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Diomaye Faye et le sport : un engouement salué mais terni par des maladresses protocolaires

Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye affiche depuis son entrée en fonction une passion sincère pour le sport, un domaine qu’il considère comme un vecteur de cohésion nationale et un levier diplomatique. Ses apparitions lors de grands événements sportifs, ainsi que son implication dans la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, lui valent en général une pluie d’éloges. Toutefois, certains observateurs estiment que cette bonne volonté devrait s’accompagner d’une communication plus rigoureuse. Ils pointent du doigt deux récents faux pas qui, selon eux, auraient pu être évités par un protocole plus vigilant.

Le journal Source A revient dans son édition du week-end sur un premier incident survenu lors du match opposant le Sénégal à la Mauritanie au stade Abdoulaye-Wade. Ce jour-là, le chef de l’État est apparu vêtu du maillot extérieur des Lions, de couleur verte, alors que Sadio Mané et ses coéquipiers évoluaient en blanc, leur tunique domicile. L’écart vestimentaire n’est pas passé inaperçu. Selon le journal, le maillot porté par le président aurait été acheté dans une boutique agréée par la Fédération sénégalaise de football (FSF), alors qu’il aurait suffi de solliciter l’instance fédérale pour disposer de la tenue officielle parfaitement conforme. La scène a d’autant plus interpellé que l’une des épouses du président, Absa Faye, l’accompagnait en arborant le même maillot vert. Pour certains commentateurs, cette apparition a donné l’image d’un protocole trop léger face aux exigences de représentation attachées à la première institution du pays.

Quelques jours plus tard, une autre maladresse est signalée par Source A, cette fois lors de la visite présidentielle sur les chantiers des JOJ Dakar 2026. Le Président Diomaye Faye est apparu en survêtement sombre floqué du logo olympique. Or, rappelle le journal, le protocole du Comité international olympique impose que ce symbole mondial soit utilisé exclusivement sur fond blanc, en référence aux valeurs de paix, d’unité et de neutralité. Pour éviter toute violation des règles strictes encadrant l’usage des anneaux olympiques, l’équipe de communication du Comité d’organisation des JOJ (COJOJ) a discrètement retouché la photo officielle. Le logo apposé sur le vêtement présidentiel a ainsi été retiré afin de prévenir tout malentendu vis-à-vis du CIO.

Ces deux épisodes, en eux-mêmes bénins, nourrissent pourtant un débat dans certains cercles politiques et médiatiques. Ils révèlent, selon leurs détracteurs, une certaine décontraction du protocole présidentiel, pourtant chargé de veiller aux moindres détails lorsqu’il s’agit des représentations publiques du chef de l’État. Pour d’autres, ces critiques relèvent davantage d’une lecture trop tatillonne d’événements circonstanciels, loin de remettre en cause l’engagement du président envers le sport sénégalais.

Assemblée nationale : une convocation atypique du bureau soulève interrogations

Une réunion inhabituelle du bureau de l’Assemblée nationale a été convoquée ce lundi, suscitant étonnement et curiosité dans les couloirs du Parlement. Selon des informations rapportées par le journal Les Échos, cette rencontre intervient seulement quelques jours après la clôture de l’examen des budgets ministériels, achevé vendredi dernier. Cette temporalité particulière intrigue, car elle ne correspond pas au déroulement traditionnel du calendrier parlementaire.

En règle générale, une fois les travaux budgétaires finalisés, c’est la conférence des présidents qui se charge de la programmation des séances plénières, sans qu’une réunion préalable du bureau ne soit jugée nécessaire. Le fait que les membres du bureau soient exceptionnellement conviés avant même la tenue de cette conférence apparaît donc comme un écart notable par rapport aux usages habituels de l’institution.

À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite pour éclairer les raisons exactes de cette initiative. Ce silence laisse place aux spéculations. Pour certains observateurs, il pourrait tout simplement s’agir de mettre en ordre l’agenda des plénières, dont l’ouverture est prévue pour le 27 novembre. Le bureau jouerait ainsi un rôle d’harmonisation afin de fluidifier les derniers ajustements administratifs ou organisationnels.

D’autres, cependant, estiment que cette réunion pourrait viser à clarifier ou anticiper certains points sensibles de l’ordre du jour, en dehors du circuit protocolaire traditionnel. Dans un contexte politique souvent chargé, une telle démarche pourrait traduire la volonté d’anticiper d’éventuels débats ou de fixer une ligne directrice avant l’entrée en séance publique.

Si ce type de convocation n’est pas totalement inédit, il demeure relativement rare dans la pratique parlementaire régulière. Il s’inscrit donc dans un registre exceptionnel qui attire l’attention, même si rien ne permet, pour l’instant, de confirmer l’existence d’un enjeu particulier caché derrière cette démarche.

Un voyage discret et une communication absente : le déplacement d’Ousmane Sonko à Abu Dhabi interroge

Le déplacement du Premier ministre Ousmane Sonko à Abu Dhabi continue de susciter une vive curiosité, tant la gestion de l’information par la Primature apparaît inhabituelle. Contrairement aux pratiques établies, aucune communication officielle n’a été diffusée pour annoncer ce voyage, ni communiqué, ni images, ni même une brève note aux médias. Cette absence totale de transparence tranche avec la routine institutionnelle, où chaque sortie du chef du gouvernement fait l’objet d’un minimum de couverture médiatique, ne serait-ce que pour informer l’opinion sur l’agenda international du Sénégal.

La situation a pris une tournure encore plus étrange lorsque le premier élément public concernant ce déplacement est venu non pas des autorités sénégalaises, mais d’un tweet publié à Paris par le journaliste Madiambal Diagne. Dans ce message, il détaille l’heure de départ du Premier ministre et mentionne même le type d’appareil utilisé : un jet privé Dassault Falcon 8X, un avion long-courrier de luxe capable de parcourir près de 12 000 kilomètres sans escale. Ces précisions, livrées de manière informelle et extérieure à toute communication d’État, ont immédiatement alimenté le mystère entourant le voyage.

Les informations supplémentaires évoquées par Madiambal Diagne ont renforcé les interrogations. Il fait notamment état d’un déménagement des affaires du Petit Palais vers le domicile du Premier ministre, un détail qui, dans ce contexte déjà trouble, a été interprété par certains comme un signe d’anomalie, voire d’inquiétude. Par ailleurs, l’utilisation d’un jet privé de très haut standing dans une période de restrictions budgétaires soulève de légitimes questions sur l’opportunité du choix logistique et sur la cohérence politique globale. En l’absence d’explications officielles, l’opinion s’interroge sur la nature exacte de la mission : économique, diplomatique, ou autre.

Le quotidien L’As relève que cette discrétion, totalement inhabituelle pour un déplacement de cette importance, a laissé libre cours aux rumeurs, plongeant l’espace public dans une spirale de commentaires et de spéculations. Dans un contexte où chaque visite internationale peut être associée à des enjeux financiers, stratégiques ou diplomatiques majeurs, le silence de la Primature apparaît d’autant plus surprenant. La gestion de la communication institutionnelle semble avoir laissé un vide, désormais comblé par des interprétations diverses, parfois contradictoires.

Face à cette opacité, même les membres de la majorité ont dû improviser des explications pour calmer l’emballement médiatique. El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a tenté de clarifier la situation en déclarant qu’Ousmane Sonko n’avait pas fui, mais qu’il était parti « chercher de l’argent » pour le pays. Cette justification, livrée sur le ton de la défense, n’a toutefois pas suffi à dissiper les doutes, d’autant qu’elle suggère une mission financière importante sans fournir de précision sur ses objectifs ou ses interlocuteurs.

Sénégal–BOAD : un partenariat stratégique pour maximiser la valeur des actifs publics

L’État du Sénégal et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération économique en signant un protocole d’accord majeur portant sur la valorisation des actifs publics. Cet accord fixe un cadre de partenariat stratégique destiné à soutenir de manière durable la stratégie de financement du pays, à consolider sa trajectoire financière et à accompagner ses ambitions de développement.

Au cœur de ce dispositif se trouve le Fonds de Valorisation des Actifs du Sénégal (FOVAS), un mécanisme innovant conçu pour exploiter pleinement le potentiel économique des infrastructures publiques du pays. L’objectif est de générer de nouvelles recettes à partir de ces actifs afin de diversifier les sources de financement de l’État. À terme, cette démarche vise à renforcer la croissance économique, à améliorer la mobilisation des ressources et à élargir les marges de manœuvre budgétaires.

Le FOVAS permettra de regrouper des infrastructures stratégiques au sein d’un cadre dédié, de manière à optimiser leur gestion, attirer des investisseurs et améliorer la qualité des services rendus aux populations. Dans cette dynamique, la BOAD jouera un rôle central. L’institution financière sous-régionale mettra à disposition son expertise en structuration financière et agira comme catalyseur pour encourager la participation d’investisseurs privés ainsi que l’appui de partenaires internationaux au développement.

Pour le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ce protocole marque « une avancée majeure pour le Sénégal ». Il souligne que le FOVAS dépasse le simple cadre d’un outil financier : il incarne la volonté de l’État de mieux organiser l’exploitation économique de ses actifs publics, afin d’en tirer davantage de valeur, de consolider sa situation budgétaire et de soutenir son développement. Selon lui, l’appui technique et financier de la BOAD jouera un rôle déterminant dans la réussite de cette initiative stratégique.

De son côté, le Président de la BOAD, Serge Ekue, insiste sur la convergence de vues entre son institution et le Gouvernement sénégalais. Il rappelle que la BOAD entend accompagner le Sénégal dans la libération du potentiel économique de ses actifs stratégiques, tout en garantissant des investissements durables et en renforçant la résilience financière du pays. Pour lui, ce partenariat contribuera également à dynamiser l’intégration régionale en renforçant les capacités d’investissement du Sénégal.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°613 – 24/11/2025

🔴 NOUVEAU SOUTIEN À LA STRATÉGIE DE FINANCEMENT DU SÉNÉGAL : CRÉATION DU FOVAS
🔴 MOUVEMENT « SONKO DÉGAGE » ET COALITION « DIOMAYE PRÉSIDENT » : ÉCHEC DU RAPPROCHEMENT

🔴 RÉPLIQUE CONTRADICTOIRE À MBAYE JACQUES DIOP (PAR NDIAMÉ DIOP)
🔴 AL-NASSR DOMINE AL-KHALEEJ (4-1) : MANÉ ET RONALDO EN VEDETTE

Mali : un protocole d’accord pour désamorcer la crise du carburant

Le Mali traverse depuis plusieurs semaines une crise sévère d’approvisionnement en carburant, provoquée notamment par des attaques terroristes ciblant les camions-citernes acheminant les produits pétroliers vers les centres de distribution. Ces assauts répétés ont désorganisé la chaîne logistique, entraînant des ruptures d’approvisionnement, des pénuries ponctuelles et des files d’attente interminables dans les stations-service à Bamako comme à l’intérieur du pays.

Malgré ces perturbations, les autorités semblent, ces derniers jours, être parvenues à atténuer les effets les plus visibles de la crise. Elles poursuivent simultanément leurs efforts pour restaurer durablement la fluidité du marché des hydrocarbures. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a conclu un protocole d’accord majeur avec le Groupement Malien des Professionnels du Pétrole (GMPP) et le Groupement Professionnel des Pétroliers (GPP).

L’accord vise avant tout à accélérer le traitement administratif des cargaisons dès leur arrivée au Bureau des Produits Pétroliers. Jusqu’ici, les formalités douanières et commerciales pouvaient prendre plusieurs jours, aggravant les retards dans la distribution. Désormais, les camions-citernes devront être déclarés dans un délai maximal de vingt-quatre heures à compter de leur arrivée.

Ce délai sera strictement appliqué. Si les importateurs ne procèdent pas aux déclarations dans les temps, la Direction générale des Douanes et la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence auront la latitude d’intervenir directement. Elles pourront alors vendre et distribuer les hydrocarbures, les recettes étant reversées aux importateurs par la suite. Il s’agit d’une mesure exceptionnelle, justifiée par l’urgence de rétablir la disponibilité du carburant sur l’ensemble du territoire.

Les autorités maliennes espèrent que cette procédure accélérée permettra de réduire significativement les files interminables observées dans les stations-service, tout en limitant l’impact logistique des menaces sécuritaires qui pèsent sur le transport des produits pétroliers. En donnant plus de réactivité à l’administration et en allégeant les contraintes bureaucratiques, le gouvernement entend renforcer la résilience d’une chaîne d’approvisionnement fragilisée, mais indispensable au fonctionnement de l’économie nationale.

Le MSD clarifie sa position : aucune intégration possible dans la coalition « Diomaye Président » tant qu’Ousmane Sonko demeure Premier ministre

Le Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD) a rompu le silence ce dimanche en publiant un communiqué destiné à clarifier sa position, après plusieurs informations faisant état d’un rapprochement avec la coalition « Diomaye Président ». Par la voix de son coordonnateur général, Ardo Gningue, le MSD reconnaît avoir participé à des discussions préliminaires, mais affirme que toute perspective d’intégration reste impossible tant qu’Ousmane Sonko continue d’occuper le poste de Premier ministre.

Selon le communiqué, une délégation composée de coordonnateurs départementaux et de membres du comité de pilotage avait été officiellement mandatée pour rencontrer Aminata Touré, Haute Autorité représentant le Chef de l’État et superviseure générale de la coalition. Une rencontre était prévue pour le samedi 22 novembre, organisée par le secrétaire administratif de la coalition, Samba Gueye. Toutefois, à la veille de l’audience, un changement de format a été proposé par la coalition, qui a demandé à limiter la réunion au seul coordonnateur général, accompagné de deux membres. Ardo Gningue explique avoir catégoriquement refusé cette exigence, évoquant la nécessité de transparence et le respect dû à toute la délégation désignée pour représenter le mouvement.

Ce désaccord a conduit la coalition « Diomaye Président » à informer le MSD qu’elle poursuivrait son chemin sans l’associer davantage au processus de concertation. Le mouvement dit avoir pris acte de cette décision, tout en affirmant qu’il n’a jamais sollicité une intégration et que sa présence à la rencontre relevait uniquement d’une démarche consultative.

Le communiqué insiste particulièrement sur la position politique du mouvement vis-à-vis de l’architecture actuelle du pouvoir exécutif. Pour le MSD, la présence d’Ousmane Sonko à la Primature constitue un verrou infranchissable. Ardo Gningue décrit le Premier ministre comme « un danger pour la République » et un facteur d’instabilité pour le pays. Il estime que l’éviction ou la démission de M. Sonko demeure un préalable incontournable à toute discussion sérieuse en vue d’un éventuel engagement du MSD aux côtés de la majorité présidentielle.

Tout en rejetant l’idée d’une intégration dans la coalition au pouvoir, le mouvement se dit ouvert au dialogue avec toutes les forces politiques ou sociales qui partagent son ambition de défendre la République et de préserver les intérêts du peuple sénégalais. Le comité de pilotage affirme rester mobilisé et engagé auprès des citoyens, avec l’objectif de contribuer à l’édification d’un Sénégal fondé sur la paix, la justice et la vérité.

Cette mise au point intervient alors que le climat politique national demeure tendu, marqué par une crise ouverte entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Dans ce contexte, la prise de position du MSD vient ajouter un nouveau relief au débat public et conforte l’idée que les tensions internes au pouvoir continuent de susciter des repositionnements stratégiques au sein de la scène politique sénégalaise.

Coalition Diomaye Président : Aminata Touré met fin aux rumeurs et refuse l’intégration du mouvement « Sonko Dégage »

La superviseure générale de la coalition « Diomaye Président », Aminata Touré, a tenu à clarifier publiquement une polémique qui enflait depuis plusieurs jours autour d’un supposé rapprochement entre la coalition présidentielle et le mouvement « Sonko Dégage ». Dans un communiqué transmis ce dimanche 23 novembre 2025, l’ancienne Première ministre a catégoriquement démenti toute intégration de ce groupe connu pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, rappelant que la coalition reste fermement attachée à des comportements républicains et à des prises de parole responsables.

Selon les informations circulant depuis plusieurs jours, le mouvement « Sonko Dégage », dont l’un des responsables les plus visibles est Ardo Gningue, aurait tenté d’intégrer les rangs de la coalition. Ce dernier s’est, à maintes reprises, illustré par des critiques acerbes et des attaques personnelles contre le Premier ministre Ousmane Sonko, contribuant à alimenter un climat de tension au sein de l’espace numérique. Face à ces allégations, Aminata Touré a confirmé qu’une démarche en ce sens avait effectivement été initiée. Cependant, après les vérifications habituelles et une identification claire des acteurs concernés, la coalition a opposé un refus ferme et définitif, estimant que les comportements et propos de certains membres de ce mouvement ne sont pas compatibles avec les valeurs qu’elle entend défendre.

L’ancienne cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité, pour toute formation politique sérieuse, de préserver un cadre de travail fondé sur le respect mutuel, la responsabilité publique et la défense des institutions de la République. Elle a rappelé que la coalition « Diomaye Président » ne saurait en aucun cas s’associer à des acteurs qui ont fait de l’invective et de la confrontation permanente leur principal mode d’expression, d’autant plus dans une période politique marquée par des tensions internes et des attentes fortes de la population.

Aminata Touré a également tenu à rassurer les militants et sympathisants en affirmant que la coalition reste un espace structuré, soucieux de la cohésion interne et de la stabilité politique. Elle a précisé que l’objectif demeure de travailler dans la sérénité, autour d’un projet national porté par le Président Bassirou Diomaye Faye, et non de céder aux pressions ou influences extérieures susceptibles de nuire à l’équilibre de la coalition. En réitérant son refus catégorique de toute collaboration avec des mouvements engagés dans des combats personnels ou des campagnes d’insultes, elle a rappelé que la politique doit se mener dans le respect de l’éthique, des personnes et des institutions.

Cette sortie d’Aminata Touré intervient dans un contexte où les tensions internes au sein de la mouvance présidentielle, notamment entre proches du Président et partisans du Premier ministre, nourrissent spéculations et interprétations. En posant clairement les limites de la coalition et en fermant la porte à toute tentative d’instrumentalisation, elle cherche visiblement à éviter que cette affaire ne vienne ajouter une nouvelle source de confusion ou d’instabilité.

Dakar : 613 personnes interpellées lors d’une vaste opération de sécurisation

Une importante opération de sécurisation menée conjointement par la Police nationale et la Gendarmerie a permis d’interpeller 613 personnes dans la région de Dakar dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 novembre 2025. L’annonce a été faite dans un communiqué conjoint des deux forces, qui soulignent l’ampleur de cette descente coordonnée dans plusieurs zones stratégiques de la capitale.

Selon les autorités, parmi les personnes interpellées, 511 l’ont été pour des vérifications d’identité tandis que 102 ont été arrêtées pour diverses infractions allant de la détention de stupéfiants à des violations du Code de la route. Cette opération de grande envergure a également conduit à l’immobilisation de 53 véhicules — dont 23 mis directement en fourrière — et de 183 motos. Les forces de sécurité ont par ailleurs retiré 53 permis de conduire pour infractions graves ou répétées.

Les résultats de la lutte contre la délinquance et le trafic de drogue se sont également matérialisés par la saisie de 3,5 kilogrammes de chanvre indien, auxquels s’ajoutent huit cornets, cinq joints et soixante-neuf comprimés prohibés. Les amendes forfaitaires perçues à l’issue des contrôles routiers s’élèvent à 616 000 FCFA.

Cette opération s’est déroulée en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Me Bamba Cissé, qui a supervisé une partie des dispositifs déployés sur le terrain. Au total, 1 149 éléments de la Gendarmerie et 391 personnels de la Police ont été mobilisés, illustrant la volonté ferme des autorités d’intensifier la lutte contre l’insécurité urbaine et de renforcer la présence des forces de l’ordre dans les zones sensibles de Dakar.

Les services de sécurité rappellent que ces opérations seront régulièrement renouvelées afin de prévenir les actes criminels, de dissuader les réseaux délinquants et de garantir la tranquillité publique, à un moment où la capitale fait face à une recrudescence des violences, des trafics illicites et des infractions routières.

Luanda : Le Président Bassirou Diomaye Faye reçoit le Président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah

En marge du 7ᵉ Sommet Union Africaine – Union Européenne qui se tient à Luanda, en Angola, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a accordé ce samedi après-midi une audience au Dr Sidi Ould Tah, nouveau Président de la Banque africaine de développement (BAD).

Cette rencontre, inscrite dans le cadre du renforcement des relations entre le Sénégal et l’institution financière panafricaine, a permis d’aborder plusieurs sujets stratégiques liés au développement économique du continent et à la vision prospective du Sénégal.

Dès l’entame des échanges, le Chef de l’État sénégalais a réitéré ses chaleureuses félicitations à M. Ould Tah pour son élection à la tête de la BAD. Il lui a également assuré son soutien total pour la réussite de son mandat, soulignant que la BAD demeure l’un des partenaires privilégiés du Sénégal dans la mise en œuvre de projets structurants.

Le Président Faye a rappelé que la Banque africaine de développement joue un rôle déterminant dans la transformation des économies africaines. Selon lui, l’institution est aujourd’hui plus que jamais attendue sur des solutions innovantes, capables d’avoir un effet catalytique et d’accélérer les financements nécessaires au développement durable du continent. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes d’investissement susceptibles de soutenir les États africains face aux défis de l’industrialisation, de la souveraineté économique, des infrastructures et de la résilience climatique.

En réponse, le Président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, a exprimé toute sa disponibilité ainsi que celle de l’ensemble de l’institution pour accompagner le Sénégal dans ses ambitions de transformation. Il a salué la vision portée par l’agenda « Sénégal 2050 », qui définit les grandes priorités du pays en matière de développement économique, social et environnemental. M. Ould Tah a assuré que la Banque s’engageait à renforcer son appui technique et financier pour la réalisation des projets majeurs identifiés par les autorités sénégalaises.

Cette audience intervient dans un contexte où la coopération entre le Sénégal et la BAD est déjà marquée par d’importantes réalisations dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de l’assainissement et de la formation professionnelle. La rencontre de Luanda confirme la volonté des deux parties de consolider cette coopération historique et de l’inscrire dans une nouvelle dynamique, alignée sur les enjeux futurs du continent.

Attaques contre le Président Diomaye : Aliou Tine appelle à un arrêt immédiat des hostilités internes

Le climat politique déjà tendu vient de connaître un nouvel épisode, cette fois-ci marqué par l’intervention appuyée d’Aliou Tine. Le défenseur des droits humains s’est exprimé avec fermeté pour dénoncer les attaques croissantes dirigées contre le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, appelant à une trêve immédiate au sein même de la mouvance présidentielle.

Dans un message publié sur X (ex-Twitter), Aliou Tine a exhorté les acteurs politiques proches du pouvoir à cesser les hostilités internes qui, selon lui, affaiblissent non seulement la cohésion au sein de Pastef, mais aussi l’autorité de l’État. Il rappelle que Bassirou Diomaye Faye, aujourd’hui président de tous les Sénégalais, a considérablement contribué à l’ascension et à la structuration du Pastef, notamment par les nominations stratégiques qu’il a accordées au parti depuis son accession au pouvoir. Ministères clés, directions générales et présidences de conseils d’administration : Tine souligne que Diomaye a, en quelque sorte, “tout donné à Pastef”.

Le défenseur des droits humains insiste également sur la nécessité fondamentale de distinguer deux réalités : celle du « Diomaye cadre de Pastef » et celle du « Diomaye Chef d’État ». Une confusion entre ces deux postures, dit-il, entretient des tensions artificielles au sommet de l’État. Dans toute démocratie, rappelle Aliou Tine, le Président doit bénéficier du soutien total de sa mouvance, d’autant plus lorsque celle-ci détient le leadership politique, organisationnel et gouvernemental. Cette mouvance, en l’occurrence, est dirigée par Pastef, avec en première ligne le Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’une division interne qui commence, selon lui, à prendre forme sous la dynamique périlleuse d’un « Pastef contre Pastef ». Il qualifie ce scénario de contre-productif, nuisible et potentiellement dévastateur. « Il faut désormais savoir jouer avec le temps. Sinon c’est Pastef contre Pastef, c’est contre-productif. C’est négatif et ça pourrait être catastrophique pour le pays qui vit un déclin sur tous les plans en ce moment », a-t-il averti, soulignant que l’urgence du contexte national exige au contraire une solidarité renforcée.

Cette prise de position survient à un moment où les défis économiques, sociaux et institutionnels sont multiples, et où l’unité gouvernementale apparaît plus que jamais indispensable. Alors que les tensions internes semblent gagner en intensité, l’appel d’Aliou Tine se veut un rappel clair : la stabilité du pays passe d’abord par la stabilité du pouvoir.

Coalition « Diomaye Président » : mise au point ferme sur une prétendue intégration de polémistes

La Coalition « Diomaye Président » a tenu à apporter des clarifications à la suite d’informations circulant sur les réseaux sociaux, laissant entendre que des mouvements ou personnalités réputés pour leurs propos injurieux auraient rejoint ses rangs. Dans un communiqué transmis à la rédaction, la coalition dément catégoriquement cette allégation et parle d’une confusion entretenue autour d’une tentative d’adhésion qui n’a jamais abouti.

Selon les précisions apportées, une demande d’intégration a effectivement été formulée par des acteurs identifiés comme coutumiers d’attaques virulentes en ligne et de discours jugés irrespectueux à l’égard des institutions. Mais après vérification de leur profil et analyse de leur comportement public, la Superviseure générale de la coalition, Aminata Touré, a opposé une fin de non-recevoir. La coalition explique que cette décision a été prise pour préserver la cohérence de son projet politique, fondé sur une communication responsable et une participation citoyenne exemplaire.

Dans son communiqué, la Coalition « Diomaye Président » réitère son attachement à un débat public sain, débarrassé de toute forme d’invectives, de diffamation ou de provocation. Elle souligne que son engagement politique s’inscrit dans le respect strict de toutes les institutions de la République, des personnalités investies de missions publiques ainsi que de tout citoyen, indépendamment de ses convictions ou de son affiliation.

Accident mortel sur la RN1 : un gendarme décède, le chauffeur du camion citerne arrêté après sa fuite

Un grave accident de la circulation s’est produit sur la route nationale 1 (RN1), à hauteur de Touba Sam Sam, dans le secteur situé entre Koumpentoum et Maléme Niani. Le drame s’est déroulé dans la journée de samedi et a impliqué deux véhicules : un camion citerne malien transportant du gasoil et une voiture particulière de marque Renault, immatriculée AA 512 QHF, qui roulait en direction de Dakar.

Selon les premiers éléments recueillis sur les lieux, le véhicule particulier serait entré en collision frontale avec le poids lourd. La violence du choc a été telle que le camion citerne a quitté la chaussée avant de terminer sa course dans l’accotement, où un feu de brousse était déjà en cours. L’impact et l’environnement immédiat ont rendu l’intervention des secours particulièrement délicate.

Le bilan humain est lourd. L’accident a causé la mort de Baye Aly Thiam, gendarme en service au groupement motocycliste de Dakar. Grièvement blessé, il avait été rapidement évacué vers l’hôpital régional de Tambacounda. Malgré les efforts du personnel médical, il a succombé à ses blessures dans la soirée, aux environs de 20 heures. Son décès a profondément affecté ses collègues et les populations locales, choquées par les circonstances dramatiques de l’accident.

Un autre élément marquant de cette affaire reste la fuite du chauffeur du camion citerne. Identifié comme étant Saliou Traoré, un ressortissant malien, il a immédiatement quitté les lieux après la collision. Les forces de l’ordre ont aussitôt lancé des recherches, mais l’homme demeurait introuvable durant les premières heures suivant le drame. Ce n’est que ce dimanche, vers 11 heures, que les éléments de la Brigade Routière de Koumpentoum sont parvenus à l’interpeller. Le chauffeur a été appréhendé à l’entrée de Tambacounda, à proximité de la déviation menant à Kédougou.

MSAE Kaolack : un nouveau coordonnateur pour relancer la dynamique régionale

La Section régionale de Kaolack de la Mutuelle de Santé des Agents de l’État (MSAE) amorce une nouvelle phase de son développement. Lors de son Assemblée générale ordinaire tenue le 22 novembre 2025, les délégués ont procédé au renouvellement des instances, aboutissant à l’élection par consensus de M. Tamsir Ousmane THIAM comme nouveau coordonnateur régional. Il succède à M. Cheikhou Oumar NDONG, qui assurait l’intérim.

Une mutuelle moderne, pilier de la protection sociale des agents publics

Créée en 2003 et régie par la loi n°2003-14 du 14 juin 2003, complétée par le décret n°2009-423 du 27 avril 2009, la MSAE est aujourd’hui un acteur majeur du système de couverture sanitaire au Sénégal. Elle s’adresse aux fonctionnaires, aux agents des collectivités territoriales ainsi qu’aux travailleurs des sociétés nationales.

Sa particularité réside dans la nature de son financement : les ressources proviennent exclusivement des cotisations de ses adhérents, garantissant à la fois autonomie financière, indépendance et durabilité de ses prestations.

Une organisation au service de la proximité

Au fil des années, la MSAE a mis en place une architecture administrative moderne, reposant sur :

des sections départementales actives, une coordination interrégionale opérationnelle, un Bureau exécutif national engagé, un centre d’appels fonctionnel pour l’assistance permanente des adhérents.

La mutuelle s’est également illustrée par la construction de deux sièges modernes sur fonds propres, dont celui de Kaolack, situé à l’ex Cité Mono, près du camp des sapeurs-pompiers. Ce siège accueillera prochainement les services techniques et le cabinet administratif.

Au niveau national, la présidence du Conseil d’administration est assurée par M. Babacar Ngom.

Parmi les chantiers structurants, figurent la déconcentration de la gestion, la professionnalisation de l’administration et la mise en œuvre du Plan stratégique 2022-2025, dont plusieurs actions sont déjà en cours d’exécution.

Kaolack, une section motrice forte de 3 779 membres

Avec 3 779 adhérents, la Section de Kaolack est l’une des plus importantes du pays. Elle regroupe des agents issus de secteurs essentiels tels que :

l’éducation et l’enseignement supérieur, la santé, la justice, la police nationale et judiciaire, ainsi que diverses autres structures publiques.

Elle assure également la coordination sanitaire des départements de Kaolack et de Nioro, renforçant ainsi son rôle stratégique dans la région.

Tamsir Ousmane THIAM, un leadership tourné vers l’inclusion

Élu par consensus, le nouveau coordonnateur inscrit son action autour de plusieurs priorités :

la consolidation des acquis administratifs, l’amélioration de la rapidité et de la qualité des prestations, la promotion d’une gestion plus participative et inclusive, le renforcement de la synergie entre les sections de Kaolack et de Nioro.

Son programme met également l’accent sur une communication de proximité renforcée, l’amélioration des outils de prise en charge et le développement des coordinations interrégionales afin d’assurer une meilleure cohérence des actions au niveau national.

Vers une mutuelle plus performante et plus proche des adhérents

En prenant la tête de la Section régionale de Kaolack, M. Tamsir Ousmane THIAM se positionne comme un coordonnateur engagé en faveur d’une gouvernance participative, tournée vers la modernisation et la compétitivité. Son ambition est de faire de la MSAE une mutuelle plus performante, plus accessible et mieux adaptée aux besoins de ses adhérents, pour le bien-être des agents publics et de leurs familles.

Passy : Les 48 Heures des Agriculteurs du Sine Saloum clôturées en beauté

Les 48 Heures des Agriculteurs du Sine Saloum ont pris fin ce week-end à Passy dans une ambiance festive et porteuse d’espoir. Cette rencontre de haut niveau a permis de mettre en lumière la richesse des produits locaux, le dynamisme des acteurs ruraux ainsi que la nécessité de renforcer les chaînes de valeur agricoles dans la région.

Présidée par le maire de Passy, Baye Niass, la cérémonie de clôture a enregistré la présence du représentant du directeur du CICES, parrain de l’événement, Dr Fafa Sène, ainsi que de nombreuses autorités territoriales, techniques et partenaires. Adama Ndao de Djilor, marraine de l’édition, a également marqué l’événement par son soutien appuyé.

Le thème retenu — « Valoriser les chaînes de valeur agricoles pour autonomiser les jeunes et les femmes du Sine Saloum » — a rappelé l’urgence de faire de l’agriculture un véritable moteur d’inclusion économique dans le Saloum.

Valoriser le potentiel agricole du Saloum

Selon El Hadji Abdoulaye Sakho, président-directeur général de Saloum Agro Business Service (SABS) et initiateur de l’événement, ces journées visaient à :

mettre en valeur le potentiel agricole de la région ; créer un espace de dialogue et de partage entre les acteurs ruraux ; promouvoir les innovations et réalisations locales en matière de transformation et d’agro-business.

