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Maintenance : la Senelec annonce des perturbations sur la plateforme Woyofal à partir du 22 septembre

La Société nationale d’électricité (Senelec) a informé sa clientèle d’une opération de maintenance sur sa plateforme informatique de vente de crédit Woyofal. Cette intervention, prévue entre le lundi 22 et le jeudi 25 septembre 2025, entraînera des interruptions temporaires du service.

Selon le communiqué de l’entreprise, ces perturbations se produiront uniquement la nuit, entre 1 heure et 5 heures du matin, durant trois jours consécutifs : du 22 au 23 septembre, du 23 au 24 septembre et enfin du 24 au 25 septembre. Pendant ces plages horaires, aucun achat de crédit Woyofal ne sera possible.

La Senelec invite donc ses clients à prendre les dispositions nécessaires afin d’anticiper leurs besoins en électricité. Elle recommande notamment de recharger leurs compteurs avant les périodes concernées, afin d’éviter toute coupure inopinée liée à l’impossibilité d’acheter du crédit.

L’entreprise publique a présenté ses excuses pour les désagréments que ces interruptions pourraient occasionner, tout en rassurant que le service sera pleinement opérationnel en dehors de ces créneaux.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts de la Senelec pour renforcer la fiabilité et la performance de son système informatique, élément essentiel à la gestion du réseau prépayé Woyofal, qui concerne des centaines de milliers de ménages sénégalais.

Sénégal : un nouveau Code des impôts pour stimuler un financement endogène de l’économie

Le Sénégal franchit un nouveau cap dans sa politique fiscale. Le jeudi 18 septembre, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi modifiant le Code général des impôts, marquant ainsi une étape majeure dans la modernisation du dispositif fiscal du pays. Cette réforme, inscrite dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES), entend répondre aux mutations de l’économie nationale et aux nouveaux défis liés à la digitalisation et à l’évolution des modes de consommation.

L’ambition affichée par le gouvernement est de taille : élargir l’assiette fiscale, moderniser les mécanismes de recouvrement et garantir une meilleure cohérence dans l’application de l’impôt, tout en évitant une hausse des taux globaux. Il s’agit, selon le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, de poser les bases d’un financement endogène solide, capable de soutenir la croissance et de réduire la dépendance extérieure.

La réforme cible plusieurs secteurs considérés comme stratégiques ou sensibles. Les transferts d’argent, activité devenue incontournable avec la montée en puissance du mobile money, sont désormais soumis à une taxe spécifique de 0,5 % par transaction, plafonnée à 2 000 francs CFA. Cette mesure, bien que présentée comme un outil de mobilisation de ressources, suscite des inquiétudes quant à ses effets sur l’inclusion financière. Certains députés redoutent en effet qu’elle incite les populations à revenir au cash, ce qui pourrait freiner la dynamique de digitalisation des paiements.

Le secteur des jeux de hasard est également visé par un durcissement fiscal. Désormais, les opérateurs seront taxés à hauteur de 20 % de leurs revenus, tandis que les gains des joueurs feront l’objet d’un prélèvement équivalent. Les parlementaires ont largement salué cette mesure, qu’ils perçoivent comme une action de « salubrité sociale », destinée à encadrer une activité souvent critiquée pour ses effets pervers sur les ménages les plus vulnérables.

La réforme touche aussi la fiscalité des produits jugés nocifs. Les taxes sur les alcools importés passent de 50 à 65 %, celles sur les boissons alcoolisées locales de 25 à 40 %, et la fiscalité sur le tabac grimpe de 70 à 100 %. Pour le gouvernement, ce renforcement constitue un instrument de régulation publique, visant à décourager les comportements à risque tout en augmentant les recettes fiscales.

En parallèle, le dispositif fiscal sur les véhicules importés a été élargi. Désormais, toutes les voitures de tourisme, quelle que soit leur catégorie, seront soumises à une taxation renforcée, une décision qui s’inscrit dans une logique de justice fiscale mais aussi de protection du marché intérieur. Le droit de timbre, auparavant limité aux transactions supérieures à 100 000 francs CFA, s’appliquera désormais à tous les paiements en espèces, renforçant ainsi le suivi des flux financiers.

En présentant la réforme, Cheikh Diba a insisté sur son double objectif : d’une part, mobiliser davantage de ressources pour financer les priorités nationales et, d’autre part, utiliser l’outil fiscal comme levier pour orienter les comportements économiques et sociaux. « Il s’agit d’impulser un financement endogène de notre économie, à travers la mobilisation performante des ressources fiscales », a-t-il déclaré devant les députés.

Toutefois, si certaines mesures ont recueilli un large consensus, notamment celles liées aux jeux de hasard et à la fiscalité sur l’alcool et le tabac, d’autres continuent de susciter des débats. La taxation des transferts d’argent cristallise particulièrement les inquiétudes, car elle touche directement les ménages et pourrait ralentir les efforts du pays pour renforcer son inclusion financière et digitale.

Cette réforme, adoptée par une large majorité des parlementaires, symbolise néanmoins la volonté de l’État de réorienter sa politique fiscale vers plus de souveraineté économique et de justice sociale, tout en tenant compte des mutations structurelles de l’économie sénégalaise.

Guediaway;Trop, c’est trop : notre ville mérite mieux qu’un maire fantôme

Depuis des années, Guediawaye avance sans cap, sans souffle, sans vision. À sa tête : un maire absent, désabusé, usé. Un homme qui n’a de cesse de répéter qu’il en a « marre » d’être là, qu’il ne veut plus porter cette charge. Une lassitude qu’il exprime haut et fort… pendant que notre ville, elle, s’effondre en silence.
Les routes sont délabrées, les écoles manquent de moyens, les jeunes sont livrés à eux-mêmes, et les quartiers s’enfoncent dans l’abandon. Que fait le maire ? Rien. Rien, sinon se plaindre, fuir ses responsabilités et s’enfermer dans un immobilisme coupable. Il a déserté le terrain. Il a trahi la confiance des Guediawayois.
Face à ce vide politique et moral, « Vision Bokk Sénégal » se lève, porté par des femmes et des hommes compétents, enracinés, engagés. Des cadres issus de la société civile, de l’éducation, de l’entrepreneuriat, de la culture et de la vie associative… Des gens de terrain qui agissent, pendant que d’autres parlent.
Parmi nos initiatives phares : les Clubs Citoyens de Quartiers. Une idée simple, mais puissante. Ces clubs rassemblent les enfants autour de projets éducatifs, écologiques, culturels et citoyens. Ils découvrent leur ville, apprennent à la comprendre, à l’aimer et à la transformer. Ils deviennent les bâtisseurs de demain, là où l’inaction d’aujourd’hui leur laissait un champ de ruines.
Notre vision est claire : remettre la ville en mouvement, avec des actions concrètes, une gestion rigoureuse et une ambition partagée.
À ceux qui aiment notre ville, à ceux qui refusent de voir Guediawaye mourir à petit feu sous le poids de l’indifférence et de l’usure, nous lançons un appel solennel :
Rejoignez-nous!
Que vous soyez de gauche, de droite, du centre ou d’aucune obédience politique, peu importe. Ce qui compte aujourd’hui, c’est l’intérêt de la ville . C’est l’avenir de nos enfants. C’est la dignité de ce que nous portons tous dans nos cœurs.

Le moment est venu de tourner la page. Le moment est venu de reconstruire. Ensemble.

Mamadou AW
Président du Mouvement VISION BOKK SÉNÉGAL

Sénégal – Diaspora Bond : une innovation financière qui interroge

Le 18 septembre 2025, l’État du Sénégal a procédé au lancement officiel de ce qu’il a baptisé son premier « Diaspora Bond ». Une opération inédite, censée mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur au service du financement du développement national. Si l’initiative a été saluée pour son ambition et son audace, certains spécialistes appellent toutefois à la nuance et à la précision des termes.
C’est le cas de Meissa Lo, expert financier, consultant international en finance de marché et membre de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers). Dans une analyse qu’il a partagée avant l’opération, il invite à clarifier la nature de l’instrument. « Un diaspora bond, dans sa définition stratégique, n’est pas seulement un emprunt ouvert à la diaspora. C’est un instrument de co-développement », a t-il souligné.
Selon lui, un véritable diaspora bond doit être adossé à des projets concrets qui parlent directement à la communauté sénégalaise de l’extérieur : logement pour les candidats au retour, infrastructures dans les zones d’émigration, soutien à l’entrepreneuriat diasporique. « Il ne s’agit pas seulement de mobiliser une épargne, mais d’offrir un avenir, un projet, une place dans la transformation du pays », insiste-t-il.
Or, dans le cas sénégalais, plusieurs zones d’ombre subsistent :
L’emprunt a été ouvert à tous, et non exclusivement à la diaspora.

La communication gouvernementale n’a pas clairement fléché les fonds vers des projets liés aux Sénégalais de l’extérieur.

La transparence sur l’affectation des ressources reste floue, même si les taux d’intérêt proposés apparaissent attractifs, comparables, voire supérieurs, aux produits d’épargne traditionnels en Europe ou en Amérique.

Pour Meissa Lo, il serait donc abusif de qualifier cette émission obligataire de « diaspora bond » au sens fort. « Ce que l’État a proposé, c’est avant tout un emprunt obligataire, certes orienté vers la diaspora, mais aussi accessible à d’autres bailleurs. Il n’y a pas de sous-jacent communautaire, ni de vision partagée », tranche-t-il.
L’initiative marque néanmoins une étape importante dans la volonté de l’État de diversifier ses sources de financement. Reste à savoir si, à l’avenir, Dakar saura transformer cette première tentative en véritable outil de co-développement, en associant la diaspora non seulement comme bailleur, mais aussi comme acteur à part entière de la transformation nationale.

Kaffrine – L’Union régionale des personnes vivant avec un handicap en colère contre les autorités

L’Union régionale des associations de personnes vivant avec un handicap de Kaffrine est à bout de nerfs, après le limogeage de deux de ses membres à la Direction régionale du Cadre de vie.

Face à la presse, ses responsables ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « pure injustice ».

« Nous dénonçons l’arrêt illégal du contrat de travail de deux de nos membres à la Direction régionale du Cadre de vie. Cette décision, lourde de conséquences, porte atteinte à leurs droits fondamentaux et à leur dignité », a déploré leur président, Samba Diao, à l’issue d’une marche pacifique organisée dans la ville de Kaffrine.

Arborant des brassards rouges, les manifestants ont souligné que cette décision est intervenue sans aucune justification, ni respect des procédures légales. Selon eux, elle affecte gravement la situation sociale et économique des personnes concernées.

L’Union exige ainsi l’annulation immédiate de la mesure et la réintégration des deux agents dans leurs fonctions respectives.

Toutefois, elle réaffirme sa volonté de collaborer avec les autorités compétentes afin de trouver des solutions durables aux problèmes rencontrés par les personnes vivant avec un handicap dans la région.

Football : Rencontre stratégique entre Gianni Infantino et Abdoulaye Fall à Rabat

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a reçu ce jeudi à Rabat le président de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF), Abdoulaye Fall, pour une première rencontre officielle marquée par une volonté commune d’accélérer le développement du football africain.

Au cœur des discussions, les deux responsables ont insisté sur la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures sportives et de renforcer la formation des jeunes talents, deux leviers essentiels pour permettre au continent de franchir un nouveau cap sur la scène internationale.

Qualifiée de « constructive », l’entrevue a également permis d’esquisser les contours d’un partenariat renforcé entre la FIFA et la FSF. Selon les deux parties, cette coopération devra offrir de nouvelles perspectives, tant pour la professionnalisation des clubs que pour la compétitivité des sélections nationales africaines.

Gianni Infantino a réaffirmé l’engagement de l’instance mondiale à accompagner le Sénégal et, plus largement, l’Afrique, dans ses projets de développement sportif. De son côté, Abdoulaye Fall a salué l’ouverture et la disponibilité de la FIFA, soulignant que « c’est par des synergies fortes que le football africain pourra atteindre le plus haut niveau ».

Enquête de la DIC : Ibrahima Bâ, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Bâ, dans le viseur

Selon des informations révélées par L’Observateur, la Division des investigations criminelles (DIC) a ouvert une enquête dans le cadre d’un rapport supplétif de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). Celle-ci vise directement Ibrahima Bâ, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Bâ.

Au cœur de l’affaire : sa participation dans une société immobilière baptisée SCI CTS, montée en partenariat avec Amadou Macky Sall, fils de l’ancien Président de la République. Le rapport de la CENTIF, consulté par L’Observateur, indique qu’Ibrahima Bâ détient 30 % des parts de la société. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces parts ont pu être acquises grâce à des flux financiers suspects, susceptibles de relever de pratiques de blanchiment de capitaux.

La CENTIF évoque, en effet, des transactions dont l’origine et la justification économique n’ont pas encore été établies. Ces zones d’ombre alimentent les soupçons et expliquent l’intérêt particulier des juges d’instruction pour ce dossier.

Toutefois, l’entourage d’Ibrahima Bâ rejette fermement ces accusations. Selon leurs explications, la contribution du fils de l’ancien Premier ministre dans la SCI CTS ne découlerait pas de flux financiers douteux mais d’un terrain acquis en 2008, bien avant l’accession de Macky Sall à la magistrature suprême. Ce terrain aurait été apporté comme participation dans le projet immobilier, présenté comme une initiative personnelle qui n’a finalement jamais abouti.

Une version qui, pour l’instant, ne convainc pas les enquêteurs. Ces derniers estiment que la justification demeure insuffisante et poursuivent leurs investigations afin d’établir la véracité des faits.

Débat sur RTS1 : polémique autour de l’absence du Port autonome de Dakar

L’émission Lantinoor diffusée sur RTS 1 a été marquée par une vive réaction de la journaliste Anne Marie Gomis, qui n’a pas caché son irritation face à l’absence de représentants du Port autonome de Dakar (PAD). Le débat, centré sur les retombées de la visite du Premier ministre Ousmane Sonko aux Émirats Arabes Unis et en Italie, devait notamment aborder les perspectives liées aux infrastructures portuaires.

« Lorsque nous préparions le débat, nous avons essayé d’avoir des membres du Service du Port Autonome de Dakar mais finalement, il n’y a pas eu de disponibilité. Notre travail, c’est accompagner l’action publique de l’État. Donc si on a besoin de personnes ressources concernées par notre débat, on fait appel à eux. Toutefois, ils déclinent sans explications. C’est un fait à rappeler au Premier ministre », a déclaré la journaliste, visiblement agacée, en direct.

Cette sortie a entraîné une réaction rapide de la direction générale du Port. C’est par la voix du député-maire Ahmed Aïdara que le message du nouveau Directeur général, Waly Diouf Bodian, a été relayé. Celui-ci a tenu à clarifier la situation :

« Il m’a dit : que se passe-t-il ? Je fais partie de ceux qui communiquent le plus dans ce régime, d’ailleurs on me le reproche. Je ne fuirai jamais. Mais je viens tout juste d’arriver, je viens à peine de voir le message », a expliqué Ahmed Aïdara en citant le DG.

Selon lui, l’absence du Port autonome de Dakar sur le plateau n’était pas un choix délibéré mais un problème d’organisation interne. Le chargé de communication du PAD aurait en effet souligné qu’il est nécessaire, avant toute participation, de connaître la liste des invités et les thématiques du débat, afin de préparer convenablement le Directeur.

Nouvelle alerte médicale pour Farba Ngom : l’état de santé du maire des Agnam inquiète toujours

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’entourage de Farba Ngom a vécu de nouvelles heures d’angoisse. Le maire des Agnam, actuellement détenu, a été évacué en urgence du Pavillon spécial vers l’hôpital Principal de Dakar après un grave malaise. Selon L’Observateur, l’intervention médicale s’est déroulée dans la plus grande précipitation afin d’éviter toute complication. Son avocat, Me Baboucar Cissé, a confirmé l’information, soulignant la gravité de la situation.

Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte déjà tendu. Plusieurs expertises médicales, dont celles de trois professeurs de médecine désignés par la Justice, concluent que l’état de santé de l’édile est incompatible avec une détention. L’un des rapports va même plus loin, évoquant un risque de « mort subite nocturne potentielle », un terme qui traduit l’extrême fragilité de sa condition.

Au-delà du cas personnel de Farba Ngom, cet épisode met en lumière les limites du dispositif sanitaire destiné aux détenus malades. Le Pavillon spécial, structure rattachée à l’hôpital Le Dantec actuellement en rénovation, est critiqué pour son incapacité à assurer une prise en charge optimale. Faute de salles adaptées et disponibles, les patients fragiles y sont souvent transférés en urgence vers d’autres hôpitaux, avec des conséquences potentiellement dramatiques.

Après avoir reçu les soins nécessaires à l’hôpital Principal, Farba Ngom a finalement été reconduit au Pavillon spécial. Mais cette succession de malaises et d’évacuations ne fait qu’alimenter l’inquiétude de ses proches et relance le débat sur la prise en charge des détenus souffrant de pathologies graves. Entre alertes médicales répétées et défaillances du système hospitalier, la question d’un aménagement de sa détention pour raisons de santé s’impose désormais avec acuité.

Décès de l’artiste Keyssi Bousso, ancien administrateur général du Grand Théâtre

Le monde de la culture sénégalaise vient de perdre l’une de ses figures marquantes. L’artiste Keyssi Bousso est décédé ce jeudi après-midi, plongeant ses proches, collègues et admirateurs dans une profonde tristesse.

Ancien administrateur général du Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose de décembre 2012 à 2020, Keyssi Bousso a marqué de son empreinte la gestion de cette institution culturelle de référence. Sa rigueur professionnelle et son engagement pour la valorisation des arts et de la culture au Sénégal lui ont valu l’estime et le respect de ses pairs.

L’annonce de sa disparition a été faite à travers une note officielle publiée sur la page Facebook du Grand Théâtre par l’actuel Directeur général, Serigne Fall Guèye. Ce dernier a exprimé sa compassion et rendu hommage à un homme qui a consacré une grande partie de sa vie à la promotion de la culture nationale.

Pour l’heure, les informations relatives à la levée du corps et à l’enterrement seront communiquées ultérieurement, précise la note.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°561 – 19/09/2025

🔴 COUR SUPRÊME : BARTH’ AU TAPIS
🔴 JUSTICE / TENUE DE L’AUDIENCE D’ABDOU NGUER : SON AVOCAT MET LA PRESSION

🔴 TOKYO 2025 : SALY SARR DANS LE GOTHA DU TRIPLE SAUT
🔴 BASKET / AL HALA (BAHREÏN) : YACINE DIOP RÈGNE SUR L’ARAB WOMEN’S CLUB

Rapport CENTIF : Ibrahima Ba, fils de l’ex-Premier ministre Amadou Ba, placé en garde à vue par la DIC

L’affaire révélée par le rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) continue de provoquer des secousses au Sénégal. Selon des informations rapportées par Seneweb, Ibrahima Ba, fils de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, a été interpellé et placé en garde à vue par la Division des investigations criminelles (DIC).

Son arrestation s’inscrit dans le cadre de la délégation judiciaire ouverte après les soupçons de blanchiment de capitaux et de flux financiers suspects impliquant plusieurs personnalités publiques. Le dossier met déjà en cause Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, ainsi que le chanteur Waly Ballago Seck, dont les noms sont apparus dans les conclusions de la CENTIF.

D’après les mêmes sources, Ibrahima Ba est actuellement entendu par les enquêteurs sur l’origine et la traçabilité de certains mouvements financiers qui lui sont attribués. Les enquêteurs cherchent à déterminer son rôle exact dans les transactions considérées comme atypiques par la cellule financière.

Dans cette même affaire, l’opérateur économique Saliou Sylla, interpellé il y a deux jours, a vu sa garde à vue prolongée. Il est soupçonné d’avoir effectué des transactions suspectes estimées à 5,5 milliards de francs CFA, un montant qui intrigue particulièrement les autorités judiciaires.

Ces arrestations traduisent la volonté affichée de la justice sénégalaise d’approfondir les investigations sur les flux financiers révélés par la CENTIF dans son rapport 2024, qui avait déjà mis en lumière des dossiers sensibles dans différents secteurs, notamment l’extractif, les services financiers et les réseaux de transferts d’argent.

L’opinion publique, très attentive à l’évolution de ce dossier impliquant des figures connues, attend désormais de savoir si d’autres personnalités pourraient être inquiétées par l’enquête. Les prochains jours pourraient s’avérer décisifs pour la suite judiciaire de cette affaire qui, au-delà de ses aspects financiers, met en jeu la transparence et la crédibilité des institutions dans la lutte contre le blanchiment et la corruption.

Affaire du marché public frauduleux : placements sous contrôle judiciaire et mandats de dépôt

L’affaire du présumé marché public frauduleux au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique connaît un nouveau tournant. Après deux retours de parquet, le juge du 3e cabinet du Pool judiciaire financier a enfin statué, ce jeudi 18 septembre 2025, sur le sort des différents mis en cause arrêtés par la Section de recherches de Colobane.

Parmi les principaux suspects, Amy Samaké, ancienne directrice de la Case des tout-petits, accusée d’avoir détourné la somme de 1,4 milliard F CFA, a obtenu une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Pour bénéficier de cette décision, elle a dû déposer une caution en nature, constituée d’un terrain.

De son côté, Hélène Ndoukité Diouf, directrice de l’Administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère de la Communication, a également échappé à la détention préventive. Le juge a opté pour un placement sous contrôle judiciaire, en raison d’une contestation sérieuse autour de son implication dans le dossier.

En revanche, les autres suspects interpellés dans le cadre de cette enquête ont été placés sous mandat de dépôt, et rejoignent ainsi la maison d’arrêt dans l’attente de la suite de la procédure.

Accusations de détournement : l’ASER saisit la justice contre Pape Mahawa Diouf

L’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux après les accusations publiques formulées par Pape Mahawa Diouf. Ce dernier, invité de l’émission Faram Facce diffusée le mercredi 17 septembre 2025, avait affirmé qu’« un détournement de 37 milliards de francs CFA aurait eu lieu au sein de l’ASER ».

Ces propos ont immédiatement suscité la réaction de l’agence, qui les qualifie de « diffamatoires » et de « fausses nouvelles ». Dans un communiqué transmis à la presse, l’ASER estime que de telles déclarations, « d’une extrême gravité », portent atteinte à son image et risquent de semer le doute dans l’opinion publique sur sa gestion.

L’agence a précisé avoir saisi la justice par l’intermédiaire de son conseil juridique afin que M. Pape Mahawa Diouf apporte, devant les juridictions compétentes, les preuves de ses allégations. Pour l’ASER, cette action judiciaire vise à rappeler l’importance du respect de l’État de droit et à mettre chacun face à sa responsabilité lorsqu’il s’agit d’accusations de détournement touchant des institutions publiques.

Dans le même communiqué, l’ASER a tenu à réaffirmer son engagement à poursuivre sa mission de service public en faveur des populations rurales. Elle rappelle que l’électrification rurale demeure un pilier du développement économique et social, et assure que ses activités sont menées dans le strict respect des règles de gouvernance, de transparence et de redevabilité.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole et sur la nécessité de distinguer critique légitime et accusations non étayées. Le dossier sera désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer la véracité ou non des propos tenus par M. Pape Mahawa Diouf.

Dysfonctionnements persistants à l’ARP : le SAMES tire la sonnette d’alarme

Le malaise grandit au sein de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP). Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES), section ARP, a publié le 19 septembre 2025 un communiqué alarmant sur « de graves dysfonctionnements persistants » qui, selon ses membres, compromettent la mission première de l’agence : assurer la qualité, l’efficacité et la sécurité des médicaments mis à la disposition des populations.

Parmi les griefs exprimés, le syndicat dénonce en premier lieu les retards récurrents dans le paiement des salaires et primes. À titre d’illustration, les agents n’avaient toujours pas perçu leur rémunération du mois d’août au moment de la publication du communiqué. Pour le SAMES, cette situation est symptomatique d’une gestion financière chaotique qui fragilise la motivation et la stabilité du personnel.

Le syndicat critique également les pratiques de gestion des ressources humaines au sein de l’institution. Il accuse la direction de procéder à des nominations sur des critères clientélistes, familiaux ou partisans, au détriment de la compétence et de l’expérience. Dans le même registre, il pointe du doigt des recrutements jugés de complaisance, qui auraient fait gonfler les effectifs de l’ARP en moins d’un an, passant de 150 à plus de 200 agents, sans que des ressources financières supplémentaires ne soient prévues pour absorber cette augmentation. Une telle évolution mettrait en péril la viabilité économique et organisationnelle de l’agence.

