Naufrage de Mbour : Cheikh Sall condamné à 7 ans de prison ferme malgré le pardon des familles

Le Tribunal de grande instance de Mbour a rendu ce lundi 16 juin 2025 son verdict dans l’affaire du naufrage survenu au large de la Petite-Côte le 8 septembre 2024, un drame qui avait coûté la vie à quarante candidats à l’émigration clandestine. Le principal accusé, Cheikh Sall, capitaine de la pirogue et frère du maire de Mbour, Cheikh Issa Sall, a été condamné à une peine de sept ans de prison ferme. Une décision qui va au-delà des deux ans requis par le parquet lors du procès tenu en mai dernier.

Son co-accusé, identifié comme étant le fournisseur du carburant ayant servi à alimenter la pirogue, a quant à lui écopé de deux ans d’emprisonnement.

Ce verdict intervient malgré un élément exceptionnel dans ce dossier : le pardon public des familles des victimes. Ces dernières avaient choisi de retirer leur plainte, exprimant leur compassion à l’endroit de l’accusé principal, dont plusieurs enfants ont péri dans le naufrage. Ce geste de clémence n’a toutefois pas été retenu par le juge, qui a estimé que la gravité des faits exigeait une réponse judiciaire ferme.

Le naufrage de septembre 2024 avait ému l’ensemble du pays. La pirogue, manifestement surchargée et mal équipée, transportait des dizaines de jeunes hommes et femmes aspirant à rejoindre clandestinement l’Europe. Elle a chaviré dans des circonstances tragiques peu après avoir quitté les côtes de Mbour. Parmi les victimes figuraient plusieurs enfants, dont ceux du capitaine lui-même, renforçant la dimension tragique de l’affaire.

Le jugement de ce lundi est perçu par certains comme un signal fort des autorités judiciaires face au phénomène récurrent des départs irréguliers par voie maritime. Alors que le Sénégal continue de faire face à une vague persistante d’émigration clandestine, cette condamnation pourrait marquer un tournant dans la répression des filières locales impliquées dans l’organisation de ces traversées périlleuses.

Actes de sabotage sur le TER : la SETER et la SENTER dénoncent les faits et rassurent les usagers

Le Train Express Régional (TER), fleuron du transport ferroviaire au Sénégal, a été la cible d’actes de sabotage les 13 et 14 juin 2025, selon une déclaration conjointe de la Société nationale de Gestion du Patrimoine du TER (SENTER) et de la Société d’Exploitation du TER (SETER). Les deux structures dénoncent avec fermeté des actions délibérées ayant visé des « équipements stratégiques essentiels à la bonne marche de la circulation ferroviaire ».

Ces actes malveillants, précisent-elles, ont occasionné d’importants ralentissements et perturbations sur l’ensemble de la ligne du TER. Le communiqué évoque notamment des retards sur plusieurs dessertes ainsi qu’un « surcoût significatif » dû aux réparations nécessaires et au remplacement des dispositifs endommagés.

Malgré ces incidents, les responsables de la SETER et de la SENTER tiennent à rassurer les usagers. Ils soulignent que la sécurité des installations n’a à aucun moment été compromise. Toutefois, en raison des dégradations, des limitations de vitesse ont été imposées par précaution, ce qui impacte momentanément la fluidité du trafic.

La direction des deux entités assure que toutes les mesures sont prises pour rétablir au plus vite la situation et pour renforcer la surveillance sur le réseau ferroviaire. Une enquête serait en cours pour identifier les auteurs de ces actes jugés « graves et préjudiciables à l’intérêt général ».

Le TER, lancé pour moderniser le système de transport et désengorger la région dakaroise, a déjà transporté des millions de passagers depuis sa mise en service. Ces actes de sabotage constituent ainsi une attaque directe contre un outil de service public et de développement national.

Comportement dangereux d’un chauffeur : Dakar Dem Dikk identifie le conducteur et déclenche une procédure disciplinaire

La société nationale de transport public Dakar Dem Dikk a réagi ce lundi 16 juin 2025, après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Les images montrent l’un de ses conducteurs en situation de conduite jugée « dangereuse et inappropriée », suscitant de vives réactions chez les usagers et l’opinion publique.

Dans un communiqué officiel, la direction générale de Dakar Dem Dikk confirme avoir rapidement identifié l’auteur des faits. Il s’agit du conducteur du bus urbain immatriculé 6163, en service sur l’axe Keur Massar. L’entreprise indique que « dès la réception de la vidéo et après vérification, le salarié a été immédiatement identifié et une procédure disciplinaire a été engagée sans délai ». La société précise que ces mesures sont conformes à son règlement intérieur et à ses engagements en matière de sécurité.

La direction rappelle que la sécurité des passagers et des autres usagers de la route reste une priorité absolue. « Nous ne saurions tolérer aucun manquement qui pourrait compromettre la sécurité des personnes transportées ou celle des citoyens », souligne le texte.

Dans le même communiqué, Dakar Dem Dikk informe avoir récemment mis en place une plateforme de signalement destinée à recueillir les alertes émanant des usagers. Cet outil vise à renforcer la transparence et à améliorer la réactivité de la société face aux comportements inadaptés.

L’entreprise appelle à une vigilance collective et encourage les citoyens à continuer de signaler toute situation suspecte ou dangereuse. « La sécurité routière est l’affaire de tous », conclut la note, en insistant sur l’importance de la collaboration entre la société de transport, ses passagers et l’ensemble des usagers de la route.

Braquage nocturne sur l’axe Kothiary-Bala : un véhicule de transport intercepté, environ un million de francs CFA emporté

Une attaque armée s’est produite dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 juin 2025 sur l’axe routier Kothiary-Bala, dans le département de Goudiry, à l’extrême sud-est du Sénégal. Selon des informations rapportées par la RFM, trois individus encagoulés, lourdement armés, ont tendu une embuscade à un véhicule de transport en commun aux environs du village de Darou Ndioufène.

Le braquage a eu lieu peu avant minuit. D’après une source sécuritaire citée par la radio, les malfaiteurs ont surgi de l’obscurité pour barrer la route au véhicule. Armés et menaçants, ils ont contraint le chauffeur à immobiliser son véhicule. Les passagers ont ensuite été sommés de descendre avant d’être fouillés, tout comme le véhicule. Les assaillants ont ainsi pu s’emparer d’une importante somme d’argent, estimée à environ un million de francs CFA, ainsi que d’autres effets personnels appartenant aux victimes.

Après avoir accompli leur forfait, les trois braqueurs ont pris la fuite dans la nuit, laissant les passagers sous le choc. Informées dans la foulée, les forces de défense et de sécurité se sont rapidement rendues sur les lieux pour procéder aux constatations d’usage et sécuriser la zone.

Une enquête a été immédiatement ouverte pour identifier et retrouver les auteurs de cette attaque. À l’heure actuelle, aucun suspect n’a été arrêté. Les services de sécurité privilégient la piste d’un gang bien organisé opérant dans cette zone frontalière, connue pour ses difficultés d’accès et la porosité de ses axes secondaires.

Cet incident relance le débat sur la sécurité dans les zones rurales et les grands axes de transport, particulièrement dans le Sud-Est du pays où les actes de banditisme sur route sont récurrents. Les autorités locales sont appelées à renforcer la présence sécuritaire sur ces itinéraires sensibles afin de protéger les populations et les usagers de la route.

Migration clandestine : neuf individus interpellés à Jaxaay, la police ouvre une enquête pour trafic de migrants

Une nouvelle tentative de migration clandestine a été déjouée à Jaxaay, dans la banlieue dakaroise. Selon un communiqué officiel transmis à la presse, les éléments du commissariat d’arrondissement de Jaxaay ont procédé à l’interpellation de neuf personnes soupçonnées d’être impliquées dans un projet de traversée illégale vers l’étranger. L’opération a été déclenchée à la suite d’un renseignement signalant la présence de candidats à l’émigration irrégulière dans une maison située à l’unité 19 du quartier.

Parmi les neuf individus arrêtés figurent deux Sénégalais et sept ressortissants étrangers. Ces derniers auraient, d’après leurs déclarations recueillies par les enquêteurs, quitté leur pays d’origine, situé dans la sous-région ouest-africaine, pour rejoindre Dakar la veille de la fête de la Tabaski. Leur objectif : organiser une traversée clandestine en direction d’un pays étranger, dont la destination précise n’a pas été communiquée.

L’intervention policière a permis de localiser les suspects dans la maison signalée et de procéder à leur interpellation sans heurts. À l’issue des premières auditions, la police a décidé de placer les sept étrangers en garde à vue pour nécessité d’enquête. Quant aux deux Sénégalais, ils sont poursuivis pour des faits présumés de trafic de migrants, une infraction grave au regard de la législation sénégalaise.

Les autorités indiquent que les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des membres du réseau impliqué. L’objectif est de remonter la filière, souvent composée de passeurs organisés, de logisticiens et de facilitateurs locaux ou étrangers. La police n’écarte pas l’hypothèse d’un réseau transfrontalier actif dans plusieurs pays de la sous-région.

Cette affaire intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des tentatives de migration irrégulière, notamment en direction des îles Canaries. Les forces de sécurité sénégalaises renforcent leurs actions de prévention et de répression à travers des patrouilles, des opérations de renseignement et des actions ciblées dans les zones identifiées comme points de départ ou de regroupement.

Les autorités rappellent aux populations les dangers liés à l’émigration clandestine et appellent à la collaboration citoyenne pour signaler toute activité suspecte. Elles réitèrent leur détermination à lutter sans relâche contre les réseaux criminels qui exploitent la vulnérabilité de jeunes désespérés en quête d’un avenir meilleur.

Pèlerinage 2025 : la Délégation Générale au Pèlerinage dément tout abandon de pèlerins sénégalais à la Mecque et rassure les familles

La Délégation Générale au Pèlerinage (DGP) est sortie de son silence ce lundi pour répondre aux informations largement relayées sur les réseaux sociaux faisant état de prétendus retards et de difficultés de retour de certains pèlerins sénégalais depuis La Mecque. Face à la montée des inquiétudes au sein des familles et dans l’opinion publique, l’institution a apporté un démenti formel et une série de précisions sur l’état d’avancement du plan de rapatriement.

Dans son communiqué officiel, la DGP affirme qu’aucun pèlerin pris en charge par l’État sénégalais n’est abandonné en Arabie Saoudite. « Aucun pèlerin encadré par la DGP n’est laissé en rade », peut-on lire dans le document rendu public. Cette déclaration vise à apaiser les esprits alors que plusieurs internautes faisaient état de scènes de désarroi à Djeddah, suscitant une vague d’émotion dans le pays.

La DGP assure que les opérations de retour sont non seulement en cours mais qu’elles ont été lancées plus tôt que le calendrier initial ne le prévoyait. Selon l’institution, plus de 17 vols ont déjà quitté l’aéroport de Djeddah en direction de Dakar. Prévu entre le 13 et le 16 juin, le début du retour a pu être avancé au 11 juin, grâce à l’anticipation logistique et à la bonne coordination avec la compagnie Air Sénégal SA.

Néanmoins, deux vols prévus initialement les 15 et 16 juin ont été annulés puis reprogrammés en raison de contraintes techniques. Le vol 4 est désormais prévu pour le 18 juin, tandis que le vol 5 devrait décoller le 19 juin. Ces changements, bien que regrettables, sont présentés par la DGP comme des ajustements ponctuels dans une opération d’envergure impliquant plusieurs milliers de personnes.

Pour accompagner les pèlerins affectés par ces réajustements, la DGP indique qu’une cellule de suivi a été mise en place. Celle-ci est chargée d’assurer un encadrement individualisé des passagers en attente, en collaboration étroite avec les services opérationnels d’Air Sénégal. L’objectif affiché est de garantir à chaque pèlerin un retour dans des conditions optimales de sécurité, de confort et de dignité.

La DGP appelle les populations à la vigilance face aux rumeurs et exhorte les familles à se référer exclusivement aux sources officielles pour toute information relative au déroulement du Hajj. Elle réaffirme son engagement à poursuivre les opérations jusqu’au retour complet et sécurisé de tous les pèlerins sénégalais.

Cette sortie intervient dans un contexte de forte sensibilité où le moindre incident lié à l’organisation du pèlerinage peut provoquer de vives réactions. La communication rassurante de la DGP vise ainsi à contenir la polémique naissante et à rétablir la confiance autour d’un dispositif logistique aussi délicat que stratégique.

Justice : Guy Marius Sagna relaxé dans l’affaire qui l’opposait au général Moussa Fall

C’est un tournant judiciaire qui marque un soulagement pour Guy Marius Sagna. La chambre correctionnelle de la Cour d’appel a rendu, ce lundi, son verdict dans l’affaire opposant l’activiste et député à l’ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Moussa Fall. Statuant sur l’appel interjeté par M. Sagna, la juridiction a infirmé la décision rendue en première instance et prononcé la relaxe pure et simple du parlementaire.

En 2023, Guy Marius Sagna avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 200.000 FCFA, après avoir passé dix jours en détention provisoire. Une sentence prononcée suite à des propos jugés diffamatoires à l’encontre du général Moussa Fall. Le député avait immédiatement fait appel, dénonçant une décision injuste.

Ce lundi, la justice a estimé que les faits ne constituaient pas une infraction, lavant ainsi Guy Marius Sagna de toute accusation. L’activiste s’est réjoui de cette issue favorable via une publication sur sa page Facebook. « Aujourd’hui, la chambre correctionnelle a infirmé le jugement. Statuant à nouveau, la justice a décidé la relaxe, c’est-à-dire : le tribunal m’a déclaré non coupable des accusations du général Moussa Fall », a-t-il écrit.

Guy Marius Sagna a profité de cette décision pour rendre hommage à ses conseils. Il a salué la mémoire de Me Koureichi Ba, qui l’avait défendu en première instance, évoquant un « géant du barreau sénégalais » disparu. Il a également exprimé sa gratitude envers Me Moussa Sarr, son avocat en appel, dont il a loué la plaidoirie et l’engagement : « un autre géant du barreau sénégalais dont les plaidoiries, savoureux délices, ont été mises au service du peuple sénégalais ».

Renaissance Républicaine : le ministre Abdoulaye Diouf Sarr structure sa formation politique

Le Parti Renaissance Républicaine a franchi, ce dimanche 15 juin 2025, une étape décisive dans sa structuration, à l’occasion d’une importante session stratégique tenue à son siège national, sous la présidence effective de Monsieur Abdoulaye Diouf Sarr, président du parti.

Réunis autour d’une ambition commune pour le Sénégal, les cadres de Renaissance Républicaine ont adopté, à l’unanimité, une résolution fondatrice articulée autour de quatre décisions majeures, structurantes pour l’avenir du parti.

Dans un esprit de responsabilité républicaine, les cadres ont procédé à une lecture critique et lucide de la situation politique, économique et sociale du pays. Cette analyse a mis en lumière la nécessité d’un renouveau éthique, d’une parole politique responsable, ainsi que d’un projet clair et cohérent au service du peuple sénégalais.

Les participants ont validé la mise en place du Conseil d’Orientation Stratégique, un organe permanent de veille, d’analyse et de production intellectuelle. Véritable force de proposition, le COS accompagnera les décisions stratégiques du parti. Il sera ouvert à une pluralité d’expertises, incluant les cadres de la diaspora et les intelligences indépendantes, dans une dynamique de collaboration continue et de réflexion collective.

Une circulaire portant Charte des Cadres a été soumise et validée. Elle définit les rôles et responsabilités des cadres du parti, en mettant l’accent sur des engagements clés : exemplarité, loyauté, solidarité, ainsi qu’une participation active à la formation, à la mobilisation et à l’animation politique.

Quatre structures majeures ont été officiellement mises en place pour encadrer l’action des cadres :

L’École du Parti : dédiée à la formation idéologique, politique et citoyenne ; Le Comité scientifique : chargé de produire des analyses et des orientations sur les grandes questions nationales ; Le Réseau des Enseignants : vecteur de pédagogie politique et de transmission des valeurs républicaines ; La structure Cadres RR (CRR) : pilier de la mobilisation intellectuelle et stratégique au sein du parti.

En clôturant la séance, le président Abdoulaye Diouf Sarr a salué cette avancée organisationnelle majeure, tout en lançant un appel à la responsabilité, à l’implication collective, et à la production d’idées fortes en phase avec les aspirations du peuple sénégalais.

Par ailleurs, Monsieur Maodo Dramé a été désigné porte-parole du parti. Le président lui a adressé ses félicitations appuyées, en soulignant la dimension stratégique de cette fonction, véritable relais de la parole officielle du parti dans l’espace public.

Sénégal–FMI : une suspension contre-productive

Le Sénégal se trouve à un tournant critique de son histoire économique et institutionnelle. Depuis juin 2024, le programme triennal de 1,8 milliard de dollars signé avec le Fonds monétaire international (FMI) demeure suspendu. Ce gel fait suite aux révélations de l’Inspection générale des finances (IGF), validées par la Cour des comptes, sur des manipulations comptables opérées entre 2019 et 2024 par les autorités sortantes. Les nouvelles autorités, élues démocratiquement en mars 2024, ont elles-mêmes commandité l’audit. Pourtant, le FMI maintient sa posture et subordonne la reprise du programme à des clarifications jugées indispensables. Cette décision, prise dans un contexte de rupture assumée avec les pratiques antérieures, soulève une double interrogation : sur le sens du mandat du FMI et sur la cohérence de son action en période de réforme vertueuse.

Les faits à l’origine de la suspension relèvent de l’ancienne administration. L’actuel gouvernement a reconnu la gravité des irrégularités, engagé la correction des déséquilibres et affirmé sa volonté de transparence budgétaire. En d’autres termes, il respecte pleinement les principes que le FMI prétend défendre. En retour, l’institution ne propose ni accompagnement transitoire, ni programme intérimaire. Elle oppose un silence budgétaire à une volonté politique affirmée. Ce choix crée un précédent dangereux, où la rigueur comptable l’emporte sur le discernement institutionnel.

Des cas similaires existent. En 2016, le Mozambique a subi six années de gel après la découverte d’une dette cachée. En 2013, le Malawi a vu ses financements suspendus malgré une gouvernance renouvelée. Dans les deux cas, l’absence de soutien international a aggravé les déséquilibres et freiné les dynamiques internes de redressement. Le cas sénégalais se distingue toutefois par un élément essentiel : le choix de la vérité a précédé toute injonction. L’initiative vient du sommet de l’État. L’audit a été assumé, les conclusions rendues publiques, les engagements pris. Ignorer ce contexte reviendrait à disqualifier l’exemplarité comme critère d’appréciation.

Les données macroéconomiques confirment une vulnérabilité croissante. Le rapport Global Economic Prospects – June 2025 de la Banque mondiale a révisé à la baisse la croissance sénégalaise à 5,3 %, contre une projection initiale de 8,8 %. Le déficit budgétaire dépasse les 10 % du PIB, et la dette atteint 106 %. Les projets énergétiques accusent du retard, et les financements extérieurs s’amenuisent. Cette dégradation, aggravée par le gel du programme FMI, compromet la relance de l’investissement, la soutenabilité de la dette et la préservation des dépenses sociales. Le Sénégal paie le prix d’un vide d’accompagnement, non d’une persistance dans l’opacité.

Depuis 2018, le FMI affirme intégrer les principes de bonne gouvernance dans son évaluation des politiques économiques. Son propre cadre stratégique souligne l’importance de soutenir les pays engagés dans des réformes structurelles. À ce titre, le Sénégal constitue un cas d’école : initiative nationale, transparence institutionnelle, volonté de rupture. En maintenant la suspension, le FMI envoie un signal dissuasif aux États désireux de rompre avec les pratiques comptables douteuses. Il encourage paradoxalement la dissimulation au lieu de la vérité.

Or, des alternatives existent. En 2019, le Congo-Brazzaville a bénéficié d’un programme sous engagement progressif, bien avant la régularisation complète de ses comptes. Dans les années 2000, le Kenya a reçu un appui conditionné, adossé à une feuille de route de gouvernance. Le FMI a su, dans ces cas, conjuguer discipline et souplesse, conditionnalité et accompagnement. Rien ne justifie une approche plus rigide envers un pays qui agit en transparence et prend ses responsabilités.

Un maintien du gel aurait de lourdes conséquences. L’État devrait recourir à des financements à taux élevés, contracter des emprunts sur les marchés commerciaux ou réduire ses dépenses prioritaires. Les arriérés de paiement s’accumuleraient, les fournisseurs seraient pénalisés, et les programmes sociaux mis à mal. La réforme fiscale, déjà délicate, risquerait d’être perçue comme punitive dans un contexte de rareté budgétaire. En somme, les marges de manœuvre pour une transformation structurelle s’effondreraient.

À l’échelle sous-régionale, le message envoyé par le FMI risque d’affaiblir les dynamiques de réforme. L’Afrique de l’Ouest connaît une reconfiguration politique marquée par des transitions, des ruptures démocratiques et une remise en cause des schémas clientélistes. Le FMI a une responsabilité stratégique : encourager les gouvernements qui prennent des risques politiques pour instaurer l’intégrité, non les décourager. Sa crédibilité dépend de sa capacité à faire preuve de discernement dans des contextes complexes.

Une solution réaliste et conforme au mandat du FMI consisterait à activer une reprise graduée du programme sénégalais, encadrée par une clause de transparence renforcée. Ce mécanisme permettrait de sécuriser les flux budgétaires, d’envoyer un signal rassurant aux marchés et de préserver l’élan réformateur. Il ne s’agirait ni d’un cadeau, ni d’une indulgence, mais d’un choix rationnel, fondé sur une analyse contextuelle rigoureuse et une volonté politique manifeste.

La sortie de crise exige de dépasser les postures extrêmes. D’un côté, la rigidité technocratique du FMI ne suffit pas à guider l’action dans un contexte de transition démocratique. De l’autre, le discours souverainiste du Premier ministre sénégalais, selon lequel le pays pourrait se développer en dehors du cadre du FMI, traduit une volonté d’affirmation nationale, mais ne constitue pas une stratégie de financement soutenable à moyen terme. Entre ces deux logiques, une voie de convergence est impérative.

Le Sénégal a besoin d’un cadre financier stable pour soutenir l’investissement public, élargir les politiques d’emploi en faveur des jeunes et renforcer les filets sociaux. Le FMI, quant à lui, gagnerait en crédibilité en adaptant ses instruments aux aspirations des pays réformateurs. Ni la fermeture technocratique, ni l’isolement stratégique ne répondent aux enjeux de croissance inclusive, d’industrialisation endogène et de justice intergénérationnelle. Seul un dialogue sincère, structuré autour d’engagements mutuels, constitue une issue responsable.

Dans l’état actuel, le gel du programme FMI constitue moins une exigence technique qu’un blocage stratégique. Il expose l’institution au risque de perdre l’adhésion des pays qui croient encore à la vertu institutionnelle. Il fragilise un gouvernement réformateur, au moment même où celui-ci cherche à reconstruire la confiance. Il fait peser le coût des fautes passées sur ceux qui veulent les corriger.

Soutenir le Sénégal maintenant, dans le cadre d’une conditionnalité crédible et dans le respect des règles, serait un acte de responsabilité partagée. Ce choix permettrait de préserver l’ordre macroéconomique, de soutenir la gouvernance budgétaire et de consolider une transition politique porteuse d’exemplarité. Il revient au FMI de démontrer qu’il sait reconnaître les bons élèves, même lorsqu’ils héritent d’une salle de classe mal tenue.

Dr Abdourahmane Ba

Ingénieur statisticien – Expert en développement international, suivi et évaluation des politiques publiques et management

Tensions au Moyen-Orient : L’ambassadeur iranien à Dakar interpelle le Sénégal après les frappes israéliennes

Alors que les hostilités entre Israël et l’Iran ont pris un tournant dramatique depuis le vendredi 13 juin, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran à Dakar, Hassan Asgari, a rompu le silence ce lundi dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil. Il y exhorte le gouvernement sénégalais à condamner fermement les frappes israéliennes qui ont visé plusieurs sites militaires et économiques sur le sol iranien.

Selon les bilans communiqués par les autorités iraniennes, les attaques auraient fait plus de 200 morts, plongeant la région dans une spirale de violence. En réponse, Téhéran a lancé des salves de missiles, qui auraient causé la mort d’au moins 20 personnes en Israël.

Face à cette escalade inquiétante, Hassan Asgari a adressé un clin d’œil diplomatique appuyé au Sénégal :

« Nous espérons qu’une réaction officielle du gouvernement sénégalais ne tardera pas à condamner ouvertement cette attaque barbare du régime sioniste », a-t-il déclaré.

Le diplomate iranien fonde son appel sur les liens historiques et religieux entre Dakar et Téhéran :

« Le Sénégal, pays à 95 % musulman et membre de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), occupe une place particulière dans le cœur des Iraniens. »

Il affirme également avoir reçu de nombreux messages de soutien de citoyens sénégalais, témoignant d’une solidarité populaire :

« Des Sénégalais ont spontanément dénoncé cette agression injustifiée et exprimé leur compassion pour les victimes. »

En mettant en avant la dimension religieuse de l’État sénégalais, Hassan Asgari espère provoquer une prise de position officielle de Dakar contre ce qu’il qualifie d’« agression manifeste ». À l’heure actuelle, aucune déclaration n’a été émise par les autorités sénégalaises, qui observent une position de réserve diplomatique dans un contexte international explosif.

Ce geste s’inscrit dans une tradition où des pays musulmans sont souvent sollicités pour soutenir la cause palestinienne ou dénoncer les actions d’Israël, notamment dans les enceintes internationales comme l’OCI ou les Nations Unies.

Le Sénégal, qui entretient à la fois des relations diplomatiques avec Israël et l’Iran, se retrouve dans une position délicate. Une réaction trop tranchée pourrait affecter son équilibre géopolitique dans une région sahélienne déjà sous tension, où les jeux d’alliances se répercutent parfois dans les politiques locales.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°487 – 16/06/2025

🔴 AFFAIRE ASER / ÉMISSION DES GARANTIES SONAC PRODUITES PAR AEE POWER EPC AUX ANTIPODES DES PRINCIPES RÉGISSANT LES ASSURANCES : TAS REMUE LE COUTEAU DANS LA PLAIE
🔴 ALERTE DE ROBERT BOURGI SUR LA SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE, LE TERRORISME, L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE, ETC : « J’AI PEUR POUR LE SÉNÉGAL »

🔴 LIGUE 2 / DÉCÈS DE MOUSTAPHA SOW : LE MATCH DIAMBARS-CNEPS EXCELLENCE REPORTÉ
🔴 KAOLACK / ÉLECTIONS DE LA LIGUE DE FOOTBALL AMATEUR : TOUS UNIS DERRIÈRE KOSSO DIANÉ !

Affaire AEE Power / Garanties SONAC : TAS remue le couteau dans la plaie

Un nouvel épisode vient secouer la gouvernance des marchés publics au Sénégal. Dans une question écrite adressée au ministre des Finances et du Budget, l’honorable député Thierno Alassane SALL, président du groupe parlementaire Taxawu Senegaal (TAS), soulève de graves irrégularités dans l’émission de garanties d’assurance par la SONAC au profit de l’entreprise espagnole AEE POWER EPC.

Selon le député, la SONAC aurait délivré des garanties d’un montant total de 56 millions d’euros (environ 36,5 milliards FCFA) à AEE POWER EPC dans le cadre du marché de l’électrification rurale, sans que les primes exigées n’aient été payées à la date d’émission des garanties. Une pratique qui, si elle est avérée, viole frontalement les règles du Code des assurances de la CIMA, notamment l’article 13 qui subordonne la validité du contrat à la perception préalable de la prime.

AEE POWER EPC s’était vu attribuer un marché portant sur l’électrification de localités dans plusieurs régions (Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis, Tambacounda). Comme le veut la procédure, les avances de démarrage et de dépenses engagées, ainsi que la garantie de bonne exécution, ont été conditionnées à la présentation de garanties dûment émises. Mais les documents comptables consultés par le député montrent que les primes n’étaient pas encore virées sur le compte de la SONAC à la date de délivrance des garanties, ce qui jette un sérieux doute sur la légalité de la procédure.

Pire encore, la société AEE POWER Sénégal – filiale locale du groupe espagnol – a saisi à plusieurs reprises l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) pour dénoncer la situation, dès août 2024. À son tour, l’ARCOP a saisi officiellement la SONAC en juillet 2024 pour exiger des preuves de paiement des primes dans un délai de 72 heures. À ce jour, selon Thierno Alassane SALL, aucune réponse n’a été fournie par la société d’assurance étatique.

Dans sa correspondance datée du 12 juin 2025, le député demande expressément au ministre des Finances de fournir la chronologie exacte de la délivrance des garanties et du paiement effectif des primes. En tant qu’autorité de tutelle de la SONAC, le ministre est interpellé pour éclairer les députés, mais aussi l’opinion publique, sur les conditions opaques entourant cette opération.

