Actualités

Sénégal : Ousmane Sonko annonce une rencontre avec le secteur privé sur le Plan de redressement économique et social

En visite officielle à Istanbul, en Turquie, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a annoncé ce samedi la tenue prochaine d’une rencontre de partage du Plan de redressement économique et social (PRES) avec le secteur privé national. Cette initiative vise à impliquer davantage les acteurs économiques locaux dans la relance du pays.

« Dès mon retour et dans les prochains jours, nous organiserons une séance de partage sur le Plan de redressement. Parce que nous voulons qu’ensemble, nous relevions les défis endogènes avant d’attendre ou d’accueillir des investisseurs étrangers qui viendront simplement en appoint », a déclaré le chef du gouvernement.

M. Sonko s’exprimait à l’occasion de la cérémonie d’ouverture d’un Forum d’affaires Sénégal–Turquie, organisé en marge de sa visite officielle de cinq jours, entamée mercredi, à l’invitation du président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Selon lui, l’État accorde une importance particulière au secteur privé national, qu’il considère comme un moteur essentiel du développement et de la souveraineté économique du pays.

Attaques contre la justice : Ousmane Diagne répond au président de l’UMS

Lors de l’Assemblée générale de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), le président sortant, le juge Ousmane Chimère Diouf, a réaffirmé son ouverture à la critique, tout en mettant en garde contre les propos politiques susceptibles de discréditer la justice.

En réponse, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a tenu à préciser la position du gouvernement.
« Notre système judiciaire a fait l’objet de vives critiques ces dernières années. Mais il ne faut pas confondre critique et discrédit », a-t-il déclaré.

Reconnaissant que l’activité judiciaire, comme toute œuvre humaine, n’est pas parfaite, le garde des Sceaux a rappelé l’existence de voies de recours prévues par la loi. Il a exhorté les citoyens à éviter les actions pouvant fragiliser une institution qu’il qualifie de « pilier fondamental » de l’État.

Ousmane Diagne a salué l’équipe sortante de l’UMS pour avoir su recadrer les débats « sans verser dans l’agitation » et a encouragé la nouvelle équipe à s’appuyer sur cette expérience pour poursuivre la mission avec sérénité.

Abidjan – Yopougon : marche pacifique du PDCI et du PPA-CI contre la radiation de Thiam et Gbagbo

Ce samedi 9 août 2025, la commune de Yopougon a été le théâtre d’une démonstration de force de l’opposition ivoirienne. À l’appel de leurs responsables, des milliers de militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) ont envahi le tronçon Saguidiba – Place Ficgayo pour une marche pacifique de protestation.

Dès les premières heures de la matinée, deux points de rassemblement stratégiques avaient été fixés : le carrefour du feu du terminus 40 et le carrefour Saguidiba. De là, les cortèges ont convergé vers la Place Ficgayo dans une ambiance à la fois revendicative et déterminée. Arborant tee-shirts, pagnes et écharpes aux couleurs de leurs partis, pancartes en mains, les manifestants ont scandé des slogans de soutien à leurs leaders Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, tout en exigeant leur réinscription sur la liste électorale.

La mobilisation faisait suite à la radiation des deux anciens chefs d’État et présidents de parti du fichier électoral 2025, une décision validée le 22 avril dernier par le tribunal de première instance d’Abidjan. Les participants ont également profité de la tribune pour réaffirmer leur rejet catégorique d’un quatrième mandat du président Alassane Ouattara, qu’ils qualifient d’« anticonstitutionnel ».

Médina Baye : la commission en charge des projets de Jamyatou Ansarud’din passe à l’action pour rendre la ville plus propre

La commission chargée de la mise en œuvre des projets de Jamyatou Ansarud’din a lancé, ce samedi 9 juillet 2025, une série d’actions concrètes pour améliorer l’hygiène et l’environnement dans ce quartier emblématique.

Dès les premières heures de la matinée, des équipes de bénévoles, appuyées par des agents municipaux et des forces de l’ordre, ont entrepris de nettoyer la rue occupée auparavant par le marché Har Yallah, récemment déguerpi par décision du préfet du département de Kaolack.

Selon la présidente de ladite commission, Mme Mariama Cissé Niasse, « L’objectif est de faire de Médina Baye une ville modèle en matière de propreté, surtout à l’approche du Gamou international de Médina Baye, un événement religieux qui attire des visiteurs du monde entier. »

Les initiatives engagées ne se limitent pas à un simple nettoyage ponctuel. Un programme de gestion durable des déchets est déjà en cours, comprenant :

la mise en place de bacs à ordures dans des zones stratégiques ; la mobilisation des jeunes et des associations locales ; la construction du siège de Jamyatou Ansarud’din.

« Cela faisait longtemps qu’on attendait une telle organisation. Si tout le monde joue le jeu, Médina Baye restera propre », a ajouté Mme Niasse.

La commission annonce qu’elle poursuivra ses activités chaque semaine, avant et après le Gamou, et appelle la population à participer activement pour que ces efforts portent leurs fruits sur le long terme.

Affaire El Hadji Babacar Dioum : le juge s’intéresse à ses sociétés et à un possible réseau de blanchiment

L’enquête visant El Hadji Babacar Dioum prend une nouvelle tournure. Inculpé et placé en détention pour une série de graves infractions — association de malfaiteurs, diffusion d’images pédopornographiques, atteinte à la vie privée, chantage, extorsion de fonds, blanchiment d’argent et faux sur documents administratifs —, le mis en cause voit désormais ses activités commerciales passées au crible par la justice.

Selon Libération, le juge d’instruction cible particulièrement deux entreprises qui lui sont liées : My Burger Sarl, rebaptisée Eddy’s Restaurant, et Mba Authority, spécialisée dans l’importation et la vente de véhicules. Les enquêteurs soupçonnent que ces sociétés ne soient que des écrans destinés à blanchir les fonds issus d’opérations de sextorsion.

Lors d’une perquisition à Liberté 3, plusieurs véhicules de luxe ont été saisis : un Mitsubishi Outlander, un Jeep Wrangler et deux BMW X5. Si Dioum avait assuré que ces voitures ne lui appartenaient pas, sa demande de restitution a été rejetée par la justice.

Pour élargir le spectre des investigations, le magistrat a ordonné la réquisition de toutes les banques afin d’identifier les comptes détenus par Dioum, ses proches et ses sociétés. Une vérification a également été demandée auprès des services fiscaux, de la SICAP et de la SN HLM pour recenser les biens immobiliers enregistrés à leurs noms.

Assemblée générale de l’UMS : Ousmane Chimère Diouf recadre le débat sur la convocation des magistrats par le Parlement

À l’occasion de l’Assemblée générale ordinaire de l’Union des Magistrats du Sénégal (UMS), le président sortant, Ousmane Chimère Diouf, a apporté des éclaircissements sur la récente décision du Conseil constitutionnel concernant la convocation des magistrats devant l’Assemblée nationale.

Ousmane Chimère Diouf a rappelé que la Constitution sénégalaise confère au Parlement un rôle de contrôle de l’action gouvernementale, mais ne lui reconnaît pas le pouvoir d’auditionner les magistrats dans l’exercice de leurs fonctions.

« Aucune disposition de la loi fondamentale ne confère expressément au Parlement la compétence d’entendre les magistrats », a-t-il souligné, précisant que le Règlement intérieur de l’Assemblée, bien qu’ayant valeur de loi organique, ne peut ni modifier ni contredire la Constitution. Il a mis en garde contre toute procédure assimilable à une contrainte sur ceux qu’il qualifie de « gardiens des libertés individuelles ».

Le président sortant de l’UMS a également tenu à lever une confusion persistante : celle d’une supposée impunité totale des magistrats. Il a rappelé que la loi organique de 2017 sur le statut des magistrats encadre strictement leur responsabilité. Celle-ci prévoit la possibilité de traduire un magistrat en conseil de discipline pour manquement professionnel, ou de le poursuivre pénalement en cas de commission d’une infraction.

CBAO vs délégués du personnel : la Cour suprême rendra sa décision le 27 novembre

La Cour suprême a fixé au 27 novembre 2025 la mise en délibéré dans l’affaire opposant la CBAO aux délégués du personnel, rapporte Les Échos dans son édition de ce samedi 9 août. Ce dossier, aux enjeux sociaux et juridiques importants, met aux prises la banque marocaine et trois de ses représentants syndicaux licenciés.

Tout est parti d’une décision de l’Inspection du travail, le 14 mars 2024, autorisant la CBAO à procéder au licenciement des trois délégués du personnel. Mais le ministre du Travail, Yankhoba Diémé, est intervenu par la suite pour annuler cette autorisation, estimant que la décision initiale devait être cassée.

Contestant cette annulation, la direction de la CBAO a saisi la Cour suprême en introduisant un recours pour excès de pouvoir contre la décision ministérielle.

Amdalai : Un Sénégalais arrêté avec un pistolet chargé lors d’une vaste opération anti-drogue et armes en Gambie

Le 31 juillet, un citoyen sénégalais âgé de 49 ans a été interpellé au poste-frontière d’Amdalai, reliant le Sénégal à la Gambie, par les agents de l’Agence gambienne de lutte contre la drogue (DLEAG). Bien qu’aucun lien avec un réseau de trafic de stupéfiants n’ait été établi, il a été trouvé en possession illégale d’un pistolet chargé de 12 munitions. Placé en garde à vue, il a ensuite été remis à la police gambienne pour répondre de ses actes devant la justice.

Selon Seneweb, citant Les Échos, cette arrestation s’inscrit dans une vaste opération menée par la DLEAG du 24 au 31 juillet, visant à démanteler les réseaux de trafic de drogues et d’armes à travers le territoire gambien.

Durant cette période, plusieurs autres interpellations ont eu lieu. Parmi elles, celle d’un gérant de nightclub d’origine indienne à Fajara, retrouvé en possession de diverses substances prohibées, notamment de l’ecstasy, du cannabis, ainsi que des armes à feu. Par ailleurs, deux ressortissants bissau-guinéens ont été appréhendés avec 25 blocs de cocaïne.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°534 – 09 ET 10/08/2025

🔴 KÉDOUGOU / PLUS DE 28 TONNES D’OR ATTENDUES PAR DIAMBA SUD : L’OR COULE À FLOT
🔴 OPÉRATION « FENDI » AVANT LE MAGAL : L’EAU SERA-T-ELLE DOMPTÉE ?

🔴 AFROBASKET MASCULIN 2025 : LA LISTE DES 12 DE NGAGNE DESAGANA DIOP CONNUE
🔴 CLASSEMENT FIFA FÉMININ : LE SÉNÉGAL PROGRESSE MAIS STAGNE À LA 81ᵉ PLACE

Mbacké : les citoyens dénoncent la qualité défaillante du stade Ibrahima Gueye et réclament une enquête indépendante

À la suite des incidents survenus ce vendredi au stade municipal de Mbacké, qui ont causé plusieurs blessés et des dégâts matériels, les habitants de Mbacké et de Touba ont exprimé leur indignation dans un communiqué.
Ils dénoncent la mauvaise qualité des travaux réalisés au stade Ibrahima Gueye, évoquant de « graves défaillances techniques » ainsi qu’un « manque criant de professionnalisme ».
Les citoyens exigent l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les responsabilités liées à cet incident dramatique.

COMMUNIQUÉ DE DÉNONCIATION

Nous, citoyens de Mbacké et Touba témoignent directs des événements tragiques survenus ce vendredi 08 août 2025, tenons à exprimer notre profonde indignation suite à l’incident dramatique au stade Ibrahima Gueye.

Alors que ce stade, censé être un symbole de fierté et de développement pour notre ville, mais deux ans après l’inauguration un événement choquant s’est produit : le toit de la tribune principale s’est violemment soulevé sous l’effet du vent, causant la panique générale, de nombreux blessés, et mettant en danger la vie de plusieurs citoyens innocents.

Cette catastrophe est directement liée à la mauvaise qualité des travaux réalisés. Le chantier, attribué au promoteur Mbaye Faye, a manifestement souffert de graves défaillances techniques et d’un manque criant de professionnalisme. Ce manquement à la rigueur et aux normes de sécurité constitue une faute grave, qui ne peut rester impunie.

Nous exigeons :
L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur les responsabilités.

Que Mbaye Faye et toutes les personnes impliquées dans l’exécution et le suivi de ce chantier rendent compte devant la justice.

Que des mesures concrètes soient prises pour réparer les dommages, assurer la sécurité des infrastructures sportives, et éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Il est temps que les autorités agissent avec fermeté. Il en va de la sécurité de nos concitoyens et du respect dû à la mémoire de ceux qui ont souffert aujourd’hui. L’impunité ne doit pas être la norme.

Suspension de la fourniture d’électricité dans certaines communes : la SENELEC répond à l’interpellation de l’AMS

Depuis plusieurs jours, plusieurs services municipaux, notamment à Dakar, ont subi des coupures d’électricité, suscitant l’inquiétude des autorités locales. L’Association des Maires du Sénégal (AMS) a ainsi alerté sur cette situation préoccupante, qui a affecté le bon fonctionnement de certains services publics municipaux essentiels.

Dans un communiqué adressé à la presse, l’AMS a fait savoir qu’elle avait constaté la suspension progressive de la fourniture d’électricité dans plusieurs collectivités territoriales, ce qui a conduit l’association à prendre contact avec les services compétents de la Société Nationale d’Électricité du Sénégal (SENELEC). L’AMS a rappelé que, selon les usages, une mise à jour préalable des dettes croisées entre la SENELEC et les collectivités devait être réalisée avant toute interruption de service, ce qui n’aurait pas été respecté dans ce cas précis.

Suite à ces échanges, un accord a été trouvé entre l’AMS et la SENELEC, portant sur l’arrêt immédiat des coupures d’électricité et la rétablissement complet du service dans tous les services municipaux touchés. Cette décision vise à préserver la continuité des services publics et à éviter toute perturbation dans le fonctionnement des institutions locales.

Par ailleurs, une séance de travail sera organisée très prochainement afin d’aborder de manière globale cette question d’intérêt commun. Cette rencontre, qui sera inclusive, devra permettre de mettre en place des solutions durables pour gérer les relations financières entre la SENELEC et les collectivités territoriales, évitant ainsi toute situation conflictuelle future.

La réaction rapide de la SENELEC et de l’AMS témoigne de la volonté des deux parties de trouver un terrain d’entente afin d’assurer une gestion efficace des services électriques au bénéfice des populations sénégalaises.

Mbacké : la toiture du stade municipal s’arrache et fait plusieurs blessés

Un violent coup de vent suivi d’une forte pluie a provoqué un grave incident, ce jeudi soir, au stade municipal de Mbacké. Peu avant 21 heures, une partie importante de la toiture en zinc s’est envolée, endommageant partiellement la tribune et semant la panique parmi les personnes présentes. Selon les premières informations recueillies sur place, plusieurs blessés ont été signalés, même si le nombre exact et la gravité des cas restent à préciser.

Les secours sont rapidement intervenus, mobilisant pompiers et équipes médicales pour prendre en charge les victimes et sécuriser le site. L’arrachement de la toiture, sous la violence des rafales, a provoqué un grand mouvement de foule. Des témoins, choqués, ont relayé sur les réseaux sociaux des appels à l’aide et des images montrant l’ampleur des dégâts.

Les intempéries n’ont pas seulement frappé Mbacké. À Touba, les mêmes rafales ont déraciné et endommagé plusieurs tentes dressées en face de la grande mosquée, en prévision du Grand Magal. Des structures installées pour accueillir les pèlerins ont été renversées, compliquant les préparatifs à moins d’une semaine de l’événement religieux.

Les autorités locales, en lien avec les services de sécurité et de protection civile, évaluent actuellement l’étendue des dégâts. Une enquête devra déterminer si la structure du stade nécessitait déjà des travaux de renforcement, ou si cet incident résulte uniquement de la violence exceptionnelle du vent.

Inondations à Touba : le ministère de l’Assainissement déploie l’opération « Fendi » pour libérer les maisons avant le Magal

À quelques jours du grand Magal, la ville sainte de Touba fait toujours face aux conséquences des fortes pluies qui s’y sont abattues ces dernières semaines. Plusieurs habitations restent envahies par les eaux, obligeant leurs occupants à les abandonner temporairement. Pour permettre leur retour et éviter une aggravation de la situation avec de nouvelles précipitations, le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement a officiellement lancé l’opération « Fendi », une initiative d’envergure destinée à évacuer rapidement les eaux stagnantes.

Dans le cadre de cette opération, 120 motopompes ont été remises aux autorités locales, un renfort matériel jugé crucial à l’approche du Magal, grand rassemblement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles. La Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DGPI) a également mobilisé des équipements supplémentaires pour appuyer les équipes sur le terrain. L’objectif est clair : pomper l’eau des maisons abandonnées et des zones critiques afin de garantir un accueil optimal aux pèlerins.

« Avec les pluies diluviennes tombées sur Touba, des centaines de maisons ont été inondées. C’est pour cette raison que le ministre a mobilisé le matériel nécessaire pour mener une opération Fendi avant les prochaines pluies, afin de libérer les maisons qui devront accueillir les pèlerins », a expliqué Serigne Ndiaye, adjoint au maire, sur les ondes de la RFM. Il a précisé que 50 motopompes provenant du Projet de Gestion Intégrée des Inondations au Sénégal (PGIIS) ont été mises à disposition, permettant de mettre en place un plan communal de sauvegarde spécialement dédié à la gestion de cette crise.

De son côté, Serigne Bousso Ndiaye a indiqué que 50 autres motopompes avaient été confiées au préfet, avec tout le matériel nécessaire pour leur fonctionnement. Il a ajouté que le carburant serait pris en charge par la mairie, afin de garantir la continuité des opérations.

Cette intervention, qualifiée d’« opération coup de poing » par les autorités locales, se poursuivra jusqu’au Magal. Elle vise non seulement à soulager les populations sinistrées, mais aussi à assurer un environnement salubre et sécurisé pour les milliers de fidèles déjà en route vers Touba. L’urgence est d’autant plus grande que les prévisions météorologiques annoncent encore des risques de pluies dans les prochains jours.

Affaire « Kocc Barma » : les échanges entre Mame Boye Diao et « Leuk Daour » au cœur de l’enquête

L’enquête sur l’affaire impliquant El Hadji Babacar Dioum, plus connu sous le pseudonyme de « Kocc Barma », a pris une nouvelle tournure avec l’exploitation par les enquêteurs du téléphone portable d’El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », présenté comme un complice présumé. Parmi les données extraites, plusieurs échanges WhatsApp ont retenu l’attention, notamment avec un contact enregistré sous le nom « Mbd Privé », que Demba a identifié comme étant Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines et actuel maire de Kolda.

Selon les informations rapportées par Libération, l’un des échanges les plus marquants a eu lieu après l’arrestation de « Kocc ». Mame Boye Diao aurait alors demandé à Demba : « Il te connaît formellement ? », ce à quoi ce dernier aurait répondu : « Oui, je lui ai vendu le site il y a 3 ans. » Confronté à ces messages en présence de son avocat, Demba n’a pas nié leur existence mais a précisé que la conversation était éphémère et que plusieurs éléments avaient disparu.

Entendu par les enquêteurs, Demba a expliqué qu’il connaissait Mame Boye Diao depuis 2018 ou 2019, au début de la carrière politique de ce dernier, et qu’une relation amicale et presque fraternelle s’était installée entre eux. Les messages WhatsApp échangés contiennent également des propos jugés ambigus, comme lorsqu’il écrivait : « Mb, avant de partir, il faut savoir par où partir. Le seul truc qui peut m’inquiéter, c’est qu’il parle de moi (…) Je contrôle la situation. » Demba a reconnu être l’auteur de ce message et affirmé qu’il craignait d’être de nouveau mêlé à un scandale, comme par le passé.

Il a également évoqué l’idée que « la vraie histoire ne soit connue que par trois personnes », affirmant aux enquêteurs qu’il faisait allusion à des accusations infondées ayant, selon lui, terni sa réputation depuis plusieurs années. L’analyse des données a aussi révélé une demande d’aide financière de Demba à Mame Boye Diao. Ce dernier a confirmé lui avoir fait remettre 200 000 FCFA par l’intermédiaire de son vigile. Demba a précisé que cette somme avait servi à payer les pénalités liées au report de son vol, initialement prévu le 22 juillet mais repoussé au 24, et non à financer un billet d’avion en urgence.

Convoqué à la Division des investigations criminelles (DIC), Mame Boye Diao est reparti libre, aucune charge n’ayant été retenue contre lui. Dans sa déclaration, il a expliqué avoir connu Demba dans le cadre du parrainage pour la présidentielle de 2023, celui-ci s’étant proposé pour l’aider auprès de la diaspora. Il affirme avoir été surpris, un matin, de recevoir de Demba la Une du journal Libération annonçant l’arrestation de « Kocc Barma » et avoir, dans la foulée, conseillé à son interlocuteur de rentrer au Sénégal en raison de ses antécédents judiciaires.

S’agissant du site qu’Assane Demba dit avoir vendu à « Kocc Barma », Mame Boye Diao assure ne pas savoir de quel site il s’agissait, bien que le message lui ait été adressé. Il a enfin précisé que Me Anta Mbaye, citée dans les échanges, est son avocate dans un autre dossier, relatif à l’aménagement du tribunal de Guédiawaye.

Cité Fayçal : la Cour suprême suspend le délai d’expulsion et donne un répit aux 52 familles

La Cour suprême a rendu, hier jeudi, une décision importante dans le litige opposant les habitants de la cité Fayçal à la Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), représentant l’État du Sénégal. La haute juridiction a annulé le délai d’expulsion qui avait été fixé par la Sogepa, offrant ainsi un sursis aux familles menacées de quitter les lieux.

L’affaire avait éclaté lorsque la Sogepa avait adressé aux occupants de la cité des avis de résiliation de leurs baux, leur accordant un délai de six mois avant d’engager une procédure d’expulsion. Face à cette mesure, les cinquante-deux familles concernées, composées pour la plupart de hauts fonctionnaires de l’État, avaient décidé d’agir individuellement en introduisant un recours pour excès de pouvoir devant la Cour suprême.

Alors que ce recours n’avait pas encore été examiné, le délai fixé par la Sogepa arrivait à expiration dans seulement huit jours. Craignant une expulsion imminente, les habitants ont saisi la Cour suprême d’une procédure en référé, sollicitant la suspension des effets de l’avis de résiliation. Cette demande a été accueillie favorablement, et la juridiction a annulé le délai d’expulsion initialement imposé par la Sogepa.

Si cette décision représente une victoire provisoire pour les familles, elle ne met pas un terme au différend. Le jugement définitif sur le recours pour excès de pouvoir est encore attendu et déterminera l’issue du dossier. En attendant, les habitants de la cité Fayçal peuvent souffler, même si leur avenir dans ces logements reste incertain.

Opération d’envergure à Ngor : la police démantèle un vaste réseau de trafic de drogue et interpelle 17 personnes

Dans la nuit du 7 août 2025, une importante opération conjointe menée par la Brigade Régionale des Stupéfiants de Dakar de l’OCRTIS, avec l’appui de la Brigade d’Intervention Polyvalente (BIP), a permis de mettre fin aux activités d’un réseau de trafic de drogue particulièrement actif dans la commune de Ngor. Selon la Police nationale, cette action, préparée depuis plusieurs jours grâce à des renseignements ciblés, a abouti à l’arrestation de dix-sept individus aux profils variés, parmi lesquels figuraient des étudiants, des livreurs, des footballeurs ainsi que des agents municipaux.

Le coup de filet a permis la saisie d’un butin conséquent, composé de cinquante-quatre pierres de crack, de trois boules de haschisch et de cinq motos de type scooter. Les enquêteurs ont également mis la main sur cent vingt-trois mille francs CFA en espèces, neuf téléphones de marque iPhone, deux téléphones Tecno, quatre téléphones simples, ainsi qu’un iPad. Du matériel servant au conditionnement de la drogue a également été découvert sur les lieux, confirmant l’existence d’une véritable organisation structurée autour de ce trafic.

Les autorités précisent que cette opération est le fruit d’une série de missions de repérage menées dans la zone, à la suite d’informations faisant état de trafics à ciel ouvert et d’une recrudescence d’agressions. Les points de deal identifiés avaient été minutieusement surveillés avant l’intervention des forces de l’ordre, qui ont procédé aux interpellations de manière simultanée afin de neutraliser tout risque de fuite ou de destruction de preuves.

Les personnes arrêtées sont poursuivies pour association de malfaiteurs, détention de drogue en vue de trafic et destruction de biens appartenant à autrui. Elles ont été placées en garde à vue et devraient être présentées au parquet dans les prochains jours. Cette opération, saluée par les autorités sécuritaires, s’inscrit dans le cadre de la lutte continue contre le trafic de stupéfiants à Dakar et dans ses environs, un fléau qui touche de plus en plus de jeunes et alimente divers faits de délinquance urbaine.

Violences politiques 2021-2024 : le ministère de la Justice saisit le Procureur après la lettre de Pape Abdoulaye Touré

Le ministère de la Justice a réagi officiellement à la lettre ouverte adressée par Pape Abdoulaye Touré au président de la République, dans laquelle il interpelle les autorités sur les crimes commis lors des manifestations politiques survenues entre 2021 et 2024. Dans une correspondance datée du 1er août 2025, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, annonce avoir saisi le Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar pour l’inviter à engager des poursuites relatives à ces faits.

Cette réaction fait suite à un courrier envoyé le 18 juillet 2025 par Pape Abdoulaye Touré, membre fondateur de l’Initiative Zéro Impunité (IZI) et victime de torture. Ce document, transmis par le ministre Directeur de Cabinet du Président Bassirou Diomaye Faye aux services compétents du ministère de la Justice, porte la voix des victimes de meurtres, de tortures, de disparitions forcées et d’autres traitements inhumains survenus lors des troubles sociopolitiques qui ont marqué le Sénégal durant cette période.

Dans sa réponse, Ousmane Diagne indique avoir pris des dispositions en adressant un courrier officiel au Procureur général près la Cour d’Appel de Dakar, afin qu’il ouvre des poursuites concernant les faits signalés. Ce geste marque un premier pas institutionnel vers un traitement judiciaire de ces événements, qui continuent de susciter de fortes attentes au sein de l’opinion publique et des familles des victimes.

Pour mémoire, l’Initiative Zéro Impunité, portée par Pape Abdoulaye Touré, a engagé depuis plusieurs mois un travail de sensibilisation et de plaidoyer, en multipliant les rencontres avec des organisations de la société civile telles que le think tank Afrik Jom Center et Amnesty International Sénégal. Ces échanges ont pour objectif de faire la lumière sur les crimes graves commis entre mars 2021 et mars 2024, période marquée par des tensions politiques intenses ayant entraîné des pertes humaines, des actes de torture et des disparitions forcées.