Autre point de crispation : les mutations de pharmaciens inspecteurs, analystes et points focaux qui, selon le SAMES, avaient largement contribué à l’obtention du niveau de maturité 3 par l’ARP, un acquis stratégique dans la régulation pharmaceutique. Ces redéploiements, qualifiés d’abusifs et d’injustifiés, seraient contre-productifs et porteraient atteinte aux performances de l’institution. De plus, l’affectation de personnel dans les pôles régionaux n’aurait pas été accompagnée de mesures incitatives telles que des primes d’éloignement ou de meilleures conditions de travail, ce qui décourage les agents concernés et limite l’efficacité de leur action sur le terrain.

Le SAMES section ARP fait également état d’un climat social délétère marqué par des intimidations et des menaces de mutation ciblant certains de ses membres. Ces pratiques, si elles étaient avérées, constitueraient une entrave au droit syndical et à la liberté d’expression des agents, accentuant encore davantage le malaise interne.

Dans ce contexte tendu, le syndicat en appelle à l’intervention urgente des autorités de tutelle afin de prendre la pleine mesure de la situation et d’engager des solutions rapides. L’objectif, rappellent les syndicalistes, n’est pas seulement de rétablir des conditions de travail dignes pour le personnel, mais aussi de garantir que l’ARP puisse continuer à remplir sa mission cruciale de régulation et de sécurisation du marché pharmaceutique au Sénégal.

Réforme fiscale : l’Assemblée nationale adopte le nouveau Code général des impôts malgré quelques réticences

L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 17 septembre 2025, le projet de loi n°17/2025 modifiant la loi n°2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts. Sur les 133 députés présents, 123 ont voté en faveur du texte, 8 s’y sont opposés et 2 se sont abstenus. Ce large plébiscite traduit l’adhésion d’une grande majorité des parlementaires, même si des voix discordantes ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact social de certaines mesures.

Défendu par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, le projet de loi s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), axe central de la politique économique actuelle. Selon le ministre, cette réforme se fonde sur trois piliers : la souveraineté nationale, la justice sociale et la transparence dans la gestion des ressources publiques. Il a souligné que l’objectif du PRES est d’assurer une plus grande indépendance financière de l’État en s’appuyant sur des ressources endogènes, afin de réduire la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur.

Dans sa présentation, Cheikh Diba a mis en avant la nécessité d’explorer de nouvelles niches fiscales, capables d’apporter une contribution significative au financement du développement économique et social. Les choix opérés par le gouvernement s’expliquent, selon lui, par l’évolution de la structuration de l’économie sénégalaise, marquée notamment par le poids croissant des transactions numériques dans les flux financiers. Les transferts d’argent, qu’ils soient nationaux ou internationaux, représentent aujourd’hui un volume considérable et apparaissent comme un secteur à fort potentiel contributif.

Au-delà de la recherche de recettes, le ministre a insisté sur le rôle du vecteur fiscal comme instrument de régulation publique. L’introduction de nouvelles taxes vise aussi à infléchir certains comportements jugés nocifs pour la société. C’est dans ce sens que la réforme cible les jeux de hasard, les boissons alcoolisées, les liquides alcoolisés et le tabac, des produits dont la consommation engendre à la fois des risques sanitaires et des coûts sociaux importants. De même, la taxation des véhicules importés a été justifiée par des impératifs à la fois économiques et environnementaux, dans un contexte où le parc automobile connaît une croissance rapide et parfois désordonnée.

Le ministre a assuré que les nouvelles mesures fiscales n’ont pas été conçues dans une logique punitive mais dans une perspective de justice sociale et d’équité. Elles doivent permettre à chaque secteur de contribuer de manière proportionnelle à l’effort collectif, tout en consolidant la base budgétaire nécessaire au financement des services publics essentiels comme l’éducation, la santé ou encore l’aménagement du territoire.

Malgré l’adhésion massive des députés, le texte n’a pas fait l’unanimité. Certains élus ont exprimé des réserves, estimant que ces hausses fiscales risquent de peser directement sur les ménages les plus modestes, en particulier en ce qui concerne les transferts d’argent et les transactions digitales, qui constituent souvent un soutien vital pour de nombreuses familles. Des inquiétudes similaires ont été exprimées sur le risque de voir s’accroître l’économie informelle, si les taxes incitent une partie des usagers à contourner les circuits officiels.

La réforme, désormais adoptée, marque toutefois une étape importante dans la mise en œuvre du PRES. Elle traduit la volonté du gouvernement d’adapter la fiscalité nationale aux mutations économiques et sociales, tout en renforçant sa marge de manœuvre financière dans un contexte marqué par la pression sur les dépenses publiques et la nécessité de financer de vastes projets structurants.

À l’issue du vote, Cheikh Diba a salué « un pas décisif vers une souveraineté budgétaire plus affirmée » et a assuré que son ministère veillera à une mise en œuvre progressive et concertée, en tenant compte des réalités sociales et économiques du pays.

Rejet du recours de Barthélémy Dias : Thierno Bocoum fustige une « fiction juridique » de la Cour suprême

Thierno Bocoum a réagi à la décision de la Cour suprême concernant le recours de Barthélémy Dias. Selon l’ancien député, ce rejet soulève de sérieuses interrogations sur le plan juridique. Il rappelle qu’aucun acte administratif n’a destitué Barthélémy Dias de son mandat de maire de Dakar. À ses yeux, il n’a jamais été question d’une « radiation » ni d’une « destitution » du maire.

Le président du mouvement AGIR estime ainsi que la haute juridiction « s’est aventurée à entériner une fiction juridique, en substituant son interprétation à la lettre claire de la loi et à l’arrêté préfectoral ».

Ci-dessous l’intégralité de son texte :


 Cour suprême : comment confirmer une radiation qui n’a jamais existé ?

La décision rendue par la Cour suprême interroge profondément sur le plan juridique. En effet, nul acte administratif n’a jamais destitué Barthélémy Dias de son mandat de maire de Dakar.

Le préfet de Dakar, dans son arrêté, s’est limité à déclarer: « Je vous déclare démissionnaire de votre mandat de conseiller municipal de la Ville de Dakar, à compter de la date de notification de la présente. »

Il n’a donc jamais été question d’une radiation du maire de Dakar, encore moins d’une destitution de ce dernier.
Le droit positif sénégalais est pourtant sans ambiguïté. L’article 92 nouveau de la loi n°2021-38 du 3 décembre 2021 portant Code général des collectivités territoriales dispose que : « Le maire de ville est élu au suffrage universel direct. »

À ce titre, le maire bénéficie de prérogatives propres à sa fonction, distinctes de celles d’un conseiller municipal (article 92 nouveau, article 171 et suivants du Code général des collectivités territoriales).

Le mandat de conseiller municipal et celui de maire de ville sont certes concomitants dans le temps mais ils procèdent de deux élections distinctes.
Le maire est candidat au suffrage universel direct. Il n’est plus désigné par ses pairs comme c’était le cas dans l’ancien système.

Par conséquent, la perte du mandat de conseiller municipal n’entraîne pas ipso facto la perte du mandat de maire.
Sous l’ancien régime électoral, le maire devait nécessairement être conseiller municipal avant d’être élu par le conseil. Dans ce schéma, la perte du statut de conseiller pouvait logiquement affecter celui de maire.

Cependant,  la réforme de 2021 a consacré une indépendance totale entre les deux mandats. Le maire est élu directement par les citoyens. Dès lors, toute tentative de déduire la destitution du maire de la perte de son mandat de conseiller municipal procède d’une confusion juridique.

Le préfet n’a pas pris d’arrêté de radiation du maire de Dakar. La Cour suprême n’était donc en possession d’aucun acte administratif destituant le maire de son mandat. Comment alors peut-elle confirmer une radiation qui n’a jamais eu lieu ?
En réalité, la haute juridiction s’est aventurée à consacrer une fiction juridique, substituant son interprétation à la lettre claire de la loi et à l’arrêté préfectoral lui-même.

Ainsi, la décision de la Cour suprême, loin de consolider le droit, ouvre un dangereux précédent qui est celui d’avaliser une sanction administrative inexistante.

La question demeure entière et implacable : par quelle alchimie juridique peut-on confirmer une radiation qui n’a jamais été prononcée ?

Thierno Bocoum
Président AGIR-LES LEADERS

Emprunt obligataire de 300 milliards : Pape Malick Ndour dénonce une opération sans transparence et alerte sur un « slogan creux »

Le Sénégal vient de lancer un nouvel emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de francs CFA, présenté par le gouvernement comme un instrument majeur de souveraineté économique et d’épargne citoyenne. L’opération, ouverte à la souscription du 22 septembre au 10 octobre 2025, est portée par le ministère des Finances et du Budget en partenariat avec Impaxis Securities, société de gestion et d’intermédiation désignée comme chef de file. Les autorités affirment que cette initiative s’inscrit dans la stratégie de diversification des ressources financières de l’État et qu’elle constitue une étape importante dans la volonté de renforcer l’implication des Sénégalais, en particulier de la diaspora, dans le financement des projets nationaux.

Mais cette présentation optimiste ne convainc pas tout le monde. L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Entreprenariat et de l’Emploi, Pape Malick Ndour, a réagi avec scepticisme et a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « slogan creux ». Dans une analyse critique, il estime que cette opération pourrait bien être utilisée comme un outil de communication politique si le gouvernement n’accompagne pas son discours d’une transparence totale. Selon lui, au moment du bilan prévu pour le 10 octobre, il est fort probable que les autorités annoncent un succès éclatant, avec un taux de souscription dépassant 100 %, sans pour autant préciser l’origine réelle des fonds collectés.

Pape Malick Ndour insiste sur la nécessité de publier la répartition détaillée des souscriptions entre la diaspora, les personnes physiques sénégalaises et les personnes morales de droit sénégalais. Il considère que sans cette ventilation, les citoyens risquent de se laisser abuser par une présentation biaisée, alors même que, dans la réalité, ce sont souvent des capitaux étrangers, transitant notamment par des banques de la sous-région comme celles installées en Côte d’Ivoire, qui assurent la plus grande partie du financement. À ses yeux, la rhétorique de l’endogénéité du financement national ne résiste pas à l’épreuve des faits, d’autant plus que l’économie sénégalaise connaît une morosité qui limite fortement la capacité d’épargne et d’investissement des ménages.

Dans une touche ironique, l’ancien ministre a également interpellé le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait annoncé publiquement sa volonté de souscrire à l’emprunt. Pape Malick Ndour estime que pour montrer l’exemple et asseoir la crédibilité du projet, le chef du gouvernement devrait rendre public le montant de sa contribution. Il soulève toutefois une interrogation sur l’origine de ces fonds, rappelant que M. Sonko avait affirmé exercer ses fonctions à titre gratuit, sans percevoir de salaire, et qu’il ne dispose d’aucune autre source de revenus identifiée en dehors de ses fonds politiques.

Cette sortie traduit une inquiétude plus large sur la manière dont les autorités communiquent autour des instruments financiers. Pour Pape Malick Ndour, la question n’est pas seulement économique mais aussi politique, car il en va de la confiance des citoyens dans la gestion publique. Sans transparence, dit-il, l’emprunt obligataire risque de n’être qu’un artifice de communication destiné à masquer une dépendance persistante à l’égard de capitaux étrangers.

En rappelant ces enjeux, l’ancien ministre invite le gouvernement à faire preuve de courage et de clarté. Pour lui, seule la publication de chiffres précis permettra de transformer ce projet en véritable acte de souveraineté économique. Dans le cas contraire, il restera dans l’opinion comme un simple slogan, détaché des réalités du pays et des difficultés quotidiennes des Sénégalais.

Sénégal : l’Éducation nationale amorce l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques

Le Sénégal entre dans une nouvelle ère éducative marquée par l’introduction progressive de l’intelligence artificielle dans les pratiques pédagogiques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du New Deal technologique impulsé par le chef de l’État et s’aligne sur la Stratégie du Numérique pour l’Éducation 2025-2029 (SNE 25-29). Dans une note adressée aux enseignantes et enseignants, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a insisté sur l’importance de l’IA comme moteur des grandes transformations éducatives à l’échelle mondiale. Selon lui, l’école sénégalaise doit saisir ces opportunités avec lucidité et ambition, tout en veillant à une intégration éthique et inclusive.

Pour concrétiser cette orientation, le ministère va lancer dès cette rentrée un vaste programme national de formation continue destiné à plus de 105 000 enseignants. Ce dispositif, mis en place en partenariat avec l’Université Cheikh Hamidou Kane à travers la plateforme Force-N, comprendra notamment un module consacré à l’usage éducatif et responsable de l’IA. L’objectif est de doter les enseignants de compétences solides pour renforcer leurs pratiques professionnelles, encourager l’innovation pédagogique et maîtriser les technologies émergentes au bénéfice des élèves.

Parallèlement à la formation des enseignants, le ministère a prévu la distribution de 5 000 ordinateurs portables aux élèves de Première et de Terminale des séries scientifiques S1 et S3. Cette dotation vise à soutenir l’apprentissage des disciplines scientifiques tout en initiant les bénéficiaires à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle et en développant leurs compétences numériques avancées. Cependant, conscient des disparités d’accès à la connectivité qui persistent à travers le territoire, le ministère a prévu des solutions hybrides et diversifiées afin de garantir une inclusion numérique équitable pour l’ensemble du pays.

Moustapha Guirassy a par ailleurs tenu à préciser que l’intelligence artificielle ne remplacera en aucun cas le rôle de l’enseignant. Selon lui, l’IA doit être envisagée comme un outil d’accompagnement, capable d’enrichir les méthodes pédagogiques, de mieux différencier les parcours d’apprentissage, d’identifier en temps réel les besoins des apprenants et d’ouvrir de nouvelles perspectives vers la réussite scolaire. Il considère que l’IA contribuera ainsi à renforcer l’équité, la créativité et la performance du système éducatif.

Afin d’encadrer cette transition, le ministère annonce la mise en place prochaine d’une Charte nationale d’éthique de l’IA en éducation. Ce document de référence aura pour mission de garantir que l’intégration des outils intelligents respecte pleinement les valeurs républicaines et humanistes de l’école sénégalaise. Pour le ministre, il s’agit de s’assurer que l’innovation technologique reste avant tout un levier au service de la dignité, de la justice sociale et du droit à l’éducation pour tous.

À travers cette initiative, le Sénégal confirme sa volonté d’inscrire son système éducatif dans les standards internationaux de modernisation et d’innovation. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les écoles représente à la fois un défi et une opportunité : celui d’accompagner les enseignants et les apprenants vers un avenir où le numérique devient un moteur d’équité et de performance.

OACI 2025 : l’IATA exige des engagements forts pour une aviation plus sûre et plus verte

À quelques jours de l’ouverture de la 42ᵉ Assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui se tiendra du 23 septembre au 3 octobre 2025 à Montréal, l’Association du transport aérien international (IATA) hausse le ton. L’organisation, qui a soumis quatorze notes de travail pour examen, veut placer la sécurité, la durabilité et l’efficience au centre des priorités des États membres.

Pour Willie Walsh, directeur général de l’IATA, l’heure n’est plus aux discours mais aux décisions concrètes. « Il est essentiel que nous obtenions un soutien plus ferme à la production de carburants d’aviation durables (SAF) et au régime CORSIA, qui sont les facteurs clés de l’engagement de l’aviation d’éliminer ses émissions nettes d’ici 2050 », a-t-il déclaré. L’IATA insiste sur l’importance d’un consensus mondial, rappelant que l’OACI demeure le seul cadre légitime pour définir des règles universelles.

L’un des points névralgiques concerne la montée en puissance de la production de SAF, considérée comme indispensable pour atteindre la neutralité carbone. Malgré les efforts des compagnies, les volumes disponibles restent largement insuffisants face aux besoins du secteur. L’association appelle donc les gouvernements à créer les conditions d’une industrialisation rapide de ces carburants, tout en préservant l’équité entre transporteurs.

Parallèlement, l’IATA met en garde contre l’affaiblissement du régime CORSIA (Compensation et réduction de carbone pour l’aviation internationale), adopté en 2016 et susceptible de générer jusqu’à 17 milliards de dollars d’ici 2035 pour financer des mesures climatiques. L’organisation déplore l’émergence de taxes et régimes nationaux parallèles qui, selon elle, « minent sa crédibilité et font très peu, sinon rien, pour améliorer la durabilité ». Elle exhorte donc les États à réaffirmer leur engagement envers ce dispositif et à garantir un volume suffisant d’unités d’émissions éligibles.

Au-delà du climat, la sécurité aérienne occupe une place centrale dans les notes de travail de l’IATA. L’association plaide pour une publication plus rapide et systématique des rapports d’accidents, comme le prévoit l’Annexe 13 de l’OACI, et pour des mesures renforcées contre les interférences liées aux systèmes GNSS et à l’expansion de la 5G, qui menacent l’intégrité du spectre radioélectrique critique. L’harmonisation des règles de sécurité à l’échelle mondiale reste également une priorité.

Autre proposition phare : l’élévation de l’âge limite des pilotes internationaux de vols en équipage multiple, qui passerait de 65 à 67 ans. Cette mesure serait accompagnée d’un renforcement des contrôles médicaux, afin de tenir compte des progrès en matière de santé et d’espérance de vie, tout en répondant aux besoins croissants en personnels navigants qualifiés.

L’IATA insiste également sur la nécessité de mieux protéger les consommateurs et de renforcer la confiance du public dans le transport aérien. Pour Willie Walsh, la clé réside moins dans l’adoption de nouvelles mesures que dans une application rigoureuse et cohérente des engagements déjà pris. « Tout le monde souhaite que l’aviation soit sécuritaire, efficiente et plus durable. En fait, plusieurs de nos documents demandent simplement aux gouvernements de mettre en œuvre plus efficacement les mesures qu’ils ont déjà adoptées », a-t-il rappelé.

Avec plus de 290 compagnies membres représentant 83 % du trafic aérien mondial, l’IATA espère que cette 42ᵉ Assemblée de l’OACI marquera un tournant et aboutira à des engagements fermes pour relever les défis environnementaux et sécuritaires de l’aviation mondiale.

Goudomp : Kabonketoor fait de la dénonciation une arme contre les violences sexuelles

À Goudomp, dans le sud du Sénégal, l’association Kabonketoor poursuit son engagement dans la lutte contre les violences sexuelles, un fléau qui fragilise les communautés et brise des vies. Avec l’appui du Fonds Africain pour le Développement de la Femme (AWDF), elle a organisé un atelier de sensibilisation de deux jours destiné aux leaders communautaires, aux chefs de quartier, aux conducteurs de motos-taxis Jakarta ainsi qu’aux représentants venus des localités de Kaour et de Goudomp.

Cette rencontre, qui s’inscrit dans une dynamique participative, avait pour ambition de renforcer l’implication des relais sociaux dans la prévention et la répression de ces violences. Les participants ont été outillés pour détecter les signes de violences, briser le silence, accompagner les victimes et surtout dénoncer les auteurs afin de mettre un terme à leur impunité.

Pour Rama Diedhiou, chargée de projet à Kabonketoor, la gravité de la situation impose une réaction collective. « Les violences sexuelles restent préoccupantes. Il nous faut désormais dénoncer et signaler les auteurs pour mettre un terme à ce fléau », a-t-elle martelé, appelant à une mobilisation de tous les acteurs sociaux.

Au-delà de la sensibilisation, Kabonketoor mise sur la responsabilisation des communautés. L’association encourage un changement de mentalités, afin que la dénonciation des cas ne soit plus perçue comme une trahison, mais comme un devoir de protection des victimes et de défense de la dignité humaine. Les familles, les leaders d’opinion et les structures locales sont ainsi appelés à unir leurs efforts pour créer un environnement où les survivantes sont écoutées, soutenues et accompagnées.

Cet atelier marque une étape importante dans la stratégie de l’association, qui entend placer la dénonciation au cœur de la lutte contre les violences sexuelles dans le département de Goudomp. Pour Kabonketoor, le silence n’est plus une option : seule une vigilance collective permettra d’éradiquer ce phénomène destructeur et de bâtir des communautés plus sûres et plus solidaires.

Niacourab : un voleur nocturne arrêté après une série de cambriolages

La quiétude des habitants de Niacourab, dans la banlieue dakaroise, a été fortement troublée ces dernières semaines par une série de cambriolages nocturnes. Mais la traque menée par les limiers du commissariat d’arrondissement de Jaaxay, Parcelles Assainies et Niacourab a finalement porté ses fruits. Lundi 15 septembre 2025, un individu soupçonné d’être à l’origine de ces multiples vols commis de nuit par escalade et effraction a été interpellé, selon une annonce officielle de la Police nationale.

L’affaire remonte au 6 septembre dernier lorsqu’un commerçant domicilié à Niacourab s’est présenté au commissariat pour dénoncer un cambriolage dans sa maison. Trois téléphones portables lui avaient été dérobés au cours de l’incursion d’un inconnu. Grâce aux caméras de surveillance, l’intrus avait été identifié et même brièvement rattrapé par la victime avant de réussir à s’échapper. Toutefois, ce dernier avait abandonné dans sa fuite pas moins de onze téléphones portables, dont les trois volés au commerçant. Les appareils avaient été remis à la police et, après vérification, restitués à leurs propriétaires, tous résidant dans le même quartier et ayant déclaré avoir été cambriolés durant la nuit du 6 au 7 septembre.

Alors que les habitants pensaient l’épisode clos, le même individu est repassé à l’action la nuit du 14 au 15 septembre. Escaladant les grilles d’un patio, il s’est introduit dans une autre maison du quartier et y a dérobé quatre téléphones portables ainsi qu’une valisette contenant des photocopies de pièces d’identité et divers documents administratifs. Cette fois-ci, son forfait a été interrompu par le propriétaire de la maison, réveillé par des bruits suspects. Celui-ci est parvenu à neutraliser le voleur avant de le remettre au délégué de quartier, qui a alerté les forces de l’ordre.

Présenté aux premières victimes, l’homme a été formellement reconnu grâce aux images de vidéosurveillance. L’enquête a ensuite révélé l’ampleur de son activité criminelle : seize victimes ont été identifiées et entendues, toutes résidant à Niacourab et affirmant avoir été cambriolées dans des conditions similaires. Quinze téléphones portables supplémentaires retrouvés en sa possession ont pu être restitués à leurs propriétaires.

Lors de son audition, le suspect a partiellement reconnu les faits, tout en niant être responsable de l’ensemble des vols recensés. Il a affirmé avoir écoulé une partie du butin auprès d’un vendeur ambulant de téléphones opérant sur le marché noir de Keur Massar.

Placé en garde à vue, il fait désormais face à la justice, tandis que les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour identifier ses éventuels complices et retrouver d’autres objets volés. L’affaire illustre, une fois de plus, la recrudescence des cambriolages dans certains quartiers de la banlieue dakaroise et la vigilance accrue des forces de sécurité pour endiguer ce phénomène.

Révocation de Barthélemy Dias : la Cour suprême rendra sa décision ce jeudi à midi

L’affaire de la révocation de Barthélemy Dias connaît un nouveau tournant. Ce jeudi, la Cour suprême s’est penchée sur le recours introduit par l’ancien maire de Dakar, qui conteste la légalité de sa destitution. Après de brefs débats, l’audience a été suspendue et le verdict a été fixé à midi, dans une atmosphère tendue où les doutes persistent quant à l’issue.

À la sortie de l’audience, Me El Hadji Amadou Sall, seul avocat présent aux côtés de l’ex-maire, a livré ses impressions devant la presse. Son discours était empreint d’inquiétude. « Je ne suis pas rassuré du dénouement de cette affaire. Nous avons des craintes par rapport au verdict qui sera rendu par le juge à 12 heures », a-t-il déclaré. Ces craintes, selon lui, découlent notamment du climat politique entourant le dossier.

L’avocat a pointé du doigt ce qu’il considère comme une pression excessive exercée par l’État et l’administration sur le Conseil municipal de Dakar. « Fondamentalement, nous avons des craintes liées d’une certaine façon au comportement du Conseil municipal, à la pression que l’État a exercée, que l’administration et le gouvernement ont exercée sur ce Conseil », a-t-il souligné.

Il a également dénoncé le calendrier jugé suspect de certaines décisions administratives. Alors même que la Cour suprême avait été saisie en procédure d’urgence, le Conseil municipal s’était réuni pour élire un nouveau maire. « Pendant que nous plaidions devant la Cour, le Conseil municipal élisait un maire. La Cour suprême aurait pu annuler et interdire cette réunion. La décence et le respect commandaient d’attendre sa décision », a regretté Me Sall. Il a par ailleurs rappelé que la convocation du Conseil municipal est intervenue peu après la publication par le Greffe de la date de l’audience, ce qui donne, selon lui, « la désagréable sensation d’une course de vitesse contre la Cour suprême ».

