Mboro-sur-Mer : Un violent accident fait 6 morts et 9 blessés

Un drame s’est produit ce mardi à Mboro-sur-Mer, dans la région de Thiès, à proximité immédiate du centre de formation CIFOP. Une collision particulièrement violente impliquant trois véhicules a causé la mort de six personnes, selon un bilan encore provisoire.

L’un des véhicules en cause transportait dix passagers, soit bien au-delà des sept places autorisées, selon les premières informations relayées par le journaliste Ayoba Faye. Cette surcharge pourrait avoir contribué à la gravité de l’accident, même si les circonstances précises restent encore à déterminer.

Neuf blessés ont été recensés sur place, dont plusieurs seraient dans un état critique. La gendarmerie, arrivée rapidement sur les lieux, a entamé les premières constatations. Une ambulance a pu intervenir dans les minutes suivant le drame, en attendant le renfort des sapeurs-pompiers de Tivaouane.

La violence du choc et le nombre élevé de victimes ont semé l’émoi dans la localité de Mboro, déjà confrontée à de nombreuses préoccupations en matière de sécurité routière. Cet accident relance le débat sur le respect des normes de transport et la vétusté de certains véhicules en circulation.

Les autorités locales devraient prochainement communiquer un bilan définitif, ainsi que les résultats des premières investigations sur les causes de ce drame.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°482 – 10/06/2025

🔴 CÉLÉBRATION DE LA TABASKI LE MÊME JOUR À TOUBA, MÉDINA BAYE, TIVAOUANE, YOFF DIAMALAYE, GRANDE MOSQUÉE DE DAKAR, ETC : UNISSON DE LA FOI DANS LES VILLES SAINTES
🔴 137E PÈLERINAGE MARIAL DE POPENGUINE : LA MAURITANIE, INVITÉE D’HONNEUR

🔴 MATCH AMICAL : LE SÉNÉGAL À L’ASSAUT DE L’ANGLETERRE

Pénalisation de la liberté d’expression : Moustapha Diakhaté convoqué à la DIC pour ses déclarations dans la presse

Moustapha Diakhaté, ancien ministre conseiller et figure bien connue de la scène politique sénégalaise, a annoncé avoir reçu une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC) à la suite de propos tenus dans la presse. Cette nouvelle convocation, qu’il relie à ses prises de position publiques, relance le débat sur la liberté d’expression et les méthodes de traitement des voix dissidentes au Sénégal.

Selon ses propres mots, Diakhaté a été contacté par téléphone, le vendredi 6 juin 2025 à 10 heures 37 minutes, par un fonctionnaire de police qui lui demandait de se présenter à la DIC le même jour à 15 heures. L’ancien député a alors exigé une convocation écrite et des précisions sur les motifs exacts de cette demande. Faute de réponse, et après avoir attendu jusqu’à 15 heures 40 minutes, il a choisi d’honorer un autre engagement de longue date.

Ce n’est que trois jours plus tard, le lundi 9 juin à 17 heures 35 minutes, que le délégué de quartier lui a remis la convocation officielle, lui demandant de se présenter à la DIC le mardi 10 juin à 10 heures. Tout en rappelant son attachement au respect des lois de la République, Moustapha Diakhaté a confirmé qu’il répondrait présent à cette convocation.

Mais au-delà des faits, c’est le ton du message de Diakhaté qui frappe. Dans une déclaration largement partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce une politique d’« épuration » orchestrée, selon lui, par le parti Pastef au pouvoir. Il qualifie ce dernier de « premier parti fasciste africain » et accuse l’État dirigé par le président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko de vouloir « faire disparaître toute vraie opposition, toute presse libre, tout État de droit et toute démocratie pluraliste ».

Moustapha Diakhaté affirme que le régime actuel cherche à s’arroger le monopole de l’espace politique sénégalais, dans une logique d’élimination systématique de toute contestation. Il en appelle à un sursaut démocratique, rappelant la leçon de l’histoire européenne et citant les mises en garde de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel à propos de la fragilité des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie. Diakhaté met en garde contre une possible dérive autoritaire du Sénégal, en comparant les dynamiques actuelles à celles qui ont précédé l’instauration des régimes fascistes en Allemagne et en Italie au XXe siècle.

Pour lui, le combat pour les libertés et la démocratie ne saurait être suspendu sous la pression de convocations policières ou de procédures judiciaires. Il affirme, dans un ton résolument combatif, qu’aucune convocation ni condamnation ne l’empêchera de poursuivre sa lutte contre ce qu’il appelle le « pouvoir fasciste, anti-Sénégal, traître à la nation ». Il conclut sa déclaration par une citation de Noam Chomsky, soulignant que les droits ne sont pas accordés mais conquis par la lutte.

Cette sortie médiatique musclée intervient dans un climat politique tendu, marqué par des tensions entre le pouvoir et plusieurs figures de l’opposition, mais aussi par une sensibilité accrue autour de la gestion de la parole publique et des réseaux sociaux. Reste à savoir si cette convocation débouchera sur des poursuites, ou si elle s’inscrit dans une série d’interrogations politiques sur les limites de la liberté d’expression dans le Sénégal post-alternance.

Le pèlerinage de Popenguine est “un creuset du dialogue interreligieux”, selon Jean-Baptiste Tine

Le pèlerinage marial de Popenguine demeure un symbole vivant du vivre-ensemble, du dialogue interreligieux et de la paix, a affirmé ce lundi Jean-Baptiste Tine, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. S’exprimant lors de la cérémonie officielle de la 137e édition, le ministre a souligné que cet événement religieux est sans conteste une source d’inspiration pour bâtir une nation sénégalaise forte et unie, ancrée dans des valeurs de tolérance et d’harmonie.

Jean-Baptiste Tine a profité de l’occasion pour saluer l’engagement constant de l’Église catholique dans le développement du pays, particulièrement dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’encadrement de la jeunesse, ainsi que du soutien aux femmes et aux personnes vulnérables. Il a qualifié cette contribution d’essentielle et hautement appréciée par la République.

Il a également rappelé que cette édition du pèlerinage intervient au lendemain du dialogue national sur le système politique, organisé du 28 mai au 4 juin. Dans ce contexte, il a magnifié la posture sage et constante de l’Église, toujours en faveur de la justice, de la paix et de la démocratie. Pour le ministre, il est impératif de poursuivre cette dynamique de stabilité par la prière et l’engagement citoyen.

S’engageant au nom du gouvernement, Jean-Baptiste Tine a réitéré la volonté ferme de l’État d’achever dans les meilleurs délais les travaux de rénovation, d’extension et de modernisation du sanctuaire marial de Popenguine. Il a estimé que cette œuvre participe à renforcer l’ancrage spirituel du pays et à pérenniser ce rendez-vous annuel qui lie l’Église et la République.

Le thème choisi cette année, “Marie, Mère de l’Espérance, marche avec nous”, a été jugé porteur d’un message fort. Il invite chacun à prendre conscience de ses responsabilités individuelles et collectives pour maintenir l’espérance vivante dans un monde traversé par des mutations profondes.

Enfin, Jean-Baptiste Tine a rappelé que ce pèlerinage, qui coïncide avec la célébration de la Pentecôte, marquant la descente de l’Esprit-Saint sur les apôtres de Jésus, est aussi une occasion pour l’Église du Sénégal d’honorer la Vierge Marie. Il constitue un moment privilégié pour implorer, par son intercession, des grâces et des bénédictions divines en faveur de la paix et du salut du monde. Le ministre a conclu en saluant la cohabitation pacifique et légendaire des communautés religieuses du Sénégal, notamment à travers le dialogue islamo-chrétien, qu’il a qualifié de précieuse exception dans un monde de plus en plus confronté à l’intolérance et à l’extrémisme.

Tabaski 2025 : le Sénégal dépasse ses besoins en moutons avec un taux de couverture de 114 %

À l’occasion de l’Aïd El-Kébir 2025, le Sénégal a enregistré une performance inédite dans la gestion de l’approvisionnement en moutons. Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a annoncé que les besoins nationaux ont été couverts à 114 %, saluant une mobilisation exemplaire des acteurs de la filière.

« Le marché a été extrêmement bien ravitaillé, avec un taux de couverture dépassant les attentes », a déclaré le ministre, samedi, après la prière de l’Aïd célébrée à la mosquée Massalikoul Jinaan, à Dakar. Cette abondance résulte d’une stratégie de coordination rigoureuse, déployée à travers 296 marchés à bétail répartis sur l’ensemble du territoire.

Le ministre a souligné que l’effort a particulièrement bénéficié aux ménages les plus modestes, qui ont pu accéder plus facilement à un mouton, grâce à une meilleure régulation de l’offre et une relative stabilité des prix.

Cette réussite, selon Mabouba Diagne, s’explique aussi par l’appui direct des plus hautes autorités : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont soutenu les éleveurs en distribuant 2 570 tonnes d’aliments pour bétail, facilitant ainsi la préparation et l’acheminement du cheptel vers les zones de consommation.

Au sortir de la prière, le ministre a formulé des vœux de paix, de prospérité et de cohésion nationale, appelant les Sénégalais à préserver « l’esprit de solidarité et de fraternité » qui a marqué cette fête. « Continuons de prier pour la stabilité de notre pays et pour le pardon divin », a-t-il conclu.

Avec cette Tabaski réussie sur le plan logistique, le gouvernement confirme sa volonté d’assurer une souveraineté alimentaire progressive et un soutien concret aux producteurs locaux, en droite ligne avec les priorités affichées du nouveau régime.

Tabaski 2025 à Massalikoul Djinane : Pape Djibril Fall appelle à « une vraie politique agricole » et à la prévention des inondations

À l’occasion de la prière de la Tabaski célébrée ce dimanche à la grande mosquée Massalikoul Djinane, le député Pape Djibril Fall a livré un message empreint de spiritualité, de lucidité sociale et de conviction politique. À la fois remerciement au Tout-Puissant et interpellation des décideurs publics, son discours a résonné comme un plaidoyer pour un Sénégal plus solidaire, plus prévoyant et mieux gouverné.

Dans une première partie de son allocution, l’élu a exprimé sa gratitude envers Dieu pour la grâce de la célébration de l’Aïd el-Kébir. Il a salué le sermon de Serigne Moustapha Ibn Serigne Abdou Khadra, qu’il a résumé autour des valeurs fondamentales de l’islam : la reconnaissance divine, le respect mutuel et la cohésion sociale.

Pape Djibril Fall a insisté sur l’urgence de préserver ces valeurs dans un contexte de crise sociale et identitaire, selon lui de plus en plus palpable dans le pays.

Le député a profité de cette tribune pour interpeller directement le gouvernement sur deux priorités : la gestion des inondations à venir et la réforme de la politique agricole.

« Il est temps de passer d’une campagne agricole à une vraie politique agricole », a-t-il martelé, pointant du doigt l’insuffisance des approches actuelles face aux défis structurels de la souveraineté alimentaire. Pour lui, l’agriculture doit cesser d’être un slogan saisonnier pour devenir un pilier stratégique du développement national.

Sur la question des inondations, il a lancé un appel à la prévoyance et à l’action rapide : « Il faut se projeter et mieux protéger les populations », a-t-il exhorté, rappelant les drames récurrents vécus chaque saison des pluies.

En conclusion, Pape Djibril Fall a prié pour un Sénégal uni, stable et prospère, invitant chaque citoyen, chaque responsable et chaque institution à agir avec responsabilité et solidarité, dans l’esprit de la Tabaski.

Tabaski 2025 : Bougane Gueye Dany fustige le ministre de l’Économie – « Le Sénégal étouffe et lui dort »

À l’occasion de la célébration de la Tabaski, Bougane Gueye Dany a profité de la tribune offerte par la fête religieuse pour adresser de sévères critiques au ministre de l’Économie. Le leader du mouvement Guem Sa Bopp a dénoncé ce qu’il qualifie d’inaction face à la crise économique qui secoue le pays, n’épargnant ni la flambée des prix ni la précarisation croissante des populations.

« Le Sénégal ne traverse pas une crise politique, mais bien une crise économique grave. Et c’est au ministre de l’Économie de se lever, mais lui, il dort », a-t-il lancé d’un ton sec, exprimant son exaspération face à ce qu’il perçoit comme un manque de réactivité du gouvernement.

Bougane Gueye Dany n’a pas mâché ses mots en décrivant la dure réalité que vivent de nombreuses familles sénégalaises : « Observez cette Tabaski ! Beaucoup ont souffert comme jamais. Les familles peinent à acheter un mouton, et pendant ce temps, les responsables restent sourds et aveugles. »

Dans une attaque frontale contre le ministre de l’Économie, il a déclaré : « Ce ministre est inutile s’il ne comprend pas l’urgence de relancer l’économie réelle. Les commerçants, les artisans, les vendeurs ambulants ont besoin de souffle, pas de chiffres froids élaborés dans des bureaux climatisés. »

Poursuivant sa charge, Bougane a mis en doute les compétences du ministre en poste :
« Ce que le Sénégal attend aujourd’hui, ce n’est pas un projet théorique, mais une réaction immédiate. Ce n’est pas au ministre des Finances de porter le fardeau seul. Si celui de l’Économie n’est pas à la hauteur, qu’il s’en aille. »

Il conclut avec fermeté : « Ce pays a besoin d’acteurs engagés, pas de figurants. Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre du temps avec des technocrates insensibles pendant que le peuple s’effondre. »

Tabaski 2025 à Touba : le Khalife général des Mourides salue l’élan collectif autour de la rénovation de la Grande Mosquée

À l’occasion de la célébration de l’Aïd el-Kébir (Tabaski) ce samedi 7 juin 2025, le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a exprimé sa profonde gratitude envers les fidèles ayant répondu à son appel pour la rénovation de la Grande Mosquée de Touba.

La prière a été dirigée par Serigne Fallou Abdou Khadre Mbacké, en présence du Khalife, de son porte-parole Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, ainsi que de nombreux dignitaires mourides. Le moment a été empreint de spiritualité, de ferveur religieuse et d’unité autour d’un projet à haute portée symbolique.

Dans son message, Serigne Mountakha Mbacké a salué l’engouement populaire suscité par son initiative, qu’il considère comme un signe encourageant de mobilisation communautaire. « Lorsque j’ai émis l’idée de rénover et d’embellir la mosquée, j’ai tout de suite remarqué un grand engouement autour de la réalisation de ce projet. Vous me réconfortez dans l’idée que c’est un programme réalisable. »

Le Khalife a prié pour que Dieu accorde à tous les contributeurs la force et les moyens de mener à bien cette œuvre collective, inscrite dans la continuité de l’héritage spirituel du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba.

Dans son sermon, l’imam a rappelé l’essence spirituelle de la Tabaski, insistant sur la nécessité pour les fidèles de respecter les enseignements religieux et de vivre cette célébration comme une expression de soumission, de sacrifice et de fraternité.

Ainsi, la Tabaski 2025 à Touba aura été marquée non seulement par la prière rituelle, mais aussi par un appel vibrant à l’unité autour d’un projet de foi et de mémoire.

Tabaski 2025 : le président Bassirou Diomaye Faye appelle au dialogue et à la cohésion nationale

En ce samedi 7 juin 2025, jour de célébration de l’Aïd al-Adha (Tabaski) pour la majorité des musulmans au Sénégal, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a assisté à la prière à la Grande Mosquée de Dakar. À cette occasion, le chef de l’État a lancé un vibrant appel à l’unité, à la solidarité et au dialogue entre les Sénégalais.

« Je voudrais aussi appeler, ce jour béni de Tabaski, l’ensemble des Sénégalais à perpétuer l’esprit de solidarité et de générosité, mais aussi de partage qui sont les valeurs fondamentales que traduit cette fête », a déclaré le président Diomaye Faye, entouré du ministre des Forces armées, Birame Diop, et de son directeur de cabinet, Mary Teuw Niane.

Poursuivant dans le même esprit, le président a évoqué les conclusions récentes du dialogue national pour rappeler l’importance de maintenir le cap de la concertation. « À la suite du dialogue national, j’invite également tous les Sénégalais à maintenir l’esprit de dialogue et de concertation afin que notre pays continue d’avancer dans la concorde et la cohésion, au-delà des divergences que nous pouvons avoir sur les opinions. »

Dans son message, le président a également exhorté les Sénégalais à prier pour la paix et la stabilité du pays : « Que Dieu veille sur notre pays, qu’il préserve la paix sociale et la cohésion nationale. Qu’il consolide notre unité nationale et accorde à nos familles une bonne célébration de la fête de Tabaski. »

Bassirou Diomaye Faye a saisi l’occasion pour remercier tous les acteurs impliqués dans le bon déroulement de la fête. Il a salué le professionnalisme des forces de défense et de sécurité, ainsi que l’engagement des éleveurs et des transporteurs qui ont contribué à un approvisionnement satisfaisant du marché en moutons sur l’ensemble du territoire.

Tabaski à Bignona : des moutons livrés par la DER meurent en masse, colère et indignation chez les bénéficiaires

À Bignona, dans le sud du Sénégal, une initiative de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide (DER) tourne au fiasco. Dans le cadre de l’opération spéciale Tabaski, des moutons ont été distribués à des bénéficiaires via un système de souscription à paiement échelonné. Mais à la grande surprise des receveurs, une hécatombe a été constatée : la quasi-totalité des bêtes est morte peu après leur livraison.

Le drame sanitaire a suscité colère et incompréhension. Ismaila Sané, l’un des bénéficiaires, témoigne dans une vidéo relayée par la chaîne K7 TV et reprise par SEN TV. Il explique avoir rapidement perçu l’état critique de l’animal dès son arrivée. « Mon petit frère m’a appelé pour me dire de venir voir le mouton. Le lendemain matin, il était déjà mort. Nous sommes totalement dépassés », a-t-il déclaré.

D’autres habitants rapportent des pertes similaires. Khadidiatou Camara affirme que certains béliers sont morts le jour même de leur remise. Bacary Danfa Camara évoque quant à lui une vingtaine de moutons perdus, appartenant à lui et à ses collègues. Pour beaucoup, la qualité des bêtes pose question, tout comme le modèle économique proposé. « Même à 50 000 francs, on n’a rien de valable. Ils nous ont proposé de récupérer notre argent », s’indigne Mme Camara.

Face à l’ampleur de la polémique, le promoteur partenaire de la DER dans cette opération, Arona Gallo, est sorti de son silence. Dans une note diffusée sur SEN TV, il parle d’un « incident isolé regrettable » et avance des explications techniques. Selon lui, les 150 moutons convoyés à Bignona sont arrivés le samedi précédent. Ne pouvant être immédiatement remis aux souscripteurs, ils ont été installés dans un enclos improvisé, situé à proximité de plantes toxiques. Ces végétaux auraient été ingérés par les animaux, provoquant de sévères troubles digestifs et la mort de nombreux moutons.

Le promoteur affirme que la distribution dans d’autres zones du pays s’est déroulée sans incident majeur, mais à Bignona, le mal est déjà fait. Les bénéficiaires, désemparés, demandent des comptes et exigent un dédommagement. Pour eux, au-delà du préjudice financier, c’est la promesse d’une fête de Tabaski digne qui s’est évanouie.

Diplomatie : Ousmane Sonko attendu en Chine du 22 au 27 juin 2025 pour une visite officielle

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, se rendra en visite officielle en République populaire de Chine du 22 au 27 juin 2025. L’annonce a été faite ce vendredi à la suite d’une audience accordée à Li Zhigang, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Chine au Sénégal. Cette rencontre a permis de finaliser les derniers préparatifs de ce déplacement de haut niveau, selon un communiqué émanant de la Primature.

Ce voyage du chef du gouvernement sénégalais répond à une invitation officielle de son homologue chinois, Li Qiang, Premier ministre du Conseil des Affaires d’État. À cette occasion, Ousmane Sonko prendra part au Forum économique mondial d’été, prévu à Davos. Il y interviendra au nom du continent africain, signe de la confiance placée en lui par ses pairs ainsi que de l’importance croissante du Sénégal dans les relations internationales.

En marge de sa participation à ce rendez-vous international, Ousmane Sonko effectuera également une visite de travail et d’amitié en Chine, d’une durée de 48 heures. Ce déplacement sera l’occasion de consolider le partenariat stratégique entre le Sénégal et la Chine, tout en intensifiant les échanges bilatéraux dans des domaines clés.

Il est notamment prévu que les discussions portent sur le renforcement des relations économiques et commerciales, l’exploration de nouvelles opportunités de coopération dans des secteurs prioritaires pour les deux pays, ainsi que sur la promotion des échanges culturels et amicaux entre les peuples sénégalais et chinois.

Ce voyage du Premier ministre s’inscrit dans une dynamique diplomatique active, à un moment où le Sénégal entend réaffirmer sa position et son influence sur la scène internationale.

Énergie : des performances contrastées pour Sangomar, GTA et Gadiaga en mai 2025

Le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines a publié son rapport mensuel sur la production des sites énergétiques stratégiques du pays. Le document, qui dresse un état des lieux de l’activité pour le mois de mai 2025, met en lumière des performances soutenues sur le champ pétrolier de Sangomar, une montée en régime progressive du projet gazier GTA, et une activité stable sur le site de Gadiaga.

Le champ pétrolier offshore de Sangomar, au large des côtes sénégalaises, continue de maintenir une cadence élevée. Trois cargaisons — identifiées sous les codes SAN031, SAN032 et SAN033 — ont été levées au cours du mois de mai, représentant un volume total de 2,92 millions de barils de pétrole brut. Ces volumes ont été exportés sur le marché international, conformément aux contrats d’enlèvement conclus avec les acheteurs. Le ministère confirme que les prévisions annuelles de production, évaluées à 30,53 millions de barils pour 2025, restent inchangées à ce stade.

Du côté du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, les opérations de montée en charge se poursuivent dans le cadre de la mise en service des installations de liquéfaction. Le 15 mai 2025, la deuxième cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL), étiquetée GTA_2025_002, a été chargée avec succès. Elle représente un volume de 168 426 m³, soit environ 3,83 millions de MMBtu, selon les chiffres officiels. Cette opération marque une nouvelle étape vers l’optimisation de la capacité de production du site, encore en phase de rodage.

Sur le plan domestique, la production de gaz naturel à Gadiaga, dans la région de Thiès, reste modeste mais régulière. Le rapport indique qu’au premier trimestre 2025, un volume cumulé de 548 078 Nm³ (normaux mètres cubes) a été commercialisé. Pour le seul mois de mai, la production est estimée à 207 737 Nm³. Ce site, bien que de moindre envergure comparé à GTA ou Sangomar, joue un rôle important dans l’approvisionnement des industries locales et la transition vers un mix énergétique plus propre.

Avec ces résultats, le Sénégal poursuit sa dynamique de développement énergétique, fondée à la fois sur l’exploitation de ses ressources naturelles et l’investissement dans les infrastructures. Le gouvernement reste engagé à garantir la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion de ces ressources, dans un contexte où les enjeux énergétiques se mêlent étroitement aux impératifs économiques, environnementaux et géopolitiques.

Tabaski 2025 : Échange de cadeaux entre Ousmane Sonko et le Khalife général des mourides

À l’approche de la fête de la Tabaski, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé un geste hautement symbolique en offrant un mouton au Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké. Le bélier, convoyé depuis Dakar jusqu’à la ville sainte de Touba, a été remis au guide religieux par Birane Diouf, coordonnateur adjoint de Pastef à Touba.

Ce geste s’inscrit dans une démarche de respect et de reconnaissance envers la confrérie mouride, pilier majeur de la société sénégalaise. Mais le geste du Premier ministre ne s’est pas arrêté au Khalife général : plusieurs autres dignitaires religieux mourides ont également reçu un mouton de la part d’Ousmane Sonko. Il s’agit notamment de Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, porte-parole du Khalife, Serigne Cheikh Saliou Mbacké de Darou Khoudoss, Serigne Ahmadou Makhtar, Serigne Fallou Mbacké Souhaibou, Serigne Bassirou Mbacké de Porokhane, ainsi que Serigne Amsatou Mbacké Ibn Serigne Abdou Lahad.

Touché par cette attention, le Khalife général a réagi avec grandeur. En retour, Serigne Mountakha Mbacké a offert deux moutons au Premier ministre Ousmane Sonko, et deux autres au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Un geste qui témoigne de la continuité du dialogue, de l’harmonie et du respect mutuel entre les autorités religieuses et les dirigeants de l’État.

Rapatriement du Niger : ADHA dénonce une gestion « indigne » des migrants sénégalais

Soixante-huit ressortissants sénégalais ont été rapatriés du Niger ce mardi 4 juin. Si ce retour a été salué sur le plan humanitaire, il soulève aussi une vive controverse. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, l’organisation Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) fustige les conditions d’accueil réservées aux migrants, qu’elle qualifie de « dégradantes » et contraires aux engagements internationaux du Sénégal.

« Après avoir survécu à l’enfer en Algérie, puis à six mois de détention dans les camps d’Assamaka, d’Arlit et d’Agadez, ces migrants ont été accueillis à Dakar dans un établissement notoirement inadapté, connu pour abriter des activités incompatibles avec la dignité humaine », dénonce l’ADHA. L’organisation s’alarme également de l’absence totale de prise en charge psychologique et médicale, malgré les traumatismes vécus par ces rapatriés.

Selon le communiqué (n°CP016-0625), l’ADHA avait pourtant alerté les autorités sur la nécessité d’un accompagnement adapté, notamment pour les plus vulnérables. « C’est une négligence grave et un affront aux principes fondamentaux des droits humains », estime l’ONG.

Pour ADHA, cette situation traduit un manquement aux obligations juridiques et éthiques du Sénégal, tant au niveau national qu’international. « L’État a le devoir d’assurer à ses ressortissants un retour dans des conditions respectueuses de leur dignité, et non de les reléguer dans l’indifférence », rappelle l’organisation.

L’ONG attire également l’attention sur les dizaines de Sénégalais encore bloqués dans les camps nigériens. Parmi eux, une femme et ses deux enfants vivraient dans des conditions qualifiées d’« extrêmement précaires ». ADHA lance un appel pressant pour un rapatriement rapide et digne de ces personnes.

« Ces migrants sont avant tout des êtres humains, porteurs de rêves et de souffrances. Ils méritent d’être accueillis avec respect, solidarité et compassion », conclut ADHA, en appelant les autorités sénégalaises à revoir en profondeur leur politique migratoire.

Ce nouveau signal d’alerte relance le débat sur la manière dont le Sénégal traite ses citoyens en situation de vulnérabilité à l’étranger, et sur la nécessité d’un dispositif national cohérent et humain de retour et de réintégration.

Candidature à l’ONU : Yassine Fall ferme la porte à Macky Sall

Alors que des rumeurs persistantes évoquent une éventuelle candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies, la ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Yassine Fall, est sortie de sa réserve. Dans un entretien exclusif accordé à Seneweb, la cheffe de la diplomatie sénégalaise a catégoriquement rejeté cette hypothèse, qu’elle qualifie de totalement infondée.

« Macky Sall candidat au poste de Secrétaire général de l’ONU ? Ceux qui avancent cela ignorent manifestement les critères requis : son passé, son bilan et son profil ne correspondent pas. Lorsque les candidatures seront officialisées, son nom ne figurera même pas sur la liste », a-t-elle déclaré sans ambages.

Cette sortie intervient quelques jours après celle d’Aminata Touré, ancienne Première ministre et figure de proue de la dissidence au sein de l’ancien régime, qui s’était également montrée sceptique quant à une telle ambition prêtée à Macky Sall. Les deux réactions concordantes montrent une volonté du nouveau pouvoir de se désolidariser clairement de l’ancien président, y compris sur le plan symbolique et diplomatique.

C’est le site spécialisé Africa Intelligence qui avait relancé le débat, en affirmant que Macky Sall caressait l’ambition de succéder à António Guterres à la tête des Nations unies à l’expiration de son mandat, prévu pour décembre 2026. Aucune déclaration officielle n’a encore émané de l’ex-chef de l’État, qui garde jusqu’ici le silence sur la question.

Mais pour la diplomatie sénégalaise actuelle, l’affaire semble déjà tranchée. Yassine Fall insiste : « Le Sénégal a une vision claire de ce que représente le poste de Secrétaire général de l’ONU. Il ne s’agit pas d’un refuge politique, mais d’une fonction qui exige rigueur, neutralité et une trajectoire irréprochable sur le plan international. »

Ces déclarations viennent confirmer la rupture assumée entre l’ancienne administration et celle actuellement en place, dans un contexte où la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale est scrutée de près.

Réforme de la protection sociale : Ousmane Sonko plaide pour une fusion de l’IPRES et de la CSS

Lors du Conseil des ministres du mercredi 4 juin 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en lumière les limites du système de sécurité sociale sénégalais. Gouvernance éclatée, couverture insuffisante et prestations peu satisfaisantes : autant de maux qu’il souhaite corriger à travers une refonte structurelle. Il a notamment proposé la fusion de l’IPRES et de la CSS, deux piliers de la protection sociale, et appelé à l’adoption rapide d’un nouveau Code de sécurité sociale.

Dans son adresse, Ousmane Sonko a d’abord pointé les nombreux défis auxquels fait face la sécurité sociale au Sénégal. Il a souligné que la couverture actuelle reste largement incomplète. De larges franges de la population active — notamment les travailleurs indépendants et ceux évoluant dans le secteur informel — ne sont pas pris en charge par les dispositifs existants. Même les initiatives d’extension menées ces dernières années n’ont pas permis de combler les lacunes, laissant des centaines de milliers de Sénégalais hors du système.

Le chef du gouvernement a également évoqué le système de retraite, qu’il juge peu équitable et marqué par la faiblesse des pensions. Selon lui, la qualité des services rendus reste insatisfaisante pour les retraités, dans un contexte de vie chère et d’inflation continue.

Au cœur du problème : une gouvernance jugée inefficiente. La coexistence de plusieurs organes — chacun en charge d’une branche spécifique — rend difficile l’harmonisation des politiques sociales. Ce cloisonnement administratif nuit, selon le Premier ministre, à la cohérence d’ensemble et freine les réformes nécessaires.

Pour répondre à ces dysfonctionnements, Ousmane Sonko a instruit le ministre du Travail de mener une réflexion sur une possible fusion de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) et de la Caisse de Sécurité Sociale (CSS). Cette fusion viserait à créer une « grande institution de protection sociale », plus efficace, plus moderne et capable d’assurer une couverture universelle. Il a également chargé le ministre Secrétaire général du Gouvernement d’accélérer le processus d’adoption du nouveau Code de sécurité sociale, attendu depuis plusieurs années.

Cette annonce marque une volonté politique forte de restructurer en profondeur un système souvent critiqué pour son inadaptation aux réalités sociales du pays. Elle ouvre aussi la voie à un débat de fond sur l’avenir des politiques sociales au Sénégal, à un moment où les attentes des populations en matière de justice sociale, d’équité et de solidarité n’ont jamais été aussi fortes.

