de cesse de plaider pour la reconnaissance internationale de la Palestine et pour une solution fondée sur le droit international, incluant la coexistence pacifique de deux États.

Dans sa déclaration, le Sénégal a réaffirmé sa disponibilité à travailler de concert avec la France, ainsi qu’avec l’ensemble des pays épris de paix et de justice, afin de faire avancer le processus de paix. Il insiste sur la nécessité de parvenir à la création d’un État palestinien souverain, viable et indépendant, vivant côte à côte avec Israël dans des frontières sûres et reconnues par la communauté internationale.

Cette réaction du Sénégal intervient dans un contexte où de plus en plus de voix s’élèvent, à travers le monde, pour soutenir la reconnaissance formelle de l’État de Palestine comme condition indispensable à la stabilité durable au Moyen-Orient. La décision française, très attendue, pourrait inciter d’autres puissances à franchir le pas et à redonner un souffle au processus de paix aujourd’hui enlisé.

Révision du Règlement intérieur : Le Conseil constitutionnel retoque plusieurs articles, dont celui sur la convocation des magistrats

Le Conseil constitutionnel a tranché. Dans une décision rendue publique, la haute juridiction a censuré plusieurs dispositions de la loi organique n° 09/2025, récemment adoptée par l’Assemblée nationale et portant sur le nouveau Règlement intérieur. Cette réforme majeure visait à moderniser et à harmoniser les textes encadrant le fonctionnement de l’hémicycle, en remplaçant la loi organique n° 78-21 du 18 avril 1978 et la loi organique n° 2002-20 du 15 mai 2002, modifiée.

Le Conseil constitutionnel, saisi pour contrôler la conformité de cette loi organique à la Constitution, a validé la régularité de la procédure d’adoption de la loi. Toutefois, il a rejeté certains articles jugés contraires aux principes fondamentaux de l’ordre constitutionnel sénégalais. L’alinéa 2 de l’article 56, qui traitait de la convocation des magistrats devant l’Assemblée nationale, figure parmi les dispositions invalidées. Ce rejet est significatif, dans la mesure où il soulève la question sensible de l’équilibre entre les pouvoirs et la préservation de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Outre cet article, le Conseil constitutionnel a également déclaré non conformes l’alinéa 6 de l’article 60, l’alinéa 6 de l’article 111 et l’intégralité de l’article 134 de la nouvelle loi organique. Ces dispositions portaient notamment sur l’organisation interne de l’Assemblée nationale, la gestion de ses commissions et les modalités de saisine ou d’interpellation.

En revanche, certaines parties contestées du texte ont été jugées acceptables, à condition qu’elles soient interprétées conformément aux réserves émises par le Conseil. Ainsi, l’alinéa 5 de l’article 15, l’article 16, l’alinéa 5 de l’article 56 et l’alinéa 4 de l’article 57 ont été validés sous réserve d’interprétation, comme précisé dans les considérants 27, 29, 50 et 55 de la décision.

Toutes les autres dispositions du nouveau Règlement intérieur ont été déclarées conformes à la Constitution, ouvrant la voie à leur application dans le cadre du fonctionnement parlementaire.

Cette décision du Conseil constitutionnel intervient dans un contexte politique marqué par des tensions entre l’exécutif, le législatif et les institutions de contrôle. Elle rappelle les limites de l’initiative parlementaire lorsqu’elle touche aux fondements de la séparation des pouvoirs, et renforce le rôle du juge constitutionnel comme arbitre de l’équilibre institutionnel.

Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel rejette des articles du nouveau Règlement intérieur, dont celui sur la convocation des magistrats
Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel rejette des articles du nouveau Règlement intérieur, dont celui sur la convocation des magistrats
Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel rejette des articles du nouveau Règlement intérieur, dont celui sur la convocation des magistrats

Règlement intérieur de l’Assemblée nationale : Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel, 4 dispositions seulement censurées

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision sur le nouveau Règlement intérieur de l’Assemblée nationale (RIAN), et le verdict est globalement favorable. Sur les 136 dispositions analysées, seules quatre ont été jugées contraires à la Constitution. Le groupe parlementaire Pastef–Les Patriotes, à l’origine du projet, se félicite de cette validation quasi-totale, qu’il qualifie de « confirmation de la solidité juridique du texte adopté par l’Assemblée ».

Selon une note d’Ismaël Diallo, membre du groupe Pastef, la décision de la haute juridiction concerne trois alinéas et un article. Les 132 autres dispositions ont été jugées conformes, certaines sous réserve d’une interprétation précisée par le Conseil – une méthode juridique connue sous le nom de réserve d’interprétation.

Les quatre points censurés sont les suivants :

  • Article 56, alinéa 2 : Il autorisait le président de l’Assemblée nationale à faire appel aux forces de l’ordre lorsqu’un individu convoqué par une commission d’enquête parlementaire refusait de déférer à cette convocation. Le Conseil a jugé que cette disposition outrepasse les prérogatives définies par la Constitution.
  • Article 60, alinéa 6 : Il prévoyait la radiation automatique d’un député en cas de condamnation pénale définitive entraînant la déchéance des droits civiques. Le Conseil a estimé que cette disposition introduisait une restriction que la Constitution elle-même n’établit pas, ce qui n’est pas permis à une loi organique.
  • Article 111, alinéa 6 : Il interdisait le retrait d’une motion de censure déposée sous certaines conditions. Le Conseil a rappelé qu’aucune telle interdiction n’est prévue dans la Constitution, rendant cette clause invalide.
  • Article 134 : Concernant le renouvellement des membres de la Haute Cour de justice, cet article a été censuré pour avoir omis une condition essentielle prévue par la Constitution.

Malgré ces réserves, la portée de la décision est globalement positive pour les initiateurs du nouveau règlement. Le Conseil constitutionnel a validé la quasi-totalité du texte, autorisant sa promulgation par le président de la République, à l’exception des quatre dispositions écartées.

« Il ne s’agit que d’enlever les éléments problématiques. Le reste du texte est conforme et peut entrer en vigueur », précise Ismaël Diallo, qui rappelle que les alinéas invalidés ne remettent pas en cause l’ensemble des articles concernés.

Le groupe Pastef considère cette décision comme un feu vert à la réforme du fonctionnement parlementaire. Plusieurs dispositions ont été validées avec des éclaircissements du Conseil, ce qui garantit leur conformité tout en encadrant leur mise en œuvre.

La publication de cette décision intervient dans un climat politique tendu, où certaines voix, y compris au sein de la majorité, avaient critiqué la décision du Conseil comme étant trop sévère. Mais les chiffres apportés par les députés de Pastef viennent relativiser cette perception : moins de 3 % du texte a été censuré.

La balle est désormais dans le camp du président de la République, qui peut promulguer le Règlement intérieur, après retrait des quelques éléments invalidés. L’entrée en vigueur du nouveau texte devrait marquer un tournant dans la modernisation de l’activité parlementaire sénégalaise.

Sénégal–Togo : Diomaye Faye et Faure Gnassingbé s’engagent à renforcer la coopération bilatérale

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce vendredi une visite officielle à Lomé, où il a été accueilli par son homologue togolais, Faure Essozimna Gnassingbé. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales entre les deux pays, et marque une étape importante dans la dynamique diplomatique que Diomaye Faye entend insuffler à la politique extérieure sénégalaise.

Selon une publication de la Présidence de la République du Sénégal, les échanges entre les deux chefs d’État ont permis de renouveler les liens d’amitié et de coopération entre Dakar et Lomé. Les deux présidents ont convenu de relancer la Commission mixte, un cadre stratégique destiné à identifier les opportunités de partenariat, à intensifier les échanges commerciaux et à encourager une coopération mutuellement bénéfique.

Au-delà des questions bilatérales, les deux dirigeants ont abordé les défis sécuritaires et politiques auxquels la sous-région est confrontée, notamment la menace persistante du terrorisme dans le Sahel. Ils ont réaffirmé leur volonté commune de travailler à la préservation de la cohésion régionale et de promouvoir des réponses concertées face à ces menaces.

Conflit foncier à Soussoum : les habitants exigent l’arrêt des travaux et la libération des interpellés

Un climat de tension règne dans le village de Soussoum, situé dans la commune de Ndiaganiao, où un conflit foncier oppose les populations locales aux exploitants d’une carrière de basalte. Ce vendredi, une altercation a éclaté entre des habitants en colère et des éléments de la Gendarmerie, venus encadrer les travaux controversés. En réaction, les populations ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle elles ont exprimé leur indignation et lancé plusieurs revendications.

Selon Ndiome Thiaw, président du collectif pour la défense des terres de Soussoum, l’implantation de cette carrière constitue une agression directe contre les terres agricoles qui assurent la survie des familles. Il affirme que les habitants ont, à plusieurs reprises, manifesté pacifiquement leur opposition au projet, sans que leurs préoccupations ne soient prises en compte. « Depuis des mois, les populations de Soussoum ont exprimé pacifiquement leur refus catégorique de voir une carrière de basalte s’implanter même au cœur de leur terre agricole », a-t-il rappelé.

Le collectif déplore le recours à la force et l’absence de dialogue. Pour Ndiome Thiaw, la présence de la Gendarmerie dans la zone n’a rien de protecteur : « Aujourd’hui, la Gendarmerie est sur place non pas pour protéger les citoyens, mais pour réprimer leur légitime protestation », a-t-il dénoncé. Il qualifie la situation de « grave atteinte aux droits humains, à l’environnement, à la paix sociale et à la justice foncière ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°521 – 25/07/2025

🔴 RAFALE D’ARRIVÉES DE MALIENS ET BURKINABÈ FUYANT LE CHAOS : BAKEL « ENVAHIE »
🔴 RECONNAISSANCE IMMINENTE DE L’ÉTAT PALESTINIEN : LA FRANCE FRANCHIT LE PAS

🔴 ZIGUINCHOR / PRÉSIDENCE DE LA FSF : 28 CLUBS DERRIÈRE ABDOULAYE FALL
🔴 COLLÈGES DES PRÉSIDENTS DES LIGUES RÉGIONALES DE FOOTBALL : JOUR DE VOTE CE SAMEDI

Débat sur la 2STV : Ousseynou Ly clarifie ses propos et dément toute critique envers Ousmane Sonko

Suite à la vague de réactions provoquée par son intervention dans l’émission « Débat de Fond » sur la 2STV, Ousseynou Ly, porte-parole de la Présidence, a tenu à apporter des précisions afin de dissiper toute confusion. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, il réfute catégoriquement l’interprétation selon laquelle il aurait critiqué Ousmane Sonko, Premier ministre et président du parti Pastef.

« J’ai simplement répondu à une question de la journaliste qui me demandait pourquoi je m’exprimais rarement sur l’actualité du parti Pastef », a-t-il expliqué. Revenant sur ses propos, Ousseynou Ly précise avoir évoqué sa position au sein du parti, affirmant qu’il est actif dans une section communale et qu’il intervient surtout dans le domaine de la communication. Selon lui, sa ligne de conduite repose sur un principe clair : éviter de régler les différends en public. « Que ce soit dans la gestion du parti ou au sein de l’État, je privilégie des canaux internes pour exprimer mes désaccords », a-t-il martelé.

Ce sont précisément ces propos – « un bon chef ne règle pas ses désaccords en public » – qui ont été largement partagés sur les réseaux sociaux, certains y voyant une critique à peine voilée d’Ousmane Sonko. Une lecture que rejette Ousseynou Ly : « C’est vrai que j’ai dit qu’un chef ne devait pas exprimer ses désaccords en public. Mais je ne parlais pas de Sonko. Il faut que cela soit clair. »

Dans son message, le porte-parole présidentiel a également tenu à réaffirmer son attachement indéfectible au leader de Pastef. « Je rappelle que Ousmane Sonko est notre leader et notre référent moral. Je lui voue un respect total », a-t-il conclu.

Cette mise au point intervient dans un climat où chaque mot prononcé par un responsable du parti est scruté à la loupe, dans un contexte marqué par des débats sur la cohésion au sommet de l’État. Par cette déclaration, Ousseynou Ly cherche à recentrer l’attention sur l’unité au sein du parti et à faire taire les spéculations autour de prétendues dissensions internes.

Pastef secoué par des rumeurs de clans : Ousseynou Ly appelle à l’unité et dédramatise les tensions

Face à la montée des spéculations sur l’existence de clans au sein du parti Pastef, alimentées par des propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko, le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, est monté au créneau pour apaiser les tensions et réaffirmer son attachement à l’unité du parti. Invité sur le plateau de la 2STV mercredi soir, il a tenu à clarifier sa position et à balayer les allégations de divisions internes.

Réagissant aux déclarations d’Ousmane Sonko qui, dans un entretien, évoquait l’émergence de camps distincts au sein du mouvement, Ousseynou Ly a tenu à relativiser les choses : « Ousmane Sonko est le leader du parti, il est au contact de tout le monde, il sait peut-être des choses que j’ignore. Mais en ce qui me concerne, je n’appartiens à aucun clan. Nous ne devons pas accepter l’existence de clans au sein de Pastef. » Une déclaration ferme, qui se veut une réponse directe aux rumeurs persistantes circulant sur les réseaux sociaux et dans certains cercles militants.

Soulignant la force de son engagement politique, Ousseynou Ly a affirmé qu’il n’a jamais cru à la logique de clans. « Depuis mon engagement dans Pastef, je n’ai jamais cru à ces histoires de clans. Personne ne pourra me faire adhérer à cette logique. Mon engagement est resté intact », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de rester fidèles aux valeurs fondatrices du parti.

Dans un contexte marqué par des commentaires sur une supposée tension entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, née de propos sur un « problème d’autorité », Ousseynou Ly a préféré recentrer le débat sur l’essentiel : la cohésion interne. « Il y a toujours des épreuves, que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition. Ce sont des tests. Je prie pour que nous les surmontions ensemble. Pourquoi devrions-nous accepter cet esprit de clans ? Nous devons le rejeter », a-t-il lancé avec gravité.

Par ces propos, le porte-parole tente visiblement de désamorcer une situation qui, si elle n’est pas contenue, pourrait fragiliser l’image de cohésion du parti au pouvoir. Alors que les projecteurs sont braqués sur l’exécutif, cette sortie publique se veut un rappel à l’ordre fraternel, une invitation à l’unité et une alerte contre les risques de fractures internes.

À travers cette déclaration, Ousseynou Ly semble également vouloir rassurer les militants de Pastef et l’opinion publique : malgré les divergences, le socle militant du parti demeure soudé autour de son projet politique. Reste à savoir si cet appel à l’unité sera entendu dans les rangs du parti, à un moment où les jeux de positionnement au sein du pouvoir attisent les convoitises.

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Déminage en Casamance : une étape décisive franchie avec la réception de deux machines de dernière génération

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce jeudi 24 juillet 2025, la cérémonie officielle de réception de deux machines de déminage de dernière génération. L’événement s’est tenu à Mbao, dans le département de Rufisque, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de parlementaires, d’élus territoriaux, de diplomates et de représentants de partenaires internationaux. Cette cérémonie marque une avancée significative dans la lutte contre la contamination par les engins explosifs en Casamance.

Dans son discours, le chef du gouvernement a souligné l’importance stratégique de ces équipements. Il a déclaré que ces deux machines, parmi les plus performantes actuellement en usage dans le monde, permettront d’intensifier le processus de dépollution des terres casamançaises, conformément aux standards du déminage humanitaire. Leur utilisation vise à sécuriser les zones encore minées et à favoriser le retour des populations déplacées depuis des années à cause du conflit qui a ensanglanté cette région.

Ces équipements ont été acquis par le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), dans le cadre du Programme de développement économique et social (PDES). Ce programme a été financé par le gouvernement japonais à travers un don de 460 millions de yens, soit près de deux milliards de francs CFA. Ce geste de coopération témoigne de l’engagement du Japon aux côtés du Sénégal dans la consolidation de la paix et la sécurité humaine.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a également indiqué que le gouvernement sénégalais envisage, au-delà de ce soutien international, d’acquérir d’autres machines similaires sur ses propres ressources budgétaires. L’objectif est de renforcer les capacités opérationnelles du CNAMS et d’accélérer les opérations de déminage dans toutes les zones concernées.

Dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance, la question du retour des populations dans leurs localités d’origine est une priorité nationale. Le gouvernement entend créer les conditions d’un retour durable et sécurisé, en éliminant totalement les engins explosifs encore disséminés dans certaines zones rurales. Il s’agit aussi de rétablir la possibilité pour les populations de retrouver leurs activités agricoles et de relancer l’économie locale.

Le chef du gouvernement a tenu à rappeler que la dépollution des terres ne représente pas seulement un enjeu sécuritaire, mais aussi un impératif humanitaire et un préalable au développement durable. Il a réaffirmé la détermination des autorités à éradiquer totalement les dangers liés aux mines et à rétablir un climat de paix définitive en Casamance.

Cette cérémonie de réception des machines de déminage constitue donc un tournant majeur dans le processus de reconstruction post-conflit. Elle incarne une volonté politique forte de tourner la page de la guerre et d’ouvrir celle d’un avenir apaisé et prospère pour les populations du sud du Sénégal.

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en forte progression, les importations en repli en mai 2025

L’activité commerciale du Sénégal avec l’étranger a connu des dynamiques contrastées en mai 2025. Selon le dernier bulletin mensuel publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations ont affiché une hausse significative sur un an, malgré un léger recul mensuel, tandis que les importations ont fortement diminué par rapport au mois précédent.

Les exportations se sont élevées à 469,7 milliards de FCFA en mai 2025, enregistrant une baisse marginale de 0,05 % par rapport aux 469,9 milliards de FCFA du mois d’avril. Ce fléchissement est notamment dû à la chute des ventes à l’extérieur d’huiles brutes de pétrole, de poissons frais de mer et de zirconium. Toutefois, cette tendance a été contrebalancée par une forte progression des exportations de produits pétroliers raffinés, d’acide phosphorique et d’or non monétaire, qui ont connu des hausses respectives de 46,4 %, 184 % et 26,5 % en un mois.

Comparées à mai 2024, les exportations sénégalaises ont bondi de 74,1 %, atteignant un cumul de 2 325,7 milliards de FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 1 413,8 milliards sur la même période en 2024, soit une croissance annuelle de 64,5 %. Les produits les plus exportés en mai sont les produits pétroliers raffinés (102,1 milliards de FCFA), les huiles brutes de pétrole (73,2 milliards), l’or non monétaire (65,2 milliards), l’acide phosphorique (25,0 milliards) et les poissons frais de mer (19,9 milliards de FCFA).

