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Affaire Madiambal Diagne : Bachir Fofana rectifie et assure que le journaliste s’est présenté volontairement à la police française

La situation entourant le journaliste et patron de presse Madiambal Diagne continue de faire couler beaucoup d’encre. Alors que plusieurs médias, aussi bien au Sénégal qu’en France, avaient annoncé son interpellation à Paris dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités sénégalaises, de nouvelles précisions viennent apporter un éclairage différent sur cette affaire.

C’est Bachir Fofana, un proche collaborateur de Madiambal Diagne, qui a pris la parole pour corriger ce qu’il qualifie de “désinformation”. Dans un communiqué diffusé sur sa page Facebook, il a fermement démenti la version faisant état d’une arrestation forcée du journaliste par la police française. Selon lui, Madiambal Diagne n’a jamais été arrêté ni interpellé, mais s’est volontairement présenté aux autorités françaises afin de faire preuve de transparence et de collaborer pleinement avec la justice.

« Madiambal Diagne n’a jamais été cueilli ni arrêté. Il n’a pas été interpellé par les éléments du commissariat des Yvelines. Et ce n’est pas une arrestation pour l’exécution du mandat d’arrêt international lancé contre lui », a précisé Bachir Fofana, insistant sur le fait que le journaliste a voulu, par cette démarche volontaire, démontrer son respect du cadre légal et son refus de se soustraire à la justice.

Le proche du journaliste explique que Madiambal Diagne a pris l’initiative de se présenter accompagné de ses avocats aux services de police, afin de signaler sa présence sur le sol français. « La vérité est que Madiambal a pris les devants et s’est rendu de lui-même, accompagné de ses avocats, à la police pour les informer de sa présence sur le sol français. Il a été auditionné, puis il est rentré chez lui », a-t-il ajouté, soulignant ainsi le caractère volontaire de sa démarche.

Cette précision vient contredire les informations initiales selon lesquelles le journaliste aurait été interpellé à Paris sur ordre du parquet de Versailles. En réalité, il a été entendu par la Cour d’appel de Versailles, qui a décidé de le laisser libre sous contrôle judiciaire, en attendant la suite de la procédure d’extradition demandée par le Sénégal.

Pour rappel, Madiambal Diagne, directeur du Groupe Avenir Communication et propriétaire du journal Le Quotidien, fait l’objet d’une demande d’extradition émise par les autorités sénégalaises dans le cadre d’une condamnation pour diffamation. Ses avocats, parmi lesquels figurent Me El Hadj Amadou Sall, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, ont dénoncé une procédure “irrégulière et infondée”, estimant que cette demande repose sur des motivations politiques plus que juridiques.

Cette affaire, très suivie par les milieux de la presse sénégalaise, suscite de nombreuses réactions sur la liberté d’expression, le rôle de la justice et la protection des journalistes. Le collectif de défense du journaliste a rappelé que Madiambal Diagne a toujours respecté la loi et qu’il “n’a jamais cherché à fuir ses responsabilités”.

En attendant la prochaine audience devant la Cour d’appel de Versailles, la tension reste vive entre partisans et détracteurs du journaliste. D’un côté, certains dénoncent une instrumentalisation politique de la justice, tandis que d’autres estiment que nul ne doit être au-dessus de la loi.

Quoi qu’il en soit, la sortie de Bachir Fofana vient apporter une nuance importante dans la compréhension des faits : Madiambal Diagne n’a pas été arrêté, mais s’est volontairement présenté aux autorités françaises, un geste que ses soutiens interprètent comme la preuve de sa bonne foi et de sa volonté d’affronter la justice à visage découvert.

Saint-Louis : le préfet annonce une vaste opération de retrait des épaves de véhicules à partir du 25 octobre

La ville de Saint-Louis s’apprête à vivre une importante opération de désencombrement de la voie publique. À partir du samedi 25 octobre 2025, la préfecture du département lancera une campagne de retrait systématique des épaves de véhicules abandonnés ou en stationnement irrégulier dans l’ensemble du périmètre communal.

Dans un communiqué signé par Abdoukhadre Dieylani Bâ, adjoint au préfet, les autorités administratives précisent que cette mesure s’inscrit dans une politique de réorganisation urbaine visant à rendre à la circulation et aux riverains les espaces publics longtemps occupés par des carcasses de véhicules et autres obstacles.

Selon le communiqué, l’opération a plusieurs objectifs : assurer la libre circulation des personnes et des biens, améliorer le cadre de vie des habitants, mais aussi renforcer la sécurité et la salubrité publiques. En effet, les épaves de véhicules, souvent abandonnées sur les trottoirs, dans les parkings ou le long des artères principales, constituent à la fois une gêne à la mobilité urbaine et un risque sanitaire. Elles favorisent l’insalubrité et servent parfois de repaires à des activités illicites.

La préfecture invite d’ores et déjà les propriétaires concernés à procéder volontairement à l’enlèvement de leurs véhicules avant le début de l’opération. À défaut, les services techniques compétents interviendront pour le retrait forcé des épaves, aux frais des contrevenants. « Cette mesure n’a pas pour but de punir, mais de restaurer l’ordre et la propreté dans nos espaces publics », souligne une source administrative.

Le préfet du département de Saint-Louis en appelle au sens de civisme et de responsabilité des citoyens pour la réussite de cette initiative d’intérêt général. Il rappelle que la propreté et la fluidité urbaine dépendent aussi de l’implication de chaque habitant dans la préservation de son environnement immédiat.

Cette campagne s’inscrit dans la dynamique nationale de désencombrement des voies publiques, initiée depuis plusieurs mois par le ministère de l’Intérieur et les collectivités territoriales. Après Saint-Louis, d’autres régions du pays devraient suivre dans les semaines à venir, afin d’harmoniser les efforts de modernisation urbaine et d’amélioration du cadre de vie dans toutes les grandes agglomérations du Sénégal.

Avec cette initiative, les autorités locales entendent donner un nouvel élan à la politique d’assainissement et d’embellissement de la ville tricentenaire, fidèle à sa vocation de capitale régionale historique, touristique et culturelle.

Transition énergétique : le Sénégal franchit le cap des 1 903,8 MW de puissance installée, dont près de 30 % issus des énergies renouvelables

Le Sénégal continue de renforcer sa position de modèle africain en matière de transition énergétique. Selon les chiffres officiels communiqués mardi par Cheikh Niane, secrétaire général du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le pays a atteint une puissance installée totale de 1 903,8 mégawatts (MW), dont 29,1 % proviennent désormais des énergies renouvelables.

Cette performance marque une étape importante dans la stratégie nationale de diversification du mix énergétique, lancée depuis plusieurs années pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et favoriser une production d’énergie plus propre et durable.

Lors de l’atelier de validation de l’Enquête nationale sur les énergies renouvelables, Cheikh Niane a insisté sur l’importance d’une approche basée sur des données fiables. « Je réaffirme notre engagement à faire de la donnée statistique et de l’analyse rigoureuse les fondements d’un secteur énergétique performant et résilient », a-t-il déclaré. Cette enquête constitue, selon lui, « la première photographie statistique complète du secteur énergétique sénégalais », intégrant aussi bien les usages des entreprises que ceux des ménages.

Les résultats révèlent toutefois des disparités marquées entre les zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre les différents segments économiques. Le directeur général de l’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER), Diouma Kobor, a précisé que 93,3 % de la production d’énergie utilisée par les entreprises proviennent encore des sources fossiles, contre 6,7 % d’origine renouvelable. À l’inverse, le monde rural recourt davantage aux énergies vertes grâce à la multiplication des kits solaires individuels et des mini-réseaux électriques autonomes, qui permettent de pallier le déficit de raccordement au réseau national.

Pour Abdou Diouf, directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), cette enquête offre désormais aux décideurs un outil stratégique pour calibrer les politiques publiques. « Nous avons pu mesurer la puissance installée des systèmes solaires domestiques, le volume réel de production, mais aussi la perception des ménages face aux énergies vertes », a-t-il expliqué. Ces informations serviront à mieux orienter les incitations fiscales, les programmes d’investissement et les projets de modernisation du secteur.

Les partenaires techniques et financiers saluent cette initiative. Catherine Phuong, représentante du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a souligné que cette base de données « parle le langage des banques de développement, des fonds climat et des investisseurs privés ». Elle pourrait ainsi faciliter l’accès du Sénégal aux financements verts et permettre de mettre à jour les indicateurs d’accès universel à l’énergie, notamment la part du solaire dans le mix énergétique.

Pour le secrétaire général Cheikh Niane, cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision d’un Sénégal énergétiquement autonome, fondée sur la transparence statistique, la planification rationnelle et la souveraineté énergétique. « Nous voulons bâtir un secteur solide, durable et souverain, où chaque décision repose sur la preuve », a-t-il conclu.

Dakar – Un pompiste de la station Shell condamné à six mois avec sursis pour abus de confiance

Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict dans une affaire d’abus de confiance impliquant un employé de longue date d’une station-service Shell. Vieux Cissé, pompiste depuis 1997, a été reconnu coupable d’avoir détourné des fonds de la caisse et condamné à six mois de prison avec sursis assortis d’une amende de 50 000 FCFA, lors de l’audience tenue le jeudi 16 octobre 2025.

L’affaire trouve son origine dans un déficit constaté à la fin du service du prévenu. Selon ses propres déclarations, il aurait découvert un manque de 194 000 FCFA dans la caisse après sa prise de fonction. « J’ai attendu le gérant sans le voir. J’ai noté le montant manquant sur le carnet », a tenté de se justifier Vieux Cissé à la barre. Le pompiste a également évoqué un second déficit, apparu en octobre, après deux ventes de carburant à des camions. Il a soutenu que cet argent aurait été égaré lors de ses déplacements et a assuré avoir proposé au gérant, Mbaye Mbow, de compenser la perte sur son salaire.

Mais ces explications n’ont pas convaincu le ministère public. Le procureur a pointé des contradictions dans le récit du prévenu : « Il parle tantôt d’une perte, tantôt d’un dépôt quelque part », a-t-il relevé avant de requérir six mois de prison assortis du sursis et une amende de 100 000 FCFA.

L’avocat de la partie civile, représentant la direction de la station, a de son côté dénoncé une récidive. « Ce n’était pas une erreur. Il avait déjà commis un premier manquement pour lequel la direction avait été conciliante. Mais il a recommencé », a-t-il soutenu. Le conseil a réclamé 800 000 FCFA de dommages et intérêts, tout en reconnaissant que Vieux Cissé, père de six enfants, avait déjà remboursé 400 000 FCFA avant le procès.

La défense, plaidant la bonne foi et la précarité du prévenu, a sollicité la clémence du tribunal. À l’issue des débats, la juridiction a décidé de retenir la culpabilité du pompiste tout en lui accordant les circonstances atténuantes. En plus de l’amende, Vieux Cissé devra verser 700 000 FCFA à la partie civile à titre de réparation des préjudices subis, selon les informations rapportées par le journal Le Soleil.

Ce verdict, qui met un terme à près de trois décennies de collaboration entachées par cette affaire, rappelle la rigueur du droit du travail face aux manquements à la probité professionnelle, même dans les secteurs où la confiance reste la pierre angulaire des relations entre employeurs et employés.

Négociations avec le FMI : la dette du Sénégal explose à 132 % du PIB selon le Fonds

Le Sénégal entame cette semaine des négociations décisives avec le Fonds Monétaire International (FMI), dans un contexte économique tendu marqué par une forte pression budgétaire et une crise de confiance des investisseurs. Ces discussions visent à finaliser un nouvel accord de financement, un an après la suspension du précédent programme d’un montant de 1,8 milliard de dollars, interrompu à la suite de divergences sur la gestion budgétaire et la transparence des comptes publics.

L’urgence de ces pourparlers s’explique par la révélation, jugée explosive, faite récemment par l’administration du président Bassirou Diomaye Faye. Selon les autorités actuelles, l’ancien gouvernement aurait dissimulé près de 7 milliards de dollars d’emprunts non déclarés, gonflant considérablement le niveau réel de la dette publique. Cette annonce a eu l’effet d’une bombe sur les marchés financiers et a conduit les agences de notation S&P et Moody’s à abaisser la note souveraine du Sénégal, invoquant un « manque de fiabilité des données budgétaires ».

La tension a encore monté d’un cran la semaine dernière, lorsque le FMI a publié ses propres évaluations. D’après les données relayées par Bloomberg, l’institution financière internationale estime désormais que la dette publique du Sénégal représente 132 % du Produit Intérieur Brut (PIB), bien au-delà des 119 % avancés par le gouvernement sénégalais. Cet écart de treize points de pourcentage a semé le doute parmi les partenaires financiers du pays et déclenché un net repli de la confiance sur les marchés obligataires régionaux.

Pour les observateurs économiques, cette divergence traduit un différend méthodologique, mais surtout un manque de transparence hérité de la précédente gestion. Plusieurs experts estiment que certains emprunts, notamment souscrits par des entreprises publiques ou garantis par l’État, n’auraient pas été intégrés dans les statistiques officielles, ce qui fausse la lecture réelle de l’endettement.

Dans ce contexte, les discussions avec le FMI s’annoncent particulièrement ardues. Le gouvernement cherche à restaurer la crédibilité du pays sur les marchés internationaux tout en évitant une cure d’austérité trop sévère. « Le Sénégal veut un accord équilibré qui protège les équilibres macroéconomiques sans compromettre les investissements sociaux », a confié une source proche du ministère des Finances.

Le président Bassirou Diomaye Faye et son équipe économique misent sur une approche de transparence et de vérité des comptes, censée convaincre le FMI et les bailleurs de la sincérité de la nouvelle gouvernance. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de rupture avec les pratiques antérieures, accusées d’avoir masqué la réalité des chiffres.

Cependant, la tâche s’annonce difficile. Avec une dette équivalente à plus de 130 % du PIB, le Sénégal se trouve désormais au-dessus du seuil critique fixé par les institutions financières internationales pour les pays à revenu intermédiaire. Une telle situation pourrait limiter sa capacité à emprunter sur les marchés extérieurs et alourdir le coût du financement de sa dette.

Les négociations devraient se poursuivre tout au long de la semaine à Dakar, en présence d’une mission du FMI dirigée par Edward Gemayel, chef de division pour l’Afrique de l’Ouest. Les discussions porteront sur la consolidation budgétaire, la réforme du secteur public et la rationalisation des dépenses, mais aussi sur la manière d’assurer une croissance inclusive dans un contexte de contraintes financières accrues.

Affaire Madiambal Diagne : la défense dénonce une demande d’extradition « infondée et entachée d’irrégularités »

L’affaire Madiambal Diagne connaît un nouveau rebondissement. Les avocats du journaliste et patron de presse ont vivement réagi, ce mardi 21 octobre 2025, à la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises à l’encontre de leur client. Selon eux, cette procédure est « dénuée de fondement et entachée d’irrégularités graves ».

Interpellé à Paris sur la base d’un mandat d’arrêt international transmis par le parquet général de Versailles, Madiambal Diagne a été entendu dans la journée par la Cour d’appel de Versailles. Après examen du dossier, la juridiction française a décidé de le laisser libre sous contrôle judiciaire, écartant ainsi toute détention provisoire, le temps de statuer sur la demande d’extradition.

Dans un communiqué conjoint, un collectif d’avocats composé notamment de Me El Hadj Amadou Sall, Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, a dénoncé « une tentative d’instrumentalisation de la justice internationale à des fins politiques ». Les conseils de M. Diagne soulignent que « la décision du premier président de la Cour d’appel de Versailles tient compte du statut de Madiambal Diagne, personnalité publique, journaliste connu, propriétaire d’un titre de presse et figure respectée dans le paysage médiatique sénégalais ».

Le collectif rappelle également qu’« aucun élément du dossier ne permettait de supposer que M. Diagne tenterait de se soustraire à la procédure judiciaire », et que cette absence de risque de fuite a logiquement conduit la justice française à privilégier la liberté sous contrôle judiciaire.

Sur le fond, la défense s’est montrée particulièrement critique à l’égard des autorités sénégalaises, estimant que « la procédure d’extradition souffre d’irrégularités manifestes et d’un manque flagrant de base juridique ». Les avocats soutiennent que les accusations portées contre leur client « relèvent davantage d’une volonté de représailles politiques que d’un véritable dossier pénal ».

D’après leurs déclarations, la demande d’extradition ne reposerait sur aucune infraction clairement définie dans les conventions bilatérales en vigueur entre la France et le Sénégal. Ils évoquent également un non-respect des procédures prévues par le Code de procédure pénale sénégalais, notamment en matière de notification et de transmission de documents.

Cette affaire, qui suscite une large attention dans les milieux médiatiques et juridiques, intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certains acteurs de la presse et le pouvoir en place à Dakar. Plusieurs observateurs y voient une tentative de museler les voix critiques, tandis que d’autres appellent à la prudence, rappelant que la procédure doit suivre son cours devant les juridictions françaises.

En attendant la prochaine audience, le journaliste reste sous contrôle judiciaire à Paris. Ses avocats se disent confiants quant à l’issue de la procédure et assurent que leur client « fera face à la justice avec sérénité et détermination ».

Le collectif a également tenu à rappeler le rôle essentiel de la liberté de la presse dans un État de droit, soulignant que « la criminalisation des opinions et des publications journalistiques constitue une menace directe pour la démocratie ».

Idrissa Sow élu président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples

Le magistrat sénégalais Idrissa Sow a été porté à la tête de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), l’un des organes les plus importants de l’Union africaine en matière de protection et de promotion des droits humains sur le continent. Basée à Banjul, en Gambie, la CADHP a pour mission de veiller au respect et à la mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée en 1981, et considérée comme le texte fondateur du système africain de protection des droits fondamentaux.

Cette élection marque une nouvelle étape dans la carrière d’Idrissa Sow, reconnu pour son engagement constant en faveur de la justice, de la gouvernance et des droits humains. Magistrat chevronné, il a exercé plusieurs fonctions de responsabilité au sein de la magistrature sénégalaise avant d’être nommé membre de la CADHP. Son parcours exemplaire et sa connaissance approfondie des enjeux juridiques et institutionnels du continent ont largement plaidé en sa faveur lors du processus de désignation.

Pour le Sénégal, cette nomination revêt une portée symbolique et diplomatique majeure. Selon des sources relayées par Emédia, elle conforte la position du pays comme un acteur de référence sur la scène africaine, notamment dans les domaines de la démocratie, de la transparence institutionnelle et de la promotion des droits de l’homme. Dakar s’impose ainsi comme une voix écoutée dans les débats relatifs à la gouvernance et à l’État de droit en Afrique.

Sous la présidence d’Idrissa Sow, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples devrait renforcer ses actions en matière de suivi des violations des droits fondamentaux, de dialogue avec les États membres de l’Union africaine et de sensibilisation à la culture des droits humains. Les défis sont nombreux, allant de la protection des défenseurs des droits humains à la lutte contre les atteintes aux libertés fondamentales dans certaines régions du continent.

Madiambal Diagne libre sous contrôle judiciaire en France, la procédure d’extradition se poursuit

Le journaliste et patron de presse sénégalais Madiambal Diagne est désormais libre de tous ses mouvements en France. Selon des informations obtenues par Seneweb, il a été entendu ce mardi devant le parquet général de Versailles dans le cadre de la procédure d’extradition engagée contre lui à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par le Sénégal.

Au cours de son audition, Madiambal Diagne a présenté sa version des faits et apporté des éclaircissements sur sa situation judiciaire, notamment sur les raisons pour lesquelles il conteste le mandat d’arrêt dont il fait l’objet. La Cour d’appel, après examen du dossier, a estimé qu’il n’était pas nécessaire de le maintenir en détention. Elle a ainsi autorisé son retour à son domicile, mais sous contrôle judiciaire, le temps que la procédure suive son cours.

Le contrôle judiciaire implique que le journaliste reste à la disposition de la justice française en attendant la décision définitive concernant sa possible extradition vers le Sénégal. Cette mesure traduit une forme de liberté encadrée, sans placement en détention provisoire.

Dans un communiqué rendu public, le collectif d’avocats de Madiambal Diagne a vigoureusement dénoncé la procédure en cours, qualifiant la demande d’extradition d’« infondée » et « politiquement motivée ». Ses conseils estiment que les accusations mentionnées dans le mandat sénégalais ne reposent sur aucun élément concret et que leur client fait l’objet d’une instrumentalisation judiciaire.

Pour rappel, Madiambal Diagne, directeur général du groupe Avenir Communication, est cité dans une information judiciaire ouverte à Dakar. Celle-ci porte sur des transactions financières suspectes d’un montant estimé à 21 milliards de francs CFA, relevées dans un rapport de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières).

Drame à Diourbel : un bébé meurt devant l’hôpital Heinrich Lübke, le parquet ouvre une enquête pour négligence médicale

L’affaire suscite une profonde émotion à Diourbel. Selon les informations rapportées par Libération, le parquet de la ville a procédé, hier, à l’exhumation du corps d’un bébé né prématuré, dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte après un drame survenu devant l’hôpital régional Heinrich Lübke. Les premiers éléments de l’enquête sont particulièrement accablants et laissent entrevoir de graves manquements dans la prise en charge médicale de la mère.

D’après le récit du journal, tout est parti d’un signalement reçu par la police le samedi 18 octobre 2025, aux environs de 15 heures. Les autorités ont été informées qu’une jeune femme avait accouché la veille, entre 21 heures et 22 h 30, juste devant la porte principale de l’hôpital régional. Selon les premières constatations, la patiente s’était présentée dans la structure sanitaire pour y accoucher, mais elle aurait été refoulée par le personnel de la maternité au motif qu’il n’y avait « pas de place » disponible.

Livrée à elle-même, en plein travail, la jeune femme aurait fini par accoucher devant la devanture de l’hôpital, dans des conditions extrêmement précaires. Le nouveau-né, né prématurément, serait décédé sur place, avant même de recevoir la moindre assistance médicale.

Alerté, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Diourbel a immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de situer les responsabilités. Dans le cadre de cette procédure, plusieurs témoignages ont déjà été recueillis, notamment celui de la grande sœur de la victime, Ndiague Ndiaye, dite Astou Ndiaye, âgée de 44 ans et domiciliée à Ngohé.

Entendue par les enquêteurs, cette dernière a confirmé que sa sœur n’avait pas été admise à la maternité malgré les signes évidents d’un accouchement imminent. Elle a également précisé que le personnel n’était intervenu qu’après la naissance du bébé, alors que celui-ci ne présentait plus de signes de vie. Le corps du nourrisson a ensuite été enterré le lendemain, samedi, dans leur village natal de Ngohé.

Face à la gravité des faits, le parquet de Diourbel a ordonné l’exhumation du corps du bébé afin de permettre la réalisation d’une autopsie. Cette expertise médicale vise à déterminer les causes exactes du décès et à établir s’il résulte d’une négligence ou d’un retard dans la prise en charge de la mère.

Parallèlement, les auditions se poursuivent au sein des services de police. Plusieurs membres du personnel de la maternité ont été convoqués et entendus sur procès-verbal. Certains agents seraient directement mis en cause dans le rapport préliminaire consulté par Libération, lequel fait état de graves manquements dans la chaîne de soins et de responsabilité médicale.

Madina Baffé : Les jeunes dénoncent une gestion « opaque et discriminatoire » des emplois à la mine de Managem

Une vive protestation a éclaté à Madina Baffé, où les jeunes et notables de la localité ont organisé une marche pacifique pour dénoncer ce qu’ils qualifient de gestion « opaque et discriminatoire » des opportunités d’emploi au sein de la société minière Managem. Cette mobilisation, conduite par Souleymane Samoura, Fodé Alpha Tandian et Taha Camara, visait à attirer l’attention des autorités locales et nationales sur un malaise social grandissant au sein des populations riveraines.

Les manifestants, rassemblés dans une atmosphère à la fois calme et déterminée, ont exprimé leur profond sentiment d’exclusion face aux recrutements effectués par la société minière. Selon eux, les jeunes de Madina Baffé et des villages environnants sont largement écartés des emplois offerts, alors même qu’ils subissent directement les impacts environnementaux et sociaux de l’exploitation minière. « Nous réclamons simplement justice et équité », ont scandé les protestataires, déplorant une politique d’embauche qui favoriserait des travailleurs venus d’autres régions du pays, voire de l’étranger.

Derrière cette mobilisation se cache un sentiment de marginalisation croissant. Les jeunes accusent Managem de négliger les communautés locales, pourtant premières concernées par les activités de la mine. Ils estiment que cette situation alimente les frustrations et accentue la fracture sociale entre la société minière et les populations hôtes.

Les manifestants ont également lancé un appel appuyé au respect du contenu local, une disposition inscrite dans la législation minière sénégalaise et censée garantir la participation active des entreprises et travailleurs locaux dans la chaîne d’exploitation. Ils reprochent à Managem de recourir massivement à des prestataires extérieurs, ce qui, selon eux, prive les structures locales d’opportunités économiques importantes. Pour les habitants, le respect du contenu local n’est pas seulement une obligation légale, mais un levier essentiel de développement communautaire, capable de créer des emplois durables et de favoriser une redistribution équitable des bénéfices issus de l’exploitation minière.

Au-delà de la revendication d’emplois, les populations de Madina Baffé appellent à une meilleure prise en compte de la responsabilité sociale de l’entreprise. Elles exhortent les autorités administratives et les dirigeants de Managem à instaurer un dialogue franc, inclusif et constructif afin d’apaiser les tensions et de répondre aux attentes légitimes des riverains.

Arrestation de Madiambal Diagne en France : la défense dénonce une procédure « infondée »

Le journaliste sénégalais Madiambal Diagne a été interpellé ce mardi 21 octobre 2025 en France, dans le cadre d’un mandat d’arrêt international émis par le parquet général de Versailles. L’information a été confirmée par Me El Hadj Amadou Sall, membre de son collectif d’avocats.

Selon les précisions fournies par ses conseils, le patron du groupe Avenir Communication a été placé sous contrôle judiciaire, en attendant qu’une décision soit rendue sur une éventuelle extradition vers le Sénégal. Madiambal Diagne a comparu devant la cour d’appel, qui a décidé de le laisser en liberté tout en imposant des mesures restrictives.

Le collectif d’avocats, qui comprend notamment Me Vincent Brengarth du cabinet Bourdon & Associés, a salué cette décision, estimant qu’elle tient compte du profil de leur client. « La cour a pris en considération le fait que M. Diagne est une personnalité publique, journaliste reconnu et propriétaire d’un organe de presse. Aucun élément ne laisse penser qu’il chercherait à se soustraire à la justice », a fait savoir la défense dans un communiqué.

Toutefois, les avocats contestent avec vigueur la procédure d’extradition engagée contre leur client. Ils dénoncent une demande « totalement infondée » et entachée d’« irrégularités manifestes ». Pour eux, les accusations formulées contre Madiambal Diagne ne reposent sur aucun fondement juridique solide.

La défense entend désormais faire valoir ses arguments devant la Chambre de l’instruction de Versailles, juridiction compétente pour statuer sur la validité de la demande d’extradition. Les conseils de M. Diagne se disent confiants et assurent que les éléments du dossier démontreront le caractère abusif de la procédure.

Le collectif d’avocats chargé de la défense du journaliste est composé de plusieurs figures du barreau sénégalais et français, parmi lesquelles Me El Hadj Amadou Sall, Me Baboucar Cissé, Me William Bourdon, Me Dior Diagne, Me Antoine Mbengue, Me Papa Sène, Me Ousmane Thiam, Me Ramatoulaye Bâ, Me Arona Basse, Me Philippine Vaganay et Me Vincent Brengarth.

Santé oculaire : 204 patients opérés gratuitement de la cataracte à Keur Massar grâce à Direct Aid

Le district sanitaire de Keur Massar a abrité, du 17 au 20 octobre 2025, la quatrième édition d’un camp gratuit de chirurgie de la cataracte au profit des populations vulnérables. À cette occasion, 204 patients ont bénéficié d’interventions chirurgicales gratuites, grâce à un programme entièrement financé par l’ONG koweïtienne Direct Aid Society, avec l’appui technique du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Organisée au centre de santé de Keur Massar, cette campagne s’inscrit dans le cadre du programme national de promotion de la santé oculaire au Sénégal, dirigé par le Dr Moctar Dieng Badiane. L’initiative vise à redonner la vue aux personnes défavorisées souffrant de cataracte, une maladie qui constitue la première cause de cécité dans le pays.

« Il s’agit de notre quatrième camp gratuit de chirurgie de la cataracte en 2025, destiné aux personnes de la banlieue qui n’ont pas les moyens de se faire opérer de cette pathologie. Les coûts médicaux sont souvent très élevés, alors que la cataracte cause chaque année de nombreux cas de cécité au Sénégal », explique El Hadj Sall, responsable du programme santé de Direct Aid.

Selon lui, les interventions ont concerné 204 malades pris en charge « entièrement à nos frais, aussi bien pour l’opération chirurgicale que pour les médicaments ». Il se réjouit du succès total des opérations, remerciant Dieu, le Dr Moctar Dieng Badiane et ses équipes pour leur professionnalisme.

El Hadj Sall a également salué la présence du député-maire de la commune de Keur Massar, Mme Marie Angélique Diouf, lors de la clôture du camp, ainsi que l’accueil chaleureux des autorités sanitaires locales.

« Nous remercions particulièrement notre principal partenaire, le Dr Moctar Dieng Badiane, coordonnateur national du programme de promotion de la santé oculaire du ministère de la Santé, ainsi que ses collaborateurs du centre de santé de Keur Massar. Nous adressons aussi nos remerciements à Mme Marie Angélique Diouf, maire de la commune, pour sa disponibilité et son engagement », a-t-il ajouté, avant de se dire très satisfait du déroulement du camp.

Cette initiative humanitaire s’inscrit dans la volonté de l’ONG Direct Aid Society d’améliorer l’accès aux soins oculaires et de lutter contre la cécité évitable au Sénégal.

A. Saleh

Drame à Golf-Sud : un vigile originaire de Diakhaté retrouvé mort dans des conditions atroces

Le quartier de Golf-Sud, non loin de Cambérène, a été le théâtre d’un drame d’une rare violence dans la nuit du 16 au 17 octobre 2025.

Aliou Badara Tall, âgé de 41 ans, originaire du village de Diakhaté dans la commune de Ndiédieng (département de Kaolack), et vigile de profession, a été sauvagement agressé à l’arme blanche vers trois heures du matin, selon des sources proches de la victime.

Malgré son évacuation d’urgence à l’hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, le quadragénaire a succombé à ses blessures d’une extrême gravité.

Selon le certificat d’inhumation, l’agression subie par A. B. Tall témoigne d’une brutalité inouïe. Le rapport médico-légal établi par le chef du service d’Anatomie et de Cytologie Pathologiques de l’hôpital Idrissa Pouye fait état de plaies profondes et létales.

Résidant aux Parcelles Assainies, Unité 11, la victime serait décédée d’un choc hémorragique secondaire à une plaie pénétrante de la région parotidienne gauche.

L’arme utilisée, vraisemblablement une lame tranchante de grande taille, aurait provoqué des lésions irréversibles : section de la veine jugulaire externe, atteinte du nerf vague et de l’artère carotide externe, ainsi qu’une perforation de l’oropharynx, avec présence de sang dégluti dans l’estomac, selon le rapport médical.

Très éprouvée, la famille du défunt dénonce un acte barbare et réclame justice.

« Nous ne voulons pas que cette affaire soit étouffée. Il a simplement fait son travail. Il mérite justice », a déclaré Omar Cissé, un proche parent de la victime.

Le commissariat d’arrondissement de Golf-Sud a ouvert une enquête afin d’identifier et d’arrêter l’auteur ou les auteurs de ce crime d’une rare sauvagerie. Les investigations se poursuivent pour faire toute la lumière sur les circonstances et les motivations de cette agression mortelle.

Arrestation de Madiambal Diagne en France : 21 milliards de francs CFA au cœur d’une enquête judiciaire

Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication, a été arrêté en France sous le coup d’un mandat d’arrêt international. L’information a été confirmée par l’un de ses avocats à Seneweb, mettant ainsi un point d’attention sur une affaire judiciaire qui suscite déjà de vives réactions au Sénégal et au-delà.

Cette arrestation intervient dans le cadre d’une information judiciaire portant sur de présumées transactions suspectes. Selon les premières indications, ces opérations, détaillées dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), concernent un montant total de 21 milliards de francs CFA. Les investigations sont en cours afin de déterminer l’origine et la nature exacte de ces fonds, ainsi que la responsabilité éventuelle de Madiambal Diagne dans ces opérations financières.

Le groupe Avenir Communication, bien connu dans le paysage médiatique et entrepreneurial sénégalais, se retrouve ainsi au cœur d’une affaire qui pourrait avoir des répercussions importantes, tant sur le plan judiciaire qu’économique. Les avocats de Madiambal Diagne n’ont pas encore fait de déclaration officielle sur les suites de cette arrestation, mais le dossier est suivi de près par les autorités compétentes, tant en France qu’au Sénégal.

Cette affaire soulève également des questions sur le contrôle et la transparence des transactions financières de grande envergure dans le pays, et pourrait influencer les prochaines mesures de régulation et de surveillance mises en place par les institutions financières et judiciaires sénégalaises.

Cameroun : tensions post-électorales après l’annonce des résultats provisoires de la présidentielle

Au lendemain de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le paysage politique camerounais est marqué par une vive tension. La Commission nationale de recensement des votes (CNRV) a annoncé hier que le président sortant, Paul Biya, serait le vainqueur du scrutin avec un score situé entre 53 et 54 % des suffrages exprimés, en attendant la validation définitive par le Conseil constitutionnel.

Âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 43 ans, Paul Biya devancerait ainsi Issa Tchiroma Bakary, 72 ans, ancien ministre ayant démissionné en juin dernier, auquel la CNRV attribue entre 35 et 36 % des voix. Ces résultats, pourtant, sont contestés par l’ancien ministre de l’Information. Selon des procès-verbaux de bureaux de vote en sa possession et qu’il a publiés sur les réseaux sociaux, Issa Tchiroma Bakary serait en réalité en tête avec 60 % des suffrages.