Réforme foncière : Ousmane Sonko veut une solution globale et inclusive face aux litiges

Lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, tenue ce mercredi 4 juin 2025, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en exergue l’urgence de repenser la politique foncière au Sénégal. Confronté à une explosion des conflits liés à la gestion du foncier, le chef du gouvernement a annoncé une réforme d’ampleur, qui se veut à la fois globale, inclusive et centrée sur les citoyens.

Dans sa communication, le Premier ministre a pointé du doigt une situation devenue intenable. Entre 2024 et 2025, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS) a enregistré des milliers de plaintes liées à des litiges fonciers. La plupart restent à ce jour sans issue. À ces chiffres déjà préoccupants s’ajoutent les réclamations incessantes reçues à la Primature, traduisant la profondeur de la crise.

Ousmane Sonko a dénoncé l’accaparement massif des terres en milieux urbain et rural, qu’il a qualifié de « source de troubles graves à l’ordre public, de préjudice à la cohésion sociale et de frein au développement économique ». Il a ordonné aux services compétents de proposer une réponse rapide, rigoureuse et durable à cette problématique qu’il juge cruciale pour l’avenir du pays.

Dans cette optique, le Premier ministre a annoncé la stabilisation des Termes de Référence d’une réforme foncière « globale et inclusive », qui ambitionne de repenser le modèle d’attribution, d’usage et de sécurisation du foncier. Une réforme où le « citoyen-usager » sera placé au centre, garantissant ainsi une transparence accrue et une plus grande équité dans la gestion des terres.

Un accent particulier sera mis sur la récupération des assiettes foncières détournées ou non valorisées, notamment dans le cadre des projets d’aménagement urbain comme le Plan d’Urbanisme de Détail (PUD) de Dakar, les lotissements de Daga Kholpa et de Mbour 4. Ces terres feront l’objet d’une valorisation « judicieuse », notamment pour répondre à la forte demande en logements sociaux.

Le Premier ministre a également précisé que les propriétaires en règle, et ayant pu justifier de la légitimité de leurs titres fonciers, sont en train d’être rétablis dans leurs droits. Un signal fort envoyé à ceux qui, dans la confusion administrative des dernières années, avaient vu leurs parcelles remises en cause.

À travers cette réforme, l’exécutif entend apporter une réponse structurelle à l’une des sources les plus sensibles de tension sociale au Sénégal, tout en posant les bases d’une gouvernance foncière plus juste, plus transparente et tournée vers le développement durable.

Haute Cour de Justice : la Commission d’instruction enclenche l’étape des convocations

La procédure judiciaire engagée contre plusieurs anciens ministres sénégalais connaît une nouvelle évolution. La Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a décidé de franchir une étape cruciale : celle des convocations officielles. Cette phase marque l’entrée dans le cœur du processus d’instruction, avec des auditions attendues qui devraient permettre de faire la lumière sur les dossiers en cours.

Après une première vague d’inculpations ayant concerné des personnalités de premier plan, la justice sénégalaise accélère la cadence. Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines, fait l’objet d’un mandat de dépôt. Ndèye Saly Diop Dieng, ex-ministre de la Femme, a été placée sous contrôle judiciaire. Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice, est soumis à un port de bracelet électronique. Quant à Moustapha Diop et Amadou Mansour Faye, ils sont également incarcérés, sous mandat de dépôt.

Selon les informations relayées par le quotidien Libération, la Commission d’instruction a désormais transmis une série de convocations à la Division des investigations criminelles (DIC), chargée de les notifier aux personnes concernées. Ces convocations visent des individus cités dans les enquêtes en cours, notamment dans l’affaire emblématique impliquant Sophie Gladima. D’après les mêmes sources, certaines de ces personnes sont soupçonnées d’avoir joué un rôle clé dans la chaîne de décisions ou dans la gestion de fonds publics relevant du ministère des Mines.

La démarche marque une intensification des travaux de la Haute Cour, qui semble déterminée à établir toutes les responsabilités, au terme d’un processus rigoureux mais inédit dans l’histoire institutionnelle récente du pays. Cette dynamique judiciaire, inédite à cette échelle, est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où les questions de reddition des comptes et de transparence dans la gestion publique occupent le devant de la scène politique.

Les auditions qui découleront de ces convocations devraient ouvrir une nouvelle séquence, susceptible d’alimenter aussi bien les débats juridiques que les tensions politiques. Pour l’heure, aucun calendrier officiel des auditions n’a été communiqué, mais les convocations notifiées par la DIC laissent présager des développements imminents.

La Haute Cour de Justice, jusque-là rarement mobilisée, devient ainsi un acteur central dans ce qui s’apparente de plus en plus à une vaste opération de moralisation de la vie publique. Reste à savoir jusqu’où cette procédure ira, et quels nouveaux noms pourraient être entendus dans les prochaines semaines.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°481 – 05/06/2025

🔴 LITIGE FONCIER / AFFAIRE FABOULY GAYE : MAME BOYE DIAO DANS LA SAUCE
🔴 DIALOGUE NATIONAL / LES MODES DE SCRUTIN : LE SUJET QUI FÂCHE !

🔴 LIGUE 1 / AS PIKINE VS GUÉDIAWAYE À THIÈS : L’ÉQUILIBRE DE LA TERREUR !
🔴 UEFA U18 / TIRS AU BUT : LE SÉNÉGAL NEUTRALISE LE JAPON

Renouvellement de l’administration publique : des nominations stratégiques au service de l’action gouvernementale

En clôture du Conseil des ministres, le Président de la République a procédé à d’importantes nominations à des postes clés de l’administration, dans le souci de renforcer l’efficacité de l’action publique. Ces décisions, prises après délibération, s’inscrivent dans une logique de continuité républicaine et de redéploiement stratégique des compétences.

Ainsi, Monsieur Malick Ndiaye a été nommé Président du Conseil de surveillance de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Ce choix témoigne de la volonté des autorités de consolider la transparence et la régularité dans la gestion des marchés publics, secteur déterminant pour la moralisation de la vie économique.

À la direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor, c’est Madame Fanta Sène, Inspectrice principale du Trésor, qui prend les commandes. Sa nomination traduit la reconnaissance de son expertise dans le domaine de la gestion budgétaire et financière, au moment où l’État cherche à redynamiser les instruments de gouvernance économique et à renforcer la rigueur dans l’exécution des dépenses publiques.

Par ailleurs, le Président de la République a nommé Monsieur Matar Diop, Inspecteur principal du Trésor, comme Agent comptable particulier des grands projets du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens. Une désignation qui reflète l’importance stratégique accordée à la sécurisation financière des projets d’envergure dans le secteur des infrastructures.

Soutien à la production maraîchère et préparation de la Tabaski : une volonté présidentielle d’anticipation et de solidarité

Dans le prolongement de ses orientations économiques, le Président de la République a attiré l’attention du Gouvernement sur la nécessité de consolider les performances du secteur maraîcher, pilier fondamental de la sécurité alimentaire nationale. Soulignant les efforts fournis par les producteurs ces dernières années, notamment dans les zones des Niayes, du Sénégal oriental, du Centre et de la Moyenne Casamance, il a salué l’augmentation notable des volumes de production, particulièrement pour les cultures de tomate, de carotte, de pomme de terre, d’oignon, de pastèque, de melon et de piment.

Le Chef de l’État a toutefois souligné que ces progrès méritaient d’être mieux soutenus. Il a ainsi instruit le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture à renforcer les mesures d’accompagnement en matière d’accès aux intrants, à l’eau, à l’énergie, au foncier et aux circuits de commercialisation. Il a insisté sur la nécessité d’assurer une meilleure organisation des producteurs, notamment à travers des coopératives agricoles plus structurées, afin d’améliorer la rentabilité des exploitations et de favoriser une politique de prix plus juste.

Dans cette même dynamique, à l’approche de la fête de la Tabaski, le Président Faye a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une bonne disponibilité du bétail sur l’ensemble du territoire national. Il a mis l’accent sur l’importance d’un encadrement rigoureux des circuits de distribution, tout en veillant à limiter les pratiques spéculatives susceptibles de pénaliser les ménages.

Le Chef de l’État a instruit les ministres en charge de l’Élevage, du Commerce, de l’Intérieur, des Finances, de l’Agriculture et des Transports terrestres à travailler en synergie, sous la coordination du Premier ministre, pour garantir un bon acheminement du bétail depuis les zones de production jusqu’aux centres urbains, notamment Dakar. Il a par ailleurs demandé un suivi rigoureux de la mise à disposition des espaces de vente, de la sécurité des zones d’exposition, ainsi que de l’accès à l’eau et à l’aliment de bétail.

Dans un esprit de solidarité nationale, le Président de la République a exhorté le Gouvernement à renforcer les initiatives de soutien en faveur des populations vulnérables, en prévision de la Tabaski, afin que cette fête religieuse puisse être célébrée dans la dignité par tous les Sénégalais, quelle que soit leur condition sociale.

Conseil des ministres du 4 juin 2025 : cap sur la modernisation démocratique, le dialogue social et la souveraineté économique

Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a présidé ce mercredi 4 juin 2025 la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, tenue au Palais de la République. À l’ouverture de la séance, le Chef de l’État a adressé ses remerciements à toutes les parties prenantes ayant pris part au Dialogue national sur le système politique. Il a salué l’engagement patriotique, la maturité et le sens des responsabilités dont ont fait preuve les forces vives de la Nation, estimant que cette dynamique de concertation a permis de dégager un consensus durable sur les réformes politiques et institutionnelles à entreprendre.

Dans la continuité de cette démarche participative, le Président Faye a réaffirmé sa volonté, ainsi que celle de son gouvernement, de mettre en œuvre, dans le respect des convictions citoyennes, les recommandations issues du Dialogue. Il s’agit, selon lui, d’une étape déterminante vers l’approfondissement de la démocratie sénégalaise et son arrimage aux exigences modernes de gouvernance.

Abordant la question du dialogue social, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer le triptyque Gouvernement-Syndicats-Patronat, pierre angulaire du Pacte national de stabilité sociale signé le 1er mai 2025. Il a rappelé à l’équipe gouvernementale l’importance stratégique du Haut Conseil du Dialogue social dans le suivi et la vulgarisation des engagements contenus dans ce pacte. Il a, en ce sens, instruit le Premier ministre ainsi que les ministres du Travail et des Finances à renforcer les moyens d’action de cet organe, dans une logique d’accompagnement de l’application des mécanismes de régulation sociale dans tous les secteurs d’activité.

Le Président a ensuite souligné la nécessité de promouvoir une culture préventive des conflits sociaux. Pour ce faire, il a préconisé la mise en place de comités sectoriels et territoriaux de dialogue social dans chaque département ministériel. Il a également insisté sur l’importance d’actualiser et de faire appliquer les conventions collectives dans les différentes branches professionnelles.

Enfin, le Président Faye a exhorté le Gouvernement à rester constamment à l’écoute des acteurs économiques et sociaux. Il a appelé à un renforcement du dialogue avec le secteur privé, dans le respect des lois, pour une meilleure application des droits des travailleurs, une amélioration continue de l’environnement des affaires et une relance économique solide. Dans cette perspective, il a demandé au Premier ministre de finaliser et de faire adopter le projet de loi sur la souveraineté économique, véritable levier pour la transformation structurelle de l’économie nationale et le renforcement de la compétitivité des entreprises sénégalaises.

À l’approche de la Tabaski, le Forum du Justiciable plaide pour des mesures de clémence en faveur de certains détenus

Dans une démarche à la fois humanitaire et pragmatique, le Forum du Justiciable du Sénégal a lancé ce 4 juin 2025 un appel solennel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’aux magistrats instructeurs et procureurs, pour envisager des mesures de clémence à l’endroit de certains détenus, à l’occasion de la fête de la Tabaski.

Dans un communiqué publié ce mercredi, l’organisation rappelle que le chef de l’État dispose, conformément à l’article 47 de la Constitution sénégalaise, du pouvoir de faire grâce. C’est donc sur la base de cette disposition que le Forum invite le président à accorder son pardon à un maximum de détenus, notamment ceux qui présentent des gages de resocialisation, les personnes âgées, les individus atteints de maladies graves ou chroniques, ainsi que les mineurs incarcérés.

Le Forum du Justiciable ne se limite pas à la grâce présidentielle. Il interpelle aussi les acteurs de la chaîne judiciaire, particulièrement les magistrats instructeurs et les procureurs. L’organisation les exhorte à user de leur pouvoir d’appréciation pour accorder la liberté provisoire à toute personne placée en détention préventive et présentant des garanties sérieuses de représentation en justice, ainsi qu’à celles dont l’état de santé est incompatible avec le régime carcéral.

Ce plaidoyer s’inscrit dans une dynamique de désengorgement des prisons, dont la surpopulation constitue une préoccupation récurrente au Sénégal. Il traduit également une volonté de voir les principes de justice s’harmoniser avec les impératifs d’humanité, notamment à l’occasion d’une fête religieuse majeure comme la Tabaski.

En signant cette déclaration, le Bureau Exécutif du Forum du Justiciable espère sensibiliser les autorités sur l’urgence de mesures concrètes et ciblées, dans le respect de la loi et des droits fondamentaux des personnes détenues.

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 04 JUIN 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 04 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a remercié l’ensemble des participants aux travaux du Dialogue national sur le système politique. Il a salué l’esprit patriotique constructif et le sens des responsabilités qui ont animé toutes les forces vives de la Nation et toutes les parties prenantes pendant cette rencontre. Ce qui va permettre d’asseoir, dans le respect des convictions de chaque citoyen, un consensus durable sur les points d’amélioration et les réformes politiques et institutionnelles nécessaires au renforcement du rayonnement démocratique du Sénégal. Il a réitéré sa détermination et celle du Gouvernement à ne ménager aucun effort pour travailler à l’approfondissement et à la modernisation de notre démocratie à travers la mise en œuvre concertée des recommandations consensuelles issues du Dialogue national sur le système politique.

Le Président de la République est revenu sur le renforcement du dialogue social tripartite (Gouvernement, Syndicats, Patronat) et la mise en œuvre du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. Il a rappelé au Gouvernement le rôle fondamental du Haut Conseil du Dialogue social dans la facilitation, la vulgarisation et le suivi de la mise en œuvre des engagements tripartites dudit pacte signé le 1er mai 2025. A ce sujet, il a demandé au Premier Ministre, au Ministre en charge du Travail et au Ministre en charge des Finances, de veiller au renforcement des moyens d’intervention du Haut Conseil du Dialogue social afin de mieux accompagner le respect des mécanismes du dialogue social dans tous les secteurs.

Le Chef de l’Etat a indiqué au Gouvernement l’importance de consolider une culture préventive des conflits en veillant, selon les spécificités de chaque département ministériel, à la mise en place systématique de Comités sectoriels et territoriaux du dialogue social, mais également à l’actualisation et à la signature des conventions collectives dans les branches d’activité.

Dans cet élan de concertation et d’élargissement de la négociation collective, il a demandé au Gouvernement d’être toujours à l’écoute des acteurs économiques et sociaux, d’accompagner, dans le respect des lois, règlements et conventions internationales, l’application des droits des travailleurs, de renforcer le dialogue Etat-secteur privé afin d’assurer l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires et la relance de l’économie nationale. A cet effet, il a rappelé au Premier Ministre la nécessité de finaliser et de faire adopter le projet de loi sur la souveraineté économique, symbole de notre volonté de transformer l’activité économique et de soutenir la compétitivité des entreprises locales. Le Président de la République a abordé la problématique des mesures de sauvegarde pour la commercialisation optimale de la production maraichère locale et de la préservation durable des filières horticoles.

Face à la production maraichère exceptionnelle de cette année qui connait des difficultés de conservation et de commercialisation menaçant la survie de plusieurs filières, il a demandé au Gouvernement, sous la direction du Premier Ministre, de prendre toutes les mesures et d’accomplir les diligences qui s’imposent, afin d’assurer, dans les meilleurs délais, en partenariat avec les acteurs privés nationaux, l’aménagement et l’installation d’unités de stockage et de conservation des produits horticoles dans plusieurs localités du pays.

Il a également exhorté le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, le Ministre de l’Industrie et du Commerce, le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, le Ministre de la Microfinance, de l’Economie sociale et solidaire et le Secrétaire d’Etat aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, à mettre en œuvre une stratégie de commercialisation de la production agricole et horticole nationale, en lien avec l’évolution de la campagne de production.

Il a souligné la nécessité de mieux organiser les marchés des produits agricoles qui doivent se moderniser et s’adosser à la mise en place, à terme, d’une bourse nationale des produits agricoles, impliquant l’intégralité des segments commercialisation, etc.). (financement, production, prix, transformation, A la veille de la fête de Tabaski, le Chef de l’Etat a adressé ses meilleurs vœux à la Oummah islamique, à la communauté musulmane du Sénégal en particulier et prié pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité.

Il a félicité le Gouvernement pour les différentes mesures appliquées, depuis le mois d’avril 2025, en vue d’un approvisionnement correct du pays en moutons et en produits de consommation courante à des prix accessibles. Il a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer un bon déroulement des célébrations, ainsi que des déplacements des populations dans des conditions optimales en veillant à la fluidité et à la sécurité de la circulation routière. La 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine aura lieu les 07, 08 et 09 juin 2025 à l’occasion de la Pentecôte.

Le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations à la communauté chrétienne et demandé au Gouvernement de veiller au déploiement satisfaisant de toutes les mesures sécuritaires et logistiques adéquates afin d’assurer l’encadrement des pèlerins et le bon déroulement des manifestations religieuses sur les sites d’accueil retenus. Ce Conseil des Ministres est le 50ème depuis l’accession à la magistrature suprême de Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

A cette occasion, le Chef de l’Etat a félicité  Monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO pour le travail remarquable et exceptionnel de conception, de mise en œuvre, de redressement et de suivi de l’action gouvernementale, réalisé dans l’ensemble des secteurs. Il a associé dans ses félicitations et encouragements le Gouvernement pour l’engagement et le travail permanent de qualité accompli. Il a demandé au Premier Ministre de prendre toutes les mesures idoines en vue d’accélérer la mise en œuvre du référentiel « Vision Sénégal 2050 ».

En outre, il a souligné l’impératif d’un monitoring mensuel des programmes et projets, relevant de l’Agenda national de Transformation, à travers la mise en place des « delivery units » ministériels. Enfin, le Président de la République a demandé au Premier Ministre d’envisager la tenue d’un séminaire d’évaluation de l’action gouvernementale et d’accélération du déploiement de l’Agenda national de Transformation. Au chapitre de son agenda diplomatique, le Chef de l’Etat est revenu sur la visite d’Etat qu’il a effectuée les 26 et 27 mai 2025, en Guinée-Bissau, à l’invitation du Président Umaro Sissoco EMBALO.

Il a remercié son homologue et frère ainsi que le peuple bissau-guinéen pour l’accueil exceptionnel qui lui a été réservé. Il a exprimé sa profonde gratitude au Président EMBALO qui l’a décoré de la Médaille Amílcar CABRAL, plus haute distinction du pays. Il a aussi réaffirmé son attachement aux relations historiques d’amitié et de fraternité qui unissent les deux peuples.

La communication de Monsieur le Premier Ministre a porté sur la gestion des litiges fonciers, la gouvernance du système de protection sociale et la prévention des risques liés à l’hivernage.

S’agissant de la gestion des litiges fonciers, le Premier Ministre a indiqué que de nombreuses réclamations et demandes d’arbitrage sont adressées quotidiennement à la Primature par des concitoyens déterminés à faire respecter leurs droits. A titre illustratif, la Direction générale de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol (DGSCOS) a reçu entre 2024 et 2025, des milliers de plaintes liées à des litiges fonciers, dont la plupart reste, à ce jour, sans solution.

Le Premier Ministre a déploré l’accaparement des terres en milieux urbain et rural engendrant des troubles graves à l’ordre public, un préjudice à la cohésion sociale et au développement économique. Le Premier Ministre a demandé aux structures concernées d’apporter une réponse adéquate et diligente à cette question aux enjeux cruciaux. Dans ce sens, il a annoncé la stabilisation des Termes de Référence pour une réforme foncière globale et inclusive.

Le Premier Ministre a insisté sur le fait que le citoyen-usager sera placé au cœur de ces réformes. Ainsi, les assiettes récupérées à la suite des vérifications foncières menées dans les projets d’aménagement urbain comme le Plan d’Urbanisme de Détail (PUD) à Dakar, les lotissements de Daga Kholpa et de Mbour 4 feront l’objet d’une valorisation judicieuse, en particulier, dans le cadre du développement de logements sociaux. Dans le même ordre d’idées, les propriétaires ayant justifié de la régularité de leurs attributions sont en train d’être rétablis dans leurs droits.

Le Premier Ministre a ensuite procédé à un diagnostic du système de sécurité sociale sénégalais confronté à plusieurs défis, en particulier, celui de la gouvernance, de l’étendue de la couverture et de la qualité des prestations. En effet, la couverture actuelle des institutions de sécurité sociale laisse à la marge plusieurs catégories de personnes notamment les travailleurs indépendants et ceux de l’économie informelle. Les initiatives prises pour étendre cette couverture laissent encore persister des insuffisances.

Par ailleurs, le système de retraite reste marqué par la faiblesse des pensions et la qualité du service. Le Premier Ministre a constaté que la gouvernance est caractérisée par une pluralité d’organes assurant chacun la gestion d’une branche. Cet émiettement de l’architecture institutionnelle rend difficile la mise en œuvre d’une politique sociale cohérente et unifiée. Pour ce faire, le Premier Ministre a demandé au Ministre en charge du Travail d’engager la réflexion sur une possible fusion de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) et de la Caisse de Sécurité sociale (CSS) en une grande institution et de veiller, en rapport avec le Ministre Secrétaire général du Gouvernement, à l’adoption rapide du nouveau Code de sécurité sociale.

Le Premier Ministre accorde une importance particulière à la prévention des risques graves liés à l’hivernage, dont les plus récurrents sont : les inondations, les crues, les noyades, les maladies hydriques, les accidents électriques notamment ceux liés à la foudre, l’insécurité routière et le péril acridien. A ce titre, plusieurs mesures allant dans le sens d’une gestion préventive et efficace de ces phénomènes ont été déjà prises à l’occasion de Conseils interministériels antérieurs. Toutefois, ces précautions ne nous mettent pas totalement à l’abri de ces risques et de leurs conséquences, surtout dans un contexte de dérèglement climatique. Le Premier Ministre a exhorté les Ministres compétents à prendre les dispositions nécessaires pour les prévenir et, en cas de survenance, d’en limiter les conséquences négatives et d’apporter des solutions pertinentes.

Enfin, l’Agence nationale de l’Aviation civile et de la Météorologie (ANACIM) a été invitée à fournir aux populations, en particulier les agriculteurs, les éleveurs, les usagers de la route, les marins pêcheurs et autres gens de mer, l’accès à temps à l’information météorologique, leur permettant ainsi d’observer les règles minimales de sécurité requises.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– le Ministre chargé du suivi de l’Agenda national de Transformation a fait une communication sur le pilotage stratégique de l’Agenda national de Transformation ;

– le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication sur le dispositif de prévention et de gestion des inondations en perspectives de l’hivernage 2025 ;

– le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur l’état de mise en œuvre du « New Deal Technologique ».

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES : le Conseil a examiné et adopté :

– la note de cadrage de la Loi de Finances Rectificative 2025.

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES, le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères :

– Général de brigade (2S) Amadou KANE, matricule de solde n°398 392/F, est nommé Haut fonctionnaire de Défense et de Sécurité au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères ;

– Monsieur Ameth DIALLO, titulaire d’un Doctorat en Etudes africaines et Spécialiste en Gestion des Programmes et Projets, est nommé Directeur du Bureau de coordination du Comité permanent pour l’Information et les Affaires culturelles (COMIAC) de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI) au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Cheikh Oumar SECK, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite. Au titre du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique :

– Monsieur Mouhamadou Moustapha THIOUNE, Administrateur civil principal, matricule de solde n° 608 875/H, est nommé Inspecteur technique à l’Inspection de l’Administration centrale et territoriale, au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique ;

– Monsieur Idrissa CISSE, Commissaire de police Divisionnaire de classe exceptionnelle, CCAP 519 322/J, est nommé Secrétaire permanent du Comité Interministériel contre la Drogue en remplacement de Monsieur Matar DIOP, Contrôleur général de Police ;

– Monsieur Hamady BALDE, Commissaire de Police Divisionnaire, CCAP 614 499/G, précédemment adjoint au Secrétaire permanent du Comité Interministériel contre la Drogue est nommé Inspecteur principal de l’Inspection Interne de la Police nationale, poste vacant. Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines :

– Monsieur Aliou DASYLVA, Professeur d’Histoire et de Géographie, est nommé Président du Conseil d’Administration du Service géologique national du Sénégal (SGNS), en remplacement de Monsieur Malang Seni FATY ; 

– Monsieur Saliou SAMB, Ingénieur géologue, matricule de solde n°670 434/F, est nommé Secrétaire général du Service géologique national du Sénégal (SGNS), poste vacant ;

– Monsieur Saliou Mbaye NIANG, Ingénieur pétrolier, est nommé Directeur du Contrôle et de la Surveillance des Opérations au Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines, poste vacant.

Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et Aériens :

– Monsieur Ababacar FALL, Ingénieur en Génie informatique et Spécialiste des transports urbains, précédemment directeur des opérations du Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD), est nommé Directeur Général des transports routiers au Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et Aériens en remplacement de Monsieur Valdiodio NDIAYE ;

– Monsieur Lamine BADJI, Ingénieur en Développement territorial et coopération décentralisée, titulaire d’un Master en transport logistique et mobilité, précédemment Secrétaire général du Conseil départemental de Bignona, est nommé Secrétaire général de l’Agence nationale de Sécurité routière (ANASER), en remplacement de Monsieur Boubacar DIOP ;

– Monsieur El hadji Abdoulaye GUEYE, Administrateur Civil, matricule de solde 624 581/J, titulaire d’un MBA en Administration des Entreprises, précédemment Conseiller Technique du Ministre des Finances et du Budget, est nommé Secrétaire Général du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens en remplacement de Monsieur Ahmadou Bamba SY ;

– Monsieur Gora SARR, Consultant, Ingénieur de conception en Génie civil, est nommé Directeur Général du Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD), en remplacement de Monsieur Thierno Birahim AW ;

– Monsieur Diaoula SADIO, Ingénieur Statisticien Economiste, est nommé Directeur Général de la Planification des Statistiques et des systèmes d’information et de la Prospective au Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, poste vacant ;

– Monsieur Jean BIAYE, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde 628 868/B, titulaire d’un Master 2 en Philosophie, précédemment Conseiller technique du Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, est nommé  Directeur du centre de formation des métiers du BTP, en remplacement de Monsieur Djibril THIAW ;

– Madame Khady BADIANE, titulaire d’un Master en Management international des PME et territoires, est nommée Directrice Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement (QHSE), poste vacant ;

– Monsieur Abdoulaye DIOP, Planificateur, matricule de solde 618 402/G, titulaire d’un master 2 en sciences de gestion, précédemment Chef de la division gestion à la Direction de l’Administration générale et de l’Equipement du ministère des Finances et du Budget, est nommé Directeur de l’Administration générale et de l’Equipement, en remplacement de Madame Marième GUEYE.

Au titre du Ministère de la Famille et des Solidarités :

– Monsieur Mountaga Bâ, Expert en Analyse et politique économique, matricule 602 649 /C, est nommé Secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités, en remplacement de Monsieur El hadji Ndiogou DIOUF.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement Amadou Moustapha Njekk SARRE                                                                                                                                                                                                                                           

Clôture du Dialogue national : le président Bassirou Diomaye Faye salue un « esprit de dépassement et de maturité démocratique »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a salué, ce mercredi 4 juin 2025, la clôture du Dialogue national sur le système politique, marquant un tournant dans la dynamique de concertation et de réforme institutionnelle engagée depuis son accession au pouvoir. Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l’État a tenu à souligner la qualité des échanges et l’état d’esprit ayant animé les participants.

« Le Dialogue national sur le système politique s’est achevé aujourd’hui, dans un esprit de dépassement et de maturité démocratique », a-t-il écrit, rendant ainsi hommage à l’engagement des différents acteurs politiques, sociaux et institutionnels impliqués dans les travaux.

Le président Faye a insisté sur la nécessité pour les institutions de la République de porter les valeurs fondamentales attendues par les citoyens. « Nos institutions, fondements de notre vivre-ensemble, doivent incarner l’unité, la justice et l’espérance », a-t-il déclaré, dans un discours empreint d’unité et de responsabilité, en écho aux aspirations populaires exprimées ces dernières semaines.

Il a également salué la diversité et la richesse des contributions recueillies au cours de ces consultations, soulignant le rôle central joué par les forces vives de la nation : « Je remercie toutes les forces vives qui ont répondu à l’appel de la République, en apportant leurs idées, leurs convictions et leur sens de l’intérêt général ».

Dans une volonté de rassemblement et de projection vers l’avenir, le président de la République a conclu son message par un appel à l’unité nationale et à l’action concertée : « Ce moment républicain engage notre responsabilité collective : refonder, ensemble, un Sénégal plus fort, plus juste, plus démocratique ».

La clôture de ce dialogue marque ainsi une étape décisive dans le processus de refondation institutionnelle souhaitée par le président Faye, qui entend inscrire son mandat sous le sceau de l’écoute, du consensus et de la réforme durable.

Affaire du drame de Témento : Babacar Ndiaye écroué pour le meurtre présumé de Moussa Ndiaye

La quiétude de la commune de Paroumba, dans le département de Vélingara, a été violemment perturbée par une affaire qui continue de bouleverser la région. Babacar Ndiaye, agent de santé communautaire en poste à Témento, a été placé sous mandat de dépôt ce mardi 3 juin par le tribunal de grande instance de Kolda. Il est soupçonné d’avoir commis un crime odieux : le meurtre de Moussa Ndiaye, un opérateur économique très respecté dans le sud du pays.

Le corps sans vie de Moussa Ndiaye a été découvert le 31 mai dernier, dans des circonstances glaçantes. La victime, portée disparue depuis quelques jours, a été retrouvée enterrée dans une fosse sommairement creusée à l’arrière-cour du domicile de Babacar Ndiaye, près des toilettes. Ce lieu sordide, dissimulé aux regards, a été le théâtre présumé d’un drame dont l’horreur a suscité l’émoi dans toute la communauté.

Déféré au parquet de Kolda, Babacar Ndiaye a été entendu par le juge d’instruction en charge du dossier. Durant son audition, il a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. Malgré ses dénégations, les éléments à charge semblent suffisamment graves pour justifier sa mise en détention provisoire. Le magistrat instructeur a ordonné une enquête approfondie afin d’établir la vérité dans cette affaire aux contours encore flous.