En parallèle, les importations ont connu un net recul, s’établissant à 557,4 milliards de FCFA en mai 2025, contre 619,7 milliards en avril, soit une baisse de 10,1 %. Ce repli s’explique par une diminution des achats de riz, de produits pétroliers raffinés, de véhicules terrestres et de blé. À l’inverse, les importations de maïs, de matériaux céramiques et verriers, ainsi que de produits chimiques ont légèrement progressé, atténuant la chute globale.

Sur une base annuelle, les importations ont reculé de 8,6 % par rapport à mai 2024. Toutefois, sur les cinq premiers mois de l’année, elles affichent une hausse de 5,2 %, atteignant un total de 3 023,8 milliards de FCFA contre 2 874,5 milliards l’an dernier. Les produits les plus importés durant cette période restent les produits pétroliers raffinés (119,9 milliards), les machines et appareils (48,6 milliards), les huiles brutes de pétrole (44,5 milliards) et le riz (35,6 milliards).

Concernant les partenaires commerciaux, le Sénégal continue de diversifier ses échanges. Le Mali demeure le premier client du pays avec 18,6 % des exportations, suivi par l’Inde (12,2 %), la Suisse (9,4 %), l’Italie (8,4 %) et les Pays-Bas (7,7 %). Du côté des importations, les principaux fournisseurs sont la Chine (12,3 %), la France (8,7 %), le Nigéria (8,1 %) et la Russie (8,0 %).

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°520 – 24/07/2025

🔴 AUGMENTATION DE 5,3% DES DÉPENSES PUBLIQUES EN UN AN : L’ÉTAT REFUSE DE SERRER LA CEINTURE
🔴 TRICHERIE AUX EXAMENS : DES INSTITUTEURS INTERPELLENT GUIRASSY

🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LE PRÉSIDENT CHOISI EN NOVEMBRE
🔴 RÉINVENTION DU SPORT SÉNÉGALAIS : 11 INNOVATIONS EN MARCHE

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique :
•       Colonel Momar SOW, Conservateur des Parcs nationaux, matricule de solde n°614 827/D, est nommé Directeur des Aires marines communautaires protégées, en remplacement du Colonel Mamadou SIDIBE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique :
•       Abdoul Aziz ZOUMAROU, Expert en gestion de projets internationaux et en innovation technologique, est nommé Président du Conseil d’Administration de Télédiffusion du Sénégal (TDS), en remplacement de Monsieur El Hadji Ibrahima Ndiaye.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale
•       Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Action sociale, en remplacement de Monsieur Ousseynou Ngom.
Au titre du Ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions
•       Madame Ramatoulaye NIANG, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n606 931/E, précédemment Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, est nommée Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, en remplacement de Monsieur Karim CISSE, appelé à d’autres fonctions.
•       Monsieur Mouhamed Mactar LOUM, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n604 462/J, précédemment Coordonnateur de la Cellule de Coordination des Inspections du Travail et de la Sécurité sociale à la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale, est nommé Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, en remplacement de Madame Ramatoulaye NIANG.
Au titre du Ministère de l’Education nationale :
•       Monsieur Papa Malick NDAO, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde 516 360/M, est nommé Secrétaire général du Ministère de l’Education nationale en remplacement de Madame Khady Diop MBODJ, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

•       Monsieur Omar BA, Conseiller des Affaires étrangères, précédemment, chef de la division Moyen-Orient à la Direction Asie, Pacifique et Moyen-Orient au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères est nommé Secrétaire général de l’Institut Islamique de Dakar, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire

•       Madame Ndèye Déguène SOW, Administrateur Civil, matricule de solde 722 203/B précédemment Conseillère technique à la direction de la Programmation budgétaire, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire en remplacement de Monsieur Gorgui NDIAYE.

•       Monsieur Amadou Tidiane DIALLO, Ingénieur agronome, Diplômé de l’ENSA de Thiès, précédemment Directeur des Investissements, du Financement et du suivi des portefeuilles au FONAMIF, est nommé Directeur général du Fonds National de Microfinance (FONAMIF), en remplacement de Madame Nicole Olga Edith MANSIS appelé à d’autres fonctions.

•       Monsieur Papa Layti NDIAYE, Conseiller en Planification, matricule n° 601 494/H, est nommé Président du Conseil de Surveillance du Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI).

Au titre du Ministère de l’Urbanisme des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires
•       Monsieur Seydou TOUNKARA, greffier, est nommée Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Samba SALL.
•       Monsieur Matar NDAO, ingénieur informatique, expert en management de projets, est nommé directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Aliou Ousmane SALL.
•       Monsieur Papa Alioune DIOUF, inspecteur des impôts et domaines, matricule de solde n 696.269/B, est nommé Secrétaire général au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, poste vacant.
•       Monsieur Leyti NDIAYE, Ingénieur territorial, expert en systèmes d’information, aménagement et urbanisme, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de l’Aménagement des Territoires (ANAT) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
•       Monsieur Habib KANE, juriste, est nommé Président du Conseil d’administration du Centre National de la Fonction publique locale et de la formation au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Madame Maatham BA.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 23 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

 A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le jeudi 17 juillet 2025, la cérémonie de lancement des travaux de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il a adressé ses chaleureuses félicitations et ses encouragements au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, au Coordonnateur et aux membres du Comité d’appui, à l’ensemble de la communauté universitaire, dans toutes ses composantes, pour le travail inclusif de redressement entamé. Cette volonté commune et l’engagement patriotique collectif permettront de bâtir, sur la base de notre potentiel culturel. des acquis historiques et des réorientations impératives pour une Université d’Excellence, un système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation rénové et moderne, au service de l’économie nationale, de la transformation sociale et de la souveraineté du Sénégal. C’est dans cet esprit et, en attendant la présentation des conclusions et recommandations des concertations, qu’il a demandé au Premier Ministre de veiller à la mise en œuvre. sans délai, du Plan d’urgence de finition des chantiers, de réalisation d’infrastructures universitaires et de recrutement d’enseignants-chercheurs sur les trois prochaines années, dont 500 à partir de 2025.  
 
Ce Plan exhaustif doit être assorti d’un dispositif de suivi de proximité, en adéquation avec les flux des nouveaux étudiants bacheliers entrants et des sortants. A cet égard, le Président de la République a demandé au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur de poursuivre le développement de l’Université virtuelle du Sénégal et l’implantation des ISEP dans toutes les régions. Au demeurant, il a rappelé aux Ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de l’Education l’importance d’engager, dans l’immédiat, après une analyse approfondie des résultats de 2025, les réflexions sur la réforme de l’examen du baccalauréat et du système LMD, en tenant compte des besoins de professionnalisation du capital humain national et de la montée en puissance du Numérique, de l’Intelligence artificielle et des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM). Par ailleurs, il a rappelé l’urgence de finaliser, dans le cadre de partenariats public-privé, l’élaboration inclusive d’une politique nationale de recherche et d’innovation opérationnelle, cohérente et prospective, conforme aux objectifs de la vision « Sénégal 2050 », soutenue par des mécanismes de financements adaptés. A ce titre, il a souligné la place notable du secteur privé, notamment des établissements privés, dans le développement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le Chef de l’Etat a, dès lors, exhorté toutes les parties prenantes de la communauté universitaire à asseoir, dans un esprit de dialogue permanent, la stabilité sociale, le sens des responsabilités et la solidarité agissante, la qualité, l’équité et l’excellence du modèle pédagogique, économique et de gouvernance : ressources financières et humaines en termes de mobilité dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.
 
Le Président de la République est revenu sur la problématique du suivi stratégique du développement maitrisé du secteur de l’hydraulique. La renégociation et la signature, entre l’Etat du Sénégal et le Groupe saoudien ACWA POWER, du nouveau contrat de PartenariatPublic-Privé pour la réalisation d’une usine de dessalement sur la grande côte, avec ses infrastructures électriques connexes et une prise de participation stratégique de l’Etat, marquent un tournant majeur dans notre option de consolider un Sénégal souverain, juste et prospère. Cet acte représente un moment important de la transformation du secteur de l’hydraulique. Il a félicité la partie saoudienne, le Gouvernement, notamment le Premier Ministre, responsable de la renégociation des contrats mais également de la supervision et du suivi de la coopération et des partenariats avec les pays du Golfe persique, selon la directive présidentielle n°0684/PR du 13 décembre 2024. Il a aussi magnifié le travail d’équipe gouvernementale remarquable qui a contribué à la conclusion du nouveau contrat et félicité les Ministres en charge de l’Hydraulique, de l’Economie, de l’Energie, des Finances, de l’Environnement et l’ensemble des structures impliquées (notamment la SONES et la SENELEC) pour leur efficacité exemplaire. Il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de veiller au lancement, dans les meilleurs délais, de ce projet hydraulique de dernière génération, indispensable pour améliorer durablement l’approvisionnement en eau potable des populations dans les centres urbains et péri-urbains, notamment les habitants de la capitale. 
 
Dans le même élan, le Président de la République a indiqué au Gouvernement l’importance et l’urgence de veiller à l’approvisionnement correct en eau potable des populations en milieu rural : 
 
–       en accélérant le renouvellement des forages, châteaux d’eau et réseaux ;
–       en améliorant la gouvernance inclusive des forages et autres infrastructures hydrauliques ainsi que la continuité des services, en relation avec les différents concessionnaires dont les performances doivent être régulièrement évaluées.
Enfin, il a rappelé au Gouvernement la nécessité de faire adopter, avant la fin de l’année, le projet de loi relatif à l’Autorité de régulation du secteur de l’Eau, dans le cadre des réformes majeures liées à la Vision Sénégal 2050.
Le Chef de l’Etat a abordé la question de la sanctuarisation des emprises à caractère militaire. Le Sénégal vient de récupérer, le 17 juillet 2025, dans la sérénité et le sens des responsabilités, la totalité des emprises militaires, précédemment occupées par des forces armées étrangères, mettant fin à leur présence permanente sur le territoire national. Il a informé le Conseil avoir visité, le samedi 19 juillet 2025, une partie des sites libérés. Il a félicité le Gouvernement et les forces armées sénégalaises pour les efforts remarquables d’anticipation consentis qui ont permis de recouvrer la pleine souveraineté du Sénégal sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre de la nouvelle politique de coopération militaire. Il a rappelé le caractère crucial de cette étape, dans la perspective de l’affectation adéquate des emprises libérées selon les impératifs : 
 
–       de défense et de sécurité nationale ; 
–       de valorisation de leur potentiel économique dans le cadre du déploiement des projets et programmes relevant de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050. 
Le Président de la République est revenu sur la question de la modernisation des marchés et des espaces commerciaux et de la mise en œuvre des recommandations des états généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI. L’amélioration des conditions d’organisation et d’exercice des activités commerciales doit rester une priorité du Gouvernement. Il a demandé aux Ministres en charge du Commerce et des Collectivités territoriales d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes de modernisation des marchés et espaces commerciaux sur l’ensemble du territoire national. Il a souligné l’urgence de la mise en service des marchés et espaces commerciaux déjà réalisés comme celui de Tilène à Ziguinchor, en veillant à la vérification systématique des prescriptions de la protection civile et à la mise aux normes des installations électriques en particulier. En outre, il a demandé au Ministre en charge du Commerce d’engager sans délai, l’application des recommandations issues des Etats généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI, s’agissant de la modernisation des installations commerciales. Par ailleurs, il a donné des instructions pour accélérer la mise en œuvre du Programme national de réalisation d’infrastructures de stockage et de conservation, programme à développer avec le secteur privé national.
Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il effectuera une visite de travail au Togo, le 25 juillet 2025, à l’invitation du Président du Conseil des Ministres, Faure EYADEMA. Le samedi 26 juillet 2025, il prendra part, à
Monrovia, à la célébration de la fête nationale du Libéria, à l’invitation du Président Joseph Boakai.
Le Premier Ministre, après avoir rappelé les constats alarmants du rapport d’audit des finances publiques par la Cour des comptes, a annoncé au Conseil le plan gouvernemental de redressement économique de notre pays qui sera présenté au grand public et aux partenaires à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement. Le Premier Ministre a abordé la problématique de l’équité sociale, de l’équité territoriale et l’accélération de projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie. Il a souligné le caractère important de l’équité sociale et de l’équité territoriale qui constituent un facteur essentiel de cohésion nationale et de développement durable. Il a ensuite exprimé le souci de corriger les inégalités et déséquilibres socio-spatiaux vécus par des millions de citoyens du fait notamment du chômage, de la pauvreté, de l’enclavement, de la situation de handicap ou de l’appartenance à des groupes vulnérables comme les femmes et les enfants. Il a insisté sur la nécessité de résorber ces inégalités de manière structurelle.
Le Premier Ministre a indiqué que l’équité ne doit plus être perçue comme une politique sociale parmi d’autres. Elle est désormais, à l’image de la problématique environnementale, une exigence transversale, qui interpelle les ministères, collectivités et agences publiques. L’équité doit donc obéir à la nécessité de garantir une juste répartition des opportunités, ressources et retombées des politiques publiques et l’exigence d’une participation transversale de tous les acteurs économiques et sociaux à la mise en œuvre des actions entreprises. Le Premier Ministre a enfin demandé à chaque département ministériel d’intégrer la dimension « Équité » dans sa politique sectorielle et dans le dialogue avec tous les partenaires. Il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités à s’atteler à la prise en charge intégrale de l’Équité à travers un Programme national d’Equité sociale (PNES) visant à réduire les inégalités et à promouvoir l’inclusion des populations vulnérables identifiées dans le Registre national unique (RNU) et un Programme national d’Equité territoriale (PNET) pour corriger les disparités.  Concernant l’accélération des projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie, le Premier Ministre a indiqué qu’il s’agit, d’une part, du Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) et, d’autre part, de deux infrastructures majeures dans les secteurs de l’eau et de l’énergie : l’unité de dessalement des Mamelles et le barrage hydroélectrique de Sambangalou. Ces projets portent une ambition partagée : renforcer notre souveraineté économique, sécuriser l’accès à des services essentiels et offrir de nouvelles perspectives d’emplois et d’industrialisation sur l’ensemble du territoire. Le Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) vise à développer des pôles agro-industriels à fort potentiel, en articulant production agricole, transformation locale et création d’emplois avec la mise en place de cinq agropoles et une couverture équilibrée du territoire national.
À ce jour, les agropoles Sud (Ziguinchor, Kolda) et Centre (Kaolack, Fatick, Kaffrine) sont en cours d’exécution, avec des financements significatifs mobilisés auprès de l’Etat, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), l’Union Européenne (UE) et l’Agence belge de coopération internationale (ENABEL). Ces deux agropoles représentent déjà plus de 160 milliards FCFA d’investissement et visent la création de plus de 350 000 emplois directs et indirects.
L’Agropole Nord, dont le coût est estimé à près de 184 milliards FCFA, a bénéficié d’un premier engagement de la BAD. Toutefois, la convention complémentaire de financement avec la BID (57 milliards FCFA), soumise depuis 2024, reste non signée, ralentissant son lancement. Au-delà des questions de financement, plusieurs facteurs sont à relever, à savoir, la gouvernance du dispositif national et régional, le recrutement des partenaires stratégiques et l’approvisionnement agricole. Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Industrie et de l’Agriculture de faire une revue complète de l’état d’avancement et des contraintes opérationnelles et de produire un rapport détaillé au plus tard le 25 août 2025.
L’unité de dessalement des Mamelles est d’une importance capitale dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau potable à Dakar. Elle vise à produire jusqu’à 100
000 m³ d’eau/jour à terme. À date, le taux d’avancement est estimé à 78 % et les travaux de réseau de distribution sont déjà bien engagés dans plusieurs zones de la capitale.
Le barrage hydroélectrique de Sambangalou, projet régional porté par l’OMVG, vise la production de 128 MW pour les États membres. L’avancement des travaux est actuellement de 38 %, mais ceux du génie civil sont suspendus depuis mars 2024.
Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Économie et du Plan, des Finances, de l’Hydraulique, de l’Énergie, de l’Agriculture et de l’Industrie de travailler, de manière concertée, à l’identification de solutions à court terme (paiement, arbitrage budgétaire, contractualisation) à soumettre avant la date du 15 septembre et à la mise en place d’un suivi renforcé, appuyé par le BOCS. Enfin, il a insisté sur la mobilisation collective pour relancer efficacement les chantiers et répondre aux attentes légitimes des populations.
 AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
–       Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur le financement des projets, la budgétisation, et la stratégie d’endettement ;
–       le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication relative à la préparation de la campagne de reboisement 2025 et du week-end de lancement de la campagne les 02 et 03 août 2025 ;
–       le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;
–       le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur la stratégie numérique du Sénégal à travers le déploiement de l’outil de gestion électronique du courrier (SENGEC).
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
le Conseil a examiné et adopté : le Projet de Code du sport relatif à la Loi sur les activités physiques et sportives. 

Crise dans la Justice : les syndicats SYTJUST et UNTJ durcissent le ton face au silence du gouvernement

Le bras de fer entre les travailleurs de la justice et les autorités sénégalaises prend une nouvelle tournure. L’Entente SYTJUST–UNTJ, regroupement des deux principaux syndicats du secteur, a annoncé une grève de 48 heures pour les 24 et 25 juillet 2025. Cette décision fait suite à ce que les syndicalistes dénoncent comme un mutisme prolongé et méprisant des autorités, notamment du ministre de la Justice, Ousmane Diagne.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats protestent contre la non-satisfaction de leurs revendications relatives à leurs conditions de travail et au respect de leurs droits professionnels. Mais selon eux, l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de fuir ses responsabilités, a contribué à envenimer la situation. Ousmane Diagne, affirment-ils, n’a engagé aucun dialogue ni pris la moindre initiative pour désamorcer la crise, préférant transférer la gestion du conflit au ministère de la Fonction publique. Or, la seule rencontre tenue avec ce dernier interlocuteur remonte au 1er juillet, sans qu’aucune suite concrète n’ait été donnée depuis.

Dans leur déclaration, les responsables syndicaux s’indignent du « mépris institutionnalisé » dont ils se disent victimes. Ils estiment que le silence persistant du gouvernement est une stratégie délibérée visant à affaiblir leur mobilisation. Ce mépris, dénoncent-ils, est d’autant plus grave que l’État aurait également recours à des réquisitions qu’ils jugent illégales, dans le but d’entraver l’exercice du droit constitutionnel de grève. Une telle attitude, affirment-ils, constitue une menace pour les droits syndicaux et les acquis démocratiques durement obtenus.

