Economie
Marché des titres publics : le Sénégal ralentit ses levées en avril mais dépasse déjà ses objectifs annuels
-
-
par
Diack
Le Sénégal a enregistré en avril 2026 sa plus faible mobilisation mensuelle sur le marché des titres publics depuis le début de l’année. Selon les données du marché financier régional de l’UEMOA, le Trésor public sénégalais a levé 242,7 milliards de FCFA au cours du mois écoulé, dans un contexte marqué par une baisse générale du rythme des émissions souveraines dans l’espace communautaire.
À l’échelle de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), les États membres ont mobilisé un total de 1 210 milliards de FCFA en avril 2026 à travers des émissions de bons et obligations assimilables du Trésor. Parmi les pays les plus actifs figure le Sénégal, qui reste l’un des principaux emprunteurs du marché régional malgré le ralentissement observé.
Cette contreperformance relative contraste avec les niveaux de mobilisation enregistrés lors des trois premiers mois de l’année. En janvier, le Sénégal avait réussi à lever 366,7 milliards de FCFA. Le mois de février avait marqué un pic avec 378,7 milliards de FCFA mobilisés, avant un léger repli à 323,2 milliards en mars. La baisse constatée en avril traduit ainsi un ralentissement progressif du recours au marché régional par les autorités sénégalaises.
Malgré cette diminution mensuelle, les performances globales du Trésor sénégalais restent solides. Le cumul des levées depuis le début de l’année atteint désormais 1 311,3 milliards de FCFA. Ce montant dépasse déjà l’objectif de 1 272 milliards de FCFA fixé dans le calendrier prévisionnel des émissions pour cette période, témoignant d’une forte capacité de mobilisation sur le marché financier régional.
Les opérations réalisées en avril ont principalement porté sur des titres de moyen terme. Les obligations à trois ans ont concentré l’essentiel des émissions avec 136,3 milliards de FCFA mobilisés. Les titres à douze mois ont permis de lever 98,5 milliards de FCFA, tandis que les obligations à cinq ans et sept ans ont respectivement rapporté 5,7 milliards et 2 milliards de FCFA.
Cette stratégie de financement traduit la volonté des autorités de privilégier des maturités intermédiaires afin de mieux gérer le profil de la dette publique tout en limitant les risques liés aux refinancements à court terme. Elle intervient également dans un contexte où plusieurs États de l’UEMOA continuent d’intensifier leur recours au marché régional pour financer leurs besoins budgétaires et leurs investissements publics.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.