Cette affaire soulève une fois de plus la problématique de la transparence dans les garanties financières d’État, notamment dans les projets stratégiques financés par des partenaires internationaux. Elle met également en lumière les risques systémiques liés à une gestion laxiste des obligations contractuelles dans les marchés publics.

Alors que le gouvernement Diomaye Faye s’est engagé à renforcer la reddition des comptes, cette affaire pourrait devenir un test de crédibilité pour les autorités. Les députés, les organismes de régulation et l’opinion attendent désormais des clarifications urgentes sur cette situation, qui pourrait avoir des implications juridiques, financières et diplomatiques.

Arrestation de Moustapha Diakhaté – Reddition des comptes : Alioune Tine fustige les pratiques judiciaires actuelles au Sénégal

Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et ancien directeur régional d’Amnesty International, est monté au créneau ce dimanche 15 juin, lors de son passage à l’émission Jury du dimanche (JDD). Il y a dénoncé avec vigueur la tournure que prend, selon lui, la justice sénégalaise dans le cadre de la reddition des comptes, en particulier à travers l’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien parlementaire.

Pour M. Tine, l’arrestation de Moustapha Diakhaté pour avoir exprimé ses opinions est non seulement injustifiée, mais symptomatique d’un climat de régression des libertés. « Les propos de Moustapha Diakhaté ne méritent pas l’emprisonnement », a-t-il tranché, rappelant que ce dernier, malgré ses excès verbaux, reste une figure politique singulière qui mérite d’être traitée avec discernement et respect.

« Moi-même, j’ai été victime de ses attaques verbales très violentes, mais ce n’est pas une raison pour vouloir le faire taire par la prison », a-t-il ajouté, tout en condamnant fermement les agressions verbales dans le débat public, que celles-ci viennent du pouvoir ou de l’opposition. « Ces violences verbales sont contraires à l’esprit démocratique », a-t-il insisté.

Mais au-delà du cas Diakhaté, c’est l’approche globale de la politique pénale que l’ancien président de la Raddho remet en question. « C’est le principe même de la politique pénale actuelle qui est en cause. On ne devrait pas humilier les gens. On peut pratiquer la reddition des comptes avec fermeté, mais cela doit se faire dans le respect strict des droits humains », a-t-il martelé.

Alioune Tine estime que la judiciarisation des affaires publiques doit s’affranchir des considérations politiques : « Si on laisse la justice faire son travail de manière indépendante, sans pression politique, les citoyens n’auront pas l’impression d’être ciblés ou humiliés. »

L’expert en droits humains appelle donc à une réforme urgente de la politique pénale, pour aligner son fonctionnement sur les obligations internationales du Sénégal. « Le respect de la dignité humaine doit être au cœur de toute procédure judiciaire », a-t-il plaidé.

Dans un contexte marqué par une volonté affichée du nouveau pouvoir d’assainir la gestion publique à travers la reddition des comptes, Alioune Tine alerte sur les dérives possibles. « On ne peut pas réclamer la justice et en même temps sacrifier les principes fondamentaux des droits humains. C’est une contradiction dangereuse pour notre démocratie », conclut-il.

Polémique autour de sa participation au dialogue national : « Si c’était à refaire, je le referais », dixit Abdoulaye Seydou Sow

Invité de l’émission Face au Jury sur Pressafrik TV HD ce dimanche, l’ancien ministre de l’Urbanisme et actuel maire de Kaffrine, Abdoulaye Seydou Sow, est revenu sur sa participation controversée au dialogue national du 28 mai dernier. Une démarche qu’il assume pleinement, malgré le mot d’ordre de boycott lancé par son parti, l’Alliance pour la République (APR), alors dans l’opposition.

Réagissant aux critiques sur son choix d’avoir répondu à l’appel du président Bassirou Diomaye Faye, M. Sow s’est voulu clair : « On ne peut pas boycotter un dialogue, quelles que soient les circonstances politiques. » Il explique avoir partagé cette position au sein du parti lors d’une réunion du sous-comité mis en place par l’ancien président Macky Sall.

Selon lui, la posture du boycott ne servait pas les intérêts de l’opposition : « Je leur ai dit que si ça ne tenait qu’à moi, on prendrait part au dialogue. Le président ne va pas nous faire du tort pour avoir donné notre point de vue. » Et de rappeler que lors du dialogue initié par Macky Sall, certains responsables de l’opposition, dont Oumar Sarr, avaient bien participé malgré l’incarcération de Karim Wade à l’époque.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, deux raisons justifient la présence de l’opposition à ce dialogue : d’abord pour éviter qu’elle « ne se casse », ensuite pour « garder une position face au pouvoir ». Une stratégie politique assumée, qu’il dit avoir défendue devant l’assistance lors de sa prise de parole au dialogue.

M. Sow a également précisé qu’il n’avait pas été informé officiellement de l’interdiction faite aux membres de l’APR de participer au dialogue. « Je l’ai appris à la conférence de presse », confie-t-il. Il cite à ce propos une célèbre formule de Me Abdoulaye Wade : « Si tu manges un repas dont tu ne sais comment il a été préparé, si tu en meurs, tu es responsable de ta mort. » Manière de dégager sa responsabilité et de souligner l’ambiguïté des instructions au sein du parti.

Il rappelle avoir été transparent sur sa décision : « Lors d’une réunion préparatoire, j’ai dit que j’irais au dialogue en tant que maire et en tant que citoyen. Personne ne m’en a empêché. On m’a juste dit qu’on n’encourageait pas les maires à y aller, mais cela n’a rien d’une interdiction formelle. »

Et de souligner, non sans ironie, que le 4 avril dernier, plusieurs présidents d’institutions avaient participé à une rencontre officielle avec le chef de l’État, sans en informer le parti. « Ça aussi, c’est une forme de dialogue », glisse-t-il.

Pour Abdoulaye Seydou Sow, l’APR commet une erreur stratégique en refusant d’assister au dialogue. Il prend à témoin la participation d’Oumar Youm aux Assises nationales sous Wade pour justifier la pertinence de sa propre démarche : « Si c’était à refaire, je le referais », insiste-t-il, convaincu d’avoir agi dans l’intérêt du débat démocratique.

Lancement de l’Association Terang’Aby : un signal fort à l’attention des ministères du Sport, de l’Éducation et de l’Action sociale

Le 21 juin prochain, Louga accueillera le lancement officiel de l’Association Terang’Aby, portée par la basketteuse internationale Aby Gaye. Conçu comme une véritable plateforme d’échange et de mobilisation autour de l’avenir des jeunes filles sénégalaises, cet événement s’annonce comme un moment clé pour les politiques publiques en matière d’éducation, de sport et d’action sociale.

À la croisée du sport, du développement personnel et de l’autonomisation, le projet Terang’Aby incarne une approche holistique du développement de la jeunesse féminine. Il s’inscrit pleinement dans les orientations nationales en matière d’égalité des genres, de promotion du leadership féminin, ainsi que d’inclusion par le sport et l’éducation.

Une table ronde sur la confiance en soi et l’estime de soi chez les jeunes filles ; Une seconde table ronde sur l’importance de l’éducation des filles au Sénégal, avec la participation d’experts de l’éducation formelle et non formelle.

À l’heure où le gouvernement sénégalais réaffirme son engagement en faveur de l’inclusion sociale et de l’égalité des chances, la présence attendue de représentants du Ministère des Sports, du Ministère de l’Éducation nationale, et du Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection des enfants donne une portée institutionnelle forte à cette initiative.

“Terang’Aby repose sur l’idée que le sport peut être un levier de transformation sociale, particulièrement pour les filles issues de zones marginalisées. Parce qu’il renforce la confiance en soi et incite à la persévérance scolaire, ce projet mérite un soutien officiel, institutionnel et durable”, a déclaré Aby Gaye, initiatrice de l’événement.

Et d’ajouter : “Je ne viens pas seule. Je viens avec une vision. Une vision qui croise les champs du sport, de l’éducation et de l’action sociale – des domaines que les ministères de tutelle portent et incarnent au quotidien.”

Immigration irrégulière : le Sénégal alerte sur le durcissement des mesures américaines

Le ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères (MIAAE) met en garde les citoyens sénégalais contre le renforcement des dispositifs de sécurité aux frontières des États-Unis. Dans un communiqué officiel, le ministère informe que les autorités américaines ont récemment mis à jour leur politique migratoire dans le but de lutter plus fermement contre l’immigration irrégulière.

Parmi les principales mesures annoncées figurent la mise en place de sanctions pénales et administratives à l’encontre de toute personne reconnue coupable de tentative ou d’acte d’immigration irrégulière. Les États-Unis entendent également interdire l’entrée sur leur territoire à toute personne impliquée, y compris celles ayant commis des infractions dans le passé ou disposant d’antécédents judiciaires.

Pour les étrangers actuellement en situation irrégulière, un mécanisme de départ volontaire a été instauré. Il est accessible via l’application CBP Home Mobile, disponible à l’adresse www.dhs.gov/cbphome. Cette démarche permet à ceux qui choisissent de quitter volontairement le territoire américain de bénéficier d’un appui financier au retour et d’éviter d’éventuelles poursuites judiciaires.

Le ministère rappelle aux Sénégalais désireux de se rendre aux États-Unis de s’assurer de la validité de leurs visas avant le départ, de respecter strictement les durées de séjour autorisées, et de se rapprocher du réseau diplomatique et consulaire sénégalais pour toute information complémentaire sur les conditions d’entrée et de séjour.

Les représentations diplomatiques et consulaires du Sénégal aux États-Unis poursuivent par ailleurs leurs actions de sensibilisation auprès des ressortissants sénégalais. Elles collaborent étroitement avec l’administration américaine dans le cadre des excellentes relations de coopération bilatérale entre les deux pays.

Ce rappel intervient dans un contexte où les tentatives d’entrée irrégulière aux États-Unis se multiplient, exposant de nombreux migrants à des risques considérables. Le gouvernement sénégalais réitère son engagement à protéger ses citoyens tout en appelant à une plus grande vigilance face aux dangers de l’émigration clandestine.

Menace d’interdiction de voyage : les États-Unis ciblent 36 pays, dont le Sénégal

L’administration Trump envisage une nouvelle vague de restrictions d’entrée sur le territoire américain, cette fois dirigée vers 36 pays supplémentaires, dont le Sénégal. Selon une note interne du Département d’État, consultée par The Washington Post, un délai de 60 jours est accordé aux pays concernés pour se conformer à de nouvelles exigences sécuritaires, sous peine d’être frappés d’une interdiction totale ou partielle de voyage.

La liste comprend principalement des pays africains — 25 au total — mais aussi des États d’Asie centrale et des Caraïbes. Le Sénégal y figure aux côtés de la Gambie, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Mali, de la Mauritanie, du Nigeria, du Burkina Faso, du Cameroun, de l’Égypte, de Djibouti, entre autres.

Dans le mémo signé par le secrétaire d’État Marco Rubio, il est exigé que chaque pays présente un plan d’action d’ici mercredi 8h00, détaillant les mesures prises pour améliorer la fiabilité de ses documents d’identité, la coopération sécuritaire avec les États-Unis et le contrôle migratoire.

Les motifs évoqués par Washington incluent une faiblesse institutionnelle, l’incapacité à contrôler les fraudes documentaires, un taux élevé de dépassement de visa, et dans certains cas, des soupçons d’« activités antisémites et antiaméricaines ». Le Département d’État laisse néanmoins entendre que certains pays pourraient éviter ces sanctions s’ils acceptent des accords de réadmission ou de « pays tiers sûr ».

Cette nouvelle offensive migratoire s’inscrit dans la continuité de la proclamation du 4 juin dernier, qui avait déjà ciblé 19 pays. Si la mesure est mise en œuvre, elle représenterait un durcissement considérable de la politique d’immigration américaine.

De nombreux observateurs dénoncent une politique discriminatoire et stigmatisante. Les critiques rappellent les précédentes interdictions ciblant majoritairement des pays à majorité musulmane et considèrent cette initiative comme une manœuvre électorale de Donald Trump, à quelques mois d’une éventuelle reconquête de la Maison Blanche.

Grève du COMES : le ministère de la Santé prône l’apaisement et promet des solutions durables

Au lendemain de la marche du Collectif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation (COMES), le ministère de la Santé a réagi en appelant à l’apaisement. Intervenant sur les ondes de la RFM, le coordonnateur à la communication dudit ministère, Amadou Sow, a exprimé le regret de voir le conflit atteindre ce niveau de tension.

« Nous déplorons cette situation. Le ministère de la Santé fait des efforts pour corriger les manquements soulevés par les grévistes », a-t-il déclaré, en soulignant notamment l’existence d’un arrêté ministériel destiné à améliorer la prise en charge médicale dans les structures accueillant ces professionnels en formation.

Abordant la question sensible des congés de maternité, M. Sow a précisé que le cœur du problème réside dans le statut même des médecins en spécialisation, qui relèvent avant tout du ministère de l’Enseignement supérieur. « L’ancrage institutionnel de ces médecins n’est pas du ressort exclusif du ministère de la Santé, qui reste un service utilisateur », a-t-il expliqué.

Face à la mobilisation du COMES, le ministère de la Santé assure avoir engagé une dynamique de concertation. Amadou Sow a annoncé la mise en place d’un comité regroupant les représentants du collectif ainsi que d’autres partenaires sociaux. Objectif : trouver ensemble des solutions structurelles et durables.

« Si l’on poursuit dans cette logique de dialogue, nous parviendrons avec le COMES à des solutions viables pour l’ensemble des parties », a conclu le porte-parole du ministère.

FMI – Sénégal : les négociations au point mort, l’accord reporté sine die

Le climat d’optimisme qui entourait, il y a encore quelques semaines, les discussions entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) s’est nettement assombri. Alors que le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait relancer les négociations dès avril pour conclure un nouvel accord en juin, l’horizon s’est considérablement obscurci.

Lors d’un point de presse tenu jeudi dernier, la directrice du département Communication du FMI, Julie Kozack, a clairement indiqué qu’aucun calendrier n’était fixé pour la reprise officielle des négociations. « Nous attendons les résultats finaux de l’audit », a-t-elle déclaré, évoquant le dossier des irrégularités comptables révélées par l’Inspection générale des finances (IGF).

Plus alarmant encore, le quotidien Les Échos rapporte que « la conclusion d’un nouveau programme de décaissement n’est pas à l’ordre du jour ». Une affirmation qui sonne comme un désaveu pour les autorités sénégalaises, alors même que le pays fait face à une pression budgétaire accrue.

Le FMI, tout en maintenant un canal de dialogue ouvert avec Dakar, insiste sur la complexité du dossier. Julie Kozack a rappelé que l’affaire des fausses déclarations dans les comptes publics nécessitait un traitement « rigoureux et long ». L’institution exige une transparence totale avant toute reprise des engagements financiers.

Pour mémoire, le programme triennal signé entre le FMI et le Sénégal portait sur un montant de 1,8 milliard de dollars, soit près de 1 100 milliards de francs CFA. Il a été suspendu à la suite d’un rapport de l’IGF validé par la Cour des comptes, qui a mis en lumière une manipulation systématique des données comptables publiques entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall.

Ce gel du programme pèse lourdement sur la trésorerie publique, alors que le gouvernement actuel multiplie les chantiers économiques et les engagements sociaux. En attendant la fin de l’audit en cours, le Sénégal reste dans une zone d’incertitude financière, sans garantie de déblocage à court terme.

Réformes électorales : Ndiaga Sylla salue la création d’une Cour constitutionnelle et appelle à la fin de la déchéance électorale automatique

L’expert électoral Ndiaga Sylla a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce de la création d’une Cour constitutionnelle au Sénégal. Dans une publication sur Facebook, il a salué cette réforme institutionnelle, la qualifiant de « garantie pour le respect des droits de l’homme ». Il a également souligné que la constitutionnalisation de la Commission électorale, désormais dotée d’une autonomie renforcée, constitue une avancée majeure dans le processus de modernisation du système électoral sénégalais.

Toutefois, Ndiaga Sylla invite les autorités à aller plus loin dans l’esprit de rupture et de refondation démocratique. Il plaide notamment pour la suppression de la disposition du Code électoral relative à la déchéance électorale automatique, qu’il juge contraire aux standards internationaux en matière de droits humains.

Selon lui, cette mesure a injustement empêché plusieurs figures politiques de se présenter à des élections, citant nommément Karim Wade, Khalifa Sall, Ousmane Sonko, et potentiellement Barthélémy Dias.

« La déchéance électorale automatique dont ont été victimes des acteurs politiques devrait être supprimée en application des standards internationaux », a-t-il insisté.

Audience avec les élus locaux de Saint-Louis : le président Diomaye rassure sur le versement imminent des fonds de dotation

En marge de sa tournée économique dans la région de Saint-Louis, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a tenu une importante audience avec les élus locaux, notamment les maires et présidents des conseils départementaux, accompagnés de leur ministre de tutelle. Cette rencontre, rapportée par L’Observateur, s’est inscrite dans le cadre de la mise en œuvre des pôles territoires, Saint-Louis représentant le Pôle territorial nord.

Au cours de cette séance d’échanges directs et ouverts, le ministre de l’Aménagement du territoire, Balla Moussa Fofana, et son équipe ont exposé les grandes lignes du projet de développement du Pôle nord, en mettant en exergue les nombreuses opportunités économiques et sociales que recèle cette partie du pays.

Soucieux d’un dialogue inclusif, le chef de l’État a donné la parole à chacun des responsables locaux présents. Il a écouté avec attention les différentes doléances formulées, allant des questions de financement à celles liées aux infrastructures ou à l’aménagement du territoire.

En réponse, le président Faye a rassuré ses interlocuteurs : les fonds de dotation destinés aux collectivités territoriales seront très prochainement mis à disposition. Une mesure vivement attendue, qui permettra de soutenir la mise en œuvre des politiques locales de développement.

Clôturant l’audience, le président de la République a salué la qualité des échanges et réaffirmé sa volonté d’instaurer une gouvernance territoriale inclusive, tournée vers les résultats et affranchie des clivages politiques. Pour lui, l’avenir du développement national passe par une collaboration étroite entre l’État central et les collectivités territoriales.

Suspension du programme FMI-Sénégal : les négociations dans l’impasse, les finances publiques sous pression

Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé la suspension de la mise en œuvre du programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (plus de 1000 milliards de F CFA) destiné au Sénégal. Cette décision fait suite à des révélations explosives sur des maquillages des comptes publics entre 2019 et mars 2024, sous la présidence de Macky Sall. Le rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), validé par la Cour des comptes, a levé le voile sur de graves irrégularités comptables qui ont compromis la confiance du FMI.

Alors que le gouvernement actuel, par la voix du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, espérait une reprise des négociations en avril suivie d’un nouvel accord en juin, ces espoirs se sont évaporés. En conférence de presse la semaine dernière, Julie Kozack, directrice du département Communication du FMI, a refroidi les attentes en déclarant : « Nous attendons les résultats finaux de l’audit ». Elle a ajouté qu’il n’y avait « pas encore de calendrier précis » pour une reprise des discussions avec les autorités sénégalaises.

Le journal Enquête rapporte également que Mme Kozack a insisté sur la complexité du dossier, lié aux « fausses déclarations » et nécessitant « un processus rigoureux et long ».

Cette suspension intervient dans un contexte particulièrement tendu pour les nouvelles autorités sénégalaises. Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye fait face à des défis budgétaires majeurs, marqués par des besoins de financement urgents dans les secteurs sociaux, les infrastructures et la dette publique. La perte d’un appui budgétaire aussi conséquent compromet sérieusement la mise en œuvre de ses ambitions de rupture.

Selon plusieurs économistes, cette situation réduit considérablement les marges de manœuvre de l’État, qui pourrait être contraint de revoir ses priorités, retarder certains projets structurants ou recourir à des financements alternatifs, souvent plus coûteux.

Dans ce climat tendu, le gouvernement s’est engagé à faire toute la lumière sur la gestion passée des finances publiques. L’audit en cours, mené avec l’appui de partenaires techniques, devrait permettre d’identifier les responsabilités et de renforcer les mécanismes de transparence et de reddition des comptes.

Mais pour rétablir la confiance du FMI, la route semble encore longue. Comme l’a indiqué Julie Kozack, « le traitement de ce dossier exige un processus rigoureux ». Il faudra donc attendre les conclusions de l’audit et, probablement, des mesures concrètes de redressement pour espérer une relance des négociations.

Le bras de fer entre le Sénégal et le FMI marque une véritable épreuve de vérité pour le pays. Entre l’héritage d’une gouvernance budgétaire contestée et les attentes pressantes d’un changement de cap, le nouveau régime joue gros. Rétablir la confiance des partenaires techniques et financiers apparaît aujourd’hui comme une priorité absolue pour éviter un choc économique et social à court terme.

Ousmane Sonko sur la fiscalité au Sénégal : “Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas”

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a fermement rejeté l’idée selon laquelle les entreprises opérant au Sénégal seraient soumises à une pression fiscale excessive. Lors d’un échange avec la presse jeudi à Dakar, le chef du gouvernement a assuré que la fiscalité nationale est conforme aux standards internationaux et que l’État œuvre activement à garantir un environnement d’investissement sécurisé et équitable.

« Je ne pense pas que le Sénégal soumette les entreprises qui investissent sur son sol à plus de pression fiscale qu’ailleurs dans le monde. Cela n’existe pas », a-t-il affirmé en réponse à une question sur les récents audits sectoriels et les redressements fiscaux visant certaines sociétés.

Ousmane Sonko a profité de l’occasion pour dénoncer les pratiques anciennes où certaines entreprises étrangères pouvaient, selon lui, opérer librement sans s’acquitter pleinement de leurs obligations fiscales. Il a attribué ces dérives à des complicités internes, à des défaillances administratives et à l’inaction des anciennes autorités politiques.

« Cela est révolu. Nous avons aujourd’hui un cadre fiscal qui n’est pas répressif mais qui n’est pas permissif non plus », a-t-il déclaré, soulignant que ce système s’applique de manière uniforme à tous les investisseurs, quelle que soit leur nationalité.

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé un vaste chantier de réformes législatives visant à moderniser et clarifier les règles du jeu économique au Sénégal. « Le code des investissements, le code minier, le code pétrolier, le code des impôts, le code des douanes… tous les codes sont en cours de réforme », a-t-il précisé. L’objectif est de rendre le pays plus attractif, tout en assurant une fiscalité juste et équilibrée.

Selon lui, ces réformes ne doivent pas être perçues comme des obstacles à l’investissement, mais comme des garanties d’un climat sain et compétitif.

« Nous créons les conditions de la sécurité de l’investissement dans ce pays : sécurité juridique mais aussi sécurité tout court », a insisté Sonko, en promettant un accompagnement de l’État pour tous les investisseurs de bonne foi.

En contrepartie, il exige le respect des lois et des engagements fiscaux. « Ce que l’on attend de ces investisseurs, c’est qu’ils travaillent, créent des emplois, paient des impôts. »

Le Premier ministre n’a pas manqué de lancer un avertissement à ceux qui espéreraient bénéficier de passe-droits ou perpétuer des pratiques extractivistes. « Le chantage de l’investissement contre l’aveuglement fiscal ne marchera pas au Sénégal », a-t-il averti, se disant opposé à tout modèle où des sociétés étrangères exploiteraient les ressources naturelles sans retombées économiques significatives pour le pays.

Flou autour d’un projet d’électrification rurale : 2,4 milliards FCFA introuvables, enquête ouverte en Espagne

Un vent de soupçons souffle sur un projet d’électrification rurale au Sénégal, dans lequel une avance de démarrage de 2,425 milliards de francs CFA aurait été indûment versée à la société espagnole AEE Power EPC, sans que les travaux n’aient débuté. Cette affaire, rapportée par Le Quotidien, soulève de graves interrogations sur la gestion des fonds publics et la transparence des marchés internationaux.

Selon les informations recueillies, ce montant a été débloqué dans le cadre d’un contrat entre l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (ASER) et la société espagnole AEE Power EPC. Pourtant, les travaux prévus dans le cadre de ce marché, censé améliorer l’accès à l’électricité de 600 000 personnes dans plusieurs régions sénégalaises, n’avaient pas encore commencé au moment du versement.

Plus inquiétant encore, des transferts financiers suspects ont été identifiés par les autorités espagnoles vers Chypre, l’Égypte et le Sénégal. Ces mouvements de fonds jugés irréguliers ont conduit à l’ouverture d’une enquête de la police espagnole, qui cherche à retracer la destination exacte des sommes avancées.

Cette affaire n’est pas née dans l’opacité. En octobre 2024, l’Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait déjà suspendu le marché, dénonçant plusieurs zones d’ombre, notamment autour de l’utilisation de 37 milliards FCFA issus d’une offre spontanée présentée par AEE Power EPC. Malgré les alertes, une avance de 2,425 milliards FCFA avait tout de même été versée.

La banque Santander, principal bailleur de fonds du projet, et l’agence espagnole de crédit à l’exportation (Cesce), ont exprimé leur profonde inquiétude. Cesce a notamment suspendu son financement, évoquant un manque de transparence de la part de l’entreprise espagnole. Les avocats de AEE Power Sénégal, de leur côté, ont admis l’existence de transferts inexpliqués et ont eux-mêmes dénoncé des irrégularités internes, allant jusqu’à pointer une utilisation de l’avance à des fins étrangères au projet initial.

Malgré ce climat de suspicion, la Cour suprême du Sénégal, dans une décision rendue en février 2025, a annulé la suspension décidée par l’ARCOP. Ce feu vert judiciaire permet théoriquement la reprise du projet, au grand dam de plusieurs acteurs financiers et institutionnels toujours préoccupés par la traçabilité des fonds.

L’enquête menée en Espagne se poursuit, avec l’objectif de faire la lumière sur ces décaissements non justifiés, qui ternissent une fois de plus l’image de la coopération internationale dans le domaine des infrastructures essentielles.

Alors que des dizaines de milliers de foyers attendent toujours l’électricité, ce scandale soulève des questions fondamentales : à qui profite réellement l’électrification rurale ? Et surtout, qui devra répondre des fonds évaporés ?

Affaire à suivre.

Financement public : Dakar lève 76,9 milliards FCFA sur le marché régional, Abidjan en tête des souscripteurs

L’État du Sénégal a réussi, ce vendredi 13 juin 2025, à lever près de 77 milliards de francs CFA sur le marché régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), à l’occasion d’une adjudication de bons et obligations du Trésor organisée à Dakar. Cette opération de mobilisation de ressources financières, portant initialement sur un montant de 70 milliards FCFA, a connu un fort engouement de la part des investisseurs de l’espace UEMOA, traduisant un taux de couverture de 113,18 %.

Dans les détails, les soumissions ont atteint un total de 79,228 milliards FCFA, avec un taux d’absorption final de 97,19 %, ce qui témoigne d’un net intérêt du marché pour la dette souveraine sénégalaise. Deux instruments financiers étaient proposés lors de cette adjudication : des bons assimilables du Trésor (BAT) d’une maturité de 364 jours, arrivant à échéance le 14 juin 2026, et des obligations assimilables du Trésor (OAT) d’une durée de trois ans, avec maturité au 2 juin 2028.

Concernant les BAT d’un an, les souscriptions ont atteint 44,7 milliards FCFA, dont 42,471 milliards ont été retenus. Le taux marginal sur cette ligne s’est établi à 6,98 %, avec un rendement moyen pondéré de 7,25 %. Du côté des OAT, la totalité du montant proposé, soit 34,528 milliards FCFA, a été servie. Le rendement moyen enregistré est de 7,44 %, pour un prix marginal de 95,30 %.

Au total, 21 investisseurs issus de l’Union ont pris part à cette opération. Parmi eux, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme le premier souscripteur, avec 40,18 milliards FCFA d’allocations retenues. Le Sénégal lui-même arrive en seconde position avec 28,286 milliards FCFA, tandis que le Bénin a placé 6,365 milliards FCFA. Le Burkina Faso et le Togo figurent également parmi les participants à cette émission.

Cette levée de fonds s’inscrit dans le cadre de la stratégie de financement des besoins budgétaires du gouvernement sénégalais pour l’exercice 2025. Elle reflète également la confiance soutenue des investisseurs régionaux dans la signature du Sénégal, malgré un contexte économique régional tendu. Le succès de cette opération, qui conjugue diversification des maturités et mobilisation rapide de ressources, renforce la crédibilité du pays sur les marchés financiers de l’UEMOA.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°486 – 14 ET 15/06/2025

🔴 UMOA TITRES / LEVÉE DE 76,9 MILLIARDS F CFA PAR DAKAR : ABIDJAN RESTE LE 1ᵉʳ INVESTISSEUR
🔴 REPORT DE LA CONFÉRENCE DE L’ONU SUR LA PALESTINE : DIOMAYE CONFINÉ À DOMICILE

🔴 BAL 2025 : LE SÉNÉGALAIS YOUSSOU NDOYE SUR LE PODIUM
🔴 COUPE DU MONDE DES CLUBS / PRÉSENCE DE KOULIBALY, JACKSON ET NIANG : LE SÉNÉGAL S’INVITE EN FORCE

Tambacounda : l’hivernage s’installe durablement selon les services météorologiques

Les premières pluies enregistrées dans la région de Tambacounda confirment l’installation définitive de l’hivernage, d’après les autorités météorologiques locales. C’est ce qu’a indiqué Philippe Auguste Sène, chef du service régional de la météorologie, dans un entretien accordé à l’Agence de Presse Sénégalaise (APS).

