Recrutement spécial de 2000 enseignants : le ministère de l’Éducation nationale échange avec les députés de la Commission EJSL

Dans un esprit d’ouverture et de transparence, le ministère de l’Éducation nationale a reçu, ce mardi, les députés membres de la Commission de l’Éducation, de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (EJSL) de l’Assemblée nationale. Cette séance de travail était axée sur le processus de recrutement spécial de 2000 enseignants, inscrit dans le cadre du Plan quinquennal de résorption du déficit en personnel enseignant.

Conduite par le Directeur des Ressources Humaines (DRH), assisté par les équipes techniques du ministère, la rencontre a permis une présentation détaillée et structurée du processus de recrutement, depuis sa phase préparatoire jusqu’à la sélection définitive des candidats. Le ministère a rappelé que ce recrutement s’inscrit dans une dynamique globale impulsée par le Gouvernement, visant l’embauche de 30 000 enseignants d’ici à 2029. Ce plan stratégique ambitionne de répondre durablement aux besoins en personnel éducatif sur l’ensemble du territoire.

Les parlementaires ont saisi cette opportunité pour poser un large éventail de questions relatives à la transparence du processus, aux critères de sélection, aux mécanismes de contrôle et aux garanties d’équité offertes aux candidats. En réponse, l’administration centrale a apporté des éclairages précis, fondés sur des données vérifiables, témoignant de la rigueur et de l’engagement du ministère à respecter les principes républicains et les exigences de bonne gouvernance.

Au-delà du processus en cours, cette rencontre a permis de mettre en lumière les efforts de modernisation du ministère, notamment à travers l’intégration d’outils numériques comme MIRADOR et GREEN, développés par la DRH. Ces plateformes visent à optimiser la gestion des ressources humaines, renforcer la traçabilité des procédures et garantir une meilleure transparence.

Le ministère de l’Éducation nationale s’est félicité de la qualité de ces échanges avec les membres de la représentation nationale. Cette collaboration constructive illustre, selon lui, une « volonté partagée de bâtir une école de qualité, inclusive et résolument tournée vers l’excellence ».

Dakar : Les gouverneurs des banques centrales africaines font un pas décisif vers une union monétaire

Le Bureau des gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines (ABCA) a tenu, ce mardi 20 mai, sa première réunion statutaire de l’année au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), à Dakar. Cette rencontre de haut niveau a été centrée sur le Programme de coopération monétaire en Afrique (PCMA) et les avancées vers la création de la Banque centrale africaine, deux piliers essentiels de l’intégration monétaire continentale.

Présidée par Rama Sithanen, gouverneur de la Bank of Mauritius et président en exercice de l’ABCA, la session a permis de faire le point sur les défis macroéconomiques que traverse le continent, tout en abordant les perspectives d’une union monétaire africaine. Dans son discours d’ouverture, M. Sithanen a souligné les effets néfastes des tensions géopolitiques mondiales sur les économies africaines. Il a mis en évidence une fragmentation économique croissante, une inflation tenace et une baisse significative des échanges internationaux. Il a également attiré l’attention sur la dépendance persistante du continent à l’aide au développement, une vulnérabilité accentuée par la domination du dollar dans les échanges commerciaux, entraînant une dépréciation des monnaies africaines et un alourdissement de la dette extérieure.
Le président de l’ABCA a plaidé pour une reconstitution urgente des réserves de change, tout en voyant dans la crise actuelle une opportunité de stimuler le commerce intra-africain, de favoriser les investissements transfrontaliers et de consolider les bases de l’intégration régionale. Il a affirmé que la Banque centrale africaine, projet emblématique de l’ABCA, devrait entrer en fonction dès le mois prochain. Cette annonce marque une avancée décisive vers la concrétisation de l’union monétaire du continent.
Concernant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), M. Sithanen l’a décrite comme un levier fondamental de l’intégration économique, tout en soulignant ses limites actuelles. Il a évoqué les obstacles logistiques, le manque d’infrastructures frontalières et les difficultés d’accès au financement pour les PME et PMI, qui freinent l’exploitation du plein potentiel de ce vaste marché continental.
L’interconnexion des systèmes de paiement a également été au cœur des discussions. Le gouverneur de la Bank of Mauritius a insisté sur la nécessité d’intégrer ces systèmes afin de lutter efficacement contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, tout en facilitant des transactions plus sûres, rapides et accessibles. Il a rappelé que l’Afrique subsaharienne reste l’une des régions où les coûts de transferts de fonds sont les plus élevés au monde, atteignant parfois 37 %. Une telle situation, selon lui, nuit à la fluidité du commerce régional. Il a donc exhorté les plateformes financières à s’engager dans une réduction significative de ces coûts.
Mettant l’accent sur le potentiel démographique du continent, M. Sithanen a rappelé que l’Afrique abrite la plus grande population jeune au monde. Il a souligné que les réformes en cours sont cruciales pour créer un environnement favorable à leur épanouissement, stimuler le développement économique et attirer davantage d’investissements. Le continent regorge de projets porteurs, mais leur concrétisation reste souvent entravée par le manque de financements. Il a conclu en appelant à la mise en place de réformes structurantes afin de mobiliser les ressources internes et renforcer l’attractivité du continent.
Dans cette dynamique, le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir activement les initiatives de l’ABCA. Il a insisté sur la nécessité d’une coopération monétaire renforcée pour consolider la stabilité économique à l’échelle régionale.
Enfin, le représentant de l’Union africaine, Dr Patrick Ndzana Olomo, directeur par intérim du Développement économique, de l’Intégration et du Commerce, a mis en exergue la portée stratégique des projets en cours. Il a salué l’adoption du projet de statuts de l’Institut monétaire africain (IMA) et du Mécanisme africain de financement de la stabilité (MAFS), des avancées majeures vers la création d’une architecture monétaire commune. Pour lui, ces réalisations traduisent un engagement collectif en faveur de la vision d’une monnaie africaine unique et d’une politique monétaire unifiée.
« Nous sommes convaincus que la collaboration entre l’Union africaine et l’ABCA contribuera à façonner le narratif d’un continent en pleine transformation », a-t-il affirmé en conclusion.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°470 – 21/05/2025

🔴 RÉUNION DES GOUVERNEURS DES BANQUES CENTRALES : UNE UNION MONÉTAIRE AFRICAINE EN LIGNE DE MIRE
🔴 MANQUE DE SPÉCIALISTES ET DÉFAUT DE PRISE EN CHARGE : CALVAIRE DES MALADES DE L’HÉPATITE B

🔴 LIGUE 1 / MATCH NUL CONTRE LA SONACOS : L’AJEL DIT ADIEU AU PODIUM
🔴 AUDITION À LA DIC : ZARKO RENTRE CHEZ LUI

Migration irrégulière : plus de 100 corps repêchés au Sénégal en 2024

Le Sénégal reste confronté à une tragédie humaine persistante malgré deux décennies d’efforts acharnés contre la migration irrégulière. En 2024, plus de 100 corps sans vie ont été repêchés au large des côtes sénégalaises. Ces victimes ont péri dans des naufrages de pirogues survenues lors de tentatives de traversée vers l’Europe. Ce chiffre glaçant, révélé par Modou Diagne, contrôleur général de police et secrétaire permanent du Comité interministériel de lutte contre la migration irrégulière, ne reflète que partiellement l’ampleur du drame, car de nombreuses autres personnes restent encore portées disparues en mer.

Lors d’une cérémonie à Diourbel, organisée à l’occasion de l’installation des comités régional et départemental de lutte contre la migration irrégulière, Modou Diagne a précisé que 105 corps avaient été retrouvés en 2024. Il a également rappelé que cette initiative de territorialisation de la lutte vise à responsabiliser davantage les collectivités locales et les organisations communautaires de base, qui sont souvent en première ligne face aux jeunes candidats au départ. Le secrétaire permanent a insisté sur l’urgence de déconstruire l’illusion d’un eldorado européen et de renforcer la sensibilisation à travers tout le territoire.

Pour tenter de freiner les départs, l’État sénégalais mise sur des mesures concrètes : développement de centres de formation professionnelle, promotion de projets agricoles, et création de nouvelles opportunités économiques. L’objectif est de fournir à la jeunesse sénégalaise des alternatives viables à l’émigration clandestine. D’après des chiffres rapportés par l’Agence de presse sénégalaise (APS), plus de 71 000 migrants ont été portés disparus dans le monde entre 2014 et 2024, révélant l’ampleur du désespoir qui pousse ces jeunes à braver les périls de l’océan au risque de leur vie.

Sur le plan régional, la Mauritanie a durci sa politique migratoire au début de l’année 2025. Plus de 30 000 migrants ont été interceptés sur son sol entre janvier et avril, selon les données rapportées par InfoMigrants et appuyées par l’agence européenne Frontex. Devenue depuis 2023 un point de départ stratégique vers les îles Canaries, la Mauritanie a renforcé les contrôles dans les grandes agglomérations et sur les axes routiers.

Abdoulaye Diallo, président de l’association « Ensemble pour un avenir meilleur », décrit une situation tendue. Il affirme que des refoulements ont lieu quotidiennement, et que des hommes sont arrêtés parfois jusque dans leurs maisons ou sur leur lieu de travail. Les autorités mauritaniennes indiquent avoir démantelé 88 réseaux de passeurs en seulement quatre mois, une offensive d’envergure contre les filières de trafic de migrants.

Du côté européen, Frontex note une baisse de 25 % des franchissements irréguliers aux frontières extérieures de l’Union européenne entre janvier et avril 2025. Sur la route ouest-africaine menant aux îles Canaries, les arrivées ont chuté de 34 %, s’établissant à 10 400 migrants. Les nationalités les plus représentées parmi les migrants interceptés restent les Maliens, les Sénégalais et les Guinéens.

Malgré ces chiffres encourageants pour les autorités européennes, la crise migratoire demeure un défi humain, social et politique majeur. Elle continue d’alimenter des drames quotidiens dans les foyers africains, où la jeunesse reste souvent confrontée à un avenir incertain, miné par le chômage, l’instabilité et l’absence de perspectives locales solides.

Khadim Bâ, l’arme du rapport secret : ce document explosif qui pourrait tout changer

Le feuilleton judiciaire autour de l’homme d’affaires Khadim Bâ connaît un tournant inattendu avec l’émergence d’un rapport d’expertise qualifié d’« explosif ». Ce document confidentiel, remis au Parquet financier, pourrait bouleverser l’orientation de la procédure en cours. Incarcéré depuis le 4 octobre 2024, Khadim Bâ fait face à de multiples chefs d’accusation : faux et usage de faux, importation illicite, infraction au code des changes, escroquerie sur fonds publics, association de malfaiteurs et blanchiment aggravé.

Révélé par le quotidien L’Observateur, ce rapport de plus de soixante pages est le fruit de plusieurs mois d’enquête menés par le cabinet d’expertise Cecogex, dirigé par l’expert judiciaire Gory Ndiaye. Mandaté par le Pool judiciaire financier (PJF), ce dernier avait pour mission de passer au crible les opérations financières et commerciales de Dermond Oil, la société dirigée par Khadim Bâ. Le rapport retrace les flux de transactions entre Dermond Oil et l’Administration douanière sénégalaise entre 2017 et 2023. Il examine également les importations d’hydrocarbures, les commissions perçues, les contrats signés avec des partenaires étrangers, ainsi que les avantages économiques issus de ces opérations.

Mais ce sont surtout les conclusions du rapport qui pourraient rebattre les cartes. Sur la question des droits d’importation, l’expert affirme que Khadim Bâ n’était pas personnellement redevable, car sa société ne jouait pas le rôle d’importateur direct. Cette responsabilité incomberait plutôt, selon les documents et témoignages examinés, à des entités comme la Société Africaine de Raffinage (SAR), Total et Touba Oil. Le rapport s’appuie notamment sur les déclarations d’un cadre des Douanes, Birahim Souna Fall, qui précise que Dermond Oil n’avait ni le statut ni les obligations d’un importateur officiel. En conséquence, l’accusation de fraude douanière perdrait de sa consistance.

Autre volet capital de l’affaire : l’accusation de non-rapatriement de 45 milliards de francs CFA. Là aussi, le rapport remet en cause la thèse du Parquet. Selon Me Djiby Diallo, l’un des avocats de Khadim Bâ, son client aurait agi sur instruction expresse de l’État du Sénégal, dans un contexte de crise énergétique marquée par la rareté de l’offre mondiale. Khadim Bâ aurait alors accepté d’intervenir sur le marché international pour assurer l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, en collaboration avec la SAR. L’avocat affirme que non seulement ces opérations ont été validées par les autorités, mais qu’elles ont aussi été réalisées à perte pour soutenir l’intérêt général. En outre, les transactions financières étaient centralisées à travers la BCEAO, les banques commerciales sénégalaises ne disposant pas des devises nécessaires pour les couvrir. Toujours selon Me Diallo, un montant global de 382 milliards de francs CFA aurait été dûment rapatrié au Sénégal entre 2017 et 2023, soit bien plus que ce qui est reproché à l’accusé.

Fort de ces nouvelles données, le pool d’avocats de Khadim Bâ envisage de relancer une demande de mise en liberté provisoire. Ce rapport constitue désormais le pilier central de leur stratégie de défense. Ils espèrent qu’il permettra de réévaluer la pertinence des poursuites en cours, voire d’ouvrir la voie à une révision substantielle du dossier.

Cependant, l’issue reste incertaine. Le Parquet financier, bien que saisi du document, ne s’est pas encore prononcé publiquement sur son impact potentiel. Car malgré les éclairages apportés par le rapport Cecogex, les accusations restent lourdes et englobent des faits d’une complexité juridique et financière indéniable. Des soupçons de blanchiment de capitaux, de falsification de documents et de détournement de fonds publics continuent de planer.

L’affaire Khadim Bâ, qui mobilise l’opinion et les médias depuis plusieurs mois, semble donc entrer dans une nouvelle phase. Si les conclusions de l’expert judiciaire venaient à être reconnues par les autorités judiciaires, le dossier pourrait connaître un tournant radical. Dans le cas contraire, ce rapport pourrait être relégué au rang de simple pièce à conviction parmi tant d’autres, sans réelle influence sur la suite des événements.

Pape Malick Ndour dénonce une « injustice flagrante » et un « acharnement politique honteux » contre Abdou Nguer et Ismaïla Madior Fall

Dans une déclaration ferme publiée sur ses réseaux sociaux, l’homme politique Pape Malick Ndour est monté au créneau pour dénoncer les récentes décisions judiciaires visant Abdou Nguer et l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Il fustige ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

« Je suis allé voir Abdou Nguer au commissariat : j’y ai trouvé un homme debout, lucide, digne, dont la résilience force le respect », a témoigné Ndour, visiblement touché par la situation de l’ancien directeur du Coud, placé sous mandat de dépôt. Il dénonce des accusations « grotesques » et « fabriquées », pointant du doigt une tentative d’intimidation politique. « Cela relève d’une injustice flagrante et d’un acharnement politique honteux », s’est-il indigné.

Pape Malick Ndour s’est également exprimé sur le sort d’Ismaïla Madior Fall, assigné à résidence sous bracelet électronique. Il décrit un homme « digne, calme, inébranlable, qui marche la tête haute dans la tempête », ajoutant que cette mesure est « une opération d’humiliation orchestrée, qui trahit une volonté de briser symboliquement un adversaire ».

Face à ce qu’il qualifie de « stratégie d’intimidation et de discrédit », Ndour appelle à la résistance : « Nous tenons bon, nous avançons, et nous ne reculerons pas. Le combat continue avec fermeté, avec conviction, avec dignité et avec honneur. »

Lutte contre l’enrichissement illicite : l’ONRAC annonce avoir recouvré plus de 35 milliards FCFA depuis 2022

L’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) a révélé avoir récupéré plus de 35 milliards de francs CFA depuis sa mise en service en mars 2022. Cette annonce a été faite ce mardi par le directeur général de l’institution, le magistrat Mor Ndiaye, lors d’un atelier de sensibilisation à Dakar destiné aux organisations de la société civile, consacré au recouvrement et à la gestion des avoirs mal acquis.

Créée le 23 juillet 2021, la structure est devenue pleinement opérationnelle au début de l’année 2022. Depuis cette date, selon Mor Ndiaye, le travail accompli a permis de recouvrer des sommes importantes, évaluées à plus de 35 milliards FCFA. Il a salué l’engagement de son équipe et a souligné l’importance de la transparence et de la rigueur dans la gestion de ces ressources.

L’atelier en question a été organisé par l’ONG Action humaine pour le développement intégré au Sénégal (AHDIS), avec le soutien du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Il s’inscrit dans une campagne nationale de sensibilisation et de plaidoyer visant à mobiliser la société civile autour des enjeux liés à l’enrichissement illicite et à la récupération des fonds issus de la corruption ou d’activités criminelles.

Au cours de son intervention, Mor Ndiaye a expliqué que les avoirs criminels englobent l’ensemble des biens saisis ou confisqués dans le cadre d’une procédure pénale, sans que cela ne se limite à la nature criminelle de l’infraction. Il a précisé que l’acceptation du terme « criminel » est à comprendre dans son acception juridique, englobant toutes les infractions ayant conduit à une procédure judiciaire aboutissant à une saisie ou une confiscation.

Concernant les avoirs logés à l’étranger, souvent difficiles à récupérer, le directeur général de l’ONRAC a souligné l’existence de mécanismes de coopération et de traçabilité internationale. Il a affirmé qu’il est parfois plus facile d’obtenir des informations sur des fonds à l’étranger que sur le plan local, en raison de l’efficacité de certains dispositifs étrangers de surveillance financière.

Pour sa part, Amacodou Diouf, représentant de l’AHDIS, a annoncé que l’initiative lancée à Dakar sera étendue à d’autres régions du Sénégal. Il a affirmé que les prochaines étapes consisteront à rencontrer les populations à la base, les autorités administratives et les organisations de la société civile dans les différentes localités du pays. Selon lui, les OSC peuvent jouer un rôle essentiel non seulement dans la sensibilisation, mais aussi dans la formulation des politiques publiques liées à la lutte contre la corruption et à la restitution des biens mal acquis.

L’atelier a ainsi permis de poser les bases d’un dialogue national autour de cette question sensible, en mettant l’accent sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre les institutions étatiques, les partenaires techniques et financiers, et les acteurs de la société civile pour une gouvernance plus transparente.

Programme ADOS : 3 milliards de FCFA pour améliorer la santé reproductive de 141 000 jeunes au Sénégal

Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada, en collaboration avec Affaires Mondiales Canada (AMC), a tenu une conférence de restitution le mardi 20 mai 2025 à Dakar pour présenter les résultats du programme « Amélioration de la santé de la reproduction des adolescentes au Sénégal », plus connu sous l’acronyme ADOS. Ce programme, déployé sur une période de cinq ans, a mobilisé un budget global de 3 milliards de francs CFA. Il vise à pallier les insuffisances en matière de données sur la santé reproductive des jeunes et à favoriser l’accès des adolescents, notamment les filles, à des services de santé adaptés à leurs besoins spécifiques.

Le programme ADOS s’inscrit dans un contexte démographique particulier, où près de la moitié de la population sénégalaise est âgée de moins de 19 ans. Ces jeunes représentent à la fois un défi et une opportunité majeure pour les politiques publiques. Selon Eugenia Zorbas, directrice adjointe de la Coopération canadienne, le programme ADOS a permis de mettre en œuvre 16 projets dans 10 régions du pays, touchant environ 141 000 jeunes. En parallèle, 414 décideurs locaux ont été formés aux problématiques de la santé reproductive et des violences basées sur le genre. Par ailleurs, 75 % des relais communautaires impliqués dans le programme ont mené des actions de sensibilisation et de prévention dans leurs localités.

Prenant la parole lors de la conférence, Eugenia Zorbas a mis en lumière l’impact stratégique et durable d’un tel investissement. À ses yeux, promouvoir la santé de la reproduction chez les adolescentes revient à poser les fondations d’un développement équitable, inclusif et durable à l’échelle nationale. Elle a également souligné que la coopération canadienne reste engagée aux côtés du Sénégal pour faire avancer les droits des adolescentes et leur inclusion dans les politiques publiques.

De son côté, Marie-Gloriose Ingabire, directrice régionale du CRDI pour l’Afrique de l’Ouest, a mis en avant l’approche scientifique et fondée sur des données probantes adoptée dans le cadre du programme ADOS. Elle a déploré que les problématiques de santé de la reproduction soient encore trop souvent abordées sous l’angle des femmes adultes, en négligeant les adolescentes. Selon elle, il est impératif de reconnaître que l’accès à une santé reproductive de qualité constitue non seulement un droit fondamental, mais également un levier d’autonomisation et de participation active des jeunes filles dans la société.

Maguette Dia, cheffe de la division Santé adolescent au ministère de la Santé, a salué la contribution du programme ADOS aux efforts du gouvernement sénégalais. Elle a rappelé que de nombreux adolescents n’ont toujours pas un accès adéquat aux services de santé, adaptés à leurs préoccupations spécifiques. Elle a cité parmi les principaux défis les difficultés liées à la gestion de l’hygiène menstruelle, les violences sexuelles, les mariages précoces, les grossesses en milieu scolaire, ainsi que les mutilations génitales féminines. Elle a également insisté sur les obstacles majeurs rencontrés en milieu rural, où la stigmatisation et les normes sociales rendent l’accès aux soins encore plus difficile pour les jeunes.

Pour conclure, Marie-Gloriose Ingabire a souligné la dimension intersectorielle du programme ADOS, affirmant qu’aucun secteur à lui seul ne peut relever les multiples défis posés par la santé reproductive des jeunes. Elle a plaidé pour une mobilisation concertée de l’ensemble des acteurs concernés : chercheurs, jeunes, autorités locales, leaders religieux, associations communautaires. Selon elle, seule une approche inclusive et participative permettra de mettre en place des réponses réellement efficaces et durables aux besoins des adolescents sénégalais.

Commissariat de Mbacké : un réseau de voleurs de bétail démantelé, seize moutons saisis

Les éléments du commissariat urbain de Mbacké ont réussi, dimanche 18 mai 2025, à démanteler un réseau spécialisé dans le vol de bétail, opérant principalement entre Mbacké et Touba. L’opération a abouti à l’interpellation de cinq individus, tous de sexe masculin, et à la saisie de seize moutons volés.

L’affaire a débuté lorsqu’un appel anonyme a alerté les forces de l’ordre sur la présence suspecte de trois hommes dans le quartier Santhie Darou Salam. Ces derniers tentaient d’introduire deux béliers dans une ancienne carrière de sable surnommée « Cambe ya ». Alertés, les agents du commissariat se sont immédiatement rendus sur les lieux. À leur arrivée, les trois individus étaient déjà neutralisés par des riverains vigilants, qui avaient également mis la main sur les deux moutons encore entre leurs mains.

Interrogés au poste par la Brigade de recherches, les trois suspects n’ont pas tardé à passer aux aveux. Ils ont reconnu avoir volé les moutons dans une maison située au quartier Mboussobé, à Touba. L’enquête a permis d’identifier rapidement le propriétaire des bêtes, qui a été convoqué au commissariat pour formaliser sa plainte et entamer la procédure de restitution.

En poursuivant les investigations, les enquêteurs ont découvert que les suspects n’en étaient pas à leur premier forfait. Ils ont avoué avoir perpétré au moins trois autres vols dans la même zone de Mboussobé. Ce qui porte à seize le nombre total de moutons volés par ce groupe.

Les autorités ont également réussi à identifier un sixième complice : un chauffeur de taxi qui jouait un rôle clé dans l’organisation. Ce dernier assurait non seulement le transport des animaux volés, mais agissait aussi comme guetteur. Il convoyait ensuite le bétail jusqu’au receleur principal, chargé de la revente. Le chauffeur a lui aussi été interpellé et placé en détention.

Tous les mis en cause sont désormais poursuivis pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec usage de moyen de transport, et recel. Selon les autorités, les moutons récupérés seront remis à leurs propriétaires légitimes, tandis que l’enquête se poursuit pour déterminer si d’autres membres du réseau sont encore en liberté.

Thierno Bocoum charge Sonko après son entretien à la RTB : « une vision populiste, confuse et dangereusement relativiste »

Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR, ne rate aucune occasion pour égratigner le Premier ministre Ousmane Sonko. Dans un long texte publié sur sa page Facebook, il s’est exprimé sur l’entretien accordé par le chef du gouvernement sénégalais à la télévision burkinabè RTB.
Selon lui, Ousmane Sonko a volontairement brouillé la ligne de démarcation entre « légitimité démocratique » et « prise de pouvoir militaire ». Un brouillage qu’il juge loin d’être anodin, révélateur selon lui d’une « vision confuse, populiste et dangereusement relativiste ».

In extenso, l’intégralité de sa publication.

 Un Premier ministre à surveiller : ses propos le trahissent

« Ce n’est parce qu’on est arrivé au pouvoir de manière démocratique qu’on est pas un révolutionnaire. Ce n’est pas parce qu’on est arrivé au pouvoir par d’autres moyens qu’on est plus révolutionnaire que d’autres et vis et versa. Des gens qui arrive au pouvoir par les armes ont été adulés parce qu’ils ont fait des résultats. Des gens sont arrivés par les urnes, ils ont été renversés parce qu’ils n’ont pas fait de résultats. Le plus important c’est notre rapport avec nos peuples. Notre capacité à nous mettre au service de notre peuple et de l’Afrique » (sic)

(Ouagadougou, 19 mai 2025)
En une seule déclaration, dans une interview accordée à la RTB, le Premier ministre sénégalais a brouillé la frontière entre légitimité démocratique et prise de pouvoir militaire. Entre suffrage populaire et conquête armée. Entre démocratie et autoritarisme.

Ce brouillage n’est pas fortuit. Il révèle une vision confuse, populiste et dangereusement relativiste.
Il traduit une tendance à justifier le pouvoir non par sa source mais par ses effets supposés.
Ce qui se présente comme une rupture idéologique n’est bien souvent qu’une inculture démocratique habillée de slogans.
Ce n’est pas la première fois que le Premier ministre laisse filtrer cette vision.

Le jeudi 27 février 2025, lors d’une rencontre tripartite entre gouvernement, patronat et syndicats, le Premier ministre avait déjà semé le doute :
« Les pays qui ont décollé ces dernières années sont les pays où les libertés ont été réduites, pour ne pas dire complètement annulées. »

Sans les nommer, il faisait clairement allusion aux pays asiatiques, souvent présentés comme modèles de développement autoritaire notamment la Chine, le Vietnam ou encore Singapour.

Cependant, cette analyse est à la fois simpliste et erronée car plusieurs pays asiatiques ont réussi dans des cadres démocratiques (Corée du Sud, Japon, Inde…).

Le développement ne justifie pas la confiscation des libertés.
La croissance chinoise elle-même ralentit, minée par un étouffement des libertés, des censures intellectuelles et une bulle technocratique déconnectée.

Faire l’apologie du développement sans liberté, c’est déshumaniser le progrès.
C’est croire que les chiffres suffisent même quand les peuples suffoquent.

Et voici qu’à Ouagadougou, le Premier ministre relativise ouvertement l’accession au pouvoir par les armes, évoquant des « chefs militaires adulés pour leurs résultats ».

Mais de quelle adulation parle-t-il ? De quelques milliers de manifestants galvanisés, souvent encadrés, dans un pays de plus de 22 millions d’habitants ?

Même les chiffres les plus généreux évoquent des foules de 10 000 à 30 000 personnes à Ouagadougou, soit moins de 0,15 % de la population.

Un peuple, ce ne sont pas des slogans dans la rue. C’est une souveraineté silencieuse, parfois résignée, souvent fracturée, toujours majoritaire.
Une foule visible ne remplace pas une urne confisquée.