Les 48 Heures ont ainsi constitué une plateforme stratégique permettant de connecter producteurs, organisations paysannes, partenaires techniques et financiers, autorités locales et communautés rurales.

Un programme riche et orienté vers les résultats

Pendant deux jours, les participants ont pris part à plusieurs temps forts :

présentations institutionnelles et panels thématiques ; expositions de produits agricoles transformés ; démonstrations pratiques ; sessions de réseautage favorisant de nouveaux partenariats ; dégustations et foire mettant à l’honneur les produits du terroir (mil, maïs, arachide, céréales locales…).

Les visiteurs ont pu apprécier la diversité et la qualité des produits agricoles du Saloum, témoignant une fois de plus de l’immense potentiel économique de la région.

Jeunesse, femmes et agro-business au cœur du développement local

L’événement a également mis en exergue les nombreuses opportunités d’emploi, de formation et d’entrepreneuriat offertes aux jeunes et aux femmes du Sine Saloum, notamment dans les secteurs de la production et de la transformation.

Plusieurs partenaires stratégiques ont répondu présents ou manifesté leur intérêt : ANIDA, PROVAL CV, World Vision, 3FPT, ENABEL, ADEPME, ainsi que de nombreuses organisations paysannes et GIE.

Un engagement renouvelé pour une agriculture durable

À travers cette initiative, SABS réaffirme sa volonté d’accompagner les producteurs locaux, de promouvoir une agriculture innovante et inclusive, et de contribuer à la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Cette édition a démontré que le Saloum dispose non seulement d’un potentiel agricole exceptionnel, mais aussi d’acteurs engagés capables de porter des solutions durables pour l’avenir du territoire.

Kaolack : une marche pacifique annoncée par les commerçants du marché central

Les tensions atteignent un nouveau pic au marché central de Kaolack. Ce mardi 25 novembre 2025, les commerçants regroupés au sein de And Takhawou Marché Central de Kaolack et du Regroupement des délégués sectoriels comptent battre le pavé lors d’une marche pacifique, autorisée et encadrée par les forces de l’ordre. Objectif : alerter les autorités municipales sur ce qu’ils considèrent désormais comme un abandon total.

« Trop, c’est trop » : un cri de détresse économique

Depuis plusieurs mois, détaillants, vendeurs de friperies et petits commerçants dénoncent la dégradation continue de leur cadre de travail. Ils accusent la municipalité de manquer à ses obligations, malgré le paiement régulier des taxes locales.

« Trop, c’est trop », martèle Pape Lô, délégué principal du marché central, qui se dit déçu de l’absence de réponses concrètes malgré de multiples alertes. À ses côtés, les responsables sectoriels, tels que Lamine Ndao, affirment avoir multiplié rapports, réunions et doléances « sans jamais obtenir de solutions ».

Une marche encadrée sur un itinéraire défini

Le cortège suivra l’itinéraire officiel suivant :

Rue Frigo → Canniveau De Gaulle → Khayega → John Fitzgerald Kennedy → Allées menant au commissariat.

Cette mobilisation, annoncée comme pacifique, entend marquer un rapport de force « qui n’aurait pas dû exister », selon les organisateurs. Ils réclament désormais une concertation immédiate avec la municipalité.

Les reproches formulés contre la mairie

Les commerçants pointent plusieurs griefs qu’ils jugent « graves et inacceptables » :

Insalubrité persistante malgré le paiement des taxes municipales. Absence d’assainissement : caniveaux bouchés, eaux stagnantes et risques sanitaires. Infrastructures délabrées : hangars fissurés, installations électriques dangereuses. Décisions unilatérales et manque de dialogue avec les délégués. Surcharge de taxes sans retour effectif en services.

Thierno Lo alerte sur la fragilité démocratique et les dérives institutionnelles au Sénégal

Invité du “Jury du dimanche” sur iRadio, l’ancien ministre Thierno Lo s’est exprimé sur la situation politique et institutionnelle du Sénégal, dressant un constat alarmant sur l’état de la démocratie dans le pays. Selon lui, le Sénégal, longtemps considéré comme un modèle en Afrique de l’Ouest, traverse une période marquée par un malaise institutionnel et des tensions inédites entre les plus hautes autorités de l’État.

Pour Thierno Lo, le pays semble avoir relégué au second plan des valeurs fondamentales qui constituaient le socle de sa cohésion et de sa stabilité. Il exhorte à reconstruire ce socle fondateur, qu’il décrit comme essentiel pour guider les comportements dans la société et au sein des institutions. « Sans cela, nous apporterons les pires habitudes du monde moderne sans préserver les valeurs qui faisaient notre force », prévient-il.

L’ancien ministre ne cache pas sa déception face aux tensions visibles entre le président de la République et le Premier ministre. Il qualifie cette situation de « inédite et regrettable », indigne d’un pays qui se voulait une référence en matière de gouvernance et de stabilité démocratique. Selon lui, cette crise trouve son origine dans « un flou originel dans l’offre politique », marqué par un duo dirigeant qui a semé la confusion et par une incompréhension de ce qu’implique le service de l’État. Pour Thierno Lo, le pouvoir exige discipline, sens de l’État et vision. « L’État n’est ni une société anonyme ni un butin de guerre », martèle-t-il, rappelant qu’il s’agit d’un bien commun qui demande humilité et continuité.

L’ancien ministre refuse toutefois tout fatalisme et insiste sur les conséquences collectives des erreurs de gouvernance : « Ils dirigent la pirogue où nous sommes tous embarqués. S’ils se cognent contre le récif, c’est nous tous qui coulons. » Dans un contexte sous-régional fragilisé par les coups d’État, les transitions prolongées et l’érosion progressive des institutions civiles, Thierno Lo souligne que le Sénégal n’a pas le droit à l’erreur. Même l’argument qui consisterait à « laisser les jeunes au pouvoir faire leurs preuves » ne peut justifier un désordre institutionnel. « On ne joue pas avec les équilibres de la République. Jamais », insiste-t-il.

Pour Thierno Lo, la fragilité de la démocratie réside dans les comportements des acteurs politiques qui confondent droits et devoirs, libertés et responsabilités, pouvoir et privilèges. Il rappelle que le Sénégal a longtemps fait preuve de maturité, grâce à une administration compétente, des élections rigoureusement organisées et une population dotée de discernement.

Sur le plan sous-régional, il analyse la multiplication des putschs comme une conséquence structurelle : « Les armées surgissent quand le fossé entre dirigeants et populations devient insoutenable. » Il se montre toutefois rassurant sur l’armée sénégalaise, qu’il décrit comme profondément républicaine, disciplinée et dépourvue de toute ambition de gouverner.

L’ancien ministre dénonce également les enjeux géopolitiques liés aux ressources minières, où les zones exploitées par les multinationales échappent souvent aux bénéfices pour les populations locales, et où les conflits internes servent fréquemment des intérêts extérieurs.

Enfin, Thierno Lo insiste sur le rôle central du peuple dans la démocratie, estimant que les vrais acteurs démocratiques ne sont ni les partis ni les institutions, mais une population éclairée et éduquée. Il plaide pour la constitution d’une élite responsable et vertueuse, qui serve le pays au lieu de se servir, et qui élève la nation plutôt que de la diviser.

Cheikh Yerim Seck alerte sur une crise politique inédite : “Jamais un chef d’État sénégalais n’a été autant fragilisé”

Dans un entretien accordé à la journaliste Maimouna Ndour Faye, le journaliste et analyste politique Cheikh Yerim Seck a dressé un tableau sombre de la situation politique actuelle du Sénégal. Selon lui, le pays traverse l’un des épisodes les plus délicats de son histoire récente, marqué par une instabilité au sommet de l’État et des tensions qui ne cessent de grandir au sein du pouvoir.

Cheikh Yerim Seck n’a pas mâché ses mots. Il estime que jamais un président sénégalais n’a été autant fragilisé dans l’exercice de ses fonctions que Bassirou Diomaye Diakhar Faye depuis son accession à la magistrature suprême. Cette fragilité, selon lui, résulte d’une combinaison de facteurs politiques, institutionnels et humains qui affaiblissent l’autorité présidentielle et rendent l’action gouvernementale moins lisible.

Au cœur de cette crise se trouve la brouille grandissante entre le chef de l’État et son premier ministre, Ousmane Sonko. Depuis plusieurs semaines, les divergences, autrefois feutrées, s’exposent désormais au grand jour, créant un climat de confusion et d’incertitude. Les deux figures majeures de la coalition au pouvoir, initialement portées par un même élan de rupture et de renouveau, semblent aujourd’hui engagées dans une confrontation silencieuse mais palpable, observée attentivement par l’opinion publique.

Cheikh Yerim Seck souligne que cette situation fragilise non seulement le fonctionnement de l’exécutif, mais aussi l’équilibre institutionnel du pays. Pour lui, l’image d’un pouvoir divisé envoie des signaux négatifs aux partenaires internationaux, aux acteurs économiques et aux citoyens, déjà éprouvés par les turbulences politiques des dernières années. Il rappelle que l’histoire politique du Sénégal, pourtant riche en alternances pacifiques, n’a que rarement connu une telle exposition des dissensions internes au sommet de l’État.

L’analyste voit dans cette crise une période critique où le pays joue une partie essentielle de sa stabilité future. Il appelle les responsables concernés à mesurer pleinement la gravité du moment et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Selon lui, seule une clarification institutionnelle et un rétablissement de la confiance au sein de l’exécutif permettront d’éviter que cette tension ne se transforme en crise ouverte.

Aliou Tine met en garde contre les attaques internes visant le Président Diomaye Faye

Le défenseur des droits humains, Aliou Tine, est monté au créneau pour dénoncer avec vigueur les critiques et attaques dirigées contre le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Dans une déclaration publiée sur la plateforme X (anciennement Twitter), le fondateur d’Afrikajom Center a appelé à un arrêt immédiat des querelles internes qui agitent la mouvance présidentielle.

Aliou Tine rappelle que le Président Faye, aujourd’hui chef de l’État et garant de l’unité nationale, a largement œuvré en faveur de son parti d’origine, Pastef. Selon lui, le chef de l’État a « tout donné à Pastef » en accordant à ses cadres des nominations stratégiques, que ce soit au niveau des ministères, des directions générales ou des présidences de conseils d’administration. Ces choix, insiste-t-il, démontrent que le Président n’a jamais tourné le dos à sa formation politique, malgré les exigences de sa fonction.

L’analyste estime toutefois essentiel de distinguer le « Diomaye cadre de Pastef » du « Diomaye Chef d’État ». Cette nuance, selon lui, est fondamentale dans toute démocratie fonctionnelle. Une fois élu, le Président devient celui de tous les Sénégalais et doit être appuyé sans ambiguïté par sa mouvance, dont le leadership demeure incontestablement entre les mains de Pastef, notamment à travers la forte influence du Premier ministre Ousmane Sonko.

Aliou Tine met en garde contre les risques d’un affrontement interne, qu’il qualifie de véritable scénario de « Pastef contre Pastef ». Une telle situation serait, à ses yeux, non seulement contre-productive, mais également dangereuse pour un pays qui traverse actuellement un contexte difficile. Il avertit qu’en l’absence d’une gestion mesurée et d’une vision à long terme, cette division pourrait être « catastrophique » pour le Sénégal, déjà fragilisé par un déclin sur plusieurs plans.

Coalition « Diomaye Président » : Simakha annonce la riposte face aux attaques politiques

La tension politique monte d’un cran. Pape Simakha, figure influente du combat pour la libération des acteurs du « Projet » et président du mouvement national « Aar Sunu Projet », a tenu des propos sans équivoque lors d’une récente rencontre de la coalition « Diomaye Président ». Il a lancé un avertissement ferme au pouvoir en place, appelant ce dernier à « mettre de l’ordre » dans son administration.

Le coup de gueule de Pape Simakha

Selon Simakha, le Président de la République « doit prendre ses responsabilités » face à l’attitude de certains directeurs généraux qu’il accuse de s’attaquer à lui. Il a notamment pointé du doigt le Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Ce dernier, « au lieu de s’occuper de ses charges étatiques, vu la lourdeur et l’importance de sa mission, s’adonne à la politique politicienne à Kaolack », a-t-il dénoncé.

Cette sortie vise directement un haut responsable d’une institution pourtant stratégique dans la gestion de l’épargne publique. L’accusation de se livrer à des activités politiques partisanes — dans un contexte de pré-campagne tacite — soulève des interrogations sur la neutralité attendue de certains cadres de l’État.

« Œil pour œil, dent pour dent » : la coalition muscle son discours

La déclaration la plus marquante reste la nouvelle posture affichée par la coalition « Diomaye Président ». Pape Simakha a affirmé que le groupe, se positionnant comme un « bouclier » derrière sa présidente de la Conférence des leaders, ne resterait plus passif.

« Désormais, c’est œil pour œil, dent pour dent », a-t-il tonné, annonçant ainsi « la fin de la récréation ».

Ce ton offensif traduit un durcissement notable de la communication au sein de la mouvance soutenant le président Bassirou Diomaye Faye. Il marque la volonté de répondre systématiquement à toute attaque politique, dans un climat national déjà fortement polarisé.

Un acteur aguerri du « Projet »

Le poids des propos de Simakha s’explique aussi par son parcours. Considéré comme l’un des combattants du « Projet », il a été emprisonné lors des manifestations de mars 2021. Son vécu dans les tensions politiques sous le régime de Macky Sall renforce son statut de voix crédible et intransigeante au sein de la mouvance.

Cette sortie médiatique intervient à un moment charnière, où chaque déclaration est interprétée comme un signal des confrontations politiques à venir. Elle met le pouvoir en face de ses responsabilités concernant la gestion et la neutralité de ses hauts cadres. Elle annonce surtout une coalition déterminée à ne plus laisser aucune attaque sans réponse.

La trêve politique semble bel et bien terminée.

Dakar : un suspect arrêté à Pikine Icotaf avec 21 pierres de crack

La Brigade Régionale des Stupéfiants de Dakar (BRS), unité rattachée à l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a procédé le 20 novembre 2025 à une importante interpellation dans la banlieue dakaroise. L’opération s’est déroulée à Pikine Icotaf, à proximité du marché Syndicat, un secteur particulièrement animé où les trafics illicites se dissimulent souvent dans la forte affluence.

Selon une note publiée par la Police nationale, l’intervention fait suite à l’exploitation d’un renseignement faisant état de l’existence d’un vaste réseau spécialisé dans la distribution de drogue dure, notamment du crack, dans cette zone. Sur la base de ces informations jugées fiables, une équipe d’enquêteurs a été déployée pour surveiller les mouvements suspects et tenter d’identifier les acteurs impliqués.

Au cours de cette mission, les policiers ont repéré un individu dont le comportement éveillait des soupçons. Approché puis maîtrisé, l’homme a été immédiatement soumis à une fouille corporelle. Les agents y ont découvert dix-huit pierres de crack, soigneusement emballées et dissimulées dans la poche droite de son pantalon. Cette première saisie a renforcé les soupçons quant à son rôle présumé dans le trafic.

Une perquisition a ensuite été menée à son domicile. Les enquêteurs y ont trouvé trois autres pierres de crack, portant le total à vingt et une. Ils ont également saisi six téléphones portables, dont quatre hors d’usage, ainsi que du matériel utilisé pour le conditionnement de la drogue : une cuillère, une louche, des sachets plastiques et du ruban adhésif. Une somme d’argent liquide, dont la provenance n’a pas été établie, a également été retrouvée.

Mort de Nogaye Thiam : des organisations féministes saisissent le procureur et exigent une enquête judiciaire

La mort de Nogaye Thiam, jeune femme de 23 ans et mère d’un enfant en bas âge, continue de provoquer une profonde onde de choc au sein de la société civile sénégalaise. Indignées par les zones d’ombre qui entourent ce drame, plusieurs organisations féministes ont officiellement saisi le procureur de la République afin qu’une enquête judiciaire soit ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances du décès.

Dans un communiqué publié le 21 novembre 2025, un large front d’associations a annoncé avoir déposé plainte. Parmi elles figurent le Collectif des féministes du Sénégal, Jigen Sénégal, le Réseau des féministes du Sénégal, le collectif Dafadoy, l’Association des Bajenu Gokh de Ouakam, l’association Mères actives, l’Association des actrices culturelles ensemble (ACE), Sénégal Action Féministe, l’association Molaadé, Alercom/Manoore et la Ligue des soignantes sénégalaises pour l’accès aux soins humanisés. Toutes réclament une action judiciaire immédiate.

Selon ces organisations, elles ont été alertées sur les « circonstances tragiques et troubles » entourant la mort de la jeune femme. Le décès, survenu au domicile de sa belle-famille, suscite de nombreuses interrogations. Le corps de Nogaye Thiam aurait été découvert deux jours après sa mort, alors que son enfant, âgé d’un an et demi, était resté seul à ses côtés pendant toute cette période. Un élément qui, à lui seul, a suscité une immense émotion dans l’opinion publique.

Les associations soulignent également que plusieurs sources concordantes indiquent que la victime vivait une période de tension au sein de sa belle-famille et aurait été isolée par cette dernière. Ces informations relancent les interrogations sur une éventuelle non-assistance à personne en danger, voire sur l’implication de tiers dans le déroulement des faits.

Pour les organisations féministes, les circonstances de cette mort en milieu intrafamilial, combinées à l’isolement présumé de la victime, rendent indispensable une « investigation rigoureuse ». Elles estiment qu’au regard de l’intérêt public et de la gravité potentielle des faits, l’État doit établir les causes exactes du décès à travers une autopsie, reconstituer le déroulement des événements et examiner les différentes responsabilités pouvant être engagées.

Les associations appellent notamment à l’audition de toutes les personnes ayant été présentes ou ayant connaissance du conflit familial évoqué, ainsi que des conditions dans lesquelles Nogaye Thiam aurait été isolée. Elles insistent enfin sur la nécessité de clarifier d’éventuels manquements liés à une non-assistance ou à une négligence, tant envers la victime que vis-à-vis de son enfant mineur laissé seul pendant deux jours.

Madiambal Diagne persiste et signe après la polémique autour de son message sur Ousmane Sonko

Le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne est revenu à la charge après la controverse suscitée par l’un de ses récents messages publiés sur X. Dans ce tweet, il affirmait que le Premier ministre Ousmane Sonko avait « déménagé depuis 48 heures des affaires du Petit Palais à Keur Gorgui ». Une formulation qui a suscité de nombreuses réactions, certains y voyant l’annonce d’un départ définitif du chef du gouvernement de sa résidence officielle.

Réagissant aux critiques, Madiambal Diagne a dénoncé ce qu’il qualifie de mauvaise interprétation volontaire de ses propos. Il s’est montré particulièrement virulent envers ceux qui l’accusent de relayer des informations approximatives. « Quelle mauvaise foi ! Dire que le PM a déménagé depuis 48 heures des affaires du Petit Palais à Keur Gorgui ne doit pas signifier qu’il a totalement déménagé. On parle français non ? Il y a des gens qui gardent toujours leurs turpitudes de plus de 30 ans dans les médias », a-t-il lancé dans une nouvelle publication.

La polémique a pris une nouvelle dimension lorsque le journaliste a publié, jeudi soir, un autre message affirmant que le Premier ministre avait quitté le territoire sénégalais. Selon lui, Ousmane Sonko aurait décollé à 17h25 de l’aéroport Léopold Sédar Senghor à bord d’un jet privé de type Dassault Falcon 8X immatriculé H9, à destination d’Abu Dhabi. Madiambal Diagne s’est interrogé publiquement : « Est-ce une fuite ? » avant d’ajouter que, depuis deux jours, le Premier ministre aurait déplacé ses activités du Petit Palais vers la résidence de Keur Gorgui.

Dans son message, il a également fait un lien avec l’agenda du chef de l’État, rappelant que le président de la République doit se rendre en Angola le lendemain matin pour participer au 7ᵉ Sommet Union Européenne – Union Africaine.

El Malick Ndiaye défend Ousmane Sonko après les accusations de fuite de Madiambal Diagne

Une nouvelle controverse politique a éclaté ce vendredi après un message publié par le journaliste et patron du Groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, sur le réseau social X. Dans sa publication, il affirme que le Premier ministre Ousmane Sonko aurait quitté le territoire sénégalais à bord d’un jet privé, en direction d’Abu Dhabi. « Est-ce une fuite ? », s’est-il interrogé, laissant entendre que le chef du gouvernement se serait soustrait à ses responsabilités.

Cette déclaration a rapidement suscité des réactions au sein de la classe politique. Parmi les voix les plus virulentes figure celle d’El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, qui a profité de son intervention aux “48 heures de la JPS” à Mbacké pour répondre frontalement à Madiambal Diagne. Visiblement agacé par ce qu’il considère comme une manipulation de l’opinion, El Malick Ndiaye n’a pas mâché ses mots. « J’ai vu quelqu’un dire que le Premier ministre Ousmane Sonko a pris l’avion et qu’il a fui. Lui, Madiambal Diagne, a fui laissant derrière lui sa famille », a-t-il déclaré, renvoyant à son interlocuteur les mêmes accusations de fuite.

Poursuivant son propos, le président de l’Assemblée nationale a tenu à rassurer les Sénégalais quant aux raisons du déplacement du Premier ministre, s’exprimant cette fois-ci en wolof pour donner plus de force à son message. « Néna Sonko da daw, dawoul deh, da wouti koppar, té bou sobé Yalla dinako indalé nguir rewmi », a-t-il affirmé. Selon lui, Ousmane Sonko n’a nullement quitté le pays pour fuir, mais pour mener des démarches visant à mobiliser des ressources au bénéfice du Sénégal. El Malick Ndiaye assure même qu’il reviendra avec des acquis importants « s’il plaît à Dieu ».

Le Président Bassirou Diomaye Faye en route pour Luanda pour le 7ᵉ Sommet UE-UA

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a quitté Dakar ce dimanche en direction de Luanda, en Angola, où il prendra part au 7ᵉ Sommet Union Européenne – Union Africaine prévu du 24 au 25 novembre 2025. Ce déplacement s’inscrit dans l’agenda diplomatique du chef de l’État, marqué par une série de rencontres internationales destinées à renforcer la présence du Sénégal sur la scène géopolitique et économique mondiale.

Le sommet de Luanda réunira plusieurs chefs d’État et de gouvernement des deux continents autour de thématiques majeures liées au partenariat birégional. Les discussions porteront principalement sur la consolidation de la coopération politique, économique et sécuritaire entre l’Union européenne et l’Union africaine, ainsi que sur la définition de nouvelles orientations stratégiques communes. Dans un contexte mondial marqué par de multiples défis, notamment les tensions géopolitiques, la transition énergétique, les questions migratoires et la sécurité collective, cette rencontre revêt une importance particulière.

La participation du président Faye à ce rendez-vous diplomatique de haut niveau intervient à un moment où le Sénégal poursuit sa vision d’un partenariat international fondé sur la souveraineté, la coopération gagnant-gagnant et la valorisation des opportunités offertes par l’intégration africaine. Le chef de l’État devrait mettre en avant les priorités nationales, notamment en matière d’investissements, d’innovation, d’employabilité des jeunes, mais aussi de gouvernance économique.

Le sommet de Luanda sera également l’occasion pour les dirigeants présents de faire le point sur l’état d’avancement des engagements pris lors des précédentes éditions, d’évaluer l’impact des programmes conjoints et de projeter de nouvelles pistes de collaboration. Des rencontres bilatérales en marge du sommet sont également attendues, offrant aux différents participants un cadre propice pour renforcer leurs relations diplomatiques.

Tanaff inaugure son Musée des Traditions : un nouvel espace de mémoire et de fierté communautaire

La commune de Tanaff, dans la région de Sédhiou, a officiellement inauguré son Musée des Traditions, un espace entièrement dédié à la préservation et à la valorisation du patrimoine local. La cérémonie, présidée par M. Bacary, Secrétaire d’État auprès du ministre en charge de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, a réuni des autorités administratives, des acteurs culturels, des jeunes ainsi que de nombreux habitants.

Ce musée est le fruit d’un don initié par Balluo Saluo, dont l’engagement pour la sauvegarde de la mémoire collective a été unanimement salué. Implanté au cœur de la commune, l’établissement ambitionne de devenir un centre de référence pour la transmission des savoirs, des pratiques artistiques et des traditions populaires qui témoignent de la richesse culturelle de Tanaff et de toute la région de Sédhiou.

« Ce musée est un pont entre notre histoire et nos aspirations futures. Il nous permet de dire qui nous sommes et d’où nous venons », a déclaré M. Bacary, mettant en avant l’importance des industries culturelles comme moteur de développement économique et social.

La cérémonie a également enregistré la présence du Préfet du département de Goudomp, du Directeur du Patrimoine du Sénégal et du Directeur du Centre culturel régional de Sédhiou, rappelant ainsi la portée nationale de ce projet porté localement. Plusieurs organismes et institutions culturelles, dont la Direction des Arts, la Direction du Patrimoine Culturel, le Centre Culturel Blaise Senghor et Fotti-Cultures, ont apporté leur soutien symbolique à l’événement.

Au-delà de sa vocation muséale, le Musée des Traditions de Tanaff se veut un espace d’apprentissage, de recherche et de fierté commune. Il invite les jeunes générations à mieux comprendre les savoirs ancestraux qui façonnent leur identité. En réunissant mémoire, compétences et créativité, il s’impose comme un axe de dignité, de savoir et de développement culturel.

À travers ce geste, Balluo Saluo inscrit durablement la culture au cœur du développement local, tout en renforçant l’identité d’une commune en pleine affirmation.

Sédhiou en deuil : Moussa Dramé, journaliste et artisan de la paix, nous a quittés

Une triste nouvelle a secoué la ville de Sédhiou ce samedi : Moussa Dramé, journaliste à Sud FM et correspondant de Sud Quotidien, est décédé. Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage médiatique local et national, tant il était une figure respectée, engagée et profondément appréciée.

Moussa Dramé n’était pas seulement un enseignant et un journaliste passionné ; il était aussi un acteur majeur de la construction de la paix en Casamance. Tout au long de sa carrière, il s’est illustré par son engagement constant en faveur de la réconciliation, du dialogue et de l’harmonie dans une région longtemps éprouvée. Son attachement à sa communauté, son sens du devoir et son désir ardent de voir une Casamance apaisée et unie ont profondément marqué tous ceux qui ont croisé son chemin.

L’annonce de son décès a suscité une vive émotion. Habitants, collègues, proches et acteurs de la société civile pleurent aujourd’hui la disparition d’un homme de conviction, dont le professionnalisme, l’intégrité et l’humanité resteront gravés dans les mémoires.

Sédhiou perd un journaliste rigoureux, un enseignant dévoué et surtout un artisan de la paix, dont l’héritage continuera d’inspirer.

Origines SA : les délégués du personnel dénoncent de graves “atteintes à la liberté syndicale” imputées au PDG El Hadj Ndiaye

Une vive tension secoue l’entreprise Origines SA, où les délégués du personnel accusent le président-directeur général, El Hadj Ndiaye, de s’attaquer frontalement aux libertés syndicales. Dans un communiqué rendu public le samedi 22 novembre 2025, le collège des délégués a dénoncé l’interdiction faite à leur camarade Abdoulaye Sarr, délégué titulaire, d’accéder aux locaux de l’entreprise pour participer à une réunion de la section syndicale tenue la veille.

Selon les représentants du personnel, cette interdiction constitue une violation flagrante des droits syndicaux protégés par la Constitution sénégalaise. Ils estiment que « les humeurs d’un employeur septuagénaire ne peuvent se substituer aux principes d’un État de droit » et rappellent qu’aucun dirigeant, quel que soit son statut, n’a le pouvoir de restreindre la liberté d’organisation des travailleurs. Abdoulaye Sarr, technicien-réalisateur réputé pour son sérieux et son engagement professionnel, serait particulièrement ciblé en raison de son rôle actif au sein du collège des délégués.

Au-delà de cet incident, les représentants légaux des travailleurs pointent un climat de pressions constantes exercées par le PDG contre plusieurs membres du personnel. Ils accusent notamment El Hadj Ndiaye d’opérer des « rétentions et ponctions injustifiées » sur les salaires, déjà jugés modestes, de certains employés. Des pratiques qui, selon eux, révèlent un mode de gestion abusif et attentatoire aux droits fondamentaux garantis par le Code du travail.

Face à ce qu’ils qualifient de dérives répétées, les délégués menacent de saisir les juridictions compétentes pour faire respecter les libertés syndicales et rappeler au dirigeant d’Origines SA que nul n’est au-dessus des lois. Ils affirment que ces violations ne pourraient perdurer sans la complicité active de deux inspecteurs du travail à la retraite — identifiés comme M. Sow et M. Diakhoumpa — qui accompagneraient le PDG dans ses tentatives de neutraliser les représentants du personnel et de bloquer leurs missions.

Les délégués appellent les autorités étatiques et judiciaires à intervenir de toute urgence et à diligenter une enquête au sein de l’entreprise pour évaluer l’ampleur des atteintes aux droits des travailleurs. Ils disent craindre que ces pratiques ne se banalisent au point de compromettre durablement l’exercice syndical au sein d’Origines SA.

Malgré leur indignation, les représentants du personnel affirment rester profondément attachés à un dialogue social sincère, mais insistent sur le fait qu’il ne peut être envisagé que dans le respect strict des lois et règlements en vigueur. Ils exhortent ainsi la direction à abandonner toute politique de répression et à privilégier un climat de concertation constructive.

Projet de budget 2026 : une baisse de 151 milliards FCFA pour le ministère des Finances et du Budget

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a bouclé, ce vendredi 21 novembre, son marathon budgétaire par l’examen et l’adoption du budget des dépenses communes et du Projet de budget 2026 du ministère des Finances et du Budget. Ce dernier a été défendu devant les commissaires par le ministre Cheikh Diba, marquant ainsi la fin du cycle d’audition des différents départements ministériels.

Pour l’exercice 2026, les dépenses communes ont été arrêtées à 902,46 milliards FCFA en Autorisations d’Engagement et 487,94 milliards FCFA en Crédits de Paiement. Comparé à l’exercice 2025, les crédits de paiement enregistrent une progression de 3,4 %, soit une hausse chiffrée à 15,95 milliards FCFA. Cette augmentation est principalement tirée par les investissements structurants de l’État, notamment le paiement des impôts et taxes liés aux marchés financés sur ressources extérieures, ainsi que les chantiers engagés dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) et de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dont le Sénégal est partie prenante.

Cependant, cette dynamique haussière est nuancée par plusieurs facteurs. La baisse des dépenses de personnel, liée à une programmation plus rigoureuse, a permis de réduire les charges. À cela s’ajoute la non-reconduction de certains crédits auparavant logés dans des chapitres tels que la modernisation de la gestion des finances publiques, le Fonds pour le Renforcement des Investissements Structurants dans les Pôles Territoriaux ou encore le Programme d’Investissements Structurants.

Concernant le budget du ministère des Finances et du Budget proprement dit, l’année 2026 se présente sous le signe de la contraction. Le MFB voit ses Autorisations d’Engagement fixées à 681,8 milliards FCFA, tandis que les Crédits de Paiement s’élèvent à 676,3 milliards FCFA. Par rapport à 2025, cette enveloppe recule de 151,1 milliards FCFA, soit une baisse de 18,3 %. Les programmes du ministère sont les plus touchés par cette réduction, en particulier celui consacré au pilotage, à la coordination et à la gestion du MFB, dont le budget chute de 466,3 milliards FCFA en 2025 à 269,4 milliards en 2026. Le programme « Élaboration des lois de finances et Suivi de l’exécution » connaît également une contraction, passant de 36,9 milliards à 24,5 milliards FCFA.

Avec la clôture des travaux en commission, le processus budgétaire entre désormais dans sa phase décisive. Les débats se poursuivront en séance plénière où les députés seront appelés à se prononcer sur le budget global de l’État pour l’année 2026. Les arbitrages qui en découleront devraient renseigner sur les priorités gouvernementales dans un contexte marqué par la recherche d’une meilleure efficience des dépenses publiques et une rationalisation accrue de l’action budgétaire.

Décès de Nogaye Thiam : la vice-présidente de l’ONDH évoque l’homicide involontaire et la non-assistance à personne en danger

L’affaire Nogaye Thiam continue de susciter colère, indignation et incompréhension au Sénégal. Alors que l’émotion reste vive après la découverte de la jeune femme morte dans la maison de sa belle-famille, près de quarante-huit heures après son décès, les voix s’élèvent désormais pour exiger l’ouverture de poursuites judiciaires. Parmi elles, celle de Me Abibatou Samb, vice-présidente de l’Organisation Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (ONDH), qui appelle à ce que la justice prenne ses responsabilités face à ce drame aux contours encore troublants.

