Propos injurieux d’Azoura Fall : Me Moussa Diop et Thierno Bocoum interpellent le procureur et dénoncent une justice à deux vitesses

L’avocat Me Moussa Diop et l’homme politique Thierno Bocoum ont vivement réagi aux propos jugés insultants tenus récemment par Azoura Fall, un militant du parti Pastef. Ce dernier s’en serait violemment pris à l’ancien président Macky Sall et à certains de ses anciens collaborateurs, suscitant l’indignation dans certains cercles politiques.

Dans une déclaration ferme, Me Moussa Diop a interpellé le procureur de la République, l’accusant d’inaction face à ce qu’il qualifie de dérives verbales inacceptables. Il dénonce un traitement inégal devant la loi et remet en question l’impartialité de l’appareil judiciaire dans ce type d’affaires.

« Apparemment, le Kumba am Nday et le Kumba amoul Nday a de beaux jours devant nous. Mais où êtes-vous Monsieur le Procureur de la République pour mettre fin à cette pagaille inédite au Sénégal ? Si vous ne faites pas arrêter ces dérives des vainqueurs, libérez sans délai mon client Abdou Nguer arbitrairement soustrait de la vie courante sans jamais avoir diffusé de fausses nouvelles ou diffamé. Justice pour tous », a-t-il martelé.

Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, a également réagi publiquement via sa page Facebook. Indigné, il a dénoncé le silence des autorités judiciaires, qu’il considère comme un aveu d’une justice à géométrie variable. « Si le procureur reste silencieux face aux injures publiques d’une gravité extrême d’un proche du Premier ministre, il confirme son rôle actif dans l’architecture d’une injustice systémique portée par un régime irresponsable », a-t-il écrit.

Ces réactions interviennent dans un contexte où le débat sur l’indépendance de la justice et l’égalité de traitement des citoyens devant la loi revient régulièrement dans l’actualité sénégalaise, particulièrement depuis le changement de régime en 2024.

Baccalauréat 2025 : Le ministre Abdourahmane Diouf appelle les présidents de jury à l’impartialité et à la rigueur

À l’approche de la session 2025 du Baccalauréat, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a présidé ce lundi 5 mai la cérémonie officielle d’ouverture de la session de formation des présidents de jury. La rencontre s’est tenue à l’Université Amadou Hampâté Bâ, en présence de plusieurs autorités universitaires et administratives.

Aux côtés du ministre, figuraient le Directeur de l’Office du Baccalauréat, le Professeur Bamba Gueye, le Recteur de l’université hôte, le Professeur Ben Toguebaye, ainsi que le Coordonnateur des superviseurs nationaux, le Professeur Mamadou Sidibé, Recteur de l’Université Souleymane Niang de Matam.

Dans son adresse, Dr Abdourahmane Diouf a souligné l’importance capitale du rôle des présidents de jury dans le bon déroulement de l’examen. Il a insisté sur la rigueur, l’impartialité et la neutralité qui doivent guider leurs prises de décision, notamment lors des délibérations. Le ministre a rappelé que l’évaluation des candidats doit se faire en toute équité, avec le souci permanent de justice et de transparence.

Par ailleurs, le ministre a insisté sur le respect scrupuleux des consignes officielles encadrant l’examen. Il a notamment évoqué l’interdiction formelle du port et de l’usage de téléphones portables dans les centres d’examen, aussi bien pour les candidats que pour les encadreurs. Une mesure de plus en plus renforcée dans un contexte marqué par la multiplication des tentatives de fraude via les outils numériques.

Cette rencontre marque le lancement officiel du processus de préparation pédagogique et logistique du Baccalauréat 2025, qui devrait mobiliser plusieurs milliers d’acteurs à travers le pays. Le ministre a conclu son intervention en appelant l’ensemble des responsables académiques à « un engagement total au service de l’école sénégalaise ».

Azoura Fall face à la justice : ce que dit le droit sénégalais sur les injures en ligne

L’affaire Azoura Fall secoue la toile sénégalaise depuis plusieurs jours. Connue pour ses prises de parole virulentes sur TikTok, l’activiste s’est retrouvée au cœur d’une tempête judiciaire après avoir proféré des injures à l’encontre de l’ancien président Macky Sall lors d’un live. Une sortie polémique qui a poussé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, à s’autosaisir du dossier. Cette décision relance un débat sensible : jusqu’où peut aller la liberté d’expression en ligne ? Et surtout, que risque-t-elle réellement devant la loi sénégalaise ?

L’intervention du parquet repose sur des éléments publics, facilement accessibles. Le live controversé d’Azoura Fall a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, exposant des propos jugés “grossiers”, “injurieux” et potentiellement attentatoires à l’honneur d’une personnalité publique, en l’occurrence un ancien chef d’État. Dans ce contexte, l’autosaisine du procureur est juridiquement fondée, conformément à l’article 34 du Code de procédure pénale sénégalais, qui autorise l’ouverture d’une enquête pour des faits relevant de l’ordre public ou portés à la connaissance du ministère public par tout moyen.

Au regard du Code pénal sénégalais, plusieurs chefs d’accusation pourraient être retenus contre Azoura Fall :

Injures publiques : L’article 258 du Code pénal prévoit des peines pouvant aller jusqu’à un mois d’emprisonnement et 50 000 francs CFA d’amende pour toute injure non publique. Si les injures sont publiques — ce qui est le cas dans un live TikTok diffusé à grande échelle —, les peines peuvent être alourdies, notamment si la victime est une autorité ou un dépositaire de l’autorité publique. Diffamation : Si les propos tenus sont considérés comme accusatoires sans preuve, notamment en imputant à Macky Sall des faits précis sans fondement, l’article 248 du Code pénal pourrait s’appliquer, avec des peines pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et 1 500 000 francs CFA d’amende. Atteinte à l’ordre public via les TIC : Le Code des communications électroniques et la loi sur la cybercriminalité (2016) permettent également de poursuivre tout individu diffusant des contenus à caractère injurieux ou haineux en ligne. Cette législation plus récente élargit les possibilités de poursuites.

Cette affaire ravive les tensions entre liberté d’expression et protection de la dignité des personnalités publiques. Si la Constitution sénégalaise garantit le droit à la liberté d’opinion, celle-ci connaît des limites, notamment lorsque les propos portent atteinte à la réputation ou à la sécurité d’autrui. Plusieurs défenseurs des droits numériques dénoncent toutefois un usage sélectif de la justice, qui viserait particulièrement les voix critiques du pouvoir ou des figures politiques influentes.

Le cas d’Azoura Fall s’inscrit dans une tendance croissante de judiciarisation du discours en ligne au Sénégal. D’autres activistes ou influenceurs ont déjà été poursuivis pour des propos tenus sur Facebook, WhatsApp ou YouTube. Le traitement réservé à cette affaire pourrait ainsi établir une nouvelle jurisprudence sur la régulation des contenus numériques, à l’heure où les réseaux sociaux jouent un rôle central dans le débat public.

En résumé, que risque Azoura Fall ?

Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement si les faits sont requalifiés en diffamation aggravée. Des amendes allant jusqu’à 1,5 million de francs CFA. Une possible interdiction temporaire d’usage des réseaux sociaux dans le cadre de mesures judiciaires spécifiques.

Le dossier est désormais entre les mains du parquet. Reste à savoir si une inculpation formelle suivra et quelle sera l’issue judiciaire. En attendant, l’affaire Azoura Fall pose une nouvelle fois la question de la régulation du numérique, dans un pays où la parole en ligne est de plus en plus surveillée.

Décès de Pape Mignane Ndong : Le Sénégal perd un fidèle serviteur de l’ombre

Le Sénégal est en deuil. Le pays vient de perdre l’un de ses fils les plus discrets mais profondément engagés dans la vie politique nationale. Pape Mignane Ndong, figure proche du Premier ministre Ousmane Sonko, est décédé subitement des suites d’un malaise, selon des informations confirmées par Seneweb.

Discret dans la forme mais essentiel dans le fond, Pape Mignane Ndong était un maillon clé dans l’entourage immédiat du chef du gouvernement. En tant qu’aide de camp d’Ousmane Sonko, il veillait au quotidien à la sécurité, à la coordination et à l’agenda du Premier ministre, jouant un rôle de confiance dans un environnement politique souvent agité.

Sa disparition brutale a provoqué une vive émotion au sein du parti PASTEF – Les Patriotes, où il était unanimement respecté pour sa loyauté, son professionnalisme et son engagement indéfectible. Mais au-delà du cercle partisan, ce sont l’ensemble des acteurs politiques, de la société civile et de nombreux citoyens qui saluent aujourd’hui la mémoire d’un homme de devoir, resté à l’ombre, mais dont l’impact était bien réel.

Les hommages se multiplient, témoignant de l’importance de son rôle dans les coulisses du pouvoir et de la confiance dont il jouissait. Son décès rappelle, une fois encore, combien les acteurs de l’ombre sont essentiels à la stabilité et au fonctionnement de nos institutions.

Le Sénégal perd un patriote silencieux, un homme de l’ombre au service de la lumière.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°457 – 06/05/2025

🔴 236 MILLIARDS F CFA ENGRANGÉS EN TROIS MOIS : LE SOUS-SOL SÉNÉGALAIS RAPPORTE GROS
🔴 DIALOGUE NATIONAL DU 28 MAI : TAS CLAQUE LA PORTE

🔴 CAN U20 / DÉFAITE FACE AU GHANA (0-1) : LE SÉNÉGAL AU BORD DU PRÉCIPICE
🔴 LIGUE 1 : LA LINGUÈRE ACCROCHÉ PAR L’US OUAKAM

Sangomar : une vente record de pétrole en avril, selon Birame Souleye Diop

Le champ pétrolier de Sangomar a connu une performance exceptionnelle durant le mois d’avril 2025, avec une vente record de 3,8 millions de barils de pétrole brut. Cette annonce a été faite par le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, lors d’un atelier d’information tenu à Somone, dans le département de Mbour. Cette rencontre, organisée en collaboration avec l’Association des Journalistes pour la Transparence dans les Ressources Extractives et la Préservation de l’Environnement (AJTREPE), entre dans le cadre de la nouvelle stratégie de communication adoptée par les autorités pour renforcer la transparence autour des projets pétroliers, gaziers et miniers.

Cette vente record, réalisée à travers le chargement de quatre cargaisons durant le mois d’avril, confirme la bonne dynamique du projet Sangomar, développé en offshore profond. La production du champ est opérée par Woodside Energy en partenariat avec la société nationale PETROSEN. Selon les projections du ministère, la production annuelle attendue est estimée à 30,53 millions de barils pour l’année 2025. Le mois d’avril marque donc un tournant dans la courbe de rendement, avec un volume mensuel qui représente déjà plus de 12 % des objectifs annuels.

Parallèlement, le ministre a annoncé que le Sénégal avait franchi une étape historique sur le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement avec la Mauritanie. Le 15 avril 2025, la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) a été entièrement chargée avec un volume total de 163 259 mètres cubes, soit l’équivalent de 3,71 millions de MMBtu. Ce moment marque l’entrée officielle du Sénégal dans le cercle des pays exportateurs de GNL. Les opérations de mise en service des infrastructures se poursuivent, avec pour objectif une montée en puissance progressive de la production dans les mois à venir.

Au-delà des chiffres, cette séquence confirme le changement d’échelle que connaît actuellement le secteur énergétique sénégalais. Le ministre a souligné que ces résultats traduisent les effets concrets des réformes structurelles menées depuis plusieurs années et du choix stratégique d’investir dans l’exploitation raisonnée des ressources naturelles du pays. Il a par ailleurs réaffirmé la volonté du gouvernement d’associer les médias à chaque étape de la mise en œuvre des projets extractifs afin de favoriser un climat d’information, de transparence et de responsabilité dans la gouvernance des ressources nationales.

Réforme des daaras : l’État sénégalais lance un recensement national en juin pour protéger les talibés

Le gouvernement sénégalais s’apprête à franchir un pas décisif dans sa politique de réforme des daaras, ces écoles coraniques traditionnelles, en lançant un recensement national dès le mois de juin 2025. Objectif : mieux encadrer les enfants talibés, éradiquer la mendicité forcée, et soutenir les structures éducatives conformes aux normes.

L’annonce a été faite par Maïmouna Dièye, ministre de la Famille et des Solidarités, lors du Gamou de Ndiawagn Ndiaye (département de Kébémer). Elle a réaffirmé la volonté politique forte du gouvernement de moderniser le système des daaras, tout en assurant une meilleure protection aux milliers d’enfants talibés répartis à travers le pays.

« Sur instruction du président de la République, le Premier ministre prendra des mesures sévères concernant la mendicité et la gestion des daaras », a déclaré la ministre, visiblement déterminée.

Le recensement, qui débutera en juin, permettra d’identifier les daaras fonctionnant dans les règles et d’évaluer les besoins pour leur accompagnement. Il s’agit aussi de distinguer les véritables foyers d’enseignement religieux des structures informelles souvent impliquées dans l’exploitation des enfants à des fins lucratives.

Maïmouna Dièye n’a pas mâché ses mots à ce sujet :

« Certains encouragent la mendicité à travers des transferts d’argent. Ils ne sont pas sérieux, et nous allons y mettre un terme. »

Elle a également dénoncé l’indifférence face à la détresse des enfants talibés, affirmant que le gouvernement fera tout pour qu’ils bénéficient de conditions similaires à celles des élèves des écoles classiques.

Ce recensement s’inscrit dans un programme plus large de modernisation des daaras, qui inclut l’autonomisation des serignes daaras, la formation des enseignants, l’amélioration des conditions de vie et la réinsertion des enfants livrés à eux-mêmes.

Cette initiative gouvernementale, si elle est bien mise en œuvre, pourrait changer le quotidien de milliers de talibés, longtemps laissés en marge du système éducatif formel et souvent exposés aux abus.

En s’attaquant aux dérives tout en valorisant les daaras exemplaires, l’État sénégalais espère trouver un équilibre entre tradition et protection de l’enfance, dans le respect des valeurs religieuses et des droits fondamentaux.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°456 – 05/05/2025

🔴 UEMOA / ADJUDICATION CIBLÉE DE BONS ASSIMILABLES DU TRÉSOR : LE SÉNÉGAL CONTRAINT D’EMPRUNTER À PLUS DE 6%
🔴 PRIX DE L’« OPÉRATION DE L’ANNÉE » AUX BRVM AWARDS 2025 : LE SÉNÉGAL, AS DES MARCHÉS

🔴 BAL / CONFÉRENCE SAHARA : CLAP DE FIN POUR L’ASCVD
🔴 22e JOURNÉE DE LA LIGUE 1 : UN DIMANCHE À ZÉRO POINTÉ

Subvention ADEPME : Le CDEPS dénonce une tentative de récupération politique et clarifie le processus

Dans un communiqué rendu public ce week-end, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) a pris la parole pour clarifier les conditions d’octroi de la subvention de l’ADEPME à douze entreprises de presse. Le CDEPS a également dénoncé une tentative de récupération politique qu’il juge « malveillante » concernant cette initiative.

Le samedi 3 mai, lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME) a annoncé un soutien financier pour une douzaine de médias, dans le cadre du Programme d’Appui à l’Accélération Industrielle, à la Compétitivité et à l’Emploi (PAAICE), financé par la Banque africaine de développement (BAD) depuis 2021.

Selon le CDEPS, ce soutien représente un « véritable souffle de relance » pour les entreprises de presse en difficulté, qui font face à une situation financière de plus en plus précaire depuis près d’un an. Le processus, qui a débuté en octobre 2024, a permis la rencontre entre éditeurs de presse, l’équipe projet de l’ADEPME et les cabinets Ibrahima Touré (ITO) et Alioune Touré (ATO) pour élaborer un plan de restructuration. Ce plan comprend des mesures telles que la protection juridique, la relance économique, la digitalisation et la mobilisation de financements.

Le financement couvre 75 % de la subvention dans le cadre du portefeuille « Fonds à frais partagés », sous réserve que chaque entreprise mobilise une quote-part de 25 %, conformément à la convention signée. Le CDEPS précise que, à ce jour, aucun fonds n’a encore été versé, car les conditions de décaissement n’ont pas encore été remplies.

Le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal s’insurge contre ce qu’il considère comme une tentative de récupération politique de cette initiative par le ministère de la Communication. Le CDEPS affirme que le ministère dirigé par M. Alioune Sall n’a joué aucun rôle dans le processus et dénonce le manque d’accompagnement institutionnel de sa part, notamment concernant la gestion du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Le CDEPS accuse le ministre d’avoir délibérément retardé la distribution des fonds du FADP en 2024, entraînant un reversement des budgets non utilisés au Trésor. Toutefois, il indique que ces fonds restent récupérables via une loi de finances rectificative.

Le communiqué critique également une réforme en cours du décret régissant le FADP, jugée précipitée et unilatérale, sans concertation avec les professionnels du secteur. Le CDEPS déplore également la paralysie du CORED (organe d’autorégulation) et l’inaction de la Commission de la Carte nationale de Presse, qui n’a délivré aucun titre professionnel depuis plus d’un an.

En réponse à la situation, le CDEPS a déposé un recours en référé auprès de la Cour suprême le 2 mai 2025, demandant la suspension des assignations de « cessation immédiate de parution ou de diffusion » adressées à certaines entreprises de presse. Une procédure au fond est également en cours pour contester l’arrêté du ministre de la Communication à l’origine de ces assignations.

Énergie : West African Energy injecte 127 MW dans le réseau de Senelec

West African Energy (WAE) a franchi une étape décisive dans la mise en service de sa centrale thermique à cycle combiné de 366 mégawatts (MW) à Rufisque, en annonçant l’injection effective de 127 MW dans le réseau national de la Senelec. Cette avancée fait suite à la réussite des tests de performance de la turbine GT11.

Ce jalon technique, salué comme un succès, illustre non seulement la qualité de l’ingénierie mise en œuvre, mais aussi l’efficacité de la coordination institutionnelle et opérationnelle autour du projet. Il marque le début de l’exploitation progressive de cette infrastructure stratégique, appelée à renforcer durablement la capacité énergétique du Sénégal.

Porté par une vision ambitieuse de souveraineté énergétique, ce projet est le fruit d’un engagement fort de M. Samuel A. Sarr, président de West African Energy, qui a su fédérer les expertises et les ressources autour d’un objectif central : assurer un approvisionnement fiable, durable et compétitif en électricité pour le pays.

À terme, les 366 MW attendus permettront non seulement de stabiliser le réseau électrique national, mais aussi d’améliorer la qualité du service public d’électricité. La centrale contribuera également à soutenir les politiques industrielles et économiques du Sénégal, en offrant aux entreprises un cadre énergétique plus prévisible et performant.

West African Energy a exprimé sa reconnaissance à la direction générale de la Senelec, au gouvernement sénégalais, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires techniques, financiers et institutionnels ayant contribué à la concrétisation du projet. Parmi eux, l’Africa Finance Corporation (mandataire principal), Coris Bank International, Afreximbank, General Electric (GE), Çalik Enerji, Sakina Génie civil, Afry Ingénierie Conseil, E.E.S Environnement, Bureau Veritas, Fasken, Global Infrastructures Advisor et Tractebel.

West African Energy est une entreprise sénégalaise de référence dans le développement, la construction et l’exploitation de centrales électriques de grande capacité. Engagée pour la transformation énergétique du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, la société place la souveraineté, la performance et la durabilité au cœur de sa stratégie.

Pacte de stabilité sociale : la FGTS/B dénonce une trahison et exprime son soutien aux travailleurs licenciés

La Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS/B) est montée au créneau ce dimanche 4 mai 2025 pour dénoncer vigoureusement la reconduction du Pacte de stabilité économique et sociale. Dans un communiqué transmis à la presse, la centrale syndicale fustige ce qu’elle qualifie de « trahison syndicale », tout en réaffirmant son « soutien indéfectible » aux travailleuses et travailleurs récemment licenciés, notamment ceux de la RTS.

Selon la FGTS/B, la signature de ce pacte, censé consolider la paix sociale et favoriser un climat propice aux investissements, a été opérée sans consultation des syndicats de branche ni résolution des passifs liés aux conflits sociaux en cours. La Fédération s’indigne que certaines centrales aient signé un tel accord alors même que plusieurs travailleurs licenciés, dans différents secteurs, attendent toujours leur réintégration ou une compensation équitable.

« Nous assistons à une manœuvre qui sacrifie les intérêts des travailleurs sur l’autel d’un consensus de façade », peut-on lire dans le document. Pour la FGTS/B, cette signature hâtive, sans conditions claires, fragilise la lutte syndicale et ignore les revendications de base, comme la sécurité de l’emploi et la dignité au travail.

Le communiqué déplore également la gravité de la situation de l’emploi salarié au Sénégal, décrivant un marché du travail fragilisé, où les licenciements se multiplient sans véritable plan de sauvegarde sociale. La FGTS/B estime qu’il est « inacceptable » de prôner la stabilité sociale tout en « excluant de la table des négociations ceux qui représentent les réalités des secteurs en crise ».

Dans une note plus personnelle, la Fédération exprime sa solidarité envers les familles touchées, notamment celles des anciens agents de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), dont elle dit partager la « douleur, l’angoisse et le sentiment d’abandon ». Elle demande une reprise urgente du dialogue autour des dossiers de licenciement en instance, et appelle à des solutions concrètes en matière de réintégration ou de soutien aux travailleurs impactés.

Enfin, la FGTS/B conclut en réaffirmant son attachement à la « troisième voie » : un syndicalisme fondé sur les principes de justice sociale, d’indépendance et de défense effective des droits des travailleurs, loin des compromis « politiciens » ou « protocolaires ».

Média : LEJECOS saisit la Cour suprême pour contester un arrêté du ministère de la Communication

Le Journal de l’Économie Sénégalaise (LEJECOS) a saisi la Cour suprême du Sénégal pour demander l’annulation et la suspension de l’arrêté ministériel n°011059/MCTN du 22 avril 2025, signé par le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. Cet arrêté s’inscrit dans le prolongement de celui du 29 juillet 2024, qui a instauré une plateforme numérique dédiée à l’identification des entreprises de presse. LEJECOS estime que ce texte administratif porte atteinte à ses droits fondamentaux, notamment la liberté de la presse et la liberté d’entreprise.

Dans sa requête, déposée le 30 avril 2025 et enregistrée sous le numéro J/209/RG/25, le journal invoque l’article 85 de la loi organique n°2017-09 du 17 janvier 2017 relative à la Cour suprême, qui permet au juge des référés de prendre toute mesure urgente pour préserver une liberté fondamentale menacée. Le journal considère que l’arrêté ministériel impose des conditions excessives qui risquent d’exclure ou de marginaliser des organes de presse légalement constitués et régulièrement déclarés auprès des autorités compétentes.

Assisté de ses avocats, Mes El Hadji Amadou Sall, Mamadou Djiby Diallo et Cheikh Faye, LEJECOS a joint à son recours plusieurs pièces justificatives pour attester de sa régularité. Il s’agit notamment de son contrat de prestation avec la Direction générale des impôts et domaines (DGID), de son numéro d’identification nationale (NINEA), de son registre de commerce (RCCM), de sa patente, d’un bordereau de dépôt de pièces, ainsi que d’une copie du procès-verbal de notification du 25 avril 2025.

Les conseils de LEJECOS soutiennent que l’arrêté viole les principes de sécurité juridique, de transparence administrative et d’égalité devant la loi. Ils estiment que la plateforme numérique, telle qu’imposée par le ministère, pourrait conduire à une discrimination déguisée entre entreprises de presse. En déposant ce recours, LEJECOS ne rejette pas le principe de régulation, mais entend dénoncer les modalités d’application jugées arbitraires et inadaptées à la réalité du secteur.

Conformément à la procédure d’urgence prévue par la loi, les avocats du journal ont demandé au juge des référés de statuer dans un délai de 48 heures. En attendant la décision, ils n’excluent pas d’engager d’autres actions pour la défense des intérêts du journal et, au-delà, pour le respect des principes de liberté de la presse au Sénégal.

Accident tragique de Vélingara : « C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », déplore le ministre de l’Éducation nationale

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a vivement réagi à l’accident tragique survenu à Vélingara, qui a coûté la vie à deux personnes et fait une trentaine de blessés. Depuis Saint-Louis, où il participait à la conférence nationale du RESACLAP (Réseau des Structures d’Appui aux Collectivités Locales pour l’Appui à la Planification), le ministre a exprimé sa consternation et pointé du doigt les responsabilités.

« C’est l’irresponsabilité qui est encore une fois pointée », a-t-il lancé, dénonçant des comportements humains qu’il juge à l’origine de la tragédie. « Et c’est malheureux que nous continuions de voir ce type de comportement », a-t-il ajouté, manifestement affecté par le drame.

Moustapha Mamba Guirassy a insisté sur la nécessité d’un sursaut collectif face à ce qu’il qualifie de « négligence extraordinaire », qui engendre des pertes humaines inacceptables. Pour lui, ces accidents auraient pu être évités si les règles de sécurité avaient été strictement respectées.

Dans un message de compassion, le ministre a adressé ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et a exprimé sa solidarité aux blessés, à qui il a souhaité un prompt rétablissement. Il a également annoncé son intention de leur rendre visite au nom du gouvernement.

Ce nouveau drame ravive les interrogations sur les conditions de sécurité dans le transport scolaire et collectif, un sujet devenu récurrent dans l’actualité nationale.

Cheikh Diop (CNTS/FC) : « Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements »

Le secrétaire général de la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal – Forces du Changement (CNTS/FC), Cheikh Diop, a lancé un appel ferme à l’État et aux partenaires sociaux, les exhortant à respecter les engagements issus du pacte de stabilité sociale signé récemment. Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche 4 mai sur la RFM, le syndicaliste a rappelé que ce pacte ne saurait être efficace sans une application rigoureuse de ses termes.

« Si on veut un pacte de stabilité sociale, il faudrait que chaque partie respecte ses engagements, faute de quoi le pacte n’a pas de sens », a-t-il martelé. Cheikh Diop a insisté sur le fait que ce pacte, présenté comme un tournant pour le climat social au Sénégal, repose sur la confiance réciproque et la volonté politique de matérialiser les accords.

Selon lui, les syndicats ont fait preuve de responsabilité en acceptant de signer un tel engagement dans un contexte économique et social tendu. En retour, il est impératif que l’État honore ses promesses, notamment sur les revendications salariales, les conditions de travail, et le dialogue social permanent.

Cheikh Diop a également évoqué les ambitions profondes du pacte : consolider la paix sociale, attirer les investisseurs étrangers, créer un climat propice à l’émergence économique et renforcer les mécanismes de protection des travailleurs. « Ce pacte est un levier de stabilité macroéconomique, mais aussi un instrument pour la justice sociale », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que la réussite de cette initiative dépendra de la capacité de toutes les parties à respecter leurs rôles : « Les syndicats ont accepté de modérer les mouvements d’humeur pour privilégier le dialogue. Mais si les engagements de l’État sont ignorés, cette retenue ne pourra pas durer. »

Cheikh Diop a mis en garde contre toute tentative de dilution ou de report des engagements signés. Selon lui, cela compromettrait la confiance entre partenaires sociaux et risquerait d’entraîner une radicalisation des positions syndicales. « Ce serait un retour à la case départ, avec des grèves et des blocages dans des secteurs stratégiques », a-t-il averti.

Pour conclure, le leader syndical a appelé à un suivi rigoureux de la mise en œuvre du pacte par une commission paritaire de suivi et d’évaluation, afin d’éviter toute dérive. Il a également salué l’implication de certains ministres du nouveau gouvernement dans la relance du dialogue social, tout en appelant à plus de fermeté sur les délais d’exécution.

Seydi Gassama : « La reddition des comptes actuelle est normale et nécessaire »

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, s’est exprimé ce dimanche 4 mai sur iRadio, dans l’émission Le Jury du Dimanche, à propos de la vague actuelle de reddition des comptes au Sénégal. Pour lui, ce processus, loin d’être anormal ou dicté par des considérations politiques, s’inscrit dans une logique institutionnelle encouragée depuis des années par les partenaires techniques et financiers du pays.

« Aujourd’hui, ce qui se passe est tout à fait normal », a-t-il affirmé. Selon lui, tous les responsables publics mêlés à la gestion de fonds ou à la prise de décisions engageant l’État doivent pouvoir rendre compte devant la justice, quel que soit leur rang ou leur passé politique.

Seydi Gassama rappelle que les instruments actuels de lutte contre la corruption – tels que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), le Pool judiciaire financier ou encore la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) – sont des créations de l’ancien régime de Macky Sall, mises en place sous la pression d’institutions internationales comme l’UEMOA, la Banque mondiale ou la BAD. Ces dernières exigent des mécanismes solides de bonne gouvernance pour accorder leur soutien financier.

« Ces organes produisent régulièrement des rapports sur la base desquels des poursuites sont engagées. C’est donc un processus institutionnel déjà ancré », a-t-il expliqué.

Le militant des droits humains a aussi dénoncé l’absence de volonté politique sous l’ancien président Macky Sall pour aller au bout de la transparence. « Il n’y a eu qu’un seul responsable du régime précédent déféré à la justice malgré les nombreux rapports accablants. Des documents ont été tout simplement enterrés dans des tiroirs », déplore-t-il.

Il affirme même avoir en sa possession certains de ces rapports, jamais rendus publics ni transmis à la justice. Pour lui, cette impunité a encouragé la malgouvernance. « Macky Sall donnait l’impression de garantir à son entourage une immunité totale. C’est ce qui a ouvert la porte à des abus. »

Si Seydi Gassama soutient l’action actuelle des autorités judiciaires, il insiste toutefois sur la nécessité de préserver la sérénité et l’indépendance de la justice. Il s’est inquiété de la surmédiatisation du processus et des tentatives de récupération politique.

