Le processus de réorganisation des attelages techniques des équipes nationales du Sénégal s’installe au cœur d’une controverse interne à la Fédération sénégalaise de football. À l’origine des interrogations, une méthode jugée inhabituelle par plusieurs membres du Comité exécutif, qui affirment avoir découvert les nouvelles nominations par voie de communiqué, au même titre que l’opinion publique, sans validation préalable formelle de leur instance.
Traditionnellement, ce type de décisions stratégiques suit un circuit bien établi au sein de la Fédération, impliquant une validation finale du Comité exécutif après les travaux préparatoires. Cette fois, le processus a été conduit dans le cadre d’un dispositif piloté par le nouveau directeur technique national, Souleymane Diallo, avec l’appui d’une commission ad hoc chargée d’examiner les candidatures et de proposer des profils pour les différentes sélections nationales. Dans le communiqué officiel, il est précisé que le président de la Fédération, Abdoulaye Fall, a procédé aux nominations sur proposition de cette commission, en se référant au mandat confié par le Comité exécutif lors de sa réunion du 19 mars 2026.
Malgré cette justification, plusieurs voix au sein du Comex remettent en question la conformité de la procédure. Selon ces membres, même en présence d’une commission ad hoc, les recommandations issues de ses travaux doivent obligatoirement être soumises à une validation finale avant toute publication. Dans le cas présent, cette étape aurait été contournée, alimentant ainsi un malaise au sein de l’instance dirigeante.
Le rôle de Souleymane Diallo apparaît central dans cette dynamique. Bien que sa nomination comme directeur technique national ne soit pas encore officiellement entérinée par le ministère des Sports, il a déjà engagé une série d’actions visant à restructurer l’encadrement technique des équipes nationales. Depuis une dizaine de jours, il pilote ce chantier en collaboration avec le président de la Fédération et en lien avec son prédécesseur, Mayacine Mar. Toutefois, aucune passation de service officielle n’a été organisée entre les deux responsables, ce qui renforce les interrogations sur la régularité administrative du processus.
Dans ce contexte, la présence de Mayacine Mar en tant que conseiller du président est présentée comme un facteur de continuité. Son implication dans les échanges techniques permettrait d’assurer une certaine stabilité dans la gestion, notamment à l’approche d’échéances sportives importantes. Cette collaboration informelle entre l’ancien et le nouveau directeur technique témoigne d’une volonté de maintenir le fonctionnement opérationnel malgré les zones d’ombre administratives.
Face aux critiques, le porte-parole de la Fédération, Bacary Cissé, a tenu à clarifier la démarche adoptée. Il rappelle que le Comité exécutif avait bel et bien donné mandat à une commission ad hoc pour conduire les auditions et proposer un directeur technique national. Le choix de Souleymane Diallo aurait ensuite été présenté aux membres du Comex, qui en auraient pris acte. Dans la continuité, un mandat lui aurait été confié pour mettre en place les attelages techniques des différentes sélections.
Concernant la publication des nominations, Bacary Cissé explique qu’elle résulte d’une concertation entre le directeur technique national et le président de la Fédération. Il précise que cette décision a été prise sans retour formel au Comité exécutif pour une validation supplémentaire, ce qui constitue précisément le point de friction avec certains membres de l’instance.
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