Selon la juriste, la gravité des faits révélés impose que « le mari de la victime ainsi que tous les membres de la belle-famille soient mis en examen pour homicide involontaire », sur la base de l’article 307 du Code pénal. Cette disposition punit toute personne ayant causé la mort d’autrui par imprudence, négligence ou manquement à une obligation de sécurité. Me Samb estime également que la non-assistance à personne en danger pourrait être retenue contre les mêmes individus, conformément à l’article 341 du Code pénal, qui réprime le fait de s’abstenir volontairement de porter secours à une personne en péril. Les peines encourues, souligne-t-elle, vont d’un à cinq ans d’emprisonnement.

L’avocate dit attendre du Procureur de la République, désormais officiellement saisi du dossier, qu’il prenne des mesures rapides et concrètes pour garantir que justice soit rendue. Elle martèle que le pays ne doit pas fermer les yeux sur de telles dérives familiales, qui soulèvent des questions profondes sur la protection des femmes, la solidarité au sein des foyers et la responsabilité morale face à des personnes vulnérables.

Le drame, rappelons-le, a éclaté à la suite d’une vidéo rendue publique par la grande sœur de la victime, l’influenceuse Adja Makeup, qui a révélé les détails glaçants de la situation. Nogaye Thiam aurait été retrouvée morte dans sa chambre, dans la maison qu’elle partageait avec son époux — également son cousin — et le reste de sa belle-famille, à Yoff. Le corps n’aurait pas été découvert avant près de deux jours. Durant tout ce temps, son bébé d’un an et demi serait resté auprès d’elle, tentant tant bien que mal de se nourrir en cherchant sa mère, dans une scène dont la violence psychologique a profondément choqué l’opinion.

Ces révélations ont déclenché un torrent de réactions et mis en lumière les zones d’ombre entourant les circonstances du décès. De nombreuses interrogations subsistent sur l’absence de vigilance dans le foyer, les tensions familiales évoquées par certains proches, et le silence qui aurait entouré les difficultés conjugales de la jeune femme. Les internautes, organisations féministes et défenseurs des droits humains réclament une enquête transparente, estimant qu’un tel drame ne peut être rangé au simple rang des faits divers.

L’affaire Nogaye Thiam, au-delà de sa dimension humaine et tragique, met en lumière la nécessité urgente de renforcer la protection des femmes au sein de la cellule familiale et de sensibiliser l’opinion sur les dérives des violences psychologiques, de l’isolement et de l’indifférence. Pour beaucoup, ce drame doit marquer un tournant dans la manière dont la société sénégalaise traite les violences silencieuses, celles qui ne laissent parfois aucune trace visible mais brisent des vies.

Pikine Icotaf : un présumé trafiquant arrêté avec 21 pierres de crack

Une opération menée par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar (BRS), unité relevant de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), a permis l’arrestation d’un individu suspecté d’être impliqué dans un réseau de trafic de crack à Pikine Icotaf. L’interpellation a eu lieu le 20 novembre 2025, à proximité du marché Syndicat, un point de convergence souvent surveillé en raison de la forte affluence et des activités illicites qui peuvent s’y développer.

Selon les informations publiées par la Police nationale, cette intervention fait suite à un renseignement jugé fiable, faisant état de l’existence d’un réseau actif de distribution de drogue dure dans le secteur. Les enquêteurs ont immédiatement mis en place une équipe spécialisée, chargée de vérifier l’alerte et d’observer les allées et venues suspectes dans la zone.

C’est dans ce contexte qu’un homme présentant une attitude jugée inhabituelle a attiré l’attention des agents. Il a été appréhendé et soumis à une fouille corporelle. Les policiers ont alors découvert dix-huit pierres de crack soigneusement emballées dans un sachet, dissimulé dans la poche droite de son pantalon. Conformément aux procédures, les enquêteurs ont ensuite procédé à une perquisition à son domicile, où trois autres pierres de crack ont été retrouvées.

La fouille du logement a également permis de mettre la main sur six téléphones portables, dont quatre hors d’usage, souvent utilisés dans ce type de trafic pour limiter les risques de traçabilité. Du matériel de conditionnement a été saisi, notamment une cuillère, une louche, des sachets plastiques et du scotch, confirmant l’hypothèse d’une activité de préparation et d’emballage de drogue. Une somme d’argent, dont le montant n’a pas été précisé, a également été découverte, laissant penser à des transactions en cours.

L’individu interpellé a été placé en garde à vue. Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, détention et trafic de drogue dure, en l’occurrence le crack, ainsi que pour blanchiment de capitaux. Cette arrestation constitue une nouvelle étape dans la lutte quotidienne menée par les forces de l’ordre contre les réseaux de stupéfiants, particulièrement actifs dans certaines zones urbaines de Dakar.

La Police nationale a rappelé, à travers cette opération, sa détermination à démanteler les circuits de distribution et à neutraliser les acteurs de ce trafic qui touche de nombreuses familles et alimente une criminalité préoccupante dans la capitale.

Promotion au sommet de la hiérarchie militaire : le colonel Birane Niang élevé au grade de général de brigade

Le président de la République a entériné, par décret, la promotion du colonel Birane Niang au grade de général de brigade, avec effet à compter du 3 décembre 2025. Le document, signé le 18 novembre, s’appuie sur les textes législatifs régissant l’organisation des Forces armées et la Défense nationale, et confirme l’intégration de l’officier dans la première section active des cadres de l’État-major général. Cette décision marque une étape importante dans la carrière du militaire, né le 22 octobre 1966, dont le parcours au sein de l’institution a été jalonné de responsabilités successives et d’engagements stratégiques.

La promotion, selon les dispositions en vigueur, intervient après avis du ministre des Forces armées. Elle illustre la continuité du processus de gestion et de renouvellement des effectifs supérieurs au sein de l’armée, dans un contexte institutionnel marqué par plusieurs réaménagements récents. Depuis la nomination du Premier ministre en avril 2024, suivie de la mise en place du gouvernement en septembre 2025, l’architecture administrative de l’État a connu une redéfinition des attributions entre la Présidence, la Primature et les différents ministères. Le décret officialisant l’élévation de Birane Niang rappelle ainsi la répartition actualisée des services de l’État, des établissements publics et des sociétés nationales, une précision qui situe cette décision dans la dynamique globale de réorganisation administrative engagée par les autorités.

Me Moussa Bocar Thiam réplique à l’UMS et maintient ses accusations contre le magistrat Idrissa Diarra

L’ancien ministre et maire de Ourossogui, Me Moussa Bocar Thiam, n’a pas attendu 24 heures pour répondre au communiqué publié par l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS) dénonçant sa saisine de l’Inspection Générale de l’Administration Judiciaire (IGAJ). Dans sa réaction, Me Thiam reproche à l’UMS de ne l’avoir ni interpellé ni informé l’Ordre des avocats avant de rendre public son communiqué.

Le maire de Ourossogui souligne qu’il « n’appartient pas à l’UMS d’apprécier l’opportunité, la recevabilité ou le bien-fondé d’une dénonciation qui ne lui est pas adressée » et que l’IGAJ est parfaitement compétente pour examiner les plaintes dans le cadre de l’article 3 de la loi 98-23 du 26 mars 1998.

Me Moussa Bocar Thiam maintient fermement ses reproches à l’encontre du magistrat Idrissa Diarra, qui avait été présenté par l’UMS comme irréprochable. Selon l’ancien ministre, ce magistrat « maintient en prison un homme agonisant et même la femme du journaliste Madiambal Diagne en chaise roulante et mourante ». Ces comportements, qualifiés d’intuitu personae, constitueraient « un manquement aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse ou à la dignité de ses fonctions », des manquements relevés par plusieurs organisations de la société civile et même par le Conseil national des droits de l’homme.

Me Thiam précise qu’il compte multiplier les démarches pour dénoncer ces pratiques : il indique qu’il saisira la chambre disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature ainsi que la Cour des droits de l’homme de la CEDEAO afin de dénoncer les traitements inhumains et dégradants infligés abusivement à des personnes présumées innocentes. Il insiste sur le fait que « la seule et unique personne décriée est le magistrat Idrissa Diarra et personne d’autre », ajoutant que « la solidarité de corps est inopérante puisqu’aucun magistrat ne fait siens les agissements de Monsieur Idrissa Diarra ». Dans ce contexte, il interpelle également l’Ordre des médecins, l’Ordre des avocats, les organisations de protection des droits de l’homme et l’International Association of Lawyers (UIA).

Dans sa réponse à l’UMS, Me Thiam précise qu’il ne s’adresse ni au corps des magistrats, ni à l’association, encore moins à l’institution judiciaire, qu’il dit respecter profondément. Il conclut en affirmant qu’il « voue un respect infini à ce corps et s’incline devant certains qui se sentent affectés par [ses] propos ».

L’ancien ministre critique également le silence de l’UMS face aux déclarations du leader politique Ousmane Sonko, le 8 novembre 2025, qui avait accusé les magistrats de « saborder le travail du pool judiciaire et financier » et appelé l’État à « nettoyer la justice dont certains s’opposent à sa personne », portant ainsi atteinte au Conseil Constitutionnel, à la Cour Suprême et à la Cour d’Appel. Selon Me Thiam, les magistrats Maham Diallo et feu Samba Fall avaient été également visés par ces propos injurieux, mais l’UMS était restée « muette, ratant l’occasion de rappeler à l’ordre quelqu’un qui jette un discrédit notoire sur l’institution judiciaire ».

Sénégal – Projet numérique de 50 milliards : de graves irrégularités révélées par l’audit de l’ARCOP

De lourdes irrégularités financières, contractuelles et opérationnelles ont été mises en lumière dans le cadre du Projet d’appui structurel à la stratégie d’aménagement numérique du territoire, un marché stratégique estimé à près de 50 milliards de francs CFA. Les conclusions des audits techniques 2023 de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARCOP) révèlent des dysfonctionnements majeurs, depuis la procédure d’attribution jusqu’à l’exécution du contrat.

Selon les vérificateurs, l’ensemble du projet repose sur une offre spontanée ayant conduit à la signature d’un contrat entre SENUM et l’entreprise espagnole Liteyca SL. Un ordre de démarrage a été délivré le 15 janvier 2019, suivi de deux avenants. Malgré ce cadre contractuel, l’ARCOP souligne que le projet accuse un retard considérable et serait aujourd’hui totalement à l’arrêt. Les auditeurs recommandent ainsi une analyse approfondie pour évaluer la pertinence et la raisonnabilité des coûts engagés.

L’évaluation des prix pratiqués soulève de sérieux doutes. Les auditeurs notent l’absence de sous-détails permettant de justifier les montants unitaires facturés. Le prix du Point of Presence (POP) est établi à 93 326 282 francs CFA l’unité, tandis que le coût du mètre linéaire de fibre optique atteint 18 695 francs CFA. Ces niveaux tarifaires, qualifiés d’« élevés » par les experts, ne sont assortis d’aucune justification technique ou économique.

Le journal Libération, qui a eu accès aux conclusions de l’audit, rapporte que les fonds destinés aux frais de gestion et de supervision ont été entièrement décaissés dès le début du projet. Le montant, évalué à 4 553 438 738 francs CFA, a été payé sans aucune garantie sur les modalités de son utilisation. Pour les auditeurs, cette opération expose le projet à un risque élevé de détournement d’objectifs ou de mauvaise affectation des ressources, alors même que l’exécution accuse des retards importants. Malgré ces retards, les pénalités contractuelles, estimées à plus de 5 milliards de francs CFA, n’ont jamais été appliquées.

L’ARCOP a également relevé une anomalie particulièrement préoccupante : les ordres de service et les décomptes ont été signés non pas par Liteyca SL, l’entreprise contractante basée en Espagne, mais par Liteyca Sénégal, une entité distincte. Aucun mandat officiel autorisant cette filiale à représenter la maison mère n’a été fourni aux autorités contractantes, ce qui constitue une irrégularité manifeste au regard des obligations juridiques et contractuelles en vigueur.

Autre manquement notable, aucune retenue de garantie n’a été appliquée sur les factures liées aux trois premiers décomptes. Cette omission contrevient aux dispositions habituelles encadrant les projets d’envergure stratégique, où de telles retenues sont destinées à protéger l’État contre d’éventuels défauts ou malfaçons.

Incendie meurtrier à Columbus : l’enquête privilégie la thèse d’un acte volontaire

L’enquête menée par les autorités de Columbus, aux États-Unis, après l’incendie qui a ravagé une maison occupée par une famille sénégalaise, a pris un tournant dramatique. Selon des informations relayées par Les Échos, citant plusieurs médias américains, les premiers éléments font état d’un acte intentionnel. Plus troublant encore : le feu aurait été déclenché par l’un des occupants de la maison, Cheikh Dièye, 25 ans, qui a péri dans le sinistre.

Le drame s’est soldé par la mort de trois membres de la famille : les parents, Safiétou Diop, âgée de 57 ans, et Mame Dièye, 61 ans, ainsi que leur fils Cheikh. Les victimes ont été retrouvées à l’étage supérieur, piégées par les flammes qui se sont rapidement propagées dans la bâtisse. Deux autres personnes ont toutefois échappé au pire. Une femme, qui a sauté du deuxième étage pour échapper à l’incendie, a été hospitalisée et se trouve dans un état stable. Un enfant, quant à lui, a été sauvé in extremis après avoir été lancé par la fenêtre avant d’être recueilli par les secours. Il est actuellement dans un état critique.

Les images issues des caméras-piétons des policiers dépêchés sur place montrent des difficultés d’intervention dès leur arrivée. Les agents ont eu du mal à pénétrer dans la maison, la porte principale semblant bloquée de l’intérieur, ce qui aurait retardé les opérations de secours et laissé les occupants sans issue.

Les autorités américaines ont également révélé que l’adresse était connue des services d’urgence. En l’espace de trois ans, près de vingt appels au 911 ont été enregistrés pour des disputes, tensions familiales et autres incidents. Ces antécédents laissent entrevoir un climat familial profondément perturbé, même si l’enquête n’a pas encore établi le lien entre ces épisodes et l’incendie présumé volontaire.

Les investigations se poursuivent pour déterminer les motivations qui auraient poussé Cheikh Dièye à commettre un tel acte, si la thèse criminelle est définitivement confirmée. Les enquêteurs continuent d’examiner les preuves matérielles, les témoignages et l’historique familial afin de comprendre le déroulement exact des événements.

À Columbus, la communauté sénégalaise vit ce drame avec une grande intensité émotionnelle. Profondément choquée, elle s’est fortement mobilisée pour accompagner les survivants et soutenir les proches. Des prières collectives, des rencontres de solidarité et une collecte GoFundMe ont été lancées pour venir en aide à l’enfant hospitalisé et, le cas échéant, organiser le rapatriement des dépouilles vers le Sénégal. Cette solidarité témoigne de la cohésion d’une diaspora éprouvée, déterminée à entourer les victimes de ce drame d’un soutien moral et matériel indéfectible.

Kolda : les transporteurs exigent des comptes sur 90 millions FCFA et contestent la légitimité de leur président

Les transporteurs et chauffeurs de Kolda ont haussé le ton ce samedi 22 novembre lors d’un face-à-face avec la presse, exprimant leur frustration croissante quant à la gestion jugée opaque de leurs cotisations. Selon leurs estimations, plus de 90 millions de francs CFA auraient été collectés, sans qu’un bilan clair ne soit présenté aux membres. Cette situation alimente une profonde incompréhension et nourrit un climat de méfiance au sein du secteur.

Au cœur des accusations se trouve l’actuel président du regroupement des transporteurs et chauffeurs, Bouly Vieux Diedhiou. Les professionnels du transport exigent qu’il rende public l’usage exact des fonds générés par les activités de la gare routière. Lamine Kane Baldé, porte-parole du jour et secrétaire général du regroupement, n’a pas mâché ses mots. Il s’est demandé, devant les journalistes, où étaient passées les cotisations des membres et pourquoi aucune transparence n’était assurée dans leur gestion. Il a insisté sur la nécessité de clarifier la destination de ces ressources communes qui, selon lui, auraient dû servir à améliorer les conditions de travail des transporteurs.

Au-delà des questions financières, la légitimité même du président est contestée. Lamine Kane Baldé affirme que le mandat de Bouly Vieux Diedhiou est arrivé à expiration depuis août 2023. Il souligne qu’aucune décision consensuelle n’a été prise pour prolonger cette responsabilité, contrairement à ce que certains pourraient avancer. « Je défie quiconque de prouver qu’il y a eu un consensus pour prolonger son mandat. Jamais ! », a-t-il déclaré avec fermeté, rappelant que la durée de la crise est devenue insoutenable pour les acteurs du secteur.

Face à cette situation qu’il juge « explosive » et nuisible au bon fonctionnement du regroupement, le secrétaire général a lancé un appel pressant à l’autorité préfectorale. Il demande son intervention afin de rétablir l’ordre, favoriser un climat apaisé et permettre une résolution rapide du conflit. Les transporteurs espèrent que cette médiation permettra d’assainir la gestion interne, de restaurer la confiance et d’ouvrir la voie à une gouvernance plus transparente et plus inclusive.

Le différend opposant Alioune Ndoye à Toussaint Manga prend une tournure judiciaire

Le bras de fer entre le maire de Dakar-Plateau, Alioune Ndoye, et le cadre politique Toussaint Manga a quitté le terrain des publications en ligne pour s’inviter devant la justice. Mardi 18 novembre 2025, l’édile a officiellement déposé une plainte pour « diffamation et diffusion de fausses nouvelles ». Le document transmis au parquet reproche à Toussaint Manga d’avoir publié sur Facebook un article jugé « gravement attentatoire » à l’honneur et à la considération du maire.

L’origine de ce contentieux repose sur la gestion des cantines relevant de la LONASE. Selon Alioune Ndoye, la commune est tenue de verser des redevances pour chaque cantine et a engagé, depuis plusieurs semaines, un travail d’assainissement en collaboration avec la société nationale. Cette démarche administrative aurait été « dénaturée » par Toussaint Manga, qui a publiquement accusé la municipalité d’une mauvaise gestion et d’une occupation irrégulière du domaine public. Des déclarations que le maire considère comme infondées et préjudiciables.

Avant la plainte, une sommation interpellative avait été adressée à Toussaint Manga le 10 novembre 2025. Le document exigeait qu’il apporte la preuve de ses allégations, notamment l’utilisation du nom de la fille du maire dans ses publications et l’affirmation selon laquelle la commune de Dakar-Plateau aurait bloqué toute tentative de régularisation. La plainte précise qu’« aucune réponse n’a été fournie », renforçant selon l’édile le caractère diffamatoire des propos tenus.

Réagissant sur les réseaux sociaux, Toussaint Manga a affirmé que « la LONASE rappelle que les échanges sur les réseaux sociaux ne sauraient remplacer les communications officielles ». Une position qui, aux yeux de la municipalité, confirme son incapacité à apporter des preuves tangibles pour étayer ses accusations. La mairie estime que ces publications nuisent non seulement à l’image de la collectivité, mais également à la compréhension des démarches administratives menées entre la LONASE et la commune.

Dakar accueille la proclamation des résultats du 22ᵉ concours d’agrégation du CAMES en SJPEG

Les résultats du 22ᵉ concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion (SJPEG) du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES) ont été proclamés ce vendredi 21 novembre 2025 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. La cérémonie, organisée en présence de nombreuses autorités académiques, enseignants-chercheurs, familles et proches, a consacré 86 lauréats sur les 215 candidats en lice, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, Moustapha Ndieck Sarré a salué, au nom du ministre Daouda Ngom, l’excellence et la rigueur ayant conduit les candidats jusqu’à ce moment solennel. Il a exprimé sa joie de participer à une rencontre dédiée à l’élite académique africaine, tout en rappelant que ce concours prestigieux symbolise l’aboutissement d’années de travail acharné, de sacrifices et d’un engagement constant. Dans son allocution, il a félicité chaleureusement les nouveaux agrégés, estimant que « leur réussite couronne des années de travail acharné, de sacrifices et de persévérance exemplaire ». Selon lui, accéder à ce grade confère une responsabilité majeure : celle de former les générations futures, de renforcer la recherche universitaire et de contribuer activement au développement endogène de leurs États.

Le représentant du ministre a également souligné les nombreux défis auxquels les nouveaux agrégés devront faire face. Il a notamment évoqué le relèvement du taux d’encadrement, l’amélioration de la qualité des formations doctorales, la participation accrue à la vie scientifique des institutions, ainsi que le développement du capital humain au bénéfice des administrations et entreprises africaines. Il a insisté sur la nécessité d’élaborer des stratégies endogènes adaptées aux réalités africaines, tout en œuvrant pour l’édification de sociétés plus justes et inclusives.

S’adressant aux candidats n’ayant pas été admis, Moustapha Ndieck Sarré a tenu un discours d’encouragement et d’espoir. Il leur a rappelé que « l’agrégation est un marathon, pas un sprint » et que de nombreux professeurs éminents ont dû se représenter plusieurs fois avant de réussir. Selon lui, la déception ressentie aujourd’hui ne remet pas en cause leur valeur scientifique ni leur contribution attendue au développement intellectuel du continent. Il a invité chacun d’entre eux à poursuivre ses efforts avec ténacité, en percevant chaque tentative comme une étape de maturation académique.

Le ministre a enfin salué le travail du recteur de l’UCAD ainsi que celui des membres du jury du CAMES pour la rigueur et la constance dans la préservation de l’excellence et du « patrimoine du savoir ».

Parmi les nouveaux agrégés, Mouhamadou Ba, admis major de la section d’histoire, du droit et des institutions, a livré ses impressions à l’issue de la proclamation. Reconnaissant que l’épreuve fut particulièrement difficile, il a décrit l’agrégation comme un concours exigeant où, selon lui, « 15 % reposerait sur la chance et l’intelligence », tandis que les 80 à 85 % restants relèvent d’un effort continu, d’une préparation méthodique et d’un encadrement pédagogique solide. Il a insisté sur l’importance d’évoluer dans une équipe dirigée par un aîné capable de guider et d’orienter le candidat. Pour Mouhamadou Ba, la rigueur quotidienne et la détermination constituent les clés du succès pour ceux qui aspirent à suivre le même chemin. « Si nos collègues intègrent cela dans leur quotidien et se donnent une certaine rigueur en soi, ça pourrait aller. C’est un bon début », a-t-il confié.

Conteneurs maliens bloqués au Port de Dakar : une délégation de Bamako obtient des avancées majeures auprès du Sénégal

Une délégation venue du Mali, mandatée par le Président de la Transition, le Général Assimi Goita, séjourne depuis plusieurs jours au Sénégal dans le but de résoudre le blocage des conteneurs maliens au Port de Dakar. Cette mission, dirigée par la ministre des Transports, Madina Dembélé Sissoko, s’inscrit dans un contexte où les échanges commerciaux entre les deux pays sont déterminants pour l’économie malienne, fortement dépendante de la plateforme portuaire sénégalaise pour l’acheminement de ses marchandises.

Au cœur de cette visite, l’objectif principal est clair : obtenir les facilités nécessaires pour permettre la sortie et le transfert rapide des conteneurs vers le Mali. Les autorités maliennes considèrent cette démarche comme stratégique, tant pour soutenir les activités économiques internes que pour préserver la fluidité commerciale entre les deux nations.

Ce vendredi, la délégation a été reçue au Palais de la République par le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. À la sortie de l’audience, la ministre Madina Dembélé Sissoko a exprimé sa satisfaction quant à l’accueil et à l’écoute dont la délégation a bénéficié. Elle a salué la disponibilité des autorités sénégalaises à collaborer dans un esprit de solidarité : « On a été bien accueillis. Nous remercions les autorités sénégalaises pour toutes les facilités accordées à cette délégation après des échanges à beaucoup de niveaux. Le peuple sénégalais a pris son courage et a décidé d’accompagner le peuple malien », a-t-elle déclaré.

La ministre a également souligné que l’ensemble des préoccupations posées par la partie malienne ont été examinées avec attention. Selon elle, les discussions ont été franches, complètes et productives. « Toutes nos difficultés ont été mises sur la table, discutées et aujourd’hui, avec la décision des hautes autorités du Sénégal, le Mali a bénéficié de ces facilités », a-t-elle assuré.

Cette avancée marque une étape importante dans la coopération bilatérale, alors que le Mali traverse un contexte économique délicat, aggravé par les contraintes logistiques et les tensions sous-régionales. Le déblocage attendu des conteneurs permettra de relancer l’acheminement de marchandises essentielles et de soutenir les secteurs économiques dépendants des importations.

Ismaïla Ngom rejette catégoriquement les accusations devant le Doyen des juges

Face au Doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, Ismaïla Ngom a fermement nié toutes les accusations de détournement de fonds publics, de blanchiment de capitaux et d’association de malfaiteurs qui pèsent sur lui. Inculpé et placé sous bracelet électronique depuis le 19 mai, le frère de l’ancien député Farba Ngom s’est présenté hier avec quatre de ses avocats pour un interrogatoire très attendu.

Devant le magistrat instructeur, Idrissa Diarra, son audition n’aura duré qu’un peu plus d’une heure. Selon des sources citées par L’Observateur, l’attitude d’Ismaïla Ngom s’est voulue posée, méthodique et directe. Ses déclarations, jugées suffisamment structurées, ont conduit ses avocats — Mes Baboucar Cissé, Abdou Dialy Kane, Alassane Cissé et Antoine Mbengue — à ne formuler aucune intervention, laissant le juge dérouler seul son interrogatoire.

Les questions du magistrat se sont particulièrement concentrées sur les activités financières et la gestion des quatre sociétés civiles professionnelles (SCP) Haba, Doworou, Kantong et Tidjania, toutes placées sous la responsabilité statutaire d’Ismaïla Ngom. Le juge a notamment examiné les opérations de retraits et de virements portant sur des montants particulièrement élevés.

L’un des volets les plus sensibles porte sur quatorze chèques émis par la société Sofico de l’homme d’affaires Tahirou Sarr. Selon le réquisitoire introductif du Procureur, fondé sur les conclusions de la Centif, ces chèques — d’un montant cumulé de 5,3 milliards de francs CFA — auraient été versés au profit de la SCP Tidjania, considérée comme une structure liée à Farba Ngom et détenue à 90 % par Ismaïla Ngom. Les dépôts auraient été effectués à l’agence « Prestige Blue » de la Nsia, aux Almadies.

Confronté à ces éléments, Ismaïla Ngom a opposé un démenti catégorique. Il a affirmé que ces mouvements financiers, loin de revêtir un caractère suspect, relevaient exclusivement d’opérations privées et transparentes. Il a déclaré ne pas comprendre les fondements ayant conduit à les assimiler à un détournement de deniers publics. Insistant sur la nature strictement privée de toutes les transactions, il a soutenu que rien ne justifiait les accusations de blanchiment et d’escroquerie portées contre lui.

Interrogé ensuite sur les retraits en espèces effectués en sa faveur, il a assuré que leur traçabilité ne souffrait d’aucune ambiguïté. Tous les justificatifs existent, a-t-il insisté, ajoutant que les opérations ont été effectuées conformément à la réglementation bancaire. L’examen s’est prolongé sur un autre point crucial : douze virements totalisant 6 milliards de francs CFA enregistrés en juillet 2020 sur le compte de la SCP Doworou, ouvert à la Nsia et détenu à 90 % par lui. La Centif estime que ces fonds proviendraient du remboursement de bons de caisse émis par la société Sofico.

À l’issue de son audition, l’homme poursuivi pour association de malfaiteurs en bande organisée, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, abus de biens sociaux et blanchiment de capitaux, est rentré chez lui avec retenue, toujours sous bracelet électronique. Ses avocats, convaincus que les éléments du dossier ne suffisent pas à étayer les accusations du ministère public, envisagent de déposer une requête en non-lieu dans les prochains jours.

Seydi Gassama plaide pour une justice plus humaine face aux détenus malades

Invité de l’émission Champ Contre Champ sur la RTS ce jeudi, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a livré une analyse critique des tensions persistantes entre l’actuel gouvernement et l’ancien régime.

Au cœur de son intervention figurait le dossier Farba Ngom, dont l’état de santé continue de susciter de vives interrogations. Selon Gassama, les expertises médicales commandées par la justice sont sans ambiguïté : la première recommandait que l’ancien député ne soit pas maintenu en détention en raison de sa santé jugée fragile ; la seconde, sollicitée par le juge d’instruction, a abouti exactement à la même conclusion. Il a insisté sur le fait que ces rapports émanaient de médecins de l’État et non de praticiens personnels de l’intéressé, ce qui, selon lui, renforce leur crédibilité et écarte les soupçons de complaisance.

Le responsable d’Amnesty International a également évoqué le cas de l’épouse du journaliste Madiambal Diagne, lourdement handicapée et atteinte de pathologies chroniques depuis plusieurs années. Pour Gassama, l’incarcération de personnes en situation de grande vulnérabilité médicale contribue à nourrir l’idée d’un acharnement judiciaire, surtout lorsque ces individus présentent un risque de fuite extrêmement faible. Il juge essentiel que la justice adopte une approche plus humaine et conforme aux standards internationaux, en privilégiant dans ces situations des mécanismes alternatifs à la détention.

Dans cette optique, il a rappelé que le placement sous bracelet électronique constitue une solution crédible et déjà utilisée au Sénégal. Il a souligné que plusieurs responsables politiques en bonne santé en bénéficient actuellement, ce qui, selon lui, rend encore plus incompréhensible le maintien en détention de personnes gravement malades. Le bracelet électronique n’est pas, a-t-il précisé, une manière d’absoudre un justiciable, mais un moyen de garantir sa présence à tout moment, de lui permettre de rester auprès de sa famille et de recevoir les soins nécessaires, tout en demeurant sous le contrôle strict de la justice.

Seydi Gassama a conclu en appelant l’État à veiller à l’humanisation des poursuites afin d’éviter d’alimenter les soupçons d’inégalité de traitement. Pour lui, les préoccupations légitimes en matière de santé doivent être conciliées avec les impératifs judiciaires : « Dès qu’on aura besoin d’eux, ils répondront. Et s’ils doivent être condamnés, ils le seront », a-t-il affirmé, invitant les autorités à faire preuve de cohérence et d’équité dans la gestion des dossiers sensibles.

Ndramé Escale (Kaolack) : Momath Leye offre des kits scolaires à l’École Élémentaire de Bowé

Le responsable politique et coordonnateur départemental du parti Tabax, Construire dans le département de Nioro, Momath Leye, dit Big Léye, a offert ce vendredi des kits scolaires à l’École Élémentaire de Bowé.

« Nous adressons nos sincères remerciements à Monsieur Boubacar Camara, Président et Ministre Secrétaire du Gouvernement, pour son précieux soutien qui a permis la remise de 25 kits scolaires à l’École Élémentaire de Bowé, dans l’IEF du département de Nioro du Rip. Grâce à son accompagnement, cette action de solidarité a pu se dérouler dans d’excellentes conditions, en présence du directeur de l’école, du président de l’Association des parents d’élèves, ainsi que des responsables départementaux de Tabax », a déclaré Momath Leye.

Il a ajouté : « Nous saluons vivement son engagement en faveur de l’éducation et son attachement au développement de nos communautés. Ce geste noble et hautement symbolique restera gravé dans la mémoire des élèves, des enseignants et de toute la communauté éducative de Bowé. Nous lui exprimons notre profonde gratitude et renouvelons notre disponibilité à poursuivre, ensemble, toute initiative visant à soutenir et promouvoir l’école sénégalaise. »

Ce geste a été largement apprécié par le directeur de l’école de Bowé, les élèves et les parents d’élèves.

Lettre-plainte contre le juge Diarra : l’UMS fustige le comportement de Me Bocar Thiam et demande des sanctions

L’Union des Magistrats Sénégalais (UMS) a réagi ce jeudi 21 novembre à l’initiative de l’avocat Me Moussa Bocar Thiam, qui a adressé une lettre-plainte à l’Inspection générale de l’Administration de la Justice (IGAJ) visant le magistrat Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre du dossier impliquant Mouhamadou Ngom dit Farba et plusieurs autres parties, et a suscité un tollé au sein du corps judiciaire.

Dans un communiqué officiel, l’UMS souligne qu’après vérification, le principal concerné, M. Ngom, « n’a jamais été consulté sur une telle démarche » et que le collectif d’avocats chargé de sa défense n’a, à aucun moment, été associé à cette initiative. Pour l’organisation, la lettre de Me Bocar Thiam constitue une « action isolée, dénuée de toute base procédurale et manifestement inspirée par un dessein inavoué ». Selon l’UMS, cette initiative vise à « jeter le discrédit sur un magistrat unanimement reconnu pour son sérieux, sa compétence et sa rigueur professionnelle ».

L’Union des Magistrats accuse l’avocat d’avoir « sciemment violé les règles de procédure, ainsi que les principes d’éthique et de déontologie qui gouvernent la profession d’avocat ». Elle déplore également la diffusion massive de cette lettre dans la presse, considérant qu’elle accentue la gravité de ce qu’elle qualifie de « forfaiture ». Pour l’UMS, cette publication publique, réalisée « sans fondement et en dehors de tout cadre légal », constitue une atteinte directe à l’honneur du magistrat ciblé ainsi qu’à la crédibilité de l’institution judiciaire dans son ensemble.

