La Conférence des leaders du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), réunie ce mercredi 26 juin 2025 au siège de Taxawu Sénégal, a dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un communiqué aux accents fermes, le regroupement dirigé par Khalifa Ababacar Sall a dénoncé une « crise multidimensionnelle sans précédent », et lancé un appel à la mobilisation nationale face à ce qu’il qualifie de dérives autoritaires du régime de Bassirou Diomaye Faye.
Le FDR a d’abord dressé un bilan interne jugé satisfaisant de ses six premiers mois d’existence. Les leaders se sont félicités du parachèvement de l’organisation de leur structure, avec des commissions pleinement actives, et ont salué le leadership de leur coordonnateur sortant, Khalifa Sall, qui termine son mandat le 30 juin. À l’unanimité, ils ont désigné Samba Sy, secrétaire général du PIT, pour lui succéder à la tête du Front à partir du 1er juillet. Le communiqué évoque un homme d’écoute, de consensus et de fidélité à l’idéal républicain, désigné pour conduire les prochaines batailles.
Mais c’est surtout sur l’état du pays que les leaders du FDR ont haussé le ton. Selon eux, le Sénégal, longtemps considéré comme un exemple démocratique sur le continent, traverse une période d’instabilité profonde marquée par une crise politique, financière, économique et sociale. Le communiqué dénonce un climat de répression généralisée, une justice instrumentalisée et une société civile muselée. Le FDR accuse le pouvoir de faire de la justice un outil de règlement de comptes politiques, avec des procédures ciblées, des décisions jugées arbitraires et une pression constante sur les opposants, les journalistes et les activistes.
Les libertés publiques sont également au cœur des préoccupations du Front. Les manifestations pacifiques, bien que non interdites, seraient systématiquement réprimées. Les médias seraient sous pression, notamment via la fiscalité, tandis que plusieurs chroniqueurs subiraient menaces, intimidations et incarcérations. Le FDR parle d’un climat d’étouffement des voix discordantes et d’un recul démocratique préoccupant.
Sur le plan économique, le diagnostic dressé par le FDR est alarmant. Il évoque une dette publique jugée insoutenable, un déficit budgétaire jamais atteint, une inflation persistante et un chômage massif des jeunes. Le Front accuse le régime de mauvaise gestion, notamment dans le secteur agricole avec l’arrêt des chantiers publics, la mauvaise qualité des semences, la rareté des engrais et l’absence de soutien aux producteurs. Le gouvernement est également critiqué pour sa stratégie économique, qualifiée de brouillonne, déconnectée des réalités du terrain et sans vision à long terme.
Face à cette situation jugée préoccupante, le FDR appelle à un sursaut collectif. Le communiqué exhorte la société civile, les syndicats, les partis politiques et toutes les forces vives à s’unir pour faire barrage à la « mal gouvernance du régime Diomaye-Sonko ». Le Front dit vouloir engager des luttes multiformes contre les dérives liberticides et pour la préservation des libertés fondamentales, d’une justice indépendante et d’un État au service du peuple.
Dans une conclusion sans équivoque, le FDR affirme que le Sénégal mérite mieux. Le peuple, dit-il, mérite une justice libre, une gouvernance éthique et une démocratie solide. Le combat continue, promet la coalition, qui se dit plus que jamais mobilisée pour la défense des libertés, de la justice et de la République.