Nous portons un profond respect aux peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Leur souffrance est réelle, leur quête de souveraineté légitime, leur désir de sécurité compréhensible.
Nous considérons que respecter un peuple, c’est aussi écouter ses silences.
Faut-il rappeler que dans les pays sahéliens aujourd’hui sous régime militaire, les partis politiques sont dissous, les manifestations interdites, les médias critiques suspendus, des journalistes exilés, des activistes arrêtés, le président Bazoum séquestré au Niger sans procès depuis un an.
Le silence imposé n’est pas une approbation, c’est une preuve de domination.
Lutter contre l’insécurité n’exige pas de suspendre la démocratie.

Dans toute démocratie fonctionnelle, le président élu est le chef suprême des armées. Il dispose de la légitimité et des outils pour affronter les défis sécuritaires sans confisquer la parole du peuple.

Évidemment, il y a des chefs d’État élus qui ont déçu. Il y a également des démocraties imparfaites, lentes, vulnérables mais la démocratie a un mérite inaliénable, celui de permettre au peuple de corriger ses erreurs par les urnes non par les armes.

C’est ce droit de correction qui distingue le pouvoir imposé du pouvoir consenti. Un président élu peut être battu, contesté, remplacé. Un chef militaire, lui, ne rend de compte qu’à sa propre volonté ou à celle de ses armes.
Un Premier ministre qui confond autant, expose un pays entier à la dérive.
Et cela, nous devons le dire. Et le surveiller.

Thierno Bocoum
Président AGIR

Drame à Kolda : une élève de 13 ans se donne la mort par pendaison à Kossanké

Un événement tragique s’est déroulé dans la nuit du dimanche au lundi 19 mai à Kossanké, un village situé dans la commune de Médina Chérif, département de Kolda. Diénabou Baldé, une élève de 13 ans, s’est donnée la mort par pendaison aux environs de 22 heures. Ce drame a provoqué une onde de choc dans toute la localité, laissant la population dans la stupeur, l’incompréhension et une profonde tristesse.

La jeune Diénabou était scolarisée en classe de 6e B au collège d’enseignement moyen de Kossanké. D’après les témoignages de ses camarades et enseignants, elle était décrite comme une élève dynamique, joviale et bien intégrée dans la vie scolaire. Son geste, aussi brutal qu’inattendu, laisse perplexes aussi bien ses proches que les responsables éducatifs.

Informée de la situation, la gendarmerie s’est rendue sur place accompagnée des sapeurs-pompiers afin de procéder aux constatations d’usage. Après les premières démarches judiciaires, le corps sans vie de la collégienne a été transféré à Kolda, où une enquête a été ouverte pour élucider les circonstances exactes de ce drame.

Le lendemain matin, l’Inspecteur de l’Éducation et de la Formation de Kolda, M. Birane Tine, s’est personnellement déplacé à Kossanké pour exprimer la solidarité et les condoléances de l’ensemble de la communauté éducative à la famille de la défunte.

Selon les dernières informations fournies par le principal du collège, la famille a obtenu l’autorisation d’inhumer l’adolescente. Les funérailles sont prévues ce mardi 20 mai à 14 heures dans le village natal de Diénabou Baldé. Une cérémonie empreinte de douleur à laquelle prendront part des autorités locales, éducatives et de nombreux habitants, tous unis dans la peine.

Pool judiciaire financier : Lat Diop face à une nouvelle affaire judiciaire

L’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, déjà incarcéré, fait l’objet d’une nouvelle procédure judiciaire. Le lundi 19 mai 2025, il a été extrait de sa cellule à la prison de Rebeuss pour être auditionné par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), à la demande du parquet financier.

Cette nouvelle affaire découle d’une plainte introduite par un certain Paul Ndong. Elle concerne une opération immobilière présumée douteuse, portant sur l’achat d’un appartement situé aux Almadies, dont la valeur est estimée à 500 millions de francs CFA. Le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête, confiée à la DIC.

Devant les enquêteurs, Lat Diop a fermement nié toute implication personnelle dans cette transaction. Il a expliqué qu’il n’en était pas le bénéficiaire, mais qu’il avait simplement joué un rôle d’intermédiaire pour un ami désireux d’acquérir le bien immobilier. Selon lui, cet ami, confronté à des difficultés financières, avait choisi de vendre un autre appartement par l’intermédiaire d’un notaire, dans le but de financer l’achat projeté. L’acompte, a-t-il précisé, aurait été émis à partir des fonds issus de cette vente. Toutefois, la transaction aurait finalement avorté, sans qu’aucune somme ne soit définitivement engagée.

Plusieurs sources médiatiques rapportent que Lat Diop a tenu à souligner le caractère privé de cette affaire, qui, selon lui, n’a aucun lien avec sa gestion à la tête de la Lonase. Il a insisté sur le fait qu’aucun franc de la société nationale, ni de ses propres comptes personnels, n’a été utilisé dans cette opération. Tout l’acompte, a-t-il martelé, provenait de la vente de l’appartement appartenant à son ami.

Malgré ces explications, cette nouvelle procédure ouverte par le parquet financier pourrait peser lourdement sur la situation judiciaire de l’ancien directeur général. Elle intervient alors qu’il espérait une issue favorable dans ses démêlés actuels avec la justice. Cette affaire pourrait bien compromettre ses espoirs de retrouver prochainement la liberté.

Dialogue national : le facilitateur Cheikh Guéye implique les guides religieux de Thiès

Dans le cadre du dialogue national sur le système politique sénégalais, Cheikh Guéye, facilitateur général, a entamé une série de visites auprès des guides religieux de la région de Thiès. Ces rencontres précèdent les concertations prévues pour le 28 mai prochain.

Cheikh Guéye a souligné l’importance de cette initiative, la qualifiant de moment clé pour la nation. Il estime que l’implication des chefs religieux est essentielle à la réussite du dialogue. À cet effet, il a rencontré Serigne Mounirou Ndiéguéne à Thiès, le khalife général de Thiénaba, ainsi que le représentant du khalife général de Ndiassane.

Ces entretiens ont permis d’aborder les termes de référence du dialogue, ses enjeux, ainsi que la méthodologie adoptée. Le projet se distingue par sa volonté de rompre avec les approches antérieures, notamment en intégrant activement les leaders religieux dès le début du processus.

“C’est ce que nous étions venus expliquer à ces différentes autorités religieuses, pour qu’elles soient des relais du président de la République et du facilitateur auprès de leurs disciples et des citoyens, afin que ce dialogue soit une réussite”, a déclaré Cheikh Guéye.

Selon lui, cette démarche vise à assurer une stabilité politique durable au Sénégal. Le facilitateur prévoit également d’inclure dans les prochaines étapes de son périple les foyers religieux de Tivaouane, Touba, ainsi que les communautés layène, omarienne et l’Église.

Pour rappel, les termes de référence de ce dialogue s’articulent autour de trois axes principaux :

l’exercice de la démocratie, les libertés, et les droits humains.

Les concertations aborderont également des questions cruciales telles que :

l’organisation des élections, le fonctionnement des partis politiques, et le rôle des médias dans la régulation et la transparence des processus politiques.

Enfin, Cheikh Guéye a indiqué que ce vaste projet inclura également des rencontres avec les partis politiques et les autres acteurs majeurs, dans le but de bâtir un consensus large et inclusif.

Aly Saleh

Affaire de corruption présumée : Ismaïla Madior Fall placé sous bracelet électronique

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a été placé sous bracelet électronique ce mardi, à l’issue de son audition par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Cette mesure restrictive intervient dans le cadre d’une enquête sur une affaire de tentative de corruption et de concussion liée à un marché public jugé sensible.

L’information, longtemps sujette à spéculation tout au long de la journée, a été confirmée en fin d’après-midi par Radio Sénégal Internationale (RSI). Jusqu’à la mi-journée, l’incertitude régnait sur la comparution de l’ancien Garde des Sceaux, alors que ses avocats restaient injoignables, alimentant les rumeurs d’un éventuel refus de se présenter devant la juridiction compétente. Finalement, Ismaïla Madior Fall a été entendu à huis clos, assisté de son conseil juridique.

L’affaire remonte à l’attribution d’un marché public pour la construction d’un Centre de surveillance électronique au Tribunal de Pikine-Guédiawaye. Selon les déclarations du promoteur immobilier Cheikh Guèye, une somme de 50 millions de FCFA en espèces aurait été remise à l’ex-ministre. Ce dernier, de son côté, parle d’un « don gracieux » immédiatement restitué, réfutant toute intention frauduleuse.

Deux autres protagonistes de cette affaire ont déjà été placés sous mandat de dépôt lundi. Il s’agit de Cheikh Guèye, à l’origine des accusations, et de Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice.

La Haute Cour de justice, compétente pour juger les anciens ministres dans l’exercice de leurs fonctions, poursuit ses investigations dans ce dossier qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption au sein des institutions publiques.

Rapport d’expertise en faveur de Khadim Bâ : vers une réévaluation de sa détention ?

Le sort judiciaire de l’homme d’affaires Khadim Bâ, incarcéré depuis le 4 octobre dernier, pourrait connaître un tournant décisif. Un rapport d’expertise récemment remis au Parquet financier par le cabinet Cecogex vient en effet remettre en question plusieurs accusations portées contre le patron de Dermond Oil, poursuivi notamment pour faux et usage de faux, infraction à la législation douanière, escroquerie sur fonds publics, blanchiment de capitaux et manquements à la réglementation sur le change.

Réalisée par l’expert Gory Ndiaye, l’étude, commandée par le Pool judiciaire financier (Pjf), s’est penchée sur les transactions de Dermond Oil entre 2017 et 2023. D’après les révélations de L’Observateur, qui cite Me Djiby Diallo, avocat de Khadim Bâ, les conclusions du rapport viennent battre en brèche plusieurs fondements des poursuites engagées par l’administration douanière.

L’expertise remet d’abord en cause l’attribution à Khadim Bâ de la qualité d’importateur des hydrocarbures au cœur du dossier. Contrairement aux procès-verbaux établis par la Douane, le rapport indique que les véritables importateurs seraient plutôt la Société africaine de raffinage (SAR), Total et Touba Oil. Dermond Oil n’aurait donc pas assumé ce rôle, selon les conclusions du cabinet Cecogex.

Deuxième point majeur : la question du non-rapatriement de commissions estimées à 45 milliards FCFA. La défense soutient que les opérations effectuées par Khadim Bâ relevaient d’un contexte de crise énergétique, et qu’il aurait agi à la demande des autorités pour soutenir la SAR et la Senelec. Mieux, l’avocat affirme que 382 milliards FCFA ont été effectivement rapatriés, pièces justificatives à l’appui.

Enfin, l’accusation d’usage de faux, notamment dans les documents douaniers, se trouve fragilisée par les analyses de l’expert Gory Ndiaye, toujours selon L’Observateur.

Sur la base de ces éléments, la défense de Khadim Bâ espère un nouvel examen de la demande de mise en liberté provisoire de son client. Pour Me Djiby Diallo, ce rapport constitue un tournant dans la procédure et offre des éléments concrets de nature à reconsidérer le maintien en détention de l’homme d’affaires.

Dialogue national du 28 mai : Amadou Ba accueille une délégation de la société civile

Dans un esprit d’ouverture et de concertation, le leader de la Nouvelle Responsabilité, Amadou Ba, a répondu favorablement à l’appel lancé par le président Bassirou Diomaye Faye pour participer au dialogue national prévu le 28 mai prochain. En prélude à cet événement majeur, il a reçu une délégation de la société civile conduite par le professeur Babacar Gueye.

C’est Zahra Iyane Thiam, ancienne ministre et figure politique proche de la Nouvelle Responsabilité, qui a partagé l’information sur le réseau social X (ex-Twitter). « À la suite du facilitateur Cheikh Gueye, le Président de la Nouvelle Responsabilité Amadou Ba, a eu le plaisir de recevoir une délégation de la société civile conduite par le Pr Babacar Gueye », a-t-elle écrit.

Les échanges entre les deux parties ont porté sur la pertinence du dialogue national et les thématiques qui y seront abordées. Parmi les sujets évoqués figurent la paix, la stabilité et la cohésion sociale — autant de piliers essentiels à la relance économique du pays.

Cette rencontre s’inscrit dans une série de consultations initiées pour renforcer l’inclusivité du dialogue et garantir l’implication de toutes les sensibilités de la nation. Elle témoigne également de la volonté d’Amadou Ba de contribuer activement à une démarche collective de construction nationale, dans un contexte marqué par une forte attente citoyenne.

Pour une première invite, il serait raisonnable que l’opposition accepte la main tendue du Président de la République

Par Babacar Ndiogou

Dans un État de droit, seul le juge devrait avoir la compétence de prononcer la perte des droits civiques et politiques. C’est un principe fondamental qui garantit la protection des libertés individuelles contre toute forme d’arbitraire.

Par ailleurs, il est nécessaire d’introduire le bulletin unique, à l’instar de nombreux pays, afin de réduire significativement les coûts d’impression et de transport lors des élections.

Pour renforcer la transparence du processus électoral, des mécanismes clairs et accessibles doivent être mis en place afin de garantir à l’opposition un accès équitable au fichier électoral. Il est également souhaitable d’élargir la durée de révision des listes électorales, pour permettre une participation plus large des citoyens.

Mieux encore, l’inscription automatique sur les listes électorales dès l’atteinte de l’âge de 18 ans devrait être instituée. Cela permettrait de renforcer l’inclusion démocratique et d’encourager la participation des jeunes à la vie politique.

Le système de parrainage, tel qu’il est conçu actuellement, mérite une révision en profondeur. Il conviendrait d’adopter un modèle plus équitable, garantissant une véritable égalité des chances. Tant que chaque citoyen ne peut parrainer qu’un seul candidat, le recours au tirage au sort ou l’élimination à cause de doublons restent injustes et antidémocratiques.

En parallèle, il est essentiel de réformer le mode d’élection des députés en instaurant la proportionnelle pour la répartition des sièges au niveau des départements. Cette réforme permettrait de mieux refléter la diversité politique du pays. Cela impliquerait nécessairement la suppression du scrutin majoritaire, notamment le système dit du raw ganu départemental.

Il serait également pertinent de clarifier le statut de l’opposition. Toutefois, il n’est ni souhaitable ni réaliste de désigner un chef de file de l’opposition par voie légale, car cette dernière n’a jamais été un bloc homogène. Le leadership de l’opposition doit émerger naturellement à travers les dynamiques du jeu politique.

Une réforme de la loi n°81-17 relative aux partis politiques s’impose, notamment en ce qui concerne les conditions de leur création et de leur financement. Cette réforme devrait aussi inclure l’obligation pour chaque parti politique de disposer d’un siège social identifiable, d’organiser régulièrement des congrès, et de renouveler ses instances pour assurer un fonctionnement démocratique interne.

En ce qui concerne les institutions, notamment la réduction des pouvoirs du chef de l’exécutif, il serait judicieux de s’inspirer des recommandations issues des Assises nationales et de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI). L’objectif n’est pas de redistribuer les pouvoirs du Président entre les membres de l’exécutif, mais plutôt de créer de véritables contre-pouvoirs, garantissant un équilibre sain entre l’exécutif, le parlement et le pouvoir judiciaire.

Avec l’émergence des pôles économiques, une refonte du Code des collectivités territoriales s’avère nécessaire. Cela inclurait :

La correction des incohérences dans l’architecture territoriale et le découpage administratif ; La suppression des départements en tant que collectivités territoriales, et le renforcement des ressources des communes ; La mise en place de structures intercommunales au sein des pôles économiques, afin d’assurer la coordination efficace des politiques économiques, agricoles et industrielles.

Les défis économiques auxquels le Sénégal est confronté sont bien trop importants pour que nous continuions à perdre un temps précieux dans des querelles électorales. Il est impératif d’instaurer un système politique sain, crédible et équilibré. C’est une condition indispensable à la survie de notre démocratie, à l’apaisement durable de l’espace public et à la réalisation de nos objectifs de développement.

Il est donc temps que tous les acteurs politiques agissent avec responsabilité, lucidité et sincérité. Ils doivent renoncer aux manœuvres politiciennes, car l’avenir de notre nation en dépend.

Babacar Ndiogou

Mouvement And Ligey Kaolack (devenu Jappo Yessal)

La Cour de justice de la CEDEAO déboute Khalifa Sall et l’opposition sénégalaise dans leur recours contre la dissolution de l’Assemblée nationale

La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), siégeant à Abuja, a rendu le 17 mai 2025 un arrêt défavorable à Khalifa Ababacar Sall et huit autres figures de l’opposition sénégalaise. Ces derniers contestaient la légalité des décrets présidentiels de septembre 2024 ayant conduit à la dissolution de l’Assemblée nationale et à l’organisation d’élections législatives anticipées.

La requête, enregistrée sous la référence ECW/CCJ/APP/51/21, visait principalement le décret n° 2024-1980, qui a formellement acté la dissolution du Parlement sénégalais, ainsi que les textes subséquents relatifs à l’organisation du scrutin et à la répartition des sièges.

Dans son arrêt, la juridiction communautaire a confirmé sa compétence pour examiner l’affaire et a déclaré la requête recevable, une reconnaissance importante pour les opposants. Toutefois, elle a estimé que les éléments fournis ne permettaient pas de prouver une violation des droits civils et politiques des requérants, tels que garantis par les instruments juridiques régionaux et internationaux.

La Cour a conclu que la décision du chef de l’État de dissoudre l’Assemblée nationale ne constituait pas, en l’état, une atteinte aux principes démocratiques ou à l’état de droit. Elle a également jugé que le cadre réglementaire mis en place pour les élections anticipées ne contrevenait pas aux obligations du Sénégal en matière de respect des droits humains.

Cet arrêt représente un revers significatif pour Khalifa Sall et les autres requérants, qui avaient vu dans la dissolution une manœuvre politique visant à affaiblir l’opposition parlementaire à quelques mois de l’élection présidentielle prévue en 2026. Ils dénonçaient notamment un détournement de procédure et une manipulation du calendrier électoral, arguments que la Cour a écartés faute de preuves tangibles.

Au lendemain de cette décision, des voix dans l’opposition dénoncent déjà une lecture trop juridique d’une crise essentiellement politique, tandis que du côté du pouvoir, l’arrêt est accueilli comme une validation de la régularité du processus engagé en septembre 2024.

Ousmane Sonko à la RTB : “La jeunesse doit être le fer de lance de l’unité africaine”

En visite officielle au Burkina Faso, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a accordé une interview exclusive à la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), dans laquelle il s’est exprimé sur plusieurs sujets majeurs touchant l’Afrique de l’Ouest et le continent dans son ensemble. Sans détour, il est revenu sur la crise qui secoue la CEDEAO, les relations entre le Sénégal et la France, ainsi que sa vision d’une Afrique unie, souveraine et tournée vers sa jeunesse.

Face à la crise qui a conduit le Mali, le Burkina Faso et le Niger à quitter la CEDEAO, Ousmane Sonko reconnaît que des erreurs ont été commises par l’organisation sous-régionale. Il se montre fidèle à ses positions antérieures : « Je l’ai dit lorsque j’étais opposant et je le redis aujourd’hui. […] Il fallait aider à faire face à la menace terroriste, pas menacer d’intervenir militairement », a-t-il déclaré. Le Premier ministre reste toutefois optimiste quant à la possibilité de réconciliation. Pour lui, les divergences actuelles sont surmontables : « Les positions sont conciliables […]. Je ne désespère pas que des retrouvailles se fassent. »

Interrogé sur les relations entre le Sénégal et la France, Sonko a tenu à clarifier sa position : « Nous n’avons rien contre la France, mais nous posons des actes de souveraineté. » Il défend une diplomatie équilibrée, reposant sur le respect mutuel et la liberté pour chaque État de faire ses choix stratégiques. « Ce sont des relations normales, ordinaires », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de sortir d’une posture figée et conflictuelle dans la pensée panafricaniste : « On se trompe souvent de combat. »

Ousmane Sonko a également profité de cette tribune pour s’adresser directement à la jeunesse africaine, qu’il considère comme la clé de la renaissance du continent. « Il faut que la jeunesse comprenne qu’elle doit être le fer de lance de l’unité africaine », a-t-il martelé. Selon lui, c’est à travers elle que l’Afrique pourra se réapproprier ses ressources naturelles, assurer sa sécurité et construire un développement économique et social durable.

Enfin, le Premier ministre sénégalais a exprimé sa volonté de renforcer la coopération entre le Sénégal et le Burkina Faso. Il souhaite faire de l’axe Ouagadougou-Dakar un symbole d’un partenariat stratégique entre deux peuples partageant des valeurs de dignité, de souveraineté et de solidarité africaine.

Nouvelle comparution d’Abdou Nguer : le chroniqueur déféré à nouveau, en attente de son sort ce mardi

Le chroniqueur Abdou Nguer, déjà placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles, a une nouvelle fois été déféré ce lundi par la Division des investigations criminelles (DIC). Il sera fixé sur son sort ce mardi, à l’issue d’un retour de parquet.

D’après les informations disponibles, cette nouvelle procédure fait suite à des propos tenus par Nguer lors d’une intervention sur la chaîne privée Sen TV. Face aux enquêteurs, il a défendu ses déclarations en soutenant qu’il ne faisait que réagir aux propos d’Ousmane Sonko, notamment à propos du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) mettant en cause l’ancien ministre Mame Mbaye Niang.

Abdou Nguer a aussi dénoncé une forme d’iniquité dans le traitement judiciaire réservé aux voix critiques du pouvoir. Il a cité le cas d’Azoura Fall, qu’il considère comme un exemple d’opposante ciblée, contrastant selon lui avec l’impunité dont bénéficieraient certains partisans du régime en place.

Le chroniqueur a catégoriquement nié avoir tenu des propos offensants à l’endroit des autorités de l’État, y compris le Président de la République, le Premier ministre et le chef d’état-major général des armées, le Général Birame Diop. À ce sujet, il a précisé que la notion de « coup d’État foncier » avait été évoquée par le député Guy Marius Sagna, dans un contexte également soutenu, selon ses dires, par Ousmane Sonko.

Interrogé sur ses commentaires récents visant Amadou Hott, candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Nguer a affirmé s’être appuyé sur les critiques formulées par Sonko concernant la supposée falsification des données économiques sous le régime de Macky Sall.

Se disant injustement poursuivi, Abdou Nguer accuse le parquet de chercher à alourdir son dossier afin de prolonger sa détention. Il dénonce une tentative de musellement et affirme que ses interventions relèvent de la liberté d’expression.

Le sort du chroniqueur sera connu ce mardi. Un dénouement très attendu dans un climat politique tendu, où les rapports entre presse, justice et pouvoir sont de plus en plus scrutés par l’opinion publique.

PLUS D’UN MOIS SANS EAU POTABLE DANS LE SINE-SALOUM : Lente agonie de l’économie

Privée deau depuis plus dun mois, lîle de Mar, particulièrement à Fandimadior, joyau touristique du delta du Saloum, dans la région de Fatick, suffoque. Dans une lettre adressée à l’administration territoriale, les habitants et acteurs économiques dénoncent une situation dramatique : pénurie deau, fermeture provisoire dhôtels, chômage technique, flambée des prix. Une crise qui, au-delà de Fandimadior, frappe de plein fouet dautres localités de larrondissement de Fimela, comme Mar Lodj, Ndangane Sambou ou Palmarin.

Cela fait désormais plus de quatre semaines que les robinets sont à sec à Fandimadior. Aucun signal, aucune explication officielle, aucune goutte d’eau potable n’a atteint les foyers, les établissements touristiques ou les infrastructures économiques. Dans leur correspondance collective adressée au représentant de l’État, les habitants et acteurs économiques dressent un tableau accablant de cette crise qui menace de paralyser entièrement la localité. « Depuis quatre semaines révolues, pas une seule goutte d’eau ne coule de nos robinets. Cette absence totale d’approvisionnement hydraulique plonge nos foyers, établissements et structures touristiques dans une crise d’une gravité extrême », expliquent ces derniers.

PARALYSIE DE L’ÉCONOMIE ET RISQUES SANITAIRES

Ndangane Sambou et Fandimadior, localités à fort potentiel touristique, vivent en grande partie grâce à l’accueil de visiteurs, les établissements hôteliers, les activités artisanales et les services. Mais avec la rupture d’approvisionnement en eau, c’est tout un écosystème économique qui s’effondre.

Les hôtels et campements, incapables d’offrir des conditions sanitaires décentes, ont fermé leurs portes. Le personnel est placé en chômage technique. Les clients sont refusés. Les activités de restauration, de nettoyage, de jardinage sont totalement à l’arrêt. Les habitants évoquent des années d’investissements anéantis par cette crise : aménagements paysagers, infrastructures d’accueil, équipements touristiques. Tout risque d’être perdu si rien n’est fait rapidement.

« L’accès à l’eau est un droit fondamental, garanti par nos lois et reconnu par les principes universels de la dignité humaine », rappellent les habitants dans une note adressée au sous-préfet de Fimela. Ils dénoncent une situation où l’on met en péril la sécurité et la stabilité sociale d’une communauté déjà vulnérable.

Le porte-parole du collectif des habitants, joint par « Le Dakarois Quotidien », témoigne : « nous devons acheter de l’eau, que des charrettes vont chercher à 3 kilomètres dans des puits. Elle nous est ensuite vendue à 200 francs le bidon de 20 litres. Cela revient à 10 000 francs CFA le mètre cube, contre 300 francs à Dakar. C’est une injustice flagrante, un fardeau pour des familles déjà précaires. »

Et la crise ne s’arrête pas à Ndagane Sambou et Fandimadior. Selon lui, toute la zone de l’arrondissement de Fimela est concernée : Ndangane Sambou, Mar Fafaco, Mar Soulou, Mar Lodj, Fimela, Djilor, Yayem, Palmarin. Partout, les mêmes complaintes, le même désarroi, la même impuissance face à une pénurie incompréhensible. Il avance, d’autre part, que c’est le même phénomène qui se répète depuis 3 ans avec le distributeur d’eau potable SEOH.

LA SEOH, CITÉE COMME COUPABLE

Dans leur lettre, les habitants dénoncent l’attitude de la Société d’Exploitation des Ouvrages Hydrauliques (SEOH), qui aurait été alertée à plusieurs reprises sans jamais donner suite. Ils parlent d’un mutisme, d’un silence institutionnel et d’une indifférence face à une détresse humaine pourtant bien réelle. « Ce mépris manifeste à l’égard de citoyens en détresse est tout simplement inacceptable », fustigent les habitants, qui exigent que la responsabilité de la SEOH soit engagée.

Pour le moment, aucune information ne circule sur l’origine de cette rupture d’approvisionnement en eau, ni sur la reprise de la distribution. D’après les populations, cette absence de communication témoigne d’un grave dysfonctionnement dans la gestion d’un service public vital.

Dans leur missive, les habitants formulent trois demandes claires :

  • Le rétablissement immédiat de l’accès à l’eau potable ;
  • L’engagement de la responsabilité de la SEOH qui, selon eux, échoue à remplir ses obligations ;
  • La mise en place d’un plan d’urgence pour venir en aide aux populations et professionnels impactés par la crise.

Au-delà de l’aspect économique, c’est la santé publique qui risque d’être aussi en péril. Sans eau, les gestes d’hygiène élémentaire deviennent impossibles : se laver, faire la vaisselle, nettoyer les lieux de vie, évacuer les déchets, etc. Les dangers sont réels, notamment avec l’approche de la saison chaude.

En février dernier, les habitants de Ross Béthio, dans la région de Saint-Louis, dans le nord du pays, avaient déjà battu le pavé pour dénoncer la même société, la même gestion défaillante, les mêmes promesses non tenues. Aujourd’hui, c’est au tour de Marfafaco, Ndagane Sambou, Fandimadior et environs de crier leur soif.

