Le président du mouvement Agir, Thierno Bocoum, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko, après la diffusion d’une vidéo dans laquelle ce dernier exprime son amertume de ne pas avoir été élu président de la République. « Dieu seul sait pourquoi je n’ai pas été élu président de la République. Nous vivons dans un pays où seuls ceux qui devraient se taire prennent la parole », a lancé Ousmane Sonko dans un ton qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.
Une sortie jugée « gravissime » par Thierno Bocoum, qui y voit une dérive autoritaire manifeste. Dans une note rendue publique ce lundi, l’ancien député a fustigé ce qu’il considère comme une attaque contre les principes démocratiques. « Ces propos traduisent une nette préférence pour la dictature au détriment de la démocratie. C’est d’autant plus inquiétant qu’ils émanent du chef du gouvernement », déplore-t-il.
Thierno Bocoum ne s’arrête pas là. Il évoque également les alliances stratégiques et diplomatiques d’Ousmane Sonko comme autant d’indices d’une orientation politique inquiétante. « Ce n’est pas un hasard s’il multiplie les rapprochements avec les régimes militaires de l’AES et le Parti communiste chinois. Tout s’éclaire », écrit-il dans sa déclaration.
Mais c’est surtout l’aveu implicite d’une tension entre le Premier ministre et le président de la République que Thierno Bocoum met en exergue. Selon lui, Sonko semble admettre que Bassirou Diomaye Faye constitue un contrepoids à ses ambitions personnelles. « Heureusement, Dieu veille sur ce pays. Et son choix, manifestement, s’est porté sur un président capable de limiter les excès de son propre Premier ministre », conclut-il.
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