Célébration du 23 juin : FRAPP réclame l’abrogation immédiate de l’arrêté Ousmane Ngom

Quatorze ans après le soulèvement populaire du 23 juin 2011, qui avait marqué un tournant décisif dans la défense de la démocratie sénégalaise, le mouvement FRAPP (Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine) remet au goût du jour l’un de ses combats symboliques : la suppression de l’arrêté Ousmane Ngom.

À la veille de cette commémoration historique, le Secrétariat Exécutif National du mouvement a exigé, dans un communiqué publié le 22 juin 2025, l’abrogation sans délai de l’arrêté ministériel n°00758 du 20 juillet 2011. Ce texte, signé par l’ancien ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom, interdit toujours toute manifestation politique dans une large zone du centre-ville de Dakar, transformant des lieux stratégiques en espaces interdits à l’expression populaire.

Pour le FRAPP, cette disposition réglementaire est en contradiction flagrante avec l’esprit même du 23 juin. Le mouvement considère qu’il est incohérent de commémorer cette journée de résistance citoyenne tout en maintenant en vigueur l’un des instruments de répression contre lequel le peuple s’était insurgé. « On ne peut pas célébrer le 23 juin tout en conservant les chaînes contre lesquelles le peuple s’est battu. On ne peut pas prétendre gouverner au nom du peuple tout en réduisant ses espaces d’expression », déclare le FRAPP, dans un ton ferme et accusateur.

En revenant sur les faits, le mouvement rappelle que la journée du 23 juin 2011 fut le théâtre d’une mobilisation populaire sans précédent, une insurrection pacifique qui avait contraint le pouvoir en place à renoncer à un projet de loi controversé visant à instaurer un ticket présidentiel. Ce sursaut civique avait ouvert la voie à l’alternance politique de 2012, puis à celle de 2024. Pour le FRAPP, cette date n’est pas qu’un repère historique : elle incarne une mémoire collective, une lutte pour la souveraineté populaire, la dignité et la justice.

Au-delà de la charge symbolique, les arguments juridiques avancés sont tout aussi tranchés. Le FRAPP souligne que l’arrêté Ousmane Ngom viole de manière manifeste les libertés fondamentales garanties par la Constitution sénégalaise, ainsi que par plusieurs traités internationaux ratifiés par le Sénégal. Le mouvement dénonce une « discrimination territoriale injustifiable », qui transforme Dakar en « ville à deux vitesses », avec des quartiers réservés à l’expression politique, et d’autres où la parole publique est interdite.

Le mouvement rappelle en outre que la Cour de Justice de la CEDEAO elle-même a condamné cet arrêté, exigeant son abrogation immédiate en raison de son caractère arbitraire et liberticide. Maintenir cet arrêté, malgré une telle décision de justice régionale, est perçu par le FRAPP comme une atteinte à la souveraineté juridique du Sénégal et à la crédibilité de son engagement démocratique.

Enfin, le FRAPP interpelle directement le gouvernement en place. En conservant un dispositif conçu pour bâillonner la rue sous le régime précédent, le pouvoir actuel « tourne le dos à l’héritage du 23 juin » et trahit, selon le mouvement, les espoirs d’un changement profond exprimés à travers les dernières alternances démocratiques.

Pour mémoire, l’arrêté incriminé interdit toute manifestation entre l’avenue El Hadji Malik Sy et le Cap Manuel, incluant des lieux emblématiques comme les abords du Monument de la Renaissance, les palais de justice, les hôpitaux et plusieurs espaces publics stratégiques de la capitale.

Alors que le pays s’apprête à célébrer une journée érigée en symbole de liberté, la revendication du FRAPP relance le débat sur les réformes à mener pour que le 23 juin reste vivant dans les actes, et pas seulement dans les discours.

Tensions Iran-Israël : 50 Sénégalais évacués vers la Turquie face à la dégradation sécuritaire

Alors que le conflit entre l’Iran et Israël connaît une escalade inquiétante, les autorités sénégalaises ont activé un plan d’urgence pour assurer la protection de leurs ressortissants établis en République islamique d’Iran. La ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, a annoncé que 50 Sénégalais ont été évacués vers la Turquie en raison de la fermeture de l’espace aérien iranien et de l’intensification des frappes dans le pays.

En marge du sommet de la CEDEAO tenu à Abuja, la cheffe de la diplomatie sénégalaise a confirmé l’information, précisant que le Sénégal figure parmi les rares pays africains à avoir rapidement mis en place un mécanisme de rapatriement dans un contexte de guerre régionale à haut risque. « Le Sénégal est le deuxième pays africain à avoir mis en place un mécanisme de rapatriement. Nous avons identifié tous nos compatriotes désireux de rentrer au pays, en raison de la gravité de la situation et de l’intensification des frappes aériennes sur l’Iran », a-t-elle déclaré à la presse.

La Radio Futurs Médias (RFM), citant la ministre, rapporte que le contingent de ressortissants sénégalais a été évacué par voie terrestre vers la Turquie, dans une opération coordonnée avec les autorités consulaires sénégalaises de la région. Cette solution a été rendue nécessaire par la fermeture complète de l’espace aérien iranien, qui rendait toute évacuation par avion impossible.

L’évacuation s’est déroulée dans un climat tendu, alors que les hostilités militaires s’intensifient entre Israël et l’Iran, avec des frappes aériennes croissantes dans plusieurs zones stratégiques du territoire iranien. Le gouvernement sénégalais a réitéré sa vigilance et son engagement à assurer la sécurité de ses ressortissants, tout en appelant à une désescalade immédiate des tensions.

Cette initiative d’évacuation s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation diplomatique régionale et internationale. Le Sénégal a récemment condamné les attaques menées sur le territoire iranien, appelant à un cessez-le-feu et à une réaction urgente de la communauté internationale pour éviter une généralisation du conflit au Moyen-Orient.

En attendant un éventuel retour de ces compatriotes sur le sol sénégalais, les autorités indiquent que des dispositions d’accueil et d’assistance sont en cours de préparation, en lien avec l’ambassade du Sénégal à Ankara et les organisations humanitaires partenaires.

FEPP TAWFEKH sur le Dialogue national : des avancées saluées, mais des inquiétudes persistantes

Réuni ce dimanche 22 juin 2025 aux Maristes, sous la présidence de Dr Cheikh Dieng, le Bureau Politique de FEPP TAWFEKH a livré une lecture nuancée du processus du Dialogue national en cours. Le parti se félicite des progrès significatifs enregistrés, tout en exprimant de sérieuses préoccupations sur certains points clés de la gouvernance nationale et de l’agenda international.

Dans son communiqué, le parti a tout d’abord salué les efforts du Comité de Suivi, soulignant l’engagement de ses représentants Dominique Gueye et Mouhamadou Daff, qui ont pris part aux discussions au nom de FEPP TAWFEKH. Pour la formation politique, le Dialogue national a permis d’acter plusieurs réformes essentielles à l’approfondissement démocratique au Sénégal. Il s’agit notamment de la mise en place d’un organe électoral indépendant, de la dématérialisation du processus électoral, de l’instauration de l’inscription permanente sur les listes électorales, du contrôle partagé du fichier électoral, et de l’élargissement des compétences de la Cour constitutionnelle. Autant d’avancées que le parti considère comme des acquis historiques, portés depuis plus d’une décennie par l’opposition.

Cependant, FEPP TAWFEKH ne cache pas sa frustration face à l’absence de consensus sur plusieurs propositions jugées tout aussi cruciales pour l’équilibre institutionnel. Parmi elles, figurent la suppression de l’article 80 du Code pénal, le mode d’élection des maires et des députés départementaux, ainsi que la réforme du statut de l’opposition. Le parti estime que ces résistances traduisent une volonté de maintenir une architecture politique déséquilibrée, au détriment de la transparence et de la participation équitable de toutes les forces politiques.

Face à cette situation, FEPP TAWFEKH propose la création d’une Commission de Concertation Politique Inclusive (CCPI), une structure permanente et institutionnelle qui aurait pour mission de prolonger les discussions sur les points non tranchés, de suivre la mise en œuvre effective des réformes adoptées, et d’intervenir comme médiateur indépendant en cas de blocage politique. À travers cette proposition, le parti appelle le président de la République à donner une suite constructive aux dynamiques ouvertes par le Dialogue national, en renforçant l’inclusivité et la continuité du débat démocratique.

Sur le plan national, le Bureau Politique a exprimé son inquiétude quant au report de la publication des rapports budgétaires trimestriels, désormais attendus pour le 23 juin 2025. Si le ministère des Finances justifie ce retard par un souci de sincérité des données, le parti y voit un manquement regrettable à l’exigence de transparence. Il appelle les autorités à améliorer la régularité et la clarté de la communication sur les finances publiques.

FEPP TAWFEKH a également pris acte des critiques formulées par le Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de certains hauts responsables administratifs. Le parti se montre solidaire de cette volonté de rupture avec les pratiques de gestion laxistes, et encourage l’exécutif à poursuivre les efforts de réforme dans le cadre du Programme de Transformation Nationale 2050. Pour FEPP TAWFEKH, il est impératif que l’appareil étatique soit à la hauteur des ambitions économiques, sociales et institutionnelles du pays.

Concernant l’affaire ASER, le parti a réitéré ses exigences de transparence. Constatant que les soupçons de mauvaise gestion persistent autour de l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale, le Bureau Politique demande solennellement au ministre de la Justice d’ouvrir une information judiciaire. L’objectif, selon lui, est de garantir la reddition des comptes et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions publiques.

Sur le plan international, FEPP TAWFEKH a vivement condamné les récentes attaques israéliennes et américaines contre l’Iran. Le parti appelle à un cessez-le-feu immédiat, tout en exhortant la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour éviter une escalade incontrôlable du conflit. Il appelle à la convocation urgente du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU pour traiter cette crise. Le parti rappelle que toute paix durable au Moyen-Orient passera par une reconnaissance pleine et entière de l’État palestinien, coexistant aux côtés d’Israël, dans un cadre de justice et de respect mutuel.

En conclusion, FEPP TAWFEKH réaffirme sa volonté de participer à la construction d’une démocratie plus robuste, plus inclusive et plus transparente. Le parti entend continuer à jouer son rôle critique, mais constructif, dans le débat national, avec pour seul cap l’intérêt général et la stabilité du Sénégal.

Marché national : Le gouvernement dément toute pénurie de sucre

Face à la circulation persistante d’informations alarmantes sur une prétendue rupture de stock de sucre dans certaines localités, le Ministère de l’Industrie et du Commerce a tenu à apporter un démenti formel. Dans un communiqué officiel signé par le ministre Dr Serigne Gueye Diop, les autorités assurent qu’aucune pénurie n’est enregistrée à ce jour sur l’ensemble du territoire.

Selon le document, les approvisionnements en sucre sont assurés de manière régulière, en étroite coordination avec les opérateurs économiques du secteur ainsi qu’avec la Compagnie sucrière sénégalaise. La disponibilité actuelle dépasse les 35 000 tonnes, un stock jugé suffisant pour couvrir les besoins du marché national jusqu’à la fin du mois de juillet.

Le ministère estime que les rumeurs faisant état de pénurie sont infondées et ne reposent sur aucun fait objectif. Il rappelle que des mécanismes de contrôle sont déjà déployés sur le terrain afin de surveiller les circuits de distribution et prévenir toute spéculation abusive sur les prix.

Dans ce cadre, les commerçants sont fermement appelés à respecter la réglementation en vigueur. Toute tentative de hausse illicite ou de stockage frauduleux du sucre sera sanctionnée, a prévenu le ministère, qui entend faire respecter les prix fixés de manière stricte.

Par ailleurs, les consommateurs sont invités à jouer un rôle de veille citoyenne en signalant tout abus ou dysfonctionnement constaté sur le terrain. Un numéro vert, le 800 00 77 77, est mis à leur disposition pour faciliter les remontées d’informations.

Le Ministère de l’Industrie et du Commerce a réitéré, à travers ce communiqué, son engagement à garantir un marché équitable, transparent et accessible, tout en veillant à la protection des droits des consommateurs sur l’ensemble du territoire national.

Akhénaton entendu par la cybercriminalité et ressort libre

L’activiste Ousseynou Seck, plus connu sous le pseudonyme « Akhénaton », a été entendu ce lundi par les enquêteurs de la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC), avant de quitter les locaux de la police en homme libre.

Intercepté vendredi dernier à l’aéroport international Blaise Diagne de Diass alors qu’il s’apprêtait à quitter le territoire national, Akhénaton a été retenu et conduit par les autorités compétentes, en exécution d’une procédure déclenchée à la suite de plusieurs plaintes déposées contre lui.

Selon des sources proches du dossier, l’activiste est accusé d’avoir tenu et diffusé sur les réseaux sociaux des propos jugés diffamatoires, outrageants et potentiellement attentatoires à l’honneur de certaines personnes. Il lui est également reproché d’avoir usé de sa large audience numérique pour diffuser des contenus considérés comme discourtois à l’encontre de figures publiques.

L’audition, qui s’est déroulée dans le calme durant toute la matinée de ce lundi, a permis aux enquêteurs de recueillir les premières explications de l’intéressé. À l’issue de cet entretien, aucune mesure coercitive n’a été prise à son encontre. Akhénaton a pu regagner son domicile librement, même si l’enquête reste ouverte et pourrait connaître de nouveaux développements.

Ce nouvel épisode vient s’ajouter à une série de tensions entre figures de la société civile très actives sur les réseaux et les autorités, dans un contexte où les libertés numériques et la régulation des propos en ligne sont de plus en plus au centre des débats.

Pour l’heure, aucune déclaration officielle n’a été faite par l’activiste ni par ses proches. Mais tout porte à croire que cette affaire ne s’arrêtera pas là.

Nous y reviendrons…

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°493 – 23/06/2025

🔴 67e SOMMET CEDEAO / TERRORISME, INFLATION RÉGIONALE, CRISE ALIMENTAIRE, ETC : JULIUS MAADA BIO SUR UN TERRAIN MINÉ
🔴 PROJET DES KIOSQUES : LA DER/FJ ACCUSÉ DE PLAGIAT

🔴 DEUXIÈME DÉFAITE CONTRE SA THIÈS : ZARKO NE DÉCHIFFRE TOUJOURS PAS L’ÉNIGME

Guy Marius Sagna revient à la charge: « j’ai fait exprès de parler de ça ici…)

‎Cela fait bientôt trois ans qu’à l’interne de la fraction parlementaire de mon parti Pastef je me bats contre certaines pratiques comme le « Sukëru koor ». Notez bien : trois ans. Bientôt trois ans cela veut donc dire depuis le groupe parlementaire Yewwi Askan Wi. J’ai défendu à l’époque l’idée selon laquelle nous ne pouvions pas aller à une élections présidentielle que nous voulions gagner en adoptant certaines des pratiques parasitaires des anciens régimes. Cela ne pourrait pas convaincre les populations que nous allions opérer la rupture car incapables de le faire moins de deux ans de l’élection présidentielle de 2024.

‎J’ai toujours été minorisé sur la question du « Sukëru koor ». « Que celui qui veut prenne et que celui qui ne veut pas ne prenne pas » me répondait-on. J’ai toujours poursuivi la lutte à l’interne contre certaines pratiques comme le « sukëru koor » car j’estimais et continue d’estimer que ce genre de pratiques ont fait que les citoyens ont détesté l’Assemblée nationale et les différentes majorités parlementaires qui se sont succédées au Sénégal.

‎J’ai même demandé l’organisation de discussions internes au groupe parlementaire pour élaborer ensemble la tactique parlementaire ou politique parlementaire de notre groupe parlementaire pour aborder plusieurs points dont celui des avantages et privilèges que je considère comme indus. De fait, tout a été fait pour empêcher des discussions internes sur cela.

‎En mars 2025, une dizaine de jours après le début du mois de Ramadan, l’information tombe dans le groupe parlementaire: « passez récupérer une enveloppe pour un appui ». Ce n’est pas parce que le « sukëru koor » est baptisé pudiquement « appui » que la réalité change. Oui, 100.000 FCFA de « sukëru koor » ont été mis à la disposition des députés de mon groupe parlementaire. Je ne parle ni de dattes, ni d’avance Korité ni d’avance Tabaski mais de « sukëru koor » baptisé pudiquement pour tromper la vigilance « appui ». Qui a pris et qui n’a pas pris n’est pas mon propos ni le plus important.

‎Ce sont des pratiques qui peuvent compromettre nos objectifs de mobilisation du peuple sénégalais autour de la bataille pour la sortie du sous-développement.

‎Le vrai débat est celui-ci : au Sénégal l’entretien d’une clientèle politique est une vieille tradition politique de la classe politique avec comme stratégie la redistribution. Certains d’entre nous pensent et théorisent qu’ils ont besoin de ce « sukëru koor » pour en faire 10 enveloppes de 10.000 FCFA par exemple pour donner à leur clientèle politique. Si je m’y oppose c’est juste que je ne veux pas que cela soit répercuté et donc porté par les deniers publics. certains ont détourné de l’argent ou créé des « sukëru koor » pour cela. Moi je veux que notre parti, notre Projet, notre gouvernement, notre groupe parlementaire…et ceux qui les animent soient et restes crédibles pour que les populations soient mobilisées plus facilement dans la lutte pour la sortie du néocolonialisme, du sous-développement…

‎Quelques bonnes nouvelles.
‎1- Une bataille de gagnée : je suis sûr qu’en 2026 on ne parlera plus de « sukëru koor » ou d’appui.
‎2-je suis heureux d’etre membre de Pastef ce parti qui impose les débats et pousse même l’opposition à chercher à surfer sur la vague.

‎Plus que d’imposer les thématiques en débat au Sénégal, battons-nous ensemble patriotes à imposer les nouveaux types de pratiques politiques au Sénégal.

‎Biensur, j’ai fait exprès de parler ici pour des soucis pédagogiques de « sukëru koor » mais en fait il s’agit ici de toutes ces pratiques rétrogrades budgetivores que nous avons trouvées ici. Certaines ont été enlevées. Il en reste encore d’autres.

‎Ensemble nous allons réussir.

‎GMS,

Indépendance de la Justice : le Pr Ousmane Sène recadre le débat sur le rôle du Président au sein du CSM

Dans un contexte marqué par de vives discussions sur la réforme de la justice sénégalaise, le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de Recherches Ouest Africain (WARC), a apporté un éclairage nuancé sur la polémique entourant la présence du Président de la République au sein du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). Invité ce dimanche 22 juin de l’émission Grand Jury sur la RFM, il a tenu à recentrer le débat sur l’essentiel : la responsabilité individuelle des magistrats dans l’exercice de leur mission.

Pour le Pr Sène, la question de l’indépendance de la justice ne peut se réduire à une disposition institutionnelle ou à un simple jeu de présences ou d’absences dans les instances de régulation. Selon lui, cette indépendance tient d’abord à la posture, aux valeurs et aux comportements de ceux qui rendent la justice. « L’indépendance de la justice, ça tient aux comportements et aux valeurs de ceux qui exercent la justice eux-mêmes », a-t-il déclaré, soulignant que la crédibilité du système judiciaire dépend autant des textes que de l’éthique personnelle des magistrats.

Face aux critiques formulées à l’encontre du maintien du chef de l’État dans la composition du Conseil Supérieur de la Magistrature, le professeur Sène se veut clair. Il estime que la présence du Président de la République dans cette institution ne constitue pas, en soi, un frein à l’indépendance des juges. Il rappelle que dans l’organisation actuelle du CSM, les décisions concernant l’avancement ou les affectations des magistrats ne relèvent pas directement du Président. « Les décisions qui sont prises par rapport à l’avancement des magistrats ne viennent pas du Chef de l’État », a-t-il affirmé, balayant ainsi les soupçons d’ingérence politique systématique.

Il va plus loin en qualifiant ce débat de « faux problème », insistant sur le fait qu’en République, le président ne saurait dicter sa loi aux magistrats. Pour appuyer sa position, le Pr Sène s’est référé à l’histoire judiciaire du Sénégal, évoquant des figures emblématiques telles que les juges Kéba Mbaye et Ousmane Camara. Ces derniers, selon lui, ont incarné avec dignité et intégrité l’indépendance de la justice, même dans des contextes où l’exécutif était puissant et présent.

À travers cette prise de position, le directeur du WARC invite l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire à assumer pleinement leur rôle dans la construction d’une justice forte, crédible et au service des citoyens. Il rappelle que la refondation de la justice ne saurait être uniquement institutionnelle ou formelle. Elle doit aussi passer par un sursaut de conscience professionnelle et morale de la part des magistrats eux-mêmes.

Dans une période où la société sénégalaise attend des changements profonds dans le fonctionnement des institutions, l’intervention du Pr Sène sonne comme un appel à la responsabilité individuelle et collective. Pour lui, une justice indépendante ne s’obtient pas seulement par des réformes juridiques, mais surtout par le courage, l’éthique et la loyauté de ceux qui en sont les garants.

Saloum : 84 migrants, dont des mineurs, interceptés par la Marine nationale

Une nouvelle tentative de migration irrégulière a été déjouée au large des côtes sénégalaises. Le jeudi 19 juin 2025, aux environs de 17 heures, la Marine nationale a intercepté une embarcation transportant 84 migrants dans les eaux des îles du Saloum, précisément au large de Marlothie. Selon un communiqué officiel, toutes les personnes à bord ont été retrouvées saines et sauves.

Le groupe de migrants, désormais remis à la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT), était composé de ressortissants de plusieurs pays ouest-africains. On y dénombre 28 Sénégalais, 17 Gambiens, 14 Maliens, 13 Somaliens, 11 Guinéens et une Nigériane. Parmi ces 84 personnes figuraient 17 femmes ainsi que 3 filles mineures.

D’après les premiers éléments recueillis lors des interrogatoires préliminaires, le groupe aurait quitté la capitale gambienne, Banjul, dans la nuit du 16 juin, avec pour destination finale l’Espagne. Le voyage, comme souvent dans ce type d’expéditions clandestines, s’est organisé en dehors de tout cadre légal, au péril de la vie des candidats à l’émigration.

Le communiqué officiel indique que le principal organisateur de cette opération serait un ressortissant étranger. Le passage était facturé entre 350 000 et 600 000 FCFA par personne, un montant qui illustre le caractère lucratif de ces filières illégales. Dans le cadre de cette opération, six individus soupçonnés de complicité ont été interpellés et placés en garde à vue.

Les services de la DNLT poursuivent actuellement leurs investigations afin de retracer l’ensemble du réseau impliqué, d’identifier les complices et de localiser le passeur principal. L’objectif est de démanteler cette chaîne de trafic humain qui continue d’exploiter la vulnérabilité de jeunes Africains en quête d’un avenir meilleur.

Les autorités sénégalaises réitèrent leur détermination à lutter contre l’immigration irrégulière et appellent à la vigilance citoyenne. Elles exhortent également les populations à ne pas céder aux illusions véhiculées par les réseaux de passeurs, souvent à l’origine de drames humains en mer.

Médias : Habibou Dia annonce une nouvelle ère d’accompagnement pour un secteur plus autonome et structuré

Le directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Habibou Dia, était l’invité de l’émission « FACE AU JURY » ce dimanche sur Pressafrik TVHD. Cette intervention a été l’occasion pour lui de revenir longuement sur les décisions prises par le gouvernement à l’issue des Journées de concertation sur le secteur de la communication, tenues à la demande du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Ces assises, selon lui, ont permis de tracer une nouvelle trajectoire pour les médias sénégalais, fondée sur la transparence, la modernisation et l’autonomie financière.

Habibou Dia a réaffirmé la volonté du ministère de tutelle de construire un partenariat durable avec les professionnels de la presse, en allant bien au-delà de la seule logique de subvention. Il a annoncé la mise en place prochaine d’un nouveau modèle économique pour les médias. Ce modèle vise à réduire leur dépendance quasi-totale vis-à-vis des appuis publics en leur offrant des opportunités économiques et financières concrètes. Il s’agit notamment de revoir les critères d’attribution des fonds alloués au secteur, de définir avec précision les bénéficiaires légitimes et d’exclure ceux qui ne remplissent pas les conditions. Le gouvernement envisage également de mettre en place un système fiscal adapté, qui permettra aux entreprises de presse d’évoluer dans un environnement plus favorable à leur croissance et à leur structuration.

Sur le volet social, le ministère entend porter une attention particulière aux conditions de travail des journalistes. Habibou Dia a insisté sur la nécessité de garantir leur protection, de veiller à la régularité des salaires, de faciliter leur couverture maladie et d’assurer la prise en charge de leurs cotisations pour la retraite. Il a souligné l’importance de l’accompagnement spécifique des femmes de médias, souvent confrontées à des défis uniques liés à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale.

Le gouvernement prévoit également un appui direct aux télévisions, producteurs de contenus audiovisuels et cinéastes. Une enveloppe financière dédiée devrait leur être accordée pour faire face aux difficultés actuelles et encourager la production de contenus de qualité, conformes aux exigences des conventions signées avec les autorités de régulation. Le respect des cahiers des charges sera désormais une priorité dans l’allocation de ces soutiens.

Sur le plan réglementaire, plusieurs réformes sont annoncées. Le directeur de la Communication a indiqué que les textes encadrant le fonctionnement du CNRA seront révisés afin de les adapter aux évolutions du secteur. Il a également évoqué la nécessité d’intégrer les quotidiens d’information dans les dispositifs existants, estimant que nombre d’entre eux paraissent aujourd’hui sans contenu réel. Pour y remédier, des cahiers des charges seront imposés afin de fixer un cadre clair pour ces publications en pleine expansion.

Les réseaux sociaux sont aussi dans le viseur des réformes envisagées. Habibou Dia a reconnu leur rôle grandissant dans l’espace médiatique sénégalais, mais a souligné l’urgence d’un encadrement juridique et éthique. L’objectif est de pousser ces plateformes à se formaliser, afin de permettre aux organes de régulation de mieux contrôler leurs activités, et de s’assurer que les contenus diffusés respectent les valeurs sociales, culturelles et morales du pays.

Dans le cadre des discussions entre le ministère et le patronat de la presse, plusieurs mesures sont également en gestation concernant la publicité institutionnelle. Il est notamment question de revoir les mécanismes d’attribution des conventions publicitaires, de corriger les pratiques actuelles de facturation, de clarifier le régime fiscal applicable et d’intégrer les médias dans le nouveau code des marchés publics. Le tout se fera dans une optique de transparence, avec la volonté de rompre définitivement avec les logiques de favoritisme ou d’affinité personnelle.

Enfin, le ministère entend accorder une attention particulière aux « médias particuliers » tels que les radios communautaires, les médias en ligne, les Web TV et les jeunes reporters. Des plans d’accompagnement spécifiques sont en cours d’élaboration pour leur permettre de se structurer, de se développer et d’atteindre une autonomie économique. Un des engagements majeurs annoncés consiste à compléter le Code de la presse pour y inclure des dispositions adaptées à ces nouvelles formes de médias. Il est aussi prévu de les aider à mettre en place leur propre instance de régulation, capable d’assurer leur crédibilité et leur professionnalisme.

Pour les jeunes reporters qui aspirent à créer leur propre entreprise de presse, un programme d’incubation de deux à trois ans sera lancé. À l’issue de cette phase, une évaluation sera faite pour déterminer si les projets incubés méritent un accompagnement sur le long terme ou non. Cette initiative vise à stimuler l’entrepreneuriat médiatique et à favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de patrons de presse responsables et innovants.

À travers cet ensemble de mesures, le ministère de la Communication entend impulser une dynamique nouvelle dans le secteur des médias, en misant sur la régulation, la professionnalisation, la transparence et surtout l’autonomie. Le chantier est vaste, mais les engagements annoncés semblent poser les bases d’une refondation profonde du paysage médiatique sénégalais.

Assemblée nationale : la Commission des lois convoquée ce mercredi pour examiner la réforme du Règlement intérieur

Une étape clé du processus parlementaire se profile cette semaine à l’Assemblée nationale du Sénégal. La Commission des lois, de la décentralisation, du travail et des droits humains est officiellement convoquée ce mercredi 25 juin 2025 à 10 heures précises, dans la salle Marie Joséphine Diallo du nouveau bâtiment de l’hémicycle. La convocation, signée par le président de la commission, Abdoulaye Tall, précise que cette session sera entièrement consacrée à l’examen de la proposition de loi n°10/2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Il s’agit d’un moment majeur dans le fonctionnement du pouvoir législatif, puisque cette proposition de loi vise à réformer l’un des textes fondamentaux qui encadrent l’organisation interne du Parlement. Le règlement intérieur détermine en effet les modalités de déroulement des débats, les droits des députés, les mécanismes de contrôle de l’exécutif, la composition des commissions, la gestion des séances plénières ainsi que le fonctionnement administratif de l’institution.

Cette séance intervient dans le cadre classique du processus législatif sénégalais. Avant qu’un texte ne soit soumis à la plénière pour adoption ou rejet, il est d’abord examiné en profondeur par la commission compétente. Cette étape permet d’enrichir, de corriger ou de préciser certaines dispositions du projet ou de la proposition de loi. Dans le cas présent, la Commission des lois, réputée pour sa technicité, aura à décortiquer un document qui pourrait redessiner les équilibres institutionnels à l’intérieur même de l’Assemblée.

L’importance de cette réforme n’est pas anodine. Elle intervient dans un contexte politique nouveau, où les dynamiques parlementaires sont marquées par une recomposition des forces et un appel de plus en plus fort à une meilleure gouvernance parlementaire. Toute modification du règlement intérieur peut avoir des répercussions profondes sur la transparence des débats, le rôle de l’opposition, les droits des groupes parlementaires ou encore le régime disciplinaire applicable aux élus.

Alors que l’opinion publique et plusieurs acteurs de la société civile s’interrogent sur les intentions derrière cette réforme, les discussions qui s’ouvriront mercredi au sein de la commission seront scrutées de près. Il s’agira de voir si la proposition de loi consacre davantage de démocratie interne ou si elle tend à renforcer le contrôle de l’exécutif sur le législatif. La suite du processus, notamment la présentation du texte en séance plénière, permettra de trancher sur les choix politiques et juridiques retenus.

Fonds d’aide à la presse, fermeture de médias, réforme du Code : Habibou Dia dédouane le ministère

Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission « FACE AU JURY » de Pressafrik TVHD, Habibou Dia, directeur de la Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, a tenu à clarifier la position du gouvernement sur les mesures qui secouent actuellement le paysage médiatique sénégalais. Entre les critiques liées à la fermeture de certains organes de presse, les inquiétudes sur les lenteurs dans la distribution des fonds d’aide, et les débats autour de la réforme du Code de la presse, le haut responsable a présenté une lecture technique, chronologique et défensive de l’action du ministère.

Il a commencé par rappeler que l’aide à la presse au Sénégal est encadrée par la loi 96-04, entrée en vigueur en 1996. Cette loi a été actualisée à partir de l’an 2000 sous l’impulsion du président Abdoulaye Wade, qui avait opté pour une libéralisation du secteur. Cette ouverture du marché, censée stimuler le pluralisme, a également entraîné une explosion du nombre de médias, souvent sans réelle structure juridique ni ligne éditoriale claire. Conscients des dérives que cette situation engendrait, les professionnels de la presse avaient eux-mêmes enclenché un processus de concertation dès 2008 afin d’assainir le secteur. Ces travaux, étalés sur près d’une décennie, ont permis de jeter les bases d’un Code de la presse, qui n’a finalement été adopté qu’en 2017. Mais selon Habibou Dia, ce Code est aujourd’hui caduc, tant les mutations technologiques et structurelles du secteur exigent de nouvelles adaptations.

C’est dans ce contexte que le ministère actuel est intervenu, avec comme priorité la mise en œuvre des conclusions issues des concertations passées. À son arrivée, le ministre de la Communication a rencontré les principaux acteurs du secteur, qui lui ont remis le fruit de leurs réflexions. Ces conclusions ont orienté les premières décisions prises par le ministère. Cependant, avant toute mise en application, une exigence technique s’imposait : savoir avec précision qui évolue réellement dans le secteur. D’où la décision de procéder à une cartographie des médias. Une plateforme a alors été mise en place pour enregistrer toutes les structures de presse, en vue de dresser une base de données fiable des entreprises opérationnelles et conformes à la législation en vigueur.

Le directeur de la Communication a précisé que ce travail de recensement s’est effectué en parfaite collaboration avec les organes de régulation et d’éthique. La Commission de la carte de presse professionnelle, instance chargée d’attribuer les cartes aux journalistes en règle, a été impliquée. Cette carte, selon la loi, est obligatoire pour pouvoir exercer le métier de journaliste au Sénégal. Or, pour pouvoir en faire la demande, il faut d’abord obtenir un quitus délivré par le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED). Ce dernier joue un rôle de filtre en évaluant le respect des normes professionnelles. Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a également été sollicité dans le cadre de la régulation des radios et télévisions, notamment en ce qui concerne le respect des cahiers de charges et des conventions d’exploitation.

Selon Habibou Dia, toutes les décisions relatives à la suspension ou à la fermeture de certains organes de presse jugés non conformes trouvent leur justification dans les résultats de cette cartographie et dans le cadre réglementaire mis en place par ces structures de régulation. Il a insisté sur le fait que le ministère n’a inventé aucun critère nouveau ni imposé de volonté politique. Il n’a fait, dit-il, qu’appliquer les conclusions et recommandations du patronat de la presse remis au ministre lors des assises.

