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Téra-Meeting : la démonstration de force d’Ousmane Sonko et du PASTEF à Dakar

Ce samedi 8 novembre 2025 restera sans doute comme une date marquante dans la vie politique sénégalaise. À l’esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, des milliers de citoyens ont afflué dès les premières heures de la matinée pour assister au « Téra-Meeting », grand rassemblement initié par le parti PASTEF – Les Patriotes et son leader, Ousmane Sonko. Très tôt, l’ambiance laissait présager un événement hors du commun : le parking du stade s’est mué en une vaste tribune populaire, les drapeaux, pancartes et chants militants colorant une foule compacte à perte de vue.

À mesure que la journée avançait, la mobilisation prenait des allures de marée humaine. À 17 heures, le pari était gagné : le lieu du rassemblement était littéralement pris d’assaut, les derniers arrivés peinant à trouver un espace pour se tenir. « Plus de bitume où se mettre », confiait un participant, émerveillé par l’ampleur du moment. Cette affluence record traduit à la fois la ferveur populaire que continue de susciter le Premier ministre et la volonté du PASTEF d’affirmer sa stature de première force politique nationale.

Depuis plusieurs jours, les signes avant-coureurs d’une grande mobilisation étaient visibles. Des convois de militants venus des quatre coins du pays avaient convergé vers la capitale. Dans les gares routières, les bus affrétés par les sections locales se suivaient à la queue leu leu, tandis que les réseaux sociaux vibraient au rythme des appels à la mobilisation. Pour beaucoup, ce meeting représentait plus qu’une simple démonstration de force : c’était un rendez-vous historique, le premier du genre depuis l’accession d’Ousmane Sonko à la primature.

Dans son discours d’annonce, le leader du PASTEF avait promis un moment « inédit ». « Il y aura un avant 8 novembre, un 8 novembre, et un après 8 novembre », avait-il déclaré, comme pour inscrire l’événement dans une temporalité symbolique. L’objectif affiché était clair : dresser le bilan de la gestion gouvernementale depuis son arrivée au pouvoir, redonner souffle et direction à la base militante, et réaffirmer la légitimité politique du parti face aux défis économiques et sociaux du moment.

Le Téra-Meeting marque ainsi une étape stratégique dans la communication du pouvoir actuel. Dans un contexte où la ferveur des débuts de mandat pouvait sembler retomber, Ousmane Sonko choisit de renouer avec la rue, son principal levier de légitimité et de mobilisation. Ce choix n’est pas anodin : il s’agit d’un retour aux fondamentaux d’un mouvement né de la contestation et de la proximité populaire.

Historiquement, le Sénégal a connu de grands rassemblements – des campagnes présidentielles des années 2000 aux meetings de l’opposition dans les années 2010 – mais rares sont ceux qui ont atteint une telle intensité en dehors d’une période électorale. L’événement de ce 8 novembre se distingue donc par sa portée politique et symbolique : un meeting de masse organisé non pas dans l’attente du pouvoir, mais dans son exercice même. Cette inversion des rôles donne au Téra-Meeting une dimension particulière – celle d’un acte de réaffirmation populaire, à mi-chemin entre célébration, mobilisation et démonstration d’autorité.


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