Dans une vidéo diffusée dimanche et d’une durée de près de cinq minutes, Tchiroma, visiblement ému, a qualifié ce score de « victoire écrasante », affirmant qu’il représentait « une sanction claire du régime en place et un plébiscite en faveur d’un changement immédiat ». « Notre victoire est claire. Elle doit être respectée », a-t-il insisté, appelant le gouvernement à « accepter la vérité des urnes ou plonger le pays dans un tourment ».

Le gouvernement a réagi avec fermeté face à ces déclarations. Dans un communiqué, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a dénoncé « l’attitude irresponsable et arrogante » de Tchiroma, qualifiant sa démarche de « conspirationniste et anti-républicaine » et visant, selon lui, à « mettre le Cameroun à feu et à sang ». De son côté, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti de Paul Biya, a dénoncé « un grotesque canular » et une « forfaiture inadmissible dans un État de droit », affirmant attendre sereinement les résultats officiels.

Sur le terrain, la tension reste palpable. Des renforts de gendarmerie ont été déployés dans plusieurs villes, notamment à Garoua, Douala et Yaoundé, pour prévenir tout débordement. Les récentes manifestations des partisans de l’opposition ont déjà donné lieu à des incidents, dont la mise à feu d’une permanence du RDPC à Dschang, illustrant l’inquiétude croissante quant à la stabilité sociale dans le pays.

La situation reste donc extrêmement délicate, avec un risque de polarisation politique et sociale. Les prochains jours, et en particulier la validation finale des résultats par le Conseil constitutionnel, seront déterminants pour l’avenir politique du Cameroun.

Sédhiou : un drame conjugal vire au meurtre — Borry Sonko tue sa femme avant de s’enfuir en Gambie

Un drame d’une rare violence a secoué la localité de Samakoung, dans le département de Sédhiou, le jeudi 9 octobre 2025. Borry Sonko, un habitant du village, a battu à mort son épouse, B. Mandiang, mère de quatre enfants, après l’avoir soupçonnée d’infidélité. Le meurtrier présumé, qui avait pris la fuite juste après les faits, a été retrouvé en Gambie avant d’être remis aux autorités sénégalaises.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, tout serait parti d’un simple malentendu conjugal. Ce jour-là, B. Mandiang avait reçu sur son téléphone un transfert d’argent provenant d’un parent établi à Dakar. Cette somme devait être redistribuée à plusieurs membres de sa famille vivant dans la région. Pour éviter toute confusion, la jeune femme a aussitôt appelé l’expéditeur afin de s’assurer de la part de chacun.

C’est à cet instant que son mari, Borry Sonko, a surpris la conversation. Entendant une voix masculine au bout du fil, il a aussitôt cru que son épouse entretenait une relation avec un autre homme. Submergé par la jalousie, il a arraché le téléphone et s’est violemment jeté sur sa femme, la rouant de coups avec une brutalité extrême. Les cris de détresse de la victime ont alerté les proches, qui sont intervenus pour tenter de la sauver.

Au lieu d’alerter les autorités, la famille de Borry Sonko a préféré dissimuler le drame, espérant étouffer l’affaire. Craignant que la gravité des blessures ne soit découverte, ils ont décidé d’évacuer la jeune femme vers l’hôpital régional de Ziguinchor, plutôt que celui de Sédhiou, plus proche. Mais malgré les soins reçus, B. Mandiang a succombé à ses blessures quelques heures après son admission.

À l’annonce de sa mort, le mari violent a immédiatement pris la fuite. Pendant plusieurs jours, il est resté introuvable dans la région avant de franchir la frontière pour se réfugier en Gambie. Pendant ce temps, la gendarmerie de Sédhiou, informée des faits, a ouvert une enquête et procédé aux constats d’usage. La dépouille de la victime a été inhumée le samedi suivant, dans une atmosphère de profonde douleur.

Après dix jours de cavale, la traque du fugitif a finalement pris fin grâce à une étroite collaboration entre les forces de sécurité sénégalaises et gambiennes. Les enquêteurs ont réussi à localiser Borry Sonko dans le village de Bourfout, en territoire gambien. Pris par surprise, il a été arrêté par la police locale avant d’être remis, dimanche dernier, aux gendarmes de Sédhiou.

Entendu par les enquêteurs, le mis en cause a reconnu les faits. Il devrait être déféré dans les prochains jours devant le parquet de Sédhiou pour « homicide volontaire » sur son épouse. Ce drame, qui endeuille une famille et un village tout entier, relance une fois de plus le débat sur les violences conjugales, fléau persistant dans plusieurs régions du pays.

Maître Ciré Clédor Ly met en garde le tandem Sonko-Diomaye : « Le pouvoir est pris, mais il n’est pas pleinement exercé »

Dans un contexte post-électoral marqué par les attentes d’une jeunesse déterminée à voir le changement se concrétiser, Maître Ciré Clédor Ly, avocat de renom et figure influente du barreau sénégalais, a lancé un vibrant appel au duo présidentiel Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Selon lui, l’heure n’est plus à la prudence mais à l’action. Il estime que la survie du nouvel ordre politique issu des urnes dépend d’une refonte profonde, voire radicale, de la justice et de l’administration.

« Tout État qui ne se dote pas d’une justice forte est destiné à l’effondrement », avertit Maître Ly, pour qui la justice doit être « une lance de fer dans un fourreau d’acier ». L’avocat ne mâche pas ses mots et dénonce la faiblesse structurelle du système judiciaire sénégalais, qu’il juge gangrené par des années de compromissions et de soumissions au pouvoir politique. « Une justice faible est une justice de compromission », tranche-t-il, rappelant que de nombreux juges et procureurs ayant activement participé à la répression durant les trois années de crise politique « restent impunis et commencent à échapper à toute sanction pénale et pécuniaire ».

Pour l’avocat, cette absence de reddition de comptes met en péril la crédibilité du processus de rupture promis par le nouveau pouvoir. Mais le mal, selon lui, ne s’arrête pas à la justice. Maître Ly s’en prend également à une administration qu’il qualifie de « compradore », c’est-à-dire dépendante d’intérêts étrangers et hostiles au changement. « Cette administration travaille intelligemment et méthodiquement à l’échec du gouvernement d’Ousmane Sonko », accuse-t-il, estimant que des forces internes s’activent pour neutraliser les réformes.

Plus grave encore, il alerte sur l’existence d’une « contre-révolution » en gestation, soutenue selon lui par des réseaux internes et des appuis extérieurs. « Elle est prête à l’assaut, avec une 5e colonne qui partira de l’Hexagone, de Paris, dès la semaine prochaine », prévient-il, appelant le pouvoir à ne pas adopter une posture défensive, mais à réagir avec fermeté et anticipation.

Maître Ciré Clédor Ly, connu pour son franc-parler et son engagement constant aux côtés des victimes de la répression, exhorte le tandem Sonko-Diomaye à ne pas trahir l’esprit de la révolution citoyenne. Il rappelle le prix élevé payé par le peuple sénégalais au cours des dernières années : « Le Sénégal a vécu trois interminables années de répression sanglante, d’emprisonnements arbitraires, de tortures, de barbarie et de meurtres. »

Dans une mise en garde solennelle, il avertit le nouveau gouvernement : « Toute révolution non assumée et qui s’accommode de réformes non systémiques est vouée à un lamentable échec. » Pour lui, la rupture doit être totale et les réformes engagées doivent rompre avec les logiques du passé. « Le système doit être cassé, le pouvoir pleinement exercé et les commandes confiées à ceux qui avaient donné de leur liberté et de leur sang », martèle-t-il.

En s’adressant directement au président de la République et à son Premier ministre, l’avocat souligne la légitimité historique du duo au pouvoir : « Le tandem Sonko-Diomaye a l’onction de tout un peuple, la légitimité et la légalité. Le pouvoir est pris, mais il n’est pas pleinement exercé. »

Maître Ly conclut en revenant à ce qu’il considère comme le cœur de la transformation à venir : la justice. Selon lui, celle-ci, censée être la gardienne du nouvel ordre démocratique, « est restée sous le contrôle de l’ordre renversé ». D’où son appel à accélérer la cadence, à assumer sans réserve la rupture et à faire de la justice le socle d’un État véritablement nouveau.

Liberté 6 – Justice : Yassine Fall salue le courage des femmes du personnel pénitentiaire et promet une justice plus humaine

En visite ce lundi à la Maison d’arrêt pour femmes (MAF) de Liberté 6, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a rendu un vibrant hommage aux femmes du personnel pénitentiaire, soulignant leur « courage » et leur « résilience » face aux défis quotidiens de leur mission. Cette étape s’inscrit dans le cadre d’une tournée nationale de contact initiée par la Garde des Sceaux dans les établissements pénitentiaires du pays.

Accueillie par la direction de la prison et les responsables de l’administration pénitentiaire, Mme Fall a d’abord tenu à échanger directement avec les détenues. Elle a écouté avec attention leurs doléances, portant notamment sur les conditions de détention, l’accès aux soins, la formation professionnelle et la réinsertion sociale. La ministre a assuré qu’elle examinerait ces préoccupations « avec la plus grande attention », réaffirmant la volonté du gouvernement de placer la dignité humaine au cœur de la politique carcérale.

Poursuivant sa visite, Yassine Fall s’est ensuite entretenue avec les agentes pénitentiaires, saluant leur dévouement et leur sens du devoir. « Je tiens à vous féliciter pour votre courage et votre engagement. Vous accomplissez une mission essentielle dans des conditions souvent difficiles, tout en assumant vos rôles de mères et d’épouses. Vous pouvez compter sur mon soutien pour améliorer vos conditions de travail », a-t-elle déclaré, sous les applaudissements du personnel.

Selon le ministère de la Justice, cette visite s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre l’administration pénitentiaire et les autorités de tutelle, afin de renforcer le dialogue, d’évaluer les besoins sur le terrain et d’identifier les priorités pour une réforme durable du système carcéral. Elle traduit la volonté du gouvernement de réhabiliter la fonction pénitentiaire, d’améliorer la prise en charge des détenus et de promouvoir une justice équitable, inclusive et respectueuse des droits humains.

Avant de quitter les lieux, Mme Fall a réaffirmé son engagement à poursuivre ces visites dans d’autres établissements du pays. « La justice ne se limite pas aux tribunaux, elle commence aussi dans nos prisons. C’est sur le terrain que nous pouvons écouter, comprendre et agir efficacement », a-t-elle souligné.

France – Nicolas Sarkozy incarcéré à la prison de la Santé : ses avocats déposent une demande de remise en liberté

Ce mardi 21 octobre 2025 restera comme une date inédite dans l’histoire politique française. Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a été incarcéré à la prison de la Santé, à Paris. Une première dans la Ve République pour un ancien chef de l’État, qui ouvre une nouvelle page judiciaire dans une affaire déjà très médiatisée.

Dès son arrivée à la maison d’arrêt, ses avocats ont immédiatement déposé une demande de remise en liberté. Cette procédure, prévue par le code de procédure pénale, marque le début d’un nouveau bras de fer judiciaire entre la défense de l’ancien président et la justice française. Selon les informations recueillies, la cour d’appel devrait examiner cette demande dans les délais standards, sans aucun traitement particulier lié à son statut d’ancien chef d’État.

Interrogé sur le plateau de BFMTV, Me Christophe Ingrain, l’un des avocats de Nicolas Sarkozy, a affirmé : « Il n’y a objectivement aucune raison pour que la cour d’appel refuse cette mise en liberté, mais il y a l’aléa judiciaire et on y fera face. » Une déclaration prudente, qui traduit la tension entourant ce dossier.

Son confrère, Me Jean-Michel Darrois, visiblement ému, a pour sa part dénoncé une situation qu’il juge injuste : « C’est une honte. C’est un jour funeste pour Nicolas Sarkozy, mais aussi pour notre justice. » L’avocat a tenu à préciser que la procédure suivra son cours normal : « Il n’y aura pas de régime de faveur, sa demande sera examinée dans le délai moyen, soit environ un mois. En toute hypothèse, Nicolas Sarkozy fera trois semaines à un mois de détention avant que la cour d’appel statue. »

Selon les textes en vigueur, la justice dispose d’un maximum de deux mois pour se prononcer sur une demande de remise en liberté. Toutefois, plusieurs observateurs estiment que la décision pourrait intervenir plus rapidement, compte tenu de la sensibilité et de la visibilité du dossier.

L’incarcération de Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé marque un tournant symbolique. Pour la première fois, un ancien président français se retrouve derrière les barreaux, rappelant l’exigence d’égalité de tous devant la loi, mais ravivant aussi un profond débat sur la justice, la politique et la mémoire du quinquennat sarkozyste.

Goudomp – Singuère Diola : un village renaît avec sa première école après des années d’exil

Le son des rires d’enfants a de nouveau envahi les ruelles sablonneuses de Singuère Diola. Après plus de deux décennies d’exode forcé à cause du conflit en Casamance, les habitants de ce petit village de la commune de Kaour, dans le département de Goudomp, célèbrent un symbole fort du retour à la vie : l’ouverture de leur première école élémentaire.

Cette réalisation a été rendue possible grâce au leadership du maire Sékhou Samb Ndiaye, qui a procédé, ce lundi 20 octobre 2025, à la réception officielle de deux (02) salles de classe entièrement construites.

L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un partenariat fructueux entre la municipalité et le Programme de Développement Économique Communal (PDEC).

La cérémonie, présidée par les autorités locales, a réuni une foule nombreuse composée d’enseignants, d’élèves, de parents d’élèves et de notables du village. Tous sont venus témoigner leur reconnaissance pour cette œuvre qui vient renforcer les infrastructures scolaires de la localité.

Prenant la parole, le maire Sékhou Samb Ndiaye a réaffirmé son engagement en faveur de l’éducation :

« Parler peu mais travailler beaucoup, c’est notre credo. Ces deux salles de classe ne sont qu’un début. L’école est le socle du développement et nous continuerons à investir dans l’avenir de nos enfants », a-t-il déclaré, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Le représentant du PDEC a, de son côté, salué la qualité du partenariat avec la municipalité de Kaour et la rigueur dans l’exécution des travaux. L’entrepreneur, l’équipe municipale et la population ont également été félicités pour leur implication tout au long du processus.

Ces nouvelles infrastructures permettront d’améliorer considérablement les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants, tout en réduisant la surcharge dans certaines classes.

Cette réception marque une étape importante dans la politique de développement local impulsée par la mairie de Kaour, qui fait de l’éducation une priorité.

L’initiative vient ainsi renforcer la dynamique communautaire autour d’un objectif commun : offrir à chaque enfant de Singuère Diola un cadre d’étude digne et propice à la réussite.

États-Unis : Moody’s condamnée à payer une amende record de 864 millions de dollars pour son rôle dans la crise des subprimes

La justice américaine a annoncé, dans un communiqué officiel, avoir conclu un accord historique avec l’agence de notation financière Moody’s. L’entreprise devra s’acquitter d’une amende de 864 millions de dollars, soit un peu plus de 486 milliards de francs CFA, pour avoir joué un rôle déterminant dans le déclenchement de la crise financière de 2008, dite des subprimes.

Selon le communiqué, repris par le quotidien Le Soleil, cette somme sera répartie entre plusieurs bénéficiaires. Le département de la Justice des États-Unis percevra 437,5 millions de dollars (près de 250 milliards de francs CFA), tandis que 21 États américains et la ville de Washington se partageront 426,3 millions de dollars (près de 240 milliards de francs CFA).

L’accord met fin à plusieurs années d’enquête et de procédures engagées contre Moody’s. Les autorités américaines reprochaient à l’agence d’avoir surévalué la note de titres financiers adossés à des créances immobilières risquées, les fameux prêts subprimes, qui se sont révélés être au cœur de la crise économique mondiale de 2008. Ces pratiques ont contribué à induire en erreur les investisseurs et à provoquer une onde de choc sur les marchés financiers.

Après de longues négociations, Moody’s a reconnu les faits et accepté non seulement de payer l’amende, mais aussi de mettre en œuvre de nouvelles mesures de transparence et de contrôle pour garantir l’intégrité de ses notations à l’avenir.

Le responsable du pôle anti-trust du département d’État américain, Bill Baer, a sévèrement critiqué le comportement de l’agence :

« Moody’s n’a pas respecté ses propres standards de notation financière et a failli à sa promesse de transparence dans la période qui a précédé la Grande récession », a-t-il déclaré, cité par Le Soleil.

Cette condamnation retentissante pourrait avoir des répercussions au-delà des États-Unis, notamment au Sénégal. En effet, les autorités sénégalaises avaient récemment contesté la crédibilité de la notation de Moody’s, qui avait décidé de dégrader la note souveraine du pays de B3 à Caa1. Une décision jugée injuste par le gouvernement.

Dans un communiqué officiel, le ministère sénégalais des Finances et du Budget avait dénoncé une évaluation fondée sur des « hypothèses spéculatives, subjectives et biaisées », estimant qu’elle « ne reflète ni la réalité des fondamentaux économiques du pays ni les efforts entrepris pour consolider la stabilité et renforcer la soutenabilité de la dette ».

La sanction infligée à Moody’s pourrait ainsi conforter la position du Sénégal, qui reproche depuis plusieurs mois aux grandes agences de notation de manquer d’objectivité et de rigueur dans leur évaluation des économies africaines. Pour Dakar, cette affaire relance le débat sur la fiabilité et la transparence du système international de notation financière, dont les décisions peuvent avoir un impact considérable sur l’accès des pays en développement aux marchés internationaux.

En attendant, cette amende record marque un tournant pour Moody’s, contrainte de revoir ses pratiques et de restaurer la confiance dans ses évaluations, après avoir reconnu sa responsabilité dans l’une des plus grandes crises économiques de l’histoire contemporaine.

Dette cachée : Macky Sall saisit le ministère des Finances et la Cour des comptes pour obtenir la vérité

L’ancien président de la République, Macky Sall, ne compte pas rester en marge du débat autour de la dette cachée attribuée à son régime. Dans un entretien paru ce lundi dans le journal L’Observateur, son avocat, Me Pierre-Olivier Sur, a révélé que son client a officiellement saisi le ministère des Finances et du Budget ainsi que la Cour des comptes afin d’obtenir des « documents et données brutes » relatifs à cette affaire.

Selon l’avocat français, cette démarche vise à clarifier la situation et à établir les faits sur des bases objectives. « Le Président Macky Sall souhaite à travers cette procédure obtenir des éléments concrets, vérifiables et officiels sur la question de la dette cachée », a expliqué Me Sur, soulignant la volonté de transparence de l’ancien chef de l’État.

Cependant, les institutions saisies n’auraient, pour l’instant, donné aucune suite. L’avocat précise que malgré des relances, ni le ministère des Finances ni la Cour des comptes n’ont répondu aux correspondances envoyées par la défense de l’ancien président. Face à ce silence, Macky Sall envisage désormais d’élever le ton. « Nous prévoyons une mise en demeure formelle de communication des pièces sollicitées. Si cette voie amiable demeure infructueuse, nous n’excluons pas d’introduire un recours en référé pour obtenir ces documents ou de saisir toute autorité judiciaire compétente », a prévenu Me Sur.

Pour l’ancien président, cette initiative s’inscrit dans une démarche claire : « Le message est simple : la vérité, la procédure, la justice », a résumé son avocat. Macky Sall, poursuit-il, aborde ce combat avec « calme et confiance dans les institutions de son pays ».

Me Pierre-Olivier Sur insiste par ailleurs sur la sérénité et la détermination de son client, convaincu que la lumière finira par être faite sur ce dossier. « Il n’a rien à cacher et demeure attaché à la transparence et à la reddition des comptes. Il sait que la vérité finira par s’imposer, dès lors que les faits seront établis sur des bases techniques et non politiques », a-t-il conclu.

Macky Sall, un ex-président toujours au cœur du jeu politique sénégalais

Plus de six mois après la fin de son mandat, Macky Sall continue de susciter débats et controverses sur la scène politique sénégalaise. Loin d’un retrait discret, l’ancien chef de l’État semble entretenir une présence soutenue, entre interventions médiatiques, voyages à l’étranger et influence persistante de ses réseaux politiques. Une posture que beaucoup interprètent comme une volonté de rester dans le jeu, voire d’influer sur la recomposition du pouvoir en place.

Invité du Grand Jury de la RFM ce dimanche 19 octobre 2025, l’enseignant-chercheur Moussa Diaw a livré une analyse franche du comportement de l’ancien président. Selon lui, « Macky Sall n’a jamais quitté le jeu. Il a choisi la confrontation plutôt que la neutralité. » Contrairement à ses prédécesseurs Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, qui s’étaient volontairement retirés de la scène politique après leur départ du pouvoir, Macky Sall semble avoir conservé un agenda politique bien défini. Cet agenda, estime le Pr. Diaw, repose sur deux axes majeurs : la défense de son héritage politique et la volonté de contrer certaines réformes entreprises par le régime de Bassirou Diomaye Faye.

Pour le politologue, cette posture s’apparente à une forme « d’ingérence » dans les affaires internes du pays. Il évoque notamment le maintien de réseaux d’influence actifs, une présence médiatique continue et des prises de position publiques sur des questions sensibles comme la gestion de la dette ou la gouvernance économique. « Macky Sall cherche à contester les orientations du pouvoir actuel et à retarder certaines décisions stratégiques », affirme-t-il.

L’universitaire pointe également un activisme diplomatique jugé mal perçu par les nouvelles autorités. Les apparitions internationales de l’ancien président, notamment lors de la présentation de son livre à l’ONU, sont perçues comme des tentatives de repositionnement politique et de maintien d’une visibilité sur la scène mondiale. Ces déplacements, loin d’être anodins, témoigneraient d’une stratégie de communication visant à rappeler son rôle et son influence au-delà des frontières nationales.

Sur le plan judiciaire, la tension reste palpable. Plusieurs proches de l’ancien président sont visés par des procédures, tandis que des voix s’élèvent pour réclamer la mise en accusation de Macky Sall lui-même. Pour le Pr. Diaw, cette situation est en partie le résultat de l’attitude adoptée par l’ancien chef de l’État après son départ du pouvoir. « Il a lui-même déclenché ce bras de fer, mû par la crainte d’un règlement de comptes », analyse-t-il.

L’universitaire reconnaît toutefois à Macky Sall le droit de poursuivre une carrière politique, mais l’invite à plus de clarté dans sa démarche. « S’il veut vraiment servir le Sénégal, qu’il revienne et mène le débat ici, plutôt que depuis l’extérieur », a-t-il lancé. Un appel à l’apaisement, mais aussi à la responsabilité, dans un contexte où les divisions politiques et les tensions institutionnelles continuent de marquer la vie publique sénégalaise.

En définitive, plus qu’un ancien président, Macky Sall apparaît aujourd’hui comme un acteur incontournable d’un paysage politique en pleine recomposition. Son influence, qu’elle soit directe ou indirecte, continue de peser sur les équilibres du pouvoir, alimentant le débat sur la place que doivent occuper les anciens chefs d’État dans la vie politique nationale.

Mobilisation autour de Cheikh Touré : plus de 3 millions de FCFA récoltés pour rapatrier le corps du jeune footballeur décédé au Ghana

La disparition tragique du jeune footballeur sénégalais Cheikh Touré continue de susciter une vive émotion au Sénégal comme dans la diaspora. Depuis l’annonce de son décès à Kumasi, au Ghana, la solidarité ne faiblit pas. En quelques heures seulement, une vaste mobilisation s’est organisée pour venir en aide à sa famille et rapatrier sa dépouille.

À l’initiative de l’influenceur Mame Balla Mbow, une cagnotte en ligne a été lancée afin de couvrir les frais liés au rapatriement du corps et à l’organisation des funérailles. L’élan de générosité a été immédiat : à peine quelques heures après son ouverture, la collecte affichait déjà la somme de 3 405 000 FCFA, soit 68 % de l’objectif fixé.

« J’avais fixé un délai au 10 novembre, pensant que l’objectif ne serait pas atteint rapidement. Nous sommes déjà à 68 %, d’ici quelques heures ce sera fait et nous fermerons la cagnotte », a déclaré Mame Balla Mbow, visiblement ému par la réactivité et la solidarité des internautes.

Le drame remonte au 17 octobre 2025. Cheikh Touré, âgé de 18 ans, avait quitté le Sénégal pour le Ghana après avoir été contacté par des individus se présentant comme des recruteurs de football. Ces derniers lui auraient promis un essai dans un club professionnel ghanéen. Malheureusement, il s’agissait d’un piège macabre. À son arrivée à Kumasi, le jeune joueur aurait été enlevé et retenu en otage, sa famille recevant par la suite des demandes de rançon.

Les circonstances de sa mort demeurent troubles. Selon les premières informations, un individu nommé Issah, qui se serait présenté comme le frère de Cheikh Touré, a conduit le jeune homme à l’hôpital public de Manhyia le 16 octobre, affirmant qu’il souffrait de graves douleurs abdominales. Mais les médecins ont rapidement constaté que le footballeur était déjà décédé à son arrivée. Après ce constat, Issah a transféré le corps à la morgue Ebenezer de Tafo, à Kumasi.

La police régionale d’Ashanti a immédiatement ouvert une enquête afin d’élucider les circonstances du décès. Les enquêteurs ghanéens ont relevé plusieurs incohérences dans les déclarations d’Issah, renforçant la thèse d’un meurtre prémédité. Les autorités du Ghana travaillent désormais en étroite collaboration avec la police sénégalaise pour identifier les auteurs de ce crime et assurer que justice soit rendue.

En attendant les conclusions de l’enquête, la famille de Cheikh Touré reste plongée dans la douleur. Le jeune homme, décrit par ses proches comme « ambitieux, humble et passionné de football », nourrissait de grands rêves de carrière professionnelle. Sa mort tragique met une nouvelle fois en lumière les dérives du trafic de faux recruteurs sportifs, un phénomène en pleine expansion en Afrique de l’Ouest.

Alors que l’émotion reste vive, la mobilisation pour rapatrier le corps du défunt au Sénégal se poursuit, symbole d’une solidarité nationale face à la tragédie.

Kaffrine – Santé : Randonnée pédestre pour sensibiliser sur les cancers

Le district sanitaire de Kaffrine a organisé, le week-end dernier, une randonnée pédestre dans la commune, marquée par une forte mobilisation des populations venues participer massivement à l’activité.

Les randonneurs ont sillonné plusieurs artères de la ville dans le but de sensibiliser sur les cancers du col de l’utérus et du sein, dans le cadre des activités d’Octobre Rose.

Selon Aïssata Hanne, responsable de l’information et de l’éducation pour la santé au district sanitaire de Kaffrine, cette activité a été organisée en partenariat avec le Réseau des femmes enseignantes, l’Association régionale des sages-femmes d’État et l’Association des jeunes.

« Cette randonnée pédestre marque le démarrage des activités d’Octobre Rose au niveau du district sanitaire de Kaffrine. D’autres actions sont prévues, notamment une caravane de sensibilisation, des émissions radiophoniques et des activités décentralisées dans d’autres localités », a expliqué Mme Hanne.

Elle s’est réjouie de la forte mobilisation des populations et a salué l’accompagnement des partenaires techniques et financiers.

« Je lance un appel aux femmes à pratiquer régulièrement l’auto-palpation des seins afin de détecter à temps les signes précurseurs de la maladie », a-t-elle recommandé.

De son côté, le médecin-chef adjoint du district sanitaire de Kaffrine, Baye Baba Yassine Ndiaye, a également salué la réussite de cette activité et l’engagement communautaire noté tout au long de la randonnée.

Kaolack – Éducation religieuse : Une association lance un projet de construction d’un daara et d’un lieu de culte pour accompagner les sérignes daaras

Dans un élan de solidarité et de soutien à l’éducation religieuse, une association dénommée « Association Nouvelle Vision de l’Éducation, de la Santé et de l’Action Humanitaire » a lancé un ambitieux projet de construction d’un daara moderne et d’un lieu de culte. L’objectif est d’accompagner les sérignes daaras dans leur noble mission de formation spirituelle et sociale des jeunes.

Selon le président de l’association, Thierno Diallo dit “Bilal”, ce projet vise à offrir de meilleures conditions d’apprentissage et d’hébergement aux talibés, tout en permettant aux maîtres coraniques d’évoluer dans un environnement plus digne et structuré.

« Nous voulons moderniser le daara tout en préservant nos valeurs religieuses et culturelles. C’est un devoir moral envers les enfants et les enseignants du Coran », a-t-il déclaré.

Le futur complexe comprendra des salles de classe équipées, un dortoir, un réfectoire, ainsi qu’une mosquée pouvant accueillir plusieurs centaines de fidèles. Il sera érigé à Gokoré, dans la commune de Mbadakhoun, une localité qui ne dispose actuellement d’aucune mosquée.

Pour la réalisation de ce projet, l’association bénéficie du soutien financier d’Elhadji Aboubacar Bop, un partenaire de longue date qui a contribué à la réussite de plusieurs initiatives portées par l’organisation.

Les sérignes daaras et la population de Gokoré Peulh ont salué cette initiative, soulignant qu’elle répond à un besoin urgent de modernisation des structures d’enseignement religieux, tout en respectant la tradition islamique sénégalaise.

Ce projet symbolise une nouvelle étape dans l’amélioration des conditions de vie et d’éducation dans les daaras, au service d’un islam de paix, de savoir et de solidarité.

Lors d’une récente cérémonie religieuse, Thierno Diallo “Bilal” a lancé un vibrant appel aux bonnes volontés, les invitant à soutenir toutes les initiatives à caractère religieux qui contribuent à la cohésion sociale et au développement spirituel du pays.

Il a également interpellé le président Bassirou Diomaye Faye, l’invitant à accompagner et encourager les porteurs de projets religieux œuvrant pour la paix, la solidarité et le renforcement des valeurs morales au sein des communautés.

Selon M. Diallo, de telles initiatives constituent un levier essentiel pour la stabilité et le développement durable du Sénégal, en favorisant l’unité nationale et la transmission des valeurs culturelles et spirituelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°588 – 21/10/2025

🔴 REVUE À LA BAISSE DE LA CROISSANCE DANS L’UEMOA PAR LE FMI : LE SÉNÉGAL PASSE DE 8,4% À 6%
🔴 HUIT HABITANTS SUR DIX EXPOSÉS À DES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX : LE SÉNÉGAL FACE À L’URGENCE ÉCOLOGIQUE

🔴 MORT DE CHEIKH TOURÉ À KUMASI : LES AUTORITÉS GHANÉENNES OUVRENT UNE ENQUÊTE
🔴 N2 / ENTENTE SPORTIVE GRAND YOFF : DAME NDOYE AUX COMMANDES !

Drame à Diourbel : le bébé d’Astou Ndiaye décède après un refus d’admission à l’hôpital régional

Un drame d’une rare douleur secoue la région de Diourbel. Astou Ndiaye, une jeune femme enceinte, a perdu son bébé après avoir été, selon plusieurs témoignages, refoulée à l’entrée de l’hôpital régional de Diourbel, faute de place disponible au service de maternité. Les faits se sont déroulés en fin de semaine, devant l’établissement hospitalier, provoquant une vive émotion et une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.

Face à l’ampleur de la polémique, le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cette tragédie.

Invité de l’émission Soir d’Info sur la TFM, Cheikh Seck, secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la santé (FDTS), a réagi à cette affaire en appelant à la prudence et à une analyse approfondie avant tout jugement hâtif. Pour lui, cette situation met en lumière les failles du système de prise en charge des urgences obstétricales, mais elle nécessite avant tout une approche méthodique.

« J’analyse en tant qu’agent de santé. Quand on parle d’hôpital ou de la maternité qui s’y trouve, c’est la structure au sommet de la pyramide sanitaire », a-t-il déclaré. Selon lui, l’hôpital régional de Diourbel, en tant qu’établissement public de santé de niveau 3, dispose d’un plateau technique important et ne peut normalement référer des cas que vers Dakar. « Il faut donc une analyse beaucoup plus profonde par rapport à la situation », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d’un audit complet.

Cheikh Seck insiste sur le fait que chaque décès maternel doit faire l’objet d’une enquête détaillée pour situer les responsabilités à tous les niveaux de la chaîne sanitaire. « Cette femme a porté sa grossesse pendant neuf mois. Faisait-elle ses consultations prénatales ? Y a-t-il eu, au cours de ces visites, des anomalies qui justifient qu’elle ne devait pas accoucher dans un poste de santé ? À quel moment est-elle arrivée à l’hôpital ? Tous ces éléments doivent être examinés avant de tirer des conclusions », a-t-il expliqué.

Le syndicaliste pointe également du doigt un autre problème récurrent dans le système de santé : les retards fréquents des patientes à consulter les structures médicales. « Les malades ne viennent souvent pas à temps. Ils attendent le dernier moment et les risques sont énormes. On peut avoir une rupture prématurée de la membrane, une hémorragie. Souvent, les lenteurs avant d’arriver à l’hôpital aggravent la situation », a-t-il regretté.

Toutefois, Cheikh Seck rappelle qu’en matière de santé publique, un principe demeure inaliénable : toute urgence doit être prise en charge, quelles que soient les contraintes de place ou de personnel. « Si des difficultés avaient été détectées, la parturiente ne devait pas être éconduite. Quelle que soit la situation, les urgences doivent être levées. C’est ce qu’on nous apprend en santé publique », a-t-il martelé.

En attendant les conclusions de l’enquête et de l’audit médical annoncé, le syndicaliste invite à la retenue et à la responsabilité. « Il est plus judicieux d’attendre les conclusions de l’audit pour comprendre exactement ce qui s’est passé. C’est à partir de là que nous pourrons parler en toute responsabilité », a-t-il conclu.

