L’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack, Ousmane Kane, a vivement critiqué la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, estimant que cette démarche pourrait avoir de lourdes conséquences politiques et institutionnelles pour le Premier ministre et leader de Pastef.
Dans une chronique relayée par le quotidien L’Observateur, le magistrat à la retraite considère que le retour d’Ousmane Sonko au Parlement constitue une décision particulièrement risquée dans le contexte actuel marqué par une contestation juridique de sa réinstallation au sein de l’hémicycle.
Selon Ousmane Kane, en acceptant de se faire réinstaller comme député par une institution qu’il juge favorable à sa majorité politique, Ousmane Sonko s’expose à une éventuelle remise en cause de cette décision par le Conseil constitutionnel. Une telle issue pourrait, d’après lui, entraîner une situation politiquement embarrassante pour le chef du gouvernement.
« Sonko court le risque élevé d’une humiliation sans nulle autre pareille, en cas de désinstallation par le Conseil constitutionnel », a notamment déclaré l’ancien haut magistrat.
Ousmane Kane dit ne pas comprendre la nécessité pour le leader de Pastef de reprendre son siège de député alors qu’il dispose déjà, selon lui, d’une influence considérable sur l’Assemblée nationale grâce à la majorité parlementaire acquise à son parti. Il estime que le Premier ministre pouvait continuer à orienter l’action de l’institution sans s’exposer à une controverse juridique susceptible d’affaiblir son image.
Poursuivant son analyse, l’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack s’est également interrogé sur l’existence, au sein de l’entourage politique d’Ousmane Sonko, de personnalités capables de lui faire entendre des avis divergents. Il considère que certaines décisions et « transgressions » pourraient, à terme, compromettre l’avenir politique du leader de Pastef si elles ne sont pas corrigées.
Cette sortie intervient alors que la bataille juridique autour de la réintégration d’Ousmane Sonko se poursuit. Le 1er juin 2026, dix-neuf députés de l’opposition parlementaire ont officiellement saisi le Conseil constitutionnel afin de contester la légalité de son retour à l’Assemblée nationale.
La haute juridiction est désormais attendue sur ce dossier sensible qui suscite de vifs débats dans la classe politique et au sein de l’opinion publique. Sa décision pourrait avoir des répercussions importantes aussi bien sur le fonctionnement des institutions que sur l’avenir politique du Premier ministre.