C’est après ce travail de vérification et de mise en conformité qu’une première liste de médias enregistrés a été publiée, suivie d’une deuxième liste, accompagnée de la décision de suspendre ou de fermer les organes qui ne répondaient pas aux critères. Cette opération a permis, selon lui, de mieux cibler les entreprises réellement actives et respectueuses de la loi, en vue d’instaurer des concertations plus efficaces et plus représentatives.

Face aux critiques portant sur l’absence du ministre lors de certaines étapes cruciales du processus, notamment les rencontres avec les professionnels et la publication des listes, Habibou Dia a relativisé l’importance de cette présence protocolaire. Selon lui, la ligne directrice du gouvernement actuel repose sur un principe simple : les questions techniques doivent être traitées par les services techniques. La qualité et la légitimité des décisions prises ne dépendent pas de la présence ou non du ministre, mais de la compétence des professionnels impliqués. Il considère donc que ces rencontres, conduites par les directions spécialisées, étaient pleinement légitimes et efficaces.

En ce qui concerne les fonds d’aide à la presse, qui tardent à être débloqués et dont la rareté fragilise de nombreuses rédactions, Habibou Dia a reconnu l’existence de lenteurs administratives. Toutefois, il n’a pas donné de calendrier précis pour leur décaissement. Cette situation continue d’aggraver les difficultés économiques de nombreux médias, notamment ceux qui sont en règle mais peinent à survivre face aux coûts d’exploitation et à la précarité du modèle économique actuel.

À travers cette intervention, le directeur de la Communication a tenté de repositionner le débat sur une base institutionnelle et réglementaire, tout en appelant à la responsabilité des professionnels pour accompagner la mutation du secteur. Pour lui, la réforme est indispensable, mais elle ne peut réussir que si elle est portée par une volonté collective et un dialogue franc entre tous les acteurs concernés.

Crise dans les médias : Mamadou Ibra Kane charge sévèrement le ministre de la Communication, qu’il juge « incompétent »

Invité du Jury du Dimanche (JDD) ce 22 juin, le président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a pris la parole pour dénoncer l’état préoccupant du secteur médiatique au Sénégal. Face à une situation qu’il qualifie d’« alarmante », il n’a pas hésité à pointer directement du doigt le ministre de la Communication, qu’il accuse d’incompétence manifeste dans la gestion des affaires du secteur.

Au cœur de sa colère, la suspension récente, par la Cour suprême, d’un arrêté ministériel interdisant la diffusion et la publication de 381 médias, qu’il considère comme un abus de pouvoir injustifié. « Ce n’est pas pour rien que la Cour suprême a suspendu, le 12 juin, son arrêté. Combien d’emplois et de salaires ont été supprimés à cause de cette décision ? », s’est-il indigné sur les ondes de Iarsio.

Pour Mamadou Ibra Kane, cette décision avait non seulement fragilisé des entreprises de presse, mais elle illustre surtout un manque total de dialogue et de compréhension des enjeux économiques du secteur par les autorités. Il appelle à un sursaut collectif, estimant que le gouvernement est en train de pousser la presse indépendante vers une asphyxie programmée.

Autre sujet brûlant abordé : l’affaire EXCAF, qu’il n’a pas hésité à qualifier de crime économique. Selon lui, la nouvelle direction de la société Télédiffusion du Sénégal (TDS SA) a commis une grave erreur juridique et commerciale en signant un contrat avec une compagnie malienne, alors que les droits de distribution des décodeurs numériques reviennent, selon les conventions, à EXCAF.

« La directrice générale de TDS SA a agi en violation flagrante de la loi. Elle a engagé l’État dans un contrat illégal, au mépris des textes qui encadrent la commercialisation des équipements de diffusion », a-t-il martelé.

Pour Mamadou Ibra Kane, ce cumul de décisions arbitraires et de manquements démontre une profonde crise de gouvernance dans le secteur de la communication. Il exhorte le président de la République à intervenir pour réorienter la politique médiatique du pays, faute de quoi, prévient-il, « c’est tout l’écosystème de l’information qui risque de s’effondrer ».

Bassirou Diomaye Faye à la tête de la Cedeao ? Un nouveau souffle pour une organisation fragilisée

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est pressenti pour prendre les rênes de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à l’issue du sommet de l’organisation prévu ce samedi 22 juin à Abuja, au Nigeria. Selon des sources concordantes relayées par Africa Intelligence, un consensus discret aurait été trouvé entre les chefs d’État de la sous-région, lors de consultations menées le 20 juin, pour confier la présidence de l’organisation au jeune dirigeant sénégalais.

Cette désignation, si elle est confirmée, viendrait mettre un terme au mandat du président nigérian Bola Ahmed Tinubu, dont les deux années à la tête de la Cedeao ont été marquées par des critiques récurrentes, notamment de la part des pays francophones. Jugé peu rassembleur et parfois isolé dans sa gestion des crises sous-régionales, Bola Tinubu laisserait place à un profil perçu comme plus apaisant et fédérateur.

À 45 ans, Bassirou Diomaye Faye incarne une nouvelle génération de dirigeants ouest-africains. Son élection à la tête du Sénégal en mars dernier, sur la promesse de rupture avec l’ancien système, lui a valu une forte légitimité populaire. Cette dynamique semble avoir convaincu ses pairs qu’il est le mieux placé pour incarner le renouveau de la Cedeao à un moment charnière de son histoire.

Le premier défi auquel devra faire face le nouveau président de l’organisation sera la formalisation du départ des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Burkina Faso, Mali et Niger — qui ont acté leur retrait. Un événement inédit dans l’histoire de la Cedeao, révélateur de ses difficultés à préserver l’unité régionale face aux crises politiques internes et aux choix souverainistes des régimes militaires sahéliens.

Malgré plusieurs tentatives de médiation, notamment par des déplacements à Bamako et Ouagadougou dès le début de son mandat, Diomaye Faye n’a pas réussi à infléchir la position des juntes au pouvoir. Mais en accédant à la présidence tournante de la Cedeao, il pourrait bénéficier d’un levier institutionnel pour maintenir le dialogue, éviter une rupture totale et travailler à des formes de coopération pragmatique en matière de sécurité, de commerce ou de mobilité humaine.

Cette perspective d’un leadership incarné par un président élu démocratiquement, porté par une forte attente de changement, pourrait également améliorer l’image d’une organisation aujourd’hui perçue par une partie des opinions publiques comme distante, voire illégitime. Diomaye Faye aura la délicate mission de concilier l’exigence de stabilité institutionnelle avec les aspirations d’une jeunesse ouest-africaine en quête d’intégration économique et de souveraineté politique.

Coopération économique : Ousmane Sonko appelle les investisseurs chinois à s’engager davantage au Sénégal

Hangzhou (Chine), 22 juin 2025 – En visite officielle en Chine, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a adressé un vibrant appel aux opérateurs économiques chinois pour qu’ils intensifient leurs investissements au Sénégal. Il a tenu ce discours ce dimanche, lors d’un forum économique sino-sénégalais organisé à Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang.

« Nous vous attendons au Sénégal, vous y serez à l’aise. C’est un pays d’hospitalité. Nous vous invitons massivement à venir participer à l’œuvre de construction de notre développement, qui sera également celle de la Chine », a déclaré le chef du gouvernement sénégalais devant une assistance composée d’hommes d’affaires chinois, de membres de la diaspora sénégalaise en Chine, ainsi que de représentants d’entreprises venus du Sénégal.

Le forum, organisé par l’APIX (Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux de l’État du Sénégal) en partenariat avec l’ambassade du Sénégal en Chine, visait à renforcer les partenariats économiques et à stimuler les flux d’investissement vers Dakar, dans un contexte où le gouvernement sénégalais cherche à impulser une nouvelle dynamique à sa stratégie de développement.

En marge des discussions, plusieurs protocoles d’accord et conventions de partenariat ont été signés entre des entreprises sénégalaises et chinoises, dans des secteurs allant des infrastructures au numérique, en passant par l’agriculture, l’énergie et la logistique. Ces engagements traduisent la volonté des deux parties de donner un nouvel élan à leur coopération bilatérale, dans une logique de gagnant-gagnant.

Ce déplacement d’Ousmane Sonko en Chine s’inscrit dans une démarche proactive du gouvernement sénégalais, qui mise sur la diplomatie économique pour attirer les capitaux étrangers, transférer des technologies et créer des emplois durables. En choisissant la ville de Hangzhou, reconnue pour son dynamisme économique et son rôle de hub technologique, le Premier ministre a voulu marquer l’importance qu’il accorde à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans sa vision du développement.

La Chine figure déjà parmi les principaux partenaires économiques du Sénégal, notamment dans les domaines des infrastructures, des télécommunications et de l’agriculture. Ce forum vise à consolider ces acquis tout en explorant de nouvelles pistes de coopération dans des secteurs porteurs.

Ce forum économique n’est que la première étape d’un agenda chargé pour la délégation sénégalaise en Chine. D’autres rencontres sont prévues avec des représentants d’institutions publiques, de groupes industriels et de pôles de recherche, avec l’objectif d’élargir le champ de la coopération sino-sénégalaise à des domaines plus innovants.

Justice – Affaire Sonko / Mame Mbaye Niang : la Cour suprême rouvre le dossier le 1er juillet

L’affaire de diffamation opposant Ousmane Sonko à l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, née autour des accusations de mauvaise gestion du programme Prodac, connaîtra un nouveau rebondissement judiciaire. Selon L’Observateur, la Cour suprême du Sénégal se penchera à nouveau sur ce contentieux brûlant le lundi 1er juillet, dans le cadre de l’examen du rabat d’arrêt introduit par les avocats de l’actuel Premier ministre.

Pour mémoire, Ousmane Sonko avait affirmé en 2022 détenir un rapport compromettant de l’Inspection générale des finances (IGF) concernant la gestion du Projet des domaines agricoles communautaires (Prodac), un programme coordonné à l’époque par Mame Mbaye Niang. Ce dernier, dénonçant une atteinte à son honneur, avait porté plainte pour diffamation.

La justice avait donné raison à Mame Mbaye Niang. En mai 2023, la Chambre pénale de la Cour suprême avait confirmé la condamnation de Sonko à six mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 200 millions de francs CFA au titre des dommages et intérêts. Une décision qui avait eu des conséquences politiques majeures, entraînant l’invalidation de la candidature de Sonko à la présidentielle de 2024. Ce dernier avait alors cédé sa place à Bassirou Diomaye Faye, devenu depuis président de la République.

Les avocats de Sonko, dénonçant des vices de procédure et une atteinte aux droits de la défense, ont introduit un rabat d’arrêt. Ce mécanisme, rare et complexe, permet de contester une décision rendue en dernier ressort lorsque des erreurs fondamentales de droit sont alléguées.

Parmi les arguments invoqués : l’absence de citation à comparaître et le rejet d’une exception d’inconstitutionnalité soulevée par la défense, qui demandait un renvoi du dossier devant le Conseil constitutionnel. Fait notable, l’Avocat général s’était, à l’époque, prononcé en faveur d’une cassation, mais sa position n’avait pas été suivie par la Cour.

L’audience du 1er juillet, qui s’annonce très suivie, devrait permettre à la Cour suprême d’entendre les plaidoiries des deux parties. L’objectif : déterminer si l’arrêt contesté souffre d’irrégularités suffisamment graves pour justifier son annulation.

Selon L’Observateur, Mame Mbaye Niang ne sera pas présent lors de cette nouvelle audience. Depuis l’accession au pouvoir de la coalition Diomaye Président, l’ancien ministre séjourne à l’étranger, et n’a plus fait d’apparition publique au Sénégal.

Au-delà des aspects judiciaires, ce dossier continue de nourrir le débat politique national. Pour certains partisans de Sonko, cette affaire symbolise l’instrumentalisation de la justice à des fins d’exclusion politique. Pour d’autres, elle pose la question de la responsabilité des acteurs publics dans leurs déclarations, surtout lorsqu’elles portent atteinte à la réputation d’autrui sans preuves formelles.

Ousmane Sonko entame sa visite officielle en Chine par un entretien stratégique avec le Gouverneur de Hangzhou

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, est arrivé ce samedi à Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang, dans le cadre d’une visite officielle de plusieurs jours en République populaire de Chine. Cette mission marque une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat stratégique entre Dakar et Pékin.

Dès son premier jour sur le sol chinois, le chef du gouvernement sénégalais s’est entretenu avec le Gouverneur de la province, Liu Jie. Cette rencontre a permis aux deux parties d’explorer de nouvelles pistes de coopération dans des domaines jugés prioritaires par les deux États : l’économie, l’industrie, la technologie, les infrastructures et l’innovation.

« Hangzhou étant un modèle de dynamisme et de croissance, les discussions ont tourné autour des opportunités d’échanges dans les secteurs économique, industriel, technologique entre autres », a déclaré le Premier ministre, à l’issue de son entretien avec le gouverneur.

La Chine, qui considère le Sénégal comme un partenaire stratégique et une porte d’entrée en Afrique de l’Ouest, entend consolider sa coopération bilatérale dans un esprit gagnant-gagnant. Pour Pékin, le Sénégal offre un positionnement géopolitique et logistique unique, en plus d’un potentiel de développement prometteur.

Cette visite s’inscrit dans une dynamique de redéfinition des priorités diplomatiques du Sénégal, dans un contexte mondial marqué par la recherche de nouveaux équilibres économiques et commerciaux. Elle devrait également permettre de conclure plusieurs accords de partenariat et d’attirer de nouveaux investissements chinois au Sénégal.

Le Premier ministre est accompagné d’une forte délégation comprenant plusieurs membres du gouvernement ainsi que des directeurs généraux de structures publiques stratégiques. Des rencontres avec des chefs d’entreprise, des investisseurs chinois et des autorités locales sont prévues tout au long du séjour.

Cette visite intervient également en marge de la 15e édition du Forum d’été de Davos, prévue à Tianjin du 24 au 26 juin, à laquelle Ousmane Sonko participera aux côtés de plusieurs dirigeants mondiaux.

AFFAIRE ASER / JEAN-MICHEL ZAPPE LA SOMMATION INTERPELLATIVE ET ORGANISE UN LIVE : Qu’est-ce que ça cache ?

Alors que la polémique autour du contrat d’électrification confié à AEE Power Sénégal ne cesse d’enfler, le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Électrification rurale (ASER), Jean Michel Sène, se retrouve au cœur d’une contradiction qui intrigue. D’un côté, il refuse obstinément de répondre à la sommation interpellative envoyée par l’administrateur d’AEE Power, M. Saidou Kane ; de l’autre, il s’exprime abondamment sur les réseaux sociaux, notamment dans un live diffusé sur sa page Facebook, pour répondre à un acteur politique, le député Thierno Alassane Sall. Une posture qui suscite incompréhension et questionnement, tant chez les juristes que chez les observateurs du monde des marchés publics.

Cette affaire, désormais connue sous le nom d’« ASER-GATE », trouve son origine dans des propos tenus le 2 septembre 2024 par Jean Michel Sène lors d’une émission sur la Radio-Télévision Walfadjri. À cette occasion, le DG de l’ASER avait formulé des accusations particulièrement graves à l’encontre de Saidou Kane, l’impliquant dans des faits de falsification dans le cadre de l’exécution d’un marché public. Face à ces déclarations publiques, AEE Power Sénégal a réagi en déposant une sommation interpellative, non seulement contre M. Sène, mais aussi contre le média et la journaliste Khady Sylla, qui avait mené l’interview.
Dans cette sommation, M. Kane, par l’intermédiaire de ses avocats, pose huit questions précises visant à établir la véracité ou non des accusations proférées. Il y est notamment question d’un contrat signé le 23 février 2024 entre l’ASER et AEE Power EPC, d’un satisfecit délivré le même jour, d’un contrat tripartite signé le 25 novembre 2023, ainsi que d’une décision rendue par l’ARCOP le 3 juillet 2024 ordonnant la suspension d’une résiliation de contrat. Les avocats souhaitent également des éclaircissements sur la nature juridique exacte de la relation contractuelle entre l’ASER et AEE Power Sénégal, et sur les implications d’une éventuelle rupture du contrat vis-à-vis de la garantie souveraine de l’État sénégalais.
Pourtant, depuis la réception de cette sommation, Jean Michel Sène n’a apporté aucune réponse concrète aux questions posées. Pire encore, selon des sources proches du dossier, les représentants de l’ASER se sont contentés de réponses vagues, promettant de « transmettre au DG » ou de « faire suivre au service compétent », sans jamais donner suite aux interpellations. Cette attitude est perçue, du côté de AEE Power Sénégal, comme un mépris manifeste pour une procédure légale pourtant claire dans ses attendus et dans son importance.
Ce mutisme devient d’autant plus problématique que, parallèlement, M. Sène a choisi de s’exprimer longuement ce 19 juin 2025 via un direct Facebook. Il y a notamment répondu aux critiques formulées par le député Thierno Alassane Sall sur la gestion du projet d’électrification. Jean Michel Sène a défendu la régularité des procédures, a détaillé les mécanismes de garantie et a vanté les innovations apportées au contrat, comme l’insertion professionnelle de jeunes Sénégalais et la relocalisation d’une partie des bénéfices économiques au Sénégal.
Mais en réaffirmant ses accusations à l’égard de Saidou Kane dans cette intervention, tout en continuant à ignorer la sommation qui lui est légalement adressée, Jean Michel Sène entretient une asymétrie préoccupante. D’un côté, il revendique la transparence et la légalité. De l’autre, il évite soigneusement d’en répondre formellement dans un cadre juridique.
Ce silence, devenu assourdissant, soulève une question cruciale : pourquoi Jean Michel Sène choisit-il de répondre aux critiques politiques sur les réseaux sociaux, tout en se dérobant aux voies légales initiées par ceux qu’il accuse ? Si ses affirmations sont fondées, pourquoi ne pas y répondre clairement, point par point, dans le cadre de la sommation, devant notaire, comme le droit l’exige ?
La situation actuelle place Jean Michel Sène face à ses responsabilités. En ne répondant pas à la sommation interpellative, il entretient le flou et alimente la méfiance autour de l’ASER et de sa gestion. Or, c’est bien la transparence, l’impartialité et le respect des procédures qui devraient guider l’action publique, surtout lorsqu’il s’agit de projets aussi sensibles que l’électrification de milliers de localités sénégalaises.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°492 – 21 ET 22/06/2025

🔴 IGNORANT LA SOMMATION INTERPELLATIVE DE SAIDOU KANE : JEAN-MICHEL FAIT UN SHOW ONLINE
🔴 ASSEMBLÉE NATIONALE : FADILOU KEÏTA AU SECOURS D’EL MALICK

🔴 RETOUR DES FÉDÉRATIONS AU STADE LSS ? : KHADY DIÈNE GAYE LAISSE LES « VICTIMES » DANS LE FLOU
🔴 U17 – BEACH HANDBALL : LES LIONCELLES VISENT LES QUARTS

Suspension des décaissements du FMI : Cheikh Diba rassure et annonce un nouveau cadre budgétaire

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a levé le voile sur la suspension temporaire des décaissements du Fonds monétaire international (FMI), intervenue dans le cadre de l’accord de prêt signé en juin 2023 sous l’ancien régime. C’est à Ziguinchor, à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège du Contrôle régional des finances (CRF), que le ministre a choisi d’apporter des clarifications à une actualité économique qui alimente les débats.

Cheikh Diba a tenu à préciser que cette suspension ne constitue en rien un désaveu ni une sanction infligée au Sénégal. Elle s’inscrit plutôt dans une démarche de mise à jour technique entre les équipes du FMI et l’État, afin de mieux harmoniser les données budgétaires couvrant la période 2019-2024 avec les récentes conclusions de la Cour des comptes. L’objectif, selon lui, est de s’assurer de la fiabilité et de la sincérité des indicateurs servant de base au partenariat entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.

Pour rassurer l’opinion, le ministre a souligné que l’État agit dans un esprit de responsabilité et de transparence. Il a révélé dans la foulée l’élaboration en cours d’un nouveau programme économique et financier, inspiré des grandes orientations de la vision stratégique « Sénégal 2050 ». Ce nouveau cadre devrait permettre, selon ses termes, de corriger les manquements de la gestion budgétaire précédente, de restaurer la crédibilité des finances publiques, et d’inscrire durablement la gouvernance économique dans un modèle de rigueur, de performance et d’inclusivité territoriale.

Abordant la question de la dette publique, Cheikh Diba a réfuté avec fermeté les chiffres et interprétations qu’il qualifie d’« erronés », circulant ces dernières semaines dans l’espace médiatique. Il a dénoncé notamment certaines affirmations faisant état d’une dette cumulative pour la période 2024-2025 ou d’un usage détourné des ressources publiques.

Le ministre des Finances a réaffirmé que le gouvernement mène une politique d’endettement responsable, fondée sur les principes de soutenabilité, de transparence et de conformité aux engagements internationaux. Il a précisé que les emprunts contractés sont orientés prioritairement vers des investissements productifs et structurants, à même d’accélérer le développement des infrastructures et la transformation économique du pays.

Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales et des exigences accrues en matière de bonne gouvernance, le message du ministre sonne comme un appel à la sérénité. Il laisse entrevoir un recentrage stratégique autour d’un nouveau contrat de confiance avec les partenaires techniques et financiers, tout en plaçant la réforme des finances publiques au cœur du redressement économique national.

Crise dans la justice : le SYTJUST et l’UNTJ dénoncent le mutisme de l’État face à une grève paralysante

Le système judiciaire sénégalais traverse une zone de turbulences. Depuis plus de trois jours, les services sont à l’arrêt dans les juridictions du pays, en raison d’un mouvement de grève conjointement lancé par le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) et l’Union Nationale des Travailleurs de la Justice (UNTJ). Dans un communiqué conjoint rendu public ce vendredi, les deux organisations dénoncent une « paralysie totale » de la justice sur l’ensemble du territoire national, et pointent du doigt « l’indifférence persistante » de l’État face à leurs revendications.

Selon les responsables syndicaux, la grève est suivie de manière massive par les agents, ce qui témoigne, selon eux, de la place centrale que ces travailleurs occupent dans le fonctionnement du système judiciaire. « Cette mobilisation illustre notre rôle indispensable dans l’édifice de l’État de droit », affirment-ils. Pourtant, ajoutent-ils, les autorités, en particulier les ministères de la Justice et de la Fonction publique, sont restées sourdes à leurs multiples appels au dialogue. Aucune initiative n’a été prise pour désamorcer une crise qui dure depuis trop longtemps.

Les conséquences de cette grève sont immédiates et profondes. Les dossiers judiciaires s’accumulent dans les tribunaux, les procédures en cours sont retardées, et les justiciables se retrouvent dans une attente interminable. Pour les personnes détenues en attente de jugement, la situation vire au drame. « Leurs droits fondamentaux sont bafoués. Une justice lente est une justice injuste », avertissent les syndicats, qui parlent d’une atteinte grave aux principes d’une justice équitable et accessible.

Au cœur des revendications figurent notamment la revalorisation des conditions de travail, l’application de protocoles d’accord signés mais non mis en œuvre, et le respect des engagements financiers liés aux statuts des agents. Pour les grévistes, il ne s’agit pas d’un simple mouvement corporatiste, mais d’un combat pour la dignité professionnelle et le respect de la parole donnée.

« La justice ne peut être rendue sans justice pour ceux qui la font vivre », rappelle le communiqué. Et d’ajouter : « Si le gouvernement continue de faire la sourde oreille, la grève pourrait se prolonger et s’intensifier dans les prochains jours. » Les syndicats exigent ainsi l’ouverture immédiate de négociations sérieuses et sincères, afin d’éviter un enlisement préjudiciable non seulement aux travailleurs, mais à l’ensemble de la société sénégalaise.

Refus de visas et tensions diplomatiques : Thierno Alassane Sall fustige Ousmane Sonko et dénonce « une expression de l’incompétence »

La réaction du Premier ministre Ousmane Sonko à propos des récents refus de visas par les États-Unis continue de susciter de vives critiques au sein de la classe politique sénégalaise. Parmi les voix les plus virulentes figure celle de Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, qui a publié ce week-end une déclaration au vitriol à l’endroit du chef du gouvernement.

Dans un message posté sur sa page Facebook, l’ancien ministre a dénoncé une prise de parole qu’il juge « populiste » et « irresponsable », accusant Ousmane Sonko de chercher à entretenir un climat de fanatisme chez ses partisans au détriment de l’image du Sénégal sur la scène internationale. « Le Premier ministre Ousmane Sonko doit savoir que ses déclarations populistes, destinées à nourrir le fanatisme de ses thuriféraires, peuvent avoir des conséquences graves pour notre pays », a-t-il écrit.

Thierno Alassane Sall pointe en particulier le risque de dégradation de la perception du Sénégal auprès des partenaires internationaux. Il évoque une perte de crédibilité susceptible d’aggraver les conditions d’accès aux financements extérieurs. « La cote du Sénégal auprès des institutions financières ne cesse de plonger à mesure de ses sorties désinvoltes. Et on le paie très cher en termes de taux d’intérêt sur nos emprunts », alerte-t-il, dans un contexte où la question de la dette et du financement du développement occupe une place centrale dans le débat public.

Ce qui semble avoir particulièrement irrité Thierno Alassane Sall, c’est la référence faite par Ousmane Sonko à l’ancien président américain Donald Trump et à l’idée d’un bras de fer diplomatique. « Comme si cela ne suffisait pas, le voilà qui appelle au gatsa-gatsa avec Donald Trump. En mesure-t-il seulement les potentielles conséquences désastreuses pour le Sénégal et les nombreux Sénégalais qui vivent aux USA ? », s’est-il interrogé avec gravité.

Au-delà du fond, c’est également la forme de la communication du Premier ministre qui est critiquée. Thierno Alassane Sall estime que la diplomatie exige une certaine retenue, de la rigueur et une parfaite maîtrise des codes internationaux. « En diplomatie, il y a une façon de se faire respecter sans exposer ses émotions au grand public et verser dans la démagogie ; le gatsa-gatsa n’y a pas sa place », a-t-il déclaré, concluant sans ambiguïté : « Aucune surprise cependant : cette sortie, dans la forme comme dans le fond, n’est qu’une expression de l’incompétence. »

Enfin, dans une formule qui traduit toute sa désillusion, l’opposant déplore l’évolution actuelle du pays sur le plan diplomatique : « Pauvre Sénégal ! Hier pays phare de la région, nous voilà parmi les parias. » Une sortie qui risque d’alimenter davantage la polarisation politique autour du style de gouvernance du Premier ministre Ousmane Sonko et de sa gestion des relations internationales.

Marché d’armement de 45 milliards F CFA : une enquête judiciaire ouverte, la DIC sur les traces d’un vaste scandale financier

Le marché d’armement d’un montant de 45,3 milliards de francs CFA, attribué à la société Lavie Commercial Brokers-SUARL au profit du ministère de l’Environnement, fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire de grande envergure. Le parquet financier, dirigé par le procureur Alioune Abdoulaye Sylla, a saisi la Division des investigations criminelles (DIC) afin de faire la lumière sur des soupçons de détournement de deniers publics, de blanchiment de capitaux et de versements de pots-de-vin liés à ce contrat opaque.

Selon les révélations du journal Libération, les premières alertes ont été déclenchées à la suite d’un audit révélant des anomalies sur la qualité et la quantité du matériel livré dans le cadre de ce marché. Mais c’est un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) qui a véritablement relancé le dossier. Ce rapport a mis au jour une série de transferts suspects, des retraits massifs d’espèces non justifiés, et des connexions douteuses entre les protagonistes.

Le contrat, signé le 30 décembre 2021 en cinq exemplaires, avait été attribué à Lavie Commercial Brokers-SUARL, une société créée seulement un mois et demi plus tôt à Dakar, le 16 novembre 2021. Il portait sur la fourniture d’équipements de sécurité, de véhicules d’intervention, de moyens de transmission et de logistique pour le ministère de l’Environnement. Ce contrat a été signé pour Lavie par David Benzaquen, un ancien employé du célèbre marchand d’armes israélien Gaby Peretz. Mais c’est un nom bien connu des circuits de l’armement en Afrique de l’Ouest qui est vite apparu en filigrane : Aboubacar Hima, alias « Petit Boubé », courtier nigérien réputé.

L’analyse des numéros de téléphone liés à la création de Lavie a permis de remonter jusqu’à « Petit Boubé », qui aurait également ouvert, dans une banque sénégalaise, deux comptes supplémentaires au nom de ses sociétés Technologie Service International (TSI) et Eurocockpit. Plusieurs virements – plus de 3 milliards F CFA – ont transité entre Lavie et Eurocockpit vers TSI. Ces sommes ont ensuite été repatriées à l’étranger, converties en devises, ou retirées en liquide, sans la moindre pièce justificative à l’appui.

Des mises à disposition en espèces ont également été enregistrées : 85 et 150 millions F CFA retirés par des individus identifiés comme D.A., A. Jacques et A. Loum, puis une nouvelle somme de 185 millions F CFA retirée par Loum dès le lendemain. Des retraits jugés totalement opaques par la CENTIF, qui note l’absence totale de justificatifs officiels.

En parallèle, plusieurs chèques d’un montant total de 565,5 millions F CFA ont été encaissés directement par Aboubacar Hima lui-même. Des virements vers l’étranger ont également été opérés, officiellement pour exécuter des contrats classés « secret défense » et procéder au dédouanement de conteneurs au nom du ministère. Mais selon les enquêteurs, ces explications se sont révélées fausses, renforçant l’hypothèse d’un détournement massif.

Le point le plus sensible demeure toutefois le versement d’une avance de 34 milliards de F CFA à Lavie Commercial Brokers. Cette somme colossale, débloquée avant même l’exécution effective du marché, aurait servi – selon la CENTIF – à alimenter des circuits de corruption, notamment via des commissions illicites ou pots-de-vin.

L’enquête ouverte par la DIC vise désormais à remonter la chaîne de responsabilités, déterminer si des hauts fonctionnaires ou responsables politiques ont facilité ou couvert les opérations, et établir les responsabilités pénales de tous les acteurs impliqués. Le scandale, s’il est avéré, pourrait représenter l’une des plus grosses affaires de détournement de fonds publics au Sénégal ces dernières années.

Dans un contexte où la transparence dans les marchés publics est devenue un enjeu central du nouveau pouvoir exécutif, le traitement judiciaire de cette affaire est suivi de près par les observateurs de la gouvernance et de la lutte contre la corruption.

Ousmane Sonko en visite officielle en Chine : Cap sur le renforcement du partenariat stratégique sino-sénégalais

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a quitté Dakar ce vendredi 20 juin 2025 pour une visite officielle en République populaire de Chine, à l’invitation de son homologue chinois, Li Qiang. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre du raffermissement des liens bilatéraux entre Dakar et Pékin, mais aussi de la participation du chef du gouvernement sénégalais à la 15e édition du Forum d’été de Davos, prévue du 24 au 26 juin à Tianjin.

Selon les informations rapportées par Le Soleil, cette visite vise à consolider le partenariat stratégique global entre les deux pays, engagé depuis plusieurs années dans des domaines variés tels que les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, la santé ou encore les technologies. La Chine, principal partenaire commercial du Sénégal en Asie, a en effet joué un rôle majeur dans la réalisation de projets structurants sur le territoire sénégalais, notamment dans le cadre du Plan Sénégal Émergent (PSE).

En marge des échanges bilatéraux, Ousmane Sonko prendra également part au Forum économique mondial d’été, souvent qualifié de « Davos asiatique ». Cette rencontre internationale, organisée à Tianjin, réunira des chefs de gouvernement, des dirigeants d’entreprises, des experts économiques et des représentants d’institutions internationales autour des grands enjeux mondiaux liés à l’innovation, à la transition écologique, à l’intelligence artificielle et à la relance économique post-crise.

Pour le Sénégal, cette mission diplomatique du Premier ministre revêt un enjeu stratégique majeur. Elle devrait permettre de négocier de nouveaux partenariats économiques, d’attirer davantage d’investissements chinois et d’approfondir la coopération dans les secteurs prioritaires définis par les autorités sénégalaises, notamment l’industrialisation, la souveraineté alimentaire et le développement des énergies renouvelables.

Il s’agit également pour Ousmane Sonko de porter la voix de l’Afrique dans les débats mondiaux sur l’avenir de l’économie, dans un contexte où les pays du Sud cherchent à redéfinir leur place dans les relations internationales.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°491 – 20/06/2025

🔴 THIERNO ALASSANE SALL SUR LE SCANDALE PRÉSUMÉ DE L’« ASER-GATE » : « UN SYSTÈME EN PERTE DE CRÉDIBILITÉ ! »
🔴 REFUS DE VISAS AUX « LIONNES » DE BASKET PAR LES ÉTATS-UNIS : SONKO DÉFIE TRUMP AU NOM DE LA SOUVERAINETÉ

🔴 REFUS DE VISAS AUX « LIONNES » : LA FSBB ANNULE LE CAMP D’ENTRAÎNEMENT PRÉVU AUX ÉTATS-UNIS
🔴 PRÉSIDENCE DE LA FSF : AUGUSTIN SENGHOR, CANDIDATURE POUR UN CINQUIÈME MANDAT

Marché d’électrification confié à AEE Power : Jean Michel Sène démonte les accusations de Thierno Alassane Sall

Le Directeur général de l’Agence sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER), Jean Michel Sène, a tenu à répondre, ce jeudi 19 juin, aux graves accusations portées contre sa gestion par le député Thierno Alassane Sall. Ce dernier, intervenant depuis l’Afrique du Sud, avait dénoncé ce qu’il estime être des irrégularités notoires dans le cadre d’un contrat d’électrification attribué à l’entreprise espagnole AEE Power. Dans sa réplique, le DG de l’ASER parle de « campagne de désinformation » et insiste sur le fait que « toutes les procédures ont été respectées conformément au Code des marchés publics ».

