La crise sociale qui secoue une partie du milieu étudiant continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Thierno Alassane Sall, député et ancien ministre, a tiré la sonnette d’alarme après avoir rencontré, selon ses propres termes, plusieurs étudiants « à bout », profondément marqués par les récentes répressions policières.
Dans un témoignage particulièrement grave, l’ancien candidat à la présidentielle raconte avoir reçu, pendant deux jours consécutifs, des étudiants venus partager leurs expériences et leur détresse. Il affirme avoir constaté de visu la gravité des violences auxquelles ils disent avoir été confrontés. L’un d’entre eux, confie-t-il, portait encore les traces d’une blessure au ventre, causée par un tir à blanc qui aurait été effectué à bout portant. L’étudiant, encore sous le choc, aurait été atteint alors qu’il quittait simplement sa chambre, sans participer à aucune manifestation.
Un autre jeune rencontré par Thierno Alassane Sall se retrouvait avec le bras immobilisé dans un plâtre, conséquence, selon ses propos, d’une intervention brutale des forces de l’ordre. Ces scènes, qui se répéteraient depuis plusieurs jours, nourrissent un climat d’angoisse et de révolte dans les campus universitaires.
Face à ces événements, le député dénonce fermement l’attitude du régime en place. Pour lui, les violences policières ne peuvent en aucun cas constituer une réponse légitime aux revendications des étudiants. Il insiste sur la nécessité de promouvoir des modes de contestation pacifiques, tout en reconnaissant que les jeunes qu’il a rencontrés se trouvent dans un état de lassitude et d’exaspération avancé.
Thierno Alassane Sall appelle ainsi les autorités à une prise de conscience urgente. À ses yeux, le rôle d’un gouvernement ne se limite pas à maintenir l’ordre par la force, mais consiste surtout à garantir le respect des droits, à écouter les préoccupations et à instaurer un véritable dialogue. « La paix sociale ne se construit pas à coups de matraque », affirme-t-il avec gravité, rappelant que la stabilité durable repose avant tout sur la justice et sur la préservation des acquis démocratiques.