L’initiative vise à lutter contre l’oubli et à obtenir justice pour les victimes, dans un contexte où les questions de responsabilité et de réparation restent au cœur du débat public. L’implication directe du ministère de la Justice, par la saisine du Procureur général, constitue désormais un élément clé dans la perspective d’éventuelles poursuites judiciaires et pourrait ouvrir la voie à un processus de vérité et de réconciliation, attendu par de nombreuses familles et organisations de défense des droits humains.

Nioro du Rip – Souveraineté alimentaire : un modèle agricole dans la région de Kaolack

Dans le cadre de la lutte contre le chômage endémique des jeunes au Sénégal, la ferme communautaire de Nguete Kaye, située dans le village de Dagabani (département de Nioro du Rip), incarne une solution concrète : le retour à la terre. Aménagée sur 30 hectares, la Ferme Fatou Dramé a été créée pour offrir des opportunités d’emploi tout en atteignant des niveaux de production remarquables, oscillant entre 6 et 10 tonnes selon les cultures.

Spécialisée dans le maraîchage, la ferme s’est distinguée par d’excellents rendements, notamment en poivrons et en tomates. Selon Souleymane Wade, technicien du projet, Nioro prévoit d’acheminer 15 000 tonnes de poivrons (verts et rouges) et 6 000 tonnes de piments (rouges et verts) vers la ville sainte de Touba. Cette opération s’inscrit dans le programme pré-Magal, initié chaque année par les fondateurs de la ferme pour approvisionner les marchés des villes d’accueil lors des grands événements religieux.

Sous le regard du chef du Service départemental du développement rural (SDDR) de Nioro et d’autres responsables, la Ferme Fatou Dramé s’est imposée comme un leader de la production maraîchère dans la région de Kaolack. Elle joue un rôle clé dans l’approvisionnement des marchés locaux en tomates fraîches, poivrons et autres produits de consommation courante.

Créée en réponse au dernier rapport du Laboratoire des transformations économiques et sociales – qui pointait un taux de chômage des jeunes avoisinant les 60 % –, la ferme est une initiative de la famille Kane. Elle fonctionne comme une exploitation intégrée employant une vingtaine de jeunes en permanence, et recrutant plus d’une centaine de femmes et de jeunes saisonniers lors des pics d’activité.

Depuis plusieurs années, la ferme affiche des performances exceptionnelles. Chaque semaine, elle fournit aux marchés sénégalais et gambiens plus de 15 tonnes de poivrons, ainsi que plusieurs tonnes de piments, gombos, tomates et autres denrées.

Pour renforcer son impact, ses responsables sollicitent l’appui des autorités – le président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne. Ils demandent des moyens matériels supplémentaires pour booster la production et contribuer à assurer une sécurité alimentaire durable dans le Saloum et au-delà.

Recrutement massif dans l’enseignement supérieur : Abdourahmane Diouf promet une amélioration des conditions de travail des enseignants-chercheurs

Le 15ᵉ congrès du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) s’est tenu ce vendredi 8 août à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf. Cette rencontre, qui a rassemblé les principaux acteurs du secteur, a été l’occasion de dresser un bilan des acquis, d’évoquer les défis à relever et de discuter des perspectives d’amélioration des conditions de travail dans les universités.

Dès l’ouverture de la cérémonie, le ministre a mis en lumière une problématique majeure : la surcharge de travail et le stress auxquels sont confrontés les enseignants-chercheurs. Selon lui, ces facteurs expliquent en grande partie la dégradation de leur santé. Il a exprimé l’espoir que le recrutement annoncé de 500 nouveaux enseignants-chercheurs, prévu pour la prochaine rentrée universitaire, permettra de réduire la pression sur le personnel existant, leur offrant ainsi plus de temps pour la recherche mais aussi pour leur bien-être. Cette initiative s’inscrit pleinement dans le thème du congrès : « La santé des enseignants-chercheurs au prisme des conditions de travail dans les universités ».

Le ministre a également mis en avant l’action du Comité d’Appui au Pilotage de l’Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (CAP-ANTESRI), dirigé par le professeur Babacar Diop. Cette structure, selon lui, constitue une réponse systémique aux difficultés persistantes du système universitaire sénégalais, dans une logique de réforme en profondeur.

Abordant la question du calendrier universitaire, Dr Abdourahmane Diouf s’est félicité de la stabilité retrouvée dans le secteur. Il a affirmé que, sauf rares exceptions, la quasi-totalité des universités sénégalaises auront terminé leur année académique d’ici décembre 2025, ce qui marque une nette amélioration après des années de perturbations. Il a salué les efforts conjoints de l’ensemble des acteurs pour éviter les pertes financières colossales – estimées à 40 milliards de francs CFA par an – enregistrées durant la dernière décennie en raison des retards et grèves.

Tout en exprimant sa transparence et son engagement à dialoguer avec les syndicats, le ministre a reconnu que les contraintes budgétaires actuelles limitent la capacité du gouvernement à répondre favorablement à toutes les revendications.

De son côté, le secrétaire général du SAES, David Célestin Faye, a rappelé plusieurs avancées sociales obtenues ces dernières années. Il a cité l’augmentation des salaires, l’amélioration des indemnités de logement, la revalorisation progressive de la prime académique spéciale, la mensualisation et l’augmentation de la prime de recherche, ainsi que la réversion de l’allocation spéciale de retraite aux ayants droit.

Le syndicat a aussi souligné son implication dans la construction et la rénovation d’infrastructures universitaires, notamment la réfection de la salle de sport et du siège national du SAES. Toutefois, le secrétaire général n’a pas manqué de dénoncer les retards importants dans la livraison de certains bâtiments pédagogiques et scientifiques entamés depuis 2015, ainsi que l’inachèvement du projet des 100 laboratoires, malgré une remise partielle de matériel effectuée lors d’une cérémonie officielle.

Parmi les autres préoccupations évoquées figurent la question du foncier, avec la promesse présidentielle d’octroyer des terrains à usage d’habitation aux enseignants, ainsi que le problème du non-versement des pensions de retraite pour certains collègues étrangers ayant pourtant cotisé au système sénégalais. Sur ce dernier point, le SAES a exprimé une ferme indignation, affirmant qu’il ne saurait tolérer cette situation.

Ce congrès, au-delà des revendications et constats, a également permis de réaffirmer la volonté commune des autorités et du SAES de poursuivre le dialogue pour améliorer durablement le système universitaire sénégalais, tant sur le plan académique que social.

Sénégal : 40 nouveaux camions hydrocureurs pour moderniser l’assainissement autonome

Le Sénégal a franchi une étape décisive dans la modernisation de son système d’assainissement autonome avec la réception, ce vendredi 8 août, de 40 camions hydrocureurs neufs. D’un montant global de 2,4 milliards de FCFA, cet investissement est financé conjointement par la Délégation générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), la Banque nationale pour le développement économique (BNDE) et la Fondation Bill & Melinda Gates.

La cérémonie officielle de remise s’est tenue en présence de Dr Aïssatou Mbodji, Déléguée générale de la DER/FJ, Birima Ndiaye, Directeur général adjoint de la BNDE, et Wally Diouf Bodian, Directeur général du Port autonome de Dakar.

Cette acquisition s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui au Renouvellement des Camions hydrocureurs (PARC), lancé en février 2021. L’objectif : remplacer progressivement un parc de véhicules vieillissant afin d’améliorer la gestion des eaux usées et de renforcer la lutte contre les inondations, particulièrement dans les zones urbaines défavorisées.

Les nouveaux camions, économes en énergie et adaptés aux réalités locales, devraient accroître l’efficacité des prestataires privés et générer au moins 120 emplois directs.

À terme, le PARC prévoit le remplacement de 300 camions, pour un investissement total estimé à 12 milliards de FCFA. La phase pilote repose sur un mécanisme de crédit-bail, combinant financement et accompagnement technique, au bénéfice des membres de l’Association des acteurs de l’assainissement du Sénégal (AAAS).

Pour cette première étape, la BNDE a mobilisé 1 milliard de FCFA, la DER/FJ 700 millions et la Fondation Bill & Melinda Gates 500 millions.

Lors de son intervention, Dr Aïssatou Mbodji a souligné que « l’assainissement est un droit fondamental, non un luxe ». Selon elle, ces 40 camions représentent bien plus qu’un simple renouvellement d’équipement : ils constituent une réponse concrète aux défis sanitaires et environnementaux auxquels font face de nombreuses collectivités.

Le projet inclut également un programme de formation qualifiante, sanctionné par un diplôme reconnu par l’État. Cette initiative vise à professionnaliser un secteur longtemps informel, améliorer la qualité des services et assurer une meilleure maintenance des équipements sur le long terme.

Kaolack : Le projet PROVAL-CV affiche un taux de réalisation de 95 %

Dans le cadre de la mise en œuvre du PROVAL-CV au niveau régional, le Comité Régional de Concertation et de Suivi (CRCS) a tenu, ce vendredi 8 juillet 2025, sa réunion semestrielle à Kaolack. L’objectif : présenter le bilan des interventions du projet dans la région.

« Cette réunion du comité régional de concertation et de suivi du PROVAL-CV est organisée deux fois par an. Cette fois-ci, il s’agit de faire le point sur les réalisations du projet à Kaolack, où nous intervenons depuis 2020. Nous avons mené un travail d’information et de sensibilisation, procédé au ciblage des bénéficiaires, réalisé des études, et mis en œuvre plusieurs activités dans le cadre des différentes composantes du projet, notamment la composante A », a expliqué Mamadou Camara, chef d’antenne PROVAL-CV pour Kaolack, Kaffrine et Fatick.

Sur la composante A, le projet a permis la mise en place de 171 périmètres maraîchers en exploitation, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et à l’amélioration des revenus des populations grâce à un système de solarisation. À cela s’ajoutent 8 périmètres maraîchers dédiés aux jeunes et aux femmes, 5 tronçons de pistes de désenclavement, 17 unités de transformation dont 2 magasins, ainsi que des infrastructures d’élevage en activité.

« Nous avons également accompagné les bénéficiaires sur toute la chaîne de valeur : élevage, gestion des ressources naturelles, renforcement de capacités, et financement via une ligne de crédit régionale. Quinze promoteurs ont ainsi été financés pour un montant total de 50 millions de francs CFA », a précisé M. Camara.

Selon lui, à ce stade de la prolongation de la première phase, le projet affiche un taux de réalisation de plus de 95 %. Les dernières étapes concernent quelques travaux dans les vallées et des finitions sur certains aménagements déjà en exploitation.

Mamadou Camara se dit satisfait du niveau d’adhésion : « Nous avons aujourd’hui plus de 1 500 nouvelles demandes de périmètres, d’unités de transformation ou d’infrastructures d’élevage dans notre base de données. Elles seront traitées une fois la deuxième phase validée. Avec encore cinq mois devant nous, nous pensons pouvoir atteindre les 100 % de réalisation. »

Toutefois, le chef d’antenne a évoqué quelques difficultés, notamment la salinité de la nappe phréatique à Kaolack, qui a limité l’efficacité de certains forages. « Cela nous a permis de tirer des leçons et d’expérimenter une unité de potabilisation innovante », a-t-il souligné. Des retards ou des défauts de remboursement ont également été notés, mais ne compromettent pas les résultats globaux.

En conclusion, M. Camara a salué la forte mobilisation des bénéficiaires et exprimé son optimisme pour la suite du PROVAL-CV, qui entamera bientôt sa deuxième phase.

Thiaroye : Deux individus arrêtés pour trafic de drogue et contrebande

Le Commissariat d’arrondissement de Thiaroye a frappé un grand coup dans la lutte contre le trafic de drogue. Le 7 août 2025, deux individus ont été interpellés pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants, à la suite d’une opération minutieusement préparée.

Tout est parti d’un renseignement opérationnel faisant état d’un réseau actif à la sortie du pont menant au marché de Thiaroye. Les policiers ont mis en place une opération qui a permis de surprendre le premier suspect, tenant une poussette à café. La fouille de celle-ci a permis la découverte de quatre comprimés d’ecstasy. Interrogé, l’homme a affirmé que la poussette appartenait à son frère, rapidement localisé et arrêté à son tour.

Une perquisition menée à leur domicile a permis de mettre la main sur un important lot de produits illicites et de contrebande, notamment :

50 comprimés de Tapendatol (répartis en 5 paquets) 6 paquets de Tramaking 80 paquets de cigarettes Roson 28 paquets de cigarettes vides 3 paquets de cigarettes Excellence 2 paquets de cigarettes Marlboro 54 250 francs CFA en liquide

Les deux mis en cause ont été placés en garde à vue. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur du réseau et identifier d’éventuels complices.

Dr Abdourahmane Diouf au congrès du SAES : Dialogue, engagement et transparence au cœur des priorités

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Abdourahmane Diouf, a participé ce vendredi 8 août 2025 à la 15e édition du congrès du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES), organisée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Une présence remarquée et saluée, marquée par un discours de fermeté et d’ouverture, axé sur le dialogue, la résolution des différends et les défis du secteur.

Face aux membres du SAES, Dr Diouf a tenu à rassurer sur la posture du gouvernement vis-à-vis du syndicat. « Je suis ici avec beaucoup d’enthousiasme », a-t-il affirmé, insistant sur sa volonté d’accompagner le syndicat dans un esprit de collaboration. Il a qualifié le SAES de « syndicat de proposition, de recommandation, de réflexion », soulignant qu’un tel partenaire représente une richesse pour tout ministre en charge de l’enseignement supérieur.

Revenant sur la récente crise autour d’un décret mal communiqué, le ministre a préféré dédramatiser : « Ce n’était pas un décret perdu, c’est un décret qu’on n’a pas trouvé », a-t-il lancé avec humour. Il a toutefois reconnu la complexité du dossier, tout en saluant la capacité du SAES et du gouvernement à dépasser les tensions. Ce moment de tension a été, selon lui, un exemple de la résilience du dialogue social.

Abdourahmane Diouf a également tenu à rassurer les enseignants-chercheurs sur l’application effective du décret, fruit de longues négociations. Il a souligné que le président de la République lui-même avait donné des instructions claires pour que le texte soit appliqué sans délai. « Nous avons signé ce décret après de longues discussions. Nous devons l’appliquer sans tergiverser », a-t-il martelé, ajoutant que les premiers virements ont d’ores et déjà été effectués.

En conclusion, le ministre s’est montré lucide sur l’état du secteur, évoquant des défis importants mais affirmant la volonté de les affronter avec responsabilité. « Nous avons hérité des problèmes, mais nous faisons face. Nous n’allons pas nous défausser », a-t-il déclaré. Il a réitéré l’engagement du gouvernement pour une gestion transparente, basée sur la concertation et le respect des partenaires sociaux.

Fin de la crise dans la Justice : le Gouvernement sénégalais signe un protocole d’accord avec les syndicats

Après 45 jours de tensions marquées par des mobilisations syndicales dans le secteur de la justice, un protocole d’accord a été signé ce mercredi entre le Gouvernement du Sénégal et les syndicats SYSJUST et UNTJ. La cérémonie officielle s’est tenue à la Primature, en présence de plusieurs autorités dont le ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal, et le président du Haut Conseil du Dialogue Social, Mamadou Lamine Dianté.

Ce protocole d’accord met un terme à une période de vives revendications portées par les agents de la justice. Facilités par Mamadou Lamine Dianté, les pourparlers ont permis d’aboutir à des concessions mutuelles. Le retour à la table du dialogue témoigne d’un apaisement progressif dans un secteur fortement affecté par les perturbations de ces dernières semaines.

Lors de son intervention, le ministre Olivier Boucal a salué la posture responsable des syndicats et réitéré l’engagement du Gouvernement à favoriser un dialogue constructif. Il a souligné que cet accord est « un signal fort en faveur de la stabilité et du bon fonctionnement des services publics », insistant sur la nécessité d’un climat socioprofessionnel serein.

De son côté, Abdoulaye Mboup, Secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs de la justice (UNTJ), a exprimé la satisfaction des syndicats tout en appelant à une mise en œuvre fidèle du protocole signé. « Le respect des engagements pris est crucial pour éviter une reprise des tensions », a-t-il averti. Il a également encouragé les autorités à maintenir une dynamique de concertation continue.

Dans cette même logique, le ministre de l’Intérieur avait déclaré, lors de la clôture du dialogue national le 4 juin dernier, que « le Gouvernement promet la mise en œuvre des réformes et un dialogue continu ». Cette déclaration, rapportée par Senego, s’inscrit pleinement dans la dynamique actuelle.

Cet accord est perçu comme une victoire pour le dialogue social et une avancée pour la gouvernance participative. Selon Jean Pierre Malou, spécialiste des questions syndicales, « il s’agit d’un tournant qui pourrait inspirer d’autres secteurs confrontés à des tensions similaires ».

La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) avait d’ailleurs alerté, le 24 juin dernier, sur les lenteurs de certains ministères dans la mise en œuvre des engagements issus du dialogue social, appelant à une vigilance accrue.

Touba à cinq jours du Magal : des progrès notables dans l’approvisionnement en eau, mais des poches de pénurie persistent

À quelques jours du Grand Magal de Touba, prévu pour le 18 Safar, l’approvisionnement en eau demeure un enjeu majeur dans la cité religieuse qui s’apprête à accueillir plusieurs millions de fidèles. Si des avancées significatives ont été enregistrées dans certaines zones, d’autres quartiers continuent de souffrir d’un accès difficile à l’eau potable.

De bonnes nouvelles émergent pour les habitants de Khayra 1, Khayra 2, et Darou Miname. Ces localités bénéficient désormais d’un approvisionnement en eau plus stable grâce à la remise en marche du forage F-KÉBÉ. Équipé d’une nouvelle pompe d’une capacité de 250 m³ par heure, ce forage permet un meilleur service, offrant aux populations un soulagement bienvenu à l’approche du Magal.

Les deux forages de Bagdad, mis à l’arrêt ces derniers temps en raison de pannes électriques, ont également été remis en service. Leur réactivation vient renforcer la couverture hydraulique dans cette zone stratégique. De son côté, le forage de Darou Marnane fonctionne de nouveau à pleine capacité, avec un câble d’alimentation et une armoire électrique entièrement rénovés. Il délivre aujourd’hui un débit de 198 m³ par heure.

Cependant, tout n’est pas encore rentré dans l’ordre. Certains quartiers demeurent dans une situation critique. C’est le cas de Jannatul Mahwa, notamment autour de « Pencum Serigne Habibou », où l’eau n’arrive qu’à très faible débit et uniquement en pleine nuit. Touba Béto reste particulièrement affectée, les habitants y dénoncent un manque chronique d’eau devenu quasi structurel.

À Touba Ndiarème, il suffit de s’éloigner de 200 mètres du forage local pour constater une pénurie persistante. Darou Karim, surtout dans sa partie sud, ne reçoit l’eau qu’en pleine nuit, compliquant fortement la gestion des besoins domestiques.

Enfin, l’espoir renaît à Madyana 4, où l’eau est enfin de retour. Un soulagement palpable pour les résidents qui peuvent à nouveau vivre dans des conditions proches de la normalité.

La Turquie et le Sénégal scellent leur coopération avec la signature de quatre accords stratégiques

Dans le cadre d’une visite officielle du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko en Turquie, quatre accords de coopération ont été signés entre les deux pays, marquant une nouvelle étape dans le renforcement des relations bilatérales. La cérémonie s’est tenue en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan et du chef du gouvernement sénégalais.

Lors d’une conférence de presse conjointe, Recep Tayyip Erdogan a salué le rôle du Sénégal sur la scène internationale, notamment sa position ferme face à l’oppression israélienne à Gaza. « Notre lutte se poursuivra jusqu’à la fin du génocide à Gaza », a-t-il affirmé, tout en soulignant la solidarité exemplaire du Sénégal avec le peuple palestinien.

Ousmane Sonko, pour sa part, a exprimé sa gratitude envers la Turquie, qualifiant le pays de « nation frère » ayant toujours soutenu le Sénégal. Il a également salué le leadership d’Erdogan dans la dénonciation du drame humanitaire à Gaza.

Les discussions entre les deux dirigeants ont porté sur plusieurs axes de coopération, incluant les investissements, le commerce, la sécurité, l’industrie de la défense, la lutte contre le terrorisme, l’énergie, les mines, les transports, l’agriculture et la pêche.

Le président turc a exprimé son ambition de porter le volume des échanges commerciaux entre les deux pays à 1 milliard de dollars dans un premier temps, avec un objectif à terme de 3 milliards de dollars.

Accord de coopération financière militaire Signé par le ministre turc de la Défense nationale, Yaşar Güler, et le ministre sénégalais des Forces armées, le général Birame Diop, cet accord vise à renforcer les capacités de défense du Sénégal à travers un appui financier de la Turquie. Protocole d’amendement au protocole d’aide financière en espèces Ce texte actualise l’accord signé le 28 janvier 2020, et s’inscrit dans la continuité de la coopération militaire entre les deux États. Accord de coproduction cinématographique, audiovisuelle et multimédia Paraphé par le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat, et la ministre sénégalaise de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Yassine Fall, cet accord vise à encourager les productions culturelles conjointes et à promouvoir les industries créatives. Protocole d’application d’un mémorandum sur l’enseignement supérieur Signé entre le Conseil de l’enseignement supérieur turc et le ministère sénégalais de l’Enseignement supérieur pour la période 2025-2028, ce protocole ambitionne de renforcer les échanges académiques, la recherche scientifique et la mobilité étudiante.

Par cette série d’accords, la Turquie confirme son ancrage en Afrique et son intérêt particulier pour le Sénégal, perçu comme un partenaire stratégique en Afrique de l’Ouest. De son côté, le gouvernement sénégalais poursuit sa stratégie d’ouverture vers des partenaires non traditionnels, dans le cadre du Plan Sénégal 2050.

Koungheul : Quatre boutiques cambriolées en pleine nuit sous la pluie

La commune de Koungheul, dans la région de Kaffrine, a été secouée dans la nuit du jeudi au vendredi par un cambriolage de grande ampleur. Quatre boutiques, dont une quincaillerie, ont été dévalisées par des individus non encore identifiés, profitant d’une pluie battante pour passer à l’acte.

Les faits se sont produits aux environs de 3 heures du matin dans le quartier Escale. Selon les témoignages recueillis sur place, les malfaiteurs ont ciblé avec précision les établissements commerciaux, emportant avec eux une quantité importante de marchandises, notamment du matériel de motos Jakarta, des articles de valeur, ainsi qu’une somme d’argent encore non évaluée.

Les commerçants, profondément choqués par l’ampleur des pertes, dénoncent une situation sécuritaire de plus en plus préoccupante dans la commune. « Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, mais cette fois, les dégâts sont énormes », s’est indigné l’un des propriétaires touchés.

La gendarmerie, alertée peu après les faits, s’est rendue sur les lieux pour procéder aux premiers constats. Une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver les auteurs de ce cambriolage, mais pour l’instant, aucune arrestation n’a été annoncée.

Les victimes, dans le désarroi, appellent les autorités à renforcer les dispositifs de sécurité dans la commune. « Koungheul est en train de devenir une zone de non-droit. Nous demandons plus de patrouilles, surtout la nuit », plaide un autre commerçant.

Renforcement des relations turco-sénégalaises : Ousmane Sonko en quête d’un partenariat stratégique pour le Plan Sénégal 2050

Dans le cadre d’une visite officielle en Turquie, le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a engagé une série de rencontres diplomatiques et économiques qui marquent une nouvelle étape dans la politique extérieure du Sénégal. Ce déplacement s’inscrit dans la dynamique du Plan Sénégal 2050, un programme de transformation économique à long terme visant à bâtir une économie résiliente, inclusive et durable.

Parmi les moments forts de cette visite, figure la rencontre à Istanbul avec les responsables de la Turkish EximBank, une institution publique turque spécialisée dans le financement des exportations et des projets d’investissement. Ce rendez-vous stratégique témoigne de la volonté du Sénégal de mobiliser des financements innovants et adaptés à ses ambitions de développement, notamment dans les secteurs de l’industrialisation, des infrastructures et de l’énergie.

Le choix de la Turquie n’est pas fortuit. Ankara s’est imposée ces dernières années comme un acteur économique dynamique, ayant su construire un modèle industriel compétitif tout en renforçant ses relations économiques avec plusieurs pays africains. Cette orientation s’inscrit dans la logique d’une diversification des partenariats économiques du Sénégal, longtemps dépendant des institutions financières occidentales et des anciennes puissances coloniales.

En s’ouvrant à des partenaires émergents comme la Turquie, Dakar cherche à établir une coopération pragmatique, fondée sur des intérêts mutuels. Le Sénégal espère ainsi tirer profit de transferts de technologies, de partages d’expertise et d’un accès élargi aux réseaux d’investisseurs turcs et internationaux.

Au-delà des considérations économiques, cette visite revêt une dimension géopolitique. Elle illustre la volonté du Sénégal de redéfinir son positionnement international et d’assumer une diplomatie plus active, tournée vers les puissances émergentes. Le Premier ministre Ousmane Sonko incarne cette orientation, en inscrivant ses actions dans une vision stratégique claire : préparer la transition économique du pays à l’horizon 2050, tout en consolidant son indépendance et sa souveraineté.

Affaire Kocc Barma : révélations explosives autour d’un réseau tentaculaire

Messages compromettants, sommes d’argent en liquide, amitiés politiques : le téléphone de El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », révèle les coulisses d’un scandale où les frontières entre vie privée, politique et affaires douteuses deviennent floues.

Dans son édition du 8 août 2025, le quotidien Libération publie de nouveaux éléments accablants dans l’affaire Kocc Barma, du nom de El Hadji Babacar Dioum, mis en cause dans une série de publications en ligne controversées. Au centre de cette affaire désormais tentaculaire : El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », dont le téléphone saisi par la Division spéciale de la cybercriminalité (DSC) regorge de messages WhatsApp compromettants. L’analyse de ces données numériques jette une lumière crue sur un réseau de relations suspectes, où se croisent figures politiques et complicités présumées.

Une phrase qui change tout

Le début des ennuis pour Demba ? Un simple message adressé à un certain « Mbd Privé » via WhatsApp :

« Oui, je lui ai vendu le site il y a 3 ans ».

Cette phrase anodine en apparence est rapidement devenue un élément central de l’enquête. Car derrière le pseudonyme « Mbd Privé » se cacherait, selon les dires de Demba lui-même, Mamadou Diao – plus connu sous le nom de Mame Boye Diao, ancien Directeur général des Domaines et actuel maire de Kolda. Une révélation lourde de sens, même si Demba tente de minimiser l’impact de l’échange, évoquant une conversation éphémère dont une partie aurait disparu.

Des liens personnels assumés… et une aide en espèces

Face aux enquêteurs, El Hadji Assane Demba reconnaît entretenir des relations « fraternelles » avec Mame Boye Diao, nouées entre 2018 et 2019 lors de son engagement politique. Il admet également avoir reçu une enveloppe de 200.000 FCFA, remise par le vigile de Diao, prétendument pour financer ses déplacements à Dakar. Mais il insiste : cette aide n’était pas destinée à organiser une fuite, seulement à prolonger son séjour dans la capitale.