Les chefs d’accusation retenus contre l’agent de santé sont d’une extrême gravité. Il est poursuivi pour assassinat, actes de torture et de barbarie, mais également pour violation des règles relatives aux inhumations. À ces faits s’ajoute une accusation d’abus de confiance portant sur une somme de quatre millions de francs CFA. Ce volet financier pourrait révéler un mobile, encore à confirmer par l’enquête.

Dans l’attente des résultats de l’instruction, la douleur est immense du côté de la famille de la victime, qui réclame justice avec force et dignité. À Paroumba et dans les villages environnants, l’indignation est palpable. Les habitants, encore sous le choc, peinent à comprendre comment un tel drame a pu survenir dans leur paisible localité.

Le juge d’instruction poursuit ses investigations. L’autopsie du corps, les expertises médico-légales, les auditions de témoins et les recoupements téléphoniques pourraient être décisifs dans la quête de vérité. En attendant, Babacar Ndiaye passera ses prochains jours derrière les barreaux de la prison de Kolda, où il a passé sa première nuit en détention.

Ce fait divers tragique, au-delà de son caractère choquant, pose une nouvelle fois la question de la prévention des violences graves dans les zones rurales, souvent isolées et peu dotées en moyens d’enquête rapide. La suite de l’instruction dira si les charges sont maintenues, et si un procès s’ouvrira dans les prochains mois pour juger ce dossier qui endeuille et interroge toute une communauté.

« Tendre la main » ne suffit plus : l’opposition appelle le Président Diomaye Faye à des gestes concrets de décrispation

Tous les dialogues initiés par les chefs de l’Etat pour consolider les acquis démocratiques de notre pays, corriger les faiblesses ou lacunes institutionnelles et revigorer les traditions de Péncoo et de Diisoo de notre peuple, ont toujours été marqués par un signal fort et des gages de bonne volonté.

En participant, sans préalable au dialogue national initié par son Excellence M.Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République, l’opposition républicaine a posé un acte fort visant à renforcer la cohésion nationale, à consolider les traditions de dialogue démocratique de notre peuple et à bâtir des consensus forts afin de baisser les tensions, pacifier l’espace politique et favoriser un fonctionnement de qualité du système politique et des institutions de la Gouvernance de notre pays.

Du reste, le Président Diomaye FAYE disait, lors de son discours d’ouverture des travaux du dialogue national : « Mon rôle en tant que garant de l’unité nationale est de tendre la main à toutes et à tous, pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays. ».

C’est, pensons-nous, dans le cadre d’une telle vision apaisée de notre démocratie, patrimoine commun à tous les africains fiers de notre pays, que l’opposition démocratique engage le Président de la République à poser des actes d’ouverture, de concorde et de réconciliation en utilisant tous les leviers à sa disposition pour faciliter la libération immédiate des jeunes chroniqueurs, à l’exemple de Abdou NGUER, Oumar SOW, Assane DIOUF et tous ceux qui sont détenus pour « délit d’opinion ». De la même manière, nous lançons au Président de la République un appel pressant pour qu’il rassure nos compatriotes sur le fait que l’Etat de droit au Sénégal doit être compatible avec la protection des libertés.

Ainsi, le Président de la République, clé de voute des institutions, pourrait inviter la justice de notre pays, forte de son indépendance reconnue, à accompagner la pacification de l’espace politique en faisant preuve de magnanimité pour ordonner la fin de toutes les détentions provisoires des hommes et femmes politiques et hauts cadres (anciens ministres, anciens députés, anciens hauts fonctionnaires et autres.).

Le contrôle judiciaire et les restrictions qui l’accompagnent suffisent pour les maintenir à la disposition de la justice qui doit, au nom de la reddition des comptes, faire son travail jusqu’au bout.

Un autre geste fort attendu du Président de la République, c’est qu’il s’érige en bouclier de toutes les libertés y compris la liberté de la presse en protégeant ses institutions et ses vaillants professionnels. La convocation régulière des journalistes à la Police de même que la fermeture illégale de leurs organes soulèvent des condamnations légitimes et affectent grandement la réputation de notre démocratie qui -on le sait- doit énormément aux sacrifices et au dévouement des pionniers et animateurs de nos médias.

Enfin, quasiment tous les acteurs de notre pays s’accordent sur le fait que la « Haute Cour de Justice » ne traduit pas l’aspiration profonde de notre peuple à un État de droit toujours plus fort et exclusivement au service des citoyens et des institutions. Il faut donc réformer en urgence et en profondeur une telle Cour dans sa composition, dans son organisation et dans son fonctionnement pour qu’elle respecte pleinement les droits des justiciables et leur assure le droit à un appel s’ils le désirent.

De telles mesures fortes de Monsieur le Président Bassirou Diomaye FAYE, suite à la conclusion du Dialogue politique national, rejoindront toutes les grandes décisions de ses prédécesseurs, dans les mêmes circonstances, visant à restaurer la confiance de nos compatriotes dans notre système politique.

Vivement alors qu’il entende notre APPEL et se distingue comme un grand contributeur à l’espérance d’un Sénégal meilleur, démocratique, réconcilié et toujours plus grand et plus harmonieux ! 

LE GROUPE DE L’OPPOSITION AU DIALOGUE NATIONAL

Commission sur le Processus électoral : 17 points de consensus, un désaccord majeur sur les modes de scrutin

La Commission sur le Processus électoral a présenté son rapport final ce mercredi 4 juin 2025, au terme de quatre séances de travail intensif. Le document, très attendu par les acteurs politiques et les observateurs de la démocratie sénégalaise, met en lumière un large consensus autour de la quasi-totalité des réformes proposées. Sur les vingt points inscrits à l’ordre du jour, dix-sept ont pu être discutés et validés, témoignant d’un esprit de compromis entre les différentes parties prenantes. Toutefois, un désaccord persiste concernant les modes de scrutin aux élections législatives et territoriales, tandis que trois autres points n’ont pas été abordés, faute de temps.

Le rapport note d’abord l’accord de principe sur l’adoption du bulletin unique, avec une exigence préalable d’étude de faisabilité. Cette étude devra notamment veiller à l’accessibilité pour les personnes handicapées, afin de respecter le principe d’inclusion. Le vote des personnes en détention a également fait l’objet d’un consensus, à condition que sa mise en œuvre soit précédée par une évaluation technique réaliste, dans la perspective de la prochaine élection présidentielle.

Concernant les campagnes électorales, les parties ont convenu du maintien de leur durée actuelle. L’un des progrès notables est l’engagement pour une meilleure transparence du fichier électoral, avec la mise en œuvre prochaine d’un décret permettant aux partis politiques d’y exercer un véritable contrôle, selon des modalités définies en concertation avec eux.

Un autre point d’accord porte sur l’inscription électorale permanente. Il a été décidé que les primo électeurs ne seraient pas inscrits automatiquement lors de leur enrôlement pour la carte nationale d’identité. En revanche, ils devront être informés de leur droit à s’inscrire immédiatement, dans le cadre d’un dispositif permanent à revoir de façon inclusive avant d’être intégré au Code électoral.

Le processus électoral intégrera aussi davantage les personnes en situation de handicap. Bien que cette dimension soit déjà présente dans le cadre juridique actuel, elle devra être renforcée pour garantir un accès effectif à toutes les étapes. La FSAPH est d’ailleurs invitée à soumettre un document technique pour enrichir la prise de décision. Toutefois, la question du quota sur les listes de candidats reste en suspens, l’Assemblée estimant que la représentativité découle d’un engagement politique préalable.

L’Assemblée a également validé l’institutionnalisation des débats programmatiques, tout en renvoyant à une concertation ultérieure avec le CNRA, les médias et les acteurs politiques pour en définir les modalités. Sur le plan technologique, le principe de la dématérialisation progressive de tout le processus électoral a reçu l’approbation des participants. Il en va de même pour l’expérimentation progressive du vote électronique, à condition qu’elle repose sur une approche inclusive.

Un consensus a également été trouvé autour du maintien du parrainage, reconnu comme un filtre démocratique utile, mais dont les modalités doivent être améliorées. La commission propose ainsi une dématérialisation progressive du processus pour corriger ses imperfections. De plus, le contrôle du parrainage devrait être retiré au Conseil constitutionnel pour être confié à une structure distincte, mieux adaptée.

Concernant les conditions de dépôt de candidature, les participants se sont accordés sur l’obligation de verser une caution avant le retrait des fiches de parrainage. Le vote des forces de défense et de sécurité, des journalistes et des magistrats en mission hors de leur circonscription a également été approuvé pour les élections législatives et territoriales, sous réserve de la faisabilité technique, notamment via le vote électronique.

D’autres réformes ont été adoptées, comme l’application effective de la loi sur la parité, l’harmonisation des textes électoraux et la possibilité pour l’Observatoire national de la Parité de saisir les juridictions compétentes. L’audit du fichier électoral par des experts nationaux indépendants a été approuvé à deux niveaux : un audit ponctuel pour établir une situation de référence et poser les bases d’un système de gestion durable, et un audit global visant à éviter les vérifications répétitives à l’avenir.

La Commission a confirmé le maintien de la caution pour les élections législatives et territoriales, tout en prônant une certaine flexibilité quant à son montant. En revanche, elle a choisi de ne pas discuter du vote par procuration pour le moment, préférant reporter ce sujet à un prochain dialogue.

Le principal point de désaccord concerne les modes de scrutin pour les élections législatives et territoriales. L’opposition et la société civile souhaitent engager une réflexion approfondie en menant des simulations basées sur les résultats des scrutins passés (2012, 2019, 2022, 2024) afin de proposer un système électoral plus représentatif, garant de la stabilité institutionnelle et de la gouvernabilité. En face, la majorité tient à maintenir les modes de scrutin actuels, ce qui a empêché l’obtention d’un consensus.

Enfin, trois points n’ont pu être abordés : la participation des candidats en détention aux élections, l’instauration d’un régime juridique spécifique pour les élections anticipées et la proposition d’instaurer une enquête de moralité avant le dépôt des candidatures.

La Commission a été dirigée par Mamadou Seck, expert électoral reconnu. Il était assisté par Abdoul Aziz Sarr, directeur des opérations électorales à la Direction Générale des Élections, en tant que premier assesseur, et Dr Yaya Niang, spécialiste en matière électorale, en qualité de deuxième assesseur. Le rapporteur des travaux était Aliou Diallo, chargé de la synthèse des conclusions. De nombreux représentants politiques et de la société civile ont pris part aux débats, apportant leur expertise et leur engagement au service de la démocratie.

Scandale foncièr : Fabouly Gaye arrêté pour un terrain fantôme, Mame Boye Diao vaque à ses besoins

Un parfum de scandale plane à nouveau sur la gestion du foncier au Sénégal. Fabouly Gaye, figure politique connue à Kolda, a été interpellé ce matin dans une affaire de vente frauduleuse de terrain. L’homme aurait cédé une parcelle à un particulier… qui, après vérification auprès du DSCOS (Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol), découvre que ladite parcelle n’existe tout simplement pas. Terrain fictif, argent bien réel. Une arnaque de haut vol qui rappelle les travers persistants de l’administration foncière.

 

Mais ce qui agite davantage l’opinion, c’est le nom de celui qui aurait initialement « attribué » ce terrain : Mame Boy Diao, ancien directeur des Domaines sous Macky Sall. Un nom bien connu du sérail, longtemps considéré comme un technocrate ambitieux et méthodique, aujourd’hui réputé proche des cercles du pouvoir Diomaye-Sonko. Pendant que Fabouly Gaye goûte aux rigueurs de la garde à vue, Mame Boy, lui, vaque tranquillement à ses occupations. Deux poids, deux mesures ?

 

Selon les premières sources proches du dossier, Fabouly Gaye aurait produit un document d’attribution signé du temps où Diao était aux commandes de la Direction des Domaines. Un document que la DSCOS n’a pas retrouvé dans ses archives, et qui serait donc,jusqu’à preuve du contraire, un faux en bonne et due forme. La justice, saisie, devra déterminer s’il s’agit d’un acte isolé ou d’un système bien huilé, où certains noms servaient de caution morale à des opérations spéculatives aux contours mafieux.

 

Dans un pays où la question foncière vire souvent au chaos et alimente un ressentiment populaire croissant, cette affaire risque de faire tache. Car elle pose une question brûlante : comment un ancien directeur des Domaines peut-il être lié à une attribution fantôme sans être immédiatement inquiété ?

 

À ce jour, ni la Cour des Comptes ni l’OFNAC n’ont officiellement réagi. Mais dans les couloirs feutrés de l’administration, l’affaire fait grincer des dents. La transition politique amorcée le nouveau regime avait suscité l’espoir d’un nettoyage en profondeur des pratiques opaques. L’affaire Fabouly Gaye sonne comme un test grandeur nature pour le nouveau régime, qui doit prouver qu’il ne protège aucun parrain, fût-il ancien camarade de parti ou soutien silencieux.

 

Le foncier reste au Sénégal un miroir fidèle de la gouvernance : opaque, sensible et hautement politique. Si l’impunité prévaut une fois de plus, alors la rupture tant promise n’aura été qu’un mirage.

 

Affaire à suivre… de très près.

 

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°480 – 04/06/2025

🔴 2e ÉDITION DU SALON DES INDUSTRIES AFRICAINES : DAKAR, CATALYSEUR DU CHANGEMENT
🔴 RELANCE ÉCONOMIQUE URGENTE : LE PLAN DE BOUGANE POUR « SAUVER LE SÉNÉGAL »

🔴 LIGUE PRO : JARAAF, GORÉE ET DES DIRIGEANTS DE CLUBS SANCTIONNÉS
🔴 LUTTE : TALFA VS ARMÉE PRÉVU EN JUILLET

L’Etat va-t-il continuer à rester impassible face à la situation catastrophique de la presse sénégalaise ? ( Par Ibrahima Lissa FAYE )

Excellence Monsieur le Président de la République, 
Monsieur le Premier Ministre,

C’est avec une profonde inquiétude que je m’adresse à vous concernant la situation alarmante que traverse la presse sénégalaise. Elle nous interpelle tous en tant que leader et/ou simple citoyen. Une action salutaire et urgente s’impose sinon l’histoire retiendra, que de manière délibérée, une mise à mort du secteur des médias est savamment planifiée et orchestrée. J’en appel à votre empathie à votre responsabilité devant l’histoire. En effet, depuis plus d’un an, notre secteur subit une asphyxie progressive résultant de “mesures iniques et inappropriées”, mettant en péril non seulement la survie économique des entreprises de presse, la dignité, l’indépendance et le professionnalisme de ses travailleurs mais également la liberté d’information qui constitue un pilier fondamental de notre démocratie.

Cette tradition d’une presse indépendante, crédible et professionnelle est l’oxygène de notre démocratie. Elle garantit la transparence des Institutions, favorise le débat public éclairé et constitue un contre-pouvoir essentiel. Des valeurs qui ont beaucoup contribué à votre accession au pouvoir et que le parti Pastef prône depuis sa création. Notre pays, reconnu pour sa tradition démocratique exemplaire en Afrique, ne peut se permettre de voir s’affaisser ce rempart contre l’arbitraire et la désinformation. Quel que soit le reproche qu’on puisse faire aux médias, de manière générale, ils constituent la vitrine, un maillon important de notre chère Nation. La crédibilité de nos médias, fruit d’années de professionnalisme et d’engagement, est aujourd’hui menacée par des conditions économiques insoutenables.

Lors du Conseil des ministres du 7 mai 2025 et en août dernier, vous-même, Son Excellente, Monsieur le Président de la République, avez donné des instructions claires pour qu’une attention particulière soit portée à la situation de la presse. Cependant, depuis lors, aucune action concrète n’a été entreprise pour donner suite à cette directive. Plus préoccupant encore, nous observons une absence totale de volonté de notre Tutelle d’ouvrir un dialogue constructif.

Suite à votre invitation, le Patronat de presse a adressé une demande d’audience au ministre de la Communication, des Télécommunication et du Numérique. Mais, au détour d’une lettre-réponse, datée du 27 mai, empreinte de vitriol et de condescendance, Monsieur Alioune Sall n’a même pas daigné proposer une date de rencontre. Depuis le dépôt des conclusions des Assises Nationales de la Presse et même bien avant, nous constatons avec regret que le ministre déroule en solo ce qui semble être un agenda personnel, souvent, en violation des textes qui régissent le Secteur des Médias.

Au-delà des considérations institutionnelles, c’est la situation sociale des travailleurs qui nous alarme le plus. Pour preuve, à la veille de la fête de Tabaski, les hommes et femmes des médias se trouvent dans un désarroi total. Beaucoup croulent sous le poids d’arriérés de salaires s’étalant sur 
plusieurs mois. Certains sont menacés d’expulsion de leur logement, tandis que d’autres voient leurs familles se disloquer sous la pression des difficultés économiques. Cette situation déjà gravissime va être accentuée par l’impossibilité pour ces professionnels de couvrir les dépenses liées aux importantes fêtes religieuses.

Son Excellent, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, en tant que garants des Institutions, vous n’êtes pas sans savoir que la presse professionnelle incarne une part essentielle de la souveraineté nationale. L’histoire récente de certaines contrées africaines nous enseigne que la vulnérabilité du secteur médiatique peut être exploitée par des forces obscures contribuant à déstabiliser des pays entiers. Sans une presse forte, indépendante et crédible, c’est la voix même de notre Nation qui s’éteint, laissant place aux rumeurs et aux manipulations.

Face à cette situation qui ne peut plus perdurer, je vous appelle solennellement à :

– Intervenir personnellement pour un dialogue constructif entre le Gouvernement et les acteurs de la presse

– Mettre en place des mesures d’urgence pour soulager la détresse financière des entreprises de presse et de leurs employés

– Veiller à l’application effective des conclusions des Assises Nationales de la Presse

– Garantir que les textes régissant le secteur soient respectés par tous et mis à jour

– Soutenir les initiatives visant à renforcer le professionnalisme et la crédibilité des médias sénégalais

Le Sénégal a toujours pu compter sur des bonnes volontés, des médiateurs, des facilitateurs qui ont aidé à résoudre discrètement des crises. Mais hélas, cette fois-ci, la presse semble abandonnée à son sort. Ceux qui ont tenté tout au début ont buté sur une fin de non-recevoir de certaines autorités qui seraient sous l’influence de certains faucons aux desseins inavoués. Il est vital actuellement que le père de la Nation et le chef du Gouvernement que vous êtes, soient très sensibles à la grave situation de vulnérabilité croissante du secteur des médias.

Certes, il n’y a aucune guerre, aucune velléité de confrontation de la part de la presse. Encore que même s’il en existait, permettez-moi, Son Excellence, Monsieur le Président de la République et Monsieur le Premier Ministre, de vous rappeler cette sagesse universelle : toutes les guerres finissent autour d’une table. Aujourd’hui plus qu’hier, le délitement continu du tissu socio-économique des employés des médias requiert une réaction rapide à la hauteur de la gravité de la situation du moment. Et, cela passera inéluctablement par l’ouverture d’un dialogue avant que l’irréparable ne se produise. 

Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, préserver une presse crédible et professionnelle n’est pas seulement une question économique, c’est un impératif social et démocratique pour l’avenir du Sénégal. Nous vous exhortons à prendre les mesures qui s’imposent pour sauver la presse sénégalaise et, à travers elle, préserver un pilier essentiel de notre démocratie et un pan important d’un secteur pourvoyeur d’emplois. 

Dans l’attente d’une réaction à la hauteur des enjeux, veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre très haute considération.

Ibrahima Lissa FAYE
Président de l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne (APPEL)

Visite de Sonko en Sierra Léone : La coopération bilatérale entre les deux pays, au menu des discussions avec le président Julius Maada Bio

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, poursuit sa tournée dans la sous-région ouest-africaine. Pour la dernière étape de ce périple diplomatique, il s’est rendu en Sierra Léone, où il est arrivé le lundi 2 juin. Ce mardi 3 juin, il a été reçu au State House de Freetown par le président Julius Maada Bio.

Selon les informations transmises par la Primature sénégalaise, la rencontre a débuté par un tête-à-tête entre les deux dirigeants. Ce premier échange a ensuite été suivi d’une séance élargie aux membres des deux délégations, portant essentiellement sur le renforcement de la coopération bilatérale entre Dakar et Freetown.

Au cours de ces discussions, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé sa volonté de renforcer les liens économiques entre les deux pays. Il a notamment plaidé pour la mise en place d’un corridor maritime entre Dakar et Freetown, estimant qu’une telle initiative pourrait dynamiser les échanges commerciaux et favoriser une meilleure circulation des biens et des personnes.

Le chef du gouvernement sénégalais a également profité de cette occasion pour exposer la nouvelle vision diplomatique du Sénégal, désormais centrée sur l’intégration régionale. Une orientation stratégique qui met en avant la coopération entre pays africains, la mutualisation des ressources et le développement des infrastructures partagées.

Cette visite marque ainsi une étape importante dans la relance des relations sénégalo-sierra léonaises, avec pour ambition de bâtir un partenariat plus dynamique et mutuellement bénéfique.

Abdou Khadre  à  El Malick… : Miroir de mes pensées 

Non à l’achat de voitures aux députés de la Diaspora.

Mr le président de l’Assemblée Nationale, 

Entant qu’ex-candidat député Europe du Sud-Diaspora, j’avais un projet de Loi 

pour la NON ATTRIBUTION aux députés de la Diaspora de véhicules et indamnités au Senegal, parce qu’ ils résident et représentent nos compatriotes de l’étranger.

L’achat de voitures pour des personnes qui n’en ont pas besoin pourrait être considéré comme un gaspillage de ressources publiques.

Cependant mr le président de l’Assemblée Nationale, il est important de savoir que les députés de la Diaspora ont un devoir de remplir leurs missions de representativité dans leurs circonscriptions électives : les Sénégalais de l’exterieur.

 Donc, il faut un transfert de ces AVANTAGES dans leurs juridictions de compétences.

 Les députés de la Diaspora ont effectivement un rôle crucial à jouer dans la représentation des intérêts et des besoins des Sénégalais vivant à l’étranger. 

Ils doivent être en mesure de se déplacer et de rencontrer leurs compatriotes pour comprendre leurs préoccupations et défendre leurs intérêts.

Dans ce contexte, l’accès à des moyens de transport adaptés peut être nécessaire pour leur permettre de remplir efficacement cette mission.

 Cependant, cela devrait être fait de manière transparente et responsable, en tenant compte des deniers publics et des attentes des électeurs.

Un véhicule de fonction et d’autres moyens de déplacements peuvent être utiles pour un député pour plusieurs raisons :

– Faciliter les déplacements pour les activités officielles

– Représenter l’institution de manière appropriée

– Assurer la sécurité et la confidentialité lors des déplacements.

          Mr le président de l’Assemblée Nationale El Malick…

Mon opinion est que les députés de la Diaspora pourraient bénéficier de conventions de transport avec des compagnies aériennes ou des services de transport locaux pour faciliter leurs déplacements dans leur circonscription.

Cela leur permettrait de se déplacer de manière efficace et économique, tout en représentant les intérêts de leurs électeurs. De plus, cela pourrait également aider à réduire les coûts et à optimiser l’utilisation des ressources publiques.

Dans certains pays avancés du monde, de nombreux députés utilisent les transports en commun, les taxis ou les services de covoiturage pour se rendre aux réunions et aux événements officiels.

C’est une des solutions pragmatiques et responsables qui pourraient répondre aux besoins des députés de la Diaspora tout en tenant compte des contraintes budgétaires.

Ensemble, pour une Diaspora Forte, Solidaire et Intègre 

Abdou Khadre DIOKHANE l’Officiel 

Responsable PDS -Italia Diaspora 

Affaire Lat Diop : la Cour suprême statue le 19 juin sur le pourvoi du parquet contre sa mise en liberté provisoire

L’avenir judiciaire de Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), se jouera en partie le 19 juin prochain. Ce jour-là, la Chambre pénale de la Cour suprême du Sénégal examinera le pourvoi en cassation déposé par le parquet général contre la décision de mise en liberté provisoire accordée à l’ex-responsable public.

Ce recours fait suite à l’arrêt rendu le 26 mars 2025 par la chambre d’accusation, qui était revenue sur une première décision du doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Ce dernier avait initialement refusé la demande de liberté provisoire présentée par la défense. Cependant, en seconde instance, la chambre d’accusation avait décidé de remettre Lat Diop en liberté, mais sous de strictes conditions.

Cette mesure comprenait notamment le port obligatoire d’un bracelet électronique, la remise de son passeport, l’interdiction d’entrer en contact avec les témoins du dossier, ainsi que l’obligation de rester à la disposition de la justice à tout moment. Mais cette liberté conditionnelle n’a pas été exécutée, car le parquet général a immédiatement introduit un pourvoi en cassation, suspendant ainsi son application.

Depuis son placement en détention le 26 septembre 2024, Lat Diop reste incarcéré. Il est poursuivi pour des faits graves, notamment détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux. Le montant en jeu est évalué à 8 milliards de francs CFA, selon les éléments de l’enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par Mouhamed Dieng, administrateur de la plateforme 1xBet Sénégal.

Le 19 juin prochain, la plus haute juridiction du pays devra trancher sur la régularité de la décision ayant accordé la liberté provisoire. Si elle confirme la validité de cette décision, Lat Diop pourrait être remis en liberté dans les conditions prévues. Dans le cas contraire, il restera en détention en attendant la suite de la procédure judiciaire. Ce nouveau round judiciaire s’annonce crucial pour l’ancien DG de la Lonase, dont le dossier reste l’un des plus sensibles dans le sillage des enquêtes ouvertes contre des responsables publics ces derniers mois.

4o

Ousmane Sonko à Conakry : un plaidoyer fort contre la xénophobie et pour l’unité africaine

En visite officielle en Guinée, le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a tenu un discours ferme contre la xénophobie sur le continent africain. Aux côtés de son homologue guinéen, Amadou Oury Bah, il a dénoncé avec vigueur les discours de haine et les replis identitaires qui, selon lui, fragilisent l’unité du continent.

Lors d’une conférence conjointe organisée à Conakry, Ousmane Sonko a déclaré que « les idéologies xénophobes sont inacceptables et sont souvent entretenues par certains responsables politiques à des fins populistes ». Il a exhorté les dirigeants africains à privilégier le respect mutuel, la solidarité et la fraternité entre les peuples, qu’il considère comme des piliers fondamentaux du panafricanisme.

Le chef du gouvernement sénégalais a mis en garde contre la tentation de désigner des boucs émissaires étrangers pour masquer les défaillances internes. « Les véritables ennemis de nos peuples ne viennent pas d’ailleurs. Ce sont la corruption endémique, la mauvaise gestion de nos ressources et l’absence de vision économique à long terme », a-t-il martelé.

Dans la même veine, Sonko a plaidé pour la mise en œuvre de politiques publiques inclusives et le renforcement des mécanismes d’intégration régionale. Pour lui, seule une Afrique unie, coopérative et économiquement intégrée pourra faire face aux défis du développement, de la sécurité et de la souveraineté.

Avant cette prise de parole publique, Ousmane Sonko avait eu un entretien bilatéral avec le président de la transition guinéenne, Mamady Doumbouya. Les deux hommes ont abordé des dossiers sensibles, notamment la sécurité régionale dans le contexte sahélien, la lutte contre le terrorisme et la nécessité d’une coopération renforcée entre Dakar et Conakry.

Cette visite marque un nouveau jalon dans les relations entre la Guinée et le Sénégal, et confirme la volonté du Premier ministre sénégalais de porter un message panafricaniste fort au-delà des frontières de son pays.

Selon le site Kawtef, qui a rapporté ces faits, cette déclaration de Sonko à Conakry pourrait résonner dans d’autres capitales africaines, alors que les tensions identitaires refont surface dans certaines régions du continent.

Ousmane Sonko en Sierra Leone : une visite diplomatique stratégique pour renforcer les liens régionaux

Le Premier ministre du Sénégal, M. Ousmane Sonko, a entamé une visite officielle de 48 heures en Sierra Leone, marquée par une série de rencontres diplomatiques d’envergure visant à consolider les relations bilatérales entre Dakar et Freetown.

Reçu ce mardi matin à 10h30 au State House, siège de la présidence sierra-léonaise, le chef du gouvernement sénégalais a été accueilli avec tous les honneurs par son homologue sierra-léonais, avant un entretien en tête-à-tête avec le président Julius Maada Bio. Cette discussion privée d’une quinzaine de minutes a été suivie d’une réunion élargie aux deux délégations, dans une atmosphère de coopération mutuelle et d’ouverture.

Dans son allocution d’ouverture, M. Sonko a transmis les salutations fraternelles du président Bassirou Diomaye Faye, tout en saluant la chaleur de l’accueil qui lui a été réservé. Il a souligné la proximité géographique entre les deux pays, rappelant que « seulement 1 000 kilomètres par voie maritime » séparent Dakar de Freetown. Le Premier ministre a proposé la création d’un corridor Dakar-Freetown, une initiative qui pourrait considérablement intensifier les échanges commerciaux et logistiques entre les deux capitales ouest-africaines.

Mettant en avant la nouvelle orientation diplomatique du Sénégal, Ousmane Sonko a déclaré :

« Notre priorité est de renforcer nos liens avec nos voisins ouest-africains, avant de nous projeter sur le reste du continent. »

Cette déclaration s’inscrit dans une volonté affichée de recentrer la politique étrangère du Sénégal sur la coopération régionale, en misant sur des partenariats stratégiques et mutuellement bénéfiques.

De son côté, le président Julius Maada Bio a salué cette visite comme un jalon important dans le renforcement des relations bilatérales. « Nos échanges restent encore modestes, mais ils recèlent d’immenses potentialités que nous devons explorer ensemble », a-t-il affirmé.

La visite du Premier ministre sénégalais devrait déboucher sur la signature d’accords majeurs, notamment dans les domaines de l’énergie et des industries extractives, secteurs clés pour les deux économies. Cette orientation économique se manifestera concrètement ce mercredi, lors de la visite de M. Sonko sur le site de Marampa Mines, dans la ville de Lunsar, au nord du pays. Cette visite vise à explorer les possibilités de coopération autour des ressources naturelles, enjeu stratégique pour les États de la sous-région.

