Le Dakarois Quotidien N°757 – 16/06/2026
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Le gouvernement sénégalais exclut, pour l’heure, toute idée de restructuration ou de reprofilage de la dette publique. C’est la position clairement affichée par le ministre d’État Ahmadou Al Amine Lô, chargé du suivi de l’agenda « Sénégal 2050 », lors de son passage dans l’émission « Au gré de l’actualité » sur Radio Sénégal, ce jeudi 26 mars 2026. Une déclaration qui intervient dans un contexte marqué par de vifs débats autour de la gestion de la dette et des instruments financiers récemment utilisés par l’État.
Face aux interrogations croissantes, le ministre d’État a tenu à lever toute ambiguïté. Selon lui, la restructuration de la dette, souvent envisagée par des pays en difficulté pour alléger leurs charges financières, ne correspond ni aux besoins actuels ni aux intérêts stratégiques du Sénégal. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », a-t-il insisté, précisant qu’il s’agit là de la position officielle du gouvernement. Une manière de rassurer les partenaires économiques et financiers sur la stabilité de la signature du pays et sur sa capacité à honorer ses engagements.
Cette sortie médiatique intervient alors que la question d’une supposée « dette cachée » continue d’alimenter les discussions dans l’espace public. Sur ce point, Ahmadou Al Amine Lô s’est voulu ferme. Il a renvoyé aux explications déjà fournies par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, qui a récemment défendu la légalité et la transparence des opérations financières incriminées, notamment celles liées aux Total Return Swaps (TRS). Pour le ministre d’État, la polémique repose en grande partie sur des incompréhensions techniques et des interprétations parfois approximatives.
Dans ce sens, il a regretté la multiplication des prises de parole publiques sur ces questions sensibles, sans une maîtrise suffisante des mécanismes financiers en jeu. Selon lui, ce manque de rigueur dans le débat contribue à entretenir la confusion et à fragiliser la perception de la gestion des finances publiques. Il a ainsi appelé à plus de responsabilité dans le traitement de ces sujets, qui engagent non seulement la crédibilité de l’État, mais aussi la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.
Au-delà de la question de la dette, Ahmadou Al Amine Lô a également abordé les enjeux de communication gouvernementale. Il a notamment évoqué le récent déplacement du Premier ministre à Abou Dhabi, estimant que ce type d’initiative stratégique mérite une meilleure valorisation auprès de l’opinion publique. Dans un contexte marqué par la prolifération d’informations parfois inexactes sur les réseaux sociaux, il a plaidé pour un renforcement de la présence des autorités dans les médias publics.
Le ministre d’État a ainsi invité les membres du gouvernement, ainsi que les directeurs généraux, à s’impliquer davantage dans la communication institutionnelle. L’objectif, selon lui, est de mieux informer les citoyens sur l’action quotidienne de l’État, mais aussi de contrer efficacement les fausses informations qui circulent et qui peuvent nuire à la compréhension des politiques publiques.
À travers cette intervention, Ahmadou Al Amine Lô a cherché à réaffirmer la ligne du gouvernement en matière de gestion de la dette et de transparence financière. Un message qui se veut rassurant, à la fois pour l’opinion nationale et pour les partenaires du Sénégal, dans un contexte où la maîtrise des finances publiques reste un enjeu central pour la stabilité économique du pays.
Le gouvernement est sorti de son silence pour répondre aux accusations de manque de transparence dans la gestion de la dette publique. À travers le ministère des Finances et du Budget, les autorités ont fermement démenti les informations relayées par le Financial Times évoquant des emprunts contractés « en secret ». Dans une mise au point relayée par le quotidien national Le Soleil, l’exécutif assure que toutes les opérations financières menées en 2025 respectent strictement le cadre légal et les orientations stratégiques définies.
Selon le ministère, l’ensemble des mobilisations de ressources s’inscrit dans les plafonds fixés par les lois de finances et dans la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme. Les autorités insistent sur le fait que ces opérations ne relèvent d’aucune pratique dissimulée, mais s’intègrent dans une politique cohérente visant à sécuriser les financements tout en maîtrisant les risques. Cette stratégie repose notamment sur une diversification des sources de financement, combinant recours au marché régional en monnaie locale et accès à des financements en devises étrangères.
Dans le détail, les levées de fonds évoquées ont été réalisées à travers des adjudications publiques de titres d’État en francs CFA, un mécanisme courant et bien encadré au sein du marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Le gouvernement souligne que ces opérations sont transparentes par nature, car elles impliquent des appels publics à souscription et une participation ouverte aux investisseurs agréés.
Les autorités mettent également en avant leur volonté de dynamiser le marché en attirant des investisseurs institutionnels internationaux. Ces derniers interviennent en mobilisant des ressources en monnaie locale via des mécanismes de change classiques, avant d’effectuer les opérations inverses à l’échéance des titres. Pour le ministère, cette approche contribue à renforcer la liquidité du marché régional tout en élargissant la base d’investisseurs, ce qui constitue un levier essentiel pour réduire la dépendance à certaines sources de financement plus coûteuses.
Le gouvernement insiste sur le fait que toutes ces opérations s’inscrivent dans le plan de financement global de l’État, exécuté conformément au calendrier du Trésor tout au long de l’année 2025. Il affirme que cette rigueur dans la planification et l’exécution témoigne d’une gestion maîtrisée des finances publiques, loin des accusations d’opacité formulées par certains observateurs et acteurs politiques.
Par ailleurs, les autorités rappellent que ces mécanismes font l’objet d’échanges réguliers avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international. En intégrant ces opérations dans le cadre global de la gestion de la dette, le pays entend démontrer sa volonté de transparence et de conformité aux standards internationaux en matière de gouvernance financière.
À travers cette mise au point, le gouvernement cherche à rassurer les marchés, les partenaires et l’opinion publique sur la solidité de sa stratégie de désendettement. Il réaffirme son engagement à maintenir un équilibre entre mobilisation de ressources, soutenabilité de la dette et transparence, dans un contexte où la question de la gestion financière reste au cœur du débat public.
Le débat sur la gestion des finances publiques au Sénégal prend une nouvelle tournure après la sortie du député Thierno Alassane Sall, qui évoque l’existence présumée d’une « dette cachée ». S’appuyant sur des informations du Financial Times, l’ancien ministre du Pétrole a affirmé que le Sénégal aurait contracté, dans la plus grande discrétion, des emprunts de plusieurs centaines de millions de dollars auprès d’institutions internationales, sans en informer officiellement l’opinion publique ni certains partenaires.
Cette déclaration intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par des interrogations croissantes sur l’état réel des finances publiques. Pour Thierno Alassane Sall, ces révélations ne sont pas anodines et pourraient traduire une volonté de dissimulation. Il parle ainsi d’une « nouvelle affaire de dette cachée », une expression lourde de sens dans un pays où la transparence budgétaire est devenue un enjeu central du débat public.
Au cœur de cette polémique se trouve également une réunion annoncée entre la Commission des Finances de l’Assemblée nationale et le ministre des Finances et du Budget. Selon le leader du parti La République des Valeurs, l’ordre du jour de cette rencontre, qui porterait notamment sur une résolution visant à éviter une restructuration de la dette, soulève des inquiétudes majeures. Il y voit le signe que la situation financière du pays pourrait être plus fragile qu’annoncé officiellement.
Dans ses propos, Thierno Alassane Sall n’hésite pas à évoquer des « tambouilles inavouables », mettant en cause la gestion actuelle des engagements financiers de l’État. Il s’interroge ouvertement sur la stratégie adoptée par les autorités et sur les mécanismes utilisés pour faire face aux contraintes budgétaires. Cette sortie renforce le climat de suspicion autour d’éventuels montages financiers non déclarés, déjà évoqués ces derniers jours dans certains cercles économiques.
L’ancien ministre insiste surtout sur le rôle du Parlement, qu’il appelle à exercer pleinement sa mission de contrôle. Selon lui, les députés ne doivent pas se contenter d’entériner des décisions sans disposer de toutes les informations nécessaires. Il met en garde contre le risque de « signer un chèque en blanc au Gouvernement », plaidant pour une exigence accrue de transparence et de reddition des comptes. Pour Thierno Alassane Sall, il est impératif que les élus obtiennent des clarifications précises sur la nature des emprunts contractés, leurs conditions et leurs implications à court et moyen termes.
Au-delà des considérations politiques, cette affaire soulève des enjeux économiques majeurs. La question de la dette publique est devenue centrale pour le Sénégal, engagé dans des programmes d’investissements ambitieux tout en faisant face à des contraintes budgétaires importantes. Toute opacité dans la gestion de cette dette pourrait fragiliser la confiance des partenaires internationaux, notamment les institutions financières et les investisseurs.