Selon lui, la région a enregistré un cumul de 70 mm de précipitations depuis le début de la saison, avec un apport significatif de 59 mm rien que dans la matinée de ce vendredi. Ce volume est jugé suffisant pour marquer le début effectif de la saison des pluies dans cette zone de l’Est du pays.

Philippe Auguste Sène a précisé que ces données viennent confirmer les prévisions établies par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), qui avait annoncé l’arrivée des premières précipitations entre le mercredi 11 et le dimanche 14 juin 2025. Il a également assuré que les pluies accompagnées d’orages devraient se poursuivre durant tout le week-end, consolidant davantage l’installation de l’hivernage.

Dans ce contexte favorable, le responsable météorologique a exhorté les agriculteurs de la région à rester attentifs aux bulletins et prévisions météorologiques pour mieux planifier leurs travaux champêtres. Il leur a par ailleurs adressé ses vœux de succès pour une campagne agricole 2025 prospère et productive.

Diama : le président Diomaye Faye sur le terrain pour impulser la transformation agricole

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, poursuit sa tournée dans le Pôle territorial Nord par une étape significative à Diama, dans la vallée du fleuve Sénégal. Après une halte à Ross Béthio, le chef de l’État s’est rendu sur un site agricole nouvellement aménagé, dans le cadre du Projet de Développement Rural de Savoigne (PDRS), pour une visite d’inspection hautement symbolique.

Ce projet agricole, considéré comme un levier de développement structurant pour la région, concerne directement 5 700 habitants répartis dans onze villages. Selon la présidence, il s’agit d’un programme d’envergure visant à améliorer durablement les conditions de vie des populations rurales grâce à la modernisation des pratiques agricoles. Le projet bénéficie d’un financement important de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), partenaire historique du Sénégal dans le secteur rural.

L’accent est mis sur l’introduction d’équipements agricoles modernes, l’aménagement de casiers irrigués, ainsi que la mise en place d’infrastructures de stockage et de conservation adaptées. L’objectif est d’optimiser la productivité, réduire les pertes post-récolte et renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Le président Faye a tenu à saluer les efforts déployés par les acteurs locaux et les partenaires techniques et financiers, réaffirmant l’importance stratégique d’une agriculture moderne, résiliente et tournée vers les marchés.

Ce déplacement s’inscrit dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050, la stratégie nationale qui guide l’action publique en matière de développement durable. En se rendant personnellement sur les terres agricoles du Nord, Bassirou Diomaye Faye traduit en actes son engagement à bâtir une économie rurale inclusive, en mettant l’accent sur l’autonomisation des producteurs, l’accès équitable aux ressources, et la valorisation du potentiel agro-industriel des terroirs.

La visite à Diama symbolise également la volonté du président de rompre avec une gouvernance centralisée des projets de développement, en misant sur l’ancrage local, la concertation avec les communautés rurales et la responsabilisation des acteurs territoriaux. Le chef de l’État a promis de poursuivre cette logique de proximité et d’écoute tout au long de sa tournée nationale.

Dakar : deux étrangers arrêtés avec 4 kg de cocaïne, l’OCRTIS remonte une filière internationale

Dans une opération minutieusement préparée, l’Office Central de Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants (OCRTIS) a interpellé deux individus de nationalités étrangères à Dakar. Ces derniers ont été surpris en possession de quatre kilogrammes de cocaïne, une saisie qui vient confirmer les soupçons nourris depuis plusieurs jours sur l’existence d’un réseau actif dans la sous-région.

Les arrestations font suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel précis. Les enquêteurs avaient été alertés par des informations faisant état d’une livraison imminente d’un colis suspect, dont les caractéristiques rappelaient fortement celles de précédentes saisies opérées en Espagne. Le 2 juin 2025, les autorités de Madrid avaient en effet intercepté huit kilogrammes de cocaïne, dissimulés dans les bagages de quatre passagers sénégalais voyageant en tant que GP (gratuits passagers), et soupçonnés de collaborer avec une expéditrice dont le nom circule désormais dans plusieurs enquêtes croisées.

L’intervention des agents de l’OCRTIS à Dakar a permis de mettre la main sur les deux suspects au moment critique, interrompant ainsi une chaîne logistique bien rodée. Une perquisition au domicile de l’un des mis en cause a débouché sur la découverte de quatre cent mille francs CFA en espèces, ainsi que d’objets directement liés à l’activité de trafic de drogue, renforçant les soupçons pesant sur les deux hommes.

Cette nouvelle affaire illustre l’enracinement des réseaux de trafic international au sein de la capitale sénégalaise, qui semble servir de relais ou de point de transit pour des cargaisons à destination de l’Europe. Les autorités policières, en collaboration avec leurs homologues internationaux, poursuivent les investigations dans le but de remonter toute la filière, identifier les complices encore dans la nature et démanteler entièrement ce réseau structuré.

Dans un contexte régional de plus en plus marqué par la recrudescence des trafics de stupéfiants, cette opération confirme la vigilance des services de répression sénégalais et leur engagement à lutter contre l’implantation de cartels sur le territoire national. Les deux suspects devraient être présentés devant les juridictions compétentes dans les prochains jours.

Décès de Mor Seck à Guédiawaye : le commissariat de Yeumbeul-Nord rejette les accusations de la famille

Accusée d’être impliquée dans la mort tragique du jeune Mor Seck à Guédiawaye, la police de Yeumbeul-Nord a tenu à faire une mise au point ferme, réfutant catégoriquement toute implication dans ce drame. Dans une déclaration relayée ce vendredi, les responsables du commissariat ont contesté point par point les allégations formulées par la famille du défunt.

La police a affirmé n’avoir procédé à aucune interpellation d’un individu portant le nom de Mor Seck, ni à son placement en garde à vue dans leurs locaux. Selon leur version des faits, aucune opération policière impliquant un suspect de ce nom n’a été menée, et aucune trace de son identité n’apparaît dans les dossiers du commissariat, y compris parmi les personnes interpellées au cours de leurs récentes interventions.

Les événements survenus le vendredi 30 mai ont été détaillés avec précision. Dans la journée, les agents étaient principalement mobilisés par des opérations de déferrement de suspects vers le parquet, dans le cadre d’enquêtes en cours. En soirée, ils ont conduit des actions de sécurisation de routine, portant sur des délits tels que la consommation de chanvre indien, l’ivresse publique ou des contrôles d’identité. Aucun des individus arrêtés ce jour-là ne portait le nom de Mor Seck, a insisté la police.

En réponse directe à l’accusation visant un certain Assane Karbala, cité par les proches du défunt comme l’un des agents présumés impliqués dans l’agression, la police de Yeumbeul-Nord a affirmé qu’aucun membre de leur personnel ne porte ce nom ou ce surnom. Un agent ayant requis l’anonymat a précisé que seuls deux policiers nommés Assane travaillent dans ce service : l’un est actuellement affecté à la préfecture, l’autre au corps urbain. Aucun d’eux n’est connu sous le sobriquet de « Karbala ».

La localisation présumée de l’incident soulève également des interrogations. Les proches de Mor Seck affirment que ce dernier a été interpellé au niveau du Terminus de la ligne 41. Cependant, les autorités policières rappellent que cette zone ne relève pas de leur juridiction. En d’autres termes, même si une patrouille policière avait été présente à cet endroit, elle ne dépendrait pas du commissariat de Yeumbeul-Nord.

Pour la police, ces accusations sont graves et méritent des preuves concrètes. Elle invite les membres de la famille du défunt à venir formellement identifier les agents qu’ils désignent comme responsables de l’agression. En attendant, elle maintient que ni les faits rapportés, ni les noms mentionnés, ni le lieu évoqué ne sont en lien avec ses opérations.

Ce démenti public s’ajoute aux nombreuses questions que continue de susciter la mort de Mor Seck, et relance le débat sur les responsabilités dans les cas de violence présumée impliquant des agents de l’État. En l’absence d’éléments judiciaires établis, l’enquête devra se poursuivre pour faire toute la lumière sur les circonstances du décès.

Yeumbeul : deux individus arrêtés avec plus de 45 millions FCFA en liquide

Une importante opération menée par les forces de l’ordre a permis l’interpellation de deux individus à Yeumbeul Comico, dans la banlieue de Dakar, en possession d’une somme impressionnante d’argent liquide. L’intervention, conduite ce jeudi par les agents du commissariat d’arrondissement, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les flux financiers illicites et les formes de criminalité économique.

Selon les informations communiquées par la police nationale via son compte officiel sur le réseau X (anciennement Twitter), les deux suspects transportaient 1.130 billets de 10.000 francs CFA, soit un total de 11.300.000 FCFA. Ils avaient également en leur possession 517 billets de 100 euros, équivalant à environ 33.863.500 FCFA selon le taux de change en vigueur. L’ensemble de l’argent saisi s’élève ainsi à une somme globale de 45.163.500 FCFA, en francs CFA et en devises étrangères.

Les circonstances de cette détention de fonds restent à élucider. Les enquêteurs, mobilisés dès l’interpellation, explorent plusieurs pistes, notamment celle d’un éventuel blanchiment d’argent, d’un trafic illégal de devises ou du financement d’activités criminelles. L’hypothèse d’un lien avec des réseaux de criminalité organisée est également à l’étude. Les services spécialisés ont été saisis pour procéder à des vérifications approfondies sur l’origine des billets, les déplacements des suspects et les éventuelles ramifications internationales de cette affaire.

Les deux individus interpellés sont actuellement placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Yeumbeul. Ils seront entendus dans le cadre d’une enquête préliminaire avant d’être présentés devant le parquet. Il reviendra au procureur de la République de déterminer les chefs d’accusation qui pourraient leur être imputés. Leur placement en détention provisoire pourrait être requis dans l’attente de leur jugement.

Cette saisie spectaculaire rappelle l’ampleur des défis liés à la circulation de fonds illicites dans le pays et souligne la vigilance croissante des forces de sécurité sénégalaises face à ces pratiques aux répercussions économiques et sécuritaires considérables.

Falémé : un site clandestin d’orpaillage démantelé, six individus arrêtés

Dans le cadre de l’Opération Orientale toujours en cours dans la Zone militaire N°4, les forces de sécurité ont mené, ce jeudi 12 juin, une intervention musclée ayant abouti au démantèlement d’un site d’orpaillage clandestin dans la région de la Falémé. L’opération s’est déroulée avec succès sur l’axe Alinguel-Goundafa, une zone souvent ciblée par les exploitants illégaux attirés par les richesses aurifères de la région.

Au cours de cette opération, six individus soupçonnés de se livrer à l’exploitation aurifère illégale ont été interpellés. Le coup de filet s’est accompagné de la saisie d’un arsenal de matériel destiné à l’extraction sauvage de l’or. Parmi les équipements confisqués figurent une dizaine de motopompes, plusieurs groupes électrogènes ainsi que divers autres outils utilisés pour l’orpaillage non autorisé. L’importance du matériel saisi témoigne de l’ampleur de l’activité sur le site.

Cette action s’inscrit dans la stratégie globale des autorités visant à mettre un terme à l’orpaillage clandestin dans cette région frontalière du sud-est du Sénégal. Selon les forces de sécurité, ces pratiques illicites ont de lourdes conséquences sur l’environnement, notamment la pollution des cours d’eau et la dégradation des sols, tout en privant l’État de ressources fiscales importantes et en alimentant parfois des réseaux de contrebande et d’insécurité.

Les personnes interpellées sont actuellement placées en garde à vue. Leur dossier devrait être transmis dans les plus brefs délais aux autorités judiciaires compétentes afin que des poursuites soient engagées conformément aux lois en vigueur. Les autorités militaires, de leur côté, ont renouvelé leur engagement à intensifier les patrouilles et les interventions sur le terrain pour éradiquer définitivement l’orpaillage clandestin dans la région de la Falémé.

Kédougou : sept personnes interpellées pour trafic de peaux d’animaux protégés

Une opération conjointe menée par la Brigade de Recherches du Commissariat de Kédougou et l’ONG ÉGALE Sénégal a conduit, ce jeudi vers 15h, à l’arrestation de sept individus impliqués dans le trafic de produits issus d’espèces animales protégées. L’intervention, déclenchée à la suite d’un renseignement anonyme, a permis de mettre la main sur les trafiquants alors qu’ils s’apprêtaient à conclure une vente illicite à l’hôtel Sankara, situé dans cette localité du sud-est du Sénégal.

Les personnes arrêtées étaient en possession de quatre peaux de léopard et d’une peau d’hyène, toutes issues d’animaux protégés par la législation sénégalaise et les conventions internationales relatives à la conservation de la faune sauvage. L’opération s’est déroulée sans incident, grâce à une coordination rapide entre les autorités locales et les agents de l’ONG engagée dans la lutte contre la criminalité faunique.

Outre les peaux, les forces de sécurité ont saisi un véhicule de type « 7 places » ainsi que trois motocyclettes, utilisés par les présumés trafiquants pour le transport et la logistique de leur activité illégale. Selon des sources proches du dossier, ces moyens de déplacement seraient essentiels dans un réseau bien organisé opérant dans la région frontalière.

Les suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la police. Ils font l’objet d’une enquête pour détention, circulation et tentative de commercialisation de produits dérivés d’espèces animales protégées. Une infraction grave au regard du Code de la chasse et des textes sur la biodiversité en vigueur au Sénégal.

Des agents des parcs nationaux se sont rendus sur les lieux pour constater les faits et évaluer la nature exacte des peaux saisies. Ces dernières serviront probablement d’éléments de preuve dans la procédure judiciaire en cours. L’affaire relance le débat sur le renforcement des moyens de lutte contre le braconnage et le commerce illicite de faune sauvage dans les zones frontalières du pays.

Partenariat énergétique Sénégal-Congo : Ousmane Sonko rassure après la suspension du contrat avec Socelec

La coopération énergétique entre le Sénégal et la République du Congo demeure sur de bons rails malgré la suspension du contrat récemment signé avec Socelec. C’est le message de fermeté et d’optimisme qu’a tenu à livrer le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue congolais, Anatole Collinet Makosso, tenu ce jeudi.

Le chef du gouvernement sénégalais s’est voulu rassurant sur l’avenir de ce partenariat stratégique, insistant sur la nature souveraine des décisions prises par le Congo concernant son secteur énergétique. « Sur la question de l’énergie, je considère que le Congo est un pays souverain qui a éprouvé le besoin à un moment donné d’aller vers une forme d’organisation de son secteur énergétique », a affirmé Ousmane Sonko.

Le contrat en question, signé en février dernier, liait la Socelec – filiale de la Senelec – à l’État congolais dans le cadre d’une convention d’affermage portant sur la distribution et la commercialisation de l’électricité à Brazzaville. Toutefois, en raison de certaines préoccupations internes, les autorités congolaises ont décidé de suspendre la mise en œuvre du contrat, provoquant un certain nombre d’interrogations dans les milieux économiques et diplomatiques.

Face à cela, Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position du Sénégal. « Il n’a pas été question ici d’annulation du marché. Il y a des préoccupations intérieures qui ont amené le gouvernement congolais à considérer qu’il fallait suspendre le temps de procéder à un certain nombre de réglages », a-t-il expliqué. Il s’est dit convaincu que le partenariat reprendra sous de meilleurs auspices, insistant sur la nécessité de renforcer les échanges économiques entre pays africains. « Je demeure convaincu que ce contrat sera parfait, que ce contrat sera validé, et que ce sera un bel exemple de ce que nous pouvons faire dans cette dynamique de coopération sud-sud, de coopération entre pays africains », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a également critiqué la dépendance excessive à des partenaires extérieurs, tout en précisant que le recours à des entreprises étrangères n’est pas à exclure. « Souvent, nous avons à rougir de faire venir des entreprises qui viennent de très loin, ce qui n’est pas mauvais. Nous ne sommes pas hermétiques », a-t-il nuancé, soulignant l’importance de valoriser les expertises africaines dans les projets structurants.

Pour sa part, Anatole Collinet Makosso a expliqué que la suspension du contrat d’affermage s’inscrit dans une logique de rigueur administrative et de préparation de l’opinion publique. « La convention d’affermage a été suspendue. Oui, c’est le Premier ministre qui a pris la note. Suspendons la mise en œuvre du contrat d’affermage, le temps que nous puissions mettre au point les 48 mesures préalables qui ont été identifiées et que nous préparions l’opinion sur la nécessité de la réforme », a-t-il indiqué.

Ce report ne signifie donc pas une rupture mais une phase de transition, destinée à garantir une mise en œuvre optimale du contrat dans un environnement institutionnel mieux préparé. Les deux chefs de gouvernement ont affiché leur volonté commune de maintenir une coopération étroite, fondée sur la confiance, le respect mutuel et la vision partagée d’un développement endogène du continent.

La conférence internationale sur la Palestine reportée : le Président Diomaye Faye parmi les invités impactés

Prévue pour se tenir la semaine prochaine au siège des Nations unies à New York, la conférence internationale sur l’État de Palestine a été officiellement reportée. L’annonce a été faite ce vendredi 13 juin par le président français Emmanuel Macron, au cours d’une conférence de presse tenue à l’Élysée. Le report est motivé, selon le chef de l’État français, par des « raisons logistiques et sécuritaires », dans un contexte géopolitique marqué par une escalade des tensions au Moyen-Orient.

Parmi les chefs d’État invités à cette rencontre de haut niveau figurait le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Sa participation, attendue et symbolique, devait marquer l’engagement renouvelé du Sénégal en faveur de la cause palestinienne, dans la continuité d’une tradition diplomatique forte portée historiquement par Dakar au sein des instances internationales, notamment à travers son rôle au sein du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

Malgré le report, le président Macron a tenu à réaffirmer l’engagement de la France en faveur de la paix et de la solution à deux États. « Ce report ne saurait remettre en cause notre détermination à avancer vers la mise en œuvre de la solution des deux États », a-t-il insisté. Il a également réitéré sa volonté de reconnaître officiellement l’État de Palestine, indépendamment du calendrier de la conférence, soulignant que cette reconnaissance constitue pour lui un impératif politique et moral.

Le climat régional, particulièrement tendu ces dernières semaines, semble avoir pesé lourd dans la balance. L’intensification des frappes israéliennes sur l’Iran et les craintes d’un embrasement généralisé ont compliqué les conditions d’organisation d’un tel événement à New York, où des chefs d’État, diplomates et représentants d’organisations internationales étaient attendus.

Emmanuel Macron a indiqué que la conférence « aura lieu au plus vite », sans toutefois fournir de date précise pour son report. Il a néanmoins précisé la vision de la France pour la région, affirmant qu’un « État palestinien démilitarisé est un préalable indispensable à l’intégration régionale d’Israël ». Une position qui rejoint les appels récurrents de plusieurs États membres des Nations unies en faveur d’une reconnaissance formelle et d’une solution politique durable.

Pour le Sénégal, ce report n’altère en rien la position constante en faveur de la Palestine. L’administration de Diomaye Faye, dans la lignée de ses prédécesseurs, devrait continuer à porter cette voix dans les cercles diplomatiques, en particulier à l’ONU, où Dakar reste un interlocuteur respecté sur les questions de paix, de sécurité et de droits des peuples.

Reclassement des greffiers : le Sytjust dénonce un sabotage administratif et exige l’application immédiate de la réforme

Malgré un reclassement acté à la hiérarchie A2, les greffiers attendent toujours la concrétisation de cette mesure. Le Syndicat des travailleurs de la Justice monte au créneau et interpelle l’État sur ses engagements.

Le Syndicat des travailleurs de la Justice (Sytjust) hausse une nouvelle fois le ton. Dans une note explicative rendue publique ce 12 juin 2025, les représentants des greffiers dénoncent un blocage « injustifié » dans l’application de la réforme de leur reclassement à la hiérarchie A2. Alors que cette avancée a été officiellement entérinée, sa mise en œuvre concrète tarde toujours, alimentant frustration et incompréhension au sein du corps des greffiers.

Selon le Sytjust, le reclassement du corps des greffiers de la hiérarchie B2 à A2 ne souffre d’aucune contestation de principe. Il s’agit d’un droit acquis, validé dès 2018 en Conseil des ministres et soutenu par les Assises nationales de la Justice de juin 2024. Pourtant, la réforme peine à se matérialiser dans les bulletins de paie et les actes administratifs, ce qui pousse le syndicat à parler de « paralysie délibérée ».

« Il s’agit d’un ajustement indiciaire automatique, sans condition, pour garantir l’égalité de traitement au sein du même corps », rappelle le syndicat.

« Même travail, même grade, même traitement indiciaire », martèle-t-il, en référence aux principes d’équité institutionnelle.

Dans sa sortie, le Sytjust pointe directement la responsabilité de certains acteurs du ministère de la Fonction publique, accusés de retarder sciemment la réforme en invoquant des arguments jugés « sans fondement juridique ». Parmi ces prétextes figure l’exigence d’une formation préalable pour valider le reclassement, une condition que le syndicat rejette catégoriquement.

« Le diplôme délivré par le Centre de formation judiciaire n’a pas changé, le programme de formation est le même, et le corps des greffiers reste unifié. Subordonner l’alignement à une formation préalable est donc juridiquement infondé », tranche le Sytjust.

Plus qu’une simple dénonciation, le syndicat en appelle désormais à la responsabilité collective de l’exécutif. Il rappelle que le ministre de la Justice a déjà pris ses responsabilités en initiant les projets de décrets nécessaires à l’application de la réforme. Le reste du gouvernement, et en particulier le ministère de la Fonction publique, est invité à faire preuve de solidarité et de cohérence.

Le Sytjust met en garde : tout nouveau retard pourrait nuire gravement à la paix sociale, notamment dans un contexte où le Pacte national de stabilité sociale, signé le 1er mai 2025, repose sur la confiance mutuelle entre les partenaires sociaux et les pouvoirs publics.

Alors que les greffiers continuent d’assurer un service public essentiel dans les juridictions du pays, leur patience semble atteindre ses limites. L’État est désormais face à ses responsabilités : concrétiser une réforme actée depuis des années ou risquer une nouvelle crise sociale dans un secteur aussi stratégique que la Justice.

Sénégal – Allemagne : Visite officielle de M. Martin Bäumer, Co-président de la Fondation Caritas Osnabrück, du 16 au 21 juin 2025

M. Martin BÄUMER, récemment nommé Co-président de la Fondation Caritas Osnabrück, effectuera une visite officielle au Sénégal du lundi 16 au samedi 21 juin 2025.

Ce déplacement, qui constitue son premier contact avec le Sénégal, sera l’occasion pour lui de découvrir les différentes réalisations soutenues par la Fondation dans les régions de Dakar, Thiès, Kaolack et Diourbel.

Programme de la visite :

Dans la région de Kaolack, M. Bäumer et sa délégation visiteront plusieurs établissements scolaires relevant des Inspections de l’Éducation et de la Formation (IEF) de Kaolack Commune, Nioro du Rip et Guinguinéo, où la Fondation a activement contribué à l’amélioration du système éducatif. Les établissements concernés sont notamment :

École Kabatoki 1 CEM de Ndiebel École inclusive Serigne Alioune Cissé (Commune de Kaolack)

Avant de poursuivre ses visites, M. Bäumer rencontrera les autorités éducatives et territoriales de la commune de Kaolack.

La visite se poursuivra dans d’autres établissements, parmi lesquels :

École Tanor Dieng 1 CEM Daga Diakhaté (IEF Guinguinéo) CEM Kabacoto (IEF Nioro du Rip)

Appui au sport et à l’éducation

Au-delà de ses actions dans le secteur de l’éducation, la Fondation Caritas Osnabrück a également investi dans le développement du sport à travers la création de l’école de football Helmut Buschmeyer, située au siège de JOKOO (Maison sénégalo-allemande Helmut Buschmeyer) à Bongré.

Le Co-président de la Fondation rencontrera à cette occasion les jeunes bénéficiaires, leurs parents ainsi que les encadreurs.

Clôture de la visite

M. Martin Bäumer clôturera son séjour dans la région de Diourbel le mercredi 18 juin 2025, avant de rejoindre Dakar pour la fin de son programme.

Diplomatie sénégalaise : Le président Diomaye Faye opère une vague de nominations dans les consulats à l’étranger

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, imprime sa marque dans la diplomatie sénégalaise avec une série de nouvelles nominations au sein des consulats du Sénégal à travers le monde. Cette réorganisation, révélée par le journal L’As, marque un tournant dans la gestion des représentations diplomatiques, à travers la nomination de plusieurs consuls généraux adjoints dans divers pays.

Parmi les personnalités promues, Marie Jeanne Diouf a été nommée Consul général adjoint au Consulat général du Sénégal à New York, en remplacement d’Amadou Gassama, rappelé. À Casablanca, Mama Diène Thiaw succède à Françoise Marie Agnès Diène au poste de Consul général adjoint, cette dernière ayant été mutée.

À Dakhla, Salif Diop prend les rênes en tant que Consul général adjoint, en lieu et place d’Aïda Traoré. La réorganisation concerne également la Côte d’Ivoire, où Babacar Mbow est désormais Consul général adjoint à Abidjan, succédant à Abdoul Demba Sow, parti à la retraite.

Le Consulat général du Sénégal à Pointe-Noire connaît aussi un changement : Amadou Tidiane Barry y a été désigné comme Consul général adjoint, remplaçant Yabal Guèye Dieng, récemment rappelé. À Djeddah, c’est Ibrahima Manga qui prend le relais de Mbaye Diouf, muté à un autre poste.

En Chine, au Consulat de Guangzhou, Mamary Diarra est nommé Consul général adjoint, suite au rappel de Rougui Mbaye. À Barcelone, un nouveau poste de Consul général adjoint est créé et confié à Baye Elimane Thiaw. Dans la même dynamique, Mama Diedhiou remplace Adama Fall, mutée, à un poste non précisé.

En France, deux nominations viennent compléter cette vague : Issa Marie Diène prend la place d’Aliou Diao comme Consul général adjoint à Bordeaux, tandis que Issa Isaac Ngom remplace Abdoul Hamidou Wone au Consulat général du Sénégal à Marseille.

Cette série de changements s’inscrit dans la volonté affichée par le président Diomaye Faye de renouveler l’appareil diplomatique sénégalais, en mettant en place des profils jugés en phase avec sa vision de la gouvernance extérieure. Elle pourrait également traduire une dynamique de redéploiement stratégique des ressources humaines dans les représentations consulaires, dans un contexte mondial en pleine mutation.

Liberté de la presse au Sénégal : la Cour suprême donne raison au média Public SN, Mamoudou Ibra Kane interpelle le ministre Alioune Sall

Dans une décision jugée historique pour la liberté de la presse au Sénégal, la Cour suprême a suspendu, ce jeudi 12 juin 2025, la notification de cessation de parution émise par le ministère de la Communication à l’encontre du média Public SN, dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Cette décision intervient après plusieurs semaines de tensions entre les autorités et certains organes de presse accusés de non-conformité réglementaire par le ministère.

La haute juridiction a ainsi donné gain de cause au média dans son recours contre une décision qualifiée d’“abusive” par de nombreux acteurs de la société civile et du monde médiatique. Pour beaucoup, ce verdict représente une avancée significative dans la défense de la liberté d’expression au Sénégal, alors que le climat est de plus en plus tendu entre l’État et certaines voix critiques dans les médias.

Réagissant à cette actualité sur X (anciennement Twitter), le journaliste et entrepreneur des médias Mamoudou Ibra Kane n’a pas mâché ses mots. Dans un tweet publié jeudi, il a appelé le ministre de la Communication, Alioune Sall, à revoir ses méthodes :

« La Cour suprême donne raison au média PUBLIC SN dans son recours contre la décision du ministre de la Communication de suspendre plusieurs médias. Une belle victoire judiciaire pour la liberté de la presse. Le Ministre doit revoir ses méthodes fortement décriées. »

Ce message, largement relayé et commenté, traduit un malaise croissant au sein de la profession journalistique, où les décisions récentes du ministère de la Communication sont perçues comme des atteintes à l’indépendance des médias.

La journaliste Aïssatou Diop Fall, figure respectée dans le paysage médiatique sénégalais, n’a pas encore officiellement réagi à cette décision, mais son entourage salue déjà « une victoire du droit sur l’arbitraire ». De nombreux professionnels et observateurs espèrent désormais que ce verdict fera jurisprudence et incitera les autorités à plus de dialogue et de transparence dans leur gestion du secteur médiatique.