Des messages pour verrouiller les fuites

Parmi les échanges les plus troublants, un message retient particulièrement l’attention des enquêteurs :

« Mb avant de partir il faut savoir par où partir !!! Le seul truc qui peut m’inquiéter c’est qu’il parle de moi !! Sinon jusqu’à l’extinction du soleil on ne remontera pas à moi. S’il parle de moi à la mn, je le saurai… Je contrôle la situation. »

Pour Demba, cette déclaration ne traduit rien d’autre que sa propre inquiétude. Déjà mêlé à tort à une affaire judiciaire par le passé, il assure avoir voulu éviter de nouvelles fausses accusations. Mais l’assurance du ton laisse perplexe.

Une vérité connue de trois personnes ?

Dans un autre échange intercepté, Demba affirme que « la vraie histoire n’est connue que par trois personnes ». Une formule énigmatique que l’intéressé tente de désamorcer, expliquant qu’il parlait simplement de son sentiment d’injustice face aux accusations portées contre lui. Mais les enquêteurs ne semblent pas convaincus.

Le cas Mame Boye Diao : dans la tourmente, mais pas inquiété

De son côté, Mame Boye Diao, déjà sous contrôle judiciaire dans un autre dossier, a été entendu. Il reconnaît avoir connu Demba durant la campagne présidentielle de septembre 2023, notamment dans le cadre du parrainage. Il confirme lui avoir remis 200.000 FCFA mais nie catégoriquement toute implication dans une quelconque transaction de site. Concernant la mention de Me Anta Mbaye dans les échanges, il précise qu’il s’agit simplement de son avocate dans une procédure sans rapport avec cette affaire.

Guy Marius Sagna compare Ousmane Sonko à Mustafa Kemal Atatürk : un parallèle symbolique et politique

Le député Guy Marius Sagna a récemment établi une comparaison audacieuse entre Ousmane Sonko, leader du parti Pastef et figure centrale de l’opposition sénégalaise, et Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne. Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux, l’activiste devenu parlementaire a salué le geste d’Ousmane Sonko lors de sa visite en Turquie, où ce dernier s’est rendu au mausolée d’Atatürk, à Ankara.

« En Turquie, Ousmane Sonko, le grand leader de la lutte pour la souveraineté du Sénégal et de l’Afrique, est allé au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, leader de la guerre d’indépendance nationale. Ils ont leur Mustafa Kemal Atatürk. Le Sénégal a son Ousmane Sonko », a écrit Guy Marius Sagna.

Le mausolée d’Atatürk, également appelé Anıtkabir, est un lieu emblématique de la mémoire turque. Il incarne la reconnaissance nationale envers le père fondateur de la République, qui a aboli le sultanat ottoman et modernisé en profondeur la société turque au début du XXe siècle. La visite de ce site par Ousmane Sonko, dans le cadre d’un voyage officiel ou diplomatique, revêt donc une forte portée symbolique.

En dressant un parallèle entre Sonko et Atatürk, Guy Marius Sagna veut manifestement souligner le rôle de Sonko dans la quête d’émancipation politique, économique et culturelle du Sénégal et, par extension, de l’Afrique. À l’instar d’Atatürk qui a rejeté les influences étrangères pour bâtir une Turquie souveraine et moderne, Ousmane Sonko incarne pour ses partisans un projet panafricaniste basé sur la souveraineté nationale, la rupture avec les élites jugées corrompues et l’affirmation d’une nouvelle voie pour le continent.

Cependant, ce rapprochement entre les deux figures reste sujet à débat. Atatürk était un militaire et réformateur laïc qui a instauré un pouvoir autoritaire pour moderniser la Turquie, parfois au prix de la répression. Sonko, quant à lui, évolue dans un cadre démocratique, même si son discours de rupture suscite à la fois espoir et inquiétude.

Cette déclaration de Guy Marius Sagna s’inscrit dans une logique de construction de mythes politiques. En comparant Sonko à un géant de l’histoire contemporaine, il participe à une stratégie de légitimation du projet porté par le parti Pastef et ses alliés. Elle intervient aussi dans un contexte post-électoral où l’image d’Ousmane Sonko, devenu Premier ministre après la victoire de Bassirou Diomaye Faye à la présidentielle de mars 2024, continue de polariser l’opinion.

Controverse autour d’une déclaration de Guy Marius Sagna : Madiambal Diagne interpelle le Procureur

Le journaliste Madiambal Diagne a interpellé, ce jeudi, le Procureur de la République sur une publication virulente du député Guy Marius Sagna. Dans son message relayé sur les réseaux sociaux, l’élu de la coalition Diomaye-Président affirme que le Sénégal se trouve désormais dans une situation inédite, avec « un président légal, élu » (Bassirou Diomaye Faye) et un président légitime (Ousmane Sonko).

Une déclaration qui suscite de vives réactions, notamment celle de Madiambal Diagne, qui y voit une atteinte à la fonction présidentielle. Dans un tweet incisif, le journaliste s’interroge :

« Le Procureur détournera-t-il le regard de cette autre offense au Chef de l’État ? »

Faisant un parallèle avec les propos jadis tenus par Ousmane Sonko contre Macky Sall, qu’il qualifiait également de président illégitime, Diagne dénonce une forme de récidive politique dans le discours de contestation institutionnelle.

Dans son message initial, Guy Marius Sagna n’a pas mâché ses mots. Il accuse l’ancien régime d’avoir volontairement écarté Ousmane Sonko de la course présidentielle, en affirmant :

« Vous avez empêché illégalement au Président de Pastef Ousmane Sonko d’être candidat. (…) Vous avez assassiné plus de 80 Sénégalais. (…) Nous avons un président légal et un président légitime. »

Il conclut en ces termes :

« Walay vous êtes condamnés à souffrir des conséquences de cette situation dont vous êtes responsables. »

Des propos qui s’inscrivent dans un ton militant, mais qui pourraient, selon certains observateurs, franchir les lignes rouges du débat républicain.

La question soulevée par Madiambal Diagne relance le débat sur la liberté d’expression des parlementaires, mais aussi sur les limites du discours politique dans un contexte post-électoral encore marqué par des tensions.

La loi sénégalaise prévoit des sanctions pour l’offense au Chef de l’État, bien que l’interprétation de ce délit reste souvent sujette à controverse, notamment lorsqu’il s’agit de propos tenus dans l’exercice d’un mandat parlementaire.

Réformes sur la transparence : Birahim Seck salue l’initiative de Diomaye Faye et formule des recommandations clés

Dans un entretien accordé à Sud Quotidien ce mercredi 7 août, Birahim Seck, Coordonnateur du Forum Civil, a exprimé sa satisfaction suite à la transmission à l’Assemblée nationale de quatre projets de loi sur la transparence et la bonne gouvernance par le président Bassirou Diomaye Faye. Il a notamment salué la conformité du projet de loi portant création de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) aux standards internationaux.

« En revisitant les principes de Jakarta, nous pouvons dire, fondamentalement, que ce projet de loi respecte les standards internationaux », a affirmé Birahim Seck. Ces principes, reconnus mondialement comme références en matière d’indépendance et d’efficacité des institutions de lutte contre la corruption, semblent avoir été pris en compte dans la nouvelle mouture du texte.

Tout en saluant les avancées, le Coordonnateur du Forum Civil a formulé plusieurs recommandations pour optimiser le fonctionnement de l’OFNAC. Il a plaidé pour que l’institution soit dotée de la personnalité juridique, afin qu’elle puisse « entrer dans le commerce juridique, contracter, mais également ester en justice ». Une telle disposition permettrait à l’OFNAC d’agir en toute autonomie et d’avoir une existence juridique propre, renforçant ainsi son efficacité.

Birahim Seck a aussi relevé certaines zones d’ombre dans le projet de loi. Il a notamment souligné une imprécision concernant l’autorité habilitée à recevoir les déclarations de patrimoine, appelant à une clarification pour éviter toute confusion dans la mise en œuvre du dispositif.

Par ailleurs, il a attiré l’attention sur l’article 38 du projet de loi, estimant que sa rédaction actuelle pourrait permettre au procureur de la République de bloquer la transmission des dossiers issus des enquêtes de l’OFNAC. Il a ainsi recommandé que le texte soit réécrit afin que le procureur soit obligé de transmettre ces dossiers directement au juge d’instruction ou à la juridiction compétente.

Autre point d’alerte soulevé : le risque de vide juridique en cas de fin simultanée des mandats des membres de l’équipe dirigeante de l’OFNAC. Birahim Seck a insisté sur la nécessité de désynchroniser les mandats pour assurer la continuité de l’institution. « Il faudrait que les rédacteurs prennent en compte cette question afin d’éviter une fin de mandat simultanée pour tous les membres de l’OFNAC », a-t-il averti.

En définitive, le Coordonnateur du Forum Civil a salué la volonté manifeste des nouvelles autorités de faire de la transparence et de la bonne gouvernance des piliers de l’action publique. Il a toutefois rappelé que l’efficacité de ces réformes dépendra non seulement de la qualité des textes adoptés, mais aussi de leur application rigoureuse.

Saly Portudal : 18 cambrioleurs recherchés, des visages identifiés grâce à la vidéosurveillance

La traque se poursuit à Saly Portudal après l’effroyable attaque survenue dans la nuit du 5 au 6 août dernier à la résidence « Les Diamantines ». La brigade de recherches de la gendarmerie locale est aux trousses d’un groupe de 18 cambrioleurs, dont certains visages ont été formellement identifiés grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance, rapporte L’Observateur dans son édition de ce vendredi 8 août.

Au-delà du cambriolage, le drame a été marqué par une extrême violence : viols collectifs, agressions physiques, traumatisme psychologique et vol de biens de valeur. La fille adoptive de l’architecte, violemment agressée au cours de l’attaque, a été victime d’un viol collectif, selon les éléments recueillis par les enquêteurs.

Des examens médicaux légaux ont été effectués, incluant une constitution médicale avec prélèvements réalisés par des médecins légistes. Une prophylaxie post-exposition (PPE-PEP) a également été administrée à la victime, pour prévenir tout risque de contamination au VIH ou autres infections sexuellement transmissibles (IST/MST).

Dans le cadre de l’enquête, les cinq vigiles chargés de la sécurité de la résidence au moment des faits ont été interpellés et auditionnés, tout comme les deux autres filles présentes dans la maison, toutes proches de la victime.

L’émotion reste vive dans cette zone touristique de la Petite Côte, longtemps considérée comme paisible. La brutalité de cette attaque a ravivé les préoccupations liées à l’insécurité croissante dans la région, en particulier dans les résidences prisées par des expatriés ou membres de la diaspora.

Affaire Kocc Barma : El Hadji Babacar Dioum brise le silence et accuse El Hadji Assane Demba

Resté longtemps mutique face aux enquêteurs, El Hadji Babacar Dioum, présenté comme le présumé administrateur du sulfureux site Kocc Barma, a finalement décidé de parler devant le doyen des juges. Ce revirement marque un tournant majeur dans cette affaire à rebondissements.

Selon des informations relayées par le journal Libération, Dioum a radicalement changé de version au cours de son audition devant le magistrat instructeur. Désormais, il rejette l’entière responsabilité sur un autre mis en cause : El Hadji Assane Demba.

Un surnom évocateur : “El Professor”

D’après les déclarations de Dioum, Demba serait le véritable cerveau de l’opération. Il aurait non seulement orchestré les activités derrière le site controversé, mais aussi imposé une mise en scène inspirée de la série à succès La Casa de Papel. Dioum révèle en effet que Demba lui aurait demandé de se faire appeler “El Professor”, en référence au stratège du célèbre braquage fictif, et de le désigner, lui, comme “Action-Réaction”, un surnom révélateur de leur supposée dynamique opérationnelle.

Enquête en cours et indices techniques

Ce changement de version intervient alors que les enquêteurs poursuivent leurs investigations techniques. Libération indique que Dioum a de nouveau été extrait de sa cellule pour permettre l’exploitation de son téléphone portable, dans l’espoir d’identifier les éventuels complices, les réseaux utilisés, ou encore les preuves tangibles des accusations portées contre lui et Demba.

Les éléments extraits de l’appareil pourraient s’avérer décisifs pour confirmer ou infirmer les nouvelles déclarations de Dioum. En attendant, cette ligne de défense semble indiquer une tentative claire de se désolidariser du dossier et de recentrer les soupçons sur un autre protagoniste.

PÉTITION ACCUSANT DAKAR D’AVOIR EXCLU BANJUL DE L’EXPLOITATION DU PÉTROLE : Le champ de Sangomar fait-il des jaloux ?

L’affaire fait grand bruit en Gambie, mais c’est le silence absolu au Sénégal. Un juriste britannico-gambien, Ousman F. M’Bai, ancien procureur spécialisé dans la criminalité financière au Royaume-Uni, a déposé une pétition explosive auprès de la CEDEAO. Dans cette requête au ton particulièrement grave, il réclame la part gambienne de l’exploitation d’un réservoir pétrolier transfrontalier offshore, situé dans la zone de Sangomar.

Dans sa pétition adressée au président de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Ousmane F. Mbai dénonce l’instrumentalisation, depuis 2017, de la force d’intervention ECOMIG, censée stabiliser la Gambie après le départ de Yahya Jammeh, mais qui, d’après lui, aurait permis au Sénégal d’étendre son influence sur des institutions clés gambiennes, plus précisément dans le secteur des ressources naturelles. Il accuse le Sénégal, sous l’impulsion du Président Macky Sall, d’avoir abusé de cette position dominante, via ses agents infiltrés, pour empêcher toute négociation d’unitisation. Ce processus est une procédure requise par le droit international lorsque des gisements d’hydrocarbures traversent des frontières nationales, selon le fils de feu Fafa Mbai. Pour étayer son propos, M. M’Bai cite la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS) et reproche au Sénégal d’avoir agi de mauvaise foi, en refusant de coopérer pour une gestion équitable de la ressource pétrolière commune. Ainsi, demande-t-il l’ouverture d’une enquête indépendante ou, à défaut, la facilitation d’un dialogue diplomatique entre le Sénégal et la Gambie.
Par ailleurs, le juriste international affirme que Woodside et FAR Ltd ont poursuivi unilatéralement le développement du champ de Sangomar, en dépit de preuves géologiques reconnues par leurs propres experts indiquant que le réservoir s’étend jusqu’au bloc A2 de la Gambie. Le redécoupage silencieux de ce bloc en 2023, à l’en croire, coïncidant avec la sortie de FAR Ltd du pays et la révision du code maritime sénégalais, aurait entraîné l’exclusion de zones à fort potentiel telles que Bambo-1, Soloo, Soloo Deep et Panthera, estimées à plus d’un milliard de barils récupérables.
« Cette démarcation illégale prive la Gambie de sa souveraineté sur ces ressources (…) Elle crée une zone tampon tacite qui bénéficie au Sénégal et à Woodside, tout en spoliant une nation entière de son avenir énergétique. », insiste M. M’Bai.
Toutefois, ce dossier a l’air d’avoir des contours politiques. En toile de fond, l’ombre de Yahya Jammeh. En exil, l’ancien président gambien Yahya Jammeh, dans un discours virulent relayé par ses partisans, juin dernier, a directement accusé Macky Sall d’avoir « volé le pétrole gambien » avec la complicité de son successeur Adama Barrow. L’ex-homme fort de Banjul, qui n’a jamais digéré son départ du pouvoir sous pression régionale, s’en est également pris à l’actuel Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, qu’il accuse de « complicité par le silence », en contradiction avec ses discours en faveur de la souveraineté et de la transparence.
Face à ces accusations croisées, Dakar continue de garder le silence. Ni le ministère sénégalais du Pétrole, ni Petrosen, ni Woodside Energy n’ont pas encore réagi, malgré plusieurs lettres, selon M. M’Bai. Une attitude qui, d’après lui, appelle une réaction ferme de la CEDEAO pour éviter un climat de méfiance généralisée entre les États de la sous-région.
En attendant, la question reste entière : le pétrole de Sangomar pourrait-il empoisonner les relations entre le Sénégal et la Gambie ?

Penda THIAM

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°533 – 08/08/2025

🔴 PÉTITION À LA CEDEAO ACCUSANT DAKAR D’EXCLURE BANJUL DE L’EXPLOITATION DU PÉTROLE : SANGOMAR FAIT-IL DES JALOUX ?
🔴 VISITE À TOUBA : DIOMAYE CONQUERT LE CŒUR DU KHALIFE

🔴 EN ROUTE POUR L’AFROBASKET : LA MINISTRE DES SPORTS MOTIVE LES « LIONS »
🔴 PROCESSUS DE VALIDATION : LA FÉDÉRATION DE LUTTE FAIT LE TRI

Diplomatie : Recep Tayyip Erdogan salue la visite d’Ousmane Sonko et renforce les liens avec le Sénégal

La visite officielle du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko en Turquie a été saluée avec enthousiasme par le président turc Recep Tayyip Erdogan. À l’issue de leur rencontre à Ankara, les deux dirigeants ont scellé plusieurs accords de coopération, marquant une nouvelle étape significative dans le développement des relations bilatérales entre la Turquie et le Sénégal.

Le président Erdogan n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction d’accueillir « mon cher frère Sonko, Premier ministre du Sénégal, qui a un rôle clé sur le continent africain ». Cette visite s’inscrit dans un contexte d’approfondissement des liens entre les deux pays, notamment dans les domaines économiques, sécuritaires et industriels.

Plusieurs accords ont été signés au terme des discussions, destinés à renforcer la coopération bilatérale dans divers secteurs clés. L’un des objectifs majeurs des deux parties est d’augmenter le volume des échanges commerciaux à un milliard de dollars dans une première phase, témoignant de leur volonté commune de dynamiser le partenariat économique. Recep Tayyip Erdogan a rappelé que de nombreuses entreprises turques ont déjà contribué à la réalisation de projets structurants au Sénégal, appuyant les ambitions de développement du pays.

Dans cette perspective, la Turquie se montre prête à partager son expertise et les expériences de ses entreprises dans le cadre du Programme Sénégal Émergent et du Plan Sénégal 2050, deux initiatives nationales visant à accélérer la transformation économique du pays.

Outre l’économie, les échanges ont également porté sur des questions sécuritaires. Recep Tayyip Erdogan a souligné les discussions menées sur des mesures communes à prendre pour faire face à l’insécurité, au terrorisme, ainsi que sur la coopération dans l’industrie de la défense. Il s’est réjoui de l’intérêt grandissant des pays africains, dont le Sénégal, pour les produits de défense turcs, une industrie en plein essor qui joue un rôle stratégique dans la politique étrangère d’Ankara.

Par ailleurs, le président turc a salué la position du Sénégal dans le contexte de la crise humanitaire à Gaza. Il a tenu à mettre en avant la solidarité sénégalaise avec le peuple palestinien, qualifiant cette attitude d’« exemple pour de nombreux pays ». Recep Tayyip Erdogan a réaffirmé la détermination de la Turquie à poursuivre sa lutte contre ce qu’il qualifie de « génocide à Gaza » et à tenir responsables ceux qu’il accuse de condamner « des enfants innocents à la faim et à la mort ».

Le chef de l’État turc a conclu en avertissant que les auteurs de ces crimes devront répondre devant la justice et seront jugés sévèrement par l’Histoire, insistant sur le caractère dramatique de la situation des enfants palestiniens qui « n’ont laissé que la peau sur les os à cause de la faim ».

Cette visite d’Ousmane Sonko à Ankara marque ainsi un moment fort dans les relations entre la Turquie et le Sénégal, avec des perspectives ambitieuses pour un partenariat stratégique, économique et politique renforcé, en phase avec les défis actuels et futurs des deux pays.

Réduction du train de vie de l’État : Abdou Mbow dénonce les contradictions du régime en place

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, Abdou Mbow, député et membre influent de l’Alliance pour la République (APR), a vivement critiqué le plan de redressement économique récemment présenté par le Premier ministre. Remettant en cause l’efficacité et la sincérité des mesures annoncées, il a dénoncé un discours déconnecté des réalités concrètes.

Abdou Mbow a rappelé que le président Diomaye Faye avait affirmé une réduction de 50 milliards de francs CFA dans le train de vie de l’État. Pourtant, selon lui, cette annonce ne tient pas face à la rigueur des actions menées sous l’ancien régime. « Si vous vous souvenez, sous notre régime, rien qu’en téléphonie, nous avions réussi à diminuer 100 milliards FCFA », a-t-il souligné, insistant sur le fait que les chiffres avancés par le gouvernement actuel sont loin d’être à la hauteur.

Plus encore, il a pointé du doigt ce qu’il qualifie d’« hypocrisie » dans la gestion des fonds publics. Le porte-parole de l’APR accuse notamment le gouvernement de vouloir faire oublier les budgets alloués aux fonds politiques ainsi que l’augmentation du budget de la Primature, qui aurait été majorée de 6 milliards de francs CFA, sans oublier également l’augmentation budgétaire de l’Assemblée nationale. « Ils pensent qu’on va oublier ces dépenses. Nous ne les oublierons pas. Au lieu de réduire le train de vie de l’État, ils l’augmentent et utilisent le Sénégalais lambda pour financer ce fonctionnement », a-t-il déploré.

Abdou Mbow a ensuite rappelé les initiatives concrètes prises sous le mandat de l’ancien président Macky Sall. Il a évoqué la commission mise en place dès 2012 pour réduire les coûts de fonctionnement de l’État, soulignant que cette démarche s’était appuyée sur des institutions nationales comme l’Inspection générale d’État (IGE), dirigée à l’époque par Nafy Ngom Keïta. Cette commission avait abouti, le 21 mai 2012, à un rapport présenté au président Macky Sall, qui avait aussitôt ordonné la suppression de 59 agences et directions, une mesure qu’Abdou Mbow qualifie de « concrète et efficace ».

Comparant cette approche aux annonces actuelles, il a regretté l’absence de garanties sur la réduction réelle du train de vie de l’État dans le plan du gouvernement. « Jusqu’à présent, on ne sait pas quelle agence ou direction sera supprimée, ni ce qui a effectivement été réduit », a-t-il déploré, qualifiant la promesse de réduction comme une simple « poudre aux yeux ».

Au final, Abdou Mbow a dressé un tableau sévère du régime actuel, qu’il accuse de manquer de transparence et d’engagement sincère dans la maîtrise des dépenses publiques, laissant craindre que ce soit le contribuable sénégalais, en particulier les plus modestes, qui supporte la charge financière de ces choix.

Redressement économique : l’APR dénonce le plan « Jubbanti Koom » et alerte sur ses risques pour les plus vulnérables

L’Alliance pour la République (APR) a livré, ce jeudi, une critique sévère du plan de redressement économique et social « Jubbanti Koom » présenté par le gouvernement. Lors d’un point de presse animé par sa porte-parole adjointe, Mame Gueye Diop, le parti de l’ancien président Macky Sall a accusé les autorités en place de préparer un dispositif qui risque, selon lui, d’accentuer la précarité sociale plutôt que de la résorber.

D’entrée, l’APR a pointé du doigt la faiblesse de l’engagement budgétaire de l’État, estimé à moins de 100 milliards de francs CFA, soit environ 2 % du financement global prévu pour la mise en œuvre du plan. Pour Mame Gueye Diop, cette proportion traduit un désengagement flagrant de l’État au profit d’une charge transférée quasi exclusivement sur les épaules des populations. « C’est comme si on demandait au peuple de relancer seul l’économie pendant que l’État se contente de commentaires et de promesses, confortablement installé dans ses privilèges », a-t-elle affirmé.

Le parti dénonce également un « matraquage fiscal » qui, selon lui, découle directement de l’architecture du « Jubbanti Koom ». Il accuse le gouvernement de protéger son train de vie tout en imposant des mesures fiscales lourdes aux entreprises, aux ménages, aux travailleurs du public et du privé, au secteur informel et aux acteurs du monde rural. Dans le détail, l’APR évoque un programme fondé sur des recettes fiscales attendues à hauteur de 4 605 milliards de francs CFA sur trois ans, issues de mesures jugées excessives et inéquitables. Pour les Républicains, la répartition de ces ressources demeure opaque et entachée de contradictions, laissant planer des doutes sur la transparence du processus.

Au-delà des chiffres, l’APR s’inquiète des conséquences sociales du plan. Elle estime que la suppression de subventions, la réduction des exonérations et l’élargissement brutal de l’assiette fiscale entraîneront inévitablement une hausse généralisée des prix, touchant les denrées de base, les services de transport, la téléphonie et d’autres secteurs clés. Cette spirale inflationniste, avertit le parti, sera directement supportée par le consommateur final, accentuant l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus modestes.

Les critiques vont jusqu’à remettre en cause la légitimité même du programme. L’APR accuse le gouvernement d’échouer à apporter au Fonds monétaire international (FMI) les preuves des supposées irrégularités financières attribuées à l’ancien régime, tout en lançant un plan « obéissant à une logique funeste ». « Le Jubbanti Koom mérite lui-même un redressement », a ironisé Mame Gueye Diop, estimant que les mesures proposées ouvrent de « sombres perspectives » pour les populations, le secteur privé et le monde rural.

Enfin, le parti a alerté sur le risque de privatisation du foncier agricole, qu’il juge incompatible avec la souveraineté alimentaire et foncière du Sénégal. Pour l’APR, ce danger, ajouté à la pression fiscale, constitue une double menace sur la stabilité sociale et la sécurité économique du pays. « Après une analyse lucide, nous rejetons ce plan dans la forme comme dans le fond », a conclu Mame Gueye Diop, appelant à repenser en profondeur la stratégie économique nationale pour éviter, selon ses termes, « un cinglant jubbanti qui frapperait les plus vulnérables ».

Magal 2025 : Serigne Mountakha exprime son attachement profond au Président Diomaye Faye

La visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, auprès du Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, à l’approche du Grand Magal de Touba 2025, a été marquée par un échange d’une rare intensité spirituelle. À cette occasion, un message personnel et empreint d’affection a été transmis au chef de l’État par le porte-parole du Khalife, Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké, connu sous le nom de Cheikh Bass.

En réponse aux propos du président, Serigne Mountakha a fait savoir, par la voix de son porte-parole, qu’il lui porte une profonde affection. « Serigne Mountakha m’a chargé de vous dire qu’il vous porte profondément dans son cœur, en raison des vertus religieuses qui vous caractérisent. Votre attachement sincère à l’Islam a suscité chez lui un sentiment d’estime et d’affection véritables », a déclaré Cheikh Bass devant l’assistance.

Le Khalife a profité de ce message pour rappeler qu’il se considère avant tout comme le représentant de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride, et qu’à ce titre, il se met au service de tous les Sénégalais, sans distinction aucune. Il a insisté sur sa mission exclusivement spirituelle, dépourvue de toute ambition mondaine, et réitéré les propos déjà tenus à l’endroit du président lors du mois de Ramadan, exprimant sa conviction en la sincérité et en la volonté de ce dernier de faire avancer le pays.