Au cœur de la polémique figure la question des garanties financières exigées pour le marché concerné. Thierno Alassane Sall soutient que ces garanties ont été émises après le versement de l’avance de démarrage, ce qui contreviendrait aux règles en vigueur. Jean Michel Sène rejette catégoriquement cette version. Il rappelle que trois types de garanties sont prévues dans ce marché : la garantie d’avance (20 %), la garantie de restitution d’avance, et la garantie de bonne exécution (5 % du montant global). Toutes, selon lui, ont été émises dans les délais requis, avec des primes payées comme prévu.

Jean Michel Sène précise que les contrats stipulent clairement que les garanties prennent effet à partir du moment où AEE Power reçoit les 56 millions d’euros — soit environ 3 673 milliards de francs CFA. Il accuse Thierno Alassane Sall de faire une « confusion grossière » entre les notions de souscripteur et de bénéficiaire dans les contrats d’assurance. « Le souscripteur, c’est AEE Power, mais le bénéficiaire, c’est l’ASER, parce que c’est l’agence qui prend le risque en avançant les fonds », explique-t-il.

Pour soutenir sa position, M. Sène s’appuie sur une circulaire de la Commission régionale de contrôle des assurances (CRCA), laquelle permet un délai de 180 jours pour l’émission des garanties, conformément à l’article 7 du Code CIMA, notamment dans les cas impliquant un démembrement de l’État.

Il affirme également que c’est lui-même, à son arrivée à la tête de l’ASER, qui a suspendu les décaissements jugés irréguliers. En effet, une avance de 40 % avait été déjà versée avant même le démarrage effectif des travaux, ce qu’il qualifie de « non conforme ». La nouvelle équipe de direction a donc décidé de conditionner tout décaissement ultérieur à des seuils d’exécution clairement définis.

S’agissant de la renégociation du marché, Jean Michel Sène affirme que le nombre de villages bénéficiaires est passé de 1 540 à 1 740 grâce à une révision des conditions contractuelles. Il souligne également l’attention particulière portée à la répartition des ressources financières : 70 % pour les fournitures (matériaux, accessoires, poteaux), 30 % pour les travaux. L’objectif de la renégociation était aussi de maximiser les retombées économiques locales, avec au moins 50 % du financement devant rester au Sénégal.

Autre point fort du projet, selon le DG : la dimension pédagogique. Un volet alternance a été intégré au contrat, obligeant les entreprises impliquées à recruter de jeunes Sénégalais en formation professionnelle. « À la fin des trois ans de projet, ces jeunes auront acquis une solide expérience qui facilitera leur insertion », se félicite-t-il. Un budget dédié à cette initiative a été inscrit dans l’enveloppe globale de 91 milliards de francs CFA.

Face aux critiques, Jean Michel Sène n’a pas mâché ses mots à l’endroit de l’ancien ministre Thierno Alassane Sall. « Il ne comprend pas les mécanismes qu’il critique. Il n’y a aucune preuve d’une quelconque violation du Code des marchés publics. Il s’agit simplement d’une tentative désespérée de nuire politiquement », a-t-il conclu.

Préparation des “Lionnes” au Sénégal : la FSBB annule le camp d’entraînement prévu aux États-Unis suite à un refus de visas

La Fédération Sénégalaise de Basketball (FSBB) a annoncé l’annulation du stage de préparation de l’équipe nationale féminine, initialement prévu aux États-Unis du 22 juin au 3 juillet 2025. Cette décision fait suite au refus des autorités américaines de délivrer des visas d’entrée à plusieurs membres de la délégation sénégalaise. Le camp devait marquer une étape importante dans la préparation des “Lionnes” en vue de l’Afrobasket féminin, mais les contraintes diplomatiques ont contraint les autorités à réviser les plans.

Dans un communiqué diffusé par sa cellule de communication, la FSBB explique que cette décision a été prise à la suite d’une instruction formelle du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Le document révèle que l’Ambassade des États-Unis au Sénégal a refusé d’accorder les visas à plusieurs composantes essentielles de la délégation. Parmi les personnes concernées figurent deux représentants de la Fédération, un médecin, un kinésithérapeute, cinq joueuses, un intendant, le manager général et le délégué ministériel. Ce refus, jugé discriminatoire et injustifié par certains observateurs, a contraint la FSBB à revoir son programme de préparation dans l’urgence.

L’université américaine qui devait accueillir les “Lionnes” a été informée officiellement de l’annulation du stage. Cette décision s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu, d’autant plus que le gouvernement sénégalais, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, avait déjà dénoncé ce refus de visas comme un acte d’humiliation diplomatique, annonçant dans la foulée que la préparation se déroulerait désormais au Sénégal.

La FSBB a indiqué que toutes les dispositions logistiques, techniques et humaines ont été prises en collaboration avec le ministère de tutelle pour organiser le camp sur le sol national. L’objectif demeure inchangé : permettre aux joueuses de se préparer dans des conditions optimales en vue de l’Afrobasket.

Ce changement de programme est aussi interprété par certains comme une réaffirmation de la souveraineté nationale dans la gestion des affaires sportives, sur fond de redéfinition des relations internationales du Sénégal. À travers cette réorganisation, la Fédération entend démontrer sa capacité à s’adapter tout en offrant à l’équipe nationale les moyens de réussir sa campagne continentale. Le défi reste désormais de faire de cette préparation locale une rampe de lancement efficace vers les ambitions affichées pour l’Afrobasket.

Affaire des visas pour les Lionnes : Yoro Dia tacle Ousmane Sonko et l’accuse de gouverner par l’émotion

La décision du Premier ministre Ousmane Sonko d’annuler le stage de préparation des Lionnes du basketball prévu aux États-Unis continue de susciter des réactions. Dans un message publié sur sa page Facebook, Yoro Dia, ancien ministre et analyste politique, a vivement critiqué la posture adoptée par le chef du gouvernement. Il juge que la réponse du Premier ministre à la non-délivrance de visas par les autorités américaines est inappropriée et révélatrice d’une gouvernance émotive.

Selon Yoro Dia, la gestion d’un dossier aussi sensible que celui des relations diplomatiques, notamment dans le contexte de délivrance de visas, devrait être traitée avec plus de recul et de méthode. « Cela devrait relever au plus du Secrétaire général des Affaires étrangères. On ne gouverne pas par l’émotion », a-t-il tranché, estimant que cette sortie de Sonko était disproportionnée et inadaptée au rang qu’il occupe.

Dans la même veine, l’ancien porte-parole de la présidence n’a pas ménagé ses mots à l’endroit du Premier ministre, l’accusant d’instrumentaliser un discours souverainiste qui, selon lui, masque un complexe plus profond. « Leur souverainisme n’est que refoulement du complexe d’infériorité, d’où cette susceptibilité pavlovienne », a-t-il asséné, dénonçant un « populisme mal maîtrisé » qui pourrait, selon lui, nuire à la posture internationale du Sénégal.

Pour rappel, Ousmane Sonko avait ordonné l’annulation du stage de préparation de l’équipe nationale féminine aux États-Unis, après que plusieurs membres n’aient pas obtenu de visa. Il avait affirmé que le stage se déroulerait désormais sur le sol sénégalais, dans un cadre « souverain » et respectueux de la dignité nationale.

Cette sortie de Yoro Dia relance donc le débat sur la diplomatie sportive et la posture de l’exécutif face aux partenaires étrangers, dans un contexte où les rapports entre Dakar et certaines chancelleries occidentales semblent connaître une phase de réajustement stratégique.

Télévision numérique : EXCAF Télécoms dénonce un partenariat jugé illégal entre TDS-SA et TNTSAT AFRICA

Le Groupe EXCAF Télécoms, pionnier dans la télédiffusion au Sénégal, est monté au créneau ce jeudi pour dénoncer avec véhémence la signature d’un partenariat stratégique entre TDS-SA (Télédiffusion du Sénégal), l’opérateur national, et la société malienne TNTSAT AFRICA. Dans un communiqué au ton ferme, EXCAF exprime sa « vive indignation » face à ce qu’il considère comme une manœuvre illégale et une tentative de détournement de ses missions.

Ce partenariat, révélé par voie de presse, porterait sur la fourniture de 16 000 décodeurs hybrides, l’intégration d’un système de cryptage sécurisé, le renforcement des capacités de diffusion par de nouveaux équipements techniques, ainsi que la mise à disposition d’un dispositif mobile de type FlyAway pour la couverture d’événements. Autant de composantes que EXCAF estime être de sa responsabilité exclusive, dans le cadre d’une convention signée avec l’État du Sénégal dans le cadre de la transition vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT).

EXCAF rappelle qu’il est l’opérateur historique de la TNT au Sénégal, ayant porté à bout de bras la modernisation du secteur audiovisuel national depuis plus de trente ans. À ce titre, il dénonce une tentative « unilatérale et hors cadre légal » de TDS-SA de l’évincer au profit d’un opérateur étranger, sans concertation, sans rupture formelle conforme aux engagements contractuels, ni appel à manifestation d’intérêt.

Le groupe dénonce également ce qu’il considère comme une rupture « abusive, unilatérale et injustifiée » de la collaboration qui liait les deux entités depuis plusieurs années. Pour EXCAF, cette décision fragilise non seulement un partenariat stratégique public-privé mis en place dans le cadre de la modernisation du paysage audiovisuel sénégalais, mais elle constitue aussi une source de préjudice économique, technique et moral considérable pour l’entreprise, ses employés, ses partenaires techniques et l’ensemble de son réseau.

En toile de fond, cette crise met en évidence une profonde tension sur la gouvernance de la TNT au Sénégal et pourrait poser des questions de légalité, de souveraineté technologique et de transparence dans l’attribution des marchés publics liés à la télédiffusion.

Alors que l’État du Sénégal prône une nouvelle ère de gestion rigoureuse et de reddition des comptes dans tous les secteurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la place des opérateurs nationaux dans les choix stratégiques en matière de communication et de souveraineté numérique.

Dette publique : Cheikh Diba rassure sur la politique d’endettement du Sénégal

Lors de l’inauguration du nouveau service de Contrôle Régional des Finances (CRF) à Ziguinchor, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu à clarifier la situation actuelle de la dette publique du Sénégal. Face aux inquiétudes exprimées dans l’espace public ces derniers temps, il a tenu un discours ferme et rassurant.

Le ministre a d’emblée réfuté les informations circulant sur une prétendue explosion de la dette, notamment sur la période 2024-2025. Selon lui, ces chiffres sont largement exagérés, voire erronés, et ne reflètent ni la réalité des finances publiques ni la stratégie budgétaire actuelle du pays.

« Les chiffres et interprétations évoquant une dette cumulée sur 2024-2025 ou une prétendue utilisation inappropriée des ressources de l’État sont erronés », a-t-il déclaré, affirmant que ces spéculations ne tiennent pas compte des mécanismes de régulation et de transparence mis en place par l’État.

Cheikh Diba a tenu à rappeler que le Sénégal conduit actuellement ce qu’il qualifie de politique « d’endettement responsable », structurée et rigoureusement alignée avec les engagements internationaux du pays. Il a insisté sur le fait que les ressources empruntées sont destinées prioritairement à des secteurs productifs : infrastructures structurantes, transformation économique, amélioration des services sociaux de base et modernisation de l’administration.

À ses yeux, cette orientation stratégique s’inscrit dans une logique de développement durable. Elle vise à consolider les bases de la croissance tout en veillant à préserver la soutenabilité de la dette, un indicateur scruté de près par les partenaires techniques et financiers du Sénégal.

Dans son discours, Cheikh Diba a également insisté sur la transparence de l’action gouvernementale en matière de finances publiques. « Le gouvernement agit avec responsabilité et transparence pour préserver la soutenabilité de la dette et la confiance de nos partenaires », a-t-il souligné.

Enfin, le ministre a conclu en indiquant que la politique d’endettement actuelle repose sur une gestion rigoureuse des risques, conçue pour renforcer la résilience économique du pays face aux chocs extérieurs et aux incertitudes internationales.

Une déclaration qui intervient dans un contexte marqué par une remise en question du précédent cadre budgétaire, à la lumière notamment des audits en cours et de la suspension provisoire des décaissements du FMI, en attendant un nouveau programme.

Relations avec le FMI : Ce que prévoit le nouveau programme avec le Sénégal

Dans un contexte de réajustement budgétaire et de clarification des finances publiques, le Sénégal et le Fonds Monétaire International (FMI) se dirigent vers un nouveau cadre de coopération. Cette évolution intervient après que des écarts importants ont été relevés entre les informations budgétaires transmises officiellement entre 2019 et 2024, et les conclusions de l’audit mené par la Cour des comptes. À la suite de ces constats, le FMI a suspendu temporairement les décaissements prévus dans le cadre de l’accord de prêt signé en juin 2023 avec le précédent gouvernement, une décision convenue d’un commun accord avec les autorités sénégalaises.

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des éclaircissements ce jeudi 20 juin à Ziguinchor, en marge de l’inauguration du nouveau Service de Contrôle Régional des Finances. Il a expliqué que cette suspension vise à permettre une évaluation complète et rigoureuse des erreurs de communication d’informations comptables et budgétaires, qui entachent la crédibilité des comptes publics. Dans cette dynamique, les deux parties ont entamé des discussions en vue d’un nouveau programme, qui reposera sur les données réelles mises en lumière par la Cour des comptes.

Ce nouveau programme économique et financier est conçu comme un tournant stratégique. Il est articulé autour de la vision Sénégal 2050, du master plan et de la Stratégie nationale de développement (SND). Son objectif principal est de restaurer la confiance dans la gestion des finances publiques en mettant en œuvre des réformes de fond. Il s’agit notamment de corriger les dysfonctionnements systémiques identifiés dans le pilotage budgétaire et comptable, tout en établissant une trajectoire plus viable et transparente pour les finances de l’État.

Cheikh Diba a souligné que ce processus prendra pleinement en compte les risques liés à l’endettement public. Une meilleure maîtrise de la dette figure donc parmi les priorités du nouveau cadre, avec une attention particulière portée à la discipline budgétaire, à la transparence et à la gestion efficace des ressources.

En attendant la finalisation du nouveau programme, le FMI continue d’accompagner techniquement le Sénégal, notamment dans des secteurs jugés stratégiques. Parmi ceux-ci figurent la mobilisation accrue des recettes fiscales, l’optimisation de la gestion des investissements publics et la réforme structurelle du secteur de l’énergie.

Ce réalignement avec le FMI marque une volonté affichée du gouvernement sénégalais de renforcer la gouvernance économique et de consolider les bases d’un développement soutenu, fondé sur des finances publiques assainies et crédibles.

Refus de visas américains : Sonko annule le stage des « Lionnes » et défend la souveraineté du Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a fermement réagi, ce mercredi, au refus de délivrance de visas à plusieurs joueuses de l’équipe nationale féminine de basketball. Par un message publié sur sa page Facebook officielle, il a dénoncé une « humiliation diplomatique » et annoncé des mesures fortes, symbolisant un tournant dans la gestion de la coopération internationale du Sénégal.

Le chef du gouvernement a ainsi ordonné l’annulation pure et simple du stage de préparation de l’équipe nationale prévu aux États-Unis. Ce regroupement, qui devait durer dix jours, s’inscrivait dans la phase de préparation de la sélection nationale féminine. Mais face à ce qu’il considère comme un affront injustifié, Ousmane Sonko a préféré recentrer les efforts sur le sol national. « Ce stage sera désormais organisé à Dakar, dans un cadre souverain et propice à la performance de nos athlètes », a-t-il précisé, affichant une volonté d’affirmation de la souveraineté et de dignité nationale dans le domaine sportif comme ailleurs.

Cette décision intervient dans un contexte de tension feutrée entre les autorités sénégalaises et certaines représentations diplomatiques occidentales. Le Premier ministre ne cache pas son intention de redéfinir les bases de la coopération internationale. Il l’a d’ailleurs réaffirmé dans le même message, en évoquant une nouvelle doctrine diplomatique fondée sur « une coopération libre, équilibrée, fondée sur le respect mutuel et le bénéfice partagé ». Cette ligne, selon lui, s’inscrit dans la vision stratégique du président Bassirou Diomaye Faye, mais aussi dans la philosophie politique de PASTEF, le parti au pouvoir.

En parallèle, Sonko a salué la République populaire de Chine, soulignant son engagement concret en faveur du sport sénégalais, notamment à travers l’octroi de bourses de préparation pour les Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 ». Il a exprimé sa « profonde gratitude » envers Pékin, qu’il considère comme un partenaire fiable et respectueux dans la construction d’un sport de haut niveau au Sénégal.

Ce geste fort du Premier ministre marque un précédent et pourrait influencer les futures orientations diplomatiques du pays, surtout en matière de coopération sportive. En refusant de céder à ce qu’il perçoit comme une humiliation, le gouvernement sénégalais envoie un message clair : l’époque de la diplomatie à sens unique semble révolue.

Prévention des inondations : le PGIIS couvre plusieurs localités pour une gestion plus intelligente du risque (Cheikh Tidiane Dièye)

Le Sénégal se dote d’un outil structurant dans la lutte contre les inondations. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a procédé ce jeudi à la présentation officielle du Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (PGIIS), financé par le Fonds Vert pour le Climat et l’Agence Française de Développement à hauteur de 6 096 000 euros, soit près de 4 milliards de francs CFA. Une initiative jugée « extrêmement importante » par le ministre, tant pour sa portée que pour les données stratégiques qu’elle apporte au pays.

Le PGIIS repose sur une approche multisectorielle et structurée autour de plusieurs composantes qui permettent aujourd’hui de disposer d’une connaissance affinée du phénomène des inondations dans plusieurs localités du Sénégal. Le ministre a souligné que les travaux menés sur les sites pilotes ont permis de cartographier les zones à risques et de mieux comprendre la dynamique des crues dans 29 localités réparties sur l’ensemble du territoire. À l’en croire, cette cartographie constitue désormais une base scientifique solide pour la prise de décisions éclairées dans les politiques publiques.

Pour Cheikh Tidiane Dièye, l’essentiel ne se limite pas à la collecte de données. Le projet doit servir d’outil d’aide à la décision afin que les autorités, au-delà du ministère de l’Hydraulique, puissent anticiper les risques et prendre des mesures adaptées à l’échelle nationale. Le PGIIS couvre aujourd’hui plus de 10 000 kilomètres carrés du territoire, avec un niveau de précision inédit, notamment grâce aux images orthophotos produites pour la première fois au Sénégal.

Cette avancée technique permet désormais d’éviter des erreurs majeures d’aménagement. Le ministre a affirmé qu’il est aujourd’hui possible, grâce au PGIIS, de consulter les informations de vulnérabilité avant d’acheter une maison, d’aménager un terrain ou de lotir un site. Une révolution dans la planification urbaine et la sécurisation des investissements.

Cheikh Tidiane Dièye a également mis en avant les innovations numériques introduites dans le cadre du projet. Des outils tels que les logiciels « Moytou Mbeund » et « Fégo Mbeund » ont été développés, notamment à travers un concours lancé auprès de start-up sénégalaises. Cette dynamique vise à encourager les jeunes à s’approprier les données produites et à les transformer en solutions pratiques au service des populations.

La prévision météorologique s’en retrouve également renforcée. Le ministre a annoncé que le radar météorologique installé l’année dernière à Diamniadio sera pleinement opérationnel cette année. Ce radar permettra non seulement de fournir des bulletins d’alerte, mais surtout des bulletins dits d’impact, c’est-à-dire des prévisions très précises sur les quantités de pluie attendues, l’heure de leur arrivée, la vitesse d’écoulement des eaux, le temps de submersion des sites à risque, et même les équipements et populations susceptibles d’être affectés. Une transformation majeure dans la gestion de la protection civile.

Le ministre a insisté sur l’utilisation concertée de ces outils par tous les départements ministériels concernés, notamment l’Intérieur, la Santé et la Solidarité nationale. L’objectif est clair : faire de la prévention un levier d’action concret pour réduire les impacts des inondations.

Concernant la couverture territoriale du PGIIS, Cheikh Tidiane Dièye a précisé que la première phase du projet a ciblé plusieurs régions du pays à travers sept sites pilotes. Il s’agit notamment de Grand Dakar, Tivaouane, Joal, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, Kolda, Matam et Kanel. Dans toutes ces zones, les équipes du projet ont réalisé des travaux de terrain et produit des données géospatiales de grande précision.

À terme, le ministre ambitionne de voir le PGIIS évoluer en un cadre de référence national dans la prévention des risques d’inondations. Selon lui, « l’enjeu est désormais de rendre ces données opérationnelles, de les traduire en actions concrètes pour protéger les populations et les biens ». Une ambition réaliste face à un phénomène qui, chaque année, cause des pertes humaines, matérielles et économiques considérables au Sénégal.

Affaire AEE POWER EPC – SONAC : Thierno Alassane Sall crie au scandale et exige le retrait des marchés

Ce jeudi 19 juin 2025, le député Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs, a élevé la voix contre ce qu’il qualifie de scandale d’État. Lors d’un point de presse, il a vertement critiqué la gestion du dossier liant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) à l’entreprise AEE POWER EPC, tout en pointant du doigt la responsabilité de la compagnie d’assurance SONAC. Pour le parlementaire, l’attitude du ministère des Finances dans cette affaire frôle la complaisance, au mépris de la rigueur qui devrait encadrer les marchés publics.

Thierno Alassane Sall accuse clairement le gouvernement de maquiller des irrégularités flagrantes. Selon lui, les explications du ministère des Finances sur les garanties émises au profit d’AEE POWER EPC, et payées tardivement par SONAC, ne tiennent pas la route. Il évoque une tentative de « dissimuler une opération frauduleuse » derrière un faux vernis administratif, notamment une dérogation qu’il qualifie de fictive et juridiquement non fondée. À ses yeux, le caractère irrégulier des garanties émises par SONAC pour le compte de AEE POWER EPC entache la légalité de l’ensemble de la procédure.

Le député souligne que cette affaire n’est pas un simple dysfonctionnement administratif, mais bien un acte qu’il qualifie de « délictuel grave » affectant la sécurité juridique des marchés publics. En affirmant que les garanties déposées relèvent du faux, Thierno Alassane Sall soutient qu’elles rendent le marché nul et non avenu. Il s’interroge sur les véritables capacités financières d’AEE POWER EPC, suggérant qu’une entreprise réellement solvable n’aurait pas besoin d’un tel traitement de faveur ni de garanties litigieuses.

Face à ce qu’il considère comme une fraude manifeste, l’ancien ministre de l’Énergie appelle à des sanctions immédiates. Il exige que des actions administratives et judiciaires soient enclenchées dans les plus brefs délais par l’acheteur public, en l’occurrence l’ASER. Il réclame également l’inscription d’AEE POWER EPC sur la liste noire des entreprises exclues de tout marché public au Sénégal. Cette radiation, selon lui, devrait être actée par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), sur la base de garanties jugées nulles et inopposables au regard du droit.

Mais les critiques de Thierno Alassane Sall ne s’arrêtent pas à l’entreprise adjudicataire. Il pointe aussi la SONAC, la compagnie d’assurance impliquée dans l’émission des garanties. Il demande sans détour le retrait immédiat de son agrément par le ministère des Finances. À ses yeux, SONAC a perdu toute crédibilité en participant à ce qu’il assimile à une entreprise de fraude organisée.

Enfin, le député interpelle le tribunal. Il exhorte les autorités contractantes, en particulier l’ASER, à saisir sans délai la justice pour faire toute la lumière sur le comportement de l’assureur et de l’entrepreneur. Il estime que les responsabilités doivent être établies et que des sanctions exemplaires doivent suivre pour préserver l’intégrité du système de passation des marchés au Sénégal.

L’affaire AEE POWER EPC – SONAC devient ainsi un véritable test pour les nouvelles autorités sénégalaises. Elle interroge la capacité des institutions à faire respecter les règles de transparence, à protéger l’argent public et à punir les abus, quels que soient leurs auteurs. Thierno Alassane Sall, en déposant ces accusations graves, place désormais la balle dans le camp du gouvernement et de la justice.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°490 – 19/06/2025

🔴 JOURNÉES DE CONCERTATION DU SECTEUR DE LA COMMUNICATION : LES PLAIES DE LA  PRESSE À NU
🔴 SÉNÉGAL / TROISIÈME PAYS LE PLUS CHER AU MONDE : ENVOYER DE L’ARGENT EST UN LUXE ICI !

🔴 COUPE DE LA LIGUE : GUÉDIAWAYE TOMBE EN QUART DE FINALE
🔴 LIGUE 1 (28e J) : USO LIMITE L’ACCÈS AUX SUPPORTERS DU JARAAF

Affaire ASER – AEE POWER EPC : Thierno Alassane Sall promet des révélations explosives ce jeudi

Le député Thierno Alassane Sall relance l’affaire controversée liant l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) à la société AEE POWER EPC. Alors que le ministère des Finances et du Budget a récemment tenté d’apporter des clarifications sur les garanties financières émises dans ce dossier, l’ancien ministre de l’Énergie ne semble nullement convaincu. Il annonce une conférence de presse ce jeudi 19 juin 2025, au cours de laquelle il promet de faire des révélations « majeures » sur ce qu’il considère comme une tentative de dissimulation gouvernementale.

Dans un message publié sur sa page X (ex-Twitter), Thierno Alassane Sall a dénoncé ce qu’il qualifie de « manœuvre maladroite » du ministère des Finances. « Je ferai face à la presse ce jeudi 19 juin pour dire ce que le gouvernement tente de dissimuler dans l’affaire ASER-AEE POWER », écrit-il, avant de s’en prendre frontalement aux justifications avancées par les services de Mamadou Moustapha Ba. Pour lui, la communication du ministère constitue « un modèle accompli d’explications calamiteuses qui enfoncent leur auteur ».

Le parlementaire revient notamment sur le paiement tardif des primes d’assurance liées aux garanties émises par la Société nationale d’assurance (SONAC) au profit de AEE POWER. Selon lui, l’État, par le biais du ministère des Finances, tente de masquer des irrégularités manifestes dans le traitement de ce dossier. Il dénonce l’invocation par le ministère d’une prétendue « dérogation » qui n’aurait jamais figuré dans les documents officiels. Pire encore, il déplore que cette justification tente de faire passer AEE POWER pour un démembrement de l’État, ce qui, à ses yeux, relève d’une grave manipulation.

Thierno Alassane Sall semble ainsi déterminé à ne pas laisser l’affaire être étouffée. Il en fait désormais un combat politique et moral, dans un contexte où les pratiques de gouvernance publique sont de plus en plus scrutées à la loupe. Son intervention de ce jeudi pourrait donc jeter une lumière nouvelle sur les mécanismes opaques entourant certaines garanties financières d’État, et relancer le débat sur la transparence dans les marchés publics et les partenariats avec des entreprises étrangères.

L’opinion attend désormais les éléments de preuve ou les informations inédites que le député compte mettre sur la place publique. Dans un pays où les affaires liées à la gouvernance énergétique suscitent régulièrement des polémiques, cette sortie pourrait avoir des répercussions tant sur le plan politique que judiciaire.

Crise de la presse au Sénégal : Mamadou Ibra Kane dénonce la vision politicienne du nouveau régime et appelle à un renforcement de l’État de droit

Lors des journées de concertation sur le secteur de la presse, le président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, a dressé un tableau alarmant de la situation des médias privés sénégalais, tout en dénonçant l’attitude des autorités actuelles. Selon lui, le régime issu de la 3e alternance politique a non seulement failli à ses promesses en matière de liberté de la presse, mais manifeste également une « vision politicienne » des médias, incompatible avec les exigences d’une démocratie moderne.

Dans un discours franc, Mamadou Ibra Kane a d’emblée rappelé la nécessité d’un cadre juridique pour encadrer l’activité médiatique, sans pour autant restreindre les libertés fondamentales. Il s’est dit favorable à une autorité de régulation des médias et de la publicité, à condition que celle-ci ne serve pas d’instrument de censure. « Souveraineté, oui. Régulation, oui. Mais encadrée par la loi, et non utilisée pour museler la presse », a-t-il martelé.

Il a également alerté sur les graves difficultés économiques que traverse la presse privée depuis plusieurs mois. Selon lui, de nombreuses entreprises de presse sont au bord de la faillite. Elles peinent à régler leurs charges courantes, à payer leurs salariés, à faire face aux dettes sociales et aux engagements vis-à-vis des fournisseurs. « Certains de nos confrères vivent un calvaire. Leurs enfants sont expulsés des écoles, ils sont menacés d’expulsion de leur logement, ils n’ont plus les moyens de payer les factures d’eau ou d’électricité. C’est une misère profonde », a-t-il déploré.

Pour Mamadou Ibra Kane, cette situation n’est pas uniquement le fruit d’une crise structurelle, mais aussi celui de décisions hostiles du régime en place. Il évoque une absence de dialogue, un manque de volonté politique, et une stratégie d’étouffement économique délibérée de la presse indépendante. « Depuis 15 mois, le pouvoir ne montre aucune considération pour la survie de la presse privée. Pire encore, il agit parfois en adversaire au lieu de partenaire républicain », a-t-il déclaré.

Il a aussi vivement critiqué la tentation d’un retour aux autorisations administratives pour la création de supports de presse, rappelant que cela ouvrirait la voie à un contrôle politique inacceptable. Pour lui, cette démarche traduit la vision réductrice que le pouvoir actuel a des médias : un simple levier de communication politique plutôt qu’un pilier de la démocratie.

En conclusion, Mamadou Ibra Kane a lancé un appel solennel à tous les acteurs – gouvernement, opposition, société civile, journalistes – pour bâtir ensemble un véritable État de droit, où la liberté d’expression ne serait plus un slogan, mais une réalité quotidienne. « Je dois pouvoir critiquer le président de la République sans que cela soit interprété comme une offense. Il faut que la critique redevienne possible sans représailles. C’est la seule manière d’assurer une démocratie saine et un équilibre institutionnel durable », a-t-il insisté.

Dialogue national : l’opposition dresse un bilan mitigé et exige un comité de suivi inclusif

Réunis en point de presse ce mercredi à Dakar, les représentants de l’opposition ayant pris part au Dialogue national ont dressé un état des lieux nuancé du processus, entre espoirs mesurés et frustrations persistantes. Tout en réaffirmant leur attachement au principe du dialogue, ils pointent les limites du cadre actuel et appellent à la mise en place urgente d’un comité de suivi inclusif placé sous l’autorité du chef de l’État.

Malgré un climat politique qu’ils jugent délétère, marqué par des atteintes aux libertés fondamentales, des arrestations jugées arbitraires, et des discours parfois agressifs de la part de dirigeants de la majorité, les leaders de l’opposition affirment avoir maintenu leur engagement dans le dialogue par souci de responsabilité démocratique. Ils rappellent que les thématiques abordées – réforme électorale, renforcement de la démocratie, libertés publiques – sont cruciales pour le devenir institutionnel du Sénégal, ce qui, à leurs yeux, justifie pleinement leur participation.

Cependant, ils dénoncent un certain immobilisme du pouvoir, en particulier sur les questions liées aux libertés fondamentales. La détention de Moustapha Diakhaté, qualifiée d’« arbitraire », est citée comme l’un des exemples flagrants du fossé qui subsiste entre les discours d’ouverture et la réalité du terrain. Les opposants pointent également du doigt les multiples obstacles à l’exercice du droit de manifestation, toujours restreint dans plusieurs zones du pays, et critiquent vigoureusement le refus d’abroger les dispositions du Code pénal jugées liberticides.

Sur le plan institutionnel, le bilan des commissions est jugé contrasté. Certaines ont permis des avancées sur des accords de principe, notamment dans le domaine électoral, avec la reconnaissance du besoin de réformer le mode de scrutin et de clarifier les prérogatives des organes électoraux. L’opposition s’interroge toutefois sur la cohérence d’un système qui permet à un camp d’obtenir plus de 80 % des sièges à l’Assemblée nationale avec à peine 54 % des voix.

La proposition d’une loi sur les partis politiques a été bien accueillie sur le fond, notamment pour encadrer la création des formations, réglementer leur financement et définir leurs droits. Mais sur la question du statut du chef de l’opposition, les désaccords ont ressurgi, rendant l’adhésion des parties encore fragile.

Là où les lignes n’ont que très peu bougé, c’est sur les libertés publiques. L’opposition accuse la majorité de s’être « reniée » en refusant d’élargir les droits de manifestation, de renforcer la protection des journalistes et des membres de la société civile, ou encore d’engager une réforme en profondeur de la gouvernance sécuritaire des manifestations.

Pour sortir de l’impasse, les opposants appellent solennellement à la création d’un comité de suivi pluraliste et indépendant, chargé de superviser la mise en œuvre des accords obtenus et de rouvrir les discussions sur les points restés en suspens. À leurs yeux, seule une telle structure, placée sous la tutelle directe du président de la République, pourrait garantir la crédibilité du processus et éviter que les engagements pris ne tombent dans l’oubli.