Le député alerte également sur les conséquences potentielles des décisions en cours. Selon lui, les solutions envisagées pour gérer la dette pourraient avoir des effets négatifs si elles ne sont pas maîtrisées. Il insiste sur la responsabilité historique des parlementaires, estimant que toute décision prise sans transparence pourrait être perçue comme une trahison des intérêts du peuple sénégalais.
Cette sortie de Thierno Alassane Sall intervient dans un climat déjà tendu autour des finances publiques, marqué par des révélations récentes sur des emprunts controversés et des inquiétudes croissantes quant à la soutenabilité de la dette. Elle relance le débat sur la gouvernance économique du Sénégal et met en lumière une exigence de plus en plus forte : celle d’une gestion rigoureuse, transparente et responsable des ressources publiques.
À mesure que l’échéance de 2026 approche, le débat sur la situation financière du Sénégal s’intensifie et divise profondément les experts. D’un côté, des économistes alertent sur un risque sérieux de défaut de paiement dès le premier trimestre de l’année prochaine. De l’autre, certains analystes mettent en avant la résilience du pays, portée par la confiance persistante des investisseurs régionaux et les perspectives liées au pétrole et au gaz. Entre lectures pessimistes et arguments rassurants, la controverse révèle une réalité financière sous forte tension.
Le point de départ de cette controverse repose sur un chiffre qui suscite à lui seul de nombreuses inquiétudes : 6 075 milliards de francs CFA. Il s’agit du besoin de financement estimé pour l’année 2026, incluant à la fois le déficit budgétaire à couvrir par de nouveaux emprunts et le service de la dette existante, composé des intérêts et des remboursements du principal. Si ce montant ne fait pas débat en tant que tel, son interprétation et ses implications divisent profondément.
Selon plusieurs analyses, l’État sénégalais devra mobiliser environ 16,5 milliards de francs CFA par jour tout au long de l’année 2026 pour faire face à ses engagements financiers. Un effort colossal qui interroge sur la capacité réelle de l’économie nationale à soutenir un tel rythme sans compromettre les dépenses sociales, les investissements structurants et la stabilité macroéconomique. Cette contrainte arithmétique alimente les scénarios les plus alarmistes.
L’économiste et banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye figure parmi les voix les plus préoccupées. Dans ses analyses, il évoque un « mur financier » vers lequel le pays se dirige inexorablement. Il identifie le mois de mars 2026 comme un moment particulièrement critique, avec un service de la dette estimé à 747 milliards de francs CFA sur une courte période. Un niveau de décaissement qu’il juge incompatible avec les capacités actuelles de trésorerie de l’État.
Son inquiétude est renforcée par la situation des titres sénégalais sur les marchés internationaux. Les Eurobonds du Sénégal s’échangent aujourd’hui avec des décotes importantes, parfois proches de 50 % de leur valeur nominale. Pour lui, cette situation reflète une perte de confiance des investisseurs internationaux, aggravée par l’échec de l’accord avec le Fonds monétaire international en novembre dernier. Dans ce contexte, il estime que la restructuration de la dette n’est plus une option politique, mais une nécessité économique pour éviter un défaut désordonné aux conséquences potentiellement dévastatrices, à l’image de ce qu’a connu le Liban en 2020.
Face à cette lecture alarmiste, d’autres experts opposent une analyse plus nuancée, fondée sur la dynamique du marché financier régional. Le Dr Babo Amadou Ba, notamment, considère que les signaux envoyés par l’UMOA-Titres contredisent l’hypothèse d’un effondrement imminent. Il rappelle qu’en 2025, l’État sénégalais a levé 1 050 milliards de francs CFA, alors que les investisseurs ont proposé 1 779 milliards, soit un taux de couverture de 170 %. Pour lui, cette sursouscription massive témoigne d’une confiance toujours intacte des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal.
Selon cette lecture, le marché fait la différence entre les dégradations des agences de notation internationales et la trajectoire économique de long terme du pays. Les investisseurs régionaux parieraient davantage sur le potentiel futur du Sénégal, notamment avec l’entrée en production du pétrole et du gaz, que sur les tensions conjoncturelles actuelles. Tant que cette confiance se maintient, le risque de défaut serait, selon lui, largement exagéré.
Pris entre ces deux lectures opposées, le gouvernement semble avoir fait un choix stratégique clair : éviter toute restructuration de la dette. L’option retenue repose sur la mise en œuvre du Plan de redressement économique et social (PRES), le maintien de l’accès au marché régional et l’anticipation des futures recettes issues des hydrocarbures pour franchir le cap délicat de 2026. Un pari audacieux, mais risqué.
Cette stratégie implique toutefois une discipline budgétaire renforcée, voire une austérité implicite. En 2025, l’État a réussi à honorer plus de 2 000 milliards de francs CFA de service de la dette tout en maintenant certaines mesures sociales, comme la baisse des prix de produits de première nécessité. Mais l’effort demandé en 2026 sera nettement plus important, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires de plus en plus réduites.
Cette tension financière ravive également le débat sur le train de vie de l’État. Alors que les autorités appellent les populations à consentir des sacrifices, certaines décisions, comme l’acquisition de véhicules de luxe par l’Assemblée nationale, suscitent une vive controverse. Pour de nombreux observateurs, il est difficilement justifiable de maintenir des privilèges coûteux dans un contexte où le pays doit mobiliser quotidiennement des milliards pour éviter une rupture financière.
Au final, le Sénégal aborde 2026 avec des atouts indéniables, notamment la confiance régionale et les perspectives énergétiques, mais aussi avec une équation financière particulièrement serrée. La réussite de cette traversée dépendra de la capacité des autorités à maintenir la rigueur budgétaire, à préserver la paix sociale et à restaurer durablement la crédibilité financière du pays, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. 2026 s’annonce ainsi comme une année charnière, où chaque décision comptera.
Le Sénégal vient d’enregistrer une nouvelle performance sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Lors de son émission simultanée de Bons et Obligations assimilables du Trésor (BAT et OAT) tenue le 14 novembre 2025, l’État a réussi à mobiliser 98,99 milliards FCFA, portant ainsi à 2 043 milliards FCFA le montant total levé depuis le début de l’année. Le pays dépasse désormais le seuil symbolique des 2 000 milliards, consolidant sa position parmi les signatures souveraines les plus dynamiques de la zone.
Cette opération intervient dans un contexte financièrement sensible, marqué par un discours ferme du gouvernement sur sa volonté d’honorer sans faille le service de sa dette tout en sécurisant les besoins de financement de l’exercice budgétaire. Ce message semble avoir été reçu par les investisseurs régionaux, qui ont répondu massivement à l’appel du Trésor. Les soumissions ont atteint 100,215 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 111,35%, témoignant d’une confiance accrue dans la résilience économique du pays.
Au terme des analyses techniques, le Trésor public a retenu 98,99 milliards FCFA, correspondant à 98,68% des offres reçues. Cette sélection s’est opérée à travers trois instruments financiers, avec une domination nette de l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à trois ans. Cette ligne a capté 72,8 milliards FCFA et représente près des trois quarts du montant total mobilisé, preuve de l’appétit des investisseurs pour les maturités intermédiaires jugées sécurisantes. Les Bons du Trésor à 364 jours ont mobilisé 24,7 milliards FCFA, tandis que l’OAT à cinq ans n’a attiré que 1,43 milliard FCFA, une performance plus modeste qui montre une prudence persistante sur le long terme.
Afin de garantir l’équilibre de l’opération, le Sénégal a procédé à des ajustements sur les rendements proposés. Le coût de l’emprunt à court terme a été relevé, avec un rendement moyen pondéré du BAT 364 jours qui est passé de 6,75% à 7,32%, soit une augmentation de 57 points de base. À l’inverse, le Trésor a réussi à réduire le taux de ses emprunts à moyen terme, notamment sur l’OAT à trois ans, dont le rendement est passé de 7,61% à 6,89%. Une baisse, signe d’une amélioration perçue de la qualité du risque souverain sur cette maturité. Quant à l’OAT à cinq ans, le taux a été légèrement ajusté de 7,46% à 7,43%, confirmant la volonté de maîtriser le coût global de la dette.
La répartition géographique des souscriptions met en évidence la confiance des investisseurs régionaux, avec une contribution particulièrement forte des acteurs locaux. Les investisseurs sénégalais arrivent en tête avec 49,86 milliards FCFA, soit un peu plus de la moitié des montants retenus. Ils sont suivis par les investisseurs ivoiriens, qui ont mobilisé 34,10 milliards FCFA, traduisant la solidité du partenariat financier entre les deux premières économies de l’UEMOA sur le marché des titres. Les investisseurs du Togo, du Burkina Faso et du Bénin ont également participé, apportant respectivement 6 milliards, 5 milliards et 3,9 milliards FCFA.
