Madiambal Diagne : « Bassirou Diomaye Faye doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même »

Le journaliste Madiambal Diagne a réagi avec fermeté à la dernière sortie d’Ousmane Sonko, qui continue d’alimenter la polémique. Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), il estime que le président Bassirou Diomaye Faye n’a désormais plus d’alternative : il doit trancher ou s’effacer.

« Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef. Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a écrit Madiambal Diagne.

Ces propos surviennent au lendemain d’un discours particulièrement offensif du chef du gouvernement, qui a critiqué plusieurs acteurs institutionnels et politiques. Pour le journaliste, cette situation est intenable et fragilise la crédibilité du pouvoir en place.

Projection de film LGBTQ : And Samm Jikko Yi met en garde l’État et menace de troubles à l’ordre public

La tension monte autour de la rencontre annoncée par l’Ambassade des Pays-Bas et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, qui prévoient d’organiser la projection d’un film suivi de débats sur les questions LGBTQI à Dakar. Le collectif And Samm Jikko Yi est monté au créneau pour dénoncer cette initiative et adresser un avertissement au gouvernement sénégalais.

Dans un communiqué transmis à la presse, le collectif affirme que « cette réunion ne se tiendra pas sur le territoire national, sous peine de graves troubles à l’ordre public ». Selon And Samm Jikko Yi, toutes les associations et plateformes mobilisées contre « les anti-valeurs » ont été informées et se tiennent prêtes à réagir.

« Cette violation ouverte de nos lois et de nos mœurs ne passera pas », prévient le collectif, qui appelle les autorités à prendre leurs responsabilités face à ce qu’il qualifie de provocation.

La note détaille que cette réunion, baptisée « Réunion Equal Rights Coalition (ERC) », est prévue de 9h30 à 11h et doit inclure la projection du film MIWA (« Nous sommes là »), consacré aux enjeux des femmes LGBT et hommes transgenres d’Afrique de l’Ouest. Des représentants d’associations comme Égides et PI7, impliquées dans le projet, participeront aux échanges en ligne après la projection.

Pour And Samm Jikko Yi, il ne s’agit pas d’un simple événement culturel, mais d’une « volonté affichée et déterminée des lobbies de mettre le Sénégal à genoux ». En conséquence, le collectif exhorte l’État à aller plus loin et à inscrire la criminalisation de l’homosexualité dans la loi. « Plus que jamais, l’urgence de criminaliser ce fléau s’impose comme le seul moyen de mettre immédiatement un terme à tous ces programmes de perversion. Que l’État prenne sa responsabilité », martèle le texte.

LGBTQI : Le Sénégal met en garde contre une projection de film prévue à Dakar

Le gouvernement sénégalais a fermement réagi ce jeudi à une initiative envisagée par l’Ambassade des Pays-Bas à Dakar et le Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH). Dans un communiqué diffusé par le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE), les autorités expriment leur opposition à une activité qui aurait consisté en une projection de film suivie de discussions autour des questions LGBTQI dans les locaux du HCDH à Dakar.

Le ministère affirme avoir été informé de cette démarche et rappelle que toutes les activités organisées sur le territoire national par des représentations diplomatiques, organisations internationales ou ONG doivent impérativement respecter les lois et règlements en vigueur. « Elles doivent également se conformer strictement aux valeurs culturelles, religieuses et sociales qui fondent la Nation sénégalaise », précise le communiqué.

Réaffirmant la position officielle du Sénégal sur la question, le ministère déclare que « le Sénégal n’accepte aucune forme de propagande et de promotion du phénomène LGBTQI sur son territoire », soulignant que cette position a été « clairement et maintes fois exprimée par les plus Hautes Autorités du pays ».

En conclusion, le gouvernement sénégalais met en garde contre toute tentative d’organisation de ce type d’événements. « Le Gouvernement se réserve le droit de prendre toute mesure appropriée contre les éventuels organisateurs de telles activités et même contre les participants, quels que soient leurs origines, statut ou rang, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. »

Barthélémy Dias charge le régime : « Le peuple a été victime d’une escroquerie politique, il mérite mieux »

Le climat politique sénégalais n’en finit pas de se tendre. Invité sur le plateau de France 24, Barthélémy Dias a livré un réquisitoire sans concession contre le pouvoir en place, qu’il accuse d’avoir trahi les espoirs populaires. Pour le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, l’heure est venue de reconnaître un immense échec.

« Je n’ai pas le droit de me dérober. Je fais partie de ceux qui ont participé à l’accession de ce régime au pouvoir. Je pense que la déception est au rendez-vous. Pour moi et d’autres compagnons, se débarrasser de ce régime est une œuvre de salubrité publique », a déclaré l’ancien maire de Dakar.

Barthélémy Dias pointe du doigt ce qu’il décrit comme une « escroquerie politique et intellectuelle » qui a particulièrement touché la jeunesse. Selon lui, les promesses formulées pendant la campagne présidentielle n’ont pas résisté à l’épreuve du pouvoir. « Le Sénégal a besoin de vérité. Le Sénégal, particulièrement la jeunesse, a été victime de l’une des plus grosses escroqueries politique et intellectuelle du Sénégal moderne. Ils avaient promis monts et merveilles. Aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise est dans une déception totale », a-t-il dénoncé.

Le responsable politique estime par ailleurs que la situation économique du pays est alarmante. « Le constat est là, la situation macro-économique est désastreuse. Le peuple mérite mieux que ce que l’on nous a servi », a conclu Barthélémy Dias, visiblement déterminé à faire entendre sa voix face à ce qu’il considère comme une dérive des promesses initiales.

Thierno Alassane Sall étrille Sonko : « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura duré que le temps d’un hivernage »

La dernière prise de parole d’Ousmane Sonko continue de provoquer une onde de choc dans le landerneau politique. Cette fois, c’est le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, qui a vivement critiqué la démarche du Premier ministre, qu’il accuse de vouloir précipiter le Sénégal dans une nouvelle crise.

Pour Thierno Alassane Sall, l’illusion d’un tandem solide entre le président Bassirou Diomaye Faye et son chef de gouvernement a rapidement volé en éclats. « La chimère Diomaye mooy Sonko n’aura tenu que le temps d’un hivernage », ironise-t-il, estimant que Pastef est désormais rongé de l’intérieur par ses propres contradictions.

Selon lui, le pays, déjà confronté à de multiples défis sociaux et économiques, n’avait nul besoin d’une crise politique supplémentaire. « Comme si le sombre tableau que présente le Sénégal ne suffisait pas, Ousmane Sonko veut ajouter une crise à la crise. Une crise politique de plus pour un parti qui, depuis 2021, vague après vague, ne cherche pas le répit », déplore-t-il.

Le député va plus loin en dénonçant l’obsession du leader de Pastef pour le pouvoir, non pas pour répondre aux priorités des Sénégalais, mais pour régler des comptes. « Le plus indécent dans sa déclaration, c’est qu’il réclame plus de pouvoirs, lui qui en a tant. Il demande plus de pouvoirs, non pour s’en prendre à la misère du peuple ou à l’insécurité, non ! Il réclame le pouvoir pour solder des comptes personnels », accuse Thierno Alassane Sall.

Il souligne enfin que les vraies préoccupations – le chômage, le coût de la vie, l’échec scolaire – semblent reléguées au second plan au profit d’un agenda personnel. « À l’écouter, il est clair que ce n’est ni par le taux d’échec au Bac, ni par le taux de chômage, ni par l’indice du coût de la vie que se mesure sa frustration. C’est au nombre de ses contempteurs emprisonnés. Voilà son projet et son horizon », conclut-il.

Crise au sommet : Madiambal Diagne met Diomaye Faye au pied du mur

La dernière sortie d’Ousmane Sonko continue de susciter des réactions tranchées dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Au cœur de cette tempête, le journaliste Madiambal Diagne a pris la parole pour adresser une mise en garde directe au chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Dans une déclaration sans détour, Madiambal Diagne estime que le Président de la République n’a désormais plus d’autre issue que de trancher dans le vif. « Tout le monde y est passé et en a pris pour son grade : Le Président de la République, l’Opposition, la Société civile, les Magistrats, les Médias, les Alliés de Pastef… Bassirou Diomaye Faye n’a plus le choix : il doit démettre son Premier ministre ou se démettre lui-même », a-t-il déclaré.

Ces propos, lourds de conséquences, interviennent dans un climat politique tendu, où les déclarations incendiaires du Premier ministre Sonko ont profondément clivé l’opinion. En ciblant une large frange des institutions et des forces vives de la Nation, Sonko semble avoir élargi le fossé qui le sépare non seulement de l’opposition mais également de certains cercles de la société civile et des médias.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°509 – 11/07/2025

🔴 « À 20 HEURES, IL N’Y AVAIT MÊME PAS TROIS PERSONNES LÀ OÙ IL Y AVAIT L’AUDITION » : L’« EFFACEUR » PERD SES MOYENS
🔴 ÉTATS-UNIS / 1689 SÉNÉGALAIS EN INSTANCE D’EXPULSION : DIOMAYE VA-T-IL DONNER BLANC-SEING ?

🔴 INLINE FREESTYLE 2025 / HERO BATTLE CUP : DAME FALL RESTE ROI DU FREE JUMP
🔴 LIGUE DE DAKAR : VICTOIRE D’ESPOIRS DE GUÉDIAWAYE SUR KUMBA LAMB

Justice paralysée : les syndicats SYTJUST et UNTJ déclenchent 48 heures de grève et interpellent le Président Diomaye

Le bras de fer entre l’État et les travailleurs de la justice prend un nouveau tournant. L’entente SYTJUST–UNTJ, qui regroupe le Syndicat des travailleurs de la justice et l’Union nationale des travailleurs de la justice, a annoncé dans un communiqué une grève de 48 heures ce jeudi 10 et vendredi 11 juillet 2025 sur toute l’étendue du territoire national. Cette décision intervient dans un climat de plus en plus tendu, marqué par l’accumulation des frustrations et le sentiment d’un profond mépris à l’égard des revendications des agents du secteur.

Dans leur déclaration, les deux organisations syndicales pointent du doigt une administration qu’elles qualifient de « bureaucratique » et « déconnectée des réalités du service public de la justice ». Elles dénoncent une « inaction coupable » et des « manœuvres dilatoires » qui, selon elles, sabotent la dynamique de réformes et bloquent l’amélioration des conditions de travail et de rémunération des personnels judiciaires. Les grévistes jugent qu’il n’est plus possible d’attendre et estiment que la lutte qu’ils mènent est « légitime, juste et vitale ».

Leurs principales revendications portent sur l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, un engagement reconnu mais jamais concrétisé, la constitution initiale du corps des assistants des greffes et parquets, bloquée par ce qu’ils décrivent comme une technostructure incompétente, ainsi que la satisfaction des autres points inscrits dans les préavis de grève successifs déposés par le SYTJUST et l’UNTJ. Ces organisations affirment qu’elles ne comptent plus être les « victimes silencieuses d’un système qui profite de leur résilience pour les maintenir dans la précarité et l’indignité ».

Les travailleurs de la justice interpellent directement le Président Bassirou Diomaye Faye, garant du fonctionnement régulier des institutions, ainsi que le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’ils exhortent à se saisir de ce dossier qu’ils qualifient de « scandale administratif ». Ils estiment que seule une implication des plus hautes autorités permettra de débloquer la situation et d’éviter un enlisement qui risquerait de paralyser durablement le service public de la justice.

Ousmane Sonko hausse le ton : tolérance zéro face aux attaques médiatiques et mise en garde directe au Président Diomaye

Le Premier ministre Ousmane Sonko a décidé de rompre le silence et d’adopter une posture ferme. Agacé par ce qu’il qualifie de « climat médiatique nuisible et malsain », il a annoncé qu’il n’y aurait désormais plus aucune tolérance face aux attaques personnelles dont il se dit victime. Dans une déclaration musclée, il a dénoncé avec virulence les propos qu’il juge répétés et injustifiés à son encontre, accusant certaines plumes et voix médiatiques d’entretenir volontairement la confusion et la haine.

Prenant la parole sur un ton particulièrement offensif, Ousmane Sonko a mis en avant sa position institutionnelle et sa vie privée pour justifier cette nouvelle ligne de fermeté. Il a estimé qu’il était inadmissible, pour un homme investi de responsabilités nationales et internationales, d’être constamment la cible d’invectives et d’insultes publiques. « Pour quelqu’un qui est père d’un garçon en âge de se marier, qui a lui-même des épouses et assume d’importantes responsabilités en représentant le Sénégal à l’international, il est inadmissible d’être la cible d’individus proférant toutes sortes d’insanités », a-t-il dénoncé.

Le Premier ministre a ensuite dirigé ses flèches vers certains acteurs de la société civile, qu’il a désignés comme responsables d’une partie de cette escalade verbale. Sans détour, il les a qualifiés de « fumiers », estimant qu’ils avancent masqués derrière des causes prétendument citoyennes alors qu’ils poursuivraient en réalité des intérêts politiques. Sonko a prévenu que son gouvernement ne resterait plus passif face à ces attaques qu’il juge attentatoires à la dignité des institutions et à sa personne. « Quiconque pense que nous allons rester passifs face à ces agissements se trompe lourdement », a-t-il lancé.

Enfin, dans un avertissement qui n’est pas passé inaperçu, il a interpellé le président Bassirou Diomaye Faye en l’appelant à prendre ses responsabilités pour réguler la situation et faire cesser ce qu’il décrit comme des dérives médiatiques dangereuses pour la stabilité du pays. Ousmane Sonko a clairement signifié que, si des mesures concrètes n’étaient pas prises rapidement, il se réservait le droit d’agir lui-même. Il a conclu en comparant cette situation à celle des grandes démocraties, soulignant que « même dans les démocraties les plus avancées à travers le monde, ce genre de dérives ne serait jamais toléré ». Ces propos tranchants illustrent un tournant dans sa communication et laissent présager une intensification du bras de fer entre le gouvernement et certains segments de la presse et de la société civile.

Dernière minute – Nouvelle audition de Badara Gadiaga : des questions sur ses sources de revenus

Auditionné de nouveau ce jeudi par les enquêteurs, le chroniqueur Badara Gadiaga a été interrogé sur l’origine de ses ressources financières et l’existence présumée de sociétés à son nom, selon une source proche du dossier contactée par Le Dakarois.

L’audition, jugée tendue, a tourné court : Gadiaga aurait opposé un refus catégorique de répondre, en déclarant qu’il avait déjà signé son procès-verbal lors de sa précédente garde à vue.

Cette nouvelle convocation s’inscrit dans un contexte marqué par une vague d’interpellations d’activistes, journalistes et influenceurs, sur fond de tensions entre liberté d’expression et contrôle de l’espace public numérique.

Expulsions de migrants : le Sénégal dans le viseur d’un vaste programme américain

Les États-Unis multiplient les démarches diplomatiques pour renvoyer chez eux des milliers de migrants africains en situation irrégulière sur leur territoire. Le Sénégal, avec près de 1 689 ressortissants en instance d’expulsion, figure parmi les pays les plus concernés par cette politique renforcée.

Selon plusieurs sources concordantes, Washington cherche à conclure des accords de coopération avec des États africains afin de faciliter l’identification, la délivrance de laissez-passer consulaires et l’organisation logistique des retours. Parmi les pays ciblés figurent la Somalie, la Mauritanie, le Nigéria, le Ghana, la Guinée et le Sénégal, qui abritent les populations les plus importantes de ressortissants sous le coup d’un ordre d’expulsion.

Les autorités américaines invoquent des raisons juridiques : dépassement de séjour, condamnations pénales ou rejets de demandes d’asile. L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence en charge des expulsions, défend son action comme étant « conforme à la législation fédérale ».

Mais du côté des organisations de défense des droits humains, l’inquiétude grandit. Le retour forcé de migrants dans des pays confrontés à des défis socio-économiques, des tensions politiques ou encore des manquements aux droits fondamentaux soulève des critiques. « Le Sénégal n’est pas en guerre, mais il n’est pas non plus prêt à absorber en masse des jeunes souvent sans attaches, stigmatisés et en situation de vulnérabilité à leur retour », estime un militant d’une ONG sénégalaise spécialisée dans la réinsertion.

Les expulsés risquent de faire face à de nombreuses difficultés : chômage structurel, manque de soutien psychologique, rejet social ou familial, voire arrestations arbitraires à leur arrivée pour ceux ayant des antécédents judiciaires.

Face à cette pression américaine, le Sénégal marche sur une ligne étroite. Dakar ne souhaite pas compromettre ses relations diplomatiques et économiques avec Washington, mais doit aussi composer avec une opinion publique de plus en plus sensible aux questions migratoires. Pour rappel, ces dernières années, le pays a connu une forte vague d’émigration irrégulière, notamment par voie maritime vers l’Espagne, mettant en lumière l’ampleur du désespoir économique de nombreux jeunes.

Si l’État accepte de coopérer avec les États-Unis, il devra aussi mettre en place des mécanismes d’accueil dignes pour ses ressortissants. À défaut, ce programme d’expulsion pourrait aggraver les tensions sociales et renforcer le sentiment d’abandon chez des milliers de jeunes Sénégalais.

Badara Gadiaga après sa garde à vue : « Je préfère cent ans de prison à une seconde de liberté sans honneur ni dignité »

Le chroniqueur Badara Gadiaga a livré ses premiers mots après son interpellation et sa garde à vue au commissariat central de Dakar. Convoqué la veille par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), il a tenu à remercier publiquement tous ceux qui se sont mobilisés en sa faveur.

« Grand merci à tous mes soutiens, aux démocrates de ce pays épris de justice qui m’accompagnent de près ou de loin », a-t-il écrit sur sa page Facebook officielle. Son message est empreint de gratitude mais également de fermeté face aux accusations qui le visent.

Badara Gadiaga a salué le courage et le professionnalisme de ses avocats, qu’il décrit comme « restés debout malgré les dures conditions d’exercice de leur mission d’assistance et sacerdotale ». Il leur a exprimé toute sa reconnaissance pour leur présence constante à ses côtés.

Se voulant rassurant, le chroniqueur a précisé qu’il se portait bien malgré l’épreuve. « Je vais super bien par la grâce du Tout Puissant et je vis cette injustice avec fierté et dignité », a-t-il affirmé. Il a conclu en martelant sa détermination : « Je préfère cent ans de prison à une seconde de liberté sans honneur ni dignité. Je préférerais mourir debout ! »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°508 – 10/07/2025

🔴 DE NOMBREUX SYMPATHISANTS, ACTEURS POLITIQUES ET MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DEVANT LA DSC : BADARA GADIAGA ASSOMME LES « 4000 CADRES »
🔴 CLIMAT PROPICE POUR LES INVESTISSEMENTS AMÉRICAINS : DIOMAYE SÉDUIT TRUMP

🔴 COUPE DE LA LIGUE : WALLY DAAN S’OFFRE UNE FINALE CONTRE L’AS PIKINE
🔴 CAN FÉMININE 2024 / PORTÉES PAR NGUÉNAR NDIAYE : LES « LIONNES » S’INCLINENT FACE À LA ZAMBIE

Visite de Diomaye Faye aux États-Unis : Gueum Sa Bopp annonce une manifestation à Washington ce 9 juillet

Alors que le président Bassirou Diomaye Faye est attendu aux États-Unis pour une visite officielle sur invitation de son homologue américain, Donald Trump, le mouvement « Gueum Sa Bopp » entend faire entendre sa voix à Washington. Ce mardi 8 juillet, la Cellule des cadres du mouvement, dénommée « les Jambaars », a annoncé l’organisation d’une manifestation pacifique dans la capitale américaine, prévue pour ce mardi 9 juillet, jour d’arrivée du chef de l’État sénégalais.

Face à la presse, les responsables de Gueum Sa Bopp ont précisé avoir saisi leurs « partenaires démocratiques » établis aux États-Unis pour coordonner cette mobilisation. Leur objectif est de sensibiliser l’opinion internationale sur ce qu’ils qualifient de « répression silencieuse qui se poursuit au Sénégal, malgré les promesses de rupture et de renouveau démocratique » formulées par les nouvelles autorités.

Cette initiative marque un tournant dans la posture du mouvement dirigé par Bougane Gueye Dany, qui a décidé de porter la contestation sur le plan international. En plus de la manifestation de Washington, le mouvement annonce une série d’actions diplomatiques. Dès ce jeudi, une tournée sera lancée auprès des représentations diplomatiques présentes à Dakar, ainsi que des organisations internationales spécialisées dans la défense des droits humains.

Les cadres de Gueum Sa Bopp ont également déclaré qu’« une délégation de haut niveau » serait dépêchée dans plusieurs pays pour saisir les instances internationales compétentes, avec l’appui de leurs antennes implantées dans la diaspora. Cette campagne de plaidoyer vise, selon eux, à « alerter le monde sur les contradictions et les dérives » qu’ils attribuent à l’actuel pouvoir.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une série de tensions entre le pouvoir et certains segments de la presse et de la société civile, alimentées notamment par les convocations récentes de journalistes devant la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) et la mise en demeure adressée par le CNRA à la télévision TFM.

Le Sénégal représenté par El Malick Ndiaye au 50e anniversaire de l’indépendance des Comores

À l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Union des Comores, le Sénégal a marqué sa présence par la participation du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye. Mandaté par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, le président de l’hémicycle sénégalais a pris part, le dimanche 6 juillet 2025, à Moroni, aux cérémonies officielles commémorant cet anniversaire historique, selon un communiqué diffusé par l’Assemblée nationale du Sénégal.

Cette présence sénégalaise, hautement symbolique, a été saluée comme le reflet des relations fraternelles et solides qui unissent Dakar et Moroni depuis plusieurs décennies. À travers cette représentation, les autorités sénégalaises ont voulu témoigner de leur attachement à l’amitié et à la solidarité entre les deux peuples.

En marge de la cérémonie officielle, El Malick Ndiaye a eu plusieurs rencontres bilatérales avec des personnalités politiques et institutionnelles de premier plan. Le même jour, il a été reçu par le Président comorien Azali Assoumani. Lors de cet entretien, il lui a transmis les salutations fraternelles et les vœux de prospérité de son homologue sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants se sont félicités de la qualité exceptionnelle des relations diplomatiques entre leurs pays, qui partagent des valeurs communes de solidarité, d’unité africaine et d’attachement à la stabilité régionale.

Dans la continuité de ses échanges, El Malick Ndiaye s’est également entretenu avec Moustadroine Abdou, président de l’Assemblée de l’Union des Comores. La rencontre a permis aux deux responsables parlementaires de faire le point sur les perspectives de coopération interparlementaire. Ils ont convenu de créer un groupe d’amitié Sénégal–Comores afin d’approfondir les échanges d’expériences et de renforcer la concertation entre leurs institutions législatives respectives.

Le lundi 7 juillet, la visite s’est poursuivie par une audience avec le Président de la République de l’île Maurice, le Professeur Dharam Gokhool. Les deux personnalités ont exprimé leur volonté commune de dynamiser les liens bilatéraux par la diplomatie parlementaire, levier jugé essentiel pour accompagner les coopérations économiques, éducatives et culturelles.

El Malick Ndiaye a également rencontré Ahmed Ben Mohammed Al Jarwan, président du Conseil Global pour la Tolérance et la Paix. Cet entretien a été l’occasion d’évoquer des thématiques majeures telles que la promotion du dialogue interculturel, la prévention des conflits et la consolidation de la paix dans le monde. Le président Al Jarwan a profité de la rencontre pour exprimer le souhait de voir Dakar accueillir la prochaine rencontre internationale des femmes parlementaires, un événement rassemblant des représentantes issues de plus d’une centaine de pays.

En réponse à cette proposition, le président de l’Assemblée nationale du Sénégal a invité son interlocuteur à saisir officiellement les autorités sénégalaises par voie diplomatique. Il a précisé qu’une telle requête serait examinée avec le plus grand intérêt, en concertation avec les équipes et les ministères concernés.

Cette mission à Moroni, marquée par la participation à une célébration historique et par un agenda diplomatique dense, vient confirmer le rôle actif du Sénégal dans la consolidation des partenariats africains et la promotion des valeurs de tolérance et de paix à l’échelle internationale.

Mbaye Dione, SG de l’AFP, sur la gestion de l’actuel pouvoir : « Nous sommes loin de la rupture… »

Le secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) et maire de Ngoundiane, Mbaye Dione, a livré un constat sévère sur les quinze premiers mois de gouvernance du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche sur la RFM, le responsable politique a exprimé sa profonde déception face à ce qu’il considère comme un fossé entre les promesses de rupture et la réalité de la gestion du pouvoir.

« Après 15 mois d’exercice, je suis resté sur ma faim. Nous sommes loin de la rupture », a-t-il affirmé d’emblée, estimant que le fonctionnement actuel reproduit les mêmes travers qui étaient dénoncés sous les régimes précédents. « Et pire, avec moins de résultats », a-t-il ajouté, fustigeant l’absence de changement concret dans la conduite des affaires publiques.

Dans son analyse, Mbaye Dione a pointé des dysfonctionnements qu’il juge graves dans plusieurs secteurs. Il a notamment évoqué la persistance des soupçons d’enrichissement personnel visant des directeurs généraux, la continuité de pratiques de corruption et de clientélisme, ainsi que la distribution jugée opaque des aides et avantages divers, comme le « sukeur Koor » (cadeaux distribués pendant le Ramadan) et l’octroi de billets pour le pèlerinage à La Mecque.

Sur le plan des libertés publiques, l’ancien compagnon politique de Moustapha Niasse a également exprimé ses inquiétudes. Il a dénoncé des atteintes à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse, domaines dans lesquels il attendait des avancées notables, compte tenu des engagements pris par le nouveau pouvoir durant la campagne électorale.

Ce bilan critique intervient alors que l’AFP, qui vient d’officialiser sa rupture avec la coalition Benno Bok Yakaar, se positionne désormais comme une force d’opposition autonome, déterminée à incarner une alternative crédible. Mbaye Dione, à travers ce discours, semble vouloir ouvrir un nouveau cycle politique pour son parti, en se distinguant à la fois de l’ancien système et des actuels tenants du pouvoir.

Conseil des ministres du 3 juillet : série de nominations diplomatiques et administratives

Lors du Conseil des ministres tenu ce jeudi 3 juillet 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé à une série de nominations majeures au sein de la diplomatie sénégalaise et de l’administration économique.

Diplomatie

Au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, plusieurs diplomates chevronnés ont été promus à des postes-clés :

Mamadou Moustapha Loum, ex-consul général à Madrid, devient ambassadeur au Togo, en remplacement de Rokhaya Ba.
Abdoulaye Barro, jusque-là ambassadeur en Malaisie, est affecté à l’ambassade du Sénégal en Inde.

Diamane Diome, ancien représentant adjoint à l’ONU, est nommé ambassadeur en Pologne.
Abdoulaye Bathily, Conseiller des affaires étrangères, devient ambassadeur en République Démocratique du Congo, succédant à Doro Sy.

Abdoul Aziz Loum prend le relais en Malaisie, remplaçant Abdoulaye Barro.

Ramatoulaye Ba Faye, ambassadrice aux Pays-Bas, voit son portefeuille élargi à la Finlande et à la Suède, avec résidence à La Haye.

Demba Camara, ex-premier conseiller à l’ONU, est nommé consul général à New York.

Administration économique : deux femmes promues

Au Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, deux femmes accèdent à des postes de direction :

Fatimata Mangane est nommée directrice des ressources humaines.
Rokhaya Cissé devient directrice de l’administration du personnel à la Direction générale de la Planification.

Ces décisions traduisent une volonté présidentielle de renouvellement stratégique, de mobilisation de profils expérimentés et de promotion de la compétence féminine dans l’appareil d’État.

Communiqué du Conseil des ministres du jeudi 3 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce jeudi 03 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

Le Président de la République a saisi l’occasion de l’avènement du nouvel an musulman (1447 de l’Hégire) pour souhaiter une bonne et heureuse année à la Oummah islamique et présenter ses meilleurs vœux à la communauté musulmane du Sénégal qui s’apprête à célébrer la Tamkharite.

Le Chef de l’Etat est revenu sur le vote de la Loi de Finances rectificative 2025, le bon déroulement du débat d’orientation budgétaire et les perspectives de relance économique. Il a salué la tenue de cet exercice dans la sérénité et le respect des lois et règlements qui régissent le fonctionnement régulier des institutions de la République. A cet égard, il a félicité le Gouvernement et l’Assemblée nationale pour la bonne préparation et la qualité des débats qui ont permis d’éclairer les citoyens sur la situation globale des finances publiques ainsi que les investissements et interventions sociales de l’Etat dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation. Il a demandé au Premier Ministre de poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques et de mettre l’accent sur l’investissement productif, l’apurement progressif de la dette intérieure et le développement du secteur privé.

Dans cette dynamique de redressement d’une situation économique sans précédent, le Chef de l’Etat a rappelé son attachement à l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires qui doit se hisser au niveau des meilleurs standards internationaux. A ce sujet, il a rappelé la nécessité d’un suivi minutieux, par le Premier Ministre, de la préparation du prochain Forum Invest in Sénégal prévu les 07 et 08 octobre 2025 avec une forte implication du secteur privé national.

Par ailleurs, il a souligné l’importance de revoir, pour plus de cohérence et d’efficience, les dispositifs et mécanismes nationaux de financement de l’économie. A ce titre, il a demandé au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050 de proposer, sous la supervision du Premier Ministre, une stratégie de rationalisation opérationnelle des instruments de financement publics (CDC, FONSIS, FONGIP, BNDE, BHS, LBA, FONAMIF, DER/FJ…). Cette stratégie permettra, dans un esprit innovant, de consolider une économie endogène à partir de la mobilisation optimale des ressources nationales.

Dans ce contexte international marqué par l’incertitude et la volatilité des marchés financiers, il est impératif de compter, d’abord, sur nos propres forces à travers notamment la mise en œuvre réussie de la nouvelle politique agricole et de souveraineté alimentaire, la maitrise stratégique du secteur de l’énergie, l’accélération de l’industrialisation, la valorisation des potentialités de nos terroirs et la mise en valeur de nos ressources naturelles dans les secteurs et filières à haute intensité de main d’œuvre. Dans cette phase de la gouvernance publique, il s’agit aussi de mobiliser davantage les acteurs économiques nationaux et internationaux et toutes les composantes des administrations publiques et parapubliques. Pour clore ce chapitre, le Président de la République a invité le Premier Ministre à veiller, dès à présent, à la bonne préparation, selon les priorités et programmes validés, du Projet de loi de finances pour l’année 2026.

Evoquant la nouvelle stratégie de coopération internationale et de promotion des partenariats public-privé (PPP), le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement que la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère, repose sur une politique de coopération, de partenariat et de financement basée sur l’ouverture, le respect mutuel, la préservation des intérêts nationaux et la réalisation de partenariats gagnant-gagnant.

A ce titre, il a félicité le Premier Ministre et sa délégation pour la bonne préparation et le succès exceptionnel de leur visite d’amitié et de travail en République populaire de Chine. Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres et les acteurs publics et privés concernés, au suivi diligent et à la matérialisation rapide de tous les accords, engagements et projets conclus lors de cette importante visite. Dans la même lancée, il a indiqué au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération la nécessité de finaliser la réorientation de la stratégie nationale de développement du secteur privé en cohérence avec les choix politique et économique de l’Etat.

Par ailleurs, il a souligné l’exigence de l’élaboration d’un document cadre de coopération internationale et de partenariat devant améliorer la gestion interministérielle de la coopération internationale et la mise en œuvre cohérente, rationnelle et pragmatique du partenariat public- privé, dans chaque secteur, en tenant compte de la territorialisation des projets à fort potentiel de création d’emplois dans les Pôles.

L’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et le développement de la pratique sportive chez les jeunes doivent favoriser le maillage du territoire national, notamment des communes, en infrastructures sportives fonctionnelles et aux normes. Le Président de la République a demandé au Ministre en charge des Sports d’accélérer, en relation avec le Ministre des Finances et du Budget, la mise en œuvre du programme national de construction d’infrastructures sportives en veillant notamment à l’accélération des travaux prévus dans le cadre des JOJ, mais également à la relance des chantiers inachevés. Par ailleurs, il a invité le Ministre en charge des Sports à veiller avec les ministères impliqués et toutes les parties prenantes publiques (Collectivités territoriales, SOGIP, OGIS, fédérations, ONCAV, …) et privées concernées, à la définition, selon le statut de l’infrastructure, d’un cadre réglementaire de gouvernance des infrastructures sportives.

Il a demandé au Premier Ministre et au Ministre en charge des Sports d’accélérer l’adoption prochaine en Conseil des Ministres, de la Charte du Sport.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa participation, du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Cette visite a été l’occasion, pour le Président de la République, de réitérer l’attachement du Sénégal à un multilatéralisme inclusif et d’appeler à une réforme de la gouvernance financière mondiale, à plus d’équité et de justice dans la gestion de la dette, à l’accès aux financements et à un système fiscal international rénové.

Dans sa communication, le Premier Ministre a rappelé la forte tradition d’attachement du Sénégal à la coopération économique internationale basée sur nos valeurs traditionnelles, l’ouverture, la souveraineté nationale, la diplomatie de bon voisinage, la consolidation des relations avec les partenaires traditionnels et la recherche d’opportunités avec de nouveaux partenaires.

Le Premier Ministre a fait le point sur ses visites de travail et d’amitié en Afrique et en Asie. Par ailleurs, il a rappelé la directive présidentielle lui confiant la mission de mener à bien la coopération avec les pays et entités du Proche et Moyen Orient et du reste de l’Asie. Pour une meilleure prise en charge de ces nouvelles attributions, un projet de décret relatif à l’organisation et au fonctionnement de la Primature prévoit l’érection d’une Cellule dédiée. Il s’agit d’assurer une meilleure coordination de notre partenariat avec l’étranger, en vue de contribuer à la gestion des relations internationales et la promotion des échanges, notamment dans les domaines économique, social, culturel et environnemental. Cette nouvelle structure va consolider notre diplomatie économique, accompagner plus efficacement notre secteur privé et promouvoir la transparence pour un développement durable et souverain.

Le Premier Ministre est revenu sur l’importance d’apporter une démarche innovante à notre diplomatie. A ce titre, le projet de jumelage envisagé entre des provinces chinoises et les huit pôles territoires du Sénégal en constitue une illustration parfaite.

Le Premier Ministre est revenu sur les évènements tragiques enregistrés à Cambérène et à Rosso et ayant entrainé des pertes en vies humaines. Les Forces de Défense et de Sécurité ont pour mission principale de garantir la sécurité des personnes et des biens et de veiller à la préservation de l’ordre public. Cette mission doit néanmoins s’écarter de tout acte de torture et de traitement inhumain dégradant dont les populations pourraient être victimes.

Conformément aux instructions du Président de la République, le Premier Ministre a demandé aux Ministres en charge de l’Intérieur et des Forces armées, de procéder à un audit à soumettre au plus tard le 30 novembre 2025 et à une revue totale de la formation des Forces de Défense et de Sécurité, afin de concilier, pour tout type d’opération, la rigueur de la force

publique aux exigences des droits et de la dignité des citoyens, dans la définition des règles d’engagement.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre auprès du Président de la République chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation “Sénégal 2050” a fait une communication sur le pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires Etrangères :

– Monsieur Mamadou Moustapha LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 519 434/H, précédemment Consul général de la République du Sénégal à Madrid, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Jean- Lucien Savi de TOVÉ, Président de la République togolaise, en remplacement de Madame Rokhaya BA.

– Monsieur Abdoulaye BARRO, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 604 450/K, précédemment Ambassadeur de la République du Sénégal en Malaisie, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence SMT Droupadi MURMU, Présidente de la République de l’Inde, en remplacement de Monsieur Abdoul Wahab HAIDARA, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Diamane DIOME, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 611 516/D, précédemment Ambassadeur, Représentant permanent adjoint de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New-York, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Andrzej DUDA, Président de la République de Pologne, en remplacement du Monsieur Papa DIOP, appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Abdoulaye BATHILY, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 616 245/H, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Félix- Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République Démocratique du Congo, en remplacement de Monsieur Doro SY.

– Monsieur Abdoul Aziz LOUM, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de Solde n° 624 536/Z, est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté le Sultan Ibrahim, Roi de Malaisie, en remplacement de Monsieur Abdoulaye BARRO, appelé à d’autres fonctions.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Son Excellence Monsieur Alexander STUBB, Président de la République de Finlande, avec résidence à la Haye.

– Madame Ramatoulaye BA FAYE, Conseiller des Affaires étrangères Principal, matricule de solde n° 606 896/G, Ambassadeur de la République du Sénégal au Royaume des Pays-Bas, est nommée, cumulativement avec ses fonctions, Ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal auprès de Sa Majesté Carl VXI GUSTAF, Roi de Suède, avec résidence à la Haye.