Affaire Public Sn : Alioune Tine appelle au dialogue entre le gouvernement et la presse après la décision de la Cour suprême

La décision de la Cour suprême du Sénégal en faveur de la journaliste Aïssatou Diop Fall marque un tournant dans les tensions récentes entre les autorités étatiques et les patrons de presse. En réponse à ce verdict, le fondateur du Think Tank Afrikajom Center, Alioune Tine, a lancé un appel fort en faveur du dialogue et de la réconciliation.

« Il est bon d’aller maintenant vers le dialogue et la réconciliation entre le gouvernement et les patrons de presse. Personne ne gagne dans une confrontation qui affaiblit l’État de droit et la démocratie sénégalaise », a déclaré le défenseur des droits humains, en réaction à la décision judiciaire.

Le juge des référés de la Cour suprême a en effet ordonné, ce jeudi 12 juin, la suspension de la notification de cessation de parution imposée au média Public Sn, dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Une décision qui constitue un désaveu pour le ministre de la Communication, Alioune, à l’origine de l’arrêt des activités du média concerné.

L’avocat de la journaliste, Me Abdou Dialy Kane, s’est réjoui de cette décision à la sortie de l’audience. La version écrite du délibéré est attendue en début de semaine prochaine, selon Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (CDEPS).

Ce bras de fer, qui opposait depuis plusieurs semaines les autorités à un organe de presse reconnu, avait suscité l’inquiétude des défenseurs des libertés, notamment en matière de pluralisme médiatique et de respect des procédures judiciaires.

Affaire de blanchiment et d’escroquerie : la justice confirme la saisie des biens de Farba Ngom et Tahirou Sarr

La Chambre d’accusation financière a confirmé ce vendredi les ordonnances de saisie pénale visant les hommes d’affaires Farba Ngom et Tahirou Sarr, selon des informations rapportées par Seneweb. Ces décisions, rendues par le juge d’instruction financier, s’inscrivent dans le cadre d’une enquête pour blanchiment de capitaux, escroquerie et abus de biens sociaux portant sur plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, a été inculpé le 27 février 2025 pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de blanchiment de capitaux, escroquerie sur des fonds publics à hauteur de 31,8 milliards de FCFA, et complicité d’abus de biens sociaux. Son coaccusé, l’homme d’affaires Tahirou Sarr, a été mis en cause dès le lendemain, le 28 février, pour les mêmes faits, en plus d’une escroquerie distincte portant sur 25,3 milliards de FCFA. Ces inculpations s’appuient notamment sur un rapport accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Dans une ordonnance rendue le 11 mars 2025, le président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier a ordonné la saisie des comptes bancaires, immeubles, véhicules et autres avoirs appartenant aux deux prévenus. Cette saisie repose sur les dispositions des articles 41-1 à 41-4 du Code pénal, des articles 677-40 à 677-42 du Code de procédure pénale, ainsi que sur l’article 202 de la loi n°2024-08 du 14 février 2024, relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Les avocats des deux mis en cause avaient introduit un recours contre ces mesures, arguant d’un excès de pouvoir et de l’absence de preuves matérielles justifiant une saisie préventive de cette ampleur. Ce recours a été rejeté ce vendredi par la Chambre d’accusation, qui a estimé que les conditions légales étaient réunies pour garantir la préservation des biens litigieux en attendant l’issue du procès.

Cette confirmation judiciaire marque une nouvelle étape dans un dossier à fort retentissement politico-économique, qui met en lumière les efforts des autorités judiciaires pour lutter contre la criminalité financière au Sénégal. Les deux hommes d’affaires restent présumés innocents jusqu’à l’issue définitive de la procédure.

Le procès en première instance pourrait s’ouvrir dans les mois à venir, sauf rebondissement judiciaire.

Scandale financier au Sénégal : une enquête nationale dévoile des détournements massifs de fonds publics

Sénégal – Une onde de choc secoue la République alors qu’une enquête nationale menée par la Division des investigations criminelles (Dic) révèle les contours d’un scandale financier d’une ampleur inédite. Entre 2019 et mars 2024, plusieurs centaines de milliards de francs CFA se seraient évaporés dans des circuits occultes enracinés au cœur même de l’administration publique. L’Observateur, dans une enquête exclusive, dévoile les premiers noms, les premières auditions et les premières secousses de ce séisme budgétaire.

Point névralgique du dispositif financier de l’État, le Trésor public est désormais au centre des investigations. Deux anciens hauts responsables ont été récemment entendus : Adama Racine Sow, Trésorier général de 2015 à 2020, et Waly Ndour, ex-Trésorier général entre 2008 et 2012, devenu plus tard président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).

Ces figures, connues pour leur maîtrise des rouages budgétaires, sont interrogées sur l’ouverture irrégulière de 63 comptes bancaires en marge des circuits officiels, sans validation du ministère de tutelle. Ces comptes auraient permis de faire transiter des sommes considérables, loin des mécanismes habituels de contrôle.

Le premier dossier passé au crible concerne les Dépôts à Terme (DAT), des placements de fonds publics censés rester bloqués jusqu’à échéance. Or, les enquêteurs ont découvert des retraits anticipés massifs, pour un total de 141,08 milliards FCFA, sans qu’aucune réintégration dans les comptes de l’État n’ait été effectuée.

La Cour des comptes a rédigé un référé confidentiel signé par son premier président, Mamadou Faye, adressé au ministre de la Justice Ousmane Diagne. Plusieurs hauts responsables politiques y sont nommément cités, dont Amadou Bâ, ex-Premier ministre, Abdoulaye Daouda Diallo, Birima Mangara, et Cheikh Tidiane Diop, ancien directeur général du Trésor.

Autre volet du scandale : les Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO), qui cumulent 546,70 milliards FCFA, auxquels s’ajoutent près de 59 milliards d’intérêts. Selon la Cour des comptes, leur gestion a été caractérisée par un manque de traçabilité et l’absence totale d’identification claire des bénéficiaires.

Des personnes morales non identifiées apparaissent dans les flux, suggérant une opacité volontairement entretenue. Les magistrats financiers évoquent une nébuleuse comptable, susceptible de masquer des faits de détournement de fonds, d’enrichissement illicite ou encore de complicité administrative.

Le dossier, encore sous enquête, promet d’ébranler plusieurs sphères de l’appareil d’État, notamment l’ancien ministère des Finances. Il met aussi en lumière les limites des mécanismes de contrôle interne dans la gestion des ressources publiques.

Dialogue national au Sénégal : la Société civile alerte sur des accords de principe sans garanties de mise en œuvre

Le ton est grave du côté de la Société civile sénégalaise. S’exprimant au nom du Consortium des Organisations de la Société Civile, Moundiaye Cissé, Directeur exécutif de l’ONG 3D, a vivement critiqué les conclusions issues du dernier Dialogue national, qu’il qualifie de largement insuffisantes. À ses yeux, les consensus annoncés relèvent davantage du déclaratif que d’un engagement concret vers des réformes durables.

« La véritable discussion débute maintenant », a martelé Moundiaye Cissé, soulignant le danger d’une confusion entre accords de principe et avancées démocratiques réelles.

Selon le Consortium, la majorité des accords issus du Dialogue ne sont pour l’instant que de simples principes généraux, sans traduction technique, juridique ou politique concrète. Parmi les sujets sensibles évoqués :

l’instauration d’un bulletin unique pour les élections, la création d’une institution électorale véritablement indépendante, et la réforme des lois liberticides, à l’image de l’article 80 du Code pénal, souvent accusé de restreindre la liberté d’expression.

Pour éviter que le message principal ne soit dilué, la Société civile a délibérément choisi de ne pas mettre en avant les points de consensus dans son communiqué final. Elle craint que les médias se focalisent sur ces accords partiels, occultant l’essentiel : l’absence de mécanismes clairs de mise en œuvre.

Face à ces insuffisances, le Consortium plaide pour la mise en place d’un groupe multi-acteurs composé de représentants des partis politiques, de la Société civile, de juristes et d’experts techniques. L’objectif : poursuivre les discussions sur les désaccords majeurs et sortir d’un dialogue perçu comme un exercice cosmétique.

« Il ne suffit pas de déclarer des intentions. Il faut un calendrier clair, des mécanismes de suivi et une volonté politique affirmée », insiste Cissé.

Plus largement, la Société civile appelle à une refondation du processus démocratique, estimant que les failles structurelles des institutions électorales et judiciaires restent intactes. Sans réformes sérieuses, le Sénégal court le risque de voir ses engagements politiques disqualifiés par leur propre inaction, à la veille d’échéances électorales cruciales.

Ce coup de semonce vise à rappeler que le Dialogue national ne peut pas être une fin en soi, mais un point de départ. Pour la Société civile, l’enjeu est désormais d’aller au-delà du consensus de façade, et de bâtir un véritable contrat démocratique reposant sur des actions vérifiables, non sur des promesses vagues.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°485 – 13/06/2025

🔴 PREMIÈRE VICTOIRE : SUSPENSION DE LA NOTIFICATION DE CESSATION DE PARUTION DU MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION À PUBLIC SN : QUE ÇA NE S’ENDORT PAS SUR SES LAURIERS !
🔴 CONFÉRENCE DE CINQUANTENAIRE : LA CEDEAO CHERCHE UN SECOND SOUFFLE À DAKAR

🔴 « COMMUNIQUÉ INTOLÉRABLE » DU JARAAF : LA COMMISSION DE DISCIPLINE DE LA LSFP EXIGE DES EXCUSES
🔴 MERCATO / TRANSFERT AU QATAR : SABALY REJOINT AL-DUHAIL

Énergie : Ousmane Sonko réaffirme la volonté de partenariat entre la Senelec et le Congo malgré la suspension du contrat

Dans un contexte marqué par la suspension du contrat d’affermage entre la Senelec et l’État congolais, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à clarifier la position du Sénégal et à réaffirmer sa volonté de collaboration énergétique avec la République du Congo. Cette déclaration a été faite à l’occasion d’un point de presse conjoint tenu ce jeudi à Dakar, en présence de son homologue congolais, Anatole Collinet Makosso, en visite officielle au Sénégal.

Le chef du gouvernement sénégalais a d’abord salué les perspectives de coopération bilatérale, insistant sur l’importance de bâtir des relations solides et équitables entre États africains. Parmi les axes stratégiques évoqués, la question énergétique occupe une place centrale. Pour Ousmane Sonko, le Congo, en tant que pays souverain, est pleinement légitime à explorer les modèles qui conviennent le mieux à l’organisation de son secteur de l’électricité. Il estime que cette recherche de solutions structurées peut et doit se faire avec la contribution d’expertises africaines, notamment celle du Sénégal.

Revenant sur le contrat d’affermage signé en février dernier entre la Socelec, filiale de la Senelec, et l’État congolais, Ousmane Sonko a précisé qu’il n’a jamais été question d’une annulation pure et simple de l’accord. Il s’agit, selon lui, d’une suspension provisoire motivée par des considérations internes au Congo. Il évoque la nécessité pour le gouvernement congolais d’effectuer certains « réglages » afin de lever les réserves exprimées localement, notamment par les syndicats, les partenaires sociaux et d’autres acteurs de la société civile congolaise.

« Il n’a pas été question ici d’annulation du marché », a déclaré le Premier ministre sénégalais. « Il y a des préoccupations intérieures qui ont amené le gouvernement congolais à considérer qu’il fallait suspendre le temps de procéder à un certain nombre de réglages. » Il a tenu à se montrer confiant quant à l’issue de cette phase de suspension : « Je demeure convaincu que ce contrat sera parfait, que ce contrat sera validé, et que ce sera un bel exemple de ce que nous pouvons faire dans cette dynamique de coopération sud-sud, de coopération entre pays africains. »

Dans son propos, Ousmane Sonko a également dénoncé une tendance persistante dans les pays africains à recourir systématiquement à des entreprises étrangères venant de pays lointains, au détriment de partenariats régionaux et continentaux. S’il reconnaît que l’ouverture à ces entreprises n’est pas à rejeter, il plaide pour une priorité accordée à l’expertise africaine : « Souvent, nous avons à rougir de faire venir des entreprises qui viennent de très, très loin. Ce qui n’est pas mauvais. Nous ne sommes pas hermétiques. Mais il est important que nous apprenions à faire confiance à nos propres ressources. »

À travers cette sortie, le Premier ministre sénégalais cherche non seulement à apaiser les tensions nées de la suspension du contrat mais aussi à positionner le Sénégal comme un acteur crédible dans la coopération énergétique en Afrique. La Senelec, par l’intermédiaire de sa filiale Socelec, ambitionne en effet de s’exporter dans d’autres marchés du continent, en misant sur son expérience dans la gestion et la distribution de l’électricité.

Cette affaire, bien qu’elle ait momentanément ralenti l’élan initial, reste pour les deux parties un projet en cours, que les ajustements nécessaires pourraient renforcer plutôt qu’annuler. Elle pose aussi les jalons d’une réflexion plus large sur la souveraineté énergétique, la transparence des accords interétatiques, et la capacité des entreprises africaines à répondre aux besoins des pays du continent.

Affaire Socelec – Senelec : Le Premier ministre congolais confirme devant Ousmane Sonko la suspension du contrat d’affermage de l’électricité

Le partenariat énergétique entre le Sénégal et la République du Congo vient de subir un coup d’arrêt significatif. En visite officielle à Dakar depuis le 10 juin 2025, Anatole Collinet Makosso, Premier ministre du Congo-Brazzaville, a confirmé, devant son homologue sénégalais Ousmane Sonko, la suspension du contrat d’affermage signé entre l’État congolais et la Socelec, filiale de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec).

Ce contrat d’affermage, signé le 13 février 2025, portait sur la distribution et la commercialisation de l’électricité au Congo-Brazzaville pour une période de dix ans. Il avait été conclu entre Émile Ouosso, ministre congolais de l’Énergie et de l’Hydraulique, et Pape Mamadou Diop, directeur général de la Socelec. L’accord visait à structurer la gestion du secteur de l’électricité en s’appuyant sur l’expertise sénégalaise, dans un pays où les coupures d’électricité et les pertes techniques sont fréquentes.

Cependant, malgré la signature officielle, l’exécution du contrat n’a jamais réellement démarré. Lors de sa déclaration à Dakar, Anatole Collinet Makosso a expliqué que cette suspension répondait à un ensemble de pressions internes et à une absence de consensus autour du projet. « Nous avons confondu vitesse et précipitation », a-t-il admis, précisant que des voix discordantes s’étaient élevées dès les premiers instants du processus, notamment au sein des syndicats congolais, des partenaires sociaux, et dans les médias locaux.

Le Premier ministre congolais a révélé que le contrat, bien que signé, comportait plusieurs zones d’ombre et points non élucidés, qui ont alimenté les critiques. Il a indiqué que des inquiétudes sérieuses ont été soulevées sur le plan juridique, administratif et stratégique, obligeant les autorités à marquer une pause. « Ce n’est pas une remise en cause du partenariat sénégalais, mais une volonté de revoir certaines clauses fondamentales », a-t-il précisé.

Plusieurs griefs ont été formulés contre la Socelec, au cœur de cette controverse. D’abord, la société aurait commencé à mener des activités préliminaires sur le terrain avant même la finalisation complète de sa procédure de légalisation au Congo. Une démarche jugée hâtive par les autorités locales. Ensuite, les syndicats congolais ont exprimé leur désapprobation face à la composition du Conseil d’administration de la société : hormis un seul administrateur congolais, tous les autres membres sont sénégalais, y compris le président du Conseil d’administration et le directeur général. Une gouvernance perçue comme déséquilibrée, voire arrogante.

Autre point de crispation : l’absence de capital de démarrage réel pour les opérations. Des voix internes dénoncent le fait que la société serait sous-capitalisée alors que ses dirigeants sénégalais mèneraient un train de vie qualifié de « princier ». Cela jette le doute sur la capacité réelle de la Socelec à prendre en charge un service public aussi stratégique que celui de l’électricité.

Anatole Collinet Makosso a par ailleurs rappelé l’importance de la concertation préalable et de la sensibilisation des populations et des parties prenantes, soulignant qu’un « travail pédagogique insuffisant » a contribué à nourrir la méfiance générale. Cette situation rappelle, selon ses propres termes, « l’épisode de l’affaire Hydro-Québec », qui avait provoqué un tollé au sein de la société congolaise pour des raisons similaires.

Face à la complexité du dossier, le Premier ministre congolais a appelé à une renégociation des modalités d’opérationnalisation du contrat, en évoquant l’existence de 41 mesures préalables qui n’ont pas encore été exécutées ou validées. Il s’est montré ouvert à une poursuite du dialogue avec les autorités sénégalaises pour assainir les bases du partenariat et garantir une relance future, plus inclusive et transparente.

Pour le gouvernement sénégalais, et notamment pour la Senelec, cette suspension représente un revers dans sa stratégie d’expansion régionale, mais aussi un signal d’alerte sur la nécessité de mieux calibrer les projets de coopération à l’international. La filiale Socelec, conçue pour incarner le savoir-faire sénégalais dans le domaine de l’énergie, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un débat sur la souveraineté économique et la transparence contractuelle dans les pays africains.

Au-delà des considérations techniques, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la manière dont les États africains doivent bâtir des partenariats économiques solides, équilibrés et socialement acceptés. Si le contrat venait à être réactivé à l’issue des discussions à venir, il devra cette fois intégrer des mécanismes de gouvernance partagée, une communication plus claire et des engagements financiers précis, au risque de voir le projet sombrer définitivement dans l’impasse.

Météo au Sénégal : orages imminents au Sud, la chaleur reste intense à l’intérieur du pays

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a émis une alerte météorologique ce jeudi, annonçant un épisode pluvio-orageux qui devrait affecter plusieurs régions du pays dans les prochaines vingt-quatre heures. Selon les prévisions, des orages accompagnés de pluies modérées à fortes sont attendus dès ce jeudi midi jusqu’à vendredi à la même heure, principalement dans les régions du Sud, notamment Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Le Centre-Sud, incluant Kaffrine, Kaolack et Fatick, sera également concerné, avec des risques de précipitations d’intensité variable.

Des averses plus faibles pourraient toucher le Centre-Ouest du pays, incluant les régions de Dakar, Thiès et Diourbel. L’Est du Sénégal ne sera pas en reste, avec une activité pluvieuse attendue dans la nuit de jeudi à vendredi à Matam, Bakel et Tambacounda. Les localités de Linguère et Podor pourraient également connaître quelques gouttes, bien que les précipitations y soient annoncées comme faibles.

Parallèlement à ce régime orageux, l’ANACIM signale le maintien d’une chaleur marquée dans l’intérieur du pays. Les températures y resteront élevées, avec des pics variant entre 36°C et 41°C. En revanche, les zones côtières bénéficieront de conditions climatiques plus clémentes grâce à la brise marine, avec une atmosphère plus fraîche et modérée. Les vents souffleront majoritairement du Sud-Ouest, avec une intensité oscillant entre faible et modérée.

Face à cette combinaison de chaleur persistante et de risques d’orages, l’ANACIM appelle les populations à la vigilance. Il est recommandé d’éviter les expositions prolongées au soleil, en particulier pendant les heures les plus chaudes de la journée. L’agence météorologique insiste également sur la nécessité de s’hydrater régulièrement, de rester à l’ombre autant que possible, et de se couvrir la nuit, surtout dans les zones où les températures pourraient chuter brusquement après les épisodes pluvieux.

Cette alerte intervient dans un contexte d’installation progressive de l’hivernage sur l’ensemble du territoire, et les autorités météorologiques assurent un suivi continu de l’évolution des conditions climatiques. Les populations sont invitées à suivre les bulletins météorologiques officiels et à adopter des comportements responsables pour faire face aux aléas.

Premières pluies au Sénégal : le ministère de l’Hydraulique rassure sur la gestion des eaux pluviales

Avec l’arrivée progressive des premières pluies sur l’ensemble du territoire sénégalais, les autorités gouvernementales tiennent à rassurer les populations sur la capacité de réponse du système d’assainissement. Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a indiqué que la majorité des ouvrages hydrauliques ont bien fonctionné, notamment dans les régions récemment touchées comme Kaffrine, Kaolack, Diourbel, ainsi que dans la ville sainte de Touba.

Le ministère rappelle que l’installation de l’hivernage suit les prévisions émises par le Centre régional Agrhymet, régulièrement mises à jour par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM). Après les premières précipitations enregistrées dans le Sud et l’Est du pays, c’est désormais la zone centre qui reçoit ses premières pluies. Une extension vers l’Ouest et le Nord est attendue dans les prochaines 72 heures, selon les dernières prévisions.

En dépit de quelques ralentissements notés dans des zones sensibles, le bilan est jugé satisfaisant par les autorités. Le communiqué précise que, dans les zones équipées, les eaux pluviales ont été évacuées dans des délais raisonnables, notamment dans les quartiers de Diouma Serigne Saliou et Darou Minane. Toutefois, certains points bas sans exutoire ont connu des accumulations d’eau temporaires, dues à la saturation des sols, à l’état d’instabilité post-saison sèche et à la poursuite de travaux d’assainissement en cours.

Face à ces défis, le ministère affirme que les équipes de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) sont entièrement mobilisées sur le terrain. Ces équipes interviennent activement, avec un parc matériel renforcé, pour assurer le drainage par pompage dans les zones critiques. En parallèle, des mesures correctives ont été enclenchées, incluant le renforcement des équipes techniques, l’accélération des chantiers en cours, le curage intensif des canaux, ainsi que la libération des voies d’eau.

Dr Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a réaffirmé l’engagement de son département à respecter les délais de livraison des travaux d’assainissement, fixés au 15 juillet. Il a insisté sur la nécessité de consolider la résilience des infrastructures face aux épisodes pluvieux à venir. Le ministre a également lancé un appel à la vigilance et à la responsabilité citoyenne, exhortant les populations à ne pas jeter de déchets dans les caniveaux, ce qui entrave gravement le bon écoulement des eaux.

La mobilisation communautaire est au cœur de la stratégie de prévention. Dr Dièye a invité les comités de quartiers, les associations de jeunes, les collectifs citoyens et les volontaires à s’impliquer activement dans des opérations de nettoiement, de sensibilisation et de veille de proximité. Il a également appelé à une collaboration étroite entre les populations, les collectivités locales et les structures étatiques.

Les dispositifs du Comité national de gestion des inondations sont, selon le ministère, en état d’alerte et prêts à intervenir en cas de phénomènes extrêmes, anticipés par les bulletins météorologiques. En conclusion, le ministère a réaffirmé que la sécurité des citoyens reste une priorité absolue, et que toutes les ressources disponibles seront mobilisées pour garantir un hivernage sans grandes perturbations.

Explosion de la fraude aux examens : alerte rouge à Kolda et Sédhiou

La fraude scolaire prend des proportions alarmantes dans les académies de Kolda et de Sédhiou, à la veille des examens du baccalauréat 2025. Mamadou Wellé, superviseur régional de l’organisation de cet examen dans cette zone sud du Sénégal, a lancé un signal fort ce jeudi 12 juin, lors du Comité Régional de Développement (CRD) dédié aux préparatifs des épreuves de fin d’année. Réuni à l’hôtel de ville de Kolda, le CRD a rassemblé inspecteurs, représentants de l’administration, enseignants et partenaires éducatifs.

Dans une déclaration sans détour, Mamadou Wellé a rappelé que l’année scolaire précédente avait été marquée par de nombreux cas de fraude avérés. Des élèves avaient été surpris en flagrant délit de tricherie, compromettant la transparence du processus et jetant le doute sur la validité des résultats. Malheureusement, la situation ne s’est pas améliorée : plusieurs cas de fraude ont déjà été détectés cette année, y compris lors des examens blancs organisés en amont des épreuves nationales.

Selon le superviseur, cette recrudescence de la fraude est en grande partie facilitée par l’utilisation de nouvelles technologies, en particulier les outils d’intelligence artificielle. Ces innovations, accessibles via les smartphones ou d’autres dispositifs numériques, permettent aux candidats d’obtenir discrètement des réponses ou de stocker des informations illégales dans les salles d’examen. Mamadou Wellé a souligné que l’IA est désormais un outil de contournement qui échappe souvent à la vigilance des surveillants, rendant la tâche des encadreurs de plus en plus difficile.

Conscient de la gravité de la situation, le superviseur du baccalauréat a lancé un appel pressant aux autorités éducatives et administratives pour renforcer le dispositif sécuritaire autour des examens. Il a insisté sur la nécessité d’appliquer de manière stricte les textes et règlements en vigueur en matière de répression de la fraude scolaire. Selon lui, les surveillants doivent faire preuve d’une vigilance accrue et les élèves doivent être clairement informés des risques disciplinaires et judiciaires liés à ces pratiques.

En toile de fond de cette alerte, c’est toute la crédibilité du système éducatif qui est en jeu. Si rien n’est fait, a averti Mamadou Wellé, les diplômes délivrés pourraient perdre de leur valeur, et les efforts des élèves méritants pourraient être injustement éclipsés par des pratiques malhonnêtes. À Kolda et Sédhiou, l’heure est donc à la rigueur, à la vigilance et à la responsabilisation collective.

Forum africain des systèmes alimentaires 2025 : Dakar accueille la 19ème édition du 30 août au 5 septembre

Le Sénégal s’apprête à accueillir un événement majeur du calendrier continental : la 19ème édition du Forum africain des systèmes alimentaires (AGRF), prévue à Dakar du 30 août au 5 septembre 2025. L’annonce a été faite ce mercredi 11 juin en Conseil des ministres par le président Bassirou Diomaye Faye, qui a donné des instructions fermes pour garantir le succès de cette rencontre stratégique.

Le Chef de l’État a ainsi exhorté le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, le ministre en charge de la Jeunesse, ainsi que le Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour une organisation sans faille de ce forum.

Le thème retenu pour cette édition est révélateur des ambitions du continent : « Jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires ». Un choix qui traduit la volonté des organisateurs de placer les jeunes au cœur de la révolution agroalimentaire africaine, en tant qu’acteurs clés de l’innovation et du changement.

Dans cette dynamique, le président Diomaye Faye a insisté sur la nécessité d’accroître l’implication et la mobilisation des jeunes dans les secteurs de l’agriculture, de l’agro-industrie et de la souveraineté alimentaire. Il a également annoncé qu’il effectuera une visite économique et de travail dans la région de Saint-Louis les 12 et 13 juin 2025, pour échanger directement avec les producteurs et industriels du secteur agricole. Cette tournée s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation durable du système agricole national.

Par ailleurs, le président de la République a indiqué qu’il présidera, le 10 juillet 2025, le Conseil supérieur d’orientation agrosylvopastoral, une instance stratégique chargée de tracer les grandes lignes de la politique agricole et rurale du pays.

Le Forum africain des systèmes alimentaires, rendez-vous incontournable des décideurs, experts, chercheurs, entrepreneurs et acteurs agricoles du continent, représente une opportunité unique pour le Sénégal de renforcer son leadership en matière de sécurité alimentaire et d’innovation agricole.

Arrestations politiques : le juge Dème tire à boulets rouges sur la justice sénégalaise

Alors que plusieurs figures publiques – chroniqueurs, activistes et responsables politiques – ont récemment été arrêtées pour leurs prises de parole dans les médias ou pour offense au chef de l’État, la tension monte autour de la question des libertés publiques au Sénégal. Ces interpellations, largement perçues comme une atteinte à la liberté d’expression, suscitent une vague d’indignation dans les rangs de la société civile, des défenseurs des droits humains et de l’opposition politique.

Dans ce contexte, la réaction du magistrat Ibrahima Hamidou Dème, connu pour ses positions critiques sur le fonctionnement de la justice, ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), il a dénoncé une justice soumise au pouvoir exécutif, remettant en cause l’indépendance réelle des magistrats. « Comment la justice peut-elle devenir indépendante avec des magistrats qui se comportent toujours en préfets judiciaires, prêts à exécuter toutes les commandes de l’exécutif ? », a-t-il interrogé dans une publication qui fait grand bruit.

Ce coup de gueule intervient dans un climat déjà tendu, où les interpellations pour « délits d’opinion » se multiplient. Plusieurs organisations, dont Amnesty International Sénégal et la Raddho, ont récemment appelé à mettre fin à l’instrumentalisation de la justice et à garantir la liberté d’expression, pierre angulaire de tout régime démocratique.

PASTEF : mépris des lois ou incapacité à comprendre la Constitution ?

La question mérite d’être posée, tant les faits s’accumulent et dessinent une inquiétante tendance au sommet de l’État : le non-respect des lois ou une méconnaissance profonde des règles qui encadrent la République.

Le dernier épisode en date concerne l’arrêté pris par le ministère de la Communication, visant à interdire arbitrairement la parution de certains organes de presse. Une mesure qui a immédiatement suscité de vives critiques : nous avions rappelé que la liberté de création des médias est garantie par l’article 11 de la Constitution et qu’aucune autorisation préalable ne saurait être imposée par voie administrative.

