Une vaste opération de la Section de recherches de Kaolack a permis de mettre fin à un réseau de proxénétisme qui sévissait depuis plusieurs mois à Karang, localité frontalière du Sénégal et de la Gambie. L’affaire a été déclenchée à la suite d’un renseignement exploité par les enquêteurs, signalant l’existence d’une organisation criminelle spécialisée dans l’exploitation sexuelle de jeunes femmes nigérianes. Selon des sources de Seneweb proches du parquet, cette mafia était dirigée par une ressortissante nigériane appuyée par un complice sénégalais.
Dès réception du renseignement, la SR a déployé un dispositif de surveillance pour cerner les contours du réseau et identifier les lieux utilisés par les trafiquants. Les premiers éléments recueillis ont révélé un mode opératoire redoutablement structuré. Les proxénètes faisaient venir leurs victimes par voie terrestre depuis le Nigeria, sous prétexte de leur offrir un emploi stable au Sénégal. Mais une fois arrivées à Karang, les jeunes femmes, entrées irrégulièrement sur le territoire, se retrouvaient piégées. Leur voyage, présenté comme une opportunité, se transformait en cauchemar. Trompées et isolées, elles étaient contraintes de se prostituer et de verser quotidiennement une somme à la recruteuse qui les maintenait sous son emprise.
Les conditions de vie de ces victimes témoignaient de l’exploitation qu’elles subissaient. Elles étaient entassées dans des cabanes insalubres, installées sur un terrain loué pour 25 000 F CFA par mois. Les trafiquants y avaient construit cinq abris de seulement 2,25 m² chacun, qui servaient à la fois de logements et de lieux de prostitution. Dans cet environnement précaire, les dix jeunes Nigérianes vivaient dans une totale détresse, dépendant entièrement de leurs bourreaux qui se partageaient les recettes tirées de leur exploitation.
Le vendredi 5 décembre, aux environs de 7 heures, la SR de Kaolack, appuyée par l’escadron de surveillance et d’intervention de Sokone, a lancé une descente musclée sur les lieux. L’opération a permis l’interpellation de douze personnes : un Sénégalais et onze Nigérianes. La perquisition a mis au jour des éléments matériels accablants, dont un seau rempli de préservatifs et plusieurs carnets sanitaires, confirmant l’existence d’une activité de prostitution organisée.
L’enquête a établi que les deux principaux mis en cause avaient monté une véritable entreprise criminelle reposant sur la traite, le trafic de migrants et le proxénétisme. Au terme des investigations, tous les suspects ont été inculpés pour association de malfaiteurs, traite et trafic de personnes, séjour irrégulier, proxénétisme et racolage sur la voie publique.