Rufisque : trois trafiquants arrêtés avec 39 kg de chanvre indien

Une opération de la brigade de recherches du Commissariat central de Rufisque a permis, dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, l’interpellation de trois individus impliqués dans un trafic de chanvre indien. Au total, 39 kilogrammes de cette drogue ont été saisis. Cette intervention fait suite à un renseignement opérationnel signalant l’arrivée imminente d’une pirogue transportant du chanvre au quai de pêche de Rufisque.

Les policiers, déjà en planque dans la zone, ont repéré un véhicule de marque Opel garé à quelques mètres du quai, avec deux hommes à bord. Peu après, une pirogue est effectivement arrivée sur les lieux. À ce moment, le véhicule s’est rapproché de l’embarcation.

Un troisième individu, arrivé sur une moto, s’est joint aux deux occupants de la voiture. Ensemble, ils ont commencé à décharger des blocs de chanvre indien depuis la pirogue, les transférant dans le coffre de la voiture. C’est à cet instant précis que les agents de police sont intervenus pour procéder à l’arrestation.

Les trois hommes ont été immédiatement placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour détention et trafic de chanvre indien. La police a ouvert une enquête afin d’identifier d’éventuels complices et de démanteler le réseau derrière cette opération de trafic de drogue.

Les autorités saluent cette saisie significative, qui témoigne de l’efficacité du dispositif de surveillance des côtes et de la réactivité des forces de l’ordre dans la lutte contre le narcotrafic.

DERNIÈRE MINUTE – Haute cour de justice : Moustapha Diop envoyé en prison

L’ancien ministre du Développement industriel et des PME-PMI, Moustapha Diop, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi 22 mai 2025, à l’issue de son audition par la Commission d’instruction de la Haute cour de justice.

Député-maire de Louga, Moustapha Diop est poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 930 millions de francs CFA. Cette inculpation fait suite aux révélations contenues dans le rapport définitif de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19, connu sous le nom de Force-Covid-19.

Selon les conclusions des enquêteurs, le ministère dirigé à l’époque par M. Diop avait bénéficié d’un montant total de 2,5 milliards de francs CFA destiné à l’acquisition de masques de protection. Toutefois, ces fonds publics ont été transférés depuis le compte de dépôt du Trésor public vers un compte privé ouvert à la Bank of Africa, géré personnellement par Moustapha Diop. Ce dernier aurait été le seul ordonnateur des paiements, ce qui constitue une violation flagrante des règles en matière de gestion financière publique.

L’affaire prend une tournure plus préoccupante avec la commande de 250 000 masques, d’une valeur de 930 millions de francs CFA, qui aurait été réglée en espèces directement par l’ancien ministre. Des mouvements financiers jugés suspects ont également été identifiés sur les comptes de M. Diop. Ces comptes ont enregistré des dépôts importants émanant de tiers dont l’identité n’a pas encore été révélée.

Cette arrestation marque une nouvelle étape dans les poursuites engagées par l’État contre plusieurs anciens responsables impliqués dans la mauvaise gestion du fonds Force-Covid. Le dossier de Moustapha Diop sera désormais examiné en profondeur par la Haute cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

La suite de l’instruction déterminera si d’autres poursuites ou arrestations pourraient suivre dans cette affaire aux ramifications potentiellement vastes.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°471 – 22/05/2025

🔴 ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AFRICAINE / INSTALLATION D’UN BUREAU À ABIDJAN PAR L’ADMINISTRATION TRUMP : DAKAR NE FAIT-ELLE PLUS RÊVER ?
🔴 TROISIÈME MINISTRE DE MACKY SALL DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE : SOPHIE GLADIMA PAIE LE PRIX FORT

🔴 PREMIER SÉNÉGALAIS À REMPORTÉ LA LIGUE EUROPA : PAPE MATAR SARR DANS LA LÉGENDE !
🔴 LIGUE 1 / VICTOIRE SUR LE JARAAF : GORÉE S’INSTALLE EN TÊTE

Justice d’exception au Sénégal : le Forum du Justiciable alerte sur l’absence de recours devant la Haute Cour

Le Forum du Justiciable tire la sonnette d’alarme sur une faille jugée grave dans l’architecture judiciaire sénégalaise : l’absence de double degré de juridiction devant la Haute Cour de Justice. Dans un communiqué publié cette semaine, l’organisation de la société civile dénonce une entorse aux principes fondamentaux du droit à un procès équitable et une contradiction flagrante avec les engagements internationaux souscrits par le Sénégal.

La Haute Cour de Justice est la juridiction compétente pour juger le président de la République et les ministres dans le cadre de faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, selon le Forum du Justiciable, cette instance fonctionne sans aucune possibilité de recours, que ce soit durant la phase d’instruction ou après la décision finale. Un fonctionnement qui viole, selon le Forum, l’article 14, paragraphe 5, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cet article garantit à toute personne déclarée coupable d’une infraction le droit de faire examiner la déclaration de culpabilité et la condamnation par une juridiction supérieure.

Le Forum s’appuie notamment sur deux articles de la loi organique n°2002-10 du 22 février 2002 qui encadre la Haute Cour. L’article 23 stipule que « les actes de la commission d’instruction ne sont susceptibles d’aucun recours », tandis que l’article 35 précise que « les arrêts de la Haute Cour ne sont susceptibles, ni d’appel, ni de pourvoi en cassation ». En clair, les personnes jugées par cette juridiction n’ont aucun moyen légal de contester la décision rendue, ce qui va à l’encontre des standards internationaux en matière de droits de l’homme.

Dans son communiqué, le Forum du Justiciable qualifie cette situation de « préoccupation majeure » et dénonce une violation des principes universels du droit pénal, qui consacrent le droit à une seconde lecture des faits, par une instance supérieure et indépendante. Pour l’organisation, ce défaut structurel dans le fonctionnement de la Haute Cour de Justice remet en cause le caractère équitable de toute procédure engagée devant elle.

En conséquence, le Forum du Justiciable appelle solennellement les autorités sénégalaises à engager une révision urgente de la loi organique qui régit cette juridiction. L’objectif est d’y introduire un véritable double degré de juridiction, de manière à rendre les procédures plus conformes aux principes de l’État de droit et aux obligations internationales du Sénégal.

Cette alerte intervient dans un contexte où les discussions sur la réforme des institutions sont relancées avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir exécutif. Le Forum espère que cette faille, longtemps ignorée, sera enfin corrigée afin de garantir une justice véritablement équitable, même pour les plus hauts responsables de l’État.

Kédougou : Trois sites d’orpaillage clandestins démantelés, 47 personnes interpellées

Une importante opération militaire a été menée le mardi 20 mai 2025 dans le secteur de Moussala, région de Kédougou, par les forces armées sénégalaises dans le cadre de l’Opération Orientale. Cette initiative vise à combattre l’exploitation illégale des ressources naturelles dans le sud-est du pays, particulièrement touché par les activités minières clandestines.

Selon la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (Dirpa), les soldats de la Zone militaire n°4 ont procédé au démantèlement de trois sites d’orpaillage clandestins. Au cours de l’opération, 47 individus ont été interpellés, tandis que d’importants équipements ont été saisis.

Le bilan matériel est conséquent : 13 motopompes, 28 motos, 2 groupes électrogènes, ainsi que divers outils servant à l’extraction artisanale de l’or. En parallèle, les militaires ont également mis la main sur plusieurs troncs de bois abattus illégalement, révélant l’ampleur de l’exploitation illicite qui affecte les écosystèmes de la zone.

Les personnes interpellées ainsi que les objets saisis ont été remis à la gendarmerie pour les besoins de l’enquête et des suites judiciaires. La Dirpa annonce que les opérations vont se poursuivre dans la région de la Falémé, qui reste un point névralgique dans la lutte contre l’orpaillage clandestin.

Cette intervention s’inscrit dans une stratégie nationale de préservation des ressources naturelles et de sécurisation des zones frontalières, de plus en plus convoitées par des réseaux transnationaux d’exploitation illégale.

Vol à l’AIBD : un agent détourne bijoux, diamants et cheveux naturels d’une passagère

Un agent de rampe à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) de Diass est au cœur d’un scandale de vol présumé impliquant des biens de valeur appartenant à une passagère de la compagnie Air Sénégal. I.J.B., employé de la société 2AS, a comparu devant le Tribunal de Grande instance de Mbour pour avoir subtilisé des bijoux en or, en diamant, et 30 paquets de cheveux naturels lors d’un débarquement.

Les faits remontent au samedi 10 mai 2025. Alors qu’il s’activait au déchargement des bagages d’un vol en provenance de France, l’agent aurait profité d’un moment d’inattention pour forcer les cadenas de deux valises appartenant à une passagère identifiée sous les initiales M.F.D. Il aurait alors récupéré discrètement les sachets contenant les précieux bijoux et les paquets de cheveux, avant de refermer les valises et dissimuler le tout dans son propre sac.

Mais un oubli va trahir le suspect : en refermant les valises, il laisse accidentellement son bracelet fétiche, portant ses initiales, à l’intérieur de l’un des bagages. À son arrivée chez elle, la victime découvre le vol et le bracelet suspect. Elle entame alors ses propres recherches et retrouve le profil Facebook correspondant aux initiales, qui mène à une photo de l’agent.

M.F.D retourne à l’AIBD pour signaler le vol. Une enquête est aussitôt ouverte. Interpellé, I.J.B. nie les faits et affirme ne pas posséder de bracelet ou de compte Facebook. Mais une perquisition à son domicile à Ouest-Foire compromet sa défense : dix paquets de cheveux naturels et des bijoux de la victime sont retrouvés dans son armoire.

Confondu par les preuves, le mis en cause passe aux aveux. Il reconnaît avoir vendu une partie des bijoux en or à un bijoutier établi à Keur Ndiaye Lô, pour la somme de 200.000 F CFA. Ce dernier, également entendu par la justice, a tenté de se disculper à la barre.

Le procureur a requis l’application stricte de la loi à l’encontre des deux hommes. Tous deux ont été placés sous bracelet électronique en attendant le verdict du tribunal, prévu pour le mardi 27 mai 2025. Ce nouvel incident soulève à nouveau la question de la sécurité des bagages dans les aéroports sénégalais.

Procès Azoura Fall et Kaïré : le verdict fixé au 4 juin, le parquet requiert 3 mois fermes

Le procès très suivi des deux activistes sénégalais, Assane Guèye alias Azoura Fall et El Hadji Ousseynou Kaïré, s’est tenu ce mercredi au Tribunal de flagrants délits de Dakar. Poursuivis pour « discours contraires aux bonnes mœurs » à la suite de propos injurieux tenus contre l’ancien président Macky Sall, les deux hommes attendent désormais le verdict, fixé au 4 juin prochain.

Le procureur a requis une peine de trois mois de prison ferme pour chacun des prévenus. Lors des plaidoiries, les avocats de la défense ont vigoureusement contesté cette qualification juridique, estimant que les faits reprochés relevaient plutôt d’injures publiques à l’égard de particuliers, et non d’un délit d’ordre moral.

« Nous avons démontré que l’accusation n’était pas fondée et que les propos incriminés s’apparentaient à des injures adressées à deux personnes précises. Dès lors, nous avons demandé la relaxe pure et simple de nos clients », a plaidé Me Bamba Cissé à la sortie de l’audience.

À noter qu’Azoura Fall avait été placé sous liberté provisoire en attendant son jugement, contrairement à Kaïré, maintenu en détention. Leur sort sera définitivement scellé dans deux semaines, à l’issue du délibéré du tribunal. Le dossier, qui mêle liberté d’expression, responsabilité des influenceurs et respect des institutions, continue de susciter un vif débat dans l’opinion publique.

Ziguinchor – Les ex-détenus politiques dénoncent une indemnisation incomplète et exigent des réponses

À Ziguinchor, les anciens détenus politiques expriment leur profonde frustration face à la lenteur et au manque de clarté dans le processus d’indemnisation promis par l’État. Alors que 126 personnes avaient été recensées pour bénéficier d’une aide financière dans le cadre du programme de réparation, seules 32 ont effectivement reçu les 500.000 FCFA annoncés.

Réunis en conférence de presse ce mercredi, plusieurs membres du collectif des ex-détenus ont fait part de leur colère. Elhadj Cissé, porte-parole du groupe, a dénoncé ce qu’il qualifie d’injustice manifeste. Selon lui, il est incompréhensible qu’au bout de quatre mois, la majorité des bénéficiaires restent sans nouvelles et sans soutien. Il rappelle que cette aide avait été solennellement annoncée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour réparer les torts subis par les anciens détenus et les familles des victimes.

Le collectif demande des explications officielles de la part des autorités, en particulier de la ministre en charge du dossier. Il appelle à plus de transparence sur les critères de sélection des bénéficiaires et sur les délais réels de versement de l’aide.

Les ex-détenus ont également critiqué certains élus locaux, dont le député Guy Marius Sagna, accusé de ne pas porter leur voix. Elhadj Cissé affirme l’avoir interpellé, sans obtenir de réponse satisfaisante, estimant que les attentes des populations de Ziguinchor n’ont pas été suffisamment prises en compte.

À quelques jours de la Tabaski, les concernés espèrent une réaction rapide du gouvernement afin que l’ensemble des bénéficiaires puissent recevoir leur dû dans des délais raisonnables.

Meurtre d’un infirmier à Koungheul : le SUTSAS décrète une journée noire ce vendredi 23 mai

Le monde de la santé sénégalaise est en deuil. Mamadou Samba Diallo, Infirmier Chef du poste de santé de Arafat, a été lâchement assassiné dans la nuit du mardi au mercredi, vers 4 heures du matin, sur son lieu de travail, situé dans le district sanitaire de Koungheul (région médicale de Kaffrine). L’attaque a été perpétrée par des individus armés non identifiés.

L’annonce de ce meurtre a provoqué une onde de choc au sein du corps médical et suscité une vive indignation du Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS). Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le syndicat a fermement condamné cet acte qu’il qualifie d’« ignoble et barbare ». Le SUTSAS fustige également l’inaction des autorités face à la recrudescence des violences à l’encontre des agents de santé, régulièrement exposés à des agressions dans l’exercice de leurs fonctions.

En signe de protestation, le syndicat a décrété la journée du vendredi 23 mai 2025 comme une “journée noire” sur l’ensemble du territoire national. Des prières collectives, des sit-in dans les structures sanitaires et le port de brassards noirs sont prévus pour rendre hommage à la victime et alerter sur l’urgence sécuritaire dans le secteur.

Par ailleurs, le Secrétariat Exécutif du SUTSAS a exprimé son soutien total à l’arrêt de travail régional décrété à Kaffrine dès ce mercredi à 9 heures. Cette mobilisation régionale vise à exiger des garanties de sécurité concrètes pour les professionnels de santé.

Ce nouveau drame vient raviver les inquiétudes autour des conditions de travail du personnel médical, notamment dans les zones reculées. Le SUTSAS appelle à des mesures urgentes de sécurisation des postes de santé, sans quoi, prévient-il, « d’autres mobilisations de plus grande envergure seront enclenchées ».

Accrochage armé à Djibidione : des soldats sénégalais pris pour cible lors d’une patrouille

Une unité de l’armée sénégalaise en mission de patrouille a été prise à partie ce mercredi matin dans la commune de Djibidione, précisément aux alentours des villages de Karounor et Kalathiaye, dans le département de Bignona (région de Ziguinchor). L’accrochage s’est produit dans une zone frontalière réputée instable, où la présence de bandes armées demeure une menace persistante.

Selon une source sécuritaire ayant requis l’anonymat, les soldats effectuaient une opération de surveillance de routine lorsqu’ils ont été attaqués par un groupe non identifié. Les échanges de tirs ont duré plusieurs minutes, mais les circonstances exactes de l’affrontement restent floues. Aucun bilan officiel n’a été communiqué pour l’heure, tant en termes de pertes humaines que de dégâts matériels.

La région sud du Sénégal, en particulier la commune de Djibidione, reste un foyer de tension récurrent en raison de sa proximité avec la Guinée-Bissau et de la présence sporadique de groupes armés. Cette zone stratégique fait régulièrement l’objet d’opérations militaires visant à rétablir l’ordre et assurer la sécurité des populations locales.

Cet incident intervient dans un contexte de vigilance accrue des forces de défense et de sécurité, mobilisées pour prévenir tout regain d’instabilité dans cette partie du pays. Les autorités militaires n’ont pas encore émis de communiqué officiel, mais une enquête serait en cours pour identifier les auteurs de cette attaque.

En attendant, la situation reste tendue dans la zone, et les populations riveraines, souvent prises au piège entre les opérations de sécurisation et les agissements des groupes armés, expriment leurs inquiétudes quant à la persistance de la violence.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°470 – 21/05/2025

🔴 RÉUNION DES GOUVERNEURS DES BANQUES CENTRALES : UNE UNION MONÉTAIRE AFRICAINE EN LIGNE DE MIRE
🔴 MANQUE DE SPÉCIALISTES ET DÉFAUT DE PRISE EN CHARGE : CALVAIRE DES MALADES DE L’HÉPATITE B

🔴 LIGUE 1 / MATCH NUL CONTRE LA SONACOS : L’AJEL DIT ADIEU AU PODIUM
🔴 AUDITION À LA DIC : ZARKO RENTRE CHEZ LUI

Khadim Bâ, l’arme du rapport secret : ce document explosif qui pourrait tout changer

Le feuilleton judiciaire autour de l’homme d’affaires Khadim Bâ connaît un tournant inattendu avec l’émergence d’un rapport d’expertise qualifié d’« explosif ». Ce document confidentiel, remis au Parquet financier, pourrait bouleverser l’orientation de la procédure en cours. Incarcéré depuis le 4 octobre 2024, Khadim Bâ fait face à de multiples chefs d’accusation : faux et usage de faux, importation illicite, infraction au code des changes, escroquerie sur fonds publics, association de malfaiteurs et blanchiment aggravé.

Révélé par le quotidien L’Observateur, ce rapport de plus de soixante pages est le fruit de plusieurs mois d’enquête menés par le cabinet d’expertise Cecogex, dirigé par l’expert judiciaire Gory Ndiaye. Mandaté par le Pool judiciaire financier (PJF), ce dernier avait pour mission de passer au crible les opérations financières et commerciales de Dermond Oil, la société dirigée par Khadim Bâ. Le rapport retrace les flux de transactions entre Dermond Oil et l’Administration douanière sénégalaise entre 2017 et 2023. Il examine également les importations d’hydrocarbures, les commissions perçues, les contrats signés avec des partenaires étrangers, ainsi que les avantages économiques issus de ces opérations.

Mais ce sont surtout les conclusions du rapport qui pourraient rebattre les cartes. Sur la question des droits d’importation, l’expert affirme que Khadim Bâ n’était pas personnellement redevable, car sa société ne jouait pas le rôle d’importateur direct. Cette responsabilité incomberait plutôt, selon les documents et témoignages examinés, à des entités comme la Société Africaine de Raffinage (SAR), Total et Touba Oil. Le rapport s’appuie notamment sur les déclarations d’un cadre des Douanes, Birahim Souna Fall, qui précise que Dermond Oil n’avait ni le statut ni les obligations d’un importateur officiel. En conséquence, l’accusation de fraude douanière perdrait de sa consistance.

Autre volet capital de l’affaire : l’accusation de non-rapatriement de 45 milliards de francs CFA. Là aussi, le rapport remet en cause la thèse du Parquet. Selon Me Djiby Diallo, l’un des avocats de Khadim Bâ, son client aurait agi sur instruction expresse de l’État du Sénégal, dans un contexte de crise énergétique marquée par la rareté de l’offre mondiale. Khadim Bâ aurait alors accepté d’intervenir sur le marché international pour assurer l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, en collaboration avec la SAR. L’avocat affirme que non seulement ces opérations ont été validées par les autorités, mais qu’elles ont aussi été réalisées à perte pour soutenir l’intérêt général. En outre, les transactions financières étaient centralisées à travers la BCEAO, les banques commerciales sénégalaises ne disposant pas des devises nécessaires pour les couvrir. Toujours selon Me Diallo, un montant global de 382 milliards de francs CFA aurait été dûment rapatrié au Sénégal entre 2017 et 2023, soit bien plus que ce qui est reproché à l’accusé.

Fort de ces nouvelles données, le pool d’avocats de Khadim Bâ envisage de relancer une demande de mise en liberté provisoire. Ce rapport constitue désormais le pilier central de leur stratégie de défense. Ils espèrent qu’il permettra de réévaluer la pertinence des poursuites en cours, voire d’ouvrir la voie à une révision substantielle du dossier.

Cependant, l’issue reste incertaine. Le Parquet financier, bien que saisi du document, ne s’est pas encore prononcé publiquement sur son impact potentiel. Car malgré les éclairages apportés par le rapport Cecogex, les accusations restent lourdes et englobent des faits d’une complexité juridique et financière indéniable. Des soupçons de blanchiment de capitaux, de falsification de documents et de détournement de fonds publics continuent de planer.

L’affaire Khadim Bâ, qui mobilise l’opinion et les médias depuis plusieurs mois, semble donc entrer dans une nouvelle phase. Si les conclusions de l’expert judiciaire venaient à être reconnues par les autorités judiciaires, le dossier pourrait connaître un tournant radical. Dans le cas contraire, ce rapport pourrait être relégué au rang de simple pièce à conviction parmi tant d’autres, sans réelle influence sur la suite des événements.

Lutte contre l’enrichissement illicite : l’ONRAC annonce avoir recouvré plus de 35 milliards FCFA depuis 2022

L’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) a révélé avoir récupéré plus de 35 milliards de francs CFA depuis sa mise en service en mars 2022. Cette annonce a été faite ce mardi par le directeur général de l’institution, le magistrat Mor Ndiaye, lors d’un atelier de sensibilisation à Dakar destiné aux organisations de la société civile, consacré au recouvrement et à la gestion des avoirs mal acquis.

Créée le 23 juillet 2021, la structure est devenue pleinement opérationnelle au début de l’année 2022. Depuis cette date, selon Mor Ndiaye, le travail accompli a permis de recouvrer des sommes importantes, évaluées à plus de 35 milliards FCFA. Il a salué l’engagement de son équipe et a souligné l’importance de la transparence et de la rigueur dans la gestion de ces ressources.

L’atelier en question a été organisé par l’ONG Action humaine pour le développement intégré au Sénégal (AHDIS), avec le soutien du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Il s’inscrit dans une campagne nationale de sensibilisation et de plaidoyer visant à mobiliser la société civile autour des enjeux liés à l’enrichissement illicite et à la récupération des fonds issus de la corruption ou d’activités criminelles.

Au cours de son intervention, Mor Ndiaye a expliqué que les avoirs criminels englobent l’ensemble des biens saisis ou confisqués dans le cadre d’une procédure pénale, sans que cela ne se limite à la nature criminelle de l’infraction. Il a précisé que l’acceptation du terme « criminel » est à comprendre dans son acception juridique, englobant toutes les infractions ayant conduit à une procédure judiciaire aboutissant à une saisie ou une confiscation.

Concernant les avoirs logés à l’étranger, souvent difficiles à récupérer, le directeur général de l’ONRAC a souligné l’existence de mécanismes de coopération et de traçabilité internationale. Il a affirmé qu’il est parfois plus facile d’obtenir des informations sur des fonds à l’étranger que sur le plan local, en raison de l’efficacité de certains dispositifs étrangers de surveillance financière.

Pour sa part, Amacodou Diouf, représentant de l’AHDIS, a annoncé que l’initiative lancée à Dakar sera étendue à d’autres régions du Sénégal. Il a affirmé que les prochaines étapes consisteront à rencontrer les populations à la base, les autorités administratives et les organisations de la société civile dans les différentes localités du pays. Selon lui, les OSC peuvent jouer un rôle essentiel non seulement dans la sensibilisation, mais aussi dans la formulation des politiques publiques liées à la lutte contre la corruption et à la restitution des biens mal acquis.

L’atelier a ainsi permis de poser les bases d’un dialogue national autour de cette question sensible, en mettant l’accent sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre les institutions étatiques, les partenaires techniques et financiers, et les acteurs de la société civile pour une gouvernance plus transparente.

Pool judiciaire financier : Lat Diop face à une nouvelle affaire judiciaire

L’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, déjà incarcéré, fait l’objet d’une nouvelle procédure judiciaire. Le lundi 19 mai 2025, il a été extrait de sa cellule à la prison de Rebeuss pour être auditionné par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), à la demande du parquet financier.

