Levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom : huit voix pour, une abstention remarquée d’Alioune Ndao

La Commission ad hoc de l’Assemblée nationale chargée de statuer sur la levée de l’immunité parlementaire du député-maire d’Agnam, Farba Ngom , s’est réunie pour examiner la demande introduite dans le cadre d’une seconde procédure le visant. À l’issue des délibérations, huit députés ont voté en faveur de la levée de son immunité, deux s’y sont opposés, tandis qu’un membre de la majorité a choisi de s’abstenir, selon des sources concordantes.

Cette abstention n’est pas passée inaperçue. Elle émane de Alioune Ndao, ancien procureur spécial et membre de la majorité parlementaire. Connu pour sa maîtrise des procédures judiciaires, il a préféré ne pas prendre part au vote, un choix interprété par certains observateurs comme un signal fort dans un dossier à la fois sensible et hautement politique.

D’après les informations rapportées par L’Observateur, Farba Ngom a été extrait du Pavillon spécial, à sa propre demande, afin d’être entendu par la commission dirigée par Ayib Dafe . Cette audition s’inscrit dans le cadre d’une deuxième procédure visant à obtenir la levée de son immunité parlementaire. Le parlementaire a été interrogé sur les griefs formulés par la justice, notamment en lien avec l’introduction présumée d’objets au sein du Pavillon spécial.

Selon les mêmes sources, le député s’est montré particulièrement calme tout au long de son audition. Il a répondu à l’ensemble des questions qui lui ont été posées et a catégoriquement nié toute responsabilité dans l’introduction d’objets prohibés dans l’enceinte pénitentiaire. Farba Ngom a expliqué qu’il est en détention depuis le 27 février 2025 et que le téléphone qui aurait contenu des images litigieuses serait resté entre d’autres mains durant une dizaine de jours. À ses yeux, cet élément suffirait à écarter toute implication personnelle dans les faits qui lui sont reprochés.

Au-delà du fond du dossier, le député-maire d’Agnam a également soulevé ce qu’il considère comme plusieurs irrégularités procédurales. Il a notamment affirmé avoir été extrait à deux reprises du Pavillon spécial pour être auditionné sur ces faits, alors même que son immunité parlementaire n’avait pas encore été levée. Il soutient également avoir été conduit à la cave pendant une demi-journée en vue d’un défèrement, toujours sans qu’une levée formelle de son immunité n’ait été actée. Pour lui, ces démarches constituent un non-respect manifeste de ses droits en tant que parlementaire.

Levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom : l’Assemblée nationale met en place une commission ad hoc

L’Assemblée nationale a franchi une nouvelle étape dans la procédure visant le député de l’opposition Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom. Réunis en séance ce lundi 09 février 2026, les députés ont procédé à la ratification de la liste des dix membres devant composer la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de son immunité parlementaire, dans le cadre de nouvelles poursuites judiciaires engagées contre lui.

Cette validation ouvre officiellement la phase de travail de la commission. Conformément aux règles de fonctionnement de l’Assemblée nationale, les membres désignés devront d’abord se réunir afin de mettre en place le bureau de la commission, étape préalable indispensable au démarrage effectif des travaux. Une fois constituée, la commission disposera d’un délai d’une semaine, jusqu’au 16 février prochain, pour étudier en profondeur le dossier transmis par les autorités judiciaires.

Au terme de cet examen, la commission ad hoc sera appelée à présenter ses conclusions devant la plénière de l’Assemblée nationale. C’est sur la base de ce rapport que les députés se prononceront, en toute souveraineté, sur l’opportunité ou non de lever l’immunité parlementaire de Farba Ngom, une décision aux implications politiques et judiciaires majeures.

Selon les informations relayées dans le journal de 12 heures de la radio RFM, la commission est composée de députés issus aussi bien de la majorité que de l’opposition, ainsi que d’un non-inscrit, traduisant une volonté d’équilibre dans le traitement de ce dossier sensible. Il s’agit de Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao et Ansoumana Sarr, tous membres de Pastef, parti majoritaire à l’Assemblée nationale. À ces derniers s’ajoutent Djimo Souaré, représentant le groupe d’opposition Takku Wallu, ainsi que Moussa Hamady Sarr, député non-inscrit.

Cette procédure intervient dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre pouvoir et opposition, chaque camp scrutant de près l’évolution du dossier. Pour les uns, il s’agit de permettre à la justice de faire son travail sans entrave, tandis que pour les autres, la question de la protection des droits et garanties des élus reste centrale. Les prochains jours seront donc décisifs, tant pour l’avenir judiciaire de Farba Ngom que pour le climat politique au sein de l’hémicycle.

Levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom:  » Je tiens à exprimer ma totale solidarité à monsieur Farba Ngom »( Aliou Sall ).

Par une note transmise à la rédaction de Dakaractu, monsieur Aliou Sall a tenu d’abord à apporter son soutien à monsieur Farba Ngom.  » À l’instar de tous les démocrates du pays, je tiens à exprimer ma totale solidarité à monsieur Farba Ngom et ma désapprobation de l’acharnement politicien dont il fait l’objet ». Poursuivant, M. Sall a ensuite dénoncé la posture des nouvelles autorités.  » La démarche contre Farba Ngom est la énième manifestation de la dérive autoritaire et partisane dont le régime en place s’est fait l’auteur, en quelques petits mois d’exercice du pouvoir ». D’après lui,  » tous les républicains de ce pays doivent se mobiliser pour arrêter ces harcèlements à la fois injustes et dangereux pour la paix et la stabilité du Sénégal ».  » Nous en appelons à la sérénité des autorités actuelles du pays et surtout, nous espérons que la justice sénégalaise saura confirmer son indépendance et sa neutralité politique », a-t-il conclu.

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