La Dakaroise

Présidence de la BAD : Bamako rallie la candidature de Sidi Ould Tah

Le lundi 19 mai 2025, le Président de la Transition du Mali, le général Assimi Goïta, a reçu en audience à Bamako une délégation ministérielle de la République islamique de Mauritanie, conduite par Amal Mint Maouloud, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Porteuse d’un message personnel du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, la ministre est venue solliciter l’appui officiel des autorités maliennes à la candidature du Dr Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD).

Âgé de 64 ans, économiste de formation et ancien ministre mauritanien des Affaires économiques et du Développement, Sidi Ould Tah fait partie des cinq finalistes retenus pour succéder au Nigérian Akinwumi Adesina à la tête de l’institution panafricaine. Son expérience à la direction de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), qu’il a dirigée durant deux mandats, ainsi que ses trois décennies d’engagement dans la finance internationale, constituent selon la diplomatie mauritanienne des atouts majeurs pour affronter les défis économiques du continent.
L’élection du président de la BAD est fixée au 29 mai 2025 à Abidjan, siège de l’institution. Le scrutin obéit à une règle de double majorité : celle des États membres africains d’une part, et celle de l’ensemble des 81 pays membres, y compris les 27 États non africains, d’autre part. Ce mécanisme complexe vise à garantir un équilibre géopolitique entre les parties prenantes régionales et les partenaires internationaux. Dans ce cadre, chaque soutien peut se révéler décisif.
Le ralliement du Mali, membre fondateur de la BAD, s’inscrit dans une stratégie d’élargissement du soutien diplomatique de la Mauritanie à l’échelle ouest-africaine. En dépit de son retrait de la CEDEAO, Bamako conserve une influence certaine dans la région, notamment en tant que président en exercice de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le Mali pourrait ainsi jouer un rôle clé dans la consolidation d’un bloc favorable à la candidature mauritanienne.


À l’issue de la rencontre avec le général Assimi Goïta, la ministre Amal Mint Maouloud a déclaré être « pleinement satisfaite de l’écoute attentive et de l’ouverture bienveillante » du chef de l’État malien. Bien qu’aucun communiqué officiel ne précise l’ampleur de l’engagement de Bamako, tout laisse à penser que l’adhésion du Mali à la candidature de Sidi Ould Tah est désormais acquise.
Reste à savoir si ce soutien, conjugué à ceux déjà obtenus auprès de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Congo, de la Tanzanie, de Djibouti et bien sûr de la Mauritanie elle-même, permettra à Nouakchott de faire élire pour la première fois un ressortissant mauritanien à la présidence de la principale institution financière du continent africain.

Présidence de la BAD : Sidi Ould Tah obtient le soutien de Djibouti à deux semaines du scrutin

À l’approche de l’élection présidentielle de la Banque africaine de développement (BAD), prévue le 29 mai 2025, le candidat mauritanien Sidi Ould Tah continue de renforcer son socle diplomatique. Le 15 mai, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh a officiellement apporté son soutien à la candidature de l’ancien directeur général de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), à l’issue d’une rencontre avec une délégation mauritanienne conduite par le ministre des Finances Sid’Ahmed Ould Bouh. Ce ralliement porte à six le nombre de pays soutenant activement Sidi Ould Tah, aux côtés du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Congo, de la Tanzanie et de la Mauritanie.


Le communiqué de la présidence djiboutienne précise que ce soutien ne doit rien au hasard : Djibouti figure parmi les cinq États fondateurs qui avaient déjà marqué un premier parrainage discret à la candidature mauritanienne. Cette nouvelle manifestation de confiance s’appuie sur une vision commune du développement continental, axée sur le financement innovant, l’inclusion des jeunes, et une réforme structurelle de l’architecture financière africaine.
Sidi Ould Tah, qui mène campagne depuis plusieurs mois sur le terrain diplomatique et institutionnel, a bâti un programme axé sur la transformation de la BAD en une plateforme proactive face aux défis contemporains. Son plan de gouvernance repose sur la facilitation de l’accès des États africains à des financements abordables, la valorisation du capital humain — notamment la jeunesse — à travers la formalisation de l’économie informelle et la mise en place d’incitations fiscales adaptées, l’industrialisation du continent adossée à une transition énergétique équilibrée et résiliente, et enfin une réforme profonde de la coordination entre institutions financières africaines afin de garantir une réponse plus intégrée et efficace aux besoins de financement du développement.
Sa candidature est également portée par un bilan salué à la tête de la BADEA, où il a dirigé une montée en puissance notable de l’institution, avec une hausse significative des décaissements et une amélioration de sa notation financière. Il entend appliquer cette méthode à la BAD en mobilisant à la fois les partenariats publics-privés, les fonds souverains, les investisseurs privés et les banques régionales, dans l’objectif de transformer chaque dollar mobilisé en dix dollars d’investissements effectifs.
Face à lui, quatre autres prétendants de taille sont en lice : Amadou Hott, ancien ministre sénégalais de l’Économie ; Abbas Mahamat Tolli, ex-gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et représentant du Tchad ; Bajabulile Swazi Tshabalala, ancienne vice-présidente de la BAD, candidate de l’Afrique du Sud ; et le Zambien Dr Samuel Maimbo, cadre dirigeant à la Banque mondiale. Le scrutin s’annonce donc très disputé. Mais avec l’adhésion de Djibouti, pays stratégique de la Corne de l’Afrique et partenaire économique important de plusieurs puissances internationales, Sidi Ould Tah gagne en légitimité et renforce sa stature continentale à un moment clé de la campagne.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°469 – 20/05/2025

🔴 PRÉSIDENCE DE LA BAD / MALGRÉ LA VISITE DU GÉNÉRAL BIRAME DIOP AVEC UNE FORTE DÉLÉGATION : BAMAKO LÂCHE DAKAR
🔴 PLUS D’UN MOIS SANS EAU POTABLE DANS LE SINE-SALOUM : À SEC, L’ÉCONOMIE COULE

🔴 MMA / ACTES VIOLENTS DE ZARKO : LE MINISTÈRE DES SPORTS TAPE DU POING
🔴 25E ÉDITION DU DRAPEAU DU CHEF DE L’ÉTAT / TOURNOI PAR ÉQUIPE : KAOLACK DÉTRÔNE DAKAR

Renforcement des relations bilatérales : El Malick Ndiaye en mission diplomatique stratégique aux Émirats arabes unis

Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye, a entamé ce lundi une visite officielle aux Émirats arabes unis, marquée par une série d’audiences diplomatiques de haut niveau. Ce déplacement intervient dans un contexte d’intensification de la diplomatie sénégalaise, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, et vise à renforcer le partenariat stratégique entre Dakar et Abou Dhabi.

Accueilli avec tous les honneurs à Abou Dhabi, M. Ndiaye a été reçu par Saqr Ghobash, président du Conseil national fédéral, l’équivalent émirati du Parlement. Lors de cette rencontre solennelle, les deux hommes ont échangé sur les fondements historiques et les perspectives d’avenir des relations entre leurs deux pays.

Saqr Ghobash a salué la stabilité politique du Sénégal, tout en mettant en avant les réformes récentes engagées au sein de l’Assemblée nationale sénégalaise. Selon lui, ces réformes sont « un signal fort de la consolidation de l’État de droit et de la vitalité démocratique en Afrique de l’Ouest ».

En réponse, El Malick Ndiaye a insisté sur la volonté du Sénégal d’établir des liens parlementaires durables, allant au-delà des déclarations d’intention. Il a exprimé le souhait de voir les institutions législatives des deux pays coopérer de manière plus étroite sur des questions telles que la gouvernance, la formation des parlementaires, et l’échange d’expériences institutionnelles.

La mission du président de l’Assemblée nationale s’est également inscrite dans une logique de diplomatie économique proactive. Lors d’un entretien avec le ministre émirati des Affaires étrangères, Sheikh Shakhboot Bin Nahyan Al Nahyan, les deux délégations ont abordé en profondeur les possibilités de co-investissements dans des secteurs clés : énergie, infrastructures, technologies, agriculture, éducation et santé.

Le ministre émirati a fait part de l’intérêt croissant des investisseurs émiratis pour le Sénégal, présenté comme une plateforme stable et sécurisée pour les affaires en Afrique de l’Ouest. Il a évoqué la possibilité de faire du Sénégal un hub logistique et commercial pour les entreprises du Golfe, en s’appuyant notamment sur les performances du Port autonome de Dakar et sur les projets d’extension portuaire à Ndayane.

L’une des propositions phares de cette rencontre a été la mise en place d’un accord bilatéral de libre-échange, destiné à faciliter les flux commerciaux et les investissements entre les deux pays.

Lors de cette mission, le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS) a joué un rôle central. Son directeur général a présenté la vision de développement du Sénégal à l’horizon 2050, articulée autour de plusieurs axes prioritaires : agrobusiness, santé, éducation, énergies renouvelables, infrastructures numériques et industries extractives.

Sheikh Shakhboot a salué cette feuille de route ambitieuse et a proposé un rapprochement stratégique entre le FONSIS et le Fonds souverain d’Abu Dhabi, dans une optique de co-investissements sur des projets à fort impact socio-économique. Des discussions techniques ont été engagées pour définir les modalités d’une coopération structurée entre les deux fonds.

Le ministre émirati a aussi salué le rôle de la diaspora sénégalaise aux Émirats, qu’il a décrite comme exemplaire par son sérieux, sa discipline et sa contribution au tissu économique local. Il a exprimé son souhait d’améliorer les conditions de vie et de travail de ces travailleurs, tout en facilitant leur accès à la formation professionnelle.

En clôture de cette journée intense, El Malick Ndiaye a annoncé que le Premier ministre Ousmane Sonko se rendra bientôt aux Émirats dans le cadre d’une visite officielle de haut niveau. Cette mission devrait déboucher sur la signature d’accords concrets dans les domaines de l’énergie, de l’éducation, des infrastructures et de la technologie.

« Cette visite a pour objectif de consolider les relations diplomatiques existantes, mais aussi d’ouvrir de nouveaux canaux de coopération, en ligne avec les orientations du président Bassirou Diomaye Faye », a déclaré El Malick Ndiaye.

Justice – Affaire du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye : les accusateurs d’Ismaïla Madior Fall incarcérés, l’ancien ministre convoqué ce mardi

L’enquête judiciaire sur les soupçons de corruption dans le cadre de la construction du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure inattendue. Ce lundi 19 mai 2025, deux figures clés du dossier, Cheikh Guèye, promoteur immobilier à la tête de la société Technologie Consulting Service (TCS), et Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice, ont été placés sous mandat de dépôt.

Les deux hommes, qui accusaient l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall d’avoir sollicité un pot-de-vin, sont désormais poursuivis pour des faits graves : escroquerie sur les deniers publics, corruption, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Ils ont été déférés au parquet de Pikine après avoir été entendus par les enquêteurs de la Brigade des affaires générales (BAG).

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux mis en cause seraient au cœur d’un système de détournement structuré autour du marché public du nouveau palais de justice. Les enquêteurs parlent d’une véritable « mafia foncière » ayant mis en place un circuit parallèle de financements occultes, avec des implications supposées à plusieurs niveaux du ministère.

Cheikh Guèye avait lui-même déclenché l’affaire en accusant Ismaïla Madior Fall d’avoir exigé une somme de 250 millions de francs CFA en échange de l’attribution du marché public. Il affirmait avoir déjà versé 50 millions FCFA à l’ancien ministre avant que la somme ne lui soit restituée, selon ses dires. Une version aujourd’hui mise en doute par les enquêteurs, qui suspectent une tentative de manipulation de l’opinion et des institutions judiciaires.

Pendant ce temps, Ismaïla Madior Fall, mis en cause dans ces déclarations, est attendu ce mardi 20 mai devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice pour une audition officielle. Son passage est très attendu, tant les implications politiques et judiciaires de ce dossier sont lourdes.

L’ancien garde des Sceaux, qui a nié en bloc toutes les accusations depuis leur révélation, entend livrer sa version des faits et pourrait bénéficier d’un regain de crédibilité suite à l’incarcération de ses accusateurs. Reste à savoir si de nouveaux éléments seront versés au dossier à l’issue de son audition.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la sensibilité et la complexité des grands projets d’infrastructures publiques, notamment en matière de transparence dans les marchés publics. Le chantier du palais de justice de Pikine-Guédiawaye, censé améliorer l’accès à la justice dans cette zone densément peuplée de la banlieue dakaroise, est aujourd’hui au centre d’une tempête politico-judiciaire.

Accident mortel à Pikine Technopole : un jeune motocycliste tué, le chauffeur du camion en fuite interpellé

La route a encore fait une victime ce lundi 19 mai 2025 à Pikine Technopole, dans la banlieue dakaroise. Un violent accident impliquant un camion et un motocycliste a coûté la vie à un jeune homme de 23 ans, né à Dakar.

Selon les informations recueillies par LeDakarois, le drame s’est produit aux environs de 10 heures du matin, alors que la victime circulait en direction du croisement de Cambérène. C’est à ce moment qu’un poids lourd, roulant à vive allure, l’a percuté de plein fouet.

Sous la violence du choc, le motocycliste a été projeté au sol. Il est décédé sur le coup, avant même l’arrivée des secours. Les sapeurs-pompiers n’ont pu que constater le décès et procéder à l’évacuation de son corps vers l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye.

Fait aggravant, le chauffeur du camion a tenté de prendre la fuite, abandonnant la victime sur les lieux de l’accident. Mais sa cavale a été de courte durée. Grâce à la réactivité des témoins et des forces de l’ordre, il a été interpellé quelques kilomètres plus loin, dans les environs de Patte d’Oie.

La gendarmerie de Pikine a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame, établir les responsabilités, et faire toute la lumière sur les faits. L’auteur présumé de l’homicide routier est actuellement en garde à vue et devrait être présenté au parquet dans les prochaines heures.

Cet accident relance une fois de plus le débat sur la sécurité routière, notamment dans les zones périurbaines où le trafic est de plus en plus dense et où les comportements imprudents des conducteurs, combinés à l’état des routes, deviennent des facteurs aggravants.

OFNAC : les membres désormais désignés par appel à candidature, annonce Sidy Alpha Ndiaye

Le vent de réformes dans la gouvernance publique continue de souffler au Sénégal. L’une des nouveautés majeures annoncées par le professeur Sidy Alpha Ndiaye, ministre-conseiller juridique et directeur de cabinet adjoint du président de la République, concerne l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Désormais, les membres de cette structure stratégique dans la lutte contre la corruption seront nommés à la suite d’un appel à candidature.

C’est au cours de l’émission Point de Vue, diffusée sur la RTS, que le professeur Sidy Alpha Ndiaye a dévoilé cette orientation nouvelle. Selon lui, un décret est actuellement en cours de finalisation pour encadrer ce mode de sélection dans le secteur public et parapublic. Il s’agit, selon ses mots, d’un outil de « gouvernance inclusive » visant à garantir plus de transparence, d’équité et de méritocratie dans les nominations à des fonctions stratégiques.

L’appel à candidature n’est pas une innovation isolée. Le ministre-conseiller a rappelé qu’un tel processus a déjà été utilisé pour désigner la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). Il a également évoqué la récente nomination des membres du collège de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP), qui s’est aussi faite sur cette base.

Ces exemples montrent, selon lui, que l’État sénégalais s’engage progressivement à institutionnaliser un système de recrutement fondé sur des critères objectifs et ouverts, rompant avec la logique des nominations politiques ou de convenance.

Pour Sidy Alpha Ndiaye, cette dynamique traduit une vision plus large portée par le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, celle d’une démarche participative et ouverte dans la gestion de l’État. « Il aurait pu décider seul, fort de sa majorité. Il ne l’a pas fait. Pourquoi ? Parce que les règles du jeu politique sont des règles qui s’imposent à tout le monde », a-t-il souligné, saluant la volonté du président de partager la responsabilité des décisions avec l’ensemble des acteurs institutionnels et citoyens.

Cette réforme intervient dans un contexte où l’exigence de transparence est plus forte que jamais au Sénégal, en particulier sur les questions de lutte contre la corruption, la fraude et le népotisme. L’OFNAC, en tant qu’instrument-clé de cette lutte, est appelée à jouer un rôle central dans la moralisation de la vie publique. La nomination des membres par appel à candidature pourrait renforcer son crédit, son indépendance et son efficacité, selon plusieurs analystes.

Le lutteur sénégalais Zarco convoqué par la DIC après une altercation violente en Côte d’Ivoire

Le monde de la lutte sénégalaise est secoué par une affaire qui défraie actuellement la chronique. Le lutteur sénégalais Aldiouma Diallo, plus connu sous le nom de Zarco, se retrouve au cœur d’une tourmente judiciaire après un incident survenu lors d’un combat de MMA en Côte d’Ivoire.

Selon les informations rapportées par le site Kawtef, Zarco a été convoqué par la Division des Investigations Criminelles (DIC) à Dakar. Cette convocation fait suite à un comportement violent capté dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit le lutteur, visiblement hors de lui, tenter de poignarder son adversaire nigérian, Kabiru Adédira, à la suite de son forfait lors du combat.

L’incident, bien que survenu hors du territoire sénégalais, a trouvé un écho judiciaire au Sénégal. En effet, un citoyen sénégalais a pris l’initiative de signaler les faits aux autorités, estimant qu’un tel comportement ternit l’image du sport national et mérite une réponse légale appropriée.

Dans cette affaire, il est à noter que Kabiru Adédira a décidé de pardonner à Zarco, malgré la gravité de la tentative d’agression. Un geste de clémence salué par certains observateurs, mais qui ne semble pas suffire à écarter les poursuites potentielles au Sénégal, où la justice entend tirer l’affaire au clair.

La convocation de Zarco par la DIC marque donc une nouvelle étape dans ce dossier, et le lutteur devra fournir des explications détaillées sur les circonstances exactes de l’altercation. Cet épisode met en lumière la nécessité de renforcer la discipline dans les sports de combat africains, particulièrement dans des disciplines aussi exigeantes que le MMA, où la maîtrise de soi est une valeur cardinale.

Affaire des 4 milliards : Les frères de Farba Ngom placés sous bracelet électronique

Birane et Ismaïla Ngom, frères de l’ancien député-maire Farba Ngom, ont été placés sous bracelet électronique ce lundi 19 mai, à l’issue de leur audition par le Pool judiciaire financier. Cette décision intervient dans le cadre d’une enquête portant sur des mouvements financiers jugés suspects, notamment un virement de 4 milliards de FCFA effectué en juin 2022 depuis le Trésor public.

Selon les informations rapportées par Seneweb, les deux hommes sont poursuivis pour association de malfaiteurs en bande organisée, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Des accusations lourdes qui s’inscrivent dans un contexte de lutte renforcée contre la corruption et les malversations financières impliquant des personnalités influentes.

L’enquête du Pool judiciaire financier s’intéresse à une série d’opérations ayant transité par des comptes liés aux frères Ngom. Le virement de 4 milliards de FCFA, effectué en 2022, serait au cœur de cette affaire. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’origine des fonds, leur destination finale, ainsi que le rôle précis des suspects dans cette transaction.

Le placement sous bracelet électronique, une mesure alternative à la détention préventive, vise à restreindre les déplacements des mis en cause tout en permettant la poursuite des investigations. Cette décision témoigne de la volonté des autorités judiciaires de traiter ce dossier avec rigueur, sans pour autant recourir immédiatement à l’incarcération.

Cette affaire pourrait également avoir des répercussions politiques, compte tenu de la proximité supposée de Farba Ngom avec d’anciens cercles du pouvoir. Pour l’heure, l’ancien député-maire n’a pas été officiellement cité dans la procédure, mais les regards restent tournés vers l’évolution de l’enquête.

Arona Niang condamné pour diffusion de fausses nouvelles sur le Covid-19

Le chroniqueur sénégalais Arona Niang a été condamné ce lundi à trois mois de prison avec sursis par la justice sénégalaise pour « diffusion de fausses nouvelles » dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Une décision judiciaire qui fait suite à une vive polémique déclenchée par ses propos controversés tenus sur la Web TV « Sénégal 7 ».

Lors d’une intervention diffusée il y a quelques semaines, Arona Niang avait accusé, sans preuve, le personnel médical sénégalais d’avoir « délibérément transmis » le virus à la population. Selon ses déclarations, les masques de protection, les tests nasopharyngés et même les vaccins auraient été des vecteurs intentionnels de contamination, orchestrés par le corps médical.

Ces propos ont immédiatement suscité une indignation générale. Le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) a réagi avec fermeté, dénonçant des « accusations diffamatoires, infondées et contraires aux principes éthiques ». L’institution avait par ailleurs annoncé l’ouverture d’une procédure judiciaire contre le chroniqueur.

Le tribunal, siégeant à Dakar, a reconnu Arona Niang coupable de propagation de fausses informations susceptibles de semer le trouble dans l’opinion publique, en pleine période de sensibilisation post-pandémie. La peine prononcée – trois mois de prison avec sursis – apparaît comme un signal d’alerte contre la banalisation des discours complotistes dans l’espace médiatique.

En réaction à la décision de justice, plusieurs associations de professionnels de santé ont salué « un verdict exemplaire » et rappelé leur engagement à défendre l’honneur et l’intégrité du personnel soignant, particulièrement éprouvé durant la crise sanitaire.

De son côté, Arona Niang, qui a maintenu ses propos, n’a pas encore annoncé s’il comptait faire appel de cette décision.

Guy Marius Sagna dénonce des irrégularités dans le recrutement au sein de la CEDEAO : “La mafia des recrutements a corrompu la CEDEAO”

Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook ce lundi, le député sénégalais Guy Marius Sagna a vivement dénoncé des irrégularités dans le processus de recrutement du Directeur Exécutif du Centre Régional de Contrôle et de Surveillance des Maladies (CRSCM) de la CEDEAO. Il pointe du doigt des violations des règlements de l’organisation régionale et accuse ouvertement une dérive vers le favoritisme et le clientélisme.

Selon le parlementaire, des candidatures internes légitimes, notamment issues de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), ont été injustement écartées, au profit de « deals » occultes et de choix politiques. “La CEDEAO nous doit des comptes”, a-t-il martelé, soulignant que ces pratiques nuisent à l’équité entre les douze États membres et compromettent la mission même de l’organisation, notamment dans des domaines aussi vitaux que la santé publique.

Guy Marius Sagna déplore un système de nomination gangrené par les intérêts personnels et les arrangements de coulisse. Il cite notamment l’absence totale du Bénin à des postes de direction (niveau D1) dans les institutions de la CEDEAO, ainsi que la faible représentation du Sénégal, qui ne détient qu’un seul poste sur une cinquantaine à l’OOAS.

Face à ces dysfonctionnements, le député a adressé une question écrite au gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko. Il y réclame un audit exhaustif des recrutements au sein des structures de la CEDEAO, dans le but de faire la lumière sur les pratiques en cours, de garantir le respect des textes réglementaires et de rétablir une distribution équitable des postes entre les États membres.

Prônant une CEDEAO plus juste, plus représentative et au service des populations, Guy Marius Sagna appelle à une réforme en profondeur des processus de recrutement. Il exige plus de professionnalisme, de rigueur et de transparence dans la gestion des ressources humaines au sein de l’organisation.

« La mafia des recrutements a corrompu la CEDEAO », déclare-t-il avec fermeté, tout en soulignant que seule une réforme structurelle permettra à la communauté ouest-africaine de regagner la confiance des citoyens.

Haute Cour de Justice : Ndeye Saly Diop Dieng auditionnée dans l’affaire de détournement présumé des fonds Covid-19

L’ancienne ministre de la Famille, de la Femme, du Genre et de la Protection des Enfants, Ndeye Saly Diop Dieng, a été entendue ce lundi matin par le procureur de la Haute Cour de Justice. L’ex-ministre du gouvernement Macky Sall a comparu à la suite de sa mise en accusation par l’Assemblée nationale dans une affaire de détournement présumé de fonds publics liés à la gestion de la pandémie de Covid-19.

C’est aux environs de 11 heures que Mme Dieng a fait son apparition à la cour d’appel du tribunal de Dakar. Après son audition, elle est repartie librement à son domicile, en attendant la suite de la procédure.

L’ex-ministre est soupçonnée d’avoir détourné une somme de 52 millions de francs CFA allouée à son ministère dans le cadre de la riposte contre le Covid-19. Ces fonds étaient destinés à soutenir les couches vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants, durant la crise sanitaire. Les accusations ont été en partie étayées par les déclarations de son ancien Directeur de l’Administration Générale et de l’Équipement (DAGE), aujourd’hui également mis en cause.

Malgré ces soupçons, Ndeye Saly Diop Dieng nie fermement toute malversation. Devant les juges, elle a réaffirmé avoir « travaillé avec loyauté et dignité » tout au long de son mandat, rejetant toute implication dans une quelconque irrégularité financière.

Ce dossier s’inscrit dans un processus judiciaire plus large visant à faire la lumière sur la gestion des fonds Covid-19 sous l’administration précédente. Plusieurs autres anciens ministres du régime de Macky Sall sont également attendus dans les prochains jours devant la Haute Cour de Justice. Cette série d’auditions marque une étape importante dans les efforts des nouvelles autorités pour renforcer la redevabilité et lutter contre l’impunité.

Affaire à suivre.

Réforme du Conseil supérieur de la magistrature : vers un Conseil supérieur de la justice plus inclusif et ouvert à la société

Le professeur Sidy Alpha Ndiaye, ministre-conseiller juridique et directeur de cabinet adjoint du président de la République, a dévoilé les grandes lignes du projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qui prendra bientôt le nom de Conseil supérieur de la justice. Invité de l’émission Point de Vue diffusée le dimanche 18 mai 2025 sur la RTS, il a détaillé une refonte institutionnelle ambitieuse, visant à ouvrir la justice à la société et à renforcer sa légitimité.

Ce nouveau Conseil, plus représentatif et ouvert, intégrera désormais des personnalités extérieures issues de la société civile et du monde académique, notamment des universitaires. Une transformation majeure qui, selon Sidy Alpha Ndiaye, marque un véritable changement de paradigme. « Le Conseil supérieur de la justice sera ouvert à des personnalités extérieures pour garantir une meilleure transparence, car la justice appartient à toute la société, pas seulement aux techniciens du droit », a-t-il affirmé.

Tout en réaffirmant l’indépendance du pouvoir judiciaire, le professeur Ndiaye a précisé que ce nouveau Conseil n’aura pas pour mission de trancher les affaires judiciaires ni de définir une ligne jurisprudentielle. Il s’agira plutôt d’un espace de dialogue stratégique, de réflexion sur l’évolution de la justice et d’orientation pour les réformes futures. Parmi les innovations annoncées figure la création d’une formation plénière, où les débats se feront en présence de membres extérieurs, renforçant ainsi le lien entre justice et société.

Autre avancée notable : le nombre de magistrats élus au sein du Conseil pourrait passer de 7 à 14. Une mesure saluée comme un pas vers plus d’inclusivité et de légitimité interne. Elle permettrait d’assurer une meilleure représentation des sensibilités et des expériences au sein du corps judiciaire, tout en consolidant la démocratie interne du Conseil.

La présence du président Bassirou Diomaye Faye au sein du futur Conseil a également été abordée. Sur ce point, Sidy Alpha Ndiaye a tenu à dissiper les malentendus. « Ce débat revêt des atours superficiels. Le président ne s’immisce pas dans l’intimité du juge qui rend ses décisions », a-t-il soutenu, rappelant que le chef de l’État nomme les magistrats par décret, indépendamment de sa présence ou non dans le Conseil.

