La question de la prise en charge des détenus souffrant de troubles mentaux et des personnes âgées dans les prisons sénégalaises revient une nouvelle fois sur la table. En effet, lors de sa récente visite à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, la ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yassine Fall, a tiré la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante de plusieurs détenus vulnérables.
La ministre a révélé avoir trouvé sur place plus d’une vingtaine de personnes souffrant de troubles mentaux, ainsi que d’autres détenus très âgés, dont l’état de santé et la fragilité ne permettent plus de supporter les conditions carcérales. « La place de ces personnes n’est pas en prison », a-t-elle martelé lors d’un point de presse tenu ce jeudi, rappelant que leur présence dans un environnement carcéral constitue non seulement une atteinte à leur dignité, mais aussi une menace pour la sécurité de l’administration pénitentiaire et des autres détenus.
Cette déclaration met en lumière un problème ancien et souvent passé sous silence : l’absence de structures psychiatriques spécialisées au sein du système pénitentiaire sénégalais. De nombreux détenus présentant des troubles mentaux sont incarcérés faute d’alternatives médicales ou sociales adéquates, une situation que plusieurs acteurs des droits humains dénoncent depuis des années.
Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé. Plusieurs internautes, à l’image du journaliste Idrissa Fall Cissé, ont interpellé la ministre pour qu’elle passe rapidement à l’action. Ils appellent le gouvernement à mettre en œuvre des mesures concrètes visant à transférer ces détenus vers des établissements de santé mentale ou des centres médico-sociaux adaptés.
La ministre Yassine Fall semble consciente de l’urgence. Son engagement à revoir les conditions de détention et à renforcer la prise en charge des personnes vulnérables en prison s’inscrit dans la dynamique de réforme du système judiciaire et pénitentiaire qu’elle a lancée depuis son arrivée à la tête du ministère.