En privilégiant une diplomatie active, orientée vers la complémentarité économique régionale, Ousmane Sonko réaffirme le rôle du Sénégal comme acteur central dans la construction d’une Afrique de l’Ouest unie et prospère.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°479 – 03/06/2025

🔴 BAISSE DE 0,6% DES PRIX DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION : UNE BOUFFÉE D’OXYGÈNE POUR LE BTP
🔴 ÉVALUATION FISCALE / PLAINTE AUPRÈS DU CIRDI : WOODSIDE ENERGY POURSUIT LE SÉNÉGAL

🔴 LUTTE / COMBAT MODOU LÔ – TAPHA TINE : UN DUEL INÉLUCTABLE, SELON FADAM 2
🔴 ZIGUINCHOR / DÉCÈS DE LÉOPOLD NZALÉ, ANCIEN VICE-PRÉSIDENT DU DUC : UN ROC DU SPORT SÉNÉGALAIS S’EN VA

Approvisionnement des structures de santé : l’ARP tire la sonnette d’alarme contre les circuits parallèles

L’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP) a lancé un avertissement ferme contre les pratiques illégales d’approvisionnement en médicaments dans les structures publiques de santé. Dans une note officielle datée du 30 mai, elle dénonce la livraison directe de spécialités pharmaceutiques par certaines agences de promotion à des postes, centres et districts de santé, en dehors du circuit légalement établi.

Selon l’ARP, ces livraisons illicites contournent le système officiel de distribution des produits pharmaceutiques, provoquant des distorsions dans l’approvisionnement des établissements publics. Les médicaments ainsi livrés se retrouvent revendus à des prix exorbitants aux patients, en violation flagrante de la loi n°2023-06 du 13 juin 2023, qui encadre strictement la chaîne de distribution pharmaceutique au Sénégal.

Cette législation consacre un monopole pharmaceutique rigoureux, interdisant toute distribution parallèle. En plus de compromettre la traçabilité et la régularité du circuit officiel, ces pratiques alimentent un marché informel dangereux pour la sécurité sanitaire des populations, estime l’ARP.

L’agence met en garde contre les lourdes sanctions encourues en cas de transgression : des amendes allant de 5 à 10 millions de francs CFA, des peines d’emprisonnement de 5 à 10 ans, voire un cumul des deux en cas de récidive ou d’infractions graves.

Face à la montée de ces pratiques, l’ARP appelle les pharmaciens responsables, les agences de promotion pharmaceutique, ainsi que l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament à un strict respect des règles en vigueur. L’objectif affiché reste inchangé : garantir à chaque patient un accès sécurisé, équitable et contrôlé aux produits de santé, conformément aux exigences de santé publique.

Disparitions d’activistes en Guinée : Ousmane Sonko maintient une ligne de non-ingérence mais prône le dialogue discret

En visite officielle en Guinée, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été interpellé ce lundi sur la question sensible des disparitions d’activistes et d’opposants guinéens, notamment Foniké Mengué, Billo Bah et Habib Marouane Camara. Connu pour son franc-parler, le chef du gouvernement sénégalais a cette fois opté pour une posture prudente, affirmant clairement sa position de non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains.

Face aux journalistes, Ousmane Sonko a rappelé la nécessité de respecter les réalités propres à chaque pays, malgré les liens historiques et culturels forts entre le Sénégal et la Guinée. « Quel que soit le niveau de fraternité et d’amitié, les États ont des réalités qu’il faut respecter », a-t-il déclaré, soulignant qu’il n’était pas du rôle des autorités guinéennes de commenter des décisions judiciaires prises à Dakar, et réciproquement.

Prenant exemple sur son propre pays, il a évoqué la situation de certains détenus au Sénégal, parfois qualifiés de prisonniers politiques par des voix critiques, pour illustrer les limites de ce que peut faire un dirigeant étranger. « Aujourd’hui, il y a des gens qui sont arrêtés au Sénégal pour différents délits que certains qualifient de délits politiques. Et ce n’est pas aux autorités guinéennes de venir au Sénégal pour dire ce qu’il faut faire. Je m’abstiendrai, par respect, de venir en Guinée pour dicter aux Guinéens ce qu’ils doivent faire. »

Toutefois, le Premier ministre n’a pas éludé l’importance des droits humains et de la paix dans la sous-région. Il a laissé entendre qu’il pouvait aborder ces sujets délicats dans un cadre confidentiel et respectueux, loin des caméras et des micros : « Si mes relations amicales et fraternelles me le permettent, et si je devais en parler, ce serait en douce, amicalement. Mais je ne viendrai pas ici, dans une conférence de presse, pour dire que j’ai dit ceci ou cela. Je pense que globalement, ça doit se passer comme ça. »

En creux, Ousmane Sonko trace ainsi une ligne diplomatique faite de réserve publique et de dialogue bilatéral discret, misant sur les relations de confiance entre dirigeants pour évoquer les sujets sensibles sans heurter les souverainetés nationales. Une approche mesurée qui reflète sa volonté de renforcer les relations régionales tout en évitant les tensions diplomatiques.

Litige autour du champ de Sangomar : Woodside Energy saisit le CIRDI contre l’État du Sénégal

La société australienne Woodside Energy, opératrice du projet pétrolier et gazier de Sangomar, a déposé une plainte contre le Sénégal auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un organe d’arbitrage de la Banque mondiale. Cette procédure, révélée lundi par l’agence Reuters, marque une nouvelle escalade dans les tensions entre le géant énergétique et les autorités sénégalaises.

Selon les informations disponibles, la plainte a été enregistrée le 30 mai dernier. Le document officiel consulté ne précise pas la nature exacte du différend, mais il indique que le ministère sénégalais du Pétrole et de l’Énergie est désigné comme partie défenderesse.

Cette démarche juridique intervient dans un contexte de crispation croissante. Déjà en août 2024, Woodside avait engagé une procédure judiciaire contre l’État sénégalais, cette fois sur le plan fiscal. Le différend actuel pourrait être lié à des désaccords concernant la fiscalité du projet, les conditions contractuelles, ou encore l’évolution de la gouvernance énergétique mise en œuvre par le nouveau régime sénégalais.

Woodside Energy détient 82 % des parts dans le champ offshore de Sangomar, situé au large du Sénégal. Il s’agit du tout premier projet pétrolier en mer du pays, censé marquer l’entrée du Sénégal dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures. Le démarrage de la production, prévu pour courant 2024, avait été présenté comme une étape historique vers une plus grande souveraineté énergétique et des recettes budgétaires accrues.

Cependant, le changement de régime intervenu en mars 2024 avec l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et la nomination d’Ousmane Sonko comme Premier ministre, semble avoir entraîné une relecture de plusieurs contrats dans le secteur extractif. Le gouvernement a en effet promis plus de transparence, de justice fiscale et une meilleure défense des intérêts nationaux, notamment en matière de ressources naturelles.

Pour le moment, aucune déclaration officielle n’a été faite par le gouvernement sénégalais ni par Woodside Energy sur cette procédure d’arbitrage. Le recours au CIRDI pourrait cependant ralentir les relations entre les deux parties, voire impacter le calendrier de production si le différend n’est pas rapidement résolu.

Le projet Sangomar est stratégique pour le Sénégal, avec des retombées économiques attendues à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA. Ce litige ouvre ainsi une période d’incertitude pour un secteur déjà sous haute surveillance.

Défis sécuritaires en Afrique : Boubacar Sèye appelle à un leadership sénégalais pour repenser le triptyque Immigration – Paix – Sécurité

Face à la montée des menaces sécuritaires en Afrique, le président de l’ONG Horizon Sans Frontières (HSF), Boubacar Sèye, lance un appel pressant aux autorités sénégalaises pour qu’elles « assument un rôle moteur dans la refondation du lien entre immigration, paix et sécurité. » Un plaidoyer qui alerte sur l’ampleur des défis et propose une approche stratégique à l’échelle continentale.

Le communiqué parvenu à PressAfrik souligne la gravité de la situation actuelle, marquée par une instabilité généralisée sur le continent. « Les ressources naturelles africaines, notamment les minerais stratégiques, attisent les convoitises d’acteurs mondiaux engagés dans une compétition géoéconomique féroce », peut-on lire.

Paix fragile

Selon la note, cette course aux ressources contribue à fragiliser les États. Depuis 1990, plus de 19 conflits armés ont éclaté dans 17 pays africains, selon le Centre des études stratégiques pour l’Afrique. La déstabilisation post-intervention en Libye, les transitions militaires au Mali, Burkina Faso, Niger et Guinée sont autant de signes d’un basculement géopolitique majeur.

Dans son analyse, Boubacar Sèye insiste sur la nécessité de repenser le triptyque Immigration – Paix – Sécurité (IPS), longtemps négligé ou mal géré. « Cette défaillance a permis l’émergence d’une économie parallèle criminelle, alimentant le terrorisme, les trafics d’êtres humains, de drogues, d’armes et d’organes », indique le communiqué, rappelant que cette économie informelle pesait déjà plus de 10 milliards de dollars (soit plus de 6500 milliards de francs Cfa) en 2016.

HSF appelle ainsi à une stratégie globale et contextualisée, fondée sur une nouvelle gouvernance des migrations. L’organisation met en garde contre « les liens pervers entre radicalisme religieux, insécurité et certains intérêts politiques, pointant du doigt les complicités entre groupes de pression et décideurs. »

Le Sénégal, modèle de stabilité

Dans un contexte continental en crise, le Sénégal est présenté comme un modèle de stabilité et de mixité culturelle, disposant d’une légitimité pour assumer un rôle de leadership régional. « L’élection d’un nouveau leadership à Dakar a suscité de grands espoirs. Ce moment historique impose des responsabilités. Le Sénégal doit prendre l’initiative », plaide HSF, qui invite les autorités à organiser une conférence africaine de haut niveau. L’objectif est d’harmoniser les positions africaines, bâtir une architecture de paix et de sécurité, et favoriser la convergence sociale entre les peuples.

Enfin, l’ONG insiste sur la nécessité pour les États africains de restaurer leur souveraineté stratégique, à travers une coopération renforcée et des réponses collectives aux menaces transnationales. « La lutte contre l’économie criminelle, la traite humaine, les violences de genre et la circulation illicite des armes exige des politiques coordonnées. Il est temps que l’Afrique parle d’une seule voix sur ces enjeux vitaux », conclut Boubacar Sèye.

Guy Marius Sagna dénonce Embaló et fustige l’inaction de la CEDEAO face au terrorisme au Bénin

Le député sénégalais Guy Marius Sagna a vivement critiqué, lors de la dernière session du Parlement de la CEDEAO à Abuja, le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, tout en s’indignant de l’inaction de l’organisation ouest-africaine face aux attaques terroristes meurtrières survenues au Bénin.

Dans une intervention sans concession, Guy Marius Sagna a accusé le chef de l’État de Guinée-Bissau de manipuler les institutions de son pays pour s’accrocher au pouvoir. Selon lui, Umaro Sissoco Embaló instrumentalise un présumé coup d’État militaire pour justifier ce qu’il qualifie de véritable « coup d’État constitutionnel ». Le parlementaire sénégalais a appelé le président bissau-guinéen à respecter la Constitution et à se soumettre à la volonté souveraine du peuple bissau-guinéen, qu’il accuse d’avoir été ignorée au profit d’une dérive autoritaire.

S’exprimant également sur la situation sécuritaire dans la sous-région, Guy Marius Sagna a évoqué avec émotion le drame survenu au Bénin, où 54 soldats ont récemment perdu la vie dans des attaques attribuées à des groupes terroristes. Il a exprimé sa solidarité avec le peuple béninois, tout en dénonçant le silence de la CEDEAO face à cette tragédie. Pour lui, la léthargie de l’organisation régionale face à l’expansion du terrorisme en Afrique de l’Ouest est non seulement inexplicable, mais également inacceptable.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le député a également révélé que, depuis juillet 2024, les sessions du Parlement de la CEDEAO ne sont plus retransmises en direct. D’après lui, cette mesure aurait été prise dans le but de censurer ses prises de parole, jugées trop critiques envers l’institution. Il s’est excusé pour la qualité médiocre de la vidéo de son intervention, expliquant que cette décision prive les citoyens ouest-africains d’un accès direct aux débats parlementaires. Il a saisi l’occasion pour dénoncer une gouvernance opaque, antidémocratique et autoritaire au sein même de la CEDEAO.

Connu pour son franc-parler, Guy Marius Sagna continue ainsi de s’ériger en défenseur des peuples et des principes démocratiques dans l’espace ouest-africain. Il appelle à une réforme profonde de la CEDEAO afin qu’elle cesse de protéger les régimes autoritaires et devienne un véritable rempart contre le terrorisme et les violations des droits des peuples.

Ousmane Sonko en Guinée : le renforcement de l’axe Dakar-Conakry au menu de sa visite

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, est en visite officielle en Guinée depuis le dimanche 1er juin 2025. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’une mission de travail destinée à consolider les relations bilatérales entre le Sénégal et la Guinée. Ce lundi 2 juin, il a entamé la première séance de travail avec son homologue guinéen, Amadou Oury Bah, au Palais de la Colombe, siège du gouvernement guinéen.

Selon la Primature, cette rencontre marque le début d’une série d’échanges approfondis entre les deux parties. Les discussions portent principalement sur l’état de la coopération entre Dakar et Conakry dans des domaines clés tels que les infrastructures, le commerce, l’énergie, la sécurité frontalière et l’intégration sous-régionale. L’objectif affiché est de raffermir l’axe Dakar-Conakry à travers des partenariats concrets et structurants.

La séance de travail ne se limite pas aux deux chefs de gouvernement. Elle est élargie aux délégations respectives des deux pays, ce qui témoigne d’une volonté de faire de cette visite un moment de coordination stratégique à haut niveau. Plusieurs ministres sectoriels prennent part aux discussions, traduisant l’ambition d’approfondir la coopération dans une approche multisectorielle.

Ce déplacement d’Ousmane Sonko en Guinée intervient dans un contexte marqué par une volonté des nouvelles autorités sénégalaises de réorienter la diplomatie du pays vers une plus grande intégration régionale, fondée sur la souveraineté, la solidarité africaine et la coopération Sud-Sud.

Habib Sy sur le dialogue national : « Il y a trop de participants, trop de folklore… »

Le président du Conseil d’administration de la Senelec, Habib Sy, n’a pas mâché ses mots à propos du dialogue national en cours, axé sur les réformes du système politique sénégalais. Invité ce dimanche 1er juin de l’émission Jury du dimanche sur I-radio, l’ancien ministre a exprimé ses réserves quant à l’efficacité de la démarche actuelle.

Selon lui, le cadre du dialogue est trop large et souffre d’un manque de rigueur. « Il y a trop de folklore, trop de participants », a-t-il déclaré, regrettant que la profusion d’acteurs autour de la table ne permette pas de recentrer les débats sur les véritables enjeux politiques.

Habib Sy a plaidé pour un format plus restreint, composé d’intervenants aguerris et capables d’apporter des contributions pertinentes. « Quand vous mélangez politiques, société civile, chefs religieux, etc., ce n’est pas toujours utile », a-t-il estimé, appelant à une meilleure structuration des discussions pour garantir des résultats concrets.

Pour l’ancien directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade, la multiplication des profils nuit à la lisibilité et à l’efficacité du dialogue, qui, selon lui, doit impérativement déboucher sur des réformes solides et durables.

Propos sur « l’islam importé » : le RIS saisit la justice après les déclarations du général Meïssa Sellé Ndiaye

Les propos tenus par le général à la retraite Meïssa Sellé Ndiaye à Koki continuent de susciter de vives réactions. Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) Alwahda a dénoncé avec fermeté les déclarations jugées « dangereusement réductrices » et « clivantes » de l’ancien aide de camp du président Macky Sall, et en appelle désormais à la justice.

Lors d’une cérémonie de parrainage du lycée de Koki, le général Meïssa Sellé Ndiaye s’est inquiété de l’émergence d’un « islam importé » au Sénégal, selon lui promu par de nouveaux prédicateurs formés à l’étranger, et en rupture avec l’islam confrérique traditionnel. Des propos qui, selon le RIS, portent atteinte à l’unité et à la diversité légitimes de la communauté musulmane sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public ce samedi, le RIS Alwahda estime que cette prise de position entretient « une vision dangereusement réductrice » de l’islam. « L’islam est une religion plurielle, traversée depuis ses origines par des courants de pensée, des traditions et des sensibilités diverses », souligne le mouvement, qui s’insurge aussi contre les allusions du général à des supposés financements occultes de certaines associations islamiques.

« Le général n’a pas hésité à insinuer publiquement que certaines structures religieuses seraient financées par des réseaux liés au trafic de drogue ou au terrorisme, sans présenter la moindre preuve », déplore le RIS, qui considère ces propos comme relevant d’une « extrême gravité ».

Le mouvement islamique appelle ainsi le Procureur de la République à s’autosaisir afin que toute la lumière soit faite sur ces accusations. « Si le général Meïssa Sellé Ndiaye détient des éléments tangibles, qu’il les présente devant les juridictions compétentes. Dans le cas contraire, ses propos doivent être traités comme des allégations diffamatoires et dangereuses pour la paix sociale », insiste le communiqué.

En conclusion, le RIS Alwahda réaffirme son attachement à la diversité des expressions de l’islam au Sénégal et appelle à rejeter toute tentative de division de la communauté musulmane. « Il n’existe pas un islam supérieur à un autre. Toute parole visant à opposer un islam local à un prétendu islam importé ne peut qu’alimenter la discorde au sein de la nation », martèle le mouvement.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°478 – 02/06/2025

🔴 RENOUVELLEMENT DU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ONU DANS UN MONDE FRACTURÉ : MACKY SALL, CANDIDAT DE LA CONCORDE
🔴 MENACES DJIHADISTES : L’ALERTE DU GÉNÉRAL SELLÉ NDIAYE

🔴 APRÈS L’OM, PSG VAINQUEUR DE LA LIGUE DES CHAMPIONS : À JAMAIS LES DEUXIÈMES !
🔴 LIGUE 1 / GUÉDIAWAYE-PIKINE : LE DERBY EXILÉ, SANS PUBLIC !

Féminicides au Sénégal : les organisations féministes exigent des lois plus strictes et une réponse immédiate de l’État

L’indignation est à son comble au Sénégal face à la recrudescence des féminicides. Ce samedi 31 mai 2025, plusieurs associations féministes et féminines se sont rassemblées sur le terrain HLM Grand Yoff, en face du Stade Léopold Sédar Senghor, pour un sit-in empreint de gravité. Vêtues de noir, en signe de deuil collectif, les militantes ont exprimé leur colère et leur détermination à mettre fin à l’impunité qui entoure les violences faites aux femmes.

Par le biais d’un mémorandum adressé aux autorités, les organisations ont réclamé l’adoption immédiate de lois spécifiques criminalisant les féminicides, mais aussi une réforme profonde du système de protection des femmes. Elles dénoncent un climat de violence systémique, aggravé par l’inaction ou la lenteur des réponses institutionnelles.

« Le Sénégal, jadis perçu comme un havre de paix et de téranga, est aujourd’hui secoué par une série de violences insoutenables envers les femmes », peut-on lire dans le document. Le mémorandum s’appuie sur des faits concrets pour illustrer cette réalité devenue insoutenable. Des noms de victimes sont cités : Diary Sow, 12 ans, tuée par un voisin ; Yamou Ndiaye, assassinée par son beau-frère à Touba ; Sadel Sow, abattue par son mari à Yayang ; Kindy Bah, tuée à Keur Ndiaye Lo ; Diene Dia et Fatou Gueye, toutes deux victimes de leurs proches ; ou encore Marie Louise Ndour, abattue d’une balle par son époux à Fatick. Autant de tragédies qui dressent un tableau sombre de la condition féminine au Sénégal.

Les militantes féministes soulignent que ces meurtres sont bien souvent commis dans la sphère privée, au sein même des foyers. L’espace familial, censé offrir sécurité et protection, devient paradoxalement le premier lieu de danger pour les femmes et les filles. Ce constat glaçant pousse les organisations à exiger une réaction structurelle et immédiate de la part des autorités.

Leurs demandes sont précises et urgentes. Elles exigent une condamnation claire des féminicides par les plus hautes autorités de l’État, la publication rapide des mesures prises pour sanctionner ces crimes, ainsi qu’une protection renforcée des femmes dans tous les espaces, notamment au sein du foyer. Elles réclament également la modification du Code de la famille, la suppression des dispositions discriminatoires envers les femmes, et la création de structures d’accueil, de soutien psychologique et de réinsertion pour les victimes.

Les féministes appellent aussi à une transformation des politiques publiques, avec l’intégration systématique de la lutte contre les violences sexistes dans les programmes éducatifs et institutionnels. Elles insistent sur la nécessité d’adopter des lois spécifiques contre les féminicides, assorties de peines exemplaires.

Au-delà de l’État, c’est la société dans son ensemble que ces organisations interpellent. Elles appellent les citoyennes et citoyens à briser la loi du silence, à dénoncer les violences et à soutenir les victimes. Elles invitent aussi la société civile à maintenir la pression pour que ces crimes ne soient plus tolérés, ni banalisés.

Enfin, les féministes sénégalaises appellent les institutions régionales et internationales — telles que la CEDEAO, l’Union africaine ou l’ONU — à exiger du Sénégal qu’il honore ses engagements en matière de droits des femmes. « Le Sénégal ne peut prétendre à la paix sans justice pour ses femmes », concluent-elles.

Manifestations politiques : 63 familles de victimes ont déposé plainte avec l’appui d’Amnesty International, selon Seydi Gassama

Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrikTV ce dimanche 1er juin, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a livré un témoignage marquant sur les conséquences humaines des manifestations politiques survenues au Sénégal ces dernières années. Selon lui, sur les 66 personnes ayant perdu la vie lors de ces événements, 63 familles de victimes ont pu déposer plainte grâce à l’accompagnement juridique assuré par son organisation.

Ce travail de terrain, mené par Amnesty International Sénégal, s’inscrit dans un plaidoyer plus large destiné à obtenir des autorités une réponse rapide et structurée au profit des victimes et de leurs proches. À en croire M. Gassama, les efforts déployés ont commencé à porter leurs fruits. Une grande partie des familles ayant fourni les documents administratifs requis, notamment les certificats d’hérédité, ont pu recevoir une assistance concrète de la part de l’État, principalement sous forme d’aide financière.

L’accompagnement ne s’est pas limité aux familles endeuillées. Certaines personnes arrêtées dans le cadre des manifestations ont également bénéficié de l’appui humanitaire et juridique mis en place. En outre, des mesures spécifiques ont été prises à l’égard des enfants mineurs dont les parents sont décédés au cours des événements : ces derniers ont été déclarés pupilles de la Nation, un statut qui leur garantit une prise en charge éducative et sociale renforcée.

Les personnes âgées survivantes de ces familles n’ont pas été oubliées. En fonction des situations particulières, elles ont été intégrées soit au programme de couverture maladie universelle, soit au dispositif de bourses de sécurité familiale, avec pour objectif de leur garantir un minimum de protection sociale.

Ce dispositif d’accompagnement représente une avancée notable dans la reconnaissance des souffrances causées par les crises politiques, mais Amnesty International appelle à aller plus loin. Pour Seydi Gassama, il est impératif d’accélérer les procédures judiciaires en cours et de garantir un procès équitable, afin que justice soit rendue dans les délais raisonnables, conformément aux normes nationales et internationales.

L’intervention de Seydi Gassama intervient dans un contexte où la question de l’impunité reste sensible, et où les attentes de justice demeurent fortes dans l’opinion publique, notamment parmi les familles touchées. Amnesty International, fidèle à sa mission de défense des droits humains, entend poursuivre son action jusqu’à ce que chaque victime soit reconnue, entendue et réparée.

UMOA-TITRES / DETTE PUBLIQUE : Le Sénégal dépendant des investisseurs ivoiriens ?

Dans un contexte de fortes tensions budgétaires, le Sénégal poursuit son recours au marché financier régional UMOA-Titres pour assurer la couverture de ses besoins de financement. Cependant, les récentes opérations d’adjudication mettent en évidence une dépendance croissante vis-à-vis d’un groupe restreint d’investisseurs, au premier rang desquels figurent les Ivoiriens.
En effet, à l’occasion de deux émissions d’obligations assimilables du Trésor (OAT), les 26 et 30 mai 2025, la Côte d’Ivoire s’est affirmée comme le principal pourvoyeur de fonds en faveur de la dette sénégalaise.
Le 30 mai, alors que le Trésor sénégalais ambitionnait de mobiliser 65 milliards F CFA, l’opération a suscité un engouement certain avec des soumissions atteignant 84,77 milliards F CFA. Mais, le montant finalement retenu est de 66,08 milliards F CFA, correspondant à un taux d’absorption de 77,95%. Les investisseurs ivoiriens ont, à eux seuls, contribué à hauteur de 41,96 milliards F CFA, soit près de 64 % des fonds levés, contre plus de 24,089 milliards F CFA pour les investisseurs sénégalais, et une participation marginale du Bénin (28,2 millions F CFA).
Quelques jours auparavant, le 26 mai, une émission de 196,8 milliards F CFA sur une maturité de trois ans, assortie d’un taux nominal de 6,30%, avait également été bien accueillie par le marché, avec un taux de couverture de 107%. Là encore, la Côte d’Ivoire a représenté plus de 60% de la demande, confirmant la place centrale des investisseurs ivoiriens dans la dynamique de souscription des titres publics sénégalais.
Si cette participation active des investisseurs ivoiriens traduit une certaine confiance envers la signature sénégalaise, elle révèle en filigrane une concentration inquiétante de la demande.
Il se trouve que la discrétion, voire l’absence quasi-totale des autres pays de l’UEMOA, notamment le Burkina Faso ou encore le Niger, mérite de s’interroger sur la capacité du Sénégal à élargir et diversifier sa base d’investisseurs régionaux.
Une situation qui pourrait se comprendre avec les révélations des nouvelles autorités sénégalaises sur l’existence d’une « dette cachée »évaluée à 7 milliards de dollars, soit 4 500 milliards F CFA. Des éléments qui ont contribué à la dégradation de la note souveraine du Sénégal par Moody’s et S&P Global Ratings, ainsi que la suspension temporaire de l’appui financier du Fonds monétaire international (FMI).
En outre, le 16 mai dernier, sur un montant de 44 milliards F CFA, les dernières émissions à moyen terme, proposées à des rendements élevés, jusqu’à 7,95%, attestent également de la prudence croissante des investisseurs.

Le Dakarois

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°477 – 31/05 ET 01/06/2025

🔴 UMOA-TITRES / CONTRIBUTION À PLUS DE 60% DES INVESTISSEURS IVOIRIENS LORS DES DEUX DERNIÈRES ÉMISSIONS : LE SÉNÉGAL SOUS OXYGÈNE IVOIRIEN ?
🔴 POPENGUINE 2025 : LE GÉNÉRAL TINE SORT LE GRAND JEU

🔴 UFOA A&B (U20) : LE SÉNÉGAL DANS UNE POULE RELEVÉE
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / DÉCISION DE LA FSF EN FAVEUR DU JARAAF : BUILDERS FC PRÊTE À SAISIR LA FIFA

Popenguine 2025 : Le ministre de l’Intérieur appelle au respect des engagements pour un pèlerinage sécurisé et réussi

À quelques jours du 137e pèlerinage marial de Popenguine, prévu du 7 au 9 juin 2025, l’État du Sénégal affine les derniers réglages pour garantir un déroulement sans accroc de ce grand événement religieux. Ce vendredi 30 mai, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le Général Jean-Baptiste Tine, a présidé à Dakar la réunion nationale préparatoire. L’occasion pour lui de rappeler l’importance stratégique et symbolique de ce rendez-vous spirituel, mais surtout de mettre chacun devant ses responsabilités.

Face aux autorités administratives, aux représentants des forces de défense et de sécurité, aux services techniques de l’État ainsi qu’aux partenaires impliqués dans l’organisation logistique et sanitaire du pèlerinage, le ministre a insisté sur le respect scrupuleux des engagements déjà pris. Il a notamment souligné que l’État s’est engagé à assurer des dispositifs efficaces dans plusieurs domaines clés : la sécurité des pèlerins, l’assainissement du site, l’organisation du transport, la disponibilité de l’eau potable et la coordination générale de l’accueil.

Dans un ton ferme mais mesuré, le Général Tine a donné des instructions précises. Il a chargé le gouverneur de la région de Thiès d’assurer le suivi des décisions arrêtées à l’échelle territoriale, tout en assignant au directeur général de l’administration territoriale la mission de superviser quotidiennement la mise en œuvre des mesures prises au niveau national. Il a demandé que des comptes rendus réguliers lui soient transmis pour un pilotage de proximité.

Soucieux des difficultés liées au transport des fidèles, en particulier ceux venant de régions éloignées comme Kolda, Ziguinchor ou Matam, le ministre a plaidé pour une certaine tolérance dans l’application de la réglementation routière. Il a toutefois tenu à préciser que cette souplesse ne saurait être interprétée comme un laissez-passer à l’imprudence. À ce titre, il a fermement rappelé que les règles de sécurité routière doivent être respectées en toutes circonstances. Selon lui, cette dérogation exceptionnelle vise à faciliter la participation de tous, sans pour autant compromettre la sécurité sur les routes.

Au-delà des dispositifs techniques, le Général Tine a lancé un appel solennel à la responsabilité collective. Il a invité toutes les structures impliquées à une parfaite coordination et à un esprit de service public, dans un contexte où Popenguine attire chaque année des milliers de pèlerins, non seulement venus de tout le Sénégal, mais aussi de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Il a également exhorté les médias et les autorités religieuses à sensibiliser sur la prudence, la discipline et le respect des consignes, afin d’éviter les accidents et les incidents liés à la forte affluence.

Ce pèlerinage, l’un des plus anciens et des plus emblématiques du Sénégal, constitue un temps fort pour la communauté catholique, mais aussi un moment de communion nationale et interreligieuse. L’État, à travers cette réunion de haut niveau, montre ainsi sa volonté de maintenir un cadre sécurisé, apaisé et structuré pour permettre aux fidèles de vivre leur foi dans la sérénité.

Le compte à rebours est désormais lancé. Tous les regards sont tournés vers Popenguine, dans l’attente d’un pèlerinage placé sous le signe de la foi, de la discipline et du respect mutuel.

Ousmane Sonko plaide pour une intensification des échanges commerciaux entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire : « Nous avons les atouts pour dépasser ce faible niveau »

En visite officielle en Côte d’Ivoire, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a présidé une séance de travail conjointe entre les délégations gouvernementales des deux pays. Dans son discours introductif, le chef du gouvernement a d’abord salué les liens « séculaires, forts et solides » qui unissent le Sénégal et la Côte d’Ivoire, insistant sur le respect et l’estime réciproques entre les deux États. Il a ensuite remercié le président Alassane Ouattara pour l’accueil réservé à la délégation sénégalaise, soulignant la qualité des relations diplomatiques entre Dakar et Abidjan.

