Le Sénégal a connu, le 6 septembre 2025, un remaniement ministériel majeur marqué par le départ de plusieurs figures clés de l’équipe gouvernementale. Le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté une nouvelle équipe validée par le président Bassirou Diomaye Faye, dans une volonté affichée de donner un nouveau souffle à l’action gouvernementale.
Des départs lourds de sens
Deux poids lourds du gouvernement sortant ont été remerciés sans être redéployés vers d’autres fonctions :
Ousmane Diagne, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, remplacé par Yassine Fall, ancienne cheffe de la diplomatie sénégalaise. Jean-Baptiste Tine, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, remplacé par Me Mohamadou Bamba Cissé, avocat réputé.
Ces changements traduisent une volonté de rupture, le Premier ministre affirmant vouloir placer des profils capables d’apporter plus d’efficacité et de réactivité face aux défis du pays.
Une nouvelle équipe aux commandes
Cheikh Niang prend les rênes du ministère des Affaires étrangères. Déthié Fall est nommé ministre des Infrastructures. Amadou Ba hérite du portefeuille de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.
Sonko justifie ces choix par la nécessité de répondre aux attentes pressantes des citoyens dans un contexte économique et social difficile.
Cette recomposition n’a pas manqué de susciter de vives réactions dans la classe politique et médiatique. Sur le réseau social X, le journaliste et analyste politique Madiambal Diagne a livré une lecture critique du remaniement :
« Le remaniement montre que Diomaye et Sonko n’ont pas appris des 18 premiers mois à la tête du Sénégal. Aucune leçon tirée des emprisonnements arbitraires, des inondations, des difficultés économiques et sociales. Aucun signal aux investisseurs. C’est une sorte de fuite en avant. Il faudrait néanmoins relever que ce remaniement clarifie encore le jeu politique. Le Premier ministre Sonko a désormais toutes les cartes en main et aucun alibi ne peut plus être invoqué. Diomaye lui a tout laissé, sauf le titre de Président de la République ! »
Cette déclaration met en exergue deux lectures possibles : d’un côté, l’idée d’une fuite en avant qui ne règle pas les problèmes de fond ; de l’autre, celle d’une clarification de la gouvernance où Ousmane Sonko devient l’unique responsable politique de la réussite ou de l’échec du projet gouvernemental.