Conflit foncier à Soussoum : les habitants exigent l’arrêt des travaux et la libération des interpellés

Un climat de tension règne dans le village de Soussoum, situé dans la commune de Ndiaganiao, où un conflit foncier oppose les populations locales aux exploitants d’une carrière de basalte. Ce vendredi, une altercation a éclaté entre des habitants en colère et des éléments de la Gendarmerie, venus encadrer les travaux controversés. En réaction, les populations ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle elles ont exprimé leur indignation et lancé plusieurs revendications.

Selon Ndiome Thiaw, président du collectif pour la défense des terres de Soussoum, l’implantation de cette carrière constitue une agression directe contre les terres agricoles qui assurent la survie des familles. Il affirme que les habitants ont, à plusieurs reprises, manifesté pacifiquement leur opposition au projet, sans que leurs préoccupations ne soient prises en compte. « Depuis des mois, les populations de Soussoum ont exprimé pacifiquement leur refus catégorique de voir une carrière de basalte s’implanter même au cœur de leur terre agricole », a-t-il rappelé.

Le collectif déplore le recours à la force et l’absence de dialogue. Pour Ndiome Thiaw, la présence de la Gendarmerie dans la zone n’a rien de protecteur : « Aujourd’hui, la Gendarmerie est sur place non pas pour protéger les citoyens, mais pour réprimer leur légitime protestation », a-t-il dénoncé. Il qualifie la situation de « grave atteinte aux droits humains, à l’environnement, à la paix sociale et à la justice foncière ».

Sortie de promo de 1 000 volontaires agricoles : Ousmane Sonko annonce un centre de transformation pour l’employabilité des jeunes

Le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué de son empreinte la cérémonie de sortie de la promotion de 1 000 jeunes volontaires agricoles formés dans le cadre du Programme Agricole 2025/2026. Devant une foule composée de volontaires, de formateurs, de responsables administratifs et de partenaires, le chef du gouvernement a dévoilé un projet ambitieux : la création du plus grand centre de transformation pour l’employabilité des jeunes en Afrique.

Selon M. Sonko, ce centre sera porté par la direction générale du service civique national et du volontariat, et regroupera une large gamme de métiers pour accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle. « Nos équipes y travaillent. Dans un futur très proche, une assiette foncière sera déployée pour édifier ce centre, qui nous permettra de cycler ou recycler une partie de notre jeunesse, d’abord dans le cadre du volontariat, ensuite dans celui de la reconversion professionnelle », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a mis en avant le rôle central du volontariat dans la dynamique de développement national. À ses yeux, le volontariat représente un véritable moteur de transformation sociale, un instrument de participation citoyenne et un levier d’engagement utile non seulement pour les jeunes, mais aussi pour les plus âgés, porteurs d’expérience et de savoir-faire. Il a d’ailleurs salué l’engagement continu des anciens directeurs du Service civique national, qui œuvrent toujours aux côtés de l’actuelle direction pour encadrer les jeunes générations de volontaires.

Soulignant le potentiel du volontariat comme outil de reconversion pour les seniors, Ousmane Sonko a évoqué les premiers résultats encourageants enregistrés au cours de l’année écoulée. Il a invité tous les acteurs impliqués à travailler de manière rigoureuse pour faire aboutir ce vaste chantier de structuration du volontariat.

Dans un appel solennel à la diaspora sénégalaise, il a exhorté les compatriotes établis à l’étranger à se joindre à cette dynamique nationale. « Le Sénégal vous appelle. Vos compétences, vos idées, vos expertises sont précieuses pour nourrir et faire grandir ce nouvel élan national », a-t-il lancé.

Le chef du gouvernement s’est également adressé aux partenaires internationaux et amis du Sénégal, les invitant à s’investir aux côtés du pays pour construire ensemble des projets porteurs de sens, durables et bénéfiques à tous.

En conclusion, Ousmane Sonko a rappelé la portée patriotique et symbolique de l’engagement volontaire. Pour lui, « le volontariat est un acte patriotique fort, un don de soi pour la nation. C’est un choix, un acte de foi pour l’avenir, une preuve d’amour pour notre cher pays. Et aujourd’hui, en lançant cette cohorte 2025, nous faisons ce pari sur l’avenir. Et ce pari, je le fais avec une grande conscience parce que je sais que le Sénégal regorge de talents, de forces vives et de cœurs prêts à servir. »

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°521 – 25/07/2025

🔴 RAFALE D’ARRIVÉES DE MALIENS ET BURKINABÈ FUYANT LE CHAOS : BAKEL « ENVAHIE »
🔴 RECONNAISSANCE IMMINENTE DE L’ÉTAT PALESTINIEN : LA FRANCE FRANCHIT LE PAS

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🔴 COLLÈGES DES PRÉSIDENTS DES LIGUES RÉGIONALES DE FOOTBALL : JOUR DE VOTE CE SAMEDI

Bouba Ndour saisit la justice face aux attaques diffamatoires contre GFM : une plainte déposée à la Division spéciale de la cybersécurité

Le directeur des programmes du Groupe Futurs Médias (GFM), Boubacar Ndour, plus connu sous le nom de Bouba Ndour, a décidé de porter l’affaire sur le terrain judiciaire. Par l’intermédiaire de son avocat, Maître Baboucar Cissé, il a officiellement déposé une plainte à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC) contre plusieurs personnes qu’il accuse de propos diffamatoires, de menaces et d’injures graves relayés via les réseaux sociaux.

Selon les informations rapportées par Seneweb, trois profils distincts sont visés par la plainte : Feuz Niang, une internaute dont le numéro de téléphone est cité dans le dossier, le militant de Pastef Ibrahima Guèye, connu dans le cercle de « Nay Ler », et des individus anonymes non encore identifiés.

Dans le cas de Feuz Niang, la plainte fait état d’un message vocal WhatsApp injurieux et diffamatoire envoyé après un appel manqué. Elle y aurait proféré des propos d’une extrême violence à l’encontre de Bouba Ndour, évoquant notamment sa mère, son défunt père, ainsi que des accusations graves d’abus sexuels sur de jeunes participantes de l’émission « Sen Petit Galé ». Elle aurait aussi menacé de rendre public son numéro de téléphone, et qualifié Youssou Ndour, frère de Bouba, de « franc-maçon ».

S’agissant d’Ibrahima Guèye de « Nay Ler », la plainte évoque une vidéo virale dans laquelle ce dernier aurait lancé des menaces explicites contre le groupe GFM. Il y aurait notamment affirmé son intention « d’attaquer et d’incendier » le média, ajoutant qu’il était prêt à assumer les conséquences judiciaires d’un tel acte.

La plainte mentionne également la diffusion d’une vidéo anonyme accusant Bouba Ndour d’actes similaires à ceux dénoncés par Feuz Niang. Le contenu de cette vidéo inclut des menaces, des injures contre sa personne et son entourage familial, ainsi que des accusations dirigées contre la télévision GFM.

Le dossier repose sur une base juridique fournie. L’avocat de Bouba Ndour cite plusieurs articles du Code pénal sénégalais : l’article 258 pour les faits de diffamation et d’injures, l’article 255 pour la diffusion de fausses nouvelles, l’article 290 pour les menaces de mort, et l’article 29 pour les menaces diverses. Chaque chef d’accusation est accompagné d’une explication juridique précise sur la nature et la gravité des infractions visées.

Selon les termes de la plainte, Bouba Ndour motive sa démarche par la gravité exceptionnelle des faits et l’impact moral et professionnel qu’ils entraînent. Il demande à ce que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur, y compris à l’encontre des auteurs encore inconnus qui seraient identifiés au cours de l’enquête.

Cette affaire intervient dans un contexte de polarisation croissante entre les médias, les acteurs politiques et certains segments de l’opinion publique sur les réseaux sociaux. Elle pose à nouveau la question de la régulation du numérique, du respect de la vie privée et des limites de la liberté d’expression dans un environnement où les diffamations et les attaques personnelles se multiplient. En portant plainte, Bouba Ndour entend faire un exemple pour rappeler que les réseaux sociaux ne sont pas des zones de non-droit.

Débat sur la 2STV : Ousseynou Ly clarifie ses propos et dément toute critique envers Ousmane Sonko

Suite à la vague de réactions provoquée par son intervention dans l’émission « Débat de Fond » sur la 2STV, Ousseynou Ly, porte-parole de la Présidence, a tenu à apporter des précisions afin de dissiper toute confusion. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, il réfute catégoriquement l’interprétation selon laquelle il aurait critiqué Ousmane Sonko, Premier ministre et président du parti Pastef.

« J’ai simplement répondu à une question de la journaliste qui me demandait pourquoi je m’exprimais rarement sur l’actualité du parti Pastef », a-t-il expliqué. Revenant sur ses propos, Ousseynou Ly précise avoir évoqué sa position au sein du parti, affirmant qu’il est actif dans une section communale et qu’il intervient surtout dans le domaine de la communication. Selon lui, sa ligne de conduite repose sur un principe clair : éviter de régler les différends en public. « Que ce soit dans la gestion du parti ou au sein de l’État, je privilégie des canaux internes pour exprimer mes désaccords », a-t-il martelé.

Ce sont précisément ces propos – « un bon chef ne règle pas ses désaccords en public » – qui ont été largement partagés sur les réseaux sociaux, certains y voyant une critique à peine voilée d’Ousmane Sonko. Une lecture que rejette Ousseynou Ly : « C’est vrai que j’ai dit qu’un chef ne devait pas exprimer ses désaccords en public. Mais je ne parlais pas de Sonko. Il faut que cela soit clair. »

Dans son message, le porte-parole présidentiel a également tenu à réaffirmer son attachement indéfectible au leader de Pastef. « Je rappelle que Ousmane Sonko est notre leader et notre référent moral. Je lui voue un respect total », a-t-il conclu.

Cette mise au point intervient dans un climat où chaque mot prononcé par un responsable du parti est scruté à la loupe, dans un contexte marqué par des débats sur la cohésion au sommet de l’État. Par cette déclaration, Ousseynou Ly cherche à recentrer l’attention sur l’unité au sein du parti et à faire taire les spéculations autour de prétendues dissensions internes.

Ousseynou Ly défend la discrétion : « Un bon chef ne règle pas ses désaccords en public »

Le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, était l’invité de l’émission « Débat de Fond » diffusée ce mercredi sur la chaîne 2STV. Dans un contexte politique marqué par des tensions perceptibles au sein du parti Pastef, M. Ly a tenu à réaffirmer sa vision de la gestion des divergences internes, prônant la discrétion et le respect des formes.

Réagissant à la récente sortie du Premier ministre Ousmane Sonko, qui évoquait publiquement certains désaccords ou malaises au sommet de l’État, Ousseynou Ly a adopté un ton posé mais ferme. Il a d’abord tenu à rappeler que M. Sonko porte deux responsabilités distinctes : « Il ne faut pas oublier qu’il a une double casquette : celle de Premier ministre et celle de président du parti. Il incarne l’un ou l’autre en fonction des circonstances. À chacun d’en faire sa propre lecture. »

Mais c’est surtout sur la forme des critiques publiques que le porte-parole présidentiel s’est voulu clair. Pour lui, les désaccords ne doivent pas être exposés sur la place publique, surtout lorsqu’ils concernent des figures de responsabilité. « Moi, j’ai un principe. Quand j’ai quelque chose à dire, je ne le fais jamais en public. Qu’il s’agisse de la gestion du parti ou de l’État, si je suis en désaccord, je passe par les canaux appropriés. Si cela concerne une personne que je connais, je l’appelle ou je vais le voir directement. On ne critique pas une autorité en public. Un bon chef ne devrait pas agir ainsi. »

Cette posture, Ousseynou Ly l’assume pleinement, quitte à être mal interprété ou attaqué dans les rangs militants. « Si certains me traitent de traître ou autre à cause de cette posture, peu importe. Mais c’est comme cela que je fonctionne. Je ne critique pas en public », a-t-il conclu.

Ses propos interviennent dans un climat où les rumeurs de divisions au sein de Pastef et d’un début de brouille entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Sonko alimentent le débat public. En se positionnant comme défenseur de la retenue, Ousseynou Ly semble vouloir calmer le jeu et rappeler l’importance de l’unité, tant dans l’exercice du pouvoir que dans les dynamiques partisanes internes.

Pastef secoué par des rumeurs de clans : Ousseynou Ly appelle à l’unité et dédramatise les tensions

Face à la montée des spéculations sur l’existence de clans au sein du parti Pastef, alimentées par des propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko, le porte-parole de la Présidence, Ousseynou Ly, est monté au créneau pour apaiser les tensions et réaffirmer son attachement à l’unité du parti. Invité sur le plateau de la 2STV mercredi soir, il a tenu à clarifier sa position et à balayer les allégations de divisions internes.

Réagissant aux déclarations d’Ousmane Sonko qui, dans un entretien, évoquait l’émergence de camps distincts au sein du mouvement, Ousseynou Ly a tenu à relativiser les choses : « Ousmane Sonko est le leader du parti, il est au contact de tout le monde, il sait peut-être des choses que j’ignore. Mais en ce qui me concerne, je n’appartiens à aucun clan. Nous ne devons pas accepter l’existence de clans au sein de Pastef. » Une déclaration ferme, qui se veut une réponse directe aux rumeurs persistantes circulant sur les réseaux sociaux et dans certains cercles militants.

Soulignant la force de son engagement politique, Ousseynou Ly a affirmé qu’il n’a jamais cru à la logique de clans. « Depuis mon engagement dans Pastef, je n’ai jamais cru à ces histoires de clans. Personne ne pourra me faire adhérer à cette logique. Mon engagement est resté intact », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité de rester fidèles aux valeurs fondatrices du parti.

Dans un contexte marqué par des commentaires sur une supposée tension entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, née de propos sur un « problème d’autorité », Ousseynou Ly a préféré recentrer le débat sur l’essentiel : la cohésion interne. « Il y a toujours des épreuves, que l’on soit au pouvoir ou dans l’opposition. Ce sont des tests. Je prie pour que nous les surmontions ensemble. Pourquoi devrions-nous accepter cet esprit de clans ? Nous devons le rejeter », a-t-il lancé avec gravité.

Par ces propos, le porte-parole tente visiblement de désamorcer une situation qui, si elle n’est pas contenue, pourrait fragiliser l’image de cohésion du parti au pouvoir. Alors que les projecteurs sont braqués sur l’exécutif, cette sortie publique se veut un rappel à l’ordre fraternel, une invitation à l’unité et une alerte contre les risques de fractures internes.

À travers cette déclaration, Ousseynou Ly semble également vouloir rassurer les militants de Pastef et l’opinion publique : malgré les divergences, le socle militant du parti demeure soudé autour de son projet politique. Reste à savoir si cet appel à l’unité sera entendu dans les rangs du parti, à un moment où les jeux de positionnement au sein du pouvoir attisent les convoitises.

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Déminage en Casamance : une étape décisive franchie avec la réception de deux machines de dernière génération

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce jeudi 24 juillet 2025, la cérémonie officielle de réception de deux machines de déminage de dernière génération. L’événement s’est tenu à Mbao, dans le département de Rufisque, en présence de plusieurs membres du gouvernement, de parlementaires, d’élus territoriaux, de diplomates et de représentants de partenaires internationaux. Cette cérémonie marque une avancée significative dans la lutte contre la contamination par les engins explosifs en Casamance.

Dans son discours, le chef du gouvernement a souligné l’importance stratégique de ces équipements. Il a déclaré que ces deux machines, parmi les plus performantes actuellement en usage dans le monde, permettront d’intensifier le processus de dépollution des terres casamançaises, conformément aux standards du déminage humanitaire. Leur utilisation vise à sécuriser les zones encore minées et à favoriser le retour des populations déplacées depuis des années à cause du conflit qui a ensanglanté cette région.

Ces équipements ont été acquis par le Centre national d’action antimines du Sénégal (CNAMS), dans le cadre du Programme de développement économique et social (PDES). Ce programme a été financé par le gouvernement japonais à travers un don de 460 millions de yens, soit près de deux milliards de francs CFA. Ce geste de coopération témoigne de l’engagement du Japon aux côtés du Sénégal dans la consolidation de la paix et la sécurité humaine.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a également indiqué que le gouvernement sénégalais envisage, au-delà de ce soutien international, d’acquérir d’autres machines similaires sur ses propres ressources budgétaires. L’objectif est de renforcer les capacités opérationnelles du CNAMS et d’accélérer les opérations de déminage dans toutes les zones concernées.

Dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance, la question du retour des populations dans leurs localités d’origine est une priorité nationale. Le gouvernement entend créer les conditions d’un retour durable et sécurisé, en éliminant totalement les engins explosifs encore disséminés dans certaines zones rurales. Il s’agit aussi de rétablir la possibilité pour les populations de retrouver leurs activités agricoles et de relancer l’économie locale.

Le chef du gouvernement a tenu à rappeler que la dépollution des terres ne représente pas seulement un enjeu sécuritaire, mais aussi un impératif humanitaire et un préalable au développement durable. Il a réaffirmé la détermination des autorités à éradiquer totalement les dangers liés aux mines et à rétablir un climat de paix définitive en Casamance.

Cette cérémonie de réception des machines de déminage constitue donc un tournant majeur dans le processus de reconstruction post-conflit. Elle incarne une volonté politique forte de tourner la page de la guerre et d’ouvrir celle d’un avenir apaisé et prospère pour les populations du sud du Sénégal.

Balance commerciale : quand le gouvernement applaudit ce qui devait l’inquiéter ( Par Thierno Bocoum )

Le gouvernement sénégalais a salué avec enthousiasme la progression des exportations, relayant les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en 2024 comme un signal fort d’un redressement économique en marche. 

Les exportations ont en effet bondi de 21,3 %, atteignant 3 909,1 milliards de FCFA tandis que les importations reculaient légèrement de 0,6 % à 7 161,4 milliards. Le déficit commercial s’est ainsi réduit de manière notable. 

Pourtant, derrière ce vernis statistique et cette narration triomphante se dessine une réalité plus inquiétante, bien éloignée des ambitions de transformation structurelle du pays.

Ce sont avant tout les matières premières brutes qui portent cette dynamique. Le pétrole brut, l’or non monétaire et les conserves de poisson concentrent l’essentiel des gains. Le pétrole a rapporté 464,6 milliards de FCFA, l’or 588,5 milliards et les conserves de poisson 67,1 milliards. Des chiffres en hausse, certes, mais qui ne doivent pas faire oublier leur nature profondément extractive et peu industrialisée. 

Le pays ne transforme que marginalement ce qu’il produit. Même les produits pétroliers raffinés dont les exportations se sont élevées à près de 792 milliards de FCFA, proviennent en partie d’importations ou d’un raffinage local encore trop limité. Le Sénégal exporte ce qu’il extrait plus qu’il ne transforme, exposant son économie aux chocs des marchés mondiaux et aux cycles de prix qu’il ne maîtrise pas.

Dans le même temps, la baisse des importations ne peut sérieusement être interprétée comme une montée en autonomie productive. Elle résulte d’une contraction préoccupante de la demande intérieure. Les produits finis destinés à la consommation ont chuté de 22,8 %, ceux pour l’industrie de 32,3 %. Derrière ces chiffres, il y a une pression fiscale qui étrangle les capacités d’importation, un pouvoir d’achat en berne et un climat économique morose qui bride la consommation et l’investissement. 

Moins d’importations ne veut pas dire plus de production locale mais plutôt une raréfaction des biens, une baisse de diversité sur les marchés et une économie en repli masqué.

Ce double constat ( une croissance extractive et une consommation bridée) devrait alerter. Le Sénégal ne peut durablement construire sa prospérité sur la rente pétrolière et minière, ni se satisfaire d’un commerce extérieur dominé par des matières premières. 

Le défi n’est pas de vendre plus mais de transformer mieux. 
De produire localement, de créer de la valeur, de structurer un tissu industriel capable de répondre aux besoins internes tout en s’ouvrant à l’exportation. 

La récente entrée en production pétrolière n’aura de sens que si elle s’accompagne d’une montée en puissance rapide du raffinage national, d’une politique industrielle cohérente et d’un soutien actif aux filières à haute valeur ajoutée.

Cette tribune n’est pas un plaidoyer contre les chiffres mais une invitation à en interroger le sens. Les performances de 2024 masquent des vulnérabilités profondes. Sans volonté politique forte pour rééquilibrer les priorités, le Sénégal restera prisonnier d’un modèle extractif où les ressources sortent vite mais où la richesse tarde à s’ancrer. 

La croissance statistique ne peut être une fin en soi. L’histoire économique a montré que seuls les pays capables de transformer leurs matières premières, d’investir dans l’industrie et de stimuler leur marché intérieur réussissent à se hisser durablement vers le développement. C’est à ce prix que les succès du commerce extérieur deviendront autre chose qu’un feu de paille.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Commerce extérieur : les exportations sénégalaises en forte progression, les importations en repli en mai 2025

L’activité commerciale du Sénégal avec l’étranger a connu des dynamiques contrastées en mai 2025. Selon le dernier bulletin mensuel publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les exportations ont affiché une hausse significative sur un an, malgré un léger recul mensuel, tandis que les importations ont fortement diminué par rapport au mois précédent.

Les exportations se sont élevées à 469,7 milliards de FCFA en mai 2025, enregistrant une baisse marginale de 0,05 % par rapport aux 469,9 milliards de FCFA du mois d’avril. Ce fléchissement est notamment dû à la chute des ventes à l’extérieur d’huiles brutes de pétrole, de poissons frais de mer et de zirconium. Toutefois, cette tendance a été contrebalancée par une forte progression des exportations de produits pétroliers raffinés, d’acide phosphorique et d’or non monétaire, qui ont connu des hausses respectives de 46,4 %, 184 % et 26,5 % en un mois.

Comparées à mai 2024, les exportations sénégalaises ont bondi de 74,1 %, atteignant un cumul de 2 325,7 milliards de FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 1 413,8 milliards sur la même période en 2024, soit une croissance annuelle de 64,5 %. Les produits les plus exportés en mai sont les produits pétroliers raffinés (102,1 milliards de FCFA), les huiles brutes de pétrole (73,2 milliards), l’or non monétaire (65,2 milliards), l’acide phosphorique (25,0 milliards) et les poissons frais de mer (19,9 milliards de FCFA).

En parallèle, les importations ont connu un net recul, s’établissant à 557,4 milliards de FCFA en mai 2025, contre 619,7 milliards en avril, soit une baisse de 10,1 %. Ce repli s’explique par une diminution des achats de riz, de produits pétroliers raffinés, de véhicules terrestres et de blé. À l’inverse, les importations de maïs, de matériaux céramiques et verriers, ainsi que de produits chimiques ont légèrement progressé, atténuant la chute globale.

Sur une base annuelle, les importations ont reculé de 8,6 % par rapport à mai 2024. Toutefois, sur les cinq premiers mois de l’année, elles affichent une hausse de 5,2 %, atteignant un total de 3 023,8 milliards de FCFA contre 2 874,5 milliards l’an dernier. Les produits les plus importés durant cette période restent les produits pétroliers raffinés (119,9 milliards), les machines et appareils (48,6 milliards), les huiles brutes de pétrole (44,5 milliards) et le riz (35,6 milliards).

Concernant les partenaires commerciaux, le Sénégal continue de diversifier ses échanges. Le Mali demeure le premier client du pays avec 18,6 % des exportations, suivi par l’Inde (12,2 %), la Suisse (9,4 %), l’Italie (8,4 %) et les Pays-Bas (7,7 %). Du côté des importations, les principaux fournisseurs sont la Chine (12,3 %), la France (8,7 %), le Nigéria (8,1 %) et la Russie (8,0 %).

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°520 – 24/07/2025

🔴 AUGMENTATION DE 5,3% DES DÉPENSES PUBLIQUES EN UN AN : L’ÉTAT REFUSE DE SERRER LA CEINTURE
🔴 TRICHERIE AUX EXAMENS : DES INSTITUTEURS INTERPELLENT GUIRASSY

🔴 FÉDÉRATION SÉNÉGALAISE DE LUTTE : LE PRÉSIDENT CHOISI EN NOVEMBRE
🔴 RÉINVENTION DU SPORT SÉNÉGALAIS : 11 INNOVATIONS EN MARCHE

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique :
•       Colonel Momar SOW, Conservateur des Parcs nationaux, matricule de solde n°614 827/D, est nommé Directeur des Aires marines communautaires protégées, en remplacement du Colonel Mamadou SIDIBE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique :
•       Abdoul Aziz ZOUMAROU, Expert en gestion de projets internationaux et en innovation technologique, est nommé Président du Conseil d’Administration de Télédiffusion du Sénégal (TDS), en remplacement de Monsieur El Hadji Ibrahima Ndiaye.
Au titre du Ministère de la Santé et de l’Action sociale
•       Monsieur Alassane DIALLO, expert en finances, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement au ministère de la Santé et de l’Action sociale, en remplacement de Monsieur Ousseynou Ngom.
Au titre du Ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions
•       Madame Ramatoulaye NIANG, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n606 931/E, précédemment Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, est nommée Directeur général du Travail et de la Sécurité sociale, en remplacement de Monsieur Karim CISSE, appelé à d’autres fonctions.
•       Monsieur Mouhamed Mactar LOUM, Inspecteur du Travail et de la Sécurité sociale, matricule de solde n604 462/J, précédemment Coordonnateur de la Cellule de Coordination des Inspections du Travail et de la Sécurité sociale à la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale, est nommé Directeur des Relations de Travail et des Organisations Professionnelles, en remplacement de Madame Ramatoulaye NIANG.
Au titre du Ministère de l’Education nationale :
•       Monsieur Papa Malick NDAO, Administrateur civil principal de classe exceptionnelle, matricule de solde 516 360/M, est nommé Secrétaire général du Ministère de l’Education nationale en remplacement de Madame Khady Diop MBODJ, admise à faire valoir ses droits à une pension de retraite.

•       Monsieur Omar BA, Conseiller des Affaires étrangères, précédemment, chef de la division Moyen-Orient à la Direction Asie, Pacifique et Moyen-Orient au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères est nommé Secrétaire général de l’Institut Islamique de Dakar, poste vacant.

Au titre du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire

•       Madame Ndèye Déguène SOW, Administrateur Civil, matricule de solde 722 203/B précédemment Conseillère technique à la direction de la Programmation budgétaire, est nommé Secrétaire général du Ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire en remplacement de Monsieur Gorgui NDIAYE.

•       Monsieur Amadou Tidiane DIALLO, Ingénieur agronome, Diplômé de l’ENSA de Thiès, précédemment Directeur des Investissements, du Financement et du suivi des portefeuilles au FONAMIF, est nommé Directeur général du Fonds National de Microfinance (FONAMIF), en remplacement de Madame Nicole Olga Edith MANSIS appelé à d’autres fonctions.

•       Monsieur Papa Layti NDIAYE, Conseiller en Planification, matricule n° 601 494/H, est nommé Président du Conseil de Surveillance du Fonds de Développement de la Microfinance Islamique (FDMI).

Au titre du Ministère de l’Urbanisme des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires
•       Monsieur Seydou TOUNKARA, greffier, est nommée Président du Conseil de Surveillance de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Samba SALL.
•       Monsieur Matar NDAO, ingénieur informatique, expert en management de projets, est nommé directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Aliou Ousmane SALL.
•       Monsieur Papa Alioune DIOUF, inspecteur des impôts et domaines, matricule de solde n 696.269/B, est nommé Secrétaire général au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, poste vacant.
•       Monsieur Leyti NDIAYE, Ingénieur territorial, expert en systèmes d’information, aménagement et urbanisme, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de l’Aménagement des Territoires (ANAT) au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Monsieur Ousmane SECK.
•       Monsieur Habib KANE, juriste, est nommé Président du Conseil d’administration du Centre National de la Fonction publique locale et de la formation au Ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires, en remplacement de Madame Maatham BA.

Communique du conseil des ministres du Mercredi 23 juillet 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 23 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

 A l’entame de sa communication, le Chef de l’Etat a informé le Conseil avoir présidé, le jeudi 17 juillet 2025, la cérémonie de lancement des travaux de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Il a adressé ses chaleureuses félicitations et ses encouragements au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, au Coordonnateur et aux membres du Comité d’appui, à l’ensemble de la communauté universitaire, dans toutes ses composantes, pour le travail inclusif de redressement entamé. Cette volonté commune et l’engagement patriotique collectif permettront de bâtir, sur la base de notre potentiel culturel. des acquis historiques et des réorientations impératives pour une Université d’Excellence, un système d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation rénové et moderne, au service de l’économie nationale, de la transformation sociale et de la souveraineté du Sénégal. C’est dans cet esprit et, en attendant la présentation des conclusions et recommandations des concertations, qu’il a demandé au Premier Ministre de veiller à la mise en œuvre. sans délai, du Plan d’urgence de finition des chantiers, de réalisation d’infrastructures universitaires et de recrutement d’enseignants-chercheurs sur les trois prochaines années, dont 500 à partir de 2025.  
 
Ce Plan exhaustif doit être assorti d’un dispositif de suivi de proximité, en adéquation avec les flux des nouveaux étudiants bacheliers entrants et des sortants. A cet égard, le Président de la République a demandé au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur de poursuivre le développement de l’Université virtuelle du Sénégal et l’implantation des ISEP dans toutes les régions. Au demeurant, il a rappelé aux Ministres en charge de l’Enseignement supérieur et de l’Education l’importance d’engager, dans l’immédiat, après une analyse approfondie des résultats de 2025, les réflexions sur la réforme de l’examen du baccalauréat et du système LMD, en tenant compte des besoins de professionnalisation du capital humain national et de la montée en puissance du Numérique, de l’Intelligence artificielle et des Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM). Par ailleurs, il a rappelé l’urgence de finaliser, dans le cadre de partenariats public-privé, l’élaboration inclusive d’une politique nationale de recherche et d’innovation opérationnelle, cohérente et prospective, conforme aux objectifs de la vision « Sénégal 2050 », soutenue par des mécanismes de financements adaptés. A ce titre, il a souligné la place notable du secteur privé, notamment des établissements privés, dans le développement de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Le Chef de l’Etat a, dès lors, exhorté toutes les parties prenantes de la communauté universitaire à asseoir, dans un esprit de dialogue permanent, la stabilité sociale, le sens des responsabilités et la solidarité agissante, la qualité, l’équité et l’excellence du modèle pédagogique, économique et de gouvernance : ressources financières et humaines en termes de mobilité dans l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.
 
Le Président de la République est revenu sur la problématique du suivi stratégique du développement maitrisé du secteur de l’hydraulique. La renégociation et la signature, entre l’Etat du Sénégal et le Groupe saoudien ACWA POWER, du nouveau contrat de PartenariatPublic-Privé pour la réalisation d’une usine de dessalement sur la grande côte, avec ses infrastructures électriques connexes et une prise de participation stratégique de l’Etat, marquent un tournant majeur dans notre option de consolider un Sénégal souverain, juste et prospère. Cet acte représente un moment important de la transformation du secteur de l’hydraulique. Il a félicité la partie saoudienne, le Gouvernement, notamment le Premier Ministre, responsable de la renégociation des contrats mais également de la supervision et du suivi de la coopération et des partenariats avec les pays du Golfe persique, selon la directive présidentielle n°0684/PR du 13 décembre 2024. Il a aussi magnifié le travail d’équipe gouvernementale remarquable qui a contribué à la conclusion du nouveau contrat et félicité les Ministres en charge de l’Hydraulique, de l’Economie, de l’Energie, des Finances, de l’Environnement et l’ensemble des structures impliquées (notamment la SONES et la SENELEC) pour leur efficacité exemplaire. Il a demandé au Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement de veiller au lancement, dans les meilleurs délais, de ce projet hydraulique de dernière génération, indispensable pour améliorer durablement l’approvisionnement en eau potable des populations dans les centres urbains et péri-urbains, notamment les habitants de la capitale. 
 