Mais au-delà des symboles et de la fraternité historique, Ousmane Sonko a tenu à poser un diagnostic lucide sur la situation économique et commerciale entre les deux pays. Selon lui, les échanges commerciaux sont loin d’être à la hauteur du potentiel bilatéral. « Le niveau d’échanges entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire est relativement faible : 107 milliards de flux du Sénégal vers la Côte d’Ivoire, et 52 milliards en sens inverse. Ce qui est extrêmement faible au vu de nos complémentarités économiques et de nos ambitions communes », a-t-il regretté.

Le Premier ministre a ainsi insisté sur l’impératif de bâtir une coopération économique plus dynamique, s’appuyant sur une vision panafricaniste du développement. « Aucun pays ne peut réussir seul. L’histoire nous l’enseigne : en Asie, dans le Golfe ou en Europe, ce sont des groupes de pays qui ont réussi ensemble. Il serait illusoire de penser que le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou tout autre pays africain peut s’en sortir isolément », a-t-il martelé.

Ousmane Sonko a réaffirmé son attachement à une intégration régionale concrète, au-delà des textes et déclarations d’intention. Il a salué la relance de la commission mixte sénégalo-ivoirienne, qui, selon lui, constitue un organe essentiel pour le suivi et la mise en œuvre effective des accords de coopération. Il a également évoqué la nécessité de donner un nouveau souffle à des projets structurants comme le corridor Abidjan-Dakar-Praia, qui pourrait devenir un véritable levier d’intégration économique ouest-africaine.

Le chef du gouvernement sénégalais a aussi cité des exemples concrets pour illustrer le déséquilibre économique entre les deux pays, notamment dans les secteurs agricoles. « La Côte d’Ivoire produit plus d’un million de tonnes d’anacarde, tandis que le Sénégal peine à atteindre 200.000 tonnes. Même chose pour le cacao où l’écart reste très important », a-t-il souligné, en invitant à une coopération renforcée dans les domaines de la production et de la transformation.

En conclusion, Ousmane Sonko a exprimé son optimisme : « Nous avons tous les atouts pour dépasser ces chiffres et bâtir une coopération bilatérale beaucoup plus forte, au bénéfice de nos peuples. Nos présidents en sont conscients, et c’est à nous, gouvernements, de créer les conditions pour que cette ambition devienne réalité. »

Marché de l’UEMOA : le Sénégal lève 66 milliards de FCFA quatre jours après un emprunt record de 196 milliards

Le Sénégal continue d’accroître sa présence sur le marché financier régional. Ce vendredi 30 mai 2025, le Trésor sénégalais a levé 66 milliards de francs CFA à travers une nouvelle émission d’obligations assimilables du Trésor (OAT), à trois ans, avec un taux d’intérêt de 6,30 %. Ce nouvel emprunt intervient à peine quatre jours après l’impressionnante levée de fonds de 196 milliards de FCFA, un record pour le pays cette année.

La dernière opération ciblait un montant global de 84 milliards de FCFA. Les investisseurs ont répondu à hauteur de 65 milliards FCFA, mais la demande finale retenue par les autorités s’est finalement établie à 66 milliards, représentant un taux de couverture de 101,66 %.

La Côte d’Ivoire figure parmi les contributeurs les plus importants à cette mobilisation, avec plus de 40 milliards de FCFA investis par des institutions ivoiriennes, confirmant la solidité de la coopération financière régionale au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette dynamique d’endettement sur le marché régional par le Sénégal s’inscrit dans une stratégie de financement du budget national, notamment pour soutenir les projets d’investissement et combler les besoins de trésorerie. Elle témoigne également d’un certain niveau de confiance des investisseurs régionaux, en dépit d’un environnement marqué par des pressions budgétaires dans plusieurs pays de la zone.

Avec des taux désormais plus attractifs qu’en début d’année et un calendrier d’émissions soutenu, Dakar semble avoir trouvé une marge de manœuvre financière importante sur le marché de l’UEMOA. Toutefois, ces emprunts successifs relancent le débat sur le niveau d’endettement global du pays et sur sa soutenabilité à moyen terme.

Visite officielle : Le Premier ministre Ousmane Sonko reçu par le Président Alassane Ouattara

Dans le cadre d’une visite de travail et d’amitié, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été reçu en audience ce jeudi 29 mai 2025 par Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire.

Arrivé à Abidjan pour une mission de trois jours, le chef du gouvernement sénégalais entame ainsi une série de rencontres diplomatiques de haut niveau, visant à renforcer les liens historiques, économiques et politiques entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

La rencontre entre les deux dirigeants s’est déroulée dans une atmosphère cordiale et fraternelle, témoignant de la qualité des relations entre les deux pays. Les échanges ont porté sur plusieurs sujets d’intérêt commun, notamment la coopération bilatérale, les enjeux sous-régionaux en Afrique de l’Ouest, ainsi que les perspectives d’intégration économique dans l’espace CEDEAO.

Cette visite s’inscrit dans une volonté commune de renforcer les partenariats stratégiques entre Dakar et Abidjan, avec un accent particulier mis sur les domaines de l’économie, de l’éducation, de la sécurité, et des infrastructures.

Outre l’audience présidentielle, le programme de la visite du Premier ministre Ousmane Sonko prévoit également des séances de travail avec des membres du gouvernement ivoirien, des rencontres avec la communauté sénégalaise résidant en Côte d’Ivoire, ainsi que des visites de terrain dans des zones à fort potentiel de coopération bilatérale.

Ousmane Sonko salue l’élection de Sidi Ould Tah à la tête de la BAD : un signal fort d’unité régionale

En visite officielle en Côte d’Ivoire, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a reçu ce vendredi à l’hôtel Sofitel Ivoire d’Abidjan, Sidi Ould Tah, tout juste élu président de la Banque africaine de développement (BAD). Cette audience, à haute portée symbolique, a illustré la volonté de renforcement des liens entre le Sénégal et la Mauritanie, deux nations liées par une histoire et une géographie communes, mais aussi par un destin africain partagé.

Moins de vingt-quatre heures après son élection face au Zambien Samuel Munzelé et au Sénégalais Amadou Hott – ancien vice-président de la BAD – Sidi Ould Tah a rendu une visite de courtoisie à Ousmane Sonko, actuellement en mission diplomatique de trois jours en Côte d’Ivoire. Ce geste témoigne d’une volonté affirmée de dialogue et de coopération régionale dès les premières heures de son mandat.

Le chef du gouvernement sénégalais a salué avec chaleur et enthousiasme cette victoire mauritanienne. « J’ai eu l’agréable plaisir de recevoir le président élu de la BAD, monsieur Sidi Ould Tah, qui m’a fait l’honneur de me rendre visite sitôt que je suis arrivé à Abidjan. J’ai accueilli un homme serein, engagé, porteur d’une vision claire, ambitieuse et progressiste pour l’institution continentale », a déclaré Ousmane Sonko.

Écartant toute forme de rivalité nationale, le Premier ministre sénégalais a félicité son hôte avec une formule marquante : « Si la Mauritanie gagne, c’est le Sénégal qui a gagné. C’est la même chose. » Cette déclaration traduit un esprit panafricaniste fort, valorisant l’intérêt commun au-delà des considérations nationales.

Durant leur entretien, les deux hommes ont échangé sur les grands défis du continent : ralentissement économique, urgence climatique, souveraineté financière, industrialisation, et transformation structurelle. Sidi Ould Tah, successeur du Nigérian Akinwumi Adesina, a réaffirmé son ambition de porter une nouvelle dynamique pour la BAD et pour l’Afrique.

« J’ai eu l’honneur d’être reçu par le Premier ministre du Sénégal en tant que nouveau président de la BAD pour les cinq prochaines années. J’ai bien écouté ses orientations sur les priorités du gouvernement sénégalais concernant les grandes questions de développement économique en Afrique », a confié le nouveau président de la BAD.

Il a ensuite dévoilé les grands axes de sa vision : réforme de l’architecture économique du continent, valorisation locale des matières premières, transformation de la démographie africaine en dividende économique, et développement d’infrastructures résilientes. « Augmenter le volume des finances pour l’Afrique, bâtir des infrastructures solides, et mettre de la valeur ajoutée à nos matières premières », a-t-il résumé.

Cette rencontre marque potentiellement un tournant stratégique dans les relations entre le Sénégal et la BAD. Avec un programme gouvernemental ambitieux nécessitant des investissements lourds dans les infrastructures, l’éducation, l’énergie et la santé, le gouvernement de Sonko pourrait bénéficier d’un soutien accru de la part de la principale institution financière panafricaine.

La Mauritanie, quant à elle, voit l’un de ses ressortissants accéder à un poste de leadership continental, consolidant sa place dans les cercles de décision économiques africains et renforçant son influence diplomatique.

ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE / DU CICAD À EL HIERRO : Le Sénégal dialogue, l’océan engloutit son avenir

Alors que les acteurs socio-politiques répondent à l’appel au dialogue du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, les tentatives d’émigration irrégulière de jeunes Sénégalais se multiplient. Arrestations en série, réseaux démantelés, pirogues interceptées ou chavirées : un bilan sinistre qui démontre que la mer continue d’engloutir les espoirs d’une jeunesse en détresse, prête à tout pour fuir la précarité.

Le 28 mai 2025, dans l’enceinte solennelle du Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à l’ouverture officielle du Dialogue national, présenté comme un pas vers un nouveau pacte politique, économique et social. Pendant ce temps, au large des côtes européennes, un autre drame vient rappeler la gravité de la crise migratoire que traverse notre pays. Sept (7) personnes, dont quatre (4) femmes, une adolescente de 16 ans et deux (2) fillettes âgées de cinq ans, ont péri dans le chavirement d’une pirogue à El Hierro, au port La Restinga, en Espagne.
Ce contraste saisissant entre les réunions institutionnelles et les tragédies humaines illustre avec acuité la profondeur du malaise socio-économique. Selon les services de secours espagnols, la pirogue immatriculée 96/25, en provenance de Nouakchott (Mauritanie), transportait, en effet, cent cinquante-deux (152) passagers. Hommes, femmes et enfants réunis sont originaires du Sénégal, de la Mauritanie, de la Guinée et du Mali. Le drame est survenu au moment de l’accostage, lorsque le regroupement déséquilibré d’une partie des occupants a provoqué le chavirement de l’embarcation.
Quelques jours avant, sur le territoire national, les Forces de défense et de sécurité ont également poursuivi leurs efforts pour endiguer le phénomène de l’émigration irrégulière. C’est ainsi que le dimanche 25 mai, la Brigade de Recherches de Keur Massar a mis a démantelé un vaste réseau de convoyeurs à Sendou, dans le département de Rufisque. Cette opération a conduit à l’interpellation de soixante-quinze (75) candidats, à l’arrestation de trois (3) présumés convoyeurs, ainsi qu’à la saisie de quantités importantes de carburant et de vivres destinés au voyage.
À moins de 24 heures après, dans la nuit du lundi 26 mai, vers 1h30 du matin, la Brigade territoriale de Yenne, appuyée par l’Escadron de Surveillance et d’Intervention de Diamniadio, a appréhendé vingt-neuf (29) autres candidats dans une maison à Sendou. Parmi eux, on compte dix-neuf (19) Sénégalais, sept (7) Gambiens, deux (2) Sierra-Léonais (un couple) et un Guinéen, a appris Le Dakarois Quotidien d’une source de la gendarmerie. Tout ce beau monde affirme avoir été enrôlés par deux (2) individus, actuellement en fuite, connus sous les initiales B. et M. ; l’un a été identifié, tandis que l’autre demeure inconnu de la gendarmerie.

DESTINS BRISÉS

Un fait singulier a marqué cette opération menée par les brigades de gendarmerie de Yenne et de Diamniadio. Un homme d’une trentaine d’années, identifié par les initiales M. A. D., a été secouru par les habitants de Diamniadio alors qu’il faisait une crise d’épilepsie en pleine rue. Dans une vidéo parvenue à notre rédaction, il déclare avoir été victime d’une crise d’épilepsie dans les locaux de la gendarmerie, avant d’être évacué vers l’hôpital de Diamniadio, d’où il se serait enfui. Les autorités de la gendarmerie comme celles de l’hôpital, interrogées par Le Dakarois Quotidien, assurent toutefois ne pas avoir eu connaissance de son passage.
Le lendemain, jeudi 29 mai, à Saint-Louis, l’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a procédé à l’interpellation de cinq (5) autres individus pour tentative de trafic de migrants par voie maritime, mise en danger de la vie d’autrui et association de malfaiteurs. L’enquête, menée avec minutie, a permis de démanteler un réseau actif entre Hydrobase, Pikine 700 et Santhiaba. Les victimes, trois (3) jeunes hommes, ont déclaré avoir déboursé chacun la somme de qu’antre cent cinquante mille (450 000) F CFA pour bénéficier des services des passeurs.
À l’aune de ces événements, une réalité s’impose avec gravité : malgré les initiatives étatiques, les arrestations récurrentes et les discours politiques, le phénomène de l’émigration irrégulière ne faiblit guère. La mer continue d’engloutir des vies. Les quartiers périphériques de Dakar, les îles du Saloum, le Nord, entres autres localités, voient partir chaque jour des jeunes en quête d’un avenir que leur pays ne parvient plus à leur offrir.
C’est pourquoi le Dialogue national, ne devrait se réduire à une arène politique ou à un simple exercice de concertation institutionnelle. Il devrait impérativement intégrer les voix les plus souvent silencieuses et souvent ignorées de cette jeunesse désillusionnée, en proie au chômage et à la précarité. Sans une réponse structurelle aux et au manque de perspectives, les pirogues continueront de voguer vers l’inconnu, avec pour seule boussole l’espoir d’une vie meilleure ailleurs.


Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°476 – 30/05/2025

🔴 ÉMIGRATION IRRÉGULIÈRE / DU CICAD À EL HIERRO : LE SÉNÉGAL DIALOGUE, L’OCÉAN ENGLOUTIT SON AVENIR
🔴 ÉLECTION DE SIDI OULD TAH À LA PRÉSIDENCE DE LA BAD : LA MAURITANIE S’IMPOSE EN SILENCE

🔴 TOURNOI UFOA/A 2025 / VICTOIRE FACE AU LIBÉRIA : LES « LIONNES » EN FINALE !
🔴 BASKET / COUPE DU MAIRE : JEANNE D’ARC ET GBA EN DEMI-FINALES

Fimela : face à la pénurie d’eau, les populations de trois communes annoncent une grande marche citoyenne

La colère gronde dans le Sine. Excédées par une pénurie d’eau qui perdure depuis plusieurs mois, les populations des communes de Fimela, Diofior et Palmarin, dans le département de Fatick, ont décidé de descendre dans la rue ce samedi 31 mai 2025. Cette mobilisation, portée par le « Collectif pour le Patrimoine », prend la forme d’une marche citoyenne pacifique pour revendiquer un accès régulier et équitable à l’eau potable.

Le rassemblement débutera au rond-point de Djilor, point stratégique situé au cœur de la commune de Fimela. Le cortège se dirigera ensuite vers le terrain municipal, où plusieurs prises de parole sont prévues. Les organisateurs veulent faire entendre un message clair : « L’eau est un droit fondamental, non une faveur. »

Depuis plusieurs années, les habitants de cette zone du centre-ouest du Sénégal font face à des coupures fréquentes, à une pression d’eau insuffisante et à une vétusté grandissante des installations hydrauliques. Cette situation, dénoncent-ils, affecte l’ensemble des secteurs d’activité, de l’agriculture à l’élevage, en passant par la santé, l’éducation et le tourisme local.

Dans un communiqué transmis à la presse, le Collectif pour le Patrimoine s’indigne : « Trop longtemps, nos communautés souffrent du manque d’eau potable. Cela affecte notre quotidien, notre santé et notre économie locale. » Les membres du collectif appellent l’État du Sénégal et les autorités compétentes à une prise en charge urgente et structurelle de la crise.

Ils dénoncent également ce qu’ils considèrent comme un abandon progressif de certaines zones rurales en matière d’accès aux services publics essentiels. Pour eux, cette marche dépasse le simple cadre d’une réclamation locale. Elle symbolise une lutte plus large pour la justice sociale, la dignité et le respect des droits fondamentaux des citoyens.

« Ce n’est pas une manifestation de colère, mais un acte de résistance pacifique, un appel à la responsabilité de l’État. Nous marcherons pour notre dignité, pour la santé de nos familles, pour l’avenir de nos territoires », peut-on lire dans la déclaration des organisateurs.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national où plusieurs localités, aussi bien rurales qu’urbaines, font face à des défis similaires liés à l’approvisionnement en eau potable. À quelques semaines de la saison des pluies, les populations espèrent que leur cri d’alerte sera enfin entendu et que des solutions durables seront mises en œuvre.

Dialogue politique : le FRAPP dénonce son exclusion et pointe un mépris institutionnel

Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) a vivement réagi à son exclusion du dialogue sur le système politique national, ouvert sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une note rendue publique ce jeudi 29 mai, au lendemain du lancement officiel des concertations, le mouvement a dénoncé une « marginalisation délibérée » et un « mépris institutionnel » qu’il impute directement au ministère de l’Intérieur, en charge de l’organisation.

Selon le communiqué du secrétariat exécutif du FRAPP, le mouvement n’a reçu aucune invitation formelle à participer à cette initiative pourtant présentée comme inclusive. Une absence jugée d’autant plus grave que le FRAPP avait manifesté, en amont, sa volonté de participer de manière constructive à toute dynamique de refondation sérieuse du système politique sénégalais.

Le Front ne cache pas son indignation. Il parle d’un « mépris organisé » à l’encontre non seulement de son organisation, mais aussi de toutes les forces populaires qui luttent, chaque jour, contre l’injustice, l’impunité et la domination néocoloniale. « Ce mépris organisé est une insulte à celles et ceux qui œuvrent pour un Sénégal souverain, juste et véritablement démocratique », déclare le texte.

Pour le FRAPP, cette mise à l’écart ne relève pas d’un oubli, mais d’un choix assumé du ministère. Le communiqué affirme que les termes de référence du dialogue ont été envoyés à 23 organisations de la société civile, parmi lesquelles le FRAPP ne figure pas. Un geste interprété comme une volonté manifeste d’exclure un acteur perçu comme trop critique ou trop radical par les autorités organisatrices.

Le mouvement dirigé par Guy Marius Sagna rejette toute tentative de participation à ce qu’il qualifie de « table truquée », estimant que son combat ne dépend pas de l’approbation institutionnelle. « Le FRAPP ne quémande pas une place à une table truquée. Il construit chaque jour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine », martèle la note.

Cette sortie du FRAPP intervient alors que les travaux du dialogue politique viennent à peine de commencer. Ils visent, entre autres, à réformer le système électoral, renforcer les institutions et améliorer la participation citoyenne. L’absence d’acteurs majeurs de la société civile critique, tels que le FRAPP, soulève déjà des interrogations sur la portée réelle de l’inclusivité promise par le nouveau régime.

Le ministère de l’Intérieur n’a, pour l’instant, donné aucune explication publique sur les critères retenus pour la sélection des organisations invitées à la concertation.

BAD : Amadou Hott félicite le président élu Sidi Ould Tah et remercie les autorités sénégalaises

L’élection du Mauritanien Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD) a marqué un tournant dans la diplomatie économique africaine. Avec 76 % des voix obtenues dès le premier tour, l’ancien directeur général de la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique) a été largement plébiscité par les actionnaires. Son principal concurrent, le Sénégalais Amadou Hott, a reconnu sa défaite avec dignité et élégance, dans une déclaration publiée peu après l’annonce officielle des résultats.

Dans sa déclaration, Amadou Hott a salué l’élection du président Ould Tah en des termes respectueux et fraternels. « Je félicite Dr. Sidi Ould TAH, Président-Élu, et lui souhaite plein succès dans ce rôle de leadership vital pour notre continent », a-t-il écrit, soulignant l’enjeu continental de cette élection. L’ancien ministre de l’Économie a tenu à rappeler que tous les candidats méritaient également d’être félicités pour leur engagement et la qualité de leur programme, marquant ainsi son attachement à l’unité africaine et à l’esprit de compétition saine.

Plus qu’une simple déclaration post-électorale, le message de Hott a été aussi l’occasion de manifester une profonde reconnaissance à l’endroit des plus hautes autorités sénégalaises. Il a ainsi adressé des remerciements appuyés au président Bassirou Diomaye Faye pour ce qu’il qualifie d’« engagement personnel extraordinaire » et de « plaidoyer indéfectible » durant toute la campagne.

Cette reconnaissance va au-delà des mots : elle traduit l’implication directe du chef de l’État, qui, dès l’annonce de la candidature d’Amadou Hott, avait instruit son gouvernement d’en faire une priorité diplomatique. Le soutien sénégalais s’est matérialisé à travers une intense campagne de mobilisation diplomatique à travers le continent, dans un contexte marqué par une concurrence régionale accrue.

Amadou Hott a également salué le gouvernement dans son ensemble pour son « dévouement institutionnel » et ses « efforts diplomatiques constants ». Il a remercié les pays qui ont soutenu sa candidature et lui ont accordé leur parrainage et leurs voix, sans toutefois les citer nommément. Ces remerciements confirment que le Sénégal a pu compter sur plusieurs alliés dans cette course, même si cela n’a pas suffi à faire pencher la balance en sa faveur.

Le candidat malheureux n’a pas oublié de mentionner le rôle déterminant de son équipe de campagne, de ses amis, de ses partenaires, et surtout de sa famille, dont le soutien a été précieux tout au long de cette entreprise exigeante. Il a conclu sa déclaration par une formule évocatrice : « L’aventure continue », un clin d’œil à ceux qui l’encouragent à poursuivre son ambition pour le développement du continent africain, au-delà de cette échéance.

Si Amadou Hott n’a pas remporté la présidence de la BAD, cette campagne lui a permis de renforcer sa stature panafricaine. L’ancien vice-président de la BAD (2016-2019) et ancien ministre de l’Économie du Sénégal (2019-2022) reste une personnalité reconnue dans les milieux financiers africains et internationaux. Son profil technique, sa vision de l’industrialisation africaine et son discours sur la transformation économique ont été salués au-delà des cercles diplomatiques.

Sa gestion de la défaite contraste également avec certaines pratiques politiques où les candidats malheureux s’enferment dans le silence ou la contestation. En reconnaissant le verdict des urnes, en rendant hommage à son successeur, et en valorisant le soutien reçu, Hott pose les bases d’un leadership responsable et tourné vers l’avenir.

Cette élection constitue un test révélateur pour la diplomatie sénégalaise. Malgré le dynamisme affiché par les autorités, le soutien à la candidature d’Hott n’a pas suffi à contrebalancer les alliances stratégiques nouées par la Mauritanie avec la Côte d’Ivoire, le Maroc et d’autres États influents.

Plusieurs observateurs estiment que Dakar devra désormais tirer les leçons de cet échec pour repenser sa stratégie diplomatique sur le continent, renforcer ses relais régionaux et investir davantage dans la construction de coalitions durables à l’échelle africaine.

Pour Amadou Hott, cette défaite n’est pas un point final. Sa déclaration laisse entrevoir une volonté de continuer à servir l’Afrique, d’une manière ou d’une autre. Fort de son expérience, de son carnet d’adresses et de sa réputation intacte, il reste un acteur incontournable des questions de financement du développement sur le continent.

Élection à la BAD : Sonko félicite Sidi Ould Tah et salue la campagne d’Amadou Hott

C’est désormais officiel : le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu président de la Banque africaine de développement (BAD), succédant ainsi au Nigérian Akinwumi Adesina. Cette élection, qui s’est déroulée ce jeudi à Abidjan, a été saluée par plusieurs chefs d’État et de gouvernement à travers le continent, dont le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko.

Dans un message publié sur Facebook, le chef du gouvernement sénégalais a félicité chaleureusement le nouveau président de la BAD. « Nous l’en félicitons très chaleureusement et lui souhaitons plein succès », a-t-il écrit, saluant un choix important pour le continent africain tout entier.

Ousmane Sonko a également salué l’ensemble des candidatures engagées dans cette compétition jugée stratégique. « Tous les quatre autres candidats étaient également méritants. C’est l’Afrique qui a gagné », a-t-il affirmé, insistant sur la dimension collective et panafricaine de ce scrutin.

Le Premier ministre n’a pas manqué de souligner l’engagement et la performance d’Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie, qui faisait partie des candidats à la succession d’Adesina. « Nous tenons à souligner la belle qualité de la campagne de notre compatriote Amadou Hott. Nous l’encourageons à poursuivre sa noble ambition pour l’Afrique », a déclaré Sonko, dans un ton à la fois rassembleur et respectueux.

Diplomatie sénégalaise : le déclin d’une influence jadis rayonnante

Le Sénégal, longtemps considéré comme une voix influente dans les arènes diplomatiques africaines et internationales, semble aujourd’hui en perte de vitesse. Les récents revers subis par Augustin Senghor, Abdoulaye Bathily et Amadou Hott interrogent sur un possible déclin structurel d’une diplomatie qui fut jadis un modèle sur le continent.

Le premier signal fort de ce recul est venu en mars 2025, avec la défaite retentissante d’Augustin Senghor aux élections des représentants africains au Conseil de la FIFA. Avec seulement 13 voix sur 53, l’ex-vice-président de la CAF a terminé loin derrière ses rivaux marocain et mauritanien, avant de démissionner de ses fonctions, acte symbolique d’un désaveu continental.

Mais ce revers n’était pas isolé. Abdoulaye Bathily, figure diplomatique respectée, avait déjà subi un échec en 2017 pour la présidence de la Commission de l’Union africaine, malgré un appui massif de la CEDEAO. Et en 2024, il quittait son poste d’envoyé spécial de l’ONU en Libye, après un mandat jugé infructueux.

Le plus récent échec concerne Amadou Hott, dont la candidature à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) a échoué. Troisième derrière la Sud-Africaine Bajabulile Tshabalala et le Mauritanien Sidi Ould Tah – élu avec plus de 70 % des voix – Hott n’a pas su convaincre, malgré l’expérience et le pedigree.

Depuis l’accession au pouvoir du duo Diomaye Faye / Ousmane Sonko en avril 2024, la diplomatie sénégalaise semble marquer le pas. Le changement de style et la rupture affichée avec les pratiques anciennes s’accompagnent d’un déficit de relais, d’expertise et de stratégie d’influence.

Le journal Sud Quotidien évoquait récemment « une diplomatie d’apprentissage », où l’ambition affichée ne suffit pas encore à imposer Dakar dans les cercles décisionnels. Ce manque d’alliés solides s’est illustré par l’échec cuisant de la candidature d’Amadou Hott, malgré des démarches régionales.

Le Sénégal a de plus en plus de mal à mobiliser autour de ses candidatures. Les relations étroites avec des régimes en rupture avec l’ordre diplomatique classique – comme le Burkina Faso, le Mali ou la Guinée – n’ont, jusqu’ici, pas payé sur la scène multilatérale. Pire, ces choix semblent avoir refroidi des alliés historiques, comme la Côte d’Ivoire, qui a préféré soutenir le Mauritanien Ould Tah.

Alors que Dakar trébuche, d’autres capitales africaines s’affirment avec vigueur :

  • La Mauritanie, grâce à sa présidence de l’Union africaine en 2024, est en pleine offensive diplomatique. Son candidat à la BAD a bénéficié d’un large appui, preuve d’un savoir-faire nouveau à Nouakchott.
  • Le Maroc, avec sa diplomatie royale ambitieuse, investit sur le continent à travers l’économie, la culture et les institutions sportives. L’écrasante victoire de Fouzi Lekjaa au Conseil de la FIFA illustre cette réussite.
  • La Côte d’Ivoire, jadis sœur jumelle du Sénégal en Afrique de l’Ouest, s’impose désormais comme un hub régional. Le soutien d’Abidjan au candidat mauritanien contre celui du Sénégal marque un tournant stratégique qui pourrait affecter durablement les relations bilatérales.

Le contraste avec les époques passées est saisissant. Sous Léopold Sédar Senghor, le Sénégal rayonnait par l’intellect, le verbe et l’engagement en faveur du dialogue. Abdou Diouf a prolongé cette aura, s’imposant comme un homme de paix et de multilatéralisme – jusqu’à devenir Secrétaire général de la Francophonie.

Même Abdoulaye Wade, dans un style plus clivant, avait réussi à positionner le Sénégal comme un acteur incontournable, notamment par des initiatives comme le NEPAD ou l’organisation du sommet mondial contre le terrorisme dès 2001.

Le président Macky Sall a mené une diplomatie proactive, avec des réussites notables, notamment sur la scène onusienne. Mais ses efforts ont connu des échecs, dont celui d’Abdoulaye Bathily à la tête de la Commission de l’UA. Une défaite que certains, comme Mankeur Ndiaye, relativisent : « Bathily a obtenu 187 voix sur 191 à l’ONU, ce qui prouve que le Sénégal garde un capital diplomatique fort ».

Face à ce contexte mouvant, des diplomates sénégalais plaident aujourd’hui pour une redéfinition stratégique de la diplomatie nationale. Le pays doit renforcer ses alliances, professionnaliser ses relais et se réadapter à un monde multipolaire.

Comme le résume un diplomate sénégalais interrogé :

« L’héritage de Senghor et Diouf ne suffit plus. Il faut une diplomatie de terrain, offensive et structurée. Sinon, le Sénégal restera une puissance moyenne, nostalgique de ses heures de gloire. »

Le Sénégal est aujourd’hui à la croisée des chemins. Il peut continuer à capitaliser sur son histoire et sa stabilité pour se repositionner, ou accepter un rôle secondaire dans le concert des nations africaines. La visite actuelle du Premier ministre Sonko à Abidjan pourrait être un pas vers la reconstruction de ponts fragilisés. Encore faut-il qu’elle s’accompagne d’une vraie vision diplomatique.

Diplomatie régionale : Ousmane Sonko attendu à Abidjan après la visite de Diomaye Faye

Quelques jours seulement après la visite officielle du président sénégalais Bassirou Diomaye Diakhar Faye en Côte d’Ivoire, c’est désormais au tour de son Premier ministre, Ousmane Sonko, d’effectuer un déplacement diplomatique de haut niveau à Abidjan. Un signal fort envoyé par le nouveau pouvoir sénégalais, désireux de renforcer ses liens avec les grandes capitales de la sous-région ouest-africaine.

Selon des sources officielles, Ousmane Sonko sera accueilli à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny par son homologue ivoirien, le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Cette visite s’inscrit dans une dynamique de continuité, visant à consolider les acquis du récent séjour du président Faye et à approfondir la coopération bilatérale entre Dakar et Abidjan.

Si l’agenda précis du chef du gouvernement sénégalais n’a pas encore été dévoilé, plusieurs axes majeurs devraient structurer les discussions. La coopération économique, la sécurité régionale, ainsi que les enjeux liés à l’intégration africaine figurent en bonne place sur la table. Ces thématiques, déjà abordées par le président sénégalais lors de son passage à Abidjan, devraient être approfondies pour déboucher sur des engagements concrets.

