Education
UGB de Saint-Louis : la fermeture des restaurants universitaires embrase le campus
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par
Diack
La tension est brusquement montée d’un cran à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, à la suite de l’annonce de la fermeture temporaire des restaurants universitaires par la Direction du Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous). Cette décision administrative a provoqué une vive réaction des étudiants, débouchant en fin de journée sur des affrontements avec les forces de l’ordre et ravivant les inquiétudes autour du climat social dans l’enseignement supérieur sénégalais.
Dans l’après-midi, le dispositif sécuritaire a été renforcé aux abords du campus universitaire. Des éléments de l’Escadron d’intervention de Saint-Louis ont été déployés, équipés de matériel de protection et d’intervention, avec pour mission de prévenir tout débordement et de sécuriser les zones sensibles, notamment l’axe routier longeant l’université.
Aux alentours de 18 heures, la situation a dégénéré. Selon plusieurs témoins, des groupes d’étudiants ont érigé des barricades et lancé des pierres ainsi que des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre. En réponse, les gendarmes ont fait usage de grenades lacrymogènes afin de disperser les manifestants et de rétablir la circulation sur la route nationale n°2 (RN2), un axe stratégique reliant Saint-Louis à d’autres localités du nord du pays. Les affrontements ont provoqué une vive panique dans les environs du campus, paralysant temporairement la circulation.
Cette montée de tension faisait suite à une assemblée générale organisée vers 16 heures par la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl). À l’issue de cette rencontre, la structure représentative des étudiants a annoncé un durcissement de sa position face à ce qu’elle considère comme une décision « injuste et provocatrice » de l’administration universitaire.
À l’origine de la contestation, un communiqué du Crous informant de la fermeture temporaire des restaurants universitaires. Une mesure prise dans un contexte déjà marqué par de fortes revendications estudiantines, notamment le paiement intégral des rappels de bourses. Les étudiants dénoncent une précarité persistante et estiment que la restauration universitaire constitue un service vital pour la majorité d’entre eux.
Ces dernières semaines, les étudiants avaient instauré des journées dites « sans ticket » dans les restaurants universitaires, permettant l’accès aux repas sans paiement préalable. Une initiative que l’administration a interprétée comme une entorse grave au fonctionnement normal du service de restauration, justifiant selon elle la décision de fermeture.
Pour la Coordination des étudiants de Saint-Louis, cette mesure est perçue comme une provocation de trop. Dans une déclaration, la Cesl a appelé les étudiants à l’unité et à la solidarité, avertissant que le mouvement pourrait s’intensifier si les autorités universitaires ne reviennent pas sur leur décision. La coordination affirme se réserver le droit d’user de « tout son arsenal de lutte syndicale » pour faire aboutir les revendications.
Au même moment, des tensions ont également été signalées à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, où des étudiants ont exprimé leur mécontentement face à des problématiques similaires liées aux conditions de vie et d’études. Cette concomitance des mouvements de contestation dans les deux principales universités publiques du pays alimente les craintes d’une extension de la crise à l’ensemble du système d’enseignement supérieur.
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