L’organisation condamne fermement le comportement de Me Bocar Thiam, le qualifiant d’« irresponsable et préjudiciable non seulement à l’honneur du magistrat, mais également à la dignité et à la réputation du système judiciaire sénégalais ». Elle annonce par ailleurs qu’elle prendra, dans les meilleurs délais, toutes les mesures nécessaires afin que cet acte fasse l’objet de « sanctions exemplaires conformément aux textes en vigueur ».

Cette affaire souligne les tensions existantes autour de certains dossiers financiers sensibles et met en lumière la vigilance de l’UMS pour protéger l’intégrité de la magistrature. Le corps judiciaire sénégalais réaffirme ainsi son attachement aux principes d’éthique, de rigueur et d’indépendance dans le traitement des affaires judiciaires, face à des initiatives qui pourraient, selon lui, miner la confiance des citoyens dans la justice.

Le président Diomaye Faye reçoit la ministre malienne des Infrastructures et le Comité de l’ASECNA

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a accordé ce vendredi 21 novembre 2025 une audience à Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures du Mali. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales, a été l’occasion pour la ministre malienne de transmettre au chef de l’État sénégalais les remerciements du gouvernement et du peuple maliens. Ces remerciements font suite aux mesures prises par les autorités sénégalaises pour lever les obstacles liés aux conteneurs maliens au port de Dakar, facilitant ainsi le commerce et les échanges entre les deux pays.

Cette initiative illustre la solidité et la maturité des relations entre le Sénégal et le Mali, ainsi que la volonté partagée de maintenir une coopération fluide, efficace et fraternelle. Le président Faye a salué cette démarche et réaffirmé son engagement à promouvoir des relations bilatérales stables et mutuellement avantageuses, soulignant l’importance de l’intégration régionale pour le développement économique et social des deux nations.

Dans la foulée, le chef de l’État a reçu le Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réuni à Dakar pour sa 76ᵉ session extraordinaire. Les ministres ont présenté au président Diomaye Faye les conclusions de leurs travaux, mettant en avant les stratégies visant à renforcer la sécurité, la modernisation et la performance des services de navigation aérienne au sein de l’espace communautaire.

Le président Faye a salué les efforts des États membres et du comité pour le progrès de la sécurité aérienne en Afrique. Il a réitéré la disponibilité du Sénégal à contribuer activement aux initiatives régionales, insistant sur la nécessité d’une coopération soutenue pour garantir des services de navigation aérienne modernes, sûrs et fiables.

Cette double audience témoigne de l’engagement du Sénégal sur le plan régional, que ce soit dans le renforcement des échanges commerciaux avec ses voisins ou dans la consolidation de la sécurité et de l’efficacité des infrastructures aériennes sur le continent. Elle confirme également la position du pays comme acteur clé de l’intégration régionale et de la coopération technique en Afrique de l’Ouest.

31ᵉ réunion OMD-AOC à Dakar : des recommandations pour une gouvernance douanière renforcée en Afrique de l’Ouest et Centrale

Dakar a accueilli la 31ᵉ réunion du Comité des experts de la Région Afrique de l’Ouest et Centrale de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD-AOC), qui s’est achevée ce vendredi après trois jours d’intenses travaux. L’événement, organisé sous l’égide de la Douane sénégalaise, a réuni des spécialistes et des hauts responsables douaniers de la région afin d’examiner les défis et les opportunités liés à la gouvernance douanière et à la facilitation des échanges en Afrique de l’Ouest et Centrale.

Durant ces 72 heures de débats, les participants ont planché sur plusieurs thématiques majeures, notamment les grands projets en cours, le renforcement du cadre institutionnel régional, le plan stratégique de la région et le fonctionnement des différentes structures douanières. Ces discussions ont permis de mettre en lumière les enjeux liés à la modernisation des systèmes douaniers, à la lutte contre la fraude, au développement de mécanismes communs de contrôle et à la prévention de la criminalité transnationale organisée.

À l’issue des travaux, un ensemble de recommandations concrètes a été formulé, visant à améliorer la gouvernance douanière et à renforcer l’efficacité des administrations dans la région. Ces recommandations seront portées à la connaissance des Directeurs généraux des administrations douanières lors de la prochaine conférence régionale prévue en 2026 à Freetown, en Sierra-Leone, où elles pourront être adoptées et mises en œuvre.

Lors de la cérémonie de clôture, le Coordonnateur de la Direction générale des Douanes (DGD) du Sénégal, Malick Mbaye, a insisté sur l’importance de l’appropriation rigoureuse de ces recommandations par les administrations douanières de la région. « Dans un contexte où nos pays sont confrontés à des défis multiples, notamment en matière de lutte contre la fraude et la criminalité transnationale, de facilitation des échanges et de modernisation de nos systèmes douaniers, l’application de ces recommandations sera très utile », a-t-il souligné.

Malick Mbaye a également réaffirmé l’engagement constant des Douanes sénégalaises à accompagner la Vice-Présidence de la Région AOC dans l’accomplissement de ses missions, afin de garantir une coordination efficace et une meilleure intégration des politiques douanières dans la région.

Aux côtés du Coordonnateur, le Directeur des Opérations douanières, Ousmane Kane, et le Directeur des Systèmes d’Information, Hamidou Ndiaye, ont contribué à l’animation des travaux et à l’encadrement technique des discussions. Avant la clôture officielle, les experts ont tenu à saluer la qualité de l’organisation assurée par la Douane sénégalaise, reconnaissant la rigueur et le professionnalisme dont le pays a fait preuve.

Abdoulaye Maïga, Directeur de Cabinet du Vice-Président de la Région, ainsi que Gatien Pangob Tetanga, Coordonnateur régional représentant le Secrétaire général de l’OMD, ont eux aussi exprimé leur gratitude envers les autorités sénégalaises, louant la logistique et l’accueil offerts lors de cette rencontre cruciale pour l’avenir des administrations douanières de la région.

Cette 31ᵉ réunion du Comité des experts de l’OMD-AOC constitue un jalon important dans la consolidation d’une gouvernance douanière harmonisée et efficace en Afrique de l’Ouest et Centrale, renforçant à la fois la sécurité, la transparence et la compétitivité des échanges commerciaux régionaux.

Soussoung : le collectif se réjouit de la libération des détenus et réaffirme sa lutte pour la défense des terres

Le Collectif pour la défense des terres de Soussoung, basé à Ndiaganiao, a exprimé sa satisfaction suite à la libération des neuf personnes interpellées lors des manifestations récentes autour des questions foncières. Ces détenus, retenus depuis près de quatre mois, avaient été arrêtés dans le cadre de mobilisations visant à dénoncer des tentatives présumées d’accaparement de terres par des entreprises privées.

Dans une déclaration officielle, Ousseynou Dia, membre actif du collectif, a souligné l’importance de cet événement pour la communauté locale. « Nous nous félicitons de la libération de ces neuf paysans, injustement retenus pendant plusieurs mois. Leur retour marque une première victoire dans notre combat pour la préservation des terres et des droits des populations de Soussoung », a-t-il déclaré.

Le collectif a cependant insisté sur le fait que cette libération ne signifie pas la fin de la mobilisation. Il a appelé l’ensemble des habitants de Soussoung, femmes et hommes, à renforcer leur unité pour protéger le tissu social de la localité, qu’il juge fragilisé par des pressions externes et des entreprises aux « intentions funestes ». Le message adressé à la population souligne la nécessité de rester vigilant et solidaire face aux menaces pesant sur les terres agricoles et les espaces communautaires.

Par ailleurs, le collectif a renouvelé son engagement à défendre les terres de Soussoung contre toute forme de spoliation, d’intimidation ou d’accaparement. Il a également tenu à remercier les organisations et individus qui ont contribué à la libération des détenus, saluant le soutien national et international qui a permis de mettre fin à cette situation critique.

Cette mobilisation illustre une fois de plus la détermination des communautés rurales à protéger leurs ressources foncières et à faire respecter leurs droits face aux pressions économiques et politiques. Pour le collectif, la bataille pour les terres de Soussoung se poursuit, avec la conviction que seule la cohésion et la vigilance de la population permettront de sauvegarder ces biens essentiels à la survie et au développement local.

76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’ASECNA : Ousmane Sonko plaide pour une souveraineté aérienne africaine renforcée

Le Premier ministre Ousmane Sonko a ouvert, ce vendredi 21 novembre 2025, la 76ᵉ réunion du Comité des ministres de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), réunie exceptionnellement pour discuter des perspectives stratégiques et opérationnelles de l’organisation. Dans un discours d’ouverture empreint de solennité, il a mis en avant l’importance de l’ASECNA comme pilier de la connectivité aérienne et de la croissance économique sur le continent africain.

Ousmane Sonko a rappelé que les principes fondateurs de l’ASECNA — solidarité, compétence, mutualisation et neutralité technique — ont permis à l’agence de traverser les turbulences politiques et économiques tout en conservant son rôle central dans la sécurité aérienne. Selon lui, cette résilience découle d’une gouvernance collective qui fait de l’ASECNA une référence mondiale dans la gestion intégrée des espaces aériens multinationaux, malgré des débuts difficiles à l’aube des indépendances des pays membres.

Le chef du gouvernement a salué l’ASECNA comme un modèle de souveraineté partagée et de mutualisation réussie, invitant le Comité des ministres à conduire les travaux de la session avec rigueur et responsabilité. Parmi les points prioritaires figurent l’examen du Plan d’Orientations Stratégiques (POS 2026–2035) et du Plan de Services et Équipements (PSE 2026–2030). Ousmane Sonko a insisté sur le fait que ces plans ne représentent pas une simple addition de projets nationaux, mais traduisent la capacité des États africains à penser, investir et progresser ensemble dans le domaine aérien.

Le Premier ministre a notamment souligné l’importance de la mutualisation des systèmes de communication, de surveillance et de navigation, y compris satellitaires, pour renforcer la sécurité et la compétitivité des espaces aériens africains. Selon lui, l’ASECNA démontre qu’une souveraineté technologique africaine est possible lorsqu’elle s’appuie sur la coopération, la formation et la discipline collective. Les économies d’échelle générées par ces mécanismes mutualisés permettent aux États de soutenir leurs politiques publiques tout en consolidant leur indépendance stratégique.

Ousmane Sonko a réaffirmé l’engagement du Sénégal à œuvrer pour une Afrique maîtresse de ses infrastructures critiques, en particulier dans le domaine stratégique de la navigation aérienne. « L’ASECNA doit rester en première ligne pour garantir une navigation aérienne moderne, sûre et souveraine », a-t-il insisté, mettant l’accent sur l’impératif d’une gestion collective et proactive de l’espace aérien continental.

Pour sa part, la présidente du Comité des ministres de l’ASECNA, Fatima Goukouni Weddeye, a souligné l’importance de cette 76ᵉ session pour consolider et moderniser l’agence. Elle a affirmé que les décisions du Comité seraient guidées par la lucidité, la rigueur et la clairvoyance nécessaires pour inscrire durablement l’ASECNA sur une trajectoire de performance et de stabilité partagée. « En unissant nos expertises, nos convictions et nos volontés politiques, nous doterons notre agence des instruments stratégiques et financiers nécessaires pour relever les défis d’aujourd’hui et anticiper ceux de demain », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle central de la coopération entre États membres pour la pérennité de l’organisation.

Cette réunion, qui réunit les ministres de l’aviation civile des États membres de l’ASECNA, marque un tournant stratégique pour le continent. Elle s’inscrit dans un contexte où l’Afrique cherche à renforcer sa souveraineté technologique et opérationnelle, tout en garantissant une sécurité aérienne optimale, condition indispensable à son développement économique et à son rayonnement international.

Diffamation : Cheikh Bara Ndiaye engage des poursuites contre Maïmouna Ndour Faye

La tension entre le député Cheikh Bara Ndiaye et Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, franchit un nouveau cap judiciaire. L’élu a officiellement annoncé avoir déposé une plainte contre la journaliste et femme d’affaires pour « diffamation, diffusion de fausses nouvelles, injures publiques et menaces ». L’information a été relayée par le parlementaire lui-même sur sa page Facebook, soulignant la gravité de l’affaire et son intention de voir la justice trancher.

Cette action en justice fait suite à un épisode médiatique tendu : jeudi soir, Maïmouna Ndour Faye avait annoncé son intention de porter plainte contre Cheikh Bara Ndiaye, à la suite d’accusations publiques formulées par le député à son encontre. Dans ses déclarations, Cheikh Bara Ndiaye avait affirmé que la directrice de 7TV agissait en tant que personnalité influente dans l’ombre de Mimi Touré, coordinatrice de la coalition « Diomaye Président ». Il avait également allégué que Maïmouna Ndour Faye avait bénéficié d’un passeport diplomatique remis par le Président Bassirou Diomaye Faye, insinuant une proximité et des privilèges non justifiés au sein du cercle politique.

Face à ces accusations, Maïmouna Ndour Faye n’a pas tardé à réagir. Dans un ton très ferme, elle a qualifié Cheikh Bara Ndiaye de « menteur » et a ironisé en affirmant qu’il détenait une « licence en mensonge ». Ses propos ont été relayés sur plusieurs plateformes médiatiques, intensifiant l’attention du public et créant un climat de confrontation entre les deux personnalités.

L’affaire prend désormais une tournure judiciaire, chaque partie s’en remettant à la justice pour clarifier les faits et déterminer si les accusations portées sont fondées ou relèvent de la diffamation. Ce conflit illustre, au-delà des enjeux personnels, la délicate frontière entre liberté d’expression et responsabilité dans le traitement de l’information publique, en particulier lorsque des personnalités politiques et des acteurs médiatiques sont impliqués.

La procédure judiciaire qui s’ouvre sera donc scrutée de près, non seulement par les parties directement concernées, mais aussi par l’opinion publique, attentive à la manière dont le système judiciaire gère les différends mêlant médias, politique et réputation. Le dénouement de cette affaire pourrait également fixer un précédent sur la manière dont les accusations publiques contre des personnalités sont traitées au Sénégal.

Sénégal, le temps des tumultes (Par Cherif Diop)

Aux difficultés économiques s’ajoute désormais la mésentente politico-institutionnelle. Nous pensions ce temps de guerre froide entre le président et son premier ministre révolu. Ce temps des tempêtes médiatiques et des marches de protestations. Hélas, tout nous ramène au douloureux passé récent que nous avons déjà vomi.

Économiquement, le pays tire la langue. Le gouvernement cherche à remonter de l’abîme de la dette publique, dont on n’a pas cessé d’explorer les tréfonds. La critique et la raillerie faciles consistent pour les contempteurs du pouvoir en place à exulter dans une espèce de vengeance puérile. Or, aucun Sénégalais ne devrait se réjouir de ce bond en arrière. Même si, nous pouvons reconnaître que depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye, ça va en empirant. Sans attendre l’acmé d’un duel dont l’inéluctabilité est désormais démontrée par tous les signaux, les militants de Pastef ont d’ores et déjà condamné Bassirou Diomaye Faye au procès de la « traîtrise ». Les réactions réprobatrices pullulent sur internet depuis l’officialisation de Madame Aminata Touré comme Superviseure générale de la coalition DIOMAYE PRÉSIDENT, acte considéré comme un coup de Jarnac contre Ousmane Sonko et le « projet ».

Que nous est-il permis d’espérer ?

Que peuvent espérer les Sénégalais en déréliction des trois années de mandat qui restent au président Faye ? Si ce n’est une querelle picrocholine entre militants de PASTEF en vue de la présidentielle de 2029 ? Une guerre des tranchées entre les partisans de Sonko « l’homme-peuple » et les sympathisants de Diomaye, « l’homme qui ne voulait pas être président ». Tout ceci n’augure rien de bon, à moins d’un an des Jeux Olympiques de la Jeunesse, les JOJ, qualifiés de « priorité nationale » par le président de la République.

Au sens de l’alinéa 2 de l’article 42 de la Constitution, le président de la République « incarne l’unité nationale ». Dès lors, peut-on reprocher au Chef de l’État de vouloir « faire nation » après des années tumultueuses ? Ces années où le pays s’est vu fracturé, où chaque Sénégalais a souffert dans sa chair de la mauvaise publicité faite à NOTRE Sénégal sur la scène internationale. Bassirou Diomaye Faye, qui s’érige en pater familias, n’a pourtant renié ni son éthique ni à ses convictions profondes qu’il partage, du reste, avec Ousmane Sonko. En même temps, les divergences éclatent au grand jour.

Des divergences de fond et de forme

La séquence actuelle est une grenade assourdissante qui empêche d’entendre les dissonances de fond entre les deux hommes. Ce différend assumé et affiché est l’arbre qui masque le rhizome d’une divergence pragmatique plus profonde. D’un côté, Diomaye privilégie une approche conciliatrice et institutionnelle ; de l’autre, Sonko, « l’homme-peuple », maintient ses certitudes dogmatiques d’opposant radical, persuadé qu’un pays ne saurait être réformé par de simples compromis. Or, les réformes structurelles ne peuvent se substituer à de simples déclarations fracassantes. L’annonce tonitruante, dans un cadre purement politique, du refus de la restructuration de la dette publique a créé la surprise, voire la stupeur, dans les arcanes du pouvoir et bien au-delà de nos frontières. Lors de l’installation du comité de pilotage du pacte de stabilité nationale, en pleine mission du Fond Monétaire International à Dakar, Ousmane Sonko avait également annoncé une prochaine baisse des prix de l’électricité, du gaz et du carburant. Une déclaration surréaliste aux yeux de tous les économistes sérieux qui se demandent comment cette promesse pourra être tenue, en l’état actuel du tableau des opérations financières du pays. Nous sommes en mesure d’affirmer que ces déclarations publiques ont complexifié davantage les âpres négociations avec le FMI.

D’un autre côté, face au FMI, le président du conseil supérieur de la défense nationale affiche une fermeté DIPLOMATIQUE. Tout est dans le style. Quand l’usage est plus fort que les idées de progrès, le tact doit guider votre manière d’agir. Les Sénégalaises dans leur écrasante majorité subissent sans broncher une crise économique qui leur a été imposée. Treize mois après la divulgation de la dette cachée, ils attendent toujours la pensée de sortie de crise. Au contraire, tout porte à croire que le pays s’achemine tout droit vers un gouffre bien sombre.

Ousmane Sonko, “l’homme-peuple”

Le meeting du 08 novembre 2025 a démontré, si besoin en était, que la popularité d’Ousmane Sonko n’a pas pris une ride. Seulement, la popularité, aussi immense soit-elle, ne saurait à elle seule définir l’ordre étatique et la légitimité du pouvoir. Si Ousmane Sonko était une incarnation parfaite et consensuelle de la société, son leadership ne serait pas si profondément clivant. Cette posture « d’homme-peuple » est une vue de l’esprit, malgré l’immense popularité de Sonko, tel un Général Georges Boulanger des temps modernes. L’ancien ministre de la guerre en France était le leader du « Boulangisme », ce mouvement politique populiste et nationaliste de la fin du XIXe siècle en France. « Le boulangisme exploitait le mécontentement populaire vis-à-vis des scandales politiques, la popularité du général Boulanger reposait en grande partie sur une stratégie de communication innovante, utilisant des chansons, des portraits et une presse populaire pour le présenter comme un héros et un sauveur. »

Ousmane Sonko ne lâchera rien. S’il y a un terrain sur lequel il excelle, c’est bien celui de l’adversité. Le Premier Ministre a démontré sa combativité politique et stratégique face aux différents écueils qui se sont érigés devant lui. Comme du temps de Macky Sall, Sonko se retrouve dans sa position favorite : celle de la victime, du vaillant combattant blessé, de l’opposant persécuté. Aujourd’hui au pouvoir, il est contraint d’admettre que les pouvoirs de la République ne peuvent se découper comme de la brioche. La Constitution du Sénégal est sans équivoque.

Décider à changer ce qu’il faut tout en maintenant ce qui vaut, le temps des épreuves commence pour Bassirou Diomaye Faye. Le Chef de l’État devra faire preuve d’habileté politique afin d’éviter au pays, des explosions majeures en ces temps troubles.

Cherif DIOP

Ohio : l’incendie meurtrier de la famille Dièye confirmé comme volontaire, le fils au centre de l’enquête

Le drame survenu dans l’Ohio aux États-Unis continue de secouer la communauté sénégalaise de Saint-Louis. L’incendie qui a ravagé la résidence de la famille Dièye, causant la mort tragique de trois membres, a été officiellement qualifié par les autorités locales d’acte volontaire. Selon les enquêteurs, le responsable présumé de cette tragédie est Cheikh Dièye, âgé de 25 ans, le fils de la famille. Les premières conclusions de l’enquête indiquent qu’il aurait intentionnellement mis le feu à la maison, entraînant la mort de ses parents et la sienne.

Les secours dépêchés sur les lieux lundi soir ont été confrontés à une situation d’une extrême violence. Les caméras piétons des premiers intervenants, dont les images ont été rendues publiques jeudi, témoignent de la rapidité avec laquelle l’incendie a consumé la maison et de l’ampleur de la catastrophe à laquelle ils ont dû faire face. Les pompiers ont dû lutter contre des flammes particulièrement intenses, alors que les occupants étaient déjà en danger, ce qui a rendu les opérations de sauvetage particulièrement complexes et dramatiques.

L’incendie s’est déclaré dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 novembre 2025 à Columbus, et le bilan humain reste lourd. Trois adultes, dont le suspect Cheikh Dièye et ses deux parents, ont péri dans l’incendie, tandis que deux autres personnes ont été grièvement blessées. Parmi elles, un jeune enfant dont le pronostic vital reste préoccupant, ce qui accentue encore la dimension tragique de l’événement. La communauté locale et la diaspora sénégalaise suivent avec une inquiétude croissante l’évolution de l’état de santé de cet enfant.

Si les motivations exactes du jeune homme restent à éclaircir, la piste criminelle semble désormais confirmée par les autorités américaines. Le drame suscite de nombreuses réactions, mêlant stupéfaction et incompréhension, et soulève des questions sur les facteurs ayant pu conduire à un geste aussi désespéré et destructeur. La communauté sénégalaise aux États-Unis et au Sénégal est sous le choc, et plusieurs voix appellent à une meilleure sensibilisation sur la santé mentale et le soutien aux jeunes adultes confrontés à des difficultés personnelles ou familiales.

Les enquêteurs poursuivent leur travail afin de reconstituer les circonstances exactes de cet incendie volontaire, et les résultats définitifs permettront de comprendre les motivations de Cheikh Dièye et les éventuelles défaillances ayant pu contribuer à cette tragédie. Entre douleur, incompréhension et consternation, le drame de la famille Dièye restera gravé dans les mémoires comme l’un des événements les plus tragiques touchant la diaspora sénégalaise à l’étranger.

La Médiature de la République : le foncier au cœur des 120 réclamations enregistrées en cinq mois

La Médiature de la République, sous la direction de Demba Kandji, fait face à un afflux croissant de plaintes citoyennes. Entre le 1er avril et le 30 septembre 2025, l’institution a enregistré un total de 120 dossiers de réclamation, témoignant des tensions persistantes entre les usagers et l’administration publique. Ces chiffres traduisent un véritable défi pour la Médiature, chargée de faciliter le dialogue entre l’État et les citoyens et de résoudre les litiges liés à l’action administrative.

Après un premier examen, 22 dossiers ont été écartés pour diverses raisons. Douze d’entre eux avaient un caractère strictement privé et ne relevaient donc pas de la compétence de la Médiature. Trois dossiers ont été jugés hors du champ d’action de l’institution, deux autres n’avaient pas suivi la démarche préalable nécessaire auprès des administrations concernées, et deux étaient déjà pendants devant la justice. Enfin, trois plaintes ont été jugées non fondées. Au terme de cette sélection, 98 dossiers ont été retenus et sont actuellement « en cours de traitement » par les services de Demba Kandji.

L’analyse des réclamations révèle que le foncier demeure la principale source de tensions entre citoyens et administration, avec 24 dossiers en cours touchant directement à cette question. Ces litiges fonciers concernent notamment les problèmes d’attribution de terrains, de régularisation de titres fonciers et de conflits successoraux. Le foncier, en raison de son impact direct sur la vie des citoyens et sur le développement économique, apparaît comme un secteur où la médiation est particulièrement sollicitée.

D’autres domaines essentiels de l’action publique sont également au centre des préoccupations. Les pensions de retraite, les régularisations administratives et le paiement de créances ou d’indemnités dues par l’État figurent parmi les litiges les plus sensibles. Le ministère des Finances et du Budget arrive en tête des services concernés avec 19 réclamations, suivi des communes locales (11 dossiers), du ministère de l’Intérieur (8 dossiers) et de l’IPRES (6 dossiers). Le ministère de l’Urbanisme et du Cadre de vie est directement impliqué dans cinq dossiers, tandis que les autres ministères partagent 12 réclamations. En outre, vingt-deux dossiers concernent divers organismes chargés de missions de service public.

Selon Demba Kandji, ces chiffres mettent en évidence les secteurs où la médiation est la plus sollicitée et permettent de dégager des tendances claires sur les difficultés rencontrées par les citoyens dans leurs relations avec l’administration. La Médiature apparaît ainsi comme un acteur central de la gouvernance, capable de révéler les failles du système administratif et de proposer des solutions concrètes pour les résoudre.

Cette dynamique démontre que, malgré les défis, la Médiature de la République continue de jouer un rôle crucial dans le renforcement de la transparence, de l’efficacité administrative et de la confiance entre les citoyens et l’État. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour le traitement des dossiers en cours, et les résultats de ces médiations pourraient constituer un indicateur clé de la capacité de l’administration à répondre aux attentes de ses usagers.

Sécurité numérique : TikTok supprime 2,5 millions de vidéos inappropriées au Sénégal dans le cadre du sommet ouest-africain

Dakar a récemment été le théâtre du premier sommet sur la sécurité numérique en Afrique de l’Ouest organisé par TikTok en partenariat avec AfricTivistes. Cet événement s’inscrit dans la volonté de la plateforme de renforcer les standards de sécurité sur son réseau et de protéger ses utilisateurs, notamment les jeunes, face aux contenus nuisibles et à la désinformation. Le sommet a réuni des acteurs régionaux, des représentants de la société civile et des experts en sécurité numérique afin de débattre des défis actuels et de mettre en place des mesures coordonnées pour un internet plus sûr et inclusif.

Au Sénégal, TikTok a annoncé que 2,5 millions de vidéos avaient été supprimées au cours de l’année écoulée pour non-respect des règles de la plateforme. Plus de 16 000 sessions en direct ont également été interrompues pour des violations des directives communautaires. Pour la première fois, la plateforme a publié des données détaillées sur la modération des sessions TikTok LIVE, révélant que plus de 2,3 millions de diffusions avaient fait l’objet de mesures correctives au deuxième trimestre 2025. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des efforts entrepris pour réguler les contenus et protéger les utilisateurs sénégalais et ouest-africains.

Le rapport « Community Guidelines Enforcement » de TikTok souligne que depuis janvier 2024, 34 millions de vidéos ont été supprimées en Afrique de l’Ouest, dont 8,3 millions au deuxième trimestre 2025, soit une hausse de 132 % par rapport au trimestre précédent. La majorité de ces suppressions, 87 %, a été effectuée de manière proactive, grâce à des outils automatisés, avant même que des signalements ne soient reçus. Ce système de détection préventive permet d’anticiper les contenus problématiques et d’assurer une meilleure protection des utilisateurs.

L’entreprise a également mis en lumière des opérations de manipulation de contenus, comme celle démantelée en mars 2025 depuis le Togo. Cette opération impliquait 129 comptes qui diffusaient des discours politiques à travers l’Afrique de l’Ouest et la France, illustrant la complexité des menaces numériques auxquelles la région est confrontée. À l’échelle mondiale, TikTok a supprimé 189 millions de vidéos au deuxième trimestre 2025, dont 99,1 % ont été détectées de manière proactive, et a désactivé plus de 76 millions de faux comptes et près de 26 millions de comptes suspectés d’appartenir à des mineurs de moins de 13 ans.

Duduzile Mkhize, responsable du programme Outreach & Partnerships pour l’Afrique subsaharienne, a insisté sur l’importance d’une coopération régionale et locale pour renforcer la sécurité numérique. Selon elle, les retours des parties prenantes africaines sont essentiels pour adapter les politiques de TikTok aux réalités du continent. « Le dialogue au sein de ce sommet est d’une valeur inestimable. Bien qu’ayant une portée globale, chacune de nos actions reste profondément ancrée dans le contexte local », a-t-elle déclaré, appelant à une action collective afin d’éviter un espace numérique fragmenté et vulnérable.

L’activiste sénégalaise Aisha Dabo, membre du Conseil consultatif pour la sécurité de TikTok en Afrique subsaharienne, a souligné l’importance des expertises locales dans la conception de stratégies de protection adaptées aux réalités africaines. Elle a salué le sommet comme une opportunité de mettre en lumière les solutions régionales et de garantir que les perspectives africaines soient centrales dans les décisions mondiales sur la sécurité numérique. « Ce sommet est une occasion unique de construire un internet ouvert, inclusif et sécurisé, un internet qui reflète la diversité et la résilience de notre continent », a-t-elle affirmé.

Au-delà des suppressions de vidéos et des interruptions de sessions, le sommet a permis de rappeler que la sécurité numérique est également un enjeu de santé publique et de protection sociale, en particulier pour les jeunes utilisateurs. La lutte contre la désinformation, la manipulation politique et les contenus préjudiciables représente désormais un défi majeur pour la sous-région, et le Sénégal occupe une place stratégique dans ce dispositif.

Ce sommet marque une étape importante dans l’approche proactive de TikTok en Afrique de l’Ouest, en plaçant la protection des utilisateurs, la régulation des contenus et l’expertise locale au centre de sa stratégie. Il souligne aussi la nécessité d’une coopération entre plateformes, gouvernements et société civile pour construire un internet sûr, où l’innovation numérique peut se développer sans compromettre la sécurité et le bien-être des communautés.

Interpol frappe fort en Afrique de l’Ouest : l’opération “Screen West Africa 2025” révèle l’ampleur des menaces régionales

L’Afrique de l’Ouest vient de franchir une étape majeure dans la lutte contre la criminalité transnationale. Entre juillet et octobre, l’Interpol a coordonné une vaste opération baptisée « Screen West Africa 2025 », mobilisant douze pays de la région, dont le Sénégal. Cette initiative d’envergure, menée sur plusieurs fronts simultanément, a abouti à soixante-deux arrestations et à des saisies impressionnantes, révélant la densité des réseaux criminels actifs dans cet espace géopolitique particulièrement vulnérable.

Les forces de sécurité ont découvert dix-sept caches contenant des armes, des munitions et des explosifs, ainsi que cent trente-six véhicules volés. Elles ont également saisi plus de sept cents kilogrammes de cannabis, une quantité significative de médicaments contrefaits, de faux billets de banque et de documents falsifiés. Autant d’éléments qui démontrent non seulement l’ampleur des trafics, mais aussi la sophistication des réseaux qui opèrent à l’échelle régionale.

Parmi les personnes interpellées, neuf sont soupçonnées de liens directs avec des organisations terroristes. Près de deux cent cinquante correspondances ont été établies grâce aux bases de données d’Interpol, aboutissant à l’émission de sept notices rouges et neuf notices bleues. Ces alertes internationales ont facilité une traque transfrontalière décisive et permis de tisser des liens entre différentes affaires éparpillées à travers la région. Cyril Gout, directeur des services de police d’Interpol, a souligné que ces résultats illustrent la valeur du soutien opérationnel fourni aux États membres et l’efficacité des outils de coopération mis à disposition.

Si certains résultats spectaculaires sont venus du Burkina Faso ou encore de la Mauritanie, la participation du Sénégal revêt une importance stratégique particulière. Grâce à sa position géographique, notamment son long littoral et la présence du Port autonome de Dakar, le pays est depuis longtemps une zone de transit privilégiée pour de nombreux trafics. Interpol a d’ailleurs mis en lumière les techniques avancées utilisées par les criminels, telles que la falsification d’identité des navires, la désactivation de leur système d’identification automatique (AIS) ou encore les changements clandestins de pavillon. Ces procédés permettent aux réseaux de contourner la surveillance maritime et d’intensifier les activités illicites au large des côtes sénégalaises.