Cette nouvelle affaire découle d’une plainte introduite par un certain Paul Ndong. Elle concerne une opération immobilière présumée douteuse, portant sur l’achat d’un appartement situé aux Almadies, dont la valeur est estimée à 500 millions de francs CFA. Le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête, confiée à la DIC.

Devant les enquêteurs, Lat Diop a fermement nié toute implication personnelle dans cette transaction. Il a expliqué qu’il n’en était pas le bénéficiaire, mais qu’il avait simplement joué un rôle d’intermédiaire pour un ami désireux d’acquérir le bien immobilier. Selon lui, cet ami, confronté à des difficultés financières, avait choisi de vendre un autre appartement par l’intermédiaire d’un notaire, dans le but de financer l’achat projeté. L’acompte, a-t-il précisé, aurait été émis à partir des fonds issus de cette vente. Toutefois, la transaction aurait finalement avorté, sans qu’aucune somme ne soit définitivement engagée.

Plusieurs sources médiatiques rapportent que Lat Diop a tenu à souligner le caractère privé de cette affaire, qui, selon lui, n’a aucun lien avec sa gestion à la tête de la Lonase. Il a insisté sur le fait qu’aucun franc de la société nationale, ni de ses propres comptes personnels, n’a été utilisé dans cette opération. Tout l’acompte, a-t-il martelé, provenait de la vente de l’appartement appartenant à son ami.

Malgré ces explications, cette nouvelle procédure ouverte par le parquet financier pourrait peser lourdement sur la situation judiciaire de l’ancien directeur général. Elle intervient alors qu’il espérait une issue favorable dans ses démêlés actuels avec la justice. Cette affaire pourrait bien compromettre ses espoirs de retrouver prochainement la liberté.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°469 – 20/05/2025

🔴 PRÉSIDENCE DE LA BAD / MALGRÉ LA VISITE DU GÉNÉRAL BIRAME DIOP AVEC UNE FORTE DÉLÉGATION : BAMAKO LÂCHE DAKAR
🔴 PLUS D’UN MOIS SANS EAU POTABLE DANS LE SINE-SALOUM : À SEC, L’ÉCONOMIE COULE

🔴 MMA / ACTES VIOLENTS DE ZARKO : LE MINISTÈRE DES SPORTS TAPE DU POING
🔴 25E ÉDITION DU DRAPEAU DU CHEF DE L’ÉTAT / TOURNOI PAR ÉQUIPE : KAOLACK DÉTRÔNE DAKAR

Justice – Affaire du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye : les accusateurs d’Ismaïla Madior Fall incarcérés, l’ancien ministre convoqué ce mardi

L’enquête judiciaire sur les soupçons de corruption dans le cadre de la construction du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure inattendue. Ce lundi 19 mai 2025, deux figures clés du dossier, Cheikh Guèye, promoteur immobilier à la tête de la société Technologie Consulting Service (TCS), et Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice, ont été placés sous mandat de dépôt.

Les deux hommes, qui accusaient l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall d’avoir sollicité un pot-de-vin, sont désormais poursuivis pour des faits graves : escroquerie sur les deniers publics, corruption, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Ils ont été déférés au parquet de Pikine après avoir été entendus par les enquêteurs de la Brigade des affaires générales (BAG).

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux mis en cause seraient au cœur d’un système de détournement structuré autour du marché public du nouveau palais de justice. Les enquêteurs parlent d’une véritable « mafia foncière » ayant mis en place un circuit parallèle de financements occultes, avec des implications supposées à plusieurs niveaux du ministère.

Cheikh Guèye avait lui-même déclenché l’affaire en accusant Ismaïla Madior Fall d’avoir exigé une somme de 250 millions de francs CFA en échange de l’attribution du marché public. Il affirmait avoir déjà versé 50 millions FCFA à l’ancien ministre avant que la somme ne lui soit restituée, selon ses dires. Une version aujourd’hui mise en doute par les enquêteurs, qui suspectent une tentative de manipulation de l’opinion et des institutions judiciaires.

Pendant ce temps, Ismaïla Madior Fall, mis en cause dans ces déclarations, est attendu ce mardi 20 mai devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice pour une audition officielle. Son passage est très attendu, tant les implications politiques et judiciaires de ce dossier sont lourdes.

L’ancien garde des Sceaux, qui a nié en bloc toutes les accusations depuis leur révélation, entend livrer sa version des faits et pourrait bénéficier d’un regain de crédibilité suite à l’incarcération de ses accusateurs. Reste à savoir si de nouveaux éléments seront versés au dossier à l’issue de son audition.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la sensibilité et la complexité des grands projets d’infrastructures publiques, notamment en matière de transparence dans les marchés publics. Le chantier du palais de justice de Pikine-Guédiawaye, censé améliorer l’accès à la justice dans cette zone densément peuplée de la banlieue dakaroise, est aujourd’hui au centre d’une tempête politico-judiciaire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°468 – 19/05/2025

🔴 DIPLOMATIE : L’ALIGNEMENT FARFELU DU SÉNÉGAL DERRIÈRE LES JUNTES ! DAKAR GUIDE ET IMPULSE (Par Bougane Gueye Dany)
🔴 DÉMISSION DU FDR : NOUVEL ENVOL POUR ANTA BABACAR

🔴 LEVÉE DU CORPS DU CAPITAINE FADIOUF NDIAYE : L’ÂME DE L’US OUAKAM S’EN VA
🔴 JOJ 206 / ÉQUITATION : LE SÉNÉGAL À CHEVAL GRÂCE À ÉDEN KAZOUM !

Mali – Burkina Faso / Massacres ciblant des groupes ethniques : Thierno Alassane Sall exprime son indignation

Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV), a utilisé son compte X pour dénoncer avec force les violences ethniques en cours dans plusieurs pays du Sahel, en particulier au Mali et au Burkina Faso. Il attire l’attention sur la gravité d’une situation qui, selon lui, tend à dégénérer en une série de massacres ciblés contre des groupes ethniques, notamment les Peuls.

Il rappelle que la rébellion malienne, qui dure depuis de nombreuses années, semble désormais sombrer dans des exactions où les civils sont pris pour cibles sans distinction, victimes d’actes de barbarie filmés par les auteurs eux-mêmes. Ces vidéos, qui circulent sur les réseaux, montrent des scènes insoutenables où femmes, enfants et personnes âgées sont enchaînés, torturés, puis tués, soulignant l’ampleur du drame humain qui se joue.

Thierno Alassane Sall fait également état de la situation au Burkina Faso, pays voisin, où des violences similaires ont lieu. Là aussi, des images choquantes circulent, montrant des villages ravagés et des populations humiliées, ce qui illustre une recrudescence de la brutalité à l’encontre des civils.

Face à cette montée de la violence, le leader politique appelle à une prise de conscience collective et à une solidarité internationale. Il insiste sur le fait que l’indignation face à la souffrance humaine doit être universelle, qu’elle concerne les victimes de Gaza, de la République démocratique du Congo, du Soudan ou du Sahel. Pour lui, il ne peut y avoir de hiérarchie dans la douleur et la dignité humaine doit être défendue partout.

Ce message s’inscrit dans un contexte où la région du Sahel est en proie à des conflits ethniques et à une insécurité grandissante, avec des conséquences dramatiques sur les populations civiles. Le discours de Thierno Alassane Sall vise à alerter l’opinion publique et les autorités sur l’urgence d’agir pour protéger les communautés vulnérables et mettre fin à ces atrocités.

Badara Gadiaga dénonce les dérives politiques et judiciaires dans les affaires Azoura Fall, Abdou Nguer et autres

Invité de l’émission Jakarlo, le chroniqueur Badara Gadiaga s’est exprimé sans détour sur plusieurs affaires qui font actuellement l’actualité politique et judiciaire au Sénégal. Revenant sur le cas d’Azoura Fall, il a pointé les conséquences dangereuses de certaines déclarations publiques. Selon lui, affirmer à l’Assemblée nationale que des jeunes ont été payés pour insulter les autorités peut prêter à confusion. « Je vous pose la question de savoir : avez-vous envoyé Azoura pour qu’il aille insulter les gens ? Si tel n’est pas le cas, vous devez comprendre que ceux qui insultent peuvent aussi le faire de leur propre chef », a-t-il lancé à l’endroit d’Ousmane Sonko.

Le chroniqueur a ensuite élargi la réflexion à un mal plus profond : la dégradation des valeurs morales. Il s’est dit préoccupé par la banalisation de la violence et de la haine : « On convoque quelqu’un pour des insultes, et devant la police, il déclare avoir mis le feu à un véhicule appartenant à un proche. C’est inédit dans ce pays. » Pour Gadiaga, cette escalade témoigne d’une radicalisation inquiétante, loin des traditions d’opposition civilisée incarnées jadis par des figures comme Abdoulaye Wade et Abdou Diouf.

Il s’est dit choqué par le discours de certains responsables politiques qui revendiquent ouvertement la radicalité comme mode de gouvernance. « On entend aujourd’hui des responsables dire qu’ils doivent rester radicaux parce qu’ils ont conquis le pouvoir dans cette posture. Et qu’un jeune se lève pour réclamer un statut spécial ! » Gadiaga en appelle à une prise de conscience collective : « Les psychiatres, les universitaires doivent s’emparer de cette problématique. Car ce sont souvent des individus qui ne supportent pas la contradiction. »

Sur le plan judiciaire, le chroniqueur a salué la décision du procureur de placer Azoura Fall sous mandat de dépôt malgré les pressions. Il a toutefois dénoncé une justice à deux vitesses. Comparant les dossiers d’Abdou Nguer et d’Arona Niang, tous deux poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles, il a relevé un traitement inégal. « L’un est en instruction, l’autre sera jugé la semaine prochaine, parce qu’il est proche du Pastef », a-t-il dénoncé. Il en va de même, selon lui, pour Assane Diouf, dont le dossier traîne en instruction, contrairement à celui du jeune Kaïré, qui sera jugé rapidement pour les mêmes faits.

Reddition des comptes : Me Amadou Aly Kane fustige la surmédiatisation des procédures

Invité de l’émission « Le Grand Jury » sur la RFM ce dimanche, Me Amadou Aly Kane, leader du Rassemblement pour la République et la Démocratie (R3D), a exprimé de sérieuses réserves sur la manière dont la reddition des comptes est actuellement mise en œuvre au Sénégal. S’il dit adhérer pleinement au principe de transparence, l’avocat inscrit au barreau de Dakar dénonce ce qu’il considère comme une « surmédiatisation » nuisible des procédures judiciaires en cours.

« On a l’impression que les personnes convoquées sont déjà présumées coupables », a-t-il déclaré, regrettant la manière dont certains dossiers sont exposés dans les médias avant même d’être jugés. Pour Me Kane, cette pratique porte atteinte à la présomption d’innocence et risque de décrédibiliser le processus judiciaire.

Au-delà de l’impact sur les individus concernés, il alerte également sur les répercussions économiques d’un tel climat. « Les détenteurs de capitaux ont peur de sortir l’argent », a-t-il affirmé, soulignant que cette frilosité des investisseurs contribue à la morosité économique ambiante. Une situation qui, selon lui, nuit aux recettes fiscales de l’État, notamment en matière de TVA.

L’homme politique appelle à une démarche plus équilibrée, ciblant en priorité les responsables publics dont les actes ont une incidence directe sur les biens communs. Dans le cas contraire, prévient-il, la justice risque de se transformer en instrument de règlements de comptes politiques ou personnels.

Cette prise de position intervient alors que plusieurs personnalités politiques et économiques sont actuellement convoquées ou auditionnées pour des affaires de détournement présumé de fonds publics. Tandis que le gouvernement insiste sur sa volonté de restaurer la transparence dans la gestion publique, des voix comme celle de Me Amadou Aly Kane appellent à faire preuve de plus de discrétion, afin de préserver les équilibres institutionnels, économiques et sociaux.

Anta Babacar Ngom claque la porte du FDR et trace sa propre voie politique

En pleine tournée de proximité à Kaffrine, Anta Babacar Ngom, présidente du parti Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC), a annoncé ce week-end son départ définitif du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR). Cette coalition, formée dans les rangs de l’opposition, ne correspond plus à sa vision politique, a-t-elle justifié dans un communiqué transmis à Ledakarois.

« Je quitte définitivement le FDR », a-t-elle déclaré sans détour. Anta Babacar Ngom affirme vouloir désormais affirmer l’indépendance de son parti, l’ARC, dans le paysage politique national. « Aujourd’hui, l’Alternative pour la Relève Citoyenne entend tracer sa propre voie et assumer pleinement son autonomie. Je suis désormais engagée à 100 % dans ce projet politique, enraciné dans les réalités du pays, tourné vers la jeunesse, les femmes et les territoires oubliés », a-t-elle précisé, tout en réaffirmant son ancrage dans l’opposition.

Ce départ, explique-t-elle, ne résulte pas d’un désaccord conjoncturel, mais d’une stratégie politique réfléchie et portée depuis plusieurs mois. Elle ambitionne de construire une nouvelle identité politique, centrée sur la proximité avec les populations, l’écoute des préoccupations citoyennes et une rupture avec les pratiques politiques traditionnelles.

Dans cette dynamique de renouvellement, sa présence à Kaffrine vise à consolider les fondations de l’ARC. La tournée est présentée comme un moment d’échange avec les habitants et un acte fondateur pour un mouvement qui se veut citoyen, inclusif et résolument tourné vers les préoccupations locales.

Interpellée sur la position de son parti par rapport au Dialogue national lancé par les autorités, Anta Babacar Ngom a précisé que l’ARC se concertera en interne avant de faire connaître sa position. Ce retrait du FDR confirme, selon certains observateurs, la volonté de la jeune leader politique de se démarquer et d’imprimer sa propre marque dans l’arène politique sénégalaise.

Promotion des valeurs LGBTQ : « And Sàmm Jikko Yi » dénonce une « agression » et exige des sanctions

Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » est de nouveau monté au créneau, cette fois pour dénoncer ce qu’il qualifie de « provocation » orchestrée par un ressortissant étranger homosexuel ayant récemment séjourné à Dakar. Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi, ses membres ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils estiment être une « agression » contre les valeurs culturelles et religieuses du peuple sénégalais.

Le porte-parole du collectif, Adama Mboup, a condamné avec fermeté « l’impunité » dont jouiraient, selon lui, certains activistes LGBTQ étrangers dans le pays.

« Le peuple sénégalais est encore sous le choc de la dernière provocation et agression menée par une bande d’homosexuels étrangers sur notre territoire », a-t-il déclaré.

Le collectif a réclamé l’ouverture d’une enquête officielle pour identifier les auteurs, mais aussi les éventuels complices au Sénégal ou à l’étranger. Pour M. Mboup, cette affaire ne serait pas un acte isolé, mais ferait partie d’un « programme » visant à promouvoir des valeurs étrangères « incompatibles avec les fondements culturels et religieux de notre société ».

Insistant sur la gravité de l’affaire, « And Sàmm Jikko Yi » a exigé des sanctions exemplaires pour les personnes impliquées. « Une pareille offense à tout un peuple et à ses valeurs ne peut rester sans suite », a martelé Adama Mboup, pointant ce qu’il considère comme un vide juridique dans le code pénal sénégalais.

Le collectif renouvelle à cette occasion sa principale revendication : l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité, notamment dans ses formes de promotion publique, médiatique ou institutionnelle.

« L’article 319 ne suffit plus. Il ne condamne ni la promotion ni toutes les dérives liées à ce phénomène. Il faut une loi complète, ferme et urgente », a soutenu M. Mboup.

Cette nouvelle sortie médiatique intervient dans un climat marqué par des débats sensibles sur les libertés individuelles, la souveraineté culturelle et l’ingérence étrangère. Si le collectif reste influent dans certaines sphères sociales et politiques, la question de l’équilibre entre droits humains universels et valeurs traditionnelles continue de diviser l’opinion publique et les décideurs.

Loi sur la criminalisation de l’homosexualité : Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » relance la pression sur les autorités

Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » est une nouvelle fois monté au créneau pour exiger l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité au Sénégal. Face à la presse ce samedi, ses membres ont réaffirmé leur position jugée intransigeante sur cette question et ont appelé les députés à agir « sans délai ».

Le porte-parole du collectif, Adama Mboup, a dénoncé les tentatives de discrédit dont son mouvement aurait fait l’objet sous le régime précédent, qu’il accuse d’avoir orchestré des campagnes de déstabilisation. « Le régime déchu accusant le collectif de sa débâcle n’a reculé devant aucune méthode de discrédit et de calomnie à notre égard. […] Nous sommes restés dans nos bottes », a-t-il affirmé.

Selon le collectif, la rencontre tenue le 19 février dernier avec El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, n’a pas été suivie d’effets concrets. « Depuis lors, nous attendons du pouvoir un projet de loi », déplore M. Mboup, rappelant que le collectif réclame depuis des mois un texte clair criminalisant l’homosexualité au Sénégal.

En l’absence d’initiative gouvernementale, le collectif affirme avoir entamé des discussions avec plusieurs parlementaires favorables à leur cause. Adama Mboup indique que des députés de tous bords — majorité, opposition ou non-alignés — se montreraient « sensibles à l’attente et à l’espoir du peuple ».

L’objectif affiché est l’introduction, dans les plus brefs délais, d’une proposition de loi émanant du Parlement, indépendamment de l’exécutif.

La sortie médiatique de « And Sàmm Jikko Yi » intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les questions de société au Sénégal. Le collectif, qui revendique un rôle de sentinelle morale, entend maintenir la pression sur les institutions pour que la législation reflète, selon lui, les valeurs de la majorité des Sénégalais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°467 – 17 ET 18/05/2025

🔴 NOUVELLE MOBILISATION DE 44 MILLIARDS F CFA : LE SÉNÉGAL ABONNÉ AU GUICHET UMOA
🔴 INACTION DE L’ÉTAT FACE À L’INSTALLATION DE LOBBIES ASIATIQUES ET LA SPÉCULATION SUR LES PRIX : LES TRANSFORMATEURS D’ANACARDE À L’AGONIE

🔴 JO 2028 / DES TAXIS VOLANTS POUR LE TRANSPORT DU PUBLIC : LOS ANGELES EN MODE SCIENCE-FICTION
🔴 ÉJECTÉ DE LA COUPE DU SÉNÉGAL : JARAAF JOUE SA DERNIÈRE CARTE EN LIGUE 1

Affaire Abo Mbacké : la Cour suprême tranche en faveur de la liberté provisoire malgré l’opposition du parquet

La Cour suprême a rendu, ce jeudi, une décision qui relance le dossier judiciaire d’Ardo Mbacké, plus connu sous le nom d’Amir Abo. La haute juridiction a rejeté le pourvoi introduit par le parquet général, validant ainsi la décision de mise en liberté provisoire prise antérieurement par la Chambre d’accusation.

Le dossier remonte à novembre 2024, lorsqu’Ardo Mbacké avait été placé sous mandat de dépôt par le Pool judiciaire financier. Il était alors poursuivi pour « escroquerie et blanchiment de capitaux », des faits jugés graves et ayant déclenché une enquête à fort retentissement dans les milieux économiques.

Malgré la gravité des charges, la défense avait plaidé avec succès la restitution de l’intégralité des sommes incriminées, soit 100 millions de francs CFA, pour solliciter une remise en liberté. La Chambre d’accusation, saisie du dossier, avait effectivement accordé cette liberté provisoire, estimant que le remboursement volontaire de la somme constituait un élément nouveau et favorable à l’accusé.

Le parquet général, opposé à cette décision, avait alors formé un pourvoi en cassation, considérant que la liberté provisoire était prématurée et risquait d’entraver la bonne poursuite des procédures. Mais ce recours n’a pas convaincu la Cour suprême, qui a tranché en faveur de la décision de la Chambre d’accusation, mettant ainsi un terme, du moins provisoire, à la détention d’Abo Mbacké.

Ce verdict marque un tournant dans ce dossier sensible et pourrait être interprété comme une volonté de privilégier les garanties offertes par l’accusé, notamment la restitution des fonds, tout en laissant le fond du dossier être jugé en toute sérénité.

Il n’en demeure pas moins que l’affaire reste pendante sur le plan judiciaire. Le parquet, bien qu’ayant vu son pourvoi rejeté, pourrait intensifier ses efforts pour faire aboutir les poursuites sur le fond, d’autant que des soupçons de montage financier complexe et de circuits de blanchiment avaient été évoqués au début de l’enquête.

Justice sénégalaise : cinq anciens ministres dans le collimateur de la Haute Cour

La justice sénégalaise passe à la vitesse supérieure dans les affaires visant plusieurs ex-membres du gouvernement. Après les mises en accusation retentissantes de cinq anciens ministres, la Haute Cour de Justice intensifie son action avec des mesures concrètes. D’après le quotidien Libération, la Commission d’instruction et le parquet général ont enclenché une offensive judiciaire en règle, marquée par la délivrance de mandats de comparution et d’ordres de conduite.

Les anciens ministres Mansour Faye, Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop, Moustapha Diop et Ismaila Madior Fall sont désormais dans le viseur de la Haute Cour. Cinq mandats de comparution ont été transmis à la Division des investigations criminelles (Dic) pour notification aux intéressés. Un calendrier d’auditions est déjà établi. Ndèye Saly Diop devra se présenter le 19 mai, Moustapha Diop est attendu le 22, tandis que Mansour Faye est convoqué le 26.

Dans le même temps, le parquet général a donné instruction d’engager des mesures de « conduite », des procédures de contrainte visant à amener les mis en cause devant les juridictions compétentes. Ces actions s’inscrivent notamment dans l’enquête relative au projet controversé de construction du tribunal de Guédiawaye, un dossier qui met en cause l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall. Ce dernier est soupçonné d’avoir trempé dans des actes de corruption dans le cadre de ce marché public.

Selon des sources proches de l’enquête relayées par Libération, la Brigade des affaires générales (BAG) de la Dic a déjà collecté des éléments jugés accablants. Plusieurs fonctionnaires et particuliers impliqués de près ou de loin dans le projet ont été cités dans les investigations, renforçant les soupçons sur un possible réseau de détournement ou de malversations.

Cette montée en puissance de la justice sénégalaise marque un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité des anciens dirigeants. Elle traduit également la volonté affichée du pouvoir judiciaire de faire la lumière sur une série de pratiques opaques longtemps dénoncées par la société civile et les organes de contrôle.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°466 – 16/05/2025

🔴 RESTITUTION PAR LA FRANCE DU CAMP « CONTRE-AMIRAL PROTET », PATROUILLE CONJOINTE AVEC LA MAURITANIE À DAGANA : LE SÉNÉGAL REDESSINE SA CARTE SÉCURITAIRE
🔴 COUR SUPRÊME / IRRECEVABILITÉ DE SA PREMIÈRE REQUÊTE CONTRE L’ARRÊTÉ DE CESSATION DE PARUTION : LE CDEPS NE DÉSARME PAS

🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / EN FINALE CONTRE GÉNÉRATION FOOT : UNE PREMIÈRE HISTORIQUE POUR BUILDERS FC
🔴 MMA / « JE M’ENTRAÎNE AU JUJUTSU, AU MUAY THAÏ ET JE ME FAMILIARISE AVEC LES TECHNIQUES » : ZOSS AIGUISE SES LAMES CONTRE BOUCHER

Lutte contre le blanchiment d’argent : La CENTIF enregistre 928 déclarations d’opérations suspectes en 2024

Le Sénégal poursuit le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Lors de la cérémonie officielle de la 43ᵉ réunion plénière de la commission technique du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), le directeur de cabinet du ministre des Finances, Bassirou Sarr, a présenté les résultats du rapport annuel 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Le document révèle que 928 déclarations d’opérations suspectes (DOS) ont été reçues par la CENTIF, un chiffre en nette hausse, dont 83 % ont été émises par les banques et établissements financiers. Cette évolution est perçue comme un signe d’amélioration de la culture de la conformité au sein du secteur financier national.

Par ailleurs, 42,7 millions de déclarations de transactions en espèces (DTE), dépassant le seuil réglementaire de quinze millions de francs CFA, ont été enregistrées. Ces chiffres traduisent un effort collectif de détection des flux financiers atypiques ou à risque.

Dans sa présentation, Bassirou Sarr a également mis en avant les capacités opérationnelles de la CENTIF. Au total, 2 172 demandes d’informations nationales ont été adressées aux institutions partenaires, comme les administrations publiques et les autorités de supervision. La CENTIF a aussi échangé 45 demandes d’informations avec des cellules de renseignement financier étrangères. Cette dimension internationale témoigne de l’intégration croissante du Sénégal dans les dispositifs globaux de lutte contre la criminalité financière.