« Le jour où les Sénégalais sentiront que cette opération est motivée par une volonté de vengeance, elle perdra toute légitimité. Il faut donc laisser les magistrats travailler dans le calme, loin des pressions politiques ou médiatiques. »

En résumé, Seydi Gassama estime que la justice doit suivre son cours sans interférences, et que toute personne ayant géré des deniers publics doit rendre des comptes. Ce processus, à ses yeux, n’a rien d’exceptionnel. Il est le signe d’un État qui se réconcilie avec les principes de transparence et de redevabilité.

Levée de l’immunité parlementaire : Ayib Daffé plaide pour une réforme en profondeur du règlement intérieur

La levée de l’immunité parlementaire de deux anciens ministres sous Macky Sall, aujourd’hui députés, agite la scène politique sénégalaise. Ndèye Saly Diop et Moustapha Diop ont vu leur immunité levée par l’Assemblée nationale, ouvrant la voie à une éventuelle poursuite judiciaire devant la Haute Cour de Justice, dans le cadre de l’enquête sur la gestion controversée des fonds Covid-19.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par des accusations de malversations financières visant plusieurs figures de l’ancien régime. Trois autres ex-ministres seraient également dans le viseur de la justice.

Invité ce dimanche 4 mai sur PressAfrik TV HD, Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes, a apporté un éclairage précieux sur cette procédure souvent mal comprise du grand public. Membre de la commission ad hoc chargée de statuer sur les demandes de levée d’immunité, il a tenu à rappeler que cette démarche ne constitue ni une condamnation, ni même une mise en examen automatique.

« Lever l’immunité parlementaire ne signifie pas que le député est coupable. C’est simplement un acte permettant à la justice d’enquêter librement sur des faits présumés. »

Ayib Daffé a souligné les limites du règlement intérieur actuel, notamment en ce qui concerne le formalisme entourant la demande. Selon lui, rien n’oblige aujourd’hui les autorités à joindre des pièces justificatives solides, comme les procès-verbaux d’enquête préliminaire, aux lettres adressées à l’Assemblée.

« Il faut préciser clairement dans le règlement les documents qui doivent accompagner une demande. Aujourd’hui, ce vide juridique peut ouvrir la porte à des procédures hâtives ou mal préparées. »

Il plaide donc pour une révision complète du règlement intérieur, actuellement en cours, afin de garantir un meilleur encadrement et d’éviter les dérives potentielles. Cette réforme viserait à instaurer davantage de rigueur, à assurer les droits de la défense et à prévenir toute instrumentalisation politique de la justice.

L’un des points majeurs soulevés par Ayib Daffé est le manque d’équilibre dans la procédure. À l’heure actuelle, seul le député concerné est entendu par la commission. Selon lui, les personnes ou structures à l’origine de la plainte devraient également être convoquées pour que la commission puisse se forger une opinion objective.

« Dans toute procédure équitable, il faut entendre les deux parties. Le contradictoire ne peut être à sens unique. »

Cette proposition, si elle est intégrée à la réforme, pourrait renforcer la crédibilité de la commission ad hoc et consolider l’indépendance du Parlement dans l’exercice de ses fonctions.

Pour Pastef et ses alliés, cette levée d’immunité s’inscrit dans une logique de transparence et de redevabilité promise pendant la campagne présidentielle. Toutefois, l’opposition y voit une manœuvre politique visant à affaiblir les anciens dirigeants.

La Haute Cour de Justice, juridiction rarement convoquée dans l’histoire politique sénégalaise, pourrait être amenée à jouer un rôle plus actif dans les mois à venir, à condition que les procédures soient rigoureusement encadrées.

« Nous voulons une justice sereine, juste et respectueuse des droits de tous, même de ceux qui ont exercé le pouvoir hier », a conclu Ayib Daffé.

Daaka 2025 : Ousmane Sonko à Médina Gounass pour présider la cérémonie officielle

Le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu ce dimanche à Médina Gounass, dans le département de Vélingara, pour présider la cérémonie officielle du Daaka 2025. Ce rassemblement religieux, qui réunit chaque année des milliers de fidèles venus du Sénégal et de plusieurs pays de la sous-région, est consacré à la retraite spirituelle, à la prière et à la lecture du Coran.

Pour cette occasion, le chef du gouvernement est accompagné d’une forte délégation comprenant notamment les ministres de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Jean Baptiste Tine, de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, du Tourisme et de l’Artisanat, Mountaga Diao, ainsi que du Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Alpha Ba.

Le Daaka, initié en 1942 par le vénéré Thierno Mouhamadou Saïdou Ba (1900-1980), se déroule à environ dix kilomètres de la commune de Médina Gounass. L’édition 2025 a été ouverte le samedi 26 avril sous la présidence du gouverneur de la région de Kolda, en présence du Khalife général de Médina Gounass, Thierno Amadou Tidiane Ba. Elle sera clôturée ce lundi 5 mai, après dix jours de retraite spirituelle marquée par la ferveur religieuse, la méditation et le recueillement.

Par sa présence à cet événement, Ousmane Sonko témoigne de l’attachement du gouvernement aux valeurs religieuses et au dialogue spirituel, dans une volonté de renforcer la cohésion sociale et le respect des traditions.

Lancement du programme de restructuration : 12 entreprises de presse soutenues par l’État

Le gouvernement du Sénégal a officiellement lancé, le samedi 3 mai 2025, la première phase du Programme de Restructuration Financière des entreprises de presse, sous l’égide du ministère de la Communication et de l’ADEPME. Douze entreprises bénéficient chacune d’une subvention de 24 millions FCFA, sur un budget total de 384 millions FCFA.

La directrice générale de l’ADEPME, Marie Rose Faye, a insisté sur la nécessité pour les médias de revoir leurs modèles économiques, en intégrant le numérique, l’indépendance éditoriale, et la confiance du public comme piliers de leur avenir. Le programme prévoit un accompagnement technique et financier, fondé sur un diagnostic financier personnalisé et un plan de restructuration adapté.

S’exprimant au nom des bénéficiaires, Mamadou Ibra Kane, président du CEDPS, a salué cette première collaboration directe avec l’ADEPME. Il a également mis en avant l’implication de deux experts-comptables dans la réussite du processus.

À noter que le financement accordé comprend 75 % de subvention publique, les 25 % restants étant à la charge des entreprises bénéficiaires.

Campagne agricole 2025-2026 : le ministre Mabouba Diagne met en place un dispositif strict de supervision

En prélude à la campagne agricole 2025-2026, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a publié une circulaire détaillée encadrant la supervision, le contrôle et le suivi de la distribution des intrants agricoles à travers le pays. Cette mesure vise à garantir transparence, rigueur et équité dans la mise en œuvre des opérations.

La circulaire instaure une Commission nationale (CN) de supervision, présidée par le ministre ou son représentant, avec le ministre des Forces armées comme vice-président et le directeur de l’Agriculture comme secrétaire. Elle sera chargée de la coordination globale du dispositif et du suivi national des opérations relatives aux semences et fertilisants.

Au niveau local, des commissions décentralisées seront mises en place par arrêté des autorités administratives, adaptées au contexte de chaque circonscription. Ces arrêtés doivent être transmis au ministère au plus tard le 7 mai 2025.

Le ministre Diagne impose une série de mesures strictes :

  • Chaque bénéficiaire doit se présenter personnellement, muni de sa carte d’identité nationale, accompagné de son chef de village ou de quartier.
  • Aucune délégation ne sera autorisée sans l’accord explicite de l’autorité compétente.
  • Les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) — armée, gendarmerie, police, douanes — seront mobilisées pour sécuriser les stocks, surveiller les déchargements et garantir le bon déroulement des livraisons.
  • Les magasins de stockage seront placés sous surveillance permanente.
  • En cas d’irrégularité flagrante, les FDS pourront intervenir sur requête des commissions ou de tout témoin.

Les commissions locales devront produire un rapport hebdomadaire, sous la responsabilité du sous-préfet ou de son représentant, avec participation obligatoire des FDS. Les chefs de service départemental du développement rural assureront la remontée quotidienne des données au niveau régional.

Enfin, tout fournisseur défaillant devra être signalé sans délai aux autorités compétentes. À noter que la fonction de membre de commission est bénévole.

Avec ce nouveau dispositif, le ministère entend poser les bases d’une gouvernance agricole rigoureuse, en rupture avec les pratiques opaques souvent dénoncées par les producteurs.

Transport routier : Le Mali accorde une dérogation exceptionnelle aux camions hors normes jusqu’au 13 mai

Bonne nouvelle pour les transporteurs sénégalais. À la suite de démarches diplomatiques engagées par les autorités sénégalaises, le Mali a accordé une dérogation temporaire autorisant la circulation des camions gros porteurs hors normes et hors gabarit sur son territoire, et ce, jusqu’au 13 mai 2025.

Cette mesure survient après l’application stricte, depuis le 1er avril 2025, du règlement 14 de l’UEMOA par les autorités maliennes. Celui-ci interdit la circulation de véhicules dépassant les normes de poids et de dimensions fixées. En conséquence, plusieurs camions sénégalais ont été bloqués à la frontière ou à l’intérieur du Mali, paralysant une partie des échanges entre les deux pays.

L’annonce de cette dérogation a été faite par le ministère sénégalais des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, qui précise que l’accord a été obtenu grâce à une intervention diplomatique, menée sur instruction du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le document d’instruction interministérielle malienne fixant la période de tolérance date du 28 avril 2025.

Pendant cette période, les camions hors gabarit seront autorisés à circuler sous escorte douanière. Le ministère sénégalais appelle tous les opérateurs à profiter de ce sursis pour régulariser leurs véhicules.

Passé le 13 mai, le Mali appliquera à nouveau sans exception les dispositions du règlement 14. Tout véhicule non conforme sera interdit de circulation sur le territoire malien. Le ministère sénégalais rappelle à l’ensemble des acteurs du transport routier l’importance de respecter les règles communautaires en vigueur dans l’espace UEMOA.

Pacte de stabilité sociale : Le SYTJUST dénonce son exclusion et annonce la reprise de la mobilisation

Au lendemain de la signature du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) est monté au créneau pour exprimer sa colère et sa frustration. Dans un communiqué transmis à la presse ce vendredi 2 mai, le syndicat fustige « l’exclusion injustifiée » du secteur judiciaire de cet accord conclu entre le gouvernement et plusieurs organisations syndicales à l’occasion de la Fête du Travail.

« Aucune des doléances portées par les travailleurs de la Justice n’a été satisfaite. Le secteur a été tout simplement ignoré dans ce pacte », déplore le SYTJUST, visiblement amer face à ce qu’il qualifie de marginalisation délibérée.

Selon le syndicat, cette omission est d’autant plus préoccupante que le secteur judiciaire connaît depuis plusieurs années une accumulation de revendications non satisfaites, touchant notamment aux statuts des agents, aux conditions de travail, à la rémunération et aux infrastructures.

En réaction, le SYTJUST affirme ne plus se sentir lié par les engagements issus du pacte signé le 1er mai, et annonce « la reprise du combat pour la satisfaction de ses revendications ». Cette mobilisation pourrait entraîner de nouveaux mouvements d’humeur dans les juridictions et perturber sérieusement le fonctionnement du service public de la Justice dans les jours à venir.

Le syndicat n’a pas encore précisé la nature des actions envisagées, mais des grèves, des sit-in ou des ralentissements d’activités ne sont pas à exclure.

Le Pacte national de stabilité sociale, salué par le gouvernement comme une avancée majeure en faveur du dialogue social, commence ainsi à susciter des remous. Alors qu’il visait à instaurer un climat de sérénité pour favoriser les réformes économiques, l’exclusion de certaines corporations — comme celle des travailleurs de la Justice — risque de fragiliser sa portée.

1er Mai 2025 : Le travail en souffrance, la liberté en sursis

Le 1er mai 2025 ne ressemble en rien à une fête. Ce jour censé honorer la dignité du travailleur et consacrer ses luttes devient, au Sénégal, le miroir brisé d’un espoir trahi.

Au lieu de célébrer le courage de ceux qui bâtissent ce pays dans l’ombre des discours, le climat est à l’angoisse, à la répression et à la précarité. Des milliers de travailleurs jetés à la rue sans accompagnement. Des chantiers publics à l’arrêt, laissant derrière eux des ouvriers livrés à eux-mêmes. Des soignants contractuels ignorés, après avoir porté à bout de bras un système de santé fragilisé. Des enseignants dans l’attente d’une régularisation toujours repoussée.

La rupture promise s’est transformée en une continuité brutale : celle d’une injustice sociale banalisée.

Le symbole est fort : à Dakar, le discours du ministre du Travail, Abass Fall, a été interrompu par des agents licenciés venus protester contre leur mise à l’écart brutale. Le silence du gouvernement face à cette détresse est assourdissant. Ce moment de vérité, survenu en pleine cérémonie officielle, met à nu l’écart abyssal entre les promesses politiques et la réalité des travailleurs.

Mais la gravité de la situation dépasse le champ du social. Ce 1er mai est aussi marqué par des atteintes sans précédent à la liberté d’informer. Plusieurs organes de presse ont été fermés sur décision administrative. Des journalistes convoqués à la Direction de la surveillance du territoire. Des médias indépendants réduits au silence, dans un contexte où la parole libre devient une menace à neutraliser.

Quand le pain manque et que la voix s’éteint, c’est tout un pays qui vacille.

Peut-on sérieusement parler de fête du travail quand ceux qui font tourner les hôpitaux, les écoles, les chantiers et les rédactions vivent dans la peur, le mépris ou l’oubli ? Quand l’État, censé garantir les droits, devient le premier pourvoyeur de précarité ?

Ce 1er mai 2025 ne doit pas être un rituel vide. Il doit être un cri d’alarme, un appel à la conscience collective. Car on ne construit pas un « Sénégal nouveau » sur la peur, la censure et les licenciements massifs. On le construit sur trois piliers essentiels : la justice sociale, la dignité des travailleurs, et la liberté d’informer.

À défaut, nous continuerons à célébrer un 1er mai sans travailleurs… et un avenir sans perspectives.

Par El Hadji C. KANE

1er mai : L’APR fustige la gouvernance actuelle et dénonce la précarisation des travailleurs

À l’occasion de la Fête internationale du Travail, le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a saisi l’opportunité pour adresser un sévère réquisitoire contre le régime du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une déclaration publiée ce 1er mai, le parti de l’ancien chef de l’État Macky Sall accuse les nouvelles autorités de « précariser les travailleurs » et de « détruire l’héritage social » construit sous la gouvernance précédente.

Dans son communiqué, l’APR affirme que l’arrivée au pouvoir du nouveau régime a marqué un tournant négatif dans la vie des travailleurs sénégalais. Le parti déplore la suspension de plusieurs acquis sociaux, tels que la Couverture maladie universelle (CMU), les bourses de sécurité sociale et la revalorisation salariale, initiatives qu’il attribue à l’ère Macky Sall.

« Le Président Macky Sall et l’APR ont toujours inscrit leur action dans la conviction que le travail est un levier d’inclusion et de progrès social », rappelle le texte, soulignant les avancées obtenues au cours des douze dernières années, notamment à travers la tenue de conférences sociales et la consolidation du dialogue social.

Le SEN de l’APR accuse le gouvernement actuel de provoquer un « blocage économique » et de favoriser les licenciements abusifs dans plusieurs entités publiques stratégiques, dont la CDC, le Port autonome de Dakar, le FONGIP ou encore la SAPCO.

Le parti met également en garde contre un retour aux « ajustements structurels » qui, selon lui, pourraient découler d’un affaiblissement de la crédibilité économique du pays. La récente polémique autour du rapport de la Cour des comptes est citée comme un facteur aggravant de la méfiance nationale et internationale.

Au-delà des questions économiques et sociales, l’APR dénonce un « climat de terreur » marqué par des « arrestations arbitraires » visant des opposants, des journalistes et des chefs d’entreprise. Le parti avance que plus de 300 organes de presse seraient aujourd’hui « à l’arrêt », sans fournir de précisions chiffrées ou vérifiées.

Cette situation est, selon le communiqué, le reflet d’une « politique de règlement de comptes » qui porterait atteinte à la démocratie, à la liberté d’expression et à la cohésion nationale.

Face à ce qu’il qualifie de « dérives dictatoriales », l’APR appelle à une mobilisation nationale de « tous les démocrates et républicains » pour défendre les acquis sociaux et les libertés fondamentales. Le parti exige également la réintégration des travailleurs « injustement licenciés » et exprime sa solidarité envers tous ceux qui sont en lutte pour leurs droits.

Fête du Travail : Le président Diomaye Faye réaffirme l’engagement du gouvernement envers les travailleurs

À l’occasion de la célébration de la fête internationale du Travail, ce jeudi 1er mai 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est adressé à la nation pour exprimer son soutien indéfectible aux travailleuses et travailleurs du Sénégal. Dans un message solennel publié sur ses réseaux officiels, le chef de l’État a réaffirmé « l’attachement profond » de son gouvernement aux valeurs de dialogue social, de dignité, de justice et d’équité dans le monde du travail.

« Le gouvernement répondra avec rigueur et responsabilité aux engagements qu’il a souscrits », a-t-il déclaré, saluant le rôle essentiel des travailleurs dans la construction d’un Sénégal souverain, juste et prospère.

Conscient des défis économiques actuels, le président Faye a souligné la nécessité d’une cohésion nationale autour d’objectifs communs. Il a annoncé la poursuite de réformes ambitieuses pour renforcer la protection des travailleurs, améliorer leurs conditions de vie et bâtir un environnement favorable à un travail décent.

« Face aux défis économiques actuels, nous continuerons à promouvoir des réformes ambitieuses pour garantir un travail décent, consolider notre pacte de stabilité sociale et bâtir ensemble le Sénégal que nous voulons », a-t-il insisté.

Depuis son investiture, le président Diomaye Faye a multiplié les signaux en faveur d’une gouvernance basée sur l’écoute et la concertation. Cette déclaration du 1er mai s’inscrit dans cette volonté de renforcer la confiance entre les partenaires sociaux et les autorités publiques. Elle intervient alors que plusieurs syndicats attendent des mesures concrètes sur l’emploi des jeunes, la sécurité sociale, le pouvoir d’achat et le respect des conventions collectives.

Alors que le président tend la main au dialogue, les principales centrales syndicales du pays ont, de leur côté, saisi l’occasion pour renouveler leurs revendications. Amélioration des salaires, revalorisation des pensions de retraite, meilleure couverture médicale, fin des contrats précaires dans la fonction publique : les attentes sont nombreuses.

1er Mai : Ousmane Sonko scelle un Pacte de stabilité sociale et tend la main au patronat

En cette journée symbolique du 1er mai, le Premier ministre Ousmane Sonko a marqué un tournant dans le dialogue social sénégalais. Lors de la cérémonie de signature du Pacte de stabilité sociale, réunissant le gouvernement, les syndicats et le patronat, le chef du gouvernement a prononcé un discours fort, placé sous le signe de la transparence, de la concertation et de la rupture avec les pratiques du passé.

Face aux acteurs du monde du travail et aux représentants du secteur privé, Sonko a promis une gouvernance claire et responsable. “Je peux vous assurer que nous serons une maison de verre. Nous serons transparents avec vous”, a-t-il lancé, annonçant que la prochaine loi de finances rectificative serait élaborée en concertation avec tous les partenaires économiques. “Tout sera discuté, mais la décision reviendra à l’État”, a-t-il précisé.

Le Premier ministre a dressé un diagnostic sans détour du modèle économique du pays, qu’il a qualifié de “mauvais modèle de développement”, incapable de créer suffisamment de richesse. Il a plaidé pour une économie souveraine, fondée sur la transformation locale, la substitution des importations et la création de valeur ajoutée au niveau national.

Conscient des tensions sociales actuelles, il a présenté le pacte comme un outil pour consolider la paix sociale et faciliter les réformes structurelles à venir. “On ne peut pas construire une économie solide tout en luttant contre un front social en ébullition”, a-t-il rappelé, tout en dédouanant syndicats et patronat des causes profondes des difficultés du pays. “Le plus grand problème de ce pays, c’était le pouvoir politique”, a-t-il affirmé.

Dans un registre plus politique, Sonko a réaffirmé la volonté de rupture du gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye. “Nous avons posé les jalons pour incarner les promesses faites pendant la campagne”, a-t-il déclaré, avant d’insister sur le principe de redevabilité démocratique : “Dans quatre ans, si les Sénégalais estiment que nous avons échoué, ils pourront choisir autre chose.”

Enfin, le Premier ministre a lancé un appel à l’ensemble de ses ministres : dialoguer, écouter et répondre. “La communication est la base de tout”, a-t-il martelé, exhortant son gouvernement à rester connecté aux attentes des citoyens et des partenaires sociaux.

1er Mai : Les contractuels de la santé et de l’action sociale interpellent les autorités sur le passif social

À l’occasion de la fête du travail, le Syndicat des agents contractuels de la santé et de l’action sociale du Sénégal (Sacsass), affilié à l’UNSAS, a profité de la journée du 1er mai pour réaffirmer ses revendications. Depuis 2022, ces agents réclament le paiement d’indemnités de logement ou d’indemnités spéciales complémentaires, une revendication restée sans réponse sous l’ancien régime.

Abou Ba, secrétaire général du Sacsass, a appelé les nouvelles autorités à régler ce « passif social » en alignant la situation des contractuels sur celle des agents titulaires de la fonction publique. « C’est une injustice que le régime précédent a laissée comme héritage. Nous attendons que l’État régularise cette situation », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance de finaliser le pacte social entamé avec les nouvelles autorités.

Au-delà des indemnités, le syndicat a également remis sur la table la question du statut du personnel des Établissements publics de santé (EPS), autre point sensible des négociations sociales en cours. Le Sacsass affirme sa disponibilité à défendre les intérêts de ses membres auprès des décideurs et à poursuivre le dialogue social, dans un esprit de concertation mais aussi de fermeté.

Thiès – Sotracom : Les travailleurs crient leur détresse face à six mois d’arriérés de salaires

À Thiès, les ouvriers du chantier Sotracom, situé sur l’axe Zac–Thiès–EPT, sont à bout. Depuis octobre 2024, ils affirment n’avoir reçu aucun salaire. Sur les 300 travailleurs mobilisés, seuls 43 auraient été partiellement payés. Une injustice que dénonce vigoureusement leur porte-parole, Mountakha Dieng, qui rappelle que tous ont signé des contrats en bonne et due forme. « Nous n’avons rien perçu depuis six mois », a-t-il déclaré face à la presse.

Ce mouvement de colère s’inscrit dans un contexte où le gouvernement affirme avoir réglé une bonne partie des dettes dues aux entreprises du BTP. Pourtant, sur le terrain, les ouvriers disent ne rien avoir vu de ces financements. Une situation qu’ils jugent incohérente avec les discours officiels. « Nous continuons de souffrir en silence pendant que d’autres encaissent », s’indigne un travailleur.

Derrière ces retards de salaires, c’est une profonde crise sociale qui se dessine. De nombreux ouvriers ne peuvent plus envoyer leurs enfants à l’école, ni assurer les repas quotidiens. Les loyers sont impayés, la survie est devenue un combat quotidien. « Nos enfants ne vont plus à l’école. Nous n’arrivons même plus à assurer les repas », confie un ouvrier, la voix brisée par l’émotion.

Face à l’urgence, le collectif de travailleurs interpelle directement les autorités. Il demande une intervention immédiate du gouvernement, du ministère du Travail, mais aussi des responsables de l’entreprise Sotracom. Les ouvriers réclament le paiement intégral des salaires dus et une clarification sur la gestion des fonds publics débloqués pour le secteur.

Si aucune solution n’est trouvée dans les jours à venir, les travailleurs menacent de durcir leur mouvement. Grèves, sit-in ou blocage des travaux sont envisagés. « Trop, c’est trop. Nous n’avons plus rien à perdre », préviennent-ils. Cette crise pourrait bien devenir un test social pour les nouvelles autorités, appelées à agir sans tarder.

1er Mai 2025 : Le PIT-Sénégal dénonce les « dérives sociales » du régime et appelle à la mobilisation des travailleurs

En ce 1er mai 2025, journée dédiée à la célébration du travail, le Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal (PIT-Sénégal) a dressé un constat alarmant sur la situation sociale du pays. Dans sa déclaration, le parti fustige la politique actuelle du régime, marquée selon lui par une « vague de licenciements arbitraires, une pression fiscale accrue sur les entreprises et une flambée du coût de la vie », affectant durement les populations. Le PIT déplore également le « gel jugé inacceptable des bourses familiales », essentiel pour de nombreux foyers. Face à ces dérives qu’il qualifie « d’antisociales et d’anti-économiques », le PIT-Sénégal lance un appel à la mobilisation générale des travailleurs pour défendre leurs droits et exiger un changement de cap.

In extenso la Déclaration du Secrétariat du Comité Central 

1er MAI 2025 

JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS 
Ce 1er MAI 2025 donne l’occasion de nouveau au PIT- Sénégal de rendre un vibrant hommage à toutes celles et à tous ceux dont les lourds sacrifices ont permis d’appréciables conquêtes sociales et démocratiques pour le monde du travail, que ce soit au Sénégal ou ailleurs dans le monde. 

Cette commémoration se déroule dans un contexte international complexe et incertain, avec des    contradictions et des tensions exacerbées entre les puissances impérialistes découlant, entre autres, de la féroce guerre commerciale déclenchée par le Président Trump, du retour des nationalismes étroits cultivés par les forces populistes d’extrême droite, des attaques réitérées contre le multilatéralisme, de la course au surarmement… 

Des évolutions particulièrement dangereuses venant s’ajouter aux conflits susceptibles de dégénérer en embrasement régional (guerre Russo-Ukrainienne, génocide du peuple palestinien à Gaza, menaces contre l’Iran, tragédie à l’est du Congo avec le soutien du Rwanda au M23…)  En fait, un basculement de la géopolitique mondiale gros de facteurs de crises susceptibles de déclencher une troisième guerre mondiale, dont on voit bien qu’elle correspondrait à une barbare régression de civilisation. 

Un tel contexte amène le PIT- Sénégal à proclamer, aujourd’hui plus qu’hier, que les forces de paix et de progrès doivent renforcer leur mobilisation pour stopper cette course insensée vers le chaos généralisé. 

À cet effet, partout dans le monde, les travailleurs doivent être à l’avant-garde du combat. 

Au Sénégal, le 1er MAI 2025 est célébré sur fond d’inquiétude et d’angoisse des travailleurs. En effet, au lieu d’honorer ses engagements envers le monde du travail, le nouveau régime, depuis son installation, multiplie les attaques contre les droits fondamentaux des travailleurs. Par le biais d’une surprenante et brutale politique de déflation, des dizaines de milliers d’agents publics ont été arbitrairement licenciés dans un climat de haine et de revanche politique inacceptable. Des jeunes, recrutés dans le cadre du programme « Xeyu Ndaw Yi », en ont été les premières victimes : ils ont été renvoyés sans ménagement, ni solution de rechange, comme s’ils n’avaient aucun droit. D’autres, moins jeunes, ont été enlevés de leur poste de travail sous le motif sidérant d’appartenance politique à l’ancien Parti au pouvoir. 

Le PIT- Sénégal se félicite en conséquence de la mise sur pied du Rassemblement National des Travailleurs Licenciés pour recouvrer les droits manifestement piétinés par le régime en place. D’autant que de grandes entreprises privées – dont des segments stratégiques entiers sont en crise du fait des décisions irréfléchies du gouvernement – de même que des PME/PMI fragilisées par la pression fiscale, sont implicitement encouragées à procéder aux mêmes licenciements, au mépris bien souvent de la législation du travail. Il faut ajouter que cette spirale infernale contre le monde du travail aggrave une situation sociale déjà bien difficile pour les populations, avec la flambée des prix des denrées et services de première nécessité.  

Dans le même élan d’offensive contre les droits acquis, le régime est dans l’agression des libertés fondamentales : celles d’opinion, d’expression, de presse, de formes pacifiques de protestation publique. En attestent, entre autres, les nombreux emprisonnements pour délit d’opinion et les sévères et mesquines mesures de musellement de la presse. 

Cependant, ce qui se profile à l’horizon n’est pas moins alarmant. En effet, tout porte à croire que le pays sera replongé dans une politique d’ajustement structurel avec, entre autres, de probables baisses de salaires, la suppression des subventions publiques, de possibles coupes dans les budgets sociaux, et bien d’autres mesures anti-sociales risquant d’être imposées par le FMI lors des négociations de prêts à venir… 

Les Sénégalais sont donc en train d’éprouver, à leur corps défendant, la vacuité des discours populistes, foncièrement démagogiques, qui leur ont été servis pour susciter et entretenir un espoir légitime de changement réel. 

En tout état de cause, le PIT-Sénégal affirme son rejet total de toute démarche visant à faire porter le poids de la crise aux travailleurs et aux couches populaires les plus vulnérables. Dans ce cadre, le PIT-Sénégal dénonce le gel inadmissible des bourses familiales tout en espérant que ce gel ne cache pas une volonté qui ne dit pas son nom de les supprimer. Le PIT réaffirme son engagement aux côtés des masses laborieuses pour faire échec aux offensives antisociales du Gouvernement. Le Parti salue la naissance du Front Syndical pour la Défense du Travail qui rassemble toutes les confédérations et centrales syndicales du pays, aux fins de protection des emplois, des acquis sociaux et pour le respect de la législation du travail et des   libertés fondamentales dont le droit syndical. 