Concernant l’absence remarquée des autres membres du collectif d’avocats de Barthélemy Dias, Me Sall a relativisé : « Leur présence ou leur prise de parole n’était pas indispensable. Nous nous en rapportons à ce qui a été écrit. Les audiences de la Cour suprême ne sont pas des audiences de longs débats, ce sont des audiences très courtes. »

Malgré ses inquiétudes, l’avocat a tenu à réaffirmer sa foi dans l’institution judiciaire. « L’essentiel a été dit et écrit. La décision relève désormais de la Cour suprême. Même si, fondamentalement, nous avons des craintes, nous avons confiance en la Cour, quel que soit le verdict », a-t-il conclu.

Projet portant code des investissements : Voici le rapport de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire

Deuxième SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ANNEE 2024-2025

Rapport Fait au nom de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire

Sur le projet de loi n° 16/2025 portant code des investissements

 Par

Mady Danfakha

Rapporteur général

Monsieur le Président,

Messieurs les ministres,

Chers collègues,

La Commission des Finances et du Contrôle budgétaire s’est réunie le mercredi 17 septembre 2025, sous la direction de Monsieur Chérif Ahmed DICKO, Président de ladite Commission, à l’effet d’examiner le projet de loi n° 16/2025 portant Code des investissements. 

Le Gouvernement était représenté par Monsieur Cheikh DIBA, ministre des Finances et du Budget, assisté par ses principaux collaborateurs. 

Ouvrant la séance, le Président a, au nom de la Commission, souhaité la bienvenue au ministre ainsi qu’à ses collaborateurs. Il a, par la suite, invité le ministre à présenter les motifs qui sous-tendent le présent projet de loi.

Abordant le projet de loi, le ministre a d’abord indiqué que l’investissement privé est un facteur essentiel dans la dynamique de développement économique et social d’un pays. Il est donc important que les investisseurs privés aient non seulement une bonne visibilité, mais également s’assurent de la mise en place d’un dispositif de réduction des risques réels ou potentiels auxquels ils peuvent ou pourraient faire face, a-t-il ajouté.

Selon lui, ces préoccupations majeures appellent des réformes profondes permettant de soutenir et d’accompagner les efforts de croissance de l’économie nationale, dans un environnement légal et réglementaire stable.

Le ministre a fait noter que la promotion des investissements a longtemps été une priorité de l’État, comme en témoignent les nombreux dispositifs incitatifs adoptés. Il a ainsi rappelé que la dernière réforme introduite par la loi n° 2004-06 avait permis, entre autres, de pallier certaines insuffisances et contraintes liées à l’investissement, notamment celles relatives aux conditions d’éligibilité et au champ d’application de la loi. Cette loi avait également permis d’adapter le mécanisme d’incitation à l’investissement aux réalités d’alors de l’économie sénégalaise et mondiale, a-t-il ajouté.

Selon le ministre, la loi de 2004 avait surtout procédé à la résorption de la multiplicité des régimes et amélioré l’attractivité du Sénégal en termes d’incitations offertes aux investisseurs.

Cependant, après plus de vingt (20) ans d’application du Code des Investissements de 2004, il a paru opportun de tenir compte des transformations majeures de l’environnement de l’investissement privé, des évolutions notées dans les politiques publiques nationales, des normes communautaires ou internationales et des exigences liées aux mutations de l’économie mondiale, à la survenance de nouveaux défis et à l’émergence de nouvelles opportunités, a-t-il relevé.

Sous ce rapport, la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation, référentiel national unique des politiques publiques, implique la mise en place d’un nouveau cadre incitatif pour l’investissement privé, condition indispensable pour la construction d’une véritable économie de développement.

À ce titre, la Stratégie nationale de Développement accorde à l’investissement privé un rôle central dans l’atteinte des objectifs de croissance durable, de création d’emplois et de renforcement de la souveraineté économique.

Aussi, la réforme du Code des investissements offre-t-elle l’opportunité de prendre en charge les préoccupations susceptibles de nuire à l’environnement des affaires. Parmi celles-ci, on peut relever, entre autres :

– le déficit de suivi de la réalisation des investissements agréés ;

– les difficultés de mise en œuvre d’un dispositif incitatif performant ;

– la complexité et la lourdeur des procédures administratives ;

– les contraintes liées à l’accès au foncier ;

– la non-prise en charge de la spécificité de certains investissements particuliers.

Ainsi, le présent projet de loi introduit un cadre des investissements reconfiguré en instrument moderne et adapté aux enjeux économiques actuels et futurs, en alignement avec la Vision Sénégal 2050.

A cet effet, le projet de loi portant Code des Investissements apporte les innovations majeures suivantes :

– l’élargissement des secteurs d’activités éligibles au Code ;

– la digitalisation des procédures liées à l’octroi des avantages prévus par le présent Code ;

– la redéfinition du régime de protection des investisseurs et des investissements, pour le rendre plus clair et efficace ;

– l’intégration des services de facilitation de l’accès au foncier pour les investisseurs potentiels ;

– la promotion de la réalisation d’investissements dans les zones de l’intérieur du pays conformément à la politique de territorialisation de l’investissement ;

– le renforcement des incitations non fiscales et l’accès à des facilités pour les investisseurs enregistrés auprès de l’organe en charge de la promotion des investissements ;

– le renforcement du rôle de l’organe en charge de la promotion des investissements dans la facilitation des procédures, la gestion des griefs et la prévention des conflits entre les investisseurs et les administrations publiques ;

– la révision des seuils d’éligibilité pour le régime fiscal de droit commun, afin de permettre d’inclure dans le champ d’application du Code la petite, voire la très petite entreprise ;

– la mise en place de régimes fiscaux et douaniers dérogatoires, pouvant être complétés par des régimes incitatifs particuliers pour les investissements répondant à certains critères ;

– la promotion du contenu local, de l’investissement responsable et du développement durable.

Suivant le ministre, le présent projet de loi tient compte des objectifs stratégiques de politique nationale suivants :

– le développement du secteur privé national ;

– la promotion de l’investissement privé dans les secteurs prioritaires ;

– la promotion des très petites entreprises et des petites et moyennes entreprises ;

– la création d’entreprises nouvelles et le développement des entreprises existantes ;

– la création d’emplois et la réduction des disparités territoriales en matière d’investissement ;

– l’attraction des investissements directs étrangers durables ;

– le transfert de technologies et de compétences.

Intervenant à leur tour, vos commissaires ont souhaité la bienvenue au ministre ainsi qu’à ses collaborateurs. Ils ont adressé des félicitations chaleureuses au ministre pour sa reconduction à la tête de ce département hautement stratégique, avant de faire part de leurs préoccupations et suggestions qui, pour l’essentiel, se résument aux points ci-dessous. 

Certains de vos commissaires ont salué ce présent projet de loi qui s’inscrit dans le cadre de la réforme globale du dispositif d’incitation à l’investissement privé devant accompagner l’Agenda national de Transformation « Sénégal 2050 ». D’autres ont, en revanche, déploré l’examen de ce projet de loi en procédure d’urgence, les privant ainsi d’un précieux temps en vue de l’étude analytique de ce texte de grande portée et d’extrême importance. 

Par ailleurs, considérant que nombre d’entreprises ne respectent pas le cahier des charges dûment signé avec l’autorité contractante, des commissaires ont demandé au ministre si la Responsabilité sociétale d’Entreprise (RSE) incombe à toutes les entreprises. Aussi, ont-ils souhaité être édifiés sur l’existence d’un dispositif spécifique de contrainte, notamment en cas de non-satisfaction à cette obligation. De même, ils ont suggéré un contrôle plus rigoureux sur les investisseurs afin de rendre effectif le contenu local. 

Certains commissaires ont, dans la même optique, interpellé le ministre sur l’absence de suivi par rapport au respect de certains engagements par l’investisseur, surtout en ce qui concerne l’impact environnemental du projet d’investissement. Ils ont, en outre demandé, si le retrait de l’agrément peut être effectué sans difficulté en cas de non-respect par l’investisseur du cahier de charges. 

Sur un autre registre, des commissaires ont estimé que ce nouveau Code des investissements confère trop de pouvoirs à l’investisseur. À ce niveau, l’attention du ministre a été attirée sur l’exploitation, dont sont victimes nombreux Sénégalais dans les entreprises, notamment celles étrangères. 

Ils ont dès lors exprimé leur inquiétude quant à l’accentuation de la violation des droits de ces employés sur le fondement de l’article 9 de ce présent de projet de loi tout en interpellant le ministre sur l’existence d’un dispositif de contrôle spécifique y afférent. 

Dans le même sillage, certains commissaires ont magnifié l’article 18 de ce projet de loi relatif à l’éthique des affaires et aux normes de travail. Toutefois, ils se sont interrogés sur les capacités de l’État à contrôler l’origine licite des fonds d’investissements, surtout dans un contexte de raréfaction des ressources. 

De plus, il a été suggéré au ministre la réécriture de l’article 6 du Code des investissements dans le sens d’impulser une dynamique intégrée voire coopérative à travers l’implication des nationaux dans les projets détenus par les étrangers. Aussi, ont-ils proposé que les projets d’investissements puissent durer cinq (5) ans à Thiès au même titre que dans les autres régions tout en estimant que le rabaissement de l’éligibilité à 15 millions de FCA pour induire le foisonnement des Petites et Moyennes Entreprises. 

Dans le même ordre d’idées, des commissaires ont considéré que l’entrée en vigueur de ce projet de loi va induire un changement notoire relativement au Règlement intérieur de certaines entités comme le FONSIS.  

Par ailleurs, certains commissaires ont considéré que les activités professionnelles libérales et réglementées sont exclues du champ d’application de ce présent projet de loi, à l’exception du secteur de la santé. 

Sur ce, il a été demandé au ministre les raisons d’une telle option. De même, ils ont souhaité plus d’éclairages sur les critères spécifiques concernant la mise en place de régimes fiscaux et domaniaux dérogatoires. 

Enfin, des commissaires se sont également préoccupés de l’absence de système de suivi-évaluation coordonné susceptible d’avoir un impact significatif sur la mise en œuvre des projets et programmes voire des politiques publiques. À ce titre, ils ont souhaité savoir si une étude évaluative a été faite afin de mesurer les pertes en termes de recettes fiscales et douanières dues à la mise en application de ce nouveau Code des investissements.

Reprenant la parole, le ministre a d’abord remercié vos commissaires pour les prières et vœux formulés à son endroit tout en se réjouissant de l’intérêt singulier que la Représentation nationale a attaché à l’examen de ce projet de loi.

Concernant le Code des investissements, il fera noter qu’il s’agit d’un texte important qui participe à l’attractivité de notre économie. Il vient corriger les manquements de l’ancien Code de 2004 pour améliorer l’environnement des affaires au Sénégal.

Sur les critères pour bénéficier de ce Code, le ministre indiquera qu’il faut un investissement supérieur ou égal à 15.000.000.000 FCFA. Derrière ce Code, il y a une politique de formalisation du secteur avec un certain nombre d’avantages comme la suspension de la TVA, l’exonération des droits de douane, etc.

Sur le coût budgétaire de la mise en œuvre de ce Code, le ministre a précisé qu’il n’y avait pas d’analyse ex ante. Toutefois une évaluation ex post existe à travers le rapport sur les dépenses fiscales qui est un document qui accompagne le projet de loi de finances.

À la suite des réponses apportées par le ministre, vos commissaires ont adopté à la majorité le projet de loi n° 16/2025 portant Code des investissements. Ils vous demandent d’en faire autant, s’il ne soulève de votre part, aucune objection majeure.

23ᵉ anniversaire du naufrage du Joola : les familles exigent justice et le renflouement de l’épave

Le Sénégal s’apprête à commémorer, le 26 septembre 2025, le 23ᵉ anniversaire du naufrage du bateau Le Joola. À l’approche de cette date douloureuse, le Comité d’initiative pour l’érection du Musée-Mémorial Le Joola a organisé, ce jeudi 18 septembre à Dakar, une conférence de presse pour rappeler deux revendications centrales : la réouverture du dossier judiciaire et le renflouement du navire englouti au large de la Gambie.

Samsidine Aidara, porte-parole du comité, a dénoncé le classement sans suite du dossier, qu’il juge injuste. « Aujourd’hui, 23 ans après, nous pensons que si la lumière est faite sur le Joola, si ce dossier est ramené à sa juste place et jugé convenablement, il n’y a rien de mieux comme baromètre pour tester la justice sénégalaise et la volonté du nouveau régime d’en faire son fer de lance », a-t-il déclaré.

L’autre exigence porte sur le renflouement de l’épave, perçu comme un impératif moral et un devoir de mémoire. Le collectif rappelle que, malgré les promesses faites par les autorités successives, le navire repose toujours au fond de l’océan, enfermant les dépouilles de centaines de victimes. « Renflouer le bateau est aussi une question de justice sociale. Vingt ans après le naufrage, le bateau n’est toujours pas renfloué malgré les engagements répétés de l’État à le faire. Le renflouement est aussi un acte de respect de la dignité humaine », a martelé le comité.

Les familles estiment qu’aucune contrainte, qu’elle soit financière ou psychologique, ne peut justifier le maintien de l’épave sous les eaux. « Est-il possible, un seul instant, de penser que les familles acceptent, l’esprit apaisé, de laisser leurs proches coincés dans l’épave du bateau, sous prétexte que renflouer créerait de nouveaux traumatismes ou coûterait cher ? Non ! Le renflouement du Joola n’est pas juste une question technique et financière. C’est aussi et surtout une occasion unique de faire véritablement le deuil et de connaître toute la vérité sur le naufrage », a insisté le porte-parole.

Pour mémoire, le 26 septembre 2002, le bateau Le Joola sombrait en pleine nuit, au large des côtes gambiennes. Parti quelques heures plus tôt du port de Ziguinchor en direction de Dakar, il transportait des centaines de passagers au-delà de sa capacité. Le bilan officiel fait état de 1 863 morts, ce qui en fait l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire moderne, comparable au naufrage du Titanic.

Vingt-trois ans après, les blessures restent vives. Les familles des victimes, toujours en quête de vérité et de justice, espèrent que cette commémoration sera l’occasion pour les nouvelles autorités de prendre enfin des décisions concrètes pour solder ce lourd héritage.

Taxe sur les transactions digitales : l’AFP tire la sonnette d’alarme et redoute des pertes d’emplois massives

La Direction collégiale de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP), dirigée par l’honorable Mbaye Dione, a tenu une réunion stratégique le 18 septembre 2025 consacrée à l’examen de la situation nationale et aux perspectives politiques du parti. À l’issue de cette rencontre, l’AFP a publié un communiqué dans lequel elle exprime de profondes inquiétudes quant à la trajectoire économique et politique du pays, tout en annonçant de nouvelles orientations internes pour renforcer sa présence sur le terrain.

Sur le plan économique, l’AFP estime que le Sénégal traverse « des zones de turbulences inédites » et accuse le gouvernement de naviguer à vue. Le parti dénonce un « tâtonnement sans fin » dans la recherche de solutions à la crise actuelle et considère que le plan de redressement présenté par les autorités est compromis dès son lancement par « un manque flagrant de concertation » et une « pression fiscale déraisonnable » imposée aux populations les plus vulnérables.

La formation politique prend pour exemple la taxe sur les transactions digitales, qualifiée de menace directe pour l’emploi et l’activité économique. Selon le communiqué, cette mesure risque de provoquer une contraction immédiate des transactions et de pousser de nombreuses entreprises à réduire leurs effectifs. L’AFP prévient que ces pertes d’emplois s’ajouteraient aux « 30 000 travailleurs du public déjà remerciés », aggravant encore les tensions sociales dans un contexte marqué par l’arrêt de plusieurs chantiers du BTP.

Sur le plan diplomatique, le parti critique sévèrement la stratégie du gouvernement, pointant du doigt « les errements d’une communication et d’une diplomatie hasardeuses ». D’après l’AFP, cette approche a contribué à dégrader l’image du Sénégal à l’international et à fragiliser ses relations avec des partenaires stratégiques tels que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dans un contexte où le pays a plus que jamais besoin de financements extérieurs.

La gouvernance politique est également mise en cause. L’AFP évoque une « dualité au sommet de l’État » qui engendrerait confusion et désordre, tout en représentant une « menace grave » pour la séparation des pouvoirs. Le dernier remaniement ministériel est perçu comme une manœuvre visant à lever les obstacles gênant « le projet totalitaire du régime en place », en contradiction avec les valeurs républicaines.

Face à ce constat, l’AFP appelle à « un sens élevé des responsabilités » et à une gouvernance fondée sur la sérénité, le respect de l’État de droit et la transparence, en mettant en garde contre les règlements de comptes politiques susceptibles de miner la cohésion nationale.

Sur le plan organisationnel, le parti entend engager une dynamique de massification et de remobilisation de ses bases. Mbaye Dione a déjà entamé des tournées départementales et multiplié les rencontres avec d’anciens militants, la diaspora et divers acteurs sociaux. La Direction collégiale a décidé de mettre en place des structures plus légères et efficaces afin de mieux répondre aux enjeux actuels.

La relance des mouvements affiliés tels que le MOUNFEP et le MNJP, ainsi que des organisations partenaires comme l’ANCP et le MPASI, fait partie des priorités définies. L’AFP prévoit également de renforcer ses alliances politiques et sociales, notamment avec l’opposition, la gauche plurielle et les syndicats. Dans ce cadre, Mbaye Dione a récemment rencontré les responsables du PIT et l’association des licenciés du public.

En conclusion, l’AFP exhorte ses responsables et militants à un « engagement sans faille » afin de préparer les prochaines échéances électorales et de se poser en véritable alternative face aux défis économiques et politiques du pays. Le parti réaffirme son ambition de participer activement à la gestion des aspirations des Sénégalais, dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et sociales grandissantes.

Accusations de détournement : l’ASER traduit Pape Mahawa Diouf en justice

L’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux après les propos tenus par Pape Mahawa Diouf, responsable politique de l’Alliance pour la République (APR), lors de l’émission Faram Facce du 17 septembre 2025.

Au cours de cette émission télévisée, M. Diouf a affirmé qu’un « détournement de 37 milliards » se serait produit au sein de l’ASER, une accusation aussitôt jugée « d’une extrême gravité » par la direction de l’agence.

Dans un communiqué rendu public, l’ASER, dirigée par Jean Michel Sène et ses collaborateurs, a dénoncé ce qu’elle considère comme « une campagne de désinformation » portant atteinte à son image et à la confiance des citoyens. L’agence indique avoir « saisi la justice par le biais de son conseil juridique » afin que M. Diouf apporte, devant les juridictions compétentes, les preuves de ses déclarations.

La plainte a été formellement déposée auprès du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance hors classe de Dakar.

Tout en annonçant cette action judiciaire, l’ASER a tenu à rappeler son engagement à remplir sa mission de service public « au bénéfice des populations rurales, dans le strict respect des règles de gouvernance, de transparence et de redevabilité ».

Sénégal : l’Assemblée nationale adopte une réforme fiscale majeure pour consolider les finances publiques

L’Assemblée nationale a adopté, ce jeudi, le projet de loi n° 17/2025 modifiant la loi n° 2012-31 du 31 décembre 2012 relative au Code général des impôts. Le texte, présenté par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a recueilli 133 voix favorables contre 7 parmi les députés présents.

Cette réforme s’inscrit dans le cadre du Plan de Redressement Économique et Social (PRES), adossé à l’Agenda Sénégal 2050, qui vise à renforcer les recettes budgétaires à partir de ressources endogènes et à réduire la dépendance aux financements extérieurs.

Parmi les mesures phares figure l’instauration d’une taxe sur les transferts d’argent fixée à 0,5 %, plafonnée à 2 000 FCFA par opération, avec des exonérations pour certains petits retraits et transactions électroniques.

une augmentation des accises sur les boissons alcoolisées, locales comme importées ; un relèvement de la fiscalité sur le tabac ; une taxe accrue sur l’importation des véhicules de tourisme.

Ces mesures, selon le gouvernement, visent à diversifier les sources de recettes fiscales et à lutter contre certaines externalités négatives liées à la consommation d’alcool et de tabac, tout en renforçant l’équité fiscale.

Si la majorité des députés a soutenu la réforme, certains élus, au sein de la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, ont exprimé des réserves. Ils redoutent une pression fiscale accrue sur les populations vulnérables et appellent à davantage d’exemptions, à l’instauration d’un seuil protecteur et à une concertation plus étroite avec le secteur privé.

Réforme des investissements : Aïssata Tall Sall salue l’initiative mais alerte sur le comité de suivi technique

À l’Assemblée nationale, lors de l’examen des trois projets de loi soumis ce jeudi, la présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu, Aïssata Tall Sall, a livré une appréciation nuancée sur la nouvelle loi relative aux investissements.

« Vingt ans après, l’adoption de cette loi est une bonne initiative. Car, entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts », a-t-elle affirmé, saluant ainsi la volonté de moderniser un dispositif devenu obsolète face aux mutations économiques.

Cependant, la députée a tenu à émettre une réserve sur l’article 47, qui prévoit la création d’un comité de suivi technique. « Je voudrais attirer l’attention des autorités sur la qualité de ce comité et sur sa composition », a-t-elle insisté, soulignant l’importance d’une gouvernance transparente et efficace pour garantir le succès de la réforme.

S’agissant des trois projets soumis à l’examen du jour, Mme Tall Sall les a qualifiés d’« absolument ambitieux ». Mais elle a appelé le gouvernement à mieux équilibrer ses choix économiques et sociaux : « L’État doit cesser de faire pression sur les consommateurs et de brûler le charbon au feu », a-t-elle martelé, en référence à la hausse du coût de la vie et aux politiques fiscales pesant sur les ménages.

Appel public à l’épargne : Papa Malick Ndour doute de la transparence et de l’endogénéité

Le lancement, ce jeudi, d’un nouvel Appel Public à l’Épargne (APE) par le ministère des Finances n’a pas convaincu tout le monde. Papa Malick Ndour, membre de l’Alliance pour la République (APR) et ancien ministre sous Macky Sall, s’est montré particulièrement sceptique. Dans une réaction rendue publique, le coordonnateur des cadres de l’APR estime que cette opération ne saurait être considérée comme une simple levée de fonds, mais devrait s’inscrire dans « une vision d’asseoir notre souveraineté économique sur des bases endogènes ».

Selon lui, le discours officiel laisse croire que les Sénégalais seront les principaux acteurs de la souscription, ce qu’il juge trompeur. « Nous savons d’expérience qu’au moment du bilan, sur fond de manipulation politique, on nous présentera l’opération comme un succès fulgurant, bouclée avant même la fin du délai grâce à une mobilisation patriotique du peuple sénégalais, et ayant conduit à une souscription dépassant 115 % du montant recherché », a-t-il lancé.

Papa Malick Ndour appelle d’ores et déjà à plus de transparence. À ses yeux, le 10 octobre prochain, date prévue pour le bilan de l’opération, le ministère des Finances devra rendre publique la ventilation précise des souscriptions : contribution de la diaspora sénégalaise, part des personnes physiques de nationalité sénégalaise, et celle des entreprises sénégalaises. « Sans ces précisions, ce discours sur la souveraineté économique ne restera qu’un slogan creux », martèle-t-il.

L’ancien ministre met également en garde contre une illusion d’endogénéité dans le financement. Derrière le discours officiel, il soupçonne une forte présence de capitaux étrangers transitant par des banques sous-régionales, notamment ivoiriennes. Une tendance confirmée, selon lui, par les résultats récents des levées sur le marché de l’Umoa-Titres et par la morosité économique actuelle, marquée par la difficulté des ménages sénégalais à consommer et à épargner.

MOBILISATION DE 300 MILLIARDS F CFA DANS L’UMOA, CRÉATION DES « DIASPORA BONDS » : Un pari suffisant pour relancer l’économie ?