Sur le plan des réformes, le Sénégal s’est engagé à consolider ses acquis. Il est prévu de finaliser les textes d’application encore en attente, afin de garantir un fonctionnement optimal du système national. Des réformes institutionnelles sont également envisagées pour améliorer l’organisation et le rendement de certaines entités concernées. En outre, l’évaluation nationale des risques (ENR) sera actualisée à partir du mois d’août 2025, et une nouvelle stratégie couvrant la période 2025-2029 sera élaborée.

Lors de cette rencontre, le président de la CENTIF, Mouhamadou Bamba Siby, a souligné que cette 43ᵉ plénière intervient dans un contexte régional et mondial marqué par des mutations profondes de la criminalité financière, notamment la complexification des mécanismes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et l’entraide entre États pour répondre efficacement à ces menaces.

De son côté, le directeur général du GIABA, Edwin Harris, a alerté sur l’essor inquiétant de la cybercriminalité. Il a évoqué la compromission des courriels professionnels, les arnaques de type Ponzi, ainsi que la fraude via les plateformes de paiement mobile, autant de méthodes utilisées pour blanchir les produits du crime. Il a aussi relevé les faiblesses systémiques dans les législations et les capacités institutionnelles, qui exigent des réponses urgentes.

Le rapport présenté par le GIABA fait également état d’une recrudescence de la criminalité maritime, avec une exploitation accrue des eaux ouest-africaines pour des activités illicites comme le trafic, la contrebande et la piraterie. Ces phénomènes compromettent la stabilité régionale et la sécurité économique des pays membres.

Prenant la parole, la représentante de la CEDEAO, Zelma Yollande Nobre Fassinou, a salué les efforts du GIABA dans la région et félicité les États membres, dont le Sénégal, pour les progrès enregistrés. Elle a toutefois appelé à une vigilance accrue, notamment à l’approche du troisième cycle des évaluations mutuelles, dans lequel les États sont appelés à démontrer une conformité technique rigoureuse et soutenue.

Justice : Me Moussa Diop annonce une plainte contre le journaliste Serigne Saliou Gueye

L’avocat et homme politique Me Moussa Diop a annoncé ce jeudi 15 mai son intention de poursuivre en justice le journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien « Yoor Yoor Bi ». La déclaration a été faite via ses réseaux sociaux, dans un ton ferme et indigné.

Cette décision intervient à la suite de la publication en Une d’un article intitulé : « Exhumation d’une vidéo de plus de neuf mois pour nuire à Azoura Fall : Me Moussa Diop ou le summum de l’indignation ». Le contenu du papier a visiblement profondément irrité l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk, qui y voit une atteinte à son honneur et à sa réputation.

Dans sa réaction, Me Diop a exprimé son exaspération en des termes particulièrement incisifs. S’appuyant sur une jurisprudence antérieure, notamment l’affaire impliquant Moustapha Diakhaté, il souligne que l’usage du mot « alkou » avait été juridiquement reconnu comme une injure publique. Il estime donc que l’expression « indigne », employée à son encontre dans l’article en question, doit être traitée avec la même rigueur judiciaire.

« Si le mot « alkou » a été judiciairement qualifié d’injure publique (affaire Moustapha Diakhaté), « indigne » ne saurait en échapper. Je dépose sans délai une plainte pénale contre le sieur Serigne Saliou Gueye, patron du quotidien « Yoor Yoor Bi » », a-t-il écrit. Il a également annoncé son intention de déposer une seconde plainte auprès du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED), ainsi que devant le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA).

Cette nouvelle affaire relance une fois encore le débat sur les rapports parfois tendus entre la presse et certaines figures publiques au Sénégal, ainsi que sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace médiatique. En attendant les suites judiciaires, l’affaire pourrait bien alimenter les discussions dans les milieux politiques et médiatiques du pays.

Attaque contre Cheikh Issa Sall : des proches du maire de Mbour montent au créneau

La jeunesse de l’Union nationale pour l’Intégration, le Travail et l’Équité (Unité), structure affiliée au président Cheikh Issa Sall, a vivement réagi suite à la sortie médiatique de Fadilou Keïta, accusé d’avoir violemment pris à partie le maire de Mbour. Dans un communiqué rendu public, ces jeunes militants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une attaque injustifiée, relevant davantage de la diffamation que d’un véritable combat politique.

Selon eux, un véritable engagement ne devrait jamais se fonder sur des motivations personnelles ou des dénonciations gratuites, mais sur des arguments solides, vérifiables et constructifs. Ils défendent l’idée que toute posture de combat légitime exige une objectivité sans faille, où la vérité doit primer en toutes circonstances. Ils fustigent ce qu’ils qualifient de « dérive populiste » consistant à manipuler l’opinion publique dans le seul but de nuire à un adversaire politique.

Les soutiens du maire ne s’arrêtent pas là. Ils pointent du doigt Fadilou Keïta, qu’ils qualifient de privilégié « catapulté » à un poste de directeur général uniquement en raison de ses origines familiales. Ils rappellent que ce dernier avait pourtant loué les qualités humaines et professionnelles de Cheikh Issa Sall lors de leur collaboration passée. Selon eux, c’est grâce à la bienveillance de ce dernier que Fadilou Keïta aurait pu bénéficier d’un terrain et du rappel de son salaire sur une période de quinze mois. Des faveurs qui contrastent aujourd’hui, selon eux, avec l’attitude hostile de leur ancien allié.

Pour les jeunes du mouvement Unité, cette attaque n’a qu’un seul objectif : salir l’image d’un maire apprécié et affaiblir l’opposition locale. Ils dénoncent une stratégie bien rodée visant à discréditer les figures politiques en place, dans l’unique but de les écarter et de s’emparer de leur mandat. Ils rejettent catégoriquement cette méthode et affirment leur engagement à défendre Cheikh Issa Sall contre toute tentative de manipulation, de calomnie ou de campagne de dénigrement.

CDEPS : Vers une nouvelle bataille judiciaire contre l’arrêté de cessation de parution des médias

Le bras de fer entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication prend une nouvelle tournure. Ce jeudi 15 mai 2025, le juge des référés a rendu une décision déclarant irrecevable la première requête introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall. Cette requête visait à faire annuler l’arrêté ministériel ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés non conformes au Code de la presse.

La décision motivée du juge n’a pas encore été portée officiellement à la connaissance des parties. Cependant, lors des débats devant le tribunal, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient reconnu que le ministre de la Communication n’avait pas la compétence juridique pour ordonner une telle interdiction. Une reconnaissance qui pourrait être déterminante pour la suite.

Me Sall a annoncé qu’une nouvelle requête serait introduite pour contester cette fois sur le fond la légalité de l’arrêté. Il dénonce un acte arbitraire et sans fondement juridique, qui a entraîné la fermeture de plusieurs entreprises de presse à travers le pays. Les conséquences humaines et économiques sont lourdes : des milliers de professionnels des médias se retrouvent sans emploi à quelques jours de la Tabaski.

Le CDEPS estime que la réputation des entreprises de presse concernées a été gravement affectée, tant auprès de l’opinion publique que des annonceurs. Cette situation pourrait entraîner une perte de confiance durable et compromettre l’équilibre économique du secteur. L’organisation professionnelle compte désormais réclamer des réparations financières à l’État pour les préjudices subis. Ce contentieux judiciaire s’annonce donc comme un nouveau test pour l’État de droit et la liberté de la presse au Sénégal.

CDEPS – Arrêté de cessation de parution : Le ministre de la Communication en sursis

Le juge des référés, statuant sur l’arrêté portant cessation de parution et de diffusion des «médias non conformes» au Code de la presse, a jugé ce jeudi irrecevable la première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou SALL. La décision motivée et écrite du juge des référés n’a pas encore été portée à l’attention des parties.
Dans le même temps, Me SALL a informé, que lors des débats, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient tous deux affirmé que le ministre de la Communication n’a aucune compétence pour ordonner l’interdiction de diffusion et de parution des médias.
Ce n’est donc que partie remise. Une nouvelle requête sera introduite devant le juge des référés pour juger, sur le fond, de l’illégalité de l’arrêté du ministre de la Communication, qui a décrété de manière arbitraire la cessation de parution et de diffusion des médias.
Cet acte inique du ministre, sans aucune base légale, a provoqué la fermeture des entreprises de presse et le chômage de plusieurs milliers de professionnels des médias, mères et pères de famille, en cette veille de Tabaski 2025.
La réputation des entreprises de presse en a subi un coup auprès de l’opinion et des annonceurs, bailleurs de la presse.
L’État devrait en faire les frais, en payant des dommages et intérêts pour les préjudices subis.
Le CDEPS, jeudi 15 mai 2025

Ibrahima Hamidou Deme dénonce : « On a combattu une justice instrumentalisée ; elle est maintenant ridiculisée »

Dans une déclaration brève mais lourde de sens publiée sur sa page Facebook, l’ancien magistrat et président du mouvement ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), Ibrahima Hamidou Deme, a vivement critiqué l’état actuel de la justice sénégalaise. Selon lui, le système judiciaire, autrefois dénoncé pour son instrumentalisation sous le régime de Macky Sall, est désormais tombé dans une forme de discrédit encore plus alarmante.

« Cette justice instrumentalisée qui a été combattue est aujourd’hui ridiculisée », affirme-t-il. Un jugement sans équivoque qui, selon plusieurs observateurs, vise la gestion actuelle des dossiers judiciaires sensibles depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

Parmi les dossiers qui semblent nourrir la frustration de l’ancien juge, on retrouve notamment celui des fonds liés à la gestion de la pandémie de Covid-19, et plus globalement, les révélations de la Cour des comptes sur la période 2019-2023. Ces rapports, attendus pour faire tomber d’éventuelles têtes, peinent à produire des suites judiciaires concrètes.

D’autres cas alimentent également le sentiment d’injustice ou d’impunité, comme celui d’Azoura Fall, militante du parti Pastef récemment libérée sous contrôle judiciaire, ou encore ceux du chroniqueur Abdou Nguer et d’Assane Diouf. Autant de situations qui, selon certaines voix, démontrent une gestion incohérente, voire partiale, de la justice.

Même s’il n’est pas entré dans le détail des dossiers en question, Ibrahima Hamidou Deme semble pointer du doigt un pouvoir qui, tout en promettant une rupture dans la gouvernance, peine à garantir l’indépendance et la crédibilité de l’appareil judiciaire.

Médina : Un vendeur de brochettes arrêté avec un chat égorgé dans un sachet

La scène semble sortie d’un scénario improbable, mais elle s’est bel et bien déroulée au cœur de la Médina, l’un des quartiers les plus animés de Dakar. Un ressortissant étranger, connu pour vendre des brochettes dans les rues, a été interpellé par les forces de l’ordre alors qu’il transportait dans un sachet en plastique un chat égorgé. L’affaire, révélée par Le Soleil, a rapidement enflammé les réseaux sociaux et provoqué l’indignation des habitants.

L’interpellation a eu lieu après que le comportement suspect de l’homme a attiré l’attention des passants, lesquels ont aussitôt alerté les autorités. Sur place, les policiers découvrent le cadavre de l’animal, soigneusement emballé, suscitant une vive émotion. Conduit au commissariat, le mis en cause aurait tenté de justifier son geste en affirmant que le chat était destiné à des pratiques mystiques.

Des explications jugées peu convaincantes par les enquêteurs, qui ont décidé de le placer en garde à vue pour approfondir les investigations. À ce stade, aucun élément ne permet d’établir un lien formel entre l’animal et une éventuelle utilisation dans la fabrication des brochettes. Toutefois, le fait que le suspect soit actif dans la restauration de rue jette le doute et accentue la méfiance des consommateurs.

La nouvelle a fait l’effet d’une onde de choc à la Médina, où la population commence à remettre en question la qualité et la provenance des viandes consommées dans les cantines et les grillades de rue. Plusieurs habitants interrogés expriment leur inquiétude et demandent un contrôle sanitaire renforcé sur les vendeurs ambulants.

Du côté des autorités, aucune déclaration officielle n’a encore été faite, mais une enquête est en cours pour élucider les circonstances exactes de cette affaire aussi sordide que préoccupante. Si les faits venaient à confirmer l’hypothèse d’un usage alimentaire, cela constituerait une grave infraction aux normes d’hygiène et de santé publique.

En attendant les conclusions de l’enquête, les consommateurs sont invités à faire preuve de vigilance, tandis que les services d’hygiène sont appelés à intensifier leurs contrôles sur les pratiques de restauration informelle dans les rues de Dakar.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°465 – 15/05/2025

🔴 5200 ACCIDENTS, 700 MORTS, 8500 BLESSÉS EN 2024 : GOUDRON FUNÈBRE
🔴 KAFFRINE / INTOXICATION ALIMENTAIRE : MAYONNAISE FATALE À 31 VICTIMES

🔴 COUPE DE TURQUIE : JAKOBS TOUCHE LES ÉTOILES AVEC GALATASARAY
🔴 ZIGUINCHOR / DÉVELOPPEMENT DU FOOTBALL : LA LIGUE RÉGIONALE À PIED D’ŒUVRE

Dernière minute : le chroniqueur Arona Niang envoyé en prison pour « diffusion de fausses nouvelles »

Le chroniqueur Arona Niang a été placé sous mandat de dépôt ce mercredi 14 mai 2025, après avoir été présenté au procureur. Il comparaîtra lundi prochain devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Cette décision judiciaire fait suite à une sortie médiatique controversée datant du 15 avril dernier, lors de laquelle il avait tenu des propos considérés comme gravement diffamatoires.

Invité sur le plateau de la chaîne de télévision Sénégal 7, Arona Niang avait affirmé que le personnel médical sénégalais avait délibérément transmis le coronavirus à la population. Selon lui, les masques, les tests nasopharyngés et les vaccins anti-Covid auraient été utilisés comme des vecteurs intentionnels de contamination. Ces déclarations ont provoqué une vague d’indignation, en particulier dans le corps médical.

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale a rapidement réagi en publiant un communiqué officiel pour dénoncer les propos tenus par le chroniqueur. Il les a qualifiés de diffamatoires et dangereux, mettant en garde contre la circulation de fausses informations susceptibles de saper la confiance des citoyens envers le système de santé.

Dans le même élan, l’Ordre des médecins du Sénégal a également décidé de déposer plainte contre Arona Niang. L’affaire est désormais entre les mains de la justice, qui devra se prononcer sur la gravité des accusations et leurs éventuelles répercussions sur la société. Arona Niang devra répondre du chef d’accusation de « diffusion de fausses nouvelles », un délit passible de peines de prison au Sénégal.

Arona Niang face à de nouvelles accusations : l’Ordre des médecins porte plainte après ses propos sur le Covid-19

Déjà ciblé par une plainte du ministère de la Santé, Arona Niang, professeur d’histoire-géographie, voit sa situation judiciaire se durcir. L’Ordre national des médecins du Sénégal a décidé de porter plainte à son tour contre l’enseignant, en réaction à ses propos controversés tenus lors d’une émission diffusée sur le plateau de Sénégal 7, le 15 avril 2025.

Au cours de cette émission, Arona Niang avait affirmé que le personnel médical sénégalais avait « volontairement transmis le coronavirus aux populations » à travers l’usage de masques, de prélèvements et des vaccins administrés durant la pandémie. Des accusations graves, largement relayées sur les réseaux sociaux, qui ont provoqué une vive indignation au sein de la communauté médicale et au-delà.

L’enseignant avait déjà été interpellé par les éléments de la Division spéciale de cybercriminalité (Dsc) dans le cadre de cette affaire. Il est actuellement en garde à vue, en attendant sa présentation prévue ce mercredi devant le parquet, sous l’accusation de « diffusion de fausses nouvelles ».

La nouvelle plainte de l’Ordre des médecins marque une escalade judiciaire pour Arona Niang, qui devra désormais répondre non seulement aux autorités sanitaires de l’État, mais aussi aux représentants officiels du corps médical. L’Ordre a dénoncé avec fermeté des propos qu’il juge « infondés, diffamatoires et dangereux », notamment dans un contexte post-pandémique où les soignants continuent de lutter pour rétablir la confiance du public envers les institutions de santé.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des enseignants et figures publiques dans l’espace médiatique, notamment en ce qui concerne la diffusion d’informations sensibles ou potentiellement mensongères. Les autorités judiciaires entendent envoyer un signal fort en traitant ce dossier avec toute la rigueur qu’exige la gravité des propos tenus.

En attendant sa comparution, Arona Niang reste détenu dans les locaux de la Dsc. Son entourage affirme qu’il assume ses propos et qu’il compte les défendre devant la justice, estimant qu’il n’a fait qu’« exprimer un avis personnel sur une question de santé publique ».

Rebeuss : Abdou Nguer visé par une nouvelle procédure judiciaire pour diffamation

Déjà détenu à la prison de Rebeuss depuis le 17 avril dernier, Abdou Nguer, chroniqueur à Sen TV, se retrouve de nouveau dans la tourmente judiciaire. Il fait l’objet d’une nouvelle plainte pour diffamation, cette fois-ci déposée par un enseignant qui estime avoir été gravement calomnié par ses propos.

Selon les informations du quotidien L’Observateur, la citation à comparaître a été officiellement transmise à Abdou Nguer dans sa cellule à Rebeuss. Il est ainsi convoqué devant le tribunal à l’audience prévue pour le 28 mai prochain, une date qui pourrait s’avérer décisive pour l’évolution de sa situation pénale.

D’après les éléments relayés par le journal, l’affaire trouve son origine dans des propos tenus par Abdou Nguer, qui s’est autoproclamé « frère » de la célèbre masseuse Adji Sarr. Lors d’une de ses interventions médiatiques, il aurait formulé des accusations ou insinuations diffamatoires à l’encontre d’un instituteur. Ce dernier, selon ses déclarations, n’était pas en service depuis un certain temps, après avoir participé à la dernière édition du Grand Prix du chef de l’État pour l’Enseignant, un concours national destiné à honorer les meilleurs éducateurs du pays.

Se sentant publiquement sali, l’enseignant a décidé de saisir la Justice pour laver son honneur. Il accuse Abdou Nguer d’avoir porté atteinte à son image et à son intégrité professionnelle par des propos tenus en public, sans fondement ni preuve.

Face à cette nouvelle menace judiciaire, Abdou Nguer a pris les devants. D’après L’Observateur, il a constitué un pool d’avocats chargé de le représenter et de préparer sa défense afin d’éviter qu’un nouveau mandat de dépôt ne vienne alourdir sa détention actuelle.

Cette nouvelle affaire vient s’ajouter à une série de déboires judiciaires qui entachent l’image du chroniqueur, dont les prises de parole publiques font souvent polémique. Elle relance également le débat sur les responsabilités des figures médiatiques dans l’usage de la parole publique, surtout dans un contexte où la diffamation est régulièrement invoquée devant les juridictions sénégalaises.

Transactions suspectes de 10 milliards de FCFA : Serigne Abdou Karim Mbacké placé sous mandat de dépôt

L’enquête sur les transactions financières jugées suspectes impliquant Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, prend un nouveau tournant. Après l’arrestation de Ndèye Seynabou Ndiaye, gérante de la société Woodrose Investment Ltd, c’est au tour de Serigne Abdou Karim Mbacké d’être placé en détention.

L’information, relayée par L’Observateur, précise que Serigne Abdou Karim Mbacké est présenté par les enquêteurs comme le propriétaire du terrain à l’origine de la transaction ayant déclenché la Déclaration d’Opération Suspecte (DOS) de la CENTIF. Cette alerte, inscrite dans un rapport transmis au Pool judiciaire financier, a mis au jour des mouvements douteux autour d’une somme initialement évaluée à 10 milliards de FCFA.

Mais l’affaire a rapidement pris une ampleur inattendue. Les investigations ont révélé que le montant réel en jeu pourrait atteindre 31 milliards de FCFA, et les charges ont été requalifiées en complicité d’escroquerie sur deniers publics, un chef d’inculpation beaucoup plus lourd.

Face aux juges, Serigne Abdou Karim Mbacké a clamé son innocence. Il a affirmé que ses données personnelles auraient été utilisées à son insu par Amadou Sall pour immatriculer un bien à son nom, sans consentement ni contrepartie. Toutefois, ses explications n’ont pas suffi à convaincre le collège des juges d’instruction du parquet financier, qui ont décidé de son incarcération dans le cadre de l’instruction.

L’affaire Woodrose révèle un système complexe mêlant immatriculations frauduleuses, montages financiers opaques et manipulation de titres fonciers, sur fond de connexions politico-affairistes. Le rôle présumé d’Amadou Sall dans ces opérations reste au cœur des préoccupations des enquêteurs, alors que d’autres interpellations sont annoncées dans les jours à venir.

Cette série d’arrestations remet sur la table la question récurrente de la traçabilité des flux financiers au Sénégal et de la capacité des institutions à détecter et prévenir les détournements de fonds publics.

Alors que le gouvernement actuel affiche une volonté de lutte implacable contre la corruption et l’impunité, ce dossier, hautement symbolique, constitue un test de crédibilité pour les nouvelles autorités judiciaires et financières. L’opinion publique, elle, attend des réponses claires et des sanctions exemplaires.

Affaire Lansar Auto : 16,57 milliards de FCFA versés à une entreprise de location de voitures en pleine transition présidentielle

Dakar, 14 mai 2025 – Un nouveau scandale financier secoue la sphère publique sénégalaise. D’après le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques de 2019 à 2024, un virement de 16,57 milliards de FCFA a été effectué en faveur de Lansar Auto, une entreprise spécialisée dans la location de véhicules, cinq jours seulement après l’élection présidentielle du 24 mars 2024.

Ce paiement, validé le 29 mars 2024, soulève de nombreuses interrogations. Il intervient à un moment où l’administration Sall était censée se limiter aux affaires courantes, dans l’attente de la prise de fonction du président élu, Bassirou Diomaye Faye.

Quatre Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO) ont été attribués à Lansar Auto à cette date charnière. Pourtant, la tradition institutionnelle et la rigueur budgétaire attendue en période de transition interdisent toute initiative financière de cette ampleur.

Selon les informations publiées par L’Observateur, ce montant dépasse largement les 13,61 milliards FCFA déjà évoqués par la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), renforçant les soupçons d’irrégularité.

Les autorités sortantes ont justifié ce décaissement par la nécessité de régulariser des factures de location de véhicules destinés à des événements officiels, incluant le transport d’hôtes de l’État en mission au Sénégal. Les prestations auraient concerné les exercices budgétaires 2020 à 2023, pour une durée maximale de 12 mois. Mais aucune preuve précise ni détail sur ces missions n’a été fourni, alimentant davantage le flou.

Face à la gravité des faits, la Cour des comptes a transmis un référé au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, ouvrant potentiellement la voie à des poursuites judiciaires. L’affaire pourrait devenir un symbole fort de la volonté du nouveau régime de rompre avec les pratiques opaques de gouvernance.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°464 – 14/05/2025

🔴 EXIGENCE DU BILINGUISME ANGLAIS-FRANÇAIS POUR LE PRÉSIDENT DE LA BAD : OULD TAH, RIVAL LE PLUS « HOTT » DE AMADOU
🔴 UNVERSITÉ DE BAMBEY / BOYCOTT DES COURS PAR LES ÉTUDIANTS : LE CONSEIL ACADÉMIQUE DISSOUT LES AMICALES

🔴 VIET VO DAO / COUPE DE L’AMBASSADEUR DU VIETNAM (1ère ÉDITION) : RAZZIA D’OR DE LA GENDARMERIE
🔴 ATTAQUÉ DE TOUTES PARTS PAR FRANC : EUMEU SÈNE SORT DE SON ANTRE

Affaire Farba Ngom : Me Oumar Youm dénonce une « commande politique mise en œuvre par le parquet »

Ce mardi 14 mai, lors d’une conférence de presse du collectif des avocats de Farba Ngom, Me Oumar Youm est sorti de sa réserve pour dénoncer avec vigueur la procédure judiciaire en cours contre son client. Il estime qu’elle est le fruit d’une manœuvre politique dissimulée sous des atours judiciaires. À ses yeux, l’inculpation du député-maire d’Agnam ne repose sur aucun fondement sérieux. Selon lui, la justice ne peut fonctionner ainsi dans un État de droit.

