Depuis Doha, Karim Wade n’est pas resté indifférent à l’arrestation de Badara Gadiaga. Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a dépêché des émissaires à la prison de Rebeuss, où est détenu le chroniqueur, figure critique du régime actuel. Selon nos informations, Karim envisage de commettre des avocats pour assurer sa défense. Un geste qui dépasse largement le cadre humanitaire ou communautaire.
Il faut dire que Karim Wade et Badara Gadiaga partagent bien plus que des origines communes à Kébémer. Le père du chroniqueur, feu Bathie Gadiaga, fut un fidèle compagnon d’Abdoulaye Wade et militant de la première heure du Parti Démocratique Sénégalais (PDS). Toute la famille Gadiaga reste profondément ancrée dans l’idéologie libérale. Le geste de Karim est donc tout sauf anodin. Il renoue un fil politique.
Va-t-on vers un rapprochement stratégique entre Karim Wade et Badara Gadiaga ? L’hypothèse prend forme. Gadiaga, influent dans l’espace médiatique et populaire auprès de la jeunesse, pourrait devenir un relais de terrain précieux pour une éventuelle relance du PDS. En retour, il bénéficierait de l’appui politique et juridique d’un poids lourd comme Karim, encore en quête d’un véritable socle électoral pour préparer son retour.
Ce soutien envoyé depuis le Qatar est aussi un message politique fort : le PDS n’est pas mort et reste solidaire de ses voix dissidentes. C’est un avertissement adressé au pouvoir : toucher à l’un des nôtres, c’est provoquer toute une famille politique. Et c’est aussi un clin d’œil appuyé à ceux qui, dans l’opposition, cherchent encore une bannière crédible.
En résumé, derrière cette main tendue à Rebeuss se dessine peut-être le début d’une alliance tactique. Karim Wade, en soutenant Gadiaga, ne fait pas qu’un geste : il pose un pion sur l’échiquier de la recomposition politique.