Au sujet des projets en cours, notamment ceux relatifs à l’Université de Touba et à l’organisation du Magal, Serigne Mountakha a fait part de sa gratitude pour l’engagement concret du gouvernement. « Les directives que vous avez données à votre Premier ministre et à vos ministres ont été respectées et exécutées dans la mesure du possible », a souligné Cheikh Bass, transmettant ainsi les remerciements du Khalife.

Enfin, le guide religieux a tenu à rappeler qu’il consacre toute son énergie à la religion, à la ville sainte et à la famille religieuse. « Il n’a ni ambition personnelle ni temps à gaspiller dans des choses étrangères à la religion », a précisé son porte-parole, réaffirmant ainsi la nature exclusivement spirituelle de sa mission.

Cette rencontre, à la fois solennelle et empreinte de chaleur humaine, renforce les liens entre l’État et la communauté mouride à l’approche de l’un des plus grands rassemblements religieux du pays, confirmant que la préparation du Magal demeure une priorité nationale.

Grand Magal de Touba 2025 : le Président Diomaye Faye réaffirme l’engagement total de l’État aux côtés de la communauté mouride

À quelques jours de la célébration du Grand Magal de Touba, événement religieux majeur rassemblant chaque année plusieurs millions de pèlerins, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est rendu dans la ville sainte pour une visite officielle placée sous le signe du respect, de la solidarité et du partenariat avec la communauté mouride. Accueilli par le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, le chef de l’État était accompagné d’une importante délégation composée de plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels Mary Teuw Niane, Jean Baptiste Tine, Cheikh Diba, Moussa Balla Fofana et Alioune Dione, ainsi que des responsables de l’administration centrale.

Cette rencontre, tenue dans un climat empreint de fraternité et de considération mutuelle, a été l’occasion pour le président Diomaye Faye de renouveler l’engagement indéfectible de l’État dans l’accompagnement et la bonne organisation de cet événement spirituel d’envergure nationale et internationale. Dans son allocution, il a rappelé que, lors du dernier Conseil des ministres, il avait donné des instructions fermes à tous les ministres et directeurs généraux afin qu’ils mobilisent leurs services et leurs moyens pour assurer la réussite du Magal. La coordination générale des préparatifs a, comme l’année précédente, été confiée au Premier ministre, avec pour mission de travailler en synergie avec les différents ministères afin de garantir une logistique irréprochable, une sécurité optimale et une prise en charge sanitaire adéquate pour les millions de fidèles attendus.

Le chef de l’État a également insisté sur la place centrale de la religion dans son programme de gouvernance. Il a rappelé la création d’une Délégation générale aux affaires religieuses, structure dédiée au maintien d’un dialogue constant et constructif avec l’ensemble des guides spirituels du pays. Touba, en tant que pôle religieux majeur, bénéficie d’une attention particulière, surtout depuis que la date du Magal coïncide avec la saison des pluies depuis deux années consécutives. Conscient des difficultés liées aux inondations, le président a indiqué avoir donné des directives claires au ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement pour améliorer de manière significative la gestion des eaux pluviales et minimiser les désagréments pour les pèlerins. « Bien sûr, tous les problèmes ne peuvent pas être réglés en une fois, mais chaque année, nous poursuivrons les efforts pour éradiquer définitivement les inondations », a-t-il assuré.

Sur le plan des infrastructures religieuses et éducatives, le président Diomaye Faye a affirmé avoir examiné attentivement les demandes formulées par la délégation mandatée par le Khalife, notamment en ce qui concerne l’université de Touba. Il a annoncé que l’État apportera son soutien à ce projet stratégique pour l’éducation et la formation des jeunes. Il a également réaffirmé la volonté de son gouvernement de contribuer aux travaux de la Grande Mosquée, symbole spirituel et architectural de la ville.

En marge des actions gouvernementales, la Première dame, Absa Faye, a également pris une part active aux préparatifs. Elle a financé l’organisation de journées de consultations médicales gratuites et de campagnes de don de sang, initiatives destinées à renforcer la prise en charge sanitaire des fidèles durant cette période de forte affluence.

Au nom du Khalife général, son porte-parole, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadr, a salué la présence du président et les efforts tangibles fournis par l’État. Il a souligné que tous les engagements pris par les autorités, du Premier ministre aux ministres, avaient été respectés, et a transmis les prières et bénédictions de Serigne Mountakha pour la réussite des actions présidentielles et le développement harmonieux du pays.

La visite s’est conclue par un déplacement du chef de l’État à la Grande Mosquée de Touba, marquant ainsi la dimension spirituelle et symbolique de cette mission. En réaffirmant son engagement à soutenir le Magal et à travailler main dans la main avec la communauté mouride, Bassirou Diomaye Faye a voulu adresser un message clair : l’État reste un partenaire attentif et constant, prêt à mettre ses moyens au service de la foi, de la paix et de l’unité nationale.

Sandiara : Saisie de 42 kg de chanvre indien, les trafiquants en fuite

Une nouvelle opération coup de poing a été menée ce mercredi 6 août 2025 à Sandiara par l’Unité de lutte de Mbour, relevant de la Brigade régionale des stupéfiants de Thiès (OCRTIS). Cette intervention s’inscrit dans le cadre des actions de surveillance et de répression contre le trafic de drogue, qui connaît une recrudescence dans certaines zones du pays.

Selon une note de la police exploitée par Ledakarois.sn, les agents ont réussi à intercepter deux colis de chanvre indien, pour un poids total de 42 kilogrammes. La marchandise a été découverte après que des individus, surpris par l’arrivée des forces de l’ordre, ont pris la fuite à bord d’une charrette, abandonnant leur cargaison sur place. La rapidité de leur fuite laisse penser qu’ils avaient été repérés ou craignaient un contrôle imminent.

Cette saisie résulte d’une mission d’investigation ciblée, menée grâce à des informations collectées sur le terrain. Les agents de l’OCRTIS avaient renforcé leur présence dans la zone, suspectée d’être un point de transit important pour les trafiquants. L’opération, minutieusement préparée, a permis de mettre la main sur la drogue, même si les auteurs ont pour l’instant échappé à l’arrestation.

Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin d’identifier les suspects et remonter la filière. Les autorités précisent que ce type d’action s’inscrit dans un plan global visant à neutraliser les réseaux de distribution et à assécher les circuits d’approvisionnement. Elles réitèrent par ailleurs leur détermination à intensifier la lutte contre le trafic de stupéfiants, un fléau qui menace la sécurité et la stabilité des communautés locales.

Si les auteurs de cette opération illégale restent pour le moment dans la nature, les forces de l’ordre se disent confiantes quant à l’aboutissement de l’enquête, grâce aux pistes actuellement exploitées. Cette saisie vient ainsi rappeler que, dans la guerre contre la drogue, chaque kilogramme intercepté représente un coup dur pour les réseaux criminels.

Ousmane Sonko reçu par le président Erdoğan pour consolider le partenariat stratégique Sénégal-Türkiye

Le Premier ministre sénégalais a réaffirmé l’engagement de Dakar envers les partenaires turcs dans le cadre de l’Agenda Sénégal 2050, tout en abordant avec son homologue turc les enjeux économiques et la crise humanitaire à Gaza.

Chers compatriotes,

J’ai été reçu, ce jour, par Son Excellence Recep Tayyip Erdoğan, Président de la République de Türkiye, pour renforcer les relations bilatérales entre nos deux pays dont la coopération est déjà hissée au niveau de partenariat stratégique. A cette occasion, j’ai réaffirmé, au nom de son excellence Bassirou Diomaye Faye, l’engagement du Sénégal à accorder une place privilégiée aux partenaires turcs dans la mise en œuvre de l’Agenda « Sénégal 2050 ».

Le Président Erdoğan a salué notre Plan de Redressement Économique et Social, soulignant notamment son financement endogène, qui incarne notre volonté de promouvoir un développement autonome. Il a également réaffirmé l’engagement total de son pays à soutenir la mise en œuvre de l’Agenda National de Transformation systémique du Sénégal.

Lors de cette rencontre, nous avons également discuté de la situation à Gaza. Nous avons exprimé ensemble notre indignation et condamné le génocide qui se déroule en Palestine. Le président Erdoğan a par ailleurs salué la constance et le courage de la position sénégalaise sur cette question.


Ousmane SONKO, Premier ministre du Sénégal 

Méouane : Le maire Cheikh Sall interpelle GCO après un accident mortel et dénonce l’absence de responsabilité sociale

Lors d’un forum tenu samedi dernier à Méouane sur les impacts des activités minières dans la région, le maire de la commune, Cheikh Sall, a vivement interpellé la société minière Grande Côte Opérations (GCO), suite à un tragique accident ferroviaire survenu à Ndoukoureu, ayant coûté la vie à une femme.

Face à une salle comble composée d’acteurs locaux, de représentants de la société civile et de familles affectées, l’élu local a exprimé ses inquiétudes croissantes concernant la sécurité autour des trains de GCO. « Jusqu’à présent, la famille de la dernière victime n’a reçu aucun soutien de GCO. Les enfants de la défunte ont même dû abandonner l’école. Cela est inacceptable », a déclaré le maire, visiblement ému.

Cheikh Sall a annoncé que la municipalité se tiendra aux côtés des familles dans toute action judiciaire contre l’entreprise. Pour lui, cet accident n’est que le reflet de problèmes structurels bien plus profonds : « dégradation de l’environnement, préjudices à l’agriculture et à l’élevage, et absence de responsabilité sociale de la part de GCO ».

Face à ces accusations, la société Grande Côte Opérations a publié un communiqué défensif. L’entreprise y affirme que son impact sur l’agriculture est limité, en précisant qu’elle n’opère que sur des zones de dunes à sables minéralisés. Elle ajoute que les sites exploités sont systématiquement revégétalisés et remis à l’État après l’extraction.

Sur le plan économique, GCO met en avant sa contribution à l’économie sénégalaise. Selon ses chiffres, elle aurait injecté 121,3 milliards de FCFA en 2024, répartis entre les achats locaux (70,2 milliards), la fiscalité (27,5 milliards) et d’autres dépenses opérationnelles.

Malgré ces arguments, les critiques des autorités locales persistent. À Méouane, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de retombées tangibles pour les populations riveraines. L’annonce du maire de soutenir des démarches judiciaires marque un tournant inédit dans les relations entre la mairie et l’entreprise minière.

Redressement économique : Me Oumar Youm démonte le plan du gouvernement

Le plan de redressement économique et social récemment présenté par le gouvernement continue de susciter de vives réactions dans l’opposition. Lors du point de presse de l’Alliance pour la République (APR), Me Oumar Youm, ancien ministre des Infrastructures et figure de proue de l’ex-parti au pouvoir, a livré une analyse sévère du document dévoilé par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Selon Me Youm, ce plan, loin d’être une stratégie cohérente de relance économique, s’apparente à un ajustement structurel volontaire aux conséquences potentiellement désastreuses pour les ménages et les différentes couches sociales du pays. « Les soubassements de ce plan sont catastrophiques. Il ne prend pas en compte les réalités concrètes que vivent les Sénégalais », a-t-il martelé.

L’ancien ministre n’a pas manqué de fustiger ce qu’il considère comme une communication politique déconnectée du réel. « Nous avons vu un Premier ministre rester debout pendant 75 minutes pour présenter un plan aérien. Or, l’économie, c’est du concret. Il faut partir du réel, de ce qui est plausible et faisable », a-t-il insisté, remettant en cause la pertinence des orientations économiques affichées par le gouvernement.

Me Youm a par ailleurs dénoncé une instrumentalisation de la fiscalité. À ses yeux, ce prétendu plan de redressement n’est en réalité qu’un catalogue de mesures fiscales, loin des ambitions sociales annoncées. « Ce n’est pas un plan de redressement économique, mais un plan simplement fiscal », a-t-il tranché, allant jusqu’à qualifier le document d’« exercice de communication » et de « violation flagrante de notre démocratie ».

Avec une pointe d’ironie, il estime que le plan lui-même mérite un « Jubeunti », autrement dit, un redressement, tant ses incohérences sont manifestes.

Kaolack : Le président du conseil départemental salue la pertinence de l’élaboration de la Politique nationale de l’emploi

Le chômage des jeunes n’est plus une fatalité. Depuis plusieurs années, les autorités locales ont décidé de passer à l’action. C’est dans ce cadre que le président du Conseil départemental de Kaolack, Ahmeth Youssouf Benjelloun, s’est exprimé ce jeudi 7 juillet 2025, lors du Comité régional de développement (CRD) marquant le lancement des consultations régionales pour l’élaboration de la Politique nationale de l’emploi.

« Nous sommes honorés de votre présence à cette rencontre et sensibles à l’intérêt que vous portez aux préoccupations des acteurs territoriaux. Votre démarche participative et inclusive, qui consiste à consulter les parties prenantes à la base, est à saluer avec la plus grande considération. Elle témoigne d’une volonté de bâtir une politique nationale de l’emploi ancrée dans les réalités locales et attentive aux attentes des citoyens », a déclaré Ahmeth Youssouf Benjelloun.

Revenant sur ses engagements pris lors des élections territoriales de 2022, le président du Conseil départemental a rappelé sa volonté de travailler aux côtés des populations et des partenaires pour la construction d’un département écologique, économiquement prospère, socialement épargné, et résilient. « Parmi les chantiers prioritaires identifiés, l’emploi des jeunes et des femmes occupe une place de choix. Il faut le rappeler : l’emploi n’est pas seulement un indicateur économique, c’est aussi un levier d’intégration sociale et un facteur déterminant de stabilité et de paix », a-t-il souligné.

Et d’ajouter : « Dans un pays comme le nôtre, où la majorité de la population est constituée essentiellement de jeunes, la mise en place d’une politique de l’emploi efficace est non seulement une nécessité, mais une urgence. »

S’adressant au ministre en charge de l’Emploi, il a conclu : « Monsieur le ministre, au regard de la pertinence du thème, nous nous engageons à vous accompagner dans ce combat contre le chômage des jeunes. »

Kaolack : Lancement des consultations régionales pour l’élaboration de la Politique nationale de l’emploi

Face à un chômage structurel qui touche particulièrement les jeunes et les femmes, le gouvernement du Sénégal a engagé un vaste processus participatif en vue de l’élaboration d’une nouvelle Politique nationale de l’emploi (PNE). Ce chantier stratégique vise à définir un cadre cohérent, inclusif et durable pour répondre aux défis du marché du travail.

C’est dans ce cadre que le ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions, M. Abasse Fall, a présidé, ce jeudi 7 août 2025, à Kaolack, l’atelier de lancement des consultations régionales relatives à l’élaboration de cette nouvelle politique.

« Dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2025-2029, adossée à l’Agenda Sénégal 2050, le gouvernement a fait de l’emploi et de l’employabilité une priorité absolue », a déclaré le ministre.

Il a rappelé que, lors du Conseil des ministres du 16 octobre 2024, le président de la République, Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, a instruit son département de conduire l’élaboration d’une politique nationale de l’emploi alignée sur la Vision Sénégal 2050.

Le ministre a également souligné que ce processus se veut inclusif et participatif, associant l’ensemble des parties prenantes aux niveaux central et territorial. L’objectif est de produire un document stratégique fidèle aux aspirations des populations, aux réalités socio-économiques locales, ainsi qu’aux priorités spécifiques de chaque territoire.

Lancé officiellement le 15 mai 2025, ce processus bénéficie du soutien de partenaires techniques et financiers, notamment le Bureau international du Travail (BIT) et l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

le renforcement des capacités du Comité de pilotage (COPIL), la réalisation d’un diagnostic national approfondi en partenariat avec l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les consultations régionales comme celle de Kaolack, et enfin, l’élaboration et la validation du document final de la politique.

Le ministre a insisté sur l’importance de la phase actuelle du diagnostic, conduite sous la coordination des autorités administratives et locales. Cette étape permet d’analyser les dynamiques du marché du travail, de croiser les expériences et de dégager des pistes d’action réalistes et adaptées.

« J’invite toutes les parties prenantes – collectivités territoriales, services publics de l’emploi et de l’entrepreneuriat, structures régionales, jeunes, femmes – à s’impliquer pleinement. Sous l’autorité du gouverneur, cette consultation doit aboutir à un diagnostic régional structuré et porteur de solutions », a conclu M. Abasse Fall.

Mise en garde contre les dangers de la discorde ( par Cheikh Mohamed Lamine Cheibata Aïdara)

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

De la part de : Cheikh Mohamed Lamine Cheibata Aïdara
Président du Mouvement Mondial de la Jeunesse Islamique Abarar

À : Mes chers frères, dirigeants des partis politiques du Sénégal
Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous,

Objet : Mise en garde contre les dangers de la discorde

Nous, au sein du Mouvement Abarar, suivons avec une vive inquiétude l’escalade des discours politiques qui frisent l’incitation à la division et à la discorde entre les fils d’un même peuple. C’est par sens de responsabilité religieuse et patriotique que nous vous rappelons que les nations se construisent par la sagesse et se détruisent par la fitna (discorde). Allumer le feu de la division n’apporte aucun bénéfice, même à celui qui l’a allumée le premier.

Le Prophète Muhammad (paix et salut sur lui) a mis en garde avec sévérité en disant :
« La fitna (discorde) est endormie ; qu’Allah maudisse celui qui l’éveille. »
[Rapporté par At-Tabarani avec une chaîne de transmission bonne].

Nous vous appelons donc à privilégier l’intérêt supérieur de la nation sur les calculs partisans. L’histoire ne pardonne pas, et chacun sera interrogé devant Dieu sur ses paroles et ses actes. La voix de la sagesse doit prévaloir sur le tumulte de l’agitation, et les voies de réforme ne passent pas par l’incitation à la discorde, mais par le dialogue, la responsabilité et la crainte de Dieu.

Qu’Allah vous guide vers ce qui est bénéfique pour le pays et qu’Il nous préserve tous des troubles, visibles ou cachés.

Was-Salamou ‘alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh.

Fait à Rao– Saint-Louis, Sénégal
Le 11 juillet 2025

Cheikh Mohamed Lamine Cheibata Aïdara
Président du Mouvement Abarar

Sococim parie sur l’avenir avec son programme « Jeunes Talents »

La Sococim Industries renforce son engagement en faveur de l’employabilité des jeunes. La cimenterie a officiellement lancé ce jeudi à Diamniadio son programme « Jeunes Talents », un dispositif novateur d’immersion professionnelle destiné à accompagner la formation de futurs cadres. Pendant 18 mois, 39 étudiants sélectionnés parmi 295 candidatures issues de 47 établissements bénéficieront d’une expérience terrain au sein de l’entreprise.


‎Mamadou Seck, directeur général de la Sococim, a souligné l’importance de cette initiative. « Nous voulons offrir à ces jeunes une véritable passerelle entre l’école et l’entreprise, afin qu’ils soient mieux préparés aux exigences du marché du travail », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement.


‎Présent à l’événement, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Abdourahmane Diouf, a salué cette démarche citoyenne. Il a appelé les autres entreprises à suivre l’exemple de la Sococim : « Ce genre de programme contribue à résorber le chômage des jeunes diplômés tout en soutenant la compétitivité nationale ».


‎Les bénéficiaires, visiblement enthousiastes, ont exprimé leur reconnaissance et leur espoir de transformer cette opportunité en tremplin vers un emploi durable. « C’est une chance inouïe pour nous de découvrir le monde professionnel dans une entreprise de référence comme la Sococim », confie l’une des lauréates.


‎Par cette initiative, la cimenterie entend jouer pleinement son rôle d’acteur économique responsable, tout en misant sur la formation des compétences locales pour mieux bâtir l’avenir.

À l’approche du Grand Magal, le Président Diomaye Faye en visite chez le Khalife général des Mourides : entre tradition et engagement républicain

À moins d’une semaine de la célébration du Grand Magal de Touba, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce jeudi 7 août une visite officielle au domicile du Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké. Une démarche empreinte de solennité et de respect, perpétuant une tradition bien ancrée chez les chefs d’État sénégalais.

Accompagné de la Première Dame, Absa Faye, et d’une forte délégation ministérielle, le Président s’est entretenu avec le guide spirituel, réaffirmant la volonté de son gouvernement d’œuvrer pleinement à la réussite de cet événement religieux d’envergure.

Dans son allocution, Bassirou Diomaye Faye a tenu à remercier le Khalife pour son accueil chaleureux avant de rappeler les directives fermes données à son équipe gouvernementale. « Ces derniers jours, en Conseil des ministres, j’ai réitéré mes instructions aux ministres et directeurs généraux pour qu’aucun effort ne soit ménagé. Le Premier ministre a été responsabilisé afin que rien ne soit laissé au hasard », a-t-il déclaré.

Par cette visite, le chef de l’État a également tenu à montrer que le Magal ne relève pas uniquement de la sphère spirituelle, mais constitue aussi un défi logistique, sanitaire et sécuritaire majeur pour l’État.

Le Président Faye a réaffirmé la place centrale de l’être humain dans son projet de société, soulignant l’importance accordée à la religion comme socle de la cohésion nationale. « L’écoute que nous accordons aux familles religieuses est une forme de sacerdoce. Nous sommes friands des conseils que vous nous prodiguez pour le bien du pays », a-t-il déclaré, marquant son attachement au dialogue interinstitutionnel et à la guidance spirituelle.

Évoquant les chantiers majeurs en cours à Touba, le chef de l’État a rassuré sur l’implication de l’État dans la réalisation des projets chers au Khalife, notamment l’Université de Touba et la rénovation de la Grande Mosquée. « Nous savons que vous êtes en mesure de mener à bien ces projets, mais l’État ne peut rester les bras croisés », a-t-il affirmé, confirmant qu’une délégation du Khalife a été reçue à ce sujet, et que le Premier ministre a été instruit pour un suivi de proximité.

Parmi les membres du gouvernement ayant accompagné le président figuraient notamment Jean Baptiste Tine, ministre de l’Intérieur, Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget, Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, ainsi qu’Alioune Dione, ministre de la Microfinance. Leur présence témoigne de l’importance accordée par les autorités à la réussite logistique, financière et sociale du Magal.

GUINÉE-BISSAU : Umaro Sissoco Embalo limoge son Premier ministre à quatre mois de la présidentielle

La scène politique bissau-guinéenne connaît un nouveau rebondissement. Le président Umaro Sissoco Embalo a procédé, ce jeudi 7 août 2025, à la révocation du Premier ministre Rui Duarte Barros, par décret présidentiel. Dans la foulée, il a nommé Braima Camara, un proche du pouvoir et membre influent de son parti, le Mouvement pour l’alternance démocratique (Madem G15), à la tête du gouvernement.

Aucune explication officielle n’a été fournie quant aux raisons de ce limogeage. Toutefois, cette décision intervient dans un climat politique particulièrement tendu, à seulement quatre mois de l’élection présidentielle prévue pour le 23 novembre prochain. De nombreux observateurs y voient une manœuvre politique visant à consolider le contrôle du président sur l’exécutif à l’approche du scrutin.

Rui Duarte Barros, figure du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), principal parti d’opposition, avait été nommé en décembre 2023 dans un contexte de recomposition politique post-crise. Son éviction est perçue comme un coup dur pour l’opposition, déjà critique à l’égard de la gouvernance d’Embalo et de ce qu’elle qualifie de dérives autoritaires.

Depuis son indépendance du Portugal en 1973, la Guinée-Bissau est régulièrement secouée par des coups d’État, des luttes de pouvoir, et une instabilité institutionnelle chronique. Malgré un espoir de normalisation après la présidentielle de 2014, les turbulences politiques ont perduré. L’accession au pouvoir d’Embalo en 2019, à l’issue d’une élection controversée, n’a pas mis fin aux tensions. En décembre 2023, le pays avait déjà connu une tentative de coup de force qui avait aggravé les divisions au sein des institutions.

La nomination de Braima Camara, considéré comme un fidèle du président, pourrait accroître les crispations politiques. L’opposition, tout comme la société civile, redoute une concentration des pouvoirs au sommet de l’État à l’approche d’un scrutin décisif.

Saly : Thierno Bocoum tire la sonnette d’alarme après l’attaque violente aux Diamantines

Suite à l’attaque sanglante survenue dans la nuit du 5 au 6 août à la résidence “Les Diamantines” à Saly, marquée par un viol collectif, des violences sur mineure et un vol important, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders, monte au créneau. Dans une tribune, il dénonce une insécurité désormais chronique dans les zones touristiques et interpelle l’État.

Le choc est encore vif à Saly, station balnéaire réputée, où un drame d’une extrême violence a éclaté dans la nuit du 5 au 6 août. Des individus armés ont fait irruption dans une villa de la résidence “Les Diamantines”, où ils ont perpétré un viol collectif, agressé une fillette et dérobé de nombreux biens de valeur. Ce crime odieux, qui a profondément bouleversé l’opinion, relance le débat sur la sécurité dans les zones touristiques du pays.

C’est dans ce contexte tendu que Thierno Bocoum, ancien député et leader du parti AGIR-Les Leaders, a pris la plume pour alerter l’opinion publique et interpeller les autorités. Dans une tribune poignante, il affirme que « ce qui s’est passé à Saly n’est plus un cas isolé mais le symptôme d’une insécurité croissante dans les zones touristiques ».

Selon lui, Saly, Mbour, Warang ou encore Thiès sont devenus le théâtre d’opérations récurrentes de bandes armées qui ciblent villas, hôtels et campements touristiques. « Leur sentiment d’invincibilité alimente leur audace, plongeant les populations locales dans l’angoisse », écrit-il. Il pointe du doigt les conséquences dramatiques de cette situation : désaffection touristique, repli des investisseurs, ralentissement économique local, dégradation de l’image du Sénégal à l’international.

Thierno Bocoum estime que ces zones doivent désormais être considérées comme des « zones à risque » et appelle à une réaction urgente et coordonnée des pouvoirs publics. Il propose une série de mesures concrètes pour endiguer le phénomène : mise en place de brigades spécialisées, installation de caméras de surveillance, organisation de patrouilles mixtes, renforcement des dispositifs communautaires encadrés, numéros d’alerte fonctionnels, et obligation de sécurité renforcée pour les établissements touristiques.

L’ancien parlementaire souligne que cette insécurité affecte bien plus que le secteur du tourisme. Elle désorganise les communautés locales, affaiblit la cohésion sociale et pousse certains habitants à organiser des rondes informelles ou à recourir à une justice parallèle, non sans risques de dérives. « Le tissu local est fracturé. Le Sénégal ne peut prétendre être une destination fiable si l’insécurité devient la norme », alerte-t-il.

Et de conclure : « La paix sociale, l’économie locale et la stabilité nationale sont en jeu. L’État doit agir vite, fermement et durablement puisque sans sécurité, il n’y a ni tourisme ni croissance. »

Eumeu Sène porte plainte contre Niang Xaragne Lo pour diffamation : la tension monte dans l’arène

Le lutteur Eumeu Sène a officiellement déposé une plainte pour diffamation contre l’influenceur Niang Xaragne Lo, à la suite de propos jugés offensants, tenus peu avant son combat très attendu contre Franc. Une affaire qui fait grand bruit dans l’univers de la lutte sénégalaise, où les rivalités sportives débordent parfois les limites de l’arène.