Dans leur déclaration finale, les membres de l’opposition annoncent qu’ils adresseront prochainement une correspondance officielle au chef de l’État, afin de lui rappeler les engagements issus des assises nationales et de lui demander de veiller personnellement à leur application. Ils préviennent que tout passage en force serait perçu comme un désaveu du dialogue national et ouvrirait une nouvelle phase d’instabilité politique. En somme, l’opposition prévient : le temps des compromis creux est révolu.

Réforme des médias : Mamadou Lamine Dianté plaide pour un modèle économique viable et une presse responsable

Les journées nationales de concertation sur le secteur de la communication ont démarré ce mercredi 18 juin 2025 à Dakar, à l’initiative du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall. Une rencontre d’envergure qui rassemble pendant trois jours des journalistes, patrons de presse, régulateurs, experts institutionnels et partenaires, dans le but de repenser l’avenir du paysage médiatique sénégalais.

Présent à cette cérémonie, Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), a salué l’organisation de ces concertations, qu’il inscrit dans une dynamique salutaire de paix durable par le dialogue. Mais il a surtout mis à profit son intervention pour dresser un diagnostic sans complaisance de la situation économique, sociale et morale des médias au Sénégal.

Selon lui, le modèle économique actuel des entreprises de presse est à bout de souffle. Les difficultés financières qui frappent la majorité des rédactions affectent directement leur indépendance, leur qualité éditoriale et leur résilience. Il souligne que l’écosystème n’est toujours pas favorable à la promotion du travail décent, ni à la compétitivité durable des entreprises médiatiques. D’où son appel pressant à « des concertations sincères et constructives sur le modèle économique du secteur, la transparence des financements et la juste rémunération du travail journalistique ».

Mamadou Lamine Dianté a également insisté sur la nécessité d’une régulation forte et équilibrée du secteur. Pour lui, la régulation ne doit pas être perçue comme un instrument de censure, mais comme un levier essentiel pour concilier liberté de la presse et responsabilité sociale. Dans un contexte où le cyberespace est devenu un territoire aussi libre que dangereux, il estime urgent de forger un consensus autour d’une « conscience numérique commune » qui associerait l’État, les plateformes numériques, la société civile et les citoyens dans l’élaboration d’un nouveau cadre réglementaire.

« Il est temps de réinventer les formes de concertation entre tous les acteurs, afin d’instaurer une gouvernance médiatique adaptée aux réalités numériques et aux mutations de notre société », a-t-il déclaré.

Sur le rôle des médias dans l’espace public, Mamadou Lamine Dianté a tenu à rappeler la vocation fondamentale de la presse dans toute démocratie : celle d’un contrepouvoir. Il appelle les professionnels à faire preuve de rigueur et de discernement, notamment dans un contexte où les attentes sont fortes, tant du côté du gouvernement que des citoyens et des acteurs politiques. « La presse doit assumer pleinement sa vocation de contrepouvoir vis-à-vis des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire », a-t-il affirmé, en soulignant que cette mission implique pluralisme, indépendance et équilibre éditorial.

Enfin, il a mis en garde contre les effets pervers des réseaux sociaux sur la qualité de l’information et la cohésion nationale. Il plaide pour une réforme qui protège non seulement les journalistes, mais aussi les citoyens, à travers une presse crédible, intègre et soucieuse de préserver la vie privée et l’intérêt général.

En somme, l’intervention de Mamadou Lamine Dianté aura servi de plaidoyer puissant en faveur d’une presse économiquement viable, professionnellement valorisée et juridiquement protégée. Des enjeux qui, selon lui, conditionnent la vitalité démocratique et la paix sociale au Sénégal.

Crise profonde dans les médias sénégalais : le Synpics réclame une réforme immédiate et ambitieuse

Le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Moustapha Cissé, a dressé un constat alarmant de l’état de la presse sénégalaise, à l’occasion de l’ouverture des journées de concertation du secteur de la communication. Devant les professionnels et les autorités conviées à cette rencontre, il a lancé un appel urgent pour une réforme structurelle et durable du paysage médiatique national.

« La presse n’est pas un appendice de l’État. Elle est le souffle même de l’espace public », a-t-il martelé d’emblée, rappelant que la survie de la démocratie passe par la vitalité du journalisme.

Moustapha Cissé a dénoncé une situation de plus en plus intenable pour les entreprises de presse, qu’il décrit comme étranglées par des dettes croissantes, privées de ressources pérennes, exclues de la commande publique et oubliées dans les plans d’accompagnement économique. « Nombre d’entre elles sont menacées de liquidation », a-t-il alerté.

Il a évoqué un « fonds d’appui inopérant », des « contrats de publicité annulés sans mécanisme compensatoire » et des créances que l’État tarde à régler. Des défaillances qui compromettent l’équilibre économique des organes de presse et accentuent leur vulnérabilité.

Le tableau humain n’est pas plus reluisant. Le SG du Synpics a pointé du doigt la précarité grandissante dans les rédactions : licenciements massifs, salaires impayés, absence de couverture sociale, démotivation généralisée. Il a aussi évoqué un phénomène de « fuite des cerveaux », soulignant que de nombreux journalistes expérimentés abandonnent le métier pour des raisons de survie. « Il y a dans ce paysage un exode silencieux, un désenchantement républicain, un effritement du devoir d’informer », a-t-il souligné avec gravité.

Pour Moustapha Cissé, l’immobilisme de l’État est désormais perçu comme une forme de complicité. « Ce que le CAP soutient aujourd’hui, c’est qu’il est encore temps de corriger la trajectoire, mais il ne reste pas beaucoup de marge », a-t-il prévenu.

Le leader syndical plaide pour des réformes urgentes, profondes et consensuelles. En tête des priorités figure la refonte complète du Code de la presse, jugé obsolète. « Ce code, adopté en 2017 sur la base d’un texte datant de 2010, est déconnecté des réalités actuelles : il ne prend pas en compte le numérique, les mutations sociologiques ni la transformation globale du paysage médiatique », a-t-il argumenté. Pire, selon lui, « il contient encore des articles liberticides qui permettent de restreindre la liberté de la presse au lieu de la protéger ».

Autre exigence forte : la mise en place d’une instance unique et indépendante de régulation des médias, en remplacement d’organes actuels jugés inefficaces. Le CNRA, selon lui, ne joue plus pleinement son rôle. Il appelle à une autorité crédible, dotée de moyens et de légitimité pour superviser l’ensemble des supports, dans le respect des libertés fondamentales.

Sur le plan économique, Moustapha Cissé estime que la presse doit bénéficier d’un traitement fiscal spécifique, au même titre que des secteurs stratégiques comme l’agriculture, la santé ou l’éducation. « La presse n’est pas un commerce. C’est un secteur de souveraineté. Elle mérite des exonérations ciblées, un étalement des dettes, un accès au crédit d’équipement. Il faut un programme national de mise à niveau des entreprises de presse adossé au bureau de mise à niveau », a-t-il défendu.

Le Synpics propose également la création d’un fonds spécial de transformation numérique, destiné à accompagner les médias dans l’acquisition de matériel moderne, la transition digitale, la sécurisation des données et la formation aux nouveaux formats.

À travers cette intervention musclée, le Synpics cherche à provoquer un sursaut collectif. Car derrière l’affaiblissement économique et institutionnel de la presse sénégalaise, c’est la qualité de l’information, la pluralité des voix et, in fine, la démocratie elle-même qui sont menacées.

Mobilité urbaine : la Banque mondiale accorde plus de 56 milliards FCFA pour transformer les transports au Sénégal

La Banque mondiale vient d’approuver un important financement de 100 millions de dollars, soit plus de 56 milliards de francs CFA, en faveur du Sénégal, à travers l’Association internationale de développement (IDA). Cette enveloppe est destinée à soutenir un ambitieux projet de transformation de la mobilité urbaine, en particulier dans l’agglomération de Dakar, mais aussi dans plusieurs villes secondaires du pays.

Intitulé « Projet de mobilité urbaine durable à Dakar », ce programme marque un tournant stratégique dans la politique de transport du Sénégal. Il vise à créer un système intégré de transport moderne, combinant le Train Express Régional (TER), le Bus Rapid Transit (BRT) et des lignes de bus restructurées et hiérarchisées. L’objectif est de décongestionner Dakar, d’améliorer l’accessibilité des quartiers périphériques et d’optimiser les trajets urbains pour près de 3,8 millions de personnes.

L’un des volets majeurs du projet est la professionnalisation des acteurs du transport informel. La majorité des déplacements urbains au Sénégal repose sur un réseau de mini-bus, souvent vétuste et mal organisé. Le projet entend formaliser ce secteur en mettant en place des formations structurées, en soutenant le renouvellement des flottes de véhicules et en favorisant l’intégration des transporteurs informels dans un cadre légal, garantissant à terme une meilleure protection sociale et des parcours professionnels plus durables.

Au-delà de l’aspect social, le projet accorde une place centrale aux enjeux environnementaux. Les nouvelles infrastructures seront conçues selon des normes de résilience climatique, incluant des dispositifs renforcés de drainage pour prévenir les inondations récurrentes à Dakar. Le recours à des autobus à faibles émissions s’inscrit dans la volonté de réduire l’empreinte carbone du transport urbain tout en améliorant la qualité de l’air.

Ce programme de mobilité durable s’inscrit dans la Vision 2050 du Sénégal, qui prévoit un développement harmonieux, durable et équitable du territoire. Il s’appuie également sur des partenariats public-privé jugés essentiels pour accélérer la réalisation d’infrastructures de grande envergure et garantir leur viabilité économique. En plus de l’amélioration immédiate de la circulation à Dakar, le projet prépare déjà le terrain pour une deuxième phase, avec des études prévues pour une seconde ligne BRT et des investissements à venir dans d’autres centres urbains.

Keiko Miwa, directrice de la division Sénégal de la Banque mondiale, a salué cette initiative qu’elle considère comme un catalyseur de transformation. Elle a souligné que ce projet offrira des opportunités économiques à des millions de Sénégalais, tout en apportant une réponse concrète à l’un des défis majeurs des grandes métropoles africaines : la mobilité urbaine.

Ce financement de plus de 56 milliards FCFA marque donc le début d’une nouvelle ère pour les transports urbains au Sénégal. Il vise non seulement à améliorer les conditions de déplacement, mais aussi à moderniser un secteur vital pour l’économie nationale et le bien-être des populations.

Diffusion de fausses nouvelles : Oumar Sow condamné à un mois de prison ferme

Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict ce mercredi dans l’affaire opposant le ministère public à Oumar Sow, ancien ministre-conseiller du président Macky Sall. Reconnu coupable de diffusion de fausses nouvelles, l’ancien haut responsable a écopé d’une peine de six mois de prison, dont un mois ferme, assortie d’une amende de 200.000 FCFA.

L’affaire remonte à des propos tenus par Oumar Sow lors d’une émission publique. Il y avait alors affirmé que l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, avait été placé sous bracelet électronique, insinuant que la décision émanait directement du parquet. Ces déclarations, aussitôt relayées sur les réseaux sociaux, ont rapidement suscité la polémique et entraîné l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Lors de son audition devant le tribunal, Oumar Sow a tenté d’expliquer ses propos. Il a évoqué un lapsus, affirmant qu’il ne visait nullement le parquet. « J’étais en train de rendre hommage au procureur Ibrahima Ndoye pour sa piété et son intégrité. Je voulais plutôt parler du ministère, mais en répétant « parquet », j’ai fait un lapsus. Ces propos ont été sortis de leur contexte par l’autre camp », s’est-il défendu, déplorant un montage vidéo devenu viral sur les réseaux sociaux.

Le tribunal, visiblement peu convaincu par cette ligne de défense, a retenu l’infraction de diffusion de fausses nouvelles, soulignant les risques de désinformation dans un contexte politique sensible.

Cette condamnation intervient alors que plusieurs figures politiques, anciens proches du régime déchu ou acteurs de la transition, font l’objet d’enquêtes et de procédures judiciaires pour des faits similaires. Le cas Oumar Sow relance ainsi le débat sur la liberté d’expression, la responsabilité dans la diffusion d’informations, et l’usage judiciaire du délit de « fausses nouvelles » au Sénégal.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 18 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a  présidé, ce mercredi 18 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais  de la République. 

A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses  chaleureuses félicitations et ses sincères remerciements aux populations de Saint-Louis, Dagana et Podor pour leur mobilisation et accueil à l’occasion de sa tournée économique les  12 et 13 juin 2025.

Il a remercié et félicité les autorités administratives, les services de l’Etat,  les élus locaux, les producteurs et acteurs des secteurs agricole et industriel pour le travail  remarquable accompli et le bon déroulement des déplacements sur les sites programmés.

Il a  félicité le Gouvernement, notamment le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté  alimentaire et de l’Elevage, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre en charge  des Collectivités territoriales et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement  paysan pour les efforts consentis afin d’asseoir le développement territorial et la promotion de  la souveraineté alimentaire.

Dans cette dynamique, il a souligné la nécessité de mieux  accompagner et soutenir les acteurs des différentes filières des secteurs agricole et industriel  de la région naturelle du fleuve Sénégal. Cette zone éco-géographique, au potentiel  exceptionnel, doit s’ériger en « Pôle agricole national prioritaire » en termes de maitrise de  l’eau, de mécanisation ainsi que de développement des aménagements et des surfaces  emblavées, de l’agro-industrie et des industries de transformation des produits agricoles. Sous  ce rapport, il est essentiel de renforcer significativement les filières riz, tomates, oignons,  pommes de terre, biocarburants (éthanol) et sucre qui doit rester un atout phare de notre  souveraineté alimentaire. 

 Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, indiqué l’impératif d’une combinaison optimale entre  l’agriculture familiale (de subsistance) et l’agrobusiness en vue de l’ancrage d’une gouvernance foncière, économique et sociale équitable du secteur agricole. Il a demandé au  Gouvernement de poursuivre et d’intensifier l’accompagnement des producteurs de la région  Nord, en accentuant l’amélioration des rendements des périmètres agricoles (rizicoles  notamment), mais également l’établissement d’un système rénové et efficace de financement  et de maitrise des charges d’exploitation (électricité en particulier) des agriculteurs et  industriels. Il s’agit aussi de travailler, avec les Coopératives agricoles communautaires, à la  labellisation des productions nationales et leur meilleure introduction dans les réseaux de  distribution et les circuits de commercialisation du pays. 

Cette tournée économique a montré que la territorialisation soutenue de l’Agenda  national de Transformation doit rester un principe directeur de l’efficacité des politiques  publiques et des performances de l’action gouvernementale. D’où, l’impératif de promouvoir  un dialogue territorial permanent avec les acteurs économiques et sociaux à la base. A ce titre,  le Président de la République a souligné l’urgence de réhabiliter et d’actualiser, en les adaptant aux évolutions technologiques, les outils et instruments de vulgarisation agricole et  d’animation rurale, afin d’accélérer, dans la concertation avec les acteurs et la participation  des populations, la mise en place des Pôles régionaux de développement. Ces derniers  demeurent les véritables réceptacles des projets et programmes pour un Sénégal souverain,  juste et prospère, ancré dans les valeurs fortes de la Nation. 

La modernisation de notre système agricole et la réalisation de la souveraineté  alimentaire, passent fondamentalement par la sécurité foncière des exploitations agricoles, le  financement adéquat des agriculteurs et la promotion de l’investissement privé dans  l’agriculture.

A cet effet, le Chef de l’Etat a demandé au Gouvernement, sous la supervision  du Premier Ministre, d’engager les concertations appropriées et d’accomplir les diligences  requises, en vue d’accélérer la mise en œuvre d’une réforme foncière consensuelle en  capitalisant les diagnostics, études, rapports, propositions, conclusions et recommandations élaborés sur la problématique, notamment les travaux de la Commission nationale de Réforme  foncière (CNRF).

Cette réforme majeure de l’Agenda national de Transformation est  impérative pour accompagner, avec l’implication des collectivités territoriales et de toutes les  parties prenantes, l’option d’une agriculture moderne et durable favorisant le développement des petites exploitations agricoles familiales, mais également de l’agrobusiness. Elle doit  contribuer aussi à une meilleure maîtrise de l’espace national et à l’aménagement concerté,  inclusif et durable du territoire, notamment en milieu rural, en cohérence avec les processus  convergents d’approfondissement de la décentralisation et d’actualisation de la loi  d’orientation agrosylvopastorale en cours de finalisation.  

Le Président de la République a indiqué au Gouvernement, l’importance d’orienter les  réflexions sur la réforme foncière vers l’objectif d’attribution effective de titres de propriété  en bonne et due forme aux détenteurs légaux des terres et des parcelles à usage d’habitation,  partout au Sénégal.

Dans cet esprit, l’accès à la propriété foncière et immobilière, sera facilité 
par la valorisation de l’utilisation de la terre comme garantie pour l’obtention d’un crédit. 

Au demeurant, le Chef de l’Etat a invité le Gouvernement à veiller à la gestion optimale  du domaine de l’Etat et du domaine national par, d’une part, l’amélioration des outils de cartographie et de pilotage du potentiel foncier et, d’autre part, la prévention systématique et  la résolution des conflits fonciers.

Pour clore ce chapitre, il a invité le Gouvernement à préparer  un plan de communication sur la réforme foncière projetée, en vue de son appropriation  collective par les populations à la base, les collectivités territoriales, les agriculteurs, les éleveurs, les investisseurs et autres opérateurs économiques.  

Le Président de la République est revenu sur la première édition de la Conférence des  Administrateurs et Managers publics (CAMP) tenue le 20 janvier 2025. Lors de cette rencontre il avait partagé avec l’ensemble des administrations sa vision de la gouvernance des secteurs  public et parapublic.

A cet effet, il a rappelé au Gouvernement l’urgence de prendre toutes les  mesures et dispositions requises en vue d’actualiser le statut général des fonctionnaires et la  réglementation relative aux agents non fonctionnaires, de finaliser le Code de déontologie des  agents publics ainsi que le Plan de développement de la formation permanente des agents  publics, de réviser les cadres académique, juridique, administratif et financier d’évolution des  écoles nationales de formation, notamment l’Ecole nationale d’Administration (ENA). En  outre, il a souligné l’importance de mener à bien le processus d’évaluation annuelle des  performances des agents publics, mais aussi d’accentuer, avec la montée en puissance du  « New Deal technologique », la digitalisation intégrale des administrations pour une meilleure  qualité des services délivrés aux usagers et aux citoyens.  

Par ailleurs, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement, l’impératif d’un suivi de  proximité de la gouvernance et des performances financières des entités du secteur parapublic,  sous tutelles administrative, technique et financière. Il a demandé au Ministre de la Fonction  publique et de la Réforme du Service public de faire une communication trimestrielle en  Conseil des Ministres sur l’état de mise en œuvre des réformes de la fonction publique et de  modernisation des services publics. Dans le même temps, il a invité le Ministre des Finances  et du Budget à faire une communication trimestrielle sur la gestion du portefeuille de l’Etat. 

 Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil  qu’il participera, le 22 juin 2025, à Abuja, au Nigéria, au Sommet de la Communauté  économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

 Dans sa communication, Monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO est revenu sur  les réformes de l’Etat et la qualité de la représentation des administrations publiques dans les  organes délibérants des entités du secteur parapublic. 

S’agissant des réformes de l’Etat, il a indiqué que celles-ci constituent un point essentiel pour la réussite de la mise en œuvre des politiques publiques. Pour la coordination,  l’orientation et le suivi de ces réformes, le Premier Ministre a annoncé la mise en place d’une  Cellule à la Primature. Les changements attendus couvrent plusieurs domaines d’une  importance capitale pour l’environnement des affaires, la modernisation de l’administration  publique, incluant le droit d’accès du citoyen à l’information et un large recours à la  transformation digitale, la valorisation du capital humain à travers une formation visant à doter  les citoyens de fortes valeurs civiques et patriotiques et de compétences nécessaires à la  réalisation de performances attendues, du « rebasing social ».

Cela, pour plus d’équité et de  transparence dans le système de rémunération des secteurs publics et parapublics, et la  construction d’un système de protection sociale inclusif et durable. Enfin, le Premier Ministre  a souligné avec force la détermination du Gouvernement, à mener à bien cette importante  entreprise et a engagé le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement à mettre en place une feuille de route permettant la mise en œuvre optimale des réformes, en veillant à la prise en  charge des difficultés éventuelles à travers un dispositif de conduite du changement. 

Abordant le second point relatif à la qualité de la représentation des administrations  publiques dans les organes délibérants des entités du secteur parapublic, le Premier Ministre,  a mis l’accent sur l’importance des fonctions essentielles dans l’offre de services publics de  qualité, l’exécution de missions d’intérêt général, la création d’emplois et la régulation dans  des domaines prioritaires. Il a ensuite déploré des manquements graves, récurrents et contraires  aux règles de transparence et de bonne gouvernance préjudiciables à la qualité du service  public, dans la gestion de ces structures : la non tenue des pré-conseils sur des questions  stratégiques, l’absence de compte rendu systématique, l’archivage défaillant de la  documentation, le non-respect de la durée de validité des mandats des administrateurs et la  mauvaise qualité de la représentation due notamment au profil inadéquat de certains  administrateurs.

Fort de ce constat, le Premier Ministre a demandé aux Ministres de procéder,  sans délai, à la régularisation de la composition des organes délibérants, surtout dans le  contexte actuel marqué par plusieurs changements institutionnels. Il a également demandé  d’apporter un soin particulier au choix de ces représentants dans les organes délibérants, dans  le respect des dispositions pertinentes du décret n°2025-670 du 29 avril 2025, fixant les règles de fonctionnement de l’organe délibérant des entités du secteur parapublic.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES : 
– le Ministre auprès du Président de la République chargé du Suivi du Pilotage et de  l’évaluation de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 a fait une  communication sur le Pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation Sénégal  2050 ; 
– le Ministre de l’Industrie et du Commerce a fait une communication sur la Politique  industrielle et commerciale Sénégal 2050. 

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,  le Conseil a examiné et adopté :
– le Projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention en matière  d’extradition entre le Gouvernement de la République du Sénégal et le Gouvernement de  l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de loi relatif au transfèrement des personnes condamnées entre le Gouvernement  de la République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée  à Abou Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de loi d’entraide judiciaire en matière pénale entre le Gouvernement de la  République du Sénégal et le Gouvernement de l’Etat des Emirats arabes unis signée à Abou  Dhabi le 14 octobre 2021 ; 
– le Projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement  du Centre national de Coordination du Mécanisme d’Alerte précoce et de Réponse aux  risques sécuritaires ; 
– le Projet de loi de Finances rectificative pour l’année 2025 ;  
– le Document de Programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026- 2028. 

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, 
Porte-parole du Gouvernement 
Amadou Moustapha Njekk SARRE 

Edito commun – Face au monstre, des concertations en trompe-l’œil ?

L’heure n’est plus aux euphémismes. La presse sénégalaise, pilier essentiel de notre démocratie, plie sous les contraintes. Mais, elle ne cèdera pas. Les organisations regroupées au sein de la Coordination des Associations de Presse (CAP) ont reçu une invitation officielle pour prendre part aux «journées de concertation sur le secteur de la communication», ouvertes ce mercredi 18 juin à Dakar par le ministère de tutelle. Le thème retenu : «intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace». 
 

La Coordination des Associations de Presse (CAP) prend acte de l’invitation lancée par le ministère en charge de la Communication pour participer aux «journées de concertation sur le secteur de la communication». Elle y sera. Non par enthousiasme béat, mais pour y faire entendre ses préoccupations et réclamer des décisions urgentes pour un secteur en état d’urgence. Car, derrière le thème solennel –«intégrité de l’information, régulation, gouvernance économique et cyberespace» – la CAP décèle un agenda et une pléthore de participants (300) déconnectés des priorités actuelles. Cela ressemble plus à du «seumbkhloo» qu’à autre chose. Sans oublier des panels qui font plus perdre du temps. A la place, des travaux de commission efficaces sur les urgences du moment auraient pu permettre d’adresser véritablement les questions et d’esquisser des solutions. 
 

Depuis plus de dix ans, les forums, panels et concertations se succèdent, sans effets concrets ni avancées structurelles. Rien n’a changé pour les journalistes, les techniciens et les entreprises de presse, si ce n’est l’aggravation de leurs conditions. Le conclave du ministre chargé de la Communication, des Télécommunications et du Numérique intervient dans un contexte critique, marqué par un profond désarroi des travailleurs des médias, étranglés par des mois d’arriérés de salaires, menacés d’expulsions et confrontés à des drames familiaux. Cette précarité n’est pas seulement matérielle : elle porte atteinte à la dignité et à la liberté d’exercer un métier essentiel à toute démocratie.
 

Les interpellations de la CAP n’ont, jusqu’ici, reçu que silence et indifférence. La tutelle s’enferme dans un mutisme altier, tout en déroulant, avec ou sans complicités, des mesures jugées iniques et contre-productives. La crise majeure de la presse n’est pas conjoncturelle. Elle est le fruit d’un choix politique : celui d’ignorer la réalité du terrain, d’imposer un modèle économique asphyxiant et de laisser s’effondrer un pilier de la République.
 

Depuis quinze mois, les médias subissent le gel des contrats publicitaires publics et les retards chroniques dans les paiements dus. Une hémorragie économique qui a vidé les rédactions, mis les entreprises à genoux, et transformé le métier en combat quotidien pour survivre. Certains dénoncent la «dépendance» de la presse à l’argent public. Mais c’est là un procès biaisé : 70 à 80 % des entreprises privées sénégalaises vivent de commandes de l’État. Ce n’est pas un vice propre aux médias, c’est une réalité économique structurelle. L’Agriculture, l’Éducation, la Santé, tous ces secteurs sont soutenus et subventionnés par l’Exécutif. Mais, la presse est considérée comme un paria avec ce pouvoir. Et contrairement à la légende urbaine qu’on tente de distiller, même dans les pays riches développés et fortement ancrés dans la démocratie, la presse bénéficie du soutien de l’État et des citoyens. Car elle n’est pas toujours rentable, mais elle est vitale.
 

Si l’État veut réellement réformer ce secteur, il doit le faire avec méthode, lucidité et courage. Le modèle économique des médias doit évoluer, certes, mais dans un cadre concerté, progressif, tenant compte de la transition actuelle et des défis du moment. Une concertation éclair de trois jours avec un agenda aussi surchargé et opportuniste ne saurait apporter des solutions durables à un secteur en perdition.
 

Malgré tout, la CAP refuse le fatalisme. Elle veut croire qu’un sursaut est encore possible, qu’il reste en haut lieu un peu de volonté politique et d’orgueil national pour éviter à notre démocratie de perdre l’un de ses gardiens. C’est pourquoi elle sollicite solennellement du Premier ministre l’organisation d’un Conseil interministériel exclusivement consacré à la crise de la presse. Ce cadre de haut niveau devra déboucher sur des mesures concrètes, immédiates, capables de soulager les entreprises de presse et ses acteurs.
 

Parmi ces mesures d’urgence : la levée sans délai de la circulaire sur le gel des contrats publicitaires, le déblocage rapide du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP), et le lancement dès ce mois de juin de la répartition des montants 2024 et 2025. La réforme annoncée du FADP ne pourra se faire que dans un esprit de concertation, et seulement après distribution des fonds dus. Cela implique que la tutelle fasse inscrire ces montants dans la loi de finances rectificative attendue ce mois-ci.
 

Autre urgence : la mise en place d’un comité paritaire chargé de recenser et de suivre les paiements dus aux médias par les structures publiques. Ce mécanisme de suivi est vital pour restaurer la confiance, stabiliser les trésoreries et permettre aux entreprises de planifier. Mais au-delà de ces urgences, une réforme en profondeur s’impose. Il est temps de passer des intentions aux actes, en appliquant les conclusions des Assises nationales de la presse. Une réglementation cohérente, équitable et adaptée aux réalités numériques est indispensable.
 

Or, la démarche actuelle, fondée sur des concertations opportunistes, à peine préparées et dictées par des bailleurs, est loin d’être à la hauteur des enjeux. Les textes qui régissent le secteur doivent être respectés par tous et actualisés sans délai. Dans cette perspective, l’arrêt rendu par la Cour suprême le 12 juin, annulant la décision de suspension de 381 organes de presse, constitue un sérieux revers institutionnel pour le ministre de la Communication. Il vient réaffirmer, s’il en était encore besoin, que l’exercice du pouvoir ne saurait se fonder sur l’arbitraire, et que toute politique publique doit s’inscrire dans le strict respect de la légalité républicaine.
 

Les véritables priorités résident ailleurs : il s’agit de relancer sans délai les travaux en vue de la mise en place d’un nouvel organe de régulation, de procéder au renouvellement et au renforcement de la Commission nationale de la carte de presse, dont le mandat est arrivé à échéance, mais surtout de réhabiliter la dignité professionnelle des acteurs du secteur. Trop souvent, les médias sont érigés en boucs émissaires, rendus responsables de tous les dysfonctionnements, alors même qu’ils comptent parmi les rares corps sociaux à faire preuve d’autocritique et à exposer publiquement leurs propres limites. Cette stigmatisation récurrente s’inscrit dans une dynamique plus vaste de décrédibilisation de ceux qui informent, enquêtent et questionnent le pouvoir.
 

Il est désormais impératif de rompre avec cette logique délétère, de reconnaître pleinement à la presse son statut de service public stratégique, et d’engager avec ses représentants une réforme en profondeur du cadre de régulation. Une réforme fondée sur l’équité, la stabilité et le respect absolu de l’indépendance éditoriale. Car si le Sénégal n’a rien à gagner à asphyxier sa presse, il a tout à craindre d’un silence imposé.

Coordination des Associations de Presse (CAP)

Moustapha Diakhaté devant le juge : « J’avais honte, je pensais qu’on allait me poursuivre pour des faits plus sérieux »

Ce mardi matin, l’ancien député Moustapha Diakhaté a comparu devant le tribunal des flagrants délits de Dakar dans une affaire d’« offense au chef de l’État ». Visiblement agacé par la nature des poursuites engagées contre lui, l’ex-président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY) n’a pas mâché ses mots face au juge.

À la barre, Moustapha Diakhaté a exprimé son incompréhension et sa gêne devant la légèreté, selon lui, des accusations retenues contre lui. « Quand l’enquêteur a commencé à m’interroger, j’avais honte, parce que je pensais qu’on allait me poursuivre pour des faits plus sérieux », a-t-il déclaré devant un tribunal rempli d’observateurs attentifs.

L’ancien parlementaire, connu pour ses prises de position tranchées depuis son éloignement du pouvoir, a également interpellé le parquet sur ce qu’il considère comme une justice à géométrie variable. Prenant à témoin le public, il a lancé une charge contre le procureur, évoquant une sortie de l’opposant Ousmane Sonko. « Ce même procureur n’a pas eu le temps de poursuivre Ousmane Sonko lorsqu’il a appelé Bassirou Diomaye Faye de Serigne Ngoundou », a-t-il déclaré.

Et d’expliquer que ce surnom est lourd de sens dans l’imaginaire collectif sénégalais. « C’est l’insulte la plus grave qu’il ait entendue depuis qu’il est élu président de la République. Ousmane Sonko a utilisé ce sobriquet dont tout le monde connaît la signification. Or, Serigne Ngoundou veut dire : un faux marabout, celui qui ne dit pas la vérité », a martelé Moustapha Diakhaté.

Le procès, qui suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux, relance le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal, en particulier lorsqu’elle touche les plus hautes autorités de l’État. Les avocats de l’ancien parlementaire ont plaidé la relaxe, estimant que les propos incriminés relèvent du débat politique et non d’un délit pénal.

Le délibéré est attendu dans les prochains jours. En attendant, l’affaire Moustapha Diakhaté risque de continuer à alimenter les discussions dans une actualité politique déjà très chargée.

900 milliards de francs CFA Bloqués en Chine depuis 2015 : Mr Sonko, il est temps d’aller les Chercher.

Un cadre déjà établi, des partenaires toujours engagés, un relais stratégique à activer, du temps précieux à gagner pour le Sénégal.

 

En 2015, la Chine était déjà prête à injecter plus de 1,5 milliard de dollars dans l’économie sénégalaise, soit plus de 900 milliards de francs CFA, à travers un partenariat structurant porté par la société IMMOSEN SARL et son directeur général, Saliou Drame. Tout était en place. Les lettres d’engagement étaient signées. Les projets étaient prêts. Les Chinois n’attendaient qu’une seule chose : une garantie de l’État pour débloquer les fonds. Ils étaient prêts à construire des universités, des routes, des écoles, des hôpitaux, des logements, des zones touristiques.

Mais ils sont tombés sur un système corrompu jusqu’à la moelle. Un système de blocage, de chantage, d’exigence de commissions à chaque étape. Le patriotisme avait un prix, et ce prix était la compromission. Saliou Drame a refusé. Ses collaborateurs aussi. Il aurait pu céder, prendre sa part, faire comme les autres, signer et détourner.

Nous faisions partie de ceux qui lui disaient à l’époque de payer si c’était la seule voie du salut pour le peuple qui souffre.

Mais son expérience a eu, avec le temps, raison sur nous ! Ce système pourri a été balayé, et aujourd’hui des gens que nous pensons intègres peuvent changer la donne.

