Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la professionnalisation du secteur des transports urbains. Cent jeunes chauffeurs professionnels ont officiellement reçu, ce mardi, leur attestation de fin de formation après trois mois d’apprentissage intensif financés par le Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique (3FPT) à hauteur de 40 millions de francs CFA.
La cérémonie de remise des attestations a été présidée par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Amadou Moustapha Ndieck Sarré, en présence des responsables du 3FPT, de l’entreprise de transport Kai Ñu Dem ainsi que du Centre de formation aux métiers portuaires et à la logistique (CFMPL).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet de formation-insertion (PFI), un mécanisme mis en place pour rapprocher la formation professionnelle des besoins réels du marché de l’emploi. Le programme repose sur un partenariat tripartite entre l’État du Sénégal, à travers le 3FPT, l’entreprise Kai Ñu Dem qui s’est engagée à recruter l’ensemble des bénéficiaires, et le CFMPL chargé de dispenser les enseignements techniques et pratiques.
À travers ce projet, les autorités ambitionnent de contribuer à l’amélioration de la mobilité urbaine tout en offrant des perspectives d’emploi durables à des jeunes souvent confrontés aux difficultés d’insertion professionnelle.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le directeur général du 3FPT, Babo Amadou Ba, a rappelé que sa structure a déjà injecté près de 600 millions de francs CFA dans une trentaine de projets similaires à travers le pays. Selon lui, ces programmes ont permis l’insertion de plus de 2 000 jeunes dans différents secteurs d’activités.
Il a souligné que cette dynamique répond à une priorité nationale dans un contexte où les jeunes de moins de 35 ans représentent près de 75 % de la population sénégalaise. Pour les autorités, la formation qualifiante constitue ainsi un levier essentiel de lutte contre le chômage et de promotion de l’employabilité.
Le directeur général de Kai Ñu Dem, Pape Seyni Ndiaye, a pour sa part insisté sur la nécessité de professionnaliser davantage le métier de chauffeur de taxi au Sénégal. Il estime que ce partenariat permettra non seulement de renforcer la qualité du service offert aux usagers, mais également de créer des emplois stables dans un secteur en pleine mutation.
Il a également mis en avant les enjeux liés à l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, affirmant que ces jeunes chauffeurs auront un rôle important à jouer dans l’accueil et la mobilité des visiteurs durant cet événement international prévu en novembre prochain.
De son côté, la directrice générale du CFMPL, Awa Ndiaye Sagna, a rappelé que le secteur des transports fait aujourd’hui face à de profondes transformations marquées par des exigences accrues en matière de sécurité routière, de fiabilité et de qualité de service.
Elle a indiqué que les bénéficiaires ont été formés non seulement à la conduite professionnelle, mais également aux comportements citoyens, à la sécurité routière et aux règles de discipline indispensables dans le transport public.