Les faits remontent à la période précédant le duel entre Eumeu Sène et Franc. À cette époque, Niang Xaragne Lo, figure influente des réseaux sociaux, aurait tenu des propos publics à l’encontre du lutteur de Pikine. Bien que la nature exacte de ces déclarations n’ait pas été précisée, elles ont été perçues par Eumeu Sène et son entourage comme des attaques personnelles portant atteinte à son honneur et à son image.

Ce combat représentait une échéance importante pour Eumeu Sène, considéré par beaucoup comme une occasion de redorer le blason de Pikine après une série de contre-performances. La sortie de l’influenceur aurait donc été particulièrement mal accueillie, dans un contexte déjà tendu.

Selon les informations rapportées par le média Fadam, plusieurs tentatives de médiation ont été initiées dans le but d’apaiser les tensions. Des personnalités influentes du monde de la lutte auraient tenté d’entrer en contact avec le camp d’Eumeu Sène. Mais ces efforts seraient restés sans suite, la partie plaignante demeurant injoignable ou peu réceptive aux appels au dialogue.

La situation a pris une nouvelle tournure après la défaite d’Eumeu Sène face à Franc. Ce revers, face à un adversaire plus jeune et considéré comme prometteur, a visiblement renforcé la volonté du lutteur d’aller jusqu’au bout de sa démarche judiciaire. C’est dans ce contexte de frustration et de déception qu’il a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux.

L’affaire oppose désormais deux figures publiques : un champion de lutte au palmarès reconnu, et un influenceur suivi par des milliers d’internautes. Elle soulève une question récurrente dans l’espace public sénégalais : jusqu’où peut aller la liberté d’expression, notamment sur les réseaux sociaux, sans empiéter sur la dignité et la réputation des personnes ciblées ?

Afrobasket 2025 : Les Lions du Sénégal reçoivent le drapeau national avant leur départ pour Luanda

À quelques jours du début de la 31e édition de l’Afrobasket masculin, prévue du 12 au 24 août à Luanda (Angola), l’équipe nationale du Sénégal a reçu, ce jeudi, le drapeau national des mains du ministre des Transports, Yankhoba Diémé, agissant au nom du chef de l’État. La cérémonie, empreinte de solennité et d’émotion, symbolise l’engagement ferme de l’État à accompagner les Lions dans cette nouvelle conquête continentale.

Dans son allocution, le ministre a salué le glorieux passé du basketball sénégalais, rappelant que l’équipe masculine, tout comme la sélection féminine, a inscrit son nom en lettres d’or dans les annales sportives africaines avec cinq titres continentaux. « C’est beau. J’allais dire même très beau », a-t-il lancé, visiblement ému.

Revenant sur le parcours récent des Lions, le ministre a mis en avant les six victoires consécutives obtenues lors des éliminatoires, témoignage d’un groupe solide, compétitif et prêt à affronter les plus grandes nations. Il a encouragé les joueurs à faire preuve de courage, de détermination et d’un mental d’acier, tout en leur adressant un message fort :

« Sortez les griffes, rugissez encore plus fort sur le sol angolais et revenez-nous avec le trophée ! »

Yankhoba Diémé a aussi souligné les efforts consentis par l’État, dans un contexte économique tendu, pour offrir aux Lions une préparation de qualité, qui selon lui, est l’une des meilleures de l’histoire du basketball sénégalais. « Des sacrifices ont été faits sur instruction du chef de l’État », a-t-il précisé, assurant que tout a été mis en œuvre pour que l’équipe aborde le tournoi dans les meilleures conditions.

Le ministre n’a pas manqué de saluer le rôle capital des supporters sénégalais, les qualifiant de « douzième Gaïndé », capables de transcender l’équipe par leurs chants et leur ferveur inégalable.

Enfin, il a adressé un message d’unité et de cohésion à l’ensemble de la délégation, en appelant à régler les éventuels différends « dans nos chambres, avec la sagesse africaine », insistant sur l’importance de rester un et indivisibles pour espérer décrocher le sacre.

Justice : Assane Diouf condamné à quatre mois ferme, ses avocats vont faire appel

L’activiste Assane Diouf a été condamné, ce jeudi 7 août, à quatre mois de prison ferme par le tribunal de grande instance de Dakar. Il a été reconnu coupable des chefs de diffusion de fausses nouvelles et de discours contraire aux bonnes mœurs, une peine qu’il a d’ores et déjà purgée.

Dans ce dossier très suivi, le tribunal a toutefois relaxé Assane Diouf du chef d’accusation d’offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, écartant ainsi l’un des griefs les plus lourds portés contre lui.

À la sortie de l’audience, l’un de ses avocats, Me Aboubakry Barro, a salué une décision « satisfaisante » du tribunal, mettant en avant la sagesse de la juridiction qui, selon lui, a démontré une bonne compréhension du droit pénal et de la procédure.

« Le tribunal n’a pas eu à fixer une amende. Mon client ne paiera donc aucune somme à l’État », a précisé Me Barro sur les ondes de la RFM.

Toutefois, la défense ne compte pas s’arrêter là. Les avocats d’Assane Diouf ont annoncé leur intention d’interjeter appel, estimant que leur client ne devait pas être reconnu coupable sur les deux chefs retenus.

« Nous considérons, en droit, qu’il n’y a eu ni diffusion de fausses nouvelles ni discours contraire aux bonnes mœurs », a martelé Me Barro.

Visite officielle : Ousmane Sonko reçu par le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a été reçu ce jeudi à Ankara par le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans le cadre d’une visite officielle de cinq jours entamée mercredi en Turquie. Cette mission diplomatique s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations bilatérales entre Dakar et Ankara.

À son arrivée au palais présidentiel, le chef du gouvernement sénégalais a été accueilli avec les honneurs. Lui et son hôte ont passé en revue la garde républicaine turque avant de s’entretenir en tête-à-tête sur des sujets d’intérêt commun.

Cette rencontre au sommet entre Ousmane Sonko et Recep Tayyip Erdogan devrait permettre de consolider les axes de coopération existants entre les deux pays, notamment dans les domaines de l’économie, du commerce, de l’industrie, des infrastructures, ainsi que sur les questions géopolitiques d’actualité.

Le Premier ministre est accompagné d’une délégation composée de plusieurs membres du gouvernement, dont Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Abdourahmane Sarr, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, et Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce.

Un message énigmatique de Pape Alé Niang sème le doute : simple méditation ou message codé ?

Le Directeur général de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Pape Alé Niang, est au cœur de nombreuses interrogations depuis la publication d’un message énigmatique sur sa page X (ex-Twitter), ce jeudi. Une phrase aux allures de maxime philosophique, mais qui suscite curiosité et spéculations.

« La vie est très étrange. On vient avec rien, puis on se bat pour tout, puis on laisse tout et on repart avec rien », a-t-il écrit, avant d’ajouter un symbole évoquant une « philosophie de vie ».

Laconique et sans contexte particulier, ce message a ouvert la porte à toutes les interprétations. Certains y voient une simple réflexion existentielle, un moment de recul dans un quotidien chargé, voire une pause méditative. D’autres, en revanche, y décèlent un message voilé, voire un sous-entendu adressé à des initiés.

Dans un contexte où la RTS et son directeur général sont régulièrement au centre des débats sur la gestion de l’information publique, chaque mot prononcé ou écrit par Pape Alé Niang est scruté. Son passé d’activiste et de journaliste engagé alimente cette lecture plus politique ou symbolique du message.

S’agit-il d’une remise en question personnelle ? D’un avertissement implicite ? D’un désenchantement face aux réalités du pouvoir ? Le mystère reste entier, d’autant que l’auteur n’a pas apporté de clarification depuis la publication.

Touba – Grand Magal : Thierno Alassane Sall salue le discours de Cheikh Bass Abdou Khadre et prône l’intégrité en politique

En visite à Touba à l’approche du Grand Magal, Thierno Alassane Sall, président du parti La République des Valeurs, a tenu à rendre hommage au porte-parole du Khalife général des Mourides, Cheikh Bass Abdou Khadre Mbacké, pour son discours jugé salutaire sur les dérives du monde politique sénégalais.

Face à la presse, l’ancien ministre n’a pas caché son adhésion aux propos du dignitaire mouride, qui a récemment fustigé l’inconstance des acteurs politiques et leur tendance à renier leurs engagements une fois portés au pouvoir.

« Je salue le courage et la lucidité de Cheikh Bass. Son discours sur les politiciens qui changent de langage selon leur position est d’une grande pertinence », a déclaré Thierno Alassane Sall.

Dans un registre plus personnel, le leader politique a partagé un souvenir de ses échanges avec Cheikh Bass Abdou Khadre lorsqu’il occupait des fonctions ministérielles :

« Lorsque j’étais ministre, je me suis entretenu à deux reprises, en plein ramadan, avec Cheikh Bass sur des dossiers essentiels. Je me rappelle lui avoir suggéré d’écrire ses mémoires, car ne pas le faire serait exposer le Sénégal à une perte immense. C’est un homme qui peut beaucoup nous apporter en matière de sciences politiques et de gestion des ressources humaines. »

Marquant son discours d’une touche de spiritualité, Thierno Alassane Sall a sollicité des prières pour la paix au Sénégal et pour une relance économique durable. Il a par ailleurs réaffirmé l’engagement de son parti à promouvoir une gouvernance éthique et transparente.

« Nul n’a le droit d’utiliser l’argent du peuple à des fins personnelles », a-t-il martelé, insistant sur l’importance de la redevabilité et de la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Cambriolage violent aux « Diamantines » : le commissariat de Saly précise sa non-compétence territoriale

Le commissariat urbain de Saly a tenu à apporter des éclaircissements, ce mercredi 6 août 2025, concernant un cambriolage d’une extrême violence survenu dans la nuit du 5 août dans une villa de la résidence « Les Diamantines », située près du village de Nguerigne.

Dans une note transmise à la presse, le Commissaire Oumar Mbaye a précisé que, bien qu’une déclaration ait été enregistrée dans leurs locaux, les faits se sont produits hors de leur zone de compétence. « Après vérification, il a été établi que la villa concernée se trouve dans la commune de Sindia, qui n’est pas de notre ressort territorial », a indiqué le chef de service.

Par conséquent, le responsable de la villa a été invité à se rapprocher de la Brigade de Gendarmerie compétente, afin que l’enquête puisse être ouverte dans les règles de droit.

Cette mise au point intervient alors que l’affaire suscite une vive émotion sur la Petite Côte. Les premiers éléments rapportés font état d’une intrusion nocturne particulièrement brutale : les victimes auraient subi un viol collectif, des agressions physiques et un vol estimé à plus de 10 millions de francs CFA en espèces et bijoux.

Dans ce contexte, le commissariat de Saly a appelé les médias et le grand public à la prudence et à la responsabilité dans la diffusion des informations. « Il est important d’éviter toute confusion ou attribution erronée à nos services », a insisté le Commissaire Mbaye.

Libération de l’activiste Assane Diouf : condamné mais déjà libre

Assane Diouf, figure bien connue de la scène activiste sénégalaise, a recouvré la liberté après une décision rendue ce mercredi par le tribunal correctionnel de Dakar. Poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, il a été relaxé pour l’offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, mais reconnu coupable de deux autres infractions : diffusion de fausses nouvelles et propos contraires aux bonnes mœurs.

Le juge a prononcé une peine de quatre mois de prison ferme, correspondant au temps déjà passé en détention préventive. Assane Diouf a ainsi quitté la salle d’audience libre, au grand soulagement de ses proches et partisans présents sur place.

Durant le procès, l’activiste a nié avoir eu l’intention de porter atteinte à la morale publique, se réfugiant derrière sa liberté d’expression. Toutefois, le tribunal a estimé que certains de ses propos relayés sur les réseaux sociaux constituaient une infraction à la législation en vigueur, notamment en matière de diffusion d’informations susceptibles de troubler l’ordre public.

Cette nouvelle affaire vient s’ajouter à une longue série de démêlés judiciaires pour celui que certains surnomment « l’insolent du web sénégalais ». Révélé au grand public par ses vidéos virulentes diffusées depuis les États-Unis avant son extradition en 2017, Assane Diouf a depuis multiplié les séjours en détention.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°532 – 07/08/2025

🔴 DYSFONCTIONNEMENT DES STATIONS DE POMPAGE À TOUBA : LA SENELEC ET L’ONAS SE RENVOIENT LA BALLE
🔴 CRÉATION D’UNE COMMISSION NATIONALE D’ACCÈS À L’INFORMATION : AVANCÉE OU ILLUSION DE TRANSPARENCE ?

🔴 MERCATO : WEST HAM S’INTÉRESSE À IDRISSA GUÈYE
🔴 ODCAV RUFISQUE (ZONE 3B) : THIAWLÈNE ET DEWOO DÉJÀ AU RENDEZ-VOUS

(Convention)Sococim/Ville de Rufisque: Investir dans le futur de Rufisque et financer le développement territorial à travers des projets a impact social.

La ville de Rufisque et la Sococim Industries ont franchi une étape majeure vers un partenariat ambitieux, avec la validation officielle des termes de référence d’une future convention ce Mercredi à la salle de délibérations de ladite municipalité. Cette collaboration, qui témoigne d’un engagement fort pour le développement local, se traduira par un investissement de 5 milliards de francs CFA.L’objectif de cet investissement est de transformer durablement la ville, en se concentrant sur quatre piliers essentiels : l’assainissement, l’éducation la santé et la voirie Le maire de la ville Rufisque, le Dr Oumar Cissé, a salué cette alliance, la qualifiant d’étape décisive pour l’avenir de la ville. De son côté, le directeur général de Sococim Industries, Elhadj Mamadou Seck, a réaffirmé l’engagement de son entreprise à contribuer de manière significative au bien-être des Rufisquois, en soulignant le caractère durable de ce partenariat. Cette convention illustre une volonté partagée de construire un avenir meilleur pour Rufisque, en associant les forces des acteurs publics et privés au service de la communauté.

Nouveau revers judiciaire pour le ministère de la Santé : la Cour suprême annule une nomination au Centre Talibou Dabo

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal vient d’essuyer un nouveau camouflet judiciaire. Dans une décision rendue publique récemment, la Cour suprême a annulé l’arrêté ministériel portant nomination du directeur du Centre Talibou Dabo, une structure de référence dédiée à la prise en charge des enfants vivant avec un handicap.

L’information a été révélée par le journaliste Bachir Fofana et suscite déjà de vives réactions dans les milieux administratifs et juridiques. En annulant l’acte ministériel, la haute juridiction s’est appuyée sur le principe du parallélisme des formes, une règle cardinale du droit administratif. Ce principe impose que toute décision prise par une autorité déterminée ne peut être modifiée, abrogée ou remplacée que par un acte de même nature émanant de la même autorité ou d’un pouvoir équivalent.

Dans le cas d’espèce, la nomination initiale du directeur du Centre Talibou Dabo avait été entérinée par décret présidentiel, conférant à cette décision une valeur réglementaire élevée. Or, l’arrêté signé par le ministre de la Santé ne pouvait, juridiquement, se substituer à une décision du président de la République. « Il y a eu vice de forme manifeste », souligne la Cour suprême, estimant que le ministère a outrepassé ses compétences dans cette affaire.

Cette décision relance le débat sur le respect des procédures légales dans la gestion des nominations au sein de l’administration publique sénégalaise, notamment dans des institutions sensibles comme celles dédiées à la santé ou à l’action sociale.

Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté du ministère de la Santé. Toutefois, cette annulation pourrait avoir des implications directes sur la gouvernance du Centre Talibou Dabo, ainsi que sur d’éventuelles autres nominations opérées sans respecter les formes requises.

Un nouvel OFNAC en gestation : vers une autorité plus indépendante et puissante

Le gouvernement sénégalais prépare une réforme majeure de son dispositif de lutte contre la corruption, avec la création annoncée d’un nouvel Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Ce projet de loi, déjà transmis à l’Assemblée nationale, vise à doter le pays d’un organe renforcé, autonome et en phase avec les normes internationales.

Le texte propose de remplacer la structure actuelle, instituée par la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, par une nouvelle autorité dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Selon l’exposé des motifs, le but est de créer un OFNAC “efficace, indépendant et crédible”, capable de mieux prévenir, détecter et poursuivre les actes de corruption sur l’ensemble du territoire national.

Le futur OFNAC sera une autorité administrative indépendante, avec des prérogatives élargies. Il sera habilité à sensibiliser et éduquer sur les enjeux de la corruption, mais également à saisir directement les juridictions compétentes lorsqu’il détecte des infractions. Il aura pour mission de mener des enquêtes, de procéder à des vérifications, et de transmettre les dossiers au procureur de la République ou à l’Autorité nationale de poursuite.

L’Office pourra également engager des audits sur les pratiques de gouvernance publique, surveiller les déclarations de patrimoine et exercer un contrôle sur les marchés publics. Cette approche vise à renforcer la transparence dans la gestion des affaires publiques et à réduire les risques de malversations.

Le président de l’OFNAC sera nommé par décret pour un mandat de cinq ans non renouvelable. Il travaillera avec un conseil d’orientation regroupant des représentants de l’État, de la société civile, des organisations professionnelles et du secteur privé. Ce conseil aura pour mission de garantir que l’action de l’OFNAC reste cohérente avec les objectifs nationaux en matière de bonne gouvernance.

Autre nouveauté majeure, les agents de l’OFNAC disposeront du statut d’officiers de police judiciaire, leur permettant de mener des enquêtes de manière autonome. Les modalités d’exercice de ces prérogatives seront précisées par décret.

La transparence est également au cœur de ce projet de loi. L’OFNAC devra publier chaque année un rapport public sur l’état de la corruption au Sénégal, accompagné de recommandations concrètes pour améliorer la situation.

Enfin, le projet introduit un mécanisme de protection des lanceurs d’alerte. Les personnes qui signalent de bonne foi des faits de corruption bénéficieront d’une protection contre les représailles. Un fonds d’assistance sera mis en place pour leur offrir un soutien juridique et social, afin de garantir qu’elles puissent jouer leur rôle sans subir de pression.

Ce projet de loi, s’il est adopté, abrogera la loi de 2012 et instaurera un nouveau cadre institutionnel pour la lutte contre la corruption au Sénégal. Il marque une volonté politique de rompre avec les insuffisances du passé, mais sa mise en œuvre et son efficacité dépendront des garanties réelles d’indépendance et de moyens qui lui seront effectivement accordés par l’État.

Justice : SYTJUST-UNTJ suspend son mot d’ordre de grève pour favoriser les négociations

Après quarante-cinq jours de paralysie dans les services judiciaires, l’Entente SYTJUST–UNTJ a annoncé, ce mercredi 6 août, la suspension de son mot d’ordre de grève. Une décision majeure qui intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les syndicats de la Justice et l’État, mais qui marque surtout une volonté d’ouverture en vue d’une sortie de crise.

Lancée le 18 juin 2025, la grève des travailleurs de la Justice avait fortement perturbé le fonctionnement des juridictions sur l’ensemble du territoire national. Face à cette situation de blocage prolongé, l’Entente a choisi de suspendre provisoirement le mouvement pour permettre aux discussions avec les autorités de progresser. Dans un communiqué transmis à la presse, les responsables syndicaux ont expliqué que cette trêve vise à « donner une chance réelle aux négociations entamées avec le gouvernement ».

La décision fait suite à deux rencontres jugées encourageantes avec le ministre de la Fonction publique, tenues respectivement les 1er et 5 août. Ces échanges, selon les syndicats, ont été marqués par un climat d’écoute et d’apaisement. Une première trêve avait d’ailleurs été observée les 4 et 5 août, permettant aux citoyens d’accéder temporairement aux services judiciaires, bloqués depuis plusieurs semaines.

L’Entente a tenu à saluer l’attitude responsable des travailleurs de la Justice, qui, malgré les difficultés et frustrations accumulées, ont accepté de mettre fin à leur grève dans l’intérêt des populations. Elle souligne que « cette écoute solidaire des souffrances de leurs concitoyens » a pesé lourd dans la balance au moment de prendre cette décision. La suspension du mouvement est ainsi présentée comme un geste fort de bonne foi et de patriotisme social.

Toutefois, la trêve est loin d’être un chèque en blanc au gouvernement. Dans leur communiqué, les syndicats rappellent les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les agents judiciaires, et dénoncent les nombreuses injustices qu’ils subissent. Ils exhortent l’État à tenir ses engagements et à apporter des réponses concrètes aux revendications, qui concernent aussi bien les conditions de travail que la reconnaissance du rôle central des travailleurs de la Justice dans la mise en œuvre des réformes du secteur.

L’Entente SYTJUST–UNTJ avertit : la trêve pourrait être de courte durée si les autorités ne respectent pas leurs promesses. La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra prouver sa volonté de résoudre la crise en profondeur et de restaurer durablement le bon fonctionnement du service public de la Justice.

Déclaration de patrimoine : le Sénégal adopte un nouveau cadre plus rigoureux pour renforcer la transparence

Le gouvernement sénégalais a franchi un pas décisif vers une meilleure transparence dans la gestion des affaires publiques avec l’adoption du projet de loi n°15/2025 portant sur la déclaration de patrimoine. Ce texte, validé en Conseil des ministres le 30 juillet 2025 et officialisé par décret présidentiel le 31 juillet, introduit des mesures plus strictes pour encadrer l’obligation de déclaration de patrimoine, dans le cadre des réformes liées à la gouvernance vertueuse et à l’agenda stratégique « Sénégal 2050 ».

Le projet de loi élargit de manière significative le champ des personnes assujetties. Alors que le précédent dispositif visait essentiellement les très hauts responsables de l’État, le nouveau texte impose désormais la déclaration à toute personne exerçant une fonction de responsabilité publique dans l’exécution du budget, à partir d’un seuil de gestion de 500 millions de francs CFA. Cette disposition abaisse donc le seuil précédent, qui était de 1 milliard, afin de soumettre à cette exigence un plus grand nombre d’agents impliqués dans la gestion des fonds publics.

Par ailleurs, le nouveau cadre juridique élargit la liste des catégories professionnelles concernées. Outre les autorités traditionnelles comme les membres du gouvernement, les parlementaires ou les présidents d’institutions, il cible désormais les magistrats du pool judiciaire financier, les membres des corps de contrôle civils et militaires, ainsi que tous les agents exerçant dans des secteurs jugés sensibles comme les mines, les hydrocarbures, les finances publiques ou encore les directions des douanes et des impôts. Les responsables d’agences, de fonds, de caisses et de structures parapubliques, quel que soit leur niveau, sont aussi concernés.

Le texte précise les modalités de la déclaration. Toute personne concernée doit produire une déclaration certifiée sur l’honneur dans les trois mois suivant son entrée en fonction. La même obligation s’impose dans les trois mois qui suivent la cessation de ses fonctions. Cette déclaration doit porter sur l’ensemble du patrimoine détenu directement ou indirectement, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Sont notamment concernés les biens immobiliers, les avoirs bancaires, les actions, les obligations, les comptes d’épargne, les monnaies virtuelles, les biens meubles de valeur, les véhicules, les bijoux, les œuvres d’art, les assurances-vie et tout autre revenu ou actif financier.

Afin d’assurer l’effectivité de cette obligation, le projet de loi prévoit un dispositif de contrôle et de sanction. En cas de manquement, sans motif légitime, et après mise en demeure, l’agent s’expose à des sanctions prévues par l’article 16 du nouveau texte. Ce mécanisme vise à garantir le respect de la loi et à prévenir toute tentative de dissimulation de patrimoine.

Avec ce nouveau cadre, le Sénégal entend affirmer son engagement en faveur d’une gouvernance plus éthique, plus transparente et plus rigoureuse. Cette réforme participe d’une volonté claire de rompre avec les pratiques opaques du passé et de répondre aux attentes d’une opinion publique de plus en plus exigeante sur les questions de redevabilité. Elle s’inscrit dans une dynamique globale de renforcement des institutions et de moralisation de la vie publique, socle fondamental pour la réussite du projet de transformation nationale porté par les nouvelles autorités.

Assemblée nationale : première session extraordinaire convoquée pour le 18 août

L’Assemblée nationale du Sénégal va tenir sa première session extraordinaire de l’année 2025 le lundi 18 août à 10 heures. L’annonce a été faite à travers une convocation officielle signée par le président de l’institution, Malick Ndiaye, invitant l’ensemble des députés à siéger en séance plénière à cette date.

Cette session, qui s’inscrit dans le cadre des prérogatives constitutionnelles de l’Assemblée, aura pour unique objet l’ouverture formelle des travaux. Aucun détail n’a été fourni à ce stade sur les textes ou dossiers qui figureront à l’ordre du jour. Toutefois, la nature d’une session extraordinaire laisse penser que des projets de loi urgents ou des questions sensibles pour la gouvernance du pays pourraient y être abordés dans les jours suivants.

L’Assemblée nationale, dans sa quinzième législature, peut en effet être convoquée en session extraordinaire en dehors des périodes ordinaires, soit à l’initiative du président de la République, soit, comme c’est le cas ici, par le président de l’Assemblée lui-même. Cette faculté permet de traiter en urgence des sujets cruciaux nécessitant un débat parlementaire rapide.

Dans un contexte marqué par des réformes institutionnelles en cours et de fortes attentes citoyennes sur plusieurs fronts – économiques, sociaux et judiciaires –, cette session extraordinaire pourrait constituer une première étape vers l’adoption de textes majeurs pour l’agenda politique du gouvernement ou du bureau de l’Assemblée.

Air Sénégal : des perturbations de vols les 6 et 7 août entraînent une réorganisation du programme

La compagnie nationale Air Sénégal traverse une série de perturbations qui affectent plusieurs de ses vols programmés les 6 et 7 août. Dans un communiqué officiel, la direction de la compagnie a annoncé des réaménagements concernant notamment les liaisons Paris-Dakar, Dakar-Paris et Dakar-Bamako-Ouagadougou.

Le vol HC404, prévu au départ de Paris le 6 août, est désormais reprogrammé pour le 7 août à 22h45 (heure locale). Le vol HC403, reliant Dakar à Paris et initialement prévu à 00h05 dans la nuit du 6 au 7 août, partira finalement le 7 août à 13h30 (heure GMT). Par ailleurs, le vol HC404 du 7 août, également au départ de Paris, est maintenu mais avancé à 08h15 (heure locale), tandis que le vol HC307, desservant la ligne Dakar-Bamako-Ouagadougou, est désormais reprogrammé au 7 août à 08h00 (heure GMT).

Air Sénégal a tenu à rassurer ses clients en précisant que ses équipes techniques sont « pleinement mobilisées » afin de rétablir la situation dans les plus brefs délais. Toutefois, aucun détail n’a été donné sur l’origine de ces perturbations, laissant les passagers dans l’attente d’éventuelles précisions.