La Cour suprême vient de confirmer cette lecture du droit en suspendant l’arrêté du ministère. Une décision salutaire, qui protège la liberté de la presse, mais qui ne doit pas faire oublier la gravité de la démarche initiale.

Car ce n’est pas un cas isolé.

Lors des débats autour de la loi d’amnistie, le gouvernement a une nouvelle fois montré une approche contestable du droit. Plusieurs juristes, constitutionnalistes et voix indépendantes avaient souligné les contradictions de ce texte avec les principes fondamentaux de la Constitution. Là encore, les mises en garde n’ont pas été entendues. Les députés de la majorité ont fini par voté une loi que le conseil constitutionnel a jugé par la suite contraire à la constitution.

Ce qui est en cause ici, c’est bien le respect de l’État de droit. Un État de droit ne vit pas seulement de quelques décisions judiciaires isolées : il exige que le pouvoir respecte en permanence le cadre légal, même et surtout lorsqu’il pense pouvoir imposer sa volonté.

Les citoyens doivent rester vigilants. Car l’histoire montre qu’une République ne bascule pas du jour au lendemain : elle s’érode par petites entorses, par habitudes prises au mépris du droit.

La décision de la Cour suprême rappelle que des garde-fous existent encore. Mais il revient à chacun de veiller à ce qu’ils restent solides. Et à ce que le respect de la Constitution ne devienne pas l’exception, mais bien la règle.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees

Examens 2025 : plus de 2 000 élèves sans extrait de naissance dans l’académie de Kolda

À l’approche des examens du Certificat de Fin d’Études Élémentaires (CFEE) et du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM), l’académie de Kolda fait face à une réalité alarmante : 2 080 candidats sont recensés sans extrait de naissance. L’information a été révélée ce jeudi 12 juin, lors du Comité Régional de Développement (CRD) consacré à la préparation des examens de fin d’année.

Dans le détail, 1 909 élèves inscrits au CFEE et 171 au BFEM se présenteront sans être officiellement enregistrés à l’état civil. Ces chiffres, bien qu’inquiétants, marquent une baisse significative par rapport à 2024, où 5 325 cas avaient été signalés. Un progrès qui reste cependant insuffisant pour les autorités éducatives locales, qui continuent de tirer la sonnette d’alarme.

Selon les précisions de l’inspecteur Touré, représentant de l’Inspection d’Académie, la majorité des enfants non déclarés au CFEE sont des filles : 1 062 contre 847 garçons. Pour le BFEM, 98 garçons et 73 filles composeront sans document d’état civil. Cette tendance rappelle que les inégalités d’accès à l’état civil touchent de manière différenciée selon le genre.

Malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les efforts conjoints de l’État, des collectivités locales et d’organisations partenaires pour améliorer l’enregistrement des naissances, le phénomène des « enfants sans identité » reste enraciné dans certaines zones rurales et périphériques. La pauvreté, l’analphabétisme, l’éloignement des services administratifs et la méconnaissance de la législation expliquent en partie cette persistance.

Un membre du CRD a rappelé que l’établissement de l’extrait de naissance n’est pas seulement un droit fondamental de l’enfant, mais également une condition essentielle à la poursuite de sa scolarité. Sans cet acte, un élève risque d’être bloqué à un moment clé de son parcours éducatif, voire d’être exclu du système.

Face à cette situation, les autorités régionales appellent à une mobilisation accrue des familles, des leaders communautaires et des élus locaux pour renforcer les actions de proximité. L’objectif : éradiquer durablement le phénomène des “enfants fantômes” et garantir à chaque enfant sénégalais une existence reconnue, aussi bien à l’école qu’à l’état civil.

Fact-checking – Manifestation du 23 mai 2025 : les quotidiens Les Échos et L’As utilisent une photo datant de 2021

Le 24 mai 2025, les quotidiens sénégalais Les Échos et L’As ont tous deux publié en Une une image identique pour illustrer la manifestation organisée la veille, à Dakar, par le collectif “Rappel à l’ordre”, militant pour la criminalisation de l’homosexualité. Or, l’image en question ne correspond pas à l’événement de 2025 : elle a été prise quatre ans plus tôt, lors d’une autre manifestation sur le même thème.

La photo montre un homme en t-shirt vert, bras levés, arborant le message “And Samm Djiko yi – Non à l’homosexualité”, devant une foule de manifestants. Ce cliché a été utilisé pour appuyer les reportages des deux journaux sur la manifestation du 23 mai 2025. Pourtant, le mouvement “And Samm Djiko yi”, bien visible sur le t-shirt, n’était pas impliqué dans l’organisation de cette mobilisation récente. Imam Babacar Sylla, coordonnateur général du mouvement, avait même déclaré à la presse que cette manifestation visait à “remettre sur la table un texte déjà rejeté à deux reprises par l’Assemblée nationale”, confirmant que son mouvement n’en faisait pas partie.

Une vérification par recherche d’image inversée révèle que cette photographie a été prise le 23 mai 2021, à la Place de l’Obélisque à Dakar, lors d’un rassemblement contre l’homosexualité organisé par des associations religieuses, dont justement “And Samm Djiko yi”. Depuis, elle a été utilisée à plusieurs reprises par des médias, dont La Croix et Le Nouvel Observateur, qui en ont conservé la légende originale précisant le contexte et la date.

Toutefois, cette rigueur n’a pas été suivie par tous. Dans les publications du 24 mai 2025, Les Échos et L’As n’ont fourni aucune précision sur l’origine de l’image ni indiqué qu’il s’agissait d’une photo d’archives. Cette omission peut fausser la perception du public, en donnant l’impression d’une affluence plus importante qu’en réalité lors de la marche de 2025, d’autant plus que les organisateurs ont évoqué une “participation modeste mais symbolique”.

Le photographe à l’origine de l’image, Seyllou, de l’Agence France-Presse (AFP), a confirmé à DUBAWA qu’il avait bien pris ce cliché en 2021. Il a regretté son utilisation non autorisée et hors contexte, affirmant : « En journalisme, une photo non légendée n’est pas une photo de presse. Le plus grave, c’est que ces journaux ne sont même pas abonnés à l’AFP, ce qui signifie clairement que la photo a été piratée. »

Ce n’est pas un cas isolé. Déjà en mai 2025, le journal L’Info avait utilisé pour illustrer une manifestation de la diaspora sénégalaise à Genève une photo prise à Paris en 2021, lors d’un rassemblement du parti Pastef. Face aux critiques, L’Info avait dû publier une note d’excuses.

Conclusion :
L’image diffusée par Les Échos et L’As pour illustrer la manifestation contre l’homosexualité du 23 mai 2025 est une archive datant de mai 2021. Son utilisation hors contexte, sans mention de la date ni de la source, constitue une désinformation visuelle. Ce type de pratique nuit à la rigueur journalistique et induit le public en erreur.

Liberté de la Presse au Sénégal : La Cour Suprême Désavoue le Ministre de la Communication

Dans une décision historique rendue ce jeudi, la Cour Suprême du Sénégal a suspendu l’arrêté controversé du ministre de la Communication, Alioune Sall, ordonnant la cessation de parution du média en ligne Public SN. Cette décision marque un tournant majeur dans la défense de la liberté de la presse au Sénégal.

Me Abdou Dialy Kane, avocat de Public SN, a confirmé la nouvelle, précisant que la notification officielle de la Cour sera disponible en début de semaine prochaine. En attendant, la suspension de la mesure ministérielle constitue un désaveu cinglant pour le ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN), qui avait pris un arrêté visant à interdire l’activité de plusieurs organes de presse jugés “non conformes”.

Parmi les médias visés figurait Public SN, dirigé par la journaliste chevronnée Aïssatou Diop Fall, dont l’engagement pour une information libre et indépendante est largement reconnu.

L’arrêté d’Alioune Sall avait provoqué une onde de choc dans le paysage médiatique sénégalais. Entraînant la fermeture brutale de plusieurs rédactions, il avait mis au chômage des dizaines de journalistes et techniciens. La décision de la Cour Suprême, en annulant de fait cette mesure, rappelle le principe fondamental de la liberté de la presse garanti par la Constitution.

Un premier recours contre l’arrêté avait échoué pour vice de forme. Mais la détermination des acteurs du secteur, en particulier celle du CDEPS (Comité pour la Défense des Droits des Journalistes et des Acteurs des Médias), a fini par porter ses fruits. Dans un communiqué, le CDEPS a salué une victoire “incontestable pour le droit, la justice et la démocratie”.

Selon l’organisation, cette décision rend “caducs” tous les actes pris par le ministre, y compris les listes dites “officielles” de médias reconnus, qu’il avait imposées unilatéralement.

Au-delà du cas de Public SN, cette décision envoie un signal fort aux autorités : la régulation des médias doit respecter les procédures légales et les principes démocratiques. Elle rappelle également que l’indépendance des médias ne saurait être entravée par des décisions arbitraires.

La suspension de l’arrêté du ministre de la Communication par la Cour Suprême est une victoire majeure pour la liberté d’expression au Sénégal. Elle renforce l’espoir d’un retour à un climat plus serein et plus respectueux du droit dans les relations entre les autorités publiques et les médias.

Pikine–Guédiawaye : près de 700 cas de tuberculose recensés entre janvier et juin 2025

La tuberculose continue de sévir dans la banlieue dakaroise, avec une intensité préoccupante. Près de 700 cas ont été officiellement recensés dans les districts sanitaires de Pikine et Guédiawaye au cours du premier semestre 2025. Ces données ont été révélées à l’occasion d’une visite de presse organisée par l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), en partenariat avec les autorités sanitaires locales.

Guédiawaye apparaît comme l’épicentre de cette recrudescence. Selon les chiffres publiés, 489 cas y ont été diagnostiqués entre janvier et juin. Ce total inclut 320 cas détectés au deuxième trimestre, auxquels s’ajoutent les 178 cas enregistrés au cours du premier trimestre, d’après le superviseur communautaire du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), Abdoulaye Diouf, et le médecin-chef du district, Dr Diop.

Malgré une baisse relative par rapport à l’année 2024 — où plus de 900 cas avaient été signalés, dont 670 formes bactériologiquement positives, les plus contagieuses —, le nombre actuel reste alarmant. Pour le Dr Diop, cette persistance de l’épidémie dans la zone s’explique par une combinaison de facteurs défavorables : la forte densité démographique, estimée à environ 32 000 habitants au kilomètre carré, la promiscuité dans les foyers, la précarité économique, ainsi que des freins culturels comme la stigmatisation des malades et un déficit d’information sur les moyens de prévention.

La situation à Pikine n’est guère plus rassurante. Le district y a enregistré 200 cas au deuxième trimestre, selon Ndèye Marie Diagne, infirmière au centre de santé Dominique et point focal tuberculose. Si les chiffres du premier trimestre ne sont pas encore disponibles, les acteurs de santé s’attendent à une tendance comparable à celle de Guédiawaye, tant les conditions de vie et les dynamiques communautaires dans ces deux zones sont similaires.

À ce jour, le cumul des cas de Guédiawaye (498) et de Pikine (200) donne un total provisoire de 698 cas dans la banlieue. Ce chiffre pourrait encore augmenter une fois les données consolidées. Face à cette situation, les autorités sanitaires insistent sur l’importance du dépistage précoce, du traitement gratuit et de la sensibilisation communautaire pour casser la chaîne de transmission de la maladie. En attendant, les populations restent vulnérables, et la vigilance demeure de mise.

Référé sur excès de pouvoir : le ministre de la Communication désavoué par la Cour suprême

Coup de théâtre dans l’affaire opposant le ministère de la Communication au média Public SN. La Cour suprême a ordonné ce jeudi la suspension de la notification de cessation de parution adressée au média dirigé par la journaliste Aïssatou Diop Fall. Une décision symbolique et juridiquement lourde de conséquences.

L’information a été rendue publique par Me Abdou Dialy Kane, avocat de Public SN, qui a confirmé que le juge du référé a prononcé la suspension de l’arrêté ministériel contesté. La décision écrite du tribunal est attendue pour le début de la semaine prochaine, entre mardi et mercredi.

Un arrêté ministériel contesté et désormais suspendu

Pour rappel, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) avait pris, en avril dernier, un arrêté ordonnant la cessation de parution et de diffusion d’une dizaine de médias, jugés non conformes aux critères de reconnaissance officielle établis par ses services. L’acte, très critiqué, avait entraîné la fermeture immédiate de plusieurs entreprises de presse et le licenciement de dizaines de travailleurs.

Un premier recours en référé déposé par les avocats de Public SN avait été rejeté pour vice de forme. Cette fois, la requête fondée sur un excès de pouvoir a été jugée recevable. « Le droit a été dit », se félicite Me Kane.

Une victoire pour la liberté de la presse

La décision de la Cour suprême est interprétée comme un désaveu cinglant pour le ministère de la Communication, dont les actes – notamment les fameuses « listes officielles » de médias agréés – sont désormais frappés de caducité.

« C’est une victoire incontestable pour la liberté de la presse et pour l’État de droit », a réagi Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS). Il appelle les autorités à revoir en profondeur leur politique de régulation des médias et à privilégier le dialogue plutôt que la répression administrative.

Le Président Bassirou Diomaye Faye en visite à Ndiayène Pendao : cap sur une agriculture moderne et durable

Ndiayène Pendao, 12 juin 2025 – Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce jeudi une visite de terrain dans la région de Podor, marquée par l’inspection de deux projets agricoles structurants : le centre de groupage de Boubé et le casier rizicole de Saré Walo.

Ces projets sont le fruit d’un partenariat stratégique entre le Sénégal et la République de Corée, à travers l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA). Ils incarnent la volonté du gouvernement sénégalais de promouvoir une agriculture moderne, durable et inclusive.

Le centre de groupage de Boubé constitue une plateforme logistique cruciale pour la collecte, le stockage et la commercialisation des produits agricoles, notamment le riz. Il permettra d’améliorer les revenus des producteurs locaux en réduisant les pertes post-récolte et en facilitant leur accès aux marchés nationaux et internationaux.

Quant au casier rizicole de Saré Walo, il s’inscrit dans une logique de valorisation du potentiel hydrique de la vallée du fleuve Sénégal. Grâce à des aménagements hydro-agricoles performants, ce projet vise à accroître significativement la production rizicole tout en garantissant une gestion rationnelle des ressources naturelles.

Le Chef de l’État a salué la qualité de la coopération avec la Corée du Sud et a réaffirmé l’importance de ce partenariat dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation inscrit dans la Vision Sénégal 2050. Cette stratégie de long terme vise à assurer la souveraineté alimentaire du pays, à créer des emplois décents en milieu rural et à favoriser un développement équilibré des territoires.

« Ces initiatives traduisent notre engagement à bâtir une agriculture résiliente, fondée sur l’innovation, la mécanisation et l’accès équitable aux ressources. Elles constituent une réponse concrète aux défis climatiques et socio-économiques de notre temps », a déclaré le Président Faye lors de sa visite.

À travers cette visite, le Président de la République a tenu à réaffirmer sa proximité avec les acteurs du monde rural et à encourager les efforts déjà entrepris pour transformer structurellement le secteur agricole. L’objectif est clair : faire de l’agriculture un levier central de croissance, de stabilité sociale et de souveraineté économique.

Sophie Gladima clame son innocence devant la Haute Cour de justice

Placée sous mandat de dépôt depuis le 21 mai dernier dans le cadre de l’affaire liée à la gestion des fonds Force Covid, l’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a comparu hier pour la première fois devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Une audience très attendue, au cours de laquelle elle a rejeté avec fermeté toutes les accusations portées contre elle.

Inculpée pour détournement de deniers publics portant sur un montant d’un milliard de FCFA, destiné à la construction d’un centre gravimétrique à Kédougou pour les orpailleurs affectés par la crise sanitaire, l’ancienne ministre a vigoureusement nié toute implication personnelle dans cette affaire.

Après plus de trois semaines de détention au Camp pénal de Liberté 6, Aïssatou Sophie Gladima a été extraite de sa cellule pour être entendue sur le fond du dossier. L’audience, qui s’est tenue entre 11h et 13h, a permis à l’ancienne membre du gouvernement de répondre à l’ensemble des questions des juges.

« Depuis son arrestation, notre cliente n’avait pas eu l’occasion de s’exprimer sur les faits. Elle a saisi cette opportunité pour clarifier sa position. Elle a répondu à toutes les questions sans équivoque et en toute transparence », a déclaré l’un de ses avocats, cité par L’Observateur.

Entourée de ses conseils, Me Antoine Mbengue, Me Baboucar Cissé, Me François Sarr et Me Michel Simel Basse, Aïssatou Sophie Gladima s’est présentée vêtue d’une robe traditionnelle blanche. Face aux cinq juges de la Commission, dirigée par le Premier président de la Cour d’appel de Dakar, Abdoulaye Ba, elle a affirmé n’avoir commis aucun acte répréhensible dans la gestion du Fonds Force Covid.

Son avocat, Me Antoine Mbengue, a précisé que les faits en question concernent des prestations qui n’auraient pas été réalisées, alors même que des dépenses avaient été engagées. Toutefois, il insiste sur le fait que ce n’est pas à sa cliente qu’il revient de rendre compte de l’exécution des marchés ou des paiements : « Elle n’est ni l’exécutante des marchés ni la signataire des ordres de paiement », a-t-il martelé.

Le dossier, qui touche à la gestion des fonds publics en période de crise sanitaire, est particulièrement sensible au Sénégal. Le Fonds Force Covid, destiné à atténuer les effets économiques et sociaux de la pandémie, fait l’objet de plusieurs enquêtes visant d’anciens membres du gouvernement.

Violences faites aux femmes et aux filles au Sénégal : un appel national à des réformes urgentes et courageuses

À l’occasion d’un atelier national rassemblant parlementaires, membres du gouvernement, ONG, institutions internationales et partenaires au développement, un constat sans équivoque a émergé : les violences faites aux femmes et aux filles restent une urgence sociale, juridique et humaine au Sénégal.

Organisé dans la ville de Saly, ce cadre d’échanges a permis de mettre en lumière les limites des politiques actuelles et l’urgence d’engager des réformes législatives profondes. Tous les intervenants, au micro de Dakaractu Mbour, ont dénoncé l’inaction et plaidé pour des mesures concrètes.

Dès l’ouverture de l’atelier, la professeure Amsatou Sow Sidibé, présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a mis les mots sur une réalité insoutenable :

« Les mutilations génitales féminines sont une atteinte grave à l’intégrité physique et psychologique des femmes. C’est une question de dignité humaine. »

Elle a également fustigé la persistance d’inégalités juridiques au sein du droit sénégalais, notamment la domination de la puissance paternelle dans l’exercice de l’autorité parentale :

« Le père reste le seul détenteur de l’autorité parentale dans beaucoup de cas. C’est une inégalité juridique profondément ancrée qui doit être abolie. »

Selon elle, les réformes ne doivent pas se limiter à des déclarations symboliques mais s’attaquer aux causes structurelles des violences faites aux femmes, en commençant par les fondements mêmes du droit de la famille.

Abdoulaye Tall, président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale, a quant à lui dressé un tableau préoccupant de la situation :

« Plus de deux millions de filles au Sénégal ont été ou risquent d’être victimes de mutilations génitales, avec un taux de 90 % dans la région de Kédougou. Ce n’est pas admissible ! »

Il a souligné le manque d’application des lois existantes et appelé à la relance urgente du projet de Code de l’enfant, à l’arrêt depuis plusieurs années.

Le représentant du ministère de la Famille, Mamadou Ndoye, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la vision du président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, en lien avec son Projet 2050, qui ambitionne de refonder les droits de la famille et de l’enfance :

« Les violences faites aux femmes ne peuvent plus être reléguées au second plan. C’est une priorité nationale. »

Une exigence de vérité et de cohérence politique

Alioune Tine, fondateur de l’Africajom Center, a lancé un vibrant plaidoyer en faveur d’une rupture avec l’hypocrisie politique :

« Tant que les droits humains resteront instrumentalisés, nous reculerons. Le respect de la dignité des femmes doit être une priorité absolue. »

Enfin, Ismaïla Diallo, vice-président de l’Assemblée nationale, a plaidé pour une réforme globale :

« La loi sur les mutilations génitales doit être renforcée et appliquée avec fermeté. Il est également temps de relancer le débat sur un nouveau code de la famille. »

Au terme de cette rencontre soutenue par des acteurs tels que ONU Femmes, Amnesty International, ONG 3D, Africajom Center, l’Ambassade du Canada et l’Assemblée nationale, un message s’impose : les violences faites aux femmes ne peuvent plus être tolérées.

Le Premier ministre Ousmane Sonko met la commande publique au cœur des performances de l’État

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, le Premier ministre Ousmane Sonko a insisté sur l’importance d’un respect rigoureux des règles de la commande publique, soulignant qu’une exécution correcte et dans les délais des marchés constitue désormais un véritable critère de performance pour les entités publiques et leurs responsables.

Face à des « constats alarmants » révélés par la relecture des contrats et conventions — notamment des cas de surfacturation et de violations graves des procédures de passation —, le chef du gouvernement a décidé de renforcer le dispositif de régulation et de formation des acteurs impliqués dans les marchés publics.

Pour promouvoir l’efficacité et la transparence dans la gestion des deniers publics, le Premier ministre a chargé le ministre secrétaire général du gouvernement de travailler en étroite collaboration avec la Direction centrale des marchés publics (DCMP) et l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Ensemble, ils devront élaborer des termes de référence pour une formation nationale destinée à tous les acteurs concernés par la commande publique.

Cette formation devra être conçue de manière à répondre aux besoins réels du terrain et inclura un dispositif de suivi-évaluation pour mesurer les compétences acquises. Il s’agira, selon les termes du communiqué officiel, d’un outil stratégique pour garantir une meilleure gouvernance des ressources publiques.

En parallèle, le Premier ministre a instruit le ministre des Finances et du Budget de mobiliser les ressources nécessaires au financement de ce programme de renforcement des capacités. Une démarche qui traduit la volonté de l’exécutif d’opérationnaliser rapidement ce chantier considéré comme prioritaire.

Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la dynamique plus large portée par le gouvernement pour instaurer une culture de la redevabilité, de la performance et de la lutte contre la corruption dans l’administration publique. En misant sur la formation, la régulation et le suivi, le gouvernement entend prévenir les dérives et restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des fonds publics.

Ama Baldé, son frère et leur neveu recherchés pour violences contre des policiers

Les forces de défense et de sécurité sont activement à la recherche du célèbre lutteur Ama Baldé, de son frère Pathé Baldé, et de leur neveu connu sous le nom de Julo. Le trio est accusé d’avoir agressé des policiers venus procéder à une interpellation à leur domicile familial à Pikine, dans la nuit du 25 mai dernier.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, les faits ont éclaté lorsque des agents sont intervenus pour appréhender Julo, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de vol. La tentative d’arrestation aurait tourné à l’altercation. Des membres de la famille Baldé se seraient violemment opposés aux policiers, entraînant des échauffourées au cours desquelles un agent a été blessé. Les mis en cause ont ensuite réussi à prendre la fuite avant l’arrivée des renforts.

Depuis cet incident, un dispositif de recherche a été mis en place pour retrouver les suspects. L’affaire a pris une nouvelle tournure lorsque Ama Baldé est apparu dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, semblant être en France au moment de sa déclaration. Cette sortie publique, loin de calmer les tensions, a suscité une vive réaction des autorités.

Face à cette situation, la police a renforcé la surveillance aux frontières terrestres, aériennes et maritimes afin de procéder à l’arrestation des trois hommes dès qu’ils seront localisés. Les forces de sécurité poursuivent également leurs investigations pour déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire.

Ama Baldé, figure populaire de la lutte sénégalaise et membre d’une famille emblématique de Pikine, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un scandale judiciaire qui pourrait entacher sa carrière et son image publique.

Changement à la tête du Conseil national de Développement de la Nutrition : Mbaye Sène remplace Dr Aminata Diop Ndoye

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a opéré un important remaniement au sommet du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN). Par décret présidentiel pris en Conseil des ministres, le chef de l’État a mis fin aux fonctions de la Secrétaire exécutive, Dr Aminata Diop Ndoye. Elle est remplacée par le docteur Mbaye Sène, médecin de formation, qui prend désormais les rênes de cet organe stratégique en charge de la politique nutritionnelle du Sénégal.

Cette décision s’inscrit dans une volonté clairement affichée par les nouvelles autorités : renforcer l’impact des politiques sociales, avec un accent particulier sur la nutrition infantile et la lutte contre la malnutrition chronique, notamment dans les zones les plus vulnérables du pays.

Une nouvelle dynamique pour le CNDN

Le nouveau Secrétaire exécutif, Mbaye Sène, aura la lourde tâche de réorienter les programmes du CNDN en adoptant une approche plus communautaire, préventive et décentralisée. Sa mission consiste à mieux articuler les interventions avec les réalités locales, en étroite collaboration avec les collectivités territoriales et les structures sanitaires de proximité.

Il devra également renforcer le système de surveillance nutritionnelle afin de mieux identifier les foyers de malnutrition et d’y apporter des réponses adaptées et durables. L’inclusion des groupes vulnérables – notamment les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les populations rurales défavorisées – sera au cœur des priorités de cette nouvelle orientation stratégique.

Une politique sociale en mutation

Ce changement intervient dans un contexte de refonte des politiques publiques sous l’impulsion du président Diomaye Faye, qui a fait de la justice sociale, de la réduction des inégalités et de l’amélioration des conditions de vie des populations les piliers de son action gouvernementale.

Le CNDN, structure transversale placée sous l’autorité du Premier ministre, joue un rôle de coordination des interventions de l’État, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des ONG œuvrant dans le domaine de la nutrition. Sa redynamisation s’annonce cruciale pour l’atteinte des objectifs du Plan Sénégal Émergent (PSE) révisé et de la stratégie nationale multisectorielle de lutte contre la malnutrition.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°484 – 12/06/2025

🔴 NOUVELLE CARTOGRAPHIE DES PAYS À HAUT RISQUE DE BLANCHIMENT D’ARGENT ET DE FINANCEMENT DU TERRORISME : SÉNÉGAL « OUT », CÔTE D’IVOIRE « IN » !
🔴 BLOCAGE DE LA REVALORISATION STATUTAIRE DES GREFFIERS : DU « SABOTAGE INSTITUTIONNEL », SELON LE SYTJUST

🔴 LIGUE 1 / COURSE AU TITRE : GORÉE, JARAAF ET OUAKAM AU COUDE-À-COUDE
🔴 COUPE DU MONDE DES CLUBS 2025 / GROUPE D’ÉTUDE TECHNIQUE DE LA FIFA : ALIOU CISSÉ PARMI LES MEMBRES

Conseil des ministres : dix nouvelles nominations actées par le président Diomaye Faye

Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une série de dix nominations dans l’administration publique, couvrant plusieurs secteurs  de l’État. 

À la Primature
Mbaye Sène, médecin de formation, est nommé Secrétaire exécutif du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN), en remplacement du Dr Aminata Diop Ndoye.

Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens
Laurent Sina, consultant en management de la qualité, devient Directeur du Laboratoire national de référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (LNR-BTP). Il remplace Chérif Baldé.

Ministère des Finances et du Budget
Trois nouvelles nominations :

Souadou Dramé, économiste, est nommée Directrice de la Programmation budgétaire.

Serigne Cheikh Mbeguéré, conseiller en planification, est nommé Directeur de l’Ordonnancement des Dépenses publiques, en remplacement de Samba Fall.

Boubacar Camara, administrateur civil principal, prend les fonctions de Directeur de l’Administration et du Personnel à la Direction générale du Budget, succédant à Abdourakhmane Ba, admis à la retraite.

Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
Baba Tall, expert en logistique, est nommé Directeur du Consortium sénégalais d’activités maritimes (COSAMA), en remplacement du Commandant Mactar Fall.

Ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines
Mbaye Sène, titulaire d’un master en comptabilité et finances, est désigné Président du Conseil d’administration de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), en remplacement de Mamadou Bamba Ndiaye.

Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
Serigne Ahmadou Bamba Sy, ingénieur centralien et expert en management de projets, est nommé Secrétaire général du ministère, en remplacement de Fatou Bintou Ndiaye.

Ministère de l’Industrie et du Commerce
Abasse Boubou Ndiaye, titulaire d’une licence en gestion de projets, devient Président du Conseil de surveillance de l’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT), succédant à Lakhbouss Diakhaté.

Ministère de l’Éducation nationale
Assane Sow, professeur d’enseignement secondaire, est nommé Directeur de l’Institut national d’Étude et d’Action pour le Développement (INEADE), en remplacement d’Alioune Badara Diop.

Carburant au Sénégal : Thierno Alassane Sall interroge le gouvernement sur le maintien de prix élevés malgré un contexte favorable

Le député Thierno Alassane Sall a soulevé un débat sensible en adressant une question écrite au ministre des Énergies, du Pétrole et des Mines, dénonçant le maintien de prix élevés du carburant à la pompe au Sénégal. Dans une correspondance diffusée sur ses réseaux sociaux, l’ancien ministre s’interroge sur l’absence de révision tarifaire, alors que les conditions économiques internationales et régionales militent clairement en faveur d’une baisse.

