C’est au cours de l’émission Yoon Wi, animée par Ndiogou Diène sur la RFM, que la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la professeure Amsatou Sow Sidibé, s’est exprimée sur plusieurs sujets d’actualité : justice, cohésion sociale, nouvelles autorités, discours haineux, etc.
Les discours haineux
La situation sociale du Sénégal inquiète la présidente du CNDH, qui exhorte les populations à davantage de compassion et de solidarité. Elle estime que le climat de division actuel n’est favorable à personne et freine la bonne marche du pays.
« Il faut mettre un terme aux discours haineux, apprendre à positiver et à dire du bien des autres. Au niveau de la commission, nous travaillons beaucoup à lutter contre ce phénomène, notamment avec les journalistes, dont les plateaux sont souvent utilisés pour propager ce type de discours par leurs invités. Nous sommes très concernés par la question, car nous avons encore l’exemple du Rwanda qui a sombré dans le chaos à cause de ces discours haineux. »
Affaire Doudou Coulibaly et liberté d’expression
Sur le dossier du journaliste Doudou Coulibaly, la présidente du CNDH rappelle que la liberté d’expression est un droit fondamental inscrit dans les chartes qui régissent le pays.
« C’est un droit qui nous importe beaucoup au niveau des droits de l’homme. Cependant, en tant que juristes, nous savons qu’aucun droit ne peut être utilisé pour bafouer celui d’autrui. La liberté d’expression est encadrée, on ne peut pas en user et en abuser à sa guise. »
Tout en reconnaissant que le journaliste a commis une faute et doit répondre de ses actes, elle souligne que sa situation sanitaire doit être prise en considération : « Vu son état de santé, une incarcération pourrait entraîner le pire. Il devrait présenter des excuses pour son écart. »
La relation Diomaye – Sonko
À propos de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, Amsatou Sow Sidibé déclare :
« Pour moi, ces deux hommes ont une relation de thiéré ak mew : l’un ne va pas sans l’autre. C’est la force de ce duo qui permettra de relever le défi d’un Sénégal prospère. Ceux qui parient sur leur séparation doivent déchanter, car ce sont deux personnes intelligentes qui travaillent pour l’intérêt supérieur de la nation. »
Elle invite les Sénégalais à laisser les nouvelles autorités travailler et à leur accorder du temps : « Ils viennent de trouver un pays traversé par de nombreuses difficultés. Relever l’économie ne sera pas chose aisée, mais ils sont en train de nouer des partenariats importants. Accordons-leur le bénéfice du doute et soyons patients. »
Les évènements de 2021-2024 et l’indépendance de la justice
Revenant sur les violences et tensions de ces dernières années, la présidente du CNDH plaide pour un retour à la confiance dans la justice :
« C’est la justice qui nous rétablit dans nos droits, qui punit les coupables, qui règle les différends… Les citoyens doivent respecter les magistrats, qui connaissent leur métier et appliquent la loi sans parti pris. »
Tout en reconnaissant que les morts et emprisonnements restent encore dans les mémoires, elle estime qu’il faut « laisser les juges travailler et mener les investigations nécessaires afin de situer les responsabilités ». Elle rend hommage au ministre de la Justice, qu’elle qualifie de « magistrat pétri de valeurs et travailleur ».
Une journée nationale de la cohésion sociale
Face aux divisions qui ont marqué la société ces dernières années, la CNDH envisage l’instauration d’une Journée de la cohésion sociale.
« Nous travaillons à finaliser cette initiative et, d’ici la fin de l’année, nous allons appeler les Sénégalais autour de cette journée de réconciliation et d’union. Elle sera célébrée chaque année pour renforcer la fraternité et faire oublier les rancunes. »
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