Déterminés à ne pas céder face à ce qu’ils considèrent comme une forme d’intimidation, les syndicats appellent à une mobilisation générale sur toute l’étendue du territoire. Ils exhortent non seulement les travailleurs de la Justice, mais aussi toutes les centrales syndicales et les organisations sociales, à se joindre à leur lutte pour la sauvegarde des droits syndicaux et la défense de la dignité des agents de l’État. À travers ce mot d’ordre élargi, l’Entente SYTJUST–UNTJ veut faire de ce mouvement un combat national pour les libertés syndicales.

Cette grève de 48 heures marque une étape importante dans un mouvement qui dure depuis plus d’un mois, depuis le 18 juin. Elle symbolise une radicalisation de la lutte syndicale et un durcissement du ton face à des autorités perçues comme indifférentes aux préoccupations du secteur judiciaire. Les syndicats préviennent que la mobilisation se poursuivra et que le combat ne s’arrêtera que lorsque leurs revendications auront été entendues et prises en compte.

À travers leur mot d’ordre fort, « Justice en lutte, dignité en marche », les syndicats entendent rappeler que derrière chaque robe noire ou chaque greffier, il y a un travailleur debout, conscient de ses droits et prêt à les défendre. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, appelé à sortir du silence pour éviter une paralysie prolongée du service public de la Justice.

Sénégal–Vietnam : accords stratégiques pour renforcer la coopération diplomatique et la souveraineté alimentaire

Le Sénégal et le Vietnam ont franchi un nouveau cap dans leurs relations bilatérales, ce mercredi 23 juillet 2025, à Dakar, avec la signature de plusieurs accords stratégiques. Présidée conjointement par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et le président de l’Assemblée nationale vietnamienne Trần Thanh Mẫn, la cérémonie a consacré une volonté commune d’approfondir une coopération structurante autour de trois axes clés : la diplomatie, la filière rizicole et la souveraineté alimentaire.

Ces accords visent à établir un partenariat dynamique, fondé à la fois sur le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités techniques et le développement économique. En matière de diplomatie, il s’agit d’intensifier les relations entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, avec à la clé des perspectives d’échanges institutionnels réguliers, de formation diplomatique croisée et d’appui aux politiques de coopération Sud–Sud.

Sur le plan agricole, l’enjeu est de taille pour le Sénégal qui, chaque année, importe plus de 4 millions de tonnes de riz. Le Vietnam, l’un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux dans ce domaine, s’engage à accompagner Dakar dans sa quête d’autosuffisance, en apportant son expertise en matière de production, de transformation et de mécanisation agricole. Ce volet agricole des accords met l’accent sur la valorisation des terres cultivables, la mise en place de filières locales durables et la sécurisation de la production à travers une approche agro-industrielle.

Selon une source proche de la Primature, cet accord constitue « un partenariat structurant, dans un contexte où les enjeux de souveraineté alimentaire sont devenus centraux pour les politiques publiques africaines ». Il est aussi prévu la mise en œuvre d’échanges scientifiques et techniques, notamment dans les domaines de la gouvernance agricole, de la formation professionnelle, de la gestion de l’eau et de la transition agroécologique.

Dans un registre plus décentralisé, un protocole d’intention a été signé entre les villes de Ziguinchor et Can Tho, grande municipalité vietnamienne située dans le delta du Mékong. Ce partenariat municipal ouvre une nouvelle dynamique de coopération locale, centrée sur la gestion environnementale, le développement économique de proximité et l’amélioration des services publics urbains. Les deux collectivités entendent s’inspirer mutuellement pour répondre aux défis locaux, tout en favorisant les échanges humains et culturels.

À travers ces différentes initiatives, Dakar et Hanoï confirment leur ambition de construire une relation durable, équilibrée et mutuellement bénéfique. Dans un monde marqué par les défis du climat, de l’alimentation et de l’instabilité géopolitique, cet axe Sénégal–Vietnam pourrait bien devenir l’un des nouveaux visages de la coopération sud-sud innovante et pragmatique.

Renforcement des relations bilatérales : Bassirou Diomaye Faye reçoit le président de l’Assemblée nationale du Vietnam au Palais

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce mercredi 23 juillet 2025 une audience solennelle à M. Trân Thanh Mân, président de l’Assemblée nationale de la République socialiste du Vietnam, en visite officielle à Dakar. Cette rencontre, qui s’est tenue au Palais de la République, marque une étape importante dans les relations diplomatiques entre les deux pays, et témoigne de leur volonté commune de renforcer une coopération multiforme.

La Présidence sénégalaise a salué sur sa page officielle cette visite qualifiée d’historique, mettant en exergue la solidité des liens d’amitié entre le Sénégal et le Vietnam. Elle souligne que cette audience de haut niveau traduit un engagement partagé à intensifier les échanges institutionnels, à promouvoir un dialogue interparlementaire dynamique et à approfondir les relations entre les deux peuples dans un esprit de respect mutuel, de solidarité et de coopération durable.

À travers cette réception, le Sénégal réaffirme sa vision d’une diplomatie ouverte et proactive, fondée sur les valeurs de fraternité, de paix, de développement et de prospérité partagée. Le président Diomaye Faye, qui fait de la diversification des partenariats un pilier central de sa politique extérieure, renforce ainsi l’ancrage du Sénégal dans une coopération Sud-Sud porteuse d’opportunités.

La visite de Trân Thanh Mân s’inscrit dans un contexte où les deux pays explorent de nouveaux axes de collaboration, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’industrialisation, de la formation, de l’innovation technologique et de l’investissement. Elle intervient également en écho aux propos du ministre sénégalais de l’Agriculture, Mabouba Diagne, qui a récemment présenté le Vietnam comme un modèle inspirant pour le Sénégal en matière de souveraineté alimentaire et de modernisation agricole.

Cette rencontre entre les deux plus hautes autorités exécutive et législative des deux États constitue donc un signal fort en faveur d’un partenariat stratégique renouvelé entre le Sénégal et le Vietnam. Un partenariat fondé sur le partage d’expériences, la coopération économique et le dialogue politique constructif.

Affaire Diakhaté–Fofana : le délibéré encore reporté, pour la troisième fois

L’affaire judiciaire impliquant l’ancien député Moustapha Diakhaté et le chroniqueur Bachir Fofana connaît un nouveau report. Le délibéré, initialement attendu ce mardi 23 juillet 2025, a été à nouveau renvoyé, cette fois au 30 juillet, en raison de la poursuite de la grève des greffiers.

Il s’agit du troisième report consécutif dans cette procédure. Le verdict devait être rendu pour la première fois le 16 juillet, avant d’être repoussé d’une semaine, puis à nouveau ajourné ce jour. Un scénario qui prolonge l’incertitude judiciaire et maintient les deux prévenus en détention provisoire.

Cette nouvelle échéance, bien qu’administrative, pèse lourd sur le moral des proches des mis en cause, d’autant que les motifs de l’accusation, eux, n’ont toujours pas été publiquement précisés en détail. L’avocat de la défense a exprimé sa frustration face à ces retards répétés, qui empêchent tout éclaircissement sur la suite du dossier.

Farba Ngom : bracelet électronique maintenu pour ses frères, une inculpation rejetée pour le maire des Agnams

Nouvelle évolution dans l’affaire judiciaire qui secoue Farba Ngom et son entourage. Ce mercredi, la Chambre d’accusation s’est prononcée sur plusieurs points sensibles du dossier. Elle a d’abord confirmé la décision de placement sous bracelet électronique des deux frères du député-maire des Agnams, mis en cause dans une affaire de transaction financière douteuse portant sur un montant de 4 milliards FCFA, viré depuis le Trésor public en juin 2022.

Les deux frères de Farba Ngom sont inculpés pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, complicité d’escroquerie sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Leur mise sous surveillance électronique, décidée par le juge d’instruction du premier cabinet financier, avait été contestée par le parquet, qui réclamait leur incarcération. La Chambre d’accusation a finalement tranché en faveur du maintien de la mesure initiale, rejetant ainsi l’appel du ministère public.

Dans le même dossier, la Chambre s’est également penchée sur le cas de Farba Ngom lui-même. Elle a rejeté l’une des principales charges qui pesaient contre lui, à savoir l’inculpation pour association de malfaiteurs en bande organisée. Une décision qui allège partiellement le fardeau judiciaire du maire des Agnams, sans toutefois remettre en cause les autres poursuites engagées à son encontre.

Parallèlement, un nouveau rebondissement médical est intervenu mardi 22 juillet. Le juge d’instruction Idrissa Diarra, saisi de la demande de liberté provisoire formulée par les avocats de Farba Ngom le 10 juillet dernier, a refusé d’accéder à cette requête, en dépit d’une première expertise médicale concluant que l’état de santé du prévenu était incompatible avec une détention carcérale. Le magistrat a cependant ordonné une contre-expertise médicale, en désignant un trio de médecins pluridisciplinaires chargés d’évaluer de manière indépendante la condition physique du député incarcéré depuis février 2025.

Le collège médical désigné comprend le professeur Serigne Maguèye Guèye, chef du service d’urologie de l’Hôpital Général Idrissa Pouye, le docteur Pape Saliou Mbaye, spécialiste en hépatologie et gastro-entérologie, et le docteur Ousmane Dièye, cardiologue. Leur mission est de produire un rapport circonstancié sur la capacité de Farba Ngom à supporter une incarcération prolongée.

Magal 2025 : Autorités religieuses et gouvernement en concertation pour les derniers réglages

À quelques semaines du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur du calendrier sénégalais, les préparatifs s’accélèrent. Ce mardi, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion du Comité Régional de Développement (CRD) national, consacrée aux derniers ajustements avant le rassemblement. Présidée par le Ministre de l’Intérieur, la rencontre s’est tenue en présence de Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, porte-parole du Khalife général des Mourides et président du comité d’organisation du Magal, aux côtés des dignitaires religieux, des représentants de l’administration et des principaux acteurs engagés.

Lors de cette séance stratégique, le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un état d’avancement précis des engagements pris. Sur les 127 points inscrits dans la feuille de route, 32 sont entièrement réalisés, 69 sont en cours de finalisation et 26 devraient l’être dans les prochains jours. Le taux global d’exécution est estimé à 80 %, reflet d’une mobilisation constante et coordonnée entre les différents services impliqués.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires, notamment la santé publique, l’hygiène, l’assainissement, l’approvisionnement en eau, la logistique, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que l’amélioration générale du cadre de vie dans la ville sainte de Touba. Le cadre hebdomadaire des « Mercredis du Magal », instauré pour assurer un suivi régulier, permet aux équipes techniques et administratives de maintenir un haut niveau de coordination.

Prenant la parole, Serigne Bassirou Abdou Khadr a salué les efforts déployés par l’ensemble des acteurs, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le rythme afin d’atteindre un taux d’exécution de 100 %. Il a également rappelé des points essentiels : le respect strict de l’interdiction de la conduite de charrettes par des mineurs, l’obligation de se conformer aux normes de construction, ainsi que la nécessité d’obtenir un permis de bâtir pour toute édification dans la ville sainte. Il a, en outre, souligné le rôle stratégique de Touba dans la répartition des ressources nationales.

Le Ministre de l’Intérieur a, quant à lui, salué l’efficacité et l’exemplarité du comité d’organisation. Il a réaffirmé l’engagement du Président de la République et du gouvernement à accompagner les préparatifs et à garantir les meilleures conditions de déroulement du Magal. Des prières ont été formulées pour la paix, la stabilité du pays et la réussite de cet événement spirituel de portée nationale et internationale.

António Guterres : « Un moment décisif pour accélérer l’ère des énergies propres »

Dans un discours solennel, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dressé un état des lieux lucide de la transition énergétique mondiale. Selon lui, l’humanité est à la croisée des chemins : soit elle accélère la bascule vers les énergies propres, soit elle s’enlise dans un modèle fossile synonyme de chaos climatique, d’instabilité économique et d’injustice sociale.

Aujourd’hui, un tournant historique semble amorcé. En 2024, la quasi-totalité des nouvelles capacités électriques installées à travers le monde provenaient des énergies renouvelables. Les investissements dans ce secteur ont atteint un niveau record de 2 000 milliards de dollars, soit 800 milliards de plus que ceux injectés dans les énergies fossiles. Le solaire et l’éolien se sont imposés comme les sources d’électricité les moins chères de la planète. En plus de créer des millions d’emplois et de stimuler la croissance, les énergies propres offrent une stabilité face aux chocs géopolitiques et aux fluctuations du marché, contrairement aux combustibles fossiles toujours massivement subventionnés.

Guterres ne mâche pas ses mots : les pays qui persistent à s’accrocher aux énergies fossiles ne protègent pas leur économie, ils la sabotent. En agissant ainsi, ils se ferment à la plus grande opportunité économique du XXIe siècle et compromettent leur compétitivité future. L’énergie propre, en plus d’être durable, renforce la souveraineté des nations. Là où les hydrocarbures sont soumis à des crises d’approvisionnement, à des embargos ou à des flambées de prix, le soleil et le vent, eux, sont inépuisables et accessibles à tous.

L’énergie propre, c’est aussi un levier de justice sociale. Elle peut transformer la vie de centaines de millions de personnes encore privées d’électricité, notamment en Afrique, grâce aux technologies solaires décentralisées et aux innovations à petite échelle. Mais cette transition, pourtant inévitable, reste aujourd’hui trop lente et profondément inégale. Les pays en développement sont encore largement laissés pour compte, et les systèmes énergétiques mondiaux demeurent dominés par les énergies fossiles. Pire encore, les émissions mondiales continuent d’augmenter alors qu’elles devraient chuter drastiquement pour éviter un dérèglement climatique irréversible.

Face à cette situation, António Guterres appelle à une mobilisation mondiale à plusieurs niveaux. Il demande d’abord aux gouvernements de revoir leurs plans climat en relevant fortement leurs ambitions. Les Contributions déterminées au niveau national (CDN), attendues dans les mois à venir, doivent clairement tracer une trajectoire de sortie des énergies fossiles et s’aligner avec l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C. Le G20, responsable de 80 % des émissions, a un devoir d’exemplarité.

Il insiste ensuite sur la nécessité de moderniser les systèmes énergétiques pour exploiter pleinement le potentiel des renouvelables. À ce jour, pour chaque dollar investi dans les énergies vertes, à peine 60 centimes sont consacrés aux réseaux électriques et aux capacités de stockage, alors qu’un équilibre parfait est indispensable pour garantir la fiabilité de l’approvisionnement.

Autre priorité : orienter la demande énergétique vers le renouvelable, notamment dans les secteurs à forte consommation, comme les centres de données, dont les besoins pourraient égaler ceux du Japon d’ici 2030. Les grandes entreprises technologiques ont, selon Guterres, une responsabilité dans l’alimentation de leurs infrastructures en électricité verte.

Il insiste également sur la nécessité d’une transition juste, qui tienne compte des travailleurs dépendants des combustibles fossiles, mais aussi des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Celles-ci sont aujourd’hui entachées de violations des droits humains, de dégradations environnementales et d’une marginalisation des pays en développement, relégués aux maillons les moins rentables.

Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement sont fragiles et le commerce mondial fragmenté, le Secrétaire général exhorte les États à coopérer pour diversifier la production d’équipements verts, réduire les barrières douanières et adapter les traités d’investissement afin qu’ils soutiennent activement la transition énergétique.

Enfin, Guterres alerte sur le sous-financement chronique des pays du Sud. Il rappelle que l’Afrique, bien que disposant de 60 % du potentiel solaire mondial, n’a attiré que 2 % des investissements en 2024. Il appelle à une mobilisation internationale pour alléger le fardeau de la dette, réformer les banques multilatérales de développement et inciter les investisseurs à revoir leurs grilles d’évaluation, afin de mieux intégrer les risques climatiques et le potentiel des énergies propres.

En conclusion, António Guterres dépeint une vision ambitieuse, mais réaliste : celle d’un avenir où l’énergie est propre, abondante, bon marché, et accessible à tous. Un avenir où les nations retrouvent leur autonomie énergétique et où l’électricité devient un bien commun mondial. Pour y parvenir, il faut agir maintenant. Car, comme il le martèle, la transition énergétique est en marche, mais elle doit aller plus vite, et surtout être plus équitable. « Nous avons aujourd’hui une occasion unique d’accélérer la transition mondiale. Saisissons-la. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°519 – 23/07/2025

🔴 AFFLUENCE RECORD À REBEUSS / BADARA GADIAGA : UN HÉROS ENTRE QUATRE MURS
🔴 L’EX-DG D’ANAMO CITÉ DANS UNE AFFAIRE DE 600 MILLIONS F CFA : MAODO MALICK MBAYE TOMBE

🔴 LSFP / CANDIDATURE DE MOHAMED DJIBRIL WADE : UN PROFIL QUI COCHE TOUTES LES CASES
🔴 CRÉATION D’UNE FÉDÉRATION NATIONALE : LA LUTTE SÉNÉGALAISE FRANCHIT UN CAP

Seydi Gassama défend OSIWA : « L’État est le premier bénéficiaire des subventions »

Au cœur d’un débat vif autour de la Fondation Open Society pour l’Afrique de l’Ouest (OSIWA), Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, est sorti de sa réserve pour apporter des clarifications importantes. Face aux nombreuses critiques qui circulent dans les médias et sur les réseaux sociaux à propos de cette organisation active au Sénégal depuis 2000, il a souhaité rétablir certaines vérités dans une publication sur sa page Facebook.

Seydi Gassama souligne d’emblée que la démarche la plus responsable, intellectuelle et journalistique, aurait été de se rendre au siège d’OSIWA afin de s’informer directement sur ses programmes et ses activités au Sénégal et dans la sous-région ouest-africaine. Il déplore cependant que beaucoup préfèrent se contenter de déclarations péremptoires provenant de personnes se présentant comme experts, mais qui ne font que relayer des opinions sans fondement dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal tient à rappeler que l’État sénégalais est en réalité le principal bénéficiaire des subventions octroyées par OSIWA. Il explique que de nombreux secteurs gouvernementaux ont reçu ce soutien financier dans le cadre de projets spécifiquement identifiés et validés par les autorités nationales. Ainsi, loin d’être une structure agissant en marge, la Fondation collabore étroitement avec les institutions publiques pour accompagner le développement et la mise en œuvre de politiques publiques.

Par ailleurs, Seydi Gassama insiste sur le rôle fondamental que joue OSIWA dans le soutien à la société civile, un acteur clé pour la consolidation de la démocratie et la promotion de la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest. Il rappelle que ce soutien contribue à renforcer les capacités des organisations locales, favorisant ainsi une meilleure participation citoyenne et un contrôle plus effectif des pouvoirs publics.