Pour le PIT-Sénégal, il ne peut y avoir de PACTE SOCIAL crédible et viable sans garantie concernant les emplois et des salaires décents, le strict respect de la législation du travail, sans des perspectives claires et précises d’un dialogue social permanent, franc, sincère et productif. De même, le PIT considère qu’il ne peut y avoir de relance économique véritable sans apurement de la dette intérieure. 

Au total, en ce 1er MAI  2025, le Parti de l’Indépendance et du Travail du Sénégal en appelle à la mobilisation générale des travailleurs. D’une part, contre toutes les dérives antisociales et anti-économiques du régime, contre la vie chère, contre le chômage et notamment celui des jeunes et, d’autre part, pour des mesures fortes   d’apaisement   du délétère climat social et politique qui fragilise l’unité et la cohésion nationales. 

VIVE LE 1er MAI ! 
VIVE LES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DU SÉNÉGAL ET DU MONDE ! 
VIVE LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AGISSANTE DES TRAVAILLEURS ET DES PEUPLES !

1er Mai 2025 : La Ligue Démocratique dénonce une “liquidation sociale” et appelle à la résistance

À l’occasion de la fête du travail, la Ligue Démocratique (LD) a publié une déclaration sans concession sur la situation sociale au Sénégal. Dans un ton alarmiste, le parti d’opposition évoque une « liquidation sociale » orchestrée par le gouvernement, marquée, selon elle, par des vagues de licenciements, des atteintes aux libertés médiatiques et une détérioration généralisée des conditions de vie.

Selon la LD, le Sénégal traverse une « blessure sociale béante ». Le secteur du BTP, autrefois moteur d’emplois, serait à l’arrêt, avec des milliers d’ouvriers remerciés et des chantiers suspendus. Le parti pointe du doigt une « gestion comptable irresponsable », qu’il assimile non pas à de simples mesures d’austérité, mais à une « démolition délibérée des acquis sociaux ».

Le parti dénonce également les 30 000 licenciements dans la fonction publique, les qualifiant d’« acte de piétinement des familles sénégalaises », réalisé sans concertation ni dispositifs d’accompagnement. Pour la LD, il ne s’agit pas d’une réforme structurelle mais d’une manœuvre à visée clientéliste, destinée à favoriser des recrutements partisans.

Autre point de tension soulevé dans le communiqué : la situation des médias au Sénégal. La Ligue Démocratique révèle que 381 organes de presse sur 639 ont été déclarés non conformes par le ministère de la Communication. Elle y voit une volonté de museler les voix critiques. « Asphyxier l’information, c’est mutiler la conscience citoyenne », déclare le parti, qui accuse le pouvoir en place de substituer le débat démocratique à une « propagande d’État ».

La LD s’indigne également du maintien de prix « scandaleusement élevés » du carburant et de l’électricité, malgré la baisse des cours mondiaux du pétrole. Elle dénonce la suspension des bourses de sécurité familiale, qui aurait privé des milliers de foyers vulnérables de leur ultime filet de protection, dans un contexte marqué par une campagne agricole jugée catastrophique.

Face à ce qu’elle qualifie de « régression inacceptable », la Ligue Démocratique lance un appel à l’unité des travailleurs, syndicats et mouvements progressistes. Le texte exhorte les anciennes figures des luttes sociales à sortir de leur silence, estimant que le pays se trouve à un « point de bascule ».

1er Mai 2025 : Le président Bassirou Diomaye Faye rend hommage aux travailleurs et insiste sur le dialogue social

À l’occasion de la fête internationale du travail, célébrée ce jeudi 1er mai 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a adressé un message fort à l’ensemble des travailleurs sénégalais. Lors du Conseil des ministres du 30 avril, il a salué « la contribution déterminante des travailleurs à la stabilité sociale et au développement économique du pays », exprimant ses « chaleureuses félicitations, ses encouragements et son soutien permanent » à leur endroit.

Dans un contexte économique marqué par des réformes et des attentes sociales élevées, le Chef de l’État a mis un accent particulier sur la nécessité de renforcer le dialogue social. Il a instruit le gouvernement d’œuvrer, en concertation avec les syndicats, à consolider les mécanismes d’écoute et de négociation, dans le respect des droits des travailleurs et des engagements internationaux du Sénégal.

Parmi les mesures prioritaires évoquées :

La promotion du travail décent, en conformité avec le Code du travail et les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) ; Le repositionnement de l’administration du travail, afin d’en améliorer l’efficacité, les moyens d’action et la proximité avec les réalités du terrain ; La réactivation des comités d’hygiène et de sécurité au travail dans tous les ministères, avec une actualisation du cadre réglementaire pour prévenir les risques professionnels et améliorer les conditions de travail.

Le président Diomaye Faye a également annoncé qu’il recevra, dans l’après-midi du 1er mai, les responsables des principales centrales syndicales, à l’occasion de la traditionnelle remise des cahiers de doléances. Cette rencontre, hautement symbolique, s’inscrit dans une volonté affichée de renouer avec une gouvernance sociale fondée sur la concertation, le respect et la transparence.

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 30 Avril 2025

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes :

Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique :

 Monsieur Madiaw DIOP, Ingénieur de conception en informatique est nommé membre du Comité directeur du Fonds de Développement du Service universel des Télécoms, en remplacement de Monsieur Mamadou Lamine SENE, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur Silman CAMARA, Consultant en Finance est nommé Président du Conseil d’Administration de Sénégal Connect Park, en remplacement de Monsieur Al Ousseynou COULIBALY.

Au titre du Ministère de la Famille et des Solidarités :

Madame Khady SALL, Sociolinguiste, titulaire d’un Master II en Gestion de Projets est nommée, Président du Conseil d’Orientation de la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale au Ministère de la Famille et des Solidarités, en remplacement de Monsieur Mouhamadou DIAW.

Au titre du Ministère de l’Education nationale : 

Monsieur Ibrahima FAYE, Juriste-conseil, matricule de solde n°518 222/J est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ;

 Monsieur Modou WADE, Inspecteur de l’Enseignement élémentaire, matricule de solde n°602 130/J est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ;

Monsieur Amadou Bah BODIAN, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n°652 224/A est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ;

Monsieur Papa Ndiaga Coumba DIENG, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n°626 917/E est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale ; 

Monsieur Alioune GUEYE, Professeur de l’Enseignement secondaire, matricule de solde n°603 566/D est nommé Inspecteur technique au Ministère de l’Education nationale.

Au titre du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture : 

Monsieur Georges Arman Yelognissédé DEGUENONVO, Inspecteur de l’Education populaire, de la Jeunesse et des Sports, matricule de solde n°633 179/ C est nommé Directeur des activités socio-éducatives et de la vie associative, au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ; 

Monsieur Nalla Socé FALL, Maitre de Conférences Titulaire en Psychologie sociale du Sport (option Sciences et Techniques des activités physiques et sportives) matricule de solde n°607 088/M, est nommé Directeur du Centre national d’Education populaire et sportif, en remplacement de Serigne Ali Cissé DIENE, appelé à d’autres fonctions.

Au titre du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat : 

Madame Ndèye Awa BADJI, Planificatrice, matricule de solde n°615 809/ G est nommé Directeur de la Réglementation touristique du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, en remplacement de Monsieur Philippe Ndiaga BA.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-Parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE 

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 30 AVRIL 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 30 avril 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a félicité le Gouvernement, notamment le Premier Ministre, le Ministre en charge du Travail et de l’Emploi, le Ministre de la Formation professionnelle et technique mais aussi les organisations de travailleurs et d’employeurs, les partenaires techniques et financiers pour la tenue, l’excellente organisation et le succès de la 4ème édition de la Conférence sociale placée sous le thème de « l’emploi et de l’employabilité ».

Il a demandé au Premier Ministre de veiller avec l’ensemble des Ministres à la prise en charge méthodique des recommandations de cette rencontre qui illustre l’engagement de l’Etat pour le renforcement significatif du dialogue social tripartite (Etat, travailleurs, employeurs). A cet égard, il a insisté sur l’urgence de finaliser, en collaboration avec le secteur privé national, la « Nouvelle Politique nationale de l’Emploi » assortie de plans d’action adaptés dont le déploiement pragmatique doit être conforme aux objectifs sectoriels de l’Agenda national de Transformation. Les documents opérationnels de recadrage du pilotage des stratégies de promotion de l’emploi doivent accorder une place prépondérante à l’employabilité et à l’insertion socio-économique des jeunes.

Ce changement notable de paradigme va s’amorcer à travers l’adaptation des dispositifs et le développement de la formation professionnelle et technique dans toutes les régions au regard des besoins de l’économie nationale. Afin d’assurer la cohérence et l’optimisation des interventions en matière de promotion de l’emploi, le Chef de l’Etat a demandé au Premier Ministre d’évaluer et de réorienter les mécanismes du Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique (3FPT) et du Programme de Formation Ecole- Entreprise (PF2E), de réviser, avec l’implication des parties prenantes, les objectifs de la Convention nationale Etat- Employeurs (CNEE) et de fédérer les systèmes d’information sur l’emploi et la formation professionnelle et technique, ainsi que le cadre étatique d’encadrement et de financement de l’entreprenariat et de l’auto emploi.

Cette transformation indispensable des interventions incitatives de l’Etat sur le marché du travail permettra de rationaliser les ressources et de mieux accompagner les porteurs de projets et la transition de l’économie informelle. Au regard des nouvelles opportunités offertes par la relance globale de l’économie nationale, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité de veiller à l’intensification de la 1 redynamisation des secteurs productifs et filières à haute intensité de main-d’œuvre.

A cet effet, il a demandé au Gouvernement d’accélérer la mise en œuvre des réformes relatives à l’amélioration soutenue de l’environnement des affaires. Le financement adéquat de l’économie avec le reprofilage des actions, des instruments et mécanismes de financement public (CDC, BNDE, BHS, LBA, FONSIS, FONGIP, etc.) s’érige aussi en priorité. Par ailleurs, il a demandé au Ministre chargé du Travail et de l’Emploi, en relation avec le Ministre de la Famille et des Solidarités et le Ministre de la Santé et de l’Action sociale, d’asseoir le déploiement d’un processus concerté et efficient visant la mise en place, à terme, d’un système durable de protection sociale universelle.

La Fête du Travail sera célébrée le jeudi 1er mai 2025. A cet effet, le Chef de l’Etat a adressé ses chaleureuses félicitations, ses encouragements et son soutien permanent à tous les travailleurs du Sénégal pour leur contribution quotidienne au développement national et à la stabilité sociale. Il a demandé au Gouvernement d’œuvrer au renforcement permanent du dialogue social avec les organisations de travailleurs, mais également à la promotion du travail décent dans le respect des dispositions du Code du travail et des conventions internationales concernées.

Il a indiqué au Premier Ministre l’importance de repositionner l’administration du travail et de veiller à l’amélioration de ses conditions d’intervention. Le Premier Ministre est aussi invité à impulser, dans tous les ministères, le fonctionnement adéquat des comités d’hygiène et de sécurité du travail dont le dispositif réglementaire d’organisation appelle une actualisation. Pour clore ce chapitre, le Président de la République a informé qu’il recevra les responsables des centrales syndicales dans le cadre de la cérémonie traditionnelle et solennelle de remise des cahiers de doléances dans l’après-midi du jeudi 1er mai 2025.

Après la tenue, en 2024, du dialogue national sur le thème de « la réforme et la modernisation de la Justice », le Chef de l’Etat a informé qu’il présidera l’ouverture, le 28 mai 2025, du dialogue national sur la thématique du système politique. Les travaux seront coordonnés par Dr Cheikh GUEYE, un acteur réputé de la société civile.

Le dialogue national reste un moment fort d’échanges sur des questions d’intérêt vital et appelle un sursaut patriotique de toutes les forces vives du Sénégal notamment les acteurs politiques. Le Président de la République a réitéré sa détermination à ne ménager aucun effort pour asseoir, avec toutes les parties prenantes, le rayonnement permanent et la modernisation de notre système démocratique.
L’excellence dans la gestion du système éducatif reste une priorité de l’action gouvernementale.

A ce titre, le Président de la République a demandé au Ministre de l’Education nationale, en liaison avec le Ministre des Forces armées, de poursuivre la dynamique de création des lycées d’excellence « Armée- Nation » dans toutes les régions du Sénégal et de veiller à leur fonctionnement adéquat en les dotant d’équipements et de ressources humaines et financières adaptés.

Par ailleurs, il a demandé au Gouvernement, dans 2 cette dernière phase de l’année scolaire, de prendre toutes les mesures et dispositions nécessaires en vue de la bonne organisation, aux dates indiquées, des examens et concours sur l’étendue du territoire national. Il a, en outre, indiqué au Ministre en charge de l’Enseignement supérieur d’accélérer la réforme de l’Office du Baccalauréat et d’engager, dès à présent, le processus d’orientation dans les Universités et autres établissements d’enseignement supérieur publics. Il a également invité le Ministre en charge de l’Enseignement supérieur, en liaison avec le Ministre des Finances et du Budget, à accélérer l’achèvement des chantiers universitaires.

Enfin, il a demandé au Premier Ministre d’assurer une coordination optimale de la gestion des examens et concours programmés au sein des différentes sphères de notre système d’enseignement. Dans sa communication, le Premier Ministre a retracé les principales lignes directrices devant guider l’élaboration de la prochaine Loi de Finances rectificative (LFR) 2025.

À cet égard, il a souligné l’exigence d’une déclinaison budgétaire appropriée des programmes stratégiques issus de la Stratégie nationale de Développement (2025-2029) de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 », en tenant compte des contraintes financières du pays. Dans ce contexte, il a relevé la nécessité, pour les membres du Gouvernement, de s’attacher à une forte sélectivité dans les sollicitations de dotations budgétaires de la LFR pour leurs départements ministériels respectifs.

Concernant les nouveaux projets, le Premier Ministre a indiqué que l’approche devra privilégier, pour le budget d’investissement, les projets ne nécessitant pas de structuration lourde ou complexe, portant dans les domaines notamment du développement humain et de l’équité sociale, de la gouvernance, de la sécurité ainsi que dans le secteur primaire, l’énergie, l’hydraulique, le numérique et les Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

Pour les projets nécessitant une structuration lourde ou complexe, les dépenses relatives aux prestations intellectuelles y afférentes devront être impérativement inscrites dans la LFR 2025, en perspective du démarrage de leur exécution en 2026.

S’agissant des projets en cours, financés aussi bien sur ressources internes qu’externes, le Premier Ministre a rappelé la priorité à accorder aux inscriptions budgétaires destinées au règlement des arriérés sur les prestations déjà effectuées. Il a également exhorté les Ministres à procéder à un tri rigoureux des projets à faible taux d’exécution.

Il a aussi insisté sur les concertations à engager avec les partenaires techniques et financiers en vue du réaménagement du portefeuille des projets financés sur ressources extérieures non alignés à l’Agenda national de Transformation et ceux, certes alignés, à considérer désormais comme une composante de nouveaux projets.

Sur la base de ces orientations, le Premier Ministre a invité les Ministres chargés de l’Economie et du Plan, des Finances et du Budget, à prendre les dispositions appropriées, en 3 relation avec le Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en vue de lui soumettre les propositions d’inscriptions budgétaires des projets, dans la perspective de la tenue d’une réunion de pré-arbitrage avant la présentation du projet de LFR au Conseil des Ministres, dans les meilleurs délais, au cours du mois de mai 2025.

Par ailleurs, le Premier Ministre a engagé le Gouvernement à s’investir pleinement dans la nouvelle démarche devant régir les relations de l’Etat avec les partenaires sociaux en perspective de la conclusion d’un nouveau pacte de stabilité sociale. Dans ce cadre, il a mis en exergue l’impérieuse nécessité de réunir les conditions économiques et financières adéquates à même de changer le quotidien des travailleurs.

Cela implique donc de réussir le pari économique de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » dans une atmosphère de confiance et de transparence. Il a, par ailleurs, exhorté les Ministres et Secrétaires d’Etat à rester constamment à l’écoute des populations et des organisations représentatives des forces vives de la Nation et à répondre promptement, autant que possible, à leurs saisines.

Enfin, le Premier Ministre a porté à la connaissance du Conseil le chronogramme arrêté pour la mise en place de la Commission de Centralisation des Achats de l’Etat. Le projet de décret y relatif sera soumis à l’approbation de Monsieur le Président de la République au cours du mois de mai 2025 avec l’objectif du démarrage effectif de la Centrale des Achats au mois de juillet 2025.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

le Ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a fait une communication sur la situation des immeubles à l’usage des postes diplomatiques et consulaires ;
 le Ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens a fait une communication sur le réseau ferroviaire ; 

le Ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique a fait une communication sur l’évaluation de l’application du Code de la presse et le développement du secteur de l’Audiovisuel ;

 le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur la participation et la mobilisation de la jeunesse autour des JOJ Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté : – le projet de décret fixant les attributions du Ministre auprès du Président de la République chargé du Suivi, du Pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 » ;

– le projet de décret modifiant le décret n° 2024-3410 du 12 décembre 2024 fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Bureau opérationnel de Coordination et de Suivi des Projets et Programmes (BOCS) ;

– le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Fonds pour la Préparation et le Suivi des Projets, Programmes et Réformes de l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 ». 

Remaniement à la tête du Secrétariat général du Gouvernement : Boubacar Camara remplace Al Aminou Lo

Un changement majeur est intervenu au sein de l’appareil gouvernemental sénégalais. Boubacar Camara a été nommé ce mercredi Secrétaire général du Gouvernement, selon une source officielle proche de la présidence. Il succède à Al Aminou Lo, qui occupait ce poste clé depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

Le Secrétariat général du Gouvernement joue un rôle central dans le fonctionnement de l’exécutif, en assurant la coordination de l’action gouvernementale, la gestion des conseils des ministres, ainsi que le suivi des textes législatifs et réglementaires. La nomination de Boubacar Camara à ce poste témoigne de la volonté du président Faye de renforcer son équipe avec des profils expérimentés et engagés dans la mise en œuvre de son programme.

Al Aminou Lo, désormais ex-Secrétaire général du Gouvernement, connaît pour sa part une promotion notable. Il a été nommé ministre auprès du président de la République, en charge du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Ce programme ambitieux, pierre angulaire de la vision du nouveau régime, vise à redéfinir les priorités du pays sur les plans économique, social, environnemental et institutionnel à l’horizon 2050.

Recrutement de 2 000 enseignants : des syndicats exigent un concours et plus de transparence

L’annonce par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, du recrutement de 2 000 enseignants continue de faire réagir. Si le projet est salué pour son ambition de renforcer les effectifs du système éducatif, des voix syndicales s’élèvent pour critiquer le processus jugé opaque et peu démocratique.

Face aux défis structurels persistants du secteur — surcharge des classes, déficit de personnel enseignant, taux d’encadrement faible —, le gouvernement a lancé un appel à candidatures. Plus de 127 000 dossiers ont été déposés sur la plateforme Mirador, avant la date de clôture fixée au 1er février 2025.

Ce chiffre témoigne à la fois de l’engouement des jeunes diplômés pour l’enseignement, mais aussi de la tension sur le marché de l’emploi. Pourtant, malgré cet élan, les syndicats d’enseignants ne cachent pas leurs réserves.

Au micro de la RFM, Hamidou Diédhiou, secrétaire général du Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal (SELS), a été clair : « Il faut organiser un concours en bonne et due forme. » Selon lui, le mode de recrutement actuellement envisagé ne garantit ni l’égalité des chances ni la transparence.

« Il n’y a pas de démocratie dans la gestion du processus, du point de vue des syndicats », a-t-il déploré, appelant à un dialogue plus ouvert avec les partenaires sociaux.

Doudou Ndiaye, secrétaire général adjoint du Syndicat Unique et Démocratique des Enseignants du Sénégal (SUDES), s’est montré tout aussi critique. Il réclame la publication des ordres de service et une clarification immédiate de la procédure par le ministre. « Ce flou n’est pas de nature à rassurer les acteurs du secteur. »

En réponse à cette montée de tension, la RFM annonce que Moustapha Guirassy prévoit de tenir un point de presse dans les prochains jours. Ce sera l’occasion, pour le ministre, d’expliquer les critères de sélection, de rassurer sur les modalités de recrutement et de lever les zones d’ombre dénoncées par les syndicats.

Ce débat révèle la fragilité de la gouvernance du recrutement dans l’Éducation nationale. Alors que le Sénégal s’est engagé dans une réforme en profondeur de son système éducatif, la question du recrutement transparent, équitable et planifié devient un test crucial pour la crédibilité du gouvernement dans ce domaine sensible.

Bambey en Ébullition : affrontements violents entre étudiants de l’UADB et forces de l’ordre, plusieurs blessés enregistrés

Bambey, 1er mai 2025 – L’Université Alioune Diop de Bambey (UADB) a été le théâtre ce mercredi d’une journée de grande tension, marquée par des affrontements violents entre les étudiants et les forces de l’ordre. Le calme habituel du campus a volé en éclats, laissant place à des scènes de chaos et de panique. Plusieurs blessés ont été recensés parmi les manifestants.

Tout est parti d’une mobilisation estudiantine dénonçant les conditions de vie et d’étude jugées indignes : repas de mauvaise qualité, files interminables devant les restaurants, pénuries d’eau fréquentes dans les pavillons, absence de Wi-Fi, amphithéâtres surchargés, manque de matériel pédagogique, et promesses non tenues de la direction du CROUS.

Aux slogans scandés dès le matin par les étudiants s’est vite substituée une situation plus tendue. Les tentatives de blocage des voies d’accès au campus ont déclenché une intervention musclée des forces de sécurité, venues en nombre. S’en sont suivis des jets de pierres contre grenades lacrymogènes, plongeant l’université dans un nuage de gaz irritant.

Selon des témoins sur place, plusieurs étudiants ont été évacués en urgence, victimes d’étouffements ou de blessures suite aux affrontements. Les manifestants, déterminés à se faire entendre, ont promis de poursuivre leur mobilisation tant qu’aucune réponse concrète ne sera apportée à leurs revendications.

La Coordination des étudiants a, de son côté, maintenu son mot d’ordre de suspension des activités pédagogiques pour 48 heures renouvelables, tout en appelant à un boycott du paiement des chambres universitaires et à une « Journée Sans Ticket » dans les restaurants universitaires.

En guise de représailles, les autorités de restauration du CROUS ont fermé les restaurants du campus, privant les étudiants de petit déjeuner, déjeuner et dîner, ce qui a exacerbé la colère et le sentiment d’injustice au sein de la communauté estudiantine.

À 18h, la situation restait tendue aux abords de l’UADB, avec un important dispositif sécuritaire toujours en place, mais aucun retour au calme complet n’était encore observé. Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement à cette escalade, tandis que les syndicats étudiants appellent au dialogue.

Ce nouvel épisode de confrontation pose avec acuité la question de la précarité dans les universités sénégalaises et du manque de réactivité des autorités face à des revendications pourtant récurrentes. À Bambey comme ailleurs, l’exaspération monte, et la situation pourrait rapidement dégénérer si aucune solution structurelle n’est apportée.

Affaire à suivre.

Cabrousse : affrontements et indignation après l’interdiction de la fête traditionnelle « Undo Mayo »

Cabrousse, village emblématique du département d’Oussouye, a été secoué ce mercredi 30 avril par une vive tension sociale. À l’origine de la colère : un arrêté préfectoral interdisant la tenue de « Undo Mayo », une fête rituelle ancestrale chère aux populations locales. Cette mesure jugée arbitraire a déclenché une mobilisation spontanée de jeunes et de femmes du bois sacré, profondément attachés à la préservation de leur patrimoine culturel.

Dès les premières heures de la journée, des jeunes manifestants ont investi le chemin menant à la plage pour contester l’interdiction, criant leur ras-le-bol face à ce qu’ils considèrent comme une « négation des racines diola ». En réaction, les forces de l’ordre ont rapidement été déployées avec un important dispositif sécuritaire. Des grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser les manifestants, entraînant une montée de tension dans ce village habituellement paisible.

Mais ce n’est pas tout. Les femmes issues du bois sacré, gardiennes des traditions et figures respectées dans l’univers initiatique diola, sont sorties de leur réserve, rejoignant la mobilisation. Leur message est clair : « Undo Mayo n’est pas qu’une fête, c’est un pilier identitaire ». Cette réaction inédite des femmes a accentué la portée symbolique de la protestation.

Parallèlement aux affrontements, une délégation des organisateurs de la cérémonie a été reçue par le gouverneur de la région de Ziguinchor, dans une tentative d’apaisement. À 17 heures, une accalmie a été constatée, même si la tension restait palpable et les forces de sécurité continuaient de verrouiller l’accès à la plage. Le trafic sur l’axe Ziguinchor-Cap Skirring a été renforcé, preuve de la prudence des autorités devant un contexte aussi sensible.

Les raisons officielles de l’interdiction n’ont pas encore été communiquées. Ce flou alimente les critiques. Les maires de Diembering et d’Oussouye ont pris position contre l’arrêté préfectoral, dénonçant une décision prise sans consultation locale, contraire aux dynamiques communautaires et au respect des cultures locales.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos de jeunes célébrant « Undo Mayo » en cachette circulent, défiant l’interdiction et revendiquant une victoire morale face à l’autorité. Pour ces jeunes, maintenir la cérémonie malgré tout revient à « protéger l’âme du territoire ».

Audit financier au Sénégal : Révélations sur les tensions internes à la Cour des comptes

Le rapport explosif de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et 2023 continue de faire des vagues. Accusant l’ancien régime d’avoir dissimulé une « dette cachée » estimée à plus de 7 000 milliards de FCFA, ce document, publié le 12 février 2025, suscite aujourd’hui des interrogations quant à sa méthode, sa légitimité et son contenu. Des documents internes, obtenus par Jeune Afrique, révèlent que la Cour des comptes elle-même a été divisée sur les fondements de ce rapport.

Au cœur de la polémique, la Chambre des affaires budgétaires et financières (CABF), à qui avait été confiée l’élaboration du rapport. Or, selon une correspondance datée du 23 décembre 2024, le président de la Chambre des affaires administratives, Mamadou Thiao, y exprimait de sérieuses réserves. Il y dénonçait l’absence de vérification rigoureuse des données issues de l’audit initial commandité par le gouvernement, pointant un manque de fiabilité, d’exhaustivité et de rigueur dans l’approche.
Mamadou Faye, Premier président de la Cour des comptes, allait dans le même sens dans un document confidentiel : « Les auditeurs ne sont pas en mesure de se déterminer sur l’existence ou non d’un surplus de financement, aussi bien en 2022 qu’en 2023. » Une formule lourde de sens, qui remet en question une partie des conclusions du rapport, notamment celles utilisées par le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre Abdourahmane Sarr pour accuser Macky Sall de manipulation comptable.
Le rapport aurait également souffert d’un non-respect du principe du contradictoire. C’est ce que dénonce un contre-rapport élaboré par l’Alliance Pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall. Ce document de 24 pages évoque une confusion volontaire entre la dette de l’administration centrale et celle du secteur parapublic, et affirme que le rapport souffre d’un biais destiné à gonfler artificiellement l’endettement global.
Plus troublant encore, des témoignages évoquent l’existence de deux versions du rapport. Des sources financières internes, citées sous anonymat, confirment que des documents contradictoires circulent, ce qui alimente les soupçons d’une instrumentalisation politique de la Cour. Une question capitale reste en suspens : le rapport final a-t-il été amendé pour tenir compte des critiques internes ? Et pourquoi n’a-t-il pas été signé par le Premier président de l’institution, Mamadou Faye, comme l’exige la tradition républicaine ?
Selon plusieurs juristes, la CABF aurait outrepassé son mandat. La loi du 27 décembre 2012 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques autorise la Cour des comptes à contrôler la qualité des audits réalisés par l’administration, non à conduire elle-même un audit en bonne et due forme des finances de l’État. En assumant ce rôle, la CABF se serait érigée en auditeur autonome, brouillant ainsi la ligne entre contrôle, évaluation et dénonciation.
Ces révélations risquent d’avoir des conséquences politiques majeures. Alors que le gouvernement avait fait de ce rapport une pièce maîtresse de sa rhétorique de rupture, les tensions internes à la Cour pourraient affaiblir sa portée symbolique et juridique. En parallèle, le recours introduit par l’opposition au Conseil constitutionnel contre la loi interprétative de l’amnistie – également justifiée par les conclusions de la Cour – pourrait rouvrir le débat sur l’usage politique de cette institution censée être indépendante.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°455 – 30/04/2025

🔴 COUR DES COMPTES / «  LE FAMEUX RAPPORT SUR LA SITUATION DES FINANCES PUBLIQUES A FAIT L’OBJET DE CRITIQUES ACERBES EN INTERNE » : JEUNE AFRIQUE LÂCHE UNE BOMBE
🔴 CESSATION DE DIFFUSION, BLOCAGE DES AIDES À LA PRESSE, INACTIVITÉ DU CNRA, PARALYSIE DU CORED ET DE LA COMMISSION DE LA CARTE NATIONALE DE PRESSE : LA CAP MET À NU LES MANŒUVRES DU POUVOIR

🔴 BAL 5 / BOUCLAGE DE LA PHASE ALLER (2-1) CONTRE PETRO DE LUANDA : L’ASCVD RENVERSE LE TRÔNE DU CHAMPION
🔴 MMA / COMBAT CONTRE THE HULK CE 15 MAI : RENTRÉE DE ZARKO DANS LA CAGE

Rapport Amnesty International 2024-2025 : Un État sénégalais toujours sous tension face aux droits humains

Ce mardi à Dakar, Amnesty International a présenté son rapport annuel 2024-2025. Un document accablant, qui dresse un tableau préoccupant des droits humains au Sénégal. Malgré l’alternance politique intervenue en mars 2024 avec l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, l’organisation note la persistance de pratiques répressives héritées du régime précédent. Le rapport aborde une large palette de thématiques : violences policières, liberté d’expression, impunité, conditions carcérales, droits des femmes, des enfants, des migrants et enjeux environnementaux.

