En prélude à la 146e édition de l’Appel des Layènes, le Premier ministre Ousmane Sonko s’est rendu à Cambérène pour une visite de courtoisie et de dévotion auprès du Khalife général des Layènes, Serigne Mouhamadou Lamine Laye. Cette démarche s’inscrit dans la tradition républicaine de reconnaissance et de respect envers les grandes familles religieuses du pays, à la veille d’un événement majeur de l’agenda spirituel national.
Le chef du gouvernement était accompagné d’une importante délégation officielle comprenant notamment le Président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, ainsi que plusieurs membres du Gouvernement. Une présence qui témoigne de l’importance accordée par les nouvelles autorités à cet événement religieux, considéré comme un temps fort pour l’islam sénégalais et pour la cohésion nationale.
Prenant la parole devant le Khalife général, Ousmane Sonko a expliqué le sens de sa visite. Il a indiqué être venu au nom du Président de la République, actuellement en déplacement à l’étranger, afin d’apporter la ziarra de l’État à l’occasion de l’Appel des Layènes. Selon lui, cet événement dépasse largement le cadre confrérique pour s’inscrire comme un moment essentiel de rassemblement spirituel et de consolidation du « ciment national ».
Le Premier ministre est également revenu sur la nature ancienne de ses relations avec la communauté layenne et ses guides. Il a rappelé que ses visites à Cambérène ne datent pas d’aujourd’hui, soulignant que la seule chose qui a changé est le contexte politique. « Je venais ici comme chef de parti à une période où il était difficile pour certains d’accueillir Ousmane Sonko et de l’assumer », a-t-il confié, évoquant une époque où ceux qui osaient l’accueillir faisaient preuve de courage face aux pressions de l’État. Il a tenu à souligner que, malgré ces circonstances difficiles, les portes de la concession layenne lui ont toujours été ouvertes.
Revendiquant une relation personnelle et sincère avec l’actuelle autorité de la famille layenne, Ousmane Sonko a rappelé que celui qui est aujourd’hui Khalife général l’a toujours accueilli chaleureusement, aussi bien en public qu’en privé, durant les moments les plus tendus de sa trajectoire politique. Pour lui, l’accession au pouvoir n’a rien altéré à ces liens. « Ce qui change aujourd’hui, c’est juste que nous avons quitté l’opposition pour rejoindre le pouvoir. Mais tout le reste est intact », a-t-il assuré.
Abordant la question du soutien de l’État aux concessions religieuses, le chef du gouvernement a affirmé la volonté de son équipe de faire davantage, malgré une situation économique et budgétaire qu’il a qualifiée de difficile. Il a notamment annoncé une avancée inédite : pour la première fois en 2026, des crédits destinés aux affaires du culte ont été votés dans le budget de l’État, marquant, selon lui, une reconnaissance institutionnelle plus claire du rôle des religions dans la société sénégalaise.
En réponse, le Khalife général des Layènes a salué et magnifié les propos du Premier ministre, confirmant la solidité et la profondeur des relations qu’il entretient avec Ousmane Sonko. Il a conclu la rencontre par des prières en faveur du Sénégal, appelant à la paix, à la concorde et à la droiture. « Que Dieu mette le pays sur le bon chemin et qu’il nous accorde paix et concorde », a-t-il formulé, scellant ainsi cette visite placée sous le signe de la spiritualité, du respect mutuel et de l’unité nationale.