Entre le 10 juin 2024 et le 9 juin 2025, le cours du baril de Brent, référence mondiale du pétrole brut, a chuté de plus de 18 %, passant de 81,96 à 67,13 dollars. Dans le même temps, le franc CFA s’est renforcé face au dollar américain, avec un taux de change passant de 607,396 à 574,435 FCFA pour un dollar, soit une amélioration de 5,43 %. Deux facteurs qui, selon Thierno Alassane Sall, devraient mécaniquement entraîner une réduction du coût des importations de carburants.

Pourtant, sur le marché national, les prix à la pompe restent figés. Le litre de super est toujours vendu à 990 FCFA, un niveau qui place le Sénégal en tête des pays les plus chers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso affichent un tarif de 855 FCFA, le Mali 775 FCFA, et le Niger — pays enclavé en crise politique — seulement 540 FCFA. Ce différentiel de prix, qui atteint jusqu’à 45 % avec le Niger, interroge d’autant plus que les importations de carburants dans ces pays passent souvent par le port de Dakar.

Thierno Alassane Sall, également ancien ministre de l’Énergie, s’étonne qu’un pays devenu producteur d’hydrocarbures ne parvienne pas à en faire bénéficier ses citoyens à travers une baisse tangible des prix à la pompe. Il souligne que cette situation constitue une pression supplémentaire sur le pouvoir d’achat des ménages, déjà affectés par l’inflation, tout en affaiblissant la compétitivité des entreprises sénégalaises. Les secteurs du transport, de l’agriculture, de la pêche ou encore de la logistique, fortement dépendants du carburant, en subissent les conséquences au quotidien.

Le parlementaire invite le gouvernement à s’expliquer de manière transparente sur les critères de fixation des prix à la pompe. Il appelle également à une révision urgente de cette politique, à l’aune des réalités économiques actuelles et du nouveau statut énergétique du Sénégal, désormais producteur de pétrole et de gaz. Cette interpellation relance le débat sur la gouvernance des ressources naturelles et l’impact direct qu’elle devrait avoir sur le bien-être des populations.

Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe
Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe
Question écrite: Thierno Alassane Sall interpelle le gouvernement sur le prix du carburant à la pompe

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 11 JUIN 2025


Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 11 juin 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.

A l’entame de sa communication, le Président de la République a adressé ses chaleureuses félicitations aux communautés musulmane et chrétienne du Sénégal, suite au bon déroulement dans la communion et la solidarité de la fête de Tabaski et de la Pentecôte marquées par le succès de la 137ème édition du Pèlerinage marial de Popenguine. Il a magnifié l’exemplarité du dialogue interreligieux au Sénégal et demandé au Gouvernement de mobiliser les moyens adéquats en vue d’accompagner au mieux la modernisation des sites religieux ainsi que l’exercice du culte sur l’étendue du territoire national. Il a informé le Conseil de sa décision d’instituer chaque année une rencontre nationale avec les Guides religieux et Chefs coutumiers.

La bonne préparation de la campagne agricole et l’intensification des efforts de promotion de la souveraineté alimentaire du Sénégal constituent une priorité de l’action gouvernementale.
Le Chef de l’Etat a salué toutes les mesures hardies prises par le Gouvernement, depuis l’année dernière, pour améliorer les conditions de préparation, de déroulement et d’encadrement des campagnes de production agricole. Au regard de l’intensification de la pluviométrie dans plusieurs zones éco-géographiques du pays, il a demandé au Gouvernement, notamment au Ministre en charge de l’Agriculture et au Ministre en charge des Finances, d’accélérer les modalités de mise à disposition des semences, engrais et matériels agricoles sur l’étendue du territoire national. Il a souligné la nécessité d’impliquer davantage et de renforcer le rôle des coopératives agricoles communautaires dans le processus de mise en place du dispositif relatif à la campagne de production agricole. Le Président de la République a réitéré que la montée en puissance du programme national de reconstitution du capital semencier passe par une forte implication de l’Institut sénégalais de Recherches agricoles (ISRA), organisme scientifique de premier plan, dont les ressources financières et humaines, ainsi que les moyens techniques d’action doivent être significativement renforcés. L’évaluation de l’organisation et du fonctionnement des services techniques de conseil et d’encadrement agricole dudit institut s’impose également.

Le Président de la République a indiqué au Gouvernement la nécessité de développer les formations professionnelles liées aux métiers agricoles et d’envisager le renforcement des lycées agricoles ou des centres de formation aux métiers de l’agriculture à l’image de l’Ecole nationale supérieure d’Agriculture, socle de la formation d’ingénieurs agricoles. Par ailleurs, il a rappelé au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, l’urgence de développer un programme spécial de renforcement des aménagements agricoles et d’actualiser les lettres de mission de la Société nationale d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), de la Société de Développement agricole et industriel du Sénégal (SODAGRI) et de la Société de Développement et des Fibres textiles (SODEFITEX), en vue d’une meilleure planification des productions rizicoles, céréalières, cotonnières et des spéculations à haute valeur en termes de commercialisation et de consommation. Il a invité le Gouvernement à accentuer les efforts de relance et d’extension des Domaines agricoles communautaires, mais aussi des Agropoles dont l’implémentation effective dans les sites dédiés doit faire l’objet d’un suivi dans le cadre du monitoring de l’Agenda national de Transformation. Le Chef de l’Etat a, dans le même sillage, invité le Gouvernement à accentuer l’implication et la mobilisation des jeunes dans le développement de l’agriculture et la promotion de la souveraineté alimentaire. A cet égard, il a indiqué au Gouvernement, notamment au Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, au Ministre en charge de la Jeunesse et au Secrétaire d’Etat aux
Coopératives et de l’Encadrement paysan, la nécessité de prendre toutes les dispositions pour une bonne organisation, à Dakar, du 30 août au 05 septembre 2025, de la 19ème édition du Forum africain des systèmes alimentaires sous le thème « Jeunesse africaine : fer de lance de la collaboration, de l’innovation et de la transformation des systèmes alimentaires ».

Afin de soutenir la transformation durable du système agricole national, le Président de la République a informé le Conseil qu’il effectuera, les 12 et 13 juin 2025, une visite économique et de travail dans la région de Saint Louis, à la rencontre des producteurs et industriels du secteur. Dans la même lancée, il présidera, le 10 juillet 2025, le Conseil supérieur d’orientation agrosylvopastoral.

Le Sénégal est un pays doté de plus de 700 kilomètres de côtes ouvertes sur l’océan atlantique et d’un potentiel maritime exceptionnel. Le Chef de l’Etat a, à cet égard, rappelé au Gouvernement l’urgence de finaliser la nouvelle politique maritime du Sénégal en impliquant l’ensemble des acteurs publics, privés et des populations des zones concernées. Il a indiqué au Premier Ministre, la nécessité d’accentuer le suivi de toutes les infrastructures maritimes et portuaires en service, en cours de réalisation ou en projet avec des partenaires bien identifiés.
Il a également demandé au Premier Ministre de superviser la mise en œuvre de la stratégie de promotion de l’attractivité et de la compétitivité des ports publics et privés du Sénégal et de définir un cadre renforcé d’évaluation des performances des infrastructures maritimes et portuaires nationales. Par ailleurs, il a souligné l’impératif de renforcer le dispositif de coordination de l’action de l’Etat en mer avec la réalisation urgente d’infrastructures spécialisées sous le contrôle de la Haute Autorité chargée de la Coordination de la Sécurité maritime, de la Sûreté et de la Protection de l’Environnement marin (HASSMAR). Le Président de la République a demandé au Gouvernement de poursuivre les concertations régulières avec les acteurs de la pêche artisanale et ceux de la pêche industrielle ainsi que les scientifiques et chercheurs, en vue d’une maitrise stratégique des zones de pêche, de nos ressources halieutiques et fonds marins, dans le respect des lois et règlements et des conventions internationales en la matière. Au regard de l’acuité de la problématique de la pêche dans la vie nationale et de l’importance des sujets relatifs aux océans, dans l’agenda international, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité d’assurer le suivi de l’ensemble des questions relatives à la mer et au développement de l’économie bleue au Sénégal.

Le tourisme demeure un secteur moteur de la relance économique et de la création d’emplois dans les sites et zones dédiés. Le Chef de l’Etat a demandé au Ministre du Tourisme et de l’Artisanat de finaliser, sous la supervision du Premier Ministre, avec la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO), l’actualisation des programmes d’aménagement de nouvelles zones touristiques, en vue d’impulser la relance du secteur avec l’implication des professionnels, investisseurs et acteurs concernés. Il a rappelé, l’urgence de la tenue d’une réunion interministérielle sur le tourisme, pour asseoir la mise en œuvre maitrisée de l’agenda de développement du secteur touristique.

Au titre de son agenda diplomatique, le Président de la République a informé le Conseil qu’il participera, du 17 au 19 juin 2025 à New York, à la Conférence sur la Palestine et prendra part, le 22 juin 2025 à Abuja, au Sommet de la CEDEAO.
Evoquant la question du renforcement des capacités dans la gestion de la commande publique, Monsieur le Premier Ministre, après avoir souligné les constats alarmants relevés dans le cadre de la relecture des contrats et conventions, notamment les cas de surfacturation et de graves violations des règles de passation de marchés, a mis l’accent sur l’importance des marchés publics comme moyens d’exécution des missions de l’Etat. C’est ainsi que le Premier Ministre a insisté sur la nécessité d’une formation complète des acteurs à toutes les étapes de la commande publique avec un dispositif de suivi-évaluation des connaissances dispensées.
Le Premier Ministre a retenu que désormais l’exécution correcte des règles relatives à la commande publique, de façon efficace, dans la transparence et dans les délais requis, constitue un critère de performance pour toute entité publique et tout manager public. Le Premier Ministre a demandé au Ministre, Secrétaire général du Gouvernement de proposer, en rapport avec la Direction centrale des Marchés publics (DCMP) et l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), des termes de référence pour une formation en matière de commande publique avec un programme pertinent tenant compte de la préoccupation des acteurs. Enfin, le Premier Ministre a demandé au Ministre des Finances et du Budget de prendre toutes les dispositions pour mobiliser les crédits nécessaires à la prise en charge de cette formation.
Abordant la gestion des urgences hospitalières, le Premier Ministre a rappelé que le gouvernement accorde une priorité élevée à l’accès des populations aux soins d’urgence de qualité dans toutes les structures de santé. Il a aussi insisté sur l’attention toute particulière à accorder à l’amélioration de la qualité des services d’accueil d’urgence afin de donner un visage plus humain à la prise en charge des personnes en détresse. Aussi, a-t-il invité le Ministre de la Santé et de l’Action sociale à renforcer le dispositif du SAMU national et à travailler en parfaite synergie avec la Brigade nationale des Sapeurs-pompiers et les autres structures publiques et privées évoluant dans le secteur.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :

– Le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture a fait une communication sur le suivi de l’exécution des travaux engagés en perspective des Jeux olympiques de la Jeunesse (JoJ) Dakar 2026 ;

– Le Ministre de l’Agriculture, de la Sécurité alimentaire et de l’Elevage a fait une communication sur la situation de production de semences de prébase de céréales et de légumineuses pour la campagne agricole 2025-2026.

AU TITRES DES MESURES INDIVIDUELLES,
le Président de la République a pris les décisions suivantes :
Au titre de la Primature
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un diplôme d’état en médecine, est nommé Secrétaire exécutif du Conseil national de Développement de la Nutrition (CNDN) en remplacement de Dr Aminata DIOP NDOYE.
Au titre du Ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens
– Monsieur Laurent SINA, Consultant en système de management de la qualité, est nommé Directeur du Laboratoire National de référence dans le domaine du Bâtiment et des Travaux Publics (LNR-BTP), en remplacement de Monsieur Chérif BALDE. Au titre du Ministère des Finances et du Budget
– Madame Souadou DRAME, Economiste, matricule de solde n°619 499/J est nommée Directeur de la Programmation budgétaire, poste vacant.

– Monsieur Serigne Cheikh MBEGUERE, Conseiller en Planification, matricule de solde n°603 378/E, est nommé Directeur de l’Ordonnancement des Dépenses publiques en remplacement de Monsieur Samba FALL appelé à d’autres fonctions.

– Monsieur Boubacar CAMARA, Administrateur civil principal, matricule n°616
278/H est nommé Directeur de l’Administration et du Personnel de la Direction générale
du Budget, en remplacement de Monsieur Abdourakhmane BA, admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite.
Au titre du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
– Monsieur Baba TALL, Expert en logistique, est nommé Directeur du Consortium sénégalais d’activités maritimes (COSAMA), en remplacement du Commandant Mactar FALL.
Au titre du Ministère de l’Energie, du Pétrole et des Mines
– Monsieur Mbaye SENE, titulaire d’un master en comptabilité et finances, est nommé Président du Conseil d’Administration de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN), en remplacement de Monsieur Mamadou Bamba NDIAYE.
Au titre du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
– Monsieur Serigne Ahmadou Bamba SY, Ingénieur centralien, Expert en management des projets est nommé Secrétaire général du Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, en remplacement de Madame Fatou Bintou NDIAYE.
Au titre du Ministère de l’Industrie et du Commerce
– Monsieur Abasse Boubou NDIAYE, titulaire d’une licence en gestion de projets, est nommé Président du Conseil de Surveillance de l’Agence sénégalaise pour la Propriété industrielle et l’Innovation technologique (ASPIT) en remplacement de Monsieur Lakhbouss DIAKHATE.
Au titre du Ministère de l’Education nationale
– Monsieur Assane SOW, Professeur d’Enseignement secondaire, matricule de solde 644
051/J est nommé de Directeur l’Institut national d’Étude et d’Action pour le Développement (INEADE) en remplacement de Monsieur Alioune Badara Diop.

Le Ministre de la Formation professionnelle et technique,
Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE

Aliou Cissé : de la tanière des Lions aux coulisses de la FIFA

Aliou Cissé franchit un nouveau cap dans sa carrière d’homme de football. Après avoir dirigé pendant près d’une décennie l’équipe nationale du Sénégal, qu’il a menée au sacre continental en 2022, l’ancien capitaine des Lions va désormais observer le football mondial depuis les coulisses techniques de la FIFA. Il a été nommé membre du Groupe d’Étude Technique (TSG) de la FIFA, chargé d’analyser les matchs de la Coupe du monde des clubs 2025, qui se tiendra aux États-Unis du 15 juin au 13 juillet.

Ce groupe d’élite est présidé par Arsène Wenger, Directeur du développement du football mondial de la FIFA. Il réunit plusieurs personnalités reconnues du monde du ballon rond. Aux côtés d’Aliou Cissé, on retrouve notamment Esteban Cambiasso, Tobin Heath, Jürgen Klinsmann, Roberto Martínez, Gilberto Silva et Pascal Zuberbühler, responsable de la coordination technique du groupe.

Le TSG est chargé de suivre tous les matchs de la compétition afin d’identifier les grandes tendances tactiques, les innovations dans le jeu collectif ou individuel, ainsi que les évolutions des comportements techniques des joueurs et entraîneurs. Ce travail repose sur l’observation de terrain, mais aussi sur l’exploitation de données avancées fournies par les unités de performance de la FIFA. L’objectif est d’établir une analyse complète des dynamiques en cours dans le football de haut niveau.

Cette mission va bien au-delà d’un simple travail d’observation. Il s’agit de dégager des enseignements structurants pour la formation des entraîneurs, le développement de la détection des jeunes talents et la réflexion sur l’évolution du football global. C’est un travail d’influence, souvent discret, mais déterminant dans les orientations prises par la FIFA pour faire évoluer les pratiques.

Pour Aliou Cissé, cette nomination représente une consécration personnelle, mais aussi une reconnaissance du savoir-faire sénégalais sur la scène internationale. Celui qui fut l’un des premiers capitaines africains à mener son pays en finale de Coupe d’Afrique, et qui a ensuite marqué l’histoire en tant qu’entraîneur, accède à un espace stratégique rare, réservé à des figures expérimentées et influentes du football mondial.

Alors qu’il poursuit également sa mission de sélectionneur avec l’équipe nationale de Libye, cette participation au TSG de la FIFA lui ouvre de nouvelles perspectives en matière d’analyse du jeu, de formation et d’influence technique. C’est aussi un symbole fort pour le continent africain : la voix de l’Afrique s’invite désormais dans les espaces où se pense le football de demain.

Le temps de la vérité budgétaire : pour une Loi de Finances Rectificative (LFR) avant le 30 juin

Le 21 mai 2025, lors du Conseil des ministres, le Président de la République a annoncé la présentation d’une nouvelle stratégie économique, budgétaire et financière de l’État, attendue avant la fin juin, à l’occasion du débat d’orientation budgétaire (DOB).

Cette annonce pourrait susciter l’adhésion si elle n’était pas fondée sur une base budgétaire profondément compromise, reconnue comme telle par les autorités elles-mêmes.

La Loi de Finances Initiale 2025 (LFI 2025), adoptée en décembre 2024, s’appuie, conformément à la Loi Organique relative aux Lois de Finances (LOLF n°2020-07 du 26 février 2020), sur les données de l’année n–1 c’est-à-dire 2023.

Cependant, ces données ont été dénoncées comme falsifiées dès septembre 2024 par le Premier ministre, qui évoquait une manipulation systématique des chiffres macroéconomiques et budgétaires hérités de l’ancien régime.

Ces accusations ont été appuyées par la Cour des comptes en février 2025, qui a révélé un encours de dette de 18 558,91 milliards FCFA au 31 décembre 2023, représentant 99,67 % du PIB, soit un niveau très supérieur aux chiffres précédemment communiqués.

Le Rapport économique, social et financier (RESF) annexé à la LFI 2025, publié en octobre 2024, repose essentiellement sur des projections pour 2024 et 2025. Toutefois, il ne mentionne aucune révision des données de 2023 ni leur exclusion explicite.

En vertu de l’article 11 de la LOLF, la sincérité budgétaire impose que les résultats de l’année n–1 soient fiables et transparents. Les prévisions budgétaires doivent être sincères, réalistes et prudentes sur la base des informations disponibles.

Le maintien d’une LFI fondée implicitement sur des données contestées constitue donc une entorse manifeste à ce principe fondamental.

Plus encore, l’article 47 de la LOLF impose explicitement au gouvernement de déposer une Loi de Finances Rectificative (LFR) en cours d’année si les équilibres initiaux sont bouleversés, si les recettes s’écartent sensiblement ou si des mesures réglementaires modifient l’exécution budgétaire.

Il se trouve, depuis février 2025, que la falsification des comptes de 2023 est reconnue par la cours des comptes, l’ampleur de la dette est officiellement documentée et des écarts majeurs ont été identifiés dans les engagements financiers. 

Toutes les conditions exigées par l’article 47 sont réunies.

Malgré cela, aucune LFR n’a encore été officiellement adoptée à ce jour. Lors du dernier conseil des ministres début juin, seule une note de cadrage a été mentionnée. L’introduction formelle du projet de LFR se fait donc attendre, alors même que cette initiative aurait dû intervenir bien plus tôt.

Il est impératif, pour respecter les principes de sincérité budgétaire et d’équilibre financier, que le gouvernement introduise cette LFR avant le 30 juin, avant le débat d’orientation budgétaire et la présentation de la nouvelle stratégie économique, budgétaire et financière de l’Etat annoncé par le Président de de la République. 

En l’absence de LFR, le Sénégal s’expose à une perte de crédibilité auprès de ses partenaires techniques et financiers, à une défiance accrue du secteur privé et à une rupture du contrat démocratique avec le peuple.

Organiser un DOB sans avoir corrigé les fondations de la LFI 2025 revient à projeter l’avenir sur une fiction budgétaire.

Ce défaut de sincérité n’est malheureusement pas isolé. Il s’inscrit dans un contexte plus large de manquements à la transparence budgétaire, notamment l’absence de publication des rapports trimestriels d’exécution pour plusieurs périodes, l’absence de traçabilité sur les 150 milliards FCFA annoncés comme récupérés lors de renégociations de contrats publics et l’opacité autour des flux pétroliers et gaziers, notamment sur le champ de Sangomar, sans rapport public détaillé sur leur affectation.

Ces lacunes fragilisent l’édifice institutionnel et vont à l’encontre des principes de bonne gouvernance, de justice fiscale, et de redevabilité.

Une Loi de Finances Rectificative est indispensable pour rétablir la sincérité budgétaire, restaurer la confiance des partenaires et permettre un débat d’orientation sur des bases réelles.

La réforme annoncée ne peut se construire sur une illusion comptable.

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Arrestation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une dérive autoritaire

La détention de Moustapha Diakhaté pour offense au chef de l’État continue d’alimenter la controverse au Sénégal. L’ancien parlementaire, interpellé après avoir qualifié le protocole présidentiel de « Gougnafier », a reçu le soutien appuyé de Thierno Bocoum, président du mouvement Agir – Alliance générationnelle pour les intérêts de la République.

Réagissant sur les réseaux sociaux à la même photo qui a valu à Diakhaté ses démêlés judiciaires, Thierno Bocoum a critiqué avec virulence l’attitude des autorités. « Donc, selon nos apprentis dictateurs, il faudrait admirer les sourires et se taire ? », a-t-il lancé avec une pointe d’ironie, dénonçant ce qu’il perçoit comme une intolérance croissante à la critique dans l’espace public sénégalais.

L’opposant a poursuivi en interrogeant la légitimité des poursuites : « Une photo ne doit susciter que des éloges, jamais de réflexion ? ». À travers ce commentaire, il fustige une gouvernance qu’il juge obsédée par le contrôle de l’image présidentielle au détriment de la liberté d’expression.

Dans un ton plus direct, Thierno Bocoum a exigé la remise en liberté immédiate de l’ancien député. « Libérez Moustapha Diakhaté et cessez de vous ridiculiser », a-t-il écrit, estimant que l’emprisonnement pour des propos critiques n’a pas sa place dans une démocratie.

Il a conclu par une critique cinglante du pouvoir en place : « Vous êtes censés diriger un pays, pas fuir la critique ». Une déclaration qui s’inscrit dans une vague plus large d’indignation portée par plusieurs voix politiques et de la société civile, appelant à une révision du délit d’offense au chef de l’État, considéré par beaucoup comme un outil de musellement.

Blocage de la revalorisation statutaire des greffiers : le Sytjust dénonce une « fraude administrative »

Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (Sytjust) hausse le ton face au blocage persistant de la revalorisation statutaire des greffiers et des assistants de greffe et de parquet. En conférence de presse, Me Aya Boun Malick Diop, Secrétaire général du Sytjust, a dénoncé ce qu’il qualifie de « fraude administrative » et de « sabotage institutionnel inadmissible ».

Selon Me Diop, le blocage remonte à 2018, année au cours de laquelle deux décrets avaient été validés en Conseil des ministres pour revaloriser le statut des greffiers. Toutefois, ces textes auraient ensuite été « remplacés en catimini », sans le consentement du président de la République, par d’autres décrets introduisant des conditions nouvelles qui n’étaient ni prévues ni discutées. Pour le syndicaliste, cette manœuvre constitue une grave entorse à la légalité administrative.

« C’est une substitution illégale de décret par des textes frauduleux. Deux décrets ont été signés à l’insu du chef de l’État, introduisant des dispositions contraires à celles initialement arrêtées », a-t-il affirmé. Il pointe du doigt un groupe de juristes au sein de la fonction publique, accusés de bloquer toute tentative de correction à travers des « avis juridiques sans aucune base légale ».

Me Diop évoque une trahison manifeste de la parole de l’État. Il appelle à une réaction forte du chef de l’État, garant des institutions, face à ce qu’il considère comme une dérive grave : « Le président de la République ne saurait rester silencieux. Ce que réclame le Sytjust, c’est simplement le respect d’une décision gouvernementale. »

Face à ce blocage qui dure depuis six ans, le Sytjust en appelle à la « loyauté républicaine » et au respect de l’État de droit. Le syndicat exige la mise en œuvre immédiate des décrets originaux et entend maintenir la pression jusqu’à la réparation complète de ce qu’il considère comme une injustice administrative.

Seydi Gassama réclame la suppression du délit d’offense au chef de l’État

L’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et ex-député, pour offense au chef de l’État continue de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, s’est particulièrement démarquée. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), le défenseur des droits humains a lancé un appel vigoureux à l’abrogation de l’article 254 du Code pénal sénégalais, qui réprime ce qu’on appelle le « délit d’offense au chef de l’État ».

Pour Seydi Gassama, cette infraction relève d’un autre temps. Il la considère comme une atteinte à la liberté d’expression, incompatible avec les standards démocratiques modernes. « Le délit d’offense au chef de l’État (art. 254 du code pénal) doit être supprimé », a-t-il martelé, dénonçant une disposition qu’il juge à la fois archaïque et dangereuse pour la libre critique du pouvoir exécutif.

Plutôt que de maintenir ce régime d’exception, le militant propose une alternative inspirée du droit commun. « Le Président de la République pourra porter plainte s’il estime être diffamé, injurié ou outragé », a-t-il suggéré, estimant que les règles générales du droit pénal suffisent à protéger l’honneur du chef de l’État, comme tout autre citoyen.

Mais au-delà du principe même de cette infraction, Seydi Gassama s’inquiète également des peines encourues. « Les peines de prison pour ces infractions sont disproportionnées et doivent être abandonnées », a-t-il affirmé, s’opposant fermement à l’incarcération pour des délits d’opinion.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une crispation autour des libertés publiques, alors que l’affaire Moustapha Diakhaté est perçue par certains comme une tentative d’intimidation politique. L’ancien député, qui devra comparaître en flagrant délit le 18 juin prochain, est poursuivi pour avoir critiqué ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain par le président de la République.

Le débat relancé par Seydi Gassama pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre respect des institutions et liberté d’expression dans un État démocratique. Reste à savoir si les autorités sénégalaises saisiront cette occasion pour engager une réforme de la législation pénale dans un sens plus protecteur des droits fondamentaux.

Procès en diffamation contre Vicas et Delta : Dr Cheikh Dieng obtient la réouverture du dossier

Le procès opposant Dr Cheikh Dieng, ancien Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), aux entreprises Vicas et Delta connaît un nouveau rebondissement. Initialement jugé par défaut, Dr Dieng a obtenu du tribunal correctionnel de Dakar le report du délibéré qui était prévu le 28 mai 2025. Le dossier sera rouvert, et les débats reprendront le mardi 25 juin, offrant ainsi à l’ex-responsable public la possibilité de présenter sa défense.

À l’origine de ce contentieux, des accusations de diffamation et de propagation de fausses nouvelles formulées contre Dr Dieng, après des déclarations publiques visant les entreprises Vicas et Delta. Selon les informations rapportées ce mercredi par le journal Les Échos, le prévenu entend faire de cette nouvelle audience une tribune pour détailler les raisons qui l’ont poussé à s’exprimer publiquement sur ce qu’il considère comme des dérives graves dans la gestion des marchés de l’ONAS.

Dr Cheikh Dieng affirme que ses accusations sont fondées et s’inscrivent dans une logique de transparence. Il soutient que les sociétés plaignantes sont en réalité des instruments manipulés par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, qu’il accuse d’être à la manœuvre dans ce qu’il qualifie de « prédation organisée ». Il évoque un audit qui aurait mis en lumière des irrégularités financières d’un montant de 440 milliards de FCFA, document qui pourrait constituer un élément central de sa stratégie de défense.

Lors de la dernière audience, à laquelle il n’avait pas assisté, la partie civile avait demandé la condamnation de l’ancien directeur général à verser 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. Les avocats de Vicas et Delta avaient aussi sollicité la publication du jugement dans plusieurs organes de presse à titre de réparation morale. Le parquet, pour sa part, avait requis l’application stricte de la loi pénale à l’encontre de Dr Dieng.

La réouverture du procès intervient donc dans un contexte tendu, où les enjeux économiques se mêlent à des rivalités politiques. L’audience du 25 juin prochain s’annonce cruciale. Elle pourrait marquer un tournant dans cette affaire qui, au-delà du contentieux judiciaire, met en lumière des pratiques opaques dans la gestion de certains marchés publics au Sénégal.

Retour des pèlerins sénégalais du Hajj 2025 : les premiers vols attendus ce mercredi

Le Hajj 2025 touche à sa fin, marquant la clôture d’un moment spirituel fort pour des milliers de fidèles musulmans sénégalais ayant accompli les rites sacrés en Arabie Saoudite. Le retour des pèlerins vers le Sénégal débute ce mercredi 11 juin avec l’arrivée des premiers vols, selon les autorités religieuses et aéroportuaires mobilisées pour l’occasion.