Face à la suspension partielle des décaissements du Fonds monétaire international (Fmi) et aux contraintes liées à la dette publique, Dakar mise, désormais, sur deux leviers principaux : le marché financier régional de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et l’épargne de la diaspora à travers les « Diaspora Bonds ».
Ainsi, le Sénégal, s’apprête-t-il à émettre 300 milliards F CFA sur le marché régional. Ceci est structuré en quatre tranches : 60 milliards à trois ans, 100 milliards à cinq ans, 80 milliards à sept ans et 60 milliards à dix ans, chacune assortie d’un taux de coupon compris entre 6,40 % et 6,95 %.
La SGI Impaxis Securities, dirigée par Ababacar Diaw, assume le rôle d’arrangeur principal et de chef de file de l’opération.
Cette levée s’ajoute aux deux précédentes émissions de 2025. En effet, depuis le début de l’année, le Sénégal a déjà réalisé deux appels publics à l’épargne : 416 milliards FCFA en mars, puis 364 milliards en juillet. Avec cette troisième opération, le total mobilisé par syndication dépasse 1000 milliards FCFA. À cela s’ajoutent 1 740 milliards FCFA levés via les adjudications classiques organisées par UMOA-Titres sur les neuf premiers mois de l’année, portant donc le cumul des fonds mobilisés sur le marché régional à plus de 2 700 milliards FCFA.
Ces nombreux recours à l’UMOA interviennent dans un contexte difficile suite aux déclarations du Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a évoqué une « dette cachée » par l’Administration Macky Sall, estimée à 8 300 milliards FCFA, soit 41 % du PIB. En conséquence, la dette publique, initialement évaluée à 74 % du PIB fin 2023, a été révisée à 111 %, puis à 118,8 % fin 2024. La note souveraine du Sénégal a été abaissée par l’agence S&P Global Ratings de B à B- avec perspective négative.
Suite à ces épisodes, le FMI a gelé un programme à plus de 1 100 milliards F CFA. L’institution financière n’est d’ailleurs, jusqu’à présent, pas revenue sur cette décision, dans l’attente d’informations complémentaires demandées au gouvernement sénégalais.
Pour pallier ces contraintes, le duo Diomaye-Sonko s’appuie sur le marché régional et sur de nouveaux instruments financiers, tels que les « Diaspora Bonds », destinés à mobiliser l’épargne des Sénégalais de l’extérieur. Une orientation qui traduit une volonté de s’affranchir de l’assistance du FMI.
Mais, beaucoup de défis sonnent à l’horizon. Si la croissance globale bénéficie du démarrage de la production pétrolière et gazière, avec un taux de 12,1 % au premier trimestre 2025 selon le FMI, la progression hors hydrocarbures demeure modeste, freinée par les difficultés dans le BTP et l’industrie chimique. L’inflation, elle, reste contenue, à 0,7 % en juillet.
La réussite du Plan de redressement économique et social (PRES) dépendra, dès lors, de la capacité du gouvernement à mobiliser de manière soutenue et efficace les ressources régionales et locales. Le marché financier de l’UEMOA et les « Diaspora Bonds » constituent des leviers, mais la question centrale demeure. D’où la question : le Sénégal pourra-t-il financer son plan ambitieux sans l’appui du FMI et des marchés internationaux, tout en maîtrisant les risques liés à une dette publique déjà très élevée ?
La Dakaroise

Affaire Abdou Nguer : l’avocat saisit le Procureur pour accélérer la tenue de l’audience

Le dossier judiciaire d’Abdou Nguer connaît un nouveau rebondissement. Selon le quotidien L’As, Me Baba Diop, avocat du mis en cause, a adressé le 11 septembre une correspondance au Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors classe de Dakar. L’objectif : solliciter l’enrôlement du dossier par le juge du 3e cabinet, après la clôture de l’instruction il y a environ un mois.

Abdou Nguer, connu pour ses interventions dans différentes émissions, est en détention depuis près de six mois. Il est poursuivi pour diverses infractions liées à certaines de ses prises de position médiatiques. Des accusations que son conseil conteste fermement depuis l’enquête préliminaire.

Pour Me Baba Diop, il est urgent de fixer une date d’audience afin de permettre à son client de faire valoir ses droits devant la justice. « Après la clôture de l’instruction, il n’y a plus de raison de prolonger une détention provisoire qui devient de plus en plus difficilement justifiable », plaide-t-il.

Au-delà du cas individuel d’Abdou Nguer, ce dossier soulève des interrogations plus larges sur la durée de la détention provisoire au Sénégal et le respect des droits de la défense. Plusieurs observateurs estiment que le maintien prolongé d’un prévenu derrière les barreaux, alors même que l’instruction est close, pose un problème de garantie des libertés fondamentales.

La balle est désormais dans le camp du Procureur de la République, qui doit procéder à l’enrôlement officiel du dossier devant le juge du 3e cabinet. Cette étape conditionne la fixation de l’audience et, par conséquent, la possibilité pour Abdou Nguer de comparaître devant la justice dans les semaines à venir.

Classement FIFA – Septembre 2025 : l’Espagne retrouve son trône, le Sénégal consolide sa place de dauphin africain

Le nouveau classement FIFA publié ce jeudi 18 septembre 2025 redistribue les cartes au sommet du football mondial. L’Espagne, invaincue depuis 22 rencontres et impressionnante en éliminatoires de la Coupe du monde (victoires 6-0 en Turquie et 3-0 en Bulgarie), reprend la première place du classement pour la première fois depuis 2014.

La France, profitant du recul de l’Argentine, championne du monde en titre, grimpe au 2e rang avec 1870,92 points, devançant d’un souffle les Albicelestes (1870,32 points). Un podium resserré qui illustre l’intensité de la lutte entre grandes nations à quelques mois du Mondial 2026.

En Afrique, le Maroc confirme sa suprématie continentale. Les Lions de l’Atlas gagnent une place et se hissent au 11e rang mondial (1706 points), dépassant désormais l’Allemagne. Une performance qui témoigne de leur constance et de leur ambition d’intégrer durablement le top 10 mondial.

Le Sénégal, pour sa part, conserve sa 18e place mondiale avec 1645 points. Les Lions de la Téranga restent ainsi le deuxième pays africain du classement, derrière le Maroc, mais devant l’Égypte (35e) et l’Algérie (38e). Cette stabilité confirme la régularité de l’équipe d’Aliou Cissé et son statut de pilier du football africain.

Alcool, tabac, jeux de hasard : Abdou Karim Sall plaide pour une fiscalité renforcée

L’Assemblée nationale a tenu ce jeudi 18 septembre une séance plénière consacrée à l’examen de trois projets de loi. À cette occasion, le député Abdou Karim Sall a saisi la tribune pour appeler à un durcissement de la fiscalité appliquée à certains produits jugés nocifs pour la société.

En évoquant la question de l’accès et de l’utilisation du réseau public de télécommunication, l’ancien ministre a élargi son propos à la nécessité de trouver de nouvelles ressources budgétaires. Pour lui, l’une des pistes les plus pertinentes reste l’alourdissement de la taxation sur l’alcool, le tabac et les jeux de hasard.

« Freiner ces pratiques, c’est protéger la santé publique et réduire les comportements à risque qui affectent nos familles et nos jeunes », a-t-il affirmé devant ses collègues parlementaires.

Abdou Karim Sall a soutenu qu’une fiscalité ciblée sur ces produits aurait un double impact : d’une part, elle renforcerait les recettes de l’État, et d’autre part, elle contribuerait à limiter les conséquences sanitaires et sociales de leur consommation.

Conseil des ministres : des nominations qui interrogent la rigueur de l’État

Comme à l’accoutumée, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé hier à une série de nominations en Conseil des ministres. Mais cette fois-ci, le communiqué officiel a suscité étonnement et critiques, tant certaines désignations semblent révéler des légèretés dans le suivi administratif.

En effet, plusieurs postes ont été officiellement déclarés pourvus « en remplacement » d’agents qui n’y étaient plus depuis plusieurs années. Le cas le plus frappant concerne la Direction de l’Enseignement moyen secondaire général. Le communiqué a annoncé la nomination de Saliou Ndiaye, professeur d’enseignement secondaire et docteur en sciences physiques, en remplacement de Madame Fatimata Ba Diallo. Or, celle-ci avait quitté ses fonctions depuis avril 2021, lors du Conseil des ministres du 28, pour céder la place à Pape Kandji. Aujourd’hui, Mme Diallo travaille à la Confemen.

Une autre incohérence a été relevée à l’Institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles (INEFJA). Le texte officiel mentionne le remplacement de Youssou Faye par Aliou Faye. Pourtant, Youssou Faye n’est plus en poste depuis… juillet 2020 ! Il avait alors été remplacé par Sacoura Guèye. C’est donc un agent parti depuis cinq ans qui a été formellement « remplacé » hier.

Ces maladresses interrogent : quel département ministériel n’a pas correctement fait son travail ? S’agit-il d’une négligence au niveau du ministère de l’Éducation nationale, chargé de transmettre les propositions, ou d’une erreur de relecture du côté du porte-parole du gouvernement ?

Le retard accusé dans la publication du communiqué n’a fait qu’accentuer les soupçons. Traditionnellement rendu public en fin d’après-midi, le document n’a été disponible qu’aux environs de 23h, forçant même la RTS à différer la diffusion de son contenu.

URGENT – La Cour suprême ferme la porte à Barthélémy Dias : Abass Fall confirmé maire de Dakar

La Cour suprême a rendu son verdict ce jeudi, mettant un terme définitif à l’espoir de Barthélémy Dias de retrouver l’hôtel de ville de Dakar. L’ancien maire, révoqué en décembre 2024 à la suite de sa condamnation dans l’affaire Ndiaga Diouf, avait introduit un recours pour excès de pouvoir contre l’arrêté préfectoral qui l’avait démis de ses fonctions.

Saisi de l’affaire, le juge suprême a confirmé la légalité de la décision administrative. L’avocat général avait d’ailleurs recommandé le rejet pur et simple du recours, arguant que l’arrêté contesté respectait le cadre fixé par le Code général des collectivités locales. La Cour suprême a suivi cet avis, écartant l’argumentaire de Barthélémy Dias, qui invoquait notamment l’article 135 du code pour soutenir qu’une révocation relevait exclusivement du président de la République.

Ce verdict a une conséquence directe : Abass Fall, élu maire en août 2025, est désormais confirmé sans contestation possible à la tête de la capitale sénégalaise jusqu’à l’expiration du mandat municipal en 2027. Cette décision met fin à plusieurs mois d’incertitudes et de bataille judiciaire qui ont tenu en haleine la scène politique dakaroise.

Pour Barthélémy Dias, ce rejet sonne comme une défaite amère. L’édile déchu voyait dans ce recours son ultime chance de réintégrer une mairie qu’il avait conquise en février 2022, avant son éviction consécutive à sa condamnation. Son éloignement durable de la gestion municipale ouvre une nouvelle page politique à Dakar, où Abass Fall s’installe désormais comme l’héritier inattendu d’un fauteuil qu’il devra assumer jusqu’en 2027, sous le regard attentif des Dakarois.

Décret présidentiel : Bassirou Diomaye Faye case finalement Alpha Thiam, « l’homme des murs de Dakar »

Le nom d’Alpha Thiam avait fait sensation à Dakar, lorsqu’il inscrivait son nom sur plusieurs murs de la capitale pour assurer sa promotion politique. Ce juriste, en service à la Sonatel, franchit aujourd’hui un nouveau cap avec sa nomination à la tête de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADPME). Une décision présidentielle qui vient renforcer les rangs de la coalition Diomaye, à la veille d’échéances électorales stratégiques.

Fils de l’ancien ministre Kouraichi Thiam, Alpha Thiam s’inscrit dans la continuité d’un héritage politique solide. Secrétaire général des Forces nouvelles, il bénéficie d’une légitimité familiale marquée par l’engagement de son père, ancien président du Conseil régional et maire de Maka. Cette filiation politique constitue un atout indéniable pour la mouvance présidentielle, en quête de relais efficaces dans les territoires.

La nomination d’Alpha Thiam résonne particulièrement dans le département de Tambacounda, où la mouvance présidentielle peine à s’imposer face aux dynamiques locales. L’ancrage familial, allié à la notoriété personnelle de Thiam, pourrait donner un souffle nouveau à la coalition dans cette région stratégique. Les localités de Missirah et Dialacoto, longtemps reléguées au second plan par l’État, pourraient voir émerger une nouvelle génération de leaders issus du terroir.

Missirah, deuxième commune du département après Tambacounda-ville, illustre bien ce déficit de représentativité. Depuis l’éviction de Boukhadry Kaba, ancien président du conseil de surveillance de l’AEME, la commune reste sans voix forte dans les instances de décision.

Dans cette dynamique, des profils locaux apparaissent comme des atouts pour consolider l’implantation du Pastef et de la coalition présidentielle. Parmi eux, Lamine Guirassy, professeur au lycée de Missirah et directeur de l’école du parti à Tambacounda et Kédougou, occupe une place centrale. Figure reconnue, militant de la première heure, il est perçu comme un maillon essentiel pour transformer l’héritage politique d’Alpha Thiam en une force électorale concrète.

En nommant Alpha Thiam, le président Bassirou Diomaye Faye envoie un signal fort : la volonté de combiner expérience familiale, engagement militant et ancrage territorial. Cette stratégie pourrait non seulement renforcer la coalition dans le département de Tambacounda, mais aussi rééquilibrer la représentativité entre Dakar et l’intérieur du pays.

Les euro-obligations sénégalaises décrochent : inquiétudes persistantes autour de la dette et du FMI

Les investisseurs internationaux se détournent des euro-obligations sénégalaises, qui affichent ce mois-ci les plus faibles performances du continent africain. Selon un indice Bloomberg, les détenteurs de titres sénégalais libellés en dollars ont essuyé une perte de 1,8 % en rendement total, alors que les obligations souveraines africaines ont enregistré en moyenne un gain de 1,9 %.

Après avoir connu une forte volatilité cet été, les obligations sénégalaises avaient brièvement regagné du terrain en août, les marchés misant sur une éventuelle dérogation du Fonds monétaire international (FMI). Le rendement des titres échéance 2033, qui avait culminé à 14,56 % le 3 juillet, était redescendu sous les 12 %. Mais cet espoir a vite été douché.

« Il est devenu clair qu’aucune décision ne serait prise rapidement, ce qui a refroidi l’enthousiasme des investisseurs », analyse Samir Gadio, responsable de la stratégie Afrique chez Standard Chartered Plc.

La chute des obligations sénégalaises trouve son origine dans la suspension par le FMI d’un programme de prêts de 1,8 milliard de dollars, après la révélation d’une sous-déclaration de la dette publique.

Le conseil d’administration du Fonds doit désormais statuer sur deux points cruciaux :

la nécessité pour Dakar de rembourser les 700 millions de dollars déjà versés, les conditions d’un éventuel nouveau programme.

En attendant, l’incertitude pèse lourdement sur la confiance des marchés.

Le choc a été amplifié en septembre 2024, lorsque les autorités sénégalaises ont révélé un « trou » de 7 milliards de dollars dans les finances publiques, conséquence d’erreurs de reporting attribuées à l’ancienne administration de Macky Sall. Cette découverte a propulsé le ratio dette/PIB à 119 % en 2024, contre un ratio révisé de 99,7 % en 2023.

Le déficit budgétaire a lui aussi explosé, atteignant 14 % du PIB, contre 12,3 % recalculés l’année précédente.

Haute Cour de justice : une seconde vague de poursuites en préparation contre d’anciens ministres

La commission d’instruction de la Haute cour de justice s’apprête à élargir son champ d’action. Selon des informations rapportées par Wal Fadjri, une nouvelle vague de poursuites visant d’anciens ministres est en cours de préparation.

Cette seconde série d’instructions viendra compléter la première phase, ouverte en mai dernier, et déjà bien avancée. Celle-ci concerne cinq figures du gouvernement de Macky Sall : Ismaïla Madior Fall (ancien ministre de la Justice), Sophie Gladima (ancienne ministre du Pétrole et des Énergies), Moustapha Diop (ancien ministre du Développement industriel et des Petites et moyennes industries), Mansour Faye (ancien ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement) et Ndèye Saly Diop Dieng (ancienne ministre de la Femme, de la Famille et du Genre).

Pour l’heure, aucune identité n’a filtré concernant les ex-ministres qui pourraient être visés par cette deuxième vague. Toutefois, les sources du quotidien laissent entendre que des dossiers supplémentaires sont déjà en préparation et pourraient être ouverts dans les prochains mois.

Cette démarche s’inscrit dans la logique de reddition des comptes annoncée par les nouvelles autorités. En élargissant le spectre des enquêtes, la Haute cour de justice entend donner suite aux nombreuses interpellations sur la gestion des affaires publiques sous le régime précédent.

Dethié Fall lance ses premières actions à la tête du ministère des Infrastructures

À peine installé, le nouveau ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Dethié Fall, a joint l’acte à la parole. Mardi, lors de la cérémonie de passation de services avec son prédécesseur Yankhoba Diémé, il avait annoncé qu’il se rendrait à l’Ageroute dès l’aube pour s’imprégner des dossiers prioritaires. « Le jeudi, s’il plaît à Dieu, à 6 heures 30 du matin, je compte venir à l’Ageroute avec mes directeurs concernés pour aborder, rapidement, de façon accélérée, les dossiers », avait-il déclaré.

Promesse tenue : ce jeudi, à l’heure dite, Dethié Fall s’est présenté dans les locaux de l’Agence des travaux et de gestion des routes (Ageroute). Il y a présidé une réunion de coordination avec le directeur général, Mamadou Ndao, et ses principaux collaborateurs.

Au menu des échanges : l’état d’avancement des chantiers routiers en cours, les projets de construction et de réhabilitation d’infrastructures, ainsi que les priorités liées à l’entretien du réseau national. L’Ageroute, bras technique de l’État dans ce domaine, joue un rôle central dans la réalisation des travaux publics, qu’il s’agisse de routes, de ponts ou d’ouvrages d’art.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°560 – 18/09/2025

🔴 NOUVEL EMPRUNT DE 300 MILLIARDS F CFA VIA L’UMOA-TITRES, LANCEMENT DES « DIASPORAS BONDS » : EST-CE SUFFISANT POUR REMONTER LA PENTE ?
🔴 TAXATION DU MOBILE MONEY : LES OPÉRATEURS HAUSSENT LE TON

🔴 YOUSSOUPHA MBODJ ÉTINCELANT, BAYERN, PSG ET LIVERPOOL PHÉNOMÉNAUX : LA LIGUE DES CHAMPIONS EST LANCÉE !
🔴 ENTRÉE FRACASSANTE EN LIGUE DES CHAMPIONS AFC 2 : SADIO MANÉ EN FEU

Kaolack – Kahone : l’érosion menace une partie de la ville dans l’indifférence des autorités

À Kahone, au niveau du Secco, l’érosion dicte sa loi face au silence des autorités compétentes. Chaque jour, le phénomène progresse, grignotant les terres et menaçant directement les habitations. Les populations, impuissantes, dénoncent cette indifférence.

« Dans cette partie de la ville de Kahone, l’érosion a déjà englouti plusieurs espaces. Vous savez, il y a l’axe Gniby–Kahone qui traverse la zone et qui avait fait l’objet de la construction d’un radier. J’avais attiré l’attention, dès la phase conceptuelle, pour dire que cette route risquait de causer davantage de dégâts. Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Lorsqu’ils sont venus construire le radier au niveau du Secco, celui-ci est devenu un passage d’écoulement des eaux devant plusieurs maisons. Aujourd’hui, cela provoque une forte érosion, à tel point que nos véhicules ne peuvent plus accéder », explique Vieux Diagne, natif de Kahone, dont le mur de la maison est désormais menacé.

Face à cette situation, plusieurs correspondances ont été envoyées depuis le 28 août dernier au préfet du département, à des environnementalistes et à diverses personnalités. Mais toutes ces missives sont restées sans réponse, et aucun acte concret n’a encore été posé, regrette-t-il.

Les familles vivent dans l’angoisse permanente. Les enfants jouent à quelques mètres du vide, les concessions se fissurent et même un potentiel site voisin risque d’être endommagé par l’avancée du phénomène.

En attendant, les habitants tentent de se protéger avec les moyens du bord : sacs de sable, palissades improvisées… et des prières. Mais tous savent que ces défenses dérisoires ne résisteront pas longtemps face à la puissance des eaux.

Kaolack : Keur Sérigne Bassirou, un village coupé par le manque d’accès

Dans de nombreux villages reculés, l’accès reste un défi quotidien. Pistes impraticables en saison des pluies, manque de moyens de transport… autant d’obstacles qui isolent les populations rurales du reste du pays. Les habitants parlent d’un sentiment d’enclavement, comme si le monde extérieur était à des centaines de kilomètres, alors même que la ville la plus proche se trouve à seulement quelques kilomètres.

C’est le cas de Keur Sérigne Bassirou, situé à 9 kilomètres de Ndoffane Laguèm, dans le département de Kaolack.

Avec ses quelque 300 habitants, le village vit au rythme des saisons. Pourtant, s’y rendre relève parfois du parcours du combattant. Les pistes sablonneuses ou boueuses, selon la période de l’année, compliquent fortement l’accès.

En saison des pluies, la situation devient encore plus critique : les charrettes s’enlisent, les motos glissent et les rares véhicules refusent de s’y aventurer.

« Cet enclavement freine l’écoulement des produits agricoles. Les femmes, principales actrices de la transformation, peinent à vendre leurs récoltes faute de transport. Les malades, eux, doivent parfois parcourir des kilomètres à pied avant de trouver un poste de santé accessible », explique Mamadou Diop, habitant du village.

Un cri du cœur des habitants

Les populations de Keur Sérigne Bassirou lancent un appel pressant aux autorités pour l’aménagement de la route reliant leur localité aux grands axes.

« Nous ne demandons pas grand-chose, seulement une piste praticable toute l’année », insiste une mère de famille.

Rapport CENTIF 2024 : le secteur extractif épinglé pour plus de 4 milliards FCFA de flux financiers suspects

Le secteur extractif sénégalais se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, après la publication du rapport 2024 de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF). L’institution chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a révélé des flux financiers suspects estimés à plus de 4 milliards de francs CFA. Ces fonds proviendraient d’opérations douteuses dans le domaine de l’exploitation aurifère, en particulier dans les circuits liés à l’orpaillage artisanal, mais aussi dans des transactions effectuées par des sociétés de négoce considérées comme des façades de blanchiment.

Les investigations de la CENTIF ont mis en évidence des pratiques inquiétantes. Plusieurs individus, officiellement présentés comme orpailleurs, effectuaient régulièrement des dépôts bancaires en espèces, parfois de très forte valeur. Or, les montants déposés étaient sans commune mesure avec les revenus déclarés de ces exploitants artisanaux. Dans certains cas, ces dépôts étaient rapidement suivis de transferts à l’international, notamment vers des pays reconnus comme plaques tournantes du commerce de l’or. Ce schéma, classique dans les circuits de blanchiment, a attiré l’attention des enquêteurs.

Le rapport met aussi en cause des sociétés de négoce, parfois créées récemment, qui réalisaient des transactions financières massives sans qu’une activité économique claire ne justifie de tels flux. Ces structures, soupçonnées de servir de couverture, semblent avoir été mises en place pour masquer l’origine illicite de fonds liés à des trafics de métaux précieux ou à de la contrebande aurifère. Dans plusieurs zones minières, la sous-déclaration de la production officielle a par ailleurs facilité l’introduction de l’or de contrebande dans les circuits formels, alimentant des réseaux transnationaux de blanchiment.

Pour la CENTIF, le secteur extractif reste l’un des plus vulnérables aux activités criminelles. La prédominance des transactions en espèces, la difficulté à tracer les flux financiers et l’implication d’acteurs transnationaux rendent ce domaine particulièrement exposé aux risques de blanchiment et de financement illicite. Le rapport recommande un renforcement de la vigilance des banques et institutions financières, qui doivent redoubler d’attention dans la gestion des comptes ouverts par les acteurs du secteur, notamment ceux implantés dans les zones frontalières où les contrôles sont souvent plus difficiles.

Le document de la CENTIF ne se limite pas au secteur extractif. Pour l’année 2024, l’institution indique avoir transmis 62 dossiers aux juridictions compétentes, pour un montant cumulé de plus de 102 milliards de francs CFA. Une partie importante de ces affaires est directement ou indirectement liée aux activités minières, confirmant la sensibilité du secteur et la nécessité de mieux encadrer ses flux financiers.

Au-delà des chiffres, ce rapport met en évidence l’urgence d’une coopération renforcée entre l’État, les acteurs financiers et les structures de contrôle. Il s’agit non seulement de protéger les ressources naturelles du Sénégal, mais aussi de garantir que leur exploitation profite réellement à l’économie nationale, sans être détournée par des circuits opaques et criminels.

La CENTIF, qui joue un rôle central dans la prévention et la détection du blanchiment, appelle ainsi à des réformes structurelles pour sécuriser le secteur extractif et limiter les risques. Pour les experts, cette alerte devrait constituer un signal fort en faveur de la transparence et du renforcement de la gouvernance dans un domaine stratégique pour l’avenir économique du pays.

Saisie record de cocaïne à Kalifourou : plus de 272 kg interceptés par les Douanes

Le Bureau des Douanes de Kalifourou, rattaché à la Direction régionale des Douanes du Sud, a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic international de drogue. Ce mardi, ses agents ont réussi une saisie spectaculaire portant sur 240 plaquettes de cocaïne, d’un poids total de 272,25 kilogrammes.

Selon un communiqué transmis à la presse, l’opération est le fruit de l’exploitation minutieuse d’un renseignement faisant état d’un transfèrement de substances prohibées depuis un pays limitrophe vers le Sénégal. Le dispositif de surveillance mis en place a permis d’intercepter un véhicule suspect, une Renault Trafic immatriculée au Sénégal, qui servait au transport de la drogue.