Dès l’entame de son intervention, l’avocat a rappelé qu’il est fondamental, lorsqu’on convoque un citoyen devant la justice, de l’informer clairement des raisons de cette convocation. Dans le cas de Farba Ngom, il affirme que ni les faits ni les preuves ne sont présentés de manière cohérente. Il y voit un acharnement ciblé, orchestré depuis les hautes sphères du pouvoir, par le biais du parquet. Il dénonce une affaire montée de toutes pièces, sans éléments matériels, ni indices probants, et sans respect du droit.

Revenant sur les chefs d’inculpation, Me Youm a analysé en détail les accusations d’escroquerie, de complicité d’escroquerie, de détournement de deniers publics et de blanchiment d’argent. Il s’interroge sur la base juridique et factuelle de ces accusations. Selon lui, une infraction comme l’escroquerie nécessite des éléments précis : l’existence d’un faux document, une manœuvre frauduleuse, un mensonge manifeste ayant conduit à l’obtention de fonds. Or, affirme-t-il, rien de tout cela ne figure dans le dossier. Il va plus loin en rappelant que ni Farba Ngom ni Tahirou Sarr n’ont occupé une fonction de comptable ou d’ordonnateur de dépenses, ce qui rend encore plus floue la notion même de détournement.

Concernant le blanchiment de capitaux, Me Youm met en doute la logique même de l’accusation. Il estime que si les transactions évoquées sont toutes traçables, alors il est contradictoire de parler de blanchiment, qui suppose généralement des procédés d’opacification volontaire des circuits financiers.

À ses yeux, si Farba Ngom et son co-accusé comparaissaient devant une juridiction réellement libre et indépendante, ils seraient relaxés. Il appelle à mettre fin à ce qu’il qualifie de dérive judiciaire et à restaurer l’intégrité du système judiciaire sénégalais.

Henan Chine et Synergies Afrique : les 5,6 milliards de l’État qui font scandale après les émeutes du 9 février

Alors que le pays peine encore à se relever des douloureuses émeutes du 9 février 2024, une révélation fracassante vient bouleverser l’opinion publique. Le journal L’Observateur a mis au jour une opération financière aussi rapide que controversée : l’État sénégalais aurait versé près de 5,7 milliards de francs CFA à deux entreprises, Henan Chine et Synergies Afrique, en guise d’“indemnisation” pour des pertes subies lors des manifestations. Cette transaction, datée du 26 mars 2024 — soit à peine 48 heures après l’élection présidentielle — soulève de nombreuses interrogations.

Les paiements ont été effectués sous forme de Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO), pour un montant total de 5.694.909.156 FCFA, à un moment politiquement très sensible : entre la défaite du régime de Macky Sall et l’installation de Bassirou Diomaye Faye à la tête du pays. Officiellement, il s’agissait de couvrir les “dommages” causés aux équipements de ces entreprises lors des violentes manifestations déclenchées par le report controversé de la présidentielle du 25 février au 15 décembre 2024.

Selon les révélations de L’Observateur, Synergies Afrique aurait reçu 4,9 milliards de FCFA, contre 791 millions pour Henan Chine. Des montants vertigineux qui interpellent d’autant plus que d’autres acteurs économiques — sans parler des simples citoyens — n’ont à ce jour reçu aucune aide ou compensation pour les préjudices subis durant ces émeutes.

L’État justifie l’opération par des clauses contractuelles évoquant une “force majeure”, arguant que des engagements préalables rendaient ces paiements obligatoires. Mais pour de nombreux observateurs, le timing de cette “urgence” budgétaire est troublant.

L’opération, enclenchée dans l’entre-deux tours de la présidentielle et en pleine gestion des affaires courantes, alimente les soupçons d’une manœuvre de dernière minute visant à satisfaire des intérêts privés liés à l’ancien pouvoir. « Était-ce une tentative de vider les caisses de l’État avant le passage de témoin ? », s’interrogent certains analystes.

Ce scandale financier intervient alors que les blessures des émeutes sont encore à vif. Plusieurs jeunes ont perdu la vie, comme Alpha Yoro Tounkara, étudiant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, tué lors des affrontements. Des centaines de commerces ont été détruits, des biens pillés, des familles endeuillées. Et pourtant, aucune “indemnisation” de cette ampleur n’a été prévue pour ces victimes.

Avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir et la promesse d’un Sénégal plus transparent, la question de ces 5,6 milliards de FCFA versés dans la précipitation pourrait bien devenir un dossier explosif pour la justice et les organes de contrôle. D’autant que l’opinion réclame des comptes : qui a autorisé ces paiements ? Sur quelle base ? Et pourquoi seulement ces deux entreprises ?

Affaire Farba Ngom : les avocats dénoncent une « dérive judiciaire » et des « violations graves » des droits de la défense

Ce mardi, lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale sénégalaise, les avocats de Farba Ngom ont vigoureusement dénoncé la procédure judiciaire en cours contre leur client, incarcéré depuis trois mois. Devant un parterre de journalistes, Me Doudou Ndoye, Me Baboucar Cissé et Me Abdou Dialy Kane ont fustigé ce qu’ils qualifient de « dérives judiciaires » et de « violations graves des droits humains », dans un dossier qu’ils jugent lourd de motivations politiques et d’abus d’autorité.

L’ancien ministre de la Justice, Me Doudou Ndoye, a ouvert les échanges en exprimant son indignation face à ce qu’il considère comme une détention arbitraire. Selon lui, Farba Ngom est maintenu en prison non pas sur la base de preuves solides, mais simplement en raison de sa fortune personnelle. « Le Sénégal n’est pas un pays de droit. Ce qu’on a fait à Farba Ngom n’est pas juste. Il est enfermé depuis trois mois parce qu’il est riche. À ce rythme, les Sénégalais devront désormais craindre de réussir », a-t-il lancé. Tout en précisant qu’il ne se prononce ni sur la culpabilité ni sur l’innocence de son client, Me Ndoye a rappelé qu’aucun élément probant n’a été avancé pour justifier son incarcération.

Prenant la parole à son tour, Me Baboucar Cissé a dénoncé ce qu’il qualifie de « scandale judiciaire ». Il affirme que les droits fondamentaux de Farba Ngom sont constamment bafoués. Le juriste s’est insurgé contre les décisions du juge d’instruction qu’il accuse d’avoir « piétiné la loi » dans la conduite de cette affaire. Il a particulièrement mis en exergue l’arrestation de plusieurs membres de la famille de l’homme politique, dont son frère Demba Ngom et même son tailleur, qui n’étaient pourtant pas mentionnés dans le rapport initial de la Centif. Poursuivant dans le même registre, Me Cissé a révélé que deux autres frères, Birane et Ismaïla Ngom, ont été convoqués pour le 19 mai prochain. Il estime que la machine judiciaire est devenue un instrument d’acharnement visant à « démolir une famille entière ». « À ce rythme, a-t-il ironisé, il ne restera plus qu’à transformer Agnam en prison à ciel ouvert », a-t-il conclu, visiblement outré.

Me Abdou Dialy Kane, pour sa part, a mis en cause les « pouvoirs exorbitants » dont dispose le ministère public. Selon lui, la procédure actuelle révèle un déséquilibre profond entre les droits de la défense et l’influence du parquet dans les décisions de détention. Il a expliqué que même lorsqu’une chambre d’accusation composée de plusieurs magistrats décide d’accorder la liberté provisoire à un prévenu, il suffit d’un appel du parquet pour maintenir celui-ci en prison. « Le pouvoir que détient aujourd’hui le parquet est démesuré. Et curieusement, ceux qui le dénonçaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition sont aujourd’hui silencieux », a-t-il déclaré.

Autre point jugé préoccupant par la défense : les saisies de comptes bancaires de Farba Ngom. Selon Me Kane, ces mesures conservatoires ont été prises alors que l’intéressé n’était même pas encore formellement inculpé. Une irrégularité qu’il considère comme une violation manifeste des textes en vigueur, lesquels stipulent clairement que seules les personnes inculpées peuvent faire l’objet de telles saisies. « Ces saisies sont illégales. La loi est pourtant claire. Mais dans ce dossier, elle est foulée aux pieds », a-t-il martelé.

Face à cette série d’irrégularités qu’ils dénoncent, les avocats de Farba Ngom ont annoncé leur intention de saisir toutes les juridictions compétentes, au Sénégal comme à l’international, pour faire valoir les droits de leur client. Ils appellent à un sursaut de l’appareil judiciaire afin de restaurer l’équilibre des procédures et mettre fin, selon leurs mots, à « l’instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de comptes politiques ».

Dernière minute : Azoura Fall et Kaïré placés sous mandat de dépôt, procès prévu jeudi

Les militants du parti Pastef, Assane Guèye alias Azoura Fall et l’influenceur Elhadji Ousseynou Diakhaté, plus connu sous le nom de Kaïré, ont été placés sous mandat de dépôt ce mardi 13 mai 2025. Leur incarcération intervient à l’issue de leur présentation devant le procureur du Tribunal de Grande instance hors classe de Dakar.

Selon leur avocat, Me Bamba Cissé, leur procès est prévu pour ce jeudi. Les deux figures connues pour leur activisme numérique et leurs prises de parole sur les réseaux sociaux sont poursuivies pour des faits qualifiés d’« attentat aux bonnes mœurs ».

Arrêtés puis placés en garde à vue dans les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) depuis lundi, ils sont visés pour des propos ou contenus jugés choquants et contraires aux normes sociales et morales en vigueur.

L’affaire suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains dénonçant une répression contre des voix critiques, tandis que d’autres évoquent la nécessité de réguler certains excès dans les espaces numériques.

Le procès de jeudi est très attendu, tant pour son issue judiciaire que pour sa portée politique et sociale, dans un contexte national où la liberté d’expression et l’usage des réseaux sociaux sont au cœur des débats.

Tribunal de Dakar : Azoura Fall et Kaïré déférés au parquet pour atteinte aux bonnes mœurs

Assane Guèye, plus connu sous le pseudonyme d’Azoura Fall, et Elhadji Ousseynou Diakhaté, alias Kaïré, ont été déférés ce mardi 13 mai 2025 au Tribunal de Grande instance hors classe de Dakar, après une garde à vue passée dans les locaux de la Division spéciale de cybersécurité (DSC).

Les deux influenceurs sont poursuivis pour des propos jugés contraires aux bonnes mœurs, selon plusieurs sources concordantes. Leur arrestation, survenue la veille, a rapidement alimenté les débats sur les réseaux sociaux, où les deux mis en cause jouissent d’une importante audience.

Le dossier est désormais entre les mains du procureur de la République, chargé de décider de l’orientation à donner à l’affaire : mise en liberté provisoire, inculpation ou ouverture d’une information judiciaire.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par leurs avocats ni par les autorités judiciaires. Toutefois, cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la régulation des contenus en ligne et des limites de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux au Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°463 – 13/05/2025

🔴 CÔTE D’IVOIRE / FORUM AFRICA CEO 2025 : DIOMAYE MISE SUR LE POTENTIEL SÉNÉGALAIS
🔴 DIALOGUE NATIONAL DU 28 MAI : FORTE MOBILISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

🔴 LIGUE 1 (23E J.) / VICTORIEUSE CONTRE GÉNÉRATION FOOT : GORÉE DANS LE RÉTROVISEUR DU JARAAF
🔴 SACCAGE DU BUS DU JARAAF : L’AS PIKINE SE DÉDOUANE ET PORTE PLAINTE

Placement en garde à vue d’Azoura Fall : son avocat dénonce une « injustice » et annonce une plainte contre celui qui a publié la vidéo

Azoura Fall a été placé en garde à vue ce lundi 12 mai, suscitant une vive réaction de son avocat, Me Bamba Cissé. Selon ce dernier, cette mesure fait suite à des propos jugés insultants envers Mame Mbaye Niang et l’ancien président Macky Sall. Le militant est désormais poursuivi pour « attentat aux bonnes mœurs », une qualification que conteste fermement son conseil.

Me Cissé a expliqué que son client, récemment libéré après plus d’un an d’incarcération, est profondément marqué par les conditions extrêmes qu’il a vécues en détention. Il a notamment évoqué une cellule surpeuplée dans laquelle Azoura Fall aurait cohabité avec plus de cinquante personnes, dormant à peine quinze minutes par jour pendant six mois. L’avocat a également rappelé les dix-sept jours passés en retour de parquet au commissariat central, un passage qualifié de traumatisant.

Selon lui, cette expérience pénitentiaire éprouvante aurait fragilisé psychologiquement son client, au point d’influencer les propos qu’on lui reproche aujourd’hui. Il affirme que ces déclarations doivent être comprises comme une réaction de colère, nourrie par le sentiment d’injustice et de persécution, Azoura Fall tenant personnellement Mame Mbaye Niang et Macky Sall pour responsables de son état de santé actuel.

Autre point soulevé par Me Cissé : la vidéo à l’origine des poursuites. Il affirme que celle-ci n’est pas récente, qu’elle daterait de plus de neuf mois, et surtout qu’elle n’a pas été publiée par Azoura Fall. Ce dernier a d’ailleurs déposé une plainte contre la personne qui a mis en ligne la séquence, estimant être victime d’une injustice d’autant plus grande qu’il ne serait ni l’auteur ni le diffuseur de la vidéo incriminée.

Division spéciale de cybersécurité : Azoura Fall en garde à vue pour diffusion de contenus contraires aux bonnes mœurs

Assane Guèye, plus connu sous le pseudonyme Azoura Fall, militant actif du parti Pastef, a été placé en garde à vue par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), a appris Seneweb. Il est poursuivi pour diffusion de discours contraires aux bonnes mœurs sur les réseaux sociaux.

Interpellé dans le cadre d’une enquête ouverte par les autorités judiciaires, Azoura Fall a été assisté par un collectif d’avocats composé notamment de Famara Faty, Abdy Nar Ndiaye, Bamba Cissé, Saïd Larifou et Abdoulaye Tall.

Selon les informations disponibles, son déferrement au parquet est prévu ce mardi, sauf changement de dernière minute. L’affaire suscite déjà des réactions sur les réseaux sociaux, certains y voyant une nouvelle arrestation à caractère politique visant des voix critiques proches de l’opposition.

Injures contre Macky Sall : l’influenceur Kaïré interpellé à son tour devant la DSC

La tension monte dans les milieux des influenceurs proches de l’opposition. Après la convocation de l’influenceur Azoura Fall ce lundi par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), un autre visage bien connu des réseaux sociaux, Kaïré, a été arrêté alors qu’il venait manifester son soutien devant les locaux de ladite division.

Kaïré, de son vrai nom Azoura Fall Kaïré, est accusé d’avoir proféré des injures contre l’ancien président de la République, Macky Sall, lors d’un live diffusé ce week-end sur TikTok. Selon les informations disponibles, ses propos jugés diffamatoires seraient intervenus dans un contexte de colère, après une descente musclée des forces de l’ordre chez un proche de son ami Azoura Fall.

Militant notoire du parti Pastef, Kaïré n’en est pas à sa première sortie virulente sur les réseaux sociaux. Mais cette fois, ses déclarations lui valent une interpellation pour « injures publiques » à l’encontre d’une autorité de l’État.

Les deux influenceurs sont désormais dans le viseur de la justice, au moment où les autorités renforcent la lutte contre les dérives sur les plateformes numériques. Du côté de leurs partisans, c’est la consternation, tandis que plusieurs internautes dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.

L’affaire sera suivie de près, tant elle soulève à nouveau le débat sur la frontière entre critique politique, liberté d’opinion et respect des figures publiques.

Détournement de deniers publics : l’ex-directeur de l’hôpital Roi-Baudouin déféré au parquet

Cheikh Mbaye Seck, ancien directeur général de l’hôpital Roi Baudouin de Guédiawaye, a été déféré ce lundi matin au parquet du tribunal de Pikine-Guédiawaye, à la suite d’une garde à vue menée par la Section de recherches de la gendarmerie de Keur Massar. Il est poursuivi pour escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que détournement de deniers publics, dans une affaire qui met en lumière des pratiques financières douteuses au sein de l’établissement hospitalier.

L’affaire remonte à un contrat de sous-traitance en restauration hospitalière, au cœur duquel une restauratrice, engagée par M. Wade – titulaire officiel du marché –, aurait fourni des services sans jamais recevoir de paiement. Pourtant, un chèque de 5 millions de F CFA, censé couvrir ses prestations, a bien été émis. Problème : le nom du bénéficiaire aurait été modifié, pour être finalement attribué à Khady, assistante personnelle du Dr Seck.

Toujours selon les informations de L’Observateur, Khady aurait encaissé les fonds avant de les remettre à M. Seck, puis aurait quitté le pays en direction du Canada, laissant la victime sans recours. Cette dernière, n’ayant jamais été remboursée, a décidé de porter plainte contre M. Wade, qui a fini par impliquer l’ancienne direction de l’hôpital.

L’enquête ouverte par la gendarmerie a conduit à plusieurs auditions, notamment celles du directeur des finances, du chef du personnel infirmier, et du responsable de l’économat, tous entendus comme témoins. Ces confrontations ont placé l’ex-directeur général dans une posture de plus en plus inconfortable face à la justice.

Contacté par PressAfrik, le Dr Seck a confirmé sa garde à vue et son transfert au tribunal : « Oui, effectivement, j’ai été placé en garde à vue, mais actuellement je suis en route vers le tribunal de Pikine pour répondre au procureur », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Mais l’affaire est déjà réglée. »

Scandale à la Gendarmerie : la 42e promotion dénonce un détournement de 182 millions de F CFA

Un nouveau scandale financier secoue les rangs de la gendarmerie nationale. Les élèves de la 42ᵉ promotion, réunis au sein d’une coopérative d’habitat, ont saisi le parquet financier pour dénoncer un détournement présumé de 182 millions de F CFA, qu’ils imputent à leur ancien président.

Selon les informations du journal Libération, les jeunes gendarmes versaient depuis cinq ans une cotisation mensuelle de 15 000 F CFA dans le cadre d’un projet immobilier. L’objectif était clair : acquérir un terrain de 9 hectares situé à Yenne, en périphérie de Dakar. Mais à leur grande surprise, malgré les versements réguliers, aucun document foncier ne leur a été remis à ce jour.

Des mois d’attente, ponctués de promesses non tenues, ont fini par éveiller les soupçons. L’enquête interne ouverte par la gendarmerie a révélé que les paiements n’avaient jamais été effectués auprès du promoteur immobilier. Plus grave encore, l’ancien président de la coopérative, radié depuis de la gendarmerie, refuse toujours de remettre les documents comptables — notamment les relevés bancaires liés au compte ouvert à la Banque Internationale pour le Sénégal (BIS).

Cette affaire relance le débat sur la transparence dans la gestion des coopératives d’habitat au sein des corps militaires. Elle n’est pas sans rappeler le scandale de 2022 impliquant la 47e promotion, où des fonds collectifs avaient également disparu dans des conditions floues.

Santé d’Azoura Fall : Me Abdoulaye Tall alerte sur un état de santé préoccupant

Interpellé dans le cadre d’une enquête menée par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), Assane Gueye alias Azoura Fall, est actuellement au cœur de toutes les préoccupations de son avocat, Me Abdoulaye Tall. Ce dernier, s’exprimant à la suite de l’audition de son client, a lancé une alerte publique sur la dégradation de son état de santé.

Selon Me Tall, Azoura souffre de plusieurs pathologies sérieuses. « Il est gravement malade. Nous avons déposé un dossier médical attestant de ses problèmes de foie, de poumons, mais aussi de troubles mentaux. Il ne jouit pas de toutes ses facultés mentales et physiques », a-t-il déclaré, pointant du doigt les effets néfastes de la détention sur la santé de son client.

Le dossier Azoura s’inscrit dans une procédure judiciaire déclenchée pour des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » par les autorités. Me Tall a rappelé avec insistance que son client reste présumé innocent à ce stade de l’enquête.

Par ailleurs, l’avocat a également évoqué l’arrestation de El Hadj Ousseynou Diakhaté, alias Kairé, appréhendé le même jour alors qu’il accompagnait Azoura à sa convocation. Lui aussi est poursuivi pour des propos similaires, toujours dans le cadre de cette même procédure.

Face à cette situation, Me Abdoulaye Tall en appelle à la responsabilité des autorités judiciaires et à un traitement humain du dossier. « Il y va de la vie d’un homme », a-t-il insisté, réclamant une prise en charge médicale urgente pour son client.

Affaire des DAT cassés et non reversés au Trésor : Birima Mangara visé pour 10,5 milliards de F CFA

L’affaire des Dépôts à terme (DAT) non reversés au Trésor public continue de secouer la sphère politico-financière sénégalaise. Après la mise en cause d’Amadou Ba, ancien Premier ministre, l’enquête s’oriente désormais vers Birima Mangara, ancien ministre délégué chargé du Budget sous le régime de Macky Sall. Il est visé pour une opération portant sur 10,5 milliards de F CFA.

Selon les révélations du journal L’Observateur, le parquet financier, à travers la Division des investigations criminelles (DIC), s’intéresse à une correspondance officielle portant le numéro 004459 MEFT/DGCPT/TG. Ce document, signé par Birima Mangara, aurait autorisé le placement de 10,5 milliards de F CFA en dépôt à terme (DAT) à la Banque Crédit du Sénégal (CDS).

Or, d’après la Cour des comptes, qui a levé le voile sur ces pratiques dans son rapport couvrant la période 2019–2024, ce dépôt a été “cassé”, c’est-à-dire retiré avant son échéance, sans que les fonds ne soient reversés au Trésor public. Un manquement grave aux règles de gestion des deniers publics.

L’affaire prend une tournure encore plus troublante avec une seconde lettre, cette fois datée du 12 juillet 2017 (N°7056 MEFP/DGB), également signée par Birima Mangara. Elle ordonnait le transfert de 10 milliards de F CFA à la Conciliation foncière de l’UEMOA. Aucun document ne précise les raisons de cette opération ni sa conformité avec les procédures budgétaires en vigueur.

Député de la 15e législature, Birima Mangara ne peut être entendu par la justice qu’après la levée de son immunité parlementaire. Cette procédure devra passer par l’Assemblée nationale, qui sera confrontée à une décision lourde de conséquences.

L’affaire des DAT cassés, d’un montant global estimé à plus de 141 milliards de F CFA, s’annonce comme l’un des plus grands scandales financiers de ces dernières années. Elle met en lumière la nécessité d’un renforcement des mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des finances publiques.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°462 – 12/05/2025

🔴 IMPLOSION DANS « TAXAWU SENEGAL » : BARTH’ – KHAF’ : FIN DE L’IDYLLE
🔴 « CETTE VOLONTÉ DE VOULOIR EFFACER MACKY EST IMPOSSIBLE » : YORO DIA TACLE LE PASTEF

🔴 3e PLACE MONDIAL BEACH SOCCER 2025 : LE SÉNÉGAL RATE LE BRONZE
🔴 SACCAGE DE SON BUS ET NUL CONTRE L’AS PIKINE : LA DOUBLE PEINE DU JARAAF

Dakar : des féministes perturbent la conférence de Tariq Ramadan

La venue de l’islamologue Tariq Ramadan à Dakar n’est pas passée inaperçue. Invité à animer une conférence religieuse ce samedi à l’espace Maam Samba, sur la route de Ngor, le penseur musulman a été brièvement confronté à une manifestation féministe dénonçant sa présence sur le sol sénégalais.

Quelques instants après le début de son intervention, un groupe de militantes a surgi devant la salle, criant des slogans hostiles. Certaines brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des accusations explicites. Les manifestantes dénonçaient les nombreuses affaires de viol dans lesquelles le conférencier est mis en cause en Europe, malgré les procédures judiciaires encore en cours.

Face à cette irruption soudaine, les organisateurs, appuyés par un service de sécurité renforcé, notamment des membres du mouvement Baye Fall, sont rapidement intervenus. Le dispositif mis en place a permis de contenir les protestataires à l’extérieur du lieu, sans incident majeur ni affrontement physique.

Après ce moment de tension, la conférence a pu reprendre dans le calme, sous haute surveillance. L’événement s’est poursuivi jusqu’à son terme, mais le climat était visiblement marqué par l’atmosphère lourde générée par cette manifestation.

Tariq Ramadan, personnalité influente dans les cercles intellectuels musulmans francophones, continue de diviser l’opinion. Sa présence au Sénégal, pays réputé pour sa tradition de tolérance religieuse et son attachement à la paix sociale, suscite des débats vifs. Pour certains, il demeure un intellectuel brillant injustement ciblé. Pour d’autres, sa venue est perçue comme une provocation inacceptable tant que les accusations de violences sexuelles n’ont pas été définitivement tranchées par la justice.