Polémique autour de l’attribution du marché de gardiennage à la LONASE : la transparence mise en avant

La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) se retrouve au centre d’une controverse concernant l’attribution de son marché de gardiennage, suite à des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux évoquant un « deal » douteux. Face à l’indignation et aux suspicions d’irrégularités, la Cellule de Passation des Marchés de l’institution a tenu à clarifier la situation en rappelant les règles strictes du Code des Marchés publics.

Selon les informations relayées, la société Fambène Sécurité aurait été écartée du marché malgré une offre inférieure de 13 millions de FCFA par rapport à celle retenue. L’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) se serait, quant à elle, vue attribuer le contrat, suscitant des interrogations sur la légitimité du choix.

Dans un communiqué officiel, la LONASE a apporté des précisions chiffrées. L’appel d’offres ouvert (AOO) a reçu quatre propositions : Sypress Sécurité avec 644 418 828 F CFA, Fambène Sécurité avec 800 834 376 F CFA, l’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) avec 813 492 000 F CFA, et Vigassistance Sénégal avec 1 495 526 100 F CFA. Si le montant de l’offre de Fambène Sécurité était inférieur de 13 millions à celui de l’ASS, la différence financière n’était pas le seul critère déterminant. Le communiqué souligne que le dossier d’appel d’offres exigeait notamment une attestation de ligne de crédit garantissant la capacité du prestataire à couvrir ses charges de fonctionnement sans dépendre des paiements du marché.

Or, la garantie bancaire fournie par Fambène Sécurité ne remplissait pas cette exigence. La banque mentionnait que la ligne de crédit, pouvant aller jusqu’à 50 millions de FCFA, serait examinée au cas par cas et pouvait être refusée selon sa discrétion, ne constituant donc pas une garantie ferme et absolue. La Commission des Marchés a jugé que cette condition s’écartait substantiellement des exigences du dossier et ne permettait pas d’assurer la bonne exécution du contrat. En conséquence, l’ASS a été retenue, son offre respectant l’ensemble des critères techniques et financiers fixés par l’appel d’offres.

La LONASE a également insisté sur le contrôle a priori effectué par la Direction centrale des marchés publics (DCMP), qui a donné son avis de non-objection le 24 septembre 2025, certifiant ainsi la légalité du processus de passation. L’avis d’attribution provisoire a été publié le 2 octobre 2025 dans « SUD Quotidien », confirmant la conformité de la procédure.

L’institution conclut son communiqué en rappelant son attachement au respect strict du décret N° 2022-2295 portant Code des Marchés publics et met fin, selon elle, aux controverses autour de l’attribution de ce marché de gardiennage.

Longue détention et surpopulation : la ministre de la Justice Yacine Fall dénonce et promet des solutions

En visite à la Maison d’arrêt et de correction des femmes de Liberté 6 ce lundi, la ministre de la Justice, garde des Sceaux, Yacine Fall, a constaté la surpopulation et la longue détention des femmes dans les prisons. La prison de Liberté 6 compte aujourd’hui 154 détenues, un chiffre alarmant, dont 87 % sont en attente de jugement. Mme Fall a lancé un appel au système judiciaire pour « accélérer les dossiers ».

Une prison au bord de l’asphyxie

La Maison d’arrêt et de correction des femmes de Liberté 6 est au bord de l’asphyxie. C’est le constat sans appel dressé ce lundi par la ministre de la Justice lors d’une visite de terrain destinée à mieux appréhender les réalités du milieu carcéral. Après une première visite à la prison pour hommes de Rebeuss, Mme Fall a été confrontée à une situation de surpopulation critique : l’établissement, d’une capacité théorique de 100 places, accueille aujourd’hui 154 détenues.

La détention préventive, cœur du problème

Plus que le chiffre global, c’est sa décomposition qui révèle l’ampleur du dysfonctionnement. Sur les 154 femmes incarcérées, seules 20 ont été condamnées. Les 134 autres, soit 87 % de l’effectif, sont des prévenues en attente de jugement. Une situation que la ministre a qualifiée de particulièrement difficile, soulignant que la promiscuité et le surpeuplement portent atteinte à la dignité humaine. Selon Mme Fall, la racine du problème est la longueur des détentions préventives.

Cette visite a également été l’occasion pour la ministre d’échanger avec les détenues et le personnel pénitentiaire. Ces derniers ont soulevé un certain nombre de problèmes structurels, mais aussi des difficultés qui peuvent être résolues à court terme.

Des besoins spécifiques pour 3 % de la population carcérale

La ministre a rappelé que les femmes, bien que ne représentant que 3 % de la population carcérale sénégalaise, ont des « besoins spécifiques » consacrés par les instruments internationaux, notamment les Règles de Bangkok adoptées par l’ONU.

« Les femmes détenues doivent être protégées contre les abus, les discriminations et les violences », a-t-elle insisté, soulignant l’importance de l’accès aux soins, y compris la santé reproductive, ainsi que la nécessité d’une attention particulière pour les femmes enceintes et les mères accompagnées d’enfants. Des besoins que l’inadaptation des infrastructures et la surpopulation actuelle rendent difficiles à satisfaire.

Un appel pour « accélérer les dossiers »

Face à cette urgence, Mme Yacine Fall a annoncé des actions sur deux fronts. D’abord, la tenue imminente d’une réunion avec l’administration pénitentiaire pour identifier les mesures pouvant être prises à court terme.

Ensuite, et c’est là le fond du problème, elle a lancé un appel aux maisons de justice et aux responsables du système judiciaire afin d’accélérer les dossiers et répondre à l’éminente question de la surpopulation carcérale.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté de réforme affichée par l’exécutif. La ministre a rappelé l’engagement du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, concrétisé par la tenue des Assises nationales sur la réforme de la justice en mai et juin.

« La question carcérale reste un défi central pour notre système judiciaire », a conclu Mme Fall, réaffirmant sa responsabilité de s’attaquer à cet enjeu à la jonction de la dignité humaine, de la sécurité et de la réforme des institutions.

Enquête ouverte au Ghana sur le décès d’un jeune Sénégalais à Kumasi

Kumasi, 20 octobre 2025 – La police ghanéenne a annoncé ce lundi l’ouverture d’une enquête concernant les circonstances entourant la mort de Cheikh Touré, un jeune Sénégalais âgé de 20 ans, dont le corps a été déposé à la morgue Ebenezer de Tafo, dans la région d’Ashanti.

Selon le communiqué officiel du Commandement de la police, les premières investigations ont permis d’identifier un individu prénommé Issah, qui se serait présenté comme le frère du défunt. Les éléments recueillis indiquent que c’est ce dernier qui aurait conduit Cheikh Touré à l’hôpital public de Manhyia le 16 octobre. À son arrivée, la victime était décrite comme étant « dans un état critique, présentant plusieurs blessures abdominales », Issah expliquant que le jeune homme aurait été victime d’un accident.

Toutefois, la police précise que les dossiers hospitaliers révèlent que Cheikh Touré était déjà décédé au moment de son admission, confirmant ainsi que l’état critique signalé par Issah ne correspondait pas à la réalité médicale. Toujours selon les autorités, c’est ce même individu qui aurait ensuite transporté la dépouille à la morgue d’Ebenezer.

Le Commandement de la police a souligné dans son communiqué que tous les moyens sont mobilisés afin de mener une enquête approfondie pour élucider les circonstances exactes de la mort de Cheikh Touré et déterminer la responsabilité des personnes impliquées. Les autorités ghanéennes s’engagent à fournir des éclaircissements dès que les investigations auront progressé.

Huit Sénégalais sur dix exposés à des risques environnementaux : l’alerte de l’ANSD sur une vulnérabilité croissante

La vulnérabilité environnementale des populations sénégalaises atteint un niveau préoccupant. Selon les résultats de l’Enquête nationale sur les risques environnementaux et la vulnérabilité des populations selon le genre (ENREVG), présentés ce lundi 20 octobre à Dakar, huit Sénégalais sur dix ont déjà été victimes ou témoins d’une catastrophe ou d’un risque environnemental. Cette étude, rendue publique par le directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), Abdou Diouf, coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de la statistique, placée cette année sous le thème : « Favoriser le changement grâce à des statistiques et des données de qualité disponibles pour tous. »

Selon Abdou Diouf, l’écrasante majorité de la population vit dans un environnement exposé à des menaces multiples. L’étude a répertorié pas moins de 43 types de risques, parmi lesquels figurent la proximité des décharges publiques, la salinisation des terres, la sécheresse, la pollution de l’air ou encore les tempêtes de poussière. Les risques liés à la chaleur et à la poussière sont les plus courants, touchant respectivement six à sept Sénégalais sur dix, ce qui témoigne d’une exposition quasi généralisée à des conditions climatiques extrêmes.

Le rapport indique que 43 % des personnes interrogées ont eu accès à un système d’alerte précoce, notamment lors des vagues de chaleur et des tempêtes de sable. Toutefois, près de la moitié de la population déclare ne pas être informée à temps. Cette situation, selon le directeur général de l’ANSD, révèle « la nécessité de renforcer les dispositifs d’alerte et les capacités d’adaptation communautaire ». Le manque d’information rapide et fiable sur les phénomènes météorologiques accentue la vulnérabilité des populations rurales et périurbaines.

Les conséquences de cette exposition aux risques environnementaux sont lourdes pour de nombreux ménages. Environ 15 % des foyers interrogés ont signalé des dégâts matériels, tandis que 26 % affirment que leurs moyens de subsistance ont été affectés. Les secteurs de la pêche, de l’agriculture et de la foresterie sont particulièrement touchés, mettant en péril la sécurité alimentaire et les revenus de milliers de familles. Abdou Diouf a aussi insisté sur le fait que « les femmes, les enfants et les personnes vivant avec un handicap sont les groupes les plus exposés », en raison de leur plus grande dépendance aux ressources naturelles et de leur faible accès à l’information et aux moyens de protection.

Pour remédier à cette situation, le directeur général de l’ANSD a plaidé pour une promotion accrue des emplois verts et un renforcement de l’éducation environnementale dans les communautés. Il a également souligné l’importance de la collecte et de l’exploitation des données issues de nouvelles sources, telles que la téléphonie mobile et les données numériques, dans un contexte d’ouverture et de transparence statistique. Ces données, a-t-il affirmé, permettront d’éclairer les politiques publiques de manière plus efficace et de mieux anticiper les catastrophes environnementales.

De son côté, Abdourahmane Ndiaye, de la Direction de la planification et de la veille environnementale, a salué cette enquête qu’il considère comme « une traduction concrète de la volonté du Sénégal de fonder ses politiques publiques sur des données fiables et scientifiquement établies ».

La directrice régionale adjointe d’ONU Femmes, Mireille Kamitatou, a pour sa part félicité le « partenariat exemplaire entre l’ANSD et les institutions internationales », soulignant que le Sénégal fait figure de pionnier dans la production de statistiques intégrant la dimension genre.

Cette étude vient ainsi rappeler l’urgence d’une action concertée pour faire face aux menaces environnementales croissantes. Dans un contexte marqué par les changements climatiques et la pression démographique, la planification fondée sur des données scientifiques devient un impératif national pour protéger les populations les plus vulnérables.

LONASE : la vérité derrière le marché de 813 millions de FCFA attribué à ASS malgré une offre inférieure de Fambène Sécurité

La Loterie Nationale Sénégalaise (LONASE) est depuis quelques jours au cœur d’une vive polémique concernant l’attribution de son marché de gardiennage évalué à plus de 813 millions de francs CFA. Des rumeurs, propagées sur les réseaux sociaux, évoquent un « deal » suspect entre la direction de l’entreprise publique et la société attributaire, l’Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS). Les internautes et plusieurs observateurs y voient un cas de favoritisme, arguant qu’une autre entreprise, Fambène Sécurité, avait proposé une offre financière inférieure de 13 millions de francs CFA. Face à la controverse, la Cellule de Passation des Marchés de la LONASE a rompu le silence, brandissant le Code des Marchés Publics et donnant des explications détaillées pour justifier sa décision.

Selon le communiqué de la LONASE, quatre sociétés avaient soumissionné à l’appel d’offres ouvert pour le marché de gardiennage de ses locaux. Il s’agit notamment de Sypress Sécurité, Fambène Sécurité, Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) et Vigassistance Sénégal. Les offres déposées variaient considérablement, mais les deux plus compétitives étaient celles de Fambène et d’ASS, séparées par un écart de 13 millions de francs CFA. Cette différence de prix, jugée minime, a suffi à déclencher une vague de suspicion. Mais, selon la LONASE, ce n’est pas le prix seul qui détermine le choix final d’un adjudicataire dans un marché public, car les critères techniques et financiers priment sur le montant proposé lorsqu’il s’agit d’assurer l’exécution correcte du contrat.

L’institution précise que le Dossier d’Appel d’Offres (DAO) comportait un critère de qualification financière obligatoire, qualifié de « non négociable ». Chaque société devait fournir une attestation de ligne de crédit délivrée par une banque, prouvant sa capacité à couvrir ses charges de fonctionnement pendant l’exécution du contrat, sans dépendre des paiements de la LONASE. C’est sur ce point précis que la société Fambène Sécurité a été recalée.

La LONASE souligne que l’attestation bancaire présentée par Fambène Sécurité n’offrait aucune garantie ferme sur la disponibilité des fonds nécessaires. Le document fourni par la banque indiquait simplement qu’elle serait « disposée, si toutes les conditions sont réunies, à étudier toute demande de crédit jusqu’à hauteur de 50 millions de francs CFA », tout en précisant qu’elle restait « libre d’accepter ou de rejeter ladite demande ». Pour la commission d’évaluation, cette formulation conditionnelle est incompatible avec les exigences du DAO, car elle ne constitue pas une ligne de crédit effective, mais une simple promesse soumise à appréciation future.

En revanche, la société Agence Sénégalaise de Sécurité (ASS) a, selon la LONASE, rempli toutes les conditions exigées, aussi bien sur le plan technique que financier. Son offre, bien que légèrement plus élevée, a été jugée complète et conforme aux critères du marché. La Commission des Marchés a donc recommandé son attribution, décision qui a par la suite reçu l’aval de la Direction Centrale des Marchés Publics (DCMP). Celle-ci a donné son avis de non-objection le 24 septembre 2025, validant la régularité du processus d’évaluation et d’attribution.

La LONASE précise que l’avis d’attribution provisoire a été publié le 2 octobre 2025 dans le journal Sud Quotidien, conformément aux dispositions du décret n° 2022-2295 portant Code des Marchés Publics. Ce texte encadre les procédures de passation de marchés et impose un strict respect des règles de transparence et de concurrence. En se conformant à ce décret, la direction générale estime avoir agi dans la légalité la plus absolue.

Face aux accusations de favoritisme, la LONASE insiste sur le fait que le choix de l’ASS repose exclusivement sur des critères techniques et administratifs, et non sur des considérations politiques ou personnelles. L’entreprise rappelle qu’elle a mené tout le processus sous la supervision de la DCMP, garant institutionnel du respect des règles en matière de marchés publics.

Cependant, malgré ces clarifications, la polémique continue d’enfler sur les réseaux sociaux, où certains observateurs estiment que l’écart de 13 millions entre les deux offres aurait pu être négligé au profit d’une société locale réputée sérieuse. D’autres, en revanche, saluent la rigueur administrative de la LONASE, qui a préféré privilégier la conformité technique à la tentation du moindre coût.

Ce nouvel épisode met en lumière la fragilité de la confiance du public dans les procédures de passation des marchés publics au Sénégal, souvent perçues comme opaques, même lorsqu’elles respectent la lettre de la loi. Pour la LONASE, cette affaire illustre surtout la complexité de concilier transparence, performance financière et rigueur administrative dans un contexte de forte suspicion généralisée.

En conclusion, si la LONASE se félicite d’avoir respecté les normes juridiques et techniques qui encadrent les appels d’offres, cette affaire révèle une fois de plus la nécessité pour les entreprises publiques de renforcer leur communication et leur pédagogie sur les décisions de gestion, afin d’éviter que les zones d’ombre administratives ne se transforment en scandales médiatiques.

Blocages du déminage en Casamance et gestion des licences d’importation de riz : le gouvernement répond à Guy Marius Sagna

Le député Guy Marius Sagna a rendu publiques les réponses du gouvernement à plusieurs de ses interpellations écrites portant sur des sujets sensibles, notamment le déminage humanitaire en Casamance et la gestion des Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA). Ces réponses, transmises par les ministères concernés, apportent un éclairage sur les difficultés administratives, budgétaires et structurelles qui freinent certains programmes publics.

Dans sa question écrite intitulée « Casamance : le déminage humanitaire bloqué par une absence de base légale », introduite le 21 juillet 2025, le député de la coalition Yewwi Askan Wi avait attiré l’attention sur la situation critique du Centre National d’Action Antimines du Sénégal (CNAMS) et de son Projet d’Assistance à la Lutte Antimine en Casamance (PALAC). Il avait évoqué une série de dysfonctionnements internes, citant des retards de paiement de salaires, des coupures d’Internet, des factures d’eau et d’électricité impayées, et surtout, la suspension des missions de supervision sur le terrain.

Selon la réponse du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, le problème n’est pas lié à un manque de financement, mais à une anomalie administrative héritée de la création du PALAC. Le gouvernement a précisé que, même si le budget du CNAMS pour 2025 a été augmenté à 465 millions de francs CFA, soit 165 millions de plus que la subvention habituelle, les fonds ne peuvent pas être légalement versés au personnel. En effet, « les contrats des travailleurs du PALAC étaient initialement prévus pour la période 2007-2009, et aucune décision administrative n’a formellement prolongé ce projet », a indiqué la tutelle. Cette absence de texte officiel constituerait donc une « absence de base légale » empêchant le paiement des salaires.

Toutefois, le gouvernement a assuré qu’un travail de réforme et de régularisation du statut du CNAMS/PALAC est en cours, afin de résoudre durablement cette impasse juridique et budgétaire. Guy Marius Sagna, tout en prenant acte de cette réponse, a déclaré qu’il entendait se rapprocher des travailleurs pour mieux comprendre leurs conditions et exiger plus de célérité dans la régularisation du projet. Selon lui, les difficultés actuelles « ne relèvent pas de la responsabilité des travailleurs », mais d’un dysfonctionnement administratif persistant.

S’agissant du dossier des DIPA (Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires), le député a rappelé que ce système, longtemps critiqué pour son opacité et son caractère clientéliste, devait faire l’objet d’une refonte complète après le changement de régime en avril 2024. Dans sa question adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce, il a demandé des clarifications sur la gestion actuelle des DIPA, notamment dans le cadre de la distribution du sucre et du riz, deux produits stratégiques pour la souveraineté alimentaire du pays.

Guy Marius Sagna a posé une série de questions précises : un audit des DIPA délivrés depuis avril 2024 a-t-il été effectué ? Le schéma de répartition du sucre (50 % aux commerçants, 25 % à la Compagnie Sucrière Sénégalaise, 25 % aux stocks de sécurité) a-t-il mis en lumière des pratiques de favoritisme ? Le ministre est-il informé de reventes de DIPA entre 20 000 et 25 000 F CFA la tonne ? Les critères d’attribution des licences ont-ils été revus, et existe-t-il un comité collégial pour valider ces déclarations, ou une seule personne détient-elle le pouvoir de décision ? Enfin, des non-commerçants ont-ils pu bénéficier de DIPA ?

Pour l’heure, a indiqué le parlementaire, le ministre de l’Industrie et du Commerce n’a pas encore communiqué sa réponse officielle sur cette question sensible. Guy Marius Sagna promet de rendre publiques les réponses dès qu’elles seront disponibles, afin de garantir la transparence et de vérifier la rupture promise par le nouveau pouvoir dans la gestion de ces autorisations d’importation.

Enfin, le député a mentionné que le ministère des Affaires étrangères a également répondu à une autre de ses interpellations, concernant les dysfonctionnements du serveur 206010 du Bureau État Civil (BEC). Le ministère a assuré avoir pris des mesures correctives pour résoudre les difficultés rencontrées par les usagers dans la délivrance de documents administratifs.

À travers ces réponses, le gouvernement tente d’apporter des éléments de clarification sur des dossiers complexes hérités du passé. Cependant, les réponses incomplètes ou en attente, notamment sur les DIPA, laissent planer de nouvelles interrogations sur la réelle portée des réformes promises par l’administration. Guy Marius Sagna, fidèle à sa posture de député du peuple, assure qu’il poursuivra ses interpellations jusqu’à ce que les zones d’ombre soient totalement levées.

Dakar Dem Dikk : les travailleurs en colère exigent la signature de l’accord d’établissement et de meilleures conditions de travail

Un vent de contestation souffle sur la société nationale de transport public, Dakar Dem Dikk (DDD). Ce lundi, les travailleurs ont manifesté leur mécontentement en arborant des brassards rouges pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « manque de considération » de la Direction générale. Réunis autour de la coordination des syndicats, ils exigent des améliorations urgentes de leurs conditions de travail et surtout la signature d’un accord d’établissement qu’ils qualifient d’« historique ».

Le mouvement social, initié depuis plusieurs semaines, s’est transformé en véritable bras de fer entre les représentants du personnel et la direction dirigée par Assane Mbengue. Selon Masseck Ndiaye, coordinateur de la coordination des syndicats de DDD, plusieurs points de revendication avaient été soumis lors d’une réunion tenue le 3 juillet dernier avec le Directeur général, mais « rien n’a bougé depuis ». « Nous avons l’impression que la direction générale de Dakar Dem Dikk joue au dilatoire. L’accord d’établissement devait être signé depuis le mois de mai, et nous n’avons toujours aucune avancée concrète », a-t-il déploré.

Au cœur des revendications, la signature de cet accord d’établissement apparaît comme une question de dignité pour les travailleurs. Ce document, attendu depuis des années, devait harmoniser les droits et avantages du personnel et instaurer un cadre clair pour les relations professionnelles au sein de la société. « Cet accord est essentiel pour nous. Il fixe nos conditions de travail, nos primes, nos droits à la retraite et les avantages sociaux. Sans lui, nous restons dans une précarité administrative », a expliqué Masseck Ndiaye.

Les conditions de travail jugées « extrêmement difficiles » sont également au centre des plaintes. Les employés dénoncent un environnement dégradé, notamment la vétusté des bus et le manque de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions. « Les receveurs tombent en période de canicule à cause de la chaleur insupportable dans les bus non climatisés », a alerté M. Ndiaye. Il a également fait une comparaison avec le personnel du Bus Rapid Transit (BRT), récemment mis en service : « Regardez les conditions de travail du BRT. Dakar Dem Dikk existe depuis plus de vingt ans et pourtant, les travailleurs sont traités comme s’ils n’étaient pas dans une entreprise publique. »

Les travailleurs réclament aussi l’octroi d’une indemnité de logement, l’augmentation des salaires et le paiement des primes non encore versées. Ces revendications, selon eux, sont légitimes face à la hausse du coût de la vie et aux sacrifices quotidiens consentis pour assurer le transport des populations de la capitale.

Pour Mor Wade, délégué du personnel, la rupture du dialogue social est l’une des causes principales du conflit. « Au début, le Directeur général avait affiché une volonté d’écoute et de collaboration. Mais depuis quelque temps, il ne reçoit plus directement les représentants des travailleurs. Il nous renvoie systématiquement au DRH et les procès-verbaux ne reflètent jamais fidèlement nos échanges », a-t-il regretté.

Face à cette situation, les syndicats ont décidé d’adopter un plan d’action progressif. Le port des brassards rouges, premier signal de contestation, a été observé « à 100 % » par les travailleurs, selon leurs responsables. Une requête a déjà été adressée à la Direction du Travail, et une lettre d’ultimatum sera envoyée à la Direction générale pour exiger la signature de l’accord d’établissement dans un délai de quinze jours. « Si rien n’est fait, nous n’allons pas baisser les bras. Nous irons jusqu’à bloquer le réseau », a prévenu Mor Wade, tout en précisant que l’objectif immédiat n’est pas de paralyser les activités, mais d’alerter l’opinion publique.

Les syndicats ont d’ores et déjà prévu d’organiser une grande conférence de presse le vendredi 24 octobre afin d’exposer en détail les difficultés rencontrées par les employés et de sensibiliser les autorités sur l’urgence d’agir. Déterminés à obtenir gain de cause, les travailleurs de Dakar Dem Dikk affirment qu’ils poursuivront leur mobilisation « jusqu’à la satisfaction totale » de leurs revendications.

Ce mouvement, s’il venait à s’intensifier, pourrait impacter lourdement le transport urbain dakarois, déjà marqué par une forte pression liée à la fréquentation quotidienne des usagers. Entre frustrations syndicales et crispation managériale, Dakar Dem Dikk traverse une période de turbulences sociales dont l’issue dépendra largement de la volonté de la direction à renouer le dialogue.

​Dakar Dem Dikk : les travailleurs exigent de meilleures conditions de travail et la signature de l'accord d'établissement
​Dakar Dem Dikk : les travailleurs exigent de meilleures conditions de travail et la signature de l'accord d'établissement
​Dakar Dem Dikk : les travailleurs exigent de meilleures conditions de travail et la signature de l'accord d'établissement

Macky Sall face à la polémique sur la « dette cachée » : sérénité et appel à la transparence

L’ancien président de la République, Macky Sall, se retrouve au cœur d’une polémique autour d’une prétendue « dette cachée ». Confronté à ces accusations, l’ancien chef de l’État affiche néanmoins une sérénité notable, tout en exprimant un certain regret quant à ce qu’il perçoit comme un manque de respect de la part du régime en place.

Dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur, Me Pierre-Olivier Sur, bâtonnier et coordinateur du collège d’avocats et d’experts financiers qui défendent Macky Sall, brosse le portrait d’un ancien président calme, confiant et profondément attaché à la transparence dans la gestion des affaires publiques. Selon l’avocat, Macky Sall reste convaincu que « la vérité finira par s’imposer, dès lors que les faits seront examinés sur des bases techniques et non politiques ».

Pour l’ancien président, cette controverse autour de la « dette cachée » ne constitue pas une attaque personnelle, mais plutôt un « accident politique » inhérent à la transition entre son mandat et celui de ses successeurs. Selon lui, l’arrivée au pouvoir de ses successeurs s’est faite sans usage ni respect envers les prédécesseurs, ce qui, d’après lui, contribue à l’intensité et à la médiatisation de cette polémique.

Malgré la pression médiatique et politique, Macky Sall semble donc aborder cette période avec confiance et patience, insistant sur la nécessité d’un examen impartial des faits. La question de la dette nationale, précise-t-il à travers ses avocats, ne devrait pas être instrumentalisée à des fins politiques, mais traitée avec rigueur et transparence, conformément aux normes financières et administratives en vigueur.

« Dette cachée » : l’avocat de Macky Sall dénonce une manipulation politique et prépare la riposte judiciaire

La controverse autour de la supposée « dette cachée » du Sénégal prend une ampleur inédite, désormais au cœur d’une bataille à la fois politique, économique et judiciaire. Depuis Paris, Me Pierre-Olivier Sur, coordonnateur du collège d’avocats et d’experts financiers de l’ancien président Macky Sall, est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation politique » orchestrée contre son client. Dans un entretien accordé à L’Observateur ce dimanche 19 octobre 2025, l’avocat français a annoncé une série d’actions judiciaires et administratives destinées à faire toute la lumière sur ce dossier explosif qui secoue la scène publique sénégalaise.

Selon Me Sur, l’affaire de la « dette cachée » est entretenue par des acteurs politiques cherchant à réécrire l’histoire économique du Sénégal. « La vérité ne sert pas un camp, elle sert le Sénégal », a-t-il affirmé d’un ton ferme. Le juriste, connu pour avoir défendu plusieurs figures politiques africaines et européennes, a indiqué qu’il demanderait officiellement au Premier président de la Cour des comptes et au ministre du Budget la communication de l’ensemble des documents comptables relatifs à la dette publique sénégalaise. Il s’agit, selon lui, de créer une base de travail « équitable et contradictoire » pour permettre à toutes les parties, y compris les institutions internationales comme le FMI, de juger sur pièces.

Me Sur, qui doit se rendre à Dakar dans les prochains jours, a précisé qu’il rencontrera la presse locale et les autorités judiciaires afin de lancer les premières procédures. « Nous voulons des faits, pas des rumeurs. Il faut que la lumière soit faite sur les chiffres, sur les mécanismes et sur les responsabilités », a-t-il martelé, regrettant le climat d’amalgames qui, selon lui, alimente la confusion et la suspicion autour du dossier.

Revenant sur le bilan économique de Macky Sall, l’avocat a rappelé que « sous sa présidence, le PIB du Sénégal a été multiplié par deux ». Il a mis en avant les réalisations majeures du régime précédent : l’accès accru à l’eau potable et à l’électricité, le développement des infrastructures, l’émergence de nouvelles zones économiques et la modernisation des transports. Pour Me Sur, la dette contractée sous Macky Sall ne saurait être qualifiée de dissimulée ni d’illégitime, car elle s’inscrivait dans une logique de financement du développement. « Il s’agit d’une dette vertueuse, qui a servi à bâtir des routes, des hôpitaux, des écoles et à soutenir la croissance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes », a-t-il insisté.

Le coordinateur du collège d’avocats a en outre dénoncé un manque de transparence institutionnelle, estimant que l’absence de communication officielle entretient les suspicions. Il a demandé expressément que soient transmis au pool de défense les lois de règlement qui clôturent chaque exercice budgétaire, les rapports de l’Inspection générale des finances ainsi que le pré-rapport de la Cour des comptes. « À ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse ni du ministère du Budget, ni de la Cour des comptes », a-t-il déploré, tout en annonçant qu’en cas de silence prolongé, une mise en demeure formelle serait adressée aux institutions concernées.

L’avocat entend replacer le débat sur un terrain purement juridique et technique, loin des interprétations partisanes. Il affirme vouloir travailler avec un réseau d’experts internationaux en finances publiques afin d’analyser en profondeur la structure de la dette du Sénégal. « Ce débat n’est pas une bataille d’opinion, c’est une question de méthode et de vérité comptable. Il faut clarifier ce qui relève réellement de la dette publique et ce qui ne l’est pas », a-t-il expliqué.

Me Sur a listé plusieurs points d’interrogation à examiner : faut-il inclure ou non les dettes des établissements publics garanties par l’État dans le calcul global ? Comment traiter les avances de trésorerie, les facilités de paiement et les dettes hors bilan ? À quel moment une garantie devient-elle un engagement budgétaire ? Autant de questions que l’avocat souhaite soumettre à un audit contradictoire, ouvert aux observateurs nationaux et internationaux.

En conclusion, il a rejeté avec vigueur les chiffres avancés dans les médias, évoquant une prétendue dissimulation de 7 à 10 milliards de dollars de dette. « Il est impossible pour un État aussi structuré que le Sénégal de masquer une telle somme sans que le FMI, la BCEAO ou les marchés financiers ne s’en aperçoivent. C’est absurde », a-t-il tranché.

La sortie de Me Pierre-Olivier Sur marque une nouvelle étape dans cette affaire qui divise l’opinion. Elle annonce surtout une contre-offensive juridique destinée à défendre l’image de Macky Sall et à tenter de restaurer la crédibilité d’une gouvernance économique dont les chiffres font aujourd’hui l’objet d’une âpre bataille d’interprétations. Le débat sur la dette sénégalaise, désormais porté devant la justice, s’annonce long, technique et hautement politique.

Chirurgie pédiatrique : 100 enfants bénéficient gratuitement de soins pour l’appendicite et les hernies

L’hôpital pour enfants de Diamniadio abrite, du 16 octobre au 30 novembre, un camp gratuit de chirurgie pédiatrique destiné à 100 enfants âgés de 0 à 15 ans issus de familles défavorisées. Cette initiative concerne la chirurgie de l’appendicite et des hernies, rendue possible grâce à un partenariat entre l’ONG Direct Aid Society et le Centre hospitalier pour enfants de Diamniadio.

Pour Mohamed Lamine Hamadi, directeur général de l’ONG Direct Aid Society, cette action vise à permettre aux familles vulnérables d’accéder aux soins.

« L’objectif est d’aider les familles démunies dont les enfants souffrent de maladies nécessitant des interventions chirurgicales, afin de soulager leur souffrance », a-t-il déclaré, tout en soulignant la satisfaction de l’ONG quant à sa collaboration avec l’hôpital : « Nous sommes très satisfaits, raison pour laquelle nous revenons régulièrement. Ce n’est pas la première fois que nous organisons des camps de chirurgie pédiatrique. »

La directrice du Centre hospitalier national pour enfants de Diamniadio, Ouleymatou Khadija Diagne, a également salué ce partenariat avec l’ONG humanitaire koweïtienne.

« Ce partenariat est d’une importance capitale pour nous. Il constitue un soulagement pour l’hôpital, car les bénéficiaires sont des enfants vulnérables », a-t-elle expliqué, rappelant que 100 enfants souffrant d’appendicite et de hernie ont été pris en charge par l’ONG. Selon elle, cette aide est précieuse, car la prise en charge de ces urgences pose un réel problème dans les structures sanitaires, notamment sur le plan financier.

« Cette ONG vient en appoint pour soulager l’hôpital dans la prise en charge des cas sociaux. Nous disposons d’un budget très insuffisant pour le service social. Tout partenaire qui vient renforcer ce budget nous soulage grandement. Direct Aid collabore avec nous depuis 2019. Ils ont pris en charge plus de 789 enfants et injecté une centaine de millions de francs CFA dans notre budget, ce qui constitue un véritable soulagement pour l’hôpital », a-t-elle ajouté.

Mme Diagne a également souligné que l’État fait de son mieux pour la prise en charge des enfants, mais qu’il serait nécessaire de renforcer les partenariats avec les ONG et les bonnes volontés :

« La prise en charge des enfants est très lourde. Nous lançons donc un appel pour renforcer ces partenariats et mobiliser des financements endogènes », a-t-elle estimé.