L’un des éléments les plus marquants du rapport concerne les violences policières survenues en février 2024, dans un contexte de contestation du report de l’élection présidentielle. Amnesty déplore la mort d’au moins quatre personnes, dont un adolescent de 16 ans, tuées par les forces de sécurité, et l’arrestation de plus de 150 manifestants. Des journalistes ont également été ciblés. Mor Amar a été agressé, tandis qu’Absa Hane a été violemment battue et brièvement détenue.

Pour Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, ces violences traduisent une intolérance persistante à la critique. « Lorsqu’on exerce le pouvoir, on doit être tolérant envers la critique. Si ce n’est pas le cas, on remplit les prisons de personnes qui n’ont fait qu’exprimer une opinion », a-t-il déclaré, appelant à une rupture nette avec les pratiques du passé.

Autre point controversé, l’adoption en mars 2024 d’une loi d’amnistie couvrant les événements politiques survenus entre février 2021 et février 2024. Selon Amnesty, cette loi empêche toute poursuite judiciaire pour les décès d’au moins 65 personnes, tuées pour la plupart par les forces de sécurité.

« C’est une atteinte directe au droit à la justice pour les familles des victimes », a dénoncé Gassama. Il y voit une consécration de l’impunité, contraire aux obligations du Sénégal en matière de droits humains. L’organisation appelle à l’abrogation de cette loi et à l’ouverture de procès équitables pour établir les responsabilités.

Amnesty note une certaine amélioration avec la libération de figures politiques comme Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, mais souligne que la répression n’a pas totalement cessé. Des personnalités telles qu’Ameth Suzanne Camara ont été arrêtées pour « offense au chef de l’État », et Cheikhna Keita pour « diffusion de fausses nouvelles ».

« Même si on n’emprisonne plus pour un like sur Facebook, les poursuites judiciaires se poursuivent », a regretté Gassama, appelant à la décriminalisation des infractions liées à la liberté d’expression. Pour lui, la liberté de parole ne doit jamais conduire à l’emprisonnement.

Les conditions de détention restent alarmantes. En janvier 2025, une épidémie de tuberculose a éclaté à la prison de Rebeuss, mettant en lumière la surpopulation carcérale et l’insuffisance des soins de santé. Amnesty appelle à des investissements urgents dans le système pénitentiaire et à une réforme globale de la justice.

Le rapport pointe également le retard dans la réforme du Code de la famille, qui maintient l’âge légal du mariage des filles à 16 ans et le principe d’« autorité paternelle ». Amnesty soutient les recommandations issues des Assises de la justice, qui préconisent un relèvement à 18 ans.

Le sort des enfants talibés reste également préoccupant. Forcés à mendier dans la rue, ils sont exposés à la traite et aux violences. Amnesty dénonce l’inaction du gouvernement, qui tarde à adopter un Code de l’enfant et à mettre en place des politiques de protection efficaces.

Sur le plan environnemental, l’organisation salue la suspension des activités minières sur la Falémé jusqu’en 2027, soulignant les risques liés à l’orpaillage et à l’utilisation de produits chimiques comme le mercure. L’audit sur l’exploitation du phosphate à Ndendory (Matam) est également une mesure positive, mais jugée insuffisante.

« La Falémé est une source vitale d’eau potable. Il faut la protéger contre les pollutions », a plaidé Gassama.

La migration irrégulière reste un défi majeur. Le Sénégal est toujours un point de départ important vers les îles Canaries. Selon Caminando Fronteras, 959 personnes sont mortes en mer entre janvier et mai 2024. Pour Amnesty, ces départs s’expliquent par le chômage, l’effondrement du secteur de la pêche et l’absence de perspectives économiques pour la jeunesse.

Face à l’ensemble de ces défis, Amnesty appelle le gouvernement à engager de profondes réformes. L’organisation exhorte notamment à garantir les libertés fondamentales, à mettre fin à l’impunité, à renforcer l’indépendance de la justice et à adopter une politique de développement équitable et durable.

« Lorsque les citoyens ont peur de parler, c’est la démocratie elle-même qui est en danger », conclut Seydi Gassama. Le Sénégal est à un tournant : l’espoir d’un changement réel existe, mais il repose sur la volonté politique de rompre avec les pratiques du passé.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°454 – 29/04/2025

🔴 ÉLU PRÉSIDENT DU COMITÉ STRATÉGIQUE DE L’« AFRICA HOUSE » INITIÉE PAR « CRANS MONTANA FORUM » : LE MONDE AUX PIEDS DE MACKY
🔴 CAMP PÉNAL / CONDITIONS D’INCARCÉRATION ET LONGUES DÉTENTIONS : LA GRÈVE DE LA FAIM COMME ULTIME CRI

🔴 « NAVÉTANES » / RÉGULATION DES ACTIVITÉS SPORTIVES : LA SAISON LIMITÉE À 3 MOIS
🔴 LIGUE 1 / TROISIÈME SUCCÈS POUR L’AS PIKINE : CASA SPORTS S’ENLISE

Police nationale : vers une réintégration des Policiers Adjoints Volontaires récemment libérés

Une issue favorable semble se dessiner pour les Policiers Adjoints Volontaires (PAV) récemment libérés par le ministère de l’Intérieur.
En effet, selon un message officiel daté de ce lundi 28 avril 2025 – dont Ledakarois a obtenu copie –, la Direction Générale de la Police Nationale a demandé au Directeur Général du Groupement Mobile d’Intervention (GMI) d’informer les intéressés.

Sont concernés les PAV de la 7e Génération placés sous l’autorité du GMI, ainsi que ceux de la 1ère Cohorte récemment libérés.
La note invite ces agents à constituer un complément de dossier dans un délai de huit jours, signe manifeste d’une volonté de réintégration prochaine au sein des forces de police.

Cette décision marque un revirement notable après une vague de libérations qui avait suscité colère et inquiétude parmi les jeunes recrues concernées, majoritairement affectées à des missions de maintien de l’ordre ou de sécurisation urbaine.

La suite de ce processus administratif sera suivie de près par les syndicats de la police et les associations de PAV, qui espèrent obtenir des garanties sur la stabilité de leur statut et de meilleures conditions d’emploi.

La Direction Générale de la Police fait "revenir" les Policiers Adjoints Volontaires (PAV) récemment libérés

Dialogue national : la position de Macky Sall, clé de la participation de l’APR, reste inconnue

Invité de l’émission Ndekki Li sur Sud FM, Alioune Tine, fondateur d’Afrika Jom Center, a relancé l’attention sur le débat politique en affirmant que l’ancien président Macky Sall serait disposé à dialoguer avec les nouvelles autorités.

« J’ai échangé avec Macky Sall et il a fait part de sa disponibilité », a-t-il déclaré, évoquant l’éventualité d’un dialogue entre l’ancien chef d’État et l’actuel pouvoir.

Cependant, selon des précisions obtenues par Dakaractu, cette affirmation mérite d’être nuancée. L’échange entre Alioune Tine et Macky Sall n’aurait pas eu lieu dans un cadre formel de discussion sur le dialogue national. D’après nos informations, il s’agirait plutôt d’une conversation téléphonique entre Macky Sall et Papa Malick Ndour, en présence d’Alioune Tine, au siège d’Afrika Jom Center. Cet appel intervenait alors que Papa Malick Ndour présentait le contre-rapport de la Cour des comptes. Profitant de cette occasion, Alioune Tine aurait abordé brièvement avec Macky Sall certaines questions liées à la vie politique nationale.

À ce jour, aucune communication officielle de Macky Sall n’a confirmé sa position, en tant que leader de l’Alliance pour la République (APR), sur une participation éventuelle au dialogue national initié par Bassirou Diomaye Faye. Ainsi, même si Alioune Tine plaide pour « un dégel de l’atmosphère politique » à travers un dialogue inclusif, la participation de l’APR reste suspendue à une décision claire et publique de son leader.

Il faut rappeler que Bassirou Diomaye Faye a lancé récemment un appel au dialogue national, dans un contexte politique encore marqué par de fortes tensions entre pouvoir et opposition. Plusieurs acteurs politiques et de la société civile saluent l’initiative, mais insistent sur l’importance d’une participation large, incluant toutes les sensibilités.

La clarification de la position de Macky Sall devient donc un enjeu stratégique majeur pour la réussite de ce processus de dialogue.

Liberté de la presse : le CDEPS dresse un tableau préoccupant sous le régime de Bassirou Diomaye Faye

Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), a dressé un état des lieux des atteintes à la liberté de la presse depuis l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye.

Dans sa synthèse, il a notamment pointé du doigt la non-reconnaissance de l’effacement fiscal au profit des entreprises de presse, de la résiliation unilatérale des contrats de publicité par l’État et ses démembrements  le refus d’accorder des moratoires pour le paiement des dettes fiscales, ainsi que le blocage des comptes bancaires de plusieurs organes de presse, entre autres préoccupations.

Synthèse des atteintes à la liberté de presse

Vendredi 25 avril 2025, une situation nouvelle de violations des libertés s’est créée avec la convocation de journalistes par la police pour leur notifier l’interdiction de parution et de diffusion de leurs médias, décidée par le ministre de la Communication.

Les différents documents suivants permettront de s’imprégner du problème de la presse avec le régime de la 3ème alternance politique :

– Mémorandum du patronat de la presse en date de décembre 2024 ;

– Arrêté N°017412 portant mise en place d’une Plateforme numérique pour l’identification des entreprises de presse ;

– Arrêté N°00086 portant création de la commission d’examen et de validation de la Déclaration des entreprises de presse du Sénégal ;

– Notification de cessation de paiement (modèle) ;

– Arrêté N°011059 sur cessation de diffusion.

Résumé succinct de la situation de la presse depuis l’avènement du régime du président Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

1) Non reconnaissance de l’effacement fiscal des entreprises de presse

Le CDEPS avait obtenu de l’ancien président de la République l’effacement de la dette fiscale des entreprises de presse, frappées de plein fouet par la crise du Covid-19 et qui n’avaient pas bénéficié des fonds Covid de mille milliards pour les entreprises en difficulté. En guise de compensation, le PR a pris une décision politique d’effacement fiscal pour les entreprises de presse. Ce que le nouveau régime a simplement rejeté.

2) Campagne de dénigrement des entreprises de presse privées

Par la voix du ministre de la Communication, l’État a tenté de présenter les patrons de presse comme des bandits fiscaux, alors que les irrégularités de paiement ne datent que de la période post-covid où le secteur des médias a perdu plus de 90% de son chiffre d’affaires, secteur économique le plus touché au Sénégal. Surtout, sur les 10.5 milliards de dettes fiscales des entreprises de presse, les 54% relèvent du secteur public (RTS, APS, Soleil et TDS-SA) et

«seulement» 46% pour toutes les entreprises de presse privées.

3) Refus de moratoires pour le paiement des dettes fiscales

En l’absence d’effacement fiscal, les Impôts étaient en droit de réclamer le paiement des dettes fiscales. Les entreprises de presse ont alors demandé d’étaler le paiement de la dette, ce que les Impôts ont simplement refusé en n’acceptant aucune proposition en adéquation avec la situation des entreprises comme l’attestent les états financiers certifiés déposés par ces derniers.

4) Blocage des comptes bancaires des entreprises de presse

Les Impôts ont continué leurs poursuites qui ont abouti au blocage des comptes bancaires. Ces comptes n’ont été débloqués que le 26 novembre 2024, sans même l’acceptation formelle du gel des poursuites proposé alors par le patronat.

5) Non-paiement des créances dues par l’État aux entreprises de presse

Les créances dues par l’État au titre de l’année 2023 n’ont pas été payées aux entreprises de presse malgré les prestations réalisées.

6) Résiliation unilatérale des contrats de publicité par l’État et ses démembrements (ministères, sociétés et agences nationales) sur instruction écrite du Premier ministre au mois de juin 2024.

7) Gel de la subvention de l’État aux entreprises de presse privées, malgré son vote dans la Loi de finances 2024.

8) Renchérissement des frais de diffusion pour les télévisions nationales

Le patronat de la presse avait négocié et obtenu de l’ancien régime une baisse substantielle des frais de diffusion sur la TNT, qui devaient à terme se chiffrer à 3 millions FCFA par mois, pour un montant symbolique de 500 mille francs.

9) Confiscation des deux bouquets télévisuels de la société EXCAF, reçus en compensation de l’État pour avoir réalisé et financé la mise en place de la TNT au Sénégal. EXCAF est la seule société africaine à avoir réalisé la TNT dans les 54 États du continent. Au mois de juillet 2024, la DG de TDS-SA, militante de Pasteef, a simplement confisqué ces deux bouquets en violation des conventions signées par le CNRA au nom de l’État du Sénégal. TDS, qui est une société anonyme, n’est qu’une plateforme technique, dont les décisions doivent être validées par le CNRA.

10) Négation de l’existence légale des médias

Au Sénégal, la Constitution a consacré la liberté de la presse dans les libertés fondamentales. Ainsi, la création de médias n’est soumise à aucune autorisation administrative. Toute personne physique ou morale a le droit de créer son média. C’est ce que tente de remettre en cause le nouveau régime. Au prétexte d’assainir le secteur de la presse, le ministre de la Communication veut s’arroger la compétence de dire quels médias ont le droit d’exercer sur le territoire sénégalais.

Eu égard à tous ces éléments, il est incontestable que le nouveau régime veut liquider la presse privée nationale. Ce ne sont pas des supputations ou des accusations, c’est la réalité des faits :

– Étouffement fiscal ;

– Asphyxie économique ;

– Négation juridique.

Pour le nouveau régime, toute la presse nationale, sans discernement, est liée à l’ancien régime. Il faut donc l’exterminer.

En plus, pour le nouveau régime, ce n’est pas la presse traditionnelle qui a favorisé son accès au pouvoir, mais seulement les réseaux sociaux. Cette presse traditionnelle doit être simplement remplacée par de nouveaux supports qui seront acquis aux thèses du nouveau régime et financés sur fonds publics.

Voilà en substance la situation de la presse sénégalaise, un an après l’avènement de la 3ème alternance politique. Comme une malédiction, la presse subit la répression après chaque alternance politique, sous Wade, puis sous Macky et aujourd’hui sous Diomaye.

Le combat est aujourd’hui le renforcement de l’embryon d’État de droit au Sénégal, pour favoriser l’émergence d’une presse libre, indépendante et républicaine. Ce n’est pas le combat des journalistes et techniciens des médias. C’est le combat de tous les citoyens, syndicats, partis politiques du pouvoir comme de l’opposition, confréries et de l’Église, toutes les personnes soucieuses du renforcement de la démocratie.

Mamadou Ibra KANE, président du Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°453 – 28/04/2025

🔴 SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, SURVIE HUMAINE ET DU BÉTAIL EN PÉRIL : GUINGUINÉO A SOIF !
🔴 PROGRAMME DE RÉSILIENCE DU SYSTÈME ALIMENTAIRE : 132 MILLIARDS F CFA INJECTÉS PAR LA BANQUE MONDIALE

🔴 BAL 5 / FACE AU KRIOL STAR DU CAP-VERT : L’ASCVD À DEUX PANIERS DE LA GLOIRE
🔴 LIGUE 1 : WALLY DAAN FAIT TOMBER LE JARAAF

Suspension brutale des médias « non conformes » : une décision qui inquiète et relance le débat sur la liberté de la presse au Sénégal

Le 22 avril 2025, un arrêté ministériel a secoué le paysage médiatique sénégalais en ordonnant la suspension immédiate des médias jugés « non conformes » au Code de la presse. Cette décision survient à un moment particulièrement sensible, à quelques jours de la Journée internationale de la liberté de la presse, prévue le 3 mai. Si la mesure vise officiellement à renforcer la régulation des médias, elle suscite d’ores et déjà de vives réactions et soulève des inquiétudes sur l’avenir de la liberté de la presse au Sénégal.

L’arrêté, pris sans consultation préalable ni procédure judiciaire, a immédiatement défrayé la chronique. Pour de nombreux professionnels de l’information et défenseurs des droits humains, cette décision représente un coup dur pour la liberté d’expression. La suspension des médias dits « non conformes » est perçue comme une forme de censure arbitraire, incompatible avec les principes démocratiques et les engagements internationaux du Sénégal en matière de droits humains.

L’ONG ARTICLE 19, spécialisée dans la défense de la liberté d’expression, a rapidement dénoncé cet arrêté. Selon l’organisation, ce dernier instaure un système de censure préalable sans fondement légal solide. « L’arrêté ne prévoit ni procédure contradictoire, ni contrôle judiciaire préalable, ni même de recours effectif pour les médias concernés », indique ARTICLE 19 dans un communiqué. Selon l’ONG, cette absence de garanties juridiques soulève des préoccupations sur l’équité et la transparence du processus.

L’organisation rappelle que cette décision va à l’encontre des normes internationales en matière de liberté de la presse. En particulier, elle contrevient à la Déclaration des principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique, ainsi qu’à l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Ce dernier encadre strictement les restrictions à la liberté de la presse, n’admettant de telles restrictions que dans des cas précis, tels que la protection de la réputation d’autrui, la sécurité nationale, l’ordre public ou la santé.

De plus, cet arrêté ministériel intervient dans un contexte où le Sénégal s’était engagé à réformer son Code de la presse afin de réduire les mesures liberticides et de garantir une plus grande liberté de l’information. Cependant, cette suspension massive semble au contraire marquer un recul démocratique, jetant une ombre sur les avancées réalisées ces dernières années.

Face à cette situation, ARTICLE 19 appelle les autorités sénégalaises à suspendre immédiatement l’application de l’arrêté et à entamer une réforme profonde du Code de la presse. L’organisation préconise la mise en place d’une approche multipartite de co-régulation, associant à la fois les médias, la société civile et les institutions publiques, afin de trouver un équilibre entre la liberté d’informer et la responsabilité éditoriale.

Les défenseurs des droits humains insistent également sur la nécessité de renforcer l’indépendance des organes de régulation des secteurs de la radiodiffusion, des télécommunications et d’Internet. Par ailleurs, il est recommandé d’établir des mécanismes judiciaires permettant de mieux encadrer toute restriction aux activités des médias, afin d’éviter les abus.

L’arrêté ministériel, qui semble marquer un tournant dans la gestion de la presse au Sénégal, intervient à un moment symbolique. À moins de deux semaines de la Journée internationale de la liberté de la presse, cet acte résonne comme un signal d’alarme, non seulement pour les médias sénégalais, mais aussi pour les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme dans le pays.

La décision ministérielle rappelle avec force les enjeux liés à la régulation de la presse et à la liberté d’expression. Dans un contexte où les débats sur la pluralité des médias et la transparence des informations sont de plus en plus cruciaux, cette mesure pourrait bien marquer le début d’un nouveau chapitre dans les relations entre l’État sénégalais et les médias. À un moment où le pays semblait être sur la voie de réformes progressistes en matière de droits humains, cette suspension brutale risque de freiner cette dynamique et d’entacher les efforts pour renforcer la liberté de la presse.

En conclusion, la décision ministérielle du 22 avril marque une nouvelle étape dans les défis auxquels le Sénégal est confronté en matière de liberté d’expression. Si elle est perçue comme une réponse nécessaire à des dérives médiatiques, elle soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre régulation et liberté. Le pays se trouve aujourd’hui à un carrefour où la gestion de la presse devra s’inscrire dans une logique de respect des principes démocratiques et des engagements internationaux en faveur des droits humains.

Aïda Mbodji : « Les crimes imprescriptibles ne peuvent être effacés par une loi »

À l’occasion d’une conférence organisée ce dimanche à Dakar par la Coalition Diomaye Président, la directrice générale de la Délégation à l’Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ), Aïda Mbodji, a tenu un discours engagé, axé sur la mémoire des victimes de violences passées et sur l’exigence de justice.

En ouvrant son intervention, Aïda Mbodji a invité l’assistance au recueillement, soulignant l’importance de ne jamais oublier les victimes. « Si je vous ai invités au recueillement, c’est pour ne jamais oublier les victimes innocentes à qui nous devons justice », a-t-elle déclaré, dans un contexte marqué par la récente décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi interprétative de la loi d’amnistie.

Pour la responsable politique, certains crimes ne sauraient être effacés, quel que soit le contexte politique ou juridique. « L’assassinat, le meurtre, la torture, les actes de barbarie, les traitements inhumains, cruels ou dégradants sont des crimes imprescriptibles », a-t-elle martelé devant un public attentif, appelant à respecter les principes fondamentaux des droits humains.

Aïda Mbodji a également abordé un autre dossier sensible : la gestion des Fonds Covid. À ce sujet, elle a été ferme : « Les auteurs et commanditaires ne resteront pas impunis », a-t-elle assuré, tout en réfutant les critiques selon lesquelles il s’agirait d’une chasse aux sorcières. « Quand on voit la nature des faits reprochés aux personnes incriminées, il est clair qu’il s’agit de rendre des comptes, pas de régler des comptes », a-t-elle précisé, insistant sur la nécessité de transparence et de responsabilité dans la gestion des ressources publiques.

Par ses propos, Aïda Mbodji a rappelé que la construction d’une gouvernance vertueuse passe par le respect de la mémoire des victimes et la lutte contre l’impunité, quelles que soient les sensibilités politiques.

CESSATION IMMÉDIATE DE DIFFUSION DE MÉDIAS : Tir groupé des patrons de presse contre le ministère de la Communication

Une vague de suspensions touche plusieurs médias sénégalais, sommés de cesser toute diffusion par arrêté du ministère de la Communication. Invoquant une non-conformité au Code de la presse, les autorités ont enclenché une procédure contestée par de nombreux patrons de presse, qui dénoncent une mesure arbitraire, anticonstitutionnelle et dangereuse pour la liberté d’informer.

De nombreux patrons de presse sont actuellement convoqués à la Division de la Surveillance du Territoire (DST), où il leur a été signifié une cessation immédiate de parution. Cette décision découle de l’arrêté n°011059/MCTN, signé le 22 avril 2025 par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, qui ordonne la suspension sans délai de la diffusion, de la publication et du partage de contenus en provenance de médias jugés non conformes aux dispositions du Code de la presse.
Dans un procès-verbal émis par la DST, un organe de presse a donc reçu, ce vendredi 25 avril, une notification officielle émanant du Commissaire de Police Divisionnaire, Directeur de la Surveillance du Territoire, lui intimant de cesser immédiatement toute activité de parution. À défaut de s’y conformer, des sanctions sont prévues, notamment celles énoncées aux articles 194, 195 et 200 du Code de la presse.
Parmi les patron de presse convoqués figure Aïssatou Diop Fall. Journaliste chevronnée avec vingt-cinq années d’expérience, elle a été sommée de fermer sa chaîne YouTube, Publicsn, avant d’être convoquée à la DST. Elle dénonce une décision arbitraire : « Ils ont déclaré la guerre à la presse. Qu’il en soit ainsi ! La notification de cessation de diffusion que j’ai reçue est illégale et anticonstitutionnelle. En outre, elle est en déphasage avec le Code de la presse qu’ils ont brandi. Le ministère a sorti une liste de médias qu’il considère “conformes” et elle ne peut être définitive du fait que des médias qui leur appartiennent continuent à voir le jour après cette publication. D’ailleurs, avant la publication de cette liste, je m’étais inscrite sur leur site. Mais, mon organe avait été éjecté des organes qu’ils ont reconnus sans qu’ils ne me donnent les raisons. C’est dernièrement, lors du ramadan, qu’ils m’ont envoyé un e-mail pour que je complète les documents fournis, ce que j’ai fait. Depuis lors, je n’ai pas reçu de nouveau courriel. Alors, jusqu’à présent je suis conforme. »
Cette vague de suspensions et de convocations a immédiatement suscité une vive indignation dans le paysage médiatique. Le journaliste Mamoudou Ibra Kane s’interroge : « Dans quel pays sommes-nous pour qu’un ministre pense pouvoir décider des “médias conformes” et des “médias non conformes”, et donc, avoir un pouvoir de vie et de mort sur l’écrit, l’image, la parole, tous les contenus médiatiques ?! Où est la justice ? Où est le régulateur ? Liy raam ci ñak bi la jëm – ceci est un précédent dangereux, en français. Il est temps de sonner la résistance face à l’oppression, la persécution et la négation en cours des droits et libertés au #Sénégal. Cette dérive interpelle tous les citoyens qui doivent la combattre par tout moyen qu’autorise la loi. »
L’administrateur du « Quotidien », Madiambal Diagne, quant à lui, fustige une démocratie en recul : « C’est une honte dans une démocratie que de fermer des médias. Si on peut autoriser des chaînes YouTube qui ont montré au public comment fabriquer des cocktails molotov, on devrait franchement laisser d’autres, qui n’ont pas commis une telle hérésie, de continuer d’opérer. Triste. »
El Hadji Cheikh Kane, administrateur du « Groupe Le Dakarois », ne mâche pas ses mots : « le droit d’informer ne s’achète pas, ne se quémande pas. Il s’exerce. Aujourd’hui, au Sénégal, 381 médias se retrouvent exclus de la reconnaissance officielle de l’État. 639 médias ont été déclarés. Seuls 258 sont “validés”. Cela pose une question simple, mais fondamentale : qui décide de qui a le droit de parler ? Et sur quels critères ? Quand un ministre tente de faire passer un arrêté pour une loi, ce n’est plus de la régulation, c’est de la censure. Quand des médias sont traités comme des menaces, simplement parce qu’ils sont critiques, ce n’est plus de la gouvernance, c’est de l’intimidation. »
Il rappelle que ce droit est garanti par la Constitution : « Le droit d’informer, de débattre, de critiquer — c’est le socle d’une démocratie vivante. Et ce droit est inscrit noir sur blanc dans l’article 11 de notre Constitution. Aucun arrêté, aucun communiqué, aucune menace ne peut l’annuler. Aujourd’hui, je tiens à exprimer ma solidarité totale avec tous les journalistes, techniciens, chroniqueurs, directeurs de publication, cameramen, animateurs, qui continuent de faire leur travail avec courage malgré les pressions. Il est temps de dire non. Il est temps de faire bloc. Il est temps de rappeler à ceux qui nous gouvernent que la presse n’est pas un privilège, c’est une responsabilité, un droit, une mission. »
Pour mémoire, le ministère de la Communication avait publié, le jeudi 6 février 2025, une liste officielle des médias en règle avec le Code de la presse. Sur les 639 médias déclarés, seuls 258 ont été reconnus comme conformes aux normes réglementaires en vigueur, contre 381 jugés non conformes, selon les déclarations de Habibou Dia, directeur de l’information. Une situation qui continue d’alimenter une profonde crise de confiance entre les autorités et les acteurs du secteur médiatique, sur fond de menaces à la liberté d’expression.

La Dakaroise

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°452 – 26 ET 27/04/2025

🔴 CESSATION IMMÉDIATE DE DIFFUSION DE MÉDIAS PAR LE MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION : L’ARRÊTÉ MINISTÉRIEL FAIT SCANDALE

🔴 CHAMPIONNAT D’AFRIQUE SCOLAIRE U15 : LE SÉNÉGAL ARRACHE SA PLACE EN FINALE
🔴 BIGNONA / CONSTRUCTION DU SIÈGE DE LA LIGUE RÉGIONALE DE FOOTBALL : 40 MILLIONS F CFA SUR LA TABLE

Emploi et employabilité : Ousmane Sonko appelle à une transformation systémique pour une meilleure productivité

Lors de la clôture de la 4e édition de la conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité, Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a pris la parole pour diagnostiquer les principaux obstacles à la création d’emplois décents dans le pays. S’exprimant devant les partenaires sociaux, comprenant les syndicats, les employeurs et la société civile, Sonko a posé les bases d’une vision ambitieuse pour résoudre la problématique de l’emploi au Sénégal.

Pour Ousmane Sonko, la solution aux problèmes d’emploi réside dans l’adoption d’une politique nationale visant à créer des emplois « souverains, inclusifs et productifs ». Cette approche, selon lui, doit passer par une révision complète des stratégies économiques du pays, afin de s’orienter vers une transformation systémique qui mette réellement au service du peuple et de la nation des programmes adaptés, avec des projections claires.

Dans son discours, le Premier ministre a souligné un problème majeur : « le manque de productivité » qui freine le développement économique du pays. Selon lui, le Sénégal n’a pas encore réussi à construire une économie solide et sérieuse. « L’emploi ne se décrète pas. Il est le résultat des performances économiques », a-t-il déclaré, mettant en lumière l’importance de réorienter les efforts vers la production et la valorisation des ressources nationales.

Ousmane Sonko a également évoqué l’absence de mécanismes de financement endogènes comme un frein majeur aux ambitions économiques du pays. Il a dénoncé la difficulté à mobiliser des ressources internes suffisantes pour soutenir les projets d’envergure, soulignant que le pays dépend trop de l’aide et des financements extérieurs, ce qui limite ses possibilités de développement autonome.

Le Premier ministre a rappelé que le Sénégal a déjà mis en place plusieurs programmes pour lutter contre le chômage, mais que ces initiatives n’ont pas abouti faute d’une véritable identification des problèmes sous-jacents. « Nous n’avons jamais identifié les véritables problèmes », a-t-il expliqué, appelant à un changement de méthode pour que les programmes à venir soient non seulement bien définis, mais aussi réalisables et mesurables.

