Dakar, 28 juillet 2026 – La tension est montée d’un cran au sein de la Société nationale des habitations à loyer modéré (SNHLM) après la décision du Directeur général de licencier neuf agents pour motif économique. Une décision prise sans concertation préalable avec les représentants du personnel, qui a immédiatement suscité la colère du syndicat et des travailleurs.
Une résolution ferme du Conseil d’administration
Réuni sous la présidence de Mustapha Fall, le Conseil d’administration a adopté une résolution appelant à l’annulation des licenciements et à la réintégration des neuf agents concernés. Il a également décidé de suspendre les recrutements en cours et de mandater un audit financier et organisationnel de l’entreprise.
Malgré cette décision adoptée à l’unanimité, le Directeur général est resté inflexible. Il a déclaré : « Je maintiens la décision de licenciement des neuf agents, tout en restant ouvert au dialogue sur une éventuelle révision des conditions de leur départ. »
Une procédure jugée irrégulière
Le secrétaire général du syndicat, Mamadou Faye, a rappelé les dispositions du Code du travail applicables aux licenciements pour motif économique. Selon lui, la procédure impose notamment la consultation des délégués du personnel, la transmission du compte rendu à l’inspecteur du travail, l’application de critères objectifs de sélection, le versement des indemnités légales ainsi que le respect de la priorité de réembauche pendant une période de deux ans.
À l’en croire, aucune de ces étapes n’a été respectée, ce qui rend la procédure de licenciement juridiquement contestable.
Une gestion de plus en plus contestée
Les critiques visant le Directeur général se multiplient. Le syndicat lui reproche notamment le recrutement de huit nouveaux agents alors que neuf salariés viennent d’être licenciés pour motif économique, l’organisation de missions aux États-Unis et au Canada jugées coûteuses et sans résultats tangibles, ainsi que la délocalisation des réunions du Conseil d’administration dans des hôtels à Saly, entraînant des dépenses supplémentaires.
Ces décisions auraient accentué la rupture de confiance entre les agents et leur hiérarchie.
Le syndicat réclame le départ du Directeur général
Le syndicat et le personnel, représentés notamment par Alioune Badara Biteye et Daouda Diouf, refusent désormais toute négociation directe avec le Directeur général. Ils demandent au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de le relever de ses fonctions et de nommer un nouveau dirigeant à la tête de la SNHLM.
Parmi les agents licenciés, Idrissa Laye dénonce ce qu’il qualifie de stratégie « machiavélique » destinée à intimider les salariés. « Comment peut-on licencier quelqu’un qui est en contrat à durée indéterminée (CDI) ? Aujourd’hui, au Sénégal, un CDI ne garantit donc plus rien ? », s’interroge-t-il.