Pour sa part, le coordinateur des camps de chirurgie a précisé que parmi les enfants opérés le lundi 20 octobre, quatre présentaient des pathologies isolées, dont deux hernies ombilicales et inguinales. Un nourrisson de huit mois, de sexe féminin, a également bénéficié d’une intervention pour une hernie ovarienne, considérée comme une urgence chez la fille.

« Tous les enfants se porteront bien. Nous allons assurer leur suivi, avec des soins et des contrôles jusqu’à la guérison. Les médicaments sont également pris en charge gratuitement », a-t-il expliqué.

Cette initiative de l’ONG Direct Aid Society est vivement appréciée par les parents des enfants bénéficiaires.

« Je viens de Keur Massar. Mon enfant a été opéré gratuitement alors que l’intervention coûtait normalement 210 000 francs. Grâce à ces bienfaiteurs, tout a été pris en charge gracieusement. Nous remercions les initiateurs de ce camp », s’est réjouie une mère.

« Nous venons d’une famille démunie, et si ce n’était pas grâce à cette ONG, nous n’aurions jamais eu l’occasion de soulager la douleur de notre enfant. Nous sommes très heureux et prions pour les initiateurs », a ajouté une autre maman.

Fièvre de la Vallée du Rift au Sénégal : le gouvernement renforce la riposte face à l’épidémie

Face à la progression inquiétante de la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR), le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, a animé ce lundi 20 octobre 2025 un point de presse pour faire le point sur l’évolution de l’épidémie et présenter les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour en freiner la propagation.

Selon le dernier bilan communiqué par le ministère, le Sénégal a enregistré 258 cas confirmés de FVR, dont 192 guérisons et 21 décès. La maladie affecte désormais six régions du pays : Saint-Louis, Matam, Louga, Fatick, Dakar et Kaolack, avec une concentration plus marquée dans le Nord, notamment dans la région de Saint-Louis.

Le ministre Ibrahima Sy a exprimé sa compassion envers les familles touchées, présentant ses condoléances aux victimes et à la nation. Il a également salué le travail des équipes techniques ayant permis l’identification de plusieurs espèces de moustiques vecteurs, dont le Killex, particulièrement actif dans la vallée du fleuve Sénégal.

Pour contenir la maladie, le gouvernement a mis en place une riposte coordonnée à l’échelle nationale et régionale. Cette stratégie inclut l’activation des comités de gestion des épidémies à tous les niveaux, le renforcement de la prise en charge médicale avec hospitalisation des cas graves et suivi à domicile des cas plus légers, ainsi qu’un soutien matériel accru avec une dotation de 139,9 millions de F CFA en équipements pour les hôpitaux de Saint-Louis et Richard-Toll. Parallèlement, la vaccination du bétail, en particulier des petits ruminants, a été renforcée afin d’interrompre la transmission animale du virus. Des opérations de lutte anti-vectorielle ont été menées, incluant la destruction des gîtes larvaires, l’usage de drones, la mise en place de pièges à moustiques et la distribution de moustiquaires imprégnées.

Le ministre a également insisté sur l’importance de la communication et de la sensibilisation de proximité. Des messages de prévention sont diffusés dans les langues locales pour toucher efficacement les populations rurales et pastorales. Ibrahima Sy a recommandé de signaler tout cas suspect ou avortement chez le bétail aux services vétérinaires, d’utiliser systématiquement les moustiquaires imprégnées, de maintenir un environnement sain en assainissant les zones d’eau stagnante et de se rendre dans les structures de santé en cas de fièvre, tout en évitant l’automédication.

Le ministre a précisé que la FVR touche majoritairement les jeunes et les adultes, notamment ceux qui passent une grande partie de la journée et de la nuit à l’extérieur, car le vecteur de la maladie est particulièrement actif à partir de 20 heures en dehors des concessions. Cette observation souligne que l’infection se produit souvent en dehors du domicile et à des heures bien précises.

Ibrahima Sy a également rendu hommage à Abdoul Aziz Mbaye, décédé la veille, saluant son rôle déterminant dans le renforcement de l’engagement communautaire lors des crises sanitaires passées.

Daba Mbodj, alias “Gaïndé Macky”, condamnée à deux mois de prison dont un mois ferme

Daba Mbodj, plus connue sous le pseudonyme de “Gaïndé Macky” et reconnue pour sa proximité avec l’Alliance pour la République (APR), le parti politique anciennement au pouvoir, a été condamnée ce lundi par le tribunal à deux mois de prison, dont un mois ferme.

L’affaire remonte à une interpellation de Mme Mbodj par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Elle avait été placée en garde à vue pour des faits d’« injures publiques » et de « propos contraires aux bonnes mœurs ». Selon les autorités, la militante avait diffusé une vidéo dans laquelle elle proférait des propos injurieux à l’encontre des militants du parti Pastef et de son leader, Ousmane Sonko.

Au cours du procès, le tribunal a examiné les différentes accusations portées contre Mme Mbodj. Après délibération, les juges ont décidé d’écarter les faits d’« injures publiques » et ont retenu uniquement l’infraction de « discours contraire aux bonnes mœurs ». Cette décision se traduit par une peine totale de deux mois d’emprisonnement, dont un mois ferme.

Cette condamnation intervient dans un contexte politique sensible, marqué par des tensions entre différents acteurs et partis politiques. Le jugement suscite déjà des réactions diverses au sein de l’opinion publique, certains dénonçant une atteinte à la liberté d’expression, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit de l’application stricte de la loi.

Les travailleurs de Dakar Dem Dikk dénoncent des conditions de travail difficiles et réclament un accord d’établissement

Ce lundi, les employés de la Société nationale de transport public, Dakar Dem Dikk (DDD), ont manifesté leur mécontentement en arborant des brassards rouges, symboles de leur ras-le-bol face à la situation au sein de l’entreprise. Lors d’un point de presse, les représentants syndicaux ont exprimé leurs revendications, notamment l’amélioration des conditions de travail et la signature d’un accord d’établissement qu’ils qualifient « d’historique ».

Masseck Ndiaye, coordinateur de la coordination des syndicats de DDD, a rappelé que de nombreux points soulevés lors d’une réunion avec le Directeur Général, Assane Mbengue, le 3 juillet dernier, n’ont toujours pas trouvé de solution. Selon lui, le principal point de tension réside dans le retard de la signature de l’accord d’établissement, qui aurait dû être effectif depuis le mois de mai. « On a l’impression que la direction générale de Dakar Dem Dikk est en train de jouer au dilatoire », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de cet accord pour les employés.

Les conditions de travail représentent un autre sujet de préoccupation majeur. Masseck Ndiaye a dénoncé l’état des bus, rappelant que, notamment en période de canicule, les receveurs sont exposés à de grandes difficultés. « Allez voir les conditions de travail du personnel du BRT. Et Dakar Dem Dikk a fait plus de 20 et quelques années avant que le BRT n’arrive », a-t-il comparé, soulignant le retard accusé par la société en matière de modernisation et de sécurité.

Outre l’accord d’établissement et l’amélioration des conditions de travail, les syndicats demandent l’octroi d’une indemnité de logement pour tous les employés, une augmentation des salaires ainsi que le paiement des primes non versées. Mor Wade, délégué du personnel, a déploré le manque de collaboration avec la direction. Selon lui, si le Directeur Général a « réalisé beaucoup de choses » à son arrivée, il a « commencé à reculer ». Il a également dénoncé le fait que M. Mbengue ait cessé de recevoir directement les représentants du personnel, les renvoyant au service des ressources humaines, alors que les procès-verbaux des réunions ne reflètent pas toutes les revendications.

Le plan d’action des travailleurs a débuté par le port des brassards rouges, un mot d’ordre respecté à 100 %, selon Masseck Ndiaye. Les syndicats ont également saisi la Direction du Travail et prévoient d’envoyer une lettre d’ultimatum au Directeur Général, lui donnant un délai de 15 jours pour signer l’accord d’établissement. Mor Wade a averti : « S’il ne réagit pas, nous n’allons pas baisser les bras. Nous irons jusqu’à bloquer le réseau », tout en précisant que le point de presse visait avant tout à alerter l’opinion publique et non à perturber immédiatement le service.

La mère de Mame Ndiaye Savon arrêtée pour « injures publiques » après une vidéo virale sur TikTok

Après l’interpellation de l’influenceuse Adji Mass Guèye, les arrestations se poursuivent dans la sphère TikTok. La mère de Mame Ndiaye Savon a été conduite ce lundi à la Brigade de recherche de Faidherbe. Elle est accusée d’avoir tenu, dans une vidéo devenue virale, des propos jugés offensants envers des proches de sa fille.

Les arrestations continuent de secouer le réseau social TikTok, qui devient de plus en plus le théâtre de polémiques et de dérives verbales. Après l’interpellation de l’influenceuse Adji Mass Guèye, placée sous mandat de dépôt pour « discours contraire aux bonnes mœurs », une nouvelle arrestation a été signalée ce lundi. Il s’agit cette fois de la mère de l’influenceuse Mame Ndiaye Savon, figure bien connue du commerce en ligne et des vidéos virales.

Selon plusieurs sources médiatiques concordantes, la mère de Mame Ndiaye Savon a été arrêtée et conduite à la Brigade de recherche de Faidherbe. Elle est visée par une enquête pour « injures publiques », à la suite d’une vidéo qui a récemment circulé sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, elle aurait tenu des propos jugés offensants à l’égard de certaines amies de sa fille, provoquant un tollé sur TikTok et au-delà.

Cette nouvelle arrestation intervient dans un climat tendu marqué par la multiplication des contentieux liés aux publications en ligne. Depuis plusieurs semaines, les autorités semblent accentuer leur vigilance face aux dérapages verbaux et aux comportements jugés inappropriés sur les réseaux sociaux. Des influenceurs et utilisateurs de TikTok sont ainsi régulièrement interpellés pour des propos considérés comme injurieux ou contraires aux bonnes mœurs.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’a encore été faite par la gendarmerie sur les suites judiciaires de cette affaire. Toutefois, cette interpellation suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la communauté TikTok sénégalaise, où les tensions s’exacerbent entre partisans et détracteurs de ces figures de la toile.

Décès d’un nouveau-né à l’hôpital de Diourbel : une enquête interne ouverte par le ministère de la Santé

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé, ce lundi 20 octobre 2025, l’ouverture d’une enquête interne à la suite du décès tragique d’un nouveau-né survenu à l’hôpital régional de Diourbel. Selon les premières informations rapportées par Seneweb, le drame serait consécutif à une défaillance dans la prise en charge médicale d’une patiente, ce qui a conduit à la perte du nourrisson.

Dans un communiqué, le ministère a tenu à exprimer sa « profonde compassion » et ses « sincères condoléances » à la famille endeuillée. Il a également indiqué que l’enquête engagée vise à faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès et à identifier les éventuelles responsabilités à chaque étape du processus de soins. L’objectif, précise le département ministériel, est de comprendre ce qui s’est réellement passé et de garantir que des mesures correctives soient prises en conséquence.

« Toutes les conséquences nécessaires seront tirées et les mesures appropriées seront prises », a assuré le ministère, qui se veut ferme sur la question de la qualité des soins et de la sécurité des patients. Cette affaire relance d’ailleurs le débat sur la gestion des urgences et la responsabilité médicale dans les structures sanitaires publiques du pays.

Réaffirmant son engagement à consolider le système de santé, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a réitéré sa détermination à éviter que de tels drames ne se reproduisent. Il assure demeurer mobilisé pour améliorer la prise en charge des patients et renforcer la confiance des populations dans les services hospitaliers.

Mort tragique de Cheikh Touré au Ghana : un jeune footballeur sénégalais victime d’un réseau d’extorsion

Le rêve de Cheikh Touré s’est brisé dans des circonstances atroces. Le jeune gardien de but de 18 ans, pensionnaire de l’académie Esprit Foot de Yeumbeul, a perdu la vie au Ghana, dans ce qui s’apparente à une sordide affaire d’escroquerie et d’extorsion. Le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur a confirmé ce samedi la terrible nouvelle : le corps sans vie du jeune footballeur a été déposé à la morgue Ebenezer de Tafo, dans la région d’Ashanti, à environ 200 kilomètres d’Accra.

Cheikh Touré avait quitté le Sénégal avec l’espoir de passer des tests de football au Ghana, première étape d’un parcours censé le mener vers le Maroc. Mais ce voyage s’est transformé en cauchemar. Selon les informations rapportées par le journal Libération, le jeune homme serait tombé entre les mains d’un réseau spécialisé dans l’extorsion de fonds, qui piège de nombreux jeunes à travers de fausses promesses d’opportunités sportives ou professionnelles.

Dès son arrivée au Ghana, Cheikh Touré a été pris en otage. Ses ravisseurs ont exigé à sa mère une somme de 850 000 francs CFA pour prétendus « frais » de procédure. Sous la menace et l’inquiétude, la famille a fini par envoyer 650 000 francs CFA en deux versements. Après le second envoi, toute communication avec le jeune homme a cessé. Lorsque la mère, inquiète de ne plus avoir de ses nouvelles, a tenté d’en savoir plus, un des ravisseurs lui a simplement indiqué que son fils avait subi un « choc ». En réalité, selon des sources proches de l’enquête, Cheikh Touré serait mort des suites de tortures, comme en témoignent les blessures visibles sur son corps retrouvé vêtu d’un simple caleçon.

Cette tragédie a profondément ému l’opinion publique. D’autant plus que le jeune gardien, orphelin de sœur et fils unique, incarnait l’espoir de sa famille. Les autorités sénégalaises ont immédiatement pris les choses en main, en coordination avec leurs homologues ghanéennes. Une enquête est en cours, alors que plusieurs autres jeunes, dont un certain Bamba – ami proche de Cheikh et celui qui l’aurait encouragé à effectuer le voyage – seraient toujours entre les mains des ravisseurs.

Les premiers éléments de l’enquête laissent entendre que les auteurs ne seraient pas ghanéens, bien qu’ils opèrent depuis le Ghana. Les échanges audios interceptés révèlent qu’ils s’expriment en français sans accent anglais, ce qui laisse supposer qu’il s’agit de ressortissants de pays francophones voisins.

Cette affaire rappelle tristement les méthodes utilisées par certains réseaux se réclamant de la société « Qnet ». Ces organisations, déjà pointées du doigt au Sénégal et dans la sous-région, attirent de jeunes victimes par des annonces trompeuses de recrutement ou de placement à l’étranger, avant de les séquestrer et de les rançonner. En juillet 2025, le commissariat de Saint-Louis avait ainsi démantelé un groupe de onze individus impliqués dans des activités similaires, après la dénonciation d’un enseignant-chercheur. Ces derniers avaient été arrêtés pour association de malfaiteurs, escroquerie et tentative d’extorsion de fonds, à la suite de la séquestration d’une jeune fille malienne attirée par une fausse offre d’emploi au Sénégal.

Le drame de Cheikh Touré vient donc relancer le débat sur la vigilance face aux réseaux d’escroquerie transfrontaliers qui prospèrent en Afrique de l’Ouest, exploitant les rêves de jeunesse et la détresse économique. En attendant les conclusions de l’enquête ouverte au Ghana, les autorités sénégalaises appellent à la prudence et promettent de tout mettre en œuvre pour retrouver et traduire les responsables devant la justice.

Deux militants de Pastef condamnés à un mois de prison ferme pour discours contraires aux bonnes mœurs

En détention préventive depuis le 2 octobre 2025, les militants du parti Pastef, Mandoumbé Diop, plus connu sous le nom de Lamignou Darou, et Serigne Mbaye Diagne, alias Boy Dakar, ont été fixés sur leur sort ce lundi. Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict en les condamnant à une peine d’un mois de prison ferme.

Les deux prévenus étaient poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment « discours contraires aux bonnes mœurs », « injures via un système informatique » et « menaces de castration visant un groupe ethnique ». Ces faits, jugés graves par le parquet, s’inscrivaient dans le cadre d’échanges et de publications sur les réseaux sociaux qui ont suscité une vive polémique.

Lors de l’audience tenue le 15 octobre dernier, le procureur de la République avait requis une peine de six mois d’emprisonnement ferme, estimant que les propos tenus par les accusés dépassaient le cadre de la liberté d’expression et constituaient une atteinte à la dignité humaine. La défense, pour sa part, avait plaidé la relaxe, soutenant que les propos incriminés relevaient du débat politique et qu’ils ne visaient pas à attiser la haine ou à menacer qui que ce soit.

Après délibération, le tribunal a finalement opté pour une condamnation plus clémente, fixant la peine à un mois ferme. Une décision qui tient compte, selon plusieurs observateurs, de la situation personnelle des deux militants et de la nature du dossier.

Cette condamnation intervient dans un contexte politique marqué par une recrudescence des poursuites contre des activistes et sympathisants du Pastef, formation dissoute puis reconstituée autour de la figure de son leader, Ousmane Sonko. Elle relance le débat sur les limites entre la liberté d’expression et le respect des lois encadrant la communication en ligne.

Robert Bourgi révèle le nom du marabout sénégalais qui conseillait Jacques Chirac

C’est une révélation inédite que Robert Bourgi a faite lors de son passage sur la chaîne YouTube H5 Motivation. L’avocat et conseiller politique franco-libanais, figure emblématique de la Françafrique, est revenu sur un sujet qu’il avait déjà évoqué à plusieurs reprises : les relations entre certains présidents français et des marabouts africains. Mais cette fois, il est allé plus loin en dévoilant pour la première fois le nom de l’un de ces guides spirituels.

Selon Robert Bourgi, plusieurs dirigeants français, dont François Mitterrand et Jacques Chirac, sollicitaient régulièrement les conseils spirituels de marabouts venus d’Afrique. Parmi eux figurait un homme originaire du Sénégal, Chérif Haidara. Ce dernier, présenté par Bourgi comme un « saint homme », a profondément marqué la vie du président Chirac, mais également celle de l’avocat lui-même.

« Il a une avenue à son nom, à Ziguinchor », a précisé Robert Bourgi, en évoquant la mémoire du marabout. « Il a travaillé des décennies durant pour Chirac. En 1988, il m’avait dit : “Il va perdre.” En 1995, alors que Chirac était à 14 % dans les sondages et que Balladur s’envolait, il m’avait dit : “Il va gagner.” » L’histoire lui a donné raison : Jacques Chirac remporta effectivement l’élection présidentielle cette année-là.

Robert Bourgi confie également que, reconnaissant de cette victoire, Jacques Chirac s’est montré « très généreux » envers Chérif Haidara. Les liens entre le président français et le marabout sénégalais allaient bien au-delà du simple rapport spirituel : ils reposaient sur une relation de confiance tissée au fil des années.

Mais l’histoire prend un tour plus personnel lorsque Bourgi évoque sa propre relation avec le marabout. Chérif Haidara aurait aussi été son guide spirituel, au point de lui sauver la vie lors d’une période particulièrement difficile. « Entre 1989 et 1990, j’ai traversé une grave dépression nerveuse. C’est lui qui m’en a sorti », a confié l’avocat avec émotion.

Décédé depuis plusieurs années, Chérif Haidara repose aujourd’hui à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal. Robert Bourgi a tenu à souligner qu’il se rendait souvent sur sa tombe pour se recueillir et lui rendre hommage. « J’y allais tout le temps », dit-il, comme pour témoigner d’un lien qui, malgré la mort, semble ne jamais s’être rompu.

Adja Seynabou Guèye, alias Adji Mass, placée sous mandat de dépôt : son procès prévu ce mercredi

Déférée ce lundi matin devant le procureur de la République, Adja Seynabou Guèye, plus connue sous le nom d’Adji Mass, a été placée sous mandat de dépôt, selon les informations confirmées par son avocat, Me Aboubacry Barro. La jeune femme, figure bien connue des réseaux sociaux, est poursuivie pour “discours contraire aux bonnes mœurs”, une infraction prévue et réprimée par le Code pénal sénégalais.

L’affaire trouve son origine dans une série de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles Adji Mass aurait tenu des propos jugés obscènes, provocants et contraires aux valeurs sociales et culturelles du pays. Ces publications ont suscité une vive polémique sur internet, divisant l’opinion publique entre partisans de la liberté d’expression et défenseurs de la morale publique.

Selon des sources judiciaires, après son interpellation et son audition par les enquêteurs, le dossier a été transmis au parquet qui a décidé de la traduire devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le procès est prévu pour ce mercredi, ce qui laisse peu de temps à la défense pour préparer sa plaidoirie.

De son côté, Me Aboubacry Barro a dénoncé une procédure “expéditive” et un “traitement disproportionné” à l’encontre de sa cliente. L’avocat compte plaider la bonne foi d’Adji Mass, estimant que ses propos relèvent davantage de la provocation verbale que d’une véritable atteinte aux bonnes mœurs.

La mise en détention de l’influenceuse a immédiatement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes dénoncent une “chasse aux sorcières” contre les créateurs de contenu. D’autres, au contraire, estiment que la justice a raison de sévir contre les dérives observées en ligne.

Affaire de la “dette cachée” : Macky Sall mobilise avocats et experts pour rétablir la vérité

Face aux accusations persistantes autour d’une supposée “dette cachée” de plusieurs milliards de dollars, l’ancien président Macky Sall a décidé de réagir en mobilisant une équipe composée d’avocats et d’experts financiers. L’objectif : apporter des éclaircissements précis sur la réalité des chiffres et la nature des engagements financiers de l’État sénégalais.

À la tête de ce dispositif, le bâtonnier Me Pierre-Olivier Sur, avocat de renom et spécialiste des affaires internationales, s’est exprimé dans une interview exclusive accordée à L’Observateur. Il y détaille la méthodologie de travail mise en place pour démêler le vrai du faux dans ce dossier hautement technique et politiquement sensible.

Selon Me Sur, la première étape consiste à collecter l’ensemble des documents officiels, états financiers et données brutes afin de permettre un travail rigoureux avec des experts internationaux en finances publiques. « C’est sur cette base que nous pourrons discuter de manière très technique de ce qui est juridiquement une dette et de ce qui ne l’est pas », explique-t-il, insistant sur la nécessité d’un débat fondé sur la transparence et la compétence plutôt que sur les interprétations partisanes.

L’avocat évoque plusieurs points clés qui feront l’objet d’un examen approfondi. D’abord, la question de la dette des établissements publics garantie par l’État : faut-il la considérer comme faisant partie de la dette publique ou la traiter séparément ? Ensuite, les avances de trésorerie et facilités de paiement consenties par des institutions bancaires, publiques ou privées, seront également passées au crible pour déterminer leur statut comptable exact.

Autre volet essentiel : la dette hors bilan, c’est-à-dire les engagements qui ne figurent pas dans le budget national mais sont portés par d’autres acteurs économiques, conformément aux standards de la comptabilité publique internationale. Me Sur soulève aussi une interrogation sensible : faut-il inclure dans les déclarations financières les fonds classés “secret défense”, relevant de l’usage exclusif du Président de la République ?

Pour le bâtonnier, toutes ces questions nécessitent un traitement « transparent, contradictoire et ultra technique » afin de dissiper les approximations et les rumeurs. « Il est impossible pour un État structuré comme le Sénégal de maquiller sa dette publique de manière aussi conséquente — 7 à 10 milliards de dollars selon les polémiques calomnieuses qui courent à Dakar en ce moment — sauf à entrer dans l’absurde », tranche-t-il.

Diplomatie : Le Président Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame consolident les liens entre le Sénégal et le Rwanda

La visite officielle du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye au Rwanda s’est achevée sur une note particulièrement fructueuse, marquée par la signature de plusieurs accords de coopération entre Dakar et Kigali. Selon le quotidien Libération, cette visite d’État, empreinte de fraternité et de convergence de vues, a permis de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de partenariat stratégique.

Reçu au Palais présidentiel de Kigali par son homologue rwandais, Paul Kagame, le Chef de l’État sénégalais a eu droit à une cérémonie d’accueil officielle avec les honneurs militaires. Les deux dirigeants se sont ensuite entretenus en tête-à-tête, avant de présider une séance de travail élargie aux délégations ministérielles et techniques des deux pays. Les discussions ont porté sur plusieurs axes de coopération, notamment la gouvernance, le développement durable, l’innovation et la sécurité.

Au terme de cette rencontre, cinq accords majeurs ont été signés. Ils concernent notamment l’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques, la coopération entre les services diplomatiques et consulaires, la planification et le suivi des programmes de développement, le partenariat dans le domaine agricole, ainsi que la collaboration en matière de santé et de services correctionnels. Ces accords témoignent d’une volonté commune de renforcer les échanges entre le Sénégal et le Rwanda, deux pays souvent cités en exemple sur le continent pour leur ambition réformatrice et leur stabilité institutionnelle.

Dans le cadre de son séjour, le Président Bassirou Diomaye Faye a également pris part à une rencontre de haut niveau regroupant plusieurs membres du gouvernement rwandais, dont les ministres des Affaires étrangères et du Sport, ainsi que le directeur général du Rwanda Development Board (RDB). Les échanges ont mis en lumière la stratégie du Rwanda en matière de développement intégré, qui repose sur une articulation entre le sport, le tourisme et l’innovation comme leviers de croissance et de cohésion sociale.

Soucieux de s’inspirer des réussites rwandaises en matière de digitalisation, le Chef de l’État sénégalais a visité Irembo, la plateforme nationale de numérisation des services publics. Cette étape symbolique illustre la volonté du Président Faye d’accélérer la modernisation de l’administration sénégalaise et d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens à travers le numérique.

Le déplacement du Président au Rwanda a également comporté une forte dimension mémorielle et humaine. Le Chef de l’État s’est recueilli au Mémorial du génocide de Kigali, en hommage aux victimes de la tragédie de 1994, avant de rencontrer la communauté sénégalaise vivant dans le pays. Lors de cette rencontre conviviale, il a échangé avec ses compatriotes sur leurs expériences professionnelles, leur intégration et leur rôle dans le rayonnement du Sénégal à l’étranger.

Le Président Faye a salué la compétence, l’engagement et le sens du devoir de ces Sénégalais qui contribuent, chacun à leur manière, à la promotion de l’image et des valeurs du pays. Il a réaffirmé la place centrale que la diaspora occupe dans sa vision nationale de transformation et de développement, insistant sur la nécessité d’un lien fort et dynamique entre le Sénégal et ses ressortissants établis à l’extérieur.

Cette visite au Rwanda, ponctuée de moments d’émotion, d’échanges constructifs et d’engagements concrets, s’inscrit dans la nouvelle dynamique diplomatique impulsée par le Président Bassirou Diomaye Faye depuis son accession à la magistrature suprême. Elle marque une étape importante dans le renforcement des relations entre Dakar et Kigali, deux capitales africaines unies par une même ambition de progrès, de souveraineté et de coopération solidaire.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°587 – 20/10/2025

🔴 « DETTE CACHÉE » / « C’EST UNE MANIPULATION POLITIQUE. CE N’EST PAS UN SCANDALE ÉCONOMIQUE » : LES « AMIS DE MACKY SALL » EN BOUCLIER
🔴 MARCHE POUR LA LIBÉRATION DE FARBA NGOM : LE COMBAT SE POURSUIT

🔴 DÉCÈS TRAGIQUE DE CHEIKH TOURÉ AU GHANA : L’ALERTE DU MINISTÈRE DES SPORTS
🔴 MODOU LO VS SA THIÈS : LE COMBAT DE L’ANNÉE

Nouveau programme avec le FMI : comment négocier en position de faiblesse Par Mamadou Sy Tounkara

Le Fonds monétaire international (FMI) a attendu en vain les preuves promises par le gouvernement sénégalais sur la supposée « dette cachée ». Un an après, aucune pièce tangible n’a été produite. Rien ne nous a été donné non plus, à nous citoyens, même pas le bulletin statistique de la dette, encore moins le rapport du cabinet Forvis-Mazars. De guerre lasse, le Fonds a fini par classer cette affaire dans la catégorie « politique-fiction ». Ce tournant est lourd de conséquences : désormais, les discussions entre le Sénégal et le FMI s’ouvrent dans un contexte de crédibilité affaiblie.


La fin d’un récit politique
Pendant des mois, le débat public s’est focalisé sur la « dette cachée », avec des accusations spectaculaires, des déclarations enflammées et une bataille de communication aux résonances politiques. Mais le temps a joué contre ceux qui ont brandi ces accusations sans preuves. Le FMI, qui a une mémoire longue, n’oublie pas qu’il a été publiquement accusé d’avoir été floué ou fermé les yeux sur des pratiques comptables frauduleuses.
Aujourd’hui, le vocabulaire a changé. Le gouvernement comme le FMI parlent désormais de « misreporting », c’est-à-dire de déclarations erronées — une formulation bien moins explosive que dette cachée, « hidden debt ». Mais la trace de la polémique demeure, et elle pèsera sur la table des négociations.


Une position de faiblesse assumée… ou subie
Négocier avec le FMI est déjà difficile en temps normal. Le faire après une telle séquence revient à entrer dans la pièce avec un désavantage stratégique.
Le Sénégal a besoin de financement, le FMI détient une partie des clés de cet accès, et la confiance a été entamée. Dans ces conditions, le rapport de force penche naturellement en faveur du Fonds, qui saura imposer ses conditions — sous couvert de rigueur macroéconomique.
Le FMI ne négocie pas comme un partenaire politique
Le FMI n’est pas une organisation humanitaire. C’est une institution financière, dont la mission est de garantir la stabilité macroéconomique et de sécuriser les flux de remboursement. Dans son logiciel, il n’y a qu’un levier principal : l’ajustement.


Cela signifie concrètement :
• des réductions de subventions sur les produits de base, l’énergie et les carburants,
• un resserrement des filets sociaux, souvent considérés comme des dépenses « inefficaces »,
• une accélération des réformes structurelles avec des coûts sociaux à court terme.
Ce n’est ni une surprise ni une injustice : c’est simplement la logique de l’institution.
Reprendre l’initiative
Être en position de faiblesse ne signifie pas être sans leviers. Pour ne pas subir un programme « prêt-à-porter » taillé par Washington, le Sénégal doit reprendre l’initiative. Cela suppose :
• une communication claire et transparente sur l’état réel des finances publiques,
• une stratégie de négociation articulée autour de priorités sociales intangibles,
• une mobilisation diplomatique auprès des bailleurs non-FMI pour élargir la marge de manœuvre,
• et surtout, une posture politique ferme et crédible.
Car l’austérité imposée d’en haut n’a jamais permis de construire une économie durable. Elle génère frustrations et conflits sociaux.


Le choix de la dignité économique
Le Sénégal n’a pas intérêt à s’enfermer dans une posture de confrontation, mais il n’a pas non plus intérêt à céder sur l’essentiel. Le remboursement de la dette restera une obligation, mais il ne doit pas devenir une obsession qui écrase la souveraineté économique.
Il est temps que le pays négocie en adulte, avec lucidité, discipline et vision stratégique. La dignité économique ne se proclame pas : elle se défend à la table des négociations.
La dette cachée n’a jamais existé. La confiance, elle, s’est bel et bien effritée.
La bataille qui s’ouvre avec le FMI ne sera pas idéologique, mais technique et politique. Et c’est là que se jouera une partie de la souveraineté économique du Sénégal pour la génération à venir.


Mamadou Sy Tounkara

Dette publique au Sénégal : Cheikh Oumar Diagne remet les pendules à l’heure et dénonce les manipulations

À Ouagadougou, le 18 octobre 2025, Cheikh Oumar Diagne a pris la parole pour clarifier ce qu’il qualifie de malentendu et de manipulations autour de la soi-disant « dette cachée » du Sénégal. À travers un long communiqué publié sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité / ACD a dénoncé la diffusion de propos déformés et a rappelé les véritables enjeux du débat public sur l’endettement national.

Pour Cheikh Oumar Diagne, la polémique sur la « dette cachée » résulte avant tout d’une confusion entre des notions financières et d’une mauvaise interprétation des chiffres avancés. Selon lui, aucune dette n’a été véritablement cachée au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou aux ministères compétents. Les écarts observés entre les chiffres de la Direction de la Dette Publique (DDP) et ceux de la Direction de l’Ordonnancement et du Dépense Publique (DODP) sont, pour lui, la source principale des critiques.

Il explique que certains commentateurs ont amplifié l’affaire en s’arrêtant sur des termes comme « cachée », « dissimulée » ou « erronée », alors que le problème fondamental réside dans la politique d’endettement et la gestion des finances publiques, qu’il juge « peu intelligente ». Il rappelle qu’il a été le premier à évoquer un ratio dette/PIB supérieur aux chiffres officiels, évaluant sa propre estimation à 116 % alors que l’opinion générale était à 99 %, et qu’il a récemment précisé que la vraie dette avoisine 130 %, chiffre désormais confirmé par le FMI qui table sur 132 %.

Cheikh Oumar Diagne souligne également des pratiques de financement public courantes dans le monde entier et au Sénégal, notamment les projets financés via des sociétés de gestion avec garantie d’État, comme l’aéroport de Diass, ou les dépenses extrabudgétaires liées aux grands chantiers. Pour lui, ces montages financiers ne constituent pas des dettes cachées, car elles sont connues des services compétents et font partie des mécanismes normaux de gestion budgétaire.

Enfin, il élargit le débat aux critères de convergence régionaux et à la pertinence de la politique d’endettement actuelle. Il plaide pour une approche plus stratégique, incluant le concept de « smart debt » et un rôle actif de la banque centrale dans le développement, plutôt que dans l’intérêt exclusif des établissements financiers majoritairement étrangers.

Pour Cheikh Oumar Diagne, il est urgent de replacer le débat sur des bases rationnelles et techniques afin d’éviter que la désinformation ne continue de détourner l’attention de la population sénégalaise de la réalité de la dette et de ses enjeux pour le développement du pays.

Football local : Assane Willane équipe l’ASC Saloum dans un bel élan de solidarité

Dans un geste qui illustre parfaitement la fraternité sportive, le président de l’ASC Xoromsi, Assane Willane, a offert un lot complet d’équipements à l’ASC Saloum. Une action saluée par les dirigeants du club, symbole d’un engagement sincère en faveur du développement du football local.

