Le FMI affine son évaluation sur la soutenabilité de la dette du Sénégal : un examen décisif pour l’avenir économique du pays

Le Fonds monétaire international (FMI) poursuit une analyse approfondie de la situation financière du Sénégal, un exercice décisif pour la relance d’une coopération financière suspendue depuis plus d’un an. À Washington, la porte-parole du Fonds, Julie Kozack, a confirmé que les équipes du FMI et celles de la Banque mondiale travaillent conjointement à la finalisation d’une analyse actualisée de la viabilité de la dette sénégalaise.

Cet examen technique, connu sous le nom de Debt Sustainability Analysis (DSA), vise à mesurer la capacité du pays à honorer ses engagements financiers sans compromettre sa stabilité budgétaire. Selon Mme Kozack, les discussions en cours portent notamment sur « la dynamique de la dette » et sur « la crédibilité de la stratégie de financement » adoptée par les autorités sénégalaises depuis l’arrivée du nouveau gouvernement. Autrement dit, le FMI veut s’assurer que le Sénégal est en mesure de rembourser sa dette tout en maintenant une trajectoire de croissance soutenable.

Cette évaluation intervient dans un contexte économique et politique particulier. En 2024, le précédent programme d’aide du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu à la suite de la découverte d’une dette cachée de 7 milliards de dollars. Ces engagements financiers, contractés sous l’ancien régime, avaient gravement entamé la confiance des partenaires techniques et financiers, tout en exposant les fragilités de la gestion budgétaire du pays. Depuis lors, le Sénégal s’efforce de restaurer sa crédibilité sur la scène économique internationale, tout en maintenant un équilibre entre discipline financière et ambitions sociales.

Une mission du FMI s’est récemment rendue à Dakar afin d’approfondir les discussions avec les autorités. Cependant, selon plusieurs sources proches du dossier, aucun accord n’a encore été trouvé, la mission s’étant achevée sur des divergences concernant certaines projections macroéconomiques et le rythme d’ajustement budgétaire envisagé. Le retour à un programme formel avec le FMI dépendra donc des conclusions de cette analyse, qui devraient être présentées au conseil d’administration du Fonds dans les prochaines semaines.

Pour sa part, le Premier ministre Ousmane Sonko a adopté une position sans équivoque sur la question. Refusant toute perspective de restructuration ou de renégociation, il a déclaré que le Sénégal « honorerait ses engagements sans renoncer à sa souveraineté économique ». Cette posture, qui s’inscrit dans une logique de fermeté et d’indépendance financière, a suscité des réactions contrastées. Si elle est perçue par une partie de l’opinion comme un acte de dignité nationale, certains experts y voient une stratégie risquée dans un contexte de tension sur les marchés financiers internationaux.

En effet, les investisseurs ont réagi avec prudence à ces déclarations. Les rendements des obligations sénégalaises à long terme ont connu une hausse, traduisant une montée du risque perçu, tandis que ceux des titres à plus court terme ont légèrement baissé. Cette réaction mitigée témoigne d’une certaine nervosité des marchés, qui attendent avec attention les conclusions de l’analyse du FMI avant de se repositionner sur les titres souverains du Sénégal.

Malgré les incertitudes, le FMI a tenu à rassurer les autorités sénégalaises. Julie Kozack a affirmé que « le personnel et la direction du Fonds ne demanderont pas de remboursement anticipé » dans le cadre du programme suspendu, une déclaration destinée à éviter toute spéculation sur une éventuelle crise de liquidité.

Dans l’attente de la décision finale du conseil d’administration, le gouvernement sénégalais continue de mettre en œuvre des mesures d’assainissement budgétaire. Les efforts portent sur la rationalisation des dépenses publiques, la priorisation des investissements productifs et la réduction du déficit budgétaire, afin de rétablir un équilibre durable entre croissance et soutenabilité financière.

Si le FMI conclut à une dette viable, le Sénégal pourrait bénéficier d’un nouveau programme d’appui, ouvrant la voie à un financement plus souple et à une meilleure crédibilité auprès des marchés internationaux. En revanche, si l’analyse met en évidence des vulnérabilités persistantes, le pays sera contraint d’adopter des réformes structurelles plus contraignantes pour corriger sa trajectoire budgétaire.

Sénégal – Vers un Budget 2026 axé sur la transparence et la consolidation économique

Le ministère des Finances et du Budget a lancé, ce mercredi matin, un atelier de partage de la lettre circulaire portant préparation du budget 2026. Présidée par Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de transparence et de bonne gouvernance budgétaire prônée par le gouvernement dans un contexte de redressement économique et social.

Selon le ministre, cet atelier de dialogue de gestion constitue un levier important de concertation et de transparence. Il intervient après les conférences de performance et de cadrage budgétaire 2026-2028, étapes essentielles dans l’élaboration du projet de budget de l’État.

La lettre circulaire, prise conformément à l’article 11 du décret 2019-120 du 16 janvier 2019, fixe les orientations générales de la politique budgétaire. Elle définit également les modalités de préparation des Documents de Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD) 2026-2028 et des Projets Annuels de Performance (PAP) des ministères et institutions.