Dans le même élan, le Président de la République a indiqué au Gouvernement l’importance et l’urgence de veiller à l’approvisionnement correct en eau potable des populations en milieu rural : 
 
–       en accélérant le renouvellement des forages, châteaux d’eau et réseaux ;
–       en améliorant la gouvernance inclusive des forages et autres infrastructures hydrauliques ainsi que la continuité des services, en relation avec les différents concessionnaires dont les performances doivent être régulièrement évaluées.
Enfin, il a rappelé au Gouvernement la nécessité de faire adopter, avant la fin de l’année, le projet de loi relatif à l’Autorité de régulation du secteur de l’Eau, dans le cadre des réformes majeures liées à la Vision Sénégal 2050.
Le Chef de l’Etat a abordé la question de la sanctuarisation des emprises à caractère militaire. Le Sénégal vient de récupérer, le 17 juillet 2025, dans la sérénité et le sens des responsabilités, la totalité des emprises militaires, précédemment occupées par des forces armées étrangères, mettant fin à leur présence permanente sur le territoire national. Il a informé le Conseil avoir visité, le samedi 19 juillet 2025, une partie des sites libérés. Il a félicité le Gouvernement et les forces armées sénégalaises pour les efforts remarquables d’anticipation consentis qui ont permis de recouvrer la pleine souveraineté du Sénégal sur l’ensemble du territoire national, dans le cadre de la nouvelle politique de coopération militaire. Il a rappelé le caractère crucial de cette étape, dans la perspective de l’affectation adéquate des emprises libérées selon les impératifs : 
 
–       de défense et de sécurité nationale ; 
–       de valorisation de leur potentiel économique dans le cadre du déploiement des projets et programmes relevant de l’Agenda national de Transformation Vision Sénégal 2050. 
Le Président de la République est revenu sur la question de la modernisation des marchés et des espaces commerciaux et de la mise en œuvre des recommandations des états généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI. L’amélioration des conditions d’organisation et d’exercice des activités commerciales doit rester une priorité du Gouvernement. Il a demandé aux Ministres en charge du Commerce et des Collectivités territoriales d’accélérer la mise en œuvre des projets et programmes de modernisation des marchés et espaces commerciaux sur l’ensemble du territoire national. Il a souligné l’urgence de la mise en service des marchés et espaces commerciaux déjà réalisés comme celui de Tilène à Ziguinchor, en veillant à la vérification systématique des prescriptions de la protection civile et à la mise aux normes des installations électriques en particulier. En outre, il a demandé au Ministre en charge du Commerce d’engager sans délai, l’application des recommandations issues des Etats généraux de l’Industrie, du Commerce et des PME-PMI, s’agissant de la modernisation des installations commerciales. Par ailleurs, il a donné des instructions pour accélérer la mise en œuvre du Programme national de réalisation d’infrastructures de stockage et de conservation, programme à développer avec le secteur privé national.
Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il effectuera une visite de travail au Togo, le 25 juillet 2025, à l’invitation du Président du Conseil des Ministres, Faure EYADEMA. Le samedi 26 juillet 2025, il prendra part, à
Monrovia, à la célébration de la fête nationale du Libéria, à l’invitation du Président Joseph Boakai.
Le Premier Ministre, après avoir rappelé les constats alarmants du rapport d’audit des finances publiques par la Cour des comptes, a annoncé au Conseil le plan gouvernemental de redressement économique de notre pays qui sera présenté au grand public et aux partenaires à travers un agenda qui sera communiqué ultérieurement. Le Premier Ministre a abordé la problématique de l’équité sociale, de l’équité territoriale et l’accélération de projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie. Il a souligné le caractère important de l’équité sociale et de l’équité territoriale qui constituent un facteur essentiel de cohésion nationale et de développement durable. Il a ensuite exprimé le souci de corriger les inégalités et déséquilibres socio-spatiaux vécus par des millions de citoyens du fait notamment du chômage, de la pauvreté, de l’enclavement, de la situation de handicap ou de l’appartenance à des groupes vulnérables comme les femmes et les enfants. Il a insisté sur la nécessité de résorber ces inégalités de manière structurelle.
Le Premier Ministre a indiqué que l’équité ne doit plus être perçue comme une politique sociale parmi d’autres. Elle est désormais, à l’image de la problématique environnementale, une exigence transversale, qui interpelle les ministères, collectivités et agences publiques. L’équité doit donc obéir à la nécessité de garantir une juste répartition des opportunités, ressources et retombées des politiques publiques et l’exigence d’une participation transversale de tous les acteurs économiques et sociaux à la mise en œuvre des actions entreprises. Le Premier Ministre a enfin demandé à chaque département ministériel d’intégrer la dimension « Équité » dans sa politique sectorielle et dans le dialogue avec tous les partenaires. Il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités à s’atteler à la prise en charge intégrale de l’Équité à travers un Programme national d’Equité sociale (PNES) visant à réduire les inégalités et à promouvoir l’inclusion des populations vulnérables identifiées dans le Registre national unique (RNU) et un Programme national d’Equité territoriale (PNET) pour corriger les disparités.  Concernant l’accélération des projets structurants dans les domaines de l’agriculture, de l’eau et de l’énergie, le Premier Ministre a indiqué qu’il s’agit, d’une part, du Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) et, d’autre part, de deux infrastructures majeures dans les secteurs de l’eau et de l’énergie : l’unité de dessalement des Mamelles et le barrage hydroélectrique de Sambangalou. Ces projets portent une ambition partagée : renforcer notre souveraineté économique, sécuriser l’accès à des services essentiels et offrir de nouvelles perspectives d’emplois et d’industrialisation sur l’ensemble du territoire. Le Programme National des Agropoles du Sénégal (PNDAS) vise à développer des pôles agro-industriels à fort potentiel, en articulant production agricole, transformation locale et création d’emplois avec la mise en place de cinq agropoles et une couverture équilibrée du territoire national.
À ce jour, les agropoles Sud (Ziguinchor, Kolda) et Centre (Kaolack, Fatick, Kaffrine) sont en cours d’exécution, avec des financements significatifs mobilisés auprès de l’Etat, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), l’Union Européenne (UE) et l’Agence belge de coopération internationale (ENABEL). Ces deux agropoles représentent déjà plus de 160 milliards FCFA d’investissement et visent la création de plus de 350 000 emplois directs et indirects.
L’Agropole Nord, dont le coût est estimé à près de 184 milliards FCFA, a bénéficié d’un premier engagement de la BAD. Toutefois, la convention complémentaire de financement avec la BID (57 milliards FCFA), soumise depuis 2024, reste non signée, ralentissant son lancement. Au-delà des questions de financement, plusieurs facteurs sont à relever, à savoir, la gouvernance du dispositif national et régional, le recrutement des partenaires stratégiques et l’approvisionnement agricole. Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Industrie et de l’Agriculture de faire une revue complète de l’état d’avancement et des contraintes opérationnelles et de produire un rapport détaillé au plus tard le 25 août 2025.
L’unité de dessalement des Mamelles est d’une importance capitale dans un contexte de pression croissante sur les ressources en eau potable à Dakar. Elle vise à produire jusqu’à 100
000 m³ d’eau/jour à terme. À date, le taux d’avancement est estimé à 78 % et les travaux de réseau de distribution sont déjà bien engagés dans plusieurs zones de la capitale.
Le barrage hydroélectrique de Sambangalou, projet régional porté par l’OMVG, vise la production de 128 MW pour les États membres. L’avancement des travaux est actuellement de 38 %, mais ceux du génie civil sont suspendus depuis mars 2024.
Le Premier Ministre a demandé aux ministres en charge de l’Économie et du Plan, des Finances, de l’Hydraulique, de l’Énergie, de l’Agriculture et de l’Industrie de travailler, de manière concertée, à l’identification de solutions à court terme (paiement, arbitrage budgétaire, contractualisation) à soumettre avant la date du 15 septembre et à la mise en place d’un suivi renforcé, appuyé par le BOCS. Enfin, il a insisté sur la mobilisation collective pour relancer efficacement les chantiers et répondre aux attentes légitimes des populations.
 AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
–       Le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur le financement des projets, la budgétisation, et la stratégie d’endettement ;
–       le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a fait une communication relative à la préparation de la campagne de reboisement 2025 et du week-end de lancement de la campagne les 02 et 03 août 2025 ;
–       le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;
–       le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur la stratégie numérique du Sénégal à travers le déploiement de l’outil de gestion électronique du courrier (SENGEC).
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, 
le Conseil a examiné et adopté : le Projet de Code du sport relatif à la Loi sur les activités physiques et sportives. 

Crise dans la Justice : les syndicats SYTJUST et UNTJ durcissent le ton face au silence du gouvernement

Le bras de fer entre les travailleurs de la justice et les autorités sénégalaises prend une nouvelle tournure. L’Entente SYTJUST–UNTJ, regroupement des deux principaux syndicats du secteur, a annoncé une grève de 48 heures pour les 24 et 25 juillet 2025. Cette décision fait suite à ce que les syndicalistes dénoncent comme un mutisme prolongé et méprisant des autorités, notamment du ministre de la Justice, Ousmane Diagne.

Depuis plusieurs semaines, les syndicats protestent contre la non-satisfaction de leurs revendications relatives à leurs conditions de travail et au respect de leurs droits professionnels. Mais selon eux, l’attitude du ministre de tutelle, qu’ils accusent de fuir ses responsabilités, a contribué à envenimer la situation. Ousmane Diagne, affirment-ils, n’a engagé aucun dialogue ni pris la moindre initiative pour désamorcer la crise, préférant transférer la gestion du conflit au ministère de la Fonction publique. Or, la seule rencontre tenue avec ce dernier interlocuteur remonte au 1er juillet, sans qu’aucune suite concrète n’ait été donnée depuis.

Dans leur déclaration, les responsables syndicaux s’indignent du « mépris institutionnalisé » dont ils se disent victimes. Ils estiment que le silence persistant du gouvernement est une stratégie délibérée visant à affaiblir leur mobilisation. Ce mépris, dénoncent-ils, est d’autant plus grave que l’État aurait également recours à des réquisitions qu’ils jugent illégales, dans le but d’entraver l’exercice du droit constitutionnel de grève. Une telle attitude, affirment-ils, constitue une menace pour les droits syndicaux et les acquis démocratiques durement obtenus.

Déterminés à ne pas céder face à ce qu’ils considèrent comme une forme d’intimidation, les syndicats appellent à une mobilisation générale sur toute l’étendue du territoire. Ils exhortent non seulement les travailleurs de la Justice, mais aussi toutes les centrales syndicales et les organisations sociales, à se joindre à leur lutte pour la sauvegarde des droits syndicaux et la défense de la dignité des agents de l’État. À travers ce mot d’ordre élargi, l’Entente SYTJUST–UNTJ veut faire de ce mouvement un combat national pour les libertés syndicales.

Cette grève de 48 heures marque une étape importante dans un mouvement qui dure depuis plus d’un mois, depuis le 18 juin. Elle symbolise une radicalisation de la lutte syndicale et un durcissement du ton face à des autorités perçues comme indifférentes aux préoccupations du secteur judiciaire. Les syndicats préviennent que la mobilisation se poursuivra et que le combat ne s’arrêtera que lorsque leurs revendications auront été entendues et prises en compte.

À travers leur mot d’ordre fort, « Justice en lutte, dignité en marche », les syndicats entendent rappeler que derrière chaque robe noire ou chaque greffier, il y a un travailleur debout, conscient de ses droits et prêt à les défendre. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, appelé à sortir du silence pour éviter une paralysie prolongée du service public de la Justice.

Sénégal–Vietnam : accords stratégiques pour renforcer la coopération diplomatique et la souveraineté alimentaire

Le Sénégal et le Vietnam ont franchi un nouveau cap dans leurs relations bilatérales, ce mercredi 23 juillet 2025, à Dakar, avec la signature de plusieurs accords stratégiques. Présidée conjointement par le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et le président de l’Assemblée nationale vietnamienne Trần Thanh Mẫn, la cérémonie a consacré une volonté commune d’approfondir une coopération structurante autour de trois axes clés : la diplomatie, la filière rizicole et la souveraineté alimentaire.

Ces accords visent à établir un partenariat dynamique, fondé à la fois sur le transfert de savoir-faire, le renforcement des capacités techniques et le développement économique. En matière de diplomatie, il s’agit d’intensifier les relations entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, avec à la clé des perspectives d’échanges institutionnels réguliers, de formation diplomatique croisée et d’appui aux politiques de coopération Sud–Sud.

Sur le plan agricole, l’enjeu est de taille pour le Sénégal qui, chaque année, importe plus de 4 millions de tonnes de riz. Le Vietnam, l’un des plus grands producteurs et exportateurs mondiaux dans ce domaine, s’engage à accompagner Dakar dans sa quête d’autosuffisance, en apportant son expertise en matière de production, de transformation et de mécanisation agricole. Ce volet agricole des accords met l’accent sur la valorisation des terres cultivables, la mise en place de filières locales durables et la sécurisation de la production à travers une approche agro-industrielle.

Selon une source proche de la Primature, cet accord constitue « un partenariat structurant, dans un contexte où les enjeux de souveraineté alimentaire sont devenus centraux pour les politiques publiques africaines ». Il est aussi prévu la mise en œuvre d’échanges scientifiques et techniques, notamment dans les domaines de la gouvernance agricole, de la formation professionnelle, de la gestion de l’eau et de la transition agroécologique.

Dans un registre plus décentralisé, un protocole d’intention a été signé entre les villes de Ziguinchor et Can Tho, grande municipalité vietnamienne située dans le delta du Mékong. Ce partenariat municipal ouvre une nouvelle dynamique de coopération locale, centrée sur la gestion environnementale, le développement économique de proximité et l’amélioration des services publics urbains. Les deux collectivités entendent s’inspirer mutuellement pour répondre aux défis locaux, tout en favorisant les échanges humains et culturels.

À travers ces différentes initiatives, Dakar et Hanoï confirment leur ambition de construire une relation durable, équilibrée et mutuellement bénéfique. Dans un monde marqué par les défis du climat, de l’alimentation et de l’instabilité géopolitique, cet axe Sénégal–Vietnam pourrait bien devenir l’un des nouveaux visages de la coopération sud-sud innovante et pragmatique.

Souveraineté alimentaire : Mabouba Diagne érige le Vietnam en modèle pour le Sénégal

En marge de la visite officielle du président de l’Assemblée nationale du Vietnam à Dakar, le ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a salué le modèle vietnamien en matière de développement agricole et de souveraineté alimentaire. Pour lui, le Vietnam incarne une réussite inspirante que le Sénégal peut adapter à son propre contexte, à condition d’engager une coopération ambitieuse et équilibrée.

S’exprimant lors d’une table ronde dédiée aux politiques agricoles et aux opportunités d’investissement entre les deux pays, Mabouba Diagne a affirmé que le Vietnam représente « un modèle et une source d’inspiration » pour le Sénégal. Il a mis en lumière l’expérience vietnamienne dans la modernisation de l’agriculture, l’industrialisation et la transformation alimentaire, des domaines dans lesquels le Sénégal affiche encore des retards structurels. Il a souligné la nécessité de rompre avec les anciens schémas de coopération fondés sur une vision réductrice de l’Afrique, souvent limitée à son rôle de marché de consommation.

Le ministre a plaidé pour une approche renouvelée, fondée sur la co-industrialisation et les investissements conjoints. Il a appelé les autorités et investisseurs vietnamiens à s’engager dans des partenariats stratégiques avec le Sénégal dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’agro-industrie, les énergies renouvelables et la transformation alimentaire. Cette vision repose sur un objectif clair : bâtir une souveraineté économique et alimentaire partagée.

Pour illustrer les défis auxquels le Sénégal est confronté, Mabouba Diagne a rappelé l’ampleur des importations alimentaires du pays. Chaque année, plus de 4 millions de tonnes de riz, 860 000 tonnes de lait, 450 000 tonnes de maïs et 347 000 tonnes de fruits et légumes sont importées, pour un coût dépassant les 1,6 milliard d’euros. Face à cette dépendance, le Sénégal ambitionne de cultiver 200 000 hectares supplémentaires afin d’atteindre l’autosuffisance en riz, en misant sur une double campagne agricole annuelle. Cette stratégie suppose des investissements massifs dans la mécanisation, la transformation post-récolte, le stockage et la formation.

Dans cette optique, Mabouba Diagne a cité plusieurs entreprises vietnamiennes actives dans le machinisme agricole, le solaire, la logistique ou encore la transformation agroalimentaire, comme des partenaires potentiels. Il a lancé un appel à l’installation d’usines de transformation au Sénégal, notamment dans le domaine du café, un produit stratégique pour les deux pays. Il a également insisté sur l’importance de renforcer les liens public-privé entre les deux États, en y associant les gouvernements, les entreprises et les institutions financières.

À travers un appel solennel, il a invité le Vietnam à co-produire, co-investir et co-développer avec le Sénégal une nouvelle architecture de souveraineté alimentaire. Pour lui, la réussite du modèle vietnamien en l’espace d’un demi-siècle démontre qu’il est possible, avec vision et engagement, de transformer en profondeur un secteur agricole et d’atteindre l’autosuffisance. Le Sénégal, affirme-t-il, est prêt à suivre ce chemin, avec le Vietnam comme allié stratégique.

Justice paralysée au Sénégal : Alioune Tine exhorte Ousmane Sonko à intervenir pour un dialogue avec les grévistes

Le Sénégal traverse une grave crise dans le secteur de la justice, provoquée par une grève qui dure depuis plusieurs semaines. Face à l’enlisement du conflit, le défenseur des droits humains Alioune Tine appelle le Premier ministre Ousmane Sonko à engager un dialogue direct avec les travailleurs en grève pour trouver une solution juste et durable.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Alioune Tine, fondateur de l’Africa Jom Center, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences de cette paralysie de la justice pour les citoyens. Il insiste sur la nécessité d’éviter une aggravation de la situation, en plaidant pour une approche fondée sur l’écoute et la concertation. Il souligne que seul un dialogue franc entre le gouvernement et les grévistes permettra de sortir de l’impasse. Pour lui, Ousmane Sonko, en tant que chef du gouvernement, est en mesure de conduire personnellement cette médiation. Il estime que son implication directe peut ramener le calme et rétablir le fonctionnement normal des juridictions.

La grève a été déclenchée en juin 2025 par les travailleurs de la justice regroupés au sein de l’entente SYTJUST–UNTJ. Elle est motivée principalement par des revendications liées à l’alignement des greffiers à la hiérarchie A2, un point de blocage que les syndicats jugent non négociable. Depuis le début du mouvement, les audiences sont fortement perturbées, les dossiers bloqués et de nombreux justiciables, notamment les détenus en attente de jugement, se retrouvent dans une situation d’incertitude prolongée.

Face à cette crise persistante, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a tenté d’imposer un retour partiel à la normale en adressant une lettre circulaire aux chefs de juridiction et de parquet. Il leur demande de procéder à des réquisitions afin d’assurer la continuité du service public de la justice. Cette initiative a cependant été très mal accueillie par les syndicats. Dans une déclaration commune, ces derniers dénoncent une atteinte grave au droit de grève, pourtant garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Ils estiment que la circulaire constitue une entrave illégale et inacceptable à l’exercice d’un droit fondamental et préviennent que le mouvement ne faiblira pas sans une réponse satisfaisante du gouvernement.

La situation reste tendue, et la colère monte dans les milieux judiciaires, mais aussi parmi les usagers de la justice qui subissent directement les effets de cette paralysie. C’est dans ce contexte qu’intervient l’appel d’Alioune Tine, qui cherche à éviter une dégradation plus profonde du climat social et institutionnel. Son intervention vise à sensibiliser les autorités sur l’urgence d’un retour au dialogue afin de préserver les fondements mêmes de l’État de droit.

Alors que les regards se tournent vers le Premier ministre, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. L’issue de cette crise dépendra de sa capacité à écouter les revendications légitimes, à faire preuve de flexibilité et à privilégier la concertation sur l’autoritarisme. Le temps presse, car chaque jour de paralysie fragilise davantage l’appareil judiciaire et les droits des citoyens.

Préparatifs du Magal de Touba 2025 : l’État et les Mourides main dans la main pour un événement réussi

À quelques mois du Grand Magal de Touba, prévu pour la fin de l’année 2025, les préparatifs vont bon train. Ce mardi 22 juillet, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion nationale du Comité Régional de Développement (CRD), présidée par le ministre de l’Intérieur en personne. Une rencontre stratégique à laquelle ont pris part Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, président du comité d’organisation et porte-parole du Khalife général des Mourides, des dignitaires de la communauté mouride, des membres du comité et des représentants de nombreux services de l’État.

Au cœur des échanges, le point sur l’état d’avancement des engagements pris par les différentes entités étatiques pour assurer le bon déroulement du Magal. Le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un rapport détaillé faisant état de 127 engagements au total. Sur ce nombre, 32 sont déjà réalisés, 69 en cours d’exécution et 26 seront finalisés dans les tout derniers jours avant le Magal. Ce qui porte le taux global d’exécution à 80 %, un niveau jugé satisfaisant à ce stade des préparatifs.

Les discussions ont porté sur les aspects clés liés à l’organisation du Magal : santé, hygiène, assainissement, approvisionnement en eau, sécurité, et cadre de vie. Les « Mercredis du Magal », sessions hebdomadaires de concertation entre l’administration et le comité d’organisation, ont été salués comme un excellent outil de coordination et de suivi des actions.

Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké a pris la parole pour adresser ses salutations et ses prières aux autorités nationales, notamment au Président de la République et au Premier ministre. Il a félicité la mobilisation des services de l’État et invité à redoubler d’efforts pour atteindre un taux d’exécution de 100 % avant la tenue du Magal. Il a insisté sur l’importance stratégique de Touba, première ville du pays en termes de population, qui nécessite une attention particulière dans l’allocation des ressources nationales.

Le porte-parole du Khalife a également rappelé deux instructions importantes du guide spirituel : l’interdiction formelle de la conduite de charrettes par les mineurs de moins de 18 ans, et l’application stricte des normes de construction dans la ville sainte. Il a exhorté le ministre de l’Intérieur à veiller à l’application de ces directives à travers un appui renforcé aux autorités locales.

En réponse, le ministre de l’Intérieur a salué le professionnalisme du comité d’organisation et la qualité de la collaboration entre les services de l’État et les responsables religieux. Il a réaffirmé l’engagement ferme du chef de l’État, du gouvernement et de toutes les institutions républicaines à soutenir pleinement le Magal dans toutes ses dimensions. Le Général Jean Baptiste Tine, également présent à la rencontre, a exprimé sa satisfaction pour le travail abattu par les acteurs impliqués dans la préparation de cet événement religieux de portée internationale.

La réunion s’est conclue sur une note de prière, formulée pour les autorités du pays, la stabilité nationale et la prospérité du Sénégal. Cette édition 2025 du Magal de Touba s’annonce ainsi sous de bons auspices, portée par une collaboration exemplaire entre l’État et la communauté mouride.

Diplomatie parlementaire : le Sénégal et le Vietnam renforcent leurs liens dans une nouvelle ère de coopération

C’est un moment historique qu’a vécu Dakar ce mercredi 23 juillet 2025. Pour la première fois depuis l’établissement des relations diplomatiques entre le Sénégal et le Vietnam en 1969, le Président de l’Assemblée nationale vietnamienne, Son Excellence Trần Thanh Mẫn, a effectué une visite officielle de trois jours dans la capitale sénégalaise. Il a été reçu avec tous les honneurs par son homologue sénégalais, El Malick Ndiaye, dans un contexte où les deux pays entendent approfondir leur coopération, non seulement au plan parlementaire, mais aussi économique et stratégique.

Le point d’orgue de cette visite a été la signature d’un accord de coopération parlementaire entre les deux institutions. À l’issue d’un entretien en tête-à-tête suivi de discussions élargies avec les délégations respectives, les deux présidents d’assemblée ont affiché une volonté commune de donner un nouveau souffle à la diplomatie parlementaire. L’accord signé jette les bases d’un partenariat structuré et durable, avec pour objectif de promouvoir le dialogue entre élus, l’échange de bonnes pratiques législatives, et le renforcement des capacités des parlements respectifs.

Un moment particulièrement symbolique a été la présentation officielle des groupes d’amitié parlementaire Sénégal–Vietnam, preuve tangible de la volonté des deux pays d’approfondir les liens de fraternité, de solidarité et de coopération. Le Président Trần Thanh Mẫn a par ailleurs signé le livre d’or de l’Assemblée nationale sénégalaise, saluant l’accueil chaleureux qui lui a été réservé et réaffirmant les valeurs de respect mutuel qui lient les deux peuples.

Mais cette visite ne s’est pas limitée aux échanges institutionnels. Elle a également donné lieu à une table ronde économique de haut niveau, organisée par l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX). Cette rencontre stratégique a permis de réunir des décideurs politiques, des représentants du secteur privé et des investisseurs venus des deux pays. L’objectif était clair : explorer les opportunités de coopération commerciale, identifier des niches d’investissement, et initier des partenariats dans des secteurs clés comme l’agriculture, l’agroalimentaire ou encore l’énergie.

Parmi les projets en cours de discussion figure un accord de coopération agricole, ainsi qu’un partenariat stratégique sur l’approvisionnement en riz, une denrée essentielle pour la sécurité alimentaire du Sénégal. Ces initiatives marquent un tournant décisif dans les relations économiques bilatérales, avec un accent mis sur le développement durable, la complémentarité des économies et la valorisation des ressources locales.

Au-delà des symboles et des discours, cette visite officielle consacre une dynamique nouvelle entre le Sénégal et le Vietnam, deux pays qui partagent une vision commune du développement solidaire, du respect mutuel et du dialogue entre les peuples. En renforçant les passerelles parlementaires et en posant les jalons d’une coopération économique solide, Dakar et Hanoï ouvrent une nouvelle page de leur partenariat, tournée vers l’avenir.

Affaire Diakhaté–Fofana : le délibéré encore reporté, pour la troisième fois

L’affaire judiciaire impliquant l’ancien député Moustapha Diakhaté et le chroniqueur Bachir Fofana connaît un nouveau report. Le délibéré, initialement attendu ce mardi 23 juillet 2025, a été à nouveau renvoyé, cette fois au 30 juillet, en raison de la poursuite de la grève des greffiers.

Il s’agit du troisième report consécutif dans cette procédure. Le verdict devait être rendu pour la première fois le 16 juillet, avant d’être repoussé d’une semaine, puis à nouveau ajourné ce jour. Un scénario qui prolonge l’incertitude judiciaire et maintient les deux prévenus en détention provisoire.

Cette nouvelle échéance, bien qu’administrative, pèse lourd sur le moral des proches des mis en cause, d’autant que les motifs de l’accusation, eux, n’ont toujours pas été publiquement précisés en détail. L’avocat de la défense a exprimé sa frustration face à ces retards répétés, qui empêchent tout éclaircissement sur la suite du dossier.

Farba Ngom : bracelet électronique maintenu pour ses frères, une inculpation rejetée pour le maire des Agnams

Nouvelle évolution dans l’affaire judiciaire qui secoue Farba Ngom et son entourage. Ce mercredi, la Chambre d’accusation s’est prononcée sur plusieurs points sensibles du dossier. Elle a d’abord confirmé la décision de placement sous bracelet électronique des deux frères du député-maire des Agnams, mis en cause dans une affaire de transaction financière douteuse portant sur un montant de 4 milliards FCFA, viré depuis le Trésor public en juin 2022.

Les deux frères de Farba Ngom sont inculpés pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, complicité d’escroquerie sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Leur mise sous surveillance électronique, décidée par le juge d’instruction du premier cabinet financier, avait été contestée par le parquet, qui réclamait leur incarcération. La Chambre d’accusation a finalement tranché en faveur du maintien de la mesure initiale, rejetant ainsi l’appel du ministère public.

Dans le même dossier, la Chambre s’est également penchée sur le cas de Farba Ngom lui-même. Elle a rejeté l’une des principales charges qui pesaient contre lui, à savoir l’inculpation pour association de malfaiteurs en bande organisée. Une décision qui allège partiellement le fardeau judiciaire du maire des Agnams, sans toutefois remettre en cause les autres poursuites engagées à son encontre.

Parallèlement, un nouveau rebondissement médical est intervenu mardi 22 juillet. Le juge d’instruction Idrissa Diarra, saisi de la demande de liberté provisoire formulée par les avocats de Farba Ngom le 10 juillet dernier, a refusé d’accéder à cette requête, en dépit d’une première expertise médicale concluant que l’état de santé du prévenu était incompatible avec une détention carcérale. Le magistrat a cependant ordonné une contre-expertise médicale, en désignant un trio de médecins pluridisciplinaires chargés d’évaluer de manière indépendante la condition physique du député incarcéré depuis février 2025.

Le collège médical désigné comprend le professeur Serigne Maguèye Guèye, chef du service d’urologie de l’Hôpital Général Idrissa Pouye, le docteur Pape Saliou Mbaye, spécialiste en hépatologie et gastro-entérologie, et le docteur Ousmane Dièye, cardiologue. Leur mission est de produire un rapport circonstancié sur la capacité de Farba Ngom à supporter une incarcération prolongée.

Magal 2025 : Autorités religieuses et gouvernement en concertation pour les derniers réglages

À quelques semaines du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur du calendrier sénégalais, les préparatifs s’accélèrent. Ce mardi, le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a accueilli la réunion du Comité Régional de Développement (CRD) national, consacrée aux derniers ajustements avant le rassemblement. Présidée par le Ministre de l’Intérieur, la rencontre s’est tenue en présence de Serigne Bassirou Abdou Khadr Mbacké, porte-parole du Khalife général des Mourides et président du comité d’organisation du Magal, aux côtés des dignitaires religieux, des représentants de l’administration et des principaux acteurs engagés.

Lors de cette séance stratégique, le gouverneur de la région de Diourbel a présenté un état d’avancement précis des engagements pris. Sur les 127 points inscrits dans la feuille de route, 32 sont entièrement réalisés, 69 sont en cours de finalisation et 26 devraient l’être dans les prochains jours. Le taux global d’exécution est estimé à 80 %, reflet d’une mobilisation constante et coordonnée entre les différents services impliqués.

Les discussions ont porté sur plusieurs axes prioritaires, notamment la santé publique, l’hygiène, l’assainissement, l’approvisionnement en eau, la logistique, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que l’amélioration générale du cadre de vie dans la ville sainte de Touba. Le cadre hebdomadaire des « Mercredis du Magal », instauré pour assurer un suivi régulier, permet aux équipes techniques et administratives de maintenir un haut niveau de coordination.

Prenant la parole, Serigne Bassirou Abdou Khadr a salué les efforts déployés par l’ensemble des acteurs, tout en insistant sur la nécessité de maintenir le rythme afin d’atteindre un taux d’exécution de 100 %. Il a également rappelé des points essentiels : le respect strict de l’interdiction de la conduite de charrettes par des mineurs, l’obligation de se conformer aux normes de construction, ainsi que la nécessité d’obtenir un permis de bâtir pour toute édification dans la ville sainte. Il a, en outre, souligné le rôle stratégique de Touba dans la répartition des ressources nationales.

Le Ministre de l’Intérieur a, quant à lui, salué l’efficacité et l’exemplarité du comité d’organisation. Il a réaffirmé l’engagement du Président de la République et du gouvernement à accompagner les préparatifs et à garantir les meilleures conditions de déroulement du Magal. Des prières ont été formulées pour la paix, la stabilité du pays et la réussite de cet événement spirituel de portée nationale et internationale.

Affaire Farba Ngom : La Chambre d’accusation rejette l’inculpation pour association de malfaiteurs

Dans le dossier judiciaire visant Farba Ngom, maire d’Agnam et figure politique influente de la région de Matam, un tournant décisif vient d’être enregistré. La Chambre d’accusation financière a rejeté la demande d’inculpation pour association de malfaiteurs en bande criminelle organisée, formulée par le procureur dans le cadre d’un réquisitoire supplétif.

L’information a été confirmée par l’un des avocats de Farba Ngom, Me Baboucar Cissé, qui s’est félicité de cette décision. Selon lui, la requête du parquet manquait de fondement juridique solide et relevait davantage d’un acharnement que d’une démarche fondée sur des éléments probants.

Dans la même veine, la Chambre a confirmé le placement sous bracelet électronique des deux frères de Farba Ngom, Ismaïla et Birane Ngom. Le parquet, qui souhaitait leur incarcération, a également vu sa demande rejetée.

Pour rappel, cette affaire, aux multiples ramifications, avait connu un rebondissement avec l’élargissement des chefs d’inculpation. Mais la Chambre d’accusation semble désormais vouloir recentrer le dossier sur les faits établis, écartant les charges jugées excessives.

Cette décision, qui allège la pression judiciaire sur Farba Ngom et ses proches, pourrait relancer les spéculations politiques autour de son avenir au sein du landerneau politique national.

AFFLUENCE RECORD À REBEUSS – Badara Gadiaga : un héros entre quatre murs

À Rebeuss, Badara Gadiaga ne cesse de gagner en stature. Devenu le détenu le plus sollicité du pays, il reçoit un nombre impressionnant de visites, au point que seules les personnes de sa famille peuvent désormais le voir. Si l’objectif était de le réduire au silence, sa détention est en train de forger, à l’abri des projecteurs, une figure politique d’envergure. Souvent, la prison ne brise pas les voix libres ; elle les façonne ! Elle polit l’homme politique, le journaliste ou tout citoyen dont la liberté d’expression dérange.

À la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss, un phénomène sans précédent est en train de se produire. Depuis son incarcération, Badara Gadiaga, chroniqueur au verbe tranchant et à la popularité grandissante, attire une foule sans commune mesure. Il est aujourd’hui, et de loin, le prisonnier le plus sollicité du Sénégal. Jamais un détenu n’a reçu autant de visites en si peu de temps. Le nom de Badara Gadiaga résonne désormais bien au-delà des murs de sa cellule. Un monstre politique est né !
Selon des informations recueillies par « Le Dakarois Quotidien », les visiteurs se pressent chaque jour aux portes de la prison de Reubeuss, venant des quatre coins du pays, mais aussi de l’étranger. Des États-Unis d’Amérique jusqu’aux régions les plus reculées du Sénégal, tous veulent apercevoir, saluer ou, simplement, témoigner leur soutien à celui qui, en quelques jours, est devenu une véritable icône. Face à l’affluence record, l’administration pénitentiaire a dû prendre des mesures drastiques. Selon notre source, seuls les membres de sa famille proche sont désormais autorisés à lui rendre visite. Une restriction rendue nécessaire tant la liste d’attente s’allonge chaque jour.
Sans doute fatigué par cette effervescence permanente, Badara Gadiaga peine même à trouver un moment de répit. Le flot continu de demandes de visites, courriers, et messages de solidarité laisse peu de place à l’intimité ou au repos. Pourtant, loin de l’affaiblir, cette situation semble le propulser encore davantage sous les projecteurs. Loin de tomber dans l’oubli comme certains l’espéraient peut-être, le chroniqueur de Jakaarlo Bi s’impose peu à peu comme l’une des figures les plus marquantes de cette période post-alternance.
En effet, les signes ne trompent pas. Lors de sa simple convocation à la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), des centaines de personnes avaient spontanément afflué pour le soutenir. Une scène qui rappelle les grandes mobilisations populaires, mais qui, depuis l’arrivée au pouvoir du tandem Diomaye–Sonko, n’a même pas été égalée par les rares marches autorisées.
Ce que l’on observe aujourd’hui à Reubeuss dépasse le cadre carcéral. C’est un fait politique majeur. L’arrestation de Badara Gadiaga, loin d’éteindre sa voix, a réveillé une dynamique inédite. Il cristallise frustrations, espoirs et admiration. Loin des partis traditionnels, doctrines et appareils politiques, c’est dans l’univers carcéral que semble s’écrire une nouvelle page de l’engagement populaire.
Badara Gadiaga, qui ose dire, sans écart de langage, ce que bon nombre de ses concitoyens pensent, n’est plus simplement un chroniqueur emprisonné. Il est devenu un symbole. Et dans ce tumulte de soutien populaire, un constat s’impose : un monstre politique est bel et bien né !

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°519 – 23/07/2025

🔴 AFFLUENCE RECORD À REBEUSS / BADARA GADIAGA : UN HÉROS ENTRE QUATRE MURS
🔴 L’EX-DG D’ANAMO CITÉ DANS UNE AFFAIRE DE 600 MILLIONS F CFA : MAODO MALICK MBAYE TOMBE

🔴 LSFP / CANDIDATURE DE MOHAMED DJIBRIL WADE : UN PROFIL QUI COCHE TOUTES LES CASES
🔴 CRÉATION D’UNE FÉDÉRATION NATIONALE : LA LUTTE SÉNÉGALAISE FRANCHIT UN CAP

Affaire Anamo : Maodo Malick Mbaye, ex-DG, placé sous mandat de dépôt dans un dossier de 600 millions FCFA

L’affaire de détournement présumé de fonds publics à l’Agence Nationale de la Maison de l’Outil (Anamo) franchit un nouveau cap. Ce jeudi 23 juillet 2025, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’agence, a été placé sous mandat de dépôt, selon des informations révélées par Dakaractu. Il est au cœur d’une enquête portant sur un détournement présumé de 600 millions de francs CFA, une affaire qui remonte à la période du régime de l’ancien président Macky Sall.