Un geste fort pour soutenir le football régional

L’esprit de solidarité continue d’animer le football local. Ce samedi 18 octobre 2025, Assane Willane, président de l’ASC Xoromsi, a posé un acte symbolique et fraternel en offrant un lot complet d’équipements sportifs à l’ASC Saloum.

La cérémonie de remise s’est déroulée au siège du club bénéficiaire, en présence des dirigeants et des joueurs, dans une ambiance empreinte d’émotion et de reconnaissance.

Des équipements pour renforcer la motivation

Le don comprend trois jeux complets de maillots destinés aux trente joueurs de l’équipe et un jeu supplémentaire pour les dix membres du staff technique.

Un geste qui dépasse largement la valeur matérielle : pour l’ASC Saloum, ces nouveaux équipements représentent un véritable bol d’air frais et un signe de reconnaissance du travail accompli par le club.

« Un acte de fraternité sportive »

En recevant ce don, Fallou Kébé, président de l’ASC Saloum, n’a pas caché son émotion :

« C’est un geste qui nous touche profondément et qui renforce nos moyens pour la saison à venir. »

Même son de cloche du côté de Mbaye Gadiaga, président de la section football, qui a salué la “grandeur d’esprit” du président de Xoromsi.

« Ce don illustre parfaitement son engagement pour le développement du sport à la base », a-t-il ajouté.

La solidarité, moteur du développement sportif

Pour Assane Willane, cette initiative s’inscrit dans une vision communautaire du sport.

Il estime que la réussite d’un club ne doit pas se construire dans l’isolement, mais à travers le partage, l’entraide et la collaboration entre acteurs du football local.

Un message fort, à contre-courant de la compétition parfois exacerbée qui caractérise certaines rivalités sportives.

Un modèle à suivre

En équipant l’ASC Saloum, le président de Xoromsi ne se limite pas à un simple don : il investit dans les rêves et les ambitions de jeunes footballeurs, tout en consolidant les liens entre clubs de la région.

Son geste, unanimement salué, rappelle les valeurs fondatrices du sport sénégalais — solidarité, respect et engagement collectif.

Un acte qui, sans conteste, écrit une belle page du football local et invite d’autres dirigeants à emboîter le pas pour faire du sport un véritable levier de cohésion et de développement communautaire.

Affaire des victimes de 2021-2024 : Me Amadou Sall appelle les autorités à assumer leurs responsabilités

Me Amadou Sall, avocat et ancien Garde des Sceaux (2009-2010), a donné son avis par rapport à la relance du dossier des morts survenus lors des manifestations de 2021 à 2024. Bien qu’il se dise « indigné » par la perte de 80 jeunes vies, il a insisté sur la nécessité de situer toutes les responsabilités de manière objective. Selon lui, la justice doit d’abord cibler ceux qui ont publiquement appelé les jeunes au « mortal kombat » ou au « Gatsa Gatsa », les invitant à « assumer les conséquences » de leur appel à l’émeute.

« Ils ont déclaré qu’il y a 80 personnes qui ont perdu la vie lors des manifestations préélectorales de 2021-2024. On ne peut pas ne pas s’indigner face à ces décès qui, pour la plupart, sont des jeunes. Mais, avant de poursuivre Macky Sall pour ces morts, il faut savoir que toutes les victimes atteintes par balles ont toutes été autopsiées. En faisant l’autopsie, les balles ont été extraites des corps sans vie et on sait d’où elles proviennent », a-t-il souligné lors de son passage à l’émission « Face au Jury » de ce dimanche 19 octobre 2025.

Par ailleurs, la robe noire a estimé que relancer ce dossier est un précédent dangereux. Toutefois, il a exigé que toutes les responsabilités soient situées après les enquêtes et autopsies, en ciblant ceux qui ont appelé les jeunes au « mortal combat » ou au « Gatsa Gatsa ». Il les a invité à assumer les conséquences que cela pourrait engendrer.

Il a, par ailleurs, fait savoir que « les soldats du Sénégal ne détiennent pas de Kalachnikov, mais plutôt des M16, HK, et Famas, qui sont des armes de pointe, tout comme la gendarmerie ».

Quant à la police, il a signalé que « la plupart d’entre elles utilisent les Famas ». « Il y a également des balles de Kalachnikov, mais, ce sont les douanes qui les utilisent le plus, et le plus souvent ce sont des balles récupérées des « bandes » lors des opérations de sécurisation. L’État du Sénégal n’a jamais acheté des balles de Kalachnikov destinées à l’armée, cela ne fait pas partie de leur dotation. Donc si l’on trouve ne serait-ce qu’une seule balle de Kalachnikov, il faut se demander d’où provient-elle. Il faut aussi chercher à identifier le responsable qui a tiré et qui lui a donné l’ordre de le faire. Si l’ordre vient de la gendarmerie, on demande à la gendarmerie d’ouvrir une enquête à ce propos, et si c’est la police, on fait pareil. Mais, est-ce que l’on sait ce que cela peut engendrer ? » a- t-il indiqué.

Me Sall a ainsi fait un rappel de ce qui, selon lui, est à la base de tous ces morts. « Il ne faut pas oublier que les gens ne se sont pas levés brusquement pour envahir les rues. C’est une personne qui les a invités à sortir manifester au péril de leur vie, estimant que plus on enregistre de morts, plus le Kombat est houleux (« Gatsa Gatsa », « Mortal kombat »). Il a même déclaré dans des vidéos que tous les morts seront imputés à celui qui était à la tête du pays. Il y a des vidéos où l’on appelle à une mobilisation de 200 mille personnes pour aller déstabiliser le président sortant au Palais de la République », a déclaré Me Amadou Sall.

Interpellé sur les Pick-Up aperçus également dans des vidéos qui sortaient du siège de l’APR pour rejoindre les manifestations, il a déclaré ne pas être au courant, précisant que cela ne l’engageait pas. Il a ajouté : « On a vu des Pick-Up, des personnes armées de mitraillette, de Kalachnikov sur les routes, des personnes armées qui tiraient à bout portant sur des habitations, tout cela parce qu’une tierce personne a appelé à aller se battre. Aujourd’hui, ils disent vouloir apporter la lumière sur ces morts, malgré la loi d’amnistie, puis ils mettent cela de côté et cherchent à inculper le président Macky Sall. Il est temps que les gens se ressaisissent. Il faut savoir que ce pays n’appartient à personne, ce n’est pas un héritage familial, ni une propriété privée acquise par achat, encore moins un bien acquis par compétences. Donc si on te porte à la tête du pays, il faut savoir le gérer. Rouvrir ce dossier est un précédent dangereux. Mais bon, qu’ils l’ouvrent. Toutefois, une fois lancé, que chacun assume ses responsabilités », a-t-il conclu.

Décès d’Abdou Aziz Mbaye « Mame Fama », Président des Communicateurs Traditionnels du Sénégal

Le monde de la communication traditionnelle en deuil

Le Sénégal pleure l’un de ses plus grands maîtres de la parole. Abdou Aziz Mbaye, plus connu sous le nom de « Mame Fama », Président des Communicateurs Traditionnels du Sénégal, est décédé ce dimanche des suites d’une maladie, selon plusieurs sources proches de sa famille.

Figure respectée et gardien de la tradition orale, Mame Fama incarnait la sagesse et la mémoire vivante des peuples. À travers sa voix, sa prestance et sa maîtrise du verbe, il avait su redonner ses lettres de noblesse au métier de communicateur traditionnel — un rôle central dans la transmission des valeurs, de l’histoire et des coutumes sénégalaises.

Durant des décennies, il s’est illustré dans les cérémonies publiques, les grands événements culturels et les campagnes de sensibilisation nationales, devenant une référence incontournable pour toute une génération de griots et de communicateurs.

Son départ laisse un grand vide dans le paysage culturel et social du pays. De nombreux témoignages affluent déjà sur les réseaux sociaux pour saluer la mémoire d’un homme « engagé, loyal et profondément attaché à la culture sénégalaise ».

Les détails sur la levée du corps et les funérailles seront communiqués ultérieurement par la famille du défunt.

Paix à son âme. 

Affaire Madiambal Diagne : Me Amadou Sall dénonce un « abus de pouvoir » et défend le « droit de voyager »

L’ancien ministre de la Justice, Me Amadou Sall, est monté au créneau ce dimanche 19 octobre dans l’émission « Face au Jury » sur PressAfrik Tvhd, où il a vivement réagi à l’affaire Madiambal Diagne. Selon lui, les faits reprochés à ce dernier relèveraient davantage d' »un abus de pouvoir » que d’une infraction légale.

L’affaire a débuté lorsque le journaliste et homme d’affaires, recalé à l’Aéroport International Blaise Diagne de Diass (AIBD), a finalement rejoint la France via la Gambie. Cette sortie du territoire a conduit à l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre. Une décision que conteste fermement l’ancien ministre, pour qui « tant qu’on ne t’a pas donné un papier qui t’empêche de sortir du territoire, tu as le droit de voyager ».

Me Sall justifie sa position en s’appuyant sur un précédent juridique : « Nous l’avons appris dans l’affaire Mansour Faye. La Cour Suprême avait alors statué qu’on ne peut interdire à quelqu’un de quitter le territoire sans un document officiel. Or, ce document n’a jamais été délivré à Madiambal ».

L’ancien ministre va plus loin en dénonçant un abus de pouvoir des autorités. Interrogé sur les relations entre Madiambal Diagne et l’État, il a asséné : « Ce n’est pas le rôle de l’État de tendre des pièges. L’État, c’est la transparence et la bonne gouvernance. Tout ce qu’il fait avec un citoyen doit être clair ».

Et de conclure, sans détour : « On ne peut pas liquider un citoyen sous prétexte qu’il n’appartient pas au pouvoir. Ce qu’on a fait à Madiambal Diagne est anormal ».

Appels à l’interdiction des manifestations : Seydi Gassama alerte sur les dérives et défend le droit à la contestation pacifique

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, le climat social est marqué par une intensification des mobilisations citoyennes. À Dakar, les rues ont de nouveau vibré ce week-end sous le signe de la contestation. Après la marche du mouvement « Ñoo Lank » vendredi, organisée pour dénoncer la cherté de la vie, une nouvelle manifestation a eu lieu samedi. Plusieurs centaines de personnes ont parcouru le trajet de Liberté 6 au Jet d’eau, exigeant la libération de Farba Ngom, maire des Agnam, placé en détention dans le cadre d’une instruction financière.

Face à cette recrudescence des rassemblements, certaines voix issues du camp présidentiel ont appelé à interdire les manifestations, arguant que les discours tenus lors de ces événements risquent d’attiser la tension politique. Ces appels à restreindre la liberté de rassemblement ont suscité une vive réaction dans la société civile.

Parmi les voix les plus critiques figure Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, qui s’est exprimé sur la plateforme X (anciennement Twitter). L’activiste a mis en garde contre les conséquences d’une politique d’interdiction systématique :

« L’État doit continuer à autoriser et à encadrer les manifestations qui doivent être pacifiques. Les interdictions entraînent la défiance et la violence », a-t-il déclaré.

Pour Seydi Gassama, la liberté de manifester demeure un droit fondamental garanti par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal. Il rappelle que le rôle des autorités est d’assurer la sécurité publique sans pour autant restreindre les libertés individuelles. Selon lui, interdire les rassemblements revient à alimenter la frustration et à ouvrir la voie à des affrontements imprévisibles.

Cette sortie du défenseur des droits humains intervient dans un contexte où le débat sur les libertés publiques reprend de la vigueur. Entre la volonté du gouvernement d’assurer l’ordre public et la détermination des citoyens à exprimer leurs revendications, le Sénégal se trouve à un tournant délicat de sa vie démocratique.

Pour l’instant, aucune décision officielle n’a été annoncée concernant une éventuelle interdiction des manifestations. Mais le message de Seydi Gassama résonne comme un avertissement : la paix sociale, selon lui, ne saurait se construire sur la répression des libertés, mais sur le dialogue, la confiance et le respect du droit de manifester pacifiquement.

Les avocats de Pape Malick Ndour dénoncent une « manipulation grossière » de ses propos et menacent de porter plainte

Une vive polémique enfle autour des déclarations récentes de Pape Malick Ndour. Alors que certains responsables politiques de Pastef lui attribuent des propos jugés subversifs, le collectif d’avocats de l’ancien ministre monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « manipulation grossière » et d’« interprétation tendancieuse » de ses mots.

Dans un communiqué rendu public et signé par Me El Hadji Amadou Sall, le collectif de la défense estime que les déclarations de Pape Malick Ndour ont été déformées à des fins politiques. « Ses propos ont été volontairement travestis par des responsables et militants de Pastef, notamment Amadou Ba et Ayib Daffé », affirme le texte. Selon les avocats, l’un aurait prêté à leur client des intentions de « renverser le gouvernement », tandis que l’autre aurait évoqué un prétendu appel à un « coup d’État ».

Les défenseurs de Pape Malick Ndour rejettent fermement ces accusations qu’ils jugent « fallacieuses » et « politiquement motivées ». Ils estiment qu’il s’agit d’un « stratagème habituel visant à déclencher des poursuites pour faire taire des voix discordantes au sein de l’opposition ».

Dans leur communiqué, les avocats mettent formellement en demeure les deux responsables politiques cités de retirer leurs déclarations qu’ils considèrent comme diffamatoires. À défaut d’une rétractation immédiate, ils annoncent leur intention de déposer une plainte pour « dénonciation calomnieuse et diffamation », tout en les tenant « solidairement responsables de tout préjudice moral ou matériel subi par leur client ».

Cette réaction du collectif intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une recrudescence des affrontements verbaux entre responsables de la majorité et figures de l’opposition. Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse et cadre de la mouvance présidentielle, s’était récemment exprimé sur la situation nationale, appelant à un débat politique apaisé et à la responsabilité des acteurs publics. Ses propos, diffusés sur les réseaux sociaux, ont rapidement fait le tour de la toile, suscitant des interprétations contradictoires.

Alors que ses avocats dénoncent une campagne de désinformation, cette affaire relance le débat sur l’usage politique des réseaux sociaux et la manipulation de l’opinion à travers des extraits sortis de leur contexte. Le collectif promet de « défendre l’honneur et la réputation » de leur client, tout en avertissant que « toute nouvelle tentative de dénaturation de ses propos fera l’objet d’une riposte judiciaire ».

Me El Hadji Amadou Sall brise le silence : “Poursuivre Macky Sall est une erreur, il est hors de leur portée !”

L’ancien ministre de la Justice, Me El Hadji Amadou Sall, était l’invité de l’émission Face au Jury pour une sortie des plus explosives sur l’actualité politique et judiciaire du Sénégal. Avec le verbe tranchant qu’on lui connaît, l’avocat et homme politique a livré une analyse sans concession de la situation du pays, dénonçant ce qu’il appelle une « chasse aux sorcières » et un « bavardage inutile » qui, selon lui, entraînent le Sénégal vers une « impasse économique ».

D’entrée de jeu, Me Sall s’est insurgé contre les poursuites engagées à l’encontre de l’ancien président Macky Sall, aujourd’hui accusé de « haute trahison ». Pour l’ancien garde des Sceaux, cette procédure n’a ni fondement juridique ni sens politique. « Poursuivre Macky Sall est une erreur, il est hors de leur portée ! », a-t-il martelé, avant d’expliquer en détail les contours de la notion de “haute trahison”. Selon lui, « aucun acte vérifiable » ne permet de retenir une telle accusation contre l’ex-chef de l’État. Me Sall a d’ailleurs rappelé l’attitude d’Abdoulaye Wade, qui, malgré les épreuves et les rancunes politiques, avait « passé l’éponge » à son arrivée au pouvoir.

Abordant ensuite le dossier de Farba Ngom, maire des Agnam, et de l’homme d’affaires Tahirou Sarr, actuellement en détention depuis plus de neuf mois, Me El Hadji Amadou Sall a dénoncé une « incarcération abusive » reposant sur une simple « collision frauduleuse ou un supposé blanchiment d’argent ». Il s’est montré particulièrement critique envers le CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières), qu’il qualifie de « chambre administrative » à laquelle on aurait accordé « trop de pouvoir » au détriment du droit et des libertés individuelles.

L’avocat s’est également exprimé sur le cas du journaliste et homme d’affaires Madiambal Diagne, confirmant que ce dernier n’était qu’un « apporteur d’affaires » dans le dossier qui le concerne. Il a fustigé la décision d’interdiction de sortie du territoire qui le frappe, la jugeant « illégale et arbitraire ». Sur un ton de défi, Me Sall s’est dit parfaitement serein face à la possibilité d’un mandat d’arrêt international, rappelant les précédents de Karim Wade et de son associé Bibo Bourgi.

Interrogé sur les enquêtes ouvertes à la suite des manifestations survenues entre 2021 et 2024, Me Sall a appelé à ce que la lumière soit faite « sans calcul politique ». Il a exigé que les enquêtes et autopsies soient menées à leur terme, afin que toutes les responsabilités soient établies, y compris celles « de ceux qui ont appelé les jeunes au Mortal Kombat ou au Gatsa Gatsa », expressions violentes qui, selon lui, ont contribué à la radicalisation de la jeunesse.

Enfin, l’ancien ministre de la Justice (2009-2010) est revenu sur le dossier Aser, confirmant l’introduction de documents confidentiels dans le cadre du procès de Pape Mahawa Diouf. Sans entrer dans les détails du fond, il a assuré que la défense compte utiliser ces éléments pour démontrer les zones d’ombre entourant cette affaire sensible.

Saisie record de cocaïne à Kalifourou : 115 kilos interceptés par les Douanes

Les agents de la Brigade commerciale des Douanes de Kalifourou, relevant de la Subdivision de Kolda, ont réalisé une opération d’envergure le vendredi 17 octobre 2025. Selon les informations rapportées par Emedia, une importante quantité de cocaïne, estimée à 115 kilogrammes et évaluée à 9,2 milliards de francs CFA, a été saisie. L’intervention a également conduit à l’arrestation de deux individus de nationalité étrangère, présumés impliqués dans ce trafic international de stupéfiants.

Les faits se sont déroulés aux environs de neuf heures du matin. Les douaniers, agissant sur la base d’informations précises, ont intercepté un véhicule de type Toyota Tundra en provenance d’un pays limitrophe. Lors du contrôle, ils ont découvert 100 plaquettes de cocaïne soigneusement dissimulées dans des compartiments spécialement aménagés à l’intérieur de la carrosserie. Ce dispositif ingénieux visait à tromper la vigilance des forces de sécurité, mais n’a pas résisté à la vigilance des agents, aguerris aux nouvelles formes de contrebande.

Les échantillons prélevés ont été soumis à des tests par le Laboratoire national de la Police technique et scientifique, qui ont confirmé sans équivoque qu’il s’agissait bien de cocaïne. Cette saisie spectaculaire intervient un mois seulement après une autre opération similaire menée par le même poste frontalier, illustrant l’intensification du trafic de drogue dans la zone sud du pays.

Les autorités douanières ont salué la réussite de cette opération, rendue possible grâce à l’utilisation de techniques d’investigation avancées et à la coordination entre les différentes unités de la Direction régionale des Douanes du Sud. Elles ont également souligné la complexité croissante des méthodes employées par les trafiquants, qui redoublent d’ingéniosité pour contourner les contrôles.

Dans un communiqué, l’Administration des Douanes a réaffirmé sa détermination à poursuivre sans relâche la lutte contre le trafic de stupéfiants sous toutes ses formes, que ce soit par voie terrestre, maritime ou aérienne. Elle a par ailleurs lancé un appel à la collaboration des populations, invitant les citoyens à signaler toute activité suspecte afin de contribuer à la sécurisation du territoire national.

Dette publique : quand un ajustement comptable se transforme en tempête politique

Une « dette cachée » de 7 milliards de dollars. L’annonce a fait l’effet d’un séisme, relançant le débat sur la gestion de l’ancien régime et alimentant les soupçons d’un détournement géant. Mais derrière ce chiffre choc, la réalité est bien plus technique qu’un scandale politique. Cette somme n’a rien d’une découverte, encore moins d’un vol : elle résulte d’une reclassification comptable opérée par le Fonds monétaire international (FMI), conformément aux nouvelles normes internationales. Un ajustement technique, mal expliqué, devenu une tempête politique.

En réalité, ces 7 milliards de dollars représentent la consolidation des dettes et engagements d’entreprises publiques telles que Senelec, Petrosen, Air Sénégal, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) ou encore le Port autonome de Dakar. Autrement dit, des entités étatiques, certes, mais dotées de leur propre personnalité financière et juridique. Le FMI a simplement décidé de les inclure dans le calcul de la dette publique, considérant que leurs engagements pouvaient, à terme, peser indirectement sur les finances de l’État.

Sur ce montant total, environ 3 milliards correspondent à des dettes effectives — des emprunts contractés pour financer des projets bien identifiés : routes, énergie, logements, hydrocarbures ou transports. Les 4 milliards restants relèvent des « passifs contingents », autrement dit des dettes potentielles que l’État pourrait être amené à rembourser si ces entreprises venaient à se retrouver en difficulté financière. Pour l’heure, aucune d’entre elles n’est en faillite. Elles fonctionnent, parfois avec des déséquilibres structurels, mais elles fonctionnent.

Jusqu’à récemment, la pratique internationale voulait que ces dettes n’apparaissent pas dans les statistiques publiques tant qu’elles n’étaient pas formellement garanties par l’État. C’est encore ainsi que procèdent nombre de pays comparables. Mais au Sénégal, la frontière entre finances publiques et entreprises d’État est souvent poreuse. Beaucoup de ces structures dépendent étroitement du Trésor public : Senelec bénéficie chaque année de subventions pour stabiliser les tarifs de l’électricité, la SNHLM s’appuie sur le budget pour construire des logements sociaux, tandis que la Sonacos ou la Fera ne bouclent leurs exercices qu’avec un soutien public. En somme, même sans garantie officielle, l’État finit presque toujours par intervenir en dernier ressort.

C’est précisément à ce niveau que la mécanique s’est enrayée. Entre la technicité du langage du FMI et la précipitation politique à communiquer, la confusion était inévitable. Plutôt que d’expliquer calmement la nature du reclassement comptable, le gouvernement a choisi la voie du sensationnel, parlant de « dette cachée », d’« héritage dissimulé » ou de « trou budgétaire ». En quelques jours, la confiance des partenaires financiers s’est effondrée. Le FMI a suspendu temporairement son programme de financement, les taux d’emprunt du pays ont grimpé, et le coût du service de la dette a explosé.

Les conséquences ont été immédiates. Les investisseurs, inquiets, ont pris leurs distances. Les marges budgétaires du pays, déjà fragiles, se sont encore réduites. Sur le terrain, l’effet domino s’est fait sentir : projets publics ralentis, retards de paiement, difficultés à financer les communes, les hôpitaux et les écoles. Ce qui n’était au départ qu’une question technique s’est transformé en véritable crise de confiance.

En un an, les trois principales agences de notation internationales — Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s — ont abaissé la note souveraine du Sénégal. Trois avertissements successifs, portés par un message clair : le pays est désormais perçu comme plus risqué, plus coûteux à financer et donc moins attractif pour les investisseurs internationaux. La crédibilité financière du Sénégal, patiemment construite depuis deux décennies, a subi un revers sévère.

Le paradoxe est saisissant. Alors que les autorités affirmaient vouloir renforcer la transparence, les véritables zones d’ombre sont restées intactes. Les dépenses de la Primature et de la Présidence, les marchés publics attribués de gré à gré, ou encore les fonds spéciaux dont les montants échappent à tout contrôle réel, continuent de nourrir les interrogations. On a braqué les projecteurs sur les dettes du passé, mais laissé dans l’ombre les dépenses du présent.

Au final, ce qui n’était qu’un ajustement comptable est devenu un révélateur de fragilités plus profondes. Une crise économique, parce que le pays peine désormais à financer ses engagements. Une crise politique, parce qu’une communication maladroite a brouillé la compréhension du public. Et une crise de gouvernance, parce qu’elle met en lumière un État encore réticent à la transparence.

Cheikh Oumar Diagne démonte la thèse de la « dette cachée » et appelle à une refonte de la politique d’endettement

Dans une longue publication datée du 18 octobre 2025 depuis Ouagadougou, l’ancien Directeur général des Moyens généraux à la Présidence, Cheikh Oumar Diagne, a tenu à clarifier ses propos au sujet de la polémique sur la « dette cachée » du Sénégal. Le Secrétaire général du Rassemblement pour la Vérité/ACD dénonce des manipulations autour de ses déclarations, soutient que la dette ne pouvait être dissimulée ni au FMI ni à la BCEAO, et plaide pour une révision en profondeur des critères de convergence et de la politique d’endettement dans la zone UEMOA.

Voici l’intégralité de son post !

« La dette « cachée » entre vérité et manipulation.
Ouagadougou, le 18 octobre 2025.
Quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité emprunte sûrement les escaliers, accusant certes un retard, mais elle arrive toujours et siffle la fin de la calomnie ! J’ai vu quelques « amis » déblatérer sur mon émission avec MNF, certains à juste titre car n’ayant pas suivi, d’autres par malhonnêteté car n’ayant aucun problème avec les propos mais avec leur auteur. Je n’apporte aucune réplique pour les deux, mais par devoir, j’essaye d’éclairer la lanterne de ces personnes désireuses de mieux comprendre, d’où ma question : de quoi s’agit-il ?

Dans le fond, cette querelle picrocholine n’intéresse que des « milli-temps » irascibles, loquaces, avec des arguments spécieux. Mon propos est immarcescible sur la question ! Revenons-en dans le détail : après des commentaires en dilettante par ci et par là et des posts aux allures d’une calembredaine sur la dette cachée, je fustige cette mauvaise foi poussant à travestir des propos pour y apporter des correctifs ! Ce que j’ai dit depuis le début est que la dette (vis-à-vis du secteur bancaire) ne pouvait pas être CACHÉE, ni au FMI ni à la BCEAO ; j’ai d’ailleurs rajouté en réclamant le limogeage du directeur Afrique du FMI.

Ensuite, j’ai affirmé qu’elle n’était pas cachée au ministère car les écarts constatés ont été relevés entre les chiffres de la DDP et ceux de la DODP. J’ai aussi interrogé la période de dissimulation, rappelant la période où l’état d’urgence avait été proclamé et les pouvoirs du Parlement transférés au PR qui pouvait par des ordonnances agir sur des compétences dédiées à l’hémicycle.

En outre, je suis bien le premier dans le débat public à avoir affirmé que dans mes calculs, la dette était à 116 % (conférence FRAPP) pendant que toute l’opinion était à 99 %. Je suis encore le seul à avoir affirmé (émission MNF) que les vrais chiffres de la dette sont autour de 130 % (la publication aujourd’hui du FMI table désormais à 132 %).

Pourquoi user de mensonges et de manipulations pour faire dire aux gens ce qu’ils n’ont jamais dit ?? Depuis un moment, c’est la mélopée concernant la terminologie (cachées, dissimulées, erronées, etc.). Ce dont nous alertons dépasse tout cela, on parle de la politique d’endettement et du système de gestion de notre dette qui n’est pas intelligente !

Il est étonnant de voir des individus n’ayant jamais étudié la comptabilité publique, ni lu un manuel de finances publiques nous tympaniser sur un débat dans lequel ils sont intellectuellement démunis et techniquement handicapés. Je n’ai pas l’habitude de répondre à ces billevesées, mais à un moment il faut dire la vérité ou se taire, tel qu’enseigné par le prophète (sawaaas).

Le comble de la bêtise, c’est l’émission de commentaires irrespectueux et caustiques dans un domaine qu’ils n’ont jamais investi ! Comment parler de dettes dans les finances publiques alors que l’on ne connait même pas le cadre régional sur la politique et la gestion de la dette ? Incapable de faire la distinction entre une dette consolidée et une dette de l’État central ? Étant donné que vous refusez d’entendre raison, au nom de l’ignorance et de la bêtise, taisez-vous ! Enfin j’avais rappelé la dette contingente et les dépenses extrabudgétaires à des fins pédagogiques.

Le FMI avait toujours rappelé d’intégrer dans la LF les dettes garanties et autres engagements ; le Sénégal sous Macky avait continué dans la Dé-gestion.En 2004 : toute l’histoire des chantiers de Thies est une affaire de dépenses extrabudgétaires. Les autres choses qu’on a voulu y rajouter visaient juste à corser les charges d’accusation. Idrissa fut démis et envoyé en prison. En 2006 : le Sénégal bénéficie de l’annulation de la dette dans le cadre de l’initiative PPTE et, de mémoire, le ratio dette/PIB est ramené à 18%.

En 2008 : on recommence avec les dépenses extrabudgétaires de l’ordre de 300 milliards dans le cadre des chantiers de l’OCI. Le ministre Ibrahima Sarr fut démis. En 2008 : Wade lance le projet de construction de l’aéroport de Diass. Une société de gestion est mise en place avec participation majoritaire de l’État. Elle lève avec la garantie de l’État un financement de 200 millions d’euros pour la construction de l’aéroport et les remboursements se font avec la taxe aéroportuaire versée dans un compte séquestre à la BNP Paris. Tous les États font ce genre de montage pour éviter d’alourdir la dette de l’État central et ça ne s’appelle pas CACHÉE car non détournée et connue des services de l’État !

L’État français, par exemple, a garanti des prêts aux municipalités qui ont construit les casernes de gendarmerie et le remboursement du prêt se fait avec les charges locatives payées par l’État pour ses gendarmes. Nous avons des centaines d’exemples dans ce sens…

Enfin je donne l’exemple des charges salariales de l’État : dans notre zone les critères imposent le ratio de 35 % à ne pas dépasser. Pourtant, nous savons tous que l’État paie des salaires (charges de fonctionnement) dans certaines structures et à des contractuels qui ne ressortent pas dans le ratio susmentionné. Est-ce un salaire caché ?? Ou un emploi caché ? Revenez à la raison avant que l’on vous trouve des vétérinaires !!!

Ce débat, à mon sens, pose avec acuité la pertinence des critères de convergence dans lesquels nos pays se trouvent et questionne la cohérence de notre politique d’endettement. Je crois humblement que nous devons les revoir en intégrant la démarche smart-debt et l’urgence d’avoir une banque centrale au service du développement de nos États et non à la disposition des établissements bancaires et financiers majoritairement étrangers dans la zone.

Cheikh Oumar DIAGNE
SG du Rassemblement pour la Vérité/ ACD »

Diplomatie africaine : le Président Bassirou Diomaye Faye entame une visite officielle de trois jours au Kenya

Après une étape remarquée à Kigali, le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a atterri ce dimanche matin à Nairobi, capitale de la République du Kenya, pour une visite officielle de trois jours. Accueilli à son arrivée par des autorités kényanes de haut rang, le Chef de l’État sénégalais entame ainsi une nouvelle séquence diplomatique majeure en Afrique de l’Est.

Au cœur de son agenda figure sa participation, en qualité d’invité d’honneur, à la célébration nationale de la Journée des Héros (Mashujaa Day), une date hautement symbolique dans la mémoire collective kényane. Cette journée rend hommage aux hommes et aux femmes qui ont marqué l’histoire du pays par leur engagement dans la lutte pour l’indépendance, la justice et le développement. Le choix du Président Faye comme invité d’honneur illustre la considération du Kenya pour le Sénégal et pour la nouvelle dynamique politique incarnée par le jeune dirigeant sénégalais sur la scène africaine.

Durant son séjour à Nairobi, plusieurs rencontres bilatérales sont prévues entre les délégations sénégalaise et kényane. Ces échanges porteront notamment sur le renforcement de la coopération économique, technologique et sécuritaire, ainsi que sur les opportunités d’investissement et de partenariat entre les secteurs privés des deux pays. Les questions liées à la transition énergétique, à la souveraineté alimentaire et à l’intégration africaine figureront également parmi les priorités des discussions.

Cette visite officielle marque une étape importante dans la consolidation des relations d’amitié et de coopération entre Dakar et Nairobi, fondées sur une vision partagée d’une Afrique plus intégrée, souveraine et solidaire. Elle s’inscrit dans la continuité de la politique étrangère prônée par le Président Bassirou Diomaye Faye, qui place au centre de son action la redynamisation des relations Sud-Sud et la promotion d’un panafricanisme pragmatique.

Conflit foncier à Bambilor : la famille du défunt milliardaire Diallo “Pithie” accuse la CDC de spoliation

Un différend d’envergure oppose la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) à la famille du défunt homme d’affaires Diallo dit “Pithie”. En cause : une vaste assiette foncière exploitée depuis plus de quarante ans par les héritiers, que la CDC revendique désormais comme sienne. Le litige, déjà ancien, a pris une tournure explosive ces derniers jours avec des expulsions musclées et plusieurs interpellations.

La tension est montée d’un cran à Bambilor. Depuis quelques semaines, la famille Diallo “Pithie” accuse la CDC d’avoir entrepris un véritable « forcing » pour s’approprier ses terres, qu’elle exploite depuis 1980. Selon les héritiers, l’institution publique chercherait à combler un déficit dans un projet immobilier en difficulté. La situation a dégénéré jeudi dernier avec l’expulsion des gardiens qui surveillaient la propriété et l’intervention des forces de l’ordre.

Ce samedi matin, une conférence de presse organisée par les héritiers sur le site en litige a été interrompue par la gendarmerie. D’après les témoins, les forces de l’ordre ont mis fin à la rencontre avant d’interpeller six membres de la famille, dont trois fils du défunt milliardaire. « La conférence de presse se tenait sur un terrain privé appartenant à notre père. Ils n’avaient aucun droit d’y mettre fin. Ils ont arrêté nos frères, nos neveux et nos cousins », a dénoncé Abou Diallo, l’un des fils héritiers.

Selon lui, la CDC aurait brusquement revendiqué la propriété de l’assiette foncière, forte de 112 hectares, sans fondement légal. « Un bon jour, la CDC débarque pour dire que cette assiette lui appartient. Pourtant, notre famille l’exploite depuis plus de 40 ans avec des documents légaux enregistrés à la mairie », a-t-il déclaré.