– Monsieur Demba CAMARA, Economiste-planificateur, matricule de solde n° 516 859/B, précédemment Premier Conseiller à la Mission permanente de la République du Sénégal auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York, est nommé Consul général de la République du Sénégal à New-York, en remplacement de Monsieur El Hadji Amadou Ndangane NDAO.

Au titre du Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération :

– Madame Fatimata MANGANE, Planificateur, spécialiste en Management public et gestion des organisations, matricule de solde n° 642 146/A, est nommée Directeur des Ressources humaines au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

– Madame Rokhaya CISSE, titulaire d’un Master en Finance et gestion publique, matricule de solde n° 624 956/B, est nommé Directeur de l’Administration du Personnel de la Direction générale de la Planification et de Politiques économiques au Ministère de l’Economie du Plan et de la Coopération.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Bavures policières : le Président Diomaye Faye annonce des enquêtes rigoureuses et des sanctions exemplaires

De retour d’Espagne où il a pris part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, le président de la République Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé publiquement sur les récentes bavures policières qui ont coûté la vie à plusieurs citoyens sénégalais. Dans une déclaration diffusée sur la RTS, le chef de l’État a condamné avec fermeté ces événements et promis de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la lumière soit faite et que justice soit rendue.

Le président a rappelé que les forces de l’ordre sont investies d’une mission fondamentale de protection et de sécurité. Selon lui, les interventions des policiers, quelles qu’en soient les circonstances, ne sauraient en aucun cas justifier la perte de vies humaines. Il a souligné qu’aucun drame de cette nature ne saurait être traité avec légèreté ou relégué au rang de faits divers, insistant sur le caractère sacré de la vie des citoyens.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a cité spécifiquement les cas survenus à Rosso et à Cambérène. Ces interventions policières se sont soldées par des morts, suscitant une vague d’indignation et de colère dans l’opinion. Le chef de l’État a assuré que ces affaires seront traitées avec toute la rigueur et l’impartialité requises. Il a affirmé qu’en ce moment même, des enquêtes approfondies sont en cours pour établir la chaîne des responsabilités et déterminer les manquements ayant conduit à ces drames.

« Les forces de l’ordre sont censées rassurer les populations et les protéger », a martelé le président. Il a insisté sur le fait que ces bavures ne pourront être tolérées, quelles que soient les circonstances. Le président s’est engagé à ce que toutes les conclusions issues des enquêtes soient suivies d’effets. Il a promis que des sanctions exemplaires et proportionnées seront appliquées contre les agents et les responsables, quels que soient leur rang et leur niveau de responsabilité, dès lors que leur implication sera établie.

Cette prise de position ferme intervient alors que la question des violences policières suscite un vif débat au Sénégal, alimenté par des précédents douloureux et une demande croissante de réforme du secteur de la sécurité. Par ces annonces, Bassirou Diomaye Faye entend poser un jalon important dans la lutte contre l’impunité et réaffirmer l’exigence d’un strict respect des droits humains par les forces de l’ordre.

Le chef de l’État a enfin exhorté les familles des victimes à faire confiance à la justice, tout en exprimant sa solidarité et sa compassion face à leur douleur. Il a assuré que son gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour que ces drames ne se répètent plus et que la confiance entre les citoyens et les forces de sécurité soit restaurée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°500 – 01/07/2025

🔴 EFFONDREMENT DES EURO-OBLIGATIONS SUITE AU RAPPORT DE BARCLAYS ESTIMANT LA DETTE PUBLIQUE À 119% DU PIB : LE SÉNÉGAL DANS L’ŒIL DU CYCLONE
🔴 CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE DÉVELOPPEMENT / REFONTE DES RELATIONS SÉNÉGALO-FRANÇAISES : DIOMAYE ET MACRON À L’ŒUVRE

🔴 BACARY CISSÉ À LA TÊTE DE LA LIGUE RÉGIONALE : NOUVELLE ÈRE POUR LE FOOTBALL ZIGUINCHOROIS
🔴 SITEU SUSPENDU POUR DEUX ANS : L’ORAD-ZONE II EXIGE L’APPLICATION STRICTE DE LA SANCTION

Séville – Partenariat stratégique : Diomaye et Macron tracent les contours d’une nouvelle ère de coopération

À l’occasion de la Conférence des Nations unies sur le financement du développement, qui se tient actuellement à Séville, les présidents Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron ont eu un échange bilatéral majeur. Une rencontre marquée par la volonté affirmée des deux chefs d’État de poser les bases d’un partenariat renouvelé et équilibré entre le Sénégal et la France.

Le président français a déclaré vouloir « refondre le partenariat entre le Sénégal et la France », insistant sur la nécessité de construire une relation au service « des intérêts de nos peuples et de notre souveraineté ». Ce propos, fortement symbolique, s’inscrit dans le sillage d’une nouvelle dynamique voulue par le chef de l’État sénégalais, qui prône une coopération basée sur la dignité, le respect mutuel et l’efficacité.

Plusieurs axes stratégiques ont été mis en avant par Emmanuel Macron : le partenariat économique, les questions de sécurité et de défense, la coopération culturelle ainsi que le travail de mémoire. Ces « chantiers » traduisent une approche globale de la relation bilatérale, allant au-delà du simple cadre diplomatique pour embrasser les enjeux historiques, sociétaux et régionaux.

Dans ce sens, Macron a salué « l’engagement du Sénégal en faveur de la stabilité régionale », soulignant le rôle moteur que joue Dakar dans la gestion des défis du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Pour Paris, le Sénégal reste un partenaire stratégique sur le plan diplomatique, sécuritaire et économique, dans un contexte africain en pleine recomposition géopolitique.

Cette rencontre intervient dans un climat international marqué par une volonté croissante des États africains de redéfinir les termes de leur coopération avec les anciennes puissances coloniales. Le président Diomaye Faye, qui incarne cette aspiration à la souveraineté et à la transformation, entend faire du Sénégal un exemple de rupture positive.

Le dialogue entre les deux dirigeants ouvre donc la voie à une nouvelle étape dans les relations franco-sénégalaises. Une relation repensée, décentrée des anciennes logiques d’alignement, et recentrée sur des intérêts partagés, dans le respect des choix politiques et économiques de chaque pays.

Dette : les euro-obligations du Sénégal s’effondrent après un rapport alarmant de Barclays

La situation financière du Sénégal connaît une nouvelle secousse. Les obligations souveraines sénégalaises émises en dollars ont chuté ce lundi, confirmant l’inquiétude grandissante des investisseurs. Selon Bloomberg, qui titre « Senegal’s Dollar Bonds Slump as Report Raises New Debt Fears », cette baisse est directement liée à la publication d’un rapport de Barclays Plc, révélant une envolée de la dette publique nationale.

D’après les estimations de la banque, la dette du Sénégal atteindrait désormais 119 % du PIB en 2024, contre 99,7 % en 2023, chiffre déjà jugé préoccupant par un audit de la Cour des comptes. Ces niveaux placent le pays bien au-delà des seuils jugés soutenables pour les économies émergentes.

Cette dégradation survient dans un contexte déjà marqué par les révélations de septembre 2024, faisant état de falsifications présumées des comptes publics par le précédent régime. La confiance des marchés financiers s’en est trouvée fragilisée, et les titres sénégalais figurent aujourd’hui parmi les moins performants des pays comparables.

Le rapport de Barclays met également en lumière un déficit budgétaire chronique, projeté à 6,5 % du PIB en moyenne entre 2025 et 2028. Cette dérive continue alimente la dépendance aux financements extérieurs, au moment où les négociations avec le FMI pour un nouveau programme d’assistance peinent à aboutir. Cette incertitude renforce la pression sur les finances publiques et entretient la volatilité des marchés.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une rupture, et les réformes lancées par le Premier ministre Ousmane Sonko, le pays traverse une période d’instabilité politique. La dissolution du parlement en 2024, censée accélérer l’agenda réformiste, a au contraire ravivé les doutes sur la capacité de l’exécutif à juguler la crise économique et restaurer la confiance des bailleurs.

Ces tensions persistantes ont d’ailleurs conduit l’agence S&P Global Ratings à abaisser la note souveraine du Sénégal à « B » en mars 2025, soit cinq crans en dessous du seuil d’investissement, ce qui rend le coût de l’endettement encore plus élevé.

Les conséquences sont immédiates sur le marché obligataire : les obligations à échéance 2033 et 2048, déjà affaiblies depuis l’an dernier (respectivement cotées à 84,54 cents et 67,17 cents pour un dollar), poursuivent leur glissade. Pour les analystes de Bloomberg, la combinaison d’une dette record, d’un déficit persistant et de l’absence de clarté sur le soutien du FMI risque de maintenir la pression sur les titres sénégalais à court terme.

Dans un contexte international marqué par un resserrement des conditions financières, le Sénégal devra convaincre rapidement ses créanciers de la crédibilité de son plan de stabilisation budgétaire s’il veut éviter une détérioration supplémentaire de sa situation.

Conférence internationale sur le financement du développement : le président Diomaye va intervenir sur un enjeu stratégique

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris part ce lundi 30 juin 2025 à la cérémonie d’ouverture de la 4ᵉ Conférence internationale sur le financement du développement, qui se tient à Séville, en Espagne, du 30 juin au 3 juillet 2025.

Ce sommet de haut niveau réunit plusieurs chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des dirigeants des principales institutions multilatérales, parmi lesquelles l’Organisation des Nations unies (ONU), la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC).

Selon la Présidence sénégalaise, qui a communiqué l’information via sa page officielle, le président Diomaye interviendra au cours de la session plénière prévue dans l’après-midi. Il portera la voix du Sénégal et défendra un enjeu jugé stratégique : « la mobilisation et l’alignement des ressources publiques domestiques, levier essentiel pour un développement souverain, équitable et durable ».

Ce déplacement s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État sénégalais de promouvoir une vision renouvelée du financement du développement, notamment en plaidant pour une réforme de l’architecture financière internationale et en insistant sur la nécessité de renforcer les capacités internes de mobilisation des recettes fiscales et budgétaires.

La participation du Sénégal à cette conférence intervient également dans un contexte marqué par des défis économiques importants : la lutte contre la pauvreté, la nécessité d’investir massivement dans les infrastructures sociales, l’adaptation au changement climatique et l’amélioration de la gouvernance économique.

Pour le président Diomaye Faye, la priorité est claire : renforcer l’autonomie budgétaire et réduire la dépendance excessive aux financements extérieurs, afin de garantir un développement durable, centré sur les priorités nationales et respectueux des aspirations des populations.

Durant ces quatre jours de travaux, plusieurs panels et sessions thématiques permettront aux États participants, aux bailleurs et aux institutions internationales d’échanger sur les voies et moyens de financer efficacement les Objectifs de développement durable (ODD).

Le chef de l’État sénégalais devrait également tenir des rencontres bilatérales en marge des discussions plénières, avec pour ambition de consolider les partenariats stratégiques et d’attirer de nouveaux investissements structurants pour le Sénégal.

Renforcement des pouvoirs du Premier ministre : Maurice Soudieck Dione met en garde contre un « scénario de 1962 »

Maurice Soudieck Dione, enseignant-chercheur et Professeur agrégé de science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, a invité les autorités sénégalaises à tirer les leçons de l’histoire afin d’éviter une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles. Intervenant ce dimanche 29 juin dans l’émission Grand Jury sur RFM, il a rappelé l’épisode de 1962, marqué par l’affrontement entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, qui avait conduit à une rupture profonde au sommet de l’État et à l’emprisonnement du président du Conseil.

S’adressant au duo présidentiel actuel, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le politologue a insisté sur la nécessité de préserver une certaine complicité pour pouvoir discuter et trouver ensemble les solutions aux nombreux défis du pays.

Revenant sur les lenteurs constatées dans les réformes des services publics, Maurice Soudieck Dione a estimé qu’il fallait « donner du temps au temps ». Selon lui, si le discours de rupture a été un marqueur fort de la campagne présidentielle et de la période d’opposition, l’exercice du pouvoir impose de la prudence, de l’intelligence et du tact. Il a mis en garde contre la tentation de confondre vitesse et précipitation, rappelant qu’une réforme structurelle exige une approche mesurée.

Le chercheur a souligné que le Sénégal disposait, depuis la Constitution de 1963, d’un cadre institutionnel relativement stable, basé sur un régime présidentiel fort qui a permis au pays de traverser 62 années sans crise majeure de succession, malgré certaines dérives autoritaires. Pour autant, il estime qu’il est temps de rationaliser le système en réduisant les pouvoirs concentrés entre les mains du président de la République, mais pas nécessairement pour les transférer massivement au Premier ministre.

À ses yeux, une telle évolution comporterait le risque de reproduire les tensions qui avaient opposé Senghor et Mamadou Dia, aboutissant à une crise grave de légitimité et d’équilibre institutionnel. Il a prévenu qu’ »on ne peut pas avoir deux têtes dans un même bonnet », soulignant qu’un partage excessif des prérogatives risquerait d’installer une rivalité permanente au sommet de l’État.

Maurice Soudieck Dione a par ailleurs rappelé que les assises nationales avaient préconisé un renforcement des pouvoirs du Premier ministre, tandis que la Commission nationale de réforme des institutions, sous le président Macky Sall, s’était orientée vers une rationalisation des pouvoirs présidentiels, une option qu’il juge aujourd’hui « la plus pertinente ».

Selon lui, cette approche permettrait notamment de garantir une meilleure séparation des pouvoirs et de limiter l’instrumentalisation de la justice. Il a plaidé pour une réforme visant à réduire l’influence du président sur le procureur de la République, afin que ce dernier ne soit plus un levier d’action contre des adversaires politiques.

LFR 2025 adoptée : le gouvernement revoit ses priorités face à la dette et revalorise ses engagements sociaux

L’Assemblée nationale a adopté ce samedi 28 juin 2025, le projet de loi de finances rectificative (LFR) n°11/2025, présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Le texte, validé à l’unanimité en commission, vise à redresser la trajectoire budgétaire en intégrant les véritables niveaux d’endettement et en réorientant les priorités économiques et sociales.

Voici les points essentiels du rapport.

Présentant le rapport, le ministre dira que le présent PLFR vise : la restauration de la transparence et la sincérité budgétaires par la mise en œuvre des recommandations de la Cour des Comptes, avec l’amélioration des dispositifs et mécanismes de reddition des comptes, grâce au renforcement du système de comptabilité publique ;  le renforcement des mécanismes de contrôle interne et externe des finances publiques ;  le strict respect de l’obligation de recourir à l’autorisation parlementaire pour tout recours à un emprunt et la publication régulière des données sur la dette et sur l’exécution des dépenses du budget ;  la prise en charge, dès cette LFR, des intérêts sur la dette bancaire, contractée hors circuit budgétaire, pour un montant de 125 milliards FCFA.
 
Abordant la relance de la machine économique, le ministre a précisé qu’elle passerait à travers un programme de soutien aux secteurs porteurs de croissance structuré autour de l’apurement des engagements de l’État auprès des acteurs économiques, la réorganisation, le renforcement et l’amélioration de l’efficacité des investissements publics, le soutien à l’investissement privé, l’amorce de la souveraineté alimentaire, etc.
 
Relativement au rétablissement des marges budgétaires, une double approche de rationalisation des dépenses et de renforcement de la mobilisation des ressources sera privilégiée. Le PIB nominal sera ainsi revu à la baisse, a-t-il relevé.
 
Cheikh Diba dira en outre que l’exercice approfondi de régulation budgétaire entrepris par le Gouvernement pour préserver la soutenabilité des finances publiques, afin de maîtriser le déficit budgétaire sur les court et moyen termes permettra une réduction de certaines catégories de dépenses (109,08 milliards FCFA sur les crédits d’acquisitions de biens et services et transferts courants, 336,5 milliards FCFA sur les dépenses en capital sur ressources internes).
 
Taux de croissance du PIB révisé à 8,0%
 
Le ministre a aussi rappelé que le PLFR envisage la préservation de l’engagement en faveur de l’équité sociale à travers la prise en charge de l’incidence budgétaire du pacte de stabilité sociale. Des mesures seront ainsi prises notamment : – la généralisation de l’indemnité de logement à tous les agents de la fonction publique ; – le recrutement spécial dans la fonction publique d’un personnel de santé et de l’action sociale pour permettre un meilleur accès aux soins sur toute l’étendue du territoire ; l’apurement partiel de la dette intérieure.
 
 Selon le ministre, malgré les contraintes budgétaires de la rectification, le Gouvernement a fait le choix délibéré de préserver et même de renforcer certaines priorités stratégiques qui conditionnent l’avenir de notre pays. Ainsi, l’éducation et la formation bénéficieront d’une priorité absolue avec la poursuite du programme de création des lycées d’excellence « Armée-Nation » dans toutes les régions.
 
 Relativement au nouveau cadrage budgétaire, l’argentier de l’Etat a précisé qu’il reflète une approche réaliste et responsable de nos capacités financières. Ainsi, le taux de croissance du PIB est révisé à 8,0% contre 8,8% initialement prévu, soit un ajustement de 0,8 point de pourcentage. Cette révision, bien que traduisant une certaine prudence, maintient néanmoins un objectif de croissance ambitieux, avec une croissance hors hydrocarbures estimée à 3,8%.
 
 Déficit budgétaire porté à 7,82% du PIB
 
Quant au PIB nominal, il est révisé à 21 690,5 milliards FCFA contre 22 597,7 milliards FCFA initialement, soit une contraction de 907,2 milliards FCFA qui a des répercussions directes sur nos prévisions de recettes. Le déficit budgétaire, lui, sera porté à 7,82% du PIB contre 7,08% initialement prévu, avec l’engagement ferme du Gouvernement de revenir progressivement vers la norme communautaire de 3% à moyen terme.
 
D’après le ministre des Finances, la structure de nos investissements connaîtra également un réajustement significatif avec une budgétisation ajustée des investissements financés sur ressources extérieures qui passent de 3,26% du PIB dans la loi de finances initiale à 6,22% du PIB dans cette LFR.
 
Augmentation des charges financières
Selon lui, cette hausse est compensée par une contraction des dépenses d’investissements financées sur ressources internes qui passent de 5,3% à 2,7% du PIB, reflétant notre volonté d’optimiser l’utilisation de nos ressources tout en maintenant un niveau d’investissement public soutenu
 
L’un des défis majeurs de cette rectification réside, selon le ministre, dans la gestion de l’augmentation substantielle des charges financières sur la dette publique, qui ont presque doublé en passant de 932,08 milliards FCFA dans la loi de finances initiale à 1 057,1 milliards FCFA dans cette rectification, représentant désormais 4,9% du PIB.
 
Baisse des recettes et des dépenses
Cette évolution, directement liée à la révélation de la dette réelle de l’État, illustre l’ampleur des ajustements nécessaires et justifie pleinement notre démarche de transparence et de responsabilisation, selon Cheikh Diba.
 
En définitive, les prévisions de recettes de cette loi de finances rectificative sont arrêtées à 4 884,3 milliards FCFA contre 5 014,3 milliards FCFA dans la loi initiale, soit une baisse de 130 milliards FCFA en valeur absolue. Les dépenses sont révisées à 6 580,2 milliards contre 6 614,8 milliards FCFA, soit une réduction de 34,5 milliards FCFA.
 
 Ces ajustements, bien que contraignants, traduisent notre volonté de maintenir un équilibre entre réalisme budgétaire et ambition de développement, a ainsi conclu le ministre des Finances.

Le Président Bassirou Diomaye Faye attendu à Séville pour la 4e Conférence internationale sur le financement du développement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, effectuera un déplacement en Espagne, où il prendra part à la 4e Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra à Séville du 29 juin au 2 juillet 2025. Cette information a été rendue publique ce samedi à travers un communiqué officiel de la Présidence sénégalaise.

Cette conférence, placée sous l’égide des Nations unies, constitue l’un des plus importants rendez-vous mondiaux consacrés à la mobilisation de financements pour le développement. Elle rassemblera des Chefs d’État et de gouvernement, des représentants d’organisations internationales et régionales, des dirigeants d’institutions financières et des partenaires au développement venus de tous les continents. Les participants échangeront sur les défis et opportunités qui se présentent dans la recherche de ressources destinées à promouvoir un développement mondial plus durable, inclusif, équitable et résilient, dans un contexte marqué par des tensions économiques et géopolitiques.

Le président Bassirou Diomaye Faye interviendra lors de la séance plénière, au cours de laquelle il présentera la vision et les priorités stratégiques du Sénégal en matière de financement du développement. Selon la Présidence, il mettra l’accent sur la nécessité d’un accès plus équitable aux ressources financières internationales, la réforme de l’architecture mondiale de la dette et l’importance d’un soutien accru aux pays africains dans la mise en œuvre de projets transformateurs, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de l’adaptation climatique.

En marge des travaux, le chef de l’État participera à plusieurs tables rondes thématiques portant sur le financement des transitions énergétiques, la digitalisation inclusive et la réduction des inégalités sociales. Ces rencontres permettront de partager des expériences, de promouvoir des partenariats et d’explorer des instruments innovants de mobilisation des ressources.

Le président Faye aura également des entretiens bilatéraux avec plusieurs dirigeants étrangers et responsables d’institutions financières et de coopération, dans le but de renforcer les partenariats stratégiques du Sénégal et de défendre les priorités nationales et africaines sur la scène internationale.

La 4e Conférence internationale sur le financement du développement intervient dans un contexte mondial où de nombreux pays cherchent à réorienter leurs politiques budgétaires et leurs stratégies de financement pour faire face aux crises économiques et environnementales, tout en soutenant une croissance durable et partagée.

Assemblée nationale : le projet de loi de finances rectificative adopté à une large majorité

L’Assemblée nationale a procédé à l’examen et au vote du projet de loi de finances rectificative ce samedi, une étape importante du calendrier budgétaire de l’État. À l’issue des débats, le texte a été adopté à la majorité avec 127 voix favorables contre 11 votes défavorables.

Cette adoption traduit le soutien d’une large partie des députés à l’ajustement budgétaire présenté par le gouvernement. Pour rappel, la loi de finances rectificative est l’instrument qui permet à l’exécutif de modifier le budget initial voté en début d’exercice, afin de l’adapter aux évolutions de la conjoncture économique et de tenir compte de nouvelles priorités ou contraintes. Elle vise notamment à intégrer les besoins supplémentaires en dépenses, la révision des prévisions de recettes, ainsi que les nouvelles orientations annoncées par le gouvernement dans le cadre de sa politique économique et sociale.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu le texte en séance plénière, en expliquant que cet ajustement est motivé par les fluctuations des ressources publiques, la nécessité de renforcer certains secteurs jugés prioritaires et le contexte économique marqué par des contraintes internes et externes. Il a souligné que cette loi de finances rectificative s’inscrit dans une démarche de sincérité budgétaire et d’adaptation aux réalités du moment, avec la volonté d’assurer la continuité du service public et de répondre aux attentes des populations.

L’examen du texte a donné lieu à des échanges nourris, plusieurs députés ayant exprimé des réserves sur l’évolution du niveau d’endettement, la place accordée aux dépenses sociales et la nécessité de rationaliser certains postes budgétaires. D’autres élus ont salué la prise en compte de nouveaux engagements et l’effort consenti pour financer les mesures d’urgence dans des secteurs sensibles comme l’éducation, la santé ou encore le soutien à l’emploi.

Après les débats, le vote a confirmé la majorité parlementaire autour de ce projet, validant ainsi l’ajustement budgétaire proposé par l’exécutif. Le gouvernement dispose désormais d’un cadre actualisé pour engager ses actions et mettre en œuvre les politiques publiques jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire en cours.

Examen du projet de loi de finances rectificative : Thierno Alassane Sall interpelle Cheikh Diba sur les 9 milliards de fonds politiques et alerte sur l’endettement

L’Assemblée nationale a tenu ce samedi une séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative pour l’exercice budgétaire 2025. Cette session, marquée par de vifs échanges, a mis en lumière les inquiétudes persistantes des parlementaires sur la soutenabilité de la dette publique et la gestion de certaines lignes budgétaires sensibles.

Parmi les interventions les plus remarquées figure celle de Thierno Alassane Sall. Le député et président du parti La République des Valeurs a pointé du doigt ce qu’il considère comme une dérive préoccupante dans l’évolution de l’endettement du Sénégal. Selon lui, le rythme actuel ne peut qu’accentuer la vulnérabilité économique du pays.

« Il est impossible que ce rythme d’endettement puisse prospérer », a-t-il déclaré d’un ton ferme, rappelant que la dette représente désormais plus de 54 % du budget national. Il a estimé qu’en l’espace de deux ans, le gouvernement s’est endetté à hauteur de plus de 10 200 milliards de francs CFA, un niveau qu’il a jugé « simplement inexplicable » au regard de la capacité réelle de l’économie sénégalaise à absorber ces engagements.

Pour Thierno Alassane Sall, cette dépendance excessive au financement par emprunt prive le pays d’une autonomie stratégique et expose les générations futures à un fardeau de remboursement insoutenable. Il a plaidé pour la mise en place de nouveaux mécanismes de mobilisation des ressources, basés sur un élargissement de l’assiette fiscale, la valorisation des actifs publics et la réduction des niches budgétaires jugées non prioritaires.

Outre la question de la dette, le député a interpellé le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, sur les 9 milliards de francs CFA inscrits au titre des fonds politiques. Thierno Alassane Sall a rappelé que ces dotations avaient été vivement dénoncées par l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. « Ce poste budgétaire avait été farouchement fustigé », a-t-il insisté, estimant qu’il serait plus cohérent de réorienter ces ressources vers les priorités sociales urgentes, telles que l’emploi des jeunes ou la santé publique.

Le ministre Cheikh Diba, présent dans l’hémicycle, a défendu la nécessité de procéder à cette loi de finances rectificative. Il a rappelé qu’elle permet de traduire les engagements du gouvernement en actions concrètes, d’intégrer les révisions de prévisions économiques et de renforcer certaines politiques prioritaires.

Le projet de loi de finances rectificative reste un exercice budgétaire délicat. Il intervient dans un contexte marqué par une conjoncture mondiale incertaine, la nécessité d’honorer les engagements de la nouvelle équipe dirigeante et les attentes fortes d’une population confrontée à une cherté persistante de la vie.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°498 – 28 ET 29/06/2025

🔴 RÉVÉLATIONS D’AFRICA INTELLIGENCE SUR L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT BIO À LA TÊTE DE LA CEDEAO : DIOMAYE DRIBBLÉ PAR SES PAIRS
🔴 SOUS MANDAT DE DÉPÔT, BACHIR FOFANA JUGÉ JEUDI : LA PRESSE EN SURSIS

🔴 MERCATO : PAPE DEMBA DIOP, NOUVELLE RECRUE DE STRASBOURG
🔴 PRÉSIDENCE DE LA LIGUE SÉNÉGALAISE DE FOOTBALL PROFESSIONNEL : ABDOULAYE SEYDOU SOW SORT DU BOIS

Les débuts compliqués de la diplomatie sénégalaise sous Bassirou Diomaye Faye : révélations d’Africa Intelligence

À peine arrivé au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye se heurte à une série de déconvenues diplomatiques qui fragilisent son ambition de repositionner le Sénégal au centre du jeu régional et international. Selon une longue enquête publiée par Africa Intelligence, ces revers soulignent la difficulté du nouveau pouvoir à trouver sa place dans un environnement où les équilibres de pouvoir sont anciens et les solidarités fluctuantes.

L’un des épisodes les plus révélateurs s’est produit le 22 juin 2025 à Abuja. Ce jour-là, le sommet des chefs d’État de la CEDEAO devait désigner le nouveau président en exercice de l’organisation. Confiant, Bassirou Diomaye Faye anticipait son élection, arguant d’un “droit” fondé à la fois sur la rotation alphabétique et le principe non écrit de l’alternance entre pays francophones et anglophones.

Mais la réunion a tourné court. Contre toute attente, le Nigérian Bola Ahmed Tinubu, président sortant, a annoncé un “consensus” en faveur du Sierra-Léonais Julius Maada Bio. Devant un huis clos tendu, le président sénégalais a contesté la décision, y voyant un contournement des textes et un arrangement politique. Ses arguments n’ont pas trouvé d’écho. Même le président béninois Patrice Talon, seul autre francophone présent, s’est rallié au choix de Bio, invoquant la “continuité” et la nécessité de consolider le consensus.

L’isolement du président Faye a été accentué par l’absence remarquée de deux poids lourds du camp francophone, Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé. Ces derniers avaient pourtant donné des assurances de soutien via des échanges préalables. Leurs ministres des Affaires étrangères, présents à Abuja, se sont abstenus de toute prise de parole en faveur du Sénégal.

Pour apaiser les tensions, un compromis avait été proposé : inscrire dans le communiqué final que la prochaine présidence reviendrait au Sénégal. Le chef de l’État sénégalais a sèchement décliné l’offre, la qualifiant de “marchandage inacceptable”.

Cette défaite symbolique intervient après d’autres échecs diplomatiques. En mai, le Sénégal a vu son candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Amadou Hott, échouer face au Mauritanien Sidi Ould Tah. La presse spécialisée a pointé un manque de coordination et un engagement insuffisant du tandem exécutif sénégalais, au moment même où le lobbying des concurrents se déployait avec intensité.

Sur un autre front, Bassirou Diomaye Faye avait fait de la réintégration des États de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger) au sein de la CEDEAO une priorité. Pourtant, ses visites à Bamako et Ouagadougou se sont soldées par des refus polis. La rupture reste donc entière entre ces régimes militaires et l’organisation sous-régionale.

L’échec de la candidature sénégalaise au Conseil des droits de l’homme en octobre 2024 a également nourri des critiques au sein du corps diplomatique. Selon Africa Intelligence, Dakar n’a pas même pris la peine de déposer une candidature formelle pour conserver le siège qu’il occupait, laissant le terrain libre à d’autres pays africains.

Ces déconvenues s’ajoutent au malaise provoqué par l’activisme international d’Ousmane Sonko. Le Premier ministre, omniprésent sur la scène africaine, multiplie les voyages officiels, brouillant la ligne diplomatique et la hiérarchie protocolaire. Certains diplomates jugent cette dynamique contreproductive, soulignant que la politique étrangère sénégalaise a toujours été structurée autour du chef de l’État.

Au final, la trajectoire chaotique des premiers mois du mandat Diomaye Faye illustre les limites d’une diplomatie qui peine encore à trouver ses repères. Entre un isolement régional inattendu, une influence continentale fragilisée et une image brouillée par les rivalités internes, la jeune présidence se voit rappelée à la réalité : les réseaux informels, les équilibres anciens et les calculs d’influence pèsent toujours lourd dans le concert ouest-africain.

Si le nouveau pouvoir veut transformer l’élan populaire de son élection en puissance diplomatique, il devra convaincre, tisser de nouvelles alliances et surtout dépasser la méfiance que suscite un changement de régime perçu comme trop abrupt par certains partenaires.

VISITE OFFICIELLE : SEVILLE ACCUEILLE LE PRESIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE.

Du 30 juin au 3 juillet 2025, Séville s’apprête à accueillir un événement d’envergure mondiale : la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, organisée sous l’égide des Nations Unies. Une rencontre qui se déroule, à un moment où le monde cherche à adapter ses mécanismes de financement aux grands défis de notre époque, en particulier ceux liés à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.
Durant quatre jours, institutions financières, gouvernements, banques de développement et entreprises privées vont se retrouver pour discuter de solutions concrètes. Réforme de la fiscalité internationale, lutte contre les flux financiers illicites, accès équitable aux ressources, gestion de la dette : les sujets sont vastes, mais urgents. L’Espagne, en tant que pays hôte, entend faire de cette conférence un espace de dialogue ouvert, où même les voix souvent mises de côté auront leur place.
Parmi les chefs d’État attendus, le président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye sera présent à Séville. Si sa participation officielle est inscrite dans le cadre des travaux, un autre moment s’annonce tout aussi marquant : sa rencontre avec la communauté sénégalaise d’Espagne, prévue le 1er juillet à 16h45. L’événement est très attendu. Pour cause : depuis des années, les Sénégalais vivant en Espagne expriment un sentiment d’abandon, voire d’invisibilité dans les politiques publiques.
Malgré leur contribution économique significative à travers les transferts de fonds, beaucoup dénoncent leur exclusion des grandes orientations gouvernementales, des programmes de soutien à l’investissement ou des initiatives d’intégration. Cette rencontre avec le président Faye est donc perçue par beaucoup comme une première, et peut-être le début d’un nouveau rapport entre l’État sénégalais et ses ressortissants en Espagne longtemps laissés en rade dans les politiques gouvernementales.
Ce face-à-face tant espéré pourrait ouvrir la voie à une dynamique plus inclusive, où la diaspora ne serait plus une simple variable d’ajustement ou un grenier électoral, mais bien un acteur impliqué dans la réflexion et la mise en œuvre du développement national. En somme, un moment de vérité, porteur d’espoir pour toute une communauté.

Momar Dieng Diop ESPAGNE

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°497 – 27/06/2025

🔴 PROJET DE LOI DE FINANCES RECTIFICATIVE 2025 / BAISSE DU PIB NOMINAL : L’ÉCONOMIE PERD 4% DE SA VALEUR
🔴 RÉUNION DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA MAGISTRATURE PRÉSIDÉE PAR LE PRÉSIDENT DIOMAYE FAYE : OÙ EST LA RUPTURE ?

🔴 LIGUE 1 (29e J.) : JARAAF À 90 MINUTES DU SACRE
🔴 LUTTE / « JE SUIS UN LUTTEUR COMPLET » : BALLA GAYE 2 CHAUFFE SITEU

Hausse de la dette : l’APR exige des explications sur la destination des 10 200 milliards de francs CFA contractés en deux ans

L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton face à ce qu’elle qualifie de « rythme effréné d’endettement » observé depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau régime. Réunis ce jeudi, les membres du Secrétariat exécutif national (SEN) du parti ont exprimé leur vive inquiétude quant à l’évolution de la dette publique, et exigent des explications détaillées et crédibles sur l’utilisation des 10 200 milliards de francs CFA contractés sur la période 2024-2025.

Selon le communiqué issu de cette réunion, 4 500 milliards de francs CFA auraient été contractés en 2024, suivis de 5 700 milliards projetés pour 2025. L’APR juge ces chiffres alarmants, surtout au regard de l’absence, selon elle, de projets structurants ou de mesures de relance économique visibles sur le terrain.

Le parti fondé par Macky Sall établit une comparaison directe avec la période de son propre magistère. Il rappelle qu’entre 2019 et 2023, le besoin total de financement s’élevait à 10 115 milliards de francs CFA, alors même que le pays faisait face à des chocs d’envergure : la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, une flambée des prix mondiaux et le financement de grands projets d’infrastructures. L’APR précise que ce chiffre inclut même la « dette cachée », dont l’existence est toujours contestée par le parti.

Pour l’APR, la situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’aucune réalisation majeure ni réforme économique structurante ne justifie un tel niveau d’endettement. Le parti dénonce ainsi un manque de vision, une gestion budgétaire hasardeuse et une absence d’impact concret sur le quotidien des Sénégalais.

Au-delà des chiffres, l’APR alerte sur les risques majeurs que représente cette dynamique : perte de crédibilité financière, déséquilibre budgétaire croissant et mise en péril de l’avenir des générations futures. Le parti appelle les autorités à plus de transparence dans la gestion des finances publiques, à publier la destination précise des fonds empruntés et à engager un débat national sur la soutenabilité de la dette.

Conseil supérieur de la magistrature : trois nouvelles nominations à la Cour suprême

Lors de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature tenue ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à d’importantes mesures individuelles dans le haut commandement judiciaire. Ces décisions s’inscrivent dans le vaste mouvement de réaménagement de la carte judiciaire sénégalaise entamé depuis quelques semaines. Elles concernent cette fois la Cour suprême, l’instance juridictionnelle la plus élevée du pays.

Trois magistrats ont été promus à de nouvelles fonctions au sein de cette juridiction de dernier ressort. Il s’agit d’abord de madame Henriette Diop Tall, précédemment en détachement auprès de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), qui rejoint désormais la Cour suprême en tant que Conseillère. Sa nomination marque un retour dans l’appareil judiciaire après une expérience notable dans le secteur de la régulation des marchés publics.

Monsieur Mamadou Seck Diouf, jusque-là Avocat général délégué près la Cour suprême, voit son parcours se poursuivre à un niveau plus élevé. Il est promu au poste de Conseiller délégué à la Cour suprême, consolidant ainsi son ancrage dans les hautes sphères de l’institution.

Enfin, monsieur El Hadji Birame Faye, qui occupait les fonctions de Conseiller référendaire à la Cour suprême, a également été élevé au rang de Conseiller délégué. Cette décision vient récompenser un parcours constant au sein de la magistrature suprême.

