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Transmission du rapport de l’IGE : vers de possibles poursuites contre Mimi Touré

Selon des informations relayées par la page Facebook de la 7TV, l’Agent judiciaire de l’État (AJE) a transmis au Pool judiciaire financier (PJF) le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) mettant en cause la gestion de Mimi Touré à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Cette démarche ouvre potentiellement la voie à l’ouverture de poursuites contre l’ancienne Première ministre, désormais citée dans une affaire qui s’annonce sensible autant sur le plan juridique que politique.

Pour le juriste Mouhamadou Bâ, professeur agrégé des facultés de droit, la suite de la procédure ne souffre d’aucune ambiguïté. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, il rappelle que «lorsque le parquet est saisi, il ne peut que poursuivre». Le spécialiste du droit pénal précise que cette étape implique l’ouverture d’une enquête préliminaire destinée à recueillir un faisceau d’indices. À ce stade, des auditions sont menées et différents actes de procédure peuvent être enclenchés pour éclairer les faits reprochés. Une fois les premiers éléments rassemblés, le dossier est généralement confié à un juge d’instruction, chargé de poursuivre les investigations et de déterminer s’il existe des charges suffisantes pour engager des poursuites.

La révélation de ce rapport de l’IGE n’est pas nouvelle, mais elle a refait surface après l’intervention du Premier ministre Ousmane Sonko devant l’Assemblée nationale, vendredi dernier, lors d’une séance de Questions d’actualité. Le chef du gouvernement avait alors confirmé que le document datait de 2023, sous la présidence de Macky Sall, et qu’il avait choisi de le transmettre à la justice dans le respect de la continuité de l’État. Il a précisé ne pas se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence de Mimi Touré, mais a insisté sur son obligation d’agir lorsqu’un rapport signale qu’un montant aurait été manipulé hors des circuits administratifs habituels.

Cette mise au point intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des rumeurs persistantes selon lesquelles Mimi Touré serait visée en raison de sa proximité avec le président Bassirou Diomaye Faye, avec qui les rapports se seraient récemment refroidis. En se défendant de toute instrumentalisation politique, Ousmane Sonko affirme n’avoir fait que respecter la procédure républicaine, laissant ainsi la justice suivre son cours.


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