Dix ans se sont passés. Saliou Drame n’est pas mort. Ses partenaires chinois, marocains, qataris sont toujours là. Et les problèmes qu’ils voulaient résoudre sont toujours aussi persistants, plus criants, plus violents.

 

Rencontre entre Saliou Drame et ses partenaires chinois à l’ambassade de Chine à Dakar 

 

Aujourd’hui, vous êtes au pouvoir.

Ne répétez pas les erreurs de ceux que vous avez combattus. À l’époque, des ministres et des DG avaient été amenés en Chine. Qu’y ont-ils fait ? Ils ont assisté aux premières journées de réunion, puis avaient disparu pour le reste. Pire encore, certains ont contourné ceux qui les avaient invités pour signer en douce des accords parallèles et monnayer les opportunités.

Ils avaient utilisé le voyage pour leurs poches, pas pour le peuple.

Macky Sall, de son côté, voulait que les projets aboutissent. Mais l’armada de prédateurs sur toute la chaîne a saboté toute chance. Nos gens ne connaissaient pas et n’étaient pas habitués à un système intègre, où l’on ne se fait pas payer pour servir le peuple, où l’on peut signer des accords sans gaspiller des millions dans des fêtes et des cérémonies inutiles.

Monsieur le Premier ministre, mon premier conseil : Ne partez en Chine avec ceux qui vous y apporteront Rien. Laissez-les au Sénégal, et partez avec de vrais collaborateurs, ceux qui connaissent bien le terrain. Vous avez la confiance du peuple et toute la légitimité pour signer en son nom. Allez-y avec des techniciens, des vrais. Ceux qui connaissent le terrain, qui veulent prouver. Ce sont eux qui, lors des précédentes missions, travaillaient pendant que leurs chefs faisaient les magasins. Ce sont eux qui ont impressionné les partenaires chinois. Mais de retour au pays, ce sont eux qui ont été mis de côté. Ceux qui avaient disparu pour du shopping, faire la une des manchettes.

Monsieur le Premier ministre, quinze mois se sont écoulés depuis votre élection. L’on a tous vu parmi eux ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas. Pensez efficacité. Chaque seconde compte. Pensez à ces milliers d’Africains qui misent sur vous.

Mon second conseil : la Chine ne viendra jamais nous développer. Pas plus que les Occidentaux. La Chine négocie pour ses intérêts. Elle est plus prédatrice que les autres, mais elle est aussi plus directe et plus rapide. Elle respecte les dirigeants sérieux. Si vous partez avec une équipe sérieuse, vous aurez des solutions sérieuses. Si vous partez avec une équipe bancale qui cherche des intérêts personnels, ils vous traiteront comme tels. They will give you what you bring.

Mon troisième conseil : les Chinois sont déjà là, chez nous, depuis plusieurs décennies, en train de prendre nos ressources. Certains d’entre eux pêchent illégalement dans nos eaux, exploitent l’or de Kédougou sans cadre clair, détruisent la Falémé avec l’orpaillage alluvial, cultivent nos terres sans contrat digne.

Ils viennent en Afrique chercher l’argent de la manière la plus avantageuse possible, mais ils sont prêts aussi à se régulariser et à se conformer si vous leur proposez un deal gagnant-gagnant. Le Mali est en train de réussir cela.

Il faut transformer ces prises illégales en contrats formels, avec redevances, quotas et obligation de transformation locale.

 

Mon quatrième conseil : ceux d’avant vous partaient en Chine juste pour les caméras, pour dire qu’ils étaient en mouvement, en action, et malheureusement, avec rien de concret derrière. Il faut y aller cette fois-ci pour signer du concret, revenir avec des équipements, des infrastructures, des engagements.

Mon cinquième conseil, Monsieur le Premier ministre : soyez prêts. Ayez des fiches techniques solides. Apprenez de votre déplacement de juin. Mettez des choses en place et faites tout votre possible pour partir une seconde fois et participer à la Canton Fair en octobre 2025, à Guangzhou. Toutes les entreprises chinoises y seront. C’est là que cela se passe. En trois semaines, vous pourrez tout voir, comparer, choisir et négocier. Ce sera du 15 octobre au 5 novembre. Ce sera l’occasion de rencontrer beaucoup de nos compatriotes qui travaillent dans l’ombre, sans faire de bruit et sans aucune aide.

Enfin, mon dernier conseil stratégique : les Chinois veulent des ressources stratégiques comme garantie. Et ils ne s’en cachent pas. Si vous voulez leurs bateaux hauturiers, leurs unités d’irrigation ou leurs centrales solaires, soyez prêts à offrir un modèle clair.

Le Sénégal a besoin dans l’immédiat de 100 chalutiers pour reprendre nos eaux, 5 000 kits solaires pour désengorger Senelec, 100 unités complètes de matériel minier pour mettre en place des petites mines, des équipements agricoles et unités de transformation. Le tout peut être financé si l’État garantit.

 

Contrat officiel d’engagement de financement de 1,5 milliard USD en faveur d’IMMOSEN SARL et du Sénégal 

 

En pêche, selon l’Initiative pour la transparence dans la pêche, plus de 400 chalutiers chinois pillent nos eaux sans rétribution. C’est une opportunité d’obtenir nos 100 navires sans trop débourser.

En agriculture, seulement 3 % des terres sont irriguées alors que le potentiel dépasse 2 millions d’hectares, selon l’ANSD. Les pertes post-récolte vont jusqu’à 60 %, soit plus de 100 milliards FCFA perdus chaque année. Les Chinois cherchent des terres à cultiver. Ils sont en Zambie, au Soudan, au Mozambique et au Mali. Ils sont chez nous, au Sénégal, dans la vallée, sous des prête-noms nous dit-on. Toutefois, il y a possibilité de négocier dans le domaine agricole sans perdre, car eux aussi en ont besoin.

En orpaillage, plus de 32 000 personnes travaillent dans des conditions dangereuses. Selon l’ANSD, 4,3 tonnes d’or artisanal ont été extraites en 2017, soit 86 milliards FCFA, presque autant que Sabodala. Entre-temps, il y a eu une purge, beaucoup ont été chassés. Et quand vous êtes arrivés, il y a eu une manipulation orchestrée par les colons qui ne veulent pas que les orpailleurs travaillent sur leurs permis, et on les a faussement accusés d’avoir détruit la Falémé. Pourtant, nos orpailleurs ne sont pas dans l’alluvionnaire, ils sont dans le hard rock mining. Résultat : ils ont été chassés et se retrouvent tous au Mali, où ils sont accueillis à bras ouverts. Ceux qui détruisent la Falémé et qui jouent au chat et à la souris avec les autorités maliennes et sénégalaises de part et d’autre de la frontière, ce sont nos amis Chinois avec leurs dragues. Voilà un grand levier de négociation.

En énergie, plus de 70 % de l’électricité provient encore du fioul. Et 30 % du pays reste sans courant. Le solaire est la seule solution viable et rapide, et la Chine domine ce secteur. Elle peut construire une centrale de 100 MW en six mois, et livrer 10 000 kits en trois mois. Elle peut même fournir les batteries au lithium si l’on monte une usine en partenariat avec le Mali ou la Guinée. La Chine a la technologie. Le Mali et la Guinée ont la matière première. Et nous avons tous le besoin. Nos quatre pays peuvent signer un accord hautement stratégique.

Monsieur le Premier ministre, négociez la création d’une zone industrielle dédiée, une Diamniadio bis, où les Chinois assembleront bateaux, panneaux solaires, machines agricoles, unités minières. Un modèle gagnant-gagnant.

L’initiative égyptienne dans la zone du Canal de Suez est la preuve vivante que c’est possible. Plus de 100 entreprises chinoises y sont installées grâce à un partenariat clair avec Tianjin TEDA Investment Holding. Des infrastructures modernes, des emplois créés, des investissements directs mobilisés. Certes, l’Égypte a péché par manque d’exigence en matière de transfert de technologies et de montée en gamme, mais le modèle est là : il peut être perfectionné. Ce que l’Égypte a lancé, le Sénégal peut le faire, à condition de garder le contrôle stratégique, avec une obligation de contenu local, une fiscalité juste, une formation de nos ingénieurs, une gouvernance conjointe, et surtout une maîtrise des règles du jeu.

Monsieur le Premier ministre, si un seul citoyen comme Saliou Drame, sans État, sans diplomatie, a pu lever 1,5 milliard USD sans appui, sans cabinet, sans titres, vous pouvez aujourd’hui, avec votre légitimité populaire et tous les services de l’État à votre disposition, faire plus.

Les partenaires chinois ne cherchent qu’à investir. Nous avons un espace fertile pour du gagnant-gagnant.

L’histoire ne retiendra pas ceux qui ont voyagé en Asie ou fait le tour de la sous-région, mais ceux qui ont transformé le pays. Monsieur le Premier ministre, vous avez l’occasion de signer un tournant. Saisissez-le.

Alioune Camara
Expert en communication stratégique et opérationnelle

Affaire AEE Power : la réponse de Jean-Michel Sène à Thierno Alassane Sall

Le directeur général de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), Jean-Michel Sène, a vivement répondu au député Thierno Alassane Sall, suite à la question écrite que ce dernier a adressée au ministre des Finances concernant la validité des garanties fournies dans le cadre du contrat controversé avec AEE Power.

Dans une sortie musclée publiée ce week-end, M. Sène accuse le parlementaire d’instrumentaliser le dossier à des fins purement politiciennes, et de faire preuve d’une « méconnaissance inquiétante » des mécanismes de garanties dans les marchés publics, en dépit de son passé d’ancien ministre.

« Vous confondez vacarme médiatique et action publique. Le temps est venu de mettre fin au spectacle. Rideau. », lance-t-il en ouverture.

Jean-Michel Sène précise que les garanties en question ont été émises le 20 mars 2024, avant l’élection présidentielle et avant sa propre nomination à la tête de l’ASER en juillet 2024. Selon lui, l’ancien directeur général de l’agence a initié le processus de paiement des avances deux jours seulement avant l’élection, le 22 mars 2024. Une chronologie que M. Sène considère comme décisive pour démonter « la fable » portée par Thierno Alassane Sall.

Il dément également l’accusation selon laquelle la SONAC, chargée d’émettre les garanties, n’aurait pas répondu aux interpellations de l’ARCOP (Autorité de régulation de la commande publique), affirmant que deux réponses écrites ont bien été transmises à l’autorité de régulation.

Au-delà de la défense du dossier AEE Power, Jean-Michel Sène met en avant les résultats de l’ASER sous sa direction :

« À mi-année 2025, plus de 320 localités rurales ont été électrifiées, là où vous peiniez à dépasser la centaine sur une année », déclare-t-il à l’endroit du député.

Il assure que 42 localités ont déjà été électrifiées dans le cadre du projet AEE Power, dépassant l’objectif initial de 40 localités fixé pour fin juin, et promet 360 localités électrifiées d’ici fin décembre 2025.

Dans un ton direct, il lance une invitation à un débat public à Thierno Alassane Sall, en lui promettant la mise à disposition de l’intégralité de la documentation liée au contrat :

« Vous souhaitez connaître la vérité ? Honnêtement ? Je vous ouvre grand les portes. Venez débattre. »

En guise de contre-attaque, le DG de l’ASER exhume l’affaire OS Myna, un contrat de 60 milliards FCFA censé électrifier 1 144 localités en 12 mois, dont seulement 368 auraient été électrifiées en dix ans, avec 45 milliards déjà décaissés.

Jean-Michel Sène pointe la responsabilité directe de Thierno Alassane Sall, à l’époque ministre de tutelle de l’ASER, dans la gestion de ce projet, qualifiant cette affaire de « véritable scandale » aux antipodes du dossier AEE Power.

« Cette responsabilité, vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Elle vous suivra comme une ombre. »

Cette passe d’armes marque une nouvelle intensification de la tension entre le gouvernement et une partie de l’opposition sur la gestion des projets d’électrification. Si les accusations de surfacturation, de manipulation politique ou d’opacité demeurent au cœur du débat, le bras de fer entre Jean-Michel Sène et Thierno Alassane Sall illustre surtout le climat électrique — c’est le cas de le dire — autour de la transparence dans les marchés publics.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°489 – 18/06/2025

🔴 AFFAIRE ASER / MALGRÉ LE DÉMENTI DU DIRECTEUR NATIONAL DES ASSURANCES : TAS PERSISTE ET SIGNE !
🔴 GRÈVE DE 48 HEURES / APRÈS UNE TRÊVE SOCIALE DE 14 MOIS : LE SYTJUST RELANCE LA FRONDE

🔴 DEMI-FINALES / COUPE DU SÉNÉGAL DAMES : RÈGLEMENTS DE COMPTE EN VUE !
🔴 DISTRICT DE FOOTBALL DE PIKINE : LE FAUTEUIL PRÉSIDENTIEL ATTISE LES AMBITIONS

Le Sénégal lance un nouvel emprunt obligataire de 300 milliards FCFA pour financer des projets structurants

L’État du Sénégal, à travers la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, lance à compter du 19 juin 2025 une nouvelle opération d’emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de FCFA par Appel Public à l’Épargne (APE). La période de souscription est fixée du 19 au 30 juin 2025, offrant ainsi aux investisseurs institutionnels comme aux particuliers une nouvelle opportunité de placement.

Cette levée de fonds, structurée en plusieurs tranches, s’inscrit dans une dynamique de mobilisation de ressources internes, régionales et internationales en vue de financer des projets à fort impact économique et social. Les domaines prioritaires ciblés par cette opération comprennent les infrastructures, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’agriculture et la transformation numérique.

L’objectif principal de cet emprunt est double : d’une part, renforcer la souveraineté financière du pays en finançant les politiques publiques sans recourir excessivement à l’endettement extérieur, et d’autre part, offrir aux citoyens sénégalais et à la diaspora une opportunité concrète de participer au financement du développement national, à travers un produit d’investissement sécurisé et rentable.

Du point de vue technique, l’emprunt propose une valeur nominale unitaire de 10 000 FCFA. Trois maturités sont prévues : 6,60 % sur 5 ans, 6,75 % sur 7 ans, et 6,95 % sur 10 ans. Les investisseurs auront donc le choix de la durée selon leur profil de placement et leur appétence au risque. Les détails relatifs au montant affecté à chaque tranche seront précisés ultérieurement.

Cette opération intervient après le succès de l’emprunt obligataire lancé en mars 2025, qui avait permis à l’État de mobiliser 405 milliards FCFA sur le marché financier régional. Le Trésor sénégalais confirme ainsi son engagement à diversifier ses sources de financement tout en consolidant la confiance des investisseurs dans la signature souveraine du Sénégal.

L’opération devrait également renforcer l’inclusion financière, en encourageant une épargne citoyenne tournée vers des investissements porteurs de croissance et d’emplois. Elle témoigne enfin de la volonté des autorités de privilégier les mécanismes innovants et participatifs dans la conduite des politiques publiques.

Affaire des primes d’assurances de la SONAC-SA : TAS persiste et signe après les explications du Directeur national des Assurances

Le bras de fer entre le député Thierno Alassane Sall, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), et le ministère des Finances autour du paiement des primes d’assurance dans le cadre du marché d’électrification rurale confié à AEE Power Espagne continue de faire des vagues.

Suite aux déclarations du Directeur national des Assurances (DNA), Mamadou Dème, sur les ondes de la RFM, qui affirmait que la prime d’assurance avait été réglée le 20 juin 2024, soit 92 jours après l’émission des garanties, et que ce délai respectait largement les 180 jours autorisés par la loi, Thierno Alassane Sall a décidé de remettre les pendules à l’heure.

Le député s’interroge publiquement : « Qui le Directeur national des Assurances cherche-t-il à protéger ? ». Pour TAS, les explications du DNA ne résistent pas à un examen approfondi. Il rappelle que l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a, à trois reprises, demandé à la SONAC la preuve que les primes relatives aux garanties avaient bien été payées dans les délais impartis. Cette démarche s’inscrit dans le respect strict des règles encadrant les marchés publics, où un paiement tardif peut entraîner la nullité irrévocable du marché.

Malgré ces relances répétées, le député souligne que le DNA, qui avait reçu ces courriers, n’a jamais présenté à l’ARCOP la moindre dérogation officielle justifiant le paiement tardif des primes, effectué le 14 juin 2024, soit trois mois après l’émission des garanties. TAS insiste sur un principe fondamental du droit administratif : une dérogation est une exception à la règle qui doit être formalisée par un document écrit, précisant notamment sa date d’entrée en vigueur et sa durée. Or, aucune dérogation de ce type n’a été prévue ou communiquée dans le cadre de ce marché.

Par ailleurs, le député cite un élément contractuel majeur, rappelé dans les factures émises par la SONAC à AEE Power EPC, qui conditionne expressément la prise d’effet du contrat au paiement préalable de la prime d’assurance. Ce point contractuel vient renforcer la position de TAS selon laquelle le paiement tardif remet en cause la validité de la garantie.

Face à ces contradictions, Thierno Alassane Sall promet de poursuivre son combat et d’apporter prochainement de nouvelles révélations sur cette affaire qu’il qualifie de « scandale à multiples rebondissements ».

Cette opposition frontale entre le député et le ministère des Finances, via le Directeur national des Assurances, illustre la tension persistante autour de la transparence et du respect des procédures dans la gestion des marchés publics au Sénégal. La suite de cette controverse est attendue avec attention par l’opinion publique.

Ordonnance de la Cour suprême : revers cuisant pour le ministre de la Communication

La Cour suprême du Sénégal a infligé un sévère camouflet au ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en suspendant son arrêté controversé portant cessation de diffusion, de parution et de publication de plusieurs médias privés.

Dans son ordonnance n°16/2025 rendue le 12 juin et notifiée ce lundi 16 juin 2025, le juge des référés de la plus haute juridiction du pays a ordonné la suspension immédiate de l’arrêté ministériel n°0011059/MCTN du 22 avril 2025. Une décision qui intervient à la suite d’un recours introduit par la journaliste Aïssatou Diop Fall, fondatrice du média Public SN, et qui bénéficie à l’ensemble de ses supports : la chaîne Public SN TV, le quotidien Le Public et le site d’information public.sn.

Cette décision de justice est saluée comme une avancée majeure pour la liberté de la presse, la liberté d’expression et le renforcement de l’État de droit au Sénégal. Elle remet en cause la légalité de mesures gouvernementales jugées arbitraires et excessives.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, la relation entre l’État et la presse privée s’est fortement détériorée. En quinze mois d’exercice, le secteur des médias indépendants traverse une crise économique et institutionnelle profonde, alimentée par une série de décisions hostiles :

Annulation de l’effacement fiscal précédemment accordé à la presse ; Non-paiement par l’État des créances dues aux entreprises de presse ; Résiliation unilatérale des contrats publicitaires par l’État et ses agences ; Gel des subventions budgétaires pour les années 2024 et 2025 ; Hausse drastique des coûts de diffusion sur la TNT, ayant entraîné la suspension du signal de plusieurs chaînes privées.

À cela s’ajoute la tentative du ministère de la Communication de remettre en cause l’existence juridique de certains médias, à travers l’élaboration d’une liste sélective et juridiquement contestable de “médias reconnus” par le gouvernement, et par des arrêtés de fermeture fondés sur une lecture discutable du Code de la presse.

Les effets de cette politique sont dévastateurs : liquidations judiciaires, licenciements massifs, arriérés de salaires, absence de couverture sociale et médicale pour de nombreux journalistes et techniciens, grèves annoncées dans plusieurs rédactions…

Le secteur, qui a pourtant joué un rôle capital dans les trois alternances démocratiques et dans la préservation de la stabilité sociale du pays, se trouve aujourd’hui au bord de l’effondrement.

Dans ce contexte alarmant, l’ordonnance de la Cour suprême apparaît comme un signal fort en faveur de l’indépendance des médias et du respect des libertés fondamentales. Elle invite l’État à revoir sa politique et à engager un dialogue responsable avec les acteurs du secteur.

Un appel solennel est lancé au président de la République, à son gouvernement, aux partis politiques, aux syndicats, à la société civile, aux confréries religieuses et à l’Église pour qu’ils prennent la mesure du péril qui pèse sur la presse sénégalaise. Car il n’est pas de démocratie stable sans médias libres, et les exemples de pays de la sous-région ayant perdu leur presse républicaine démontrent à quel point une telle dérive peut être coûteuse.

Affaire AEE Power EPC : l’État clarifie le rôle de la SONAC dans l’émission des garanties

Au milieu d’une controverse grandissante autour du marché public d’électrification rurale attribué à l’entreprise espagnole AEE Power EPC S.A.U, le ministère des Finances et du Budget a apporté des clarifications sur les garanties d’assurance émises par la SONAC, la Société nationale de Crédit et de Cautionnement. Ce marché, signé le 23 février 2024 avec l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), porte sur un montant global de 91,97 milliards de francs CFA. La polémique s’est cristallisée autour des conditions d’émission et de validité des garanties, mais surtout sur l’ampleur des montants annoncés, estimés à 37 milliards FCFA, que certains ont qualifiés d’irréguliers voire fictifs.

Dans une note explicative publiée par sa cellule de communication, le ministère affirme que la SONAC a bien émis, le 20 mars 2024, trois garanties dans le cadre du contrat : une pour l’avance de démarrage du projet, une seconde pour les dépenses déjà engagées par l’entreprise, et une dernière pour garantir la bonne exécution des travaux. Ces garanties sont prévues contractuellement et encadrées juridiquement. Leur validité, explique le ministère, repose sur le paiement d’une prime d’assurance, conformément à l’article 13 du Code des assurances de la CIMA, la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances. Ce texte prévoit notamment un délai maximal de 180 jours pour régler la prime lorsqu’il s’agit de risques contractés avec l’État ou ses démembrements.

Dans ce cas précis, la prime d’assurance a été payée par virement bancaire le 20 juin 2024, soit exactement 90 jours après l’émission des garanties. Ce délai respecte donc largement les 180 jours autorisés. Le ministère dément ainsi toute irrégularité, en précisant que cette pratique est tout à fait conforme à la législation applicable aux assurances liées aux marchés publics.

La note revient également sur les montants de 37 milliards FCFA souvent évoqués dans les débats publics. Ces chiffres ne renvoient pas au montant de la prime versée à l’assureur, mais à celui des capitaux assurés. Il s’agit de l’enveloppe totale couverte par les trois garanties émises pour sécuriser les engagements de l’entreprise adjudicataire. La prime réelle payée par AEE Power EPC pour bénéficier de cette couverture s’élève à 947 millions de francs CFA par an. Le chiffre de 37 milliards FCFA correspond donc à l’engagement financier maximal de la SONAC dans le cadre du contrat, et non à une somme encaissée ou distribuée.

Le ministère insiste sur le fait que les garanties émises remplissent toutes les conditions de validité juridique. Elles s’inscrivent dans un cadre légal strict, avec des modalités d’engagement bien établies. L’assureur, dans ce type de montage, peut exiger des contreparties financières ou juridiques de la part de l’entreprise, comme des cautions solidaires, des dépôts ou des garanties bancaires. Il peut aussi recourir à la réassurance pour se prémunir contre les risques liés à l’exécution du marché.

Enfin, le document publié par le ministère vise à rassurer l’opinion sur la régularité de la procédure. Il affirme que les garanties délivrées ne sont ni fictives, ni irrégulières, et que leur émission respecte les normes juridiques et techniques en vigueur. Le respect des délais, la transparence sur les montants engagés et la traçabilité des paiements sont mis en avant comme gages de conformité.

En résumé, les autorités cherchent à dissiper les soupçons d’irrégularités autour d’un projet stratégique pour l’électrification rurale au Sénégal. À travers cette mise au point, le ministère des Finances veut réaffirmer le sérieux du dispositif national d’assurance des marchés publics, tout en appelant à une lecture rigoureuse et contextualisée des chiffres avancés dans les débats publics.

Polémique sur les primes de la SONAC-SA : le directeur des assurances répond à Thierno Alassane Sall

Le directeur des Assurances du Sénégal, Mamadou Dème, est sorti de son silence pour répondre aux accusations portées par le député Thierno Alassane Sall, président du groupe parlementaire Républicains Dëgg Moo Woor. Ce dernier avait récemment mis en cause la régularité du paiement des primes d’assurance émises par la SONAC-SA dans le cadre du marché d’électrification rurale confié à AEE Power Espagne, un contrat d’envergure estimé à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Invité sur les ondes d’Iradio, Mamadou Dème a formellement démenti toute irrégularité, apportant des précisions techniques sur la nature des garanties en cause, leur montant réel ainsi que sur le respect des délais légaux de paiement. Selon lui, « la prime d’assurance a bel et bien été réglée le 20 juin 2024, soit 92 jours après l’émission de la garantie ». Ce délai, assure-t-il, reste largement conforme aux dispositions du Code CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances), qui autorise un règlement dans un délai de 180 jours après la signature du contrat.

Répondant aux chiffres avancés par le député, M. Dème précise que les « 37 milliards » évoqués ne représentent pas un montant de primes impayées, mais bien les capitaux sous risque garantis par la SONAC. Ces garanties correspondent, selon lui, à deux avances de démarrage accordées à l’entreprise AEE Power : l’une d’un montant de 18,366 milliards FCFA et l’autre de 18,394 milliards FCFA. Soit un total d’environ 37 milliards FCFA couverts par la compagnie nationale d’assurance.

« Il y a une différence entre les capitaux garantis par la SONAC et la prime payée pour bénéficier de cette protection », a-t-il insisté. À ce titre, le montant réel de la prime perçue par l’assureur public s’élève à 247 346 633 FCFA, et non aux dizaines de milliards évoqués à tort dans l’espace public. Toujours selon le directeur, les preuves de ce paiement ont été transmises à l’ARMP (Autorité de Régulation des Marchés Publics), en toute transparence.

Mamadou Dème a également tenu à rappeler le cadre juridique qui encadre ces opérations. Il s’est appuyé sur l’article 13 du Code CIMA pour justifier la temporalité du paiement : « Le principe est que vous devez payer la prime après la conclusion du contrat. Les mises en garanties et les primes ont donc été payées conformément aux règles. »

En conclusion, cette sortie du directeur des Assurances vise non seulement à rassurer sur la régularité de l’opération, mais aussi à lever toute suspicion de fraude ou de mauvaise gestion autour d’un marché très médiatisé. Reste à voir si cette mise au point suffira à apaiser les critiques dans un climat politique où la transparence et la redevabilité sont scrutées de très près.

Thierno Bocoum sur la réforme budgétaire : « Un aveu déguisé, non un acte de transparence »

Thierno Bocoum s’est exprimé après la publication du communiqué du ministère des Finances et du Budget (MFB) sur la réforme en profondeur de la gestion budgétaire qui implique désormais que toutes les dépenses, y compris les extrabudgétaires, soient budgétées à l’avenir.
Le président du mouvement AGIR se montre sceptique et soulève des interrogations sur la fréquence de ces dépenses non budgétisées par le passé. À ses yeux, cette « réforme n’est pas un acte de transparence », mais plutôt « un aveu déguisé ».

Voici l’intégralité de sa publication.

Le ministère des Finances vient d’annoncer une « réforme majeure » en matière de gestion budgétaire, en décidant désormais que les dépenses extrabudgétaires seront imputées à l’année réelle de leur exécution.

Présentée comme une avancée en matière de transparence, cette décision soulève pourtant une question centrale : à quelle période appartiennent ces dépenses non budgétisées ?

Si elles concernent exclusivement la période antérieure à avril 2024, donc sous l’ancien régime, pourquoi la Loi de Finances Rectificative de décembre 2024, élaborée et votée par l’actuelle équipe gouvernementale, n’a-t-elle pas intégré cette réforme ?
Pourquoi attendre juin 2025 pour annoncer ce reclassement si les irrégularités dataient d’avant leur arrivée ? Cela n’a aucun sens si l’on prétend corriger un passif hérité.

Cette contradiction majeure renforce une autre hypothèse selon laquelle les dépenses extrabudgétaires visées ont été engagées après avril 2024, sous leur propre gestion.

Recrutements, exonérations, subventions ou engagements financiers pris sans inscription formelle dans la Loi de Finances Initiale 2024, autant d’éléments susceptibles d’exister sans couverture budgétaire, faute de LFR complémentaire.

Dès lors, cette réforme n’est pas un acte de transparence mais un aveu déguisé. Elle traduit une volonté de régulariser a posteriori des pratiques budgétaires discutables en les fondant dans une généralité vague pour éviter d’avoir à désigner des responsabilités claires.

Thierno Bocoum
Président AGIR- LES LEADERS

Affaire des chèques volés : le principal suspect dénonce une « pratique courante » au Trésor public

Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais connaît un tournant décisif. Mansour Kane, contrôleur du Trésor et considéré par les enquêteurs comme le cerveau présumé du réseau de fraude, a livré des aveux explosifs lors de son audition, remettant en question l’intégrité même du système de gestion financière de l’État.

Incarcéré dans une autre affaire de faux chèque de 400 millions FCFA, Kane est cité par plusieurs transitaires dans la procédure en cours. Parmi eux, Abdoulaye Ba de Niany Transit l’accuse de lui avoir remis un chèque frauduleux d’un montant de 547,643 millions FCFA, moyennant une commission de 12 %. Une accusation que Kane nie catégoriquement. Toutefois, il ne rejette pas toute implication dans le vaste réseau de détournement mis au jour par la Division des investigations criminelles (DIC).

Dans un témoignage consigné par L’Observateur, le contrôleur du Trésor fait tomber les masques. Il admet avoir « exploité une faille » dans le système, tout en soulignant qu’il n’était ni le premier, ni le seul à le faire. « Je ne suis pas la seule personne à proposer ce deal. D’autres réseaux opéraient comme moi. Mais comme je suis le premier en prison, on me fait porter toute l’affaire », a-t-il confié aux enquêteurs. Selon lui, le trafic de chèques volés était loin d’être un fait isolé : « C’était une pratique courante au Trésor. Beaucoup d’autres personnes faisaient la même chose. »

Plus grave encore, Kane accuse indirectement certains services internes de complicité passive, voire active. Il attire notamment l’attention sur les dysfonctionnements des services chargés du rapprochement comptable entre les écritures. « Les enquêteurs doivent vérifier les services qui font le rapprochement entre les comptables. Normalement, si un solde n’est pas soldé, l’écart doit apparaître et être régularisé. Mais chaque année, des gens s’arrangent pour rendre artificiellement les soldes nuls, sans régularisation réelle », a-t-il déclaré.

Mansour Kane dit assumer sa part de responsabilité : « Lors de mon arrestation, j’ai expliqué mon mode opératoire. J’ai exploité une faille, mais je ne protégerai personne. La vérité doit sortir. » Cependant, il refuse de citer d’autres noms, se contentant de suggérer que les pratiques incriminées étaient profondément ancrées dans les rouages du Trésor. « Je ne ferai pas d’accusations gratuites. Mais une chose est sûre : cette pratique existait bien avant moi. »

Ces déclarations jettent une lumière crue sur un système potentiellement gangrené, où les mécanismes de contrôle semblent défaillants et où la fraude aurait pu prospérer pendant plusieurs années, sous le regard complice ou négligent de certains agents.

L’affaire, qui implique déjà plusieurs transitaires et commerçants, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le parquet financier a ordonné des investigations supplémentaires pour démêler l’étendue du réseau, remonter la chaîne des responsabilités et déterminer l’éventuelle implication de hauts fonctionnaires du ministère des Finances.

Affaire des chèques volés au Trésor : des aveux accablants et le cerveau présumé passe aux aveux partiels

Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais prend une nouvelle tournure explosive, avec des révélations qui mettent à nu une vaste fraude impliquant transitaires, commerçants et fonctionnaires. Alors que l’enquête se poursuit à la Division des investigations criminelles (DIC), plusieurs acteurs mis en cause dans cette affaire ont commencé à coopérer, allant jusqu’à reconnaître les faits et à rembourser une partie des fonds détournés.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, plusieurs transitaires, parmi lesquels Mamadou Ly, gérant de Médina Transit, ont fait des aveux jugés accablants par les enquêteurs. Ce dernier a reconnu avoir reçu deux chèques d’un montant cumulé de plus d’1,3 milliard de FCFA des mains de son voisin, Pape Galaye Thiaw, un commerçant de téléphones. Il affirme avoir versé à ce dernier une commission de 10%, tout en prétendant ne pas connaître l’origine frauduleuse des chèques.

Même scénario du côté de Lamine Ba, responsable de Touba Darou Salam Transit, qui a admis avoir encaissé des chèques totalisant plus de 1,4 milliard FCFA, également fournis par le même Pape Galaye Thiaw. Ce dernier, aujourd’hui introuvable, est présenté comme un simple exécutant. Selon les témoignages recueillis, il serait trop peu structuré pour avoir lui-même orchestré le vol des chèques, ce qui laisse entrevoir l’existence d’un réseau plus vaste et mieux organisé.

Les investigations ont rapidement mené vers Mansour Kane, un contrôleur du Trésor déjà incarcéré dans une autre affaire de faux chèque portant sur 400 millions FCFA. Plusieurs transitaires l’ont directement désigné comme étant au cœur du système. L’un d’eux, Abdoulaye Ba, de Niany Transit, a déclaré avoir reçu de lui un chèque de 547 millions FCFA moyennant une commission de 12%.

