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Face aux députés, Al Aminou Lo défend le programme du FMI et rassure sur sa cohérence avec le Sénégal 2050

Lors de sa Déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a consacré une large partie de son intervention au programme conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Face aux interrogations et aux réserves suscitées par l’institution financière internationale, le chef du gouvernement a entrepris de clarifier la nature de cet accord et de déconstruire ce qu’il considère comme une « mauvaise perception » du FMI dans l’opinion publique.

Devant les députés, Ahmadou Al Aminou Lo a d’abord rappelé le rôle et les missions du Fonds monétaire international. Créé en 1944 et regroupant aujourd’hui 190 pays membres, le FMI a notamment pour vocation de favoriser la coopération monétaire internationale, de contribuer à l’expansion du commerce mondial, de promouvoir la stabilité des changes et de mettre des ressources financières à la disposition des États membres confrontés à des difficultés économiques et financières.

Le Premier ministre a surtout insisté sur un point : aucun État n’est juridiquement contraint de conclure un programme avec le FMI. « Ce n’est pas une obligation », a-t-il martelé devant les parlementaires. Pour autant, il a reconnu qu’un pays qui choisit de ne pas travailler avec l’institution peut en subir certaines conséquences, notamment en matière de crédibilité financière et de perception de sa situation économique par les partenaires et les marchés internationaux.

Dans son argumentaire, le chef du gouvernement a ainsi présenté le FMI comme un acteur central de l’évaluation de la trajectoire économique des États. Selon lui, l’absence d’un programme avec cette institution peut réduire la visibilité financière d’un pays et compliquer ses relations avec les bailleurs et investisseurs internationaux.

Revenant sur le contenu de l’accord conclu avec le Fonds, Ahmadou Al Aminou Lo a voulu en relativiser la portée, en présentant les mesures retenues comme relevant avant tout d’une logique de gestion responsable des finances publiques. Pour illustrer son propos, il a comparé la gestion d’un État à celle d’une famille : il s’agit, selon lui, de rétablir l’équilibre des comptes, de maîtriser les dépenses et les ressources, tout en continuant à répondre aux besoins essentiels des membres les plus vulnérables.

Cette approche doit, à ses yeux, permettre au Sénégal de restaurer sa viabilité budgétaire et extérieure sans sacrifier les politiques sociales. Le gouvernement entend ainsi combiner discipline financière, renforcement des dépenses sociales et protection des catégories les plus fragiles de la population.

Le Premier ministre a également cherché à dissiper toute idée de contradiction entre les engagements pris avec le FMI et la vision portée par le président de la République Bassirou Diomaye Faye. Il a assuré que le programme négocié avec l’institution financière internationale s’inscrit pleinement dans les orientations de l’Agenda Sénégal 2050.

Ahmadou Al Aminou Lo a rappelé qu’il avait lui-même participé à l’élaboration de cette feuille de route lorsqu’il était membre du gouvernement précédent. Pour lui, les objectifs poursuivis dans le cadre du programme avec le FMI ne constituent donc pas une rupture avec la politique définie par les autorités sénégalaises, mais plutôt un cadre permettant d’accompagner la mise en œuvre des priorités nationales.

Le chef du gouvernement a notamment cité plusieurs axes autour desquels s’articule cette stratégie : l’amélioration de la compétitivité de l’économie, le développement du capital humain, le renforcement de l’équité sociale, l’aménagement durable du territoire et l’amélioration de la gouvernance.

Sur ce dernier point, le Premier ministre a laissé entendre que les discussions avec le FMI n’avaient pas été exemptes de difficultés. Les négociations, a-t-il reconnu, ont été « âpres » sur certains sujets. Cette formulation traduit les divergences qui ont pu exister entre les autorités sénégalaises et les équipes du Fonds sur les mesures à mettre en œuvre et le rythme du redressement économique.

Malgré ces discussions difficiles, Ahmadou Al Aminou Lo a voulu rassurer la représentation nationale. Il a défendu l’idée d’un accord négocié dans l’intérêt du pays et compatible avec les engagements pris par le président de la République.

Dans une formule destinée à résumer cette convergence, le Premier ministre a affirmé : « Le programme du FMI, c’est le PRES, le Plan de redressement économique et social. Tout ce qui figure dans le programme du président Diomaye, c’est ce que nous appliquons avec le FMI. »

À travers cette déclaration, le chef du gouvernement entend donc présenter le partenariat avec le FMI non pas comme une tutelle extérieure sur la politique économique du Sénégal, mais comme un instrument au service du plan national de redressement. Une manière, également, de répondre aux critiques qui assimilent les programmes du Fonds à une perte de souveraineté dans la définition des politiques publiques.


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