Tout est parti d’une plainte déposée par l’actuel directeur général de l’Anamo, Omar Ndiaye. Cette initiative a déclenché une série d’arrestations ciblant plusieurs anciens responsables de l’agence, dont l’ex-directeur administratif et financier (DAF), déjà interpellé dans le cadre de la même affaire. Le scandale concerne une gestion financière jugée opaque, avec des soupçons de détournements massifs au détriment des finances publiques.

L’enquête judiciaire s’est accélérée ces dernières semaines, mettant à nu de possibles pratiques frauduleuses ayant affecté les caisses de l’Anamo. Le montant en question – 600 millions de FCFA – fait l’objet d’un audit et d’un examen minutieux par les autorités compétentes. Plusieurs documents comptables, signatures et bons de commande seraient au centre des investigations, afin de retracer la chaîne des responsabilités.

Mis en cause par son ancien directeur administratif et financier, Maodo Malick Mbaye s’était exprimé il y a quelques semaines depuis l’étranger, niant fermement toute implication. « Je n’ai posé aucun acte délictuel dans la gestion du dossier en question. S’il y a imitation de signature, le coupable est clairement identifié », avait-il déclaré, tout en rejetant l’idée d’être utilisé comme « bouc émissaire ».

Son retour au Sénégal et sa mise en détention préventive relancent l’affaire, que beaucoup suivent avec attention, tant elle soulève des interrogations sur la gestion passée d’organismes publics sous l’ancien régime.

Cette arrestation intervient dans un contexte politique marqué par une volonté de « rupture » prônée par les nouvelles autorités. Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko a affiché sa détermination à faire la lumière sur la gestion des ressources publiques durant les années Macky Sall. De nombreux dossiers ont été rouverts, notamment dans les domaines de la gouvernance financière et des passations de marchés publics.

Le placement sous mandat de dépôt de Maodo Malick Mbaye ouvre désormais la voie à une possible mise en accusation formelle. La justice devra déterminer les responsabilités précises de chacun des acteurs impliqués dans cette affaire. L’opinion publique, de son côté, attend des réponses claires, dans un climat où les attentes en matière de reddition des comptes sont plus fortes que jamais.

Renforcement des liens diplomatiques : Le Président de l’Assemblée nationale du Vietnam reçu en grande pompe à Dakar par El Malick Ndiaye

Le mardi 22 juillet 2025 restera une date mémorable dans l’histoire des relations diplomatiques entre le Sénégal et le Vietnam. Pour la toute première fois depuis l’établissement des liens officiels il y a 56 ans, Son Excellence Trân Thanh Mân, Président de l’Assemblée nationale vietnamienne, a été accueilli à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass par son homologue sénégalais, El Malick Ndiaye. Cette visite officielle, accompagnée d’une délégation impressionnante de 140 membres comprenant parlementaires, ministres, maires et représentants du secteur privé, marque un tournant majeur dans la coopération bilatérale.

Cette rencontre s’inscrit dans une volonté conjointe des deux pays de renforcer la diplomatie parlementaire, un vecteur essentiel pour consolider leurs relations. En effet, la diplomatie entre institutions législatives ouvre de nouvelles perspectives pour la coopération multiforme, allant bien au-delà des relations traditionnelles. Pour le Sénégal, ce rapprochement avec le Vietnam représente une opportunité stratégique d’approfondir ses partenariats internationaux et d’élargir ses horizons économiques et politiques.

Durant son séjour, le Président Trân Thanh Mân est attendu pour des entretiens de haut niveau avec le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, puis avec le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces discussions promettent d’aborder des sujets clés portant sur le renforcement des échanges économiques, agricoles et législatifs entre les deux pays.

Plusieurs accords bilatéraux devraient être signés à cette occasion. Ces accords porteront sur des domaines stratégiques, notamment la coopération interparlementaire, l’économie et l’agriculture. Ils symbolisent un engagement mutuel à développer des projets communs et à favoriser un développement durable au bénéfice des deux nations. Cette étape illustre également la volonté des deux États d’adopter une démarche pragmatique et innovante dans leur collaboration.

Le communiqué officiel publié par l’Assemblée nationale du Sénégal insiste sur l’importance de cette visite pour la diplomatie parlementaire, présentée comme un levier fondamental pour la paix, la stabilité et le progrès social. En effet, en rapprochant leurs institutions législatives, le Sénégal et le Vietnam se donnent les moyens de renforcer la gouvernance démocratique tout en promouvant une coopération basée sur le respect mutuel et l’intérêt commun.

Cette visite historique, fruit d’une relation diplomatique vieille de plus d’un demi-siècle, ouvre ainsi une nouvelle ère d’échanges fructueux entre Dakar et Hanoï. Elle témoigne de la volonté des deux pays d’œuvrer ensemble pour un avenir plus prospère, en mettant la diplomatie parlementaire au centre de leur stratégie commune. Le Sénégal et le Vietnam réaffirment par cet événement leur détermination à bâtir un partenariat solide, durable et porteur d’espoir pour leurs peuples respectifs.

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Crise à la Poste : Tamsir Sall dénonce l’absence de stratégie et propose une réforme audacieuse pour relancer l’institution

Face aux difficultés chroniques que traverse la Poste sénégalaise, Tamsir Sall, président du Mouvement AFAF, a choisi de briser le silence. Dans une note rendue publique, il alerte sur l’état préoccupant de cette structure publique qu’il estime essentielle pour l’économie nationale, et avance une proposition aussi singulière qu’audacieuse pour sa relance.

Selon lui, la crise actuelle de la Poste est symptomatique d’un mal plus profond : l’absence de vision stratégique, de planification efficace et de lisibilité dans la gestion. « L’économie sénégalaise est actuellement plongée dans une baie de sable mouvant. Il appartient désormais à tout un chacun, de quelque bord qu’il se situe, d’apporter sa contribution pour éviter que notre cher Sénégal ne soit englouti », avertit-il en introduction.

À travers son plaidoyer, Tamsir Sall ne se contente pas d’un diagnostic. Il propose une série de mesures structurantes, qu’il qualifie de solution pratique, pour redresser cette institution en difficulté. Sa « recette » repose sur une législation inédite visant les acteurs économiques étrangers opérant sur le sol sénégalais.

L’idée centrale est d’obliger toute personne étrangère résidant au Sénégal, et dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 500 millions de francs CFA, à ouvrir un compte exclusivement à la Poste. Selon lui, cela permettrait à la structure d’élargir considérablement sa base clientèle, tout en injectant des ressources financières nouvelles dans ses circuits.

Mais il va plus loin : il appelle à l’adoption de trois lois précises par l’Assemblée nationale. La première rendrait obligatoire pour les étrangers concernés l’ouverture d’un compte à la Poste. La seconde interdirait formellement à ces mêmes personnes d’ouvrir un compte dans une autre institution bancaire. La troisième criminaliserait la thésaurisation de liquidités par les ressortissants étrangers établis au Sénégal.

Derrière cette proposition, Tamsir Sall poursuit un triple objectif : renforcer la visibilité des flux financiers générés par les étrangers, améliorer la fiscalisation de leurs revenus, et revitaliser la Poste par un afflux contrôlé de capitaux.

À ses yeux, cette mesure serait salvatrice. « Cette réforme permettra sans nul doute à la Poste de se refaire une peau neuve et de sortir de sa longue et douloureuse agonie », conclut-il, non sans insister sur le caractère urgent de la situation.

La note de Tamsir Sall intervient dans un contexte où plusieurs structures publiques souffrent d’un manque de ressources et d’une crise de confiance. Sa proposition, bien qu’ambitieuse, risque de susciter un large débat, notamment en ce qui concerne sa faisabilité juridique et son impact sur les investissements étrangers.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°518 – 22/07/2025

🔴 « LE SÉNÉGAL NE SERA JAMAIS UNE DICTATURE DE TRANSITION » : BARTH’ DÉFIE LE TANDEM
🔴 KEUR MOUSSA / LE VICARIAT ET LA FAMILLE FILFILI ACCUSÉS DE SPOLIATION FONCIAIRE : LES HABITANTS DÉTERMINÉS À MOURIR POUR LEUR TERRE

🔴 ZIGUINCHOR / DON MÉDICAL DE 10 MILLIONS F CFA : NICOLAS JACKSON JOUR SOLIDAIRE
🔴 PRÉPARATIFS AFROBASKET FÉMININ 2025 : LE SÉNÉGAL S’INCLINE FACE AU MALI

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°517 – 21/07/2025

🔴 « INSULTEZ CEUX QUI INSULTENT OUSMANE SONKO », DIT LE MINISTRE DE L’ÉNERGIE, DU PÉTROLE ET DES MINES AUX MILITANTS DE PASTEF : ENCORE LUI !
🔴 CRISE DE GOUVERNANCE ET SÉQUELLES POST TRAUMATIQUES : ÉLIMANE KANE PRESCRIT UN PSY À SONKO

🔴 LUTTE : SITEU DÉCHIRE LE MYTHE BG2 !
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL : LES JUNIORS DU CASA SPORTS DÉCROCHENT LE TITRE

Lutte contre le faux monnayage et le trafic illicite : les Douanes sénégalaises saisissent plus de 3,5 milliards de francs CFA en billets noirs et médicaments contrefaits

Les Douanes sénégalaises intensifient leur croisade contre la criminalité économique. Entre fin juin et mi-juillet 2025, plusieurs opérations menées dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine et Saint-Louis ont permis la saisie de billets noirs d’une valeur de plus de 3,58 milliards de francs CFA ainsi que de plus de 600 kg de faux médicaments. Des actions coordonnées et décisives qui témoignent de la vigilance accrue des unités douanières sur l’ensemble du territoire national.

La plus importante saisie a été opérée le 28 juin 2025 par la Brigade mobile des Douanes de Fatick, suite à l’exploitation d’un renseignement stratégique. Un premier suspect a été arrêté à Foundiougne, dans une maison en construction où il avait dissimulé un carton rempli de billets noirs. L’enquête a rapidement mené les agents vers un deuxième complice, appréhendé à Fatick, au quartier Ndiaye-ndiaye.

Leur butin : 679 coupures en euros dissimulées dans des cartons, représentant une contrevaleur estimée à 3.390.075.000 francs CFA. Les deux individus ont été placés à la disposition du Parquet financier, qui devra établir les ramifications de ce réseau de faux monnayeurs.

Le 17 juillet 2025, la Brigade mobile des Douanes de Nioro, relevant de la Subdivision de Kaolack, a réalisé une autre saisie importante. Agissant sur la base d’un renseignement, les douaniers ont fait irruption dans une auberge de Kaolack où un faussaire, âgé d’une quarantaine d’années, conservait 3400 coupures de 100 dollars en billets noirs. La valeur estimée de cette fausse monnaie atteint 191 millions de francs CFA. Le mis en cause a été interpellé et remis à la justice.

La lutte contre le trafic de produits pharmaceutiques illicites se poursuit également. À Kaffrine, la Brigade mobile des Douanes a mis la main sur 581 kg de faux médicaments, transportés à bord d’une Peugeot 307 break. Pris en filature sur l’axe Kaffrine-Mbar, le véhicule a été stoppé à Colobane, sur la route de Mbacké, après une course-poursuite. Le chargement, composé essentiellement de comprimés de Chlorphenamine, est estimé à 189 millions de francs CFA avec le véhicule. Un individu a été arrêté et déféré au Parquet de Kaffrine.

Au nord du pays, la Brigade mobile des Douanes de Richard-Toll a intercepté, le 07 juillet 2025 vers 3h30 du matin, une importante cargaison au débarcadère de Ndiaw. La saisie comprend 3363 boîtes de produits vétérinaires et 826 boîtes de médicaments contrefaits, pour une contrevaleur estimée à 26 millions de francs CFA.

Dans un communiqué publié par sa Division de la Communication, l’Administration des Douanes sénégalaises a réaffirmé sa détermination à lutter contre toutes les formes de criminalité économique et financière, notamment le faux monnayage, le trafic de faux médicaments et autres activités illicites mettant en péril l’économie nationale et la santé publique.

Crise de gouvernance et séquelles posttraumatiques : Elimane Kane appelle à une prise en charge psychologique du Premier ministre Ousmane Sonko

Dans une intervention dense et sans filtre, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa et figure majeure de la société civile sénégalaise, a pris la parole ce dimanche 20 juillet 2025 sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » diffusée sur Pressafriktvhd. L’invité du jour n’a pas mâché ses mots pour décrire l’état du pays, la profondeur des blessures sociales et politiques laissées par les années de tension, et la nécessité urgente d’une justice réparatrice pour espérer panser les plaies de la nation. Il a également appelé à une approche humaine vis-à-vis du Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il juge psychologiquement marqué par les événements récents.

Pour Elimane Kane, la réconciliation nationale, régulièrement brandie comme mot d’ordre depuis l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, ne pourra pas être effective tant que les traumatismes vécus entre 2021 et 2024 n’auront pas été reconnus et traités. Selon lui, la douleur est encore vive chez de nombreuses familles sénégalaises, marquées par la perte d’un proche, les blessures physiques ou les séquelles psychologiques consécutives aux multiples épisodes de répression.

« C’est un traumatisme psychique qui n’est pas encore réglé. Il touche même les gouvernants. La réconciliation ne pourra pas se faire aussi facilement parce que le mal est profond », a-t-il déclaré. Dans cette logique, il appelle à un processus de vérité et justice pour établir les responsabilités et rendre justice aux victimes. À ses yeux, la solution se trouve entre les mains de la justice : « Ce que le Sénégal a vécu, il faut le vider judiciairement, sinon tout peut éclater à nouveau. »

L’intervention d’Elimane Kane prend une tournure plus directe lorsqu’il évoque Ousmane Sonko, l’actuel Premier ministre et figure centrale de l’opposition sous l’ancien régime. Il affirme que ce dernier est lui-même une victime collatérale de cette instabilité, mais également un acteur central des événements ayant mené à des pertes humaines.

« Ousmane Sonko a subi des procès, des mesures administratives injustes, des restrictions de liberté. Mais il est aussi la raison principale pour laquelle beaucoup de jeunes sont sortis manifester, parfois au péril de leur vie. Le lien entre son vécu personnel et le bilan humain est fort. Il porte ce poids. Et ça, c’est un traumatisme. »

C’est dans ce sens qu’il suggère que le Premier ministre bénéficie d’un accompagnement psychologique. Il insiste sur le fait qu’un tel soutien ne relève pas de la faiblesse mais de la lucidité et du devoir d’introspection pour un homme appelé à diriger le gouvernement dans une période aussi sensible.

« Si j’étais un de ses proches, je lui dirais : Monsieur le Premier ministre, vous devez avoir une prise en charge psychologique. Il a besoin de parler, de se libérer. Tant qu’il garde tout à l’intérieur, il va s’énerver facilement, il va faire des sorties inappropriées, comme on l’a vu récemment. Et cela peut nuire au pays. »

Le président de Legs Africa a également évoqué la difficulté de passer en quelques semaines de prisonnier politique à chef de gouvernement, dans un contexte où l’État lui-même est exsangue. Pour lui, le décalage entre les attentes immenses des populations et les réalités de la gestion publique crée un second choc, difficile à absorber.

« Ousmane Sonko est passé de la cellule au Palais. On lui a confié une mission historique. Mais une fois au pouvoir, il découvre un État délabré, des moyens limités, une économie à bout de souffle, et des citoyens impatients. Cela crée une dissonance terrible entre ses convictions de campagne et la dure réalité. C’est un second traumatisme. »

Dans son intervention, Elimane Kane a martelé qu’aucune reconstruction nationale ne pourra être durable si la vérité n’est pas dite sur les responsabilités politiques et sécuritaires des dernières années. « Il faut établir une vérité historique sur la période 2021-2024. Ce n’est qu’à ce prix qu’on pourra véritablement tourner la page. » Il estime que la justice doit avoir les mains libres pour statuer, juger, et refermer les dossiers ouverts dans la douleur.

Enfin, il a lancé un appel aux nouvelles autorités, les invitant à faire preuve de plus d’ouverture et à renforcer la transparence dans la gestion des dossiers de souveraineté et de refondation de l’État. Il préconise la mise en place de commissions de spécialistes indépendants, capables d’épauler le pouvoir dans ses décisions stratégiques.

L’intervention d’Elimane Kane agit comme un rappel fort que la politique ne se résume pas aux discours et aux plans d’action, mais touche aussi à l’intime, au psychologique, au vécu profond des acteurs comme des citoyens. Pour lui, si le Sénégal veut guérir durablement, il devra commencer par reconnaître ses blessures et soigner ses traumatismes, y compris au sommet de l’État.

Tensions au sommet : Elimane Kane alerte sur une possible crise à la Senghor-Mamadou Dia entre Diomaye et Sonko

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de Legs Africa, a livré une analyse aussi lucide qu’inquiétante de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Pour ce membre influent de la société civile, les signes d’un désaccord profond entre les deux hommes forts du régime Pastef sont visibles, et pourraient rappeler un épisode tragique de l’histoire politique sénégalaise : la crise institutionnelle de 1962 entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia.

« Ce qui s’était passé en 1962 peut se reproduire entre Sonko et Diomaye », a-t-il averti, en faisant référence à la fracture historique entre le président Senghor et son chef de gouvernement Mamadou Dia, qui avait abouti à l’emprisonnement de ce dernier et à un tournant autoritaire dans la gouvernance du pays.

Pour Elimane Kane, le malaise entre les deux hommes n’est plus à démontrer. La sortie récente d’Ousmane Sonko, qui a publiquement reproché à Diomaye Faye son silence face aux attaques dirigées contre lui, en est une parfaite illustration. « Les deux dansent, mais pas la même musique », résume-t-il, soulignant une divergence stratégique flagrante au sommet de l’État. Selon lui, le président agit selon les conseils de son entourage proche, tandis que le Premier ministre suit ceux de son propre camp. Résultat : une fracture idéologique et politique, bien qu’ils soient issus du même parti.

L’expert n’a pas manqué de citer des exemples précis pour illustrer ces dissensions, notamment la visite du président Diomaye Faye en France et son audience avec Emmanuel Macron, ainsi que sa rencontre avec l’ancien président Abdou Diouf. Des actes qu’Ousmane Sonko, dans sa logique de rupture avec l’ancien système, aurait difficilement pu assumer ou même cautionner.

Sur un autre front, Elimane Kane a également réagi aux propos virulents du Premier ministre à l’égard de la société civile, que ce dernier avait qualifiée de « fumiers » lors d’une précédente sortie. Bien que ne se sentant pas personnellement visé, Kane a fermement condamné la généralisation de ces attaques : « Il a offensé notre Chef d’État, il a offensé notre justice, il a offensé la presse, il a ciblé même des organes, et pour finir, la société civile. »

Plus encore, le président de Legs Africa a dénoncé une dérive autoritaire inquiétante dans les propos d’Ousmane Sonko, rappelant que celui-ci a clairement évoqué sa volonté d’instaurer un État-parti. Une perspective que Kane juge inacceptable au Sénégal : « Il ne peut pas y avoir de dictature au Sénégal. On ne va pas l’accepter. Il ne peut pas intimider ou faire taire les gens. À défaut de tous nous tuer ou nous envoyer en prison, la dictature ne passera pas. »

Au-delà du constat d’un désaccord croissant, Elimane Kane tire ici la sonnette d’alarme : si les lignes de fracture ne sont pas rapidement contenues, le Sénégal pourrait être confronté à une crise institutionnelle inédite depuis l’indépendance. À l’heure où le pays aspire à une gouvernance apaisée et à des réformes profondes, les tensions internes au sommet de l’État pourraient fragiliser davantage un équilibre déjà précaire.

Dialogue politique : Elimane Kane prend ses distances avec l’opposition et plaide pour une refondation du système démocratique

Invité de l’émission « FACE AU JURY » diffusée ce dimanche sur PressAfrikTVHD, Elimane Kane, président de l’organisation Legs Africa, a livré une lecture singulière du dialogue politique national récemment clôturé. Contrairement à plusieurs figures de l’opposition qui ont exprimé leur mécontentement, notamment sur la remise des conclusions, Elimane Kane a tenu à marquer sa différence : « Je ne suis pas du même avis que l’opposition sur la remise des conclusions du dialogue, parce que le président de la République a la primeur », a-t-il affirmé d’entrée.

Pour le leader de la société civile, les critiques ne devraient pas porter sur la procédure de restitution, mais plutôt sur la nature même du dialogue et la manière dont il a été conçu. À ses yeux, le véritable problème réside dans les termes de référence définis pour ce processus. « Tout tournait autour du système électoral », a-t-il regretté, estimant que cette focalisation a considérablement limité la portée du débat. Il note par ailleurs que ces termes ont été fixés par la Direction générale des élections, et que même le rapporteur était un spécialiste des questions électorales. Dès lors, ajoute-t-il, « il était difficile que les discussions dépassent ce cadre très technique ».

Elimane Kane s’est voulu toutefois nuancé. Il a salué l’organisation générale du dialogue, qu’il juge satisfaisante dans sa forme : « Hormis les termes de référence, il n’y a aucun problème à signaler. Tout s’est passé comme prévu, le facilitateur était un membre de la société civile, dans l’ensemble c’était bien ». Ce satisfecit partiel contraste avec les dénonciations virulentes de certains opposants, mais ne signifie pas pour autant une approbation du système actuel.

Car c’est là que se situe le cœur de sa critique : pour lui, il faut sortir de la logique d’une démocratie cantonnée à une simple compétition entre partis politiques. « Le système politique ne doit pas se limiter à la compétition entre acteurs partisans », a-t-il martelé. Selon le président de Legs Africa, il est urgent d’élargir le champ démocratique à la participation citoyenne. « Il faut que le citoyen soit intégré dans les mécanismes de fonctionnement du système politique. C’est à cette condition que la démocratie deviendra réellement représentative. »

Très critique vis-à-vis de la démocratie représentative telle qu’elle fonctionne actuellement, Elimane Kane affirme qu’elle a échoué : « C’est pourquoi on parle de député de tel parti ou de tel président, au lieu de parler de député du peuple. » Il plaide ainsi pour une refondation du système politique, qui permette aux citoyens de retrouver une place centrale dans la gouvernance publique. Un plaidoyer qui rejoint les aspirations de nombreux acteurs de la société civile, désireux de rééquilibrer le pouvoir entre les institutions, les partis et les citoyens.

Les propos d’Elimane Kane interviennent dans un contexte marqué par une défiance croissante envers les mécanismes traditionnels de la démocratie sénégalaise. Ils soulignent une volonté de remettre en question les bases mêmes de la représentation politique, au moment où le pays tente de tourner la page d’un cycle électoral tendu et de poser les jalons d’un nouveau modèle de gouvernance.

Crise de confiance dans la justice : Cheikh Thioro Mbacké appelle à un remaniement profond du système judiciaire

Invité ce dimanche 13 juillet sur les ondes de Radio Sénégal Internationale, dans l’émission « En Vérité », Cheikh Thioro Mbacké, vice-président de l’Assemblée nationale et figure de proue de PASTEF à Touba, a livré un diagnostic sans complaisance de l’état actuel de la justice au Sénégal. Avec des mots durs mais pesés, il a pointé du doigt un appareil judiciaire qu’il juge encore verrouillé par des logiques anciennes, loin de l’esprit de rupture prôné par le nouveau régime.

Réagissant aux récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, qui s’est publiquement insurgé contre l’inaction du système judiciaire face aux attaques répétées le visant, Cheikh Thioro Mbacké a soutenu que le malaise est profond. « C’est uniquement sous notre régime que des individus, pourtant clairement identifiés, se permettent d’insulter publiquement le Premier ministre sans encourir la moindre sanction », a-t-il déploré. Pour lui, cette impunité constitue une forme de justice sélective, symptomatique d’un appareil qui refuse de se départir de ses anciens réflexes.

À travers ce constat, le parlementaire dénonce une contradiction majeure entre le discours de rupture et les pratiques observées au sein de l’appareil judiciaire. Il regrette une forme de deux poids deux mesures qui pénalise les militants du pouvoir tout en ménageant ceux de l’opposition. « Lorsqu’un militant de PASTEF se laisse aller à des écarts, il est aussitôt interpellé. Pendant ce temps, ceux qui s’acharnent ouvertement sur Ousmane Sonko jouissent d’une totale impunité. Ce déséquilibre est inacceptable », a-t-il martelé.

Cheikh Thioro Mbacké ne s’est pas arrêté là. Il a ouvertement accusé certains magistrats d’entretenir une hostilité assumée envers PASTEF et son leader. « Il existe dans la magistrature des individus qui vouent une haine viscérale à notre formation. Cette animosité se manifeste dans les décisions ou plutôt dans les absences de décisions », a-t-il déclaré. Lui-même dit être victime d’attaques personnelles sur les réseaux sociaux, pour lesquelles il a déposé plusieurs plaintes, notamment auprès du parquet de Diourbel, restées sans suite. « Et pourtant, si je le voulais, je pourrais régler ça en 24 heures. Mais je m’en tiens aux principes de notre parti : jub, jubeul, jubanti », a-t-il confié.

Pour le vice-président de l’Assemblée nationale, le statu quo n’est plus tenable. Il appelle de ses vœux une transformation structurelle de l’institution judiciaire. « Il faut un remaniement profond, pas cosmétique. Il faut y placer des personnes qui comprennent et incarnent notre projet politique. Sans cela, nous resterons dans une situation de tension permanente où chacun finira par faire justice soi-même, avec tous les risques que cela comporte », a-t-il averti.

Dans un contexte où la justice est régulièrement critiquée, tantôt par l’opposition, tantôt par les voix issues du pouvoir lui-même, ces propos de Cheikh Thioro Mbacké viennent jeter une lumière crue sur l’un des défis majeurs de la nouvelle gouvernance : l’adéquation entre les institutions héritées du passé et les exigences de changement portées par le régime issu de l’alternance.

Le débat est désormais ouvert, et les mots du député résonnent comme une interpellation adressée non seulement au Président de la République mais aussi à tous ceux qui détiennent aujourd’hui les leviers d’un système judiciaire de plus en plus mis en accusation.

Arrestation de « Kocc Barma » : la Police dévoile les dessous d’un vaste réseau de cybercriminalité

La Police nationale est sortie de son silence pour livrer les premiers éléments officiels autour de l’arrestation d’El Hadj Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma ». Ce dernier, longtemps considéré comme un acteur central de la diffusion de contenus pornographiques sur internet au Sénégal, a été interpellé par la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité (DSC), dans le cadre d’une opération ciblée.

C’est par la voix du Commissaire Pape Mamadou Djidiack Faye, chef de la DSC, que les faits ont été confirmés. S’exprimant au nom du Directeur Général de la Police nationale, l’Inspecteur Général Mame Seydou Ndour, le Commissaire Faye a détaillé les contours d’une enquête de longue haleine, entamée pour faire tomber un réseau dont les activités violaient gravement les lois en vigueur.

Selon le communiqué relayé par la Division de la Communication de la Police, dirigée par le Commissaire Mamadou Diouf, les autorités ont procédé à la saisie de deux sites web pilotés par le mis en cause. L’enquête révèle que les plateformes en question — notamment « seneporno », « babiporno » et « Boy Dakar » — servaient à diffuser massivement des contenus à caractère pornographique, y compris des vidéos à connotation pédocriminelle, utilisées ensuite pour extorquer de l’argent à des victimes identifiées.

Contrairement à ce que le suspect laissait croire, il n’opérait pas depuis l’étranger mais bel et bien depuis le territoire sénégalais, où il utilisait des techniques complexes pour camoufler son identité numérique. Des outils sophistiqués lui permettaient d’effacer ses traces, rendant le travail d’identification particulièrement ardu. Grâce à une réquisition minutieuse, les enquêteurs ont pu mettre la main sur un matériel crucial : ordinateurs, téléphone portable, cartes SIM, outils d’administration de sites web, et autres éléments déterminants pour le déroulement de l’enquête.

L’exploitation de ces équipements a permis d’établir la responsabilité directe du suspect dans l’animation de ces plateformes illégales. Il s’occupait non seulement de la gestion technique des sites, mais aussi de l’intégration des contenus fournis par ses complices. Son mode opératoire consistait à publier des vidéos obtenues parfois par chantage, ce qui ajoute à la gravité des infractions retenues contre lui.

Les services de la Division Spéciale de Lutte contre la Cybercriminalité poursuivent actuellement leurs investigations pour remonter les ramifications de ce réseau et identifier d’éventuels complices ou d’autres plateformes similaires encore actives. La Police nationale réaffirme sa volonté de protéger les citoyens, notamment les plus vulnérables, contre ce type de violences numériques qui prennent une ampleur inquiétante avec la banalisation de l’accès à Internet.

Cette arrestation marque un tournant dans la lutte contre la cybercriminalité au Sénégal, en ciblant l’un des visages les plus controversés de la scène numérique. Elle envoie également un message fort : l’impunité numérique n’est plus une garantie, et la loi finira toujours par rattraper les délinquants du web, où qu’ils se trouvent.

Pastef au pouvoir, l’État en colère : la langue sale d’un ministre ( Par El. KANE )

Il est des fonctions qui imposent retenue, hauteur et exemplarité. Être ministre de la République n’est pas un privilège, encore moins un strapontin d’invectives ; c’est un contrat moral avec la nation, un engagement au service de tous les citoyens, sans distinction d’obédience politique. Malheureusement, Birame Souleye Diop semble avoir complètement perdu de vue ce que signifie servir l’État dans la dignité et la responsabilité.

Depuis sa nomination au gouvernement, le ministre de l’Énergie multiplie les sorties qui fragilisent l’autorité de l’État qu’il est pourtant censé incarner. En avril 2024, il décrète que son ministère — donc l’État — ne parrainerait plus ni combat de lutte, ni match de football, ni baptême. Un mépris assumé pour les cultures populaires, les traditions sportives et les expressions sociales qui rassemblent les Sénégalais bien au-delà des clivages politiques. Que vaut un gouvernement qui tourne le dos à son peuple et à ses réalités les plus fondamentales ? Que vaut un ministre qui décide de qui mérite ou non l’attention de la République ?

Mais ce n’est pas tout. Plus récemment, le 19 juillet 2025, à l’université d’été du Pastef, Birame Souleye Diop a délibérément franchi la ligne rouge. Devant une foule de jeunes militants, il a encouragé, sans détour, l’usage de l’insulte comme arme politique : « Kou saga Sonko, saga len ko. Kou saga Président, saga len ko. Ndakh féyou dagane na. » En clair : insultez tous ceux qui critiquent nos leaders. Une telle déclaration, dans la bouche d’un homme d’État, est une honte. Elle piétine les principes fondamentaux de la démocratie, du vivre-ensemble et du respect mutuel. Elle transforme le débat politique en champ de bataille verbal, où la violence devient norme.

Ce discours est indigne d’un ministre de la République. Il n’honore ni la fonction, ni le parti au pouvoir, ni le président de la République dont l’appel à l’apaisement et au dépassement a été récemment réaffirmé. En un seul discours, Birame Souleye Diop a compromis l’image de neutralité que devrait conserver tout membre du gouvernement, et fragilisé l’équilibre déjà précaire du débat public.

Le Sénégal n’a pas besoin de ministres qui attisent la haine et l’affrontement. Le Sénégal n’a pas besoin de porte-flingues politiques déguisés en serviteurs de l’État. Le pays a besoin de bâtisseurs, de rassembleurs, de personnalités capables d’élever le ton sans salir la parole, de défendre leurs idées sans appeler à la guerre des insultes.

À ce rythme, c’est la crédibilité du gouvernement tout entier qui est mise en jeu. Il est urgent de rappeler à certains ministres qu’ils ne sont plus dans l’opposition, et que la République n’est ni une tribune partisane, ni une arène de clashs. C’est un idéal, une exigence, une responsabilité. Birame Souleye Diop ferait bien de s’en souvenir.

Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce samedi une visite de reconnaissance sur les emprises militaires récemment restituées au Sénégal par la France. Cette démarche, à forte portée symbolique, marque une étape décisive dans la redéfinition des relations de défense entre Dakar et Paris. Selon un communiqué publié par la Présidence sur sa page officielle, cette visite illustre la volonté du Sénégal d’assumer pleinement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, y compris les sites stratégiques autrefois sous occupation militaire étrangère.

Accompagné d’une délégation composée de plusieurs ministres ainsi que du Haut Commandement militaire, le chef de l’État s’est rendu tour à tour sur les sites de Ouakam, de Bel Air et de la Marine, désormais placés sous le contrôle exclusif des forces armées sénégalaises. Sur place, le Président Diomaye Faye a pu évaluer l’état des infrastructures, allant des bâtiments d’hébergement aux installations logistiques et opérationnelles. Cette évaluation s’inscrit dans une dynamique de redéploiement et de valorisation stratégique de ces sites pour les besoins de la défense nationale.

D’après la Présidence, cette restitution est le fruit d’un dialogue bilatéral mené dans un esprit de respect mutuel. Elle ouvre, selon les termes du communiqué, une « nouvelle ère de coopération stratégique », centrée non plus sur une présence militaire étrangère, mais sur des piliers comme la formation, l’interopérabilité des forces, et le renforcement des capacités nationales.

À travers ce geste fort, le Sénégal affirme sa souveraineté avec fermeté et responsabilité. Le départ des troupes françaises, couplé à la réappropriation des emprises militaires, s’inscrit dans un contexte plus large de réforme des partenariats sécuritaires en Afrique, amorcé par plusieurs pays du continent. Le message politique est clair : le Sénégal entend désormais construire sa propre stratégie de défense, en tenant compte de ses priorités internes et de ses engagements régionaux.

La visite du chef de l’État vient ainsi consacrer une volonté assumée de tourner la page d’une forme d’assistance militaire héritée du passé pour faire place à une coopération renouvelée, équilibrée et respectueuse de la souveraineté nationale.

Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France (images)
Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France (images)
Visite de reconnaissance : le Président Diomaye Faye sur les emprises restituées par la France (images)

Sortie de Biram Soulèye Diop : Ndeye Sow Leila dénonce des “propos irresponsables” d’un ministre de la République

Les propos tenus par Biram Soulèye Diop, ministre sénégalais des Mines, lors de l’Université d’été organisée ce samedi par le parti Pastef à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, continuent de susciter une vive polémique. Face à ses déclarations jugées incendiaires, la réaction de la militante politique Ndeye Sow Leila ne s’est pas fait attendre. Dans un texte publié dans la foulée, elle condamne fermement ce qu’elle qualifie de « dérive verbale grave » venant d’un haut responsable de l’État.

En s’adressant à des étudiants militants, le ministre, également responsable au sein de Pastef, a enjoint ses partisans à répondre coup pour coup à toute critique contre leur leader. « Celui qui insulte Ousmane Sonko, insultez-le aussi. La réplique est légale et autorisée. Si quelqu’un insulte le président de la République, insultez-le également », a-t-il lancé devant une assemblée acquise, déclenchant une salve d’applaudissements.

Ces propos ont choqué plus d’un, notamment Ndeye Sow Leila, coordonnatrice de la plateforme Front de Résistance contre les dérives du régime de Diomaye. Dans une déclaration très critique, elle a fustigé un discours qu’elle juge indigne du rang d’un ministre de la République. « Tenez-vous bien : en pleine université, haut lieu du savoir et du débat républicain, le ministre Birame Soulèye Diop a tenu des propos inacceptables. Il a exhorté des étudiants à insulter quiconque critique Ousmane Sonko », a-t-elle dénoncé.

Pour la militante, cet appel à la « violence verbale » est une insulte au rôle régalien d’un membre du gouvernement, dont la mission devrait être de rassembler et non de diviser. « Monsieur le Ministre, votre rôle n’est pas d’attiser la haine ni de défendre un homme, mais de servir la Nation dans son ensemble », a-t-elle écrit avec gravité. Elle rappelle que l’UGB n’est pas un terrain de propagande politique, mais un espace de débat, de respect et de tolérance, et accuse le ministre d’avoir « piétiné » ces valeurs fondamentales.

Dans le même souffle, Ndeye Sow Leila n’a pas manqué de critiquer le manque de compassion du ministre face aux urgences sociales. Évoquant la situation dramatique à Tambacounda où des populations sont sinistrées à la suite d’inondations meurtrières, elle interpelle : « Pendant que vous donnez des leçons de loyauté aveugle, les populations de Tambacounda, elles, pataugent dans les eaux. Il y a eu des morts. Où est votre sens des priorités ? Où est votre dignité de ministre ? »

Allant plus loin, elle estime qu’un tel comportement aurait dû entraîner des sanctions immédiates. « Dans un État normal, le président de la République vous aurait déjà limogé », martèle-t-elle.

En conclusion, elle lance un appel à la responsabilité et au respect des institutions. « Le Sénégal mérite mieux. Les étudiants méritent mieux. Le peuple attend des solutions, pas des slogans partisans », affirme-t-elle avec fermeté, réaffirmant son attachement à des valeurs républicaines face à ce qu’elle considère comme une dérive inacceptable au sommet de l’État.

Sénégal : les victimes des événements de 2021–2024 dénoncent la lenteur du traitement judiciaire de leurs dossiers

Le collectif des victimes des violences survenues entre mars 2021 et février 2024 est sorti de son silence pour exprimer son profond désarroi face à ce qu’il qualifie de « lenteur insupportable » dans le traitement de leurs dossiers par la justice sénégalaise. Réuni en conférence de presse ce samedi, le Rassemblement des victimes a lancé un appel solennel aux autorités pour que justice soit rendue, sans délai ni calcul politique.

Prenant la parole au nom du collectif, Ibrahima Sané a exprimé la frustration et l’épuisement moral des familles et des survivants. « Nous, Rassemblement des victimes, exprimons notre profonde préoccupation face aux lenteurs persistantes du système judiciaire sénégalais dans le traitement des dossiers des victimes du régime de Macky Sall. Depuis 2021, ces victimes, confrontées à des violations graves de leurs droits fondamentaux, attendent justice et réparation », a-t-il déclaré d’un ton grave.

Le porte-parole a dénoncé un double discours : d’un côté, les promesses publiques d’un engagement ferme pour la transparence et la justice ; de l’autre, une réalité faite de délais interminables et d’un système judiciaire à l’arrêt. Selon lui, cette situation entretient un sentiment d’abandon, et surtout, mine la confiance des citoyens dans les institutions censées les protéger.

Dans un contexte de transition politique marqué par des promesses de rupture, le collectif appelle le nouveau pouvoir à tenir ses engagements. « Il est impératif que les enquêtes soient menées de manière exhaustive et impartiale pour garantir que la lumière soit faite sur les atrocités commises et que les responsables soient traduits devant la justice », a insisté M. Sané.

Au-delà du traitement des seuls dossiers en attente, les victimes réclament des réformes structurelles. Elles exigent notamment le renforcement de l’indépendance et de l’efficacité du système judiciaire sénégalais, condition sine qua non d’une véritable réconciliation nationale. « Une justice rapide et équitable pourra restaurer la confiance et contribuer à une paix durable au Sénégal », a-t-il martelé.

Le collectif, qui regroupe familles endeuillées, blessés et victimes de détentions arbitraires, espère aussi attirer l’attention de la communauté internationale sur la gravité de la situation. Il appelle à une mobilisation urgente pour faire avancer les procédures, obtenir vérité, justice et réparation.

Alors que la mémoire des événements de 2021 à 2024 reste vive dans les esprits, la quête de justice des victimes continue d’être un test majeur pour les nouvelles autorités sénégalaises, qui sont désormais attendues sur le terrain de l’action concrète.

Crise dans la Justice : l’Entente SYTJUST–UNTJ récuse Mamadou Lamine Dianté et dénonce une médiation politisée

La tension monte entre les syndicats des travailleurs de la justice et le président du Haut Conseil du Dialogue Social. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, l’Entente SYTJUST–UNTJ, qui regroupe le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ), a annoncé ce vendredi 18 juillet 2025 qu’elle ne reconnaît plus Mamadou Lamine Dianté comme médiateur dans le conflit qui les oppose au gouvernement. En cause : une « posture partisane » et une « instrumentalisation politique » du mouvement de grève.

Les syndicalistes pointent du doigt une intervention télévisée de M. Dianté, jugée inopportune et orientée. « L’objectif unique et manifeste de cette sortie était d’obtenir la suspension du mouvement de grève des travailleurs de la Justice. Ni plus, ni moins », déclarent-ils dans leur communiqué, estimant que le président du Haut Conseil du Dialogue Social a franchi la ligne rouge de la neutralité.

Pour eux, cette sortie médiatique n’est pas un acte isolé. Elle s’inscrit dans une série de comportements jugés partiaux. Ils affirment l’avoir déjà invité à faire preuve de réserve et à ne pas interférer publiquement dans un dossier aussi sensible. Mais selon eux, Mamadou Lamine Dianté a persisté dans une posture biaisée, donnant l’impression de chercher à tirer un avantage politique personnel de cette crise sociale.

L’Entente SYTJUST–UNTJ considère désormais que la médiation conduite par M. Dianté est entachée de « soupçons sérieux de partialité » et que sa récusation « devient non seulement légitime mais nécessaire ». Pour les syndicats, l’impartialité est une condition essentielle à toute tentative de médiation dans un conflit social de cette nature, et le comportement de l’actuel président du Haut Conseil la rend impossible.

Fermes dans leur position, les deux structures syndicales annoncent qu’elles ne le reconnaissent plus en tant que médiateur et demandent au gouvernement de prendre acte formellement de cette récusation. Cette déclaration vient alourdir un climat déjà tendu dans le secteur de la justice, où les grèves paralysent de nombreux services.

Cette affaire risque d’avoir des répercussions au-delà du conflit en cours. Elle pose la question de la place du Haut Conseil du Dialogue Social dans la gestion des crises, et plus largement, celle de la politisation des institutions censées incarner la neutralité et l’arbitrage social. Dans un contexte national où les tensions sectorielles se multiplient, la crédibilité des médiateurs est plus que jamais en jeu.

Tortures et violences : le procureur de la République saisi après la requête de Pape Abdoulaye Touré

Victime de torture, l’activiste Pape Abdoulaye Touré entrevoit enfin une lueur d’espoir. Dans un message rendu public, il informe que, suite à la lettre qu’il a adressée au ministre de la Justice le 30 juin dernier pour dénoncer l’inaction persistante de la justice sur les dossiers des martyrs et des victimes de torture liées aux événements politiques , une avancée a été enregistrée. Le ministre lui a fait savoir que sa requête a été transmise au procureur de la République.

Par ailleurs, à travers l’Initiative Zéro Impunité (IZI), qu’il coordonne, Pape Abdoulaye Touré a adressé une nouvelle correspondance au Garde des Sceaux, le vendredi 18 juillet. Dans cette lettre, il l’informe que de nombreux citoyens ont également été tués, torturés ou soumis à des traitements inhumains, cruels et dégradants lors des manifestations politiques, et appelle à ce que justice leur soit rendue.

Le texte in extenso :

Chers compatriotes,
À titre informatif, et par souci de transparence envers vous qui nous soutenez avec constance et engagement depuis le début, je tiens à vous faire part des derniers développements concernant notre lutte contre l’impunité.

Suite à la lettre qu’on avait adressée au Ministre de la Justice le 30 juin dernier, pour dénoncer l’inertie persistante de la justice sur les dossiers des martyrs et des victimes de torture lors des événements douloureux de ces dernières années, on a reçu une réponse en date du 15 juillet.

Dans cette correspondance, le Ministre de la Justice, Monsieur Ousmane DIAGNE nous a informé avoir accusé réception de notre lettre relative à une plainte déposée au parquet de Dakar pour des actes de torture présumés. Il m’a également précisé que le procureur de la République a été saisi de ma requête et que la suite me serait promptement communiquée.

Cependant, cette réponse, exclusivement centrée sur mon cas personnel, ne mentionne en rien les nombreuses autres victimes. C’est pourquoi on lui a adressé, hier vendredi 18 juillet, une nouvelle lettre.

On l’y a d’abord remercié pour son retour, mais surtout, on a tenu à lui rappeler que le cas de PAT n’est pas un cas isolé d’autant plus que plusieurs citoyens ont été aussi assassinés, torturés ou soumis à des traitements inhumains, cruels et dégradants pendant les manifestations politiques qui ont secoué notre pays.

On lui a également rappelé que conformément à nos textes nationaux et aux conventions internationales ratifiées par le Sénégal, le procureur de la République n’a nul besoin d’attendre une plainte formelle des victimes ou des familles de martyrs pour s’autosaisir et diligenter des enquêtes visant à faire toute la lumière sur ces crimes.

Nous avons réitéré que nous menons ce combat dans le cadre de l’Initiative Zéro Impunité – IZI, une plateforme citoyenne engagée pour que justice soit rendue aux victimes et que plus jamais de telles atrocités ne se reproduisent dans notre pays.
Dans l’attente d’une réaction du Ministre à cette mise au point collective, nous restons mobilisés, vigilants et fermement attachés à notre quête de vérité et de justice.

Aujourd’hui, plus que jamais, la justice doit prendre la mesure de sa responsabilité historique devant le Peuple Sénégalais.
Elle ne peut éluder les massacres, tortures et violences inouïes perpétrées de février 2021 à mars 2024. Elle doit situer les responsabilités, à tous les niveaux, pour que ces crimes ne restent pas impunis, et surtout pour qu’ils ne se reproduisent jamais.

Car il ne peut y avoir de réconciliation sincère sans avoir, au préalable, situé les responsabilités et rendre justice aux victimes.
Justice d’abord. Vérité ensuite. Réconciliation enfin.
Silence judiciaire = Complicité
JUSTICE POUR LES VICTIMES

Pape Abdoulaye TOURE Officiel
Membre fondateur de l’Initiative Zéro Impunité (IZI)

Redevance audiovisuelle : Canal+ versera désormais 4,5 milliards FCFA à l’État du Sénégal, selon Guy Marius

Un tournant majeur dans la politique audiovisuelle et fiscale du Sénégal. Ce samedi 19 juillet, le député Guy Marius Sagna a révélé une importante révision à la hausse de la redevance annuelle que le groupe Canal+ devra désormais verser à l’État. Cette contribution s’élèvera à 9 % du chiffre d’affaires réalisé dans le pays, soit environ 4,5 milliards de francs CFA pour l’année 2024.

Jusqu’ici, le géant français de l’audiovisuel s’acquittait d’un montant dérisoire au regard de son implantation et de son emprise commerciale : 20 millions de FCFA par an, puis 75 millions depuis 2021. Une somme que beaucoup jugeaient en décalage avec les bénéfices colossaux engrangés sur le marché sénégalais.

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, Guy Marius Sagna, figure politique de la gauche panafricaniste et membre actif du mouvement FRAPP–France Dégage, a salué cette décision comme un acte fort du nouveau régime incarné par le président Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre de la Communication Alioune Sall. Il y voit la marque d’une volonté politique claire : celle de reconquérir une part de souveraineté économique souvent cédée aux multinationales étrangères.

« Canal Plus va payer chaque année 9 % de son chiffre d’affaires annuel, donc pour 2024 la somme de 4,5 milliards de FCFA », a-t-il insisté. Un changement qui, selon lui, reflète la détermination du nouveau pouvoir à rééquilibrer les rapports de force entre l’État sénégalais et les opérateurs privés, notamment ceux venus de l’extérieur.

Le député n’a pas manqué d’adresser un message à ceux qui critiquent l’action du gouvernement. « Maintenant vous savez pourquoi ils ne peuvent aimer les patriotes, pourquoi ils vont continuer à nous combattre et pourquoi nous devons soutenir notre gouvernement », a-t-il déclaré. Par ces mots, Guy Marius Sagna replace cette mesure dans un affrontement idéologique plus large, entre une vision souverainiste de la gestion des ressources nationales et les intérêts bien établis de certaines firmes transnationales.

Si cette annonce venait à être mise en œuvre comme prévu, elle pourrait ouvrir la voie à une réévaluation plus large de la fiscalité des grandes entreprises opérant au Sénégal, notamment dans les secteurs stratégiques comme les télécommunications, les hydrocarbures ou les infrastructures. Pour l’heure, cette hausse de la redevance audiovisuelle est perçue comme un signal politique fort : le Sénégal entend désormais faire payer le juste prix à ceux qui profitent de son marché.

Université d’été du Pastef à l’UGB : Birame Soulèye Diop appelle à une riposte verbale aux attaques contre les leaders du parti

Saint-Louis, 19 juillet 2025 – L’université d’été du parti Pastef, tenue à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, a été marquée par une déclaration controversée du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop.

Face à un auditoire de militants et sympathisants, le responsable politique a invité les membres de son parti à répondre aux insultes dirigées contre leurs leaders par des insultes équivalentes.
« Kou saga Ousmane Sonko saga len ko [Qui insulte Ousmane Sonko, insultez-le en retour], kou saga président de la République saga len ko [Qui insulte le président de la République, insultez-le en retour], ndakh féyou dagane na [car la vengeance est permise] », a-t-il déclaré sous les acclamations de certains participants.

Ces propos tenus dans un climat de polarisation politique croissante au Sénégal ne sont pas passés inaperçus. L’appel à « répondre aux insultes par des insultes » a immédiatement suscité des réactions mitigées, certains y voyant un encouragement à l’escalade verbale et à la confrontation directe, contraire aux idéaux d’un débat démocratique fondé sur le respect et l’argumentation.

Au-delà de l’appel à la riposte verbale, Birame Soulèye Diop a aussi profité de l’occasion pour vanter la montée en puissance du Pastef sur la scène politique sénégalaise et son rayonnement au-delà des frontières nationales. Il a évoqué la création de formations politiques inspirées par le Pastef, notamment aux Comores avec le Parti Africain des Comores pour le travail, l’éthique et la fraternité, qu’il a présenté comme une émanation directe de l’influence du parti dirigé par Ousmane Sonko.

« On a construit et Dieu nous a donné une expérience sans égal. On a une personnalité qui fait l’unanimité dans son pays et dans le reste du monde », a-t-il déclaré en parlant du président de la République.

Pour Birame Soulèye Diop, cette montée en puissance suscite des réactions hostiles de la part d’adversaires politiques qu’il qualifie de minoritaires et dépourvus de base populaire :
« On voit des gens qui ne peuvent pas rassembler six personnes, se permettre de vous faire croire que vous ne pouvez pas travailler avec ce Monsieur [le président Sonko]. »

Cependant, cet appel à la riposte verbale, dans un contexte où l’appel au calme et à l’apaisement est plus que jamais nécessaire, fait débat. Des observateurs politiques, des journalistes et des défenseurs des droits civiques s’interrogent sur la responsabilité des acteurs publics dans la modération du discours politique, en particulier au sommet de l’État.

Alors que le Sénégal tente de consolider sa démocratie après des années marquées par des tensions sociales et politiques, de telles déclarations posent la question de la place du respect et de la retenue dans l’espace public. Si certains militants ont salué l’authenticité du message, d’autres voix, y compris dans la société civile, pourraient y voir une banalisation de la violence verbale et une menace pour la stabilité du débat démocratique.

Protocole d’accord entre l’État et l’Intersyndicale : l’Alliance des Travailleurs des Collectivités Territoriales dénonce une exclusion injuste

L’Alliance Nationale des Syndicats des Travailleurs des Collectivités Territoriales (ANSTCT) est montée au créneau pour dénoncer vigoureusement le protocole d’accord conclu entre l’État du Sénégal et l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales. Dans un communiqué publié le 18 juillet, l’Alliance rejette ce document qu’elle qualifie de « protocole de compromission », dénonçant une entente jugée injuste, partiale et excluante.

Selon l’ANSTCT, ce texte, loin d’apporter une réponse globale aux revendications des travailleurs, ne profite qu’à une minorité, laissant de côté des milliers d’agents pourtant pleinement engagés dans la lutte sociale. « Après plusieurs années d’âpre lutte ponctuée de moments d’espoir et de désillusion, les travailleurs des Collectivités territoriales espéraient voir enfin le bout du tunnel », regrette l’Alliance dans son communiqué. Ces espoirs se sont effondrés avec la signature d’un accord considéré comme sélectif et discriminatoire.

L’Alliance reproche à l’Intersyndicale d’avoir négocié de manière exclusive, en s’appuyant sur les acquis arrachés au prix de longues batailles syndicales, notamment par la coalition AND-GUESSEUM, tout en écartant délibérément d’autres organisations telles que l’ANSTCT. Cette mise à l’écart, selon les signataires du communiqué, a abouti à un accord déséquilibré.

Le protocole prévoit une revalorisation salariale uniquement pour 1 115 agents fonctionnaires, dont les traitements mensuels connaîtront une hausse comprise entre 80 000 et 300 000 francs CFA. Quant aux 6 458 agents non fonctionnaires, ils ne percevront qu’une allocation baptisée « mesure transitoire », d’un montant de 80 000 francs CFA réparti sur trois ans. Ce dispositif exclut plus de 8 400 agents, notamment les contractuels, journaliers et autres personnels précaires, que l’Alliance considère comme les véritables oubliés de cet accord.

« Ce qui est humainement et moralement inacceptable », fustige l’ANSTCT, qui évoque la mémoire de feu Sidya Ndiaye, figure emblématique du mouvement syndical, pour condamner cet accord qu’il n’aurait « jamais accepté de signer ».

Autre point de discorde : l’absence de rétroactivité des mesures. L’accord entrera en vigueur en mai 2025, faisant fi des engagements antérieurs qui remontaient à mai 2022. Pour l’Alliance, cela constitue un effacement pur et simple de plusieurs années de lutte et de sacrifices.

Face à ce qu’elle perçoit comme une trahison des intérêts de la majorité des travailleurs des collectivités, l’ANSTCT appelle à la vigilance et à une mobilisation accrue. Elle exhorte le ministère en charge des Collectivités territoriales à organiser de véritables négociations inclusives afin de garantir l’équité et la justice dans le traitement de l’ensemble des agents.

Le communiqué est signé par Mbaye Sow (SUDTM), Talla Faye (SUTRACOL) et Abdou Lahat Diagne (SUTRACOLS), qui rappellent leur engagement inébranlable à défendre les droits et la dignité de tous les travailleurs des collectivités territoriales du Sénégal.

DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES : Est-il trop tard pour éviter un naufrage économique et diplomatique ?

Faute de volonté politique claire et de respect des engagements antérieurs, le Sénégal s’apprête à perdre l’un des projets les plus stratégiques de son histoire diplomatique : l’installation du siège régional des Nations Unies à Diamniadio. À force de tergiversations et de calculs à courte vue, Dakar pourrait voir partir agences, fonctionnaires et investissements au profit de Kigali, Abidjan ou Addis-Abeba.

À première vue, l’information a pu passer sous les radars de l’actualité nationale, reléguée au second plan par les débats politiques internes et les tensions sociales. Pourtant, si elle venait à se confirmer, elle constituerait un véritable séisme aux conséquences incalculables pour le Sénégal : les Nations Unies envisageraient sérieusement de reconsidérer leur implantation régionale à Dakar, au profit d’autres capitales africaines telles qu’Abidjan, Addis-Abeba ou même Kigali. Ce revirement, né d’un différend entre l’organisation onusienne et les nouvelles autorités, menace de ruiner des années de diplomatie patiemment construite, tout en privant notre pays d’une manne économique et d’un levier d’influence régionale sans équivalent.
Ainsi, convient-il de revenir aux origines du projet. En 2015, le Gouvernement, sous l’impulsion du président Macky Sall, initiait un ambitieux chantier destiné à renforcer la stature diplomatique du Sénégal : la construction d’un vaste complexe devant accueillir, à Diamniadio, la quasi-totalité des agences des Nations Unies présentes à Dakar. Cette Maison des Nations Unies devait regrouper pas moins de trente (30) entités du système onusien, soit environ deux mille (2 000) agents internationaux dans un premier temps, avec à terme des perspectives d’extension pouvant accueillir jusqu’à deux mille cinq cents (2 500) personnes. Pensée comme un véritable hub diplomatique, l’infrastructure moderne avait pour vocation de rationaliser les activités des Nations Unies, les rassembler en un même lieu fonctionnel et sécurisé, tout en contribuant au rayonnement international du Sénégal.
Le projet était d’autant plus structurant qu’il s’inscrivait dans la stratégie globale de développement de Diamniadio, érigée en ville nouvelle destinée à désengorger Dakar, accueillir des institutions d’envergure ainsi qu’offrir des conditions de vie et de travail adaptées aux standards internationaux. Outre la Maison des Nations Unies, cette vision urbanistique pensée dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) comprenait le Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD), le Parc des expositions, la Dakar Arena, le stade Me Abdoulaye Wade et plusieurs sphères ministérielles. Autant d’infrastructures bâties pour positionner Diamniadio comme le nouveau cœur névralgique administratif, économique et diplomatique du Sénégal.
C’est dans ce contexte que l’administration Sall avait proposé, en contrepartie de cette installation, la mise à disposition gratuite des locaux à l’ONU, dans le cadre d’un partenariat institutionnel fondé sur la confiance, la stabilité et la visibilité à long terme. L’organisation, séduite par cette offre stratégique et logistique, avait accepté de libérer ses anciens bureaux disséminés à Dakar afin de procéder à un regroupement fonctionnel à Diamniadio. La réception technique du bâtiment a été actée en août 2024, les paiements dus aux promoteurs ont été effectués, et l’ensemble des aménagements préalables étaient finalisés.
Mais alors que tout semblait en place pour une installation effective dès 2025, un changement de cap inattendu est survenu avec l’arrivée du nouveau régime. Les autorités auraient, selon plusieurs sources concordantes, décidé de revenir sur l’accord initial, exigeant désormais que l’Organisation des Nations Unies s’acquitte d’un loyer pour occuper les lieux. Cette nouvelle condition, perçue par les instances onusiennes comme une remise en cause unilatérale des engagements de l’État, a entraîné la suspension des démarches d’installation. Faute de solution trouvée à ce jour, la quasi-totalité des agents onusiens concernés sont désormais en télétravail, dans une forme d’incertitude professionnelle délétère. Pire encore, la venue prévue de deux mille (2 000) nouveaux agents dans les mois à venir a été purement et simplement annulée.

RÉPERCUSSIONS DIPLOMATIQUES ET ÉCONOMIQUES

Les conséquences de ce blocage, si aucune solution rapide n’est trouvée, pourraient être dévastatrices. Sur le plan économique d’abord, le Sénégal se priverait d’un flux financier considérable. Chaque agent des Nations Unies basé à Dakar contribue significativement à l’économie locale, injectant chaque année plusieurs dizaines de millions de francs CFA dans les circuits de consommation. En moyenne, un fonctionnaire onusien perçoit un revenu annuel compris entre 150 000 dollars (soit environ 84,5 millions de francs CFA) et 200 000 dollars (près de 112,6 millions de francs CFA), des sommes qui profitent directement aux secteurs du logement, des services, de la restauration, des transports, du tourisme et des loisirs. Avec environ trois mille (3 000) fonctionnaires concernés, ce sont plus de 500 millions de dollars (plus de 281 milliards F CFA) annuels qui sont en jeu. À cela s’ajoutent les quelque mille (1 000) emplois directs occupés par des Sénégalais dans les agences onusiennes, sans compter les milliers d’emplois indirects générés par les activités connexes : prestataires, chauffeurs, sociétés de sécurité, traducteurs, consultants, restaurateurs, hôteliers, fournisseurs de services divers, etc.
La présence des Nations Unies constitue un écosystème à part entière, dont l’effet multiplicateur est particulièrement important dans une ville comme Dakar.
Par ailleurs, c’est l’image même du Sénégal sur la scène internationale qui serait sérieusement écornée. Car en matière diplomatique, la parole donnée engage l’État bien au-delà des alternances politiques. Rompre ou même seulement réinterpréter un engagement d’une telle ampleur sans concertation ouverte ni justification publique, revient à affaiblir la crédibilité de notre pays auprès de ses partenaires. Ceci envoie un signal d’imprévisibilité qui pourrait refroidir d’autres institutions internationales ou entreprises étrangères désireuses de s’installer ou d’investir au Sénégal.
Ce d’autant plus que d’autres capitales africaines, conscientes des enjeux stratégiques d’une telle opportunité, s’activent déjà pour récupérer ce que le Sénégal semble prêt à abandonner. Le Rwanda, dans une note officielle adressée au Secrétaire général de l’ONU, s’est montré disposé à accueillir certaines agences du système onusien. Kigali, dont la diplomatie est de plus en plus offensive, développe depuis plusieurs années une politique d’attractivité très efficace fondée sur la stabilité, l’innovation, la culture et le sport. Addis-Abeba, déjà siège de l’Union africaine, dispose de l’infrastructure et de la légitimité diplomatique pour élargir son rôle de capitale du multilatéralisme africain. Quant à Abidjan, redevenue un pôle de stabilité économique et institutionnelle, ambitionne de s’imposer comme une plateforme régionale incontournable. Ces capitales, en pleine montée en puissance, pourraient très bien rafler la mise si le Sénégal ne rectifie pas rapidement le tir.
Le plus préoccupant reste le silence assourdissant qui entoure ce dossier. Aucune communication officielle du Gouvernement. Ce mutisme, loin de rassurer, alimente les inquiétudes et laisse penser que le projet est en train de sombrer dans une impasse politique. Et pendant ce temps, à Diamniadio, un bâtiment flambant neuf, financé à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, reste vide, inoccupé, sans la moindre perspective claire de mise en service.
Or, ce projet n’est pas un simple héritage d’un régime précédent qu’il conviendrait de réévaluer ou de renier. Il s’agit d’un actif stratégique national conçu pour consolider la place du Sénégal au sein des instances internationales. Laisser cet édifice tomber en désuétude serait un échec collectif, révélateur d’un manque de vision à long terme. Si les raisons de la frilosité actuelle relèvent d’un positionnement idéologique ou d’une volonté de rupture politique, alors elles relèvent d’une erreur de jugement dont le coût, lui, sera bien réel.
Il est encore temps pour les autorités sénégalaises de reprendre la main en rouvrant un dialogue franc et constructif avec les Nations Unies.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, porteur d’un projet de refondation de l’État, a l’occasion de démontrer que rupture ne rime pas avec reniement. À lui de faire preuve de hauteur de vue, de sens stratégique et de patriotisme éclairé. Certaines décisions dépassent les alternances politiques, elles engagent l’avenir d’une Nation.

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°516 – 19 ET 20/07/2025

🔴 POSSIBLE DÉLOCALISATION DE LA MAISON DES NATIONS UNIES DE DIAMNIADIO : DÉSASTRE ÉCONOMIQUE ET DIPLOMATIQUE
🔴 JUSTICE À L’ARRÊT : L’ÉTAT SOMMÉ D’AGIR PAR LA RADDHO

🔴 FSF / CANDIDATURE À LA COMMISSION DU FOOTBALL FÉMININ : AÏCHA HENRIETTE NDIAYE S’EXPLIQUE
🔴 1ère ÉDITION MARATHON CASA RUN : ZIGUINCHOR ENTRE DANS LA COURSE !

Crise au sommet de l’État, inondations, économie en berne, suspension des BSF : la CCR charge violemment le régime

La Convergence des Cadres Républicains (CCR) de l’Alliance Pour la République (APR), réunie ce vendredi 18 juillet, s’est penchée sur la situation nationale et internationale. Dans une déclaration rendue publique, elle fustige une crise institutionnelle majeure au sommet de l’État, illustrée par ce qu’elle qualifie d’acte de défiance sans précédent : l’ultimatum lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Par ailleurs, la CCR exprime sa solidarité aux populations victimes des récentes inondations, tout en dénonçant l’inaction et le mépris des autorités. Elle établit un parallèle avec la gestion jugée défaillante des inondations de 2024 ayant frappé Matam et Bakel.

Concernant la situation nationale, la CCR constate la crise au sein de l’Exécutif sur fond de rivalités personnelles. Les propos outranciers ainsi que l’ultimatum du Premier ministre à l’encontre de son chef, le président de la République, constituent un acte de défiance inédit dans l’histoire du Sénégal, confirment le désordre au sommet de l’État et risquent de plonger notre pays dans une grave crise institutionnelle.

Par la mise en scène sur la place publique de ses frustrations personnelles, Ousmane Sonko prouve aux Sénégalais que leurs préoccupations quotidiennes demeurent secondaires face à son désir pathologique d’accéder à la présidence de la République.

 Inondations à Tambacounda et Kolda

Par ailleurs, la CCR se tient aux côtés des populations victimes des inondations dans plusieurs localités des régions de Tambacounda et de Kolda et leur témoigne de sa solidarité. La CCR, après s’être émue du décès enregistré à Kolda, fustige l’indifférence voire le mépris des autorités face au drame de nos concitoyens victimes de ce sinistre de grande ampleur. Aucune action notable n’a été constatée pour se tenir aux côtés des populations de Tamba, pourtant des Sénégalais à part entière. Cette attitude méprisante des autorités est conforme à celle qu’elles avaient montrées lors des inondations de 2024 qui avaient gravement touché les départements de Matam et de Bakel.

Aussi, la CCR constate avec regret et amertume l’énième dégradation de la note souveraine du Sénégal ; cette fois par l’agence Standard and Poor’s, qui fait régresser notre note de B à B- avec perspective négative. Ce nouvel abaissement confirme l’état catastrophique dans lequel ce régime a plongé notre économie, avec un recours systématique au marché intérieur qui explose la dette, creuse le déficit et enlève toute possibilité de disposer de marges de manœuvres afin de faire face aux préoccupations des populations en matière d’éducation, de santé et d’équité sociale.

Suspension des Bourses de Sécurité Familiale (BSF)

D’ailleurs, en matière de politique sociale, la CCR dénonce la suspension du paiement des bourses de sécurité familiale, l’un des marqueurs les plus puissants de la politique sociale impulsée dès 2012 par l’ancien régime. En vue de lutter davantage contre l’exclusion et la pauvreté structurelle, les bénéficiaires de la BSF sont passés de 50 000 ménages vulnérables en 2013 à 355 626 en 2024. En outre, la bourse trimestrielle initiale de 25 000 FCFA, a été portée à 35 000 FCFA en 2023 (soit 140 000 FCFA annuels), pour un coût annuel du programme d’environ 51,4 milliards de FCFA, financés intégralement par l’État du Sénégal, avec un paiement digitalisé en cours sur l’ensemble du territoire. L’actualisation du Registre National Unique (RNU) ne saurait justifier le blocage des paiements qui plonge des milliers de familles dans une précarité extrême, d’autant plus que la mise à jour du RNU avait été initiée depuis plusieurs mois par l’administration précédente.

La CCR exige qu’à l’heure où la reprise des paiements est annoncée que les arriérés soient intégralement régularisés, par souci de justice sociale et de dignité. Il serait illusoire de présenter comme un “acte généreux” ce qui n’est qu’un retour à l’ordre républicain.

Résultats préoccupants au baccalauréat 2025

Poursuivant dans l’actualité nationale, la CCR déplore les résultats mitigés à l’examen du baccalauréat. En effet, sur les 156 000 candidats, seuls 32.961 ont réussi au premier tour, soit 21%. Après la délivrance des résultats finaux, seuls 69 474, soit 42% sont admis.

La CCR, après avoir interpellé le gouvernement sur ces chiffres inquiétants, appelle celui-ci à quitter définitivement le registre du bavardage et la déclinaison des slogans pour s’atteler à la tâche urgente de formation des esprits de la future élite de notre pays. La jeunesse ne saurait être un combustible pour des batailles politiques insurrectionnelles mais un levain d’espoir pour construire le Sénégal de tous, pour tous.

La CCR s’incline devant la mémoire des trois jeunes qui ont perdu la vie à Thiaroye et à Cambérène et exige du gouvernement toute la lumière sur les circonstances controversées de leur décès. Face à l’ébullition du front social, la CCR appelle le gouvernement à apporter des réponses urgentes aux préoccupations des populations en vue de l’amélioration significative de leurs conditions de vie. 