Les deux pays, piliers de la CEDEAO, partagent en effet des intérêts communs en matière de stabilité régionale, de commerce interafricain, et de gestion des défis migratoires, sécuritaires et climatiques. Le renforcement des échanges commerciaux, la facilitation de la mobilité entre les deux États et la mise en place de projets conjoints d’infrastructure pourraient également faire l’objet d’annonces importantes.

Avec cette double séquence diplomatique en Côte d’Ivoire, le Sénégal affiche une volonté claire de se repositionner sur l’échiquier régional, dans un contexte marqué par de profondes mutations politiques et géopolitiques en Afrique de l’Ouest. Le tandem Diomaye–Sonko, élu en mars 2024, semble vouloir insuffler un nouveau souffle à la diplomatie sénégalaise, en misant sur des partenariats stratégiques et équilibrés.

Élection à la tête de la BAD : une victoire mauritanienne éclatante, une alerte diplomatique pour le Sénégal

L’élection de Monsieur Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD), avec 48,41 % des suffrages globaux et 68,42 % des votes régionaux, constitue une victoire éclatante. Ce résultat vient récompenser le parcours d’un homme expérimenté, mais aussi la montée en puissance silencieuse et stratégique de la diplomatie mauritanienne sur la scène africaine.

Cette élection, loin d’être anecdotique, reflète les équilibres d’influence en mutation au sein des institutions continentales. Si la Mauritanie a su capter un large soutien, ce n’est pas par hasard. Elle a su tisser des alliances solides, porter une candidature crédible, et surtout mobiliser sa diplomatie autour d’un objectif clair et fédérateur. C’est une leçon en matière de préparation, de projection, et de positionnement stratégique.

Je tiens également à saluer la qualité des autres candidatures, notamment celles de Samuel Munzele Maimbo (Zambie), Amadou Hott (Sénégal), et Bajabulile Swazi Tshabalala (Afrique du Sud). Chacun a incarné une vision forte de l’Afrique, portée par des parcours d’exception et une véritable ambition continentale. Leur engagement rappelle à quel point l’Afrique regorge de compétences, de talents et de leadership au service du développement.

Mais au-delà de la dynamique propre à cette élection, il est impératif de s’interroger sur la place actuelle du Sénégal dans l’espace diplomatique africain.

La performance modeste de notre candidat, Amadou Hott, pourtant reconnu pour sa compétence et son expérience, soulève une inquiétude légitime : le Sénégal est-il en train de perdre son influence historique dans les arènes continentales ? Jadis considéré comme un acteur diplomatique de premier plan, notre pays semble désormais peiner à fédérer, à anticiper les évolutions régionales, et à imposer ses choix dans les grandes instances.

Ce constat ne relève ni du pessimisme, ni de la critique facile. Il invite, au contraire, à une réflexion stratégique urgente sur l’avenir de notre diplomatie. Il ne suffit plus d’avoir un bon candidat. Il faut construire autour de lui une dynamique diplomatique, des alliances solides, une communication ciblée et une stratégie offensive.

Le recul observé dans cette élection ne doit pas être banalisé. Il interpelle sur notre capacité à lire les nouvelles configurations africaines, à nous adapter, à réagir vite et à défendre efficacement nos intérêts. Il interpelle aussi sur l’état de coordination entre nos différents ministères, institutions et représentations extérieures.

Il est temps que le Sénégal repense son positionnement continental, qu’il renoue avec une diplomatie d’influence fondée sur l’anticipation, la coopération et la constance. Dans un monde en recomposition, où l’Afrique cherche à se prendre en main, nous ne pouvons pas nous contenter d’un rôle secondaire.

La course à la présidence de la BAD : un signal d’alerte pour le Sénégal

Les résultats du premier tour de l’élection à la présidence de la Banque Africaine de Développement (BAD) viennent de tomber. Et ils sont riches d’enseignements, notamment pour le Sénégal. Notre candidat, Amadou Hott, ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, a obtenu 17,62 % des voix totales et 11,83 % des votes régionaux. Il est qualifié pour le second tour, mais loin derrière Samuel Munzele Maimbo de Zambie (40,41 %) et Sidi Ould Tah de Mauritanie (33,21 %). C’est une contre-performance si l’on considère le poids que le Sénégal a longtemps eu dans les grandes institutions panafricaines.

Cette troisième place dans les suffrages, doublée d’un score régional particulièrement faible, marque une réelle rétrogradation dans notre influence diplomatique. La BAD, en tant qu’institution clé pour le financement du développement du continent, est un lieu stratégique où chaque voix, chaque alliance et chaque symbole comptent. Voir le Sénégal, habituellement moteur dans les dynamiques régionales, peiner à mobiliser des soutiens est un signal que nous ne pouvons ignorer.

Ce résultat doit nous pousser à nous interroger : avons-nous suffisamment préparé cette candidature sur le plan diplomatique ? Avons-nous su fédérer nos partenaires, mobiliser nos relais dans les différentes régions du continent ? Ou bien assistons-nous à une reconfiguration géopolitique dans laquelle notre pays est en train de perdre de l’altitude ? Ces questions ne sont pas anecdotiques : elles sont fondamentales si nous voulons rester une voix influente dans les instances africaines.

Rien n’est encore joué. Amadou Hott est un candidat crédible, compétent, respecté. Le second tour peut encore réserver des surprises, à condition que le Sénégal se remobilise intelligemment. Cela implique de renouer le dialogue avec nos alliés traditionnels, de clarifier notre vision pour la BAD, et surtout de démontrer que notre ambition est continentale, inclusive, tournée vers l’avenir de l’Afrique toute entière.

Au-delà de cette élection, ce moment nous appelle à un sursaut stratégique. La diplomatie économique ne se résume pas aux discours : elle se construit dans le temps long, par la confiance, l’engagement et la clarté des positions. C’est à ce prix que le Sénégal pourra regagner la place qui lui revient dans l’Afrique qui décide.

L’élection du futur président de la BAD n’est pas simplement une compétition de CV ou de programmes. C’est un révélateur de la manière dont les États africains s’organisent, coopèrent ou s’opposent dans la fabrique du futur continental. À ce jeu, notre recul doit nous servir de leçon.

Le Sénégal a toujours été une terre d’idées, de diplomatie et d’engagement panafricain. Ce que nous vivons aujourd’hui doit être l’occasion de relancer cette tradition. Amadou Hott peut encore faire la différence, mais il ne pourra porter seul ce combat. Il est temps que l’État, les diplomates, les élites intellectuelles et la société civile se rassemblent autour d’un projet de rayonnement continental cohérent, crédible et ambitieux.

Le Sénégal ne peut pas se permettre d’être spectateur dans la construction de l’Afrique de demain. Il doit en être un acteur central, comme il l’a été hier. Cette élection à la BAD est un test. À nous d’en faire une opportunité.

Bougane Gueye Dany charge le régime : « Plus de 1800 milliards empruntés, un pouvoir incompétent »

Le leader du mouvement Geum sa Bopp, Bougane Gueye Dany, n’a pas mâché ses mots contre le gouvernement. Lors du « contre-dialogue » organisé par le Nouveau Front Force Alternative (NFA), le Mouvement Rappel à l’Ordre et le collectif des travailleurs licenciés de la RTS, l’opposant a sévèrement critiqué la politique économique du régime en place.

« Ce régime est incompétent. On ne peut pas parler de rupture et creuser la dette à ce rythme. Plus de 1800 milliards de francs CFA ont été empruntés en si peu de temps, c’est inacceptable », a lancé Bougane Gueye devant un auditoire acquis à sa cause.

Selon lui, cette frénésie d’endettement est en contradiction totale avec les promesses de sobriété et de rigueur brandies au début du mandat. Il alerte sur les conséquences à moyen et long terme, notamment pour les générations futures, qui risquent de porter le fardeau de ce qu’il considère comme une gestion hasardeuse des finances publiques.

En dénonçant un manque de vision économique, Bougane Gueye Dany se positionne une nouvelle fois en porte-voix de l’opposition radicale, dans un contexte où la question de la dette publique devient un enjeu central du débat national.

Dialogue national : Cheikh Oumar Diagne et le mouvement RV And ci Dëgg écartés

Le Dialogue national, tant attendu par la classe politique sénégalaise, a officiellement démarré ce mercredi 28 mai au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Une cérémonie marquée par la présence de nombreux acteurs politiques, sociaux, religieux et coutumiers. Mais dans cette vaste assemblée de concertation, une absence a été remarquée : celle du mouvement RV And ci Dëgg, dirigé par Cheikh Oumar Diagne.

Ce dernier n’a pas caché sa déception. « Le RV And ci Dëgg que j’ai l’insigne honneur de diriger n’a pas été convié au Dialogue. Nous avons pourtant des propositions pertinentes pour l’amélioration du système politique sénégalais », a-t-il regretté dans une déclaration publique. Malgré cette mise à l’écart, Cheikh Oumar Diagne a tenu à souhaiter « bon dialogue » aux participants, dans un esprit républicain.

Le Dialogue national, qui se tiendra jusqu’au 4 juin prochain, se veut un cadre de réflexion inclusive sur les enjeux majeurs du pays. Les discussions doivent aborder plusieurs thématiques, notamment les réformes institutionnelles, le processus électoral, les défis économiques ainsi que les priorités sociales.

Coordonné par un comité mis en place à cet effet, le Dialogue national ambitionne d’aboutir à des recommandations consensuelles, destinées à consolider la stabilité politique et à impulser un nouveau souffle au développement du Sénégal.

Mais l’absence de certaines voix, dont celle de Cheikh Oumar Diagne, pose la question de l’inclusivité réelle de ce processus censé réunir toutes les sensibilités du pays.

Dialogue national : Voici l’intégralité du discours du Président Bassirou Diomaye Faye

Le Président Bassirou Diomaye Faye a présidé ce mercredi 28 mai 2025, l’ouverture officielle de la rencontre consacrée à l’amélioration du système politique sénégalais.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, 

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs les membres du Gouvernement,

Honorables Députés,

Madame  la Vice-président du Conseil constitutionnel,

Monsieur le Premier Président de la Cour suprême,  

Monsieur le Premier Président de la Cour des comptes,  

Monsieur le Premier Président de la Cour d’appel de Dakar, 

Monsieur le Président  de la Commission électorale nationale autonome,

Monsieur le Président du Conseil de régulation de l’Audiovisuel,

Monsieur le Président du Haut Conseil du Dialogue social,

Notabilités religieuses et coutumières,  

Mesdames, Messieurs les représentants de la société civile,

Mesdames, Messieurs les représentants des syndicats et des organisations  socio- professionnelles,

Chers invités, en vos rangs, titres et qualités,

Mesdames, Messieurs,

Nous voici rassemblés, dans le cadre du dialogue, pour la deuxième fois depuis mon accession à la magistrature suprême. Pour cette année, nous ouvrons des concertations larges et inclusives autour d’un thème d’intérêt national : le Système politique.

En assistant à cette belle rencontre, qui réunit toutes les forces vives de la Nation, nous répondons à l’injonction du respect de la date codifiée dans le calendrier républicain.

Ce dialogue en temps de paix nous enracine davantage dans la tradition continue  de  concertation   et  de

préservation d’une paix sociale qu’il nous incombe de construire en permanence.

Mesdames, messieurs,

L’implication de toutes les sensibilités de notre société, dans la gouvernance institutionnelle de l’État est, s’il en était encore besoin, une preuve de plus de la rupture systémique qui traverse aujourd’hui toute l’action publique.

Ma conviction profonde est qu’au-delà des acteurs politiques, lorsqu’il s’agit de se projeter dans le temps long des réformes qui façonnent notre Système politique, toute la société a voix au chapitre. Ainsi devons-nous définir, par la quête du consensus et par les délibérations collectives, la charpente institutionnelle et normative qui préfigure la vie de notre société politique.

C’est toute la vertu d’un Dialogue organisé en temps de paix, non pas donc pour juguler une tension socio- politique stressante pour toute la collectivité, mais pour écrire, ensemble, des pages encore plus belles de notre récit politique national.

Mesdames, Messieurs

L’expression « le Sénégal est un pays de dialogue » n’est pas le fruit du hasard. Nous la devons à un héritage consolidant de pencoo et de diiso, à une conscience politique mûrie par l’histoire et à une culture de la pondérance héritée de nos devanciers.

Notre responsabilité c’est de préserver cet héritage et de transmettre le flambeau intact. Au demeurant, nous devons nous garder de l’immobilisme ou du statut quo. Nous devons interroger régulièrement les dynamiques sociétales dans notre cher pays.

En effet, les tensions qui ont traversé le Sénégal sont encore trop vivaces pour être oubliées. Des vies ont été fauchées. Des familles pleurent encore leurs morts. Des blessures morales attendent d’être pansées.

En ma qualité de Président de la République, je m’incline avec respect devant la mémoire de toutes les victimes qui, de l’indépendance à nos jours, jalonnent le douloureux chemin de notre marche vers une démocratie achevée. J’exprime à leurs familles, à leurs amis et à leurs compagnons de lutte, la solidarité de la Nation.

Mon rôle en tant que garant de l’unité nationale est de tendre la main à toutes et à tous, pour rassurer, rassembler, apaiser et réconcilier afin de conforter la paix et la stabilité indispensables au développement économique de notre pays. Dans cette dynamique, gouvernement assumera la plénitude de sa mission. L’opposition sera respectée et exercera librement ses droits, dans le respect de la loi.

Mesdames, Messieurs,

L’histoire politique récente de notre pays, nous commande de réformer pour la postérité. Réformer pour renforcer les acquis démocratiques et garantir davantage la stabilité de nos institutions ;

Réformer pour expurger de notre système électoral tous les germes de dissensions, notamment entre pouvoir et opposition.

Aujourd’hui, notre démocratie ne saurait faire davantage l’économie d’une réflexion sur:

la rationalisation du calendrier électoral ; la création d’une Commission électorale nationale indépendante ;

le fonctionnement des organes chargés de l’organisation des élections ; l’accès au fichier électoral et sa gestion ; la rationalisation des partis politiques et leur financement ; le rôle de la justice dans le processus électoral ; la dématérialisation du processus électoral ; le statut de l’opposition qui doit avoir un contenu réel ; l’inscription automatique des primo- votants ; la durée des campagnes électorales;

ou encore sur les modalités du parrainage , entre autres.

Ces concertations, heureusement organisées en dehors de toute échéance électorale, nous offrent une opportunité unique de réfléchir, avec sérénité et lucidité, sur l’avenir de notre système politique. Ensemble, nous avons la responsabilité de repenser nos institutions, en nous appuyant sur les principes fondamentaux de la démocratie, le respect des libertés individuelles et collectives, ainsi que sur les réformes constitutionnelles et législatives indispensables.

Les Sénégalaises et les Sénégalais ont eu l’opportunité de contribuer activement à cette réflexion en soumettant plus de treize milles (13.000) propositions sur la plateforme Jubbanti, lancée le vendredi 09 mai 2025. Au-delà de la forte attente de nos compatriotes quant aux résultats de ces assises,  cet  engouement  traduit  un encouragement pour tous les participants et un appel pressant au sens des responsabilités afin d’arriver à des consensus forts et productifs.

Le peuple sénégalais vous observe !

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais, à cet instant solennel, adresser mes vives félicitations au Facilitateur général du Dialogue national 2025, Docteur Cheikh GUEYE, pour avoir accepté de conduire les travaux.

Monsieur le facilitateur général, votre intégrité    reconnue    et    votre attachement indéfectible aux valeurs républicaines seront, j’en suis convaincu, des gages de réussite de ce processus. Je tiens également à saluer, avec respect et gratitude, l’ensemble des acteurs qui ont répondu à l’appel du dialogue.

Votre présence ici aujourd’hui témoigne de votre attachement à la République, à la paix civile, et à la grandeur de notre démocratie. Je forme le vœu ardent que vos échanges soient empreints de responsabilité,   d’écoute   et   de dépassement de soi ; qu’ils soient féconds en propositions audacieuses et réalistes, et qu’ils soient guidés, à chaque instant, par l’intérêt supérieur du Sénégal.

Sur ce, fort de notre engagement commun et de mon attachement indéfectible aux valeurs démocratiques et à la cohésion nationale, je déclare ouverts les travaux du Dialogue national sur le Système politique.

Que Dieu bénisse le Sénégal.

Je vous remercie de votre attention.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°475 – 28 ET 29/05/2025

🔴 FILIÈRE ANACARDE / TRANSFORMATION LOCALE DE 50 % DE LA PRODUCTION : LE DÉFI D’ICI 5 ANS
🔴 ÉMEUTES 2021-2024 / DISTRIBUTION D’ENVELOPPES D’ARGENT PAR UNE « JOURNALISTE » : DES EX-DÉTENUS S’INDIGNENT !

🔴 MATCHS AMICAUX / ABSENCE DE SADIO MANÉ : « C’EST UNE DÉCISION PERSONNELLE », D’APRÈS PAPE THIAW
🔴 EXPERTISE MÉDICALE DE LA BLESSURE DE REUG REUG : « QUE LE CNG PRENNE SES RESPONSABILITÉS », CLAME MAKANE MBENGUE

Contre-Dialogue des Forces Vives : Bougane Gueye Dani et ses alliés annoncent une riposte citoyenne au Dialogue national

Ce mercredi 28 mai 2025, alors que s’ouvrira officiellement à Diamniadio le Dialogue national sur le système politique, une autre voix s’apprête à résonner depuis Dakar. Le “Contre-Dialogue des Forces Vives”, initié par une coalition hétéroclite d’acteurs politiques, de mouvements citoyens et de travailleurs lésés, se tiendra en parallèle au Relais, sur la route de Ouakam.

À l’origine de cette initiative, on retrouve le Nouveau Front Force Alternative (NFA), le Mouvement Rappel à l’Ordre, le collectif des Travailleurs Licenciés de la RTS, et plusieurs figures de la société civile. Parmi les invités de marque attendus figure Bougane Gueye Dani, leader du mouvement Gueum Sa Bopp, qui a fait de la défense des intérêts populaires et de l’indépendance nationale son cheval de bataille.

Le Contre-Dialogue se veut une réplique à ce que ses initiateurs qualifient de “théâtralisation du débat politique”. Pour eux, le Dialogue national est vidé de sa substance, orienté vers des compromis politiciens et des jeux d’appareils, bien loin des souffrances quotidiennes des Sénégalais.

« Pendant que le gouvernement parle de refondation démocratique, nous vivons une régression sociale silencieuse. Le chômage monte, les prix flambent, les libertés reculent, mais aucun de ces problèmes ne figure au centre des discussions institutionnelles », fustige un membre du NFA, à la veille du rassemblement.

Le Contre-Dialogue entend donc recentrer le débat autour des urgences sociales et injustices structurelles ignorées par les décideurs politiques. Le programme prévoit des prises de parole citoyennes, des ateliers thématiques, ainsi qu’une résolution commune qui sera lue en fin de séance pour interpeller l’opinion nationale et internationale.

Plusieurs sujets, jugés sensibles ou tabous, seront abordés sans détour lors de cette rencontre parallèle :

  • La répression des mobilisations sociales, avec une dénonciation des arrestations jugées arbitraires et du harcèlement judiciaire de certains activistes ;
  • L’instrumentalisation de la justice dans les règlements de comptes politiques, pointant des dysfonctionnements graves dans l’indépendance des magistrats ;
  • Le refus de l’amnistie générale votée récemment, que les organisateurs qualifient de « blanchiment institutionnel » des violences d’État ;
  • La criminalisation de l’homosexualité, qui devrait être remise au centre des débats, sous pression des cercles religieux et conservateurs ;
  • Et surtout, la crise du pouvoir d’achat, avec la hausse continue des prix, la précarisation du monde du travail et l’érosion du panier de la ménagère.

Ces thématiques, selon les organisateurs, ne sont ni accidentelles ni marginales : elles incarnent le quotidien de millions de Sénégalais « que l’État refuse de voir et d’écouter ».

Pour Bougane Gueye Dani, cette rencontre ne sera pas une simple dénonciation. Elle constituera le lancement d’une nouvelle dynamique politique et citoyenne, visant à reprendre la parole confisquée par les élites. L’homme politique compte réaffirmer son ancrage dans les quartiers populaires et appeler à un mouvement national de refondation démocratique par la base.

« Ce dialogue officiel ne changera pas la vie du peuple. Le peuple doit parler, s’organiser, et se faire respecter », affirmera-t-il devant un auditoire composé de jeunes, de femmes, de syndicalistes, d’ex-travailleurs et de leaders d’opinion.

En conclusion, les organisateurs annonceront le lancement prochain d’une “caravane nationale de la vérité”, qui sillonnera les 14 régions du pays pour documenter les souffrances sociales, écouter les populations et construire un cahier citoyen de revendications.

Cette initiative parallèle au Dialogue national illustre un fossé croissant entre les institutions et une partie de la population, notamment les jeunes, les travailleurs précaires et les acteurs de la société civile désillusionnés.

Le Contre-Dialogue des Forces Vives ambitionne de devenir un espace d’expression alternative et un outil de pression face à ce qui est perçu comme un monologue d’État.

En ce 28 mai 2025, à Ouakam, ce ne sera pas seulement un contre-événement. Ce sera, pour beaucoup, le début d’une contestation structurée et résolument tournée vers la rue et la base, bien loin des salons feutrés du pouvoir.

Ousmane Sonko : « Depuis un an, le Sénégal n’a reçu aucun décaissement des bailleurs multilatéraux, mais reste malgré tout encore debout »

Lors du lancement de la deuxième édition du Forum Invest in Sénégal, renommé Fii Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a fait une déclaration forte concernant la situation économique actuelle du pays. Il a révélé que depuis un an, le Sénégal n’a reçu aucun décaissement de la part des bailleurs multilatéraux. Malgré cette absence de soutien financier extérieur, il a souligné que le pays continue de tenir bon et de faire preuve de résilience face aux défis économiques.

Cette rupture dans les financements, selon Ousmane Sonko, découle d’une volonté délibérée de l’État sénégalais d’assumer pleinement sa souveraineté économique. Le Premier ministre a insisté sur le fait que le Sénégal possède aujourd’hui les capacités et les ressources nécessaires pour compter principalement sur lui-même. Cette stratégie vise à réduire la dépendance historique aux financements extérieurs et à privilégier un développement endogène.

Sonko a indiqué que le gouvernement n’a pas encore déployé toutes les mesures d’accompagnement prévues pour accompagner cette transition, mais qu’un plan de relance sera bientôt présenté. Ce plan vise à soutenir l’économie nationale et à renforcer l’autonomie financière du pays dans les mois à venir.

Au cours de son intervention, le Premier ministre a également appelé à une cohérence entre les paroles et les actions. Il a insisté sur l’importance que les discours officiels soient suivis de mesures concrètes, affirmant qu’il est temps d’assumer pleinement les conséquences des choix politiques engagés.

Malgré cette posture ferme, Ousmane Sonko n’a pas exclu la possibilité de renouer avec les partenaires internationaux dans un avenir proche. Il a laissé entendre que des accords pourraient être rétablis si les conditions s’y prêtaient.

Enfin, le Premier ministre a rappelé que depuis dix ans, le gouvernement met en avant un modèle de développement fondé sur l’endogénéité, c’est-à-dire un financement local, une mise en œuvre interne et une participation active de la population. Selon lui, les efforts actuels du gouvernement incarnent désormais cette vision, marquant une nouvelle étape dans la construction d’un Sénégal souverain économiquement et politiquement.

Dialogue national : Y’en a marre s’engage pour une refondation démocratique

Le mouvement citoyen Y’en a marre a annoncé ce mardi sa participation active au Dialogue national sur le système politique sénégalais, dont l’ouverture est prévue le 28 mai 2025. Par la voix de sa cellule de communication, le collectif a officialisé sa présence à ces assises qu’il qualifie de moment crucial pour l’avenir démocratique du pays.

Dans un communiqué rendu public, Y’en a marre a précisé avoir pris connaissance des termes de référence du Dialogue national, tout en soulignant avoir transmis dans les délais impartis ses remarques et suggestions aux organisateurs. Le mouvement indique que son implication s’inscrit dans une logique de « responsabilité citoyenne » et de fidélité aux principes qui ont guidé sa création : une démocratie véritablement inclusive, transparente, et conforme aux aspirations profondes des populations.

Ce choix de participer marque un tournant dans la posture souvent critique du mouvement vis-à-vis des initiatives institutionnelles. Y’en a marre justifie néanmoins sa décision par la volonté de faire entendre la voix des citoyens au cœur des discussions politiques. Pour les membres du collectif, l’heure est venue de participer à la refondation des bases du système politique sénégalais, dans un contexte où les attentes en matière de gouvernance, de justice et de transparence sont de plus en plus fortes.

Depuis sa naissance en 2011, le mouvement Y’en a marre s’est illustré par son engagement dans la lutte contre les dérives du pouvoir, l’injustice sociale et l’inaction politique. En rejoignant le Dialogue national, ses responsables entendent faire valoir une vision citoyenne des réformes nécessaires, qu’il s’agisse du statut de l’opposition, de la transparence électorale, du financement des partis ou encore du rôle des institutions.

Cette participation est d’autant plus symbolique que le Dialogue national, voulu par le président Bassirou Diomaye Faye, se veut un exercice d’ouverture et d’écoute, au service d’une démocratie rénovée. En s’y impliquant, Y’en a marre pose un acte fort, dans la continuité de son combat pour une citoyenneté active et exigeante, refusant de rester spectateur des changements à venir.

Alors que les travaux s’apprêtent à débuter, la présence du mouvement parmi les parties prenantes promet des échanges animés et un apport décisif sur les questions de fond. Le Dialogue s’annonce ainsi comme un moment de vérité pour le Sénégal, où la voix des citoyens, portée notamment par Y’en a marre, devra peser dans la redéfinition du contrat démocratique national.

Electricité au Sénégal : Ousmane Sonko dénonce des tarifs parmi les plus chers au monde

À l’occasion du lancement officiel du Forum Invest in Sénégal, prévu les 7 et 8 octobre prochains, le Premier ministre Ousmane Sonko a pris la parole pour dénoncer avec vigueur le coût excessif de l’électricité dans le pays. Dans un ton ferme et sans détour, il a qualifié cette situation d’« inadmissible », estimant que le Sénégal figure désormais parmi les pays où l’énergie est la plus chère au monde. Un constat alarmant qui, selon lui, met en péril la compétitivité des entreprises locales et freine considérablement l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers.

Prenant appui sur des comparaisons internationales, Ousmane Sonko a cité l’Allemagne et le Japon comme seuls pays devançant le Sénégal en matière de tarifs d’électricité en haute tension. Selon les chiffres qu’il a présentés, le coût du kilowattheure (kWh) au Sénégal est actuellement de 91,84 francs CFA, contre 131 francs en Allemagne et 104 francs au Japon. En Afrique de l’Ouest, la comparaison est encore plus édifiante : la Côte d’Ivoire, par exemple, facture le kWh à 72 francs CFA, bien en deçà du tarif sénégalais. Une réalité que le chef du gouvernement juge « intolérable » pour un pays dont l’ambition est de devenir un hub économique sous-régional.

Le Premier ministre a souligné les conséquences directes de cette cherté de l’électricité sur le tissu économique national. Selon lui, les entreprises industrielles et les petites unités de production se retrouvent dans l’incapacité de fonctionner de manière compétitive, à cause de factures énergétiques qui grèvent lourdement leurs charges. Cette situation, déplore-t-il, empêche également l’émergence d’une industrie nationale forte et autonome, pourtant au cœur du projet de souveraineté économique du gouvernement.

En dénonçant cette anomalie tarifaire, Ousmane Sonko a aussi laissé entendre qu’une réforme du secteur énergétique pourrait bientôt être enclenchée. Bien qu’aucune mesure précise n’ait été annoncée à ce stade, le Premier ministre a évoqué la nécessité d’une « révision en profondeur » des politiques de tarification et des mécanismes de régulation du marché de l’électricité. Il a également insisté sur la transparence dans la gestion des ressources énergétiques et sur l’urgence de renforcer la concurrence dans le secteur, notamment en attirant de nouveaux opérateurs capables de proposer des tarifs plus compétitifs.

La sortie d’Ousmane Sonko intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales en matière de réduction du coût de la vie, quelques semaines après le lancement du Plan de stabilisation économique par le gouvernement. Alors que le Sénégal s’apprête à entrer dans une nouvelle ère énergétique avec l’exploitation prochaine du gaz naturel, cette dénonciation des tarifs pratiqués pourrait annoncer un tournant stratégique. À travers ses propos, le Premier ministre pose ainsi les bases d’une politique énergétique plus juste, plus inclusive et tournée vers le développement industriel.

Le Forum Invest in Sénégal sera l’occasion de renforcer le dialogue avec les investisseurs internationaux et d’exposer les réformes à venir dans des secteurs clés comme l’énergie. Le gouvernement compte sur cet événement pour repositionner le pays comme une destination fiable, attractive et compétitive, à condition de surmonter les handicaps structurels qui pèsent encore sur sa dynamique économique.

Dialogue national : Ndiaga Sylla réclame un délai supplémentaire avant l’ouverture

Alors que le coup d’envoi du Dialogue national est prévu ce mardi 28 mai, l’expert électoral Ndiaga Sylla lance un appel à la prudence et à la réflexion. Dans une publication partagée sur sa page Facebook, il estime que le calendrier fixé pour ces assises, consacrées à la réforme du système politique sénégalais, est trop serré pour permettre un travail en profondeur et aboutir à des résultats réellement consensuels.

« Je ne suis pas pour des concertations qui perdurent. Mais, il me paraît judicieux, au vu des thématiques du Dialogue national sur le système politique et de la complexité des points de discussion, de proroger la période afin de parvenir à plus de consensus sur les questions majeures, d’autant plus qu’il n’y a pas eu de pré-dialogue », a-t-il écrit.

Cette prise de position souligne une inquiétude grandissante dans certains cercles d’experts et de la société civile sur le risque de précipitation. Pour Ndiaga Sylla, les enjeux liés à la modernisation du système électoral, à la clarification du statut de l’opposition ou encore à la création d’institutions nouvelles comme une Cour constitutionnelle ou un organe indépendant de gestion des élections méritent un traitement rigoureux, inclusif et étalé sur un délai raisonnable.

Son appel résonne comme une invitation à ne pas sacrifier la qualité du débat sur l’autel de la vitesse politique. À quelques heures du lancement officiel du Dialogue, cette interpellation pourrait peser dans les arbitrages de dernière minute, notamment si d’autres voix rejoignent cette demande de prorogation afin d’approfondir les échanges et garantir la légitimité des conclusions attendues.