Extrait de prison pour être confronté à ces accusations, Mansour Kane a d’abord tout nié, avant de finir par reconnaître, face aux éléments présentés, avoir remis deux chèques à Ahmed Tidiane Nam et Ramatoulaye Fall. Il a cependant rejeté toute implication dans les autres cas, estimant qu’on cherche à faire de lui le bouc émissaire d’un système plus complexe : « J’ai exploité une faille du système, mais comme je suis le premier à avoir été arrêté, on veut tout me faire endosser », a-t-il déclaré lors de son audition.

Ces confessions ont conduit le parquet financier à demander l’élargissement des investigations. Les enquêteurs cherchent désormais à remonter la chaîne, pour déterminer l’ampleur exacte de la fraude et identifier les autres complices, notamment au sein de l’administration du Trésor.

Ce scandale met en lumière la vulnérabilité des mécanismes de contrôle dans la gestion des fonds publics et pose, une nouvelle fois, la question de la transparence et de la responsabilité dans les finances de l’État. Le public reste suspendu à l’évolution de cette affaire tentaculaire, dont les ramifications pourraient secouer davantage les institutions concernées.

Affaire du terrain du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye : Mame Boye Diao, Abdoulaye Sy et Cie placés sous bracelet électronique

Le dossier explosif relatif à l’assiette fiscale du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, continue de faire tomber des têtes. Après l’inculpation de l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, de nouvelles personnalités viennent d’être mises en cause par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Selon les informations du journal Libération dans son édition du mardi 17 juin, Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines, a été inculpé pour corruption présumée et placé sous bracelet électronique. Une mesure identique a été prononcée contre Abdoulaye Sy, ex-directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) au ministère de la Justice, ainsi que contre d’anciens responsables des bureaux des Domaines et du Cadastre de Guédiawaye.

Toujours dans le cadre de cette affaire, un mandat d’amener a été émis contre Mamadou Guèye, dernier directeur des Domaines sous le régime de Macky Sall, actuellement à l’étranger. Sa traque a été confiée à la Direction de l’Investigation Criminelle (DIC), chargée de son interpellation.

Pour rappel, deux autres mis en cause — l’entrepreneur Cheikh Guèye et Mohamed Anas El Bachir, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice — avaient été initialement placés sous mandat de dépôt avant de bénéficier eux aussi d’un placement sous bracelet électronique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°488 – 17/06/2025

🔴 LE RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES : ARGUMENT DU MINISTÈRE DES FINANCES POUR JUSTIFIER LA NON-PUBLICATION DES RAPPORTS D’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE : UNE CONTINUITÉ DE DISSIMULATION ?
🔴 ATTAQUE D’ISRAËL CONTRE L’IRAN : DAKAR EN MISSION DE PAIX

🔴 À LA VEILLE DES ÉLECTIONS DE LA FSF ET DES LIGUES : CHEIKH BA PASSE À LA LOUPE LE FOOT SÉNÉGALAIS
🔴 MONDIAL DES CLUBS / VICTOIRE DE CHELSEA : JACKSON S’ILLUSTRE PAR UNE PASSE DÉCISIVE


Petite précision sur la dette intérieure du Sénégal : un éclairage de Pape Malick Ndour

Dans une lettre adressée au Professeur Ndiaye, l’ancien ministre Pape Malick Ndour apporte un éclairage crucial sur la situation actuelle de la dette intérieure du Sénégal et sur la capacité du pays à mobiliser son épargne nationale pour financer ses besoins budgétaires.

Il remercie d’abord le Professeur pour sa contribution au débat sur le fonctionnement du marché UEMOA-Titres, mais précise que le vrai problème ne réside pas dans la structuration mutualisée du marché, reconnue par tous, mais plutôt dans l’incapacité spécifique du Sénégal, ces derniers mois, à mobiliser ses ressources nationales.

Pour illustrer ce propos, il cite l’exemple de la Côte d’Ivoire. Le 10 juin dernier, la Côte d’Ivoire a réussi à lever 110 milliards de FCFA, dont 109 milliards ont été souscrits par ses propres banques et investisseurs nationaux. En comparaison, le Sénégal n’a contribué qu’à hauteur de 230 millions FCFA à cette opération. Plus récemment, le 14 juin, la Côte d’Ivoire a levé 33 milliards, avec 28,3 milliards provenant de son épargne locale, sans aucune contribution du Sénégal. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et démontrent une réalité économique difficile pour le Sénégal.

Historiquement, comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal couvrait jusqu’à plus de 50 % de ses besoins de financement grâce à son épargne interne. Cette époque semble révolue. Désormais, le Sénégal dépend largement des souscriptions ivoiriennes pour financer ses émissions sur le marché régional, ce qui traduit une double faiblesse : une économie locale asphyxiée et un système bancaire national sous-liquide et frileux.

Le financement par les banques sénégalaises repose essentiellement sur les ressources longues et les dépôts issus des acteurs économiques locaux, notamment les hommes d’affaires, commerçants, PME, PMI et autres entreprises. Or, ces acteurs traversent une période économique particulièrement difficile. La morosité économique, la pression fiscale accrue, les licenciements, les difficultés administratives et politiques, le manque d’accès aux marchés publics et la raréfaction des opportunités d’affaires minent leur capacité à épargner et investir, ce qui affaiblit mécaniquement la capacité du système bancaire à soutenir l’État.

Dans ce contexte, il est illusoire de croire que les banques et investisseurs locaux peuvent continuer à financer l’État avec la même vigueur. La vitalité économique est la condition sine qua non pour mobiliser l’épargne nationale.

Ainsi, ce n’est pas la structure même du marché régional qui pose problème, mais bien la situation économique interne du Sénégal. Tandis que la Côte d’Ivoire capitalise sur la confiance et la solidité de son tissu économique, le Sénégal peine à mobiliser ses propres investisseurs, se retrouvant en situation de dépendance malgré l’existence d’un marché intégré et mutualisé.

Le véritable enjeu, conclut Pape Malick Ndour, est donc d’adresser cette réalité économique avec lucidité et sans se perdre dans des débats techniques. Ce n’est pas la mutualisation du marché qui est à remettre en cause, mais la capacité du Sénégal à restaurer la confiance de ses acteurs économiques pour relancer la mobilisation de son épargne nationale.

Retard dans la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire : le Ministère des Finances fait des précisions

Le Ministère des Finances et du Budget a annoncé ce lundi 16 juin 2025 un report dans la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire, relatifs au quatrième trimestre 2024 ainsi qu’au premier trimestre 2025. Ces rapports, connus sous l’appellation RTEB, sont un instrument fondamental de transparence et de redevabilité, destiné à informer les citoyens, les parlementaires et les partenaires techniques et financiers sur l’état de la gestion budgétaire de l’État.

Cette décision de report a été prise en réponse à la nécessité de garantir la sincérité et la fiabilité des données contenues dans ces rapports. Suite au récent rapport de la Cour des Comptes qui avait relevé plusieurs manquements dans la gestion budgétaire des années passées, les services du Ministère ont entrepris un exercice approfondi afin de déterminer précisément le montant et la nature des dépenses extrabudgétaires réalisées, notamment au premier trimestre 2024. L’objectif est d’intégrer ces dépenses de manière conforme dans le Tableau des Opérations Financières de l’État (TOFE) et dans les rapports d’exécution budgétaire.

Le Ministère informe également qu’une réforme majeure a été engagée concernant la gestion budgétaire. Désormais, les dépenses extrabudgétaires des exercices antérieurs ne seront plus reportées sur le budget des années suivantes. Elles seront prises en compte dans le budget de l’année au cours de laquelle elles ont effectivement été exécutées. Ce changement vise à renforcer l’orthodoxie budgétaire et à assurer une meilleure sincérité dans la présentation des finances publiques.

Ce travail de recensement, de reclassification et de fiabilisation des données fait partie intégrante de la stratégie gouvernementale visant à assainir progressivement les finances publiques, à régulariser les engagements hérités des exercices antérieurs, tout en soutenant le secteur privé dans le cadre de la relance économique nationale. Ces opérations ont nécessité un délai supplémentaire, ce qui explique le report dans la publication des rapports trimestriels.

Le Ministère des Finances et du Budget assure par ailleurs que la publication des rapports trimestriels d’exécution budgétaire interviendra le lundi 23 juin 2025. Il réaffirme son engagement à poursuivre une politique forte de transparence budgétaire, avec une dynamique de clarté et de rigueur pour fournir une information fiable à toutes les parties prenantes.

Pèlerinage 2025 : la Délégation Générale au Pèlerinage dément tout abandon de pèlerins sénégalais à la Mecque et rassure les familles

La Délégation Générale au Pèlerinage (DGP) est sortie de son silence ce lundi pour répondre aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux faisant état de prétendus retards et de difficultés de retour de certains pèlerins sénégalais depuis La Mecque. Face à la montée des inquiétudes au sein des familles et dans l’opinion publique, l’institution a apporté un démenti formel et une série de précisions sur l’état d’avancement du plan de rapatriement.

Dans son communiqué officiel, la DGP affirme qu’aucun pèlerin pris en charge par l’État sénégalais n’est abandonné en Arabie Saoudite. « Aucun pèlerin encadré par la DGP n’est laissé en rade », peut-on lire dans le document rendu public. Cette déclaration vise à apaiser les esprits alors que plusieurs internautes faisaient état de scènes de désarroi à Djeddah, suscitant une vague d’émotion dans le pays.

La DGP assure que les opérations de retour sont non seulement en cours mais qu’elles ont été lancées plus tôt que le calendrier initial ne le prévoyait. Selon l’institution, plus de 17 vols ont déjà quitté l’aéroport de Djeddah en direction de Dakar. Prévu entre le 13 et le 16 juin, le début du retour a pu être avancé au 11 juin, grâce à l’anticipation logistique et à la bonne coordination avec la compagnie Air Sénégal SA.

Néanmoins, deux vols prévus initialement les 15 et 16 juin ont été annulés puis reprogrammés en raison de contraintes techniques. Le vol 4 est désormais prévu pour le 18 juin, tandis que le vol 5 devrait décoller le 19 juin. Ces changements, bien que regrettables, sont présentés par la DGP comme des ajustements ponctuels dans une opération d’envergure impliquant plusieurs milliers de personnes.

Pour accompagner les pèlerins affectés par ces réajustements, la DGP indique qu’une cellule de suivi a été mise en place. Celle-ci est chargée d’assurer un encadrement individualisé des passagers en attente, en collaboration étroite avec les services opérationnels d’Air Sénégal. L’objectif affiché est de garantir à chaque pèlerin un retour dans des conditions optimales de sécurité, de confort et de dignité.

La DGP appelle les populations à la vigilance face aux rumeurs et exhorte les familles à se référer exclusivement aux sources officielles pour toute information relative au déroulement du Hajj. Elle réaffirme son engagement à poursuivre les opérations jusqu’au retour complet et sécurisé de tous les pèlerins sénégalais.

Cette sortie intervient dans un contexte de forte sensibilité où le moindre incident lié à l’organisation du pèlerinage peut provoquer de vives réactions. La communication rassurante de la DGP vise ainsi à contenir la polémique naissante et à rétablir la confiance autour d’un dispositif logistique aussi délicat que stratégique.

Justice : Guy Marius Sagna relaxé dans l’affaire qui l’opposait au général Moussa Fall

C’est un tournant judiciaire qui marque un soulagement pour Guy Marius Sagna. La chambre correctionnelle de la Cour d’appel a rendu, ce lundi, son verdict dans l’affaire opposant l’activiste et député à l’ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Moussa Fall. Statuant sur l’appel interjeté par M. Sagna, la juridiction a infirmé la décision rendue en première instance et prononcé la relaxe pure et simple du parlementaire.

En 2023, Guy Marius Sagna avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 200.000 FCFA, après avoir passé dix jours en détention provisoire. Une sentence prononcée suite à des propos jugés diffamatoires à l’encontre du général Moussa Fall. Le député avait immédiatement fait appel, dénonçant une décision injuste.

Ce lundi, la justice a estimé que les faits ne constituaient pas une infraction, lavant ainsi Guy Marius Sagna de toute accusation. L’activiste s’est réjoui de cette issue favorable via une publication sur sa page Facebook. « Aujourd’hui, la chambre correctionnelle a infirmé le jugement. Statuant à nouveau, la justice a décidé la relaxe, c’est-à-dire : le tribunal m’a déclaré non coupable des accusations du général Moussa Fall », a-t-il écrit.

Guy Marius Sagna a profité de cette décision pour rendre hommage à ses conseils. Il a salué la mémoire de Me Koureichi Ba, qui l’avait défendu en première instance, évoquant un « géant du barreau sénégalais » disparu. Il a également exprimé sa gratitude envers Me Moussa Sarr, son avocat en appel, dont il a loué la plaidoirie et l’engagement : « un autre géant du barreau sénégalais dont les plaidoiries, savoureux délices, ont été mises au service du peuple sénégalais ».

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°487 – 16/06/2025

🔴 AFFAIRE ASER / ÉMISSION DES GARANTIES SONAC PRODUITES PAR AEE POWER EPC AUX ANTIPODES DES PRINCIPES RÉGISSANT LES ASSURANCES : TAS REMUE LE COUTEAU DANS LA PLAIE
🔴 ALERTE DE ROBERT BOURGI SUR LA SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE, LE TERRORISME, L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE, ETC : « J’AI PEUR POUR LE SÉNÉGAL »

🔴 LIGUE 2 / DÉCÈS DE MOUSTAPHA SOW : LE MATCH DIAMBARS-CNEPS EXCELLENCE REPORTÉ
🔴 KAOLACK / ÉLECTIONS DE LA LIGUE DE FOOTBALL AMATEUR : TOUS UNIS DERRIÈRE KOSSO DIANÉ !

Affaire AEE Power / Garanties SONAC : TAS remue le couteau dans la plaie

Un nouvel épisode vient secouer la gouvernance des marchés publics au Sénégal. Dans une question écrite adressée au ministre des Finances et du Budget, l’honorable député Thierno Alassane SALL, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), soulève de graves irrégularités dans l’émission de garanties d’assurance par la SONAC au profit de l’entreprise espagnole AEE POWER EPC.

Selon le député, la SONAC aurait délivré des garanties d’un montant total de 56 millions d’euros (environ 36,5 milliards FCFA) à AEE POWER EPC dans le cadre du marché de l’électrification rurale, sans que les primes exigées n’aient été payées à la date d’émission des garanties. Une pratique qui, si elle est avérée, viole frontalement les règles du Code des assurances de la CIMA, notamment l’article 13 qui subordonne la validité du contrat à la perception préalable de la prime.

AEE POWER EPC s’était vu attribuer un marché portant sur l’électrification de localités dans plusieurs régions (Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis, Tambacounda). Comme le veut la procédure, les avances de démarrage et de dépenses engagées, ainsi que la garantie de bonne exécution, ont été conditionnées à la présentation de garanties dûment émises. Mais les documents comptables consultés par le député montrent que les primes n’étaient pas encore virées sur le compte de la SONAC à la date de délivrance des garanties, ce qui jette un sérieux doute sur la légalité de la procédure.

Pire encore, la société AEE POWER Sénégal – filiale locale du groupe espagnol – a saisi à plusieurs reprises l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) pour dénoncer la situation, dès août 2024. À son tour, l’ARCOP a saisi officiellement la SONAC en juillet 2024 pour exiger des preuves de paiement des primes dans un délai de 72 heures. À ce jour, selon Thierno Alassane SALL, aucune réponse n’a été fournie par la société d’assurance étatique.

Dans sa correspondance datée du 12 juin 2025, le député demande expressément au ministre des Finances de fournir la chronologie exacte de la délivrance des garanties et du paiement effectif des primes. En tant qu’autorité de tutelle de la SONAC, le ministre est interpellé pour éclairer les députés, mais aussi l’opinion publique, sur les conditions opaques entourant cette opération.

Cette affaire soulève une fois de plus la problématique de la transparence dans les garanties financières d’État, notamment dans les projets stratégiques financés par des partenaires internationaux. Elle met également en lumière les risques systémiques liés à une gestion laxiste des obligations contractuelles dans les marchés publics.

Alors que le gouvernement Diomaye Faye s’est engagé à renforcer la reddition des comptes, cette affaire pourrait devenir un test de crédibilité pour les autorités. Les députés, les organismes de régulation et l’opinion attendent désormais des clarifications urgentes sur cette situation, qui pourrait avoir des implications juridiques, financières et diplomatiques.

Arrestation de Moustapha Diakhaté – Reddition des comptes : Alioune Tine fustige les pratiques judiciaires actuelles au Sénégal

Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et ancien directeur régional d’Amnesty International, est monté au créneau ce dimanche 15 juin, lors de son passage à l’émission Jury du dimanche (JDD). Il y a dénoncé avec vigueur la tournure que prend, selon lui, la justice sénégalaise dans le cadre de la reddition des comptes, en particulier à travers l’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien parlementaire.

Pour M. Tine, l’arrestation de Moustapha Diakhaté pour avoir exprimé ses opinions est non seulement injustifiée, mais symptomatique d’un climat de régression des libertés. « Les propos de Moustapha Diakhaté ne méritent pas l’emprisonnement », a-t-il tranché, rappelant que ce dernier, malgré ses excès verbaux, reste une figure politique singulière qui mérite d’être traitée avec discernement et respect.

« Moi-même, j’ai été victime de ses attaques verbales très violentes, mais ce n’est pas une raison pour vouloir le faire taire par la prison », a-t-il ajouté, tout en condamnant fermement les agressions verbales dans le débat public, que celles-ci viennent du pouvoir ou de l’opposition. « Ces violences verbales sont contraires à l’esprit démocratique », a-t-il insisté.

Mais au-delà du cas Diakhaté, c’est l’approche globale de la politique pénale que l’ancien président de la Raddho remet en question. « C’est le principe même de la politique pénale actuelle qui est en cause. On ne devrait pas humilier les gens. On peut pratiquer la reddition des comptes avec fermeté, mais cela doit se faire dans le respect strict des droits humains », a-t-il martelé.

Alioune Tine estime que la judiciarisation des affaires publiques doit s’affranchir des considérations politiques : « Si on laisse la justice faire son travail de manière indépendante, sans pression politique, les citoyens n’auront pas l’impression d’être ciblés ou humiliés. »

L’expert en droits humains appelle donc à une réforme urgente de la politique pénale, pour aligner son fonctionnement sur les obligations internationales du Sénégal. « Le respect de la dignité humaine doit être au cœur de toute procédure judiciaire », a-t-il plaidé.

Dans un contexte marqué par une volonté affichée du nouveau pouvoir d’assainir la gestion publique à travers la reddition des comptes, Alioune Tine alerte sur les dérives possibles. « On ne peut pas réclamer la justice et en même temps sacrifier les principes fondamentaux des droits humains. C’est une contradiction dangereuse pour notre démocratie », conclut-il.

Polémique autour de sa participation au dialogue national : « Si c’était à refaire, je le referais », dixit Abdoulaye Seydou Sow

Invité de l’émission Face au Jury sur Pressafrik TV HD ce dimanche, l’ancien ministre de l’Urbanisme et actuel maire de Kaffrine, Abdoulaye Seydou Sow, est revenu sur sa participation controversée au dialogue national du 28 mai dernier. Une démarche qu’il assume pleinement, malgré le mot d’ordre de boycott lancé par son parti, l’Alliance pour la République (APR), alors dans l’opposition.

Réagissant aux critiques sur son choix d’avoir répondu à l’appel du président Bassirou Diomaye Faye, M. Sow s’est voulu clair : « On ne peut pas boycotter un dialogue, quelles que soient les circonstances politiques. » Il explique avoir partagé cette position au sein du parti lors d’une réunion du sous-comité mis en place par l’ancien président Macky Sall.

Selon lui, la posture du boycott ne servait pas les intérêts de l’opposition : « Je leur ai dit que si ça ne tenait qu’à moi, on prendrait part au dialogue. Le président ne va pas nous faire du tort pour avoir donné notre point de vue. » Et de rappeler que lors du dialogue initié par Macky Sall, certains responsables de l’opposition, dont Oumar Sarr, avaient bien participé malgré l’incarcération de Karim Wade à l’époque.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, deux raisons justifient la présence de l’opposition à ce dialogue : d’abord pour éviter qu’elle « ne se casse », ensuite pour « garder une position face au pouvoir ». Une stratégie politique assumée, qu’il dit avoir défendue devant l’assistance lors de sa prise de parole au dialogue.

M. Sow a également précisé qu’il n’avait pas été informé officiellement de l’interdiction faite aux membres de l’APR de participer au dialogue. « Je l’ai appris à la conférence de presse », confie-t-il. Il cite à ce propos une célèbre formule de Me Abdoulaye Wade : « Si tu manges un repas dont tu ne sais comment il a été préparé, si tu en meurs, tu es responsable de ta mort. » Manière de dégager sa responsabilité et de souligner l’ambiguïté des instructions au sein du parti.

Il rappelle avoir été transparent sur sa décision : « Lors d’une réunion préparatoire, j’ai dit que j’irais au dialogue en tant que maire et en tant que citoyen. Personne ne m’en a empêché. On m’a juste dit qu’on n’encourageait pas les maires à y aller, mais cela n’a rien d’une interdiction formelle. »

Et de souligner, non sans ironie, que le 4 avril dernier, plusieurs présidents d’institutions avaient participé à une rencontre officielle avec le chef de l’État, sans en informer le parti. « Ça aussi, c’est une forme de dialogue », glisse-t-il.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, l’APR commet une erreur stratégique en refusant d’assister au dialogue. Il prend à témoin la participation d’Oumar Youm aux Assises nationales sous Wade pour justifier la pertinence de sa propre démarche : « Si c’était à refaire, je le referais », insiste-t-il, convaincu d’avoir agi dans l’intérêt du débat démocratique.

Immigration irrégulière : le Sénégal alerte sur le durcissement des mesures américaines

Le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE) met en garde les citoyens sénégalais contre le renforcement des dispositifs de sécurité aux frontières des États-Unis. Dans un communiqué officiel, le ministère informe que les autorités américaines ont récemment mis à jour leur politique migratoire dans le but de lutter plus fermement contre l’immigration irrégulière.

Parmi les principales mesures annoncées figurent la mise en place de sanctions pénales et administratives à l’encontre de toute personne reconnue coupable de tentative ou d’acte d’immigration irrégulière. Les États-Unis entendent également interdire l’entrée sur leur territoire à toute personne impliquée, y compris celles ayant commis des infractions dans le passé ou disposant d’antécédents judiciaires.

Pour les étrangers actuellement en situation irrégulière, un mécanisme de départ volontaire a été instauré. Il est accessible via l’application CBP Home Mobile, disponible à l’adresse www.dhs.gov/cbphome. Cette démarche permet à ceux qui choisissent de quitter volontairement le territoire américain de bénéficier d’un appui financier au retour et d’éviter d’éventuelles poursuites judiciaires.

Le ministère rappelle aux Sénégalais désireux de se rendre aux États-Unis de s’assurer de la validité de leurs visas avant le départ, de respecter strictement les durées de séjour autorisées, et de se rapprocher du réseau diplomatique et consulaire sénégalais pour toute information complémentaire sur les conditions d’entrée et de séjour.

Les représentations diplomatiques et consulaires du Sénégal aux États-Unis poursuivent par ailleurs leurs actions de sensibilisation auprès des ressortissants sénégalais. Elles collaborent étroitement avec l’administration américaine dans le cadre des excellentes relations de coopération bilatérale entre les deux pays.

Ce rappel intervient dans un contexte où les tentatives d’entrée irrégulière aux États-Unis se multiplient, exposant de nombreux migrants à des risques considérables. Le gouvernement sénégalais réitère son engagement à protéger ses citoyens tout en appelant à une plus grande vigilance face aux dangers de l’émigration clandestine.

Menace d’interdiction de voyage : les États-Unis ciblent 36 pays, dont le Sénégal

L’administration Trump envisage une nouvelle vague de restrictions d’entrée sur le territoire américain, cette fois dirigée vers 36 pays supplémentaires, dont le Sénégal. Selon une note interne du Département d’État, consultée par The Washington Post, un délai de 60 jours est accordé aux pays concernés pour se conformer à de nouvelles exigences sécuritaires, sous peine d’être frappés d’une interdiction totale ou partielle de voyage.

La liste comprend principalement des pays africains — 25 au total — mais aussi des États d’Asie centrale et des Caraïbes. Le Sénégal y figure aux côtés de la Gambie, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Nigeria, du Burkina Faso, du Cameroun, de l’Égypte, de Djibouti, entre autres.

Dans le mémo signé par le secrétaire d’État Marco Rubio, il est exigé que chaque pays présente un plan d’action d’ici mercredi 8h00, détaillant les mesures prises pour améliorer la fiabilité de ses documents d’identité, la coopération sécuritaire avec les États-Unis et le contrôle migratoire.

Les motifs évoqués par Washington incluent une faiblesse institutionnelle, l’incapacité à contrôler les fraudes documentaires, un taux élevé de dépassement de visa, et dans certains cas, des soupçons d’« activités antisémites et antiaméricaines ». Le Département d’État laisse néanmoins entendre que certains pays pourraient éviter ces sanctions s’ils acceptent des accords de réadmission ou de « pays tiers sûr ».

Cette nouvelle offensive migratoire s’inscrit dans la continuité de la proclamation du 4 juin dernier, qui avait déjà ciblé 19 pays. Si la mesure est mise en œuvre, elle représenterait un durcissement considérable de la politique d’immigration américaine.

De nombreux observateurs dénoncent une politique discriminatoire et stigmatisante. Les critiques rappellent les précédentes interdictions ciblant majoritairement des pays à majorité musulmane et considèrent cette initiative comme une manœuvre électorale de Donald Trump, à quelques mois d’une éventuelle reconquête de la Maison Blanche.

Grève du COMES : le ministère de la Santé prône l’apaisement et promet des solutions durables

Au lendemain de la marche du Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation (COMES), le ministère de la Santé a réagi en appelant à l’apaisement. Intervenant sur les ondes de la RFM, le coordonnateur à la communication dudit ministère, Amadou Sow, a exprimé le regret de voir le conflit atteindre ce niveau de tension.

« Nous déplorons cette situation. Le ministère de la Santé fait des efforts pour corriger les manquements soulevés par les grévistes », a-t-il déclaré, en soulignant notamment l’existence d’un arrêté ministériel destiné à améliorer la prise en charge médicale dans les structures accueillant ces professionnels en formation.

Abordant la question sensible des congés de maternité, M. Sow a précisé que le cœur du problème réside dans le statut même des médecins en spécialisation, qui relèvent avant tout du ministère de l’Enseignement supérieur. « L’ancrage institutionnel de ces médecins n’est pas du ressort exclusif du ministère de la Santé, qui reste un service utilisateur », a-t-il expliqué.

Face à la mobilisation du COMES, le ministère de la Santé assure avoir engagé une dynamique de concertation. Amadou Sow a annoncé la mise en place d’un comité regroupant les représentants du collectif ainsi que d’autres partenaires sociaux. Objectif : trouver ensemble des solutions structurelles et durables.

« Si l’on poursuit dans cette logique de dialogue, nous parviendrons avec le COMES à des solutions viables pour l’ensemble des parties », a conclu le porte-parole du ministère.

FMI – Sénégal : les négociations au point mort, l’accord reporté sine die

Le climat d’optimisme qui entourait, il y a encore quelques semaines, les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) s’est nettement assombri. Alors que le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait relancer les négociations dès avril pour conclure un nouvel accord en juin, l’horizon s’est considérablement obscurci.

Lors d’un point de presse tenu jeudi dernier, la directrice du département Communication du FMI, Julie Kozack, a clairement indiqué qu’aucun calendrier n’était fixé pour la reprise officielle des négociations. « Nous attendons les résultats finaux de l’audit », a-t-elle déclaré, évoquant le dossier des irrégularités comptables révélées par l’Inspection générale des finances (IGF).

Plus alarmant encore, le quotidien Les Échos rapporte que « la conclusion d’un nouveau programme de décaissement n’est pas à l’ordre du jour ». Une affirmation qui sonne comme un désaveu pour les autorités sénégalaises, alors même que le pays fait face à une pression budgétaire accrue.

Le FMI, tout en maintenant un canal de dialogue ouvert avec Dakar, insiste sur la complexité du dossier. Julie Kozack a rappelé que l’affaire des fausses déclarations dans les comptes publics nécessitait un traitement « rigoureux et long ». L’institution exige une transparence totale avant toute reprise des engagements financiers.

Pour mémoire, le programme triennal signé entre le FMI et le Sénégal portait sur un montant de 1,8 milliard de dollars, soit près de 1 100 milliards de francs CFA. Il a été suspendu à la suite d’un rapport de l’IGF validé par la Cour des comptes, qui a mis en lumière une manipulation systématique des données comptables publiques entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall.

Ce gel du programme pèse lourdement sur la trésorerie publique, alors que le gouvernement actuel multiplie les chantiers économiques et les engagements sociaux. En attendant la fin de l’audit en cours, le Sénégal reste dans une zone d’incertitude financière, sans garantie de déblocage à court terme.

Réformes électorales : Ndiaga Sylla salue la création d’une Cour constitutionnelle et appelle à la fin de la déchéance électorale automatique

L’expert électoral Ndiaga Sylla a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce de la création d’une Cour constitutionnelle au Sénégal. Dans une publication sur Facebook, il a salué cette réforme institutionnelle, la qualifiant de « garantie pour le respect des droits de l’homme ». Il a également souligné que la constitutionnalisation de la Commission électorale, désormais dotée d’une autonomie renforcée, constitue une avancée majeure dans le processus de modernisation du système électoral sénégalais.

Toutefois, Ndiaga Sylla invite les autorités à aller plus loin dans l’esprit de rupture et de refondation démocratique. Il plaide notamment pour la suppression de la disposition du Code électoral relative à la déchéance électorale automatique, qu’il juge contraire aux standards internationaux en matière de droits humains.

Selon lui, cette mesure a injustement empêché plusieurs figures politiques de se présenter à des élections, citant nommément Karim Wade, Khalifa Sall, Ousmane Sonko, et potentiellement Barthélémy Dias.

« La déchéance électorale automatique dont ont été victimes des acteurs politiques devrait être supprimée en application des standards internationaux », a-t-il insisté.

Audience avec les élus locaux de Saint-Louis : le président Diomaye rassure sur le versement imminent des fonds de dotation

En marge de sa tournée économique dans la région de Saint-Louis, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu une importante audience avec les élus locaux, notamment les maires et présidents des conseils départementaux, accompagnés de leur ministre de tutelle. Cette rencontre, rapportée par L’Observateur, s’est inscrite dans le cadre de la mise en œuvre des pôles territoires, Saint-Louis représentant le Pôle territorial nord.

Au cours de cette séance d’échanges directs et ouverts, le ministre de l’Aménagement du territoire, Balla Moussa Fofana, et son équipe ont exposé les grandes lignes du projet de développement du Pôle nord, en mettant en exergue les nombreuses opportunités économiques et sociales que recèle cette partie du pays.

Soucieux d’un dialogue inclusif, le chef de l’État a donné la parole à chacun des responsables locaux présents. Il a écouté avec attention les différentes doléances formulées, allant des questions de financement à celles liées aux infrastructures ou à l’aménagement du territoire.

En réponse, le président Faye a rassuré ses interlocuteurs : les fonds de dotation destinés aux collectivités territoriales seront très prochainement mis à disposition. Une mesure vivement attendue, qui permettra de soutenir la mise en œuvre des politiques locales de développement.

Clôturant l’audience, le président de la République a salué la qualité des échanges et réaffirmé sa volonté d’instaurer une gouvernance territoriale inclusive, tournée vers les résultats et affranchie des clivages politiques. Pour lui, l’avenir du développement national passe par une collaboration étroite entre l’État central et les collectivités territoriales.

Ousmane Sonko sur la fiscalité au Sénégal : “Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas”

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a fermement rejeté l’idée selon laquelle les entreprises opérant au Sénégal seraient soumises à une pression fiscale excessive. Lors d’un échange avec la presse jeudi à Dakar, le chef du gouvernement a assuré que la fiscalité nationale est conforme aux standards internationaux et que l’État œuvre activement à garantir un environnement d’investissement sécurisé et équitable.

« Je ne pense pas que le Sénégal soumette les entreprises qui investissent sur son sol à plus de pression fiscale qu’ailleurs dans le monde. Cela n’existe pas », a-t-il affirmé en réponse à une question sur les récents audits sectoriels et les redressements fiscaux visant certaines sociétés.

Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour dénoncer les pratiques anciennes où certaines entreprises étrangères pouvaient, selon lui, opérer librement sans s’acquitter pleinement de leurs obligations fiscales. Il a attribué ces dérives à des complicités internes, à des défaillances administratives et à l’inaction des anciennes autorités politiques.

« Cela est révolu. Nous avons aujourd’hui un cadre fiscal qui n’est pas répressif mais qui n’est pas permissif non plus », a-t-il déclaré, soulignant que ce système s’applique de manière uniforme à tous les investisseurs, quelle que soit leur nationalité.

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé un vaste chantier de réformes législatives visant à moderniser et clarifier les règles du jeu économique au Sénégal. « Le code des investissements, le code minier, le code pétrolier, le code des impôts, le code des douanes… tous les codes sont en cours de réforme », a-t-il précisé. L’objectif est de rendre le pays plus attractif, tout en assurant une fiscalité juste et équilibrée.