Le contexte sécuritaire régional, marqué par l’instabilité persistante au Sahel, accentue la nécessité d’une vigilance soutenue. Les déplacements de combattants et de flux d’armes depuis cette zone vers les régions côtières sont devenus plus fréquents. L’opération en offre une nouvelle illustration : au Burkina Faso, deux individus recherchés par la Côte d’Ivoire pour des attaques attribuées au Jnim ont été arrêtés sur la base de notices bleues, tandis qu’un autre suspect a été interpellé à la demande du Togo. Ces mouvements montrent que les groupes armés cherchent à élargir leur zone d’action et rappellent l’importance pour le Sénégal de renforcer la sécurité en Casamance et dans l’ensemble de ses points d’entrée stratégiques.

Les enjeux dépassent cependant le seul cadre sécuritaire. Les saisies de fausse monnaie, de drogues et de médicaments contrefaits soulèvent des préoccupations majeures en matière de santé publique et de stabilité économique. Ces activités sont souvent liées au crime organisé et alimentent ses ressources financières. Au Sénégal, la sécurisation des corridors commerciaux, la protection du Port de Dakar et la lutte contre la pêche illicite constituent des priorités absolues pour préserver les secteurs économiques les plus sensibles. La libération de vingt et une victimes de trafic d’êtres humains au Nigeria, également mentionnée dans le rapport de l’opération, rappelle que les réseaux criminels touchent aussi à la dignité humaine et consolident un système d’exploitation profondément enraciné.

L’opération « Screen West Africa 2025 » marque ainsi une étape significative, mais elle souligne en même temps le besoin d’une approche durable et intégrée. Les autorités sénégalaises sont désormais appelées à renforcer leur surveillance maritime, moderniser les contrôles frontaliers, et consolider les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’enjeu pour Dakar et l’ensemble de la région est de transformer cette action ponctuelle en une dynamique de sécurité pérenne, capable d’harmoniser justice, développement et protection stratégique des populations.

L’Afrique de l’Ouest fait face à des défis immenses, mais l’opération coordonnée par Interpol démontre que des réponses efficaces sont possibles lorsque les États unissent leurs forces. Le Sénégal, en particulier, se retrouve au cœur de cette lutte et devra, dans les mois à venir, confirmer sa détermination à adapter ses dispositifs pour contrer durablement des menaces en constante mutation.

Mort tragique de la sœur d’Adja Makeup : Une scène d’une profonde douleur, presque inimaginable

Nogaye Thiam, née en 2002, sœur de l’influenceuse et maquilleuse Adja Makeup, a été retrouvée morte dans la maison de sa belle-famille à Yoff, dans des circonstances qui ont plongé le pays dans l’émoi et l’incompréhension. Le drame est d’autant plus poignant que son enfant d’un an et demi est resté à ses côtés pendant quarante-huit heures, tentant de téter sa mère sans savoir qu’elle avait rendu l’âme.

Selon les informations mises en ligne par Adja Makeup, qui a pris la parole dans une vidéo largement relayée, le corps de sa jeune sœur est resté sans vie dans sa chambre pendant deux jours entiers sans que personne ne s’en rende compte. Durant ce temps, son bébé est resté seul avec elle, cherchant à se nourrir et dormant contre elle, dans une solitude totale. Cette scène, décrite par la famille comme insoutenable, suscite un choc national et soulève de nombreuses interrogations sur l’environnement dans lequel vivait la défunte.

Nogaye Thiam, que sa famille décrit comme une jeune femme discrète, calme et peu encline aux conflits, était mariée à son cousin et vivait dans sa belle-famille. Selon plusieurs témoignages, elle semblait porter un poids silencieux. Des proches rapportent qu’elle faisait face à des tensions internes, notamment un conflit persistant avec une autre belle-fille du foyer, une situation qui l’aurait isolée au fil du temps. Un détail troublant revient fréquemment dans les récits : sa belle-mère, homonyme de Nogaye, aurait entretenu une relation difficile avec elle.

La révélation de sa mort par Adja Makeup a déclenché un torrent de réactions sur les réseaux sociaux. Des milliers d’internautes, d’influenceurs et de personnalités publiques ont exprimé leur indignation, dénonçant l’absence de vigilance dans la maison où vivait la jeune femme, mais aussi, plus largement, les conditions de vie souvent éprouvantes des jeunes mariées dans certaines familles. Beaucoup s’interrogent sur la façon dont une mère de famille a pu rester introuvable pendant deux jours, sans qu’aucun membre de son entourage immédiat ne s’en inquiète.

Ce drame remet crûment en lumière les pressions psychologiques et sociales qui pèsent parfois sur les femmes mariées, particulièrement dans des contextes où elles se retrouvent isolées, coupées de leurs familles d’origine et contraintes au silence face aux difficultés conjugales ou familiales. Il révèle aussi les failles d’un système où la souffrance des femmes est souvent minimisée ou ignorée jusqu’à ce qu’une tragédie surgisse.

Alors que les hommages à Nogaye Thiam se multiplient, les appels à une introspection collective se font entendre. Pour beaucoup, il s’agit d’un signal d’alarme : il devient urgent de renforcer la vigilance, l’écoute et la protection des femmes dans l’espace familial, afin que de tels drames ne se reproduisent plus. Le décès tragique de la jeune mère résonne comme un rappel douloureux de la nécessité de lutter contre l’indifférence, le silence et les violences invisibles au sein des foyers.

À ce stade, aucune communication officielle n’a encore été faite par les autorités, mais l’affaire pourrait ouvrir la voie à une réflexion sociale plus large sur les conditions de vie et la protection des femmes, particulièrement les plus jeunes et les plus vulnérables. En attendant, le pays, choqué, tente encore d’assimiler l’ampleur de ce drame humain.

Prix du Leader Africain 2025 : le Général Mbaye Cissé parmi les figures d’élite nominées

Le Sénégal continue de briller sur la scène continentale avec une nouvelle reconnaissance majeure pour l’un de ses plus hauts responsables militaires. Le général d’armée Mbaye Cissé, récemment promu Chef d’état-major général des armées par le président Bassirou Diomaye Faye, vient d’être sélectionné parmi les nominés du prestigieux African Leadership Magazine Persons of the Year 2025 (POTY). Il concourt dans l’une des catégories les plus emblématiques : celle du « Leader africain de l’année pour la paix et la sécurité ».

Cette nomination, rendue publique ce jeudi à l’issue du processus de présélection mené par l’African Leadership Magazine (ALM), place le général Cissé dans le cercle restreint des personnalités qui ont marqué de manière significative la dynamique sécuritaire du continent. Il est d’ailleurs le seul Sénégalais à figurer sur la liste finale, une singularité qui témoigne de son rôle central et de la reconnaissance de son parcours par des experts continentaux.

Face à lui, plusieurs figures africaines influentes sont en lice, notamment Kayode Adeolu Egbetokun, l’Inspecteur général de la police nigériane, Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine originaire de Djibouti, et Mohammed Berold, Inspecteur général des Forces armées royales du Maroc et commandant de la zone sud. Cette diversité de profils reflète l’ambition du prix : distinguer les leaders dont les décisions ont façonné la sécurité, la stabilité et parfois l’avenir même de leurs nations en 2025.

La sélection des nominés est l’aboutissement d’un long processus. L’ALM a d’abord lancé un appel à candidatures à travers toute l’Afrique et dans la diaspora, avant de procéder à une évaluation minutieuse des profils proposés. Le comité de rédaction s’est appuyé sur des critères stricts, notamment l’impact mesurable des actions des candidats, leur pertinence continentale ainsi que leur capacité à inspirer une transformation réelle dans leurs domaines respectifs. Ce filtre rigoureux renforce la crédibilité d’un prix qui, au fil des années, s’est imposé comme la plus haute distinction attribuée par le choix public en Afrique.

Désormais, la décision finale repose entre les mains des citoyens du continent. Le vote en ligne, ouvert jusqu’au 30 novembre 2025 à minuit sur le site de l’ALM, déterminera les lauréats de cette édition. Les organisateurs insistent sur le rôle crucial de la participation populaire, soulignant que ce prix permet aux Africains de célébrer les leaders qui, par leur courage, leur audace et leurs actions décisives, sont en train de redessiner la trajectoire du développement africain.

La cérémonie de distinction des lauréats se tiendra les 27 et 28 février 2026 à Accra, au Ghana, lors de la 15e édition des Persons of the Year. Placée sous le thème « Leadership pour une nouvelle Afrique : forger notre paix, assumer notre récit », elle mettra en lumière les hommes et femmes qui, en 2025, auront contribué à ouvrir la voie à une Afrique plus souveraine, plus stable et mieux préparée à affronter les défis du futur.

Avec cette nomination, le général Mbaye Cissé porte haut les couleurs du Sénégal et confirme sa stature de leader engagé, dont la vision stratégique et l’expérience opérationnelle continuent de renforcer la position du pays dans les questions régionales de paix et de sécurité.

Batiprom : le gestionnaire interpellé pour un détournement présumé de 1,2 milliard F CFA

L’affaire fait grand bruit dans le secteur du bâtiment et alimente depuis quelques jours les discussions dans les milieux économiques et judiciaires. M. Touré, enseignant-chercheur et gestionnaire de la société Batiprom, a été arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au Pool judiciaire financier pour « abus de confiance présumé portant sur la somme de 1,2 milliard de francs CFA ». Après un premier retour de parquet, il devrait connaître son sort ce vendredi, au terme de nouvelles auditions.

Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, tout est parti d’une plainte déposée par le directeur général (DG) de Batiprom. Cette société, spécialisée dans l’achat et la vente de matériaux de construction, avait en 2022 décroché un contrat de sous-traitance avec Naffco, une entreprise basée à Dubaï. Cette dernière avait été attributaire la même année d’un important marché public du ministère de l’Intérieur, portant à la fois sur la fourniture de véhicules et la construction de hangars destinés à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.

Pour faciliter l’exécution du contrat, le DG de Batiprom avait confié à M. Touré la gestion complète de la société. Il lui avait même remis une procuration bancaire, faisant de lui l’interlocuteur direct et privilégié de Naffco. Une confiance totale, devenue aujourd’hui le point central de l’accusation.

Devant les enquêteurs, M. Touré a tenté de se défendre en affirmant que les montants transférés étaient destinés à l’exécution du contrat de sous-traitance. Mais ses explications n’ont pas convaincu. Les enquêteurs ont estimé que ces justifications n’étaient étayées par aucun document probant. Aucun élément matériel, selon eux, ne venait confirmer que les sommes en question avaient réellement servi au chantier ou à l’acquisition d’équipements en lien avec le marché.

Plus grave encore, l’enquête financière a mis en évidence des mouvements jugés hautement suspects. De nombreux virements auraient été effectués directement depuis le compte bancaire de Batiprom vers le compte personnel de M. Touré, sans motif professionnel clair et sans validation préalable du directeur général. Ces transactions constituent aujourd’hui la base de l’accusation de détournement, portant sur un montant total estimé à 1,2 milliard de francs CFA.

L’arrestation du gestionnaire marque une nouvelle étape dans ce dossier aux ramifications complexes, mêlant marché public international, contrat de sous-traitance et soupçons de fraude massive. Le Pool judiciaire financier poursuit actuellement l’examen du dossier pour déterminer si les faits reprochés sont constitués et quels chefs d’inculpation pourraient être retenus.

Dans l’attente de la décision de la justice, l’affaire continue de susciter inquiétude et interrogations au sein de Batiprom, tandis que des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence dans l’attribution et la gestion des marchés de sous-traitance au Sénégal.

Dagana : un étudiant de l’Isep tué lors d’une attaque à moto, une enquête ouverte

La commune de Richard-Toll est sous le choc après la mort tragique de Mouhamed Ndiaye, étudiant à l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (ISEP) de la localité. Le jeune homme a été mortellement agressé dans la soirée du jeudi 20 novembre, aux alentours de 21 heures, sur la route nationale 2, à hauteur du village de Keur Birane, un secteur connu pour être relativement isolé dès la tombée de la nuit.

Selon les premières informations relayées par Le Soleil, Mouhamed Ndiaye circulait à moto en compagnie d’un ami lorsque trois individus non identifiés les ont pris pour cible. Les assaillants, embusqués au bord de la route, auraient tenté de s’emparer de l’engin en interceptant les deux jeunes hommes. L’attaque a été d’une extrême violence : l’un des agresseurs aurait porté un coup de gourdin au jeune étudiant, provoquant immédiatement la perte de contrôle de la moto. Le choc et la chute qui ont suivi se sont avérés fatals.

Mouhamed Ndiaye est décédé sur place, tandis que son compagnon, grièvement blessé, a été évacué d’urgence vers une structure sanitaire pour y recevoir des soins. Son état reste préoccupant, selon des sources locales.

Alertés, les éléments de la brigade territoriale de gendarmerie de Richard-Toll se sont rapidement rendus sur les lieux. Ils ont procédé aux constats d’usage et sécurisé la zone, avant d’ouvrir une enquête afin de retrouver les auteurs de cette attaque meurtrière. Les premiers témoignages recueillis laissent penser à un acte de banditisme ciblant les motocyclistes circulant de nuit sur cet axe, mais aucune piste n’est écartée à ce stade de l’enquête.

La mort de Mouhamed Ndiaye a provoqué une vive émotion parmi ses camarades de l’Isep et dans toute la communauté locale, où il était décrit comme un jeune homme sérieux et apprécié. De nombreux habitants appellent les autorités à renforcer la sécurité sur la RN2, devenue selon eux un point sensible en raison de la recrudescence des attaques nocturnes.

Crise politique et institutionnelle : le FDR accuse PASTEF et appelle à un sursaut national

Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) a livré une analyse particulièrement inquiétante de la situation actuelle du Sénégal, qu’il considère comme l’une des plus graves de l’histoire politique du pays. Dans un communiqué rendu public, la coalition de l’opposition soutient que le Sénégal traverse « la pire crise de son existence », estimant qu’aucune des grandes secousses qui ont marqué la vie politique nationale — notamment celles de 1962, 1968, 1988 ou encore 2021 — n’aurait atteint le niveau de dégradation institutionnelle et de fragilité économique observé aujourd’hui.

Selon le FDR, cette situation critique trouve sa source principale dans ce qu’il qualifie « d’échec profond et multiforme » de la gouvernance de PASTEF. Pour l’opposition, les autorités actuelles n’ont pas seulement manqué à leurs promesses de transformation structurelle ; elles auraient également compromis certains acquis démocratiques, économiques et institutionnels du pays. Le Front considère que les vingt derniers mois de gestion ont entraîné un affaiblissement préoccupant de l’appareil étatique.

Sur le plan économique, le FDR brosse un tableau particulièrement sombre. Il affirme que le Sénégal se trouve désormais parmi les pays les plus endettés du continent, fragilisé au point d’être exposé aux risques d’intervention des fonds vautours. Selon la coalition, l’État serait « au bord de la faillite », une situation que le Front attribue à des décisions hasardeuses, un manque d’expérience et une gouvernance dominée par « le populisme ». Les difficultés rencontrées par le pays à honorer ses engagements financiers, l’incapacité à payer certaines créances internes et l’impact de nouvelles taxes sur les ménages les plus modestes sont autant d’éléments que le FDR interprète comme des signaux d’alarme.

Le paysage institutionnel n’échappe pas non plus à la critique du Front. Il souligne une série d’événements récents qui, selon lui, témoignent d’un affaiblissement inédit de la stabilité politique. Le communiqué rappelle notamment les accusations publiques du Premier ministre, affirmant être la cible d’un complot impliquant de hauts magistrats, ainsi que les déclarations d’un député de la majorité accusant le président de la République de mener un « coup d’État constitutionnel » contre son propre chef de gouvernement. Pour le FDR, l’absence de réponse formelle des autorités sur ces accusations, qui relèvent potentiellement d’attentats contre la sûreté de l’État, révèle une situation institutionnelle explosive.

Au-delà de ces dysfonctionnements, le FDR estime que ces tensions traduisent une crise interne au sein même du parti au pouvoir. Il considère que les fractures qui émergent au cœur de PASTEF pourraient, si elles ne sont pas contenues, provoquer une implosion politique susceptible d’entraîner le pays dans une instabilité encore plus profonde.

Conscient de la gravité de ce qu’il décrit comme une « catastrophe imminente », le Front lance un appel solennel à un large sursaut national. Il invite les forces vives de la nation, les organisations citoyennes, les travailleurs, les acteurs politiques et l’ensemble de la société sénégalaise à se mobiliser pour empêcher une détérioration supplémentaire de la situation. Le FDR estime qu’un mouvement national coordonné est nécessaire pour « mettre un terme aux dérives » et rétablir les équilibres institutionnels et économiques.

Le Front annonce enfin la poursuite de son plan d’action dans les prochains jours, avec l’objectif de traduire cet appel en initiatives concrètes destinées, selon lui, à « sauvegarder la République » et à préserver la stabilité du Sénégal face aux risques qu’il juge imminents.

CAMES : Diomaye Faye félicite les 14 nouveaux agrégés et les appelle à renforcer la recherche scientifique

Le Sénégal vient de tourner une nouvelle page importante de son histoire académique avec la clôture, à Dakar, de la 22ᵉ édition du Concours d’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion du CAMES. Une édition accueillie cette année à l’Université Cheikh Anta Diop et marquée par la brillante réussite de quatorze enseignants-chercheurs sénégalais, désormais élevés au rang de maîtres de conférences agrégés.

Dans un message publié sur sa page Facebook, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé toute sa fierté devant cette performance collective, saluant l’engagement et la rigueur des lauréats. Ces promotions concernent plusieurs disciplines clés : sciences économiques, sciences de gestion, droit public, science politique, droit privé et histoire des institutions. Autant de domaines stratégiques qui participent à la formation de l’élite intellectuelle sénégalaise et africaine.

Le chef de l’État a rappelé l’importance du CAMES en tant qu’espace de référence pour l’harmonisation et la valorisation des carrières universitaires en Afrique francophone. Accueillir cette édition à Dakar, a-t-il souligné, témoigne du rôle central du Sénégal dans la dynamique de recherche scientifique sur le continent.

Diomaye Faye a par ailleurs adressé aux nouveaux agrégés un message fort, les invitant à mettre leur expertise au service de la construction d’une pensée africaine audacieuse et structurante. Selon lui, le Sénégal et, plus largement, le continent ont besoin d’une doctrine scientifique robuste, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et institutionnelles en cours.

Pour le président, la recherche n’est pas seulement un domaine académique : elle constitue un véritable moteur de développement national et un levier pour le rayonnement intellectuel du Sénégal. Il a ainsi encouragé les nouveaux promus à poursuivre avec détermination leurs travaux et à contribuer activement aux avancées de la science, au bénéfice de la société et des générations futures.

Avec cette nouvelle cuvée d’agrégés, le Sénégal renforce son vivier de compétences de haut niveau et confirme son ambition de figurer parmi les pays africains les plus dynamiques en matière de recherche et d’innovation. Cette reconnaissance du CAMES représente non seulement une réussite individuelle pour les lauréats, mais également un signal fort pour l’ensemble de la communauté universitaire nationale.

Entrepreneuriat jeunesse : BET-SET / L’Aurore crée des passerelles vers un écosystème dynamique à Kaolack

80 jeunes bénéficient d’un programme d’accompagnement dans le cadre de FIT! Sénégal

Kaolack, 23 novembre 2025 – La jeunesse entrepreneuriale du Saloum était à l’honneur cette semaine. À l’occasion de la Semaine Mondiale de l’Entrepreneuriat, célébrée du 17 au 23 novembre, l’association BET-SET / L’Aurore a organisé une série d’activités destinées à renforcer les compétences de jeunes porteurs de projets issus des départements de Nioro, Guinguinéo et Kaolack.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme DIAPAL TE JEF, un dispositif d’accompagnement du projet FIT! Sénégal pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, mis en œuvre avec l’appui de l’ONG ECLOSIO et financé par LuxDev. Au total, 80 jeunes ont bénéficié d’un accompagnement structuré, allant de formations techniques à des opportunités de réseautage avec des acteurs économiques locaux.

Un écosystème entrepreneurial en construction

L’édition 2025 a particulièrement insisté sur la synergie entre les structures d’appui à l’entrepreneuriat. La Chambre de Commerce, d’Agriculture et d’Industrie de Kaolack (CCIAK) a joué un rôle majeur dans la mobilisation des acteurs et la création de passerelles entre institutions, entrepreneurs et bénéficiaires.

« Cette coopération ouvre la voie à un écosystème entrepreneurial plus cohérent et inclusif », a déclaré un responsable impliqué dans l’organisation.

Le numérique, levier d’insertion pour les jeunes

La formation au numérique a occupé une place centrale dans les sessions. Les jeunes ont été initiés à :

l’utilisation professionnelle de Facebook et WhatsApp Business, la création de visuels et de supports de communication, l’optimisation du référencement local, l’usage d’outils de gestion commerciale.

Animés par des spécialistes locaux, ces ateliers visent à renforcer la visibilité en ligne des jeunes entrepreneurs, afin de leur permettre de mieux promouvoir leurs produits et services. Les participants devront produire plusieurs livrables, dont des comptes professionnels fonctionnels, des supports pédagogiques, des campagnes pilotes et des rapports d’auto-évaluation.

BET-SET / L’Aurore, un acteur clé de l’insertion

Active depuis plusieurs années dans la région de Kaolack, BET-SET / L’Aurore s’est imposée comme un acteur essentiel dans l’accompagnement des jeunes et des femmes. Son action couvre l’entrepreneuriat, le développement territorial et l’insertion professionnelle.

À travers DIAPAL TE JEF, l’organisation ambitionne de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de saisir les opportunités locales, notamment à l’approche des JOJ Dakar 2026.

À propos de BET-SET / L’Aurore

BET-SET / L’Aurore est une organisation engagée dans la promotion de l’entrepreneuriat, l’insertion socio-professionnelle des jeunes et le développement territorial dans la région de Kaolack et ses environs.

Nouvel épisode dans l’affaire Cheikh Bara Ndiaye – Maïmouna Ndour Faye : les plaintes croisées continuent

Le bras de fer entre le député Cheikh Bara Ndiaye et la journaliste Maïmouna Ndour Faye prend une nouvelle tournure avec des plaintes croisées devant le parquet. Alors que la directrice de la chaîne 7TV avait annoncé son intention de porter plainte contre le parlementaire, c’est finalement Cheikh Bara Ndiaye qui a devancé les démarches en déposant sa plainte.

Dans sa déclaration, le député a précisé avoir saisi la justice contre Maïmouna Ndour Faye pour « diffamation et diffusion de fausses nouvelles, injures publiques et menaces ». Il reproche à la journaliste d’avoir tenu des propos le mettant en cause dans des affaires supposées concernant l’attribution d’un passeport diplomatique et des liens avec des hommes politiques de la coalition Diomaye Président. Ces déclarations, selon lui, portent atteinte à son image et à sa réputation.

Maïmouna Ndour Faye n’a pas tardé à réagir et a réaffirmé son intention de poursuivre le député. « Cheikh Bara Ndiaye a repris son exercice favori et je fais partie de ses cibles. Je pense qu’il a besoin de prononcer mon nom pour être entendu », a-t-elle déclaré. Elle a précisé que son avocat, Me Baboucar Cissé, déposerait dès le lendemain une plainte auprès du procureur pour répondre aux accusations du député.

Il faut rappeler que cette affaire n’est pas une première. Entre février et mars 2025, Maïmouna Ndour Faye avait déjà saisi la justice contre Cheikh Bara Ndiaye pour une campagne de dénigrement, de manipulation et de diffusion de fausses nouvelles visant la 7TV. Ce nouvel épisode marque donc la continuité d’un conflit public qui oppose depuis plusieurs mois le parlementaire et la journaliste, avec des accusations mutuelles de diffamation et d’atteinte à la réputation.

Kaolack : La Coordination nationale des jeunes de Mimi 2024 exige la publication des diplômes de Fadilou Keïta

Après la sortie médiatique des cadres de Mimi 2024, c’est au tour de la Coordination nationale des jeunes du mouvement de monter au créneau pour répondre au Directeur général de la Caisse de Dépôt et de Consignation (CDC), Fadilou Keïta.

Selon eux, ce dernier perçoit plusieurs millions de francs CFA comme salaire, un niveau de rémunération qui, à leurs yeux, devrait s’accompagner de performances et de services à la hauteur au sein de la CDC. « Or, ce n’est vraiment pas ce que l’on constate », soutiennent-ils.

La Coordination accuse Fadilou Keïta de se faire davantage remarquer par ses activités politiques que par des résultats probants, particulièrement à Kaolack « où il ne sera jamais maire », affirment-ils. Ils estiment également que ses attaques contre Aminata Touré sont infondées, rappelant que Macky Sall « n’a jamais pu la faire plier » sur la question du troisième mandat ou du report des élections, malgré une inspection de sa gestion au CESE qui « n’a conclu à aucun détournement de deniers publics ».

Les jeunes de Mimi 2024 dénoncent par ailleurs ce qu’ils qualifient de « salaires vertigineux » payés avec l’argent du contribuable à un Directeur général « qui n’a décliné ni vision ni stratégie convaincantes pour la CDC », une institution qui, selon eux, devrait jouer un rôle de levier économique en période de difficultés.

Ils exigent ainsi que Fadilou Keïta publie ses diplômes officiels, hic et nunc.

Affaire Batiprom–Naffco : un enseignant-chercheur arrêté pour un présumé détournement de 1,2 milliard Fcfa

La société Batiprom, engagée dans un contrat de sous-traitance avec Naffco, entreprise basée à Dubaï et attributaire d’un marché du ministère sénégalais de l’Intérieur en 2022, se retrouve au cœur d’une affaire financière retentissante. Selon le journal Libération, M. Touré, enseignant-chercheur en linguistique de l’arabe classique, a été discrètement arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC) avant d’être déféré au Pool judiciaire financier (PJF). Il est poursuivi pour un présumé abus de confiance portant sur un montant évalué à 1,2 milliard de francs CFA. Il devrait être fixé sur son sort ce vendredi lors de sa présentation au parquet.

L’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par le directeur général de Batiprom. En 2022, sa société avait signé un contrat de sous-traitance avec Naffco, laquelle avait obtenu du ministère de l’Intérieur un important marché portant notamment sur la livraison de véhicules et la construction de hangars destinés à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. Pour assurer la liaison entre Batiprom et Naffco, le directeur général avait placé une totale confiance en M. Touré, allant jusqu’à lui confier la gestion de la société grâce à une procuration bancaire.

Lors de son audition, M. Touré a soutenu que les fonds mis en cause avaient servi à l’exécution du contrat de sous-traitance. Cependant, les enquêteurs n’ont pas pu établir la véracité de ces déclarations. Les investigations ont notamment mis en lumière plusieurs virements effectués depuis le compte professionnel de Batiprom vers le compte personnel de M. Touré, alimentant les soupçons de détournement de fonds et d’abus de confiance. Ces découvertes ont renforcé les interrogations des enquêteurs sur l’usage réel de la somme litigieuse.

Selon des sources proches de l’enquête citées par Libération, les investigations se poursuivent pour déterminer l’ampleur exacte du préjudice subi par Batiprom mais également pour identifier d’éventuelles complicités dans la gestion des fonds. Ce dossier intervient dans un contexte national marqué par une vigilance accrue autour de l’attribution et de l’exécution des marchés publics, souvent pointés du doigt pour des irrégularités et des risques de malversations financières.

Babacar Gaye recadre sévèrement le député Cheikh Bara Ndiaye après ses dernières déclarations

La récente sortie de Cheikh Bara Ndiaye continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Jeudi, c’est l’ancien ministre et homme politique Babacar Gaye qui est monté au créneau pour recadrer le député, estimant que ses propos dépassent les limites fixées par la loi malgré son statut parlementaire.

D’entrée de jeu, Babacar Gaye a tenu à rappeler les contours de l’immunité parlementaire, souvent invoquée mais parfois mal comprise. « Pour que nul n’en ignore ! L’immunité parlementaire n’est pas une licence à tout faire et à tout dire. C’est une banalité de savoir qu’en cas de flagrant délit, en matière civile et pour tout ce qui ne se rapporte pas à l’exercice de ses fonctions, le député est traité comme tout justiciable même en pleine session parlementaire », a-t-il déclaré. Selon lui, brandir l’immunité pour justifier des accusations publiques non étayées constitue une dangereuse dérive.

Babacar Gaye estime en effet que certaines déclarations récemment faites par Cheikh Bara Ndiaye sont en porte-à-faux avec la loi, notamment lorsqu’elles portent atteinte à la réputation ou à la dignité de tiers. Pour lui, le respect de la vérité et la responsabilité dans la communication publique doivent être des exigences fondamentales, surtout pour un élu de la Nation dont la parole peut influencer ou fragiliser des institutions et des personnes.

Cette mise au point intervient dans un contexte où les propos du député commencent à avoir des conséquences judiciaires. La patronne de la chaîne 7TV, Maïmouna Ndour Faye, a annoncé avoir décidé de déposer une plainte contre Cheikh Bara Ndiaye. Ce dernier avait affirmé publiquement qu’elle aurait obtenu un passeport diplomatique et qu’elle serait chargée « d’entretenir les hommes politiques » de la coalition Diomaye Président. Des accusations jugées graves et diffamatoires par l’intéressée, qui entend désormais porter l’affaire devant la justice pour que toute la lumière soit faite.

Cette situation ouvre une nouvelle séquence dans les rapports souvent tendus entre acteurs politiques et figures médiatiques. Elle interroge également sur les limites à ne pas franchir dans le débat public, à l’heure où les réseaux sociaux amplifient chaque déclaration. Pour Babacar Gaye, le rappel à l’ordre était nécessaire pour préserver la crédibilité des institutions et éviter que l’immunité parlementaire ne soit instrumentalisée comme un bouclier pour couvrir des accusations non fondées.

Ousmane Kane recadre Ousmane Sonko et dénonce une « instrumentalisation politique » de la justice

L’ancien président de la Cour d’appel de Kaolack, Ousmane Kane, est sorti de sa réserve pour répondre aux attaques formulées récemment par le Premier ministre Ousmane Sonko contre la magistrature sénégalaise. Lors d’un meeting tenu le 8 novembre, le chef du gouvernement avait critiqué de manière virulente des magistrats non identifiés, particulièrement ceux de la Cour suprême et de la Cour d’appel de Dakar, qu’il accuse d’avoir été promus sous l’ère Macky Sall et d’avoir contribué, selon lui, à des décisions déloyales et politiquement orientées.

Pour Ousmane Kane, ces déclarations traduisent une profonde méconnaissance du fonctionnement réel de la justice. Il estime que l’intégralité des magistrats occupant les postes les plus sensibles a été remplacée depuis l’arrivée du Président Bassirou Diomaye Faye. « Le Premier ministre s’est trompé. Depuis la première réunion du Conseil supérieur de la magistrature sous l’ère Diomaye Faye, tous les magistrats occupant des postes importants sous l’ancien régime ont été remplacés », affirme-t-il.

Dans un texte très détaillé, il rappelle les changements significatifs opérés. À la Cour suprême, un nouveau Premier président et un nouveau procureur général ont été nommés. Le Premier président, souligne-t-il, a même la prérogative de présider n’importe quelle chambre, même s’il ne l’a jamais exercée. À la Cour d’appel de Dakar, presque l’intégralité de la haute hiérarchie a été renouvelée : Premier président, secrétaire général, présidents de chambre, procureur général, avocats généraux, président et conseillers de la Chambre d’accusation financière, juges d’instruction du pool financier ainsi que le procureur de la République de ce même pool. Au Tribunal de grande instance hors classe, les juges d’instruction, le procureur de la République et ses adjoints ont également été remplacés.

Ces changements, insiste Ousmane Kane, prouvent que les accusations du Premier ministre ne reposent sur aucune base solide. « Aujourd’hui, tous les postes sensibles dans la magistrature sont occupés par des magistrats de son choix », tranche-t-il.

Au-delà du plan institutionnel, l’ancien magistrat évoque aussi sa propre expérience pour illustrer la complexité du fonctionnement judiciaire et les dérives possibles. Il raconte avoir été la cible de comportements qu’il qualifie de « violations grossières des règles fondamentales du droit ». « L’injustice laisse une amertume que seule la calomnie peut égaler. J’en sais quelque chose pour en avoir été victime plus d’une fois », dit-il. Il affirme avoir constaté des pratiques graves, comme des magistrats de haut rang brisant des principes juridiques ou encore un faux constaté par huissier à la Cour suprême. Toutefois, il tient à rappeler que ces cas ne reflètent pas la réalité générale : « L’écrasante majorité des magistrats effectuent un travail titanesque dans des conditions souvent indescriptibles. »

Pour Ousmane Kane, la prise de parole de Sonko relève davantage d’une instrumentalisation politique que d’une critique institutionnelle constructive. « La magistrature n’est pas à l’abri de la critique, mais la position du Premier ministre aurait dû le dissuader de s’attaquer publiquement à un corps qu’il a les moyens politiques de réformer », souligne-t-il. Il ajoute que les injustices que Sonko dit avoir subies ne doivent pas être reproduites, même en faveur de son propre camp.