Ces nominations traduisent la volonté du chef de l’État d’insuffler un nouveau souffle au sommet du pouvoir judiciaire sénégalais, en s’appuyant sur des profils expérimentés et diversifiés. Elles s’inscrivent dans un processus plus large de refonte des responsabilités et de redéploiement stratégique au sein des principales juridictions du pays.

Sénégal – LFR 2025 : Un budget de réajustement face aux défis économiques

Le gouvernement sénégalais a dévoilé le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’année 2025. Ce document marque un tournant stratégique dans l’exécution budgétaire du pays, en pleine mutation économique. Il s’inscrit dans la dynamique de transformation inscrite dans l’Agenda national « Sénégal 2050 », tout en prenant en compte les mutations économiques récentes à l’échelle mondiale et nationale.

Au niveau international, l’économie mondiale fait face à un net ralentissement. La croissance mondiale a été révisée à la baisse, à 2,3 % pour 2025 et 2,4 % pour 2026, selon les dernières perspectives de la Banque mondiale. Cette dégradation est portée par un cumul de facteurs : une intensification des tensions commerciales provoquées par les nouvelles barrières tarifaires américaines, des réponses de rétorsion de la part des partenaires commerciaux, des perturbations persistantes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, des conditions de financement difficiles malgré un léger relâchement des politiques monétaires des grandes banques centrales, ainsi qu’un risque de récession mondiale qui s’est accentué. Celui-ci est passé de 17 % en octobre 2024 à 30 % en avril 2025.

À ces facteurs s’ajoutent les effets géopolitiques du conflit en cours entre Israël et l’Iran. Cette guerre provoque une instabilité aux conséquences économiques lourdes pour les pays en développement comme le Sénégal, qui subissent à la fois une baisse de la demande extérieure, une forte volatilité des cours des matières premières et une hausse des coûts de financement. Le climat d’incertitude pourrait également décourager l’investissement privé dans l’économie sénégalaise.

Sur le plan national, le gouvernement a dû revoir son cadrage macroéconomique. Plusieurs éléments expliquent ce réajustement. Il s’agit d’abord de la prise en compte des conclusions du rapport de la Cour des comptes, qui a entraîné une actualisation du service de la dette et une reprogrammation réaliste des dépenses d’investissement. Par ailleurs, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a assoupli sa politique monétaire en réduisant ses taux : le taux directeur est passé de 3,5 % à 3,25 %, tandis que le taux de prêt marginal est désormais fixé à 5,25 % au lieu de 5,5 %.

Conséquence directe de ces ajustements, le gouvernement a revu à la baisse ses projections économiques. La croissance, initialement attendue à 8,8 %, est désormais réévaluée à 8,0 %. Bien qu’en recul, cette performance demeure la plus élevée prévue sur le continent africain pour l’année 2025. Elle reste essentiellement portée par l’entrée en production du secteur des hydrocarbures, qui constitue un levier majeur dans la stratégie de croissance du pays.

En revanche, la croissance hors hydrocarbures, estimée à 3,8 %, s’appuiera sur une relance ciblée de secteurs stratégiques jugés à fort potentiel. Toutefois, cette dynamique est atténuée par une contraction du produit intérieur brut nominal. Celui-ci est désormais projeté à 21 690,5 milliards de FCFA, contre 22 597,7 milliards prévus initialement, soit une baisse de 907,2 milliards FCFA représentant une réduction de 4,0 %.

Crise nationale : Khalifa Sall et ses alliés dénoncent les dérives du régime Diomaye Faye

La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), réunie ce mercredi 26 juin 2025 au siège de Taxawu Sénégal, a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un communiqué aux accents fermes, le regroupement dirigé par Khalifa Ababacar Sall a dénoncé une « crise multidimensionnelle sans précédent », et lancé un appel à la mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du régime de Bassirou Diomaye Faye.

Le FDR a d’abord dressé un bilan interne jugé satisfaisant de ses six premiers mois d’existence. Les leaders se sont félicités du parachèvement de l’organisation de leur structure, avec des commissions pleinement actives, et ont salué le leadership de leur coordonnateur sortant, Khalifa Sall, qui termine son mandat le 30 juin. À l’unanimité, ils ont désigné Samba Sy, secrétaire général du PIT, pour lui succéder à la tête du Front à partir du 1er juillet. Le communiqué évoque un homme d’écoute, de consensus et de fidélité à l’idéal républicain, désigné pour conduire les prochaines batailles.

Mais c’est surtout sur l’état du pays que les leaders du FDR ont haussé le ton. Selon eux, le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple démocratique sur le continent, traverse une période d’instabilité profonde marquée par une crise politique, financière, économique et sociale. Le communiqué dénonce un climat de répression généralisée, une justice instrumentalisée et une société civile muselée. Le FDR accuse le pouvoir de faire de la justice un outil de règlement de comptes politiques, avec des procédures ciblées, des décisions jugées arbitraires et une pression constante sur les opposants, les journalistes et les activistes.

Les libertés publiques sont également au cœur des préoccupations du Front. Les manifestations pacifiques, bien que non interdites, seraient systématiquement réprimées. Les médias seraient sous pression, notamment via la fiscalité, tandis que plusieurs chroniqueurs subiraient menaces, intimidations et incarcérations. Le FDR parle d’un climat d’étouffement des voix discordantes et d’un recul démocratique préoccupant.

Sur le plan économique, le diagnostic dressé par le FDR est alarmant. Il évoque une dette publique jugée insoutenable, un déficit budgétaire jamais atteint, une inflation persistante et un chômage massif des jeunes. Le Front accuse le régime de mauvaise gestion, notamment dans le secteur agricole avec l’arrêt des chantiers publics, la mauvaise qualité des semences, la rareté des engrais et l’absence de soutien aux producteurs. Le gouvernement est également critiqué pour sa stratégie économique, qualifiée de brouillonne, déconnectée des réalités du terrain et sans vision à long terme.

Face à cette situation jugée préoccupante, le FDR appelle à un sursaut collectif. Le communiqué exhorte la société civile, les syndicats, les partis politiques et toutes les forces vives à s’unir pour faire barrage à la « mal gouvernance du régime Diomaye-Sonko ». Le Front dit vouloir engager des luttes multiformes contre les dérives liberticides et pour la préservation des libertés fondamentales, d’une justice indépendante et d’un État au service du peuple.

Dans une conclusion sans équivoque, le FDR affirme que le Sénégal mérite mieux. Le peuple, dit-il, mérite une justice libre, une gouvernance éthique et une démocratie solide. Le combat continue, promet la coalition, qui se dit plus que jamais mobilisée pour la défense des libertés, de la justice et de la République.

Conseil supérieur de la Magistrature : des magistrats détachés à la Présidence, à la Primature et à l’international

Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) s’est tenu ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. Cette session a permis d’entériner plusieurs décisions relatives au positionnement de magistrats sénégalais dans différents services nationaux et internationaux.

Parmi les principales mesures, plusieurs magistrats ont été placés en position de détachement. C’est le cas de Moustapha Ka, conseiller technique au ministère de la Justice, désormais affecté à la Présidence de la République. Alassane Ndiaye, également conseiller technique, rejoint la Primature dans le même cadre. Firmin René Jim Coly, précédemment détaché au ministère des Infrastructures, poursuivra sa mission à la Société nationale de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE).

Cyr Gomis, secrétaire général de l’Observateur national des lieux de privation de liberté, est à son tour détaché auprès du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Magatte Diouf, président de chambre à la Cour d’appel de Tambacounda et également secrétaire général de cette juridiction, est affecté à l’Agence judiciaire de l’État (AJE), sous la tutelle du ministère des Finances et du Budget.

La magistrate Ndioba Diome, substitut du procureur près le Tribunal de grande instance de Rufisque, rejoint la Présidence de la République, au sein de la Délégation générale du Renseignement national (DRN), en tant que conseillère juridique.

Le Conseil a également validé le renouvellement des détachements de Souleymane Bassoum au ministère des Infrastructures, ainsi que de Mamadou Racine Ly à la Cour pénale internationale (CPI), prolongeant ainsi leur mission dans ces institutions.

Par ailleurs, deux magistrats ont été placés en position de disponibilité. Cheikh Ahmadou Bamba Niang intègre un programme sécuritaire financier en qualité d’expert juriste. Quant à Assane Dramé, il rejoint l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en Afrique centrale, également comme expert.

Ces décisions s’inscrivent dans une dynamique de renouvellement et de repositionnement stratégique de l’appareil judiciaire sénégalais, visant à valoriser l’expertise nationale à la fois sur le plan local et international.

Conseil supérieur de la magistrature : vaste chamboulement dans les juridictions de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda

La réunion du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), présidée ce jeudi 26 juin 2025 par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye au Palais de la République, a donné lieu à une vague de nominations et d’affectations majeures dans plusieurs ressorts judiciaires du pays. Ce réaménagement, perçu comme un tournant dans la gestion des ressources humaines de la magistrature, touche les cours d’appel de Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda.

Dans le ressort de la Cour d’appel de Thiès, plusieurs postes de responsabilité ont été renouvelés. Alioune Sissokho, jusque-là avocat général à la Cour d’appel de Kaolack, rejoint la Cour d’appel de Thiès au même poste. Cheikhna Anne, anciennement en détachement auprès du ministère de l’Énergie, devient substitut général à la même juridiction. El Hadji Mamadou Ndiaye, qui présidait le Tribunal d’instance de Tivaouane, prend la tête du Tribunal de grande instance de cette localité. El Hadji Malick Dembélé, détaché au ministère des Finances, est nommé président du Tribunal d’instance de Diourbel. Mamadou Bassirou Ndiaye, en provenance du ministère de la Pêche, devient procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Tivaouane. Khady Sakho, conseillère à la Cour d’appel de Thiès, est affectée comme juge au Tribunal de grande instance de Thiès. Modou Mar Ndiaye quitte la présidence du Tribunal d’instance de Diourbel pour prendre les rênes de celui de Tivaouane, tandis que Babacar Diomaye Diouf, précédemment juge à Dakar, est affecté à Diourbel.

Dans la Cour d’appel de Kaolack, Fatou Ngom Sissokho, qui présidait le Tribunal d’instance de Kaffrine, est désormais juge au Tribunal de grande instance de Kaolack. Elle est remplacée à Kaffrine par Amadou Diatta, ancien président de chambre à la Cour d’appel de Kaolack.

Au niveau de Saint-Louis, Idrissa Yéro Dème, jusque-là substitut du procureur à Matam, rejoint le Tribunal de grande instance de Saint-Louis en qualité de substitut du procureur.

Dans la région sud du pays, le ressort de la Cour d’appel de Ziguinchor connaît également des changements notables. Serigne Modou Diakhaté, ancien conseiller à la Cour suprême, est promu Premier président de la Cour d’appel de Ziguinchor. Il sera épaulé par Awa Nguenah Manga, ancienne vice-présidente du Tribunal du travail de Dakar, désormais nommée présidente de chambre à Ziguinchor.

Enfin, à Tambacounda, Abdourahmane Diallo, président de chambre à la Cour d’appel, cumulera désormais ses fonctions avec celles de secrétaire général de ladite cour.

Conseil supérieur de la magistrature : plusieurs magistrats nommés à l’administration centrale du ministère de la Justice

Réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, le Conseil supérieur de la magistrature a procédé à un vaste mouvement au sein du corps judiciaire. Outre les nominations dans les cours d’appel et tribunaux, plusieurs affectations ont été prononcées à l’administration centrale du ministère de la Justice.

Parmi les personnalités concernées, Oumar Sall, jusque-là président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, rejoint l’administration centrale du ministère. Il en est de même pour Khokhane Sène, également précédemment président de chambre dans la même juridiction. Ces deux magistrats chevronnés sont appelés à mettre leur expérience au service de la gestion centrale de la justice.

Par ailleurs, Fatou Binetou Ndiaye, qui était en détachement au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, est rappelée et réintégrée dans le dispositif du ministère de la Justice. Elle y retrouvera une fonction stratégique dans les services de l’administration.

Deux autres magistrats de juridictions du premier degré rejoignent aussi les services centraux. Mouhamadou Ndéné Ndir, précédemment en poste au tribunal du travail hors classe de Dakar, et Ndèye Awa Diagne, ancienne juge au tribunal de grande instance hors classe de Dakar, sont désormais affectés à l’administration centrale.

Ces affectations confirment une volonté présidentielle de réorganiser les ressources humaines de la Justice pour renforcer l’efficacité de l’administration judiciaire au niveau central. En confiant des fonctions internes à des magistrats expérimentés, le chef de l’État entend consolider les réformes en cours dans le secteur.

Ce mouvement, loin d’être anodin, intervient dans un contexte de refonte annoncée du fonctionnement de la justice, où l’exigence de transparence, d’efficacité et de modernisation est au cœur des priorités de la nouvelle équipe dirigeante.

Conseil supérieur de la Magistrature : le président Diomaye Faye opère de vastes changements dans la justice

Le Conseil supérieur de la Magistrature s’est réuni ce jeudi 26 juin 2025 au Palais de la République, sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye. À l’issue de cette séance, plusieurs décisions majeures ont été prises, entraînant un remaniement d’ampleur au sein de l’appareil judiciaire.

Le chef de l’État, qui préside le Conseil, a procédé à une série de nominations touchant des juridictions stratégiques du pays. Ces changements concernent notamment la Cour suprême de Dakar, cœur du pouvoir judiciaire, mais aussi les Cours d’appel de Dakar, Thiès, Kaolack, Saint-Louis, Ziguinchor et Tambacounda. L’administration centrale de la Justice n’est pas en reste, avec des ajustements opérés à des postes clés.

Cette vague de mutations intervient dans un contexte où l’exécutif affiche sa volonté de redonner à la Justice toute son autorité, son indépendance et sa crédibilité. Ces décisions traduisent aussi l’ambition du président Diomaye Faye de remettre à plat l’organigramme du pouvoir judiciaire, en y insufflant une nouvelle dynamique de rigueur, d’éthique et d’équité.

Selon des sources proches du dossier, l’objectif est de renforcer l’efficacité des juridictions sur l’ensemble du territoire national, tout en corrigeant certains déséquilibres observés ces dernières années dans la répartition des magistrats et des responsabilités. Ce renouvellement marque donc un tournant important pour la Justice sénégalaise.

Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye
Conseil supérieur de la Magistrature : plusieurs décisions prises par Bassirou Diomaye Faye

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 25 Juin 2025

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de la Justice :
•        Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
•        Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation :
•        Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.
 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
•        Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.
 
•        Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.
 
•        Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement de Monsieur Moussa Sam DAFF.
 
•        Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment
Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
 
•        Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.
 
•        Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.
 
•        Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.
 
•        Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.
Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public :
•        Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696 783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.
Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage :
•        Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.
•        Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde  n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.  
 
•        Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X, précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515
133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.
 
•        Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de
Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde  n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
 
•        Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664
014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis,
en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.
 
•        Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.
Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
•        Monsieur Abdou  DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 25 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 25 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a rappelé au
Gouvernement l’impératif de prendre toutes les mesures et dispositions idoines en vue d’assurer, sur l’étendue du territoire national, une bonne organisation des examens et concours, notamment le Baccalauréat général et le Brevet de Fin d’Etudes moyennes (BFEM). Il a adressé ses encouragements à tous les candidats et exhorté l’ensemble des acteurs de la
communauté éducative (enseignants, apprenants, parents d’élèves, personnels administratifs et techniques…) à œuvrer sans relâche pour l’excellence, la stabilité et le rayonnement du système éducatif national. Il a informé qu’il présidera la cérémonie de remise des prix aux lauréats du Concours général, le 31 juillet 2025.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la place fondamentale de l’enseignement supérieur dans l’Agenda national de Transformation. Le développement de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation reste le socle de la valorisation du capital humain national et de la transformation systémique durable du Sénégal. Dès lors, il a rappelé au Gouvernement, l’urgence de prendre les dispositions préventives adéquates, en liaison avec toutes les parties prenantes, afin d’assurer la continuité académique et la stabilité sociale dans les universités et établissements d’enseignement supérieur publics. A cet effet, il a souligné l’importance d’une parfaite maitrise :
– du calendrier universitaire au regard du respect des prescriptions du système LMD ; – du développement fonctionnel de la carte universitaire avec une reprise en main et une réception dans les délais des infrastructures universitaires dans les régions ; – des orientations des futurs bacheliers ;
– des ressources et charges des universités, établissements d’enseignement supérieurs et Centres des Œuvres sociales universitaires ; – et des quotas de recrutements d’enseignants et de personnels administratifs, techniques et de service en relation avec les recteurs.

Le Président de la République a indiqué au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre des Finances et du Budget l’exigence de veiller au renforcement systématique de la gouvernance financière des universités publiques et des Centres des Œuvres sociales universitaires. Par ailleurs, il a demandé au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation d’engager des concertations spécifiques avec les acteurs de l’enseignement supérieur privé afin de bâtir, dans la durée, un modèle d’enseignement et de recherche intégré, performant, plus professionnalisant et mieux à même de porter l’Agenda national de Transformation.

Les recommandations qui seront issues des travaux menés dans le cadre de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) feront l’objet d’une
attention particulière.

La vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère accorde une priorité essentielle à la prise en charge et à l’accompagnement des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, la nécessité d’une évaluation inclusive de la loi d’orientation sociale n° 2010-15 du 06 juillet 2010 relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées et de l’application des dispositifs concernant la carte d’égalité des chances. Il a également indiqué la nécessité d’une meilleure implication des personnes vivant avec un handicap dans la vie institutionnelle, administrative, économique, sociale, culturelle nationale, etc.

A cet égard, il a invité le Gouvernement à accorder un traitement spécial aux demandes des personnes vivant avec un handicap, s’agissant, d’une part,
des procédures de recrutement dans le secteur public et, d’autre part, dans les formations et financements pilotés par les différentes structures publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a demandé au Gouvernement, notamment aux Ministres en charge de l’Urbanisme et des Transports terrestres, de veiller à l’amélioration de l’accessibilité des bâtiments et moyens de transports publics aux personnes en situation de
handicap.

Enfin, dans le but de renforcer l’inclusion sociale et la solidarité nationale, il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités d’organiser, avant la fin de l’année 2025, des concertations nationales sur le renforcement de la protection et du bien-être des personnes en situation de handicap.

Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique de la gestion du patrimoine bâti de ’Etat. L’inventaire, l’entretien et la gestion exemplaire des bâtiments administratifs et des édifices publics restent des piliers d’une gouvernance publique transparente.

Il a demandé au Premier Ministre de proposer, sur la base des missions complémentaires de la Société de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine bâti de l’Etat (SOGEPA) et de l’Agence de Construction des Bâtiments et Edifices publics (ACBEP) une politique d’occupation, de réhabilitation et de construction de bâtiments et d’édifices publics. En outre, il a demandé au
Premier Ministre de faire procéder à l’inventaire exhaustif des bâtiments administratifs et terrains affectés à chaque ministère et de signaler l’état des besoins en espaces de bureaux, ainsi que les projets de construction d’édifices inachevés, et de rationaliser au strict minimum les conventions signées pour loger des services publics.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera du 30 juin au 02 juillet 2025 à Séville, en Espagne, à la 4ème Conférence internationale sur le financement du développement. Il prendra part également le samedi 05 juillet 2025 au 50ème anniversaire de l’Indépendance de Cabo Verde.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des
Territoires a fait une communication sur l’aménagement des zones de Mbour 4 et de la
Nouvelle ville de Thiès.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,
le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de coopération militaire et technique entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République du Congo, signé le 08 novembre 2018, à Dakar.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre du Ministère de la Justice :
Monsieur Maguette DIOP, Greffier, matricule de solde n° 622 476/C, titulaire d’une maîtrise en Administration publique, est nommé Président du Comité de gestion de l’Ecole nationale d’Administration pénitentiaire (ENAP), en remplacement de Monsieur Amady Gnagna CISSÉ.

Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :
Monsieur Oumar Ngalla NDIAYE, Administrateur civil, matricule de solde n° 722 189/E, précédemment Adjoint au Gouverneur de la région de Dakar chargé des Affaires administratives, est nommé Préfet du Département de Birkelane, région de Kaffrine, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation : Madame Mame Penda BA, Professeur agrégé en sciences politiques, est nommée Directeur du Financement des Etablissements d’Enseignement supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale :
Monsieur Mouhamadou Abdoulaye SAKHO, titulaire d’un Doctorat en Pharmacie et d’un Diplôme d’Études supérieures spécialisées en Gestion des services de santé, en service à l’hôpital Mame Abdou Aziz Dabakh SY de Tivaouane, est nommé Directeur des Établissements publics de Santé, en remplacement de Monsieur Ousmane DIA.

Madame Mariama CISSOKHO, Économiste, titulaire d’un MBA en Gestion des Services de Santé, précédemment Chef des Services administratifs et financiers au Centre hospitalier régional Ahmadou Sakhir NDIEGUENE de Thiès, est nommée Directeur dudit établissement, en remplacement de Docteur Alioune FAYE.

Monsieur Samba GUEYE, Économiste, Administrateur des Services de santé, matricule de solde n° 607 735/D, précédemment Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, est nommé Directeur du Centre hospitalier national DALAL DIAM, en remplacement
de Monsieur Moussa Sam DAFF.

Monsieur Ibra DIAGNE, Psychiatre, titulaire d’un Doctorat en Médecine, précédemment Responsable des équipes d’Intervention et de Soutien psychosocial au Centre des Opérations d’Urgence sanitaire (COUS), est nommé Directeur du Centre hospitalier national psychiatrique de Thiaroye, en remplacement de Monsieur Samba GUEYE, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Aboubacar TRAORE, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en Santé publique, précédemment chirurgien-urologue à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, est nommé Directeur du Centre hospitalier régional Amadou Tidiane BA de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.

Monsieur Daouda SECK, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master spécialisé en santé publique, spécialiste en management de projets multicentriques, est nommé Directeur du Centre national de Transfusion sanguine, en remplacement du Professeur Saliou DIOP.

Monsieur ElHadji Mansour DIOP, titulaire d’un Doctorat en Médecine et d’un Master en management des Services de santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national Aristide LE DANTEC, en remplacement du Docteur Babacar THIANDOUM.

Monsieur Oumar MBAYE, titulaire d’un Doctorat d’Etat en médecine et d’un Master en Management des structures de santé, est nommé Directeur de l’Hôpital Abdoul Cissé KANE des Agnams, en remplacement du Docteur Abdoulaye SOW.

Monsieur Mahib Badiane, titulaire d’un Doctorat d’Etat en Pharmacie et Économiste de la Santé, est nommé Directeur du Centre hospitalier national El Hadji Malick SY de Tivaouane, en remplacement de Monsieur Babacar SENE.

Au titre du Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public : Monsieur Serigne Mansour FAYE, Ingénieur informaticien, matricule de solde n° 696
783/A, est nommé Directeur des Systèmes d’Informations au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, poste vacant.

Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de
l’Elevage : Monsieur Sanoussy SANE, Expert en économie solidaire et en gouvernance sociale, est nommé Président du Conseil d’Administration de l’Institut national de Pédologie (INP), en remplacement de Monsieur Paul FAYE.

Monsieur Mamadou Boye DIALLO, Juriste financier, matricule de solde
n° 642 620/Z, précédemment Inspecteur des Affaires administratives et financières au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale d’Insertion et de Développement agricole (ANIDA) en remplacement de Monsieur Ousmane NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Youssoupha BA, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 604 751/G, est nommé Secrétaire général de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA) , en remplacement de Monsieur Abdou Aziz NGOM, appelé à d’autres fonctions.

 Monsieur Cheikh Tidiane LY, Economiste, matricule de solde n° 709 190/X,
précédemment Inspecteur technique au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, est nommé Inspecteur des Affaires administratives et financières

au Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage en remplacement de Monsieur Mamadou Boye DIALLO, appelé à d’autres fonctions.

Madame Tacko DIAWARA, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 618 718/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Thiès, en remplacement de Monsieur Abiboulaye SIDIBE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 515 133/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Jean Paul BAMPOKY, appelé à d’autres fonctions.

Madame Malado SEYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 606 367/H, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Saint Louis, en remplacement de Madame Tacko DIAWARA, appelée à d’autres fonctions.

Monsieur Abdou Karim CISSE, Ingénieur du Génie rural, matricule de solde n° 619 875/H, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kolda, en remplacement de Monsieur Hamadou BALDE, admis à faire valoir ses droits à une pension
de retraite.

 Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, Ingénieur agronome, matricule de solde n° 699 702/C, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Kaolack, Poste vacant.

Madame Mame Fama KEBE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 734 696/E, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Matam, en remplacement de Monsieur Cheikh Ahmed Tidiane DIENG, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Samba GAYE, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 663 623/D, est nommé Directeur régional de l’Agriculture et du Développement rural de Sédhiou, en remplacement de Monsieur Casimir Adrien SAMBOU, appelé à d’autres fonctions.

Madame Mame Fatou DIOP, Ingénieur agronome, matricule de solde
n° 666 599/A, est nommée Directrice régionale de l’Agriculture et du Développement rural de Fatick, en remplacement de Monsieur Abdoulaye CAMARA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 664 014/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Saint Louis, en remplacement de Monsieur Evariste Jean Christoph Togut BASSENE, appelé à d’autres
fonctions.

Monsieur El Hadji SOW, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 689 589/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Ziguinchor, en remplacement de Monsieur Mouhamed Moustapha SARR, appelé à d’autres fonctions.

Monsieur Thierno FALL, Docteur vétérinaire, matricule de solde n° 751 123/A, est nommé Directeur régional de l’Elevage et des Productions animales de Kédougou, en remplacement de Monsieur El Hadji SOW, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire :
Monsieur Abdou DIAW, Expert en Finance Islamique, précédemment Coordonnateur national du Programme de Développement de la Microfinance islamique, est nommé Administrateur général du Fonds de Développement de la Microfinance islamique (FDMI).

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Réformes budgétaires et finances publiques : Le Sénégal reçoit un financement de 65 milliards FCFA de la Banque mondiale

Le Sénégal vient de recevoir un soutien financier significatif pour améliorer la transparence de son budget et la gestion de ses finances publiques. Ce mardi, la Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un prêt concessionnel d’une valeur de 115 millions de dollars, soit environ 65 milliards de francs CFA, via l’Association internationale de développement (IDA).

Ce financement s’inscrit dans le programme SEN-FINTRAC (Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques), qui couvre les années 2025 à 2029. Il soutient également le programme national ambitieux de réformes RESET, une initiative stratégique du gouvernement sénégalais centrée sur trois piliers : stabilisation économique, transformation structurelle, et transparence dans la gestion publique.

Le soutien de la Banque mondiale se concentre sur trois axes principaux de réformes. Premièrement, la gestion des finances publiques vise à moderniser les systèmes de suivi des dépenses publiques et à renforcer les outils numériques, notamment à travers l’intégration de systèmes électroniques pour les procédures de marchés publics. Ce pilier cherche à accroître l’efficacité des dépenses publiques tout en améliorant leur traçabilité.

Le deuxième axe concerne la viabilité de la dette publique. Il est prévu d’implanter un système intégré pour l’enregistrement et le suivi de la dette, ainsi que de consolider les fonctions de gestion de la dette au sein d’une seule entité. Cette réforme vise à obtenir plus de transparence et un meilleur contrôle de l’endettement du pays.

Enfin, le troisième axe de la réforme est axé sur la mobilisation des ressources intérieures. Le gouvernement sénégalais, avec le soutien de la Banque mondiale, entend moderniser l’administration fiscale et douanière. Cela inclut notamment l’introduction de la facturation électronique pour les contribuables soumis à la TVA et la mise en œuvre d’une gestion axée sur la performance pour les opérations douanières.

Tous ces efforts seront soutenus par un vaste programme de transformation numérique, considéré comme essentiel pour le suivi en temps réel des finances de l’État et pour renforcer la gouvernance publique.

Parmi les 115 millions de dollars annoncés, 105 millions (approximativement 59,3 milliards FCFA) sont étroitement liés aux résultats attendus des réformes, tandis que les 10 millions restants (environ 5,7 milliards FCFA) sont destinés à l’assistance technique, à la gestion du changement, à la transformation numérique ainsi qu’au renforcement des capacités des institutions publiques concernées.

Ce financement marque une étape cruciale dans la stratégie de modernisation budgétaire du Sénégal. Il devrait permettre au pays de mieux contrôler son endettement, d’élargir sa base fiscale et de construire une administration publique plus efficace, plus responsable et plus transparente.

Dette publique et budget 2025 : Dr Babo Amadou Ba expose les vrais enjeux et la stratégie de l’État

Alors que le débat autour de la dette publique et du déficit budgétaire alimente les discussions dans les cercles politiques, économiques et citoyens, Dr Babo Amadou Ba, Directeur général du Fonds de Financement des Projets et Programmes Transversaux (3FPT) et spécialiste en finance de marché, a décidé de sortir du silence. Dans une analyse fouillée, il a apporté des clarifications essentielles sur les choix budgétaires du gouvernement pour l’année 2025, tout en inscrivant ces décisions dans le cadre communautaire de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et dans une perspective de réforme structurelle.

Selon Dr Ba, les décisions actuelles du gouvernement sénégalais s’appuient sur deux textes fondamentaux adoptés en 2009 par l’UEMOA. Il s’agit d’abord de la Directive N°1/2009/CM/UEMOA, qui oblige les États membres à publier dans les trois mois suivant le début d’un mandat présidentiel toutes les informations relatives aux finances publiques, avec un accent particulier sur la dette et les déficits. Ensuite, la Directive N°06/2009/CM/UEMOA, qui a amorcé une réforme des lois organiques pour introduire une nouvelle culture de gestion publique. Cette réforme a fait basculer les États de la logique de moyens à une logique de résultats, mettant au cœur de l’action publique la performance. L’une des innovations majeures de cette directive est la déconcentration de l’ordonnancement. Jusque-là, seul le ministre chargé des Finances ordonnait les dépenses de l’État. Désormais, les ministres sectoriels, les présidents d’institutions et les directeurs généraux disposent de ce pouvoir, rendant chaque entité responsable de son budget.

S’agissant du budget 2025, Dr Ba a révélé que les autorités ont constaté un déficit budgétaire de 1 600 milliards de FCFA. Ce déficit représente l’écart entre les recettes mobilisées et les dépenses prévues. À cela s’ajoute un service de la dette particulièrement lourd, estimé à 2 973 milliards FCFA, dont 932 milliards pour les seuls intérêts et commissions. En tout, le besoin de financement pour l’exercice 2025 s’élève à 4 573 milliards de FCFA. Dr Ba précise que sur ce montant, 2 973 milliards correspondent à des engagements contractés sous le régime précédent. Il rappelle également que dans les règles actuelles de comptabilité publique, l’amortissement de la dette, c’est-à-dire le remboursement du principal, n’apparaît plus comme une dépense budgétaire classique, mais est classé parmi les opérations de trésorerie. Ce changement explique pourquoi l’amortissement disparaît du cadre budgétaire proprement dit, bien qu’il reste une obligation financière réelle.

L’un des volets les plus sensibles abordés par Dr Ba concerne les risques liés à l’endettement du Sénégal. Il identifie quatre menaces majeures. D’abord, le risque de change, qui survient lorsque l’endettement est libellé dans des monnaies étrangères comme le dollar ou l’euro, et que les fluctuations de ces devises aggravent mécaniquement le montant de la dette. Ensuite, le risque de taux d’intérêt, car une hausse des taux sur les marchés internationaux rend le remboursement plus coûteux. Le troisième danger est celui du refinancement, c’est-à-dire la nécessité d’emprunter à nouveau pour rembourser d’anciennes dettes, ce qui crée un effet boule de neige. Enfin, il mentionne le risque de liquidité, lorsque les marchés se ferment ou deviennent trop coûteux.

Pour faire face à ces risques, le gouvernement a choisi de changer d’approche en se tournant davantage vers le marché domestique. Cette réorientation se traduit par la mise en place d’instruments innovants comme les « patriotes bonds » et les « diaspora bonds ». Ces outils de financement visent à mobiliser les ressources des Sénégalais résidant au pays et à l’étranger, tout en réduisant la dépendance excessive aux bailleurs extérieurs. Ce virage stratégique s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement Durable (SN2D), qui fixe un objectif de rééquilibrage de la structure de la dette à l’horizon 2027. Ainsi, le Sénégal ambitionne d’atteindre une composition de la dette à 59 % de financements domestiques et 41 % de dettes extérieures, contre une situation actuelle dominée à 74 % par l’endettement extérieur.

Dr Babo Amadou Ba insiste sur le fait que les critiques adressées au budget 2025 doivent être contextualisées et dépassionnées. Il soutient que le régime actuel n’a fait que constater l’ampleur des engagements hérités, tout en posant les jalons d’une gestion plus responsable, plus transparente et plus adaptée aux enjeux économiques nationaux et sous-régionaux. À ses yeux, les débats sur le budget devraient porter sur la manière dont l’État sénégalais entend mettre en œuvre les réformes promises dans le sens d’une budgétisation plus performante et tournée vers les résultats.

Au final, l’analyse du Dr Babo Amadou Ba vient remettre en perspective la situation financière du Sénégal, en rappelant que les défis actuels, bien que réels, ne sont pas insurmontables. Ils appellent, selon lui, à des réponses structurées, fondées sur une bonne compréhension des mécanismes financiers, une rigueur accrue dans l’exécution budgétaire et une vision claire de la souveraineté économique.

Rapports d’exécution budgétaire : Pr Amath Ndiaye évoque un surendettement imminent

À l’occasion de la publication des rapports d’exécution budgétaire du quatrième trimestre 2024 et du premier trimestre 2025, le Pr Amath Ndiaye, économiste à la FASEG de l’UCAD, propose une analyse alarmante des finances publiques sénégalaises. Le Sénégal entame l’année 2025 avec des finances sous forte pression. Bien que les recettes fiscales affichent de bonnes performances, la situation est marquée par un déficit élevé, une exécution insuffisante des investissements et une dépendance croissante à un financement externe coûteux. « Le retour à l’équilibre budgétaire ne peut plus être différé : le redressement est devenu une urgence nationale, pour préserver la stabilité macroéconomique, soutenir l’emploi et maintenir le cap vers la Vision 2050 », avertit l’économiste.

Recettes : bon démarrage interne, blocage externe

Les recettes totales mobilisées au premier trimestre 2025 s’élèvent à 1 027,82 milliards FCFA, soit 21,44 % des prévisions annuelles, en hausse de 9,7 % par rapport au T1 2024 (937,07 milliards).

– Recettes fiscales : 960,26 milliards FCFA, en progression de 11,6 % par rapport à 860,38 milliards en 2024, avec un taux d’exécution trimestriel de 94,4 %.
– Recettes non fiscales : 59,56 milliards FCFA, en hausse de 24,4 % (47,88 milliards en T1 2024), avec un taux d’exécution de 137 %.

Les recettes internes atteignent 96,15 % de l’objectif trimestriel, démontrant une mobilisation efficace. Cependant, les ressources extérieures sont quasi inexistantes : « Les dons budgétaires au T1 2025 : 0 FCFA exécuté sur 45 milliards prévus. Dons en capital : 8 milliards FCFA réalisés sur 200 milliards prévus (soit seulement 4 %). » Au total, seuls 3,27 % des ressources extérieures attendues ont été mobilisées, limitant les financements d’investissement.

Dépenses : exécution maîtrisée mais déséquilibrée

Les dépenses totales exécutées au T1 2025 s’élèvent à 1 419,45 billions FCFA, soit 22,14 % des crédits annuels ouverts.

  – Dépenses ordinaires : 1 130,89 milliards FCFA (26,01 % des dotations), dont :

  – Charges de la dette : 225,24 milliards FCFA, en hausse de 24 % par rapport à 181,63 milliards en T1 2024 (+43,61 milliards).

  – Dépenses de personnel : 357,07 billions FCFA, en légère hausse de 1 % (353,67 milliards en T1 2024).

  – Transferts courants : 463,93 milliards FCFA, en progression de 15,2 % (402,52 milliards en T1 2024), dopés par les subventions à l’énergie (169 milliards) et à l’enseignement supérieur.

 – Dépenses en capital : 288,57 milliards FCFA, en baisse de 42,2 milliards FCFA par rapport à 330,75 milliards en T1 2024.

 – Investissements sur ressources internes : Un maigre 2,64 milliards FCFA réalisés sur 308,25 milliards, soit un taux de 0,86 %, soulignant un frein majeur.