Ousmane Sonko a conclu son discours en insistant sur la nécessité de renforcer l’action du gouvernement et de ses partenaires afin de bâtir une économie qui génère des emplois de qualité. Pour lui, la transformation du système économique sénégalais est la clé pour résoudre les défis de l’emploi et de l’employabilité. Ce discours a constitué une invitation à repenser en profondeur les politiques économiques et sociales du pays afin de garantir un avenir plus inclusif et productif pour les jeunes sénégalais.

Dialogue national sur la modernisation du système politique : Le Sénégal entame un nouveau chapitre avec Bassirou Diomaye Faye

Le Sénégal s’engage dans une nouvelle phase de sa vie politique avec l’initiative du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a récemment invité les acteurs politiques et sociaux à participer à un dialogue inclusif destiné à moderniser le système politique du pays. Cette démarche, qui a pour but d’assurer une gouvernance plus transparente et efficace, se structure autour de dix axes prioritaires, avec un accent particulier sur la réforme du système électoral.

Le président Faye a souligné l’importance de ce dialogue pour améliorer les règles régissant le jeu politique, clarifier les relations entre les différents acteurs et renforcer les institutions de la République. Cet appel a pour objectif de créer une dynamique nouvelle, permettant au Sénégal de renforcer sa démocratie et de bâtir des bases plus solides pour la gestion de ses affaires publiques. La modernisation du système électoral, un des points clés du dialogue, vise à garantir une meilleure transparence et une plus grande équité lors des élections, essentielles pour la crédibilité des résultats et l’inclusivité des processus politiques.

Ce dialogue se distingue des précédentes initiatives de concertation politique, souvent critiquées pour leur caractère partisan et leur absence de résultats tangibles. Momath Talla Ndao, secrétaire d’État à l’Urbanisme et au Logement, a réagi à l’appel du président en soulignant que cette initiative visait à répondre à des problèmes structurels, et non à des intérêts partisans ou personnels. Ndao a expliqué que le dialogue ne concerne pas seulement les partis politiques, mais qu’il s’agit d’une démarche inclusive, qui implique tous les Sénégalais, sans exception, dans la construction d’un système politique plus moderne et plus efficace.

Le secrétaire d’État a également insisté sur le fait que ce dialogue ne devait pas être comparé aux « dialogues à l’envers » organisés sous l’ancien régime. Selon lui, ces derniers étaient souvent centrés sur des intérêts spécifiques et ne prenaient pas en compte les enjeux fondamentaux du pays. En revanche, l’actuel dialogue proposé par le président Faye s’inscrit dans une perspective de renforcement de la démocratie et de consolidation de l’État de droit.

Le dialogue lancé par le président de la République est un appel clair à l’action. Il n’est pas question de protéger ou d’affaiblir des individus ou des partis politiques, mais bien de trouver des solutions globales et structurelles pour les défis que rencontre le pays. Dans cette optique, le dialogue vise à renforcer la capacité des institutions à répondre aux attentes des citoyens, et à garantir un cadre politique où les droits et les libertés fondamentales sont respectés.

Pour Ousmane Sonko, Premier ministre, la réforme du système électoral et la modernisation des institutions sont des priorités absolues pour permettre au Sénégal de s’engager dans une transformation économique et politique significative. Sonko a appelé à une politique de transformation systémique qui repose sur des programmes concrets et une gestion de l’État plus rigoureuse.

Le dialogue politique proposé par le président Bassirou Diomaye Faye marque un tournant dans la gouvernance sénégalaise. En impliquant toutes les forces vives de la nation, ce processus vise à bâtir une démocratie plus forte, une gestion transparente et des institutions qui répondent aux exigences d’une société en constante évolution. En réinventant le système politique, le Sénégal espère s’inscrire dans une dynamique de modernisation et de développement durable.

Guy Maris Sagna réplique à Guirassy : « Dans votre réponse vous dites une chose et son contraire »

Le député Guy Marius Sagna, actuellement en Inde, n’a pas tardé à répondre à la réplique du ministre de l’Éducation nationale. Moustapha Guirassy avait réagi ce vendredi, aux questions écrites du parlementaire portant sur l’achat de matériel d’aménagement d’un salon de bureau, d’un tapis et d’équipements pour le petit-déjeuner, affirmant que M. Sagna avait été « induit en erreur ».
Dans sa réponse, l’élu conteste vigoureusement cette version, accusant le ministre de « dire une chose et son contraire ».

Monsieur le ministre de l’éducation nationale, dans votre réponse vous dites une chose et son contraire. Vous affirmez que j’ai été induit en erreur et pourtant vous avouez l’existence de ces achats effectués par vos services. 

Vous justifiez ces achats sous le prétexte qu’il s’agit de dépenses de fonctionnement que vous trouvez normales et régulières. Monsieur le ministre, au nom de « la gestion rigoureuse et utile de chaque franc CFA »  que vous revendiquez, aviez vous besoin de changer du neuf par du neuf ? Ces dépenses étaient elles nécessaires ? Du matériel de petit déjeuner à 650 000 F CFA, est ce une gestion utile de chaque franc ? 

Monsieur le ministre, le Sénégal, un des 30 pays les plus appauvris de la planète, n’est ni l’Europe ni l’Amérique pour que vous compariez vos pratiques dans le département de l’éducation à celles de leurs pays. 

Vous reconnaîssez les dépenses évoquées dans ma question écrite alors qu’il faut rationaliser parce que, notamment, l’Etat APR/BBY a plongé les finances publiques dans le gouffre. Le Jub, Jubal, Jubbanti, monsieur le ministre, c’est aussi prendre en compte et prioriser à partir de la rationalisation lancée par le PM et le PR. 

Vous parlez de « montant dérisoire » et de « détails ». Les sénégalais qui m’ont élu et élu le Président de la République qui vous a nommé sauront apprécier.

Monsieur le ministre pensez-vous que les populations concernées par les 29 questions écrites ci-dessous que je vous ai adressées à leur demande entre le 02 décembre 2024 et le 22 avril 2025 vont trouver « dérisoires » les montants que j’ai évoqués : 
1- lycée de Ndiodior
2- fermeture du lycée de Foundiougne
3- indemnités de direction pour les directeurs des cases des tout petits
4- CEM de Médinatoul
5- lycée de Peyrissac (Ziguinchor) 
6- ouverture du lycée technique de Ndouloumadji
7- CEM de Dinguiraye
8- actes d’intégration des enseignants
9- réhabilitation du lycée El Hadji Oumar Lamine Badji (Ziguinchor) 
10- À quand le démarrage de l’enseignement des langues nationales à l’élémentaire
11- situation des 68 enseignants communautaires de l’IEF de Pété
12- affaissement d’une dalle au lycée de Bambilor
13- Situation du lycée de Malika plage
14- commercialisation des dossiers d’intégration des enseignants à la fonction publique
15- besoins des écoles de Kafountine (Bignona) 
16- recrutement de 2000 enseignants
17- écoles élémentaires financièrement exsangues
18- Introduction ou renforcement de la pensée de Cheikh Anta Diop dans les programmes d’enseignement au Sénégal
19- insécurité au lycée scientifique d’excellence de Diourbel
20- le ministère de l’Education nationale a-t-il des archives ? 
21- construction du lycée Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké
22- urgence de la réfection du lycée de Sébikotane
23- équipement du CEM de Diagnon (Ziguinchor) 
24- Situation du lycée franco arabe de Ziguinchor
25- CEM de Lougré Thiolly
26- Bourse des élèves maîtres
27- Situation du lycée de Niague 
28- situation du CEM de Mbagam (Dagana) 
29- Absence de manuels en CE1 et CE2 depuis 10 ans 

Monsieur le ministre, vous avez oublié ou éludé ou mal compris ma  question relative au phénomène des « régularisations », pratiques qui peuvent entraîner des glissements dangereux vers la prévarication, dans l’octroi d’avantages indus. Votre ministère continue-t-il à pratiquer – je ne fais pas allusion ici aux mobiliers de votre bureau – ces « régularisations » ? Sont elles toujours justifiées ? Quand le montant d’un marché atteint un certain seuil, ces pratiques de « régularisation » peuvent-t-elles être compatibles à une concurrence réelle ? 

Monsieur le ministre, vous me demandez de « recentrer [mes] interventions sur les véritables enjeux du secteur de l’éducation » et vous ajouter que « la République a besoin de débats sérieux, rigoureux et documentés ». Monsieur le ministre, si mes 29 questions écrites ci-dessus rappellées ne vous semble ni sérieuses ni rigoureuses ni au coeur des enjeux du secteur de l’éducation, les 11 questions écrites suivantes que je vous ai envoyées entre le 18 avril 2024 et la dissolution de la 14e législature le sont-elles suffisamment pour vous: 
1- blocage inexpliqué depuis juillet 2023 de la formation des 800 animateurs polyvalents des cases des tout- petits
2- réintégration des 690 élèves-maîtres 
3- Pour des travailleurs sociaux en milieu scolaire
4- formation de huit (08) professeurs d’économie générale à l’ENSETP 
5- 25.000 FCFA de bourse pour les élèves maîtres des CRFPE
6- Quand le Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire (CAES) sera-t-il organisé ? 
7- L’exploitation par l’État du Sénégal des enseignants dits « décisionnaires »
8- Recrutement par l’État d’enseignants admis et admissibles à des diplômes professionnels de l’éducation 
9- situation des personnels des écoles sénégalaises de Gambie 
10- La situation des professeurs contractuels ou l’histoire d’une injustice d’État 
11- Mise en danger de la vie d’autrui au lycée El Hadji Mamadou Diouf de Foundiougne qui menace de s’effondrer 

Monsieur le ministre de l’éducation nationale, quand je vous ai adressé des questions écrites à propos du lycée de Peyrissac (Ziguinchor) (01), de la réhabilitation du lycée El Hadji Oumar Lamine Badji (Ziguinchor) (02), des besoins des écoles de Kafountine (Bignona) (03), de l’équipement du CEM de Diagnon (Ziguinchor) (04), de la situation du lycée franco arabe de Ziguinchor (05)… je vous parlais déjà en réalité du plan Diomaye pour la Casamance axé sur l’éducation. Quand j’interpelle vos collègues du gouvernement sur la situation à l’hôpital régional de Ziguinchor, sur l’électrification des villages de la Casamance, sur la gestion de la chambre de commerce de Ziguinchor, sur la gestion du port de Ziguinchor, sur la gestion foncière dans la commune de Médina Wandifa…je partage avec eux la contribution des populations au Plan Diomaye pour la Casamance et leurs attentes. Et j’en fais – avec les populations – un suivi de la transmission à la réalisation. 

Pour le type de députés dont la république a besoin monsieur le ministre, le peuple sénégalais souverain que je sers en vous faisant parvenir ses préoccupations à travers mes questions écrites que vous recevez me suffit comme boussole.

Monsieur le ministre, chaque fois que les citoyens voudront savoir commment vous gérez les crédit que j’ai votés en leur nom à l’Assemblée nationale pour votre département, vous recevrez une question écrite pour que vous leur rendiez compte. Monsieur le ministre, je ne vais pas attendre l’IGE ou la Cour des comptes. L’Assemblée nationale est la première IGE, la première Cour des comptes. Si l’Assemblée nationale assume bien son rôle, l’IGE et la Cour des comptes risquent d’aller au chômage ou voir leur travail fondre comme beurre au soleil car elle aura eu une posture qui privilégie la prévention et la dissuasion à la guérison. 

Monsieur le ministre, les défis auxquels nous faisons face actuellement ne sont rien comparés à ceux qui arrivent car les forces exloiteuses internes et externes ne vont pas nous laisser faire tranquillement notre projet pour un Sénégal souverain,  juste et prospère. Face à cette alliance des oppresseurs nous avons besoin de la mobilisation du peuple sénégalais. Celle-ci ne sera possible que si le peuple est satisfait de notre gestion de ce que vous appelez des montants « dérisoires » et des « détails ». 
GMS,

Coup de balai dans les médias : l’État ordonne la cessation immédiate de parution de plusieurs organes de presse

La liberté de la presse au Sénégal vient de connaître un nouveau choc. Plusieurs patrons de presse ont été convoqués à la Division de la Surveillance du Territoire (DST) où leur a été signifiée une cessation immédiate de leurs activités de parution. Cette mesure fait suite à l’arrêté n°011059/MCTN signé le 22 avril 2025 par le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, ordonnant l’arrêt de la publication, de la diffusion et du partage de contenus jugés non conformes au Code de la presse.

Dans un procès-verbal transmis à l’un des organes de presse concernés, le Directeur de la Surveillance du Territoire, Commissaire de Police Divisionnaire, a formellement enjoint l’arrêt sans délai de toute parution. En cas de non-respect, des sanctions prévues par les articles 194, 195 et 200 du Code de la presse seront appliquées, allant jusqu’à la suspension définitive et à des poursuites judiciaires.

L’arrêté ministériel, appliqué avec une rigueur soudaine, a surpris plus d’un. Pour beaucoup d’acteurs du secteur, la méthode employée suscite inquiétude et incompréhension. « On ne nous a laissé aucune marge de régularisation. C’est un couperet tombé du jour au lendemain », déplore un responsable de publication. Dans les rédactions touchées, c’est la stupeur, mêlée à une inquiétude pour la survie économique des structures et la préservation de la liberté d’informer.

En toile de fond de cette vague de suspensions, la question de la conformité au Code de la presse. Le 6 février dernier, le ministère de la Communication avait publié une liste officielle des médias dits “en règle”. Sur les 639 médias recensés au Sénégal, seuls 258 rempliraient les critères légaux, selon Habibou Dia, directeur de l’information au ministère. Les autres, soit 380 organes, sont accusés de fonctionner dans l’illégalité : absence de récépissé, direction non conforme, ou encore défaut de déclaration.

Mais pour de nombreux professionnels du secteur, cette opération ressemble moins à un assainissement qu’à une tentative de musellement. Certains y voient une volonté déguisée de réduire la pluralité de l’information et de mettre au pas les voix indépendantes ou critiques du régime. « On nous parle de régularisation, mais il n’y a eu ni préavis ni accompagnement », affirme un journaliste concerné.

Face à cette situation, les organisations de presse commencent à se mobiliser. Le Synpics, le Cored et d’autres structures corporatives prévoient de tenir des réunions de crise dans les jours à venir pour discuter de la riposte. Il pourrait s’agir d’interpellations publiques, de recours juridiques, voire de manifestations symboliques pour défendre le droit à l’information.

Cessation immédiate de parution : le ballet des patrons de presse à la DST
Cessation immédiate de parution : le ballet des patrons de presse à la DST

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°451 – 25/04/2025

🔴 VENTE D’OR BRUT : LE SÉNÉGAL PERD 36 MILLIARDS F CFA À L’EXPORT

🔴 ÉLECTION À LA PRÉSIDENCE DE LA FSF : AUGUSTIN SENGHOR SEUL AU MONDE
🔴 APRÈS SEPT ANS D’ATTENTE : L’AG DE LA LIGUE DE FOOTBALL DE DAKAR ENFIN CONVOQUÉE

Achat de matériel de petit-déjeuner à 650.000 F CFA : Guy Marius Sagna interroge Moustapha Guirassy

Le député Guy Marius Sagna a interpellé le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, sur une dépense controversée d’un montant de 650.000 F CFA, qu’il estime avoir été utilisée pour l’achat de matériel de petit-déjeuner. Cette question fait partie de huit interrogations écrites adressées par Sagna au gouvernement, juste avant son départ pour l’Inde, où il participe à un sommet mondial sur la justice.

Sur sa page Facebook, Sagna a détaillé les éléments de ses préoccupations, soulevant des doutes sur l’utilisation des fonds publics au sein du ministère. Le député a demandé si le ministre Guirassy avait effectivement engagé cette dépense pour l’achat de matériel de petit-déjeuner, mais aussi s’il avait fait l’acquisition d’autres biens, notamment un tapis iranien pour 1 million de francs CFA et un bureau neuf pour 2 millions de francs CFA, alors que l’ancien bureau était encore en état de fonctionner.

Cette interpellation met en lumière une fois de plus la question de la transparence dans la gestion des fonds publics au Sénégal, en particulier dans un contexte où les dépenses gouvernementales sont régulièrement remises en question. L’opposant Guy Marius Sagna, connu pour son engagement à défendre la bonne gestion des finances publiques, a vivement critiqué ces dépenses et exige des explications sur leur justification.

Pour l’heure, il reste à savoir comment Moustapha Guirassy et le gouvernement réagiront à ces accusations et si des éclaircissements seront apportés sur l’utilisation de ces fonds publics. La transparence sur les achats gouvernementaux est un enjeu crucial, notamment dans un contexte où l’opinion publique et les citoyens réclament une gestion plus rigoureuse et plus responsable des ressources publiques.

Dic : Demba Ngom, frère de Farba Ngom, placé en garde à vue

L’étau se resserre autour de l’entourage de Farba Ngom. Son frère, Demba Ngom, a été interpellé hier mercredi par les éléments de la Division des investigations criminelles (DIC), dans le cadre d’une enquête liée au rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Selon des sources proches du dossier, l’arrestation s’est faite sous la supervision d’une délégation judiciaire agissant sur mandat du doyen des juges d’instruction financier. Demba Ngom est actuellement en garde à vue et pourrait être présenté dans les prochaines heures devant le pôle judiciaire spécialisé dans les affaires économiques et financières.

Cette procédure s’inscrit dans un cadre plus large d’investigations portant sur de présumées irrégularités financières révélées par la CENTIF. L’organisme avait récemment transmis plusieurs dossiers aux autorités judiciaires, mettant en cause des circuits suspects de mouvements de fonds.

Il est important de rappeler que Farba Ngom, figure politique influente de l’ancien régime et ancien maire d’Agnam, est lui-même en détention provisoire dans une affaire retentissante impliquant 125 milliards de francs CFA. La mise en cause de son frère dans une affaire connexe ne fait qu’alimenter les spéculations sur l’étendue du réseau et la nature des montages financiers en cause.

L’enquête suit son cours, et de nouvelles interpellations ne sont pas à exclure, à mesure que les investigations se poursuivent.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°450 – 24/04/2025

🔴 REJET DE LA LOI INTERPRÉTATIVE PORTANT AMNISTIE : UNE RUSE POLITIQUE ?

🔴 AFROBASKET FÉMININ 2025 : TIRAGE AU SORT AVANTAGEUX POUR LES « LIONNES »
🔴 SÉRIE A / BLESSURE : FIN DE SAISON POUR ASSANE DIAO

Décision du Conseil Constitutionnel sur la loi interprétative : Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes réagit

Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes a réagi à la décision rendue par le Conseil Constitutionnel ce mercredi 23 avril 2025, qui a invalidé la loi interprétative de la loi d’amnistie. Cette décision a fait l’effet d’une onde de choc sur la scène politique sénégalaise et a suscité de vives réactions tant au sein de la majorité qu’à l’opposition.

Dans un communiqué de presse publié peu après la décision, le groupe parlementaire a exprimé sa satisfaction en soulignant que le verdict allait dans le sens de ses préoccupations. Selon le Conseil Constitutionnel, les crimes tels que l’assassinat, le meurtre, la torture, les actes de barbarie, et les traitements inhumains, cruels ou dégradants sont des crimes imprescriptibles, et ne peuvent en aucun cas être couverts par une loi d’amnistie.

L’argument principal du groupe Pastef les Patriotes repose sur le fait que cette décision confirme leur position de ne jamais laisser impunis les crimes de sang. Ce principe fondamental, selon eux, a été validé par l’instance juridique suprême du pays. Le communiqué précise également que la décision du Conseil Constitutionnel ouvre la voie à toutes les victimes de ces actes odieux, leur permettant désormais de porter plainte contre les responsables directs, mais aussi contre les commanditaires de ces actes.

Le Groupe Parlementaire Pastef a réaffirmé son engagement pour la justice, soulignant que la décision du Conseil Constitutionnel était une victoire pour toutes les victimes des violences politiques survenues entre mars 2021 et février 2024. En accordant aux victimes un droit à réparation, cette décision légitime les démarches de justice pour ceux qui ont souffert des agissements violents.

En outre, Pastef les Patriotes a insisté sur la nécessité pour la justice de tirer toutes les conséquences de cette décision, en toute indépendance. Le groupe parlementaire appelle la justice sénégalaise à agir avec rigueur et impartialité pour garantir que ces crimes ne soient pas seulement condamnés par les textes, mais aussi punis dans la réalité, en permettant ainsi une véritable réparation pour les victimes.

Cette décision du Conseil Constitutionnel est une étape décisive dans le débat politique et judiciaire du pays. Elle met en lumière la tension entre les aspirations à la réconciliation nationale et la nécessité de rendre justice pour les victimes. Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes se félicite d’avoir vu sa position validée par l’instance constitutionnelle, et maintient sa ligne de conduite sur la justice et l’équité.

Cependant, la question de la réconciliation reste un sujet épineux. Bien que la décision offre une nouvelle perspective pour les victimes, il est évident que les tensions entre les différentes forces politiques du pays ne s’apaiseront pas immédiatement. Pour les partisans de Pastef, la bataille pour la justice continue, et la réconciliation nationale ne pourra se faire que dans le respect des principes de vérité, de justice et de réparation.

En conclusion, cette décision marque un tournant dans le traitement des crimes politiques au Sénégal. Le Groupe Parlementaire Pastef les Patriotes a non seulement remporté une victoire légale, mais a également redonné de l’espoir aux victimes de violences, en leur offrant une voie légale pour réclamer réparation.

La justice devra désormais suivre ce chemin tracé par le Conseil Constitutionnel, en veillant à ce que l’équité et le droit prévalent, au-delà des jeux politiques.

Abdou Mbow réagit après le rejet de la loi interprétative : « Un pouvoir manipulateur et hors-la-loi »

La décision rendue ce mercredi par le Conseil constitutionnel, rejetant la loi interprétative de la loi d’amnistie, continue de provoquer de vives réactions dans la classe politique sénégalaise. Parmi les voix les plus critiques figure celle de Abdou Mbow, député et membre de la coalition d’opposition Takku Wallu. Celui-ci a rapidement réagi à ce verdict, qu’il considère comme un tournant dans la crise politique qui secoue le pays.

Dans une déclaration publique, Abdou Mbow a exprimé sa profonde déception, qualifiant la décision du Conseil constitutionnel de confirmation de la « dérive » du pouvoir actuel. Selon lui, le rejet de la loi interprétative, qui aurait permis d’étendre l’amnistie à certains faits, notamment liés aux violences politiques, révèle un manque flagrant de respect pour les règles constitutionnelles et démocratiques.

« J’avais prévenu les Sénégalais que nous avions affaire à un pouvoir manipulateur et hors-la-loi », a lancé le député, dénonçant ce qu’il considère comme une gestion autoritaire du régime. Il a estimé que cette décision mettait en lumière les dérives du gouvernement, et marquait un nouvel épisode de ce qu’il appelle une gouvernance illégale.

Pour Abdou Mbow, le rejet de la loi par le Conseil constitutionnel démontre clairement que le pouvoir exercé par Pastef est contraire aux principes de l’État de droit et à la Constitution. Il accuse le gouvernement actuel d’opérer en dehors des règles et de manipuler les institutions à des fins politiques. Le député a ajouté que ce verdict allait « précipiter le pays vers une crise institutionnelle » et souligné que la gestion des affaires publiques par le pouvoir en place était « incompétente ».

Il a également critiqué le gouvernement de Pastef, qu’il accuse de mettre en péril les fondements démocratiques du Sénégal. Abdou Mbow a exprimé son inquiétude quant à la manière dont les dirigeants actuels gèrent le pays. « Cette décision démontre une fois de plus que le pouvoir Pastef opère dans une illégalité totale. Les Sénégalaises et les Sénégalais doivent comprendre que ces dirigeants sont incompétents et vont précipiter notre pays vers des lendemains incertains », a-t-il insisté, appelant à la mobilisation de l’opposition pour contrer ce qu’il considère comme un danger pour la démocratie sénégalaise.

Cette déclaration d’Abdou Mbow s’inscrit dans une série de critiques formulées par l’opposition sénégalaise suite au rejet de la loi interprétative de la loi d’amnistie. L’opposition a vu dans cette décision une victoire de la Constitution et de la justice, qui ont rejeté une tentative de manipulation législative. Cependant, pour Abdou Mbow et d’autres figures de l’opposition, il ne s’agit pas simplement d’une question de légalité, mais aussi de la préservation des principes démocratiques du Sénégal.

L’opposition appelle ainsi à une réflexion collective sur l’avenir politique du pays et sur la manière dont les institutions peuvent être protégées des dérives autoritaires. Le rejet de la loi interprétative est vu par certains comme un symbole de la lutte pour la défense de l’État de droit.

Abdou Mbow conclut son intervention en réaffirmant son engagement envers la démocratie et la justice, tout en prévenant que le pays pourrait se retrouver dans une situation difficile si cette dynamique de non-respect des règles continue. Pour lui, « le salut est dans une gestion respectueuse des lois et des principes constitutionnels », et non dans des tentatives d’imposer une gouvernance par la manipulation.

Zahra Iyane Thiam après la décision du Conseil constitutionnel : « Oui à la reddition des comptes, non à la chasse aux sorcières »

La décision rendue ce mercredi par le Conseil constitutionnel, invalidant la loi interprétative de la loi d’amnistie adoptée le 2 avril, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre et membre de l’opposition, s’est exprimée à travers un message publié sur ses réseaux sociaux.

Dans sa déclaration, elle salue la décision du Conseil comme un signe fort du respect des principes de l’État de droit au Sénégal :
« Le Conseil constitutionnel a dit le droit : la loi interprétative est inconstitutionnelle. »

Mais au-delà de cette victoire d’ordre juridique, Zahra Iyane Thiam invite à l’élargissement de cette exigence de rigueur à d’autres domaines, notamment à la justice pénale. Elle évoque en particulier les enquêtes en cours sur les fonds Force Covid-19 ainsi que les révélations contenues dans le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques entre 2019 et 2024.

« Je ne doute pas que la justice pénale fera, elle aussi, preuve de la même impartialité dans le traitement des dossiers relatifs aux fonds Force Covid-19 et au rapport de la Cour des comptes sur les finances publiques 2019-2024. »

L’opposante appelle à une reddition des comptes sans calculs politiques, en tenant à distinguer entre justice et règlements de comptes.

« Oui à la reddition des comptes dans toute sa rigueur. Non au règlement de comptes et à la chasse aux sorcières. Dépassons rapidement cette période : le Sénégal est un bien commun. Au travail, le salut est collectif », conclut-elle.

Verdict du Conseil constitutionnel : Anta Babacar Ngom salue une « décision courageuse »

La décision du Conseil constitutionnel de déclarer anticonstitutionnelle la loi interprétative de la loi d’amnistie votée le 2 avril 2025 continue de faire réagir la classe politique. Dans le camp de l’opposition, les déclarations de satisfaction se multiplient, saluant une victoire de l’État de droit sur les tentatives d’instrumentalisation de la loi.

Parmi les premières voix à réagir figure celle d’Anta Babacar Ngom. Sur ses réseaux sociaux, la présidente du mouvement Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC) a tenu à exprimer sa satisfaction. Elle écrit :
« Le Conseil constitutionnel vient de confirmer ce que nous avons toujours défendu : la loi interprétative de l’amnistie de 2024 était inintelligible, inéquitable et illégale. Cette décision courageuse réaffirme la primauté du droit et la nécessité d’une justice équitable pour tous. »

La responsable politique, qui avait dès le départ dénoncé les dérives de cette loi interprétative, voit dans ce rejet une opportunité pour repartir sur des bases saines. Pour elle, la véritable réconciliation nationale passe nécessairement par la vérité, la justice et le pardon – non par l’oubli imposé.

« Restons mobilisés pour une véritable réconciliation nationale, fondée sur la vérité et le pardon. Félicitations au peuple sénégalais et à toute l’opposition parlementaire. Vive la démocratie ! Vive la justice ! Vive le Sénégal », a-t-elle conclu dans son message.

La sortie d’Anta Babacar s’inscrit dans une série de réactions saluant une décision qui, au-delà du droit, revêt une forte portée symbolique. Le rejet de la loi interprétative par le Conseil constitutionnel est perçu par l’opposition comme un rempart contre l’arbitraire législatif et un pas important vers une justice équitable et indépendante au Sénégal.

Rejet de la loi interprétative par le Conseil constitutionnel : Amadou Ba (Pastef) salue une victoire contre l’impunité

Le Conseil constitutionnel a tranché. Par sa décision rendue publique ce mardi 16 avril, il a déclaré anticonstitutionnelle la loi interprétative de la loi d’amnistie, adoptée le 2 avril dernier par la majorité parlementaire dominée par le parti Pastef. Cette loi visait à clarifier que certains crimes graves – notamment les assassinats, meurtres et actes de torture – ne sauraient être couverts par la loi d’amnistie votée en mars.

Cette décision du juge constitutionnel invalide de facto cette tentative d’interprétation de la loi initiale, consacrant ainsi la portée exclusive de celle-ci. En clair, elle ferme la voie à toute relecture parlementaire visant à exclure des faits liés aux violences politiques survenues entre mars 2021 et février 2024, notamment lors des épisodes de répression ayant fait plusieurs dizaines de morts.

Loin d’apparaître comme un revers politique pour les initiateurs du texte, la décision a été accueillie avec satisfaction par Amadou Ba, député de Pastef et principal auteur de la loi interprétative. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, il a salué ce qu’il considère comme une avancée pour la justice :
« Fin de l’impunité pour les crimes de meurtres, assassinats et tortures. Merci au Conseil constitutionnel. »

Cette réaction laisse entendre que pour le parlementaire, la loi d’amnistie adoptée en mars 2024 n’a jamais couvert les crimes de sang et de torture, conformément aux engagements internationaux du Sénégal. Ainsi, le Conseil constitutionnel ne fait, selon lui, que confirmer une lecture conforme à l’esprit de l’État de droit.