Il pointe également plusieurs anomalies juridiques dans la gestion des dossiers impliquant l’actuel Premier ministre. Il évoque notamment l’aggravation de la sanction par la Cour suprême et un refus de renvoi qui, selon lui, aurait violé les droits de la défense si Sonko avait comparu. Concernant les infractions de diffamation et d’injure, il rappelle leur particularité : la procédure peut être arrêtée à tout moment par un simple retrait de plainte, contrairement à la plupart des autres délits. Selon lui, seule l’initiative d’appel introduite par Sonko a rendu possible l’aggravation de sa peine en appel. Le fait que la Cour ait statué si rapidement et confirmé une peine plancher rendant Sonko inéligible constitue, selon Kane, une « anomalie ».

L’ancien magistrat ne s’arrête pas là. Il critique aussi la composition du Conseil constitutionnel à la veille de la dernière présidentielle. Les nominations opérées par l’ex-président Macky Sall, remplaçant un professeur d’université et un inspecteur général d’État par deux magistrats, sont pour lui une entorse à l’esprit d’équilibre et de diversité voulu depuis 1992. Une décision qui, selon lui, « ne pouvait qu’engendrer la suspicion » et éroder la confiance du public.

Khadim Ba transféré au Pavillon spécial : entre exigences médicales et rigueur judiciaire

Malade depuis plusieurs semaines, le directeur général de Locafrique, Khadim Ba, a finalement été transféré au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Selon le journal Libération, ce transfert médical a été décidé afin d’assurer une prise en charge plus adaptée à son état de santé, tout en maintenant le dispositif de surveillance requis pour un prévenu placé en détention. Il rejoint dans cette unité Farba Ngom, dont l’admission dans un centre hospitalier classique n’a toujours pas été autorisée.

La situation de Khadim Ba s’inscrit dans un dossier judiciaire lourd. Le dirigeant de Locafrique est en détention depuis le 4 octobre 2024, sous mandat de dépôt pour plusieurs infractions financières d’une ampleur exceptionnelle. Il est notamment poursuivi pour importation sans déclaration portant sur 63,052 milliards de FCFA, défaut de rapatriement de 44,601 milliards de FCFA, ainsi qu’escroquerie sur les deniers publics, également évaluée à 63,052 milliards de FCFA. Ces accusations, révélées au fil de l’enquête et des procédures, ont placé l’affaire au cœur de l’attention médiatique et institutionnelle.

Une expertise médicale récemment réalisée avait conclu à un état de santé préoccupant pour Khadim Ba, ce qui l’avait conduit à déposer une demande de mise en liberté provisoire. Malgré ces conclusions jugées très favorables à son égard, la justice a rejeté sa requête, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour un élargissement temporaire. La décision fait écho à une ligne de conduite stricte des autorités judiciaires dans les dossiers financiers sensibles, où le contrôle des prévenus demeure un impératif.

Le transfert au Pavillon spécial intervient également dans un climat où la question de la prise en charge des détenus malades fait l’objet d’une vigilance accrue. Les cas récents de personnalités vulnérables, à l’image de Farba Ngom, ont mis en lumière les défis liés à la conciliation entre les impératifs médicaux et les exigences du régime de détention. Selon Libération, les autorités cherchent à maintenir un équilibre entre la protection des droits fondamentaux des patients-détenus et la rigueur nécessaire à la gestion de dossiers impliquant des montants financiers considérables.

Le judo sénégalais perd l’un de ses plus grands champions : Ankiling Diabone n’est plus

Le monde du sport sénégalais, particulièrement celui du judo, est en deuil. Maître Ankiling Diabone, figure emblématique de cette discipline et l’un des plus grands champions qu’ait connus le Sénégal, a tiré sa révérence ce jeudi 20 novembre à Ziguinchor, des suites d’une maladie. L’illustre judoka, originaire d’Oussouye, s’est éteint à l’âge de 70 ans à l’hôpital de la Paix. La rédaction de Dakaractu présente ses condoléances les plus attristées à sa famille, ainsi qu’à sa nièce, Prudence Diabone, monteuse au sein de la rédaction.

Parmi ceux qui témoignent de son héritage exceptionnel, Landing Diémé, l’un de ses neveux, a rappelé le parcours hors du commun du défunt. Il souligne que ce texte, rédigé en 2020 à partir des indications et de la documentation fournie par maître Ankiling lui-même, reste le reflet fidèle d’une vie dédiée au judo, discipline que le champion « respirait », selon ses mots. Tonton Ankiling, comme il l’appelait affectueusement, fut l’un des plus grands sportifs du pays, cumulant trophées, distinctions, participations aux championnats du monde et aux Jeux olympiques.

Né en 1955 à Oussouye, dans la région de Ziguinchor, Ankiling Diabone était le deuxième d’une fratrie de cinq garçons. Il effectue ses études primaires dans sa ville natale et obtient son Certificat d’études primaires élémentaires en 1968 à l’école catholique Joseph Faye. Son parcours secondaire débute à Oussouye avant de se poursuivre à Thiès, où il décroche son BEPC en 1975 au Centre Randoulène Sud. Dès l’obtention de son diplôme, il intègre le Centre national d’éducation populaire et sportive (CNEPS) de Thiès. C’est là, sous l’enseignement du maître Madani Diakhaté, qu’il découvre le judo, une discipline qui marquera toute sa vie.

Diplômé en 1977 comme maître d’Éducation physique et sportive, il enseigne d’abord durant deux années au Cours Sainte-Marie de Hann. Une bourse de la coopération française lui ouvre ensuite les portes de l’Institut national supérieur de l’éducation physique de Paris. En 1981, il en sort avec plusieurs certifications, dont le Brevet d’État d’éducateur sportif, option judo, et le Brevet national de secouriste.

À son retour au Sénégal, Ankiling Diabone est nommé conseiller technique régional de judo à l’Inspection régionale de la jeunesse et des sports de Dakar. Il y exerce jusqu’en 1985, tout en poursuivant sa carrière sportive au sein du dojo national Momar Dieng, sous la direction spirituelle de maître Amara Dabo. En 1985, il est affecté dans la région naturelle de Casamance où il occupe les mêmes responsabilités tout en enseignant l’EPS au lycée Djignabo et en dirigeant le Stade Aline Sitoé Diatta à partir de 1996.

La carrière sportive d’Ankiling Diabone est l’une des plus riches du judo sénégalais. Dominant la catégorie des -86 kg pendant plus d’une décennie, il remporte de nombreux titres nationaux entre 1979 et 1990. À l’échelle continentale, il s’illustre de manière éclatante, décrochant plusieurs titres de champion d’Afrique, notamment en 1982 au Caire, en 1983 à Dakar, en 1986 à Casablanca et en 1987 à Nairobi. À cela s’ajoutent des participations au plus haut niveau mondial, notamment aux championnats du monde de Maastricht en 1981 et d’Essen en 1987.

Sa carrière olympique constitue un autre volet marquant de son parcours. Il représente le Sénégal aux Jeux de Moscou en 1980, puis à ceux de Séoul en 1988. En 1992, à Barcelone, il prend part à l’aventure olympique en tant qu’entraîneur national de l’équipe sénégalaise de judo, confirmant ainsi son statut de technicien respecté et de formateur accompli.

Son engagement au service du sport ne s’est pas limité à la compétition. Conseiller technique régional pendant près de deux décennies, entraîneur national de 1990 à 1998, directeur de stade, pédagogue passionné et pilier du développement du judo en Casamance, maître Diabone a marqué plusieurs générations d’athlètes et de cadres sportifs.

Les distinctions qui lui ont été décernées témoignent de son aura exceptionnelle. En 1979, il est désigné meilleur judoka de l’année. En 1992, il est élevé au grade de Chevalier de l’Ordre national du Mérite. En 2003, il reçoit le Lion d’Or national et sera plus tard consacré Meilleur Judoka du Cinquantenaire, une reconnaissance suprême pour celui qui aura porté haut les couleurs du Sénégal dans les plus grandes compétitions internationales.

Jumelage Bambilor–Verdelino : un partenariat axé sur le développement local

Les fruits de la tournée européenne du Khalife général de Bambilor commencent à se matérialiser. En effet, la commune de Bambilor a accueilli, ce jeudi 20 novembre 2025, une délégation de la commune italienne de Verdelino, située dans la province de Bergame.

Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre d’un jumelage entre Bambilor et Verdelino, vise à explorer des opportunités d’investissement pour le développement de la localité. Les échanges portent notamment sur la culture, le tourisme, l’administration publique, l’éducation et la formation, la santé, ainsi que l’emploi des jeunes.

Accueillie en grande pompe à l’Aéroport international Blaise-Diagne par le maire de Bambilor, Ndiagne Diop, la délégation s’est rendue dans l’après-midi chez le Khalife général de Bambilor, Thierno Amadou Ba, président de l’ONG Fawzi Wanadiati et initiateur du programme de jumelage, avant d’être reçue officiellement à l’esplanade de la mairie.

Entouré des membres du conseil municipal, de l’équipe technique communale et des dignitaires de la communauté léboue, le maire Ndiagne Diop a exprimé sa profonde gratitude au Khalife Thierno Amadou Ba et aux partenaires italiens. Il leur a promis un séjour de travail fructueux et un partenariat gagnant-gagnant.

La signature officielle du jumelage entre les deux parties est prévue mardi prochain. L’accord, d’une durée de trois ans renouvelables, ambitionne de renforcer la coopération internationale, institutionnelle, économique, touristique, sociale et culturelle entre Bambilor et Verdelino.

Il convient également de noter qu’à partir de ce samedi, la mission italienne — composée d’hommes d’affaires et d’investisseurs — se rendra à l’APIX et effectuera des visites d’entreprises sénégalaises ainsi que de différentes structures de l’administration publique.

Présent à la cérémonie, le maire Ndiagne Diop, qui a chaleureusement accueilli la délégation, a salué une initiative qu’il considère comme une « véritable aubaine » pour les habitants de la commune.

Pour rappel, la délégation est conduite par le maire de Verdelino, Zanoli Silvano. Elle est composée de Tucci Gérardo, capitaine de gendarmerie à la retraite et représentant du secteur privé ; de Nozza Giovanni, entrepreneur italien ; de Malick Diop, entrepreneur et conseiller municipal ; et de Yety Dia, ancien président d’Assos/B et président de l’Association Fawzi Aide les Sénégalais en Italie.

A. Saleh

Un drame familial bouleverse les réseaux sociaux : la mort mystérieuse de Nogaye Thiam relance le débat sur l’isolement et les violences intrafamiliales

Un fait divers d’une rare tristesse secoue depuis jeudi la toile sénégalaise. La jeune Nogaye Thiam, âgée de seulement 23 ans, a été retrouvée morte dans sa chambre, deux jours après son décès présumé. L’affaire, révélée par sa sœur — la maquilleuse très suivie sur les réseaux sociaux, « Adja Makeup » — a été relayée ce vendredi par le journal Les Échos, qui rapporte des circonstances aussi bouleversantes qu’interpellantes.

Selon les premières informations, c’est le nourrisson de la jeune femme, un garçon d’un an et demi, qui a passé près de quarante-huit heures seul aux côtés du corps sans vie de sa mère. L’enfant, inconscient du drame, aurait tenté à plusieurs reprises de téter, pensant que sa mère dormait. Cette image poignante a profondément ému les internautes, amplifiant l’indignation et la demande de vérité autour de cette affaire.

Plus troublant encore, Les Échos indique que le décès s’est produit au domicile de la belle-famille de la victime, où elle vivait avec son époux — qui serait également son cousin — et sa belle-mère, dont elle porte l’homonyme. Le quotidien souligne que certaines sources évoquent des tensions persistantes entre Nogaye Thiam et sa belle-famille. Ces différends auraient entraîné son isolement, un isolement dont l’issue tragique soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations.

Les réactions sur les réseaux sociaux ne cessent de croître, alimentées par l’incompréhension et la colère. Comment une jeune femme a-t-elle pu mourir sans que personne ne s’en rende compte pendant deux jours ? Pourquoi son enfant est-il resté livré à lui-même dans cette situation dramatique ? Quels étaient réellement les rapports entre la victime et sa belle-famille ? Autant de questions qui reviennent avec insistance dans les commentaires, mais qui, pour l’heure, restent sans réponse.

Face à l’émotion collective et à la gravité des faits, une enquête de police a été ouverte. Ce n’est qu’au terme de celle-ci que les circonstances exactes du décès pourront être déterminées et que d’éventuelles responsabilités pourront être établies.

Novembre bleu: La DGPSN s’engage dans la lutte contre le cancer du prostate.

A l’occasion de la célébration de Novembre bleu, la DGPSN de concert avec les agents et le coordonnateur Matar SENE a organiser une journée de dépistage pour permettre aux hommes de bénéficier de soins accessibles .

Miser sur la sensibilisation pour déceler un éventuel risque de cancer tel sont les maitre mots de la journée. Extrait….

Novembre bleu: La DGPSN s'engage dans la lutte contre le cancer du prostate.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°612 – 21/11/2025

🔴 ATTAQUES CONTRE IDRISSA SECK ET MIMI TOURÉ : HARO SUR FADILOU KEÏTA
🔴 SANTÉ / CONFIRMATION DE LA GRÈVE GÉNÉRALE LES 4 ET 5 DÉCEMBRE : LA F2S RESSERRE L’ÉTAU

🔴 JEUX ISLAMIQUES 2025 / SAUT EN LONGUEUR : AMATH FAYE VICE-CHAMPION !
🔴 LA PERTINENCE DU MATCH SÉNÉGAL-KENYA : UNE QUESTION LÉGITIME ! (Par Mbaye Jacques Diop)

Approvisionnement, faible rémunération, sécurité des pêcheurs : l’ITF hausse le ton et formule une série de revendications

À l’occasion de la Journée mondiale de la pêche 2025, célébrée chaque 22 novembre, l’International Transport Workers’ Federation (ITF) a organisé, ce mardi à l’hôtel Axil, un atelier consacré aux défis majeurs du secteur halieutique. En présence du directeur de cabinet du ministre de la Pêche, de nombreux syndicalistes ainsi que de partenaires techniques et financiers, Bayla Sow, secrétaire régional adjoint de l’ITF, a appelé à une mobilisation internationale contre la pêche illicite et pour la défense des droits des travailleurs de la mer. Il a, à cette occasion, déposé sur la table du directeur de cabinet Fatou Diouf une série de revendications prioritaires. Ce dernier s’est réjoui de la démarche et a promis une collaboration étroite avec le ministère.

Face au directeur de cabinet du ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, l’ITF a mis en lumière les difficultés persistantes qui frappent les pêcheurs. Bayla Sow a dénoncé les pratiques abusives qui perdurent dans le secteur, rappelant que le travail forcé y est encore trop répandu. Selon lui, les pêcheurs sont non seulement mal rémunérés, mais aussi exposés à des environnements extrêmement dangereux, ce qui justifie l’exigence de normes minimales en matière de sécurité, de salaires et de conditions de travail. Il a également insisté sur la nécessité d’une meilleure structuration syndicale afin de renforcer les capacités de négociation collective des travailleurs.

L’ITF estime par ailleurs que les acteurs de la chaîne d’approvisionnement doivent être tenus responsables des violations des droits humains et des normes professionnelles constatées dans le secteur. Elle préconise une approche globale permettant à la fois de protéger les océans et de garantir un avenir viable aux communautés de pêcheurs. « Le secteur de la pêche est l’un des plus vulnérables à l’exploitation humaine. En parallèle, des mouvements comme la Journée mondiale pour la fin de la pêche appellent à l’abolition de la pêche et des élevages aquacoles pour des raisons éthiques et écologiques. Cette dualité souligne les tensions entre justice sociale pour les travailleurs et préoccupations environnementales », a rappelé Bayla Sow.

Le directeur de cabinet du ministre de la Pêche, Mamadou, a salué la représentativité de l’ITF, particulièrement influente dans le secteur maritime. Au nom de la ministre Fatou Diouf, il a assuré que le Sénégal continuera de défendre les droits des travailleurs tout en veillant à la préservation du patrimoine halieutique. Il a rappelé que l’une des premières décisions de la ministre a été la publication de la liste des navires de pêche, une mesure qui constitue, selon lui, une avancée notable dans la gouvernance du secteur. Il a assuré que le ministère poursuivrait sur cette lancée afin d’améliorer durablement les conditions de travail et les mécanismes de régulation.

Au cours de son intervention, Bayla Sow a également dénoncé les ravages de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), qui compromet non seulement les écosystèmes marins, mais aussi la survie économique des pêcheurs. Il a appelé à la création d’une alliance internationale contre la pêche INN, rappelant que les travailleurs de la mer sont souvent les premières victimes de ces pratiques, exposés à des conditions précaires et parfois à une exploitation sévère. Pour lui, la justice sociale et la durabilité environnementale doivent aller de pair : « Sauver les océans, c’est aussi sauver les travailleurs », a-t-il affirmé avec force.

En clôturant la rencontre, Bayla Sow a rappelé que l’ITF n’est pas un acteur marginal, mais une organisation de premier plan représentant plus de 18 millions de travailleurs dans 150 pays. Il a souligné que l’action de la Fédération dans le secteur de la pêche vise à rééquilibrer le rapport de force entre les grandes entreprises exploitantes et les communautés locales, en promouvant des normes équitables, une gouvernance transparente et une véritable protection des travailleurs.

PASTEF reporte la Journée dédiée aux Martyrs et Victimes au 7 décembre 2025

Le parti PASTEF–Les Patriotes a annoncé, à travers un communiqué signé par son Bureau politique national, le report de la Journée dédiée aux Martyrs et Victimes, initialement programmée le 28 novembre 2025. L’événement se tiendra finalement le 7 décembre 2025.

Selon le document officiel, ce changement de date répond à la nécessité d’assurer une préparation optimale de cette commémoration considérée comme hautement symbolique pour la formation politique. Le parti explique vouloir organiser une journée « à la hauteur de l’événement », afin de rendre un hommage digne à « celles et ceux qui ont payé le prix fort » dans le cadre du combat mené pour la liberté, la justice et la souveraineté.

PASTEF souligne également que ce report s’inscrit dans une logique de respect et de reconnaissance envers les militants, sympathisants et victimes ayant marqué les différentes étapes de son engagement politique. La direction du parti estime que cette réorganisation permettra de mieux mobiliser, d’assurer une coordination plus efficace et de garantir un déroulement conforme aux attentes.

La cérémonie, désormais prévue le 7 décembre, devrait réunir l’ensemble des responsables, militants et alliés du parti, dans un esprit de recueillement, de solidarité et de fidélité à la mémoire des disparus.

Secteur informel : la CSA et PostFinance unissent leurs forces pour la professionnalisation des acteurs

Malgré les difficultés traversées ces dernières années, PostFinance a signé ce jeudi 20 novembre 2025, au siège de la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (CSA), une convention de cinq ans destinée à soutenir les travailleurs du secteur informel.

Selon Elimane Diouf, secrétaire général de la CSA, PostFinance dispose de l’expérience nécessaire pour accompagner la professionnalisation de l’économie informelle et sa présence sur l’ensemble du territoire national constitue un atout majeur.

De son côté, le directeur général de PostFinance, M. Amadou, a tenu à rassurer la clientèle en annonçant des améliorations significatives dans les services offerts.

Une convention stratégique pour les travailleurs de l’informel

« La convention que nous venons de signer aujourd’hui entre la CSA et PostFinance est le fruit d’un partenariat que nous voulons fréquent et utile pour les travailleurs de la CSA, particulièrement ceux de l’économie informelle, sociale et solidaire », a déclaré Elimane Diouf.

Il rappelle que le plan stratégique 2025-2029 de la CSA accorde une place importante à l’organisation des travailleurs de l’informel en une grande fédération. À travers cette structure, l’objectif est de mettre en place un fonds d’investissement, de garantie et de cautionnement, permettant aux acteurs d’améliorer leur inclusion financière, d’épargner et de financer leurs activités.

Professionnalisation : un nouveau cap

Au-delà de l’accompagnement économique, la convention prévoit aussi une dimension formation et surtout un appui à la professionnalisation du secteur.

« Professionnaliser, c’est changer nos modes de fonctionnement et être capables de compétir au niveau national et international », explique M. Diouf. Il met en avant la nécessité pour les acteurs informels d’accéder à des expositions, y compris à l’étranger, et de produire des articles labellisés pouvant être commercialisés dans le monde entier.

Il ajoute :

« La professionnalisation permettra aux travailleurs d’avoir un emploi décent, d’assurer leurs besoins, de disposer d’une retraite et de prendre en charge leur santé et celle de leur famille. »

Pourquoi PostFinance ?

Pour la CSA, le choix de PostFinance s’explique par son expérience en microfinance et par son ancrage territorial :

« PostFinance est présente dans les 46 départements et même dans les hameaux les plus reculés », souligne Elimane Diouf.

Il rappelle aussi que les difficultés rencontrées par la Poste concernent directement les travailleurs syndiqués :

« Nous allons accompagner nos travailleurs, mais aussi participer à la redynamisation de la Poste, qui est un patrimoine national que nous devons sauvegarder. »

PostFinance rassure : la situation s’améliore

Prenant la parole, le directeur général de PostFinance a assuré que malgré les difficultés des dernières années, la situation évolue positivement.

« Tous nos clients domiciliés sont désormais payés à temps. Les épargnants sont régulièrement servis pour leurs demandes de retrait », indique M. Amadou.

Il rappelle également que l’État a apporté un soutien décisif, notamment lors du Conseil interministériel du 1er septembre 2025, qui a jeté les bases d’une relance de la Poste, avec l’ambition de créer une banque postale à l’horizon 2029.

Digitalisation, qualité de service et garanties

Parmi les garanties offertes par PostFinance, le DG cite :

l’amélioration de l’accueil et de la relation client, la mise en place prochaine de nouveaux outils pour permettre aux clients de mieux suivre leurs comptes, la digitalisation des services, la garantie de l’État via les fonds déposés à la Caisse des dépôts et consignations, en collaboration avec le Trésor public.

« Le plus difficile est derrière nous. D’année en année, les choses vont s’améliorer », assure-t-il.

Selon lui, la confiance accordée par la CSA s’inscrit dans une dynamique naturelle au vu des progrès réalisés.

Un partenariat aligné avec la mission de service public

Pour conclure, le DG rappelle la vocation première de PostFinance : l’inclusion financière.

« Quand on parle d’inclusion financière, on pense d’abord à ceux qui sont exclus du système bancaire, c’est-à-dire les acteurs de l’économie informelle », souligne-t-il.

Il indique que ce partenariat s’inscrit dans la continuité des politiques publiques visant une économie compétitive et résiliente.

« On ne peut atteindre cet objectif sans intégrer la majorité des acteurs économiques, qui évoluent dans l’informel », ajoute-t-il.

CYBERCRIMINALITÉ : La DSC démantèle un vaste réseau d’escroquerie et défère deux individus

La Division spéciale de lutte contre la cybercriminalité (DSC) vient de porter un coup majeur à un réseau d’escrocs particulièrement actif depuis plusieurs années. Après avoir enregistré près d’une quarantaine de plaintes depuis 2022, les enquêteurs ont réussi à identifier et interpeller plusieurs membres de cette organisation criminelle. Deux d’entre eux ont été déférés au parquet pour escroquerie en bande organisée, blanchiment de capitaux et usurpation d’identité.

Selon les informations recueillies, le réseau a dérobé au total plus de 338 millions de francs CFA à des victimes réparties dans plusieurs régions du pays. L’un des cas les plus marquants concerne un homme vivant avec un handicap, qui a perdu à lui seul la somme vertigineuse de 101 millions de francs CFA, après être tombé dans le piège des escrocs.

Le mode opératoire était d’une efficacité redoutable. Les individus approchaient leurs victimes via WhatsApp ou par courrier électronique, en se faisant passer pour des connaissances perdues de vue, des membres de la famille ou même d’anciens collègues. Une fois la confiance établie, ils proposaient des opportunités d’affaires prétendument très lucratives, liées à l’exportation de plantes et de graines médicinales africaines — notamment le moringa ou l’argan — vers des laboratoires étrangers. Les victimes, persuadées de participer à une transaction sûre et rentable, effectuaient alors des versements répétés à travers des services comme Orange Money, Wave ou encore des transferts internationaux.

Grâce à un travail minutieux d’investigation technique, les agents de la DSC ont remonté la piste jusqu’au cœur du réseau. Une opération coordonnée a été menée avec succès le 14 novembre, permettant l’interpellation de quatre individus dans la région de Sédhiou ainsi qu’à Dakar. Lors de ces arrestations, les enquêteurs ont saisi plusieurs éléments compromettants, notamment des cartes d’identité appartenant à des tiers, des téléphones portables, des cartes de transfert ainsi que des preuves de transactions financières. Deux des suspects ont reconnu leur rôle central dans l’organisation, confirmant l’existence d’un vaste réseau qui opérait également hors du territoire national.

Justice : un budget 2026 en baisse, mais une ambition maintenue

Le projet de budget 2026 du ministère de la Justice a été examiné et adopté mercredi 19 novembre 2025. Présenté par la ministre Yassine Fall, il marque un retour à un niveau de financement plus classique après l’effort exceptionnel consenti l’année précédente. Pour l’exercice 2026, les crédits de paiement alloués au département sont fixés à 81 006 199 801 F CFA, soit une diminution de 16,79 milliards F CFA correspondant à une baisse d’environ 17 % par rapport aux 97 794 361 061 F CFA qui avaient été votés pour 2025.

Cette contraction du budget s’explique essentiellement par la non-reconduction des 20 milliards F CFA de transferts en capital mobilisés en 2025 pour le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires. Malgré cette baisse mécanique, la ministre Yassine Fall a assuré que les objectifs stratégiques du ministère restent inchangés et que les réformes engagées se poursuivront. Selon elle, l’ambition demeure de garantir un service public de la justice efficace, moderne et ancré dans les principes de transparence et de respect des droits humains.

Le budget 2026 sera structuré autour de plusieurs axes majeurs. Le ministère entend d’abord renforcer la présence judiciaire dans l’ensemble du pays afin de faciliter l’accès des citoyens aux services judiciaires et d’améliorer les conditions d’accueil dans les juridictions. La performance du fonctionnement interne des tribunaux constituera également un chantier prioritaire, avec un appui renforcé aux magistrats et aux personnels judiciaires pour fluidifier les procédures.

La ministre a également insisté sur la poursuite de l’humanisation des conditions de détention, un volet jugé essentiel pour la sécurité dans les établissements pénitentiaires et le respect des normes internationales. À cela s’ajoute un engagement fort en faveur de la réduction des délais de traitement des dossiers, un défi que le ministère souhaite relever en misant sur la transformation numérique pour renforcer la traçabilité, la gouvernance et l’efficacité administrative.

Par ailleurs, la consolidation des mécanismes de prévention des abus et l’accompagnement renforcé des personnes vulnérables figurent parmi les priorités de 2026. Le ministère mettra aussi l’accent sur la formation continue des acteurs judiciaires, indispensable pour accompagner la mise en œuvre des réformes et l’évolution des cadres juridiques.

Le G7 salue une avancée mais réclame la signature du décret sur le relèvement de l’âge de la retraite

Le G7, regroupement des principaux syndicats du secteur de l’éducation, a exprimé sa satisfaction après l’adoption en Conseil des ministres du projet de décret modifiant le décret n°2006-392 du 27 avril 2006 et complétant le décret n°77-987 du 14 novembre 1977 portant sur le statut particulier des fonctionnaires de l’Enseignement. Cette décision, attendue depuis longtemps par les acteurs du système éducatif, constitue une étape importante dans la prise en charge de plusieurs revendications portées par les organisations syndicales. Toutefois, les syndicats appellent l’État à poursuivre ses efforts et à aller plus loin, notamment en signant le décret relatif au relèvement de l’âge de la retraite.

Le secrétaire général du Saemss, El Hadji Malick Youm, s’est félicité de cette avancée, tout en soulignant qu’elle intervient tardivement. Selon lui, même si le gouvernement a fait un premier pas, d’autres dossiers essentiels restent en suspens et sont étroitement liés à la signature de ces décrets. Il a notamment évoqué la question de la revalorisation des pensions de retraite des décisionnaires, un sujet qui demeure préoccupant pour une grande partie du corps enseignant.

Le syndicaliste a également rappelé que la problématique du passage de l’âge de départ à la retraite de 60 à 65 ans demeure entière. À cela s’ajoute la question de l’accès des décisionnaires aux imputations budgétaires, un autre point de discorde que les syndicats souhaitent voir réglé rapidement. Pour El Hadji Malick Youm, l’adoption récente des textes ne doit pas occulter les nombreuses préoccupations encore en suspens, regroupées sous ce que le G7 appelle désormais le “passif social”.

Par ailleurs, le secrétaire général du Saemss a dénoncé la lenteur avec laquelle le gouvernement a réagi. Il estime que l’exécutif donne l’impression d’attendre que les syndicats perturbent le fonctionnement de l’école pour agir. Une attitude qu’il juge dépassée et incompréhensible à l’heure où les enseignants réclament un dialogue social plus sincère et surtout plus anticipatif. Selon lui, il est devenu urgent de rompre avec ces pratiques anciennes qui ne font qu’alimenter les tensions dans le secteur.

Zahra Iyane Thiam invite Diomaye Faye à se concentrer sur l’action gouvernementale

L’ancienne ministre Zahra Iyane Thiam a livré, ce jeudi, un message clair et sans détour à l’endroit du président Bassirou Diomaye Faye. Dans une publication diffusée sur X, elle a rappelé l’importance, pour les acteurs politiques, de rester fidèles à la vérité historique tout en plaçant l’intérêt des populations au cœur de leur action.

Selon elle, l’élection présidentielle de 2012 constitue un exemple parlant : « Le véritable artisan de l’élection présidentielle de 2012, c’était le candidat Macky Sall, porté par toute une équipe engagée. Les acteurs politiques doivent à leurs électeurs de raconter l’histoire telle qu’elle s’est réellement déroulée. Cette exigence vaut pour ceux d’hier, mais davantage encore pour ceux d’aujourd’hui », écrit-elle, soulignant ainsi la nécessité de préserver l’intégrité du récit politique.

Poursuivant son propos, Zahra Iyane Thiam insiste sur la nature même de l’exercice du pouvoir, affirmant que la politique ne constitue pas une finalité. À ses yeux, seules les actions concrètes, orientées vers l’amélioration des conditions de vie des populations, donnent leur véritable sens aux responsabilités publiques.

Dans cette logique, elle formule une attente précise à l’endroit du chef de l’État : « Ce que nous attendons du Président de la République, Diomaye Faye, c’est qu’il gouverne, sans se laisser happer par la politique politicienne. » Elle estime en effet que le président doit se focaliser sur son agenda de réformes et résister aux turbulences internes susceptibles de détourner son attention.

Elle avertit par ailleurs que la scène politique pourrait évoluer rapidement, même au sein de la majorité présidentielle : « Au-delà de Sonko, il ne devrait être surpris de voir émerger d’autres candidatures issues même de sa majorité la plus proche. Qui vivra verra. » Une manière de souligner que la stabilité politique dépendra de la capacité du président à gouverner au-dessus des intérêts partisans.

Rewmi recadre sévèrement Fadilou Keïta et défend l’héritage politique d’Idrissa Seck

Les militants du parti Rewmi n’ont pas tardé à réagir aux déclarations du Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Fadilou Keïta. Pour la jeunesse du parti, regroupée autour d’Aly Nguer et des membres du Secrétariat national, les propos du responsable de la CDC traduisent une méconnaissance du passé politique récent et une volonté manifeste de réécrire l’histoire institutionnelle du pays.

D’emblée, les jeunes de Rewmi rappellent que le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) sur la gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait été officiellement approuvé par l’ancien président Macky Sall. Selon eux, ce document mettait en cause aussi bien Aminata Touré qu’Idrissa Seck. Ils estiment donc infondé le discours de Fadilou Keïta, qui, à leurs yeux, semble ignorer ces conclusions ou choisir volontairement de les minimiser. En soulignant ce point, les militants entendent démontrer que l’actuel DG de la CDC ne tire aucune leçon des épisodes politiques passés.

Les responsables de la jeunesse de Rewmi établissent par ailleurs un parallèle entre la situation actuelle d’Ousmane Sonko et les polémiques liées aux rapports administratifs. Pour eux, les difficultés judiciaires du leader de Pastef trouvent leur origine dans un rapport similaire, preuve que ces documents ont, selon eux, une portée politique déterminante. Ils invitent ainsi Fadilou Keïta à faire preuve de plus de recul et à s’éloigner de ce qu’ils qualifient de « politique faite à l’ombre d’un mentor ».