Les héritiers soupçonnent une manœuvre visant à récupérer leurs terres afin de combler un déficit dans un programme immobilier lancé par la CDC en 2019 à Bambilor. « La CDC n’a que 150 hectares à Bambilor. Elle devait livrer 4 468 parcelles, mais n’en a distribué qu’un millier. Il lui manque plus de 3 000 parcelles, et pour combler ce gap, elle tente d’accaparer des assiettes foncières privées, avec la complicité d’un lobby étatique », a accusé Abou Diallo.

Le jeune héritier a également dénoncé ce qu’il considère comme une opération d’intimidation. Il affirme que la Direction de l’Exploitation et de la Sécurité des Opérations (DESCOS), initialement saisie pour arbitrer le litige, aurait été contournée au profit d’une intervention musclée. « Le commandant de la DESCOS avait demandé des documents pour clarifier la situation. Mais un autre commandant de gendarmerie est arrivé jeudi avec une dizaine de pick-up pour expulser nos gardiens. »

Sa sœur, Assi Diallo, a de son côté fustigé les méthodes utilisées par les tracteurs dépêchés sur le site. Selon elle, des champs de papayes, d’arachides et de citronniers ont été détruits en pleine nuit, malgré un ordre de suspension des travaux. « Ils viennent souvent la nuit pour éviter les contrôles. Nos cultures ont été rasées. Nous interpellons le chef de l’État pour qu’il mette fin à cette injustice. Nous sommes prêts à mourir pour défendre l’héritage de notre père », a-t-elle lancé avec émotion.

Face à cette escalade, la famille Diallo “Pithie” promet de poursuivre le combat par les voies légales. Elle affirme avoir « confiance en la justice » mais dénonce un « bradage foncier orchestré avec la complicité de certaines structures étatiques », citant notamment les services de l’impôt, du cadastre et de l’urbanisme.

Trafic de migrants : cinq individus déférés après l’interception d’une pirogue transportant 124 personnes au large de la Gambie

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), relevant de la Direction de la Police aux Frontières (DPAF), a transmis ce vendredi au Procureur de la République du Pôle judiciaire financier le dossier de cinq individus accusés d’être impliqués dans une vaste opération de trafic de migrants. Ces arrestations font suite à l’interception par la Marine nationale d’une pirogue transportant 124 personnes, en route vers les côtes espagnoles.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les migrants avaient embarqué dans la nuit du 11 au 12 octobre 2025, depuis la localité de Barra, en Gambie. Leur embarcation a été interceptée le lendemain, vers midi, à environ 50 milles nautiques au large des côtes gambiennes. Alertées, les autorités maritimes sénégalaises ont procédé à une opération de secours qui a permis de sauver l’ensemble des passagers.

Parmi les 124 migrants interceptés, on compte 14 Sénégalais, 85 Gambiens — dont 57 hommes, 11 femmes et 17 mineurs —, 8 Guinéens, un ressortissant bissau-guinéen et 16 Maliens. La diversité des nationalités témoigne de l’ampleur du phénomène migratoire qui continue de mobiliser des réseaux organisés opérant dans plusieurs pays de la sous-région.

Les auditions menées par la DNLT ont permis d’identifier cinq capitaines présumés, engagés pour conduire la pirogue jusqu’aux côtes espagnoles. Ces derniers auraient reçu des compensations financières importantes en échange de leurs services. D’après les enquêteurs, le voyage devait durer plusieurs jours, avec pour destination finale les îles Canaries, point d’entrée habituel vers l’Europe pour les migrants originaires d’Afrique de l’Ouest.

Les cinq suspects ont été déférés devant le parquet pour répondre des chefs d’association de malfaiteurs et de trafic de migrants. L’enquête se poursuit sous la supervision du parquet du Pôle judiciaire financier afin de remonter la filière et d’identifier les véritables organisateurs de cette traversée clandestine.

Les autorités sénégalaises, tout comme leurs homologues gambiennes, multiplient depuis plusieurs mois les opérations conjointes de surveillance maritime pour tenter d’endiguer le phénomène des départs irréguliers vers l’Europe. Malgré ces efforts, les routes migratoires restent actives, alimentées par le désespoir et les promesses illusoires des passeurs.

Drame au Ghana : la mort de Cheikh Touré et la disparition mystérieuse de deux jeunes Sénégalais plongent leurs proches dans l’angoisse

L’émotion et l’inquiétude continuent de grandir au Sénégal après l’annonce du décès tragique du jeune footballeur Cheikh Touré au Ghana. Le drame, survenu dans des circonstances encore floues, prend désormais une tournure plus inquiétante avec la disparition de ses deux compagnons de voyage, Bamba et Momo, dont on est sans nouvelles depuis plusieurs jours.

Dans un communiqué officiel, le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur a confirmé la découverte du corps sans vie de Cheikh Touré. Selon le ministre Cheikh Niang, la dépouille a été déposée à la morgue Ebenezer de Tafo, en territoire ghanéen, et toutes les dispositions nécessaires sont actuellement prises pour son rapatriement au Sénégal. Le communiqué précise également que des investigations ont été ouvertes afin de faire toute la lumière sur cette tragédie et de déterminer les circonstances exactes du décès.

Mais si la mort de Cheikh Touré a été officiellement confirmée, le sort de ses deux compagnons, Bamba et Momo, demeure entouré de mystère. Aucune déclaration officielle n’a pour l’instant permis d’éclairer leur situation, alimentant les rumeurs et les craintes les plus vives au sein de leurs familles. Plusieurs sources locales évoquent la possibilité d’un enlèvement, hypothèse que les proches des disparus prennent très au sérieux.

Ces derniers ont d’ailleurs diffusé, samedi 18 octobre, une vidéo dans laquelle ils affirment avoir pu entrer en contact avec les deux jeunes hommes par appel vidéo. Dans ce court échange, Bamba et Momo apparaissent visiblement apeurés, parlant à voix basse et semblant sous contrainte. Ce témoignage a ravivé les inquiétudes et renforcé la conviction qu’ils seraient retenus contre leur gré.

Face à cette situation dramatique, les familles des disparus appellent à une large mobilisation nationale. Elles demandent aux autorités sénégalaises d’intensifier leurs efforts diplomatiques et de coopérer étroitement avec les services de sécurité ghanéens pour retrouver Bamba et Momo sains et saufs. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur solidarité, partageant le hashtag #FreeBambaEtMomo pour réclamer la vérité et la justice.

Alors que le corps de Cheikh Touré s’apprête à être rapatrié, la douleur de ses proches se mêle désormais à la peur et à l’incertitude. À Kaolack comme à Yeumbeul, où le jeune gardien de but avait fait ses débuts à l’académie Esprit Foot, l’émotion est à son comble. La communauté sportive sénégalaise, profondément choquée, appelle à la vérité sur cette affaire qui bouleverse tout un pays.

Papa Malick Ndour répond à Amadou Ba : « Je refuse la diffamation et la manipulation »

L’ancien ministre de la Jeunesse, Papa Malick Ndour, a brisé le silence ce samedi à la suite des accusations portées contre lui, l’accusant d’avoir tenu des propos incitant à un coup d’État. Dans un message fort et empreint de dignité, il a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité, tout en annonçant une action judiciaire contre ses détracteurs.

« Monsieur le Ministre Amadou Ba, je suis un homme d’élégance et de principes. Jamais je ne m’abaisserai à des interprétations malveillantes pour salir un adversaire politique ou instrumentaliser la justice », écrit Papa Malick Ndour, dénonçant ce qu’il qualifie de manipulation politique. L’ancien ministre se défend de tout appel à la subversion : « Que les choses soient claires : je n’ai appelé ni à un renversement du gouvernement par la force ni à un coup d’État. Tout le monde peut regarder la vidéo. »

Pour illustrer sa conception de la politique et de l’éthique républicaine, il rappelle un souvenir personnel partagé avec Amadou Ba : « Souviens-toi de cette photo, celle où, ministre de la République que j’étais, élégant et respectueux de l’adversaire politique, je te déposais chez toi sans rancune, tout sourire et sans amertume, après un débat où tu avais pourtant traité notre régime, l’État, la justice et notre gouvernance de tous les qualificatifs inélégants et anti-républicains. Voilà l’élégance dans notre République, la République sénégalaise. »

Papa Malick Ndour estime que le débat politique doit se faire dans le respect et la vérité, non dans la manipulation. « Aujourd’hui, je refuse la diffamation et la manipulation », martèle-t-il avant d’annoncer la suite : « Dès lundi, mes avocats déposeront une plainte contre toi, Monsieur le Ministre, ainsi que contre le président du groupe parlementaire de Pastef qui m’accuse d’avoir appelé à un coup d’État. »

L’ancien ministre conclut avec un message de fermeté teinté de sérénité : « La dignité, c’est aussi de répondre fermement, mais sans haine. Le combat continue… »

DISCOURS DU KHALIFE DE BAMBILOR**Synagogue de Seine-Saint-Denis – 18 octobre 2025Thème : Vivre ensemble dans la paix et la dignité humaine

Chers autorités,
Mesdames et Messieurs les représentants des confessions religieuses,
Distingués invités, chers frères et sœurs,

C’est avec une émotion sincère que je m’adresse à vous aujourd’hui, dans ce lieu de prière empreint de sérénité.
Ma présence ici dépasse le simple cadre d’un échange interreligieux, incarnant l’intime conviction que les fils d’Abraham, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, sont liés par une même lumière, celle de la dignité humaine et du respect mutuel.

Je remercie de tout cœur mon ami, mon frère, le Grand Rabbin de Seine-Saint-Denis pour son accueil fraternel.

– Le Grand Rabbin Moché Moïse Lewin, dont la sagesse et l’engagement pour la diplomatie religieuse inspirent profondément ceux qui croient en la force du dialogue interreligieux.
Par sa parole et son action, il nous montre que la foi peut être un pont entre les peuples, un instrument de paix et de fraternité véritable.
Ce geste, au-delà de sa portée symbolique, nous rappelle qu’en des temps troublés, la diplomatie religieuse demeure l’un des rares remparts contre la fracture des âmes et la division des peuples.
Son combat de longue date pour la paix et la coopération interreligieuse force le respect.
Je comprends pleinement pourquoi le Président de l’État d’Israël l’a choisi pour représenter la communauté juive lors du Colloque international sur la diplomatie religieuse à Dakar, un événement que mon ONG a coorganisé avec l’Université Cheikh Anta Diop.
Là-bas, il a laissé des traces indélébiles dans les esprits par la profondeur de ses interventions et la sincérité de son engagement.
Qu’il en soit vivement remercié.

Je tiens également à remercier chaleureusement Monsieur Jean-Michel Genestier, Maire du Raincy, pour sa présence et son soutien.
– Vous êtes un homme de terrain et de conviction.
Sous votre impulsion, la ville du Raincy est devenue un espace de coexistence pacifique, un exemple de vivre-ensemble, où le respect de chacun fait la fierté de tous.

– Je salue également Monsieur Ludovic Toro, Maire de Coubron et Conseiller régional d’Île-de-France, dont le parcours illustre une politique du cœur, attentive à la dignité humaine et au bien commun.
Homme de dialogue et de bienveillance, il incarne cette alliance précieuse entre responsabilité publique et humanisme spirituel.

Cette assemblée traduit de manière concrète ce que Dieu nous a enseigné à propos de la diversité des hommes.
En effet, le Saint Coran nous enseigne, dans la sourate Al-Hujurât :
﴿ يَا أَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُم مِّن ذَكَرٍ وَأُنثَىٰ وَجَعَلْنَاكُمْ شُعُوبًا وَقَبَائِلَ لِتَعَارَفُوا ۚ إِنَّ أَكْرَمَكُمْ عِندَ اللَّهِ أَتْقَاكُمْ ۚ إِنَّ اللَّهَ عَلِيمٌ خَبِيرٌ﴾
« Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, afin que vous vous connaissiez entre vous. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. »

Par conséquent, la diversité n’est ni une menace ni un obstacle, mais un dessein divin.
Elle est une invitation à la rencontre, à la reconnaissance de l’autre dans sa singularité.

À l’échelle du monde, cette reconnaissance doit se traduire par une diplomatie des consciences, une diplomatie religieuse qui transcende les appartenances et s’adresse à ce qu’il y a de plus universel en chacun de nous : le cœur humain.
Elle nous enseigne que la paix ne s’impose pas par la force, mais se construit par le respect, la patience et l’écoute sincère.
Elle nous rappelle que le croyant, quel qu’il soit, reconnaît en tout être humain une parcelle du divin.

Le Coran dit encore, dans la sourate Hud :
« Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait fait des hommes une seule communauté. »
Ainsi, l’unité ne consiste pas à effacer les différences, mais à les faire dialoguer.
À tisser, entre traditions, des liens qui ouvrent un horizon commun — celui d’une humanité réconciliée.

Judaïsme, christianisme et islam puisent à la même source, partagent une mémoire millénaire, et parfois, une même espérance.

C’est pourquoi nous devons dépasser l’idée passive de « coexistence » pour entrer résolument dans celle, plus exigeante, de co-construction spirituelle.
Nous ne sommes pas simplement appelés à vivre côte à côte, mais à bâtir ensemble un monde plus juste, plus humain.

Depuis cette synagogue, je veux lancer un appel : que nos religions ne soient plus perçues comme des frontières d’identité, mais comme des foyers de lumière partagée.
Ensemble, nous avons la responsabilité de témoigner que la foi, loin de diviser, peut unir ; qu’elle peut devenir un langage d’espérance dans un monde en quête de sens.

Il est dit dans le Talmud : « Qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière. »
Et le Coran fait écho à cet enseignement : « Quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité tout entière. »
Cette convergence est le signe que dans la profondeur de nos textes sacrés se trouvent les graines d’une fraternité universelle.

Et justement, aujourd’hui, un frémissement d’espoir traverse un conflit que l’on croyait figé.
Après des mois de violence et de souffrances, un cessez-le-feu a été conclu entre Israël et le Hamas.
Des otages ont été libérés, des prisonniers relâchés, et l’aide humanitaire circule à nouveau vers Gaza.
Au-delà des tractations, ce sont des vies sauvées, des familles réunies, des blessures pansées.

À ce moment charnière, je souhaite exprimer un appel sincère à la paix entre Israël et la Palestine.
Il est essentiel que le dialogue soit maintenu avec les deux parties.
Les deux peuples, dans leur histoire, leur souffrance et leur espérance, sont pleinement conscients que seule une voie de respect mutuel peut mener à une paix durable.
Aucun des deux ne peut être ignoré si l’on veut construire une solution juste.
C’est par la parole, l’écoute et la reconnaissance de l’humanité de l’autre que pourra émerger une paix véritable.

Soutenus par des partenaires internationaux, certains leaders ont osé remettre la paix au centre du discours.
Le chemin reste incertain, mais un pas a été franchi.
Ce signe, si fragile soit-il, appelle chacun de nous à la vigilance, à l’engagement.
Car la paix n’est pas un miracle, c’est un effort quotidien.
C’est le choix, répété chaque jour, de tendre la main plutôt que de brandir le poing.
Nous devons accompagner cette dynamique, la renforcer, et rappeler au monde que ce qui unit les hommes est plus fort que ce qui les divise.

Pour conclure,

Mes frères, mes sœurs,
Mes amis,

Ce moment que nous partageons ici dépasse les mots. Il est rare, profond, et historique.
Oui, aujourd’hui, un Khalife musulman s’adresse à vous depuis une synagogue — un lieu saint du peuple du Livre.
Et ce simple fait, à lui seul, est un message au monde : celui que la foi peut rassembler là où les peurs ont divisé, que Dieu n’appartient à personne, mais qu’Il réside dans le cœur de ceux qui aiment et respectent.

Je ressens dans ce lieu une émotion sincère, celle d’un frère qui retrouve d’autres frères.
Les murs de cette synagogue, témoins de tant de prières, accueillent aujourd’hui l’écho d’une prière musulmane : une prière pour la paix, pour la vie, pour l’humanité.
Ce n’est pas un hasard si nos pas nous ont conduits ici.
C’est un signe.
Un signe que le dialogue entre les croyants est possible, qu’il est même nécessaire, et qu’il peut devenir le souffle qui guérit les blessures du monde.

Je vous avoue, mes amis, qu’en ce moment précis, je ne me sens pas invité : je me sens chez moi.
Parce qu’ici, je sens la présence du même Dieu, le souffle du même amour, la lumière de la même espérance.
Et c’est cela, le miracle du vivre-ensemble : quand nos différences cessent d’être des murs pour devenir des fenêtres ouvertes sur la fraternité.

Que cette rencontre ne soit pas un souvenir éphémère, mais le point de départ d’une alliance spirituelle nouvelle, entre les fils d’Abraham, entre les enfants de Dieu.
Que nos cœurs, juifs, chrétiens et musulmans, continuent de battre au même rythme : celui de la paix, du respect et de la dignité humaine.

Et que ce jour, ici au Raincy, reste gravé dans nos mémoires comme le jour où la foi a vaincu la peur,
la prière a triomphé de la méfiance,
et où l’amour de Dieu a uni ceux que le monde croyait séparés.

*Je vous remercie du fond du cœur.

Kilifeu, l’artiste engagé qui rêve de Kaolack : de la scène à la mairie, un parcours d’homme du peuple

Kaolack, capitale du Saloum, est à un tournant de son histoire. Et c’est une candidature pour le moins singulière qui vient bousculer le paysage politique local. Kilifeu de Keur Gui, de son vrai nom Landing Bessane Seck, a officiellement déclaré sa candidature au poste de maire.

Fondateur du mythique mouvement citoyen « Y’en A Marre » et président du Conseil d’administration du Grand Théâtre de Dakar, Kilifeu n’est pas un homme politique traditionnel. Il est artiste, activiste, homme de culture — un parcours qui semble naturellement le préparer à cette nouvelle mission.

Le parcours d’un artiste ancré dans le réel

On ne peut comprendre la candidature de Kilifeu sans revenir sur son cheminement d’artiste.

Membre fondateur du groupe de rap Keur Gui, il a, dès les années 1990, utilisé le micro comme un mégaphone pour dénoncer les maux de la société : injustice, mauvaise gouvernance, manque d’infrastructures.

Sa musique n’a jamais été une simple distraction : elle fut et demeure une école de la conscience citoyenne.

Avec la création de « Y’en A Marre » en 2011, il a transcendé la sphère artistique pour incarner un sursaut populaire historique, démontrant sa capacité à mobiliser, fédérer et porter un projet de société fondé sur la dignité et le respect du citoyen.

Son rôle au Grand Théâtre de Dakar n’est pas anodin. Gérer une institution culturelle de cette envergure, c’est administrer, planifier, dialoguer avec des acteurs multiples et veiller à l’épanouissement d’une communauté.

Une expérience qui témoigne de ses compétences managériales et de sa vision d’un développement intégrant la culture comme pilier essentiel.

Kaolack : une consécration au service des populations

Son élection à la mairie de Kaolack ne serait pas seulement une victoire politique, mais la consécration logique d’un engagement de toute une vie au service du peuple.

Pour les habitants d’une ville confrontée à des défis persistants — insalubrité, gestion des déchets, enclavement, chômage des jeunes — l’arrivée de Kilifeu pourrait marquer un vent de renouveau.

Proche des populations, l’homme de culture qu’il est dispose d’un atout majeur : l’écoute.

Contrairement à un politicien de cabinet, Kilifeu a l’oreille collée au sol.

Il connaît les rythmes, les aspirations et les frustrations de la rue, parce qu’il en est issu et qu’il n’a jamais cessé d’y puiser son inspiration.

Cette proximité constitue le socle d’une gouvernance participative.

On l’imagine facilement instaurant un dialogue constant avec les quartiers, recueillant les doléances non pas dans un bureau climatisé, mais sur les places publiques, dans les « daaras » — ces lieux de discussion à ciel ouvert.

La culture comme levier de développement

Un maire Kilifeu, c’est la promesse d’une ville où la culture n’est pas un luxe, mais un moteur de cohésion sociale et de développement économique.

Il pourrait transformer les espaces publics en scènes à ciel ouvert, valoriser le riche patrimoine culturel de Kaolack et créer des incubateurs pour les jeunes artistes de la région.

Même la lutte contre l’insalubrité pourrait s’appuyer sur des campagnes de sensibilisation artistiques, percutantes et fédératrices, à l’image des messages de « Y’en A Marre ».

Une nouvelle ère pour Kaolack ?

En somme, Kilifeu incarne l’espoir d’une politique renouvelée, plus humaine, plus proche, plus créative.

Son parcours prouve qu’il n’est pas un arriviste en quête de pouvoir, mais un serviteur du peuple répondant à un nouvel appel.

Kaolack, carrefour économique et culturel du Sénégal, mérite sans doute ce regard neuf, cette énergie créative et cette profonde connexion avec l’âme de ses habitants.

Le jour où l’artiste deviendra maire, ce ne sera pas une fin, mais le début d’une nouvelle œuvre collective pour Kaolack.

Marche du Comité de Résistance Populaire : Les partisans de Farba Ngom exigent la libération de leur leader

Pancartes à la main, banderoles rouges attachées autour de la tête, les partisans de Mouhamadou Farba Ngom ont envahi, ce samedi 18 octobre 2025, l’avenue Bourguiba à Dakar. Venus de plusieurs localités du pays, ils ont répondu à l’appel du Comité de Résistance Populaire « Free Farba », déterminés à faire entendre leur voix et à réclamer, une fois de plus, la libération du maire d’Agnam, qu’ils considèrent comme un « détenu politique ».

Dès les premières heures de la matinée, des centaines de manifestants ont afflué vers le point de rassemblement, dans une ambiance à la fois revendicative et disciplinée. Les slogans scandés, les chants engagés et les messages inscrits sur les pancartes traduisaient la même volonté : obtenir la libération immédiate de leur leader. Sur plusieurs affiches, on pouvait lire : « Justice pour Farba », « Non à la détention arbitraire » ou encore « Libérez nos otages politiques ».

Les organisateurs ont insisté sur le caractère pacifique de la mobilisation, qui s’est déroulée sous la surveillance des forces de l’ordre déployées tout le long de l’avenue Bourguiba. Aucun incident majeur n’a été signalé, preuve, selon les manifestants, de leur maturité et de leur attachement à la voie démocratique.

Au nom du comité, plusieurs intervenants ont pris la parole pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« injustice flagrante ». Selon eux, Farba Ngom est victime d’une instrumentalisation politique de la justice. « Notre camarade est un otage politique. Sa place n’est pas en prison mais parmi les siens, à Agnam, pour continuer à servir sa communauté », a déclaré l’un des porte-parole du mouvement, qui a également appelé les autorités à privilégier l’apaisement et le dialogue.

La marche a aussi été l’occasion pour les sympathisants du maire d’Agnam d’exiger la libération de tous les autres détenus politiques à travers le pays. Ils ont réaffirmé leur solidarité envers toutes les victimes d’arrestations jugées arbitraires et ont promis de poursuivre le combat jusqu’à l’obtention de la libération totale de leurs camarades.

Dakar : mobilisation de l’opposition pour exiger la libération de Farba Ngom

Après la marche organisée à Agnam, les partisans de Mouhamadou Farba Ngom ont remis ça, ce samedi, à Dakar. Camarades de parti, militants et sympathisants se sont retrouvés dans les rues de la capitale pour tenir une méga marche pacifique en vue d’exiger la libération de l’ancien député-maire d’Agnam, placé en détention préventive depuis plusieurs mois.

La mobilisation, marquée par une forte affluence, a été ponctuée de discours virulents contre le régime en place. Le député Abdou Mbow, figure de proue du Parti démocratique sénégalais (PDS) et proche de Farba Ngom, n’a pas mâché ses mots. « Notre camarade est un otage politique et c’est seulement par la politique qu’ils parviendront à le faire libérer », a-t-il déclaré devant la foule. Selon lui, la détention prolongée de Farba Ngom relève d’une manœuvre politique visant à museler l’opposition et à intimider les anciens proches du pouvoir de Macky Sall.

Le parlementaire a également dressé un réquisitoire sévère contre les autorités actuelles. « Depuis le départ de Macky Sall, le Sénégal est dirigé par des incompétents qui ne cherchent qu’à restreindre les libertés des citoyens, surtout celles des opposants », a-t-il martelé, avant de poursuivre : « Ce gouvernement est une succession d’agrégés en incompétence. J’invite les populations à faire face. »

Dans son intervention, Abdou Mbow a par ailleurs rappelé une prédiction d’Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre. « Lors de sa campagne à Agnam, Sonko avait annoncé l’emprisonnement de Farba. Ils ont tout fait pour l’incarcérer, mais ils feront encore plus pour le libérer », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de la foule.

Pour rappel, Mouhamadou Farba Ngom est poursuivi pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie portant sur des deniers publics. Son dossier, en instruction depuis plusieurs mois, suscite de vives polémiques au sein de la classe politique. Ses soutiens dénoncent une détention arbitraire et évoquent un état de santé « jugé incompatible avec la prison par des spécialistes ».

Sénégal–FMI : vers la réconciliation après la tempête du « misreporting »

Le Fonds monétaire international (FMI) refait surface dans le paysage économique sénégalais, déterminé à tourner la page d’un épisode douloureux : celui du scandale du « misreporting », ou dette cachée, qui avait provoqué la suspension du programme financier liant Dakar à l’institution de Bretton Woods. Après dix-sept mois de brouille et de méfiance, les deux parties semblent prêtes à renouer un dialogue franc, empreint de rigueur et de transparence.

Dans un entretien exclusif accordé au journal L’Observateur, Edward Gemayel, chef de mission du FMI pour le Sénégal, est revenu sur cette crise de confiance sans précédent, tout en dévoilant les contours du futur partenariat entre son institution et le pays.

Une introspection nécessaire au sein du FMI

Pour la première fois, le FMI reconnaît publiquement avoir sa part de responsabilité dans le scandale. Edward Gemayel l’admet : « Le FMI est en train de faire une révision interne de ce qui s’est passé, afin de prendre des leçons. » Autrement dit, l’institution ne se limite pas à pointer du doigt les autorités sénégalaises ; elle interroge également ses propres mécanismes de contrôle, jugés défaillants.

Selon lui, une double enquête – interne et externe – est actuellement en cours. Des experts indépendants ont été mandatés pour comprendre comment une telle dette a pu échapper à la vigilance du FMI, pourtant réputé pour sa rigueur en matière de surveillance macroéconomique. Cette démarche d’autoévaluation marque une rare volonté d’humilité et de transparence au sein de l’organisation internationale.

Un nouveau programme en préparation

Si le FMI s’interroge, il agit aussi. Edward Gemayel révèle que les discussions avec les autorités sénégalaises ont déjà repris : « Officiellement, on a commencé à négocier le nouveau programme avec les autorités depuis lundi passé. » Une mission du FMI est attendue à Dakar dès la semaine prochaine pour finaliser la première étape de ces pourparlers.

Toutefois, il ne s’agira pas d’une simple reprise du précédent cadre financier. « Les autorités sénégalaises ne veulent pas continuer avec l’ancien programme. Elles souhaitent démarrer un nouveau qu’elles vont elles-mêmes négocier », précise le chef de mission. Cette volonté d’un nouveau départ symbolise la fin d’un cycle et l’ouverture d’une ère où la transparence et la responsabilité devraient primer.

L’objectif est clair : restaurer la crédibilité financière du Sénégal et garantir que les données transmises au FMI soient désormais fiables, vérifiables et conformes aux standards internationaux.

Dix-sept mois d’isolement financier

Le scandale du misreporting a laissé des traces profondes. Pendant dix-sept mois, le Sénégal s’est retrouvé privé de l’appui du FMI et, par ricochet, de celui de nombreux partenaires financiers internationaux. Dans le système mondial, la validation du FMI reste un signal fort pour les bailleurs : elle conditionne souvent le déblocage d’aides budgétaires, de prêts concessionnels ou d’investissements publics.

« Dix-sept mois sans le FMI, c’était difficile pour le Sénégal », reconnaît Edward Gemayel. Malgré tout, il salue la résilience du pays et de son peuple : « Les Sénégalais ont été remarquablement solides pendant cette période. De notre côté, nous sommes prêts à tout faire pour les aider à repartir sur de bonnes bases. »

La reprise des discussions avec le FMI devrait ainsi marquer le retour progressif du Sénégal sur la scène financière internationale, avec pour ambition de stabiliser les comptes publics et de redonner confiance aux investisseurs.

Une nouvelle culture de transparence

Au-delà de l’aspect financier, le scandale du misreporting aura eu un mérite : celui de forcer l’ensemble des acteurs – autorités, institutions de contrôle et bailleurs – à revoir leurs pratiques. Edward Gemayel souligne une collaboration renforcée entre le gouvernement, la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances et les auditeurs indépendants, notamment le cabinet Mazars.

Ces efforts conjoints visent à bâtir un cadre de transparence totale autour de la dette publique. Désormais, chaque ligne budgétaire est passée au crible, chaque chiffre vérifié. Ce travail minutieux est essentiel pour rétablir la confiance des partenaires techniques et financiers, mais aussi pour renforcer la crédibilité du Sénégal sur les marchés internationaux.

Vers un nouveau climat de confiance

Selon L’Observateur, la mission attendue à Dakar pourrait marquer un tournant historique dans les relations entre Washington et Dakar. Après la méfiance, place à la vigilance partagée. « On a les pieds sur la pédale, et on fonce pour un nouveau programme », assure Edward Gemayel, confiant quant à la possibilité d’un accord rapide.

Mais au-delà des chiffres et des négociations techniques, l’enjeu est politique et symbolique : il s’agit de restaurer l’image du Sénégal comme partenaire fiable et discipliné, d’envoyer un signal fort aux marchés et de tourner définitivement la page des « dettes cachées ».

Kaolack : Célébration d’Octobre Rose au poste de santé de Sam — 300 personnes enregistrées

Dans le cadre de la campagne mondiale Octobre Rose, dédiée à la lutte contre les cancers féminins, le poste de santé de Sam a organisé, ce samedi 18 octobre 2025, une journée de sensibilisation et de dépistage du cancer du col de l’utérus.

Une initiative vivement saluée par la communauté, qui a permis à de nombreuses femmes d’accéder gratuitement à des services essentiels de prévention.

« Depuis quelque temps, la communauté internationale, notamment le Sénégal, se mobilise chaque mois d’octobre autour de cette cause. Les acteurs de la santé, les associations féminines et les ONG unissent leurs efforts pour combattre ce mal qui gangrène la société et freine les politiques de développement à travers le monde », a déclaré Cheikh Tidiane Sarr, secrétaire général du Comité de développement sanitaire (CDS) du poste de santé de Sam.

La Direction régionale de la santé de Kaolack et le district sanitaire ont conjugué leurs efforts pour appuyer l’association des sages-femmes, à l’origine de cette initiative. Sam, un quartier de près de 14 000 habitants, dont la majorité sont de jeunes filles, a été choisi pour cette activité symbolique.

« Plus de 350 femmes se sont inscrites pour se faire dépister. Nous avons bénéficié de l’appui de nos partenaires fidèles, notamment ENABEL et le projet VIHeillir. La journée a également été marquée par la présence de relais communautaires et d’associations de femmes, fortement mobilisées pour sensibiliser leurs pairs », a précisé M. Sarr.

Cheikh Tidiane Sarr a par ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur la situation des sages-femmes qui exercent dans les postes de santé. Selon lui, ces professionnelles jouent un rôle crucial dans la réduction de la mortalité maternelle, mais continuent de faire face à d’importantes difficultés liées à leur carrière et à leurs conditions de travail.

Marche pacifique du 18 octobre : Pape Malick Ndour dénonce une « détention politique » et appelle à un gouvernement de transition dirigé par Macky Sall

Prenant part à la marche pacifique organisée ce samedi 18 octobre 2025, Pape Malick Ndour, Coordonnateur national de la Convergence des Cadres Républicains (CCR), a vivement dénoncé la détention de Farba Ngom, maire d’Agnam et figure influente de l’Alliance pour la République (APR). Selon lui, l’incarcération de ce dernier relève d’une « manœuvre politique » visant à museler l’opposition.

« Farba Ngom est un prisonnier politique. Il doit être libéré car il est innocent », a déclaré l’ancien ministre, devant une foule de partisans rassemblés pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des atteintes aux libertés publiques et aux droits des opposants.

Dans son intervention, Pape Malick Ndour a tenu à saluer la mobilisation des militants venus de divers horizons, tout en soulignant la nécessité d’une unité d’action face à la situation politique actuelle. Il a appelé les forces vives de la Nation — syndicats, partis politiques, mouvements citoyens et société civile — à se joindre à cette lutte pour, selon ses termes, « arrêter la souffrance des Sénégalais ».

« Nous lançons un appel à l’ensemble des forces sociales et politiques pour qu’ensemble, nous puissions dégager ceux qui sont au pouvoir et installer un gouvernement de transition dirigé par Macky Sall afin de terminer le mandat et aller vers des élections », a-t-il ajouté dans une déclaration aux accents politiques forts.

Ce propos marque une nouvelle étape dans le positionnement du CCR et de l’APR, qui semblent vouloir durcir le ton face à l’actuel régime. L’idée d’un gouvernement de transition, dirigé par l’ancien président Macky Sall, constitue une proposition politique majeure, susceptible de raviver le débat sur la légitimité du pouvoir en place et sur l’avenir institutionnel du pays.

La marche, autorisée par les autorités locales, s’est déroulée dans un climat globalement pacifique malgré une forte présence policière. Plusieurs figures de l’opposition et d’anciens responsables de la coalition Benno Bokk Yakaar y ont pris part, réaffirmant leur engagement pour, disent-ils, « le retour à un État de droit et à la justice équitable ».

Pour Pape Malick Ndour, cette mobilisation n’est qu’un début. Il a annoncé que d’autres actions de protestation seront organisées dans les prochaines semaines pour maintenir la pression sur le gouvernement et exiger la libération de tous les détenus politiques.