Cette interprétation rejoint celle exprimée par certains juristes, pour qui la décision du Conseil vient renforcer l’idée que la justice sénégalaise garde la possibilité de poursuivre les auteurs présumés d’actes graves, même dans un contexte post-amnistie. Reste à savoir si cette lecture prévaudra dans les prochaines semaines, alors que plusieurs plaintes ont déjà été annoncées contre des responsables de l’ancien régime.

Rejet de la loi interprétative par le Conseil constitutionnel : Juan Branco évoque la CPI et Macky Sall

L’avocat franco-espagnol Juan Branco, réputé proche du nouveau régime sénégalais, n’a pas tardé à réagir à la décision du Conseil constitutionnel sénégalais invalidant la loi interprétative de l’amnistie. Dans une publication sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’auteur de Le Procès de Macky Sall estime que cette décision pourrait avoir des conséquences judiciaires majeures.

Selon Juan Branco, cette décision « facilite la saisine de la Cour pénale internationale par les autorités du Sénégal à l’encontre de Monsieur Macky Sall ». Il considère qu’en rejetant la loi votée par la majorité parlementaire de PASTEF – qui visait à clarifier que les crimes de sang et actes de torture n’étaient pas couverts par l’amnistie votée en mars – le Conseil constitutionnel a renforcé la possibilité pour l’exécutif de Dakar d’engager des procédures internationales.

« La voie est désormais ouverte pour que le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko initient une telle démarche, s’ils le souhaitent », a ajouté l’avocat.

Cette sortie intervient dans un contexte où les débats autour de la reddition des comptes, de la justice transitionnelle et de l’impunité sont particulièrement sensibles. Le rejet de la loi interprétative, perçu par certains comme un revers politique pour la majorité, est en réalité considéré par d’autres, dont Juan Branco, comme une opportunité juridique de relancer certains dossiers douloureux du passé récent du Sénégal.

Décision sur la loi interprétative : Ousmane Sonko contre-attaque et dénonce une récupération politicienne

Dans une longue déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, Ousmane Sonko, Président de PASTEF – Les Patriotes et actuel Premier ministre, est revenu avec vigueur sur la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi d’interprétation de la loi d’amnistie portée par le député Amadou Ba. Si l’opposition y a vu une « claque juridique » infligée à la majorité parlementaire, le leader des Patriotes soutient, au contraire, que la décision conforte la logique et l’esprit de la proposition.

« Je me serais bien gardé de me prononcer si les résidus d’opposition ne s’étaient pas précipités dans une tentative désespérée de récupération politicienne », écrit-il d’emblée. Pour lui, cette décision ne constitue pas un désaveu mais une confirmation : la loi initiale d’amnistie adoptée en mars 2024 excluait déjà, de par sa formulation, les crimes les plus graves tels que les assassinats, meurtres, actes de torture ou traitements inhumains.

Sonko rappelle que la proposition de loi interprétative n’avait qu’un objectif : préciser davantage que ces infractions graves ne tombaient pas sous le coup de l’amnistie. En somme, « ce que le groupe parlementaire Pastef a proposé, le Conseil constitutionnel l’a confirmé », affirme-t-il, en se référant au considérant 31 de la décision qui souligne la non-inclusion des crimes de sang dans la loi initiale, en conformité avec les engagements internationaux du Sénégal.

Le Conseil constitutionnel a en revanche jugé que la loi interprétative était juridiquement superflue, ce qui a motivé son invalidation. Mais pour Sonko, cela ne remet aucunement en cause les effets de la loi d’amnistie en vigueur, notamment pour les faits liés aux manifestations politiques entre février 2021 et février 2024.

Très offensif dans sa prise de parole, Ousmane Sonko accuse une frange de l’opposition de chercher à assimiler les luttes politiques à des actes de barbarie, dans le seul but de « renvoyer des milliers de patriotes dans des geôles où ils ont tant souffert ». Il qualifie cette opposition d’« indigente », « haineuse » et incapable d’accepter que des Sénégalais aient payé un lourd tribut pour leurs opinions politiques.

Il appuie également son argumentaire sur l’ordonnance de non-lieu rendue le 27 janvier 2025 par le doyen des juges d’instruction, qui conclut à l’extinction de l’action publique contre lui-même et le président Bassirou Diomaye Faye, sur la base de la loi d’amnistie.

Alors que la classe politique se divise sur la portée de la décision du Conseil, Ousmane Sonko la retourne à son avantage et y voit un point final : « le Conseil n’a relevé aucun autre motif d’inconstitutionnalité, fermant ainsi définitivement toute possibilité de recours contre l’amnistie ».

Les nominations en conseil des ministres du Mercredi 23 Avril 2025

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES,

le Président de la République a pris les décisions suivantes : Au titre du Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères :

Monsieur Mouhamed KONATE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 606 883 I, est nommé Secrétaire général adjoint au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Malick DIOUF, appelé à d’autres fonctions ;
Monsieur Babacar BA, Administrateur civil, matricule de solde n° 611 532 B est nommé Directeur de l’Intégration africaine et du Panafricanisme au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, et Responsable du Bureau national de la CEDEAO ;

Monsieur Talla GUEYE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 531 E, est nommé Directeur de la Coopération bilatérale africaine au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères ;  Monsieur Mamadou Mounsir NDIAYE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 499 D, est nommé Directeur des Organisations internationales 4 au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Pierre FAYE, appelé à d’autres fonctions ;

Madame Cathy DIAGNE THIOYE, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 487 E, est nommée Directeur Asie, Pacifique et Moyen-Orient au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Ousmane DIOP, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur Abdoulaye KEITA, Conseiller des Affaires étrangères, matricule de solde n° 624 500 C, est nommé Directeur Europe, Amérique et Océanie au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, en remplacement de Monsieur Ousmane Camara DIONGUE, appelé à d’autres fonctions ;

Monsieur El Hadji Abdoul Karim CISSE, Économiste, titulaire d’un Master en Méthodes statistiques et économétriques, est nommé Directeur des Sénégalais de l’Extérieur au Ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-Parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Communique du conseil des ministres du Mercredi 23 Avril 2025

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 23 avril 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République. A l’entame de sa communication, le Président de la République a présenté les condoléances de la Nation et a exprimé sa compassion à la communauté catholique, suite au décès du Souverain pontife, Sa Sainteté le Pape François. Le Pape François fût un homme de foi et de paix, particulièrement engagé et attaché à la justice sociale, notamment à la défense des couches les plus vulnérables. Dans le contexte des célébrations de la fête de Pâques, il a adressé ses chaleureuses félicitations à la communauté chrétienne et a prié pour un Sénégal de paix, de prospérité et de solidarité. Le Chef de l’Etat a abordé la problématique du développement de la recherche et de l’innovation dans l’agenda national de transformation. L’ambition pour un Sénégal souverain, juste et prospère, place la recherche et développement et l’innovation au cœur de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques.

A ce titre, il a demandé au Ministre chargé de la Recherche et de l’Innovation de finaliser, avant fin juin 2025, la cartographie de la recherche et de l’innovation en indiquant les infrastructures et les équipements disponibles, mais également le capital humain national mobilisé dans la sphère publique et le secteur privé. Le Président de la République a indiqué au Premier Ministre et au Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et aux Ministres en charge de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique en particulier, la nécessité de travailler à la validation, avant fin août 2025, d’un document de politique nationale de recherche et d’innovation impliquant les acteurs publics et privés, les universitaires, les chercheurs, les industriels et toute autre partie prenante. Il a aussi demandé au Premier Ministre d’assurer la mise en cohérence, la supervision des programmes ministériels d’investissement dans la recherche, la promotion de l’innovation et de veiller à leur convergence avec les besoins sectoriels du pays.

Le Chef de l’Etat a souligné le caractère fondamental de la valorisation des résultats de la recherche et de nos capacités d’innovation dans les lettres de politique sectorielle, les stratégies industrielles, numériques et technologiques définies, les programmes et projets déployés. Il a indiqué, en outre, l’importance du soutien de l’Etat à la création d’entreprises technologiques et de laboratoires de recherche, au renforcement adéquat des écoles d’ingénieurs et des instituts de recherches mais aussi au financement et à l’accompagnement adaptés au développement de la recherche et de l’innovation.

A cet effet, le Président de la République a demandé au Premier Ministre, au Ministre en charge de la Recherche et au Ministre des Finances et du Budget de rationnaliser toutes les aides et l’essentiel des fonds publics destinés à la recherche, dans le cadre d’un Fonds national pour le Développement de 1 la Recherche et de l’Innovation, avec de nouveaux mécanismes de mobilisation et d’allocation de ressources à travers des contrats de performance intégrant des objectifs de résultats bien ciblés.

Dans ce sillage, il a demandé au Premier Ministre, de mettre en place un Conseil national de la Recherche et de l’Innovation pour matérialiser la nouvelle politique de recherche et d’innovation endogène et arrimée aux meilleurs standards internationaux. Pour clore ce chapitre, il a magnifié la participation remarquable de la délégation sénégalaise au 50ème Salon international des Inventions de Genève tenu du 09 au 13 avril 2025 et adresse ses vives félicitations aux lauréats.

Le Président de la République est revenu sur la question de l’amélioration et de l’attractivité du Sénégal et de l’optimisation des procédures dans la transparence en vue d’accélérer la mise en œuvre des programmes et projets. En effet, l’attractivité et la compétitivité de l’économie nationale s’érigent en priorités. A cet égard, il a indiqué au Gouvernement que le déploiement performant de l’Agenda national de Transformation exige une maitrise parfaite des procédures administratives et de passation des marchés mais également de toutes les actions visant la réalisation, dans les délais, des infrastructures, programmes et projets financés dans le cadre du budget de l’Etat et du partenariat public-privé. Il a aussi demandé au Premier Ministre de veiller à la finalisation de la réforme relative au Code des Investissements ainsi qu’à la célérité requise des structures publiques dans l’instruction optimale et transparente des dossiers d’investissements privés crédibles et conformes aux priorités de la Vision Sénégal 2050.

Dans le même élan, il a appelé le Premier Ministre à travailler à la certification des procédures notamment au sein de l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP) et de la Direction centrale des Marchés publics (DCMP) pour plus de célérité dans le traitement des dossiers tout en garantissant la transparence. Le Chef de l’Etat a réitéré au Gouvernement, aux Centrales syndicales, au Patronat et à toutes les forces vives de la Nation son attachement constant au dialogue et à la concertation comme méthode de gouvernance. Dans ce contexte de renforcement conséquent du dialogue social tripartite (Etat, Patronat, Syndicats), il a demandé au Ministre en charge du Travail de faire le point sur le processus de conclusion du Pacte national de Stabilité sociale, l’état de prise en charge des cahiers de doléances des centrales syndicales en perspective de la fête du travail, le 1er mai 2025, et les enseignements et recommandations du rapport 2024 sur les statistiques du marché du Travail.

Enfin, le Président de la République a informé le Conseil qu’il présidera, jeudi 24 avril 2025, la cérémonie d’ouverture de la quatrième édition de la Conférence sociale placée sous le thème de l’employabilité et de l’emploi des jeunes. À l’entame de sa communication, le Premier Ministre a souligné que les opérations de reddition de comptes en cours, conformes aux engagements électoraux de Monsieur le Président de la République, sont une exigence dans une démocratie. Il a relevé qu’un tel exercice doit aller de pair avec la mise en œuvre des actions requises pour bâtir une patrie forte souveraine et prospère portée par un sursaut national face aux nombreux défis à surmonter dans le contexte de la situation critique des finances publiques. À cet égard, il a informé le Conseil que le Gouvernement présentera, dans les prochains jours, au peuple sénégalais et aux partenaires techniques et financiers, un plan structuré, détaillé et chiffré de relance, adossé à l’Agenda national de Transformation systémique du pays.

 Le Premier Ministre a ensuite axé sa communication sur la prise en charge des enfants de la rue et sur le phénomène de la mendicité publique et du vagabondage en général. Concernant la prise en charge des enfants de la rue, le Premier Ministre a marqué la forte préoccupation du Gouvernement face à ce phénomène de violation grave des droits de l’enfant garantis par le Constitution du Sénégal et les divers textes internationaux. Il a rappelé les différentes initiatives prises par le Sénégal, notamment la « Stratégie de protection de l’enfant », le Projet « Zéro enfant en situation de rue » et le « Programme de Modernisation des Daara », qui n’ont pas produit les impacts attendus. Un nouveau paradigme s’impose donc dans le contexte de la Vision Sénégal 2050 qui place l’avenir de l’enfant au cœur de la promotion d’un capital humain de qualité et de la promotion de l’équité sociale. Il s’agira de parvenir, une fois pour toutes, au retrait des enfants en situation de rue et à leur réinsertion socio-économique.

Dans cette perspective, le Premier Ministre a soumis à Monsieur le Président de la République la proposition faite par le Ministre de la Famille et des Solidarités, relative à l’organisation des Assises de la petite enfance destinées notamment à proposer des solutions concrètes, durables et adaptées au contexte sénégalais, en synergie avec l’ensemble des parties impliquées, sur la base de l’identification précise des obstacles qui entravent l’éradication du phénomène des enfants en situation de rue.

Sur la base des directives arrêtées par le Chef de l’Etat, il a invité le Ministre de la Famille et des Solidarités à prendre les dispositions appropriées pour la bonne organisation de ces Assises, en relation avec les Ministres chargés de la Justice, de la Santé et de l’Action sociale, de l’Education nationale ainsi que de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Abordant le phénomène relatif à la lutte contre la mendicité publique et le vagabondage, le Premier Ministre a déploré son accentuation malgré un arsenal légal dissuasif et la mise en place d’organes dédiés. Il a rappelé les dispositions légales pertinentes relatives à l’incrimination de la mendicité, du vagabondage et de l’exploitation de la mendicité d’autrui ainsi qu’à la protection des victimes d’exploitation de la mendicité et à la protection de l’enfant en danger. Sur cette base, il a engagé les Ministres chargés de la Justice, de la Famille, de l’Intérieur et de la Sécurité publique, des Forces armées ainsi que des Affaires étrangères de lui soumettre, au plus tard fin octobre 2025, une stratégie de riposte à présenter à l’approbation de Monsieur le Président de la République. Cette stratégie devra couvrir, entre autres, les axes suivants : – la mendicité des mineurs, par des mesures d’opérationnalisation de la Brigade spéciale de protection des mineurs, devant permettre l’identification des parents de tout mineur trouvé dans la rue et éventuellement des personnes chargées de sa garde afin que des poursuites puissent être engagées à leur encontre ; – la mendicité des étrangers, par des mécanismes de concertation avec les pays d’origine pour le retour organisé de leurs ressortissants et par l’application des mesures d’éloignement dès la prise des décisions de condamnation à leur égard.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement a fait une communication sur l’état d’avancement des projets de construction et d’équipement de centres de formation professionnelle ;
Le Ministre de l’Industrie et du Commerce a une communication sur le PROMOGEN et la lutte contre les incendies dans les marchés ;
 Le Ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions a fait une communication sur le déroulement de la 4ème Conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité au Sénégal, la préparation de la fête internationale du travail et les travaux relatifs au pacte de stabilité sociale.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,

Le Conseil a examiné et adopté : – le projet de décret portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Comité d’appui au pilotage de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (CAP-ANTESRI) ; – le projet de décret relatif à la commercialisation des aliments destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants.

Une grande victoire pour le peuple (Babacar MBAYE Ngaraf Mbaye Ngaraf)

Senegalais dont la maturité et la solidité des institutions se sont encore illustrées .
-Les citoyens, à travers lasa société civile ont exprimé ( sans casse , ni incendie) leur rejet de cette loi interpretative

  • l’opposition de manière responsable a usé de son droit en saisissant le conseil constitutionnel
  • ⁠-la justice l a dit le droit.
    Il importe de se rendre compte à l’évidence: personne ne veut de cette loi d’amnistie qu’il convient d’appeler «  loi kén begoul ». Par conséquent il faut une «  abrogation totale » purement et simplement. Après on pourra aller vers «  vérité et réconciliation » pour faire face aux grands défis économiques qui nous interpellent

  • Babacar MBAYE Ngaraf Mbaye Ngaraf
    Alliance Sauver Sauver le Sénégal

Quand la vérité triomphe du vacarme – Réflexion après la décision du Conseil Constitutionnel ( Par Badara Gadiaga )

J’ai été insulté. J’ai été menacé. J’ai été traité de tous les noms pour avoir dit, haut et fort, ce que beaucoup murmuraient en silence : la loi interprétative portant amnistie était une grave dérive juridique et politique. Une tentative maladroite de restreindre une loi déjà contestée, au risque de fragiliser davantage notre socle démocratique.

Aujourd’hui, le Conseil Constitutionnel me donne raison. Par sa décision n°1/C/2025, il a rejeté sans ambiguïté cette loi, rappelant deux principes fondamentaux du droit :

On ne peut rétroactivement aggraver le sort de bénéficiaires d’une loi pénale plus clémente, même sous couvert d’interprétation. On ne peut amnistier des crimes imprescriptibles, au risque de violer les engagements internationaux du Sénégal.

Cette décision est plus qu’un rejet juridique. C’est un souffle de vérité et d’équilibre dans un climat où la justice est souvent instrumentalisée. Et surtout, c’est un rappel fort à tous les acteurs politiques : le droit n’est pas un outil de circonstance. Il est la boussole de notre vivre-ensemble.

Je suis heureux de voir le Conseil Constitutionnel jouer pleinement son rôle, en gardien de notre Constitution et non en arbitre partisan. C’est, faut-il le rappeler, la plus prestigieuse juridiction de notre pays.

Je félicite l’opposition parlementaire qui a eu le courage de saisir cette instance. Je salue le travail de la société civile, de la presse libre, des citoyens engagés, qui n’ont cessé de sonner l’alerte. Mention spéciale à nos forces de défense et de sécurité, injustement pointées du doigt dans une tentative de manipulation politique que je n’hésite pas à qualifier de honteuse.

Comme je le dis souvent : il n’y a pas d’alternative à la justice. Il est temps de tourner la page de la politique politicienne. Travaillons. Réparons. Bâtissons.

Ku nek ci deug, boul ragal wëtt.

Celui qui est dans le vrai ne doit jamais craindre de rester debout.

Le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba

Coup de théâtre à l’Assemblée nationale. Le Conseil constitutionnel sénégalais a rendu publique, ce mercredi, une décision lourde de conséquences : la loi d’interprétation de la loi d’amnistie, introduite par le député Amadou Ba et adoptée le 2 avril dernier, a été déclarée contraire à la Constitution.

Ce texte, soutenu par le groupe parlementaire majoritaire Pastef, avait pour objectif de « clarifier » certaines dispositions de la loi d’amnistie votée sous le régime de Macky Sall. Une loi promulguée en mars 2024, qui couvrait les infractions commises dans le cadre des événements politiques survenus entre février 2021 et février 2024. C’est grâce à elle que plusieurs figures majeures de l’opposition d’alors, dont l’actuel président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, avaient pu recouvrer la liberté.

Mais la loi d’interprétation, adoptée dans un contexte de tensions politiques persistantes, avait suscité une levée de boucliers au sein de l’opposition parlementaire et de plusieurs organisations de la société civile. Ces derniers y voyaient une tentative de restreindre la portée de la loi d’amnistie, voire de permettre un réexamen judiciaire de certains cas pourtant déjà couverts par le texte initial.

Saisie par un groupe de députés, l’institution juridictionnelle suprême a estimé que cette loi d’interprétation portait atteinte à la Constitution, notamment à la séparation des pouvoirs et à la sécurité juridique. En clair, une loi d’amnistie ne peut faire l’objet d’une réinterprétation législative a posteriori sans porter atteinte à sa portée et à son esprit initial.

Avec cette décision, le Conseil constitutionnel vient remettre les pendules à l’heure, tout en confortant la légitimité de la loi d’amnistie initiale. Pour le camp présidentiel, il s’agit d’une victoire sur le terrain juridique et d’un signal fort envoyé à ceux qui tenteraient, selon certains juristes, de manipuler les textes à des fins politiques.

Reste à savoir quelles seront les répercussions de cette décision sur le travail parlementaire et les équilibres politiques au sein de l’Assemblée nationale, où les débats restent très tendus entre majorité et opposition.

Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)
Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)
Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)
Sénégal : le Conseil constitutionnel invalide la loi d’interprétation portée par Amadou Ba (Décision du Conseil constitutionnel)

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°449 – 23/04/2025

🔴 ÉCONOMIE, PÊCHE, EMPLOI… : TAS EN MODE BULLDOZER
🔴 RÉFORMES « AMBITIEUSES » OU DICTÉES ? : LE SÉNÉGAL FACE AUX EXIGENCES DE WASHINGTON

🔴 CAN FUTSAL FÉMININ : LES LIONNES RUGISSENT FACE À MADAGASCAR (5-5)
🔴 LIGUE 1 : JARAAF TRACE SA ROUTE, TEUNGUETH ET AJEL SORTENT LES GRIFFES

Crise multidimensionnelle au Sénégal : Thierno Alassane Sall dresse un constat accablant sur la situation économique

Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 22 avril à Dakar, Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV) et ancien ministre de l’Énergie, a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « crise multidimensionnelle profonde » au Sénégal. Selon lui, plusieurs secteurs clés de l’économie nationale sont aujourd’hui en grande souffrance, pendant que le pouvoir en place donne l’impression de fuir ses responsabilités.

« Nous assistons à une aggravation silencieuse mais dangereuse des conditions de vie des Sénégalais, face à laquelle l’État reste sourd et passif », a déclaré l’ex-ministre. Il fustige l’absence de réformes urgentes et structurelles, dans un contexte où les tensions sociales et économiques s’amplifient.

À Saint-Louis, la crise dans le secteur de la pêche artisanale ne cesse de s’aggraver. Thierno Alassane Sall pointe du doigt la gestion désastreuse de la brèche, dont l’ouverture incontrôlée, selon lui, a causé la mort de près de 40 pêcheurs en une année. Il accuse l’État d’inaction, soulignant que « malgré les alertes, aucune mesure de sécurisation adéquate n’a été prise ».

Autre facteur aggravant : la raréfaction des subventions publiques, notamment pour les moteurs et les équipements, qui rend les conditions de travail de plus en plus précaires. « Nos pêcheurs sont livrés à eux-mêmes pendant que d’autres pays, comme la Mauritanie, injectent massivement dans la modernisation de leur secteur halieutique », déplore-t-il.

L’ancien ministre a également dressé un bilan inquiétant du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), pilier traditionnel de la croissance et de l’emploi. Selon lui, le chiffre d’affaires des cimenteries a chuté de 25 %, un signal fort du ralentissement de l’activité.

Il évoque également une baisse importante des importations de fer à béton et de matériaux de construction, signe d’un désengagement généralisé. Ce repli économique entraîne une vague de licenciements dans les entreprises du secteur, aussi bien dans les chantiers publics que privés.

« Les carrières tournent au ralenti, des entreprises ferment, et des milliers de familles se retrouvent sans revenu stable », a-t-il averti.

Le chômage constitue un autre sujet d’inquiétude pour Thierno Alassane Sall. Il avance le chiffre de plus de 20 800 emplois perdus récemment, sans que l’État ne communique clairement sur les plans de sauvegarde ou de reconversion.

Il dénonce également l’opacité des procédures de recrutement dans la fonction publique et les sociétés d’État, parlant de « copinage politique » au détriment de la compétence et de la transparence.

Pour Thierno Alassane Sall, cette accumulation de dysfonctionnements est le reflet d’un pouvoir « dépassé, incohérent et sourd aux appels des citoyens ». Il invite le gouvernement à changer de cap urgemment, en adoptant une gouvernance basée sur la rigueur, la transparence et le dialogue.

« Si rien n’est fait rapidement, nous courons tout droit vers un effondrement économique et social », a-t-il averti, en appelant à un sursaut national.

Thierno Alassane Sall charge le régime : « Ils sont incapables, bavards et méchants »

Dans une sortie médiatique très attendue, Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV) et député à l’Assemblée nationale, a tenu une conférence de presse au ton particulièrement offensif à l’égard du régime actuel dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko. Très critique, il n’a pas hésité à qualifier les responsables du parti Pastef de « personnes incapables, incompétentes, bavardes et méchantes », dénonçant ce qu’il considère comme une gestion chaotique et idéologique du pouvoir.

Prenant la parole devant un parterre de journalistes et de militants, Thierno Alassane Sall a affirmé que les débuts du nouveau régime sont loin d’être rassurants. Il a exprimé son inquiétude quant à l’absence de réponses concrètes aux urgences économiques et sociales du pays. Selon lui, la situation actuelle exigeait des actes forts et pragmatiques, mais le gouvernement semble davantage préoccupé par la communication et la revanche politique.

Il s’est notamment insurgé contre ce qu’il qualifie de « mépris du pouvoir pour les travailleurs », pointant du doigt le silence des autorités face aux revendications sociales qui s’accumulent dans plusieurs secteurs, notamment dans l’éducation, la santé et les finances publiques. « Je me demande comment un État sérieux peut fouler aux pieds les urgences en faisant la sourde oreille face aux revendications des travailleurs », a-t-il déclaré, en référence notamment aux mouvements de grève et aux tensions dans les universités publiques.

Le député a aussi exprimé son indignation face au retard pris dans le déroulement de l’année universitaire, qu’il attribue à une mauvaise anticipation du ministère de l’Enseignement supérieur. Pour lui, ce retard est un symptôme de plus d’une gouvernance improvisée, incapable de répondre aux attentes de la jeunesse.

Concernant l’économie, Thierno Alassane Sall estime que le pays traverse une phase critique, marquée par des incertitudes et des tensions dans les circuits de financement. Il accuse le gouvernement d’avoir aggravé la situation par une politique économique qu’il qualifie d’idéologique, fondée sur des discours populistes plutôt que sur des mesures concrètes de relance.

Au-delà des critiques, le président de RV appelle le gouvernement à un sursaut de responsabilité. « Le peuple n’a pas élu des révolutionnaires de salon. Il attend des résultats, pas des slogans », a-t-il lancé. Il a exhorté les dirigeants à abandonner les logiques de revanche et d’exclusion pour enfin se consacrer aux réformes de fond, notamment dans l’administration publique, la fiscalité et l’éducation.

La sortie de Thierno Alassane Sall intervient dans un contexte politique tendu où l’opposition commence à s’organiser face au pouvoir, après la période de grâce post-élections. Ce discours marque un tournant dans les relations entre la République des Valeurs et Pastef, deux formations qui, bien que très différentes, s’étaient parfois retrouvées sur le terrain des libertés publiques sous le régime de Macky Sall.

Aujourd’hui, la rupture semble consommée, et Thierno Alassane Sall entend jouer pleinement son rôle d’opposant. « Nous serons là pour rappeler à ce régime ses promesses, mais aussi ses limites. Le Sénégal mérite mieux que cette gestion émotionnelle du pouvoir », a-t-il conclu.

Printemps du FMI et de la Banque mondiale : le Sénégal avance vers un nouveau programme avec des réformes ambitieuses

En marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Washington, le Sénégal a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de repositionnement économique. Le lundi 21 avril 2025, une rencontre de haut niveau s’est tenue entre la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et une délégation sénégalaise conduite par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.

Cette réunion s’inscrit dans le cadre des discussions en cours entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, en vue de la mise en place d’un nouveau programme de coopération économique. L’objectif est de jeter les bases d’un partenariat renouvelé, fondé sur la transparence, la responsabilité budgétaire et la mise en œuvre de réformes structurelles ambitieuses, selon un communiqué officiel du ministère des Finances.

La délégation sénégalaise comptait dans ses rangs le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, le ministre Secrétaire général du Gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lo, le ministre conseiller économique spécial du Président de la République, Alle Nar Diop, ainsi que le Directeur national de la BCEAO pour le Sénégal, François Sene. Cette forte présence ministérielle témoigne de l’importance stratégique accordée à ce partenariat par les nouvelles autorités sénégalaises.

Alors que le pays sort d’une période marquée par les séquelles économiques de la pandémie de Covid-19, la montée de la dette publique et les tensions sociales liées au coût de la vie, les nouvelles autorités cherchent à redéfinir le cadre de coopération avec les bailleurs. Les discussions visent à mettre en place un programme de soutien macroéconomique centré sur la maîtrise du déficit budgétaire, la réduction des dépenses improductives, la promotion de l’investissement public efficace et la lutte contre la mauvaise gouvernance.

Ce nouveau partenariat devrait également intégrer une dimension sociale forte, avec une attention particulière accordée à la protection des populations vulnérables. L’objectif est de favoriser une croissance inclusive, tout en assurant une meilleure gestion des finances publiques et en renforçant la souveraineté économique du pays.

Kristalina Georgieva a salué la démarche proactive des nouvelles autorités sénégalaises et exprimé la volonté du FMI d’accompagner le pays dans la réalisation de ses objectifs. Elle a insisté sur l’importance de l’inclusivité, de la transparence et de la bonne gouvernance pour assurer le succès des réformes envisagées.

Cette rencontre intervient à un moment décisif pour le gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye, qui a promis de rompre avec les pratiques du passé. La conclusion d’un accord crédible avec le FMI constituera un signal fort, tant pour les partenaires internationaux que pour les citoyens sénégalais, sur l’engagement du nouveau régime à asseoir une gouvernance économique rigoureuse et équitable.