Libération des détenus politiques

Au chapitre de la vie du parti, la CCR exige la libération immédiate et sans condition des otages politiques Farba Ngom, Mansour Faye, Lat Diop, Moustapha Diop et Abdoulaye Ndiaye, ainsi que la fin du placement sous bracelet électronique d’Ismaïla Madior Fall et de Aïssatou Sophie Gladima et celle du placement sous contrôle judiciaire de Mme Salimata DIOP.
Ces personnalités sont victimes d’une tentative inique d’effacement du fait de leur fidélité et leur loyauté à leurs idées et à leurs convictions politiques.

Dans la même veine, la CCR exige la libération des détenus politiques Moustapha Diakhaté, Abdou Nguer, Bachir Fofana, Assane Diouf, Jérôme Bandiaky, Badara Gadiaga, Djiby Ndiaye et de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, victimes d’une volonté d’effacement d’un régime aux penchants dictatoriaux.

Après la supercherie du Dialogue national, la CCR appelle l’opposition et toutes les forces vives de la Nation à un front pour préserver les libertés fondamentales et sauver les institutions républicaines malmenées par le populisme et la culture du désordre du Pastef.

Enfin, s’agissant de la situation internationale, la CCR déplore la situation des ressortissants sénégalais en République Islamique de Mauritanie, victimes de rafles et de traitements discriminatoires et dégradants. La CCR appelle le Ministère de l’Intégration Africaine et des Affaires étrangères à apporter le soutien et l’assistance requis à nos compatriotes dans les plus brefs délais.

Marche interdite à Dakar : le Mouvement « Sauvons la République » stoppé dans son élan

La préfecture de Dakar a opposé une fin de non-recevoir à la demande de manifestation du mouvement citoyen « Sauvons la République / Dogu Samme Sunum Reew », qui projetait d’organiser une marche ce vendredi 18 juillet 2025. Par un arrêté préfectoral, les autorités ont interdit cette mobilisation qui devait se tenir entre 15 heures et 18 heures, sur l’itinéraire allant du rond-point de la Poste de la Médina jusqu’au siège de la Division spéciale de lutte contre la Cybercriminalité.

Selon les services de l’État, la décision repose sur des motifs liés à la sécurité et à l’ordre public. Dans son arrêté, le préfet indique que l’enquête préalable menée par les services compétents a révélé que l’occupation de l’axe prévu à l’heure choisie risquait « d’entraver gravement la libre circulation des personnes et de leurs biens ». Une formulation classique dans le registre des interdictions administratives de manifestations publiques, surtout dans les zones urbaines sensibles.

Le mouvement « Sauvons la République », très critique envers le gouvernement, entendait faire entendre sa voix à travers cette marche. L’objectif affiché était clair : réclamer la démission du Premier ministre Ousmane Sonko, désigné par les initiateurs comme étant, selon eux, « le principal problème de tous les maux du Sénégal ». Une position radicale qui s’inscrit dans un climat politique national marqué par une forte polarisation et des tensions persistantes entre partisans et opposants du régime en place.

Cette interdiction intervient dans un contexte où la liberté de manifester fait l’objet de débats récurrents au Sénégal, entre revendications citoyennes, impératifs de sécurité et encadrement administratif des rassemblements publics. Le mouvement, de son côté, n’a pas encore officiellement réagi à la décision préfectorale, mais ses membres pourraient envisager de nouvelles stratégies de contestation dans les prochains jours.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°515 – 18/07/2025

🔴 RECONNAISSANCE DU MAGAL DE TOUBA AU PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DU SÉNÉGAL : BAMBA – LE MIROIR VIVANT !
🔴 CENTRE MÉDICO-SOCIAL DES DOUANES : BRAS DE FER AUTOUR DE LA MILITARISATION

🔴 AG ÉLECTIVE DE LA FSF : LES CLUBS APPELÉS AUX URNES LE 02 AOÛT
🔴 LUTTE / « SITEU AFFRONTE LE MEILLEUR DE TOUS LES TEMPS » : BALLA GAYE 2 ATTAQUE

Enseignement supérieur au Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye lance un ambitieux programme de transformation axé sur le numérique et l’innovation

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement lancé ce jeudi 17 juillet 2025 l’agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation au Sénégal. Lors de cette cérémonie inaugurale, il a adressé un message fort à tous les acteurs impliqués dans le secteur universitaire ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, les invitant à repenser en profondeur le système d’enseignement supérieur afin d’en faire un moteur stratégique de souveraineté nationale, d’innovation et de transformation sociale.

Le président Diomaye Faye a souligné que l’enseignement supérieur ne doit plus être perçu uniquement comme un espace de transmission du savoir et de production des connaissances. Selon lui, il doit devenir un levier majeur au service du développement durable du pays. Il a insisté sur l’urgence de réformes profondes pour améliorer la régulation du secteur, garantir une qualité académique conforme aux standards internationaux, et surtout aligner les formations universitaires sur les besoins réels du Sénégal en cohérence avec son agenda national de transformation.

L’un des points majeurs de son discours a porté sur la nécessité de construire une université moderne, qui embrasse pleinement les défis du monde contemporain. Le chef de l’État a mis en avant l’importance de développer les sciences et technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle et le numérique, tout en veillant à préserver l’identité culturelle sénégalaise. Pour lui, l’université doit être un espace dynamique capable de s’adapter aux mutations rapides du savoir, tout en restant ancrée dans les réalités sociales et économiques locales.

Par ailleurs, le président a reconnu que le système universitaire sénégalais est aujourd’hui confronté à de nombreux défis. Parmi ceux-ci, il a cité le déficit d’infrastructures adaptées, le nombre croissant d’étudiants, l’inadéquation des curricula, les difficultés de financement, et le retard dans la digitalisation des établissements. Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte ces problématiques afin de bâtir une université robuste, efficace et compétitive.

Le président Faye a exhorté le monde académique à faire preuve d’audace et d’innovation dans les réflexions et les stratégies de transformation. Il a souligné que ce processus exige une volonté politique forte, ainsi qu’une approche renouvelée, qui englobe toutes les dimensions du système universitaire. Pour lui, cette transformation doit permettre à l’université sénégalaise de mieux répondre aux aspirations des étudiants, soutenir le développement national et s’inscrire pleinement dans les objectifs de l’agenda national de transformation.

La cérémonie de lancement a réuni une large diversité d’acteurs : des membres du gouvernement, des universitaires, enseignants-chercheurs, étudiants, représentants du personnel des universités, mais aussi des représentants syndicaux et patronaux. Plusieurs partenaires techniques et financiers, diplomates, élus locaux et représentants d’associations de parents d’élèves ont également pris part à cet événement majeur. Ces participants s’apprêtent à entamer un cycle de cinq jours de travaux destinés à définir les grandes orientations et les modalités pratiques de cette réforme ambitieuse.

Ce programme de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation marque une étape importante dans la politique éducative du Sénégal. Il s’inscrit dans une vision qui vise à faire de l’université un véritable levier de développement durable, d’innovation technologique et sociale, capable d’accompagner efficacement la montée en puissance du pays sur la scène internationale.

Grève dans la Justice : l’Entente SYTJUST-UNTJ critique la posture du président du Haut Conseil du Dialogue Social

En pleine crise dans le secteur de la Justice, l’Entente SYTJUST-UNTJ est montée au créneau ce jeudi pour dénoncer les prises de position jugées partiales du président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS). Dans un communiqué au ton ferme, le regroupement syndical a exprimé sa « vive préoccupation » face à ce qu’il considère comme une série de déclarations déséquilibrées et orientées.

Selon les syndicalistes, le président du HCDS aurait adopté une posture « tendancieuse », en soutenant implicitement la position gouvernementale tout en remettant en cause la légitimité des revendications portées par les travailleurs de la Justice. Une attitude que l’Entente juge incompatible avec la neutralité et l’impartialité attendues d’une institution censée faciliter le dialogue et apaiser les tensions sociales.

« Ces prises de parole répétées et orientées traduisent un déséquilibre regrettable qui nuit à la posture d’impartialité attendue d’un médiateur ou facilitateur dans un conflit social », peut-on lire dans le communiqué. L’Entente va plus loin en estimant que les propos du président du HCDS sont « manifestement éloignés de la réalité du conflit » et qu’ils jettent un « discrédit à peine voilé » sur le mouvement en cours.

Pour les membres de l’Entente, cette attitude affaiblit la crédibilité du Haut Conseil et compromet sa capacité à jouer un rôle constructif dans la résolution de la crise. « Une telle présentation biaisée des faits altère gravement sa crédibilité et compromet sa capacité à jouer un rôle d’arbitre neutre », affirment-ils.

Les syndicalistes rappellent par ailleurs que le président du HCDS, ancien syndicaliste lui-même, devrait faire preuve de plus de réserve et d’équilibre, conformément à la nature et aux exigences de ses fonctions. Ils l’invitent ainsi à « faire preuve de la retenue nécessaire, à observer la stricte neutralité exigée par son statut et à s’abstenir de toute déclaration publique relative à ce dossier jusqu’au règlement de la crise en cours ».

En conclusion, l’Entente SYTJUST-UNTJ réaffirme son attachement à un dialogue sincère et respectueux des règles de médiation. Elle appelle à une recherche d’une solution juste, dans l’intérêt du service public de la Justice, mais aussi de ses travailleurs dont les conditions professionnelles et matérielles sont au cœur du mouvement de grève.

Ex-employés des bases françaises : les oubliés du retrait des EFS réclament leur intégration dans la fonction publique

Le départ officiel des Éléments français au Sénégal (EFS), acté le 30 juin 2025 avec la restitution des dernières installations militaires à l’État sénégalais, a laissé derrière lui plusieurs centaines de travailleurs dans l’incertitude. Ils sont environ 300 Sénégalais, employés civils des EFS, aujourd’hui sans emploi et dans l’attente d’une décision des autorités sénégalaises quant à leur avenir professionnel.

Ces anciens agents, membres du Syndicat des travailleurs du personnel civil des EFS, dénoncent un silence prolongé du gouvernement malgré les démarches engagées en amont. « Depuis 15 jours, nous sommes officiellement licenciés. Nous avons respecté une décision de souveraineté nationale. Nous espérions en retour une réaction rapide de l’État pour une reconversion », a déclaré Djibril Ndiaye, secrétaire général du syndicat, dans un entretien accordé à la Radio Futurs Médias (RFM).

Selon ses précisions, un dossier détaillé avait été préparé par les ex-travailleurs, en collaboration avec le ministère des Forces armées et celui du Travail, à la demande de la Présidence de la République. Ce document contient des données précises sur les conséquences juridiques de leur licenciement, les préjudices économiques et sociaux subis, ainsi que leurs propositions de reclassement dans la fonction publique. Le dossier a bien été transmis au Palais, mais reste depuis sans suite.

Le secrétaire général du syndicat exprime l’inquiétude croissante de ses collègues : « C’est une situation angoissante pour des pères de famille qui avaient une stabilité professionnelle, un salaire régulier, un accès à la couverture maladie et une sécurité sociale. Du jour au lendemain, tout cela a disparu sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit prise. »

En ce qui concerne l’État français, Djibril Ndiaye reconnaît que les autorités tricolores ont respecté leur part du contrat. Les indemnités dues aux travailleurs ont été versées. Toutefois, ces montants sont jugés insuffisants au regard du choc brutal qu’a représenté cette rupture, d’autant plus qu’aucune solution durable n’a été proposée par l’État sénégalais.

Le contexte dans lequel intervient cette fermeture est inédit. Pour la première fois depuis l’indépendance, le Sénégal ne compte plus de base militaire française sur son territoire. Une décision hautement symbolique, saluée par une large partie de l’opinion comme un acte de souveraineté, mais qui, sur le plan social, laisse planer une ombre sur le sort de ceux qui faisaient tourner ces installations au quotidien.

Alors que le pays s’engage dans une nouvelle phase de coopération militaire « équilibrée et rénovée » avec la France, comme l’a souligné le chef d’état-major des armées, les anciens agents civils appellent à ne pas être les victimes collatérales de ce changement de paradigme. Ils rappellent qu’ils ont servi loyalement pendant des années, souvent dans l’ombre, et demandent aujourd’hui à être réorientés dans le service public sénégalais.

Fin des Éléments Français au Sénégal : une nouvelle ère de coopération militaire fondée sur la souveraineté

Le jeudi 17 juillet 2025 marque une date historique dans les relations militaires entre le Sénégal et la France. C’est au camp Geille de Ouakam, à Dakar, que s’est tenue la cérémonie officielle de restitution des dernières bases françaises présentes sur le sol sénégalais, mettant un terme à plusieurs décennies de présence militaire tricolore dans le pays. Cette étape décisive s’inscrit dans une volonté politique forte des autorités sénégalaises de réaffirmer leur souveraineté tout en réorientant leur coopération stratégique sur des bases nouvelles.

Présidée par le général de corps d’armée Mbaye Cissé, chef d’état-major général des armées sénégalaises, la cérémonie a vu la passation officielle de plusieurs sites militaires majeurs. Il s’agit notamment des camps Saint-Exupéry et Maréchal de Hann, de l’escale militaire de l’aéroport Blaise Diagne (Diass), de la Cité résidentielle de la Pointe, des installations navales de Protet, du centre de mission de Rufisque, et du camp Geille de Ouakam. Tous ces sites sont désormais sous contrôle exclusif des forces armées sénégalaises.

Dans son discours, le général Mbaye Cissé a tenu à rappeler la solidité des relations historiques entre les deux armées. Il a salué l’apport significatif de la France dans le développement des capacités militaires sénégalaises, notamment à travers la formation de cadres, l’entraînement des troupes, et le soutien logistique. Toutefois, il a insisté sur le fait que cette nouvelle phase ne marque pas une rupture brutale, mais plutôt une volonté d’adaptation à un contexte géopolitique et stratégique en mutation.

« Nos armées ont toujours entretenu une coopération dynamique et enrichissante. Aujourd’hui, le Sénégal choisit de réorganiser cette coopération sur des bases qui garantissent davantage d’autonomie, de respect mutuel et de souveraineté. Il s’agit d’un partenariat rénové, tourné vers l’avenir », a déclaré le général.

La nouvelle coopération militaire avec la France sera donc axée sur l’instruction, la formation, l’entraînement et d’autres domaines jugés essentiels pour la modernisation de l’armée sénégalaise. L’objectif, selon le haut commandement militaire, est d’atteindre une autonomie stratégique tout en restant ouvert aux apports techniques et humains de partenaires étrangers, à condition que cela se fasse dans un cadre équilibré et équitable.

Le départ des Éléments français au Sénégal (EFS) intervient dans un contexte régional marqué par un repli progressif des présences militaires étrangères en Afrique de l’Ouest, sous la pression croissante des opinions publiques et d’une nouvelle génération de dirigeants politiques résolument engagés dans la reconquête de leur souveraineté nationale.

Le Sénégal, en optant pour cette démarche de réappropriation de ses installations militaires, envoie un signal fort à ses partenaires. Il ne s’agit pas d’un isolement ou d’un rejet de la coopération internationale, mais d’un repositionnement stratégique. Comme l’a résumé le général Mbaye Cissé, « les armées sénégalaises sont prêtes à écrire, avec leurs partenaires, une nouvelle page fondée sur l’égalité, la souveraineté et la responsabilité partagée ».

Ainsi s’ouvre une nouvelle séquence du compagnonnage entre le Sénégal et la France, appelée à évoluer au rythme des exigences du monde contemporain et des ambitions d’un pays qui veut affirmer davantage son autonomie dans la gestion de ses affaires de défense et de sécurité.

Fermeture des bases françaises au Sénégal : Madiambal Diagne parle d’« erreur historique »

Jeudi 17 juillet 2025, une page importante de l’histoire militaire et diplomatique entre la France et le Sénégal s’est refermée avec la fermeture officielle des dernières installations militaires françaises dans le pays. Le site de Ouakam, qui abritait encore des éléments de l’armée française, a été définitivement libéré, marquant la fin d’une présence vieille de plusieurs décennies.

Une cérémonie symbolique a été organisée pour marquer cet événement, en présence de responsables militaires sénégalais et français. Ce retrait s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des partenariats de défense en Afrique, amorcée par plusieurs pays du continent qui revendiquent une coopération fondée sur l’égalité et la souveraineté.

Mais cette décision, bien qu’applaudie par une partie de l’opinion publique, suscite également des critiques. Le journaliste Madiambal Diagne, directeur du journal Le Quotidien et figure influente du paysage médiatique sénégalais, a vivement réagi sur le réseau social X (anciennement Twitter). Il y a qualifié la fermeture des bases françaises d’« erreur historique ».

Selon lui, la présence militaire française constituait un atout stratégique pour le Sénégal, notamment en matière de formation, de logistique et de coopération sécuritaire dans un contexte sous-régional instable. Il estime que la rupture de ce lien pourrait affaiblir les capacités de réponse rapide du pays face aux menaces transfrontalières, comme le terrorisme ou la criminalité organisée.

La sortie de Madiambal Diagne intervient alors que les autorités sénégalaises défendent, au contraire, une politique de souveraineté renforcée. Le Général de corps d’Armée Mbaye Cissé, lors d’une précédente déclaration, avait expliqué que cette rétrocession s’inscrivait dans une volonté politique affirmée de développer une armée sénégalaise pleinement autonome, capable de relever ses défis sécuritaires avec ses propres moyens.

Cette divergence de points de vue reflète un débat plus large sur l’avenir des relations militaires entre l’Afrique et ses anciens partenaires traditionnels, en particulier la France. Entre rupture symbolique et repositionnement stratégique, le Sénégal trace ainsi une nouvelle voie, non sans susciter interrogations et controverses.

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Clap de fin pour les bases françaises au Sénégal : un tournant décisif dans la coopération militaire

La journée du jeudi 17 juillet 2025 restera gravée dans l’histoire militaire du Sénégal comme le symbole d’une souveraineté assumée et d’un partenariat repensé. C’est à cette date qu’a eu lieu, à Dakar, la cérémonie officielle de rétrocession des bases militaires françaises aux forces armées sénégalaises. Un acte hautement symbolique qui met fin à plusieurs décennies de présence militaire française dans le pays.

La cérémonie, tenue au camp Geille, a été marquée par la présence des autorités militaires sénégalaises et françaises. Le Général de corps d’armée Mbaye Cissé, Chef d’état-major général des armées sénégalaises, a pris la parole pour rappeler le caractère historique de cette restitution. Il a annoncé que toutes les emprises françaises, notamment les camps Saint-Exupéry et Maréchal de Hannes, l’escalier aérien de l’aéroport international Blaise Diagne, la cité résidentielle de La Pointe, les installations navales du camp Proté, le centre d’émission de Rufisque et le camp Geille, ont été officiellement transférés à l’État sénégalais.

Le général Cissé a insisté sur le fait que cette rétrocession est le fruit d’une volonté politique ferme des plus hautes autorités des deux pays. Il a salué l’atmosphère fraternelle et respectueuse qui a entouré les discussions entre les deux parties, tout en soulignant que cette évolution s’inscrit dans la nouvelle doctrine sénégalaise de coopération en matière de défense. Cette doctrine vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays, à moderniser son dispositif militaire et à faire du Sénégal un acteur de premier plan dans le maintien de la paix en Afrique de l’Ouest et dans le monde.

Le haut commandement militaire sénégalais a également tenu à rappeler que la coopération avec la France a été, pendant de longues années, un appui majeur dans la formation des soldats, l’entraînement des troupes et la logistique. Des apports qui ont contribué à professionnaliser l’armée sénégalaise et à l’ériger comme l’une des plus respectées de la sous-région.

De son côté, le Général de division Pascal Ianni, représentant de l’armée française, a salué l’évolution naturelle de la relation entre les deux pays. Il a rappelé que le camp Geille, où se tenait la cérémonie, fut l’une des premières bases aériennes africaines créées par la France en 1920. Il a retracé les grandes étapes de la présence militaire française, depuis la période coloniale jusqu’à la mise en place, en 2011, des Éléments Français au Sénégal (EFS), après la dissolution des Forces Françaises du Cap-Vert.

Dans son allocution, le général Ianni a évoqué une « transformation structurelle » de la présence française en Afrique. Il a reconnu que le temps des bases permanentes touchait à sa fin, et qu’il était désormais plus pertinent de nouer des partenariats souples, adaptés aux besoins et à la souveraineté des pays africains. Il a affirmé que « prolonger artificiellement une présence là où elle n’est plus souhaitée serait une erreur stratégique et politique ».

Les deux officiers généraux ont convenu que cette étape ne signifiait pas la fin de la coopération militaire entre le Sénégal et la France, mais plutôt le début d’un nouveau cycle. Un cycle marqué par une collaboration sur mesure, respectueuse des intérêts et des choix stratégiques de chacun.

La restitution des bases françaises marque donc un tournant majeur dans l’histoire des relations militaires franco-sénégalaises. Elle incarne la volonté du Sénégal de maîtriser pleinement sa défense et de bâtir une armée à la hauteur de ses ambitions régionales et internationales. C’est aussi, pour la France, l’opportunité de repenser sa politique de défense en Afrique, dans un contexte où les attentes des peuples africains en matière de souveraineté sont de plus en plus fortes.

ANNONCE D’UN COMITÉ SPÉCIAL POUR MATÉRIALISER LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL EN PROJETS DE LOIS : Vers quelles réformes législatives s’achemine-t-on ?

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé, en Conseil des ministres, la création d’un Comité spécial chargé de formuler les textes législatifs et réglementaires issus des recommandations du Dialogue national sur le système politique. Une initiative qui ouvre la voie à d’importantes réformes institutionnelles dont les contours législatifs restent à préciser.

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 16 juillet, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris la parole pour revenir sur un évènement important de la vie politique nationale : la réception, deux jours plus tôt, du Rapport général du Dialogue national sur le système politique. Ce document, fruit de plusieurs jours d’échanges entre les forces vives de la nation, trace les contours des réformes attendues pour une refondation institutionnelle et démocratique du Sénégal.
Le chef de l’État a salué, avec insistance, le travail du facilitateur général, du directoire du Dialogue, des différentes commissions ainsi que l’implication des participants, notamment ceux réunis au sein de la plateforme « Jubbanti ». Selon lui, l’esprit républicain, le sens des responsabilités et la qualité des contributions traduisent une volonté collective de bâtir un nouveau socle politique plus juste, plus équilibré et plus conforme aux aspirations démocratiques profondes du peuple sénégalais.
Diomaye Faye a surtout mis l’accent sur les recommandations consensuelles issues de ce processus, qu’il juge « exhaustives » et « thématiques », insistant sur leur pertinence dans la quête d’un État de droit renforcé, d’une justice restaurée dans sa crédibilité et d’une démocratie renouvelée dans ses pratiques et institutions. Pour le président de la République, la mise en œuvre effective de ces recommandations constitue une priorité nationale.
C’est dans ce contexte qu’il a annoncé la création prochaine d’un Comité spécial. Cette instance aura pour mission, dans un délai de trois mois, de proposer les textes législatifs et réglementaires nécessaires à la traduction concrète des conclusions du dialogue. Ainsi, le chef de l’État veut-il aller vite, mais surtout bien. Il s’agit, pour lui, de ne pas laisser le consensus retomber dans l’oubli ou être dilué dans des considérations politiques à court terme.
Dès lors, une question centrale s’impose : quelles lois seront proposées à l’Assemblée nationale ? Réforme du Conseil constitutionnel, mode de désignation des membres de la Cour des comptes, renforcement de la Haute Autorité de la transparence, révision du statut des magistrats, modification des règles électorales, encadrement des pouvoirs présidentiels, adoption d’une loi de programmation pour l’accès équitable à la justice ou autre ? En tout cas, les pistes sont nombreuses.
Par ailleurs, il faudra s’interroger sur le sort réservé à certaines pratiques jusque-là décriées, comme le parrainage citoyen, la transhumance politique ou la gestion des fonds politiques. Autant de sujets épineux que le futur comité spécial devra trancher, en lien étroit avec les institutions, les parlementaires et la société civile.
En attendant, le message du chef de l’État est clair : l’heure est à la réforme, mais pas à n’importe quel prix. Il urge de réconcilier les Sénégalais avec leur système politique, en posant les bases d’un nouveau contrat démocratique, fondé sur la transparence, l’équité, la responsabilité et la participation citoyenne.
Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°514 – 17/07/2025

🔴 ANNONCE D’UN COMITÉ SPÉCIAL POUR MATÉRIALISER LES CONCLUSIONS DU DIALOGUE NATIONAL : QUELLES SONT CES LOIS EN GESTATION ?
🔴 DOSSIERS BACHIR FOFANA ET MOUSTAPHA DIAKHATÉ : RETOUR DU DÉBAT SUR LE JUGE DES LIBERTÉS

🔴 LUTTE / « KULUNA », « MAFIA », « MANDAT DE DÉPÔT » : LES MOTS DÉSORMAIS BANNIS PAR LA POLICE
🔴 LSFP 2025-2026 : COUP D’ENVOI LE 11 OCTOBRE, CLAP DE FIN LE 6 JUIN

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 16 juillet 2025

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 16 JUILLET 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 16 juillet 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République est revenu sur le Rapport général du Dialogue national sur le système politique qu’il a reçu le lundi 14 juillet 2025. Il a félicité le facilitateur général, le directoire, les commissions du dialogue national et l’ensemble des participants, notamment ceux ayant intégré la plateforme « Jubbanti », pour leur mobilisation, leur contribution de qualité et leur engagement patriotique. Il a salué la qualité et l’exhaustivité des recommandations thématiques et opérationnelles consensuelles, visant fondamentalement le renforcement de l’Etat de droit, le respect de l’autorité de l’Etat et des institutions de la République, la restauration de la confiance des Sénégalais en la justice, ainsi que l’approfondissement et le rayonnement permanent de notre démocratie. Il a réitéré son engagement à ne ménager aucun effort pour améliorer durablement le fonctionnement de notre système politique et renforcer le contrôle de l’action publique, dans un climat durable de confiance, de réconciliation, de paix et de stabilité, indispensable pour libérer les énergies nécessaires à l’accélération de la mise en œuvre inclusive de l’Agenda national de Transformation. Il a informé le Conseil de sa décision de mettre en place un Comité spécial chargé, dans un délai de trois (03) mois maximum, de proposer les textes législatifs et réglementaires, de même que les modalités devant matérialiser les recommandations consensuelles issues du Dialogue national sur le système politique.

Evoquant la problématique de la préservation et du développement durable de nos ressources forestières, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement l’impératif d’assurer sur l’étendue du territoire national la protection et la préservation de nos massifs forestiers. Il a demandé au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de poursuivre et d’intensifier, avec les acteurs institutionnels, les opérateurs privés et les populations concernées, les efforts de reboisement et de gestion durable des massifs forestiers par l’accélération des mécanismes d’aménagement et de classement de forêts. 

Dans cette perspective de consolidation soutenue de notre écosystème forestier, il a indiqué au

Gouvernement la nécessité d’adopter une culture nationale de promotion de l’arbre et des aménagements paysagers et forestiers par la redynamisation des services des Eaux et Forêts, des parcs nationaux et de l’Agence sénégalaise de Reforestation et de la Grande muraille verte. 

Le dimanche 03 août 2025 sera célébrée la Journée nationale de l’Arbre. Le thème retenu cette année par le Président de la République est « Reboisement, Souveraineté alimentaire et Développement territorial durable », avec comme arbres parrains « le Manguier » et « le

Baobab ». Dès lors, il a demandé au Premier Ministre et au Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique de veiller au bon déroulement de cet événement dans toutes les régions avec une forte implication des collectivités territoriales des populations à la base notamment les jeunes. 

La transparence dans la gestion des industries extractives demeure une priorité de l’action gouvernementale. A ce sujet, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement le démarrage du processus d’évaluation périodique du Sénégal dans le cadre de l’Initiative pour la Transparence des Industries extractives (ITIE) 2025. 

Il a demandé au Premier Ministre de veiller, avec les Ministres concernés, à la mise en œuvre de toutes les mesures et actions idoines en vue de renforcer les progrès notables déjà réalisés par le Sénégal dans les composantes mines et hydrocarbures de l’ITIE. Il a rappelé aux Ministres concernés, notamment ceux en charge des Finances et du Budget, du Pétrole et des Mines et des Collectivités territoriales, l’urgence de finaliser l’actualisation du cadre réglementaire relatif au registre des bénéficiaires effectifs et à la divulgation des données sur les propriétaires légaux et effectifs des entreprises intervenant dans la chaine de valeur des industries extractives, l’activation du fonds d’appui au développement local et du fonds de réhabilitation minière et la redistribution effective des revenus miniers selon les modalités administratives et réglementaires définies. 

Il a demandé au Premier Ministre d’assurer la supervision de la gestion diligente du dossier de validation ITIE 2025 du Sénégal.

S’agissant du contrôle et du développement des activités pharmaceutiques, le Président de la République a rappelé au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, l’urgence de prendre toutes les dispositions requises, en relation avec l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, pour prévenir et lutter contre la vente illicite de médicaments et de « produits assimilés » sur l’étendue du territoire national. La maitrise stratégique des activités commerciales et industrielles liées au médicament demeure un élément fondamental de la politique de santé publique et de réalisation de la souveraineté pharmaceutique. 

Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre de la Santé et de l’Action sociale de faire la cartographie nationale des officines de pharmacie et dépôts autorisés mais également de travailler avec le Ministre de l’Industrie et du Commerce, à l’établissement de la liste exhaustive des entreprises relevant de l’industrie pharmaceutique. Afin d’asseoir la souveraineté pharmaceutique, il a indiqué au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, la nécessité d’une évaluation intégrale des interventions de l’Etat dans le secteur du médicament et de la pharmacie. Il a appelé à un suivi adéquat des plans de redressement, de relance et de développement des activités des industries pharmaceutiques et de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement, entité dont le repositionnement dans l’écosystème, demeure prioritaire. 

La diaspora sénégalaise joue un rôle très important dans les dynamiques économiques et sociales du pays. A ce titre, elle est considérée comme la quinzième région du Sénégal et est représentée à l’Assemblée nationale. En plus de son impact économique significatif à travers notamment les transferts financiers, elle est activement impliquée dans les initiatives de développement local, l’innovation, le transfert de compétences et la promotion des valeurs culturelles du Sénégal à l’Etranger. En guise de reconnaissance de la Nation sénégalaise envers sa diaspora, le Président de la République a décidé d’instituer une Journée nationale de la diaspora qui sera célébrée le 17 décembre de chaque année.

Au titre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur sa visite de travail, les 09 et 10 juillet 2025, à Washington, à l’invitation du Président des Etats Unis d’Amérique, Donald TRUMP et celle qu’il a effectuée, à Cotonou, au Bénin, le 15 juillet 2025, à l’invitation du Président Patrice TALON. 

Dans sa communication, le Premier Ministre Ousmane SONKO a évoqué la situation des Universités. Après avoir adressé ses félicitations aux élèves admis aux épreuves du baccalauréat pour cette année et encouragé les candidats malheureux, il a rappelé la priorité accordée à la jeunesse sénégalaise par Monsieur le Président de la République. Malgré le contexte financier difficile que traverse notre pays, leur formation et leur épanouissement demeurent une priorité absolue.

Les résultats provisoires du Baccalauréat font état d’un taux de réussite de 42,85 %, soit près de 70 000 nouveaux bacheliers à orienter, accueillir, former et, pour une partie d’entre eux, héberger. A cet égard, le Premier Ministre a insisté sur l’accélération de la finalisation, de la livraison et de l’équipement des nouvelles universités dont certains chantiers sont en souffrance depuis plus d’une décennie. Ces chantiers devront impérativement être livrés dans les meilleurs délais afin de garantir la prochaine rentrée universitaire dans des conditions optimales. Il a également demandé la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures au sein des universités existantes.

La qualité de la formation ne se limite pas à la question des infrastructures. Le renforcement du volet pédagogique s’impose notamment à travers le recrutement de personnels d’enseignement et de recherche qualifiés pour résorber le déficit d’enseignants et accompagner l’évolution des effectifs.

Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre en charge de la Formation professionnelle de veiller à la mise en œuvre rigoureuse et au suivi optimal du projet de construction de 23 centres de formation professionnelle avec pour impératif de respecter scrupuleusement les délais convenus.

Evoquant l’évaluation de la modernisation de l’administration, le Premier Ministre a magnifié l’engagement, la compétence et le sens du devoir des agents de l’administration qui constituent un atout majeur pour la réussite collective et un socle de la transformation de notre État. La principale recommandation issue de cette évaluation appelle une réorientation stratégique du Programme d’Appui et de Modernisation de l’Administration (PAMA). Dans cette perspective, le Chef du Gouvernement a décidé de lancer une restructuration ambitieuse du programme.

Pour y parvenir, plusieurs leviers d’action seront mobilisés :

1. Définir un nouveau cadre stratégique visant à asseoir des réformes et doter notre administration d’instruments et de ressources;

2. Mettre en œuvre les recommandations de l’évaluation indépendante, avec une planification réaliste et des mécanismes rigoureux de suivi et de redevabilité ;

3. Renforcer la gouvernance au sein du Comité de modernisation de l’Administration Publique qui tiendra désormais des réunions régulières et opérationnelles ;

4. Accélérer la transition numérique pour tous les services prioritaires, garantissant ainsi des démarches administratives rapides, efficaces et transparentes ;

5. Professionnaliser la gestion des ressources humaines, notamment par la finalisation du Répertoire Opérationnel des Métiers et Compétences et l’adoption d’un nouveau code d’éthique de la fonction publique ;

6. Favoriser l’innovation administrative par la formation continue et l’appropriation des outils numériques, transformant ainsi les pratiques professionnelles ;

7. Améliorer significativement l’accueil dans les services publics ;

8. Optimiser le traitement des dossiers pour une administration plus réactive et efficace.

Le Premier Ministre a enfin exprimé l’ambition de bâtir une administration puissante, moderne et exemplaire, alignée sur les orientations de la Vision Sénégal 2050.

Le Premier Ministre est revenu sur la réunion de travail gouvernementale qu’il a présidée le lundi 14 juillet 2025 et au cours de laquelle une revue approfondie de la gouvernance de l’Agenda national de Transformation a été effectuée. Pour en garantir un pilotage à la fois rigoureux, cohérent et efficace, le Premier Ministre a annoncé une directive présidentielle qui sera complétée par une circulaire de la Primature. Ces textes détailleront les orientations stratégiques, les modalités de coordination et de suivi, ainsi que les rôles, responsabilités et interactions entre les différentes parties prenantes. Ils définiront également la périodicité des revues de performance, en vue de renforcer la redevabilité, la transparence et l’alignement de l’action gouvernementale sur nos objectifs de transformation.

