La tension reste vive à Soussoung, village situé dans la commune de Ndiaganiao, où le conflit foncier opposant les populations locales à des entreprises exploitant des ressources minières continue de faire des vagues. Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung a vigoureusement dénoncé ce lundi ce qu’il qualifie « d’arrestations arbitraires », survenues au cours du week-end dans un contexte d’intimidation et de répression, selon ses membres.
S’exprimant devant la presse, Ndiome Thiao, porte-parole du collectif, a dressé un tableau inquiétant de la situation. « Le collectif pour la défense des terres de Soussoung exprime sa profonde préoccupation face à la situation alarmante qui prévaut depuis vendredi 25 juillet 2025. Les opérations d’enlèvement arbitraire se poursuivent parfois jusque dans les domiciles privés, dans une logique manifeste d’intimidation à l’encontre de la population locale. Ce climat de peur et de répression est totalement inacceptable », a-t-il déclaré.
Selon les informations livrées par le collectif, un véhicule assurant la liaison entre Dakar et Soussoung a été intercepté par les forces de sécurité ce lundi matin à hauteur de Notto. Les passagers, qui voyageaient pacifiquement selon les témoins, ont été brutalement arrêtés et conduits à la brigade de gendarmerie de Ndiaganiao.
Actuellement, 26 personnes seraient détenues dans cette brigade, dans des conditions jugées préoccupantes par les membres du collectif. Les interpellés sont décrits comme « des citoyens honnêtes dont le seul tort serait d’habiter sur des terres aujourd’hui convoitées par des entreprises titulaires de permis d’exploitation ».
Face à cette situation, le collectif exige la libération immédiate et sans condition des 26 personnes arrêtées. Il fustige également les méthodes qu’il qualifie de répressives, employées par les forces de sécurité pour faire taire les voix dissidentes. « Ces arrestations arbitraires et les méthodes d’intimidation utilisées rappellent des pratiques d’un autre âge. Nous appelons les autorités à respecter les droits fondamentaux des citoyens et à cesser les violences à l’encontre de populations déjà fragilisées par le mépris foncier », a insisté Ndiome Thiao.