Mise en accusation devant la Haute Cour de justice : Moustapha Diop et Mansour Faye ouvriront le bal à l’Assemblée

Le processus de reddition des comptes entamé par les autorités sénégalaises franchit une nouvelle étape décisive. Deux anciens ministres du gouvernement de Macky Sall, Moustapha Diop (Industrie) et Mansour Faye (Équité sociale et territoriale), seront les premiers à comparaître devant la commission parlementaire en vue de leur mise en accusation devant la Haute Cour de justice. C’est ce que révèle L’Observateur dans son édition du mardi 22 avril 2025.

Ces auditions s’inscrivent dans le cadre des suites judiciaires liées à la gestion controversée du programme « Force Covid-19 ». Lors d’un point de presse tenu plus tôt, le procureur général près la Cour d’appel de Dakar, Me Mbacké Fall, avait annoncé que cinq anciens ministres étaient mis en cause. Outre les deux précités, il s’agit de Matar Bâ (Sports), Abdoulaye Diop (Culture) et Abdoulaye Diouf Sarr (Santé).

Le rapport accablant de la Cour des comptes a mis en lumière de nombreuses irrégularités, notamment des décaissements non justifiés, l’attribution de marchés fictifs à des proches, et le paiement de prestations inexistantes. Des faits qui, selon le parquet général, pourraient constituer des délits de détournement de deniers publics, de concussion, d’escroquerie et de corruption.

La commission parlementaire, chargée d’examiner les charges retenues contre les mis en cause, jouera un rôle clé dans la suite de la procédure. Si les éléments sont jugés suffisants, elle pourra recommander leur renvoi devant la Haute Cour de justice, seule juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Cette affaire, parmi les plus médiatisées depuis la pandémie, réactive le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics. Pour de nombreux citoyens, cette procédure marque un tournant dans la lutte contre l’impunité des élites politiques. Reste à savoir si les accusations déboucheront sur des sanctions exemplaires ou si le processus s’enlisera dans les lenteurs institutionnelles.

La balle est désormais dans le camp de l’Assemblée nationale.

Réponse aux 61 « universitaires » au nom de nos héros muets

Réponse aux 61 « universitaires » au nom de nos héros muets « La vengeance est, comme on dit, le plaisir des dieux ; cela coûte très cher ».


Que l’on maudisse le président sortant qualifié de tyran, qui sera toujours mieux que vos protégés, cela est naturel. Mais cela en est d’une lâcheté sans nom de vouer aux gémonies nos forces de défense et de sécurité dont on est sûr qu’elles n’apporteront aucune réponse car tenues par l’obligation de réserve.
S’élever, se lever, comme une race de rapaces ambitieux pour entrer dans les petits papiers du roitelet c’est l’imagination folle d’ignorants. Qui vous a donc mandatés pour s’exprimer en son nom ? Cette fois, ils sont au nombre de 61 signataires. Qu’est-il-arrivé aux 161 autres soldats ? Pourquoi avons-nous l’impression qu’ils fonctionnent sur commande, par procuration et toujours en sens unique pour les propagandistes ?


« Universitaire » et « intellectuel » ne riment pas avec sectarisme et chapelle politique.
C’est un braquage moral et sémantique.
« Machiavel n’était pas républicain mais démocrate »
C’est ce que semble nous indiquer cette élite borgne et sans mémoire. Dans toute organisation socio-politique, il y a des gouvernants et il y a le peuple. Ce peuple ne réclame pas de gouverner mais essentiellement d’être gouverné correctement. Les plus avertis comprennent très bien ce langage ; « ainsi nous formons une corporation légitime dans chaque domaine et en quelque sorte de représentants du peuple, dont la vraie fonction, sous couleur, est d’apporter jusqu’à nous le discours vindicatif d’un pouvoir revanchard, autocrate et surtout incapable de porter les attentes populaires ».


Pendant ce temps, au Sénégal, les libertés individuelles sont de plus en plus bafouées et celles collectives de plus en plus restreintes. L’on peut être privé de liberté pour un simple écart de langage et parallèlement les interdictions de marche se multiplient sous le glaive émasculé de nos marchands d’illusions, travestis en laudateurs et fanatiques zélés qui voudraient que les faveurs soient uniquement pour leurs fidèles. Installés confortablement dans votre déni, vous ferez mieux de mettre votre « grand savoir » de troubadours au profit de ce gouvernement pour redorer l’image de la diplomatie sénégalaise. Quel échec pour vos protégés, après vaines tentatives de présenter l’Etat du Sénégal, sous l’ancien régime, comme un Etat faussaire. Ils entrevoient certainement les strapontins qui leur sont promis.
Dommage pour ces fossoyeurs de l’Université qui forment désormais une corporation pour la défense des intérêts moraux et matériels du duo Sonko/Diomaye. De vrais imposteurs ! Cherchez l’erreur…
« Entre 2021 et 2024, des dizaines de manifestants pacifiques ont été tués par les forces de sécurité »
Le terme « pacifique » vaut son pesant d’or en dépit de la violation du principe de la présomption d’innocence, le b-a-ba de la faculté de penser.
Et à présent que vous vous êtes substitués à la justice, quelle est la sentence que vous infligerez à ces « fédayins » ayant saccagé des milliers de magasins et autres biens publics et privés sous l’injonction du Seigneur du « gatsa gatsa » qui accessoirement demandait à ses affidés d’envahir le domicile présidentiel, de l’y extraire et lui faire subir le même traitement que Samuel DOE ?
Chers « universitaires », politiciens encagoulés, où étiez-vous lorsque l’UCAD, temple du savoir et votre lieu de travail, fut incendiée vive par des jeunes qui scandaient le nom de Ousmane SONKO ? Ce que l’on remarquera c’est un silence assourdissant et complice.
Nous sommes clairement ici dans le cas d’une usurpation de fonction. Qui l’eut cru ? Qui a intérêt à tronquer la réalité ? Qui a intérêt à faire oublier son appel au « mortal combat » ? Qui veut faire oublier ses appels incandescents à la violence ? N’est-ce pas le rôle d’un intellectuel à s’interroger sur toutes ces questions afin que la vérité jaillisse ? Chers universitaires, enlevez vos cagoules et politisez-vous !
La marque de fabrique d’un universitaire c’est d’avoir le courage de ses idées. Dénoncer la loi d’amnistie et se taire sur une supposée loi d’amnistie partielle est une forme de dégénérescence intellectuelle.
Cette loi d’amnistie négociée est une trahison mais celle partielle est une tragédie. N’est ce pas une belle occasion de demander son abrogation ? Sartre n’avait-il pas raison d’assimiler les intellectuels à « des gens qui, ayant acquis quelque notoriété par des travaux qui relèvent de l’intelligence, abusent de cette notoriété pour sortir de leur domaine et se mêler de ce qui ne les regarde pas ».
« Cette nomination ne peut être interprétée que comme une capitulation morale ou, pire, comme une instrumentalisation politique… »
Sur ce, les méthodes de PASTEF n’ont avec la démocratie de commun que le nom qu’on leur accroche injustement. Imaginez un seul instant qu’un Premier ministre du régime sortant s’époumoner de sa concupiscence à l’égard de l’autorité judiciaire et du ministre de l’intérieur en les qualifiant « d’autorités politiques » et de ses prérogatives à disposer de son droit de vie ou de mort à l’endroit de ses opposants ? Nous imaginons déjà les déclarations à l’emporte-pièce sous les hululements de la société servile à la volonté du prince. Nous imaginons le tollé que cela aurait fait. C’est exactement ce qu’a fait Ousmane Sonko en période de campagne électorale. Ce qui décrédibilise un tant soit peu votre fausse stature « gardien de la démocratie ».
N’étiez-vous pas au fait du parjure du président de la République qui convoqua une session de l’Assemblée nationale avant de la dissoudre la veille le 12 septembre 2024 ? «
Ces gens auront autre chose à faire que d’être députés à l’Assemblée nationale » avait d’ailleurs déclaré le Sieur Ousmane Sonko un mois avant ladite dissolution, lors d’une activité au sein de la primature, le 4 septembre. Plus inquiétant ce sont les raisons avancées pour délégitimer la représentation nationale selon le même Président de la République en marge des débats sur la loi d’orientation budgétaire qu’il qualifia de « culte du blocage ».
Les jeunes africains ont hâte de savoir à quelles propositions l’élite procédera face à la dépression des marchés suite à la guerre économique que mène TRUMP au reste du monde ? Quels impacts pourraient avoir les nouveaux outils de l’intelligence artificielle sur la relance de l’activité économique ? Quelle sera la nouvelle économie dans un monde post-guerre entre la Russie et l’Ukraine ? Avec quelle monnaie ? Voici des questions qui méritent contributions pour une élite en manque de délires psychotiques.
« Il est des cas où celui qui se prétend intellectuel ne doit plus se contenter de vœux pieux et de déclarations d’intention, mais donner à ses écrits un prolongement concret ».
Espérons qu’à l’avenir vous serez plus préoccupés par vos nominations que celles qui font de l’ombre à vos protégés surtout qui mettent en lumière des compatriotes fussent
t-il des anciens présidents. Signataires

  1. Dr Mouhamed Ben DIOP – Ingénieur financier. Président parti Pass-Pass
  2. Dr Madior LY – Vacataire à l’UCAD/FLSH
  3. Mamadou CISSÉ – Journaliste
  4. Mouhammadou Moustapha MANÉ – Président mouvement Les Républicains
  5. Moussa SY – Docteur en Histoire
  6. Babacar SUBĀ – PhD, Évolution, écosystèmes, microbiologie et modélisation
  7. Aminata LÔ – Consultante en communication
  8. Soya Diagne – CEO Dakarois Communication
  9. Cheikh Doudou MBAYE – MPH, Politique et Gestion des Systèmes de Soins en Santé
  10. Cheikhna Cheikh Saadbou KEITA – Commissaire à la retraite
  11. Bachir FOFANA – Journaliste éditorialiste
  12. Abdoul Burhan DIA – Senior Analyst / Produits dérivés financiers.
  13. El Hadji Baba GUEYE – Directeur Finances & Marchés publics
  14. Cheikh Ahmed Tidiane SALL – Coordinateur Rassemblement des Patriotes du Sénégal
  15. Saliou Diallo – Informaticien
  16. Marieme GUEYE – Logisticienne
  17. Souleymane SEYE – Ingénieur en biologie médicale
  18. Mame Thierno Mbacke FALL – Ingénieur chercheur en génie électronique
  19. Sidiki Abdoul DAFF – Professeur à la retraite
  20. Jeannot KANE – Juriste
  21. Hady ANNE – Software specialist & activiste des droits des migrants Montréal Canada
  22. Serigne Diery FALL – Gestionnaire des établissements et organisations de la santé
  23. Pascal OUDIANE – Professeur d’université
  24. Bamba Rayya DIOP – Informaticien
  25. Abdourahmane SOW – Président de la Dynamique Populaire les Volontaires
  26. Ousmane N’DIADÉ – Principal à la retraite
  27. Alioune Fall DIOP – Professeur de science à New Jersey
  28. Marieme BA – Professeure certifiée d’Anglais / Académie de Versailles
  29. Abdoul Aziz DÈME – Ingénieur informatique
  30. Moussa Omar BÈYE – Chef de projet ERP, chargé de projet au ministère de la cybersécurité et du numérique du Québec
  31. Daouda AW – Journaliste
  32. Mounirou THIOUNE – Ingénieur hydrogéologue
  33. Amy FALL – Enseignante
  34. Fatima CISSÉ – Chargée de clientèle
  35. Stéphane NDIONE – Président Mouvement ALIE
  36. Ababacar DIOP – Juriste en droit des affaires
  37. Mor THIAM – Manager d’entreprise
  38. Me Ousmane THIAM – Avocat au barreau de Dakar
  39. Abdoulaye SOW – Professeur de philosophie
  40. Babacar NDONG – Business Developper Responsable PDS
  41. Emile NDIAYE – Programmeur CNC
  42. Ndiawlem DIOP – Commerçante
  43. Dr Amadou TALL – Financier
  44. Cheikh Tidiane KANDÉ – Journaliste, auteur-essayiste.
  45. Alioune Dia – Responsable juridique
  46. Modou SÈNE – Géologue/Environnementaliste Pétrolier, Texas, USA
  47. Marieme SARR – Coordonnatrice Sécurité
  48. Amadou KANE – Ingénieur informatique
  49. Mame mor LOUM – Commerçant
  50. Serigne Salif SOW – Commerçant
  51. Issakha Ba – Enseignant
  52. Babacar LY Dioss – acteur culturel à Thiès
  53. Papa Malick YOUM – Professeur d’anglais
  54. Aïcha DIACK – Infirmière
  55. Soukeyna SECK – Enseignante, Consultante dans le secteur de la petite enfance & Syndicaliste
  56. Abdoulaye Moussa KEBE – Journaliste
  57. Penda THIAM – Directrice de la rédaction du Dakarois Quotidien
  58. Adama KANE – Instituteur
  59. Bara SENE – Maitre Coranique
  60. Mouhamed DIEYE – Instituteur
  61. Daouda Faoura SOW – Doctorant en Droit Public
  62. Souleymane SOUMARE – Ingénieur Génie Civil

DIVISION SPÉCIALE DE LA CYBERSÉCURITÉ : La journaliste Fatou Kama convoquée

La journaliste Fatou Kama, collaboratrice de la téléweb sur YouTube, « DiasporaNews », a été convoquée ce mardi 21 avril à 10 heures par la Division de la Cybersécurité (DSC). Contactée par la rédaction du « Dakarois Quotidien », elle affirme n’avoir reçu aucune précision sur les raisons de cette convocation. « L’enquêteur m’a juste dit que c’est sur ordre du procureur. Il ne m’a rien expliqué de plus », déclare-t-elle.
Cette convocation intervient dans un contexte tendu. En effet, l’administrateur de la plateforme « DiasporaNews », plus connu sous le pseudonyme de « Sarr le Sénégalais d’Allemagne », a diffusé ce dimanche une vidéo dans laquelle il menace ouvertement le Gouvernement sénégalais. Dans ses propos, il laisse entendre qu’une « attaque » pourrait être menée si quelque chose arrivait à Abdou Nguer, un chroniqueur actuellement placé en détention provisoire pour « diffusion de fausses nouvelles ».
Pour l’heure, la journaliste reste sereine. Reste à savoir si cette convocation débouchera sur une audition ou sur une mesure plus contraignante.
Par ailleurs, Anna Sambou, ancienne employée de la chaîne YouTube, est également attendue à la DSC ce mercredi, selon nos confrères de Pressafrik.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°448 – 22/04/2025

🔴 DISPARITION DU PONTIFE LE LUNDI DE PÂQUES : SOUS LES RAMEAUX DE LA FOI LE PAPE REJOINT LE ROI
🔴 TRIBUNE : RÉPONSE AU 61 « UNIVERSITAIRES » AU NOM DE NOS HÉROS MUETS

🔴 ZIGUINCHOR / TOURNOI FM CUP : « FOOTBALL MISSION » PROMEUT LES TALENTS LOCAUX
🔴 CHAMPIONNAT D’AFRIQUE SCOLAIRE U15 (GARÇONS) : TIRAGE CORSÉ POUR LE SÉNÉGAL

Santé numérique : Aliou Sall et Ibrahima Sy jettent les bases d’un partenariat stratégique

Dans le cadre de l’opérationnalisation du New Deal Technologique, les ministres Alioune Sall, en charge du Numérique, et Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Action sociale, ont tenu une rencontre de travail mardi dernier. Cette réunion marque une volonté commune de faire entrer le système de santé sénégalais dans une nouvelle ère grâce aux technologies numériques.

Au centre des échanges, le projet phare du Dossier Patient Numérique a occupé une place de choix. Ce dispositif structurant vise à moderniser la gestion des données médicales au Sénégal en permettant une meilleure traçabilité, un accès simplifié aux antécédents médicaux et une prise en charge plus rapide et plus efficiente des patients. Il s’inscrit dans une dynamique globale de transformation digitale des établissements de santé, tant publics que privés.

Les deux ministres ont également abordé l’élaboration en cours d’un projet de loi sur la santé numérique. Ce futur texte entend poser les bases d’un cadre légal adapté à l’évolution rapide des technologies appliquées à la santé. Il s’articulera autour de trois axes majeurs : la protection rigoureuse des données médicales sensibles, l’encadrement juridique de la télémédecine, de l’intelligence artificielle et des objets connectés, et enfin la sécurisation des échanges d’informations entre professionnels de santé.

Cette rencontre illustre la volonté du gouvernement de bâtir des passerelles solides entre les secteurs du numérique et de la santé. En misant sur l’innovation et la collaboration intersectorielle, les autorités espèrent renforcer l’efficacité du système sanitaire, tout en assurant un haut niveau de sécurité et de confidentialité des données des citoyens.

À travers ce partenariat stratégique, le Sénégal pose ainsi les premiers jalons d’une santé plus intelligente, plus inclusive et résolument tournée vers l’avenir.

Mise en accusation de Macky Sall pour haute trahison : « Guy Marius Sagna cherche le buzz », selon Abdou Mbow

Invité de l’émission Face au jury sur PressAfrikTV HD ce dimanche 20 avril, le député Abdou Mbow a abordé plusieurs sujets d’actualité, notamment la Haute Cour de justice, dont il est l’un des membres récemment élus. Magistrat parlementaire de cette institution exceptionnelle, il a tenu à rappeler le sérieux de sa mission. « Mes collègues députés m’ont fait confiance et ont voté pour que je devienne magistrat au sein de la Haute Cour de justice. J’ai prêté serment en jurant de garder secret les délibérations et que je resterais impartial », a-t-il affirmé.

Alors que cinq anciens ministres de Macky Sall sont aujourd’hui cités dans le cadre de l’affaire du Fonds Force Covid-19 pour détournement présumé de deniers publics, Abdou Mbow a expliqué le processus en cours. Si l’Assemblée nationale reçoit les dossiers, c’est le président qui convoquera la Commission des lois. Celle-ci examinera les éléments et soumettra un rapport à la plénière. « Si on arrive à ce niveau, je ferai ce que mon intime conviction me dictera », a-t-il précisé, soulignant son attachement à l’indépendance et à la rigueur du travail parlementaire.

Mais ce passage médiatique a surtout été marqué par sa réaction à la récente proposition de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall, formulée par le député Guy Marius Sagna pour haute trahison, notamment en lien avec la gestion de la dette publique. Une initiative que l’élu de l’opposition a jugée disproportionnée, voire opportuniste. « Guy Marius Sagna cherche le buzz. On ne doit pas jouer avec les institutions de la République », a-t-il tranché.

Sur le plan juridique, Abdou Mbow a tenu à apporter des précisions essentielles. Il a rappelé que le concept de haute trahison n’est ni défini dans la Constitution du Sénégal, ni dans le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. « C’est une notion vague. Dans les pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni ou le Bénin, la haute trahison est clairement définie : elle concerne les atteintes à la sécurité de l’État ou la collusion avec l’ennemi en temps de guerre », a-t-il expliqué.

Le parlementaire a mis en garde contre toute tentative d’instrumentalisation politique des institutions, appelant à faire preuve de responsabilité dans le traitement des affaires publiques. Selon lui, le débat autour de la dette et du déficit budgétaire ne saurait justifier une telle accusation. « Au Sénégal, on parle de déficit budgétaire et de dettes. Si ce sont ces deux choses qui sont à l’origine de la mise en accusation de Macky Sall pour haute trahison, celui qui dirige ce pays actuellement (Bassirou Diomaye Faye) doit donc être envoyé à la guillotine », a-t-il lancé, provocateur, en référence aux 4500 milliards de francs CFA empruntés par le nouveau régime en huit mois d’exercice.

Par cette sortie médiatique, Abdou Mbow affirme son positionnement au sein du nouveau paysage parlementaire tout en défendant l’équilibre des institutions républicaines, à l’heure où le Sénégal est engagé dans une nouvelle ère politique.

Maodo Malick Mbaye rompt le silence : « Je n’ai jamais posé d’acte délictuel dans la gestion de l’ANAMO »

Après une longue période de silence, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANAMO), est enfin sorti de sa réserve. Dans une déclaration publique, il a tenu à laver son honneur face aux accusations implicites ou supposées liées à sa gestion à la tête de l’ANAMO.

« Je n’ai posé aucun acte délictuel dans la gestion du dossier en question », a-t-il affirmé d’emblée, balayant d’un revers de main toute idée de malversation ou de faute de gestion. Plus précis encore, il ajoute : « S’il y’a imitation de signature, le coupable est clairement identifié », mettant en évidence une éventuelle falsification indépendante de sa volonté ou de son implication.

Mbaye insiste sur le fait que le dossier en question « ne concerne pas les Fonds COVID ni aucun corps de contrôle ». Une manière pour lui de dissiper toute confusion avec les nombreux scandales financiers liés à cette période trouble de la pandémie.

Revenant sur son départ de l’ANAMO, Maodo Malick Mbaye rappelle : « Après ma démission volontaire de la tête de l’ANAMO, je suis resté 8 mois au Sénégal pour tout besoin post-fonction ». Il précise également qu’il n’a « jamais été convoqué par la justice avant » son départ du pays, rejetant ainsi l’idée d’une fuite ou d’un départ précipité.

Depuis trois ans, il affirme diriger une organisation de médiation de droit marocain, basée à Rabat. « Ma prise de fonction à Rabat a été rendue publique. Et l’ambassade du Sénégal au Maroc est informée de mon séjour », conclut-il, insistant sur la transparence de ses activités actuelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°447 – 19 ET 20/04/2025

🔴 PRÉSUMÉ DÉTOURNEMENT D’OBJECTIF DES FONDS RELATIFS À LA COUVERTURE DE LA CAMPAGNE ÉLECTORALE DES LÉGISLATIVES 2024 À L’APS : PLUMES BRAQUÉES SUR MOMAR DIONGUE
🔴 DEMANDE D’AVIS AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR UNE TROISIÈME CANDIDATURE DE MACKY SALL : LES « 7 SAGES » REFROIDISSENT AMADOU BA

🔴 REMISE DE DRAPEAUX AUX SÉLECTIONS NATIONALES : LA MINISTRE GALVANISE LES TROUPES
🔴 CHAMPIONNANT NATIONAL DE JUDO DU SÉNÉGAL : L’ASFA CÉLÉBRÉE

CAP et CEAP : Fin de l’attente pour 2 432 enseignants, 21 nouveaux arrêtés signés

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a signé vendredi 21 arrêtés d’admission au Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP) et au Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP), apportant une grande satisfaction à 2 432 enseignants à travers le pays. Cette décision met fin à une longue période d’attente pour de nombreux professionnels du secteur éducatif.

Cette nouvelle vague d’admissions fait suite à une série de progrès significatifs réalisés depuis mai 2024. En moins d’un an, ce sont 10 512 enseignants qui ont obtenu leurs arrêtés, un chiffre bien supérieur à celui des années précédentes, avec seulement 6 517 admissions en 2022 et 5 727 en 2023. Cette augmentation représente une amélioration notable et traduit la volonté des autorités de répondre de manière plus efficace aux attentes du corps enseignant.

Cette avancée s’inscrit dans le cadre d’une volonté globale de moderniser et de réformer le système éducatif sénégalais. Parmi les initiatives en cours, la mise en place de la plateforme numérique XPV est l’un des projets phares. Cette plateforme vise à dématérialiser les procès-verbaux relatifs aux examens professionnels, réduisant ainsi les délais de traitement et apportant une plus grande transparence dans les procédures administratives liées aux concours.

Le développement de cette plateforme s’inscrit dans un processus plus large de digitalisation des procédures de gestion des examens et concours. Ce projet vise à résoudre l’un des problèmes récurrents signalés par les syndicats : les lenteurs administratives. En facilitant l’accès et le traitement des informations via des outils numériques, le ministère espère ainsi fluidifier les processus et offrir une gestion plus rapide et plus efficace des examens pédagogiques.

Cette initiative a été saluée par une partie du personnel enseignant, qui attend désormais la mise en œuvre concrète de ces réformes sur le terrain. Le ministre Guirassy a souligné que cette évolution vers une gestion plus transparente et numérique des examens et des concours devait marquer un tournant dans le système éducatif, pour répondre aux attentes des enseignants, mais aussi garantir un meilleur suivi des parcours professionnels.

Trois questions, trois ministères : les clarifications du gouvernement à Guy Marius Sagna

Le député Guy Marius Sagna a récemment obtenu des réponses officielles à trois questions écrites adressées à différents ministères. Ces questions portent sur trois sujets sensibles : un projet de dépotoir à Tobor dans la région de Ziguinchor, les soupçons de financement d’organisations LGBT par le Canada, et les retards de paiement des enseignants vacataires du Centre de Formation Artisanale (CFA) de Dakar. Les ministères concernés ont apporté des éléments de réponse, dévoilant certains aspects de la gestion gouvernementale et des tensions sociales en cours.

Dans une lettre transmise au ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Daouda Ngom, a clarifié la situation du projet de dépotoir à Tobor. Il a précisé que « la gestion des ordures ménagères relève du ministère de l’Urbanisme à travers la SONAGED ».

Après la fermeture de la décharge de Mamatoro, les autorités locales avaient envisagé trois sites alternatifs : Baghagha, Coubalan et Tobor. C’est finalement ce dernier qui a été retenu à l’issue d’une concertation menée avec certaines franges de la population. Toutefois, le ministre reconnaît que le rejet du projet par d’autres habitants démontre « la complexité de la problématique de la gestion des déchets » et appelle à une démarche plus inclusive, pour éviter les tensions sociales et garantir l’acceptabilité des projets d’infrastructure.

Dans une autre réponse, le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères a abordé les allégations selon lesquelles le Canada financerait des organisations faisant la promotion des droits LGBT au Sénégal. Le ministère affirme n’avoir reçu « aucune information ou donnée pertinente » permettant d’étayer cette thèse.

Il a souligné que le Sénégal reste « fermement attaché à ses valeurs culturelles et religieuses », et que toutes les coopérations internationales se déroulent dans le respect strict des lois sénégalaises. Le ministère a également cité une déclaration du président Macky Sall à la tribune de l’ONU : « Aucune nation ne devrait imposer aux autres ses pratiques ou ses valeurs comme des normes universelles ». Enfin, le ministère se dit disposé à ouvrir des enquêtes si des cas avérés sont portés à sa connaissance.

La troisième question concernait les retards de paiement des enseignants vacataires du Centre de Formation Artisanale de Dakar. Dans sa réponse, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a reconnu que les enseignants n’ont pas encore été payés en raison de « contraintes budgétaires ».

Les fonds destinés au paiement de ces vacataires sont logés dans le Fonds d’Appui à l’Artisanat. Cependant, le budget de l’année 2024 n’a pas permis de débloquer les crédits nécessaires. Le ministère assure avoir pris les dispositions pour intégrer cette dépense dans le cadre de la loi de finances 2025, bien que le compte concerné ne soit toujours pas alimenté à ce jour. Il promet que « toutes les dispositions seront prises dès que les fonds seront disponibles » afin de régler la situation dans les meilleurs délais.

Badara Gadiaga défie Ousmane Sonko : « La peur a changé de camp »

Le ton monte dans le landerneau politico-médiatique sénégalais. Après le placement sous mandat de dépôt du chroniqueur Abdou Nguer, le célèbre analyste Badara Gadiaga a réagi avec vigueur, pointant du doigt une dérive autoritaire du pouvoir en place. Dans un message empreint d’émotion et de détermination, le chroniqueur de l’émission Jakaarlo Bi n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko.

« Je manifeste tout mon soutien à mon frère cadet Abdou Nguer. L’effaceur a décidé qu’il va nous effacer. Il a dépêché ses chroniqueurs, ses députés, ses directeurs généraux et ses ministres avant de sortir lui-même », a-t-il déclaré, dans une allusion à ce qu’il considère comme une stratégie délibérée de musellement des voix critiques.

Badara Gadiaga va plus loin, estimant que le pouvoir a perdu l’initiative dans la bataille de l’opinion :

« La peur a changé de camp car il a finalement abdiqué », a-t-il lâché, en réponse à la récente sortie musclée d’Ousmane Sonko contre les chroniqueurs, qu’il accuse de propager de fausses nouvelles ou de nuire à l’action du gouvernement.

Selon Gadiaga, les attaques contre les journalistes et analystes ne sont rien d’autre que des « aveux d’échec » de la part du Premier ministre. Pour lui, la démocratie sénégalaise, bien qu’ébranlée par ces événements, continue de résister :

« Le Premier ministre souffre et suffoque parce que la démocratie va continuer à respirer… la puissance ne réside qu’en Allah », a-t-il martelé, mêlant foi et conviction républicaine.

Cette sortie intervient dans un contexte tendu, où la liberté de la presse et d’expression est au cœur des préoccupations. L’arrestation d’Abdou Nguer, accusé de « diffusion de fausses nouvelles », suscite de nombreuses réactions au sein de la société civile et des milieux médiatiques. Pour Badara Gadiaga, ce climat délétère est révélateur d’une volonté de réduire au silence les voix dissidentes, alors même que la démocratie sénégalaise a toujours été citée en exemple dans la sous-région.