En dépassant la barre des 2 000 milliards mobilisés en moins d’un an, le Sénégal confirme son dynamisme sur le marché régional et sa capacité à attirer des capitaux malgré un environnement international marqué par l’incertitude et la pression sur les finances publiques. Cette dynamique constitue un levier important pour le financement des priorités nationales, tout en reflétant une gestion active et calibrée de la dette publique.
L’État du Sénégal a enregistré une performance notable sur le plan budgétaire durant les huit premiers mois de l’année 2025. Selon le dernier rapport publié par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), les recettes globales (hors dons) ont atteint 2 883,1 milliards de francs CFA à fin août 2025. Ce montant marque une progression de 201,8 milliards par rapport à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 8,0 %.
Dans le détail, les recettes fiscales demeurent la principale source de financement de l’État, avec 2 712,1 milliards de francs CFA collectés, tandis que les recettes non fiscales se sont établies à 171 milliards. Cette évolution positive reflète une amélioration du rendement de la fiscalité intérieure et une meilleure mobilisation des ressources publiques.
Du côté des dépenses, la DPEE fait état d’un total de 3 248,4 milliards de francs CFA (hors investissements financés sur ressources extérieures), contre 3 266,6 milliards enregistrés à fin août 2024. Ce léger repli de 18,3 milliards traduit une baisse des dépenses d’investissement sur ressources intérieures, lesquelles se sont chiffrées à 324,8 milliards, soit une diminution de 239,5 milliards en glissement annuel.
Toutefois, le rapport souligne une hausse notable des charges d’intérêt sur la dette publique. Celles-ci ont augmenté de 20,5 % en un an pour s’établir à 608 milliards de francs CFA, un niveau qui témoigne du poids croissant du service de la dette dans les finances publiques.
Par ailleurs, les transferts et subventions consentis par l’État ont connu une progression de 8,4 %, atteignant 1 141,4 milliards de francs CFA. Cette évolution s’explique notamment par le soutien continu aux secteurs sociaux et aux politiques publiques de redistribution.
La masse salariale de la fonction publique continue, elle aussi, de croître. À fin août 2025, elle s’est fixée à 959,1 milliards de francs CFA, en hausse de 3,1 % par rapport à la même période de 2024. Cette augmentation est liée à la montée en puissance des recrutements dans les secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé et la sécurité.
Le ministère des Finances et du Budget a rendu public son rapport trimestriel d’exécution budgétaire pour le deuxième trimestre 2025. Ce document, très attendu, dresse un état des lieux des finances publiques sénégalaises à mi-parcours de l’année, dans un environnement international contrasté marqué par un ralentissement économique aux États-Unis, une reprise en Zone euro et un dynamisme soutenu des économies émergentes, en particulier la Chine.
Une croissance exceptionnelle tirée par les hydrocarbures
Au plan national, les chiffres confirment une embellie. Le Produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 12,1 % au premier trimestre 2025, principalement grâce au démarrage effectif de l’exploitation pétrolière et gazière. Cette dynamique rejaillit sur les recettes de l’État, en forte progression.
Recettes : des performances notables
À fin juin 2025, les ressources du budget général atteignent 4 474,1 milliards de FCFA, soit 43,1 % des prévisions de la Loi de Finances rectificative (10 384,5 milliards).
Les recettes budgétaires s’élèvent à 2 226,3 milliards de FCFA, représentant 47,7 % de l’objectif annuel. Elles progressent de 8,5 % par rapport à la même période en 2024, signe d’une meilleure mobilisation fiscale et d’une activité économique plus soutenue.
Les impôts directs affichent un taux de réalisation de 60,3 % (913,9 milliards), dont 392,3 milliards proviennent de l’impôt sur les sociétés. Les impôts indirects génèrent 1 074,2 milliards. Les recettes non fiscales atteignent 116,6 milliards, soit 41,2 % des prévisions. Les dons budgétaires restent très limités (19,3 milliards, 8 % de la cible), confirmant une dépendance accrue aux ressources internes.
Parallèlement, les ressources de trésorerie mobilisées s’élèvent à 2 247,8 milliards de FCFA, dont l’essentiel provient des marchés bancaires et financiers (1 677 milliards). Les prêts-programmes, en revanche, peinent à décoller (20,7 milliards, soit 3,5 % de l’objectif).
Dépenses : le poids du fonctionnement
Les dépenses globales du budget général s’élèvent à 2 814,6 milliards de FCFA (41,9 % des prévisions annuelles).
Les dépenses de fonctionnement dominent avec 2 232,7 milliards (50,4 %), tirées par les transferts courants (844,9 milliards) et une masse salariale en progression de 3,3 % (724,1 milliards). Les dépenses en capital restent modestes, atteignant seulement 581,9 milliards (30,1 %), un niveau jugé insuffisant pour soutenir la transformation structurelle de l’économie.
S’y ajoutent les charges de trésorerie (1 490,4 milliards), largement absorbées par le service de la dette (1 331,2 milliards) et l’apurement des arriérés extérieurs (138,6 milliards).
Déficit et financements : une couverture maîtrisée
Le déficit budgétaire est évalué à 588,3 milliards de FCFA à fin juin, soit 34,7 % de la cible annuelle (1 695,9 milliards). Les financements mobilisés ont permis de couvrir non seulement ce déficit, mais aussi les charges de trésorerie, avec un rapport de couverture de 1,08, signe d’une gestion budgétaire jugée prudente.
Retraites et organismes publics : des résultats contrastés
Le Fonds National de Retraite (FNR) dégage un excédent de 13,2 milliards, porté par une hausse du nombre de cotisants (+11 872).
En revanche, les 160 organismes publics suivis affichent une exécution encore faible : sur un budget global de 1 458,9 milliards, seulement 435,6 milliards ont été consommés (29,9 %). Leur endettement reste préoccupant, atteignant 820,3 milliards, dont 536,3 milliards auprès des banques. Le Fonds d’Entretien Routier Autonome (FERA) concentre à lui seul 512,1 milliards de cette dette.
Le Sénégal vient de recevoir un soutien financier significatif pour améliorer la transparence de son budget et la gestion de ses finances publiques. Ce mardi, la Banque mondiale a annoncé l’octroi d’un prêt concessionnel d’une valeur de 115 millions de dollars, soit environ 65 milliards de francs CFA, via l’Association internationale de développement (IDA).
Ce financement s’inscrit dans le programme SEN-FINTRAC (Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques), qui couvre les années 2025 à 2029. Il soutient également le programme national ambitieux de réformes RESET, une initiative stratégique du gouvernement sénégalais centrée sur trois piliers : stabilisation économique, transformation structurelle, et transparence dans la gestion publique.
Le soutien de la Banque mondiale se concentre sur trois axes principaux de réformes. Premièrement, la gestion des finances publiques vise à moderniser les systèmes de suivi des dépenses publiques et à renforcer les outils numériques, notamment à travers l’intégration de systèmes électroniques pour les procédures de marchés publics. Ce pilier cherche à accroître l’efficacité des dépenses publiques tout en améliorant leur traçabilité.
Le deuxième axe concerne la viabilité de la dette publique. Il est prévu d’implanter un système intégré pour l’enregistrement et le suivi de la dette, ainsi que de consolider les fonctions de gestion de la dette au sein d’une seule entité. Cette réforme vise à obtenir plus de transparence et un meilleur contrôle de l’endettement du pays.
Enfin, le troisième axe de la réforme est axé sur la mobilisation des ressources intérieures. Le gouvernement sénégalais, avec le soutien de la Banque mondiale, entend moderniser l’administration fiscale et douanière. Cela inclut notamment l’introduction de la facturation électronique pour les contribuables soumis à la TVA et la mise en œuvre d’une gestion axée sur la performance pour les opérations douanières.
Tous ces efforts seront soutenus par un vaste programme de transformation numérique, considéré comme essentiel pour le suivi en temps réel des finances de l’État et pour renforcer la gouvernance publique.
Parmi les 115 millions de dollars annoncés, 105 millions (approximativement 59,3 milliards FCFA) sont étroitement liés aux résultats attendus des réformes, tandis que les 10 millions restants (environ 5,7 milliards FCFA) sont destinés à l’assistance technique, à la gestion du changement, à la transformation numérique ainsi qu’au renforcement des capacités des institutions publiques concernées.
Ce financement marque une étape cruciale dans la stratégie de modernisation budgétaire du Sénégal. Il devrait permettre au pays de mieux contrôler son endettement, d’élargir sa base fiscale et de construire une administration publique plus efficace, plus responsable et plus transparente.