Dans son allocution, Cheikh Diba a rappelé que le plan de redressement économique et social servira de boussole au référentiel national Sénégal 2050. Ce plan vise, entre autres, à réduire le déficit budgétaire, contenir la dette publique, améliorer l’efficacité de l’investissement public et stimuler la croissance économique, notamment grâce aux retombées attendues de l’exploitation des hydrocarbures.

Face aux constats de la Cour des comptes sur la situation budgétaire critique, le gouvernement a engagé une stratégie de rationalisation des dépenses. L’objectif est clair : tendre vers la norme communautaire de 3 % du PIB à l’horizon 2027. Pour y parvenir, l’État mise sur la digitalisation et l’optimisation de la commande publique, la réforme des procédures d’exécution budgétaire, la réduction de la taille du gouvernement ainsi que la mobilisation accrue de ressources domestiques et endogènes.

« L’État a aussi engagé un combat contre la corruption et le renforcement des institutions en vue de favoriser la bonne gouvernance et la transparence », a insisté le ministre, rappelant que la restauration des équilibres budgétaires doit se faire sans compromettre les missions essentielles de l’État.

Le ministre a exhorté ses services, dont la Direction générale du Budget (DGB), la Direction générale de la Planification et des Politiques économiques (DGPPE) et le Bureau opérationnel de coordination et de suivi (BOCS), à passer en revue les points de la lettre circulaire pour en partager les innovations et faciliter une meilleure appropriation.

Il a également invité à identifier les difficultés opérationnelles rencontrées dans la préparation budgétaire afin d’y apporter des solutions collectives.

À terme, les résultats de cet atelier devraient contribuer à améliorer la qualité des documents budgétaires, renforcer la fiabilité des données et préparer efficacement les conférences budgétaires à venir.

« Il s’agira de s’assurer que les propositions et choix retenus seront à la hauteur des attentes des populations », a conclu Cheikh Diba, soulignant que l’ambition du gouvernement reste de bâtir une économie stable, inclusive et souveraine.

Touba : Ousmane Sonko en visite surprise, 24 heures après la présentation de son plan de redressement économique

À peine 24 heures après avoir dévoilé le Plan de Redressement Économique et Social « Jubbanti Koom », le Premier ministre Ousmane Sonko a créé la surprise en se rendant ce samedi matin à Touba. Une visite non annoncée, qui témoigne de la volonté du chef du gouvernement de lier action politique et proximité territoriale, à l’approche du Grand Magal.

Accompagné du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Cheikh Tidiane Dièye, Ousmane Sonko a entamé sa tournée par une inspection de plusieurs sites stratégiques en préparation du Magal, événement religieux majeur prévu dans les prochaines semaines. Sur le terrain, le Premier ministre a tenu à constater de visu l’état d’avancement des travaux d’installations urgentes, notamment en matière d’hygiène, d’assainissement et d’infrastructures temporaires.

La visite s’est ensuite poursuivie à l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim, institution islamique d’enseignement supérieur située à proximité de la ville sainte. Sur place, Ousmane Sonko a pris part à la « Journée scientifique », un événement coorganisé par le Comité d’organisation du Grand Magal de Touba et le Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim pour l’Éducation et la Formation.

Ce rendez-vous académique met à l’honneur les avancées scientifiques et pédagogiques autour de la pensée mouride, ainsi que les défis liés à la formation des jeunes générations dans un monde en pleine mutation.

Crise économique au Sénégal : Sonko dévoile un plan de redressement ambitieux ce 1er août

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko présentera ce vendredi 1er août 2025, au Grand Théâtre de Dakar, un plan de redressement économique d’envergure. Ce rendez-vous crucial, tenu en présence du président Bassirou Diomaye Faye, intervient dans un contexte de crise financière aiguë et vise à rassurer autant les citoyens que les partenaires internationaux.

Depuis leur accession au pouvoir en mars 2024, le tandem Diomaye-Sonko fait face à une réalité budgétaire alarmante. Les audits des finances publiques commandités par le nouveau régime ont mis à nu l’ampleur de la dette contractée sous Macky Sall. Le Premier ministre Ousmane Sonko avait accusé l’ancien pouvoir d’avoir dissimulé une « dette cachée » estimée à 7 milliards de dollars entre 2019 et 2024. Le président Faye a confirmé ces révélations, précisant que le déficit budgétaire réel de 2023 dépassait les 10 % du PIB — soit le double du chiffre annoncé publiquement par l’ancien gouvernement.

Par ailleurs, la dette publique a été réévaluée à 8 300 milliards FCFA, soit 118 % du PIB, un niveau jugé insoutenable. Ces révélations ont porté un coup dur à la crédibilité financière du pays.

Face à cette dégradation des indicateurs macroéconomiques, les agences de notation n’ont pas tardé à réagir. En février 2025, Moody’s a rétrogradé la note souveraine du Sénégal de B1 à B3 avec une perspective négative. En juillet, Standard & Poor’s a enfoncé le clou en abaissant la note à B-, signalant que le pays affiche désormais le ratio dette/PIB le plus élevé parmi les États africains classés dans cette catégorie.

