Cinq responsables syndicaux de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise seront face au juge ce jeudi 23 avril devant le tribunal correctionnel de Dakar, dans une affaire qui cristallise les tensions entre direction et travailleurs du service public audiovisuel. À l’origine de la procédure, une plainte pour diffamation déposée par le directeur général Pape Alé Niang, à la suite de déclarations faites par les mis en cause lors d’une assemblée générale.
Les faits remontent à une rencontre syndicale au cours de laquelle les responsables incriminés avaient exprimé de vives critiques sur la gestion de l’entreprise. Selon des sources proches du dossier, les propos jugés diffamatoires porteraient notamment sur des accusations liées à la gouvernance, à la transparence et aux conditions de travail au sein de la RTS. Des déclarations que la direction considère comme attentatoires à l’honneur et à la réputation de son premier responsable.
Face à ces poursuites, les syndicalistes adoptent une posture de fermeté. Ils estiment que leurs prises de parole s’inscrivent dans le cadre légitime de l’action syndicale, qui implique, selon eux, le droit d’alerter sur les dysfonctionnements internes et de défendre les intérêts des travailleurs. Pour ces responsables, la procédure judiciaire engagée constitue une tentative d’intimidation visant à réduire au silence toute voix critique au sein de l’entreprise.
L’affaire a rapidement pris une dimension plus large avec l’implication de l’intersyndicale composée du SYNPAP et du SYNPICS. Ces deux organisations ont lancé un appel à la mobilisation en soutien aux cinq prévenus, invitant les travailleurs, militants et sympathisants à se rassembler devant le tribunal le jour de l’audience. Cette démonstration de solidarité vise à dénoncer ce qu’elles qualifient d’atteinte grave à la liberté syndicale et à la liberté d’expression.
Dans ce contexte, le procès est perçu comme un test important pour l’équilibre entre autorité hiérarchique et droits syndicaux dans les entreprises publiques sénégalaises. Il soulève également des interrogations sur les limites de la critique interne et sur la manière dont les différends professionnels sont arbitrés, entre dialogue social et recours aux juridictions.