Le Sénégal a clôturé l’année 2024 avec une performance remarquable en matière de mobilisation des recettes publiques, dépassant même les prévisions inscrites dans la loi de finances rectificative. D’après le rapport publié par le ministère des Finances, le taux d’exécution budgétaire s’est établi à 103,91 % pour les recettes et à 103,70 % pour les dépenses du budget général. Des chiffres qui traduisent un dynamisme apparent, mais qui cachent en réalité une pression croissante sur les finances publiques.
Selon ce document officiel, les dépenses de l’État ont atteint un montant total de 6 506,16 milliards de francs CFA, contre 6 273,52 milliards initialement prévus. Cette hausse des charges est en grande partie attribuable à l’envolée des dépenses en capital, qui se sont établies à 2 267,14 milliards, mais aussi à la progression continue des dépenses ordinaires. Ces dernières, estimées à 4 239,02 milliards, comprennent 1 420,36 milliards de dépenses de personnel, illustrant l’impact des recrutements dans les forces de défense et des rappels salariaux, et 822,32 milliards affectés au service de la dette.
Le rapport du ministère met en lumière des tensions croissantes liées à l’accumulation d’arriérés de paiement, ce qui vient tempérer les bons résultats obtenus en matière de recettes. À la fin de l’année, les impayés s’élevaient à 146,3 milliards de francs CFA au titre des subventions à l’énergie, à 105,20 milliards pour les travaux réalisés dans le secteur des BTP, et à 249,5 milliards d’investissements non réglés, financés sur des ressources extérieures. Ces chiffres traduisent un retard significatif dans la chaîne des paiements, qui pourrait compromettre la viabilité de certains projets publics.
Autre signal d’alerte : la charge de la dette publique a connu une progression spectaculaire de 44,5 % par rapport à 2023, atteignant 822,32 milliards de francs CFA. Cette hausse est due à une forte augmentation aussi bien de la dette extérieure, en croissance de 36,64 %, que de la dette intérieure, qui a bondi de 93,33 %. Cette dynamique traduit un recours accru aux emprunts pour couvrir les dépenses courantes, au risque d’alourdir le poids du service de la dette sur les finances publiques à moyen terme.
L’embellie observée au niveau des recettes ne suffit donc pas à masquer les inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire. En effet, si le Sénégal a réussi à maintenir un haut niveau de mobilisation fiscale et de financement extérieur en 2024, la persistance d’arriérés et la croissance rapide des charges contraignent la marge de manœuvre de l’État. La trajectoire budgétaire future dépendra ainsi de la capacité des autorités à contenir les dépenses, à améliorer la qualité des investissements et à renforcer la discipline dans l’exécution des engagements publics.
Le scandale prend de l’ampleur. Soixante-trois (63) comptes bancaires hors budget, ouverts sans autorisation légale dans diverses banques sénégalaises entre 2019 et 2024, sont désormais dans le collimateur de la Division des investigations criminelles (DIC).
L’affaire a été déclenchée à la suite d’un référé de la Cour des comptes, signé par son premier président Mamadou Faye et adressé au Garde des sceaux, Ousmane Diagne, ministre de la Justice. Ce dernier a immédiatement transmis le dossier au Parquet général, qui l’a confié au Parquet financier. Ce dernier a autorisé la DIC à ouvrir une enquête approfondie.
L’enquête, désormais en cours, cible 63 comptes ouverts en dehors des circuits budgétaires officiels, souvent sans traçabilité claire, et logés dans plus de 15 établissements bancaires. Selon les premiers éléments révélés par L’Observateur, ces comptes sont liés à des opérations budgétaires floues, à des appuis Covid, à des rachats de créances ou encore à des initiatives de relance économique.
Banque Atlantique du Sénégal (BASN) : 6 comptes, dont un intitulé « rachat créances Sofico ». BGFI Bank : 8 comptes ouverts par l’entité Epas/État du Sénégal. Banque Islamique du Sénégal (BIS) : 4 comptes, avec des libellés évocateurs comme « relance de l’économie » ou « reprofilage ». NSIA, Ecobank, Société Générale Sénégal (SGS), BOA, BDK, BICIS, Bridge Bank, BRM, BSIC, CBÁO, Crédit du Sénégal (CDS), Coris Bank, FBNBank, UBA, La Banque Outarde (LBO) : tous hébergent un ou plusieurs de ces comptes suspects.
La DIC a commencé les auditions. Aminata Faye Seck, directrice générale de la Banque islamique du Sénégal, a été la première convoquée. Elle a dû s’expliquer sur les flux financiers jugés « opaques » transitant par les comptes de sa banque. Les autres directeurs généraux, responsables financiers et cadres supérieurs des banques concernées seront prochainement entendus.
Le rapport de la Cour des comptes évoque une gestion parallèle de fonds publics, potentiellement en marge de toute traçabilité budgétaire. Cette affaire pourrait déboucher sur des poursuites pénales, si des faits de détournement, de malversation ou de gestion frauduleuse sont avérés.
Alors que les scandales liés à la gestion des fonds Covid-19 sont encore frais dans les mémoires, cette nouvelle affaire renforce les interrogations sur la transparence dans l’administration des finances publiques.
À l’occasion du 65ᵉ anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le président Bassirou Diomaye Faye a adressé, ce 3 avril 2025, un message solennel à la Nation. Un discours marqué par un appel à la résilience, à la solidarité et à l’engagement patriotique, alors que l’audit des finances publiques a révélé d’importantes irrégularités.
Dans son allocution, le chef de l’État a mis en avant la nécessité pour les Sénégalais de « compter d’abord sur nous-mêmes » afin de redresser la situation économique du pays. « L’état des finances publiques de notre pays, tel que révélé par l’audit effectué, nous impose de compter d’abord sur nous-mêmes, pour redresser la situation. Nous en sommes bien capables et nous le réussirons avec la mobilisation de toutes et de tous ! », a-t-il déclaré.
Face aux nombreux défis qui se posent, le président Faye exhorte chaque citoyen à faire preuve de résilience et de solidarité. « Regarder dans la même direction, celle du proche avenir de nos enfants, doit être l’horizon fédérateur de toutes nos énergies », a-t-il insisté.
Cet appel intervient dans un contexte économique délicat. La Cour des comptes a publié, le 12 février 2025, un rapport d’audit couvrant la période 2019 – 31 mars 2024. Ce document a mis en lumière de graves irrégularités dans la gestion des finances publiques sous l’ancien régime, révélant des dépenses injustifiées, des passifs importants et une dette publique préoccupante.
Le président Diomaye Faye, élu sur la promesse d’une gouvernance transparente et rigoureuse, s’engage à prendre les mesures nécessaires pour redresser la situation et éviter que le pays ne tombe dans une crise financière plus profonde.
Cette année, la célébration de la fête de l’indépendance s’articule autour du thème « Vers la souveraineté technologique et industrielle des forces de défense et de sécurité ». Un choix qui reflète la volonté du gouvernement de renforcer l’autonomie stratégique du pays en matière de défense et de sécurité nationale.
Alors que le Sénégal célèbre ses 65 ans d’indépendance, l’heure est à la mobilisation collective pour relever les défis économiques et tracer les bases d’un avenir prospère. Le message du président Faye se veut donc une invitation à l’effort et à la responsabilité, pour bâtir un Sénégal résilient et souverain.
APPEL À LA MOBILISATION POUR L’ANNULATION DE LA DETTE ILLÉGITIME- ÑOO BAÑ, DU ÑU FAY BOR BI!
Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment révélé qu’entre 2019 et 2023, une dette de 7 milliards de dollars (soit plus de 4 000 milliards de FCFA) aurait été dissimulée sous la présidence de Macky Sall. Cette annonce a provoqué un choc au sein de l’opinion publique sénégalaise, soulevant des interrogations majeures sur la gouvernance économique du pays et sur la responsabilité des institutions internationales. Si cette dette a été tenue secrète, comment expliquer le silence du FMI pendant toutes ces années ? L’institution, censée veiller à la transparence et à la stabilité financière des pays qu’elle surveille, n’a-t-elle pas failli à sa mission en ne révélant cette anomalie que maintenant ?
Une équipe des services du FMI, dirigée par M. Edward Gemayel, a effectué une mission au Sénégal du 18 au 26 mars 2025 afin d’échanger avec les autorités sur les conclusions du rapport d’audit de la Cour des comptes, publié le 12 février 2025. Cet audit approfondi a examiné l’exécution budgétaire sur la période 2019-2023 et confirmé des déclarations erronées importantes des déficits budgétaires et de la dette publique. La mission visait à évaluer l’ampleur des écarts constatés, comprendre les mécanismes ayant conduit aux incohérences et discuter des mesures correctrices à mettre en place pour éviter qu’elles ne se reproduisent.