Dans la foulée, le Fonds monétaire international (FMI) a suspendu son programme de financement, ajoutant une pression supplémentaire sur les autorités sénégalaises, désormais contraintes de définir un cap clair pour redresser l’économie.

Le plan qui sera dévoilé ce vendredi s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Sénégal 2050, une vision stratégique de long terme. Il ambitionne de :

Réduire drastiquement le train de vie de l’État ; Réorienter les investissements vers des secteurs productifs comme l’agriculture et l’agro-industrie ; Promouvoir l’emploi à travers l’entrepreneuriat et l’économie sociale ; Rationaliser les dépenses publiques et supprimer les doublons administratifs.

L’économiste Mor Gassama, interrogé par nos soins, juge ce plan « pertinent » dans ses grandes lignes. Il souligne toutefois la nécessité d’un ciblage rigoureux :

« Il faut aller à l’essentiel. Produire localement pour réduire la dépendance, recentrer les priorités de la Stratégie nationale de développement, et adopter une discipline budgétaire sans faille. »

Alors que les prix augmentent, que le chômage pèse sur les jeunes, et que les caisses de l’État sont exsangues, le gouvernement joue gros. Ce plan de redressement ne devra pas seulement convaincre les partenaires techniques et financiers. Il devra surtout envoyer un signal fort à la population : celui d’un nouveau départ, basé sur la transparence, la rigueur et l’ambition nationale.

Certains experts, plus prudents, estiment qu’une révision ciblée des projets en cours aurait suffi, sans nécessairement repenser entièrement la trajectoire économique. Le choix d’un redressement global traduit toutefois la volonté politique du gouvernement de rompre avec les pratiques du passé.

Note souveraine abaissée : l’État sénégalais réaffirme sa résilience économique et sa volonté de réformes

Après la dégradation de sa note de crédit par S&P, le ministère des Finances insiste sur sa trajectoire de consolidation budgétaire, la transparence des données et la solidité de son plan de financement.

Malgré la décision de l’agence de notation S&P Global Ratings d’abaisser la note souveraine du Sénégal de « B » à « B- » avec perspective négative, le gouvernement sénégalais ne cède ni à la panique ni à la résignation. Dans un communiqué transmis à la presse, le ministère des Finances et du Budget, dirigé par Cheikh Diba, affirme avoir pris acte de cette décision tout en réitérant son engagement ferme en faveur d’une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques.

L’abaissement de la note, survenu le 14 juillet 2025, s’explique selon S&P par la forte hausse de la dette publique, estimée à 118 % du PIB en 2024, et par la persistance de déficits budgétaires élevés. Ces chiffres placeraient le Sénégal parmi les pays les plus endettés du continent africain, selon l’agence américaine.

Cependant, le ministère sénégalais relativise cette appréciation en soulignant que ces chiffres reposent sur des données provisoires, publiées dans un souci de transparence accrue. Ces données ont été consolidées avec l’appui d’un cabinet international indépendant, dans le cadre d’un vaste exercice de fiabilisation de la dette publique.

Parmi les éléments de contexte fournis par les autorités, figure l’annonce prochaine d’un exercice de rebasage du PIB, en préparation depuis plusieurs mois. Celui-ci permettra, selon le ministère, de mieux refléter la taille réelle de l’économie sénégalaise. Ce recalibrage statistique pourrait mécaniquement améliorer le ratio dette/PIB, aujourd’hui jugé préoccupant par les agences de notation.

Par ailleurs, le ministère assure que les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) se poursuivent dans un esprit de « coopération proactive ». L’enjeu principal reste la clarification du dossier de « misreporting » (fausse déclaration de données), avec pour objectif une réunion prochaine du Conseil d’administration du FMI.

Toutes les données issues de l’exercice de réconciliation budgétaire ont été partagées avec le FMI, preuve selon le gouvernement de sa volonté de travailler en toute transparence avec les partenaires techniques et financiers.

Malgré les turbulences, le Sénégal continue de mobiliser des ressources financières pour soutenir ses priorités économiques. Depuis le début de l’année, le ministère des Finances a levé des fonds substantiels, à la fois sur le marché régional et auprès d’investisseurs étrangers. Deux appels publics à l’épargne ont également été couronnés de succès, signe d’un maintien de la confiance des marchés dans la signature sénégalaise.

Le gouvernement prépare déjà sa stratégie budgétaire pour l’année 2026. Celle-ci s’inscrit dans une logique de prévision à moyen terme et repose sur trois principes majeurs : la responsabilité, la rigueur et la transparence. L’ensemble de cette stratégie est supervisé au plus haut niveau de l’État, selon le ministère.

Dans un contexte international incertain, exacerbé par des tensions géopolitiques et des hausses de taux d’intérêt mondiaux, l’État sénégalais reste mobilisé pour garantir la stabilité macroéconomique et sociale du pays. Le ministère conclut son communiqué en renouvelant son engagement à dialoguer avec tous les partenaires, nationaux comme internationaux, et à poursuivre les réformes structurelles indispensables à une croissance inclusive et durable.