Cette réforme du Conseil supérieur de la justice s’inscrit dans la vision du président Faye pour une justice indépendante, démocratique, transparente et accessible. Dans un contexte de fortes attentes populaires en matière d’équité et de redevabilité judiciaire, le projet vise à traduire les engagements politiques en actes concrets.

Affaire Tahirou Sarr : Une nouvelle demande de liberté provisoire déposée, avec des garanties évaluées à 31,9 milliards de FCFA

L’homme d’affaires Tahirou Sarr, placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une affaire retentissante mêlant association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie sur des deniers publics et abus de biens sociaux, a introduit une nouvelle demande de liberté provisoire, mardi 13 mai 2025. Cette démarche repose sur des garanties financières et foncières considérables, censées couvrir le montant présumé du préjudice, estimé à 25,3 milliards de francs CFA.

Selon le quotidien L’Observateur, qui a rapporté l’information dans son édition du lundi 19 mai, la requête de Tahirou Sarr s’appuie sur l’exécution d’une ordonnance rendue par la Chambre d’accusation financière le 2 mai dernier. Cette décision autorise l’inscription d’hypothèques sur trois biens immobiliers lui appartenant, situés à Rufisque, pour une valeur totale estimée à 20,6 milliards de francs CFA.

À cette garantie s’ajoute un cautionnement en numéraire de 11 milliards de francs CFA, déjà consigné à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Au total, ce sont donc 31,9 milliards de francs CFA que le mis en cause met sur la table, «censés couvrir l’intégralité du manque intégral», souligne le journal.

Pour renforcer sa requête, Me Seydou Diagne, avocat de Tahirou Sarr, a sollicité et obtenu une attestation délivrée par l’administrateur du Greffe de la Cour suprême. Ce document atteste de l’absence de pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Chambre d’accusation financière, prouvant que ni le parquet ni l’Agent judiciaire de l’État n’ont contesté la décision dans les délais impartis.

Cette nouvelle tentative de mise en liberté provisoire intervient dans un contexte judiciaire tendu, alors que le dossier Tahirou Sarr continue de faire couler beaucoup d’encre. La justice devra désormais se prononcer sur la recevabilité et la pertinence de cette demande, appuyée par des garanties d’un niveau rarement atteint dans une affaire de cette nature.

Waly Diouf Bodian hausse le ton : l’heure des comptes a-t-elle sonné pour les anciens dignitaires ?

Dans une déclaration publique sans détour, le responsable du parti Pastef, Waly Diouf Bodian, a vivement interpellé les nouvelles autorités sur la nécessité d’approfondir le processus de reddition des comptes. Selon lui, la promesse de rupture brandie par le nouveau régime ne saurait se concrétiser sans une enquête rigoureuse sur les agissements de certaines figures de l’ancien pouvoir, en particulier l’ex-ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall et l’ancien ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome.

Devant la presse, Waly Diouf Bodian, aujourd’hui directeur du Port Autonome de Dakar, n’a pas mâché ses mots. Il a accusé les deux anciens ministres d’avoir eu des rôles clés dans la répression de l’opposition et la gestion opaque des affaires publiques sous le régime de Macky Sall.

Concernant Ismaïla Madior Fall, il pointe du doigt la gestion controversée du ministère de la Justice, en particulier le marché relatif aux bracelets électroniques censés désengorger les prisons. “Les conditions d’attribution de ce marché restent floues, et son efficacité n’a jamais été démontrée”, a-t-il martelé, évoquant un possible détournement des deniers publics.

L’ancien ministre de l’Intérieur, Antoine Félix Diome, est également dans le viseur du responsable de Pastef. Il lui reproche sa gestion « arbitraire » de la sécurité publique et sa responsabilité directe dans les violences politiques qui ont endeuillé de nombreuses familles sénégalaises ces dernières années.

“Il ne peut pas y avoir de réconciliation véritable sans justice. Ceux qui ont utilisé l’appareil sécuritaire pour museler les voix dissidentes doivent répondre de leurs actes”, a soutenu Waly Diouf Bodian avec fermeté.

Ce coup de gueule s’inscrit dans un contexte où de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer que les actes suivent les promesses de rupture faites par le nouveau pouvoir. Pour Waly Diouf Bodian, il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières, mais d’un impératif de justice et de transparence.

“Nous devons tourner la page, oui. Mais pas sans l’avoir lue jusqu’au bout”, conclut-il, appelant les nouvelles autorités à faire preuve de courage politique.

Cette sortie de Waly Diouf Bodian pourrait bien faire écho dans l’opinion publique et parmi les acteurs de la société civile, de plus en plus exigeants sur la question de la justice transitionnelle. Le message est clair : la rupture ne pourra être crédible que si les zones d’ombre du passé sont mises en lumière.

Affaire à suivre.

La Nouvelle Responsabilité d’Amadou Bâ répond favorablement à l’appel au dialogue national : une démarche responsable pour un Sénégal apaisé et prospère

En phase avec ses valeurs républicaines et ses objectifs de développement économique et social, le mouvement Nouvelle Responsabilité (NR), dirigé par Amadou Bâ, a annoncé sa participation au dialogue national convoqué par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Une décision qualifiée de « mûrement réfléchie » et présentée comme une réponse politique responsable face aux défis majeurs que traverse actuellement le Sénégal.

Dans un communiqué rendu public, la NR précise que cette participation ne saurait être passive ni symbolique. Le mouvement entend jouer un rôle actif et critique, en portant dans les discussions des préoccupations économiques et sociales urgentes et structurantes pour l’avenir du pays. Parmi les thèmes que la NR souhaite inscrire à l’agenda du dialogue figurent :

la question de la dette publique, la maîtrise du déficit budgétaire, l’équité fiscale, l’emploi et l’employabilité des jeunes, les dynamiques migratoires, le développement durable, le pouvoir d’achat et la cherté de la vie, ainsi que la préservation des libertés fondamentales, individuelles comme collectives.

La Nouvelle Responsabilité appelle à un dialogue national élargi, qui dépasse le cadre strictement politique. Elle insiste pour que ce processus soit envisagé comme un instrument républicain de pacification, de renforcement de la démocratie et de consolidation de l’État de droit. À ce titre, elle rappelle que la confiance et le respect mutuel entre les acteurs constituent la condition sine qua non d’un dialogue réussi.

Dans un contexte jugé préoccupant, marqué par des tensions sociales et économiques, la NR entend contribuer de manière critique mais constructive. Elle se positionne comme une force politique incontournable, animée par un sens élevé de l’intérêt général et la volonté de défendre le bien-être des populations.

En s’engageant dans cette dynamique, la Nouvelle Responsabilité réaffirme sa vision d’un Sénégal libre, démocratique, uni et prospère, et se dit prête à jouer pleinement son rôle dans la construction d’un avenir commun plus juste et plus équitable pour tous les citoyens.

L’UDS/Authentique plaide pour un dialogue politique apaisé et sincère au Sénégal

Dans un communiqué publié ce samedi, l’Union pour le Développement du Sénégal / Authentique (UDS/A), par la voix de sa présidente Adji Mbergane Kanouté, salue l’esprit républicain du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, pour avoir maintenu la date du 28 mai consacrée au dialogue national, initié par son prédécesseur Macky Sall. Le parti rappelle que le Sénégal a toujours été un pays de dialogue, et insiste sur la nécessité de préserver cette tradition dans un contexte politique marqué par les tensions.

L’UDS/A reconnaît toutefois que l’invitation du président à des concertations inclusives pourrait ne pas recevoir une réponse unanime. Certains partis politiques pourraient refuser d’y prendre part, notamment ceux dont les responsables font face à des procédures judiciaires en cours. Le communiqué cite l’argument avancé par le président du Pastef en 2023 : « Nous ne négocierons jamais avec un pistolet sur la tempe », une position que le parti dit comprendre.

Au-delà de ces considérations, l’Union pour le Développement du Sénégal met en garde contre l’atmosphère d’animosité palpable entre le pouvoir et l’opposition. « Dans la sphère politique actuelle, c’est l’image du bourreau et sa victime », déplore le parti. Selon l’UDS/A, le premier acte du dialogue doit être celui de l’apaisement, afin de créer un climat favorable à des échanges sincères et constructifs. L’organisation rappelle que le président Faye lui-même prône un « dialogue en temps de paix ».

Fidèle à ses principes démocratiques et souverains, l’UDS/A appelle à « dépassionner » le débat politique et à pacifier les cœurs et les esprits. Pour Adji Mbergane Kanouté et ses camarades, c’est à cette condition qu’un dialogue inclusif et fructueux sur le système politique sénégalais pourra voir le jour.

En citant le psychanalyste Jacques Lacan – « Le dialogue paraît en lui-même constituer une renonciation à l’agressivité » – l’UDS/A invite toutes les parties à se départir des postures conflictuelles. Le président de la République, souligne le communiqué, a « la noble et lourde mission d’améliorer les termes de référence » de ce dialogue, en mettant en priorité la relation entre le pouvoir et l’opposition.

Enfin, l’UDS/Authentique affirme que l’opposition ne peut être tenue à l’écart des décisions qui seront prises dans le cadre du dialogue, car elle reste une composante essentielle du système politique. Le parti plaide ainsi pour un débat national véritablement inclusif, où toutes les voix comptent, dans l’intérêt supérieur du pays.

Sangue Cheikh Moussa Diagne devant le parquet : un discours jugé blasphématoire qui secoue la République

Ce lundi matin, l’affaire Sangue Cheikh Moussa Diagne entre dans une nouvelle phase décisive. Placé en garde à vue depuis vendredi dernier, le célèbre prédicateur de la communauté spirituelle « Yalla-Yalla » sera présenté devant le substitut du Procureur au Tribunal de grande instance (TGI) de Dakar. Il fait face à une batterie de charges lourdes, dans un dossier explosif qui continue de faire grand bruit.

L’homme religieux s’est attiré les foudres de la communauté musulmane après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il affirme que « les chaussures de mon guide (…) les chaises de Serigne Touba et de Cheikh Ibra Fall valent mieux que l’intégralité des versets du Coran ». Cette déclaration, jugée blasphématoire et attentatoire aux valeurs religieuses, a rapidement enflammé les réseaux sociaux et suscité l’indignation dans plusieurs cercles religieux.

Alertées par deux plaintes émanant d’organisations de défense des valeurs morales et religieuses, les autorités ont agi sans tarder. À l’aube de vendredi, un impressionnant dispositif composé de trois agents de la Division spéciale de la Cyber-sécurité, sept éléments de la BIP et un membre de la DST a procédé à l’arrestation du prédicateur à son domicile.

Conduit dans les locaux de la Cyber-sécurité, Sangue Cheikh Moussa Diagne a été soumis à une enquête préliminaire rigoureuse. Il est poursuivi pour des infractions graves : discours contraires aux bonnes mœurs, offense à la moralité publique, provocation à la haine religieuse, et trouble à l’ordre public.

Loin de faire profil bas, le prédicateur a réitéré ses propos sans ambiguïté au cours de son interrogatoire : « Sama dalou serigne mo gueun Baqqara ba Naassi » (les chaussures de mon guide valent mieux que le Coran, de la sourate Baqqara à la sourate Nass, Ndlr). Selon les enquêteurs, il n’a montré aucun signe de repentir, ni de confusion mentale, malgré les premières suspicions en ce sens. Plusieurs témoignages recueillis par L’Observateur soulignent sa grande cohérence et sa conviction assumée.

Ce lundi matin, il sera déféré au parquet pour répondre de ses actes. Compte tenu de la gravité des faits et de leur potentiel déstabilisateur sur la cohésion sociale, une incarcération semble probable à l’issue de son audition. Le procureur de la République, saisi d’office, entend aller jusqu’au bout pour préserver la paix sociale et les fondements religieux du pays.

Le cas de Sangue Cheikh Moussa Diagne pose de manière aiguë la question des limites entre liberté d’expression, foi personnelle et respect des symboles sacrés dans une société profondément religieuse. Alors que l’enquête touche à sa fin, l’issue judiciaire de ce dossier pourrait faire jurisprudence et marquer un tournant dans la gestion des dérives verbales à caractère religieux.

À suivre…

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°468 – 19/05/2025

🔴 DIPLOMATIE : L’ALIGNEMENT FARFELU DU SÉNÉGAL DERRIÈRE LES JUNTES ! DAKAR GUIDE ET IMPULSE (Par Bougane Gueye Dany)
🔴 DÉMISSION DU FDR : NOUVEL ENVOL POUR ANTA BABACAR

🔴 LEVÉE DU CORPS DU CAPITAINE FADIOUF NDIAYE : L’ÂME DE L’US OUAKAM S’EN VA
🔴 JOJ 206 / ÉQUITATION : LE SÉNÉGAL À CHEVAL GRÂCE À ÉDEN KAZOUM !

Mali – Burkina Faso / Massacres ciblant des groupes ethniques : Thierno Alassane Sall exprime son indignation

Thierno Alassane Sall, président du parti République des Valeurs (RV), a utilisé son compte X pour dénoncer avec force les violences ethniques en cours dans plusieurs pays du Sahel, en particulier au Mali et au Burkina Faso. Il attire l’attention sur la gravité d’une situation qui, selon lui, tend à dégénérer en une série de massacres ciblés contre des groupes ethniques, notamment les Peuls.

Il rappelle que la rébellion malienne, qui dure depuis de nombreuses années, semble désormais sombrer dans des exactions où les civils sont pris pour cibles sans distinction, victimes d’actes de barbarie filmés par les auteurs eux-mêmes. Ces vidéos, qui circulent sur les réseaux, montrent des scènes insoutenables où femmes, enfants et personnes âgées sont enchaînés, torturés, puis tués, soulignant l’ampleur du drame humain qui se joue.

Thierno Alassane Sall fait également état de la situation au Burkina Faso, pays voisin, où des violences similaires ont lieu. Là aussi, des images choquantes circulent, montrant des villages ravagés et des populations humiliées, ce qui illustre une recrudescence de la brutalité à l’encontre des civils.

Face à cette montée de la violence, le leader politique appelle à une prise de conscience collective et à une solidarité internationale. Il insiste sur le fait que l’indignation face à la souffrance humaine doit être universelle, qu’elle concerne les victimes de Gaza, de la République démocratique du Congo, du Soudan ou du Sahel. Pour lui, il ne peut y avoir de hiérarchie dans la douleur et la dignité humaine doit être défendue partout.

Ce message s’inscrit dans un contexte où la région du Sahel est en proie à des conflits ethniques et à une insécurité grandissante, avec des conséquences dramatiques sur les populations civiles. Le discours de Thierno Alassane Sall vise à alerter l’opinion publique et les autorités sur l’urgence d’agir pour protéger les communautés vulnérables et mettre fin à ces atrocités.

Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation

Dans une phase de modernisation, Dakar Dem Dikk accorde une attention particulière à ses bus. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise s’appuie sur plusieurs structures internes essentielles à son bon fonctionnement. Consciente des enjeux liés à la mutation du secteur du transport, la société nationale a organisé ce samedi une journée de réflexion dédiée à sa direction technique, chargée de la maintenance du parc automobile.

Cette rencontre a réuni l’ensemble des acteurs concernés, parmi lesquels la direction générale, les agents, les partenaires sociaux ainsi que des représentants des associations du personnel. Initié par le directeur général, Assane Mbengue, cet atelier avait pour but d’optimiser l’efficacité opérationnelle de la direction technique dans le cadre de la transformation globale de l’entreprise.

Au cours des échanges, les participants ont abordé plusieurs axes stratégiques, notamment la refonte de l’organigramme, la préparation à la transition écologique ainsi que l’élaboration d’une nouvelle stratégie financière durable.

Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation
Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation
Gestion du parc automobile : Dakar Dem Dikk s’engage dans une nouvelle dynamique de transformation

Orpaillage clandestin à Bembou : la Gendarmerie saisit plus de 150 groupes électrogènes dans un coup de filet d’envergure

La lutte contre l’orpaillage clandestin connaît un tournant décisif dans le Sud-Est du Sénégal. Le samedi 17 mai 2025, entre 9h et 15h, la Brigade territoriale de Saraya, appuyée par le Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention n°2 (GARSI 2), a mené une vaste opération dans la commune de Bembou, département de Saraya. L’intervention visait à démanteler un site d’exploitation aurifère irrégulier en pleine expansion dans cette zone frontalière.

Placée sous les directives du Haut-commandement de la Gendarmerie nationale, l’opération s’inscrit dans un effort plus large de sécurisation des ressources naturelles et de lutte contre les activités illicites qui minent ces zones aurifères. Les autorités entendent ainsi restaurer l’ordre dans des localités souvent marquées par l’insécurité et les trafics en tout genre.

Le bilan logistique de cette opération est particulièrement révélateur de l’ampleur de l’activité clandestine : pas moins de 158 groupes électrogènes ont été saisis, accompagnés de 116 marteaux-piqueurs, 9 motopompes, 20 pompes à eau et 51 panneaux solaires. Cette saisie record met en lumière la structuration des réseaux d’orpaillage illégal opérant dans la région.

Selon la Gendarmerie nationale, d’autres opérations sont prévues dans les jours à venir, avec une vigilance accrue autour des sites à haut risque. Les autorités veulent ainsi envoyer un message sans équivoque : l’orpaillage clandestin ne sera plus toléré dans les zones sensibles du pays.

Badara Gadiaga dénonce les dérives politiques et judiciaires dans les affaires Azoura Fall, Abdou Nguer et autres

Invité de l’émission Jakarlo, le chroniqueur Badara Gadiaga s’est exprimé sans détour sur plusieurs affaires qui font actuellement l’actualité politique et judiciaire au Sénégal. Revenant sur le cas d’Azoura Fall, il a pointé les conséquences dangereuses de certaines déclarations publiques. Selon lui, affirmer à l’Assemblée nationale que des jeunes ont été payés pour insulter les autorités peut prêter à confusion. « Je vous pose la question de savoir : avez-vous envoyé Azoura pour qu’il aille insulter les gens ? Si tel n’est pas le cas, vous devez comprendre que ceux qui insultent peuvent aussi le faire de leur propre chef », a-t-il lancé à l’endroit d’Ousmane Sonko.

Le chroniqueur a ensuite élargi la réflexion à un mal plus profond : la dégradation des valeurs morales. Il s’est dit préoccupé par la banalisation de la violence et de la haine : « On convoque quelqu’un pour des insultes, et devant la police, il déclare avoir mis le feu à un véhicule appartenant à un proche. C’est inédit dans ce pays. » Pour Gadiaga, cette escalade témoigne d’une radicalisation inquiétante, loin des traditions d’opposition civilisée incarnées jadis par des figures comme Abdoulaye Wade et Abdou Diouf.

Il s’est dit choqué par le discours de certains responsables politiques qui revendiquent ouvertement la radicalité comme mode de gouvernance. « On entend aujourd’hui des responsables dire qu’ils doivent rester radicaux parce qu’ils ont conquis le pouvoir dans cette posture. Et qu’un jeune se lève pour réclamer un statut spécial ! » Gadiaga en appelle à une prise de conscience collective : « Les psychiatres, les universitaires doivent s’emparer de cette problématique. Car ce sont souvent des individus qui ne supportent pas la contradiction. »

Sur le plan judiciaire, le chroniqueur a salué la décision du procureur de placer Azoura Fall sous mandat de dépôt malgré les pressions. Il a toutefois dénoncé une justice à deux vitesses. Comparant les dossiers d’Abdou Nguer et d’Arona Niang, tous deux poursuivis pour diffusion de fausses nouvelles, il a relevé un traitement inégal. « L’un est en instruction, l’autre sera jugé la semaine prochaine, parce qu’il est proche du Pastef », a-t-il dénoncé. Il en va de même, selon lui, pour Assane Diouf, dont le dossier traîne en instruction, contrairement à celui du jeune Kaïré, qui sera jugé rapidement pour les mêmes faits.

Reddition des comptes : Me Amadou Aly Kane fustige la surmédiatisation des procédures

Invité de l’émission « Le Grand Jury » sur la RFM ce dimanche, Me Amadou Aly Kane, leader du Rassemblement pour la République et la Démocratie (R3D), a exprimé de sérieuses réserves sur la manière dont la reddition des comptes est actuellement mise en œuvre au Sénégal. S’il dit adhérer pleinement au principe de transparence, l’avocat inscrit au barreau de Dakar dénonce ce qu’il considère comme une « surmédiatisation » nuisible des procédures judiciaires en cours.

« On a l’impression que les personnes convoquées sont déjà présumées coupables », a-t-il déclaré, regrettant la manière dont certains dossiers sont exposés dans les médias avant même d’être jugés. Pour Me Kane, cette pratique porte atteinte à la présomption d’innocence et risque de décrédibiliser le processus judiciaire.

Au-delà de l’impact sur les individus concernés, il alerte également sur les répercussions économiques d’un tel climat. « Les détenteurs de capitaux ont peur de sortir l’argent », a-t-il affirmé, soulignant que cette frilosité des investisseurs contribue à la morosité économique ambiante. Une situation qui, selon lui, nuit aux recettes fiscales de l’État, notamment en matière de TVA.

L’homme politique appelle à une démarche plus équilibrée, ciblant en priorité les responsables publics dont les actes ont une incidence directe sur les biens communs. Dans le cas contraire, prévient-il, la justice risque de se transformer en instrument de règlements de comptes politiques ou personnels.

Cette prise de position intervient alors que plusieurs personnalités politiques et économiques sont actuellement convoquées ou auditionnées pour des affaires de détournement présumé de fonds publics. Tandis que le gouvernement insiste sur sa volonté de restaurer la transparence dans la gestion publique, des voix comme celle de Me Amadou Aly Kane appellent à faire preuve de plus de discrétion, afin de préserver les équilibres institutionnels, économiques et sociaux.

Anta Babacar Ngom claque la porte du FDR et trace sa propre voie politique

En pleine tournée de proximité à Kaffrine, Anta Babacar Ngom, présidente du parti Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC), a annoncé ce week-end son départ définitif du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR). Cette coalition, formée dans les rangs de l’opposition, ne correspond plus à sa vision politique, a-t-elle justifié dans un communiqué transmis à Ledakarois.

« Je quitte définitivement le FDR », a-t-elle déclaré sans détour. Anta Babacar Ngom affirme vouloir désormais affirmer l’indépendance de son parti, l’ARC, dans le paysage politique national. « Aujourd’hui, l’Alternative pour la Relève Citoyenne entend tracer sa propre voie et assumer pleinement son autonomie. Je suis désormais engagée à 100 % dans ce projet politique, enraciné dans les réalités du pays, tourné vers la jeunesse, les femmes et les territoires oubliés », a-t-elle précisé, tout en réaffirmant son ancrage dans l’opposition.

Ce départ, explique-t-elle, ne résulte pas d’un désaccord conjoncturel, mais d’une stratégie politique réfléchie et portée depuis plusieurs mois. Elle ambitionne de construire une nouvelle identité politique, centrée sur la proximité avec les populations, l’écoute des préoccupations citoyennes et une rupture avec les pratiques politiques traditionnelles.

Dans cette dynamique de renouvellement, sa présence à Kaffrine vise à consolider les fondations de l’ARC. La tournée est présentée comme un moment d’échange avec les habitants et un acte fondateur pour un mouvement qui se veut citoyen, inclusif et résolument tourné vers les préoccupations locales.

Interpellée sur la position de son parti par rapport au Dialogue national lancé par les autorités, Anta Babacar Ngom a précisé que l’ARC se concertera en interne avant de faire connaître sa position. Ce retrait du FDR confirme, selon certains observateurs, la volonté de la jeune leader politique de se démarquer et d’imprimer sa propre marque dans l’arène politique sénégalaise.

Trafic de drogue à Guinaw Rails : 28 kg de chanvre indien saisis, un suspect en garde à vue, la traque du réseau continue

Une importante saisie de drogue a été réalisée dans la soirée du vendredi 16 mai 2025 par les éléments du Commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails, en banlieue dakaroise. L’opération, menée aux alentours de 20h30, a permis de mettre la main sur 28 kilogrammes de chanvre indien, soigneusement dissimulés dans un sac au domicile d’un individu soupçonné de trafic.

Tout est parti d’un renseignement opérationnel, transmis aux autorités, faisant état d’un réseau actif aux abords de l’arrêt du Train Express Régional (TER) de Dalifort. Grâce à cette information, une surveillance a été discrètement mise en place. Elle a permis d’identifier un suspect, qui a été interpellé en possession de cinq cornets de chanvre indien. Cette première découverte a rapidement conduit les policiers à perquisitionner la chambre de l’individu, où ils ont trouvé la drogue principale.

Sur les lieux, les agents ont découvert un sac contenant 28 kilogrammes de chanvre indien, ainsi que plusieurs objets utilisés pour la transformation et la mise en vente de la drogue. Il s’agissait notamment de ciseaux, de couteaux, d’un plateau et de papier destiné à la fabrication de cornets, confirmant l’existence d’un point de conditionnement domestique.

Le mis en cause a été aussitôt placé en garde à vue. Les autorités poursuivent actuellement les investigations pour déterminer l’ampleur du réseau et identifier d’éventuels complices. D’après la Police nationale, cette saisie pourrait n’être qu’un maillon d’une chaîne plus vaste impliquant un trafic potentiellement international.

Ce coup de filet s’inscrit dans la stratégie de lutte accrue contre le trafic de stupéfiants, en particulier dans les zones urbaines à risque. Le chanvre indien, malgré sa faible valeur marchande, reste la substance la plus consommée et distribuée au Sénégal. Les autorités rappellent que la vigilance citoyenne est essentielle et appellent à la collaboration des populations pour lutter efficacement contre ce fléau.

Hajj 2025 : le général Mamadou Gaye exhorte les pèlerins sénégalais à la discipline et au respect des consignes

À l’approche du grand pèlerinage à La Mecque, le général de division Mamadou Gaye, délégué général au pèlerinage, a lancé un appel solennel aux pèlerins sénégalais. Il leur a demandé de suivre rigoureusement les directives de leurs encadreurs, ainsi que les mesures sanitaires et sécuritaires mises en place par les autorités saoudiennes et sénégalaises. Un message clair adressé lors de la cérémonie de remise des documents de voyage à 132 membres de l’Association du Trésor pour le pèlerinage à La Mecque (ATPM).

Le général Gaye a insisté sur trois principes fondamentaux pour la réussite du Hajj : discipline, organisation et solidarité. Il a salué le professionnalisme de l’ATPM, qu’il a qualifiée de structure exemplaire, à encourager et à prendre en modèle pour les autres groupements. Selon lui, un pèlerinage bien encadré repose sur la capacité des fidèles à respecter les règles établies, à suivre les consignes de leurs guides et à faire preuve d’un esprit collectif.

Dans la continuité de la phase préparatoire, les deux premiers vols transportant des pèlerins relevant du privé ont décollé samedi en fin d’après-midi, aux environs de 17h20. Une équipe d’accueil sénégalaise est déjà en place à Médine pour assurer la bonne prise en charge des arrivées, rapporte Le Soleil.

La campagne du Hajj 2025 s’annonce sous le signe de la rigueur, dans un contexte marqué par une volonté renouvelée des autorités sénégalaises de garantir aux pèlerins des conditions optimales, tant sur le plan logistique que spirituel.

Pacte de stabilité sociale : Mamadou Lamine Dianté détaille le rôle stratégique du Haut Conseil du Dialogue Social

Invité ce dimanche 18 mai 2025 sur le plateau de Face au Jury (PressAfrik TV), Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), a levé le voile sur les coulisses du nouveau pacte de stabilité sociale signé entre le gouvernement, les syndicats et le patronat. Ce processus, amorcé dès l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, s’est imposé comme un des piliers majeurs de sa stratégie de pacification du climat social.