Selon lui, ces réformes ne doivent pas être perçues comme des obstacles à l’investissement, mais comme des garanties d’un climat sain et compétitif.

« Nous créons les conditions de la sécurité de l’investissement dans ce pays : sécurité juridique mais aussi sécurité tout court », a insisté Sonko, en promettant un accompagnement de l’État pour tous les investisseurs de bonne foi.

En contrepartie, il exige le respect des lois et des engagements fiscaux. « Ce que l’on attend de ces investisseurs, c’est qu’ils travaillent, créent des emplois, paient des impôts. »

Le Premier ministre n’a pas manqué de lancer un avertissement à ceux qui espéreraient bénéficier de passe-droits ou perpétuer des pratiques extractivistes. « Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas au Sénégal », a-t-il averti, se disant opposé à tout modèle où des sociétés étrangères exploiteraient les ressources naturelles sans retombées économiques significatives pour le pays.

Financement public : Dakar lève 76,9 milliards FCFA sur le marché régional, Abidjan en tête des souscripteurs

L’État du Sénégal a réussi, ce vendredi 13 juin 2025, à lever près de 77 milliards de francs CFA sur le marché régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), à l’occasion d’une adjudication de bons et obligations du Trésor organisée à Dakar. Cette opération de mobilisation de ressources financières, portant initialement sur un montant de 70 milliards FCFA, a connu un fort engouement de la part des investisseurs de l’espace UEMOA, traduisant un taux de couverture de 113,18 %.

Dans les détails, les soumissions ont atteint un total de 79,228 milliards FCFA, avec un taux d’absorption final de 97,19 %, ce qui témoigne d’un net intérêt du marché pour la dette souveraine sénégalaise. Deux instruments financiers étaient proposés lors de cette adjudication : des bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 364 jours, arrivant à échéance le 14 juin 2026, et des obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une durée de trois ans, avec maturité au 2 juin 2028.

Concernant les BAT d’un an, les souscriptions ont atteint 44,7 milliards FCFA, dont 42,471 milliards ont été retenus. Le taux marginal sur cette ligne s’est établi à 6,98 %, avec un rendement moyen pondéré de 7,25 %. Du côté des OAT, la totalité du montant proposé, soit 34,528 milliards FCFA, a été servie. Le rendement moyen enregistré est de 7,44 %, pour un prix marginal de 95,30 %.

Au total, 21 investisseurs issus de l’Union ont pris part à cette opération. Parmi eux, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme le premier souscripteur, avec 40,18 milliards FCFA d’allocations retenues. Le Sénégal lui-même arrive en seconde position avec 28,286 milliards FCFA, tandis que le Bénin a placé 6,365 milliards FCFA. Le Burkina Faso et le Togo figurent également parmi les participants à cette émission.

Cette levée de fonds s’inscrit dans le cadre de la stratégie de financement des besoins budgétaires du gouvernement sénégalais pour l’exercice 2025. Elle reflète également la confiance soutenue des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal, malgré un contexte économique régional tendu. Le succès de cette opération, qui conjugue diversification des maturités et mobilisation rapide de ressources, renforce la crédibilité du pays sur les marchés financiers de l’UEMOA.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°486 – 14 ET 15/06/2025

🔴 UMOA TITRES / LEVÉE DE 76,9 MILLIARDS F CFA PAR DAKAR : ABIDJAN RESTE LE 1ᵉʳ INVESTISSEUR
🔴 REPORT DE LA CONFÉRENCE DE L’ONU SUR LA PALESTINE : DIOMAYE CONFINÉ À DOMICILE

🔴 BAL 2025 : LE SÉNÉGALAIS YOUSSOU NDOYE SUR LE PODIUM
🔴 COUPE DU MONDE DES CLUBS / PRÉSENCE DE KOULIBALY, JACKSON ET NIANG : LE SÉNÉGAL S’INVITE EN FORCE

Diama : le président Diomaye Faye sur le terrain pour impulser la transformation agricole

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit sa tournée dans le Pôle territorial Nord par une étape significative à Diama, dans la vallée du fleuve Sénégal. Après une halte à Ross Béthio, le chef de l’État s’est rendu sur un site agricole nouvellement aménagé, dans le cadre du Projet de Développement Rural de Savoigne (PDRS), pour une visite d’inspection hautement symbolique.

Ce projet agricole, considéré comme un levier de développement structurant pour la région, concerne directement 5 700 habitants répartis dans onze villages. Selon la présidence, il s’agit d’un programme d’envergure visant à améliorer durablement les conditions de vie des populations rurales grâce à la modernisation des pratiques agricoles. Le projet bénéficie d’un financement important de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), partenaire historique du Sénégal dans le secteur rural.

L’accent est mis sur l’introduction d’équipements agricoles modernes, l’aménagement de casiers irrigués, ainsi que la mise en place d’infrastructures de stockage et de conservation adaptées. L’objectif est d’optimiser la productivité, réduire les pertes post-récolte et renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Le président Faye a tenu à saluer les efforts déployés par les acteurs locaux et les partenaires techniques et financiers, réaffirmant l’importance stratégique d’une agriculture moderne, résiliente et tournée vers les marchés.

Ce déplacement s’inscrit dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050, la stratégie nationale qui guide l’action publique en matière de développement durable. En se rendant personnellement sur les terres agricoles du Nord, Bassirou Diomaye Faye traduit en actes son engagement à bâtir une économie rurale inclusive, en mettant l’accent sur l’autonomisation des producteurs, l’accès équitable aux ressources, et la valorisation du potentiel agro-industriel des terroirs.

La visite à Diama symbolise également la volonté du président de rompre avec une gouvernance centralisée des projets de développement, en misant sur l’ancrage local, la concertation avec les communautés rurales et la responsabilisation des acteurs territoriaux. Le chef de l’État a promis de poursuivre cette logique de proximité et d’écoute tout au long de sa tournée nationale.

Partenariat énergétique Sénégal-Congo : Ousmane Sonko rassure après la suspension du contrat avec Socelec

La coopération énergétique entre le Sénégal et la République du Congo demeure sur de bons rails malgré la suspension du contrat récemment signé avec Socelec. C’est le message de fermeté et d’optimisme qu’a tenu à livrer le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue congolais, Anatole Collinet Makosso, tenu ce jeudi.

Le chef du gouvernement sénégalais s’est voulu rassurant sur l’avenir de ce partenariat stratégique, insistant sur la nature souveraine des décisions prises par le Congo concernant son secteur énergétique. « Sur la question de l’énergie, je considère que le Congo est un pays souverain qui a éprouvé le besoin à un moment donné d’aller vers une forme d’organisation de son secteur énergétique », a affirmé Ousmane Sonko.

Le contrat en question, signé en février dernier, liait la Socelec – filiale de la Senelec – à l’État congolais dans le cadre d’une convention d’affermage portant sur la distribution et la commercialisation de l’électricité à Brazzaville. Toutefois, en raison de certaines préoccupations internes, les autorités congolaises ont décidé de suspendre la mise en œuvre du contrat, provoquant un certain nombre d’interrogations dans les milieux économiques et diplomatiques.

Face à cela, Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position du Sénégal. « Il n’a pas été question ici d’annulation du marché. Il y a des préoccupations intérieures qui ont amené le gouvernement congolais à considérer qu’il fallait suspendre le temps de procéder à un certain nombre de réglages », a-t-il expliqué. Il s’est dit convaincu que le partenariat reprendra sous de meilleurs auspices, insistant sur la nécessité de renforcer les échanges économiques entre pays africains. « Je demeure convaincu que ce contrat sera parfait, que ce contrat sera validé, et que ce sera un bel exemple de ce que nous pouvons faire dans cette dynamique de coopération sud-sud, de coopération entre pays africains », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également critiqué la dépendance excessive à des partenaires extérieurs, tout en précisant que le recours à des entreprises étrangères n’est pas à exclure. « Souvent, nous avons à rougir de faire venir des entreprises qui viennent de très loin, ce qui n’est pas mauvais. Nous ne sommes pas hermétiques », a-t-il nuancé, soulignant l’importance de valoriser les expertises africaines dans les projets structurants.

Pour sa part, Anatole Collinet Makosso a expliqué que la suspension du contrat d’affermage s’inscrit dans une logique de rigueur administrative et de préparation de l’opinion publique. « La convention d’affermage a été suspendue. Oui, c’est le Premier ministre qui a pris la note. Suspendons la mise en œuvre du contrat d’affermage, le temps que nous puissions mettre au point les 48 mesures préalables qui ont été identifiées et que nous préparions l’opinion sur la nécessité de la réforme », a-t-il indiqué.

Ce report ne signifie donc pas une rupture mais une phase de transition, destinée à garantir une mise en œuvre optimale du contrat dans un environnement institutionnel mieux préparé. Les deux chefs de gouvernement ont affiché leur volonté commune de maintenir une coopération étroite, fondée sur la confiance, le respect mutuel et la vision partagée d’un développement endogène du continent.

La conférence internationale sur la Palestine reportée : le Président Diomaye Faye parmi les invités impactés

Prévue pour se tenir la semaine prochaine au siège des Nations unies à New York, la conférence internationale sur l’État de Palestine a été officiellement reportée. L’annonce a été faite ce vendredi 13 juin par le président français Emmanuel Macron, au cours d’une conférence de presse tenue à l’Élysée. Le report est motivé, selon le chef de l’État français, par des « raisons logistiques et sécuritaires », dans un contexte géopolitique marqué par une escalade des tensions au Moyen-Orient.

Parmi les chefs d’État invités à cette rencontre de haut niveau figurait le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Sa participation, attendue et symbolique, devait marquer l’engagement renouvelé du Sénégal en faveur de la cause palestinienne, dans la continuité d’une tradition diplomatique forte portée historiquement par Dakar au sein des instances internationales, notamment à travers son rôle au sein du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

Malgré le report, le président Macron a tenu à réaffirmer l’engagement de la France en faveur de la paix et de la solution à deux États. « Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États », a-t-il insisté. Il a également réitéré sa volonté de reconnaître officiellement l’État de Palestine, indépendamment du calendrier de la conférence, soulignant que cette reconnaissance constitue pour lui un impératif politique et moral.

Le climat régional, particulièrement tendu ces dernières semaines, semble avoir pesé lourd dans la balance. L’intensification des frappes israéliennes sur l’Iran et les craintes d’un embrasement généralisé ont compliqué les conditions d’organisation d’un tel événement à New York, où des chefs d’État, diplomates et représentants d’organisations internationales étaient attendus.

Emmanuel Macron a indiqué que la conférence « aura lieu au plus vite », sans toutefois fournir de date précise pour son report. Il a néanmoins précisé la vision de la France pour la région, affirmant qu’un « État palestinien démilitarisé est un préalable indispensable à l’intégration régionale d’Israël ». Une position qui rejoint les appels récurrents de plusieurs États membres des Nations unies en faveur d’une reconnaissance formelle et d’une solution politique durable.

Pour le Sénégal, ce report n’altère en rien la position constante en faveur de la Palestine. L’administration de Diomaye Faye, dans la lignée de ses prédécesseurs, devrait continuer à porter cette voix dans les cercles diplomatiques, en particulier à l’ONU, où Dakar reste un interlocuteur respecté sur les questions de paix, de sécurité et de droits des peuples.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°485 – 13/06/2025

🔴 PREMIÈRE VICTOIRE : SUSPENSION DE LA NOTIFICATION DE CESSATION DE PARUTION DU MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION À PUBLIC SN : QUE ÇA NE S’ENDORT PAS SUR SES LAURIERS !
🔴 CONFÉRENCE DE CINQUANTENAIRE : LA CEDEAO CHERCHE UN SECOND SOUFFLE À DAKAR

🔴 « COMMUNIQUÉ INTOLÉRABLE » DU JARAAF : LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA LSFP EXIGE DES EXCUSES
🔴 MERCATO / TRANSFERT AU QATAR : SABALY REJOINT AL-DUHAIL

Énergie : Ousmane Sonko réaffirme la volonté de partenariat entre la Senelec et le Congo malgré la suspension du contrat

Dans un contexte marqué par la suspension du contrat d’affermage entre la Senelec et l’État congolais, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position du Sénégal et à réaffirmer sa volonté de collaboration énergétique avec la République du Congo. Cette déclaration a été faite à l’occasion d’un point de presse conjoint tenu ce jeudi à Dakar, en présence de son homologue congolais, Anatole Collinet Makosso, en visite officielle au Sénégal.

Le chef du gouvernement sénégalais a d’abord salué les perspectives de coopération bilatérale, insistant sur l’importance de bâtir des relations solides et équitables entre États africains. Parmi les axes stratégiques évoqués, la question énergétique occupe une place centrale. Pour Ousmane Sonko, le Congo, en tant que pays souverain, est pleinement légitime à explorer les modèles qui conviennent le mieux à l’organisation de son secteur de l’électricité. Il estime que cette recherche de solutions structurées peut et doit se faire avec la contribution d’expertises africaines, notamment celle du Sénégal.

Revenant sur le contrat d’affermage signé en février dernier entre la Socelec, filiale de la Senelec, et l’État congolais, Ousmane Sonko a précisé qu’il n’a jamais été question d’une annulation pure et simple de l’accord. Il s’agit, selon lui, d’une suspension provisoire motivée par des considérations internes au Congo. Il évoque la nécessité pour le gouvernement congolais d’effectuer certains « réglages » afin de lever les réserves exprimées localement, notamment par les syndicats, les partenaires sociaux et d’autres acteurs de la société civile congolaise.

« Il n’a pas été question ici d’annulation du marché », a déclaré le Premier ministre sénégalais. « Il y a des préoccupations intérieures qui ont amené le gouvernement congolais à considérer qu’il fallait suspendre le temps de procéder à un certain nombre de réglages. » Il a tenu à se montrer confiant quant à l’issue de cette phase de suspension : « Je demeure convaincu que ce contrat sera parfait, que ce contrat sera validé, et que ce sera un bel exemple de ce que nous pouvons faire dans cette dynamique de coopération sud-sud, de coopération entre pays africains. »

Dans son propos, Ousmane Sonko a également dénoncé une tendance persistante dans les pays africains à recourir systématiquement à des entreprises étrangères venant de pays lointains, au détriment de partenariats régionaux et continentaux. S’il reconnaît que l’ouverture à ces entreprises n’est pas à rejeter, il plaide pour une priorité accordée à l’expertise africaine : « Souvent, nous avons à rougir de faire venir des entreprises qui viennent de très, très loin. Ce qui n’est pas mauvais. Nous ne sommes pas hermétiques. Mais il est important que nous apprenions à faire confiance à nos propres ressources. »

À travers cette sortie, le Premier ministre sénégalais cherche non seulement à apaiser les tensions nées de la suspension du contrat mais aussi à positionner le Sénégal comme un acteur crédible dans la coopération énergétique en Afrique. La Senelec, par l’intermédiaire de sa filiale Socelec, ambitionne en effet de s’exporter dans d’autres marchés du continent, en misant sur son expérience dans la gestion et la distribution de l’électricité.

Cette affaire, bien qu’elle ait momentanément ralenti l’élan initial, reste pour les deux parties un projet en cours, que les ajustements nécessaires pourraient renforcer plutôt qu’annuler. Elle pose aussi les jalons d’une réflexion plus large sur la souveraineté énergétique, la transparence des accords interétatiques, et la capacité des entreprises africaines à répondre aux besoins des pays du continent.

Affaire Socelec – Senelec : Le Premier ministre congolais confirme devant Ousmane Sonko la suspension du contrat d’affermage de l’électricité

Le partenariat énergétique entre le Sénégal et la République du Congo vient de subir un coup d’arrêt significatif. En visite officielle à Dakar depuis le 10 juin 2025, Anatole Collinet Makosso, Premier ministre du Congo-Brazzaville, a confirmé, devant son homologue sénégalais Ousmane Sonko, la suspension du contrat d’affermage signé entre l’État congolais et la Socelec, filiale de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec).

Ce contrat d’affermage, signé le 13 février 2025, portait sur la distribution et la commercialisation de l’électricité au Congo-Brazzaville pour une période de dix ans. Il avait été conclu entre Émile Ouosso, ministre congolais de l’Énergie et de l’Hydraulique, et Pape Mamadou Diop, directeur général de la Socelec. L’accord visait à structurer la gestion du secteur de l’électricité en s’appuyant sur l’expertise sénégalaise, dans un pays où les coupures d’électricité et les pertes techniques sont fréquentes.

Cependant, malgré la signature officielle, l’exécution du contrat n’a jamais réellement démarré. Lors de sa déclaration à Dakar, Anatole Collinet Makosso a expliqué que cette suspension répondait à un ensemble de pressions internes et à une absence de consensus autour du projet. « Nous avons confondu vitesse et précipitation », a-t-il admis, précisant que des voix discordantes s’étaient élevées dès les premiers instants du processus, notamment au sein des syndicats congolais, des partenaires sociaux, et dans les médias locaux.

Le Premier ministre congolais a révélé que le contrat, bien que signé, comportait plusieurs zones d’ombre et points non élucidés, qui ont alimenté les critiques. Il a indiqué que des inquiétudes sérieuses ont été soulevées sur le plan juridique, administratif et stratégique, obligeant les autorités à marquer une pause. « Ce n’est pas une remise en cause du partenariat sénégalais, mais une volonté de revoir certaines clauses fondamentales », a-t-il précisé.

Plusieurs griefs ont été formulés contre la Socelec, au cœur de cette controverse. D’abord, la société aurait commencé à mener des activités préliminaires sur le terrain avant même la finalisation complète de sa procédure de légalisation au Congo. Une démarche jugée hâtive par les autorités locales. Ensuite, les syndicats congolais ont exprimé leur désapprobation face à la composition du Conseil d’administration de la société : hormis un seul administrateur congolais, tous les autres membres sont sénégalais, y compris le président du Conseil d’administration et le directeur général. Une gouvernance perçue comme déséquilibrée, voire arrogante.

Autre point de crispation : l’absence de capital de démarrage réel pour les opérations. Des voix internes dénoncent le fait que la société serait sous-capitalisée alors que ses dirigeants sénégalais mèneraient un train de vie qualifié de « princier ». Cela jette le doute sur la capacité réelle de la Socelec à prendre en charge un service public aussi stratégique que celui de l’électricité.

Anatole Collinet Makosso a par ailleurs rappelé l’importance de la concertation préalable et de la sensibilisation des populations et des parties prenantes, soulignant qu’un « travail pédagogique insuffisant » a contribué à nourrir la méfiance générale. Cette situation rappelle, selon ses propres termes, « l’épisode de l’affaire Hydro-Québec », qui avait provoqué un tollé au sein de la société congolaise pour des raisons similaires.

Face à la complexité du dossier, le Premier ministre congolais a appelé à une renégociation des modalités d’opérationnalisation du contrat, en évoquant l’existence de 41 mesures préalables qui n’ont pas encore été exécutées ou validées. Il s’est montré ouvert à une poursuite du dialogue avec les autorités sénégalaises pour assainir les bases du partenariat et garantir une relance future, plus inclusive et transparente.

Pour le gouvernement sénégalais, et notamment pour la Senelec, cette suspension représente un revers dans sa stratégie d’expansion régionale, mais aussi un signal d’alerte sur la nécessité de mieux calibrer les projets de coopération à l’international. La filiale Socelec, conçue pour incarner le savoir-faire sénégalais dans le domaine de l’énergie, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat sur la souveraineté économique et la transparence contractuelle dans les pays africains.

Au-delà des considérations techniques, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la manière dont les États africains doivent bâtir des partenariats économiques solides, équilibrés et socialement acceptés. Si le contrat venait à être réactivé à l’issue des discussions à venir, il devra cette fois intégrer des mécanismes de gouvernance partagée, une communication plus claire et des engagements financiers précis, au risque de voir le projet sombrer définitivement dans l’impasse.

Premières pluies au Sénégal : le ministère de l’Hydraulique rassure sur la gestion des eaux pluviales

Avec l’arrivée progressive des premières pluies sur l’ensemble du territoire sénégalais, les autorités gouvernementales tiennent à rassurer les populations sur la capacité de réponse du système d’assainissement. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a indiqué que la majorité des ouvrages hydrauliques ont bien fonctionné, notamment dans les régions récemment touchées comme Kaffrine, Kaolack, Diourbel, ainsi que dans la ville sainte de Touba.

Le ministère rappelle que l’installation de l’hivernage suit les prévisions émises par le Centre régional Agrhymet, régulièrement mises à jour par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM). Après les premières précipitations enregistrées dans le Sud et l’Est du pays, c’est désormais la zone centre qui reçoit ses premières pluies. Une extension vers l’Ouest et le Nord est attendue dans les prochaines 72 heures, selon les dernières prévisions.

En dépit de quelques ralentissements notés dans des zones sensibles, le bilan est jugé satisfaisant par les autorités. Le communiqué précise que, dans les zones équipées, les eaux pluviales ont été évacuées dans des délais raisonnables, notamment dans les quartiers de Diouma Serigne Saliou et Darou Minane. Toutefois, certains points bas sans exutoire ont connu des accumulations d’eau temporaires, dues à la saturation des sols, à l’état d’instabilité post-saison sèche et à la poursuite de travaux d’assainissement en cours.

Face à ces défis, le ministère affirme que les équipes de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) sont entièrement mobilisées sur le terrain. Ces équipes interviennent activement, avec un parc matériel renforcé, pour assurer le drainage par pompage dans les zones critiques. En parallèle, des mesures correctives ont été enclenchées, incluant le renforcement des équipes techniques, l’accélération des chantiers en cours, le curage intensif des canaux, ainsi que la libération des voies d’eau.

Dr Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a réaffirmé l’engagement de son département à respecter les délais de livraison des travaux d’assainissement, fixés au 15 juillet. Il a insisté sur la nécessité de consolider la résilience des infrastructures face aux épisodes pluvieux à venir. Le ministre a également lancé un appel à la vigilance et à la responsabilité citoyenne, exhortant les populations à ne pas jeter de déchets dans les caniveaux, ce qui entrave gravement le bon écoulement des eaux.

La mobilisation communautaire est au cœur de la stratégie de prévention. Dr Dièye a invité les comités de quartiers, les associations de jeunes, les collectifs citoyens et les volontaires à s’impliquer activement dans des opérations de nettoiement, de sensibilisation et de veille de proximité. Il a également appelé à une collaboration étroite entre les populations, les collectivités locales et les structures étatiques.

Les dispositifs du Comité national de gestion des inondations sont, selon le ministère, en état d’alerte et prêts à intervenir en cas de phénomènes extrêmes, anticipés par les bulletins météorologiques. En conclusion, le ministère a réaffirmé que la sécurité des citoyens reste une priorité absolue, et que toutes les ressources disponibles seront mobilisées pour garantir un hivernage sans grandes perturbations.

Forum africain des systèmes alimentaires 2025 : Dakar accueille la 19ème édition du 30 août au 5 septembre

Le Sénégal s’apprête à accueillir un événement majeur du calendrier continental : la 19ème édition du Forum africain des systèmes alimentaires (AGRF), prévue à Dakar du 30 août au 5 septembre 2025. L’annonce a été faite ce mercredi 11 juin en Conseil des ministres par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a donné des instructions fermes pour garantir le succès de cette rencontre stratégique.

Le Chef de l’État a ainsi exhorté le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le ministre en charge de la Jeunesse, ainsi que le Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour une organisation sans faille de ce forum.

Le thème retenu pour cette édition est révélateur des ambitions du continent : « Jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires ». Un choix qui traduit la volonté des organisateurs de placer les jeunes au cœur de la révolution agroalimentaire africaine, en tant qu’acteurs clés de l’innovation et du changement.

Dans cette dynamique, le président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’accroître l’implication et la mobilisation des jeunes dans les secteurs de l’agriculture, de l’agro-industrie et de la souveraineté alimentaire. Il a également annoncé qu’il effectuera une visite économique et de travail dans la région de Saint-Louis les 12 et 13 juin 2025, pour échanger directement avec les producteurs et industriels du secteur agricole. Cette tournée s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation durable du système agricole national.

Par ailleurs, le président de la République a indiqué qu’il présidera, le 10 juillet 2025, le Conseil supérieur d’orientation agrosylvopastoral, une instance stratégique chargée de tracer les grandes lignes de la politique agricole et rurale du pays.

Le Forum africain des systèmes alimentaires, rendez-vous incontournable des décideurs, experts, chercheurs, entrepreneurs et acteurs agricoles du continent, représente une opportunité unique pour le Sénégal de renforcer son leadership en matière de sécurité alimentaire et d’innovation agricole.

Arrestations politiques : le juge Dème tire à boulets rouges sur la justice sénégalaise

Alors que plusieurs figures publiques – chroniqueurs, activistes et responsables politiques – ont récemment été arrêtées pour leurs prises de parole dans les médias ou pour offense au chef de l’État, la tension monte autour de la question des libertés publiques au Sénégal. Ces interpellations, largement perçues comme une atteinte à la liberté d’expression, suscitent une vague d’indignation dans les rangs de la société civile, des défenseurs des droits humains et de l’opposition politique.

Dans ce contexte, la réaction du magistrat Ibrahima Hamidou Dème, connu pour ses positions critiques sur le fonctionnement de la justice, ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), il a dénoncé une justice soumise au pouvoir exécutif, remettant en cause l’indépendance réelle des magistrats. « Comment la justice peut-elle devenir indépendante avec des magistrats qui se comportent toujours en préfets judiciaires, prêts à exécuter toutes les commandes de l’exécutif ? », a-t-il interrogé dans une publication qui fait grand bruit.

Ce coup de gueule intervient dans un climat déjà tendu, où les interpellations pour « délits d’opinion » se multiplient. Plusieurs organisations, dont Amnesty International Sénégal et la Raddho, ont récemment appelé à mettre fin à l’instrumentalisation de la justice et à garantir la liberté d’expression, pierre angulaire de tout régime démocratique.

PASTEF : mépris des lois ou incapacité à comprendre la Constitution ?

La question mérite d’être posée, tant les faits s’accumulent et dessinent une inquiétante tendance au sommet de l’État : le non-respect des lois ou une méconnaissance profonde des règles qui encadrent la République.

Le dernier épisode en date concerne l’arrêté pris par le ministère de la Communication, visant à interdire arbitrairement la parution de certains organes de presse. Une mesure qui a immédiatement suscité de vives critiques : nous avions rappelé que la liberté de création des médias est garantie par l’article 11 de la Constitution et qu’aucune autorisation préalable ne saurait être imposée par voie administrative.

La Cour suprême vient de confirmer cette lecture du droit en suspendant l’arrêté du ministère. Une décision salutaire, qui protège la liberté de la presse, mais qui ne doit pas faire oublier la gravité de la démarche initiale.

Car ce n’est pas un cas isolé.

Lors des débats autour de la loi d’amnistie, le gouvernement a une nouvelle fois montré une approche contestable du droit. Plusieurs juristes, constitutionnalistes et voix indépendantes avaient souligné les contradictions de ce texte avec les principes fondamentaux de la Constitution. Là encore, les mises en garde n’ont pas été entendues. Les députés de la majorité ont fini par voté une loi que le conseil constitutionnel a jugé par la suite contraire à la constitution.

Ce qui est en cause ici, c’est bien le respect de l’État de droit. Un État de droit ne vit pas seulement de quelques décisions judiciaires isolées : il exige que le pouvoir respecte en permanence le cadre légal, même et surtout lorsqu’il pense pouvoir imposer sa volonté.

Les citoyens doivent rester vigilants. Car l’histoire montre qu’une République ne bascule pas du jour au lendemain : elle s’érode par petites entorses, par habitudes prises au mépris du droit.

La décision de la Cour suprême rappelle que des garde-fous existent encore. Mais il revient à chacun de veiller à ce qu’ils restent solides. Et à ce que le respect de la Constitution ne devienne pas l’exception, mais bien la règle.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees

Examens 2025 : plus de 2 000 élèves sans extrait de naissance dans l’académie de Kolda

À l’approche des examens du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) et du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM), l’académie de Kolda fait face à une réalité alarmante : 2 080 candidats sont recensés sans extrait de naissance. L’information a été révélée ce jeudi 12 juin, lors du Comité Régional de Développement (CRD) consacré à la préparation des examens de fin d’année.

Dans le détail, 1 909 élèves inscrits au CFEE et 171 au BFEM se présenteront sans être officiellement enregistrés à l’état civil. Ces chiffres, bien qu’inquiétants, marquent une baisse significative par rapport à 2024, où 5 325 cas avaient été signalés. Un progrès qui reste cependant insuffisant pour les autorités éducatives locales, qui continuent de tirer la sonnette d’alarme.

Selon les précisions de l’inspecteur Touré, représentant de l’Inspection d’Académie, la majorité des enfants non déclarés au CFEE sont des filles : 1 062 contre 847 garçons. Pour le BFEM, 98 garçons et 73 filles composeront sans document d’état civil. Cette tendance rappelle que les inégalités d’accès à l’état civil touchent de manière différenciée selon le genre.

Malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les efforts conjoints de l’État, des collectivités locales et d’organisations partenaires pour améliorer l’enregistrement des naissances, le phénomène des « enfants sans identité » reste enraciné dans certaines zones rurales et périphériques. La pauvreté, l’analphabétisme, l’éloignement des services administratifs et la méconnaissance de la législation expliquent en partie cette persistance.

Un membre du CRD a rappelé que l’établissement de l’extrait de naissance n’est pas seulement un droit fondamental de l’enfant, mais également une condition essentielle à la poursuite de sa scolarité. Sans cet acte, un élève risque d’être bloqué à un moment clé de son parcours éducatif, voire d’être exclu du système.

Face à cette situation, les autorités régionales appellent à une mobilisation accrue des familles, des leaders communautaires et des élus locaux pour renforcer les actions de proximité. L’objectif : éradiquer durablement le phénomène des “enfants fantômes” et garantir à chaque enfant sénégalais une existence reconnue, aussi bien à l’école qu’à l’état civil.

Référé sur excès de pouvoir : le ministre de la Communication désavoué par la Cour suprême

Coup de théâtre dans l’affaire opposant le ministère de la Communication au média Public SN. La Cour suprême a ordonné ce jeudi la suspension de la notification de cessation de parution adressée au média dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Une décision symbolique et juridiquement lourde de conséquences.

L’information a été rendue publique par Me Abdou Dialy Kane, avocat de Public SN, qui a confirmé que le juge du référé a prononcé la suspension de l’arrêté ministériel contesté. La décision écrite du tribunal est attendue pour le début de la semaine prochaine, entre mardi et mercredi.

Un arrêté ministériel contesté et désormais suspendu

Pour rappel, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) avait pris, en avril dernier, un arrêté ordonnant la cessation de parution et de diffusion d’une dizaine de médias, jugés non conformes aux critères de reconnaissance officielle établis par ses services. L’acte, très critiqué, avait entraîné la fermeture immédiate de plusieurs entreprises de presse et le licenciement de dizaines de travailleurs.

Un premier recours en référé déposé par les avocats de Public SN avait été rejeté pour vice de forme. Cette fois, la requête fondée sur un excès de pouvoir a été jugée recevable. « Le droit a été dit », se félicite Me Kane.

Une victoire pour la liberté de la presse

La décision de la Cour suprême est interprétée comme un désaveu cinglant pour le ministère de la Communication, dont les actes – notamment les fameuses « listes officielles » de médias agréés – sont désormais frappés de caducité.

« C’est une victoire incontestable pour la liberté de la presse et pour l’État de droit », a réagi Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS). Il appelle les autorités à revoir en profondeur leur politique de régulation des médias et à privilégier le dialogue plutôt que la répression administrative.

Carburant au Sénégal : Thierno Alassane Sall interroge le gouvernement sur le maintien de prix élevés malgré un contexte favorable

Le député Thierno Alassane Sall a soulevé un débat sensible en adressant une question écrite au ministre des Énergies, du Pétrole et des Mines, dénonçant le maintien de prix élevés du carburant à la pompe au Sénégal. Dans une correspondance diffusée sur ses réseaux sociaux, l’ancien ministre s’interroge sur l’absence de révision tarifaire, alors que les conditions économiques internationales et régionales militent clairement en faveur d’une baisse.

Entre le 10 juin 2024 et le 9 juin 2025, le cours du baril de Brent, référence mondiale du pétrole brut, a chuté de plus de 18 %, passant de 81,96 à 67,13 dollars. Dans le même temps, le franc CFA s’est renforcé face au dollar américain, avec un taux de change passant de 607,396 à 574,435 FCFA pour un dollar, soit une amélioration de 5,43 %. Deux facteurs qui, selon Thierno Alassane Sall, devraient mécaniquement entraîner une réduction du coût des importations de carburants.

Pourtant, sur le marché national, les prix à la pompe restent figés. Le litre de super est toujours vendu à 990 FCFA, un niveau qui place le Sénégal en tête des pays les plus chers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso affichent un tarif de 855 FCFA, le Mali 775 FCFA, et le Niger — pays enclavé en crise politique — seulement 540 FCFA. Ce différentiel de prix, qui atteint jusqu’à 45 % avec le Niger, interroge d’autant plus que les importations de carburants dans ces pays passent souvent par le port de Dakar.