Cet épisode à Dakar rappelle que, partout où il se déplace, Tariq Ramadan cristallise tensions, adhésions et oppositions dans une équation toujours aussi sensible.

Yoro Dia au Pastef : « Cette volonté effrénée de vouloir effacer Macky Sall est impossible… »

Invité de l’émission Grand Jury sur la RFM ce dimanche, Yoro Dia, docteur en sciences politiques et ancien coordonnateur de la communication de la présidence de la République, a tenu des propos tranchants à l’égard du Pastef. Selon lui, la stratégie actuelle du parti au pouvoir visant à « effacer Macky Sall » de la mémoire politique sénégalaise est vouée à l’échec.

« Le Pastef, en voulant traîner Macky Sall et s’acharner sur son fils, veut détruire l’exception sénégalaise », a martelé Yoro Dia.

Le politologue a dressé un contraste entre l’ancien président Macky Sall et son successeur Bassirou Diomaye Faye, qu’il juge encore en décalage avec les exigences du pouvoir :

« Macky a compris que le temps ne chôme pas. Diomaye, lui, ne l’a pas encore compris », a-t-il estimé.

Évoquant la scène internationale, Yoro Dia a souligné ce qu’il appelle le « rayonnement intact » de Macky Sall, un an après avoir quitté le pouvoir. Il estime que malgré son retrait de la vie politique nationale, l’ex-président reste un acteur diplomatique influent :

« Macky Sall n’est plus président de la République depuis un an, mais il est plus présent que Diomaye dans l’actualité politique nationale, grâce aux maladresses du pouvoir et à l’agenda de vengeance systémique du Pastef. »

Pour Yoro Dia, cette situation paradoxale est révélatrice d’un leadership encore immature du côté du nouveau régime.

« Heureusement que Macky rayonne à l’international, et que la voix du Sénégal, qui est une chance pour le monde, soit encore entendue », conclut-il.

Dialogue politique : « Une perte de temps ! » selon Yoro Dia, qui accuse le pouvoir de vouloir renforcer Ousmane Sonko

L’appel au dialogue lancé par le président Bassirou Diomaye Faye continue de diviser la classe politique sénégalaise. Ce dimanche, sur les ondes de la RFM, Yoro Dia, ancien ministre porte-parole de la présidence et politologue reconnu, a vivement critiqué l’initiative, qu’il considère comme « une perte de temps ». Selon lui, l’objectif inavoué de cette démarche est de consolider davantage le pouvoir du Premier ministre Ousmane Sonko.

« Il s’agit d’un dialogue pour donner au Premier ministre plus de pouvoir parce qu’il est légitime », a lancé Yoro Dia, dénonçant une tentative de remodeler le système institutionnel sénégalais en fonction des ambitions d’un homme.

L’ancien conseiller en communication de la présidence défend le maintien du régime semi-présidentiel actuel, qu’il qualifie de « bon système » à consolider, plutôt que de l’affaiblir au profit d’un régime parlementaire. Pour lui, l’ordre institutionnel ne doit pas être sacrifié sur l’autel des ambitions politiques.

Plus tranchant encore, Yoro Dia estime que les priorités actuelles du pays ne se situent pas dans les réformes politiques, mais dans les urgences économiques. Il fustige ce qu’il qualifie de diversion politique : « Au Sénégal, il ne s’agit ni de questions de démocratie ni de questions électorales… mais plutôt de l’économie qui est aujourd’hui à l’arrêt ».

À ce titre, il rejoint en partie les propos d’Ousmane Sonko lui-même, qu’il cite à l’appui : « Le Sénégal n’a pas de problème politique, mais plutôt économique », rappelant les mots du Premier ministre lors de son discours au Grand Théâtre.

Poursuivant sa charge contre le pouvoir en place, Yoro Dia a critiqué sévèrement la posture du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, dénonçant une logique de fermeture au débat : « Ousmane Sonko affirme qu’il n’y a pas matière à s’opposer. C’est pourquoi j’attire souvent l’attention sur la nature du Pastef. En réalité, c’est un parti fanatique qui ne cherche pas à convaincre. »

Selon lui, une opposition digne de ce nom est désormais difficile à définir, allant jusqu’à qualifier les adversaires politiques du pouvoir de simples « résidus ».

Les propos de Yoro Dia interviennent dans un contexte où plusieurs partis et figures de l’opposition ont déjà décliné leur participation au dialogue national. Cette nouvelle sortie publique pourrait renforcer les scepticismes et tensions autour d’un processus qui se veut pourtant inclusif et apaisé.

Kaolack : saisie de 80 kg de faux médicaments d’une valeur de 10 millions FCFA

L’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), en partenariat avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), a mené une importante opération de contrôle dans la région de Kaolack du 5 au 9 mai 2025. Résultat : plus de 80 kilogrammes de médicaments falsifiés ou de qualité inférieure ont été saisis, pour une valeur estimée à plus de 10 millions de francs CFA.

Cette mission, conduite par la Direction de l’Inspection et de la Surveillance du Marché, a permis d’inspecter 18 officines et de démanteler cinq dépôts illégaux de médicaments. Ces produits, qui circulaient dans le circuit informel, représentent une menace directe pour la santé publique.

Selon un communiqué parvenu à PressAfrik, ces saisies démontrent que la contrefaçon pharmaceutique reste un défi majeur au Sénégal. Les médicaments falsifiés, souvent inefficaces voire toxiques, sont à l’origine de nombreuses complications médicales, en particulier dans les zones rurales et périurbaines.

Dans sa communication, l’ARP réaffirme son engagement à garantir à tous les Sénégalais un accès à des médicaments sûrs, efficaces et abordables. Elle insiste également sur la rigueur de la loi pharmaceutique N° 2023-06 du 13 juin 2023, qui prévoit des sanctions sévères contre les vendeurs illégaux.

L’agence invite par ailleurs la population à faire preuve de vigilance et à acheter uniquement dans des pharmacies agréées, les seuls points de vente reconnus par les autorités sanitaires.

Cette opération réussie à Kaolack illustre la vigilance croissante des autorités face au trafic de médicaments falsifiés, qui met en péril la santé publique. Elle envoie également un message fort aux contrevenants : la tolérance zéro est désormais la règle.

Affaire des fonds Covid-19 : Me Sidiki Kaba réclame un procès équitable pour les ex-ministres mis en accusation

L’ancien ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, s’est exprimé sur les poursuites engagées contre cinq anciens ministres du régime de Macky Sall dans le cadre de l’affaire des fonds Covid-19. Dans une déclaration empreinte de prudence juridique, il a plaidé pour le respect des droits fondamentaux des mis en cause et dénoncé le traitement médiatique dont ils font l’objet.

Alors que l’Assemblée nationale a récemment voté une résolution pour leur mise en accusation devant la Haute Cour de justice, Me Kaba alerte sur la gravité de la situation :

« Il s’agit d’une décision grave. La manière dont les choses ont été organisées a donné lieu à un lynchage médiatique », a-t-il affirmé.

L’ancien garde des Sceaux s’est dit préoccupé par l’impact de cette exposition publique sur le respect de la présomption d’innocence, l’un des piliers essentiels de tout État de droit. Il a rappelé que tant qu’aucune décision de justice définitive n’a été rendue, les mis en cause doivent être considérés comme innocents.

S’il reconnaît le droit de la justice à enquêter et juger, Me Sidiki Kaba insiste néanmoins sur la nécessité d’une instruction rigoureuse, mais conforme aux principes fondamentaux du droit. Il a notamment appelé à éviter tout amalgame ou instrumentalisation politique du dossier.

« Lorsque vous n’avez pas été jugé, lorsque cette décision n’est pas définitive (…), vous restez présumé innocent », a-t-il déclaré, en référence aux voies de recours encore ouvertes aux personnes concernées.

Cette affaire continue d’alimenter les tensions sur la scène politique, alors que les nouvelles autorités s’engagent dans une politique de reddition des comptes. Pour certains, elle marque une rupture nécessaire avec l’impunité ; pour d’autres, elle ouvre la porte à une justice à géométrie variable.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°461 – 10 ET 11/05/2025

🔴 APRÈS TAS, L’APR BOYCOTTE : VERS UN DIALOGUE SANS POIDS LOURDS DE L’OPPOSITION ?
🔴 VIOLATION DES DROITS DE LAT DIOP : LA CEDEAO SANCTIONNE LE SÉNÉGAL

🔴 CAN U20 / QUART DE FINALE : LE NIGERIA SUR LA ROUTE DU SÉNÉGAL
🔴 PHASE DE GROUPES AFROBASKET 2025 : LE SÉNÉGAL FACE À L’ÉNIGME MALIEN

Saint-Louis : démantèlement d’un réseau de voleurs de bétail à Diamaguène, quatre personnes arrêtées

Une opération menée par les éléments du commissariat central de Saint-Louis a permis de mettre un terme aux agissements d’un réseau bien organisé de voleurs de bétail opérant dans le quartier Diamaguène, une zone réputée pour son activité commerciale et son flux constant de bouchers et d’éleveurs.

L’intervention s’est déroulée dans la nuit du vendredi 9 mai 2025, sous la coordination du commissaire Lamarana Diallo. Selon les sources policières, l’un des membres du réseau a été repéré alors qu’il circulait à bord d’une fourgonnette suspecte. Une filature discrète a été entamée, aboutissant à l’interception du véhicule dans un garage de fortune du quartier.

À l’intérieur du véhicule, les agents ont découvert un impressionnant butin composé de 9 bœufs, 18 chèvres, 9 moutons et plusieurs agneaux, tous volés. Ces animaux étaient vraisemblablement destinés à être écoulés rapidement sur le marché local, notamment auprès de bouchers de la zone qui pourraient ne pas se douter de leur provenance frauduleuse.

Au total, quatre personnes ont été interpellées dans le cadre de cette opération. Parmi elles, figure une personne âgée, soupçonnée d’avoir servi d’intermédiaire entre les voleurs et certains revendeurs. Deux autres membres du gang sont activement recherchés par les forces de l’ordre. D’après l’activiste Gas El Salvador, établi à Saint-Louis, le groupe était surveillé depuis plusieurs semaines après des signalements répétés de disparitions de bétail dans les zones rurales environnantes.

Le quartier de Diamaguène, bien qu’animé, est aussi confronté à des défis sécuritaires liés aux flux de marchandises et à la porosité des circuits d’approvisionnement. Cette affaire vient relancer le débat sur la traçabilité du bétail dans les zones urbaines, ainsi que sur la complicité de certains commerçants dans la chaîne de recel.

Une enquête judiciaire est en cours pour déterminer l’étendue du réseau, identifier ses ramifications dans d’autres localités, et surtout retrouver les propriétaires légitimes des animaux saisis. Les autorités appellent les victimes à se manifester auprès du commissariat central de Saint-Louis pour toute identification.

Mise en accusation de cinq anciens ministres : l’APR crie à la purge politique

L’Alliance pour la République (APR) est montée au créneau pour dénoncer la récente mise en accusation de cinq anciens ministres du régime de Macky Sall. En conférence de presse tenue ce vendredi 9 mai, l’ancien ministre et cadre du parti, Seydou Guèye, a fustigé ce qu’il qualifie de « projet funeste » visant à effacer l’héritage politique et institutionnel de l’ancien président. Il accuse la majorité parlementaire d’orchestrer une cabale politique sous couvert de procédures judiciaires.

Les anciens ministres incriminés — Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Moustapha Diop, Ndèye Saly Diop Dieng et Aïssatou Sophie Gladima — sont soupçonnés d’irrégularités dans la gestion du Fonds Force Covid-19. Des accusations qui, selon l’APR, ne reposent sur aucune instruction judiciaire objective. Pour Seydou Guèye, la volonté du régime en place est claire : « éradiquer le nom, l’image et l’œuvre du président Macky Sall de la mémoire collective des Sénégalais. » Il affirme que les ministres visés ont déjà été condamnés dans l’opinion publique à travers des procès médiatisés, avant même que la justice ne se prononce.

Dans sa déclaration, le cadre de l’APR n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une « traque maladive, populiste et manipulatrice », dont l’objectif serait la décapitation pure et simple du parti présidentiel sortant. Selon lui, les procès à venir sont éminemment politiques et constituent une tentative de réécriture de l’histoire récente du Sénégal. Il estime que les membres de l’ancien régime ne doivent pas être traités comme des criminels d’État, mais comme des serviteurs ayant assumé des responsabilités dans un contexte difficile.

Seydou Guèye a également tenu à exprimer la solidarité totale de l’APR à l’égard de ceux qu’il qualifie de « détenus politiques », notamment Farba Ngom, Lat Diop, Abdoulaye Ndiaye, Abdou Nguér et Assane Diouf. Il a réaffirmé que l’Alliance pour la République reste fidèle à ses principes républicains et à son engagement envers la justice, tout en exigeant que celle-ci fasse preuve de neutralité, d’impartialité et d’objectivité. À cet égard, il a salué certaines décisions récentes des juridictions nationales et communautaires — notamment la Cour suprême, le Conseil constitutionnel et la Cour de justice de la CEDEAO — qui, selon lui, montrent qu’un traitement équitable est encore possible.

Pour conclure, l’ancien ministre a mis en garde contre les conséquences de ce qu’il perçoit comme une dérive autoritaire. Selon lui, l’acharnement contre l’APR est une menace pour la paix sociale, la démocratie et l’État de droit. Il a appelé les Sénégalais à rester vigilants face à une situation qui risque de compromettre les équilibres politiques et institutionnels du pays.

Tontine iPhone : Khady Thiam de “Dabish Pro” tombe pour diffamation numérique

Khady Thiam, commerçante de 36 ans et promotrice de la plateforme de vente et tontine « Dabish Pro », a été interpellée par la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) et déférée au parquet à la suite d’un signalement émis par la Commission de protection des données personnelles (CDP). Elle est poursuivie pour diffusion illégale d’images à caractère privé sur les réseaux sociaux.

L’affaire remonte à plusieurs semaines, lorsque des publications montrant des membres de la « tontine iPhone » de Khady Thiam ont commencé à circuler sur internet. Les personnes concernées étaient des adhérentes soupçonnées de n’avoir pas respecté leurs engagements de paiement. Sur les images largement partagées figuraient leurs visages, parfois leurs numéros de téléphone, accompagnés de commentaires dégradants. Devant les enquêteurs, Khady Thiam a reconnu avoir orchestré la mise en ligne de ces contenus, tout en soutenant qu’elle avait obtenu le consentement de ses clientes via une clause insérée dans les contrats de tontine.

Selon ses propos, l’article 5 du contrat en question stipulait que « les parties peuvent aussi se permettre de ternir l’image de l’autre sur les réseaux sociaux afin d’obtenir gain de cause ». Un argument rapidement balayé par les témoignages de plusieurs victimes.

C. Pouye, bénéficiaire d’un iPhone 12 Pro Max, affirme n’avoir jamais donné son accord pour la publication de sa photo, qui aurait été prise à son insu par une assistante de Dabish Pro, identifiée sous le nom de « Coumbis ». Elle a découvert avec stupeur, le 13 avril dernier, son visage affiché sur la page Facebook de la structure, dans un post dénonçant les « mauvais payeurs ».

Autre cas plus grave, celui de M. Badji. Cette dernière, après avoir signé une décharge censée valider la réception d’un téléphone, s’est retrouvée exposée en ligne sans le moindre avertissement. À la suite de cette publication, elle affirme avoir été la cible de messages anonymes lui proposant de régler sa dette contre des faveurs sexuelles. « Mon mari ne m’adresse plus la parole depuis cet épisode », a-t-elle confié aux enquêteurs, en larmes.

Le parquet a requis le placement sous mandat de dépôt de Khady Thiam. Elle sera jugée en flagrant délit ce lundi. Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la protection des données personnelles au Sénégal, ainsi que sur la régulation des pratiques informelles comme les tontines en ligne, devenues courantes sur les réseaux sociaux.

Falémé : deux sites d’orpaillage démantelés, un important matériel saisi

Les forces armées sénégalaises ont intensifié leur lutte contre l’orpaillage clandestin. Ce jeudi, dans le cadre de l’opération ORIENTALE1, les militaires de la Zone militaire N°4 ont démantelé deux sites illégaux d’exploitation aurifère à Bougouda et Bantanko, situés dans la région stratégique de la Falémé, à l’est du pays.

Cette opération ciblée a permis la saisie d’un important lot de matériel utilisé dans l’orpaillage artisanal. Les troupes ont notamment mis la main sur une dizaine de motopompes, plusieurs groupes électrogènes, ainsi qu’un ensemble d’outils et d’équipements servant à l’extraction illicite de l’or. Les sites ont été neutralisés sur place, conformément aux consignes de sécurisation du territoire.

En menant ce type d’intervention, les forces armées s’attaquent à un fléau qui mine à la fois l’économie nationale et l’environnement. L’orpaillage clandestin, souvent pratiqué en dehors de tout cadre légal, engendre d’importantes pertes de revenus pour l’État, tout en dégradant les écosystèmes locaux et en favorisant l’émergence de zones de non-droit, parfois exploitées par des réseaux criminels transfrontaliers.

La Zone militaire N°4 a réaffirmé sa volonté de poursuivre ces opérations de sécurisation sur l’ensemble de sa zone d’action. À travers ce coup de force à Bougouda et Bantanko, l’armée sénégalaise envoie un signal clair : les ressources naturelles du pays doivent être protégées dans l’intérêt collectif et dans le respect de la loi.

Affaire du compte bancaire de 1000 milliards : Macky Sall riposte et sert une sommation interpellative à Sanou Dione

L’ancien président Macky Sall sort de son silence face aux accusations graves portées par l’ancien député Sanou Dione, qui l’a publiquement désigné comme propriétaire d’un mystérieux compte bancaire de 1000 milliards FCFA.

C’est dans les colonnes du quotidien Source A, mercredi dernier, que Sanou Dione, ancien parlementaire des 10e et 14e législatures, a affirmé que « le compte contenant les 1000 milliards appartient à Macky ». Ces propos ont immédiatement provoqué une réaction judiciaire du camp de Macky Sall, qui a mandaté ses avocats pour délivrer une sommation interpellative à l’encontre de Dione.

Selon le journal Les Échos, un huissier de justice s’est rendu au domicile supposé de Sanou Dione afin de lui remettre officiellement la sommation, mais il lui a été répondu que l’ancien député était « inconnu à cette adresse ». Une tentative de contact par téléphone s’est également révélée infructueuse.

Cette affaire survient dans le sillage de la polémique déclenchée par le Premier ministre Ousmane Sonko, lors d’une déclaration publique au Grand Théâtre, au cours de laquelle il évoquait un compte bancaire contenant une somme colossale de 1000 milliards FCFA, sans pour autant citer de nom. Sanou Dione, lui, est allé plus loin en désignant directement l’ancien chef de l’État comme détenteur du compte.

Le dépôt de cette sommation interpellative marque une première riposte judiciaire dans un dossier sensible mêlant politique, argent public et réputation. En cas de non-réponse, Macky Sall pourrait ouvrir une procédure pour diffamation.

Injures contre Macky Sall : Azoura Fall visé par trois plaintes et recherché par la police

L’influenceur proche de Pastef, Azoura Fall, est au centre d’une vive controverse judiciaire après avoir publiquement insulté l’ancien président Macky Sall dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux.

Les propos tenus dans cette séquence, jugés outrageants et diffamatoires, ont déclenché une série de procédures judiciaires. Selon L’Observateur, trois plaintes sont actuellement dirigées contre l’activiste.

D’une part, le procureur de la République s’est autosaisi du dossier, compte tenu de la gravité et de la portée publique des propos. D’autre part, la famille de Macky Sall a engagé des poursuites. Samba Ndiaye, neveu de l’ancien président et agent à l’APROSI, a déposé deux plaintes : l’une devant le tribunal de grande instance de Dakar, l’autre auprès de la division de la Cybersécurité.

Par ailleurs, l’Alliance pour la République (APR), par le biais de Me Oumar Youm, envisage à son tour de saisir la justice. L’avocat aurait été mandaté pour défendre l’image et l’honneur du parti à travers une nouvelle plainte.

Pendant ce temps, Azoura Fall demeure introuvable. D’après les sources policières, un mandat de recherche serait en cours pour interpeller l’influenceur, dont la vidéo continue de susciter de vifs débats en ligne.

Affaire des 125 milliards FCFA : Ndèye Seynabou Ndiaye incarcérée, Amadou Sall introuvable

Le scandale financier de 125 milliards FCFA, mis au jour par la CENTIF, prend une tournure judiciaire marquée. L’onde de choc atteint désormais les cercles proches de l’ancien régime.

Ndèye Seynabou Ndiaye, gérante de la société ivoirienne Woodrose Sarl, a été inculpée puis placée sous mandat de dépôt ce jeudi par le doyen des juges du pôle financier. Elle est poursuivie pour association de malfaiteurs, abus de biens sociaux et complicité d’escroquerie portant sur des deniers publics estimés à 31 milliards FCFA.

Selon Libération, l’enquête menée par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a mis en lumière un ensemble de transactions suspectes impliquant de lourds transferts financiers. Notamment un bon de caisse de 10 milliards FCFA, émis par Farba Ngom et versé sur le compte de Woodrose Sarl ouvert à NSIA Bank.

Fait troublant : ce compte, bien qu’ouvert par Mme Ndiaye, aurait été placé sous procuration d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall.

Convoqué par le Pool judiciaire financier le 7 mai dernier, Amadou Sall ne s’est pas présenté. D’après plusieurs sources concordantes, il se trouverait actuellement aux États-Unis, sans manifester la moindre volonté de coopérer avec la justice sénégalaise.

L’affaire soulève de sérieuses questions sur l’implication de figures politiques majeures et pourrait marquer un tournant dans la volonté du nouveau pouvoir de rompre avec l’impunité entourant la gestion des finances publiques.

Gestion des finances publiques (2019-2024) : 63 comptes bancaires opaques dans le viseur de la DIC

Le scandale prend de l’ampleur. Soixante-trois (63) comptes bancaires hors budget, ouverts sans autorisation légale dans diverses banques sénégalaises entre 2019 et 2024, sont désormais dans le collimateur de la Division des investigations criminelles (DIC).

L’affaire a été déclenchée à la suite d’un référé de la Cour des comptes, signé par son premier président Mamadou Faye et adressé au Garde des sceaux, Ousmane Diagne, ministre de la Justice. Ce dernier a immédiatement transmis le dossier au Parquet général, qui l’a confié au Parquet financier. Ce dernier a autorisé la DIC à ouvrir une enquête approfondie.

L’enquête, désormais en cours, cible 63 comptes ouverts en dehors des circuits budgétaires officiels, souvent sans traçabilité claire, et logés dans plus de 15 établissements bancaires. Selon les premiers éléments révélés par L’Observateur, ces comptes sont liés à des opérations budgétaires floues, à des appuis Covid, à des rachats de créances ou encore à des initiatives de relance économique.

Banque Atlantique du Sénégal (BASN) : 6 comptes, dont un intitulé « rachat créances Sofico ». BGFI Bank : 8 comptes ouverts par l’entité Epas/État du Sénégal. Banque Islamique du Sénégal (BIS) : 4 comptes, avec des libellés évocateurs comme « relance de l’économie » ou « reprofilage ». NSIA, Ecobank, Société Générale Sénégal (SGS), BOA, BDK, BICIS, Bridge Bank, BRM, BSIC, CBÁO, Crédit du Sénégal (CDS), Coris Bank, FBNBank, UBA, La Banque Outarde (LBO) : tous hébergent un ou plusieurs de ces comptes suspects.

La DIC a commencé les auditions. Aminata Faye Seck, directrice générale de la Banque islamique du Sénégal, a été la première convoquée. Elle a dû s’expliquer sur les flux financiers jugés « opaques » transitant par les comptes de sa banque. Les autres directeurs généraux, responsables financiers et cadres supérieurs des banques concernées seront prochainement entendus.

Le rapport de la Cour des comptes évoque une gestion parallèle de fonds publics, potentiellement en marge de toute traçabilité budgétaire. Cette affaire pourrait déboucher sur des poursuites pénales, si des faits de détournement, de malversation ou de gestion frauduleuse sont avérés.

Alors que les scandales liés à la gestion des fonds Covid-19 sont encore frais dans les mémoires, cette nouvelle affaire renforce les interrogations sur la transparence dans l’administration des finances publiques.