Le rapport de la Cour des comptes, intitulé “Rapport sur la situation des Finances publiques : gestion de 2019 au 31 mars 2024”, a été transmis au gouvernement avant sa publication. Ce rapport comprend deux chapitres principaux : le premier examine les opérations du budget général et des comptes spéciaux du Trésor, tandis que le second se concentre sur la gestion de la trésorerie et la situation de l’endettement. L’audit a révélé des anomalies significatives dans la gestion des finances publiques pendant la période concernée, notamment des écarts importants entre les chiffres officiels et la réalité financière du pays.
Ainsi, le rapport indique que l’encours total de la dette de l’administration centrale budgétaire s’élevait à 18 558,91 milliards de francs CFA au 31 décembre 2023, représentant 99,67 % du PIB, un taux bien supérieur à celui annoncé par le précédent régime, qui évoquait un montant de 13 854 milliards. Cet écart de 25,27 % met en lumière une importante divergence entre les chiffres réels et les montants officiellement communiqués. En ce qui concerne le déficit budgétaire en 2023, l’ancien régime avait annoncé un montant de 911 milliards de FCFA, soit 4,9 % du PIB. Toutefois, selon le “déficit recalculé” par la Cour des comptes, ce déficit atteignait en réalité 2 291 milliards de FCFA, soit 12,3 % du PIB.
Ces révélations soulèvent des interrogations quant à la responsabilité du FMI, une institution chargée de veiller à la transparence et à la stabilité financière des pays membres. Si une telle somme a été dissimulée, comment expliquer le silence du FMI pendant toutes ces années ? L’institution n’a-t-elle pas failli à sa mission en ne révélant cette anomalie que maintenant ? Le FMI est souvent accusé d’être un acteur politique influençant les choix budgétaires des pays sous ajustement structurel tout en fermant les yeux sur certaines pratiques des gouvernements en place. Si le FMI a volontairement attendu le départ de Macky Sall pour révéler cette dette cachée, cela signifie qu’il aurait joué un rôle dans la protection de l’ancien régime. Cette révélation tardive pourrait alors être interprétée comme une tentative de pression sur le nouveau gouvernement, lui imposant un passif financier colossal et limitant ainsi sa marge de manœuvre.
Il est essentiel de comprendre les implications concrètes d’une dette cachée de cette ampleur. Si ces 7 milliards de dollars doivent être intégrés dans les comptes publics, cela signifie que le Sénégal verra sa dette officiellement augmentée, ce qui risque d’affecter sa notation financière et d’augmenter les coûts de ses futurs emprunts. De plus, le pays pourrait être contraint d’adopter de nouvelles mesures d’austérité pour respecter ses engagements envers les créanciers, au détriment des investissements sociaux et économiques nécessaires à son développement. Le peuple sénégalais se retrouverait alors à payer pour des choix financiers qu’il n’a jamais validés ni même connus.
Face à cette situation, plusieurs solutions peuvent être envisagées. Tout d’abord, une enquête approfondie doit être menée pour identifier les responsables de cette dissimulation, tant au niveau national qu’international. L’Inspection Générale d’État (IGE) doit jouer un rôle actif en exploitant le rapport de la Cour des comptes et en approfondissant les investigations pour déterminer comment ces fonds ont été engagés et qui en a bénéficié. Ensuite, il est impératif que les nouvelles autorités sénégalaises contestent officiellement cette dette auprès des créanciers et des institutions internationales, en invoquant la doctrine de la dette odieuse.
L’histoire récente montre que certains pays ont réussi à se libérer d’une dette illégitime. En 2003, l’Irak a bénéficié d’une annulation de dette en raison du caractère odieux des emprunts contractés sous Saddam Hussein. L’Équateur, en 2008, a refusé de rembourser certaines dettes après un audit national qui a conclu qu’elles étaient illégitimes. Le Sénégal pourrait s’inspirer de ces exemples pour refuser de payer une dette qui n’a pas profité à son peuple.
Le refus de cette dette ne signifie pas que le Sénégal doit se plier aux exigences du FMI ou dépendre de son expertise pour gérer cette crise. Le FMI a prouvé à maintes reprises qu’il ne défendait pas les intérêts des peuples, mais plutôt ceux des créanciers internationaux et des grandes puissances économiques (cf rapport 2025 du FRAPP sur les institutions de Bretton Woods- _https://urls.fr/lHVehH_ ). Il est donc impératif que le Sénégal rompe avec cette institution et explore des alternatives souveraines pour atteindre les objectifs de l’Agenda National de Transformation/Vision 2050.
Dans cette perspective, le gouvernement doit rapidement lancer les concertations sur le projet de loi portant doctrine de financement de l’économie nationale, annoncé en Conseil des ministres le 16 octobre 2024. Les autorités doivent convier les parties prenantes à la réflexion et accélérer le processus afin de faire émerger des solutions endogènes. Parmi celles-ci, des instruments comme la Diaspora Bond, l’equity ou les Patriotes Bonds pourraient constituer des alternatives viables pour mobiliser des ressources sans dépendre des institutions financières internationales.
Cette affaire met en lumière les failles d’un système où les décisions financières d’un gouvernement peuvent engager l’avenir de tout un peuple sans son consentement. La révélation tardive du FMI pose de sérieuses questions sur sa crédibilité et son rôle dans la gestion économique du Sénégal. Le peuple sénégalais ne doit pas être tenu responsable d’une dette contractée dans l’ombre et qui ne lui a apporté aucun bénéfice tangible.
Face à cette injustice, la mobilisation populaire est indispensable. Les citoyens doivent s’organiser pour exiger la transparence et refuser le paiement de cette dette illégitime.
Le FRAPP invite donc les forces de la nation à appuyer ce plaidoyer à travers la mise en place d’un collectif citoyen pour l’annulation de cette dette.
C’est en s’unissant que les Sénégalais pourront imposer un nouveau modèle économique fondé sur la souveraineté et la justice sociale.
Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar ce mercredi 26 février, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) a vivement critiqué la gestion économique et politique du gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Qualifiant la gouvernance actuelle de « gestion aventuriste et médiocre » des finances publiques, les alliés de Khalifa Sall ont dressé un bilan très négatif des dix premiers mois du régime.
Le FDR a mis en avant la situation économique préoccupante du Sénégal, notamment la récente dégradation de la note de crédit du pays à B3, un indicateur, selon eux, de la fragilité financière croissante. Ils dénoncent un affaiblissement des liquidités de l’État et des difficultés d’accès aux financements internationaux, qui pourraient se traduire par une hausse du coût de la dette et des emprunts.
Les responsables du FDR ont également pointé du doigt la flambée des prix des denrées de première nécessité, rendant la vie de plus en plus difficile pour les Sénégalais. Selon eux, « le gouvernement actuel est incapable d’apporter des solutions concrètes aux souffrances du peuple ».
Sur le plan politique, le mouvement dénonce une « ingérence excessive » d’Ousmane Sonko dans les affaires judiciaires, estimant que le pays est devenu un « État-Sonko », mettant en péril l’indépendance de la justice et le bon fonctionnement des institutions.
Face à cette situation, le FDR a annoncé une grande manifestation après le Ramadan pour protester contre la gouvernance actuelle et exiger des réformes économiques et démocratiques.
Alors que les tensions politiques s’intensifient, le gouvernement de Diomaye Faye et Ousmane Sonko devra faire face à une opposition de plus en plus critique et à une situation économique qui suscite des inquiétudes grandissantes.
Du 5 au 12 septembre 2024, une mission du Fonds Monétaire International (FMI), dirigée par M. Edward Gemayel, s’est rendue au Sénégal pour évaluer la situation économique du pays et poursuivre les discussions concernant le programme économique soutenu par le FMI. Ce programme repose sur les accords de la Facilité élargie de crédit (FEC), du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), approuvés par le Conseil d’administration du FMI le 26 juin 2023.
À l’issue de la mission, M. Gemayel a révélé que l’économie sénégalaise a connu un ralentissement important au premier semestre de 2024, avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel se limitant à 2,3 % au premier trimestre, et des signes d’une poursuite du ralentissement au deuxième trimestre. Ce phénomène est principalement dû à une activité plus faible dans des secteurs clés comme le secteur minier, de la construction et agro-industriel, et dans une moindre mesure, dans le secteur primaire. Bien que l’inflation globale ait ralenti, atteignant une moyenne de 2,2 % au premier semestre 2024, cette évolution est attribuée principalement à la baisse des prix internationaux des matières premières et à une demande intérieure modérée.