Ces désagréments interviennent en pleine saison estivale, une période généralement marquée par une forte affluence sur les vols long-courriers, notamment entre la France et le Sénégal. Pour les passagers impactés, la compagnie recommande de vérifier les mises à jour en temps réel sur ses plateformes officielles et de rester en contact avec ses services clientèle.

La situation relance également les critiques récurrentes sur la régularité des vols d’Air Sénégal, souvent pointée du doigt par les voyageurs, en particulier sur la ligne Paris-Dakar. Si la réorganisation annoncée permet de limiter les désagréments, elle met une nouvelle fois en lumière la nécessité pour la compagnie nationale de renforcer la fiabilité de son programme pour maintenir la confiance de ses clients.

Fistule obstétricale au Sénégal : une souffrance silencieuse qui brise des vies

La fistule obstétricale demeure un fléau silencieux au Sénégal, frappant particulièrement les femmes des zones rurales, souvent éloignées des structures de santé. Selon les chiffres du ministère de la Santé, environ 200 cas sont enregistrés pour 100.000 naissances. Derrière ces données, ce sont des milliers de femmes qui voient leur vie basculer dans la douleur, la solitude et l’exclusion.

Cette affection grave, provoquée par un accouchement prolongé et mal assisté, entraîne une déchirure entre le vagin et la vessie ou le rectum, provoquant des fuites constantes d’urine ou de matières fécales. Les femmes touchées deviennent alors des parias, rejetées par leurs maris, leurs familles et parfois même leur communauté.

Dans la région de Tambacounda, notamment à Koumpentoum et Kidira, cette réalité est dramatique. De nombreuses femmes, jeunes pour la plupart, vivent avec cette pathologie dans le silence, parfois pendant des années. Ramata, une survivante, témoigne avec émotion : « Pendant deux ans, je vivais dans l’isolement, je ne contrôlais plus rien. C’était inhumain. » Son histoire n’est malheureusement pas un cas isolé.

La pauvreté, les mariages précoces, le manque d’éducation, les grossesses rapprochées et surtout les accouchements à domicile sans assistance médicale sont parmi les principales causes de cette maladie pourtant évitable. Faute d’un accès rapide à une césarienne ou à un personnel de santé qualifié, les complications se multiplient, et la fistule devient une sentence.

Face à cette urgence sanitaire et sociale, des avancées notables ont été enregistrées. Grâce à un partenariat entre l’État du Sénégal et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la prise en charge de la fistule est aujourd’hui gratuite dans certains hôpitaux. Des campagnes de sensibilisation, de dépistage et d’intervention chirurgicale sont organisées régulièrement pour redonner une dignité à ces femmes oubliées.

Toutefois, les efforts restent insuffisants. Il est urgent de renforcer les politiques de prévention, d’améliorer l’accès aux soins obstétricaux d’urgence dans les zones reculées et de lutter contre les déterminants sociaux comme le mariage des mineures. Tant que ces causes profondes ne seront pas adressées, la fistule obstétricale continuera de priver des milliers de Sénégalaises de leur droit fondamental à la santé, à la dignité et à une vie normale.

Lutte contre la corruption : L’Assemblée nationale se penche sur le nouveau projet de loi portant création de l’OFNAC

L’Assemblée nationale du Sénégal va examiner, lors de sa première session extraordinaire prévue le 18 août prochain, le projet de loi n°12/2025 portant création de l’Office national de lutte contre la Corruption (OFNAC). Cette réforme majeure s’inscrit dans une volonté affichée du gouvernement de refonder l’architecture institutionnelle de lutte contre la corruption, dans un contexte de rationalisation et de clarification des missions des organes de contrôle.

Le projet de loi prévoit la dissolution de l’actuel Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption, remplacé par une nouvelle entité portant le même acronyme : OFNAC. Toutefois, cette nouvelle structure rompt avec l’ancien modèle sur plusieurs points essentiels. Le champ de compétence de l’OFNAC sera recentré exclusivement sur la corruption, excluant désormais les missions d’audit et de lutte contre la fraude.

En effet, la fraude – qu’elle soit fiscale, douanière ou bancaire – relèvera désormais de la compétence exclusive des administrations spécialisées, tandis que les missions d’audit seront confiées aux organes classiques de contrôle comme la Cour des Comptes et l’Inspection générale d’État (IGE). L’OFNAC pourra néanmoins faire appel à des experts agréés dans le cadre de ses enquêtes.

Parmi les nouveautés introduites par ce projet de loi, figure la systématisation de l’appel à candidature pour la nomination des membres de l’OFNAC. Ce mécanisme vise à garantir la transparence, la compétence et l’indépendance des personnes chargées de piloter cette institution clé.

Autre changement de taille : la révision des attributions de l’OFNAC en matière de procédures pénales. Désormais, l’organe ne pourra plus intervenir dans le champ réservé aux autorités judiciaires, notamment en ce qui concerne la garde à vue, réaffirmant ainsi le respect des principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs.

Le projet de loi prévoit également la suppression de certaines dispositions de la loi n° 2024-06 du 9 février 2024, jugées contraires aux garanties procédurales et aux libertés fondamentales.

Dans le sillage de cette réforme, le gouvernement entend promouvoir une nouvelle dynamique de transparence et de redevabilité. La libre publication des rapports des corps de contrôle – jusque-là sujette à des restrictions – sera désormais permise, renforçant ainsi le droit à l’information et le contrôle citoyen.

Le texte introduit enfin une révision des critères d’assujettissement à la déclaration de patrimoine, outil essentiel dans la prévention de l’enrichissement illicite et le suivi des avoirs des agents publics.

Avec cette réforme ambitieuse, l’État sénégalais réaffirme sa volonté de lutter plus efficacement contre la corruption, en s’appuyant sur un dispositif institutionnel plus cohérent, respectueux de l’État de droit et aligné avec les standards internationaux.

Touba – Noyade tragique au bassin de Nguélemou : une deuxième victime en moins de deux semaines

Touba est une nouvelle fois secouée par un drame. Ce mercredi, aux environs de 18 heures, un jeune homme d’environ 25 ans a perdu la vie par noyade dans le bassin de rétention des eaux pluviales de Nguélemou, récemment inauguré. La victime, identifiée sous le nom de B. Diop, souffrait, selon ses proches, de troubles mentaux.

Le bassin, situé à Nguélemou, a été inauguré samedi dernier par le Premier ministre Ousmane Sonko dans le cadre d’un vaste programme d’assainissement de la ville sainte. Conçu pour renforcer la résilience urbaine face aux inondations, l’ouvrage atteint déjà sa capacité maximale en ce début d’hivernage, rendant la zone particulièrement dangereuse pour les riverains.

L’opération d’extraction du corps s’est révélée particulièrement difficile. Les sapeurs-pompiers de Touba, présents sur les lieux, ne disposaient pas du matériel adéquat pour intervenir efficacement dans les eaux profondes et troubles du bassin. Face à la complexité de la situation, un renfort de plongeurs professionnels a été requis depuis Tivaouane afin de mener à bien la récupération du corps.

Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’agit en effet de la deuxième noyade recensée dans le même bassin en moins de deux semaines, ce qui suscite une vive inquiétude au sein de la population locale. De nombreux habitants s’interrogent sur l’absence de dispositifs de sécurité autour de l’ouvrage, comme des grillages, des panneaux de signalisation ou encore des surveillants.

À quelques semaines du Grand Magal de Touba, événement religieux qui attire chaque année des millions de fidèles, cette tragédie remet sur la table l’urgence de sécuriser les infrastructures publiques. Le bassin de Nguélemou, qui devrait contribuer à améliorer les conditions sanitaires pendant le pèlerinage, devient aujourd’hui un point noir, exposant les habitants à des risques mortels.

Des voix s’élèvent désormais pour demander des mesures immédiates : sécurisation du site, signalisation adéquate, sensibilisation des populations, et surtout une meilleure supervision de ces projets d’assainissement, pour éviter que des infrastructures censées protéger la population ne se transforment en pièges mortels.

L’ouverture d’une enquête a été annoncée par les autorités pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes du drame. En attendant, la tristesse et la colère se mêlent à l’incompréhension dans le quartier de Nguélemou.

Kaolack / Éducation : L’Inspection d’académie veut promouvoir les mathématiques et les sciences pour booster les résultats scolaires

L’Inspection d’académie (IA) de Kaolack (centre) a engagé une stratégie ambitieuse visant à promouvoir les mathématiques, les sciences et les techniques, afin d’encourager les élèves à s’orienter vers les filières scientifiques et, ainsi, améliorer les performances scolaires globales. L’annonce a été faite ce mardi 6 juillet 2025 par l’inspecteur d’académie Samba Diakhaté.

« Ces dernières années, nous n’avions plus de distinctions au Concours général. Mais cette année, nous avons obtenu trois distinctions. Cela résulte du travail d’une équipe dédiée à la promotion de l’excellence, des mathématiques et des sciences, qui est en train de finaliser son plan d’action », a-t-il déclaré.

Lors d’un point de presse tenu mercredi après-midi, consacré à l’analyse des résultats des examens pour l’année scolaire 2024-2025, M. Diakhaté a salué la performance des séries scientifiques, notamment S1 et S2, où les élèves affichent de bons résultats.

Selon lui, ces séries sont accessibles, mais il est essentiel de préparer les élèves dès les petites classes pour les y amener progressivement.

« Pour les séries scientifiques, nous avons enregistré un taux de réussite de 62,75 %. Le lycée technique et professionnel El Hadji Abdoulaye Niass de Kaolack se distingue particulièrement avec un excellent taux de réussite avoisinant 86 %, soit trois points de plus que l’année précédente », a-t-il souligné, ajoutant que « plus de huit candidats sur dix » y ont obtenu leur baccalauréat technique.

Toutefois, l’inspecteur note une tendance baissière des résultats depuis quelques années, due à divers facteurs. Pour y remédier, les proviseurs de la région ont été conviés à une analyse approfondie des performances, dans l’optique de mettre en œuvre des plans d’action ciblés au sein de chaque établissement.

« Ces plans d’action seront mis en œuvre dès l’année prochaine. Grâce à une démarche contractuelle, chaque lycée, dans une approche inclusive et participative, devra s’efforcer d’améliorer ses résultats », a-t-il assuré.

Sur la situation des établissements privés, il a pointé du doigt les manquements de certains établissements non conformes aux normes, notamment en ce qui concerne le personnel qualifié.

Concernant les résultats aux examens officiels, les statistiques sont les suivantes :

BFEM (Brevet de fin d’études moyennes) : taux de réussite de 81,53 %, avec une légère avance des garçons (82,58 %) sur les filles (80,70 %). CFEE (Certificat de fin d’études élémentaires) : taux de réussite de 70,25 %. Entrée en sixième : taux de 89,13 %.

Pour le baccalauréat, le taux global de réussite est de 40,83 %. Dans le public, ce taux s’élève à 51,57 %, représentant plus de la moitié des candidats, avec 429 mentions obtenues.

M. Diakhaté a également relevé les disparités entre les types d’établissements privés :

« Le privé confessionnel s’en sort très bien, avec neuf candidats sur dix reçus au baccalauréat. À l’inverse, dans le privé laïc, seuls 25 % des candidats ont réussi. Cela mérite réflexion ! »

Enfin, concernant les candidatures individuelles, encadrées par le Centre académique d’orientation scolaire et professionnelle, le taux de réussite est de 23 %. Quant aux candidatures individuelles non encadrées, les résultats restent également faibles, bien que les chiffres précis n’aient pas été communiqués.

Senelec clarifie sa position après les accusations de l’ONAS sur les stations de pompage à Touba

La Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) a tenu à réagir aux déclarations de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), qui lui imputait la responsabilité des dysfonctionnements survenus dans certaines stations de pompage à Touba à la suite des fortes pluies du week-end dernier. Dans un communiqué publié ce mardi, Senelec a rejeté toute responsabilité, apportant des précisions techniques sur le processus de raccordement électrique desdites stations.

Concernant la station de pompage de Keur Niang, Senelec indique que, conformément aux procédures encadrant les travaux réalisés par des prestataires tiers, l’ONAS, via son prestataire, était tenue de transmettre une demande de réception des installations électriques. Cette demande devait être accompagnée des plans de récolement, des procès-verbaux d’essais du transformateur, du câble d’alimentation moyenne tension (HTA), ainsi que des équipements de comptage. Or, selon Senelec, aucune demande de réception n’a été reçue, et les travaux n’avaient pas été achevés par le prestataire de l’ONAS.

Senelec évoque également l’utilisation d’un groupe électrogène affrété par l’ONAS pour l’inauguration de la station. Ce groupe, censé assurer la continuité de l’alimentation électrique de la station jusqu’à son raccordement final au réseau national, n’a pas été maintenu en fonctionnement. Face à l’urgence provoquée par les inondations, Senelec affirme que son chef de service à Touba a sollicité en urgence le raccordement de la station, ce qui a entraîné la mobilisation de ses équipes dès le lundi 4 août au matin pour finaliser les travaux et réceptionner les ouvrages. La mise en service de la station de Keur Niang a ainsi été effective à partir du 5 août 2025.

S’agissant de la station de Nguelemou, Senelec informe qu’une demande de réception avait bien été transmise le mardi 29 juillet. En réponse, une mission technique a été dépêchée sur place dès le jeudi 31 juillet pour procéder aux vérifications nécessaires. Les procès-verbaux de réception ont été établis et remis aux parties concernées le vendredi 1er août, et le raccordement électrique a été réalisé le mardi 5 août 2025, « d’un commun accord avec le prestataire », précise le communiqué.

Dans sa communication, Senelec tient à rappeler que la responsabilité des travaux liés à l’alimentation électrique des stations de pompage incombe entièrement à l’ONAS, qui les réalise via ses prestataires. L’intervention de la société nationale d’électricité se limite à un appui technique, jusqu’à la mise en service des installations.

Trafic illicite de médicaments à Saly : deux personnes arrêtées, une cargaison non autorisée saisie

Deux individus ont été interpellés à Saly alors qu’ils transportaient illégalement une importante quantité de médicaments dans leur véhicule. L’opération a été menée par le commissariat de police de la localité, avant que l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) ne soit alertée pour évaluer la situation.

Selon le communiqué transmis à l’Agence de presse sénégalaise (APS), une mission d’intervention urgente a été dépêchée sur les lieux. Elle était composée d’inspecteurs pharmaceutiques, de juristes et de spécialistes en communication, afin d’examiner rigoureusement la cargaison saisie. Après analyse, les produits identifiés comprenaient entre autres du paracétamol, du diclofénac, de la cyproheptadine, du métronidazole et du sildénafil. Aucun de ces médicaments n’est enregistré ni autorisé à la commercialisation sur le marché pharmaceutique national.

L’ARP précise que la valeur marchande de cette cargaison s’élève à plusieurs millions de francs CFA. Elle alerte sur les dangers de ces produits qui échappent à tout contrôle officiel, posant ainsi une grave menace pour la santé publique. Ce genre de trafic représente un risque élevé, car les médicaments non homologués peuvent être inefficaces, mal dosés ou même toxiques.

Le directeur général de l’ARP, Alioune Ibnou Diouf, a rappelé que l’importation et la distribution de médicaments au Sénégal sont strictement réglementées. Il a également assuré que son agence allait intensifier la collaboration avec les forces de défense et de sécurité afin de renforcer la lutte contre ce fléau. Par ailleurs, des actions de sensibilisation accrues seront menées auprès des populations pour les alerter sur les dangers de la consommation de médicaments provenant de circuits non officiels.

Cette affaire remet une nouvelle fois sur la table la problématique persistante du trafic de médicaments au Sénégal, dans un contexte où la contrefaçon pharmaceutique est devenue un enjeu majeur de santé publique en Afrique.

Fraude électrique : Senelec épingle Fotall Services pour un détournement de plus de 682 millions de FCFA

Un scandale retentissant secoue le secteur de l’énergie au Sénégal. La société Fotall Services Sarl, dirigée par Mamadou Sarr, est au centre d’une vaste affaire de branchements électriques clandestins qui aurait coûté à la Senelec plus de 682 millions de francs CFA. Les révélations, publiées par le journal Libération, mettent en lumière un réseau bien structuré de fraude à l’électricité, organisé autour d’une entreprise pourtant officiellement enregistrée.

Tout a commencé à la Cité BCEAO 1, où un contrôle de routine de la Senelec, dans le cadre de ses opérations de « peignage », a permis de détecter un branchement illicite alimentant des installations de lavage automatique exploitées par Fotall Services. Face à cette découverte, la Senelec a décidé de pousser plus loin ses investigations.

Les résultats de l’audit ont été édifiants. Neuf autres sites, disséminés à travers Dakar et même jusqu’à Saint-Louis, ont été identifiés comme étant connectés illégalement au réseau électrique. Parmi ces lieux figurent Ouakam, Zac Mbao, Cité Alioune Sow, les Maristes, Yoff Apecsy 1, Sacré-Cœur, le Point E, Fass Delorme, et la capitale du Nord. À chaque fois, le même modus operandi : des branchements sauvages contournant les compteurs, permettant une consommation d’électricité sans facturation ni paiement.

Le préjudice financier est colossal. Senelec a chiffré la perte à 682.578.549 FCFA, une somme susceptible d’augmenter au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête. L’entreprise publique, chargée de la distribution d’électricité, entend visiblement aller jusqu’au bout pour faire la lumière sur ce réseau de fraude.

Interpellé par la brigade de gendarmerie de la Foire, Mamadou Sarr a reconnu les faits. Il a été placé sous mandat de dépôt. Toutefois, l’affaire a pris une tournure encore plus grave lorsqu’après son incarcération, d’autres branchements frauduleux ont été découverts. La Division des investigations criminelles (DIC) a été saisie et a procédé à l’extraction du mis en cause de sa cellule pour une nouvelle présentation au parquet.

Cette affaire relance le débat sur la lutte contre les branchements clandestins, véritable fléau pour la Senelec, qui voit ses efforts de rentabilité et de couverture nationale minés par des actes frauduleux de cette ampleur. L’enquête en cours pourrait révéler d’autres ramifications et aboutir à de nouvelles arrestations.

Adaptation aux changements climatiques : le Sénégal engage 1,5 milliard de FCFA pour renforcer sa résilience

Dans un contexte mondial marqué par l’aggravation des effets du changement climatique, le Sénégal franchit une étape décisive dans la mise en œuvre de sa stratégie d’adaptation. Le gouvernement vient d’annoncer un investissement de 1,5 milliard de francs CFA dans l’élaboration d’un Plan national d’adaptation (PNA), à travers le lancement du projet de mise en cohérence de la planification nationale et infranationale de l’adaptation (PNA-FVC). Ce projet est financé par le Fonds Vert pour le Climat.

Le projet, dont la durée est fixée à trois ans, sera déployé dans neuf régions du pays. Il a été officiellement lancé dans les régions de Sédhiou et Kolda, au sud du pays, ce mercredi 6 août. Ces zones ont été choisies en raison de leur forte vulnérabilité aux impacts climatiques, notamment la dégradation des ressources naturelles, l’insécurité alimentaire croissante, les sécheresses et les inondations récurrentes.

Selon Ouseynou Ndione, chargé de programme à la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts au Ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, le projet a pour ambition de doter l’État d’un plan global d’adaptation prenant en compte l’ensemble des secteurs sensibles, comme l’agriculture, l’eau, la santé, les infrastructures, la biodiversité ou encore les zones côtières. L’objectif est d’orienter les politiques publiques vers des approches anticipatrices, structurantes et durables.

Mais l’enjeu dépasse largement la simple production d’un document technique. Le projet entend aussi renforcer les capacités des acteurs publics et territoriaux à différents niveaux. Les services déconcentrés de l’État seront formés pour mieux intégrer les données climatiques dans leurs programmes d’action. Les collectivités territoriales seront accompagnées pour que leurs plans de développement locaux tiennent compte des risques climatiques actuels et futurs. Le projet vise également à améliorer les mécanismes de gouvernance et de coordination des politiques climatiques entre les administrations centrales et les autorités locales.

Pour Ouseynou Ndione, il s’agit avant tout de créer une dynamique de transformation durable. « Il ne s’agit pas seulement de produire un document, mais de créer les conditions pour une réelle transformation des pratiques en matière d’adaptation, dans tous les secteurs et à tous les niveaux », a-t-il expliqué lors de la cérémonie de lancement à Kolda.

À travers le PNA-FVC, le Sénégal souhaite aussi se positionner comme un pays exemplaire dans la mobilisation des financements climatiques internationaux. En s’appuyant sur une stratégie claire, multisectorielle et territorialement ancrée, l’État espère attirer davantage de ressources pour renforcer la résilience de ses écosystèmes et de ses populations.

Cette initiative vient ainsi confirmer l’engagement du Sénégal en faveur de la transition écologique, en mettant en place les fondements d’un développement résilient, équitable et inclusif face aux défis environnementaux du XXIe siècle.

Projets structurants : la Turquie, partenaire clé de l’aménagement urbain et des infrastructures au Sénégal

De Diamniadio à Diass, les grands projets d’infrastructure qui ont redessiné le paysage sénégalais au cours des dernières années portent en grande partie la marque d’un partenariat stratégique avec la Turquie. À l’occasion de la visite officielle du Premier ministre Ousmane Sonko en Turquie, du 6 au 10 août 2025, les autorités sénégalaises ont présenté un dossier de presse qui met en lumière l’ampleur de cette coopération dans des secteurs clés comme l’aménagement du territoire, les transports, les équipements publics ou encore le tourisme.

Parmi les réalisations phares, le Centre international de Conférences Abdou Diouf (CICAD), à Diamniadio, symbolise la vitalité de cette relation bilatérale. Entièrement financé par la Turk Exim Bank à hauteur de 48,5 millions d’euros (près de 32 milliards FCFA) et construit par le géant turc Summa, cet équipement diplomatique majeur a nécessité un coût total de 77,8 millions d’euros, soit environ 51 milliards FCFA. Le CICAD a entraîné dans son sillage une série d’infrastructures complémentaires, telles que les voiries, les branchements aux réseaux publics et les liaisons avec l’autoroute à péage, contribuant à structurer durablement la zone de Diamniadio.

Autre projet emblématique : l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). Après une première phase difficilement menée par le groupe saoudien SBG, c’est le consortium turc Summa-Limak qui a repris et finalisé l’infrastructure. Cette dernière phase de travaux, comprenant les essais, la certification et la mise en service, a mobilisé 112 millions d’euros (près de 74 milliards FCFA). Depuis décembre 2017, l’aéroport est exploité par la société LAS (Limak-AIBD-Summa), marquant une gestion entièrement privée sous pilotage turc.

Toujours à Diamniadio, le marché d’intérêt national et la gare des gros porteurs illustrent encore cette coopération dynamique. Ces deux équipements logistiques stratégiques, construits par l’entreprise turque De Meew (DM), représentent un investissement total de 68 milliards FCFA, dont 48,9 milliards apportés par Ankara. L’État sénégalais a complété le financement avec un apport d’environ 19 milliards FCFA. L’objectif affiché est de moderniser la chaîne d’approvisionnement alimentaire et d’optimiser la distribution des marchandises à grande échelle.

Dans le domaine du sport et de l’hôtellerie, la Turquie s’impose également comme un partenaire de premier plan. Le complexe Dakar Arena, avec sa salle multifonctionnelle de 15 000 places et ses installations annexes, a nécessité 119 millions d’euros d’investissement, soit environ 74 milliards FCFA. Quant au Radisson Blu Diamniadio, également réalisé par Summa, il affiche une capacité de 152 chambres pour un coût de 33 millions d’euros, soit plus de 21 milliards FCFA.

Ces projets traduisent une volonté de hisser le Sénégal au rang de hub régional à vocation économique, diplomatique, touristique et logistique. Mais au-delà des chiffres, la coopération sénégalo-turque repose sur un modèle original de co-construction. Les entreprises turques sont impliquées dans toutes les étapes des projets, du financement à la réalisation, avec une forte valeur ajoutée locale. Loin d’être de simples prestataires, elles contribuent à la transformation structurelle du pays en s’inscrivant dans la vision sénégalaise d’émergence.

À travers cette visite officielle en Turquie, Ousmane Sonko entend donner une nouvelle impulsion à cette dynamique. Le renforcement du Conseil de coopération stratégique de haut niveau et le rôle accru de la TIKA (Agence turque de coopération et de coordination) à Dakar laissent entrevoir un avenir encore plus ambitieux pour ce partenariat. Des secteurs comme l’industrie, la santé, l’éducation ou les énergies renouvelables pourraient constituer les prochains axes de collaboration.

Rétablissement des droits de douane sur le riz : Thierno Bocoum dénonce une mesure injuste et antisociale

Le débat autour de la levée de la suspension des droits de douane sur le riz brisé ordinaire continue de susciter de vives réactions. Après l’annonce du ministère du Commerce, qui a demandé au ministre des Finances de rétablir le taux de 10 % de droits de douane, Thierno Bocoum, président du mouvement AGIR-Les Leaders, est monté au créneau pour dénoncer une « incohérence structurelle » dans la gestion économique du gouvernement.

Selon l’ancien député, cette décision risque de porter un coup dur aux couches sociales les plus vulnérables. Il estime que le gouvernement aurait dû prioriser l’exigence faite aux importateurs de baisser les prix du riz en raison de la chute des cours mondiaux, plutôt que de rétablir une fiscalité qui frappera directement le panier de la ménagère. À ses yeux, « le riz brisé, pilier de l’alimentation populaire, mérite mieux qu’un simple ajustement comptable destiné à renflouer un budget alourdi par les dépenses de fonctionnement ».

Thierno Bocoum voit dans cette initiative une preuve supplémentaire d’un déséquilibre dans les choix politiques du régime. Il déplore le fait que, pendant que les hausses de prélèvements frappent les produits de grande consommation, les privilèges liés aux fonctions de l’État, tels que les fonds politiques ou les dépenses de prestige, ne soient jamais remis en question. Pour lui, il s’agit là d’un réflexe constant qui consiste à faire porter l’essentiel de l’effort budgétaire sur les ménages, plutôt que sur les responsables des dépenses publiques superflues.

Cette sortie intervient dans un contexte où les Sénégalais, déjà confrontés à une conjoncture économique difficile, s’inquiètent de la possible augmentation du prix du riz brisé, denrée essentielle consommée au quotidien par une large majorité de la population. La mesure de suspension des droits de douane, en vigueur depuis 2024 pour contenir l’envolée des prix mondiaux, avait permis de stabiliser les prix à 410 F CFA, puis à 350 F CFA le kilogramme à Dakar depuis avril 2025.

Alors que le ministère du Commerce justifie le rétablissement des droits par la baisse continue des prix à l’international, des voix s’élèvent pour rappeler que le consommateur sénégalais n’a pas encore pleinement bénéficié de cette tendance. Pour beaucoup, le moment semble mal choisi pour alourdir la fiscalité sur un produit aussi stratégique.

Ce débat relance ainsi une question centrale : comment concilier équilibre budgétaire et justice sociale dans un contexte économique fragile ? La réponse que donnera le gouvernement pourrait bien peser lourdement sur sa crédibilité auprès des ménages.