Thierno Alassane Sall, également ancien ministre de l’Énergie, s’étonne qu’un pays devenu producteur d’hydrocarbures ne parvienne pas à en faire bénéficier ses citoyens à travers une baisse tangible des prix à la pompe. Il souligne que cette situation constitue une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà affectés par l’inflation, tout en affaiblissant la compétitivité des entreprises sénégalaises. Les secteurs du transport, de l’agriculture, de la pêche ou encore de la logistique, fortement dépendants du carburant, en subissent les conséquences au quotidien.

Le parlementaire invite le gouvernement à s’expliquer de manière transparente sur les critères de fixation des prix à la pompe. Il appelle également à une révision urgente de cette politique, à l’aune des réalités économiques actuelles et du nouveau statut énergétique du Sénégal, désormais producteur de pétrole et de gaz. Cette interpellation relance le débat sur la gouvernance des ressources naturelles et l’impact direct qu’elle devrait avoir sur le bien-être des populations.

Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe
Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe
Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 11 JUIN 2025


Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 11 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations aux communautés musulmane et chrétienne du Sénégal, suite au bon déroulement dans la communion et la solidarité de la fête de Tabaski et de la Pentecôte marquées par le succès de la 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine. Il a magnifié l’exemplarité du dialogue interreligieux au Sénégal et demandé au Gouvernement de mobiliser les moyens adéquats en vue d’accompagner au mieux la modernisation des sites religieux ainsi que l’exercice du culte sur l’étendue du territoire national. Il a informé le Conseil de sa décision d’instituer chaque année une rencontre nationale avec les Guides religieux et Chefs coutumiers.

La bonne préparation de la campagne agricole et l’intensification des efforts de promotion de la souveraineté alimentaire du Sénégal constituent une priorité de l’action gouvernementale.
Le Chef de l’Etat a salué toutes les mesures hardies prises par le Gouvernement, depuis l’année dernière, pour améliorer les conditions de préparation, de déroulement et d’encadrement des campagnes de production agricole. Au regard de l’intensification de la pluviométrie dans plusieurs zones éco-géographiques du pays, il a demandé au Gouvernement, notamment au Ministre en charge de l’Agriculture et au Ministre en charge des Finances, d’accélérer les modalités de mise à disposition des semences, engrais et matériels agricoles sur l’étendue du territoire national. Il a souligné la nécessité d’impliquer davantage et de renforcer le rôle des coopératives agricoles communautaires dans le processus de mise en place du dispositif relatif à la campagne de production agricole. Le Président de la République a réitéré que la montée en puissance du programme national de reconstitution du capital semencier passe par une forte implication de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA), organisme scientifique de premier plan, dont les ressources financières et humaines, ainsi que les moyens techniques d’action doivent être significativement renforcés. L’évaluation de l’organisation et du fonctionnement des services techniques de conseil et d’encadrement agricole dudit institut s’impose également.

Le Président de la République a indiqué au Gouvernement la nécessité de développer les formations professionnelles liées aux métiers agricoles et d’envisager le renforcement des lycées agricoles ou des centres de formation aux métiers de l’agriculture à l’image de l’Ecole nationale supérieure d’Agriculture, socle de la formation d’ingénieurs agricoles. Par ailleurs, il a rappelé au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, l’urgence de développer un programme spécial de renforcement des aménagements agricoles et d’actualiser les lettres de mission de la Société nationale d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), de la Société de Développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) et de la Société de Développement et des Fibres textiles (SODEFITEX), en vue d’une meilleure planification des productions rizicoles, céréalières, cotonnières et des spéculations à haute valeur en termes de commercialisation et de consommation. Il a invité le Gouvernement à accentuer les efforts de relance et d’extension des Domaines agricoles communautaires, mais aussi des Agropoles dont l’implémentation effective dans les sites dédiés doit faire l’objet d’un suivi dans le cadre du monitoring de l’Agenda national de Transformation. Le Chef de l’Etat a, dans le même sillage, invité le Gouvernement à accentuer l’implication et la mobilisation des jeunes dans le développement de l’agriculture et la promotion de la souveraineté alimentaire. A cet égard, il a indiqué au Gouvernement, notamment au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, au Ministre en charge de la Jeunesse et au Secrétaire d’Etat aux
Coopératives et de l’Encadrement paysan, la nécessité de prendre toutes les dispositions pour une bonne organisation, à Dakar, du 30 août au 05 septembre 2025, de la 19ème édition du Forum africain des systèmes alimentaires sous le thème « Jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires ».

Afin de soutenir la transformation durable du système agricole national, le Président de la République a informé le Conseil qu’il effectuera, les 12 et 13 juin 2025, une visite économique et de travail dans la région de Saint Louis, à la rencontre des producteurs et industriels du secteur. Dans la même lancée, il présidera, le 10 juillet 2025, le Conseil supérieur d’orientation agrosylvopastoral.

Le Sénégal est un pays doté de plus de 700 kilomètres de côtes ouvertes sur l’océan atlantique et d’un potentiel maritime exceptionnel. Le Chef de l’Etat a, à cet égard, rappelé au Gouvernement l’urgence de finaliser la nouvelle politique maritime du Sénégal en impliquant l’ensemble des acteurs publics, privés et des populations des zones concernées. Il a indiqué au Premier Ministre, la nécessité d’accentuer le suivi de toutes les infrastructures maritimes et portuaires en service, en cours de réalisation ou en projet avec des partenaires bien identifiés.
Il a également demandé au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre de la stratégie de promotion de l’attractivité et de la compétitivité des ports publics et privés du Sénégal et de définir un cadre renforcé d’évaluation des performances des infrastructures maritimes et portuaires nationales. Par ailleurs, il a souligné l’impératif de renforcer le dispositif de coordination de l’action de l’Etat en mer avec la réalisation urgente d’infrastructures spécialisées sous le contrôle de la Haute Autorité chargée de la Coordination de la Sécurité maritime, de la Sûreté et de la Protection de l’Environnement marin (HASSMAR). Le Président de la République a demandé au Gouvernement de poursuivre les concertations régulières avec les acteurs de la pêche artisanale et ceux de la pêche industrielle ainsi que les scientifiques et chercheurs, en vue d’une maitrise stratégique des zones de pêche, de nos ressources halieutiques et fonds marins, dans le respect des lois et règlements et des conventions internationales en la matière. Au regard de l’acuité de la problématique de la pêche dans la vie nationale et de l’importance des sujets relatifs aux océans, dans l’agenda international, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité d’assurer le suivi de l’ensemble des questions relatives à la mer et au développement de l’économie bleue au Sénégal.

Le tourisme demeure un secteur moteur de la relance économique et de la création d’emplois dans les sites et zones dédiés. Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre du Tourisme et de l’Artisanat de finaliser, sous la supervision du Premier Ministre, avec la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO), l’actualisation des programmes d’aménagement de nouvelles zones touristiques, en vue d’impulser la relance du secteur avec l’implication des professionnels, investisseurs et acteurs concernés. Il a rappelé, l’urgence de la tenue d’une réunion interministérielle sur le tourisme, pour asseoir la mise en œuvre maitrisée de l’agenda de développement du secteur touristique.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera, du 17 au 19 juin 2025 à New York, à la Conférence sur la Palestine et prendra part, le 22 juin 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO.
Evoquant la question du renforcement des capacités dans la gestion de la commande publique, Monsieur le Premier Ministre, après avoir souligné les constats alarmants relevés dans le cadre de la relecture des contrats et conventions, notamment les cas de surfacturation et de graves violations des règles de passation de marchés, a mis l’accent sur l’importance des marchés publics comme moyens d’exécution des missions de l’Etat. C’est ainsi que le Premier Ministre a insisté sur la nécessité d’une formation complète des acteurs à toutes les étapes de la commande publique avec un dispositif de suivi-évaluation des connaissances dispensées.
Le Premier Ministre a retenu que désormais l’exécution correcte des règles relatives à la commande publique, de façon efficace, dans la transparence et dans les délais requis, constitue un critère de performance pour toute entité publique et tout manager public. Le Premier Ministre a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement de proposer, en rapport avec la Direction centrale des Marchés publics (DCMP) et l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), des termes de référence pour une formation en matière de commande publique avec un programme pertinent tenant compte de la préoccupation des acteurs. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Finances et du Budget de prendre toutes les dispositions pour mobiliser les crédits nécessaires à la prise en charge de cette formation.
Abordant la gestion des urgences hospitalières, le Premier Ministre a rappelé que le gouvernement accorde une priorité élevée à l’accès des populations aux soins d’urgence de qualité dans toutes les structures de santé. Il a aussi insisté sur l’attention toute particulière à accorder à l’amélioration de la qualité des services d’accueil d’urgence afin de donner un visage plus humain à la prise en charge des personnes en détresse. Aussi, a-t-il invité le Ministre de la Santé et de l’Action sociale à renforcer le dispositif du SAMU national et à travailler en parfaite synergie avec la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers et les autres structures publiques et privées évoluant dans le secteur.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– Le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur le suivi de l’exécution des travaux engagés en perspective des Jeux olympiques de la Jeunesse (JoJ) Dakar 2026 ;

– Le Ministre de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation de production de semences de prébase de céréales et de légumineuses pour la campagne agricole 2025-2026.

AU TITRES DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre de la Primature
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un diplôme d’état en médecine, est nommé Secrétaire exécutif du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN) en remplacement de Dr Aminata DIOP NDOYE.
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens
– Monsieur Laurent SINA, Consultant en système de management de la qualité, est nommé Directeur du Laboratoire National de référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (LNR-BTP), en remplacement de Monsieur Chérif BALDE. Au titre du Ministère des Finances et du Budget
– Madame Souadou DRAME, Economiste, matricule de solde n°619 499/J est nommée Directeur de la Programmation budgétaire, poste vacant.

– Monsieur Serigne Cheikh MBEGUERE, Conseiller en Planification, matricule de solde n°603 378/E, est nommé Directeur de l’Ordonnancement des Dépenses publiques en remplacement de Monsieur Samba FALL appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Boubacar CAMARA, Administrateur civil principal, matricule n°616
278/H est nommé Directeur de l’Administration et du Personnel de la Direction générale
du Budget, en remplacement de Monsieur Abdourakhmane BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
– Monsieur Baba TALL, Expert en logistique, est nommé Directeur du Consortium sénégalais d’activités maritimes (COSAMA), en remplacement du Commandant Mactar FALL.
Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un master en comptabilité et finances, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), en remplacement de Monsieur Mamadou Bamba NDIAYE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
– Monsieur Serigne Ahmadou Bamba SY, Ingénieur centralien, Expert en management des projets est nommé Secrétaire général du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en remplacement de Madame Fatou Bintou NDIAYE.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
– Monsieur Abasse Boubou NDIAYE, titulaire d’une licence en gestion de projets, est nommé Président du Conseil de Surveillance de l’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT) en remplacement de Monsieur Lakhbouss DIAKHATE.
Au titre du Ministère de l’Education nationale
– Monsieur Assane SOW, Professeur d’Enseignement secondaire, matricule de solde 644
051/J est nommé de Directeur l’Institut national d’Étude et d’Action pour le Développement (INEADE) en remplacement de Monsieur Alioune Badara Diop.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Arrestation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une dérive autoritaire

La détention de Moustapha Diakhaté pour offense au chef de l’État continue d’alimenter la controverse au Sénégal. L’ancien parlementaire, interpellé après avoir qualifié le protocole présidentiel de « Gougnafier », a reçu le soutien appuyé de Thierno Bocoum, président du mouvement Agir – Alliance générationnelle pour les intérêts de la République.

Réagissant sur les réseaux sociaux à la même photo qui a valu à Diakhaté ses démêlés judiciaires, Thierno Bocoum a critiqué avec virulence l’attitude des autorités. « Donc, selon nos apprentis dictateurs, il faudrait admirer les sourires et se taire ? », a-t-il lancé avec une pointe d’ironie, dénonçant ce qu’il perçoit comme une intolérance croissante à la critique dans l’espace public sénégalais.

L’opposant a poursuivi en interrogeant la légitimité des poursuites : « Une photo ne doit susciter que des éloges, jamais de réflexion ? ». À travers ce commentaire, il fustige une gouvernance qu’il juge obsédée par le contrôle de l’image présidentielle au détriment de la liberté d’expression.

Dans un ton plus direct, Thierno Bocoum a exigé la remise en liberté immédiate de l’ancien député. « Libérez Moustapha Diakhaté et cessez de vous ridiculiser », a-t-il écrit, estimant que l’emprisonnement pour des propos critiques n’a pas sa place dans une démocratie.

Il a conclu par une critique cinglante du pouvoir en place : « Vous êtes censés diriger un pays, pas fuir la critique ». Une déclaration qui s’inscrit dans une vague plus large d’indignation portée par plusieurs voix politiques et de la société civile, appelant à une révision du délit d’offense au chef de l’État, considéré par beaucoup comme un outil de musellement.

Seydi Gassama réclame la suppression du délit d’offense au chef de l’État

L’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et ex-député, pour offense au chef de l’État continue de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, s’est particulièrement démarquée. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), le défenseur des droits humains a lancé un appel vigoureux à l’abrogation de l’article 254 du Code pénal sénégalais, qui réprime ce qu’on appelle le « délit d’offense au chef de l’État ».

Pour Seydi Gassama, cette infraction relève d’un autre temps. Il la considère comme une atteinte à la liberté d’expression, incompatible avec les standards démocratiques modernes. « Le délit d’offense au chef de l’État (art. 254 du code pénal) doit être supprimé », a-t-il martelé, dénonçant une disposition qu’il juge à la fois archaïque et dangereuse pour la libre critique du pouvoir exécutif.

Plutôt que de maintenir ce régime d’exception, le militant propose une alternative inspirée du droit commun. « Le Président de la République pourra porter plainte s’il estime être diffamé, injurié ou outragé », a-t-il suggéré, estimant que les règles générales du droit pénal suffisent à protéger l’honneur du chef de l’État, comme tout autre citoyen.

Mais au-delà du principe même de cette infraction, Seydi Gassama s’inquiète également des peines encourues. « Les peines de prison pour ces infractions sont disproportionnées et doivent être abandonnées », a-t-il affirmé, s’opposant fermement à l’incarcération pour des délits d’opinion.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une crispation autour des libertés publiques, alors que l’affaire Moustapha Diakhaté est perçue par certains comme une tentative d’intimidation politique. L’ancien député, qui devra comparaître en flagrant délit le 18 juin prochain, est poursuivi pour avoir critiqué ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain par le président de la République.

Le débat relancé par Seydi Gassama pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre respect des institutions et liberté d’expression dans un État démocratique. Reste à savoir si les autorités sénégalaises saisiront cette occasion pour engager une réforme de la législation pénale dans un sens plus protecteur des droits fondamentaux.

Procès en diffamation contre Vicas et Delta : Dr Cheikh Dieng obtient la réouverture du dossier

Le procès opposant Dr Cheikh Dieng, ancien Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), aux entreprises Vicas et Delta connaît un nouveau rebondissement. Initialement jugé par défaut, Dr Dieng a obtenu du tribunal correctionnel de Dakar le report du délibéré qui était prévu le 28 mai 2025. Le dossier sera rouvert, et les débats reprendront le mardi 25 juin, offrant ainsi à l’ex-responsable public la possibilité de présenter sa défense.

À l’origine de ce contentieux, des accusations de diffamation et de propagation de fausses nouvelles formulées contre Dr Dieng, après des déclarations publiques visant les entreprises Vicas et Delta. Selon les informations rapportées ce mercredi par le journal Les Échos, le prévenu entend faire de cette nouvelle audience une tribune pour détailler les raisons qui l’ont poussé à s’exprimer publiquement sur ce qu’il considère comme des dérives graves dans la gestion des marchés de l’ONAS.

Dr Cheikh Dieng affirme que ses accusations sont fondées et s’inscrivent dans une logique de transparence. Il soutient que les sociétés plaignantes sont en réalité des instruments manipulés par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, qu’il accuse d’être à la manœuvre dans ce qu’il qualifie de « prédation organisée ». Il évoque un audit qui aurait mis en lumière des irrégularités financières d’un montant de 440 milliards de FCFA, document qui pourrait constituer un élément central de sa stratégie de défense.

Lors de la dernière audience, à laquelle il n’avait pas assisté, la partie civile avait demandé la condamnation de l’ancien directeur général à verser 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. Les avocats de Vicas et Delta avaient aussi sollicité la publication du jugement dans plusieurs organes de presse à titre de réparation morale. Le parquet, pour sa part, avait requis l’application stricte de la loi pénale à l’encontre de Dr Dieng.

La réouverture du procès intervient donc dans un contexte tendu, où les enjeux économiques se mêlent à des rivalités politiques. L’audience du 25 juin prochain s’annonce cruciale. Elle pourrait marquer un tournant dans cette affaire qui, au-delà du contentieux judiciaire, met en lumière des pratiques opaques dans la gestion de certains marchés publics au Sénégal.

Affaire Samuel Amète Sarr : Une requête pour annuler le renvoi en correctionnelle secoue le dossier West African Energy

Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant Samuel Amète Sarr, Directeur général de la société West African Energy (WAE), à Moustapha Ndiaye, ancien président du Conseil d’administration de la société. Les avocats de M. Sarr ont saisi la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar d’une requête aux fins d’annulation de l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle rendue le 2 juin dernier.

Cette procédure fait suite à une longue instruction ouverte pour des faits présumés d’abus de biens sociaux, sur dénonciation de Moustapha Ndiaye, actionnaire évincé de la société. Le dossier, particulièrement sensible en raison des enjeux énergétiques et financiers qu’il implique — notamment la mise en service récente d’une centrale électrique d’un coût de 283 milliards FCFA — est désormais au cœur d’un débat juridique intense sur le respect des droits de la défense.
Selon la requête déposée par les conseils de M. Sarr, les droits de la défense ont été « gravement violés » au cours de l’instruction. L’ordonnance de clôture, prise le 16 mai 2025, n’aurait pas respecté les délais légaux de communication du dossier aux avocats de la défense, comme le prévoit l’article 169 du Code de procédure pénale. Les conseils n’auraient reçu les récépissés de mise à disposition du dossier que le 19 mai, soit après la transmission du dossier au parquet.
Autre manquement invoqué : l’absence d’avis adressé à l’inculpé détenu, comme l’exige l’article 177 in fine du même code. Samuel Amète Sarr, incarcéré au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, n’aurait jamais été informé formellement de la clôture de l’instruction.
Les avocats du dirigeant contestent également la base factuelle de l’ordonnance de renvoi. Ils reprochent au juge d’instruction d’avoir fondé ses conclusions sur un rapport du cabinet Mazars, obtenu dans le cadre d’une « procédure convenue » à l’initiative du plaignant, sans validation de la société WAE. Ce type de rapport, selon les textes comptables et juridiques, n’a pas valeur d’audit ni de vérification indépendante.
À l’inverse, une expertise judiciaire commandée par le juge lui-même — et menée par l’expert Alioune Touré — aurait conclu à l’absence de tout préjudice financier pour la société. Ledit rapport relève même que M. Sarr, principal développeur du projet de centrale, n’a jamais perçu de salaire alors qu’une rémunération de 10 millions FCFA par mois était prévue.
Estimant que le magistrat instructeur a « instruit exclusivement à charge », les avocats demandent non seulement l’annulation de l’ordonnance de clôture et du renvoi, mais aussi que la Chambre d’accusation évoque l’affaire et ordonne un supplément d’information.
Une telle démarche, encadrée par l’article 199 alinéa 3 du Code de procédure pénale, permettrait selon eux de restaurer l’équilibre procédural dans un dossier où les enjeux judiciaires se croisent avec des intérêts économiques majeurs : la centrale construite par WAE, d’une capacité de 366 mégawatts, injecte déjà 127 MW dans le réseau de la SENELEC depuis le 5 mai 2025.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°483 – 11/06/2025

🔴 REQUÊTE AUX FINS D’ANNULATION D’UNE ORDONNANCE DE RENVOI EN POLICE CORRECTIONNELLE ET D’ÉVOCATION : LES AVOCATS CONTESTENT
🔴 HAUSSE DE 0,3% DE L’INDICE HARMONISÉ DES PRIX À LA CONSOMMATION : UNE INFLATION MAÎTRISÉE !

🔴 MATCH AMICAL SÉNÉGAL VS ANGLETERRE : VICTOIRE ÉCLATANTE DES « LIONS » (3-1)

Thierno Alassane Sall dénonce une « traque politique » et critique les reniements de Pastef

Dans une récente publication sur le réseau social X, Thierno Alassane Sall, député et président du parti La République des Valeurs, a vivement dénoncé la gestion sécuritaire et judiciaire du régime actuel. Selon lui, au lieu de répondre aux préoccupations majeures des citoyens, notamment en matière d’insécurité, le pouvoir préfère s’acharner sur les opposants politiques.

« L’insécurité est la hantise des populations, les braquages se multiplient, mais le pouvoir s’illustre dans la traque de celles et ceux qui ne pensent pas comme lui », écrit-il avec amertume. Thierno Alassane Sall dénonce une instrumentalisation flagrante de la justice et des institutions répressives, évoquant une année marquée par un nombre record de convocations et d’emprisonnements pour des propos qualifiés d’offensants. Il souligne l’ironie de la situation, venant d’un groupe politique — allusion claire à Pastef — qui s’est lui-même illustré par l’insulte, la calomnie et l’intimidation comme armes politiques, ce qui selon lui « frise le ridicule ».

L’élu n’épargne pas Pastef, dont il critique les contradictions et les reniements. Le parti, qui avait promis la suppression du délit d’offense au chef de l’État, est selon lui loin d’avoir tenu cet engagement. Pire encore, Thierno Alassane Sall reproche à Pastef et à ses députés d’avoir justifié l’amnistie de présumés criminels liés à des événements violents en invoquant les libertés publiques, tout en se montrant eux-mêmes très intolérants à toute critique ne flattant pas leur position.

Pour conclure, il affirme que Moustapha Diakhaté, récemment convoqué et placé en garde à vue, s’ajoute à la liste des « prisonniers politiques », illustrant selon lui l’usage abusif de la justice pour réprimer l’opposition et museler la liberté d’expression dans le pays.

Convocation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une « violation flagrante de la Constitution sénégalaise »

La convocation de Moustapha Diakhaté par la Division des investigations criminelles (DIC) continue de susciter une vague d’indignation dans la classe politique sénégalaise. Thierno Bocoum, président du mouvement Agir et ancien député, a vivement réagi sur sa page Facebook, dénonçant une « violation flagrante de la Constitution » et une atteinte grave à la liberté d’expression au Sénégal.

Dans une publication virulente, l’opposant a souligné que cette convocation marque un tournant inquiétant pour le régime en place. Selon lui, elle ne s’inscrit pas dans une simple démarche administrative, mais révèle une volonté manifeste de réprimer les opinions divergentes. Bocoum invoque explicitement la Constitution sénégalaise, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (article 9), ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 19), pour rappeler que la liberté d’expression est un droit fondamental garanti tant par le droit national que par les conventions internationales auxquelles le Sénégal est partie.

Il estime que rien, dans une République digne de ce nom, ne justifie qu’un citoyen soit inquiété pour avoir exprimé ses opinions, aussi critiques soient-elles, dès lors qu’elles ne constituent pas des appels à la haine ou à la violence. Pour lui, l’État sénégalais répond désormais aux critiques non pas par des réformes, mais par l’intimidation et la répression.

Thierno Bocoum n’a pas épargné le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’avoir renié les principes qu’il incarnait autrefois. « Le Premier ministre, au lieu d’incarner une rupture avec les dérives du passé, s’est tristement mué en effaceur d’opinions, en l’assumant devant l’hémicycle, là où le pays attendait de lui un bâtisseur d’avenir », écrit-il.

Dans une formule lourde de sens, l’opposant affirme que ce n’est pas Moustapha Diakhaté qui est véritablement visé, mais bien la liberté d’expression dans son ensemble. Il accuse le pouvoir de faire preuve de nervosité, de fébrilité, et d’instrumentaliser les institutions judiciaires pour « traquer les mots, surveiller les esprits et réprimer la pensée ». Selon lui, la justice ne doit jamais être utilisée comme un outil politique, mais rester garante des droits et des libertés fondamentales.

La publication se conclut sur un appel clair : « Relâchez Moustapha Diakhaté et l’ensemble des détenus politiques injustement pris en otage… ». Une déclaration qui vient s’ajouter aux nombreuses voix qui réclament une justice indépendante et respectueuse des droits civils au Sénégal, dans un climat politique de plus en plus tendu.

Affaire ANAMO : Maodo Malick Mbaye dément toute arrestation et confirme sa convocation du 23 juin

Maodo Malick Mbaye, ancien Directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), a formellement démenti l’information selon laquelle il aurait été arrêté à Thiès puis relâché. Cette rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux et reprise par certains organes de presse, est qualifiée de « totalement fausse » par l’intéressé lui-même.

Dans une déclaration intitulée « De Rabat, une volonté manifeste de répondre à la justice sénégalaise », M. Mbaye a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité. Il y explique qu’avant même de quitter Rabat, au Maroc, où il dit avoir des engagements internationaux, il a pris l’initiative de se signaler volontairement auprès du greffe du juge d’instruction du 3ᵉ cabinet du Pool Judiciaire Financier (PJF), dans le cadre de l’enquête portant sur sa gestion à la tête de l’ANAMO.

Il précise que l’enquête en question a été ouverte durant son absence du territoire national et qu’il a tenu à montrer sa disponibilité en informant officiellement la justice de son retour prochain à Dakar. « Contrairement aux fausses informations évoquant mon arrestation à Thiès, je tiens à informer que je me suis volontairement signalé au Greffe du juge d’instruction pour manifester ma disponibilité d’être entendu une fois à Dakar », a-t-il écrit.

Maodo Malick Mbaye a également justifié les raisons de son retour au Sénégal. Selon lui, il s’agit d’une part de répondre à une convocation judiciaire fixée au lundi 23 juin 2025 à 11h, et d’autre part de passer la fête de la Tabaski auprès de sa famille.

L’ancien responsable de l’ANAMO affirme par ailleurs être pleinement disposé à ce que toute la lumière soit faite sur les faits qui lui sont reprochés. Il se dit serein et confiant dans le processus judiciaire en cours, réaffirmant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice sénégalaise.

Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures engagées par le Pool judiciaire financier visant plusieurs anciens dignitaires de l’ancien régime, dans le cadre de la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques.

Santé : And Gueusseum déclenche son premier plan d’action ce vendredi

L’Alliance des syndicats autonomes de la Santé (Asas/And Gueusseum) a décidé de passer à l’offensive dans le bras de fer qui l’oppose au gouvernement. Dans un communiqué transmis à la presse, le collectif syndical annonce la mise en œuvre de son premier plan d’action à compter de ce vendredi 13 juin 2025. Cette journée marquera le début d’une série d’activités symboliques et de mobilisation syndicale, sur fond de désaccord persistant avec le ministère de la Fonction publique.

Le vendredi matin, une cérémonie de prières et de recueillement est prévue au cimetière musulman de Yoff, à Dakar, en hommage à Sidya Ndiaye, figure historique du mouvement syndical dans le secteur de la santé et membre fondateur d’And Gueusseum. Cette première étape se veut à la fois un moment de mémoire et une source de motivation pour les militants du syndicat.

Parallèlement, des assemblées seront tenues dans plusieurs régions du pays. Ces rencontres visent à informer les bases syndicales sur l’état des négociations avec les autorités et à renforcer la cohésion autour des revendications portées par la coalition. Ces mobilisations régionales s’inscrivent dans une logique d’alerte sociale, sans pour autant perturber immédiatement le fonctionnement des structures sanitaires.

Dans l’après-midi, une conférence de presse aura lieu pour exposer les griefs du syndicat et expliquer les raisons du lancement de cette phase de lutte. Selon les responsables d’And Gueusseum, le ministre de la Fonction publique fait preuve de mauvaise foi en refusant d’engager un véritable dialogue sur l’application des accords résiduels signés entre les deux parties. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme des manœuvres dilatoires destinées à retarder l’effectivité des engagements pris par l’État.

La tension monte dans le secteur de la santé, alors que les syndicalistes affirment avoir suffisamment patienté. Le plan d’action annoncé ce vendredi pourrait évoluer dans les jours à venir si le gouvernement ne réagit pas. Pour And Gueusseum, le signal est clair : il s’agit d’un avertissement. Mais si aucun geste n’est fait, la coalition se dit prête à passer à une phase de lutte plus radicale, avec des conséquences qui pourraient affecter les services hospitaliers à l’échelle nationale.

Fonds Covid-19 : Sophie Gladima attendue ce mercredi devant la Haute Cour de justice

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, comparaîtra ce mercredi 11 juin devant la Haute Cour de justice, pour une nouvelle audition dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. L’information a été révélée par Les Échos, qui précise que l’ex-ministre sera extraite de prison pour l’occasion.

Poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de ces chefs, Sophie Gladima est accusée d’avoir participé à des irrégularités financières portant sur un montant de 193,07 millions de francs CFA. Cette somme représente une partie du milliard de francs CFA alloué à son département dans le cadre du programme « Force Covid-19 ».

Selon le rapport de la Cour des comptes, plusieurs anomalies ont été relevées dans l’exécution des projets financés par ces fonds, notamment dans la gestion du chantier de construction d’un centre de gravimétrie à Kédougou. L’audit évoque des dépenses sans justification suffisante, des prestations non exécutées, et des procédures de passation de marché non conformes.

Sophie Gladima, première des cinq anciens ministres inculpés à avoir été placée sous mandat de dépôt, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme que l’ensemble des projets a été exécuté dans le respect des règles, et qu’elle n’a bénéficié d’aucun avantage personnel dans le cadre de la gestion de ces fonds.

Mais la tâche s’annonce difficile pour convaincre la commission d’instruction. En effet, l’accusation s’appuie notamment sur les déclarations de son ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Alassane Diallo, actuellement en fuite. Ce dernier, cité dans le rapport comme l’un des principaux gestionnaires du budget incriminé, aurait livré des éléments compromettants avant de disparaître.

Dans ce dossier, plusieurs autres ex-membres du gouvernement Macky Sall font également l’objet de poursuites. Ndèye Saly Diop Dieng a été placée sous contrôle judiciaire, Ismaila Madior Fall porte un bracelet électronique, tandis que Moustapha Diop et Mansour Faye sont, eux aussi, en détention. Cette série de poursuites judiciaires illustre la volonté des autorités de faire la lumière sur l’usage des fonds publics alloués en pleine crise sanitaire.

L’audition de Sophie Gladima devant la Haute Cour de justice devrait donc constituer un moment clé dans cette procédure inédite, qui mobilise l’attention de l’opinion publique, des institutions, et des observateurs du système judiciaire sénégalais.

Affaire Ismaila Madior Fall : les accusateurs remis en liberté sous contrôle judiciaire, l’enquête se poursuit

L’affaire de corruption présumée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, connaît un nouveau tournant avec la libération sous contrôle judiciaire des deux principaux accusateurs. Il s’agit de Cheikh Guèye, gérant de la société Technologie Consulting Service (TCS), et de Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des constructions au ministère de la Justice.

Selon les informations relayées par le quotidien Les Échos dans sa parution de ce mardi, les deux hommes, inculpés et placés sous mandat de dépôt depuis le 19 mai dernier, ont été remis en liberté. Toutefois, ils demeurent sous contrôle judiciaire strict, assorti du port obligatoire d’un bracelet électronique, signe que la justice reste prudente dans le traitement de ce dossier explosif.

L’affaire remonte à plusieurs mois et concerne une série d’accusations graves liées à la gestion d’un projet foncier autour du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye. Cheikh Guèye avait publiquement mis en cause Ismaila Madior Fall, l’accusant d’avoir été impliqué dans un montage frauduleux destiné à détourner des deniers publics à travers des surfacturations et des transactions foncières douteuses.

À la suite de ces révélations, une enquête a été ouverte, et les investigations ont conduit à l’inculpation de Cheikh Guèye et de Mohamed Anas El Bachir Wane. Les charges qui pèsent contre eux sont lourdes : association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, faux et usage de faux, ainsi que corruption. Leur mise en détention provisoire avait suscité de nombreuses réactions, certains y voyant une tentative de faire taire des lanceurs d’alerte, d’autres estimant que la justice devait faire la lumière sur l’ensemble du dossier, quel qu’en soit le coût politique.

La décision de les placer sous contrôle judiciaire relance le débat. Elle indique que les juges d’instruction souhaitent poursuivre les investigations dans un climat apaisé, tout en gardant un œil sur les principaux protagonistes de l’affaire. La présence du bracelet électronique témoigne de la sensibilité du dossier et des risques d’entrave à la procédure.

De son côté, Ismaila Madior Fall, qui n’a pas été formellement inculpé, continue de nier toute implication dans une quelconque affaire de corruption. L’ancien garde des Sceaux, aujourd’hui en retrait de la scène politique, n’a jusque-là pas été entendu par la justice dans le cadre de cette procédure.

Alors que l’opinion publique suit l’affaire de près, notamment en raison du profil des personnalités concernées et des implications potentielles pour la gouvernance publique, les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir judiciaire des deux accusateurs et pour l’éventuelle mise en cause d’autres responsables.

Ce dossier, qui touche le cœur même du système judiciaire, soulève une nouvelle fois la question de la transparence dans la gestion des marchés publics et de la reddition des comptes dans les sphères de décision.

Quitter la version mobile