L’Association des éditeurs et des professionnels de la presse en ligne (APPEL) est montée au créneau pour dénoncer avec fermeté la convocation du journaliste Pape Ngagne Ndiaye par la Sûreté urbaine de Dakar. Dans un communiqué au ton préoccupé, l’organisation y voit un nouvel épisode d’acharnement judiciaire qui, selon elle, contribue à fragiliser davantage les fondements démocratiques du Sénégal.
Le journaliste de la TFM est attendu ce lundi devant les enquêteurs à la suite de propos jugés critiques à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko. Une procédure que l’APPEL juge disproportionnée au regard des faits reprochés. Son président, Ibrahima Lissa Faye, estime en effet que cette affaire relève davantage de ce qu’il qualifie de « broutilles » et aurait pu être réglée par des mécanismes d’autorégulation propres à la profession.
L’association met en avant des alternatives telles que le droit de réponse ou encore la saisine du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie, des voies qu’elle considère plus adaptées et respectueuses de la liberté d’informer. Pour l’APPEL, le recours systématique à la justice pénale dans des affaires de presse constitue une dérive inquiétante qui risque d’instaurer un climat de peur au sein des rédactions.
Cette convocation intervient dans un contexte particulièrement symbolique, au lendemain de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque année pour rappeler l’importance d’une presse libre et indépendante. Elle coïncide également avec le recul du Sénégal dans le classement 2026 de Reporters Sans Frontières, un indicateur qui, selon l’APPEL, traduit une détérioration progressive de l’environnement médiatique dans le pays.
Face à cette situation, l’organisation exprime son soutien total à Pape Ngagne Ndiaye et appelle à une mobilisation des acteurs engagés dans la défense des libertés fondamentales. Elle interpelle notamment des figures reconnues telles que Seydi Gassama, Alioune Tine et Abibatou Samb, ainsi que l’organisation Article 19 Sénégal et Afrique de l’Ouest, afin de faire face à ce qu’elle considère comme une menace sérieuse pesant sur le secteur des médias.