Dès les premières semaines du nouveau quinquennat, le président Faye a placé la question sociale au cœur de son agenda. Selon M. Dianté, le chef de l’État « a compris que sa politique ne pourrait produire des résultats sans une stabilité dans les milieux de travail ». C’est dans cette perspective que le Haut Conseil du Dialogue Social a été sollicité pour piloter un processus de concertation nationale, avec pour objectif un pacte équilibré et ambitieux.

Contrairement à certaines idées reçues, les discussions n’ont pas débuté en mars 2025, mais dès janvier. Mamadou Lamine Dianté a précisé avoir pris l’initiative : « Le 24 janvier, j’ai demandé à parler aux secrétaires généraux des syndicats. Ils sont venus me voir, et très vite, nous avons adressé un courrier officiel aux autorités. Une semaine plus tard, nous rencontrions le ministre du Travail. »

Les échanges ont débouché sur un document de base, baptisé draft zéro. À la différence du pacte de 2014, celui de 2025 intègre des attentes sectorielles concrètes et des engagements clairs, dépassant le cadre des simples déclarations d’intention. « Les centrales syndicales ont voulu que ce pacte sorte des négociations sectorielles ordinaires », a souligné M. Dianté, insistant sur la portée transversale de ce nouvel accord.

Pour encadrer cette démarche, le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en place un comité restreint dans lequel le HCDS a joué un rôle moteur. La première étape fut une évaluation approfondie du pacte de 2014, afin d’en tirer les leçons. Cette phase a été suivie par une rencontre tripartite décisive, tenue le 27 février 2025 au Grand Théâtre national de Dakar. Une réunion jugée structurante, car elle a permis, selon M. Dianté, de renforcer la confiance entre les trois parties.

Le président Faye a ensuite donné des directives claires pour étendre les négociations aux grands secteurs sociaux : éducation, santé, justice, collectivités territoriales, etc., avec comme échéance symbolique le 1er mai 2025, jour de la fête du Travail. Grâce à une médiation discrète et continue du HCDS, les divergences ont été surmontées, permettant la signature d’un pacte à la hauteur des attentes.

« Notre rôle de médiation exige de la discrétion, surtout dans les rencontres sensibles. Il ne faut pas en faire un espace de polémique, sinon les lignes ne bougent pas », a confié Mamadou Lamine Dianté, soulignant l’importance du dialogue de fond, constructif et apaisé dans l’environnement social actuel.

Ce pacte, désormais effectif, constitue un levier stratégique pour le gouvernement Diomaye Faye : il vise à assurer la paix sociale durable, indispensable à la réussite de ses réformes structurelles. Le HCDS, en s’érigeant en courroie de transmission entre les différentes forces sociales, s’affirme plus que jamais comme un acteur central du nouveau contrat social sénégalais.

Coalition Diomaye Président : Mamadou Lamine Dianté appelle à une refonte pour consolider l’action au pouvoir

Mamadou Lamine Dianté, président du Haut Conseil du Dialogue Social et figure engagée de la mouvance présidentielle, a lancé un vibrant appel à la refonte de la coalition Diomaye Président. Invité de l’émission Face au Jury sur PressAfrik TV HD ce dimanche 18 mai 2025, il est revenu en détail sur les origines, l’évolution et les défis actuels de cette alliance politique née dans un contexte de forte turbulence.

Il a d’abord rappelé le contexte dramatique ayant conduit à la création de cette coalition. « Il y a eu un moment où Ousmane Sonko a été enfermé chez lui pendant 55 jours, puis emprisonné, avant que son parti, le Pastef, ne soit dissous », a-t-il expliqué. À cette époque, même si la coalition Yewwi Askan Wi existait toujours, le Pastef en était, selon lui, « la force motrice ». Sa dissolution, dit-il, a profondément affaibli le mouvement : « Toutes les activités de Yewwi étaient soit dispersées, soit abandonnées. Notre siège était barricadé. »

Face à cette désorganisation, une dynamique nouvelle s’est installée avec la naissance de la plateforme LACOS (Leaders Alliés au Candidat Ousmane Sonko), réunissant des figures comme Maïmouna Bousso et Dame Mbodj. Cette structure a pris le relais du combat, organisant conférences de presse et marches jusqu’au dépôt de la candidature de Sonko pour la présidentielle. Mais cette candidature fut rejetée une semaine plus tard par le Conseil constitutionnel.

C’est dans cette période charnière qu’une décision capitale a été prise : Ousmane Sonko a désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat à la présidentielle à travers une vidéo préenregistrée. « En résumé, Lacos a engendré Diomaye Président », a affirmé Mamadou Lamine Dianté, retraçant le basculement d’une lutte de résistance vers un projet politique renouvelé.

Une fois élu président de la République, Bassirou Diomaye Faye a hérité d’une coalition victorieuse mais encore structurée comme un outil de conquête du pouvoir. Selon Dianté, Ousmane Sonko a rapidement pris conscience de ce décalage et a convoqué une réunion dès le 6 avril 2025, appelant à la refonte de la coalition. « Il a insisté pour qu’on change son nom et qu’on révise ses textes, afin qu’elle devienne une coalition au pouvoir et non plus en quête du pouvoir », a-t-il rapporté.

Mais à ce jour, cette refondation attend toujours. Mamadou Lamine Dianté déplore le maintien du nom « coalition Diomaye Président », alors que de nouveaux alliés ont rejoint la dynamique présidentielle, notamment après les législatives. Il appelle à une actualisation profonde de la structure pour qu’elle soit en phase avec les réalités de la gestion étatique et de l’ouverture politique post-électorale.

Interrogé sur les tensions internes, notamment autour de certaines décisions jugées unilatérales et attribuées à Aïda Mbodj, présidente actuelle de la coalition, M. Dianté a évité les mots durs. Il a préféré parler « d’incompréhensions » plutôt que de crises, plaidant pour un retour à un dialogue constructif.

En conclusion, il a insisté sur la nécessité de repenser cette coalition dans l’optique d’une gouvernance stable, inclusive et cohérente. Pour lui, seule une restructuration assumée permettra de renforcer la majorité présidentielle et de donner une vraie cohésion à l’action gouvernementale. « Il faut dépasser les logiques d’avant la campagne. Nous sommes désormais au pouvoir, et cela exige une nouvelle posture politique », a-t-il martelé.

Dr Idrissa Doucouré, un Visionnaire africain honoré pour son influence mondiale

La Haye, 16 mai 2025 – L’Ambassadeur Dr Idrissa Doucouré a été distingué par le titre prestigieux de Docteur Honoris Causa, décerné conjointement par l’Université Santander et la Fédération Internationale Honoris Causa. Cette reconnaissance, dans la catégorie des affaires internationales et du secteur public, met en lumière un parcours exceptionnel et une contribution significative à l’échelle mondiale.

Né au cœur du Sénégal, Dr Doucouré a grandi dans une famille de onze enfants, où l’éducation était la clé pour transformer des rêves modestes en réalités grandioses. Son parcours, guidé par une détermination inébranlable, l’a conduit à devenir un « Agent de Changement » reconnu, un titre qu’il a accepté avec une profonde gratitude lors de la cérémonie.

Dans son discours inspirant, Dr Doucouré a souligné l’importance de l’éducation comme source de transformation et de possibilités infinies. « Dans un monde où les défis semblent intimidants, chaque obstacle est une opportunité de croissance et de changement, » a-t-il affirmé. En tant que Président Exécutif du Conseil Mondial des Investissements et des Affaires, il a collaboré avec des leaders visionnaires pour libérer le potentiel illimité du continent africain, illustrant ainsi ce que l’on peut accomplir en rêvant audacieusement et en agissant avec détermination.

Inspiré par Nelson Mandela, Dr Doucouré a réaffirmé son engagement à faire une différence tangible dans la vie des autres. « Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas seulement d’avoir vécu, mais la différence que nous avons faite dans la vie des autres, » a-t-il déclaré, appelant à construire des ponts d’espoir et à inspirer les leaders de demain.

Cette distinction est non seulement un hommage à un parcours individuel exceptionnel, mais aussi une célébration des rêves partagés et des efforts collectifs. En honorant Dr Doucouré, le monde reconnaît l’impact profond de son travail et l’espoir qu’il incarne pour un avenir meilleur.

Pour les décideurs et le grand public, cet hommage est une invitation à s’engager dans une voie de coopération et de progrès, inspirée par l’exemple d’un homme dont la vie est un témoignage de résilience et de vision. Ensemble, nous pouvons bâtir un avenir où chaque rêve a la possibilité de se réaliser.

Landing Savané : une figure tutélaire de la résistance et du dialogue honorée par Alioune Tine

À l’occasion d’un hommage solennel, Alioune Tine, fondateur de l’Afrikajom Center, a rendu un vibrant témoignage à Landing Savané, saluant l’héritage politique et humain d’un homme dont la trajectoire a marqué l’histoire contemporaine du Sénégal. Dans une salle chargée d’émotions et de mémoire, réunissant des leaders politiques, des acteurs de la société civile et des personnalités engagées dans les combats économiques et sociaux, l’évocation de Landing Savané a résonné comme un appel à la mémoire collective et au respect de la lutte démocratique.

Dès son entrée dans la salle, Alioune Tine a ressenti, selon ses mots, « l’écho des luttes d’une nation entière ». Pour lui, Landing Savané n’est pas simplement un homme politique ; il incarne avant tout le courage intellectuel et moral, celui qui pousse un esprit brillant à choisir l’opposition, même au prix de sa liberté, de sa sécurité, voire de sa vie. En optant pour cette voie difficile, Landing a inscrit son nom dans l’histoire comme un résistant, un homme de principes et un défenseur intransigeant de la démocratie.

Mais au-delà du militant, Alioune Tine a surtout mis en lumière la générosité et l’humanité de Landing Savané. Son ouverture d’esprit, son humilité, et surtout son sourire – décrit comme une marque de tolérance et de dialogue – ont permis de créer autour de lui un climat rare de respect mutuel, même dans des arènes politiques souvent polarisées. Cette capacité à écouter, à dialoguer, à concilier les contraires a été cruciale, notamment lors des négociations menées pour sa libération, dans lesquelles Alioune Tine lui-même a joué un rôle actif.

La figure de Landing Savané reste également attachée à la résistance contre les régimes autoritaires, notamment dans les années 1990. À cette époque, marquée par des tensions politiques aiguës, Alioune Tine se souvient d’avoir combattu à ses côtés, partageant les risques et les espoirs d’un Sénégal aspirant à l’alternance démocratique. Ce combat collectif, mené avec d’autres figures de proue de l’opposition, a contribué à forger la singularité démocratique sénégalaise, reconnue sur le continent et au-delà.

La forte affluence de figures politiques à cet hommage témoigne de la stature exceptionnelle de Landing Savané, vu comme un trait d’union entre générations, un repère dans le tumulte de la politique, et un artisan d’un dialogue constructif entre les forces en présence. Pour Alioune Tine, cette reconnaissance découle d’un parcours mêlant rigueur idéologique, fidélité à ses convictions et qualité humaine.

Aujourd’hui encore, alors que le Sénégal traverse de nouveaux défis, Landing Savané demeure une source d’inspiration, un modèle pour ceux qui croient en une politique fondée sur les principes, le respect, et la volonté de construire un avenir commun. À travers le regard d’Alioune Tine, c’est toute une mémoire de la résistance démocratique qui est ravivée, et c’est un appel à la transmission de cet héritage aux nouvelles générations qui se dessine.

Dakar Dem Dikk : une journée de réflexion pour moderniser la maintenance de ses bus

Dans un contexte de mutation profonde du secteur du transport urbain, Dakar Dem Dikk (DDD) poursuit sa dynamique de modernisation. Ce samedi, la société nationale de transport a organisé une journée de réflexion stratégique dédiée à sa direction technique, pilier essentiel chargé de la maintenance du parc automobile.

Sous l’impulsion du Directeur général, Assane Mbengue, cet atelier a réuni les principaux acteurs de l’entreprise : cadres de la direction générale, techniciens, partenaires sociaux, ainsi que des représentants des associations du personnel. L’objectif affiché est clair : renforcer l’efficacité opérationnelle de la direction technique pour l’adapter aux nouveaux défis du transport public.

Au cours des échanges, les participants ont abordé plusieurs axes stratégiques. Il s’agit notamment de la refonte de l’organigramme de la direction technique, de la préparation à la transition écologique – à travers l’introduction progressive de bus propres – ainsi que de la mise en place d’une nouvelle stratégie financière durable pour accompagner cette transformation.

Les travaux ont abouti à une série de recommandations visant à améliorer les performances techniques et environnementales de DDD. Pour en garantir l’application, un comité de suivi a été mis en place. Il aura pour mission de produire des rapports réguliers à l’intention de toutes les parties prenantes, assurant ainsi une mise en œuvre rigoureuse et concertée des décisions prises.

Défense et sécurité : le Sénégal et le Burkina Faso unissent leurs forces contre le terrorisme

Face à une menace terroriste toujours persistante dans la sous-région, le Sénégal et le Burkina Faso renforcent leur coopération en matière de défense et de sécurité. C’est ce qui ressort d’une séance de travail conjointe tenue ce samedi, sous la présidence des Premiers ministres Ousmane Sonko et Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence des délégations des deux pays.

Au cœur des discussions : la lutte contre le terrorisme, le trafic d’armes, la criminalité transfrontalière et d’autres formes de menaces sécuritaires communes.

Les deux États ont exprimé une volonté ferme de mutualiser leurs moyens, de renforcer les échanges d’informations stratégiques et de coordonner leurs actions pour répondre efficacement aux défis sécuritaires. Une attention particulière a été portée à la circulation des armes légères, au terrorisme et aux réseaux criminels actifs dans la région.

Tout en insistant sur la nécessité d’une réponse endogène, les deux parties ont appelé la communauté internationale à appuyer davantage les efforts régionaux, en mettant en avant la nécessité d’un soutien sans ingérence dans la souveraineté des États.

Dans cette logique, les deux pays se sont félicités de la convergence de vues entre les présidents Ibrahim Traoré du Burkina Faso et Bassirou Diomaye Faye du Sénégal, notamment sur la maîtrise du destin national et la préservation de la souveraineté face aux influences extérieures.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé le soutien du Sénégal au peuple burkinabè, saluant la résilience et le courage des forces armées et des populations du Faso.

« Le Sénégal est solidaire du Burkina Faso dans sa lutte courageuse contre le terrorisme. Nous rendons hommage aux combattants tombés sur le champ d’honneur et saluons la bravoure du peuple burkinabè », a-t-il déclaré.

Au-delà de la sécurité, cette collaboration renforcée entre Dakar et Ouagadougou s’inscrit dans une volonté plus large d’intégration régionale, de solidarité et d’autodétermination, dans un contexte où la stabilité des États sahéliens demeure un enjeu crucial pour l’avenir du continent.

Promotion des valeurs LGBTQ : « And Sàmm Jikko Yi » dénonce une « agression » et exige des sanctions

Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » est de nouveau monté au créneau, cette fois pour dénoncer ce qu’il qualifie de « provocation » orchestrée par un ressortissant étranger homosexuel ayant récemment séjourné à Dakar. Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi, ses membres ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils estiment être une « agression » contre les valeurs culturelles et religieuses du peuple sénégalais.

Le porte-parole du collectif, Adama Mboup, a condamné avec fermeté « l’impunité » dont jouiraient, selon lui, certains activistes LGBTQ étrangers dans le pays.

« Le peuple sénégalais est encore sous le choc de la dernière provocation et agression menée par une bande d’homosexuels étrangers sur notre territoire », a-t-il déclaré.

Le collectif a réclamé l’ouverture d’une enquête officielle pour identifier les auteurs, mais aussi les éventuels complices au Sénégal ou à l’étranger. Pour M. Mboup, cette affaire ne serait pas un acte isolé, mais ferait partie d’un « programme » visant à promouvoir des valeurs étrangères « incompatibles avec les fondements culturels et religieux de notre société ».

Insistant sur la gravité de l’affaire, « And Sàmm Jikko Yi » a exigé des sanctions exemplaires pour les personnes impliquées. « Une pareille offense à tout un peuple et à ses valeurs ne peut rester sans suite », a martelé Adama Mboup, pointant ce qu’il considère comme un vide juridique dans le code pénal sénégalais.

Le collectif renouvelle à cette occasion sa principale revendication : l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité, notamment dans ses formes de promotion publique, médiatique ou institutionnelle.

« L’article 319 ne suffit plus. Il ne condamne ni la promotion ni toutes les dérives liées à ce phénomène. Il faut une loi complète, ferme et urgente », a soutenu M. Mboup.

Cette nouvelle sortie médiatique intervient dans un climat marqué par des débats sensibles sur les libertés individuelles, la souveraineté culturelle et l’ingérence étrangère. Si le collectif reste influent dans certaines sphères sociales et politiques, la question de l’équilibre entre droits humains universels et valeurs traditionnelles continue de diviser l’opinion publique et les décideurs.

Crise à l’IPRES : le syndicat alerte sur une gestion “suicidaire” et des “recrutements massifs irréguliers”

L’ambiance est de plus en plus tendue au sein de l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES). Dans un communiqué au ton particulièrement alarmiste, le Syndicat autonome des travailleurs de l’IPRES dénonce une série de dérives qu’il qualifie de “suicidaires” pour l’avenir de l’institution.

Selon les syndicalistes, la direction actuelle, notamment le Président du Conseil d’Administration (PCA) et le Directeur général, mène une gestion opaque, déstructurée et clientéliste, marquée par des “recrutements massifs irréguliers”.

Le syndicat accuse le PCA d’avoir transformé l’institution en une structure à sa solde, où les postes stratégiques seraient désormais occupés par des proches, militants ou obligés, sans tenir compte de la compétence ou des besoins réels de l’organisme. “Le mérite n’est plus un critère d’avancement”, dénoncent les agents, qui décrivent un climat délétère au sein des bureaux, notamment à Point E, où l’effectif pléthorique rend les conditions de travail intenables.

“Deux travailleurs doivent désormais se partager un même poste”, souligne le syndicat, qui qualifie ces embauches de “totalement déconnectées” des réalités structurelles et financières de l’institution.

Plus inquiétant encore, les représentants du personnel affirment que la hiérarchie a perdu toute crédibilité, réduite à une exécution docile des ordres venus d’en haut. La loyauté irait désormais “à un homme et non à l’institution”, ce qui provoquerait un désengagement profond des travailleurs, de plus en plus nombreux à exprimer leur désillusion.

Face à cette situation, le syndicat pointe la passivité des autorités gouvernementales, qu’il accuse de faire preuve d’“attentisme” face à une crise interne menaçant la survie de l’IPRES. “C’est une non-assistance à institution en péril”, martèle le communiqué, qui appelle à une intervention urgente de l’État pour “sauver ce qui peut encore l’être”.

Cette sortie syndicale intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la gestion des organismes publics au Sénégal. L’IPRES, pilier central du système de retraite, se trouve aujourd’hui fragilisée par des accusations graves qui, si elles sont confirmées, pourraient relancer le débat sur la gouvernance et la transparence dans la gestion des institutions sociales.

Guinaw Rails : Un homme interpellé avec 28 kg de chanvre indien

Les éléments du Commissariat d’arrondissement de Guinaw Rails ont frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de drogue. Vendredi 16 mai, aux environs de 20h30, un individu a été interpellé pour trafic international, offre et cession de drogue, selon un communiqué de la Police nationale.

Cette arrestation fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état de l’existence d’un vaste réseau de trafic actif vers l’arrêt TER de Dalifort, et entretenu par le suspect.

Alertés par les renseignements, les enquêteurs ont monté une opération ciblée ayant conduit à l’interpellation du suspect alors qu’il était en possession de cinq cornets de chanvre indien. Une première saisie qui allait révéler une cachette beaucoup plus importante.

Suite à son arrestation, une perquisition a été menée au domicile du mis en cause. Celle-ci a permis la découverte de 28 kilogrammes de chanvre indien soigneusement dissimulés dans un sac. La police a également saisi du matériel servant probablement à la confection de cornets : deux paires de ciseaux, deux couteaux, un plateau et du papier.

Le suspect a immédiatement été placé en garde à vue, tandis que la drogue a été consignée au poste de police pour les besoins de l’enquête.

Les services de la police précisent que les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller d’éventuels complices. Les autorités soulignent leur détermination à démanteler les réseaux de trafic de drogue, qui alimentent l’insécurité et affectent les populations, notamment les jeunes.

Loi sur la criminalisation de l’homosexualité : Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » relance la pression sur les autorités

Le collectif « And Sàmm Jikko Yi » est une nouvelle fois monté au créneau pour exiger l’adoption d’une loi criminalisant l’homosexualité au Sénégal. Face à la presse ce samedi, ses membres ont réaffirmé leur position jugée intransigeante sur cette question et ont appelé les députés à agir « sans délai ».

Le porte-parole du collectif, Adama Mboup, a dénoncé les tentatives de discrédit dont son mouvement aurait fait l’objet sous le régime précédent, qu’il accuse d’avoir orchestré des campagnes de déstabilisation. « Le régime déchu accusant le collectif de sa débâcle n’a reculé devant aucune méthode de discrédit et de calomnie à notre égard. […] Nous sommes restés dans nos bottes », a-t-il affirmé.

Selon le collectif, la rencontre tenue le 19 février dernier avec El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, n’a pas été suivie d’effets concrets. « Depuis lors, nous attendons du pouvoir un projet de loi », déplore M. Mboup, rappelant que le collectif réclame depuis des mois un texte clair criminalisant l’homosexualité au Sénégal.

En l’absence d’initiative gouvernementale, le collectif affirme avoir entamé des discussions avec plusieurs parlementaires favorables à leur cause. Adama Mboup indique que des députés de tous bords — majorité, opposition ou non-alignés — se montreraient « sensibles à l’attente et à l’espoir du peuple ».

L’objectif affiché est l’introduction, dans les plus brefs délais, d’une proposition de loi émanant du Parlement, indépendamment de l’exécutif.

La sortie médiatique de « And Sàmm Jikko Yi » intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les questions de société au Sénégal. Le collectif, qui revendique un rôle de sentinelle morale, entend maintenir la pression sur les institutions pour que la législation reflète, selon lui, les valeurs de la majorité des Sénégalais.

Commerce : Le Sénégal et le Burkina Faso vers une intensification de leur coopération bilatérale

Le Sénégal et le Burkina Faso se préparent à franchir une nouvelle étape dans leur coopération stratégique. Ce samedi, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et son homologue burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ont coprésidé une séance de travail élargie aux deux délégations à l’issue de laquelle les deux États ont annoncé leur volonté de tenir dans les meilleurs délais la 6e session de la Grande Commission Mixte de Coopération.

Cette rencontre marque une volonté partagée de dynamiser les relations bilatérales, notamment sur le plan économique, commercial et financier. Dans un communiqué conjoint, les deux pays ont exprimé leur engagement à renforcer les échanges d’expériences en matière de bonne gouvernance, discipline budgétaire et gestion rigoureuse des ressources publiques.

Les Premiers ministres ont mis un accent particulier sur le développement des échanges commerciaux entre leurs deux pays. Ils ont insisté sur l’importance de créer davantage de partenariats entre les secteurs privés, d’encourager la libre circulation des biens et des personnes et d’améliorer la logistique du transport, notamment par le biais du Port de Dakar, qui reste une plateforme stratégique pour les pays de l’hinterland sahélien.

À cet effet, les deux dirigeants se sont félicités du projet d’implantation prochaine d’une représentation de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso au Sénégal, une initiative qui devrait faciliter les affaires et offrir un pont direct entre les communautés d’affaires des deux pays.

Au-delà des enjeux économiques, les deux délégations ont salué la qualité exemplaire de la coopération bilatérale dans divers autres domaines d’intérêt commun. Elles ont donné instruction à leurs Ministres des Affaires étrangères de prendre les dispositions nécessaires pour la tenue rapide de la 6e session de la Grande Commission Mixte, qui permettra d’adopter de nouveaux accords concrets au service du développement mutuel.

Le Collectif “And Samm Jikko Yi” Contre-Attaque : “Nous Ne Serons Ni Manipulés, Ni Intimidés”

Devant la mosquée inachevée de l’ancien aéroport de Dakar, le collectif “And Samm Jikko Yi” a tenu une conférence de presse ce samedi, marquant une nouvelle étape dans son engagement en faveur de la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal. Dans une atmosphère tendue mais résolue, ses membres ont saisi l’occasion pour répondre fermement à leurs détracteurs, qu’ils qualifient de « pseudo-défenseurs » des valeurs sénégalaises.

Babacar Sylla, président du collectif, a pris la parole pour dénoncer ce qu’il perçoit comme une tentative de récupération politique de leur lutte. « Certains individus, mus par des intérêts électoralistes et personnels, cherchent à détourner notre combat pour des ambitions qui n’ont rien à voir avec la défense des valeurs culturelles et religieuses de notre pays », a-t-il déclaré.

Le leader du collectif a tenu à rappeler que “And Samm Jikko Yi” reste fidèle à sa ligne de conduite, indépendante de toute pression politique. « Nous ne sommes ni un parti politique, ni un instrument aux mains de qui que ce soit. Notre engagement est clair : protéger les fondements moraux du Sénégal », a-t-il insisté.

Babacar Sylla a également renouvelé l’appel du collectif à l’État du Sénégal pour l’adoption d’une législation plus rigoureuse criminalisant l’homosexualité. Selon lui, la loi actuelle reste insuffisante face à ce qu’il qualifie de “menace contre l’identité culturelle et religieuse sénégalaise”.

Le discours, empreint de fermeté, a été applaudi par les partisans présents, qui ont réaffirmé leur soutien indéfectible à la cause défendue par le collectif. Toutefois, cette prise de position continue de susciter un débat national, opposant les défenseurs des droits humains aux tenants d’une ligne conservatrice.

Pape Abdoulaye Touré refuse l’indemnité de l’État : « Je veux la justice, pas l’aumône »

Le Coordonnateur du Mouvement Sénégal Notre Priorité (SNP), Pape Abdoulaye Touré, a décliné une indemnisation proposée par le Ministère de la Famille et des Solidarités, destinée aux anciens détenus politiques. Dans un message empreint de fermeté et de dignité, il a réaffirmé sa position : il ne réclame ni faveur ni compensation financière, mais exige que justice lui soit rendue.

« Pour la première fois, j’ai reçu hier un appel du Ministère de la Famille et des Solidarités. On m’y informait que je pouvais déposer mon papier de libération de prison ainsi qu’une photocopie de ma pièce d’identité afin de bénéficier d’une indemnité d’un montant de 500.000 FCFA, en tant qu’ex-détenu politique », a-t-il révélé.

Cependant, fidèle à ses principes, M. Touré a tenu à rappeler qu’aucune somme d’argent, aussi symbolique ou conséquente soit-elle, ne saurait remplacer la reconnaissance des violations qu’il dit avoir subies. « Comme je l’ai toujours affirmé, je ne toucherai pas un seul franc d’une quelconque indemnité tant que justice ne me sera pas rendue dans cette affaire de torture que j’ai subie », a-t-il déclaré.

Son refus n’est pas une simple posture : il traduit un combat plus profond pour la vérité et contre l’impunité. Victime autoproclamée de violences alors qu’il était en détention, Pape Abdoulaye Touré réclame que les responsables soient identifiés et jugés. « Ma position d’hier reste inchangée aujourd’hui : je préfère qu’on me rende justice, plutôt qu’on m’octroie tout le budget de l’État parce que l’honneur et la dignité d’un homme valent bien plus que l’argent. »

Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs anciens détenus politiques commencent à bénéficier de mesures de réparation de la part des autorités. Mais pour certains comme M. Touré, ces gestes officiels ne suffisent pas à panser les plaies d’un passé encore douloureux.

En plaçant l’honneur et la justice au-dessus de toute considération matérielle, Pape Abdoulaye Touré entend faire de son combat une tribune pour toutes les victimes silencieuses du système carcéral. Et rappeler que le pardon, comme la réconciliation, passe d’abord par la vérité.