Vers une trajectoire budgétaire difficilement tenable

Le déficit budgétaire de 2024 s’est établi à 2 500,95 milliards FCFA, soit environ 12,6 % du PIB, dépassant la prévision initiale de 11,1 %. Pour 2025, le déficit reste au-dessus de la norme communautaire de l’UEMOA. « L’objectif de réduction à 3 % du PIB en 2027 fixé par l’UEMOA semble difficilement atteignable, même avec des coupes drastiques dans les dépenses publiques », note Pr Ndiaye. Les charges d’intérêt, en hausse de 24 %, et le retour aux marchés internationaux à des taux de 10 à 12 % rendent la dette insoutenable, contrairement aux taux régionaux UEMOA de 6-7 %.

Recommandations stratégique

Le Pr Ndiaye propose des mesures urgentes : « Le gouvernement doit accélérer les décaissements pour les projets d’investissement structurant, renforcer les négociations avec le FMI, et mettre en œuvre un plan de redressement budgétaire, avec ou sans le FMI. » Ce plan doit :

– « Réduire les subventions inefficaces, »

– « Maîtriser les dépenses de fonctionnement, »

– « Réorienter les investissements vers les secteurs à fort rendement économique, »

– « Protéger les plus pauvres. »

« Les données arrêtées au 31 mars 2025 confirment que, bien que la mobilisation des recettes fiscales soit satisfaisante, la situation budgétaire du Sénégal reste fragile. » Les déséquilibres structurels persistent, et « les charges d’intérêt augmentent à un rythme inquiétant. Sans redressement budgétaire rigoureux, le pays court un risque élevé de surendettement, avec des conséquences graves sur la croissance, l’emploi des jeunes, et la réalisation de la Vision 2050. » L’économiste insiste : « Ce redressement exige un réel courage politique, car il impliquera nécessairement des décisions difficiles et parfois sensibles sur le plan social. Mais il demeure incontournable. La stabilité budgétaire constitue le socle d’un développement endogène et durable. »

Indépendance de la Justice : le Pr Ousmane Sène recadre le débat sur le rôle du Président au sein du CSM

Dans un contexte marqué par de vives discussions sur la réforme de la justice sénégalaise, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest Africain (WARC), a apporté un éclairage nuancé sur la polémique entourant la présence du Président de la République au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Invité ce dimanche 22 juin de l’émission Grand Jury sur la RFM, il a tenu à recentrer le débat sur l’essentiel : la responsabilité individuelle des magistrats dans l’exercice de leur mission.

Pour le Pr Sène, la question de l’indépendance de la justice ne peut se réduire à une disposition institutionnelle ou à un simple jeu de présences ou d’absences dans les instances de régulation. Selon lui, cette indépendance tient d’abord à la posture, aux valeurs et aux comportements de ceux qui rendent la justice. « L’indépendance de la justice, ça tient aux comportements et aux valeurs de ceux qui exercent la justice eux-mêmes », a-t-il déclaré, soulignant que la crédibilité du système judiciaire dépend autant des textes que de l’éthique personnelle des magistrats.

Face aux critiques formulées à l’encontre du maintien du chef de l’État dans la composition du Conseil Supérieur de la Magistrature, le professeur Sène se veut clair. Il estime que la présence du Président de la République dans cette institution ne constitue pas, en soi, un frein à l’indépendance des juges. Il rappelle que dans l’organisation actuelle du CSM, les décisions concernant l’avancement ou les affectations des magistrats ne relèvent pas directement du Président. « Les décisions qui sont prises par rapport à l’avancement des magistrats ne viennent pas du Chef de l’État », a-t-il affirmé, balayant ainsi les soupçons d’ingérence politique systématique.

Il va plus loin en qualifiant ce débat de « faux problème », insistant sur le fait qu’en République, le président ne saurait dicter sa loi aux magistrats. Pour appuyer sa position, le Pr Sène s’est référé à l’histoire judiciaire du Sénégal, évoquant des figures emblématiques telles que les juges Kéba Mbaye et Ousmane Camara. Ces derniers, selon lui, ont incarné avec dignité et intégrité l’indépendance de la justice, même dans des contextes où l’exécutif était puissant et présent.

À travers cette prise de position, le directeur du WARC invite l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire à assumer pleinement leur rôle dans la construction d’une justice forte, crédible et au service des citoyens. Il rappelle que la refondation de la justice ne saurait être uniquement institutionnelle ou formelle. Elle doit aussi passer par un sursaut de conscience professionnelle et morale de la part des magistrats eux-mêmes.

Dans une période où la société sénégalaise attend des changements profonds dans le fonctionnement des institutions, l’intervention du Pr Sène sonne comme un appel à la responsabilité individuelle et collective. Pour lui, une justice indépendante ne s’obtient pas seulement par des réformes juridiques, mais surtout par le courage, l’éthique et la loyauté de ceux qui en sont les garants.

Médias : Habibou Dia annonce une nouvelle ère d’accompagnement pour un secteur plus autonome et structuré

Le directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Habibou Dia, était l’invité de l’émission « FACE AU JURY » ce dimanche sur Pressafrik TVHD. Cette intervention a été l’occasion pour lui de revenir longuement sur les décisions prises par le gouvernement à l’issue des Journées de concertation sur le secteur de la communication, tenues à la demande du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces assises, selon lui, ont permis de tracer une nouvelle trajectoire pour les médias sénégalais, fondée sur la transparence, la modernisation et l’autonomie financière.

Habibou Dia a réaffirmé la volonté du ministère de tutelle de construire un partenariat durable avec les professionnels de la presse, en allant bien au-delà de la seule logique de subvention. Il a annoncé la mise en place prochaine d’un nouveau modèle économique pour les médias. Ce modèle vise à réduire leur dépendance quasi-totale vis-à-vis des appuis publics en leur offrant des opportunités économiques et financières concrètes. Il s’agit notamment de revoir les critères d’attribution des fonds alloués au secteur, de définir avec précision les bénéficiaires légitimes et d’exclure ceux qui ne remplissent pas les conditions. Le gouvernement envisage également de mettre en place un système fiscal adapté, qui permettra aux entreprises de presse d’évoluer dans un environnement plus favorable à leur croissance et à leur structuration.

Sur le volet social, le ministère entend porter une attention particulière aux conditions de travail des journalistes. Habibou Dia a insisté sur la nécessité de garantir leur protection, de veiller à la régularité des salaires, de faciliter leur couverture maladie et d’assurer la prise en charge de leurs cotisations pour la retraite. Il a souligné l’importance de l’accompagnement spécifique des femmes de médias, souvent confrontées à des défis uniques liés à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Le gouvernement prévoit également un appui direct aux télévisions, producteurs de contenus audiovisuels et cinéastes. Une enveloppe financière dédiée devrait leur être accordée pour faire face aux difficultés actuelles et encourager la production de contenus de qualité, conformes aux exigences des conventions signées avec les autorités de régulation. Le respect des cahiers des charges sera désormais une priorité dans l’allocation de ces soutiens.

Sur le plan réglementaire, plusieurs réformes sont annoncées. Le directeur de la Communication a indiqué que les textes encadrant le fonctionnement du CNRA seront révisés afin de les adapter aux évolutions du secteur. Il a également évoqué la nécessité d’intégrer les quotidiens d’information dans les dispositifs existants, estimant que nombre d’entre eux paraissent aujourd’hui sans contenu réel. Pour y remédier, des cahiers des charges seront imposés afin de fixer un cadre clair pour ces publications en pleine expansion.

Les réseaux sociaux sont aussi dans le viseur des réformes envisagées. Habibou Dia a reconnu leur rôle grandissant dans l’espace médiatique sénégalais, mais a souligné l’urgence d’un encadrement juridique et éthique. L’objectif est de pousser ces plateformes à se formaliser, afin de permettre aux organes de régulation de mieux contrôler leurs activités, et de s’assurer que les contenus diffusés respectent les valeurs sociales, culturelles et morales du pays.

Dans le cadre des discussions entre le ministère et le patronat de la presse, plusieurs mesures sont également en gestation concernant la publicité institutionnelle. Il est notamment question de revoir les mécanismes d’attribution des conventions publicitaires, de corriger les pratiques actuelles de facturation, de clarifier le régime fiscal applicable et d’intégrer les médias dans le nouveau code des marchés publics. Le tout se fera dans une optique de transparence, avec la volonté de rompre définitivement avec les logiques de favoritisme ou d’affinité personnelle.

Enfin, le ministère entend accorder une attention particulière aux « médias particuliers » tels que les radios communautaires, les médias en ligne, les Web TV et les jeunes reporters. Des plans d’accompagnement spécifiques sont en cours d’élaboration pour leur permettre de se structurer, de se développer et d’atteindre une autonomie économique. Un des engagements majeurs annoncés consiste à compléter le Code de la presse pour y inclure des dispositions adaptées à ces nouvelles formes de médias. Il est aussi prévu de les aider à mettre en place leur propre instance de régulation, capable d’assurer leur crédibilité et leur professionnalisme.

Pour les jeunes reporters qui aspirent à créer leur propre entreprise de presse, un programme d’incubation de deux à trois ans sera lancé. À l’issue de cette phase, une évaluation sera faite pour déterminer si les projets incubés méritent un accompagnement sur le long terme ou non. Cette initiative vise à stimuler l’entrepreneuriat médiatique et à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de patrons de presse responsables et innovants.

À travers cet ensemble de mesures, le ministère de la Communication entend impulser une dynamique nouvelle dans le secteur des médias, en misant sur la régulation, la professionnalisation, la transparence et surtout l’autonomie. Le chantier est vaste, mais les engagements annoncés semblent poser les bases d’une refondation profonde du paysage médiatique sénégalais.

Réformes politiques au Sénégal : le Pr Ousmane Sène plaide pour la rationalisation du système partisan

Le débat sur l’avenir des institutions politiques sénégalaises continue d’animer les sphères intellectuelles et citoyennes. Ce dimanche, sur le plateau de l’émission Grand Jury de la RFM, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest Africain (WARC), a livré une analyse sans complaisance du système politique sénégalais, en mettant en lumière l’une de ses pathologies les plus visibles : la prolifération anarchique des partis politiques.

Pour l’universitaire, la tenue du dialogue national récemment initié par les autorités constitue une démarche à saluer. Il estime que cette plateforme d’échanges a été non seulement pertinente dans son principe, mais aussi opportune par son timing. Elle permet, selon lui, d’aborder des questions de fond qui affectent durablement le fonctionnement harmonieux de la démocratie sénégalaise. Parmi ces questions, celle de la rationalisation du champ politique s’impose avec acuité.

Le professeur Sène n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une situation qu’il juge intenable : un paysage politique saturé, inefficace et incapable de remplir ses fonctions essentielles dans une démocratie représentative. Pour lui, la multiplication des partis politiques au Sénégal est devenue un obstacle structurel à la cohérence et à l’efficacité de la vie politique. Il parle d’une « pléthore », d’une « myriade » de formations politiques dont « les trois quarts ne servent absolument à rien ». Une situation qu’il qualifie d’absurde et qui, selon lui, décrédibilise le système partisan dans son ensemble.

Face à ce constat, l’appel est clair : il faut rationaliser. Le professeur Sène plaide pour une réduction significative du nombre de partis politiques, afin de restaurer la lisibilité de l’offre politique et de renforcer la capacité des institutions à répondre aux attentes des citoyens. Il utilise un mot fort, presque provocateur : « Il faut les siphonner ». Cette expression traduit l’urgence et la fermeté avec lesquelles il aborde la question. Pour lui, le Sénégal gagnerait à avoir « un nombre respectable et correct » de partis, en mesure de participer activement et de manière responsable à la vie démocratique du pays.

Dans cette dynamique de rationalisation, il salue le maintien du système de parrainage, pourtant critiqué par de nombreux acteurs politiques. À ses yeux, ce dispositif représente un filtre indispensable pour éviter que la scène politique ne soit inondée par des candidatures fantaisistes ou opportunistes. Il défend l’idée que dans une démocratie sérieuse, il faut des garde-fous, des mécanismes de régulation qui permettent de distinguer les projets politiques structurés des ambitions personnelles sans fondement. Pour le directeur du WARC, un pays ne peut pas prétendre fonctionner efficacement avec « 200 à 300 partis politiques ».

Le professeur Ousmane Sène ne se limite pas à une simple dénonciation. Il engage un débat de fond sur la qualité du système démocratique, en soulignant que l’enjeu n’est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif. Ce qu’il propose, c’est un assainissement du paysage politique qui permette de créer des regroupements cohérents, portés par de vrais projets de société, capables de structurer l’offre politique et d’assurer une alternance démocratique crédible.

En s’exprimant avec clarté sur ces questions, le professeur Sène remet sur la table un vieux débat qui, jusque-là, n’a jamais trouvé de réponse structurelle. La crise de représentativité, l’usure des institutions et la perte de confiance dans les partis traditionnels sont autant de symptômes d’un système qui peine à se réinventer. Son plaidoyer pour la rationalisation du champ politique s’inscrit donc dans une volonté de refondation. Une démocratie ne se mesure pas au nombre de partis enregistrés, mais à la capacité de ces derniers à faire vivre le débat public, à représenter des idées et à incarner une véritable alternative.

Bassirou Diomaye Faye à la tête de la Cedeao ? Un nouveau souffle pour une organisation fragilisée

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est pressenti pour prendre les rênes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à l’issue du sommet de l’organisation prévu ce samedi 22 juin à Abuja, au Nigeria. Selon des sources concordantes relayées par Africa Intelligence, un consensus discret aurait été trouvé entre les chefs d’État de la sous-région, lors de consultations menées le 20 juin, pour confier la présidence de l’organisation au jeune dirigeant sénégalais.

Cette désignation, si elle est confirmée, viendrait mettre un terme au mandat du président nigérian Bola Ahmed Tinubu, dont les deux années à la tête de la Cedeao ont été marquées par des critiques récurrentes, notamment de la part des pays francophones. Jugé peu rassembleur et parfois isolé dans sa gestion des crises sous-régionales, Bola Tinubu laisserait place à un profil perçu comme plus apaisant et fédérateur.

À 45 ans, Bassirou Diomaye Faye incarne une nouvelle génération de dirigeants ouest-africains. Son élection à la tête du Sénégal en mars dernier, sur la promesse de rupture avec l’ancien système, lui a valu une forte légitimité populaire. Cette dynamique semble avoir convaincu ses pairs qu’il est le mieux placé pour incarner le renouveau de la Cedeao à un moment charnière de son histoire.

Le premier défi auquel devra faire face le nouveau président de l’organisation sera la formalisation du départ des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — qui ont acté leur retrait. Un événement inédit dans l’histoire de la Cedeao, révélateur de ses difficultés à préserver l’unité régionale face aux crises politiques internes et aux choix souverainistes des régimes militaires sahéliens.

Malgré plusieurs tentatives de médiation, notamment par des déplacements à Bamako et Ouagadougou dès le début de son mandat, Diomaye Faye n’a pas réussi à infléchir la position des juntes au pouvoir. Mais en accédant à la présidence tournante de la Cedeao, il pourrait bénéficier d’un levier institutionnel pour maintenir le dialogue, éviter une rupture totale et travailler à des formes de coopération pragmatique en matière de sécurité, de commerce ou de mobilité humaine.

Cette perspective d’un leadership incarné par un président élu démocratiquement, porté par une forte attente de changement, pourrait également améliorer l’image d’une organisation aujourd’hui perçue par une partie des opinions publiques comme distante, voire illégitime. Diomaye Faye aura la délicate mission de concilier l’exigence de stabilité institutionnelle avec les aspirations d’une jeunesse ouest-africaine en quête d’intégration économique et de souveraineté politique.

Dialogue national : l’opposition dresse un bilan mitigé et exige un comité de suivi inclusif

Réunis en point de presse ce mercredi à Dakar, les représentants de l’opposition ayant pris part au Dialogue national ont dressé un état des lieux nuancé du processus, entre espoirs mesurés et frustrations persistantes. Tout en réaffirmant leur attachement au principe du dialogue, ils pointent les limites du cadre actuel et appellent à la mise en place urgente d’un comité de suivi inclusif placé sous l’autorité du chef de l’État.

Malgré un climat politique qu’ils jugent délétère, marqué par des atteintes aux libertés fondamentales, des arrestations jugées arbitraires, et des discours parfois agressifs de la part de dirigeants de la majorité, les leaders de l’opposition affirment avoir maintenu leur engagement dans le dialogue par souci de responsabilité démocratique. Ils rappellent que les thématiques abordées – réforme électorale, renforcement de la démocratie, libertés publiques – sont cruciales pour le devenir institutionnel du Sénégal, ce qui, à leurs yeux, justifie pleinement leur participation.

Cependant, ils dénoncent un certain immobilisme du pouvoir, en particulier sur les questions liées aux libertés fondamentales. La détention de Moustapha Diakhaté, qualifiée d’« arbitraire », est citée comme l’un des exemples flagrants du fossé qui subsiste entre les discours d’ouverture et la réalité du terrain. Les opposants pointent également du doigt les multiples obstacles à l’exercice du droit de manifestation, toujours restreint dans plusieurs zones du pays, et critiquent vigoureusement le refus d’abroger les dispositions du Code pénal jugées liberticides.

Sur le plan institutionnel, le bilan des commissions est jugé contrasté. Certaines ont permis des avancées sur des accords de principe, notamment dans le domaine électoral, avec la reconnaissance du besoin de réformer le mode de scrutin et de clarifier les prérogatives des organes électoraux. L’opposition s’interroge toutefois sur la cohérence d’un système qui permet à un camp d’obtenir plus de 80 % des sièges à l’Assemblée nationale avec à peine 54 % des voix.

La proposition d’une loi sur les partis politiques a été bien accueillie sur le fond, notamment pour encadrer la création des formations, réglementer leur financement et définir leurs droits. Mais sur la question du statut du chef de l’opposition, les désaccords ont ressurgi, rendant l’adhésion des parties encore fragile.

Là où les lignes n’ont que très peu bougé, c’est sur les libertés publiques. L’opposition accuse la majorité de s’être « reniée » en refusant d’élargir les droits de manifestation, de renforcer la protection des journalistes et des membres de la société civile, ou encore d’engager une réforme en profondeur de la gouvernance sécuritaire des manifestations.

Pour sortir de l’impasse, les opposants appellent solennellement à la création d’un comité de suivi pluraliste et indépendant, chargé de superviser la mise en œuvre des accords obtenus et de rouvrir les discussions sur les points restés en suspens. À leurs yeux, seule une telle structure, placée sous la tutelle directe du président de la République, pourrait garantir la crédibilité du processus et éviter que les engagements pris ne tombent dans l’oubli.

Dans leur déclaration finale, les membres de l’opposition annoncent qu’ils adresseront prochainement une correspondance officielle au chef de l’État, afin de lui rappeler les engagements issus des assises nationales et de lui demander de veiller personnellement à leur application. Ils préviennent que tout passage en force serait perçu comme un désaveu du dialogue national et ouvrirait une nouvelle phase d’instabilité politique. En somme, l’opposition prévient : le temps des compromis creux est révolu.

Crise profonde dans les médias sénégalais : le Synpics réclame une réforme immédiate et ambitieuse

Le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Moustapha Cissé, a dressé un constat alarmant de l’état de la presse sénégalaise, à l’occasion de l’ouverture des journées de concertation du secteur de la communication. Devant les professionnels et les autorités conviées à cette rencontre, il a lancé un appel urgent pour une réforme structurelle et durable du paysage médiatique national.

« La presse n’est pas un appendice de l’État. Elle est le souffle même de l’espace public », a-t-il martelé d’emblée, rappelant que la survie de la démocratie passe par la vitalité du journalisme.

Moustapha Cissé a dénoncé une situation de plus en plus intenable pour les entreprises de presse, qu’il décrit comme étranglées par des dettes croissantes, privées de ressources pérennes, exclues de la commande publique et oubliées dans les plans d’accompagnement économique. « Nombre d’entre elles sont menacées de liquidation », a-t-il alerté.

Il a évoqué un « fonds d’appui inopérant », des « contrats de publicité annulés sans mécanisme compensatoire » et des créances que l’État tarde à régler. Des défaillances qui compromettent l’équilibre économique des organes de presse et accentuent leur vulnérabilité.

Le tableau humain n’est pas plus reluisant. Le SG du Synpics a pointé du doigt la précarité grandissante dans les rédactions : licenciements massifs, salaires impayés, absence de couverture sociale, démotivation généralisée. Il a aussi évoqué un phénomène de « fuite des cerveaux », soulignant que de nombreux journalistes expérimentés abandonnent le métier pour des raisons de survie. « Il y a dans ce paysage un exode silencieux, un désenchantement républicain, un effritement du devoir d’informer », a-t-il souligné avec gravité.

Pour Moustapha Cissé, l’immobilisme de l’État est désormais perçu comme une forme de complicité. « Ce que le CAP soutient aujourd’hui, c’est qu’il est encore temps de corriger la trajectoire, mais il ne reste pas beaucoup de marge », a-t-il prévenu.

Le leader syndical plaide pour des réformes urgentes, profondes et consensuelles. En tête des priorités figure la refonte complète du Code de la presse, jugé obsolète. « Ce code, adopté en 2017 sur la base d’un texte datant de 2010, est déconnecté des réalités actuelles : il ne prend pas en compte le numérique, les mutations sociologiques ni la transformation globale du paysage médiatique », a-t-il argumenté. Pire, selon lui, « il contient encore des articles liberticides qui permettent de restreindre la liberté de la presse au lieu de la protéger ».

Autre exigence forte : la mise en place d’une instance unique et indépendante de régulation des médias, en remplacement d’organes actuels jugés inefficaces. Le CNRA, selon lui, ne joue plus pleinement son rôle. Il appelle à une autorité crédible, dotée de moyens et de légitimité pour superviser l’ensemble des supports, dans le respect des libertés fondamentales.

Sur le plan économique, Moustapha Cissé estime que la presse doit bénéficier d’un traitement fiscal spécifique, au même titre que des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la santé ou l’éducation. « La presse n’est pas un commerce. C’est un secteur de souveraineté. Elle mérite des exonérations ciblées, un étalement des dettes, un accès au crédit d’équipement. Il faut un programme national de mise à niveau des entreprises de presse adossé au bureau de mise à niveau », a-t-il défendu.

Le Synpics propose également la création d’un fonds spécial de transformation numérique, destiné à accompagner les médias dans l’acquisition de matériel moderne, la transition digitale, la sécurisation des données et la formation aux nouveaux formats.

À travers cette intervention musclée, le Synpics cherche à provoquer un sursaut collectif. Car derrière l’affaiblissement économique et institutionnel de la presse sénégalaise, c’est la qualité de l’information, la pluralité des voix et, in fine, la démocratie elle-même qui sont menacées.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a  présidé, ce mercredi 18 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais  de la République. 

A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses  chaleureuses félicitations et ses sincères remerciements aux populations de Saint-Louis, Dagana et Podor pour leur mobilisation et accueil à l’occasion de sa tournée économique les  12 et 13 juin 2025.

Il a remercié et félicité les autorités administratives, les services de l’Etat,  les élus locaux, les producteurs et acteurs des secteurs agricole et industriel pour le travail  remarquable accompli et le bon déroulement des déplacements sur les sites programmés.

Il a  félicité le Gouvernement, notamment le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté  alimentaire et de l’Elevage, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre en charge  des Collectivités territoriales et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement  paysan pour les efforts consentis afin d’asseoir le développement territorial et la promotion de  la souveraineté alimentaire.

Dans cette dynamique, il a souligné la nécessité de mieux  accompagner et soutenir les acteurs des différentes filières des secteurs agricole et industriel  de la région naturelle du fleuve Sénégal. Cette zone éco-géographique, au potentiel  exceptionnel, doit s’ériger en « Pôle agricole national prioritaire » en termes de maitrise de  l’eau, de mécanisation ainsi que de développement des aménagements et des surfaces  emblavées, de l’agro-industrie et des industries de transformation des produits agricoles. Sous  ce rapport, il est essentiel de renforcer significativement les filières riz, tomates, oignons,  pommes de terre, biocarburants (éthanol) et sucre qui doit rester un atout phare de notre  souveraineté alimentaire. 

 Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, indiqué l’impératif d’une combinaison optimale entre  l’agriculture familiale (de subsistance) et l’agrobusiness en vue de l’ancrage d’une gouvernance foncière, économique et sociale équitable du secteur agricole. Il a demandé au  Gouvernement de poursuivre et d’intensifier l’accompagnement des producteurs de la région  Nord, en accentuant l’amélioration des rendements des périmètres agricoles (rizicoles  notamment), mais également l’établissement d’un système rénové et efficace de financement  et de maitrise des charges d’exploitation (électricité en particulier) des agriculteurs et  industriels. Il s’agit aussi de travailler, avec les Coopératives agricoles communautaires, à la  labellisation des productions nationales et leur meilleure introduction dans les réseaux de  distribution et les circuits de commercialisation du pays. 

Cette tournée économique a montré que la territorialisation soutenue de l’Agenda  national de Transformation doit rester un principe directeur de l’efficacité des politiques  publiques et des performances de l’action gouvernementale. D’où, l’impératif de promouvoir  un dialogue territorial permanent avec les acteurs économiques et sociaux à la base. A ce titre,  le Président de la République a souligné l’urgence de réhabiliter et d’actualiser, en les adaptant aux évolutions technologiques, les outils et instruments de vulgarisation agricole et  d’animation rurale, afin d’accélérer, dans la concertation avec les acteurs et la participation  des populations, la mise en place des Pôles régionaux de développement. Ces derniers  demeurent les véritables réceptacles des projets et programmes pour un Sénégal souverain,  juste et prospère, ancré dans les valeurs fortes de la Nation. 

La modernisation de notre système agricole et la réalisation de la souveraineté  alimentaire, passent fondamentalement par la sécurité foncière des exploitations agricoles, le  financement adéquat des agriculteurs et la promotion de l’investissement privé dans  l’agriculture.

A cet effet, le Chef de l’Etat a demandé au Gouvernement, sous la supervision  du Premier Ministre, d’engager les concertations appropriées et d’accomplir les diligences  requises, en vue d’accélérer la mise en œuvre d’une réforme foncière consensuelle en  capitalisant les diagnostics, études, rapports, propositions, conclusions et recommandations élaborés sur la problématique, notamment les travaux de la Commission nationale de Réforme  foncière (CNRF).

Cette réforme majeure de l’Agenda national de Transformation est  impérative pour accompagner, avec l’implication des collectivités territoriales et de toutes les  parties prenantes, l’option d’une agriculture moderne et durable favorisant le développement des petites exploitations agricoles familiales, mais également de l’agrobusiness. Elle doit  contribuer aussi à une meilleure maîtrise de l’espace national et à l’aménagement concerté,  inclusif et durable du territoire, notamment en milieu rural, en cohérence avec les processus  convergents d’approfondissement de la décentralisation et d’actualisation de la loi  d’orientation agrosylvopastorale en cours de finalisation.  

Le Président de la République a indiqué au Gouvernement, l’importance d’orienter les  réflexions sur la réforme foncière vers l’objectif d’attribution effective de titres de propriété  en bonne et due forme aux détenteurs légaux des terres et des parcelles à usage d’habitation,  partout au Sénégal.

Dans cet esprit, l’accès à la propriété foncière et immobilière, sera facilité 
par la valorisation de l’utilisation de la terre comme garantie pour l’obtention d’un crédit. 

Au demeurant, le Chef de l’Etat a invité le Gouvernement à veiller à la gestion optimale  du domaine de l’Etat et du domaine national par, d’une part, l’amélioration des outils de cartographie et de pilotage du potentiel foncier et, d’autre part, la prévention systématique et  la résolution des conflits fonciers.

Pour clore ce chapitre, il a invité le Gouvernement à préparer  un plan de communication sur la réforme foncière projetée, en vue de son appropriation  collective par les populations à la base, les collectivités territoriales, les agriculteurs, les éleveurs, les investisseurs et autres opérateurs économiques.  

Le Président de la République est revenu sur la première édition de la Conférence des  Administrateurs et Managers publics (CAMP) tenue le 20 janvier 2025. Lors de cette rencontre il avait partagé avec l’ensemble des administrations sa vision de la gouvernance des secteurs  public et parapublic.

A cet effet, il a rappelé au Gouvernement l’urgence de prendre toutes les  mesures et dispositions requises en vue d’actualiser le statut général des fonctionnaires et la  réglementation relative aux agents non fonctionnaires, de finaliser le Code de déontologie des  agents publics ainsi que le Plan de développement de la formation permanente des agents  publics, de réviser les cadres académique, juridique, administratif et financier d’évolution des  écoles nationales de formation, notamment l’Ecole nationale d’Administration (ENA). En  outre, il a souligné l’importance de mener à bien le processus d’évaluation annuelle des  performances des agents publics, mais aussi d’accentuer, avec la montée en puissance du  « New Deal technologique », la digitalisation intégrale des administrations pour une meilleure  qualité des services délivrés aux usagers et aux citoyens.  

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, l’impératif d’un suivi de  proximité de la gouvernance et des performances financières des entités du secteur parapublic,  sous tutelles administrative, technique et financière. Il a demandé au Ministre de la Fonction  publique et de la Réforme du Service public de faire une communication trimestrielle en  Conseil des Ministres sur l’état de mise en œuvre des réformes de la fonction publique et de  modernisation des services publics. Dans le même temps, il a invité le Ministre des Finances  et du Budget à faire une communication trimestrielle sur la gestion du portefeuille de l’Etat. 

 Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil  qu’il participera, le 22 juin 2025, à Abuja, au Nigéria, au Sommet de la Communauté  économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

 Dans sa communication, Monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO est revenu sur  les réformes de l’Etat et la qualité de la représentation des administrations publiques dans les  organes délibérants des entités du secteur parapublic. 

S’agissant des réformes de l’Etat, il a indiqué que celles-ci constituent un point essentiel pour la réussite de la mise en œuvre des politiques publiques. Pour la coordination,  l’orientation et le suivi de ces réformes, le Premier Ministre a annoncé la mise en place d’une  Cellule à la Primature. Les changements attendus couvrent plusieurs domaines d’une  importance capitale pour l’environnement des affaires, la modernisation de l’administration  publique, incluant le droit d’accès du citoyen à l’information et un large recours à la  transformation digitale, la valorisation du capital humain à travers une formation visant à doter  les citoyens de fortes valeurs civiques et patriotiques et de compétences nécessaires à la  réalisation de performances attendues, du « rebasing social ».

Cela, pour plus d’équité et de  transparence dans le système de rémunération des secteurs publics et parapublics, et la  construction d’un système de protection sociale inclusif et durable. Enfin, le Premier Ministre  a souligné avec force la détermination du Gouvernement, à mener à bien cette importante  entreprise et a engagé le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement à mettre en place une feuille de route permettant la mise en œuvre optimale des réformes, en veillant à la prise en  charge des difficultés éventuelles à travers un dispositif de conduite du changement. 

Abordant le second point relatif à la qualité de la représentation des administrations  publiques dans les organes délibérants des entités du secteur parapublic, le Premier Ministre,  a mis l’accent sur l’importance des fonctions essentielles dans l’offre de services publics de  qualité, l’exécution de missions d’intérêt général, la création d’emplois et la régulation dans  des domaines prioritaires. Il a ensuite déploré des manquements graves, récurrents et contraires  aux règles de transparence et de bonne gouvernance préjudiciables à la qualité du service  public, dans la gestion de ces structures : la non tenue des pré-conseils sur des questions  stratégiques, l’absence de compte rendu systématique, l’archivage défaillant de la  documentation, le non-respect de la durée de validité des mandats des administrateurs et la  mauvaise qualité de la représentation due notamment au profil inadéquat de certains  administrateurs.

Fort de ce constat, le Premier Ministre a demandé aux Ministres de procéder,  sans délai, à la régularisation de la composition des organes délibérants, surtout dans le  contexte actuel marqué par plusieurs changements institutionnels. Il a également demandé  d’apporter un soin particulier au choix de ces représentants dans les organes délibérants, dans  le respect des dispositions pertinentes du décret n°2025-670 du 29 avril 2025, fixant les règles de fonctionnement de l’organe délibérant des entités du secteur parapublic.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : 
– le Ministre auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de  l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 a fait une  communication sur le Pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation Sénégal  2050 ; 
– le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur la Politique  industrielle et commerciale Sénégal 2050. 

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,  le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention en matière  d’extradition entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de  l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de loi relatif au transfèrement des personnes condamnées entre le Gouvernement  de la République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée  à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de loi d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la  République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou  Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement  du Centre national de Coordination du Mécanisme d’Alerte précoce et de Réponse aux  risques sécuritaires ; 
– le Projet de loi de Finances rectificative pour l’année 2025 ;  
– le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026- 2028. 

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, 
Porte-parole du Gouvernement 
Amadou Moustapha Njekk SARRE 

900 milliards de francs CFA Bloqués en Chine depuis 2015 : Mr Sonko, il est temps d’aller les Chercher.

Un cadre déjà établi, des partenaires toujours engagés, un relais stratégique à activer, du temps précieux à gagner pour le Sénégal.

 

En 2015, la Chine était déjà prête à injecter plus de 1,5 milliard de dollars dans l’économie sénégalaise, soit plus de 900 milliards de francs CFA, à travers un partenariat structurant porté par la société IMMOSEN SARL et son directeur général, Saliou Drame. Tout était en place. Les lettres d’engagement étaient signées. Les projets étaient prêts. Les Chinois n’attendaient qu’une seule chose : une garantie de l’État pour débloquer les fonds. Ils étaient prêts à construire des universités, des routes, des écoles, des hôpitaux, des logements, des zones touristiques.

Mais ils sont tombés sur un système corrompu jusqu’à la moelle. Un système de blocage, de chantage, d’exigence de commissions à chaque étape. Le patriotisme avait un prix, et ce prix était la compromission. Saliou Drame a refusé. Ses collaborateurs aussi. Il aurait pu céder, prendre sa part, faire comme les autres, signer et détourner.

Nous faisions partie de ceux qui lui disaient à l’époque de payer si c’était la seule voie du salut pour le peuple qui souffre.

Mais son expérience a eu, avec le temps, raison sur nous ! Ce système pourri a été balayé, et aujourd’hui des gens que nous pensons intègres peuvent changer la donne.

Dix ans se sont passés. Saliou Drame n’est pas mort. Ses partenaires chinois, marocains, qataris sont toujours là. Et les problèmes qu’ils voulaient résoudre sont toujours aussi persistants, plus criants, plus violents.

 

Rencontre entre Saliou Drame et ses partenaires chinois à l’ambassade de Chine à Dakar 

 

Aujourd’hui, vous êtes au pouvoir.

Ne répétez pas les erreurs de ceux que vous avez combattus. À l’époque, des ministres et des DG avaient été amenés en Chine. Qu’y ont-ils fait ? Ils ont assisté aux premières journées de réunion, puis avaient disparu pour le reste. Pire encore, certains ont contourné ceux qui les avaient invités pour signer en douce des accords parallèles et monnayer les opportunités.

Ils avaient utilisé le voyage pour leurs poches, pas pour le peuple.

Macky Sall, de son côté, voulait que les projets aboutissent. Mais l’armada de prédateurs sur toute la chaîne a saboté toute chance. Nos gens ne connaissaient pas et n’étaient pas habitués à un système intègre, où l’on ne se fait pas payer pour servir le peuple, où l’on peut signer des accords sans gaspiller des millions dans des fêtes et des cérémonies inutiles.

Monsieur le Premier ministre, mon premier conseil : Ne partez en Chine avec ceux qui vous y apporteront Rien. Laissez-les au Sénégal, et partez avec de vrais collaborateurs, ceux qui connaissent bien le terrain. Vous avez la confiance du peuple et toute la légitimité pour signer en son nom. Allez-y avec des techniciens, des vrais. Ceux qui connaissent le terrain, qui veulent prouver. Ce sont eux qui, lors des précédentes missions, travaillaient pendant que leurs chefs faisaient les magasins. Ce sont eux qui ont impressionné les partenaires chinois. Mais de retour au pays, ce sont eux qui ont été mis de côté. Ceux qui avaient disparu pour du shopping, faire la une des manchettes.

Monsieur le Premier ministre, quinze mois se sont écoulés depuis votre élection. L’on a tous vu parmi eux ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas. Pensez efficacité. Chaque seconde compte. Pensez à ces milliers d’Africains qui misent sur vous.

Mon second conseil : la Chine ne viendra jamais nous développer. Pas plus que les Occidentaux. La Chine négocie pour ses intérêts. Elle est plus prédatrice que les autres, mais elle est aussi plus directe et plus rapide. Elle respecte les dirigeants sérieux. Si vous partez avec une équipe sérieuse, vous aurez des solutions sérieuses. Si vous partez avec une équipe bancale qui cherche des intérêts personnels, ils vous traiteront comme tels. They will give you what you bring.