Affaire Farba Ngom : Me Moussa Bocar Thiam fustige une « mascarade judiciaire » et dénonce un « acharnement » contre le Fouta

L’arrestation du député-maire des Agnam, Farba Ngom, continue de susciter une vague d’indignation dans le nord du pays. L’ancien ministre et avocat Me Moussa Bocar Thiam est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mascarade judiciaire » et un « acharnement ciblé » contre une figure politique emblématique du Fouta. Dans un entretien accordé à L’Observateur, il n’a pas mâché ses mots et a livré une défense vigoureuse de celui qu’il considère comme « l’un des fils les plus valeureux et généreux de la région ».

Selon Me Thiam, l’incarcération de Farba Ngom représente un désastre politique et moral pour le Fouta. Il décrit une région en état de choc, plongée dans un sentiment d’injustice profond, marquée par l’emprisonnement d’un homme qu’il décrit comme « symbole de loyauté, d’engagement et de générosité ». L’ancien ministre estime que cette arrestation s’apparente à une tentative de briser une dynamique sociale et politique propre à cette zone du pays, historiquement marginalisée mais fortement mobilisée ces dernières années autour de certaines figures influentes.

Au cœur de cette affaire se trouvent de lourdes accusations : blanchiment d’argent, escroquerie, complicité de détournement de deniers publics et association de malfaiteurs. Farba Ngom a été placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, dans le cadre du dossier explosif des 125 milliards de francs CFA révélés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Me Thiam déplore la nature des charges qui pèsent sur son client, en particulier celle de « complicité de détournement », alors que, selon lui, Farba Ngom n’a jamais été administrateur de crédits publics ni en position de responsabilité financière dans les structures incriminées.

L’avocat dénonce également le refus du juge d’instruction d’accepter le cautionnement proposé par la défense. Une dizaine de titres fonciers avaient pourtant été mis en garantie, dans l’espoir d’obtenir une liberté provisoire. Le rejet de cette démarche est interprété par Me Thiam comme une preuve supplémentaire d’un acharnement judiciaire, qu’il estime politiquement orienté. Il affirme que son client est privé de ses droits à une procédure équitable et transparente, et s’alarme d’une justice à deux vitesses.

Farba Ngom, plus connu sous le prénom Mouhamadou, a depuis été extrait à deux reprises de sa cellule pour être réentendu et faire face à de nouveaux chefs d’inculpation. Fin avril, il a été inculpé pour « association de malfaiteurs en bande criminelle organisée », un développement qui a encore aggravé la situation du parlementaire. Le mardi 6 mai, il a de nouveau été conduit à la Section de recherches de Colobane pour une audition relative à une affaire de lotissement impliquant la Banque of Africa (BOA).

Face à l’ampleur de cette affaire, Me Moussa Bocar Thiam a tenu à lancer un message de résistance et de solidarité. Il affirme que « le peuple du Fouta reste debout et résilient » et que la population locale ne compte pas céder face à ce qu’il considère comme une tentative de marginalisation. Pour lui, l’issue ne fait aucun doute : « Nous mettrons fin à cette mascarade judiciaire. »

Dans un climat politique tendu, cette affaire prend une dimension à la fois judiciaire, sociale et symbolique. Elle illustre les nouvelles dynamiques de la lutte contre la corruption tout en soulevant des interrogations sur l’impartialité et la transparence des procédures engagées contre certaines personnalités politiques. Le sort de Farba Ngom, à la fois élu et notable local, est désormais suivi de près par l’opinion publique, particulièrement dans le Fouta où il jouit encore d’un fort soutien populaire.

Dialogue national : les termes de référence officiels dévoilés

Le Sénégal s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire politique avec le lancement du Dialogue national prévu ce 28 mai. Cette initiative, impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye, s’inscrit dans une volonté claire de renforcer les fondements démocratiques du pays. Porté par une ambition de modernisation, le Dialogue national vise à fédérer les forces vives de la nation autour d’un projet politique inclusif, participatif et structurant.

L’objectif général fixé par les organisateurs est sans équivoque : parvenir à des consensus forts pour consolider durablement la démocratie sénégalaise et garantir l’exercice effectif des droits et libertés fondamentaux. Le Dialogue national n’est pas un simple forum de discussion, mais un espace de refondation démocratique destiné à repenser les institutions, les pratiques électorales et les mécanismes de gouvernance.

Parmi les objectifs spécifiques figure en premier lieu la modernisation du système électoral sénégalais. Il s’agira, pour les participants, de proposer des réformes capables d’assurer plus de transparence, d’équité et de lisibilité dans le processus électoral. Des thématiques sensibles telles que le parrainage, l’introduction du bulletin unique, l’inscription automatique sur les listes électorales ou encore la rationalisation du calendrier républicain seront au cœur des débats. Le Dialogue devra également statuer sur le statut de l’opposition politique et de son chef, une question cruciale dans un contexte où l’équilibre institutionnel reste fragile.

Les travaux de cette grande concertation nationale s’organiseront autour de trois axes majeurs soigneusement définis. Le premier concerne la démocratie, les libertés et les droits humains. Il abordera la rationalisation du paysage politique à travers la redéfinition du cadre juridique des partis, le financement public, ainsi que la protection accrue des libertés fondamentales. Une attention particulière sera portée à la révision de certaines dispositions jugées liberticides ou obsolètes.

Le deuxième axe portera sur le processus électoral. Les discussions devront proposer des solutions concrètes pour renforcer la fiabilité du fichier électoral, améliorer le système de parrainage et mettre en œuvre le vote électronique. L’introduction du bulletin unique, souvent évoquée ces dernières années, sera débattue en vue d’une adoption possible. L’objectif est de bâtir un système électoral à la fois moderne, accessible et crédible aux yeux des citoyens.

Le troisième axe sera consacré aux réformes institutionnelles. Il est question notamment de transformer le Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, dotée de compétences élargies et d’une plus grande indépendance. La création d’un organe autonome de gestion des élections figure également au programme, dans l’optique de délester le ministère de l’Intérieur de cette mission controversée.

Les résultats attendus de ce Dialogue national sont à la hauteur des enjeux. Les autorités espèrent obtenir des recommandations consensuelles sur l’organisation et le contrôle des élections, ainsi qu’une clarification des rôles respectifs des autorités électorales, judiciaires et médiatiques. Le calendrier républicain, souvent remis en cause, devrait être rationalisé pour éviter les reports récurrents d’échéances électorales. Un cadre juridique rénové et moderne pour les partis politiques devrait également émerger des échanges.

Dans un souci d’inclusivité et de transparence, les autorités ont mis en place une plateforme numérique baptisée Jubbanti, ouverte à tous les Sénégalais, y compris ceux de la diaspora. Cet outil digital permet à chaque citoyen d’apporter sa contribution, de soumettre ses idées et de participer activement aux réflexions. Il marque une volonté assumée d’intégrer les voix souvent oubliées dans les grandes décisions politiques.

Le président Diomaye Faye, dans un appel solennel, a exhorté l’ensemble des citoyens, des partis politiques et des organisations de la société civile à se mobiliser pour ce moment historique. À ses yeux, le Dialogue national est une opportunité exceptionnelle pour bâtir un avenir démocratique solide, apaisé et durable.

Au-delà de la symbolique, c’est bien une refonte en profondeur des mécanismes démocratiques que propose ce processus. À l’heure où les défis économiques, sociaux et institutionnels s’intensifient, le Sénégal tente de se réinventer à travers une démarche d’unité, de concertation et d’innovation politique.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°474 – 27/05/2025

🔴 ENCORE EN DÉTENTION MALGRÉ LA VALIDATION D’UNE CAUTION DE PRÈS DE 32 MILLIARDS F CFA : LE CAS TAHIROU SARR INTERROGE
🔴 MANDAT DE DÉPÔT CONTRE LE MAIRE MANSOUR FAYE : LA DÉFENSE BRANDIT UNE REQUÊTE AUX FINS DE CONTESTATIONS SÉRIEUSES

🔴 LIGUE 1 / VICTOIRE CONTRE WALLYDAAN : L’US OUAKAM DANS LE TOP 3
🔴 NATIONAL 1 / VICTOIRE CONTRE TOGLOU DIASS : GUELWAARS DE FATICK EN LIGUE 2

Vers une fiscalité plus équitable : plaidoyer pour une discrimination positive en faveur des femmes

À Dakar, un atelier régional réunissant des acteurs de la société civile, des institutions fiscales et des partenaires techniques s’est tenu ce lundi dans le cadre du projet Gender Equality in Taxation (GET), porté par Expertise France en partenariat avec Oxfam. Cette initiative vise à repenser les systèmes fiscaux des pays africains francophones à la lumière des inégalités de genre, en proposant des approches innovantes et inclusives.

Thialy Faye, représentant de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), a ouvertement dénoncé ce qu’il qualifie d’illusion d’égalité fiscale. Pour lui, les systèmes fiscaux, supposés neutres, reproduisent en réalité des schémas d’inégalités sociales. Il souligne que les femmes, souvent précaires, moins bien rémunérées et dépendantes des services publics essentiels, sont les premières victimes de politiques fiscales aveugles aux disparités économiques et sociales.

Dans son plaidoyer, M. Faye appelle à une véritable discrimination fiscale positive. Il estime qu’il ne s’agit pas d’un privilège mais d’une réponse nécessaire aux réalités vécues par les femmes. Il rappelle que le Sénégal est en pleine réforme de son Code général des impôts, avec un comité de pilotage déjà installé. Le genre ayant été désigné comme un axe stratégique de cette réforme, il exhorte à l’intégration pleine et entière de la société civile dans le processus.

Marame Diop, directrice des programmes d’Oxfam Sénégal, abonde dans le même sens. Elle insiste sur la nécessité de cesser d’ignorer les écarts réels de revenus, de patrimoine et de consommation entre les sexes. Selon elle, les femmes consacrent une part importante de leurs ressources à des besoins fondamentaux comme la santé, l’éducation ou la prise en charge familiale, sans que cela soit pris en compte par les systèmes fiscaux actuels. Elle appelle à l’élaboration de budgets sensibles au genre, capables de protéger les plus vulnérables et de réduire les inégalités structurelles.

La crise de la Covid-19 a été un révélateur de ces déséquilibres. Les femmes en ont subi les conséquences économiques et sociales de manière disproportionnée. Pour Mme Diop, cette expérience doit servir à construire des systèmes plus résilients, plus justes, et mieux préparés à affronter les crises à venir.

Awa Penda Ndiaye, représentante d’Expertise France, met en lumière l’approche méthodologique du projet GET. Celui-ci repose sur trois piliers : l’appui technique aux administrations fiscales, la recherche académique, et le renforcement du plaidoyer des organisations de la société civile. L’objectif, selon elle, est de développer une capacité collective à formuler des propositions concrètes et fondées sur des données, plutôt que de se limiter à une posture critique. Le projet s’appuiera notamment sur la méthodologie Fair Tax Monitor, élaborée en collaboration avec la Tax Justice Network Africa, pour évaluer les systèmes fiscaux du Sénégal, du Bénin et du Cameroun sous l’angle de l’équité, y compris de genre.

Mais pour construire une fiscalité réellement équitable, les acteurs insistent sur un point essentiel : la disponibilité de données fiables et genrées. Pauline Codou Gueye, experte fiscale et membre de l’Ordre national des experts du Sénégal, alerte sur le manque de chiffres précis. Selon elle, il est urgent d’intégrer la collecte de données genrées dans les politiques fiscales afin de mieux comprendre les comportements de consommation et les besoins spécifiques des femmes, mais aussi de toutes les personnes vulnérables concernées par les inégalités de genre.

Ce plaidoyer pour une fiscalité plus juste et inclusive marque une étape importante dans la réflexion sur les réformes à venir. Il rappelle que l’équité fiscale, loin d’être un luxe, est une exigence de justice sociale et un levier indispensable pour un développement réellement durable.

Dialogue national : le CDEPS appelle à une réforme en profondeur pour garantir la liberté de la presse

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a annoncé sa participation au Dialogue national initié par le président de la République. Dans un communiqué publié ce lundi 26 mai 2025, l’organisation professionnelle souligne que cette rencontre intervient dans un contexte tendu entre les autorités issues de la troisième alternance politique et les acteurs des médias. Le CDEPS dénonce une série de mesures gouvernementales récentes qui, selon lui, ont porté atteinte à la crédibilité de la presse en tant qu’entreprise citoyenne, tout en compromettant la viabilité économique des organes de presse.

Le communiqué évoque des décisions perçues comme des tentatives de musellement, durement ressenties par les professionnels du secteur. Malgré les multiples interpellations adressées aux autorités et les combats menés, le CDEPS déplore l’absence de réponses positives et d’écoute réelle. À ses yeux, ce Dialogue national doit représenter une occasion décisive pour poser sur la table les difficultés économiques et administratives que traversent les entreprises de presse au Sénégal.

L’organisation réaffirme que la liberté de la presse est garantie par les articles 8, 10 et 11 de la Constitution sénégalaise, ainsi que par les instruments internationaux de protection des droits humains mentionnés dans le préambule de la Loi fondamentale. Elle estime que cette liberté doit être défendue de manière concrète et non symbolique.

À cet effet, le CDEPS propose que l’un des objectifs majeurs du dialogue soit la sanctuarisation de la liberté de la presse. Cela passerait, selon lui, par une révision du Code de la presse, du Code pénal et du Code de procédure pénale, notamment en ce qui concerne les délits de presse et les procédures judiciaires qui en découlent. L’organisation suggère également une réforme du Code électoral pour y intégrer de manière équitable la presse privée, en particulier dans les dispositifs liés à la propagande et à la publicité durant les périodes électorales.

Au-delà de ces réformes juridiques, le CDEPS appelle à la mise en place d’une Stratégie nationale d’Information et de Communication (SNIC) qui serait à même d’accompagner les mutations profondes du secteur. Cette stratégie devrait reposer sur plusieurs axes structurants : la transformation numérique des médias, une fiscalité adaptée aux secteurs stratégiques, des mécanismes de financement durable, le renforcement des capacités professionnelles et la promotion de champions nationaux, aussi bien dans la presse que dans les télécommunications.

Dialogue national : la coalition AKS annonce sa participation

La coalition And Ci Koolute nguir Sénégal (AKS) a officiellement confirmé sa participation au dialogue national convoqué par le président Bassirou Diomaye Faye pour le 28 mai 2025. Réunie le samedi 24 mai sous la présidence de son leader, Abdou Karim Sall — maire de Mbao et député à l’Assemblée nationale —, la coalition a pris la décision de répondre favorablement à l’invitation de l’État.

Dans un communiqué parvenu à la presse, AKS indique avoir reçu une correspondance officielle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, datée du 22 mai 2025, portant le numéro 005925/MISP/DGE/DFC. Cette lettre formalisait l’invitation à prendre part à la Journée nationale du dialogue, initiée dans un esprit d’inclusivité et de concertation nationale.

Selon le document signé par Abdou Karim Sall, le comité de direction de la coalition a longuement délibéré avant de prendre cette décision. Bien qu’ayant exprimé des réserves sur certains termes de référence du dialogue, la coalition a choisi de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation. Elle réaffirme ainsi sa volonté de contribuer à la consolidation de la démocratie, au renforcement de l’État de droit et à la construction d’un consensus national fort.

La coalition AKS estime que le dialogue constitue une opportunité majeure pour le pays de renouer avec une tradition de concertation politique et institutionnelle, dans un contexte marqué par de nombreuses attentes sociales et des défis structurels importants. Elle entend faire entendre sa voix, défendre ses propositions et veiller à ce que les conclusions du dialogue soient mises en œuvre dans la transparence et le respect des principes républicains.

En affirmant son engagement dans cette dynamique, la coalition se positionne comme un acteur actif du processus démocratique, attaché aux valeurs de paix, d’équité et de progrès pour tous les Sénégalais.

Dialogue national : Abdoulaye Diouf Sarr et Renaissance Républicaine répondent favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Abdoulaye Diouf Sarr, président du mouvement Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW, a officiellement confirmé sa participation à la Journée nationale du dialogue prévue le 28 mai 2025. À travers un communiqué rendu public, l’ancien ministre a exprimé sa volonté de répondre favorablement à l’appel du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en faveur d’une large concertation autour des enjeux nationaux.

Dans sa déclaration, Abdoulaye Diouf Sarr réaffirme son attachement aux principes fondamentaux de la République, notamment le renforcement de l’État de droit, la stabilité institutionnelle et la promotion d’une démocratie efficace. Selon lui, la Renaissance Républicaine entend jouer pleinement son rôle dans cette dynamique nationale, en apportant une contribution structurée et responsable aux débats.

La participation du mouvement s’articule autour de trois axes prioritaires, jugés essentiels à l’évolution du pays. D’abord, la restauration de la confiance citoyenne dans le processus électoral, mise à mal ces dernières années par les tensions politiques et les suspicions autour des scrutins. Ensuite, la consolidation de la résilience institutionnelle, avec une attention particulière portée au fonctionnement des organes de l’État et à l’indépendance des contre-pouvoirs. Enfin, le renforcement de l’efficacité démocratique, pour que la démocratie sénégalaise soit non seulement vivante, mais aussi performante et inclusive.

Dans ce cadre, la Renaissance Républicaine / SÜNÜ REEW rappelle qu’elle a déjà formulé des propositions concrètes sur ces questions, et qu’elle reste ouverte au dialogue, à la concertation et à la construction collective de solutions durables. Le communiqué souligne que cette posture s’inscrit dans une vision de long terme pour un Sénégal plus juste, plus équitable et plus résilient face aux défis économiques, sociaux et institutionnels.

Abdoulaye Diouf Sarr conclut en réitérant la disponibilité de son mouvement à accompagner les « efforts de refondation nationale » entrepris par le président Diomaye Faye, dans un esprit de responsabilité, d’ouverture et de patriotisme.

Meurtre de l’infirmier Mamadou S. Diallo : deux autres suspects arrêtés

L’enquête sur l’assassinat de Mamadou Samba Diallo, infirmier chef de poste (ICP) à Arafat, dans la région de Kaffrine, continue de progresser. Après l’arrestation d’un premier suspect identifié comme S. Ba, deux nouveaux individus ont été interpellés par la Brigade de recherches de Kaolack, portant à trois le nombre de personnes mises en cause dans cette affaire tragique.

Les deux derniers suspects ont été arrêtés le 22 mai 2025, soit au lendemain du meurtre, grâce aux données extraites du téléphone de S. Ba, qui avait été appréhendé alors qu’il se rendait au centre de santé de Maleme Hodar pour soigner des blessures subies lors de sa confrontation avec la victime. Parmi ces deux nouvelles arrestations figure notamment le propriétaire de la charrette qui aurait été utilisée pour prendre la relève après le vol ayant conduit au drame. Les enquêteurs soupçonnent que ce moyen de transport ait servi à faciliter la fuite ou le transport des biens volés.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur dans sa parution du jour, les suspects sont actuellement en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Ils pourraient être poursuivis pour complicité d’homicide volontaire et association de malfaiteurs, si les éléments de l’instruction confirment leur implication active.

Pour rappel, le meurtre s’est déroulé dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 mai 2025, au sein même du poste de santé de la commune de Missira Wadène, dans le département de Koungheul. Mamadou Samba Diallo, qui logeait dans les locaux du centre de santé, aurait été attaqué par des individus venus pour le voler. Le vol aurait tourné à l’agression mortelle après que la victime a tenté de résister.

Ce crime a profondément choqué la communauté locale et suscité une vague d’émotion dans le secteur de la santé, où Mamadou S. Diallo était reconnu pour son engagement professionnel. Les autorités ont promis que toute la lumière serait faite sur cette affaire, et que les auteurs, co-auteurs ou complices, seraient traduits devant la justice.

Oumar Sow incarcéré pour diffusion de fausses nouvelles : son procès prévu mercredi prochain

Le responsable politique Oumar Sow a été placé sous mandat de dépôt ce lundi, à l’issue de son audition par le juge d’instruction. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et punie par le Code pénal sénégalais. L’information a été confirmée par son avocat, Me Barro, qui indique par ailleurs que le procès de son client est fixé pour mercredi prochain.

Militant actif basé à Yeumbeul, Oumar Sow s’était récemment illustré par des déclarations virulentes à l’endroit des autorités judiciaires. Lors de sa dernière intervention publique, il avait ouvertement critiqué le parquet pour ce qu’il a qualifié de gestion partiale du dossier impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Il avait également accusé le parti au pouvoir de mener une campagne ciblée contre les maires appartenant à l’opposition, dans ce qu’il a décrit comme une tentative de « liquidation politique ».

Ces propos ont suscité une vive réaction de la part des autorités judiciaires, qui ont ouvert une enquête ayant conduit à son arrestation. Le parquet a estimé que ses accusations publiques, sans preuves tangibles, relevaient de la diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public et à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire.

Oumar Sow est actuellement incarcéré dans l’attente de son procès. Son avocat, tout en déplorant une procédure qu’il juge précipitée, affirme que son client compte assumer pleinement sa défense devant le tribunal. Me Barro a par ailleurs souligné que les déclarations de son client s’inscrivent dans un contexte de liberté d’expression et de débat politique, et qu’elles ne sauraient être assimilées à des actes délictueux en l’absence d’intention de nuire ou de fausses informations avérées.

L’affaire est très suivie dans la sphère politique, notamment parmi les opposants au régime en place, qui dénoncent une justice à géométrie variable et s’inquiètent de ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins de répression politique. Le verdict du procès prévu mercredi pourrait ainsi avoir des répercussions bien au-delà du seul cas de Oumar Sow.

Haute Cour de Justice : Mansour Faye conteste les accusations de détournement et réclame la liberté provisoire

L’ancien ministre sénégalais du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Amadou Mansour Faye, a officiellement déposé une requête devant la Haute Cour de Justice ce lundi 26 mai 2025. Inculpé pour détournement de deniers publics, corruption, prise illégale d’intérêt et blanchiment de capitaux, il rejette en bloc les faits qui lui sont reprochés et sollicite sa mise en liberté provisoire.

Cette affaire trouve son origine dans la gestion des fonds alloués à la Force Covid-19, un programme mis en place par l’État du Sénégal en 2020 pour atténuer les effets de la pandémie sur les populations les plus vulnérables. À l’époque, Mansour Faye était en charge de la composante « Appuis alimentaires » du Programme de Résilience économique et sociale (PRES). Son ministère supervisait l’achat et la distribution de denrées alimentaires de première nécessité à destination de plus d’un million de ménages à travers le pays. Selon les conclusions d’une enquête, ces opérations auraient donné lieu à une surfacturation estimée à 2,7 milliards de francs CFA sur les lots de riz.

Dans le mémoire déposé à la Haute Cour de Justice, la défense de l’ancien ministre affirme que ce dernier n’avait ni la qualité d’ordonnateur ni celle de signataire des marchés publics. Il est précisé que l’ensemble des procédures d’achat avait été confié à la commission des marchés de son ministère, et que les contrats avaient été validés et payés par le ministère des Finances, en conformité avec la réglementation en vigueur. Les avocats soulignent que les fournisseurs avaient été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres ouvert, sous la supervision de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), et que les prix appliqués étaient en réalité inférieurs à ceux en vigueur sur les marchés internationaux à l’époque.

Pour appuyer cette défense, plusieurs éléments économiques sont mis en avant. Les avocats de Mansour Faye invoquent les rapports de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) ainsi que ceux du Commissariat à la sécurité alimentaire, qui font état d’une hausse généralisée et durable des prix du riz entre 2020 et 2024. Ils estiment par ailleurs que l’arrêté ministériel de 2013, utilisé pour fixer le prix de référence ayant servi à calculer la supposée surfacturation, n’était plus applicable dans un contexte marqué par des ruptures de stocks et une inflation internationale causée par la pandémie.

Sur les accusations de corruption et d’escroquerie, l’ancien ministre soutient qu’il n’a jamais bénéficié personnellement des fonds et qu’aucune manœuvre frauduleuse ni utilisation de faux documents n’ont été observées dans la passation ou l’exécution des marchés. Il rappelle que les fournisseurs avaient bien livré les produits convenus et qu’ils avaient été rémunérés par l’État, sans irrégularités avérées.

Enfin, Mansour Faye demande à être placé en liberté provisoire. Il affirme présenter toutes les garanties de représentation nécessaires devant la justice. Il évoque notamment sa résidence fixe à Saint-Louis, son statut d’élu local en tant que maire, sa coopération constante avec les autorités judiciaires, ainsi que l’absence de risques de fuite ou de tentative d’entrave à la procédure, les enquêtes étant désormais closes. Il ajoute que si sa demande de liberté était rejetée, il solliciterait l’application des nouvelles dispositions du Code de procédure pénale qui permettent un aménagement des mesures de détention.

Le dossier sera prochainement examiné par la Haute Cour de Justice, dans un climat marqué par une volonté politique affichée de lutte contre l’impunité, mais aussi par un débat grandissant sur la neutralité des poursuites engagées contre certains anciens dignitaires du régime précédent.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°473 – 26/05/2025

🔴 PARTICIPATION AU DIALOGUE NATIONAL : 8 EXIGENCES DE BOUGANE POUR S’ASSEOIR À LA TABLE
🔴 AFFAIRE WEST AFRICAN ENERGY : DÉTÉRIORATION DE L’ÉTAT DE SANTÉ DE SAMUEL SARR

🔴 AMICAUX FACE À L’IRLANDE ET L’ANGLETERRE : DES RETOURS DANS LA « TANIÈRE »
🔴 BLESSURE DE REUG REUG : AZIZ NDIAYE DEMANDE À MAKANE DE FAIRE UNE CONTRE-EXPERTISE

Affaire West African Energy : Un dossier judiciaire entaché d’irrégularités et d’ombres qui fragilisent la procédure

L’affaire West African Energy, qui mobilise depuis plusieurs mois l’attention de l’opinion publique et des milieux judiciaires, connaît un nouveau tournant avec la révélation de graves dysfonctionnements dans la gestion du dossier. À quelques jours de la communication officielle des pièces du dossier, la défense de Monsieur Samuel SARR dénonce une série d’anomalies qui compromettent sérieusement la transparence et l’équité de la procédure.

Le 19 mai 2025, les avocats de Samuel SARR ont reçu une communication du dossier datée du 12 mai 2025, censée permettre la préparation de la défense avant une prochaine étape de l’instruction. Mais c’est avec stupéfaction qu’ils constatent que le dossier transmis est incomplet. En effet, le rapport d’expertise réalisé par Me Alioune TOURE, expert désigné par le juge d’instruction et qui blanchit totalement Samuel SARR, est mystérieusement absent. Cette disparition soulève des interrogations majeures. Pourquoi un document clé qui disculpe l’accusé a-t-il été retiré ou égaré ? La défense s’interroge sur une possible manipulation visant à influencer la procédure au détriment de la vérité.

Par ailleurs, le dossier est entaché par le refus apparent du juge d’instruction d’entendre un protagoniste essentiel de l’affaire : Monsieur Arona DIA, administrateur et actionnaire majoritaire de West African Energy. Jusqu’à présent, il n’a pas été convoqué ni interrogé dans le cadre de l’enquête. Ce silence étonnant suscite une polémique, car il paraît juridiquement impossible de boucler un dossier aussi complexe sans recueillir le témoignage capital de ce principal acteur. La défense souligne que ce refus va à l’encontre des règles fondamentales de la procédure judiciaire, et questionne les motivations politiques possibles derrière cette entorse.

Sur un autre front, l’état de santé de Monsieur Samuel SARR, déjà préoccupant, continue de se dégrader. Le juge d’instruction avait pourtant désigné le Professeur Maimouna Ndour, spécialiste en endocrinologie, pour effectuer un examen médical approfondi et fournir un rapport dans un délai d’un mois. Or, ce rapport, remis le 19 mai 2025, n’a pas été communiqué aux parties concernées, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des droits médicaux et humains de l’accusé. La défense dénonce une possible tentative d’“effacement” symbolique et physique de Samuel SARR dans cette procédure.

Ces différents manquements, ajoutés à une ordonnance du 16 mai 2025 qui a été rédigée en violation flagrante des droits de la défense, conduisent les conseils de Samuel SARR à demander que cette ordonnance soit écartée du dossier. Selon eux, la procédure est bâclée et entachée d’irrégularités graves, mettant en péril non seulement la défense de leur client mais aussi la crédibilité de l’ensemble du système judiciaire.

Dans ce contexte, la défense appelle à un respect scrupuleux des droits fondamentaux, à la réouverture de l’instruction avec toutes les garanties d’équité, et à une prise en compte urgente de l’état de santé préoccupant de Monsieur Samuel SARR. Ces exigences traduisent une volonté de préserver l’intégrité de la justice sénégalaise face à un dossier devenu hautement sensible et politisé.

Le public et les observateurs attendent désormais que les autorités judiciaires prennent les mesures nécessaires pour garantir un procès équitable, transparent et respectueux des droits de tous les protagonistes. L’avenir de cette affaire, qui touche au cœur des questions économiques et politiques au Sénégal, dépendra en grande partie de la manière dont ces irrégularités seront traitées dans les jours et semaines à venir.

Dialogue national : Pape Djibril Fall et le parti Les Serviteurs annoncent leur boycott

À l’approche de l’ouverture du dialogue national prévu du 28 mai au 4 juin 2025, une voix dissidente s’est fait entendre. Pape Djibril Fall, député et leader du mouvement politique Les Serviteurs, a officiellement annoncé le retrait de sa formation des concertations initiées par les autorités. Cette décision a été rendue publique samedi, lors d’une conférence de presse tenue à Dakar.

Dans une déclaration ferme, le parlementaire a dénoncé un cadre de dialogue qu’il juge biaisé et inefficace pour opérer de véritables avancées démocratiques. « Nous refusons de participer à un dialogue qui ne garantit pas une véritable transformation démocratique. Les réformes doivent être structurelles. Il est temps d’arrêter de violer la Constitution et les lois simplement pour satisfaire les intérêts d’un individu », a-t-il martelé devant les journalistes.

Malgré son retrait, Pape Djibril Fall a salué l’engagement personnel du facilitateur désigné, Dr Cheikh Gueye, soulignant son sérieux et sa volonté de conduire les discussions de manière inclusive. Toutefois, il a pointé du doigt le manque de ressources et de soutien alloués à ce dernier, estimant que cela traduit un déficit de volonté politique quant à la portée réelle de ce dialogue.

Le thème retenu pour cette nouvelle phase des concertations nationales – le système politique – avait suscité beaucoup d’attentes, notamment autour des questions de gouvernance, de séparation des pouvoirs, de justice électorale et de réforme des institutions. Mais la désaffection de plusieurs acteurs clés jette une ombre sur l’ambition de cette initiative.

Outre Les Serviteurs, l’Alliance Pour la République (APR), parti de l’ancien président Macky Sall, a également annoncé son boycott du dialogue. Ces absences notables pourraient compromettre la représentativité des discussions et réduire la portée des conclusions qui en découleront.