Le Premier Ministre a rappelé les différentes consultations nationales de grande envergure récemment organisées (Assises de la Justice, États généraux de l’Industrie, États généraux des Transports, Dialogue national sur le système politique, Conférence sociale ayant abouti au Pacte social) et a demandé de traduire les recommandations issues de ces travaux en actions concrètes, assorties d’un calendrier clair et des mécanismes de suivi-évaluation, permettant de mesurer les progrès.

Le Premier Ministre a demandé aux ministres concernés de formuler un plan opérationnel de mise en œuvre des recommandations issues de leurs assises respectives avec des échéanciers précis et de soumettre un rapport de suivi trimestriel faisant état de l’état d’avancement des actions engagées, des résultats obtenus et, le cas échéant, des difficultés rencontrées. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) de déployer, dans un délai de trois mois, la digitalisation intégrale du courrier administratif. Cette réforme représente un levier stratégique majeur pour moderniser notre administration, améliorer la traçabilité des échanges, et rehausser la qualité du service public.

Abordant son récent voyage en Chine, le Premier Ministre a insisté sur l’importance de la rigueur dans le suivi des 48 actions retenues. Après avoir rappelé les diligences déjà menées

par la Primature, il a demandé à tous les ministres concernés de procéder à un suivi rigoureux de ces actions afin d’en assurer la mise en œuvre effective et de maximiser les retombées.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération a fait une communication sur la mobilisation des ressources hors bilan de l’Etat à travers le recyclage d’actifs de

l’Etat ;

– le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait le point sur la situation hebdomadaire de la gestion des inondations ;

– le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait une communication sur la révision des règlements particuliers des zones dotées de plans d’aménagement de la région de Dakar.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES, le

Conseil a examiné et adopté :

– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le Traité d’Entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de la République italienne, signé à Rome le 07 décembre 2017 ;

– le Projet de décret instituant la journée nationale de la diaspora sénégalaise ;

– le Projet de décret fixant le nombre de places mises en concours pour l’admission en classe de 6ème de l’Enseignement moyen général, session 2025 ;

– le Projet de décret modifiant le décret n° 2020-791 du 19 mars 2020 relatif au registre des bénéficiaires effectifs.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement

Amadou Moustapha Njekk SARRE

Revalorisation salariale : un accord conclu entre l’État et les travailleurs des Collectivités territoriales

Un accord historique vient d’être paraphé entre le gouvernement du Sénégal et l’Intersyndicale des travailleurs des Collectivités territoriales, dans le cadre de la signature du Pacte national de stabilité avec les partenaires sociaux. La circulaire officielle, datée du 15 juillet 2025 et signée par le ministre des Collectivités territoriales, Moussa Bala Fofana, précise les modalités de mise en œuvre de cette mesure.

Selon les termes du protocole, les agents fonctionnaires des Collectivités territoriales bénéficieront désormais d’une revalorisation salariale alignée sur celle accordée aux fonctionnaires de l’État. Les montants supplémentaires qui leur sont dus varieront entre 80 000 et 300 000 FCFA en fonction de leur hiérarchie et de leur grade.

En complément, une indemnité mensuelle transitoire a été instituée en faveur de 6 458 agents certifiés à l’issue du recensement. Cette indemnité atteindra progressivement 80 000 FCFA sur trois ans. Elle sera versée d’abord à hauteur de 60 000 FCFA dès 2025, puis augmentée de 10 000 FCFA supplémentaires en 2026 et 2027.

Conscient de la pression budgétaire que cette réforme fait peser sur certaines collectivités, le gouvernement a débloqué un fonds d’accompagnement d’un montant de 1,5 milliard FCFA. Ce soutien financier est destiné aux collectivités les plus affectées afin d’assurer la soutenabilité de la mesure et d’éviter tout déséquilibre des finances locales.

Pour accéder à ce fonds, les collectivités devront signer une convention avec le ministère des Collectivités territoriales. Elles s’engageront à respecter des principes rigoureux de bonne gestion, sous la supervision de la Direction du Service public local et de la Direction des Collectivités territoriales.

Cette revalorisation salariale constitue un pas important vers la reconnaissance du rôle et du mérite des agents des Collectivités territoriales, après plusieurs mois de négociations et de revendications. Elle s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’apaiser le climat social et de renforcer la performance du service public de proximité.

Bakhao Fall sur les tensions au sein du gouvernement : « Le Pastef a été rattrapé par la réalité du pouvoir »

Bakhao Fall, président du mouvement « Convergence citoyenne pour l’Esprit et l’Intérêt du Djolof » et allié déclaré du Pastef, a livré une lecture sans détour des tensions qui traversent la coalition au pouvoir. Invité ce mercredi 16 juillet 2025 sur le plateau de l’émission Midikeng de PressAfrik TV, il a estimé que le Pastef fait aujourd’hui face à l’inévitable épreuve de l’exercice du pouvoir, après avoir suscité une immense attente populaire durant ses années de combat dans l’opposition.

Selon lui, le parcours du parti d’Ousmane Sonko illustre les contradictions inhérentes à la conquête démocratique du pouvoir. « Au moment de la conquête, nous faisons des promesses, allant jusqu’à promettre la lune. Mais une fois au pouvoir, rattrapés par la réalité, nous nous rendons compte qu’il y a une différence entre ce que nous disions dans l’opposition et la manière dont nous voulons gérer le pays », a souligné Bakhao Fall, non sans saluer la détermination des principaux leaders du Pastef. « Ils aiment le pays. Ils ont fait rêver la jeunesse et le peuple, mais tout cela, c’était dans l’opposition », a-t-il rappelé.

Pour l’allié du Pastef, les difficultés actuelles sont la conséquence d’un scénario politique inédit au Sénégal : l’accession à la présidence d’un « second », Bassirou Diomaye Faye, tandis que le leader naturel du parti, Ousmane Sonko, a pris la tête du gouvernement. « Ce n’est pas ce que nous avions l’habitude de voir. D’ordinaire, le président de la République est aussi le chef du parti au pouvoir. Ici, le Premier ministre est resté le leader incontesté, celui qui tient les rênes politiques », a-t-il noté, en soulignant qu’une telle configuration peut alimenter des rivalités et des crispations.

Interrogé sur les dernières sorties médiatiques d’Ousmane Sonko, notamment après la décision de la Cour suprême qui a cassé son rabat d’arrêt contre Mame Mbaye Niang, Bakhao Fall estime que le Premier ministre s’est exprimé sous le coup de la frustration. « Il ne faut pas oublier que Sonko est quelqu’un qui ne mâche pas ses mots, c’est ce qui faisait sa force dans l’opposition. Mais une fois Premier ministre, il ne peut plus s’exprimer comme avant », a-t-il prévenu. Selon lui, la posture institutionnelle oblige à davantage de retenue : « Quand vous parlez, vous ne parlez plus pour votre modeste personne, mais pour la République ».

Bakhao Fall s’est aussi interrogé sur le discours du président Bassirou Diomaye Faye appelant à « libérer la justice » lors de la remise des conclusions du dialogue national. Il a rappelé que dans un précédent entretien, le chef de l’État avait déclaré que « le peuple peut faire pression sur la justice », ce qui, selon lui, révèle des contradictions dans la ligne de conduite de l’exécutif. « Il y a des écarts dans leur langage par moments. C’est le signe qu’ils ont été rattrapés par la réalité du pouvoir », a-t-il conclu, en appelant les nouvelles autorités à faire preuve de pédagogie et à mesurer leurs responsabilités au sommet de l’État.

Délibérés renvoyés : le Forum du Justiciable dénonce une « injustice » contre Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana

Les affaires impliquant Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana connaissent un nouvel épisode controversé. En raison de la poursuite de la grève des greffiers, les délibérés qui devaient être rendus ont de nouveau été reportés. Ce prolongement de la détention préventive suscite l’indignation au sein de la société civile.

Le Forum du Justiciable, par la voix de son président Babacar Ba, a pris fermement position contre cette situation. Sur les ondes de Sud FM, il a dénoncé une « injustice » qu’il estime contraire aux principes d’un État de droit. Selon lui, maintenir des prévenus en prison uniquement à cause d’un mouvement social constitue une atteinte grave à leurs droits fondamentaux.

« Moustapha Diakhaté ainsi que Bachir Fofana et les autres ce qu’ils sont en train de vivre est injuste dans un État de droit. Le renvoi à plusieurs reprises de leur délibéré parce que, tout simplement, les greffiers sont en grève, c’est inhumain et ce n’est pas normal », a-t-il déclaré avec fermeté.

Babacar Ba a interpellé directement le ministre de la Justice, qu’il considère comme le garant du bon fonctionnement du service public judiciaire. Il estime que la situation actuelle viole les droits des deux prévenus ainsi que de toutes les autres personnes détenues dans des conditions similaires. Il a invité le Garde des Sceaux à prendre ses responsabilités pour mettre fin à ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle.

Le président du Forum du Justiciable a également plaidé pour que la liberté provisoire soit accordée à Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana en attendant que la situation se stabilise. « Nous demandons au procureur de la République et aux juges qui ont en charge leur dossier de leur accorder en attendant la liberté provisoire. Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana ont assez de garanties de représentation en justice », a-t-il souligné, rappelant que « la liberté est la règle, la détention l’exception » au Sénégal.

Babacar Ba juge inacceptable qu’un conflit social se traduise par un prolongement indéfini des détentions. « On ne peut pas, sous prétexte que les greffiers sont en grève, garder Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana en prison. Cela veut dire qu’ils vont rester en prison aussi longtemps que cette grève va durer, c’est une injustice », a-t-il martelé.

Enfin, il a réitéré son appel au ministre Ousmane Diagne, l’invitant à agir sans délai. « Nous interpellons une fois de plus le ministre de la Justice. S’il y a un dysfonctionnement au niveau du service public de la justice qui est en train de causer un préjudice énorme aux justiciables, je pense que c’est le ministre Ousmane Diagne qui doit prendre toutes ses responsabilités pour faire cesser cette injustice », a-t-il conclu.

Affaires Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana : Me Barro fustige la prorogation des délibérés et réclame la création d’un juge des libertés

Le dossier judiciaire impliquant Moustapha Diakhaté et Bachir Fofana connaît un nouveau rebondissement. Alors que le délibéré était initialement prévu ce mercredi, le tribunal a décidé de le renvoyer au 23 juillet prochain, prolongeant ainsi la détention des deux prévenus. Cette décision intervient dans un contexte de tension accrue autour de la grève des greffiers, laquelle paralyse une grande partie de l’appareil judiciaire.

Me Aboubacry Barro, avocat de la défense, a exprimé sa vive indignation après cette énième prorogation. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive répressive du parquet, qu’il accuse de s’opposer systématiquement aux libertés provisoires. « Au-delà des délibérés des affaires Moustapha Diakhaté contre le ministère public et Bachir Fofana contre le ministère public, je précise que tous les délibérés ont été prorogés à la date du 23 juillet. Le motif, c’est la grève des greffiers. Nous déplorons cela car c’est récurrent et l’on ne sait pas quand cette grève prendra fin. Il y a beaucoup d’innocents en prison dont les affaires auraient pu être vidées aujourd’hui et qui auraient pu retrouver la liberté », a-t-il déclaré devant la presse.

L’avocat s’inquiète du fait que l’exercice des libertés publiques et individuelles soit à la merci des aléas d’un conflit social. Selon lui, cette situation met en lumière l’urgence de doter le Sénégal d’un juge des libertés et de la détention, à l’image de ce qui existe dans d’autres démocraties avancées. « Quand est-ce que cette grève prendra fin ? L’heure est grave. Les prisons sont surpeuplées. On doit pouvoir quand même mesurer la gravité de la situation et le fait que les libertés individuelles et publiques sont sacrées. D’où encore une fois, l’urgence de mettre sur place un juge des libertés et de la détention », a insisté Me Barro.

Concernant la demande de mise en liberté provisoire formulée pour leurs clients, Me Barro a expliqué qu’elle avait été retirée en séance. Selon lui, la défense a pris cette décision après que le parquet s’est catégoriquement opposé à la requête. Il a qualifié cette attitude de profondément répressive. « Ce qui montre que nous avons un parquet de la répression, un parquet très sévère qui n’hésite pas à envoyer les gens en prison et qui, à chaque fois que nécessaire, rejette les demandes de liberté provisoire. C’est une situation que nous déplorons et que nous décrions à l’endroit de l’opinion nationale et internationale aussi », a-t-il déploré.

Inertie des autorités face aux revendications : L’Entente syndicale SYTJUST-UNTJ décrète 48 heures de grève

L’Entente syndicale SYTJUST-UNTJ (Syndicat des Travailleurs de la Justice – Union Nationale des Travailleurs de la Justice) a décidé de passer à la vitesse supérieure. Après plus d’un mois de mobilisation entamée le 18 juin 2025, les travailleurs de la justice ont annoncé une grève de quarante-huit heures prévue pour les jeudi 17 et vendredi 18 juillet. Cette décision intervient dans un climat de frustration croissante, les syndicats affirmant que leurs revendications restent lettre morte auprès des autorités.

Dans un communiqué, l’Entente syndicale explique que la démarche engagée depuis plusieurs semaines n’a débouché sur aucune avancée concrète. Les syndicats déplorent ce qu’ils qualifient « d’indifférence totale » de la part des décideurs politiques face aux problèmes soulevés par les travailleurs de la justice. Ils rappellent qu’une réunion avait été programmée avec l’administration, alors même que le ministre de la Fonction publique, principal interlocuteur habilité à engager le gouvernement, était en déplacement à l’étranger.

Estimant que cette absence rendait la rencontre inopérante, les représentants syndicaux avaient proposé de reporter les discussions afin de permettre la présence de responsables compétents pour prendre des engagements politiques. Pourtant, cette proposition n’a pas été retenue par l’administration, qui a insisté pour maintenir la réunion. D’après les syndicats, aucun des responsables présents n’avait la capacité de signer un quelconque accord au nom du gouvernement.

Les discussions qui se sont tenues se sont donc soldées par un constat d’échec. « Aucune solution concrète n’a été apportée aux points essentiels de nos préavis de grève », regrette l’Entente syndicale, qui ajoute que le service public de la justice souffre d’un dysfonctionnement de plus en plus alarmant sans que cela ne provoque la moindre réaction sérieuse des autorités.

Face à cette situation jugée intenable, les syndicats ont décidé de décréter cette grève de quarante-huit heures afin de maintenir la pression. Leur objectif est d’obtenir l’ouverture immédiate de négociations de haut niveau avec de véritables décideurs politiques et de parvenir à la signature d’un protocole d’accord. Les syndicats exigent que cet accord reprenne l’ensemble des points de leur plateforme revendicative, assorti d’un échéancier précis et contraignant qui engage l’État sur des délais et des moyens de mise en œuvre.

Cette nouvelle étape du bras de fer entre le gouvernement et les travailleurs de la justice fait craindre des perturbations encore plus importantes dans le fonctionnement déjà ralenti des tribunaux et des greffes sur l’ensemble du territoire national. Les regards restent tournés vers l’exécutif, appelé à agir rapidement pour désamorcer la crise et éviter un enlisement préjudiciable au service public et aux justiciables.

Dérives judiciaires au Sénégal : des avocats saisissent l’ONU pour dénoncer la Haute Cour de Justice

La justice sénégalaise se retrouve une nouvelle fois sous le feu des critiques. Ce mercredi, des avocats du Cabinet Vey et Associés, spécialisés en droit international, ont animé un point de presse à Dakar pour annoncer leur soutien à leurs confrères sénégalais et faire état de dérives jugées préoccupantes. Ces procédures visent principalement des anciens ministres, des hommes politiques ainsi que des journalistes poursuivis ou incarcérés dans des conditions qu’ils qualifient d’arbitraires.

Leur démarche se veut avant tout une mission d’observation, avec des déplacements au Sénégal pour rencontrer les acteurs impliqués et évaluer l’état d’avancement des dossiers. Selon Me Antoine Vey, avocat aux barreaux de Paris et de Genève, l’objectif est de documenter et d’alerter la communauté internationale sur une dérive progressive : « Le Sénégal est une grande démocratie dans laquelle les gens s’identifient au respect de leurs droits individuels. Nous avons à cœur d’informer et d’activer les leviers juridiques nationaux et internationaux. »

L’avocat a pointé du doigt ce qu’il décrit comme « un phénomène inquiétant », en l’occurrence une succession de poursuites contre des personnalités connues, instruites par une juridiction qui, selon lui, n’est pas exempte de pressions politiques. Il fait notamment référence à la Haute Cour de Justice, instance habilitée à juger les faits d’enrichissement illicite et de détournement de deniers publics, mais dont le mode de fonctionnement soulève de sérieuses questions de neutralité. « C’est un organisme judiciaire qui pose des difficultés car largement contrôlé par une majorité politique qui veut s’affranchir, sous des mobiles partisans, des règles de droit et de leur application. Les fonds de dossiers ne sont pas convaincants, ils reposent sur des accusations très peu étayées et peu d’éléments objectifs », a-t-il insisté.

Selon les avocats, une quinzaine de procédures dites « émergentes » sont concernées. Certaines impliquent d’anciens ministres, d’autres des journalistes condamnés pour des « délits » qu’ils considèrent comme des atteintes à la liberté d’opinion. Face à ces constats, une première requête a été déposée il y a une dizaine de jours auprès du Rapporteur spécial des Nations Unies. Cette démarche vise à dénoncer ce qu’ils qualifient de « dysfonctionnement structurel » de la Haute Cour de Justice et à demander l’ouverture d’un dialogue formel avec les autorités sénégalaises.

Me Vey précise que le dossier a été transmis au groupe de travail onusien sur la détention arbitraire. La requête réclame la suspension immédiate des procédures en cours, la mise en liberté des inculpés et la formulation de recommandations publiques en vue de réformer le système judiciaire. Selon l’avocat, ces signaux d’alerte pourraient avoir des répercussions diplomatiques et économiques majeures, car ils alimentent l’idée d’un recul démocratique dans un pays longtemps présenté comme exemplaire sur le continent.

Me Amadou Sall, également présent lors du point de presse, a rappelé que la Cour de Justice de la CEDEAO avait déjà rendu plusieurs décisions favorables aux requérants sénégalais : « Nous avons toujours eu des avis favorables de la part de la Haute Cour de Justice de la CEDEAO. Nous resterons positifs », a-t-il assuré. Pour lui, la multiplication des poursuites contre d’anciens responsables politiques, parfois sur des dossiers peu étayés, est un mauvais signal. « Le Sénégal, compte tenu de toute cette situation, est sous surveillance. Il existe une conditionnalité entre le financement international et le respect des libertés. »

Il conclut en exhortant le gouvernement sénégalais à revenir à ses priorités premières. « Le régime de Diomaye n’a pas été élu pour chercher et attraper des voleurs. Il a été élu pour régler les problèmes urgents des Sénégalais », a insisté Me Sall, appelant à la fin d’une « instrumentalisation » qui, selon lui, nuit à la stabilité et au développement du pays.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°513 – 16/07/2025

🔴 BAISSE DE LA NOTE SOUVERAINE PAR S&P GLOBAL À B- : LE SÉNÉGAL DOS AU MUR
🔴 UN BAC SUR DEUX RATÉ, EFFECTIFS PLÉTHORIQUES À L’UNIVERSITÉ : L’ÉCHEC D’UN SYSTÈME

🔴 MERCATO : EL HADJI MALICK DIOUF S’ENVOLE POUR WEST HAM
🔴 COMBAT BALLA GAYE 2 VS SITEU : LE PARI OSÉ DE KHADIM SAMB !

Groupe WhatsApp de la Coalition Diomaye Président : Bougar Diouf règle ses comptes après son exclusion

Bougar Diouf, président de l’Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS) et membre de la Coalition Diomaye Président, a exprimé sa profonde amertume après avoir été exclu du groupe WhatsApp des alliés du chef de l’État. Cette décision a été prise à la suite de propos jugés offensants envers le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il avait tenus lors de son passage dans l’émission RFM Matin.

Dans sa déclaration, Bougar Diouf est revenu sur l’historique de l’engagement de son mouvement aux côtés de Pastef et de son leader. Il a affirmé que l’appui de la coalition avait été déterminant pour la victoire à la présidentielle. « Nous soutenons Pastef depuis 2017. Son leader, Ousmane Sonko, ne prend même pas en compte notre coalition lorsqu’il s’exprime. Sans la Coalition Diomaye Président, Pastef n’aurait jamais pu remporter l’élection présidentielle, faute de moyens. Nous avons contribué à hauteur de plus de 400 millions de FCFA. Plus de 156 organisations se sont mobilisées pour porter Pastef au pouvoir. Et aujourd’hui, Sonko nous ignore complètement, comme si nous n’avions jamais existé », a-t-il dénoncé.

Bougar Diouf a également précisé qu’il avait décidé de soutenir Bassirou Diomaye Faye pour sa stature d’homme de dialogue et d’équilibre. Selon lui, c’est l’image du président qui avait motivé l’adhésion de nombreux Sénégalais et l’adhésion massive de la coalition. « Nous avons choisi le président Bassirou Diomaye Faye parce que c’est un homme de paix, de principe, un homme bien. C’est l’homme que le Sénégal attendait. Mais quand Ousmane Sonko parle de lui, il dit qu’il faut le laisser gouverner pleinement, comme si Diomaye ne tirait pas sa légitimité du peuple. C’est ce type de discours que j’ai dénoncé dans l’émission, et cela a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux », a poursuivi Bougar Diouf.

Selon ses explications, sa prise de parole n’aurait pas eu vocation à attaquer la coalition mais plutôt à alerter sur un ton qu’il juge condescendant. Cependant, cette intervention a été mal perçue au sein de l’espace de concertation des alliés du pouvoir. « C’est la cinquième fois qu’Aïda Mbodj m’exclut du groupe. Elle a invoqué l’article 4 de la charte de la coalition, qui interdit aux membres de porter atteinte à l’image de la coalition. Or, je n’ai pas dénigré la coalition. Pastef lui-même n’a jamais signé cette charte et Ousmane Sonko ne reconnaît même pas officiellement la Coalition Diomaye Président », a-t-il affirmé.

Université sénégalaise : chaque étudiant coûte plus d’un million FCFA par an à l’État

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), Abdourahmane Diouf, a dévoilé, mardi, les données actualisées sur le fonctionnement de l’Université sénégalaise en 2024. Cette présentation s’est tenue lors d’un déjeuner de presse consacré aux principaux enjeux de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI 2050).

Selon les chiffres communiqués par le ministre, le Sénégal compte actuellement 286 169 étudiants répartis entre le public et le privé. Ces apprenants sont encadrés par 2 495 enseignants-chercheurs qui interviennent dans les neuf universités publiques que compte le pays. Le réseau universitaire comprend également 73 facultés et 223 départements. Deux grandes écoles, l’École polytechnique de Thiès et l’École nationale supérieure d’agriculture (ENSA), complètent le dispositif de formation supérieur.

Abdourahmane Diouf a tenu à préciser que l’investissement consenti par l’État pour chaque étudiant s’est considérablement accru ces dernières années. En 2024, le coût annuel moyen par étudiant atteint 1 178 742 francs CFA. Ce montant comprend un coût pédagogique évalué à 542 702 FCFA et un coût social qui s’élève à 636 040 FCFA.

Ces chiffres traduisent, selon le ministre, l’effort financier conséquent consenti par l’État pour soutenir l’accès à l’enseignement supérieur et garantir l’accompagnement social des étudiants. Le ministre a par ailleurs souligné que cette mobilisation budgétaire s’inscrit dans une volonté de transformation structurelle du système universitaire, en vue d’en faire un moteur d’innovation et de développement économique durable.

L’ANTESRI 2050 vise notamment à moderniser les infrastructures universitaires, à renforcer la qualité pédagogique et scientifique, mais aussi à mieux articuler les formations avec les besoins de l’économie nationale. Abdourahmane Diouf a insisté sur l’enjeu de ce chantier : il s’agit non seulement de soutenir la massification des effectifs, mais aussi d’assurer la soutenabilité du financement public de l’enseignement supérieur, à un moment où les contraintes budgétaires se font de plus en plus pressantes.

Le ministre a conclu en appelant les acteurs de l’écosystème universitaire – enseignants, étudiants, administrations et partenaires – à se mobiliser collectivement pour réussir cette transformation et relever le défi d’une université plus performante et plus inclusive.

Dénoncer, promettre, emprisonner n’est pas gouverner ( Par Thierno Bocoum )

L’agence S&P vient d’abaisser la note souveraine du Sénégal à B-aggravant encore la défiance des partenaires face à notre trajectoire budgétaire. 

Le gouvernement à travers le ministère des finances et du budget a tenté de calmer les esprits par un communiqué qui, loin de convaincre, confirme l’essentiel. Après avoir révélé lui-même des falsifications qui auraient été opérées par le régime précédent, il se montre incapable d’en livrer aujourd’hui une évaluation consolidée, transparente et cohérente. 

Ce pouvoir a fait une révélation sur les fiances publiques qui n’a été suivie d’aucun dispositif solide pour fiabiliser les chiffres ni d’un mécanisme institutionnel autonome capable de livrer au FMI une lecture rigoureuse de la situation. 

Aujourd’hui, ce sont des consultants étrangers qui doivent dire au Sénégal ce qu’il a réellement dans ses comptes. Le Conseil d’administration du FMI attend, les bailleurs suspendent. Le pays patiente, sans visibilité, sans tableau de bord.

Les faits sont là. En moins de six mois, deux agences internationales ont sanctionné l’incapacité de l’État à présenter une situation crédible. En février 2025, Moody’s a dégradé la note du Sénégal de B1 à B3, après les révélations de la Cour des comptes. Puis S&P vient d’abaisser la note à B-.

Les deux ont placé le pays sous perspective négative, traduisant une perte de confiance généralisée. Ces dégradations ne sont pas symboliques. Elles renchérissent l’endettement, restreignent l’accès aux financements internationaux, ralentissent l’investissement et fragilisent l’économie réelle. C’est le prix de l’improvisation budgétaire.

Pendant ce temps, les promesses se multiplient : rebasing du PIB à venir, stratégie de financement en préparation, relance de la coopération en cours mais les résultats, eux, se font attendre. Le pouvoir d’achat chute, l’investissement public stagne, les recettes issues du pétrole ou de la fiscalité accrue n’ont produit aucun effet tangible. L’économie s’enfonce et le régime s’abrite derrière l’héritage pour masquer sa propre vacuité.

Et lorsque le discours s’effondre, l’intimidation prend le relais. Ces dernières semaines, les arrestations pour délit d’opinion se sont multipliées. Le cas de Badara Gadiaga en est la preuve la plus récente. Son crime c’est d’avoir mis en doute l’efficacité de ceux qui prétendent incarner la rupture. Il ne s’agit pas là d’un fait isolé : chroniqueurs, journalistes, citoyens engagés deviennent des cibles dès lors qu’ils questionnent. 

Le pouvoir cherche à briser les voix discordantes, pensant faire baisser la pression. Mais briser le thermomètre n’a jamais arrêté la fièvre. On peut enfermer des hommes mais pas des faits. On peut taire des vérités mais pas en faire disparaître les conséquences.

Nous sommes face à un régime qui dénonce ce qu’il ne maîtrise pas, promet ce qu’il ne planifie pas et réprime ce qu’il ne comprend pas. 

Le peuple sénégalais ne s’est pas battu pour un simple changement de visages. Il a exigé un changement de méthode, de cap, de pratique. Il a besoin de résultats, de vision et non pas de récits et de vengeances. 

Gouverner, c’est construire, prévoir, arbitrer, décider. Ce n’est pas dénoncer à longueur de discours ni arrêter pour masquer ses échecs.

Dénoncer, promettre, emprisonner : voilà le triptyque d’un pouvoir qui étouffe. 

Il est temps de restaurer l’essentiel : l’action juste, la compétence réelle et la responsabilité politique. Gouverner, c’est agir.

Thierno Bocoum 
Président AGIR- LES LEADERS

Appel international : le CPJ et 180 partenaires exigent la libération de René Capain Bassène au Sénégal

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), en collaboration avec 180 journalistes, organisations de la société civile et chercheurs universitaires, a lancé un vibrant appel au président sénégalais, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, pour qu’il mette un terme à la détention prolongée du journaliste et écrivain René Capain Bassène.

Arrêté en janvier 2018, René Capain Bassène avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour complicité de meurtre dans le cadre d’un dossier judiciaire controversé. Le 3 mai 2025, la Cour suprême du Sénégal a rejeté le dernier recours introduit contre cette condamnation, confirmant ainsi la lourde peine prononcée contre le journaliste.

Le CPJ, qui a mené sa propre enquête sur cette affaire, affirme que Bassène n’aurait jamais pu commettre le crime dont il est accusé. Son dossier a suscité de vives inquiétudes quant au respect du droit à un procès équitable et à l’indépendance de la justice. Selon l’organisation, les accusations reposaient sur des éléments fragiles et des présomptions non étayées.

Journaliste reconnu, René Capain Bassène s’était particulièrement illustré par ses travaux sur le conflit séparatiste en Casamance. Au moment de son arrestation, il achevait son quatrième ouvrage consacré à ce conflit qui dure depuis plus de quarante ans. Dans un message transmis depuis l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar, où il a subi une opération le 4 juin dernier pour réparer un tympan perforé lors de son arrestation, Bassène a expliqué ses motivations : « En tant que fils de la Casamance, j’ai écrit par devoir, pour la postérité, afin que l’histoire de ce conflit ne disparaisse pas de la mémoire collective et qu’il ne se reproduise plus jamais. »

Très affaibli physiquement, il a tenu à exprimer sa gratitude envers tous ceux qui se mobilisent pour sa libération : « Je remercie du fond du cœur tous les signataires qui croient en mon innocence et se battent pour ma libération. »

La lettre adressée au président Diomaye Faye souligne le caractère symbolique de ce dossier pour la liberté de la presse au Sénégal, et rappelle que la détention prolongée d’un journaliste pour ses écrits est incompatible avec les engagements internationaux du pays en matière de droits humains et de liberté d’expression. Les signataires estiment que la grâce présidentielle ou la révision de son procès constitue aujourd’hui un impératif moral et démocratique.

Bassirou Diomaye Faye recentre le débat : « Le seul combat qui vaille, c’est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé sur les orientations majeures de son mandat, alors que les spéculations politiques vont bon train sur l’unité au sommet de l’État et les priorités du nouveau régime. Lors de sa déclaration, le chef de l’État a fermement rappelé que le véritable enjeu réside dans la stabilité politique, la réconciliation nationale et la libération de la justice, et non dans les querelles de positionnement.

Se voulant rassurant, il a affirmé que le Sénégal demeure un pays stable, mais qu’il ne peut ignorer les fragilités héritées. « Le Sénégal n’a rien à envier aux autres pays en termes de stabilité. Mais pour qu’il y ait une stabilité politique, il faut un climat politique stable permettant d’attirer les investisseurs », a-t-il déclaré. Il a insisté sur sa détermination à tout mettre en œuvre pour préserver la paix, rappelant le contexte particulier d’un « passé récent très difficile » et d’un environnement économique et financier dégradé.

Le président Faye a souligné qu’aucune action gouvernementale ne saurait prospérer si elle s’écarte de cet objectif : « Tout ce que nous ferons hors de ce cadre, en tant que gouvernement, les Sénégalais ne seront jamais en phase avec nous. » Il a revendiqué sa volonté de servir avec humilité et responsabilité, conscient de la charge que représente la présidence dans un pays divisé jusqu’au sein des familles.

Pour lui, le premier chantier était sans conteste celui de la réconciliation nationale. C’est la raison pour laquelle il a tenu à installer les assises dès le 28 mai, quelques semaines après son investiture. « J’ai trouvé ce pays dans une division totale, même au niveau de nos propres maisons », a-t-il rappelé. Ces assises avaient un objectif clair : réconcilier les Sénégalais avec leur justice et restaurer la confiance du citoyen dans une institution longtemps décriée.

Il a d’ailleurs précisé sa conception de la réforme judiciaire : « Quand on parle de justice, on veut qu’elle marche. Et pour cela, il faut la libérer, mais la libérer ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble. Il faut dénoncer ce qui auparavant ne marchait pas. » Bassirou Diomaye Faye a évoqué avec gravité ses onze mois de détention, en soulignant qu’il ne saurait cautionner les « anomalies » qu’il avait lui-même subies. Pour lui, corriger les imperfections est un devoir qu’il entend assumer sans faiblesse.

Sur le plan économique, il est revenu sur son récent voyage aux États-Unis, au cours duquel il a rencontré la Chambre de commerce américaine et d’autres partenaires, avec l’ambition d’attirer des investisseurs pour « régler des problèmes et créer des emplois ».

Enfin, le président a tenu à lever toute ambiguïté concernant les propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko. Il a réfuté l’existence de la moindre divergence avec son chef de gouvernement. « Il y a des gens qui vont dire qu’il y a des divergences avec le Premier ministre, non, le Premier ministre l’a dit, c’est mon ami. Je n’ai aucun conflit avec lui. »

Pour Bassirou Diomaye Faye, le seul combat qui compte est celui contre les difficultés quotidiennes des Sénégalais : « Le seul combat qui vaille, c’est le combat contre les difficultés que les Sénégalais endurent, que nous-mêmes endurons en tant que gouvernants qui butons sur un héritage difficile. » Il a réaffirmé son engagement à fonder l’action publique sur les valeurs du « Jub, Jubbal et Jubanti » – probité, redressement et justice – afin de répondre à la situation financière complexe dont il a hérité.

Le président a conclu son intervention en lançant un appel à la responsabilité collective : « Les attentes, c’est la gestion transparente, c’est l’affirmation de la souveraineté, c’est la veille systématique des intérêts de l’État, c’est la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques. »

Bassirou Diomaye Faye fixe ses priorités : réconciliation nationale et libération de la justice comme socles d’un Sénégal apaisé et prospère

Dans une allocution dense et sans concession, le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye a exposé sa vision des chantiers qui guideront son mandat. S’exprimant sur la stabilité, la justice et la réconciliation, le chef de l’État a souligné l’urgence de rassembler les Sénégalais autour de valeurs partagées et de restaurer la confiance dans l’institution judiciaire.

