La libération de Bougar a déclenché une vague de réactions dans le paysage politique sénégalais, et Abass Fall, maire de Dakar et figure importante du Pastef, ne cache pas son indignation. Dans un message publié sur ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, il a exprimé son mécontentement, estimant que cette décision porte atteinte à sa dignité ainsi qu’à celle de son camp politique. Pour lui, la libération de Bougar constitue une atteinte directe à l’honorabilité des responsables de Pastef et reflète un traitement injuste dans l’application de la justice.
« Bougar est libre après avoir gravement porté atteinte à notre honorabilité. Cette main derrière sa libération doit avoir honte », a déclaré Abass Fall, dénonçant ce qu’il perçoit comme une manipulation politique et un manque de cohérence dans les décisions des autorités. Selon lui, cette décision illustre une tendance inquiétante à protéger certaines personnes au détriment d’autres, au mépris de l’équité et de la justice.
Le maire de Dakar a également pointé du doigt ce qu’il qualifie de dérive dans l’usage de la protection institutionnelle. « Protéger le Président est devenu un passe-droit pour insulter et diffamer sans raison et s’en tirer », a-t-il écrit, accusant implicitement certains acteurs politiques de bénéficier d’un traitement privilégié et de pouvoir s’affranchir des règles qui s’appliquent normalement à tous.
Abass Fall a enfin exprimé son amertume face au contraste entre cette décision et les engagements que les responsables politiques avaient pris devant les citoyens. « C’est ce Sénégal que nous avions vendu aux Sénégalais. Quelle honte ! », a-t-il ajouté, dénonçant ce qu’il perçoit comme une déception pour l’opinion publique et un affaiblissement de la confiance des Sénégalais dans la justice et les institutions.
Cette réaction met en lumière les tensions politiques persistantes dans le pays, notamment sur la question de l’impartialité de la justice et de la cohérence des décisions administratives et judiciaires. La libération de Bougar pourrait accentuer les divisions entre les différentes forces politiques et relancer les débats sur la responsabilité des autorités dans la gestion des affaires sensibles et leur impact sur la perception de l’État de droit au Sénégal.