En se retirant de ce processus, Pape Djibril Fall affirme vouloir rester fidèle à ses principes. Son mouvement estime que les conditions ne sont pas réunies pour des discussions sincères et profondes susceptibles d’aboutir à un véritable changement de paradigme démocratique. Ce positionnement confirme la persistance d’un clivage entre les forces politiques sur les mécanismes à adopter pour refonder durablement les institutions sénégalaises.

Criminalisation de l’homosexualité : une urgence reconnue, mais pas une priorité selon Momath Talla Ndao

Invité ce dimanche 25 mai sur les ondes de la RFM dans l’émission « Grand Jury de Dimanche », Momath Talla Ndao, secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme, a apporté un éclairage nuancé sur la place qu’occupe la question de la criminalisation de l’homosexualité dans les priorités actuelles du gouvernement. Tout en réaffirmant l’engagement de l’exécutif à agir sur ce dossier, il a tenu à rappeler que d’autres urgences priment dans l’action immédiate des nouvelles autorités.

« La criminalisation, c’est un engagement qui sera tenu », a-t-il déclaré d’emblée, reconnaissant l’importance de cette revendication dans le paysage politique et social sénégalais. Toutefois, il a tempéré cette promesse par une mise au point : « La question de la reddition des comptes, les deniers publics, ce sont des dossiers urgents parce que nous devons financer l’économie, l’éducation, la santé… Ce sont des urgences qu’il faut gérer. »

Cette déclaration marque une volonté de hiérarchiser les actions du gouvernement, avec une nette préférence pour les urgences économiques et la restauration de la gouvernance publique. En évoquant la nécessité de recouvrer les fonds publics détournés, Momath Talla Ndao a souligné que l’assainissement des finances de l’État constitue un préalable incontournable au redressement national.

« C’est ce processus que nous sommes en train de suivre », a-t-il expliqué, évoquant les efforts entrepris pour instaurer la transparence budgétaire, renforcer les marges de manœuvre financières et relancer les secteurs vitaux comme l’éducation, la santé ou l’agriculture. Selon lui, ces choix sont dictés par les attentes profondes des Sénégalais et les promesses faites durant la campagne.

Sur le plan politique, ses propos traduisent également une volonté de rassurer l’opinion : les engagements sociétaux ne sont pas abandonnés, mais relégués à un second plan par rapport à l’urgence économique. C’est une réponse indirecte à la pression exercée ces derniers jours par certains groupes conservateurs, notamment après la marche du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une loi plus dure contre l’homosexualité.

Le message est donc double : d’un côté, l’État reste fidèle à ses principes et à la ligne idéologique portée par la coalition au pouvoir ; de l’autre, il affirme sa détermination à répondre d’abord aux défis immédiats du pays, avec une gouvernance orientée vers les résultats, la rigueur et la redéfinition des priorités nationales.

Dans un contexte de transition politique marqué par de fortes attentes sociales, la position de Momath Talla Ndao illustre la complexité de l’équation à laquelle le gouvernement fait face : concilier les exigences d’une base militante attachée aux valeurs culturelles et religieuses, tout en s’attaquant aux fondements économiques d’un pays en quête de stabilité et de développement.

Criminalisation de l’homosexualité au Sénégal : le gouvernement rassure les conservateurs après la polémique née d’un drame à Dakar

La récente révélation de la présence d’un homosexuel parmi les victimes de l’effondrement d’un immeuble à Dakar, le 9 mai dernier, a ravivé le débat sur la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal. Ce fait divers a été l’élément déclencheur d’une nouvelle mobilisation des milieux religieux et conservateurs, regroupés au sein du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une législation plus sévère contre ce qu’ils considèrent comme des « déviances » contraires aux valeurs sénégalaises.

Le vendredi 24 mai, plusieurs organisations de la société civile, dont l’ONG Jamra, ont participé à une marche pacifique dans les rues de Dakar. Leur objectif : exiger du gouvernement l’adoption immédiate d’une loi criminalisant de manière plus explicite et plus stricte les actes homosexuels. À travers des pancartes et des discours, les manifestants ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une « promotion rampante » de l’homosexualité au Sénégal, souvent imputée aux pressions extérieures.

Face à cette montée en tension, le ministre porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, a été invité à s’exprimer sur le sujet dans l’émission « Nay Leer » diffusée sur la RTS. Il a tenu à rassurer les conservateurs, affirmant que la position du gouvernement reste alignée sur « la volonté de la majorité des Sénégalais qui rejette catégoriquement l’homosexualité ».

Le ministre a annoncé que des démarches concrètes étaient déjà engagées pour renforcer la législation existante. Selon ses propos, le groupe parlementaire du parti Pastef travaille activement avec le collectif « And Saam Jikko yi » pour élaborer une proposition de loi allant dans ce sens. Il a précisé que les députés ont demandé au collectif de leur soumettre un texte, que le groupe parlementaire se chargera ensuite de porter devant l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration particulièrement ferme, Amadou Moustapha Ndieck Sarré a réaffirmé la souveraineté du pays dans ce domaine : « Ni le président de la République, ni le Premier ministre ne cèdent à aucune pression extérieure. Notre culture rejette cette pratique, et nous y sommes fermement opposés. »

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte où les débats autour des libertés individuelles, des droits LGBTQ+ et des valeurs traditionnelles sénégalaises restent profondément polarisés. Si la loi sénégalaise actuelle punit déjà les actes homosexuels d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, les voix conservatrices estiment que les textes doivent être durcis et mieux appliqués.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°472 – 24 ET 25/05/2025

🔴 RECOURS CONTRE LE DÉCRET DE NOMINATION DES MEMBRES DE LA CENA : LA COUR SUPRÊME DÉSAVOUE « PARTIELLEMENT » MACKY
🔴 COUR SUPRÊME / NOUVEAU REJET DE DEMANDE DE LIBERTÉ PROVISOIRE DE SAMUEL SARR : L’EXPIRATION DU MANDAT DE DÉPÔT : DERNIÈRE ISSUE

🔴 COMBAT CONTRE BOY NIANG / BLESSURE AUX ÉPAULES : REUG REUG SUR LA TOUCHE ?
🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / CONTENTIEUX : BUILDERS FC ET JARAAF DEVANT LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA FSF

Dialogue politique : Idrissa Seck répond favorablement à l’appel de Diomaye Faye

Le Parti RÉEW MI, dirigé par l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, a officiellement annoncé sa participation au dialogue national initié par le président Bassirou Diomaye Faye. Prévu pour démarrer le 28 mai 2025, ce processus vise à engager une réflexion approfondie sur le système politique sénégalais.

Réuni sous la présidence d’Idrissa Seck, le directoire du parti a salué l’initiative du chef de l’État, qualifiée de « levier pour approfondir la démocratie sénégalaise ». Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre stratégique, RÉEW MI rappelle que le Sénégal est depuis longtemps considéré comme un modèle de stabilité en Afrique, un statut que le parti souhaite voir renforcé à travers ce dialogue.

« Depuis sa création, le Parti RÉEW MI a toujours vu dans le dialogue un outil fondamental de consolidation démocratique », souligne la note. Cette posture, régulièrement défendue par Idrissa Seck lui-même, s’inscrit selon les responsables dans une volonté de bâtir un système politique plus inclusif et transparent.

En annonçant sa participation, le parti se positionne comme un acteur clé dans cette phase de concertation nationale. Il appelle également à ce que ce dialogue débouche sur des consensus solides, capables de garantir des avancées durables dans la gouvernance démocratique du pays.

« Le Parti RÉEW MI exprime l’espoir que cette dynamique aboutira à des résultats concrets, renforçant les libertés fondamentales, la transparence du système électoral et la confiance des citoyens dans les institutions », conclut le communiqué.

Marche contre l’homosexualité à Ngor : Mame Matar Gueye invoque la religion pour justifier son opposition

Lors d’un rassemblement organisé ce week-end à Ngor, Mame Matar Gueye, vice-président de l’ONG Jamra, a pris la parole devant un public venu manifester son rejet de l’homosexualité. Dans un discours teinté de ferveur religieuse et de fermeté, l’activiste connu pour ses positions conservatrices a affirmé que « c’est le bon Dieu qui a criminalisé en premier l’homosexualité », en référence aux enseignements religieux aussi bien islamiques que chrétiens.

S’exprimant avec vigueur, Mame Matar Gueye a justifié cette position par la foi, en invoquant la condamnation unanime de l’homosexualité dans les textes religieux. « L’Église la bannit, l’islam également », a-t-il insisté, rejetant toute tentative d’imposer ce qu’il appelle « une idéologie étrangère » aux sociétés africaines et sénégalaises.

Le responsable de Jamra a par ailleurs accusé le « lobby LGBT » de multiplier ce qu’il qualifie de « provocations répétées » au Sénégal. Selon lui, des actes graves auraient été posés, notamment la diffusion de contenus pornographiques tournés dans des lieux saints ou encore l’organisation de cérémonies de mariage homosexuel dans des cités religieuses du pays. Des faits qu’il juge inacceptables et contraires aux valeurs spirituelles et culturelles sénégalaises.

« On n’approuve pas et on ne va pas se taire, que cela soit clair », a-t-il lancé, en guise d’avertissement à ceux qui, selon lui, chercheraient à normaliser l’homosexualité au Sénégal. Pour Mame Matar Gueye, l’ONG Jamra poursuivra sa mission de « veille éthique », en s’appuyant sur ce qu’il considère comme la volonté divine et la protection des fondements moraux de la nation.

Ce discours intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour des droits LGBT au Sénégal, où l’homosexualité est toujours pénalement réprimée. La marche de Ngor s’inscrit ainsi dans une série d’initiatives de groupes conservateurs qui militent pour un durcissement des lois contre les minorités sexuelles, face aux appels internationaux pour davantage de tolérance et de respect des droits humains.

4o

Commande publique : L’Arcop élabore un référentiel national des prix pour encadrer les marchés publics

L’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a officiellement lancé, ce jeudi, un chantier majeur destiné à renforcer la transparence et l’efficacité dans les procédures d’attribution des marchés publics au Sénégal. Il s’agit de l’élaboration d’un référentiel des prix, un outil stratégique qui permettra de mieux encadrer les offres financières soumises dans le cadre des appels d’offres publics, tout en assurant leur conformité avec les réalités économiques du pays.

Cette annonce a été faite par le directeur général de l’Arcop, Moustapha Djitté, à l’occasion de l’ouverture de l’atelier de dissémination de l’Indice des Bâtiments et Travaux publics (IBTP), organisé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Il a expliqué que ce futur référentiel permettra à l’administration de disposer d’un instrument de référence fiable pour évaluer les prix proposés dans les procédures de passation de marché. Il servira notamment à vérifier si les montants présentés par les entreprises dans leurs offres sont raisonnables et cohérents avec les standards économiques en vigueur.

Moustapha Djitté a insisté sur le fait que la mise en place de ce référentiel vise à combler un vide souvent exploité dans le système de commande publique, où les écarts de prix injustifiés entre les offres soumises et les prix du marché posent régulièrement problème. Il a précisé que tous les acteurs concernés par la chaîne de la commande publique seront impliqués dans le processus d’élaboration du document, afin de garantir que les données retenues reflètent fidèlement les pratiques réelles du marché.

La collaboration avec l’ANSD dans ce projet vise à assurer la rigueur méthodologique et la pertinence statistique de l’outil. L’objectif est de fonder ce référentiel sur des données économiques fiables, issues de relevés actualisés, et conformes aux standards nationaux et internationaux.

Ce référentiel des prix s’inscrit dans une dynamique de réforme et de professionnalisation de la commande publique au Sénégal. En plus de renforcer la transparence, il devrait aussi permettre de limiter les surfacturations, d’optimiser la dépense publique et d’améliorer la qualité des infrastructures et services livrés à l’État.

Selon les responsables de l’Arcop, la finalisation de cet outil se fera dans les mois à venir, avec une série de consultations techniques et sectorielles, à l’issue desquelles un document officiel sera mis à la disposition de tous les services contractants. À terme, ce référentiel pourrait devenir une pièce maîtresse dans l’arsenal réglementaire encadrant les achats publics au Sénégal.

Formation diplômante des enseignants : le SAEMSS dénonce l’inaction du ministère et alerte sur de possibles perturbations

Le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (SAEMSS) tire la sonnette d’alarme concernant la formation diplômante des enseignants. Dans un communiqué transmis à la presse, le Bureau exécutif national du syndicat exprime son indignation face à l’immobilisme qu’il attribue au ministère de l’Éducation nationale. Depuis le début de l’année scolaire 2024-2025, le SAEMSS dénonce un manque flagrant de volonté politique concernant le respect des engagements relatifs au démarrage effectif de cette formation dans les différentes institutions habilitées telles que la FASTEF, l’UFR SEF de l’UGB, l’INSEPS, le CNEPS de Thiès et l’ENSEPT.

Le syndicat rappelle que le ministère avait invité les enseignants à s’inscrire sur la plateforme MIRADOR du 2 au 15 octobre 2024, dans le cadre du lancement de la formation diplômante universelle. Une fois cette étape franchie, les enseignants avaient été appelés à déposer leurs dossiers physiques dans les inspections d’académie et d’éducation et de formation entre le 9 et le 23 décembre 2024. Pourtant, malgré ces formalités accomplies par les enseignants, aucun calendrier précis n’a été communiqué pour le démarrage des cours.

Lors de la rencontre bimestrielle du 13 janvier 2025 entre le ministère et les syndicats, le SAEMSS affirme que les autorités avaient pourtant annoncé un démarrage imminent de la formation. Mais depuis, aucune évolution n’a été constatée. Pour le syndicat, cette attitude traduit une volonté manifeste de ne pas honorer les accords signés avec les organisations syndicales. Le SAEMSS interprète cette inertie comme une tentative de violation délibérée des engagements pris par le Gouvernement.

Face à cette situation, le syndicat exige la publication immédiate de la liste des enseignants retenus pour la formation diplômante. Il réclame également que toute confusion soit levée entre les notions de « passerelles professionnelles » et de « mise en position de stage », qui créent actuellement un flou préjudiciable. Le SAEMSS appelle à un relèvement significatif des quotas alloués à toutes les cibles concernées. Parmi celles-ci figurent les enseignants en attente de stage, les chargés de cours expérimentés, les professeurs contractuels ayant accumulé plusieurs années d’expérience, les enseignants d’éducation physique devant être formés en une seule cohorte au CNEPS de Thiès, les professeurs de philosophie nécessitant un Master 2, ainsi que les enseignants issus du recrutement spécial de 2021.

Le SAEMSS avertit que l’avenir de l’année scolaire 2024-2025 dépend en grande partie du traitement rapide et efficace de cette problématique. En cas de persistance du blocage, le syndicat prévient que toute perturbation dans le déroulement normal des cours, des évaluations ou des examens relèvera de la responsabilité exclusive du ministère de l’Éducation nationale et du Gouvernement.

DERNIÈRE MINUTE – Haute cour de justice : Moustapha Diop envoyé en prison

L’ancien ministre du Développement industriel et des PME-PMI, Moustapha Diop, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi 22 mai 2025, à l’issue de son audition par la Commission d’instruction de la Haute cour de justice.

Député-maire de Louga, Moustapha Diop est poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 930 millions de francs CFA. Cette inculpation fait suite aux révélations contenues dans le rapport définitif de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19, connu sous le nom de Force-Covid-19.

Selon les conclusions des enquêteurs, le ministère dirigé à l’époque par M. Diop avait bénéficié d’un montant total de 2,5 milliards de francs CFA destiné à l’acquisition de masques de protection. Toutefois, ces fonds publics ont été transférés depuis le compte de dépôt du Trésor public vers un compte privé ouvert à la Bank of Africa, géré personnellement par Moustapha Diop. Ce dernier aurait été le seul ordonnateur des paiements, ce qui constitue une violation flagrante des règles en matière de gestion financière publique.

L’affaire prend une tournure plus préoccupante avec la commande de 250 000 masques, d’une valeur de 930 millions de francs CFA, qui aurait été réglée en espèces directement par l’ancien ministre. Des mouvements financiers jugés suspects ont également été identifiés sur les comptes de M. Diop. Ces comptes ont enregistré des dépôts importants émanant de tiers dont l’identité n’a pas encore été révélée.

Cette arrestation marque une nouvelle étape dans les poursuites engagées par l’État contre plusieurs anciens responsables impliqués dans la mauvaise gestion du fonds Force-Covid. Le dossier de Moustapha Diop sera désormais examiné en profondeur par la Haute cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

La suite de l’instruction déterminera si d’autres poursuites ou arrestations pourraient suivre dans cette affaire aux ramifications potentiellement vastes.

Tensions au sein de Pastef à Khombole : des militants accusent le chef de cabinet de Sonko de favoritisme

Le climat politique se tend à Khombole, fief du parti Pastef, où la section communale a exprimé ce mercredi un profond malaise face à certaines pratiques internes. Dans une déclaration relayée par le journal Libération, les militants locaux ont ouvertement critiqué Djiby Guèye Ndiaye, chef de cabinet du Premier ministre Ousmane Sonko, l’accusant de « favoritisme », de « népotisme » et d’aller à l’encontre des idéaux du Projet national porté par le duo Diomaye-Sonko.

Alors même qu’ils saluaient les « engagements résolus » du Président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre pour un Sénégal « souverain, juste et prospère », les responsables de Pastef-Khombole n’ont pas mâché leurs mots à l’égard de M. Ndiaye. Selon eux, ce dernier favoriserait des proches de l’ancien régime et des membres de sa famille dans les nominations et responsabilités, reléguant au second plan des militants « aguerris, compétents et méritants ».

Cette sortie publique illustre une frustration croissante dans les rangs du parti au pouvoir, en particulier chez les militants de la base qui se sentent marginalisés après avoir joué un rôle clé dans la victoire électorale de 2024. À Khombole, la section communale rappelle qu’elle a hissé sa commune au troisième rang départemental sur quinze à Thiès, grâce à une campagne « exemplaire et désintéressée », menée sans soutien externe.

« Cette posture trahit nos principes d’équité et foule aux pieds l’éthique militante que nous avons toujours prônée », peut-on lire dans leur déclaration. Les militants dénoncent ce qu’ils perçoivent comme un « mépris orchestré » de la part de M. Ndiaye, estimant que cette attitude met en péril la cohésion interne du parti et érode la confiance des militants.

Face à cette situation, les responsables de Pastef-Khombole interpellent directement Ousmane Sonko pour une « évaluation objective » de la gestion interne du parti. Ils exigent une reconnaissance équitable de leurs efforts, une représentation juste dans les sphères de décision, et la fin immédiate des pratiques qu’ils jugent contraires à l’esprit du Projet national.

Dans un contexte où l’unité du parti est essentielle pour mener à bien les réformes annoncées, cet appel sonne comme un avertissement. « La réussite de la transformation du pays repose sur la valorisation des véritables artisans du changement », concluent-ils, rejetant toute forme de reproduction des méthodes de l’ancien régime.

ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AFRICAINE / CHOIX D’ABIDJAN PAR L’ADMINISTRATION TRUMP : Dakar ne fait-elle plus rêver ?

Washington redéfinit ses relations avec l’Afrique, délaissant l’aide humanitaire au profit du commerce et de l’investissement. Ainsi, la Côte d’Ivoire devient-elle la vitrine de cette nouvelle donne afin de servir de tampon entre le pays de l’Oncle Sam et l’Afrique francophone.

Les États-Unis reconfigurent profondément leur stratégie à l’égard du continent africain. Jadis fondée sur l’aide humanitaire et les partenariats sociaux, leur approche privilégie désormais les échanges économiques et les investissements structurants. Cette inflexion diplomatique, incarnée par l’ouverture d’un bureau stratégique à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), suscite des interrogations. Dakar, longtemps considérée comme un pilier de la relation américano-africaine en Afrique francophone, conserve-t-elle encore sa place centrale ?
À l’occasion d’une rencontre avec la presse, tenue le 20 mai 2025 à Abidjan, Troy Fitrell, haut responsable du Bureau des affaires africaines au sein du Département d’État américain, a exposé les grands axes de cette nouvelle doctrine. Selon lui, les partenariats commerciaux s’avèrent plus efficaces pour favoriser une croissance économique durable que les mécanismes classiques d’aide au développement. Washington mise donc sur la vitalité du marché africain, soutenu par une jeunesse dynamique, une urbanisation rapide et un potentiel d’intégration économique sans précédent à travers la ZLECAf.
Le changement de paradigme opéré par l’administration Trump ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il s’accompagne d’un agenda ambitieux visant à arrimer les intérêts des entreprises américaines aux priorités de développement africaines : industrialisation, transformation locale des matières premières, montée en compétence de la main-d’œuvre et création d’emplois. Un virage pragmatique, en phase avec les nouveaux enjeux géostratégiques où la Chine, la Russie, la Turquie et d’autres puissances étendent leur influence.
Durant son séjour à Abidjan, Troy Fitrell a multiplié les initiatives : participation au prestigieux Africa CEO Forum, concertation avec les Chambres de commerce américaines de douze pays ouest-africains, entretiens bilatéraux avec plusieurs hauts dirigeants africains, incluant présidents, ministres du Commerce et Affaires étrangères. La dynamique est claire : Washington entend renforcer son ancrage en Afrique de l’Ouest et le fait désormais depuis la Côte d’Ivoire, désignée comme nouveau hub économique francophone.

ABIDJAN INCONTOURNABLE

En installant un bureau à Abidjan, Washington envoie un signal fort : les critères linguistiques, juridiques et économiques prennent le pas sur les symbolismes historiques. La Côte d’Ivoire, dotée d’infrastructures solides, d’une stabilité relative et d’un environnement d’affaires en plein essor, semble incarner davantage aujourd’hui les priorités américaines que Dakar, malgré son passé de capitale diplomatique de l’Afrique francophone.
Ce choix stratégique interroge. Le Sénégal, qui fut longtemps un partenaire privilégié de Washington, notamment à travers les coopérations sécuritaires et les actions de l’USAID, voit peu à peu sa position érodée. Les coupes budgétaires affectant l’aide publique au développement – dont USAID et le Millenium Challenge – en seraient un autre indicateur. Simultanément, des instruments comme Prosper Africa, la US Exim Bank ou encore la DFC (Development Finance Corporation) prennent le relais, avec une logique purement économique.

ÉLAN DE SOUVERAINISME EN AFRIQUE

Face à cette réorientation, les attentes du continent sont claires : retombées locales, transferts de technologie, développement des chaînes de valeur africaines. Des exigences qui traduisent une volonté d’émancipation, mais qui impliquent également une montée en compétence des gouvernements africains dans la négociation des accords internationaux. Car si les États-Unis affichent leur volonté d’agir « autrement », l’Afrique, elle, aspire à ne plus être simplement un réceptacle, mais un acteur à part entière.
Le sort encore incertain du renouvellement de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), dont l’échéance approche en septembre 2025, témoigne aussi de cette incertitude. L’avenir des relations afro-américaines dépendra autant de la clarté des politiques américaines que de la capacité des États africains à défendre des positions communes et ambitieuses.

 Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°471 – 22/05/2025

🔴 ZONE DE LIBRE-ÉCHANGE AFRICAINE / INSTALLATION D’UN BUREAU À ABIDJAN PAR L’ADMINISTRATION TRUMP : DAKAR NE FAIT-ELLE PLUS RÊVER ?
🔴 TROISIÈME MINISTRE DE MACKY SALL DEVANT LA HAUTE COUR DE JUSTICE : SOPHIE GLADIMA PAIE LE PRIX FORT

🔴 PREMIER SÉNÉGALAIS À REMPORTÉ LA LIGUE EUROPA : PAPE MATAR SARR DANS LA LÉGENDE !
🔴 LIGUE 1 / VICTOIRE SUR LE JARAAF : GORÉE S’INSTALLE EN TÊTE

Intelligence artificielle : les dirigeants des banques centrales appellent à une approche prudente et collaborative

Réunis à Dakar pour une journée de réflexion organisée par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), plusieurs dirigeants d’institutions financières africaines ont débattu des opportunités et des défis que pose l’émergence rapide de l’intelligence artificielle (IA). Placée sous l’autorité du gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, cette rencontre internationale s’est tenue dans un contexte de mutations technologiques profondes, incitant les autorités monétaires à repenser leurs modes de régulation, d’analyse et de supervision.

Selon les intervenants, l’IA est désormais incontournable. « Il faut s’adapter, car on ne peut pas rester à l’orée d’une révolution », ont déclaré plusieurs participants, appelant à ne pas rater le virage technologique en cours. Pour Badanam Patoki, président de l’Autorité des Marchés Financiers de l’Union Monétaire Ouest Africaine (AMF-UMOA), l’IA constitue une opportunité d’analyse pédagogique et de réduction des coûts, mais elle implique également des risques qu’il ne faut pas négliger, notamment en matière de surveillance et de stabilité des marchés. Il plaide ainsi pour un dialogue approfondi avec les acteurs du secteur afin de comprendre leurs besoins et d’élaborer ensemble des mécanismes de déploiement responsables, soutenus par un cadre réglementaire rigoureux et évolutif.

M. Patoki a également alerté sur la nécessité de renforcer les ressources humaines des organes de supervision. Selon lui, il est essentiel de former les équipes et de doter les institutions des moyens technologiques nécessaires pour utiliser l’IA tout en protégeant l’équilibre du marché. Il insiste sur une approche qui permette à tous les acteurs de bénéficier équitablement des apports de l’IA, sans provoquer de déséquilibres.

Younoussa Imani, gouverneur de la Banque centrale des Comores, a pour sa part souligné l’urgence de former le personnel des banques centrales à ces nouveaux outils technologiques. Il a également mis en avant l’importance de la coopération régionale et internationale, en vue d’assurer un transfert de compétences et une mutualisation des expériences. Il reconnaît que l’IA permet de gagner en rapidité dans l’atteinte des objectifs, mais insiste sur la prudence dans son intégration : tout processus de mise en œuvre doit prendre en compte la confidentialité des données, la protection de la vie privée et la mise en place de réglementations adaptées.

De son côté, Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), a tenu à rappeler que l’IA doit être au service de la stabilité financière. Il a identifié quatre grands défis liés à l’usage de cette technologie au sein des banques centrales : la gouvernance des données, le contrôle des flux macroéconomiques et financiers, la sécurisation des transactions et la fiabilité des algorithmes. Pour lui, la qualité des données traitées est un enjeu fondamental. Il appelle à la centralisation, au stockage sécurisé et à l’harmonisation des normes d’utilisation afin de garantir la transparence et la robustesse des systèmes.

Yvon Sana Bangui a par ailleurs souligné que l’Afrique accuse déjà un certain retard dans l’appropriation des technologies d’intelligence artificielle. Il estime que le continent n’a pas suffisamment contribué à la conception de cette technologie, et que s’il ne prend pas rapidement part à son développement, il risquera encore une fois de subir plutôt que de maîtriser les évolutions futures. Il a conclu en insistant sur le lien entre chaque avancée technologique et l’innovation suivante, appelant à un engagement proactif et stratégique.

En somme, tous les intervenants ont exprimé un consensus sur la nécessité d’intégrer l’IA dans les pratiques des banques centrales, mais en prenant soin de ne pas brûler les étapes. Il s’agit d’un processus à encadrer avec rigueur, éthique et collaboration. L’objectif est clair : mettre l’intelligence artificielle au service de l’innovation, de la performance institutionnelle et de la stabilité du système financier africain.

Cheikh Diba : « Une gouvernance solide est essentielle pour tirer le maximum de bénéfices de l’intelligence artificielle »

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a présidé ce mercredi, au nom du Premier ministre, une importante journée organisée par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), consacrée à l’intelligence artificielle (IA) et à son rôle dans la transformation des institutions financières. L’événement, placé sous le thème « L’Intelligence Artificielle : Opportunités et défis pour les Banques Centrales », s’est tenu en présence du Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, ainsi que de plusieurs responsables institutionnels et experts du domaine.

Dans son allocution d’ouverture, Cheikh Diba a replacé les enjeux de la rencontre dans le contexte mondial actuel, caractérisé par une accélération de la transformation numérique. Il a souligné que l’intelligence artificielle est désormais un levier incontournable de performance, capable de transformer profondément les systèmes économiques, sociaux et administratifs.

Revenant sur les événements récents tels que le Sommet de Paris pour l’Action sur l’Intelligence Artificielle en février dernier et le premier Sommet mondial de l’IA en Afrique, tenu à Kigali en avril 2025, le ministre a plaidé pour une implication active du continent africain dans cette révolution technologique. « L’Afrique ne doit pas se contenter d’être un marché pour cette technologie. Elle doit devenir un acteur de son développement, à travers la formation, l’investissement et la maîtrise de ses infrastructures numériques », a-t-il affirmé.

Selon les estimations des Nations Unies, l’IA pourrait générer un surplus de valeur ajoutée de 1 500 milliards de dollars à l’économie africaine d’ici 2030, en créant de nouveaux emplois et en stimulant la croissance. Mais pour que ces opportunités se concrétisent, a insisté le ministre, il faut établir une gouvernance éthique de l’IA, respectueuse des droits humains et adaptée aux réalités du continent.

Cheikh Diba a salué la pertinence de la conférence initiée par la BCEAO, qu’il considère comme une étape cruciale dans l’appropriation de l’IA par les institutions financières. Selon lui, l’IA permet déjà aux organisations de simuler des comportements humains, d’automatiser des processus complexes et de faire des prévisions plus précises, ce qui ouvre la voie à une amélioration considérable de la qualité des services, notamment dans les secteurs publics et économiques.

Il a mis en avant les efforts du Sénégal en matière de digitalisation. Le pays, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, a lancé le 24 février dernier une ambitieuse stratégie nationale du numérique, baptisée « New Deal Technologique ». Cette initiative vise à renforcer la souveraineté numérique du pays, en garantissant la protection des données, la modernisation de l’administration publique, et la promotion de l’entrepreneuriat technologique.

Dans la dynamique régionale, plusieurs pays membres de l’UEMOA ont adopté des stratégies similaires, intégrant l’intelligence artificielle dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, de la santé et des services publics. Ces transformations sont appelées à induire des mutations profondes dans les administrations, en valorisant notamment les données massives pour guider les politiques publiques.

En conclusion, le ministre Cheikh Diba a appelé à la mise en place d’un cadre de gouvernance robuste qui garantisse une utilisation responsable, efficace et éthique de l’IA. « C’est à cette condition que nous pourrons tirer le meilleur de cette technologie révolutionnaire, tout en protégeant l’intégrité des données et en préservant la confiance du public », a-t-il martelé.

Cette journée d’échanges à la BCEAO marque un tournant dans la réflexion régionale sur l’intelligence artificielle, et positionne le Sénégal comme l’un des acteurs les plus engagés sur la voie d’une transformation numérique souveraine et inclusive.

Quitter la version mobile