Après plusieurs semaines passées à La Mecque et dans les lieux saints de l’Islam, les pèlerins sénégalais s’apprêtent à retrouver leur pays. C’est ce mercredi que les premiers « Oudiadji », pèlerins transportés par les compagnies privées, fouleront de nouveau le sol national, comme l’a confirmé Mohamed Mansour Ndiaye, Délégué général adjoint au pèlerinage.

Pour assurer un retour sécurisé, digne et sans encombre, la Délégation générale au pèlerinage a mis en place un dispositif d’accompagnement renforcé. Celui-ci inclut la gestion des formalités aéroportuaires, l’encadrement des passagers aux différentes étapes de transit, ainsi que la prise en charge sanitaire des personnes âgées et des pèlerins à mobilité réduite.

Ce retour progressif s’effectuera en plusieurs vagues afin de garantir une meilleure fluidité dans l’accueil et l’orientation des pèlerins. Des équipes médicales et logistiques sont mobilisées dans les principaux aéroports du pays pour veiller à la santé et au confort des voyageurs, souvent éprouvés par les conditions climatiques et l’intensité du Hajj.

La Délégation générale a également rappelé que des dispositions ont été prises en amont avec les compagnies aériennes pour éviter les retards et les désagréments constatés lors des éditions précédentes. L’objectif affiché reste clair : assurer un retour apaisé et sécurisé, dans la continuité de l’organisation générale qui a marqué cette édition 2025 du Hajj.

Alors que le pays s’apprête à accueillir ses pèlerins avec émotion et reconnaissance, les familles, elles, se tiennent prêtes à célébrer ces retrouvailles empreintes de foi et de gratitude.

Contentieux autour de Greentech Sénégal : la maison-mère française poursuit sa filiale et sa présidente Hapsatou Sy

Une bataille judiciaire inédite oppose la société française Greentech SA à sa filiale sénégalaise, Greentech Sénégal SA, et à sa présidente Hapsatou Sy. Le différend, déjà porté devant le tribunal de commerce de Dakar, a été évoqué pour la première fois le 2 juin 2025 avant d’être renvoyé au 23 juin pour un examen plus approfondi du dossier.

À l’origine de cette affaire, un partenariat initié en 2021 entre l’entrepreneure franco-sénégalaise Hapsatou Sy et Jean-Yves Berthon, administrateur de Greentech SA. Cette collaboration s’est concrétisée par la création officielle de la société Greentech Sénégal SA le 24 juin 2022. Dans le pacte capitalistique établi à la naissance de l’entreprise, la maison-mère française détenait 72 % des parts contre 24 % pour Hapsatou Sy, qui assurait également la présidence de la filiale.

Greentech SA affirme avoir injecté un montant de 1,72 million d’euros, soit environ 1,13 milliard de francs CFA, pour permettre à la filiale sénégalaise de lancer ses activités. Selon les déclarations de la société française, ces fonds devaient couvrir l’installation des infrastructures administratives et techniques, l’achat de matières premières, l’acquisition d’un terrain à Diamniadio destiné à accueillir une usine, ainsi que des études de marché et des programmes de formation.

Cependant, près de deux ans après la mise en place de la filiale, les activités sont à l’arrêt complet. Le projet d’usine, élément central de l’ambition industrielle à Diamniadio, n’a jamais vu le jour. Un document officiel daté du 7 janvier 2025 révèle que le terrain supposé accueillir l’infrastructure est toujours sous la propriété de la Direction générale du patrimoine de l’État, jetant ainsi le doute sur la réalité des démarches engagées et sur l’utilisation effective des ressources financières mobilisées.

La société mère, s’estimant lésée, pointe du doigt un manque total de transparence dans la gestion de la filiale. Elle affirme avoir débloqué en plus 353 000 euros, soit environ 231,5 millions de francs CFA, pour couvrir des frais liés au foncier et à des études architecturales. Malgré cela, Greentech SA dit n’avoir jamais pu accéder aux comptes ni obtenir de justificatifs fiables sur l’emploi des fonds. C’est pourquoi elle réclame aujourd’hui la désignation d’un expert judiciaire indépendant chargé de vérifier l’utilisation des ressources investies.

Face à ces accusations, Hapsatou Sy rejette en bloc les reproches de la maison-mère. Elle accuse à son tour Jean-Yves Berthon d’avoir volontairement saboté le projet et abandonné les employés sénégalais, laissant l’entreprise dans une impasse totale. Pour elle, la responsabilité du blocage incombe à la partie française.

Le litige, qui illustre les tensions parfois vives dans les partenariats économiques internationaux, sera de nouveau au cœur des débats judiciaires le 23 juin prochain devant le tribunal de commerce de Dakar. L’issue de ce bras de fer financier pourrait bien influencer d’autres initiatives d’investissement entre sociétés européennes et partenaires africains.

Moustapha Diakhaté placé sous mandat de dépôt : un procès pour offense au chef de l’État prévu le 18 juin

L’ancien ministre-conseiller et ex-député Moustapha Diakhaté a été officiellement placé sous mandat de dépôt ce mardi, à la suite d’une procédure engagée contre lui pour offense au chef de l’État. L’information a été rendue publique ce mercredi 11 juin 2025 par son avocat, Me El Hadji Diouf, au cours d’un point de presse organisé à Dakar.

Selon les explications fournies par la défense, l’ancien parlementaire est poursuivi pour des propos tenus récemment sur les réseaux sociaux et dans certains médias, dans lesquels il critiquait une prétendue entorse au protocole républicain lors d’un événement officiel présidé par le chef de l’État. Ces déclarations, considérées par les autorités comme outrageantes, ont suffi à enclencher une procédure judiciaire rapide, qui a conduit à sa convocation par la Division des investigations criminelles (DIC).

Après sa convocation, Moustapha Diakhaté a été placé en garde à vue le mardi 10 juin, avant d’être présenté au parquet et placé sous mandat de dépôt. Il devra ainsi comparaître en flagrant délit devant le tribunal de Dakar le mercredi 18 juin 2025. Ce procès, prévu dans les délais les plus brefs, suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques, médiatiques et juridiques.

Pour Me El Hadji Diouf, cette procédure repose sur une interprétation abusive de la loi relative à l’offense au chef de l’État. Il affirme que son client n’a fait qu’user de son droit à la liberté d’expression pour alerter sur un manquement aux principes républicains. « Il est accusé d’offense au chef de l’État pour avoir dénoncé publiquement ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain. C’est une procédure vide, une tentative manifeste d’intimidation contre la liberté d’expression dans la République », a martelé l’avocat.

Ce dossier relance une fois de plus le débat sur la place de la critique politique dans l’espace public sénégalais. La mise en détention d’une figure aussi connue du landerneau politique, pour des propos tenus dans le cadre d’un débat public, interroge sur la capacité de la justice à rester indépendante face aux pressions politiques. Elle soulève également la question de la pertinence et de la portée de l’infraction d’« offense au chef de l’État », souvent brandie contre des personnalités critiques du pouvoir en place.

Moustapha Diakhaté, ancien collaborateur du président Macky Sall, devenu par la suite l’un de ses détracteurs les plus virulents, n’est pas à son premier différend avec les autorités. Connu pour ses prises de position tranchées, il s’est régulièrement exprimé sur les dérives institutionnelles qu’il attribue au régime actuel, notamment en matière de gouvernance, de libertés publiques et de respect des principes républicains.

Le procès prévu le 18 juin sera donc suivi avec une attention particulière, tant par les observateurs politiques que par les défenseurs des droits humains. Il constituera un test majeur pour l’indépendance du pouvoir judiciaire, mais aussi pour l’avenir du débat démocratique au Sénégal.

Pape Cheikh Diallo s’explique sur son absence à la TFM : un tournant stratégique vers ses propres médias

Le célèbre animateur sénégalais Pape Cheikh Diallo, figure emblématique du paysage audiovisuel national, a récemment levé le voile sur les raisons de sa discrète absence des écrans de la Télé Futurs Médias (TFM). Contrairement aux rumeurs de mésentente ou de rupture de collaboration, il s’agit en réalité d’un choix mûrement réfléchi, dicté par de nouvelles ambitions professionnelles.

Dans une déclaration relayée par nos confrères de Kawtef, Pape Cheikh Diallo a clarifié :

« C’est moi qui ai mis la TFM au frigo car je vais bientôt lancer ma propre télévision sur la TNT et l’IPTV. J’ai aussi ma propre chaîne YouTube. Mais, si je le voulais, il suffit d’un seul appel pour réapparaître à la TFM. »

Une sortie médiatique qui confirme non seulement son éloignement volontaire, mais surtout un virage stratégique dans sa carrière.

L’animateur aux multiples talents travaille en coulisses sur le lancement de sa propre chaîne télévisée, un projet ambitieux qui marquera une nouvelle étape dans son parcours. Présent déjà sur YouTube, il entend ainsi s’implanter plus solidement dans le paysage médiatique sénégalais en diversifiant ses supports de diffusion et en s’adaptant aux nouveaux modes de consommation de contenus.

Toutefois, les fans peuvent se rassurer : il ne s’agit pas d’un départ définitif de la TFM. Cette pause est avant tout stratégique. Pape Cheikh Diallo laisse clairement la porte ouverte à un retour : une décision qui, selon ses propres mots, ne dépendrait que d’un simple appel.

Tensions dans le secteur de la santé : l’Alliance Asas/Gueusseum lance une nouvelle phase de mobilisation

Le climat social reste tendu dans le secteur de la santé. L’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) et la plateforme Gueusseum passent à la vitesse supérieure face à ce qu’elles qualifient de « blocage persistant » dans la mise en œuvre des accords conclus avec l’État. À l’issue du préavis de grève couvrant la période du 6 juin au 6 novembre 2024, les syndicalistes dénoncent des « manœuvres dilatoires » de la part du ministère de la Fonction publique.

Selon les informations relayées par Sud Quotidien, le syndicat accuse les autorités de ne pas engager de discussions sérieuses autour des points d’accord encore en suspens. Pour faire entendre leurs revendications, les leaders de Gueusseum ont annoncé un premier plan d’actions graduel, qui s’étendra du 13 au 30 juin 2025.

Le coup d’envoi de la riposte syndicale sera donné le 13 juin avec une conférence de presse au siège de la Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal/Branches (FGTS-B) à Dakar. Cette rencontre servira à expliquer la position des syndicats et à exposer les revendications prioritaires.

Dans un deuxième temps, des conférences régionales auront lieu entre le 20 et le 26 juin à travers le pays, accompagnées d’assemblées générales pour renforcer la mobilisation des membres de la santé sur le terrain.

Le 27 juin, un sit-in national sera organisé, au cours duquel les participants arboreront des brassards rouges et des t-shirts symboliques, marquant ainsi leur mécontentement vis-à-vis de la situation actuelle.

Enfin, le mouvement se conclura par une évaluation du plan d’actions le 30 juin, pour faire le point sur l’impact de la mobilisation et envisager la suite à donner au bras de fer avec le gouvernement.

Consciente des conséquences d’un arrêt de travail sur les populations, Gueusseum tient à rassurer les usagers des structures sanitaires : un service minimum sera maintenu, notamment pour les cas d’urgence. Cette mesure vise à concilier lutte syndicale et responsabilité envers les malades.

Les syndicats appellent cependant à une mobilisation massive de leurs membres, espérant ainsi contraindre les autorités à tenir leurs engagements et à rouvrir les négociations dans les meilleurs délais.

Affaire Samuel Amète Sarr : Une requête pour annuler le renvoi en correctionnelle secoue le dossier West African Energy

Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant Samuel Amète Sarr, Directeur général de la société West African Energy (WAE), à Moustapha Ndiaye, ancien président du Conseil d’administration de la société. Les avocats de M. Sarr ont saisi la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar d’une requête aux fins d’annulation de l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle rendue le 2 juin dernier.

Cette procédure fait suite à une longue instruction ouverte pour des faits présumés d’abus de biens sociaux, sur dénonciation de Moustapha Ndiaye, actionnaire évincé de la société. Le dossier, particulièrement sensible en raison des enjeux énergétiques et financiers qu’il implique — notamment la mise en service récente d’une centrale électrique d’un coût de 283 milliards FCFA — est désormais au cœur d’un débat juridique intense sur le respect des droits de la défense.
Selon la requête déposée par les conseils de M. Sarr, les droits de la défense ont été « gravement violés » au cours de l’instruction. L’ordonnance de clôture, prise le 16 mai 2025, n’aurait pas respecté les délais légaux de communication du dossier aux avocats de la défense, comme le prévoit l’article 169 du Code de procédure pénale. Les conseils n’auraient reçu les récépissés de mise à disposition du dossier que le 19 mai, soit après la transmission du dossier au parquet.
Autre manquement invoqué : l’absence d’avis adressé à l’inculpé détenu, comme l’exige l’article 177 in fine du même code. Samuel Amète Sarr, incarcéré au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, n’aurait jamais été informé formellement de la clôture de l’instruction.
Les avocats du dirigeant contestent également la base factuelle de l’ordonnance de renvoi. Ils reprochent au juge d’instruction d’avoir fondé ses conclusions sur un rapport du cabinet Mazars, obtenu dans le cadre d’une « procédure convenue » à l’initiative du plaignant, sans validation de la société WAE. Ce type de rapport, selon les textes comptables et juridiques, n’a pas valeur d’audit ni de vérification indépendante.
À l’inverse, une expertise judiciaire commandée par le juge lui-même — et menée par l’expert Alioune Touré — aurait conclu à l’absence de tout préjudice financier pour la société. Ledit rapport relève même que M. Sarr, principal développeur du projet de centrale, n’a jamais perçu de salaire alors qu’une rémunération de 10 millions FCFA par mois était prévue.
Estimant que le magistrat instructeur a « instruit exclusivement à charge », les avocats demandent non seulement l’annulation de l’ordonnance de clôture et du renvoi, mais aussi que la Chambre d’accusation évoque l’affaire et ordonne un supplément d’information.
Une telle démarche, encadrée par l’article 199 alinéa 3 du Code de procédure pénale, permettrait selon eux de restaurer l’équilibre procédural dans un dossier où les enjeux judiciaires se croisent avec des intérêts économiques majeurs : la centrale construite par WAE, d’une capacité de 366 mégawatts, injecte déjà 127 MW dans le réseau de la SENELEC depuis le 5 mai 2025.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°483 – 11/06/2025

🔴 REQUÊTE AUX FINS D’ANNULATION D’UNE ORDONNANCE DE RENVOI EN POLICE CORRECTIONNELLE ET D’ÉVOCATION : LES AVOCATS CONTESTENT
🔴 HAUSSE DE 0,3% DE L’INDICE HARMONISÉ DES PRIX À LA CONSOMMATION : UNE INFLATION MAÎTRISÉE !

🔴 MATCH AMICAL SÉNÉGAL VS ANGLETERRE : VICTOIRE ÉCLATANTE DES « LIONS » (3-1)

Le Sénégal renverse l’Angleterre à Nottingham (1-3) : Les Lions ont parlé anglais… et imposé leur loi

Le Sénégal a réussi une prestation de haut vol en s’imposant 3-1 face à l’Angleterre lors d’un match amical international disputé au City Ground de Nottingham. Menés en début de rencontre, les Lions de la Téranga ont su renverser la situation avec sang-froid et lucidité, illustrant à la fois leur caractère et leur maturité collective.

Dès le coup d’envoi, l’Angleterre impose un pressing haut et une forte intensité. Cela porte ses fruits dès la 7e minute de jeu, lorsque Harry Kane, bien placé dans la surface, profite d’un bon service axial pour ouvrir le score. Le but réveille les Lions, qui refusent de céder à la panique. Progressivement, ils retrouvent leurs repères, améliorent leur circulation de balle et gagnent en agressivité dans les duels. Pape Thiaw, le nouveau sélectionneur, voit son équipe prendre confiance au fil des minutes.

À la 40e minute, le Sénégal est justement récompensé. Idrissa Gana Gueye, maître à jouer au milieu de terrain, adresse un centre précis dans la surface anglaise. Nicolas Jackson se bat dans l’axe pour dévier le ballon vers Ismaïla Sarr, qui conclut d’un tir maîtrisé. L’égalisation redonne de l’élan à l’équipe sénégalaise, qui rentre aux vestiaires sur un score de parité, parfaitement mérité.

La seconde période est abordée avec ambition par les Lions, qui haussent encore le rythme. À la 61e minute, Kalidou Koulibaly, capitaine exemplaire, délivre une passe millimétrée dans la profondeur à Habib Diarra. Le jeune milieu offensif ajuste parfaitement Jordan Henderson et permet au Sénégal de prendre l’avantage. S’en suit une période délicate où l’Angleterre tente de revenir. Edouard Mendy, solide dans les buts, rassure les siens avec deux arrêts de grande classe face à des tentatives adverses.

Pour sécuriser le score, Pape Thiaw procède à plusieurs changements tactiques. Les entrées de Pape Gueye, Cheikh Tidiane Sabaly et Boulaye Dia apportent de la fraîcheur et renforcent l’équilibre défensif. L’Angleterre pense avoir trouvé la faille à la 86e minute, mais l’arbitre, après consultation de la VAR, annule le but pour une main de Levi Colwill.

Alors que le match semble se terminer sur une courte victoire, le Sénégal lance une contre-attaque fulgurante dans le temps additionnel. Cheikh Tidiane Sabaly, parfaitement servi dans la surface, conclut d’un tir précis à la 90e+3 minute, scellant définitivement le sort de la rencontre. Le score final de 3-1 consacre une victoire de prestige pour les Lions de la Téranga.

Ce succès face à une sélection anglaise largement composée de titulaires confirme le potentiel de l’équipe sénégalaise. Au-delà de la performance sportive, cette victoire symbolise une montée en puissance tactique et mentale. Les choix du sélectionneur Pape Thiaw, qui a su allier expérience et jeunesse, semblent porter leurs fruits. Le Sénégal envoie un message fort à ses futurs adversaires : il faudra compter sur lui.

Thierno Alassane Sall dénonce une « traque politique » et critique les reniements de Pastef

Dans une récente publication sur le réseau social X, Thierno Alassane Sall, député et président du parti La République des Valeurs, a vivement dénoncé la gestion sécuritaire et judiciaire du régime actuel. Selon lui, au lieu de répondre aux préoccupations majeures des citoyens, notamment en matière d’insécurité, le pouvoir préfère s’acharner sur les opposants politiques.

« L’insécurité est la hantise des populations, les braquages se multiplient, mais le pouvoir s’illustre dans la traque de celles et ceux qui ne pensent pas comme lui », écrit-il avec amertume. Thierno Alassane Sall dénonce une instrumentalisation flagrante de la justice et des institutions répressives, évoquant une année marquée par un nombre record de convocations et d’emprisonnements pour des propos qualifiés d’offensants. Il souligne l’ironie de la situation, venant d’un groupe politique — allusion claire à Pastef — qui s’est lui-même illustré par l’insulte, la calomnie et l’intimidation comme armes politiques, ce qui selon lui « frise le ridicule ».

L’élu n’épargne pas Pastef, dont il critique les contradictions et les reniements. Le parti, qui avait promis la suppression du délit d’offense au chef de l’État, est selon lui loin d’avoir tenu cet engagement. Pire encore, Thierno Alassane Sall reproche à Pastef et à ses députés d’avoir justifié l’amnistie de présumés criminels liés à des événements violents en invoquant les libertés publiques, tout en se montrant eux-mêmes très intolérants à toute critique ne flattant pas leur position.

Pour conclure, il affirme que Moustapha Diakhaté, récemment convoqué et placé en garde à vue, s’ajoute à la liste des « prisonniers politiques », illustrant selon lui l’usage abusif de la justice pour réprimer l’opposition et museler la liberté d’expression dans le pays.

Convocation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une « violation flagrante de la Constitution sénégalaise »

La convocation de Moustapha Diakhaté par la Division des investigations criminelles (DIC) continue de susciter une vague d’indignation dans la classe politique sénégalaise. Thierno Bocoum, président du mouvement Agir et ancien député, a vivement réagi sur sa page Facebook, dénonçant une « violation flagrante de la Constitution » et une atteinte grave à la liberté d’expression au Sénégal.

Dans une publication virulente, l’opposant a souligné que cette convocation marque un tournant inquiétant pour le régime en place. Selon lui, elle ne s’inscrit pas dans une simple démarche administrative, mais révèle une volonté manifeste de réprimer les opinions divergentes. Bocoum invoque explicitement la Constitution sénégalaise, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (article 9), ainsi que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (article 19), pour rappeler que la liberté d’expression est un droit fondamental garanti tant par le droit national que par les conventions internationales auxquelles le Sénégal est partie.

Il estime que rien, dans une République digne de ce nom, ne justifie qu’un citoyen soit inquiété pour avoir exprimé ses opinions, aussi critiques soient-elles, dès lors qu’elles ne constituent pas des appels à la haine ou à la violence. Pour lui, l’État sénégalais répond désormais aux critiques non pas par des réformes, mais par l’intimidation et la répression.

Thierno Bocoum n’a pas épargné le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il accuse d’avoir renié les principes qu’il incarnait autrefois. « Le Premier ministre, au lieu d’incarner une rupture avec les dérives du passé, s’est tristement mué en effaceur d’opinions, en l’assumant devant l’hémicycle, là où le pays attendait de lui un bâtisseur d’avenir », écrit-il.

Dans une formule lourde de sens, l’opposant affirme que ce n’est pas Moustapha Diakhaté qui est véritablement visé, mais bien la liberté d’expression dans son ensemble. Il accuse le pouvoir de faire preuve de nervosité, de fébrilité, et d’instrumentaliser les institutions judiciaires pour « traquer les mots, surveiller les esprits et réprimer la pensée ». Selon lui, la justice ne doit jamais être utilisée comme un outil politique, mais rester garante des droits et des libertés fondamentales.

La publication se conclut sur un appel clair : « Relâchez Moustapha Diakhaté et l’ensemble des détenus politiques injustement pris en otage… ». Une déclaration qui vient s’ajouter aux nombreuses voix qui réclament une justice indépendante et respectueuse des droits civils au Sénégal, dans un climat politique de plus en plus tendu.

Affaire ANAMO : Maodo Malick Mbaye dément toute arrestation et confirme sa convocation du 23 juin

Maodo Malick Mbaye, ancien Directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), a formellement démenti l’information selon laquelle il aurait été arrêté à Thiès puis relâché. Cette rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux et reprise par certains organes de presse, est qualifiée de « totalement fausse » par l’intéressé lui-même.

Dans une déclaration intitulée « De Rabat, une volonté manifeste de répondre à la justice sénégalaise », M. Mbaye a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité. Il y explique qu’avant même de quitter Rabat, au Maroc, où il dit avoir des engagements internationaux, il a pris l’initiative de se signaler volontairement auprès du greffe du juge d’instruction du 3ᵉ cabinet du Pool Judiciaire Financier (PJF), dans le cadre de l’enquête portant sur sa gestion à la tête de l’ANAMO.

Il précise que l’enquête en question a été ouverte durant son absence du territoire national et qu’il a tenu à montrer sa disponibilité en informant officiellement la justice de son retour prochain à Dakar. « Contrairement aux fausses informations évoquant mon arrestation à Thiès, je tiens à informer que je me suis volontairement signalé au Greffe du juge d’instruction pour manifester ma disponibilité d’être entendu une fois à Dakar », a-t-il écrit.

Maodo Malick Mbaye a également justifié les raisons de son retour au Sénégal. Selon lui, il s’agit d’une part de répondre à une convocation judiciaire fixée au lundi 23 juin 2025 à 11h, et d’autre part de passer la fête de la Tabaski auprès de sa famille.

L’ancien responsable de l’ANAMO affirme par ailleurs être pleinement disposé à ce que toute la lumière soit faite sur les faits qui lui sont reprochés. Il se dit serein et confiant dans le processus judiciaire en cours, réaffirmant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice sénégalaise.

Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures engagées par le Pool judiciaire financier visant plusieurs anciens dignitaires de l’ancien régime, dans le cadre de la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques.

Santé : And Gueusseum déclenche son premier plan d’action ce vendredi

L’Alliance des syndicats autonomes de la Santé (Asas/And Gueusseum) a décidé de passer à l’offensive dans le bras de fer qui l’oppose au gouvernement. Dans un communiqué transmis à la presse, le collectif syndical annonce la mise en œuvre de son premier plan d’action à compter de ce vendredi 13 juin 2025. Cette journée marquera le début d’une série d’activités symboliques et de mobilisation syndicale, sur fond de désaccord persistant avec le ministère de la Fonction publique.

Le vendredi matin, une cérémonie de prières et de recueillement est prévue au cimetière musulman de Yoff, à Dakar, en hommage à Sidya Ndiaye, figure historique du mouvement syndical dans le secteur de la santé et membre fondateur d’And Gueusseum. Cette première étape se veut à la fois un moment de mémoire et une source de motivation pour les militants du syndicat.

Parallèlement, des assemblées seront tenues dans plusieurs régions du pays. Ces rencontres visent à informer les bases syndicales sur l’état des négociations avec les autorités et à renforcer la cohésion autour des revendications portées par la coalition. Ces mobilisations régionales s’inscrivent dans une logique d’alerte sociale, sans pour autant perturber immédiatement le fonctionnement des structures sanitaires.

Dans l’après-midi, une conférence de presse aura lieu pour exposer les griefs du syndicat et expliquer les raisons du lancement de cette phase de lutte. Selon les responsables d’And Gueusseum, le ministre de la Fonction publique fait preuve de mauvaise foi en refusant d’engager un véritable dialogue sur l’application des accords résiduels signés entre les deux parties. Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme des manœuvres dilatoires destinées à retarder l’effectivité des engagements pris par l’État.

La tension monte dans le secteur de la santé, alors que les syndicalistes affirment avoir suffisamment patienté. Le plan d’action annoncé ce vendredi pourrait évoluer dans les jours à venir si le gouvernement ne réagit pas. Pour And Gueusseum, le signal est clair : il s’agit d’un avertissement. Mais si aucun geste n’est fait, la coalition se dit prête à passer à une phase de lutte plus radicale, avec des conséquences qui pourraient affecter les services hospitaliers à l’échelle nationale.

Yeumbeul : un commerçant sauvagement tué devant sa famille, la banlieue sous le choc

La localité de Yeumbeul Nord, dans la banlieue de Dakar, est plongée dans la stupeur après un meurtre d’une rare violence survenu jeudi soir. Modou Mbacké, un commerçant de 32 ans, père de deux jeunes enfants et gérant d’une quincaillerie du quartier, a été tué alors qu’il rentrait chez lui aux alentours de 20h30. L’attaque s’est déroulée à quelques pas seulement de son domicile, dans une ruelle sombre et mal éclairée, devant des membres de sa famille impuissants.

D’après les premiers témoignages recueillis sur les lieux, trois individus circulant à moto ont suivi leur victime, ciblant sans doute la recette de sa journée qu’il transportait dans une sacoche. Malgré une tentative de résistance désespérée, le commerçant a été violemment agressé et poignardé à cinq reprises. Les assaillants se sont ensuite enfuis avec la sacoche, laissant Modou Mbacké grièvement blessé. Il a succombé à ses blessures alors qu’il était évacué en ambulance.

Ce drame a provoqué une onde de choc dans le quartier. La scène s’est déroulée sous les yeux d’une sœur de la victime, témoin direct de l’horreur. « Il s’est battu jusqu’au bout pour défendre le fruit de son travail », a-t-elle déclaré, bouleversée.

Au-delà de l’émotion, ce meurtre relance le débat sur l’insécurité persistante dans la banlieue dakaroise. Selon les données récentes, les vols avec violence y ont augmenté de 18 % depuis le début de l’année. Les commerçants de Yeumbeul, rassemblés devant la boutique du défunt, dénoncent l’absence de patrouilles policières régulières et disent vivre dans une peur constante. « Nous travaillons la peur au ventre chaque jour. Cela ne peut plus durer », s’indigne l’un d’eux.

La police du commissariat de Yeumbeul-Comico a ouvert une enquête. Les assaillants, qui auraient agi à visage découvert, ont été captés par une caméra de surveillance installée à proximité. Ces images, exploitées par les enquêteurs, pourraient permettre une identification rapide des auteurs du meurtre.

En attendant, la famille Mbacké et toute une communauté pleurent un homme connu pour son honnêteté et son dévouement au travail, victime d’une violence devenue trop banale dans certains quartiers.

Scandale géotechnique : la société TFG accusée de falsifications massives de données techniques sur des chantiers stratégiques

La société « Tout Faire Géotechnique » (TFG), dirigée par Mme Cissé née Penda Sow, est aujourd’hui au centre d’un scandale majeur de falsification de documents techniques, mettant en cause l’intégrité et la sécurité de nombreux chantiers à travers le Sénégal. L’affaire, révélée par L’Observateur, secoue le secteur du bâtiment et des travaux publics, en raison de la gravité des faits reprochés et de leurs implications potentielles sur des infrastructures stratégiques.