Pour le président Faye, la stabilité politique est indissociable de l’attractivité économique. Il a rappelé qu’un climat serein et prévisible est une condition essentielle pour encourager les investissements et créer des emplois. Il a déclaré qu’il comptait continuer à s’atteler à tout ce qui pouvait apporter la paix dans le pays. Selon lui, la stabilité passe par un climat politique apaisé, et il a insisté sur le fait que les Sénégalais jugeront l’action gouvernementale à l’aune de sa capacité à améliorer leur quotidien. Il a rappelé qu’il avait trouvé le pays dans une situation économique et financière difficile, ce qui rend d’autant plus impératif de cultiver la paix et la stabilité.

Au-delà de l’impératif économique, Bassirou Diomaye Faye a fait de la réconciliation nationale l’axe central de son action. Il a affirmé qu’il avait trouvé le Sénégal profondément divisé, même au sein des familles. Pour lui, le premier chantier était donc de réconcilier les Sénégalais entre eux et de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Il a souligné qu’il avait tenu à respecter le calendrier des assises du Dialogue national, qui se sont ouvertes le 28 mai, moins de deux mois après son investiture.

La restauration de la confiance du citoyen dans la justice constitue le deuxième pilier. Pour le président, libérer la justice ne signifie pas l’absence de règles, mais la capacité à garantir un fonctionnement équitable, impartial et respectueux de l’État de droit. Il a déclaré qu’il fallait dénoncer les dysfonctionnements et corriger les imperfections. Il a rappelé qu’il avait lui-même passé 11 mois en détention et qu’il se refusait à cautionner les anomalies qu’il avait subies. Selon lui, accepter ces dérives constituerait un échec personnel et collectif.

Abordant son récent voyage aux États-Unis, Bassirou Diomaye Faye a expliqué qu’il avait pris part à deux importantes rencontres, notamment avec la Chambre de Commerce américaine. Ces échanges avaient pour objectif d’inciter les investisseurs américains à s’engager au Sénégal, afin de participer à la résolution des problèmes et à la création d’emplois.

Enfin, le chef de l’État a tenu à lever toute équivoque sur les relations avec son Premier ministre. Il a rejeté les rumeurs de conflit avec Ousmane Sonko, affirmant qu’il n’y avait aucune divergence entre eux. Il a rappelé que le seul combat qui vaille est celui contre les difficultés que vivent les Sénégalais, soulignant qu’il partageait cette priorité avec son Premier ministre et son gouvernement.

Le président Faye a conclu en réitérant la vision de son action, fondée sur la gestion transparente, l’affirmation de la souveraineté, la vigilance sur les intérêts de l’État, la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques. Pour lui, ces engagements sont la condition de la stabilité et du redressement dont le Sénégal a besoin.

S&P abaisse de nouveau la note de crédit du Sénégal à B- : l’alerte sur la dette se confirme

S&P Global Ratings a annoncé une nouvelle dégradation de la note souveraine du Sénégal, désormais ramenée à B-, un cran en dessous de la précédente évaluation. Il s’agit de la deuxième baisse en moins de cinq mois, une situation qui replace le pays en catégorie spéculative et traduit les inquiétudes croissantes autour de la soutenabilité de la dette publique.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’audit des finances publiques diligenté par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye. Les vérifications menées ont mis au jour un endettement bien plus élevé qu’initialement communiqué sous le régime précédent.

Selon les dernières données compilées par Barclays Plc, la dette publique sénégalaise aurait atteint 119 % du produit intérieur brut (PIB) en 2023, un seuil bien supérieur aux 99,7 % annoncés dans le cadre du premier audit financier publié récemment. Cette révélation a profondément modifié la perception des investisseurs et des agences de notation sur la solidité budgétaire du pays.

Dans son communiqué officiel, S&P a expliqué que « malgré des perspectives de croissance économique toujours solides et un potentiel important à moyen terme, la situation budgétaire du Sénégal est désormais plus contrainte. Cette vulnérabilité accrue rend les finances publiques beaucoup plus exposées à d’éventuels chocs économiques et financiers négatifs à l’avenir. » L’agence prévoit par ailleurs que la dette restera proche de 118 % du PIB en 2024, confirmant l’essoufflement des marges de manœuvre budgétaires.

Il faut rappeler que le Sénégal avait bénéficié au cours des dernières années d’un climat de confiance favorable, porté par d’importants projets d’infrastructures et des prévisions de recettes futures tirées notamment par l’exploitation des hydrocarbures offshore. Toutefois, ces anticipations optimistes se heurtent aujourd’hui à la réalité d’un endettement massif et d’un déficit structurel difficilement résorbé.

Le nouveau gouvernement, qui a fait de la transparence budgétaire et du redressement financier l’un de ses principaux chevaux de bataille, se retrouve face à un défi considérable : restaurer la crédibilité auprès des investisseurs, tout en poursuivant des engagements sociaux et économiques ambitieux.

La dégradation de la note de crédit risque de renchérir le coût des emprunts sur les marchés internationaux, dans un contexte où plusieurs échéances de remboursement se profilent. Pour de nombreux observateurs, cette situation souligne la nécessité urgente de réformes structurelles et d’un plan d’assainissement budgétaire approfondi, sans quoi le Sénégal pourrait se retrouver sous pression croissante de ses créanciers.

Sénégal : Le président Diomaye Faye et Ousmane Sonko affichent leur unité lors d’une visite au Bénin

Alors que les rumeurs de tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko alimentaient les débats ces derniers jours, une démonstration d’unité a été faite ce mardi 15 juillet 2025. À l’occasion d’un voyage officiel à Cotonou, au Bénin, le chef de l’État sénégalais était accompagné de son chef de gouvernement, affichant une entente visible et assumée.

Dans une vidéo largement partagée par la présidence sénégalaise, les deux hommes apparaissent côte à côte, sereins et souriants, dans une ambiance qui tranche avec les rumeurs persistantes d’un malaise au sommet de l’exécutif. Au-delà des images, c’est le choix musical qui a retenu l’attention : le fond sonore de la vidéo officielle est une interprétation de la chanson « Plus Fort » de Youssou Ndour, assurée par le Bataillon de la Musique des Forces armées sénégalaises.

Ce morceau, extrait de l’album Coono du reer, est une ode à l’unité, à l’écoute mutuelle et à la paix. À travers les paroles emblématiques — « Aimons-nous et échangeons afin d’avoir une paix éternelle » — le message est clair : au-delà des divergences supposées, c’est la cohésion, la solidarité et la volonté de travailler ensemble qui priment.

Dans un contexte national marqué par des défis économiques, sociaux et institutionnels, ce geste revêt une forte portée symbolique. Il envoie un signal d’apaisement et de stabilité à l’opinion publique sénégalaise, mais aussi aux partenaires internationaux du pays.

Le président Diomaye Faye, dans ses récentes prises de parole, n’a pas manqué de souligner la complexité de la situation héritée. Mais c’est justement dans cette complexité que semble s’ancrer une volonté ferme de gouverner dans l’unité et la complémentarité avec son Premier ministre.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°512 – 15/07/2025

🔴 « L’EMPRISONNEMENT DE BADARA GADIAGA EST UN PAS DE PLUS VERS LA CONSTRUCTION D’UN PARTI-ÉTAT » : BOUGANE DÉCODE LES INTENTIONS DE SONKO
🔴 « IL N’Y A AUCUN CONFLIT ENTRE OUSMANE SONKO ET MOI » : QUELLE « STATESMANSHIP » DE DIOMAYE !

🔴 CAN FÉMININE : LES « LIONNES » S’ENVOLENT EN QUARTS
🔴 LIGUE FOOTBALL DE THIÈS : DSFA ET UNIVERSITÉ CLUB DE THIÈS EN N2 !

Réformes issues du Dialogue national : le Président Diomaye annonce des mesures concrètes et un comité ad hoc dès cette semaine

Le rapport général du Dialogue national 2025 a été officiellement remis ce lundi au Président Bassirou Diomaye Faye par le facilitateur général, Dr Cheikh Gueye. Cette étape marque un moment crucial dans la réflexion collective engagée sur la réforme du système politique sénégalais. Les concertations nationales, qui se sont déroulées du 28 mai au 4 juin, ont permis d’aboutir à des conclusions importantes visant à renforcer les institutions et améliorer le fonctionnement démocratique du pays.

Dans son discours, le Président Faye a salué les progrès réalisés et les larges consensus dégagés autour de plusieurs questions essentielles. Parmi celles-ci, la rationalisation et la réforme des partis politiques ont été identifiées comme un levier indispensable pour une meilleure gouvernance. Par ailleurs, la dématérialisation intégrale du processus électoral, qui inclut l’inscription automatique et permanente des primo-électeurs, a été unanimement reconnue comme une avancée majeure pour garantir la transparence et la fiabilité des scrutins.

Le Président a également mis en lumière la création prochaine d’une Cour constitutionnelle, dont la mission sera de veiller au respect de la Constitution et à la régulation des institutions. L’adoption du bulletin unique et du vote électronique a également été retenue comme une mesure clé pour moderniser le système électoral. En complément, la mise en place d’un organe indépendant chargé de la gestion des élections doit assurer une supervision impartiale et renforcer la confiance des citoyens dans le processus démocratique.

Conscient de l’importance de transformer ces recommandations en actions concrètes, le chef de l’État a annoncé la création, dès cette semaine, d’un comité ad hoc. Ce comité aura pour mission de superviser la mise en œuvre rigoureuse des réformes, aussi bien au niveau constitutionnel que législatif et réglementaire. Cette étape permettra d’assurer un suivi efficace et d’éviter toute lenteur dans la concrétisation des mesures arrêtées.

Le Président Diomaye Faye a insisté sur la portée stratégique de ces réformes, en soulignant leur rôle primordial dans la préservation de la paix sociale au Sénégal. Il a aussi rappelé que ces transformations sont essentielles pour renforcer l’attractivité économique du pays et améliorer la synergie entre les différentes institutions publiques. Le Dialogue national, désormais institutionnalisé, s’affirme comme un outil central de gouvernance concertée, contribuant ainsi à la consolidation démocratique et à la construction citoyenne.

En conclusion, le Président a affirmé que ces réformes incarnent la volonté collective des Sénégalais de bâtir un pays uni, stable et tourné vers l’avenir, où la démocratie et l’État de droit sont respectés et renforcés. Ce nouveau souffle, porté par le Dialogue national, est présenté comme une étape décisive pour accompagner le Sénégal vers un développement harmonieux et inclusif.

Bassirou Diomaye Faye clarifie : « Il n’y a aucun conflit entre Ousmane Sonko et moi »

Alors que certains observateurs et commentateurs misaient sur un début de tension entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, le chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté ce lundi 14 juillet.

La mise au point est intervenue lors de la cérémonie de remise du rapport général sur le Dialogue national, organisée au Palais présidentiel. D’un ton ferme et apaisant, Bassirou Diomaye Faye a coupé court aux spéculations :

« Il n’y a aucune divergence entre le Premier ministre et moi. C’est mon ami. Il n’y a aucun conflit. Je continuerai à veiller au bon déroulement de la mission que le peuple sénégalais nous a confiée, à savoir faire focus et nous concentrer sur les priorités des Sénégalais », a-t-il déclaré.

Ces précisions interviennent après les propos d’Ousmane Sonko, prononcés le jeudi 10 juillet lors de l’installation du Conseil national de Pastef-Les Patriotes. Ce jour-là, le Premier ministre avait estimé que « le Sénégal n’est pas en crise », mais que le véritable problème du pays résidait dans « l’autorité de l’État », insistant sur la nécessité de lui laisser la latitude pour gouverner efficacement et apporter des résultats concrets.

Des déclarations qui ont été perçues, dans certains milieux politiques et médiatiques, comme une manière de marquer son territoire ou de signifier des désaccords au sommet de l’État.

Le Président Faye a donc choisi de clarifier publiquement la nature de ses relations avec son chef de gouvernement et camarade politique de longue date. Ce geste vise à rassurer les Sénégalais et à montrer l’unité de l’exécutif, dans un contexte de fortes attentes sociales et économiques.

Cette sortie souligne aussi la volonté du Président d’écarter toute polémique inutile et de maintenir la cohésion au sein de l’équipe dirigeante, qui porte la responsabilité d’incarner la promesse de rupture et de réformes portée par leur coalition.

Situation difficile du Sénégal : Bassirou Diomaye Faye appelle à l’unité et à la responsabilité face aux urgences nationales

Le Président Bassirou Diomaye Faye s’est exprimé ce lundi au Palais présidentiel à l’occasion de la cérémonie de remise du rapport général du Dialogue national. Une intervention marquée par un appel appuyé à l’unité et à la mobilisation collective face aux défis qui secouent le Sénégal.

Confronté à ce qu’il qualifie d’« héritage lourd à gérer », le chef de l’État a reconnu la gravité de la situation financière et sociale du pays. « Le seul combat qui vaille aujourd’hui, c’est celui contre les difficultés que vivent les Sénégalais, que nous-mêmes rencontrons en tant que gouvernants », a-t-il affirmé.

Bassirou Diomaye Faye a souligné que les priorités du gouvernement restent inchangées, portées par le slogan devenu sa marque de fabrique : « Jub, Jubal, Jubanti ». Une ligne directrice qui doit, selon lui, guider l’action publique malgré les contraintes économiques : « La vision est là, le Jub, Jubal, Jubanti est toujours là, qui est notre boussole. »

Le Président a invité les responsables politiques et administratifs à faire preuve de responsabilité et à se concentrer sur les urgences nationales. Il a rappelé que la promesse de rupture exige rigueur, méthode et constance.

« Nous devons tenir nos engagements : la gestion transparente, l’affirmation de la souveraineté, la veille systématique sur les intérêts de l’État, la libération de la justice, la défense des libertés et la préservation des valeurs démocratiques », a-t-il insisté.

Cet appel intervient alors que le pays traverse une conjoncture marquée par une pression sociale accrue et une attente forte de résultats concrets. Le Président a conclu en réaffirmant que seule une mobilisation collective et un engagement sincère permettront de relever les défis auxquels le Sénégal fait face.

Procès contre les VTC : les taxis urbains sénégalais réclament le respect du droit et appellent à la mobilisation

Le bras de fer entre les chauffeurs de taxis urbains et les plateformes de Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC) s’intensifie à quelques jours d’un jugement très attendu. Ce lundi, le Regroupement des Taxis Urbains du Sénégal a tenu une conférence de presse à Dakar pour dénoncer ce qu’il considère comme une « concurrence déloyale » orchestrée par des géants du numérique tels que Yango, Yassir et Heetch.

Les représentants de la corporation appellent leurs membres et les citoyens à se mobiliser massivement devant le tribunal de Dakar le 23 juillet prochain, date prévue pour la délibération de leur procès contre les plateformes.

« Le secteur du transport au Sénégal est régi par des lois et règlements bien établis. Pourtant, on a vu des plateformes s’installer au Sénégal et favoriser l’utilisation de véhicules particuliers à des fins de transport public, ce qui est en totale violation de la réglementation en vigueur », a dénoncé Malick Diop, secrétaire général du regroupement.

Selon lui, cette situation fragilise l’ensemble du secteur : « Pour nous, il s’agit d’un transport irrégulier, donc illégal, et cela constitue une forme de concurrence déloyale. »

Le responsable syndical affirme que les chauffeurs de taxis, soumis à des charges et obligations réglementaires strictes, ne peuvent plus supporter la pression économique exercée par ces nouveaux acteurs. « Nos revenus s’effondrent à cause de cette concurrence imposée par de grandes multinationales », alerte-t-il.

Face à ce qu’ils jugent être une inaction des pouvoirs publics, les taxis urbains se disent prêts à durcir le ton si aucune mesure n’est prise. « Il est temps que l’État prenne ses responsabilités et applique la loi. Nous sommes à bout, et nous ne voulons pas être contraints de passer à une autre forme d’action », prévient Malick Diop.

Pour le collectif, le procès du 23 juillet est un test majeur du respect de la réglementation et de l’équité entre tous les acteurs du transport. « La justice doit faire son travail. Nous espérons que le 23 juillet, le droit sera dit », conclut-il, confiant quant à l’issue de la procédure.

Incarcération de Badara Gadiaga : Thierno Bocoum tacle Sonko et promet de faire face

L’arrestation et l’emprisonnement du chroniqueur Badara Gadiaga continuent de susciter une vive indignation au sein de la classe politique sénégalaise. Le président du parti AGIR, Thierno Bocoum, a réagi avec fermeté, pointant directement la responsabilité du Premier ministre Ousmane Sonko qu’il accuse de dérive autoritaire et d’incapacité à répondre aux attentes des Sénégalais.

Dans une déclaration sans détour publiée ce lundi, Thierno Bocoum dénonce la posture d’Ousmane Sonko, qu’il qualifie de « vendeur d’illusions inéligible devenu apprenti dictateur pour masquer son incompétence chronique ». Selon lui, l’emprisonnement de Badara Gadiaga n’est qu’une manœuvre pour détourner l’attention de l’opinion publique de l’absence de résultats concrets du gouvernement.

« Un vendeur d’illusions inéligible devenu apprenti dictateur pour masquer son incompétence chronique, tente de prendre ce pays en otage. Mais qu’il se le tienne pour dit : cela ne passera pas », a martelé le président d’AGIR.

Thierno Bocoum a également tenu à rappeler que la patience des Sénégalais avait des limites et qu’ils attendent de l’exécutif des solutions aux difficultés quotidiennes, et non des opérations de répression. « Les Sénégalais l’attendent sur des résultats concrets. Et tôt ou tard, il sera obligé de les fournir ou de faire face à la désillusion qu’il a lui-même nourrie », a-t-il prévenu.

Cette prise de position ferme vient s’ajouter à celles d’autres responsables politiques et acteurs de la société civile qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative de museler la liberté d’expression et d’intimider les voix critiques à l’égard du régime.

Dérives autoritaires : Bougane Guèye Dany tire la sonnette d’alarme sur l’emprisonnement de Badara Gadiaga

Le climat politique sénégalais continue de s’alourdir après l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga. Le président du Mouvement Gueum Sa Bopp, Bougane Guèye Dany, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un tournant inquiétant pour la démocratie et les libertés publiques dans le pays.

Selon le leader politique, l’emprisonnement de Badara Gadiaga est un signal clair de la volonté du pouvoir actuel d’imposer le silence à toutes les voix critiques. « L’emprisonnement de Badara Gadiaga constitue une preuve supplémentaire de la dérive autoritaire qui est en marche. C’est un pas de plus vers la construction d’un parti-État qui cherche à étouffer toute contestation », a affirmé Bougane Guèye Dany dans une déclaration transmise à la presse.

Pour lui, la situation est grave. Il estime que le Sénégal s’éloigne progressivement de l’esprit démocratique qui a longtemps constitué sa force et sa singularité en Afrique de l’Ouest. « La survie de la démocratie sénégalaise est en jeu. Ce qui se passe est d’une extrême gravité, car au-delà du cas de Badara Gadiaga, c’est le principe même de la liberté d’expression qui est menacé », a-t-il alerté.

Le président de Gueum Sa Bopp accuse le pouvoir en place de multiplier les actes d’intimidation pour dissuader les citoyens, journalistes et opposants de s’exprimer librement. Il juge que la pratique consistant à « effacer les voix discordantes » met en péril les fondements de l’État de droit. « Nous assistons à une tentative d’imposer une hégémonie sans débat démocratique. C’est tout le contraire de l’esprit républicain », dénonce-t-il.

Face à ces dérives qu’il qualifie de dangereuses, Bougane Guèye Dany appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation générale de tous les démocrates, quelle que soit leur appartenance politique. « Les Sénégalais doivent agir pour protéger leurs droits et leurs libertés. C’est un impératif moral et civique », a-t-il insisté.

Ce nouvel appel s’ajoute aux nombreuses voix qui se lèvent depuis l’annonce du placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga, dont le cas cristallise désormais l’inquiétude sur la liberté d’expression et la vitalité du débat démocratique au Sénégal.

Réaction de Madiambal Diagne : « Badara en prison ne capacitera pas le Premier ministre »

Le placement sous mandat de dépôt de Badara Gadiaga continue de susciter une onde de choc dans le paysage médiatique et politique sénégalais. Ce mardi, c’est le journaliste Madiambal Diagne, directeur du Quotidien, qui est sorti de sa réserve pour exprimer sa désapprobation et son inquiétude face à ce qu’il considère comme une dérive.

Sur son compte Twitter, le patron de presse n’a pas mâché ses mots : « Dommage ! Si Sonko croit que l’emprisonnement de Badara Gadiaga sera l’antidote aux problèmes économiques et sociaux du Sénégal, il se trompe lourdement. Badara en prison ne capacitera pas le PM à trouver des solutions aux problèmes de ce pays. Mais tant va la cruche à l’eau… »

Avec ce commentaire au ton à la fois ironique et grave, Madiambal Diagne met en lumière ce qu’il perçoit comme une tentative de détourner l’attention de l’opinion publique des véritables priorités nationales. Pour le journaliste, recourir à l’intimidation judiciaire contre un chroniqueur critique ne saurait constituer une réponse crédible aux défis économiques, sociaux et institutionnels auxquels le pays est confronté.

Ces propos interviennent dans un climat déjà marqué par une succession de réactions indignées de la part d’acteurs politiques, d’avocats, de représentants de la société civile et d’une partie de la population. Tous dénoncent un processus qu’ils jugent expéditif et potentiellement motivé par des considérations politiques.

En filigrane, la sortie de Madiambal Diagne pointe également le risque d’instrumentalisation de la justice, une crainte de plus en plus partagée, qui alimente la controverse autour du respect de la liberté d’expression et du droit à la critique.

Pour l’heure, l’exécutif reste silencieux face à cette pluie de critiques. Mais le placement en détention de Badara Gadiaga, figure populaire de la télévision sénégalaise, pourrait devenir un symbole de la crispation entre le pouvoir et les médias, dans un contexte de fortes attentes sur le plan économique et social.

Arrestation de Badara Gadiaga : Abdou Mbow dénonce une « prise d’otage organisée » et accuse le pouvoir de vouloir museler l’opinion

L’arrestation et le placement sous mandat de dépôt du chroniqueur Badara Gadiaga continuent de susciter de vives réactions dans le paysage politique sénégalais. Ce lundi, c’est le député Abdou Mbow, membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, qui est monté au créneau pour condamner fermement ce qu’il qualifie d’« abus de pouvoir ».

Dans une déclaration transmise à la presse, le parlementaire n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’exécutif. « Ce placement sous mandat de dépôt n’est ni plus ni moins qu’un abus de pouvoir orchestré par l’actuel régime, qui veut définitivement enterrer ce qui reste de notre État de droit », a-t-il fustigé.

Pour Abdou Mbow, la détention de Badara Gadiaga marque un nouvel épisode d’une dérive autoritaire inquiétante. « Badara Gadiaga vient d’allonger la longue liste des otages politiques d’un régime qui a fini de perdre sa crédibilité, aussi bien sur le plan national qu’international », a-t-il affirmé, dénonçant un climat de répression contre les voix discordantes.

Le député estime que cette arrestation s’inscrit dans une stratégie délibérée de mise au pas de l’opinion publique. « Cette arrestation n’est rien d’autre qu’une prise d’otage organisée pour approfondir la tentative de musèlement de l’opinion », a-t-il prévenu, accusant les autorités de pratiquer des « manœuvres indignes d’une République digne de ce nom ».

En réaction, Abdou Mbow appelle à la mobilisation de toutes les forces démocratiques. « Nous lançons un appel solennel à toutes les forces politiques, citoyennes et sociales pour arrêter ces basses manœuvres dignes d’une République bananière », a-t-il lancé, promettant que l’opposition ne restera pas silencieuse face à ce qu’il considère comme une dérive dangereuse.

Le placement en détention du chroniqueur, connu pour ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir, est interprété par de nombreux acteurs politiques et organisations citoyennes comme une attaque directe contre la liberté d’expression et un avertissement lancé à tous ceux qui contestent la ligne officielle.

Pour l’instant, le gouvernement n’a pas réagi aux accusations portées par l’opposition. Mais dans un contexte déjà marqué par des tensions entre l’exécutif et plusieurs figures médiatiques et politiques, cette affaire risque d’alimenter encore la controverse autour des libertés publiques et de la séparation des pouvoirs au Sénégal.

Arrestation de Badara Gadiaga : ses avocats annoncent une saisine des Nations Unies et de la CEDEAO

L’arrestation et l’incarcération du chroniqueur Badara Gadiaga continuent de provoquer une vague d’indignation. Ce lundi, au lendemain du placement sous mandat de dépôt de leur client, ses avocats ont tenu un point de presse à Dakar pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « détention arbitraire » et annoncer des recours internationaux.

Me Oumar Youm, porte-parole du collectif, a exprimé sa colère face à ce qu’il considère comme une dérive grave de l’appareil judiciaire. « Nous sommes dans un camp de détention arbitraire de catégorie 2 », a-t-il martelé, précisant que le dossier allait être porté devant le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire et la Cour de justice de la CEDEAO.

Pour Me Youm, l’affaire dépasse le simple cadre judiciaire et relève d’un abus manifeste de pouvoir politique. « Dans le cadre d’un débat politique, il appartient au parti du pouvoir de s’organiser et de porter ses arguments. Il n’appartient pas à la justice, particulièrement au parquet, de se transformer en police politique du parti Pastef pour régler des comptes », a-t-il lancé, accusant le parquet d’agir en relais du pouvoir exécutif.

Les avocats contestent la légitimité des poursuites et dénoncent des irrégularités tout au long de la procédure. Selon Me Youm, la police judiciaire elle-même avait conclu, après enquête, qu’il n’y avait matière à poursuivre Badara Gadiaga, si ce n’est pour une infraction mineure relative à des « discours contraires aux bonnes mœurs ». Pourtant, à la surprise générale, le parquet a ajouté deux chefs d’accusation particulièrement lourds : la diffusion de fausses nouvelles et l’outrage et offense à une personne exerçant les prérogatives du Président de la République.

« C’est un chapelet d’infractions, une énumération fictive, indigne, qu’on fait porter à un citoyen honnête dont le seul tort est d’exercer son droit fondamental de s’exprimer », a-t-il dénoncé.

L’avocat est allé plus loin, qualifiant la détention de son client de « prise d’otage judiciairement organisée » et de tentative de « museler un citoyen ». Il a mis en garde contre la banalisation des procédures expéditives : « Ce qui se passe est gravissime. C’est une manipulation de la justice par des hommes et des femmes tapis dans l’ombre qui pensent qu’ils peuvent tout se permettre. Nous ne l’accepterons pas ».

Badara Gadiaga est poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles », « atteinte aux bonnes mœurs », « outrage et offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État » et « réception et sollicitation de fonds de source suspecte ». Pour ses soutiens, il s’agit d’une instrumentalisation de la justice destinée à faire taire une voix critique, connue pour ses chroniques acerbes diffusées sur la TFM.

Réponse de Cheikh Oumar Sy à Monsieur Elimane Pouye : La société civile n’a pas peur du débat. Elle l’appelle même de tous ses vœux.

Cher Elimane Pouye,


Dans votre tribune au ton respectueux, vous avez choisi de répondre à l’interpellation du Premier ministre Ousmane Sonko sur la place et le financement de la société civile. Le débat est sain, et nul n’en conteste la légitimité. Mais à vouloir trop justifier l’injustifiable, on risque de verser dans une défense malhabile d’un propos que vous qualifiez vous-même d’ »incident clos », alors qu’il trahit une posture récurrente de dénigrement. Je vous le dis sans ambages : la société civile sénégalaise n’a jamais fui le débat. Elle l’a souvent initié, nourri, encadré et parfois même protégé au péril de ses libertés et de sa sécurité.

Rappelons quelques vérités utiles à la mémoire collective.

1. La société civile a toujours été au rendez-vous du débat républicain

La société civile sénégalaise n’a pas attendu M. Sonko pour réfléchir à sa propre place dans la gouvernance publique. Depuis des décennies, elle organise des fora, produit des rapports d’évaluation, dialogue avec les institutions et forme les citoyens aux principes de la transparence, de la participation et de la redevabilité. Elle a été au cœur des dynamiques démocratiques les plus importantes de notre pays, des assises nationales au M23, du contrôle citoyen du budget à la réforme de la fiscalité.

Vous semblez aussi l’oublier un peu vite, mais c’est la société civile qui, en 2011, au plus fort des dérives du régime de Wade, a été à l’avant-garde de la mobilisation du 23 juin. Parmi les figures emblématiques de ce sursaut républicain, Landing Mbissane Seck alias Kilifeu, membre actif du mouvement Y’en a marre, qui aujourd’hui occupe le poste de Président du Conseil d’Administration (PCA) du Grand Théâtre. Un symbole fort du passage de la société civile à l’institutionnalisation de l’engagement.

De même, Guy Marius Sagna, aujourd’hui député sous la bannière de PASTEF, fut l’un des membres fondateurs du FRAPP, une organisation de la société civile parmi les plus engagées sur les questions de souveraineté, de justice sociale et de défense des libertés. Ces deux parcours — de la société civile à l’institution — démontrent que la société civile n’est pas en guerre contre le politique, elle en est parfois le terreau.

Et vous le savez mieux que quiconque : la société civile vous a sollicité, à plusieurs reprises, dans des cycles de formation et de renforcement de capacités sur les politiques budgétaires et fiscales. Elle ne vous a jamais exclu, ni réduit à un adversaire. Elle vous a reconnu comme un intellectuel engagé au service de l’administration publique.

2. La société civile n’est pas la presse, ni un acteur politique encagoulé

Vous laissez entendre, à l’instar de M. Sonko, que la société civile jouerait un double jeu : celui d’une co-gouvernance dissimulée ou d’un pouvoir de l’ombre. C’est une confusion dangereuse. Contrairement à la presse, la société civile ne vit pas de la ligne éditoriale du sensationnel. Contrairement aux partis politiques, elle ne cherche pas le pouvoir, mais à en contrôler l’usage. La société civile propose, alerte, évalue, mais ne gouverne pas. Ce que vous appelez « co-gouvernance » n’est qu’un autre nom de la participation citoyenne — un pilier central de toute démocratie digne de ce nom.

3. C’est la société civile qui a tendu la main à Ousmane Sonko quand l’État l’a lâché

Quand M. Sonko a été radié de la fonction publique, ce sont des organisations de la société civile qui lui ont offert des contrats de consultance, lui permettant de garder la tête hors de l’eau. Ces faits, bien connus dans le milieu, devraient suffire à tempérer les discours accusateurs actuels. La société civile n’a pas à rougir de son engagement : elle a protégé ceux que l’État voulait marginaliser, elle a soutenu ceux que le système voulait briser.

4. Le financement extérieur est une conséquence, non un choix de confort

Affirmer qu’il faut « encadrer » le financement extérieur de la société civile revient à insinuer qu’elle disposerait d’alternatives internes viables. Or, l’État sénégalais n’a jamais sérieusement soutenu financièrement les organisations de la société civile, malgré leur rôle fondamental dans la consolidation de la démocratie, la justice sociale et le développement local. La vérité est simple : si la société civile reçoit des financements extérieurs, c’est parce que l’État est absent. Pire, dans de nombreuses zones du pays, c’est elle qui pallie les insuffisances budgétaires et structurelles de l’État, dans la santé, l’éducation, l’agriculture, l’environnement, l’entrepreneuriat et la gouvernance locale.

Ce n’est pas une anomalie ; c’est une contribution. Et cela crée des milliers d’emplois, mobilise des expertises locales, renforce les capacités des jeunes, des femmes, des parlementaires et des collectivités territoriales. C’est donc un acteur de développement et non une menace pour la souveraineté.

5. Il est temps de sortir du soupçon permanent

Le débat sur la régulation du financement de la société civile mérite d’être posé dans un cadre sérieux, apaisé, inclusif. Pas dans un discours partisan ou des invectives stériles. Les ONG et associations sont, en majorité, déjà tenues à des obligations de transparence vis-à-vis de leurs bailleurs et des autorités de tutelle. Vouloir les encadrer davantage sans offrir une alternative nationale de financement, c’est vouloir les museler. La souveraineté ne se décrète pas contre les partenaires, mais se construit avec des mécanismes crédibles de financement endogène.

En définitive, M. Pouye, la société civile n’est pas un ennemi de la démocratie sénégalaise. Elle en est un pilier, parfois plus stable que ceux du pouvoir. Elle continuera d’accepter le débat, même lorsqu’il est lancé avec mépris ou malveillance. Parce qu’elle croit à la République, à la vérité partagée et à la dignité du dialogue.

Avec respect mais sans concessions,
 

Cheikhou Oumar Sy

Ancien Parlementaire
Citoyen politique engagé, acteur de la société civile

Alioune Tine répond à Ousmane Sonko : « Une société civile libre ne fait pas allégeance au pouvoir »

Dans un contexte politique de plus en plus tendu entre le pouvoir et certaines voix indépendantes, le fondateur de Africa Jom Center, Alioune Tine, a réagi vigoureusement aux récentes critiques émises par le président du parti Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko. Lors d’une sortie médiatique, ce dernier s’en est pris à la société civile et à d’autres acteurs qu’il accuse d’adopter des postures critiques envers le régime.

Invité sur Radio Sénégal, Alioune Tine n’a pas mâché ses mots. Pour lui, les attaques contre la société civile traduisent une dérive inquiétante vers un modèle de Parti-État incompatible avec les principes démocratiques. « Cette perspective de Parti État ne colle pas avec la présence d’une société civile libre, qui reste une sentinelle face à un pouvoir », a-t-il martelé.

Le défenseur des droits humains a tenu à rappeler que la société civile, par essence, n’est pas un appareil d’adhésion ni d’opposition systématique, mais un levier d’équilibre démocratique. « La société civile n’a ni vocation de faire acte d’allégeance ni de soutien à un quelconque pouvoir. Elle a un rôle d’alerte et de veille devant toute injustice ou manque de transparence dans la gestion de l’État », a-t-il souligné.