Cinq anciens ministres sous le feu de la justice : l’Assemblée nationale adopte leur mise en accusation

L’Assemblée nationale sénégalaise a franchi une étape décisive dans l’affaire des détournements présumés de deniers publics en adoptant, ce jeudi, le projet de mise en accusation de cinq anciens ministres devant la Haute Cour de Justice. Il s’agit d’Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop Dieng, Mansour Faye et Moustapha Diop. Cette décision marque une volonté affirmée de l’État de faire la lumière sur une série de scandales financiers, notamment liés à la gestion du fonds Force Covid-19.

À l’exception d’Ismaïla Madior Fall, visé dans une affaire distincte liée à l’attribution controversée d’un terrain pour la construction du palais de justice de Pikine/Guédiawaye, tous les autres anciens ministres sont poursuivis dans le cadre de la gestion des fonds Force Covid-19, un programme d’urgence mis en place durant la pandémie pour soutenir les populations.

Parmi les mis en cause, Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire et beau-frère de l’ex-président Macky Sall, fait face aux accusations les plus lourdes. Le préjudice financier provisoirement estimé à son encontre dépasse 2,7 milliards de F CFA. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, concussion, corruption, prise illégale d’intérêt, faux et usage de faux, détournement de deniers publics, escroquerie et blanchiment de capitaux.

Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre du Pétrole et de l’Énergie, est également citée dans ce scandale avec un préjudice estimé à 193 millions de F CFA. Elle est poursuivie pour détournement de fonds, blanchiment, escroquerie sur deniers publics, et complicité.

Moustapha Diop, ancien ministre de l’Industrie, est accusé de faits similaires, s’ajoutant à des charges de faux en écritures privées de commerce ou de banque, aggravant la complexité de son dossier.

Ndèye Saly Diop Dieng, ancienne ministre de la Femme, n’échappe pas à la tourmente : elle est soupçonnée de détournements, faux et usage de faux, escroquerie et association de malfaiteurs.

Quant à Ismaïla Madior Fall, ex-ministre de la Justice, son nom est cité dans une affaire de tentative d’extorsion de fonds, corruption, blanchiment de capitaux, et complicité dans l’attribution irrégulière d’un terrain d’une valeur stratégique à Pikine/Guédiawaye.

Avec ce vote de l’Assemblée nationale, ces anciens dignitaires du régime de Macky Sall seront traduits devant la Haute Cour de Justice, une juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Ce tournant judiciaire pourrait constituer un test décisif pour la lutte contre l’impunité et la corruption, maintes fois réclamée par la société civile.

Ces mises en accusation interviennent dans un contexte de rupture avec l’ancien système, à la suite de l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République, sur fond de promesse de “gouvernance sobre et vertueuse”. La symbolique est forte : il s’agit de juger ceux qui, quelques mois plus tôt, incarnaient encore l’élite gouvernementale.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°460 – 09/05/2025

🔴 CAMPAGNE ARACHIDIÈRE 2024-2025 / BAISSE DE PRÈS DE 25% DE LA PRODUCTION : MOISSON AMÈRE
🔴 DJIHADISME DANS LE SAHEL : LA CEDEAO EN SURSIS

🔴 MONDIAL BEACH SOCCER 2026 : LE SÉNÉGAL DOMPTE L’ITALIE ET FILE EN DEMIES
🔴 COUPE DE LA LIGUE (8ES) : LA VAGUE YOFFOISE EMPORTE L’US GORÉE

Assemblée nationale : « Cette mise en accusation est illégale et ne peut pas être votée », selon Aïssata Tall Sall

L’ancienne ministre de la Justice et actuelle députée, Aïssata Tall Sall, a vivement contesté la légalité de la procédure de mise en accusation de cinq anciens ministres du régime de Macky Sall, ce jeudi à l’Assemblée nationale. Lors de son intervention, elle a dénoncé ce qu’elle considère comme « une entorse grave au droit pénal et au principe de la présomption d’innocence ».

« Ces ministres-là ont inlassablement servi le pays », a-t-elle rappelé, en soulignant que cette résolution viole plusieurs fondements du droit. « De ma conviction en l’impartialité de la loi, de ma foi en l’indépendance des juges, je dis que cette mise en accusation ne peut pas être votée. Elle ne peut pas être votée parce qu’elle est illégale. Elle ne peut pas être votée parce qu’aucune présomption d’innocence n’existe. Elle ne peut pas être votée parce que le jour où on le fera, on portera atteinte à la justice, au droit et à la règle du droit », a-t-elle martelé.

Aïssata Tall Sall a estimé que, par cette décision, l’Assemblée nationale s’arroge les prérogatives du procureur de la République, alors que la Haute Cour de justice statue « en premier et dernier ressort, sans appel ni cassation ». Selon elle, les députés deviennent ainsi les initiateurs directs d’un procès sans retour possible. « Nous sommes aujourd’hui la justice, car c’est nous qui décidons d’ouvrir ou non le procès », a-t-elle souligné.

Elle a tenu à rappeler deux piliers essentiels du droit pénal : la présomption d’innocence et l’indépendance du juge. À ses yeux, les accusations portées contre les anciens ministres reposent essentiellement sur les témoignages des DAGE (directeurs de l’administration générale et de l’équipement), ce qui ne saurait constituer une base juridique suffisante. « On dit que c’est la version des DAGE contre celle des ministres. Mais la présomption ne repose pas sur de simples déclarations. Ce sont des faits tangibles qui permettent de supposer qu’un acte a été commis. »

Elle estime qu’envoyer les ministres devant la Haute Cour sur la base de simples accusations constitue une violation de la Constitution et des grands principes du droit universel. « Nous violons la Constitution, le droit, l’héritage du Bill of Rights de 1689, la Déclaration de 1789, et même notre propre Constitution », a-t-elle averti.

Tout en réaffirmant son respect pour l’indépendance de la justice sénégalaise, elle a mis en garde contre une justice instrumentalisée par la politique. Elle a appelé à laisser la Commission d’instruction travailler dans le respect de la loi et de sa conscience, tout en soulignant que « nous pouvons tous, un jour, être justiciables de cette Cour ».

Tambacounda : quatre individus travaillant dans une entreprise chinoise déférés pour « exercice illégal de la médecine »

À Tambacounda, dans l’est du Sénégal, une opération de la Section de recherches (SR) de la gendarmerie a permis de mettre fin aux activités suspectes d’une entreprise dirigée par un ressortissant chinois, installée dans le quartier Abattoir. Bien que cette structure ne disposait que d’une autorisation officielle pour vendre des compléments alimentaires, elle s’adonnait à des consultations médicales non autorisées, ce qui a conduit à l’arrestation de quatre individus.

L’enquête a été déclenchée à la suite de plusieurs signalements. Un agent de la SR, en civil, s’est introduit dans la structure en se faisant passer pour un patient. Après une consultation, il a reçu une ordonnance accompagnée de l’obligation d’acheter les médicaments prescrits dans la pharmacie interne de l’entreprise. Ce stratagème a permis aux enquêteurs de confirmer la tenue d’activités médicales illégales au sein de l’établissement.

Les investigations ont permis l’interpellation de quatre personnes, dont trois jeunes femmes affectées à la vente des produits de la société. Il a été révélé que les consultations étaient effectuées à l’aide d’un « quantum analyseur », un appareil prétendant détecter toutes les anomalies du corps humain, mais jugé non conforme aux normes sanitaires sénégalaises.

L’entreprise, bien qu’en règle sur le plan administratif pour la commercialisation de compléments alimentaires, s’était transformée en centre de soins improvisé, en violation flagrante des règles encadrant la pratique médicale. Les enquêteurs ont également mis en lumière une stratégie d’escroquerie fondée sur la prescription forcée de médicaments coûteux, vendus exclusivement au sein de la structure.

Déférés au parquet vendredi dernier, les quatre mis en cause ont comparu le mercredi 7 mai devant le tribunal de grande instance de Tambacounda. À l’issue de l’audience, deux d’entre eux ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis, tandis que les deux autres ont été relaxés.

Guy Marius Sagna : « Ils se sont tus et ont bénéficié de cet argent volé… »

Ce jeudi 8 mai à l’Assemblée nationale, lors de la session consacrée à la mise en accusation de cinq anciens ministres devant la Haute Cour de justice, le député Guy Marius Sagna a livré un discours frontal, dénonçant un système enraciné de corruption et de compromission au sein même de l’Administration publique. En s’adressant à ses collègues parlementaires, il a affirmé sans détour : « L’impunité des grands entraîne l’incivisme des petits. » Pour lui, l’indulgence ou la complaisance à l’égard des dérives dans les hautes sphères du pouvoir alimente un sentiment généralisé de non-respect des lois et des institutions.

Le député a mis en cause non seulement les anciens ministres visés par la procédure judiciaire, mais aussi les fonctionnaires qui, selon lui, ont fermé les yeux, voire participé activement à ces malversations. Il a déclaré que la corruption et les détournements n’ont pas été perpétrés par des ministres isolés, mais ont été facilités par des complices au sein de l’appareil administratif. « Quand certains ministres volaient, ils se sont tus et ont bénéficié de cet argent volé. Ils ont été des complices », a-t-il accusé, appelant à une réforme urgente de la fonction publique et à une redéfinition claire de la responsabilité des agents de l’État.

Abordant les affaires impliquant les DAGE (Directeurs de l’Administration générale et de l’Équipement), il a souligné que certains n’hésitent pas aujourd’hui à incriminer directement les ministres. Pour lui, cela démontre l’ampleur du système de défaillance collective. « Ceux qui ont volé l’argent du pays devront le payer », a-t-il martelé, exhortant les fonctionnaires à revoir leur comportement et à assumer pleinement leurs responsabilités.

Le parlementaire a également dénoncé l’enrichissement rapide et injustifié de certains hommes politiques. Il a rappelé qu’au Sénégal, il est fréquent de voir des responsables publics passer en quelques mois d’une situation modeste à un train de vie extravagant. « Quand ils ont commencé leur carrière, ils n’avaient même pas de charrette ni de vélo. Trois mois après leur entrée au gouvernement, ils roulent en 4×4 de luxe et possèdent des villas », a-t-il déploré. Il a ajouté que les Sénégalais fortunés de manière honnête n’ont rien à craindre, mais que « celui qui possède une pomme de terre ou un lopin de terre volé, lui, doit trembler. »

Guy Marius Sagna a aussi mis en lumière le poids du clientélisme social dans la corruption quotidienne. Il a dénoncé les sollicitations permanentes adressées aux ministres pour des dépenses personnelles, sociales ou coutumières : « Chaque jour, on leur demande de l’argent pour des baptêmes, des mariages, des funérailles ou des parrainages. Où vont-ils chercher cet argent ? Il faut que cela cesse. »

S’adressant enfin au ministre Abass Fall, il a lancé un avertissement clair à l’ensemble du gouvernement. Rappelant qu’il est lui-même poursuivi pour deux climatiseurs, il a souligné que personne ne sera épargné : « Que les ministres sachent que même s’ils prennent deux cuillères, on les poursuivra. De même que les directeurs généraux, même s’ils volent deux biscuits, ils seront eux aussi poursuivis. »

En conclusion, le député a appelé à une prise de conscience collective, insistant sur la responsabilité de chaque citoyen dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance : « Ce qui se passe dans ce pays nous concerne tous. Chacun a un rôle à y jouer. »

Haute Cour de justice : cinq anciens ministres du régime de Macky Sall mis en accusation

L’Assemblée nationale du Sénégal a franchi un nouveau cap dans l’élan de reddition des comptes enclenché depuis l’alternance politique. Ce jeudi 8 mai 2025, les députés ont adopté une résolution historique : cinq anciens ministres du gouvernement de l’ex-président Macky Sall sont désormais officiellement mis en accusation. Il s’agit de Mansour Faye, Aïssatou Sophie Gladima, Ismaïla Madior Fall, Moustapha Diop et Salimata Diop.

Cette décision parlementaire découle d’une saisine du ministre de la Justice, Ousmane Diagne, fondée sur plusieurs rapports d’audit établis par les organes de contrôle de l’État. En ligne de mire : la gestion controversée des fonds alloués à la riposte contre la pandémie de Covid-19, un montant estimé à plus de 1 000 milliards de francs CFA. La Cour des comptes, entre autres institutions, a mis en lumière de graves irrégularités présumées dans l’exécution de certaines dépenses publiques relevant de ces ministres.

Les faits reprochés portent notamment sur des soupçons de détournements de deniers publics, de surfacturations, mais aussi de violations des procédures en matière de passation de marchés publics. Selon les documents examinés, certains responsables auraient facilité ou fermé les yeux sur des opérations contraires aux règles de bonne gouvernance.

Avec l’adoption de cette résolution, la procédure judiciaire entre dans une nouvelle phase. Le président de l’Assemblée nationale doit désormais transmettre le dossier au procureur général près la Haute Cour de justice. Une Commission d’instruction sera ensuite convoquée pour approfondir les enquêtes. Elle aura pour tâche de recueillir les éléments à charge et à décharge afin d’établir la solidité juridique des accusations portées contre les anciens ministres.

Conformément au Code de procédure pénale, les mis en cause auront la possibilité de se défendre avec l’assistance de leurs avocats. Ce processus se veut respectueux des droits de la défense et des principes d’un procès équitable, même si l’affaire ne manquera pas d’agiter l’opinion publique nationale dans les semaines à venir.

Ce développement marque une étape décisive dans la volonté des nouvelles autorités de restaurer la transparence et la responsabilité dans la gestion des affaires publiques. La Haute Cour de justice, juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, est désormais pleinement mobilisée dans cette affaire sensible.

Mise en accusation devant la Haute Cour de justice : Mansour Faye poursuivi pour détournement présumé de 2,749 milliards FCFA

Ce jeudi 8 mai, l’Assemblée nationale du Sénégal examine la mise en accusation d’Amadou Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, soupçonné de détournement de fonds publics dans le cadre de la gestion des aides liées à la pandémie de Covid-19. La procédure, enclenchée à la suite d’une saisine du ministre de la Justice Ousmane Diagne, repose sur les conclusions d’une enquête judiciaire fondée sur le rapport 2023 de la Cour des comptes. Ce dernier a mis en lumière une surfacturation sur les achats de riz destinés à l’aide alimentaire, avec un préjudice chiffré à 2,749 milliards de francs CFA.

Au cœur de l’affaire, une enveloppe globale de 69 milliards FCFA avait été allouée à son ministère pour l’organisation de l’aide alimentaire d’urgence. D’après les déclarations d’Aliou Sow, alors directeur de l’administration générale et de l’équipement du ministère, la majeure partie des fonds – près de 59 milliards – était hébergée au ministère des Finances, sans ligne budgétaire précise. Il affirme que la gestion de ces ressources était centralisée entre les mains du ministre lui-même, ce dernier transmettant directement les pièces justificatives de paiement à son collègue des Finances. Aliou Sow, lui aussi dans le viseur de la justice pour enrichissement illicite et acquisition suspecte de biens mobiliers et immobiliers, a confirmé l’existence de dysfonctionnements majeurs.

La Cour des comptes pointe une surfacturation massive dans les achats de riz, représentant un surplus global estimé à 2,749 milliards FCFA. Le rapport évoque aussi des anomalies dans l’attribution des marchés, certains fournisseurs ayant obtenu plusieurs contrats sous différentes raisons sociales, une manœuvre qui soulève des soupçons de favoritisme ou de dissimulation d’ententes illicites.

La résolution parlementaire, déjà adoptée à la majorité par la Commission des Lois, cite une série de qualifications pénales parmi lesquelles figurent le détournement de deniers publics, l’escroquerie, le blanchiment de capitaux, la prise illégale d’intérêts, le faux et usage de faux, la corruption et l’association de malfaiteurs. Autant d’infractions réprimées par le Code pénal sénégalais, la nouvelle loi sur le blanchiment adoptée en février 2024, ainsi que le Code de procédure pénale.

Si elle est adoptée en plénière, la résolution ouvrira la voie à la comparution de Mansour Faye devant la Haute Cour de justice, une juridiction exceptionnelle compétente pour juger les membres du gouvernement pour des crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Cette mise en accusation revêt un caractère inédit dans le contexte post-pandémique. Elle vise pour la première fois un ancien ministre, également parent par alliance de l’ex-président Macky Sall, dans le sillage des audits engagés par les nouvelles autorités pour faire la lumière sur l’usage des fonds publics.

Abdou Karim Sall dénonce une justice sans appel dans l’affaire des cinq anciens ministres

L’Assemblée nationale du Sénégal est en pleine effervescence alors qu’elle examine un projet de résolution portant sur la mise en accusation de cinq anciens ministres du régime de Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Dans ce contexte tendu, le député non-inscrit Abdou Karim Sall a pris la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme une dérive judiciaire.

« Il n’y a que le jugement du Tout-Puissant qui est sans appel. Le jugement des hommes doit toujours pouvoir faire l’objet d’un appel », a-t-il déclaré face à ses collègues parlementaires. Selon lui, le processus en cours risque de priver les mis en cause d’un droit fondamental : celui de contester une décision de justice.

La Haute Cour de Justice, instance habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions, rend des décisions qui ne sont susceptibles ni d’appel, ni de pourvoi en cassation. Une particularité que Abdou Karim Sall juge profondément injuste. « Ces ministres ne bénéficient pas de ce qu’on appelle un privilège, mais plutôt d’un handicap », a-t-il martelé.

Le député a également insisté sur la gravité de la situation, rappelant que « leur responsabilité est engagée » et que les choix des parlementaires aujourd’hui auront des conséquences lourdes, tant sur le plan politique que juridique.

Le projet de résolution, toujours en débat, cristallise les tensions dans l’hémicycle et relance le débat sur l’efficacité et l’équité de la Haute Cour de Justice, souvent critiquée pour son caractère politique et son manque de garanties procédurales.

Diourbel : Deux anciens responsables de la Chambre des métiers arrêtés pour détournement de biens publics

Massamba Thiam, ancien président de la Chambre des métiers de Diourbel (70 ans), et Médoune Diop, ex-secrétaire général (66 ans), ont été arrêtés puis déférés au parquet ce mercredi 7 mai. Ils sont poursuivis pour escroquerie portant sur les deniers publics, détournement de biens publics et complicité, à l’issue d’une enquête déclenchée par un rapport accablant de l’OFNAC.

La Division des investigations criminelles (DIC), qui a mené l’arrestation, agissait sur instruction du parquet de Dakar, alerté par un rapport de l’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption resté longtemps inexploité. Ce rapport avait été produit à la suite d’un signalement d’Ibrahima Thiam, artisan et membre de la Chambre des métiers de Diourbel.

Des irrégularités en cascade

Les faits reprochés sont nombreux et documentés. L’OFNAC a notamment mis en évidence :

Le détournement d’un véhicule administratif réformé sans respecter les procédures légales, et muté au nom personnel du secrétaire général de l’époque. L’établissement de mandats de paiement au nom des accusés au lieu des fournisseurs de la Chambre. L’octroi de subventions à des bénéficiaires fictifs. L’absence de mise en concurrence dans le choix des fournisseurs et prestataires. Une gestion opaque de la dotation en carburant, sans aucune décision officielle du président. La tenue irrégulière des réunions de l’Assemblée générale et du Bureau. Le maintien illégal à son poste du secrétaire général, pourtant atteint par la limite d’âge.

Ces pratiques témoignent, selon l’OFNAC, d’un système organisé de prédation des ressources publiques, aux dépens des artisans que la Chambre était censée représenter et soutenir.

Un signal fort dans la lutte contre la corruption

L’arrestation des deux anciens dirigeants marque une nouvelle étape dans l’engagement de l’État contre les dérives dans les structures de gouvernance locale. L’affaire sera suivie de près, tant elle illustre les conséquences d’un contrôle tardif et d’un manque de transparence dans la gestion des biens publics.

LeDakarois reviendra sur les suites judiciaires de ce dossier dans ses prochaines éditions.

Présumé détournement de 193 millions FCFA : L’Assemblée nationale se prononce sur le cas de l’ex-ministre Aïssatou Sophie Gladima

L’Assemblée nationale examine ce jeudi une résolution visant à déférer Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines et de la Géologie, devant la Haute Cour de Justice. Les accusations portent sur des malversations financières impliquant des fonds publics pour un préjudice provisoire estimé à 193 millions FCFA.

PROJET DE RESOLUTION PORTANT MISE EN ACCUSATION DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE DE MADAME AISSATOU SOPHIE GLADIMA, ANCIEN MINISTRE DES MINES ET DE LA GEOLOGIE 

La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, après avoir délibéré, en sa séance du 02 mai 2025, a adopté à la majorité, le projet de résolution dont la teneur suit: 
Considérant que par lettre de saisine référencée nº 000287/MJ/CAB/DC en date du 14 Avril 2025, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice a saisi le Président de l’Assemblée Nationale d’une requête aux fins de mise en accusation de Madame Aïssatou Sophie GLADIMA, ancienne Ministre des Mines et de la Géologie; 

Considérant, au regard des éléments de l’enquête et de l’exploitation du rapport de la Cour des Comptes, que l’ancien Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement (DAGE), Monsieur Alassane DIALLO, a versé, sur instruction du Ministre Aïssatou Sophie GLADIMA, la somme de 73 200 000 FCFA pour les travaux de construction de l’unité de traitement gravimétrique de Kédougou, confiée à la société commerciale du Groupe ISSA; lesquels travaux n’avaient pas démarré au moment du paiement. Par conséquent, il a été procédé au paiement avant l’exécution même des services; en violation des dispositions de l’article 89 du Règlement général de la Comptabilité publique (RGCP); 


Qu’il apparait que le paiement de 73 200 000 FCFA au fournisseur a été validé par le Ministre Aissatou Sophie GLADIMA moyennant une déclaration sur l’honneur et une simple facture: 
Considérant que Madame Aissatou Sophie GLADIMA, ancien Ministre des Mines et de la Géologie, avait opté, pour l’exécution de la somme globale de 1 000 000 000 FCFA du fonds Force COVID mise à la disposition du Ministère, d’ériger un centre gravimétrique à Kédougou pour les orpailleurs impactés par la pandémie 

Il ressort de l’enquête que le marché a été attribué à la Société Commerciale du Groupe ISSA (SCGI) qui avait acquis le matériel pour un montant de 119 870 000 PCFA en attendant la disponibilité du site pour la construction de l’ouvrage d’un coût de 73 200 000 FCFA: 

Il découle également de l’enquête que l’ancien Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement, Monsieur Alassane DIALLO reconnaissait que la procédure de paiement, validée par le Ministre, a été diligentée en violation de la réglementation qui exige le paiement après service fait; 

Auditionné à son tour, Monsieur Ibrahima ISSA soutenait que la SCGI avait exécuté le premier volet du marché portant sur l’acquisition du matériel d’un coût global de 119 870 000 FCFA. Il déclarait, au surplus, pour le second volet, qu’après avoir reçu une avance de démarrage, qu’il attendait la mise à disposition d’un site devant abriter l’unité de traitement gravimétrique. Il transparait que Monsieur Alassane DIALLO, en sa qualité de DAGE, et en accord avec sa hiérarchie administrative, avait décidé de lui verser le reliquat sans même attendre la fin des travaux; 

Considérant que Monsieur Ibrahima ISSA reconnaissait avoir encaissé, de bonne fois, la somme de 73 200 000 FCFA sans service fait tout en déclarant être disposé à procéder à son remboursement. Il a produit un procès-verbal de constat d’huissier en date du 14 avril 2023, avec les planches photographiques attestant de la présence du matériel destiné à la construction dudit centre entreposé dans son domicile et au siège de sa société sise au rond-point SCOA à Dakar; 

 Qu’en vertu des dispositions de l’article 17 de la loi organique n° 2002-10 du 22 février 2002 sur la Haute Cour de Justice, les poursuites sont exercées suite à une résolution de l’Assemblée nationale votée dans les conditions prévues à l’article 101 de la Constitution et portant mise en accusation devant la Haute Cour de Justice; 

Considérant que les faits ci-dessus révélés laissent apparaitre des indices et présomptions graves et concordants d’association de malfaiteurs, de détournements de deniers publics, d’escroquerie portant sur les deniers publics, de blanchiment de capitaux et de complicité de ces chefs contre Madame Aïssatou Sophie GLADIMA, ancien Ministre des Mines et de la Géologie pour un préjudice évalué provisoirement à la somme de 193 070 000 FCFA: 

Considérant que lors de la commission de ces faits révélés par l’enquête de police Madame Aïssatou Sophie GLADIMA exerçait ses fonctions ministérielles: 

Considérant que ces faits sont prévus et punis par les articles 238, 239, 152, 153, 45, 46 du Code pénal, 140 du Code de Procédure pénale et la loi 2024-08 du 14 février 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, abrogeant et remplaçant la loi n° 2018-03 du 23 février 2018 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme; 

Que de tels faits méritent d’être portés devant la Haute Cour de Justice; 

Décide de la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice de Madame Aïssatou Sophie GLADIMA, ancien Ministre des Mines et de la Géologie, conformément à l’article 101 de la Constitution, 17 et suivants de la loi n° 2002-10 du 22 février 2002 portant loi organique sur la Haute Cour de Justice, modifiée.