Entre les chroniqueurs et les autorités, le bras de fer semble désormais ouvert. D’un côté, les analystes comme Gadiaga dénoncent une dérive autoritaire ; de l’autre, le pouvoir tente de faire respecter ce qu’il considère comme les limites de la liberté d’expression. Le débat promet de rester vif dans les prochains jours, surtout si d’autres figures médiatiques venaient à être inquiétées.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°446 – 18/04/2025

🔴 AFFAIRE DES FONDS COVID-19 : LA JUSTICE SORT LES GRIFFES
🔴 RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES : PAPE MALICK NDOUR RIPOSTE

🔴 RÉVOLTE DANS L’ARÈNE : BRAS DE FER AUTOUR DES HORAIRES
🔴 D1 FÉMININE : AIGLES DE LA MÉDINA TIENT LA BARRE

Rapport de la Cour des comptes : Pape Malick Ndour conteste et publie un ouvrage pour se défendre

Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques continue de susciter des réactions. Ce jeudi 17 avril 2025, Pape Malick Ndour, figure de l’Alliance pour la République (APR) et ancien ministre de la Jeunesse, a tenu une conférence de presse pour exprimer ses réserves sur le document et présenter son ouvrage intitulé « Explications et mises au point ».​

Dans son livre, Pape Malick Ndour vise à apporter des éclaircissements sur les points soulevés par la Cour des comptes. Il critique notamment l’absence de respect du principe du contradictoire, affirmant que les anciens ministres des Finances n’ont pas été consultés pour répondre aux interpellations du rapport. Il souligne également des modifications inexpliquées dans la mission d’audit, remettant en question la transparence du processus.

Pape Malick Ndour a exhorté la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête parlementaire pour examiner les méthodes ayant conduit à l’élaboration du rapport de la Cour des comptes. Il estime que les conclusions de ce document sont surprenantes et méritent d’être éclaircies. ​

L’ancien ministre a également pointé du doigt des incohérences dans le rapport, notamment en ce qui concerne l’analyse de la dette publique. Il accuse le nouveau gouvernement d’avoir tenté d’intégrer dans la dette publique des financements privés et des facilités bancaires, ce qui irait à l’encontre des normes comptables habituelles. ​

La publication de « Explications et mises au point » par Pape Malick Ndour marque une nouvelle étape dans le débat autour du rapport de la Cour des comptes. En appelant à une commission d’enquête parlementaire et en critiquant la méthodologie du rapport, l’ancien ministre cherche à défendre la gestion financière du précédent régime et à remettre en question les conclusions de la Cour des comptes.​

Mise en accusation de Macky Sall : Pape Malick Ndour charge le régime et défend l’ancien président

Alors que l’Assemblée nationale est secouée par une proposition de loi introduite par le député Guy Marius Sagna visant à mettre en accusation l’ancien président Macky Sall pour haute trahison, son parti, l’Alliance pour la République (APR), a réagi vigoureusement ce jeudi 17 avril 2025.

Pape Malick Ndour, figure montante de l’APR et ancien ministre de la Jeunesse, a pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie d’acharnement politique. Selon lui, cette initiative portée par Pastef et soutenue par certains députés de la coalition au pouvoir n’aurait qu’un seul but : ternir l’image d’un homme d’État qui continue de briller à l’international.

« Depuis l’arrivée de ce régime, leur seul programme, c’est de salir la réputation de Macky Sall », a déclaré Pape Malick Ndour devant la presse.

Pour le responsable apériste, les réalisations de l’ancien président, tant sur le plan national que dans les sphères internationales, dérangent. Il estime que Macky Sall est victime d’un regard envieux de la part du nouveau pouvoir, qui peine à faire oublier ses débuts laborieux en matière de gouvernance.

L’ancien ministre rappelle que Macky Sall reste actif sur la scène diplomatique, participant à plusieurs sommets internationaux et assurant un leadership africain reconnu. Il appelle ainsi à « plus de responsabilité » de la part des nouvelles autorités, en évitant de transformer les institutions républicaines en « tribunaux politiques ».

Pape Malick Ndour n’a pas manqué de pointer ce qu’il considère comme une manœuvre de diversion destinée à masquer l’absence de résultats concrets de l’équipe dirigeante actuelle.

Pour rappel, la proposition de mise en accusation déposée par Guy Marius Sagna repose essentiellement sur la gestion de la dette publique sous Macky Sall, notamment dans le cadre de projets comme l’exploitation du gaz, l’endettement extérieur et la gestion des ressources naturelles.

Thierno Alassane Sall : « Abdou Nguer agace parce qu’il n’a ni la vulgarité des chroniqueurs du Projet, ni leur servilité aveugle »

Après l’emprisonnement du chroniqueur Abdou Nguer, placé ce jeudi sous mandat de dépôt par le juge du 3e cabinet, une vague de soutiens lui est manifestée. Le député Thierno Alassane Sall en fait partie. Pour le président de la République des Valeurs (RV), cet emprisonnement était prévisible. « Tous les Sénégalais savaient que son arrestation n’était qu’une question de jours. Abdou Nguer agace parce qu’il n’a ni la vulgarité des chroniqueurs du Projet, ni leur servilité aveugle », a indiqué TAS, remarquant que le jeune chroniqueur allie « une (im)pertinence caustique à une maîtrise de ses sujets qui insupportent au plus haut point l’exécutif, le Pastef et bon nombre de ses militants habitués à en proférer des vertes et des pas mûres ».

Au Sénégal, peste Thierno, « seuls les tribunaux pour mal-pensants tournent à plein régime. Pendant ce temps, l’économie piétine, les entreprises se languissent, et l’enseignement supérieur accumule près d’une année de retard. »

Le député pense qu’il faut s’inquiéter pour la croissance économique, qui prendra des proportions inquiétantes avec « des procès politiques qui font tourner les tribunaux à plein régime et qui vont hisser sans doute le Sénégal à des sommets encore jamais atteints. »

Lutte contre le gaspillage : Ousmane Sonko veut une administration exemplaire

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé ce jeudi une cérémonie d’installation des gestionnaires de l’énergie dans les administrations publiques. Un acte fort qui s’inscrit dans sa volonté affirmée de rationaliser les dépenses de l’État, particulièrement celles liées à la consommation d’énergie.

Face à un public composé de cadres de l’administration, de techniciens et d’observateurs de la vie publique, Ousmane Sonko a tenu un discours sans concession sur ce qu’il qualifie de « gaspillage structurel » dans les services de l’État.

Mobilier de bureau superflu, matériel informatique renouvelé sans justification, usage abusif des véhicules de fonction, déplacements non essentiels, consommation excessive d’eau et d’électricité… Le chef du gouvernement a énuméré les nombreuses dérives qui pèsent lourdement sur les finances publiques.

« Si nous voulons inciter les Sénégalais à adopter des comportements responsables, l’administration doit d’abord montrer l’exemple », a-t-il martelé, appelant à une véritable transformation culturelle au sein de la fonction publique.

Selon les chiffres avancés par le Premier ministre, le gaspillage énergétique dans les bâtiments publics coûterait chaque année près de 71 milliards de francs CFA à l’État. Une somme qu’il juge « colossalement injustifiée » et qui pourrait être réorientée vers des secteurs stratégiques comme l’éducation, la santé ou les infrastructures.

Prenant son propre comportement comme exemple, Ousmane Sonko a raconté :

« Si vous allez dans mon bureau au 8ᵉ étage en ce moment, vous n’y trouverez ni climatiseur ni lampe allumés. Ce sont de petits réflexes que nous devons intégrer et qui peuvent nous permettre d’économiser des milliards. »

Le Premier ministre a rappelé qu’il n’en est pas à son premier cri d’alerte. Dans son ouvrage publié en 2018, il dénonçait déjà les excès dans la gestion des ressources publiques. Une fois nommé chef du gouvernement, il dit avoir agi rapidement :

« Dès mon arrivée, j’ai signé une circulaire pour rationaliser plusieurs aspects de la gestion publique, malgré certaines résistances. »

Il cite même des exemples concrets : « Dans cette salle, il aurait suffi de baisser les rideaux pour éviter d’allumer les lumières. Ce ne sont pas de grosses chaleurs. Ce sont ces petits gestes, répétés partout, qui peuvent générer des milliards d’économies. »

Au-delà des mesures techniques et réglementaires, Ousmane Sonko a insisté sur la dimension éthique et civique du changement qu’il appelle de ses vœux. « La bonne gouvernance commence dans les détails », a-t-il conclu, appelant à une prise de conscience généralisée dans toutes les sphères de l’administration.

Cette sortie intervient dans un contexte où l’opinion publique attend des signaux forts en matière de rigueur budgétaire, d’exemplarité et de rupture avec les pratiques anciennes.

Accrochage armé à Mongone : un militaire blessé, un autre porté disparu

Une situation tendue prévaut actuellement dans le département de Bignona, plus précisément dans la localité de Mongone, où des affrontements ont opposé les forces de défense à un groupe armé. L’incident survient dans le cadre d’une opération militaire de grande envergure lancée par la Zone militaire n°5, suite à des exactions perpétrées à Djinaki dans la nuit du 13 avril.

Selon les informations communiquées par l’armée, un détachement militaire a été pris à partie par des hommes armés le 16 avril, alors qu’il menait une mission de ratissage. Le bilan provisoire fait état d’un militaire blessé et d’un autre porté disparu.

« Tous les moyens sont actuellement mobilisés pour retrouver notre frère d’armes », a indiqué une source militaire sous couvert d’anonymat. Le soldat blessé a été évacué vers une structure sanitaire et son état serait stable.

L’intervention militaire dans cette zone frontalière s’inscrit dans un contexte de résurgence de violences attribuées à des groupes armés non identifiés. Ces derniers auraient récemment ciblé des populations civiles et détruit des biens à Djinaki, semant la peur dans plusieurs villages environnants.

Les opérations de ratissage se poursuivent et les forces de défense entendent renforcer leur présence dans cette partie sud du pays pour restaurer la sécurité et rassurer les habitants.

La Zone militaire n°5 invite les populations locales à la vigilance, à la collaboration avec les forces de défense, et au calme, en attendant l’issue des opérations en cours.

Le cas Abdou NGuer : un symptôme alarmant d’un pouvoir fébrile

L’arrestation d’Abdou Guer illustre une fois de plus la fébrilité du régime actuel, incapable de tolérer la moindre critique. Cette panique, teintée de revanche et d’intolérance, révèle une incompétence manifeste, incapable de tenir des promesses, même celles sans coût financier ou dont les délais sont déjà dépassés.

Après avoir emprisonné Bougane Gueye Dany, Abou Diallo, Bah Diakhaté, Moustapha Diakhaté, Oumar Sow, Ahmet Suzanne Camara, Ardo Gningue, Assane Diouf…et envisageant probablement d’autres arrestations, le régime franchit une ligne rouge.

Comment justifier l’amnistie de ceux qui ont incendié des maisons, détruit des édifices publics, insulté des citoyens honnêtes, et volé des biens, tout en emprisonnant ceux qui osent exprimer une opinion divergente ?

Lorsque des dirigeants, condamnés pour contre-vérités avérées, sont tolérés, ils devraient avoir la décence de ne pas museler leurs compatriotes sous prétexte de diffusion de fausses nouvelles.

Thierno Bocoum
Ancien parlementaire
Président AGIR

« Diffusion de fausses nouvelles » : Abdou Nguer et son « fan » placés sous mandat de dépôt

Le chroniqueur de SenTV, Abdou Nguer, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi à l’issue de sa présentation devant le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il passera sa première nuit en prison, poursuivi pour « diffusion de fausses nouvelles », à la suite de propos tenus après le décès de Mamadou Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel.

Mais il n’est pas le seul à être derrière les barreaux. Pape Amadou Ndiaye Diaw, identifié comme l’administrateur du compte TikTok « Abdou Nguer Seul », a également été inculpé et écroué. Devant le juge, il a reconnu avoir publié sous ce pseudonyme le commentaire « une autopsie exigée », jugé provocateur et infondé.

Tout est parti de la sortie polémique d’Abdou Nguer, relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle il évoquait un climat d’insécurité dans le pays, citant le décès de Mamadou Badio Camara. Cette déclaration a conduit à l’autosaisine du procureur de la République, qui a rapidement ouvert une enquête.

Interrogé par les enquêteurs, le chroniqueur a nié être à l’origine du commentaire controversé, affirmant ne pas maîtriser suffisamment la langue française pour l’avoir écrit. Il a également déclaré ne pas être lié au compte ayant diffusé les propos en question.

Mais les investigations ont mené à Pape Amadou Ndiaye Diaw, qui a reconnu en être l’auteur. Il s’est présenté comme un simple fan d’Abdou Nguer, expliquant qu’il partageait régulièrement ses vidéos. Il a soutenu avoir repris un commentaire d’un autre internaute sans mauvaise intention, ce que n’a pas retenu la justice.

Les deux hommes font désormais l’objet d’une information judiciaire, ouverte pour diffusion de fausses nouvelles. Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des influenceurs et des internautes sur les réseaux sociaux, et sur les limites de la liberté d’expression dans un contexte politique et social sensible.

Entre exigence de justice et piège politique : la demande de mise en accusation de Macky Sall Par Souleymane Jules SENE

La demande de mise en accusation de l’ancien Président Macky Sall, portée par une frange de l’opinion et certains acteurs politiques, pourrait à première vue apparaître comme un acte de justice réparatrice. Mais à y regarder de plus près, elle porte en elle les germes d’un piège politique soigneusement tendu : celui d’enfermer le parti Pastef dans une logique revancharde, susceptible de fracturer davantage la société sénégalaise.

Car au-delà de la dimension juridico-politique, c’est bien le terrain de la politique politicienne qui est visé par certains. En acculant le pouvoir actuel à prendre une décision aussi lourde de conséquences, certains acteurs cherchent à tester sa cohérence, voire à provoquer un clivage entre l’élan populaire qui a porté Pastef au pouvoir et les réalités de l’exercice étatique. En somme, l’objectif caché pourrait être de faire vaciller la légitimité du pouvoir sur la base d’une promesse non tenue ou perçue comme reniée.

Face à cela, il est essentiel de reposer le débat sur une base sociale et démocratique solide. Il ne s’agit pas uniquement de juger un homme, mais de réconcilier le pays avec une gouvernance éthique, transparente et responsable. La question fondamentale devient alors : comment bâtir une justice transitionnelle qui serve l’intérêt général et non les intérêts partisans ?

En associant cette demande à une grande concertation citoyenne sur les mécanismes de redevabilité des anciens gouvernants, le Pastef pourrait repositionner cette affaire sur le terrain de la maturité politique. Plutôt qu’une simple mise en accusation, il s’agirait d’ouvrir un chantier national sur l’impunité, la vérité et la réparation, impliquant la société civile, les victimes, les institutions et les forces vives de la nation.

Ainsi, le piège se transforme en opportunité au lieu d’être vu comme un parti en quête de « vengeance », Pastef incarnerait une nouvelle vision de la justice, apaisée, inclusive et tournée vers l’avenir. Une justice sociale qui restaure la confiance, plutôt qu’elle ne creuse davantage les divisions.

Affaire de fausses nouvelles sur le décès de Badio Camara : Abdou Nguer et son « fan » face à la justice

Poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles, le chroniqueur Abdou Nguer et Pape Amadou Ndiaye Diaw, présenté comme son admirateur, ont été déférés au parquet mercredi. L’affaire, qui a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, a été confiée au juge du troisième cabinet, avec un réquisitoire du ministère public demandant leur placement sous mandat de dépôt.

Auditionné par les gendarmes, Abdou Nguer a reconnu être propriétaire de deux comptes TikTok : « Abdou Nguer Officiel » et « Awa Nguer ». Il a toutefois nié être l’auteur du message polémique publié sur un autre compte intitulé « Abdou Nguer seul », dans lequel on pouvait lire : « Le peuple réclame une autopsie du défunt Badio Camara ».

L’intéressé s’est défendu en affirmant qu’il ne sait pas écrire en français au point de produire un tel message. Il a également soutenu que son propos sur le fait que « le pays n’est plus sûr » faisait référence à l’actualité du moment, notamment l’affaire Moustapha Ba, présumé tué selon certaines déclarations officielles, le décès du directeur du Budget, ou encore le cambriolage au Trésor.

Quant à Pape Amadou Ndiaye Diaw, il a reconnu être le propriétaire du compte « Abdou Nguer seul ». Il a déclaré n’avoir aucun lien personnel avec Abdou Nguer, mais se considère comme un fan, qui partageait régulièrement ses vidéos sur TikTok.

Interrogé sur le commentaire incriminé, Diaw a indiqué avoir simplement capturé une réaction d’un autre abonné, sans en mesurer la portée. Une défense jugée insuffisante par le parquet, qui a transmis le dossier au juge d’instruction avec demande de mise en détention provisoire.

Abdou Nguer et Pape Amadou Diaw seront fixés sur leur sort ce jeudi, à l’issue de leur passage devant le juge d’instruction. Cette affaire relance le débat sur la responsabilité numérique, notamment autour des propos tenus sur les réseaux sociaux à propos de figures publiques, en particulier dans un contexte sensible comme le décès de Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel.

CONTRIBUTION RÉPUBLICAINE : Vérité sur les poursuites liées au Fonds FORCE COVID-19 – Halte à la désinformation orchestrée par le PASTEF

Contexte :
Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds FORCE COVID-19 n’a pas été initié sous la pression d’un quelconque groupe ou par une exigence populaire incontrôlée. Il a été diligenté par le Président Macky SALL lui-même, dans un souci de transparence, avec la volonté clairement exprimée de faire toute la lumière sur la gestion de ces ressources exceptionnelles mobilisées en pleine pandémie mondiale. Il avait d’ailleurs déclaré que « toute personne reconnue coupable sera traduite en justice », preuve d’une volonté de rendre des comptes aux Sénégalais, sans complaisance.

Rappel des faits et des chiffres :
Au lieu des 1000 milliards brandis avec fracas dans l’espace public comme étant prétendument “détournés”, la réalité budgétaire est tout autre et mérite d’être rappelée avec clarté :
• 651 milliards FCFA ont été mobilisés par les partenaires techniques et financiers,
• 102 milliards FCFA ont été apportés par l’État du Sénégal,
• 20 milliards FCFA ont été collectés grâce à la participation citoyenne.

Ce qui donne un total de 740 milliards FCFA, bien loin du fantasme agité d’un soi-disant « détournement de 1000 milliards ». Ceux qui continuent de marteler ce chiffre mensonger participent consciemment à une vaste entreprise de manipulation de l’opinion publique.

Les faits judiciaires :
L’enquête préliminaire a été lancée par la Division des Investigations Criminelles (DIC) dès janvier-février 2023. Elle a été clôturée en juillet 2023, avec à la clé un rapport d’enquête complet transmis au parquet. Ce travail sérieux et méthodique a permis de remonter les responsabilités potentielles, avec des auditions, des recoupements, des vérifications de documents et de procédures.

Et aujourd’hui, les premières poursuites viennent d’être engagées. Cela prouve que la justice suit son cours.

Une campagne de désinformation orchestrée par le PASTEF :
Il est temps de dire les choses telles qu’elles sont : le PASTEF a été au cœur d’une campagne de désinformation massive, utilisant les réseaux sociaux, certains relais médiatiques acquis à sa cause et des influenceurs démagogues pour faire croire à une spoliation généralisée de 1000 milliards. Ce mensonge éhonté a été ressassé, manipulé, retourné dans tous les sens pour instiller un climat de haine et de rejet envers les institutions de l’État.

Le but ? Affaiblir les fondements de la République, saper la confiance des citoyens envers leurs institutions, et capter un mécontentement populaire à des fins purement électoralistes.

Pourtant, la vérité est têtue : selon les informations officielles, les montants en cause dans les irrégularités ou soupçons de détournement s’élèveraient à environ 6 milliards FCFA. C’est grave, et c’est condamnable. Mais c’est infiniment loin de l’escroquerie intellectuelle des 1000 milliards disparus.

Notre position :
Nous le réaffirmons avec force : toute personne ayant détourné ou mal géré des deniers publics, quelle que soit sa position ou son appartenance politique, doit être poursuivie, jugée, et sanctionnée conformément à la loi. Il n’y a aucune tolérance possible pour la corruption, les malversations ou les abus de pouvoir.

Mais nous refusons que la justice soit instrumentalisée à des fins de règlements de comptes politiques, ou que des mouvements populistes comme le PASTEF, qui ont fait de la manipulation leur arme principale, continuent d’empoisonner le débat public avec des fake news et des approximations grossières.

Conclusion :
La transparence ne peut se construire sur le mensonge.
La justice ne peut se rendre dans la clameur et l’agitation partisane.
Et la République ne se bâtit pas sur la haine et la manipulation.

Le peuple sénégalais mérite mieux. Il mérite la vérité. Il mérite la justice. Il mérite la République.

R Les Républicains – Pour une nouvelle République de vérité, de justice et de responsabilité.

Mouhamadou Moustapha MANE
Président R LES RÉPUBLICAINS

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°445 – 17/04/2025

🔴 SITUATION ÉCONOMIQUE ET SOCIALE 2022-2023 : LA VÉRITÉ DES CHIFFRES
🔴 RAPPORT SUR LES FINANCES PUBLIQUES : LA JUSTICE PASSE À L’ACTION

🔴 IMPACT DES JOJ : L’ANSD ET LE COJOJ SORTENT LES OUTILS
🔴 LIGUE DES CHAMPIONS : PARIS-ARSENAL ET BARÇA-INTER EN DEMIES

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°444 – 16/04/2025

🔴 MISE EN ACCUSATION DE MACKY : GUY MARIUS LANCE L’ASSAUT !
🔴 DÉTOURNEMENTS PRÉSUMÉS FONDS COVID : LA JUSTICE FRAPPE DES NOMS CONNUS

🔴 LIGUE DES CHAMPIONS – 1/4 DE FINALE RETOUR : LE BARÇA ET LE PSG FILENT EN DEMI-FINALES
🔴 VICTOIRE NETTE DU MALI : 2-0 CONTRE LE BURKINA FASO, DIRECTION LA FINALE !

projet de mise en accusation de Macky Sall : Takku Wallu Sénégal dénonce une « forfaiture »

Le Groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « grave dérive politique » à la suite de la proposition de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall, récemment évoquée à l’Assemblée nationale. Dans un communiqué transmis à la presse ce mardi, les parlementaires de ce groupe d’opposition condamnent fermement cette initiative, qu’ils considèrent comme une tentative de déstabilisation politique et un précédent dangereux pour la démocratie sénégalaise.
Selon Takku Wallu, c’est « avec stupéfaction » qu’ils ont appris, par voie de presse, l’intention de mettre Macky Sall en accusation devant la Haute Cour de Justice. Ils rejettent catégoriquement ce qu’ils appellent une « énième affirmation gratuite » émanant d’un député de la majorité, sans mentionner nommément Guy Marius Sagna, l’auteur de la proposition.
Dans son communiqué, le groupe parlementaire appelle l’opinion publique nationale et internationale à mesurer la gravité de ce qu’il qualifie de « forfaiture », estimant que cette démarche porte atteinte à la stabilité institutionnelle et à l’image démocratique du Sénégal. « C’est la première fois dans l’histoire politique de notre pays, marquée par des alternances pacifiques, qu’un pouvoir en place tente d’atteindre un ancien chef d’État avec une telle violence », déplore le texte.
Takku Wallu Sénégal rappelle que la Constitution n’autorise la poursuite d’un ancien président de la République que pour des faits de haute trahison, et non pour la gestion des affaires publiques, dont il n’était plus directement responsable. En s’attaquant à Macky Sall, le groupe estime que le pouvoir actuel cherche surtout à nuire à un homme d’État dont le leadership dépasse les frontières du Sénégal. « C’est une manœuvre politicienne basse, destinée à salir l’image d’un grand Africain salué partout dans le monde », fustigent-ils.
Face à cette situation, les députés de Takku Wallu annoncent leur détermination à faire obstacle à ce qu’ils qualifient de « justice de vainqueurs ». Ils assurent qu’ils useront de tous les moyens légaux pour barrer la route à cette tentative « destructrice du modèle démocratique sénégalais ».
Enfin, le groupe lance un appel à l’ensemble des citoyens « épris de paix et de justice » à se mobiliser pour défendre la cohésion nationale, menacée selon eux par une démarche qui ouvre la voie à l’instrumentalisation de la justice à des fins de règlement de comptes politiques.

Papa Djibril Fall tacle Ousmane Sonko : « Un chef de gouvernement aérien, incapable de résoudre les urgences de ce pays »

Mardi 15 avril 2025, le député Papa Djibril Fall, président du mouvement politique « Les Serviteurs », a tenu une conférence de presse où il a violemment critiqué le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’inefficacité et de désintérêt pour les urgences nationales.

Revenant sur son intervention lors de la séance plénière à l’Assemblée nationale la veille, le parlementaire a estimé qu’il était de son devoir d’exposer « les manquements graves » du gouvernement face à la situation actuelle du pays.

Parmi les sujets abordés, la question des licenciements au sein de l’administration publique a occupé une place centrale. Selon lui, ces renvois sont non seulement injustes, mais aussi incohérents, surtout dans un contexte où des recrutements continuent dans certaines directions. « On ne peut pas, d’un côté, renvoyer des agents au nom d’une prétendue rationalisation, et de l’autre côté, enregistrer de nouvelles embauches. Cela n’a aucun sens », a-t-il martelé.

Le député n’a pas mâché ses mots à l’endroit d’Ousmane Sonko, qu’il accuse d’être complètement déconnecté des réalités du pays. « Le Premier ministre a déclaré que les urgences étaient encore « aériennes ». C’est parce qu’il est lui-même un chef de gouvernement aérien, loin du terrain, loin des souffrances du peuple, et incapable de poser des actes concrets face aux crises », a-t-il lancé.

Papa Djibril Fall a également dénoncé ce qu’il qualifie d’acharnement du Premier ministre contre l’opposition, au détriment des véritables priorités du pays. « Il passe plus de temps à régler des comptes politiques qu’à résoudre les problèmes de gouvernance, de justice sociale ou de relance économique. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un chef de gouvernement », a-t-il insisté.

Il révèle par ailleurs détenir des documents qui, selon lui, prouvent que certaines décisions prises par l’exécutif, notamment en matière de gestion des ressources humaines, sont basées sur des informations erronées ou incomplètes. « Le gouvernement avance souvent à l’aveugle, sans données fiables, ce qui accentue les injustices », a-t-il dénoncé.

Au-delà des licenciements, Papa Djibril Fall a évoqué la crise dans la justice, la gestion approximative des finances publiques, et la manière dont certaines institutions sont aujourd’hui dirigées. Pour lui, l’incompétence dans la mise en œuvre des actes de gouvernance devient préoccupante. « Il y a une volonté de rupture affichée, mais dans les faits, les résultats tardent à venir et les choix opérés sont souvent maladroits », regrette-t-il.

Il avertit que son mouvement et ses alliés ne laisseront pas faire : « Nous serons vigilants et rigoureux dans notre rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Nous n’allons pas nous taire pendant que des erreurs graves se répètent au sommet de l’État. »

En conclusion, le député a lancé un appel à la responsabilité du gouvernement. Il demande une réorientation urgente des priorités vers des politiques concrètes en faveur des populations, dans la transparence et la concertation. Pour lui, « il ne s’agit pas de critiquer pour critiquer, mais de rappeler aux dirigeants que la gestion d’un pays ne se fait pas dans les discours, mais dans l’action, l’écoute et la vérité ».

Licenciements au Grand Théâtre : 23 ex-employés dénoncent une « injustice flagrante » et saisissent les autorités

Le Grand Théâtre national de Dakar est au cœur d’une vive polémique. Ce mardi 15 avril, vingt-trois anciens agents de l’établissement culturel se sont rassemblés devant l’entrée principale pour dénoncer des licenciements qu’ils jugent « arbitraires » et « injustifiés ». Brandissant des pancartes et scandant des slogans, ces ex-employés disent avoir été « sacrifiés » sur l’autel d’une restructuration dont ils ignorent les critères.

Selon le Collectif des licenciés, dirigé par Abdourahmane Kanté, les lettres de licenciement sont tombées le 1er mars dernier. La direction aurait invoqué des raisons économiques pour justifier cette décision. « Mais comment peut-on parler de crise financière quand, parallèlement, de nouvelles personnes sont recrutées ? », s’insurge M. Kanté, soulignant que le directeur du Grand Théâtre, Serigne Fall Guèye, procède à des embauches sans que les critères soient connus.

La majorité des licenciés comptent entre 5 et 15 ans d’ancienneté. Certains travaillaient dans la technique, d’autres dans l’administration ou encore dans l’accueil du public. Pour ces anciens agents, cette décision brutale a eu des conséquences dramatiques. « Je suis père de famille, j’ai des enfants à nourrir. On nous a jetés dehors sans explication crédible. C’est inhumain », témoigne un ex-employé, visiblement ému.

Le collectif ne s’est pas contenté de protester devant les grilles du Grand Théâtre. Il a adressé des courriers au président de la République Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, ainsi qu’à plusieurs députés. Dans ces correspondances, ils demandent l’ouverture d’une enquête administrative et la réintégration des agents injustement licenciés.

Par ailleurs, plusieurs syndicats du secteur culturel ont commencé à exprimer leur solidarité, appelant à « une gestion plus humaine » des institutions culturelles publiques.

Jusqu’ici, le directeur du Grand Théâtre, Serigne Fall Guèye, n’a pas réagi officiellement à la polémique. Contactée par la presse, la direction n’a donné aucune suite, laissant les spéculations se multiplier. En interne, certaines sources évoquent une volonté de « renouveler les équipes » dans le cadre d’un nouveau projet managérial, mais sans fournir davantage de détails.

Face à l’absence de réaction, les ex-agents envisagent désormais de porter l’affaire devant les juridictions compétentes. « Nous avons déjà consulté des avocats et nous nous préparons à aller en justice. Ce qui s’est passé est une violation de nos droits », affirme un membre du collectif.

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