La fouille du véhicule a révélé une cachette spécialement aménagée, où 243 plaquettes de cocaïne étaient soigneusement dissimulées. Les analyses effectuées par le Laboratoire national de la Police technique et scientifique ont confirmé la nature du produit, positif à la cocaïne.

La valeur marchande de la drogue saisie est estimée à 21,78 milliards de francs CFA, ce qui en fait l’une des plus importantes saisies opérées récemment dans la région.

Au cours de l’opération, trois individus de nationalité étrangère ont été arrêtés. Ils sont actuellement entre les mains des enquêteurs, et l’instruction suit son cours pour déterminer l’ampleur du réseau derrière ce trafic.

Assemblée nationale : trois projets de loi financiers à l’ordre du jour ce jeudi

Les députés sénégalais sont convoqués en séance plénière ce jeudi 18 septembre 2025 à partir de 10 heures. Selon la convocation transmise aux parlementaires, les travaux seront consacrés à l’examen de trois projets de loi majeurs soumis par le ministère des Finances et du Budget.

le projet de loi n°16/2025 portant Code des investissements, qui vise à moderniser le cadre juridique de l’investissement au Sénégal et à renforcer l’attractivité économique du pays ; le projet de loi n°17/2025 modifiant la loi n°2012-31 du 31 décembre 2012 portant Code général des impôts, une réforme attendue pour adapter la fiscalité nationale aux nouvelles réalités économiques ; le projet de loi n°18/2025 modifiant la loi n°2008-46 instituant une redevance sur l’accès ou l’utilisation du réseau des télécommunications publiques (RUTEL), déjà modifiée à plusieurs reprises, afin de mieux encadrer et optimiser la contribution du secteur des télécoms aux finances publiques.

Ces trois textes, qui portent sur des enjeux clés liés à l’investissement, à la fiscalité et aux recettes issues du numérique, seront débattus avant d’être soumis au vote des députés.

Abdoulaye Fall revendique une victoire incontestable à la présidence de la FSF

Abdoulaye Fall a pris les rênes de la Fédération sénégalaise de football (FSF) au terme d’un scrutin marqué par des tensions et des accusations de corruption. Face à la polémique, le nouveau président a choisi de s’exprimer publiquement, balayant d’un revers de main les critiques qui entachent son élection.

Dans un entretien accordé à Canal+, Fall a défendu la légitimité de son succès, qu’il attribue à son ancrage profond dans les ligues régionales et à son expérience de longue date au sein de l’instance dirigeante.

« Je ne comprends pas ceux qui véhiculent cette information (sur la corruption). Cela ne fait que ternir l’image du Sénégal », a-t-il affirmé, en réponse aux accusations portées notamment par son principal rival, Madi Touré.

L’ancien dirigeant de ligue a rappelé son rôle de soutien actif aux structures locales du football depuis six ans. « À Sédhiou, j’ai obtenu 100 % des voix », a-t-il précisé, avant d’assurer qu’il « contrôlait toutes les ligues du Sénégal ». Et de lancer à ses adversaires : « Qu’ils me disent s’il y a une seule ligue qu’ils contrôlent. »

Convaincu de sa victoire bien avant le vote, Abdoulaye Fall a souligné qu’il bénéficiait du soutien de la quasi-totalité des présidents de ligue, à l’exception de trois. « Dès le départ, je savais que j’allais gagner », a-t-il martelé, affichant une assurance qui tranche avec la contestation de ses opposants.

Le Comité exécutif de la FSF a validé son élection, confirmant ainsi son installation officielle à la tête de l’institution. Toutefois, la bataille n’est pas totalement close : Madi Touré a déjà annoncé son intention de poursuivre le combat, dénonçant un processus électoral entaché, selon lui, par un manque de transparence.

La BCEAO maintient ses taux directeurs inchangés pour soutenir la stabilité économique de l’UEMOA

Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), présidé par le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, s’est réuni ce mercredi 17 septembre 2025 au siège de l’institution régionale pour examiner la conjoncture économique et monétaire de l’Union.

À l’issue des travaux, le CPM a décidé de maintenir le statu quo sur les taux directeurs, une orientation jugée cohérente avec la dynamique actuelle de la sous-région. Ainsi, le taux directeur auquel la BCEAO prête aux établissements de crédit reste fixé à 3,25%, tandis que le taux du prêt marginal demeure à 5,25%. Le coefficient de réserves obligatoires est également maintenu à 3%. Ces paramètres sont inchangés depuis la précédente révision en juin 2025.

Une croissance robuste et une inflation maîtrisée

Selon Joseph Sagnon, Directeur de la Politique Monétaire et des Relations Internationales, cette décision « résulte de l’analyse de l’évolution récente de l’activité économique, des prix et de la situation extérieure de l’Union ».

En effet, l’économie de l’UEMOA conserve un rythme soutenu avec une croissance du PIB réel estimée à 6,3% en 2025, portée par la consommation intérieure et les investissements dans les infrastructures.

Sur le front des prix, la situation s’est nettement améliorée. L’inflation, qui avait atteint 3,5% en 2024, a reculé à 0,6% au deuxième trimestre 2025, sous l’effet d’une offre alimentaire abondante et de la baisse des coûts des produits énergétiques importés. Pour l’ensemble de l’année, elle devrait s’établir à 1,2%, bien en dessous de la moyenne régionale des dernières années.

Des risques toujours présents

Malgré ce tableau favorable, le CPM reste prudent face à plusieurs incertitudes. Il cite notamment :

la persistance des tensions sécuritaires dans la sous-région, l’impact du changement climatique sur la production agricole, ainsi que les tensions géopolitiques et commerciales mondiales, susceptibles de peser sur les importations.

Sénégal : le port de l’uniforme bientôt obligatoire dans les écoles

Le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, a annoncé mardi que le port de l’uniforme scolaire sera rendu obligatoire dans tous les établissements du Sénégal. Cette mesure, inscrite dans le cadre des réformes en cours dans le secteur éducatif, devrait entrer en vigueur dès l’année prochaine.

« Il y a un décret en gestation pour rendre obligatoire le port de cet uniforme », a déclaré le ministre, repris par l’Agence de presse sénégalaise (APS), en marge d’une visite effectuée dans plusieurs établissements de Dakar. Selon lui, cette réforme s’inscrit dans une dynamique de refondation du système éducatif.

Lors de sa tournée aux écoles élémentaires HLM 4 et El Hadji Ibrahima Diop Youssouf (ex-Clémenceau) au Plateau, Moustapha Guirassy a également évoqué les défis qui persistent dans le milieu scolaire, à quelques semaines de la rentrée. Parmi eux figurent l’état des infrastructures, l’accès à la restauration scolaire, mais aussi la sécurité dans et autour des établissements.

« Beaucoup d’enfants abandonnent finalement l’école, tout simplement parce qu’ils ne sont pas dans les conditions d’apprentissage. Quand on parle de l’environnement scolaire, il ne s’agit pas seulement des bâtiments, mais d’un tout : la sécurité, le climat social. C’est vraiment le bien-être de l’enfant qui doit être au cœur des préoccupations », a insisté le ministre.

Affaire Lat Diop : Les avocats dénoncent une « procédure incongrue » et une justice instrumentalisée

Lors d’un point de presse tenu ce mercredi, Me El Hadji Diouf, avocat de l’ancien ministre Lat Diop, a vivement dénoncé ce qu’il qualifie de « procédure incongrue », visant selon lui à « envoyer Ladiop en prison sans aucune raison ».

Selon Me Diouf, Lat Diop aurait été arbitrairement privé de liberté alors qu’aucune plainte formelle n’a été déposée, ni par Mohamed Dieng ni par l’État. « Même les délais de garde à vue ont été dépassés et violés », a-t-il insisté, soulignant les incohérences d’un dossier préparé dans la précipitation.

Pour l’avocat, cette affaire trouve son origine dans un différend lié aux revenus des jeux de hasard. Lat Diop, en installant une nouvelle plateforme de contrôle, aurait révélé un manque à gagner important pour l’État : près de 2 milliards de francs CFA mensuels, contre seulement 20 millions reversés jusque-là. Cette réforme, selon Me Diouf, aurait stoppé « une escroquerie organisée » et privé Mohamed Dieng de bénéfices occultes, suscitant ainsi une prétendue « volonté de vengeance » déguisée en procédure judiciaire.

L’avocat a également critiqué la double qualification des faits reprochés à son client — extorsion de fonds et détournement de deniers publics — jugée « incompatible » pour un même montant de 8 milliards. « L’argent appartient soit à Mohamed Dieng, soit à l’État, mais personne n’a porté plainte. Comment peut-on alors poursuivre ? », a-t-il interrogé, rappelant que l’audition de Lat Diop n’a duré que deux heures, faute de preuves tangibles.

Me Diouf a enfin dénoncé ce qu’il considère comme une « chosification » de son client, utilisé comme bouc émissaire dans un règlement de comptes politique. « La justice doit être indépendante et impartiale. Si elle devient un outil de règlements de comptes, alors ce n’est plus la République », a-t-il conclu, mettant en garde contre le risque de perte de confiance des citoyens dans les institutions judiciaires.

Kédougou : Une opération coup de poing démantèle des sites clandestins à Kolia

La lutte contre les activités illégales s’intensifie dans la région de Kédougou. Ce mardi 16 septembre, la brigade territoriale de Saraya, appuyée par les unités Garsi 2 et une section de drones, a mené une opération coup de poing dans le village de Kolia, situé dans la commune de Bembou.

Au terme de l’intervention, deux sites clandestins ont été démantelés et un important lot de matériel a été saisi. Parmi les équipements confisqués figurent 18 tricycles, un tricycle de type piki paka, six panneaux solaires, 18 marteaux-piqueurs, 40 groupes électrogènes et 16 motocyclettes.

Cette zone frontalière de Kédougou est depuis longtemps connue comme un foyer de contrebande et de trafic, notamment de stupéfiants. Face à cette situation, les forces de sécurité ont récemment multiplié les interventions pour mettre fin aux exploitations frauduleuses et réaffirmer la présence de l’État.

Radisson de Diamniadio : Les travailleurs en grève de la faim après le licenciement de 19 employés

Depuis hier, l’hôtel Radisson de Diamniadio est secoué par une grève de la faim déclenchée par une partie de son personnel. Les travailleurs protestent vigoureusement contre le licenciement de dix-neuf de leurs collègues, une décision qu’ils jugent arbitraire et injustifiée.

Réunis autour de leur délégué, Omar Dia, les grévistes dénoncent également la gestion qu’ils qualifient de « défaillante » de la direction de l’établissement hôtelier. « Nous irons jusqu’au bout dans notre lutte », a martelé M. Dia, interrogé par la RFM.

Pour l’heure, aucune évacuation sanitaire n’a encore été enregistrée parmi les grévistes. Toutefois, le délégué des travailleurs avertit que, compte tenu de la fragilité de leur état, des cas d’urgence pourraient survenir d’ici ce soir si la situation demeure inchangée.

Déthié Fall impose un rythme « militaire » au ministère des Infrastructures

Le nouveau ministre des Infrastructures, Déthié Fall, veut imprimer une cadence sans précédent à son département. À l’occasion de ses cérémonies de passation de service, il a annoncé que les entreprises appelées à collaborer avec le ministère devront s’adapter à un rythme « militaire », avec des chantiers menés de jour comme de nuit.

« Je suis heureux de constater que lorsque nous avons fait cette déclaration hier, des entrepreneurs, y compris des étrangers, ont envoyé des messages pour affirmer qu’ils sont disposés à travailler 24 heures sur 24 pour sortir les projets de terre et exécuter les directives du président de la République et de son Premier ministre. Je leur dis que c’est ainsi que ça va se faire, croyez-moi », a martelé le ministre ce mardi, lors de la cérémonie de passation au ministère des Transports.

La veille déjà, en prenant officiellement les rênes du ministère des Infrastructures, Déthié Fall avait affiché la couleur. « Pour combler le retard infrastructurel, le pays doit hâter le pas. Toutes les entreprises qui veulent travailler avec le ministère doivent être prêtes à travailler jour et nuit. Celles qui ne sont pas dans ces dispositions ne seront pas recrutées et ne collaboreront pas avec nous », avait-il prévenu, insistant sur le fait que « cette directive sera appliquée avec toute la rigueur d’un rythme militaire ».

Affaire Farba Ngom : le juge refuse la liberté provisoire, maintien au Pavillon spécial

Le juge d’instruction en charge du dossier de Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a rejeté la demande de liberté provisoire formulée par ses avocats. Selon des informations rapportées par Libération, l’ordonnance a été rendue le 12 septembre dernier.

Inculpé depuis la fin février pour escroquerie sur des deniers publics et d’autres chefs d’accusation, le député-maire des Agnam reste soumis à un mandat de dépôt. Toutefois, compte tenu de son état de santé, il n’est pas détenu en prison classique mais au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec, une structure médicalisée réservée aux détenus nécessitant une prise en charge particulière.

Les conseils de Farba Ngom avaient invoqué des raisons médicales pour solliciter sa remise en liberté. Une expertise indépendante a bien conclu que son état était incompatible avec la détention ordinaire en milieu carcéral, mais les experts n’ont pas estimé nécessaire une libération totale.

S’appuyant sur ce rapport, le magistrat instructeur a jugé que le Pavillon spécial constitue une solution équilibrée : permettre un suivi médical continu tout en garantissant la poursuite de la détention préventive.

Cette décision se fonde sur les articles 40 et 129 du Code de procédure pénale, qui autorisent le maintien en détention dès lors que l’expertise médicale ne conclut pas à une incompatibilité absolue avec un encadrement hospitalier sous contrôle judiciaire.

Sénégal – Mobile Money : le CPCP alerte sur les conséquences des nouvelles mesures fiscales

Le Cadre permanent de concertation des prestataires du transfert d’argent (CPCP) a fait part, ce mercredi 17 septembre 2025, de ses vives inquiétudes face aux nouvelles dispositions fiscales appliquées au mobile money.

Dans un communiqué rendu public, l’organisation estime que cette taxation pourrait « déséquilibrer un écosystème fragile » et entraîner de profondes perturbations dans le secteur du transfert d’argent. Elle redoute également un effet dissuasif sur les usagers, une fragilisation des prestataires de terrain et une remise en cause des avancées majeures réalisées par le Sénégal en matière d’inclusion financière en Afrique de l’Ouest.

Le CPCP en appelle à l’État pour un réexamen urgent de cette décision, plaidant pour une approche concertée et inclusive impliquant toutes les parties prenantes : autorités publiques, prestataires, opérateurs télécoms et représentants des consommateurs.

Jean-Baptiste Tine : un départ marqué par l’élégance républicaine

À peine remplacé par Me Bamba Cissé à la tête du ministère de l’Intérieur, le général Jean-Baptiste Tine a immédiatement quitté sa villa de fonction à Fann-Résidence, rapporte le journal Enquête.

Un choix qui surprend et force le respect. En effet, la législation permet aux ministres sortants de conserver leur résidence officielle jusqu’à six mois après leur départ du gouvernement. Mais l’ancien ministre n’a pas attendu : dès l’annonce de son remplacement, il a remis les clés de la villa, préférant se retirer sans délai.

Ce comportement, salué comme un rare exemple de civisme et de respect des institutions, tranche avec les habitudes observées dans la sphère politique sénégalaise.

La villa en question n’est pas anodine. Rénovée à hauteur de près de 200 millions de francs CFA sous le magistère de son prédécesseur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, elle n’avait jamais été habitée par Me Sidiki Kaba ni par Mouhamadou Makhtar Cissé. En choisissant de l’occuper brièvement avant de la quitter avec promptitude, le général Tine marque les esprits.

Télécommunications : Me Moussa Bocar Thiam dans le viseur du Parquet financier

Une nouvelle affaire secoue le ministère des Télécommunications. Selon des informations rapportées par L’Observateur, la Juridiction financière (PJF) a lancé une vaste opération anticorruption dans le cadre d’un marché jugé douteux lié au Parc des Technologies numériques de Diamniadio.

Au cœur de ce dossier, un contrat payé mais jamais exécuté, qui devait pourtant contribuer à renforcer l’écosystème technologique du Sénégal. L’enquête révèle des zones d’ombre qualifiées d’« explosives » par les enquêteurs, pointant de graves soupçons de malversations financières.

Déjà, plusieurs interpellations ont eu lieu. Amy Samaké et Hélène Ndoukité Helndou Diouf, directrice de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère, ont été arrêtées par les enquêteurs. Quatre autres personnes seraient également concernées par cette opération.

Dans le collimateur du Parquet figure désormais Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre et acteur central de ce dossier. Actuellement à l’étranger, son nom apparaît avec insistance dans les investigations en cours.

La Section de recherches, à l’origine de l’enquête, a mis en lumière d’importantes irrégularités dans ce marché stratégique pour le pays. Le PJF, déterminé à moraliser la gestion publique, poursuit ses investigations afin d’établir les responsabilités individuelles et de démêler les éventuelles complicités.

Éducation – Le Collectif des Chefs d’Établissement du Sénégal (COCES) réaffirme son engagement pour une école publique inclusive et performante

Ourossogui (Matam) – Réunis en assemblée générale dans l’Inspection d’académie de Matam, les membres du Collectif des Chefs d’Établissement du Sénégal (COCES) ont tenu leur session annuelle autour du thème : « La résilience du système éducatif : rôles et responsabilités des chefs d’établissement ».

La rencontre, présidée par l’inspecteur d’académie de Matam, M. Mamoudou Oumar Guèye, a été l’occasion de renforcer les capacités des chefs d’établissement pour une gestion optimale des collèges, lycées et blocs scientifiques et techniques, mais aussi de renouveler le bureau national du collectif.

Une école publique résiliente malgré les défis

Les débats ont mis en lumière la volonté ferme des responsables d’établissements de bâtir une école publique inclusive et de qualité. Pour beaucoup d’intervenants, les critiques récurrentes sur le supposé déclin de l’école publique sénégalaise ne reflètent pas la réalité.

En dépit des difficultés structurelles et du manque de moyens, les résultats scolaires démontrent une résilience remarquable : au baccalauréat 2025, les lycées publics ont enregistré un taux de réussite de 57,92 %, contre une moyenne nationale de 47,62 %. Plusieurs grands lycées se sont particulièrement distingués :

Lycée Moderne de Rufisque : 81,83 % de réussite (699 candidats) Lycée Malick Sy de Thiès : 74,81 % (917 candidats) Lycée de Mbacké (Diourbel) : 65,76 % (809 candidats) Lycée Seydina Limamoulaye de Dakar : 59,85 % (1965 candidats) Lycée Valdiodio Ndiaye de Kaolack : 57,46 % (865 candidats) Lycée Djignabo de Ziguinchor : 50,63 % (1027 candidats)

Du côté du Brevet de Fin d’Études Moyennes (BFEM), le taux national s’élève à 76,69 %. L’Académie de Matam, hôte de la rencontre, a même atteint un record national avec 91,97 % de réussite, se plaçant première parmi les 16 académies du pays.

Vers une gouvernance éducative moderne et inclusive

Outre les performances académiques, les chefs d’établissement ont échangé sur la mutualisation des bonnes pratiques, la réforme des curricula et la digitalisation du système éducatif, avec pour ambition de renforcer une gouvernance scolaire de qualité, équitable et inclusive.

À l’issue de cette assemblée générale, M. Jacques Diouf, principal du CEM Kabatoki (Académie de Kaolack), a été réélu président du COCES, confirmant la confiance de ses pairs pour piloter ce cadre de réflexion et d’action au service exclusif de l’école publique sénégalaise.

Touba – Inondations : l’État déploie un plan d’urgence de 13 milliards FCFA

Face à la grogne des populations de Touba qui avaient dénoncé une supposée « démission » de l’État dans la gestion des inondations, le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure. Une réunion d’urgence présidée à Dakar par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a permis de définir un plan d’action multisectoriel pour répondre aux défis d’assainissement et d’hygiène publique dans la ville sainte.

Doté d’une enveloppe de 13 milliards FCFA, ce plan d’urgence mobilise l’ensemble des parties prenantes : collectivités locales, autorités religieuses, ainsi que des structures nationales telles que l’Onas, la Sones, l’Omvs, l’Omvg, la Sde et l’Adm.

Un dispositif opérationnel sera déployé dans les prochains jours :

100 camions de vidange pour désengorger les zones critiques, 1 000 agents mobilisés pour les opérations de terrain, 100 000 kits d’hygiène distribués aux familles, 1 000 stations de lavage des mains installées dans les lieux publics, 1 000 tonnes de savon et d’eau de javel mises à disposition, des campagnes de sensibilisation intensifiées dans les quartiers et lieux de culte.

Selon le communiqué officiel, ce plan ne se limite pas aux aspects techniques : il « incarne une volonté politique forte, une mobilisation citoyenne et une synergie institutionnelle pour garantir un environnement sain à Touba ». Le gouvernement appelle ainsi à une responsabilité collective pour transformer cette initiative en un tournant décisif dans la gestion sanitaire de la ville.

Parallèlement, l’Association Touba Ca Kanam poursuit ses actions de terrain, notamment le pompage des eaux pluviales, le recasement des sinistrés et ses programmes de solidarité en faveur des populations les plus vulnérables.

Affaire Lat Diop : Me Oumar Youm dénonce une « procédure arbitraire » et un « scandale tyrannique »

Lors d’un point de presse tenu aux côtés des avocats de l’ancien ministre et administrateur civil Lat Diop, Me Oumar Youm a livré un discours particulièrement virulent contre la procédure judiciaire en cours. Selon lui, le dossier relève d’une « lâcheté mêlée à la cruauté et à l’incompétence », qu’il qualifie de « scandale tyrannique ».

Pour l’avocat, Lat Diop est aujourd’hui « un otage politique », victime de la judiciarisation des conflits et de règlements de compte consécutifs à l’alternance politique. « Quand l’État est victime, seul l’Agent judiciaire de l’État peut déposer plainte. Ici, il n’y en a pas eu », a-t-il martelé, dénonçant un dossier qu’il estime « monté sans preuves tangibles » et reposant uniquement sur des déclarations non corroborées.

Me Youm a rappelé le parcours de son client, présenté comme un haut fonctionnaire ayant « servi l’État avec intégrité et compétence » avant d’accéder au rang de ministre de la République. Les mesures prises à son encontre – interdiction de sortie du territoire, arrestation jugée précipitée, et absence de plainte formelle de l’État – traduisent, selon lui, un « arbitraire manifeste ».

Justice : passation de service entre Ousmane Diagne et Yassine Fall

La passation de service au Ministère de la Justice s’est tenue hier, dans une atmosphère sobre mais empreinte de chaleur et de cordialité. La cérémonie, organisée à huis clos, a marqué le passage de témoin entre Monsieur Ousmane Diagne, ministre sortant, et Madame Yassine Fall, nouvelle Garde des Sceaux.

Ancienne ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Yassine Fall prend désormais les rênes d’un département stratégique au cœur de l’État de droit et de la gouvernance publique.

Dans son allocution, Ousmane Diagne a tenu à saluer la nomination de sa successeure, lui souhaitant plein succès dans l’exercice de ses hautes responsabilités. Il a également réaffirmé sa disponibilité à l’accompagner, au besoin, dans cette mission régalienne au service de la République.

Cette transition intervient dans un contexte où la Justice sénégalaise est attendue sur plusieurs chantiers majeurs, notamment la modernisation des procédures judiciaires, le renforcement de l’indépendance des magistrats et la consolidation des droits des citoyens.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°559 – 17/09/2025

🔴 97ᵉ MONDIAL, 8ᵉ AFRICAIN DANS LE CLASSEMENT DES PAYS LES PLUS ATTRACTIFS POUR LES INVESTISSEURS : LE SÉNÉGAL EST-IL COMPÉTITIF ?
🔴 SANTÉ / ÉLIMINATION DU TRACHOME : L’EXPERTISE SÉNÉGALAISE SALUÉE !

🔴 TOKYO 2025 / QUALIFIÉE EN FINALE DU TRIPLE SAUT FÉMININ : SALLY SARR PORTE LES ESPOIRS SÉNÉGALAIS
🔴 « SAUVONS NOTRE FOOTBALL LOCAL » : LE « CRI DU CŒUR » DE MBAYE JACQUES DIOP

Journées Portes Ouvertes : 200 entreprises extractives épinglées pour non-conformité

Le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a lancé mardi 16 septembre à Dakar les Journées Portes Ouvertes (JPO) 2025, une première dans l’histoire du secteur extractif sénégalais. Objectif : rapprocher les citoyens des réalités du pétrole, du gaz et des mines, tout en renforçant la transparence.