Sénégal : vers le rétablissement des droits de douane sur le riz brisé ordinaire

Le ministère de l’Industrie et du Commerce du Sénégal a officiellement saisi son homologue des Finances et du Budget pour demander le rétablissement des droits de douane de 10 % sur le riz brisé ordinaire, après plusieurs mois de suspension. Cette demande formulée par voie de correspondance le 22 juillet 2025, intervient dans un contexte de baisse continue des prix du riz sur les marchés internationaux.

Dans cette lettre adressée au ministre Cheikh Diba, le ministère du Commerce souligne que la tendance à la baisse des cours mondiaux a entraîné une réduction significative des coûts d’importation. Pour les autorités commerciales, cette évolution du marché rend désormais obsolète la suspension temporaire des droits de douane qui avait été instaurée en réponse à une flambée des prix.

La mesure initiale avait été mise en œuvre en 2024 pour protéger le pouvoir d’achat des populations, lourdement affecté par la hausse des denrées alimentaires sur le marché international. Grâce à cette suspension, le riz brisé ordinaire, aliment de base consommé quotidiennement par plus de la moitié des Sénégalais, avait pu être maintenu à un prix relativement stable : d’abord à 410 F CFA le kilogramme en juin 2024, puis à 350 F CFA depuis avril 2025, notamment à Dakar.

Le retour des droits de douane à hauteur de 10 %, adossés à une valeur de référence de 210 000 F CFA, constitue donc un changement de cap que le ministère justifie par l’amélioration du contexte international. Cependant, cette décision soulève déjà des interrogations, voire des inquiétudes, sur ses conséquences pour les ménages, notamment les plus modestes.

Si la taxe douanière est effectivement réintroduite, plusieurs acteurs du secteur estiment qu’une hausse des prix du riz sur le marché intérieur est inévitable, à moins que l’État ne compense autrement ce surcoût pour les importateurs. Une telle situation risquerait de nuire à la stabilité sociale, alors que le riz brisé ordinaire reste le produit le plus consommé dans les foyers sénégalais, surtout dans les zones urbaines et périurbaines.

En toile de fond, cette proposition traduit aussi la volonté du gouvernement de réajuster ses leviers fiscaux, après plusieurs mois d’efforts pour contenir l’inflation. Elle pourrait aussi répondre à un besoin de renforcer les recettes douanières de l’État, dans un contexte budgétaire tendu.

Toutefois, les organisations de consommateurs et les acteurs de la société civile pourraient réagir dans les jours à venir, à mesure que les implications réelles de ce changement se feront sentir. Pour l’instant, le ministre des Finances n’a pas encore rendu publique sa décision.

Paris affiche la revendication panafricaine : réparations et restitution pour l’Afrique

Paris a été, ce vendredi, le théâtre d’une campagne visuelle marquante orchestrée par la diaspora africaine. De la place de la République aux abords de la tour Eiffel, des affiches au message sans équivoque ont été placardées : « Réparations, Restitution, Renaissance pour l’Afrique ! » Une action symbolique visant à briser le silence autour des dettes coloniales et à exiger justice.

Au cœur du message, une interpellation directe à la France sur son passé colonial. Les affiches dénoncent la rétention, par des institutions françaises comme le musée du Quai Branly ou le Louvre, de trésors culturels africains. Des artefacts béninois, des masques sacrés maliens ou encore des pièces ivoiriennes, acquis durant la colonisation, sont ainsi pointés du doigt. Leur restitution immédiate au continent africain constitue une revendication centrale de la mobilisation.

Cette campagne s’inscrit dans une dynamique internationale plus vaste. Le rappeur-activiste nigérian Emmanuel Great Okugun, connu sous le nom de Gee Baller, porte ce combat au-delà des rues parisiennes. Sa pétition sur Change.org, « Return Africa’s Stolen Heritage: Repatriation and Reparations Now », est devenue un symbole fédérateur. Elle réclame non seulement la restitution des biens culturels pillés, mais aussi des réparations financières pour des siècles d’exploitation systématique.

Mais les organisateurs rappellent que les enjeux dépassent la seule compensation matérielle. Ils posent des questions fondamentales : comment évaluer le coût de millions de vies brisées par la traite esclavagiste ? Comment mesurer l’effondrement des structures sociales et économiques provoqué par la colonisation ? Pour eux, les réparations relèvent avant tout d’un impératif moral.

Dans les rues de Paris, l’impact est immédiat. Touristes et résidents s’arrêtent, lisent les slogans, s’interrogent. Pour beaucoup, cette campagne révèle avec une intensité nouvelle l’ampleur des spoliations coloniales. D’autres, déjà sensibilisés, saluent une initiative qui offre enfin une visibilité européenne aux luttes africaines pour la justice historique.

Ousmane Sonko dénonce des violations massives dans les secteurs pétrolier, gazier et minier et annonce un « grand ménage »

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce mardi 5 août 2025, un atelier stratégique du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines. Cette rencontre de haut niveau, organisée en présence de plusieurs experts et acteurs du secteur extractif, visait à évaluer les cadres législatifs en vigueur, à pointer leurs limites et à proposer des réformes ambitieuses. À cette occasion, le chef du gouvernement a levé le voile sur des pratiques jugées préjudiciables aux intérêts du Sénégal, annonçant une vaste opération de nettoyage.

« Le Sénégal a raté sa première phase d’appropriation »

Dans un discours sans détour, Ousmane Sonko a dressé un constat alarmant : le Sénégal, selon lui, a échoué dans sa première phase d’appropriation de ses ressources minières et pétrolières. Pourtant, la Constitution et les textes en vigueur stipulent que les ressources naturelles appartiennent à l’État. Mais dans les faits, les contrats, les pratiques permissives et les largesses fiscales ont desservi le pays.

« Le dispositif législatif, essentiellement construit autour du souci d’attractivité par les incitations de tous ordres, doit être revu et adapté aux meilleures pratiques internationales », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a annoncé que son gouvernement est à pied d’œuvre pour revoir l’ensemble des codes régissant les secteurs du pétrole, du gaz et des mines. L’objectif : renforcer la souveraineté économique du pays, mettre fin aux privilèges injustifiés et aligner les législations avec les intérêts stratégiques du Sénégal.

Cette révision concernera non seulement les codes pétrolier et minier, mais aussi toutes les lois connexes encadrant les conventions et les partenariats publics-privés.

Ousmane Sonko a aussi révélé l’ampleur des dérives contractuelles relevées par le comité de lecture des contrats et conventions rattaché à la Primature. Ce comité a mis en évidence des manquements graves, notamment :

Le choix d’opérateurs peu crédibles, parfois domiciliés dans des paradis fiscaux ; Des sociétés ne disposant pas des capacités techniques et financières nécessaires ; Le non-paiement ou le paiement partiel des taxes, redevances et dividendes dus à l’État ; La prolifération d’exonérations fiscales et douanières indues.

L’environnement et les communautés riveraines n’ont pas été épargnés. Le Premier ministre a dénoncé l’irrespect des normes environnementales, l’inapplication de la loi sur le contenu local, l’absence de transformation industrielle sur place, ainsi que le non-approvisionnement du marché sénégalais en gaz naturel et en or.

Il a également cité la manipulation des prix de transfert, l’absence de contrôle sur les volumes extraits et la marginalisation des communautés locales.

Dans cette perspective, Ousmane Sonko a promis une gouvernance plus rigoureuse, plus transparente et plus soucieuse des intérêts nationaux. « Un grand ménage est en cours », a-t-il martelé, en référence à la volonté affichée de remettre de l’ordre dans la gestion des ressources naturelles.

Le Dakarois Quotidien & Le Dakarois Sports N°531 – 06/08/2025

🔴 « ASER-GATE » / « TÔT OU TARD, LA LUMIÈRE SERA FAITE » : TAS TRAQUE LA VÉRITÉ
🔴 INSÉCURITÉ AU MALI : DAKAR RENFORCE SA FRONTIÈRE EST

🔴 CHAN 2024 : LE SÉNÉGAL DÉMARRE FORT FACE AU NIGERIA (1-0)
🔴 ARBITRAGE AFROBASKET 2025 : BABACAR NDIAYE CRIE AU SCANDALE

643 kg de cocaïne saisis à Rufisque : opération coup de filet réussie des Douanes et de la Gendarmerie

Une importante saisie de cocaïne a été réalisée dans la matinée du lundi 4 août 2025 à la cité Noflaye de Rufisque, dans la grande banlieue dakaroise. Grâce à une opération conjointe des Douanes sénégalaises et de la Gendarmerie nationale, 643 kilogrammes de cocaïne ont été interceptés à l’issue d’un dispositif de surveillance et d’intervention bien coordonné.

Tout est parti d’un renseignement de qualité reçu par les forces de sécurité, signalant un trafic sophistiqué de stupéfiants dans cette zone périphérique. Une patrouille mixte composée d’agents de la Brigade territoriale de Gendarmerie de Sangalkam et de la Subdivision des Douanes de Dakar-Extérieur a été mobilisée très tôt, aux environs de 5 heures du matin, pour vérifier l’information.

Les éléments engagés ont repéré un véhicule de type Toyota Prado, de couleur blanche, stationné de manière suspecte sur une piste latéritique non loin de la cité. Aucun individu ne se trouvait à bord. En poursuivant leur reconnaissance dans les alentours, les agents ont surpris trois individus en flagrant délit, en train de transférer une marchandise suspecte dans deux vans, l’un de marque Mercedes, l’autre de marque Peugeot.

Pris de panique, deux des trafiquants ont réussi à s’enfuir, mais le troisième a été immédiatement maîtrisé par les forces de sécurité. Les véhicules ont ensuite été fouillés minutieusement, ce qui a permis la découverte de 643 sachets de cocaïne d’un kilogramme chacun, conditionnés dans des sacs en jute.

Des tests effectués sur les produits par le Groupe de Lutte Anti-Drogue (GLAD) de la Gendarmerie nationale ont confirmé qu’il s’agissait bien de cocaïne. La drogue a été sécurisée et une enquête a été ouverte afin de remonter les filières impliquées dans ce trafic international.

Cette saisie spectaculaire illustre l’efficacité de la coopération renforcée entre les forces de défense et de sécurité. Elle s’inscrit dans la stratégie de mutualisation des moyens et des efforts, dictée par les hautes autorités des deux institutions. Cette synergie, consolidée à travers des visites de courtoisie et des séances de travail récentes, montre que le combat contre la criminalité transnationale organisée est plus que jamais une priorité nationale.

Les Douanes sénégalaises et la Gendarmerie nationale ont saisi l’occasion pour renouveler leur engagement à agir ensemble dans la lutte contre les trafics illicites, tout en appelant les populations à une plus grande collaboration à travers le partage d’informations et le soutien aux actions des forces de sécurité.

L’opération de Noflaye marque un tournant dans la traque des réseaux de drogue qui tentent de faire du Sénégal une plaque tournante. Les autorités entendent maintenir la pression, convaincues que seule une réponse collective et déterminée permettra de briser les chaînes du crime organisé.

CHAN 2024 : Le Sénégal s’impose face au Nigeria pour son entrée en lice

Le Sénégal a parfaitement lancé sa campagne au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2024 en s’imposant, ce mardi 5 août, face au Nigeria sur la plus petite des marges (1-0). Dans une rencontre âprement disputée, les Lions locaux ont su faire preuve de rigueur et d’efficacité pour venir à bout des Super Eagles, grâce à un but décisif de Christian Gomis.

L’unique réalisation de la partie est intervenue à la 63e minute, sur une action bien construite qui a mis en lumière la justesse technique et la détermination de l’équipe sénégalaise. Solides défensivement, les hommes du sélectionneur Pape Thiaw ont su contenir les assauts nigérians, notamment dans les dernières minutes où la pression s’est intensifiée.

Ce succès place d’emblée le Sénégal en tête du groupe D, en attendant l’issue de l’autre match de la poule. Les Lions locaux peuvent aborder avec confiance leur prochaine sortie prévue le 12 août, pour la deuxième journée du groupe.

Amadou Ba dénonce une faille majeure dans le projet de loi sur la déclaration de patrimoine

Le vice-président de l’Assemblée nationale, Amadou Ba, membre du parti Pastef, est monté au créneau pour critiquer vigoureusement certaines dispositions du projet de loi sur la déclaration de patrimoine, récemment adopté en Conseil des ministres. C’est sur le site d’information Seneweb que l’élu a exprimé son indignation, notamment concernant un point qu’il juge dangereux pour la lutte contre la corruption : l’extinction des poursuites judiciaires en cas de décès d’un agent soupçonné de détournement de deniers publics.

Pour le député, cette disposition crée un vide juridique inacceptable. « S’il vole des milliards et meurt, on ferme le dossier. L’État perd son argent, et sa famille se partage tranquillement l’argent public », a-t-il fustigé. Il appelle à une réforme en profondeur, estimant que la mort d’un suspect ne devrait pas signifier la fin des poursuites visant à recouvrer les biens détournés.

Amadou Ba plaide ainsi pour que les biens mal acquis puissent être récupérés, même après le décès du mis en cause, en s’attaquant notamment au patrimoine hérité par les ayants droit. « Le patrimoine de l’État doit être protégé, même après la mort du voleur », a-t-il martelé.

Le parlementaire a également suggéré un élargissement du champ d’application de la déclaration de patrimoine. Actuellement, cette obligation ne concerne que les gestionnaires de fonds publics d’un montant supérieur à un ou deux milliards de francs CFA. Une limitation qu’il juge restrictive et inefficace. Amadou Ba propose que tous les fonctionnaires soient soumis à cette exigence, citant en exemple la France où près de 40 millions de citoyens déclarent leurs revenus chaque année.

Drame migratoire aux Canaries : 179 Sénégalais secourus, un mort et un blessé grave après une traversée périlleuse

La tragédie continue de frapper les routes migratoires de l’Atlantique. Ce dimanche 3 août 2025, un convoi de 179 migrants sénégalais, dont 7 femmes et 5 mineurs, a été secouru dans des conditions éprouvantes au large des Îles Canaries. Parti des côtes sénégalaises le dimanche 27 juillet, le groupe dérivait en pleine mer depuis plusieurs jours, avant d’être repéré à 290 kilomètres au large de Dakhla par un navire militaire français.

L’alerte donnée, les autorités espagnoles ont immédiatement déployé d’importants moyens de secours maritimes et aériens. Le sauvetage, complexe et mené dans une mer agitée, a duré plusieurs heures. Malheureusement, le bilan humain s’alourdit : une personne est décédée avant l’arrivée des secours, et un autre passager, grièvement blessé, a été évacué par hélicoptère vers un hôpital de la région.

À leur arrivée sur l’île de Gran Canaria, les migrants secourus présentaient des signes évidents d’épuisement, de déshydratation sévère et, pour certains, des blessures légères. Les services de santé et les organisations humanitaires espagnoles les ont immédiatement pris en charge, leur apportant une assistance médicale et psychologique, ainsi qu’un hébergement d’urgence.

Ce drame relance les inquiétudes sur la dangereuse route migratoire de l’Atlantique, particulièrement empruntée ces derniers mois par des migrants en provenance d’Afrique de l’Ouest, et notamment du Sénégal. Le nombre de départs depuis les côtes sénégalaises est en forte augmentation, en dépit des risques extrêmes que représente cette traversée.

La situation interpelle également sur les causes profondes de l’exil : pauvreté persistante, chômage massif des jeunes, désespoir croissant face à un avenir incertain. Si les autorités sénégalaises affirment vouloir renforcer la surveillance de leurs côtes et sensibiliser les candidats à l’émigration clandestine, ces initiatives restent largement insuffisantes face à la pression sociale et économique.

En Espagne, les autorités locales, tout en apportant l’assistance humanitaire de rigueur, ont appelé à une coopération plus étroite avec les pays d’origine pour endiguer ce phénomène dramatique. Des discussions bilatérales entre Madrid et Dakar sont annoncées dans les prochaines semaines, avec comme priorité le renforcement des patrouilles conjointes, l’amélioration des dispositifs de retour volontaire, mais aussi le soutien à des projets de réinsertion économique au Sénégal.

Alors que le gouvernement sénégalais reste silencieux sur cette dernière tragédie, les appels à une réponse politique forte et durable se multiplient, tant dans la société civile qu’au sein de la diaspora. Car derrière chaque convoi, il y a des familles brisées, des vies fauchées, et un pays qui voit partir ses enfants, en quête d’un avenir qu’ils ne croient plus possible chez eux.

Moustapha Diakhaté accuse : « On m’a privé de mon traitement contre l’asthme en garde à vue »

L’ancien député Moustapha Diakhaté a brisé le silence ce mardi, lors d’un point de presse tenu à l’hôtel Le Relais à Dakar, pour revenir sur son arrestation et les conditions de sa garde à vue. Une sortie qui a surpris plus d’un, tant par la virulence des propos que par les révélations troublantes qu’elle contient.

Inculpé pour des propos jugés incendiaires sur les réseaux sociaux, l’ancien chef de cabinet du président Macky Sall avait été placé en garde à vue au commissariat de police du port, après un passage à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC). Mais selon lui, les conditions de sa détention frôlaient l’inhumanité.

« J’ai été privé de mon traitement contre l’asthme, une maladie chronique dont je souffre depuis des années. C’est inacceptable, inhumain même ! », s’est-il indigné devant la presse. Moustapha Diakhaté dénonce ce qu’il considère comme une tentative délibérée de nuire à sa santé, en le privant d’un médicament vital. Il va jusqu’à accuser le commissaire en charge du poste de police du port de Dakar, qu’il qualifie sans détour de « voyou » et « assassin ».

« Que se serait-il passé si j’avais eu une crise aiguë dans cette cellule sans mon traitement ? L’État aurait porté la responsabilité d’un drame annoncé », martèle-t-il.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où les conditions de détention au Sénégal sont de plus en plus scrutées par les organisations de défense des droits humains, notamment lorsqu’il s’agit de détenus malades ou en situation de vulnérabilité.

Ibrahima Hamidou Deme recadre Ousmane Sonko : « Il défendait Tahibou Ndiaye, aujourd’hui il dénonce les fonctionnaires milliardaires »

L’ancien magistrat Ibrahima Hamidou Deme n’a pas tardé à réagir à la récente déclaration d’Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, qui a affirmé que « dans un pays normal, un fonctionnaire ne peut pas être milliardaire ». Pour l’ex-juge, cette sortie révèle un sérieux problème de cohérence dans le discours du leader de Pastef.

Dans un message publié ce mardi 5 août, Deme a tenu à rappeler qu’en 2013, Ousmane Sonko, alors inspecteur des Impôts et Domaines et activiste engagé contre les dérives du régime de Macky Sall, avait pris position pour défendre Tahibou Ndiaye, ancien directeur du cadastre, accusé d’enrichissement illicite. Ce dernier, impliqué dans l’un des plus retentissants procès pour biens mal acquis de l’ère Karim Wade, avait été contraint de reverser des milliards à l’État du Sénégal dans le cadre d’une médiation pénale.

« Aujourd’hui, Ousmane Sonko affirme qu’un fonctionnaire ne peut être milliardaire. En 2013, il défendait ardemment le fonctionnaire Tahibou Ndiaye, poursuivi pour enrichissement illicite et qui finira par payer des milliards à l’État dans le cadre d’une médiation pénale. Quelle cohérence ! », a ironisé l’ancien juge constitutionnaliste, connu pour ses prises de position tranchées sur la gouvernance et la justice.

Cette déclaration du Premier ministre intervient dans un contexte où la question de la moralisation de la vie publique revient avec insistance dans le débat national. En s’attaquant frontalement à l’enrichissement des fonctionnaires, Sonko entend envoyer un signal fort contre la corruption et la gabegie dans l’administration publique. Mais selon Ibrahima Hamidou Deme, cette posture n’est pas dénuée d’ambiguïtés, surtout venant d’un homme qui, dans un passé récent, avait pris la défense d’un agent de l’État soupçonné de malversations financières.

Ce rappel critique de l’ancien juge Deme met en lumière les contradictions entre les engagements passés de certains acteurs politiques et leur posture une fois au pouvoir. Il relance aussi le débat sur les limites de l’enrichissement des agents publics dans un État qui se veut transparent et respectueux des principes républicains.

Moustapha Diakhaté dénonce une « guerre juridique » contre la liberté d’expression et accuse le procureur Ibrahima Ndoye de dérive autoritaire

À peine libéré après cinquante jours de détention à la prison de Rebeuss pour offense au chef de l’État, Moustapha Diakhaté a repris la parole avec une virulence qui marque une rupture nette avec le silence carcéral. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi 5 août à Dakar, l’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar a vivement accusé le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, et plus largement le Tribunal de grande instance de Dakar, de livrer une « guerre juridique » contre la liberté d’expression.

Dans une déclaration au ton frontal, Moustapha Diakhaté n’a pas mâché ses mots : « Le procureur Ibrahima Ndoye, c’est un parquet à double standard. Il est intransigeant avec l’opposition et indulgent avec le parti Pastef. Quand on voit ce genre d’action, c’est que ces magistrats-là trahissent la loi », a-t-il fustigé. Pour l’ancien parlementaire, le parquet agit comme un instrument politique, au mépris des droits fondamentaux garantis par la Constitution.

Poursuivi pour offense au chef de l’État, Diakhaté rejette l’accusation avec véhémence. « Moi qui défends la République et le président, on m’accuse de l’avoir offensé ? C’est honteux, c’est ridicule », a-t-il lancé. Il estime être la cible d’un acharnement personnel : « Le procureur a un problème avec moi, il se cache derrière le parquet pour le combattre. C’est indigne de sa fonction de magistrat. »

Évoquant son expérience carcérale, Moustapha Diakhaté n’a pas hésité à défier de nouveau le système judiciaire : « Si ma vie doit y rester, elle y restera. Je suis prêt à retourner en prison. J’ai été emprisonné deux fois. Ibrahima Ndoye doit savoir qu’il lui reste 998 mandats de dépôt s’il veut me faire taire, parce que jusqu’à 1000, je ne me tairai pas. » Des propos forts qui traduisent une volonté assumée de continuer son combat politique, malgré les risques.

Mais au-delà de sa situation personnelle, Diakhaté a élargi sa critique à la situation de la justice sénégalaise. Selon lui, poursuivre des citoyens pour avoir critiqué le président ou des magistrats est une dérive grave pour un État qui se veut démocratique. « Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de limite au droit des citoyens à critiquer ceux qui les gouvernent », a-t-il souligné, affirmant que la liberté d’expression doit s’exercer pleinement, même contre les plus hautes autorités.

L’ancien député n’a pas épargné non plus le parti présidentiel, le Pastef, qu’il accuse d’avoir trahi ses engagements. « Le Pastef avait promis aux Sénégalais qu’une fois au pouvoir, ils supprimeraient l’article 80, l’article 254… Ils ne l’ont pas fait. Ils ont menti aux Sénégalais. C’est parce qu’ils ont menti qu’on continue d’arrêter des gens pour offense au chef de l’État, ou pour des délits d’opinion », a-t-il déclaré, en appelant à une réforme urgente du droit pénal en matière de libertés publiques.

Cette sortie de Moustapha Diakhaté intervient dans un contexte politique marqué par de multiples arrestations de journalistes, militants et opposants, souvent poursuivis pour offense ou diffusion de fausses nouvelles. Elle relance le débat sur l’indépendance de la justice, la tolérance politique et l’effectivité des libertés fondamentales au Sénégal. Pour Diakhaté, une chose est claire : « Le Sénégal ne doit pas devenir un État où penser autrement conduit systématiquement en prison. »

Moustapha Diakhaté contre-attaque : « Je ne regrette rien. Qu’on me colle des milliers de mandats de dépôt »

L’ancien député et ex-chef de cabinet du président Macky Sall, Moustapha Diakhaté, n’a pas mâché ses mots lors d’un point de presse tenu ce mardi à l’hôtel Le Relais. À peine sorti d’une condamnation à un mois et quinze jours de prison, l’homme politique est revenu de manière frontale sur les propos polémiques qui lui ont valu ses récents ennuis judiciaires.

Dans une salle pleine de journalistes et de partisans, Diakhaté a assumé ses déclarations controversées, notamment l’emploi du terme « gougnafiers » pour qualifier certaines autorités étatiques. Il a diffusé les extraits sonores en question avant de déclarer, sans ambages : « Je ne regrette rien. Je n’ai pas peur de la prison. » Citant Serigne Touba, symbole de résilience face à la colonisation, il a affirmé que sa détermination demeurait intacte.

Loin de s’excuser, l’ancien parlementaire a fustigé ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle : « Le Président de la République est la première autorité, ensuite vient le président de l’Assemblée nationale, puis le Premier ministre. Mais je les ai vus marcher sur la même ligne. Ce n’est pas normal », a-t-il martelé, dénonçant une confusion dans l’ordre protocolaire de la République.

Moustapha Diakhaté s’est également attaqué frontalement au procureur Ibrahima Ndoye, l’accusant de partialité : « Ndoye est un parquetier à double standard : tendre avec le pouvoir, sévère avec l’opposition. Il s’est autosaisi parce que j’ai dit ‘gougnafiers’, mais il ne l’a pas fait quand Ousmane Sonko a traité le président de faible. » Visiblement remonté, il est allé plus loin : « Ces gens sont pires que des gougnafiers, ils sont ignorants. »

À ses yeux, la justice n’est plus neutre. « Ibrahima Ndoye a un problème personnel avec moi. Je ne le considère plus comme procureur de la République, mais comme procureur du Pastef », a-t-il lancé, accusant le magistrat de servir les intérêts du parti au pouvoir.

Dans une déclaration aux allures de défi lancé à l’autorité judiciaire, Diakhaté a conclu : « Qu’il me colle des milliers de mandats de dépôt s’il veut. J’ai du sang royal dans mes veines et je dirai toujours ce que je pense. »

Sénégal : Moustapha Diakhaté charge la prison de Rebeuss et appelle à sa fermeture immédiate

À peine sorti de détention, l’ancien parlementaire Moustapha Diakhaté a profité d’une conférence de presse organisée ce mardi 5 août dans un hôtel de Dakar pour dénoncer avec force les conditions inhumaines qu’il affirme avoir observées à la prison de Rebeuss. Avec des mots durs et une colère visible, l’ancien proche du régime de Macky Sall, désormais farouche opposant au pouvoir actuel, a exigé la fermeture et la démolition pure et simple de cet établissement carcéral emblématique du Sénégal.

« La prison de Rebeuss doit être fermée et détruite », a-t-il déclaré sans détour, qualifiant l’établissement de « lieu de souffrance humaine » en totale contradiction avec l’article 7 de la Constitution sénégalaise qui garantit la protection de la vie et de la dignité humaine. Pour lui, Rebeuss n’est plus un centre de détention, mais une zone de non-droit où les droits fondamentaux sont quotidiennement bafoués.