Le rapport du FMI met également en lumière des difficultés financières croissantes pour le gouvernement sénégalais. L’exécution budgétaire à fin août 2024 a révélé un manque à gagner substantiel en termes de recettes, alors que les dépenses sont restées globalement conformes aux prévisions. En conséquence, le déficit budgétaire a continué de se creuser, et pour financer ce déficit, le gouvernement a dû recourir à des emprunts commerciaux externes à court terme, qui sont coûteux et augmentent la pression sur les finances publiques. En dépit de ces difficultés, la croissance du PIB pour l’année 2024 a été révisée à la baisse, passant de 7,1 % à 6 %, et la croissance du secteur non-hydrocarbures devrait ralentir davantage à 3,3 %, contre 4,8 % initialement prévu.
Le FMI a mis en garde contre une détérioration continue de la situation si aucune mesure corrective n’est prise. Le déficit du compte courant devrait se réduire à 12,7 % du PIB grâce à l’augmentation de la production d’hydrocarbures, mais la situation budgétaire reste préoccupante. Le déficit budgétaire devrait dépasser les 7,5 % du PIB, bien au-delà des 3,9 % initialement prévus, en raison de la baisse des recettes et de l’augmentation des dépenses en subventions énergétiques et en paiements d’intérêts. La dette publique de l’administration centrale devrait également rester supérieure au critère de convergence de l’UEMOA, qui fixe un seuil de 70 % du PIB.
Dans ce contexte, le FMI a souligné l’importance de prendre des mesures de réformes structurelles immédiates et significatives pour restaurer la stabilité fiscale et la viabilité économique. Le Fonds a recommandé de rationaliser les exonérations fiscales et de procéder à la suppression progressive des subventions énergétiques non ciblées, qui sont coûteuses et inefficaces. Ces mesures visent à rétablir un équilibre budgétaire durable et à assurer une réduction rapide du déficit et de la dette publique. Le FMI a également insisté sur la nécessité de traiter l’accumulation des impayés envers les entreprises privées, particulièrement dans les secteurs de la construction et de l’énergie, et de mettre en place un plan d’apurement de ces passifs avec un calendrier précis et transparent.
L’un des domaines clés évoqués lors des discussions avec les autorités sénégalaises a été le secteur de l’énergie. Le FMI a encouragé les autorités à poursuivre les réformes visant à améliorer la viabilité financière de la société nationale d’électricité (SENELEC) et à concevoir une nouvelle structure tarifaire pour l’électricité. Cette révision tarifaire inclurait un tarif social destiné à protéger les ménages vulnérables, tout en permettant à SENELEC de mieux couvrir ses coûts et d’assurer une gestion plus efficiente du secteur.
Le FMI a également salué les progrès réalisés par le Sénégal dans la mise en œuvre des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), ce qui permet au pays de se rapprocher de la sortie de la « liste grise » du GAFI. Ce processus devrait renforcer la confiance dans le climat des affaires, attirer davantage d’investissements et améliorer la transparence des opérations financières.
Les autorités sénégalaises ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les réformes économiques prévues dans le cadre du programme soutenu par le FMI. Elles ont également renouvelé leur volonté de promouvoir la transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité publique. Dans ce cadre, un audit général des finances publiques est en cours, et les conclusions de cet audit devraient permettre de mettre en place des actions de réformes vigoureuses pour remettre les finances publiques sur une trajectoire plus saine.
La mission du FMI a été couronnée par des discussions constructives avec les autorités sénégalaises, dont le Premier ministre Ousmane Sonko, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération Abdourahmane Sarr, ainsi que le ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba. L’équipe du FMI a également rencontré des représentants du secteur privé et des partenaires au développement pour échanger sur les meilleures pratiques et solutions possibles pour sortir de la crise.
Le 14 février 2025, lors d’une conférence de presse tenue par le Bureau politique du Pastef, la situation financière du Sénégal a été décrite comme catastrophique, suite au rapport alarmant de la Cour des comptes. Le rapport met en évidence une gestion désastreuse des finances publiques, qualifiée de « carnage financier sans précédent » dans l’histoire politique du pays.
Le professeur Daouda Ngom, coordonnateur des cadres du Pastef, a partagé des constats accablants sur la situation. Selon lui, les « manquements graves », voire « criminels », identifiés par la Cour des comptes ont plongé les finances publiques dans une crise profonde, qualifiée d’ »hypertension ». Le rapport, qui révèle des dérives dans la gestion des fonds publics, a été perçu comme un choc pour les autorités et la population.
Face à ce constat alarmant, Pastef a exigé des mesures de reddition de comptes, appelant le gouvernement à traduire les responsables de ces malversations devant les juridictions compétentes. Le Bureau politique du parti a souligné la nécessité de poursuivre les actions de lutte contre la corruption et de renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques. « Notre parti, Pastef/Les patriotes, appelle ainsi le gouvernement à tout mettre en œuvre pour une reddition des comptes et la traduction des brigands financiers devant les juridictions compétentes », a insisté le professeur Ngom.
Malgré la gravité de la situation, le Bureau politique du Pastef a tenté de rassurer la population sur les mesures déjà prises par le gouvernement pour remédier à cette crise. Il a mentionné des initiatives telles que l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction du train de vie de l’État et la mobilisation de l’épargne locale comme des étapes importantes pour redresser la situation.
Dans un contexte où l’État se retrouve avec peu de marge de manœuvre, le Bureau politique de Pastef a lancé un appel à la solidarité nationale, soulignant que ce moment difficile requiert un « sursaut de patriotisme ». Pastef a ainsi appelé le peuple sénégalais à être patient, solidaire et à continuer de faire confiance aux autorités, notamment au président de la République, au Premier ministre et à l’ensemble du gouvernement, pour mener à bien la transformation systémique du Sénégal.
La situation des finances publiques au Sénégal est aujourd’hui une source majeure d’inquiétude. Le rapport de la Cour des comptes, ainsi que les demandes du Pastef pour une meilleure gestion et une reddition des comptes, font état d’une crise profonde qui nécessite des actions urgentes et transparentes. Le gouvernement, tout en mettant en place des mesures pour améliorer la situation, devra relever le défi de restaurer la confiance de la population, en particulier à travers des actions concrètes de justice et de réformes structurelles. Le peuple sénégalais, quant à lui, est appelé à rester solidaire et à faire preuve de patience, dans l’espoir d’une transformation durable du pays.
Le rapport récemment publié par la Cour des comptes sur la gestion de la dette publique au Sénégal n’a fait que confirmer des accusations portées depuis plusieurs mois par l’opposant Bougane Gueye Dany. En effet, l’homme politique avait dénoncé des irrégularités concernant des crédits contractés sans l’accord de la Direction du Crédit, ainsi que des comptes ouverts illégalement, sans l’autorisation du ministère des Finances. Ces dénonciations, qui avaient été largement ignorées à l’époque, trouvent aujourd’hui un écho officiel, alors que la Cour des comptes et l’Inspection générale des Finances (IGF) semblent enfin reconnaître la gravité de la situation.
Bougane Gueye Dany, dans ses nombreuses interventions publiques, avait déjà attiré l’attention sur la manipulation des fonds publics par certains fonctionnaires. Selon lui, ces pratiques de gestion opaque permettaient à des individus d’agir en dehors du contrôle des agents comptables de l’État, exposant ainsi les finances publiques à de graves dérives. Pourtant, malgré ces alertes, ces irrégularités avaient été minimisées par les autorités, et il aura fallu attendre la publication du rapport de la Cour des comptes pour que ces faits prennent une ampleur plus large.
Le rapport de la Cour des comptes révèle que le précédent gouvernement avait non seulement omis de communiquer des données fiables concernant la dette et le déficit publics, mais que certaines opérations financières, notamment des crédits, avaient été contractées sans l’accord nécessaire de la Direction du Crédit. Pire encore, des comptes avaient été ouverts sans l’approbation préalable du ministère des Finances, ce qui constitue une grave violation des procédures budgétaires et financières en vigueur.
Ces révélations viennent également mettre en lumière le manque de transparence dans la gestion des finances publiques, un problème qui avait été soulevé à plusieurs reprises par l’opposition, mais qui n’avait pas trouvé de réponses satisfaisantes jusqu’à récemment. Ce retard dans la prise en compte des dénonciations de Bougane Gueye Dany et d’autres figures politiques montre un manque de rigueur dans les mécanismes de contrôle interne des finances de l’État, alors que la gestion des fonds publics devrait être soumise à une transparence totale.
Le ministère des Finances a annoncé la tenue prochaine d’une réunion avec les investisseurs internationaux pour clarifier la situation et discuter des mesures de centralisation de la gestion de la dette publique. Cependant, il est impératif que cette réunion soit l’occasion de revenir sur ces irrégularités passées et de prendre des mesures concrètes pour éviter toute répétition de telles pratiques à l’avenir.