Sénégal – 26 ans de l’AFP : Mbaye Dione alerte sur une situation économique et démocratique préoccupante

À l’occasion du 26e anniversaire de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), célébré ce week-end à Dakar, le secrétaire général du parti, Mbaye Dione, a dressé un constat alarmant de l’état économique, social et institutionnel du Sénégal sous l’ère de la troisième alternance. Placée sous le thème : « Situation économique et financière actuelle du Sénégal : Responsabilités et propositions de solutions », cette journée de réflexion a été marquée par des interventions critiques et des appels à une prise de conscience nationale.

Dans son allocution d’ouverture, Mbaye Dione n’a pas mâché ses mots. Selon lui, le Sénégal traverse une période de grandes turbulences économiques, aggravées par des incertitudes financières et diplomatiques. Il a notamment souligné que le pays fait face à un « arrêt des financements de nombreux bailleurs extérieurs, dont le FMI », conséquence directe, selon lui, d’un débat mal maîtrisé sur la dette publique.

Faute de financements à long terme, l’État aurait recours à des emprunts à court terme uniquement pour couvrir les dépenses courantes, sans pouvoir lancer de projets structurants. « Aucun projet majeur d’investissement n’est lancé par ce régime », a-t-il regretté, pointant une agonie du secteur primaire et une paralysie des grands chantiers du BTP dans tout le pays.

Au-delà de l’économie, Mbaye Dione a également critiqué la gestion de la politique étrangère du Sénégal. Selon lui, « la diplomatie bat de l’aile », comme en témoignent les nombreux échecs de candidatures sénégalaises à des postes de responsabilité au sein des institutions internationales. Il a par ailleurs dénoncé « une confusion de rôles entre le Premier ministre et le Président de la République », rappelant que ce dernier reste le garant constitutionnel de la politique diplomatique.

Le responsable de l’AFP a également pointé un climat social de plus en plus tendu. Il évoque « des milliers de licenciements » liés à la suspension des travaux dans les secteurs publics et privés, et un malaise grandissant parmi les travailleurs, les syndicats et la jeunesse.

Mbaye Dione n’a pas éludé la question des droits humains. Selon lui, le pays connaît un net recul démocratique marqué par des « arrestations arbitraires » et une « chasse aux dignitaires de l’ancien régime » menée au nom de la reddition des comptes. Il a mis en garde contre la tentation de transformer cet impératif de justice en instrument de règlement de comptes politiques.

Reprenant les enseignements de Moustapha Niasse, fondateur de l’AFP, il a souligné que « la mise en garde contre la patrimonialisation de l’État et la recherche effrénée de prébendes conserve toute sa pertinence ». Il a appelé au respect des principes fondamentaux de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs.

En conclusion, Mbaye Dione a justifié le choix du thème de la conférence en insistant sur « l’urgence de poser le débat sur les véritables préoccupations des Sénégalais, d’ici et d’ailleurs ». Il a estimé que la gravité de la situation commande un changement d’approche de la part des gouvernants. « Des solutions doivent être laissées à l’appréciation des tenants du pouvoir », a-t-il conclu, dans un appel mesuré mais ferme à plus de lucidité et de responsabilité.

Anta Babacar Ngom au Dialogue national : une voix ferme pour un sursaut démocratique et économique

Lors de la séance inaugurale du Dialogue national tenue ce mercredi 28 mai 2025 au Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), la députée et cheffe de parti Anta Babacar Ngom s’est illustrée par une intervention aussi lucide que percutante. Dans une salle comble réunissant les principales forces vives de la nation, la présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) a appelé à recentrer le débat politique autour des enjeux essentiels du pays : la démocratie, l’économie et la représentativité.

Prenant la parole devant le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et plusieurs figures de la classe politique et de la société civile, Anta Babacar Ngom a d’abord appelé à l’élévation du débat politique national. « Le débat politique doit être assaini, chaque parti doit assumer la responsabilité de cadrer ses militants », a-t-elle martelé, insistant sur la nécessité d’instaurer une culture démocratique fondée sur le respect et le dialogue.

Sur le thème central de la reddition des comptes, largement porté par le nouveau régime, la députée a exprimé son adhésion de principe tout en mettant en garde contre une instrumentalisation du processus. « Nous souhaitons une reddition des comptes. Elle ne doit pas non plus occulter l’essentiel : l’attente des populations », a-t-elle affirmé. Reconnaissant les contraintes d’un premier exercice de courte durée au pouvoir, elle a néanmoins lancé un appel clair au président Faye : « Il est vrai que vous ne pouviez faire de magie en un an de mandat, mais il est temps de passer à l’action. »

L’un des moments forts de son intervention a été la proposition de convoquer des États Généraux de l’économie. Une initiative que la cheffe de l’ARC présente comme un levier stratégique pour refonder le modèle économique sénégalais : « Je vous propose d’organiser des États Généraux pour relancer notre économie et repenser notre modèle », a-t-elle déclaré, saluée par une partie de l’assistance.

Fidèle à son engagement pour l’égalité des chances, Anta Babacar Ngom a aussi mis en lumière la sous-représentation persistante des femmes dans les sphères de décision politique. « Il faut également, Monsieur le Président, une meilleure représentativité des femmes dans nos instances politiques », a-t-elle plaidé, soulignant la nécessité d’un renforcement effectif de la parité dans les institutions.