Mon troisième conseil : les Chinois sont déjà là, chez nous, depuis plusieurs décennies, en train de prendre nos ressources. Certains d’entre eux pêchent illégalement dans nos eaux, exploitent l’or de Kédougou sans cadre clair, détruisent la Falémé avec l’orpaillage alluvial, cultivent nos terres sans contrat digne.

Ils viennent en Afrique chercher l’argent de la manière la plus avantageuse possible, mais ils sont prêts aussi à se régulariser et à se conformer si vous leur proposez un deal gagnant-gagnant. Le Mali est en train de réussir cela.

Il faut transformer ces prises illégales en contrats formels, avec redevances, quotas et obligation de transformation locale.

 

Mon quatrième conseil : ceux d’avant vous partaient en Chine juste pour les caméras, pour dire qu’ils étaient en mouvement, en action, et malheureusement, avec rien de concret derrière. Il faut y aller cette fois-ci pour signer du concret, revenir avec des équipements, des infrastructures, des engagements.

Mon cinquième conseil, Monsieur le Premier ministre : soyez prêts. Ayez des fiches techniques solides. Apprenez de votre déplacement de juin. Mettez des choses en place et faites tout votre possible pour partir une seconde fois et participer à la Canton Fair en octobre 2025, à Guangzhou. Toutes les entreprises chinoises y seront. C’est là que cela se passe. En trois semaines, vous pourrez tout voir, comparer, choisir et négocier. Ce sera du 15 octobre au 5 novembre. Ce sera l’occasion de rencontrer beaucoup de nos compatriotes qui travaillent dans l’ombre, sans faire de bruit et sans aucune aide.

Enfin, mon dernier conseil stratégique : les Chinois veulent des ressources stratégiques comme garantie. Et ils ne s’en cachent pas. Si vous voulez leurs bateaux hauturiers, leurs unités d’irrigation ou leurs centrales solaires, soyez prêts à offrir un modèle clair.

Le Sénégal a besoin dans l’immédiat de 100 chalutiers pour reprendre nos eaux, 5 000 kits solaires pour désengorger Senelec, 100 unités complètes de matériel minier pour mettre en place des petites mines, des équipements agricoles et unités de transformation. Le tout peut être financé si l’État garantit.

 

Contrat officiel d’engagement de financement de 1,5 milliard USD en faveur d’IMMOSEN SARL et du Sénégal 

 

En pêche, selon l’Initiative pour la transparence dans la pêche, plus de 400 chalutiers chinois pillent nos eaux sans rétribution. C’est une opportunité d’obtenir nos 100 navires sans trop débourser.

En agriculture, seulement 3 % des terres sont irriguées alors que le potentiel dépasse 2 millions d’hectares, selon l’ANSD. Les pertes post-récolte vont jusqu’à 60 %, soit plus de 100 milliards FCFA perdus chaque année. Les Chinois cherchent des terres à cultiver. Ils sont en Zambie, au Soudan, au Mozambique et au Mali. Ils sont chez nous, au Sénégal, dans la vallée, sous des prête-noms nous dit-on. Toutefois, il y a possibilité de négocier dans le domaine agricole sans perdre, car eux aussi en ont besoin.

En orpaillage, plus de 32 000 personnes travaillent dans des conditions dangereuses. Selon l’ANSD, 4,3 tonnes d’or artisanal ont été extraites en 2017, soit 86 milliards FCFA, presque autant que Sabodala. Entre-temps, il y a eu une purge, beaucoup ont été chassés. Et quand vous êtes arrivés, il y a eu une manipulation orchestrée par les colons qui ne veulent pas que les orpailleurs travaillent sur leurs permis, et on les a faussement accusés d’avoir détruit la Falémé. Pourtant, nos orpailleurs ne sont pas dans l’alluvionnaire, ils sont dans le hard rock mining. Résultat : ils ont été chassés et se retrouvent tous au Mali, où ils sont accueillis à bras ouverts. Ceux qui détruisent la Falémé et qui jouent au chat et à la souris avec les autorités maliennes et sénégalaises de part et d’autre de la frontière, ce sont nos amis Chinois avec leurs dragues. Voilà un grand levier de négociation.

En énergie, plus de 70 % de l’électricité provient encore du fioul. Et 30 % du pays reste sans courant. Le solaire est la seule solution viable et rapide, et la Chine domine ce secteur. Elle peut construire une centrale de 100 MW en six mois, et livrer 10 000 kits en trois mois. Elle peut même fournir les batteries au lithium si l’on monte une usine en partenariat avec le Mali ou la Guinée. La Chine a la technologie. Le Mali et la Guinée ont la matière première. Et nous avons tous le besoin. Nos quatre pays peuvent signer un accord hautement stratégique.

Monsieur le Premier ministre, négociez la création d’une zone industrielle dédiée, une Diamniadio bis, où les Chinois assembleront bateaux, panneaux solaires, machines agricoles, unités minières. Un modèle gagnant-gagnant.

L’initiative égyptienne dans la zone du Canal de Suez est la preuve vivante que c’est possible. Plus de 100 entreprises chinoises y sont installées grâce à un partenariat clair avec Tianjin TEDA Investment Holding. Des infrastructures modernes, des emplois créés, des investissements directs mobilisés. Certes, l’Égypte a péché par manque d’exigence en matière de transfert de technologies et de montée en gamme, mais le modèle est là : il peut être perfectionné. Ce que l’Égypte a lancé, le Sénégal peut le faire, à condition de garder le contrôle stratégique, avec une obligation de contenu local, une fiscalité juste, une formation de nos ingénieurs, une gouvernance conjointe, et surtout une maîtrise des règles du jeu.

Monsieur le Premier ministre, si un seul citoyen comme Saliou Drame, sans État, sans diplomatie, a pu lever 1,5 milliard USD sans appui, sans cabinet, sans titres, vous pouvez aujourd’hui, avec votre légitimité populaire et tous les services de l’État à votre disposition, faire plus.

Les partenaires chinois ne cherchent qu’à investir. Nous avons un espace fertile pour du gagnant-gagnant.

L’histoire ne retiendra pas ceux qui ont voyagé en Asie ou fait le tour de la sous-région, mais ceux qui ont transformé le pays. Monsieur le Premier ministre, vous avez l’occasion de signer un tournant. Saisissez-le.

Alioune Camara
Expert en communication stratégique et opérationnelle

Ordonnance de la Cour suprême : revers cuisant pour le ministre de la Communication

La Cour suprême du Sénégal a infligé un sévère camouflet au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en suspendant son arrêté controversé portant cessation de diffusion, de parution et de publication de plusieurs médias privés.

Dans son ordonnance n°16/2025 rendue le 12 juin et notifiée ce lundi 16 juin 2025, le juge des référés de la plus haute juridiction du pays a ordonné la suspension immédiate de l’arrêté ministériel n°0011059/MCTN du 22 avril 2025. Une décision qui intervient à la suite d’un recours introduit par la journaliste Aïssatou Diop Fall, fondatrice du média Public SN, et qui bénéficie à l’ensemble de ses supports : la chaîne Public SN TV, le quotidien Le Public et le site d’information public.sn.

Cette décision de justice est saluée comme une avancée majeure pour la liberté de la presse, la liberté d’expression et le renforcement de l’État de droit au Sénégal. Elle remet en cause la légalité de mesures gouvernementales jugées arbitraires et excessives.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, la relation entre l’État et la presse privée s’est fortement détériorée. En quinze mois d’exercice, le secteur des médias indépendants traverse une crise économique et institutionnelle profonde, alimentée par une série de décisions hostiles :

Annulation de l’effacement fiscal précédemment accordé à la presse ; Non-paiement par l’État des créances dues aux entreprises de presse ; Résiliation unilatérale des contrats publicitaires par l’État et ses agences ; Gel des subventions budgétaires pour les années 2024 et 2025 ; Hausse drastique des coûts de diffusion sur la TNT, ayant entraîné la suspension du signal de plusieurs chaînes privées.

À cela s’ajoute la tentative du ministère de la Communication de remettre en cause l’existence juridique de certains médias, à travers l’élaboration d’une liste sélective et juridiquement contestable de “médias reconnus” par le gouvernement, et par des arrêtés de fermeture fondés sur une lecture discutable du Code de la presse.

Les effets de cette politique sont dévastateurs : liquidations judiciaires, licenciements massifs, arriérés de salaires, absence de couverture sociale et médicale pour de nombreux journalistes et techniciens, grèves annoncées dans plusieurs rédactions…

Le secteur, qui a pourtant joué un rôle capital dans les trois alternances démocratiques et dans la préservation de la stabilité sociale du pays, se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement.

Dans ce contexte alarmant, l’ordonnance de la Cour suprême apparaît comme un signal fort en faveur de l’indépendance des médias et du respect des libertés fondamentales. Elle invite l’État à revoir sa politique et à engager un dialogue responsable avec les acteurs du secteur.

Un appel solennel est lancé au président de la République, à son gouvernement, aux partis politiques, aux syndicats, à la société civile, aux confréries religieuses et à l’Église pour qu’ils prennent la mesure du péril qui pèse sur la presse sénégalaise. Car il n’est pas de démocratie stable sans médias libres, et les exemples de pays de la sous-région ayant perdu leur presse républicaine démontrent à quel point une telle dérive peut être coûteuse.

Grève du COMES : le ministère de la Santé prône l’apaisement et promet des solutions durables

Au lendemain de la marche du Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation (COMES), le ministère de la Santé a réagi en appelant à l’apaisement. Intervenant sur les ondes de la RFM, le coordonnateur à la communication dudit ministère, Amadou Sow, a exprimé le regret de voir le conflit atteindre ce niveau de tension.

« Nous déplorons cette situation. Le ministère de la Santé fait des efforts pour corriger les manquements soulevés par les grévistes », a-t-il déclaré, en soulignant notamment l’existence d’un arrêté ministériel destiné à améliorer la prise en charge médicale dans les structures accueillant ces professionnels en formation.

Abordant la question sensible des congés de maternité, M. Sow a précisé que le cœur du problème réside dans le statut même des médecins en spécialisation, qui relèvent avant tout du ministère de l’Enseignement supérieur. « L’ancrage institutionnel de ces médecins n’est pas du ressort exclusif du ministère de la Santé, qui reste un service utilisateur », a-t-il expliqué.

Face à la mobilisation du COMES, le ministère de la Santé assure avoir engagé une dynamique de concertation. Amadou Sow a annoncé la mise en place d’un comité regroupant les représentants du collectif ainsi que d’autres partenaires sociaux. Objectif : trouver ensemble des solutions structurelles et durables.

« Si l’on poursuit dans cette logique de dialogue, nous parviendrons avec le COMES à des solutions viables pour l’ensemble des parties », a conclu le porte-parole du ministère.

FMI – Sénégal : les négociations au point mort, l’accord reporté sine die

Le climat d’optimisme qui entourait, il y a encore quelques semaines, les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) s’est nettement assombri. Alors que le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait relancer les négociations dès avril pour conclure un nouvel accord en juin, l’horizon s’est considérablement obscurci.

Lors d’un point de presse tenu jeudi dernier, la directrice du département Communication du FMI, Julie Kozack, a clairement indiqué qu’aucun calendrier n’était fixé pour la reprise officielle des négociations. « Nous attendons les résultats finaux de l’audit », a-t-elle déclaré, évoquant le dossier des irrégularités comptables révélées par l’Inspection générale des finances (IGF).

Plus alarmant encore, le quotidien Les Échos rapporte que « la conclusion d’un nouveau programme de décaissement n’est pas à l’ordre du jour ». Une affirmation qui sonne comme un désaveu pour les autorités sénégalaises, alors même que le pays fait face à une pression budgétaire accrue.

Le FMI, tout en maintenant un canal de dialogue ouvert avec Dakar, insiste sur la complexité du dossier. Julie Kozack a rappelé que l’affaire des fausses déclarations dans les comptes publics nécessitait un traitement « rigoureux et long ». L’institution exige une transparence totale avant toute reprise des engagements financiers.

Pour mémoire, le programme triennal signé entre le FMI et le Sénégal portait sur un montant de 1,8 milliard de dollars, soit près de 1 100 milliards de francs CFA. Il a été suspendu à la suite d’un rapport de l’IGF validé par la Cour des comptes, qui a mis en lumière une manipulation systématique des données comptables publiques entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall.

Ce gel du programme pèse lourdement sur la trésorerie publique, alors que le gouvernement actuel multiplie les chantiers économiques et les engagements sociaux. En attendant la fin de l’audit en cours, le Sénégal reste dans une zone d’incertitude financière, sans garantie de déblocage à court terme.

Audience avec les élus locaux de Saint-Louis : le président Diomaye rassure sur le versement imminent des fonds de dotation

En marge de sa tournée économique dans la région de Saint-Louis, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu une importante audience avec les élus locaux, notamment les maires et présidents des conseils départementaux, accompagnés de leur ministre de tutelle. Cette rencontre, rapportée par L’Observateur, s’est inscrite dans le cadre de la mise en œuvre des pôles territoires, Saint-Louis représentant le Pôle territorial nord.

Au cours de cette séance d’échanges directs et ouverts, le ministre de l’Aménagement du territoire, Balla Moussa Fofana, et son équipe ont exposé les grandes lignes du projet de développement du Pôle nord, en mettant en exergue les nombreuses opportunités économiques et sociales que recèle cette partie du pays.

Soucieux d’un dialogue inclusif, le chef de l’État a donné la parole à chacun des responsables locaux présents. Il a écouté avec attention les différentes doléances formulées, allant des questions de financement à celles liées aux infrastructures ou à l’aménagement du territoire.

En réponse, le président Faye a rassuré ses interlocuteurs : les fonds de dotation destinés aux collectivités territoriales seront très prochainement mis à disposition. Une mesure vivement attendue, qui permettra de soutenir la mise en œuvre des politiques locales de développement.

Clôturant l’audience, le président de la République a salué la qualité des échanges et réaffirmé sa volonté d’instaurer une gouvernance territoriale inclusive, tournée vers les résultats et affranchie des clivages politiques. Pour lui, l’avenir du développement national passe par une collaboration étroite entre l’État central et les collectivités territoriales.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°486 – 14 ET 15/06/2025

🔴 UMOA TITRES / LEVÉE DE 76,9 MILLIARDS F CFA PAR DAKAR : ABIDJAN RESTE LE 1ᵉʳ INVESTISSEUR
🔴 REPORT DE LA CONFÉRENCE DE L’ONU SUR LA PALESTINE : DIOMAYE CONFINÉ À DOMICILE

🔴 BAL 2025 : LE SÉNÉGALAIS YOUSSOU NDOYE SUR LE PODIUM
🔴 COUPE DU MONDE DES CLUBS / PRÉSENCE DE KOULIBALY, JACKSON ET NIANG : LE SÉNÉGAL S’INVITE EN FORCE

Diama : le président Diomaye Faye sur le terrain pour impulser la transformation agricole

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit sa tournée dans le Pôle territorial Nord par une étape significative à Diama, dans la vallée du fleuve Sénégal. Après une halte à Ross Béthio, le chef de l’État s’est rendu sur un site agricole nouvellement aménagé, dans le cadre du Projet de Développement Rural de Savoigne (PDRS), pour une visite d’inspection hautement symbolique.

Ce projet agricole, considéré comme un levier de développement structurant pour la région, concerne directement 5 700 habitants répartis dans onze villages. Selon la présidence, il s’agit d’un programme d’envergure visant à améliorer durablement les conditions de vie des populations rurales grâce à la modernisation des pratiques agricoles. Le projet bénéficie d’un financement important de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), partenaire historique du Sénégal dans le secteur rural.

L’accent est mis sur l’introduction d’équipements agricoles modernes, l’aménagement de casiers irrigués, ainsi que la mise en place d’infrastructures de stockage et de conservation adaptées. L’objectif est d’optimiser la productivité, réduire les pertes post-récolte et renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Le président Faye a tenu à saluer les efforts déployés par les acteurs locaux et les partenaires techniques et financiers, réaffirmant l’importance stratégique d’une agriculture moderne, résiliente et tournée vers les marchés.

Ce déplacement s’inscrit dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050, la stratégie nationale qui guide l’action publique en matière de développement durable. En se rendant personnellement sur les terres agricoles du Nord, Bassirou Diomaye Faye traduit en actes son engagement à bâtir une économie rurale inclusive, en mettant l’accent sur l’autonomisation des producteurs, l’accès équitable aux ressources, et la valorisation du potentiel agro-industriel des terroirs.

La visite à Diama symbolise également la volonté du président de rompre avec une gouvernance centralisée des projets de développement, en misant sur l’ancrage local, la concertation avec les communautés rurales et la responsabilisation des acteurs territoriaux. Le chef de l’État a promis de poursuivre cette logique de proximité et d’écoute tout au long de sa tournée nationale.

La conférence internationale sur la Palestine reportée : le Président Diomaye Faye parmi les invités impactés

Prévue pour se tenir la semaine prochaine au siège des Nations unies à New York, la conférence internationale sur l’État de Palestine a été officiellement reportée. L’annonce a été faite ce vendredi 13 juin par le président français Emmanuel Macron, au cours d’une conférence de presse tenue à l’Élysée. Le report est motivé, selon le chef de l’État français, par des « raisons logistiques et sécuritaires », dans un contexte géopolitique marqué par une escalade des tensions au Moyen-Orient.

Parmi les chefs d’État invités à cette rencontre de haut niveau figurait le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Sa participation, attendue et symbolique, devait marquer l’engagement renouvelé du Sénégal en faveur de la cause palestinienne, dans la continuité d’une tradition diplomatique forte portée historiquement par Dakar au sein des instances internationales, notamment à travers son rôle au sein du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

Malgré le report, le président Macron a tenu à réaffirmer l’engagement de la France en faveur de la paix et de la solution à deux États. « Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États », a-t-il insisté. Il a également réitéré sa volonté de reconnaître officiellement l’État de Palestine, indépendamment du calendrier de la conférence, soulignant que cette reconnaissance constitue pour lui un impératif politique et moral.

Le climat régional, particulièrement tendu ces dernières semaines, semble avoir pesé lourd dans la balance. L’intensification des frappes israéliennes sur l’Iran et les craintes d’un embrasement généralisé ont compliqué les conditions d’organisation d’un tel événement à New York, où des chefs d’État, diplomates et représentants d’organisations internationales étaient attendus.

Emmanuel Macron a indiqué que la conférence « aura lieu au plus vite », sans toutefois fournir de date précise pour son report. Il a néanmoins précisé la vision de la France pour la région, affirmant qu’un « État palestinien démilitarisé est un préalable indispensable à l’intégration régionale d’Israël ». Une position qui rejoint les appels récurrents de plusieurs États membres des Nations unies en faveur d’une reconnaissance formelle et d’une solution politique durable.

Pour le Sénégal, ce report n’altère en rien la position constante en faveur de la Palestine. L’administration de Diomaye Faye, dans la lignée de ses prédécesseurs, devrait continuer à porter cette voix dans les cercles diplomatiques, en particulier à l’ONU, où Dakar reste un interlocuteur respecté sur les questions de paix, de sécurité et de droits des peuples.

Conseil des ministres : dix nouvelles nominations actées par le président Diomaye Faye

Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de dix nominations dans l’administration publique, couvrant plusieurs secteurs  de l’État. 

À la Primature
Mbaye Sène, médecin de formation, est nommé Secrétaire exécutif du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN), en remplacement du Dr Aminata Diop Ndoye.

Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens
Laurent Sina, consultant en management de la qualité, devient Directeur du Laboratoire national de référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (LNR-BTP). Il remplace Chérif Baldé.

Ministère des Finances et du Budget
Trois nouvelles nominations :

Souadou Dramé, économiste, est nommée Directrice de la Programmation budgétaire.

Serigne Cheikh Mbeguéré, conseiller en planification, est nommé Directeur de l’Ordonnancement des Dépenses publiques, en remplacement de Samba Fall.

Boubacar Camara, administrateur civil principal, prend les fonctions de Directeur de l’Administration et du Personnel à la Direction générale du Budget, succédant à Abdourakhmane Ba, admis à la retraite.

Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
Baba Tall, expert en logistique, est nommé Directeur du Consortium sénégalais d’activités maritimes (COSAMA), en remplacement du Commandant Mactar Fall.

Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines
Mbaye Sène, titulaire d’un master en comptabilité et finances, est désigné Président du Conseil d’administration de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), en remplacement de Mamadou Bamba Ndiaye.

Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
Serigne Ahmadou Bamba Sy, ingénieur centralien et expert en management de projets, est nommé Secrétaire général du ministère, en remplacement de Fatou Bintou Ndiaye.

Ministère de l’Industrie et du Commerce
Abasse Boubou Ndiaye, titulaire d’une licence en gestion de projets, devient Président du Conseil de surveillance de l’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT), succédant à Lakhbouss Diakhaté.

Ministère de l’Éducation nationale
Assane Sow, professeur d’enseignement secondaire, est nommé Directeur de l’Institut national d’Étude et d’Action pour le Développement (INEADE), en remplacement d’Alioune Badara Diop.

Arrestation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une dérive autoritaire

La détention de Moustapha Diakhaté pour offense au chef de l’État continue d’alimenter la controverse au Sénégal. L’ancien parlementaire, interpellé après avoir qualifié le protocole présidentiel de « Gougnafier », a reçu le soutien appuyé de Thierno Bocoum, président du mouvement Agir – Alliance générationnelle pour les intérêts de la République.

Réagissant sur les réseaux sociaux à la même photo qui a valu à Diakhaté ses démêlés judiciaires, Thierno Bocoum a critiqué avec virulence l’attitude des autorités. « Donc, selon nos apprentis dictateurs, il faudrait admirer les sourires et se taire ? », a-t-il lancé avec une pointe d’ironie, dénonçant ce qu’il perçoit comme une intolérance croissante à la critique dans l’espace public sénégalais.

L’opposant a poursuivi en interrogeant la légitimité des poursuites : « Une photo ne doit susciter que des éloges, jamais de réflexion ? ». À travers ce commentaire, il fustige une gouvernance qu’il juge obsédée par le contrôle de l’image présidentielle au détriment de la liberté d’expression.

Dans un ton plus direct, Thierno Bocoum a exigé la remise en liberté immédiate de l’ancien député. « Libérez Moustapha Diakhaté et cessez de vous ridiculiser », a-t-il écrit, estimant que l’emprisonnement pour des propos critiques n’a pas sa place dans une démocratie.

Il a conclu par une critique cinglante du pouvoir en place : « Vous êtes censés diriger un pays, pas fuir la critique ». Une déclaration qui s’inscrit dans une vague plus large d’indignation portée par plusieurs voix politiques et de la société civile, appelant à une révision du délit d’offense au chef de l’État, considéré par beaucoup comme un outil de musellement.

Seydi Gassama réclame la suppression du délit d’offense au chef de l’État

L’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et ex-député, pour offense au chef de l’État continue de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, s’est particulièrement démarquée. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), le défenseur des droits humains a lancé un appel vigoureux à l’abrogation de l’article 254 du Code pénal sénégalais, qui réprime ce qu’on appelle le « délit d’offense au chef de l’État ».

Pour Seydi Gassama, cette infraction relève d’un autre temps. Il la considère comme une atteinte à la liberté d’expression, incompatible avec les standards démocratiques modernes. « Le délit d’offense au chef de l’État (art. 254 du code pénal) doit être supprimé », a-t-il martelé, dénonçant une disposition qu’il juge à la fois archaïque et dangereuse pour la libre critique du pouvoir exécutif.

Plutôt que de maintenir ce régime d’exception, le militant propose une alternative inspirée du droit commun. « Le Président de la République pourra porter plainte s’il estime être diffamé, injurié ou outragé », a-t-il suggéré, estimant que les règles générales du droit pénal suffisent à protéger l’honneur du chef de l’État, comme tout autre citoyen.

Mais au-delà du principe même de cette infraction, Seydi Gassama s’inquiète également des peines encourues. « Les peines de prison pour ces infractions sont disproportionnées et doivent être abandonnées », a-t-il affirmé, s’opposant fermement à l’incarcération pour des délits d’opinion.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une crispation autour des libertés publiques, alors que l’affaire Moustapha Diakhaté est perçue par certains comme une tentative d’intimidation politique. L’ancien député, qui devra comparaître en flagrant délit le 18 juin prochain, est poursuivi pour avoir critiqué ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain par le président de la République.

Le débat relancé par Seydi Gassama pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre respect des institutions et liberté d’expression dans un État démocratique. Reste à savoir si les autorités sénégalaises saisiront cette occasion pour engager une réforme de la législation pénale dans un sens plus protecteur des droits fondamentaux.

Pentecôte : le Président Diomaye Faye salue la force de la diversité religieuse sénégalaise

Ce lundi de Pentecôte, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé un message empreint de respect et d’unité à l’ensemble de la communauté chrétienne du Sénégal. Publié sur la plateforme X (anciennement Twitter), son message s’inscrit dans une tradition républicaine de reconnaissance et de valorisation du pluralisme religieux, au cœur de l’identité sénégalaise.

Dans sa déclaration, le chef de l’État a formulé ses vœux les plus sincères à l’endroit des fidèles chrétiens. Il a souhaité une excellente fête à tous ceux qui célèbrent la Pentecôte, soulignant l’importance de cette journée de prière et de recueillement, qui représente une occasion précieuse pour renforcer les liens de fraternité entre les citoyens.

Bassirou Diomaye Faye a aussi souligné la portée symbolique du week-end, marqué par la convergence de trois grands événements religieux : la Tabaski, le pèlerinage marial de Popenguine et la fête chrétienne de la Pentecôte. Il y a vu une illustration vivante de la cohabitation pacifique et de la richesse spirituelle du Sénégal. Selon lui, cette simultanéité de fêtes renforce davantage l’image d’un pays où la foi, quelle que soit sa forme, est célébrée dans le respect et la solidarité.

Le président a insisté sur la nécessité de préserver cette diversité religieuse qui fait la fierté du pays. Il a rappelé que le vivre-ensemble est un héritage précieux à transmettre aux générations futures, surtout dans un monde où les divisions religieuses alimentent trop souvent les conflits.

En saluant la communauté chrétienne, mais aussi l’ensemble des Sénégalais, le président Faye a réaffirmé sa vision d’une nation unie, tolérante et respectueuse des croyances de chacun. Ce message s’inscrit dans une démarche plus large de promotion de la paix sociale et de consolidation des valeurs communes qui fondent la société sénégalaise.

Tabaski 2025 : le président Bassirou Diomaye Faye appelle au dialogue et à la cohésion nationale

En ce samedi 7 juin 2025, jour de célébration de l’Aïd al-Adha (Tabaski) pour la majorité des musulmans au Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a assisté à la prière à la Grande Mosquée de Dakar. À cette occasion, le chef de l’État a lancé un vibrant appel à l’unité, à la solidarité et au dialogue entre les Sénégalais.

« Je voudrais aussi appeler, ce jour béni de Tabaski, l’ensemble des Sénégalais à perpétuer l’esprit de solidarité et de générosité, mais aussi de partage qui sont les valeurs fondamentales que traduit cette fête », a déclaré le président Diomaye Faye, entouré du ministre des Forces armées, Birame Diop, et de son directeur de cabinet, Mary Teuw Niane.

Poursuivant dans le même esprit, le président a évoqué les conclusions récentes du dialogue national pour rappeler l’importance de maintenir le cap de la concertation. « À la suite du dialogue national, j’invite également tous les Sénégalais à maintenir l’esprit de dialogue et de concertation afin que notre pays continue d’avancer dans la concorde et la cohésion, au-delà des divergences que nous pouvons avoir sur les opinions. »

Dans son message, le président a également exhorté les Sénégalais à prier pour la paix et la stabilité du pays : « Que Dieu veille sur notre pays, qu’il préserve la paix sociale et la cohésion nationale. Qu’il consolide notre unité nationale et accorde à nos familles une bonne célébration de la fête de Tabaski. »

Bassirou Diomaye Faye a saisi l’occasion pour remercier tous les acteurs impliqués dans le bon déroulement de la fête. Il a salué le professionnalisme des forces de défense et de sécurité, ainsi que l’engagement des éleveurs et des transporteurs qui ont contribué à un approvisionnement satisfaisant du marché en moutons sur l’ensemble du territoire.

Renouvellement de l’administration publique : des nominations stratégiques au service de l’action gouvernementale

En clôture du Conseil des ministres, le Président de la République a procédé à d’importantes nominations à des postes clés de l’administration, dans le souci de renforcer l’efficacité de l’action publique. Ces décisions, prises après délibération, s’inscrivent dans une logique de continuité républicaine et de redéploiement stratégique des compétences.

Ainsi, Monsieur Malick Ndiaye a été nommé Président du Conseil de surveillance de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Ce choix témoigne de la volonté des autorités de consolider la transparence et la régularité dans la gestion des marchés publics, secteur déterminant pour la moralisation de la vie économique.

À la direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor, c’est Madame Fanta Sène, Inspectrice principale du Trésor, qui prend les commandes. Sa nomination traduit la reconnaissance de son expertise dans le domaine de la gestion budgétaire et financière, au moment où l’État cherche à redynamiser les instruments de gouvernance économique et à renforcer la rigueur dans l’exécution des dépenses publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a nommé Monsieur Matar Diop, Inspecteur principal du Trésor, comme Agent comptable particulier des grands projets du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Une désignation qui reflète l’importance stratégique accordée à la sécurisation financière des projets d’envergure dans le secteur des infrastructures.

Soutien à la production maraîchère et préparation de la Tabaski : une volonté présidentielle d’anticipation et de solidarité

Dans le prolongement de ses orientations économiques, le Président de la République a attiré l’attention du Gouvernement sur la nécessité de consolider les performances du secteur maraîcher, pilier fondamental de la sécurité alimentaire nationale. Soulignant les efforts fournis par les producteurs ces dernières années, notamment dans les zones des Niayes, du Sénégal oriental, du Centre et de la Moyenne Casamance, il a salué l’augmentation notable des volumes de production, particulièrement pour les cultures de tomate, de carotte, de pomme de terre, d’oignon, de pastèque, de melon et de piment.

Le Chef de l’État a toutefois souligné que ces progrès méritaient d’être mieux soutenus. Il a ainsi instruit le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture à renforcer les mesures d’accompagnement en matière d’accès aux intrants, à l’eau, à l’énergie, au foncier et aux circuits de commercialisation. Il a insisté sur la nécessité d’assurer une meilleure organisation des producteurs, notamment à travers des coopératives agricoles plus structurées, afin d’améliorer la rentabilité des exploitations et de favoriser une politique de prix plus juste.

Dans cette même dynamique, à l’approche de la fête de la Tabaski, le Président Faye a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une bonne disponibilité du bétail sur l’ensemble du territoire national. Il a mis l’accent sur l’importance d’un encadrement rigoureux des circuits de distribution, tout en veillant à limiter les pratiques spéculatives susceptibles de pénaliser les ménages.

Le Chef de l’État a instruit les ministres en charge de l’Élevage, du Commerce, de l’Intérieur, des Finances, de l’Agriculture et des Transports terrestres à travailler en synergie, sous la coordination du Premier ministre, pour garantir un bon acheminement du bétail depuis les zones de production jusqu’aux centres urbains, notamment Dakar. Il a par ailleurs demandé un suivi rigoureux de la mise à disposition des espaces de vente, de la sécurité des zones d’exposition, ainsi que de l’accès à l’eau et à l’aliment de bétail.

Dans un esprit de solidarité nationale, le Président de la République a exhorté le Gouvernement à renforcer les initiatives de soutien en faveur des populations vulnérables, en prévision de la Tabaski, afin que cette fête religieuse puisse être célébrée dans la dignité par tous les Sénégalais, quelle que soit leur condition sociale.

Conseil des ministres du 4 juin 2025 : cap sur la modernisation démocratique, le dialogue social et la souveraineté économique

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce mercredi 4 juin 2025 la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, tenue au Palais de la République. À l’ouverture de la séance, le Chef de l’État a adressé ses remerciements à toutes les parties prenantes ayant pris part au Dialogue national sur le système politique. Il a salué l’engagement patriotique, la maturité et le sens des responsabilités dont ont fait preuve les forces vives de la Nation, estimant que cette dynamique de concertation a permis de dégager un consensus durable sur les réformes politiques et institutionnelles à entreprendre.

Dans la continuité de cette démarche participative, le Président Faye a réaffirmé sa volonté, ainsi que celle de son gouvernement, de mettre en œuvre, dans le respect des convictions citoyennes, les recommandations issues du Dialogue. Il s’agit, selon lui, d’une étape déterminante vers l’approfondissement de la démocratie sénégalaise et son arrimage aux exigences modernes de gouvernance.

Abordant la question du dialogue social, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer le triptyque Gouvernement-Syndicats-Patronat, pierre angulaire du Pacte national de stabilité sociale signé le 1er mai 2025. Il a rappelé à l’équipe gouvernementale l’importance stratégique du Haut Conseil du Dialogue social dans le suivi et la vulgarisation des engagements contenus dans ce pacte. Il a, en ce sens, instruit le Premier ministre ainsi que les ministres du Travail et des Finances à renforcer les moyens d’action de cet organe, dans une logique d’accompagnement de l’application des mécanismes de régulation sociale dans tous les secteurs d’activité.

Le Président a ensuite souligné la nécessité de promouvoir une culture préventive des conflits sociaux. Pour ce faire, il a préconisé la mise en place de comités sectoriels et territoriaux de dialogue social dans chaque département ministériel. Il a également insisté sur l’importance d’actualiser et de faire appliquer les conventions collectives dans les différentes branches professionnelles.

Enfin, le Président Faye a exhorté le Gouvernement à rester constamment à l’écoute des acteurs économiques et sociaux. Il a appelé à un renforcement du dialogue avec le secteur privé, dans le respect des lois, pour une meilleure application des droits des travailleurs, une amélioration continue de l’environnement des affaires et une relance économique solide. Dans cette perspective, il a demandé au Premier ministre de finaliser et de faire adopter le projet de loi sur la souveraineté économique, véritable levier pour la transformation structurelle de l’économie nationale et le renforcement de la compétitivité des entreprises sénégalaises.

À l’approche de la Tabaski, le Forum du Justiciable plaide pour des mesures de clémence en faveur de certains détenus

Dans une démarche à la fois humanitaire et pragmatique, le Forum du Justiciable du Sénégal a lancé ce 4 juin 2025 un appel solennel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’aux magistrats instructeurs et procureurs, pour envisager des mesures de clémence à l’endroit de certains détenus, à l’occasion de la fête de la Tabaski.

Dans un communiqué publié ce mercredi, l’organisation rappelle que le chef de l’État dispose, conformément à l’article 47 de la Constitution sénégalaise, du pouvoir de faire grâce. C’est donc sur la base de cette disposition que le Forum invite le président à accorder son pardon à un maximum de détenus, notamment ceux qui présentent des gages de resocialisation, les personnes âgées, les individus atteints de maladies graves ou chroniques, ainsi que les mineurs incarcérés.

Le Forum du Justiciable ne se limite pas à la grâce présidentielle. Il interpelle aussi les acteurs de la chaîne judiciaire, particulièrement les magistrats instructeurs et les procureurs. L’organisation les exhorte à user de leur pouvoir d’appréciation pour accorder la liberté provisoire à toute personne placée en détention préventive et présentant des garanties sérieuses de représentation en justice, ainsi qu’à celles dont l’état de santé est incompatible avec le régime carcéral.

Ce plaidoyer s’inscrit dans une dynamique de désengorgement des prisons, dont la surpopulation constitue une préoccupation récurrente au Sénégal. Il traduit également une volonté de voir les principes de justice s’harmoniser avec les impératifs d’humanité, notamment à l’occasion d’une fête religieuse majeure comme la Tabaski.

En signant cette déclaration, le Bureau Exécutif du Forum du Justiciable espère sensibiliser les autorités sur l’urgence de mesures concrètes et ciblées, dans le respect de la loi et des droits fondamentaux des personnes détenues.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 04 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 04 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a remercié l’ensemble des participants aux travaux du Dialogue national sur le système politique. Il a salué l’esprit patriotique constructif et le sens des responsabilités qui ont animé toutes les forces vives de la Nation et toutes les parties prenantes pendant cette rencontre. Ce qui va permettre d’asseoir, dans le respect des convictions de chaque citoyen, un consensus durable sur les points d’amélioration et les réformes politiques et institutionnelles nécessaires au renforcement du rayonnement démocratique du Sénégal. Il a réitéré sa détermination et celle du Gouvernement à ne ménager aucun effort pour travailler à l’approfondissement et à la modernisation de notre démocratie à travers la mise en œuvre concertée des recommandations consensuelles issues du Dialogue national sur le système politique.

