Une jeune femme de 26 ans, identifiée sous les initiales R. Niang, est décédée dans la nuit du 25 au 26 août 2026, à Yeumbeul, dans la banlieue dakaroise, alors qu’elle tentait, selon les premiers éléments de l’enquête, d’interrompre une grossesse de quatre mois. L’affaire, qui suscite de nombreuses interrogations, a conduit à l’arrestation de deux personnes. Une information judiciaire a par ailleurs été demandée par le procureur de Pikine-Guédiawaye, rapporte le quotidien Libération.
Le drame a été porté à la connaissance des forces de l’ordre dans la nuit du 26 août, aux environs de 2 heures du matin. Le médecin de garde du Centre de santé de Yeumbeul a alerté le commissariat après l’arrivée dans la structure sanitaire du corps sans vie d’une femme, identifiée par la suite comme R. Niang.
D’après les premières déclarations recueillies par les enquêteurs, la jeune femme était enceinte de quatre mois. Elle aurait entrepris une tentative d’avortement dans une structure dont l’identité et la nature n’ont pas encore été précisées. Après avoir reçu un traitement, elle aurait commencé à ressentir d’importantes douleurs.
Son petit ami présumé, Cheikh Dia, âgé de 29 ans et tailleur domicilié à Yeumbeul Asecna, aurait alors sollicité l’intervention d’un aide-infirmier. Ce dernier, identifié comme Jules Diédhiou, âgé de 78 ans et domicilié dans le même secteur, se serait rendu au domicile de la jeune femme pour lui administrer une perfusion.
Mais l’état de R. Niang se serait brutalement aggravé après cette intervention. Elle aurait perdu connaissance avant d’être transportée au Centre de santé de Yeumbeul. À son arrivée, le médecin de garde n’a pu que constater son décès.
Alertés, les policiers se sont immédiatement rendus sur les lieux. Le petit ami présumé et l’aide-infirmier, qui avaient accompagné la victime au centre de santé, ont été interpellés. Dans un premier temps, ils ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête.
Sur instruction du parquet, leur arrestation leur a ensuite été notifiée pour des faits présumés de non-assistance à une personne en danger. Une réquisition aux fins d’autopsie a également été établie afin de déterminer les circonstances exactes du décès et de vérifier notamment les éventuelles conséquences des actes médicaux ou interventions pratiqués sur la victime avant son évacuation.
Lors de son interrogatoire sommaire, Cheikh Dia aurait contesté être à l’origine de la grossesse de la défunte. Il aurait affirmé que celle-ci serait issue d’une relation avec un autre homme. Selon ses déclarations, cet individu aurait proposé à R. Niang, de son vivant, de procéder à une interruption de grossesse et l’aurait mise en contact avec une autre femme censée pratiquer l’avortement.
Ces déclarations font désormais partie des éléments que les enquêteurs doivent vérifier. Les investigations se poursuivent afin d’identifier toutes les personnes susceptibles d’avoir joué un rôle dans cette affaire, notamment celles qui auraient participé à la tentative d’interruption de grossesse.
L’autopsie devrait également apporter des éléments déterminants sur les causes précises de la mort de la jeune femme. Dans le même temps, les enquêteurs poursuivent leurs recherches pour retrouver les autres personnes citées dans les déclarations recueillies au cours des premières auditions.