Enfin, répondant à la récente déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, qui qualifiait l’opposition de « résiduelle », la députée a répliqué avec fermeté : « L’opposition n’a rien de résiduel, elle est vivante. » Une prise de position qui reflète les tensions encore palpables entre le pouvoir et une opposition déterminée à se faire entendre, même dans un cadre d’ouverture comme celui du dialogue national.

Le Président Diomaye Faye reçoit une délégation du FMI pour discuter de la situation économique du Sénégal

Le Président Bassirou Diomaye Faye a reçu ce mardi 25 mars 2025 une délégation du Fonds Monétaire International (FMI) au Palais présidentiel. La mission était conduite par Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, accompagné de Majdi Debbich, représentant résident de l’institution à Dakar. Cette rencontre intervient alors que le Sénégal traverse une période économique délicate, notamment avec les récentes révélations sur la dette cachée sous l’ancien régime.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, son gouvernement fait face à d’importants défis financiers. L’un des points les plus sensibles concerne la suspension du programme d’aide du FMI, après que l’institution a révélé l’existence de 7 milliards de dollars de dette non déclarée entre 2019 et 2024 sous la présidence de Macky Sall. Cette découverte a contraint le FMI à geler le programme de financement du Sénégal, en attendant des clarifications sur la situation budgétaire du pays.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a déjà évoqué ces irrégularités et demandé un audit approfondi des finances publiques. De son côté, le FMI a insisté sur la nécessité de corriger les fausses déclarations avant toute nouvelle discussion sur un programme d’appui financier.

Lors de cette audience, plusieurs sujets cruciaux ont été abordés :

  • La clarification des finances publiques : Le gouvernement sénégalais doit apporter des éléments de réponse sur la gestion des 4000 milliards de FCFA de dette cachée et les mesures prévues pour redresser la situation.
  • Le maintien de la coopération avec le FMI : Malgré les tensions autour de la dette, le Sénégal cherche à renégocier un accord financier avec le FMI pour assurer la stabilité de ses finances publiques.
  • Les réformes économiques prioritaires : Le président Diomaye Faye veut mettre en place une nouvelle politique économique, axée sur la souveraineté financière et la transparence budgétaire.

Si le FMI salue la volonté du nouveau gouvernement de faire la lumière sur les comptes publics, l’institution attend des engagements concrets avant de débloquer de nouveaux financements. L’enjeu est donc de rassurer les partenaires économiques internationaux tout en préservant l’indépendance financière du Sénégal.

Sénégal : Une relance économique compromise sous le poids du FMI

Depuis le gel brutal de l’aide du Fonds Monétaire International (FMI) en octobre 2024, le Sénégal traverse une période d’incertitude économique et politique sans précédent. Cette décision, provoquée par un audit révélant des irrégularités dans les données budgétaires transmises par l’ancien régime, place le pays dans une situation délicate. Dans une enquête approfondie, Africa Intelligence met en lumière les défis économiques du gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, alors que le pays de la Teranga peine à rétablir sa crédibilité sur la scène internationale.

L’audit mené par le gouvernement Faye a révélé que les chiffres de la dette et du déficit, fournis sous le second mandat de Macky Sall, avaient été sous-estimés. Ce rapport, bien qu’applaudi pour sa transparence, a conduit au gel d’un prêt crucial de 1,8 milliard de dollars, convenu initialement entre Dakar et le FMI. À ce jour, 770 millions de dollars ont déjà été décaissés, mais le FMI n’exclut pas d’exiger leur remboursement. Un porte-parole de l’institution de Bretton Woods a confirmé que « le conseil d’administration du FMI n’a pas encore pris de décision sur la demande de remboursement des prêts dont le Sénégal a bénéficié sur la base de données erronées ou sur l’octroi d’une dérogation ».

Face à ce gel, le président Bassirou Diomaye Faye a misé sur une tournée diplomatique dans le Golfe en décembre 2024. Lors de ses rencontres avec les représentants des Émirats arabes unis et du Qatar, notamment le Qatar Fund for Development et l’Abu Dhabi Fund for Development, il a cherché à promouvoir son ambitieux plan de développement « Sénégal 2050 ». Cependant, selon Africa Intelligence, aucun engagement concret n’a été obtenu. Les responsables qataris et émiratis ont exprimé leurs doutes sur les perspectives économiques du Sénégal, pointant du doigt l’absence de programme avec le FMI comme un obstacle majeur à leur implication.

Malgré ces revers, le gouvernement Faye tente de regagner la confiance des bailleurs de fonds. En décembre 2024, il a présenté un projet de loi de finances 2025 qui prévoit une augmentation des recettes fiscales afin de réduire le déficit public. Ce plan a été salué par le FMI pour ses ambitions budgétaires. Cependant, l’institution s’est montrée plus réservée face au maintien des subventions énergétiques, qu’elle considère comme un frein aux réformes structurelles nécessaires.