Foncier Mbéye:DIALLO PITHIE spolier par la CDC qui réclame 25 Hectares sur un titre privé.

‎Ce samedi 18 Octobre les héritiers de Feu DIALLO PITHIE ont organisés un point de presse sur leur site privé avant d’être stopper de force par la gendarmerie .

‎Des échanges houleuses ont de suite éclater et certains ayants droit arrêter par la gendarmerie.

‎Au micro Abou DIALLO fils de Diallo PITHIE a déclare »mon pere a eu ce terrain depuis 1980 et c’est en 1983 qu’il a obtenu ses papiers délivrer par l’administration d’alors.
‎Dans ces champs nous y pratiquons toutes formes de cultures.

‎Il poursuit « Nous dénonçons avec vigueur l’implication de la CDC qui est venu détruire toutes nos recoltes sur un faux bail qu’elle a obtenue avec la complicité de l’administration actuelle .

‎Il conclu »Ce qu’il faut retenir est que nous les héritiers de Diallo PITHIE, nous ne céderons  aucun centimètre de nos terres  quoique cela nous coûte »

Foncier Mbéye:DIALLO PITHIE spolier par la CDC qui réclame 25 Hectares sur un titre privé.

Bassirou Diomaye Faye en visite d’État au Rwanda : vers un partenariat stratégique autour du sport, du tourisme et de l’innovation

En visite d’État au Rwanda, le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a pris part à une importante rencontre de haut niveau regroupant plusieurs membres du gouvernement rwandais et des responsables d’institutions économiques clés. Autour de la table, figuraient notamment les ministres rwandais des Affaires étrangères et du Sport, ainsi que le Directeur général du Rwanda Development Board (RDB). D’autres officiels et acteurs institutionnels rwandais étaient également présents, témoignant de l’importance stratégique accordée à cet échange bilatéral.

Au cœur de la rencontre, le Chef de l’État sénégalais a assisté à une série de présentations mettant en lumière la vision ambitieuse du Rwanda en matière de développement intégré. Cette stratégie nationale repose sur trois leviers essentiels : le sport, le tourisme et l’innovation, conçus comme des piliers indissociables de la croissance économique et de la cohésion sociale. Les autorités rwandaises ont exposé leur approche globale, combinant attractivité internationale, dynamisme entrepreneurial et inclusion communautaire, dans un modèle qui inspire de plus en plus sur le continent africain.

Le Rwanda, qui a récemment marqué les esprits en accueillant avec brio les Championnats du Monde de Cyclisme sur Route de l’Union Cycliste Internationale (UCI) en 2025, s’impose aujourd’hui comme un véritable hub africain du sport et du tourisme de haut niveau. Ce succès témoigne de la capacité du pays à organiser des événements sportifs mondiaux tout en valorisant ses infrastructures modernes, son environnement sécurisé et sa gouvernance exemplaire. Au-delà du sport, c’est une stratégie de rayonnement continental que le Rwanda met en œuvre, plaçant l’Afrique au centre des grandes compétitions internationales.

Le Rwanda Development Board, créé à la suite de la fusion de huit agences publiques, a également présenté son modèle novateur d’agence intégrée. Le RDB concentre en une seule structure la promotion des investissements, la facilitation de l’innovation et le renforcement de la compétitivité économique. Ce modèle, salué par de nombreuses institutions internationales, a permis au Rwanda d’améliorer considérablement son climat des affaires et d’attirer d’importants capitaux étrangers tout en favorisant l’émergence d’un secteur privé local dynamique.

Cette rencontre a été l’occasion pour les deux parties d’identifier plusieurs pistes de coopération concrète entre le Sénégal et le Rwanda. Dans la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, les discussions ont notamment porté sur le partage d’expériences dans l’organisation d’événements sportifs internationaux, la valorisation du tourisme sportif, ainsi que la mise en place de plateformes d’innovation collaborative entre les deux pays.

Tragédie au Ghana : le jeune footballeur sénégalais Cheikh Touré retrouvé mort dans des conditions atroces

Le Sénégal est sous le choc après la mort tragique de Cheikh Touré, jeune gardien de but prometteur de l’académie Esprit Foot de Yeumbeul. Le corps sans vie du joueur a été découvert au Ghana, dans des circonstances particulièrement insoutenables selon plusieurs sources concordantes. Cette disparition brutale a plongé sa famille, ses proches et le monde du football sénégalais dans une profonde tristesse.

Selon les informations rapportées par Seneweb, la dépouille du jeune athlète a été déposée à la morgue d’un hôpital à Accra, la capitale ghanéenne. Les autorités locales auraient exigé le paiement d’une somme d’argent à la famille avant toute restitution du corps, une situation qui ajoute à la douleur et à l’indignation des proches de la victime.

Les premiers éléments de l’enquête laissent entrevoir un scénario glaçant. Cheikh Touré aurait été piégé par un réseau d’escrocs se faisant passer pour des recruteurs sportifs. Ces individus lui auraient fait miroiter un test de football au Maroc, une opportunité en or pour le jeune homme dont le rêve était de percer dans le monde du sport et d’aider ses parents à sortir de la précarité. Convaincu par la proposition, il aurait quitté le Sénégal, ignorant qu’il se dirigeait en réalité vers un guet-apens.

Arrivé au Ghana, Cheikh Touré aurait été kidnappé par ses prétendus recruteurs, qui ont ensuite pris contact avec sa famille pour exiger une rançon. Malgré les efforts désespérés des proches pour réunir la somme demandée, ils n’ont pas réussi à satisfaire les exigences des ravisseurs. Quelques jours plus tard, la famille apprenait avec horreur l’exécution du jeune footballeur.

Cette tragédie a provoqué une vague d’émotion et de colère sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes, sportifs et figures publiques ont exprimé leur indignation. Tous réclament justice et vérité dans cette affaire qui illustre une fois de plus les dangers auxquels sont exposés les jeunes Africains attirés par les promesses d’agents douteux et de faux recruteurs.

L’académie Esprit Foot de Yeumbeul, où Cheikh Touré évoluait, a également exprimé sa profonde douleur et appelé les autorités sénégalaises à intervenir d’urgence pour rapatrier la dépouille du jeune homme. Les dirigeants de l’académie ont demandé une coopération étroite entre les autorités sénégalaises et ghanéennes afin que la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame et que les responsables soient identifiés et punis.

La disparition tragique de Cheikh Touré met en lumière un fléau grandissant : celui des trafics humains et des arnaques liées au football africain, où de jeunes talents, souvent vulnérables, deviennent les proies d’individus sans scrupules exploitant leurs rêves et leurs espoirs.

Au-delà de l’émotion, cette affaire appelle à une réflexion nationale sur la protection des jeunes sportifs et la régulation du milieu du recrutement footballistique. Le destin brisé de Cheikh Touré rappelle, dans la douleur, que derrière chaque rêve d’Europe ou de carrière internationale se cachent parfois des réseaux mortels.

Thiaroye 1944 : la vérité enfouie refait surface quatre-vingts ans après

Quatre-vingts ans après le massacre des tirailleurs sénégalais au camp de Thiaroye, à Dakar, l’histoire semble enfin prête à livrer ses vérités. Longtemps dissimulée, manipulée et tronquée, cette tragédie, symbole de l’ordre colonial et de ses violences, refait surface sous l’impulsion d’universitaires sénégalais décidés à restituer à la mémoire nationale une part occultée de son histoire.

Le président du Comité de commémoration du 80e anniversaire, le Pr Mamadou Diouf, a déclaré que « l’histoire est partie prenante mais n’est pas au cœur de cette affaire. Elle nous appartient. Et c’est nous qui la construisons ». Selon lui, ce travail de vérité, amorcé depuis plusieurs années, est loin d’être terminé. De nombreux documents demeurent cachés, et des faits essentiels restent à révéler.

Le massacre de Thiaroye, survenu à l’aube du 1er décembre 1944, fut une tragédie humaine d’une rare cruauté. Des tirailleurs sénégalais, anciens combattants ayant participé à la libération de la France, furent abattus sans pitié alors qu’ils réclamaient simplement leur pécule et un traitement égal à celui de leurs frères d’armes français. Depuis, l’événement a été entouré d’un silence pesant, d’omissions volontaires et de récits officiels biaisés.

Lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi, des historiens et archéologues sénégalais ont présenté les premières conclusions de leurs travaux, après la remise d’un livre blanc au président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Parmi eux figuraient le Pr Mamadou Diouf, président du Comité de commémoration, la Pr Rokhaya Fall, présidente de la Commission établissement des faits, le Pr Jouga Benga, membre de la Commission traitement et exploitation, le Pr Moustapha Sall, président de la Commission archéologie, et la Dr Aïssata Thiam, archéologue chargée des relations extérieures. Ensemble, ils ont dévoilé des révélations glaçantes sur cette page sombre de l’histoire coloniale.

Le Pr Mamadou Diouf a dénoncé « une entreprise délibérée de dissimulation par l’administration française ». Selon lui, de nombreux documents relatifs à Thiaroye se trouvent encore dans des archives inaccessibles, parfois même en Allemagne. Il souligne que les autorités françaises de l’époque ont sciemment évité toute reconnaissance officielle, craignant de se retrouver devant un tribunal international similaire à celui de Nuremberg. À ce jour, personne ne peut affirmer avec certitude combien de tirailleurs ont été fusillés, torturés ou exécutés. « On n’en connaît ni le nombre exact ni les noms », déplore-t-il.

Les recherches archéologiques menées par le Pr Moustapha Sall et son équipe ont déjà permis des découvertes troublantes. Autour d’un vieux baobab considéré comme témoin du drame, plusieurs tombes ont été localisées. Les premières fouilles ont mis au jour sept corps dans des positions anormales, certains présentant des traces de balles réelles, d’autres des signes de mutilations, de clous incrustés ou encore des côtes manquantes. L’un des crânes retrouvés était ouvert, tandis qu’un autre corps semblait avoir été enterré vivant, la bouche grande ouverte. Tous portaient des insignes militaires, confirmant qu’ils étaient en service au moment de leur mort.

Ces éléments, d’une force symbolique et historique considérable, relancent la nécessité de poursuivre les investigations. Les chercheurs envisagent désormais d’élargir le périmètre des fouilles à d’autres sites comme le lycée de Thiaroye, le camp militaire ou encore le forail de Diamaguène. Des technologies modernes, notamment des radars de pénétration du sol capables d’explorer jusqu’à 20 mètres de profondeur, seront utilisées pour identifier d’éventuelles sépultures collectives.

La prochaine étape portera sur l’analyse génétique des victimes. « On peut encore extraire l’ADN de ces victimes », a assuré le Pr Moustapha Sall. Cette approche pourrait permettre d’identifier les tirailleurs inhumés anonymement et de restituer leur mémoire à leurs familles.

Pour le Pr Mamadou Diouf, la quête de vérité ne se limite pas à un devoir de mémoire. Elle ouvre aussi la voie à la justice historique. Une fois les faits établis, estime-t-il, les familles des victimes, mais aussi les États africains concernés, pourront légitimement réclamer réparation à la France pour ces crimes coloniaux restés impunis.

Hamidou Anne dénonce une « manipulation politique » autour de la dette et défend l’héritage de Macky Sall

Le coordinateur national de la Cellule analyses et prospective de l’Alliance pour la République (APR), Hamidou Anne, est sorti de sa réserve pour réagir aux accusations de plus en plus insistantes sur l’existence supposée d’une « dette cachée » laissée par l’ancien régime. Alors que certains évoquent la possibilité d’une mise en accusation de l’ex-président Macky Sall pour haute trahison, le responsable apériste dénonce une « vaste campagne de manipulation politique » et interpelle les institutions de la République sur leur devoir de clarté.

« L’APR n’entrera pas dans une polémique avec le Fonds monétaire international (FMI) qui demeure un partenaire privilégié du Sénégal », a tenu à préciser Hamidou Anne dès l’entame de sa déclaration. Selon lui, les allégations selon lesquelles le FMI aurait confirmé l’existence d’une dette dissimulée sont infondées. « Contrairement à la vaste entreprise de manipulation actuelle, le Fonds ne peut ni confirmer ni infirmer des informations que les autorités souveraines d’un pays lui fournissent », souligne-t-il.

Hamidou Anne affirme qu’un « contre-rapport exhaustif et chiffré » a été produit pour réfuter les accusations de maquillage des comptes publics. Il remet en cause la logique même de ces accusations : « Nous demandons à savoir comment cacher une dette alors que les créanciers existent et que le Sénégal n’a jamais été en défaut de paiement. » Pour lui, il s’agit d’une tentative politique visant à ternir le bilan économique de l’ancien chef de l’État, alors que le pays, dit-il, a toujours honoré ses engagements financiers auprès de ses partenaires.

Le responsable apériste déplore surtout l’attitude des autorités actuelles, qu’il accuse de cultiver le silence au lieu d’apporter des éclaircissements. « Aucune réponse n’a été donnée aux deux correspondances adressées par le président Macky Sall au ministre des Finances et au Premier président de la Cour des comptes. C’est regrettable », dénonce-t-il. Hamidou Anne estime que la transparence doit être totale dans la gestion de cette polémique : « La Cour des comptes a certifié tous les comptes de l’État entre 2012 et 2023. Elle doit être en mesure de communiquer les informations pour clarifier la situation. »

Abordant la perspective d’une éventuelle mise en accusation de Macky Sall pour haute trahison, Hamidou Anne se montre catégorique : « C’est une voie sans issue, une perte de temps, une farce de mauvais goût et une faute morale. » Il considère cette démarche comme une manœuvre politique destinée à détourner l’attention d’un gouvernement « sans cap et sans résultats ».

Enfin, le coordinateur de la Cellule analyses et prospective de l’APR a vivement dénoncé la série d’arrestations d’opposants et de militants observée ces dernières semaines. « Ces pratiques d’un régime autoritaire sont indignes de notre démocratie », s’insurge-t-il, avant d’ajouter : « Les Sénégalais sont jaloux de leur liberté et la défendront dans la légalité. »

Le Premier ministre Ousmane Sonko met fin au cumul d’avantages liés aux véhicules administratifs

Le Premier ministre Ousmane Sonko a pris une mesure forte dans le cadre de la rationalisation des dépenses publiques. Dans une circulaire datée du 25 septembre 2025, adressée à l’ensemble des membres du gouvernement, il met un terme au cumul d’avantages dont bénéficient certains agents de l’État en matière de gestion des véhicules administratifs.

Selon le document signé par le chef du gouvernement, plusieurs départements ministériels continuent d’enfreindre les règles de gestion établies en maintenant des pratiques jugées irrégulières. Il s’agit notamment du cumul entre la dotation en carburant et l’indemnité forfaitaire globale, deux avantages que certains fonctionnaires perçoivent simultanément, en violation du décret n°2021-03 du 6 janvier 2021 relatif à la gestion et à l’utilisation des véhicules administratifs.

Cette situation, qualifiée d’« incompatible » par le Premier ministre, va à l’encontre des principes de bonne gouvernance et de transparence budgétaire prônés par les plus hautes autorités de l’État. La circulaire rappelle que cette irrégularité avait déjà été pointée du doigt dans le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) daté du 19 avril 2024. À la suite de ce rapport, le président de la République avait pris la directive présidentielle n°3, exigeant la cessation immédiate de tout cumul d’avantages dans la fonction publique.

Dans son message, Ousmane Sonko insiste sur la nécessité d’appliquer scrupuleusement cette directive et exhorte les ministres et secrétaires d’État à « prendre les mesures nécessaires » pour faire respecter cette instruction « sans délai ». Il souligne également que le respect des règles de gestion publique est une exigence de rigueur et de responsabilité, essentielle pour restaurer la confiance des citoyens dans l’administration.

Kaolack : Trois présumés voleurs de motos “Jakarta” arrêtés à Ndorong

Le Commissariat d’arrondissement de Ndorong, à Kaolack, a réussi une importante opération de police dans la nuit du 15 au 16 octobre 2025, avec l’arrestation de trois individus soupçonnés de vols répétés de motos “Jakarta”. Cette interpellation fait suite à une alerte donnée par des habitants du quartier Dialégne, qui avaient réussi à maîtriser des suspects avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Alertée par un appel téléphonique, une équipe de police s’est immédiatement rendue sur les lieux. À leur arrivée, les agents ont procédé à l’arrestation des trois individus et à la saisie de quatre motos en leur possession. Ces engins avaient été signalés volés quelques heures plus tôt, aux environs de trois heures du matin, dans le quartier de Thioffack, où leurs propriétaires les avaient garés devant leurs domiciles.

Les premiers éléments de l’enquête ont permis de remonter la piste du trafic jusqu’à un vendeur de melons, identifié comme le principal receleur des motos volées. Ce dernier aurait servi d’intermédiaire dans l’écoulement des engins, facilitant ainsi la revente rapide des biens dérobés. Deux autres complices présumés, impliqués dans le même réseau, ont également été appréhendés au cours de l’opération.

Les trois mis en cause ont été placés en garde à vue dans les locaux du Commissariat de Ndorong. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin d’identifier d’éventuelles complicités et de déterminer l’étendue du réseau de recel et de vol de motos dans la région.

Guédiawaye : la police neutralise le redoutable gang “Thiely”, spécialiste des faux accrochages nocturnes

La police vient de porter un coup dur à la criminalité organisée dans la banlieue dakaroise. Après plusieurs semaines d’investigation, les limiers du commissariat central de Guédiawaye ont réussi à mettre la main sur les membres du gang “Thiely” — un groupe de motards particulièrement redouté pour ses braquages nocturnes et sa méthode d’agression aussi audacieuse qu’efficace : les faux accrochages.

Une méthode glaçante et bien rodée

D’après les informations rapportées par L’Observateur, le gang “Thiely” — qui signifie “l’aigle” en wolof — avait mis au point une technique d’attaque d’une simplicité déconcertante. Un motard fonçait délibérément sur un véhicule pour simuler un accrochage. Pris de panique ou par réflexe, le conducteur descendait pour constater les dégâts. C’est à ce moment précis que surgissaient d’autres complices, qui profitaient de la confusion pour dérober sacs, téléphones, argent ou documents, avant de s’enfuir à vive allure sur leurs motos, souvent dépourvues de plaques d’immatriculation.

Les attaques se multipliaient depuis plusieurs mois dans les quartiers de Sahm, Tally Boumack, Thiaroye et Tally Boubess, plongeant la population dans un climat d’insécurité et de peur, surtout la nuit.

Le coup de trop : un braquage de 30 millions FCFA

Le 25 août 2025, le gang commet une erreur fatale. Ce soir-là, A. Diagne, commerçant à Bène Tally, transporte 30 millions de francs CFA en liquide et un chèque de 1,32 million à bord de sa Kia Sorento. Arrivé au croisement Sahm, il est encerclé par trois motards. L’un percute volontairement son véhicule, tandis qu’un autre profite de la confusion pour ouvrir la portière et s’emparer du sac contenant l’argent.

L’affaire prend immédiatement une tournure sérieuse. Alertés, les policiers de Guédiawaye se mobilisent et exploitent les images de vidéosurveillance ainsi que plusieurs témoignages concordants. Très vite, ils repèrent une moto Beverly grise sans plaque, aperçue sur plusieurs scènes de braquage. Après plusieurs jours de filature, les enquêteurs parviennent à interpeller les deux principaux suspects : M. Bâ, alias “Ino”, et son complice M. Ndiaye.

Un réseau bien structuré mis à nu

Les premières auditions révèlent l’existence d’un véritable réseau de voleurs à moto, bien organisé et actif dans plusieurs zones de la banlieue. Les investigations conduisent rapidement à deux autres suspects : A. Dione, âgé de 28 ans, et M. Bâ, 22 ans, vendeur de motos à Guédiawaye. Leur arrestation, parfois mouvementée, permet aux enquêteurs de confirmer que les braqueurs disposaient d’un système structuré, comprenant des exécutants, des guetteurs et des receleurs chargés d’écouler les biens volés.

Lors des confrontations, plusieurs victimes identifient formellement les suspects, notamment “Ino”, présenté comme le conducteur principal et cerveau opérationnel du groupe.

Des saisies spectaculaires et un butin estimé à plus de 62 millions FCFA

Les perquisitions menées dans différents quartiers ont permis de récupérer une partie du butin ainsi qu’un impressionnant lot de matériel de luxe. Les policiers ont notamment saisi une arme à feu de marque Taurus, plusieurs téléphones iPhone haut de gamme — modèles 11, 13, 15 et 16 Pro Max —, des chèques, des cartes grises et divers documents administratifs appartenant à des victimes. Le préjudice total est estimé à 62 580 000 francs CFA.

La fameuse moto Beverly grise, utilisée lors des braquages, a également été saisie. Elle a pu être formellement identifiée grâce à une fissure sur le pare-brise décrite par l’une des victimes, le politicien Babacar Mbaye Ngaraf.

Une affaire qui ébranle Guédiawaye

L’arrestation du gang “Thiely” a provoqué un vif émoi dans la commune de Guédiawaye. Des jeunes motards, supposés proches des suspects, se sont même rassemblés devant le commissariat central pour tenter d’intimider certaines victimes. Face à ces manœuvres, plusieurs de ces dernières ont décidé de se regrouper en collectif afin de suivre la procédure judiciaire et réclamer justice.

Selon une source proche du dossier, citée par L’Observateur, d’autres membres du réseau seraient toujours en fuite, notamment les receleurs et les complices chargés de revendre les objets volés.

Affaire ASER – Thierno Alassane Sall : le différend vire à la bataille judiciaire

Le bras de fer entre l’ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall, et l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) prend une tournure judiciaire de plus en plus tendue. Ce conflit, initialement politique et administratif, s’est désormais déplacé sur le terrain des tribunaux, avec des accusations croisées autour d’un vaste programme d’électrification rurale évalué à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.

Tout est parti de la plainte déposée par Thierno Alassane Sall devant le pool judiciaire financier. Le leader du parti La République des Valeurs accuse la direction actuelle de l’ASER, dirigée par Jean Michel Sène, de mauvaise gestion et d’irrégularités dans l’exécution de certains projets publics. Mais la riposte n’a pas tardé. Invité ce vendredi sur le plateau de Walftv, Ousmane Noreyni Gueye, responsable de la communication numérique de l’agence, a annoncé que l’ASER allait à son tour déposer une plainte contre l’ancien ministre.

Selon les déclarations de M. Gueye, le dossier visé concerne un projet d’électrification rurale d’un montant global de 60 milliards de francs CFA, signé en 2016, à l’époque où Thierno Alassane Sall occupait le portefeuille de l’Énergie. Ce programme avait été confié à la société Minan Distribution et devait permettre le raccordement de 1 144 villages à travers le pays. Or, près de neuf ans plus tard, les résultats seraient loin des attentes initiales.

La direction actuelle de l’ASER affirme que seulement 368 villages ont été effectivement électrifiés, alors que 45 milliards de francs CFA ont déjà été décaissés. Pour le directeur général Jean Michel Sène, ces chiffres traduisent de « graves anomalies » dans la mise en œuvre et le suivi du projet. Il estime que l’ancien ministre doit désormais rendre des comptes sur la gestion des fonds mobilisés, les procédures d’attribution du marché, ainsi que le contrôle exercé sur l’entreprise exécutante.

L’affaire pourrait ainsi devenir un nouveau test pour la justice financière sénégalaise, dans un contexte marqué par une intensification des enquêtes sur la transparence et la reddition des comptes dans la gestion des ressources publiques. D’un côté, Thierno Alassane Sall, connu pour son discours en faveur de l’éthique et de la bonne gouvernance, entend faire la lumière sur ce qu’il considère comme des dérives au sein de l’administration. De l’autre, la direction de l’ASER affirme vouloir défendre son honneur et clarifier les responsabilités autour d’un projet qui, selon elle, a connu ses premières irrégularités sous le mandat de son accusateur.

Transparence budgétaire : Pape Malick Ndour interpelle le FMI et dénonce les zones d’ombre dans les comptes publics

La récente intervention du Fonds Monétaire International (FMI) continue d’alimenter le débat sur la transparence des comptes publics au Sénégal. En réaction à la sortie du directeur général adjoint de l’institution, Gemayel, l’ancien ministre et membre de l’Alliance pour la République (APR), Pape Malick Ndour, a tenu à faire part de ses réserves, tout en pointant les limites de la supervision internationale en matière de gouvernance financière.

Dans un entretien avec L’Observateur, le représentant du FMI a annoncé la mise en place prochaine d’un groupe d’experts indépendants chargé « de comprendre ce qui s’est passé, comment cela s’est produit et quelles mesures correctrices doivent être envisagées ». Une initiative que Pape Malick Ndour juge révélatrice d’un certain flou persistant autour de la sincérité et de la fiabilité des données financières communiquées par le gouvernement.

Pour l’ancien ministre, cette décision du FMI pose une question fondamentale de cohérence : « Comment peut-on, d’un côté, confirmer certaines choses et, de l’autre, mandater des experts externes pour “comprendre ce qui s’est passé” ? » s’interroge-t-il. Selon lui, cette démarche traduit le malaise du Fonds face à une situation encore mal maîtrisée. « La vérité est que le FMI n’a jusqu’à présent pas bien compris, même si, par souci diplomatique et dans le respect du principe de souveraineté des États, il accorde un certain crédit aux chiffres avancés par le régime en place », ajoute-t-il.

Pape Malick Ndour estime par ailleurs que la sortie du directeur général adjoint du FMI « ancre désormais dans le débat public l’idée d’un audit externe crédible et impartial ». Il rappelle que, comme l’avait déjà indiqué le Chef de l’État lors de son entretien sur France 24, le FMI cherche lui-même à comprendre « ce qui se cache vraiment derrière cette histoire » de divergence dans les comptes publics.

Selon lui, les récentes déclarations du Fonds ne font que confirmer les doutes persistants de l’institution quant à la clarté des finances publiques. « Cette sortie du Chef de mission confirme ainsi les doutes du FMI quant à la clarté et la fiabilité des comptes publics tels que présentés par le nouveau régime », soutient Pape Malick Ndour. Il regrette surtout le manque de transparence dans la communication des documents officiels, notamment « le rapport du cabinet Mazars, pourtant considéré comme l’un des plus importants, mais toujours tenu secret ».

« DETTE CACHÉE » : Les dessous d’une polémique explosive

La déclaration de la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) évoquant un « misreporting » – une erreur de déclaration – dans les chiffres de la dette sénégalaise a fait grand bruit. Le régime en place y a vu la preuve d’une « dette cachée » par l’administration sous Macky Sall. Mais à y regarder de plus près, l’affaire semble davantage relever d’un changement méthodologique que d’une dissimulation.

UNE DIVERGENCE COMPTABLE ?

Sous Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall, l’administration a toujours distingué la dette directe de l’État et celle du secteur parapublic, c’est-à-dire des sociétés nationales. Les gouvernements successifs ont toujours considéré que ces dettes parapubliques, dites « contingentes », ne faisaient pas partie de la dette publique centrale.
Cheikh Diba le savait. Le FMI le savait, comme tous les autres partenaires bilatéraux comme multilatéraux. Le régime Sonko-Diomaye a décidé d’intégrer ces engagements dans le calcul global de la dette.
Ce choix technique a mécaniquement fait grimper les chiffres, provoquant le fameux « misreporting » évoqué par le FMI. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une dette cachée, mais d’un changement de méthode de comptabilisation des données.
Sur le fond, le Sénégal n’a jamais cessé d’honorer ses engagements.
Ses créanciers – bilatéraux comme multilatéraux – n’ont jamais signalé le moindre retard de paiement. La charge de la dette, environ 900 milliards de francs CFA par an – elle passera à environ 1 100 milliards F CFA dans le budget 2026 -, figure dans toutes les lois de finances votées par l’Assemblée nationale et dans tous les rapports de la Cour des Comptes ayant fait l’objet de vote de lois de règlement.
Difficile, dans ces conditions, de parler de « dette cachée », à en croire nos sources. « On ne peut pas dissimuler ce que l’on paie chaque année sous le contrôle des bailleurs et des institutions nationales », confient nos interlocuteurs au fait des mécanismes du Trésor.

UNE DETTE VISIBLE APRÈS 12 ANS DE GRANDS CHANTIERS

Entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu un bond spectaculaire en matière d’infrastructures. Autoroutes, ponts, TER, BRT, stades, ports, aéroports régionaux, data centers, ville nouvelle de Diamniadio : la liste est longue. Ces projets ont été financés grâce à la stratégie d’endettement du Plan Sénégal Émergent (PSE), qui visait à combler le retard structurel du pays et à stimuler la croissance. Pour l’APR, la dette paraît être « un outil de transformation », non une charge caché. Les troupes de Macky Sall pointe le bilan de leur champion pour justifier la destination de la dette.
Autre élément essentiel : la Cour des Comptes a certifié tous les budgets entre 2012 et 2023, y compris les montants liés à la dette. À aucun moment, elle n’a intégré les dettes parapubliques dans le calcul de la dette publique, même dans son rapport sur la dette de 2022. Le FMI, de son côté, a mené des dizaines de missions au Sénégal, validant les mêmes chiffres sans soulever d’anomalies. « Le FMI a toujours salué la transparence du Sénégal et la qualité de sa coopération », rappellent d’anciens responsables du ministère des Finances. Il estd donc difficile d’imaginer une fraude à si grande échelle sans que la Cour des Comptes, la DGCPT, la DGID, l’ANSD ou le FMI n’en aient eu connaissance.

NOUVEAU PROGRAMME DU FMI

Le débat intervient alors que le pays s’apprête à signer un nouveau
programme avec le FMI, selon Kristalina Georgieva. Son adjoint chargé de l’Afrique annonce que des réformes structurelles sont prévues.
S’agira-t-il de coupes des subventions et des exonérations et un élargissement de la base fiscale qui provoqueraient des conséquences sociales majeures.
En définitive, le débat sur la « dette cachée » semble moins reposer sur des faits que sur une lecture politique. Les institutions de contrôle ont validé les chiffres. Les créanciers continuent de prêter au Sénégal et les investissements financés par la dette sont bel et bien visibles sur le terrain.
Après tout, le pays paie sa dette, ses infrastructures sont là et sa signature reste respectée. Le reste n’est qu’une affaire de perception.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°586 – 18 ET 19/10/2025

🔴 « DETTE CACHÉE » : LA VÉRITÉ DERRIÈRE LE SCANDALE
🔴 MARCHE DE « NOO LANK » CONTRE LA CHERTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ : LA RUE DÉFIE LE TANDEM

🔴 CLASSEMENT FIFA : LE SÉNÉGAL SE MAINTIENT, LE MAROC ET LE CAMEROUN DÉGRINGOLENT
🔴 FINALE 9B / APRÈS L’ASC MANKOO : AÏTHIA MET EN CAUSE LE PRÉSIDENT DE LA ZONE

Air Sénégal officialise la création de ses filiales et consolide son écosystème aérien intégré

Le 17 octobre 2025, Air Sénégal a franchi une étape majeure dans la structuration du secteur aérien national en officialisant la création effective de ses filiales. Cette initiative concrétise la mise en place du Groupe de Sociétés d’Aviation Diversifié, conformément aux décisions adoptées lors du Conseil interministériel du 3 avril 2025, présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Cette décision s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’une des sept résolutions adoptées au cours de ce Conseil, portant sur la création de filiales d’Air Sénégal SA ainsi que sur la prise de participation de la compagnie nationale dans certaines structures existantes. Les nouvelles entités créées sont Air Sénégal Express, le Centre Industriel de Diass (CID), l’Institut de Formation Air Sénégal (IFAS), Teranga Catering, Teranga Hôtel et Teranga Online, qui inclut un centre d’appels.

Selon la compagnie aérienne, cette structuration stratégique permet à Air Sénégal de se positionner comme un acteur central d’un écosystème aérien intégré, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, allant du transport aérien à la maintenance, en passant par la formation, les services aéroportuaires et la restauration à bord.

Le Directeur général d’Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, a souligné l’importance de cette étape, affirmant que la création du Groupe de Sociétés d’Aviation Diversifié constitue une avancée décisive dans la structuration de l’industrie aérienne nationale. « Ce projet, voulu par les autorités, traduit la détermination d’Air Sénégal à bâtir un écosystème intégré et compétitif », a-t-il déclaré.

Parallèlement à la création de ces filiales, la compagnie poursuit le renforcement de ses participations dans plusieurs structures stratégiques. Elle détient désormais 75 % des parts dans 2AS et 100 % dans 2AS Technics, tandis que des négociations sont en cours pour acquérir une participation significative dans Teranga Sûreté Aéroportuaire (TSA).

Ces initiatives s’inscrivent dans la vision du gouvernement sénégalais de bâtir un groupe aérien intégré, durable et économiquement autonome. Elles visent également à renforcer la crédibilité internationale d’Air Sénégal et à consolider sa position de compagnie de référence dans la sous-région.

Créée en 2016 et opérationnelle depuis 2018, Air Sénégal ambitionne de devenir le leader du transport aérien en Afrique de l’Ouest, s’appuyant sur son hub stratégique de l’Aéroport international Blaise Diagne. À ce jour, elle dessert treize destinations avec une flotte composée de deux Airbus A330-900 Neo, trois Airbus A320 et deux ATR 72-600.

Sénégal : L’ARTP annonce la dernière phase de la campagne nationale d’identification des abonnés de téléphonie mobile

L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) a annoncé jeudi l’entrée dans la dernière phase de la campagne nationale d’identification des abonnés de la téléphonie mobile. Cette initiative, lancée dans le but de renforcer la sécurité publique et de protéger les consommateurs, impose à chaque utilisateur de s’assurer que son numéro de téléphone est correctement enregistré avant le 31 octobre 2025, date de clôture définitive des régularisations.

Selon l’ARTP, l’identification des abonnés constitue une obligation légale destinée à garantir la fiabilité du parc de numéros actifs et à prévenir les usages frauduleux. Cette opération est menée en partenariat avec les principaux opérateurs du pays, à savoir Sonatel, Yas, Expresso, Hayo et Promobile, avec le soutien technique de la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF). Elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de sécurisation des communications électroniques.