En somme, cette prise de parole vise à nuancer les critiques et à mettre en lumière l’importance du partenariat entre OSIWA, l’État sénégalais et la société civile pour le progrès démocratique et social dans la région. Face à la désinformation ambiante, Seydi Gassama invite donc à un regard plus informé et équilibré sur le rôle de cette fondation.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°518 – 22/07/2025

🔴 « LE SÉNÉGAL NE SERA JAMAIS UNE DICTATURE DE TRANSITION » : BARTH’ DÉFIE LE TANDEM
🔴 KEUR MOUSSA / LE VICARIAT ET LA FAMILLE FILFILI ACCUSÉS DE SPOLIATION FONCIAIRE : LES HABITANTS DÉTERMINÉS À MOURIR POUR LEUR TERRE

🔴 ZIGUINCHOR / DON MÉDICAL DE 10 MILLIONS F CFA : NICOLAS JACKSON JOUR SOLIDAIRE
🔴 PRÉPARATIFS AFROBASKET FÉMININ 2025 : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE AU MALI

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°517 – 21/07/2025

🔴 « INSULTEZ CEUX QUI INSULTENT OUSMANE SONKO », DIT LE MINISTRE DE L’ÉNERGIE, DU PÉTROLE ET DES MINES AUX MILITANTS DE PASTEF : ENCORE LUI !
🔴 CRISE DE GOUVERNANCE ET SÉQUELLES POST TRAUMATIQUES : ÉLIMANE KANE PRESCRIT UN PSY À SONKO

🔴 LUTTE : SITEU DÉCHIRE LE MYTHE BG2 !
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : LES JUNIORS DU CASA SPORTS DÉCROCHENT LE TITRE

Tensions au sommet : Elimane Kane alerte sur une possible crise à la Senghor-Mamadou Dia entre Diomaye et Sonko

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de Legs Africa, a livré une analyse aussi lucide qu’inquiétante de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour ce membre influent de la société civile, les signes d’un désaccord profond entre les deux hommes forts du régime Pastef sont visibles, et pourraient rappeler un épisode tragique de l’histoire politique sénégalaise : la crise institutionnelle de 1962 entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia.

« Ce qui s’était passé en 1962 peut se reproduire entre Sonko et Diomaye », a-t-il averti, en faisant référence à la fracture historique entre le président Senghor et son chef de gouvernement Mamadou Dia, qui avait abouti à l’emprisonnement de ce dernier et à un tournant autoritaire dans la gouvernance du pays.

Pour Elimane Kane, le malaise entre les deux hommes n’est plus à démontrer. La sortie récente d’Ousmane Sonko, qui a publiquement reproché à Diomaye Faye son silence face aux attaques dirigées contre lui, en est une parfaite illustration. « Les deux dansent, mais pas la même musique », résume-t-il, soulignant une divergence stratégique flagrante au sommet de l’État. Selon lui, le président agit selon les conseils de son entourage proche, tandis que le Premier ministre suit ceux de son propre camp. Résultat : une fracture idéologique et politique, bien qu’ils soient issus du même parti.

L’expert n’a pas manqué de citer des exemples précis pour illustrer ces dissensions, notamment la visite du président Diomaye Faye en France et son audience avec Emmanuel Macron, ainsi que sa rencontre avec l’ancien président Abdou Diouf. Des actes qu’Ousmane Sonko, dans sa logique de rupture avec l’ancien système, aurait difficilement pu assumer ou même cautionner.

Sur un autre front, Elimane Kane a également réagi aux propos virulents du Premier ministre à l’égard de la société civile, que ce dernier avait qualifiée de « fumiers » lors d’une précédente sortie. Bien que ne se sentant pas personnellement visé, Kane a fermement condamné la généralisation de ces attaques : « Il a offensé notre Chef d’État, il a offensé notre justice, il a offensé la presse, il a ciblé même des organes, et pour finir, la société civile. »

Plus encore, le président de Legs Africa a dénoncé une dérive autoritaire inquiétante dans les propos d’Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci a clairement évoqué sa volonté d’instaurer un État-parti. Une perspective que Kane juge inacceptable au Sénégal : « Il ne peut pas y avoir de dictature au Sénégal. On ne va pas l’accepter. Il ne peut pas intimider ou faire taire les gens. À défaut de tous nous tuer ou nous envoyer en prison, la dictature ne passera pas. »

Au-delà du constat d’un désaccord croissant, Elimane Kane tire ici la sonnette d’alarme : si les lignes de fracture ne sont pas rapidement contenues, le Sénégal pourrait être confronté à une crise institutionnelle inédite depuis l’indépendance. À l’heure où le pays aspire à une gouvernance apaisée et à des réformes profondes, les tensions internes au sommet de l’État pourraient fragiliser davantage un équilibre déjà précaire.

Dialogue politique : Elimane Kane prend ses distances avec l’opposition et plaide pour une refondation du système démocratique

Invité de l’émission « FACE AU JURY » diffusée ce dimanche sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa, a livré une lecture singulière du dialogue politique national récemment clôturé. Contrairement à plusieurs figures de l’opposition qui ont exprimé leur mécontentement, notamment sur la remise des conclusions, Elimane Kane a tenu à marquer sa différence : « Je ne suis pas du même avis que l’opposition sur la remise des conclusions du dialogue, parce que le président de la République a la primeur », a-t-il affirmé d’entrée.

Pour le leader de la société civile, les critiques ne devraient pas porter sur la procédure de restitution, mais plutôt sur la nature même du dialogue et la manière dont il a été conçu. À ses yeux, le véritable problème réside dans les termes de référence définis pour ce processus. « Tout tournait autour du système électoral », a-t-il regretté, estimant que cette focalisation a considérablement limité la portée du débat. Il note par ailleurs que ces termes ont été fixés par la Direction générale des élections, et que même le rapporteur était un spécialiste des questions électorales. Dès lors, ajoute-t-il, « il était difficile que les discussions dépassent ce cadre très technique ».

Elimane Kane s’est voulu toutefois nuancé. Il a salué l’organisation générale du dialogue, qu’il juge satisfaisante dans sa forme : « Hormis les termes de référence, il n’y a aucun problème à signaler. Tout s’est passé comme prévu, le facilitateur était un membre de la société civile, dans l’ensemble c’était bien ». Ce satisfecit partiel contraste avec les dénonciations virulentes de certains opposants, mais ne signifie pas pour autant une approbation du système actuel.

Car c’est là que se situe le cœur de sa critique : pour lui, il faut sortir de la logique d’une démocratie cantonnée à une simple compétition entre partis politiques. « Le système politique ne doit pas se limiter à la compétition entre acteurs partisans », a-t-il martelé. Selon le président de Legs Africa, il est urgent d’élargir le champ démocratique à la participation citoyenne. « Il faut que le citoyen soit intégré dans les mécanismes de fonctionnement du système politique. C’est à cette condition que la démocratie deviendra réellement représentative. »

Très critique vis-à-vis de la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne actuellement, Elimane Kane affirme qu’elle a échoué : « C’est pourquoi on parle de député de tel parti ou de tel président, au lieu de parler de député du peuple. » Il plaide ainsi pour une refondation du système politique, qui permette aux citoyens de retrouver une place centrale dans la gouvernance publique. Un plaidoyer qui rejoint les aspirations de nombreux acteurs de la société civile, désireux de rééquilibrer le pouvoir entre les institutions, les partis et les citoyens.

Les propos d’Elimane Kane interviennent dans un contexte marqué par une défiance croissante envers les mécanismes traditionnels de la démocratie sénégalaise. Ils soulignent une volonté de remettre en question les bases mêmes de la représentation politique, au moment où le pays tente de tourner la page d’un cycle électoral tendu et de poser les jalons d’un nouveau modèle de gouvernance.

Pastef au pouvoir, l’État en colère : la langue sale d’un ministre ( Par El. KANE )

Il est des fonctions qui imposent retenue, hauteur et exemplarité. Être ministre de la République n’est pas un privilège, encore moins un strapontin d’invectives ; c’est un contrat moral avec la nation, un engagement au service de tous les citoyens, sans distinction d’obédience politique. Malheureusement, Birame Souleye Diop semble avoir complètement perdu de vue ce que signifie servir l’État dans la dignité et la responsabilité.

Depuis sa nomination au gouvernement, le ministre de l’Énergie multiplie les sorties qui fragilisent l’autorité de l’État qu’il est pourtant censé incarner. En avril 2024, il décrète que son ministère — donc l’État — ne parrainerait plus ni combat de lutte, ni match de football, ni baptême. Un mépris assumé pour les cultures populaires, les traditions sportives et les expressions sociales qui rassemblent les Sénégalais bien au-delà des clivages politiques. Que vaut un gouvernement qui tourne le dos à son peuple et à ses réalités les plus fondamentales ? Que vaut un ministre qui décide de qui mérite ou non l’attention de la République ?

Mais ce n’est pas tout. Plus récemment, le 19 juillet 2025, à l’université d’été du Pastef, Birame Souleye Diop a délibérément franchi la ligne rouge. Devant une foule de jeunes militants, il a encouragé, sans détour, l’usage de l’insulte comme arme politique : « Kou saga Sonko, saga len ko. Kou saga Président, saga len ko. Ndakh féyou dagane na. » En clair : insultez tous ceux qui critiquent nos leaders. Une telle déclaration, dans la bouche d’un homme d’État, est une honte. Elle piétine les principes fondamentaux de la démocratie, du vivre-ensemble et du respect mutuel. Elle transforme le débat politique en champ de bataille verbal, où la violence devient norme.

Ce discours est indigne d’un ministre de la République. Il n’honore ni la fonction, ni le parti au pouvoir, ni le président de la République dont l’appel à l’apaisement et au dépassement a été récemment réaffirmé. En un seul discours, Birame Souleye Diop a compromis l’image de neutralité que devrait conserver tout membre du gouvernement, et fragilisé l’équilibre déjà précaire du débat public.

Le Sénégal n’a pas besoin de ministres qui attisent la haine et l’affrontement. Le Sénégal n’a pas besoin de porte-flingues politiques déguisés en serviteurs de l’État. Le pays a besoin de bâtisseurs, de rassembleurs, de personnalités capables d’élever le ton sans salir la parole, de défendre leurs idées sans appeler à la guerre des insultes.

À ce rythme, c’est la crédibilité du gouvernement tout entier qui est mise en jeu. Il est urgent de rappeler à certains ministres qu’ils ne sont plus dans l’opposition, et que la République n’est ni une tribune partisane, ni une arène de clashs. C’est un idéal, une exigence, une responsabilité. Birame Souleye Diop ferait bien de s’en souvenir.

Protocole d’accord entre l’État et l’Intersyndicale : l’Alliance des Travailleurs des Collectivités Territoriales dénonce une exclusion injuste

L’Alliance Nationale des Syndicats des Travailleurs des Collectivités Territoriales (ANSTCT) est montée au créneau pour dénoncer vigoureusement le protocole d’accord conclu entre l’État du Sénégal et l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales. Dans un communiqué publié le 18 juillet, l’Alliance rejette ce document qu’elle qualifie de « protocole de compromission », dénonçant une entente jugée injuste, partiale et excluante.

Selon l’ANSTCT, ce texte, loin d’apporter une réponse globale aux revendications des travailleurs, ne profite qu’à une minorité, laissant de côté des milliers d’agents pourtant pleinement engagés dans la lutte sociale. « Après plusieurs années d’âpre lutte ponctuée de moments d’espoir et de désillusion, les travailleurs des Collectivités territoriales espéraient voir enfin le bout du tunnel », regrette l’Alliance dans son communiqué. Ces espoirs se sont effondrés avec la signature d’un accord considéré comme sélectif et discriminatoire.

L’Alliance reproche à l’Intersyndicale d’avoir négocié de manière exclusive, en s’appuyant sur les acquis arrachés au prix de longues batailles syndicales, notamment par la coalition AND-GUESSEUM, tout en écartant délibérément d’autres organisations telles que l’ANSTCT. Cette mise à l’écart, selon les signataires du communiqué, a abouti à un accord déséquilibré.

Le protocole prévoit une revalorisation salariale uniquement pour 1 115 agents fonctionnaires, dont les traitements mensuels connaîtront une hausse comprise entre 80 000 et 300 000 francs CFA. Quant aux 6 458 agents non fonctionnaires, ils ne percevront qu’une allocation baptisée « mesure transitoire », d’un montant de 80 000 francs CFA réparti sur trois ans. Ce dispositif exclut plus de 8 400 agents, notamment les contractuels, journaliers et autres personnels précaires, que l’Alliance considère comme les véritables oubliés de cet accord.

« Ce qui est humainement et moralement inacceptable », fustige l’ANSTCT, qui évoque la mémoire de feu Sidya Ndiaye, figure emblématique du mouvement syndical, pour condamner cet accord qu’il n’aurait « jamais accepté de signer ».

Autre point de discorde : l’absence de rétroactivité des mesures. L’accord entrera en vigueur en mai 2025, faisant fi des engagements antérieurs qui remontaient à mai 2022. Pour l’Alliance, cela constitue un effacement pur et simple de plusieurs années de lutte et de sacrifices.

Face à ce qu’elle perçoit comme une trahison des intérêts de la majorité des travailleurs des collectivités, l’ANSTCT appelle à la vigilance et à une mobilisation accrue. Elle exhorte le ministère en charge des Collectivités territoriales à organiser de véritables négociations inclusives afin de garantir l’équité et la justice dans le traitement de l’ensemble des agents.

Le communiqué est signé par Mbaye Sow (SUDTM), Talla Faye (SUTRACOL) et Abdou Lahat Diagne (SUTRACOLS), qui rappellent leur engagement inébranlable à défendre les droits et la dignité de tous les travailleurs des collectivités territoriales du Sénégal.

DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES : Est-il trop tard pour éviter un naufrage économique et diplomatique ?

Faute de volonté politique claire et de respect des engagements antérieurs, le Sénégal s’apprête à perdre l’un des projets les plus stratégiques de son histoire diplomatique : l’installation du siège régional des Nations Unies à Diamniadio. À force de tergiversations et de calculs à courte vue, Dakar pourrait voir partir agences, fonctionnaires et investissements au profit de Kigali, Abidjan ou Addis-Abeba.

À première vue, l’information a pu passer sous les radars de l’actualité nationale, reléguée au second plan par les débats politiques internes et les tensions sociales. Pourtant, si elle venait à se confirmer, elle constituerait un véritable séisme aux conséquences incalculables pour le Sénégal : les Nations Unies envisageraient sérieusement de reconsidérer leur implantation régionale à Dakar, au profit d’autres capitales africaines telles qu’Abidjan, Addis-Abeba ou même Kigali. Ce revirement, né d’un différend entre l’organisation onusienne et les nouvelles autorités, menace de ruiner des années de diplomatie patiemment construite, tout en privant notre pays d’une manne économique et d’un levier d’influence régionale sans équivalent.
Ainsi, convient-il de revenir aux origines du projet. En 2015, le Gouvernement, sous l’impulsion du président Macky Sall, initiait un ambitieux chantier destiné à renforcer la stature diplomatique du Sénégal : la construction d’un vaste complexe devant accueillir, à Diamniadio, la quasi-totalité des agences des Nations Unies présentes à Dakar. Cette Maison des Nations Unies devait regrouper pas moins de trente (30) entités du système onusien, soit environ deux mille (2 000) agents internationaux dans un premier temps, avec à terme des perspectives d’extension pouvant accueillir jusqu’à deux mille cinq cents (2 500) personnes. Pensée comme un véritable hub diplomatique, l’infrastructure moderne avait pour vocation de rationaliser les activités des Nations Unies, les rassembler en un même lieu fonctionnel et sécurisé, tout en contribuant au rayonnement international du Sénégal.
Le projet était d’autant plus structurant qu’il s’inscrivait dans la stratégie globale de développement de Diamniadio, érigée en ville nouvelle destinée à désengorger Dakar, accueillir des institutions d’envergure ainsi qu’offrir des conditions de vie et de travail adaptées aux standards internationaux. Outre la Maison des Nations Unies, cette vision urbanistique pensée dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) comprenait le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), le Parc des expositions, la Dakar Arena, le stade Me Abdoulaye Wade et plusieurs sphères ministérielles. Autant d’infrastructures bâties pour positionner Diamniadio comme le nouveau cœur névralgique administratif, économique et diplomatique du Sénégal.
C’est dans ce contexte que l’administration Sall avait proposé, en contrepartie de cette installation, la mise à disposition gratuite des locaux à l’ONU, dans le cadre d’un partenariat institutionnel fondé sur la confiance, la stabilité et la visibilité à long terme. L’organisation, séduite par cette offre stratégique et logistique, avait accepté de libérer ses anciens bureaux disséminés à Dakar afin de procéder à un regroupement fonctionnel à Diamniadio. La réception technique du bâtiment a été actée en août 2024, les paiements dus aux promoteurs ont été effectués, et l’ensemble des aménagements préalables étaient finalisés.
Mais alors que tout semblait en place pour une installation effective dès 2025, un changement de cap inattendu est survenu avec l’arrivée du nouveau régime. Les autorités auraient, selon plusieurs sources concordantes, décidé de revenir sur l’accord initial, exigeant désormais que l’Organisation des Nations Unies s’acquitte d’un loyer pour occuper les lieux. Cette nouvelle condition, perçue par les instances onusiennes comme une remise en cause unilatérale des engagements de l’État, a entraîné la suspension des démarches d’installation. Faute de solution trouvée à ce jour, la quasi-totalité des agents onusiens concernés sont désormais en télétravail, dans une forme d’incertitude professionnelle délétère. Pire encore, la venue prévue de deux mille (2 000) nouveaux agents dans les mois à venir a été purement et simplement annulée.