Selon les éléments issus de l’enquête menée par la Section de recherches de Dakar, Mme Penda Sow aurait institutionnalisé une pratique frauduleuse dans sa gestion de l’entreprise. Elle est accusée de faux et usage de faux en écriture privée pour avoir validé, supervisé ou encouragé la production de rapports techniques falsifiés, notamment des rapports de sondages géotechniques et d’analyses de laboratoire. Dans plusieurs cas, les enquêteurs affirment que ces documents n’étaient appuyés sur aucune étude réelle, mais qu’ils avaient été retouchés, tronqués ou simplement inventés.

C’est un chantier mené à Kolda pour le compte de la Société sénégalaise de voirie et des travaux publics (SVTP) qui aurait mis la puce à l’oreille des contrôleurs. Dans ce projet, la TFG aurait déclaré une profondeur de forage de 15 mètres sur un site où les techniciens n’avaient pu descendre au-delà de 13,50 mètres. Ce mensonge volontaire aurait été intégré dans le rapport final destiné au client, dans le but de masquer un échec technique et de préserver la réputation de l’entreprise.

Plus troublant encore, dans un dossier lié à la société chinoise Shanxi Cig (International Construction Group), les enquêteurs ont mis la main sur plusieurs rapports de formulation de béton, de mortier et d’agglomérés, tous signés par la TFG, mais sans qu’aucune analyse réelle n’ait été effectuée. Les documents avaient été remis aux services de contrôle comme s’ils étaient le fruit d’un processus scientifique rigoureux, alors qu’il n’en était rien. L’enquête conclut que cette falsification a été ordonnée expressément par Mme Sow, en violation flagrante des normes en vigueur.

Face à cette dérive, certains techniciens de l’entreprise auraient refusé de participer à la falsification des documents. Mais loin de reconsidérer sa position, la directrice aurait préféré écarter les collaborateurs réticents pour les remplacer par des employés plus dociles, selon les témoignages recueillis.

Dans un autre épisode de cette affaire, des documents techniques liés au chantier de l’autoroute de l’eau, réalisé par la société Sinohydro, comportaient la signature d’un technicien de TFG, Mor Camara, pour des essais prétendument effectués sur du ciment. Or, le technicien en question a nié formellement avoir mené ces tests, ni même avoir autorisé l’utilisation de son nom. Cette usurpation d’identité constitue, aux yeux des enquêteurs, un élément clé dans la démonstration d’une fraude organisée, impliquant directement la direction de la société.

Des spécialistes interrogés estiment que les actes reprochés à la TFG ne relèvent pas uniquement d’une escroquerie technique, mais qu’ils constituent un danger manifeste pour la vie d’autrui. Chaque rapport falsifié représente une faille potentielle dans les fondations d’infrastructures essentielles, telles que les routes, ponts ou bâtiments publics. En maquillant la réalité des sols ou la résistance des matériaux, TFG aurait mis en danger des vies, en fragilisant la base même des structures destinées à durer des décennies.

Mme Cissé Penda Sow a été placée en garde à vue le mardi 3 juin 2025 par la Section de recherches de Dakar. Elle pourrait être poursuivie pour mise en danger de la vie d’autrui, faux et usage de faux, usurpation d’identité et escroquerie aggravée. Ce dossier, à la croisée du droit pénal, de l’ingénierie et de la responsabilité sociale, révèle les failles d’un système de contrôle insuffisant dans un secteur aussi stratégique que celui des grands travaux publics.

Fonds Covid-19 : Sophie Gladima attendue ce mercredi devant la Haute Cour de justice

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, comparaîtra ce mercredi 11 juin devant la Haute Cour de justice, pour une nouvelle audition dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. L’information a été révélée par Les Échos, qui précise que l’ex-ministre sera extraite de prison pour l’occasion.

Poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de ces chefs, Sophie Gladima est accusée d’avoir participé à des irrégularités financières portant sur un montant de 193,07 millions de francs CFA. Cette somme représente une partie du milliard de francs CFA alloué à son département dans le cadre du programme « Force Covid-19 ».

Selon le rapport de la Cour des comptes, plusieurs anomalies ont été relevées dans l’exécution des projets financés par ces fonds, notamment dans la gestion du chantier de construction d’un centre de gravimétrie à Kédougou. L’audit évoque des dépenses sans justification suffisante, des prestations non exécutées, et des procédures de passation de marché non conformes.

Sophie Gladima, première des cinq anciens ministres inculpés à avoir été placée sous mandat de dépôt, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme que l’ensemble des projets a été exécuté dans le respect des règles, et qu’elle n’a bénéficié d’aucun avantage personnel dans le cadre de la gestion de ces fonds.

Mais la tâche s’annonce difficile pour convaincre la commission d’instruction. En effet, l’accusation s’appuie notamment sur les déclarations de son ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Alassane Diallo, actuellement en fuite. Ce dernier, cité dans le rapport comme l’un des principaux gestionnaires du budget incriminé, aurait livré des éléments compromettants avant de disparaître.

Dans ce dossier, plusieurs autres ex-membres du gouvernement Macky Sall font également l’objet de poursuites. Ndèye Saly Diop Dieng a été placée sous contrôle judiciaire, Ismaila Madior Fall porte un bracelet électronique, tandis que Moustapha Diop et Mansour Faye sont, eux aussi, en détention. Cette série de poursuites judiciaires illustre la volonté des autorités de faire la lumière sur l’usage des fonds publics alloués en pleine crise sanitaire.

L’audition de Sophie Gladima devant la Haute Cour de justice devrait donc constituer un moment clé dans cette procédure inédite, qui mobilise l’attention de l’opinion publique, des institutions, et des observateurs du système judiciaire sénégalais.

Affaire Ismaila Madior Fall : les accusateurs remis en liberté sous contrôle judiciaire, l’enquête se poursuit

L’affaire de corruption présumée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, connaît un nouveau tournant avec la libération sous contrôle judiciaire des deux principaux accusateurs. Il s’agit de Cheikh Guèye, gérant de la société Technologie Consulting Service (TCS), et de Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des constructions au ministère de la Justice.

Selon les informations relayées par le quotidien Les Échos dans sa parution de ce mardi, les deux hommes, inculpés et placés sous mandat de dépôt depuis le 19 mai dernier, ont été remis en liberté. Toutefois, ils demeurent sous contrôle judiciaire strict, assorti du port obligatoire d’un bracelet électronique, signe que la justice reste prudente dans le traitement de ce dossier explosif.

L’affaire remonte à plusieurs mois et concerne une série d’accusations graves liées à la gestion d’un projet foncier autour du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye. Cheikh Guèye avait publiquement mis en cause Ismaila Madior Fall, l’accusant d’avoir été impliqué dans un montage frauduleux destiné à détourner des deniers publics à travers des surfacturations et des transactions foncières douteuses.

À la suite de ces révélations, une enquête a été ouverte, et les investigations ont conduit à l’inculpation de Cheikh Guèye et de Mohamed Anas El Bachir Wane. Les charges qui pèsent contre eux sont lourdes : association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, faux et usage de faux, ainsi que corruption. Leur mise en détention provisoire avait suscité de nombreuses réactions, certains y voyant une tentative de faire taire des lanceurs d’alerte, d’autres estimant que la justice devait faire la lumière sur l’ensemble du dossier, quel qu’en soit le coût politique.

La décision de les placer sous contrôle judiciaire relance le débat. Elle indique que les juges d’instruction souhaitent poursuivre les investigations dans un climat apaisé, tout en gardant un œil sur les principaux protagonistes de l’affaire. La présence du bracelet électronique témoigne de la sensibilité du dossier et des risques d’entrave à la procédure.

De son côté, Ismaila Madior Fall, qui n’a pas été formellement inculpé, continue de nier toute implication dans une quelconque affaire de corruption. L’ancien garde des Sceaux, aujourd’hui en retrait de la scène politique, n’a jusque-là pas été entendu par la justice dans le cadre de cette procédure.

Alors que l’opinion publique suit l’affaire de près, notamment en raison du profil des personnalités concernées et des implications potentielles pour la gouvernance publique, les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir judiciaire des deux accusateurs et pour l’éventuelle mise en cause d’autres responsables.

Ce dossier, qui touche le cœur même du système judiciaire, soulève une nouvelle fois la question de la transparence dans la gestion des marchés publics et de la reddition des comptes dans les sphères de décision.

Alerte météo : fortes intempéries attendues ce soir dans le sud et le sud-est du Sénégal

L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a lancé ce mardi une alerte concernant des conditions météorologiques dangereuses prévues dans plusieurs régions du sud et du sud-est du Sénégal. Des orages accompagnés de pluies soutenues, de rafales de vent violentes et d’une activité électrique intense sont attendus dès la soirée et durant la nuit.

Les régions concernées sont Kédougou, Tambacounda, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Selon les prévisions, les premières manifestations du phénomène pourraient débuter par des vents forts, capables de soulever de la poussière, notamment dans les zones encore sèches.

L’ANACIM met en garde contre plusieurs risques : des rafales violentes, une forte densité de poussière, des éclairs et coups de tonnerre fréquents, ainsi que des averses de forte intensité pouvant entraîner localement des inondations.

Les autorités appellent à la vigilance et recommandent aux populations de limiter les déplacements non essentiels et de suivre les consignes de sécurité. Cette alerte intervient alors que la saison des pluies s’installe progressivement sur l’ensemble du territoire.

Moustapha Diakhaté placé en garde à vue par la DIC après son audition

L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, Moustapha Diakhaté, a été placé en garde à vue ce mardi 10 juin à l’issue de son audition par la Division des investigations criminelles (DIC), à Dakar.

Selon des sources proches du dossier, M. Diakhaté est poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du chef de l’État, des délits prévus par le Code pénal sénégalais.

Son audition intervient quelques jours après des déclarations virulentes tenues dans la presse et sur les réseaux sociaux, au cours desquelles il avait accusé le régime actuel d’autoritarisme et comparé la gouvernance du parti Pastef à une dérive fascisante. Ces propos ont suscité de nombreuses réactions, tant dans la classe politique que dans l’opinion publique.

Moustapha Diakhaté pourrait être déféré dès demain mercredi devant le parquet, en attendant une éventuelle décision du procureur de la République.

Cette arrestation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal, dans un contexte politique tendu marqué par une polarisation accrue et une montée des tensions entre l’opposition et le pouvoir.

Mboro-sur-Mer : Un violent accident fait 6 morts et 9 blessés

Un drame s’est produit ce mardi à Mboro-sur-Mer, dans la région de Thiès, à proximité immédiate du centre de formation CIFOP. Une collision particulièrement violente impliquant trois véhicules a causé la mort de six personnes, selon un bilan encore provisoire.

L’un des véhicules en cause transportait dix passagers, soit bien au-delà des sept places autorisées, selon les premières informations relayées par le journaliste Ayoba Faye. Cette surcharge pourrait avoir contribué à la gravité de l’accident, même si les circonstances précises restent encore à déterminer.

Neuf blessés ont été recensés sur place, dont plusieurs seraient dans un état critique. La gendarmerie, arrivée rapidement sur les lieux, a entamé les premières constatations. Une ambulance a pu intervenir dans les minutes suivant le drame, en attendant le renfort des sapeurs-pompiers de Tivaouane.

La violence du choc et le nombre élevé de victimes ont semé l’émoi dans la localité de Mboro, déjà confrontée à de nombreuses préoccupations en matière de sécurité routière. Cet accident relance le débat sur le respect des normes de transport et la vétusté de certains véhicules en circulation.

Les autorités locales devraient prochainement communiquer un bilan définitif, ainsi que les résultats des premières investigations sur les causes de ce drame.

Moustapha Diakhaté en garde à vue : une affaire de protocole et de “gougnafiers”

L’ancien président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yakaar (BBY), Moustapha Diakhaté, a été placé en garde à vue après une courte audience devant les enquêteurs de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Selon son avocat, Me El Hadj Diouf, l’audition n’aura duré que dix minutes, au cours desquelles son client a choisi de garder le silence.

Poursuivi pour offense au chef de l’État et à une personne exerçant tout au plus une partie des prérogatives du chef de l’État, Moustapha Diakhaté est dans le viseur de la justice après des déclarations controversées sur le protocole de la République.

Face à la presse à la sortie de l’audition, Me El Hadj Diouf a expliqué que son client avait été interrogé sur plusieurs points sensibles, notamment ses critiques à l’encontre du protocole républicain et l’usage du terme “gougnafier”. « On a demandé à mon client pourquoi il a critiqué le protocole de la République. Il n’a pas répondu. D’ailleurs, il n’a répondu à aucune question », a déclaré l’avocat.

Selon ses propos, Moustapha Diakhaté s’est contenté de remettre en question la position protocolaire des trois plus hautes autorités de l’État – le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre. Il aurait estimé que mettre le président de la République au même rang que les deux autres constituait une violation du protocole républicain.

Concernant le terme “gougnafier”, qui a attiré l’attention des enquêteurs, Me El Hadj Diouf a précisé que son client n’avait visé personne en particulier. « Il a juste conclu en disant que dans ce pays, il n’y a que des gougnafiers, pour faire allusion au terme ‘ignorant’. C’est juste parce que ces gens ignorent les règles protocolaires », a-t-il expliqué.

L’avocat a tenu à clarifier que Moustapha Diakhaté n’avait, à aucun moment, directement offensé le chef de l’État ou d’autres hautes autorités. Il se serait limité, selon lui, à souligner une méconnaissance des règles solennelles du protocole de la République.

Moustapha Diakhaté convoqué par la DIC : il dénonce une manœuvre politique et refuse de coopérer

Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et figure politique bien connue de la scène sénégalaise, a annoncé ce mardi dans un communiqué qu’il est convoqué pour une audition imminente par la Division des investigations criminelles (DIC). Avec une fermeté qui ne laisse place à aucune ambiguïté, il a déclaré qu’il refusera de répondre aux questions des enquêteurs ainsi que de signer le procès-verbal, dénonçant une volonté délibérée du régime actuel de le faire incarcérer.

« La volonté du régime Pastef est de m’envoyer encore à Rebeuss », a martelé Diakhaté, pointant du doigt ce qu’il qualifie d’« acharnement politique ». Selon lui, cette convocation s’inscrit dans une dynamique de répression orchestrée contre les voix dissidentes.

L’ancien parlementaire ne se fait aucune illusion quant à l’issue de cette procédure. Dans une déclaration empreinte de résilience, il a demandé à ses proches de ne pas lui rendre visite en cas de détention. « Je connais le fardeau de la visite carcérale pour les familles, les amis et les proches. Bëguma sonal kenn » (Je ne veux déranger personne), a-t-il expliqué, affichant sa volonté d’assumer seul les conséquences de ce qu’il considère comme un combat politique.

Diakhaté, fidèle à sa ligne de conduite, appelle ses soutiens à rester dans le cadre républicain. « La seule réponse est le combat politique dans le respect de la Constitution et des lois de notre pays », a-t-il affirmé, refusant toute forme de débordement malgré la tension apparente de la situation.

Il conclut sa déclaration par un message de foi et de patriotisme : « Dieu bénisse le Sénégal ! »

Coup d’œil dans les structures sanitaires : Prolifération inquiétante des moustiques — le ministre de la Santé et de l’Action sociale interpellé

Dans de nombreuses structures sanitaires du pays, en particulier dans la commune de Kaolack, un ennemi invisible mais redoutable prolifère en toute impunité : le moustique. Présents en grand nombre dans des centres censés soigner et protéger, ces insectes deviennent une menace sanitaire supplémentaire. À l’hôpital régional El Hadji Ibrahima Niasse, au poste de santé de Sam, de Ndangane, de Thioffack, entre autres, patients et personnel sont exposés quotidiennement aux piqûres de moustiques, parfois vecteurs de maladies graves telles que le paludisme, la dengue ou encore le chikungunya.

Des conditions propices à la prolifération

Notre équipe s’est rendue dans plusieurs centres de santé de la ville de Kaolack. Le constat est alarmant :

Des fleurs mal entretenues, un manque de programme de nettoyage quotidien, des eaux stagnantes — autant de facteurs favorables à la reproduction des moustiques, notamment du moustique anophèle, vecteur principal du paludisme.

“C’est paradoxal de venir se soigner et de risquer d’attraper une autre maladie à cause des moustiques”, déplore Mariama Sow, accompagnatrice d’une patiente.

Un personnel inquiet et dépassé

Même les agents de sécurité en service dans ces structures tirent la sonnette d’alarme. Fatigués, souvent piqués durant leur service, ils estiment que la situation devient ingérable.

« Nous avons demandé des moustiquaires imprégnées et des produits de désinsectisation, mais les moyens manquent », explique le docteur Ndiaye, chef de service dans un hôpital régional.

Des conséquences sanitaires graves

La présence massive de moustiques dans les établissements de santé dépasse le simple désagrément. Certains patients, hospitalisés pour d’autres affections, finissent par contracter le paludisme. Les femmes enceintes et les nouveau-nés, plus vulnérables, sont particulièrement exposés.

“Ce sont des cas évitables, et pourtant fréquents”, regrette une sage-femme, sous couvert d’anonymat, dans une structure de la commune de Kaolack.

Des solutions urgentes proposées

Face à cette menace, les populations et les patients proposent plusieurs actions concrètes :

La mise en œuvre de campagnes régulières de désinsectisation dans les structures sanitaires ; L’installation systématique de moustiquaires imprégnées et de grillages aux fenêtres ; Une meilleure gestion des déchets et des eaux usées aux abords des centres de santé ; Une sensibilisation accrue des autorités sanitaires locales et nationales.

La lutte contre la prolifération des moustiques dans les structures sanitaires est aujourd’hui une urgence sanitaire. Il en va de la sécurité des patients, du personnel, et de l’efficacité même des soins. Il est temps que des mesures concrètes et durables soient prises par le ministre de la Santé et de l’Action sociale afin que les hôpitaux redeviennent ce qu’ils doivent être : des lieux de guérison, et non de nouveaux foyers d’infection.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°482 – 10/06/2025

🔴 CÉLÉBRATION DE LA TABASKI LE MÊME JOUR À TOUBA, MÉDINA BAYE, TIVAOUANE, YOFF DIAMALAYE, GRANDE MOSQUÉE DE DAKAR, ETC : UNISSON DE LA FOI DANS LES VILLES SAINTES
🔴 137E PÈLERINAGE MARIAL DE POPENGUINE : LA MAURITANIE, INVITÉE D’HONNEUR

🔴 MATCH AMICAL : LE SÉNÉGAL À L’ASSAUT DE L’ANGLETERRE

Amical Angleterre – Sénégal : les Lions défient les Three Lions ce mardi à Nottingham

Le Sénégal affronte ce mardi soir l’Angleterre au City Ground Stadium de Nottingham dans le cadre d’un match amical international. Trois ans après leur lourde défaite en huitième de finale de la Coupe du monde 2022 face aux Three Lions (3-0), les Lions retrouvent leurs bourreaux dans un contexte bien différent, marqué par une phase de transition dans la tanière, avec Pape Thiaw à la tête de l’équipe.

Cette rencontre s’inscrit dans la fenêtre FIFA de juin et servira de test grandeur nature pour le Sénégal. Face à une Angleterre vice-championne d’Europe, désormais dirigée par Thomas Tuchel, les Lions ont l’opportunité de jauger leur niveau à l’approche des deux journées cruciales de qualification pour la Coupe du monde 2026, prévues en septembre. L’équipe anglaise, en pleine préparation pour ses échéances à venir, reste sur une série de six victoires consécutives. Mais son dernier match contre Andorre, remporté péniblement sur le score de 1-0, a provoqué la colère de son sélectionneur, qui a dénoncé un manque criant d’implication de la part de ses cadres. Jude Bellingham, Harry Kane et leurs coéquipiers auront donc à cœur de se racheter devant leur public en affichant un tout autre visage contre le Sénégal.

Côté sénégalais, l’effectif est presque au complet, malgré les absences importantes de Sadio Mané, qui a décliné la convocation pour raisons personnelles, et de Pape Matar Sarr, blessé. L’équipe sort d’un match nul (1-1) face à l’Irlande, vendredi dernier à Dublin. Une prestation en demi-teinte, marquée par une première période difficile durant laquelle les Lions ont été largement dominés. Yehvann Diouf, titularisé pour la première fois, a multiplié les arrêts décisifs avant de céder à la 21e minute. Mais la seconde période a été bien plus convaincante. Entré en jeu, Ismaïla Sarr a permis aux siens d’égaliser à la 81e minute et de ramener un point mérité, fruit d’un sursaut d’orgueil collectif.

Cette réaction encourageante donne des raisons d’espérer pour la confrontation de ce soir. Le match face à l’Angleterre représente non seulement un défi technique et physique, mais aussi une revanche symbolique. Battu sèchement lors du dernier Mondial, le Sénégal veut effacer ce mauvais souvenir et prouver qu’il peut rivaliser avec une grande nation européenne, même en période de reconstruction.

La rencontre sera également l’occasion de voir à l’œuvre plusieurs cadres de l’équipe en forme. Iliman Ndiaye, très remuant contre l’Irlande, Nicolas Jackson, vainqueur de la Ligue Europa Conférence avec Chelsea, Edouard Mendy, récent champion d’Asie avec Al-Ahli, ou encore Idrissa Gana Gueye, auteur d’une saison solide en Premier League, auront à cœur de mener les Lions vers un résultat positif.

Même si le match ne compte pas officiellement, un bon résultat contre une équipe comme l’Angleterre permettrait au Sénégal de renforcer sa confiance, de stabiliser son effectif et de bien se préparer pour les deux prochaines rencontres capitales de qualification au Mondial 2026 face à la RD Congo et au Soudan. La tâche s’annonce ardue, mais les Lions n’ont rien à perdre. L’enjeu est simple : affirmer leur statut, renouer avec l’excellence et démontrer que la nouvelle génération est prête à prendre le relais.

Kolda : Fabouly Gaye brise le silence après son arrestation dans une affaire foncière

L’ancien président du Conseil régional de Kolda et actuel adjoint au maire, Fabouly Gaye, s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis sa mise en garde à vue liée à un différend foncier qui avait suscité beaucoup de spéculations, surtout à la veille de la Tabaski. Devant la presse locale, il a tenu à donner sa version des faits pour lever les zones d’ombre sur cette affaire.

Selon lui, la parcelle à l’origine du litige avait été acquise de manière régulière. Cependant, des modifications apportées ultérieurement par l’administration au plan d’aménagement de la commune ont redéfini cette zone comme un espace public. Ce changement administratif a compliqué la situation pour l’acquéreur de la parcelle, qui envisageait de la revendre, et a indirectement mis en cause l’ancien propriétaire, Fabouly Gaye.

L’homme politique assure toutefois que la situation a été résolue dans le strict respect des règles. « Tout s’est réglé légalement. L’acheteur a pu entrer dans ses droits, comme je l’avais toujours souhaité », a-t-il précisé.

Fabouly Gaye a également tenu à remercier les Koldois pour leur élan de solidarité. Il s’est dit touché par le soutien de nombreux citoyens, même s’il a aussi constaté que certains adversaires ont profité de l’affaire pour souhaiter son isolement ou sa chute politique. « Je ne suis pas fautif, et cela finira par se savoir », a-t-il martelé.

Par cette déclaration, Gaye cherche manifestement à restaurer son image, affirmant que l’affaire repose sur une confusion administrative plutôt que sur une intention frauduleuse. Reste à savoir si cette mise au point suffira à apaiser les tensions et à clore définitivement ce dossier dans l’opinion publique locale.

Pénalisation de la liberté d’expression : Moustapha Diakhaté convoqué à la DIC pour ses déclarations dans la presse

Moustapha Diakhaté, ancien ministre conseiller et figure bien connue de la scène politique sénégalaise, a annoncé avoir reçu une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC) à la suite de propos tenus dans la presse. Cette nouvelle convocation, qu’il relie à ses prises de position publiques, relance le débat sur la liberté d’expression et les méthodes de traitement des voix dissidentes au Sénégal.

Selon ses propres mots, Diakhaté a été contacté par téléphone, le vendredi 6 juin 2025 à 10 heures 37 minutes, par un fonctionnaire de police qui lui demandait de se présenter à la DIC le même jour à 15 heures. L’ancien député a alors exigé une convocation écrite et des précisions sur les motifs exacts de cette demande. Faute de réponse, et après avoir attendu jusqu’à 15 heures 40 minutes, il a choisi d’honorer un autre engagement de longue date.

Ce n’est que trois jours plus tard, le lundi 9 juin à 17 heures 35 minutes, que le délégué de quartier lui a remis la convocation officielle, lui demandant de se présenter à la DIC le mardi 10 juin à 10 heures. Tout en rappelant son attachement au respect des lois de la République, Moustapha Diakhaté a confirmé qu’il répondrait présent à cette convocation.

Mais au-delà des faits, c’est le ton du message de Diakhaté qui frappe. Dans une déclaration largement partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce une politique d’« épuration » orchestrée, selon lui, par le parti Pastef au pouvoir. Il qualifie ce dernier de « premier parti fasciste africain » et accuse l’État dirigé par le président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko de vouloir « faire disparaître toute vraie opposition, toute presse libre, tout État de droit et toute démocratie pluraliste ».

Moustapha Diakhaté affirme que le régime actuel cherche à s’arroger le monopole de l’espace politique sénégalais, dans une logique d’élimination systématique de toute contestation. Il en appelle à un sursaut démocratique, rappelant la leçon de l’histoire européenne et citant les mises en garde de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel à propos de la fragilité des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie. Diakhaté met en garde contre une possible dérive autoritaire du Sénégal, en comparant les dynamiques actuelles à celles qui ont précédé l’instauration des régimes fascistes en Allemagne et en Italie au XXe siècle.

Pour lui, le combat pour les libertés et la démocratie ne saurait être suspendu sous la pression de convocations policières ou de procédures judiciaires. Il affirme, dans un ton résolument combatif, qu’aucune convocation ni condamnation ne l’empêchera de poursuivre sa lutte contre ce qu’il appelle le « pouvoir fasciste, anti-Sénégal, traître à la nation ». Il conclut sa déclaration par une citation de Noam Chomsky, soulignant que les droits ne sont pas accordés mais conquis par la lutte.

Cette sortie médiatique musclée intervient dans un climat politique tendu, marqué par des tensions entre le pouvoir et plusieurs figures de l’opposition, mais aussi par une sensibilité accrue autour de la gestion de la parole publique et des réseaux sociaux. Reste à savoir si cette convocation débouchera sur des poursuites, ou si elle s’inscrit dans une série d’interrogations politiques sur les limites de la liberté d’expression dans le Sénégal post-alternance.

137e Pèlerinage Marial de Popenguine : L’Église de Mauritanie, invitée d’honneur, salue l’Église du Sénégal et magnifie le dialogue islamo-chrétien

La 137e édition du Pèlerinage Marial de Popenguine s’est enrichie cette année d’un symbole fort : la participation, en qualité d’invitée d’honneur, de l’Église de Mauritanie. Conviée par la province ecclésiastique de Dakar, une délégation composée d’une cinquantaine de fidèles mauritaniens, accompagnés de responsables ecclésiastiques du diocèse de Nouakchott, a pris part à l’événement, marquant ainsi une étape importante dans les relations fraternelles entre les Églises du Sénégal et de Mauritanie.

Lors de la cérémonie officielle, Monseigneur Victor Dione, représentant de l’Église de Mauritanie, a pris la parole pour exprimer sa profonde gratitude à l’endroit de l’Église sénégalaise. Dans une allocution empreinte de reconnaissance et d’émotion, il a salué l’hospitalité et la fraternité des évêques du Sénégal, soulignant que cette invitation resterait à jamais gravée dans la mémoire de la communauté chrétienne mauritanienne.

Il a tenu à adresser des remerciements particuliers à l’ambassadeur du Sénégal en Mauritanie, Son Excellence Maguette Sèye, ainsi qu’aux autorités mauritaniennes qui ont facilité le déplacement de la délégation. Par ce geste, c’est toute une dynamique de coopération régionale et d’ouverture religieuse qui se trouve confortée, dans un contexte mondial souvent marqué par les divisions.

Monseigneur Dione a également salué avec force la présence fidèle de dignitaires musulmans aux célébrations de Popenguine. Cette cohabitation pacifique, fruit d’une histoire riche en dialogue et en respect mutuel, a été qualifiée par l’évêque comme un modèle à suivre pour d’autres nations. Il a d’ailleurs cité la sourate 5 du Coran, Al-Ma’ida, pour souligner la beauté spirituelle d’une entente entre croyants fondée sur la reconnaissance mutuelle et la dignité humaine.

À travers cette présence remarquable, l’Église de Mauritanie a rappelé que Popenguine n’est pas seulement un rendez-vous religieux national, mais aussi un creuset régional de fraternité, de foi partagée et d’harmonie interreligieuse. Dans un monde confronté à des tensions identitaires, ce pèlerinage illustre avec éloquence la possibilité d’un vivre-ensemble apaisé, porté par des convictions spirituelles sincères et un engagement commun pour la paix.

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