Ndèye Saly Diop envoyée devant la haute Cour de justice : Voici le projet de résolution de la mise en accusation

La commission des lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains de l’assemblée nationale a adopté, à sa majorité, la mise en accusation devant la haute cour de justice de Ndeye Saly Diop, ancien ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants. L’annonce a été faite ce jeudi 8 mai, lors de la séance plénière, par le rapporteur général. Ndèye Saly Diop est accusée de complicité de détournement de deniers publics d’un montant de 57 062 000 F Cfa.

La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, après avoir délibéré, en sa séance du 02 mai 2025, a adopté à la majorité, le projet de résolution dont la teneur suit: 

Considérant que par lettre référencée n° 000286/MJ/CAB/DC en date du 14 avril 2025, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice a saisi le Président de l’Assemblée nationale d’une requête aux fins de mise en accusation de Madame Salimata DIOP, ancien Ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants devant la Haute Cour de Justice; 

Considérant que, dans le cadre du traitement du rapport relatif à la gestion du Fonds de riposte et de solidarité à la Covid-19 établi par la Cour des Comptes, des enquêtes ont été diligentées; 

Considérant que par lettre référencée nº 0114/PDGK du 08 avril 2025, Monsieur le Procureur Général près la Cour d’Appel de Dakar a transmis au Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, le procès-verbal nº 567/DIC/BAG en date du 18 juillet 2025 de la Division des Investigations criminelles, afférent au Ministère de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants (MFFGPE); 

Il convient d’abord de relever que le rapport de la Cour des Comptes révèle que le Ministère a reçu une enveloppe de 150.000.000 F CFA; 

Considérant que ce montant était logé dans un compte ouvert dans les livres de la banque Crédit du Sénégal. Le rapport soulignait que les justificatifs de dépenses d’un montant de 36.147.500 F CFA supposées avoir été réalisées étaient les mêmes que ceux qui avaient été produits pour les opérations de la caisse « aide et secours»; 

Le rapport précisait, en outre, que des aides et secours avaient été versés à des personnes ayant les mêmes prénoms et noms de famille avec des numéros de carte nationale d’identité similaires et parfois les mêmes adresses pour des montants différents évalués au total à la somme de 52.223.300 F CFA; 

Entendu par les éléments enquêteurs, le DAGE a soutenu que certains de ces supposés bénéficiaires étaient, en réalité, des fournisseurs. Il a indiqué qu’une partie de ce montant avait servi au paiement de ces derniers et qu’une autre s’élevant à la somme de 22.367.300 F CFA avait été distribuée à titre d’appui financier au profit des agents du Ministère sur décision de l’Autorité ». II reconnaissait que ces dépenses étaient initialement prévues pour la prise en charge des opérations de retrait des enfants de la rue; 

Relativement toujours à cette caisse d’avance, outre les pièces dont la sincérité était ainsi mise en cause, la Cour des Comptes avait relevé que l’utilisation d’un montant de 4.828.700 F CFA n’avait pu être justifiée; 

En conclusion, la Cour a retenu que le DAGE s’est retrouvé dans l’incapacité de produire des pièces justificatives des dépenses effectuées par le Ministère de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants pour ce montant de 52.233.300 F CFA; 

Considérant que les bénéficiaires de ces dépenses ont été, à leur tour, entendus; 

C’est ainsi que les nommés Oumar Souleymane THIAW, Directeur du Centre Education Spécialisée d’Expression et des Loisirs, Khady CISSE trésorière du GIE LAWTAW, Ndèye Ngoye LO assistante sociale à la retraite, Chérif DIAW Directeur administratif et commercial de « Dakar Actu», Thierno Amadou SY, journaliste et Béatrice Marième MENDY, coordonnatrice administrative du Samu social, ont affirmé n’avoir signé, chacun, qu’une seule décharge et ignorer la provenance des autre pièces qui leur sont prêtées et qui ont été produites par le DAGE; 

Aussi, les enquêteurs ont relevé le paiement de primes aux agents du ministère sur les fonds Covid-19 ou de la Caisse d’avance aide et secours; 

Considérant que ces faits sont punis par les articles 238, 239, 152, 153, 45, 46, 135, 136 du Code pénal, 140 du Code de Procédure pénale et la loi 2024-08 du 14 février 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, abrogeant et remplaçant la loi n° 2018-03 du 23 février 2018 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme: 

Que de tels faits méritent d’être portés devant la Haute Cour de Justice; 

Décide de la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice de Madame Salimata DIOP, ancien Ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants, conformément à l’article 101 de la Constitution, 17 et suivants de la loi n° 2002-10 du 22 février 2002 portant loi organique sur la Haute Cour de Justice, modifiée.

Mise en accusation : voici le projet de résolution pour traduire Moustapha Diop devant la Haute Cour de justice

L’Assemblée nationale examine ce jeudi une résolution visant à déférer Moustapha Diop, ancien ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries sous Macky Sall, devant la Haute Cour de justice.

PROJET DE RESOLUTION PORTANT MISE EN ACCUSATION DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE DE MONSIEUR MOUSTAPHA DIOP ANCIEN MINISTRE DU DEVELOPPEMENT INDUSTRIEL ET DES PETITES ET MOYENNES INDUSTRIES 

La Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, après avoir délibéré, en sa séance du 02 mai 2025, a adopté à la majorité, le projet de résolution dont la teneur suit: 

Considérant qu’il résulte du Rapport définitif de la Cour des Comptes sur le contrôle de la gestion du fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19 (Forces COVID), et subséquemment de l’enquête effectuée par la Division des Investigations Criminelles que le Ministère du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries, avait bénéficié d’un montant de 2.500.000.000 F CFA pour l’acquisition de masques: 

Ce montant avait été viré dans le compte de dépôt n° 422048 intitulé « Fonds d’appui à la promotion des Petites et Moyennes Entreprises» ouvert à la trésorerie générale puis, transféré dans un compte ouvert à la Bank Of Africa (BOA) par ledit Ministère: 

Considérant qu’il est ressorti de l’enquête et du rapport de la Cour des Comptes qu’en violation de l’article 11 alinéa 2 de l’arrêté n° 21136 du 21 novembre 2017 portant condition d’ouverture, de fonctionnement et de clôture des comptes de dépôt, le Ministre Moustapha DIOP a nommé un gestionnaire dudit compte, portant le même nom, seul ordonnateur des paiements et des décaissements. 

Entendu à son tour, monsieur Ibrahima Macodou FALL, Directeur général de la societé COMASET, a reconnu avoir exécuté une commande de fournitures de 250.000 masques pour un montant de 100.000.000 F CFA reçu intégralement en espèce des mains du Ministre Moustapha DIOP. 

En outre, les enquêteurs ont découvert que les comptes courant et d’épargne du gestionnaire Moustapha DIOP, ouverts dans les livres de la banque UBA ont bien connu des mouvements durant la période de la Covid-19 par des dépôts importants effectués essentiellement par les nommés Mouhamadou SECK et Fatima DIENG. 

Considérant que selon l’article 101 de la Constitution, « le Premier Ministre et les autres membres du Gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. Ils sont jugés par la Haute Cour de Justice ».   

Considérant que les faits ci-dessus révélés laissent apparaitre des indices et présomptions graves et concordants d’association de malfaiteurs, de concussion, de corruption, de prise illégale d’intérêts, de faux et usage de faux en écritures privées de commerce ou de banque, de détournement de deniers publics, d’escroquerie portant sur des deniers publics, de blanchiment de capitaux et complicité de ces chefs, contre Monsieur Moustapha DIOP, ancien Ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries; 

Considérant que lors de la commission de ces faits révélés par l’enquête de police, Monsieur Moustapha DIOP exerçait des fonctions ministérielles: 

Considérant que ces faits prévus et punis par les articles 238, 239, 159, 160, 161, 162, 156, 157, 135, 136, 152, 153, 45, 46 du Code pénal, 140 du Code de procédure pénale et la loi 2024-08 du 14 février 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, abrogeant et remplaçant la loi n° 2018-03 du 23 février 2018 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. 

Que de tels faits méritent d’être portés devant la Haute Cour de Justice: 

Décide de la mise en accusation devant la Haute Cour de Justice de Monsieur Moustapha DIOP, ancien Ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries, conformément à l’article 101 de la Constitution, 17 et suivants de la loi n° 2002-10 du 22 février 2002 portant loi organique sur la Haute Cour de Justice, modifiée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°459 – 08/05/2025

🔴 DEMANDE DE RENFORCEMENT DES CONCERTATIONS AVEC LA PRESSE PAR LE PRÉSIDENT DIOMAYE : EST-CE SINCÈRE ?
🔴 CLASSEMENT MONDIAL DES DONNÉES OUVERTES : LE SÉNÉGAL DANS LE TRIO DE TÊTE AFRICAIN

🔴 LIGUE DES CHAMPIONS / EN FINALE APRÈS L’ÉLIMINATION D’ARSENAL : LE RÊVE CONTINUE POUR LE PSG
🔴 COUPE DE LA LIGUE (8ES) : MISSION ACCOMPLIE POUR AJEL ET SONACOS

Lutte contre le faux monnayage : 7,851 milliards de francs CFA en billets noirs saisis à Dakar et Thiès par les Douanes sénégalaises

Les services douaniers sénégalais ont effectué une importante saisie de faux billets dans le cadre de leur stratégie renforcée de lutte contre le faux monnayage. Ces opérations, menées dans les régions de Dakar et de Thiès, ont permis de mettre la main sur l’équivalent de 7 milliards 851 millions de francs CFA en billets noirs, selon un communiqué officiel transmis à Ledakarois par la Division de la communication et des relations publiques des Douanes.

L’opération la plus significative s’est déroulée dans la nuit du 1er au 2 mai 2025, à Pikine. La Brigade mobile des Douanes, relevant de la Subdivision de Dakar-extérieur (Direction régionale Ouest), a intercepté 10 millions d’euros en billets noirs sous forme de coupures de 500 euros. Cette somme équivaut à 6 milliards 650 millions de francs CFA. Dans la même opération, les agents ont saisi 1,5 million de dollars en billets noirs, pour une valeur estimée à 868 millions de francs CFA. Au total, deux personnes ont été arrêtées sur les lieux. L’intervention a été rendue possible grâce à un dispositif de surveillance particulièrement bien coordonné et fondé sur des renseignements précis.

Une autre saisie notable a eu lieu quelques jours plus tôt, le 28 avril 2025, dans la région de Thiès. Le Groupement polyvalent de Recherche et de Répression de la Fraude (GPR), unité spécialisée des Douanes, a réussi à mettre la main sur 5 850 billets noirs en coupures variées de dollars et d’euros. La contrevaleur de cette nouvelle saisie est estimée à plus de 333 millions de francs CFA. Deux autres individus ont été interpellés dans le cadre de cette enquête, l’un à Thiès même, l’autre à Sirmang, une localité située dans la région de Fatick.

Les Douanes sénégalaises précisent que ces résultats traduisent l’efficacité d’une stratégie nationale fondée sur un maillage de renseignement, de surveillance et de contrôle, visant à freiner l’expansion du phénomène du faux monnayage, qui constitue une menace grave pour la stabilité économique du pays et la sécurité des transactions financières.

Cette série de saisies est la plus importante enregistrée à ce jour en matière de faux billets au Sénégal. Elle met également en lumière le professionnalisme des unités douanières, leur réactivité face aux réseaux de criminalité financière, et la nécessité d’une vigilance constante dans un contexte où les technologies de reproduction frauduleuse de billets deviennent de plus en plus sophistiquées.

Lutte contre le faux monnayage : 7 milliards 851 millions de francs CFA en billets noirs saisis par les Douanes sénégalaises
Lutte contre le faux monnayage : 7 milliards 851 millions de francs CFA en billets noirs saisis par les Douanes sénégalaises

Pool judiciaire financier : l’audition des frères de Farba Ngom reportée au 19 mai

L’audition très attendue d’Ismaïla et Birane Ngom, frères de Farba Ngom, a été reportée au 19 mai 2025. Initialement prévu ce mercredi 7 mai, le face-à-face avec les juges du pool judiciaire financier n’aura pas lieu à la date annoncée, le report ayant été sollicité par les avocats des deux mis en cause.

Ce report intervient dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’un signalement de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui pointe des opérations financières suspectes. Les deux frères sont ainsi convoqués dans une affaire sensible qui continue de susciter une attention soutenue, notamment en raison de leur lien familial avec Farba Ngom, figure proche de l’ancien président Macky Sall.

Les enquêteurs du pool judiciaire financier cherchent à faire la lumière sur une série de mouvements de fonds présumés illicites, alors que les ramifications de l’affaire semblent toucher plusieurs personnalités du régime précédent. Le rendez-vous du 19 mai sera donc crucial pour la suite des investigations.

Affaire Amadou Sall : Waly Seck et le fils d’Amadou Bâ visés par une demande d’inculpation du parquet financier

Le parquet financier adjoint a franchi un nouveau cap dans l’affaire tentaculaire autour d’Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall. Selon des informations exclusives rapportées par Walf Quotidien, un réquisitoire supplétif a été transmis à un juge d’instruction pour demander l’inculpation et le placement sous mandat de dépôt de plusieurs personnalités. Parmi elles figurent le chanteur Waly Seck, Ibrahima Bâ, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Bâ, l’ancien ministre Samuel Sarr, ainsi que Mamadou Sy, Saliou Sylla, Babacar Niang et Cheikh Tidiane Seck, chauffeur personnel d’Amadou Bâ.

Ces individus sont visés pour des faits présumés d’association de malfaiteurs en groupe criminel organisé et de blanchiment de capitaux, également en bande organisée. Le parquet soupçonne qu’ils ont participé à un vaste réseau de transactions financières illicites, tel que mis en évidence par un rapport complémentaire de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) remis fin mars au Pool judiciaire financier.

Ce rapport fait suite à un précédent document ayant déjà conduit à l’arrestation de figures politiques et économiques influentes comme Farba Ngom et Tahirou Sarr. Il met au jour des opérations suspectes évaluées à plus de 125 milliards de francs CFA, impliquant plusieurs entités juridiques, sociétés-écrans, comptes bancaires et placements immobiliers.

Parmi les cas les plus médiatisés, celui de Waly Seck retient particulièrement l’attention. Le chanteur est soupçonné d’avoir reçu des transferts de fonds d’origine douteuse, sans qu’un lien économique clair ait pu être établi. De son côté, Mamadou Sy aurait également bénéficié de virements similaires, qui l’exposent aux mêmes chefs d’accusation.

Samuel Sarr, ancien ministre sous le régime de Me Abdoulaye Wade, est cité pour son rôle présumé dans plusieurs opérations de blanchiment. Il serait notamment impliqué dans une transaction suspecte portant sur un chèque de 200 millions de francs CFA.

Quant à Ibrahima Bâ, son implication se dessine à travers la société SCI-CTS, créée avec Amadou Sall. Officiellement gérée par Cheikh Tidiane Seck, le chauffeur de son père, cette entreprise immobilière est considérée comme une façade. Ibrahima Bâ y détiendrait 30 % des parts, financés grâce à la vente d’un terrain situé à Ouakam en 2012, pour un montant de 400 millions de francs CFA, à un certain Francisco Dlmir Nhaga.

Autre personnage clé, Saliou Sylla est présenté comme le gestionnaire de l’entreprise Ets Saliou Sylla. Il est accusé d’avoir effectué des retraits de chèques pour un total de 5,6 milliards de francs CFA, sans qu’aucune justification économique n’ait été apportée.

Alors que tous ces éléments alimentent une procédure judiciaire de plus en plus dense, l’homme au centre du dossier, Amadou Sall, ne s’est pas présenté à sa convocation du mercredi au Pool judiciaire financier. Il est actuellement localisé aux États-Unis, selon le journal Source A.

Le parquet financier, qui souhaite frapper fort, a également demandé la saisie conservatoire des biens des mis en cause. Cette mesure vise à sécuriser les avoirs dans l’attente d’une éventuelle décision judiciaire définitive. L’instruction judiciaire qui s’ouvre s’annonce longue, complexe et explosive, tant les ramifications de cette affaire touchent des personnalités issues des milieux politiques, artistiques et économiques de premier plan.

Des associations féminines unissent leurs forces pour lutter contre les violences basées sur le genre

Face à l’ampleur des violences basées sur le genre (VBG) au Sénégal, plusieurs associations féminines ont décidé de renforcer leur combat en unissant leurs forces. Parmi elles, l’Association des juristes sénégalaises (AJS), le collectif Dafadoy (ça suffit) et l’association féministe JGen ont formé une coalition pour intensifier la sensibilisation et le plaidoyer contre les violences faites aux femmes.

Le but de cette collaboration est de mettre en place des méthodes innovantes pour renforcer l’impact des actions de sensibilisation et de plaidoyer. Selon Aminata Fall Niang, présidente de l’AJS, « notre objectif, c’est de réunir nos forces pour pouvoir travailler davantage sur des méthodes innovantes et efficaces pour renforcer le plaidoyer contre la violence faite aux femmes ». Cette union vise à maximiser les ressources et à amplifier le message à travers des initiatives communes et une approche concertée.

Les violences basées sur le genre restent une problématique majeure au Sénégal. Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), près de 15 % des femmes au Sénégal sont victimes de violences ou ont été confrontées à des violences au moins une fois dans leur vie. Ces chiffres soulignent l’urgence d’une action collective pour prévenir et lutter contre ces abus.

Lors d’un atelier de plaidoyer et de renforcement de capacités sur les violences sexuelles au Sénégal, Aminata Fall Niang a mis l’accent sur la multiplicité des causes des violences basées sur le genre, tout en soulignant le rôle crucial des associations dans la sensibilisation et l’éducation des communautés. Ces organisations plaident également pour la vulgarisation des lois existantes et pour l’application stricte de mesures répressives contre les auteurs de violences. Elles militent pour une meilleure protection des victimes et une prise en charge adéquate.

Les actions de ces associations se concentrent sur la formation de la population, l’information sur les droits des femmes, et la promotion de l’égalité des genres. Leur engagement se veut une réponse à une réalité alarmante où les femmes continuent de faire face à des violences physiques, psychologiques, et sexuelles dans de nombreuses sphères de la société.

À travers cette coalition, les associations féminines espèrent mobiliser les acteurs de la société — y compris les autorités, les leaders communautaires, et la société civile — pour mettre fin à ce fléau et garantir des conditions de vie plus sûres pour les femmes au Sénégal.

Autoroute Ila Touba : Les travailleurs dénoncent une situation « injuste » après leur intégration à la SEGEA SA

Les travailleurs de l’autoroute Ila Touba, récemment intégrés à la Société d’Exploitation et de Gestion des Autoroutes (SEGEA SA), vivent actuellement une crise sociale qui secoue cette infrastructure stratégique du Sénégal. Accusant des pratiques injustes de la part de leur employeur, les agents ont exprimé leurs frustrations dans une déclaration publique, exigeant une résolution urgente de leurs revendications.

Lors de leur transfert de Tara Concession à la SEGEA SA, les travailleurs pensaient qu’une régularisation de leur situation serait de mise. Cependant, ils se retrouvent aujourd’hui dans un dilemme cruel : soit ils acceptent de recevoir leurs indemnités de fin de contrat (IFC) pour les années passées sous les sociétés d’intérim, soit ils renoncent à ces indemnités au profit d’une reconnaissance de leur ancienneté au sein de la SEGEA SA.

Selon les travailleurs, cette offre est un choix inacceptable. En effet, leur ancienneté sur l’autoroute, accumulée pendant des années sous des contrats intérimaires, n’est pas reconnue de manière équitable dans les nouvelles fiches de paie. Pour eux, c’est un déni de leur travail acharné, effectué sans interruption, sur le même site et dans les mêmes fonctions.

L’un des principaux points de tension réside dans la situation juridique de leurs anciens contrats. Ces derniers n’ont pas été officiellement validés, et plusieurs contentieux sont en cours auprès des inspections du travail de Thiès et Diourbel. Tant que ces contrats ne sont pas régularisés, les travailleurs ne peuvent pas faire valoir leurs droits en termes d’ancienneté, de retraite, ou de primes.

Cette situation expose les travailleurs à une précarité juridique qui rend difficile toute avancée concrète. Ils dénoncent un manque de reconnaissance pour des années de service continu qui ont permis à l’infrastructure autoroutière de fonctionner normalement.

Les agents dénoncent également un manque de protection sociale, qui découle de l’absence de régularisation de leur statut. En plus de l’insécurité financière qu’ils traversent, certains soulignent la précarité de leurs conditions de travail, accentuée par l’absence de réelles garanties sur leurs droits à long terme.

« Nous avons travaillé avec acharnement et dévouement pendant des années. Aujourd’hui, on nous propose un choix injuste : accepter une indemnité qui ne reflète pas l’ampleur de notre travail ou renoncer à des droits légitimes que nous avons accumulés pendant ces années », ont déclaré les porte-parole des travailleurs lors de la conférence de presse.

Dans un contexte où plusieurs tentatives de résolution du conflit par les voies administratives ont échoué, les travailleurs ont décidé de prendre la parole publiquement pour faire entendre leur voix. Voici leurs principales revendications :

  1. Reconnaissance totale de l’ancienneté, y compris les années passées sous contrat intérimaire.
  2. Paiement des indemnités de fin de contrat (IFC) sans aucune condition préalable.
  3. Régularisation juridique des anciens contrats pour permettre la reconnaissance complète de leurs droits sociaux.
  4. Mise à jour des bulletins de paie pour refléter la réalité de leur parcours professionnel.
  5. Ouverture d’un dialogue constructif avec le ministère de la Tutelle pour aboutir à une solution juste et équitable.

Si cette crise n’est pas résolue dans les plus brefs délais, elle pourrait affecter la gestion de l’autoroute Ila Touba, un axe vital pour le transport au Sénégal. Les travailleurs, qui assurent le bon fonctionnement de cette infrastructure, redoutent que le climat social tendu ne compromette la qualité du service et la sécurité de cette route nationale.

Les autorités compétentes, notamment le ministère des Infrastructures et la SEGEA SA, devront prendre des mesures rapides pour éviter une aggravation de la situation. Le dialogue social doit être rétabli, et des actions concrètes mises en place pour répondre aux préoccupations légitimes des travailleurs.

Affaire du lotissement BOA : Farba Ngom de nouveau auditionné par la Section de recherches

Déjà inculpé dans le cadre de l’affaire Centif, Farba Ngom, député-maire des Agnam, fait face à de nouvelles complications judiciaires. Le mardi 6 mai 2025, il a été extrait de sa cellule pour la deuxième fois en moins d’une semaine, cette fois dans le cadre de l’affaire du lotissement BOA.

Selon Libération, cette longue audition menée par la Section de recherches de Colobane ne portait pas sur les flux financiers douteux liés à la Centif, mais sur des irrégularités foncières présumées. Il s’agit d’une enquête portant sur les conditions opaques de cession de terrains dans le lotissement BOA à des Sociétés civiles immobilières (SCI) soupçonnées d’être contrôlées par Farba Ngom lui-même.

L’affaire, désormais pilotée par le parquet financier sous la supervision du parquet général, semble s’élargir : pas moins de douze SCI sont dans le viseur des enquêteurs. Elles auraient bénéficié de lots dans des conditions jugées anormales, soulevant de sérieuses interrogations sur la régularité des transactions.

Après l’interrogatoire, Farba Ngom a regagné sa cellule, mais les investigations se poursuivent. Cette nouvelle audition marque un tournant dans l’enquête, qui pourrait impliquer d’autres personnalités du monde politique ou de l’immobilier dans un scandale foncier aux ramifications encore floues.

Insultes contre Macky Sall : le procureur ordonne l’arrestation d’Azoura Fall

Le militant politique Azoura Fall, connu pour sa proximité avec le parti Pastef, est dans le viseur de la justice sénégalaise après avoir violemment insulté l’ancien président Macky Sall dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Face à la gravité des propos tenus, le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, s’est autosaisi du dossier.

