La mobilisation en faveur de Farba Ngom continue de prendre de l’ampleur dans le Fouta. Ce vendredi, une importante journée de récital du Saint Coran a été organisée dans la ville de Ndioum pour prier en faveur du maire des Agnam, incarcéré depuis près d’un an. L’initiative, portée par Cheikh Oumar Anne, a réuni plusieurs autorités religieuses, des notables ainsi que de nombreux fidèles venus de différentes localités de la vallée du fleuve Sénégal.
La rencontre spirituelle s’est déroulée dans un climat de recueillement et de solidarité. De nombreuses figures religieuses ont répondu à l’appel des organisateurs. Parmi elles figurait notamment Thierno Mountaga Tall, venu représenter la famille de El Hadj Omar Tall au niveau du département de Podor. Étaient également présents Thierno Madani Hassirou Tall et plusieurs autres guides et érudits religieux issus de différentes localités du Fouta. Parents, amis et sympathisants ont également effectué le déplacement depuis plusieurs communes pour participer à cette journée de prières.
Au cours de la cérémonie, les participants ont procédé à la récitation collective de 124 « kamils » du Saint Coran. Dans la tradition musulmane, un kamil correspond à la récitation complète du Coran. Ce moment spirituel s’est voulu une grande invocation collective afin de demander à Dieu la libération de Farba Ngom. Pour les organisateurs, cette mobilisation traduit la reconnaissance et la solidarité d’une partie des populations du Fouta envers celui qu’elles considèrent comme un bienfaiteur de la communauté et un soutien actif aux initiatives religieuses et sociales dans la région.
S’adressant à la presse à l’issue de la cérémonie, Cheikh Oumar Anne s’est félicité de la forte mobilisation enregistrée lors de cette journée. Il a particulièrement salué la présence de représentants de familles religieuses venues de plusieurs zones du nord du pays, notamment des départements de Podor, Dagana, Linguère ainsi que de la région de Matam. Selon lui, la date choisie pour organiser cette rencontre spirituelle n’était pas le fruit du hasard.
Il a expliqué que la journée s’est tenue un vendredi 13, une date à laquelle il attribue une signification particulière dans la symbolique islamique. Selon lui, le nombre 13 renvoie au mot « Ahad », qui signifie « l’Unique », en référence à Dieu. Il a également rappelé que le vendredi occupe une place centrale dans la tradition musulmane en tant que jour béni et privilégié pour les prières et les invocations. C’est donc dans cet esprit que les participants ont choisi de s’adresser à Dieu afin de solliciter son intervention dans la situation de Farba Ngom.
Au-delà de la dimension religieuse de la rencontre, Cheikh Oumar Anne a également livré une lecture politique de l’affaire. Tout en réaffirmant sa confiance dans les institutions judiciaires, il a estimé que le dossier de Farba Ngom dépasse le cadre strictement judiciaire.
Selon lui, la justice n’est pas encore intervenue dans le fond de cette affaire. Il considère que la situation relève davantage d’une décision politique que d’une procédure judiciaire ordinaire. Dans ses déclarations, il a directement mis en cause les autorités actuellement au pouvoir, citant notamment le Premier ministre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye ainsi que leur gouvernement.
L’ancien ministre a affirmé que, selon lui, le combat politique contre Farba Ngom serait porté par le Premier ministre et soutenu par les autorités actuelles. Dans le même temps, il a invité les députés à faire preuve de prudence concernant les questions liées à la levée de l’immunité parlementaire. Il estime que les décisions prises aujourd’hui dans ce domaine pourraient avoir des conséquences politiques importantes à l’avenir.
Malgré ces critiques à l’égard du pouvoir, Cheikh Oumar Anne a insisté sur le choix des populations du Fouta de privilégier une démarche spirituelle. Pour lui, la prière demeure la principale voie pour espérer une issue favorable dans cette affaire. Il a ainsi souligné que le rôle des croyants reste d’implorer Dieu afin que Farba Ngom retrouve la liberté.