Sur la question d’un éventuel rapport incriminant Idrissa Seck, les jeunes militants réfutent catégoriquement cette hypothèse. Ils rappellent que le passage du président de Rewmi à la tête du CESE avait été unanimement salué. Ils accusent Fadilou Keïta et ses soutiens de manipuler les faits, arguant qu’aucun document, aujourd’hui comme demain, ne pourrait remettre en cause la gestion d’Idrissa Seck au sein de l’institution. « Vous faites partie de ceux qui, lorsqu’ils ne peuvent pas changer les faits, tentent de changer les mots », lâchent-ils avec fermeté.

Dans leur communiqué, les jeunes du parti n’hésitent pas à évoquer l’historique judiciaire de certaines personnalités politiques pour soutenir leur argumentation. Ils rappellent notamment que l’homme politique Thierno Bocoum, surnommé « Mara », avait affronté l’État et passé sept mois et sept jours en prison avant d’être totalement blanchi. Un parcours qu’ils opposent à celui d’Ousmane Sonko, condamné pour diffamation, puis pour corruption de la jeunesse, des décisions judiciaires qu’ils soulignent pour illustrer, selon eux, la différence de posture entre les deux trajectoires.

Enfin, c’est sur le terrain politique que les militants de Rewmi adressent leur dernière charge à l’endroit de Fadilou Keïta. Ils l’accusent d’être en panne d’inspiration et d’avoir repris, plus de vingt ans après, le concept du « plan Grappes de convergence » imaginé par Idrissa Seck. Pour eux, ce « plagiat » démontre l’avance intellectuelle et stratégique du leader de Rewmi. Ils affirment que si Fadilou Keïta manque encore de repères, il peut toujours se référer au « Pacte » d’Idrissa Seck, rappelant que ce dernier n’est ni son leader, ni celui de Mimi Touré.

Affaire des marchés de masques : Moustapha Diop confronté aux fournisseurs, une issue favorable se dessine

L’ancien ministre du Développement Industriel, Moustapha Diop, pourrait voir l’issue de l’affaire des marchés de masques s’orienter en sa faveur. Mercredi 19 novembre, l’ancien membre du gouvernement a été entendu devant la Commission d’instruction près de la Haute Cour de justice, lors d’une confrontation qui a permis de clarifier plusieurs aspects liés à l’exécution des marchés.

Moustapha Diop a été extrait de sa cellule dans la matinée pour être confronté aux principaux fournisseurs impliqués dans les commandes de masques. L’audition, présidée par le juge Abdoulaye Bâ, s’est déroulée en présence des membres de la Commission d’instruction et a duré près de deux heures, de 10 h 30 à 12 h 30.

Selon des sources proches du dossier, citées par le quotidien Les Echos, ces confrontations ont été l’occasion de recueillir des clarifications directes sur la livraison exacte des masques et sur les modalités de paiement. Les témoignages des fournisseurs, notamment celui d’Ibrahima Macodou Fall et de ses collaborateurs, ont été jugés particulièrement édifiants. Tous ont confirmé sans ambiguïté que la totalité des marchés qui leur avait été attribuée avait été exécutée dans son intégralité.

Ibrahima Macodou Fall a précisé devant la Commission qu’il avait livré l’ensemble des masques commandés et avait été payé intégralement pour sa prestation. Le seul point soulevé durant l’audition concerne le mode de règlement. Plusieurs fournisseurs ont confirmé avoir reçu leur paiement en espèces. Toutefois, selon les informations recueillies, ce mode de paiement, bien que jugé peu orthodoxe, ne constituerait pas un délit criminel dans ce contexte. Les personnes impliquées pourraient, le cas échéant, être simplement examinées par la Cour de discipline financière (CDF) et non par la Haute Cour de justice.

Alors que la défense de Moustapha Diop envisageait une conclusion imminente de l’instruction, le président de la Commission a indiqué qu’une ultime confrontation reste nécessaire. Il s’agit d’une fournisseuse actuellement en déplacement à La Mecque pour la Oumra (petit pèlerinage). Son retour est attendu dans les prochains jours, et une confrontation avec l’ancien ministre est ainsi envisagée, potentiellement dès la semaine prochaine si l’agenda de la Commission le permet.

Fadilou Keïta attaqué pour ses critiques envers Aminata Touré : les partisans de l’ex-Première ministre répliquent

Les récentes déclarations de Fadilou Keïta, Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), visant Aminata Touré, ancienne Première ministre et présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ont suscité une vive réaction de ses partisans. Ces derniers dénoncent des attaques répétées qu’ils jugent infondées et révélatrices d’une méconnaissance profonde des institutions.

« Fadilou, il serait temps que vous cessiez de confondre indignation militante et éructations désordonnées. Vos attaques répétées contre Madame Aminata Touré trahissent moins une volonté d’éclairer le débat public qu’une ignorance abyssale du droit et des mécanismes institutionnels les plus élémentaires », s’insurgent-ils dans un communiqué transmis à la presse.

Le directeur général de la CDC s’était appuyé sur un rapport de l’Inspection générale d’État (IGE), qui aurait épinglé l’ancienne présidente du CESE, pour exiger qu’elle « réponde de ses actes de force ou de gré ». Mais pour Lamine Sène, coordonnateur de Mimi-Thiès et proche d’Aminata Touré, les critiques de M. Keïta reposent sur un malentendu fondamental. Selon lui, le CESE est une institution constitutionnelle relevant directement de l’autorité du président de la République, et l’IGE n’y mène aucun contrôle de sa propre initiative. « L’Inspection générale d’État n’agit que sur ordre explicite du chef de l’État », rappelle M. Sène, ajoutant que c’est Macky Sall en personne qui aurait instruit le contrôle et conféré à ses recommandations une valeur de directives présidentielles. À ses yeux, si un quelconque problème avait réellement existé dans la gestion d’Aminata Touré, l’ancien président ne l’aurait jamais laissé passer.

Les partisans de l’ex-PM dénoncent des insinuations « gratuites et grossières » et accusent M. Keïta de tenter de salir la réputation d’une institution qu’il ne comprend manifestement pas. Ils rappellent également les missions courageuses et difficiles menées par Aminata Touré, notamment les dossiers Hissène Habré et Karim Wade, soulignant qu’elle n’a jamais fui ses responsabilités et qu’elle n’a pas attendu les critiques publiques pour répondre le cas échéant devant la justice.

Selon Lamine Sène et ses camarades, la véritable intégrité ne se limite pas à des slogans ou des accusations, mais suppose une rigueur intellectuelle et une connaissance précise des institutions et de leurs règles. « Ce qui vous ronge le cœur est connu de tous et vos interventions relèvent moins de l’argumentation que du vacarme », poursuivent-ils.

Kaolack : Santé Action Sociale lance une nouvelle série d’opérations médicales gratuites en partenariat avec l’AADA et l’AM2S

Fidèle à sa mission d’améliorer l’accès aux soins pour les populations vulnérables, l’organisation Santé Action Sociale a organisé une série d’activités humanitaires comprenant des consultations médicales gratuites et des séances de circoncision, en partenariat avec l’AADA (Association d’Appui au Développement et à l’Action) et l’AM2S.

Cette initiative, devenue un rendez-vous majeur pour les familles locales, mobilise des équipes médicales bénévoles, dédiées à offrir des soins de qualité à des centaines d’enfants.

Les organisateurs soulignent que cette édition met particulièrement l’accent sur :

La prise en charge pré-opératoire ; L’accompagnement des parents ; La sensibilisation à l’hygiène et à la prévention des infections.

Soucieuse de ne laisser aucune communauté en marge, l’association complète ses actions sanitaires par un engagement actif en faveur de l’environnement, élément indissociable du bien-être des communautés.

Ainsi, Santé Action Sociale mène régulièrement :

des campagnes de reboisement ; des programmes de sensibilisation à la gestion des déchets ; des activités de nettoyage communautaire ; des actions de promotion des comportements écoresponsables.

À travers ces initiatives, Santé Action Sociale confirme son rôle de moteur social et son engagement auprès des populations vulnérables.

FIPA DIASPORA : Une mission économique pour valoriser la richesse culturelle du Sénégal à Genève

Genève a accueilli, du 14 au 16 novembre 2025, la Foire Internationale des Produits Africains (FIPA DIASPORA), organisée en marge de l’AFRONEO. Après le succès rencontré à Bangkok en Thaïlande, cette nouvelle mission économique sénégalaise en Suisse a été dirigée par la plateforme “Baye Sa Waar”, offrant aux entrepreneurs sénégalais une occasion unique de promouvoir l’excellence du “Made in Sénégal” à l’international.

Selon la présidente de la plateforme, l’objectif était de mettre en lumière les produits d’exception du Sénégal à travers une exposition dédiée. Fatou Fabira Dramé a exprimé sa gratitude pour cette opportunité offerte au Sénégal de rayonner au cœur de Genève, lors de l’AFRONEO 2025, en présence de l’ambassadeur du Sénégal en Suisse.

« Excellence M. Barry, votre accompagnement, votre écoute et votre soutien ont été déterminants dans la réussite de la participation de la FIPA à l’AFRONEO 2025. À travers vous, nous remercions très chaleureusement le ministère des Affaires étrangères et le ministère du Commerce », a déclaré Mme Fabira. Elle a ajouté que la plateforme est honorée de représenter les artisans sénégalais : « Ces femmes et ces hommes travaillent avec passion, patience et excellence, perpétuant des héritages ancestraux tout en innovant pour répondre aux aspirations contemporaines. »

La présidente a souligné que les artisans sénégalais ne sont pas de simples producteurs d’objets, mais des gardiens de mémoire, des créateurs de beauté et des ambassadeurs culturels qui portent haut les couleurs du Sénégal. « À travers la vannerie, la couture, le travail du cuir, le textile, la bijouterie, la sculpture, le tissage ou encore l’art décoratif, ils traduisent l’âme du pays, cette énergie profonde qui unit savoir-faire, esthétique et identité », a-t-elle reconnu.

Cette année, malgré les contraintes liées à la non-délivrance de visas pour certains artisans basés au Sénégal, la mission a pu compter sur la mobilisation remarquable des artisans de la diaspora, présents « avec dignité, détermination et sens patriotique ».

« Leur participation à la FIPA DIASPORA témoigne de la force du lien entre le Sénégal et ses fils et filles à travers le monde, défendant nos valeurs, portant nos traditions et contribuant au rayonnement économique et culturel du pays bien au-delà de nos frontières », a martelé la présidente de “Baye Sa Waar”. Elle a réaffirmé son engagement à soutenir les artisans, promouvoir les produits sénégalais sur les scènes régionales et internationales, renforcer la formation et la structuration des filières artisanales, et favoriser l’autonomisation économique des femmes et des jeunes à travers l’artisanat.

« Nous croyons fermement que l’artisanat est un levier de souveraineté économique, un espace d’innovation et une source de fierté collective. En participant à l’AFRONEO à Genève, en partenariat avec LMG et le président Lamine Gueye à nos côtés, nous ne faisons pas que présenter des produits : nous racontons le Sénégal et faisons vibrer l’esprit du pays », a conclu Mme Fabira.

À noter que lors de ces rencontres d’affaires B2B à Genève, l’objectif de la FIPA DIASPORA était de mettre en lumière les produits d’exception du Sénégal à travers l’exposition dédiée, qui a constitué un moment de partage, de fierté et d’avenir.

A.S

Mbour : une interpellation vire à l’émeute au rond-point Keur Balla

Le rond-point Keur Balla, à la sortie de Mbour, a été le théâtre d’une scène d’une rare tension lorsque des policiers en civil, venus en opération de sécurisation à bord d’un véhicule banalisé, ont procédé à l’interpellation d’Ibrahima Ba, chauffeur, surpris assis sur une moto-Jakarta appartenant à son collègue Demba Seye. Les agents affirment avoir retrouvé sur lui du chanvre indien soigneusement dissimulé dans la poche de son pantalon. Informés de son arrestation et de la saisie de la moto, les chauffeurs et les conducteurs de Jakarta du garage voisin se sont vivement opposés à la confiscation du deux-roues, soutenant que celui-ci appartenait à un tiers n’ayant aucun lien avec l’infraction présumée.

Très vite, la tension s’est emballée. Les protestations ont dégénéré en affrontements ouverts avec les policiers, sous le regard effaré des usagers et riverains présents sur les lieux. Il a fallu l’arrivée de renforts pour maîtriser la situation. Les forces de l’ordre ont finalement procédé à l’arrestation d’Ibrahima Ba, mais également de Demba Seye, le propriétaire de la moto, et ont saisi le véhicule contesté.

L’affaire a pris une nouvelle tournure lorsque les prévenus ont avancé de graves accusations contre les policiers. Selon les déclarations d’Ibrahima Ba relayées par L’Observateur, alors que le convoi se dirigeait vers la mairie de Mbour, les agents lui auraient réclamé 150 000 francs CFA pour lui restituer la drogue saisie et lui rendre la liberté. Il affirme avoir négocié la somme à 100 000 francs. Depuis le véhicule banalisé, il appelle alors son collègue Bassirou Mboup pour solliciter de l’aide. Ce dernier contacte leur camarade Touba Diop, qui affirme n’avoir sur lui que 80 000 francs, étant en provenance de Diaobé. Les deux chauffeurs se rendent immédiatement à la mairie de Mbour, à l’endroit indiqué, mais finissent eux aussi arrêtés et conduits au commissariat.

Avant-hier, les quatre hommes — Ibrahima Ba, Demba Seye, Bassirou Mboup et Touba Diop — ont comparu devant le tribunal de grande instance de Mbour. Ils étaient poursuivis pour détention de chanvre indien, tentative de corruption et rébellion. Les policiers, absents au procès, ont déclaré durant l’enquête préliminaire qu’Ibrahima Ba détenait six cornets de chanvre indien. Ce dernier conteste et affirme n’en avoir eu que trois. Il reconnaît néanmoins avoir appelé son ami depuis le véhicule de police, expliquant que les agents lui réclamaient 150 000 francs pour le libérer. Ses deux co-prévenus soutiennent, pour leur part, qu’ils ignoraient totalement l’implication d’Ibrahima Ba dans une affaire de drogue. Quant à Demba Seye, le propriétaire du Jakarta, il nie catégoriquement avoir opposé la moindre résistance à l’intervention policière.

Lors de son réquisitoire, le procureur de la République a demandé la relaxe de Demba Seye, estimant que rien ne permettait de le mettre en cause. En revanche, il a requis deux ans de prison ferme contre Ibrahima Ba, ainsi que deux mois fermes contre Bassirou Mboup et Touba Diop.

À l’issue des débats, le tribunal a suivi en partie les réquisitions. Demba Seye a été relaxé. Ibrahima Ba a été condamné à trois mois de prison ferme. Quant à Bassirou Mboup et Touba Diop, ils ont écopé de trois mois de prison assortis du sursis.

Publication de données personnelles : la plainte d’Ibrahima Cissokho relance les tensions au sein de la coalition “Diomaye Président”

La tension continue de monter au sein de la coalition “Diomaye Président” après la divulgation de messages internes issus d’un groupe WhatsApp. L’affaire prend désormais une tournure judiciaire. Ibrahima Cissokho, leader du mouvement “Mon Pays Mon Avenir” (MPMA), a en effet déposé plainte contre l’ancienne députée Mame Diarra Fam, qu’il accuse d’être à l’origine de la publication litigieuse sur Facebook.

Selon lui, cette diffusion constitue une atteinte directe à ses données personnelles, notamment son numéro de téléphone, rendu public à la suite de ces publications. Cissokho dénonce également des propos que Mame Diarra Fam aurait tenus à son encontre, qu’il considère comme diffamatoires ou attentatoires à son image.

Cette affaire trouve son origine dans les remous internes ayant suivi la décision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, de confier la coordination de la coalition à Mimi Touré, en remplacement d’Aïda Mbodji. Ce choix avait provoqué l’indignation d’une partie des militants, entraînant le départ immédiat de plusieurs membres du groupe WhatsApp, notamment des soutiens de Mimi Touré.

Dans ce climat déjà chargé, Mame Diarra Fam avait brièvement publié sur sa page Facebook la liste des membres ayant quitté le groupe, avant de la retirer. C’est cette publication, jugée intrusive et irresponsable, qui a motivé la plainte déposée par Ibrahima Cissokho. Ce dernier estime que la divulgation de ces informations, même de manière éphémère, constitue une violation de sa vie privée et un geste susceptible d’entraîner des conséquences pour sa sécurité et celle de son entourage.

L’affaire s’annonce sensible, car elle intervient dans un contexte politique marqué par des rivalités internes, des repositionnements et une forte exposition médiatique des acteurs impliqués. Elle met également en lumière les dérives possibles liées à la gestion des groupes de communication internes et aux fuites d’informations dans un environnement politique déjà sous tension.

Tension à Keur Massar : Police et Gendarmerie désamorcent un incident et réaffirment leur cohésion

La Police nationale et la Gendarmerie nationale ont tenu à rétablir la vérité et apaiser les esprits après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images montrant un échange particulièrement tendu entre des éléments des deux forces de sécurité à Keur Massar. Dans un communiqué conjoint, les deux institutions ont qualifié l’incident, survenu le 14 novembre 2025, d’« acte isolé » qui ne saurait remettre en question la qualité de leur collaboration quotidienne.

Selon les explications fournies par la Direction générale de la Police et le Haut-commandement de la Gendarmerie, des démarches communes ont déjà été engagées afin d’élucider les circonstances exactes de cet épisode. L’objectif est de situer les responsabilités, de comprendre les ressorts de la tension et, surtout, de préserver l’entente opérationnelle qui caractérise habituellement les interventions conjointes. Les deux corps ont insisté sur leur volonté ferme de maintenir une synergie de travail irréprochable, condition essentielle à la protection des populations et au maintien de l’ordre public.

D’après les informations rapportées par L’Observateur, l’incident serait né d’un différend autour du contrôle du rond-point « Terminus 54 », un point stratégique de circulation. Ce désaccord aurait rapidement escaladé, donnant lieu à une altercation verbale qui, durant quelques instants, a fait craindre un affrontement ouvert entre les deux unités. La situation a toutefois été maîtrisée avant qu’elle ne dégénère davantage, évitant ainsi toute conséquence grave.

Le communiqué commun souligne que cet épisode ne reflète en rien la réalité du travail quotidien accompli par la Police et la Gendarmerie. Les deux institutions rappellent qu’elles opèrent, presque chaque jour, dans un esprit de complémentarité et de coordination, garantissant l’efficacité des opérations de sécurité sur l’ensemble du territoire. Elles affirment également qu’une fois l’enquête interne achevée, des mesures adaptées seront prises pour renforcer encore davantage les mécanismes de collaboration et prévenir la répétition de tels incidents.

Farba Ngom, détenu au Pavillon spécial : un calme déroutant et une affluence record

Détenu depuis plusieurs semaines au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, continue de surprendre autant ses proches que les observateurs de la scène politique. Alors que son incarcération reste au cœur des discussions dans les milieux politiques et au sein de l’opinion, le responsable de l’Alliance pour la République (APR) affiche un étonnant détachement, presque serein, face à sa situation.

Selon des informations rapportées par le journal Source A, Farba Ngom a récemment reçu la visite d’une délégation de proches à qui il a longuement décrit son quotidien derrière les barreaux. Loin d’être affecté par son séjour carcéral, il affirme avoir « démystifié la prison », insistant sur le fait qu’il vit cette période sans aucune forme d’angoisse. « Je suis bien ici. Je mange bien et je dors très bien. […] J’ai découvert ce qu’est la prison. Ça ne me stresse pas », a-t-il confié, avec un ton que ses visiteurs ont décrit comme presque philosophique.

L’ancien homme fort de l’APR estime que la détention fait partie des risques assumés lorsqu’on s’engage pleinement dans la vie politique. Pour lui, ce passage en prison n’a rien d’une épreuve insurmontable pour quelqu’un qui a fait « le choix assumé de la politique ». Il assure d’ailleurs poursuivre depuis sa cellule ses réflexions et activités politiques, affirmant être « plus déterminé que jamais » malgré sa privation de liberté.

Farba Ngom affirme également que ceux qui pensaient le fragiliser en l’envoyant derrière les barreaux « se trompent lourdement ». Selon ses propres mots, il n’a désormais « plus aucune crainte de la prison ». Il confie même qu’il lui arrive parfois « d’oublier » qu’il est détenu, tant les visites qu’il reçoit sont fréquentes. Les jours de réception seraient devenus de véritables scènes de mobilisation, au point de créer un engouement inédit dans ce lieu réservé aux personnalités bénéficiant d’un régime carcéral particulier.

L’édile des Agnam affirme avoir battu des records de fréquentation jamais observés au Pavillon spécial, dépassant même les affluences enregistrées lors de la détention de figures religieuses et politiques telles que Cheikh Béthio Thioune. Il évoque un jeudi où pas moins de 1 500 personnes seraient venues lui rendre visite, une affluence qui aurait, selon lui, « débordé » l’administration pénitentiaire. « Même au Pavillon spécial, l’administration n’a jamais connu cela. Elle est débordée les jours où je reçois des visites. Et c’est avec moi que cet engouement est arrivé », a-t-il déclaré, non sans une certaine fierté.

Malgré les incertitudes judiciaires qui pèsent sur lui, Farba Ngom reste confiant et assure voir son avenir avec optimisme. Il dit être convaincu que sa libération n’est qu’une question de temps. « Je sais que, tôt ou tard, je vais sortir. Il faut seulement prier pour que je reste en vie. C’est le plus important », confie-t-il, laissant transparaître une résilience mêlée de lucidité.

Fadilou Keïta recadre le débat autour du choix d’Aminata Touré pour restructurer la coalition présidentielle

Les explications du président Bassirou Diomaye Faye concernant la désignation d’Aminata Touré à la tête de la restructuration de sa coalition n’ont pas laissé indifférent au sein même de la majorité. En réaction aux propos du chef de l’État, Fadilou Keïta, Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), a tenu à nuancer le récit présidentiel et à rappeler certains éléments qu’il juge essentiels.

Lors de son intervention, le président Faye avait défendu son choix en mettant en avant l’engagement politique sans relâche de l’ancienne Première ministre. Selon lui, Aminata Touré a « mouillé le maillot », une expression qui, dans son discours, légitimait pleinement la décision de lui confier la mission stratégique de restructuration de la coalition, au détriment d’Aïda Mbodji, jusque-là présentée comme favorite pour ce rôle. Le chef de l’État avait également évoqué, de manière plus implicite, le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) sur la gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE), laissant entendre que ce document aurait été influencé ou commandité par l’ancien président Macky Sall. « Mais on verra », avait-il ajouté, ouvrant la porte à d’éventuelles révélations futures.

Ces déclarations ont suscité la réaction ferme de Fadilou Keïta. Le Directeur général de la CDC a tenu à rappeler que le rapport de l’IGE n’épargne ni Aminata Touré ni Idrissa Seck, les deux anciens présidents du CESE. Il estime que la responsabilité de chacun doit être pleinement assumée, sans sélectivité ni déformation. « Le rapport sur la gestion du CESE épingle aussi bien Mimi Touré qu’Idrissa Seck », a-t-il indiqué, soulignant que l’ancienne Première ministre, qui a auparavant piloté les dossiers ABRÉ et Karim Wade, devrait se montrer exemplaire face à la justice et affronter les conclusions du rapport « avec dignité ».

Selon Keïta, l’approbation du rapport par l’ancien président Macky Sall rend son application incontournable. Aujourd’hui, affirme-t-il, il revient au Premier ministre d’en assurer la mise en œuvre, conformément aux exigences de transparence et de reddition des comptes prônées par le nouveau régime. « Elle devra donc faire face à ses responsabilités de force ou de gré », insiste-t-il, soulignant l’importance d’une cohérence entre discours et pratiques au sein du camp présidentiel.

Dans une formule qui en dit long sur l’atmosphère politique actuelle, Fadilou Keïta a conclu que, pour combattre aux côtés des « patriotes », il fallait « avoir les mains propres ». Une manière directe de rappeler que l’exemplarité demeure, à ses yeux, une condition préalable à toute mission de premier plan au sein de la coalition.

Libération sous contrôle judiciaire du marabout de Madiambal Diagne : le parquet dispose de six jours pour faire appel

La Chambre d’accusation financière a ordonné la libération de Serigne Omar Mbaye, présenté comme le marabout du journaliste Madiambal Diagne. Cette décision, assortie d’un placement sous contrôle judiciaire, intervient quelques semaines seulement après son arrestation et son incarcération sous mandat de dépôt, en même temps que l’épouse et deux enfants de Madiambal Diagne.

L’affaire avait éclaté peu après le départ précipité du journaliste vers la France, alors qu’il faisait l’objet d’une opposition de sortie du territoire. Selon les informations rapportées par Libération, Serigne Omar Mbaye est poursuivi pour association de malfaiteurs dans le cadre d’un dossier dont les contours restent encore opaques pour le grand public. Avant de quitter le Sénégal, Madiambal Diagne se serait rendu à Thiès pour rencontrer son marabout, ce qui aurait attiré l’attention des enquêteurs.

La décision de la Chambre d’accusation ne signifie cependant pas une liberté totale pour Serigne Omar Mbaye. Le parquet général dispose désormais d’un délai légal de six jours pour interjeter appel, ce qui pourrait retarder ou remettre en question son élargissement. Cette période constitue donc une phase d’attente décisive pour la défense.

L’arrestation simultanée du marabout, de l’épouse et de deux enfants du journaliste avait suscité de nombreuses interrogations dans l’opinion, certains y voyant un dossier sensible mêlant dimensions judiciaires, politiques et personnelles. La libération sous contrôle judiciaire marque un tournant procédural, mais l’affaire reste en cours et pourrait connaître de nouveaux développements dans les prochains jours, en fonction de la réaction du parquet général.

Aee Power : Thierno Alassane Sall tire la sonnette d’alarme et prévient d’un scandale imminent

Dans un contexte déjà saturé de soupçons autour du marché d’électrification rurale attribué à Aee Power, le député et président du parti La République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a ravivé les inquiétudes en formulant des déclarations explosives après son audition par la Section de recherches de la gendarmerie. Interrogé par L’Observateur, il a lancé un avertissement clair : « Si on entend toutes les parties prenantes concernées par cette affaire, des têtes vont tomber. » Un message lourd de sens, qui sonne comme un ultimatum adressé à la justice sénégalaise.

Selon les informations, l’audition du parlementaire a été longue et approfondie. Thierno Alassane Sall, à l’origine de la plainte déposée au niveau du Pool judiciaire financier, a décrit une équipe d’enquêteurs « très professionnelle », rompue aux investigations complexes et manifestement bien préparée. Les questions posées ont été jugées « pointues », permettant d’entrer directement au cœur des irrégularités présumées : un détournement estimé à 37 milliards de FCFA, une avance de démarrage que l’État aurait versée depuis le 11 juin 2024 à Aee Power, et la suspension des décaissements par la banque espagnole Santander, qui exige désormais des preuves tangibles sur l’usage réel des fonds.

Sur le terrain, le constat n’est guère rassurant. Dans la région de Louga, censée accueillir près de 70 % des chantiers, le député affirme n’avoir aperçu « pas l’ombre d’un début de chantier ». Une situation qui alimente les soupçons sur une possible défaillance du projet, pourtant crucial pour l’électrification rurale.

Face à ces zones d’ombre, Thierno Alassane Sall appelle à l’audition exhaustive de tous les acteurs impliqués dans le processus, des anciens et actuels directeurs généraux de l’Arcop et de l’Aser, aux membres du comité règlement, en passant par les responsables d’Aee Power au Sénégal et à l’international, ainsi que les dirigeants de l’assurance et les représentants de la banque Santander. Pour lui, seule cette approche permettra d’éviter que le scandale n’éclate publiquement dans toute son ampleur.

Le dossier comporte également une dimension internationale, car une partie des opérations a transité par l’Espagne. Le député avertit que si la justice sénégalaise ne va pas au bout, la justice espagnole pourrait s’en charger. Il juge « regrettable » un tel scénario, estimant que le Sénégal doit assumer pleinement la gestion de ce dossier sensible. Il rappelle que la suspension imposée par Santander constitue un « piège » pour ceux qui chercheraient à étouffer l’affaire, car elle menace de provoquer une réaction en chaîne : annulation du marché, mises en demeure croisées, voire éclatement public d’un scandale majeur.

Malgré tout, Thierno Alassane Sall se dit « relativement confiant » après son audition, saluant le professionnalisme des enquêteurs. Toutefois, il souligne que la suite de l’enquête dépend d’une chaîne institutionnelle complexe où des blocages ne sont jamais à exclure. Selon lui, l’incapacité manifeste d’exécuter le marché finira de toute façon par être constatée, rendant impossible toute tentative de dissimulation.

Tivaouane-Peulh secouée par une escroquerie hors norme : la cavale de A.T. Diallo, quincailler modèle devenu fugitif

À Tivaouane-Peulh, l’affaire est sur toutes les lèvres. A.T. Diallo, quincailler respecté, commerçant prospère et figure majeure des chantiers de la zone, s’est volatilisé après avoir soutiré 46,5 millions de FCFA à quatre gérants de points de transfert. Celui que l’on considérait comme un homme solide, fiable et généreux a mis en scène une escroquerie savamment orchestrée avant de prendre la fuite en direction de la Guinée. Son départ précipité laisse derrière lui deux épouses, des enfants et une réputation désormais en lambeaux.

Dans son quartier, A.T. Diallo était perçu comme un modèle de réussite. Sa quincaillerie approvisionnait une grande partie des chantiers de Tivaouane-Peulh. Il importait régulièrement des conteneurs de fer et de matériaux de construction, manipulait quotidiennement de fortes sommes d’argent et était réputé pour des opérations pouvant dépasser plusieurs millions en une seule journée. Son activité florissante en faisait un client très apprécié des gérants de points de transfert d’argent. Mouhamadou Moustapha Ndiaye, l’un des agents escroqués, ne tarissait pas d’éloges sur lui, affirmant qu’il faisait grimper les commissions grâce au volume impressionnant de ses transactions. Une relation de confiance totale s’était ainsi établie entre le commerçant et ceux qui deviendront plus tard ses victimes.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, le piège se serait refermé il y a environ deux mois. Prétextant un problème de plafonnement de son compte, A.T. Diallo a demandé aux gérants d’effectuer des transferts en son nom, promettant un remboursement immédiat dès que ses fonds seraient disponibles. Forts de leur expérience avec lui et de la fiabilité dont il avait toujours fait preuve, les gérants ont accepté sans se méfier, allant jusqu’à utiliser les numéros de proches pour lui rendre service.

Rien ne laissait présager la suite. Vendredi dernier, le commerçant a visité tour à tour les quatre points de transfert, situés à quelques mètres les uns des autres. À chacun, il a servi la même histoire : il devait récupérer des conteneurs au Port de Dakar, manquait momentanément de liquidités et rembourserait dans la soirée. Confiants, les gérants ont validé les opérations, portant le total des transferts à 46,5 millions de FCFA. Le soir venu, aucun appel, aucune visite. Les agents ne s’inquiètent pas immédiatement, habitués à son sérieux. Mais dès le lendemain matin, la situation bascule.

Lorsqu’ils se rendent chez lui, A.T. Diallo a disparu. Sa famille elle-même est sous le choc : il est parti sans prévenir ses épouses ni ses enfants. Les premières investigations dans le quartier permettent de recueillir un témoignage déterminant. Un chauffeur de clando affirme avoir déposé le quincailler à la gare des Baux Maraîchers, à Pikine, dans la nuit du vendredi au samedi. Les gérants comprennent alors qu’ils ont été victimes d’une arnaque soigneusement préparée.

Deux plaintes sont immédiatement déposées, l’une à la Division des investigations criminelles (DIC), l’autre à la Brigade de recherches de Keur Massar. Les premiers résultats de la géolocalisation du téléphone de Diallo le situent successivement à Vélingara puis à proximité de la frontière sénégalo-guinéenne. Les enquêteurs découvrent rapidement qu’il était lourdement endetté. Plus inquiétant encore, il venait de recevoir une convocation de la police dans une affaire de vente de terrain litigieux. Redoutant une arrestation imminente, il aurait choisi de s’enfuir après s’être emparé d’une somme importante auprès de ceux qui lui faisaient le plus confiance.

Selon L’Observateur, les 46,5 millions de FCFA ne seraient que la partie émergée de l’iceberg. Plusieurs clients affirment lui avoir confié de fortes sommes juste avant sa disparition. L’enquête pourrait donc faire apparaître un préjudice beaucoup plus élevé que celui déclaré pour l’instant.

Rufisque:Lancement des travaux de voiries, d’assainissement et inauguration de la route Jules FERRY.