Cette campagne avait déjà connu une première étape majeure le 31 mars 2025, avec la suspension des lignes dont les abonnés n’avaient pas été identifiés. À compter du 29 septembre, les opérateurs ont reçu instruction de procéder à la résiliation définitive de ces lignes. L’ARTP invite désormais les abonnés concernés à se rapprocher sans délai de leurs opérateurs afin de finaliser la procédure avant la date butoir du 31 octobre. L’autorité précise qu’aucune demande de régularisation ne sera acceptée après cette échéance et en appelle à la responsabilité des utilisateurs pour préserver un environnement numérique plus sûr, plus fiable et plus responsable.

Sûreté urbaine : l’influenceuse Adji Mass arrêtée sur instruction du procureur de la République

L’influenceuse sénégalaise Adji Mass a été interpellée ce vendredi sur instruction du procureur de la République près le tribunal de grande instance hors classe de Dakar, d’après des informations obtenues par Seneweb. Cette arrestation intervient après la diffusion sur les réseaux sociaux de propos jugés contraires aux bonnes mœurs, déclenchant l’ouverture d’une enquête par le parquet.

Le parquet s’était autosaisi du dossier et avait donné des instructions à la Sûreté urbaine, par l’intermédiaire du commissariat central de Dakar, afin de localiser et interpeller l’influenceuse. Les investigations ont permis de la retrouver à la cité Djily Mbaye, où elle a été arrêtée dans l’après-midi, peu après la prière du vendredi.

Selon les premières informations, Adji Mass s’était rendue injoignable ces derniers jours, compliquant ainsi la procédure. Elle sera entendue dans le cadre de l’enquête ouverte pour déterminer la nature exacte des propos incriminés et établir si ces derniers constituent une infraction au regard de la loi.

Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités veillent à encadrer la publication de contenus sur les réseaux sociaux, notamment ceux pouvant porter atteinte aux bonnes mœurs ou à l’ordre public. L’issue de cette enquête pourrait avoir des répercussions importantes sur la responsabilité des influenceurs et la régulation des contenus diffusés en ligne au Sénégal.

Massacre de Thiaroye : des chercheurs dénoncent une « entreprise de dissimulation et de manipulation »

À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce vendredi 17 octobre 2025 au Building administratif Président Mamadou Dia, le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais a tiré la sonnette d’alarme sur les tentatives de manipulation de l’histoire entourant le drame de Thiaroye. Selon les chercheurs, l’approche officielle française autour de ce massacre s’inscrit dans ce qu’ils qualifient d’« entreprise délibérée de dissimulation et de manipulation ».

Le professeur Mamadou Diouf, président du Comité de commémoration du 80e anniversaire du massacre, a dénoncé un refus systématique de raconter fidèlement l’histoire : « Autour de Thiaroye, il y a eu une entreprise délibérée. Une entreprise française de la dissimulation, de la manipulation de l’information et surtout du refus de même raconter l’histoire », a-t-il affirmé.

Selon lui, le cimetière de Thiaroye reste un immense terrain d’investigation inexploité. « Personne n’a jamais essayé de faire des fouilles et l’archéologie de ce cimetière pour savoir qui est enterré là, ni comment ces personnes ont été tuées », a regretté le professeur Diouf, insistant sur la nécessité de confronter les archives aux preuves matérielles afin de révéler la vérité complète sur le massacre.

Le professeur Mamadou Fall, président de la Commission de traitement et d’exploitation, a précisé que les recherches archivistiques menées par la commission ont permis de réévaluer le nombre de victimes, faisant passer les estimations de 35 à environ 70 morts. Cependant, il estime que la recherche archéologique pourrait encore élargir ces chiffres, révélant ainsi l’ampleur réelle de la tragédie.

« Il faut aller au-delà des chiffres et montrer ce qui importe pour nous, Africains, qui écrivons ce récit sur nous-mêmes. Il y a eu un récit linéaire, unique, qui a cherché à invisibiliser et à dissimuler. Aujourd’hui, il y a une pluralité de récits », a souligné le professeur Fall, appelant à la construction d’un récit plus complet et plus juste.

Pour les chercheurs, il est crucial de déconstruire le récit métropolitain qui a longtemps dominé la mémoire du massacre et d’ouvrir un espace pour un récit africain, écrit et contrôlé par les Africains eux-mêmes. « Trop longtemps, notre histoire a été racontée par d’autres. Il est temps de reprendre la parole et de restituer la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour la dignité », a conclu le professeur Mamadou Diouf.

Cette prise de position des chercheurs s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réhabiliter la mémoire des tirailleurs sénégalais et à garantir que la vérité historique soit établie, non pas à travers les archives officielles seules, mais aussi grâce à des preuves matérielles et à des recherches scientifiques sur le terrain.

Massacre de Thiaroye : les fouilles archéologiques révèlent de troublantes incohérences dans les tombes des tirailleurs

Le voile se lève progressivement sur l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire coloniale française en Afrique. À l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Comité de commémoration du massacre des Tirailleurs sénégalais, le professeur Moustapha Sall, président de la Commission Archéologie, a présenté les premiers résultats des fouilles entreprises au cimetière militaire de Thiaroye, théâtre du drame du 1er décembre 1944. Ces investigations confirment d’importantes incohérences entre les archives officielles et la réalité du terrain, ouvrant une nouvelle phase dans la quête de vérité historique.

Selon le Pr Sall, les fouilles avaient pour but de vérifier la correspondance entre les tombes présumées des tirailleurs et les restes humains qui y reposent réellement. Il a rappelé que « la vérité sur ce qui s’est passée à Thiaroye se trouve dans le sol, car tout y est enfoui », soulignant que les archives françaises ne permettent pas à elles seules d’éclairer toutes les zones d’ombre entourant ce massacre.

Les premières constatations des archéologues se révèlent particulièrement troublantes. Contrairement à ce que soutiennent les récits officiels, les squelettes ne se trouvent pas à l’intérieur des tombes supposées abriter les tirailleurs. Dans plusieurs cas, les restes humains ont été retrouvés à l’extérieur du carré funéraire, parfois dans des positions inhabituelles. « Certains corps ont été découverts la tête tournée à l’opposé de la stèle, ce qui montre que les tombes actuelles ne sont pas contemporaines des inhumations », a précisé le chercheur.

Le professeur Sall parle d’un « cimetière réceptacle de plusieurs pratiques d’enterrement », une formule qui laisse entendre que les lieux auraient servi à diverses opérations funéraires à des époques différentes, brouillant ainsi la traçabilité des victimes du massacre.

Depuis le lancement des fouilles en mai dernier, sept tombes ont été ouvertes, permettant la découverte de sept squelettes généralement bien conservés. Chacun d’eux révèle des éléments singuliers. Le premier individu, mesurant environ 1m80, portait encore des brodequins, des bagues, des anneaux, ainsi que des restes de chaînes de fer autour des tibias, évoquant une détention ou une exécution violente. Le second corps ne présente que la moitié de la colonne vertébrale et du bassin, tandis que le troisième est dépourvu de crâne et d’une partie des côtes, avec une balle logée dans la poitrine gauche.

Ces indices, selon le professeur Sall, constituent des preuves matérielles d’une exécution massive et d’un possible déplacement ultérieur des corps. « Ces découvertes confirment que les tombes que l’on croyait être celles des tirailleurs ne le sont pas toutes, ou du moins, qu’elles ne correspondent pas aux récits établis », a-t-il affirmé.

Les archéologues comptent désormais poursuivre leur travail à travers des études anthropologiques et génétiques pour déterminer l’identité des victimes. « Les sept squelettes exhumés feront l’objet d’analyses approfondies. Nous allons extraire leur ADN afin de tenter de les identifier et de retracer leur origine », a indiqué le Pr Sall.

Le massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944, reste l’un des symboles les plus forts des violences coloniales. Des dizaines de tirailleurs sénégalais, anciens combattants revenus d’Europe après la Seconde Guerre mondiale, furent abattus par l’armée française pour avoir réclamé le paiement de leurs soldes.

Ces nouvelles fouilles viennent remettre en question la version officielle, longtemps contestée par les historiens et les familles des victimes. Elles pourraient ouvrir la voie à une reconnaissance historique plus complète, fondée cette fois sur des preuves scientifiques, et marquer une étape décisive dans la réhabilitation de la mémoire des tirailleurs de Thiaroye.

Don d’organes au Sénégal : le programme national de transplantation à l’arrêt faute de financement

À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe, célébrée ce 17 octobre, le Sénégal fait face à une situation préoccupante. Le programme national de transplantation, pourtant porteur d’espoir pour des centaines de patients en attente de greffe, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faute de moyens financiers suffisants.

Le pays dispose d’un cadre réglementaire et institutionnel à travers le Conseil national du Don et de la Transplantation (CNDT), structure placée sous la tutelle du ministère de la Santé et chargée de superviser les opérations de greffe, notamment rénales et de cornée. Cependant, selon son directeur, le Professeur Farika, les activités du programme sont suspendues depuis 2024, en raison de l’absence de financement durable.

« Depuis 2024, aucune transplantation n’a pu être réalisée. Le principal problème, c’est le financement. La transplantation coûte cher et la majorité des patients sont des indigents qui ne peuvent pas supporter de telles dépenses », a déploré le Pr Farika.

Le programme, lancé avec enthousiasme après la réussite des quatre premières transplantations rénales effectuées au Sénégal, s’est rapidement essoufflé. Les demandes continuent pourtant d’affluer de tout le pays. « Chaque jour, nous recevons des appels, des visites, des familles désespérées qui demandent de l’aide, mais nous ne pouvons rien faire tant qu’un mécanisme de financement pérenne n’est pas mis en place », a-t-il ajouté.

Le professeur a également tenu à rappeler que la transplantation est économiquement plus avantageuse que la dialyse sur le long terme. « Si vous comparez le coût des deux traitements sur dix ans, un patient transplanté revient à environ 50 millions de francs CFA, alors qu’un dialysé coûte presque le double, soit près de 100 millions », a-t-il précisé, soulignant ainsi l’importance d’investir dans le don et la greffe d’organes pour réduire les dépenses de santé publique.

Au-delà de l’aspect financier, le CNDT poursuit son travail de sensibilisation sur le don d’organes, une pratique encore marquée par des réticences culturelles et religieuses. La Journée mondiale du don d’organes constitue à cet égard un moment clé pour informer les populations, encourager les discussions au sein des familles et promouvoir la solidarité à travers le don posthume ou de son vivant.

Malgré les difficultés, le Pr Farika garde espoir. « Les autorités sont en train de travailler pour trouver une solution. Nous espérons pouvoir reprendre les transplantations avant la fin de l’année 2025 », a-t-il déclaré, confiant dans la volonté de l’État de relancer ce programme vital.

Le redémarrage du programme national de transplantation représente un enjeu crucial pour le système de santé sénégalais, qui ambitionne de réduire sa dépendance vis-à-vis des évacuations sanitaires et de renforcer l’autonomie médicale du pays. Pour de nombreux patients en attente, il s’agit avant tout d’une question de survie.

Fatick : une vaste opération de saupoudrage lancée pour contrer la fièvre de la vallée du Rift

La ville de Fatick a lancé, dans la nuit du vendredi au samedi, une vaste opération de saupoudrage destinée à lutter contre la fièvre de la vallée du Rift, maladie virale transmise par les moustiques et qui suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires. Cette initiative, menée par la Brigade départementale d’hygiène, s’inscrit dans le cadre du plan national de riposte sanitaire face aux risques épidémiologiques liés à l’hivernage.

L’opération a débuté à 23 heures et s’est poursuivie jusqu’à 4 heures du matin. Elle a ciblé plusieurs zones stratégiques de la commune, notamment les marchés, les espaces publics, les quartiers périphériques et les zones les plus touchées par la prolifération des moustiques. Le chef de la brigade d’hygiène de Fatick, Ibou Diom, a souligné que cette campagne vise à “réduire la densité vectorielle et protéger les populations contre les maladies transmissibles, en particulier la fièvre de la vallée du Rift.”

Selon M. Diom, cette opération s’inscrit dans la continuité d’une série d’actions préventives déjà engagées depuis plusieurs semaines. “Nous avons procédé à la désinfection de 542 salles de classe, 485 toilettes publiques et treize domiciles dans les zones à risque”, a-t-il précisé, avant d’ajouter que le quartier où a été détecté le premier cas confirmé fera également l’objet d’un traitement intensif.

Au-delà du saupoudrage, les équipes de la Brigade d’hygiène multiplient les visites de sensibilisation auprès des ménages. Des agents communautaires sont mobilisés pour rappeler les règles essentielles de salubrité : éliminer les eaux stagnantes, bien gérer les déchets ménagers et entretenir les abords des concessions. Ces actions, combinées aux opérations de désinsectisation, visent à rompre le cycle de reproduction des moustiques vecteurs de la maladie.

La fièvre de la vallée du Rift, qui affecte à la fois les animaux et les humains, est une zoonose endémique dans plusieurs zones d’Afrique subsaharienne. Au Sénégal, la région de Fatick figure parmi les zones prioritaires de surveillance en raison de sa forte activité agro-pastorale et de son exposition aux inondations saisonnières. Les autorités sanitaires, en collaboration avec les services vétérinaires, suivent de près l’évolution de la situation pour éviter toute propagation.

Cette campagne de saupoudrage s’inscrit dans un dispositif plus large de prévention mis en place par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, en coordination avec les collectivités locales et les services de l’élevage. L’objectif est d’assurer une riposte rapide et efficace afin de contenir les risques sanitaires et protéger les populations rurales et urbaines de Fatick.

Par cette mobilisation, les autorités locales affichent leur détermination à faire face à la menace sanitaire, tout en appelant les populations à une collaboration active. “La lutte contre la fièvre de la vallée du Rift est l’affaire de tous. Le respect des consignes d’hygiène et la vigilance communautaire sont essentiels pour endiguer la maladie”, a conclu le chef de brigade, Ibou Diom.

Bassirou Diomaye Faye accueilli à Kigali par Paul Kagame pour une visite officielle placée sous le signe du partenariat stratégique

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a entamé ce vendredi une visite officielle à Kigali, au Rwanda, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. À son arrivée à l’aéroport international de Kigali, le chef de l’État sénégalais a été chaleureusement accueilli par son homologue rwandais, Paul Kagame, dans une ambiance empreinte de fraternité africaine et de respect mutuel.

Cette visite officielle revêt une importance particulière dans le contexte actuel de redéfinition des alliances africaines et de promotion de la coopération Sud-Sud. Elle vise à consolider les liens d’amitié et de partenariat entre le Sénégal et le Rwanda, deux nations reconnues pour leur vision réformatrice et leur volonté de bâtir des États modernes, performants et souverains.

Au cœur des échanges entre Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame figurent plusieurs axes prioritaires, notamment la gouvernance publique, la transformation numérique, la sécurité régionale, l’industrialisation et la promotion du capital humain. Les deux dirigeants entendent également explorer de nouvelles opportunités de collaboration dans les domaines de l’innovation technologique, de l’entrepreneuriat des jeunes, ainsi que du développement durable.

Le président Faye, dont la politique étrangère repose sur une approche souverainiste et pragmatique, considère le Rwanda comme un partenaire africain exemplaire, en raison de ses avancées notables en matière de gouvernance, de digitalisation des services publics et de promotion de l’efficacité administrative. Kigali, souvent cité comme modèle en Afrique en termes de stabilité et de développement, partage avec Dakar une vision commune : celle d’un continent maître de son destin, où la coopération entre nations africaines se substitue progressivement à la dépendance extérieure.

La visite du président sénégalais intervient dans un contexte où les relations entre Dakar et Kigali connaissent un essor constant. Ces dernières années, plusieurs accords de coopération ont été signés dans les domaines de la formation, des technologies de l’information, de la gestion publique et du commerce. Le déplacement de Bassirou Diomaye Faye devrait aboutir à la signature de nouveaux partenariats destinés à renforcer la coopération institutionnelle et économique.

Au-delà des enjeux politiques et économiques, cette rencontre revêt également une forte portée symbolique. Elle illustre la volonté des deux chefs d’État de donner un nouvel élan à la diplomatie africaine, fondée sur la complémentarité et la mutualisation des ressources. Bassirou Diomaye Faye et Paul Kagame entendent ainsi mettre en avant une nouvelle génération de leadership africain, déterminée à offrir des solutions endogènes aux défis du développement et à redéfinir la place du continent sur la scène internationale.

Affaire Parilutte-Parilamb : la Lonase lourdement désavouée, la saisie de fonds annulée par le Tribunal de commerce de Dakar

Le feuilleton judiciaire opposant la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) au Groupement d’intérêt économique (Gie) Parilutte-Parilamb vient de connaître un nouveau rebondissement, et pas en faveur de l’entreprise publique. Le Tribunal de commerce de Dakar a rendu une ordonnance en référé annulant la saisie-attribution de créances opérée par la Lonase sur les comptes bancaires de son partenaire, au motif d’un vice de fond dans la procédure. Cette décision, rendue avec exécution provisoire, vient aggraver la situation de la société nationale déjà condamnée au fond en 2023 à verser 5 milliards de francs CFA au Gie pour rupture abusive de contrat.

Le contentieux remonte à janvier 2020, date à laquelle la Lonase et le Gie Parilutte-Parilamb avaient signé un partenariat stratégique portant sur la mise en place d’une plateforme numérique dédiée aux paris sur la lutte sénégalaise, dénommée « Parilutte-Parilamb ». Ce projet ambitieux visait à moderniser la gestion des paris sportifs et à mieux encadrer les mises autour du sport roi du Sénégal. Dans l’esprit du partenariat, la Lonase devait apporter son expertise institutionnelle, son réseau et ses autorisations réglementaires, tandis que Parilutte-Parilamb devait fournir la solution technologique et l’infrastructure opérationnelle.

Mais très vite, des désaccords sont apparus. Le Gie accuse la Lonase d’avoir manqué à ses engagements contractuels, en bloquant le lancement du projet et en refusant d’exécuter certaines obligations financières prévues dans la convention. Malgré de multiples tentatives de conciliation, les discussions ont échoué, poussant Parilutte-Parilamb à saisir le Tribunal de commerce de Dakar pour obtenir réparation.

En octobre 2023, la justice avait tranché en faveur du Gie, condamnant la Lonase à lui verser la somme de cinq milliards de francs CFA pour non-exécution de ses engagements. Une décision que l’entreprise publique avait contestée sans succès, tout en cherchant à contourner ses effets. En mars 2025, la Lonase a tenté de faire saisir les comptes bancaires du Gie logés à la Coris Bank International, sur la base d’une procédure initiée par Me Guillaume Sagna, huissier de justice à Dakar.

Mais cette démarche s’est retournée contre elle. Le Tribunal de commerce, saisi par les avocats de Parilutte-Parilamb, a constaté plusieurs irrégularités de fond dans la procédure de saisie. Le juge a ainsi déclaré nulle la saisie-attribution de créances opérée le 21 mars 2025 et a ordonné la main levée immédiate sur les fonds. Dans son ordonnance, le tribunal a estimé que la Lonase avait violé les principes élémentaires de la procédure civile, en initiant une saisie sans base juridique solide. L’entreprise publique a, de surcroît, été condamnée aux dépens, avec exécution provisoire de la décision, ce qui signifie qu’elle devra s’y conformer sans délai, même en cas d’appel.

Pour Me Mohamed Seydou Diagne, avocat de Parilutte-Parilamb, cette nouvelle victoire judiciaire ne souffre d’aucune ambiguïté : « C’est une décision claire, cohérente et conforme au droit. Elle confirme que la Lonase a choisi une voie de fait en tentant d’obtenir par la force ce que la justice lui avait déjà refusé. » Le conseil a ajouté que son client restait déterminé à obtenir l’exécution intégrale du jugement de 2023 et à faire respecter ses droits.

Cette affaire, au-delà de son aspect financier, met en lumière les fragilités structurelles de la gouvernance contractuelle dans certaines entreprises publiques sénégalaises. Plusieurs analystes y voient le symptôme d’un rapport souvent déséquilibré entre les institutions étatiques et leurs partenaires privés. Dans le cas d’espèce, la Lonase, censée incarner la rigueur et la transparence du service public, se retrouve accusée de manquements répétés à ses engagements, d’initiatives procédurales hasardeuses et de tentatives d’intimidation économique.

Pour l’entreprise publique, ce nouveau désaveu judiciaire constitue un coup dur. Déjà en proie à des critiques sur sa gestion interne et sur la transparence de ses partenariats, la Lonase voit son image encore ternie par cette série de revers judiciaires. Elle se retrouve désormais dans une position délicate : condamnée au fond, déboutée en référé, et sous pression pour exécuter les décisions de justice qui s’accumulent contre elle.

De son côté, le Gie Parilutte-Parilamb sort renforcé de cette séquence. Après cinq années d’un combat juridique éprouvant, il dispose désormais de deux victoires successives qui confortent la solidité de sa position et la légitimité de ses revendications. L’enjeu, désormais, est d’obtenir le paiement effectif des 5 milliards de francs CFA fixés par le tribunal en 2023.

Ce bras de fer, qui mêle enjeux économiques, juridiques et institutionnels, risque de se poursuivre encore longtemps. Mais une chose est certaine : la Lonase, en accumulant les revers, donne l’image d’une institution fragilisée, confrontée à ses propres contradictions et à un besoin urgent de réforme interne. Quant à Parilutte-Parilamb, sa détermination à faire respecter la justice pourrait en faire un symbole de la résistance du secteur privé face aux dérives des structures publiques.

Farba Ngom porte plainte pour diffamation et injures contre Walf Quotidien et l’économiste Meïssa Babou

Le député-maire des Agnam, Farba Ngom, a décidé de saisir la justice pour défendre son honneur après la publication d’informations qu’il juge diffamatoires et injurieuses. Actuellement détenu dans le cadre d’une autre procédure, le parlementaire a engagé des poursuites contre le journal Walf Quotidien et l’économiste Meïssa Babou, à la suite d’articles et de commentaires qu’il estime attentatoires à sa réputation.

Selon le quotidien Les Échos, deux plaintes distinctes ont été déposées par les avocats de Farba Ngom : la première auprès du procureur de la République pour « diffamation » vise le journaliste Salif Ka et le directeur de publication de Walf Quotidien, Seyni Diop. La seconde, introduite auprès de la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), cible Meïssa Babou pour « injures publiques ».

À l’origine de ces plaintes, un article publié dans l’édition du 13 octobre de Walf Quotidien. Le journal y affirmait que Farba Ngom, à travers les sociétés Woodrose Investment et SF-Farms, serait propriétaire de 251 parcelles issues de lotissements, ainsi que de 29 titres fonciers situés dans la commune de Ngor-Almadies, sans oublier des terrains au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo. Des allégations que le maire des Agnam conteste fermement, estimant qu’elles portent gravement atteinte à son honneur et à sa considération publique.

S’agissant de Meïssa Babou, économiste et enseignant, il lui est reproché d’avoir, dans un commentaire relatif à ces accusations, tenu des propos jugés offensants à l’égard du député : « …ils ont choisi la facilité non pas dans l’éthique mais dans la magouille et des détournements (…) C’est de l’enrichissement illicite », aurait-il déclaré. Ces propos ont été interprétés par les conseils de Farba Ngom comme une attaque personnelle, relevant du champ de l’injure publique.

Cette affaire survient dans un contexte judiciaire déjà tendu pour Farba Ngom, qui a parallèlement saisi la juridiction suprême afin d’obtenir la mainlevée de son mandat de dépôt. Ses proches dénoncent ce qu’ils considèrent comme une campagne de dénigrement médiatique, destinée à ternir son image alors qu’il fait face à plusieurs accusations.

En engageant ces poursuites, le député des Agnam entend rétablir la vérité et faire sanctionner ce qu’il qualifie de dérive médiatique et de diffamation manifeste. Du côté des mis en cause, ni le Walf Quotidien ni Meïssa Babou n’ont pour l’instant réagi publiquement à ces plaintes, mais l’affaire risque d’ouvrir un nouveau front judiciaire mêlant presse, politique et justice dans un climat déjà chargé de tensions autour de la liberté d’expression et de la responsabilité des médias au Sénégal.

Université Gaston Berger : grève de 48 heures des travailleurs pour protester contre la suppression des quotas réservés à leurs enfants

À l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le climat social s’est tendu ces derniers jours. Les travailleurs de l’établissement ont observé une grève de 48 heures, les jeudi 16 et vendredi 17 octobre 2025, pour dénoncer la suppression des quotas d’inscription réservés aux enfants du personnel universitaire. Cette décision, jugée injuste et brutale, a provoqué la colère des syndicats, qui parlent d’une attaque frontale contre les droits acquis de longue date par les travailleurs de l’université.

Selon les syndicalistes, cette mesure a déjà un impact concret : plus de 40 dossiers d’inscription sont actuellement bloqués, compromettant la rentrée universitaire des enfants concernés. Ibrahima Traoré, membre du syndicat des travailleurs de l’UGB, a décrit la situation comme alarmante. « Aujourd’hui, 24 dossiers sont en souffrance au niveau de notre rectorat. Il s’agit de 42 enfants de travailleurs qui risquent d’être exclus pour ne pas être inscrits. Nous affirmons que c’est injuste », a-t-il déclaré, dénonçant une situation qu’il qualifie de « honte » pour une institution censée promouvoir la justice et l’équité.

Les travailleurs estiment que l’université renie ses engagements et efface des avantages sociaux acquis de haute lutte. « Nous ne pouvons plus attendre, il n’y a pas d’autre démarche possible que celle de riposter », a insisté M. Traoré, avant de marteler : « Les acquis restent des acquis, nous ne ferons pas marche arrière. »

L’intersyndicale de l’Université Gaston Berger, qui regroupe les principales organisations de travailleurs, a ainsi décidé de paralyser le rectorat et le Centre des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous) pendant deux jours. L’objectif est de faire pression sur les autorités universitaires pour qu’elles reviennent sur leur décision et rétablissent les quotas réservés aux enfants du personnel.

Cette mobilisation met en lumière un malaise plus profond au sein des universités publiques sénégalaises, où les tensions sociales se multiplient sur fond de réformes administratives et budgétaires. Pour les syndicalistes, il ne s’agit pas simplement d’un privilège perdu, mais d’un symbole du respect dû aux agents qui, depuis des années, participent activement au fonctionnement et au rayonnement de l’université.

Alors que la grève a temporairement ralenti les activités de l’UGB, les travailleurs promettent de poursuivre leur combat si aucune solution n’est trouvée. Ils exigent un dialogue franc avec les autorités universitaires et le ministère de l’Enseignement supérieur afin de préserver ce qu’ils considèrent comme un droit légitime.

La rentrée universitaire, prévue dans les prochains jours, risque ainsi d’être perturbée si le conflit persiste, laissant planer une incertitude sur l’avenir des enfants concernés et sur la stabilité sociale au sein de l’Université Gaston Berger.

Assises des entreprises : le gouvernement consacre 300 milliards FCFA à l’apurement des arriérés du secteur privé dans la LFR 2026

Lors de la cérémonie d’ouverture des Assises de l’entreprise, tenue jeudi à Dakar, le Directeur de cabinet du ministre des Finances et du Budget, Bassirou Sarr, a annoncé une mesure importante visant à alléger les tensions financières du secteur privé national. Il a révélé que le gouvernement a inscrit un montant complémentaire de 300 milliards de francs CFA dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2026, destiné à l’apurement des arriérés dus aux entreprises privées.

Cette déclaration intervient dans un contexte où les acteurs économiques, à l’image du président du Conseil national du patronat (CNP), Baïdy Agne, ont exprimé leurs vives inquiétudes face à l’accumulation de dettes publiques non réglées, qui fragilisent la trésorerie et les capacités d’investissement des entreprises.

Selon M. Sarr, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a pris l’initiative de saisir toutes les entités du secteur privé afin d’établir un recensement exhaustif des montants dus. Cette opération, a-t-il indiqué, permettra à l’État de disposer d’une vision claire et complète de l’ensemble des arriérés avant leur apurement. « Dans la loi de finances déposée à l’Assemblée nationale, un montant de 300 milliards de F Cfa complémentaire est réservé pour l’apurement de ces arriérés », a-t-il précisé, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de rétablir la confiance avec le secteur privé.

Revenant sur les efforts déjà consentis par l’État, le directeur de cabinet a rappelé que, dans la Loi de finances rectificative 2025, le gouvernement avait déjà mobilisé 500,9 milliards de francs CFA pour le même objectif. « Dans ces arriérés, nous avons plusieurs composantes. La première est liée à des marchés publics financés sur ressources extérieures et concernant les exercices 2024 et antérieurs. Aujourd’hui, sur un montant de 249 milliards de francs CFA prévu, nous avons déjà apuré 218 milliards », a-t-il détaillé, soulignant les progrès réalisés dans ce domaine.

M. Sarr a également mis en avant la bonne santé macroéconomique du pays, affirmant que le Sénégal affiche actuellement le taux de croissance le plus élevé du continent africain, avec une prévision de 7,8 % d’ici la fin de l’année. Cette performance, selon lui, témoigne de la résilience de l’économie sénégalaise et de l’efficacité des réformes budgétaires entreprises par le gouvernement.

Il a par ailleurs insisté sur la volonté du ministère des Finances de poursuivre la consolidation budgétaire. Le Projet de loi de finances 2026, déposé à l’Assemblée nationale, prévoit en effet une réduction du déficit budgétaire, qui passera de 7,8 % à 5,8 %, un signe de rigueur et de prudence dans la gestion des finances publiques.

Ces annonces interviennent dans un climat de dialogue renouvelé entre le secteur public et le secteur privé, à travers ces Assises de l’entreprise placées sous le thème « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables ». Elles traduisent une volonté affirmée du gouvernement de rétablir la confiance, d’assainir les relations financières avec les entreprises et de consolider les bases d’une croissance inclusive et durable.

Assises de l’entreprise : Baïdy Agne alerte sur les contentieux bancaires et le manque de concertation fiscale

Les Assises de l’entreprise, organisées par le Conseil national du patronat (CNP), ont été marquées par une intervention forte du président du patronat sénégalais, Baïdy Agne, qui a mis en lumière les difficultés croissantes auxquelles font face les entreprises du pays. Lors de la cérémonie d’ouverture, présidée par le ministre du Commerce, Serigne Gueye Diop, et en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont Déthié Fall, Olivier Boucal et Amadou Ndieck Sarré, le président du CNP a dénoncé les multiples entraves au développement du secteur privé national, notamment les contentieux bancaires, le manque de concertation sur les codes des impôts et des douanes, ainsi que le retard dans l’apurement de la dette intérieure.

Baïdy Agne a d’abord souligné l’urgence de « rectifier le tir » afin de permettre aux entreprises sénégalaises de mieux saisir les opportunités économiques qui s’offrent au continent africain. Selon lui, le climat des affaires demeure fragilisé par une série de contraintes structurelles, notamment le poids des contentieux bancaires. À ce titre, il a révélé que le montant global des créances bancaires en contentieux judiciaire dépasse désormais 750 milliards de francs CFA, un chiffre alarmant qui freine le financement de l’économie nationale.

Pour le président du CNP, la situation du Tribunal de Commerce de Dakar mérite une attention particulière. Il appelle à son désengorgement, estimant que la lenteur dans le traitement des affaires commerciales a un impact direct sur la compétitivité des entreprises et la fluidité des affaires.

Revenant sur le thème central des Assises — « Croissance Plus, Économie Compétitive, Souveraineté & Emplois Durables » —, Baïdy Agne a rappelé que la santé de l’entreprise sénégalaise reste fragile dans plusieurs secteurs, même si les entrepreneurs continuent d’afficher un optimisme mesuré. « L’entreprise ne bute jamais sur des difficultés ni ne contourne les obstacles », a-t-il déclaré, avant de souligner que la croissance durable repose avant tout sur l’investissement, la productivité et une meilleure mobilisation des ressources internes.

Dans ce cadre, il a plaidé pour un dialogue plus ouvert et inclusif entre les pouvoirs publics et le secteur privé, notamment dans la conception des nouveaux Codes des Impôts et des Douanes. Selon lui, le manque de communication entre les directions générales concernées et le patronat crée une situation de méfiance et alimente les tensions fiscales. « Rien ne filtre du huis clos des deux Directions générales », a-t-il regretté, appelant à un retour des concertations techniques afin d’éviter les incompréhensions, les sanctions injustifiées et les contentieux répétitifs.

Le président du CNP a également abordé la pression fiscale que subissent les mêmes contribuables, dénonçant un déséquilibre dans la répartition des charges. Il a réaffirmé la volonté du patronat de promouvoir le civisme fiscal, mais souhaite que la loi sur la souveraineté économique soit élaborée avec une réelle implication des acteurs privés.

Baïdy Agne a par ailleurs évoqué le rôle du secteur des assurances, qu’il juge stratégique dans le financement de l’économie nationale. Il a rappelé que ce secteur représente plus de 631 milliards de francs CFA d’investissements et de placements, dont 25 % en obligations et valeurs d’État. Il a plaidé pour la mise en place d’un cadre réglementaire favorisant la création de marchés secondaires, afin de rendre les actifs plus liquides et de stimuler la croissance.

Enfin, le président du CNP a insisté sur la dette intérieure, appelant à son apurement progressif pour soulager les entreprises en difficulté. Il souhaite que les paiements dus soient accélérés et que les délais d’attente soient réduits au strict minimum, en accordant une priorité aux secteurs les plus vulnérables.

Ces Assises de l’entreprise se tiennent dans un contexte économique marqué par la recherche de souveraineté économique, de compétitivité et d’emplois durables. Le discours de Baïdy Agne résonne comme un appel à un partenariat renouvelé entre l’État et le secteur privé, afin de bâtir un environnement propice à la croissance, à la stabilité et à l’investissement productif au Sénégal.

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