Le Président de la République est revenu sur le renforcement du dialogue social tripartite (Gouvernement, Syndicats, Patronat) et la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Il a rappelé au Gouvernement le rôle fondamental du Haut Conseil du Dialogue social dans la facilitation, la vulgarisation et le suivi de la mise en œuvre des engagements tripartites dudit pacte signé le 1er mai 2025. A ce sujet, il a demandé au Premier Ministre, au Ministre en charge du Travail et au Ministre en charge des Finances, de veiller au renforcement des moyens d’intervention du Haut Conseil du Dialogue social afin de mieux accompagner le respect des mécanismes du dialogue social dans tous les secteurs.

Le Chef de l’Etat a indiqué au Gouvernement l’importance de consolider une culture préventive des conflits en veillant, selon les spécificités de chaque département ministériel, à la mise en place systématique de Comités sectoriels et territoriaux du dialogue social, mais également à l’actualisation et à la signature des conventions collectives dans les branches d’activité.

Dans cet élan de concertation et d’élargissement de la négociation collective, il a demandé au Gouvernement d’être toujours à l’écoute des acteurs économiques et sociaux, d’accompagner, dans le respect des lois, règlements et conventions internationales, l’application des droits des travailleurs, de renforcer le dialogue Etat-secteur privé afin d’assurer l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires et la relance de l’économie nationale. A cet effet, il a rappelé au Premier Ministre la nécessité de finaliser et de faire adopter le projet de loi sur la souveraineté économique, symbole de notre volonté de transformer l’activité économique et de soutenir la compétitivité des entreprises locales. Le Président de la République a abordé la problématique des mesures de sauvegarde pour la commercialisation optimale de la production maraichère locale et de la préservation durable des filières horticoles.

Face à la production maraichère exceptionnelle de cette année qui connait des difficultés de conservation et de commercialisation menaçant la survie de plusieurs filières, il a demandé au Gouvernement, sous la direction du Premier Ministre, de prendre toutes les mesures et d’accomplir les diligences qui s’imposent, afin d’assurer, dans les meilleurs délais, en partenariat avec les acteurs privés nationaux, l’aménagement et l’installation d’unités de stockage et de conservation des produits horticoles dans plusieurs localités du pays.

Il a également exhorté le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, le Ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, à mettre en œuvre une stratégie de commercialisation de la production agricole et horticole nationale, en lien avec l’évolution de la campagne de production.

Il a souligné la nécessité de mieux organiser les marchés des produits agricoles qui doivent se moderniser et s’adosser à la mise en place, à terme, d’une bourse nationale des produits agricoles, impliquant l’intégralité des segments commercialisation, etc.). (financement, production, prix, transformation, A la veille de la fête de Tabaski, le Chef de l’Etat a adressé ses meilleurs vœux à la Oummah islamique, à la communauté musulmane du Sénégal en particulier et prié pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité.

Il a félicité le Gouvernement pour les différentes mesures appliquées, depuis le mois d’avril 2025, en vue d’un approvisionnement correct du pays en moutons et en produits de consommation courante à des prix accessibles. Il a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer un bon déroulement des célébrations, ainsi que des déplacements des populations dans des conditions optimales en veillant à la fluidité et à la sécurité de la circulation routière. La 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine aura lieu les 07, 08 et 09 juin 2025 à l’occasion de la Pentecôte.

Le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations à la communauté chrétienne et demandé au Gouvernement de veiller au déploiement satisfaisant de toutes les mesures sécuritaires et logistiques adéquates afin d’assurer l’encadrement des pèlerins et le bon déroulement des manifestations religieuses sur les sites d’accueil retenus. Ce Conseil des Ministres est le 50ème depuis l’accession à la magistrature suprême de Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

A cette occasion, le Chef de l’Etat a félicité  Monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO pour le travail remarquable et exceptionnel de conception, de mise en œuvre, de redressement et de suivi de l’action gouvernementale, réalisé dans l’ensemble des secteurs. Il a associé dans ses félicitations et encouragements le Gouvernement pour l’engagement et le travail permanent de qualité accompli. Il a demandé au Premier Ministre de prendre toutes les mesures idoines en vue d’accélérer la mise en œuvre du référentiel « Vision Sénégal 2050 ».

En outre, il a souligné l’impératif d’un monitoring mensuel des programmes et projets, relevant de l’Agenda national de Transformation, à travers la mise en place des « delivery units » ministériels. Enfin, le Président de la République a demandé au Premier Ministre d’envisager la tenue d’un séminaire d’évaluation de l’action gouvernementale et d’accélération du déploiement de l’Agenda national de Transformation. Au chapitre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur la visite d’Etat qu’il a effectuée les 26 et 27 mai 2025, en Guinée-Bissau, à l’invitation du Président Umaro Sissoco EMBALO.

Il a remercié son homologue et frère ainsi que le peuple bissau-guinéen pour l’accueil exceptionnel qui lui a été réservé. Il a exprimé sa profonde gratitude au Président EMBALO qui l’a décoré de la Médaille Amílcar CABRAL, plus haute distinction du pays. Il a aussi réaffirmé son attachement aux relations historiques d’amitié et de fraternité qui unissent les deux peuples.

La communication de Monsieur le Premier Ministre a porté sur la gestion des litiges fonciers, la gouvernance du système de protection sociale et la prévention des risques liés à l’hivernage.

S’agissant de la gestion des litiges fonciers, le Premier Ministre a indiqué que de nombreuses réclamations et demandes d’arbitrage sont adressées quotidiennement à la Primature par des concitoyens déterminés à faire respecter leurs droits. A titre illustratif, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS) a reçu entre 2024 et 2025, des milliers de plaintes liées à des litiges fonciers, dont la plupart reste, à ce jour, sans solution.

Le Premier Ministre a déploré l’accaparement des terres en milieux urbain et rural engendrant des troubles graves à l’ordre public, un préjudice à la cohésion sociale et au développement économique. Le Premier Ministre a demandé aux structures concernées d’apporter une réponse adéquate et diligente à cette question aux enjeux cruciaux. Dans ce sens, il a annoncé la stabilisation des Termes de Référence pour une réforme foncière globale et inclusive.

Le Premier Ministre a insisté sur le fait que le citoyen-usager sera placé au cœur de ces réformes. Ainsi, les assiettes récupérées à la suite des vérifications foncières menées dans les projets d’aménagement urbain comme le Plan d’Urbanisme de Détail (PUD) à Dakar, les lotissements de Daga Kholpa et de Mbour 4 feront l’objet d’une valorisation judicieuse, en particulier, dans le cadre du développement de logements sociaux. Dans le même ordre d’idées, les propriétaires ayant justifié de la régularité de leurs attributions sont en train d’être rétablis dans leurs droits.

Le Premier Ministre a ensuite procédé à un diagnostic du système de sécurité sociale sénégalais confronté à plusieurs défis, en particulier, celui de la gouvernance, de l’étendue de la couverture et de la qualité des prestations. En effet, la couverture actuelle des institutions de sécurité sociale laisse à la marge plusieurs catégories de personnes notamment les travailleurs indépendants et ceux de l’économie informelle. Les initiatives prises pour étendre cette couverture laissent encore persister des insuffisances.

Par ailleurs, le système de retraite reste marqué par la faiblesse des pensions et la qualité du service. Le Premier Ministre a constaté que la gouvernance est caractérisée par une pluralité d’organes assurant chacun la gestion d’une branche. Cet émiettement de l’architecture institutionnelle rend difficile la mise en œuvre d’une politique sociale cohérente et unifiée. Pour ce faire, le Premier Ministre a demandé au Ministre en charge du Travail d’engager la réflexion sur une possible fusion de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) et de la Caisse de Sécurité sociale (CSS) en une grande institution et de veiller, en rapport avec le Ministre Secrétaire général du Gouvernement, à l’adoption rapide du nouveau Code de sécurité sociale.

Le Premier Ministre accorde une importance particulière à la prévention des risques graves liés à l’hivernage, dont les plus récurrents sont : les inondations, les crues, les noyades, les maladies hydriques, les accidents électriques notamment ceux liés à la foudre, l’insécurité routière et le péril acridien. A ce titre, plusieurs mesures allant dans le sens d’une gestion préventive et efficace de ces phénomènes ont été déjà prises à l’occasion de Conseils interministériels antérieurs. Toutefois, ces précautions ne nous mettent pas totalement à l’abri de ces risques et de leurs conséquences, surtout dans un contexte de dérèglement climatique. Le Premier Ministre a exhorté les Ministres compétents à prendre les dispositions nécessaires pour les prévenir et, en cas de survenance, d’en limiter les conséquences négatives et d’apporter des solutions pertinentes.

Enfin, l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a été invitée à fournir aux populations, en particulier les agriculteurs, les éleveurs, les usagers de la route, les marins pêcheurs et autres gens de mer, l’accès à temps à l’information météorologique, leur permettant ainsi d’observer les règles minimales de sécurité requises.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre chargé du suivi de l’Agenda national de Transformation a fait une communication sur le pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation ;

– le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur le dispositif de prévention et de gestion des inondations en perspectives de l’hivernage 2025 ;

– le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur l’état de mise en œuvre du « New Deal Technologique ».

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES : le Conseil a examiné et adopté :

– la note de cadrage de la Loi de Finances Rectificative 2025.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES, le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères :

– Général de brigade (2S) Amadou KANE, matricule de solde n°398 392/F, est nommé Haut fonctionnaire de Défense et de Sécurité au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères ;

– Monsieur Ameth DIALLO, titulaire d’un Doctorat en Etudes africaines et Spécialiste en Gestion des Programmes et Projets, est nommé Directeur du Bureau de coordination du Comité permanent pour l’Information et les Affaires culturelles (COMIAC) de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Cheikh Oumar SECK, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :

– Monsieur Mouhamadou Moustapha THIOUNE, Administrateur civil principal, matricule de solde n° 608 875/H, est nommé Inspecteur technique à l’Inspection de l’Administration centrale et territoriale, au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique ;

– Monsieur Idrissa CISSE, Commissaire de police Divisionnaire de classe exceptionnelle, CCAP 519 322/J, est nommé Secrétaire permanent du Comité Interministériel contre la Drogue en remplacement de Monsieur Matar DIOP, Contrôleur général de Police ;

– Monsieur Hamady BALDE, Commissaire de Police Divisionnaire, CCAP 614 499/G, précédemment adjoint au Secrétaire permanent du Comité Interministériel contre la Drogue est nommé Inspecteur principal de l’Inspection Interne de la Police nationale, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines :

– Monsieur Aliou DASYLVA, Professeur d’Histoire et de Géographie, est nommé Président du Conseil d’Administration du Service géologique national du Sénégal (SGNS), en remplacement de Monsieur Malang Seni FATY ; 

– Monsieur Saliou SAMB, Ingénieur géologue, matricule de solde n°670 434/F, est nommé Secrétaire général du Service géologique national du Sénégal (SGNS), poste vacant ;

– Monsieur Saliou Mbaye NIANG, Ingénieur pétrolier, est nommé Directeur du Contrôle et de la Surveillance des Opérations au Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, poste vacant.

Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et Aériens :

– Monsieur Ababacar FALL, Ingénieur en Génie informatique et Spécialiste des transports urbains, précédemment directeur des opérations du Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD), est nommé Directeur Général des transports routiers au Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et Aériens en remplacement de Monsieur Valdiodio NDIAYE ;

– Monsieur Lamine BADJI, Ingénieur en Développement territorial et coopération décentralisée, titulaire d’un Master en transport logistique et mobilité, précédemment Secrétaire général du Conseil départemental de Bignona, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de Sécurité routière (ANASER), en remplacement de Monsieur Boubacar DIOP ;

– Monsieur El hadji Abdoulaye GUEYE, Administrateur Civil, matricule de solde 624 581/J, titulaire d’un MBA en Administration des Entreprises, précédemment Conseiller Technique du Ministre des Finances et du Budget, est nommé Secrétaire Général du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens en remplacement de Monsieur Ahmadou Bamba SY ;

– Monsieur Gora SARR, Consultant, Ingénieur de conception en Génie civil, est nommé Directeur Général du Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD), en remplacement de Monsieur Thierno Birahim AW ;

– Monsieur Diaoula SADIO, Ingénieur Statisticien Economiste, est nommé Directeur Général de la Planification des Statistiques et des systèmes d’information et de la Prospective au Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, poste vacant ;

– Monsieur Jean BIAYE, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde 628 868/B, titulaire d’un Master 2 en Philosophie, précédemment Conseiller technique du Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, est nommé  Directeur du centre de formation des métiers du BTP, en remplacement de Monsieur Djibril THIAW ;

– Madame Khady BADIANE, titulaire d’un Master en Management international des PME et territoires, est nommée Directrice Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement (QHSE), poste vacant ;

– Monsieur Abdoulaye DIOP, Planificateur, matricule de solde 618 402/G, titulaire d’un master 2 en sciences de gestion, précédemment Chef de la division gestion à la Direction de l’Administration générale et de l’Equipement du ministère des Finances et du Budget, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement, en remplacement de Madame Marième GUEYE.

Au titre du Ministère de la Famille et des Solidarités :

– Monsieur Mountaga Bâ, Expert en Analyse et politique économique, matricule 602 649 /C, est nommé Secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités, en remplacement de Monsieur El hadji Ndiogou DIOUF.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement Amadou Moustapha Njekk SARRE                                                                                                                                                                                                                                           

Clôture du Dialogue national : le président Bassirou Diomaye Faye salue un « esprit de dépassement et de maturité démocratique »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a salué, ce mercredi 4 juin 2025, la clôture du Dialogue national sur le système politique, marquant un tournant dans la dynamique de concertation et de réforme institutionnelle engagée depuis son accession au pouvoir. Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l’État a tenu à souligner la qualité des échanges et l’état d’esprit ayant animé les participants.

« Le Dialogue national sur le système politique s’est achevé aujourd’hui, dans un esprit de dépassement et de maturité démocratique », a-t-il écrit, rendant ainsi hommage à l’engagement des différents acteurs politiques, sociaux et institutionnels impliqués dans les travaux.

Le président Faye a insisté sur la nécessité pour les institutions de la République de porter les valeurs fondamentales attendues par les citoyens. « Nos institutions, fondements de notre vivre-ensemble, doivent incarner l’unité, la justice et l’espérance », a-t-il déclaré, dans un discours empreint d’unité et de responsabilité, en écho aux aspirations populaires exprimées ces dernières semaines.

Il a également salué la diversité et la richesse des contributions recueillies au cours de ces consultations, soulignant le rôle central joué par les forces vives de la nation : « Je remercie toutes les forces vives qui ont répondu à l’appel de la République, en apportant leurs idées, leurs convictions et leur sens de l’intérêt général ».

Dans une volonté de rassemblement et de projection vers l’avenir, le président de la République a conclu son message par un appel à l’unité nationale et à l’action concertée : « Ce moment républicain engage notre responsabilité collective : refonder, ensemble, un Sénégal plus fort, plus juste, plus démocratique ».

La clôture de ce dialogue marque ainsi une étape décisive dans le processus de refondation institutionnelle souhaitée par le président Faye, qui entend inscrire son mandat sous le sceau de l’écoute, du consensus et de la réforme durable.

« Tendre la main » ne suffit plus : l’opposition appelle le Président Diomaye Faye à des gestes concrets de décrispation

Tous les dialogues initiés par les chefs de l’Etat pour consolider les acquis démocratiques de notre pays, corriger les faiblesses ou lacunes institutionnelles et revigorer les traditions de Péncoo et de Diisoo de notre peuple, ont toujours été marqués par un signal fort et des gages de bonne volonté.

En participant, sans préalable au dialogue national initié par son Excellence M.Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, l’opposition républicaine a posé un acte fort visant à renforcer la cohésion nationale, à consolider les traditions de dialogue démocratique de notre peuple et à bâtir des consensus forts afin de baisser les tensions, pacifier l’espace politique et favoriser un fonctionnement de qualité du système politique et des institutions de la Gouvernance de notre pays.

Du reste, le Président Diomaye FAYE disait, lors de son discours d’ouverture des travaux du dialogue national : « Mon rôle en tant que garant de l’unité nationale est de tendre la main à toutes et à tous, pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays. ».

C’est, pensons-nous, dans le cadre d’une telle vision apaisée de notre démocratie, patrimoine commun à tous les africains fiers de notre pays, que l’opposition démocratique engage le Président de la République à poser des actes d’ouverture, de concorde et de réconciliation en utilisant tous les leviers à sa disposition pour faciliter la libération immédiate des jeunes chroniqueurs, à l’exemple de Abdou NGUER, Oumar SOW, Assane DIOUF et tous ceux qui sont détenus pour « délit d’opinion ». De la même manière, nous lançons au Président de la République un appel pressant pour qu’il rassure nos compatriotes sur le fait que l’Etat de droit au Sénégal doit être compatible avec la protection des libertés.

Ainsi, le Président de la République, clé de voute des institutions, pourrait inviter la justice de notre pays, forte de son indépendance reconnue, à accompagner la pacification de l’espace politique en faisant preuve de magnanimité pour ordonner la fin de toutes les détentions provisoires des hommes et femmes politiques et hauts cadres (anciens ministres, anciens députés, anciens hauts fonctionnaires et autres.).

Le contrôle judiciaire et les restrictions qui l’accompagnent suffisent pour les maintenir à la disposition de la justice qui doit, au nom de la reddition des comptes, faire son travail jusqu’au bout.

Un autre geste fort attendu du Président de la République, c’est qu’il s’érige en bouclier de toutes les libertés y compris la liberté de la presse en protégeant ses institutions et ses vaillants professionnels. La convocation régulière des journalistes à la Police de même que la fermeture illégale de leurs organes soulèvent des condamnations légitimes et affectent grandement la réputation de notre démocratie qui -on le sait- doit énormément aux sacrifices et au dévouement des pionniers et animateurs de nos médias.

Enfin, quasiment tous les acteurs de notre pays s’accordent sur le fait que la « Haute Cour de Justice » ne traduit pas l’aspiration profonde de notre peuple à un État de droit toujours plus fort et exclusivement au service des citoyens et des institutions. Il faut donc réformer en urgence et en profondeur une telle Cour dans sa composition, dans son organisation et dans son fonctionnement pour qu’elle respecte pleinement les droits des justiciables et leur assure le droit à un appel s’ils le désirent.

De telles mesures fortes de Monsieur le Président Bassirou Diomaye FAYE, suite à la conclusion du Dialogue politique national, rejoindront toutes les grandes décisions de ses prédécesseurs, dans les mêmes circonstances, visant à restaurer la confiance de nos compatriotes dans notre système politique.

Vivement alors qu’il entende notre APPEL et se distingue comme un grand contributeur à l’espérance d’un Sénégal meilleur, démocratique, réconcilié et toujours plus grand et plus harmonieux ! 

LE GROUPE DE L’OPPOSITION AU DIALOGUE NATIONAL

Commission sur le Processus électoral : 17 points de consensus, un désaccord majeur sur les modes de scrutin

La Commission sur le Processus électoral a présenté son rapport final ce mercredi 4 juin 2025, au terme de quatre séances de travail intensif. Le document, très attendu par les acteurs politiques et les observateurs de la démocratie sénégalaise, met en lumière un large consensus autour de la quasi-totalité des réformes proposées. Sur les vingt points inscrits à l’ordre du jour, dix-sept ont pu être discutés et validés, témoignant d’un esprit de compromis entre les différentes parties prenantes. Toutefois, un désaccord persiste concernant les modes de scrutin aux élections législatives et territoriales, tandis que trois autres points n’ont pas été abordés, faute de temps.

Le rapport note d’abord l’accord de principe sur l’adoption du bulletin unique, avec une exigence préalable d’étude de faisabilité. Cette étude devra notamment veiller à l’accessibilité pour les personnes handicapées, afin de respecter le principe d’inclusion. Le vote des personnes en détention a également fait l’objet d’un consensus, à condition que sa mise en œuvre soit précédée par une évaluation technique réaliste, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

Concernant les campagnes électorales, les parties ont convenu du maintien de leur durée actuelle. L’un des progrès notables est l’engagement pour une meilleure transparence du fichier électoral, avec la mise en œuvre prochaine d’un décret permettant aux partis politiques d’y exercer un véritable contrôle, selon des modalités définies en concertation avec eux.

Un autre point d’accord porte sur l’inscription électorale permanente. Il a été décidé que les primo électeurs ne seraient pas inscrits automatiquement lors de leur enrôlement pour la carte nationale d’identité. En revanche, ils devront être informés de leur droit à s’inscrire immédiatement, dans le cadre d’un dispositif permanent à revoir de façon inclusive avant d’être intégré au Code électoral.

Le processus électoral intégrera aussi davantage les personnes en situation de handicap. Bien que cette dimension soit déjà présente dans le cadre juridique actuel, elle devra être renforcée pour garantir un accès effectif à toutes les étapes. La FSAPH est d’ailleurs invitée à soumettre un document technique pour enrichir la prise de décision. Toutefois, la question du quota sur les listes de candidats reste en suspens, l’Assemblée estimant que la représentativité découle d’un engagement politique préalable.

L’Assemblée a également validé l’institutionnalisation des débats programmatiques, tout en renvoyant à une concertation ultérieure avec le CNRA, les médias et les acteurs politiques pour en définir les modalités. Sur le plan technologique, le principe de la dématérialisation progressive de tout le processus électoral a reçu l’approbation des participants. Il en va de même pour l’expérimentation progressive du vote électronique, à condition qu’elle repose sur une approche inclusive.

Un consensus a également été trouvé autour du maintien du parrainage, reconnu comme un filtre démocratique utile, mais dont les modalités doivent être améliorées. La commission propose ainsi une dématérialisation progressive du processus pour corriger ses imperfections. De plus, le contrôle du parrainage devrait être retiré au Conseil constitutionnel pour être confié à une structure distincte, mieux adaptée.

Concernant les conditions de dépôt de candidature, les participants se sont accordés sur l’obligation de verser une caution avant le retrait des fiches de parrainage. Le vote des forces de défense et de sécurité, des journalistes et des magistrats en mission hors de leur circonscription a également été approuvé pour les élections législatives et territoriales, sous réserve de la faisabilité technique, notamment via le vote électronique.

D’autres réformes ont été adoptées, comme l’application effective de la loi sur la parité, l’harmonisation des textes électoraux et la possibilité pour l’Observatoire national de la Parité de saisir les juridictions compétentes. L’audit du fichier électoral par des experts nationaux indépendants a été approuvé à deux niveaux : un audit ponctuel pour établir une situation de référence et poser les bases d’un système de gestion durable, et un audit global visant à éviter les vérifications répétitives à l’avenir.

La Commission a confirmé le maintien de la caution pour les élections législatives et territoriales, tout en prônant une certaine flexibilité quant à son montant. En revanche, elle a choisi de ne pas discuter du vote par procuration pour le moment, préférant reporter ce sujet à un prochain dialogue.

Le principal point de désaccord concerne les modes de scrutin pour les élections législatives et territoriales. L’opposition et la société civile souhaitent engager une réflexion approfondie en menant des simulations basées sur les résultats des scrutins passés (2012, 2019, 2022, 2024) afin de proposer un système électoral plus représentatif, garant de la stabilité institutionnelle et de la gouvernabilité. En face, la majorité tient à maintenir les modes de scrutin actuels, ce qui a empêché l’obtention d’un consensus.

Enfin, trois points n’ont pu être abordés : la participation des candidats en détention aux élections, l’instauration d’un régime juridique spécifique pour les élections anticipées et la proposition d’instaurer une enquête de moralité avant le dépôt des candidatures.

La Commission a été dirigée par Mamadou Seck, expert électoral reconnu. Il était assisté par Abdoul Aziz Sarr, directeur des opérations électorales à la Direction Générale des Élections, en tant que premier assesseur, et Dr Yaya Niang, spécialiste en matière électorale, en qualité de deuxième assesseur. Le rapporteur des travaux était Aliou Diallo, chargé de la synthèse des conclusions. De nombreux représentants politiques et de la société civile ont pris part aux débats, apportant leur expertise et leur engagement au service de la démocratie.

L’Etat va-t-il continuer à rester impassible face à la situation catastrophique de la presse sénégalaise ? ( Par Ibrahima Lissa FAYE )

Excellence Monsieur le Président de la République, 
Monsieur le Premier Ministre,

C’est avec une profonde inquiétude que je m’adresse à vous concernant la situation alarmante que traverse la presse sénégalaise. Elle nous interpelle tous en tant que leader et/ou simple citoyen. Une action salutaire et urgente s’impose sinon l’histoire retiendra, que de manière délibérée, une mise à mort du secteur des médias est savamment planifiée et orchestrée. J’en appel à votre empathie à votre responsabilité devant l’histoire. En effet, depuis plus d’un an, notre secteur subit une asphyxie progressive résultant de “mesures iniques et inappropriées”, mettant en péril non seulement la survie économique des entreprises de presse, la dignité, l’indépendance et le professionnalisme de ses travailleurs mais également la liberté d’information qui constitue un pilier fondamental de notre démocratie.

Cette tradition d’une presse indépendante, crédible et professionnelle est l’oxygène de notre démocratie. Elle garantit la transparence des Institutions, favorise le débat public éclairé et constitue un contre-pouvoir essentiel. Des valeurs qui ont beaucoup contribué à votre accession au pouvoir et que le parti Pastef prône depuis sa création. Notre pays, reconnu pour sa tradition démocratique exemplaire en Afrique, ne peut se permettre de voir s’affaisser ce rempart contre l’arbitraire et la désinformation. Quel que soit le reproche qu’on puisse faire aux médias, de manière générale, ils constituent la vitrine, un maillon important de notre chère Nation. La crédibilité de nos médias, fruit d’années de professionnalisme et d’engagement, est aujourd’hui menacée par des conditions économiques insoutenables.

Lors du Conseil des ministres du 7 mai 2025 et en août dernier, vous-même, Son Excellente, Monsieur le Président de la République, avez donné des instructions claires pour qu’une attention particulière soit portée à la situation de la presse. Cependant, depuis lors, aucune action concrète n’a été entreprise pour donner suite à cette directive. Plus préoccupant encore, nous observons une absence totale de volonté de notre Tutelle d’ouvrir un dialogue constructif.

Suite à votre invitation, le Patronat de presse a adressé une demande d’audience au ministre de la Communication, des Télécommunication et du Numérique. Mais, au détour d’une lettre-réponse, datée du 27 mai, empreinte de vitriol et de condescendance, Monsieur Alioune Sall n’a même pas daigné proposer une date de rencontre. Depuis le dépôt des conclusions des Assises Nationales de la Presse et même bien avant, nous constatons avec regret que le ministre déroule en solo ce qui semble être un agenda personnel, souvent, en violation des textes qui régissent le Secteur des Médias.

Au-delà des considérations institutionnelles, c’est la situation sociale des travailleurs qui nous alarme le plus. Pour preuve, à la veille de la fête de Tabaski, les hommes et femmes des médias se trouvent dans un désarroi total. Beaucoup croulent sous le poids d’arriérés de salaires s’étalant sur 
plusieurs mois. Certains sont menacés d’expulsion de leur logement, tandis que d’autres voient leurs familles se disloquer sous la pression des difficultés économiques. Cette situation déjà gravissime va être accentuée par l’impossibilité pour ces professionnels de couvrir les dépenses liées aux importantes fêtes religieuses.

Son Excellent, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, en tant que garants des Institutions, vous n’êtes pas sans savoir que la presse professionnelle incarne une part essentielle de la souveraineté nationale. L’histoire récente de certaines contrées africaines nous enseigne que la vulnérabilité du secteur médiatique peut être exploitée par des forces obscures contribuant à déstabiliser des pays entiers. Sans une presse forte, indépendante et crédible, c’est la voix même de notre Nation qui s’éteint, laissant place aux rumeurs et aux manipulations.

Face à cette situation qui ne peut plus perdurer, je vous appelle solennellement à :

– Intervenir personnellement pour un dialogue constructif entre le Gouvernement et les acteurs de la presse

– Mettre en place des mesures d’urgence pour soulager la détresse financière des entreprises de presse et de leurs employés

– Veiller à l’application effective des conclusions des Assises Nationales de la Presse

– Garantir que les textes régissant le secteur soient respectés par tous et mis à jour

– Soutenir les initiatives visant à renforcer le professionnalisme et la crédibilité des médias sénégalais

Le Sénégal a toujours pu compter sur des bonnes volontés, des médiateurs, des facilitateurs qui ont aidé à résoudre discrètement des crises. Mais hélas, cette fois-ci, la presse semble abandonnée à son sort. Ceux qui ont tenté tout au début ont buté sur une fin de non-recevoir de certaines autorités qui seraient sous l’influence de certains faucons aux desseins inavoués. Il est vital actuellement que le père de la Nation et le chef du Gouvernement que vous êtes, soient très sensibles à la grave situation de vulnérabilité croissante du secteur des médias.

Certes, il n’y a aucune guerre, aucune velléité de confrontation de la part de la presse. Encore que même s’il en existait, permettez-moi, Son Excellence, Monsieur le Président de la République et Monsieur le Premier Ministre, de vous rappeler cette sagesse universelle : toutes les guerres finissent autour d’une table. Aujourd’hui plus qu’hier, le délitement continu du tissu socio-économique des employés des médias requiert une réaction rapide à la hauteur de la gravité de la situation du moment. Et, cela passera inéluctablement par l’ouverture d’un dialogue avant que l’irréparable ne se produise. 

Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, préserver une presse crédible et professionnelle n’est pas seulement une question économique, c’est un impératif social et démocratique pour l’avenir du Sénégal. Nous vous exhortons à prendre les mesures qui s’imposent pour sauver la presse sénégalaise et, à travers elle, préserver un pilier essentiel de notre démocratie et un pan important d’un secteur pourvoyeur d’emplois. 

Dans l’attente d’une réaction à la hauteur des enjeux, veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre très haute considération.

Ibrahima Lissa FAYE
Président de l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL)

Défis sécuritaires en Afrique : Boubacar Sèye appelle à un leadership sénégalais pour repenser le triptyque Immigration – Paix – Sécurité

Face à la montée des menaces sécuritaires en Afrique, le président de l’ONG Horizon Sans Frontières (HSF), Boubacar Sèye, lance un appel pressant aux autorités sénégalaises pour qu’elles « assument un rôle moteur dans la refondation du lien entre immigration, paix et sécurité. » Un plaidoyer qui alerte sur l’ampleur des défis et propose une approche stratégique à l’échelle continentale.

Le communiqué parvenu à PressAfrik souligne la gravité de la situation actuelle, marquée par une instabilité généralisée sur le continent. « Les ressources naturelles africaines, notamment les minerais stratégiques, attisent les convoitises d’acteurs mondiaux engagés dans une compétition géoéconomique féroce », peut-on lire.

Paix fragile

Selon la note, cette course aux ressources contribue à fragiliser les États. Depuis 1990, plus de 19 conflits armés ont éclaté dans 17 pays africains, selon le Centre des études stratégiques pour l’Afrique. La déstabilisation post-intervention en Libye, les transitions militaires au Mali, Burkina Faso, Niger et Guinée sont autant de signes d’un basculement géopolitique majeur.

Dans son analyse, Boubacar Sèye insiste sur la nécessité de repenser le triptyque Immigration – Paix – Sécurité (IPS), longtemps négligé ou mal géré. « Cette défaillance a permis l’émergence d’une économie parallèle criminelle, alimentant le terrorisme, les trafics d’êtres humains, de drogues, d’armes et d’organes », indique le communiqué, rappelant que cette économie informelle pesait déjà plus de 10 milliards de dollars (soit plus de 6500 milliards de francs Cfa) en 2016.

HSF appelle ainsi à une stratégie globale et contextualisée, fondée sur une nouvelle gouvernance des migrations. L’organisation met en garde contre « les liens pervers entre radicalisme religieux, insécurité et certains intérêts politiques, pointant du doigt les complicités entre groupes de pression et décideurs. »

Le Sénégal, modèle de stabilité

Dans un contexte continental en crise, le Sénégal est présenté comme un modèle de stabilité et de mixité culturelle, disposant d’une légitimité pour assumer un rôle de leadership régional. « L’élection d’un nouveau leadership à Dakar a suscité de grands espoirs. Ce moment historique impose des responsabilités. Le Sénégal doit prendre l’initiative », plaide HSF, qui invite les autorités à organiser une conférence africaine de haut niveau. L’objectif est d’harmoniser les positions africaines, bâtir une architecture de paix et de sécurité, et favoriser la convergence sociale entre les peuples.

Enfin, l’ONG insiste sur la nécessité pour les États africains de restaurer leur souveraineté stratégique, à travers une coopération renforcée et des réponses collectives aux menaces transnationales. « La lutte contre l’économie criminelle, la traite humaine, les violences de genre et la circulation illicite des armes exige des politiques coordonnées. Il est temps que l’Afrique parle d’une seule voix sur ces enjeux vitaux », conclut Boubacar Sèye.

ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE / DU CICAD À EL HIERRO : Le Sénégal dialogue, l’océan engloutit son avenir

Alors que les acteurs socio-politiques répondent à l’appel au dialogue du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, les tentatives d’émigration irrégulière de jeunes Sénégalais se multiplient. Arrestations en série, réseaux démantelés, pirogues interceptées ou chavirées : un bilan sinistre qui démontre que la mer continue d’engloutir les espoirs d’une jeunesse en détresse, prête à tout pour fuir la précarité.

Le 28 mai 2025, dans l’enceinte solennelle du Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à l’ouverture officielle du Dialogue national, présenté comme un pas vers un nouveau pacte politique, économique et social. Pendant ce temps, au large des côtes européennes, un autre drame vient rappeler la gravité de la crise migratoire que traverse notre pays. Sept (7) personnes, dont quatre (4) femmes, une adolescente de 16 ans et deux (2) fillettes âgées de cinq ans, ont péri dans le chavirement d’une pirogue à El Hierro, au port La Restinga, en Espagne.
Ce contraste saisissant entre les réunions institutionnelles et les tragédies humaines illustre avec acuité la profondeur du malaise socio-économique. Selon les services de secours espagnols, la pirogue immatriculée 96/25, en provenance de Nouakchott (Mauritanie), transportait, en effet, cent cinquante-deux (152) passagers. Hommes, femmes et enfants réunis sont originaires du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée et du Mali. Le drame est survenu au moment de l’accostage, lorsque le regroupement déséquilibré d’une partie des occupants a provoqué le chavirement de l’embarcation.
Quelques jours avant, sur le territoire national, les Forces de défense et de sécurité ont également poursuivi leurs efforts pour endiguer le phénomène de l’émigration irrégulière. C’est ainsi que le dimanche 25 mai, la Brigade de Recherches de Keur Massar a mis a démantelé un vaste réseau de convoyeurs à Sendou, dans le département de Rufisque. Cette opération a conduit à l’interpellation de soixante-quinze (75) candidats, à l’arrestation de trois (3) présumés convoyeurs, ainsi qu’à la saisie de quantités importantes de carburant et de vivres destinés au voyage.
À moins de 24 heures après, dans la nuit du lundi 26 mai, vers 1h30 du matin, la Brigade territoriale de Yenne, appuyée par l’Escadron de Surveillance et d’Intervention de Diamniadio, a appréhendé vingt-neuf (29) autres candidats dans une maison à Sendou. Parmi eux, on compte dix-neuf (19) Sénégalais, sept (7) Gambiens, deux (2) Sierra-Léonais (un couple) et un Guinéen, a appris Le Dakarois Quotidien d’une source de la gendarmerie. Tout ce beau monde affirme avoir été enrôlés par deux (2) individus, actuellement en fuite, connus sous les initiales B. et M. ; l’un a été identifié, tandis que l’autre demeure inconnu de la gendarmerie.

DESTINS BRISÉS

Un fait singulier a marqué cette opération menée par les brigades de gendarmerie de Yenne et de Diamniadio. Un homme d’une trentaine d’années, identifié par les initiales M. A. D., a été secouru par les habitants de Diamniadio alors qu’il faisait une crise d’épilepsie en pleine rue. Dans une vidéo parvenue à notre rédaction, il déclare avoir été victime d’une crise d’épilepsie dans les locaux de la gendarmerie, avant d’être évacué vers l’hôpital de Diamniadio, d’où il se serait enfui. Les autorités de la gendarmerie comme celles de l’hôpital, interrogées par Le Dakarois Quotidien, assurent toutefois ne pas avoir eu connaissance de son passage.
Le lendemain, jeudi 29 mai, à Saint-Louis, l’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a procédé à l’interpellation de cinq (5) autres individus pour tentative de trafic de migrants par voie maritime, mise en danger de la vie d’autrui et association de malfaiteurs. L’enquête, menée avec minutie, a permis de démanteler un réseau actif entre Hydrobase, Pikine 700 et Santhiaba. Les victimes, trois (3) jeunes hommes, ont déclaré avoir déboursé chacun la somme de qu’antre cent cinquante mille (450 000) F CFA pour bénéficier des services des passeurs.
À l’aune de ces événements, une réalité s’impose avec gravité : malgré les initiatives étatiques, les arrestations récurrentes et les discours politiques, le phénomène de l’émigration irrégulière ne faiblit guère. La mer continue d’engloutir des vies. Les quartiers périphériques de Dakar, les îles du Saloum, le Nord, entres autres localités, voient partir chaque jour des jeunes en quête d’un avenir que leur pays ne parvient plus à leur offrir.
C’est pourquoi le Dialogue national, ne devrait se réduire à une arène politique ou à un simple exercice de concertation institutionnelle. Il devrait impérativement intégrer les voix les plus souvent silencieuses et souvent ignorées de cette jeunesse désillusionnée, en proie au chômage et à la précarité. Sans une réponse structurelle aux et au manque de perspectives, les pirogues continueront de voguer vers l’inconnu, avec pour seule boussole l’espoir d’une vie meilleure ailleurs.