900 MILLIONS FCFA POUR LA MOBILITÉ ET L’ASSAINISSEMENT À RUFISQUE

‎Ce mercredi 19 Novembre Dr Oumar CISSE a lancé les travaux de 3 Km 700 de route urbaine pour un délai d’exécution de 6 mois

‎Conformément au Programme de développement urbain durable (PDUD) (document de référence de l’équipe municipale), dans son objectif stratégique 2, intitulé «Renforcer et améliorer la qualité des infrastructures et la mobilité», des avancées significatives vont être enregistrées pour la modernisation de la voirie et l’assainissement de  Rufisque. C’est ainsi qu’après la reconstruction de l’axe Dangou- Nimzatt, le Maire de la Ville de Rufisque va procéder, ce mercredi 19 et jeudi 20 novembre 2025, au lancement des travaux de construction de voirie et d’assainissement d’axes très stratégiques pour la mobilité urbaine et le cadre de vie des populations de Rufisque.
‎MODERNISATION DE LA VOIRIE LOCALE
‎Il s’agit, d’abord, des rues Parent, Péchot et Hyppodrome situées au quartier Keury Kaw dans la commune de Rufisque Est (Keury Souf et Keury Kaw constituant le centre historique de la Ville de Rufisque). L’objectif est de se conformer au PDUD qui avait prévu de moderniser les infrastructures et les réseaux de transport dans le centre-ville de Rufisque. Toujours dans la commune de Rufisque-Est, le Maire de la Ville a décidé de répondre à la demande sociale de rénover la route pénétrante de Gouye Mouride communément appelée Tally Bou Bess. C’est un linéaire de 550 ml très stratégique parce qu’assurant la desserte de ce quartier populeux. Il en est de même pour la construction d’un canal sur la tranchée de Arafat 3 et l’extension du réseau d’assainissement des eaux usées à Arafat 1.
‎La commune de Rufisque Nord ne sera pas en reste dans ce vaste programme d’assainissement et de modernisation de la voirie urbaine. La route pénétrante de la cité Taco, qui a toujours figuré en bonne place parmi les priorités de l’équipe municipale dirigée par le Dr Oumar CISSE, sera enfin construite. L’objectif étant de répondre à une forte demande sociale eu égard à la densité démographique de la zone. L’impraticabilité de la route de Taco était à un degré tel que c’est devenu plus qu’une urgence pour le Maire de la Ville de soulager les populations.
‎A Rufisque Ouest, c’est la route principale de Diokoul qui sera réhabilitée. Elle s’étend du canal de ceinture jusqu’au cœur du populeux quartier traditionnel. C’est une route qui sera rénovée avec un nouveau revêtement en béton bitumineux. 
‎CARACTERISTIQUES DES ROUTES
‎L’expérience a montré que Rufisque ne cohabite pas bien avec les chaussées en béton bitumineux ou chaussée noire du fait de la présence de la nappe phréatique qui affleure mais aussi de la nature du sol qui est argileuse. C’est la raison pour laquelle l’option des chaussées en béton armé ou en pavés autobloquants a été privilégiée. Les rues Parent, Pécho, Hippodrome, Merina 1 et Arafat (tronçon Arrêt bus 63 – Pharmacie Boutou Kane), seront, ainsi, revêtus en pavés autobloquants. Il en est de même au niveau de la pénétrante de la cité Taco où il est prévu en plus d’aménager des radiers submersibles à plusieurs endroits et un caniveau de drainage des eaux pluviales en raison des nombreuses traversées d’eau . Dans le même registre, l’axe Pont Gabin – Tunnel de Guendel – RN1 sera réalisé en béton armé. Seul l’axe principal de Diokoul qui était une chaussée noire sera réhabilitée en béton butimineux.
‎COÛT
‎Pour la construction des 9 routes, la Ville de Rufisque, sur fonds propres, couvre l’ensemble des travaux pour un coût global estimé à environ 775 millions FCFA. A l’exception de l’axe Taco qui sera réalisé grâce au PACASEN avec 280 millions FCFA,
‎RUE JULES FERRY
‎Entièrement rénovée et prête à être ouverte à la circulation, la rue Jules Ferry est l’axe principal qui relie le marché au poisson au pont Abdoulaye Nar. C’est un axe qui agit, non seulement, sur l’esthétique et le confort du quartier Keury Souf mais c’est surtout une route stratégique dans la desserte de Diokoul. Désormais, les populations pourront rallier le centre-ville via Jules Ferry sans encombre. Et la mobilité urbaine sera davantage fluide et renforcée. La réalisation des travaux a permis de désencombrer cet axe mais aussi d’améliorer le drainage des eaux pluviales et enfin de faciliter la mobilité pour les populations de Keury Souf.
‎Jules Ferry, un tronçon stratégique très fréquenté, a été entièrement reconstruite en béton armé pour supporter l’intensité du trafic automobile quotidien, notamment celui des nombreux poids lourds desservant le marché.

‎ASSAINISSEMENT DU CADRE DE VIE
‎S’agissant des travaux d’assainissement, la reconstruction du Canal de Capec en cours va coûter 40 millions FCFA. La construction d’un canal sur la tranchée de Arafat 3 est estimée à 73 millions FCFA (phase 1) et l’extension du réseau d’assainissement des eaux usées à Arafat 1 va coûter à la Ville de Rufisque 15 millions FCFA. Ces travaux sont inscrits dans le Programme d’Assainissement Liquide Municipal (PALM) 2024-2028
‎CANAL CAPEC
‎D’une longueur de 420 m, le Canal Capec (situé à Rufisque Ouest) polarise une dizaine de cités.
‎ÉCHÉANCE
‎Au total, les travaux de construction de 3 kilomètres 700 mètres de route urbaine et d’assainissement seront entièrement réalisés par des entreprises qui ont une réputation sérieuse en la matière. Elles se sont engagées à respecter le délai d’exécution de 6 mois pour l’ensemble des chantiers.

‎A signaler que l’appui de l’Etat central à travers les Fonds d’équipements des collectivités territoriales (FECT) a été très déterminant dans la mise en œuvre de ce vaste programme de modernisation de la voirie et d’assainissement à Rufisque.

Rufisque:Lancement des travaux de voiries, d'assainissement et inauguration de la route Jules FERRY.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°611 – 20/11/2025

🔴 « LE PRÉSIDENT MACKY SALL N’EST PAS TON ÉGAL » : MAMADOU DJIGO RECADRE OUSMANE SONKO
🔴 RALLIEMENTS DU DR CHEIKH DIENG, D’AMADOU LY AKILEE ET DE GAOUSSOU KOMA : DIOMAYE PRÉSIDENT RENFORCÉE

🔴 CAF AWARDS 2025 : ACHRAF HAKIMI, ROI DU FOOT AFRICAIN
🔴 CAF AWARDS 2025 : TABARA MBODJI ÉLUE MEILLEURE ASSISTANTE ARBITRE

Théâtre pastefien : une mise en scène qui étouffe l’État

Par Dr Abdourahmane Ba

Président du Think Tank FOYRE – Expert en Évaluation des Politiques Publiques, Évidence, Management et Stratégie de Développement

Le Sénégal avance dans une zone grise où la politique semble de plus en plus guidée par la mise en scène plutôt que par la prise de décision. Le rapprochement annoncé entre la Présidence et le PASTEF a créé l’illusion d’un apaisement, mais rien, en profondeur, ne témoigne d’une véritable convergence stratégique. L’accord repose sur une surface fragile : un Taff Yeunguel, une avancée incertaine où chaque pas semble posé sur un sol instable.

Une économie qui ne suit plus la narration politique

Pendant que la scène politique se reproduit elle-même, l’économie poursuit sa propre logique, insensible aux effets d’optique. La hausse des recettes publiques s’explique avant tout par la croissance démographique et par l’élargissement de l’assiette fiscale touchant les couches les plus vulnérables, non par l’émergence d’une vision économique cohérente.

Parallèlement, les dépenses obligatoires étouffent l’État, limitant progressivement sa capacité d’action. Le budget fonctionne comme un organisme qui consomme l’essentiel de son énergie à survivre, sans investir dans son avenir. Une croissance qui ne se transforme pas en puissance publique devient une fragilité silencieuse.

Le pastefisme : une dramaturgie devenue doctrine

Dans ce contexte, le pastefisme impose moins un programme qu’un climat politique. Le signe, le geste, l’absence même prennent plus de poids que les décisions. La politique se déporte vers la mise en scène, reléguant la République à l’arrière-plan d’un théâtre où l’image prime sur la méthode. Ce déplacement mine l’action publique : l’État se retrouve prisonnier d’un jeu où l’ambiguïté entretient l’influence et où la tension remplace la profondeur.

L’énergie, symbole d’un système inversé

Les secteurs stratégiques subissent pleinement les conséquences de cette dérive.

L’énergie, poumon potentiel de la stabilité économique, devient un facteur de fragilité. La SENELEC absorbe des ressources colossales qui auraient pu soutenir les infrastructures, l’industrie ou le capital humain. Ses inefficiences, désormais structurelles, contraignent l’État à détourner des fonds essentiels, au point de laisser des étudiants attendre des bourses qui auraient dû financer leur progression.

Le budget devient le miroir d’un pays dont les priorités se sont inversées.

Une gouvernance piégée entre ordre technique et tension politique

La Présidence se retrouve face à une équation presque insoluble : ramener l’État à la rigueur nécessaire tout en ménageant un partenaire politique dont la force repose sur la tension permanente. Chaque tentative de clarification est immédiatement compensée par une nouvelle zone d’ambiguïté. Cette oscillation brouille l’autorité de l’État et érode la confiance institutionnelle.

Les coûts cachés de l’incertitude

Cette confusion n’est pas seulement symbolique : elle a des effets concrets. Les négociations financières se compliquent, les investisseurs ralentissent leurs engagements, et le risque politique agit désormais comme une variable économique autonome. Le coût du capital augmente, les décisions se décalent : l’économie paie une facture invisible mais lourde.

Dans un budget saturé par les charges obligatoires, l’État ne dispose plus de marges de manœuvre. Les arbitrages deviennent défensifs. Chaque hésitation politique se convertit en coût macroéconomique.

Un compromis qui suspend le pays

Le compromis actuel n’est pas un accord : c’est une suspension.

Le PASTEF maintient son influence interne ; la Présidence évite l’affrontement qui permettrait pourtant de clarifier le paysage. Entre les deux, le pays demeure figé, incapable de s’engager dans une trajectoire claire.

La voie d’une sortie : revenir aux fondamentaux républicains

Sortir de cette impasse exige de renouer avec ce que la République a de plus exigeant : clarté, compétence, cohérence.

Il faut rétablir un pilotage technique des politiques publiques, replacer l’économie dans son cadre analytique, reconstruire un État qui ne soit plus tributaire des ambiances politiques. Le Sénégal n’a plus la patience pour les effets de lumière. Il exige une direction.

Le pays dispose des ressources humaines, institutionnelles et intellectuelles pour cette transformation. Ce qui manque, encore, c’est l’acte politique capable de convertir la lucidité en décision. Le théâtre pastefien a dominé trop longtemps. Il a capté la scène tout en vidant la gouvernance de son énergie.

Il est temps d’éteindre les projecteurs, de quitter le décor et de retrouver la route.

Le Sénégal mérite une écriture nouvelle : débarrassée des illusions, tournée vers la construction.

Le Sénégal agonise, la République danse autour du brasier (Par Pape Moussa Traoré)

Au moment où le Sénégal traverse l’une des périodes les plus sombres financièrement de son histoire, le spectacle politique vire à la farce. Les agences de notation, peu sensibles aux péripéties diplomatiques ou aux joutes internes, ont sonné l’alerte : selon Standard & Poor’s (S&P), le Sénégal a été abaissé à « CCC+ » avec perspective négative, ce qui le place dans la catégorie des pays à risque aigu de défaut. Selon un article plus récent, le pays subit « une double dégradation » : S&P à CCC+, Moody’s en B3. Autre donnée glaçante : la dette publique est estimée à plus de 119 % du PIB en fin 2024, voire au-dessus selon certains calculs.

Faut-il encore dire que cette situation rend l’État moins crédible aux yeux des investisseurs ? Que le coût de l’emprunt grimpe ? Que cela crée de l’angoisse chez ceux qui, dans le privé, espèrent pouvoir compter sur l’Etat pour des contrats, des investissements, des engagements financiers enfin tenus ?

Quand un pays sombre dans la catégorie « risqué », mieux vaut pour un investisseur s’armer de prudence. Le message est clair : « Attention ». Dans ce contexte, les appels à la vigilance ne sont plus un luxe : ce sont des signaux de survie. Et qu’en fait-on ? Rien. Ou pire : on détourne l’attention. On s’embourbe dans des querelles accessoires pendant que la maison brûle.

Le G7 déroule son plan d’actions, déterminé à faire plier un gouvernement engagé dans une stratégie de diversion plutôt que dans une véritable négociation. Les étudiants, piliers de notre avenir national, descendent dans la rue pour réclamer… leurs arriérés de bourses. Une dette morale avant d’être financière. Faudra-t-il attendre un drame pour réagir ?

Et c’est précisément au cœur de cette tourmente que les autorités choisissent d’offrir au peuple un épisode supplémentaire d’une querelle politique digne d’un théâtre de quartier : une mésentente de borne-fontaine. Au lieu de gouverner, on est dans la distraction. Au lieu de relancer notre économie déjà à terre, on s’amuse.

Question simple, brutale, presque taboue : le Sénégal est-il maudit ?

Maudit d’être otage de ses propres élites politiques ? Maudit de voir des enjeux personnels s’ériger au-dessus de la souffrance collective ? Maudit d’avoir transformé l’espace public en scène, le citoyen en spectateur, et la crise nationale en divertissement ? Alors que tous les feux rouges clignotent : dette, déficit, jeunesse, tensions sociales, ce que choisit l’Etat ? Une distraction.

Un conflit de borne fontaine oui, une querelle symbolique, animée par deux « marraines » du système pendant que les vraies priorités restent sur la touche. Résultat : toute une République est mobilisée pour éteindre un feu de paille, oubliant les vraies préoccupations des sénégalais et les promesses nombreuses faites au peuple. Le Sénégal, un pays doté d’un esprit de résilience, mais enlisé dans ses propres contradictions. Un pays qui accumule les bons mots, les plans d’actions, les promesses, et qui recule lorsqu’il faudrait foncer. Un pays dont les finances s’effondrent, dont la jeunesse proteste, et dont les dirigeants trouvent quand même le moyen d’entrer en conflit sur des sujets dérisoires.

Chers lecteurs, si vous cherchez un résumé de l’absurdité : la note souveraine tombe, la dette explose, l’investisseur détourne le regard, les étudiants hurlent dans la rue, et l’État organise un débat secondaire pour passer le temps. Le moment est grave. La pause est ridicule.

Et pendant que les tenants du pouvoir s’amusent de querelles futiles, le pays s’enfonce à une vitesse inquiétante.

Pape Moussa Traoré

Achraf Hakimi sacré meilleur joueur africain de l’année aux CAF Awards 2025

Le latéral droit du Paris Saint-Germain et de la sélection marocaine, Achraf Hakimi, a été couronné meilleur joueur africain de l’année lors des CAF Awards 2025, organisés mercredi devant un parterre de personnalités du football continental. Une consécration qui vient récompenser une saison 2024-2025 exceptionnelle, marquée par des performances de très haut niveau aussi bien en club qu’en sélection. Pour le Marocain, longtemps attendu sur la plus haute marche du podium après deux années passées à frôler le sacre, ce trophée apparaît comme la conclusion logique d’un exercice abouti à tous les niveaux.

Au PSG, Hakimi a été l’un des grands artisans de la saison historique réalisée par le club parisien, ponctuée par un retentissant quadruplé : Ligue 1, Ligue des Champions, Coupe de France et Trophée des Champions. Indispensable dans le système de jeu parisien, il a disputé plus de vingt-cinq rencontres de championnat, multipliant les prestations de premier plan. Sa capacité à mêler rigueur défensive, explosivité offensive et précision technique s’est traduite par plusieurs buts décisifs et une série impressionnante de passes décisives, confirmant son statut de latéral moderne parmi les meilleurs au monde.

En Ligue des Champions, Hakimi a signé la meilleure campagne européenne de sa carrière. Présent dans les grands rendez-vous, il s’est illustré en marquant lors de rencontres cruciales à élimination directe, contribuant directement au sacre continental du PSG. Au total, toutes compétitions confondues, il a dépassé la dizaine de buts tout en approchant la vingtaine de passes décisives, un rendement exceptionnel pour un défenseur.

Ses performances en équipe nationale ont également pesé lourd dans la balance. Avec les Lions de l’Atlas, Hakimi a participé à une année 2025 remarquable durant laquelle le Maroc est resté invaincu. Toujours constant, il a apporté stabilité, leadership et impact offensif, confirmant son rôle de cadre incontournable dans une sélection marocaine en pleine maturité compétitive.

Face à ce bilan impressionnant, le choix du jury des CAF Awards est apparu on ne peut plus cohérent. Hakimi devance au classement final Victor Osimhen et Mohamed Salah, ce dernier ayant pourtant terminé devant lui lors du Ballon d’Or mondial quelques mois plus tôt. Le vote des experts africains a ainsi mis en lumière l’impact colossal du Marocain durant l’ensemble de la saison, aussi bien sur la scène nationale qu’internationale.

Après avoir gravi les marches du podium en 2023 puis en 2024, Achraf Hakimi décroche enfin le Ballon d’Or CAF, confirmant son statut de référence mondiale au poste de latéral droit. Pour le joueur formé au Real Madrid, ce trophée représente non seulement une récompense individuelle majeure, mais également l’aboutissement d’un parcours couronné de réussite, dans un rôle de plus en plus central au sein de ses équipes. Avec ce titre, Hakimi entre dans la cour des légendes africaines, celles dont les saisons exceptionnelles marquent durablement l’histoire du football continental.

Politique mémorielle, réforme administrative et chantiers stratégiques : les annonces fortes d’Ousmane Sonko en Conseil des ministres

Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, le Premier ministre Ousmane Sonko a largement centré sa communication sur la politique mémorielle du Gouvernement, un axe qu’il considère comme essentiel pour préserver l’identité nationale et mieux transmettre l’héritage historique du Sénégal. En retraçant les décisions déjà arrêtées par l’exécutif dans ce domaine, il a mis en avant une série de nouvelles mesures destinées à structurer durablement la gestion et la valorisation du patrimoine historique.

Parmi les projets phares annoncés, figurent la construction de la Maison des Archives, de la Bibliothèque nationale et de bibliothèques régionales, autant d’infrastructures visant à renforcer la conservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire. Le Premier ministre a également dévoilé l’érection prochaine d’un Mémorial à Thiaroye dédié aux tirailleurs sénégalais, symbole d’une volonté affirmée de réparer les oublis historiques et de reconnaître les sacrifices consentis par ces soldats.

Toujours dans le cadre de la mise en valeur de cette mémoire, il a annoncé la création d’un Centre de documentation et de recherche sur les tirailleurs, l’introduction de l’enseignement du Massacre de Thiaroye dans les programmes scolaires ainsi que l’institution d’une Journée annuelle du Tirailleur. À ces initiatives s’ajoute la mise en place du Conseil national de la Mémoire et de la Gestion du Patrimoine historique, un organe chargé d’orienter et de coordonner les politiques publiques dans ce domaine.

Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de restituer l’authenticité des faits historiques et de mieux mettre en lumière les grandes figures nationales. Dans cette perspective, il prévoit la création de musées dédiés aux anciennes royautés dans plusieurs sites historiques du pays. Selon lui, ces symboles mémoriels ne doivent pas seulement nourrir l’identité nationale, mais aussi devenir des leviers de rayonnement culturel et touristique.

Abordant ensuite la réforme administrative, le Premier ministre a plaidé pour un programme ambitieux de formation continue au profit des agents de l’État. L’objectif est de faire de l’administration publique un modèle d’excellence, capable de répondre aux défis de modernisation et de performance.

Sur le plan international, il a dévoilé les contours d’une réflexion engagée autour d’une nouvelle plateforme de marque nationale. Sous les dénominations possibles « Sénégal » ou « Teranga Sénégal », cette initiative vise à projeter une image renouvelée du pays, intégrant ses atouts culturels, sportifs, économiques et technologiques. Les Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 devraient, selon lui, servir de puissant catalyseur pour cette stratégie d’influence et de visibilité internationale.

Le Premier ministre a également abordé les questions de sécurité routière, rappelant l’urgence d’appliquer les recommandations issues des États généraux des transports publics. Il a confié le suivi de cette mise en œuvre à un comité multidisciplinaire placé sous l’autorité de la Primature, afin d’assurer une coordination efficace entre les différentes parties prenantes.

Pour clore son intervention, Ousmane Sonko est revenu sur le projet stratégique de la ligne ferroviaire Dakar–Tambacounda. La phase préparatoire du chantier, qui se poursuit, devrait être achevée en 2026. Cette infrastructure est présentée comme un pilier majeur de la mobilité durable, du désenclavement territorial et du développement industriel du Sénégal, en particulier pour les régions de l’Est longtemps restées en marge des grands investissements structurants.

Budget 2026 du ministère de la Justice : une enveloppe en baisse, mais des priorités maintenues

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains, a adopté ce mercredi 19 novembre le budget 2026 du ministère de la Justice. La ministre Yassine Fall s’est présentée devant les députés pour défendre une enveloppe arrêtée à 81 354 555 099 FCFA en autorisations d’engagement et 81 006 199 801 FCFA en crédits de paiement, contre 97 794 361 061 FCFA dans la loi de finances initiale de 2025.

Cette évolution traduit une baisse significative des ressources allouées au secteur de la Justice. Avec une diminution de 16 788 161 260 FCFA, soit 17 % en valeur relative, le ministère doit composer avec un budget resserré. Cette contraction s’explique en grande partie par la disparition, dans l’exercice 2026, des 20 milliards de FCFA de transferts en capital qui avaient été prévus en 2025 pour financer le Programme de modernisation des infrastructures judiciaires. L’effort exceptionnel consenti l’année dernière pour l’immobilier judiciaire n’a donc pas été reconduit, ce qui allège mécaniquement le volume budgétaire de 2026.

Au-delà des chiffres, l’examen budgétaire a permis aux parlementaires de revisiter les défis structurels qui attendent le ministère. La modernisation de la justice, l’amélioration de l’accès aux droits, le renforcement des infrastructures et la qualité du service public judiciaire demeurent au centre des préoccupations. La ministre Yassine Fall a rappelé que, malgré la réduction des crédits, les priorités stratégiques du secteur restent inchangées et continueront de guider l’action gouvernementale.

Les discussions ont également porté sur les besoins persistants en ressources humaines, en équipements et en moyens de fonctionnement pour améliorer l’efficacité des juridictions et réduire les lenteurs judiciaires. La question des infrastructures reste particulièrement sensible, notamment dans les régions où les services judiciaires peinent à répondre à la demande croissante.

COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 19 NOVEMBRE 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 19 novembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

RENFORCEMENT DU DIALOGUE SOCIAL DANS LES SECTEURS DE L’ÉDUCATION ET DE LA SANTÉ ET SUIVI PERMANENT DU PACTE NATIONAL DE STABILITÉ SOCIALE

Monsieur le Président de la République a débuté sa communication en soulignant l’importance de la stabilité sociale dans le secteur de l’éducation et de la formation, facteur de consolidation de l’excellence du système éducatif sénégalais. A cet effet, il demande au Gouvernement, en relation avec les partenaires de la communauté éducative, notamment les organisations syndicales, de renforcer les concertations et le dialogue social, afin de garantir la continuité des enseignements et apprentissages, le respect du calendrier scolaire et d’accomplir les diligences et mesures administratives attendues dans le cadre des engagements souscrits et accords signés.

A cet égard, il engage les Ministres chargés de la Fonction publique et du Travail, de l’Education nationale et des Finances et du Budget, de faire la situation globale et lévaluation générale de l’impact des accords signés avec les syndicats d’enseignants et, chaque ministre, à assurer le suivi régulier du dialogue social dans son département ministériel.

Le Président de la République indique que la même directive concerne le secteur prioritaire de la Santé.

Il demande, enfin, au Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public, de faire le point mensuel en Conseil des Ministres sur létat d’exécution des engagements du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable.

PRIORITÉ « EMPLOI DES JEUNES » DANS L’AGENDA NATIONAL DE TRANSFORMATION, SENEGAL 2050

Considérant que l’emploi des jeunes demeure une priorité majeure de l’action du Gouvernement, le Chef de l’Etat rappelle au Premier Ministre l’urgence de prendre toutes les dispositions requises afin d’accélérer la finalisation du nouveau document

portant Politique nationale de l’Emploi, avant la fin du mois de décembre 2025.

Dans ce cadre, il demande d’engager la transformation et l’adaptation des dispositifs de la formation professionnelle et technique, en accélérant :

  • la montée en puissance et le développement de la formation duale ;
  • le renforcement des interventions du Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique ;
  • la réalisation des centres de formation professionnelle et technique dans l’ensemble des départements du Sénégal.

Dans le même sillage, le Président de la République instruit de fédérer toutes les ressources et actions des projets et structures de promotion de l’emploi des jeunes, pour mettre en œuvre un Programme national de Promotion de l’Emploi des Jeunes. Il insiste, également, sur la mise en place du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal et la régularité des réunions du Conseil national pour l’Insertion et l’Emploi des Jeunes.

Enfin, le Chef de l’Etat rappelle que l’année 2026 sera consacrée à la promotion de

l’Emploi et au développement de l’Economie sociale et solidaire.

COMMÉMORATION DU 81ÈME ANNIVERSAIRE DU MASSACRE DE THIAROYE ET ORGANISATION DE LA JOURNÉE DES TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS

Le Président de la République fait observer que la commémoration de l’anniversaire du Massacre de Thiaroye et la célébration de la Journée des Tirailleurs sénégalais, sont des activités phares de l’agenda national. Ainsi, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions pratiques, en liaison avec toutes les parties prenantes, pour le bon déroulement des cérémonies de commémoration du Massacre de Thiaroye, de finaliser la mise en place fonctionnelle du Musée relatif aux évènements de Thiaroye et de poursuivre le travail de recherche scientifique entamé, en vue de rétablir la vérité sur cet évènement historique douloureux, gravé dans notre mémoire collective.

MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME « INDEPENDANCE »

DANS LES CHEFS-LIEUX DES RÉGIONS

Le Président de la République, en perspective de la mise en place des Pôles territoires et dans une approche d’équité territoriale, envisage la célébration de la fête nationale dans les chefs-lieux des régions, autres que Dakar, sous sa présidence, en présence des populations et des autorités civiles et militaires concernées. Dès lors, il demande au Premier Ministre, en liaison avec les parties prenantes, de mettre en œuvre, dès l’année 2026, un Programme national de modernisation des infrastructures et équipements des chefs-lieux de région, dénommé « Programme Indépendance », source d’attractivité des territoires et de relance économique.

RELANCE DU TOURISME ET VALORISATION DES POTENTIALITÉS CULTURELLES

Le Président de la République, après avoir souligné que le tourisme constitue un secteur moteur de croissance économique, de création d’emplois et de promotion du développement durable des territoires, demande d’accentuer la mise en œuvre des programmes de promotion de la Destination Sénégal et d’accélérer la modernisation des zones touristiques, la valorisation de nos patrimoines culturels et naturels, ainsi que la réalisation soutenue de réceptifs hôteliers et touristiques de classe mondiale sur le territoire national.

En outre, il fait noter son attachement au développement de nouvelles zones touristiques, au renforcement de la qualité des offres et prestations touristiques pour améliorer la compétitivité de la Destination Sénégal. Il insiste, également, sur la sécurisation des zones et sites touristiques à travers le déploiement de dispositifs spéciaux, l’inventaire exhaustif et la valorisation du Patrimoine national classé sur I’lle de Gorée et la mise en cohérence des politiques culturelle et touristique. Dans cet esprit, il demande au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d’assurer le bon déroulement de la première édition du Festival Ouest africain des Arts et de la Culture (ECOFEST), prévue du 30 novembre au 05 décembre 2025 à Dakar.

AGENDA DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il prendra part du 23 au 26 novembre 2025, à Luanda en Angola, au Sommet Union Européenne/ Union Africaine..

AU TITRE DE LA COMMUNICATION

DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a fait une communication sur les orientations du Gouvernement en matière de politique mémorielle. Il a, tout d’abord, fait le rappel des directives et actes posés en matière de politique mémorielle du Gouvernement. Il a, ensuite, abordé la valorisation du patrimoine mémoriel du Sénégal puis la perpétuation des acquis de la politique mémorielle.

Il a particulièrement insisté sur la construction de la Maison des Archives, de la Bibliothèque nationale et de bibliothèques dans les régions, l’érection d’un Mémorial à Thiaroye en l’honneur des tirailleurs sénégalais, la création d’un Centre de documentation et de recherche dédié aux « Tirailleurs sénégalais », l’enseignement de l’histoire du Massacre de Thiaroye dans les écoles sénégalaises, la célébration, chaque année, d’une journée du Tirailleur et la création d’un Conseil national de la Mémoire et de la Gestion du Patrimoine historique (CNMGPH) ainsi que du Centre de Documentation au Cimetière de Thiaroye. Le Premier Ministre a cité, dans la même lancée, Thom-mage solennel rendu au Professeur Amadou Makhtar MBOW le 28 octobre 2025 et la prochaine célébration de la deuxième (2ème) édition du souvenir du Massacre de

Thiaroye.

Pour le Premier Ministre, la valorisation de notre patrimoine mémoriel est une nécessité.

Elle passe par le récit historique et lérection de symboles. En ce qui concerne le récit historique, il convient d’une part de mettre en lumière les figures emblématiques dont regorge notre pays et d’autre part, de rétablir les faits historiques dans leur authenticité et leur objectivité. Quant aux symboles, ils doivent constituer un rappel permanent de notre histoire et jouer un rôle important dans la promotion touristique. Dans ce sillage, le Premier Ministre a abordé la création de musées historiques des royautés traditionnelles, comme celui de Dekheulé, dans des sites historiques comme Pathé Badiane (PaosKoto), Yang Yang, Ndorna (Fouladou) et Nder, l’édification de la Bibliothèque nationale, outil de réappropriation de notre mémoire collective et réceptacle de notre patrimoine documentaire national, ainsi que la Maison des Archives.

Par ailleurs, abordant la réforme de l’administration, il a demandé de mettre en place un Programme gouvernemental de formation continue et d’excellence administrative.

S’agissant de la stratégie globale de rayonnement international du Sénégal, le Premier Ministre a engagé une réflexion nationale sur la création d’une plateforme de marque

« Sénégal » ou « Teranga Sénégal », une nouvelle identité internationale valorisant nos atouts culturels, sportifs, économiques et technologiques, une stratégie de diplomatie culturelle et sportive renforcée et la mobilisation des JOJ Dakar 2026 comme levier majeur de visibilité, d’influence et d’unité nationale.

En matière de sécurité routière, sur la base des recommandations des états généraux des transports publics du mois d’octobre 2025, il a instruit les ministres concernés de soumettre, avant la fin de l’année 2025, un plan d’action opérationnel, chiffré et évaluable,

qui fera l’objet d’un suivi par un comité multidisciplinaire placé sous l’autorité de la Primature.

Le Premier Ministre a clos sa communication avec le projet stratégique de construction de la ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda, en relevant que le Gouvernement a engagé les travaux préparatoires de cette ligne ferroviaire à écartement standard. Ce projet structurant, dont la finalisation de la phase préparatoire est prévue en 2026, contribuera à la mobilité durable, à la sécurité routière, au désenclavement territorial et au développement industriel et logistique. Avant sa mise en œuvre, la voie métrique réhabilitée continuera à garantir la continuité du service et la préservation de l’expertise ferroviaire nationale.

AU TITRE DES COMMUNICATIONS

DES MINISTRES

Monsieur le Ministre de l Urbanisme, des Collectivités territoriales et de Aménagement des territoires a fait une communication sur le processus de déploiement des Pôles-Territoires.

Monsieur le Ministre de l’Industrie et du Commerce a présenté une communication sur lapprovisionnement du marché en denrées alimentaires, la commercialisation du riz local et la situation du financement et de la commercialisation de l’arachide par la SONACOS.

Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur le

Programme des Sports des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS

ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

  • le projet de décret relatif à l’étiquetage énergétique des lampes électriques et des appareils électroménagers neufs ;
  • le projet de décret relatif au contrôle de la qualité des équipements constitutifs d’un système solaire photovoltaïque ;
  • le projet de décret fixant les normes et spécifications techniques du gaz naturel ;
  • le projet de décret modifiant le décret n°2006-392 du 27 avril 2006 complétant le décret n°77-987 du 14 novembre 1977 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de
  • TEnseignement ;
  • le projet de décret modifiant le décret n°74-347 du 12 avril 1974 fixant le régime spécial applicable aux agents non fonctionnaires de l’Etat ;
  • le projet de décret modifiant le décret n°77-887 du 12 octobre 1977 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de la Santé publique et de l’Action sociale.

Marie Rose Khady Fatou FAYE

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, Chargée des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement

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