Selon les révélations de L’Observateur, la police de Yeumbeul-Comico a mis la main sur un cinquième suspect dans l’affaire du meurtre du convoyeur de fonds Modou Mbacké Ndiaye. L’homme en question, identifié sous le nom de A. Diouf, mécanicien domicilié à Guédiawaye, a été retrouvé là où personne ne s’y attendait : derrière les barreaux.
Après cinq mois de cavale, ce dernier a finalement été localisé en détention, où il purgeait une peine pour une autre affaire de vol de moto commis à Thiaroye en octobre dernier. Ce n’est qu’hier, à la faveur de nouvelles investigations, que le commissaire Ousmane Diop et ses hommes ont procédé à son extraction, avant de le déférer de nouveau devant le parquet. Cette fois, les charges sont autrement plus graves : association de malfaiteurs, meurtre, vol avec violence commis en réunion, avec usage d’arme blanche et de moyen de locomotion.
L’affaire remonte à plusieurs mois. Le drame s’est produit dans le quartier Afia 6 de Yeumbeul, une nuit où Modou Mbacké Ndiaye, convoyeur et gérant de la quincaillerie Les Établissements Abdou Aziz Diop, rentrait chez lui après sa journée de travail. Suivi depuis plusieurs jours par une bande de sept individus, il a été pris pour cible par quatre d’entre eux, décidés à s’emparer de la sacoche qu’il transportait.
Les agresseurs, armés d’un bâton, d’un couteau et d’une barre de fer, l’ont attaqué dans une rue mal éclairée. Le jeune homme a été roué de coups avant d’être poignardé à plusieurs reprises. Mortellement blessé, il a succombé à ses blessures à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye, laissant derrière lui une épouse et un bébé de trois mois.
Les caméras de surveillance installées dans le quartier avaient filmé une partie de la scène, permettant aux enquêteurs de disposer d’éléments clés pour identifier les agresseurs. Les premiers jours suivant le meurtre, quatre membres de la bande avaient été arrêtés. Trois autres, dont A. Diouf, avaient réussi à s’échapper.
Mais la persévérance du commissaire Ousmane Diop a fini par payer. Poursuivant son enquête, il a réussi à reconstituer le puzzle de ce crime prémédité. Les policiers ont découvert que le suspect recherché, A. Diouf, se trouvait déjà en détention à la suite d’une autre affaire. Lors de son audition, celui-ci a d’abord nié toute implication avant d’être confondu par des preuves matérielles accablantes.
Face aux enquêteurs, A. Diouf a finalement craqué. Il a reconnu avoir participé à l’opération, avouant qu’il conduisait la moto utilisée lors de l’attaque. « Nous étions quatre cette nuit-là : Thiouth, Dieng Salla, Billy Boy et moi. Je suis resté sur la moto tandis que les trois autres l’ont suivi dans la rue menant à son domicile », aurait-il déclaré selon L’Observateur.
Après le meurtre, les malfaiteurs ont arraché la sacoche du convoyeur et se sont rendus dans la bande des filaos de Guédiawaye pour partager les huit millions de francs CFA qu’elle contenait. Le groupe s’est ensuite dispersé : A. Diouf a pris la direction de la Casamance, où il s’est caché plusieurs mois avant de revenir dans la banlieue dakaroise, se terrant entre Thiaroye et Guédiawaye.
Rattrapé par ses mauvaises habitudes, il a repris ses activités criminelles et a été arrêté pour vol avec violence, sans savoir que la justice le retrouverait bientôt pour un crime bien plus grave.
Aujourd’hui, cinq des sept membres de la bande sont sous les verrous, tandis que deux complices restent activement recherchés. Le dossier, selon un expert cité par L’Observateur, devrait être renvoyé en chambre criminelle, compte tenu de la gravité des faits.