RÉPERCUSSIONS DIPLOMATIQUES ET ÉCONOMIQUES

Les conséquences de ce blocage, si aucune solution rapide n’est trouvée, pourraient être dévastatrices. Sur le plan économique d’abord, le Sénégal se priverait d’un flux financier considérable. Chaque agent des Nations Unies basé à Dakar contribue significativement à l’économie locale, injectant chaque année plusieurs dizaines de millions de francs CFA dans les circuits de consommation. En moyenne, un fonctionnaire onusien perçoit un revenu annuel compris entre 150 000 dollars (soit environ 84,5 millions de francs CFA) et 200 000 dollars (près de 112,6 millions de francs CFA), des sommes qui profitent directement aux secteurs du logement, des services, de la restauration, des transports, du tourisme et des loisirs. Avec environ trois mille (3 000) fonctionnaires concernés, ce sont plus de 500 millions de dollars (plus de 281 milliards F CFA) annuels qui sont en jeu. À cela s’ajoutent les quelque mille (1 000) emplois directs occupés par des Sénégalais dans les agences onusiennes, sans compter les milliers d’emplois indirects générés par les activités connexes : prestataires, chauffeurs, sociétés de sécurité, traducteurs, consultants, restaurateurs, hôteliers, fournisseurs de services divers, etc.
La présence des Nations Unies constitue un écosystème à part entière, dont l’effet multiplicateur est particulièrement important dans une ville comme Dakar.
Par ailleurs, c’est l’image même du Sénégal sur la scène internationale qui serait sérieusement écornée. Car en matière diplomatique, la parole donnée engage l’État bien au-delà des alternances politiques. Rompre ou même seulement réinterpréter un engagement d’une telle ampleur sans concertation ouverte ni justification publique, revient à affaiblir la crédibilité de notre pays auprès de ses partenaires. Ceci envoie un signal d’imprévisibilité qui pourrait refroidir d’autres institutions internationales ou entreprises étrangères désireuses de s’installer ou d’investir au Sénégal.
Ce d’autant plus que d’autres capitales africaines, conscientes des enjeux stratégiques d’une telle opportunité, s’activent déjà pour récupérer ce que le Sénégal semble prêt à abandonner. Le Rwanda, dans une note officielle adressée au Secrétaire général de l’ONU, s’est montré disposé à accueillir certaines agences du système onusien. Kigali, dont la diplomatie est de plus en plus offensive, développe depuis plusieurs années une politique d’attractivité très efficace fondée sur la stabilité, l’innovation, la culture et le sport. Addis-Abeba, déjà siège de l’Union africaine, dispose de l’infrastructure et de la légitimité diplomatique pour élargir son rôle de capitale du multilatéralisme africain. Quant à Abidjan, redevenue un pôle de stabilité économique et institutionnelle, ambitionne de s’imposer comme une plateforme régionale incontournable. Ces capitales, en pleine montée en puissance, pourraient très bien rafler la mise si le Sénégal ne rectifie pas rapidement le tir.
Le plus préoccupant reste le silence assourdissant qui entoure ce dossier. Aucune communication officielle du Gouvernement. Ce mutisme, loin de rassurer, alimente les inquiétudes et laisse penser que le projet est en train de sombrer dans une impasse politique. Et pendant ce temps, à Diamniadio, un bâtiment flambant neuf, financé à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, reste vide, inoccupé, sans la moindre perspective claire de mise en service.
Or, ce projet n’est pas un simple héritage d’un régime précédent qu’il conviendrait de réévaluer ou de renier. Il s’agit d’un actif stratégique national conçu pour consolider la place du Sénégal au sein des instances internationales. Laisser cet édifice tomber en désuétude serait un échec collectif, révélateur d’un manque de vision à long terme. Si les raisons de la frilosité actuelle relèvent d’un positionnement idéologique ou d’une volonté de rupture politique, alors elles relèvent d’une erreur de jugement dont le coût, lui, sera bien réel.
Il est encore temps pour les autorités sénégalaises de reprendre la main en rouvrant un dialogue franc et constructif avec les Nations Unies.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, porteur d’un projet de refondation de l’État, a l’occasion de démontrer que rupture ne rime pas avec reniement. À lui de faire preuve de hauteur de vue, de sens stratégique et de patriotisme éclairé. Certaines décisions dépassent les alternances politiques, elles engagent l’avenir d’une Nation.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°516 – 19 ET 20/07/2025

🔴 POSSIBLE DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES DE DIAMNIADIO : DÉSASTRE ÉCONOMIQUE ET DIPLOMATIQUE
🔴 JUSTICE À L’ARRÊT : L’ÉTAT SOMMÉ D’AGIR PAR LA RADDHO

🔴 FSF / CANDIDATURE À LA COMMISSION DU FOOTBALL FÉMININ : AÏCHA HENRIETTE NDIAYE S’EXPLIQUE
🔴 1ère ÉDITION MARATHON CASA RUN : ZIGUINCHOR ENTRE DANS LA COURSE !

Crise au sommet de l’État, inondations, économie en berne, suspension des BSF : la CCR charge violemment le régime

La Convergence des Cadres Républicains (CCR) de l’Alliance Pour la République (APR), réunie ce vendredi 18 juillet, s’est penchée sur la situation nationale et internationale. Dans une déclaration rendue publique, elle fustige une crise institutionnelle majeure au sommet de l’État, illustrée par ce qu’elle qualifie d’acte de défiance sans précédent : l’ultimatum lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Par ailleurs, la CCR exprime sa solidarité aux populations victimes des récentes inondations, tout en dénonçant l’inaction et le mépris des autorités. Elle établit un parallèle avec la gestion jugée défaillante des inondations de 2024 ayant frappé Matam et Bakel.

Concernant la situation nationale, la CCR constate la crise au sein de l’Exécutif sur fond de rivalités personnelles. Les propos outranciers ainsi que l’ultimatum du Premier ministre à l’encontre de son chef, le président de la République, constituent un acte de défiance inédit dans l’histoire du Sénégal, confirment le désordre au sommet de l’État et risquent de plonger notre pays dans une grave crise institutionnelle.

Par la mise en scène sur la place publique de ses frustrations personnelles, Ousmane Sonko prouve aux Sénégalais que leurs préoccupations quotidiennes demeurent secondaires face à son désir pathologique d’accéder à la présidence de la République.

 Inondations à Tambacounda et Kolda

Par ailleurs, la CCR se tient aux côtés des populations victimes des inondations dans plusieurs localités des régions de Tambacounda et de Kolda et leur témoigne de sa solidarité. La CCR, après s’être émue du décès enregistré à Kolda, fustige l’indifférence voire le mépris des autorités face au drame de nos concitoyens victimes de ce sinistre de grande ampleur. Aucune action notable n’a été constatée pour se tenir aux côtés des populations de Tamba, pourtant des Sénégalais à part entière. Cette attitude méprisante des autorités est conforme à celle qu’elles avaient montrées lors des inondations de 2024 qui avaient gravement touché les départements de Matam et de Bakel.

Aussi, la CCR constate avec regret et amertume l’énième dégradation de la note souveraine du Sénégal ; cette fois par l’agence Standard and Poor’s, qui fait régresser notre note de B à B- avec perspective négative. Ce nouvel abaissement confirme l’état catastrophique dans lequel ce régime a plongé notre économie, avec un recours systématique au marché intérieur qui explose la dette, creuse le déficit et enlève toute possibilité de disposer de marges de manœuvres afin de faire face aux préoccupations des populations en matière d’éducation, de santé et d’équité sociale.

Suspension des Bourses de Sécurité Familiale (BSF)

D’ailleurs, en matière de politique sociale, la CCR dénonce la suspension du paiement des bourses de sécurité familiale, l’un des marqueurs les plus puissants de la politique sociale impulsée dès 2012 par l’ancien régime. En vue de lutter davantage contre l’exclusion et la pauvreté structurelle, les bénéficiaires de la BSF sont passés de 50 000 ménages vulnérables en 2013 à 355 626 en 2024. En outre, la bourse trimestrielle initiale de 25 000 FCFA, a été portée à 35 000 FCFA en 2023 (soit 140 000 FCFA annuels), pour un coût annuel du programme d’environ 51,4 milliards de FCFA, financés intégralement par l’État du Sénégal, avec un paiement digitalisé en cours sur l’ensemble du territoire. L’actualisation du Registre National Unique (RNU) ne saurait justifier le blocage des paiements qui plonge des milliers de familles dans une précarité extrême, d’autant plus que la mise à jour du RNU avait été initiée depuis plusieurs mois par l’administration précédente.

La CCR exige qu’à l’heure où la reprise des paiements est annoncée que les arriérés soient intégralement régularisés, par souci de justice sociale et de dignité. Il serait illusoire de présenter comme un “acte généreux” ce qui n’est qu’un retour à l’ordre républicain.

Résultats préoccupants au baccalauréat 2025

Poursuivant dans l’actualité nationale, la CCR déplore les résultats mitigés à l’examen du baccalauréat. En effet, sur les 156 000 candidats, seuls 32.961 ont réussi au premier tour, soit 21%. Après la délivrance des résultats finaux, seuls 69 474, soit 42% sont admis.

La CCR, après avoir interpellé le gouvernement sur ces chiffres inquiétants, appelle celui-ci à quitter définitivement le registre du bavardage et la déclinaison des slogans pour s’atteler à la tâche urgente de formation des esprits de la future élite de notre pays. La jeunesse ne saurait être un combustible pour des batailles politiques insurrectionnelles mais un levain d’espoir pour construire le Sénégal de tous, pour tous.

La CCR s’incline devant la mémoire des trois jeunes qui ont perdu la vie à Thiaroye et à Cambérène et exige du gouvernement toute la lumière sur les circonstances controversées de leur décès. Face à l’ébullition du front social, la CCR appelle le gouvernement à apporter des réponses urgentes aux préoccupations des populations en vue de l’amélioration significative de leurs conditions de vie. 

Libération des détenus politiques

Au chapitre de la vie du parti, la CCR exige la libération immédiate et sans condition des otages politiques Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que la fin du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall et de Aïssatou Sophie Gladima et celle du placement sous contrôle judiciaire de Mme Salimata DIOP.
Ces personnalités sont victimes d’une tentative inique d’effacement du fait de leur fidélité et leur loyauté à leurs idées et à leurs convictions politiques.

Dans la même veine, la CCR exige la libération des détenus politiques Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Bachir Fofana, Assane Diouf, Jérôme Bandiaky, Badara Gadiaga, Djiby Ndiaye et de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, victimes d’une volonté d’effacement d’un régime aux penchants dictatoriaux.

Après la supercherie du Dialogue national, la CCR appelle l’opposition et toutes les forces vives de la Nation à un front pour préserver les libertés fondamentales et sauver les institutions républicaines malmenées par le populisme et la culture du désordre du Pastef.

Enfin, s’agissant de la situation internationale, la CCR déplore la situation des ressortissants sénégalais en République Islamique de Mauritanie, victimes de rafles et de traitements discriminatoires et dégradants. La CCR appelle le Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires étrangères à apporter le soutien et l’assistance requis à nos compatriotes dans les plus brefs délais.

15e sommet de la CPLP : Bassirou Diomaye Faye plaide pour une mobilisation collective en faveur d’une agriculture durable

À l’occasion de la 15e Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), tenue ce vendredi à Bissau, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été l’invité d’honneur de son homologue bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. Ce sommet a offert une tribune de choix au chef de l’État sénégalais pour partager sa vision du développement agricole et de la coopération Sud-Sud.

Dans son discours, le président Faye a mis en avant les liens historiques, culturels et fraternels entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, soulignant que cette proximité constitue un levier essentiel pour le renforcement des partenariats entre les deux nations et avec l’ensemble des membres de la CPLP. Il a salué l’ouverture croissante de cette communauté à des partenariats extra-régionaux, basés sur la solidarité, la coopération et l’intérêt mutuel.

Bassirou Diomaye Faye a ensuite mis l’accent sur la nécessité d’une transformation structurelle de l’agriculture dans les pays du Sud, en particulier en Afrique de l’Ouest. Il a lancé un appel à une mobilisation collective des États membres et partenaires de la CPLP autour d’un objectif commun : assurer la souveraineté alimentaire à travers des modèles agricoles durables, inclusifs et innovants. Pour lui, cela passe par la modernisation des pratiques agricoles, la valorisation des terres, le développement des infrastructures de marché et un appui renforcé aux petits producteurs, notamment les jeunes et les femmes.

Le chef de l’État a également évoqué les grandes lignes de la Vision Sénégal 2050, stratégie nationale de long terme dans laquelle l’agriculture joue un rôle central. Il a réaffirmé l’ambition du Sénégal de contribuer à la sécurité alimentaire du continent africain et au-delà, en s’appuyant sur un partenariat international solidaire et responsable.

Sa participation remarquée à ce sommet témoigne de la volonté du Sénégal de s’intégrer davantage dans les réseaux de coopération régionale et internationale, tout en promouvant un développement endogène fondé sur ses priorités économiques et sociales.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°515 – 18/07/2025

🔴 RECONNAISSANCE DU MAGAL DE TOUBA AU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DU SÉNÉGAL : BAMBA – LE MIROIR VIVANT !
🔴 CENTRE MÉDICO-SOCIAL DES DOUANES : BRAS DE FER AUTOUR DE LA MILITARISATION

🔴 AG ÉLECTIVE DE LA FSF : LES CLUBS APPELÉS AUX URNES LE 02 AOÛT
🔴 LUTTE / « SITEU AFFRONTE LE MEILLEUR DE TOUS LES TEMPS » : BALLA GAYE 2 ATTAQUE

Enseignement supérieur au Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye lance un ambitieux programme de transformation axé sur le numérique et l’innovation

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement lancé ce jeudi 17 juillet 2025 l’agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation au Sénégal. Lors de cette cérémonie inaugurale, il a adressé un message fort à tous les acteurs impliqués dans le secteur universitaire ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, les invitant à repenser en profondeur le système d’enseignement supérieur afin d’en faire un moteur stratégique de souveraineté nationale, d’innovation et de transformation sociale.

Le président Diomaye Faye a souligné que l’enseignement supérieur ne doit plus être perçu uniquement comme un espace de transmission du savoir et de production des connaissances. Selon lui, il doit devenir un levier majeur au service du développement durable du pays. Il a insisté sur l’urgence de réformes profondes pour améliorer la régulation du secteur, garantir une qualité académique conforme aux standards internationaux, et surtout aligner les formations universitaires sur les besoins réels du Sénégal en cohérence avec son agenda national de transformation.

L’un des points majeurs de son discours a porté sur la nécessité de construire une université moderne, qui embrasse pleinement les défis du monde contemporain. Le chef de l’État a mis en avant l’importance de développer les sciences et technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle et le numérique, tout en veillant à préserver l’identité culturelle sénégalaise. Pour lui, l’université doit être un espace dynamique capable de s’adapter aux mutations rapides du savoir, tout en restant ancrée dans les réalités sociales et économiques locales.

Par ailleurs, le président a reconnu que le système universitaire sénégalais est aujourd’hui confronté à de nombreux défis. Parmi ceux-ci, il a cité le déficit d’infrastructures adaptées, le nombre croissant d’étudiants, l’inadéquation des curricula, les difficultés de financement, et le retard dans la digitalisation des établissements. Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte ces problématiques afin de bâtir une université robuste, efficace et compétitive.

Le président Faye a exhorté le monde académique à faire preuve d’audace et d’innovation dans les réflexions et les stratégies de transformation. Il a souligné que ce processus exige une volonté politique forte, ainsi qu’une approche renouvelée, qui englobe toutes les dimensions du système universitaire. Pour lui, cette transformation doit permettre à l’université sénégalaise de mieux répondre aux aspirations des étudiants, soutenir le développement national et s’inscrire pleinement dans les objectifs de l’agenda national de transformation.

La cérémonie de lancement a réuni une large diversité d’acteurs : des membres du gouvernement, des universitaires, enseignants-chercheurs, étudiants, représentants du personnel des universités, mais aussi des représentants syndicaux et patronaux. Plusieurs partenaires techniques et financiers, diplomates, élus locaux et représentants d’associations de parents d’élèves ont également pris part à cet événement majeur. Ces participants s’apprêtent à entamer un cycle de cinq jours de travaux destinés à définir les grandes orientations et les modalités pratiques de cette réforme ambitieuse.

Ce programme de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation marque une étape importante dans la politique éducative du Sénégal. Il s’inscrit dans une vision qui vise à faire de l’université un véritable levier de développement durable, d’innovation technologique et sociale, capable d’accompagner efficacement la montée en puissance du pays sur la scène internationale.

Ex-employés des bases françaises : les oubliés du retrait des EFS réclament leur intégration dans la fonction publique

Le départ officiel des Éléments français au Sénégal (EFS), acté le 30 juin 2025 avec la restitution des dernières installations militaires à l’État sénégalais, a laissé derrière lui plusieurs centaines de travailleurs dans l’incertitude. Ils sont environ 300 Sénégalais, employés civils des EFS, aujourd’hui sans emploi et dans l’attente d’une décision des autorités sénégalaises quant à leur avenir professionnel.

Ces anciens agents, membres du Syndicat des travailleurs du personnel civil des EFS, dénoncent un silence prolongé du gouvernement malgré les démarches engagées en amont. « Depuis 15 jours, nous sommes officiellement licenciés. Nous avons respecté une décision de souveraineté nationale. Nous espérions en retour une réaction rapide de l’État pour une reconversion », a déclaré Djibril Ndiaye, secrétaire général du syndicat, dans un entretien accordé à la Radio Futurs Médias (RFM).

Selon ses précisions, un dossier détaillé avait été préparé par les ex-travailleurs, en collaboration avec le ministère des Forces armées et celui du Travail, à la demande de la Présidence de la République. Ce document contient des données précises sur les conséquences juridiques de leur licenciement, les préjudices économiques et sociaux subis, ainsi que leurs propositions de reclassement dans la fonction publique. Le dossier a bien été transmis au Palais, mais reste depuis sans suite.

Le secrétaire général du syndicat exprime l’inquiétude croissante de ses collègues : « C’est une situation angoissante pour des pères de famille qui avaient une stabilité professionnelle, un salaire régulier, un accès à la couverture maladie et une sécurité sociale. Du jour au lendemain, tout cela a disparu sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit prise. »

En ce qui concerne l’État français, Djibril Ndiaye reconnaît que les autorités tricolores ont respecté leur part du contrat. Les indemnités dues aux travailleurs ont été versées. Toutefois, ces montants sont jugés insuffisants au regard du choc brutal qu’a représenté cette rupture, d’autant plus qu’aucune solution durable n’a été proposée par l’État sénégalais.

Le contexte dans lequel intervient cette fermeture est inédit. Pour la première fois depuis l’indépendance, le Sénégal ne compte plus de base militaire française sur son territoire. Une décision hautement symbolique, saluée par une large partie de l’opinion comme un acte de souveraineté, mais qui, sur le plan social, laisse planer une ombre sur le sort de ceux qui faisaient tourner ces installations au quotidien.

Alors que le pays s’engage dans une nouvelle phase de coopération militaire « équilibrée et rénovée » avec la France, comme l’a souligné le chef d’état-major des armées, les anciens agents civils appellent à ne pas être les victimes collatérales de ce changement de paradigme. Ils rappellent qu’ils ont servi loyalement pendant des années, souvent dans l’ombre, et demandent aujourd’hui à être réorientés dans le service public sénégalais.

Fermeture des bases françaises au Sénégal : Madiambal Diagne parle d’« erreur historique »

Jeudi 17 juillet 2025, une page importante de l’histoire militaire et diplomatique entre la France et le Sénégal s’est refermée avec la fermeture officielle des dernières installations militaires françaises dans le pays. Le site de Ouakam, qui abritait encore des éléments de l’armée française, a été définitivement libéré, marquant la fin d’une présence vieille de plusieurs décennies.

