En cette période où les salles de classe devraient être remplies d’élèves, c’est pourtant sur les plages de Kahone et de Koundam que l’on retrouve chaque jour des dizaines d’enfants. Parmi eux, certains sont pourtant candidats aux examens du Baccalauréat ou du BFEM. Un phénomène préoccupant qui inquiète parents, enseignants et autorités territoriales.
Sur ces plages, l’ambiance est animée quotidiennement par des enfants âgés de 8 à 15 ans, qui s’adonnent à des jeux et à la baignade. Certains d’entre eux ne vont plus à l’école, alors même que nous sommes en pleine période d’examens. Une situation qui illustre une réalité complexe.
Le manque de suivi parental, et parfois une négligence consciente ou involontaire, exposent ces enfants à un risque de décrochage scolaire. « C’est une véritable hémorragie scolaire que nous vivons. Certains parents minimisent l’importance de l’école, d’autres sont tout simplement dépassés », déplore un enseignant de la zone.
Conscientes de la gravité de la situation, les autorités locales tentent de réagir. Madame Sarata Sonko, adjointe au maire de la commune de Kaolack, en charge de l’éducation et de la petite enfance, insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective :
« Il faut que les autorités initient des campagnes de sensibilisation tout en renforçant les contrôles. Mais chaque acteur doit jouer son rôle, surtout les parents. L’éducation est une responsabilité collective. Ces lieux ne devraient pas devenir des salles de classe à ciel ouvert », a-t-elle déclaré.
Chaque année, à l’approche des grandes vacances, la plage de Kahone devient un lieu de forte affluence. Les jeunes y sont particulièrement présents, rendant la gestion de la sécurité plus complexe.
« La forte fréquentation de ces plages rend la surveillance difficile, surtout en période d’affluence », a précisé Madame le Maire en marge d’une tournée éducative.
Chaque été, le Sénégal enregistre plusieurs dizaines de cas de noyades, souvent liées à une méconnaissance des dangers marins, à une surveillance insuffisante ou à des comportements imprudents.
En 2024, près de 80 noyades avaient été enregistrées pendant la saison estivale, selon les chiffres de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, a rappelé Mme Sonko.
Les autorités lancent un appel à la vigilance. « Nous invitons les familles à encadrer leurs enfants, à respecter les consignes de sécurité », conclut Madame Sarata Sonko.