Dans son intervention, Moustapha Diakhaté a dénoncé la généralisation abusive du mandat de dépôt, une pratique qu’il juge systématique et directement imputable à certains magistrats. Selon lui, le recours mécanique à la détention préventive révèle une justice déséquilibrée, qui alimente la surpopulation carcérale et viole la présomption d’innocence.

S’il a tenu à saluer le dévouement de l’administration pénitentiaire, qu’il considère comme un « rempart » permettant aux prisonniers de survivre, Moustapha Diakhaté a néanmoins dénoncé avec véhémence les agissements de certains agents pénitentiaires, accusés de violences et d’actes de torture envers les détenus. « Il y a des gardes qui torturent les prisonniers. J’en appelle à toutes les organisations de défense des droits humains, mais aussi à l’Observatoire des lieux de privation de liberté. Ce qui se passe à Rebeuss est inacceptable dans un État qui se dit de droit », a-t-il martelé.

Autre sujet d’indignation pour l’ancien député : la présence de malades mentaux parmi les détenus. Pour lui, la situation est intenable et dangereuse, aussi bien pour les malades eux-mêmes que pour les autres prisonniers et les agents pénitentiaires. « Leur place n’est pas en prison, mais dans un établissement psychiatrique. L’administration pénitentiaire n’a ni les moyens, ni la formation adéquate pour encadrer ces cas », a-t-il insisté, appelant à leur transfert immédiat à l’hôpital psychiatrique de Fann.

Moustapha Diakhaté a ainsi lancé un appel pressant à l’ensemble des forces vives du pays — société civile, partis politiques, autorités religieuses et traditionnelles — pour exiger une réforme en profondeur du système carcéral sénégalais. Il a également invité les autorités à repenser le recours au mandat de dépôt, à humaniser les lieux de détention, et à renforcer les mécanismes de contrôle indépendants.

Cette sortie musclée de l’ancien parlementaire, intervenant quelques jours seulement après sa libération, risque de relancer le débat national sur les conditions de détention et l’état de la justice au Sénégal. Rebeuss, depuis longtemps pointée du doigt par les ONG pour sa vétusté et sa surpopulation chronique, se retrouve de nouveau au centre de la polémique.

Litige foncier à la Cité Touba Almadies : Cheikh Amar l’emporte devant la justice contre l’Association des Résidents

Le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar a rendu son verdict dans le différend opposant l’Association des Résidents de la Cité Touba Almadies au promoteur immobilier Cheikh Amar. Dans une ordonnance rendue en référé, la justice a rejeté la requête des plaignants, donnant ainsi gain de cause à Cheikh Amar, point final – du moins provisoire – à un bras de fer judiciaire autour de la gestion des espaces publics de cette cité résidentielle située dans l’arrondissement des Almadies.

L’Association, présidée par Deguene Mbaye, avait saisi la justice le 13 février 2025 pour obtenir en urgence la suspension de toutes les activités de morcellement, de vente ou de construction sur les espaces jugés initialement publics selon le plan d’aménagement de la cité. Il s’agissait notamment de parcelles prévues pour abriter une école, une mosquée, un poste de santé, un daara, des jardins et autres places publiques. Les membres de l’Association reprochaient à Cheikh Amar de ne pas respecter les engagements liés à l’Arrêté ministériel n°8673 du 7 octobre 2008 qui, selon eux, consacrait ces espaces à un usage communautaire.

Poussant plus loin leur argumentation, les plaignants ont accusé le promoteur de « tentatives de spoliation », notamment après la supposée cession du terrain initialement réservé au Daara à un particulier du nom de Moustapha Diouf Lambaye. Ils réclamaient, en plus de la suspension immédiate des travaux, une astreinte journalière de 5 millions de francs CFA en cas d’inexécution.

Pour étayer leur demande, les membres de l’Association avaient versé au dossier plusieurs documents : plans cadastraux, contrats, décisions administratives ainsi qu’un récépissé attestant leur reconnaissance officielle par l’Agence Régionale d’Aménagement du Territoire (ARTA). Mais ces éléments n’ont pas convaincu le juge des référés.

Dans sa décision, le magistrat a estimé que les pièces fournies ne permettaient pas d’établir un trouble manifeste ni un préjudice imminent qui justifieraient une intervention urgente du tribunal. En conséquence, toutes les demandes ont été rejetées, le juge considérant que le fond du litige, s’il existe, relève d’une procédure au fond, et non du cadre spécifique et restrictif du référé.

Ce revers judiciaire constitue une victoire stratégique pour Cheikh Amar, qui conserve pour l’instant la pleine latitude de continuer ses activités sur les terrains contestés. Toutefois, rien n’indique que cette affaire soit terminée. L’Association des Résidents pourrait choisir de porter l’affaire sur le terrain du fond, où la justice aura à se prononcer plus largement sur les droits et engagements contractuels des parties.

Égalité professionnelle : la Police nationale s’engage avec une nouvelle politique genre

La Police nationale sénégalaise vient de franchir une étape significative dans sa quête d’égalité professionnelle entre les sexes. Ce lundi 29 juillet 2025, le Contrôleur général de Police Abdoul Wahabou Sall a présidé un atelier de partage et de validation d’une nouvelle politique genre au sein de la Direction générale de la Police nationale. Organisé dans le cadre du Projet ELSIE, cet atelier a rassemblé plusieurs acteurs institutionnels et partenaires engagés pour une sécurité inclusive.

Le Projet ELSIE, financé par le Fonds de l’Initiative ELSIE, vise à augmenter la participation des femmes en uniforme dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. À travers l’élaboration d’une politique genre ambitieuse, la Police nationale affirme sa volonté de devenir une institution qui reflète davantage la diversité et les réalités de la société sénégalaise.

Durant cette journée de travail, les participants ont planché sur des mesures concrètes destinées à favoriser l’accès des femmes aux fonctions de responsabilité, à améliorer les conditions de travail des policières, à lutter contre les discriminations sexistes et à intégrer la perspective genre dans les politiques sécuritaires. Il s’agit aussi de garantir que les services de police répondent de manière équitable aux besoins spécifiques des femmes et des hommes, sur l’ensemble du territoire national.

Dans son discours d’ouverture, le Contrôleur général Abdoul Wahabou Sall a salué les progrès déjà accomplis tout en insistant sur l’importance de poursuivre les efforts. « La sécurité ne peut être l’affaire d’un seul genre. Elle doit refléter la diversité de notre nation », a-t-il martelé, appelant à une transformation structurelle des mentalités et des pratiques au sein des forces de l’ordre.

Pour le CGP, l’institution policière ne peut rester en marge des évolutions sociétales. La promotion d’un cadre professionnel plus équitable, respectueux des droits et des potentialités des femmes comme des hommes, est non seulement une exigence éthique, mais également une condition de performance pour les missions de sécurité.

L’adoption de cette politique genre constitue donc un pas de plus vers une police plus inclusive, moderne et en phase avec les standards internationaux en matière d’égalité des chances. Elle ouvre également la voie à un changement durable, où les forces de sécurité deviennent un véritable levier de justice sociale et de cohésion nationale.

La Police nationale, par cette initiative, pose ainsi les bases d’une refondation culturelle et institutionnelle qui pourrait inspirer d’autres corps de l’État, dans un pays où la question de l’égalité entre les sexes demeure un chantier à parachever.

Centrale de Sendou : Nordic Power Ab dénonce une dette fictive de plus de 30 milliards FCFA dans le redressement judiciaire de la CES

Le feuilleton judiciaire autour de la centrale électrique de Sendou continue de secouer le secteur de l’énergie au Sénégal. Ce lundi 4 août 2025, le Tribunal de commerce de Dakar a examiné une requête de la société suédoise Nordic Power Ab, actionnaire majoritaire de la Compagnie d’électricité du Sénégal (CES), qui accuse son partenaire SNPL/Barak d’avoir introduit dans le concordat judiciaire une créance fictive de 30,09 milliards FCFA. Cette procédure soulève de lourdes interrogations sur la gouvernance de la CES, la gestion de sa restructuration et la véracité des montants reconnus dans le cadre du redressement judiciaire.

La centrale de Sendou, située à Bargny, est un projet majeur lancé à la suite d’un appel d’offres international conduit par la Senelec dans le cadre du plan de renforcement de la production électrique du pays. Le projet, structuré sous le modèle BOO (Build, Own, Operate), a été confié en 2007 à la société suédoise Nykomb Synergetics Development Ab, via sa filiale sénégalaise CES. L’objectif initial était de construire une centrale thermique au charbon d’une capacité de 250 MW, en deux phases. La première phase, de 125 MW, a été réalisée avec un financement de 206,4 millions d’euros, dont 61,9 millions en fonds propres et 144,5 millions sous forme de dettes contractées auprès de la BOAD, de la FMO (banque de développement néerlandaise) et d’autres partenaires financiers.

Mais depuis que la Cour d’appel de Dakar a admis la CES en redressement judiciaire le 19 avril 2021, la situation s’est envenimée. Selon Nordic Power Ab, le processus judiciaire a été instrumentalisé au détriment de l’intérêt social de l’entreprise. La société suédoise conteste vigoureusement l’introduction dans le concordat d’une créance de plus de 30 milliards FCFA, déclarée par SNPL/Barak comme étant une dette de la CES. Or, selon elle, cette dette n’a jamais été contractée au bénéfice de la société, et les montants concernés ne correspondent à aucun flux financier effectivement reçu par la CES.

Nordic Power Ab explique que l’essentiel des fonds avancés par SNPL/Barak avaient été prêtés à des entités tierces, notamment Quantum Power International Holdings et Nordic Power elle-même, et non à la CES. Elle soutient que seulement 16,83 milliards FCFA avaient effectivement été virés à la CES, dont 2 milliards qui n’auraient pas été retrouvés dans les comptes de l’entreprise. De plus, un prêt de 7 millions d’euros consenti par Nordic Power à la CES, et annulé par la suite avec l’accord des créanciers, aurait été artificiellement réintégré dans la dette globale, faussant ainsi les chiffres présentés dans le cadre du redressement.

La société suédoise met également en cause la régularité de la nomination de Malick Seck comme administrateur général de la CES, désigné à la suite d’une assemblée générale qu’elle considère comme irrégulière. Cette nomination aurait, selon elle, ouvert la voie à une mainmise de SNPL/Barak sur les décisions de la société, au mépris de la légitimité des actionnaires majoritaires. Nordic Power Ab, qui détient plus de 94 % du capital de la CES, considère ces manœuvres comme une tentative de prise de contrôle illégale de l’entreprise.

Face à ce qu’elle qualifie de dérive, Nordic Power Ab a saisi la justice pour obtenir une expertise indépendante sur les flux financiers du projet et déterminer les responsabilités dans la gestion du redressement judiciaire. Elle souhaite que la lumière soit faite sur les origines réelles de la créance admise dans le concordat, et exige que toute dette fictive soit écartée du processus.

Au-delà du contentieux entre actionnaires, l’affaire soulève des enjeux stratégiques majeurs. La centrale de Sendou représente une part importante de la capacité énergétique du pays et sa stabilité financière est cruciale pour la continuité du service public de l’électricité. Si les allégations de Nordic Power sont confirmées, elles pourraient remettre en cause la validité du concordat et entraîner un réexamen complet du redressement judiciaire de la CES.

Le tribunal de commerce de Dakar, saisi de cette affaire sensible, devra trancher entre les différentes versions présentées, sur fond de documents financiers complexes et de luttes d’influence. Une décision est attendue dans les prochaines semaines. Elle pourrait marquer un tournant décisif dans la gouvernance de la centrale de Sendou et dans la transparence des procédures de redressement judiciaire au Sénégal.

Propos injurieux envers des chefs religieux : l’étudiante Ndèye Ndakhata Dione risque deux ans de prison ferme

L’affaire fait grand bruit dans l’espace public sénégalais, notamment sur les réseaux sociaux. Poursuivie pour avoir tenu des propos jugés blasphématoires à l’encontre de figures religieuses, l’étudiante Ndèye Ndakhata Dione, âgée de 28 ans, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Une affaire sensible, qui a conduit le juge à ordonner le huis clos, à la demande de la défense.

Connue sous le pseudonyme « madame-fall029 » sur TikTok, la prévenue est étudiante en Master 2 de mathématiques appliquées à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Elle est poursuivie pour plusieurs chefs d’inculpation : diffusion de fausses nouvelles, injures publiques, insultes à l’encontre d’un groupe religieux, et discours contraire aux bonnes mœurs.

Les propos qui lui sont reprochés ont été diffusés lors de sessions en direct sur TikTok. Dans ses interventions, largement relayées et commentées, elle aurait attaqué verbalement des figures emblématiques de plusieurs confréries sénégalaises, dont les Tidianes, les Mourides et les Niassènes. Elle aurait notamment déclaré que Cheikh Ahmed Tidiane Chérif « n’a rien reçu du Prophète », remettant en cause l’origine divine du Salatoul Fatiha, et tenu des propos violents à l’encontre de Baye Niass.

À la barre, Ndèye Ndakhata Dione a reconnu les faits, mais a tenté de les contextualiser. Elle a expliqué avoir réagi sous l’effet de la colère lors d’un débat houleux avec une internaute d’obédience niassène qui, selon elle, aurait « injurié Dieu en direct ». Elle dit avoir « perdu le contrôle » à cet instant. Une explication qui n’a pas convaincu le président du tribunal, lequel l’a rappelée à la retenue : « Le Prophète lui-même pardonnait ses ennemis », lui a-t-il lancé.

Le procureur, plus virulent, a mis en garde contre les conséquences potentielles de tels propos dans un pays aussi sensible aux questions religieuses que le Sénégal. « Tu peux être tuée pour cela ! », a-t-il déclaré à la prévenue. Il a requis contre elle deux ans de prison ferme et une amende de 500 000 francs CFA.

De son côté, la défense a plaidé la clémence. Son avocat a décrit sa cliente comme une « brillante étudiante », mère célibataire de deux jeunes enfants, récemment divorcée et fragilisée psychologiquement. « Elle regrette sincèrement. Elle s’est repentie. Elle mérite une seconde chance », a-t-il plaidé, insistant sur l’environnement numérique malsain qui aurait contribué à son dérapage.

Affaire Kocc Barma : Devant le juge, El Hadji Babacar Dioum nie toute implication

La confrontation tant attendue dans l’affaire dite « Kocc Barma » a finalement eu lieu ce lundi au Tribunal de grande instance de Dakar. El Hadji Babacar Dioum, présenté comme étant l’homme derrière le pseudonyme « Kocc Barma », a été entendu par le doyen des juges dans le cadre des nombreuses plaintes déposées contre lui par plusieurs présumées victimes. À cette étape sensible de la procédure, les réponses de l’accusé étaient particulièrement scrutées.

Face au magistrat instructeur, El Hadji Babacar Dioum, assisté de ses avocats, a fermement nié être « Kocc Barma », selon les informations rapportées par L’Observateur. D’un ton catégorique, il a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. « Je ne suis pas Kocc Barma », a-t-il martelé dès l’ouverture de l’interrogatoire.

Il s’est décrit comme un simple hébergeur de sites web, déclarant que sa responsabilité ne saurait être engagée sur les contenus diffusés par les plateformes qu’il hébergeait. Une ligne de défense qui pourrait être au cœur de la stratégie de ses conseils, dans une affaire où les enjeux judiciaires et éthiques sont majeurs.

Pour rappel, plusieurs plaignants affirment avoir vu leurs images et vidéos diffusées sans leur consentement sur des sites notoirement associés à « Kocc Barma », connu pour ses contenus à caractère intime et sensationnaliste. L’affaire, qui a longtemps alimenté les réseaux sociaux et provoqué un tollé dans l’opinion publique, prend aujourd’hui un tournant judiciaire déterminant.

Par ailleurs, dans le cadre de la même instruction, une autre figure clé du dossier, El Hadji Assane Demba, interpellé récemment à l’aéroport international Blaise Diagne, doit également être auditionné dans les prochains jours. Une confrontation entre les deux hommes est prévue et pourrait s’avérer cruciale pour déterminer les responsabilités dans cette affaire tentaculaire.

Le doyen des juges devra désormais faire la lumière sur les connexions techniques, administratives et financières entre les deux individus, les sites incriminés et les contenus en cause. À ce stade, la justice semble vouloir avancer avec prudence mais détermination, dans un dossier qui soulève de nombreuses interrogations sur la protection de la vie privée, l’éthique numérique et les limites de la liberté d’expression en ligne.

Plan « Jubbanti Koom » : Abdoulaye Wilane tire à boulets rouges sur une stratégie jugée « floue » et « inéquitable »

Le plan « Jubbanti Koom », lancé par le Premier ministre Ousmane Sonko pour sortir le Sénégal de la crise économique et sociale actuelle, continue de faire couler beaucoup d’encre. Chiffré à 5 667 milliards de francs CFA sur trois ans, soit près de 38 % du budget cumulé de l’État sénégalais pour la période, ce programme se veut ambitieux, audacieux, mais suscite de vives critiques au sein de l’opposition. Parmi les voix les plus tranchantes, celle d’Abdoulaye Wilane, figure du Parti socialiste et ancien ministre, qui dénonce un plan « sans boussole », construit sur une base qu’il estime « idéologique » plutôt qu’économique.

Selon Wilane, « Jubbanti Koom » souffre d’un déficit de cadrage macroéconomique flagrant. Il reproche au gouvernement de n’avoir fourni « aucun indicateur sérieux » pour justifier la trajectoire choisie. « Ni hypothèses de croissance, ni projections sur l’inflation ou sur la pression fiscale », déplore-t-il, tout en soulignant que les instruments habituels comme le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2025-2027, eux, prévoient une croissance de 9,7 % et une réduction du déficit à 3 % du PIB. « C’est une feuille de route avancée dans une opacité inquiétante », tacle-t-il.

La question du financement constitue un autre point de discorde. Alors que le gouvernement évoque la mobilisation d’actifs publics, des ressources endogènes ou encore la finance islamique, Abdoulaye Wilane s’interroge sur les contours réels de ces leviers. « Quels sont ces actifs que l’État entend recycler ? S’agit-il de terrains, d’infrastructures, d’entreprises publiques ? Et à quelles conditions ? Le peuple a le droit de savoir ce qu’on fait de ses ressources », prévient-il. Il s’inquiète aussi de l’absence d’une concertation formelle avec des institutions financières internationales comme le FMI ou régionales comme l’UEMOA, y voyant un signal négatif pour la crédibilité du plan sur la scène économique.

L’aspect fiscal du programme « Jubbanti Koom » est particulièrement visé par le socialiste, qui le juge injuste, voire antisocial. Il cite des exemples concrets pour illustrer ses inquiétudes : « Un étudiant devra désormais débourser 30 000 francs CFA de plus pour acheter un téléphone reconditionné. Une famille rurale verra ses dépenses exploser alors que ses revenus stagnent. Ce sont des taxes régressives, économiquement inefficaces et socialement destructrices. »

Wilane va plus loin en dénonçant une recentralisation excessive dans la mise en œuvre du plan. Selon lui, les collectivités locales sont totalement écartées du processus, ce qui constitue une grave erreur stratégique. « Ce sont pourtant les mairies et les conseils départementaux qui assurent les services de base : écoles, centres de santé, entretien des routes. Les marginaliser, c’est compromettre tout effort de redressement », prévient-il.

Enfin, l’absence de coordination internationale dans la formulation du plan est, selon lui, un handicap majeur. « Le Sénégal ne peut pas faire cavalier seul. Sans alignement avec nos partenaires techniques et financiers, les conditions d’emprunt vont se durcir, et les marges budgétaires vont se resserrer davantage. Le pays risque l’isolement économique », s’inquiète-t-il.

Pour Abdoulaye Wilane, « Jubbanti Koom » est davantage un programme politique qu’un véritable plan de relance économique. Il appelle à une refonte profonde de la démarche, plaidant pour un cadrage macroéconomique rigoureux, la suppression des mesures fiscales injustes, un dialogue national inclusif et la mise en place d’un mécanisme transparent de suivi et d’évaluation. « Le redressement du Sénégal ne peut se faire sans justice sociale, sans rigueur économique, et sans la participation active de toutes les forces vives de la nation », conclut-il.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE : L’IATA publie le rapport 2024 sur les statistiques du transport aérien mondial

4 août 2025 (Genève) – L’Association du transport aérien international (IATA) a publié la dernière édition du rapport annuel sur les statistiques du transport aérien mondial (WATS), offrant des données statistiques complètes pour l’année 2024.

Mise à jour chaque année à partir des données de plus de 240 compagnies aériennes internationales, la base de données WATS fournit un aperçu complet des indicateurs aériens liés à la demande, à l’offre et à la performance. Le rapport inclut une ventilation détaillée de la demande de trafic passagers et fret programmé, de la capacité passagers et fret programmée, une vue d’ensemble de la flotte mondiale d’avions commerciaux, ainsi que les liaisons aéroportuaires les plus fréquentées.

Le rapport fournit également des informations sur la santé financière du secteur, avec des données détaillées sur les coûts d’exploitation, les revenus, l’utilisation des avions et le nombre d’employés des compagnies aériennes.

Forte croissance des classes Premium

Une conclusion clé du rapport de cette année est que les voyages internationaux en classes premium, affaires et première classe ont augmenté de 11,8 %, dépassant légèrement la croissance du trafic en classe économique à l’échelle mondiale, qui s’établit à 11,5 %. Le nombre total de passagers internationaux en classes premium en 2024 a atteint 116,9 millions, représentant 6 % du total des passagers internationaux.

La région Asie-Pacifique a enregistré la plus forte croissance en pourcentage avec une hausse de 22,8 %, représentant 21 millions de passagers premium, bien que cette croissance ait été surpassée par celle des passagers en classe économique dans la région (+28,6 %, atteignant 500,8 millions). Dans les régions Europe, Amérique latine, Moyen-Orient et Amérique du Nord, la croissance des voyages en classe premium a dépassé celle en classe économique. L’Europe reste le plus grand marché pour les voyages internationaux en classe premium avec 39,3 millions de passagers premium tandis que le Moyen-Orient enregistre la plus forte proportion de passagers premium, à 14,7 % de l’ensemble des passagers.

Liaisons aéroportuaires les plus fréquentées

La région Asie-Pacifique domine le classement des liaisons aéroportuaires les plus fréquentées au monde, avec la route Jeju-Séoul (CJU-GMP) en tête, enregistrant 13,2 millions de passagers en 2024. Dans le top 10, une seule liaison — Djeddah-Riyad (JED-RUH) — ne se situe pas en Asie-Pacifique.

En Amérique latine, la liaison Bogota-Medellin (BOG-MDE) est la plus fréquentée avec 3,8 millions de passagers. En Afrique, la route Le Cap-Johannesburg (JNB-CPT) est en tête avec 3,3 millions de passagers. En Amérique du Nord, la liaison New York JFK – Los Angeles (JFK-LAX) est la plus fréquentée avec 2,2 millions de passagers, tandis qu’en Europe, la liaison Barcelone – Palma de Majorque (BCN-PMI) est la plus populaire avec 2 millions de passagers.

Avions les plus utilisés

Les avions monocouloirs de Boeing et Airbus figurent parmi les plus utilisés en 2024. Les Boeing 737 (toutes variantes confondues) ont effectué 10 millions de vols, représentant 2,4 trillions de sièges-kilomètres disponibles (ASK). Ils sont suivis par les Airbus A320 avec 7,9 millions de vols et 1,7 trillion d’ASK, puis les Airbus A321 avec 3,4 millions de vols et 1,1 trillion d’ASK.

Principaux pays en nombre de passagers

Les États-Unis restent le premier marché aérien mondial* avec 876 millions de passagers en 2024, portés par la solidité de leur marché intérieur (+5,2 % en glissement annuel). La Chine arrive en deuxième position avec 741 millions de passagers, en hausse de 18,7 % par rapport à 2023.

*Ces chiffres incluent tous les passagers (internationaux et domestiques) au départ ou à l’arrivée de chaque pays

Affaire ASER – Santander : Thierno Alassane Sall traque les 37 milliards jusqu’en Espagne

Le député et leader de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, remet sur la table le dossier explosif du contrat d’électrification rurale signé en février 2024 entre l’Agence Sénégalaise d’Électrification Rurale (ASER) et l’entreprise espagnole AEE Power EPC. Un projet estimé à 91 milliards FCFA, censé permettre l’accès à l’électricité à près de 1 500 villages.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi, l’opposant s’en prend au régime en place, qu’il accuse de pratiquer un double langage : « Le régime actuel use et abuse du slogan ‘Jub, Jubbal, Jubbanti’, jusqu’à l’afficher dans nos rues. Pourtant, il refuse obstinément de répondre à mes questions de député sur l’utilisation d’une première tranche de 37 milliards décaissés par la banque Santander. »

Ces fonds représentent l’avance initiale consentie dans le cadre du projet. Mais rapidement, des zones d’ombre ont surgi : absence de démarrage effectif des travaux, manque de pièces justificatives et soupçons de transferts suspects vers l’étranger. Devant ces irrégularités, la banque Santander a suspendu ses financements, tandis que l’ARCOP ordonnait, en octobre 2024, l’arrêt du marché.

Thierno Alassane Sall évoque également de possibles violations du Code CIMA. Selon lui, les garanties émises dans ce contrat n’auraient pas été accompagnées du paiement préalable des primes, ce qui les rendrait nulles et de nul effet.

Contre toute attente, la Cour suprême a annulé en février 2025 la suspension du projet, au nom de « l’intérêt public », relançant ainsi un marché plombé par de graves soupçons.

Pour Thierno Alassane Sall, le combat ne fait que commencer. L’ancien ministre des Infrastructures assure poursuivre ses investigations, y compris en Espagne, afin que la vérité éclate : « Tôt ou tard, la lumière sera faite. Les Sénégalais sauront où est passé cet argent, et qui en a réellement profité. »

CROUS-D/1an de gestion:Lancement de 6Projets combiné au 48h de Social.

Ce Mardi 05 Août s’est tenu le lancement officiel des Projets du CROUS par Mme Fama Dieng NDIAYE ( directrice du CROUS-D).
‎Cette evenement marque le lancement de 6 Projets phares,
‎pensés pour améliorer durablement la vie des étudiants et renforcer l’innovation sociale au sein du CROUS :
‎1.  Bureau d’Écoute, de Bien-être et de Suivi Psychologique des Étudiants
‎2.  Bureau d’Information du Justiciable
‎3. Digitalisation des services du CROUS avec le projet NUMERICROUS
‎4. Projet d’Introduction de la Langue Anglaise (PILAC)
‎5.  Projet de Féminisation de la Sécurité
‎6.  Projet Job Étudiant
‎Une journée symbolique pour valoriser les avancées, partager les ambitions et bâtir ensemble un CROUS encore plus proche des étudiants.
‎En outre le CROUS célèbre aussi les 48h du social autour d’une journée de consultation gratuite à la polyclinique du CROUS clôturer par un grand Fitness show.

CROUS-D/1ans de gestion: Lancement de 6 Projets combiné au 48h de Social.
Quitter la version mobile