Une cérémonie symbolique a été organisée pour marquer cet événement, en présence de responsables militaires sénégalais et français. Ce retrait s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des partenariats de défense en Afrique, amorcée par plusieurs pays du continent qui revendiquent une coopération fondée sur l’égalité et la souveraineté.

Mais cette décision, bien qu’applaudie par une partie de l’opinion publique, suscite également des critiques. Le journaliste Madiambal Diagne, directeur du journal Le Quotidien et figure influente du paysage médiatique sénégalais, a vivement réagi sur le réseau social X (anciennement Twitter). Il y a qualifié la fermeture des bases françaises d’« erreur historique ».

Selon lui, la présence militaire française constituait un atout stratégique pour le Sénégal, notamment en matière de formation, de logistique et de coopération sécuritaire dans un contexte sous-régional instable. Il estime que la rupture de ce lien pourrait affaiblir les capacités de réponse rapide du pays face aux menaces transfrontalières, comme le terrorisme ou la criminalité organisée.

La sortie de Madiambal Diagne intervient alors que les autorités sénégalaises défendent, au contraire, une politique de souveraineté renforcée. Le Général de corps d’Armée Mbaye Cissé, lors d’une précédente déclaration, avait expliqué que cette rétrocession s’inscrivait dans une volonté politique affirmée de développer une armée sénégalaise pleinement autonome, capable de relever ses défis sécuritaires avec ses propres moyens.

Cette divergence de points de vue reflète un débat plus large sur l’avenir des relations militaires entre l’Afrique et ses anciens partenaires traditionnels, en particulier la France. Entre rupture symbolique et repositionnement stratégique, le Sénégal trace ainsi une nouvelle voie, non sans susciter interrogations et controverses.

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Usine de dessalement de la Grande Côte : le Président Diomaye valide une nouvelle ère de coopération avec l’Arabie Saoudite

Le Sénégal et l’Arabie Saoudite viennent de franchir une étape décisive dans leur partenariat stratégique avec la signature, ce jeudi 17 juillet 2025, du contrat renégocié relatif à la construction de l’usine de dessalement d’eau de mer de la Grande Côte. Le Président Bassirou Diomaye Faye a entériné ce nouvel accord conclu avec la société saoudienne Acwa Power, mettant ainsi fin à plusieurs mois d’incertitudes et de réajustements autour de ce projet d’envergure.

Sur sa page Facebook, le chef de l’État sénégalais a salué la solidité de la coopération entre Dakar et Riyad, qu’il qualifie de « stratégique et gagnant-gagnant ». Il a tenu à remercier chaleureusement le Serviteur des Deux Saintes Mosquées, le Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ainsi que le Prince Héritier Mohammed ben Salmane, pour leur soutien constant au développement du Sénégal. Une reconnaissance adressée également au peuple saoudien, engagé de longue date dans le soutien à des projets structurants sur le sol sénégalais.

Ce projet de dessalement, jugé prioritaire dans un contexte de stress hydrique croissant dans la région de Dakar et sa périphérie, avait été au centre d’une controverse en 2024. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, avait alors décidé d’annuler le contrat initialement signé sous la présidence de Macky Sall. Ce contrat, d’un montant évalué à 459 milliards de francs CFA sur une durée de 30 ans, avait été critiqué pour son coût jugé excessif et son inadéquation avec les capacités budgétaires de l’État.

La version renégociée du contrat, bien que ses détails précis n’aient pas encore été rendus publics, est présentée par les autorités comme mieux alignée sur les intérêts nationaux. Elle garantirait à la fois une meilleure maîtrise des coûts, une optimisation de l’impact environnemental, ainsi qu’une mise en œuvre plus rapide. L’usine de la Grande Côte, une fois opérationnelle, devrait significativement renforcer l’approvisionnement en eau potable de la région de Dakar et soutenir la croissance urbaine tout en réduisant la dépendance aux eaux souterraines.

Ce projet s’inscrit dans une vision globale du gouvernement sénégalais qui place l’accès équitable à l’eau parmi ses priorités. Il illustre aussi la volonté du président Diomaye de refonder les contrats publics en faveur de la transparence, de l’efficacité économique et de la souveraineté nationale.

ANNONCE D’UN COMITÉ SPÉCIAL POUR MATÉRIALISER LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL EN PROJETS DE LOIS : Vers quelles réformes législatives s’achemine-t-on ?

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé, en Conseil des ministres, la création d’un Comité spécial chargé de formuler les textes législatifs et réglementaires issus des recommandations du Dialogue national sur le système politique. Une initiative qui ouvre la voie à d’importantes réformes institutionnelles dont les contours législatifs restent à préciser.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 16 juillet, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris la parole pour revenir sur un évènement important de la vie politique nationale : la réception, deux jours plus tôt, du Rapport général du Dialogue national sur le système politique. Ce document, fruit de plusieurs jours d’échanges entre les forces vives de la nation, trace les contours des réformes attendues pour une refondation institutionnelle et démocratique du Sénégal.
Le chef de l’État a salué, avec insistance, le travail du facilitateur général, du directoire du Dialogue, des différentes commissions ainsi que l’implication des participants, notamment ceux réunis au sein de la plateforme « Jubbanti ». Selon lui, l’esprit républicain, le sens des responsabilités et la qualité des contributions traduisent une volonté collective de bâtir un nouveau socle politique plus juste, plus équilibré et plus conforme aux aspirations démocratiques profondes du peuple sénégalais.
Diomaye Faye a surtout mis l’accent sur les recommandations consensuelles issues de ce processus, qu’il juge « exhaustives » et « thématiques », insistant sur leur pertinence dans la quête d’un État de droit renforcé, d’une justice restaurée dans sa crédibilité et d’une démocratie renouvelée dans ses pratiques et institutions. Pour le président de la République, la mise en œuvre effective de ces recommandations constitue une priorité nationale.
C’est dans ce contexte qu’il a annoncé la création prochaine d’un Comité spécial. Cette instance aura pour mission, dans un délai de trois mois, de proposer les textes législatifs et réglementaires nécessaires à la traduction concrète des conclusions du dialogue. Ainsi, le chef de l’État veut-il aller vite, mais surtout bien. Il s’agit, pour lui, de ne pas laisser le consensus retomber dans l’oubli ou être dilué dans des considérations politiques à court terme.
Dès lors, une question centrale s’impose : quelles lois seront proposées à l’Assemblée nationale ? Réforme du Conseil constitutionnel, mode de désignation des membres de la Cour des comptes, renforcement de la Haute Autorité de la transparence, révision du statut des magistrats, modification des règles électorales, encadrement des pouvoirs présidentiels, adoption d’une loi de programmation pour l’accès équitable à la justice ou autre ? En tout cas, les pistes sont nombreuses.
Par ailleurs, il faudra s’interroger sur le sort réservé à certaines pratiques jusque-là décriées, comme le parrainage citoyen, la transhumance politique ou la gestion des fonds politiques. Autant de sujets épineux que le futur comité spécial devra trancher, en lien étroit avec les institutions, les parlementaires et la société civile.
En attendant, le message du chef de l’État est clair : l’heure est à la réforme, mais pas à n’importe quel prix. Il urge de réconcilier les Sénégalais avec leur système politique, en posant les bases d’un nouveau contrat démocratique, fondé sur la transparence, l’équité, la responsabilité et la participation citoyenne.
Penda THIAM

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 16 juillet 2025

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 16 JUILLET 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 16 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République est revenu sur le Rapport général du Dialogue national sur le système politique qu’il a reçu le lundi 14 juillet 2025. Il a félicité le facilitateur général, le directoire, les commissions du dialogue national et l’ensemble des participants, notamment ceux ayant intégré la plateforme « Jubbanti », pour leur mobilisation, leur contribution de qualité et leur engagement patriotique. Il a salué la qualité et l’exhaustivité des recommandations thématiques et opérationnelles consensuelles, visant fondamentalement le renforcement de l’Etat de droit, le respect de l’autorité de l’Etat et des institutions de la République, la restauration de la confiance des Sénégalais en la justice, ainsi que l’approfondissement et le rayonnement permanent de notre démocratie. Il a réitéré son engagement à ne ménager aucun effort pour améliorer durablement le fonctionnement de notre système politique et renforcer le contrôle de l’action publique, dans un climat durable de confiance, de réconciliation, de paix et de stabilité, indispensable pour libérer les énergies nécessaires à l’accélération de la mise en œuvre inclusive de l’Agenda national de Transformation. Il a informé le Conseil de sa décision de mettre en place un Comité spécial chargé, dans un délai de trois (03) mois maximum, de proposer les textes législatifs et réglementaires, de même que les modalités devant matérialiser les recommandations consensuelles issues du Dialogue national sur le système politique.

Evoquant la problématique de la préservation et du développement durable de nos ressources forestières, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement l’impératif d’assurer sur l’étendue du territoire national la protection et la préservation de nos massifs forestiers. Il a demandé au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de poursuivre et d’intensifier, avec les acteurs institutionnels, les opérateurs privés et les populations concernées, les efforts de reboisement et de gestion durable des massifs forestiers par l’accélération des mécanismes d’aménagement et de classement de forêts. 

Dans cette perspective de consolidation soutenue de notre écosystème forestier, il a indiqué au

Gouvernement la nécessité d’adopter une culture nationale de promotion de l’arbre et des aménagements paysagers et forestiers par la redynamisation des services des Eaux et Forêts, des parcs nationaux et de l’Agence sénégalaise de Reforestation et de la Grande muraille verte. 

Le dimanche 03 août 2025 sera célébrée la Journée nationale de l’Arbre. Le thème retenu cette année par le Président de la République est « Reboisement, Souveraineté alimentaire et Développement territorial durable », avec comme arbres parrains « le Manguier » et « le

Baobab ». Dès lors, il a demandé au Premier Ministre et au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de veiller au bon déroulement de cet événement dans toutes les régions avec une forte implication des collectivités territoriales des populations à la base notamment les jeunes. 

La transparence dans la gestion des industries extractives demeure une priorité de l’action gouvernementale. A ce sujet, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement le démarrage du processus d’évaluation périodique du Sénégal dans le cadre de l’Initiative pour la Transparence des Industries extractives (ITIE) 2025. 

Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres concernés, à la mise en œuvre de toutes les mesures et actions idoines en vue de renforcer les progrès notables déjà réalisés par le Sénégal dans les composantes mines et hydrocarbures de l’ITIE. Il a rappelé aux Ministres concernés, notamment ceux en charge des Finances et du Budget, du Pétrole et des Mines et des Collectivités territoriales, l’urgence de finaliser l’actualisation du cadre réglementaire relatif au registre des bénéficiaires effectifs et à la divulgation des données sur les propriétaires légaux et effectifs des entreprises intervenant dans la chaine de valeur des industries extractives, l’activation du fonds d’appui au développement local et du fonds de réhabilitation minière et la redistribution effective des revenus miniers selon les modalités administratives et réglementaires définies. 

Il a demandé au Premier Ministre d’assurer la supervision de la gestion diligente du dossier de validation ITIE 2025 du Sénégal.

S’agissant du contrôle et du développement des activités pharmaceutiques, le Président de la République a rappelé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, l’urgence de prendre toutes les dispositions requises, en relation avec l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, pour prévenir et lutter contre la vente illicite de médicaments et de « produits assimilés » sur l’étendue du territoire national. La maitrise stratégique des activités commerciales et industrielles liées au médicament demeure un élément fondamental de la politique de santé publique et de réalisation de la souveraineté pharmaceutique. 

Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre de la Santé et de l’Action sociale de faire la cartographie nationale des officines de pharmacie et dépôts autorisés mais également de travailler avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce, à l’établissement de la liste exhaustive des entreprises relevant de l’industrie pharmaceutique. Afin d’asseoir la souveraineté pharmaceutique, il a indiqué au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, la nécessité d’une évaluation intégrale des interventions de l’Etat dans le secteur du médicament et de la pharmacie. Il a appelé à un suivi adéquat des plans de redressement, de relance et de développement des activités des industries pharmaceutiques et de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement, entité dont le repositionnement dans l’écosystème, demeure prioritaire. 

La diaspora sénégalaise joue un rôle très important dans les dynamiques économiques et sociales du pays. A ce titre, elle est considérée comme la quinzième région du Sénégal et est représentée à l’Assemblée nationale. En plus de son impact économique significatif à travers notamment les transferts financiers, elle est activement impliquée dans les initiatives de développement local, l’innovation, le transfert de compétences et la promotion des valeurs culturelles du Sénégal à l’Etranger. En guise de reconnaissance de la Nation sénégalaise envers sa diaspora, le Président de la République a décidé d’instituer une Journée nationale de la diaspora qui sera célébrée le 17 décembre de chaque année.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa visite de travail, les 09 et 10 juillet 2025, à Washington, à l’invitation du Président des Etats Unis d’Amérique, Donald TRUMP et celle qu’il a effectuée, à Cotonou, au Bénin, le 15 juillet 2025, à l’invitation du Président Patrice TALON. 

Dans sa communication, le Premier Ministre Ousmane SONKO a évoqué la situation des Universités. Après avoir adressé ses félicitations aux élèves admis aux épreuves du baccalauréat pour cette année et encouragé les candidats malheureux, il a rappelé la priorité accordée à la jeunesse sénégalaise par Monsieur le Président de la République. Malgré le contexte financier difficile que traverse notre pays, leur formation et leur épanouissement demeurent une priorité absolue.

Les résultats provisoires du Baccalauréat font état d’un taux de réussite de 42,85 %, soit près de 70 000 nouveaux bacheliers à orienter, accueillir, former et, pour une partie d’entre eux, héberger. A cet égard, le Premier Ministre a insisté sur l’accélération de la finalisation, de la livraison et de l’équipement des nouvelles universités dont certains chantiers sont en souffrance depuis plus d’une décennie. Ces chantiers devront impérativement être livrés dans les meilleurs délais afin de garantir la prochaine rentrée universitaire dans des conditions optimales. Il a également demandé la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures au sein des universités existantes.

La qualité de la formation ne se limite pas à la question des infrastructures. Le renforcement du volet pédagogique s’impose notamment à travers le recrutement de personnels d’enseignement et de recherche qualifiés pour résorber le déficit d’enseignants et accompagner l’évolution des effectifs.

Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre en charge de la Formation professionnelle de veiller à la mise en œuvre rigoureuse et au suivi optimal du projet de construction de 23 centres de formation professionnelle avec pour impératif de respecter scrupuleusement les délais convenus.

Evoquant l’évaluation de la modernisation de l’administration, le Premier Ministre a magnifié l’engagement, la compétence et le sens du devoir des agents de l’administration qui constituent un atout majeur pour la réussite collective et un socle de la transformation de notre État. La principale recommandation issue de cette évaluation appelle une réorientation stratégique du Programme d’Appui et de Modernisation de l’Administration (PAMA). Dans cette perspective, le Chef du Gouvernement a décidé de lancer une restructuration ambitieuse du programme.

Pour y parvenir, plusieurs leviers d’action seront mobilisés :

1. Définir un nouveau cadre stratégique visant à asseoir des réformes et doter notre administration d’instruments et de ressources;

2. Mettre en œuvre les recommandations de l’évaluation indépendante, avec une planification réaliste et des mécanismes rigoureux de suivi et de redevabilité ;

3. Renforcer la gouvernance au sein du Comité de modernisation de l’Administration Publique qui tiendra désormais des réunions régulières et opérationnelles ;

4. Accélérer la transition numérique pour tous les services prioritaires, garantissant ainsi des démarches administratives rapides, efficaces et transparentes ;

5. Professionnaliser la gestion des ressources humaines, notamment par la finalisation du Répertoire Opérationnel des Métiers et Compétences et l’adoption d’un nouveau code d’éthique de la fonction publique ;

6. Favoriser l’innovation administrative par la formation continue et l’appropriation des outils numériques, transformant ainsi les pratiques professionnelles ;

7. Améliorer significativement l’accueil dans les services publics ;

8. Optimiser le traitement des dossiers pour une administration plus réactive et efficace.

Le Premier Ministre a enfin exprimé l’ambition de bâtir une administration puissante, moderne et exemplaire, alignée sur les orientations de la Vision Sénégal 2050.

Le Premier Ministre est revenu sur la réunion de travail gouvernementale qu’il a présidée le lundi 14 juillet 2025 et au cours de laquelle une revue approfondie de la gouvernance de l’Agenda national de Transformation a été effectuée. Pour en garantir un pilotage à la fois rigoureux, cohérent et efficace, le Premier Ministre a annoncé une directive présidentielle qui sera complétée par une circulaire de la Primature. Ces textes détailleront les orientations stratégiques, les modalités de coordination et de suivi, ainsi que les rôles, responsabilités et interactions entre les différentes parties prenantes. Ils définiront également la périodicité des revues de performance, en vue de renforcer la redevabilité, la transparence et l’alignement de l’action gouvernementale sur nos objectifs de transformation.

Le Premier Ministre a rappelé les différentes consultations nationales de grande envergure récemment organisées (Assises de la Justice, États généraux de l’Industrie, États généraux des Transports, Dialogue national sur le système politique, Conférence sociale ayant abouti au Pacte social) et a demandé de traduire les recommandations issues de ces travaux en actions concrètes, assorties d’un calendrier clair et des mécanismes de suivi-évaluation, permettant de mesurer les progrès.

Le Premier Ministre a demandé aux ministres concernés de formuler un plan opérationnel de mise en œuvre des recommandations issues de leurs assises respectives avec des échéanciers précis et de soumettre un rapport de suivi trimestriel faisant état de l’état d’avancement des actions engagées, des résultats obtenus et, le cas échéant, des difficultés rencontrées. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) de déployer, dans un délai de trois mois, la digitalisation intégrale du courrier administratif. Cette réforme représente un levier stratégique majeur pour moderniser notre administration, améliorer la traçabilité des échanges, et rehausser la qualité du service public.

