L’État du Sénégal franchit un cap important dans sa politique de redynamisation du secteur maritime avec la signature d’un partenariat public-privé d’envergure portant sur la gestion des chantiers navals de Dakar. Cette convention, conclue pour une durée de vingt ans avec la société néerlandaise Damen Holding B.V., marque une étape structurante dans la modernisation des infrastructures de réparation navale du pays.
L’annonce officielle a été faite par Babacar Faye, directeur général de la Société des Infrastructures de Réparation Navale, à travers la publication de l’avis d’attribution. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un appel d’offres international lancé afin d’identifier un opérateur privé capable de prendre en charge l’ensemble du dispositif de relance. Il s’agissait notamment d’assurer la reprise des activités, la réhabilitation des installations existantes, le financement des investissements nécessaires, ainsi que l’exploitation et la maintenance des chantiers.
Au terme d’un processus rigoureux, cinq entreprises avaient été présélectionnées lors de la phase de préqualification. Toutefois, seules deux d’entre elles ont soumis une offre finale, à savoir Damen Holding B.V. et Jobson Italia SRL. Après évaluation des propositions techniques et financières, l’offre de Damen a été retenue, aboutissant à la signature officielle du contrat le 2 avril 2026.
Le choix porté sur Damen s’explique par l’expertise reconnue de ce groupe familial néerlandais dans le domaine de la construction navale, de l’ingénierie maritime et de la réparation de navires. Présent à l’échelle internationale, le groupe dispose d’une solide expérience dans la gestion de chantiers navals et dans la mise en œuvre de solutions innovantes adaptées aux besoins des marchés émergents.
À travers ce partenariat, les autorités sénégalaises affichent leur ambition de repositionner Dakar comme un hub maritime compétitif en Afrique de l’Ouest. La modernisation des chantiers navals devrait permettre d’améliorer la qualité des services offerts aux armateurs, de réduire les délais de réparation et d’attirer davantage de navires dans les installations sénégalaises.
Le modèle économique retenu repose sur un mécanisme de rémunération par les usagers. Concrètement, l’État ne prévoit pas de contribution financière directe dans le cadre du projet. Le partenaire privé assurera le financement des investissements et se rémunérera à travers les services fournis aux clients des chantiers. Cette approche permet de préserver les finances publiques tout en garantissant une gestion orientée vers la performance et la rentabilité.
Dans un souci de transparence, les autorités sénégalaises ont indiqué que les détails du contrat seront rendus accessibles au public. Cette démarche vise à renforcer la confiance des citoyens et des acteurs économiques, notamment à travers la publication des informations sur les plateformes du régulateur et de l’UNAPPP.
Au-delà de l’aspect économique, ce projet devrait également générer des retombées positives en matière d’emploi et de transfert de compétences. La montée en puissance des activités des chantiers navals pourrait favoriser la création d’emplois qualifiés et contribuer au développement d’un savoir-faire local dans les métiers de la construction et de la maintenance navale.