Pour combler le manque de liquidités, le Sénégal a eu recours à des euro-obligations. Avec l’aide de JP Morgan, le gouvernement a levé plus d’un milliard de dollars sur les marchés internationaux. Bien que cette stratégie ait offert un répit financier immédiat, elle s’avère coûteuse. Les titres ont été émis à des taux d’intérêt oscillant entre 6 % et 7 %, mais la plupart des investisseurs ont finalement exigé des coupons proches de 10 %, selon les révélations d’Africa Intelligence. Cette dette, déjà élevée, compromet les marges de manœuvre de Dakar pour financer ses projets à long terme.

Le Sénégal ne fait pas face à ses défis économiques seul. En novembre 2024, Mary Catherine Phee, sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires africaines, s’est rendue à Dakar avec une délégation d’investisseurs américains. Lors de cette visite, elle s’est entretenue avec Bassirou Sarr, conseiller du ministre des Finances Cheikh Diba. Diplômé en mathématiques du Carleton College aux États-Unis, Bassirou Sarr supervise les émissions d’eurobonds pour le gouvernement. Cette visite, bien qu’encourageante, n’a pas encore conduit à des investissements significatifs.

Selon les estimations, les négociations formelles avec le FMI pourraient reprendre d’ici juin 2025, une fois que l’audit sera validé par la Cour des comptes sénégalaise. Cependant, la méfiance des investisseurs et l’incertitude entourant un éventuel remboursement des sommes déjà décaissées restent des obstacles majeurs. Le FMI, de son côté, semble divisé : certains de ses cadres jugent peu opportun de sanctionner un gouvernement qui a fait preuve de transparence, mais aucune position officielle n’a encore été adoptée.

Pour le président Faye et son gouvernement, la pression est à son comble. Naviguer entre exigences internationales, tensions sociales et ambitions nationales s’apparente à une course contre la montre. Les prochains mois seront décisifs pour définir si le Sénégal peut surmonter cette crise et redevenir un modèle économique en Afrique de l’Ouest.

Kaolack / Taïba Niassène : 1ère édition du forum économique de Taïba Niassène 2025

Pour apporter des solutions à la problématique de l’agriculture au Sénégal, mais aussi pour raviver l’initiative “Toole Baye”, l’Association Jamhiyatu Ansaarrudi Sénégal (JADS) a organisé, ce mercredi, un forum économique à Taïba Niassène.

« Aujourd’hui, nous sommes à Taïba Niassène dans le cadre d’une activité extrêmement importante. Il s’agit d’un forum organisé ce matin et consacré à l’agriculture, en prélude au Gamou annuel prévu le 18 janvier 2025. L’association Jamhiyatu Ansaarrudi Sénégal (JADS) a pris l’initiative de mobiliser tous les acteurs de développement, notamment ceux évoluant dans le secteur agricole, avec la participation des structures d’encadrement, de financement et de formation, afin d’accompagner les populations sur les opportunités qu’offre ce forum », a expliqué Pape Massaër Diop, sous-préfet de l’arrondissement de Paoskoto.

Ce forum a également été l’occasion de mettre en lumière la vision de Cheikh Ibrahima Niasse, qui anticipait déjà sur le développement agricole à l’horizon 2050. Cette perspective est en harmonie avec les orientations stratégiques des nouvelles autorités sénégalaises pour un développement socio-économique, où l’agriculture occupe une place centrale. L’État du Sénégal s’est engagé à soutenir cette initiative de l’association JADS, a souligné le sous-préfet.

Amadou Samb, administrateur de l’association JADS, a précisé les objectifs du forum :

« Ce forum vise à contribuer au développement de l’activité économique dans le département de Nioro du Rip et, plus largement, au Sénégal. Cela, en conformité avec la vision de notre guide spirituel, Cheikh Elhadji Ibrahima Niasse, mais aussi avec celle des autorités sénégalaises. »

Le forum s’est articulé autour de quatre panels principaux :

1. Les mécanismes d’encadrement ;

2. Les mécanismes de financement des activités économiques ;

3. Les mécanismes de formation ;

4. Les potentialités agricoles, illustrées notamment par “Toole Baye Niasse”.

« Il s’agit de migrer vers une agriculture de précision, résiliente face aux défis tels que le changement climatique et la dégradation des sols. Cela implique de concilier théorie et vision avec une pratique modernisée, mise en œuvre depuis des décennies et renforcée par le khalife Cheikh Mouhamed Mahy Ibrahima Niasse », a ajouté M. Samb.

Le forum vise à établir des partenariats solides et à développer des synergies entre les institutions identifiées. Après une phase de préparation, une phase de suivi sera mise en œuvre avec toutes les structures participantes, et l’État du Sénégal continuera d’accompagner cette initiative.

M. Samb a conclu : « Lors de la deuxième édition du forum, prévue l’année prochaine, les résultats de cette première édition seront présentés au public. »

Le Sénégal en route vers une nouvelle ère économique : Les priorités du Plan quinquennal 2025-2029

Sous l’impulsion du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, le Sénégal s’apprête à poser les fondations d’une nouvelle trajectoire de développement économique et social. À l’occasion de la présentation du Plan quinquennal 2025-2029, Souleymane Diallo, directeur de la planification et des politiques économiques, a dévoilé les grandes lignes d’un projet ambitieux s’inscrivant dans une vision à long terme pour un Sénégal souverain, prospère, et juste.