Abordant son récent voyage en Chine, le Premier Ministre a insisté sur l’importance de la rigueur dans le suivi des 48 actions retenues. Après avoir rappelé les diligences déjà menées

par la Primature, il a demandé à tous les ministres concernés de procéder à un suivi rigoureux de ces actions afin d’en assurer la mise en œuvre effective et de maximiser les retombées.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur la mobilisation des ressources hors bilan de l’Etat à travers le recyclage d’actifs de

l’Etat ;

– le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait le point sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;

– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur la révision des règlements particuliers des zones dotées de plans d’aménagement de la région de Dakar.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, le

Conseil a examiné et adopté :

– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le Traité d’Entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République italienne, signé à Rome le 07 décembre 2017 ;

– le Projet de décret instituant la journée nationale de la diaspora sénégalaise ;

– le Projet de décret fixant le nombre de places mises en concours pour l’admission en classe de 6ème de l’Enseignement moyen général, session 2025 ;

– le Projet de décret modifiant le décret n° 2020-791 du 19 mars 2020 relatif au registre des bénéficiaires effectifs.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement

Amadou Moustapha Njekk SARRE

Groupe WhatsApp de la Coalition Diomaye Président : Bougar Diouf règle ses comptes après son exclusion

Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et membre de la Coalition Diomaye Président, a exprimé sa profonde amertume après avoir été exclu du groupe WhatsApp des alliés du chef de l’État. Cette décision a été prise à la suite de propos jugés offensants envers le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il avait tenus lors de son passage dans l’émission RFM Matin.

Dans sa déclaration, Bougar Diouf est revenu sur l’historique de l’engagement de son mouvement aux côtés de Pastef et de son leader. Il a affirmé que l’appui de la coalition avait été déterminant pour la victoire à la présidentielle. « Nous soutenons Pastef depuis 2017. Son leader, Ousmane Sonko, ne prend même pas en compte notre coalition lorsqu’il s’exprime. Sans la Coalition Diomaye Président, Pastef n’aurait jamais pu remporter l’élection présidentielle, faute de moyens. Nous avons contribué à hauteur de plus de 400 millions de FCFA. Plus de 156 organisations se sont mobilisées pour porter Pastef au pouvoir. Et aujourd’hui, Sonko nous ignore complètement, comme si nous n’avions jamais existé », a-t-il dénoncé.

Bougar Diouf a également précisé qu’il avait décidé de soutenir Bassirou Diomaye Faye pour sa stature d’homme de dialogue et d’équilibre. Selon lui, c’est l’image du président qui avait motivé l’adhésion de nombreux Sénégalais et l’adhésion massive de la coalition. « Nous avons choisi le président Bassirou Diomaye Faye parce que c’est un homme de paix, de principe, un homme bien. C’est l’homme que le Sénégal attendait. Mais quand Ousmane Sonko parle de lui, il dit qu’il faut le laisser gouverner pleinement, comme si Diomaye ne tirait pas sa légitimité du peuple. C’est ce type de discours que j’ai dénoncé dans l’émission, et cela a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux », a poursuivi Bougar Diouf.

Selon ses explications, sa prise de parole n’aurait pas eu vocation à attaquer la coalition mais plutôt à alerter sur un ton qu’il juge condescendant. Cependant, cette intervention a été mal perçue au sein de l’espace de concertation des alliés du pouvoir. « C’est la cinquième fois qu’Aïda Mbodj m’exclut du groupe. Elle a invoqué l’article 4 de la charte de la coalition, qui interdit aux membres de porter atteinte à l’image de la coalition. Or, je n’ai pas dénigré la coalition. Pastef lui-même n’a jamais signé cette charte et Ousmane Sonko ne reconnaît même pas officiellement la Coalition Diomaye Président », a-t-il affirmé.

Bassirou Diomaye Faye recentre le débat : « Le seul combat qui vaille, c’est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé sur les orientations majeures de son mandat, alors que les spéculations politiques vont bon train sur l’unité au sommet de l’État et les priorités du nouveau régime. Lors de sa déclaration, le chef de l’État a fermement rappelé que le véritable enjeu réside dans la stabilité politique, la réconciliation nationale et la libération de la justice, et non dans les querelles de positionnement.

Se voulant rassurant, il a affirmé que le Sénégal demeure un pays stable, mais qu’il ne peut ignorer les fragilités héritées. « Le Sénégal n’a rien à envier aux autres pays en termes de stabilité. Mais pour qu’il y ait une stabilité politique, il faut un climat politique stable permettant d’attirer les investisseurs », a-t-il déclaré. Il a insisté sur sa détermination à tout mettre en œuvre pour préserver la paix, rappelant le contexte particulier d’un « passé récent très difficile » et d’un environnement économique et financier dégradé.

Le président Faye a souligné qu’aucune action gouvernementale ne saurait prospérer si elle s’écarte de cet objectif : « Tout ce que nous ferons hors de ce cadre, en tant que gouvernement, les Sénégalais ne seront jamais en phase avec nous. » Il a revendiqué sa volonté de servir avec humilité et responsabilité, conscient de la charge que représente la présidence dans un pays divisé jusqu’au sein des familles.

Pour lui, le premier chantier était sans conteste celui de la réconciliation nationale. C’est la raison pour laquelle il a tenu à installer les assises dès le 28 mai, quelques semaines après son investiture. « J’ai trouvé ce pays dans une division totale, même au niveau de nos propres maisons », a-t-il rappelé. Ces assises avaient un objectif clair : réconcilier les Sénégalais avec leur justice et restaurer la confiance du citoyen dans une institution longtemps décriée.

Il a d’ailleurs précisé sa conception de la réforme judiciaire : « Quand on parle de justice, on veut qu’elle marche. Et pour cela, il faut la libérer, mais la libérer ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble. Il faut dénoncer ce qui auparavant ne marchait pas. » Bassirou Diomaye Faye a évoqué avec gravité ses onze mois de détention, en soulignant qu’il ne saurait cautionner les « anomalies » qu’il avait lui-même subies. Pour lui, corriger les imperfections est un devoir qu’il entend assumer sans faiblesse.

Sur le plan économique, il est revenu sur son récent voyage aux États-Unis, au cours duquel il a rencontré la Chambre de commerce américaine et d’autres partenaires, avec l’ambition d’attirer des investisseurs pour « régler des problèmes et créer des emplois ».

Enfin, le président a tenu à lever toute ambiguïté concernant les propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko. Il a réfuté l’existence de la moindre divergence avec son chef de gouvernement. « Il y a des gens qui vont dire qu’il y a des divergences avec le Premier ministre, non, le Premier ministre l’a dit, c’est mon ami. Je n’ai aucun conflit avec lui. »

Pour Bassirou Diomaye Faye, le seul combat qui compte est celui contre les difficultés quotidiennes des Sénégalais : « Le seul combat qui vaille, c’est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent, que nous-mêmes endurons en tant que gouvernants qui butons sur un héritage difficile. » Il a réaffirmé son engagement à fonder l’action publique sur les valeurs du « Jub, Jubbal et Jubanti » – probité, redressement et justice – afin de répondre à la situation financière complexe dont il a hérité.

Le président a conclu son intervention en lançant un appel à la responsabilité collective : « Les attentes, c’est la gestion transparente, c’est l’affirmation de la souveraineté, c’est la veille systématique des intérêts de l’État, c’est la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques. »

Bassirou Diomaye Faye fixe ses priorités : réconciliation nationale et libération de la justice comme socles d’un Sénégal apaisé et prospère

Dans une allocution dense et sans concession, le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye a exposé sa vision des chantiers qui guideront son mandat. S’exprimant sur la stabilité, la justice et la réconciliation, le chef de l’État a souligné l’urgence de rassembler les Sénégalais autour de valeurs partagées et de restaurer la confiance dans l’institution judiciaire.

Pour le président Faye, la stabilité politique est indissociable de l’attractivité économique. Il a rappelé qu’un climat serein et prévisible est une condition essentielle pour encourager les investissements et créer des emplois. Il a déclaré qu’il comptait continuer à s’atteler à tout ce qui pouvait apporter la paix dans le pays. Selon lui, la stabilité passe par un climat politique apaisé, et il a insisté sur le fait que les Sénégalais jugeront l’action gouvernementale à l’aune de sa capacité à améliorer leur quotidien. Il a rappelé qu’il avait trouvé le pays dans une situation économique et financière difficile, ce qui rend d’autant plus impératif de cultiver la paix et la stabilité.

Au-delà de l’impératif économique, Bassirou Diomaye Faye a fait de la réconciliation nationale l’axe central de son action. Il a affirmé qu’il avait trouvé le Sénégal profondément divisé, même au sein des familles. Pour lui, le premier chantier était donc de réconcilier les Sénégalais entre eux et de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Il a souligné qu’il avait tenu à respecter le calendrier des assises du Dialogue national, qui se sont ouvertes le 28 mai, moins de deux mois après son investiture.

La restauration de la confiance du citoyen dans la justice constitue le deuxième pilier. Pour le président, libérer la justice ne signifie pas l’absence de règles, mais la capacité à garantir un fonctionnement équitable, impartial et respectueux de l’État de droit. Il a déclaré qu’il fallait dénoncer les dysfonctionnements et corriger les imperfections. Il a rappelé qu’il avait lui-même passé 11 mois en détention et qu’il se refusait à cautionner les anomalies qu’il avait subies. Selon lui, accepter ces dérives constituerait un échec personnel et collectif.

Abordant son récent voyage aux États-Unis, Bassirou Diomaye Faye a expliqué qu’il avait pris part à deux importantes rencontres, notamment avec la Chambre de Commerce américaine. Ces échanges avaient pour objectif d’inciter les investisseurs américains à s’engager au Sénégal, afin de participer à la résolution des problèmes et à la création d’emplois.

Enfin, le chef de l’État a tenu à lever toute équivoque sur les relations avec son Premier ministre. Il a rejeté les rumeurs de conflit avec Ousmane Sonko, affirmant qu’il n’y avait aucune divergence entre eux. Il a rappelé que le seul combat qui vaille est celui contre les difficultés que vivent les Sénégalais, soulignant qu’il partageait cette priorité avec son Premier ministre et son gouvernement.

Le président Faye a conclu en réitérant la vision de son action, fondée sur la gestion transparente, l’affirmation de la souveraineté, la vigilance sur les intérêts de l’État, la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques. Pour lui, ces engagements sont la condition de la stabilité et du redressement dont le Sénégal a besoin.

S&P abaisse de nouveau la note de crédit du Sénégal à B- : l’alerte sur la dette se confirme

S&P Global Ratings a annoncé une nouvelle dégradation de la note souveraine du Sénégal, désormais ramenée à B-, un cran en dessous de la précédente évaluation. Il s’agit de la deuxième baisse en moins de cinq mois, une situation qui replace le pays en catégorie spéculative et traduit les inquiétudes croissantes autour de la soutenabilité de la dette publique.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’audit des finances publiques diligenté par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye. Les vérifications menées ont mis au jour un endettement bien plus élevé qu’initialement communiqué sous le régime précédent.

Selon les dernières données compilées par Barclays Plc, la dette publique sénégalaise aurait atteint 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, un seuil bien supérieur aux 99,7 % annoncés dans le cadre du premier audit financier publié récemment. Cette révélation a profondément modifié la perception des investisseurs et des agences de notation sur la solidité budgétaire du pays.

Dans son communiqué officiel, S&P a expliqué que « malgré des perspectives de croissance économique toujours solides et un potentiel important à moyen terme, la situation budgétaire du Sénégal est désormais plus contrainte. Cette vulnérabilité accrue rend les finances publiques beaucoup plus exposées à d’éventuels chocs économiques et financiers négatifs à l’avenir. » L’agence prévoit par ailleurs que la dette restera proche de 118 % du PIB en 2024, confirmant l’essoufflement des marges de manœuvre budgétaires.

Il faut rappeler que le Sénégal avait bénéficié au cours des dernières années d’un climat de confiance favorable, porté par d’importants projets d’infrastructures et des prévisions de recettes futures tirées notamment par l’exploitation des hydrocarbures offshore. Toutefois, ces anticipations optimistes se heurtent aujourd’hui à la réalité d’un endettement massif et d’un déficit structurel difficilement résorbé.

Le nouveau gouvernement, qui a fait de la transparence budgétaire et du redressement financier l’un de ses principaux chevaux de bataille, se retrouve face à un défi considérable : restaurer la crédibilité auprès des investisseurs, tout en poursuivant des engagements sociaux et économiques ambitieux.

La dégradation de la note de crédit risque de renchérir le coût des emprunts sur les marchés internationaux, dans un contexte où plusieurs échéances de remboursement se profilent. Pour de nombreux observateurs, cette situation souligne la nécessité urgente de réformes structurelles et d’un plan d’assainissement budgétaire approfondi, sans quoi le Sénégal pourrait se retrouver sous pression croissante de ses créanciers.

Bassirou Diomaye Faye réaffirme ses priorités : stabilité, justice, souveraineté et réconciliation nationale

Lors de sa dernière sortie médiatique, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé avec franchise sur plusieurs sujets majeurs touchant à la gouvernance, à la stabilité politique, à la justice et à la situation économique du pays. Un discours lucide, marqué par un appel à l’unité, à la paix et à la responsabilité.

Dès l’entame de son intervention, le président a tenu à rappeler que le Sénégal reste un pays stable, sans complexe face aux autres nations. Toutefois, il a souligné que la stabilité politique ne saurait être effective sans un climat politique serein, propice à l’investissement et à la confiance.

« Je compte continuer à m’atteler à tout ce qui pourrait apporter la paix dans ce pays et je tends la main à tous ceux qui travaillent en ce sens », a-t-il affirmé, rappelant le passé récent tumultueux que le pays a traversé.

Il insiste : tout écart vis-à-vis de ce cap de stabilité et de cohésion nationale risquerait d’aliéner le soutien des citoyens.

Revenant sur le climat social et politique à son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye a évoqué un pays en proie à une division profonde, jusque dans les foyers.

« On a dit que pour le prochain président, son premier chantier, c’est de réconcilier les Sénégalais », a-t-il rappelé.

Dans cette logique, le président a tenu à maintenir le calendrier des Assises nationales dès le 28 mai, moins de deux mois après sa prestation de serment, avec comme première thématique : la justice. Pour lui, cette institution doit être réformée pour restaurer la confiance des citoyens, mais pas affranchie de tout contrôle.

« Libérer la justice ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité de corriger les dysfonctionnements passés sans pour autant tomber dans l’impunité.

Il a également rappelé les 11 mois qu’il a passés en prison, affirmant qu’il ne saurait aujourd’hui cautionner les dérives qu’il a lui-même dénoncées à l’époque.

Le chef de l’État a aussi fait le point sur son récent déplacement aux États-Unis, où il a rencontré des acteurs majeurs de l’économie, notamment la Chambre de commerce américaine. L’objectif : encourager les investissements au Sénégal, créer de l’emploi et trouver des solutions concrètes aux défis économiques.

« Il faut attirer des investisseurs pour régler des problèmes et créer des emplois », a-t-il martelé, soulignant l’importance du partenariat international dans un cadre souverain.

Abordant la polémique née des récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, le président a tenu à apaiser les inquiétudes en affirmant clairement qu’il n’y a « aucun conflit » entre les deux hommes.

« Le Premier ministre est mon ami. Je vais continuer à me concentrer sur les attentes des Sénégalais. Le seul combat qui vaille, c’est celui contre les difficultés qu’ils endurent », a-t-il insisté.

Le président rappelle que son gouvernement a hérité d’une situation économique complexe, ce qui appelle à un engagement collectif fort autour des principes qui fondent le projet Jub, Jubbal, Jubanti : vérité, réparation, transformation.

En conclusion, Bassirou Diomaye Faye appelle l’ensemble de la classe politique, de l’administration et de la société civile à s’inscrire dans une dynamique de gestion transparente, de renforcement de la souveraineté, de défense des libertés et de préservation des valeurs démocratiques.

« C’est là où les Sénégalais nous attendent », a-t-il dit avec conviction, se plaçant en gardien des intérêts de l’État, mais surtout en président déterminé à incarner une nouvelle ère de rupture et de responsabilité.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°512 – 15/07/2025

🔴 « L’EMPRISONNEMENT DE BADARA GADIAGA EST UN PAS DE PLUS VERS LA CONSTRUCTION D’UN PARTI-ÉTAT » : BOUGANE DÉCODE LES INTENTIONS DE SONKO
🔴 « IL N’Y A AUCUN CONFLIT ENTRE OUSMANE SONKO ET MOI » : QUELLE « STATESMANSHIP » DE DIOMAYE !

🔴 CAN FÉMININE : LES « LIONNES » S’ENVOLENT EN QUARTS
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Réformes issues du Dialogue national : le Président Diomaye annonce des mesures concrètes et un comité ad hoc dès cette semaine

Le rapport général du Dialogue national 2025 a été officiellement remis ce lundi au Président Bassirou Diomaye Faye par le facilitateur général, Dr Cheikh Gueye. Cette étape marque un moment crucial dans la réflexion collective engagée sur la réforme du système politique sénégalais. Les concertations nationales, qui se sont déroulées du 28 mai au 4 juin, ont permis d’aboutir à des conclusions importantes visant à renforcer les institutions et améliorer le fonctionnement démocratique du pays.

Dans son discours, le Président Faye a salué les progrès réalisés et les larges consensus dégagés autour de plusieurs questions essentielles. Parmi celles-ci, la rationalisation et la réforme des partis politiques ont été identifiées comme un levier indispensable pour une meilleure gouvernance. Par ailleurs, la dématérialisation intégrale du processus électoral, qui inclut l’inscription automatique et permanente des primo-électeurs, a été unanimement reconnue comme une avancée majeure pour garantir la transparence et la fiabilité des scrutins.

Le Président a également mis en lumière la création prochaine d’une Cour constitutionnelle, dont la mission sera de veiller au respect de la Constitution et à la régulation des institutions. L’adoption du bulletin unique et du vote électronique a également été retenue comme une mesure clé pour moderniser le système électoral. En complément, la mise en place d’un organe indépendant chargé de la gestion des élections doit assurer une supervision impartiale et renforcer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Conscient de l’importance de transformer ces recommandations en actions concrètes, le chef de l’État a annoncé la création, dès cette semaine, d’un comité ad hoc. Ce comité aura pour mission de superviser la mise en œuvre rigoureuse des réformes, aussi bien au niveau constitutionnel que législatif et réglementaire. Cette étape permettra d’assurer un suivi efficace et d’éviter toute lenteur dans la concrétisation des mesures arrêtées.

Le Président Diomaye Faye a insisté sur la portée stratégique de ces réformes, en soulignant leur rôle primordial dans la préservation de la paix sociale au Sénégal. Il a aussi rappelé que ces transformations sont essentielles pour renforcer l’attractivité économique du pays et améliorer la synergie entre les différentes institutions publiques. Le Dialogue national, désormais institutionnalisé, s’affirme comme un outil central de gouvernance concertée, contribuant ainsi à la consolidation démocratique et à la construction citoyenne.

En conclusion, le Président a affirmé que ces réformes incarnent la volonté collective des Sénégalais de bâtir un pays uni, stable et tourné vers l’avenir, où la démocratie et l’État de droit sont respectés et renforcés. Ce nouveau souffle, porté par le Dialogue national, est présenté comme une étape décisive pour accompagner le Sénégal vers un développement harmonieux et inclusif.