Il est aussi essentiel que les responsabilités soient clairement établies et que les responsables de ces dérives financières soient identifiés et sanctionnés. La mise en place de réformes plus strictes en matière de contrôle des finances publiques devient aujourd’hui indispensable, tant pour rassurer les citoyens que les partenaires internationaux du Sénégal, qui réclament plus de transparence et de rigueur dans la gestion des fonds publics.
Le dernier Conseil des ministres a marqué un tournant majeur pour la gestion des finances publiques au Sénégal avec une série de nominations clés au sein des structures stratégiques. Ces changements visent à renforcer la gouvernance et l’efficacité dans la gestion des ressources financières de l’État.
Amadou Tidiane Gaye, Inspecteur général d’État, matricule de solde n° 602562/G, a été nommé Directeur général du Trésor, succédant à Cheikh Tidiane Diop. Cette désignation reflète une volonté de dynamiser le leadership au sein de l’administration financière. M. Gaye, auparavant Directeur du Contrôle interne (DCI), est reconnu pour son expertise et sa rigueur dans le domaine des finances publiques.
D’autres nominations ont également été actées, parmi lesquelles :
Ces nominations traduisent la volonté des autorités d’améliorer la transparence, la performance et la responsabilité dans la gestion des finances publiques. Elles s’inscrivent dans une démarche globale pour moderniser le système financier et répondre aux besoins croissants de la gestion des ressources de l’État.
Lors d’une visite officielle en Mauritanie, le Premier ministre Ousmane Sonko a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la situation des finances publiques du Sénégal. S’adressant aux Sénégalais établis dans ce pays voisin, en marge de sa rencontre avec le président mauritanien Mohamed Ould El-Ghazouani, il a révélé avoir reçu le dernier rapport de la Cour des comptes. Selon ses dires, ce document viendra corroborer ses précédentes déclarations sur l’état préoccupant des finances du pays.
« Nous avons trouvé le pays au quatrième sous-sol », avait-il affirmé lors d’une conférence de presse en septembre, une sortie qui avait suscité de nombreuses réactions. Aujourd’hui, le chef du gouvernement reste sur cette ligne, précisant que le rapport de la Cour des comptes sera bientôt rendu public.
« Quand il sera rendu public, les Sénégalais sauront l’ampleur des dégâts », a martelé Ousmane Sonko, dans des propos rapportés par Le Soleil. Le Premier ministre affirme que ce rapport ne fait que confirmer les éléments qu’il avait déjà exposés. « Quand je l’ai dit pour la première fois, les gens se sont agités. Mais ce rapport en dira beaucoup plus », a-t-il insisté, suggérant que les révélations pourraient être encore plus graves que prévu.
Depuis son arrivée à la primature, Ousmane Sonko ne cesse de dénoncer l’état dans lequel il affirme avoir trouvé les finances publiques à son entrée en fonction. Ses sorties répétées, parfois jugées alarmistes par certains observateurs, semblent aujourd’hui trouver un écho dans ce rapport. Si ce dernier confirme ses dires, cela pourrait marquer un tournant dans la perception des citoyens vis-à-vis de la gestion des gouvernements précédents.
Cependant, ces accusations risquent de creuser davantage le fossé politique entre l’actuel régime et l’opposition, qui rejette en bloc les allégations d’Ousmane Sonko.
L’attente de ce rapport de la Cour des comptes s’inscrit dans un contexte politique tendu. Les déclarations du Premier ministre surviennent à un moment où le gouvernement est critiqué pour son incapacité à redresser rapidement une situation économique jugée difficile par de nombreux citoyens. Par ailleurs, l’opposition accuse Sonko et son équipe d’exagérer la gravité des problèmes afin de justifier d’éventuelles contre-performances.
Le projet « USAID Appui à la gestion des Finances publiques », en collaboration avec le CERIF et le COSEF, a organisé un atelier de renforcement de capacités destiné à promouvoir la représentativité des femmes dans la gestion des Finances publiques au Sénégal.
Après la mise en place du premier « Réseau des Femmes dans la gestion des Finances
publiques » au Sénégal à travers le projet « Appui à la gestion des finances publiques », le consortium CERIF/COSEF, en partenariat avec l’USAID, a procédé, ces jeudi 26 et vendredi 27 décembre 2024, a des sessions de renforcement de capacités en Leadership et Développement personnel au profit des membres dudit Réseau.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts déployés pour améliorer l’accès des femmes aux rôles stratégiques au sein des ministères et institutions de gestion des Finances publiques.
En effet, la mise en place de l’analyse genre en 2022, les résultats ont révélé que les femmes restent largement sous-représentées dans les fonctions décisionnelles clés, malgré quelques avancées, notamment la création de cellules de genre au sein des ministères.
L’étude a également précisé que bien que des femmes occupent certains postes au sein des DAGE (Direction de l’Administration et de la Gestion des Entreprises), elles peinent à influencer efficacement les décisions budgétaires.
En 2020, seulement 16 % des DAGE étaient dirigées par des femmes, et la situation demeure encore largement dominée par des hommes.
OBJECTIFS
Afin de combler ces lacunes, les trois partenaires (USAID, CERIF ET COSEF) ont organisé cette formation intensive. L’attente étant de renforcer les capacités des participantes dans des domaines cruciaux tels que la prise de parole en public, l’intelligence émotionnelle, le leadership dans les instances de décision, entre autres.
Les travaux ont réuni une diversité de participants provenant de ministères, d’institutions étatiques, de la société civile, des mairies, du milieu académique ainsi que des acteurs des médias.
Il a offert une plateforme pour renforcer les compétences des femmes en matière de plaidoyer et de leadership, dans le but d’accroître leur représentation au sein des structures décisionnelles liées à la gestion des finances publiques.
Parallèlement, l’ensemble des travaux organisés depuis le début de ce projet, ont permis aux participants de mieux comprendre leur rôle dans le processus budgétaire national, d’affirmer leur présence et d’augmenter leur impact sur les décisions relatives aux finances publiques.
À terme, ce programme aura impacté des acteurs clés de la société civile, membres des clubs d’analyse budgétaire ainsi que des chercheurs, universitaires et représentants des corps de contrôle. Il aura permis de créer une dynamique inclusive et égalitaire dans la gestion des finances publiques, veillant à ce que les femmes soient mieux préparées et soutenues pour assumer des responsabilités décisionnelles dans ce domaine important pour le développement de notre pays.
La Dakaroise
Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment publié une note à la suite d’une mission au Sénégal, menée par M. Edward Gemayel du 9 au 16 octobre 2024. Cette mission visait à examiner les premières conclusions du rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) portant sur les finances publiques pour la période 2019-2024 T1, ainsi qu’à discuter des perspectives budgétaires du pays pour le reste de l’année.
Le rapport de l’IGF révèle des révisions importantes concernant les données budgétaires du Sénégal, en particulier sur la période 2019-2023. Ces révisions sont attribuées principalement à des investissements financés par des emprunts extérieurs et des prêts contractés auprès des banques locales, entraînant ainsi une réévaluation à la hausse du déficit budgétaire et de la dette publique. Le FMI collabore désormais avec les autorités sénégalaises pour évaluer l’impact macroéconomique de ces révisions et envisager les prochaines étapes nécessaires.
Concernant le budget 2024, le Sénégal continue de faire face à des tensions budgétaires, notamment en raison d’un manque à gagner en termes de recettes fiscales et d’une augmentation des dépenses d’investissement. En conséquence, le déficit budgétaire pourrait dépasser les 7,5 % du PIB initialement estimés pour cette année.
Face à ces défis, le FMI recommande des mesures audacieuses pour assurer la viabilité des finances publiques. Cela inclut la rationalisation des exonérations fiscales, la réduction progressive des subventions énergétiques, et la mise en œuvre de réformes structurelles. Ces actions sont cruciales pour renforcer la mobilisation des recettes internes et promouvoir une croissance inclusive, tout en plaçant la dette publique sur une trajectoire descendante.
La Loi de finances 2025 représente une opportunité clé pour le Sénégal de réaffirmer son engagement envers des réformes économiques rigoureuses, notamment en renforçant la discipline budgétaire et en favorisant une meilleure gouvernance économique.
Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a tiré la sonnette d’alarme sur la gestion opaque des finances publiques sous le régime de l’ancien président Macky Sall. Une semaine après les révélations du Premier ministre Ousmane Sonko, le ministre a exposé de nouvelles informations qui montrent l’ampleur de cette opacité, notamment dans le secteur de l’énergie.