Tahirou Sarr au cœur d’un nouveau scandale financier : l’affaire des Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO)

Déjà englué dans une affaire de détournement présumé de 91 milliards FCFA, l’homme d’affaires Tahirou Sarr voit son nom une nouvelle fois gravement entaché. Selon les révélations du journal L’Observateur dans son édition du 14 mai 2025, un nouveau dossier, aussi opaque que complexe, vient s’ajouter à la longue liste des ennuis judiciaires de l’industriel : l’émission de Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO) d’un montant total de 100,29 milliards FCFA.

Entre septembre 2023 et février 2024, trois tranches de CNO ont été émises au bénéfice de Coris Bank, prétendument pour couvrir des dettes de l’État envers Sofico, société dirigée par Tahirou Sarr. Les montants en question sont faramineux :

20 milliards FCFA le 8 septembre 2023 45,10 milliards FCFA le 28 décembre 2023 35,19 milliards FCFA le 28 février 2024

L’objectif officiel ? Règlement d’échéances de crédits bancaires et paiement de fournitures destinées au ministère de l’Environnement. Mais selon L’Observateur, les documents fournis sont loin d’être convaincants, avec un flou inquiétant autour de la nature réelle des fournitures — du matériel de sécurité dont les spécifications restent inconnues.

Les soupçons se densifient lorsque L’Observateur évoque une possible connexion avec le controversé contrat d’armement de 45 milliards FCFA signé en 2022 avec Aboubakar Hima, alias Petit Boubé, déjà bien connu pour ses relations douteuses avec plusieurs États africains. Le silence entourant les modalités d’exécution et la finalité des fonds alloués alimente les interrogations des magistrats financiers, qui évoquent un “manque de transparence manifeste”, selon des extraits de rapports cités dans le journal.

Alors qu’il est déjà placé sous mandat de dépôt pour escroquerie sur les deniers publics, association de malfaiteurs en bande organisée et blanchiment de capitaux, Sarr devait comparaître ce mardi 14 mai devant la Chambre d’accusation financière pour une audience cruciale concernant la saisie de ses biens. Celle-ci a finalement été reportée au 21 mai, sur requête de ses avocats, qui souhaitent affiner leur stratégie de défense.

Mais le plus inquiétant reste peut-être les rapports de la Cour des comptes, transmis au ministère de la Justice, qui recommandent l’ouverture urgente d’enquêtes pénales. La nature fragmentaire des informations transmises par Sofico et les services de l’État fait planer de sérieux doutes sur la régularité et la légalité des opérations menées.

Dans les cercles financiers sénégalais, Tahirou Sarr est passé en peu de temps de discret industriel à figure centrale d’un scandale financier tentaculaire, potentiellement lié à des circuits de financement opaques entre secteur privé et État. Cette affaire pourrait rapidement devenir un test pour la crédibilité du parquet financier, mais aussi pour la volonté des autorités politiques de faire toute la lumière sur des pratiques jusque-là protégées par un mur de silence et d’influence.

L’opinion publique, elle, s’impatiente, dans un contexte national où la transparence dans la gestion des deniers publics est plus que jamais exigée.

Mame Makhtar Gueye relance le combat pour la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal

Le président de l’ONG islamique Jamra, Mame Makhtar Gueye, a de nouveau exprimé ce vendredi 16 mai son opposition ferme à la présence et à la visibilité des personnes LGBT au Sénégal. Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, il a annoncé une série d’actions militantes pour exiger la criminalisation de l’homosexualité, à commencer par un rassemblement prévu le 23 mai devant les ruines de l’immeuble effondré à Ngor, qu’il qualifie de « prière de repentir ».

« Aujourd’hui marque le premier jalon de notre combat pour la criminalisation de l’homosexualité au Sénégal », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation populaire massive.

Appel à l’unité contre « l’agenda LGBT »

Le leader de Jamra a invité les organisations religieuses et civiles à faire front commun contre ce qu’il considère comme une « banalisation des actes homosexuels » dans la société sénégalaise. La marche du 23 mai, selon lui, vise à « rappeler à l’ordre les autorités » et à empêcher toute tentative d’intégration de ce qu’il appelle « l’agenda LGBT » dans les normes sociales et juridiques du pays.

Mame Makhtar Gueye n’a pas épargné le leader français de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dont la récente visite au Sénégal a été, selon lui, « une ingérence étrangère ». Il l’a accusé d’appartenir à la loge maçonnique du Grand Orient de France depuis 1983, ce qui en ferait, à ses yeux, un symbole de l’influence occidentale sur les questions sociétales.

« Il ne devait pas être invité ici. C’est une erreur », a-t-il lancé à l’endroit du président sénégalais Ousmane Sonko.

L’ONG Jamra reproche au chef de l’État sénégalais un supposé revirement sur la question de la criminalisation de l’homosexualité. Rappelant les engagements passés de Sonko lorsqu’il était dans l’opposition, Mame Makhtar Gueye l’interpelle directement :

« Si Sonko donne une réponse pire que celle de Macky Sall, allons-nous rester les bras croisés ? »

Il dénonce ce qu’il considère comme une « tolérance assumée » du nouveau régime à l’égard des minorités sexuelles, en contradiction avec les valeurs religieuses et culturelles sénégalaises.

Jamra et d’autres organisations religieuses avaient déjà tenté en 2022 de faire voter une loi criminalisant explicitement l’homosexualité au Sénégal, une initiative qui avait été stoppée net par l’Assemblée nationale. Mame Makhtar Gueye entend désormais relancer cette campagne avec un nouvel élan, dans un contexte politique profondément renouvelé.

« Nous ne cherchons ni à diaboliser ni à stigmatiser. Nous voulons protéger notre héritage moral et religieux », a-t-il conclu.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°467 – 17 ET 18/05/2025

🔴 NOUVELLE MOBILISATION DE 44 MILLIARDS F CFA : LE SÉNÉGAL ABONNÉ AU GUICHET UMOA
🔴 INACTION DE L’ÉTAT FACE À L’INSTALLATION DE LOBBIES ASIATIQUES ET LA SPÉCULATION SUR LES PRIX : LES TRANSFORMATEURS D’ANACARDE À L’AGONIE

🔴 JO 2028 / DES TAXIS VOLANTS POUR LE TRANSPORT DU PUBLIC : LOS ANGELES EN MODE SCIENCE-FICTION
🔴 ÉJECTÉ DE LA COUPE DU SÉNÉGAL : JARAAF JOUE SA DERNIÈRE CARTE EN LIGUE 1

Transport aérien au Sénégal : Pourquoi les avions L410-NG restent cloués au sol malgré leur potentiel évident

L’acquisition par l’État sénégalais de cinq avions L410-NG pour Air Sénégal a suscité beaucoup d’espoirs, mais également de nombreuses interrogations quant à leur immobilisation actuelle. Cette opération, inscrite dans une stratégie nationale de redressement de la compagnie aérienne, visait à réduire les pertes abyssales enregistrées par Air Sénégal et à rendre le transport aérien plus accessible. Pourtant, malgré leur potentiel, ces appareils ne décollent toujours pas.

En 2022, Air Sénégal faisait face à une situation financière alarmante avec des pertes mensuelles dépassant les 6 milliards de francs CFA, malgré un taux de remplissage des vols supérieur à 70 %. Le déficit était particulièrement important sur les lignes internationales comme New York, Barcelone ou Milan, qui accusaient un trou de plus de 2 milliards de francs CFA par mois. À l’échelle nationale, la desserte de zones comme Cap Skirring générait elle aussi des pertes considérables. Face à cette situation, l’État a décidé d’acquérir huit avions L410-NG, en deux phases, afin de diminuer les coûts d’exploitation et ainsi rendre les vols plus abordables, notamment sur les lignes domestiques.

Ces avions sont nettement moins coûteux à exploiter que les ATR72-600 utilisés jusqu’alors. Avec un coût horaire estimé à 1 000 dollars contre 6 000 dollars pour les ATR, l’arrivée des L410-NG devait permettre de réduire les prix des billets, passant de 65 000 à environ 40 000 francs CFA, une baisse significative pour encourager l’accès au transport aérien. Contrairement à certaines accusations d’opacité, le processus d’acquisition s’est déroulé avec transparence et rigueur. Plusieurs missions, regroupant des représentants de l’ANACIM, d’Air Sénégal, de l’Armée de l’air et des ministères, se sont rendues à Prague entre août 2023 et février 2024 pour superviser les négociations, vérifier les appareils et valider les modalités techniques. Le financement a été organisé sous forme d’un crédit export tchèque sur 12 ans, évitant ainsi que la compagnie n’engage des fonds propres ou n’alourdisse sa dette.

Malgré ces conditions favorables, l’immobilisation actuelle de deux avions livrés n’est pas due à un problème technique ou stratégique, mais à un retard majeur dans la formation des personnels. Bien que le constructeur OMNIPOL ait proposé plusieurs sessions de formation entre mars et décembre 2024, aucun pilote, mécanicien ou ingénieur sénégalais n’a encore été envoyé à Prague pour se former à l’utilisation et à la maintenance de ces nouveaux appareils. Ce manquement a bloqué la mise en service des L410-NG, empêchant leur exploitation à ce jour. Il est particulièrement regrettable que cette situation touche un appareil fiable, recommandé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et déjà utilisé avec succès dans plusieurs pays africains comme l’Algérie, le Niger ou la République démocratique du Congo.

Cette situation soulève une interrogation fondamentale sur la vision à long terme d’Air Sénégal. La compagnie doit-elle rester une institution prestigieuse mais financièrement déficitaire, réservée à une clientèle aisée, ou se transformer en un outil de désenclavement national accessible au plus grand nombre ? Les avions L410-NG, par leur performance économique et leur adaptation aux infrastructures sénégalaises, représentent une opportunité majeure pour concilier service public et viabilité financière. Pour que cette opportunité soit pleinement exploitée, une meilleure coordination entre les acteurs et une gestion proactive des ressources humaines et techniques sont désormais indispensables.

Affaire Abo Mbacké : la Cour suprême tranche en faveur de la liberté provisoire malgré l’opposition du parquet

La Cour suprême a rendu, ce jeudi, une décision qui relance le dossier judiciaire d’Ardo Mbacké, plus connu sous le nom d’Amir Abo. La haute juridiction a rejeté le pourvoi introduit par le parquet général, validant ainsi la décision de mise en liberté provisoire prise antérieurement par la Chambre d’accusation.

Le dossier remonte à novembre 2024, lorsqu’Ardo Mbacké avait été placé sous mandat de dépôt par le Pool judiciaire financier. Il était alors poursuivi pour « escroquerie et blanchiment de capitaux », des faits jugés graves et ayant déclenché une enquête à fort retentissement dans les milieux économiques.

Malgré la gravité des charges, la défense avait plaidé avec succès la restitution de l’intégralité des sommes incriminées, soit 100 millions de francs CFA, pour solliciter une remise en liberté. La Chambre d’accusation, saisie du dossier, avait effectivement accordé cette liberté provisoire, estimant que le remboursement volontaire de la somme constituait un élément nouveau et favorable à l’accusé.

Le parquet général, opposé à cette décision, avait alors formé un pourvoi en cassation, considérant que la liberté provisoire était prématurée et risquait d’entraver la bonne poursuite des procédures. Mais ce recours n’a pas convaincu la Cour suprême, qui a tranché en faveur de la décision de la Chambre d’accusation, mettant ainsi un terme, du moins provisoire, à la détention d’Abo Mbacké.

Ce verdict marque un tournant dans ce dossier sensible et pourrait être interprété comme une volonté de privilégier les garanties offertes par l’accusé, notamment la restitution des fonds, tout en laissant le fond du dossier être jugé en toute sérénité.

Il n’en demeure pas moins que l’affaire reste pendante sur le plan judiciaire. Le parquet, bien qu’ayant vu son pourvoi rejeté, pourrait intensifier ses efforts pour faire aboutir les poursuites sur le fond, d’autant que des soupçons de montage financier complexe et de circuits de blanchiment avaient été évoqués au début de l’enquête.

Criminalisation de l’homosexualité : entre silence du pouvoir et ingérence étrangère, Jamra hausse le ton

À travers une conférence de presse tenue ce vendredi à Dakar, le collectif « Rappel à l’ordre », animé par l’ONG islamique Jamra, a vivement interpellé les autorités sénégalaises sur ce qu’il considère comme un recul dans la lutte contre la promotion de l’homosexualité. Entre dénonciation d’une complaisance supposée du gouvernement et mise en accusation d’acteurs politiques étrangers, le discours du porte-parole Mame Mactar Guèye a été aussi offensif que structuré.

Dès l’entame de son propos, l’activiste a tenu à rappeler que les fondements religieux du Sénégal — islam comme christianisme — rejettent catégoriquement l’homosexualité. « Il est nécessaire de rappeler que, qu’il s’agisse de l’islam ou du christianisme, les deux religions condamnent fermement l’homosexualité », a-t-il martelé, regrettant ce qu’il qualifie de « complaisance politique croissante » envers les lobbies LGBT, dans un contexte où, selon lui, les engagements antérieurs n’ont pas été respectés.

Il est ainsi revenu sur le rejet, sous Macky Sall, d’une proposition de loi visant à criminaliser l’homosexualité, pourtant portée par une coalition d’organisations religieuses et sociales. Pour Mame Mactar Guèye, l’arrivée au pouvoir d’Ousmane Sonko aurait dû relancer le débat et mener à une réforme législative rapide. « Aujourd’hui, malgré le changement de pouvoir, les lobbies continuent de nous envahir », a-t-il déclaré, visiblement amer.

Mais l’une des charges les plus virulentes de la conférence a été dirigée vers Jean-Luc Mélenchon, chef de file du parti français La France Insoumise, récemment en visite à Dakar. « Jean-Luc Mélenchon a 42 ans de militantisme maçonnique », a affirmé Mame Mactar Guèye, avant d’ajouter que l’homme politique français « fait avancer l’agenda du Grand Orient de France », une organisation qu’il accuse d’avoir influencé la légalisation du mariage homosexuel en France sous François Hollande.

Selon Guèye, Mélenchon aurait revendiqué, devant des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop, être à l’origine de la première proposition législative en faveur du mariage homosexuel en France. Pour lui, cette visite aurait dû alerter les autorités sur les intentions idéologiques de leur hôte.

À ce propos, le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas été épargné. Mame Mactar Guèye a affirmé que Sonko avait invité Mélenchon « de bonne foi », mais que la réaction officielle du gouvernement après cette visite laisse perplexe. « Macky Sall avait au moins dit à Obama que le Sénégal n’était pas prêt. Mais avec Sonko, on parle de tolérance. Et nous, nous ne tolérons pas ça », a-t-il tonné, rappelant au passage une promesse faite, selon lui, par Sonko lors d’une rencontre avec l’association Samm Djiko : « Il avait promis que la criminalisation de l’homosexualité serait l’une de ses premières lois. Depuis, rien n’a été fait. »

Le collectif a également évoqué un « relâchement inquiétant » sur le terrain, citant le cas d’un touriste homosexuel qui, selon eux, se serait filmé à Dakar en proférant un message sur la prétendue « tolérance » du pays envers les minorités sexuelles.

En réponse, Jamra annonce la mise en place d’un « front de résistance » pour contrer ce qu’il appelle « l’agenda LGBT ». « Nous ne diabolisons personne, mais nous serons là pour dire non », a insisté Mame Mactar Guèye, tout en précisant que le collectif prévoit une mobilisation le 23 mai prochain devant un immeuble symbolique. « Nous avons déjà déposé une déclaration préalable, conformément à la Constitution. »

À travers cette sortie musclée, Jamra tente de relancer un débat sensible, dans un contexte où la société sénégalaise reste très conservatrice sur les questions de mœurs. Mais entre les appels à la législation, les accusations de trahison et les discours de résistance, le sujet risque de polariser davantage l’espace public sénégalais dans les semaines à venir.

Industries extractives : Une manne de 225 milliards pour l’État, l’ANSD et le CN-ITIE scellent un pacte pour plus de transparence

Le secteur extractif sénégalais continue de démontrer son potentiel stratégique dans l’économie nationale. Ce vendredi, un nouveau jalon a été posé en matière de gouvernance des ressources naturelles, avec la signature d’une convention-cadre de partenariat entre le Comité National de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (CN-ITIE) et l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD).

Cet accord vise à renforcer la collecte, la gestion et la diffusion des données issues de l’exploitation minière, pétrolière et gazière, dans un souci de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance. Une étape majeure selon Thialy Faye, président du CN-ITIE, qui y voit une avancée concrète vers une meilleure maîtrise des enjeux économiques liés au sous-sol sénégalais.

Parmi les acquis déjà visibles de ce partenariat, figurent la sécurisation et l’hébergement du site web de l’ITIE, ainsi que de sa messagerie sur les serveurs de l’ANSD. L’institution statistique nationale a également mis à disposition un véhicule pick-up pour soutenir les opérations de terrain du CN-ITIE, illustrant ainsi une synergie logistique au service de la transparence.

En perspective, les deux institutions ont annoncé la création prochaine d’une application numérique dédiée à la divulgation automatique des données extractives. Ce dispositif technologique devrait améliorer l’accessibilité publique à l’information sur les flux financiers et les impacts économiques du secteur. Un gestionnaire de données, ingénieur statisticien de formation, viendra également étoffer l’équipe technique du CN-ITIE.

Sur le plan des recettes, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le rapport semestriel 2024 du CN-ITIE, le secteur extractif a généré 236,59 milliards FCFA entre janvier et juin, dont 225,49 milliards FCFA ont été versés au Trésor public, représentant plus de 95 % des revenus globaux. Ce montant équivaut déjà à 64 % de l’ensemble des recettes collectées en 2023, signe d’une croissance soutenue et d’un potentiel en pleine expansion.

Le rapport souligne également un volume total de transactions de 862,8 milliards FCFA entre entreprises extractives et fournisseurs. Sur ce montant, 342 milliards FCFA ont été captés par des entreprises locales, soulignant les retombées économiques internes de la chaîne d’approvisionnement. À cela s’ajoutent 2,57 milliards FCFA de dépenses sociales et 972 millions FCFA alloués à des paiements environnementaux.

Pour Thialy Faye, cette dynamique financière est à coupler avec une exigence accrue de redevabilité : « Notre ambition est claire : faire du CN-ITIE un organe de référence en matière d’expertise technique et de transparence budgétaire, au bénéfice de tous les Sénégalais. »

La convention signée entre le CN-ITIE et l’ANSD va ainsi au-delà d’une simple entente administrative : elle marque une volonté assumée d’institutionnaliser l’accès à l’information, dans un contexte de valorisation stratégique des ressources minières, pétrolières et gazières du pays.

Touba – Hôpital Ndamatou : Une structure au bord de l’asphyxie, les travailleurs dénoncent une gestion chaotique

L’hôpital Ndamatou de Touba, l’un des principaux centres de santé de la ville sainte, traverse une crise profonde qui inquiète autant les agents de santé que les populations. Entre absence criante de moyens logistiques, retards de salaires, pannes d’équipements médicaux et promesses non tenues par l’État, la situation frôle l’asphyxie.

Réunis pour une conférence de presse tenue dans l’enceinte de l’établissement, les travailleurs ont dressé un tableau alarmant du quotidien de l’hôpital. L’un des faits les plus graves pointés du doigt est l’absence totale d’ambulance pour les évacuations sanitaires. « Lorsqu’un patient a besoin de soins urgents ailleurs, nous devons appeler les structures de santé voisines pour espérer obtenir une ambulance. Parfois, il faut attendre toute une journée », a confié un syndicaliste dépité.

À ce problème s’ajoute l’indisponibilité d’un scanner, pourtant essentiel pour des diagnostics rapides et fiables. L’appareil est en panne depuis plusieurs mois, et aucune solution durable n’a encore été apportée. Cette défaillance technique retarde les soins et met en péril la vie des patients nécessitant une prise en charge rapide.

La situation est d’autant plus préoccupante que l’hôpital Ndamatou est confronté à une surcharge constante, notamment lors d’événements religieux majeurs comme le Grand Magal de Touba. Le personnel réclame que la structure soit reclassée en hôpital de niveau 2, afin de mieux répondre aux besoins croissants de la population. Actuellement sous-dimensionné, l’établissement n’a ni la capacité d’accueil suffisante ni les ressources nécessaires pour faire face à une telle affluence.

Sur le plan des ressources humaines, la grogne est également forte. Les travailleurs dénoncent des retards chroniques dans le paiement des salaires, des accords non respectés par l’administration, et une absence totale de perspectives d’évolution professionnelle. « Les avancements de carrière, censés être automatiques tous les deux ans, sont bloqués depuis longtemps. On travaille dans l’incertitude et le mépris », confie un agent de santé visiblement abattu.

Pour espérer sortir de cette crise, les travailleurs estiment qu’une enveloppe budgétaire d’au moins 120 millions de FCFA est nécessaire. Pourtant, lors du dernier Magal, le ministère de la Santé avait annoncé une allocation de 800 millions de FCFA au profit du dispositif sanitaire local. Une déclaration qui suscite aujourd’hui l’incompréhension et la colère des agents de santé de Ndamatou. « Nous n’avons vu aucun centime de cet argent. Où est-il passé ? Que les autorités nous disent la vérité », s’interrogent les syndicalistes.

Université Iba Der Thiam de Thiès : 72 heures de grève décrétées par le SAES pour dénoncer des dérives de gouvernance

La Coordination du Syndicat Autonome des Enseignants du Supérieur (SAES) de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UIDT) est montée au créneau ce mercredi 14 mai 2025. Dans un communiqué au ton ferme, le syndicat a annoncé une grève de 72 heures, non renouvelable, du vendredi 16 au lundi 19 mai, en dénonçant une série de dysfonctionnements qu’il qualifie de graves et préjudiciables au bon fonctionnement de l’université.

Le premier point de tension évoqué par le SAES concerne les conséquences du départ de l’École Nationale Supérieure d’Agriculture (ENSA) de l’UIDT, survenu depuis le 1er janvier 2024. Ce retrait a, selon le syndicat, laissé derrière lui un budget conséquent, censé couvrir 31 postes d’enseignants-chercheurs et 47 postes de personnels administratifs, techniques et de service (PATS). Or, à ce jour, déplore la Coordination, aucun recrutement n’a été engagé malgré l’urgence des besoins pédagogiques et administratifs.

Par ailleurs, la Coordination SAES–Thiès a dénoncé l’état qu’elle juge catastrophique des infrastructures pédagogiques et administratives, notamment dans les UFR Santé, Sciences Économiques et Sociales (SES) et Sciences et Technologies (SET). Elle exige, à ce titre, la réalisation d’un audit indépendant pour faire toute la lumière sur l’utilisation effective du budget hérité du départ de l’ENSA.

Autre sujet de discorde : la création d’une nouvelle Unité de Formation et de Recherche (UFR) en Sciences Agronomiques, Agroalimentaires et Environnementales. Le SAES affirme que cette nouvelle entité a été mise en place sans validation du Conseil Académique, en violation flagrante de l’article 20 du décret n°2021-1504 régissant les universités. Pour la Coordination, cette décision est tout simplement « illégale, nulle et non avenue » tant qu’elle ne respecte pas les procédures de gouvernance universitaire.

Le syndicat a également fustigé la prolongation illégale de certains PATS à la retraite, soulignant que de jeunes diplômés qualifiés attendent en vain des opportunités d’emploi. Dans le même esprit, il a dénoncé la coupure arbitraire des primes d’encadrement allouées aux Assistants, certaines jamais versées depuis leur recrutement. Il exige le paiement rétroactif intégral de ces primes.

La tension est montée d’un cran avec l’instauration d’une fouille systématique du personnel, enseignants et administratifs, à l’entrée du campus. Une mesure jugée attentatoire à la liberté individuelle et à la dignité du personnel. La situation a dégénéré ce mercredi 14 mai avec l’agression, selon le syndicat, d’un camarade chargé des revendications par des vigiles au service du Recteur.

Face à cette escalade, la Coordination SAES–Thiès, en accord avec le SUDES, a décrété une grève d’avertissement de 72 heures. Une Assemblée Générale est convoquée dès le vendredi 16 mai pour décider des suites à donner à ce mouvement, qui pourrait marquer un tournant dans les rapports entre les autorités universitaires et les représentants du personnel à l’UIDT.

APR – Dialogue politique et arrestations : le parti de Macky Sall durcit le ton face au pouvoir

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) s’est réuni le jeudi 15 mai 2025 pour aborder les questions majeures qui agitent l’actualité nationale et internationale. À l’issue de cette réunion, l’APR a réitéré son refus de participer au dialogue politique prévu le 28 mai prochain, tout en exigeant la libération immédiate de ses responsables incarcérés.

La rencontre a été l’occasion pour les cadres du parti fondé par l’ancien président Macky Sall d’exprimer leur profonde indignation face aux propos qu’ils qualifient de « graves et outranciers » tenus, selon eux, par des proches du Premier ministre Ousmane Sonko. Le SEN accuse ce dernier de soutenir « un insulteur notoire » à la veille d’un procès, ce qui, selon l’APR, s’apparente à une tentative de pression sur la justice. En conséquence, le parti considère que le dialogue politique initié par les nouvelles autorités est une manœuvre politicienne sans sincérité, visant à donner une légitimité à des décisions déjà prises.

En parallèle, l’APR a exprimé son inquiétude face à la situation sécuritaire dans la région sud du pays, notamment en Casamance, où un convoi de collecteurs de noix de cajou a récemment été attaqué à Boutoupa Camaracounda. Les responsables du parti saluent les efforts des forces armées dans cette zone sensible, et appellent les autorités à une attention plus soutenue et à des actions concrètes pour consolider la paix dans cette région longtemps affectée par l’instabilité.

Sur le plan judiciaire, l’Alliance Pour la République s’insurge contre les arrestations de plusieurs de ses figures emblématiques. Le parti exige la libération de Farba Ngom, Lat Diop et Abdoulaye Ndiaye, considérés comme des « détenus politiques » et des « otages » d’un régime qui, selon le SEN, fait de la répression un outil de gouvernance. Il apporte également un soutien appuyé aux anciens ministres Amadou Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Sophie Gladima, Salimata Diop et Moustapha Diop, ciblés par des procédures en cours devant la Haute Cour de Justice. Pour l’APR, ces poursuites relèvent d’un acharnement politique et non d’un véritable souci de justice.

À l’échelle internationale, le SEN s’est félicité de la tenue à Lomé de la conférence de l’Union africaine sur la dette des pays africains. Cependant, les responsables du parti ont déploré la faible représentation du Sénégal à cet événement important. Ils estiment que le pays, qui s’est longtemps illustré sous le magistère de Macky Sall sur cette question, aurait dû marquer une présence plus forte, fidèle à son rôle de leadership africain sur les enjeux de la dette.

Enfin, l’APR a exprimé sa vive préoccupation concernant la situation des libertés au Mali. Le parti a appelé au respect des droits fondamentaux, jugeant qu’aucun progrès durable n’est possible sans liberté d’expression et d’association dans les sociétés africaines.

Ce communiqué illustre la posture désormais résolument offensive de l’APR, qui entend assumer pleinement son rôle d’opposition et se positionne en vigie de la démocratie sénégalaise face à un pouvoir qu’il accuse de dérives autoritaires.

Justice sénégalaise : cinq anciens ministres dans le collimateur de la Haute Cour

La justice sénégalaise passe à la vitesse supérieure dans les affaires visant plusieurs ex-membres du gouvernement. Après les mises en accusation retentissantes de cinq anciens ministres, la Haute Cour de Justice intensifie son action avec des mesures concrètes. D’après le quotidien Libération, la Commission d’instruction et le parquet général ont enclenché une offensive judiciaire en règle, marquée par la délivrance de mandats de comparution et d’ordres de conduite.