Bassirou Diomaye Faye clarifie : « Il n’y a aucun conflit entre Ousmane Sonko et moi »

Alors que certains observateurs et commentateurs misaient sur un début de tension entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté ce lundi 14 juillet.

La mise au point est intervenue lors de la cérémonie de remise du rapport général sur le Dialogue national, organisée au Palais présidentiel. D’un ton ferme et apaisant, Bassirou Diomaye Faye a coupé court aux spéculations :

« Il n’y a aucune divergence entre le Premier ministre et moi. C’est mon ami. Il n’y a aucun conflit. Je continuerai à veiller au bon déroulement de la mission que le peuple sénégalais nous a confiée, à savoir faire focus et nous concentrer sur les priorités des Sénégalais », a-t-il déclaré.

Ces précisions interviennent après les propos d’Ousmane Sonko, prononcés le jeudi 10 juillet lors de l’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Ce jour-là, le Premier ministre avait estimé que « le Sénégal n’est pas en crise », mais que le véritable problème du pays résidait dans « l’autorité de l’État », insistant sur la nécessité de lui laisser la latitude pour gouverner efficacement et apporter des résultats concrets.

Des déclarations qui ont été perçues, dans certains milieux politiques et médiatiques, comme une manière de marquer son territoire ou de signifier des désaccords au sommet de l’État.

Le Président Faye a donc choisi de clarifier publiquement la nature de ses relations avec son chef de gouvernement et camarade politique de longue date. Ce geste vise à rassurer les Sénégalais et à montrer l’unité de l’exécutif, dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques.

Cette sortie souligne aussi la volonté du Président d’écarter toute polémique inutile et de maintenir la cohésion au sein de l’équipe dirigeante, qui porte la responsabilité d’incarner la promesse de rupture et de réformes portée par leur coalition.

Situation difficile du Sénégal : Bassirou Diomaye Faye appelle à l’unité et à la responsabilité face aux urgences nationales

Le Président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé ce lundi au Palais présidentiel à l’occasion de la cérémonie de remise du rapport général du Dialogue national. Une intervention marquée par un appel appuyé à l’unité et à la mobilisation collective face aux défis qui secouent le Sénégal.

Confronté à ce qu’il qualifie d’« héritage lourd à gérer », le chef de l’État a reconnu la gravité de la situation financière et sociale du pays. « Le seul combat qui vaille aujourd’hui, c’est celui contre les difficultés que vivent les Sénégalais, que nous-mêmes rencontrons en tant que gouvernants », a-t-il affirmé.

Bassirou Diomaye Faye a souligné que les priorités du gouvernement restent inchangées, portées par le slogan devenu sa marque de fabrique : « Jub, Jubal, Jubanti ». Une ligne directrice qui doit, selon lui, guider l’action publique malgré les contraintes économiques : « La vision est là, le Jub, Jubal, Jubanti est toujours là, qui est notre boussole. »

Le Président a invité les responsables politiques et administratifs à faire preuve de responsabilité et à se concentrer sur les urgences nationales. Il a rappelé que la promesse de rupture exige rigueur, méthode et constance.

« Nous devons tenir nos engagements : la gestion transparente, l’affirmation de la souveraineté, la veille systématique sur les intérêts de l’État, la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques », a-t-il insisté.

Cet appel intervient alors que le pays traverse une conjoncture marquée par une pression sociale accrue et une attente forte de résultats concrets. Le Président a conclu en réaffirmant que seule une mobilisation collective et un engagement sincère permettront de relever les défis auxquels le Sénégal fait face.

Guerre d’egos et de pouvoir : Thierno Alassane Sall étrille la rivalité Sonko-Diomaye

Dans une publication au vitriol sur son compte X, Thierno Alassane Sall, leader du parti La République des Valeurs, s’est violemment attaqué à la crise ouverte qui secoue le sommet de l’État sénégalais. Selon lui, les querelles entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko n’ont rien d’un débat politique de fond, mais tout d’une bataille d’egos nuisible à l’intérêt général.

« Un minimum de respect pour les Sénégalais aurait dû pousser les dirigeants du Pastef à prendre l’initiative de mettre un terme à la guerre froide, désormais officiellement déclarée, entre Sonko et Diomaye », affirme Thierno Alassane Sall, qui dénonce l’attitude des nouveaux responsables de la mouvance présidentielle. Il estime que « nombre de ces nouveaux apparatchiks versent de l’huile sur le feu, avec des messages d’allégeance sur les réseaux sociaux », sans même avoir le courage de justifier leur parti-pris par des divergences de programme.

L’ancien ministre ne s’arrête pas là. Il qualifie la rivalité entre le président et son chef de gouvernement de « farce tragique » et moque les références révolutionnaires qui entourent la figure d’Ousmane Sonko. « Non ! Ce n’est pas Sankara contre Blaise. C’est Blaise contre Compaoré. Une farce tragique. Un pathétique épisode de la supercherie Diomaye mooy Sonko », lance-t-il, ironique.

Pour Thierno Alassane Sall, cette lutte pour le contrôle du pouvoir révèle le vrai visage de la gouvernance actuelle. « Pendant ce temps, les Sénégalais, pris au piège dans les décombres du quatrième sous-sol, attendent impatiemment l’arrivée des secours », alerte-t-il, avant de pointer du doigt l’attitude du Premier ministre, qu’il accuse de se préoccuper uniquement de « sa part du pouvoir, qu’il trouve insuffisante ». Il reproche ainsi à Ousmane Sonko de mobiliser députés, directeurs généraux et ministres pour un nouveau bras de fer politique, pendant que les priorités du pays restent en suspens.

GSIE TECHNOLOGY dément tout lien avec Badara Gadiaga et dénonce des accusations « malveillantes »

L’entreprise sénégalaise GSIE TECHNOLOGY a publié, ce samedi 12 juillet 2025, un communiqué formel démentant tout lien avec le chroniqueur Badara Gadiaga.

Depuis quelques heures, des informations circulaient en ligne laissant entendre que la société de services numériques entretiendrait des relations avec M. Gadiaga, récemment placé sous le coup de poursuites judiciaires. Des allégations qualifiées de « totalement infondées » par l’entreprise.

GSIE TECHNOLOGY rappelle qu’elle agit exclusivement comme prestataire technique au profit des institutions de microfinance (IMF), des banques et des établissements de monnaie électronique, en fournissant une plateforme numérique visant à favoriser l’inclusion financière dans l’espace UEMOA et au-delà.

Dans sa mise au point, la société précise qu’elle :

– n’entretient aucune relation commerciale ou autre avec M. Badara Gadiaga ;

– ne détient aucun compte au nom de ce dernier ni de clients extérieurs au cadre strict de ses partenariats institutionnels ;

– exerce depuis près de trois décennies dans le secteur numérique sous la direction de son fondateur, M. Antoine Ngom, également président du regroupement du secteur privé du numérique de l’UEMOA.

« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la diffusion de fausses informations, malveillantes et tendancieuses, nuisibles à l’image de notre entreprise, de ses dirigeants, de ses partenaires et de ses clients », avertit GSIE TECHNOLOGY, qui se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces allégations.

Tribunal de Dakar : Badara Gadiaga bénéficie d’un retour de parquet

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, a bénéficié d’un retour de parquet après la présentation de son dossier au tribunal de Dakar. Son dossier a été transmis au doyen des juges pour instruction, signe que la procédure judiciaire se poursuit.

Initialement poursuivi pour « propos contraires aux bonnes mœurs » tenus lors de l’émission Jakaarlo Bi, Badara Gadiaga fait désormais face à de nouvelles charges. Selon des sources judiciaires, il est également visé pour « diffusion de fausses nouvelles » et « offense à une personne qui exerce une partie des prérogatives du chef de l’État ».

L’affaire, qui suscite une vive attention médiatique et une vague de réactions sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la liberté d’expression et les limites de la critique publique au Sénégal. De nombreuses voix, issues de la société civile et du monde politique, continuent d’appeler à la libération du chroniqueur et dénoncent une « criminalisation de l’opinion ».

Alioune Tine appelle à la rupture : « Continuer le Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde de cauchemar »

Le climat politique sénégalais continue d’alimenter polémiques et tensions. Au cœur des débats, le défenseur des droits humains Alioune Tine a réagi aux critiques du journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien Yor Yor, qui lui reproche de demander la libération du chroniqueur Badara Gadiaga, incarcéré pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » à l’encontre du Premier ministre Ousmane Sonko.

Lors d’une émission, Serigne Saliou Gueye s’est étonné de la position d’Alioune Tine, rappelant que ce dernier avait écrit sur Facebook : « J’ai bloqué tout ce qui m’insultait ». « Celui qui peut bloquer pour des insultes est capable d’envoyer des gens en prison », a-t-il lancé.

Alioune Tine n’a pas tardé à répondre sur Twitter, rectifiant d’abord : « Ce n’est pas sur Facebook », avant de clarifier : « Je bloque les insulteurs, je ne les mets pas en prison, je n’en ai pas le pouvoir. Nous avons toujours prôné le respect mutuel entre adversaires politiques ».

Le militant des droits humains s’est ensuite inquiété de l’état actuel de la vie politique nationale. « Aujourd’hui, c’est le règne de la radicalisation, de l’affrontement politique, de la logique ami/ennemi, des simplifications, des fake news et des théories complotistes. Personne n’y gagne », a-t-il déploré.

Réitérant son engagement en faveur de la liberté d’expression, il a réaffirmé sa demande de libération de Badara Gadiaga et de « tous les détenus pour délit d’opinion ». Selon lui, l’apaisement et la réconciliation sont des priorités urgentes. « Les autorités doivent apaiser et réconcilier les Sénégalais. Dire que le pays va mal n’est pas un excès de langage », a-t-il insisté.

Enfin, Alioune Tine a critiqué la persistance des méthodes qu’il qualifie de dépassées, symbolisées par le « Gatsa Gatsa-Gatsa ». « Les solutions sont à portée de main : construire une nation unie, confiante et conquérante. Continuer le Gatsa Gatsa-Gatsa, c’est refuser de sortir d’un monde passé, un monde de cauchemar », a-t-il conclu.

Soutien militaire : l’Union européenne accorde 10 millions d’euros aux Forces armées sénégalaises

L’Union européenne vient de franchir une nouvelle étape dans sa coopération sécuritaire avec le Sénégal. Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), l’UE a approuvé mercredi une première mesure d’assistance militaire d’un montant de 10 millions d’euros, soit 6,56 milliards de francs CFA, destinée à renforcer les capacités des Forces armées sénégalaises. Ce soutien s’inscrit dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix (FEP) et s’étalera sur une période de 36 mois.

D’après le site officiel du Conseil européen, cette mesure vise à « renforcer les capacités des forces armées sénégalaises à défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté du Sénégal et à protéger sa population civile contre les agressions internes et externes ».

L’aide concernera exclusivement des équipements non létaux et le développement d’infrastructures opérationnelles. Elle portera notamment sur la surveillance terrestre et fluviale, de jour comme de nuit, la collecte de renseignements, ainsi que la protection des forces.

La Facilité européenne pour la paix, créée en mars 2021, est un instrument financier de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’UE. Elle permet de financer des actions de prévention des conflits, de stabilisation et de renforcement des capacités militaires des pays partenaires.

Madiambal Diagne : « Bassirou Diomaye Faye doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même »

Le journaliste Madiambal Diagne a réagi avec fermeté à la dernière sortie d’Ousmane Sonko, qui continue d’alimenter la polémique. Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), il estime que le président Bassirou Diomaye Faye n’a désormais plus d’alternative : il doit trancher ou s’effacer.

« Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef. Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a écrit Madiambal Diagne.

Ces propos surviennent au lendemain d’un discours particulièrement offensif du chef du gouvernement, qui a critiqué plusieurs acteurs institutionnels et politiques. Pour le journaliste, cette situation est intenable et fragilise la crédibilité du pouvoir en place.

Projection de film LGBTQ : And Samm Jikko Yi met en garde l’État et menace de troubles à l’ordre public

La tension monte autour de la rencontre annoncée par l’Ambassade des Pays-Bas et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, qui prévoient d’organiser la projection d’un film suivi de débats sur les questions LGBTQI à Dakar. Le collectif And Samm Jikko Yi est monté au créneau pour dénoncer cette initiative et adresser un avertissement au gouvernement sénégalais.

Dans un communiqué transmis à la presse, le collectif affirme que « cette réunion ne se tiendra pas sur le territoire national, sous peine de graves troubles à l’ordre public ». Selon And Samm Jikko Yi, toutes les associations et plateformes mobilisées contre « les anti-valeurs » ont été informées et se tiennent prêtes à réagir.

« Cette violation ouverte de nos lois et de nos mœurs ne passera pas », prévient le collectif, qui appelle les autorités à prendre leurs responsabilités face à ce qu’il qualifie de provocation.

La note détaille que cette réunion, baptisée « Réunion Equal Rights Coalition (ERC) », est prévue de 9h30 à 11h et doit inclure la projection du film MIWA (« Nous sommes là »), consacré aux enjeux des femmes LGBT et hommes transgenres d’Afrique de l’Ouest. Des représentants d’associations comme Égides et PI7, impliquées dans le projet, participeront aux échanges en ligne après la projection.

Pour And Samm Jikko Yi, il ne s’agit pas d’un simple événement culturel, mais d’une « volonté affichée et déterminée des lobbies de mettre le Sénégal à genoux ». En conséquence, le collectif exhorte l’État à aller plus loin et à inscrire la criminalisation de l’homosexualité dans la loi. « Plus que jamais, l’urgence de criminaliser ce fléau s’impose comme le seul moyen de mettre immédiatement un terme à tous ces programmes de perversion. Que l’État prenne sa responsabilité », martèle le texte.

LGBTQI : Le Sénégal met en garde contre une projection de film prévue à Dakar

Le gouvernement sénégalais a fermement réagi ce jeudi à une initiative envisagée par l’Ambassade des Pays-Bas à Dakar et le Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH). Dans un communiqué diffusé par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE), les autorités expriment leur opposition à une activité qui aurait consisté en une projection de film suivie de discussions autour des questions LGBTQI dans les locaux du HCDH à Dakar.

Le ministère affirme avoir été informé de cette démarche et rappelle que toutes les activités organisées sur le territoire national par des représentations diplomatiques, organisations internationales ou ONG doivent impérativement respecter les lois et règlements en vigueur. « Elles doivent également se conformer strictement aux valeurs culturelles, religieuses et sociales qui fondent la Nation sénégalaise », précise le communiqué.

Réaffirmant la position officielle du Sénégal sur la question, le ministère déclare que « le Sénégal n’accepte aucune forme de propagande et de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », soulignant que cette position a été « clairement et maintes fois exprimée par les plus Hautes Autorités du pays ».

En conclusion, le gouvernement sénégalais met en garde contre toute tentative d’organisation de ce type d’événements. « Le Gouvernement se réserve le droit de prendre toute mesure appropriée contre les éventuels organisateurs de telles activités et même contre les participants, quels que soient leurs origines, statut ou rang, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. »

Barthélémy Dias charge le régime : « Le peuple a été victime d’une escroquerie politique, il mérite mieux »

Le climat politique sénégalais n’en finit pas de se tendre. Invité sur le plateau de France 24, Barthélémy Dias a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place, qu’il accuse d’avoir trahi les espoirs populaires. Pour le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, l’heure est venue de reconnaître un immense échec.

« Je n’ai pas le droit de me dérober. Je fais partie de ceux qui ont participé à l’accession de ce régime au pouvoir. Je pense que la déception est au rendez-vous. Pour moi et d’autres compagnons, se débarrasser de ce régime est une œuvre de salubrité publique », a déclaré l’ancien maire de Dakar.

Barthélémy Dias pointe du doigt ce qu’il décrit comme une « escroquerie politique et intellectuelle » qui a particulièrement touché la jeunesse. Selon lui, les promesses formulées pendant la campagne présidentielle n’ont pas résisté à l’épreuve du pouvoir. « Le Sénégal a besoin de vérité. Le Sénégal, particulièrement la jeunesse, a été victime de l’une des plus grosses escroqueries politique et intellectuelle du Sénégal moderne. Ils avaient promis monts et merveilles. Aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise est dans une déception totale », a-t-il dénoncé.

Le responsable politique estime par ailleurs que la situation économique du pays est alarmante. « Le constat est là, la situation macro-économique est désastreuse. Le peuple mérite mieux que ce que l’on nous a servi », a conclu Barthélémy Dias, visiblement déterminé à faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une dérive des promesses initiales.

Thierno Alassane Sall étrille Sonko : « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura duré que le temps d’un hivernage »

La dernière prise de parole d’Ousmane Sonko continue de provoquer une onde de choc dans le landerneau politique. Cette fois, c’est le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, qui a vivement critiqué la démarche du Premier ministre, qu’il accuse de vouloir précipiter le Sénégal dans une nouvelle crise.

Pour Thierno Alassane Sall, l’illusion d’un tandem solide entre le président Bassirou Diomaye Faye et son chef de gouvernement a rapidement volé en éclats. « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura tenu que le temps d’un hivernage », ironise-t-il, estimant que Pastef est désormais rongé de l’intérieur par ses propres contradictions.

Selon lui, le pays, déjà confronté à de multiples défis sociaux et économiques, n’avait nul besoin d’une crise politique supplémentaire. « Comme si le sombre tableau que présente le Sénégal ne suffisait pas, Ousmane Sonko veut ajouter une crise à la crise. Une crise politique de plus pour un parti qui, depuis 2021, vague après vague, ne cherche pas le répit », déplore-t-il.

Le député va plus loin en dénonçant l’obsession du leader de Pastef pour le pouvoir, non pas pour répondre aux priorités des Sénégalais, mais pour régler des comptes. « Le plus indécent dans sa déclaration, c’est qu’il réclame plus de pouvoirs, lui qui en a tant. Il demande plus de pouvoirs, non pour s’en prendre à la misère du peuple ou à l’insécurité, non ! Il réclame le pouvoir pour solder des comptes personnels », accuse Thierno Alassane Sall.

Il souligne enfin que les vraies préoccupations – le chômage, le coût de la vie, l’échec scolaire – semblent reléguées au second plan au profit d’un agenda personnel. « À l’écouter, il est clair que ce n’est ni par le taux d’échec au Bac, ni par le taux de chômage, ni par l’indice du coût de la vie que se mesure sa frustration. C’est au nombre de ses contempteurs emprisonnés. Voilà son projet et son horizon », conclut-il.

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