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Société

Achat de véhicules pour les députés : la polémique enfle autour de l’attribution du marché

La controverse ne faiblit pas autour de l’achat de véhicules destinés aux députés de la 15e Législature du Sénégal. Loin de s’estomper, elle gagne en intensité, notamment à cause du flou qui entoure l’attribution du marché. Des voix s’élèvent, y compris dans l’hémicycle, pour dénoncer un manque total de transparence dans cette opération que d’aucuns jugent inopportune dans le contexte économique actuel.

Parmi les détracteurs les plus virulents, le député Abdou Mbow, membre du groupe d’opposition Takku Wallu Sénégal, n’a pas mâché ses mots. Dans les colonnes de L’Observateur, il parle sans détour de « nébuleuse totale » concernant la procédure d’attribution du marché. « On n’est au courant d’aucune forme de procédure. Ce sont des gens qui ne sont pas dans la droiture », a-t-il déclaré, visiblement outré par ce qu’il considère comme une opacité injustifiable.

L’élu annonce même la couleur : l’heure des comptes viendra. « Ils ont un moment pour gérer, mais il y aura un moment pour faire l’audit des finances publiques, pour voir la responsabilité des uns et des autres », avertit-il, dans un ton de mise en garde à peine voilé.

Abdou Mbow, par ailleurs cadre de l’Alliance pour la République (APR), s’en prend directement aux responsables de Pastef, aujourd’hui aux commandes du pouvoir exécutif. Il leur reproche un changement de discours flagrant. « Ils cherchent à déplacer le débat en avançant qu’un député a besoin d’un véhicule. Mais la question ne se trouve pas à ce niveau », estime-t-il.

Selon lui, il ne s’agit pas de remettre en question la nécessité d’un véhicule pour un parlementaire, mais de souligner la contradiction entre les positions tenues par les leaders de Pastef lorsqu’ils étaient dans l’opposition et leurs pratiques actuelles. « Ils affirmaient que l’achat de véhicules pour les députés n’était pas une priorité nationale. »

La critique d’Abdou Mbow se fait encore plus sévère lorsqu’il évoque les premières déclarations du nouveau régime, qui avait décrit une situation économique catastrophique à son arrivée au pouvoir. « Ils ont déclaré que le pays était à l’arrêt, que les ressources avaient été dilapidées, que les chiffres avaient été falsifiés, qu’on s’était endetté. Et c’est à ce moment précis qu’ils trouvent le plaisir d’acheter des véhicules pour des députés ! », s’indigne-t-il.

Pour le parlementaire, cet acte est le symbole d’une gestion aux antipodes des engagements de sobriété et de rupture prônés par le nouveau pouvoir. Il conclut en accusant les nouveaux dirigeants de vouloir « se donner des privilèges tout en appauvrissant davantage les Sénégalais. »

Au-delà de la question logistique de dotation en véhicules, la polémique soulève des interrogations plus profondes sur la gouvernance, la cohérence des engagements politiques et l’usage des deniers publics dans un contexte où la population fait face à une pression économique croissante.


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