Les anciens ministres Mansour Faye, Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop, Moustapha Diop et Ismaila Madior Fall sont désormais dans le viseur de la Haute Cour. Cinq mandats de comparution ont été transmis à la Division des investigations criminelles (Dic) pour notification aux intéressés. Un calendrier d’auditions est déjà établi. Ndèye Saly Diop devra se présenter le 19 mai, Moustapha Diop est attendu le 22, tandis que Mansour Faye est convoqué le 26.

Dans le même temps, le parquet général a donné instruction d’engager des mesures de « conduite », des procédures de contrainte visant à amener les mis en cause devant les juridictions compétentes. Ces actions s’inscrivent notamment dans l’enquête relative au projet controversé de construction du tribunal de Guédiawaye, un dossier qui met en cause l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall. Ce dernier est soupçonné d’avoir trempé dans des actes de corruption dans le cadre de ce marché public.

Selon des sources proches de l’enquête relayées par Libération, la Brigade des affaires générales (BAG) de la Dic a déjà collecté des éléments jugés accablants. Plusieurs fonctionnaires et particuliers impliqués de près ou de loin dans le projet ont été cités dans les investigations, renforçant les soupçons sur un possible réseau de détournement ou de malversations.

Cette montée en puissance de la justice sénégalaise marque un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité des anciens dirigeants. Elle traduit également la volonté affichée du pouvoir judiciaire de faire la lumière sur une série de pratiques opaques longtemps dénoncées par la société civile et les organes de contrôle.

Réformes dans le secteur de la santé : Mame Khady Sidy Aly Badji nommée à la tête de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, continue de marquer de son empreinte la gouvernance du secteur de la santé. Dans une décision significative, le chef de l’État a procédé à un changement à la tête de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (SEN PNA), un maillon stratégique du système de santé publique. Souleymane Soumaré, nommé en novembre 2023, a été relevé de ses fonctions. Il est remplacé par Mame Khady Sidy Aly Badji, administrateur civil, matricule 616 251 M, nommée par décret présidentiel.

Cette décision s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées par les nouvelles autorités afin de répondre aux nombreux défis du secteur, notamment ceux liés à l’approvisionnement en médicaments essentiels. Ces dernières années, le système de distribution pharmaceutique a été confronté à des ruptures récurrentes de stocks, une mauvaise coordination logistique, et un accès inégal aux produits de santé à travers le pays.

La nouvelle Secrétaire générale de la SEN PNA, Mame Khady Sidy Aly Badji, hérite d’une mission stratégique : assurer la continuité du service public d’approvisionnement en médicaments tout en impulsant une réforme en profondeur. Elle devra notamment moderniser les systèmes logistiques, renforcer la transparence dans la gouvernance, et garantir une meilleure couverture sanitaire à travers une distribution plus efficace des produits pharmaceutiques.

Dans un contexte marqué par une forte demande en médicaments de qualité, accessibles à un prix abordable, Mme Badji devra également consolider les partenariats entre la SEN PNA et les structures de santé publiques et privées. Son rôle sera essentiel pour restaurer la confiance des populations et des professionnels de santé dans la capacité de l’État à garantir un accès équitable et régulier aux médicaments.

Abdou Nguer auditionné à la Cybersécurité après ses déclarations sur SEN TV

Le journaliste et chroniqueur Abdou Nguer a été extrait de sa cellule ce jeudi pour être entendu par les enquêteurs de la Division spéciale de la Cybersécurité. Cette audition fait suite à ses récentes déclarations sur le plateau de SEN TV concernant le rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) dans le cadre de l’affaire PRODAC (Programme des Domaines Agricoles Communautaires).

Convoqué pour s’expliquer sur la véracité et la source de ses affirmations, Abdou Nguer a été conduit sous escorte au siège de la Cybersécurité, où il a été entendu en présence de son avocat, Me Alioune Badara Fall. Les autorités cherchent à déterminer si les propos tenus sur la chaîne de télévision sont fondés ou relèvent d’une diffusion d’informations sensibles ou non vérifiées.

L’affaire PRODAC, qui avait déjà secoué la sphère politico-médiatique ces dernières années, connaît ainsi un nouveau rebondissement. Le rôle de l’IGF, le contenu réel de son rapport, et les responsabilités évoquées par Abdou Nguer sont au cœur des investigations en cours.

À ce stade, aucune charge n’a encore été retenue contre le journaliste, mais l’enquête se poursuit. Son avocat, Me Fall, a indiqué que son client « reste serein » et qu’il « assumera ses propos dans le respect de la loi et de la liberté d’expression ».

Une victoire pour la mémoire : la justice ordonne la rectification de l’état signalétique d’un tirailleur sénégalais mort à Thiaroye

Dans un arrêt qualifié de “tournant historique”, la Cour administrative d’appel de Paris a récemment annulé une décision du ministère des Armées et un jugement de première instance, ordonnant la rectification d’une erreur matérielle dans l’état signalétique et des services de M. D. A., tirailleur sénégalais mort lors des événements tragiques de Thiaroye en 1944. Une victoire symbolique mais puissante pour son fils, M. C. A., et pour la mémoire collective des anciens combattants africains.

L’affaire concerne une mention erronée dans les archives militaires : l’état signalétique indiquait que M. D. A. avait embarqué à Morlaix le 1er novembre 1944 à bord du navire Circassia, alors que les éléments historiques et administratifs attestent qu’il s’agissait du 4 novembre 1944. Une différence de trois jours, apparemment mineure, mais qui remet en question la fiabilité des documents officiels liés au parcours de ce soldat sénégalais engagé dans le 6ᵉ régiment d’artillerie coloniale.

Fait prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, M. D. A. avait été libéré et rapatrié au Sénégal, où il trouva la mort le 1er décembre 1944 au camp militaire de Thiaroye. Ce jour-là, des dizaines de tirailleurs africains furent tués par l’armée française alors qu’ils réclamaient le paiement de leurs soldes. Ce massacre, longtemps occulté, est aujourd’hui au cœur de nombreuses revendications mémorielles.

En 2021, M. C. A., fils du tirailleur, avait saisi la ministre des Armées pour demander la rectification de cette erreur. Face à un refus implicite, puis explicite en décembre 2021, il porta l’affaire devant le tribunal administratif de Paris. Sa demande fut rejetée en 2023, au motif que le refus ministériel ne constituait pas un acte administratif susceptible de recours.

Mais la persévérance de M. A. a payé. En appel, la Cour administrative a reconnu que le refus de corriger un état signalétique entaché d’erreur constitue bel et bien un acte administratif faisant grief – donc susceptible d’un recours contentieux. La juridiction a en outre estimé que rien dans le Code du patrimoine n’empêchait la rectification d’une erreur matérielle dans ce type de document.

La Cour a donné trois mois au ministère des Armées pour corriger l’état signalétique de M. D. A., ordonnant que la date du 4 novembre 1944 soit rétablie. Elle a également condamné l’État à verser 1 500 euros à M. C. A. au titre des frais de justice.

Mais au-delà de l’aspect juridique, cette décision est riche de portée symbolique. Comme le souligne le journal Les Échos, elle s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des souffrances et des injustices subies par les anciens combattants africains sous domination coloniale.

Plusieurs associations de mémoire ont salué l’arrêt de la Cour et envisagent de nouveaux recours pour corriger d’autres erreurs dans les archives militaires françaises. Cette décision pourrait ainsi faire école, ouvrant une voie nouvelle vers une reconnaissance posthume, non pas fondée sur des dédommagements matériels, mais sur le respect de la vérité et de la dignité des soldats coloniaux.

Pour les historiens et les collectifs militants, cette affaire rappelle l’importance de la justiciabilité des erreurs administratives dans les dossiers historiques. Elle montre aussi que les archives, loin d’être figées, peuvent – et doivent – être corrigées quand la vérité historique l’exige. C’est une avancée significative dans la lutte pour la mémoire, la justice et la reconnaissance des sacrifices consentis par des hommes longtemps restés dans l’ombre de l’histoire officielle.

Affaire de la dette cachée : Arona Coumba Ndoffène Diouf charge Macky Sall et appelle à une reddition des comptes

S’exprimant depuis Touba au micro de la RFM, l’ancien ministre Arona Coumba Ndoffène Diouf est revenu avec fermeté sur l’affaire de la dette cachée, qui continue de faire polémique au Sénégal. Sans ambages, il a mis en cause l’ancien président Macky Sall, dénonçant un endettement massif sans retombées visibles pour les populations.

« En 2022, j’ai démissionné de son cabinet, mais j’avais alerté à l’époque et après mon départ. Beaucoup d’argent est arrivé au Sénégal sans corrélation avec les réalisations », a-t-il confié. Selon lui, jamais un président n’a contracté autant de dettes en si peu de temps, en comparaison avec le produit intérieur brut du pays.

Plus grave encore, Arona Coumba Ndoffène Diouf accuse l’ancien régime d’avoir transformé plusieurs sociétés nationales en entités privées ou en sociétés anonymes, sans transparence. « Aucun président n’a transformé des sociétés nationales en sociétés privées ou créé autant de sociétés anonymes », a-t-il déclaré, soulignant l’opacité de certaines décisions majeures du gouvernement précédent.

Face à cette situation qu’il juge alarmante, l’ex-ministre appelle les nouvelles autorités à prendre leurs responsabilités. « On doit convoquer Macky Sall pour lui rappeler que cet argent ne lui appartient pas et faire la lumière sur cette affaire », insiste-t-il, appelant à une véritable reddition des comptes.

Arona Coumba Ndoffène Diouf a toutefois salué les premières initiatives prises par le régime actuel dans ce sens. Pour lui, l’effort de transparence engagé est salutaire, même s’il estime que le chemin vers un redressement économique sera ardu. « Ce sera difficile au début, mais dès la troisième année du mandat du président, le Sénégal brillera économiquement. Tout fonctionnera à merveille », a-t-il conclu avec optimisme.

Lutte contre le trafic de bois : l’armée sénégalaise frappe fort avec l’opération “FAXASS” à Kolda

Dans sa lutte continue contre les trafics illicites, l’armée sénégalaise vient de marquer un nouveau point stratégique dans la région de Kolda. À travers un communiqué diffusé par la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA) et relayé par Dakaractu, il a été révélé que la Zone militaire N°6 a récemment mené une opération coup de poing baptisée “FAXASS”, dans le secteur de Médina Yéro Foulah, à la frontière avec la Gambie.

L’opération cible un fléau majeur pour l’environnement : la coupe illégale de bois, qui épuise dangereusement les ressources forestières de la région Sud du Sénégal. Ce trafic, souvent orchestré par des réseaux transfrontaliers bien structurés, représente une menace directe pour la biodiversité locale et l’équilibre écologique de zones comme Pata et Guimara, particulièrement touchées.

Le bilan de cette opération est déjà éloquent : 344 troncs de bois illicites ont été saisis, illustrant l’ampleur du pillage forestier. Ces troncs auraient été extraits clandestinement, destinés à alimenter un commerce lucratif, souvent acheminé vers les pays voisins, notamment la Gambie.

Par cette action musclée, l’armée sénégalaise affiche clairement sa détermination à mettre fin aux activités criminelles qui exploitent les ressources naturelles du pays. L’opération “FAXASS” ne se limite pas à une simple saisie : elle envoie un signal fort aux trafiquants et réaffirme la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire, y compris les zones reculées et longtemps livrées à l’exploitation illégale.

Au-delà de la protection de l’environnement, ces opérations visent également à restaurer la présence et l’autorité de l’État dans des régions parfois enclavées. Le renforcement des contrôles, la présence militaire et la coopération avec les populations locales sont autant de leviers mobilisés pour freiner la destruction des forêts sénégalaises.

Avec l’opération “FAXASS”, les forces armées sénégalaises démontrent une fois de plus leur engagement en faveur de la sécurité environnementale, un pilier désormais essentiel de la sécurité nationale.

Réforme des cautions locatives au Sénégal : entre avancée sociale et rejet des bailleurs

Une nouvelle réforme en matière de logement fait débat au Sénégal. Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Falilou Keïta, a récemment annoncé que l’État travaille à un mécanisme permettant aux locataires de verser directement leur caution à la CDC, au lieu de la remettre aux bailleurs comme cela se fait actuellement. Une annonce qui suscite déjà une vive controverse entre les différents acteurs du secteur locatif.

Pour certains observateurs, cette réforme représente une avancée notable. Momar Ndao, président de la Commission de régulation des loyers, estime qu’il s’agit d’un pas vers plus de justice et de transparence dans les relations locatives. En plaçant la CDC comme tiers de confiance, le système garantirait la restitution de la caution au locataire en fin de bail, tout en épargnant au bailleur l’obligation de rembourser de grosses sommes d’un seul coup.

Par ailleurs, la réforme pourrait être bénéfique sur le plan fiscal. « Beaucoup de bailleurs échappent encore à l’impôt. Ce système permettra de les identifier et de rendre visible leur activité économique », a affirmé M. Ndao dans les colonnes de L’Observateur.

Du côté des locataires, les réactions sont mitigées. Si certains saluent une initiative qui pourrait renforcer leurs droits, d’autres s’inquiètent des modalités concrètes d’application, notamment dans un contexte où les baux oraux restent très fréquents au Sénégal.

Me Bassirou Sakho, vice-président de l’Association de défense des locataires du Sénégal, souligne la nécessité de rendre le dispositif simple et accessible à tous. Il évoque des problèmes potentiels liés à la restitution des cautions, à la gestion des litiges et à la complexité juridique du système pour une population dont une partie reste analphabète ou peu familiarisée avec les démarches administratives.

« Si un bailleur refuse le système CDC, il peut tout simplement ne pas louer. En matière contractuelle, les parties sont libres », ajoute-t-il, appelant néanmoins à une concertation inclusive pour éviter les erreurs du passé, comme la loi sur la baisse des loyers de 2014, restée largement inappliquée.

Mais c’est du côté des propriétaires que la réforme provoque la réaction la plus virulente. Ibrahima Ndiaye, président de l’Association des bailleurs du Sénégal, rejette en bloc cette mesure qu’il juge intrusive et injustifiée.

« C’est hors de question. Si la CDC a besoin d’argent, qu’elle cherche ailleurs, pas dans les cautions des bailleurs », a-t-il lancé, dénonçant une charge supplémentaire pour une profession déjà confrontée à de nombreuses difficultés : impayés, litiges avec les locataires, procédures judiciaires coûteuses et absence de soutien étatique.

Pour lui, cette réforme accentuerait la pression sur des bailleurs déjà fortement imposés. Il affirme que depuis l’arrivée des nouvelles autorités, la situation fiscale des propriétaires s’est dégradée : « Rien qu’en 2024, nous avons recensé 111 redressements fiscaux, représentant plusieurs milliards de francs CFA ».

Entre les objectifs de justice sociale portés par l’État et les inquiétudes — voire la colère — des bailleurs, cette réforme s’annonce comme un chantier sensible. Pour réussir, elle devra non seulement clarifier ses modalités d’application, mais aussi convaincre les propriétaires et les locataires de son utilité et de son équilibre.

Braquage à l’hôtel Pélican de Ndangane : cinq suspects arrêtés, l’enquête progresse

Ndangane, 16 mai 2025 – L’enquête sur l’attaque à main armée perpétrée dans la nuit du 1er au 2 mai 2025 à l’hôtel Pélican de Ndangane connaît une avancée significative. Après l’interpellation de deux premiers individus, la brigade de recherches de Kaolack a procédé, ce mercredi 14 mai, à l’arrestation de trois nouveaux suspects.

Ces dernières interpellations portent à cinq le nombre total de personnes appréhendées dans le cadre de cette affaire. Selon les premiers éléments de l’enquête, les trois nouveaux suspects seraient fortement impliqués dans le braquage. Une perquisition menée à leur domicile a permis de découvrir des preuves matérielles accablantes, renforçant les soupçons à leur encontre.

Pour rappel, lors de l’attaque, des individus armés et encagoulés, à bord d’un pick-up Toyota Hilux, avaient neutralisé le personnel de sécurité de l’établissement hôtelier avant de s’emparer d’une somme de 3.191.500 francs CFA. Le mode opératoire, rapide et coordonné, avait semé la panique au sein du personnel et des résidents de l’hôtel.

L’enquête est pilotée par la gendarmerie, sous la coordination du Haut-commandement. Les forces de l’ordre poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’ensemble des membres du réseau impliqué et de mettre la main sur tous les complices.

La gendarmerie nationale a, une fois de plus, réaffirmé sa détermination à lutter contre la criminalité armée, notamment dans les zones touristiques du pays, qui doivent rester des espaces sûrs pour les visiteurs comme pour les résidents.

L’affaire reste en cours, et d’autres développements sont attendus dans les prochains jours.

Ousmane Sonko en visite officielle de 48 heures à Ouagadougou

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, effectuera une visite officielle de 48 heures à Ouagadougou, à partir de ce vendredi, selon une information relayée par Sud Quotidien et confirmée par le service de communication de la Primature.

Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre le Sénégal et le Burkina Faso. Durant son séjour dans la capitale burkinabè, M. Sonko s’entretiendra avec le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition burkinabè, ainsi qu’avec son homologue, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo. Ces rencontres permettront d’aborder plusieurs dossiers d’intérêt commun, notamment la coopération bilatérale, les enjeux sécuritaires dans la sous-région, et les perspectives d’intégration africaine.

Le programme du chef du gouvernement sénégalais comprend également une rencontre avec la communauté sénégalaise vivant à Ouagadougou, ainsi qu’une interview exclusive prévue à la RTB, la chaîne de télévision publique du Burkina Faso.

Le moment fort de cette visite sera sans nul doute la participation d’Ousmane Sonko à la cérémonie d’inauguration du mausolée de Thomas Sankara, prévue pour ce samedi. Cet événement hautement symbolique sera précédé d’un sommet entre les délégations des deux pays, au terme duquel une déclaration conjointe sera faite à la presse.

Pour cette mission diplomatique, le Premier ministre sera accompagné par plusieurs membres du gouvernement sénégalais, notamment la ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Yassine Fall, le ministre des Forces armées, Dame Diop, et la ministre des Sports, Khady Diène.

Arrestation à Dakar d’Arona Ndiaye, un Franco-Sénégalais recherché pour homicide en France

Le Bureau central national (Bcn) d’Interpol à Dakar a procédé, ce jeudi, à l’arrestation d’Arona Ndiaye, un jeune Franco-Sénégalais de 21 ans activement recherché par les autorités françaises dans une affaire d’assassinat particulièrement sensible.

Selon les informations rapportées par Libération, Arona Ndiaye faisait l’objet d’une « notice rouge » émise par Interpol à la demande de la France. Né à Poitiers, le suspect est visé par un mandat d’arrêt international pour son implication présumée dans un homicide commis sur le territoire français. Les détails exacts du crime restent pour l’instant confidentiels, en raison du caractère sensible du dossier.

L’interpellation s’est déroulée dans les locaux du Bureau central national (Bcn) d’Interpol à Dakar, qui partage ses installations avec la Division des investigations criminelles (Dic), sous la supervision de la Direction de la police judiciaire. Grâce à des informations précises transmises par les services français, les autorités sénégalaises ont pu localiser et interpeller rapidement le suspect. L’opération s’est déroulée sans incident.

Toujours selon Libération, les autorités françaises s’apprêtent à transmettre une demande officielle d’extradition, conformément aux accords de coopération judiciaire qui lient la France et le Sénégal. En attendant l’aboutissement de cette procédure, Arona Ndiaye a été placé en garde à vue à Dakar, sous la surveillance des autorités sénégalaises.

L’affaire, qui reste entourée d’un certain secret, devrait connaître des développements dans les prochains jours, avec notamment l’examen de la demande d’extradition et l’ouverture éventuelle d’une procédure judiciaire locale.

La justice sénégalaise accélère le pas : cinq anciens ministres dans le viseur de la Haute Cour de Justice

La justice sénégalaise s’engage dans une phase décisive avec une série de procédures judiciaires visant plusieurs anciens membres du gouvernement. La Haute Cour de Justice, organe compétent pour juger les anciens ministres et membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions, a décidé de passer à l’offensive, enclenchant une mécanique judiciaire d’une rare intensité.

Selon les informations du quotidien Libération, la Commission d’instruction et le parquet général ont lancé des mandats et des ordres de conduite contre cinq anciens ministres : Mansour Faye, Sophie Gladima, Ndèye Saly Diop, Moustapha Diop et Ismaila Madior Fall. Ces personnalités politiques, autrefois piliers de l’exécutif, sont désormais au centre d’une procédure d’exception qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité au sommet de l’État.

La Division des investigations criminelles (DIC) a été chargée de notifier les mandats de comparution. Le calendrier des premières auditions est déjà fixé :

Ndèye Saly Diop est convoquée le 19 mai, Moustapha Diop le 22 mai, Mansour Faye le 26 mai.

Ces auditions devraient permettre de clarifier les rôles et responsabilités de chacun dans les dossiers en cours d’instruction.

Une enquête sur le projet du tribunal de Guédiawaye

L’un des volets les plus sensibles concerne le projet de construction du tribunal de Guédiawaye, dans lequel Ismaila Madior Fall, ancien ministre de la Justice, est soupçonné de corruption. Le parquet général a pris des mesures de contrainte, ordonnant la « conduite » de certains mis en cause devant les juridictions compétentes.

L’enquête, menée par la Brigade des affaires générales (BAG) de la DIC, aurait déjà mis au jour des éléments accablants impliquant à la fois des fonctionnaires et des acteurs du secteur privé. Ces révélations pourraient élargir le champ des poursuites et accentuer la pression sur les anciens responsables politiques.

Ces développements judiciaires interviennent dans un contexte où l’opinion publique sénégalaise réclame plus de transparence et de reddition des comptes. En enclenchant cette série d’actions judiciaires, la Haute Cour de Justice et le parquet général envoient un signal fort : plus aucun acteur public n’est au-dessus de la loi.

Si les procédures suivent leur cours sans entrave politique ni pression extérieure, elles pourraient inaugurer une nouvelle ère de gouvernance fondée sur la responsabilité, et rétablir une certaine confiance entre les institutions et les citoyens.

Affaire Amir Abo : La Cour suprême valide sa remise en liberté provisoire

Après plusieurs mois de détention, Abo Mbacké, plus connu sous le nom de « Amir Abo », s’apprête à quitter sa cellule. Inculpé pour escroquerie et blanchiment de capitaux, il avait été placé sous mandat de dépôt fin novembre 2024 par le Pool judiciaire financier. Sa libération provisoire, désormais confirmée par la Cour suprême, marque un tournant inattendu dans cette affaire à rebondissements.

La Chambre d’accusation financière avait dans un premier temps accédé à la demande de mise en liberté provisoire formulée par les avocats de l’accusé. Les juges avaient notamment retenu comme élément déterminant le remboursement des montants objets de l’escroquerie présumée. Une décision que le parquet général n’avait pas digérée, introduisant dans la foulée un pourvoi en cassation pour suspendre cette libération.

Mais la plus haute juridiction du pays a tranché : le pourvoi du parquet a été rejeté, validant ainsi la décision de remise en liberté provisoire prise en première instance. Une véritable désillusion pour le ministère public, qui espérait prolonger la détention de celui que l’on accuse d’avoir orchestré un système d’escroquerie complexe, aux ramifications encore partiellement inconnues.

Ce dénouement provisoire soulève de nombreuses interrogations, tant sur le fond du dossier que sur les perspectives judiciaires à venir. S’il recouvre la liberté, « Amir Abo » reste néanmoins sous le coup de lourdes accusations, et devra répondre de ses actes devant la justice dans les prochains mois.

Pour l’heure, cette décision constitue un soulagement pour ses proches et ses soutiens, qui dénonçaient une détention préventive prolongée, alors que, selon eux, les conditions d’une libération étaient réunies depuis plusieurs semaines.

Affaire du véhicule de luxe : Cheikh Issa Sall visé par une enquête de la Section de recherches

L’ancien directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Cheikh Issa Sall, est au cœur d’une enquête menée par la Section de recherches (SR) de la gendarmerie, à la suite d’une plainte déposée par CDC Habitat. Selon les informations du journal Libération, l’affaire porte sur l’usage et la revente présumée illégale d’un véhicule de luxe appartenant à l’institution.

Le véhicule en question est une Mercedes 7 places d’une valeur estimée à 80 millions de francs CFA. Ce dernier aurait été conservé illégalement par Cheikh Issa Sall après son départ de la tête de la CDC, une situation dénoncée par son successeur, Fadilou Keïta. Plus troublant encore, le véhicule aurait été revendu à un tiers, identifié comme A.S. Diouf, avant d’être finalement restitué à la CDC.

Pour tenter de régulariser la situation, Cheikh Issa Sall a signé un acte de vente qui a permis de réaffecter officiellement la voiture à CDC Habitat. Toutefois, cette restitution ne met pas fin aux poursuites. L’ancien DG devrait être convoqué à nouveau par les enquêteurs pour fournir des explications détaillées sur les circonstances de la vente et les conditions dans lesquelles le véhicule a changé de main.

Cette affaire relance le débat sur la gestion du patrimoine public par les anciens responsables d’institutions étatiques. Elle pourrait également avoir des répercussions sur l’image de Cheikh Issa Sall, figure bien connue du paysage politico-économique sénégalais.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°466 – 16/05/2025

🔴 RESTITUTION PAR LA FRANCE DU CAMP « CONTRE-AMIRAL PROTET », PATROUILLE CONJOINTE AVEC LA MAURITANIE À DAGANA : LE SÉNÉGAL REDESSINE SA CARTE SÉCURITAIRE
🔴 COUR SUPRÊME / IRRECEVABILITÉ DE SA PREMIÈRE REQUÊTE CONTRE L’ARRÊTÉ DE CESSATION DE PARUTION : LE CDEPS NE DÉSARME PAS

🔴 COUPE DU SÉNÉGAL / EN FINALE CONTRE GÉNÉRATION FOOT : UNE PREMIÈRE HISTORIQUE POUR BUILDERS FC
🔴 MMA / « JE M’ENTRAÎNE AU JUJUTSU, AU MUAY THAÏ ET JE ME FAMILIARISE AVEC LES TECHNIQUES » : ZOSS AIGUISE SES LAMES CONTRE BOUCHER

Santé / Renouvellement du Bureau de l’Association Safara Hépatite Sénégal : Fatou Nguirane reconduite à la tête de l’organisation

Ce 15 mai 2025, l’Association Safara Hépatite Sénégal, engagée dans la lutte contre les hépatites virales au Sénégal, a procédé au renouvellement de son bureau lors d’une assemblée générale tenue à Dakar, au siège de l’Alliance Nationale des Communautés pour la Santé (ANCS).

Lors de cette rencontre, Madame Fatou Nguirane a été reconduite à l’unanimité à la présidence de la structure. Dans son discours de remerciement, elle a réaffirmé sa volonté de renforcer les campagnes de sensibilisation, notamment en milieu rural, et de militer pour l’accès gratuit aux tests et traitements de l’hépatite B et C.

« La lutte contre l’hépatite ne peut réussir sans une mobilisation communautaire forte et un plaidoyer actif auprès des autorités sanitaires », a-t-elle déclaré.

Le nouveau bureau s’est engagé à intensifier les actions de dépistage de proximité, à renforcer les partenariats avec les structures sanitaires, et à œuvrer pour le renforcement des capacités des relais communautaires, notamment les badiènes gox et les prestataires de soins.

Ce renouvellement marque une nouvelle étape dans le parcours de Safara Hépatite Sénégal, qui demeure un acteur incontournable dans la lutte contre les hépatites au Sénégal.