Penda THIAM

Dialogue politique : le FRAPP dénonce son exclusion et pointe un mépris institutionnel

Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a vivement réagi à son exclusion du dialogue sur le système politique national, ouvert sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une note rendue publique ce jeudi 29 mai, au lendemain du lancement officiel des concertations, le mouvement a dénoncé une « marginalisation délibérée » et un « mépris institutionnel » qu’il impute directement au ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation.

Selon le communiqué du secrétariat exécutif du FRAPP, le mouvement n’a reçu aucune invitation formelle à participer à cette initiative pourtant présentée comme inclusive. Une absence jugée d’autant plus grave que le FRAPP avait manifesté, en amont, sa volonté de participer de manière constructive à toute dynamique de refondation sérieuse du système politique sénégalais.

Le Front ne cache pas son indignation. Il parle d’un « mépris organisé » à l’encontre non seulement de son organisation, mais aussi de toutes les forces populaires qui luttent, chaque jour, contre l’injustice, l’impunité et la domination néocoloniale. « Ce mépris organisé est une insulte à celles et ceux qui œuvrent pour un Sénégal souverain, juste et véritablement démocratique », déclare le texte.

Pour le FRAPP, cette mise à l’écart ne relève pas d’un oubli, mais d’un choix assumé du ministère. Le communiqué affirme que les termes de référence du dialogue ont été envoyés à 23 organisations de la société civile, parmi lesquelles le FRAPP ne figure pas. Un geste interprété comme une volonté manifeste d’exclure un acteur perçu comme trop critique ou trop radical par les autorités organisatrices.

Le mouvement dirigé par Guy Marius Sagna rejette toute tentative de participation à ce qu’il qualifie de « table truquée », estimant que son combat ne dépend pas de l’approbation institutionnelle. « Le FRAPP ne quémande pas une place à une table truquée. Il construit chaque jour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine », martèle la note.

Cette sortie du FRAPP intervient alors que les travaux du dialogue politique viennent à peine de commencer. Ils visent, entre autres, à réformer le système électoral, renforcer les institutions et améliorer la participation citoyenne. L’absence d’acteurs majeurs de la société civile critique, tels que le FRAPP, soulève déjà des interrogations sur la portée réelle de l’inclusivité promise par le nouveau régime.

Le ministère de l’Intérieur n’a, pour l’instant, donné aucune explication publique sur les critères retenus pour la sélection des organisations invitées à la concertation.

BAD : Amadou Hott félicite le président élu Sidi Ould Tah et remercie les autorités sénégalaises

L’élection du Mauritanien Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) a marqué un tournant dans la diplomatie économique africaine. Avec 76 % des voix obtenues dès le premier tour, l’ancien directeur général de la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique) a été largement plébiscité par les actionnaires. Son principal concurrent, le Sénégalais Amadou Hott, a reconnu sa défaite avec dignité et élégance, dans une déclaration publiée peu après l’annonce officielle des résultats.

Dans sa déclaration, Amadou Hott a salué l’élection du président Ould Tah en des termes respectueux et fraternels. « Je félicite Dr. Sidi Ould TAH, Président-Élu, et lui souhaite plein succès dans ce rôle de leadership vital pour notre continent », a-t-il écrit, soulignant l’enjeu continental de cette élection. L’ancien ministre de l’Économie a tenu à rappeler que tous les candidats méritaient également d’être félicités pour leur engagement et la qualité de leur programme, marquant ainsi son attachement à l’unité africaine et à l’esprit de compétition saine.

Plus qu’une simple déclaration post-électorale, le message de Hott a été aussi l’occasion de manifester une profonde reconnaissance à l’endroit des plus hautes autorités sénégalaises. Il a ainsi adressé des remerciements appuyés au président Bassirou Diomaye Faye pour ce qu’il qualifie d’« engagement personnel extraordinaire » et de « plaidoyer indéfectible » durant toute la campagne.

Cette reconnaissance va au-delà des mots : elle traduit l’implication directe du chef de l’État, qui, dès l’annonce de la candidature d’Amadou Hott, avait instruit son gouvernement d’en faire une priorité diplomatique. Le soutien sénégalais s’est matérialisé à travers une intense campagne de mobilisation diplomatique à travers le continent, dans un contexte marqué par une concurrence régionale accrue.

Amadou Hott a également salué le gouvernement dans son ensemble pour son « dévouement institutionnel » et ses « efforts diplomatiques constants ». Il a remercié les pays qui ont soutenu sa candidature et lui ont accordé leur parrainage et leurs voix, sans toutefois les citer nommément. Ces remerciements confirment que le Sénégal a pu compter sur plusieurs alliés dans cette course, même si cela n’a pas suffi à faire pencher la balance en sa faveur.

Le candidat malheureux n’a pas oublié de mentionner le rôle déterminant de son équipe de campagne, de ses amis, de ses partenaires, et surtout de sa famille, dont le soutien a été précieux tout au long de cette entreprise exigeante. Il a conclu sa déclaration par une formule évocatrice : « L’aventure continue », un clin d’œil à ceux qui l’encouragent à poursuivre son ambition pour le développement du continent africain, au-delà de cette échéance.

Si Amadou Hott n’a pas remporté la présidence de la BAD, cette campagne lui a permis de renforcer sa stature panafricaine. L’ancien vice-président de la BAD (2016-2019) et ancien ministre de l’Économie du Sénégal (2019-2022) reste une personnalité reconnue dans les milieux financiers africains et internationaux. Son profil technique, sa vision de l’industrialisation africaine et son discours sur la transformation économique ont été salués au-delà des cercles diplomatiques.

Sa gestion de la défaite contraste également avec certaines pratiques politiques où les candidats malheureux s’enferment dans le silence ou la contestation. En reconnaissant le verdict des urnes, en rendant hommage à son successeur, et en valorisant le soutien reçu, Hott pose les bases d’un leadership responsable et tourné vers l’avenir.

Cette élection constitue un test révélateur pour la diplomatie sénégalaise. Malgré le dynamisme affiché par les autorités, le soutien à la candidature d’Hott n’a pas suffi à contrebalancer les alliances stratégiques nouées par la Mauritanie avec la Côte d’Ivoire, le Maroc et d’autres États influents.

Plusieurs observateurs estiment que Dakar devra désormais tirer les leçons de cet échec pour repenser sa stratégie diplomatique sur le continent, renforcer ses relais régionaux et investir davantage dans la construction de coalitions durables à l’échelle africaine.

Pour Amadou Hott, cette défaite n’est pas un point final. Sa déclaration laisse entrevoir une volonté de continuer à servir l’Afrique, d’une manière ou d’une autre. Fort de son expérience, de son carnet d’adresses et de sa réputation intacte, il reste un acteur incontournable des questions de financement du développement sur le continent.

Élection à la tête de la BAD : une victoire mauritanienne éclatante, une alerte diplomatique pour le Sénégal

L’élection de Monsieur Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), avec 48,41 % des suffrages globaux et 68,42 % des votes régionaux, constitue une victoire éclatante. Ce résultat vient récompenser le parcours d’un homme expérimenté, mais aussi la montée en puissance silencieuse et stratégique de la diplomatie mauritanienne sur la scène africaine.

Cette élection, loin d’être anecdotique, reflète les équilibres d’influence en mutation au sein des institutions continentales. Si la Mauritanie a su capter un large soutien, ce n’est pas par hasard. Elle a su tisser des alliances solides, porter une candidature crédible, et surtout mobiliser sa diplomatie autour d’un objectif clair et fédérateur. C’est une leçon en matière de préparation, de projection, et de positionnement stratégique.

Je tiens également à saluer la qualité des autres candidatures, notamment celles de Samuel Munzele Maimbo (Zambie), Amadou Hott (Sénégal), et Bajabulile Swazi Tshabalala (Afrique du Sud). Chacun a incarné une vision forte de l’Afrique, portée par des parcours d’exception et une véritable ambition continentale. Leur engagement rappelle à quel point l’Afrique regorge de compétences, de talents et de leadership au service du développement.

Mais au-delà de la dynamique propre à cette élection, il est impératif de s’interroger sur la place actuelle du Sénégal dans l’espace diplomatique africain.

La performance modeste de notre candidat, Amadou Hott, pourtant reconnu pour sa compétence et son expérience, soulève une inquiétude légitime : le Sénégal est-il en train de perdre son influence historique dans les arènes continentales ? Jadis considéré comme un acteur diplomatique de premier plan, notre pays semble désormais peiner à fédérer, à anticiper les évolutions régionales, et à imposer ses choix dans les grandes instances.

Ce constat ne relève ni du pessimisme, ni de la critique facile. Il invite, au contraire, à une réflexion stratégique urgente sur l’avenir de notre diplomatie. Il ne suffit plus d’avoir un bon candidat. Il faut construire autour de lui une dynamique diplomatique, des alliances solides, une communication ciblée et une stratégie offensive.

Le recul observé dans cette élection ne doit pas être banalisé. Il interpelle sur notre capacité à lire les nouvelles configurations africaines, à nous adapter, à réagir vite et à défendre efficacement nos intérêts. Il interpelle aussi sur l’état de coordination entre nos différents ministères, institutions et représentations extérieures.

Il est temps que le Sénégal repense son positionnement continental, qu’il renoue avec une diplomatie d’influence fondée sur l’anticipation, la coopération et la constance. Dans un monde en recomposition, où l’Afrique cherche à se prendre en main, nous ne pouvons pas nous contenter d’un rôle secondaire.

Dialogue national : Voici l’intégralité du discours du Président Bassirou Diomaye Faye

Le Président Bassirou Diomaye Faye a présidé ce mercredi 28 mai 2025, l’ouverture officielle de la rencontre consacrée à l’amélioration du système politique sénégalais.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, 

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,

Honorables Députés,

Madame  la Vice-président du Conseil constitutionnel,

Monsieur le Premier Président de la Cour suprême,  

Monsieur le Premier Président de la Cour des comptes,  

Monsieur le Premier Président de la Cour d’appel de Dakar, 

Monsieur le Président  de la Commission électorale nationale autonome,

Monsieur le Président du Conseil de régulation de l’Audiovisuel,

Monsieur le Président du Haut Conseil du Dialogue social,

Notabilités religieuses et coutumières,  

Mesdames, Messieurs les représentants de la société civile,

Mesdames, Messieurs les représentants des syndicats et des organisations  socio- professionnelles,

Chers invités, en vos rangs, titres et qualités,

Mesdames, Messieurs,

Nous voici rassemblés, dans le cadre du dialogue, pour la deuxième fois depuis mon accession à la magistrature suprême. Pour cette année, nous ouvrons des concertations larges et inclusives autour d’un thème d’intérêt national : le Système politique.

En assistant à cette belle rencontre, qui réunit toutes les forces vives de la Nation, nous répondons à l’injonction du respect de la date codifiée dans le calendrier républicain.

Ce dialogue en temps de paix nous enracine davantage dans la tradition continue  de  concertation   et  de

préservation d’une paix sociale qu’il nous incombe de construire en permanence.

Mesdames, messieurs,

L’implication de toutes les sensibilités de notre société, dans la gouvernance institutionnelle de l’État est, s’il en était encore besoin, une preuve de plus de la rupture systémique qui traverse aujourd’hui toute l’action publique.

Ma conviction profonde est qu’au-delà des acteurs politiques, lorsqu’il s’agit de se projeter dans le temps long des réformes qui façonnent notre Système politique, toute la société a voix au chapitre. Ainsi devons-nous définir, par la quête du consensus et par les délibérations collectives, la charpente institutionnelle et normative qui préfigure la vie de notre société politique.

C’est toute la vertu d’un Dialogue organisé en temps de paix, non pas donc pour juguler une tension socio- politique stressante pour toute la collectivité, mais pour écrire, ensemble, des pages encore plus belles de notre récit politique national.

Mesdames, Messieurs

L’expression « le Sénégal est un pays de dialogue » n’est pas le fruit du hasard. Nous la devons à un héritage consolidant de pencoo et de diiso, à une conscience politique mûrie par l’histoire et à une culture de la pondérance héritée de nos devanciers.

Notre responsabilité c’est de préserver cet héritage et de transmettre le flambeau intact. Au demeurant, nous devons nous garder de l’immobilisme ou du statut quo. Nous devons interroger régulièrement les dynamiques sociétales dans notre cher pays.

En effet, les tensions qui ont traversé le Sénégal sont encore trop vivaces pour être oubliées. Des vies ont été fauchées. Des familles pleurent encore leurs morts. Des blessures morales attendent d’être pansées.

En ma qualité de Président de la République, je m’incline avec respect devant la mémoire de toutes les victimes qui, de l’indépendance à nos jours, jalonnent le douloureux chemin de notre marche vers une démocratie achevée. J’exprime à leurs familles, à leurs amis et à leurs compagnons de lutte, la solidarité de la Nation.

Mon rôle en tant que garant de l’unité nationale est de tendre la main à toutes et à tous, pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays. Dans cette dynamique, gouvernement assumera la plénitude de sa mission. L’opposition sera respectée et exercera librement ses droits, dans le respect de la loi.

Mesdames, Messieurs,

L’histoire politique récente de notre pays, nous commande de réformer pour la postérité. Réformer pour renforcer les acquis démocratiques et garantir davantage la stabilité de nos institutions ;

Réformer pour expurger de notre système électoral tous les germes de dissensions, notamment entre pouvoir et opposition.

Aujourd’hui, notre démocratie ne saurait faire davantage l’économie d’une réflexion sur:

la rationalisation du calendrier électoral ; la création d’une Commission électorale nationale indépendante ;

le fonctionnement des organes chargés de l’organisation des élections ; l’accès au fichier électoral et sa gestion ; la rationalisation des partis politiques et leur financement ; le rôle de la justice dans le processus électoral ; la dématérialisation du processus électoral ; le statut de l’opposition qui doit avoir un contenu réel ; l’inscription automatique des primo- votants ; la durée des campagnes électorales;

ou encore sur les modalités du parrainage , entre autres.

Ces concertations, heureusement organisées en dehors de toute échéance électorale, nous offrent une opportunité unique de réfléchir, avec sérénité et lucidité, sur l’avenir de notre système politique. Ensemble, nous avons la responsabilité de repenser nos institutions, en nous appuyant sur les principes fondamentaux de la démocratie, le respect des libertés individuelles et collectives, ainsi que sur les réformes constitutionnelles et législatives indispensables.

Les Sénégalaises et les Sénégalais ont eu l’opportunité de contribuer activement à cette réflexion en soumettant plus de treize milles (13.000) propositions sur la plateforme Jubbanti, lancée le vendredi 09 mai 2025. Au-delà de la forte attente de nos compatriotes quant aux résultats de ces assises,  cet  engouement  traduit  un encouragement pour tous les participants et un appel pressant au sens des responsabilités afin d’arriver à des consensus forts et productifs.

Le peuple sénégalais vous observe !

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais, à cet instant solennel, adresser mes vives félicitations au Facilitateur général du Dialogue national 2025, Docteur Cheikh GUEYE, pour avoir accepté de conduire les travaux.

Monsieur le facilitateur général, votre intégrité    reconnue    et    votre attachement indéfectible aux valeurs républicaines seront, j’en suis convaincu, des gages de réussite de ce processus. Je tiens également à saluer, avec respect et gratitude, l’ensemble des acteurs qui ont répondu à l’appel du dialogue.

Votre présence ici aujourd’hui témoigne de votre attachement à la République, à la paix civile, et à la grandeur de notre démocratie. Je forme le vœu ardent que vos échanges soient empreints de responsabilité,   d’écoute   et   de dépassement de soi ; qu’ils soient féconds en propositions audacieuses et réalistes, et qu’ils soient guidés, à chaque instant, par l’intérêt supérieur du Sénégal.

Sur ce, fort de notre engagement commun et de mon attachement indéfectible aux valeurs démocratiques et à la cohésion nationale, je déclare ouverts les travaux du Dialogue national sur le Système politique.

Que Dieu bénisse le Sénégal.

Je vous remercie de votre attention.

Dialogue national : Y’en a marre s’engage pour une refondation démocratique

Le mouvement citoyen Y’en a marre a annoncé ce mardi sa participation active au Dialogue national sur le système politique sénégalais, dont l’ouverture est prévue le 28 mai 2025. Par la voix de sa cellule de communication, le collectif a officialisé sa présence à ces assises qu’il qualifie de moment crucial pour l’avenir démocratique du pays.

Dans un communiqué rendu public, Y’en a marre a précisé avoir pris connaissance des termes de référence du Dialogue national, tout en soulignant avoir transmis dans les délais impartis ses remarques et suggestions aux organisateurs. Le mouvement indique que son implication s’inscrit dans une logique de « responsabilité citoyenne » et de fidélité aux principes qui ont guidé sa création : une démocratie véritablement inclusive, transparente, et conforme aux aspirations profondes des populations.

Ce choix de participer marque un tournant dans la posture souvent critique du mouvement vis-à-vis des initiatives institutionnelles. Y’en a marre justifie néanmoins sa décision par la volonté de faire entendre la voix des citoyens au cœur des discussions politiques. Pour les membres du collectif, l’heure est venue de participer à la refondation des bases du système politique sénégalais, dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance, de justice et de transparence sont de plus en plus fortes.

Depuis sa naissance en 2011, le mouvement Y’en a marre s’est illustré par son engagement dans la lutte contre les dérives du pouvoir, l’injustice sociale et l’inaction politique. En rejoignant le Dialogue national, ses responsables entendent faire valoir une vision citoyenne des réformes nécessaires, qu’il s’agisse du statut de l’opposition, de la transparence électorale, du financement des partis ou encore du rôle des institutions.

Cette participation est d’autant plus symbolique que le Dialogue national, voulu par le président Bassirou Diomaye Faye, se veut un exercice d’ouverture et d’écoute, au service d’une démocratie rénovée. En s’y impliquant, Y’en a marre pose un acte fort, dans la continuité de son combat pour une citoyenneté active et exigeante, refusant de rester spectateur des changements à venir.

Alors que les travaux s’apprêtent à débuter, la présence du mouvement parmi les parties prenantes promet des échanges animés et un apport décisif sur les questions de fond. Le Dialogue s’annonce ainsi comme un moment de vérité pour le Sénégal, où la voix des citoyens, portée notamment par Y’en a marre, devra peser dans la redéfinition du contrat démocratique national.

Dialogue national : Ndiaga Sylla réclame un délai supplémentaire avant l’ouverture

Alors que le coup d’envoi du Dialogue national est prévu ce mardi 28 mai, l’expert électoral Ndiaga Sylla lance un appel à la prudence et à la réflexion. Dans une publication partagée sur sa page Facebook, il estime que le calendrier fixé pour ces assises, consacrées à la réforme du système politique sénégalais, est trop serré pour permettre un travail en profondeur et aboutir à des résultats réellement consensuels.

« Je ne suis pas pour des concertations qui perdurent. Mais, il me paraît judicieux, au vu des thématiques du Dialogue national sur le système politique et de la complexité des points de discussion, de proroger la période afin de parvenir à plus de consensus sur les questions majeures, d’autant plus qu’il n’y a pas eu de pré-dialogue », a-t-il écrit.

Cette prise de position souligne une inquiétude grandissante dans certains cercles d’experts et de la société civile sur le risque de précipitation. Pour Ndiaga Sylla, les enjeux liés à la modernisation du système électoral, à la clarification du statut de l’opposition ou encore à la création d’institutions nouvelles comme une Cour constitutionnelle ou un organe indépendant de gestion des élections méritent un traitement rigoureux, inclusif et étalé sur un délai raisonnable.

Son appel résonne comme une invitation à ne pas sacrifier la qualité du débat sur l’autel de la vitesse politique. À quelques heures du lancement officiel du Dialogue, cette interpellation pourrait peser dans les arbitrages de dernière minute, notamment si d’autres voix rejoignent cette demande de prorogation afin d’approfondir les échanges et garantir la légitimité des conclusions attendues.

Guinée-Bissau : Le président Bassirou Diomaye Faye honoré par la médaille Amílcar Cabral lors d’une visite d’État symbolique

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a effectué, ce lundi 26 mai 2025, une visite d’État hautement symbolique en République de Guinée-Bissau, à l’invitation de son homologue Umaro Sissoco Embaló. Cette visite marque un jalon important dans les relations bilatérales entre les deux pays voisins, liés par une histoire commune, des dynamiques transfrontalières profondes et une coopération multiforme.

À son arrivée à Bissau, le président Faye a été accueilli avec les honneurs dus à son rang. Une cérémonie protocolaire s’est tenue à l’aéroport Osvaldo Vieira, en présence de membres du gouvernement bissau-guinéen, de représentants diplomatiques et d’une foule venue manifester sa sympathie. L’accueil populaire témoigne de la proximité entre les peuples sénégalais et bissau-guinéen, ainsi que de la considération dont jouit le nouveau chef de l’État sénégalais sur la scène sous-régionale.

Les deux chefs d’État ont ensuite eu des échanges bilatéraux au palais présidentiel. Selon un communiqué conjoint, les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération sécuritaire, économique, éducative, agricole et sanitaire, mais aussi sur les enjeux de stabilité dans la sous-région ouest-africaine. Le président Faye a notamment salué les efforts de son homologue en faveur de la paix, de la bonne gouvernance et du dialogue institutionnel en Guinée-Bissau.

Moment fort de cette visite, la République de Guinée-Bissau a décerné au président Bassirou Diomaye Faye la médaille Amílcar Cabral, la plus haute distinction honorifique du pays. Cette médaille rend hommage à la mémoire du père de l’indépendance bissau-guinéenne, figure emblématique du panafricanisme, et elle est attribuée à des personnalités ayant contribué de manière exceptionnelle à la paix, à l’unité et à la coopération africaine.

Dans son discours, le président Umaro Sissoco Embaló a justifié cette décoration par « l’engagement personnel » de Diomaye Faye en faveur du renforcement des liens sénégalo-bissau-guinéens, ainsi que pour « sa vision d’un continent intégré, souverain et solidaire ». Il a ajouté : « Aucun pays n’est plus attaché à la stabilité et au développement de la Guinée-Bissau que le Sénégal. »

Très ému, le président Faye a remercié son hôte pour cette distinction, qu’il a dédiée au peuple sénégalais. Il a réaffirmé son attachement à « une coopération plus dynamique entre les deux États » et a salué la mémoire d’Amílcar Cabral comme « un modèle de courage, de sagesse politique et d’unité africaine ».

Au cours de cette visite, plusieurs accords de coopération ont été signés entre les deux pays dans les domaines de la sécurité transfrontalière, de l’échange d’informations douanières, de la formation professionnelle et de la promotion du commerce local. Les deux présidents ont également convenu de la tenue régulière de consultations politiques de haut niveau.

En clôture de la visite, un point de presse conjoint a permis aux deux dirigeants de réaffirmer leur volonté de faire des relations entre le Sénégal et la Guinée-Bissau un exemple de diplomatie de bon voisinage, fondée sur le respect mutuel, les échanges équilibrés et la solidarité régionale.

Cette visite intervient dans un contexte marqué par des défis politiques, sécuritaires et économiques dans l’espace CEDEAO. Le président Faye, qui effectue ici sa première grande tournée ouest-africaine depuis son investiture, entend ainsi asseoir une diplomatie active, tournée vers la paix, la coopération régionale et l’intégration continentale.

Dialogue national : la coalition AKS annonce sa participation

La coalition And Ci Koolute nguir Sénégal (AKS) a officiellement confirmé sa participation au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye pour le 28 mai 2025. Réunie le samedi 24 mai sous la présidence de son leader, Abdou Karim Sall — maire de Mbao et député à l’Assemblée nationale —, la coalition a pris la décision de répondre favorablement à l’invitation de l’État.

Dans un communiqué parvenu à la presse, AKS indique avoir reçu une correspondance officielle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, datée du 22 mai 2025, portant le numéro 005925/MISP/DGE/DFC. Cette lettre formalisait l’invitation à prendre part à la Journée nationale du dialogue, initiée dans un esprit d’inclusivité et de concertation nationale.

Selon le document signé par Abdou Karim Sall, le comité de direction de la coalition a longuement délibéré avant de prendre cette décision. Bien qu’ayant exprimé des réserves sur certains termes de référence du dialogue, la coalition a choisi de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. Elle réaffirme ainsi sa volonté de contribuer à la consolidation de la démocratie, au renforcement de l’État de droit et à la construction d’un consensus national fort.

La coalition AKS estime que le dialogue constitue une opportunité majeure pour le pays de renouer avec une tradition de concertation politique et institutionnelle, dans un contexte marqué par de nombreuses attentes sociales et des défis structurels importants. Elle entend faire entendre sa voix, défendre ses propositions et veiller à ce que les conclusions du dialogue soient mises en œuvre dans la transparence et le respect des principes républicains.

En affirmant son engagement dans cette dynamique, la coalition se positionne comme un acteur actif du processus démocratique, attaché aux valeurs de paix, d’équité et de progrès pour tous les Sénégalais.

Dialogue national : Abdoulaye Diouf Sarr et Renaissance Républicaine répondent favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Abdoulaye Diouf Sarr, président du mouvement Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW, a officiellement confirmé sa participation à la Journée nationale du dialogue prévue le 28 mai 2025. À travers un communiqué rendu public, l’ancien ministre a exprimé sa volonté de répondre favorablement à l’appel du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en faveur d’une large concertation autour des enjeux nationaux.

Dans sa déclaration, Abdoulaye Diouf Sarr réaffirme son attachement aux principes fondamentaux de la République, notamment le renforcement de l’État de droit, la stabilité institutionnelle et la promotion d’une démocratie efficace. Selon lui, la Renaissance Républicaine entend jouer pleinement son rôle dans cette dynamique nationale, en apportant une contribution structurée et responsable aux débats.

La participation du mouvement s’articule autour de trois axes prioritaires, jugés essentiels à l’évolution du pays. D’abord, la restauration de la confiance citoyenne dans le processus électoral, mise à mal ces dernières années par les tensions politiques et les suspicions autour des scrutins. Ensuite, la consolidation de la résilience institutionnelle, avec une attention particulière portée au fonctionnement des organes de l’État et à l’indépendance des contre-pouvoirs. Enfin, le renforcement de l’efficacité démocratique, pour que la démocratie sénégalaise soit non seulement vivante, mais aussi performante et inclusive.

Dans ce cadre, la Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW rappelle qu’elle a déjà formulé des propositions concrètes sur ces questions, et qu’elle reste ouverte au dialogue, à la concertation et à la construction collective de solutions durables. Le communiqué souligne que cette posture s’inscrit dans une vision de long terme pour un Sénégal plus juste, plus équitable et plus résilient face aux défis économiques, sociaux et institutionnels.

Abdoulaye Diouf Sarr conclut en réitérant la disponibilité de son mouvement à accompagner les « efforts de refondation nationale » entrepris par le président Diomaye Faye, dans un esprit de responsabilité, d’ouverture et de patriotisme.

Dialogue politique : Idrissa Seck répond favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Le Parti RÉEW MI, dirigé par l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, a officiellement annoncé sa participation au dialogue national initié par le président Bassirou Diomaye Faye. Prévu pour démarrer le 28 mai 2025, ce processus vise à engager une réflexion approfondie sur le système politique sénégalais.

Réuni sous la présidence d’Idrissa Seck, le directoire du parti a salué l’initiative du chef de l’État, qualifiée de « levier pour approfondir la démocratie sénégalaise ». Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre stratégique, RÉEW MI rappelle que le Sénégal est depuis longtemps considéré comme un modèle de stabilité en Afrique, un statut que le parti souhaite voir renforcé à travers ce dialogue.

« Depuis sa création, le Parti RÉEW MI a toujours vu dans le dialogue un outil fondamental de consolidation démocratique », souligne la note. Cette posture, régulièrement défendue par Idrissa Seck lui-même, s’inscrit selon les responsables dans une volonté de bâtir un système politique plus inclusif et transparent.

En annonçant sa participation, le parti se positionne comme un acteur clé dans cette phase de concertation nationale. Il appelle également à ce que ce dialogue débouche sur des consensus solides, capables de garantir des avancées durables dans la gouvernance démocratique du pays.

« Le Parti RÉEW MI exprime l’espoir que cette dynamique aboutira à des résultats concrets, renforçant les libertés fondamentales, la transparence du système électoral et la confiance des citoyens dans les institutions », conclut le communiqué.

GTA : Une visite historique des présidents sénégalais et mauritanien scelle l’entrée dans l’ère du gaz

Plateforme Grand Tortue Ahmeyim (GTA), 22 mai 2025 – En ce jour historique, le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, et son homologue mauritanien, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, ont effectué une visite conjointe sur la plateforme gazière Grand Tortue Ahmeyim (GTA), située à la frontière maritime entre les deux pays.

Accueillis par les principaux partenaires du projet — British Petroleum (BP), Kosmos Energy, PETROSEN (Sénégal) et SMH (Mauritanie) — les deux chefs d’État ont célébré une étape clé : l’entrée officielle du Sénégal et de la Mauritanie dans le cercle restreint des pays exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL).

Le projet GTA, fruit d’une coopération bilatérale étroite, est devenu un symbole de collaboration réussie, dans un contexte régional où la maîtrise des ressources énergétiques est cruciale pour le développement économique et la stabilité.

Pour les présidents Faye et Ghazouani, cette plateforme offshore incarne une nouvelle ère de souveraineté énergétique, mais aussi de transformation économique durable, porteuse d’emplois, d’investissements et de retombées positives pour les populations locales.

La transparence dans la gouvernance des ressources naturelles, L’équité dans le partage des bénéfices, Et une ambition partagée de construire un avenir énergétique maîtrisé.

Cette visite intervient à un moment charnière où les deux pays cherchent à diversifier leurs économies, réduire leur dépendance énergétique et asseoir leur rôle dans l’arène énergétique mondiale. L’exploitation du GNL via GTA s’annonce comme un catalyseur de croissance, au service d’un développement plus inclusif.

À l’heure où le monde s’oriente vers des solutions plus propres, GTA pourrait également contribuer à renforcer la position stratégique de l’Afrique de l’Ouest dans la transition énergétique mondiale.

ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AFRICAINE / CHOIX D’ABIDJAN PAR L’ADMINISTRATION TRUMP : Dakar ne fait-elle plus rêver ?

Washington redéfinit ses relations avec l’Afrique, délaissant l’aide humanitaire au profit du commerce et de l’investissement. Ainsi, la Côte d’Ivoire devient-elle la vitrine de cette nouvelle donne afin de servir de tampon entre le pays de l’Oncle Sam et l’Afrique francophone.

Les États-Unis reconfigurent profondément leur stratégie à l’égard du continent africain. Jadis fondée sur l’aide humanitaire et les partenariats sociaux, leur approche privilégie désormais les échanges économiques et les investissements structurants. Cette inflexion diplomatique, incarnée par l’ouverture d’un bureau stratégique à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), suscite des interrogations. Dakar, longtemps considérée comme un pilier de la relation américano-africaine en Afrique francophone, conserve-t-elle encore sa place centrale ?
À l’occasion d’une rencontre avec la presse, tenue le 20 mai 2025 à Abidjan, Troy Fitrell, haut responsable du Bureau des affaires africaines au sein du Département d’État américain, a exposé les grands axes de cette nouvelle doctrine. Selon lui, les partenariats commerciaux s’avèrent plus efficaces pour favoriser une croissance économique durable que les mécanismes classiques d’aide au développement. Washington mise donc sur la vitalité du marché africain, soutenu par une jeunesse dynamique, une urbanisation rapide et un potentiel d’intégration économique sans précédent à travers la ZLECAf.
Le changement de paradigme opéré par l’administration Trump ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il s’accompagne d’un agenda ambitieux visant à arrimer les intérêts des entreprises américaines aux priorités de développement africaines : industrialisation, transformation locale des matières premières, montée en compétence de la main-d’œuvre et création d’emplois. Un virage pragmatique, en phase avec les nouveaux enjeux géostratégiques où la Chine, la Russie, la Turquie et d’autres puissances étendent leur influence.
Durant son séjour à Abidjan, Troy Fitrell a multiplié les initiatives : participation au prestigieux Africa CEO Forum, concertation avec les Chambres de commerce américaines de douze pays ouest-africains, entretiens bilatéraux avec plusieurs hauts dirigeants africains, incluant présidents, ministres du Commerce et Affaires étrangères. La dynamique est claire : Washington entend renforcer son ancrage en Afrique de l’Ouest et le fait désormais depuis la Côte d’Ivoire, désignée comme nouveau hub économique francophone.

ABIDJAN INCONTOURNABLE

En installant un bureau à Abidjan, Washington envoie un signal fort : les critères linguistiques, juridiques et économiques prennent le pas sur les symbolismes historiques. La Côte d’Ivoire, dotée d’infrastructures solides, d’une stabilité relative et d’un environnement d’affaires en plein essor, semble incarner davantage aujourd’hui les priorités américaines que Dakar, malgré son passé de capitale diplomatique de l’Afrique francophone.
Ce choix stratégique interroge. Le Sénégal, qui fut longtemps un partenaire privilégié de Washington, notamment à travers les coopérations sécuritaires et les actions de l’USAID, voit peu à peu sa position érodée. Les coupes budgétaires affectant l’aide publique au développement – dont USAID et le Millenium Challenge – en seraient un autre indicateur. Simultanément, des instruments comme Prosper Africa, la US Exim Bank ou encore la DFC (Development Finance Corporation) prennent le relais, avec une logique purement économique.

ÉLAN DE SOUVERAINISME EN AFRIQUE

Face à cette réorientation, les attentes du continent sont claires : retombées locales, transferts de technologie, développement des chaînes de valeur africaines. Des exigences qui traduisent une volonté d’émancipation, mais qui impliquent également une montée en compétence des gouvernements africains dans la négociation des accords internationaux. Car si les États-Unis affichent leur volonté d’agir « autrement », l’Afrique, elle, aspire à ne plus être simplement un réceptacle, mais un acteur à part entière.
Le sort encore incertain du renouvellement de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), dont l’échéance approche en septembre 2025, témoigne aussi de cette incertitude. L’avenir des relations afro-américaines dépendra autant de la clarté des politiques américaines que de la capacité des États africains à défendre des positions communes et ambitieuses.

 Penda THIAM

Dialogue national : le Forum Civil remet officiellement ses recommandations au ministre de l’Intérieur

Dans la perspective du Dialogue national initié par les autorités sénégalaises, le Forum Civil a transmis ses recommandations au ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le Général Jean Baptiste Tine. Ce geste marque la participation active de cette organisation de la société civile aux consultations engagées pour la réforme du système politique et électoral du pays.

La transmission officielle s’est faite à travers une correspondance signée par Birahim Seck, coordonnateur du Forum Civil. Dans cette lettre adressée au ministre, l’organisation exprime d’abord sa reconnaissance à l’État pour la démarche participative enclenchée, saluant l’esprit d’ouverture manifesté par les autorités à l’endroit des forces vives de la nation. « Je vous remercie vivement pour la confiance et pour l’inclusion que vous ne cessez de montrer à l’endroit du Forum Civil », peut-on lire dans le document adressé au ministère.

Cette initiative intervient à la suite d’une invitation formelle du ministère de l’Intérieur, matérialisée par la lettre n°003727 MISP/DGE du 7 avril 2025, dans laquelle le gouvernement sollicitait des contributions écrites sur les Termes de Références du Dialogue national. Le Forum Civil a ainsi répondu à cet appel en soumettant une série de recommandations articulées autour des enjeux du système électoral, des garanties démocratiques et des mécanismes de transparence.

Dans sa lettre d’accompagnement, le Forum Civil indique clairement qu’il s’agit d’une contribution technique et citoyenne destinée à enrichir les débats futurs. « Par la présente, je vous transmets les recommandations du Forum Civil sur le système électoral du Sénégal », précise le texte, qui s’accompagne d’un document détaillé regroupant l’ensemble des propositions.