Mais le ministre a profité de l’occasion pour tirer la sonnette d’alarme : près de 200 entreprises opérant dans le secteur ne sont pas en règle. Selon lui, 212 titres miniers délivrés sous réserve n’ont jamais généré de recettes fiscales, alors même que des exportations sont effectuées. « Ni droits d’entrée ni taxes sur la production ne sont payés depuis des années », a-t-il dénoncé, pointant un manque à gagner important pour les finances publiques.

Birame Souleye Diop a également insisté sur la question de l’acceptabilité sociale. Les entreprises minières, dit-il, consacrent en moyenne 0,3 à 0,7 % de leur chiffre d’affaires aux actions de responsabilité sociale, un effort jugé dérisoire. L’État a donc instauré le Fonds d’Appui au Développement Local (FADL), fixé à 0,5 % du chiffre d’affaires, afin d’encadrer et de mieux orienter ces contributions vers des projets d’investissement et d’autonomisation des femmes.

Les JPO se dérouleront dans cinq pôles régionaux : Thiès, Kaolack, Ziguinchor, Kédougou et Matam. Elles permettront d’informer les populations, de mettre en lumière le potentiel du secteur, mais aussi de soutenir les investisseurs locaux pour qu’ils prennent une part active dans ce domaine stratégique.

Enfin, le ministre a annoncé que son département travaille, sur instruction du Premier ministre, à la révision des codes minier, pétrolier et gazier, avec pour ambition de garantir plus de durabilité, de transparence et de justice fiscale.

Goudomp : Démarrage effectif du projet BF avec l’installation des points de mise en œuvre à Kaour et Djibanar

Dans le cadre du Plan Diomaye pour la Casamance, une nouvelle étape décisive vient d’être franchie dans la concrétisation du projet agro-industriel porté par BF International. Après la signature, il y a quelques mois, d’une convention intercommunale historique entre les communes de Kaour et de Djibanar et l’entreprise italienne, les activités entrent désormais dans leur phase opérationnelle.

Une étape clé pour le développement local

L’installation officielle des points de mise en œuvre dans les deux communes marque le démarrage effectif du projet sur le terrain. L’équipe technique, avec l’appui des autorités administratives et locales, a mis en place les premiers dispositifs destinés au suivi, à la coordination et à la gestion des interventions.

À Kaour, l’événement a rassemblé élus municipaux, chefs de village et groupements communautaires, tous unis autour de l’idée que ce projet constitue une véritable opportunité pour stimuler le développement local. Même mobilisation à Djibanar, où les habitants, notamment les femmes et les jeunes, ont exprimé leur attente de solutions concrètes en matière d’accès aux services de base, d’emploi et d’amélioration des conditions de vie.

Des activités pilotes dès cette année

Ces installations permettront le lancement des premières activités pilotes et assureront un suivi rapproché de la progression du projet. Selon les responsables, cette phase préparatoire est essentielle pour garantir une mise en œuvre participative, en adéquation avec les besoins exprimés par les communautés bénéficiaires.

Un projet structurant pour la Casamance

Pour rappel, le projet BF s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei du gouvernement italien et de l’Union européenne pour l’Afrique. Doté d’un budget de 134 millions d’euros, il repose sur un partenariat public-privé ambitieux et s’articule autour de trois axes majeurs :

le renforcement communautaire et éducatif, l’agriculture et l’élevage modernes appuyés par la digitalisation, la production de semences certifiées.

Le projet prévoit la mise en culture de 10 000 hectares dans la zone naturelle de Casamance, avec un système d’irrigation performant comprenant près de 250 pivots. Il englobe également la modernisation de la production agricole et animale ainsi qu’un vaste programme de formation technique pour plus de 250 bénéficiaires dans les domaines de la mécanique, de l’agriculture, de l’hydraulique et autres métiers liés à la chaîne de valeur.

Vers un développement inclusif et durable

Avec cette étape franchie, le projet BF s’ancre progressivement dans le quotidien des populations de Kaour et de Djibanar. Les espoirs d’un développement inclusif et durable se renforcent, portés par une vision qui associe l’innovation, la formation et la valorisation des ressources locales.

PROGRAMME DE RÉSILIENCE DES SYSTÈMES ALIMENTAIRES (FSRP) : 3 000 entrepreneurs seront accompagnés à hauteur de 33 milliards FCFA

Le Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires (FSRP) prévoit d’accompagner environ 3 000 entrepreneurs pour un financement global de 33 milliards de francs CFA, réparti sur une période de six ans (2025-2030). L’annonce a été faite par Mahamoudou Lamine Dia, coordonnateur national du programme, lors d’un atelier d’information et de sensibilisation organisé ce mardi 16 septembre 2025 à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar.

Selon M. Dia, les financements seront octroyés à travers trois fenêtres :

La première fenêtre, destinée aux petits projets, prévoit des financements allant de 3 à 6 millions FCFA par bénéficiaire. La deuxième fenêtre, pour les projets de taille moyenne, offre des appuis compris entre 6 et 28 millions FCFA. La troisième fenêtre, pour les projets de grande envergure, ira de 28 à 255 millions FCFA.

Ce dispositif, a-t-il expliqué, « permettra de renforcer la base productive, d’accroître la production agricole et pastorale, et de mieux préparer le pays aux urgences liées aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques. Il contribuera également à rendre notre agriculture plus compétitive sur les marchés régional et international ».

Le programme, financé par la Banque mondiale à hauteur de 230 millions de dollars (131 milliards FCFA), vise aussi à réduire le chômage. « L’impact sur l’emploi sera important, car les 3 000 bénéficiaires créeront à leur tour d’autres opportunités, notamment à travers la mise en place de fermes », a souligné le coordonnateur.

De vastes investissements agricoles et pastoraux

Outre les appuis directs aux entrepreneurs, le gouvernement, à travers le ministère de l’Agriculture, prévoit de mettre en place :

1 000 hectares de fermes agricoles modernes dédiés aux coopératives agricoles communautaires (CAC), équipés en infrastructures et moyens de production. 4 500 hectares de périmètres fonctionnels aménagés dans le nord du pays, pour renforcer la production agricole. 1 500 hectares supplémentaires également dans la zone nord et 1 000 hectares ailleurs pour diversifier la production.

Dans le secteur de l’élevage, l’État envisage :

La construction d’environ 100 parcs de vaccination à travers le Sénégal. La mise en place de postes vétérinaires d’inspection frontalière notamment à Kidira et Karang.

« Je pense que tout cela aura un impact majeur sur la production nationale, mais aussi sur l’emploi », a conclu M. Dia.

Présidée par le gouverneur de Dakar, la rencontre d’information et de sensibilisation a permis de présenter aux acteurs les interventions phares du FSRP au Sénégal, parmi lesquelles :

l’aménagement de 4 700 hectares de périmètres irrigués dans la vallée ; la réalisation de 1 000 hectares de fermes modernes dédiées aux CAC ; la mise en œuvre d’un mécanisme de financement à coût partagé ; et la construction d’infrastructures pastorales pour soutenir l’élevage.

Ministère des Infrastructures : Déthié Fall prend officiellement en main de nouvelles directions stratégiques

La réorganisation gouvernementale autour des infrastructures a franchi une étape clé avec la cérémonie de passation de service tenue entre Yankhoba Diemé, ministre des Transports terrestres et aériens, et Déthié Fall, désormais en charge du nouveau ministère des Infrastructures. Sous la supervision d’un inspecteur général d’État, le transfert s’est déroulé dans un climat empreint de respect institutionnel et de collaboration, marquant le passage de relais sur l’ensemble des dossiers relevant du volet infrastructures.

Désormais, plusieurs directions et structures stratégiques rejoignent le portefeuille confié à Déthié Fall. Parmi elles, la Direction générale des Infrastructures routières et du Désenclavement, qui pilote la planification, le suivi et la régulation des projets routiers, un rôle essentiel dans la consolidation de la continuité territoriale et la lutte contre l’isolement des régions. À cela s’ajoute la Direction des Infrastructures aéroportuaires, chargée de mettre en œuvre la politique nationale de développement aéroportuaire, un levier important pour renforcer la compétitivité du Sénégal à l’échelle régionale et internationale.

L’Agence des Travaux et de Gestion des Routes, connue pour sa contribution directe à la réalisation, à l’entretien et à la gestion du réseau routier, est également rattachée à ce ministère, tout comme le Fonds d’Entretien Routier Autonome, qui assure la mobilisation des financements nécessaires à la préservation du patrimoine routier national.

Dans le domaine de la qualité et de la sécurité, le Laboratoire national de Référence du Bâtiment et des Travaux publics devient un allié incontournable pour garantir la fiabilité des ouvrages réalisés. À cela s’ajoute le Centre de Formation et de Perfectionnement des Travaux publics, dont la mission de former et de renforcer les compétences des acteurs du secteur en fait un outil stratégique pour accompagner l’ambition de modernisation du pays. Enfin, les Divisions régionales des Infrastructures passent elles aussi sous la tutelle du ministère, permettant un maillage plus rapproché et une gestion déconcentrée des projets.

Avec cette nouvelle architecture, Déthié Fall hérite d’un portefeuille élargi et lourdement stratégique. Le ministre a déjà affiché sa volonté d’inscrire son action dans la rigueur, la transparence et l’efficacité, pour accélérer la cadence des grands chantiers nationaux. Dans un pays où la modernisation des infrastructures conditionne le développement économique et social, cette prise en main marque un tournant décisif pour la mise en œuvre des priorités fixées par les plus hautes autorités.

Élimination du trachome au Sénégal : un succès sanitaire qui inspire l’Afrique et le reste du monde

Le Sénégal vient de franchir une étape historique dans le domaine de la santé publique avec l’élimination du trachome en tant que problème de santé publique. Cette maladie oculaire, principale cause de cécité infectieuse dans le monde et classée parmi les quatorze maladies tropicales négligées (MTN), a officiellement été éradiquée grâce à des années d’efforts concertés entre l’État, les acteurs de santé et les partenaires internationaux.

À l’occasion de la journée de célébration de cette prouesse, organisée mardi, le directeur de cabinet du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Samba Cor Sarr, a souligné que cette victoire devait être inscrite parmi les indicateurs nationaux de transformation sanitaire. Selon lui, il ne s’agit pas seulement d’un succès ponctuel, mais d’un levier stratégique pour transformer durablement le système de santé sénégalais. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les budgets consacrés à la surveillance et à la coordination multisectorielle, tout en plaidant pour une valorisation diplomatique de cette réussite dans les fora régionaux et internationaux.

Dr Sarr a expliqué que cette étape constitue « un début de capitalisation » et que le parcours sénégalais doit être documenté afin de produire des articles scientifiques, des communications internationales et des leçons utiles à d’autres pays encore confrontés à cette maladie. « Au-delà de la victoire sanitaire, cette validation représente un levier stratégique pour la transformation globale de notre système de santé et l’atteinte des autres objectifs de souveraineté, d’équité et de développement durable », a-t-il déclaré, ajoutant que cette prouesse illustrait l’engagement du pays à bâtir un Sénégal inclusif et solidaire tel que défini dans le projet Sénégal 2050.

Le représentant par intérim de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Sénégal, Dr Mady Ba, a pour sa part salué un exemple inspirant pour l’Afrique et le monde. Selon lui, l’expérience sénégalaise prouve qu’il est possible d’éliminer des maladies longtemps considérées comme inévitables, à condition de s’appuyer sur une approche fondée sur la dignité humaine, l’équité en matière de santé et un engagement constant. « Le Sénégal montre aujourd’hui l’exemple à l’Afrique et au monde entier », a-t-il déclaré, espérant que cette célébration serve de source d’inspiration pour d’autres initiatives de santé publique et pour les pays encore engagés dans cette lutte.

Neuvième pays de la région africaine de l’OMS à réussir cette performance, le Sénégal avait déjà éliminé la dracunculose, ou maladie du ver de Guinée, en 2004. Le ministère de la Santé entend désormais consolider ces acquis en mettant en place un plan national de surveillance et d’élimination, destiné à prévenir toute résurgence du trachome.

Ce succès témoigne du chemin parcouru par le pays et de la force de la volonté politique, de l’engagement des acteurs de santé et du soutien indéfectible des partenaires techniques et financiers. En devenant une référence dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, le Sénégal ouvre une voie qui inspire à la fois l’Afrique et le reste du monde.

Inondations à Touba : Cheikh Tidiane Dièye valide un plan d’urgence et mobilise des moyens exceptionnels

La situation des inondations à Touba a pris une tournure critique, poussant les autorités à valider un plan d’action d’urgence. Ce mardi 16 septembre 2025, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a présidé une réunion stratégique consacrée à la lutte contre ce fléau dans la région de Diourbel, plus particulièrement dans la ville sainte.

Autour de la table, toutes les forces vives ont été mobilisées. Le Gouverneur de Diourbel, le maire de Touba (Mosquée), les Forces armées, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, ainsi que les services techniques du ministère (ONAS, SONES, SEN’EAU, Directions de l’Assainissement et de la Prévention des inondations) ont pris part aux discussions. Des structures opérationnelles telles qu’Ageroute, Senter, l’ADM, le Service national de l’hygiène, ainsi que des organismes de bassin (OMVS et OMVG), des entreprises de travaux et l’Association des Acteurs de l’Assainissement étaient également représentés.

Le ministre a insisté sur la nécessité de mutualiser et de redéployer les ressources existantes pour répondre à l’urgence. Près de 130 millions de FCFA et 15 000 litres de carburant ont été immédiatement débloqués. Des camions hydrocureurs, des motopompes et électropompes à gros débit, ainsi que des engins d’excavation et de terrassement ont été mobilisés, complétés par trois kilomètres de tuyaux destinés à améliorer l’évacuation des eaux. Sur le plan humanitaire, un appui conséquent a été mis en place : plus de 200 millions de FCFA ont été engagés par la mairie de Touba Mosquée, tandis que la Gendarmerie a offert cinq tentes, 200 moustiquaires et 500 matelas pour venir en aide aux familles sinistrées.

Parmi les mesures prioritaires adoptées figurent l’ouverture de tranchées drainantes pour accélérer l’écoulement des eaux, le renforcement du dispositif de pompage et de drainage, ainsi que des travaux de voirie pour désenclaver les zones touchées. La mobilisation de jeunes volontaires a été décidée, tout comme l’intervention d’Ageroute sur les routes fortement dégradées. Le Service national de l’hygiène, pour sa part, est chargé des opérations de saupoudrage et de délarvage afin de prévenir les risques sanitaires.

Cheikh Tidiane Dièye a rappelé que la gestion des inondations est une responsabilité collective et a confié au gouverneur de Diourbel le suivi et la coordination de la mise en œuvre de ce plan. Objectif : soulager rapidement les populations impactées par cette catastrophe.

Le ministre a également annoncé sa venue à Touba dans les prochains jours pour constater l’avancement des travaux, rencontrer les familles sinistrées et échanger avec le Khalife général des mourides, son porte-parole et les autorités religieuses. À travers ce déplacement, il souhaite discuter non seulement des solutions d’urgence, mais aussi des projets structurels à long terme, dont un écoulement gravitaire durable des eaux pluviales vers la vallée du Sine.

Financement agricole : l’adjointe au gouverneur de Dakar alerte sur les détournements et annonce des contrôles renforcés

À Dakar, la gestion des financements destinés au secteur agricole attire désormais une attention particulière des autorités. L’adjointe au gouverneur de la région, chargée du développement, Digou Yala Mathilde Sadio, a tenu à mettre en garde les bénéficiaires de fonds publics contre toute utilisation détournée des ressources mises à leur disposition.

« Nous veillons, et demandons d’éviter les détournements d’objectif parce qu’on ne doit pas utiliser de l’argent destiné à des projets bien définis à d’autres fins », a-t-elle déclaré lors d’un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS). La responsable a annoncé que des contrôles réguliers seraient effectués sur le terrain pour s’assurer que les financements sont employés conformément aux objectifs fixés.

Cette mise au point est intervenue mardi, au cours d’une rencontre d’information et de sensibilisation consacrée aux opportunités offertes par le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), un dispositif régional visant à soutenir l’agriculture et l’élevage.

Selon Mme Sadio, les échanges avec les participants ont mis en lumière des préoccupations récurrentes. Plusieurs intervenants ont souligné les risques de détournements d’usage des financements, mais également le problème du non-remboursement des prêts contractés. « On entend toujours les gens dire qu’on ne rembourse pas parce que c’est de l’argent de l’État », a-t-elle relevé, déplorant une perception erronée qui nuit à la pérennité des dispositifs de soutien.

Elle a rappelé avec insistance que ces ressources proviennent de l’argent du contribuable et doivent donc être considérées comme un bien commun. « Les financements publics ne sont pas une manne gratuite, mais un outil destiné à renforcer la productivité et la résilience des exploitants », a-t-elle insisté.

La sortie de l’adjointe au gouverneur s’inscrit dans un contexte où les pouvoirs publics multiplient les initiatives pour améliorer la sécurité alimentaire et soutenir les acteurs agricoles. Mais l’efficacité de ces politiques dépend largement de la bonne gestion des fonds par les bénéficiaires, une responsabilité que les autorités entendent désormais suivre de près.

Thiès : trois mois de prison ferme pour un jeune qui avait volé neuf téléphones durant le Magal

Le Magal de Touba, grand rassemblement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles, a été marqué cette fois par un fait divers survenu dans une maison d’accueil. Un jeune homme de 18 ans, domicilié à Thiès et répondant au nom de Gora, a profité de l’hospitalité de son hôte pour exécuter un plan minutieusement préparé : dérober des téléphones portables afin de les revendre.

Hébergé chez C. Mbaye, comme de nombreux autres invités venus participer à l’événement religieux, Gora attendait patiemment la tombée de la nuit pour passer à l’action. Lorsque toute la maison était plongée dans le sommeil, il s’introduisait dans les chambres et subtilisait les appareils. Au total, neuf téléphones portables ont ainsi disparu dans la nuit.

Au matin, la découverte du vol a provoqué stupeur et incompréhension parmi les occupants. Les soupçons se sont immédiatement tournés vers l’hôte, C. Mbaye, tenu pour responsable par ses invités de la disparition de leurs biens. Décidé à laver son honneur, ce dernier est parti à la recherche du véritable coupable et a retrouvé le jeune Gora dans le quartier Hersent, à Thiès.

Le voleur présumé a été interpellé par la police, puis déféré devant le tribunal d’instance de Thiès. Face au juge, il a reconnu les faits, mais a tenté de se justifier en expliquant que son geste relevait d’un esprit de vengeance. Selon ses déclarations, C. Mbaye lui aurait causé du tort par le passé, ce qui l’aurait poussé à agir de la sorte.

Le tribunal n’a pas retenu cette justification. Sur la base des preuves et des aveux, Gora a été déclaré coupable de « vol commis la nuit », une infraction lourdement sanctionnée par la loi. Le juge l’a condamné à une peine de trois mois de prison ferme, une décision rapportée par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce mardi 16 septembre.

Parti socialiste : le tribunal rendra son verdict le 29 septembre dans l’affaire de la direction contestée

Le différend qui secoue le Parti socialiste (PS) a franchi une nouvelle étape judiciaire. Le tribunal des référés, saisi dans l’affaire opposant Aminata Mbengue Ndiaye et ses camarades socialistes à la direction du parti, a examiné le dossier ce lundi 15 septembre 2025. Toutefois, le juge a choisi de mettre sa décision en délibéré. Le verdict est attendu pour le 29 septembre prochain.

Selon les informations rapportées par le journal Les Échos, la salle d’audience a offert un contraste marqué entre les deux camps. Du côté de la direction du parti, la mobilisation a été jugée faible, avec l’absence remarquée de plusieurs responsables, dont Me Aïssata Tall Sall. La défense a finalement été assurée par Me Barro, qui s’est tenu face à l’avocat des contestataires, Me Elhadji Diouf. Ce dernier n’a pas manqué de critiquer avec vigueur la gestion actuelle du parti.

À l’inverse, le camp des « rebelles » s’est signalé par une forte présence de militants venus soutenir leurs représentants. Une manière d’affirmer leur détermination à contester la légitimité d’Aminata Mbengue Ndiaye, accusée d’avoir prolongé illégalement son intérim à la tête du parti. Les contestataires estiment que cette prolongation viole clairement les articles 25 et 30 des statuts du PS, ainsi que d’autres dispositions internes.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes qui traversent l’un des plus vieux partis politiques du Sénégal, partagé entre la fidélité à une direction incarnée par Aminata Mbengue Ndiaye et la volonté de renouvellement exprimée par une partie de ses cadres et militants. Le verdict du 29 septembre sera déterminant pour l’avenir immédiat du parti, à l’heure où le climat politique national se trouve déjà marqué par de fortes recompositions.

Diamaguène et Jaxaay : plusieurs arrestations pour vente de viande impropre et vol de moto

La vigilance des forces de l’ordre a permis, le 12 septembre dernier, de mettre un coup d’arrêt à deux affaires distinctes dans la banlieue dakaroise. À Diamaguène Sicap Mbao comme à Jaxaay, les interventions de la police se sont soldées par plusieurs arrestations, l’une pour tentative de mise en vente de viande impropre à la consommation, l’autre pour vol de moto.

À Diamaguène Sicap Mbao, les agents du poste de police ont interpellé un homme domicilié à Jaxaay, surpris alors qu’il tentait d’écouler sur le marché une chèvre morte et non égorgée. Selon ses propres aveux, l’animal avait été ramassé à Yeumbeul par son complice, toujours en fuite, qui lui aurait demandé de le livrer pour la vente. Placé en garde à vue, il fait désormais l’objet de poursuites pour « tentative de mise en danger de la vie d’autrui ». Son complice, activement recherché, reste pour l’instant introuvable.

Non loin de là, une patrouille menée par les éléments du commissariat des Parcelles Assainies et Niacoulrab a permis de démanteler une bande spécialisée dans le vol de motos. Les suspects, circulant sur une moto de type Jakarta KTM, ont tenté de s’échapper à l’arrivée de la police. Deux d’entre eux ont rapidement été rattrapés. L’exploitation du téléphone de l’un des interpellés a permis de retrouver des conversations sur WhatsApp, preuves de la préparation du vol.

D’après les informations publiées par Les Échos, le troisième complice a finalement été arrêté dans son quartier à Keur Massar. Lors de son audition, il a reconnu avoir participé au vol. Entre-temps, le propriétaire de la moto s’était présenté au commissariat pour signaler la disparition de son véhicule. Il a pu identifier sans équivoque la moto saisie comme étant la sienne.

Ces deux affaires, bien que différentes dans leur nature, rappellent la diversité des défis sécuritaires auxquels les forces de l’ordre doivent faire face au quotidien. À Diamaguène comme à Jaxaay, les opérations réussies de la police renforcent la lutte contre des pratiques qui, qu’il s’agisse de mettre en danger la santé publique ou de porter atteinte aux biens, fragilisent la sécurité et la confiance des citoyens.

Assemblée nationale : trois projets de loi soumis à l’examen cette semaine

Les députés du Sénégal s’apprêtent à vivre une semaine particulièrement chargée. Ils sont convoqués demain, mercredi 16 septembre 2025, en commission, avant de se retrouver en séance plénière le jeudi 17 septembre. L’agenda parlementaire portera sur l’examen de trois projets de loi d’importance stratégique pour l’économie nationale.

Selon une note transmise à Ledakarois, ces textes concernent notamment le Code des investissements et une modification de la loi de 2012 relative au Code général des impôts. Deux réformes qui, à elles seules, traduisent la volonté du gouvernement d’adapter son cadre légal et fiscal aux défis actuels de l’économie sénégalaise.

Le ministre des Finances et du Budget, en première ligne sur ces dossiers, viendra défendre les projets devant la représentation nationale. Il devra expliquer les motivations de ces réformes, leurs implications pour les entreprises et leur impact attendu sur la mobilisation des ressources budgétaires.

L’examen de ces projets de loi est d’autant plus crucial qu’il intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions sur les finances publiques et la nécessité pour l’État d’attirer davantage d’investissements privés, locaux comme étrangers. Les débats s’annoncent animés à l’Assemblée, où les parlementaires auront l’occasion de confronter leurs positions sur la pertinence et la portée de ces réformes.

Sonacos : la justice saisie après les irrégularités de la campagne arachidière 2022-2023

La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) est entrée dans une phase de fermeté après les irrégularités constatées lors de la campagne arachidière 2022-2023 et dans la gestion de la vente d’huile. La direction générale a décidé de porter plainte et d’engager une série de procédures judiciaires pour récupérer des sommes considérables qui auraient échappé à l’entreprise publique.