L’AFP évalue son 3e Congrès ordinaire et se projette vers l’avenir

La Direction collégiale de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) s’est réunie ce jeudi 15 mai 2025 sous la présidence de son Secrétaire général, l’honorable député-maire Mbaye Dione. Cette rencontre, tenue dans un contexte politique marqué par de vives tensions, avait à l’ordre du jour deux points essentiels : l’évaluation du 3e Congrès ordinaire du Parti et l’analyse de la situation nationale, avec en ligne de mire les perspectives à venir.

Sur le premier point, la Direction collégiale s’est félicitée du succès éclatant du 3e Congrès ordinaire tenu le 26 avril 2025. Ce rendez-vous majeur a été salué pour la qualité de sa mobilisation, sa parfaite organisation et l’atteinte des objectifs fixés.

L’occasion a également été saisie pour adresser des remerciements appuyés au président Moustapha Niasse, salué pour sa contribution historique à la vie politique nationale et à la construction du Parti. Son retrait de l’Exécutif de l’AFP a été perçu comme un moment fort, empreint d’émotion et de reconnaissance.

Dans le même esprit, des félicitations ont été adressées au Secrétaire général Mbaye Dione et à tous les militants ayant contribué à faire de ce Congrès une étape décisive. La nouvelle direction s’est dite déterminée à relever les défis à venir dans un esprit d’unité et de cohésion.

Sur le plan national, la Direction collégiale s’est penchée sur un contexte jugé inquiétant, dominé par une vague d’arrestations jugées arbitraires et symptomatiques d’une justice « sélective ». Si l’AFP reconnaît la nécessité de rendre des comptes, elle dénonce un climat de répression et d’insécurité juridique qui coïncide avec une crise économique aiguë : licenciements abusifs, baisse du pouvoir d’achat et difficultés des ménages à l’approche de la Tabaski.

Dans ce contexte tendu, l’appel au dialogue lancé par le président de la République a été analysé avec rigueur. L’AFP a décidé de répondre favorablement à l’invitation pour le Dialogue national prévu le 28 mai 2025, tout en posant des conditions : l’exigence d’un cadre véritablement inclusif et la possibilité d’amender les termes de référence.

Enfin, la Direction collégiale a esquissé les grandes lignes de la relance politique de l’AFP. Le reprofilage du Parti passera par des tournées de terrain sous la conduite du Secrétaire général Mbaye Dione, mais aussi par la relance des activités de l’École de Formation du Parti. Des ateliers de réflexion seront organisés pour renforcer les capacités militantes et faire de la formation un pilier stratégique de la redynamisation de l’AFP.

Suspension de médias au Sénégal : le juge des référés déclare irrecevable la première requête du CDEPS, mais la bataille continue

Le juge des référés s’est prononcé ce jeudi sur l’arrêté controversé du ministre de la Communication ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés « non conformes » au Code de la presse. La première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall a été jugée irrecevable, relançant ainsi le bras de fer entre l’État et le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de la Presse au Sénégal (CDEPS).

Le CDEPS, qui mène la contestation contre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du ministère de la Communication, a réagi sans tarder : « Ce n’est que partie remise », a déclaré l’organisation patronale de la presse. Elle annonce l’introduction prochaine d’une nouvelle requête, cette fois sur le fond, pour contester l’illégalité de l’arrêté ministériel.

Le CDEPS fustige un acte « inique » et sans fondement légal, qui a entraîné la fermeture brutale de plusieurs entreprises de presse et mis au chômage des milliers de professionnels – journalistes, techniciens, personnels administratifs – à la veille de la fête de la Tabaski.

Selon le CDEPS, cette décision a aussi gravement porté atteinte à la réputation des organes de presse auprès de l’opinion publique, des annonceurs et des partenaires financiers. « L’État devra répondre de ces préjudices », a averti le patronat, qui compte réclamer des dommages et intérêts pour les pertes subies.

Fait notable lors de l’audience : Me Amadou Sall a révélé que l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient eux-mêmes reconnu l’incompétence du ministre de la Communication à décréter l’arrêt de la parution ou de la diffusion de médias. Une prise de position qui pourrait peser lourd dans les prochaines procédures judiciaires.

Alors que la décision écrite du juge n’a pas encore été communiquée officiellement aux parties, le CDEPS entend poursuivre son combat jusqu’à l’annulation complète de l’arrêté. Pour les acteurs du secteur, il s’agit d’un enjeu de survie, mais aussi d’un combat pour la liberté de la presse dans un contexte où les tensions entre le pouvoir exécutif et les médias semblent se raviver.

Lutte contre le blanchiment d’argent : La CENTIF enregistre 928 déclarations d’opérations suspectes en 2024

Le Sénégal poursuit le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Lors de la cérémonie officielle de la 43ᵉ réunion plénière de la commission technique du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), le directeur de cabinet du ministre des Finances, Bassirou Sarr, a présenté les résultats du rapport annuel 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Le document révèle que 928 déclarations d’opérations suspectes (DOS) ont été reçues par la CENTIF, un chiffre en nette hausse, dont 83 % ont été émises par les banques et établissements financiers. Cette évolution est perçue comme un signe d’amélioration de la culture de la conformité au sein du secteur financier national.

Par ailleurs, 42,7 millions de déclarations de transactions en espèces (DTE), dépassant le seuil réglementaire de quinze millions de francs CFA, ont été enregistrées. Ces chiffres traduisent un effort collectif de détection des flux financiers atypiques ou à risque.

Dans sa présentation, Bassirou Sarr a également mis en avant les capacités opérationnelles de la CENTIF. Au total, 2 172 demandes d’informations nationales ont été adressées aux institutions partenaires, comme les administrations publiques et les autorités de supervision. La CENTIF a aussi échangé 45 demandes d’informations avec des cellules de renseignement financier étrangères. Cette dimension internationale témoigne de l’intégration croissante du Sénégal dans les dispositifs globaux de lutte contre la criminalité financière.

Sur le plan des réformes, le Sénégal s’est engagé à consolider ses acquis. Il est prévu de finaliser les textes d’application encore en attente, afin de garantir un fonctionnement optimal du système national. Des réformes institutionnelles sont également envisagées pour améliorer l’organisation et le rendement de certaines entités concernées. En outre, l’évaluation nationale des risques (ENR) sera actualisée à partir du mois d’août 2025, et une nouvelle stratégie couvrant la période 2025-2029 sera élaborée.

Lors de cette rencontre, le président de la CENTIF, Mouhamadou Bamba Siby, a souligné que cette 43ᵉ plénière intervient dans un contexte régional et mondial marqué par des mutations profondes de la criminalité financière, notamment la complexification des mécanismes de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et l’entraide entre États pour répondre efficacement à ces menaces.

De son côté, le directeur général du GIABA, Edwin Harris, a alerté sur l’essor inquiétant de la cybercriminalité. Il a évoqué la compromission des courriels professionnels, les arnaques de type Ponzi, ainsi que la fraude via les plateformes de paiement mobile, autant de méthodes utilisées pour blanchir les produits du crime. Il a aussi relevé les faiblesses systémiques dans les législations et les capacités institutionnelles, qui exigent des réponses urgentes.

Le rapport présenté par le GIABA fait également état d’une recrudescence de la criminalité maritime, avec une exploitation accrue des eaux ouest-africaines pour des activités illicites comme le trafic, la contrebande et la piraterie. Ces phénomènes compromettent la stabilité régionale et la sécurité économique des pays membres.

Prenant la parole, la représentante de la CEDEAO, Zelma Yollande Nobre Fassinou, a salué les efforts du GIABA dans la région et félicité les États membres, dont le Sénégal, pour les progrès enregistrés. Elle a toutefois appelé à une vigilance accrue, notamment à l’approche du troisième cycle des évaluations mutuelles, dans lequel les États sont appelés à démontrer une conformité technique rigoureuse et soutenue.

Cap sur l’autonomisation économique : Le Sénégal lance sa première Journée nationale dédiée aux PME/PMI

Ce matin, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) a été le théâtre du lancement officiel de la toute première Journée nationale des Petites et Moyennes Entreprises et Industries (PME/PMI). Cette initiative, inédite dans l’agenda économique sénégalais, s’est tenue en marge de la 25e édition de la Foire internationale de l’Agriculture et des Ressources animales (FIARA). Elle a été présidée par Monsieur Ibrahima THIAM, Secrétaire d’État chargé des PME/PMI.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Dr Alpha BA, Secrétaire d’État chargé des Coopératives et de l’Encadrement Paysan. À cette occasion, les deux responsables ont procédé à la signature d’un protocole d’accord engageant leurs départements dans une dynamique de collaboration renforcée. Cette entente vise à coordonner davantage les politiques publiques, mutualiser les ressources disponibles et structurer de manière cohérente les chaînes de valeur locales. Une attention particulière est portée aux PME/PMI, mais également aux coopératives agricoles, groupements d’intérêt économique (GIE) et organisations paysannes.

Cette journée nationale s’inscrit pleinement dans le processus en cours d’élaboration de la Stratégie nationale de développement et de promotion des PME/PMI. L’objectif est de favoriser l’émergence d’un tissu économique plus robuste, mieux préparé aux chocs externes, compétitif à l’échelle régionale et ancré dans une meilleure valorisation des ressources locales.

Un appel a été lancé aux entreprises pour qu’elles s’engagent davantage dans la formalisation de leurs activités. Il a aussi été souligné l’importance pour ces structures de s’approprier les outils et mécanismes mis à leur disposition par les dispositifs publics d’accompagnement. Les PME/PMI sont invitées à s’impliquer activement dans la transformation structurelle de l’économie sénégalaise, en jouant pleinement leur rôle d’acteurs de terrain.

Au cours de la cérémonie, les contributions des structures techniques du ministère de l’Industrie et du Commerce ont été saluées. Il s’agit notamment de l’Agence de Développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes Entreprises (ADEPME), du Bureau de Mise à Niveau (BMN) et de l’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX). Leur engagement, combiné à celui des partenaires techniques et financiers, est perçu comme un levier essentiel pour améliorer durablement la compétitivité du secteur privé national.

Par cette initiative, l’État du Sénégal manifeste clairement sa volonté de positionner les PME/PMI et les sociétés coopératives au cœur de la croissance économique. Elles sont appelées à devenir les moteurs d’un développement inclusif, souverain, durable et à fort potentiel de création d’emplois.

Sécurité transfrontalière : le Sénégal et la Mauritanie mènent une patrouille conjointe à Dagana

Le mercredi 14 mai 2025, une opération de patrouille mixte a été organisée dans le département de Dagana, à la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie. Cette initiative sécuritaire, menée conjointement par les forces de défense et de sécurité des deux pays, s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale visant à renforcer la lutte contre plusieurs formes de criminalité transfrontalière, notamment le grand banditisme, le vol de bétail et l’immigration irrégulière.

La mission s’est déroulée sous la direction du lieutenant Diop. Les unités engagées ont sillonné plusieurs zones sensibles situées en bordure du fleuve Sénégal. Parmi les localités concernées figuraient Richard-Toll, Mbilor, Gaya et Dagana. Au cours de cette opération, les forces ont non seulement effectué des contrôles de terrain, mais elles ont également rencontré les populations locales pour échanger sur les problématiques de sécurité et recueillir leurs doléances.

À Dagana, la délégation a été reçue par l’adjointe au maire, qui a salué cette initiative et exprimé la disponibilité des autorités municipales à collaborer pour une sécurité renforcée. Les populations locales ont réservé un accueil positif aux patrouilles, exprimant leur satisfaction et leur volonté de soutenir les efforts des deux États dans la prévention des menaces communes.

Cette action illustre la volonté conjointe du Sénégal et de la Mauritanie de faire de leur frontière commune un espace de coopération, de stabilité et de paix. Dans un contexte régional marqué par une instabilité croissante, cette opération symbolise un engagement renouvelé pour la sécurité partagée, reposant sur la proximité avec les populations et la coordination entre États voisins.

Thiès : 38 individus interpellés lors d’une vaste opération de sécurisation nocturne

Dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 mai 2025, une opération de grande envergure a été menée à Thiès, surnommée la capitale du rail, pour renforcer la sécurité et lutter contre la délinquance. Cette action a abouti à l’interpellation de trente-huit individus, dont un agresseur, ainsi qu’à la saisie de plusieurs véhicules.

L’intervention, qui s’est déroulée de 21 heures à 6 heures du matin, a mobilisé les forces de la sûreté urbaine, le commissariat du 1er arrondissement et les unités des postes de Nguinth, Parcelles-Assainies et Médina Fall. Les autorités ont ciblé plusieurs zones réputées sensibles, multipliant les patrouilles et installant des points de contrôle à des endroits stratégiques, notamment le rond-point Concorde, la sortie de Tassette, Keur Massamba Guèye ainsi que le stade Lat Dior.

Au-delà des arrestations, la police a également procédé à l’immobilisation de deux véhicules et onze motos, pour diverses infractions au code de la route, dans le cadre de cette opération de sécurisation nocturne.

Cette intervention s’inscrit dans la continuité des efforts des forces de l’ordre pour réduire l’insécurité et assurer la tranquillité des populations à Thiès.

Université de Bambey : le SUDES-ESR dénonce une gestion sécuritaire « inadaptée » et appelle à un apaisement durable

Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal, section enseignement supérieur et recherche (SUDES-ESR) de l’Université Alioune Diop de Bambey (UAD), a vivement réagi au communiqué n°37 du 13 mai 2025 du Conseil académique. Dans une déclaration rendue publique, le syndicat dénonce une gestion sécuritaire jugée inappropriée face à la crise que traverse l’université.

Pour le SUDES-ESR UAD, la situation sécuritaire actuelle au sein du campus est inquiétante. Le syndicat fustige des mesures qualifiées de « peu adaptées » et qui, selon lui, n’ont pas permis de créer les conditions d’un climat apaisé, essentiel pour assurer la continuité des enseignements. Il regrette également que les leçons tirées des précédentes crises universitaires ne semblent pas avoir été prises en compte.

Dans son communiqué, le syndicat soulève un flou inquiétant autour du calendrier universitaire. Il s’interroge : s’agit-il de clore l’année 2023-2024 ou de débuter celle de 2024-2025 ? Il estime que si l’on s’oriente vers la nouvelle année, les autorités académiques auraient dû en assumer pleinement les conséquences, notamment en imposant une session unique et des semestres fortement écourtés.

Le SUDES appelle les Unités de Formation et de Recherche (UFR) à se baser sur des considérations strictement pédagogiques dans leurs prises de décisions, au lieu de céder à des injonctions politiques mal déguisées. Il demande à ce que la « normalisation » de l’année universitaire soit envisagée à une période plus propice, dans l’intérêt des étudiants comme des enseignants.

Concernant les perturbations ayant secoué l’UAD cette année, le syndicat précise qu’elles ne sont pas uniquement imputables aux étudiants. Enseignants permanents et vacataires ont également contribué à cette instabilité, chacun ayant ses revendications légitimes. D’où l’appel du SUDES à privilégier le dialogue permanent et la concertation au détriment de toute démarche autoritaire ou unilatérale.

Tout en condamnant toutes formes de violence, le syndicat insiste : les étudiants ne sont pas le problème. Ils ne cherchent qu’à améliorer leurs conditions d’apprentissage. Le véritable nœud, selon le SUDES, réside dans les nombreuses promesses non tenues par la tutelle, ainsi que dans la gestion des flux d’étudiants orientés vers l’UAD sans accompagnement pédagogique ou infrastructurel adéquat.

Dans ce contexte, le syndicat estime qu’un plan d’urgence est devenu impératif pour l’université de Bambey. Un plan qui, selon lui, doit être élaboré et mis en œuvre dans l’unité, avec la participation de toutes les composantes de l’établissement.

Enfin, le SUDES-ESR UAD rappelle aux autorités que l’intervention des forces de l’ordre n’a jamais été une solution efficace pour stabiliser durablement les universités. Il en appelle au respect strict des franchises universitaires, un principe fondamental qui, affirme-t-il, doit être défendu avec la plus grande fermeté.

Justice : Me Moussa Diop annonce une plainte contre le journaliste Serigne Saliou Gueye

L’avocat et homme politique Me Moussa Diop a annoncé ce jeudi 15 mai son intention de poursuivre en justice le journaliste Serigne Saliou Gueye, directeur de publication du quotidien « Yoor Yoor Bi ». La déclaration a été faite via ses réseaux sociaux, dans un ton ferme et indigné.

Cette décision intervient à la suite de la publication en Une d’un article intitulé : « Exhumation d’une vidéo de plus de neuf mois pour nuire à Azoura Fall : Me Moussa Diop ou le summum de l’indignation ». Le contenu du papier a visiblement profondément irrité l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk, qui y voit une atteinte à son honneur et à sa réputation.

Dans sa réaction, Me Diop a exprimé son exaspération en des termes particulièrement incisifs. S’appuyant sur une jurisprudence antérieure, notamment l’affaire impliquant Moustapha Diakhaté, il souligne que l’usage du mot « alkou » avait été juridiquement reconnu comme une injure publique. Il estime donc que l’expression « indigne », employée à son encontre dans l’article en question, doit être traitée avec la même rigueur judiciaire.

« Si le mot « alkou » a été judiciairement qualifié d’injure publique (affaire Moustapha Diakhaté), « indigne » ne saurait en échapper. Je dépose sans délai une plainte pénale contre le sieur Serigne Saliou Gueye, patron du quotidien « Yoor Yoor Bi » », a-t-il écrit. Il a également annoncé son intention de déposer une seconde plainte auprès du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED), ainsi que devant le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA).

Cette nouvelle affaire relance une fois encore le débat sur les rapports parfois tendus entre la presse et certaines figures publiques au Sénégal, ainsi que sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace médiatique. En attendant les suites judiciaires, l’affaire pourrait bien alimenter les discussions dans les milieux politiques et médiatiques du pays.

Attaque contre Cheikh Issa Sall : des proches du maire de Mbour montent au créneau

La jeunesse de l’Union nationale pour l’Intégration, le Travail et l’Équité (Unité), structure affiliée au président Cheikh Issa Sall, a vivement réagi suite à la sortie médiatique de Fadilou Keïta, accusé d’avoir violemment pris à partie le maire de Mbour. Dans un communiqué rendu public, ces jeunes militants dénoncent ce qu’ils considèrent comme une attaque injustifiée, relevant davantage de la diffamation que d’un véritable combat politique.

Selon eux, un véritable engagement ne devrait jamais se fonder sur des motivations personnelles ou des dénonciations gratuites, mais sur des arguments solides, vérifiables et constructifs. Ils défendent l’idée que toute posture de combat légitime exige une objectivité sans faille, où la vérité doit primer en toutes circonstances. Ils fustigent ce qu’ils qualifient de « dérive populiste » consistant à manipuler l’opinion publique dans le seul but de nuire à un adversaire politique.

Les soutiens du maire ne s’arrêtent pas là. Ils pointent du doigt Fadilou Keïta, qu’ils qualifient de privilégié « catapulté » à un poste de directeur général uniquement en raison de ses origines familiales. Ils rappellent que ce dernier avait pourtant loué les qualités humaines et professionnelles de Cheikh Issa Sall lors de leur collaboration passée. Selon eux, c’est grâce à la bienveillance de ce dernier que Fadilou Keïta aurait pu bénéficier d’un terrain et du rappel de son salaire sur une période de quinze mois. Des faveurs qui contrastent aujourd’hui, selon eux, avec l’attitude hostile de leur ancien allié.

Pour les jeunes du mouvement Unité, cette attaque n’a qu’un seul objectif : salir l’image d’un maire apprécié et affaiblir l’opposition locale. Ils dénoncent une stratégie bien rodée visant à discréditer les figures politiques en place, dans l’unique but de les écarter et de s’emparer de leur mandat. Ils rejettent catégoriquement cette méthode et affirment leur engagement à défendre Cheikh Issa Sall contre toute tentative de manipulation, de calomnie ou de campagne de dénigrement.

CDEPS : Vers une nouvelle bataille judiciaire contre l’arrêté de cessation de parution des médias

Le bras de fer entre le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal (CDEPS) et le ministère de la Communication prend une nouvelle tournure. Ce jeudi 15 mai 2025, le juge des référés a rendu une décision déclarant irrecevable la première requête introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou Sall. Cette requête visait à faire annuler l’arrêté ministériel ordonnant la cessation de parution et de diffusion des médias jugés non conformes au Code de la presse.

La décision motivée du juge n’a pas encore été portée officiellement à la connaissance des parties. Cependant, lors des débats devant le tribunal, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient reconnu que le ministre de la Communication n’avait pas la compétence juridique pour ordonner une telle interdiction. Une reconnaissance qui pourrait être déterminante pour la suite.

Me Sall a annoncé qu’une nouvelle requête serait introduite pour contester cette fois sur le fond la légalité de l’arrêté. Il dénonce un acte arbitraire et sans fondement juridique, qui a entraîné la fermeture de plusieurs entreprises de presse à travers le pays. Les conséquences humaines et économiques sont lourdes : des milliers de professionnels des médias se retrouvent sans emploi à quelques jours de la Tabaski.

Le CDEPS estime que la réputation des entreprises de presse concernées a été gravement affectée, tant auprès de l’opinion publique que des annonceurs. Cette situation pourrait entraîner une perte de confiance durable et compromettre l’équilibre économique du secteur. L’organisation professionnelle compte désormais réclamer des réparations financières à l’État pour les préjudices subis. Ce contentieux judiciaire s’annonce donc comme un nouveau test pour l’État de droit et la liberté de la presse au Sénégal.

CDEPS – Arrêté de cessation de parution : Le ministre de la Communication en sursis

Le juge des référés, statuant sur l’arrêté portant cessation de parution et de diffusion des «médias non conformes» au Code de la presse, a jugé ce jeudi irrecevable la première requête en annulation introduite par le pool d’avocats dirigé par Me El Hadj Amadou SALL. La décision motivée et écrite du juge des référés n’a pas encore été portée à l’attention des parties.
Dans le même temps, Me SALL a informé, que lors des débats, l’Avocat général et l’Agent judiciaire de l’État auraient tous deux affirmé que le ministre de la Communication n’a aucune compétence pour ordonner l’interdiction de diffusion et de parution des médias.
Ce n’est donc que partie remise. Une nouvelle requête sera introduite devant le juge des référés pour juger, sur le fond, de l’illégalité de l’arrêté du ministre de la Communication, qui a décrété de manière arbitraire la cessation de parution et de diffusion des médias.
Cet acte inique du ministre, sans aucune base légale, a provoqué la fermeture des entreprises de presse et le chômage de plusieurs milliers de professionnels des médias, mères et pères de famille, en cette veille de Tabaski 2025.
La réputation des entreprises de presse en a subi un coup auprès de l’opinion et des annonceurs, bailleurs de la presse.
L’État devrait en faire les frais, en payant des dommages et intérêts pour les préjudices subis.
Le CDEPS, jeudi 15 mai 2025

Transports interurbains : Dem Dikk inaugure la ligne Dakar-Kidira dès le 2 juin

Dem Dikk continue d’élargir son réseau à travers le pays. À partir du lundi 2 juin 2025, l’entreprise publique de transport interurbain mettra en service une nouvelle ligne reliant Dakar à Kidira, renforçant ainsi la connectivité entre la capitale et l’est du Sénégal.

D’après un communiqué consulté par Dakaractu, les départs de Dakar auront lieu les lundis et mercredis, à 7 h du matin, depuis le terminus des HLM Grand Yoff. À Kidira, les départs s’effectueront depuis le quartier Plateau, juste en face de l’ancienne gare ferroviaire. Le tarif pour un aller simple est fixé à 13 000 FCFA.

Sur cet itinéraire, plusieurs localités serviront de points de ramassage pour les voyageurs, notamment Dyabougou Mossi, Goudiry, Boynguel, Bala et Kothiary. L’objectif de cette nouvelle desserte est clair : rapprocher les populations éloignées des grands centres urbains et faciliter les déplacements entre Dakar et les régions de l’intérieur.

« Nous sommes fiers de contribuer à l’accessibilité et à la mobilité de tous, en mettant à votre disposition des bus modernes et un personnel qualifié pour vos besoins de transport », souligne Dem Dikk dans son communiqué.

Cette initiative s’inscrit dans une politique de désenclavement progressif des zones rurales, tout en améliorant les conditions de voyage à travers un service structuré, ponctuel et sécurisé.

Restitution des emprises militaires : La France remet le quartier « Contre-Amiral Protet » au Sénégal

Nouvelle étape dans le processus de retrait progressif de la présence militaire française au Sénégal. Ce jeudi 15 mai 2025, la France a officiellement remis au Sénégal le quartier « Contre-Amiral Protet », situé sur le port de Dakar. Cette restitution s’inscrit dans le cadre de la reconfiguration des accords de coopération militaire entre les deux pays.

Dans un communiqué rendu public par l’ambassade de France à Dakar, il est précisé que cette restitution s’est déroulée « conformément à la décision de la commission conjointe du 28 février 2025, dans le respect de la procédure établie dans le traité instituant un partenariat en matière de coopération militaire entre la République Française et la République du Sénégal du 18 avril 2012. »

Le site « Contre-Amiral Protet », longtemps occupé par des unités françaises dans le cadre de leur dispositif militaire au Sénégal, retrouve désormais sa pleine souveraineté sénégalaise. Il s’agit d’un geste hautement symbolique dans un contexte où la souveraineté nationale et la redéfinition des partenariats militaires reviennent de plus en plus au cœur des débats sur le continent.

Le communiqué mentionne également que deux autres emprises françaises, « Maréchal » et « Saint-Exupéry », ont déjà été rétrocédées au Sénégal le 7 mars dernier. Et la tendance devrait se poursuivre, puisque l’ambassade annonce que « les autres emprises seront restituées d’ici l’été 2025. »

Cette dynamique s’inscrit dans une volonté affichée par les autorités sénégalaises d’avoir un contrôle accru sur leur espace militaire et stratégique. Elle marque aussi un tournant dans les relations franco-sénégalaises en matière de défense, vers un modèle plus équilibré et concerté.

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Ibrahima Hamidou Deme dénonce : « On a combattu une justice instrumentalisée ; elle est maintenant ridiculisée »

Dans une déclaration brève mais lourde de sens publiée sur sa page Facebook, l’ancien magistrat et président du mouvement ETIC (Ensemble pour le Travail, l’Intégrité et la Citoyenneté), Ibrahima Hamidou Deme, a vivement critiqué l’état actuel de la justice sénégalaise. Selon lui, le système judiciaire, autrefois dénoncé pour son instrumentalisation sous le régime de Macky Sall, est désormais tombé dans une forme de discrédit encore plus alarmante.

« Cette justice instrumentalisée qui a été combattue est aujourd’hui ridiculisée », affirme-t-il. Un jugement sans équivoque qui, selon plusieurs observateurs, vise la gestion actuelle des dossiers judiciaires sensibles depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.

Parmi les dossiers qui semblent nourrir la frustration de l’ancien juge, on retrouve notamment celui des fonds liés à la gestion de la pandémie de Covid-19, et plus globalement, les révélations de la Cour des comptes sur la période 2019-2023. Ces rapports, attendus pour faire tomber d’éventuelles têtes, peinent à produire des suites judiciaires concrètes.

D’autres cas alimentent également le sentiment d’injustice ou d’impunité, comme celui d’Azoura Fall, militante du parti Pastef récemment libérée sous contrôle judiciaire, ou encore ceux du chroniqueur Abdou Nguer et d’Assane Diouf. Autant de situations qui, selon certaines voix, démontrent une gestion incohérente, voire partiale, de la justice.

Même s’il n’est pas entré dans le détail des dossiers en question, Ibrahima Hamidou Deme semble pointer du doigt un pouvoir qui, tout en promettant une rupture dans la gouvernance, peine à garantir l’indépendance et la crédibilité de l’appareil judiciaire.

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