Cette démarche renforce le caractère inclusif du Dialogue national, appelé à jouer un rôle central dans la consolidation des institutions démocratiques du Sénégal. En impliquant les organisations de la société civile comme le Forum Civil, l’État semble miser sur une refondation consensuelle du cadre politique, à la lumière des nombreuses controverses électorales et institutionnelles qui ont marqué les dernières années.

Le Forum Civil, reconnu pour son expertise en matière de gouvernance, de transparence et de reddition des comptes, entend jouer sa partition dans ce processus de réforme. Les autorités sont désormais attendues sur la suite à donner à ces recommandations dans la conduite des concertations prévues dans les prochaines semaines.

Conseil des ministres : Voici les nominations de ce mercredi 21 mai 2025

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé ce mercredi 21 mai 2025 à des nominations lors du Conseil des ministres. Ces décisions concernent principalement les ministères des Finances et du Budget, ainsi que celui de la Jeunesse, des Sports et de la Culture.

Au ministère des Finances et du Budget :
Abdou Karim Sock, planificateur, est nommé Directeur du Contrôle budgétaire, en remplacement de Bakar Faye, parti à la retraite.

El Hadji Amadou Coulibaly, administrateur civil principal, devient Directeur du Matériel et du Transit administratif, en remplacement d’Amadou Tidiane Fall.

Stéphanie Ange Pélagie Diouf, administrateur civil, est nommée Directrice des Pensions, en remplacement d’Abou Aw.

Abou Aw, conseiller en planification, est nommé Directeur de la Solde, à la place de Stéphanie Diouf.

Au ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture :
Hugues Diaz, conseiller aux affaires culturelles, devient Directeur des Arts, à la place de Khoudia Diagne.

Ibrahima Barry, spécialiste en gestion des industries culturelles, est nommé Secrétaire général du Grand-Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose, en remplacement de Fatou Gueye Sidibé Diallo.

Oumy Diakhaté, professeure de lettres, est nommée Directrice générale de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, en remplacement d’Ousmane Barro Dione.

Autres articles

Communique du conseil des ministres du Mercredi 21 Mai 2025 .

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a
présidé, ce mercredi 21 mai 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a lancé un vibrant appel à tous les acteurs politiques et à l’ensemble des forces vives de la Nation pour une participation inclusive et un succès du dialogue national consacré au Système politique dont il présidera la cérémonie d’ouverture le 28 mai 2025. Il a demandé au Ministre de l’Intérieur, en relation avec son cabinet et le Facilitateur général, de veiller à l’invitation des représentants de toutes les parties prenantes (partis politiques, société civile, centrales syndicales, organisations d’employeurs, notabilités religieuses et coutumières, organisations de jeunes et de femmes…) et à la bonne organisation des travaux.

Le Chef de l’Etat a évoqué le rôle fondamental que la diaspora sénégalaise doit jouer dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation. Il a adressé ses chaleureuses félicitations aux Sénégalais de l’extérieur pour leur contribution significative à la vie politique, économique et sociale, ainsi qu’au rayonnement culturel de notre pays. Il a demandé au Gouvernement d’accorder une attention particulière aux doléances administratives (délivrance des cartes nationales d’identité, de passeports et autres documents consulaires et sociales, paiements des pensions, assistance et suivi de leurs droits sociaux) ainsi qu’aux suggestions et propositions des Sénégalais de l’extérieur. Il a invité le Ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères et le Secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’extérieur à prendre toutes les dispositions afin d’assurer un service de proximité à nos compatriotes vivant à l’étranger par une mobilisation soutenue de nos missions diplomatiques et consulaires.

Le Président de la République a, par ailleurs, demandé au Gouvernement de valoriser davantage les compétences, l’expertise et le savoir-faire multisectoriels des Sénégalais de l’extérieur et d’accompagner leurs projets et investissements en cohérence avec les priorités de l’Agenda national de Transformation. C’est tout le sens de la montée en puissance de la plateforme numérique Tabax Sénégal (www.tabaxsenegal.sn) qu’il convient de mieux vulgariser auprès de nos compatriotes établis à l’étranger. Dans cette dynamique, il a engagé le Premier Ministre à restructurer, pour plus d’efficacité, les dispositifs d’orientation, d’encadrement, d’accompagnement et de financement des projets et activités économiques des Sénégalais de l’extérieur, notamment le Fonds d’Appui aux Sénégalais de l’Extérieur (FAISE). Au regard de l’importance primordiale qu’il accorde à nos compatriotes vivant à l’étranger, il a demandé au Gouvernement de prendre les dispositions appropriées en vue d’assurer l’organisation, en décembre 2025, à Dakar, de la première édition de la Journée 1nationale de la Diaspora. Cette grande rencontre nationale sera l’occasion de valoriser et de capitaliser toutes les initiatives de la Diaspora dans la consolidation d’un Sénégal souverain, juste, prospère et arrimé aux valeurs fortes de solidarité, d’inclusion et d’unité nationale.

Le Chef de l’Etat a insisté sur l’importance qu’il accorde à la préparation du prochain débat d’orientation budgétaire prévu à l’Assemblée nationale avant fin juin 2025. Ce rendez-vous devant la représentation nationale doit être l’occasion pour le Gouvernement de présenter la nouvelle stratégie économique, budgétaire et financière de l’Etat, mais également d’accélérer la mise en œuvre des réformes et programmes visant la transformation soutenue du pays dans tous les secteurs. Il a demandé au Premier Ministre de veiller, en relation avec le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et le Ministre des Finances et du Budget, à une bonne préparation du débat d’orientation budgétaire, notamment la finalisation concertée du document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle, marquant une étape fondamentale dans la consolidation de la transparence dans la gestion des finances publiques.

Par ailleurs, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité de veiller à la supervision des activités liées au forum « Invest in Sénégal » prévu les 07 et 08 octobre 2025 en cohérence avec notre stratégie de coopération internationale et de promotion de partenariats gagnant-gagnant.

Le Président de la République a évoqué la question du repositionnement stratégique de la filière anacarde dans l’économie nationale, particulièrement dans la région naturelle de Casamance où la commercialisation des récoltes d’anacarde constitue une activité économique majeure. Il a demandé au Gouvernement, au Ministre en charge du Commerce notamment, de prendre toutes les dispositions administratives, logistiques et sécuritaires en vue du bon déroulement de cette campagne. Il a aussi rappelé au Gouvernement l’impératif de renforcer les initiatives privées de transformation locale de la production d’anacarde afin de repositionner cette filière dans la stratégie nationale d’industrialisation.

Enfin, au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il visitera, le jeudi 22 mai 2025, avec son homologue de la République islamique de Mauritanie, la plateforme Grand tortue Ahmeyim (GTA).

Dans sa communication, Monsieur le Premier Ministre a rappelé le statut d’événement religieux d’importance nationale que revêt la fête de la Tabaski. C’est à ce titre qu’un Conseil interministériel a été consacré à sa préparation et à l’issue duquel des directives ont été formulées pour garantir des conditions optimales d’approvisionnement du marché national en moutons. Auparavant, par une lettre-circulaire adressée aux membres concernés du Gouvernement, Monsieur le Premier Ministre, avait pris des mesures relatives à l’assouplissement du contrôle des camions et véhicules transportant des moutons, à l’exonération des droits et taxes et à l’autorisation de la présence, à bord de chaque camion, de trois (03) bergers commis à la surveillance des animaux transportés, au renforcement de la sécurité publique et de la sécurité sanitaire sur l’ensemble des points de vente et le long du circuit de commerce de moutons. Le Premier Ministre, après s’être réjoui de la bonne application de ses directives, a invité les Ministres chargés des Forces armées, de la Sécurité2publique, des Finances et des Collectivités territoriales à s’assurer d’une application conforme et en tous lieux du territoire national, des prescriptions gouvernementales. Le Premier Ministre a indiqué qu’à la date du 18 mai 2025, le marché des moutons présente un nombre de 406 592, pour un objectif national de 830 000 têtes de bétail, soit un taux de 48,99% à trois semaines de la fête. La situation est également satisfaisante sur l’aménagement fonctionnel des points de vente, avec un objectif de 278 points officiels fixés par les Gouverneurs de Région. Il a souligné les tendances actuelles favorables des marchés de l’oignon et de la pomme de terre.

En définitive, le Premier Ministre a demandé aux Ministres de veiller, jusqu’au terme fixé, à l’effectivité de toutes les mesures arrêtées. Sur le registre de la Solidarité nationale, le Premier Ministre suit, avec beaucoup d’attention, le déploiement des instruments publics d’assistance aux groupes vulnérables, pour leur permettre de pouvoir fêter la Tabaski dans la dignité.

Le Premier Ministre a rendu compte de sa visite d’amitié et de travail au Burkina Faso sur invitation de son homologue burkinabé le Premier Ministre Rimtalba Jean Emmanuel OUEDRAOGO. A cette occasion, il a été reçu par le Président Ibrahim TRAORE à qui il a transmis un message de fraternité de son homologue sénégalais, le Président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE. Il a également participé à la cérémonie d’inauguration du mausolée du Président Thomas SANKARA, figure emblématique du panafricanisme. Le Premier Ministre a enfin remercié le peuple burkinabé pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur le bilan à mi-parcours des concertations sur le déploiement des pôles territoires.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté :

– le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Institut national du Pétrole et du Gaz (INPG) ;

– le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national des Transports aériens (CNTA).

Ibrahima Hamidou Deme dénonce : « On a combattu une justice instrumentalisée ; elle est maintenant ridiculisée »

Dans une déclaration brève mais lourde de sens publiée sur sa page Facebook, l’ancien magistrat et président du mouvement ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), Ibrahima Hamidou Deme, a vivement critiqué l’état actuel de la justice sénégalaise. Selon lui, le système judiciaire, autrefois dénoncé pour son instrumentalisation sous le régime de Macky Sall, est désormais tombé dans une forme de discrédit encore plus alarmante.

« Cette justice instrumentalisée qui a été combattue est aujourd’hui ridiculisée », affirme-t-il. Un jugement sans équivoque qui, selon plusieurs observateurs, vise la gestion actuelle des dossiers judiciaires sensibles depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

Parmi les dossiers qui semblent nourrir la frustration de l’ancien juge, on retrouve notamment celui des fonds liés à la gestion de la pandémie de Covid-19, et plus globalement, les révélations de la Cour des comptes sur la période 2019-2023. Ces rapports, attendus pour faire tomber d’éventuelles têtes, peinent à produire des suites judiciaires concrètes.

D’autres cas alimentent également le sentiment d’injustice ou d’impunité, comme celui d’Azoura Fall, militante du parti Pastef récemment libérée sous contrôle judiciaire, ou encore ceux du chroniqueur Abdou Nguer et d’Assane Diouf. Autant de situations qui, selon certaines voix, démontrent une gestion incohérente, voire partiale, de la justice.

Même s’il n’est pas entré dans le détail des dossiers en question, Ibrahima Hamidou Deme semble pointer du doigt un pouvoir qui, tout en promettant une rupture dans la gouvernance, peine à garantir l’indépendance et la crédibilité de l’appareil judiciaire.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 14 Mai 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

– Colonel Aly MIME, Chef de corps du Bataillon des transmissions d’infrastructure, est nommé Directeur général du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information, en remplacement de Monsieur Babacar NDAO, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ;  
– Monsieur El Hadji Bouya AMAR, Administrateur civil en service au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, matricule 604 454 H, est nommé Secrétaire général de l’École nationale de Cybersécurité, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage 
– Monsieur Cheikh Tidiane MBODJI Colonel (er), précédemment Ministre-Conseiller à la Présidence de la République, est nommé Président du Conseil d’Administration (PCA) du Haras national, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’innovation 
– Monsieur Mamadou SARR, Professeur titulaire des Universités, est nommé Directeur Général de l’Université Rose Dieng France-Sénégal (Ex Campus Franco-Sénégalais) en remplacement de Magueye GUEYE, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ; 
– Monsieur François Joseph CABRAL, Professeur titulaire des Universités, est nommé Coordonnateur de l’Université du Sénégal oriental en remplacement de Kandioura NOBA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite ; 
– Monsieur Mamadou Mactar Mbacké LEYE, Professeur titulaire des Universités, est nommé Directeur de l’École Nationale de Développement Sanitaire et Social (ENDSS) en remplacement de Monsieur Daouda FAYE ; 
– Madame Tiguida WAGUÉ, préfet du département de Mbirkilane est nommée Secrétaire général de l’Université Assane SECK de Ziguinchor, poste vacant. Au titre du Ministère des Finances et du Budget 
– Monsieur Amadou Lamine GUISSE, Administrateur civil, matricule 616 316 C, est nommé Secrétaire général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), en remplacement de Monsieur Cheikh Déthialaw SECK. Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique 
– Monsieur Oumar Diène SAKHO, Expert en Régulation économique des secteurs numérique et postal, est nommé Président du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Malick NDIAYE, Expert senior en politique et Régulation du numérique, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Mor NDIAYE, Expert en Innovation et Transformation numérique, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Yamar SAMB, Professeur agrégé de droit, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Monsieur Mamadou THIOMBANE, Inspecteur des postes et services financiers, est nommé membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Madame Khady Ndiaye KAMA, Experte en Fintech, Innovation et Transformation numérique, est nommée membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
– Madame Mana Mint Mohemd Salem AIDARA, Experte en Régulation des télécommunications, Ingénieur électronique, est nommée membre du Collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) ; 
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale 
– Madame Mame Khady Sidy Aly BADJI, Administrateur civil, matricule 616 251 M, est nommée Secrétaire général de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (SEN PNA), en remplacement de Monsieur Souleymane SOUMARÉ. 
Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique 
– Monsieur Babacar KANE, Administrateur civil, matricule 616 301 G, est nommé Gouverneur de la région de Kaffrine, en remplacement de Monsieur Moustapha DIAW admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. 
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports Terrestres et Aériens 
– Monsieur Boubacar DIALLO, Cadre de banque, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société nationale des Chemins de Fer du Sénégal (CFS), en remplacement de Monsieur Mayacine KAMARA.

Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 14 Mai 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 14 mai 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a présenté ses chaleureuses félicitations à la communauté catholique suite à l’élection du nouveau Souverain pontife, le Pape Léon XIV, un homme de foi et d’ouverture qui place sa mission sacerdotale sous le sceau du dialogue, de la solidarité et de l’unité entre les peuples afin d’asseoir un monde de paix, de stabilité et de justice. Dans cet élan, il a invité le Gouvernement à prendre toutes les mesures requises et les dispositions idoines pour un bon déroulement, les 07,08 et 09 juin 2025, de la 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine. 
Le Chef de l’Etat est revenu sur la problématique du contrôle systématique et la régulation des constructions des bâtiments et travaux publics. En effet, il est constaté ces dernières années, la multiplication des effondrements de bâtiments, notamment en période d’hivernage. C’est dire que la qualité, la durabilité et la sécurité des constructions selon les normes doivent rester des priorités dans la mise en œuvre de la politique en matière de construction et d’habitat. Ainsi, le Président de la République a invité le Gouvernement à accentuer le contrôle des constructions afin d’établir une cartographie nationale de la situation intégrant des mesures spécifiques à appliquer à chaque cas identifié, allant des correctifs à apporter pour le respect des plans initialement autorisés à la démolition des bâtiments en ruine ou menacés d’effondrement. Il a demandé au Ministre en charge de l’Urbanisme et de la Construction et au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique de veiller en relation avec les Maires et les services de la protection civile au déploiement d’une campagne nationale de sensibilisation des populations sur les règles d’urbanisme et les dispositions du Code de la construction dont l’application intégrale ne doit souffrir d’aucune entrave. Il a souligné l’impératif d’une homologation des matériaux de construction en commercialisation mais également d’un contrôle rigoureux des travaux de construction avec des inspections régulières des services compétents de l’Etat et l’établissement des attestations de conformité selon des permis de construire dúment validés après avis systématique des responsables techniques et administratifs impliqués. Dans cette dynamique, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, conformément à ses directives en Conseil des Ministres du 18 décembre 2024, l’urgence d’accentuer la montée en puissance des activités du Laboratoire national de Référence des Bâtiments et Travaux publics (LNR – BTP), créé par la loi n° 2023- 12 du 21 juin 2023. Le décret d’application n° 2023-1780 du 29 août 2023 précise notamment les missions de cette entité particulière en matière d’agrément des laboratoires d’études et d’essais, d’homologation des matériaux et produits utilisés dans les bâtiments et travaux publics, de contrôle des études géotechniques ainsi que de prévention des risques naturels et environnementaux. Il a également signalé l’urgence, pour chaque Ministère, de faire le point sur l’état et la sécurité civile des bâtiments abritant les services administratifs conformément à ses directives en Conseil des Ministres du 9 avril 2025. Il a, par ailleurs, souligné la nécessité de déployer, en rapport avec l’Ordre des architectes, une stratégie préventive d’harmonisation et de contrôle des constructions et de l’architecture des différentes villes et communes du Sénégal. 
Le Chef de l’Etat a évoqué la question du développement de l’entreprenariat des jeunes et des femmes pour soutenir la création d’emplois. Il a félicité le Premier Ministre pour le succès du lancement, le jeudi 08 mai 2025, de la nouvelle phase du Projet d’Appui et de Valorisation des Initiatives entrepreneuriales des femmes et des jeunes (PAVIE 2) doté de 107,2 milliards de FCFA. Il a insisté sur la nécessité de soutenir davantage l’entreprenariat des jeunes et des femmes par l’accélération de la territorialisation des dispositifs d’encadrement et de financement, ainsi que l’optimisation des interventions publiques auprès des cibles. Ce qui devrait accentuer la transformation durable des secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois comme l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat et le numérique. Il a demandé au Premier Ministre de veiller à une répartition équitable des financements dans toutes les localités du pays en favorisant les projets à fort impact sur la transformation de la production agricole et la souveraineté alimentaire. Le Chef de l’Etat a également indiqué au Premier Ministre la nécessité d’orienter, en priorité, les financements du PAVIE vers l’ancrage durable de l’autonomisation économique des femmes, notamment les femmes rurales, d’où l’importance de l’adoption prochaine du projet de loi d’orientation relative à l’autonomisation économique des femmes. 
Le Président de la République a insisté sur le consensus dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de gestion des ressources en hydrocarbures. Il a félicité le Gouvernement, notamment le Ministre chargé de l’Energie et du Pétrole et l’ensemble des acteurs nationaux publics et privés qui participent au dynamisme et à la gouvernance de ce secteur économique hautement stratégique dont la gestion est placée sous le double sceau de la transparence et de la redevabilité. Dans cette phase cruciale de reprise en main de nos ressources naturelles, minières, pétrolières et gazières en particulier et de basculement progressif de certaines centrales de SENELEC vers le gaz, il a demandé au Premier Ministre de veiller à la bonne exécution des contrats signés avec nos partenaires mais également d’assurer une gouvernance optimale du secteur avec l’implication de toutes les parties prenantes publiques comme privées. Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, réaffirmé son attachement au développement du contenu local avec l’accompagnement de l’Etat pour la promotion de champions nationaux dans le secteur pétrolier et gazier. Il a, en outre, signalé l’impératif de dresser le bilan du Fonds de stabilisation et du Fonds intergénérationnel dont la gestion est confiée par mandat au FONSIS. En définitive, il a demandé au Ministre en charge de l’Energie et du Pétrole, au Ministre des Finances et du Budget, au Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération et au Secrétariat permanent du Comité d’Orientation Stratégique du Pétrole et du Gaz (COS-PETROGAZ) de préparer, sous la supervision du Premier Ministre, la première réunion de l’organe, sous son magistère, avant fin juillet 2025, en présence des membres désignés et de toutes les représentations du secteur privé national. 
La relance de l’enseignement de nos langues nationales et des programmes d’alphabétisation et de consolidation des Daara dans le système éducatif reste une des préoccupations du Président de la République. Il a demandé au Ministre de l’Education nationale et au Ministre chargé de l’Alphabétisation, d’engager avec les acteurs, une évaluation concertée et une redynamisation soutenue des politiques d’alphabétisation et de promotion de l’enseignement des langues nationales. En effet, l’alphabétisation dans nos langues nationales est un facteur essentiel de consolidation de notre souveraineté. A ce titre, il a indiqué au Ministre de l’Education nationale la nécessité de faire le point sur l’enseignement des langues nationales codifiées et la promotion de leur usage courant (lecture et écriture) dans tous les secteurs de la vie institutionnelle, administrative, académique, économique et sociale. 
Par ailleurs, il s’est félicité du lancement, hier, des travaux des Assises nationales des Daara. 
Ces concertations inclusives permettront la mise en œuvre consensuelle de plans d’action multisectoriels afin de mieux intégrer les Daara dans les systèmes éducatif et économique de notre pays. 
Enfin, au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a fait le point sur sa participation, le 12 mai 2025 à Abidjan, à l’édition 2025 de l’Africa CEO Forum où il a rencontré plusieurs investisseurs internationaux qui souhaitent développer des projets et des partenariats gagnant- gagnant avec le Sénégal dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation « Vision Sénégal 2050 ». 
Dans sa communication, le Premier Ministre s’est appesanti sur la prise en charge des 
entreprises en difficulté et la modernisation de l’administration publique. 
Concernant la prise en charge des entreprises en difficulté, le Premier Ministre, après avoir souligné le rôle central des entreprises du secteur parapublic dans le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale et de la création des emplois, s’est penché sur leurs difficultés dont les causes sont liées à la mauvaise gouvernance et à des choix stratégiques hasardeux les plaçant en dehors de toute dynamique de performance. Le Premier Ministre a rappelé l’adoption d’un plan d’action destiné à assurer la sauvegarde et la relance des deux principaux opérateurs publics des Transports aériens que sont AIBD SA et Air Sénégal SA, à travers les décisions issues du Conseil interministériel du jeudi 03 avril 2025. Le Premier Ministre a instruit les départements ministériels concernés de s’assurer d’un suivi régulier desdites décisions en vue d’une gestion rigoureuse et performante du processus de relance de ces entités. Le Premier Ministre a également demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement et au Ministre des Finances et du Budget de procéder à la relance du Comité interministériel de Suivi et de Restructuration des entreprises publiques et parapubliques et la mise en place du Fonds de Relance pour la restructuration des sociétés publiques et des sociétés à participation publique majoritaire. Le Premier Ministre a, enfin, insisté sur la nécessité d’adopter une nouvelle politique en rupture avec les modes de gestion du passé. 
S’agissant de la modernisation de l’administration publique, le Premier Ministre a rappelé que celle-ci constitue le principal levier de mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050 déclinée dans l’Agenda national de Transformation. A cet égard, sa transformation et sa modernisation sont déterminantes pour l’avènement d’un service public efficient. Pour ce faire, le Premier Ministre a indiqué les mesures à prendre en vue d’accélérer la digitalisation et l’optimisation des procédures et la professionnalisation des ressources humaines de l’Etat, notamment des gestionnaires et managers publics. Le Premier Ministre a enfin insisté sur le renforcement de capacités portant sur la conduite du changement, l’efficacité administrative, la déontologie et la conscience professionnelle afin de construire une véritable administration de développement, disposant des piliers nécessaires à la réalisation de la Vision Sénégal 2050. 
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : 

  • le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication sur l’organisation du Congrès mondial des aires marines protégées prévu en 2027 à 
    Dakar:
  • le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait le point sur la situation des conventions de partenariat pour la livraison des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ).

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
Le Conseil a examiné et adopté : 
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier les protocoles portant amendement des articles 50 alinéa a et 56 de la convention relative à l’aviation civile internationale signés à Montréal le 06 octobre 2016.

Dialogue national : Babacar Fall du GRADEC invite l’opposition à participer pour faire avancer la démocratie

À deux semaines de l’ouverture officielle du dialogue national prévu du 28 mai au 4 juin 2025, les appels à une participation large et inclusive se multiplient. Ce lundi, lors d’une rencontre à Dakar, trois structures de la société civile – l’ONG 3D, le COSCE et le GRADEC – ont annoncé leur volonté d’y prendre une part active. Elles ont exprimé leur détermination à contribuer aux discussions à travers des propositions concrètes, centrées sur les réformes politiques et électorales.

Parmi les intervenants, Babacar Fall, secrétaire général du Groupe de recherche et d’appui conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), a lancé un appel clair à l’endroit des partis d’opposition qui ont fait part de leur intention de boycotter les travaux. Selon lui, refuser de participer à un cadre aussi crucial pour la vie démocratique du pays est une erreur stratégique. Il a insisté sur le fait qu’il est possible d’être en désaccord tout en prenant part au processus.

« Nous l’avons toujours dit, la politique de la chaise vide n’est pas une bonne chose. On n’est pas obligé d’être d’accord sur tout. Même si on n’est pas d’accord, le minimum, c’est de venir exprimer ses préoccupations dans la diversité, dans le respect. C’est ça qui fait avancer la démocratie », a déclaré Babacar Fall.

Le secrétaire général du GRADEC a également souligné que ce dialogue national devait être le plus inclusif possible. Il a invité toutes les parties prenantes de la vie nationale – qu’il s’agisse des syndicats, des personnalités politiques indépendantes ou des mouvements citoyens – à répondre favorablement à l’appel lancé par le président de la République. Pour Babacar Fall, l’absence de certaines forces vives du pays priverait le dialogue de sa richesse et de sa représentativité.

« Nous profitons de cela pour lancer un appel à l’ensemble des parties prenantes, que ce soit syndicat, personnalité politique indépendante ou mouvement citoyen, pour que ce dialogue-là soit le plus inclusif possible, pour que les gens puissent répondre à l’appel du Président », a-t-il poursuivi.

Babacar Fall ne désespère pas de voir les partis réticents changer de position. Il estime que la société civile a encore un rôle à jouer pour favoriser le rapprochement entre les différentes sensibilités politiques. « Maintenant, s’ils ne sont pas d’accord, qu’ils puissent exprimer de vive voix leur désaccord. C’est ça qui fait avancer la démocratie. Je ne désespère pas que, d’ici là, avec les initiatives que la société civile ne manquera pas de prendre, on puisse vraiment ramener les boycotteurs à de meilleurs sentiments », a-t-il lancé.

Il a aussi rappelé que ce dialogue intervient à un moment opportun pour le Sénégal, dans un contexte où les réformes sont attendues aussi bien sur le plan institutionnel qu’électoral. Pour lui, une démocratie ne se fige pas dans une perfection théorique : elle se construit, s’améliore et se réajuste en permanence à partir de l’expérience, des pratiques et des attentes des citoyens.

« Si ce dialogue intervient en ce moment, ce n’est que bénéfice pour nous. Cela nous permettra de baliser le terrain et de discuter pour voir également comment arriver à parfaire notre système démocratique. On a beau faire des réformes, une démocratie n’est jamais parfaite. Il faut tout le temps l’améliorer en partant de la pratique et de l’existant », a conclu Babacar Fall.

Les trois organisations – ONG 3D, COSCE et GRADEC – ont déjà entamé un travail préparatoire. Elles ont commencé à étudier en profondeur les termes de référence du dialogue national, qui ont été largement partagés. Elles entendent s’approprier le contenu de ces documents de base et contribuer à enrichir les thématiques par des apports concrets, issus de leur expertise et de leur ancrage dans les réalités sociales du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°463 – 13/05/2025

🔴 CÔTE D’IVOIRE / FORUM AFRICA CEO 2025 : DIOMAYE MISE SUR LE POTENTIEL SÉNÉGALAIS
🔴 DIALOGUE NATIONAL DU 28 MAI : FORTE MOBILISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

🔴 LIGUE 1 (23E J.) / VICTORIEUSE CONTRE GÉNÉRATION FOOT : GORÉE DANS LE RÉTROVISEUR DU JARAAF
🔴 SACCAGE DU BUS DU JARAAF : L’AS PIKINE SE DÉDOUANE ET PORTE PLAINTE

Africa CEO Forum 2025 : Le président Diomaye Faye en concertation avec ses homologues africains à Abidjan

À l’occasion de l’édition 2025 de l’Africa CEO Forum, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu, en marge de la cérémonie d’ouverture, avec ses homologues ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, et mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Ces rencontres bilatérales se sont tenues ce lundi à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où se déroule ce sommet incontournable du secteur privé africain.

Le président Diomaye Faye a pris part à l’ouverture officielle de ce forum annuel aux côtés de plusieurs autres dirigeants du continent, dont Paul Kagame du Rwanda et Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud. Leur présence témoigne de l’importance stratégique accordée à cette plateforme de dialogue et de coopération économique.

Lors de son allocution d’ouverture, le président Alassane Ouattara a mis en lumière les opportunités offertes par l’intelligence artificielle pour le continent africain. Il a souligné le rôle déterminant de la jeunesse dans ce domaine en pleine expansion, appelant à un soutien accru pour favoriser son engagement. Selon lui, le moment est venu pour l’Afrique de concevoir, dans un esprit de synergie entre les secteurs public et privé, des solutions concrètes et audacieuses adaptées aux réalités du continent.

Il a exprimé le souhait que ce forum soit un véritable « moment de vérité et d’engagement », et a réitéré son ambition de voir émerger une nouvelle génération de champions économiques africains, citant les efforts consentis par la Côte d’Ivoire pour soutenir l’essor de son tissu entrepreneurial.

La participation du président Bassirou Diomaye Faye à cette édition du forum illustre l’intérêt croissant du Sénégal pour les dynamiques économiques continentales. Elle traduit aussi sa volonté de renforcer les échanges sud-sud dans un contexte où la transformation structurelle, la digitalisation et l’industrialisation sont plus que jamais au cœur des enjeux de développement.

Créé en 2012 par le Jeune Afrique Media Group, en partenariat avec la Société financière internationale (IFC), l’Africa CEO Forum s’est imposé comme un rendez-vous de référence pour les décideurs économiques du continent. Il réunit chaque année des chefs d’entreprise, des investisseurs, des responsables politiques et des représentants d’institutions financières pour promouvoir une croissance inclusive et durable à l’échelle africaine.

Africa CEO Forum 2025 : Bassirou Diomaye Faye affiche sa vision d’une souveraineté numérique stratégique

À l’occasion de l’Africa CEO Forum 2025, qui s’est tenu à Abidjan les 11 et 12 mai, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a dévoilé une vision claire et résolue : faire du numérique un pilier de la transformation économique et sociale du Sénégal. Présent à ce rendez-vous incontournable des décideurs africains, il a exposé les grands axes de sa stratégie en matière de souveraineté numérique, une ambition qu’il juge prioritaire et incontournable.

Interpellé sur la manière dont il envisage la souveraineté numérique dans un contexte d’ouverture aux opérateurs internationaux, le chef de l’État a souligné que cette démarche ne vise pas l’isolement mais plutôt la maîtrise stratégique des enjeux technologiques. Selon lui, l’Afrique ne peut se permettre de rater la révolution numérique, après avoir manqué les précédentes transformations majeures du monde. C’est pourquoi il entend placer le Sénégal à l’avant-garde de cette dynamique continentale.

Le président Faye a structuré sa vision autour de trois axes fondamentaux : le contrôle des infrastructures numériques, la montée en compétences des ressources humaines locales, et l’adaptation du cadre réglementaire. Il a tenu à rassurer les partenaires internationaux en précisant que cette approche ne signifie ni repli ni autarcie, mais vise à établir des partenariats équilibrés et respectueux de la souveraineté des États africains, en particulier en ce qui concerne la gestion des données.

Parmi les projets phares annoncés figure la création de datacenters souverains au Sénégal, qui permettront de sécuriser les données nationales tout en renforçant l’indépendance technologique du pays. Cette initiative s’inscrit dans un programme plus large de formation de la jeunesse et de renforcement des compétences locales dans le domaine du numérique. Pour le président sénégalais, la donnée est devenue un levier décisif pour la prise de décision publique et un enjeu de souveraineté à part entière.

Abordant la question du financement, Bassirou Diomaye Faye a reconnu l’importance des investissements nécessaires pour concrétiser cette vision. Il a estimé à 1,7 milliard de dollars le montant global du « nouveau deal technologique » du Sénégal, un plan qui nécessite une mobilisation à la fois de capitaux publics et privés. Le président mise ainsi sur des partenariats public-privé pour bâtir une économie numérique solide et durable.

Il a conclu en insistant sur l’importance de s’approprier les infrastructures, non seulement pour les exploiter pleinement, mais aussi pour garantir la souveraineté sur les données nationales. Ce modèle de coopération, selon lui, doit se fonder sur un cadre légal strict, garant de l’intérêt national, tout en valorisant l’expertise locale et en attirant des partenaires étrangers prêts à s’engager dans une relation de confiance et de transparence.

Forum Africa CEO 2025 : Le président Diomaye Faye renforce l’attractivité économique du Sénégal

Présent à Abidjan pour le prestigieux forum Africa CEO 2025, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis à profit ce grand rendez-vous du secteur privé africain pour dérouler sa diplomatie économique. Ce lundi 12 mai, en marge de la cérémonie d’ouverture qui a réuni plus de 2 500 dirigeants d’entreprise, le chef de l’État a accordé deux entretiens stratégiques à fort potentiel économique pour le Sénégal.

La première audience a été accordée à Marco Arcelli, PDG du groupe Acwa Power, spécialisé dans la production d’énergie et le dessalement de l’eau. Les discussions ont porté sur d’éventuels projets d’envergure dans le domaine énergétique, un secteur clé pour le développement du Sénégal. Le président Diomaye a mis en avant les ambitions de son gouvernement en matière de transition énergétique et d’indépendance électrique, insistant sur les opportunités d’investissements durables et innovants.

Le second entretien s’est tenu avec Raley White, vice-président du groupe Yango, un acteur incontournable de la technologie et du transport intelligent. La rencontre a été l’occasion d’aborder les perspectives de coopération dans les domaines de la mobilité urbaine, des plateformes numériques et de l’innovation technologique. Le président a exprimé son intérêt pour les solutions de transport adaptées aux besoins urbains croissants du Sénégal et pour un transfert de savoir-faire au profit de la jeunesse sénégalaise.

À travers ces deux audiences ciblées, Diomaye Faye réaffirme sa volonté de faire du Sénégal une destination de choix pour les investissements structurants. Sa participation active au forum Africa CEO témoigne également d’un positionnement clair en faveur de l’intégration économique africaine et de la coopération Sud-Sud.

Dialogue politique : « Une perte de temps ! » selon Yoro Dia, qui accuse le pouvoir de vouloir renforcer Ousmane Sonko

L’appel au dialogue lancé par le président Bassirou Diomaye Faye continue de diviser la classe politique sénégalaise. Ce dimanche, sur les ondes de la RFM, Yoro Dia, ancien ministre porte-parole de la présidence et politologue reconnu, a vivement critiqué l’initiative, qu’il considère comme « une perte de temps ». Selon lui, l’objectif inavoué de cette démarche est de consolider davantage le pouvoir du Premier ministre Ousmane Sonko.

« Il s’agit d’un dialogue pour donner au Premier ministre plus de pouvoir parce qu’il est légitime », a lancé Yoro Dia, dénonçant une tentative de remodeler le système institutionnel sénégalais en fonction des ambitions d’un homme.

L’ancien conseiller en communication de la présidence défend le maintien du régime semi-présidentiel actuel, qu’il qualifie de « bon système » à consolider, plutôt que de l’affaiblir au profit d’un régime parlementaire. Pour lui, l’ordre institutionnel ne doit pas être sacrifié sur l’autel des ambitions politiques.

Plus tranchant encore, Yoro Dia estime que les priorités actuelles du pays ne se situent pas dans les réformes politiques, mais dans les urgences économiques. Il fustige ce qu’il qualifie de diversion politique : « Au Sénégal, il ne s’agit ni de questions de démocratie ni de questions électorales… mais plutôt de l’économie qui est aujourd’hui à l’arrêt ».

À ce titre, il rejoint en partie les propos d’Ousmane Sonko lui-même, qu’il cite à l’appui : « Le Sénégal n’a pas de problème politique, mais plutôt économique », rappelant les mots du Premier ministre lors de son discours au Grand Théâtre.

Poursuivant sa charge contre le pouvoir en place, Yoro Dia a critiqué sévèrement la posture du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, dénonçant une logique de fermeture au débat : « Ousmane Sonko affirme qu’il n’y a pas matière à s’opposer. C’est pourquoi j’attire souvent l’attention sur la nature du Pastef. En réalité, c’est un parti fanatique qui ne cherche pas à convaincre. »

Selon lui, une opposition digne de ce nom est désormais difficile à définir, allant jusqu’à qualifier les adversaires politiques du pouvoir de simples « résidus ».

Les propos de Yoro Dia interviennent dans un contexte où plusieurs partis et figures de l’opposition ont déjà décliné leur participation au dialogue national. Cette nouvelle sortie publique pourrait renforcer les scepticismes et tensions autour d’un processus qui se veut pourtant inclusif et apaisé.

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