L’une des premières affaires concerne un opérateur économique mis en cause pour « abus de confiance » sur un montant évalué à 1,5 milliard de francs CFA. D’après les révélations du quotidien Libération, l’homme a été discrètement arrêté la semaine dernière avant d’être présenté au parquet financier. Les faits reprochés remontent à la dernière campagne agricole. Pour éviter l’incarcération, il a demandé et obtenu une médiation pénale, acceptant de mettre en garantie certains de ses biens et de rembourser intégralement la somme due à la Sonacos avant le mois de décembre 2025.

Un second dossier, non moins sensible, vise un autre opérateur réputé proche d’une grande famille maraboutique. Celui-ci aurait vendu pour près de 1,5 milliard de francs CFA d’huile appartenant à la Sonacos sans reverser les fonds. La direction, déterminée à mettre fin à ces pratiques, envisage également d’intenter une action judiciaire contre ce dernier.

Ces décisions interviennent dans un contexte où la Sonacos, pilier de la filière arachidière nationale, traverse des difficultés financières récurrentes. Un conseil interministériel présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko a d’ailleurs consacré une large partie de ses discussions à la relance de l’entreprise. À l’issue de cette réunion, les autorités ont donné des instructions claires pour récupérer les milliards dus par plusieurs débiteurs identifiés depuis plusieurs campagnes.

Au-delà des chiffres, cette série de procédures traduit une volonté politique forte de mettre fin à l’impunité dans la gestion des ressources publiques et de renforcer la crédibilité de la Sonacos. Pour l’entreprise, il s’agit non seulement de solder les comptes du passé mais aussi de restaurer la confiance des producteurs et des partenaires, dans une filière qui reste stratégique pour l’économie sénégalaise et pour les revenus de milliers de familles.

Affaire Waly Seck : aucun mandat d’arrêt, mais l’artiste suspend ses activités

La polémique enfle autour du nom de Waly Ballago Seck, cité dans une enquête judiciaire en cours sur des soupçons de blanchiment de capitaux. Contrairement aux rumeurs qui ont circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux et dans certains cercles médiatiques, aucun mandat d’arrêt n’a été émis contre le chanteur. L’information a été confirmée par plusieurs sources fiables, dont le journal Le Témoin, qui précise que si son nom figure bel et bien dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), aucune poursuite judiciaire n’a pour l’instant été engagée contre lui.

Cette précision vient calmer une partie des spéculations qui prenaient de l’ampleur, mais elle ne met pas fin aux interrogations. L’artiste, conscient de la gravité de la situation et de la sensibilité du dossier, a pris la décision de suspendre toutes ses activités musicales pour une durée indéterminée. Ce choix radical témoigne de sa volonté de se consacrer pleinement à sa défense et de préserver son image dans une période marquée par une forte pression médiatique et sociale.

L’affaire demeure toutefois ouverte. L’enquête en cours pourrait concerner plusieurs personnalités influentes, appelées à être entendues par les autorités judiciaires dans les prochains jours. Cette perspective entretient un climat d’attente et d’incertitude, aussi bien pour les proches de l’artiste que pour ses nombreux fans, qui suivent de près chaque évolution de ce dossier.

Pour l’heure, aucune charge formelle n’est retenue contre Waly Seck. Mais sa mise en retrait de la scène musicale et la médiatisation croissante de l’affaire rappellent combien les enquêtes de la CENTIF, souvent discrètes, peuvent avoir des répercussions directes sur la vie publique et artistique.

Affaire de surfacturation présumée : Mansour Faye nie toute implication et brandit des preuves de son innocence

L’ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, Mansour Faye, a été entendu hier, lundi 15 septembre 2025, par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Pendant près de trois heures, il a dû répondre aux questions des juges sur une affaire de surfacturation présumée de riz portant sur un montant estimé à 2,7 milliards de francs CFA.

Devant la Commission, le maire de Saint-Louis a fermement nié les accusations qui pèsent sur lui et affirmé qu’aucune surfacturation n’avait été commise. Pour appuyer ses déclarations, il a présenté plusieurs éléments de preuve qu’il considère comme suffisants pour établir son innocence.

Les magistrats instructeurs lui ont opposé un arrêté ministériel datant de 2013, lequel fixait le prix de la tonne de riz à 250 000 francs CFA. Mansour Faye aurait, selon l’accusation, acquis la même denrée à 275 000 francs CFA en pleine période de Covid-19. L’ancien ministre a répondu en expliquant qu’il était tout à fait normal que le prix du riz en 2020 soit supérieur à celui fixé sept ans plus tôt. Il a ajouté que la hausse des cours mondiaux justifiait cette différence.

Par ailleurs, il a rappelé que les marchés en question n’étaient pas de son ressort direct. Une commission indépendante était chargée de l’attribution des contrats, et il n’en assurait pas la présidence. Son rôle, a-t-il précisé, se limitait à veiller au respect des procédures administratives, une tâche dont il s’est acquitté avec rigueur alors qu’il n’y était pas obligé. Il a même souligné que la Cour des comptes avait reconnu dans son rapport que les règles du Code des marchés publics avaient été respectées.

Mansour Faye a également tenu à préciser que l’offre retenue par la commission correspondait à la moins chère du marché au moment de l’appel d’offres. Selon lui, la tonne de riz a été achetée à 275 000 francs CFA, un tarif inférieur à d’autres propositions qui atteignaient 300 000 francs CFA.

Ses avocats, de leur côté, ont contesté la validité de l’arrêté ministériel de 2013, soulignant qu’il ne pouvait être pris en compte dans la procédure car sa durée de validité n’était que de deux mois, renouvelables une fois. Ils ont par ailleurs fait remarquer que cet arrêté concernait plusieurs denrées de base, comme l’huile, le sucre ou le riz, et se sont étonnés que seule la question du riz soit retenue contre leur client. « C’est comme si l’on cherchait à cibler exclusivement Mansour Faye, alors que d’autres structures comme la Sonacos n’ont jamais été inquiétées », ont-ils dénoncé.

À la sortie de son audition, l’ancien ministre a déclaré n’avoir détourné « aucun sou » dans cette affaire. Ses avocats n’ont pas sollicité de liberté provisoire orale, mais selon des informations relayées par le journal Libération, ils envisagent de déposer prochainement des requêtes écrites. Le parquet donnera ensuite son avis avant que le juge ne tranche. À ce stade, aucune offre de cautionnement n’a été proposée par la défense.

Cette affaire, qui remonte à la période critique de la pandémie de Covid-19, continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique, tant par l’importance des montants en jeu que par le profil politique de Mansour Faye, beau-frère de l’ancienne Première dame Marième Faye Sall. Les prochains développements judiciaires seront déterminants pour éclairer l’issue de ce dossier sensible.

Affaire Wally Seck : son frère Aliou met en garde contre toute prise de parole non autorisée

Alors que l’affaire impliquant le chanteur Wally Ballago Seck continue de faire couler beaucoup d’encre, son frère Aliou Seck est monté au créneau pour recadrer le débat et mettre fin aux spéculations. Dans un message publié ce mardi 16 septembre 2025 sur sa page Facebook, il a rappelé que toute communication au sujet de l’artiste relève exclusivement de ses conseillers juridiques.

« Toute personne qui se prononcera sur cette affaire au nom de l’artiste ou de la famille sera traduite en justice », a-t-il prévenu fermement, dénonçant les multiples interventions faites jusque-là sans l’aval de Wally Seck ni celui de ses proches. Selon lui, ces déclarations indépendantes ne reflètent en rien la position de la famille et risquent de perturber davantage l’opinion publique.

Aliou Seck a profité de son message pour inviter les fans et les sympathisants du chanteur à garder leur calme et leur sérénité. « Le concerné Wally Ballago Seck va très bien par la grâce d’Allah. Bientôt cette affaire sera réglée et ensemble nous continuerons à avancer In Shaa Allah », a-t-il rassuré.

Se voulant apaisant, il a également insisté sur la nécessité de la patience et de la confiance en la justice, soulignant que celle-ci est là « pour tous les citoyens ». Il a par ailleurs précisé qu’aucune conférence de presse ne sera organisée et qu’aucune déclaration publique ne sera faite, si ce n’est par les conseillers juridiques de l’artiste, au moment jugé opportun.

Ce message vise à mettre un terme aux rumeurs et à rétablir une communication claire dans un contexte où chaque prise de parole sur ce dossier est scrutée et amplifiée. En attendant les prochaines étapes judiciaires, la famille de Wally Seck demande donc silence et discipline, tout en réaffirmant sa confiance dans le dénouement prochain de l’affaire.

Justice : Mbagnick Diop obtient une liberté provisoire mais reste sous contrôle judiciaire

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), Mbagnick Diop, a retrouvé la liberté ce mardi 16 septembre 2025, après avoir passé une journée en garde à vue dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC). Sa remise en liberté reste toutefois provisoire, puisqu’il demeure à la disposition de la justice dans le cadre de l’enquête en cours.

L’annonce a été confirmée par le journaliste Madiambal Diagne, qui a salué sur X cette issue partielle en parlant d’une « bonne nouvelle », tout en rappelant que l’homme d’affaires n’est pas totalement sorti d’affaire.

La garde à vue de Mbagnick Diop faisait suite à une longue audition menée lundi par les enquêteurs de la DIC. Son nom est apparu dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), lequel fait état de flux financiers suspects et a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier (PJF). Ce même dossier implique également l’artiste-chanteur Wally Ballago Seck, cité dans les documents transmis aux autorités judiciaires.

Si aucune charge définitive n’a pour l’instant été retenue contre lui, la libération provisoire de Mbagnick Diop ne signifie pas la fin de ses ennuis judiciaires. L’homme d’affaires reste placé sous contrôle judiciaire, ce qui l’oblige à répondre à toute convocation et à collaborer avec les magistrats instructeurs.

Cette affaire, qui mêle figures du monde économique et personnalités du showbiz, continue de retenir l’attention de l’opinion publique, tant les enjeux liés à la transparence financière et à la lutte contre le blanchiment d’argent suscitent des débats dans le pays. Les prochains développements judiciaires permettront d’éclairer davantage la responsabilité des mis en cause et l’étendue des faits reprochés.

Ngor : dix-neuf candidats à l’émigration irrégulière interpellés, dont trois enfants

La lutte contre l’émigration irrégulière s’est encore illustrée à Ngor ce lundi 15 septembre 2025. La Brigade de proximité a procédé à l’interpellation de dix-neuf personnes, parmi lesquelles figuraient trois enfants, toutes en partance pour une traversée clandestine.

L’opération a été déclenchée après la dénonciation d’un propriétaire de maison sur l’île de Ngor. À son retour, ce dernier a découvert la présence de personnes étrangères installées chez lui et a immédiatement alerté les gendarmes. Ces derniers ont rapidement investi les lieux, procédant à une perquisition qui a permis de mettre la main sur l’ensemble des occupants.

Selon les informations fournies par la Gendarmerie nationale, les personnes interpellées étaient de nationalités diverses. On dénombre douze Guinéens, un Ivoirien, un Malien et cinq Sénégalais. Les enquêteurs ont précisé que tous étaient candidats à l’émigration irrégulière et se préparaient à rejoindre clandestinement les côtes européennes.

En plus de cette opération réussie, la Gendarmerie a tenu à rappeler son engagement constant dans la lutte contre ce phénomène qui continue de mettre en danger de nombreuses vies, en particulier celles des jeunes et des mineurs. Elle a également lancé un appel à la population, invitant chacun à collaborer davantage avec les forces de sécurité pour signaler toute activité suspecte et contribuer ainsi à endiguer ce fléau social.

Cette nouvelle arrestation met une fois de plus en lumière l’ampleur de l’émigration irrégulière au Sénégal, malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de surveillance renforcés. Elle illustre aussi les risques que prennent certaines familles entières, prêtes à s’engager dans des périples souvent mortels pour tenter de rejoindre l’Europe.

Aïssata Tall Sall élue au Conseil d’Administration du Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI

La députée sénégalaise Aïssata Tall Sall a annoncé avec fierté son élection au Board du Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Elle représentera désormais l’Afrique de l’Ouest au sein de cette instance internationale stratégique.

Cette nomination offre à l’ancienne ministre des Affaires étrangères l’opportunité de siéger aux côtés de parlementaires issus de divers horizons, tous engagés à assurer un dialogue constructif entre les institutions financières internationales et les pays bénéficiaires.

Selon Aïssata Tall Sall, cette élection constitue une chance unique de contribuer à une appréciation critique et objective des programmes de la Banque Mondiale et du FMI, afin de veiller à ce qu’ils répondent efficacement aux besoins des populations africaines.

Sa mission officielle débutera le 13 octobre prochain à Washington DC, lors des rencontres annuelles du FMI et de la Banque Mondiale. Ces assises mondiales seront un moment clé pour examiner et orienter les grandes politiques économiques et financières.

En sa qualité de membre du Conseil d’Administration, la députée sénégalaise aura pour rôle non seulement d’administrer le Réseau, mais aussi de formuler des critiques constructives et d’orienter les stratégies des deux institutions, dans le but de défendre et de promouvoir les intérêts des pays de la sous-région ouest-africaine.

Thiès : Kawsara contre-attaque et porte plainte contre le maire Babacar Diop

Thiès – La polémique autour de la démolition du restaurant Kawsara prend de l’ampleur. Quelques heures après les déclarations du maire de Thiès, Babacar Diop, sur la démolition de l’établissement, le propriétaire, Mame Cheikh Ndoye, a vivement réagi.

Dans un communiqué relayé par PrestigeThies, M. Ndoye rappelle que le restaurant emploie une quarantaine de personnes et qu’il soutient régulièrement des actions sociales au profit de la communauté locale. Il souligne ainsi l’importance de son activité pour l’économie et le tissu social de la ville.

Pour sa part, Ahmadou Ndiaye, responsable administratif du restaurant, dénonce des “allégations fausses” émises par le maire et annonce le dépôt d’une plainte pour diffamation contre l’édile.

Les responsables du restaurant assurent être prêts à quitter les lieux “pour l’intérêt des Thiessois”, mais exigent la mise en place de mesures d’accompagnement afin de limiter les conséquences économiques et sociales d’une éventuelle fermeture.

Relance de la Sonacos : la reddition des comptes au cœur des priorités

La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) est au centre de l’attention des autorités. À la suite d’un Conseil ministériel présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko, des mesures ont été annoncées pour relancer cette entreprise stratégique. Mais avant tout, le gouvernement met l’accent sur la reddition des comptes afin de récupérer plusieurs milliards de francs CFA perdus.

Selon le journal Libération, une plainte déposée par la direction générale de la Sonacos pour abus de confiance a déjà conduit à l’arrestation d’un opérateur économique impliqué dans la campagne agricole 2022/2023. Ce dernier, qui faisait face à de lourdes accusations, a obtenu une médiation pénale. Dans ce cadre, il s’est engagé à rembourser 1,5 milliard de francs CFA avant le mois de décembre, en mettant plusieurs biens en garantie.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Un second opérateur, issu d’une famille maraboutique influente, est également dans le collimateur de la justice. Il est accusé d’avoir vendu de l’huile appartenant à la Sonacos sans reverser les 1,5 milliard de francs CFA encaissés.

Eramet Grande Côte : un acteur majeur de l’économie sénégalaise, entre performance industrielle et engagement sociétal

En 2024, Eramet Grande Côte (GCO), filiale du groupe Eramet, a marqué un tournant décisif dans son histoire au Sénégal. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 171 milliards FCFA, dont 121 milliards — soit 71 % — ont été directement réinjectés dans l’économie nationale. Une performance couronnée, pour la première fois, par le versement de dividendes en 2025, symbole de la solidité et de la maturité de son modèle économique.

Depuis le démarrage de ses activités en 2014, GCO s’impose comme un pilier du secteur extractif sénégalais. Exploitant les sables minéralisés (ilménite, rutile, leucoxène et zircon), l’entreprise est devenue le 4ᵉ producteur mondial. Ces ressources alimentent des filières stratégiques telles que les pigments, la céramique ou les matériaux de construction.

27,5 milliards FCFA versés à l’État en impôts et taxes, faisant d’elle le 5ᵉ contributeur minier du pays (Rapport ITIE 2023) ; 22,3 milliards FCFA de masse salariale, en hausse de 10 % par rapport à 2023 ; plus de 70 milliards FCFA d’achats auprès de fournisseurs locaux ; 1 milliard FCFA en dividendes et retenues à la source.

Avec 3 285 emplois directs et indirects, dont 98 % occupés par des Sénégalais, GCO confirme son rôle de moteur pour l’emploi et le transfert de compétences. Dès 2025, l’entreprise prévoit de renforcer sa contribution par près de 900 millions FCFA de fiscalité locale annuelle au bénéfice des communes abritant ses installations.

GCO est également pionnière dans le domaine de la réhabilitation minière. Première entreprise du secteur au Sénégal à restituer des terres après exploitation, elle vise la réhabilitation de 1 000 hectares d’ici fin 2025.

Par ailleurs, l’entreprise investit dans la transition énergétique avec la construction d’une centrale solaire de 20 MW (20 milliards FCFA), dont la mise en service au premier trimestre 2026 permettra de réduire de 20 % les émissions de CO₂ du site.

Entre 2020 et 2025, GCO a consacré 25,9 milliards FCFA à des projets sociaux et communautaires. Ses réalisations incluent :

la réinstallation de 577 ménages avec logements modernes et terres agricoles ; 9,6 milliards FCFA pour soutenir les moyens de subsistance ; la construction de 6 écoles, 9 daaras et 4 structures de santé ; la mise en place d’infrastructures collectives (maisons communautaires, marchés, gares routières, maisons des jeunes).

Dans la zone touristique de Lompoul, elle a également financé à hauteur de 2 milliards FCFA le projet Oasis du Sénégal, destiné à dynamiser le tourisme et l’emploi local.

Pour Frédéric Zanklan, Directeur général d’Eramet Grande Côte, ces résultats traduisent une vision claire :

« Eramet Grande Côte est fier de contribuer à l’économie sénégalaise, avec près de 71 % de notre chiffre d’affaires réinjecté dans le tissu économique national en 2024. Ce bilan, marqué par le versement de nos premiers dividendes, reflète notre engagement à créer de la valeur partagée, au bénéfice de l’économie, des communautés et de l’environnement, en partenariat avec l’État sénégalais et nos parties prenantes locales. »

Avec un investissement initial de près de 800 millions de dollars US, le projet minier de GCO repose sur une mine flottante, une usine de traitement, une centrale électrique de 36 MW, une ligne ferroviaire Diogo-Dakar et des installations portuaires à Dakar.

Dakar : une pirogue de migrants échoue près de la mosquée de la Divinité

Une embarcation transportant plusieurs dizaines de migrants a échoué, ce mardi matin, sur la corniche ouest de Dakar, à proximité de la mosquée de la Divinité.

Selon les témoins présents sur place, la pirogue a dérivé avant de terminer sa course sur les rochers longeant la côte. Les passagers, visiblement en situation de détresse, ont été rapidement pris en charge par les forces de gendarmerie déployées sur les lieux.

Pour l’heure, aucune précision officielle n’a été donnée sur la provenance de l’embarcation ni sur la nationalité des migrants à son bord. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances de cet échouage et les motivations du voyage.

Les personnes interpellées ont été conduites vers un centre d’accueil pour y recevoir une assistance et des soins si nécessaire.

Pikine – Tragique découverte : le corps sans vie de Sokhna Fall retrouvé dans une fosse septique

Une fin tragique pour Sokhna Fall. Cette jeune femme de 35 ans, souffrant de troubles psychiques, avait disparu de son domicile familial situé à Icotaf le 12 août dernier. Après plus d’un mois de recherches, son corps a été découvert à Pikine Texaco, dans une fosse septique d’une station de collecte des eaux usées.

Selon les informations recueillies, l’état de décomposition avancé du corps n’a pas permis de procéder à une autopsie. Sur instruction du procureur, l’inhumation a été immédiatement ordonnée. Les premières constatations laissent penser à une chute accidentelle, même si les circonstances exactes du drame restent encore à élucider.

Ce drame vient rappeler les conditions précaires et les dangers liés aux installations publiques non sécurisées, particulièrement dans les zones densément peuplées.

Le même jour, un autre fait divers tragique a été enregistré à Tambacounda. Un ancien détenu, récemment élargi, a trouvé la mort après s’être noyé dans le fleuve. Quelques heures seulement après sa libération, il aurait tenté de se baigner avant d’être emporté par les eaux.

Transmission de services : Me Abass Fall passe le témoin à ses successeurs

À la suite du remaniement ministériel du 6 septembre 2025, l’ancien ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, Me Abass Fall, a officiellement transmis ses charges à ses successeurs, lors d’une cérémonie sobre mais solennelle tenue ce lundi à Dakar.

Deux nouvelles figures reprennent désormais ses attributions, conformément à la nouvelle architecture gouvernementale.

Marie Rose Khady Fatou Faye, jusque-là active dans le champ politique et institutionnel, prend les commandes du portefeuille des Relations avec les Institutions. Nommée Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, elle se voit également confier le rôle de Porte-parole du Gouvernement, un poste stratégique qui lui permettra d’assurer la communication officielle de l’exécutif.

De son côté, Me Olivier Boucal, déjà en charge de la Fonction publique et de la Réforme du Service public, voit son département élargi avec l’intégration des compétences relatives au Travail. Cette fusion vise à renforcer la cohérence entre la gestion de la fonction publique et la régulation du marché du travail, deux leviers majeurs de la politique de l’emploi.

Dans son discours d’adieu, Me Abass Fall a exprimé sa gratitude au chef de l’État pour la confiance placée en lui et a félicité ses successeurs, tout en les exhortant à poursuivre les réformes entamées, notamment celles touchant à la modernisation du dialogue social et à l’amélioration des conditions de travail.

Affaire de blanchiment : Waly Seck suspend ses activités, mais aucun mandat d’arrêt n’a été lancé

Le quotidien Le Témoin a apporté, ce mardi 16 septembre, un démenti formel aux rumeurs qui circulaient ces derniers jours sur l’existence d’un mandat d’arrêt visant le chanteur Waly Ballago Seck. Bien que le nom de l’artiste figure dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), aucune poursuite judiciaire n’est engagée contre lui à ce jour.

Selon le journal, l’interprète, très suivi par la jeunesse sénégalaise, a néanmoins pris la décision de suspendre ses activités musicales pour une durée indéterminée, le temps que toute la lumière soit faite sur cette affaire sensible de blanchiment de capitaux.

L’enquête, confiée au Pool judiciaire financier, pourrait s’élargir à d’autres personnalités de premier plan. Plusieurs noms circulent déjà dans la presse, mais aucune convocation officielle n’a encore été confirmée par les autorités.

Cette mise en cause, même indirecte, constitue un coup dur pour l’artiste et son entourage. Très populaire sur la scène musicale sénégalaise et internationale, Waly Seck voit ainsi sa carrière momentanément freinée, dans un contexte où le secteur culturel est déjà fragilisé.

Macky Sall signe un nouvel essai : L’Afrique au cœur, plaidoyer pour un continent maître de son destin

Après Le Sénégal au cœur paru en 2018, l’ancien président sénégalais Macky Sall revient sur la scène littéraire avec un nouvel ouvrage intitulé L’Afrique au cœur. Le livre, publié aux éditions Odile Jacob et attendu en librairie le 24 septembre, propose une réflexion approfondie sur la place et le rôle du continent africain dans les grands équilibres du XXIe siècle.

En un peu plus de 200 pages, Macky Sall défend l’idée que les défis contemporains – qu’ils soient économiques, climatiques, technologiques ou sociaux – sont indissociables de l’avenir de l’Afrique. Pour lui, le continent dispose d’atouts décisifs : une population jeune et dynamique de près d’un milliard et demi d’habitants, des écosystèmes fintech performants, une richesse culturelle exportée dans le monde entier, un espace numérique en pleine effervescence, ainsi que d’immenses ressources naturelles.

L’ancien chef d’État rappelle cependant que l’Afrique reste freinée par des héritages douloureux et des contraintes persistantes : exploitation historique, investissements encore insuffisants, poids excessif d’une dette jugée « injustifiée ». Ces freins, écrit-il, entravent l’élan économique et social d’un continent pourtant promis à un rôle majeur dans la gouvernance mondiale.

Macky Sall plaide pour que l’Afrique puisse enfin occuper sa « juste place » dans une architecture financière internationale plus équitable. Il insiste sur la nécessité de concilier impératifs de développement et enjeux climatiques, moteurs de croissance et justice sociale. De son point de vue, l’Afrique, du Maghreb au Cap et de la mer Rouge au golfe de Guinée, a toutes les cartes en main pour contribuer à la bonne marche du monde, si elle bénéficie des conditions de justice et de respect nécessaires.