Revenant sur l’histoire récente du Sénégal, Alioune Tine a insisté sur l’importance de la société civile dans les grandes transformations politiques du pays. Il a notamment évoqué son rôle décisif dans la 3e alternance démocratique qui a conduit à l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Un engagement qu’il compare à celui mené en 2011-2012 contre la tentative de modification constitutionnelle, avec le slogan resté célèbre : « Touche pas à ma Constitution ! »

Quant à la question sensible du financement de la société civile, soulevée par Sonko lors de sa dernière déclaration, Alioune Tine n’a pas esquivé. Tout en réaffirmant sa position de longue date, il plaide pour une autonomie financière des acteurs civiques : « Que les Africains financent eux-mêmes leur société civile mais en les soutenant dans la perspective d’indépendance pour mener convenablement leur mission. » Et de conclure, non sans insister : « Quand on prône la souveraineté, il faut alors financer sa société civile. »

Alioune Tine alerte : « Interdire les financements extérieurs, c’est vouloir museler les voix indépendantes »

Alioune Tine, fondateur de l’Afrikajom Center et figure emblématique de la société civile sénégalaise, est monté au créneau ce dimanche 13 juillet 2025 pour dénoncer la volonté exprimée par le Premier ministre Ousmane Sonko d’interdire les financements extérieurs destinés aux organisations de la société civile. Une déclaration faite lors de l’émission « En Vérité » sur Radio Sénégal, qui a immédiatement suscité de vives réactions.

Prenant la parole, Alioune Tine n’a pas mâché ses mots. « Je ne suis pas d’accord avec l’interdiction des financements extérieurs. Mais s’ils veulent le faire, qu’ils le fassent. Mon engagement n’est pas motivé par l’argent », a-t-il affirmé avec fermeté. Pour lui, cette mesure s’inscrit dans une logique inquiétante de contrôle excessif, symptomatique d’une confusion dangereuse entre parti politique et appareil d’État.

Selon le fondateur d’Afrikajom, l’interdiction des financements extérieurs révèle une volonté de bâillonner les voix critiques et indépendantes. « Le Premier ministre est dans une logique de parti-État. Il ne peut pas admettre une société civile qui ne marche pas avec lui. Or, une société civile digne de ce nom ne doit faire allégeance à aucun pouvoir. Elle doit alerter lorsque les choses ne vont pas », a-t-il martelé.

Revenant sur son propre parcours, M. Tine a rappelé le rôle crucial que des organisations comme la RADDHO — qu’il a dirigée pendant de nombreuses années — ont joué dans les moments décisifs de l’histoire politique du Sénégal. Il a notamment évoqué l’engagement de la société civile dans la création du Mouvement du 23 juin (M23), qui s’était opposé aux tentatives de modification constitutionnelle sous Abdoulaye Wade.

Pour Alioune Tine, le débat autour du financement ne devrait pas occulter la responsabilité des États africains. « Si l’on prône la souveraineté, il faut financer la société civile. Mais tout en respectant son indépendance », a-t-il soutenu. Il a d’ailleurs rappelé qu’en 2004, c’est bien l’État du Sénégal qui avait appuyé la demande de la RADDHO pour obtenir le statut d’observateur aux Nations unies.

Soucieux de déconstruire certaines idées reçues, le fondateur d’Afrikajom a tenu à élargir la définition de la société civile. « Elle ne se résume pas à quelques figures médiatiques. Dans les coins les plus reculés du pays, il y a des personnes qui, sans moyens, travaillent pour améliorer la vie des populations. Elles défendent les droits humains, soutiennent les femmes, accompagnent les enfants handicapés ou encore les communautés rurales dans leur accès à l’eau et à l’éducation », a-t-il rappelé.

Badara Gadiaga placé sous mandat de dépôt : une inculpation lourde aux allures de tournant politique

Le chroniqueur vedette de l’émission Jakaarlo, Badara Gadiaga, a été placé ce lundi 14 juillet sous mandat de dépôt après sa présentation au parquet. Mais ce que beaucoup pensaient n’être qu’un énième épisode de tension entre presse et pouvoir a pris une tournure nettement plus grave. Selon Me Oumar Youm, l’un de ses avocats, Gadiaga est désormais inculpé pour « réception et sollicitation de dons, de moyens, dans le dessein de troubler l’ordre public et d’attenter à la sécurité de l’État », une accusation d’une extrême gravité dans le droit pénal sénégalais.

L’inculpation évoquée fait référence à des dispositions du Code pénal qui visent spécifiquement la sécurité intérieure de l’État. Elle va bien au-delà des charges initiales — diffusion de fausses nouvelles, offense à une autorité publique ou atteinte aux bonnes mœurs — que la presse évoquait jusque-là. Cette requalification place le dossier de Badara Gadiaga dans une toute autre dimension juridique : celle des affaires considérées comme sensibles pour la stabilité nationale.

« Cette accusation suppose une volonté de déstabilisation politique, ce que rien dans le dossier ne démontre à ce stade », a réagi Me Oumar Youm lors d’un point de presse tenu devant le Palais de justice de Dakar. « Nous sommes clairement face à une tentative de criminalisation du discours public et de la liberté d’expression. »

En l’état, l’inculpation rend difficile tout espoir de liberté provisoire à court terme. En effet, contrairement aux délits de presse qui peuvent bénéficier de mesures alternatives à la détention, l’infraction reprochée à Gadiaga est classée parmi celles considérées comme des crimes contre la sûreté de l’État. Elle est passible de lourdes peines pouvant aller jusqu’à dix ans de réclusion. La défense craint ainsi une longue détention préventive sans jugement, scénario de plus en plus fréquent dans les affaires à caractère politique.

« Il y a un climat de durcissement judiciaire qui inquiète. On fait de la prévention pénale contre des voix critiques », a poursuivi Me Youm, accusant implicitement les autorités d’instrumentaliser la justice pour museler certains profils médiatiques devenus dérangeants.

La personnalité de Badara Gadiaga, son franc-parler, et sa réputation de critique acerbe de la classe politique — en particulier de la coalition au pouvoir — ont rapidement donné à cette affaire une dimension politique. Sur les réseaux sociaux, les appels à sa libération se multiplient. Une mobilisation citoyenne est en cours pour dénoncer ce que certains qualifient déjà de « procès politique déguisé ».

Des figures de la société civile et des membres de l’opposition ont exprimé leur indignation. Pour eux, cette inculpation est une menace directe à la liberté d’expression dans un pays qui se targue pourtant d’une tradition démocratique.

La suite de la procédure dépendra de l’enquête en cours et des éléments matériels que le parquet compte verser au dossier pour étayer une telle accusation. Mais une chose est certaine : en inculpant Badara Gadiaga pour atteinte à la sécurité de l’État, les autorités judiciaires placent cette affaire au cœur d’un débat national sur les libertés publiques et les limites de la parole critique dans l’espace médiatique sénégalais.

Retour à l’Assemblée nationale : Ousmane Sonko face à un imbroglio juridique

En évoquant la possibilité de réintégrer l’Assemblée nationale en cas de limogeage de la Primature, le Premier ministre Ousmane Sonko a relancé un débat épineux mêlant droit parlementaire, chronologie politique et situation pénale personnelle. Une déclaration faite ce week-end, lors de l’installation du Conseil national de son parti, Pastef, dans laquelle il affirme pouvoir “reprendre son siège de député” suspendu à son entrée au gouvernement.

Mais cette perspective, en apparence simple, soulève plusieurs interrogations juridiques de fond.

Adopté récemment, le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit en son article 124 que la suspension du mandat de député en cas d’entrée au gouvernement peut être levée automatiquement à la fin des fonctions ministérielles, sauf renonciation écrite irrévocable. En clair, un député devenu ministre retrouve son siège dans un délai d’un mois après avoir quitté le gouvernement.

Cependant, ce mécanisme, bien que clair dans son principe, se heurte dans le cas d’Ousmane Sonko à trois obstacles majeurs.

Le premier frein réside dans le principe juridique fondamental de non-rétroactivité de la loi. Or, Ousmane Sonko a été nommé Premier ministre avant la révision du règlement intérieur. Dès lors, son cas ne relèverait pas de cette nouvelle disposition, qui ne peut s’appliquer qu’à des situations survenues après son adoption.

Deuxième point de tension : la séquence des événements. Ousmane Sonko a été désigné Premier ministre avant son élection à l’Assemblée nationale. Il n’a donc jamais siégé en tant que député dans cette législature, ni suspendu un mandat effectivement exercé. Le texte parle pourtant de députés élus puis nommés, ce qui ne correspond pas à sa trajectoire.

Enfin, le dossier est encore plus complexe du fait de sa condamnation judiciaire pour diffamation, récemment confirmée dans l’affaire l’opposant à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang. Si cette condamnation devient définitive après le rejet du rabat d’arrêt, elle pourrait entraîner l’invalidation de son mandat parlementaire, sur la base de l’article 61 de la Constitution. Cette disposition prévoit la perte automatique du mandat pour tout député condamné à une peine privative de liberté, une mesure qui ne peut être enclenchée qu’à la demande du ministre de la Justice.

Certains partisans de Sonko évoquent la loi d’amnistie adoptée début 2024 comme une solution pour neutraliser les effets de cette condamnation. Mais selon plusieurs juristes, la Constitution prime sur une loi ordinaire. Ainsi, même amnistié, l’effet juridique de l’article 61 pourrait s’appliquer si le Parlement en est officiellement saisi par le garde des Sceaux.

Face à ce faisceau de contraintes, les interprétations divergent. Des juristes proches du pouvoir estiment que Sonko ne peut en aucun cas retrouver son siège, en raison de la combinaison des trois verrous : chronologie, réglementation non applicable rétroactivement et condamnation judiciaire.

D’autres, plus favorables à l’opposition, défendent une lecture souple du règlement intérieur. Selon eux, la simple suspension du mandat parlementaire, même sans prise de fonction à l’Assemblée, suffirait à permettre un retour, si la fonction gouvernementale prend fin.

Au-delà de la seule personne d’Ousmane Sonko, cette affaire teste la solidité des institutions sénégalaises face à un cas juridique inédit. Elle pose également la question de l’interprétation des textes dans un contexte fortement politisé, où chaque mot du règlement intérieur ou de la Constitution peut devenir l’enjeu d’un bras de fer entre pouvoir exécutif, opposition et Parlement.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°511 – 14/07/2025

🔴 « DIFFUSION DE FAUSSES INFORMATIONS MALVEILLANTES ET TENDANCIEUSES, NUISIBLES À L’IMAGE » : GSIE TECHNOLOGY BLANCHIT BADARA GADIAGA
🔴 RETOUR DE SONKO À L’ASSEMBLÉE NATIONALE : UNE UTOPIE, SELON BARTH’

🔴 MONDIAL DES CLUBS : CHELSEA, TROP GRAND POUR PARIS (3-0)
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL CADETS : YES DE KAOLACK BAT GUELWAARS DE FATICK

Tribunal de Dakar : une mobilisation citoyenne annoncée pour soutenir Badara Gadiaga ce 14 juillet

Le chroniqueur Badara Gadiaga, visage bien connu du paysage médiatique sénégalais, est convoqué ce lundi 14 juillet à 10 heures au Tribunal de Dakar. En réponse, un vaste élan de solidarité s’organise autour de lui, porté par des internautes, des militants et des sympathisants qui dénoncent ce qu’ils qualifient de tentative d’intimidation et de liquidation judiciaire.

Une affiche appelant à la mobilisation circule largement sur les réseaux sociaux depuis plusieurs heures. Elle invite les citoyens à se rassembler massivement devant le palais de justice pour « soutenir la liberté d’expression » et « défendre une voix critique réduite au silence par les moyens de la justice ». Ce mouvement spontané entend faire bloc derrière le chroniqueur de la TFM, considéré par ses partisans comme une cible du pouvoir en raison de ses prises de position.

La convocation de Badara Gadiaga par la Division Spéciale de la Cybersécurité (DSC), il y a quelques jours, avait déjà déclenché une vague d’indignation. Plusieurs organisations de défense des droits humains, des personnalités politiques et des journalistes avaient dénoncé un climat de répression visant à museler les voix dissidentes.

Pour ses soutiens, cette nouvelle étape judiciaire illustre une volonté de faire taire les critiques par la judiciarisation du débat public. Certains parlent même d’« acharnement » contre une figure qui incarne, selon eux, l’indépendance de la parole médiatique dans un contexte politique marqué par les tensions entre le pouvoir exécutif et certains segments de la presse.

Le rendez-vous du 14 juillet pourrait ainsi prendre des allures de test pour la liberté d’expression au Sénégal. À travers cette convocation, c’est aussi la relation entre pouvoir, justice et médias qui se retrouve au centre des préoccupations. Les regards seront donc tournés vers le Tribunal de Dakar, dans une atmosphère chargée de crispations et d’attentes.

Barthélémy Dias sur le retour de Sonko à l’Assemblée : une ligne rouge qu’il refuse de franchir

En déplacement en France ce week-end, Barthélémy Dias a livré une déclaration sans détour qui risque de raviver les tensions entre figures majeures de l’opposition sénégalaise. Le président du mouvement Sénégal Biñu Bokk, reçu par les membres de son organisation dans la diaspora, a réagi à l’annonce d’Ousmane Sonko qui, récemment, a affirmé envisager de retrouver son siège de député à l’Assemblée nationale.

Pour Barthélémy Dias, un tel scénario serait inacceptable, tant sur le plan moral que juridique. Prenant la parole devant son auditoire, il a exprimé sa position sans équivoque : « Je l’ai entendu dire qu’il peut retrouver son siège à l’Assemblée nationale du Sénégal. Laissez-moi vous dire que s’il fait son retour, alors je retrouverai également ma place à l’Assemblée nationale, car il a été définitivement condamné et, par conséquent, il n’a plus sa place à l’hémicycle. »

Cette déclaration fait écho à son propre passé judiciaire. Barthélémy Dias a rappelé qu’il avait lui-même été écarté du Parlement à la suite d’une décision de justice, estimant que le principe doit être le même pour tous, sans traitement de faveur. Selon lui, la condamnation définitive d’Ousmane Sonko devrait logiquement entraîner la perte de son mandat parlementaire et empêcher toute réinstallation dans son fauteuil de député.

Au-delà de cette question institutionnelle, l’ancien maire de Dakar a profité de son intervention pour répondre frontalement aux récentes critiques du Premier ministre. Ousmane Sonko avait en effet déclaré qu’au Sénégal, l’opposition n’existait plus, la qualifiant d’inexistante et incapable de peser sur les débats politiques. Ces propos n’ont manifestement pas été digérés par Barthélémy Dias qui, d’un ton ferme, a répliqué : « Il dit qu’au Sénégal il n’y a pas d’opposition. Il saura que nous sommes des acteurs politiques qui ont toujours privilégié le combat. »

Barthélémy Dias a conclu son allocution en annonçant qu’il reprendra le flambeau de la contestation dès son retour au Sénégal, laissant entendre qu’il n’entend ni céder le terrain politique ni laisser prospérer ce qu’il considère comme une injustice démocratique. Cette sortie marque un nouveau palier dans la rivalité désormais ouverte entre deux personnalités qui, hier encore, faisaient figure d’alliés dans la lutte contre le pouvoir en place.

Le bras de fer autour de la légitimité parlementaire et la capacité de l’opposition à exister dans l’hémicycle s’invite donc une fois de plus au cœur du débat public, alors que le pays traverse une phase politique incertaine et propice aux recompositions.

Yoro Dia plaide pour rompre la « démocratie de Sisyphe » et faire du Sénégal une exception économique

Dans une cérémonie de dédicace organisée ce 12 juillet 2025 devant un public nombreux composé d’intellectuels, de responsables politiques, d’universitaires et de journalistes, Yoro Dia a présenté ses deux nouveaux essais politiques publiés aux éditions L’Harmattan Sénégal. La rencontre, présidée par la ministre d’État Aïssata Tall Sall, a été l’occasion d’un appel solennel à repenser les fondements démocratiques du Sénégal.

Le premier ouvrage, intitulé Les intellectuels sénégalais dans la marche vers la première alternance : L’exception démocratique en question, revient sur le rôle déterminant de la société intellectuelle et médiatique dans l’instauration d’un cadre démocratique solide, couronné par la première alternance pacifique en 2000. S’appuyant sur une trentaine d’entretiens avec des penseurs et universitaires, Yoro Dia montre comment les élites ont contribué à la structuration du débat public et à la conscientisation des citoyens.

Mais c’est dans son second livre, Le Sénégal : La démocratie de Sisyphe – Sociologie politique de l’État légal à l’État de droit, que l’auteur développe une thèse plus dérangeante. En empruntant l’image du mythe grec de Sisyphe, condamné à recommencer sans fin le même effort stérile, il décrit un système politique sénégalais prisonnier d’une répétition sans issue. « Depuis 1983, le débat politique n’a pas évolué », observe-t-il, pointant la récurrence des querelles sur les règles du jeu électoral et la gestion des alternances.

Selon Yoro Dia, cette « démocratie de Sisyphe » absorbe l’énergie et l’intelligence de la classe politique sans permettre un véritable bond en avant. Le Sénégal, pourtant doté d’une stabilité rare en Afrique et d’une administration structurée, peine à transformer ces atouts en résultats économiques concrets. « La classe politique gaspille son potentiel intellectuel dans des querelles institutionnelles », regrette-t-il.

Pour sortir de ce cycle stérile, Yoro Dia appelle à passer de l’État légal, principalement préoccupé par la conquête et la conservation du pouvoir, à un État de droit véritablement orienté vers l’intérêt général et le progrès économique. « Il est temps de transformer l’exception démocratique en exception économique », insiste-t-il, invitant les décideurs à rompre avec les réflexes politiciens qui freinent le développement.

Guerre d’egos et de pouvoir : Thierno Alassane Sall étrille la rivalité Sonko-Diomaye

Dans une publication au vitriol sur son compte X, Thierno Alassane Sall, leader du parti La République des Valeurs, s’est violemment attaqué à la crise ouverte qui secoue le sommet de l’État sénégalais. Selon lui, les querelles entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko n’ont rien d’un débat politique de fond, mais tout d’une bataille d’egos nuisible à l’intérêt général.

« Un minimum de respect pour les Sénégalais aurait dû pousser les dirigeants du Pastef à prendre l’initiative de mettre un terme à la guerre froide, désormais officiellement déclarée, entre Sonko et Diomaye », affirme Thierno Alassane Sall, qui dénonce l’attitude des nouveaux responsables de la mouvance présidentielle. Il estime que « nombre de ces nouveaux apparatchiks versent de l’huile sur le feu, avec des messages d’allégeance sur les réseaux sociaux », sans même avoir le courage de justifier leur parti-pris par des divergences de programme.

L’ancien ministre ne s’arrête pas là. Il qualifie la rivalité entre le président et son chef de gouvernement de « farce tragique » et moque les références révolutionnaires qui entourent la figure d’Ousmane Sonko. « Non ! Ce n’est pas Sankara contre Blaise. C’est Blaise contre Compaoré. Une farce tragique. Un pathétique épisode de la supercherie Diomaye mooy Sonko », lance-t-il, ironique.

Pour Thierno Alassane Sall, cette lutte pour le contrôle du pouvoir révèle le vrai visage de la gouvernance actuelle. « Pendant ce temps, les Sénégalais, pris au piège dans les décombres du quatrième sous-sol, attendent impatiemment l’arrivée des secours », alerte-t-il, avant de pointer du doigt l’attitude du Premier ministre, qu’il accuse de se préoccuper uniquement de « sa part du pouvoir, qu’il trouve insuffisante ». Il reproche ainsi à Ousmane Sonko de mobiliser députés, directeurs généraux et ministres pour un nouveau bras de fer politique, pendant que les priorités du pays restent en suspens.

Badara Gadiaga privé de ses avocats : le collectif dénonce une « violation grave des droits de la défense »

La situation judiciaire de Badara Gadiaga, chroniqueur et figure médiatique sénégalaise, prend un tournant inquiétant. Ce samedi, ses avocats ont été empêchés de lui rendre visite au commissariat central de Dakar. Une décision qui suscite l’indignation du collectif en charge de sa défense.

Dans un communiqué urgent, les conseils de M. Gadiaga dénoncent une mesure qualifiée de rétrograde et indigne d’un État de droit. Selon eux, des instructions fermes ont été données par le Commissaire central afin d’interdire toute visite, y compris celles de ses propres avocats.

Depuis la soirée du vendredi 11 juillet, les avocats affirment n’avoir reçu aucune information sur les conditions de détention de leur client. Ils estiment que cette situation est alarmante et constitue une grave violation des droits de la défense, une atteinte intolérable à la dignité humaine et une méconnaissance manifeste de la présomption d’innocence.

« Cette entrave manifeste à l’exercice de notre métier est une tentative inacceptable de museler la Défense », fustige le collectif dans son communiqué.

Fermes dans leur position, les avocats de Badara Gadiaga rappellent que la défense de la dignité humaine, de la liberté et de la présomption d’innocence se fera sans concession, pour la sécurité des Sénégalais et de toutes les personnes vivant sur le territoire national. « La défense est absolue à toutes les étapes de la procédure. Elle sera toujours debout pour tous », concluent-ils.

Affaire Badara Gadiaga : Tahirou Sarr dénonce une « arrestation injuste » et interpelle le pouvoir sur les libertés

Lors d’un point de presse tenu ce samedi 12 juillet 2025, le député Tahirou Sarr, président du parti « Les Nationalistes », a vivement critiqué l’arrestation du chroniqueur Badara Gadiaga, qu’il qualifie de « mesure arbitraire » révélatrice d’un système répressif toujours en place, malgré l’alternance politique incarnée par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.

« Le système n’a pas changé. On continue de faire taire les citoyens. Le cas de Badara Gadiaga en est l’exemple parfait. Il a été arrêté injustement. Aujourd’hui, je constate qu’il n’y a pas de procureur de rupture », a-t-il déclaré, pointant du doigt une continuité troublante dans les pratiques judiciaires et politiques, malgré les promesses de changement.

Dans une posture critique mais mesurée, Tahirou Sarr a également appelé Ousmane Sonko à adopter une démarche plus unificatrice dans sa gestion des tensions politiques et sociales. « Il devrait tenir un discours conciliateur et fédérateur, plutôt que de laisser s’installer les tiraillements », a-t-il insisté, en référence au climat de polarisation toujours perceptible dans l’espace public sénégalais.

L’interpellation du président de la République n’a pas été éludée. Le député a exhorté Bassirou Diomaye Faye à intervenir personnellement pour obtenir la libération du chroniqueur de la TFM, estimant que l’affaire aurait pu être réglée dans un cadre strictement médiatique ou politique. À ses yeux, « l’échange houleux » entre Badara Gadiaga et le député Amadou Ba (membre du Pastef) n’avait pas vocation à finir devant les tribunaux.

« Nous ne devons pas céder à la tentation de judiciariser tous les débats publics. La liberté d’expression reste un pilier de notre démocratie, et il est impératif de la protéger, y compris lorsqu’elle dérange », a martelé Tahirou Sarr, en clôture de son intervention.

Cette prise de position relance le débat sur l’équilibre entre responsabilité politique et liberté d’opinion dans un contexte post-électoral encore marqué par les crispations de la période pré-2024. Alors que le gouvernement se veut porteur d’une rupture démocratique, certains observateurs voient dans cette arrestation un signal contradictoire, voire préoccupant.

Le dossier de Badara Gadiaga, initialement centré sur des accusations de « discours contraires aux bonnes mœurs », s’est complexifié avec l’ajout de charges lourdes telles que la diffusion de fausses nouvelles et l’invocation de l’article 80 du Code pénal. Ses avocats dénoncent une cabale fondée sur une mauvaise interprétation de transactions financières, tandis que plusieurs voix, à l’image de celle de Tahirou Sarr, s’élèvent désormais pour contester la légitimité même de la procédure.

Affaire Badara Gadiaga : entre erreurs d’interprétation, nouvelles charges et soupçons de manipulation judiciaire

L’affaire impliquant le chroniqueur Badara Gadiaga connaît un tournant inattendu. Ce qui n’était au départ qu’une enquête pour diffusion de fausses nouvelles, propos contraires aux bonnes mœurs et offense à une autorité assimilée au chef de l’État, s’est progressivement transformé en un dossier plus complexe, juridiquement plus lourd et politiquement plus sensible. L’introduction d’accusations basées sur l’article 80 alinéa 2 du Code pénal semble indiquer un changement radical de stratégie judiciaire, que ses avocats qualifient de manœuvre.

Lors de sa première garde à vue, Badara Gadiaga était uniquement poursuivi pour ses propos tenus dans l’espace public, considérés comme allant à l’encontre des bonnes mœurs. Mais à sa présentation devant le procureur, de nouvelles charges ont été ajoutées : diffusion de fausses nouvelles, offense envers une autorité investie de prérogatives présidentielles et surtout, une accusation plus grave fondée sur l’article 80 alinéa 2 du Code pénal. Cet article vise spécifiquement toute personne ayant reçu ou accepté des dons ou avantages dans le but de mener une propagande susceptible de troubler l’ordre public, de jeter le discrédit sur les institutions ou d’inciter les citoyens à enfreindre les lois. La peine encourue est particulièrement lourde, allant de un à cinq ans de prison, accompagnée d’une amende pouvant dépasser la valeur des avantages perçus.

Pour la défense, ce glissement juridique n’est pas anodin. Les avocats de Badara Gadiaga dénoncent une stratégie visant à invoquer l’article 139 du Code de procédure pénale, qui impose le mandat de dépôt lorsque l’infraction relève des articles 56 à 100 du Code pénal. En qualifiant les faits sous l’article 80, les autorités judiciaires placeraient donc le juge dans l’obligation de décerner un mandat de dépôt, ôtant toute marge d’appréciation à ce dernier. Cette évolution est interprétée comme une tentative claire de mise sous pression judiciaire.

Le cœur de cette nouvelle accusation repose sur l’interprétation d’une série de transactions financières opérées par Badara Gadiaga via Orange Money. Les enquêteurs affirment que des transferts d’argent depuis une entité appelée « GSIE » vers le compte mobile de Gadiaga pourraient constituer la preuve de financements occultes. Dans le dossier à charge, il est ainsi avancé que Badara Gadiaga aurait transféré depuis le compte bancaire de « sa société GSIE », logé à la Banque Atlantique, des montants cumulés à hauteur de 9 millions de francs CFA entre début mai et fin juin. Cette affirmation a été fermement réfutée par ses avocats.

Ces derniers précisent que leur client a obtenu un prêt bancaire auprès de l’Acep, et que les montants transférés vers son compte mobile via la fonctionnalité BANK TO WALLET proviennent directement de ce financement. L’entité GSIE mentionnée dans les traces des transactions n’a, en réalité, aucun lien avec Badara Gadiaga en tant que propriétaire ou gestionnaire. Il s’agit en fait de GSIE Technology, une fintech sénégalaise fondée en 1996 par Antoine Ngom, spécialisée dans l’interconnexion de services financiers. GSIE agit comme un prestataire technique, permettant aux institutions financières et aux opérateurs mobiles de proposer des services de transfert, de banque mobile ou de paiement numérique. L’entreprise gère des opérations entre banques comme l’Acep et des services comme Orange Money, facilitant les flux entre comptes bancaires et portefeuilles électroniques.

C’est donc une confusion majeure, voire une incompréhension technique manifeste, qui aurait conduit les enquêteurs à croire que GSIE était une société écran de Gadiaga, utilisée pour financer des campagnes de déstabilisation politique. Une méprise qui aurait suffi à justifier l’activation de l’article 80, avec toutes les implications judiciaires qui en découlent.

Depuis l’apparition de cette nouvelle charge, plusieurs messages visant à discréditer Badara Gadiaga ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Des expressions comme « le compte Orange Money de Gadiaga va parler » laissent entendre qu’une bombe financière serait dissimulée derrière ces transactions. Mais pour ses avocats, il ne s’agit là que de manipulation grossière et d’intoxication médiatique. Le compte mobile de leur client, affirment-ils, n’a rien à révéler d’incriminant.

Cette affaire soulève ainsi de nombreuses questions. Le glissement d’une simple infraction d’opinion vers des délits politiques graves révèle-t-il un durcissement délibéré des autorités à l’encontre des voix critiques ? La justice s’appuie-t-elle sur des preuves solides ou sur des constructions bancales reposant sur des erreurs d’interprétation technique ? Et surtout, jusqu’où ira cette affaire dans un contexte national où les tensions politiques rendent chaque procédure judiciaire particulièrement sensible ?

Dans l’état actuel du dossier, la défense de Badara Gadiaga s’emploie à démontrer qu’aucune infraction ne peut être légalement retenue à partir d’un prêt bancaire dûment contracté et de simples opérations interbancaires mal comprises. Reste à voir si cette argumentation suffira à faire échec au mandat de dépôt exigé par le ministère public, ou si la logique politique l’emportera sur le droit.

GSIE TECHNOLOGY dément tout lien avec Badara Gadiaga et dénonce des accusations « malveillantes »

L’entreprise sénégalaise GSIE TECHNOLOGY a publié, ce samedi 12 juillet 2025, un communiqué formel démentant tout lien avec le chroniqueur Badara Gadiaga.

Depuis quelques heures, des informations circulaient en ligne laissant entendre que la société de services numériques entretiendrait des relations avec M. Gadiaga, récemment placé sous le coup de poursuites judiciaires. Des allégations qualifiées de « totalement infondées » par l’entreprise.

GSIE TECHNOLOGY rappelle qu’elle agit exclusivement comme prestataire technique au profit des institutions de microfinance (IMF), des banques et des établissements de monnaie électronique, en fournissant une plateforme numérique visant à favoriser l’inclusion financière dans l’espace UEMOA et au-delà.

Dans sa mise au point, la société précise qu’elle :

– n’entretient aucune relation commerciale ou autre avec M. Badara Gadiaga ;

– ne détient aucun compte au nom de ce dernier ni de clients extérieurs au cadre strict de ses partenariats institutionnels ;

– exerce depuis près de trois décennies dans le secteur numérique sous la direction de son fondateur, M. Antoine Ngom, également président du regroupement du secteur privé du numérique de l’UEMOA.

« Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la diffusion de fausses informations, malveillantes et tendancieuses, nuisibles à l’image de notre entreprise, de ses dirigeants, de ses partenaires et de ses clients », avertit GSIE TECHNOLOGY, qui se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces allégations.

Affaire Badara Gadiaga : D’une simple accusation morale à un dossier tentaculaire

L’affaire visant le chroniqueur Badara Gadiaga, initialement poursuivi pour « discours contraires aux bonnes mœurs », prend une tournure judiciaire inattendue. En quelques jours, l’information judiciaire s’est considérablement complexifiée par l’ajout de nouvelles accusations que la défense qualifie de « manœuvre destinée à forcer un mandat de dépôt ».

Lors de sa première garde à vue, Badara Gadiaga n’était retenu que pour des propos jugés attentatoires à la morale. Mais lors de sa présentation au parquet, le dossier s’est enrichi de plusieurs chefs d’inculpation : diffusion de fausses nouvelles, offense à une personne exerçant les prérogatives du chef de l’État, et surtout l’invocation de l’article 80 alinéa 2 du Code pénal.
Cet article prévoit de lourdes sanctions — allant d’un à cinq ans de prison — contre quiconque reçoit ou sollicite des fonds pour se livrer à une propagande de nature à compromettre la sécurité publique ou à jeter le discrédit sur les institutions.
Pour les avocats du chroniqueur, cette nouvelle incrimination n’est pas anodine. Selon eux, elle vise à faire entrer le dossier dans le champ d’application de l’article 139 du Code de procédure pénale, qui rend obligatoire le mandat de dépôt pour les délits visés entre les articles 56 et 100 du Code pénal. « C’est un glissement de qualification destiné à contraindre le juge à l’emprisonner », dénoncent-ils.
En toile de fond, une confusion autour de transactions électroniques est au cœur de ce retournement. Les enquêteurs ont en effet pointé des mouvements d’argent effectués via la société « GSIE ». Des extraits bancaires mentionnant des flux de plusieurs millions de francs CFA ont alimenté le soupçon de financement occulte ou de blanchiment.
Or, selon la défense, cette interprétation relève d’une incompréhension grossière du fonctionnement des services de monnaie électronique au Sénégal. GSIE Technology, créée en 1996 par Antoine Ngom, est un prestataire technique qui fait l’interconnexion entre banques et plateformes de paiement comme Orange Money ou Wave. Concrètement, lorsqu’un client effectue un transfert « BANK TO WALLET » depuis son compte bancaire vers son portefeuille mobile, GSIE apparaît mécaniquement comme opérateur technique du mouvement.
En l’espèce, Badara Gadiaga est titulaire d’un compte à l’Acep, partenaire de GSIE. Le chroniqueur, bénéficiaire d’un prêt bancaire, a simplement transféré ses propres fonds vers son compte Orange Money. Ses conseils affirment qu’il ne s’agit pas de ressources occultes, mais d’un prêt personnel parfaitement tracé.
L’accusation selon laquelle il aurait « transféré depuis le compte bancaire de sa société GSIE, logé à la Banque Atlantique, des montants cumulés de 9 millions » est donc, selon les avocats, sans fondement : « Badara Gadiaga n’a aucun lien de propriété ou de gestion avec GSIE Technology. Les enquêteurs ont pris la plateforme d’intermédiation pour une société écran », martèle la défense.
Ce qu’elle présente comme une « erreur de lecture » a pourtant suffi à renforcer les soupçons de propagande subventionnée et à alourdir les chefs d’accusation. Depuis, plusieurs rumeurs ont été alimentées sur les réseaux sociaux, certains affirmant que « le compte Orange Money de Gadiaga va parler ». Ses conseils dénoncent une « intoxication médiatique » et rappellent que l’origine des fonds est parfaitement justifiable et n’a rien d’illégal.
Si le juge suit le réquisitoire du parquet, la procédure pourrait déboucher sur un mandat de dépôt automatique. Ce scénario interroge sur les motivations réelles qui entourent cette affaire et sur la célérité avec laquelle l’information judiciaire a évolué. Pour l’heure, la défense se prépare à contester vigoureusement la qualification pénale retenue, qu’elle estime juridiquement fragile et matériellement infondée.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°510 – 12 ET 13/07/2025

🔴 RETOUR DE PARQUET : BADARA GADIAGA, CHARGÉ À TOUT PRIX ?
🔴 NDIAGA SYLLA BARRE LA ROUTE DE L’ASSEMBLÉE À SONKO : LA JURISPRUDENCE DIAS BRANDI !

🔴 LUTTE / APRÈS LE COUP DONNÉ À ZARKO : SA THIÈS SANCTIONNÉ
🔴 AS BAMBEY : ABATALIB FALL REND LE TABLIER

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