Selon des informations publiées par Libération, le chef du parquet a saisi la Division spéciale de cybercriminalité (DSC) pour procéder à l’arrestation et à l’audition d’Azoura Fall. Il devrait être entendu sous le régime de la garde à vue, dans le cadre d’une enquête ouverte pour offense publique à l’encontre d’un ancien chef d’État et diffusion de propos injurieux sur internet.

Les services de police ont entamé des recherches actives dès ce lundi pour localiser l’activiste. D’après les dernières informations recueillies, Azoura Fall a été localisé à Kaolack, dans le centre du pays. La police locale a été mobilisée pour appuyer la DSC dans ses opérations de localisation et d’arrestation.

Dans le même temps, les autorités ont émis une opposition aux frontières à l’encontre d’Azoura Fall afin d’éviter toute tentative de fuite du territoire national. L’enquête se poursuit pour établir l’ampleur des faits et leur éventuelle dimension pénale.

Amadou Ba dans le viseur de la justice : 141 milliards de FCFA de DAT évaporés sans passer par le Trésor public

C’est une affaire aux contours financiers complexes, mais dont l’ampleur ne laisse aucun doute : 141,087 milliards de francs CFA issus de Dépôts à terme (DAT) ont été « cassés » sans jamais être reversés au Trésor public. Ce chiffre, révélé par la Cour des comptes dans son rapport couvrant la période 2019-2024, secoue les plus hautes sphères de l’administration financière sénégalaise. L’affaire est désormais sur la table du ministre de la Justice, Ousmane Diagne, qui devra décider des suites judiciaires à donner à ce dossier aux implications explosives.

Au cœur des accusations se trouve Amadou Ba, ancien ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, et candidat malheureux à la présidentielle de 2024. Selon un référé adressé au Garde des Sceaux par le Premier président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, plusieurs pratiques financières qualifiées d’opaques ont été mises à jour. Il s’agit, selon les enquêteurs, de retraits anticipés de Dépôts à terme initialement ouverts par l’État, puis liquidés en dehors de tout circuit budgétaire, sans que les montants concernés ne soient restitués aux caisses publiques. Une pratique jugée non seulement irrégulière, mais également pénalement répréhensible au regard du droit financier.

Ces DAT, assimilables à des comptes d’épargne bloqués pour une durée déterminée, ont été ouverts à la demande de ministres ou de secrétaires d’État en charge des Finances. Cependant, leur liquidation anticipée aurait été ordonnée sans justification formelle ni traçabilité comptable. L’une des pièces au dossier est une lettre signée par Amadou Ba le 30 juin 2016, instruisant le placement de 4,1 milliards de francs CFA à un taux de 3,5 %, sans précision sur l’objet de l’opération. Selon les archives de la BRM (Banque Régionale des Marchés), ces fonds auraient ensuite été utilisés pour rembourser l’escompte d’un billet à ordre en mai 2017. Une destination jugée aussi floue que suspecte.

Autre exemple cité : un DAT de 6,5 milliards de francs CFA, consécutif à un protocole entre l’État, la Sonatel et la BRM, ordonné cette fois par le biais d’une lettre signée le 3 juin 2015 par Cheikh Tidiane Diop, alors secrétaire général du ministère des Finances. Dans les deux cas, aucune preuve de reversement au Trésor n’a été retrouvée, ni même de validation formelle par les organes habilités.

Le dossier ne met pas seulement en cause Amadou Ba. Il s’étend à toute une chaîne de responsabilités administratives, incluant Cheikh Tidiane Diop, plusieurs anciens trésoriers généraux, ainsi que d’ex-responsables du ministère de l’Économie et des Finances. L’enquête devra éclaircir le rôle précis de chacun dans ce qui ressemble à un vaste contournement des règles de gestion des fonds publics. Il s’agira notamment d’identifier clairement le trésorier général en poste à l’époque des faits, un maillon essentiel dans la chaîne de la responsabilité comptable.

Sur le plan juridique, les textes sont clairs. L’article 125 du décret n°2011-1880 portant règlement général sur la comptabilité publique stipule que seuls les comptables publics sont habilités à manier les deniers de l’État. En ordonnant directement ces opérations, les ministres mis en cause se seraient rendus coupables d’une violation manifeste des lois de finances et des principes de transparence budgétaire.

Dans ses conclusions, la Cour des comptes rappelle un principe fondamental : « la qualité de deniers publics ne se perd jamais, sauf lorsqu’ils sont utilisés pour éteindre une dette publique légale. » En l’occurrence, aucun document ou justificatif n’a pu prouver une telle utilisation. Les fonds se sont tout simplement évaporés, échappant à toute traçabilité, au mépris des règles de bonne gouvernance financière.

L’affaire est entre les mains du ministère de la Justice. La suite dépendra de la volonté politique du régime actuel de faire toute la lumière sur un dossier qui pourrait ébranler une partie de l’ancien système. Le peuple sénégalais attend désormais que la justice fasse son travail.

Bocar Samba Dièye persiste et réclame ses 11,5 milliards FCFA à Attijari

Le contentieux vieux de près de deux décennies opposant l’opérateur économique Bocar Samba Dièye à la banque Attijari (anciennement CBAO) connaît un nouveau rebondissement. Ce mardi, l’homme d’affaires est une fois encore monté au créneau pour exiger le paiement de ce qu’il considère comme une créance établie par expertise : la somme de 11 milliards 500 millions de francs CFA. Un différend qui remonte à 2008, mais dont les origines s’ancrent encore plus loin dans le temps, tant la relation commerciale entre les deux parties fut longue et complexe.

S’exprimant sur cette affaire qu’il qualifie de « marathon judiciaire », Bocar Samba Dièye estime que la vérité a déjà été dite dans un rapport d’expertise commandité par la cour d’appel. Selon ses dires, « les experts ont fait leur travail, et le seul rapport disponible affirme que la CBAO doit un montant global de 11,5 milliards de francs CFA ». Ce rapport est celui du cabinet Finexo, qui a procédé à une évaluation complète de l’historique des opérations entre la banque et le client, sur la base des usages bancaires en vigueur.

L’une des premières anomalies constatées, selon ce rapport, réside dans l’incapacité de la banque à produire la convention de compte courant liant les deux parties. Ce document, pourtant essentiel dans la gestion contractuelle d’un compte bancaire, n’a jamais été fourni. Cela a conduit les experts à pousser l’analyse plus loin, notamment sur le plan des taux appliqués, afin de vérifier s’il y avait eu des pratiques usuraires.

Les investigations menées ont mis en lumière plusieurs irrégularités graves, dont la pratique de l’anatocisme, c’est-à-dire l’application d’intérêts sur des intérêts déjà échus. Cette méthode, strictement encadrée par la loi, aurait donné lieu à des intérêts excessifs évalués à près de 388 millions de francs CFA. De plus, les experts ont constaté que les crédits octroyés à Bocar Samba Dièye n’ont pas respecté les normes bancaires habituelles. Le compte est resté en situation de découvert chronique pendant plus de six décennies, générant des agios jugés « exorbitants et non justifiés ». Cette situation a justifié, selon le rapport, une proposition de déduction d’un peu plus de 2 milliards de francs CFA au titre des agios irréguliers.

Fort de ces éléments, l’homme d’affaires a saisi le Parquet national financier pour faire valoir ses droits. Il dénonce également ce qu’il considère comme une tentative de spoliation immobilière, faisant état de manœuvres visant à s’approprier ses immeubles situés à Dakar. Au-delà du litige financier, il y voit une atteinte grave à ses droits de propriété.

En appelant à une intervention du nouveau régime en place, Bocar Samba Dièye espère que la justice tranchera enfin cette affaire qui a trop duré, afin de tourner une page douloureuse de sa carrière d’entrepreneur.

Rodéo nocturne à Coki : un convoyeur de drogue interpellé avec 103 kg de chanvre indien

La nuit a été agitée ce week-end dans la région de Louga, où une course-poursuite digne des scènes les plus intenses du cinéma s’est conclue par une saisie record de chanvre indien. C’est aux environs de Coki que les éléments de la Brigade de proximité ont réussi un impressionnant coup de filet, arrêtant un trafiquant de drogue au terme d’une traque de vingt kilomètres, à travers des routes secondaires et des pistes rurales jonchées de barbelés.

Selon les révélations de L’Observateur, tout débute dans la nuit du vendredi au samedi, quand les gendarmes reçoivent un renseignement capital. Une alerte signale l’existence d’un réseau de trafic de drogue opérant entre la Gambie et la région de Mpal. Au centre de ce trafic : un jeune convoyeur décrit comme discret, méthodique, mais extrêmement agile pour contourner les contrôles sécuritaires. Il aurait pour habitude d’éviter les grandes routes, privilégiant les sentiers isolés pour acheminer sa cargaison.

Les forces de l’ordre, bien renseignées, se déploient dans la nuit près de Thiamène, dans le département de Louga. Il est environ deux heures du matin lorsqu’un véhicule suspect, une Mercedes, est repéré. À la vue des gendarmes, le conducteur refuse de s’arrêter, déclenchant une course-poursuite effrénée dans les ténèbres, sur une distance d’environ vingt kilomètres. Le suspect tente le tout pour le tout, empruntant des chemins de fortune bordés de haies métalliques et d’obstacles naturels, dans l’espoir de semer les patrouilles.

Mais la cavale s’achève brutalement lorsque l’un des pneus du véhicule crève après avoir heurté un obstacle. Le fugitif est immédiatement intercepté. À l’intérieur du véhicule, les gendarmes tombent sur une cargaison soigneusement emballée : 103 kilogrammes de chanvre indien. Le convoyeur, identifié par les initiales A. Sow, est un ressortissant d’une zone frontalière, bien connu des services de renseignement.

Il a été aussitôt placé en garde à vue avant d’être déféré au parquet de Louga ce mardi. Il est poursuivi pour trafic intérieur de drogue, un délit lourdement puni par la législation sénégalaise. L’enquête, qui ne fait que commencer, vise désormais à remonter toute la chaîne d’approvisionnement et de distribution de ce réseau transfrontalier entre la Gambie et Mpal. Les autorités n’excluent pas de nouvelles arrestations dans les prochains jours.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°458 – 07/05/2025

🔴 SANTÉ / PRÉAVIS DE GRÈVE : « AND GUEUSSEUM » PROMET 6 MOIS DE FIÈVRE
🔴 CERAO 2025 / CONSOLIDATION DE LA PAIX EN AFRIQUE DE L’OUEST : DIOMAYE EXALTE LE RÔLE DE L’ÉGLISE

🔴 QUARTS DE FINALE MONDIAL BEACH SOCCER 2025 : LE SÉNÉGAL JOUE L’ITALIE
🔴 CHAMPIONNAT D’AFRIQUE DE LUTTE OLYMPIQUE : LE SÉNÉGAL RÉCOLTE 4 MÉDAILLES

Vélingara : l’enseignant Abou Djiba libéré provisoirement après des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles

Vélingara, 6 mai 2025 – L’enseignant Abou Djiba, affecté à l’école Saré Bodjo dans le département de Vélingara, a été remis en liberté provisoire ce mardi, après avoir été poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles en lien avec un accident tragique survenu samedi dernier. Le drame s’est produit lors d’un voyage pédagogique impliquant des élèves du collège de Saré Coly et leur professeur, dont le véhicule est entré en collision avec un camion. L’accident a causé la mort de deux personnes, dont une élève.

Abou Djiba avait relayé sur les réseaux sociaux un bilan initialement erroné de huit morts, avant de supprimer rapidement sa publication. Il a reconnu avoir diffusé cette information par erreur, soulignant qu’il s’agissait d’une méprise de bonne foi. Son acte a néanmoins conduit à son interpellation et son déferrement devant le parquet ce mardi, en même temps que le chauffeur du camion impliqué dans l’accident.

Sur les ondes de la RFM, un collègue enseignant, M. Seck, a confirmé la libération provisoire de M. Djiba, tout en remerciant la communauté éducative pour sa solidarité. « Notre collègue Abou Djiba a été finalement libéré. Son jugement est prévu pour le 14 de ce mois. Je remercie tous les enseignants et toute la communauté éducative pour leur engagement. Cela illustre la solidarité forte qui unit notre corporation », a-t-il déclaré.

Malgré cette décision, les syndicats d’enseignants restent mobilisés. Ils jugent la procédure engagée contre leur collègue injuste et estiment que sa liberté provisoire n’est qu’un soulagement temporaire. « Cette liberté provisoire ne nous fera pas dormir. Nous restons déterminés à nous battre pour que M. Djiba recouvre pleinement sa liberté. Nous appelons à une mobilisation accrue face à cette situation », a ajouté M. Seck.

En signe de protestation, une grève des enseignants a été décrétée pour ce mercredi, à l’appel des principaux syndicats du secteur. Cette mobilisation vise à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une criminalisation abusive de la parole d’un enseignant ayant simplement relayé une information dans un contexte de choc émotionnel.

Centrale de Rufisque : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau pour les premiers tests de la turbine GT11

Un tournant décisif vient d’être franchi dans le secteur énergétique sénégalais. Ce mardi, West African Energy (WAE) a procédé à l’injection de 127 mégawatts (MW) dans le réseau national de la Senelec, dans le cadre des premiers essais techniques de la turbine GT11 de la centrale thermique à cycle combiné de Rufisque. Il s’agit de l’une des plus importantes étapes du processus de mise en service progressive de cette infrastructure énergétique stratégique.

Installée à Rufisque, cette centrale affiche une capacité globale de production de 366 MW. Sa mise en service partielle à travers l’exploitation de la GT11 marque le début de l’opérationnalisation de ce projet de grande envergure, appelé à jouer un rôle central dans la transition énergétique du pays.

L’injection de ces 127 MW dans le réseau national est perçue par les experts comme une avancée majeure. Elle atteste non seulement de la performance technique des installations, mais aussi de la solidité de l’ingénierie mobilisée par les équipes de West African Energy. De l’avis des ingénieurs et responsables de projet, ce jalon reflète une préparation rigoureuse, un savoir-faire local renforcé et une gouvernance bien structurée qui s’appuie sur les standards internationaux les plus stricts.

Cette étape importante symbolise également la détermination de l’entreprise à respecter les engagements pris, en termes de délais, de qualité, de sécurité et de performance énergétique.

Le projet est porté par l’homme d’affaires Samuel A. Sarr, ancien ministre de l’Énergie, qui ambitionne de faire de cette centrale un levier fondamental de la souveraineté énergétique du Sénégal. À travers ce projet, West African Energy entend apporter une réponse durable aux besoins croissants en électricité, dans un contexte de forte demande liée au développement industriel, à l’urbanisation rapide et à la numérisation de l’économie.

À terme, la centrale thermique de Rufisque, une fois pleinement opérationnelle, contribuera à la stabilisation de l’approvisionnement électrique sur l’ensemble du territoire national. Elle permettra de sécuriser la qualité du service public d’électricité, d’améliorer la compétitivité des entreprises, et de soutenir les politiques d’émergence économique pilotées par l’État du Sénégal.

Ce projet s’inscrit en parfaite cohérence avec les objectifs du Plan Sénégal Émergent (PSE) et la stratégie nationale de développement énergétique. En renforçant la capacité de production électrique nationale, la centrale de Rufisque devrait également faciliter l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique global, tout en assurant une meilleure couverture des besoins des zones urbaines et rurales.

Propos injurieux d’Azoura Fall : Me Moussa Diop et Thierno Bocoum interpellent le procureur et dénoncent une justice à deux vitesses

L’avocat Me Moussa Diop et l’homme politique Thierno Bocoum ont vivement réagi aux propos jugés insultants tenus récemment par Azoura Fall, un militant du parti Pastef. Ce dernier s’en serait violemment pris à l’ancien président Macky Sall et à certains de ses anciens collaborateurs, suscitant l’indignation dans certains cercles politiques.

Dans une déclaration ferme, Me Moussa Diop a interpellé le procureur de la République, l’accusant d’inaction face à ce qu’il qualifie de dérives verbales inacceptables. Il dénonce un traitement inégal devant la loi et remet en question l’impartialité de l’appareil judiciaire dans ce type d’affaires.

« Apparemment, le Kumba am Nday et le Kumba amoul Nday a de beaux jours devant nous. Mais où êtes-vous Monsieur le Procureur de la République pour mettre fin à cette pagaille inédite au Sénégal ? Si vous ne faites pas arrêter ces dérives des vainqueurs, libérez sans délai mon client Abdou Nguer arbitrairement soustrait de la vie courante sans jamais avoir diffusé de fausses nouvelles ou diffamé. Justice pour tous », a-t-il martelé.

Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, a également réagi publiquement via sa page Facebook. Indigné, il a dénoncé le silence des autorités judiciaires, qu’il considère comme un aveu d’une justice à géométrie variable. « Si le procureur reste silencieux face aux injures publiques d’une gravité extrême d’un proche du Premier ministre, il confirme son rôle actif dans l’architecture d’une injustice systémique portée par un régime irresponsable », a-t-il écrit.

Ces réactions interviennent dans un contexte où le débat sur l’indépendance de la justice et l’égalité de traitement des citoyens devant la loi revient régulièrement dans l’actualité sénégalaise, particulièrement depuis le changement de régime en 2024.

Azoura Fall face à la justice : ce que dit le droit sénégalais sur les injures en ligne

L’affaire Azoura Fall secoue la toile sénégalaise depuis plusieurs jours. Connue pour ses prises de parole virulentes sur TikTok, l’activiste s’est retrouvée au cœur d’une tempête judiciaire après avoir proféré des injures à l’encontre de l’ancien président Macky Sall lors d’un live. Une sortie polémique qui a poussé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, à s’autosaisir du dossier. Cette décision relance un débat sensible : jusqu’où peut aller la liberté d’expression en ligne ? Et surtout, que risque-t-elle réellement devant la loi sénégalaise ?

L’intervention du parquet repose sur des éléments publics, facilement accessibles. Le live controversé d’Azoura Fall a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, exposant des propos jugés “grossiers”, “injurieux” et potentiellement attentatoires à l’honneur d’une personnalité publique, en l’occurrence un ancien chef d’État. Dans ce contexte, l’autosaisine du procureur est juridiquement fondée, conformément à l’article 34 du Code de procédure pénale sénégalais, qui autorise l’ouverture d’une enquête pour des faits relevant de l’ordre public ou portés à la connaissance du ministère public par tout moyen.

Au regard du Code pénal sénégalais, plusieurs chefs d’accusation pourraient être retenus contre Azoura Fall :

Injures publiques : L’article 258 du Code pénal prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un mois d’emprisonnement et 50 000 francs CFA d’amende pour toute injure non publique. Si les injures sont publiques — ce qui est le cas dans un live TikTok diffusé à grande échelle —, les peines peuvent être alourdies, notamment si la victime est une autorité ou un dépositaire de l’autorité publique. Diffamation : Si les propos tenus sont considérés comme accusatoires sans preuve, notamment en imputant à Macky Sall des faits précis sans fondement, l’article 248 du Code pénal pourrait s’appliquer, avec des peines pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 1 500 000 francs CFA d’amende. Atteinte à l’ordre public via les TIC : Le Code des communications électroniques et la loi sur la cybercriminalité (2016) permettent également de poursuivre tout individu diffusant des contenus à caractère injurieux ou haineux en ligne. Cette législation plus récente élargit les possibilités de poursuites.

Cette affaire ravive les tensions entre liberté d’expression et protection de la dignité des personnalités publiques. Si la Constitution sénégalaise garantit le droit à la liberté d’opinion, celle-ci connaît des limites, notamment lorsque les propos portent atteinte à la réputation ou à la sécurité d’autrui. Plusieurs défenseurs des droits numériques dénoncent toutefois un usage sélectif de la justice, qui viserait particulièrement les voix critiques du pouvoir ou des figures politiques influentes.

Le cas d’Azoura Fall s’inscrit dans une tendance croissante de judiciarisation du discours en ligne au Sénégal. D’autres activistes ou influenceurs ont déjà été poursuivis pour des propos tenus sur Facebook, WhatsApp ou YouTube. Le traitement réservé à cette affaire pourrait ainsi établir une nouvelle jurisprudence sur la régulation des contenus numériques, à l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans le débat public.

En résumé, que risque Azoura Fall ?

Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement si les faits sont requalifiés en diffamation aggravée. Des amendes allant jusqu’à 1,5 million de francs CFA. Une possible interdiction temporaire d’usage des réseaux sociaux dans le cadre de mesures judiciaires spécifiques.

Le dossier est désormais entre les mains du parquet. Reste à savoir si une inculpation formelle suivra et quelle sera l’issue judiciaire. En attendant, l’affaire Azoura Fall pose une nouvelle fois la question de la régulation du numérique, dans un pays où la parole en ligne est de plus en plus surveillée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°457 – 06/05/2025

🔴 236 MILLIARDS F CFA ENGRANGÉS EN TROIS MOIS : LE SOUS-SOL SÉNÉGALAIS RAPPORTE GROS
🔴 DIALOGUE NATIONAL DU 28 MAI : TAS CLAQUE LA PORTE

🔴 CAN U20 / DÉFAITE FACE AU GHANA (0-1) : LE SÉNÉGAL AU BORD DU PRÉCIPICE
🔴 LIGUE 1 : LA LINGUÈRE ACCROCHÉ PAR L’US OUAKAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°456 – 05/05/2025

🔴 UEMOA / ADJUDICATION CIBLÉE DE BONS ASSIMILABLES DU TRÉSOR : LE SÉNÉGAL CONTRAINT D’EMPRUNTER À PLUS DE 6%
🔴 PRIX DE L’« OPÉRATION DE L’ANNÉE » AUX BRVM AWARDS 2025 : LE SÉNÉGAL, AS DES MARCHÉS

🔴 BAL / CONFÉRENCE SAHARA : CLAP DE FIN POUR L’ASCVD
🔴 22e JOURNÉE DE LA LIGUE 1 : UN DIMANCHE À ZÉRO POINTÉ

Subvention ADEPME : Le CDEPS dénonce une tentative de récupération politique et clarifie le processus

Dans un communiqué rendu public ce week-end, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a pris la parole pour clarifier les conditions d’octroi de la subvention de l’ADEPME à douze entreprises de presse. Le CDEPS a également dénoncé une tentative de récupération politique qu’il juge « malveillante » concernant cette initiative.

Le samedi 3 mai, lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) a annoncé un soutien financier pour une douzaine de médias, dans le cadre du Programme d’Appui à l’Accélération Industrielle, à la Compétitivité et à l’Emploi (PAAICE), financé par la Banque africaine de développement (BAD) depuis 2021.

Selon le CDEPS, ce soutien représente un « véritable souffle de relance » pour les entreprises de presse en difficulté, qui font face à une situation financière de plus en plus précaire depuis près d’un an. Le processus, qui a débuté en octobre 2024, a permis la rencontre entre éditeurs de presse, l’équipe projet de l’ADEPME et les cabinets Ibrahima Touré (ITO) et Alioune Touré (ATO) pour élaborer un plan de restructuration. Ce plan comprend des mesures telles que la protection juridique, la relance économique, la digitalisation et la mobilisation de financements.

Le financement couvre 75 % de la subvention dans le cadre du portefeuille « Fonds à frais partagés », sous réserve que chaque entreprise mobilise une quote-part de 25 %, conformément à la convention signée. Le CDEPS précise que, à ce jour, aucun fonds n’a encore été versé, car les conditions de décaissement n’ont pas encore été remplies.

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal s’insurge contre ce qu’il considère comme une tentative de récupération politique de cette initiative par le ministère de la Communication. Le CDEPS affirme que le ministère dirigé par M. Alioune Sall n’a joué aucun rôle dans le processus et dénonce le manque d’accompagnement institutionnel de sa part, notamment concernant la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Le CDEPS accuse le ministre d’avoir délibérément retardé la distribution des fonds du FADP en 2024, entraînant un reversement des budgets non utilisés au Trésor. Toutefois, il indique que ces fonds restent récupérables via une loi de finances rectificative.

Le communiqué critique également une réforme en cours du décret régissant le FADP, jugée précipitée et unilatérale, sans concertation avec les professionnels du secteur. Le CDEPS déplore également la paralysie du CORED (organe d’autorégulation) et l’inaction de la Commission de la Carte nationale de Presse, qui n’a délivré aucun titre professionnel depuis plus d’un an.

En réponse à la situation, le CDEPS a déposé un recours en référé auprès de la Cour suprême le 2 mai 2025, demandant la suspension des assignations de « cessation immédiate de parution ou de diffusion » adressées à certaines entreprises de presse. Une procédure au fond est également en cours pour contester l’arrêté du ministre de la Communication à l’origine de ces assignations.

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