Avec ce nouvel essai, Macky Sall poursuit la démarche engagée en 2018 avec Le Sénégal au cœur (Cherche midi), publié à la veille de sa réélection en 2019. Dans ce premier livre, il livrait ses convictions personnelles, sa foi et son engagement au service de son pays. Aujourd’hui, il élargit la focale pour placer l’Afrique entière au centre du débat mondial.

Affaire Mbagnick Diop : le président du Meds dans la tourmente judiciaire

Le président du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), Mbagnick Diop, se retrouve au cœur d’une affaire judiciaire à forte résonance nationale. Selon le journal Le Témoin, l’homme d’affaires a été longuement entendu, ce lundi, par la Division des investigations criminelles (DIC), de 11 heures à 22 heures, avant d’être placé en garde à vue au commissariat du Port. Il devrait être déféré ce mardi devant le parquet, où son sort judiciaire sera fixé.

Un nom cité dans le rapport de la CENTIF

Le nom de Mbagnick Diop figure dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), document transmis dans le cadre d’une information judiciaire confiée au Pool judiciaire financier (PJF). Ce même rapport mentionne également l’artiste Wally Ballago Seck parmi les personnes visées. Les investigations portent sur des opérations financières suspectes qui auraient attiré l’attention des autorités de contrôle.

Un arsenal juridique sévère

Le régime sénégalais en matière de lutte contre la criminalité financière est particulièrement rigoureux. La loi n° 2014-08 du 11 février 2014 relative au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme prévoit des sanctions lourdes contre toute personne impliquée dans des opérations suspectes signalées à la CENTIF. Les peines encourues vont de lourdes amendes à des peines de prison ferme, proportionnelles à la gravité des faits.

En outre, le Code pénal réprime la complicité, l’association de malfaiteurs et la fraude financière, des infractions qui pourraient s’ajouter au chef d’accusation principal de blanchiment. Le Code de procédure pénale, quant à lui, autorise le juge d’instruction à ordonner une détention préventive en cas d’indices graves ou concordants, ainsi que de risques de fuite ou de pression sur des témoins.

Une situation judiciaire délicate

La mention de Mbagnick Diop dans le rapport de la CENTIF fragilise considérablement sa position. Le Pool judiciaire financier, compétent pour traiter les infractions complexes liées aux crimes économiques, dispose désormais d’un cadre juridique solide pour pousser les investigations. Une mise en examen pour blanchiment aggravé, complicité et fraude financière reste une éventualité sérieuse, assortie de sanctions financières très lourdes et d’une éventuelle détention préventive.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°558 – 16/09/2025

🔴 ABSENCE DE PREUVES SELON LA DÉFENSE : LAT DIOP, UN « OTAGE POLITIQUE » ?
🔴 ENCORE 33 MILLIARDS F CFA LEVÉS DANS LE MARCHÉ DE L’UMOA : DERNIÈRE ÉTAPE AVANT LES « DIASPORA BONDS » ?

🔴 QUALIFS CAN U17 / SIERRA LEONE, MAURITANIE ET GUINÉE : UN GROUPE B RELEVÉ POUR LES « LIONCEAUX »
🔴 ODCAV RUFISQUE / KAKALAM, JAD, MÉDINE ET TENNU NGUY : LE DERNIER CARRÉ EXPLOSIF

Parcelles Assainies : un faussaire de documents administratifs interpellé

Le Commissariat d’arrondissement des Parcelles Assainies U15 a mis fin, vendredi 12 septembre 2025, aux activités d’un individu spécialisé dans la falsification de documents administratifs.

Tout est parti d’une plainte déposée par une victime qui avait remis, en 2023, la somme de 35 000 F CFA au suspect en échange d’un extrait de naissance sénégalais. Après avoir encaissé l’argent, ce dernier avait disparu dans la nature.

Localisé récemment au rond-point 26, l’homme a été interpellé par les éléments de la Brigade de recherches. Lors de son arrestation, les policiers ont découvert dans son sac une importante quantité de documents frauduleux : 162 extraits de naissance — la majorité établis au nom de personnes à consonance étrangère — ainsi que 32 copies de cartes d’identité, 8 certificats de nationalité, 10 certificats de résidence, 2 passeports, 11 cartes d’identité et 9 récépissés.

Face aux enquêteurs, le mis en cause a reconnu les faits, avouant être un récidiviste et cibler principalement des ressortissants guinéens, avec la complicité d’un acolyte basé à l’étranger. Une perquisition effectuée à son domicile, à Petit Mbao, a permis de saisir d’autres extraits falsifiés.

Riz surfacturé : Mansour Faye devant la Haute Cour, il rejette les accusations

L’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Amadou Mansour Faye, a été présenté ce lundi 15 septembre 2025 devant la Haute cour de justice. Son audition s’inscrit dans le cadre de l’affaire dite de la surfacturation du riz destiné aux ménages vulnérables durant la pandémie de Covid-19.

Il était exactement 12 h 05 lorsque Mansour Faye, vêtu d’un boubou blanc immaculé, un bloc-notes et une bouteille d’eau à la main, a fait son entrée dans la salle d’audience, escorté par un garde pénitentiaire. L’ancien ministre, par ailleurs maire de Saint-Louis, est en détention préventive depuis le 26 mai dernier.

Il doit répondre à une série d’accusations particulièrement lourdes : association de malfaiteurs, corruption, concussion, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux, détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité. Selon l’enquête, la commande de riz aurait été surfacturée à hauteur de 2,749 milliards F CFA.

Face à la commission d’instruction, Mansour Faye, entouré d’une dizaine d’avocats, a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. Il a rappelé que la Cour des comptes n’avait, à aucun moment, recommandé de poursuites contre lui pour faute de gestion ou détournement.

« J’ai été le seul ministre du gouvernement à lancer un appel d’offres, par souci de transparence, alors même que l’urgence ne m’y obligeait pas », a-t-il déclaré, invoquant également un décret présidentiel qui encadrait la procédure de passation.

Concernant la base juridique de l’accusation, l’ex-ministre a estimé qu’elle reposait sur un arrêté du ministère du Commerce de 2013, fixant le prix de la tonne de riz à 250 000 F CFA. Or, selon lui, ce prix n’était plus applicable en 2020, où la tonne se négociait à 275 000 F CFA en raison du contexte international. Il a ajouté que l’arrêté de 2013 était caduc, rappelant qu’un décret de 1995 limite la durée de validité des arrêtés ministériels fixant les prix des denrées à un an.

L’audition a pris fin vers 14 h 30, après plus de deux heures de débats. Mansour Faye a ensuite regagné sa cellule à la prison de Rebeuss, sous escorte pénitentiaire, en attendant la suite de la procédure.

Pour un sursaut de l’esprit : l’heure des sages a sonné

À Milan, parlant du contrat social, le Premier ministre a raison de dire qu’il ne faut pas confondre le contrat d’opposant (l’éthique de conviction) et celui de gouvernant (l’éthique de responsabilité). L’un ne doit pas étouffer l’autre. Ce point est d’autant plus crucial qu’il met la lumière sur le fait que la transition politique actuelle au Sénégal, porteuse d’un espoir immense, affronte désormais la complexité redoutable de la gouvernance. Les certitudes de la campagne électorale se heurtent aux réalités sociales et économiques, et le risque d’un nouveau divorce entre le pouvoir et le peuple devient tangible. Il faut trouver l’équilibre pour éviter la déception, syndrome de tous les pouvoirs de Diouf à Sall. Des allusions sont faites par le Premier Ministre lui-même dans le même discours.
Dans ce moment de tension créatrice, une voix essentielle manque cruellement à l’harmonie nationale : celle de la raison experte, de la sagesse éclairée et de la créativité visionnaire.
Universités, laboratoires de recherche, ordres professionnels, cercles de pensée, ateliers d’artistes, instances religieuses : votre silence est assourdissant. Le débat public est confisqué par les polémistes, les idéologues et les courtisans. L’espace médiatique, asphyxié par l’émotion brute, est devenu un champ de bataille où la raison est une captive.
Vous êtes les Garants du Réel. Face aux récits simplistes et aux « faits alternatifs », vous détenez les données, les modèles, les preuves. Vous seul pouvez dire : « Cette politique, selon nos simulations, aura tel impact sur l’emploi des jeunes dans 18 mois. » ou « Sur le plan juridique, cette mesure est conforme à tel principe, mais elle crée un risque de dérive sur tel autre. »
Vous êtes les Bâtisseurs de Ponts. La société est fracturée ? Vous savez comment créer des agoras innovantes : des conférences citoyennes, des panels de contre-expertise, des plateformes digitales de contribution ouverte où les idées sont jugées sur leur mérite, et non sur l’étiquette de celui qui les porte. Construisez ces espaces ! Faites-en des ressources communes où même le pouvoir, s’il est sage, viendra puiser.
Vous êtes la Mémoire et la Boussole. L’histoire économique, politique et sociale du Sénégal et du monde est votre domaine. Vous savez que les passions identitaires mènent où, que les crises institutionnelles coûtent combien, que les modèles de développement untel a produit quoi ailleurs. Rappelez-le ! Sans moralisme, avec la froideur salvatrice des chiffres et des précédents.
L’Histoire nous enseigne qu’aucune nation ne s’est jamais construite durablement en marginalisant ses intellectuels, ses artistes et ses sages. Socrate dialoguait sur l’Agora pour interpeller le pouvoir athénien. Les Lumières françaises ont préparé la Révolution dans les salons et les académies. Plus près de nous, la renaissance de pays comme Singapour ou le Rwanda s’est appuyée sur une synergie décomplexée entre le politique et l’expertise technique et philosophique.
Au Sénégal même, des figures comme Cheikh Anta Diop ne sont pas entrées dans l’Histoire pour avoir commenté l’actualité, mais pour l’avoir éclairée par la rigueur scientifique, forgeant ainsi une conscience historique qui guide encore le pays.
Votre rôle, experts, universitaires, artistes et guides religieux, n’est pas de commenter le passé, mais d’éclairer l’avenir. Vous n’êtes pas des commentateurs, vous êtes les architectes de l’esprit national.
Il ne s’agit pas de faire de la politique partisane. Il s’agit d’assumer un devoir de salubrité publique intellectuelle. Votre parole n’est pas une opinion parmi d’autres. Elle est le carburant de la décision éclairée.
VOTRE voix est l’arme absolue contre le chaos. Elle est la fonction salvatrice de l’esprit dans une Nation
Votre parole est le pont indispensable entre la volonté politique et le bien-être concret du peuple. Vous incarnez une triple fonction vitale :
Pour votre fonction de Boussole (Les philosophes et les sages) : Vous rappelez les finalités. À quoi sert la croissance si elle ne profite pas à tous ? Quel projet de société voulons-nous vraiment ? Comme le firent les philosophes des Lumières ou les penseurs de la Négritude, vous devez remettre la dignité humaine, la justice et l’éthique au centre du débat, au-delà des contingences politiques.
Pour votre fonction de phare (Les universitaires et les scientifiques) : Vous éclairez les écueils. L’économie, le droit, la sociologie ne sont pas des opinions. Ce sont des sciences qui permettent d’anticiper les conséquences des décisions. Votre devoir est de projeter une lumière crue sur les choix de société, en rappelant les enseignements de l’Histoire et les données du présent. Votre neutralité rigoureuse est votre autorité suprême.
Pour votre fonction de ciment (Les artistes et les créateurs) : Vous réparez le lien social. Là où la politique divise parfois, l’art rassemble. Il donne à sentir et à ressentir l’âme d’un peuple. Il est le langage universel qui peut retisser la confiance et proposer un récit national commun, transcendant les clivages.
Inspirons-nous de l’histoire : L’exemple est la meilleure Invitation. Contemplons l’impact de ceux qui ont osé :
Au Sénégal, le CESAG (Centre Africain d’Études Supérieures en Gestion) ou l’IPAR (Initiative Prospective Agricole et Rurale) produisent des analyses qui devraient être la boussole de tout ministre de l’Économie ou de l’Agriculture. Leur modèle doit être généralisé.
En Afrique du Sud, la Commission Vérité et Réconciliation, pilotée par l’archevêque Desmond Tutu, fut une réponse novatrice et éthique à un besoin de justice sans vengeance. Elle a évité un bain de sang. C’était une idée de sage, pas de politicien. Les khalifes generaux ou je ne sais quelles voix de sagesse devrait s’emparer de la question des 83 victimes avant que cela ne prenne davantage en otage le pays et ses autorités.
En France, le Conseil d’Analyse Économique (CAE) ou le Comité Consultatif National d’Éthique (CCNE) sont des instances où des experts indépendants s’adressent directement au pouvoir et au public pour éclairer les grands débats (bioéthique, retraites, environnement).
Partout dans le monde, des conventions citoyennes tirées au sort et éclairées par des experts (comme celle sur le climat en France) montrent comment le savoir peut nourrir la démocratie pour sortir des blocages.
Voilà la voie à suivre. Il ne s’agit pas de critiquer de loin, mais de construire des cadres où votre parole devient incontournable.
À ceux qui, au sein même de l’administration et du pouvoir, sentent monter les doutes et percevant les angles morts, cet appel vous est aussi destiné. Vous n’êtes pas seuls. Votre loyauté ne doit pas être un silence complice. Elle peut s’exprimer par une exigence de rigueur et un appel discret mais ferme à ouvrir les portes aux compétences extérieures. Soyez les chevaux de Troie de la raison au cœur de l’État.
Au gouvernement, puissiez-vous entendre cet appel non comme une critique, mais comme une main tendue. La grandeur d’un pouvoir se mesure à sa capacité à s’entourer des meilleurs esprits, surtout lorsqu’ils ne pensent pas comme lui. En créant des conseils nationaux indépendants sur les grands enjeux (jeunesse, énergie, justice transitionnelle), vous ne perdez pas votre autorité, vous la renforcez en la légitimant.
Votre légitimité se gagnera dans votre capacité à écouter ces voix libres et exigeantes. Votre force ne sera pas dans l’unanimité de complaisance, mais dans votre aptitude à vous nourrir de la contradiction fondée. Le premier contrat social, le vrai, est celui qui vous lie à l’intelligence de votre peuple. Faites que cela vive.
Le temps n’est plus aux slogans, mais aux solutions. Plus aux certitudes, mais à l’intelligence collective. Plus à l’orgueil du pouvoir, mais à l’humilité du savoir.
Experts, sages, créateurs : le pays a besoin de votre voix. Ne la murmurez plus. Portez-la. Incarnez cette « aristocratie de l’intelligence » qui, selon le professeur Iba Der Thiam, doit se mettre au service de la nation.
Sortez de l’ombre. Prenez la parole. Le pays a soif de vous. Ce pays doit faire retentir les voix de Felwine Sarr, Boubacar Boris Diop, Elgas, Mbougar Sarr, Cherif Salif Sy, Awadi, Xuman, Ndongo Samba Sylla, Djibril Samb, Mamadou Diouf, Cheikh Makhtar Kébé, Cheikh Rafahi Mbacké, Bachir Diagne, Mamadou Bodian, Khalifa Touré, Amadou Sano et j’en passe.
Ensemble, faisons du Sénégal cette rare nation où le pouvoir de l’État et le pouvoir de l’esprit marchent main dans la main pour bâtir un destin commun.
L’heure n’est plus à la réflexion solitaire. Elle est à l’action collective éclairée. Assumez votre rôle. L’Histoire vous regarde.
L’Histoire retiendra ceux qui auront eu le courage de penser, puis d’agir.


Saliou Dramé
Chef d’entreprise
Développeur immobilier
saliou_drame@yahoo.fr

Passation de service au MESRI : El Hadji Abdourahmane Diouf cède la place au Pr Daouda Ngom

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a officiellement changé de titulaire ce lundi 15 septembre 2025. La cérémonie de passation de service, organisée dans les locaux du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (METE), a marqué le relais entre le Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, ministre sortant, et le Pr Daouda Ngom, désormais en charge du MESRI.

Après avoir dirigé le département de l’Environnement et de la Transition écologique pendant dix-sept mois et six jours, le Pr Daouda Ngom retrouve un secteur qu’il connaît bien. Son expérience et son expertise dans l’enseignement supérieur en font un acteur familier de ce milieu stratégique pour l’avenir du pays. En prenant les rênes du MESRI, il succède au Dr Abdourahmane Diouf, appelé à occuper désormais le portefeuille de l’Environnement et de la Transition écologique.

Ce jeu de chaises ministérielles illustre la volonté du gouvernement de mettre à profit les compétences de chacun dans les domaines jugés prioritaires. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, au cœur des enjeux liés à la formation des jeunes, à l’innovation et à la compétitivité nationale, se retrouve placé sous la responsabilité d’un universitaire aguerri, tandis que l’Environnement et la Transition écologique, domaine sensible et transversal, est confié à un profil rompu aux questions de gouvernance et de stratégie.

Passation au ministère de l’Intérieur : Me Bamba Cissé s’engage pour une sécurité publique efficace et citoyenne

La cérémonie de passation de service au ministère de l’Intérieur s’est tenue ce lundi, consacrant le passage de témoin entre le général Jean-Baptiste Tine, ministre sortant, et Me Bamba Cissé, nouveau ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. L’événement, marqué par solennité et respect, a permis à chacun des deux responsables de dresser un bilan et de tracer les perspectives.

Dans son allocution, le général Jean-Baptiste Tine a tenu à exprimer sa gratitude au président de la République et au Premier ministre pour la confiance placée en lui durant près d’un an et demi à la tête du département. Revenant sur son action, il a insisté sur deux grands chantiers qui, selon lui, ont guidé son passage : la modernisation de l’administration territoriale pour la rendre plus efficace, plus transparente et plus proche des citoyens, et le renforcement de la sécurité quotidienne afin d’assurer la tranquillité publique. Il a également salué la bonne organisation des élections législatives anticipées, tenues dans un climat apaisé et sans contestation, un succès qu’il a attribué au professionnalisme des services du ministère.

Prenant la parole à son tour, Me Bamba Cissé a réaffirmé son engagement à inscrire son action dans une double exigence : efficacité et respect des droits des citoyens. Le nouveau ministre a insisté sur l’importance d’assurer le bon ordre, la tranquillité et la sauvegarde des personnes et de leurs biens. Pour lui, la mission du ministère ne se limite pas à la sécurité mais englobe aussi des dimensions civiques et sociales. « Nous devons davantage remettre en selle l’ordre, le civisme, la sûreté, la salubrité et la tranquillité publique. Ces objectifs seront au cœur de notre action », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de ressusciter « la discipline, l’amour du bien commun et l’amour de la patrie » comme valeurs fondatrices de la société.

Le nouveau ministre a ensuite rendu un hommage appuyé aux forces de l’ordre et de sécurité, ainsi qu’à l’administration territoriale et aux partenaires institutionnels du ministère. Il leur a renouvelé sa confiance et les a appelés à travailler ensemble pour relever les défis sécuritaires et renforcer la cohésion nationale.

Me Bamba Cissé a également adressé un message d’ouverture aux acteurs politiques et à la société civile, assurant que ses portes leur resteront grandes ouvertes. « Je puis vous assurer de ma disponibilité, et ensemble nous mènerons la barque à bon port », a-t-il conclu, marquant ainsi sa volonté d’instaurer un dialogue permanent et inclusif.

Avec cette passation, le ministère de l’Intérieur s’apprête à entamer une nouvelle étape, où la rigueur administrative et la sécurité publique devront se conjuguer avec le respect des droits et des libertés, dans un contexte où les attentes citoyennes sont particulièrement fortes.

Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI : Aïssata Tall Sall élue au Conseil d’Administration

La députée sénégalaise Aïssata Tall Sall a annoncé son élection en tant que membre du Conseil d’Administration du Réseau des Parlementaires sur la Banque Mondiale et le FMI. Une nomination qui confère à l’ancienne ministre des Affaires étrangères une nouvelle responsabilité sur la scène internationale, où elle représentera désormais la région Afrique de l’Ouest.

Dans un message adressé à l’opinion, Aïssata Tall Sall a expliqué que son rôle, aux côtés de ses collègues membres du Board, consistera à administrer le Réseau et à contribuer à sa mission d’appréciation critique et d’orientation des politiques menées par les deux institutions financières internationales. L’objectif est de veiller à ce que les décisions et stratégies mises en œuvre profitent directement aux populations, particulièrement celles des pays en développement.

« Je siégerai en ma qualité de député du Sénégal représentant la région Afrique de l’Ouest. Notre mission débutera le 13 octobre à Washington, à l’occasion des rencontres annuelles du FMI et de la Banque Mondiale », a-t-elle déclaré, confirmant ainsi sa participation à ce rendez-vous majeur de la gouvernance économique mondiale.

Cette élection marque une étape importante dans la carrière politique de la parlementaire, connue pour son engagement en faveur de la démocratie, de la justice sociale et du rayonnement du Sénégal à l’international. Elle offre également une opportunité au pays de renforcer sa voix au sein des débats stratégiques portant sur le financement du développement, la réduction de la pauvreté et les réformes économiques globales.

Santé publique : une enquête révèle de fortes disparités régionales dans les facteurs de risque au Sénégal

L’enquête nationale STEPS sur les maladies non transmissibles, rendue publique cette semaine après sa publication en juillet dernier, met en lumière une réalité préoccupante pour la santé publique sénégalaise. Les résultats révèlent des écarts considérables entre les régions, où certains comportements à risque et pathologies chroniques atteignent des niveaux alarmants.

La consommation d’alcool reste une pratique marquée dans certaines zones. À Ziguinchor, plus d’un habitant sur dix déclare en consommer, soit un taux de 11,1 %, trois fois supérieur à la moyenne nationale fixée à 3,6 %. Dakar n’est pas en reste avec un taux de 5,9 %, confirmant une tendance qui dépasse le seuil national.

Le tabac, quant à lui, est surtout présent dans le sud du pays. Sédhiou affiche un taux de 12,1 %, largement au-dessus de la moyenne nationale estimée à 6 %. Dakar se situe également en zone rouge avec un taux de 7,9 %.

Mais c’est sur le plan de la santé mentale que les chiffres interpellent le plus. Fatick enregistre un taux de suicide de 26,9 %, le plus élevé du pays, suivi par Matam avec 20,8 % et Tambacounda avec 20,2 %. La moyenne nationale est pourtant de 13 %, ce qui montre l’ampleur du malaise dans ces régions. Louga (17,1 %) et Saint-Louis (15,3 %) affichent aussi des niveaux supérieurs à la moyenne.

Les maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète apparaissent également comme des menaces grandissantes. Saint-Louis détient le record national de l’hypertension artérielle avec un taux de 43,3 %, suivi de près par Thiès (40,3 %) et Matam (32,6 %). La moyenne nationale est de 28,2 %, ce qui signifie que plusieurs régions dépassent de manière inquiétante ce seuil. Dakar (31,6 %) et Louga (30,4 %) ne sont pas épargnées. En ce qui concerne le diabète, Matam attire particulièrement l’attention avec une prévalence de 10,7 %, soit plus du double de la moyenne nationale fixée à 4,2 %. Dakar, Kaolack et Louga affichent respectivement 7,7 %, 6,1 % et 5,8 %.

À Kédougou, ce sont les comportements alimentaires et le mode de vie qui suscitent l’inquiétude. Près de 96,5 % des habitants utilisent systématiquement du sel, des épices et du bouillon lors de la cuisson, un niveau largement supérieur à la moyenne nationale de 75,8 %. La sédentarité est également marquée, avec 91,5 % de la population ne pratiquant pas suffisamment d’activité physique, un taux également au-dessus de la moyenne nationale estimée à 86,1 %. Saint-Louis affiche des chiffres comparables avec 91 % d’inactivité physique.

La dépigmentation volontaire, considérée comme un problème de santé publique à part entière, est très répandue dans certaines régions. Diourbel arrive en tête avec 21,3 %, suivie de près par Kaffrine avec 20,2 %. Kaolack (19,6 %), Thiès (17,4 %), Fatick (17,2 %) et Saint-Louis (16,2 %) affichent toutes des niveaux supérieurs à la moyenne nationale fixée à 15 %.

Cette enquête met en lumière une carte sanitaire contrastée où chaque région présente ses propres fragilités. Ziguinchor et Sédhiou se distinguent par la consommation d’alcool et de tabac, Fatick, Matam et Tambacounda par des indicateurs inquiétants en matière de santé mentale, Saint-Louis et Thiès par une forte prévalence de l’hypertension, Matam par une alerte rouge sur le diabète, Kédougou par des pratiques alimentaires et un manque d’activité physique, tandis que Kaffrine, Diourbel et Kaolack sont en première ligne sur la dépigmentation.

Ces résultats rappellent l’urgence d’adapter les politiques de prévention et de santé publique aux spécificités régionales, afin d’agir de manière ciblée et efficace. Faute d’une réponse rapide et coordonnée, le Sénégal risque de voir ces maladies non transmissibles peser lourdement sur son système de santé et sur l’équilibre socio-économique des communautés locales.

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