Ce plan quinquennal est une première étape d’une démarche plus large, appelée MasterPlan 2025-2034, visant à redresser l’économie sénégalaise et à impulser un nouveau modèle de développement. Souleymane Diallo a souligné l’importance de cette période de cinq ans pour jeter les bases de la souveraineté économique du pays, tout en accélérant la cadence vers la réalisation d’objectifs ambitieux.

« Il s’agit de relever trois défis fondamentaux : redresser l’économie, bâtir un modèle adapté aux réalités du pays, et accélérer la transition vers une société prospère ancrée dans des valeurs fortes », a expliqué M. Diallo.

Six défis clés à relever

Pour atteindre ces objectifs, le directeur a identifié six défis majeurs à surmonter en amont, lesquels fondent les quatre axes stratégiques du plan quinquennal. Ces défis incluent :

  1. Le développement d’un capital humain de qualité et une équité sociale accrue : Cela passe par l’amélioration du système éducatif, de la formation professionnelle et de l’accès aux soins pour tous les citoyens.
  2. La construction d’un modèle de développement endogène : Ce modèle repose sur des pôles territoriaux tout en maintenant une ouverture sur les marchés régionaux et internationaux, notamment à travers l’intégration dans l’UEMOA et la CEDEAO.
  3. Le financement adéquat de l’économie : Dans un cadre macro-budgétaire assaini, il est essentiel de maîtriser le déficit et la dette tout en favorisant l’accès au financement pour soutenir les secteurs prioritaires.
  4. Le renforcement de la stabilité nationale et régionale : En s’appuyant sur l’intégration régionale, le Sénégal devra consolider ses institutions et promouvoir un environnement sécurisé pour attirer les investissements.
  5. La promotion de la bonne gouvernance : Souleymane Diallo a insisté sur la nécessité d’une gestion publique transparente et efficace pour favoriser la confiance des citoyens et des investisseurs.
  6. L’innovation scientifique et technologique : Le Sénégal doit encourager l’innovation et la recherche afin de soutenir les secteurs clés comme l’agriculture, l’énergie, et les nouvelles technologies.

Quatre axes stratégiques pour un développement inclusif

Ces défis se traduisent en quatre axes stratégiques qui guideront la mise en œuvre du Plan quinquennal 2025-2029 :

  1. Renforcer le capital humain pour une économie compétitive et inclusive.
  2. Promouvoir un développement économique endogène basé sur les potentialités locales et régionales.
  3. Assurer une gestion macroéconomique rigoureuse, garantissant la stabilité et la viabilité des finances publiques.
  4. Encourager l’innovation et la transformation numérique, pour répondre aux défis futurs.

Avec cette feuille de route ambitieuse, le Sénégal aspire à franchir une étape décisive dans son développement. Ce Plan quinquennal sera l’instrument clé pour bâtir une économie plus résiliente et équitable, tout en consolidant la position du pays comme leader régional au sein de l’Afrique de l’Ouest.

Le Port Multifonctionnel de Ndayane : Un Catalyseur du Développement Économique et Social au Sénégal

Le projet du port multifonctionnel de Ndayane, situé à environ 50 km au sud de Dakar, représente une étape décisive dans la transformation de l’infrastructure maritime du Sénégal. Avec un investissement colossal de 1,2 milliard de dollars, ce projet, porté par DP World, constitue le plus grand investissement privé dans l’histoire du pays depuis son indépendance. Il marque également l’initiative la plus ambitieuse de la multinationale à l’échelle mondiale.

Le port de Ndayane offrira des capacités bien supérieures à celles de l’actuel port de Dakar, qui s’étend sur 29 hectares. Avec ses 300 hectares, Ndayane pourra accueillir des navires d’une taille encore inédite pour le pays. Le tirant d’eau passera de 13 mètres à 18 mètres, permettant ainsi l’accostage de navires transportant jusqu’à 22 000 EVP (Équivalent Vingt Pieds), contre seulement 6 000 EVP à Dakar. Cette capacité permettra de recevoir simultanément deux navires de 14 000 EVP, augmentant considérablement l’efficacité des opérations portuaires et réduisant les coûts du fret. Ces gains d’échelle devraient avoir un impact direct sur le prix des marchandises dans le pays, contribuant ainsi à l’amélioration du pouvoir d’achat des Sénégalais.

Le projet de Ndayane est également un moteur d’emploi. Selon Mactar Diallo, secrétaire général du port autonome de Dakar, environ 1 600 emplois directs seront créés pendant la phase de construction, avec des perspectives à long terme atteignant jusqu’à 22 000 emplois. Cette initiative inclut également des infrastructures sanitaires et un centre de formation dédié aux métiers portuaires. En s’attaquant à des enjeux sociaux tels que la migration irrégulière, ce projet offrira aux jeunes et aux femmes des communes environnantes — notamment Diass, Yène et Poponguine — des opportunités d’emploi, soulignant l’engagement à maximiser les retombées locales.