Lors d’une intervention au lycée Malick Sy de Thiès à l’occasion de la journée “Setal Sunu Reew”, Birame Soulèye Diop a affirmé que 38 des 44 contrats signés dans son secteur entre 2019 et 2023 ont été attribués sans appel d’offres, via entente directe. Il a révélé que 5400 milliards de francs CFA ont été engagés dans ces contrats, ce qui représente 88% des 5900 milliards investis sur cette période.
Selon le ministre, cette pratique a permis au ministre de l’époque de choisir ses partenaires sans aucune concurrence, au détriment de la transparence et de l’efficacité. « Ce sont des choix personnels qui ont déterminé ces contrats, alors qu’un appel d’offres aurait pu permettre d’obtenir “le meilleur coût et une meilleure qualité de travail”« , a-t-il déclaré.
Birame Soulèye Diop a également remis en question les justifications de certains qui continuent de nier ces chiffres. Il a insisté sur la nécessité d’une plus grande transparence dans la gestion des ressources publiques et sur le rôle crucial des appels d’offres dans la bonne gouvernance.
Ces révélations interviennent dans un contexte où le nouveau gouvernement cherche à réformer en profondeur la gestion des finances publiques et à instaurer des pratiques de bonne gouvernance, afin de renforcer la confiance du public et des partenaires internationaux dans les institutions sénégalaises.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé, ce dimanche, sa gratitude envers le Fonds Monétaire International (FMI) pour l’esprit de coopération qui a prévalu après la publication des premiers résultats de l’audit des finances publiques du Sénégal. Cet audit, couvrant la période 2012-2024, fait état de la gestion des finances publiques sur plus d’une décennie.
Sur son compte X (anciennement Twitter), le Président Faye a déclaré : « Je salue l’esprit collaboratif du FMI, suite à la divulgation des résultats provisoires de l’audit des finances publiques du Sénégal, concernant la gestion 2012-2024. »
Cette déclaration intervient dans un contexte où le Sénégal est engagé dans une série de réformes économiques visant à améliorer la gestion de ses finances publiques. L’audit a mis en lumière certaines faiblesses en termes de déficit budgétaire et d’endettement, avec des recommandations à suivre pour assainir les finances de l’État.
« Je réaffirme mon engagement ferme, comme je l’ai exprimé lors de ma prestation de serment, à faire du Sénégal un partenaire sûr et fiable », a ajouté le Chef de l’État, rappelant ainsi sa détermination à mener des réformes structurelles ambitieuses pour renforcer l’économie du pays.
Le gouvernement du Sénégal, en étroite collaboration avec le FMI, prévoit de mettre en œuvre des mesures correctives afin de redresser la situation économique. Des réformes en matière de gouvernance financière, de gestion de la dette et de réduction du déficit budgétaire sont au cœur de cette coopération.
Le bureau de l’Assemblée nationale, contrôlé par la coalition Benno Bokk Yakaar, a annulé le Débat d’orientation budgétaire (DOB) qui devait se tenir ce samedi. Ce débat était prévu pour porter sur le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle. Cette annulation fait suite à la déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait indiqué qu’il pourrait présenter sa Déclaration de politique générale (DPG) en dehors de l’hémicycle.
L’annulation du DOB suscite des interrogations quant à ses conséquences sur les finances publiques. Cependant, deux spécialistes des questions parlementaires et anciens députés, interrogés par L’Observateur, ont affirmé que cette décision n’aura pas d’impact négatif sur les finances publiques.
Alioune Souaré a déclaré : « Le fait d’annuler le Débat d’orientation budgétaire est une violation de la loi. On ne peut pas reprogrammer le DOB parce que sa tenue est fermée dans les délais, il doit se tenir à la fin du deuxième trimestre de chaque année. Cependant, la non-tenue du DOB n’aura pas d’incidence sur les documents. Le DOB n’est pas une étape de validation, c’est simplement un exercice d’information. »
Théodore Monteil a ajouté : « Ce n’est pas comme en France où le débat d’orientation budgétaire permet aux députés de déplacer des crédits à l’intérieur d’un programme. Ici, au Sénégal, les députés n’ont pas le pouvoir de déplacer des crédits ou de créer un programme. Le DOB est juste une information qui leur permet de préparer le marathon budgétaire à venir. Il n’y aura donc aucune incidence. »
Ces explications montrent que l’annulation du DOB, bien que critiquée comme une violation des procédures légales, ne compromettra pas la gestion des finances publiques. Contrairement à d’autres systèmes parlementaires où ce type de débat pourrait influencer directement la répartition des crédits budgétaires, le DOB au Sénégal est essentiellement un exercice informatif. Il vise à préparer les députés pour les discussions budgétaires à venir, mais ne leur confère pas le pouvoir de modifier les allocations budgétaires.
Malgré l’annulation du Débat d’orientation budgétaire par Benno Bokk Yakaar en réponse aux déclarations d’Ousmane Sonko, les finances publiques sénégalaises ne subiront pas d’impact négatif. Cette décision, bien qu’illégale selon certains experts, reste sans conséquence pratique sur les documents budgétaires et la gestion financière du pays.
Le ministère des Finances et du Budget du Sénégal a dévoilé son document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle pour la période 2025-2027, offrant une vue d’ensemble des projections financières du pays.
Selon ce document, les ressources budgétaires globales pour l’année 2025 sont estimées à 5 677,7 milliards F CFA (environ 8,63 millions d’euros), marquant une augmentation de 15,5 % par rapport aux montants révisés de 2024. Cette progression, souligne la note, reflète les efforts du gouvernement pour accroître les recettes fiscales et optimiser les ressources publiques.
Pour la période 2025-2027, le ministère prévoit une tendance haussière des ressources budgétaires avec un taux moyen de progression de 19 %. La pression fiscale devrait atteindre une moyenne de 21,2 %, en hausse par rapport aux 20,1 % prévus pour 2024. Les dépenses totales pour 2025 sont programmées à 6 390,2 milliards F CFA, marquant une augmentation de 8,7 % par rapport aux prévisions révisées de 2024.
Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a détaillé les investissements globaux, estimés à 1 811,5 milliards F CFA. Ces investissements se répartissent entre 1 087,1 milliards F CFA de ressources internes et 724,4 milliards F CFA de ressources externes.
En ce qui concerne la dette publique, à fin décembre 2023, l’encours de la dette de l’Administration centrale est évalué à 13 772,8 milliards F CFA, soit une augmentation de 16,9 % par rapport à 2022. La dette en devises étrangères représente 65,3 % du total, contre 34,7 % pour la dette en F CFA.
Ces projections budgétaires et économiques montrent les ambitions du gouvernement sénégalais pour renforcer sa base de recettes fiscales, optimiser l’utilisation des ressources publiques et gérer de manière stratégique la dette publique pour soutenir une croissance économique durable.
Récemment nommé Ministre des Finances et du Budget au Sénégal, Cheikh Diba est un homme dont le nom commence à résonner dans les cercles politiques et économiques du pays. Sa nomination a été saluée comme un signe de renouveau et d’expertise dans la gestion des finances publiques.
Avec une carrière professionnelle impressionnante dans le domaine des finances, Cheikh Diba a gravi les échelons pour devenir un acteur clé de l’administration fiscale sénégalaise. Avant sa nomination ministérielle, il a occupé le poste de Directeur de la Programmation budgétaire, où il a joué un rôle crucial dans l’élaboration et la gestion du budget de l’État.
Fort de seize années d’expérience, Cheikh Diba a acquis une connaissance approfondie des mécanismes fiscaux et budgétaires du Sénégal. Son parcours professionnel l’a vu occuper divers postes au sein de l’administration fiscale, lui permettant ainsi de comprendre les défis et les enjeux liés à la collecte des recettes et à la gestion des dépenses publiques.
Mais Cheikh Diba n’est pas seulement un expert en finances publiques ; il est également un académicien accompli. Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques et d’un diplôme d’ingénieur en planification économique et gestion des organisations de l’École nationale d’Économie appliquée (ENEA), il a également poursuivi ses études à l’Institut africain de Développement économique et de Planification de la Commission économique pour l’Afrique (IDEP-Dakar) ainsi qu’à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.
Sa nomination en tant que Ministre des Finances et du Budget intervient à un moment crucial pour le Sénégal, alors que le pays cherche à relever plusieurs défis économiques et financiers. En tant que nouveau visage des finances publiques, Cheikh Diba est appelé à jouer un rôle central dans la mise en œuvre de politiques économiques visant à stimuler la croissance, à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie des citoyens sénégalais.
Son expérience, son expertise et son engagement envers le développement économique du pays font de lui un atout précieux pour le gouvernement et une figure à surveiller de près dans les mois à venir.