Suspendu depuis l’arrivée des nouvelles autorités, le Programme national des bourses de sécurité familiale (PNBSF) s’apprête à reprendre ses activités dans le courant du premier trimestre de l’année 2026. L’annonce a été faite ce mardi à l’occasion d’un atelier de partage consacré à la stratégie de recertification des bénéficiaires, présidé par le délégué général du programme, Matar Sène. Cette relance, très attendue, marque une étape importante pour des milliers de ménages vulnérables qui dépendent de ce dispositif de protection sociale.
Après plusieurs mois d’interruption des paiements, la reprise annoncée constitue un véritable soulagement pour les bénéficiaires. Selon les responsables du programme, les versements devraient intervenir dans les jours à venir, une fois les dernières dispositions techniques et administratives finalisées. Le PNBSF, pilier de la politique sociale de l’État, retrouve ainsi sa place au cœur du dispositif de lutte contre la pauvreté et la précarité.
Mis en œuvre depuis plus d’une décennie, le programme entre désormais dans une phase cruciale de recertification de ses bénéficiaires. Pour le délégué général, cette opération ne vise ni à compliquer les procédures ni à exclure arbitrairement des ménages, mais plutôt à corriger certaines insuffisances, à renforcer les mécanismes de contrôle et à sécuriser durablement le dispositif. Il s’agit, selon lui, d’adapter le programme aux réalités actuelles tout en préservant son esprit de solidarité.
La recertification repose sur trois objectifs majeurs. Le premier est l’équité, afin de s’assurer que l’aide bénéficie réellement aux ménages les plus démunis, tout en maintenant dans le programme ceux qui remplissent légitimement les critères d’éligibilité. Le deuxième objectif concerne la confiance, avec la volonté de renforcer la transparence, la lisibilité et la crédibilité du PNBSF auprès des bénéficiaires comme de l’opinion publique, condition essentielle à sa pérennité. Enfin, le troisième objectif est l’efficacité, à travers un meilleur ciblage des ménages soutenus et une gestion plus optimale des ressources publiques, dans le but d’accroître l’impact social du programme.
Cette phase de recertification ouvre également la voie à une extension du nombre de bénéficiaires. De nouveaux ménages seront intégrés à partir du Registre national unique (RNU), dont la mise à jour et l’extension à un million de ménages viennent d’être finalisées. Pour Matar Sène, cette base de données élargie et actualisée constitue un acquis majeur pour l’orientation des politiques publiques de protection sociale et pour un ciblage plus juste des populations vulnérables.
Depuis son lancement, le Programme national des bourses de sécurité familiale a enregistré des résultats significatifs. Selon les chiffres communiqués, 355 013 bénéficiaires ont été accompagnés, parmi lesquels 290 080 ménages pauvres, 64 873 personnes vivant avec un handicap et titulaires de la carte d’égalité des chances, ainsi que 60 familles d’enfants en situation de rue. Ces données illustrent l’ampleur et la diversité de l’impact social du programme.
Le soutien financier accordé dans le cadre du PNBSF est conditionné par des engagements liés notamment à la santé, à l’éducation et à l’état civil. Cette approche a permis à de nombreuses familles de stabiliser leur situation, de mieux faire face aux besoins essentiels et d’investir dans l’avenir de leurs enfants. Conscient des enjeux et des attentes, le délégué général a insisté sur la nécessité de conduire une recertification rigoureuse, respectueuse et accessible à tous. Il a également souligné l’importance de mettre en place un mécanisme de recours clair, rapide et équitable, afin de permettre aux familles de contester toute décision relative à leur éligibilité.
Avec cette relance et cette phase de réajustement, le PNBSF entend consolider son rôle de levier central de la protection sociale au Sénégal, en s’adaptant aux nouvelles exigences de transparence, d’efficacité et de justice sociale.