Alassane Diop, directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest de DP World, a réitéré l’importance de donner la priorité aux jeunes et aux femmes dans le recrutement, une démarche essentielle pour favoriser l’inclusion sociale et assurer que les communautés locales bénéficient pleinement de cette transformation économique.

Outre ses aspects économiques et sociaux, le port de Ndayane se distingue par son engagement en faveur de la durabilité environnementale. Des technologies de pointe seront utilisées pour minimiser l’empreinte écologique du port, notamment à travers la réduction des émissions de CO2 et l’adaptation aux défis du changement climatique. Cet engagement s’aligne avec les priorités mondiales en matière de développement durable, tout en répondant aux besoins spécifiques du Sénégal en matière de protection environnementale.

Le port de Ndayane est bien plus qu’un projet portuaire. Il incarne une vision stratégique pour l’avenir du Sénégal, visant à améliorer la compétitivité maritime du pays, créer des emplois et développer des infrastructures modernes et durables. En intégrant les dernières innovations technologiques et en répondant aux défis économiques, sociaux et environnementaux contemporains, Ndayane se positionne comme un vecteur crucial pour le développement à long terme du Sénégal.

Le soutien des communautés locales sera un facteur clé dans la réussite de ce projet ambitieux. Si la participation active de la population est assurée, le port multifonctionnel de Ndayane pourrait bien devenir un modèle de développement pour toute la région ouest-africaine, renforçant ainsi la position du Sénégal sur la scène économique mondiale.

En somme, le port de Ndayane est non seulement une réponse aux besoins logistiques croissants du Sénégal, mais aussi un levier pour une transformation durable et inclusive du pays.

Le Gouvernement Lance un Plan National de Relance Économique pour la Casamance

Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé lundi, lors d’une réunion interministérielle, la mise en place d’un ambitieux plan national visant à relancer l’économie des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, dans le sud du Sénégal, à travers une initiative intitulée « Plan du Président de la République pour la Casamance ». Ce programme, d’une durée de deux ans (2024-2025), s’inscrit dans une dynamique de réhabilitation et de développement après plusieurs décennies de conflit dans cette région.

Le Premier ministre a souligné que cette relance économique est orchestrée sur « instructions du président de la République » et que son objectif est de « restaurer l’équilibre au niveau de cette région impactée par plusieurs années de conflit ». La Casamance, en proie à une rébellion indépendantiste depuis le début des années 1980, a vu de nombreux villages désertés par leurs habitants, fuyant l’insécurité.

Le plan de relance, doté d’un budget total de 53,6 milliards de francs CFA, sera piloté par l’Agence nationale de relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC). Il prévoit la construction d’infrastructures de base ainsi que le rétablissement des services déconcentrés de l’État dans les zones touchées. En outre, Ousmane Sonko a précisé que des comités de pilotage seront créés dans chaque région concernée, sous la supervision des gouverneurs locaux, afin d’assurer une meilleure coordination des efforts de développement.

Le Premier ministre a également mis en avant les progrès réalisés en matière de sécurité, notamment grâce à l’engagement de l’armée nationale, qui a permis le retour des populations dans 197 villages, représentant 5.655 ménages. Cependant, il reste encore 33 villages, soit 992 ménages, qui n’ont pas pu revenir à cause des séquelles du conflit. Le gouvernement a promis de tout mettre en œuvre pour assurer leur retour dans les meilleures conditions possibles.

Un autre volet crucial de ce plan est la déminage de la région, une opération essentielle pour garantir la sécurité des habitants. À cet effet, le gouvernement a alloué un budget spécial de 10 milliards de francs CFA pour mener à bien cette mission, qui permettra d’accélérer le retour à une vie normale pour les populations locales.

Ce plan de relance économique marque un tournant pour la Casamance, une région longtemps marginalisée en raison de son instabilité. Il symbolise l’engagement du gouvernement sénégalais à rétablir la paix et la prospérité dans cette partie du pays.

Rencontre entre Ousmane Sonko et Abdoulaye Diop : Débat sur la souveraineté monétaire et la croissance économique

Lors d’une récente rencontre entre le Premier ministre Ousmane Sonko et Abdoulaye Diop, président de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la question de la souveraineté monétaire a été au cœur des discussions, notamment en ce qui concerne le franc CFA.

Ousmane Sonko a initié un débat sur la destination de la croissance économique au sein de l’UEMOA, remettant en question à qui profite réellement cette croissance. Il a souligné que le fondement de son programme, qui lui a valu d’être élu par les Sénégalais, tourne autour de la souveraineté et de l’appropriation correcte de tous les atouts du pays. Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’une réflexion approfondie pour que les richesses produites bénéficient véritablement aux populations.

Les propos de Sonko ont suscité un sourire chez Abdoulaye Diop, qui a confirmé lors de son intervention que la rencontre avait mis en lumière une forte volonté de répondre aux besoins des populations. Il a souligné l’importance d’une croissance économique plus forte, mais surtout d’une croissance qui a un impact significatif sur les populations.

Cette rencontre entre le Premier ministre et le président de la Commission de l’UEMOA souligne l’importance du débat sur la souveraineté monétaire et la nécessité de s’assurer que la croissance économique profite réellement à tous les citoyens de la région.

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